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CAPAVOCAT PROCEDURE CIVILE DST n°2 du lundi 9 août 2010 Traitez, au choix, l’un des trois sujets suivants : SUJET N° 1 : VEUILLEZ COMMENTER L’ARTICLE 49 CPC l'interprétation d'un contrat, de tous les moyens de défense à l'exception de ceux qui soulèvent une question relevant de la compétence exclusive d'une autre juridiction ». « Toute juridiction saisie d'une demande de sa compétence connaît, même s'ils exigent SUJET N° 2 : Commentaire de l’arrêt rendu le 10 novembre 2009 par la troisième chambre civile de la Cour de cassation LA COUR DE CASSATION, TROISIÈME CHAMBRE CIVILE, a rendu l'arrêt suivant : Attendu, selon l'arrêt attaqué (Basse Terre, 5 mai 2008), que Mme X... a assigné M. Y... en démolition de la clôture qu'il a mise en place entre leurs fonds voisins sans respecter la ligne divisoire définie par un jugement de bornage irrévocable ; Sur le moyen unique : Vu l'article 1351 du code civil ; Attendu que l'autorité de la chose jugée n'a lieu qu'à l'égard de ce qui a fait l'objet du jugement, qu'il faut que la chose demandée soit la même ; que la demande soit fondée sur la même cause ; que la demande soit entre les mêmes parties, et formée par elles et contre elles en la même qualité ; Attendu que pour accueillir la demande de Mme X..., l'arrêt retient que l'action en bornage a pour effet de fixer définitivement la ligne séparative des fonds et d'assurer par la plantation de pierres bornes le maintien de la limite ainsi déterminée et que l'action en revendication de propriété engagée ultérieurement, qui vise uniquement à remettre en cause un bornage définitif s'agissant de déplacer la limite divisoire retenue par le tribunal, est irrecevable ; Qu'en statuant ainsi, alors que la décision passée en force de chose jugée qui avait statué sur une demande en bornage tendant exclusivement à la fixation de la ligne divisoire entre les fonds, n'avait pas eu à trancher la question de propriété de la parcelle et ne faisait pas obstacle à l'action en revendication, la cour d'appel a violé le texte susvisé ; PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 5 mai 2008, entre les parties, par la cour d'appel de Basse-Terre ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Basse-Terre, autrement composée […] ; SUJET N° 3 : CAS PRATIQUE Mobiteck est une société qui fabrique des meubles en bois. Elle fournit depuis de nombreuses années Anne et Jean Peuplus, qui sont commerçants parisiens. Tout allait bien jusqu’au jour où Jean a fait une crise cardiaque. Il est mort quelques heures plus tard à l’hôpital. Sa femme, Anne, désespérée, ne s’est pas tout de suite occupée de ses affaires. Pourtant, ils avaient une facture très importante à régler à la société Mobiteck et l’échéance est dépassée depuis longtemps. Après plusieurs relances restées infructueuses, la société Mobiteck, ignorant le décès de Jean, assigne en justice M. et Mme Peulplus devant le Tribunal de commerce de Montpellier, conformément à la clause attributive de juridiction figurant dans les conditions générales de vente. Anne a confié ses intérêts à Maître Lauilleur chez qui vous faites un stage. Il vous explique qu’il a commencé par soulever la nullité de l’assignation pour vice de fond car elle est faite à la requête de Mob&Teck qui n’est que le nom commercial de la société Mobiteck. La société Mob&Teck n’existe donc pas juridiquement. Puis il a soulevé l’incompétence du Tribunal de commerce de Montpellier. Selon lui, la clause attributive de juridiction n’est pas valable car elle ne figure pas dans le contrat. Jean ne l’a donc jamais accepté, ni par écrit, ni oralement. Puis, il a soulevé une fin de non-recevoir en arguant que l’assignation était destinée à une personne décédée. Enfin, il vous explique que la société Mobiteck n’avait de toutes les façons pas correctement exécuté son contrat, de sorte qu’il a soulevé l’exception de nullité du contrat. Le juge a rendu une décision dans laquelle il rejette tous les arguments de Maître Lauilleur. Le juge estime premièrement que l’assignation n’est pas nulle pour vice de fond. Il estime deuxièmement que la clause attributive de juridiction est applicable car il appartenait à M. Peuplus de prendre connaissance des conditions écrites de la convention, qui était un contrat d’adhésion, en particulier de la clause attributive de juridiction, ces conditions étant affichées sur le site Internet, dans les bureaux et les entrepôts de Mobiteck, régulièrement adressées aux commerçants avec lesquels elle était en relation d’affaire et reproduite sur toutes les factures. Le juge estime troisièmement que l’action dirigée contre Mme Peuplus est recevable. Le juge estime enfin que l’exception de nullité n’a pas été soulevée in limine litis et la déclare irrecevable. Le juge ne statue pas sur les demandes de la société Mobiteck et sursoit à statuer. Maître Lauilleur vous demande : quelle est la voie de recours pour attaquer cette décision, étant précisé que le montant du litige est supérieur à 4000 euros ; ce que vous pensez de la régularité de l’assignation ; ce que vous pensez de la clause attributive de juridiction ; ce que vous pensez de la recevabilité de l’action ce que vous pensez de l’irrecevabilité de l’exception de nullité du contrat.