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3 e Lettre de BAYE dans Djawâhirou Rassâ-il

AU NOM DE DIEU LE CLEMENT, LE MISERICORDIEUX, LE VINDICATIF (AL MUNTAQIM), L’EXALTE (AL'AZIZ), LE PUISSANT (AL JABBÂR), L’ORGUEILLEUX (AL MUTAKABBIR). PAIX ET SALUT SUR LE MESSAGER, LE SEIGNEUR DE LA CREATION, LE SERVITEUR AUTEUR DE CETTE PAROLE : « OH FATIMA FILLE DE MOUHAMAD, JE NE PEUX RIEN T’APPORTER AUPRES D’ALLAH ! »CELA DIT, JE RENDS GRACE A ALLAH A SA JUSTE MESURE ET ADRESSE MES SALUTATIONS A NOTRE FILS AHMAD THIAM ET A MALICK SOW ET A TOUT CELUI QUI SE RECLAME DES MIENS.

L’objet de cette épître est d’instruire que les deux que voici ne sont pas des miens ni de la voie en rien du tout s’ils subsistent dans leur état spirituel et s’ils stagnent dans leur cheminement :

1 – Le « madjzûb » (l’attiré dans la Présence divine) qui ne s’est pas remis dans la voie à nouveau, 2 – Le « sâlihun » (pèlerin sur le chemin qui mène à Allah) qui n’aura pas été attiré dans la Présence divine. En ce qui me concerne, je suis - comme vous le savez – tel que celui qui veut rester avec moi doit s’évertuer à s’engager dans ma voie en actes et en paroles, conformément aux recommandations du Bon Dieu et à ses interdits, en apparence comme en latence. De plus il doit avoir soif de se désaltérer. Ainsi il doit se réjouir d’accéder à la satisfaction d’Allah et de Son Messager.

S’agissant de celui qui se réclame des nôtres et qui dévie de la voie musulmane si pure, si noble en se vautrant dans l’interdit et en s’écartant du prescrit, je vous prends à témoins, Allah et vous autres, que j’ai rompu avec celui-là.

Oh Allah ! Je me dissocie d’avec toutes ces pratiques ! Cf. : sourate an-nûr versets 63 et 31.

Quant à ce que vous affirmez, à savoir que mon disciple est un réceptacle rempli du mystère des trois Présences divines, je dis que oui ! Mais qui est-ce parmi vous ? Si j’emploie votre langage ! Que celui-là est plus rare que le soufre rouge (al kibrîtul ahmar) !

Il m’arrive de penser à retirer toute autorisation à tout muqqadam qui se livre, dans son établissement, à des pratiques interdites sans s’employer à s’acquitter de ses obligations. S’il est ainsi incapable, qu’il revienne vers Allah, vers Son Prophète et vers nous. En vérité, le seul responsable de l’arrêt du cheminement de beaucoup de gens qui s’attachent au périssable est dû au fait qu’ils se font rares chez nous. Car, quiconque s’accommode quelque peu de notre présence oublie la jouissance des

plaisirs. Certains d’entre eux en sont allés jusqu’à oublier l’existence de leurs épouses et à n’aller les voir que si je le leur conseille ou les y oblige. Tels sont mes disciples et non point d’autres.

Il faut alors retourner à Allah par le repentir, l’observance des préceptes, l’abandon des interdits, l’éloignement de ce monde ici-bas, la justice et l’instruction. Et le « wâlî » des « awliyah » (le Saint des saints) disait à Allah :

« Seigneur, augmente ma science ». Cf. : sourate Tâhâ verset 114.

En fait, ce qu’il convient de faire de la part du disciple, c’est de ne point arrêter sa progression jusqu’à ce qu’il atteigne mon niveau. Et si je ne peux résoudre son problème, qu’il s’en aille auprès d’un autre guide dont la station est plus élevée. Ayez la miséricorde divine. Nombreux sont ceux qui se prétendent effectuer leur appel sur le sentier d’Allah alors qu’ils tiennent les gens loin du chemin de la rectitude. Comment peut-on servir dans la voie bénie par Allah loin des normes de la droiture ?

En vérité, celui-là défie Allah et finit par être dans le la coterie des contradicteurs impies par le simple fait qu’une telle pratique en est une cause.

Vous êtes tenus vraiment de répondre présents chez nous afin de vous accommoder des « règles de bonne conduite » (âdâb-u-sulûk) comme vous avez eu à assimiler les « fondements de la polarisation spirituelle » (haqqâ-iq al jazbi). Celui qui se conforme à ces exigences en tirera un grand profit. Il faut aussi que vous vous atteliez à changer le blâmable par la main ou l’action, par la langue ou le verbe ou par le cœur ou la répugnance. Ainsi, cette épître est à retenir par cœur par tous les disciples qui, à leur tour, devront la faire lire chaque jour et la diffuser tel un bréviaire. Donc, faites vos prières rituelles, effectuez la zakat, observez le ramadan, accomplissez le pèlerinage à la Mecque si possible en moyens physiques et matériels. Aussi faîtes l’aumône sur vos biens pour la face de Dieu.

Muslim a rapporté du Prophète (PSL) : « La pureté est la moitié de la foi en Dieu, rendre grâce à Dieu à l’effet de faire pencher la balance, exalter Allah et Lui rendre grâce (subhâna Allah wa alhamdu lillah) sont deux vertus qui emplissent, l’une jointe à l’autre - voire même chacune prise distinctement - les cieux et la terre. Quant à la prière rituelle, elle est lumière (an-nûr), la patience : la lueur (diyâun) et le Coran : un argument pour toi ou contre toi. Nous nous réveillons tous chaque matin soit en monnayant notre âme soit en la libérant soit en la compromettant. Dieu dit dans la sourate Les Abeilles verset 90 : « Certes ALLAH commande l’équité, la bienfaisance et l’assistance aux proches. Et Il interdit la turpitude, l’acte répréhensible et la rébellion. Il vous exhorte afin que vous vous

souveniez. » Et le jour du jugement dernier, la perte est certes le sort de celui qui n’accepte pas le verdict du Seigneur et de Son Prophète dans une parfaite mesure. Ainsi, le châtiment convient à son sort En revanche, celui qui, ayant rencontré nos écrits, se repent et se rachète dans la mesure de son possible obtient la bénédiction ici-bas et dans l’au-delà. Car, Allah absout les pêchés antérieurs. Mais, s’il ne renonce pas à commettre les pêchés antérieurs, je prends Dieu à témoin et vous aussi pour dire que je romps avec lui. Or, moi, je ne romps jamais avec quelqu’un avant qu’Allah et Son Prophète n’aient rompu avec lui. Toutefois, répétez beaucoup les « çalât al fâtihi limâ uhliqa ». Mais encore, gardez dissimulés les secrets de la voie. Arrêtez de dire tout haut les paroles mystiques, engagez-vous sur le droit chemin et sachez que les plaisirs mondains sont des idoles que vous vénérez après avoir revendiqué la foi. Cf. sourate La vache, versets 255-256 : « Allah ! Point de divinité à part Lui…. Et Il est le Très Haut, le Tr ès Grand … Nulle contrainte en religion ! Car le bon chemin s’est distingué de l’égarement. Donc, quiconque mécroit au Rebelle tandis qu’il croit en Allah saisit l’anse la plus solide qui ne peut se briser. Et Allah est Audiant et Omniscient ».