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Testament politique d'Armand du Plessis, cardinal duc de Richelieu, Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de

Testament politique d'Armand du Plessis, cardinal duc de Richelieu,

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Richelieu, Armand Jean du Plessis (1585-1642 ; cardinal duc de). Testament politique d'Armand du Plessis,

Richelieu, Armand Jean du Plessis (1585-1642 ; cardinal duc de). Testament politique d'Armand du Plessis, cardinal duc de

Richelieu,

1688.

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T E S TA ME N T

POLITIQJJE

DU

CARDINAL DUC

DE RICHELIEU.

SECONDE PARTIE.

LE S Conseils dont jc viens de

par-

ce

ler dans la Première Partie de

Livre, étant bien établis; c'est

aux Conseillers à travailler en Gens de»

Bien ,

raux,

íèlon certains Principes géné-

desquels dépend la bonne Admi-

nistration des Etats.

Bien qu'on pût en proposer beau-

qui serhbleroient étre-trés-Utt-

ex-

coup,

les,les Sciences étant beaucoup plus

cellentes & plus radies à comprendre,

les Principes font en moindre nom-

que

bre; Je réduirai ceux dont j'ai estimé

qu'il faut se servir

Gouvernement

au

de ce Royaume, à Neuf tout à fait Né-

cessaires

à mou avis.

IL Partie*

A

.

z

St

4 TESTAM. POLITIQUE DU C.

Si

quelques-uns d'içcux ont diverses

^elles

n'augmenteront

pas

non plus qiië

que

nous vo-

Penches

pourtant l'eíiV nofnbre

ccllés-de1 tous'les' Arbres

,

yons , n'en multiplient pas les Corps.

C HA PITRE I.

Le Premier "Fondement du Bonheur, d'pn

[ .-Etat-est l'Etabìijsemertt du.Rg'gne de

DJeu.

L'Ë

,

Régne de Dieu est le principe du

Gouvernement des Etats.; & en

eftèt c'est une chose si absolument né-

íàns ce Fondement' il n'y

cessaire

qiie

a point dePrince quipùissc bien Régner,

,

ni d'Etat qui puisse &re Heureux.

,11 seroit aile de faire des Volumes en-

tiers fur

Sujet lîImportant, auquel

un

i'Ecriturej les* Pères,' & toutes fortes

d'Histoires

fourniroient un nom-

nous

bre infinid'Exemples, de Préceptes &

d'Exhortations qui conspirent à une

méìne Fin

Mais c'est une chose si con-

»

fa

Raison,

nue d'un .chacun

qu'il

par

propre

de

neiiíépasi son

a

Etre

lui-mômc;

mais qu'il

&

par

§

a

n'y

re

mb DIEUIpour.Créateur,

conséquent.pont Directeur., ím'il

("vie

la Natu-

personne qui ire sente

imprimé

cette* Vérité ídans son

/'.

.''

Coeur,

.

DU RICH. Chap. ï.

?

Coeur, avec

vent

des Caractères qui nc peu-

s'cíTaccr.

Tant de Princes fe font perdus, Eux,

fonder leur Corv

pour duite íur un Jugement contraire à leur

propre

& leurs Etats,

Connoiíïànce

& tant d'autres

pour

dont

;

été comblezde Bénédictions,

ont

avoir íòûmis leur Autorité ù celle

elle dérivoit,

pour

leur Grandeur qu'en

n'avoit

clierché

celle de leur Créa-

&

avoir eu plus de foin de

je

propre, que

íùr ùnc

teur,

pour

son Régne,

que du leur

pas

nc nsétendrai

Vérité

trop

soi n de Preuve. Seulement

davantage

évidente, pour avoir be<-

i

mor,qu'ain*

dirai-je en un

que

régner

íì qu'il est impossible

Prince, qui laisse

le Vice en son Etat,

;lc Règne d'un

le Détordre &

soit Heureux ; aus-

aisément,

pas

quiaurauft

si DIBU ne soufsrira-t-il

que

soin

celui soit Malheureux,

particulier d'établir son Empire

dans l'étendué' de fa Domination.

^

Rien n'est plus utile à un Etablisse-

.

la bonne Vie des Princes

ment,

geante

celles

que

laquelle est une Loi Parlante & Obli-

que toutes

avec plus d'ctîìcaee

qu'ils.pourroient faire

,

pour con-

procurer.

Crime

traindre au Bien qu'ils veulent

S'il est vrai, qu'en quelque

quepuisle tomber un

Souverain, il pe-

A

3

che

,

6 TEST'AM. POLTTIQJ. DU

çhe plus

par

par

C-

le mauvais Exemple,

que

pas

la nature de & Faute; il n'est

quelques

que

pratique

n'est

moins indubitable

Loix

qu'il puisse faire, s'il

prescrit, son

ce qu'il

moins

Exemple

pas

utile à l'Observation de ses Volontés,

que toutes les Peines de ses Ordonnan-

ces

La

,

qu'elles puissent être

pour

graves

Pureté

d'un Prince Chaste, ban-

nira plus d'Impurctéde íònRoyaumes

toutes les Ordonnances qu'il íçau-

cette

fin.

que

roit faire à

La Prudence, & la Retenue de celui

qui ne jurera point, rétranchera plutôt

tous les sermens &

Blasphémés, trop

que

quelque

©rdinaires dans les Etats,

Rigueurqu'il puisse exercercontre ccu x

s'adonnentà telles Exécrations.

pas

pour

cela,

qui

Ce n'est

qu'il faille

s'abstenir de faire rigoureusement châ-

tier les Scandales,

íes

Jurcmens & les

Blaíphémes ; au contraire * on ne sçau-

roit

être

trop Exact

que

&

Sainte &

y

pour

ils

puiííc être

^

Exemplaire

la Vie d'un

ne

seront

Prince, & d'un

;eny

Magistrat,

jamais censez, faire ce qu'ils doivent, si

leur Exemple, ils n'y

conviant par

par.

contraignent

II n'y

a

la Rigueur des Loix.

po:nt de Souverain au Mon-

Principe à

parce

ceux, qui vi-

de, qui ne soit obligé

procurer la Conversionde

vaus

DÉ Ri CH. Chap. I. vans sous son Régne, íbiit devoyez du

*.

7

chemin de Salut. Maiscomme l'Hom-

me est Raisonnable de sa Nature

les

Princes font çensez, avoir en ce Point

,

satisfait à' leirt obligation

s'ils prati-

les Moyens

a une

leur

^Raisonnables,

,

a

la

.quent tops

pour

si.bonne Fin;

.pas

arriver

Prudence iie

ter *de si Hazardeux,

d'en ten-

permet

qu'ils

puissent dé-

raciner le bon Bled, ch vóúlant déra-

J

ciner la-Zizanie le de

purger

un

que

dont il Teròit diffici-

par

áutre Voye

État,

,

celle de la Douceur, saris, s'exposifr

à. un ébranlement capable de 'je perdra,

ou au moins de lui causer un notable

: '}:\

'

'

- Princes sont obligci'd'é-

-'Préjudice'.".

:,f Çómme lés

táblii* vrai Culte de D i

ils doivent

BU

être fort Soigneux d'en bannir les sau£

,

Apparences v. si préjudiciables aux

que

ses

Etáís'l

qu'on

dire avec vérité

peut

í'Hypocrifìeá

;

souvent servi de Voile,

couvrir laideur

des plus perni-

;

dont la Foiblcs-

•pour cieuses Entréprises. Beaucoup d'Esprits

1,

se est équipolente a-.la Malice, se ser-

quélques-sois de

de Ruse,

vent

d'autant

que

ce genre plhs ordinaire

aux

Femmes,

lenríS'exe estplus'porté à la Dévo-

i

&que le

peu

de' force dont il est

tion

f accompagné les rend plus Capables de

A

4

tels

8

-TESTAM. PaLTTlQ^ Pu

C.

telsDéguifcmcns ,qui supposent moins

de Solidité que de Finesse.

,

CHAPITRE II.

La %iison Aôiciìfsc /a

Rg'gie de

fa èon-

'

ciiihv $iïk Etat.

<''',

_T

A Lunaire Naturelle faitco,nnoîr

_JL> tre à.

ayant

rien

faire

chacun

que rHorame

il ne doijt

, DUÌS

qu'au-

nu

été raít Raisonnable

>

.qi^e

par Raison

û Nature, & celui m6netqui

r

i

.

;.

'qu$;p!us,u{i

;

:,

:

;

plus^j doit

7. inpiiis doit-

consti-

Avantages

.trement il.teroit

par

en

contre

conséquent contre

est î'Autheur.

'.,;

Elle enseigne encore

.

Homirie eft tìrtuid&-Elçyp

,

faire état de ce

Privilège., &

il abuser du tue son Estre

Raisonnement qui

que

les

parce qu'il a fur les auttes

;

gnent à .conserver

Nature, <x

dontil

tire

cc

rloi^tpe^^ô^tt^i;

&

'quil eft dp: 'íf* Fin vqué celui s.etl ptopoícç.

ce

la

qui cil de

>,

son Élévation

.

ç}e,ux principes

oue

íi

il s'enfuit

De,

',

ces

clairement',

VHommc est Sou-

verainement Raisonnable, il doit Sou-

laRaison; Çe

verainementfaire régner,

qui ne requiert

pas

faise rien fans elle,

seulement qu'il ne

plus

mais •sòbjigç de

àfairc, que tous ceux qui lont fous son

'

Au-

DE RrCH. Chap. II.

9

Autorité la révèrent &la suiventRéli-

gieusemcnt.

Cette Conséquenceest la Source d'u-

qui nous enseigiíe,qu\iinfiqu'il

ne autre,

ne faut

rien vouloir, qui ne lòit Railòn-

nablc&juste, il ne faut rien vouloir de

tel,

Ton ne fasse exécuter, &

que

les Commandement ne soient íuivjs

d'Obéïlìaiice

parce

Raiíòn ne regneroit ment.

,

qu'autrement la

pas Souverains-

La Pratique de cette

ailée,

Régie, eíld'au-

>

cil

le plus

&

quel'Amour

tant plus

Puislant

Motif qui oblige à obe'ïr,

qu'il est impossible

ment

que

la

pas

des Sujets n'ai- s'ils connoislènt

que

un Prince,

Raison soit laGuide detouteises

actions.

UAutorité contraint à ì'Obéiììànce,

mais la Raison

plus à

par

propos

persuade, & il est bien de conduire les Hommes

y

qui gaignent insensible-

qui

que par ceux i

qu'entant

des Moyens

ment leur Volonté,

le plus souvent ne les font agir

qu'ils les forcent.

\

->

S'il est vrai,

la Raison doit être lc

que

Flambeau

Conduite,

qui éclaire les Princes en leur

& en celle de leurs Etats, est-

que

n'y

ayant

rien au

avec

clr

il encore vrai,

Monde,

qui compatiste moins

le que laPaìljon, qui aveugle tellem<mrr

A

5

qu'el-

TESTAM. POLIT I

C.

Q.

DU

a o

qu'elle fait quclqucs-fois

bre pour

tout

éviter d'agir

prendre l'Om-

le Corps : Un Prince doit fur

un tel Principe,qui

plus Odieux,

qu'il

par le rëndroit d'autant

est directement contraire à celui qui di-

stingue l'Hommc d'avec tes Animaux.

C)n íè répenrfouventà loisir de

ce que

laPaflìonafait: faire avec

<& on n'a jamais'lieu de

précipitation,

faire le même

des choíès aufquelles l'on s'est porté,par

des Considérations Raisonnables.

II faut vouloir fortement

par

qu'on a

puis

ce

résolu

que

&

de semblables Motifs,

c'est

de se faire obéir,

le seul

que

moyen l'Humilité est le premier

qu'ainsi

Fondement

de la Perfection Chrêticn-

rObéiïsance est le

Solide de

Jie,

plus

celle de la Sujection, íì nécclTaire à la

Subsistance

des Etats, que

peuvent

si elle est Dé-

fectueuse ils ne

II y

a

cette

être Florissans.

beaucoup

de choses, qui font de

Nature,

qu'entre le Vouloir &lp

-Faire il n'y a point de différence, à eau-.

ise de Ja facilité qui se trouve en leur Exé-

cution ; Mais il les faut vouloir efficace-

jften't,

qu'on

c'est à dire,:

telle Fermeté

avec

les veuille toujours, &qu'apreï

en avoir commandé l'Exécution,, on

lasse

châtier sévèrement ceux qui n'o-

i.

kéïssentpas.

,-' Cellesqui paroissetit les plus difficiles,

.

&p'rcs-

,

DR.R.ICH. Chap. II.

it

cyprcsqucs impossibles, ne le font

.

par ^indifférence,

ble

ayee

qu'on .les vciïillc,.

que

laquelle il sem-

& qu'on les oï*

donne* & il cil

vrai que

à

les Sujets feront

que

les

toujours Religieux

Princes feront Fermes<& persévérans à

obéir, lors

commander ; d'où, U s'cnftiit

chose

certaine,•

une

ce

&:le'ur Foibíeíle,

que

eiï

c'est

que

leur Inclissércn'

sont la Cause.

En un mot,

& faire

ainsi

que vouloir forte*

veut,

est une

autorisé en

ce qu'on

ment,

.

même chose en un Prince

ion Etat ; ainsi,voulojrfaiblement & ne

vouloir

cn.lpn,tlsi,.dirìerens, qu'ils

mêi)ic Fin. '

-

re-

Ferme-

pas,

à

aboutissent

une

Le Gouvernement; du Royaume

:

quiert une Vertu mâle, & une té inébranlable, contraire à la

Moleslè,

qui expose ceux en qui elle se

trouye,

quand

aux entreprîtesde leurs Ennemis.

II faut

gueur,

même

en

toutes

choses, agir avec Vi

que

veu principalement,

qu'on

entreprend

le Succcx de ce

neseroit pas bon,

cet avantage

mis de

qui

,

au moins aura-t on

n'ayant rien

qu'on

nc

peut

évi-

obr

le pouvoit faire réussir, on

que

ce évitera la Honte, lors

ter le Mal d'un mauvaisEvénement.

Quand même

on succomberoit

,

çn

faisant son Devoir,

ía Disgrâce seroit

hçurcuse ', & au contraire, quelque bon

A

6

Suc-

IX TBSTAM. POLïTIQt DU C.

Suçcex qu'on puisse

chant de ce à

Honneur &

avoir, en sb relâ-

est obligé

par

il'dóif'é*

quoi fou

Conscience,

par

tre estimé malheureux,

puis qu'il në

sçauroit

gale les

Moyen

aucun Profit, qui é«*

emporter

Desavantages qu'on reçoit d\ì

lequel il a été procitrë.

>

la plupart

dés

par

!

Passé

grands

aîíèiéhFu^

Par le

Desseins de laFrance font

méc

première difficulté

en

leur Exécution,:

par

Raison, né

de lesppuríùi-

parce que

rencontroit

qu'on

,

arrêtoit tous ceux qui

dévoient

pas

vrè;. & s'il

le

Régne

laisser que

elt

arrive^áutrcmentdurant'

Mtla Persévérance

avec

de \^

làquélleonacòrìstaríiméntagt, eivcíl

là/ cause.

•'

:

;

-

SîUrie fois on ti'est

;

-

à l'Exé-'

pas

propre

il

cutiond'un bon Dessein,

cn faut at-

tendre une

& lors qu'on

1,

fi

les

a mis la

autre;

Main à l'Ocuvre

diffieuitefc

$u?on rencontre obligent à Squelque fur-,

séancej laRaifòti véutqu'òii

f^s premières vòyes

,<

teins & l'óccalion se

reprehn©

W

que

favo-'

aiíssi-tôt

ítrou'veroht

ïábles.

Ëuunmot, rien nc doit détourner

d'unebonneEntreprise

arrive quelque

-tout-à-'fait

si ce n'estcju'iî

y

qui

la rende

j

Accident

impossible, &il riè faut rien

oubliés de céqui peut avancer l?Exécu-

Ò

-'v

tiou

DE RicH. Chap. II.

tj

tion de celles,

Raison.

qu'on a résolues avec

C'est ce

qui

m'oblige de

parler

en ce

Lieu du Secret & de la Discipline, qui

sont fi nécessaires au bon Succès des

Affaires, que

Outre

que

rien

le

peut davantage.

en

íaitFoy,

que ce

de teil-

ne

TËxpérience

la Raison en est e'vidente, veu

quisurprend

étonne d'ordinaire

le sorte, qu'il ôte souvent les Moyens

,

de s'y opposer, &

ment l'cxéciuion

suivre lente-

que pour

d'un Deslèin, & lc

divulguer, est le rìieme

ne chose

De la

la pas

les

pour

vientque

que parlerd'u-

faire.

FemmesPareílcu-

íès, &peù Secrètes de leur nature, font

íì peu Propres au Gouvernement

si on

considère encore

; -que

font

qu'elles

fort sujettes à leurs Passions, &

,

sequent-peu

justice

ce

con-í

par susceptibles de Raison &de*

seul Priticipe les exclud de

Administrationspubliques.J'' ' - »

pas qu'il ne s'en puifife trouver

toutes

r Cé'ii'est

quelqu'une,

Défauts,

tellement exemte de césr

y

être admise.

ne soient ca-

;

Ce Siécle

qu'elle pourroit

de Régies, qui

II

y a peu

pables de

quelque Exception

quelqu'une, qu'on ne

même en a porté

mais il est vrai

qu'ordinairement îeurMolessc les rend

íçauroit assez loiier

;

Incapables d'uue Vertu mâle., néces-

A

7

faire

.

14 TESÏAM. POLTTIC). «U'C.

faire à

presque impossible,

l'Adminiftrátion., & qu'iPcst

que

leur Ciouver*

.

nemcntsoitexemt:,! oudcB.islíslse,, bu

de Diminution

dont la Koibleíïe-de

leùr Sexe est Ja cause;

,

d'Injustice,

ou

ou de:Cruauté, dont le Dérèglement

de

leurs Pastìons, qui leur, tient lieu de

est la vraye Source.

:

.:;

K;

;!

:-':-'í>

Raison,

":'.,

—^~

CHAPITRE ail."

;:.-•

lès

Intacts

r -

:

:

-,'t

Quittiòfitre'fiuc

-

'

vent

!

Pribliçç.fyi-

ri

hrel^ùt^quc.^ihdê^cii^'àìd

[ [HQÌven(cttì:]ïfffirc^

Ï«:

EsIntérçtsPublip^4pîv,ent éçrçVu*

Fin du Prince*-^deses Çoh^

inique

sçillers, ousçlu 4Tioins,-les

tres sont!pbligçz de

itéré.

lçs

&,les au-

fi;singu^

tepréf

\

i5,sj0j

uns,

a^oir^n

í^pjîîijiandatjQiì ^qu'ils

r

férent.iípus.îesP^rtie^rs.,

i

>I1 eAMpossiblecde,

fiQnçpyy Jt?í3içn

ij(

£ç;fcft,&\\

qufytfPrjneç, 6ç: ceux;dònt

ses Affaires,

faire s'ils

fu'imm.

Qij;nc

^çjLive])^

Principe ,&

Religieusement,

ce fçauroit s'imaginer lc Mal qui

un

État

j,

arrives

quand on pré/ere les Intérêts

,çc que ces

autres.

;.

Çhrc-

.

Particuliers,, aux Publics

derniers font régle^par les iLayrayePhilosophie,

jaÌLoy

.!

tien-

DI; R ICH. CHAP. III.

i?

tienne

& la Politique , enseignent lì

,

les Con-

que

sçauroient lui

clairement cette Vérité

,

seillers d'un Prince ne

souvent devant les Yeux un

ni le Prince châ-

mettre

trop

Principe

nécessaire

tier aíìcz sévèrement

, ceux de son Con-

seil,

sont assez Misérables, pour ne

pas.

que jc ne

à

remarque

qui

a

ce

Prospérité

toujours

la

qui

le pratiquer

propos,

Je ne puis

que

accompagné l'Espagne depuis quelques

Siécles, n'a point d'autre Cause

Soin

que

1c

que son Conseil a eu de préférer

v

&

les Intérêts de TEtat à tous autres

que

arrivez à la France ont été causez

trop

de

grand attachement

la plupart des Malheurs qui font

par

lc

beaucoup

que ceux qui ont été employez àVAdmi-

nistration ont eu à leurs

au préjudice de ceux du

propres Intérêts

Public.

Les uns ont toujours suivi les Intérêts

du Public

v qui par la force de leur na-

à

qui s'est trouvé le

accommodant toutes

ture les ont

plus

Et

tirez

ce avantageux à l'Ftat.

les autres

choies ou àìeur utilité ou à leur caprice,

les ont souvent détournez de leur

pre

Fin

pour

pro-

les conduire à celles qui

leur étoient ou plus agréables ou plus avantageuses,

,

La Mort ou

.;,

le Changement des Mi-

nistres

TESTAM, POLITICT. DUC.

nistres n'ont jamais

tion au Conseil d'Espagne.

de muta-

apporte

Mais il n*cn

été de même en ce Royaume, où

n'ont

seulement été

pas

le changement des Con-

a pas

.les

Affaires

changées

seillers

par

mais elles ont pris tant dedi-

verses Formes fous les mêmes

,

versité' de leurs Conseils,

la di-

par

qu'un

tel Pro

cédé eût assurément Ruiné cette A4o-

narchic

fi Dieu

.des Imperfections

,

fa Bonté netiroit

par

de nôtre Nation, le

Remède des Maux dont elle estcause.

Si la diversité de nos Intérêts 6c nôtre

portent sou-

Inconstance naturelle nous

vent dans des Préjugea effroyables

nô-

tre légèreté ïïiéme ne nous

r

permet pas

en ce

qui

de demeurer fermes & stables

•eít de nôtre

propre

tire si promptement

pouvant

ne

íùr des

prendre

bien

que

& nous en

nos Ennemis

,

de justes mesures

n'ont pas

variété?, si fréquentes,

le loisir de

profiter de nos Fawes.

i. Vôtre-Conseil

ayant changé de Pro-

Affaires

tems, yos

au

grand Bien

l'avenir on conti-

cédé depuis certain

ont aussi changé de Face

Kdu Royaume ; de lùivre

nue

Et si à

TExempte du Régne de

fAvanf

pas

Mai»

aye$

V. M. nos Voisins n'auront

tagç

qu?ilsoht eu, par lç passé.

partageant

la

Royaume

Sagesse

eux ^ áura fans^doúíe part à la bonne

'

r

f

For-

Chap. IIL

DE RICH.

,17

Fortune

puis qu'encore qu'être Sage

toujours unc-JM&»

qu'on

m9ye.11

pas

Malheu-

& Heureux ne lbit

>

"me Chose

pas

le meilleur

pour

puiílê prendre

,

n'être

reux est de prendre

gncntla

,1e

Prudence

le chemin qu'enseij-

& la Raison, &non

Dérèglement ailcfc .ordinaire auxEtr

rn itYdcs Hommes r& particulièrement

a ceux des François. Si.ceux,en qui

:

V.M. sççonficra.d»

ci

Soin de ses Affaires, ont la Capacité

la Probité' dont j'ai parlé cy-deíîus, El-

le n'aura plus à íe garder en

cerne ce Principe ; ce qui

ne lui fera pasdifficile,

çequiconr

de soi-même

puisque l'Infé-

rêt deia

propre

ceux clû Public

Réputation du Prjjicc &

n'ont qu'une rheme fìn.

LesPriuces, consententfort aisément

aux Réglemens Çénérauxdc leursEtats,

»

parce qu 'en lesfaiíànt

les

.ye^ux

que

.èmWafle

.qu'qn

ils n'ont devant

;

Ja; Raison c< ,1a }u$içer,

volontiersjors.qu'pn

ìje

tíòuve pointcj'ohstacíes.qui

détournent

dubon chemin. Mais quand l'oceaíîou

se présente

bons

Pratique les

de mettre

en

fcùablislemens-qu'ils ont faits, ils

montrent pas toujours la même Fer-

Içs Inté-

ne

meté

c'elt

Jlprs

parce que

que

la

rêts du'-Tiers

,

.Cqmpariìon,

&,du Quart,

Pitié, la

la Faveur & lçsiwp.ortu-

nitëz.les solicitent & s'opposent; n V?uf s

bons

ì£

ThisTAM. POLITIÇ^DUC

bons'Desseins:, & qu'ils n'ont

vent asteidc force

méitiesi&

pour

mépriser

sou-

pas

fë, Vaincre eiix-

dés 1 Considérations

particulières'qui ne doiventêtre de nuí

poids au respect

;

C'est

des publiques, '

"'

én tçìïes oçcaíìòris

:

c(u!ijs.doi-

Fór.cétòhtrç

vent recviciHir5'foutëtjléiír

léúr Foiblëífe, se remettant dçvant les

Yeux §ue

server

ceux.que.

lesìmtres,

Dieu destiné à con-

n'en!

ídòivent áVoir

pour voir ce qui est

&

1

que

avantageuxau

tout

Public

pour leur coniervàtion

I!

-'íi:

ensemble.

.

tftWèfyaìrl

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Vmfíéii

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ïfiisr n'est pîttè îléceítàire'au'Gòávêf-

némèíit d'un

Etat%\è là PreVo'yáíí-

'

-par''fort; MpyèíVòn peut

îylaiiiJ^

puis

ce,

que

.aisément

qui

ne

prévenu beaucoííp'de

íc peuvent

guéris'qti'avëc'^ de

grandes Difficulté* qùaiid'ils font Pri-

vez.

.: •:•f ' ''(.'''-;'•_

;*

'

\'

l,íi

-*»s Airisi

nirles

1

que îè

]VÍedécitiqui seait pfe^e-,.

-,

••--•

jMiís

estimé

que' ce-

Maladies V?e:st

lui quitravaillé à- les-gderirV^jUffitó

'«MiniíWtyKtát dóiveiit itësouV'ënWe

t

'

i

rc~

DE Rien, Chap. IV.

19

remettre devant les

& Représenter

yeux à leur Maître qu'il cil

plus Important

de considérer l'avcnirque le présent, &

qu'il est des Maux

mieux s'avancer

des Ennemis

comme

que

d'un Etat, au devant desquels il vaut

de se réserver à

les chasser aprés leur arrivée.

,

Ceux qui en useront autrement tom-

beront en de tres-grandes Confusions,

ausquelles il fera bien difficile d'apporter

ensuite du Remède.

Cependant c'est une choíè ordinaire

aux Esprits communs de se contenter de

pousser