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Chapitre 2 : Topologies faibles dans les evn.

Table des matières


1 Pourquoi des topologies faibles ? 1
2 Suites faiblement convergentes dans un espace de Hilbert 2
2.1 Dénition, propriétés élémentaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
2.2 Exemples de convergences faibles non fortes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
2.3 Zoologie : qq relations entre diérents types de convergences . . . . . . . . . . . . . . . 3
2.4 Extraction de sous-suite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2.5 Application : méthode variationnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2.6 Résolution variationnelle d'un problème au limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5

3 Quelques rappels de topologie générale 8


3.1 Espace métrique et espace topologique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
3.2 Caractérisation séquentielle de propriétés topologiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
3.2.1 Continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
3.2.2 Compacité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9

4 Topologie faible dans un espace de Hilbert (H sur K = R ou C) 11


4.1 Théorie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
4.2 Application : calcul des variations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
4.2.1 Optimisation sur un espace topologique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
4.2.2 Optimisation et topologie faible . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
4.2.3 Résolution variationnelle d'un pb aux limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15

5 Topologie faible dans un espace de Banach 16


5.1 Qq outils pour compenser l'absence de caractère hilbertien . . . . . . . . . . . . . . . . 16
5.2 Topologie faible : théorie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
5.3 Exemples et contre-exemples d'espace séparables/réexifs . . . . . . . . . . . . . . . . 20
5.4 Comparaison avec la convergence au sens des distributions . . . . . . . . . . . . . . . . 22

6 Comment exploiter ce cours pour agrégation ? 23

L'objectif des topologies faibles est de rendre les boules fermées (faiblement) compactes en dimen-
sion innie. Ceci est fort utile, par exemple, en calcul des variations. Les topologies faibles n'étant
pas toujours métrisables, quelques rappels s'imposent sur les distinctions entre espaces métriques et
espaces topologiques.

Préparation : Lire le Chapitre 3 'Topologies faibles...' de Brézis.

1 Pourquoi des topologies faibles ?


Le but des topologies faibles est de gagner de la compacité dans les espaces de dimension
innie. Nous verrons que ceci est utile, notamment, en optimisation.
Théorème 1 Soit (E, k.k) un evn. EQU :
1. E est de dimension nie,

1
2. la boule unité fermée de E est compacte (pour la topologie dénie par sa norme) : de toute suite
bornée de E on peut extraire une sous-suite convergente.

Preuve : Supposons B := B E (0, 1) compacte. Alors du recouvrement ouvert B ⊂ ∪x∈B BE (x, 1/2) on
peut extraire un sous-recouvrement ni B ⊂ ∪16j6N BE (xj , 1/2). Montrons que F := Vect{x1 , ..., xN }
coïncide avec E . Par l'absurde, supposons qu'il existe x ∈ E \ F . Comme F est fermé, il existe y ∈ F
x−y
tel que d := dist(x, F ) = kx − yk > 0 (fonction continue sur un compact) Alors
x−y d ∈ B donc il existe
1 6 j 6 N tel que d − xj < 2 . Ainsi y + dxj ∈ F et kx − (y + dxj )k < d2 : contradiction. 
1

Question : Lorsque E (fn )n∈N est une suite bornée de E , que peut-on
est de dimension innie et
dire ? Par exemple avec E = L2 (0, 1) ? On va montrer qu'il existe une sous suite (fϕ(n) )n∈N qui
converge faiblement
2
dans L (0, 1). Et si kfn k∞ 6 M , peut-on dire davantage ?

2 Suites faiblement convergentes dans un espace de Hilbert

2.1 Dénition, propriétés élémentaires


Denition 1 Soit (H, h., .i) un espace de Hilbert. Une suite (fn )n∈N de H converge faiblement vers
f si hfn , gi → hf, gi pour tout g ∈ H (la limite est nécessairement unique). On note alors fn * f .

Proposition 1 1. fn → f
   
⇒ fn * f
   
2. fn * f ⇒ kf k 6 lim inf kfn k
   
3. fn * f ⇒ (fn ) bornée
   
4. fn → f ⇔ fn * f et kfn k → kf k
   
5. fn * f et gn → g ⇒ hfn , gn i → hf, gi . La convergence faible des (gn ) ne sut pas.
6. Si fn * f alors f appartient à l'enveloppe convexe fermée (fort) de {fn ; n ∈ N}

Preuve :
2.kf k2 = limhf, fn i 6 kf k lim inf kfn k par CYS.
3. On applique le thm Banach Steinhauss avec Tn : H → R dénie par Tn (h) = hfn , hi. Montrons
2
que kTn k = kfn k. L'inégalité de CYS justie que kTn k 6 kfn k. De plus, kfn k = Tn (fn ) 6 kTn kkfn k
donc kTn k > kfn k.
4. On a kfn − f k2 = kfn k2 + kf k2 − 2<hf, fn i → 0.
5. Soit  > 0. Comme (fn ) converge faiblement alors elle est bornée : kfn k 6 M , ∀n ∈ N. Pour n
 
assez grand, on a |hfn − f, gi| <
2 et kgn − gk < 2M . Alors

|hfn , gn i − hf, gi| 6 |hfn , gn − gi| + |hfn − f, gi|


6 kfn kkgn − gk + 2 < M 2M 
+ 
2 = .

Pour la réciproque, il sut de considérer fn = gn avec kfn k = 1 et fn * 0, par exemple einx dans
L2 (0, 1).
6. Soit C l'enveloppe convexe fermée (pour la topologie de la norme) de {fn ; n ∈ N} et PC : H → C
la projection orthogonale sur C. Le théorème de projection justie que

hfn − PC (f ), f − PC (f )i 6 0 , ∀n ∈ N .

En passant à la limite [n → ∞] dans cette inégalité, grâce à la convergence faible fn * f , on obtient


kf − PC (f )k2 = 0 donc f = PC (f ) ∈ C . 

2
Rappel : Théorème de Banach Steinhauss
Soit E un espace de Banach, F un evn, (Tn )n∈N une suite de Lc (E, F ) tq supn∈N kTn (x)kF < ∞ pour
tout x ∈ E . Alors supn∈N kTn kLc (E,F ) < ∞.

Ce thm se démontre avec le Lemme de Baire (voir Brézis) donc seule la complétude de E est
nécessaire, pas celle de F. Attention, Brézis impose trop d'hypothèses.

2.2 Exemples de convergences faibles non fortes


Il y a essentiellement 3 phénomènes qui empêchent une suite faiblement convergente de converger
fortement.

Perte à l'inni : Dans l2 (N, C), en * 0 (car (xn )n∈N ∈ l2 (N) ⇒ xn → 0) mais en ne converge
pas fortement vers zéro car ken kl2 = 1.
Idem dans L2 (R) avec (τn f )n∈N où f ∈ L2 (R) est à support minoré ⊂ [a, ∞) :

Z ∞
Z ∞ 1/2
2

|hτn f, gi| = f (x − n)g(x)dx 6 kf kL2 (R)
|g(x)| dx →0 par CVD.
a+n a+n

Concentration : Dans L2 (0, 1), fn := n1[0,1/n] converge faiblement vers zéro

!1/2
√ Z 1/n Z 1/n
2
n g(x)dx 6 |g(x)| dx →0 par CVD


0 0

mais ne converge pas fortement car kfn kL2 (0,1) = 1.

Oscillations : Dans L2 (0, 1), einx converge faiblement vers zéro (Lemme de Riemann Lebesgue) mais
pas fortement car keinx k = 1. La preuve se fait par IPP lorsque la fonction test est C 1 puis par densité
1
de C dans L2 lorsque la fonction test est seulement L2 .

2.3 Zoologie : qq relations entre diérents types de convergences


Proposition
 2 Soit d ∈ N∗, Ω un ouvert de Rd , (fn )n∈N une suite de L2 (Ω) et f ∈ 
L2 (Ω). Alors
fn * f dans L2 (Ω) faible ⇔ fn → f dans D0 (Ω) et (fn )n∈N est bornée dans L2 (Ω)

Preuve :
⇒ Cc∞ (Ω) ⊂ L2 (Ω).
⇐ 0
Supposons que fn → f dans D (Ω) et kfn kL2 (Ω) 6 M , ∀n. Montrons que fn * f dans L2 (Ω).
2
Soit g ∈ L (Ω) et  > 0. Il existe g e ∈ Cc∞ (Ω) tel que kg − gekL2 (Ω) < 
4M . Il existe n∗ tel que

hfn − f, geiD0 ,D < 2 , ∀n > n∗ . Alors, pour n > n∗ , on a

|hfn − f, giL2 ,L2 | 6 |hfn − f, geiL2 ,L2 | + |hfn − f, g − geiL2 ,L2 |


6 |hfn − f, geiD0 ,D | + kfn − f kL2 kg − gekL2 par CYS
6 2 + 2M 4M 
= . 

Contre-exemple : Pour l'implication ⇐, l'hypothèse de borne est nécessaire. En eet, fn :=


n1[1/n,2/n] converge vers zéro dans D0 (0, 1) : un compact de (0, 1) est à distance > 0 de {0} donc
ne contient qu'un nb ni de 1/n. Mais elle ne converge pas faiblement dans L2 (0, 1) car elle n'y est

pas bornée : kfn kL2 (0,1) = n.

[Hirsh-Lacombe, Chap 7, Section 2.6, Ex 15, Page 242]

3
Exercice : La convergence simple presque partout implique-t-elle la convergence faible dans L2 (Ω) ?
Comparer la convergence faible L2 (0, 1) avec les autres types de convergence : CVS p.p., CVU, CV
Lp , etc

2.4 Extraction de sous-suite


Le grand intérêt des suites faiblement convergente provient de la propriété suivante.

Théorème 2 Soit H un Hilbert sur K = R ou C. De toute suite bornée de H , on peut extraire une
sous-suite qui converge faiblement dans H .
Exemple : fn = 1ωn où (ωn )n∈N est une suite d'ensembles mesurables bornés de R. Alors kfn kL2 (R) =
p
|ωn | 6 M donc (fn )n∈N admet une sous-suite qui converge faiblement dans L2 (R).

Preuve sur un Hilbert séparable : [voir Hirsch-Lacombe]


Soit D := {hk ; k ∈ N} une partie dénombrable dense dans H et (fn )n∈N une suite bornée de H :
kfn k 6 M , ∀n ∈ N.

Étape 1 : On extrait une sous-suite qui converge 'contre' D.


La suite (hfn , h0 i)n∈N est bornée dans K donc il existe une extraction ϕ0 (application strictement
croissante N → N) telle que la sous-suite (hfϕ0 (n) , h0 i)n∈N converge dans K.
La suite (hfϕ0 (n) , h1 i)n∈N est bornée dans K donc il existe une extraction ϕ1 telle que la sous-suite
(hfϕ0 ◦ϕ1 (n) , h1 i)n∈N converge dans K.
En itérant ce précédé, on obtient, pour tout p ∈ N une extraction ϕp telle que la suite (hfϕ0 ◦...◦ϕp (n) , hp i)n∈N
converge dans K. Alors
ψ: N → N
n 7→ ϕ0 ◦ ... ◦ ϕn (n)
est une extraction [car ϕp (j) > j pour tous p, j ∈ N] et, pour tout p ∈ N, (hfψ(n) , hp i)n>p est un
sous-suite de (hfϕ0 ◦...◦ϕp (n) , hp i)n∈N donc la suite (hfψ(n) , hp i)n∈N converge dans K.

Etape 2 : On montre que (hfψ(n) , gi)n∈N converge dans R pour tout g ∈ H . Soit g∈H et  > 0.
Il existe K∈N tel que kg − hK k < /(3M ). Il existe N ∈ N tel que
m, n > N ⇒ |hfψ(n) − fψ(m) , hK i| < /3 .
Pour m, n > N , on a
 
|hfψ(n) − fψ(m) , gi| 6 |hfψ(n) − fψ(m) , hK i| + |hfψ(n) − fψ(m) , g − hK i| <
+ 2M = .
3 3M
Ainsi, (hfψ(n) , gi)n∈N est de Cauchy dans R, qui est complet, donc elle converge. Notons L(g) sa limite.

Étape 3 : On applique le thm de Riesz. La forme linéaire L est continue sur H car |L(g)| =
limn→∞ |hfψ(n) , gi| 6 M kgk. D'après le thm de Riesz, il existe f ∈ H tel que L(g) = hf, gi pour
tout g ∈ H . Ainsi, fψ(n) * f quand [n → ∞]. 

Preuve sur un Hilbert non séparable :


Soit (fn )n∈N une suite bornée de H : kfn k 6 M , ∀n ∈ N. Alors e := AdhH (Vect{fn ; n ∈ N}),
H
muni du produit scalaire de H, est un Hilbert séparable. Donc, il existe f ∈ H
e et une extraction ψ
telle que fψ(n) converge faiblement vers f dansHe.
Montrons que fψ(n) converge faiblement vers f dans H. Soit h∈H et h=e
h + h⊥ une décompo-

sition adaptée à H=H e +H e ⊥ (T.S.O). Alors

hfψ(n) , hi = hfψ(n) , e
hi → hf, e
hi = hf, hi. 

4
2.5 Application : méthode variationnelle
Proposition 3 [Hirsch-Lacombe ex 18 page 107, ou Ciarlet] Soit H un Hilbert sur R, C un convexe
fermé non vide de H , J : H → R une application diérentiable et convexe. Si C n'est pas borné,
on suppose J coercive, cad J(x) → +∞ quand kxk → +∞. Alors il existe x∗ ∈ C tel que J(x∗ ) =
inf x∈C J(x).

Preuve : Soit (xn )n∈N un suite minimisante : xn ∈ C et J(xn ) → inf C (J) quand [n → ∞]. Elle est
bornée, soit parce que C est bornée, soit parce que J est coercive. Donc il existe x∗ ∈ H tel que,
quitte à extraire, xn * x∗ dans H . Alors x∗ ∈ AdhH (Conv{xn ; n ∈ N}) ⊂ C (voir la Proposition 1.6 :
la preuve utilise la projection sur C ). Comme J est convexe et diérentiable, alors

J(xn ) > J(x∗ ) + h∇J(x∗ ), xn − x∗ i ∀n ∈ N

(la courbe est au dessus de sa tangente). En passant à la limite [n → ∞], on obtient inf C (J) > J(x∗ )
donc il y a égalité. 

2.6 Résolution variationnelle d'un problème au limites


Dans cette section, nous donnons une preuve alternative de l'énoncé suivant, déjà étudié au cha-
pitre 1.

Proposition 4 Soit α ∈ L∞ (0, 1) telle que

0 < αmin 6 α(x) 6 M pour presque tout x ∈ (0, 1) .

Pour tout f ∈ L2 (0, 1), il existe une unique fonction u ∈ H01 (0, 1) telle que −(αu0 )0 + u = f dans
D0 (0, 1).

Preuve :
Étape 1 : Existence. On travaille sur l'espace H01 (0, 1), muni du produit scalaire et de la norme de
H 1 (0, 1), qui en font un Hilbert. Pour v ∈ H01 (0, 1), la quantité
Z 1 
α(x) 0 2 1 2
J(v) := |v (x)| + |v(x)| − f (x)v(x) dx
0 2 2

est bien dénie car α ∈ L∞ (0, 1) et v 0 , v, f ∈ L2 (0, 1) (CYS). De plus, l'application J : H01 (0, 1) → R
est

1. de classe C∞ car somme d'une forme quadratique et d'une forme linéaire, toutes deux continues
1
sur H0 (0, 1)

1
Z 
α(x) 0 1 1
|v (x)| + |v(x)| dx 6 max{αmax ; 1}kvk2H 1 , ∀v ∈ H01 (0, 1) ,
2 2



0 2 2 2
Z 1
f (x)v(x)dx 6 kf kL2 kvkL2 6 kf kL2 kvkH 1 , ∀v ∈ H01 (0, 1) .



0

2. strictement convexe (trivial),

3. coercive car

1
J(v) > min{αmin ; 1}kvk2H 1 − kf kL2 kvkH 1 → +∞ quand kvkH 1 → ∞
2
(fonction polynomiale en la variable kvkH 1 ).

5
Grâce à la Proposition 3, il existe u ∈ H01 (0, 1) tel que J(u) = inf{J(v); v ∈ H01 (0, 1)}. Alors (condition
d'Euler + stricte convexité) u est l'unique solution de dJ(u).v = 0 pour tout v ∈ H01 (0, 1), cad
Z 1
[α(x)u0 (x)v 0 (x) + u(x)v(x) − f (x)v(x)]dx = 0 , ∀v ∈ H01 (0, 1) . (1)
0

En particulier, on obtient −(αu0 )0 + u = f dans D0 (0, 1) en testant contre v ∈ Cc∞ (0, 1).
Étape 2 : Unicité. Soit u u0 )0 + u
e ∈ H01 (0, 1) telle que −(αe e = f dans D0 (0, 1). Pour montrer que
e = u, on va utiliser l'unicité de l'Etape 1. Soit v ∈ H01 (0, 1). Par dénition de H01 (0, 1), il existe
u
(φn )n∈N ⊂ Cc∞ (0, 1) telle que kv − φn kH 1 → 0 quand [n → ∞]. On a
Z 1 
u0 φ0n + (e
αe u − f )φn = 0 , ∀n ∈ N .
0

Or (CYS)

1
Z
0
(φ0n 0
u0 kL2 kφ0n − v 0 kL2 + ke


αe
u − v ) + (e
u − f )(φn − v) 6 αmax ke u − f kL2 kφn − vkL2 −→ 0 ,
0

donc Z 1 
u0 v 0 + (e
αe u − f )v = 0 .
0

L'énoncé suivant fournit un autre exemple de problème aux limites, qu'on peut résoudre avec
une méthode variationnelle. Cette fois, la nature non-linéaire de l'équation empêche de conclure avec
seulement le théorème de Riesz ou le théorème de Lax-Milgram.

Théorème 3 Soit f ∈ L2 (0, 1) et p > 1.


 Il existe une unique fonction u ∈ H 2 ∩ H01 (0, 1) telle que −u00 + |u|p−1 u = f dans L2 (0, 1).
 Si f ∈ C 0 ([0, 1]) alors u ∈ C 2 ([0, 1]) et est solution classique, cad

−u00 (x) + |u|p−1 u(x) = f (x) , ∀x ∈ [0, 1].

Preuve : Soit f ∈ L2 (0, 1) et p > 1.


Etape 1 : On démontre l'existence et l'unicité de u ∈ H01 (0, 1) tel que
Z 1
[u0 (x)v 0 (x) + |u(x)|p−1 u(x)v(x) − f (x)v(x)]dx = 0 , ∀v ∈ H01 (0, 1) . (2)
0

Pour v ∈ H01 (0, 1), la quantité

1
|v(x)|p+1
Z 
1 0 2
J(v) := |v (x)| + − f (x)v(x) dx
0 2 p+1

est bien dénie car v 0 , v, f ∈ L2 (0, 1) (CYS) et v ∈ C 0 ([0, 1], R). Alors l'application J : H01 (0, 1) → R
est

1. diérentiable (exercice)

2. strictement convexe (trivial)

3. coercive, grâce à l'inégalité de Poincaré


R1
J(v) > 0 21 |v 0 (x)|2 dx − kf kL2 kvkL2
> CP kvk2H 1 − kf kL2 kvkH 1 → +∞ quand kvkH 1 → ∞.

6
Grâce à la Proposition 3, il existeu ∈ H01 (0, 1) tel que J(u) = inf{J(v); v ∈ H01 (0, 1)}. Alors (condition
1 1
d'Euler+stricte convexité) u est l'unique solution dans H0 (0, 1) de dJ(u).v = 0 pour tout v ∈ H0 (0, 1),
cad (2).

Étape 2 : On montre que u ∈ H 2 (0, 1) et que −u00 + |u|p−1 u = f dans L2 (0, 1). La relation (2)
∞ 00
avec v ∈ Cc (0, 1) montre que u = |u|
p−1 u − f dans D 0 (0, 1). Le mb de droite est dans L2 (0, 1) donc,
2 00
par dénition, u ∈ H (0, 1). Alors −u + |u|
p−1 u − f est une fonction de L2 (0, 1) qui est nulle dans

D0 (0, 1), donc elle est nulle dans L2 (0, 1).

Étape 3 : On montre l'unicité. Soit u u00 + |e


e ∈ H 2 (0, 1) telle que −e u|p−1 u
e = f dans L2 (0, 1). Pour
montrer que u
1
e = u, on va utiliser l'unicité de l'Etape 1. Soit v ∈ H0 (0, 1). En intégrant contre v
u00 + |e
l'égalité  −e u|p−1 u
e = f dans L2 (0, 1), on obtient
Z 1  Z 1
e00 + |e
−u u|p−1 u
e (x)v(x)dx = f (x)v(x)dx .
0 0

Or,
R1 R 1 00 Rx
− 0 e00 (x)v(x)dx = − 0 u
u e (x) 0 v 0 (t)dtdx car v ∈ H01 (0, 1)
R1 R1
= − 0 v 0 (t) t u00 (x)dxdt par le théorème de Fubini
R1 0
= − 0 v (t)[u0 (1) − u0 (t)]dt car u0 ∈ H 1 (0, 1)
R1 R1
= −u0 (1) 0 v 0 + 0 v 0 u0
R1
= 0 u0 v 0 car v ∈ H01 (0, 1) .
L'application du théorème de Fubini est justiée car

Z 1 Z 1
|v 0 (t)| |u00 (x)|dxdt 6 kv 0 kL1 ku00 kL1 6 kv 0 kL2 ku00 kL2 < ∞ .
0 t

Étape 3 : Si f est continue sur [0, 1] alors u00 = |u|p−1 u − f est continue sur [0, 1] donc u est C2
et
2
l'égalité dans L est une égalité ponctuelle.

7
3 Quelques rappels de topologie générale
Dans cette section, X désigne un ensemble.

3.1 Espace métrique et espace topologique


Denition 2 (X, d) est un espace métrique (e.m.) si d : X × X → R est un distance : ∀x, y, z ∈ X
 d(x, y) = 0 ⇒ x = y ,
 d(x, y) = d(y, x),
 d(x, z) 6 d(x, y) + d(y, z).

Quand on étudie des problèmes de convergence, on s'aperçoit vite que la notion de distance est
trop restrictive (on verra, par exemple, que la topologie de la convergence simple sur la boule unité
de L∞ (0, 1) n'est pas métrisable), ce qui conduit à introduire les espaces topologiques.

Denition 3 (X, O) est un espace topologique si O est une partie de P(X) stable par intersection
nie, union quelconque et contient X et ∅. Les éléments de O sont les ouverts et leurs complémen-
taires sont les fermés.
Un voisinage ouvert de x ∈ X est un ouvert O ∈ O tel que x ∈ O.
Une base de voisinages ouverts est une partie U de O telle que, pour tout x ∈ X et O ∈ O
contenant x, il existe U ∈ U tel que x ∈ U ⊂ O.
Une suite (fn )n∈N d'éléments de X converge vers f ∈ X dans (X, O) si, pour tout voisinage
ouvert O de f , il existe n∗ ∈ N tel que fn ∈ O pour tout n > n∗ .

Remarque 1 Le concept de suite convergente est topologique : il ne requiert pas de distance.

Exemples :
   
1. La topologie d'un espace métrique (X, d) : O ∈ O ⇔ ∀x ∈ X, ∃r > 0 / Bd (x, r) ⊂ O .
2. La topologie grossière O = {∅, X}. Elle n'est pas métrisable si X contient plus de 2 éléments
(exercice).

3. La topologie de la convergence simple, ou 'topologie produit' sur [−1, 1][0,1] . Nous verrons en
Section 3.2.2 qu'elle n'est pas métrisable.

4. Soit d ∈ N∗ et Ω un ouvert de Rd . La topologie de la convergence uniforme sur les compacts


(pour la fonction ainsi que toutes ses dérivées) est métrisable sur C ∞ (Ω) : considérer une suite
exhaustive de compacts et une distance dénie par une série [Hirsh-Lacombe, Chap 7, Section
1.4, Ex 7, page 231].

Mais la topologie de la convergence dans Ccm (Ω) et Cc∞ (Ω) n'est pas métrisable [Hirsch Lacombe,
Chap 7, Section 1.2, Page 226] (exercice : le démontrer...) Attention, ici, la notion de suite
convergente requiert que les éléments de la suite soient à support dans un même compact.

3.2 Caractérisation séquentielle de propriétés topologiques


Dans un e.m., on peut caractériser des notions topologiques (continuité, compacité) en utilisant
des suites. Attention : ce n'est plus le cas avec un espace topologique général ! Il faut alors veiller à
utiliser les bonnes dénitions.

8
3.2.1 Continuité
Denition 4 Soient (X, O) et (X 0 , O0 ) deux espaces topologiques et a ∈ X . Une application f :X→
X0 est continue en a si, pour tout voisinage ouvert V de f (a) dans
0 X 0, alors f −1 (V 0 ) contient un
voisinage ouvert V de a : x ∈ V ⇒ f (x) ∈ V 0 .

Remarque 2 La continuité est une notion topologique, contrairement à la continuité uniforme et au


caractère Lipschitzien/Höldérien, qui sont des notions métriques.

Théorème 4 Soient (X, d) et (X 0 , d0 ) deux espaces métriques, a ∈ X et f : X → X 0 . EQU :


1. f est (topologiquement) continue en a
2. f est 'métriquement continue' en a : ∀ > 0, ∃η > 0 / d(x, a) < η ⇒ d0 (f (x), f (a)) < 
3. f est 'séquentiellement continue' en a : pour toute suite (xn )n∈N de X convergeant vers a alors
(f (xn ))n∈N converge vers f (a).

La continuité topologique implique toujours la continuité séquentielle, mais la réciproque requiert


une base dénombrable de voisinages ouverts de a (OK dans un e.m.).

Preuve de 3. ⇒ 1 : Par l'absurde, on suppose qu'il existe un voisinage ouvert V 0 de f (a) dans X0
tel que, pour tout voisinage ouvert
  V de a dans X , il existe x ∈ V tel que / V 0 . En considérant
f (x) ∈
V = Bd a, n+11
, on obtient une suite (xn )n∈N de X convergent vers a telle que f (xn ) ∈/ V 0 , ∀n :
Contradiction. 

Exemple d'application séquentiellement continue, qui n'est pas topologiquement conti-


nue : Soit X un ensemble inni non dénombrable, par exemple X = R, et
O := {O ∈ P(X); X \ O est ni ou dénombrable } ∪ {∅} .

Alors (X, O) est un espace topologique (exercice) dont les suites convergentes sont les suites station-
naires.  
En eet, considérons xn → x dans (X, O). Alors V := X \ {xk ; k ∈ N} ∪ {x} est un voisinage
ouvert de x donc il existe n0 ∈ N tel que xn ∈ V pour tout n > n0 . Nécessairement, xn = x pour tout
n > n0 .
Il en résulte que toute application f : X → Rest  séquentiellement continue. Mais toutes ne sont
−1 ∗
pas topologiquement continues. Par exemple 1
{x} R = {x} n'est pas un ouvert de (X, O).

3.2.2 Compacité
Denition 5 Un espace topologique (X, O) est compact si
 il est séparé : pour tous x 6= y ∈ X , il existe un voisinage ouvert Ox (resp. Oy ) de x (resp. y )
tels que Ox ∩ Oy = ∅,
 de tout recouvrement de X par des ouverts on peut extraire un sous-recouvrement de X ni
(Propriété de Borel Lebesgue) ou, de façon équivalente (contraposée)
de toute famille de fermés de X d'intersection vide on peut extraire une sous-famille nie d'in-
tersection vide.

Conséquence utile [Thm des compacts emboîtés] : Dans un espace topologique compact, toute
suite décroissante de fermés non vides a une intersection non vide. (preuve par l'absurde)

Théorème 5 Soit (X, d) un espace métrique et A ⊂ X . EQU :

9
1. A est (topologiquement) compact,
2. A est 'séquentiellement compact' : de toute suite de A on peut extraire une sous-suite convergente
dans A (Propriété de Bolzano Weierstrass).

1. ⇒ 2. nécessite l'existence d'une base dénombrable de voisinages. 2. ⇒ 1. nécessite une distance


(voir le Lemme de la maille, dans le poly Nier-Iftimie).

Preuve de 1 ⇒ 2 : Le thm des compacts emboîtés avec Fn := AdhX {xk ; k > n} fournit l ∈ ∩n∈N Fn .
Alors, ∀k ∈ N∗ , ∃nk ∈ N tq d(l, xnk ) < 1/k . Ainsi xnk → l. 

Contre-exemple : Voici un exemple d'espace topologique compact qui n'est pas séquentiellement
compact, parce que sa topologie n'est pas métrisable.
On muni [−1, 1][0,1] de la 'topologie de la convergence simple', aussi appelée 'topologie produit',
cad la topologie la moins ne rendant continue les applications ω ∈ [−1, 1][0,1] 7→ ωx ∈ [−1, 1] pour
x ∈ [0, 1].
On peut montrer [voir poly Nier-Iftimie] qu'une base d'ouverts est donnée par les cylindres

{Cyl(ωx1 , ..., ωxN ); N ∈ N∗ , x1 , ..., xN ∈ [0, 1] , ωx1 , ..., ωxN ouverts de [−1, 1]}

Cyl(ωx1 , ..., ωxN ) := {f : [0, 1] → [−1, 1]; f (xj ) ∈ ωxj pour j = 1, ..., N } .
Le thm de Tikhonov assure que [−1, 1][0,1] , muni de la topologie de la convergence simple, est un
espace topologique compact. Pourtant, on peut exhiber une suite de [−1, 1][0,1] qui n'admet aucune
sous-suite convergente. Ceci est dû au fait que la topologie de la convergence simple sur [−1, 1][0,1]
n'est pas métrisable.
2n
P −1
Considérons fn := 1[ 2p−1 , 22p
n)
[faire un dessin].
p=1 2n
P∞ rn
On rappelle que tout nombre réel r ∈ [0, 1) admet un développement en base 2:r= n=1 2n où
rn ∈ {0, 1}. Cette décomposition n'est pas unique, car


1 X 1
N
= , ∀N ∈ N∗ .
2 2n
n=N +1

Pour qu'elle soit unique, on peut ajouter la condition que (rn )n∈N∗ ne stationne pas en 1. Alors
rn = fn (r) pour tout r ∈ [0, 1).
Par l'absurde, supposons qu'il existe une extraction ψ telle que (fψ(n) )n∈N converge simplement
P 1
sur [0, 1]. Considérons x0 := 2ψ(n)
∈ [0, 1]. Alors fψ(n) (x0 ) = 1 si n est impair, mais = 0 si
n∈N∗ impair
n est pair. Donc (fψ(n) (x0 ))n∈N ne converge pas : contradiction.

Remarque 3 Rappel : Thm Tikhonov


Soit K = Πi∈I Ki un produit (qlq) d'espaces topologiques compacts muni de la topologie produit (ou
topologie de la convergence simple, cad la topologie la moins ne rendant continues les projections
ω ∈ K 7→ ωi ∈ Ki ). Alors K est un espace topologique compact.
Brézis l'énonce et renvoie à Schwartz, Dixmier,... La preuve est simple lorsque I est dénombrable et
Ki est un e.m., car la topologie produit est alors métrisable. Lorsque I n'est pas dénombrable, il faut
utiliser l'axiome du choix...

10
4 Topologie faible dans un espace de Hilbert (H sur K = R ou C)

4.1 Théorie
Denition 6 La topologie faible de (H, h., .i) est la topologie la moins ne (contenant le moins
d'ouverts) rendant continues les applications ϕg : h ∈ H 7→ hg, hi ∈ K. On note H w pour H muni de
sa topologie faible.

Proposition 5 1. Les ouverts de H w sont les ∪qlq ∩nie ϕ−1


g (ouvert de K).
2. Pour f ∈ H , une base de voisinages de f dans H w est {Vf,,g1 ,...,gp ;  > 0, p ∈ N∗ , g1 , ..., gp ∈ H}

Vf,,g1 ,...,gp = {h ∈ H; |hh − f, gj i| < , ∀1 6 j 6 p} .

Preuve :
1. Par dénition de la topologie H w , les ensembles de la forme ϕ−1
g (B), où B est une boule ouverte
w
de K, sont des ouverts H . L'ensemble des ouverts H
w étant stable par intersection nie et
union qlq, on en déduit que sont des ouverts H
w tous les ensembles de la forme

O= ∪ ∩ ϕ−1
g (Bj,g )
j∈J g∈Fj

où J est un ensemble quelconque d'indices, Fj est un sous-ensemble ni de H , et Bj,g une boule
ouverte de K. Pour conclure, il sut de montrer que l'ensemble
 
∪ ∩ ϕ−1
g (Bj,g ); J ensemble quelconque d'indices, Fj ⊂ H ni, Bj,g ⊂ K boule ouverte
j∈J g∈Fj

est stable par union qlq (ce qui est clair) et intersection nie, ce qui résulte de la formule de
distribution
∩ ∪ Aj = ∪ ∩ Aϕ(i)
i∈F j∈Ji ϕ∈Φ i∈F


Φ := {ϕ : F → ∪k∈F Jk ; ϕ(i) ∈ Ji , ∀i ∈ F } .
2. Soit f ∈H O un ouvert de H w contenant f . Montrons que O contient un voisinage ouvert de
et
f de la forme Vf,,g1 ,...,gp . D'après ce qui précède, il existe un ensemble (qlq) d'indices J , pour
tout j ∈ J un ensemble ni Fj de H , et pour tout g ∈ Fj un boule ouverte Bj,g de K tels que

O= ∪ ∩ ϕ−1
g (Bj,g ) .
j∈J g∈Fj

Comme f ∈O alors il existe j0 ∈ J tel que

f∈ ∩ ϕ−1
g (Bj0 ,g )
g∈Fj0

Notons p le cardinal de Fj0 et g1 , ..., gp ses éléments. Pour k = 1, ..., p, le nombre réel
 ϕgk (f )
appartient à l'intervalle ouvert Bj0 ,gk donc il existe >0 (indépendant de j) tel que ϕgk (f ) −

, ϕgk (f ) +  ⊂ Bj0 ,gk . Alors Vf,,g1 ,...,gp ⊂ O. 

Si dim(H) < ∞ alors les topologies faibles et fortes coïncident. Si H est de dimension innie,
les ouverts (resp. fermés) faibles sont des ouverts (resp. fermés) forts, car la topologie
alors
Hw il y a plus d'ouverts (resp. fermés) forts que d'ouverts (resp.
est la 'moins ne'. Mais
fermés) faibles. En eet, les ouverts faibles ne sont pas bornés : il contiennent des Vf,,g1 ,...,gp

11
qui ne sont pas bornés (considérer f + tv avec v ∈ Vect{g1 , ..., gp }⊥ pour tout t ∈ R). L'intérêt de la
topologie faible est qu' il y a plus de compacts, parce qu'il y a moins d'ouverts.
Exemple : BH (0, 1) est un ouvert fort mais pas un ouvert faible.

Exercice : L'adhérence faible de la sphère unité est la boule unité fermée. [voir Brézis, Exemple 1,
page 37]

Proposition

6 1. H w est séparée.
  
2. fn → f dans H w ⇔ fn * f
   
3. Soit C ⊂ H un convexe. Alors C fermé fort ⇔ C fermé faible .
4. Si H est de dimension innie alors H w n'est pas métrisable.

Preuve :
1. Soient f1 6= f2 ∈ H . On cherche deux ouverts H w disjoints O1 et O2 tels que f1 ∈ O1 et
6 hf2 , hi : on prendra alors O1 := ϕ−1
f2 ∈ O2 . Il sut de trouver h ∈ H tel que hf1 , hi = h (Ω1 ) et
−1
O2 := ϕh (Ω2 ) où Ω1 et Ω2 sont des ouverts disjoints de K contenant respectivement hf1 , hi et
hf2 , hi.
Ops f1 6= 0. Alors f2 = af1 + g où a ∈ R, g ⊥ f1 et (a, g) 6= (1, 0). Si a 6= 1 alors h = f1
convient. Si g 6= 0 alors h = g convient.

2. ⇒ La topo H w rend (topologiquement donc séquentiellement) continues les applications ϕg .


⇐ Supposons fn * f : hfn , gi → hf, gi , ∀g ∈ H . Soit O un ouvert de H w contenant f . Montrons
que fn ∈ O pour n assez grand. O contient un voisinage ouvert de f de la forme Vf,,g1 ,...,gp . Par
dénition de la convergence faible, il existe n∗ tel que |hfn − f, gj i| <  pour j = 1, ..., p, pour
tout n > n∗ et alors fn ∈ Vf,,g1 ,...,gp ⊂ O .

3. Soit C ⊂ H convexe fermé fort et montrons que C est fermé faible. Pour cela, on va montrer
que C est une intersection (qlq) de fermés faibles : C = ∩f0 ∈H\C {f ∈ H; <hf, h(f0 )i 6 a(f0 )}.

Soit f0 ∈ H \ C . Montrons qu'il existe a = a(f0 ) ∈ R et h = h(f0 ) ∈ H tels que

<hf, hi 6 a , ∀f ∈ C et <hf0 , hi > a .

Notons PC : H → C la projection sur le convexe fermé C . Alors <hf − PC (f0 ), f0 − PC (f0 )i 6


0, ∀f ∈ C . Donc <hf, f0 − PC (f0 )i 6 a := hPC (f0 ), f0 − PC (f0 )i, ∀f ∈ C et <hf0 , hi − a =
kf0 − PC (f0 )k2 > 0.
4. Par l'absurde, supposons que la topologie Hw
est associée à une distance d : H × H → R. Alors
pour tout n ∈ N∗ ,Bd (0, 1/n) contient un voisinage ouvert faible V0,n ,g1n ,...,gpnn . Considérons
nfn nfn
0 6= fn ∈ Vect{gjn ; 1 6 j 6 pn }⊥ . Alors kf nk
∈ V0,n ,g1n ,...,gpnn ⊂ Bd (0, 1/n) donc kf nk
* 0. Mais
elle n'est pas bornée (pour la norme de H ), ce qui contredit Banach-Steinhauss. 

Théorème 6 B H (0, 1) munie de la topologie faible H w est métrisable ssi H est séparable.

Preuve : ⇒ Supposons que la topologie faible sur B H (0, 1) est associée à une distance
d : B H (0, 1) × B H (0, 1) → R+ .

Alors pour tout n ∈ N∗ , la boule Bd (0, 1/n) contient un voisinage ouvert faible de 0 de la forme
 
B H (0, 1) ∩ V0,n ,g1n ,...,gpnn ⊂ Bd (0, 1/n).

12
Ainsi, V := Vect{gjn ; 1 6 j 6 pn , n ∈ N∗ } est dense dans H (pour la topologie forte de la norme) car

    
V ⊥ ∩ B H (0, 1) ⊂ ∩n∈N∗ V0,n ,g1n ,...,gpnn ∩ B H (0, 1) = {0},

Les combinaisons linéaires nies des gjn à coecients rationnels forment un ensemble dénombrable et
dense dans H, donc H est séparable.
⇐ Supposons H séparable. Soit D ⊂ H dénombrable et dense dans H (pour la topologie forte).
Etape 1 : Montrons que D ∩ B H (0, 1) est dense dans B H (0, 1) (pour la topologie forte). Soit x ∈
B H (0, 1) et  > 0. Par densité de D , il existe d ∈ D tel que
  
1− x − d < .

2 2
Alors d ∈ D ∩ B H (0, 1) parce que
   

 
kdk = 1 − x−d− 1− x < + 1 − kxk 6 1

2 2 2 2
et kd − xk <  parce que
    
kx − dk 6 1 − x − d + x < + =  .

2 2 2 2

P 1
Notons D ∩ B H (0, 1) = {hk ; k ∈ N} et, pour f, g ∈ B H (0, 1), d(f, g) := 2k
|hf − g, hk i|.
k=0

Etape 2 : Montrons que d dénit une distance sur B H (0, 1). Soient f, g ∈ B H (0, 1).
1
 On a k |hf
2
− g, hk i| 6 22k donc d(f, g) est bien déni dans R (série convergente).
 (D1) Supposons que d(f, g) = 0. Alors hf − g, hk i = 0 pour tout k ∈ N. On déduit de la densité
de D ∩ B H (0, 1) dans B H (0, 1) et d'un argument de rescaling que VectR {hk ; k ∈ N} est dense
dans H . En conséquence, f − g = 0.
 (D2) d(f, g) = d(g, f ) est évident.
 (D3) d(f, g) 6 d(f, h) + d(h, g) découle de l'inégalité triangulaire pour le module.
Etape 3 : Montrons que tout voisinage ouvert faible de la forme Vf0 ,,g1 ,...,gp ∩ B H (0, 1) contient

une boule Bd (f0 , r).



Soit f0 ∈ H ,  > 0, p ∈ N et g1 , ..., gp ∈ H . On cherche r > 0 tel que ∀f ∈ B H (0, 1),


X 1   
|hf − f0 , hk i| < r ⇒ |hf − f0 , gj i| <  , ∀1 6 j 6 p .
2k
k=0

Quitte à réduire Vf0 ,,g1 ,...,gp (en rescalant les gj et en réduisant ), on peut supposer que kgj k = 1
pour j = 1, ..., p. Soit kj ∈ N tel que kgj − hkj k < /4 pour j = 1, ..., p (densité). Soit r > 0
tel
k
que 2 j r < /2 pour j = 1, ..., p. Montrons que Bd (f0 , r) ⊂ Vf0 ,,g1 ,...,gp . Soit f ∈ Bd (f0 , r) :

P 1
2k
|hf − f0 , hk i| < r. Alors,
k=0

|hf − f0 , gj i| 6 |hf − f0 , hkj i| + |hf − f0 , gj − hkj i|


6 2kj r + 2kgj − hkj k < .

Etape 4 : Montrons que toute boule Bd (f0 , r) contient un voisinage ouvert Hw de la forme

Vf0 ,,g1 ,...,gp ∩ B H (0, 1).


Soit f0 ∈ H et r > 0. On cherche  > 0, p ∈ N∗ et g1 , ..., gp ∈ H tels que ∀f ∈ B H (0, 1),

  X 1 
|hf − f0 , gj i| <  , ∀1 6 j 6 p ⇒ |hf − f ,
0 kh i| < r .
2k
k=0

13
P 1 r
Prenons  = r/4, p assez grand pour que k>p 2k < 2 , et gj = hj pour j = 1, ..., p. Soit f ∈
Vf0 ,,g1 ,...,gp : |hf − f0 , hj i| <  pour j = 1, ..., p. Alors
∞ p
X 1 X  X 2 X 1 r r
d(f, f0 ) = k
|hf − f ,
0 jh i| 6 k
+ k
< 2 + k
< + = r. 
2 2 2 2 2 2
k=0 k=0 k>p k>p

Théorème 7 1. B H (0, 1) est (topologiquement) compacte pour la topologie faible H w .


2. B H (0, 1) est séquenciellement compacte pour la topologie faible H w :
de toute suite bornée de H , on peut extraire une sous-suite qui converge faiblement dans H .

Exemple d'application
p : fn = 1ωn où (ωn )n∈N est une suite d'ensembles mesurables bornés de
R. Alors kfn kL2 (R) = |ωn | 6 M donc (fn )n∈N admet une sous-suite qui converge faiblement dans
L2 (R).

Remarque 4 Nous avons déjà démontré l'énoncé 2 dans la Section précédente.


Lorsque H est séparable, alors les 2 énoncés sont équivalents, parce que la topologie faible est
métrisable sur B H (0, 1) et donc compacité topologique = compacité séquentielle. L'énoncé 1. est donc
acquis dans ce cas particulier.
Lorsque H n'est pas séparable, on doit démontrer les 2 énoncés séparément. La preuve de 1. est
délicate, elle repose sur le thm de Tikhonov. Nous ne la ferons pas dans ce cours.

4.2 Application : calcul des variations


4.2.1 Optimisation sur un espace topologique
On est habitué à ce qu'une fonction continue sur un compact atteigne son inmum. Sur un espace
métrique, une preuve classique utilise une suite minimisante (caractérisation séquentielle des compacts
et de la continuité). L'énoncé est en fait vrai sur un compact topologique et avec une fonction moins
que continue, mais la preuve doit être modiée.

Théorème 8 Soit (X, O) un espace topologique compact et Φ : X → R une application semi-


continue inférieurement, cad Φ−1 (]a, ∞[) est ouvert, ∀a ∈ R. Alors Φ est minorée et atteint son
inmum : ∃x∗ ∈ X tq Φ(x∗ ) = minX (Φ).

Preuve topologique : X ⊂ ∪n∈Z Φ−1 (]n, ∞[) on peut extraire un sous-


Du recouvrement ouvert
recouvrement ni. Comme ces ouverts sont décroissants, on obtient N ∈ Z tel que X ⊂ Φ
−1 (]N, ∞[),

cad Φ est minorée par N sur X . Notons m := inf X (Φ). Alors (Φ


−1 (] − ∞, m + 1/n]))n∈N∗ est une
suite décroissante de fermés non vides de X donc (thm cpcts emboités) son intersection est non vide.
Ceci fournit x∗ ∈ X tel que Φ(x∗ ) = m. .

4.2.2 Optimisation et topologie faible


Théorème 9 Soit H un hilbert et Φ : H → R une fonction
 convexe,
 coercive : limkhk→∞ Φ(h) = +∞
 semi-continue inférieurement (pour la topologie forte) : Φ−1 (]a, +∞[) est un ouvert(fort) pour
tout a ∈ R ou, de façon équivalente, Φ−1 (] − ∞, a]) est un fermé (fort) pour tout a ∈ R.
Alors Φ est minorée sur H et atteint son inmum.

Remarque 5 On a ici moins d'hypothèse de régularité que dans la Proposition 3.

14
Preuve : On applique le Thm 8.
Soit h0 ∈ H . Par coercivité de Φ, il existe R > 0 tel que khk > R ⇒ Φ(h) > Φ(h0 ) + 1. Alors
inf H (Φ) = inf B H (0,R) (Φ). On considère l'espace topologique X = B H (0, R), muni de la topologie
faible de H (c'est un espace métrique ssi H est séparable, ce qu'on ne suppose pas a priori). On a
montré que (X, O) est compact au Thm 7. Montrons que Φ est semi-continue inférieurement pour la
topologie faible, c'est à dire que Φ
−1 (] − ∞, a]) ∩ B (0, R) est un fermé faible de B (0, R) pour tout
H H
a ∈ R. L'ensemble Φ−1 (] − ∞, a]) ∩ B H (0, R) est
 convexe, par convexité de Φ,
 fermé fort, car Φ est (fortement) sci,
donc c'est un fermé faible par la Proposition 8. 

4.2.3 Résolution variationnelle d'un pb aux limites


On peut démontrer le Théorème 3 en appliquant le Théorème 9. On a déjà vu que l'application
Φ : H01 (0, 1) → R, dénie par

1
|v(x)|p+1
Z 
1 0 2
Φ(v) := |v (x)| + − f (x)v(x) dx .
0 2 p+1

est convexe et coercive (Poincaré). Elle est également semi-continue inférieurement car (séquentielle-
ment donc topologiquement) continue :

Z 1 Z 1
vn → v dans H 1 (0, 1) ⇒ vn → v uniformément sur [0, 1] ⇒ |vn |p+1 → |v|p+1 .
0 0

Grâce au Théorème 9, il existe u ∈ H01 (0, 1) tel que Φ(u) = inf{φ(v); v ∈ H01 (0, 1)}. La preuve se
poursuit de la même façon que précédemment.

15
5 Topologie faible dans un espace de Banach
Soit E un R-evn et E 0 := Lc (E, R) son dual, qui est muni de la norme

kgkE 0 := sup{hg, f iE 0 ,E ; f ∈ E , kf kE 6 1} . (3)

5.1 Qq outils pour compenser l'absence de caractère hilbertien


Théorème 10 Soit E un R-evn.
1. (Hahn-Banach analytique) Soit F un sev de E et g ∈ F 0 . Alors il existe ge ∈ E 0 tel que
ge|F = g et ke
g kE 0 = kgkF 0 .
2. Pour tout f0 ∈ E on a

kf0 kE = max hg, f0 iE 0 ,E ; g ∈ E 0 , kgkE 0 6 1 .



(4)

3. (Hahn-Banach géométrique, 2e forme) Soit A, B deux convexes non vides disjoints de E


avec A fermé et B compact. Alors il existe g ∈ E 0 , a ∈ R et  > 0 tels que

et hg, f iE 0 ,E > a +  , ∀f ∈ B .
hg, f iE 0 ,E 6 a −  , ∀f ∈ A
   
4. Soit F un sev de E . Alors F dense dans E ⇔ {g ∈ E 0 ; g|F = 0} = {0} .

Remarque 6 Il faut bien distinguer la formule (3), qui est une dénition (avec un sup qui n'est
pas forcément un max) de la formule (4), qui est un résultat.

Preuve
1. La preuve de Hahn-Banach analytique est élémentaire si E est Hilbert, ou si E est de dimension
nie (récurrence). Dans le cas général, c'est une application du Lemme de Zörn [Brézis p.2-3].

2. On applique le 1. avec F = Rf0 et g(tf0 ) = tkf0 kE .


3. Le thm de Hahn-Banach géométrique découle du thm de Hahn-Banach analytique, dans lequel
la norme est remplacée par la jauge d'un convexe [cf Brézis, Chap 1].

4. L'implication ⇒ est évidente. Montrons ⇐. On suppose que {g ∈ E 0 ; g|F = 0} = {0}. Par l'absurde,
supposons que F n'est pas dense dans E : ∃f0 ∈ E \ F . Alors F et {f0 } sont des convexes non
0
vides disjoints, l'un fermé, l'autre compact donc il existe g ∈ E et a ∈ R tels que

hg, f iE 0 ,E < a < hg, f0 iE 0 ,E , ∀f ∈ F . (5)

Grâce à la structure d'ev de F, on en déduit que g|F = 0. Alors, par hypothèse g = 0. Or,
0 < a < hg, f0 iE 0 ,E : contradiction 

Le thm de Hahn-Banach géométrique va jouer, dans un espace de Banach, le rôle du thm de


projection sur un convexe fermé dans un Hilbert : notez la similarité entre (5) et la caractérisation
dans le théorème de projection sur un convexe fermé. Les 2 thm de Hahn-Banach s'énoncent sur un
EVN (et pas sur un Banach) : ils n'ont donc pas leur place dans la leçon sur les espaces complets...

Denition 7 Soit E un Banach. E est réexif si l'injection canonique J : E → E 00 est surjective

JE : E → E 00
 
f 7→ g ∈ E 0 7→ hg, f iE 0 ,E ∈ K

cad pour tout ϕ ∈ E 00 , il existe un unique f ∈ E tel que hϕ, giE 00 ,E 0 = hg, f iE 0 ,E pour tout g ∈ E 0 .

16
Remarque 7 Notons que l'injection canonique J : (E, k.kE ) → (E 00 , k.kE 00 ) est toujours une isomé-
trie, grâce à (4).

Rappelons que, si X est un EVN et Y est un Banach alors Lc (X, Y ) est complet (exercice clas-
sique !). C'est la complétude de l'espace d'arrivée Y qui est utilisée dans la preuve.
Ainsi, la notion de réexivité n'a de sens que sur un espace E complet. En eet, si E est un
evn et J est surjective de E sur E 00 alors E est isométrique à E 00 = (E 0 )0 qui est complet (grâce à la
complétude de R), donc E est complet.
Dans ce qui suit, l'hypothèse de complétude de E n'interviendra qu'à travers l'hypothèse
de réexivité.
La notion de réexivité va permettre de démontrer les mêmes résultats, pour un Banach réexif,
que pour un espace de Hilbert, en remplaçant le produit scalaire par des crochets de dualité h., .iE 0 ,E .
Elle compense l'absence de thm de Riesz. Par exemple, à l'issue de la prochaine section, nous serons
en mesure de démontrer le résultat suivant.

Théorème 11 Soit E un Banach réexif et Φ : E → R une fonction


 convexe,
 coercive : limkf k→∞ Φ(f ) = +∞
 semi-continue inférieurement (pour la topologie forte) : Φ−1 (]a, +∞[) est un ouvert(fort) de E
pour tout a ∈ R ou, de façon équivalente, Φ−1 (] − ∞, a]) est un fermé (fort) de E pour tout
a ∈ R.
Alors Φ est minorée sur E et atteint son inmum.

5.2 Topologie faible : théorie


Denition 8 Soit E un R-evn. La topologie faible σ(E, E 0 ) est la topologie la moins ne rendant
continues les applications ϕg : f ∈ E 7→ hg, f iE 0 ,E ∈ R pour tout g ∈ E 0 .

Proposition 7 Soit E un R-evn.


g (ouvert de R).
1. Les ouverts de σ(E, E 0 ) sont les ∪qlq ∩nie ϕ−1
2. Pour f0 ∈ E , une base de voisinages de f0 dans σ(E, E 0 ) est

{Vf0 ,,g1 ,...,gp ;  > 0, p ∈ N∗ , g1 , ..., gp ∈ E 0 }

où Vf0 ,,g1 ,...,gp := {f ∈ E; |hgj , f − f0 iE 0 ,E | < , ∀1 6 j 6 p} .


   
3. fn * f pour σ(E, E 0 ) ⇔ hg, fn iE 0 ,E → hg, fn iE 0 ,E , ∀g ∈ E 0
   
4. fn → f dans E fort ⇒ fn * f pour σ(E, E 0 )
   
5. fn * f pour σ(E, E 0 ) ⇒ (fn ) bornée dans E et kf kE 6 lim inf n→∞ kfn kE
   
6. fn * f pour σ(E, E 0 ) et gn → g dans E 0 ⇒ hgn , fn iE 0 ,E → hg, f iE 0 ,E

Preuve : très similaire au cas Hilbertien, on remplace les produits scalaires h., .i par des crochets de
dualité h., .iE 0 ,E .
5.a) On applique le thm de Banach-Steinhauss aux applications

Tn : E 0 → R
g 7→ hg, fn iE 0 ,E

17
ce qui est licite car E0 est complet (même si E ne l'est pas : c'est la complétude de R qui importe !)
0
5.b) On utilise la caractérisation (4). Soit g ∈ E tel que kgkE 0 6 1 et kf kE = hg, f iE 0 ,E . On a
kf kE = hg, f iE 0 ,E = limn→∞ hg, fn iE 0 ,E et, pour tout n ∈ N, hg, fn iE 0 ,E 6 kgkE 0 kfn kE 6 kfn kE , donc
kf kE 6 lim inf n→∞ kfn kE .
6. La convergence faible des (gn ) ne sut pas : cf contre-exemple hilbertien. 

Proposition 8 Soit E un R-evn.


1. σ(E, E 0 ) est séparée.
   
2. Soit C ⊂ E un convexe. Alors C fermé fort ⇔ C fermé faible σ(E, E 0 ) .
3. Si E est de dimension innie alors σ(E, E 0 ) n'est pas métrisable sur E .
   
4. E 0 séparable ⇔ B E (0, 1) munie de σ(E, E 0 ) est métrisable

Preuve :
1. Le thm de Hahn-Banach remplace les manipulations avec le produit scalaire. Soit f1 6= f2 ∈ E .
Alors {f1 } et {f2 } sont deux convexes, non vides, disjoints, l'un fermé, l'autre compact, donc il
0
existe g ∈ E et a ∈ R tels que hg, f1 iE 0 ,E < a < hg, f2 iE 0 ,E . Alors f1 , f2 appartiennent à deux
0 −1 −1
ouverts faibles σ(E, E ) disjoints ϕg (−∞, a) et ϕg (a, ∞).

2. Le thm de Hahn-Banach remplace le thm de projection sur un convexe fermé. Pour tout f0 ∈
E \ C, il existe g = g(f0 ) ∈ E 0 et a∈R tel que

hg, f iE 0 ,E 6 a , ∀f ∈ C et hg, f0 iE 0 ,E > a .

Pour le démontrer, on sépare {f0 } et C.


3. Même preuve que dans le cas hilbertien. Au lieu de prendre fn ∈ ⊥
Vect{g1 , ..., gpn } , on prend
fn ∈ ∩16j6pn Ker(gj ). Cette intersection est non vide car E est de dimension innie.

4. L'implication ⇒ fonctionne comme dans le cas hilbertien :


 de la séparabilité de E 0 , onPdéduit l'existence de (gk )k∈N ⊂ B E 0 (0, 1) dense dans B E 0 (0, 1),
∞ 1
 on dénit alors d(f, fe) := k=0 2k |hgk , f − f iE 0 ,E | , ∀f, f ∈ BE (0, 1).
e e
 alors tout voisinage ouvert faible Vf,,g1 ,...,gp contient une boule Bd (f, r)
 et toute boule Bd (f, r) contient un voisinage ouvert faible de la forme Vf,,g1 ,...,gp .
L'implication ⇐ est plus délicate [Brézis renvoie à Dunford-Schwartz...] . Nous allons la démon-
trer sous l'hypothèse supplémentaire que E est réexif : alors la preuve hilbertienne s'adapte
facilement.

σ(E, E 0 ) sur B E (0, 1) est associée à une distance d : B E (0, 1)×


Supposons que la topologie faible
B E (0, 1) → R. Alors pour tout n ∈ N∗ , la boule Bd (0, 1/n) est un ouvert faible contenant 0
n ∗ n N 0
donc il existe  > 0, pn ∈ N et g1 , ..., gp ∈ E tels que
n

V0,n ,g1n ,...,gpnn ∩ B E (0, 1) ⊂ Bd (0, 1/n)

(les ouverts du mb de gauche forment une base de voisinage ouverts). Montrons que V :=
VectR {gj 6 j 6 pn , n ∈ N∗ } est dense dans E 0 . Pour cela, on va utiliser le critère du
n; 1
00
Théorème 10.4. Soit ξ ∈ E tel que hξ, giE 00 ,E = 0 pour tout g ∈ V . Comme E est réexif, il
0
existe f0 ∈ E tel que hξ, giE 00 ,E 0 = hg, f0 iE 0 ,E pour tout g ∈ E . Alors hg, f0 iE 0 ,E = 0 pour tout
g ∈ V . Supposons f0 6= 0. Alors

f0     
1

∈ ∩n∈N∗ V0,n ,g1n ,...,gpnn ∩ B E (0, 1) ⊂ ∩n∈N∗ Bd 0, = {0}
kf0 kE n
ce qui est impossible. Donc f0 = 0, cad ξ = 0. On conclut que E 0 est séparable car VectQ {gjn ; 1 6
j 6 p n , n ∈ N∗ } est
0
dénombrable et dense dans E . 

18
Proposition 9 Soit E un Banach. EQU :
1. E est réexif,
2. B E (0, 1) est (topologiquement) compacte pour σ(E, E 0 ),
3. B E (0, 1) est séquentiellement compacte pour σ(E, E 0 ).

1. ⇒ 2. résulte du thm de Tikhonov [cf Brézis]. 3. ⇒ 1. est un peu délicat [voir Brézis éventuel-
lement]. On va démontrer 1. ⇒ 3. pour voir comment s'adapte la preuve hilbertienne. On aura, pour
cela, besoin de 2 Lemmes.

Lemme 1 Soit Z un Banach. Si Z 0 est séparable alors Z est séparable.

Remarque 8 La réciproque est fausse : Z = L1 (0, 1) est séparable mais Z 0 = L∞ (0, 1) ne l'est pas.

Preuve du Lemme 1 : Soit (gn )n∈N suite de Z 0 dense dans Z 0 . Comme



kgn kZ 0 = sup hgn , f iZ 0 ,Z ; f ∈ Z , kf kZ = 1

alors, pour tout n ∈ N, il existe fn ∈ Z tel que

1
kfn kZ = 1 et hgn , fn iZ 0 ,Z > kgn kZ 0 .
2
Montrons que Vect{fn , n ∈ N} est dense dans E . Pour cela, on va utiliser le critère du Thm 10.4.
Soit g ∈ E 0 tel que hg, fn iE 0 ,E = 0 pour tout n ∈ N et  > 0. Par densité des (gn ), il existe N ∈ N tel
que kg − gN kZ 0 < /3. Alors
1
kgN kZ 0 6 hgN , fN iZ 0 ,Z = hgN −g, fN iZ 0 ,Z +hg, fN iZ 0 ,Z = hgN −g, fN iZ 0 ,Z 6 kgN −gkZ 0 kfN kZ < /3
2
et donc
 2
kgkZ 0 6 kg − gN kZ 0 + kgN kZ 0 < + = .
3 3
Ceci est vrai pour tout >0 donc g = 0.

On conclut que les combinaisons linéaires des fn à coecients dans Q + iQ sont denses dans Z,
donc Z est séparable. 

Lemme 2 Soit E un Banach réexif et F un sev fermé de E . Alors F est réexif.

Preuve du Lemme 2 : Soit E J E : (E, k.kE ) → (E 00 , k.kE 00 ) est


un Banach réexif : l'isométrie
surjective. Soit F un sev fermé de E . Montrons que l'isométrie J
F : F → F 00 est surjective.
00 0
Soit ζ ∈ F . On cherche f0 ∈ F tel que hζ, giF 00 ,F 0 = hg, f0 iF 0 ,F pour tout g ∈ F . L'application
g ∈ E 0 7→ ζ(g|F ) dénit un élément de E 00 . Par réexivité de E , il existe f0 ∈ E tel que

ζ(g|F ) = hg, f0 iE 0 ,E , ∀g ∈ E 0 . (6)

Etape 1 : Montrons que f0 ∈ F . Par l'absurde, supposons que f0 ∈ / F . Alors F et {f0 } sont deux
convexes non vides disjoints de E , F est fermé et {f0 } est compact, donc (Hahn-Banach géométrique)
il
0
existe L ∈ E − {0} et a ∈ R tels que

hL, f iE 0 ,E < a < hL, f0 i , ∀f ∈ F .

19
En utilisant la structure d'ev de F, on en déduit que L|F = 0 et donc hL, f0 i > a > 0. Or, hL, f0 i =
ζ(L|F ) = 0 : Contradiction.
Etape 2 : Montrons que J F (f0 ) = ζ dans F 00 . Soit g ∈ F 0 . D'après le théorème de Hahn-Banach
e ∈ E 0 telle que ge|F = g . Alors
analytique, il existe g

hζ, giF 00 ,F 0 = hζ, ge|F iF 00 ,F ge|F = g


car
= he
g , f0 iE 0 ,E grâce à (6)
= he
g |F , f0 iF 0 ,F car f0 ∈ F
= hg, f0 iF 0 ,F . 

Preuve de 1. ⇒ 3. lorsque
E est séparable : Soit E un espace de Banach réexif et séparable
0 0 0
et (fn )n∈N une suite bornée de E . Comme E = (E ) est séparable alors E est séparable, d'après le
0 0
Lemme 1. Soit(gk )k∈N une suite de E dense dans E . Par un procédé d'extraction diagonale on obtient
une extraction ψ telle que (hgk , fψ(n) iE 0 ,E )n∈N converge pour tout k ∈ N. Via un critère de Cauchy,
0
on en déduit que (hg, fψ(n) iE 0 ,E )n∈N converge pour tout g ∈ E . Alors L(g) := limn→∞ hg, fψ(n) iE 0 ,E
00
dénit L ∈ E donc (réexivité de E ) il existe f ∈ E tel que L(g) = hg, f iE 0 ,E pour tout g ∈ E .
0

Ainsi fψ(n) * f pour σ(E, E ).


0 

Preuve de 1. ⇒ 3. lorsque E n'est pas séparable. Soit E un espace de Banach réexif non
séparable et (fn )n∈N une suite bornée de E . Alors F := AdhE {fn ; n ∈ N} est un Banach séparable
0
et réexif d'après le Lemme 2. D'après ce qui précéde, il existe f ∈ F tel que fn * f dans σ(F, F ) :
g , fn − f iF 0 ,F → 0 pour tout ge ∈ F 0 . Pour tout g ∈ E 0 , on a g|F ∈ F 0 donc
he

hg, fn − f iE 0 ,E = hg|F , fn − f iF 0 ,F → 0 .

Ceci montre que fn * f pour σ(E, E 0 ). 

5.3 Exemples et contre-exemples d'espace séparables/réexifs


Espaces séparables :
   
1. lp (N, R), k.kp pour 1 6 p < ∞, c0 (N, R), k.k∞ : VectQ {ek ; k ∈ N} est dénombrable (car
N
identiable à ∪N ∈N∗ Q ) et dense dans ces espaces.
 
2. Lp (Rd , R), k.kLp (Rd ) pour 1 6 p < ∞ : VectQ {1Q ; Q pavé à sommets dans Qd } est dénom-

brable et dense.
 
3. C 0 (X, R), k.kL∞ (X) lorsque X espace métrique compact. Voir [Hirsch-Lacombe page 25] pour
 
la preuve dans le cas général. Lorsque X = [0, 1], sont denses dans C 0 ([0, 1]), k.k∞
 Q[X] : thm de (Stone-)Weierstrass + densité de QN dans RN ,
 les polynômes trigonométriques à coecients rationels : thm de Stone-Weierstrass, ou de Fejer
+ densité de QN dans RN ,
 les fonctions anes par morceaux sur une subdivision rationnelle, à pentes rationnelles et
valeur rationnelle en x=0 : théorème de Heine,
 ...

Espaces non séparables : Pour démontrer qu'un espace n'est pas séparable, on peut utiliser le
critère suivant.

Lemme 3 Soit (E, O) un espace topologique. S'il existe une famille non dénombrable (Oj )j∈J d'ou-
verts de E , non vide et deux à deux disjoints, alors E n'est pas séparable.

20
Preuve : Par l'absurde, supposons qu'il existe une suite (gn )n∈N de E dense dans (E, O). Alors,
pour tout j ∈ J , il existe nj ∈ N tel que gnj ∈ Oj . Comme les Oj sont 2 à 2 disjoints, alors
j ∈ J 7→ nj ∈ N est injective, ce qui contredit la non-dénombrabilité de J . 

1. l∞ (N, R) n'est pas séparable : considérer la famille {Bl∞ (1A , 1/2); A ∈ P(N)}.
2. L∞ ((0, 1), R)
n'est pas séparable : considérer la famille {BL∞ (0,1) (1[0,a] , 1/2); a ∈ (0, 1)}.
0
3. C (R, R) n'est pas séparable : considérer la famille {BL∞ (R) (fa , 1/2); a ∈ (0, 1)} où fa (x) :=
sin(ax) avec a ∈ (0, 1). Pour a 6= a0 ∈ (0, 1), on peut exhiber x ∈ R tel que |fa (x) − fa0 (x)| >
1 en considérant le sous-groupe additif Z + aa0 Z de R. On peut aussi considérer la famille
{BL∞ (R) (ϕA , 1/2); A ∈ P(N)}, où ϕA est triangulaire centrée en a, de base 1, pour tout a ∈ A
et =0 ailleurs (faire une dessin).

Preuve de la non dénombrabilité de P(N) : On peut utiliser l'argument de la diagonale de Cantor


[0, 1]). Pour toute partie dénombrable D, de
(qui permet aussi de démontrer la non dénombrabilité de
P(N), on va construire un élément B de P(N) qui n'appartient pas à D, ce qui fournit la conclusion.
Notons D := {An ; n ∈ N} où An ⊂ N pour tout n ∈ N. On dénit B := {n ∈ N; n ∈ / An }. Alors B
est une partie de N et B 6= An pour tout n ∈ N donc B ∈
/ D .

Espaces réexifs :
1. Les Hilberts (Thm de Riesz) : l2 (N), L2 (Ω), H 1 (0, 1), H01 (0, 1),...
0
2. Lp (Ω, ν) pour 1 < p < ∞ et ν mesure positive σ -nie. En eet, (Lp )0 = Lp pour 16p<∞ où
1 1
p + p0 = 1 [voir prochain chapitre].

Espaces non réexifs :


1. On note c0 (xn )n∈N ∈ l∞ (N, R) qui tendent vers zéro, muni de la norme
l'espace des suites
k.kl∞ . Alors (c ) = l et (l ) = l∞ [voir prochain chapitre] donc c0 n'est pas réexif. On en
0 0 1 1 0
1
déduit que l et l
∞ ne sont pas réexifs. [voir Brezis Corollaire III.18 : un Banach E est réexif

ssi son dual E0 est réexif ]

Preuve : Montrons que (c0 )0 = l1 .

Tout d'abord, on va préciser ce que l'on entend par cette égalité. Elle signie que l'application

Φ: l1 (N, R) → c0 (N, R)0 


c0 (N, R) → P
R
u = (un )n∈N 7→ ∞
x = (xn )n∈N 7→ n=0 xn un
 
est un isométrie surjective. Autrement dit, pour toute forme linéaire continue L sur c0 (N, R), k.k∞ ,
P∞
il existe une unique suite u = (un )n∈N ∈ l1 (N, R) telle que L(x) = n=0 un xn pour tout
x = (xn )n∈N ∈ c0 (N, R) ; de plus, kLkc00 = kukl1 .

Etape 1 : Montrons que l1 ⊂ (c0 )0 , cad que Φ est bien dénie (cad à valeurs dans c00 ) et isométrique.
∈ l1 (N, R). La forme linéaire Φ(u) : x ∈ c0 7→ ∞
P
Soit u = (un )n∈N n=0 xn un est continue car

∞ ∞

X X
xn un 6 |xn ||un | 6 kxkl∞ kukl1 .



n=0 n=0

21
P
Ceci montre que kΦ(u)k 6 kukl1 . Soit  > 0. Il existe N ∈ N tel que n>N |un | < . Soit
xn := signe(un ) si n ∈ {0, ..., N } et un 6= 0 et xn :=P0 sinon. Alors x = (xn )n∈N ∈ c0 (N, R)
N
car elle est à support ni, kxk∞ 6 1 et Φ(u)(x) = n=0 |un | > kukl1 − . Ceci montre que
kΦ(u)kc00 > kukl1 −. C'est vrai pour tout  > 0 donc kΦ(u)kc00 > kukl1 . Ainsi, kΦ(u)kc00 = kukl1 .

Etape 2 : (c0 )0 ⊂ l1 . Soit ξ ∈ (c0 )0 et un := ξ(en ) , ∀n ∈ N.


Montrons que u = (un )n∈N appartient à l1 (N, R). Pour tout n ∈ N, il existe n ∈ {−1, 1} tel
que |un | = ξ(n en ). Alors, pour tout N ∈ N, on a
N N
!
X X
|un | = ξ n en 6 kξk(c0 )0 ,
n=0 n=0

les sommes partielles sont uniformément majorées donc u ∈ l1 (N, R).


P∞
Montrons que ξ(x) = n=0 xn un pour tout x ∈ c0 (N, R). Soit x ∈ c0 (N, R) et  > 0. Il existe
N ∈N tel que |xn | 6 /kξk(c0 )0 , ∀n > N . Alors
N

X  
ξ(x) − x n n = ξ x − x1[−N,N ]
u 6 kξk(c0 )0 = .

kξk(c0 )0


n=0

2. L1 (R) n'est pas réexif.

Preuve : D'après le proposition 9, il sut d' exhiber une suite bornée de L1 (R) qui n'admet
aucune sous-suite convergeant faiblement dans L1 . Considérons une approximation de l'unité :

fn > 0 , Supp(fn ) ⊂ (−1/n, 1/n) , kfn kL1 = 1

on sait quefn → δ0 dans D0 (R). Par l'absurde, supposons qu'une sous-suite (fnk ) converge
1 1 0 ∞
dans L faible vers f ∈ L alors elle converge aussi vers f dans D (R) (car Cc ⊂ L
∞ = (L1 )0 ).
0 1
L'unicité de la limite D (R) implique δ0 = f ∈ L (R) : contradiction. 
∞ 1
3. L (R) n'est pas réexif, sinon L le serait [voir Brezis Corollaire III.18]

4. C 0 ([0, 1], R) n'est pas réexif (exercice : trouver une preuve...)

Remarque 9 l1 (N, C) est très pathologique : une suite qui converge faiblement dans l1 converge
fortement dans l1 . Les suites convergentes sont donc les mêmes pour la topologie forte et pour la
topologie faible. Néanmoins, ces 2 topologies sont distinctes (les ouverts faibles ne sont jamais bornés).

5.4 Comparaison avec la convergence au sens des distributions


Proposition 10 (Comparaison avec la convergence des distributions) Soit d ∈ N∗ , Ω un ou-
vert de Rd , p ∈ [1, ∞].
1. Lorsque
 1 < p < ∞, alors   
fn * f pour σ(Lp , (Lp )0 ) ⇔ fn * f dans D0 (Ω) et (fn ) bornée dans Lp (Ω) .
2. L'implication ⇐ est fausse pour p = 1.
   
3. Lorsque p = ∞, alors fn * f pour ∗σ(L∞ , L1 ) ⇔ fn * f dans D0 (Ω) et (fn ) bornée dans L∞ (Ω) .

Preuve : similaire au cas hilbertien.


0 0
1. On utilise (Lp )0 = Lp , qui requiert p < ∞, ainsi que la densité de Cc∞ (Ω) dans Lp (Ω), qui
requiert p0 < ∞ cad p > 1.
2. fn := n1[ 1 , 2 ]
n n

22
 converge vers zéro dans D0 (0, 1), car un compact de (0, 1) est à distance >0 de x = 0,

1
est bornée dans L (0, 1) car kfn kL1 (0,1) = 1,

1 ∞
mais ne converge pas vers zéro pour σ(L , L ) car

Z 1
fn .1 ≡ 1 ne tend pas vers 0
0

(la fonction test g=1 appartient à L∞ (0, 1))


3. Les fonctions test pour la topologie ∗σ(L∞ , L1 ) sont dans L1 (Ω) et Cc∞ (Ω) est bien dense dans
L1 (Ω). 

Exercice : Soient E, F des Banach et T ∈ Lc (E, F ). Est ce que T est continue (E, σ(E, E 0 )) →
(F, σ(F, F 0 )) ?

La continuité séquencielle de T : (E, σ(E, E 0 )) → (F, σ(F, F 0 )) est facile à montrer (voir ci-
dessous). La continuité
0
topologique de T : (E, σ(E, E )) → (F, σ(F, F ))
0 est également vraie, mais
plus dicile à démontrer : voir Brézis Théorème III.9 page 39.

Preuve de la continuité séquencielle : Considérons fn *f dans σ(E, E 0 ) et montrons que T (fn ) *


T (f ) 0
dans σ(F, F ). Soit h∈ F 0 . L'application linéaire

g: E → R
x 7→ hh, T (x)iF 0 ,F

est continue (pour la topologie forte de E) car

|g(x)| = |hh, T (x)iF 0 ,F | 6 khkF 0 kT kLc (E,F ) kxkE , ∀x ∈ E .

Ainsi, g ∈ E 0 donc, par dénition de la convergence faible σ(E, E 0 ), hg, fn iE 0 ,E → hg, f iE 0 ,E , c'est-
à-dire hh, T (fn )iF 0 ,F → hh, T (f )iF 0 ,F . Ceci est vrai pour
0
tout h ∈ F donc T (fn ) * T (f ) dans
σ(F, F 0 ).

6 Comment exploiter ce cours pour agrégation ?


Le but de ce cours est de :

1. Introduire les suites faiblement convergentes dans un Hilbert, démontrer la compacité séquen-
cielle de la boule unité et en donner des applications. Proche du programme et porteuse de bcp
d'applications, vous pouvez raisonnablement ré-investir cette partie dans vos leçons Méthodes
hilbertiennes, Compacité, Espaces fonctionnels, EDP,...

2. Revisiter ces résultats du point de vue de la topologie générale : on construit la topologie


(appelée 'topologie faible') dont les suites convergentes sont les suites 'faiblement convergentes'
précédemment introduites, on étudie sa métrisabilité (sur tout l'espace, sur la boule unité), ses
compacts (topologiques/séquenciels). Cette partie vise plutôt à vous donner du recul, pour bien
répondre aux questions, et ne doit pas forcément gurer dans vos leçons.

3. Au passage, vous rappeler certaines subtilités de topologie générale, concernant la distinction


entre compacité/continuité séquencielle et topologique. Le programme ne comporte que la to-
pologie des espaces métriques, mais un minimum de culture est nécessaire pour bien répondre
aux questions.

23
4. Vous montrer comment cette construction se généralise sur les espaces de Banach. Cette généra-
lisation justie, en particulier, l'intérêt que l'on porte aux propriétés de complétude, séparabilité,
et réexivité des espaces fonctionnels, que vous présenterez dans vos leçons Espaces fonctionnels,
Espaces Lp ,...
 la séparabilité permet à la topologie faible d'être métrisable sur les boules : on récupère alors
le cadre favorable des espaces métriques, où compacité topologique=compacité séquencielle.
 la réexivité permet à un Banach de jouir des même propriétés qu'un Hilbert (grosso-modo).

5. Vous entrainer à chercher des exemples, des conte-exemples et des applications.

Dans les leçons Méthodes Hilbertiennes et Compacité, un développement possible consiste à


1. démontrer que la boule unité d'un Hilbert séparable est séquentiellement compacte,

2. appliquer ce résultat pour résoudre −u00 + |u|p−1 u = f , en utilisant une suite minimisante pour
Φ et une sous-suite faiblement
1
convergente dans H0 (0, 1).

Il faut alors admettre les propriétés requises sur H01 (0, 1) (les écrire dans le plan), signaler clairement
au jury que ces propriétés seront utilisées dans le dvpt sans les démontrer, et connaître leurs preuves,
au cas où le jury vous interrogerait dessus.
Dans plusieurs leçons, le thm de Banach Steinhauss doit être énoncé (Espaces complets, ALC
entre evn, etc). Le point 3 de la Proposition 1 en est alors un application très classique (à connaître
absolument !)
Les qualités des espaces séparables sont exploitables dans les leçons Parties denses et Dénom-
brabilité.

24