Topologies faibles et convergence
Topologies faibles et convergence
L'objectif des topologies faibles est de rendre les boules fermées (faiblement) compactes en dimen-
sion innie. Ceci est fort utile, par exemple, en calcul des variations. Les topologies faibles n'étant
pas toujours métrisables, quelques rappels s'imposent sur les distinctions entre espaces métriques et
espaces topologiques.
1
2. la boule unité fermée de E est compacte (pour la topologie dénie par sa norme) : de toute suite
bornée de E on peut extraire une sous-suite convergente.
Preuve : Supposons B := B E (0, 1) compacte. Alors du recouvrement ouvert B ⊂ ∪x∈B BE (x, 1/2) on
peut extraire un sous-recouvrement ni B ⊂ ∪16j6N BE (xj , 1/2). Montrons que F := Vect{x1 , ..., xN }
coïncide avec E . Par l'absurde, supposons qu'il existe x ∈ E \ F . Comme F est fermé, il existe y ∈ F
x−y
tel que d := dist(x, F ) = kx − yk > 0 (fonction continue sur un compact) Alors
x−y d ∈ B donc il existe
1 6 j 6 N tel que
d − xj
< 2 . Ainsi y + dxj ∈ F et kx − (y + dxj )k < d2 : contradiction.
1
Question : Lorsque E (fn )n∈N est une suite bornée de E , que peut-on
est de dimension innie et
dire ? Par exemple avec E = L2 (0, 1) ? On va montrer qu'il existe une sous suite (fϕ(n) )n∈N qui
converge faiblement
2
dans L (0, 1). Et si kfn k∞ 6 M , peut-on dire davantage ?
Proposition 1 1. fn → f
⇒ fn * f
2. fn * f ⇒ kf k 6 lim inf kfn k
3. fn * f ⇒ (fn ) bornée
4. fn → f ⇔ fn * f et kfn k → kf k
5. fn * f et gn → g ⇒ hfn , gn i → hf, gi . La convergence faible des (gn ) ne sut pas.
6. Si fn * f alors f appartient à l'enveloppe convexe fermée (fort) de {fn ; n ∈ N}
Preuve :
[Link] k2 = limhf, fn i 6 kf k lim inf kfn k par CYS.
3. On applique le thm Banach Steinhauss avec Tn : H → R dénie par Tn (h) = hfn , hi. Montrons
2
que kTn k = kfn k. L'inégalité de CYS justie que kTn k 6 kfn k. De plus, kfn k = Tn (fn ) 6 kTn kkfn k
donc kTn k > kfn k.
4. On a kfn − f k2 = kfn k2 + kf k2 − 2<hf, fn i → 0.
5. Soit > 0. Comme (fn ) converge faiblement alors elle est bornée : kfn k 6 M , ∀n ∈ N. Pour n
assez grand, on a |hfn − f, gi| <
2 et kgn − gk < 2M . Alors
Pour la réciproque, il sut de considérer fn = gn avec kfn k = 1 et fn * 0, par exemple einx dans
L2 (0, 1).
6. Soit C l'enveloppe convexe fermée (pour la topologie de la norme) de {fn ; n ∈ N} et PC : H → C
la projection orthogonale sur C. Le théorème de projection justie que
hfn − PC (f ), f − PC (f )i 6 0 , ∀n ∈ N .
2
Rappel : Théorème de Banach Steinhauss
Soit E un espace de Banach, F un evn, (Tn )n∈N une suite de Lc (E, F ) tq supn∈N kTn (x)kF < ∞ pour
tout x ∈ E . Alors supn∈N kTn kLc (E,F ) < ∞.
Ce thm se démontre avec le Lemme de Baire (voir Brézis) donc seule la complétude de E est
nécessaire, pas celle de F. Attention, Brézis impose trop d'hypothèses.
Perte à l'inni : Dans l2 (N, C), en * 0 (car (xn )n∈N ∈ l2 (N) ⇒ xn → 0) mais en ne converge
pas fortement vers zéro car ken kl2 = 1.
Idem dans L2 (R) avec (τn f )n∈N où f ∈ L2 (R) est à support minoré ⊂ [a, ∞) :
Z ∞
Z ∞ 1/2
2
|hτn f, gi| = f (x − n)g(x)dx 6 kf kL2 (R)
|g(x)| dx →0 par CVD.
a+n a+n
√
Concentration : Dans L2 (0, 1), fn := n1[0,1/n] converge faiblement vers zéro
!1/2
√ Z 1/n Z 1/n
2
n g(x)dx 6 |g(x)| dx →0 par CVD
0 0
Oscillations : Dans L2 (0, 1), einx converge faiblement vers zéro (Lemme de Riemann Lebesgue) mais
pas fortement car keinx k = 1. La preuve se fait par IPP lorsque la fonction test est C 1 puis par densité
1
de C dans L2 lorsque la fonction test est seulement L2 .
Preuve :
⇒ Cc∞ (Ω) ⊂ L2 (Ω).
⇐ 0
Supposons que fn → f dans D (Ω) et kfn kL2 (Ω) 6 M , ∀n. Montrons que fn * f dans L2 (Ω).
2
Soit g ∈ L (Ω) et > 0. Il existe g e ∈ Cc∞ (Ω) tel que kg − gekL2 (Ω) <
4M . Il existe n∗ tel que
hfn − f, geiD0 ,D < 2 , ∀n > n∗ . Alors, pour n > n∗ , on a
3
Exercice : La convergence simple presque partout implique-t-elle la convergence faible dans L2 (Ω) ?
Comparer la convergence faible L2 (0, 1) avec les autres types de convergence : CVS p.p., CVU, CV
Lp , etc
Théorème 2 Soit H un Hilbert sur K = R ou C. De toute suite bornée de H , on peut extraire une
sous-suite qui converge faiblement dans H .
Exemple : fn = 1ωn où (ωn )n∈N est une suite d'ensembles mesurables bornés de R. Alors kfn kL2 (R) =
p
|ωn | 6 M donc (fn )n∈N admet une sous-suite qui converge faiblement dans L2 (R).
Etape 2 : On montre que (hfψ(n) , gi)n∈N converge dans R pour tout g ∈ H . Soit g∈H et > 0.
Il existe K∈N tel que kg − hK k < /(3M ). Il existe N ∈ N tel que
m, n > N ⇒ |hfψ(n) − fψ(m) , hK i| < /3 .
Pour m, n > N , on a
|hfψ(n) − fψ(m) , gi| 6 |hfψ(n) − fψ(m) , hK i| + |hfψ(n) − fψ(m) , g − hK i| <
+ 2M = .
3 3M
Ainsi, (hfψ(n) , gi)n∈N est de Cauchy dans R, qui est complet, donc elle converge. Notons L(g) sa limite.
Étape 3 : On applique le thm de Riesz. La forme linéaire L est continue sur H car |L(g)| =
limn→∞ |hfψ(n) , gi| 6 M kgk. D'après le thm de Riesz, il existe f ∈ H tel que L(g) = hf, gi pour
tout g ∈ H . Ainsi, fψ(n) * f quand [n → ∞].
hfψ(n) , hi = hfψ(n) , e
hi → hf, e
hi = hf, hi.
4
2.5 Application : méthode variationnelle
Proposition 3 [Hirsch-Lacombe ex 18 page 107, ou Ciarlet] Soit H un Hilbert sur R, C un convexe
fermé non vide de H , J : H → R une application diérentiable et convexe. Si C n'est pas borné,
on suppose J coercive, cad J(x) → +∞ quand kxk → +∞. Alors il existe x∗ ∈ C tel que J(x∗ ) =
inf x∈C J(x).
Preuve : Soit (xn )n∈N un suite minimisante : xn ∈ C et J(xn ) → inf C (J) quand [n → ∞]. Elle est
bornée, soit parce que C est bornée, soit parce que J est coercive. Donc il existe x∗ ∈ H tel que,
quitte à extraire, xn * x∗ dans H . Alors x∗ ∈ AdhH (Conv{xn ; n ∈ N}) ⊂ C (voir la Proposition 1.6 :
la preuve utilise la projection sur C ). Comme J est convexe et diérentiable, alors
(la courbe est au dessus de sa tangente). En passant à la limite [n → ∞], on obtient inf C (J) > J(x∗ )
donc il y a égalité.
Pour tout f ∈ L2 (0, 1), il existe une unique fonction u ∈ H01 (0, 1) telle que −(αu0 )0 + u = f dans
D0 (0, 1).
Preuve :
Étape 1 : Existence. On travaille sur l'espace H01 (0, 1), muni du produit scalaire et de la norme de
H 1 (0, 1), qui en font un Hilbert. Pour v ∈ H01 (0, 1), la quantité
Z 1
α(x) 0 2 1 2
J(v) := |v (x)| + |v(x)| − f (x)v(x) dx
0 2 2
est bien dénie car α ∈ L∞ (0, 1) et v 0 , v, f ∈ L2 (0, 1) (CYS). De plus, l'application J : H01 (0, 1) → R
est
1. de classe C∞ car somme d'une forme quadratique et d'une forme linéaire, toutes deux continues
1
sur H0 (0, 1)
1
Z
α(x) 0 1 1
|v (x)| + |v(x)| dx 6 max{αmax ; 1}kvk2H 1 , ∀v ∈ H01 (0, 1) ,
2 2
0 2 2 2
Z 1
f (x)v(x)dx 6 kf kL2 kvkL2 6 kf kL2 kvkH 1 , ∀v ∈ H01 (0, 1) .
0
3. coercive car
1
J(v) > min{αmin ; 1}kvk2H 1 − kf kL2 kvkH 1 → +∞ quand kvkH 1 → ∞
2
(fonction polynomiale en la variable kvkH 1 ).
5
Grâce à la Proposition 3, il existe u ∈ H01 (0, 1) tel que J(u) = inf{J(v); v ∈ H01 (0, 1)}. Alors (condition
d'Euler + stricte convexité) u est l'unique solution de dJ(u).v = 0 pour tout v ∈ H01 (0, 1), cad
Z 1
[α(x)u0 (x)v 0 (x) + u(x)v(x) − f (x)v(x)]dx = 0 , ∀v ∈ H01 (0, 1) . (1)
0
En particulier, on obtient −(αu0 )0 + u = f dans D0 (0, 1) en testant contre v ∈ Cc∞ (0, 1).
Étape 2 : Unicité. Soit u u0 )0 + u
e ∈ H01 (0, 1) telle que −(αe e = f dans D0 (0, 1). Pour montrer que
e = u, on va utiliser l'unicité de l'Etape 1. Soit v ∈ H01 (0, 1). Par dénition de H01 (0, 1), il existe
u
(φn )n∈N ⊂ Cc∞ (0, 1) telle que kv − φn kH 1 → 0 quand [n → ∞]. On a
Z 1
u0 φ0n + (e
αe u − f )φn = 0 , ∀n ∈ N .
0
Or (CYS)
1
Z
0
(φ0n 0
u0 kL2 kφ0n − v 0 kL2 + ke
αe
u − v ) + (e
u − f )(φn − v) 6 αmax ke u − f kL2 kφn − vkL2 −→ 0 ,
0
donc Z 1
u0 v 0 + (e
αe u − f )v = 0 .
0
L'énoncé suivant fournit un autre exemple de problème aux limites, qu'on peut résoudre avec
une méthode variationnelle. Cette fois, la nature non-linéaire de l'équation empêche de conclure avec
seulement le théorème de Riesz ou le théorème de Lax-Milgram.
1
|v(x)|p+1
Z
1 0 2
J(v) := |v (x)| + − f (x)v(x) dx
0 2 p+1
est bien dénie car v 0 , v, f ∈ L2 (0, 1) (CYS) et v ∈ C 0 ([0, 1], R). Alors l'application J : H01 (0, 1) → R
est
1. diérentiable (exercice)
6
Grâce à la Proposition 3, il existeu ∈ H01 (0, 1) tel que J(u) = inf{J(v); v ∈ H01 (0, 1)}. Alors (condition
1 1
d'Euler+stricte convexité) u est l'unique solution dans H0 (0, 1) de dJ(u).v = 0 pour tout v ∈ H0 (0, 1),
cad (2).
Étape 2 : On montre que u ∈ H 2 (0, 1) et que −u00 + |u|p−1 u = f dans L2 (0, 1). La relation (2)
∞ 00
avec v ∈ Cc (0, 1) montre que u = |u|
p−1 u − f dans D 0 (0, 1). Le mb de droite est dans L2 (0, 1) donc,
2 00
par dénition, u ∈ H (0, 1). Alors −u + |u|
p−1 u − f est une fonction de L2 (0, 1) qui est nulle dans
Or,
R1 R 1 00 Rx
− 0 e00 (x)v(x)dx = − 0 u
u e (x) 0 v 0 (t)dtdx car v ∈ H01 (0, 1)
R1 R1
= − 0 v 0 (t) t u00 (x)dxdt par le théorème de Fubini
R1 0
= − 0 v (t)[u0 (1) − u0 (t)]dt car u0 ∈ H 1 (0, 1)
R1 R1
= −u0 (1) 0 v 0 + 0 v 0 u0
R1
= 0 u0 v 0 car v ∈ H01 (0, 1) .
L'application du théorème de Fubini est justiée car
Z 1 Z 1
|v 0 (t)| |u00 (x)|dxdt 6 kv 0 kL1 ku00 kL1 6 kv 0 kL2 ku00 kL2 < ∞ .
0 t
Étape 3 : Si f est continue sur [0, 1] alors u00 = |u|p−1 u − f est continue sur [0, 1] donc u est C2
et
2
l'égalité dans L est une égalité ponctuelle.
7
3 Quelques rappels de topologie générale
Dans cette section, X désigne un ensemble.
Quand on étudie des problèmes de convergence, on s'aperçoit vite que la notion de distance est
trop restrictive (on verra, par exemple, que la topologie de la convergence simple sur la boule unité
de L∞ (0, 1) n'est pas métrisable), ce qui conduit à introduire les espaces topologiques.
Denition 3 (X, O) est un espace topologique si O est une partie de P(X) stable par intersection
nie, union quelconque et contient X et ∅. Les éléments de O sont les ouverts et leurs complémen-
taires sont les fermés.
Un voisinage ouvert de x ∈ X est un ouvert O ∈ O tel que x ∈ O.
Une base de voisinages ouverts est une partie U de O telle que, pour tout x ∈ X et O ∈ O
contenant x, il existe U ∈ U tel que x ∈ U ⊂ O.
Une suite (fn )n∈N d'éléments de X converge vers f ∈ X dans (X, O) si, pour tout voisinage
ouvert O de f , il existe n∗ ∈ N tel que fn ∈ O pour tout n > n∗ .
Exemples :
1. La topologie d'un espace métrique (X, d) : O ∈ O ⇔ ∀x ∈ X, ∃r > 0 / Bd (x, r) ⊂ O .
2. La topologie grossière O = {∅, X}. Elle n'est pas métrisable si X contient plus de 2 éléments
(exercice).
3. La topologie de la convergence simple, ou 'topologie produit' sur [−1, 1][0,1] . Nous verrons en
Section 3.2.2 qu'elle n'est pas métrisable.
Mais la topologie de la convergence dans Ccm (Ω) et Cc∞ (Ω) n'est pas métrisable [Hirsch Lacombe,
Chap 7, Section 1.2, Page 226] (exercice : le démontrer...) Attention, ici, la notion de suite
convergente requiert que les éléments de la suite soient à support dans un même compact.
8
3.2.1 Continuité
Denition 4 Soient (X, O) et (X 0 , O0 ) deux espaces topologiques et a ∈ X . Une application f :X→
X0 est continue en a si, pour tout voisinage ouvert V de f (a) dans
0 X 0, alors f −1 (V 0 ) contient un
voisinage ouvert V de a : x ∈ V ⇒ f (x) ∈ V 0 .
Preuve de 3. ⇒ 1 : Par l'absurde, on suppose qu'il existe un voisinage ouvert V 0 de f (a) dans X0
tel que, pour tout voisinage ouvert
V de a dans X , il existe x ∈ V tel que / V 0 . En considérant
f (x) ∈
V = Bd a, n+11
, on obtient une suite (xn )n∈N de X convergent vers a telle que f (xn ) ∈/ V 0 , ∀n :
Contradiction.
Alors (X, O) est un espace topologique (exercice) dont les suites convergentes sont les suites station-
naires.
En eet, considérons xn → x dans (X, O). Alors V := X \ {xk ; k ∈ N} ∪ {x} est un voisinage
ouvert de x donc il existe n0 ∈ N tel que xn ∈ V pour tout n > n0 . Nécessairement, xn = x pour tout
n > n0 .
Il en résulte que toute application f : X → Rest séquentiellement continue. Mais toutes ne sont
−1 ∗
pas topologiquement continues. Par exemple 1
{x} R = {x} n'est pas un ouvert de (X, O).
3.2.2 Compacité
Denition 5 Un espace topologique (X, O) est compact si
il est séparé : pour tous x 6= y ∈ X , il existe un voisinage ouvert Ox (resp. Oy ) de x (resp. y )
tels que Ox ∩ Oy = ∅,
de tout recouvrement de X par des ouverts on peut extraire un sous-recouvrement de X ni
(Propriété de Borel Lebesgue) ou, de façon équivalente (contraposée)
de toute famille de fermés de X d'intersection vide on peut extraire une sous-famille nie d'in-
tersection vide.
Conséquence utile [Thm des compacts emboîtés] : Dans un espace topologique compact, toute
suite décroissante de fermés non vides a une intersection non vide. (preuve par l'absurde)
9
1. A est (topologiquement) compact,
2. A est 'séquentiellement compact' : de toute suite de A on peut extraire une sous-suite convergente
dans A (Propriété de Bolzano Weierstrass).
Preuve de 1 ⇒ 2 : Le thm des compacts emboîtés avec Fn := AdhX {xk ; k > n} fournit l ∈ ∩n∈N Fn .
Alors, ∀k ∈ N∗ , ∃nk ∈ N tq d(l, xnk ) < 1/k . Ainsi xnk → l.
Contre-exemple : Voici un exemple d'espace topologique compact qui n'est pas séquentiellement
compact, parce que sa topologie n'est pas métrisable.
On muni [−1, 1][0,1] de la 'topologie de la convergence simple', aussi appelée 'topologie produit',
cad la topologie la moins ne rendant continue les applications ω ∈ [−1, 1][0,1] 7→ ωx ∈ [−1, 1] pour
x ∈ [0, 1].
On peut montrer [voir poly Nier-Iftimie] qu'une base d'ouverts est donnée par les cylindres
{Cyl(ωx1 , ..., ωxN ); N ∈ N∗ , x1 , ..., xN ∈ [0, 1] , ωx1 , ..., ωxN ouverts de [−1, 1]}
Cyl(ωx1 , ..., ωxN ) := {f : [0, 1] → [−1, 1]; f (xj ) ∈ ωxj pour j = 1, ..., N } .
Le thm de Tikhonov assure que [−1, 1][0,1] , muni de la topologie de la convergence simple, est un
espace topologique compact. Pourtant, on peut exhiber une suite de [−1, 1][0,1] qui n'admet aucune
sous-suite convergente. Ceci est dû au fait que la topologie de la convergence simple sur [−1, 1][0,1]
n'est pas métrisable.
2n
P −1
Considérons fn := 1[ 2p−1 , 22p
n)
[faire un dessin].
p=1 2n
P∞ rn
On rappelle que tout nombre réel r ∈ [0, 1) admet un développement en base 2:r= n=1 2n où
rn ∈ {0, 1}. Cette décomposition n'est pas unique, car
∞
1 X 1
N
= , ∀N ∈ N∗ .
2 2n
n=N +1
Pour qu'elle soit unique, on peut ajouter la condition que (rn )n∈N∗ ne stationne pas en 1. Alors
rn = fn (r) pour tout r ∈ [0, 1).
Par l'absurde, supposons qu'il existe une extraction ψ telle que (fψ(n) )n∈N converge simplement
P 1
sur [0, 1]. Considérons x0 := 2ψ(n)
∈ [0, 1]. Alors fψ(n) (x0 ) = 1 si n est impair, mais = 0 si
n∈N∗ impair
n est pair. Donc (fψ(n) (x0 ))n∈N ne converge pas : contradiction.
10
4 Topologie faible dans un espace de Hilbert (H sur K = R ou C)
4.1 Théorie
Denition 6 La topologie faible de (H, h., .i) est la topologie la moins ne (contenant le moins
d'ouverts) rendant continues les applications ϕg : h ∈ H 7→ hg, hi ∈ K. On note H w pour H muni de
sa topologie faible.
Preuve :
1. Par dénition de la topologie H w , les ensembles de la forme ϕ−1
g (B), où B est une boule ouverte
w
de K, sont des ouverts H . L'ensemble des ouverts H
w étant stable par intersection nie et
union qlq, on en déduit que sont des ouverts H
w tous les ensembles de la forme
O= ∪ ∩ ϕ−1
g (Bj,g )
j∈J g∈Fj
où J est un ensemble quelconque d'indices, Fj est un sous-ensemble ni de H , et Bj,g une boule
ouverte de K. Pour conclure, il sut de montrer que l'ensemble
∪ ∩ ϕ−1
g (Bj,g ); J ensemble quelconque d'indices, Fj ⊂ H ni, Bj,g ⊂ K boule ouverte
j∈J g∈Fj
est stable par union qlq (ce qui est clair) et intersection nie, ce qui résulte de la formule de
distribution
∩ ∪ Aj = ∪ ∩ Aϕ(i)
i∈F j∈Ji ϕ∈Φ i∈F
où
Φ := {ϕ : F → ∪k∈F Jk ; ϕ(i) ∈ Ji , ∀i ∈ F } .
2. Soit f ∈H O un ouvert de H w contenant f . Montrons que O contient un voisinage ouvert de
et
f de la forme Vf,,g1 ,...,gp . D'après ce qui précède, il existe un ensemble (qlq) d'indices J , pour
tout j ∈ J un ensemble ni Fj de H , et pour tout g ∈ Fj un boule ouverte Bj,g de K tels que
O= ∪ ∩ ϕ−1
g (Bj,g ) .
j∈J g∈Fj
f∈ ∩ ϕ−1
g (Bj0 ,g )
g∈Fj0
Notons p le cardinal de Fj0 et g1 , ..., gp ses éléments. Pour k = 1, ..., p, le nombre réel
ϕgk (f )
appartient à l'intervalle ouvert Bj0 ,gk donc il existe >0 (indépendant de j) tel que ϕgk (f ) −
, ϕgk (f ) + ⊂ Bj0 ,gk . Alors Vf,,g1 ,...,gp ⊂ O.
Si dim(H) < ∞ alors les topologies faibles et fortes coïncident. Si H est de dimension innie,
les ouverts (resp. fermés) faibles sont des ouverts (resp. fermés) forts, car la topologie
alors
Hw il y a plus d'ouverts (resp. fermés) forts que d'ouverts (resp.
est la 'moins ne'. Mais
fermés) faibles. En eet, les ouverts faibles ne sont pas bornés : il contiennent des Vf,,g1 ,...,gp
11
qui ne sont pas bornés (considérer f + tv avec v ∈ Vect{g1 , ..., gp }⊥ pour tout t ∈ R). L'intérêt de la
topologie faible est qu' il y a plus de compacts, parce qu'il y a moins d'ouverts.
Exemple : BH (0, 1) est un ouvert fort mais pas un ouvert faible.
Exercice : L'adhérence faible de la sphère unité est la boule unité fermée. [voir Brézis, Exemple 1,
page 37]
Proposition
6 1. H w est séparée.
2. fn → f dans H w ⇔ fn * f
3. Soit C ⊂ H un convexe. Alors C fermé fort ⇔ C fermé faible .
4. Si H est de dimension innie alors H w n'est pas métrisable.
Preuve :
1. Soient f1 6= f2 ∈ H . On cherche deux ouverts H w disjoints O1 et O2 tels que f1 ∈ O1 et
6 hf2 , hi : on prendra alors O1 := ϕ−1
f2 ∈ O2 . Il sut de trouver h ∈ H tel que hf1 , hi = h (Ω1 ) et
−1
O2 := ϕh (Ω2 ) où Ω1 et Ω2 sont des ouverts disjoints de K contenant respectivement hf1 , hi et
hf2 , hi.
Ops f1 6= 0. Alors f2 = af1 + g où a ∈ R, g ⊥ f1 et (a, g) 6= (1, 0). Si a 6= 1 alors h = f1
convient. Si g 6= 0 alors h = g convient.
3. Soit C ⊂ H convexe fermé fort et montrons que C est fermé faible. Pour cela, on va montrer
que C est une intersection (qlq) de fermés faibles : C = ∩f0 ∈H\C {f ∈ H; <hf, h(f0 )i 6 a(f0 )}.
Théorème 6 B H (0, 1) munie de la topologie faible H w est métrisable ssi H est séparable.
Preuve : ⇒ Supposons que la topologie faible sur B H (0, 1) est associée à une distance
d : B H (0, 1) × B H (0, 1) → R+ .
Alors pour tout n ∈ N∗ , la boule Bd (0, 1/n) contient un voisinage ouvert faible de 0 de la forme
B H (0, 1) ∩ V0,n ,g1n ,...,gpnn ⊂ Bd (0, 1/n).
12
Ainsi, V := Vect{gjn ; 1 6 j 6 pn , n ∈ N∗ } est dense dans H (pour la topologie forte de la norme) car
V ⊥ ∩ B H (0, 1) ⊂ ∩n∈N∗ V0,n ,g1n ,...,gpnn ∩ B H (0, 1) = {0},
Les combinaisons linéaires nies des gjn à coecients rationnels forment un ensemble dénombrable et
dense dans H, donc H est séparable.
⇐ Supposons H séparable. Soit D ⊂ H dénombrable et dense dans H (pour la topologie forte).
Etape 1 : Montrons que D ∩ B H (0, 1) est dense dans B H (0, 1) (pour la topologie forte). Soit x ∈
B H (0, 1) et > 0. Par densité de D , il existe d ∈ D tel que
1− x − d
< .
2 2
Alors d ∈ D ∩ B H (0, 1) parce que
kdk =
1 − x−d− 1− x
< + 1 − kxk 6 1
2 2 2 2
et kd − xk < parce que
kx − dk 6
1 − x − d
+
x
< + = .
2 2 2 2
∞
P 1
Notons D ∩ B H (0, 1) = {hk ; k ∈ N} et, pour f, g ∈ B H (0, 1), d(f, g) := 2k
|hf − g, hk i|.
k=0
Etape 2 : Montrons que d dénit une distance sur B H (0, 1). Soient f, g ∈ B H (0, 1).
1
On a k |hf
2
− g, hk i| 6 22k donc d(f, g) est bien déni dans R (série convergente).
(D1) Supposons que d(f, g) = 0. Alors hf − g, hk i = 0 pour tout k ∈ N. On déduit de la densité
de D ∩ B H (0, 1) dans B H (0, 1) et d'un argument de rescaling que VectR {hk ; k ∈ N} est dense
dans H . En conséquence, f − g = 0.
(D2) d(f, g) = d(g, f ) est évident.
(D3) d(f, g) 6 d(f, h) + d(h, g) découle de l'inégalité triangulaire pour le module.
Etape 3 : Montrons que tout voisinage ouvert faible de la forme Vf0 ,,g1 ,...,gp ∩ B H (0, 1) contient
∞
X 1
|hf − f0 , hk i| < r ⇒ |hf − f0 , gj i| < , ∀1 6 j 6 p .
2k
k=0
Quitte à réduire Vf0 ,,g1 ,...,gp (en rescalant les gj et en réduisant ), on peut supposer que kgj k = 1
pour j = 1, ..., p. Soit kj ∈ N tel que kgj − hkj k < /4 pour j = 1, ..., p (densité). Soit r > 0
tel
k
que 2 j r < /2 pour j = 1, ..., p. Montrons que Bd (f0 , r) ⊂ Vf0 ,,g1 ,...,gp . Soit f ∈ Bd (f0 , r) :
∞
P 1
2k
|hf − f0 , hk i| < r. Alors,
k=0
Etape 4 : Montrons que toute boule Bd (f0 , r) contient un voisinage ouvert Hw de la forme
13
P 1 r
Prenons = r/4, p assez grand pour que k>p 2k < 2 , et gj = hj pour j = 1, ..., p. Soit f ∈
Vf0 ,,g1 ,...,gp : |hf − f0 , hj i| < pour j = 1, ..., p. Alors
∞ p
X 1 X X 2 X 1 r r
d(f, f0 ) = k
|hf − f ,
0 jh i| 6 k
+ k
< 2 + k
< + = r.
2 2 2 2 2 2
k=0 k=0 k>p k>p
Exemple d'application
p : fn = 1ωn où (ωn )n∈N est une suite d'ensembles mesurables bornés de
R. Alors kfn kL2 (R) = |ωn | 6 M donc (fn )n∈N admet une sous-suite qui converge faiblement dans
L2 (R).
14
Preuve : On applique le Thm 8.
Soit h0 ∈ H . Par coercivité de Φ, il existe R > 0 tel que khk > R ⇒ Φ(h) > Φ(h0 ) + 1. Alors
inf H (Φ) = inf B H (0,R) (Φ). On considère l'espace topologique X = B H (0, R), muni de la topologie
faible de H (c'est un espace métrique ssi H est séparable, ce qu'on ne suppose pas a priori). On a
montré que (X, O) est compact au Thm 7. Montrons que Φ est semi-continue inférieurement pour la
topologie faible, c'est à dire que Φ
−1 (] − ∞, a]) ∩ B (0, R) est un fermé faible de B (0, R) pour tout
H H
a ∈ R. L'ensemble Φ−1 (] − ∞, a]) ∩ B H (0, R) est
convexe, par convexité de Φ,
fermé fort, car Φ est (fortement) sci,
donc c'est un fermé faible par la Proposition 8.
1
|v(x)|p+1
Z
1 0 2
Φ(v) := |v (x)| + − f (x)v(x) dx .
0 2 p+1
est convexe et coercive (Poincaré). Elle est également semi-continue inférieurement car (séquentielle-
ment donc topologiquement) continue :
Z 1 Z 1
vn → v dans H 1 (0, 1) ⇒ vn → v uniformément sur [0, 1] ⇒ |vn |p+1 → |v|p+1 .
0 0
Grâce au Théorème 9, il existe u ∈ H01 (0, 1) tel que Φ(u) = inf{φ(v); v ∈ H01 (0, 1)}. La preuve se
poursuit de la même façon que précédemment.
15
5 Topologie faible dans un espace de Banach
Soit E un R-evn et E 0 := Lc (E, R) son dual, qui est muni de la norme
et hg, f iE 0 ,E > a + , ∀f ∈ B .
hg, f iE 0 ,E 6 a − , ∀f ∈ A
4. Soit F un sev de E . Alors F dense dans E ⇔ {g ∈ E 0 ; g|F = 0} = {0} .
Remarque 6 Il faut bien distinguer la formule (3), qui est une dénition (avec un sup qui n'est
pas forcément un max) de la formule (4), qui est un résultat.
Preuve
1. La preuve de Hahn-Banach analytique est élémentaire si E est Hilbert, ou si E est de dimension
nie (récurrence). Dans le cas général, c'est une application du Lemme de Zörn [Brézis p.2-3].
4. L'implication ⇒ est évidente. Montrons ⇐. On suppose que {g ∈ E 0 ; g|F = 0} = {0}. Par l'absurde,
supposons que F n'est pas dense dans E : ∃f0 ∈ E \ F . Alors F et {f0 } sont des convexes non
0
vides disjoints, l'un fermé, l'autre compact donc il existe g ∈ E et a ∈ R tels que
Grâce à la structure d'ev de F, on en déduit que g|F = 0. Alors, par hypothèse g = 0. Or,
0 < a < hg, f0 iE 0 ,E : contradiction
JE : E → E 00
f 7→ g ∈ E 0 7→ hg, f iE 0 ,E ∈ K
cad pour tout ϕ ∈ E 00 , il existe un unique f ∈ E tel que hϕ, giE 00 ,E 0 = hg, f iE 0 ,E pour tout g ∈ E 0 .
16
Remarque 7 Notons que l'injection canonique J : (E, [Link] ) → (E 00 , [Link] 00 ) est toujours une isomé-
trie, grâce à (4).
Rappelons que, si X est un EVN et Y est un Banach alors Lc (X, Y ) est complet (exercice clas-
sique !). C'est la complétude de l'espace d'arrivée Y qui est utilisée dans la preuve.
Ainsi, la notion de réexivité n'a de sens que sur un espace E complet. En eet, si E est un
evn et J est surjective de E sur E 00 alors E est isométrique à E 00 = (E 0 )0 qui est complet (grâce à la
complétude de R), donc E est complet.
Dans ce qui suit, l'hypothèse de complétude de E n'interviendra qu'à travers l'hypothèse
de réexivité.
La notion de réexivité va permettre de démontrer les mêmes résultats, pour un Banach réexif,
que pour un espace de Hilbert, en remplaçant le produit scalaire par des crochets de dualité h., .iE 0 ,E .
Elle compense l'absence de thm de Riesz. Par exemple, à l'issue de la prochaine section, nous serons
en mesure de démontrer le résultat suivant.
Preuve : très similaire au cas Hilbertien, on remplace les produits scalaires h., .i par des crochets de
dualité h., .iE 0 ,E .
5.a) On applique le thm de Banach-Steinhauss aux applications
Tn : E 0 → R
g 7→ hg, fn iE 0 ,E
17
ce qui est licite car E0 est complet (même si E ne l'est pas : c'est la complétude de R qui importe !)
0
5.b) On utilise la caractérisation (4). Soit g ∈ E tel que kgkE 0 6 1 et kf kE = hg, f iE 0 ,E . On a
kf kE = hg, f iE 0 ,E = limn→∞ hg, fn iE 0 ,E et, pour tout n ∈ N, hg, fn iE 0 ,E 6 kgkE 0 kfn kE 6 kfn kE , donc
kf kE 6 lim inf n→∞ kfn kE .
6. La convergence faible des (gn ) ne sut pas : cf contre-exemple hilbertien.
Preuve :
1. Le thm de Hahn-Banach remplace les manipulations avec le produit scalaire. Soit f1 6= f2 ∈ E .
Alors {f1 } et {f2 } sont deux convexes, non vides, disjoints, l'un fermé, l'autre compact, donc il
0
existe g ∈ E et a ∈ R tels que hg, f1 iE 0 ,E < a < hg, f2 iE 0 ,E . Alors f1 , f2 appartiennent à deux
0 −1 −1
ouverts faibles σ(E, E ) disjoints ϕg (−∞, a) et ϕg (a, ∞).
2. Le thm de Hahn-Banach remplace le thm de projection sur un convexe fermé. Pour tout f0 ∈
E \ C, il existe g = g(f0 ) ∈ E 0 et a∈R tel que
(les ouverts du mb de gauche forment une base de voisinage ouverts). Montrons que V :=
VectR {gj 6 j 6 pn , n ∈ N∗ } est dense dans E 0 . Pour cela, on va utiliser le critère du
n; 1
00
Théorème 10.4. Soit ξ ∈ E tel que hξ, giE 00 ,E = 0 pour tout g ∈ V . Comme E est réexif, il
0
existe f0 ∈ E tel que hξ, giE 00 ,E 0 = hg, f0 iE 0 ,E pour tout g ∈ E . Alors hg, f0 iE 0 ,E = 0 pour tout
g ∈ V . Supposons f0 6= 0. Alors
f0
1
∈ ∩n∈N∗ V0,n ,g1n ,...,gpnn ∩ B E (0, 1) ⊂ ∩n∈N∗ Bd 0, = {0}
kf0 kE n
ce qui est impossible. Donc f0 = 0, cad ξ = 0. On conclut que E 0 est séparable car VectQ {gjn ; 1 6
j 6 p n , n ∈ N∗ } est
0
dénombrable et dense dans E .
18
Proposition 9 Soit E un Banach. EQU :
1. E est réexif,
2. B E (0, 1) est (topologiquement) compacte pour σ(E, E 0 ),
3. B E (0, 1) est séquentiellement compacte pour σ(E, E 0 ).
1. ⇒ 2. résulte du thm de Tikhonov [cf Brézis]. 3. ⇒ 1. est un peu délicat [voir Brézis éventuel-
lement]. On va démontrer 1. ⇒ 3. pour voir comment s'adapte la preuve hilbertienne. On aura, pour
cela, besoin de 2 Lemmes.
Remarque 8 La réciproque est fausse : Z = L1 (0, 1) est séparable mais Z 0 = L∞ (0, 1) ne l'est pas.
1
kfn kZ = 1 et hgn , fn iZ 0 ,Z > kgn kZ 0 .
2
Montrons que Vect{fn , n ∈ N} est dense dans E . Pour cela, on va utiliser le critère du Thm 10.4.
Soit g ∈ E 0 tel que hg, fn iE 0 ,E = 0 pour tout n ∈ N et > 0. Par densité des (gn ), il existe N ∈ N tel
que kg − gN kZ 0 < /3. Alors
1
kgN kZ 0 6 hgN , fN iZ 0 ,Z = hgN −g, fN iZ 0 ,Z +hg, fN iZ 0 ,Z = hgN −g, fN iZ 0 ,Z 6 kgN −gkZ 0 kfN kZ < /3
2
et donc
2
kgkZ 0 6 kg − gN kZ 0 + kgN kZ 0 < + = .
3 3
Ceci est vrai pour tout >0 donc g = 0.
On conclut que les combinaisons linéaires des fn à coecients dans Q + iQ sont denses dans Z,
donc Z est séparable.
Etape 1 : Montrons que f0 ∈ F . Par l'absurde, supposons que f0 ∈ / F . Alors F et {f0 } sont deux
convexes non vides disjoints de E , F est fermé et {f0 } est compact, donc (Hahn-Banach géométrique)
il
0
existe L ∈ E − {0} et a ∈ R tels que
19
En utilisant la structure d'ev de F, on en déduit que L|F = 0 et donc hL, f0 i > a > 0. Or, hL, f0 i =
ζ(L|F ) = 0 : Contradiction.
Etape 2 : Montrons que J F (f0 ) = ζ dans F 00 . Soit g ∈ F 0 . D'après le théorème de Hahn-Banach
e ∈ E 0 telle que ge|F = g . Alors
analytique, il existe g
Preuve de 1. ⇒ 3. lorsque
E est séparable : Soit E un espace de Banach réexif et séparable
0 0 0
et (fn )n∈N une suite bornée de E . Comme E = (E ) est séparable alors E est séparable, d'après le
0 0
Lemme 1. Soit(gk )k∈N une suite de E dense dans E . Par un procédé d'extraction diagonale on obtient
une extraction ψ telle que (hgk , fψ(n) iE 0 ,E )n∈N converge pour tout k ∈ N. Via un critère de Cauchy,
0
on en déduit que (hg, fψ(n) iE 0 ,E )n∈N converge pour tout g ∈ E . Alors L(g) := limn→∞ hg, fψ(n) iE 0 ,E
00
dénit L ∈ E donc (réexivité de E ) il existe f ∈ E tel que L(g) = hg, f iE 0 ,E pour tout g ∈ E .
0
Preuve de 1. ⇒ 3. lorsque E n'est pas séparable. Soit E un espace de Banach réexif non
séparable et (fn )n∈N une suite bornée de E . Alors F := AdhE {fn ; n ∈ N} est un Banach séparable
0
et réexif d'après le Lemme 2. D'après ce qui précéde, il existe f ∈ F tel que fn * f dans σ(F, F ) :
g , fn − f iF 0 ,F → 0 pour tout ge ∈ F 0 . Pour tout g ∈ E 0 , on a g|F ∈ F 0 donc
he
hg, fn − f iE 0 ,E = hg|F , fn − f iF 0 ,F → 0 .
brable et dense.
3. C 0 (X, R), [Link]∞ (X) lorsque X espace métrique compact. Voir [Hirsch-Lacombe page 25] pour
la preuve dans le cas général. Lorsque X = [0, 1], sont denses dans C 0 ([0, 1]), k.k∞
Q[X] : thm de (Stone-)Weierstrass + densité de QN dans RN ,
les polynômes trigonométriques à coecients rationels : thm de Stone-Weierstrass, ou de Fejer
+ densité de QN dans RN ,
les fonctions anes par morceaux sur une subdivision rationnelle, à pentes rationnelles et
valeur rationnelle en x=0 : théorème de Heine,
...
Espaces non séparables : Pour démontrer qu'un espace n'est pas séparable, on peut utiliser le
critère suivant.
Lemme 3 Soit (E, O) un espace topologique. S'il existe une famille non dénombrable (Oj )j∈J d'ou-
verts de E , non vide et deux à deux disjoints, alors E n'est pas séparable.
20
Preuve : Par l'absurde, supposons qu'il existe une suite (gn )n∈N de E dense dans (E, O). Alors,
pour tout j ∈ J , il existe nj ∈ N tel que gnj ∈ Oj . Comme les Oj sont 2 à 2 disjoints, alors
j ∈ J 7→ nj ∈ N est injective, ce qui contredit la non-dénombrabilité de J .
1. l∞ (N, R) n'est pas séparable : considérer la famille {Bl∞ (1A , 1/2); A ∈ P(N)}.
2. L∞ ((0, 1), R)
n'est pas séparable : considérer la famille {BL∞ (0,1) (1[0,a] , 1/2); a ∈ (0, 1)}.
0
3. C (R, R) n'est pas séparable : considérer la famille {BL∞ (R) (fa , 1/2); a ∈ (0, 1)} où fa (x) :=
sin(ax) avec a ∈ (0, 1). Pour a 6= a0 ∈ (0, 1), on peut exhiber x ∈ R tel que |fa (x) − fa0 (x)| >
1 en considérant le sous-groupe additif Z + aa0 Z de R. On peut aussi considérer la famille
{BL∞ (R) (ϕA , 1/2); A ∈ P(N)}, où ϕA est triangulaire centrée en a, de base 1, pour tout a ∈ A
et =0 ailleurs (faire une dessin).
Espaces réexifs :
1. Les Hilberts (Thm de Riesz) : l2 (N), L2 (Ω), H 1 (0, 1), H01 (0, 1),...
0
2. Lp (Ω, ν) pour 1 < p < ∞ et ν mesure positive σ -nie. En eet, (Lp )0 = Lp pour 16p<∞ où
1 1
p + p0 = 1 [voir prochain chapitre].
Tout d'abord, on va préciser ce que l'on entend par cette égalité. Elle signie que l'application
Etape 1 : Montrons que l1 ⊂ (c0 )0 , cad que Φ est bien dénie (cad à valeurs dans c00 ) et isométrique.
∈ l1 (N, R). La forme linéaire Φ(u) : x ∈ c0 7→ ∞
P
Soit u = (un )n∈N n=0 xn un est continue car
∞ ∞
X X
xn un 6 |xn ||un | 6 kxkl∞ kukl1 .
n=0 n=0
21
P
Ceci montre que kΦ(u)k 6 kukl1 . Soit > 0. Il existe N ∈ N tel que n>N |un | < . Soit
xn := signe(un ) si n ∈ {0, ..., N } et un 6= 0 et xn :=P0 sinon. Alors x = (xn )n∈N ∈ c0 (N, R)
N
car elle est à support ni, kxk∞ 6 1 et Φ(u)(x) = n=0 |un | > kukl1 − . Ceci montre que
kΦ(u)kc00 > kukl1 −. C'est vrai pour tout > 0 donc kΦ(u)kc00 > kukl1 . Ainsi, kΦ(u)kc00 = kukl1 .
Preuve : D'après le proposition 9, il sut d' exhiber une suite bornée de L1 (R) qui n'admet
aucune sous-suite convergeant faiblement dans L1 . Considérons une approximation de l'unité :
on sait quefn → δ0 dans D0 (R). Par l'absurde, supposons qu'une sous-suite (fnk ) converge
1 1 0 ∞
dans L faible vers f ∈ L alors elle converge aussi vers f dans D (R) (car Cc ⊂ L
∞ = (L1 )0 ).
0 1
L'unicité de la limite D (R) implique δ0 = f ∈ L (R) : contradiction.
∞ 1
3. L (R) n'est pas réexif, sinon L le serait [voir Brezis Corollaire III.18]
Remarque 9 l1 (N, C) est très pathologique : une suite qui converge faiblement dans l1 converge
fortement dans l1 . Les suites convergentes sont donc les mêmes pour la topologie forte et pour la
topologie faible. Néanmoins, ces 2 topologies sont distinctes (les ouverts faibles ne sont jamais bornés).
22
converge vers zéro dans D0 (0, 1), car un compact de (0, 1) est à distance >0 de x = 0,
1
est bornée dans L (0, 1) car kfn kL1 (0,1) = 1,
1 ∞
mais ne converge pas vers zéro pour σ(L , L ) car
Z 1
fn .1 ≡ 1 ne tend pas vers 0
0
Exercice : Soient E, F des Banach et T ∈ Lc (E, F ). Est ce que T est continue (E, σ(E, E 0 )) →
(F, σ(F, F 0 )) ?
La continuité séquencielle de T : (E, σ(E, E 0 )) → (F, σ(F, F 0 )) est facile à montrer (voir ci-
dessous). La continuité
0
topologique de T : (E, σ(E, E )) → (F, σ(F, F ))
0 est également vraie, mais
plus dicile à démontrer : voir Brézis Théorème III.9 page 39.
g: E → R
x 7→ hh, T (x)iF 0 ,F
Ainsi, g ∈ E 0 donc, par dénition de la convergence faible σ(E, E 0 ), hg, fn iE 0 ,E → hg, f iE 0 ,E , c'est-
à-dire hh, T (fn )iF 0 ,F → hh, T (f )iF 0 ,F . Ceci est vrai pour
0
tout h ∈ F donc T (fn ) * T (f ) dans
σ(F, F 0 ).
1. Introduire les suites faiblement convergentes dans un Hilbert, démontrer la compacité séquen-
cielle de la boule unité et en donner des applications. Proche du programme et porteuse de bcp
d'applications, vous pouvez raisonnablement ré-investir cette partie dans vos leçons Méthodes
hilbertiennes, Compacité, Espaces fonctionnels, EDP,...
23
4. Vous montrer comment cette construction se généralise sur les espaces de Banach. Cette généra-
lisation justie, en particulier, l'intérêt que l'on porte aux propriétés de complétude, séparabilité,
et réexivité des espaces fonctionnels, que vous présenterez dans vos leçons Espaces fonctionnels,
Espaces Lp ,...
la séparabilité permet à la topologie faible d'être métrisable sur les boules : on récupère alors
le cadre favorable des espaces métriques, où compacité topologique=compacité séquencielle.
la réexivité permet à un Banach de jouir des même propriétés qu'un Hilbert (grosso-modo).
2. appliquer ce résultat pour résoudre −u00 + |u|p−1 u = f , en utilisant une suite minimisante pour
Φ et une sous-suite faiblement
1
convergente dans H0 (0, 1).
Il faut alors admettre les propriétés requises sur H01 (0, 1) (les écrire dans le plan), signaler clairement
au jury que ces propriétés seront utilisées dans le dvpt sans les démontrer, et connaître leurs preuves,
au cas où le jury vous interrogerait dessus.
Dans plusieurs leçons, le thm de Banach Steinhauss doit être énoncé (Espaces complets, ALC
entre evn, etc). Le point 3 de la Proposition 1 en est alors un application très classique (à connaître
absolument !)
Les qualités des espaces séparables sont exploitables dans les leçons Parties denses et Dénom-
brabilité.
24