Vous êtes sur la page 1sur 6

La cosmogonie gnostique

Jean-Baptiste Fouco Oeuvre publiée sous licence Creative Commons by-nc-nd 3.0 En lecture libre sur Atramenta.net

2

La cosmogonie gnostique (résumé)

Pour les gnostiques l’origine du monde est due à l’Eon femelle Sophia Prounikos (sagesse lascive inassouvie), qui, prise d’un grand désir érotique voulut monter vers le Père imperscrutable, ne pouvant pas y parvenir elle pratiqua l’auto- fornication qui entraîna une auto- fécondation dont le fruit fut le démiurge avorton Iadalbaoth. Devenu adulte « l’avorton » se prit pour le dieu unique et créa les 7 cieux (le monde), qu’il confia à 7 archontes de sa création. Il les soumit à des transports érotiques, leur semence éjaculée « per génitalia » se répandit sur terre créant l’homme. Hélas cette création dépourvue d’âme et d’esprit était moins qu’un animal. Devant tout ce gâchis, Sophia Prounikos fut saisie d’un grand repentir. Grâce à l’intercession de ses frères les éons, elle obtint du Père Suprême qu’il envoie à Iadalbaoth un messager afin de lui indiquer comment animer son golem. Il fallut lui souffler au visage l’esprit (pneuma) que le démiurge avait reçu de sa mère. Ceci fait, l’homme se dressa et par cet esprit, émanation du Père Imperscrutable, il devint supérieur aux puissances archontiques et au démiurge lui-même. Le démiurge avorton Iadalbaoth et les 7 archontes ulcérés par ce résultat, mirent au point une sombre vengeance. Ils emprisonnèrent l’homme dans la matière faite des 4 éléments (terre, eau, air, feu) auxquels ils rajoutèrent encore afin de le perdre totalement, l’esprit contrefait (Antiminion pneuma). L’esprit contrefait est une notion fondamentale du gnosticisme. Il se définit comme la quintessence des puissances maléfiques donnant naissance à la fatalité (Heirmarméné). De cette fatalité ont surgi,

3

l’iniquité, l’abomination, l’oubli, l’ignorance, le blasphème, rendant la création aveugle afin qu’elle ne puisse pas connaître le vrai Dieu, le Père Suprême et qu’elle reste soumise à la puissance maléfique du démiurge et des archontes. Prenant pitié du Pneuma de l’homme, le Père Ingénéré, lui proposera une voie de salut, cette voie comporte une multitude de variantes suivant les différents types de gnoses. Elle repose cependant sur le principe de la Métensomatose, c'est-à-dire la transmigration des âmes par réincarnation jusqu'à la libération de l’esprit divin. En effet après la mort physique, l’âme qui est toujours liée par l’esprit contrefait sera envoyée dans un nouveau corps. Elle ne sortira du cycle des transmigrations physiques (Métàbolai sôma), que lorsque l’esprit contrefait aura totalement disparu, alors « enfin libérée elle sera livrée au bon Sabaoth et arrivera au trésor de lumière ». Bien entendu cette libération est une lutte perpétuelle, le démiurge et ses archontes exercent sur l’homme de terribles contraintes, poussant sans cesse l’âme à se vautrer dans toutes les passions (Pàthé) et toutes les iniquités (Anomiai). Rien n’est jamais acquis jusqu’à la libération finale, la loi de causalité s’appliquant dans toute sa rigueur. Il appartient a chaque individu de mener son combat, de fortifier son Pneuma, afin de pouvoir in fine sortir du cycle.

Pour ceux que le sujet intéresse, quelques références bibliographiques, entre autres. Les Gnoses Dualistes d’occident , de Ioan P. Couliano, Éd.

Plon,1990.

Approche de la nouvelle gnose, essai, Raymond Abellio. Éd. Gallimard, 1981. Introduction à la littérature gnostique, Michel Tardieu et Jean- Daniel Dubois. Éd. du Cerf, 1986. Traité d'Histoire des Religions, Mircéa Eliade Éd. Payot, 1964 (première édition 1949).

Supplique à mes parents éternels

4

Tout ça pour un coup de semence Ma Mère contrôlez vos émois Si pour un coin de paradis Il faudra tant et tant de fois Changer de corps changer de vie Mon Père c’en est trop pour moi A vos prochaines turbulences Dissolvez-moi dans l’infini J’ai pas envie d’tenter ma chance Une fois ça va encore merci !

5