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DE L’AMI A L’Ami - Ahmed Hulusi

INTRODUCTION

Si les clés des mots peuvent ouvrir la serrure de la pensée dans le cerveau, l’être humain pourra battre des
ailes vers l’éternité du monde de la réflexion...

En fait, l’être humain qui existe pour l’éternité, peut, soit se reconnaître à la dimension de la conscience et
connaître donc la félicité de devenir le MIROIR DE L’ÉTERNITÉ, ou alors se corrompre dans les marais de
« chair et de sang », dans son illusion « qu’il est un être matériel », dans un état où le conditionnement se
substitue à la perfection (kamâl) par manque de connaissance (‘ilm) et de compréhension (idrâk).

Si ces paroles, que j’ai écrites particulièrement entre les années 1968-1970, sont revues et évaluées avec un
esprit libre de tout préjugé, elles peuvent guider le lecteur vers de nouveaux horizons et déterminer d’autres
objectifs.

Dans la plupart de ces propos il y a plus de deux sens. Car, les gens intéressés par le Soufisme peuvent lire
entre les lignes et faire plusieurs interprétations à partir de stations différentes.

Je conseille à mes amis de se laisser plonger dans l’océan des significations jusqu'à épuisement de toutes
leurs capacités, lorsqu’ils liront ces lignes.

Qu’ils ne s’arrêtent pas à la première interprétation qu’ils auront faites au début, mais plutôt qu’ils
réfléchissent afin de découvrir d’autres significations variées, peut importe ce qu’ils pourraient en avoir
compris.

Qu’ils sachent qu’il y a des sens cachés entre les lignes, qui appartiennent à toutes les dimensions, depuis le
visible (zâhir) jusqu’à l’intérieur (bâtin), depuis l’intérieur jusqu'à la vérité de l’unité fondamentale,
principielle (ahadiyya)...

Et qu’ils fassent de leur mieux pour sentir que les mots qui leur parviennent appartiennent au « DISCOURS
DE L’AMI ».

Sachez, cher ami, que,

Nous ne sommes pas de ceux qui achètent chez les gens et vendent aux gens, mais nous ne faisons que
communiquer la connaissance qu’ALLAH nous a accordée. Alhamdulillah...

Ahmed HULÛSI
21.06.1987
Sehremini / Istanbul
001 - 100

Mon Ami :

1. Seuls, ceux qui adhèrent à la sincérité, peuvent parvenir à la Vérité (haqîqat).

2. « Le succès » est un nom de palais atteint seulement par les gens qui avancent sur le

chemin de la Vérité (haqîqat) avec sincérité et patience.

3. Vous pouvez avancer tant que vous pouvez abandonner ce qui est derrière vous, tant que

vous vous acheminez vers la Vérité.

4. Il y a seulement une clé pour ouvrir chaque porte : C’est la SINCERITE (l’honnêteté).

5. Voyez, il n’y a aucune porte que la sincérité (l’honnêteté) ne puisse ouvrir.

6. La différence entre un « être humain » et les autres créatures, c’est que le premier peut

aller au-delà du visible.

7. Celui qui n’accorde pas de priorité à l’autre est très loin de la sincérité.

8. La sincérité est la simplicité, libre de toute transgression (violation) des droits, c’est l’équité

envers les autres.

9. Essayez d’être de ceux qui peuvent observer et atteindre la beauté de la compréhension

(idrâk).

10. Si vous ne pouvez pas atteindre l’honneur de la compréhension (idrâk), alors essayez au

moins de vous libérer de vos manières primitives qui vous font renier la vérité.

11. Heureux est celui qui a atteint la Vérité et s’y est dévoué.

12. Votre aptitude au nom « humain » se mesure par rapport à votre capacité de

raisonnement, et à votre volonté d’être un moyen pour le bien-être de l’humanité.

13. Vous approchez de la gloire lorsque vous donnez et de la médiocrité lorsque vous prenez.
14. Seuls les généreux méritent le haut rang.

15. La femelle est un nom donné à la créature qui agit en fonction de ses sentiments, tandis

que le mâle est un nom donné à la créature qui base ses actes sur la réalité de son essence.

16. Ceux qui s’engagent sur le sentier du Réel, sont ceux qui sont capables d’aller de l’avant,

au-delà des formes.

17. Celui qui atteint est celui qui s’éteint au niveau de la Vérité (haqîqat) de son essence.

18. Seuls ceux qui atteignent s’éteignent... On ne peut pas s’éteindre sans atteindre.

19. Ceux qui méritent une récompense (mukâfa-a) sont les gens sincères (çâdiq).

20. La médiocrité des gens médiocres est le résultat de leur propre méconnaissance.

21. Si vous ne voulez pas goûter à l’amertume du regret, appréciez du mieux que vous

pouvez ce qui se trouve entre vos mains, sans délai.

22. C’est le sacrifice de soi-même qui entretient l’amitié.

23. Ignorant (jâhil) est celui qui manque d’une bonne part (naçib) de compréhension (idrâk).

24. La sagesse et la générosité sont les marques de gens capables de passer au-delà du «

temps » (zaman).

25. Je cherche refuge auprès de mon Seigneur (Rabb) de ne pas réussir à comprendre ce que je

n’ai pas pu.

26. Malheureux est celui qui n’est pas au courant du but de sa propre création.

27. Votre savoir-vivre est en accord avec vos expériences personnelles.

28. Si vous n’êtes pas capable d’accéder au stade au-delà du matériel en fermant vos yeux,

comprenez que vos souffrances persisteront.

29. Garder toujours en mémoire que le passé ne peut jamais être rattrapé.
30. L’exploitation d’autrui vient sans doute en tête des choses qu’on devrait éviter dans sa

conduite avec les autres.

31. Si vous désirez accélérer votre vitesse, apprenez d’abord à changer de vitesse.

32. L’évaluation n’est possible que par la compréhension (idrak) de la sagesse (hikma) en une

chose et par sa pratique (tatbîq) convenable.

33. N’avez-vous pas encore déterminé votre point de départ, votre sentier et votre destination

34. Il est très significatif qu’une personne (insân) vive au-delà du « temps » (zaman) plutôt que

dans celui de la vie présente.

35. Essayez d’avoir une place parmi les gens qui ont atteint l’essence et dont le nom ne peut

être effacé par le temps.

36. Si vous ne voulez pas être mortel, ne poursuivez pas des objectifs temporels. L’objectif,

c’est l’éternité.

37. Le mystère (sirr) de la SAGESSE (hikma) élimine le concept de l’insignifiance.

38. Sachez avec certitude que ce que vous ne pouvez pas évaluer (percevoir) ne l’est pas moins

que ce que vous pouvez.

39. Comprenez que rien n’est insignifiant auprès d’Allah (‘ind Allah).

40. L’éternité est une récompense pour ceux qui apprécient constamment ce qu’ils discernent

et qui sont capables de mettre en pratique (tatbîq) ce qu’ils comprennent (idrâk).

41. Ne sous-estimez pas, essayez seulement d’apprécier.

42. Si vous ne pouvez pas « vous connaître », vous n’aurez pas la possibilité d’évaluer la vie.

43. Observez mais ne dites rien ; écoutez mais ne dites rien ; apprenez encore mais ne dites

rien... attendez jusqu’au jour où l’on vous demandera de parler.


44. Sachez qu’il y a des faits qui ne peuvent pas être dits ouvertement, même dans le cours

des temps.

45. N’oubliez jamais qu’il y a des questions que les autres aussi ne peuvent pas vous

communiquer verbalement.

46. Si vous voulez que les « secrets » (sirr) vous soient confiés, apprenez d’abord à garder un «

secret ».

47. Ne portez pas de jugement (hukm) sur des questions que le temps (zaman) peut changer.

48. C’est la pire trahison que de révéler des secrets (sirr).

49. Le prix de la révélation des secrets (sirr), de leur mise à nu, c’est une vie loin des secrets.

50. Vous ne pouvez pas atteindre l’état de la vision jusqu'à ce que vous abandonniez votre

supposition (zann) et la quittiez à jamais.

51. Le voile sur la face du Réel (Haqq) est votre jugement (hukm) basé sur des suppositions -

illusions - (zann) et les conditionnements.

52. Votre sincérité est mesurée par votre franchise.

53. Pouvez-vous vous mettre dans la peau de vos opposants lorsque vous discutez ?

54. Si vous avez mérité un reproche, gardez le silence ; mais si vous ne l’avez pas mérité, n’en

soyez jamais offensé ni ne cherchez à donner une réponse.

55. Vous savez que les nombres sont infinis, n’est-ce pas ?

56. L’unique personne en ce monde dont nul ne peut prendre la place, est votre mère.

57. C’est votre mère qui peut vous pardonner, quoi qu’il en soit. (L’amour d’une mère pardonne

toujours).

58. Observez la pluralité, mais soyez toujours conscients de l’UNITE.

59. Observez le temps (zaman) au-delà des perspectives.


60. Si vous avez l’intention d’avoir une expérience du froid, habillez-vous avant de sortir.

61. Votre connaissance de la sagesse (hikma) est proportionnelle à votre aptitude à être un

moyen (wasîla) pour le Discours.

62. Pouvez-vous vivre dans deux mondes (‘âlam) différents au même moment ?

63. Etes-vous jamais partis dans un endroit où « vous, lui et moi » ne sont pas disponibles.

64. Le Calife (khalîf) existe à toute époque. C’est le nombre de Ses Prophètes qui varie.

65. Avez-vous jamais vu le monde (dunyâ) et le cosmos (kawn) s’estomper et se perdre dans

votre conscience ?

66. Avez-vous jamais vu une ombre sans son objet - son origine - (açl). Une ombre est-elle

réellement « là » ?

67. Si une chose ne vous échoit pas (naçib), cela est dû à la prédestination (taqdîr) inhérente à

votre nature primordiale (fitra).

68. Aussi longtemps que vous resterez en surface, vous ne pourrez pas vous débarrasser des

vagues.

69. Ce que vous avez à donner va de pair avec ce que vous devez recevoir.

70. Votre malheur commence lorsque vous croyez avoir compris les mots qui vous ont été

adressés alors qu’en fait, vous n’avez rien compris.

71. Votre esprit est vide, votre vue est vide et votre cœur est vide ; alors pourquoi toute cette

fierté ?

72. Le prix de l’égoïsme est l’humiliation (dhull). Passer sa vie à ne rechercher que la gloire

pour une relative (idâfi) satisfaction du moi, aboutira tôt ou tard à l’humiliation.

73. Il est essentiel, pour le respect de soi-même (‘izza), d’être capable d’observer sa place et sa

potentialité et de poursuivre leur quête.

74. La planification est une soupape de sûreté pour l’être humain.


75. Il est dit du bois qu’il prétendait être une rose lorsqu’il était recouvert de parfum.

76. Grand est celui qui ne peut pas être estimé par les masses ignorantes.

77. Abandonnez une affaire à son connaisseur, non par peur ou par honte mais par votre

compréhension (idrâk).

78. La différence entre un idiot et un stupide est que le premier ne comprend pas même si on

lui a expliqué.

79. Une personne est au plus fort de sa connaissance (ma’rifa) lorsqu’elle est capable de dire «

Allah connaît le mieux » en des moments ou d’épreuves difficiles.

80. Le « non-manifesté » (ghayb) est en fait un nom donné à ce qu’Allah n’a pas encore

existencié bien qu’il existe dans Sa science (‘ilm).

81. Celui qui passe au royaume de l’après-mort sans réaliser la véritable signification (haqîqat)

du but naturel de sa création [pour lequel il a été créé], est éternellement aveugle (a‘ma).

82. Souvenez-vous que l’intelligence a aussi ses limites.

83. La structure générale du cosmos (kawn) est composée de deux types ; ceux qui demeurent

dans seulement un des deux, ont du regret.

84. C’est un signe d’ignorance pour ceux qui apprennent des générations précédentes qu’ils

passeront à la vie éternelle, sans la moindre contribution de leur part.

85. Tous les êtres humains sont parfaits tels qu’ils sont, même si leur perfection est toujours

différente.

86. Les gens qui rejettent les fautes sur vous, vous font du bien même s’ils sont parfois

motivés par la jalousie.

87. Lorsque vous considérez la juste raison de vos actions avant d’agir, vous vous sentez

libérés et vous gagnez le mérite de votre réalité tout en tirant profit de vos réalisations.
88. Chaque être humain a été créé parfait (kâmil) ; cependant, certains quittent leur perfection

après leur arrivée sur terre.

89. Faites les choses qui vous traversent l’esprit, mais vous aurez à supporter les

conséquences naturelles de la façon dont vous les mettrez à exécution.

90. Ceux qui croient que les lèvres ont de l’influence sur les cœurs (qalb)sont dans l’erreur. Les

cœurs seuls influencent les cœurs. Les lèvres, atteignent tout au plus, les oreilles.

91. N’avez-vous pas vu que ceux qui vous aiment, aiment en réalité Allah, qui est en votre

être ?

92. Ne vous tracassez pas pour les choses éphémères de peur de ne pas utiliser du mieux que

vous le pouvez votre temps présent (ân).

93. C’est la plus grande des cruautés (zulm) que nous pouvons commettre envers un cerveau

que de le dévier de la réflexion (tafkîr) durant notre vie.

94. Quelle tristesse que la corruption de l’être le plus parfait de la terre, dans les marais de la

mortalité, car son but est l’éternité !

95. Si vous êtes ici pour votre Bien-aimé, alors pourquoi vous faites-vous des soucis pour

vous-même ?

96. Si vous n’avez pas mis votre corps entier sous les pieds de votre Bien-aimé, votre amour

n’a pas encore atteint la perfection (kamâl).

97. Le véritable amour libère en premier l’amoureux de l’esclavage de sa fierté.

98. Si vous vous attachez toujours au monde extérieur, sachez que vous n’êtes pas sincère

dans votre amour, et vous ne trompez que vous-même.

99. Même si toute la création du monde agissait entièrement [contre vous], elle ne causera pas

plus de perte que celle que vous aurez causée à vous-même en vous méconnaissant.

100. Avez-vous jamais réalisé que n’importe quel mouton est capable de manger, boire,
s’accoupler et dormir ?
101 – 200

101. Si vous ne pouvez pas employer votre cerveau convenablement, vos organes vous
seront tous de péché. .

102. Si ce ne sont pas les inspirations (ilhâm) qui guident votre monde intellectuel et
votre façon de vivre, vous êtes une de ces créatures vivant instinctivement.

103. Si vous êtes fort en ego, vous avez besoin de patience (çabr).

104. Ne cherchez pas la patience (çabr) chez celui qui a atteint la certitude (yaqîn).

105. Il nous a été recommandé d’aller chercher la connaissance même en Chine. Est-elle
donc à une distance de 10 minutes de la Chine ?

106. Comment cette personne peut-elle quitter son « moi » alors qu’elle ne peut même
pas quitter sa cigarette ?

107. Vous êtes aussi voilé que ceux à qui vous n’avez pas réussi à renoncer.

108. Vous pourriez être un sultan dans le rêve d’une nuit, mais où irez-vous lorsque le
soleil de la vérité se lèvera ?

109. Si vous êtes incapable de vivre avec la vérité même lorsque vous la connaissez, il
vous sera probablement difficile de vous arrêter d’adorer votre ego.

110. Vous pouvez vous débarrasser d’une chaîne de votre bras ou de votre pied par la
mort, mais jamais de celle de votre cerveau.

111. Si votre « cocon » vous empêche de voler vers le monde de la vérité, elle devient
alors votre tombe.

112. Le péché est produit par « votre existence ».


113. Vos inquiétudes ne finiront pas aussi longtemps que vous serez sur cette terre.
Libérez-vous de votre moi (ego) afin que vous puissiez atteindre la paix - la sécurité
(salam).

114. La source de l’amour est en vous.

115. Tôt ou tard, vous goûterez à la douleur d’être coupé de tout ce que vous croyiez
posséder.

116. Tout ce dont vous pouvez faire don par amour équivaut à la mesure de votre
amour.

117. Votre valeur n’est pas estimé à travers vos émotions mais plutôt à travers vos
réalisations en mettant en pratique (tatbîq) votre perception.

118. Le prix que vous payez en vous amusant à parier sur votre vie est une déception
éternelle.

119. Celui qui ne sait pas [comment] aimer, ne peut pas apprécier d’être aimé.

120. La vie est pour apprendre et mettre en pratique ce que vous avez appris.

121. Si la connaissance de « vous-même » ne vous interpelle pas progressivement pour


une mise en pratique, une telle connaissance est insuffisante.

122. Essayez d’atteindre ce qui vous est prédestiné (taqdîr).

123. La perfection (kamâl) est proportionnelle à la compréhension (idrâk).

124. La tolérance est une manifestation de la maturité.

125. Pouvez-vous dormir la nuit avec une conscience nette que vous n’avez pas été
injuste envers quelqu’un durant la journée ?

126. Si vous ne voulez pas être mentionné en tant que mauvaise personne, évitez de
blesser les gens.
127. La perfection (kamâl) est un attribut que l’on retrouve chez ceux qui ont atteint le
mystère (sirr), et qui ne se sont en fait que libérés des qualités (waçf).

128. L’eau prend la couleur de sa tasse. Protégez votre originalité et soyez incolore.

129. Si vous ne pouvez pas comprendre la grandeur de celui qui vous fait face,
rapprochez-vous de Lui.

130. Quelquefois il devient nécessaire de se tenir à l’écart pour discerner (idrâk) la


grandeur.

131. Le prix de l’immortalité est la mort.

132. La vie dans les coeurs n’est possible qu’après avoir atteint un niveau permettant de
s’adresser aux coeurs.

133. Soyez un de ceux qui gagnent et font gagner aux gens la vie éternelle plutôt que la
temporelle.

134. Les mots qui vous laissent une impression sur le cœur sont certainement ceux du
Seigneur (Rabb).

135. Faites le meilleur usage de ce qui est dans votre main, afin de ne pas faire partie des
ingrats.

136. La destination (manzil) où les ingrats arriveront est appelée déception.

137. Une porte frappée avec persistance finira un jour par s’ouvrir.

138. Le Discours du Seigneur (Rabb) peut être estimé seulement par les gens qui le
méritent.

139. Si vous n’avez pas entièrement retiré votre colère de votre cœur, vous êtes encore
loin de la Vérité.

140. Peu importe le degré du soleil, il y aura toujours des gens qui [voudront] lui
échapper jusqu’au jour du Jugement (Qiyâma).
141. Soumettez vos besoins à Celui qui n’a besoin de rien... S’« Il » ignore votre état (hâl).

142. Efforcez-vous de donner quelque chose et non d’être quelque chose.

143. Soyez tout de sincérité en vue d’atteindre la soumission (Islâm).

144. Rendez-vous, résignez-vous (istaslim) afin qu’il vous soit possible de vous livrer à la
contemplation.

145. Si vous êtes incapable de trouver la Véritable raison de vos actions, c’est à cause de
la distance qui vous sépare de la Vérité.

146. Les gens de la vérité sont habillés. Ne vous méprenez pas sur leur apparence, afin
que vous puissiez les reconnaître.

147. Gardez le silence et écoutez... Essayez de « lire » le Discours.

148. Si vous avez besoin de parler, que cela se fasse selon le degré de votre
compréhension.

149. Ne détruisez pas même si vous êtes capables de construire.

150. Peu importe ce que vous donnerez, essayez de faire partie de gens généreux.

151. Ne vous rendez jamais coupable ni ne vous mettez dans une situation vous
obligeant à demander des excuses.

152. Seuls ceux qui atteignent la Vérité, peuvent devenir des « miroirs ».

153. Souvenez-vous que lorsque vous devenez un « miroir », toutes les choses ne sont
pas toujours reflétées.

154. La Vérité ne peut être atteinte qu’après avoir épuisé toute patience.

155. L’état d’une personne qui a atteint la Vérité est, en premier lieu, son détachement de
la foi puisque « la foi » n’est pas pour ce qui est clairement apparent !...
156. Ne t’engage pas dans une querelle à propos de ce qui est déjà passé, de crainte
d’être désigné comme un « être vulgaire ».

157. Le Discours du Seigneur (Rabb) est selon la capacité de compréhension (idrâk) de


chacun.

158. Après avoir d’abord vu de l’eau dans une tasse, ne supposez pas que la vapeur, le
nuage, la neige ou la mer en sont différents.

159. Toutes les choses subissent une transformation entre les hauts et les bas, alors qu’en
fait il n’y a pas de hauts et de bas dans la Vérité.

160. Appréciez le silence (sukût) afin d’être apprécié.

161. Ceux qui s’abandonnent fatalement au destin (qadar) n’ont pas encore compris la
Vérité.

162. Souvenez-vous toujours que les médicaments amers servent de remède.

163. Vous pourrez tirer profit de ce que vous avez appris si vous le mettez en pratique.
Autrement, vous quitterez ce monde en tant que « porteur d’information ».

164. A moins que vous ne vous consacriez au service de vos amis dans une assemblée
d’amis, vous les aurez trahis.

165. N’oubliez pas, afin de ne pas être oublié.

166. Donnez afin qu’on vous donne. Méfiez-vous, il n’y a pas de vide. Chaque vide est
comblé, suivant l’intention de celui qui retire.

167. Considérez ceux à qui vous avez donné sans condition, combien sont-ils ?

168. Si vous êtes parmi les gens de patience (çabr), N’oubliez pas Celui qui provoque la
patience en vous. Autrement votre patience deviendra une forme de shirk.

169. Votre valeur réelle est proportionnelle à votre capacité d’évaluer.


170. Si vous êtes incapable de vous tourner vers Allah avec sincérité, découvrez, après
tout, votre déficience.

171. Les goûts ne peuvent pas être critiqués, ils ne peuvent qu’être triés par groupes.

172. Il y a un possesseur de toutes choses. Par conséquent, gardez-vous de réclamer la


possession de choses qui ne vous appartiennent pas.

173. Déloyal est celui qui réclame être le propriétaire de choses qui lui ont été confiées.

174. Acquérez la sagesse (hikma) où que vous la trouviez, car c’est une qualité (waçf) de
votre « moi essentiel ».

175. La sagesse (hikma) est éclatante pour celui qui la possède tandis qu’elle est une
pierre occasionnelle pour les autres.

176. Le fait de distinguer les pierres brillantes des autres n’implique pas une grande
adresse, une haute connaissance (ma‘rifa), c’est plutôt le fait d’être capable d’évaluer la
brillance.

177. Ne soyez jamais envieux, essayez plutôt d’être meilleur.

178. Chacun a des responsabilités dans la limite de ses moyens (imkân).

179. Ne dites point qu’on ne vous a pas donné, dites plutôt que vous n’avez pas pu
obtenir.

180. N’exercez pas de pression, afin de ne pas être soumis à la pression.

181. Ne mettez pas à mort, afin de pouvoir trouver la vie.

182. La différence entre un être humain et un animal est que, la vie du premier
commence là où s’arrête la vie du second.

183. Préparez-vous à descendre du véhicule en temps et lieu.

184. Ceux qui négligent leur origine sont ceux qui sombrent dans la déception dans leur
vie.
185. Ceux qui sabotent leur environnement s’écrouleront un jour ou l’autre.

186. Soyez « néant » si vous voulez être « tout ce qui EST ».

187. Celui qui atteint le Réel, reconnaîtra ce qu’il voit.

188. La grandeur est ornée de modestie, tandis que l’atteinte (de la Réalité) est ornée de
l’indéniable.

189. La sagesse (hikma), c’est les mots qui sortent des lèvres de quelqu’un qui a atteint le
mystère (sirr) de la création.

190. La sagesse (hikma) est dans le silence (sukût) du saint (walî) et dans le discours du
Connaissant par Allah (‘ârif bi-llâh).

191. En manquant de sincérité, on n’arrivera jamais au succès (falâh).

192. La paix est un nom donné au monde (‘âlam) qui est au-delà de l’amour et de la
haine.

193. Le silence (sukût) est l’état (hâl) de celui qui entend le mystère (sirr).

194. Le trouble (hayra) est l’état intérieur de quelqu’un qui voit le mystère.

195. La contemplation est l’état intérieur de quelqu’un qui a accédé au mystère, et qui ne
subira pas d’altérations.

196. Celui qui satisfait ses propres plaisirs (dhawq), est en état de shirk. Un retour à
l’Ordre (Amr) le guérira.

197. Ceux qui n’ont pas grimpé les marches du Soufisme (Taçawwuf) seront toujours
privés des vues observées de ces marches.

198. Ce n’est pas parce que vous savez quand le soleil se lèvera, qu’il le fait à tel moment.

199. Ne perdez pas vos nuits à attendre l’arrivée du matin.


200. C’est une trahison que de rester indifférent à ce que l’on a reçu ou d’ignorer son
donateur.

201 – 300

201. La valeur de ce qui est donné se mesure à travers son auteur.

202. Celui qui ne s’est pas libéré de la vulgarité ne peut inciter qu’à la vulgarité.

203. Ce sont vos parents qui vous élèvent, vous protègent et vous nourrissent. Essayez
de Le comprendre !

204. La première étape de la réflexion est la compréhension de la non-existence de votre


moi que vous croyez exister.

205. Si vos actions sont orientées vers la création (khalq), la voie que vous empruntez
mène à la déception.

206. L’attachement exclusif aux choses matérielles vous rabaisse à l’humiliation à chaque
moment de votre vie. Si vous êtes conscient de ce fait, orientez vos actions au-delà du
matériel.

207. Le péché est un nom donné aux actes de celui qui ignore la vérité de ses actions.

208. Celui qui comprend sa vérité et agit en conséquence est membre de l’Ordre.

209. La musique vient par-delà l’esprit et elle est évaluée par-delà la conscience.

210. A la différence des souhaits, les mesures prises font avancer l’individu. Joignez vos
souhaits à vos mesures et acheminez-vous vers votre but.

211. C’est trahir sa connaissance que de ne pas l’appliquer, car son appréciation est liée à
son application.
212. Ne donnez jamais de l’eau à celui qui n’a pas soif.

213. Evitez juste le genre d’individu qui réclamera qu’il est « le seul à savoir ».

214. Il y a de l’enthousiasme (hararat) dans la lutte et du silence (sukût) dans la


contemplation.

215. L’obscurité (zulmat) et la lumière (nûr) sont tous deux des voiles.

216. Celui qui ne peut pas comprendre les niveaux de stations spirituelles (martaba)
manque de compréhension.

217. Vous pouvez saisir (idrak) votre propre essence, mais l’Essence (Dhât) est à jamais
hors de votre portée.

218. Celui qui est égaré dans un désert, tournera toujours autour du même point jusqu'à
ce qu’il trouve un guide, aussi longtemps que sa vie durera.

219. La soumission découle de la compréhension (idrâk), tandis que la crainte découle de


la sagesse.

220. L’Essence (dhât) est à jamais hors de votre portée et de votre compréhension.

221. Votre fierté vient de l’idée que vous vous faites de votre moi. Vous ne pouvez vous
débarrasser de la fierté à moins de réaliser que votre moi n’existe pas.

222. Ce sont les bois de « la fierté » qui alimentent le feu de l’Enfer.

223. Votre voile est le résultat de vos conjectures - opinions erronées - dues à vos
conditionnements.

224. Nombreux sont les mondes de vos yeux, vos oreilles et autres organes, mais unique
est le monde de votre cerveau.

225. Ne vous recherchez pas dans une glace puisque vous vous trouvez en vous-même.

226. Sachez sans aucun doute que le miroir n’est qu’un moyen de comprendre et de
regarder celui dont vous vous faites une illusion.
227. Nombreuses sont les interprétations et raisons de l’amour, mais il n’y en a aucune
pour la passion de l’amour (‘ishq).

228. L’amour (‘ishq) est une brûlure sans orientation.

229. L’or est raffiné dans l’acide.

230. Tous les chemins de la connaissance de vous-même vous sont fermés jusqu'à ce que
vous abandonniez votre « moi ».

231. Ne croyez jamais que vous êtes à l’abri des yeux puisque votre propre vue suffit.

232. Vous ne pouvez être un calife d’Allah (khalifat ullâh) tant que vous êtes ici en tant
que vous-même.

233. Celui qui ne croit en rien, croit en lui-même.

234. Le trésor dont on vous a chargé est le « califat ».

235. Votre valeur se mesure par la qualité de votre « califat ». Qu’en sera t-il si vous n’en
êtes même pas conscient ?

236. Vos émotions sont fonction de vos conditionnements.

237. Si un nom voile votre vue de ce qui se cache derrière, essayez avant tout de vous
libérer du « voile des noms ».

238. Vous êtes aussi inconscient que vos craintes.

239. Si vos jugements de valeur sont le produit de vos conditionnements, vous n’êtes
qu’un robot au service de votre environnement.

240. Le jugement (hukm) est fonction de la réalisation de l’individu ou de son


conditionnement.

241. Le réel ne change jamais. Ce qui change n’est pas réel.


242. Ceux qui basent leurs vies sur des valeurs relatives sont tôt ou tard voués à la
corruption.

243. Les vains efforts sont toutes les actions qui ne contribuent pas à vous connaître.

244. Il n’y a pas de place pour les émotions dans la nature.

245. La nature peut être comprise par la sagesse, plutôt que par les émotions. Par
conséquent acquérez la sagesse.

246. Une connaissance qui n’est pas suivie d’une bonne pratique est un jeu et un
divertissement.

247. Ceux qui orientent leurs actions vers tout autre que l’essence de l’humanité, sont les
perdants.

248. Votre valeur se mesure par votre aptitude à réfléchir.

249. Il n’y a pas de dure épreuve, là où il y a de la sincérité.

250. Sachez apprécier le visible (formes), en vue d’accéder à ce qu’il cache derrière.

251. Les mots peuvent dire beaucoup mais ils ne réussissent pas à exprimer le tout.

252. Si vous voulez voir les choses dans leur nudité, faites en sorte que votre approche
soit dénudée (de tout préjugé).

253. Ne sous-estimez jamais le « moins » afin de trouver le « plus ».

254. Souvenez-vous que ceux qui sont faits pour être vêtus, sont ceux qui furent une fois
nus.

255. Les gens courtois sont ceux qui connaissent leurs limites.

256. Le dépassement des limites ne s’accorde pas avec la sincérité.

257. Gardez toujours en mémoire que vous devez donner quelque chose en contrepartie
de tout ce que vous désirez rassembler.
258. Votre AMI est celui à qui vous pouvez vous confier en toute chose, sans réserve.

259. Ceux qui ne se sont pas libérés de leurs intérêts personnels et du matérialisme ne
peuvent pas être AMIS.

260. Examinez votre croyance en vous demandant d’abord « en quoi vous croyez »,
ensuite « combien » ?

261. La foi (imân) n’admet pas le doute.

262. Le désir de l’expérience est le résultat de l’incertitude.

263. Soyez conscient de la puissante signification de la foi (îmân) en pratique (tatbîq).

264. N’ayez pas recours au pis-aller afin de ne pas souffrir la perte du meilleur.

265. Si vous cherchez encore à savoir plus de ce que vous ne connaissez pas, appréciez
d’abord ce que vous connaissez déjà.

266. Toute chose existe en même temps que son contraire (zidd).

267. Seuls ceux qui ont atteint l’essence de la Vérité peuvent unir (jam‘) les opposés
(zidd).

268. Les gens qui savent concilier (jam‘) les contraires (zidd) sont ceux qui se sont
départis des jugements relationnels.

269. L’intelligence agit comme l’électricité : elle peut être bénéfique ou nocive selon son
utilisation.

270. Soyez seulement un miroir (reflétez seulement ce qu’il y a )pour que règne la sécurité.

271. Essayez de percevoir la place où vous êtes afin d’être de ceux qui connaissent leurs
limites [qui ne dépassent pas leurs limites].

272. La violence gouverne là où il n’y a pas de respect pour « les idées ».


273. L’effet de la connaissance est dans son actualisation [mettre en pratique et vivre un
tel effet].

274. Dans le monde du Réel, on ne peut voler qu’avec les ailes de la « sincérité »
(l’honnêteté) et la réflexion.

275. Un robinet ne sera jamais fatigué de laisser passer l’eau.

276. Cette personne qui ne peut réaliser le fait même s’il lui est indiqué, est aveugle.

277. Faire le meilleur de son passé et de son futur n’est possible qu’en faisant le meilleur
du moment présent de sa vie.

278. Si le Discours de votre Seigneur (Rabb) ne laisse pas d’impact sur votre cœur,
examinez votre sincérité et votre foi.

279. Efendi est celui qui s’emploie à servir les autres et à les guider vers la vérité.

280. Les prières (du‘a) est l’actualisation de l’attribut de Seigneur (Rubûbiyyat) en votre
essence (dhât).

281. Ne tenez pas compte des paroles de celui qui ne fait pas bon usage de son temps
présent.

282. Sachez que votre amour est dû au fait que vous êtes aimé.

283. Les beautés ne peuvent pas être exprimées verbalement par ceux qui ne les ont pas
atteintes.

284. Gardez toujours en mémoire que vous êtes toujours observé où que vous soyez et
quoi que vous fassiez.

285. La vérité est belle, cependant tout ce qui est beau n’est pas nécessairement vérité.

286. Une personne distinguée est celle qui comprend que, dans la création, rien n’est
sans valeur.
287. Il est impossible que l’on ne soit pas en paix si l’on perçoit la vérité derrière les
événements.

288. Si vous voulez vous tenir à l’écart du mal, évitez les gens qui agissent pour leurs
intérêts personnels.

289. La beauté naturelle de l’existence est dans le but pour lequel elle a été créée.

290. L’évolution d’une personne (takâmul) dépend de son degré de liberté par rapport
aux « points de vue ».

291. Ceux qui se livrent à des accusations, sont ceux qui manquent de perfection.

292. Ne soyez pas un imitateur, soyez plutôt un imité.

293. La prudence est une disposition d’Allah. Soyez prévoyant et rappelez-vous la


disposition d’Allah.

294. La capacité vous incite à la prudence tandis que l’incapacité vous incite à la
disposition.

295. Cette personne qui a une haute idée de ses capacités et qui est trop sûre d’elle
même, connaîtra la déception.

296. Une personne parfaite ne fera aucune distinction en servant l’humanité, tout comme
la pluie.

297. Connaissez la vérité et soyez de ceux qui observent la courtoisie (adab).

298. Oh toi qui transmets à ta postérité ce que tu as reçu de tes ascendants, quoi donc
t’appartient !

299. Que pensez-vous réellement posséder pour en tirer tant de fierté et de confiance ?

300. Ne soyez pas de ceux qui perdent le meilleur pour un pis-aller !


301 – 400

301. Considérez ce que le temps qui passe vous apprend. Votre réponse est très
importante.

302. Mieux que celui qui apprend, celui qui comprend mettra en pratique.

303. Le Réel est toujours le même et il est unique. Ce sont seulement les perspectives et
les facultés auditives, visuelles et cognitives qui varient.

304. Rien dans cette vie ne nous perdra autant que votre fierté.

305. La vie dans la fierté conduit à une mort dans la déception.

306. Est-il saoul, celui qui s’abandonne à la contemplation ? Est-il heureux, celui dont les
souhaits ne sont pas exaucés ? Est-il dans un état de paix celui qui vit dans le monde du
Réel ? Est-il un idiot, celui qui veut vivement prouver son moi (ego) ? Ce qui est parfait en
votre essence, est-il la connaissance ? Celui qui a réalisé sa Vérité, est-il intelligent ?

307. Vous ne pouvez ni donner ce qui n’a pas été donné, ni arrêter ce qui est donné.

308. Le Soufisme (Taçawwuf) n’est pas vécu à travers des informations théoriques mais
plutôt à travers une réalisation effective (tatbîq).

309. Malheureux est celui qui connaît le chemin menant vers son AMI mais que sa
mondanité retient.

310. Vous hésitez à dire « peut-être que ce n’est pas vrai », mais qu’en sera-t-il si « cela
est vrai » ?

311. Les enfants perdent leur temps dans les jeux et les divertissements pendant que les
adultes trouvent leur plaisir dans tout ce qui peut leur rapporter un profit.

312. Le commerce des « mots » apportera de « l’air » comme profit.


313. Vous voyagez en pleine vitesse afin de dépasser ceux qui vous devancent. Avez
vous jamais pensé à votre destination finale ?

314. la poursuite d’une voie dans l’espérance alors qu’il est prouvé qu’elle n’est
qu’excentricité, ne conduira qu’à la frustration (khusrân).

315. Etes vous conscient de la destination finale où vos pas vous conduisent ?

316. En essayant de faire du tort à quiconque, vous vous en ferez davantage.

317. Un artisan est connu à travers son art, une personne à travers son Ami.

318. Ceux qui aiment, vivent leur propre état (hâl) intérieur, et ceux dont l’amour est
intense vivent l’état intérieur de leur bien-aimé.

319. Avant tout, décidez-vous : Qu’est ce qui importe pour vous ? Ce monde transitoire
ou l’après vie éternelle ?

320. Etes-vous sérieux à propos de votre vie au-delà de la mort ? Si oui, comment vous y
êtes-vous préparés ?

321. Si vous voulez connaître votre vraie croyance, observez la croyance de ceux qui
vous entourent.

322. Les amoureux parviendront à ce qu’ils aiment peu importe sa nature ! Pour les
amoureux de la terre, ce sera la terre, pour les amoureux d’Allah, ce sera Lui.

323. La roseraie du Soufisme (Taçawwuf) est pour ceux qui désirent mourir pour l’Amour
et non pas se faire piquer par des épines.

324. Un chirurgien fera une opération chirurgicale et sauvera une vie par une incision et
des points de suture. Ne le prenez pas pour un fou !

325. C’est une grande cruauté que de ne pas secourir le malade souffrant d’une gangrène
par une amputation.
326. Si vous ne pouvez pas vous libérer de votre égoïsme malgré le temps qui passe,
comprenez que vous êtes sur la mauvaise route.

327. Une voie empruntée sans connaissance se termine dans l’inconnu.

328. Vous irez aussi vite que [le degré] de votre amour (mahabat).

329. Un véhicule est là pour vous prendre à destination. Malheureux est celui qui perd
son temps dans une voiture en stationnement.

330. Une perceuse sert à percer des trous et non à être maintenue dans un trou.

331. Votre habitude dont vous n’arrivez pas à vous défaire, est L’IDOLE que vous
adorez.

332. Quand réaliserez vous que vous êtes prisonniers de vos habitudes ?

333. Vous pouvez atteindre le cœur de votre bien-aimé en lui donnant « votre moi entier
», plutôt que votre « être physique ».

334. Ressusciter les corps morts ou ressusciter les coeurs morts (qalb) ?

335. En dépendant de la conduite des autres, vous faites de vos conditionnements une
idole.

336. Ne jugez pas les actes sur leur apparence lorsque vous ne pouvez pas en tirer la
sagesse, au risque de ne pouvoir vivre l’expérience de véritables faits.

337. Votre [faculté] intellectuelle pourrait vous soulager à court terme, mais elle ne sera
jamais suffisante pour vous sauver à long terme.

338. Celui qui est capable de considérer ce qui lui arrivera après la mort, a au moins, un
minimum d’intelligence.

339. La plus puissante arme d’auto-défense contre votre « ego », est l’intelligence.

340. Ceux qui croient qu’ils ne sont que simples « corps physiques » aujourd’hui, sont
ceux qui croiront qu’ils sont des « corps spirituels » demain.
341. La réalité de « l’être » (nafs) se trouve en l’attribut de Seigneur (Rubûbiyyat).

342. En se considérant comme corps physique, l’être, sous l’influence des habitudes et
des conditionnements, est voué à une affliction permanente.

343. L’être (nafs) ne sera pas débarrassé des afflictions jusqu'à ce qu’il parvienne à se
connaître.

344. Les qualités originales (wasf aslî) de l’être, sont la vie (hayy), la connaissance (‘ilm), la
volonté (irâda), la puissance (qudra), l’expression (kalâm), la perception (sam‘) et la
clairvoyance (baçîra).

345. Considérée u point de vue de son essence (dhât), l’âme (nafs) n’est autre que pure
conscience.

346. Le corps de chaque environnement est construit suivant les conditions de son
environnement.

347. Comment pouvez-vous arriver à reconnaître l’autre sans connaître votre propre
essence ?

348. L’émotion relative à la possession due aux conditionnements, est à l’origine de


toutes les afflictions psychiques.

349. Si vous n’en perdez pas votre fierté, il s’agit plutôt d’un amour humain que d’un
amour divin.

350. L’amour humain incite au désir de possession, tandis que l’amour divin incite au
désir de soumission.

351. Votre soumission est proportionnelle à votre niveau d’affection. Mesurez le degré
de votre affection à travers le degré de votre soumission.

352. Si vous ne vous tournez pas vers l’éternité bien que vous jouissiez d’une bonne
santé, de nourriture et d’un refuge, alors vous n’êtes pas croyant.
353. Vos actions vous transportent jusqu’aux stations spirituelles (martaba) et votre
amour vers votre Bien-aimé.

354. Si tout vous donne satisfaction, vous êtes en paix - en présence - (hudzûr) de votre
Bien-aimé.

355. Il est facile de dire « vous êtes dans mon cœur », pouvez-vous dire ensuite « vous
ETES mon cœur » ?

356. Oublions le passé ! Après ce monde il n’y a plus où aller.

357. Essayez de considérer sérieusement lorsque vous serez mis dans une tombe en état
d’éveil et que vous y demeurerez vivant.

358. On ne peut obtenir la clé de la liberté du donjon de l’au-delà, qu’en ce monde.

359. Si quelque chose vous échappe, suivez plutôt un homme de compréhension, sinon
rien d’autre.

360. Ne pouvez-vous réaliser que même les rêves les plus doux n’ont aucune
signification au réveil ?

361. Si vous devenez professeur de mathématiques, vous serez toujours ignorant dans le
domaine de la médecine.

362. Vous ne pouvez éviter de vous noyer si vous ne pouvez pas nager, même si vous
êtes Einstein.

363. Vous êtes à la merci du destin (qadar) tant que vous ne pouvez pas diriger votre
cerveau.

364. Vous ne pourrez jamais réparer le dommage que vous aurez causé à votre cerveau
par la cigarette et l’alcool.

365. Nul doute, c’est seulement votre cerveau qui vous permettra d’acquérir toute chose
pour la vie éternelle.
366. Si vous sacrifiez la chose la plus précieuse, c’est-à-dire votre cerveau, pour la
cigarette, cela vous coûtera une souffrance éternelle.

367. Votre cerveau est un don qui vous est fait pour gagner le Paradis et Allah.

368. Le macrocosme est l’univers tandis que le microcosme est le cerveau.

369. Vous serez capable de vous connaître ainsi que votre Seigneur (Rabb), selon le degré
de vos capacités à faire le meilleur usage de votre cerveau.

370. Les états spirituels (hâl) sont en rapport avec les stations spirituelles (maqâm), tandis
que les stations à la nature primordiale (fitra).

371. Votre niveau spirituel (martaba) correspond à la connaissance (‘ilm) que vous avez
acquise.

372. Ceux qui sont couverts dans ce monde, sont couverts de la même manière dans
l’autre monde (akhirat).

373. La courtoisie (adab) c’est connaître ses limites.

374. Si vous êtes conscient du « destin » (qadar), surveillez votre attitude ; sinon observez
vos limites (hadd).

375. Sollicitez de votre Seigneur (Rabb) l’aide afin de faire le meilleur usage de votre
temps présent, de votre place présente ainsi que des personnes présentes.

376. Si vous êtes un de ces témoins de la vérité, vous saurez sans doute garder votre
calme, malgré tout.

377. En quelle partie de votre corps pouvez vous mettre votre confiance, étant donné que
le moi personnel est « néant » ?

378. Quelle est la réalité [absolue] dans une place où l’existence de chaque chose est
relative et contingente ?
379. La « relativité » du cosmos dont vous vous faites une illusion est due à sa non-
existence.

380. La réalisation de son « néant » aboutit en fait à son « existence ».

381. La vitesse d’une personne sur le sentier du Réel, est proportionnelle à son
abnégation.

382. Celui dont le discours est entendu est l’AMI.

383. La règle de la courtoisie (adab) vis-à-vis de la Vérité (haqîqat) c’est l’attachement à la


Vérité.

384. Si la raison (‘aql) quitte l’homme, ce dernier devient idiot, si l’homme quitte sa
raison, il devient fou.

385. Si vous vous intéressez au plaisir des gens, agissez en tant que miroir pour eux ; si
vous vous intéressez au plaisir de votre Seigneur (Rabb), soyez un miroir pour Lui.

386. Considérez votre vitesse afin de découvrir si vos profits sont licites (halâl) ou pas.

387. Vous pouvez avancer dans la mesure où vous avez pu laisser derrière, ceux que
vous deviez, avant qu’ils ne vous quittent.

388. L’Enfer est une destination où ceux qui ont été laissés derrière, aboutiront, tandis
que le Paradis est une place que ceux qui ont pu les quitter, atteindront.

389. La rencontre est un grand plaisir ; le désir n’en est pas moindre.

390. La dévotion n’est pas faite pour ordonner.

391. Essayez de gagner l’estime du Réel - le Créateur - (Haqq), plutôt que celle de la
réalité - la création - (khalq).

392. Toute personne qui a servi l’humanité et a cherché à lui offrir quelque chose, a subi
sa réaction.
393. La part de bien (khayr) n’est pas liée aux matins, tout comme la part du mal (sharr)
n’est pas liée aux soirs. Comparez la source du bien et du mal.

394. Il n’y a pas de bien (khayr) ou de mal (sharr) aux yeux du Réel.

395. N’essayez pas de tester les gens même si vous êtes sûr de leur proximité... Sinon
vous risquez de vous retrouver, un jour, sans qui que ce soit autour de vous.

396. Le danger est plus grand à côté des grands.

397. La satisfaction [avec ce que vous avez déjà] est le seul remède contre d’autres
ennuis.

398. Une fois que vous êtes prêt à vous détacher de toute chose à un moment donné,
vous serez alors prêt pour la mort. C’est par cela que vous vous distinguez des communs.

399. Celui qui a pris conscience de la vérité est dans un état (hâl) où il ne se plaint pas de
quoi que ce soit.

400. Parmi les voiles [qui couvrent la conscience], on distingue les plaintes, mais elles ne
se voilent pas elles-mêmes..

401 – 500

401. Comparez la durée de votre temps durant lequel vous vous préparez pour
l’éternité, avec la durée de temps que vous passez pour des choses futiles que vous allez
quitter dans ce monde.

402. La sagesse est là pour vous permettre d’orienter correctement votre vie.

403. Seuls ceux qui peuvent nager, peuvent également enseigner la nage. Ne demandez
pas secours, lorsque vous nagez, à quelqu’un qui n’a même pas vu l’eau.

404. Intervenez et jetez un coup d’œil ! Ne parlez pas sans voir.


405. Ne vous livrez pas au jeu de hasard avec votre vie !

406. Celui qui hésite à commencer de peur de perdre, est déjà perdu.

407. Il n’est jamais trop tard, si vous êtes en vie.

408. Certains perdent leurs vies dans des discussions stériles, pendant que d’autres se
livrent à d’interminables plaisirs que la vie leur procure.

409. Ceux qui n’ont pas réalisé la Vérité (haqîqat) ne peuvent pas réaliser celui qui en vit
l’effet.

410. Si vous ne pouvez pas évaluer ce que vous percevez, prenez comme exemple les
gens qui savent évaluer.

411. Cesserez « vous » d’exister lorsque votre corps sera détruit ?

412. Il n’est possible de faire le meilleur usage du passé qu’en en tirant des leçons.

413. Lorsque vous ne pouvez pas faire le meilleur usage de votre moment présent, vous
êtes également en train de perdre le jour suivant.

414. Comment est-ce une cruauté que d’empêcher votre bien-aimé de se jeter dans le feu
?

415. Comment pouvez-vous parler de votre « LIBERTE » alors que vous êtes prisonnier
de votre tempérament (tabi‘at), vos émotions et vos conditionnements.

416. Votre AMI est celui qui vous libère de vous-même.

417. Si les jours qui passent ne vous libèrent pas de votre ego, recherchez donc un AMI.

418. Fondez votre vie sur des faits bien définis, plutôt que sur des suppositions (dzan), de
crainte de tomber dans le regret.

419. Si vos émotions vous font perdre la raison (‘aql) , prenez garde, vous êtes près de
l’égarement !
420. Rien de ce que vous donnez, ne demeurera impayé.

421. Avez-vous des amis que vous pourriez autoriser à disposer de tout ce que vous
avez ?

422. Essayez de considérer sérieusement comment votre mort vous détachera de toute
chose que vous croyez avoir possédée.

423. Ne croyez pas que ceux avec lesquels vous avez passé des heures agréables sont vos
amis.

424. De quel genre d’information disposez-vous à propos de la vie après la mort et


quelles mesures avez-vous prises ? Songez-y si vous savez réfléchir.

425. Croyez-vous que tous ceux qui mangent, boivent, s’accouplent, dorment et
amassent pour posséder sont des êtres humains ?

426. L’amour est inconditionnel. Si l’on anticipe un retour, il se transformera en marché.

427. Vos fonds peuvent vous aider à gagner plus de félicité au Paradis, mais ils ne vous
permettent jamais de faire votre réalisation.

428. Votre emprisonnement durera tant que vos idoles sont là.

429. Quoi que vous fassiez dans la vie pour vous distraire, il constitue un voile qui vous
couvre de vous-même.

430. Etes-vous conscient de la différence entre vous-même et un automate ?

431. Votre part est en de bonnes mains et elle vous sera restituée au moment opportun.

432. Réalisez-vous que vous êtes recherché lorsque vous recherchez ?

433. Les vagues peuvent être aperçues en surface ; plongez en profondeur si vous
recherchez la paix et le silence.

434. Les gens de la « certitude » (yaqîn) sont libérés des craintes.


435. Ceux qui, dans leur conscience, sont parvenus à concilier (djam‘) les contraires
(dzidd) - à unifier les oppositions - sont ceux qui vivent loin de tout conditionnement (idées
préconçues).

436. Elevez-vous suffisamment haut de façon à avoir une plus grande portée.

437. Les gens qui parviennent à accéder au-delà du matériel, portent en eux-mêmes le
[monde] matériel.

438. L’être qui parcourt la voie spirituelle (sayr) est plongé dans la perplexité.

439. Vous devriez suivre le vent lorsque les nuages s’interposent entre vous et le soleil.

440. Les ténèbres disparaîtront partout où le soleil brillera.

441. Il n’y a pas « ce qu’il y a » ; il y a « ce qu’il n’y a pas ». (L’existence n’existe pas, le néant
existe).

442. Il n’y a pas de regret en présence de la paix.

443. Examinez bien l’objet de votre dévotion et sa raison. La paix sera le but de votre
honnêteté.

444. La mauvaise conduite provient, en premier lieu, du manque de conscience, elle est
entretenue par sa persistance et elle se termine par une frustration.

445. La persévérance dans la droiture se mesure par la capacité à laisser tomber tous les
« mais » et tous les « cependant ».

446. Pour une constance dans la bonne direction, éloignez de votre esprit toute
inquiétude du genre de « que vont en penser les autres ? ».

447. Vous pourrez éviter de vous mouiller tant que vous observez les nuages.

448. Le ciel (Samâ’) est une couverture. Ceux qui passent au-delà de ses niveaux, peuvent
atteindre son mystère (sirr).
449. Evitez de surcharger les plateaux de balance dont vous ignorez la capacité de
charge.

450. La pureté et la valeur de l’or se manifestent dans le feu.

451. Vos amis et vos compagnons dans l’autre monde ne sont autres que ceux que vous
avez l’habitude de fréquenter dans ce monde.

452. Votre « foi » est fonction de ce que vous pouvez sacrifier pour elle.

453. Votre « valeur » est mesurée par votre « foi ».

454. Ne guidez jamais quelqu’un de force vers une direction, de crainte qu’il ne soit
dangereux.

455. Il ne peut pas y avoir de foi dans [le domaine] de la perception (idrak). (On n’a pas
besoin de foi pour ce qui est déjà perçu).

456. La compréhension est la première étape d’une réalisation (vivre la vérité).

457. La contemplation est initiée par la perception (idrak) de la vérité.

458. La contemplation aboutit à la sérénité.

459. La paix désigne l’état (hâl) de non-être.

460. Le Calife est un homme pour lequel vous pouvez sacrifier tout ce que vous avez …
Qui est-Il ?

461. La mer est colorée tandis que la goutte est incolore.

462. Les gens doués de sagesse sont les maîtres de la perspicacité (firâsat).

463. L’amour est un plaisir, cependant l’absence est bien plus qu’un plaisir.

464. Il y aura toujours une mentalité pareille à celle qui qualifia Muhyiddin ‘Arabi
d’hérétique (kâfir) et envoya Galilée à l’investigation.
465. Si vous ne réussissez pas à actualiser vos pensées, vous avez besoin de quelqu’un
pour vous aider à leur réalisation.

466. Il n’y a pas de saint (wali) qui n’ait été l’objet d’une calomnie.

467. Le fou comme le génie sont ceux dont les paroles ne sont pas à la portée des
communs.

468. Un Soufi est celui qui sait apprécier les gens de toutes catégories, depuis le fou
jusqu’au génie.

469. Votre but devrait être la découverte de votre vérité.

470. Plus vous atteignez votre essence, plus vous vous rapprochez de Lui.

471. Vous ne pouvez vous libérer de votre ego jusqu’à ce que vous soyez en face de ce
dont vous avez peur et que vos craintes se dissipent.

472. Il n’y a aucun moyen d’accéder à la lumière du jour sans passer par la nuit.

473. Je cherche refuge auprès d’Allah de croire avoir trouvé alors que je ne l’ai pas, de
croire avoir atteint alors que je ne l’ai pas, de supposer être arrivé alors que je suis à mi-
chemin.

474. Vous avez trouvé chaque fois que vous perdez, et vous perdez chaque fois que vous
pensez avoir trouvé.

475. Il est impossible d’atteindre la vérité sans vous débarrasser de vos conjectures.

476. Celui qui se trouve en Sa présence, est en paix.

477. Des mystères sont derrière les mondes, tandis qu’un miroir est derrière les
mystères.

478. Vous passez une vie dans le cheminement vers la vérité et dès votre arrivée vous
découvrez que « vous » n’avez atteint rien d’autre que votre « néant ».
479. Votre « existence illusoire » (wahmî) est ce que vous n’avez pas, tandis que votre «
néant » est ce que vous avez.

480. Est-ce son discours (khitâb) ou le Sien ? Savez-vous d’où vient le discours ?

481. Est-ce qu’il est d’ici s’il a l’air d’être d’ici, en suivant son chemin vers le lointain,
après être venu de bien loin.

482. Comment est l’état (hâl) par lequel l’existence comme la non-existence de la matière
sont une seule et même.

483. Où est le point où « l’existence » devient « non existence » ?

484. Lorsque deux objets sont unis, ils forment quelque chose de nouveau. Qu’est-ce qui
en subsiste sans changement ?

485. Le ciel (samâ’), les astres, brillent… Ils proviennent tous de la Lumière (nûr).

486. L’océan ne disparaît pas lorsque les vagues disparaissent.

487. Les vagues [dérivent] de la mer mais elles doivent disparaître. Elles n’étaient pas là,
elles semblaient là mais elles n’étaient pas là.

488. La glace, la neige, la pluie, la grêle ou la vapeur etc. … Toutes dérivent de la mer et
retournent vers la mer. Seuls leurs noms demeurent.

489. La neige ne perdra pas son nom jusqu’à ce qu’elle perde sa forme dans l’eau.

490. La Vérité absolue (haqîqat) est une boite non ouverte ; le reste est illusions (khayâl).

491. Ceux qui pouvaient marcher, se sont rapprochés et ont atteint. Les autres qui
savaient mais ont hésité, ont connu la frustration (khusrân).

492. On devrait se souvenir de ses cauchemars si l’on soutient que les illusions (khayâl)
ne peuvent pas causer d’ennuis.

493. Vous n’êtes pas conscient de vous-même si vous n’avez pas réalisé l’influence
cosmique sur votre cerveau.
494. Le Soufisme (Taçawwuf) est tout de métaphores (madjâz).

495. Ce que l’on connaît en tant que « Vérité » (haqîqat) est tout de paraboles. Celui qui en
vit l’expérience ne peut qu’en constater la réalité.

496. Y a-t-il une limite à Celui qui est illimité et insécable, où votre moi personnel
pourrait trouver une place. Considérez bien cela…

497. Où est « votre » place, alors qu’Allah est « Ahad » ?

498. Les signes sont là, non pas pour eux-mêmes, mais afin d’apprécier ce qu’ils disent.

499. Ne prenez pas des paraboles pour de la réalité !

500. Fréquentez les gens pleins de clairvoyance (baçirat) qui recherchent la perfection
(kamâl), et non les créatures (makhlûqât) qui se contentent de ce que leur apporte leur vue..

501 – 600

501. Si vous regardez à travers l’œil humain (basharî) vous avez une vue du bien (khayr)
et du mal (sharr). Si vous regardez à travers l’œil de la Vérité – le Seigneur – (Haqq), vous
admirerez une perfection éternelle.

502. Vous ne pouvez vous débarrasser des erreurs tant que vous basez vos jugements
sur votre perception visuelle.

503. Vous pouvez adorer, soit vous-même, soit votre dieu. Cependant, en réalité il n’y a
que la servitude.

504. Vous avez des faiblesses où votre raison (‘aql) ne peut rien contre vos désirs.

505. Votre amour (et bien-aimé) est celui avec lequel vous êtes le plus souvent ensemble.

506. Si votre vie est basée sur des choses que vous allez quitter dans ce monde, elle n’est
guidée que par vos désirs.
507. Lorsque vous mourez, la vie de ce monde vous semblera pareille à ce que vous
ressentez en vous réveillant le matin après des rêves.

508. Puisque vous ne croyez pas au danger annoncé, vous devez en assumer les
conséquences.

509. Les poissons dans un océan d’illusions (khayâl) ne sont rien d’autre qu’illusions.

510. Tristesse, chagrin ou anxiété… Tout n’est autre que le résultat de celui qui en est
enveloppé.

511. Trompé par les apparences, vous sombrerez sans doute dans l’anxiété.

512. Si vous transformez toujours vos journées en enfer, juste parce que vos souhaits ne
se réalisent pas, vous êtes encore loin de vous connaître vous-même (nafs), le destin (qadar)
et Allah.

513. Puisque « à chaque moment Il est à une nouvelle tâche », pensez à ce qui se passe
maintenant avec ce qui était là un instant auparavant.

514. L’artisan est celui qui agit avec talent à chaque moment.

515. Considérez avec qui vous êtes aujourd’hui et avec qui vous serez demain, sachant
que la présence de « chaque moment » n’est plus au moment suivant, et que la même
manifestation ne se répète pas deux fois !

516. C’est soit l’Un et seulement l’Un que vous voyez, ou alors beaucoup d’autres choses
que vous croyez (zann) voir.

517. « Je » n’est pas non plus là où « vous » n’êtes pas.

518. Ce peut-il qu’il y ait réflexion lorsque « l’Unique » est tout ce qui est.

519. Vous êtes voilé tant que vous vous livrez à des accusations.

520. Si vous souhaitez acquérir des caractères d’Allah (Attakhâluq bi akhlâq Allâh), n’y
voyez aucune inopportunité à le commencer.
521. Le Discours du Réel - le Seigneur - (Haqq) ne peut pas être entendu par des
consciences enveloppées dans l’ignorance (jahl).

522. La voix de votre conscience est le Discours du Réel - le Seigneur - (Haqq).

523. Il n’y a aucun doute, vous aurez votre récompense, si vous ne mourez pas égoïste.

524. Qui a dit quoi ? En quoi est-il commérage ?

525. « Seul Lui-même peut trouver lui-même », a dit quelqu’un. « J’ai trouvé, mais quoi ?
», a dit l’autre. Si l’Unique est tout ce qui est, y a-t-il quelque chose à trouver ou y a-t-il
quelqu’un pour trouver ?

526. L’âge est en rapport avec le corps physique. En revanche, la connaissance, de même
que les conditionnements, sont en rapport avec la conscience.

527. Votre corps et votre conscience sont vos propriétés réelles et illusoires.

528. Lorsque vous considérez votre âge à un certain moment, vous le faites par rapport à
votre corps physique, mais vous ne pouvez évaluer votre âge par rapport à votre
conscience.

529. La pitié (shafaqat) et la compassion (rahmat) sont inhérentes à toutes les créatures
alors que la réflexion (tafakkur) est inhérente aux êtres humains seulement.

530. Pouvez-vous donner à votre vertu son dû (haqq), qui vous distingue de toutes les
autres créatures (makhlûqât) ?

531. « Solitaire » est celui qui n’a personne avec qui partager son état intérieur (hâl).

532. Est solitaire celui qui ne peut partager sa vie avec les autres, plutôt que celui qui se
retire dans une grotte en montagne.

533. Il est dit que « la solitude appartient à Allah Seul ». Avez-vous jamais réfléchi à la
raison ? Songez-y !
534. Vous êtes venu seul et vous retournerez seul. Votre sommeil se fera dans la solitude.
Etes-vous conscient de votre solitude et êtes-vous prêt pour la solitude ?

535. En dormant dans le même lit, une moitié du couple fait des cauchemars, tandis que
l’autre fait de beaux rêves ! Dorment-ils ensemble ?

536. Avez-vous sérieusement réfléchi au fait que votre existence en ce monde est
simplement une préparation pour la vie éternelle, au-delà de la mort ? En êtes-vous
conscient ?

537. Etes-vous un de ces « corps » qui subissent des changements sept fois en soixante-
dix ans de vie, ou êtes-vous un « moi » constant qui subsiste sans altération ?

538. Lorsque vous devenez « néant » vous êtes tout. Mais qu’êtes-vous lorsque vous êtes
tout ?

539. Celui qui ne réussit pas à maîtriser ses organes physiques est leur esclave. On ne
peut pas parler de liberté dans un cas d’esclavage pareil.

540. Parmi les raisons de l’existence de vos organes, il y a le jugement de votre


conscience.

541. La détresse ne connaîtra pas de fin chez la personne dont la conscience est
subordonnée à son corps.

542. Un plaisir momentané ou une éternelle félicité (sa‘âdat) ?

543. Vous serez soumis à un jugement en proportion avec votre niveau spirituel
(martaba).

544. Celui qui exige en paiera le prix.

545. Vos afflictions et vos peines personnelles dureront aussi longtemps que vos attaches
sont là.

546. On ne peut atteindre l’Unicité (wahdat) sans l’expérience de la solitude.


547. Vous êtes loin du but du Soufisme (Taçawwuf) tant qu’il y a des choses matérielles
que vous ne voudriez pas perdre.

548. Votre amour vous ordonne de vous « attacher » tandis que votre raison (‘aql) vous
ordonne de vous détacher.

549. Soyez attentif à la voix de votre conscience plutôt qu’à celle de votre instinct ou de
vos membres.

550. L’homme réagit à l’appel de sa conscience, tandis que les créatures (makhlûqât)
réagissent sous l’impulsion de leurs organes.

551. Vous mènerez une vie pareille à celle des autres créatures (makhlûqât) tant que vous
limiterez les possibilités infinies de votre conscience par vos illusions et vos
conditionnements. Cependant, lorsque vous ferez usage de toutes les possibilités de la
conscience, les créatures, elles, continueront à mener une vie telle que nous la connaissons.

552. Le corps humain est composé d’atomes. Cependant, le monde d’un être humain est
bien loin du monde des atomes.

553. Vous êtes aussi voilé que vos espérances.

554. Votre ami est celui avec lequel vous vous retrouvez, sans souci de la veille ou du
lendemain ; cependant l’AMI est celui qui neutralise en vous les [concepts] d’hier et de
demain.

555. Vous pouvez bien choisir quelqu’un digne de confiance comme ami ; cependant,
l’AMI est celui qui vous délivre de la dépendance.

556. Abandonnez votre contemplation personnelle et contemplez à travers l’œil de


l’AMI, loin de tout jugement.

557. Les ailes de nature humaine (bashariyyat) ne peuvent pénétrer la Sainteté divine
(qadâsat ulûhiyyat).
558. La pénétration d’une telle Sainteté n’est possible que par une « annihilation » de
votre entité.

559. Si vous n’avez pas mis de côté tous vos jugements de valeur, vous êtes en présence
d’un être illusoire chaque fois que vous prononcez « je ».

560. Vous êtes dans la multitude autant que vos relations.

561. L’Unicité est expérimentée à travers la conscience, et non à travers la prunelle de


l’œil de quelqu’un.

562. Il y aura toujours du brouhaha dans une foule.

563. L’affection, la jalousie, la répugnance, la supplication… Ainsi est le monde des


humains (bashar). Allah se passe (ghanî) des mondes.

564. Après avoir passé sa journée dans la répétition de la journée précédente, on ne sera
pas allé plus loin que la veille.

565. Vous êtes guidé vers la perte (khusrân) par celui qui vous distrait, tandis que vous
êtes guidé vers la félicité (sa‘âdat) par celui qui vous incite à la réflexion.

566. Si vous voulez la compagnie de quiconque demain, vous devez en payer le prix
aujourd’hui en vous en occupant.

567. Celui qui ne peut pas réaliser Allah, est en train d’adorer son dieu qui est, soit son
ego, soit quelque chose d’autre.

568. Qui donc ne tolérez-vous pas ? le savez-vous ?

569. Comment voulez-vous vous distinguer des autres créatures (makhlûqât), si votre
raison ne peut même pas contrôler vos émotions lorsqu’elles s’intensifient.

570. De quoi avez-vous besoin dans un royaume où vous n’avez ni corps physique, ni
organes ?
571. Croyez-vous encore que « vous » êtes là, tout en affirmant qu’il n’y a rien d’autre
qu’Allah ?

572. De qui avez-vous besoin ? De celui qui vous fait gagner la vie éternelle ou de celui
qui satisfait vos organes physiques ?

573. Des gens de « glace » auxquels s’ajoutent d’autres créatures de glace proviennent de
« l’eau » d’un même lac !

574. Si vous avez mal jugé et commis une erreur dans votre accusation, comment
pourrez-vous rattraper tout le temps passé perdu ?

575. Chaque environnement et chaque système ont leur forme de vie particulière, même
le soleil.

576. Il n’y a pas un seul atome dans l’univers qui ne soit sans vie ou inconscient. Si vous
voulez vous en rendre compte, enlevez votre « voile ».

577. Si vous voulez vivre en toute quiétude, ne vous endettez pas et vivez sans
espérances.

578. La règle de la courtoisie (adab), c’est de donner à quelqu’un son dû.

579. Si vous ne donnez pas à votre âme (nafs) son dû (haqq), sachez que vous êtes un de
ceux qui oppressent leurs âmes.

580. C’est le droit (haqq) de votre âme (nafs) de réaliser son « califat ».

581. Vous, qui êtes, en fait, sur terre pour être « calife » ! Etes-vous conscient de vos
qualités et du but pour lequel vous êtes là ? Quelles sont les œuvres que vous
accomplissez dans ce sens ?

582. Il ne faut pas négocier pour du poisson qui est encore dans la mer.

583. Celui qui apprécie les idées peut être habile dans le discours.
584. Si vous ne savez pas d’où vient une information et qui en est l’auteur, renseignez-
vous sur son origine, sinon abstenez-vous !

585. Savez-vous que vous serez déposé dans une tombe tout seul, à l’état d’éveil et
conscient, et que vous y serez inhumé ? Quelles sont les mesures (tadbîr) que vous avez
prises dans ce sens ?

586. La mort n’est pas une absence, mais plutôt une transition du corps physique vers un
corps spirituel.

587. Pourquoi n’y aurait-il pas de son ni de vue en votre corps spirituel, alors qu’il y a
des sons et des vues dans les ondes de télécommunication ?

588. « L’esprit » est un nom donné, dans la terminologie ancienne, au corps lumineux
produit par le cerveau humain.

589. Les paroles d’un « gnostique » (‘ârif) constituent la « gnose » (ma‘rifat) tandis que les
paroles d’un « Connaissant par Allah » (‘ârif billâh) constituent la « connaissance par la
science d’Allah » (ma‘rifa billâh). Ce qui les différencie, est semblable à ce qui différencie la
connaissance d’un serviteur de la connaissance d’Allah.

590. Quels sont vos objets de valeur invariables par comparaison à ceux qui varient
d’une personne à une autre ?

591. Si le moment de la détermination n’est pas encore arrivé, il y aura des obstacles qui
bloqueront votre chemin.

592. Vous ne pouvez échapper à votre destin (qadar) qui sera en conformité avec la
prédestination (taqdîr), au moment fixé. Cependant, vous ne pourrez jamais vous assurer
ce qui ne vous est pas destiné.

593. Il n’y a pas de changement dans le destin (qadar). Pourquoi ? Avez-vous jamais
pensé aux raisons ?
594. La tolérance et la maturité sont des jumelles. Si l’une d’entre elles est absente, l’autre
l’est automatiquement.

595. Si vous ne pouvez supporter une épreuve qui vous frappe, par amour, sachez que
vous êtes dans l’erreur. Votre « amour » n’en est pas un.

596. Si vous ne pouvez avoir de la reconnaissance pour celui qui vous a fait atteindre
votre place actuelle et votre niveau scientifique (‘ilm), vous serez parmi les ingrats.

597. « Celui qui n’a pas remercié les gens, n’aura pas été reconnaissant envers le
Seigneur (Haqq) » a dit le Maître de l’Eternité. Pouvez-vous comprendre qui est invité à
remercier !

598. Oubliez celui que vous imaginez ; appréciez celui qui est juste là en face de vous !

599. Vous ne croyez toujours pas que « vous » êtes réel bien que tout l’univers soit une
illusion (khayâl), n’est-ce pas ?

600. Celui qui ne se livre pas à des accusations (muhâkama), ne regrette rien.

601 – 700

601. Si vous deviez être pénétré de l’état spirituel (hâl) de votre ami, trouvez au moins
quelqu’un de sage.

602. La machine à glace ne produira pas de l’or.

603. Soyez généreux sans anticiper un résultat puisque ce dernier est toujours lié à ce qui
est donné.

604. Il est dit que « le sommeil est le frère de la mort ». Avec qui êtes-vous durant votre
sommeil.
605. Vous ne vous êtes pas présenté à la salle d’épreuves pour chercher à gagner du
temps !

606. La joie et la peine, [le confort et l’inconfort] en ce monde, sont comme le jour et la
nuit. Aucun des deux n’est permanent !

607. Combien de vos anciens associés sont présents avec vous aujourd’hui ? Combien de
vos associés présents seront avec vous demain ?

608. Cette journée-ci sera un rêve demain, tout comme les journées passées le sont
aujourd’hui. Par conséquent, ne sacrifiez pas une joie éternelle pour un rêve !

609. Faites ce que vous pouvez et soyez certain que chaque acte apportera son fruit.

610. C’est un témoignage de gratitude (shukr) que d’apprécier, alors que c’est de
l’infidélité (kufr) que de déprécier.

611. La preuve de celui qui vient seulement pour vous, c’est d’être entièrement satisfait
(râzî) de vous, sans raison.

612. Ils viendront soit pour vous, soit pour ce que vous avez ! Votre ami est celui qui
vous cherche.

613. Ne portez jamais de jugement (hukm) à la vue d’événements momentanés.

614. Est fort celui qui peut poursuivre sa croyance en dépit de toutes circonstances.

615. Il est impossible d’essayer d’aimer beaucoup de gens ; cependant c’est le plus grand
plaisir que d’aimer l’UN aux apparences multiples.

616. Oh Toi, l’Unique que l’on désigne par AMOUR (‘ishq), c’est seulement par Ton
autorité qu’il est possible de ne pas T’aimer.

617. L’amour est une émotion au moindre mal (sharr) parmi les autres.

618. L’amour (‘ishq) est un don accordé seulement au serviteur choisi à cet effet.
619. Si l’amour (‘ishq) dans sa seule forme métaphorique (majâz) parvient à couper la
personne de toutes ses richesses, qu’en sera t-il alors de sa forme réelle (haqîqî) ?

620. Lorsque la sincérité outrepasse les limites de la courtoisie (adab), elle devient
impertinence.

621. Votre conduite qui en contradiction avec vos pensées et vos sentiments, est appelée
« hypocrisie ».

622. Les gens vivent pour leurs intérêts personnels (manfa‘at). Ceux qui s’élèvent au-
dessus de leur passion sont parvenus, par leur faculté spirituelle, à la souveraineté.

623. Celui qui vous montre la face interne de ceux qui vous entourent, ne vous a rien
montré d’autre que l’amitié.

624. Vous pouvez avoir grandi avec la science (‘ilm) et avoir même atteint la
connaissance (ma‘rifat). Cependant si vous ne donnez pas à tous les êtres leur dû (haqq),
vous êtes, après tout, loin de la perfection (kamâl).

625. Un fils, après avoir atteint un haut statut dans sa carrière, fit appel à son père dans
son bureau et lui dit : « Regarde, comme j’ai fait de moi-même un homme important » !…
L’a t-il réellement fait ?

626. Vous pouvez vous imaginer beaucoup de choses dans votre esprit et nourrir de
grands espoirs, mais êtes-vous également prêt pour les déceptions ?

627. Ce que l’on vous dit en face importe peu. Ce qui est important, c’est ce que l’on dit
de vous en votre absence.

628. Observez ceux qui disent qu’ils vous aiment ! Empruntent-ils le même chemin que
vous, ou bien le leur ?

629. Voyez, entendez, et connaissez toutes choses. Cependant apprenez aussi à les
accepter telles qu’elles sont.
630. Ne vivez jamais dans l’attente de quelque chose de la part de quiconque, autre que
le but naturel pour lequel il est là le lui permet. Autrement, vous aurez de gros ennuis.

631. ‘Isa (Jésus) n’a pas même congédié celui qui était sur le point de le dénoncer jusqu’à
la fin de son repas. Pourquoi, selon vous, ne l’a t-il pas fait ?

632. L’effort personnel permet d’abolir son propre moi, tandis que la réalisation effective
permet d’atteindre le Moi Suprême.

633. Observez vos pratiques sans vous soucier de leurs récompenses. Sans aucun doute,
vous récolterez ce que vous avez semé.

634. Votre compagnie à la fin de votre vie, plutôt qu’au début, importe plus.

635. Atteignez cette vitesse qui vous permettra d’observer le déroulement de votre vie
sous forme d’images. Où est la dernière image et tout ce qu’elle contient ?

636. Avez-vous jamais entendu parler de la vitesse de la conscience ?

637. Si vous ne pouvez faire des bonds dans la dimension de la conscience, vous devriez
vous décharger.

638. Ce qu’il y avait hier, n’est pas là aujourd’hui, et ce qu’il y a là aujourd’hui ne sera
probablement pas là demain. Pendant combien de temps encore continuerez-vous à
perdre votre temps à courir après des choses qui ne seront plus avec vous quelque temps
après.

639. Obtenez quelque chose qui peut demeurer toujours avec vous.

640. Quel est le miroir de votre conscience ? Quelle est sa mesure ? Qui en est son
compagnon ?

641. L’amour (‘ishq) est un feu si brûlant qu’il se termine dans le néant.

642. La connaissance n’est jamais suffisante pour aboutir à la purification.


643. Les fidèles communs entretiennent le souvenir d’Allah par les pratiques (‘ibâdât),
tandis que les Connaissants des Réalités Essentielles (Dhâtiyyûn) n’ont plus besoin de
souvenir.

644. Essayez d’acquérir le discours (khitâb) directement de son maître, plutôt que par
l’intermédiaire de sa plume.

645. Faites le meilleur usage de ce qui vous est donné afin de vous libérer des soucis et
d’atteindre la félicité (sa‘âdat).

646. Prenez garde à votre « ego », vous, « l’égoïste » !

647. La vie est un bien extrêmement précieux qu’on ne devrait pas gaspiller dans des
soucis inutiles.

648. Cela coûtera la perte de toute une vie future à celui qui n’aura pas fait le meilleur
usage de son moment présent (ân).

649. Gardez en mémoire que le futur est un endroit où vos pas présents vous mèneront.

650. Vivez votre vie pour en tirer des leçons, et non pour vous lamenter.

651. La vie est un don remarquablement précieux qui ne devrait pas être gaspillé en
soucis.

652. Comment « l’existence » d’ondes peut-elle être mentionnée alors que toutes les
ondes de la connaissance (‘ilm) retournent vers le « néant » après avoir émergé du « néant
» à chaque moment ?

653. Puisque chaque moment devient néant au moment suivant, votre moment présent
deviendra également néant à un autre moment. Est-ce que cela vaut donc la peine de se
faire des soucis pour ce qui est « néant » et par conséquent, perdre son moment présent ?

654. C’est en vertu du Décret divin, que cet ordre des choses est ainsi, et où vous êtes fait
pour avoir l’illusion que les « autres » sont là et que « « je suis » moi-même.
655. Raffinez votre conscience ; faites preuve de discernement et voyons ce qui subsiste

656. Si vous ne pouvez pas LIRE et ne savez pas LIRE, recherchez quelqu’un qui en est
capable. Illettré est celui qui ne peut pas LIRE.

657. Celui qui ne peut pas réaliser la valeur de la connaissance (‘ilm), mangera, boira et
mourra.

658. Le Prophète a d’abord reconnu « Allah », et en a ensuite informé l’humanité.

659. La science sans la connaissance d’Allah, n’est rien d’autre que bavardage.

660. Cessez de raconter des histoires en rapportant que « tel a dit cela » ou « un tel autre
a dit cela » … Parlez seulement de ce dont vous avez été témoin (shâhid).

661. L’essence (dhât) est connue à travers ses Noms (Asmâ’). Comment pouvez-vous
connaître Allah si vous ne connaissez même pas les gens d’Allah.

662. Ne demandez pas à un aveugle le chemin vers le ruisseau, au risque de vous voir
arriver dans un désert et de vous y perdre.

663. Le visible (zâhir) et l’invisible (bâtin) sont indissociables, ils sont Un. Celui qui n’est
pas conscient de l’invisible est également inconscient du visible.

664. Afin de mesurer la connaissance spirituelle (‘irfân) de votre mentor, observez bien
vers qui et vers quoi il vous guide. Est-ce vers Celui où tout fera retour (raj‘) ou est-ce le
cercle vicieux de simples actions (af‘âl).

665. Comment osez-vous blâmer les autres et vous livrer à des commérages en leur
absence, alors que, même lui, en tant que Rasûl (Envoyé) d’Allah, n’a pas dit du mal de
quelqu’un en son absence, ni méprisé qui que ce soit.

666. Un point infinitésimal ne représentera rien aux yeux d’une personne qui ne connaît
pas « Alif ».
667. Le « voile » ou couverture, c’est votre conscience. Ne passez pas votre vie à la
recherche de voiles, à l’extérieur, où ils n’y sont pas.

668. Une bougie s’épuise au fur et à mesure qu’elle illumine l’extérieur.

669. Le savant (‘âlim) devra s’épuiser même s’il était un soleil. Le Connaissant par Allah
(‘ârifbillah) est d’une telle LUMIERE (nûr) que seul son nom subsiste mais pas son
existence.

670. Pendant combien de temps encore continuerez-vous à compter sur la transmission


(naql) ? Quand vous déciderez-vous à laisser couler votre propre ruisseau.

671. Ghazâli avait des milliers de gens autour de lui avant de pouvoir franchir la
[station] de la « totale satisfaction » (rizâ) et solliciter l’Essence… Mawlana Jalâluddîn
rejoignit Shams Tabrizi à soixante-deux ans et put alors atteindre Allah. Ne vous décidez-
vous pas encore… ?

672. Dépassez (les stations) d’oeuvres personnelles (a‘mâl) ou de totale satisfaction (rizâ)
afin de connaître l’Essence (Dhât).

673. Etes-vous de ceux qui ont été choisis pour Lui ou de ceux qui ont été honorés pour
Le servir.

674. Si vous ne réussissez pas à voir d’où vient le Discours (khitâb), que votre servitude
soit bénie …

675. Cessez de mentionner la non-existence des « autres », mais abandonnez votre


concept de « l’autre ».

676. Il n’y a pas d’autre shirk que de voir le shirk.

677. « L’égoïsme » dérive de l’illusion du « moi ».

678. La Magnificence est inhérente au « Moi », tandis que la vanité est inhérente à votre
concept du « moi ».
679. Si vous assignez vos actions à « votre moi » (nafs), elles sont servitude du point de
vue de l’essence et shirk du point de vue du jugement (hukm). Les actions que vous
assignez cependant à « L’ÂME » [originelle], sont servitude du point de vue de l’essence
et sagesse du point de vue du jugement.

680. A qui vouez-vous votre culte (‘ibâda) si vous n’avez pas encore reconnu celui que
vous voyez ?

681. Qu’est-ce qui, à votre avis, peut changer, même lorsqu’il est indiqué que « chaque
chose a déjà été prévue, que l’encre est séchée et que la plume est cassée ».

682. Certains sont en lutte, d’autres sont en contemplation.

683. Celui qui saisit le concept de « l’infinité », perd son concept de « l’individualité »
(personnalité).

684. L’illimité s’applique à toutes les dimensions, corporelle, spirituelle ainsi qu’à celle
de la conscience.

685. C’est votre « moi » illusoire - concept du moi - dans votre conscience qui met des
limites.

686. Le seul moyen de réaliser l’illimité dans toutes ses dimensions, c’est d’atteindre « le
néant ».

687. Vous n’aurez abandonné votre dieu et n’aurez cru en Allah que si vous saisissez la
réalité de l’illimité.

688. Tout ce qui est « relatif » n’est pas réel. Le réel ne s’accorde pas avec la relativité.

689. Observez l’œil à travers l’Essence, plutôt que l’Essence à travers l’œil.

690. « Nous » est UN sous le rapport de l’intérieur (Essence) ou sous le rapport de


l’extérieur ?

691. Un silence (sukût) et une paix éternelle règnent lorsque votre « ESSENCE »
s’identifie à votre Vision.
692. En ne prenant pas conscience de votre Essence, vous vivrez les ennuis et les soucis
de votre perspective.

693. Celui qui fonde sa vie sur l’aspect extérieur, ne peut pas reconnaître l’Un en lui.

694. Demandez à votre Essence de vous informer sur vous-même, si vous voulez le
désirez. La réponse sera « oui je sais, vous êtes Moi ».

695. Je suis « vous ». Ne me regardez pas lorsque quelqu’un d’autre « vous » appelle.

696. Les formes vous informeront des Noms, tandis que la connaissance (‘ilm) vous fera
découvrir votre Essence.

697. La Connaissance (‘ilm) vous permet de connaître « Allah » et la perfection vous


permet de prononcer « Allah » tandis que c’est Lui-même qui Le prononce à travers vous.

698. « Nous » est Un (sous le rapport de l’Essence).

699. Un Ami l’est-il intérieurement ou extérieurement ?

700. L’Ami par Essence est celui qui vous informe de votre Essence, qui vous aide à y
parvenir et à L’actualiser.

701 – 800

701. Ne pouvez-vous voir que c’est mon Essence qui est votre Essence ? Alors, pourquoi
regardez-vous tout, d’un œil jaloux ?

702. L’Ami est celui qui reflète votre Essence.

703. Etes-vous prêt à rencontrer ceux que vous trouverez lorsque vous vous réveillerez
de votre vie en ce monde, tout comme vous vous réveillez après un sommeil ?

704. Les gens qui ignorent leur propre essence, reflètent tout au plus ce qui les entoure.
705. Observez votre monde extérieur et évaluez votre état intérieur (hâl).

706. Que poursuivez-vous là ? Arrêtez-vous un instant et réfléchissez-y !

707. Usez de sagesse et tirez des leçons, sinon vous risquez d’être l’objet de leur dérision
ou de leur pitié, demain.

708. Le débordement d’émotion d’un moment apportera des années de regret.

709. Si vous êtes une personne raisonnable, ne vous épuisez pas dans une course après
des choses qui deviendront sans intérêt pour vous, quelque temps après.

710. Connaissez-moi sans moi-même ; venez sans vous-même, et suivons la voie


spirituelle (sayr) de l’AMI.

711. Celui qui trouve l’AMI perdra son « ego ».

712. Etes-vous de ceux qu’Il a choisis ou êtes-vous de ceux qui vivent leurs propres
mondes ?

713. Etes-vous conscient que vous vous imposez des restrictions et que vous vous
enchaînez les pieds avec vos propres mains ?

714. Etes-vous conscient que vous mettez à feu votre Enfer avec vos propres mains, par
vos conditionnements et vos émotions ?

715. Ne perdez pas votre temps avec une personne dont la discussion tourne autour de
savoir si deux fois deux font cinq ou sept !

716. Tout animal vit pour manger, boire et errer ; seul l’être humain peut raisonner et
suivre la voie de la sagesse.

717. Là-bas ? Extérieur à vous-même ? ou dans votre essence ?

718. Que suivez-vous et qu’espérez-vous atteindre ?

719. Vos paroles sont-elles conformes à votre essence (parlent-elles le même langage ?) ou
alors vivez-vous juste pour errer ça et là ?
720. Vous tenez-vous au voisinage ou vous tenez-vous juste à côté ?

721. Vous tenez-vous à une certaine distance [de l’Un] ou n’êtes-vous séparé par aucune
distance ?

722. Vous ne pouvez trouver à l’extérieur ce que vous n’avez pu trouver à l’intérieur.

723. Tout ce que vous cherchez et trouvez là est déjà présent en votre « essence ».

724. Vous ne pouvez apprécier le gain qu’après avoir subi l’épreuve d’une perte.

725. Si vous vivez ce qui est déjà prévu, qu’espérez-vous vivre de plus sinon ce que vous
avez déjà vécu ?

726. L’intelligent sera totalement satisfait (râzî) de ce qui est déjà arrivé, tandis qu’un
idiot essaiera d’alimenter des poissons sur un arbre et se maudira pour son échec.

727. Vous pouvez faire votre entrée dans le Soufisme ; cependant vous ne pouvez
atteindre sa partie « Soufie » tant que vous demeurerez accroché à sa partie « isme ».

728. Tous les mondes (‘âlam) qui ont connu l’existence ne sont rien d’autre que « la non-
existence » dans la Pure Essence.

729. La durée de vie d’un humain n’est jamais suffisante pour prononcer « Allah akbar ».

730. Il est trop difficile de tant aimer ! Pouvez-vous l’endurer ? Pendant combien de
temps ?

731. Le prix de l’Amour (‘ishq), c’est l’extinction (l’abolition du moi).

732. Un Ordre systématique est en vigueur dans le cosmos où le sentimentalisme n’est


pas pris en considération. Tel est l’Ordre qui régit la vie par l’application de ses lois.

733. Toutes vos émotions résultent de l’action programmée de votre biochimie.

734. Comment pouvez-vous encore parler de la « liberté de votre volonté », sachant que
vous êtes sous l’effet d’influences cosmiques, génétiques et biochimiques ?
735. Etes-vous quelqu’un qui dirige la communauté ou êtes-vous dirigé par celle-ci ?

736. Vous pouvez exercer une domination sur le corps physique d’un gnostique (‘ârif),
mais jamais sur sa conscience.

737. La règle de la courtoisie lorsque vous posez une question, c’est votre objectivité.

738. Vous ne pouvez pas contempler la Vérité sans objectivité et vous ne pouvez être
objectif sans vous purifier des conditionnements.

739. Il n’y a aucun voile à l’extérieur à enlever. Vivez plutôt sans jugements de valeur
qui vous privent de clairvoyance (baçirat).

740. Le voile [qui couvre la vérité] est votre « concept illusoire » du moi.

741. Vous êtes déjà soumis (taslîm) mais vous n’en êtes pas conscient.

742. La raison de votre échec à percevoir le renouvellement constant de chaque moment,


c’est que vous le subissez vous-même.

743. Avant d’imiter quelque chose, assurez-vous de sa pertinence. Les apparences sont
trompeuses.

744. Si vous voulez faire partie de la famille des gnostiques (‘ârifûn), évitez de porter des
jugements basés sur ce qui a été vu ou entendu.

745. Ne vivez jamais dans l’espoir de trouver le lendemain une chose pour laquelle vous
n’avez fourni aucun effort la veille.

746. Le prix d’un rejet du Système est une éternelle déception.

747. Le Système est un Ordre infini qui implique des Mystères Universels. Considérez
votre connaissance à côté d’une telle infinité !

748. Le moment (ân) est « l’unité de temps » par rapport à l’illimité et l’éternel.

749. La véritable raison derrière les peines et les soucis, c’est l’échec à saisir
complètement l’infinitude.
750. Celui qui n’est pas conscient de la puissance (qudra) d’Allah, peut parler de la libre
volonté humaine.

751. Y a t-il un point où la puissance et la volonté d’Allah connaîtraient une fin afin que
puissent commencer de là, la puissance et la volonté humaines ?

752. Votre système de défense contre vos ennuis est, soit votre compréhension (idrâk),
soit votre immunité acquise par habitude.

753. Dans le domaine de l’Enfer, vous pourrez acquérir une immunité, peut-être, après
des millions d’épreuves, alors que vous pouvez l’acquérir en deux fois seulement durant
votre vie, et vous épargner alors une affliction. En vaut-il la peine ?

754. Craignez, non pas de perdre votre corps physique ou votre intérêt personnel, mais
plutôt de ne pas réussir à vous reconnaître dans la dimension de la conscience.

755. L’univers entier n’est (à l’origine) rien d’autre qu’une seule Conscience dans la
réalité. Il n’y a jamais eu quoi que ce soit en dehors de cette Conscience. Par conséquent,
concentrez vos efforts pour vous reconnaître dans cette dimension.

756. Tout ce qui vous porte à croire que vous êtes une personne physique ou une
personne spirituelle, vous jette dans l’erreur.

757. Ne cherchez pas dehors ce qui vous éloigne de la vérité puisqu’elle n’est pas là,
mais plutôt dans votre considération.

758. L’individualisme (l’égoïsme) ne mène qu’à la perte et au regret.

759. Il n’est possible de se libérer de la négligence (ghaflat) que par la purification de la


conscience du concept du moi.

760. C’est le « concept du moi » (ego) qui produit la peur (la peur est engendrée par
l’égoïsme), qui est le repentir du shirk.

761. C’est un début d’égarement (ghaflat) de parler de la conscience [particulière] des


individus.
762. Ce n’est pas la conscience des personnes (individus pris séparément), mais la
Conscience qui contemple Ses vérités (ma‘ânî).

763. Les images de la conscience sont les illusions des individus.

764. Celui qui perçoit la non-existence du moi personnel a accédé au degré de la


perfection (kamâl).

765. Dites « bismillah » et commencez sur-le-champ au lieu de dire « inshallâh » et de le


reporter au lendemain.

766. Un astronome qui nie l’astrologie est comme un boucher qui reconnaît le cerveau
mais ignore sa capacité de transmission d’ondes.

767. Informez-vous du mystère de l’initiale « B » si vous désirez vous libérer de votre «


ego » qui n’est autre que votre illusion - le résultat de votre imagination (wahm).

768. Un « point » (nuqta) devient long lorsqu’il est étiré pour former « Alif » que l’on
transforme ensuite en courbe pour former l’initiale « B ».

769. « Bismillâh » de même que « Ben » (« je suis » en turc), commencent tous deux par «
B ».

770. « Anâ » (« je suis » en arabe), commence également par « Alif ».

771. Ne vous mettez pas en état de « shirk » en mesurant l’incomparabilité (tanzîh)


d’Allah avec les autres.

772. Comment vous « identifier aux qualités (akhlâq) d’Allah » Qui est Illimité et Eternel,
Exempt de toute restriction ou de toute dimension ?

773. Ne passez pas votre temps à rechercher ce qui n’est guère là, mais assimilez plutôt
convenablement ce qui est déjà là !

774. La liberté de l’homme se trouve dans sa sagesse, tandis que sa corruption est dans
ses émotions.
775. Donnez au Réel (Haqq) Son dû (haqq) selon votre degré de réalisation.

776. A l’origine de chaque affliction il y a les actions liées aux émotions.

777. La décision (hukm) a été déjà prise, « devra » t-elle ou « ne devra » t-elle pas
s’appliquer à vous seul.

778. La qibla de quelqu’un n’est pas la Ka‘ba si son cœur n’est pas orienté vers Allah.

779. La revendication de la possession est, dans votre esprit, le feu moral de l’enfer qui
commence à vous torturer déjà dans ce monde.

780. Les plus grands ennuis chez les humains, proviennent de leur croyance (zann) qu’ils
possèdent des biens. Comment pouvez-vous parler de possession sachant que vous
l’abandonnerez demain ?

781. L’ignorant (jâhil) trouve des défauts dans les choses alors que le gnostique (‘ârif)
essaie de percevoir la sagesse dans chaque chose.

782. La non-satisfaction des désirs personnels est à l’origine de tout ennui, de toute
détresse et de toute affliction.

783. Puisque « hier » demeure dans la journée précédente, il en sera de même pour «
aujourd’hui » ainsi que pour « demain ». Comprenez-vous cela ?

784. Ne vous livrez pas à des accusations, mais faites plutôt votre propre examen ! Il n’y
a personne d’autre que vous qui comporte le côté positif de même que le côté négatif.

785. Observez votre connaissance (‘ilm), sinon observez vos limites (hadd).

786. L’imitation (taqlîd) est le SIDA de la conscience (esprit) de l’humanité.

787. Celui qui ignore l’Essence, sera, durant son jugement, assujetti à ses organes.

788. Chaque chose a son rôle et sa place dans le Système Universel, l’Ordre. Le fait d’agir
dans la précipitation ne changera jamais l’enchaînement des événements dans le Système.
Par conséquent, vous pouvez, soit patienter et vous contenter de la part (naçîb) que vous
réserve le destin, soit vous précipiter et le rompre.

789. Sans aucun doute, ceux qui sont à vos côtés aujourd’hui et qui vous estiment sur la
base de leur conditionnement ou de leurs émotions, ne seront pas au rendez-vous lorsque,
demain, vous prendrez le chemin de la sagesse.

790. Evitez de perdre votre crédibilité, car vous risquez de ne plus la retrouver.

791. Si vous ne vous attendez pas à ce que celui qui vous a trompé un jour, le fasse de
nouveau, comprenez que vous êtes dans l’erreur.

792. Quiconque quitte sa place, ne reprendra jamais la même chaise.

793. Lorsque vous désirez atteindre vos aspirations, persistez dans votre espoir.

794. Le regret ne ramènera pas ce que vous avez perdu.

795. Allah se manifeste dans toute Sa Beauté. Si vous voulez qu’il en soit de même pour
vous, il faut en payer le prix.

796. Soit « il y a », soit « il n’y a pas ». Savez-vous qu’il n’y a pas d’état intermédiaire ?

797. Le suicide n’est pas une fin de la vie, c’est un aveuglement.

798. ‘Isa (Jésus) avait redonné la vue à l’aveugle. Si vous n’êtes toujours pas capable de
voir, qu’attendez-vous pour aller retrouver votre ‘Isa ?

799. Il est dit « qu’il y a un remède à tout sauf l’ineptie ». Si vous n’êtes pas concerné,
qu’attendez-vous pour enlever votre voile ?

800. Il est mieux d’être l’esclave d’un gnostique (‘ârif) qu’un Efendi d’un ignorant (jâhil).
801 – 900

801. Le chemin qui mène vers la sagesse et la connaissance spirituelle (‘irfân) passe par le
retrait de tout refus et de toute objection.

802. Si vous savez qui est votre bien-aimé, aimez jusqu’à votre totale extinction (afin de
vous libérer de votre ego).

803. Seul « l’UN » et personne d’autre n’est aimé parmi tout ce que vous aimez.

804. On atteint [le degré de] la Réalité (Haqîqat) après avoir franchi [le degré de] la
connaissance spirituelle (ma‘rifat).

805. L’amour est un feu ardent qui finit par se consumer. Par conséquent, les amoureux
brûlent jusqu’à ce qu’ils s’évaporent et deviennent non-existants.

806. Lorsque le concept du « moi » brûle et s’évapore, il ne subsiste « rien ». Lorsqu’il de


vient « rien », il devient tout ce qui est.

807. La disparition (fanâ’) de l’être éphémère (fâni) cède la place à la permanence (baqâ’)
de l’Un éternel.

808. Quand vous réalisez que vous n’êtes pas là, c’est l’Eternel Un (Bâqî) Qui subsiste.

809. « Bâqî » n’est pas ce qui reste après l’absence de l’être l’éphémère (fâni), car ce
dernier est, par nature, périssant et n’a jamais été, alors que l’Eternel UN (Bâqî) est, par
nature, permanent et n’a jamais cessé d’être.

810. Ne vous attendez pas à ce que l’éphémère (fânî) soit là, car il n’a jamais été
réellement là. Par conséquent, l’illusion de la cessation de l’éphémère (fânî) à un certain
moment, d’une part, et la subsistance consécutive de l’Eternel (Bâqî), de l’autre, n’est pas
moins que l’expression d’un état voilé.
811. La passion (‘ishq) est liée à l’imagination (wahm) et maintient sa vie par la puissance
de l’imagination.

812. Savez-vous qui vous aimez réellement en votre bien-aimé ?

813. Je pensais, une fois, que les autres m’aimaient, personnellement. Puis j’ai réalisé que
ce n’était personne d’autre que Lui-même qui était aimé.

814. Peu importe le degré de l’amour que vous prétendez avoir pour Lui, vous ne
refusez de voir que Lui Seul lorsque vous n’aimez pas qui que ce soit.

815. Si vous êtes inconscient, vous donnerez à votre bien-aimé un nom et vous
l’imaginerez en tant que tel.

816. Il est impossible de ne pas L’aimer en tout lieu et en toute chose, sachant qu’Il se
manifeste dans tout ce qui est aimé et qu’Il dévoile Sa face (wajh) à l’œil de chaque
amoureux … sauf si vous êtes aveugle.

817. Sachant qui est votre bien-aimé, aimez au plus haut degré jusqu’à ce que vous
abolissiez votre ego et que vous deveniez néant ! Une fois que vous êtes néant il n’y a plus
rien d’autre.

818. Les Noms (asmâ’) ne sont pas mentionnés dans [la dimension de] l’Essence (Dhât).

819. Le despotisme est la révélation de l’incapacité (‘ajz) à la réflexion (tafakkur).

820. C’est votre proximité qui voile [votre vue], il serait mieux pour vous de vous retirer
quelque part.

821. Le destin (qadar) est la détermination de l’UN, en dehors Duquel il n’y a rien.

822. La foi (îmân) en Allah n’est réalisée qu’en y ajoutant la foi au destin (qadar).

823. Actualisez votre foi (îmân) en Allah par une foi absolue au destin (qadar), sinon vous
risquez d’être de ceux qui adorent un dieu.

824. Il n’y a pas plus aveugle que celui qui ne voit pas la prédestination (taqdîr).
825. Un verre transparent ne peut pas cacher ses secrets (sirr).

826. Un secret (sirr) ne peut être révélé à celui qui ne sait pas tenir sa langue.

827. Tenez votre langue afin de garder le secret (sirr).

828. La lumière traversera un verre et se réfléchira d’un miroir.

829. Gardez les secrets (sirr) afin de pouvoir être un miroir et de réfléchir le soleil de la
vérité (haqîqat).

830. Votre jugement vient de vous et non de l’extérieur.

831. C’est au moyen d’épreuves que vous serez capable d’observer votre efficacité et
d’en subir les conséquences.

832. L’épreuve est en vue de vous indiquer le degré de votre capacité à mettre en
pratique votre connaissance (‘ilm). Ne considérez jamais l’épreuve comme une
récompense ou une punition à votre encontre de la part de quelqu’un d’autre.

833. Si vous n’êtes pas aveugle, voyez alors que vous êtes créé par le Créateur de la
Nature (Fâtir) afin que vous viviez votre destin (qadar) en conformité avec votre nature
primordiale (fitra). Sachez avec certitude que chacun vit son propre destin (qadar) qui a
son origine dans sa propre essence. Personne ne peut être la cause du mal de l’autre.

834. Ceux qui voient l’Un séparé du multiple, ne réaliseront jamais la vérité. C’est
l’aveuglement qui en est la raison.

835. Si vous voulez percer le mystère (sirr) de la création, trouvez celui qui vous ouvrira
les yeux et vous permettra d’observer la multiplicité dans l’Un.

836. L’efficacité d’un être humain se mesure par sa capacité à observer les réalités, à les
accepter et à les assimiler.

837. Qu’est ce qui est mieux, à votre avis : vivre le réel ou vous ridiculiser ?
838. Poser des questions est le résultat d’une réflexion et d’un raisonnement. Les gens
qui posent des questions commencent une vie « humaine ».

839. L’éminence (sharaf) de l’être humain est mesurée par sa connaissance (‘ilm).

840. L’analyse et les questions permettront à une nation de gagner la paix et la félicité.

841. Les êtres humains veulent partager, tandis que les animaux veulent s’emparer des
choses. La vie est une lutte entre les êtres humains et les soi-disant humains.

842. Le fait de partager de plus en plus réjouit les êtres humains, tandis que le fait de
s’emparer de plus en plus réjouit les animaux.

843. Il est plus difficile d’observer convenablement les règles du système [qui régissent la
vie] que de comprendre l’Unicité de l’existence.

844. La vérité (haqîqat) est une métaphore (majâz) et les métaphores sont des illusions
(khayâl). Sa Vérité c’est seulement « la connaissance parfaite d’Allah » (ma‘rifat ullâh).

845. Quand l’attribut (çifat) de la connaissance qui appartient au Non-manifesté Absolu


(Ghayb mutlaq) se révèle, c’est « la parfaite connaissance par la Vision » (ma‘rifat ullâh).

846. La vérité (haqîqat) s’adresse aux personnes (serviteurs).

847. Chaque objet est une métaphore (majâz) et une illusion (khayâl).

848. « La connaissance parfaite d’Allah » (ma‘rifat ullâh) est la réalisation effective (bilfi‘l)
de la connaissance de l’Eternel Un (Bâqî).

849. L’Un permanent (Bâqî) est la racine et l’origine (açl). L’éphémère (fâni) est relatif et
contingent (illusoire).

850. Une « relativité » engendre seulement une autre « relativité ».

851. Celui qui n’a pas de respect pour la sagesse sera rétribué par un dénuement de toute
sagesse.

852. Si Allah est l’Eternel (Bâqî), où est l’éphémère (fânî) ?


853. Le laïcisme est une mare d’eau à côté de l’océan de l’Islam.

854. Celui qui est perspectif, ne peut pas voir la vérité (haqîqat).

855. Donnez à la femme son dû (haqq) et ne soyez pas son esclave.

856. La gratitude (shukr), c’est la reconnaissance du fait que ce qui est donné (ni‘mat)
appartient au Réel (Haqq) Seul.

857. Il n’y a pas d’intercession (shafâ‘at) au Paradis (jannat).

858. L’Amour (‘ishq) c’est l’Ascension (Mi‘râj).

859. La volonté d’un couple de s’acheminer vers l’Unicité, est ce que l’on désigne par
Amour (‘ishq).

860. Non pas un gouvernement religieux, mais un gouvernement de gens religieux !

861. Il n’y a pas de liberté pour celui qui est préoccupé par le « plus ».

862. La cupidité est un lasso dans les mains de Satan (Shaytân).

863. Etes-vous au courant de la puissance du silence ?

864. Essayez de communiquer vos pensées par votre cerveau, plutôt que par votre
langue.

865. La puissance d’un message s’affaiblit lorsque le volume de la voix augmente.

866. Lorsque quelqu’un se livre à des médisances ou à des commérages, il se prosterne


(sajjâda) devant Satan.

867. Viennent-ils pour vous ou pour ce qui est avec vous ?

868. Les murs sont des conditionnements.

869. Les oeuvres d’Allah sont la perfection absolue. Qu’en est-il des oeuvres des autres ?
870. Si vous n’avez même pas pu reconnaître Son Prophète, comment pourrez-vous
jamais Le connaître ?

871. L’amour divin ôte quelque chose de vous, tandis que l’amour humain veut
posséder.

872. On peut voir Allah, soit dans la multiplicité (kathra), soit mentionner « Allah » et
perdre de vue la multiplicité.

873. Toutes les créatures (makhlûqât) s’accouplent, tandis que seuls les êtres humains
peuvent s’unifier.

874. L’incapacité (‘adjz) engendre la pauvreté (faqr), tandis que la pauvreté finit dans le «
néant ». A partir de là, c’est Lui Qui parle à travers chaque langue.

875. A l’origine des brûlures dans le feu de l’Enfer, il y a « l’ego », concept du moi et les
émotions qu’il génère.

876. C’est une manière de nier le nom d’Allah « al-Hakîm » (possédant la Sagesse), que de
trouver des fautes.

877. Toute idée de contraire (zidd) n’est due qu’à la façon de voir du serviteur. Par
rapport à Allah le concept de « contraire » est sans fondement…

878. Pour accéder à l’universalité, il faut d’abord sortir de son cocon.

879. Il n’est qu’un pseudo intellectuel puisqu’il ne s’est pas purifié de ses jugements de
valeur.

880. Lorsque vous prononcez « Allahu Akbar », rien d’autre ne doit subsister à vos yeux
qu’Allah.

881. La prière (çalât), est un canot de sauvetage qui transporte votre conscience dans
l’infinité.

882. Le verre est dans la main de tout le monde, tandis que le diamant est dans la main
des élus.
883. Celui qui n’est pas tolérant, ne devrait pas faire de discours sur la tolérance. S’il le
fait ce sera de la dissimulation.

884. Réalisez-vous que vous êtes en Sa présence (huzûr) à chaque moment, et en paix en
même temps.

885. L’homme tisse son cocon avec ses espérances, mais il risque d’avoir des déceptions.
S’il évalue cela, son cocon sera légèrement brisée.

886. On dit que l’espoir fait vivre. Il y en a tant qui semblent en vie mais sont morts,
tandis qu’il y a tant d’autres qui sont en vie durant des siècles.

887. Chacun de nous est en Sa présence (huzûr) tandis que chacun de nous est en
présence l’un de l’autre. Le réalisez-vous ?

888. Ceux qui ne peuvent pas faire un pas en arrière, ne peuvent pas faire un pas en
avant.

889. L’AMOUR (‘ishq) s’éteindra lorsque le « shirk » est enlevé.

890. L’Amour (‘ishq) est le plus beau refuge pour un voyageur mystique.

891. « La patience » (sabr) c’est supporter ce que vous n’aimez pas. Vous êtes satisfait
(râzî) de ce que vous aimez, plutôt que ne l’endurez.

892. Vivez pour croire qu’il n’y a pas du tout une volonté universelle (irâda kulliyya),
pensez avant tout à croire qu’il n’y a jamais de volonté individuelle libre (irâda juz’iyya) !

893. La raison de vos brûlures dans le feu de l’Enfer, c’est votre échec à voir l’Un Qui
détermine toute chose.

894. Qu’avez-vous de particulier pour être choisi ?

895. L’ingratitude est ce qui distingue ceux que l’on désignera plutôt par des pseudo
humains.
896. Celui qui ne voit que lui-même (nafs) est voilé d’Allah. (C’est votre vue de vous-même
qui vous voile d’Allah).

897. Chaque secret que vous laisser échapper est un retour d’un niveau de vie de la
conscience à une vie instinctive.

898. Cette personne qui n’est pas tolérante, est en état d’adoration de son dieu.

899. Vous ne ferez pas partie des gens qui ont fait une réalisation effective (ahl-attahqîq)
mais vivrez en imitateur (ahl-attaqlîd), tant que vous n’aurez pas compris le Nom d’Allah
al-Halîm.

900. La règle de la courtoisie (adab) est de donner aux Noms leur dû (haqq).

901 – 1007

901. Celui qui trompe est lui-même le perdant, et non celui qui est trompé.

902. La rectitude d’un arc est basée sur sa courbe.

903. La soumission (khushû‘) est symbolisée par la prosternation (sajda) dans la prière.

904. La clémence (hilm), c’est la tolérance de la création par la vision du Créateur.

905. Une personne douée d’une grande intelligence peut devenir athée, tandis qu’une
personne douée de sagesse (raisonnable, d’un esprit pénétrant) aura foi en Allah. Un
imbécile s’attachera à son dieu.

906. Ne dites pas à votre ami votre secret, car il pourrait le révéler à son ami ; souvenez-
vous que son ami peut avoir d’autres amis à qui il le révélerait aussi.

907. La voie menant vers Allah est barrée à un cerveau qui ne questionne pas.

908. La place d’un cerveau qui ne questionne pas n’est nulle part que dans l’étable.
909. Vous ne vous livrerez jamais à des accusations contre qui que ce soit si vous
percevez la véritable identité de celui qui est là.

910. Le problème intellectuel que vous n’avez pu résoudre comportera toujours une
certaine relativité.

911. Si une certaine relativité subsiste en vous, vous ne pouvez pas être purifié (tat-hîr).

912. Le shirk est détruit lorsque « la relativité » est abolie ; de là commence alors « le
néant ».

913. « Tahajjud » est l’état (hâl) de celui qui veille la nuit pour dire ses prières (çalât).

914. L’interprétation du Coran non basée sur le Soufisme, est comme un corps mort sans
âme.

915. L’ablution est en vue de se purifier des pensées qui génèrent le shirk.

916. En vertu du système d’Allah, demain est inclus dans aujourd’hui tout comme hier
existe aujourd’hui.

917. C’est un don que d’être capable d’aimer une personne dans son état présent plutôt
que dans son état d’hier.

918. Le Nom n’est pas le Nommé ; comprenez que le signifiant et le signifié sont
totalement différents.

919. Le Soufisme (Taçawwuf) est la connaissance ésotérique du Coran.

920. Une personne commune est celle qui juge les apparences et les événements dans
leurs états correspondants.

921. Si vous pouvez lire l’essence de ceux que vous regardez, vous faites partie de l’élite
spirituelle (khawâç).

922. L’appréciation de ce qui est donné (ni‘mat) rapportera davantage.

923. L’homme est doué de sagesse (hikma), et la femme est douée de puissance (qudra).
924. C’est la perfection (kamâl) de l’autre [personne] qui fait parler une personne.

925. Celui qui se met en colère contre les autres, est en réalité, en colère contre sa propre
incompréhension [de la situation].

926. L’imagination est le support illusoire de la vie tandis que la déception est la réalité
de la vie.

927. Les déceptions que vous avez dans la vie sont les réalités du Système et Ordre
d’Allah, qui vous sanctionnent pour n’avoir pas appris le Système.

928. Si vous ne recherchez pas les réalités en dehors de votre cocon que vous avez tissé
avec vos imaginations, sachez que bien des déceptions vous attendent demain.

929. Les gens ingrats de par leur insouciance, apprendront un jour amèrement à qui ils
n’ont pas été reconnaissants, alors qu’il ne leur sera plus possible de rattraper le passé et
de le corriger !

930. La seule chose à même de faire cesser le feu de l’Enfer, c’est la satisfaction totale
(ridzâ) de la prédestination (taqdîr).

931. Ne vous élevez pas contre quelque chose - attendez et voyez la sagesse (hikma) qu’il
comporte.

932. Cela ne veut pas dire que quelqu’un est sage s’il est le moins stupide parmi
beaucoup d’autres stupides, même si s’il peut être considéré en tant que sage parmi les
stupides.

933. Même si le moins ignorant (jâhil) est considéré en tant que savant (‘âlim) parmi
beaucoup d’autres ignorants, il n’a toujours pas réalisé l’essence de la Vérité.

934. Même si le moindre imitateur est considéré comme ayant trouvé la vérité parmi
beaucoup d’autres imitateurs (muqallid), il n’est toujours pas un Connaissant Véritable
(muhaqqiq).
935. Le musulman qui ne vit pas effectivement sa foi (tahqîq al-îmân) est comme une
femme en tenue d’homme.

936. Celui qui est préoccupé par le mérite est un mushrik.

937. La comparaison à Son inégalable Transcendance (tanzîh) est de l’associationnisme


(shirk), tandis que la comparaison par analogie (tashbîh) est un blasphème (kufr). (Si vous
considérez qu’Allah est un être au-delà de ce que vous voyez, vous tombez dans l’associationnisme
(shirk) ; si vous croyez qu’Allah est ce que vous voyez, vous aurez dissimulé - blasphémé - la
Vérité).

938. L’humain est un être qui vit dans la dimension de la pensée. L’animal est un être qui
vit dans un monde à trois dimensions.

939. Pensez qu’il n’y a pas de dieu ! N’oubliez pas qu’il n’y a qu’Allah.

940. L’esprit apprend au fur et à mesure qu’il pense, mais l’âme apprend au fur et à
mesure qu’elle subit des épreuves.

941. La Descente (nuzûl) est le passage de l’Invisible (Bâtin) au Visible (zâhir), tandis que
l’Ascension (‘urûdj) c’est le passage du Visible à l’Invisible.

942. Lorsque cesse la raison (‘aql), la perspicacité se manifeste.

943. Lorsque l’esprit est guidé vers la profonde réflexion (tafakkur), le corps vivra sans
actions superflues.

944. Un œil est censé guider (hidâyat) une personne !

945. Si un œil incite une personne à de mauvaises actions, c’est Satan (Iblis) qui utilise cet
œil.

946. Un être humain est capable de trouver beaucoup d’animaux pour satisfaire ses
besoins ; mais il a également besoin d’un autre être humain pour partager avec lui ses
pensées.
947. C’est une tâche extrêmement difficile que d’atteindre les qualités (akhlâq) d’Allah ; il
est d’autant plus difficile de vivre parmi les gens (bashar) durant sa réalisation.

948. Ce qui arrive n’est pas important, ce qui l’est par contre, c’est ce que vous
comprenez par ce qui est arrivé.

949. On désigne par (rizq) les moyens de subsistance qui vous sont prédestinés (taqdîr)
sur la base du but pour lequel vous avez été créé.

950. Vous ne pouvez pas utiliser plus qu’il ne vous a été accordé.

951. Vous aurez atteint le but de la création (destin) au moment où vous quitterez ce
monde.

952. Celui qui comprend, accepte et réalise effectivement le Dîn-al-Islam est appelé «
Connaissant », (muhaqqiq). Par contre, celui qui prétend l’avoir accepté sans le comprendre
est un imitateur (muqallid).

953. L’Islam est le nom du Système et Ordre d’Allah.

954. Le fait de dire « je crois au remède du miel » ne veut pas dire que je mange du miel
!… Quiconque mange du miel bénéficiera de ses bienfaits… Qu’en est-il de celui qui lèche
le pot… ?

955. La foi (îmân) est complétée par les actions ; la foi qui n’est pas combinée avec les
actions n’est pas Foi, mais simple bavardage vide de sens … tout comme celui de la
cigogne !

956. Les conseils sont inutiles pour un imbécile. Evitez celui qui ne comprend pas qu’il
ne comprend pas.

957. Les conseils s’adressent aux gens raisonnables (sages).

958. C’est accéder à la certitude (yaqîn) que de LIRE Ikhlâç !

959. Le temps ne suffit jamais à une personne sage, alors qu’il ne passe pas suffisamment
vite pour une personne stupide.
960. Les plus grandes déceptions surviennent avec les rêves exagérés (impossibles).

961. Sans la LECTURE de Ikhlâç, vous ne pouvez pas trouver ce dont nous informe le
nom « Allah ».

962. Ikhlâç est le miroir du ‘ârif billâh (le Connaissant par Allah)… Un ‘ârif billâh
contemple son essence là.

963. Une personne stupide se noiera dans les moments d’efforts auxquels il ne peut rien
changer. Une personne sage par contre tirera du plaisir de ces moments d’efforts
inchangeables.

964. La certitude (yaqîn), c’est vivre effectivement ce que vous voyez, consécutivement à
une foi absolue (îmân). Avoir foi, cependant, c’est croire en ce que vous ne pouvez pas
voir.

965. Malgré les conséquences fâcheuses, il semble beaucoup plus facile aux gens
d’adorer ce qu’elles imaginent dans leurs esprits que de réaliser et d’admettre qu’elles
doivent servir « Allah » !

966. La soumission (taslîm) passe par la connaissance d’Allah.

967. L’ego (anâ) est créé pour le feu de l’Enfer.

968. Rien ne peut éteindre le feu de l’Enfer hormis la foi complète (îmân) et la soumission
(taslîm) à Allah.

969. Les pseudo humains ont été créés pour l’Enfer et les humains pour le Paradis.

970. Vos conditionnements et votre nature (désir charnels) alimentent l’enfer qui est en
vous-même.

971. A moins de vous libérer de l’adoration du dieu que vous créez, et à moins d’avoir
foi en « Allah », l’enfer continuera à brûler tout votre environnement intérieur et extérieur.

972. Il n’y aura pas d’humains qui resteront en Enfer.


973. Les plaintes viennent de votre ego. C’est le résultat de votre négligence (ghaflat).

974. Si vous avez été créé pour commérer, votre demeure sera en Enfer.

975. Si vous avez déjà atteint les qualités (akhlâq) « d’Allah », contemplez alors l’univers
comme « Allah ».

976. Les gens reconnaissants n’auraient pas été appréciés si les gens ingrats n’avaient pas
été créés.

977. Qu’est ce qui est dénoté par le nom « Allah » ! ?…

978. « Il » est vu par la vision intérieure (baçîra) et non par la pupille de l’œil, car Il est
Baçîr.

979. Le but du voyage mystique (siyâhat) est de vous permettre de connaître les qualités
(akhlâq) d’Allah.

980. L’œil qui regarde sans réflexion (tafakkur) n’est pas un œil humain.

981. Examiner celui qui parle derrière vous, qu’a t-il oublié ?

982. Ceux qui sont à vos côtés pour des raisons matérielles ou spirituelles, essaieront de
vous calomnier dès que leurs avantages cessent… Tenez-vous prêt pour cela !

983. Bien que la plupart des choses qui vous aident à agir en vue de la connaissance
d’Allah, semblent être mauvaises (sharr) pour votre ego, lorsque vous atteignez [la Vérité],
vous verrez qu’elles sont absolument bonnes (khayr).

984. Sachant que le jour du Jugement Dernier (Qiyâmat), la mère et le père s’éloigneront
de leurs enfants ainsi que le mari de son épouse, tel que nous en informe le Coran, qu’au
Paradis tout le monde aura le même âge et que la durée de la vie sur terre n’équivaudra
qu’à quelques secondes, que se passera t-il ensuite, à votre avis ?..

985. Tout ce à quoi vous êtes susceptible de penser, vient du créé.


986. Dans les temps anciens, les gens emprisonnés dans leurs cocons, pensaient que la
terre était le centre de l’univers ; de nos jours ils pensent que l’univers tourne autour
d’eux.

987. Les musulmans avaient l’habitude de croire en un dieu… J’ai essayé de leur
expliquer ce dont nous informait le nom Allah, mais ils « mettaient à jour leurs dieux »
avec ce que je leur disait.

988. Par la voie exotérique vous serez libéré du blasphème (kufr), tandis que par la voie
ésotérique vous serez libéré de l’associationnisme (shirk).

989. Selon notre considération, les imbéciles du paradis sont comme les gens perdus
dans l’enfer.

990. Les gens qui ne voient pas que même les faiblesses humaines viennent de la
perfection (kamâl), sont ceux qui manquent de sagesse.

991. La crainte de l’imbécile est due à la perte matérielle qu’il subira sur la terre, tandis
que la crainte de celui qui est conscient est suscitée par les limites de sa connaissance
spirituelle (‘irfân).

992. L’imbécile est celui qui n’est pas conscient de ce qu’il est en train de perdre.

993. La connaissance spirituelle (‘irfân) d’un ‘ârif lui fait réaliser ses imperfections et lui
permet de les corriger.

994. L’esprit est satisfait (trouve la paix) au moyen du « dhikr » d’Allah.

995. Si vous ne voulez pas être cruel envers un idiot, ne lui parlez pas de la connaissance
de la Vérité.

996. Cruel est celui qui ignore sa propre (nafs) vérité.

997. Celui qui aide un « zâlim » aura partagé son « zulm ».

998. L’aide offerte à un zâlim est un péché suffisant pour voiler la personne de la
connaissance « d’Allah ».
999. Le dhikr est l’invocation d’Allah par le serviteur (‘abd), alors que la pensée (fikr) est
un [aspect du] regard du serviteur vers « Allah ».

1000. Il n’est pas possible de transformer l’imitation (taqlîd) en réalisation (tahqîq) par
l’imitation.

1001. Etes-vous de ceux qui critiquent ou de ceux qui produisent ?

1002. La réalisation par la voie exotérique devrait être un pas pour la réalisation par la
voie ésotérique.

1003. Vous êtes inconscient jusqu’à ce que vous vous trouviez votre « essence ».

1004. Si vous ne pouvez pas connaître la création – la voir – de la même manière que le
Créateur, vous devriez en conclure que vous ne vous connaissez pas encore !

1005. Si « Allah » par Sa volonté, ne fait pas bénéficier les humains de Ses grâces (ni‘mat),
Il les couvre alors de fierté !

1006. Si vous laissez couler l’eau d’un robinet et que vous vous plaignez de soif, vous ne
faites que vous ridiculiser.

1007. Le niveau que vous atteignez est lié au niveau de celui qui vous guide. Ce peut être
votre conjoint, ou un homme doué de sagesse – un gnostique !.. Quiconque vous guidera,
vous en subirez les conséquences !