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La science progresse 

deux interprétations :
    
    1°/ Elle progresse en tant que sujet de sa progression 
    Est-ce vraiment elle qui progresse ? Est-elle sujet de son progrès ? Ou fait-elle progresser son
manipulateur, l'Homme, n'est-elle qu'un outil ? 
    - internalisme : c'est elle le sujet de son progrès Koyré
    - externalisme : elle progresse sous la poussée des conditions sociales. 
    
    2°/ Du point de vue du contenu
    - un progrès de la seule science ou qui entraîne un progrès global de l'homme ? 
    Condorcet Esquissse d'un tableau historique des progrès de l'esprit humain 1793
    « à partir de l’invention de l’imprimerie, la marche des sciences devint plus rapide et brillante. »
     « Le tribunal indépendant de toutes les puissances » = l’opinion publique
    l'abandon du latin ! 
    - ne progresse que les contenus scientifques 
    
    - ou la société dans son entier ?  Rousseau"Les sciences, les lettres et les arts étendent des guirlandes de
fleurs sur les chaînes dont ils sont chargés." "le besoin éleva les trônes, les sciences et les arts les ont
affermis." 
    
    _ un progrès de l'individu ? "C'était une ancienne tradition passée de l'Egypte en Grèce qu'un dieu
ennemi du repos des hommes était l'inventeur des sciences." 
    pas de progrès humain et moral. 
    "L'astronomie est née de la superstition ; l'éloquence de l'ambition, de la haine, de la flatterie, du
mensonge ; la géométrie de l'avarice ; la physique d'une vaine curiosité ; toutes, et la morale même, de
l'orgueil humain."
     « un honnête homme qui ne sait rien et qui ne s’en estime pas moins. »
    
    Progrès : 
        un but ? une finalité ? Maîtres et possesseurs de la nature ? se libérer ? la vérité ? qui peut fixer ce
but ? 
        
    quantitatif  : accumulation d'énoncés scientifiques. avancée cumulative de la science ? 
    Remplacement d'un paradigme par un autre. Révolution scientifique. cf Le doute absolu de
Descartes=>progression en remettant en cause le savoir déjà acquis.
    progrès purement quantitatif, sans but : progrès de l'inflation, d'une maladie, etc. 
    
    
    - La science en progressant ne produit-elle pas des régressions dans d'autres domaines ?Moral, civique,
politique ? 
    
    Auguste Comte : Cours de Philosophie politique : « par la nature même de l’esprit humain, chaque
branche de nos connaissances est nécessairement assujettie dans sa marche à passer successivement par 3
états théoriques »
    "progrès nécessairement assujetis"
 progrès absolument général, de l'individu et de la société, les deux étant liés, le progrès supprime ce qui
n'est pas lui, rien n'échappe à la science et son progrès inévitable.   
 
 - jusqu'où progresser ? Faut-il encadrer ce progrès ? Qui fait progresser la science ? "un progrès avec
précaution" Jonas. L'homme doit donner le rythme de ce progrès. 
 - un progrès partagé : une divulgation scientifique. un contrôle démocratique sur l'usage de la science.
(Habermas) 
 
 I- Il semble bien que la science progresse. (c'est la doxa)
 1°/ Un progrès dans les contenus : on connaît de plus en plus de choses et de mieux en mieux.
 2°/ C'est une dynamique interne à la science. La science se critique elle-même, elle se corrige, elle
progresse. Progrès orienté vers une finalité qui est le vrai. Popper. 
 3°/ Un progrès qui est global, qui entraîne celui de la société et de l'individu. Progrès de l'esprit individuel
(Comte) progrès de la société dans on entier (Condorcet) 
 
TR : que peut-on vraiment appeler progrès ? Est-ce quantitatif ou orienté ? Le progrès de la science
n'est-il pas aussi régression dans d'autres domaines ? 

II -  Des doutes sur un réel progrès de la science. 


1°/ La science est-elle vraiment le sujet de son éventuel progrès ? Externalisme. 
2°/ A-t-on vraiment une accumulation de contenus ? La science ne conduit-elle pas à effacer son propre
passé en le considérant comme un ensemble d'erreurs ? Idée de révolution scientifique. 
3°/ Une régression dans d'autres domaines :Rousseau dans le domaine moral, Weber dans le domaine
poétique ou esthétique. 

III - Comment faire pour que le progrès de la science soit un véritable progrès ? 
1°/ Liberté des scientifiques. Absence de pression sur la science. Habermas, la science et la technique
comme idéologie. Liberté par rapport au pouvoir économique et politique.
2°/ Une science qui soit partagée par tous par la divulgation. Comte. 
3°/ Une science qui soit objet d'un contrôle démocratique. Habermas. 

CL. Un progrès mécanique de la science par sa dynamique propre, un progrès poussé par la société
mais un progrès qui n'est pas cumulatif. D'où l'importance de réguler ce progrès pour qu'il soit
effectif.