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DIAGNOSTIC FINANCIER

Comme dans toute activité humaine, la logique impose d'analyser d'abord la situation
avant d'agir. En gestion financière, cet " état des lieux" constitue l'analyse financière.

L'analyse financière a pour objet de collecter et d'interpréter des informations
permettant de porter un jugement sur la situation économique et financière de
l'entreprise et son évolution.

L'étude de cette situation s'effectue à partir des documents de synthèse produits par
la comptabilité.

Pour s'en tenir au bilan et au compte de résultat, le rappel de leur nature permet de
mettre en évidence les grands axes de l'analyse financière.

On sait que Ie biIan décrit :

÷ d'un point de vue juridique : le patrimoine de l'entreprise, c'est-à-dire ce qu'elle
possède et ce qu'elle doit.

÷ d'un point de vue économique: les grandes fonctions qu'elle met en ouvre :
Ìnvestissement
Financement
Exploitation.

On sait également que Ie compte de résuItat : traduit l'activité de l'entreprise, son
exploitation (au sens large) et détermine le résultat de l'exercice, le même résultat
figure au passif du bilan.

L'étude des différents résultats , l'appréciation et l'évolution de l'EBE, la comparaison
par rapport à ceux d'autres entreprises ,apportent bien sur des informations
intéressantes. Encore faut-il rapprocher ces résultats des moyens qui ont permis de
les obtenir "c'est Ia notion de rentabiIité".

Le bilan donne une certaine image de ces moyens.

÷ A I'actif : ils sont décrits sous l'aspect"capital économique" ou outil de production"
: c'est en mettant en ouvre ses actifs que l'entreprise peut exercer son activité et
dégager ses marges et résultats
Le rapprochement des deux grandeurs conduit à la notion de rentabiIité
économique.

÷ Le passif, lui explique comment a été financé l'outil de production : capitaux et
dettes.

En rapportant les résultats à ces financements, on aura une approche de la
rentabiIité financière.
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Reste alors à considérer les deux grandes composantes du bilan, l'actif et le passif,
et à apprécier leur adéquation, c'est-à-dire l'harmonisation des ressources et des
emplois. Nous dirons que l'on examine l'équilibre financier de l'entreprise.

Ces quelques observations permettent de schématiser les grandes lignes de
l'analyse financière.























LE DÌAGNOSTÌC DE LA RENTABÌLÌTE


Ì- Définition des principaux concepts


La rentabilité est une contrainte qui se manifeste sous deux aspects liés:

÷ un revenu permettant de rémunérer certains facteurs de production comme le
capital.

÷ un indicateur d'efficacité dans l'allocation des ressources de l'entreprise.

Selon ce dernier point de vue, la rentabilité s'appréhende fondamentalement comme
le rapport entre un résultat et les moyens mis en ouvre pour obtenir ce résultat.

ÌÌ- L'analyse de la rentabilité:

La définition générale de la rentabilité (rapport entre un résultat et les moyens mis en
ouvre pour obtenir ce résultat) autorise un grand nombre de ratios de rentabilité.

Bilan Actif


Capital
Economique

(Outil de
Production)

Bilan Passif


Financement

dont

Résultat de
l'exercice
Compte de
résultat



Résultat de
l'Exercice
Analyse
de
l'activité
Rentabilité économique
Rentabilité financière
07/2007 Christine Francou 3

Au numérateur : la plupart des Soldes Ìntermédiaires de Gestion (SÌG). Les SÌG sont
pris à partir de la valeur ajoutée.

Au dénominateur : on choisira dans l'actif ou le passif du bilan selon que l'on
s'intéresse à la rentabilité de l'outil de production ou à celle des ressources.

On s'intéressera aux deux grandes catégories de rentabilité:

Rentabilité économique

Rentabilité financière

A- La rentabilité économique:

Parfois appelée rentabilité d'exploitation, elle représente la rentabilité du capital
économique, c'est-à-dire de l'actif. Le résultat d'exploitation ou économique
excluant les éléments financiers et exceptionnels.

La rentabilité économique se mesure donc en rapportant un résultat économique
à un capital économique.

Rentabilité économique = résultat économique
Actif économique


Ce ratio peut être décomposé ainsi:

Résultat économique = résultat économique x production (ou chiffre d'affaires)
Actif économique production (ou CA) actif économique
¸ ¸
Taux de marge taux de rotation
Economique de l'actif économique

Le taux de marge économique exprime combien d'euros de résultat économique
sont dégagés pour 100 C de production ou de chiffre d'affaires. Souvent appelé
taux de profitabilité, il traduit la productivité de la production ou du chiffre
d'affaires.

Le ratio de rotation de l'actif économique correspond à la vitesse de rotation du
capital investi c'est-à-dire qu'il traduit le niveau d'activité par rapport à ce dernier.
Ìl mesure la capacité de l'entreprise à utiliser les ressources dont elle dispose,
autrement dit son aptitude à engendrer de la production ou du chiffre d'affaires en
faisant tourner son capital économique.

Cette expression de la rentabilité économique, célèbre dans les pays anglo-
saxons sous le nom de "ROÌ"(return on investment ), illustre bien la mise en
évidence des deux voies par lesquelles l'entreprise peut accroître sa rentabilité
d'exploitation:
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÷ soit en améliorant sa marge, c'est-à-dire en augmentant ses bénéfices plus
vite que le chiffre d'affaires.
÷ soit en accroissant la rotation de ses actifs, c'est-à-dire en développant son
chiffre d'affaires pour un même capital économique.

D'autres approches possibles du résultat et de l'actif économique:

Actif économique résultat économique

Ìmmobilisations nettes correspond au résultat d'exploitation
+ besoin en fonds de roulement mais pour être cohérent avec la
+ valeurs mobilières de placement mesure de l'actif économique qui
+ disponibilités qui inclut les immobilisations
Financières et les VMP,on peut lui
De part l'égalité fondamentale ajouter les produits financiers
Du bilan, cette mesure du capital il s'agira d'un résultat d'exploitation
Economique représente la avant charges financières mais
Contrepartie des capitaux investis = après les produits financiers.
Capitaux propres et dettes
financières.

Dans tous les cas, il faut décomposer la rentabilité en un taux de marge et un
taux de rotation des capitaux investis.

Pour expliquer l'évolution du taux de marge, il est essentiel de recourir aux soldes
intermédiaires de gestion.


B- La rentabilité financière

Est à la fois le souci de l'investisseur et la condition de toute croissance de
l'entreprise. Son étude vise à apprécier l'enrichissement de l'exercice qui revient
aux associés par rapport aux sommes qu'ils ont apportées.

RESULTAT NET
CAPÌTAUX PROPRES

Ce ratio peut être décomposé afin de faire apparaître les composantes de la
rentabilité financière:

Résultat net = résultat net x chiffre d'affaires x passif total
Capitaux propres CA actif total capitaux propres

Rentabilité = taux de marge x rotation des x ratio global
Financière nette actifs d'endettement

Rentabilité financière = rentabilité économique x ratio d'endettement

(1) taux de marge nette:exprime la capacité productive de l'entreprise ou bien sa
politique industrielle .Ce ratio mesure la profitabilité.
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(2) la rotation des actifs:constitue la décomposition de la rentabilité économique.

(3) le ratio global d'endettement : représente la structure financière et donc la
politique de financement.

En résumé on voit que la rentabilité financière est fonction de la rentabilité
économique, ce qui paraît logique, mais aussi de l'endettement. Plus celui-ci est
élevé, plus la rentabilité économique sera démultipliée.
Cet effet multiplicateur du coefficient d'endettement constitue le très célèbre "effet
de levier".

C- Rentabilité et risque :

L'effet de levier peut jouer au détriment de l'entreprise : il s'agit d'ailleurs d'un
problème général, celui du risque, l'entreprise y est soumise en permanence.
En ce qui concerne la rentabilité, elle ne peut être appréciée sans la prise en
compte des deux risques auxquels elle est confrontée.

1- le risque économique qui se matérialise par l'effet de levier opérationnel (ou
d'exploitation)
2- le risque financier qui se matérialise par l'effet de levier financier.

1- le risque économique = l'analyse du point mort

le résultat de l'entreprise dépend essentiellement de trois facteurs:

- le coût de revient de sa production
- les quantités vendues
- le prix de vente

mais le résultat dépend aussi de la structure des coûts, car on sait que le chiffre
d'affaires et coûts ne varient pas proportionnellement à cause de la stabilité relative
de certaines charges. On en arrive à la célèbre distinction coûts fixes et coûts
variables qui a conduit à l'analyse dite "coût/volume/profit" aussi appelée analyse du
point mort ou seuil de rentabilité. C'est à partir de la structure des coûts que
s'apprécie la capacité de l'entreprise à s'adapter aux variations du chiffre d'affaires.
On sait que le point mort est le niveau minimal d'activité au dessus duquel doit se
situer l'entreprise pour ne pas être en déficit. Le risque économique sera d'autant
plus faible que le point mort sera bas.

Mais le point mort est aussi un seuil de rentabilité : en tant que tel, c'est le niveau des
ventes à partir duquel joue l'effet de levier opérationnel ou d'exploitation.
Cela signifie que le bénéfice augmente plus ou moins rapidement avec le chiffre
d'affaires dés le passage du seuil de rentabilité. Là aussi, l'effet de levier jouera
d'autant plus vite que le seuil de rentabilité sera faible ; il sera d'autant plus fort que
la marge sur coût variable sera élevée.

L'appréciation du risque économique à partir du modèle du point mort peut se
matérialiser de deux manières complémentaires :
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Soit en calculant le ratio CA pm qui traduit directement le risque d'exploitation.
CA réel
Plus il est élevé, plus le risque est grand.

Soit en calculant l'indice de sécurité CA réel ÷ CA pm qui traduit la marge de
CA réel
sécurité dont dispose l'entreprise, plus l'indice est élevé, plus celle-ci dispose d'un
droit à l'erreur.























Le seuil de rentabilité est atteint lorsque la marge sur coût variable est supérieure
aux coûts fixes.

Exemple:
Ventes : quantité 50 000, prix 150 C par unité
Coûts : variables : 100 C par unité
Fixes : 1 500 000 C pour l'exercice.

Calculs :
seuil de rentabilité en volume : quantité = charges fixes = 150 000 = 30 000
Marge sur coût variable (150- 50)

Seuil de rentabilité en C = 30 000 x 150 = 4 500 000 C ou CF/taux MCV = 4 500 000 C

Calcul du levier d'exploitation = (PV ÷ CV) x Q = 2,5
(PV ÷ CV) x Q ÷ CF
Euros
Quantité
Charges Fixes
Marge sur Coût VariabIe
B
C
Zones de perte
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La signification du résultat obtenu est la suivante:une variation des quantités
vendues de 1%, modifie le résultat de 2,5%. Si les quantités vendues et produites ne
s'élèvent qu'à 45 000, soit une baisse de 10%, le résultat diminuera de 25% soit :
250 000

Plus cette sensibilité est grande, plus la contrainte de gestion est forte.
D'où l'intérêt de tenir des tableaux de bord commerciaux, afin de répondre le plus
rapidement possible à une dérive dans la réalisation des objectifs.

2 - Le risque financier- l'effet de levier financier

L'effet de levier financier désigne l'incidence qu'exerce l'endettement sur la rentabilité
des capitaux propres de l'entreprise. Cet effet ne dépend que de la structure
financière de celle-ci et est indépendant du risque économique.

L'effet multiplicateur du financement par emprunt, tel que nous l'avons mis en
évidence en décomposant la rentabilité financière peut être appréhendée par le
simple bon sens. Dans la mesure où la rentabilité économique de l'entreprise est
supérieure au coût de l'endettement qui finance en partie ses investissements, la
rentabilité des seuls capitaux propres est augmentée par rapport à ce qu'elle aurait
été s'ils avaient constitué la seule source de financement. L'endettement a donc dans
ce cas un effet bénéfique sur la rentabilité des capitaux propres.

Mais on peut se demander ce qui se passe dans le cas où la rentabilité économique
de l'entreprise devient inférieure au coût de l'endettement (il peut même y avoir
perte) L'effet de levier joue alors dans le mauvais sens. On voit donc que la
rentabilité, tant économique que financière ne peut être dissociée de la notion de
risque.

Euros
Q
10 000 20 000 30 000 40 000 50 000
1 500 000
1 000 000
500 000
Y2 Coûts Fixes
Zone de Perte
Zone de Bénéfice
Marge S/CV
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Pour conclure, on peut synthétiser les points clés du diagnostic de la rentabilité et
leur enchaînement sous la forme d'un schéma.



DÌAGNOSTÌC DE LA RENTABÌLÌTE




RENTABÌLÌTE FÌNANCÌERE
Analyse de la rentabilité
Des capitaux propres

Effet de levier financier
(et risque financier)





Ratio d'endettement Rentabilité Economique
Coût de l'endettement Analyse de la rentabilité
De l'outil de production




Formation du résultat Rotation des
(SÌG) capitaux investis
+
Risque économique
Analyse CVP




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ORGANÌSATÌON ET CHANGEMENT





Comment tirer le meilleur parti du potentiel de l'entreprise





1 - MESURER EVALUER ESTÌMER




2 - METTRE EN PERMANENCE L'ORGANÌSATÌON SOUS TENSÌON




3 - MAÌTRÌSER LES FRAÌS FÌXES POUR ABAÌSSER LE POÌNT MORT




4 - CHAMPS POSSÌBLES D'ACTÌON POUR MAÌTRÌSER LES FRAÌS FÌXES




5 - DES ÌNDÌCATEURS DE PROGRES POUR SUÌVRE LES FRAÌS FÌXES
















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ORGANÌSATÌON ET CHANGEMENT

ÌNTRODUCTÌON

L'optimisation des ressources d'une entreprise est une question qui couvre un
domaine large et compliqué.



"ORGANÌSER C'EST AMELÌORER L'EFFÌCACÌTE"




On peut proposer plusieurs visions de l'efficacité pour en retenir que 2 :



la première "Européenne" nous est familière au point d'être un modèle. Ìl s'agit
de dresser une forme idéale que nous posons comme but et à agir ensuite
pour la faire passer dans les faits. Le modèle ainsi construit, nous savons que
pour avoir des chances de réussir, nous devons rester proches de cette forme
idéale.


Une deuxième vision de l'efficacité, chinoise celle-ci s'appuie sur une notion
subtile et délicate "le potentiel de la situation".Là, pas de modèle ou d'idéal à
atteindre .Pour obtenir l'effet souhaité, il vaut mieux s'appuyer sur le
déroulement du processus que sur des outils traditionnels.




















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Ì-MESURER ÷ EVALUER ÷ ESTÌMER

Toute entreprise dispose de moyens de mesure pour analyser ses résultats.
Toutefois, on constate qu'il existe rarement des données élémentaires lorsqu'il s'agit
des domaines qualitatifs. Or dans un monde où le qualitatif et l'incertain prennent le
pas sur le quantitatif, il convient d'évaluer en permanence l'évolution de la qualité et
de l'efficacité de l'organisation.

Mesurer, évaluer, estimer ÷cela veut dire s'obliger à créer" un indice d'efficacité "
propre à chaque entreprise.

Par exemple : on peut retenir qu'une entreprise est efficace avec un ratio de
productivité de 150 KC de CA par personne .

Au dessus : on peut se repérer par rapport aux concurrents.

En deçà : même si l'entreprise gagne encore de l'argent, elle doit s'interroger sur
l'utilisation de ses ressources.

Globalement un comptable traite 50 pièces par jour, un agent du service du
personnel traite 200 paies par mois ...



ÌÌ ÷ METTRE EN PERMANENCE L'ORGANÌSATÌON SOUS TENSÌON

L'histoire récente des grandes restructurations, tant au niveau des Multinationales
que des PME PMÌ démontre que la démarche naturelle de l'Entreprise privilégie le
coup par coup.
Le repère "gagner de l'argent"vise à mettre l'Entreprise sous tension permanente en
fonction de 2 points de vue:

A ÷ OPTÌMÌSER L'UTÌLÌSATÌON DES MOYENS ET DES RESSOURCES

Ìl s'agit de mettre en place une analyse permanente de la valeur des activités et des
processus .C'est une remise en cause de la manière de faire et de procéder.

LA CERTÌFÌCATÌON qui conduit à remettre à plat et à réécrire des procédures
contribue à cette remise en cause.

B ÷ LE POÌNT DE VUE DES RESULTATS

L'information sur les résultats est un vecteur clé de motivation des collaborateurs.

Bien sur cela implique de définir les niveaux de contribution au résultat de chacun.

"Dans un parc de loisirs, le nouveau dirigeant s'étonne que les membres du
personnel doivent demander l'autorisation à un supérieur pour proposer un verre
d'eau à un enfant. Ìl s'étonnait également que le responsable de l'hôtellerie ne soit
pas responsable des impayés".
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ÌÌÌ ÷ MAÌTRÌSER LES FRAÌS FÌXES POUR ABAÌSSER LE POÌNT MORT.


Les entreprises se trouvent confrontés à la mondialisation, une concurrence parfaite
s'est installée entre les vieux pays industriels "à système social élaboré", les dragons
asiatiques (Corée, Chine...) et plus largement les pays émergents dont le système
social est moins élaboré mais qui possèdent un potentiel énorme et qui sont
capables de fournir une qualité équivalente.

Cette mondialisation a transformé le coût du travail en donnée stratégique.

De plus la conjoncture est par nature capricieuse : des baisses de prix de vente
génèrent des déficits car les frais fixes sont peu élastiques.

L'expérience de ces 10 dernières années le montre : les réductions de coûts furent
longues et pénibles. L'amélioration du seuil de rentabilité est une nécessité
stratégique.

Le lancement d'un nouveau produit ou une innovation technologique peuvent faire la
différence par rapport aux concurrents. La concurrence par l'innovation est une
stratégie.






lancement expansion maturité Déclin







































Si dans la phase de lancement ou d'expansion, la concurrence se fait par
l'innovation, la concurrence se fait par les coûts.

Le marché des microprocesseurs illustre bien ce point de vue. Le leader mondial,
pour faire face au retour des concurrents doit non seulement accélérer l'innovation
mais parallèlement baisser les prix de plus de 20%.
Ìnnovation
Coûts
Temps
V
o
l
u
m
e

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L'entreprise porte sur elle-même des myopies généralisées de surcoûts. L'enjeu est
de taille car on peut estimer que les coûts fixes peuvent être réduits de 15 à 20%.

Une démarche de réduction et de maîtrise des coûts vise deux objectifs:

Réaliser des économies rapides et récurrentes.
Suivre les coûts fixes en permanence.


Cette démarche présente 2 caractéristiques supplémentaires:

Son coût a un retour sur investissement très rapide (un temps de retour de
l'ordre d'un an est possible).
Les économies réalisées ont un fort effet de levier grâce au caractère
récurrent des solutions (2 à 3 ans parfois plus).


ÌV ÷ CHAMPS POSSÌBLES D'ACTÌON POUR MAÌTRÌSER LES FRAÌS FÌXES



A - L'ANALYSE FONCTÌONNELLE GLOBALE


B - RECONFÌGURER L'ORGANÌSATÌON PAR L'ANALYSE DES PROCESSUS


C - DÌMÌNUER LES COUTS DES CONSOMMATÌONS


D - LA RENTABÌLÌTE GLOBALE DES PRODUÌTS










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A - L'ANALYSE FONCTÌONNELLE GLOBALE

Elle a pour objectif d'améliorer la productivité des services administratifs et
fonctionnels en remettant en cause chacune des fonctions par la
simplification des tâches.

C'est un exercice délicat, mélange d'opinions et d'analyses objectives des
activités.

L'analyse fonctionnelle globale permet de décrire le"qui fait quoi" et de
simplifier ou de supprimer les doubles emplois.

A titre d'exemple, on peut identifier dans chaque service les économies qui
ont été engendrées par l'informatisation.



CHAMP D'ACTÌON DE LA DEMARCHE
DE REDUCTÌON DES FRAÌS
FÌXES


a) anaIyse fonctionneIIe gIobaIe b) anaIyse par processus

identification des : identification des :
Fonctions principaux "processus/projets de
Principaux volumes l'entreprise"
Clients/fournisseurs reconfigurer les fonctions
ne plus tenir compte de
l'organigramme = Réduire les
délais,.



ENTREPRÌSE




d) Ia rentabiIité commerciaIe c) I'anaIyse des consommations
des produits et des contrats
L'analyse du portefeuille clients l'analyse de l'existant et la manière
L'analyse du catalogue produits de consommer
L'analyse des rendements matières la renégociation
La responsabilisation sur les
consommations



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B - RECONFÌGURER L'ORGANÌSATÌON PAR L'ANALYSE DES PROCESSUS

Dans cette optique, il s'agit de reconfigurer l'entreprise sans tenir compte des
hiérarchies mais en tenant compte des seules finalités "clients".




Exemple : l'analyse du service des ventes d'une entreprise de textile.

Situation avant : une commande client suit globalement 9 étapes entre la prise
d'ordre et les éventuelles réclamations. Une erreur de livraison qui entraîne le
refus de paiement du client déclanche des relances automatiques par la
comptabilité. Chacun à son niveau essaie de reconstituer l'histoire du client
Délais, retards de paiement, insatisfaction clients...

Situation après : le service traite l'ensemble des questions relatives au client et ce
dernier connaît nominativement son interlocuteur. Cette reconfiguration permet
d'atteindre un double objectif:

Economie d'environ 30 % des frais de structure
Amélioration du service rendu au client.

C - DÌMÌNUER LE COUT DES CONSOMMATÌONS = REEXAMÌNER LES
CONSOMMATÌONS ET LES CONTRATS

L'objectif est triple:

Renégocier avec les fournisseurs
Maîtriser les consommations
Remettre en cause les contrats

Renégocier avec les fournisseurs

C'est une remise en cause systématique de l'ensemble des conditions d'achats. La
loi des 20/80 permet de fixer des priorités = renégocier avec les 20 % des
fournisseurs qui représentent 80 % des dépenses, certains se trouvent gênés par
l'idée de renégociation.
Les prix peuvent se rediscuter pourvu que l'on soit dans un champ déontologique
clair.
Mesurer l'évolution des postes d'achats par rapport à l'évolution du chiffre d'affaires
permet de signaler des distorsions éventuelles.

Maîtriser les consommations

Les économies pour l'entreprise sont largement dépendantes de la maîtrise des
volumes par les consommateurs internes- appliquer la relation "un coût = un
responsable".

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Remettre en cause les contrats

Pour les contrats, tout se passe comme si l'entreprise avait délégué à ses
fournisseurs le soin de gérer. Ìls sont souvent reconduits par tacite reconduction,
sans remise en cause périodique :
Entretien des locaux
Location de matériel téléphonique.....



D ÷ LA RENTABÌLÌTE COMMERCÌALE DES PRODUÌTS

Nous appelons "rentabilité commerciale des produits" les analyses et actions qui
visent à maîtriser les coûts indirects liés aux activités opérationnelles de l'entreprise.
(c.à.d. les visites clients, catalogues produits...) provoquent des retombées sur les
services administratifs et fonctionnels qui génèrent des coûts de traitements
importants par rapport à leur contribution nette pour l'entreprise.

3 voies majeures sont à examiner:

L'analyse du portefeuille clients
L'analyse du catalogue produits
L'analyse des rendements matières.

L'analyse du portefeuille clients

Toutes les commandes font l'objet d'une même attention. Si les marges dégagées
ne sont pas identiques, l'analyse des 20/80 permet là encore de mettre en
évidence les enjeux. En effet si 20 % des clients présents pèsent 80 % du chiffre
d'affaires, elle veut dire également que 80 % des clients ne pèsent que sur 20 %
du chiffre d'affaires.

Attention! Ìl ne s'agit pas de supprimer systématiquement "les petits clients" mais
d'inventer pour eux des traitements simplifiés ou des circuits courts.

Les enjeux d'une telle analyse sont extrêmement porteurs d'économies.

L'analyse du catalogue produits

Ce qui est vrai pour les clients l'est pour le catalogue produits : 20 % des produits
représentent 80 % du chiffre d'affaires et donc 80% des produits ne représentent que
20 % du chiffre d'affaires.

Beaucoup expliquent que les" petits produits" servent à vendre les autres plus
rentables. C'est vrai mais pas toujours.

C'est une piste importante d'économie qui présente l'avantage supplémentaire de
couvrir un champ large de l'organisation (nomenclature, stockage..).

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L'analyse des rendements matières

Cette troisième analyse porte sur les consommations de matières premières. Alors
que l'entreprise engage 1 000 Kg dans un processus de fabrication, elle n'en facture
que 950 kg. Cela se comprend mais ne doit pas être considéré comme un fait acquis,
quelle est la limite de l'écart:+ ou ÷ 50 %, + ou ÷ 2 %, 0 %.
La réponse est 0 %.


V ÷ DES ÌNDÌCATEURS DE PROGRES POUR SUÌVRE LES FRAÌS FÌXES



Une des caractéristiques des frais fixes est d'évoluer progressivement en catimini. Ìls
sont le fruit de "laisser faire successifs" de bonnes périodes économiques.



La productivité globale de
l'unité ou de l'entreprise
unité d'ouvre:volume/effectif
Ìl s'agit de mesurer l'évolution de la
productivité de l'entreprise ou de l'unité.
Productivité spécifique du ou
des services:unité d'ouvre du
Service/effectif
Ce qui est vrai pour l'entreprise l'est également
pour un service. Chaque service doit définir une
unité spécifique (nombre de commandes,
nombres de lots).
Volume pour atteindre le seuil de
rentabilité
Combien de produits doit-on vendre pour
atteindre le point mort.
Les principaux postes du compte
de résultat:montant de chaque
poste / CA
Ìl convient d'identifier le ou les postes qui
n'évoluent pas au même rythme que le C.A.
La rentabilité globale
Marge brute
d'autofinancement/C.A.

Le niveau prévisionnel et réel de
trésorerie
Une entreprise qui gagne "sainement" de
l'argent voit sa trésorerie augmenter. Dans le
cas contraire, stocks, crédits clients, crédits
fournisseurs sont à mettre sous contrôle
Le niveau d'endettement Les frais financiers sont directement liés à la
Structure financière que l'on s'est donnée.



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CONCLUSION


Pour améliorer l'efficacité d'une entreprise, il s'agit avant tout de tirer parti du
potentiel d'une situation. Par potentiel on entend l'ensemble des forces
complémentaires et opposées qui agissent sur cette situation.

La recherche de l'efficacité passe par le constat que l'entreprise vit un processus
continu et que pour l'améliorer, il convient d'intégrer et d'agir dans un domaine.
L'adaptation continue.

L'adaptation continue repose sur :

Les clients:satisfaire le client conduit l'entreprise à s'adapter en
permanence.
Les rôles professionnels:chaque acteur a un métier dans l'entreprise.
Le reporting : en rendant compte de façon organisée de leurs actions,les
acteurs favorisent l'apprentissage collectif dans l'entreprise.
Donner un sens:quels que soient l'activité, la structure, les objectifs, la
vertu première est de donner un sens aux actes.

La dernière observation s'appuie sur un vers de Voltaire : "Un jour, un Dieu prit pitié
de la Nature humaine et mit à côté du plaisir le travail et la peine"

L'entreprise gagne à être abordée autrement que comme un lieu de labeurs,
l'échange, la communication, le sens et le plaisir sont des dimensions positives qu'il
ne faut plus ignorer.














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