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COMPTABILITE

GENERALE

LICENCE 2

2021/2022

Laurent DIDELOT
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L’inventaire

I) INTRODUCTION AUX OPERATIONS D'INVENTAIRE

Après avoir enregistré toutes les opérations courantes de l'exercice, il convient de déterminer le résultat de l'entreprise
et de présenter les comptes annuels (bilan, résultat, annexe). Ces documents doivent donner une image fidèle de la
réalité, tout en respectant les principes comptables. Par conséquent, un contrôle exhaustif de l'exactitude des
informations comptabilisées et de la totale application de ces principes, est nécessaire avant d'établir ces comptes
annuels. En cas d'inexactitude ou d'erreurs, des écritures de régularisation sont enregistrées.
Tous ces travaux, toutes ces opérations, s'appellent opérations (ou travaux) d'inventaire.

Nous venons de constater que ces travaux étaient une nécessité pratique en vue d'obtenir une image fidèle, mais ils
représentent également une obligation légale.

Mise en garde : Le mot inventaire a en fait plusieurs significations.

Dans la vie courante, nous utilisons ce mot pour parler d'inventaire physique (en général des stocks - pensez aux
magasins fermés pour inventaire). En comptabilité, l'inventaire physique fait partie des travaux d'inventaire, mais
ceux-ci comportent bien d'autres tâches.

I. L'INVENTAIRE COMPTABLE, UNE OBLIGATION LEGALE

L'article L 123.12 du Code de Commerce, stipule que : "tout commerçant, personne physique ou morale, contrôle
l'existence et la valeur des éléments actifs et passifs du patrimoine, par inventaire, au moins tous les douze mois et
établit des comptes annuels au vu de cet inventaire".

 Le contrôle de l'existence des éléments actifs et passifs entraîne la réalisation d'un inventaire physique de tous les
biens de l'entreprise et une vérification de l'exactitude du solde de tous les comptes.

 Le contrôle de leur valeur nécessite l'estimation de tous ces éléments. En clair, il faut donc déterminer la valeur
des terrains, des bâtiments, des machines, etc... à la date de l'inventaire.

Ces travaux d'inventaire représentent donc une masse de travail très importante.

II. L'INVENTAIRE EST UNE NECESSITE A L'OBTENTION D'UNE


IMAGE FIDELE

Au cours de l'enregistrement des opérations courantes, des erreurs ont pu être commises, les principes comptables
n'ont pas été totalement respectés, les stocks n'ont pas été mis à jour.
Tous ces phénomènes entraînent donc des écritures de régularisation qui s'effectuent au cours des travaux
d'inventaire.

Par exemple :
La non application, au cours de l'exercice, du principe de prudence et du principe d'indépendance des exercices,
peuvent générer :

 des écritures d'AMORTISSEMENTS

 des écritures de PROVISIONS et de dépréciations


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 des écritures d'AJUSTEMENT DES COMPTES DE GESTION

III LES PRINCIPES COMPTABLES

 La COMPTABILITÉ est un langage qui assure une fonction de communication. Elle doit donc reposer sur des
conventions claires appliquées par tous. Ces conventions sont nommées « principes comptables ».

Les principes généraux sont énoncés par le code de commerce et repris dans le plan comptable général.

 Le principe DE CONTINUITÉ DE L’EXPLOITATION

«  pour l’établissement des comptes annuels, le commerçant, personne physique ou morale, est présumé poursuivre ses
activités  ».

L’entreprise n’a ni l’intention, ni l’obligation de se mettre en liquidation ou de réduire sensiblement l’étendue de ses activités.

 Le principe DE NOMINALISME MONÉTAIRE (ou des coûts historiques)

Il consiste à respecter la valeur nominale de la monnaie sans tenir compte des variations de son pouvoir d’achat. Il suppose
donc que l’unité monétaire est une unité de mesure stable et que l’on peut additionner les unités monétaires de différents
époques. C’est un principe très controversé mais il est applicable de manière obligatoire.

 Le principe DE PERMANENCE DES MÉTHODES (ou fixité)

«  A moins qu’un changement exceptionnel n’intervienne dans la situation du commerçant, personne physique ou morale, la
présentation des comptes annuels comme les méthodes d’évaluation retenues ne peuvent être modifiées d’un exercice à
l’autre. Si des modification interviennent, elles sont décrites et justifiées dans l’annexe  ».

 Le principe DE NON COMPENSATION

«  Les éléments d’actif et de passif doivent être évalués séparément. Aucune compensation ne peut être opérée entre les postes
d’actif et de passif du bilan ou entre les postes de charges et de produits du compte de résultat  ».

 Le principe DE BONNE INFORMATION

Au delà de la conformité aux règles et aux principes, le problème essentiel est d’apporter aux différents utilisateurs des
documents financiers, une information satisfaisante, c’est à dire une information suffisante et significative pour les
comprendre.

 Le principe DE SPÉCIALISATION DE EXERCICES (ou autonomie, ou indépendance des exercices)

La vie des entreprises est découpée en exercices comptables d’une durée d’un an (sauf dérogation exceptionnelle). Il faut
donc déterminer le résultat de la gestion de chaque exercice. Le résultat d’un exercice est égal à la différence entre tous les
produits de l’exercice et toutes les charges de l’exercice, et ceux là seulement.
L’application de ce principe nécessite la connaissance des critères de rattachement (faits générateurs) des charges et des
produits à un exercice (droits constatés), puis l’utilisation de comptes de régularisation (charge à payer, produit constaté
d’avance, etc...).

 Le principe de PRUDENCE

«  A l’effet de présenter des états reflétant une image fidèle de la situation et des opérations de l’entreprise, la comptabilité
doit satisfaire dans le respect de la règle de la prudence, aux obligations de régularité et de sincérité  ».

La prudence est l’appréciation raisonnable des faits afin d’éviter le risque de transfert sur l’avenir, d’incertitudes présentes
susceptibles de grever le patrimoine et les résultats de l’entreprise.

Le code de commerce précise certaines applications de ce principe :


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 même en cas d’absence ou d’insuffisance du bénéfice, il doit être procédé aux amortissements et provisions nécessaires.
 il doit être tenu compte des risques et pertes intervenus au cours de l’exercice ou d’un exercice antérieur, même s’ils sont
connus entre la date de clôture de l’exercice et celle de l’établissement des comptes.

Les amortissements
La notion d'amortissement
Le 1er janvier N, l'entreprise PEYRET acquiert, par chèque, un véhicule de tourisme neuf de 20 000 € TTC pour les
déplacements de son directeur commercial. Le compte d'immobilisation 2182 Matériel de transport est débité de
20 000 € par le crédit du compte banque.
Le compte 2182 se trouve donc débiteur de 20 000 € après cette écriture. Cela signifie que l'entreprise est propriétaire
d'un véhicule acquis pour 20 000 € (il s'agit d'un emploi provisoire, il est possible, a priori, de récupérer les 20 000 €).
Le 31/12/12, l'entreprise possède toujours le véhicule. Le compte 2182 est toujours débiteur de 20 000 €. Mais en
réalité, il n'est plus possible de récupérer la totalité des 20 000 €. Le véhicule s'est déprécié. Une partie de l'emploi
provisoire s'est transformée en emploi définitif. Bien entendu, cela s'est produit tout au long de l'exercice, mais
aucune écriture n'a jusqu'alors été comptabilisée.
En conséquence, à l'inventaire, il faut constater cette perte de valeur de manière comptable pour donner une image
fidèle du patrimoine de l'entreprise. L'enregistrement qui vient logiquement à l'esprit est de créditer le compte qui
s'est déprécié (2182) du montant de la dépréciation (par exemple 5 000 € ) afin de réduire sa valeur par le débit d'un
compte de charge.
DEBIT 2182 Matériel de transport CREDIT
(1/01/N) 20 000 5 000 (31/12/N)

DEBIT 68 Dotation aux amortissements


CREDIT
(31/12/N) 5 000
Cet enregistrement constate que l'emploi provisoire (classe 2) devient définitif (classe 6) pour 5 000 €.
Cette écriture est une écriture d'amortissement direct (le compte qui se déprécie est directement crédité). Mais
l'inconvénient de ce procédé est le suivant :

Au bilan du 31/12/N, le véhicule figurera pour 15 000, sans autre indication. Les tiers ne pourront pas savoir si
l'entreprise possède un véhicule neuf de 15 000 € ou un véhicule de 20 000 € déprécié de 5 000 €. Cet enregistrement
ne respecte pas le principe des coûts historiques.
En conséquence, l'écriture correcte consiste à débiter un compte de charge (681 dotation aux amortissements)
Et créditer le compte 28 Amortissement du matériel de transport.
Ce compte fait partie de la classe 2 immobilisation, mais ce n'est pas un véritable actif, il réduit la valeur de
l'immobilisation à laquelle il se rapporte. Afin de repérer à quelle immobilisation l'amortissement se rapporte le
numéro du compte amortissement est composé du numéro du compte d'immobilisation auquel un 8 est intercalé en
seconde position. L'enregistrement effectué est le suivant:

28182 Amortissement du matériel de transport


5 000 (31/12/N)

68 Dotation aux amortissements


(31/12/N) 5 000

Au bilan du 31/12/N, le compte amortissement, qui est créditeur de 5 000 devrait logiquement figurer au passif mais
afin de mieux informer les tiers, il figurera à l'actif en soustraction du poste qui a perdu de la valeur (Matériel de
transport).

Extrait du bilan:

ACTIF
Immobilisations corporelles Valeur brute
Amortissement Valeur nette comptable
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Matériels de transport 20 000 5 000 15 000

La colonne amortissement vient en soustraction de la colonne valeur brute. Elle permet d'obtenir la valeur nette
comptable de l'immobilisation.
Lors de la détermination du résultat le compte 68 dotation aux amortissements est bien entendu viré (soldé) au
compte de résultat, il diminue le résultat de l'exercice.
Extrait du compte de résultat
CHARGES PRODUITS
Charges d'exploitation Produits d'exploitation
Dotations aux amortissements 5 000
TOTAL TOTAL

Les comptes Matériel de transport et amortissement du matériel de transport ne sont pas soldés. Ils seront repris à
nouveau en N+1.
Le 31/12/N+1, la perte de valeur de l'exercice N+1, appelée également annuité d'amortissement ou dotation aux
amortissements, est enregistrée de la même manière (681 à 28182) pour son montant N+1, par hypothèse 4 000 €.
L'actif du bilan N+1 se présente ainsi :

ACTIF
Immobilisations corporelles Valeur brute
Amortissement Valeur nette comptable

Matériels de transport 20 000 9 000 11 000

Le compte 28 "Amortissement" va donc accumuler les dépréciations annuelles. En revanche, le compte 68 "Dotation"
est débité à chaque fin d'exercice de la dépréciation annuelle, puis viré au résultat (il est donc "remis à zéro").
Extrait du compte de résultat
CHARGES PRODUITS
Charges d'exploitation Produits d'exploitation
Dotations aux amortissements 4 000
TOTAL TOTAL

Les fonctions de l'amortissement

La fonction comptable
L'amortissement contribue à donner une image fidèle, à respecter les principes comptables d' indépendance des
exercices et de prudence.
L'amortissement est obligatoire (article L 123.20 du Code de Commerce). Le non amortissement constituerait donc
une faute comptable mais également une faute fiscale (perte de la déductibilité de la charge d'amortissement) et
éventuellement une faute pénale (par exemple il pourrait être constitutif d'une distribution de dividendes fictifs).

La fonction économique
L'amortissement d'un actif est la répartition systématique de son montant amortissable en fonction de sa durée
d'utilisation. Le fait de le comptabiliser permet notamment de ne pas oublier d'en tenir compte lors du calcul des
coûts de production.

La fonction financière
La fonction financière de l'amortissement est très importante à comprendre. En effet, l'amortissement permet aux
entreprises de mettre de l'argent de côté afin de pouvoir remplacer le bien à la fin de sa durée d'utilisation.

Essayons de comprendre ce mécanisme à l'aide d'un exemple simplifié.


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Soit une société soumise à l’impôt sur les bénéfices des sociétés (I.S.) au taux de 33 1/3 %.Son bilan au 01/01/N se
présente comme suit :

ACTIF PASSIF

Ordinateurs 270 000 Capital 300 000


Banque 30 000
TOTAL 300 000 TOTAL 300 000

Cette société a pour objet de donner des conseils en marketing.


Au cours de l'exercice N, elle vend au comptant pour 360 000 € de prestations de services. Les charges décaissées
pour réaliser ces prestations s'élèvent à 60 000 €. Les ordinateurs se déprécient de 90 000 € par année d'utilisation
(par hypothèse). Par mesure de simplification, il est fait abstraction de la TVA.

1ère hypothèse (illégale) : l'entreprise n'amortit pas


Le résultat avant impôt est égal à : 360 000 - 60 000 = 300 000 €
L'impôt est donc égal à :300 000 x 33 1/3 % = 100 000 €
Le résultat après I.S. :300 000 - 100 000 = 200 000 €
L'assemblée générale des actionnaires décide de distribuer la totalité du résultat. Donc 200 000 €.
Evolution de la trésorerie au cours de l'exercice:

solde initial + 30 000


+ encaissements + 360 000
- décaissements - 60 000
- I.S. - 100 000
- dividendes - 200 000
------------
+ 30 000
Le solde de trésorerie n'augmente pas. La société n'a pas mis d'argent de côté pour remplacer les ordinateurs lorsqu'ils
seront devenus obsolètes.

2ème hypothèse : l'entreprise amortit (c'est obligatoire)


Le résultat avant IS est égal à : 360 000 - 60 000 - 90 000 = 210 000
L'I.S. est égal à : 210 000 x 33 1/3 % = 70 000
Résultat après IS : 140 000
L'assemblée générale des actionnaires décide de distribuer la totalité du résultat, soit 140 000 €.
Evolution de la trésorerie au cours de l'exercice:
solde initial + 30 000
+ encaissements + 360 000
- décaissements - 60 000
- I.S. - 70 000
- dividendes - 140 000
------------
+ 120 000

Le solde de trésorerie augmente de 90 000 €. Il passe de 30 000 € à 120 000 €. Après 3 ans d'amortissement,
l'entreprise aura mis 3 x 90 000 € de côté pour renouveler le matériel.
Ces 90 000 proviennent de l'économie d'I.S. réalisée de 30 000 € et de l'économie réalisée sur la distribution de
dividendes de 60 000 €.
L'amortissement permet à cette société de moins payer d'impôt et moins de dividendes (lorsqu'elle est
bénéficiaire). L'entreprise évite des dépenses, ce qui contribue à améliorer sa trésorerie puis lui permet de renouveler
ses immobilisations au prix d'achat initial. L'amortissement contribue à accroître l'autofinancement de l'entreprise.

Attention, rien n'interdit à l'entreprise de consacrer ses 90 000 € au paiement de dépenses n'ayant rien à voir avec l'ordinateur.
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Le calcul de l'amortissement
Comment déterminer le montant de la dotation aux amortissements ?
Le PCG fournit les indications suivantes:
 L’amortissement d’un actif est la répartition systématique de son montant amortissable en fonction
de son utilisation. Le mode linéaire est appliqué à défaut de mode mieux adapté.
 L’utilisation d’un actif se mesure par la consommation des avantages économiques attendus de
l’actif.
 Le montant amortissable d’un actif est sa valeur brute sous déduction de sa valeur résiduelle. La
valeur résiduelle n'est prise en compte que lorsqu'elle est à la fois significative et mesurable.
 La valeur résiduelle est le montant net des coûts de sortie attendus qu’une entité obtiendrait de la
cession de l’actif sur le marché à la fin de son utilisation.

Application: Une société a acquis un bien d'une valeur d’origine de 240 000 € HT le 1/01/N. Sa durée de vie est de 5
ans, mais l’entreprise envisage de le céder dans 3 ans. Sa valeur résiduelle est estimée à 96 000 € nets des coûts de
sortie. En 3 ans le bien devrait être utilisé 20 000 heures. A la fin de la première année d’utilisation, le matériel a
fonctionné 4 750 heures.

Dans cet exemple, la société est en mesure de déterminer l'utilisation de l'immobilisation et sa valeur résiduelle. Elle
calcule la dotation aux amortissements de l'exercice N de la manière suivante:
(240 000 - 96 000) x 4 750 / 20 000 = 34 200 €
Si la durée d'utilisation n'était pas déterminable elle calculerait la dotation en appliquant, à défaut de mode mieux
adapté, le mode linéaire qui consiste à répartir le montant amortissable par fractions égales sur le nombre d'années de
vie de l'immobilisation. La dotation s'établirait alors à: 240 000 x 1/5 = 48 000 €.

Dans cette dernière hypothèse, les dotations prévisionnelles des exercices suivants pouvant être alors facilement
déterminées le plan d'amortissement suivant pourrait être établi:

VNC DEBUT DOTATION VNC FIN


N 240 000 48 000 192 000
N+1 192 000 48 000 144 000
N+2 144 000 48 000 96 000
N+3 96 000 48 000 48 000
N+4 48 000 48 000 0
V.N.C signifie Valeur Nette Comptable. Elle est égale à la valeur d'origine de l'immobilisation moins le cumul des
dotations aux amortissements pratiquées.

Dans la pratique le mode linéaire est fréquemment utilisé car il n'est pas souvent aisé de déterminer quelles seront la
durée d'utilisation du bien et sa valeur résiduelle. Cette méthode est en outre plus simple à pratiquer.
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Les cessions d’immobilisations et de titres


Bien que les immobilisations soient destinées à être conservées, il arrive que l'entreprise propriétaire de celles-ci les
cède (ou en perde le contrôle). Nous allons tout d'abord étudier les traitements comptables liés aux cessions
d'immobilisations non amortissables avant d'aborder ceux relatifs aux immobilisations amortissables.
Les cessions sont elles soumises à la TVA ?
Le principe de base est le suivant: Si la TVA lors de l'acquisition du bien a été totalement ou partiellement récupérée,
la cession est soumise. En revanche, si la TVA n'a pas du tout été récupérée, la cession n'est pas soumise (exemple :
une cession de véhicule de tourisme). Il existe des cas particuliers que nous n'aborderons pas dans cet ouvrage.
Les cessions d'immobilisations non amortissables

Illustration
L'entreprise PEYRET achète un terrain de 50 000 € le 15/10/N-5 puis le cède le 05/06/N au prix de 87 000 € (pas de
TVA par hypothèse).
L'enregistrement comptable relatif à l'acquisition du terrain conduit à débiter le compte terrain de 50 000 €. Ce
compte signifie que l'entreprise possède un terrain acquis à ce prix.

Le 15/10/N-5, l'écriture suivante est comptabilisée :

211 Terrain 50 000


(404 ou) 512 Banque 50 000

Après cette écriture, le compte 211 "Terrain" est débiteur de 50 000, ce qui signifie que l'entreprise possède
un terrain qu'elle a acquis 50 000 €.

Le bilan se présente comme suit:

ACTIF (K€) PASSIF

Actif immobilisé Capitaux propres


Terrain 50 000 Capital
Actif circulant Dettes

Total Total

Le 5/06/N, l'entreprise cède le terrain. Elle en perd donc la propriété. Le compte terrain doit être soldé et les 50 000 €
de terrain doivent disparaître de l'actif du bilan. Le prix de cession étant supérieur au prix d'acquisition du terrain,
l'entreprise s'est enrichie. Le résultat comptable doit le constater car il s'agit d'un gain réalisé.

Traitement comptable
L'enregistrement comptable relatif à la cession s'opère en deux étapes. La première a pour objet de constater que le
prix de cession de 87 000 € représente un produit pour l'entreprise cédante. Ce montant est en effet acquis
définitivement. Un compte de trésorerie constitue la contrepartie de l'écriture de cession si l'acquéreur règle son
achat. Si l'opération est effectuée à crédit, un compte de créance est débité.
La seconde étape consiste à enregistrer le fait que l'entreprise cédante a perdu définitivement la propriété d'un terrain
acquis au prix de 50 000 €. Ce montant représente un appauvrissement, une charge. Le compte terrain est crédité afin
de sortir le terrain de l'actif du bilan par le débit d'un compte de charge.
Les opérations de cessions d'immobilisations étant considérées comme étant exceptionnelles d'un point de vue
comptable, le produit et la charge relatifs à la cession sont classés en exceptionnel (sous classes 77 pour les produits
et 67 pour les charges).

Le 05/06/N, elle cède le terrain au prix de 87 000 €. Après cette cession, elle ne possède plus le terrain, donc le
compte 211 doit être soldé. Au cours de la cession, elle s'enrichit de 87 000 € et s'appauvrit de 50 000 € (perte de la
propriété du bien).

Il convient donc d'enregistrer la cession en deux étapes :


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Constatation du flux correspondant à l’enrichissement:

462 (1) ou 512 Banque 87 000

775 Produit de cession 87 000

Le compte 775 est un produit exceptionnel qui sera viré au compte résultat, ce qui aura pour effet d'accroître
le résultat de 87 000.

Créance sur cession d'immobilisations.

Constatation du flux correspondant à l’appauvrissement

675 Valeur nette comptable 50 000


211 Terrain 50 000

Cette écriture permet de sortir le terrain du bilan et de constater le fait que l'entreprise a perdu
50 000 € dans l'opération. Le compte 675 est une charge exceptionnelle qui sera virée au résultat et diminuera donc
celui-ci. Le gain (ou plus-value) n'apparaît donc pas dans un seul compte. Il apparaîtra au résultat grâce au
virement des comptes 675 et 775.

Compte 775 : produit des cessions des éléments d'actif


Compte 675 : valeur nette comptable des éléments d’actifs cédés

Le résultat de cession de + 37000 € n'apparaît pas instantanément lors de la lecture du compte de résultat. Il doit être
déterminé par un calcul. Il faut effectuer la différence entre le produit et la charge relatifs à la cession. Le bilan et le
compte de résultat, après la cession se présentent comme suit:

ACTIF (K€) PASSIF

Actif immobilisé Capitaux propres


Terrain 0 Capital
Actif circulant Résultat
Disponibilités 87 000 Dettes 37 000

Total Total

CHARGES PRODUITS
Charges exceptionnelles sur 50 000 Produits exceptionnels sur 87 000
opérations en capital opérations en capital

Les cessions d'immobilisations amortissables

Principe
Le principe est similaire celui relatif aux cessions d'immobilisations non amortissables mais l'application est plus
complexe en raison de la présence d'amortissements.
Si le produit de cession est toujours égal au prix de cession de l'immobilisation, la détermination de la charge relative
à la cession requiert plus de réflexion. En effet, le jour de la cession l'immobilisation a déjà donné lieu à la
constatation d'appauvrissements par le biais des amortissements pratiqués depuis son acquisition. La charge relative à
la cession est donc limitée au montant de l'immobilisation qui n'a pas encore amorti, c'est à dire sa valeur nette
comptable (V.N.C.).

Application
Un matériel, acquis 100 000 € HT le 1/01/N-4 et amorti en linéaire sur 10 ans, est cédé le 30/06/N au prix HT de
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48 000 €. L'exercice de l'entreprise cédante coïncide avec l'année civile. Déterminons le résultat de cession et
présentons un extrait du compte de résultat N de l'entreprise cédante:

Le matériel a été amorti de 10 000 € de N-4 à N-1 (100 000 x 1/10), soit un montant total de 40 000 €.La valeur nette
comptable du matériel s'établissait à 60 000 € (100 000 - 40 000). Le bilan du 31/12/N-1, présenté en valeurs nettes
fournissait les informations suivantes:

ACTIF (K€) PASSIF

Actif immobilisé Capitaux propres


Matériel 60 000 Capital
Dettes

Total Total

En N, il est également amorti pendant 6 mois (de janvier à juin inclus) de 5 000 € (100 000 x 1/10 x 6/12). Le total
des amortissements pratiqués s'établit à 45 000 €. La valeur nette comptable du matériel s'élève à 55 000 € (100 000 -
45 000). L'entreprise cédante a réalisé une perte de 7 000 € (48 000 - 55 000), appelée également moins value. Le
résultat diminue de 12 000 € (5 000 € de dotation et 7 000 € de moins value). Extrait du bilan et du compte de
résultat:

ACTIF (K€) PASSIF

Actif immobilisé Capitaux propres


Matériel 0 Capital
Actif circulant Résultat
Disponibilités 48 000 Dettes (12 000)

Total Total

CHARGES PRODUITS
Charges d'exploitation Produits exceptionnels sur 48 000
opérations en capital
Dotations aux amortissements 5 000
Charges exceptionnelles sur 55 000
opérations en capital

Les cessions de titres


Les titres sont classés en immobilisations (titres de participation ou autres titres immobilisés) ou en actifs circulants
(valeurs mobilières de placement) selon qu'ils sont destinés à être cédés ou non à brève échéance. Le traitement
comptable relatif à leur cession dépend de cette classification.

Les cessions de titres immobilisés


Les cessions de titres immobilisés s'enregistrent de manière identique aux cessions d'immobilisations non
amortissables. Le prix de cession est comptabilisé en produit exceptionnel et la valeur initiale d'acquisition des titre
est constatée en charge exceptionnelle. La plus ou moins value de cession est le résultat de la différence entre ces
deux éléments.

Les cessions des valeurs mobilières de placement


Le prix de cession et la charge de cession sont enregistrés dans le même compte. Il s'agit d'un compte de produit
financier si la cession donne lieu à un gain net ou de charge financière dans le cas contraire. Le résultat de cession
apparaît directement dans le compte de résultat. Lorsque la cession est bénéficiaire, par exemple de 12 000 €:

CHARGES PRODUITS
Charges financières 0 Produits financiers
Produits nets sur cessions 12 000
de valeurs mobilières de
placement

En cas de cession déficitaire, par exemple de 5 000 €:

CHARGES PRODUITS
Charges financières Produits financiers 0
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Charges nettes sur cessions de 5 000


valeurs mobilières de
placement

Les dépréciations et les provisions


Le principe de prudence
Les dépréciations et les provisions constituent une application du principe de prudence qui impose la constatation des
pertes probables et interdit la comptabilisation des produits non réalisés.
L'application de ce principe donne lieu, le cas échéant, à des enregistrements comptables à la clôture de l'exercice
(travaux d'inventaire).
Illustrations relatives au principe de prudence
1) Un terrain acquis il y a 8 ans au prix de 100 000 € est estimé, le 31/12/N, 175 000 € par un expert .
Il s'agit d'un gain latent qui ne doit pas être comptabilisé. Le gain ne sera réalisé, que lorsque le terrain sera cédé.

2) Un terrain acquis 150 000 € est évalué 90 000 € en fonction du prix du marché.
Il s'agit d'une perte latente, probable mais pas certaine tant que le terrain n'est pas vendu. Elle n'est pas
simplement éventuelle. Une écriture doit être enregistrée.

3) Un commerçant possède en stock 50 chemises de couleurs acquises 20 € HT l'unité. Le 31/12/N, la couleur des
chemises est légèrement passée et le commerçant n'arrive pas à les vendre. Leur valeur de marché ne s'élève plus qu'à
8 € HT.
Il s'agit d'une perte probable qui donne lieu à enregistrement.

4) Un salarié a été licencié sans justes motifs en début d'exercice. Persuadé de son bon droit, il a engagé une
procédure judiciaire. Le 31/12, l'avocat de l'entreprise "employeur" estime que celle-ci sera condamnée à payer des
dommages et intérêts d'environ 20 000 €. Le tribunal rendra sa décision en Mars N+1.
Il s'agit d'une perte probable à constater.

Dans les deux premiers cas, ce sont des éléments d'actif qui se sont dépréciés de manière latente (immobilisation,
stock). Dans le troisième cas, aucun élément d'actif ne s'est déprécié et pourtant un risque d'appauvrissement est
apparu (dommages et intérêts à payer). Il y a augmentation probable du passif exigible.
Dans les cas 2 et 3, une DÉPRÉCIATION (d'élément d'actif) doit être comptabilisée. Dans le cas 4 une PROVISION
doit être constatée.
En comptabilité, il existe une autre catégorie de provisions très particulières car elles ne constatent aucun
appauvrissement latent. Celles-ci sont comptabilisées pour des raisons purement fiscales. Elles portent le nom de
PROVISIONS RÉGLEMENTÉES. Elles ne sont pas traitées dans ce cours.

Les dépréciations

Principe
Lorsqu'une entreprise possède un actif, par exemple un local, elle peut en retirer des avantages économiques soit en le
cédant, soit en l'utilisant (par exemple une location dans le cas du local). Logiquement elle devrait retenir la solution
la plus intéressante financièrement. Par conséquent, si la valeur nette comptable du bien est supérieure au montant le
plus élevé des avantages économiques que l'entreprise peut retirer de l'actif en le vendant ou en l'utilisant, il convient
de constater une dépréciation. En effet, l'actif ne doit pas apparaître au bilan pour un montant supérieur aux avantages
économiques qu'il permet de générer. Ce serait contraire au principe de prudence et donnerait une image trop
optimiste aux tiers.

Définitions
 La dépréciation d'un actif est la constatation que sa valeur actuelle est devenue inférieure à sa valeur
nette comptable.
 La valeur nette comptable d'un actif correspond à sa valeur brute diminuée des amortissements
cumulés et des dépréciations.
- 12 -

 La valeur actuelle est la valeur la plus élevée de la valeur vénale ou de la valeur d'usage.
 La valeur d'usage d'un actif est la valeur des avantages économiques futurs attendus de son
utilisation et de sa sortie.

Principe de comptabilisation et de présentation


La dépréciation constatée au titre de l'exercice constitue un appauvrissement. Elle est enregistrée, comme les
dotations aux amortissements, au débit d'un compte de charge compris dans la sous classe 68 "dotations aux
amortissements, dépréciations et provisions". Cette charge peut être d'exploitation, financière ou exceptionnelle selon
la nature de la dépréciation. Cette charge est ensuite virée au compte résultat (et donc "remise à zéro") à la clôture de
chaque exercice.
Le compte à créditer en contrepartie n'est pas directement le compte d'actif qui s'est déprécié, afin de respecter le
principe des coûts historiques, mais un compte "dépréciation" dont le numéro est composé du numéro du compte
d'actif déprécié auquel un 9 a été intercalé en seconde position.
Exemples : Le compte Terrain a pour numéro 211.
Le compte " Dépréciation du terrain" porte le numéro 2911
Le 31/12/N, l'entreprise OUDON constate une dépréciation de 40 000 € d'un terrain qu'elle possède.
Au bilan du 31/12/N, le compte dépréciation, qui est créditeur devrait logiquement figurer au passif mais afin de
mieux informer les tiers, il figure à l'actif en soustraction du poste déprécié.

ACTIF
Immobilisations corporelles Valeur brute
Dépréciations Valeur nette comptable

Terrains 200 000 40 000 160 000

Si la dotation enregistrée en N est considérée liée à l'exploitation, le compte de résultat se présente comme suit:
Extrait du compte de résultat:
CHARGES PRODUITS
Charges d'exploitation Produits d'exploitation
Dotations aux amortissements, 40 000
dépréciations et provisions

Le réajustement des dépréciations


Un compte dépréciation créditeur de 40 000 € à la clôture de l'exercice N signifie que l'entreprise risque
probablement de s'appauvrir de 40 000 €. Ce risque peut évoluer au cours des exercices suivants. Les documents
comptables, les comptes, doivent être ajustés en conséquence.
Poursuivons le raisonnement à partir de l'exemple précédent:

DEBIT 2911 Dépréciation


CREDIT
40 000 (31/12/N)

Le risque peut augmenter (passer de 40 000 € à 42 000 €), diminuer (passer de 40 000 € à 30 000 €), rester constant
ou disparaître définitivement. Comment faut-il réajuster ?

Situation 1; le risque augmente en N+1 et s'élève à 42 000 €


Le compte dépréciation qui n'est créditeur que de 40 000 € ne reflète pas la réalité. Il doit avoir un solde créditeur de
42 000 €. Il convient donc de le créditer de 2 000 € supplémentaires. Le résultat de l'entreprise a été diminué de 40
000 € en N mais fin N+1 c'est insuffisant. Il faut le diminuer de nouveau de 2 000 €.
L'enregistrement du 31/12/N+1 consiste donc à débiter le compte de charge 68 dotation et à créditer le compte de
dépréciation de 2 000 €. Une dotation complémentaire est effectuée.

DEBIT 2911 Dépréciation


CREDIT
40 000 (31/12/N)
2 000
(31/12/N+1)
- 13 -

DEBIT 68 Dotation CREDIT


(31/12/N+1) 2 000

Le bilan (en valeurs nettes) et le résultat se présentent comme suit:

ACTIF (K€) PASSIF

Actif immobilisé Capitaux propres


Terrain 158 000 Capital
Résultat (2 000)
Actif circulant Dettes

Total Total

CHARGES PRODUITS
Charges d'exploitation Produits d'exploitation
Dotations aux dépréciations 2 000

Situation 2: Le risque diminue en N+1 et s'établit à 30 000 €


Le compte de dépréciation (créditeur de 40 000 €) doit être débité de 10 000 €.
Le résultat de l'entreprise a été trop diminué en N. Pour compenser, le résultat N+1 doit être augmenté de 10 000 €.
L'enregistrement du 31/12/N+1 consiste à débiter le compte de dépréciation et à créditer un compte de produit. Ce
compte est appelé reprise sur dépréciation. Il porte un numéro 78.

DEBIT 2911 Dépréciation CREDIT


40 000 (31/12/N)
(31/12/N+1) 10 000

DEBIT 78 Reprise CREDIT


10 000
(31/12/N+1)
Une reprise partielle est effectuée. Le bilan (en valeurs nettes) et le résultat se présentent comme suit:

ACTIF (K€) PASSIF

Actif immobilisé Capitaux propres


Terrain 170 000 Capital
Résultat 10 000
Actif circulant Dettes
Total Total

CHARGES PRODUITS
Charges d'exploitation Produits d'exploitation
0 Reprise de dépréciations 10 000

Situation 3: Le risque est constant : Dans ce cas il n'y a rien à faire.

Situation 4: Le risque a totalement disparu en N+1


Il convient de comptabiliser une reprise totale.
Le bilan (en valeurs nettes) et le résultat se présentent comme suit:

ACTIF (K€) PASSIF

Actif immobilisé Capitaux propres


Terrain 200 000 Capital
Résultat 40 000
Actif circulant Dettes

Total Total
- 14 -

CHARGES PRODUITS
Charges d'exploitation Produits d'exploitation
0 Reprise de dépréciations 40 000
- 15 -

Les provisions

Définitions

 Un passif est un élément de patrimoine ayant une valeur économique négative pour l’entité, c’est-
à-dire une obligation à l’égard d’un tiers dont il est probable ou certain qu’elle provoquera une sortie
de ressources au bénéfice de ce tiers, sans contrepartie au moins équivalente attendue de celui-ci.
 Une dette est un passif certain dont l’échéance et le montant sont fixés de façon précise.
 Une provision est un passif dont l’échéance ou le montant n’est pas fixé de façon précise.

Conditions de constitution d'une provision


Elle doit être constituée si les conditions suivantes sont remplies :
 Existence d’une obligation envers un tiers à la clôture de l’exercice.
 Sortie de ressources certaines ou probables et sans contrepartie équivalente.
 Possibilité de l’estimer de manière fiable.

Comptabilisation
Contrairement aux dépréciations, les provisions ne se rapportent pas à un élément d'actif. Il n'y a donc pas possibilité
de constituer le numéro du compte de provision en utilisant un numéro de compte d'actif.
Les provisions sont comptabilisées dans des comptes de la classe 1 (comptes 15).
Leur constitution et leur réajustement s'effectuent selon les mêmes principes que les dépréciations.

Positionnement des provisions au bilan


Elles sont représentatives de dettes probables. Il est donc logique qu'elles figurent au passif du bilan.

ACTIF (K€) PASSIF

Actif immobilisé Capitaux propres


Constructions Capital
Installations Provisions
techniques
Provision pour risques 50 000
Dettes
Actif circulant
Emprunt et dettes
financières

Total Total
- 16 -

L'ajustement des comptes de gestion


Le respect du principe d'indépendance des exercices
Le résultat d'un exercice est égal à la différence entre tous les produits de l'exercice et toutes les charges de l'exercice
et ceux-là seulement. Ce principe d'apparence simple nécessite de préciser quels sont les critères permettant de
rattacher une charge ou un produit à un exercice.

Les critères de rattachement à un exercice


Réflexion n°1: Une entreprise commande des matières premières en N-1. Elle est livrée en N. Elle reçoit la facture en
N+1 et règle son fournisseur en N+2. Au titre de quel exercice l'achat doit-il être rattaché ?
N-1 N N+1 N+2
Commande Livraison Facturation Règlemen
t

En droit civil, le contrat est conclu dès qu'il y a échange de consentement (donc à la commande).
En comptabilité, comme en fiscalité d'ailleurs, la prudence prévaut ainsi en matière de bien, l'événement qui permet
de rattacher l'achat ou la vente est la LIVRAISON.

Réflexion n°2: Une entreprise dont l'exercice coïncide avec l'année civile règle le 01/10/N les loyers du dernier
trimestre N et des trois premiers trimestres N+1. Montant réglé 9 x 4 000 € = 36 000 €.

4ème trimestre 1er trimestre 2ème 3ème


N N+1 trimestre trimestre
N+1 N+1
Location Location Location Location
36 000 réglés

Les prestations de services doivent être rattachées au fur et à mesure de l'exécution pour les prestations continues (à
l'exécution pour les prestations ponctuelles). Le 31/12/N, seuls 3 mois de location ont été "consommés". En
contrepartie des 9 mois de N+1 que l'entreprise a déjà réglés, elle recevra un service. Si le bailleur ne pouvait pas
fournir ce service il devrait la rembourser. Les 9 mois de loyers de N+1 ne constituent pas une charge tant qu'ils ne
sont pas consommés.
Donc, seuls 3 mois de location doivent figurer dans les charges de l'exercice N.

Problèmes posés par le principe


Réflexion n°1: La livraison a lieu en N, donc l'achat doit être enregistré en N, mais au cours de l'enregistrement des
opérations courantes de cet exercice, l'entreprise ne dispose d'aucune pièce comptable, en conséquence c'est à
l'inventaire N qu'il convient d'enregistrer l'achat.
En N+1, l'entreprise reçoit la facture et doit l'enregistrer, mais comme cet achat a déjà été comptabilisé en N, il faut
le retirer des charges de N+1.

Réflexion n°2: A la réception de la quittance de loyer, qui constitue une pièce comptable, l'entreprise comptabilise la
charge de location de 36 000 € alors que la location n'a pas été "consommée". A la clôture seuls trois l'ont été,
l'entreprise doit retirer les 9 mois de location se rapportant à N+1 de ses charges. En N+1, elle ne recevra pas de
nouvelle quittance de loyer pour ces 9 mois. Elle n'aura pas de pièce comptable à enregistrer, pourtant ces 9 mois de
location se rapportent à N+1. L'entreprise doit donc constater cette charge.

Constat de ces réflexions: Lors de l'enregistrement des opérations courantes, le principe d'indépendance des exercices
n'est pas nécessairement respecté (car il est tenu compte des pièces comptables et non des critères de rattachement).
En conséquence, il convient de régulariser (ajuster) les comptes de gestion (charges et produits) à l'inventaire. Cette
régularisation requiert également un traitement comptable au titre de (ou des) exercice(s) suivant(s). Ce traitement est
appelé "extourne" ou "contrepassation" par les praticiens de la comptabilité.
- 17 -

Les quatre cas d'ajustement

Principe
Quatre types de situation d'ajustement peuvent se présenter:

Situation 1: une charge se rapporte à l'exercice en cours mais n'a pas été enregistrée au titre de l'exercice en l'absence
de pièce justificative. Cette situation donne lieu à la comptabilisation d'une CHARGE A PAYER.

Situation 2: une charge a été comptabilisée dans l'exercice en cours, mais elle se rattache à un exercice ultérieur.
Cette situation donne lieu à la comptabilisation d'une CHARGE CONSTATEE D'AVANCE.

Situation 3: Un produit a été constaté dans l'exercice en cours alors qu'il se rattache à un exercice ultérieur. Cette
situation donne lieu à la comptabilisation d'un PRODUIT CONSTATE D'AVANCE.

Situation 4: Un produit se rapportant à l'exercice en cours n'a pas été enregistré. Cette situation donne lieu à la
comptabilisation d'un PRODUIT A RECEVOIR.

Traitements comptables
L'impact de la TVA sera négligé par mesure de simplification.

Les charges à payer


Les charges consommées non pas comptabilisées à la clôture de l'exercice sont enregistrées en charges en
contrepartie d'un compte de passif, représentatif d'une dette. Ce compte de passif est appelé "charges à payer" est
rattaché au tiers concerné. Par exemple, si l'agent économique concerné est un fournisseur, le compte de charges à
payer a pour numéro 408 (car le numéro d'un compte fournisseur commence par 40) et porte le nom de "Fournisseurs,
factures non parvenues". Si le tiers est un salarié, le numéro et le nom du compte de charges à payer seront différents
(428 Personnel, charges à payer).

Application :
L'entreprise BETA commande 1 500 € de matières premières en N. Elle est livrée et les utilise en N. Elle reçoit la facture en N+1 et règle son
fournisseur en N+2. Impact sur le bilan de N

ACTIF (K€) PASSIF

Actif immobilisé Capitaux propres


Capital
Actif circulant Résultat - 1 500
Créances clients
Charges Dettes
constatées
d'avance Fournisseurs, factures + 1 5 00
non parvenues

Total Total

Impact sur le compte de résultat de N

CHARGES PRODUITS
Charges d'exploitation Produits d'exploitation
Achats de marchandises 1 500 Ventes de marchandises

En N+1, lorsqu'elle reçoit la facture d'achat elle comptabilise une charge d'achat de matières premières et une dette
fournisseur. Cette charge ne se rapporte pas à l'exercice N+1 et la dette fournisseur figure déjà en charge à payer.
Afin de ne pas constater deux fois cette unique acquisition de matières premières, l'écriture du 31/12/N est enregistrée
à l'envers (contrepassée, extournée).

Extrait du bilan de N+1


- 18 -

ACTIF (K€) PASSIF

Actif immobilisé Capitaux propres


Capital
Actif circulant Résultat 0
Créances clients
Charges Dettes
constatées
d'avance Dettes fournisseurs 1 500

Total Total

Extrait du compte de résultat de N+1

CHARGES PRODUITS
Charges d'exploitation 0 Produits d'exploitation
Achats de marchandises Ventes de marchandises
Variation de stocks
Autres achats et charges
externes

Les charges constatées d'avance


Les charges comptabilisées mais pas encore consommées à la clôture de l'exercice sont retirées des comptes de
charges et inscrites dans un compte d'actif (intitulé charges constatées d'avance) car elles sont susceptibles de générer
des avantages économiques. Leur consommation au cours de l'exercice suivant donne lieu à un enregistrement
inverse. En effet, plus aucun avantage économique n'en est alors attendu, l'actif doit être transféré en charge.
Application :
L'entreprise BETA dont l'exercice coïncide avec l'année civile règle le 01/10/N les loyers du dernier trimestre N et
des trois premiers trimestres N+1 (montant réglé 9 x 4 000 = 36 000 €).
A la réception de la quittance de loyer, l'entreprise BETA comptabilise 36 000 € de charge mais au 31/12/N, il faut
qu'elle retire 24 000 € des charges et les place en charges constatées d'avance. Les loyers étant réglés en totalité les
disponibilités de l'entreprise diminuent de 36 000 €.
Impact sur le bilan de N

ACTIF (K€) PASSIF

Actif immobilisé Capitaux propres


Capital
Actif circulant Résultat (12 000)
Stocks
Créances clients Dettes
Disponibilités - 36 000 Dettes fournisseurs
Charges constatées d'avance + 24 000

Total Total

Impact sur le compte de résultat de N

CHARGES PRODUITS
Charges d'exploitation Produits d'exploitation
Achats de marchandises Ventes de marchandises
Variation de stocks
Autres achats et charges + 12 000
externes

En N+1, bien que ne recevant aucune quittance nouvelle pour ces 36 000, elle doit enregistrer les 24 000 € de
loyers de Janvier à septembre N+1 en virant le compte "charge constatée d'avance" en charge. En effet, il n'y a plus
d'avantages économiques attendus dès lors que la location a été fournie par le bailleur. Le virement du compte de
charges constatées d'avance en charges de location correspond à l'enregistrement inverse (extourne/contrepassation)
de celui du 31/12/N.
Extrait du bilan de N+1

ACTIF (K€) PASSIF


- 19 -

Actif immobilisé Capitaux propres


Capital
Actif circulant Résultat (24 000)
Stocks
Créances clients Dettes
Charges Dettes fournisseurs
constatées
d'avance 0

Total Total

Extrait du compte de résultat de N+1

CHARGES PRODUITS
Charges d'exploitation Produits d'exploitation
Achats de marchandises Ventes de marchandises
Variation de stocks
Autres achats et charges 24 000
externes

Les produits constatés d'avance


Les produits comptabilisés mais pas encore acquis à la clôture de l'exercice sont retirés des comptes de produits et
inscrits dans un compte de passif (intitulé produit constaté d'avance). Ce poste de passif représente en quelque sorte
une dette de l'entreprise vis à vis du client auquel elle a facturé des livraisons de biens ou des prestations de services
qu'elle n'a pas encore réalisées.

Application : Le 1/12/N, l'entreprise BETA reçoit 6 000 € de loyer de son locataire pour les mois de décembre N,
janvier et février N+1
L'encaissement des 6 000 € donne lieu à la constatation d'un produit et d'un encaissement. Les loyers de janvier et
février N+1 ne sont pas acquis le 31/12/N, il convient donc de les retirer des produits de l'exercice N. Ils représentent
une obligation de l'entreprise BETA vis à vis de son locataire. D'ailleurs, si l'entreprise n'était pas en mesure de loger
son locataire en janvier et février N+1 elle devrait lui rembourser 4 000 €. Le compte "Produit constaté d'avance" doit
être crédité et figurer au passif du bilan.
Impact sur le bilan de N

ACTIF (K€) PASSIF

Actif immobilisé Capitaux propres


Capital
Actif circulant Résultat + 2 000
Stocks
Créances clients Dettes
Disponibilités Dettes fournisseurs
Charges Produits constatés + 4 000
constatées d'avance
d'avance + 6 000

Total Total

Impact sur le compte de résultat de N

CHARGES PRODUITS
Charges d'exploitation Produits d'exploitation
Achats de marchandises Produits des locations 2 000
Variation de stocks

En N+1, elle doit enregistrer les 4 000 € de loyers de Janvier et février en virant le compte "produit constaté
d'avance" en produit.

Extrait du bilan de N+1

ACTIF (K€) PASSIF

Actif immobilisé Capitaux propres


Capital
- 20 -

Actif circulant Résultat


Stocks + 4 000
Créances clients Dettes
Charges Dettes fournisseurs
constatées
d'avance Produits constatés 0
d'avance

Total Total

Extrait du compte de résultat de N+1

CHARGES PRODUITS
Charges d'exploitation Produits d'exploitation
Achats de marchandises Produits des locations
Variation de stocks 4 000
Autres achats et charges
externes

Les produits à recevoir


Les produits réalisés pas encore comptabilisés à la clôture de l'exercice sont enregistrés en produits en contrepartie
d'un compte d'actif, représentatif d'une sorte de créance sur le tiers qui a profité d'une opération de l'entreprise qui ne
lui a pas encore été facturée. Ce compte d'actif est appelé "produit à recevoir". Ce compte est rattaché au tiers
concerné. Par exemple, si l'agent économique concerné est un client, le compte de produits à recevoir a pour numéro
418 (car le numéro d'un compte client commence par 41) et porte le nom de "Clients, factures à établir". Si le tiers est
l'Etat, le numéro et le nom du compte de produits à recevoir seront différents (448 Etat, produits à recevoir).

Application: L'entreprise BETA effectue fin décembre N une prestation de service pour son client DUVAL pour un
montant de 5 000 € . La facture n'est établie que le 14 janvier N+1.
Aucun enregistrement n'a lieu avant la clôture car il n'y a pas de justificatif. La prestation de service ayant été rendue
en N, le résultat de l'exercice N doit comprendre les 5 000 € et une créance sur le client doit apparaître à l'actif du
bilan sous la forme d'un produit à recevoir. L'intitulé de ce dernier indique que la facture n'a pas encore été établie.
Au bilan, il fait partie du poste "créances clients".
Impact sur le bilan de N

ACTIF (K€) PASSIF

Actif immobilisé Capitaux propres


Capital
Actif circulant Réserves
Stocks Résultat + 5 000
Clients, factures à +5 000
établir
Dettes
Disponibilités

Total Total

Impact sur le compte de résultat de N

CHARGES PRODUITS
Charges d'exploitation Produits
d'exploitation
Achats de marchandises
Production vendue
Variation de stocks (services) + 5 000

L'émission de la facture au cours de l'exercice suivant donne lieu à la constatation d'une créance et d'un produit. Ce
dernier ne se rapporte pas à l'exercice de facturation mais de celui de la réalisation. Il convient donc de supprimer ce
produit du résultat de l'exercice N+1 et de faire disparaître le compte de produit à recevoir qui ferait double emploi
avec la créance enregistrée à la facturation.
Extrait du bilan de N+1
ACTIF (K€) PASSIF

Actif immobilisé Capitaux propres


Capital
Actif circulant Résultat
Stocks
- 21 -

Créances clients + 5 000 Dettes


Disponibilités

Total Total

Extrait du compte de résultat de N+1

CHARGES PRODUITS
Charges d'exploitation Produits d'exploitation
Achats de marchandises Ventes de marchandises
Variation de stocks

IV. SCHEMAS D'AJUSTEMENT

a) Les charges
Charges comptabilisées n'appartenant pas à l'exercice

Opérations courantes Charges comptabilisées  Charges non


comptabilisées mais
appartenant à l'exercice

Opérations d'inventaire
- +
enlevées ajoutées
(1) (2)
Après ajustement Charges de
l'exercice
(1) Charges constatées d'avance
(2) Charges à payer

b) Les produits
Produits comptabilisés n'appartenant pas à l'exercice

Opérations courantes Produits comptabilisés  Produits non


comptabilisés mais
appartenant à l'exercice

Opérations d'inventaire
- +
enlevés ajoutés
(1) (2)
Après ajustement Produits de
l'exercice

(1) Produits constatés d'avance


(2) Produits à recevoir

COMPTABILISATION (l'exercice coïncide avec l'année civile)

1) EXEMPLE DE CHARGE CONSTATEE D'AVANCE

- Le 01/10/19 l'entreprise règle 24 000 de loyers (Oct/Nov/Déc/Janv/Fév/Mars)


- 22 -

--------------01/10----------
613 Location 24 000
512 Banque 24 000

- Au 31/12/19

-------------31/12-----
486 Charge constatée d'avance 12 000
613 Location 12 000

Après ajustement, le compte 613 est débiteur de 12 000 (loyers d'Octobre, Novembre et Décembre 2019).
Ces 12 000 viendront réduire le résultat 18.

Le compte 486 figurera à l'actif du bilan. Il représente une sorte de créance sur le propriétaire des locaux.

- Au 01/01/2020, l'écriture du 31/12/19 doit être contre-passée (extournée), c'est-à-dire annulée (passée à
l'envers).

-------------01/01/2018---------
613 Location 12 000
486 Charge constatée d'avance 12 000

Ainsi, le compte 486 sera soldé et ne figurera pas dans le bilan au 31/12/2020. Le compte 613 sera soldé
dans le compte résultat. Le résultat 2020 sera donc diminué de 12 000 (loyers de Janvier, Février et Mars
2020).

En résumé :  31/12 AJUSTEMENT


 01/01 CONTRE-PASSATION

UNE CHARGE CONSTATEE D'AVANCE EST UNE CHARGE COMPTABILISEE MAIS QUI NE
CONCERNE PAS L'EXERCICE

2) EXEMPLE DE CHARGE A PAYER


- Le 29/12/19, l'entreprise reçoit 100 000 HT de matières premières. Le 02/01/2020, elle reçoit la facture
correspondante datée de Janvier 2020.

- Le 29/12/19, il n'y a pas de pièce comptable donc pas d'enregistrement. Pourtant, la livraison a eu lieu. Donc
au 31/12/17, il convient d'ajuster :

-------------31/12/19------------
601 Achat de MT 100 000
44586 TVA à régulariser 20 000
408 Fournisseur, facture
non parvenue 120 000

L'ajustement tient compte de la TVA car le compte 408 figurera au bilan avec d'autres comptes 401. En
conséquence, pour être homogène, le compte 408 doit être exprimé TTC comme les autres comptes 401.

Au 31/12/19, le compte 601 sera viré au résultat et les comptes 408 et 44586 figureront au bilan.

Le 01/01/2020, il faut contre-passer :

------------- ------------
408 120 000
44586 20 000
601 100 000
- 23 -

et le 02/01/2020 à la réception de la facture, l'écriture suivante est comptabilisée :

------------- ------------
601 100 000
44586 20 000
401 120 000

Les comptes 601, 44586, 44566 et 401 se présentent comme suit à l'issue de toutes ces écritures :

601 44586 408

100 000 20 000 120 000


100 000 20 000
soldé soldé 120 000
soldé

44566 401

20 000 120 000

Les comptes 601, 44586 et 408 sont soldés, ce qui est normal. L'achat n'est donc pas rattaché à l'exercice
2020.
Dans cet exemple, le compte 408 est crédité car il s'agit d'une dette envers un fournisseur. S'il s'agissait d'une
dette envers un salarié, le compte 428 serait utilisé. Pour une dette envers un organisme social : 438
Pour une dette d'un emprunt : 168

Une charge à payer est une charge qui n'a pas été comptabilisée lors de l'enregistrement des opérations
courantes mais qui appartient à l'exercice.

3) PRODUIT CONSTATE D'AVANCE

Le 03/12/18 l'entreprise facture trois mois de loyers au locataire SILVIN (les mois de Décembre, Janvier et
Février) pour un total de 30 000.

Le 03/12/18 : ------------- ------------


46 30 000
752 30 000

Le 31/12/18 : ------------- ------------


752 20 000
487 Produit constaté d'avance 20 000

Le 01/01/2019, il faut contre-passer

------------- ------------
487 20 000
752 20 000

 Vérifier que seul le loyer de Décembre a été pris en compte dans le calcul du résultat 2018. Puis, que le
résultat 2019 a été augmenté des loyers de Janvier et Février.

 Donner la définition d'un produit constaté d'avance.

4) PRODUIT A RECEVOIR
- 24 -

Le 27/12/18, l'entreprise répare la machine outil d'un de ses clients, mais elle ne lui facture cette prestation que
le 05/01/2019 :

HT = 10 000
TVA = 2 000
---------
TTC = 12 000
Le 27/12 : aucune écriture.

Le 31/12 : ajustement

------------- ------------
418 Client, facture à établir 12 000
44587 2 000
706 10 000

Le 01/01/2019 : extourne

Le 05/01/2019: enregistrement de la facture

 Reconstituer les écritures du 01/01 et du 05/01, puis vérifier que le principe d'indépendance des exercices a
été parfaitement respecté.