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Chapitre II Calcul de l’éécoulement de charge

II.1 Introduction
L'étude de l'écoulement de charge (load flow) permet d'avoir la soluution des grandeurs
d'un réseau électrique en fonctioonnement normal équilibré en régime permannent. Ces grandeurs
sont les tensions aux nœuds, less puissances injectées aux nœuds et celles quui transitent dans les
lignes. Les pertes et les courrants sont déduits. Les études de l'écoulem
ment de puissance
permettent donc de planifier la construction et l'extension des réseaux élecctriques ainsi que la
conduite et le contrôle de ces réseaux.

II.2 La théorie des graphees dans les réseaux


On appelle réseau de transport
t ou de distribution un graphe oriennté antisymétrique :
G = (N, B), sans boucle et dans lequel il existe :
– Un nœuds ou sommet n1 sans prédécesseur nommé entrée ou source du résseau.
– Un sommet n k sans successeuur nommé sortie ou puits du réseau.
On dit qu’un graphe est sans boucle si B ne contient pas d’arête ou brranche de la forme
b=(i, i), c’est-à-dire joignant unn sommet à lui-même.
Graphiquement, les som
mmets ni peuvent être représentés par des points
p et les arêtes
b = (i, j) par un trait reliant i à j. On notera que la disposition des points et
e la longueur ou la
forme (rectiligne ou incurvéee) des traits n’a aucune importance. Seuule l’incidence des
différentes arêtes et sommets compte.
c A titre d’exemple, les deux graphes de la (Figure II.1)
sont identiques.

Figure II.1 : Deeux représentations graphiques d’un même graphe.

Les graphes ainsi définis sont dits ’’graphes non orientés’’. Dans certaines
c situations
cependant, l’orientation des arêttes est importante.

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II.2.1 Graphe orienté


On appelle graphe oriennté ou digraphe G = (N, B) la donnée d’un ensemble
e N dont les
éléments sont appelées sommeets (nœuds) et d’une partie B de n × n donnt les éléments sont
appelés arcs ou arêtes (branchess).
j qui peut être noté simplement bij , on dit que i est l’origine
En présence d’un arc b = (i, j)

(extrémité initiale) et j l’extrém


mité (ou extrémité terminale) de b, que b est sortant en i et
incident en j, et que j est un succcesseur de i tandis que i est un prédécesseuur de j. On dit aussi
que i et j sont adjacents.

Figure II.2 : Un graphe orienté.

II.2.2 Modes de représenttation d’un graphe


L’essor de la théorie des
d graphes est essentiellement dû à l’avèneement de puissants
calculateurs. Il est donc légitim
me de s’intéresser à la manière de représenter les graphes au sein
d’un ordinateur. Plusieurs modes de représentation peuvent être envisagés selon la nature des
traitements que l’on souhaite apppliquer au graphe considéré.

II.2.2.1 Listes de succession


Un graphe peut être reprrésenté à l’aide d’un dictionnaire, il s’agit d’une
d table à simple
entrée ou chaque ligne corresppond à un sommet et comporte la liste des successeurs ou des
prédécesseurs de ce sommet. Considérons le graphe de la (Figure II.2). Celui-ci peut être
représenté par les deux tables suuivantes :

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Tableau II.1 : Liste des successeurs. Tableau II.2 : Liste dees prédécesseurs.

Dans la mesure où, pour une table donnée, le nombre de successeurs


s ou de
prédécesseurs n’est pas le mêême pour chaque sommet, il est préférablee de représenter le
dictionnaire sous forme de deuux tableaux : le premier comprenant autant d’éléments que de
sommets, ces éléments pointantt dans un second tableau les débuts de listes de successeurs (ou
de prédécesseurs). La (Figure II.3) montre cette organisation en ce qui cooncerne la table des
successeurs.

Figuree II.3 : Codage d’une liste de successeurs.

Cette représentation est un peu redondante dans le cas des graphes non orientés, elle est
cependant assez commode pouur parcourir le graphe. L’encombrement de cette
c représentation
est minimal puisqu’il correspond exactement à la quantité d’information fourrnie par le graphe.

II.2.2.2 Matrice d’adjacence


Les outils classiques d’algèbre linéaire peuvent également être utiliisés pour coder les
graphes. La première idée consiiste à considérer chaque arc comme un lien enntre deux sommets.
Considérons un graphe G = (N
N, B) comportant m sommets. La matrice d’adjacence de G est
égale à la matrice U = ( u ij ) de dimension
d m× m telle que :

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­1 si → (i , j ) ∈ B
u ij = ® (ie : (i , j) est une arête)
¯0 si → non

Une telle matrice, ne contenant que des ”0” et des ”1” est appelée de manière générale,
une matrice booléenne.
Un graphe orienté quelconque a une matrice d’adjacence quelconque, alors qu’un
graphe non orienté possède une matrice d’adjacence symétrique. L’absence de boucle se traduit
par une diagonale nulle. La matrice d’adjacence du graphe de la (Figure II.2) est la suivante :

§0 1 1 1 1·
¨ ¸
¨0 0 1 0 0¸
U = ¨0 0 0 1 0¸
¨ ¸
¨0 0 0 0 0¸
¨1 0 ¸¹
© 0 0 1

Ce mode de représentation engendre des matrices très creuses ( comprenant beaucoup


de zéros).

II.2.2.3 Matrice d’incidence


La seconde idée permettant une représentation matricielle d’un graphe exploite la
relation d’incidence entre arêtes et sommets.
Considérons un graphe orienté sans boucle G = (N, B) comportant m sommets n1 , . . . , n m et k

arêtes b1 , . . . , bk . On appelle matrice d’incidence (aux arcs) de G la matrice M = ( m ij ) de

dimension m × k telle que :

­ 1 Si ni est l’extrémité initiale de b j


°
m ij = ®− 1 Si ni est l’extrémité terminale de b j
° 0
¯ Si ni n’est pas une extrémité de b j

Pour un graphe non orienté sans boucle, la matrice d’incidence (aux arêtes) est définie par :

­1 Si ni est une extrémité de b j


m ij = ®
¯0 Sinon

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La matrice d’incidence du graphe de la (Figure II.2) s’écrit sous la forme suivante :

§ 1 0 1 0 1 1 −1 0 ·
¨ ¸
¨−1 1 0 0 0 0 0 0 ¸
U =¨ 0 −1 −1 1 0 0 0 0 ¸
¨ ¸
¨ 0 0 0 −1 −1 0 0 − 1¸
¨ 0 −1 1 ¸¹
© 0 0 0 0 1

II.3 Numérotation des nœuds et des branches


Le schéma de numérotation des nœuds et des branches est très pratique et contribue à
faciliter la reconnaissance de la configuration de la ligne [42], [45], [50], [51], [52]. Pour plus
de détail on considère l’exemple de la ligne radiale avec ramification illustrée dans la
(Figure II.4).
En premier lieu, le nœud source est noté nœud zéro. On commence ensuite par
numéroter les nœuds de la ligne principale. Au nœud juste après le nœud source, on donne le
numéro 1 et ainsi de suite jusqu'au dernier nœud de la ligne principale (noeud 4). Apres quoi,
les nœuds de la ligne principale sont scrutés pour savoir si des branches latérales en sortent. La
ramification qui part du nœud le plus proche du nœud source est numérotée en premier. Ses
nœuds, auront des numéros suivant celui du dernier nœud de la ligne principale (de 5 à 6
comme le montre la Figure II.4). De la même manière, les nœuds de la branche latérale
suivante (branche latérale sortant du nœud 3 de la Figure II.4) sont numérotés à la suite du
dernier nœud de la précédente branche latérale (nœuds 7 et 8 de la Figure II.4) et ainsi de suite
jusqu'à la dernière branche latérale de la ligne considérer. Quand aux branches, on leur
attribuera les mêmes que ceux de leurs nœuds récepteurs.

Figure II.4: Schéma de numérotation des nœuds et des branches.

La matrice de connectivité de la (Figure. II.4) est donnée par le (Tableau II.3) qui suit :

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Tableau II.3: Matrice de connectivité de la ligne.

Branches SE (i) RE (i)

1 0 1
2 1 2
3 2 3
4 3 4
5 4 5
6 5 6
7 6 7
8 7 8

Pour une branche « i » donnée, SE (i) est son nœud source et RE (i), son nœud récepteur.

II.4. Détermination des nœuds après chaque branche


II.4.1. Construction
Matrice d’incidence
Pour déterminer les nœuds après chaque branche, on doit en premier construire la
matrice d'incidence branches à nœuds. Dans cette matrice que nous notons «IM», les numéros
des lignes sont les identificateurs des branches et ceux des colonnes, les identificateurs des
nœuds. Les éléments de «IM», sont définis comme il suit [45]-[50] :

-1 si j est le nœud source de la branche i.

IM = +1 si j est le nœud récepteur de la branche i.

0 autrement.

La matrice d'incidence de la ligne Figure II.4, est la suivante :

ª 1 0 0 0 0 0 0 0 º
«− 1 1 0 0 0 0 0 0 »»
«
« 0 −1 1 0 0 0 0 0 »
« »
0 0 −1 1 0 0 0 0 »
IM = «
« 0 −1 0 0 1 0 0 0 »
« »
« 0 0 0 0 −1 1 0 0 »
« 0 0 −1 0 0 0 1 0 »
« »
«¬ 0 0 0 0 0 0 −1 1 »¼

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De cette matrice d'incidence, on déduit la matrice d'incidence nœuds à branches «G» par
simple inversion de «IM» [50]. Dans la matrice «G», les numéros des lignes sont les
identificateurs des nœuds et ceux des colonnes, les identificateurs des branches. Pour l'exemple
de la Figure II.4, la matrice d'incidence nœuds à branches «G» est :

ª1 0 0 0 0 0 0 0º
«1 1 0 0 0 0 0 0 »»
«
«1 1 1 0 0 0 0 0»
« »
1 1 1 1 0 0 0 0»
G = «
«1 1 0 0 1 0 0 0»
« »
«1 1 0 0 1 1 0 0»
«1 1 1 0 0 0 1 0»
« »
«¬ 1 1 1 0 0 0 1 1 »¼

Pour la branche 1 (colonne 1) les nœuds qui la suivent, son toutes les lignes de la
matrice «G» qui on une valeur non-nulle (1, 2, …8). Pour la troisième branche (colonne 3), les
lignes ayant une valeur non-nulle sont 3, 4, 7 et 8 ce qui veut dire qu’après la branche 3 on
trouve les nœuds 3, 4, 7 et 8.

Nouvelle matrice d’incidence


Sur la base de la matrice «G» et après ce qu’on vient de dire, on peut construire la
matrice «BR» dont les linges indiquent les numéros des branches et ses éléments indiquent les
nœuds après chaque branche. Pour la ligne de l’exemple Figure II.4, la construction de «BR»
donne :
ª1 2 3 4 5 6 7 8º
«2 3 4 5 6 7 8 0 »»
«
«3 4 7 8 0 0 0 0»
« »
4 0 0 0 0 0 0 0»
BR = «
«5 6 0 0 0 0 0 0»
« »
«6 0 0 0 0 0 0 0»
«7 8 0 0 0 0 0 0»
« »
¬« 8 0 0 0 0 0 0 0 ¼»

Cette matrice permet de réduire le nombre d'opérations nécessaires pour la


détermination des nœuds après chaque branche et limite ainsi le calcul des puissances qui y
transitent aux seuls nœuds qui les suivent. Le temps requis pour arriver à la solution du
problème de l'écoulement de charge est donc réduit [50].

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Le nombre total de nœuds après chaque branche « i » noté «M (i)», est alors égal au
nombre d'éléments non nuls de «BR».
Une valeur de «M (i)» égale à 1, signifie que la branche ou (nœud) est une branche ou (nœud)
terminale. Le vecteur « M » pour notre exemple de la Figure II.4 est donc :
M = [8 7 4 1 2 1 2 1]
Les branches 4, 6, et 8 (élément 4, 6 et 8 de M) sont des branches terminales, alors que
la branche 3 (élément 3 du vecteur M) par exemple, a 4 nœuds qui la suivent. Ces nœuds sont
donnés par la matrice « BR » dans la ligne 3 qui corresponde à la branche 3.
En résumé, le vecteur « M » nous indique le nombre total des nœuds après chaque
branche et la matrice « BR » le numéro de chacun d’eux.

II.4.2 Organigramme de construction


En partant du fait que le nombre total des nœuds « n » de la ligne aussi bien que sa
matrice de connectivité c'est-à-dire, les ensembles des nœuds sources « SE » et récepteurs « RE
» sont introduits auparavant dans le programme global, l’Organigramme détaillé de
construction de la matrice « BR » et la déduction du nombre total de nœuds après chaque
branche est représenté par la Figure II.5.

II.5. Modélisation
II.5. 1 Modèle de charge
Les puissances actives et réactives des charges dépendent des tensions aux endroits de
leur branchement. Le modèle d'une charge peut être écrit sous une forme exponentielle (II.1) ou
une forme polynomiale (II.2) :

α
­ § Vi ·
° Pi = P0 ¨¨ ¸¸
° © V0 ¹
® β (II.1)
° § Vi ·
° Q i = Q 0 ¨¨ V ¸¸
¯ © 0¹
Où :
- α et β définissent la variation de la puissance active et réactive de la charge avec la variation
de la tension d’alimentation. Leurs valeurs égales à 0, 1 ou 2 correspondent respectivement à
une charge de puissance, courant ou impédance constante.
- Pi et Q i : sont respectivement les puissances active et réactive de la charge au nœud « i ».
- Vi : est la tension aux bornes de la charge au nœud « i ».
- L’indice « o », correspond aux valeurs nominales de la charge.

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Chapitre II Calcul de l’éécoulement de charge

Figure II.5 : Organigraamme de détermination des nœuds après chaquee branche.

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Chapitre II Calcul de l’écoulement de charge

­ ª §V ·
2
§V · º
° Pi = P 0 « Z p ¨ i ¸¸ + I p ¨¨ i ¸¸ + P p »
°° ¨V
«¬ © 0 ¹ © V0 ¹ »¼
® (II.2)
° ª § Vi ·
2
§V · º
° Q i = Q 0 « Z q ¨¨ V ¸¸ + I q ¨¨ i ¸¸ + Q q »
¯° «¬ © 0 ¹ © V0 ¹ »¼

Avec :
­ Z p + I P + Pp = 1
®
¯Z q + Iq + Qq = 1

Modélisée sous cette forme, la charge est de puissance constante si Pp = 1 , Qq = 1 et

I p = I q = Z p = Z q = 0 . La charge est par contre dite à courant constant si I p et I q sont égaux à

1 alors que les autres coefficients sont nuls. Une charge d'impédance constante est équivalente
quant à elle, à Z p = 1 et Zq = 1 tandis que le reste des coefficients est nul [50].

II.5.2 Hypothèses
- L’étude proposée dans ce travail se concentre sur les lignes de distribution équilibrées, ce
qui nous permet de les représenter par leurs diagrammes unifilaires.
- Les lignes de distribution étant de moyenne tension, donc les admittances shunts du
schéma équivalent en ʌ sont négligeables.
- Les charges sont considérés comme étant de puissances constantes alors, α = 0 et β = 0

ou encore, Pp = 1 , Qq = 1 et I p = I q = Z p = Z q = 0 .

II.5.3 Puissance et courant dans une branche


L'écoulement de charge dans les lignes radiales ayant ou non des ramifications, peut être
résolu itérativement moyennant deux ensembles d'équations récurrentes. Le premier ensemble
d'équations, permet la détermination des puissances transitant dans chacune des branches de la
ligne ainsi que les courants qui les traversent. Ces puissances et ces courants sont obtenus en
balayant la ligne en montée (backward sweep). Le second ensemble d'équations, permet de
déduire les tensions aux différents jeux de barres ainsi que leurs phases à l'origine en balayant
la ligne en descente (forward sweep) [50].

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Chapitre II Calcul de l’écoulement de charge

Figure II.6: Schéma équivalent unifilaire de la i éme branche (Compensée).

A partir du schéma unifilaire de la branche « i » (FigureII.6), nous pouvant écrire que :

BR ( i ,1) BR ( i , 2 )
Pi = ¦P Lk
k = BR ( i , M ( i ))
+ ¦ ploss
k = BR ( i , M ( i ))
k

(II.3)
BR ( i ,1) BR ( i , 2 ) BR ( i ,1)
Qi = ¦Q Lk
k = BR ( i , M ( i ))
+ ¦ qloss
k = BR ( i , M ( i ))
k − ¦Q ck
k = BR ( i , M ( i ))

Où :
- M (i) : est le nombre totale des nœuds à la suite de la branche « i ».
- BR (i, k) ; 1 ” k ” M(i) : l'ensemble des nœuds après la branche « i ».
- PLk et Q Lk : sont respectivement la puissance active et réactive de la charge au nœud « k ».
- Pi : est la puissance active à la fin de la branche « i ». Elle est égale a la somme des
puissances actives de toutes les charges des nœuds qui suivent la branche « i » (nœud i compris)
plus la somme des pertes de puissance active dans les branches qui suivent la branche « i »
(branche i non comprise).
- Q i : est la puissance réactive à la fin de la branche « i ». Elle est égale à la somme des
puissances réactives de toutes les charges des nœuds qui suivent la branche « i » (nœud i
compris) plus la somme des pertes de puissance réactive dans les branches qui suivent la
branche « i » (branche i non comprise).
- plossK et qlossK : sont respectivement les pertes de puissance active et réactive dans la k éme
branche.
- ri et Xi : sont la résistance et la réactance de la branche « i ».
- Vi : est la tension au nœud « i ».

Les pertes des puissances active et réactive dans la i éme branche sont données par :

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­ Pi 2 + Q i2
°° ploss i = ri
Vi2
® (II.4)
° qloss i = Pi + Q i X i
2 2

°¯ Vi 2

Les puissances actives et réactives transitant par la branche « i » juste à la sortie de son nœud
source sont :

­ Pl i = Pi + ploss i
® (II.5)
¯ Ql i = Q i + qloss i

Le courant de branche est défini dans notre cas, comme étant égal à la valeur conjuguée
du rapport de la puissance apparente en début de la branche « i » à la tension du nœud source de
cette dernière. En fonction des puissances actives et réactives à l'extrémité de la branche « i »,
nous obtenons pour ce courant l'expression [54]:

Pl i − jQl i
Fi = (II.6)
V ∗ ( SE i )

Si la tension complexe au nœud source de la branche « i » est :

V ( SEi ) = V (SEi ) ⋅ [cos(ϕ ( SEi ) ) + j sin (ϕ ( SEi ) )]

L’équation (II.6) peut être réécrite d’après :

Pl i cos( ϕ ( SE i )) + Ql i sin( ϕ ( SE i )) Ql cos( ϕ ( SE i )) − Pl i sin( ϕ ( SE i ))


Fi = − j i
V ( SE i ) V ( SE i )

La décomposition de cette expression selon les axes d et q donne :

­ Pl i cos( ϕ ( SE i )) + Ql i ( ϕ ( SE i ))
°° Fd i = V ( SE i )
® Ql i cos( ϕ ( SE i )) − Pl i sin( ϕ ( SE i ))
(II.7)
° Fq i =
°¯ V ( SE i )

Où :
- V ( SE (i )) : est la tension du nœud source de la branche « i ».
- ϕ ( SE (i )) : la phase à l'origine de la tension au nœud source de la branche « i ».

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Chapitre II Calcul de l’écoulement de charge

II.5.4 Tension à l'origine d'un nœud


Au regard du schéma de numérotation adopté (Figure II.4) et pour une branche donnée
« i », l'expression complexe de la tension du nœud récepteur de cette dernière est [43], [44],
[46] :
V ( RE (i )) = V ( SE (i )) − [r ( RE (i )) + jX ( RE (i )) ]⋅ [Fd ( RE (i )) − jFq ( RE (i )) ]

Dont la décomposition selon les axes d et q donne :


­Vd ( RE (i )) = Vd ( SE (i )) − r ( RE (i )) Fd ( RE (i )) − X ( RE (i )) Fq ( RE (i ))
® (II.8)
¯Vq ( RE (i )) = Vq ( SE (i )) − X ( RE (i )) Fd ( RE (i )) + r ( RE (i )) Fq ( RE (i ))

Sachant que le nœud source de la ligne (nœud zéro dans notre système de numération)
est pris comme nœud de référence alors, les composantes d et q de la tension du nœud récepteur
de la branche 1 de la ligne sont données par :
­Vd ( RE (i )) = 1 − r ( RE (i )) Fd ( RE (i )) − X ( RE (i )) Fq ( RE (i ))
® (II.9)
¯ Vq ( RE (i )) = − X ( RE (i )) Fd ( RE (i )) + r ( RE (i )) Fq ( RE (i ))

La valeur efficace de la tension du nœud récepteur de la i éme branche et sa phase à


l'origine son alors obtenues par :
­V ( RE (i )) = Vd ( RE (i )) 2 + Vq ( RE (i )) 2
°
® Vq ( RE (i )) (II.10)
° ϕ ( RE (i )) = tg −1
¯ Vd ( RE (i ))

II.5.5 Accélération du modèle de calcul proposé


Ce second modèle de calcul des puissances actives et réactives transitant dans une ligne
est proposé dans le but de réduire le temps de calcul de l'écoulement de charge. Si dans le
modèle étudié dans le (Paragraphe II.5.3), les puissances actives et réactives sont obtenues
pour une branche donnée, par sommation des puissances des charges aux nœuds qui la suivent
(II.3) dans le présent modèle, les puissances transitant par la dite branche sont calculées en
tenant compte de celles déjà calculées pour les branches qui en sortent.

­ Pi = ¦ Pl K + PLi
° K ∈S ( i )
®
Q
° i = ¦ Ql K +Q Li − Q ci
(II.11)
¯ K ∈ S ( i )

Où S (i) est l'ensemble des branches sortant de la branche « i »

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Chapitre II Calcul de l’écoulement de charge

II.5.5.1 Construction de la matrice « S »


Les lignes de la matrice « S » représentent les numéros des nœuds et ses éléments les
numéros des branches qui viennent juste après le nœud en question (les branches qui admettent
pour nœud source le nœud « i » en question).
Pour la ligne de l’exemple (Figure II.4), la construction de « S » donne :

ª2 0 0 0 0 0 0 0º
«3 5 0 0 0 0 0 0 »»
«
«4 7 0 0 0 0 0 0»
« »
0 0 0 0 0 0 0 0»
S = «
«6 0 0 0 0 0 0 0»
« »
«0 0 0 0 0 0 0 0»
«8 0 0 0 0 0 0 0»
« »
¬« 0 0 0 0 0 0 0 0 ¼»

Pour le nœud 2 (ligne 2 de la matrice S) par exemple, les branches qui admettent ce
dernier comme nœud source sont les branches 3 et 5, d’une autre manière SE(3)=2 et SE(5)=2.
Pour les nœuds 4, 6, et 8 (ligne 4, 6, et 8 de la matrice S) l’absence d’une valeur non
nulle signifie que ces nœuds sont terminaux.
La matrice « S » est une matrice creuse. Pour éviter de parcourir toutes ses lignes
inutilement et réduire ainsi d’avantage le temps de calcul on stock le nombre de branche qui
vient juste après le nœud en question dans le vecteur « K ». Le vecteur « K » pour notre
exemple de la (Figure.II.4) est donc :
K = [1 2 2 0 1 0 1 0]
En résumé, « K(i) » nous indique le nombre des branches qui ont le même nœud source
« i » et « S(i, 1ĺ K(i)) » le numéro de chacune d’elles.

II.5.5.2 Organigramme de construction de « S »

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Chapitre II Calcul de l’éécoulement de charge

Figure.II.7 : Organigramme de
d détermination des branches sortantes d’un mêême nœud source

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Chapitre II Calcul de l’écoulement de charge

II.6 Test de convergence


Pour estimer la proximité entre deux vecteurs, on utilise la métrique de « Minkowski »
qui possède les propriétés d'une distance. Cette métrique fournit un indice permettant
& &
l'appréciation de l'écart entre deux vecteurs X et Y . La métrique de « Minkowski » est définie
par [53] :
1
ª n º
r r

d ( x, y ) = «¦ X j − Y j » Avec r • 1 (II.12)
¬« j =1 ¼»
& &
Où n est la dimension des vecteurs X et Y .
Les distances les plus fréquemment utilisées sont en fonction de la valeur de « r » :
- La distance « Euclidienne » qui s'obtient pour une valeur de r = 2, est définie par :
1
ª n 2
º2
d ( x, y ) = « ¦ X j − Y j »
«¬ j =1 »¼
- La distance de « Manhattan » obtenue pour r = 1, s'exprime par :
ª n º
d ( x, y ) = « ¦ X j − Y j »
«¬ j =1 »¼
- La distance du maximum où « r » tend vers l'infini, admet l'expression suivante :

d ( x, y ) = max X j − Y j (II.13)
1≤ j ≤ n

Le test de convergence retenu pour le calcul de l'écoulement de charge est la distance du


& &
maximum (II.13). Les vecteurs X et Y sont respectivement les vecteurs tensions des
différents jeux de barres de la ligne à deux itérations successives.

II.7 Stratégie de solution


Pour résoudre le problème de charge et du fait que les méthodes newtoniennes
développées pour les réseaux de transport s'adaptent mal aux réseaux de distribution
(divergence dans la solution ou si il y’a convergence, le temps de calcul est long), les méthodes
itératives, basées sur les lois des circuits électriques, sont plus efficaces et donc conseillées dans
ce cas. Ces méthodes s'appuient sur le balayage en montée et en descente de la ligne. Le nœud
référence étant choisi (les lignes de distribution ayant un seul point d'alimentation il est alors
considéré comme référence de calcul). A la première itération, les tensions de tous les nœuds
sont initialisées à la tension du nœud de référence [4], [5], [8], [47]-[51] et [52].

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Chapitre II Calcul de l’écoulement de charge

On effectue un balayage en montée afin de calculer les puissances transitant par les
différentes branches, les pertes de puissance qui s'y produisent ainsi que les courants de
branche. Ensuite, un balayage en descente de la ligne est effectué afin de déduire les tensions
aux différents nœuds et leurs phases à l'origine. Le processus de balayage en montée et en
déscente de la ligne n'est alors arrêté que si la tolérance fixée pour la convergence est réalisée.
Ce test, est effectué sur le maximum de distance entre les vecteurs tensions de deux itérations
successives (II.13) et ce à la différence de [46]-[48] et [49] où le test de convergence est réalisé
sur la différence des puissances active et réactive à la sortie de la source et de [44] où le test est
pratiqué sur la différence entre la tension au nœud source spécifiée et celle calculée.
Pour éviter le stockage de toutes les valeurs des tensions des nœuds de l’itération qui
précède à chaque fois et réduire la mémoire occupée, on garde une seule valeur maximale entre
les différences de toutes les tensions obtenue par 2 itérations successives juste avant
l’écrasement de la dernière itération. Si ce maximum est inférieur ou égal à une certaine
tolérance, la solution est dite atteinte.

II.8 Algorithme de calcul


II.8.1 Algorithme de calcul, premier modèle
Étape.1 : Lire les données de la ligne et la matrice de connectivité.
Étape.2 : Déterminer les nœuds après chaque branche (La matrice BR et M (i) ).
Étape.3 : Initialiser toutes les tensions des nœuds à 1 pu et leurs phases à zéros (tension et
phase du nœud de source).
Étape.4 : Procéder à un balayage en montée de la ligne (backward sweep) pour obtenir le
courant qui circule dans chaque branche en utilisant les équations de (II.3) à (II.7).
Étape.5 : Procéder à un balayage en décente de la ligne (forward sweep) pour calculer la
tension et sont déphasage a chaque nœud en utilisant les équations de (II.8) à (II.10).
Étape.6 : Si le maximum de la différence entre les tensions de chaque nœud de 2 itérations
successives sont inférieurs ou égale à la tolérance fixée (la solution converge), aller à
l'étape suivante sinon, répéter l’étape 4, 5 et 6 jusqu'à la convergence.
Étape.7 : Écrire les résultats.

II.8.2 Algorithme de calcul, modèle accéléré


Étape.1 : Lire les données de la ligne et la matrice de connectivité.
Étape.2 : Déterminer les nœuds après chaque branche (La matrice BR et M (i) ).
Étape.3 : Déterminer les branches qui admettent le même nœud source (La matrice S et K)

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Chapitre II Calcul de l’écoulement de charge

Étape.4 : Initialiser toutes les tensions des nœuds à 1 pu et leurs phases à zéros (tension et
phase du nœud de source).
Étape.5 : Procéder à un balayage en montée de la ligne (backward sweep) pour obtenir le
courant qui circule dans chaque branche en utilisant les équations (II.11), (II.4), (II.5),
et (II.7).
Étape.6 : Procéder à un balayage en décente de la ligne (forward sweep) pour calculer la
tension et sont déphasage à chaque nœud en utilisant les équations de (II.8) à (II.10).
Étape.7 : Si le maximum de la différence entre les tensions de chaque nœud de 2 itérations
successives sont inférieurs ou égale à la tolérance fixée (la solution converge), aller à
l'étape suivante sinon, répéter l’étape 4, 5 et 6 jusqu'à la convergence.
Étape.8 : Écrire les résultats.

II.9 Applications
La méthode de calcul de l’écoulement de charge proposée a été mise en application
sous environnement Matlab.
Plusieurs lignes radiales sans et avec ramifications ont été considérées. La première
ligne [46]-[65] est de moyenne tension, non homogène, sans ramifications et composée de dix
nœuds, sa tension de service est de 23 kV (Figure II.8).
La seconde, non homogène [66], est quant à elle, ramifiée, comprenant 34 nœuds et de tension
de service de 11 kV (Figure II.9).
La troisième ligne non homogène aussi [43], [48], [49], est de 69 nœuds avec ramifications de
tension de service égale à 12.66 kV (Figure II.10). Les données des 3 lignes sont présentées
dans l’annexe.
Les calculs sont faits en unités relatives (pu), les tensions et les puissances apparentes de
base de chaque ligne sont données dans le Tableau II.4.

Tableau II.4 : Tensions et puissances apparentes de base.

Réseau 10 nœuds [46]- Réseau test IEEE 34


Réseau 69 nœuds [43]
[65] nœuds [66]
VBase (kV ) 23 11 12.66
S Base (kVA) 4186 2873.5 2694.1

Le taux de convergence qu’on notera « Tc », a été fixé à 10 −4 puis à 10 −7 .

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