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LES ENJEUX DE L’ÉVALUATION ET DE LA PRÉVENTION DES RISQUES

- Répondre à une obligation réglementaire : en œuvre, ses autres projets, afin que la préven-
L’évaluation des risques et la formalisation du tion corresponde à une stratégie durable.
document unique a fait l’objet d’un décret de no-
- Pour faire connaître aux partenaires des cen-
vembre 2001. Cette obligation, complémentaire-
tres les questions de conditions de travail qui se
ment à celle concernant la prévention des risques
posent :
professionnels, concerne tous les employeurs.
Les partenaires institutionnels et politiques sont
- Réduire les risques professionnels mais éga- les acteurs incontournables de la vie des centres.
lement améliorer les conditions de travail : A travers leur soutien, leurs financements, leurs
Le secteur des centres sociaux est peu concerné décisions concernant les locaux, les orientations
par les accidents du travail (accidents lors des acti- du centre, etc., ils impactent directement les con-
vités sportives, chutes, etc.). L’enjeu de la démar- ditions de travail des salariés, leurs conditions
che se situe donc aussi au niveau de la prévention d’emploi et leur charge de travail. Leur faire con-
de la dégradation de la santé et de l’amélioration naître l’effet de leurs décisions sur les conditions
des conditions de travail des salariés. de travail est un enjeu fort de la démarche.
- Mettre en place une démarche pluridiscipli- - En analysant le travail, la charge de travail
naire s’appuyant sur la participation des sala- pour identifier des pistes d’amélioration :
riés : L’évaluation des risques est une opportunité pour
Les salariés sont les premiers concernés par améliorer les conditions de réalisation du travail
l’évaluation de leurs risques : ils connaissent les et son organisation. A condition de ne pas rester
conditions dans lesquelles ils sont davantage ex- à une simple liste des dangers identifiés mais de
posés, ils ont des idées concrètes sur la façon de s’intéresser aux conditions réelles dans lesquelles
les réduire. Les impliquer assure la mise en place les salariés sont exposés.
d’une démarche appliquée à leurs conditions de
- En liant conditions de travail, prévention des
travail, les contraintes qu’ils rencontrent dans leur
risques, qualité de service et performance de
activité. La prévention doit être pluridisciplinaire,
l’organisation :
en combinant plusieurs approches : technique, ré-
L’amélioration des conditions de travail est un
glementaire, médicale et organisationnelle, avec
levier important pour rendre le travail et son or-
l’appui des ressources externes.
ganisation plus efficaces. Cela constitue une des
- Pour construire une démarche adaptée aux marges de manœuvre du management pour amé-
spécificités de chaque centre : liorer la gestion des compétences, bien répartir la
Chaque centre doit déterminer la méthodologie la charge de travail, faciliter le fonctionnement des
plus adaptée à son organisation, son fonctionne- collectifs de travail, favoriser les relations avec le
ment, ses relations sociales, les actions déjà mises public.

Point sur le décret n°2001-1016 du 5 novembre 2001 : une obligation de retrans-


cription et de mise à jour des résultats de l’évaluation a priori des risques, dans un
document unique
L’évaluation doit comporter un inventaire des risques identifiés dans chaque unité de travail de l’en-
treprise ou de l’établissement. La notion d’unité de travail peut être définie comme la partie d’éta-
blissement constituant, objectivement, une unité de travail technique ou économique cohérente, ou
bien comme une zone ou activité homogène en termes d’exposition aux risques.
La mise à jour du document unique doit être effectuée au moins chaque année et également lors de
toute décision d’aménagement important modifiant les conditions d’hygiène, sécurité ou les condi-
tions de travail et lorsqu’une information supplémentaire concernant l’évaluation d’un risque dans
une unité de travail est recueillie.

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LA DÉMARCHE DE
OBJECTIFS
PRÉVENTION
Déterminer la méthode de conduite du projet de prévention,
les moyens et les ressources
Étape 1:
Partir dʼun état des lieux sur les actions déjà mises en œuvre
Préparer la démarche Définir les unités de travail
Mettre en place les modalités dʼune démarche participative

Identifier les familles de risques sur les unités de travail


Étape 2: Analyser les conditions dʼexposition aux risques des salariés
Évaluer les risques à partir dʼune réflexion sur les enjeux
Évaluer les risques de santé
Démarrer la formalisation du document unique

Élaborer la liste des actions de prévention à mettre en œuvre


et les priorités
Définir un plan de prévention, avec une dimension
Étape 3: pluriannuelle selon les priorités établies
Construire le plan de Étudier différentes solutions possibles : rechercher les
prévention meilleurs compromis pour le choix des actions : solutions
techniques, organisationnelles, formation, coûts des
solutions, …
Déterminer le planning de mise en œuvre

Suivre la mise en œuvre dans le temps


Étape 4 :
Réajuster au fur et à mesure des projets
Suivre les actions - Comparer les risques avant et après transformation, évaluer
Évaluer les résultats les résultats, suivre les indicateurs

Pour pérenniser la démarche


Réaliser une mise à jour annuelle du document unique
Actualiser le document unique lors de tout aménagement
des situations de travail, de lʼorganisation, lors de
lʼapparition de nouveaux risques

LES ACTEURS DE LA DÉMARCHE


Au sein du centre : réglementation et conseille
- le conseil d’administration et/ou les élus locaux - le technicien de la CRAM qui conseille, réalise des
- la direction, le responsable du projet mesures, etc.
- les salariés - le chargé de mission de l’ARACT qui accompagne
- les représentants des salariés - la Fédération Régionale des Centres Sociaux qui
Comme ressources externes : apporte son soutien
- les organisations syndicales qui conseillent
- le médecin du travail qui apporte son point de vue
- le consultant qui apporte son expertise
médical et conseille
- l’agent de contrôle qui vérifie l’application de la
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La préparation de la démarche, avant d’entamer l’analyse des risques, est une étape indispensable à la
fois pour construire une stratégie de prévention durable, pour développer une approche pluridiscipli-
naire en santé au travail et pour la conduite des actions de prévention.
Pour cela, il faut :

DÉTERMINER LA MÉTHODE, LES MOYENS


PREMIÈRE ÉTAPE : LA PRÉPARATION DE LA DÉMARCHE

L’objectif ici est de définir les modalités de conduite de projet, en fonction des caractéristiques du
centre, de son organisation, ses problématiques, ses ressources internes et externes.

Qui porte le projet ? - la méthode d’analyse des risques et de recher-


La personne en charge du projet pourra assurer le che de solutions,
suivi et la gestion administrative de la démarche - la validation, l’information, la participation,
(formalisations, mises à jour), mais aussi dans - les différentes étapes,
certains cas l’animation de groupes de travail, la - les outils utilisés (grilles, tableaux, question-
mise en œuvre des méthodes d’analyse, la recher- naires, formalisations diverses, notes de services,
che documentaire, ou encore le lien technique etc.),
avec les acteurs externes. - les moyens à mobiliser, en temps, les appuis ex-
térieurs.
Par exemple, le président, le directeur, un respon-
sable de service, etc. Par exemple, dans un centre social, un groupe de
Quelle méthodologie est mise en œuvre travail avec un référent par secteur, la direction
et quels moyens sont mobilisés ? et les représentants du personnel
Le contenu de la méthodologie porte sur : Quelles échéances vont être
- les modalités de pilotage, de gestion, de suivi déterminées ?
(organisation matérielle, temps attribué aux ac- Celles-ci devront être réalistes et adaptées aux
teurs, partage des tâches, ...), temporalités du centre.

CONSTRUIRE UN DÉMARCHE PARTICIPATIVE


Les salariés sont acteurs de leur prévention et de leurs conditions de travail. La démarche doit donc
reposer sur leur implication ainsi que celle de leurs représentants, pour que l’évaluation soit enrichie
par leur connaissance des risques et des difficultés qu’ils rencontrent, et pour que les actions d’amé-
lioration soient adaptées au travail.

CONTACTER LES PARTENAIRES INSTITUTIONNELS


Premier partenaire essentiel : le médecin du travail. A travers sa connaissance des salariés et de l’orga-
nisation, le médecin du travail est un appui incontournable ; le contacter pour avoir son avis sur les ris-
ques professionnels au sein du centre, ainsi que la santé globale des salariés est une étape importante.
Peuvent être également sollicités, le contrôleur du travail, le technicien de la CRAM, l’ARACT, etc.

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PARTIR D’UN ÉTAT DES LIEUX

Cet état des lieux préalable offre l’intérêt d’une - accidents du travail, maladies professionnelles,
mise en commun de l’ensemble des connaissan- incidents divers, inaptitudes déclarées,
ces détenues ou que doit rechercher le centre so- - actions de prévention mises en œuvre,
cial en matière d’exposition aux risques. Le cen- - formations diverses (secourisme, électricité, sé-
tre a probablement déjà mis en place des actions curité, etc.),

PREMIÈRE ÉTAPE : LA PRÉPARATION DE LA DÉMARCHE


dans le domaine de la prévention. La démarche - consignes de sécurité, rapports des organismes
doit partir de cet existant, l’objectif étant de faire de contrôle (locaux, incendie, etc.),
le lien entre certains indicateurs : - questions posées par les délégués du personnel,
- fiche entreprise réalisée par le médecin du tra- - données sociales : absentéisme, vieillissement,
vail, etc.

Cet état des lieux doit permettre, à partir de l’expérience du centre en matière de prévention, d’iden-
tifier les besoins du centre, de définir les objectifs de la démarche et de valider l’organisation du
projet.

DÉFINIR LES UNITÉS DE TRAVAIL

Pour optimiser l’analyse des risques et inscrire la ensembles, chaque ensemble étant appelé “ unité
démarche dans une dimension collective, il s’agit de travail ”. Ce découpage a pour objet de tendre
de définir un périmètre rassemblant un groupe de vers une exhaustivité en termes de populations.
personnes exposées de façon plus ou moins ho- La logique de découpage peut être par métier,
mogène à des risques similaires. Il s’agit d’un dé- géographique, par secteur ; le choix doit avoir du
coupage le plus pertinent du centre en plusieurs sens pour les acteurs du centre.

Un centre pourra choisir les unités de travail suivantes : Un autre proposera le découpage suivant :
Accueil petite enfance Animation petite enfance
Chantier d’insertion Famille et adulte
Accueil enfants / jeunesse Animation jeunes
Administratif Administratif / accueil tout public
Accueil tout public Animation enfance
Famille, emploi, accueil, bibliothèque Entretien / logistique

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IDENTIFIER LES DIFFÉRENTES FAMILLES DE RISQUES
Avant l’analyse des risques, un travail préalable consiste à identifier les familles de risques présents
dans l’entreprise. Il s’agit de lister les risques dits « génériques », indépendamment des situations
de travail. Cette liste, non suffisante en soi, pourra servir de repères lors de l’analyse des conditions
d’expositions aux risques des salariés.
Liste des risques génériques, construite lors de deux diagnostics :
- Risques de chute (de hauteur, de plain-pied, - Risques liés à la co-activité (bénévoles), au travail isolé
d’objets) - Risques liés au travail répétitif, (TMS, etc.)
- Risques liés aux activités sportives - Risques liés à la relation aux enfants, aux jeunes, au
- Risques liés à la manutention manuelle, aux public
DEUXIÈME ÉTAPE : L’ÉVALUATION DES RISQUES

postures - Risques liés à l’aménagement du poste de travail


- Risques liés à l’utilisation des machines et d’outils - Risques liés à l’environnement physique (bruit,
- Risques liés à la mobilité, aux déplacements éclairage, température, etc.)
(piéton, voiture, mini-bus) - Risques liés au travail sur écran
- Risques électriques - Risques liés à l’organisation du travail (rythme,
- Risques mécaniques horaire, charge de travail, fonctionnement du collectif,
- Risques thermiques etc.)
- Risques chimiques, liés aux poussières - Risques psychosociaux (stress, etc) liés à la charge
- Risques liés aux questions d’hygiène (maladies mentale
des enfants, etc.) - Risques d’incendie, d’explosion, d’inondation, liés aux
- Risques liés au travail en hauteur conditions climatiques

Les principales familles de risques identifiées au sein des centres sociaux sont :
- Les risques liés à l’organisation du travail et à la charge de travail
- Les risques liés à la relation au public accueilli
- Les risques liés aux activités réalisées avec le public
- Les risques liés aux déplacements (piéton, avec véhicule)

ANALYSER LES CONDITIONS D’EXPOSITION AUX RISQUES DANS CHAQUE UNITÉ DE TRAVAIL

L’objectif de cette étape est de comprendre les de mieux caractériser les risques dans l’entrepri-
expositions aux risques dans les situations de tra- se, d’identifier des risques émergents, mais égale-
vail, de rentrer dans l’analyse par le travail et « ment d’ouvrir le champ des actions de prévention
de ce qui s’y passe réellement », et non unique- en recherchant des pistes d’amélioration techni-
ment par les risques génériques. ques, organisationnelles ou encore du côté du dé-
Par exemple, les conditions dans lesquelles un veloppement des compétences des salariés.
animateur est exposé à certains risques ne seront L’analyse des conditions d’exposition aux risques,
pas les mêmes lors d’un séjour, lors d’une activi- pour que la démarche ne soit pas trop coûteuse en
té sportive ou lors d’un suivi scolaire. De même, temps pour l’entreprise, va concerner des situa-
un animateur jeunes aura des conditions d’expo- tions de travail caractéristiques. L’exhaustivité
sition différentes d’un animateur petite enfance : sera ensuite recherchée à partir des résultats de
activité différente, public différent, etc. l’analyse de cette situation caractéristique (quel-
les différences pour le travail, l’organisation,
Le travail d’analyse proposé ici permet à la fois l’aménagement de cette activité ?).
Comment faire ?
L’entretien avec les salariés concernés, l’obser- lement les aléas, les conditions plus exception-
vation des situations de travail, permettent d’ex- nelles (préparation de projets, vacances scolaires,
plorer les différentes dimensions des conditions etc.).
de réalisation du travail à l’occasion desquelles Cette analyse est réalisée avec les salariés concer-
le salarié peut être exposé à des risques. On par- nés, ce qui permet de prendre en compte les ris-
lera donc de conditions d’exposition aux risques. ques encourus au quotidien, leurs représentations
Cette analyse doit prendre en compte les condi- des risques (individuelles et collectives), leur sa-
tions normales de réalisation du travail, mais éga- voir-faire en termes de prévention.

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Organisation du
Horaires travail
Charge de travail
Quels sont les éléments à
Outils Compétence
prendre en compte Les conditions Régulations Savoir
pour identifier les Produits d’exposition faire
conditions d’exposition aux risques
Environnement Formation
aux risques ?
Relation public Caractéristiques Collectif de travail
des salariés
(Age, santé, ...)

DEUXIÈME ÉTAPE : L’ÉVALUATION DES RISQUES


Le tableau qui suit peut être utilisé pour la forma- projet.
lisation du travail d’analyse des conditions d’ex-
- En listant les actions de prévention en cours
position aux risques. Les centres qui l’ont utilisé
ou déjà menées ainsi que les points à améliorer,
y ont trouvé plusieurs intérêts :
l’entreprise articule plus aisément évaluation et
- L’entrée de cette grille correspond à une appro- prévention : elle valorise ce qui existe déjà chez
che par le travail et non par le risque : le point elle en matière de prévention et identifie les
de départ de l’analyse est la liste des différentes points sur lesquels elle devra trouver des solu-
phases de travail d’une même activité. En effet, tions d’amélioration ou engager des actions. Cet
les risques liés à la préparation d’un séjour sont outil facilite le décloisonnement entre évaluation
différents de ceux liés à la mise en œuvre du et prévention.

Par exemple, pour un animateur jeunes, extrait de la grille :

Actions de
prévention en
Phases de travail Risques Conditions d’exposition aux Points à améliorer
cours ou déjà
risques
menées
- Travaux de - Risques liés au - Préparation des projets, avec ou - Organisation du tra- - Aménagement du
préparation travail sur écran, sans les jeunes vail favorisant le tra- poste de travail au
et administratifs liés à l’aména- - Rédaction de rapports, etc. vail en équipe (entre local jeunes
gement du pos- - Utilisation de l’ordinateur animateurs, avec les - Réflexion sur
te de travail - Participation aux réunions d’équipe jeunes) l’aménagement dans
- Impact sur la - Distance avec le local administratif - Fonctionnement du les futurs locaux
charge de tra- - Relations avec des personnes collectif de travail administratifs
vail, extérieures et institutionnelles : - Réunion hebdoma- - Réflexion sur les
- Risques liés à par téléphone, selon les horaires daire au centre, de moyens d’anticiper
l’organisation d’ouverture des organismes, etc. régulation avec la di- les appels à projets
du travail - Difficulté à anticiper les appels à rection - Réflexion sur les
projets temps formels/infor-
- Réflexion sur le rôle du coordon- mels pour la prépara-
nateur (veille, organisation du tra- tion des projets : mé-
vail, etc.) thodes de conduite
- Période plus chargée : avant et de projet
pendant les vacances

VALIDER LES RÉSULTATS DE L’ANALYSE

Cette validation pourra se faire avec les salariés concernés dans l’unité de travail ou au sein d’un
groupe de travail s’il existe. Les échanges lors de cette phase permettent de mettre en débat à la fois
les conditions d’exposition aux risques mais également les points à améliorer en termes de prévention
et d’amélioration des conditions de travail.

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DÉFINIR DES CRITÈRES D’ÉVALUATION EN CROISANT LES RÉSULTATS DE L’ANALYSE DES
CONDITIONS D’EXPOSITION AUX RISQUES AVEC LES ÉLÉMENTS DE L’ÉTAT DES LIEUX

Le classement des risques va permettre de définir des priorités afin de planifier dans le temps les ac-
tions de prévention à mettre en œuvre.
L’idée est de partir des différents points à améliorer lors de l’analyse des risques. Ce travail sera va-
lidé, par exemple, avec le groupe de travail.
Ces critères peuvent être, par exemple :
- le nombre et le type d’accidents déjà survenus du travail, les délégués du personnel, l’encadrement
DEUXIÈME ÉTAPE : L’ÉVALUATION DES RISQUES

- la gravité des accidents survenus ou pouvant - les inaptitudes ou restrictions d’aptitudes


survenir - les incidents
- les maladies professionnelles déclarées - le lien avec un projet du centre (déménagement,
- la durée d’exposition (selon la nature du risque, etc.)
l’échelle sera adaptée) - le coût estimé de l’action de prévention
- le nombre de salariés concernés en lien aussi - la complexité de recherche et de mise en œuvre de
avec les statuts (intérimaires, stagiaires, …) l’action
- l’écart avec l’exigence réglementaire ou la - l’avis des partenaires extérieurs
difficulté à tenir l’exigence réglementaire - le niveau de priorité défini par le personnel
- les plaintes des salariés recensées par le médecin concerné parle risque, …

FORMALISER LE DOCUMENT UNIQUE


Le document unique doit à la fois répondre aux attentes réglementaires, mais également être un outil
utile à l’entreprise et son action.
Le document unique, tel qu’il a été conçu dans la cadre de la réglementation, est un outil de forma-
lisation de la démarche d’évaluation des risques de l’entreprise, un outil unique et spécifique à l’en-
treprise, un lieu unique où l’on retrouve tous les éléments de l’évaluation des risques, un document
cohérent par rapport à une approche globale et pluridisciplinaire de l’évaluation.

Le document unique peut donc prendre la forme d’un classeur, par exemple, comportant
différents intercalaires où figurent les éléments suivants :
- La démarche d’évaluation des risques : la méthode - Le suivi des accidents, des analyses d’accidents et
mise en œuvre pour évaluer les risques, les acteurs des actions pour éviter leur renouvellement
ayant participé, le découpage des unités de travail - Le suivi d’indicateurs mis en place par l’entreprise,
et les activités rattachées, les sources d’information selon ses problématiques (inaptitudes, incidents,
utilisées, les dates de mises à jour etc.)
- L’identification des familles de risques - Les documents liés au fonctionnement des DP
- Les analyses de risques (avec les mises à jour) - Les registres des organismes de contrôle
- Le suivi des actions de prévention (aménagements - Les premiers secours (secouristes, trousse de
de postes, études, etc.) secours, etc.)
- Les documents liés à la médecine du travail - Les consignes de sécurité
(courriers, fiche d’entreprise), à l’inspection du - etc.
travail, à la CRAM

Une version informatique du document unique favorisera sa mise à jour qui doit être annuelle ou lors
de tout changement concernant l’évaluation des risques (nouveau risque, changement d’organisation,
etc.).

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DÉFINIR UN PLAN DE PRÉVENTION, AVEC UNE DIMENSION PLURIANNUELLE
SELON LES PRIORITÉS ÉTABLIES
Cette étape correspond à une obligation régle- À partir des différents points à améliorer réperto-
mentaire. L’objectif est de définir des critères riés dès l’analyse des risques (dans chaque unité
pour hiérarchiser les actions à mettre en œuvre de travail et plus transversalement, sur l’ensem-
afin de définir des priorités. En effet, les actions ble de l’entreprise), la définition de priorités per-

TROISIÈME ÉTAPE : CONSTRUIRE LE PLAN DE PRÉVENTION


sont mises en œuvre sur du court, moyen et long mettra l’élaboration d’un plan d’actions de pré-
terme. vention annuel voire pluriannuel.

La hiérarchisation pourra se faire à partir des éléments suivants :


- l’évaluation des risques qui a été faite et qui
définit des degrés d’importance - la facilité et rapidité de mise en œuvre :
- l’efficacité des mesures de prévention recenser les solutions faciles à mettre en œuvre
existantes (solution connue, …) pour donner de la
- les ressources disponibles visibilité rapide au projet
- les modalités et la complexité de recherche et - le lien avec un projet en cours ou à venir au
de mise en œuvre des actions (réalisation en sein du centre (ex : achat d’un équipement,
interne, sous-traitance, …) réaménagement des locaux, …)
- le coût estimé de l’action - les priorités estimées par le personnel, etc.
- la faisabilité technique de la solution envisagée

ÉTUDIER DIFFÉRENTES SOLUTIONS POSSIBLES : RECHERCHER LES MEILLEURS


COMPROMIS POUR LE CHOIX DES ACTIONS : SOLUTIONS TECHNIQUES,
ORGANISATIONNELLES, FORMATION, COÛTS DES SOLUTIONS, ETC.

Le plan d’actions de prévention a mis en évidence des points à améliorer de différents niveaux :
- des actions à intégrer dans des projets existants et des actions spécifiques,
- des actions simples à mettre en œuvre (solutions existantes, déjà envisagées par les salariés concer-
nés ou actions techniques simples)
- des actions complexes nécessitant une réflexion préalable pour trouver la meilleure solution.

Les actions de prévention peuvent être de différentes dimensions :

Solutions Actions de Évolution de


l’organisation du
techniques prévention
travail
Exemples : Exemples :
Aménagement Circulation
Actions sur les Rôle de la hiérarchie
Outils
compétences des Fonctionnement des
Équipements
salariés collectifs de travail
Exemples : Interface entre les services
Consignes Rythme de travail
Formation Charge de travail
Aptitude médecin du travail
Échanges d’expériences
Parcours professionnels

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Les axes de travail déterminés dans un des centres concerné par l’action collective sont :
- rendre plus visible l’activité quotidienne du centre pour à la fois optimiser le service rendu au public,
auprès des acteurs externes (lors des conseils et améliorer les conditions de travail des salariés.
d’administration, enquête public, etc.) pour que les - réfléchir à la gestion des compétences et des
conditions de travail pèsent davantage dans les parcours professionnels, définir une stratégie
TROISIÈME ÉTAPE : CONSTRUIRE LE PLAN DE PRÉVENTION

décisions prises. concernant la précarité de certains emplois,


- améliorer les relations de travail et le - aménager les situations de travail, en fonction
fonctionnement du(es) collectif(s) de travail, des projets du centre.
- adapter la charge de travail, collective et
individuelle,

DÉTERMINER LE PLANNING DE MISE EN ŒUVRE

Un outil de ce type pourra être utilisé :

Moyens, tra-
vaux réalisés Echéance Suivi de la
Question à Unité de pour la mise réalisation des
Action décidée en interne Responsable
traiter travail oeuvre travaux
ou sous-traités
Livret d’accueil Documents Directeur 2 mois Validation en
Word Coordinatrice réunion d’équi-
secteur enfance pe et conseil
Animateur d’administration
Accueil jeunesse
nouveaux Toutes
Organisation Organisation Directeur Immédiat Evaluation par
salariés
accueil (entre- en réunion les personnes
tiens direction, d’équipe accueillies
visite de tous les
secteurs)

Aménagement Voir médecin du Personnel 1 mois Après


physique travail concerné aménagement

Aménage-
Accueil tout Essai plusieurs
ment poste Achat siège Fournisseur Personnel 3 mois
public fauteuils
de travail concerné

Changement Fournisseur Personnel 3 mois Dès réception


des caisses (à voir) concerné

Le plan de prévention, ainsi que les actions le définissant doit être construit de façon participative,
afin que son contenu fasse l’objet d’un compromis entre le point de vue de la direction et celui des
salariés.

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Le suivi des actions, pour pérenniser la démarche, va consister à :
- Construire et suivre des indicateurs de suivi de la démarche
- Évaluer les résultats, comparer l’effet des actions correctives sur l’exposition des risques
- Réajuster les actions au fur et à mesure des projets et en fonctions de bilans réguliers
- Mettre à jour régulièrement le document unique (annuellement ou lors de changement impactant les
risques)
- Informer sur les mises à jour
Par exemple, si un groupe de travail a été mis en place, celui-ci pourra faire un point régulièrement
sur le document unique et le plan de prévention. Un compte-rendu pourra être diffusé à l’ensemble

QUATRIÈME
QUATRIÈME ÉTAPE
des salariés.

Les conditions de pérennisation de la démarche seront facilitées si on établit a priori :

- Qui suit la démarche ? Groupe de travail, direction et représentants des salariés, ensemble du per-
sonnel,
- Quels seront les points d’étape réguliers ? Lors des réunions de délégués du personnel, tous les deux
mois
lors d’une réunion spécifique, lors de certaines réunions d’équipe, etc.

ÉTAPE :: LE
- Comment réactualiser l’évaluation des risques ? Comment suivre le plan d’actions de prévention ?
- Doit-on revoir les moyens, les modalités du projet ?
- Comment seront régulièrement informés les salariés ?
- Quel sera le soutien demandé aux ressources externes ?

La démarche rentre ainsi dans une dynamique de progrès qui permet une amélioration continue de la

LE SUIVI
prévention et des conditions de travail.

SUIVI DES
DES ACTIONS
ACTIONS

10
Ce guide a été conçu à partir d’une action collective pilotée par la Fédération
Régionale des Centres Sociaux du Languedoc-Roussillon, et réalisée par l’ARACT LR
(Association Régionale pour l’Amélioration des Conditions de Travail en Langue-
doc-Roussillon).
L’objectif de l’opération était de définir, à partir de l’accompagnement de deux cen-
tres sociaux, dits représentatifs, des centres de la région, une méthodologie adap-
tée au secteur concernant l’évaluation, la prévention des risques professionnels et
l’amélioration des conditions de travail.
Cette action collective a été suivie par un comité de pilotage paritaire, auquel a été
associée la DRTEFP LR (Direction Régionale du Travail, de l’Emploi et de la Forma-
tion Professionnelle).
Ce guide, qui est un outil de sensibilisation et de repères pour l’action, est destiné
à l’ensemble des centre sociaux de la région Languedoc-Roussillon.

ARACT-LR
Association Régionale pour l’Amélioration des Conditions de Travail
1350 avenue Albert Einstein
Le Phénix – Bât.9
34000 MONTPELLIER
Tel : 04 99 52 61 40
Fax : 04 67 22 57 16

DDTEFP 11 DDTEFP 30 DDTEFP 34 DDTEFP 48 DDTEFP 66


Rue Jean Melliès 174 rue Antoine 615 bld Antigone Le Saint Clair 76 Boulevard
11850 Blondin 34064 Av du 11 Novembre Aristide Briand
CARCASSONNE 30000 NIMES MONTPELLIER 48000 MENDE 66026 PERPIGNAN
Tel : 04 68 77 40 44 Tel : 04 66 38 55 55 Tel : 04 67 22 88 88 Tel : 04 66 65 61 00 Tel : 04 68 66 25 00

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