L Enseignement Precoce Du FLE
L Enseignement Precoce Du FLE
Résumé
Cette recherche a pour but de montrer le rapport entre la langue maternelle et la langue
étrangère dans l’enseignement précoce. Elle vise également les procédures que l’enseignant
doit suivre dans l’enseignement précoce : sensibiliser l’enfant à la différence entre sa
langue maternelle et la langue étrangère (différence sonore, graphique, syntaxique) et à
l’existence d’un autre moyen de communication étant la langue apprise. On présente à
partir d’une séance modèle, contenant un document authentique, comment l’enseignant
peut commencer la première séance avec les enfants. On propose des activités et des idées
qui peuvent être utiles pour l’enseignant pour aider l’enfant à ressentir la langue étrangère
et à l’utiliser pour s’exprimer dans certaines situations de communication.
الملخص
يهدف هذا البحث لتوضيح العالقة بين اللغة أالم واللغة األجنبية ضمن إطار التعليم
يوضح هذا البحث أيضا اإلجراءات التي على.المبكر للغة الفرنسية لغير الناطقين بها
إشعار الطفل المتعلم بالفرق بين لغته أالم واللغة:المدرس اتخاذها في التعليم المبكر
األجنبية (الفرق في اللفظ والكتابة والتراكيب) وإشعاره أيضا بوجود وسيلة اتصال
نقدم في هذا البحث ومن خالل نموذجا لدرس لغة.أخرى وهي اللغة التي يتعلمها
نعرض في هذا.فرنسية لألطفال كيفية استخدام الوثائق األصلية في أول درس للغة
الدرس بعض التمارين والنشاطات واألفكار التي من الممكن أن تساعد مدرس اللغة
.في جعل الطفل المتعلم يحس باللغة األجنبية واستعمالها للتعبير في بعض المواقف
1
للنشر في المجلة بتاريخ 1/3/2004 ورد هذا البحث
2004/11/28 عدل بتاريخ
2
Tables des Matières
- Résumé ………………………………………………………………………………..… 1
- Introduction …….………………………………………………………………………... 3
- Conclusion ….…………………………………………………………………….16
- Bibliographie ……………………………………………………………………..17
3
L’enseignement précoce des langues étrangères :
Le FLE comme échantillon
Introduction
« On croit souvent que la psychologie a déterminé les mécanismes
d’acquisition des langues vivantes et qu’en conséquences il est possible de
fonder rationnellement des méthodes d’enseignement de ces langues. Il n’en
est malheureusement rien et les méthodes pédagogiques ne sont guère moins
empiriques aujourd’hui qu’autrefois. Cependant, l’évolution de nos
connaissances en psycholinguistique permet de poser maintenant le
problème en d’autres termes qu’il y a peu »1
Personne ne contredit le fait que l’enfant apprend une deuxième langue plus vite que
l’adulte. Mais, peut-on utiliser la même méthode avec ces deux publics ? La réponse est
bien sûr que non. Etant donné que le système langagier n’est pas encore complet chez
l’enfant ou bien il lui manque de l’expérience, il ne raisonnera pas de la même manière que
l’adulte lors de l’apprentissage d’une langue étrangère. L’adulte cherche toujours une règle
pour comparer la langue qu’il apprend avec sa langue maternelle. Il est souvent plus rassuré
lorsqu’il a une règle sous les yeux à laquelle il peut avoir recours pour construire ses
phrases. Quant à l’enfant il ne cherche pas à comprendre le fonctionnement exact de la
langue apprise. Il se contente souvent à apprendre par cœur ce que l’enseignant lui donne
sans recourir à la comparaison avec sa langue maternelle. Mais en général, l’enfant assimile
la langue maternelle de manière inconsciente et non intentionnelle, alors que
l’apprentissage d’une langue étrangère commence par la prise de conscience et l’existence
d’une intention.
4
1- Acquisition/ apprentissage grammatical
En fait, le sujet parlant natif, d'une langue donnée, s'appuie souvent sur ses
connaissances grammaticales intuitives et normatives pour porter des jugements
grammaticaux sur la grammaticalité ou l'agrammaticalité d'une phrase (ça se dit, mais ce
n'est pas correct, ou bien ça ne se dit pas, ce n'est pas du français). Etant donné que
l'apprenant étranger ne dispose pas de cette compétence intuitive dans la langue étrangère,
il aura besoin des règles pour pouvoir juger l'acceptabilité grammaticale de ses phrases.
C'est pourquoi, il est conseillé que l'enseignant favorise l'acquisition grammaticale chez
l'apprenant par des activités communicatives, en tenant toujours compte que cet apprenant
est confronté à un système grammatical différent, en quelque sorte, de celui de sa langue
maternelle, qui peut être rendu clair par des explications formelles des structures étudiées.
Les activités communicatives sont plus faciles et plus rentables avec les enfants
qu’avec les adultes. Les enfants les appliquent souvent sans penser à la grammaire ni à la
structure des énoncés, alors que l’adulte veut toujours comprendre la forme grammaticale
de chaque phrase. Mais dans les deux cas, nous parlons plus de l’apprentissage que de
l’acquisition car la compétence communicative dans une langue étrangère ne peut pas se
passer de la compétence linguistique. Cette dernière reste inconsciente chez le sujet natif,
2
BESSE H., PORQUIER R., 1984, p.75 - Grammaires et didactiques des langues, Hatier-Credif, Paris.
3
Ibid.p.75
5
consciente chez l’apprenant adulte et semi consciente chez l’enfant. Il convient de rappeler
que la fossé entre la communication en langue maternelle et en langue étrangère reste
toujours considérable. La favorisation de l’acquisition de la langue étrangère et l’insistance
sur les activités communicatives, pour se passer de la forme au détriment du sens, pourrait
approcher l’apprenant de l’authenticité de la communication en langue étrangère. Par
contre, celui-ci ne pourra pas communiquer d’une façon authentique, cent pour cent, dans la
langue cible.
H.H. Stern écrit : «Il serait naïf d'estimer qu'un engagement total dans la voie
d'une communication vraiment authentique apporte une solution définitive aux
problèmes de l'apprentissage des langues»4
6
La transcription phonétique de cette phrase selon l’API est : [akaltotofaħato]
7
La transcription phonétique de cette phrase selon l’API est : [akaltoha]
6
Tout nouveau né est capable d'apprendre/acquérir la langue parlée du bain
linguistique où il vit. Il est donc apte à intérioriser la grammaire de cette langue et d'avoir
un système de communication authentique. Tandis que le fait que l'apprenant étranger
dispose déjà d'une grammaire, qui est celle de sa langue maternelle, l'empêche de remplacer
complètement son système de communication de la langue maternelle par celui de la langue
étrangère. Toutefois, les processus de l'analogie entre la langue maternelle et la langue cible
l'amènent à communiquer en langue étrangère mais jamais d’une façon authentique. La
langue étrangère demeure pour l’apprenant un deuxième système de communication lié à
son système du départ.
Il découle de ce qui précède que la langue maternelle ne doit pas être ignorée
complètement dans l'apprentissage/enseignement d'une langue étrangère soit avec les
adultes ou bien avec les enfants. D'ailleurs, le fait de recourir à la langue maternelle ne
signifie pas un retour aveugle à la méthode-traditionnelle, si elle est utilisée d'une façon
appropriée pour favoriser la communication correcte en langue étrangère.
1- La conscience
Dans l’enseignement précoce l’enfant possède une connaissance solide, qui est sa
langue maternelle, sur laquelle va venir s’installer une nouvelle connaissance : la langue
étrangère. Cette connaissance du départ, appelée connaissance « d’accueil », correspond au
vécu intime de l’enfant apprenant. Il a acquis cette connaissance grâce à son entourage et à
son milieu social. Cette connaissance « d’accueil », c’est-à-dire la langue maternelle,
concrétise donc les rapports intimes de l’enfant avec tous les gens qu’il connaît. Il faut tenir
en compte cet aspect social dans l’enseignement précoce d’une langue étrangère. Il ne faut
8
BESSE H., PORQUIER R.., 1984, p.117 - Grammaires et didactiques des langues, Hatier-Credif, Paris.
9
KLEIN W., 1984, p.40 - L'acquisition de langue étrangère, Traduction de NOYAU C. (1989), Arimand
Colin, Paris.
7
jamais essayer de dissocier l’enfant de sa langue maternelle ni de lui demander de l’oublier
car elle représente pour lui son vécu intime.
* Différence graphique : Les enfants européens n’ont pas souvent de problème avec
l’écriture en langues étrangères, quand il s’agit d’une langue européenne ou anglo-
germanique. Ces langues ont presque toutes les mêmes signes graphiques, à part certaines
petites différences. Il suffit, donc, de dire à l’apprenant qu’avec les mêmes lettres on peut
écrire des mots qui, pour un même signifié, n’ont pas le même signifiant. Par contre, les
apprenants arabes des langues étrangères s’affrontent toujours au problème de système
graphique. Avant de les sensibiliser au fait du signifié et du signifiant, il faut leur apprendre
les signes graphiques de la langue cible. Cela n’est pas vraiment facile car il faut inverser le
sens de l’écriture : en arabe, on écrit de droite à gauche, alors qu’on écrit de gauche à droite
avec les lettres latines. Pour faciliter la tâche à l’enfant et pour lui faire aimer l’activité, on
ne lui demande pas d’écrire, mais plutôt de dessiner telle lettre ou tel mot. L’enseignant
n’est pas obligé d’apprendre aux enfants tous les alphabets de la langue cible d’un seul
coup. Il peut leur apprendre à écrire des mots en commençant par leurs prénoms et à partir
de cela ils peuvent mémoriser les lettres avec leurs sons.
8
La prise de conscience de ces aspects de différence entre la langue maternelle et la
langue étrangère crée chez l’enfant la conviction de la possibilité de communication en
autre langue. Ces différences laissent naître dans le raisonnement de l’enfant une analogie
entre sa langue maternelle et la langue étrangère. Il s’agit de la possibilité de
communication en deux langues différentes. Cette conscience de similitude entre les deux
langues, qui pourra engloutir plus tard les différences, produira chez l’enfant l’envie de
transmettre son vécu intime de sa langue maternelle en langue étrangère. C’est sur la
conscience de cette similitude entre les deux langues que va se bâtir l’intention.
2- L’intention
Nous avons vu, donc, cette prise de conscience et ces intentions qui passent aussi
bien par le jeu (aspect ludique primordial pour l’enseignement précoce) que par l’utilisation
de documents authentiques pour permettre à l’enfant de « toucher » la langue étrangère.
9
L’utilisation des documents authentiques et l’approche
communicative
Personne ne contredit le fait que le premier objectif de l’apprentissage d’une langue
étrangère est de pouvoir communiquer dans cette langue. Pour communiquer correctement
« authentiquement », l’apprenant doit disposer d’une compétence de communication. Cette
compétence peut être développée à l’aide de l’approche communicative.
C'est vers les années 1975 que l'expression «approche communicative» est apparue.
La conception que l'approche communicative se fait de l'apprentissage des langues est
basée sur la «compétence de communication». Cette compétence se compose des
compétences linguistiques, socioculturelles, sociolinguistiques, et stratégiques.
Dans l’enseignement précoce, le but n’est pas d’apprendre les règles de grammaire
précises ou de retenir un nombre donné de mots étrangers, mais d’entrer en contact avec
une langue nouvelle et de se familiariser avec son matériau sonore et graphique. Il nous
semble que ce but ne peut être qu’au travers d’une approche communicative qui va placer
l’apprenant au centre du processus en l’amenant constamment à utiliser cette langue mais
également à beaucoup l’entendre et l’écouter. En effet, on ne peut pas donner une réelle
imprégnation de la langue étrangère si on n’utilise pas de documents authentiques. Bien sûr,
ces derniers devront être adaptés à l’âge des enfants.
A notre avis, l’objectif premier dans l’enseignement précoce n’est pas une
compréhension exhaustive de l’énoncé, mais bien une sensibilisation au système sonore,
10
GERMAIN C., 1993, p.202- Evolution de l'enseignement des langues : 5000 ans d'histoire, Clé
International, Paris.
10
graphique et syntaxique avec un but de compréhension globale avec l’aide de gestes,
d’images, de mimes et d’autres moyens iconiques. Cela ne veut pas dire que l’apprenant
peut ne rien comprendre et que ça n’aura aucune importance, mais que la compréhension
n’a pas à être nécessairement exhaustive. Donc, dans un document authentique, il ne faudra
pas être obnubilé par la vitesse de parole ou par tel ou tel mot employé qui, à priori, ne
devrait pas gêner une compréhension globale du sens.
Après avoir donné une idée sur le rapport entre la langue maternelle et la langue
étrangère, avoir expliqué les notions de conscience et d’intention dans l’enseignement
précoce et avoir montré l’importance des documents authentiques dans l’approche
communicative, nous passons à la partie pratique qui va montrer comment faire une séance
d’enseignement précoce du FLE.
La séance
Nous allons commencer par déterminer le public apprenant, le support pédagogique,
les objectifs et les activités pour passer ensuite au déroulement de la séance.
1- Le public
Il est évident que tout enseignant doit déterminer le nombre, l’âge et la nationalité
de son public avant de commencer la préparation du cours. Il s’agit dans notre séance d’un
groupe de quinze enfants arabophones qui ont entre huit et neuf ans.
2- Le support
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Nous avons choisi une comptine française qui pourra intéresser les enfants et
attirer plus leur attention.
Bonjour ma cousine
Bonjour mon cousin germain
On m’a dit que vous m’aimiez
Est-ce bien la vérité ?
En général, la chanson est un texte écrit pour l’oral. Contrairement à l’oral qui
disparaît, la chanson est à la fois faite pour l’oral et conserve une trace écrite indispensable
pour ne pas l’oublier. L’enfant mémorise mieux et plus vite une chanson qu’un texte ou des
phrases isolées. Cette caractéristique de la chanson va permettre la prise en compte des
deux ordres, l’oral et l’écrit avec une entrée par l’oral.
La chanson représente la parole qui est le résultat de la compétence linguistique.
Cette production linguistique (la parole) est douée des caractères extralinguistiques.
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Chanson enfantine, utilisée surtout pour faire dormir les enfants.
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Lorsqu’on parle, on fait en même temps des gestes, des mimes et des expressions faciales
avec des intonations variées. Tous ces caractères sont absents dans l’écriture.
A côté de toutes ces pratiques sémiotiques (les gestes, les mimes …) le langage, qui
est sous forme de discours, est présent dans l’activité et comme une de ses composantes
(marionnettes, jeux dramatiques). Le langage est présent aussi tout au long de l’activité
sous forme de légende, commentaires ou consignes. Donc, dans le cas présent, le support
(chanson) intègre directement le langage tout en offrant la possibilité de sémiotiser et de
figurer le réel.
Concernant le rapport intime entre les enfants et la chanson, nous pouvons dire que
la chanson est un support avec lequel les enfants sont totalement familiers. Elle fait partie,
en général, de leur vécu et a un aspect ludique qui aide à la mémorisation et à la
compréhension. De plus, la chanson offre la possibilité de passer facilement de l’individuel
au collectif. Même si on suppose que des enfants de cet âge n’ont pas encore de gêne par
rapport au chant ou à d’autres formes d’expression, on peut penser que, si le cas se
produisait, le fait d’utiliser un support qui permet cette participation collective inciterait
tous les enfants à participer.
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En ce qui concerne cette chanson en particulier, c’est-à-dire la comptine que l’on a
présentée ci-haut, et qui représente une discussion entre un garçon et une fille, elle offre une
situation de communication qui peut être jouée par les enfants. Cette situation de
communication peut être organisée sous forme d’un jeu de rôle. Quant au thème, il permet
d’introduire un vocabulaire élémentaire (bonjour, salut, bonsoir, comment ça va ?, au
revoir, merci …) qui peut être également une source d’amusement pour les enfants.
En effet, à cet âge, la mixité entre garçons et filles commence à amener certaines
réactions qu’il est possible ici d’utiliser dans un but ludique. Et même si la gêne est trop
grande, le thème permet de jouer entre filles ou garçons. Cette liberté permet de passer au-
dessus de certaines inhibitions propres à cet âge. Il est conseillé que l’enseignant respecte la
liberté des enfants. Si un garçon, par exemple, refuse de jouer ou de chanter avec une fille,
on lui propose de le faire avec un garçon.
Il est nécessaire que l’enseignant fasse attention à la longueur du texte par rapport à
l’âge et au niveau de son public. Le texte de la comptine qu’on a choisi est assez court, ce
qui n’exige pas un trop grand effort d’écoute. Les intonations dans cette comptine varient :
assertion, interrogation, assertion avec soupir ou moquerie …
Tout enseignant est censé déterminer les tâches de son cours sur lesquelles il se
basera pour trouver des activités ayant pour objectif la réalisation des tâches visées. Dans
notre séance, il y a trois tâches principales :
b- rencontrer des mots en rapport avec le support de départ mais dans un but
d’élargissement des connaissances et des activités. Rien n’empêche que l’enseignant ajoute
d’autres mots du même champ lexical, comme (bonsoir, bonne nuit, frère, sœur, …)
Nous allons revoir ces trois tâches plus en détails dans les trois phases du
déroulement de la séance.
4- Les objectifs
Il y a deux objectifs principaux auxquels chaque enseignant doit penser lors
l’élaboration de la séance :
a- Objectifs linguistiques :
- enrichir les capacités d’audition et d’articulation de
la langue étrangère.
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- prendre conscience de la différence entre la langue maternelle et la
langue étrangère.
b- Objectifs communicatifs :
- acquérir un premier vocabulaire usuel simple.
- employer ce vocabulaire oralement au cours de jeux de rôles.
5- Les activités
Les activités proposées doivent répondre aux tâches et aux objectifs de la séance.
Notre séance est riche en activités qui sont réparties dans les trois phases de la séance :
6- Le déroulement de la séance
a- Phase d’appropriation
Tout d’abord, l’enseignant fait écouter la chanson aux enfants. Il est préférable
qu’elle soit chantée et mimée par lui-même. Il chante en faisant les gestes convenables aux
phrases de la chanson :
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Faire un geste d’adieu
b- Phase d’enrichissement
- jeu collectif : l’enseignant prononce un mot, les enfants doivent faire le geste
correspondant, et vis versa.
- jeu deux par deux : les enfants sont placés sur deux lignes dos à dos. Au signal (on
frappe dans les mains), les élèves se retournent. Ceux du groupe « A » font un geste
(chaque élève choisit le geste qu’il veut), ceux du groupe « B » doivent prononcer le bon
mot. Puis inversement. Le niveau sonore sera assez élevé mais les enfants s’amusent
beaucoup et prennent plaisir à prononcer les mots.
c- Phase de production
Cette phase se base complètement sur les jeux de rôle. Ces jeux peuvent être
collectifs ou deux par deux.
- Jeu collectif : les élèves avec l’enseignant sont debout en cercle. L’enseignant
commence. Il sort du cercle et commence à marcher autour à l’extérieur. Il s’arrête devant
un enfant et lui demande : « comment ça va ? ». Puis chacun repart en sens inverse.
Lorsqu’ils se croisent, l’enfant doit répondre : « bien, merci » ou « oh, mal » .. Puis le but
est de rejoindre sa place mais sans courir. Celui qui arrive le dernier reste debout et c’est à
son tour de reprendre l’activité depuis le début.
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- Jeu deux par deux : proposer diverses situation aux enfants (deux copains, le
maître et l’élève, une star de cinéma et un journalise …) et leur demander d’imaginer une
petite scène de salutations avec les mots et les gestes. Si les enfants le souhaitent, ils
peuvent proposer eux-mêmes une situation. Ceux qui le veulent présentent leur sketch
devant les autres.
En effet, durant la phase d’appropriation, les enfants ont une première approche de
l’oral autour du chant. S’agissant alors d’une répétition, on ne peut pas qualifier l’activité
de réellement communicative. Cependant, ils s’expriment à l’oral, on dira alors que ce sont
des activités semi communicatives. Au cours de la phase d’enrichissement, les élèves ne
font que répéter les mots sans les réemployer au cours de divers jeux de rôles, on dira alors
qu’il s’agit d’activités non communicatives. C’est surtout lors de la phase finale de
production que les enfants sont réellement amenés à communiquer, d’abord de manière
guidée, mais de façon totalement libre à la fin. Il sont alors dans de véritables activités
communicatives.
7- Le rôle de l’enseignant
A travers les activités ludiques, l’enseignant peut faire oublier aux enfants qu’ils
sont en train d’apprendre. Les élèves doivent même participer aux activités en considérant
l’enseignant comme membre du groupe et non pas comme professeur. C’est dans la phase
d’enrichissement que l’enseignant est vraiment en position d’enseignant. Le reste du temps,
il doit apparaître comme un « meneur de jeu ». C’est lui qui propose les règles et qui veille
à leur juste application. Par contre, il n’est pas là pour juger ni corriger systématiquement
les productions. Il doit inciter plutôt les élèves à le faire eux-mêmes. Il doit être présent
pour relancer l’expression dans tel ou tel groupe si le besoin s’en fait sentir, l’idéal étant
qu’il soit ressenti par les élèves comme une personne ressource et non comme un juge
omniprésent. Ainsi, lors des jeux collectifs, il participera avec les enfants.
Lors de ces activités, les enfants vont avoir essentiellement deux rôles. Celui de
participant tout d’abord, et conjointement, celui d’évaluateur. Le but est en effet de les
conduire vers un maximum d’autonomie au fil des séances.
En tant que participant, ils sont ceux qui parlent, jouent, chantent, font avancer
l’activité. C’est eux aussi qui proposent diverses situations de communication que
l’enseignant devra prendre en compte. En tant qu’évaluateur, ils écoutent les autres, ce qui
se dit et améliorent leur propre compréhension en vérifiant celle des autres en les aidant
dans leur production.
Donc, les interactions entre les apprenants sont de deux types : communicatives
(jeux de rôles et situations de communication), et métalinguistiques (l’auto-correction).
Conclusion
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L’objectif principal de l’enseignement précoce de n’importe quelle langue étrangère
est de faire ressentir aux enfants apprenants cette langue et de leur faire comprendre qu’ils
peuvent utiliser cette langue pour communiquer comme ils le font dans leur langue
maternelle. On ne demande pas à l’enfant de communiquer parfaitement et dans toutes les
situations de communication dans la langue apprise, car il n’est même pas encore capable
de le faire dans sa langue maternelle. On doit concentrer notre travail sur l’enregistrement
dans la mémoire de l’enfant de ces trois caractéristiques de la langue étrangère par rapport
à sa langue maternelle : la sonorité de la langue, son organisation syntaxique générale, son
système graphique.
« si tous les enfants peuvent apprendre leur langue maternelle, même les
débiles, les difficultés rencontrées, à méthode commune, dans
l’apprentissage d’une langue seconde semblent différencier les
personnes, indépendamment de leur niveau d’intelligence ou de leur
maîtrise de leur langue maternelle. Ces différences d’aptitude semblent
toutefois être d’autant plus marquées qu’on s’éloigne de l’enfance. En
sorte que nous avons de bonnes raisons de croire que l’apprentissage
d’une seconde langue devrait se faire très tôt. »15
Bibliographie
Ouvrages cités dans la recherche :
15
BRESSON F., décembre 1970, p.30 - « Acquisition et apprentissage des langues vivantes », In Langue
française, Larousse, Paris.
17
- BESSE H., PORQUIER R., 1984, - Grammaires et didactiques des langues, Hatier-
Credif, Paris.
- GERMAIN C., 1993, - Evolution de l'enseignement des langues : 5000 ans d'histoire, Clé
International, Paris.
- KLEIN W., 1984, - L'acquisition de langue étrangère, Traduction de NOYAU C., (1989),
Arimand Colin, Paris.
- BLANC H., LE BOUARON M., VERONIQUE D., juin 1986 Actes du VIe colloque
international - « Acquisition d’une langue étrangère : perspectives et recherches » in
S’approprier une langue étrangère...No 20, Didier Erudition, Aix-En-Provence.
- TAYLOR J.,WALFORD R., 1976 - Les jeux de simulation à l’école, Castreman, Paris.
18