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L'HUMILITÉ
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1.

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IMPRIMATUR DB LA 2* ÉDITIO:* : Parisiis. H. RICHARD. l'imprimatur : M6' premier Eminence en vue de la ce livre et présenté à son Le mérite de cet ouvrage. a été de préciser l'enseignement des Maîtres sur cette délicate matière. Gard. g. ce qui est mieux. l'ordre logique ians la composition. V.. f Franciscus. Odelin. On y retrouve pleinement la caractéristique invariable de l'auteur : la sûreté dans la doctrine.. avril 1903. ni du j)rix de l'humilité et. Tous droits réservée Ji . ni des caractères. un rare esprit d'analyse et une remarquabie concision de langage « L'âme attentive et docile qui se livrera « â cette formation » n'ignorera rien ni de la nature. le 1" '. Arch. Pariiien$i8. et il est grand.du témoignage rendu sur Extrait édition de le Cardinal archevêque de Paris. die 4 aprilis 1898. PERMIS DB RiÉOlTBR A Paris. » « « « « « « « « « « « « . de le compléter parfois et d'en rajeunir les formules. L'imprimatur a été donné à Rome par le très R. fera L«pid^ maître du Sacré Palais. elle ne tardera pas à sentir le besoin d'être humblç.

ÉDITEUR 22. RUE CASSETTE. LETHIELLEUX. 22 i | LIBRAIRIE SAINT-PAUL 6.\R l'auteuh DE LA PRATIQUE PROGRESSIVE DE LA CONFESSION ONZIEME KD I T I N (62" mille) PARIS vr p. RUE CASSETTK. 6 .FORMATION L'HUMILITÉ Et par elle à l'ensemble des autres vertus p.

.

influences ter de Depuis les plus aux simples le lors. s'arrêter à moitié route dans l'ascension sommets trop ardus de la théologie. : nous développerons. en multipliant vers les les applications. en d'autres termes. c'est faire sortir d'une notion générale des vérités secondaires qui s'y trouvaient enfermées c'est don: . développer ne veut pas dire ajouter des formes nouvelles. . étions-nous contraint à donner une œuvre amoindrie? Nous ne l'avons pas cru.PREFACE DE LA SIXIÈME ÉDITION (conforme à la cinquième) Dans ses deux premières éditions. nous principes d'ailleurs si favorables à la rendrons plus familiers les mêmes qui les coD^i-^nnent en un mot. et. dans ce but. il comme convient. et ne pas pousser nos analyses psychologiques jusqu'au fond du sujet. C'est plus que cela. Fallait-il. Au lieu d'abaisser la doctrine. de toute explication inutile à ceux qui savent. Or. ne vaut-il pas mieux hausser le lecteur. déterminé par respectables à fidèles. s'abstenait. nous les éclairerons. le nous avions le les présendevoir leur rendre accessible. nous les lui fournirons. les points obscurs. pratique. ce livre. Les notions qui lui manquent. s'a- Iressant aux prêtres seuls.

remplissant la vie chrétienne depuis son apparition rudimentaire avec l'état de grâce. embrassant le monde entier de l'ordre surnaturel. qu'il Il fait plus qu'émouvoir donne aux facultés. exalte toute : activité. Ne le regrettons pas. et ce livre. des c'est mettre la lumière en évidence pour qu'elle répande au loin ses feuilles et des fleurs . le supplément de toutes tes persistantes misères. Faut-il l'avouer. Or. Son influence se faisait sentir sur tous les sentiers du devoir. s'est fait en quelque sorte le formateur de la piété prise dans son ensemble. rayons. son stimulant le plus actif. . de toutes ces applications. stimule. car la piété trouve dans cette vertu son meilleur guide. il .préfàck 6 ner à des germes Texpansion des tiges. son inspiration la plus touchante et. jusqu'à ses plus beaux épanouisse- ments dans la perfection. qui ne devait être qu'un exercice d'humilité. à la base comme au sommet de toutes les vertus. et dans l'essor porte l'intelligence elle-même et plus loin et plus haut. de tous ces éclaircissements. de tous ces développements surgissaient à nos yeux des vues nouvelles. au besoin. L'horizon de l'humilité s'étendait de toutes parts. Nous ferons aussi plus large la part du sentiment le sentiment éveille. au fond de chacun de nos actes. nous nous sommes laissé entraîner sans trop de résistance à tous ces appels de la terre et du ciel .

la persévérance* soir. saint François de Sales.. Invoquez aussi les saints dont l'humilité vous frappe saint François. 3» Donnez quelque solennité à votre entrée dans ce grand travail de réforme. La veille au exprès à Téglise. saint Vincent de Paul. et à toutes ces puissances célestes demandez la lumière. saint Benoît Labre. Ce qui est indiqué comme étude ou éclaircissements peut servir de méditation et dans tous les cas doit être lu avec la plus grande attention. 2® Vous y consacrerez un mois entier. plus encore si vous en avez l'attrait. saint Antoine de davantage Padoue. Agenouillez-vous devant Jésus si humble au tabernacle.. Dirigez ensuite vos pas vers la chapelle de la Sainte Vierge.CONSEILS POUR LE SUCCÈS DE CES EXERCICES !• Choisissez adonner avec le l'époque où vous pourrez vous y plus de liberté et de suite. allez : . la volonté. Récitez lentement le Veni Creator. Ilya amplement matière pour deux exercices par jour.

CONSEILS POUR LS SUCCES DK CBS EXERCICK8

8

II
1» Durant les exercices, tenez-vous habituellement sous une impression d'humilité, particulièrement dans vos rapports avec le prochain
rendez cette impression plus vire par de fréquentes aspirations le long du jour vous en
trouverez la matière dans chacune des méditations et plus spécialement dans la résolution ou
le sentiment qui les termine. Sortez le moins
possible de cet ordre de pensées.
;

;

2° Multipliez les actes extérieurs d'abaissement. En voici quelques-uns baiserla terre
se tenir, durant sa prière, le front baissé, dans
la posture d'un coupable plein de confusion
parler à voix moins haute et plus contenue
culmarcher d'une façon moins dégagée
tiver l'esprit de pauvreté.


:

Cherchez les occasions, soit d'obéir, soit
condescendant, et cela en toute simplicité. Evitez de contredire, de couper la parole,
de discuter. Acceptez les peines et jusqu'aux
moindres contradictions comme choses pleinement méritées.
3"

d'être

Nota.

— Se servir

l'un d'eux
culier.

comme

de ces trois derniers avis ou de
sujet journalier d'examen parti

COUP

D'GEIL

Toute

PRÉLIMINAIRE

chrétienne
pieuse l'ambitionne;
Jésus réleva à la hauteur de la Rédemption en
Tassociantà la souffrance, et ne la maintient-il
pas comme une auréole autour de son Eucharistie ? Où elle manque, la vertu manque. Dieu
ne s'étend que dans l'espace qu'elle lui fait.
Mais ces louanges prodiguées apportent-elles
et cette admiration conventionla lumière
nelle la pleine conviction ? Que de vague dans
les idées et dans les consciences Quelle insuffisance presque partout Or, si la nature même
de l'humilité est peu connue, sa sphère d'influence l'est bien moins encore.
L'humilité

!

l'exalte àl'envi, toute

tradition

la

âme

;

!

î

Les méditations longuement réfléchies de ce
aux esprits sérieux qui veulent
comprendre et aux âmes pieuses qui veulent
aller de l'avant.
C'est toujours dans les profondeurs que se
cachent les grandes choses les richesses médes
talliques gisent sous la couche terrestre
prodiges de f^rce semblent dormir dans la paisible matière
des merveilles de mécanisme se
livre s'adressent

:

;

;

COUP d'ŒIL PRILIMINAIRE

iO

mouvement du monde sidéral, et
au sein de Têtre vivant des secrets
si profonds que rien ne les explique. Regardez,
regardez bien... au fond de Thumilité règne une
sorte d'infini nous sommes en plein surna-

jouent dans

le

l'on entrevoit

:

turel,

j

La vertu prise dans son ensemble est une
chaque vertu est un de ses organes. Chacune a ses beautés propres sans doute, mais
elle se revêt aussi de la beauté de ses sœurs
par le fait de l'unité de vie et de la loi des
échanges. Quelques-unes cependant y parti-

vie

;

cipent d'une façon plus proche, plus large, plus
continue, plus indispensable la vie, la même
vie se meut dans chaque partie de l'ensemble,
même dans laplus infime, mais elle ne s'y étend
pas, elle n'y brille pas d'une égale façon. Nous
allons étudier la part qui revient à l'humilité
peut-être découvrirons-nous en elle une humilité que nous ne connaissions pas.
;

;

Pour avancer d'un pas assuré, il faut aller
posément et méthodiquement avant d'atteindre
les sommets, il faut traverser certaines régions
;

sans attrait et gravir des pentes difficiles.
Afin de rendre la "route moins pénible, nous
l'aide de moyens variés
la parcourrons à
études qui ouvrent des vues généra \es observations plus courtes qui dégagent on point
obscur, /réflexions pieuses qui mettent en
mais parrelief les résultats d'une découverte
méditations approfondies qui
dessus tout
plongent l'âme dans l'atmosphère de la vérité
sous le grand soleil de la grâce.
:

;

;

:

HUMILITÉ, VERTU SPÉCIALE

11

Que pas une âme de bonne volonté ne se décourage devantces hautes vérités, en se jugeant
impuissante à les atteindre
qu'elle envisage
plutôt les secours d'en haut. La science humaine ne se livre qu'à ses adeptes; la science
de Dieu se prodigue aux petits et aux humbles:
ceux-ci n'ont pas toujours besoin de longs raisonnements. Si, donc, telle partie de ce livre
leur reste fermée, qu'ils ne s'attristent ni ne
la clarté les attend, peut-être au
s'attardent
détour d'un chemin, sous une formule plus
simple, mais tout aussi pleine de vérité. Parfois
tel détail sera pour telle âme toute une révé;

:

lation.

,

Cependant, afin de satisfaire certaines intelligences qui aiment les vues d'ensemble, nous
allons jeter ici un rapide coup d'oeil sur le chemin à parcourir tout le long de ce livre. Un
premier regard sur l'humilité en tant que vertu
spéciale, un second sur sa sphère d'influence,
nous suffiront.

§

I.

I.

— Humilité, vertu spéciale

L'orgueil

n'est

qu'une

déviation

de deux

—Sentiment de supériorité,
recherche de prééminence, l'orgueil est-il un
,êndànces légitimes.

souvenir

de notre

tort serait alors de

grandeur originelle? Son
en situation.

n'être plus

Roi déchu par sa faute, et fier sous ses haillons, « Dieu tombé qui se souvient des cieux »,
tel nous apparaîtrait l'homme dans sa tendance

COUP d'ŒIL PRflLIMINAlRB

12

à

l'orgueil

Ou

plutôt, l'orgueil, désordre

et

au lieu d'être l'empreinte d'une couronne
perdue, ne serait-il pas le stigmate de la révolte vaincue? « Eritis sicut dii. » La tentation
aurait ainsi passé dans le sang pour le troubler. Cette double origine expliquerait ce qu'il
présente à la fois de grand et de bas.
En fait, cependant, il est plus exact de regarder ce défaut comme la déviation de sentiments
utiles mis par Dieu même dans la nature humaine. Ces sentiments se réduisent en dernière
analyse à ces deux: estime de soi, désir de
Vestime des autres. L'estime de soi est la

vice,

base de 'la dignité personnelle; le désir de
l'estime des autres est une des bases de la
sociabilité.

Ces inclinations sont si profondes et si spontanées qu'elles appartiennent pour une part à
la classe des instincts, et ressemblent à celui
de la conservation. Elles ont d'ailleurs une foncl'instinct de la vie attache
tion du même genre
Thomme à une existence ordinairement misérable; celui de l'estime de soi rattache à sa
personnalité, malgré son peu de valeur celui
du désir de l'estime l'attache au bien public,
malgré la fragilité des avantages qu'il donne.
Ces deux dernières tendances sont sujettes à
des déviations si faciles et si naturelles qu'elles
portent l'empreinte de la déchéance originelle;
c'est pourquoi souvent les moralistes les appellent sans distinction un vice.
:

;

IL L humilité est
à ces déviations.

la vertu

chargée de s'opposer
qui afifermit

« C'est elle

flCMILiré,

VERTU SPECIAL*

15

l'esprit et l'empêche de s'élever d'une manière
déraisonnable » (de se surfaire, superbia). C'est
elle
qui reconnaît et maintient l'ordre dans
l'estime de soi et dans le désir de l'estime des
^

autres.
Elle est

donc véÀtê

et justice. Elle est vérité,
trace la règle de direction.
Elle est justice, et, à ce titre, elle incline à agir
conformément à cette règle 2.
En tant que vérité, elle réside dans l'intelliet,

à ce

titre, elle

gence; en tant que justice, elle réside dans la
volonté. Mais ces deux facultés agissant l'une
sur l'autre, tout développement de lumière augmente la force de l'inclination, et tout dévelop-

pement d'inclination porte à mieux chercher
et à mieux saisir les motifs et les règles de
l'humilité.

Cette probation s'adresse donc à l'une et à
de ces deupt facultés, pour les mettre en
l'état le plus favorable ; or, l'état le plus favorable de l'intelligence, c'est la conviction, et
l'autre

l'état

plus favorable de la volonté, c'est la

le

propension.

Deux

sortes de lumières produisent la conla lumière de la raison et celle de la
révélation. Deux forces produisent la propension : celle de la volonté et celle de la grâce
viction

:

actuelle.

1.

s.

Il

est sage

Thomas,

2a

2ae

de s'aider de tous ces

quaest. 161. art.

se-

1.

2. Ce mot « justice », pris ici dans son sens large, désigne la disposition vertueuse qui assure à chaque chos«
la place qu'elle mérite, tandis que la justice, dans sa stricte
acception, vise les droits positifs des hommes entre eux>

COUP D'ŒIL PRÉLIMINAIRE

14

cours à la

fois.

Ceux de Tordre surnaturel pont

les plus efficaces,

comme

les plus élevés.

Nous contenter des données de la raison pour
déterminer l'estime que nous méritons, serait
établir une vertu incomplète et insuffisante.
Prétendre acquérir l'inclination d'humilité par
nos seules forces, serait commencer par une
proposition hérétique, et finir par une déception.
Les païens ne connurent de l'humilité que la
modestie, et, ce qu'ils en connurent, ils le pratiquèrent bien imparfaitement. La vraie notion de cette vertu découle de nos dogmes
fondamentaux, et sa pratique complète déla grâce : elle est donc éminemment
et le rationaliste ne saurait ni
surnaturelle

pend de

;

avoir, ni

même

admettre l'humilité ainsi com-

prise.

II

une part très large aux
dans Vacquisition de la

faut cependant faire

facultés

naturelles

vertu.

Et pour bien comprendre la portée de cette
observation, il sera bonde rappeler ici quelques
notions générales sur les vertus naturelles et
sur les vertus surnaturelles.
Leur objet est le même; c'est le bien; et
chaque vertu a le même objet spécial
le
genre de bien. Ainsi, l'humilité, qu'elle
:

même
soit

naturelle

ou

qu'elle

soit

surnaturelle,

règle et maintient l'ordre par rapport à l'estime
personnelle et au désir de la louange.

Ces vertus^ résident dans les mêmes facultés
qui sont, pour les unes et pour les autres, les
facultés naturelles. Les vertus naturelles les

ainsi. comme qui dirait l'aptitude. on le comprend. la force. ne se formentquelentementpar des actes nombreux. vail. Dieu les verse déjà dans l'âme de l'enfant baptisé. VERTU SPÉCIALE pénètrent. donnent le simpliciter posse. au contraire. l'habileté. à un degré d'augmentation ne cor- vient respond pas nécessairement un accroissement de force et d'inclination. et non du développement. L'augmentation de l'une entraîne l'augmentation de toutes les autres. Pour les vertus surnaturelles. s'y accumulent peu à peu comme dans un membre qui s'exerce à un tra. Les vertus infuses. le simple pouvoir. Le nom d'habitude. L'inclination. Les vertus naturelles. vertu surnaturelle est synonyme de vertu infuse. L'habitude donne le faciliter posse. que la théologie appelle infusion. Mais elles diffèrent totalement par leur mode de production et d'exercice. Les théologiens caractérisent cette différence par deux expressions consacrées. et chez elles. l'augmentation du dehors. Il les verse toutes à la fois. et elles ne se perdent qu'à la longue en sorte qu'un péché mortel ne les détruit pas. jisent-ils. Les vertus surnaturelles sont mises en nous par une sorte de création. minent les 45 vertus surnalurelles les '< ter- ». à l'exception des vertus de foi et d'espérance. et elles se perdent ensemble parle péché mortel. la . Toutes ensemble également revivent par l'effet de la justification. ne peut être donné qu'à ces dernières.HUMILITÉ.

avec une beauté spéciale. On voit par là que. Les vertus surnaturelles font passer notre être de son ordre humain à l'ordre surnaturel. ou pour les remplacer. la vertu sera caractérisée par Veffort. Le bain n'a rien changé à sa nature le tissu reste fin ou grossier. Sa valeur et ses usages ne sont plus les mêmes. les actes vertueux se multiplient et s'accomplissent avec intensité. L'actiFité viendra des grâces actuelles. Ces grâces actuelles nous offrent des ressources qui dépassent toute évaluation Dieu les centuple dans l'âme qui y correspond et la prière lui permet de les prodiguer et sans mérite et sans mesure. les facultés na: . Une comparaison va rendre Sensibles ces distinctions. Elles les élèvent à l'ordre surnaturel par leur présence elles les complètent et les soutiennent par les grâces . : . mais d'une manière transitoire. chez les adultes. mais la simple aptitude à produire des actes surnaturels. les compléter et les soutenir. Les vertus surnaturelles ne sont pas faites d'ailleurs pour laisser inactives les forces naturelles. serré ou lâche mais il a pris rangdans un ordre plus élevé. couleur. l'aptitude. actuelles qu'elles attirent. mais pour les élever. le voilà redevenu tissu vulgaire. elles transforment nos facultés etleur communiquent.i6 COUP D^ŒIL PRéLlMlNAlUft vraie facilité. Tel tissu peut être fin ou grossier. généralement. serré ou lâche il devient de la pourpre dès qu'il sort d'un bain spécial. Qu'un réactif chimique lui enlève sa . des dispositions de la volonté et des habitudes. Les grâces actuelles la/ donnent également. . Sous leur influence toutepuissante.

Sa laideur et sa malice nous frappent moins que la laideur se malice des autres vices. et parce qu'enfin eu d'entre nous portent ce défaut à l'extrême. que des esprits mal informés prendraient facilement pour de l'orgueil. : m. l'orgueil constitue rarement de lui-même un péché mortel. Ses dangers nous paraissent aussi moins redoutables. VERTU SPÉCIALE turelles qui les produisent. discernement devient plus difficile encore. ce qui est orgueil et dignité personnelle Le soin de sa réputation. théoriquement. et quand on l'entrevoit. peut s'autoriser de ces délicates ré- milité. II. et la HUMILITÉ. chap. On trouvera des explications plus complètes dans notre livre intitulé Pratique progressive de la confession. on le sent à peine. même ! serves! 2" Mais. il le dissimule et se transforme. autorisentun grand nombre d'actes. se forment. parce que. Et que d'orgueil. t. on l'excuse. se développeût. II. 3» L'orgueil inspire peu d'horreur.fiUMIUTÉ. chez les chrétiens. En effet. à l'inverse. il grandit et s'étend d'une façon lente. et finalement acquièrent l'inclination. . rien n'est séducteur comme ce vice. les conditions des habitudes étant réalisées. la facilité et le savoir-faire aux actes semblables. — 2. si vous le considérez dans la pratique. Importance de la conviction dans l'hu- — 1<* Il n'est pas si aisé de déterminer. quand il a fait sa place. le devoir de garder son rang ou de défendre ses idéesjustes.

pour le dominer. difficile à connaître. Il se nourrit de peu. Comment s'acquiert et se développe cette tendance si contraire à la nature? Par l'exercice. et cependant il n'est jamais rassasié. l® Des actes. afin d'en concevoir une horreur qui nous en éloigne. faibles ou exagérées. qui ne meurt pas. Toutefois. . Sa vitalité est extrême. Importance de l'inclination dans l'humilité. ne comptons pas trop sur la portée de nos vues. mais elle la renferme à la manière des forces physiques condensées dans leurs éléments et prêtes à s'exercer. Il est donc nécessaire d'établir en nous une conviction éclairée et qui nous impressionne. Une conviction de ce genre n'est pas la vertu. ?oilà l'impérieux besoin La vue. Or. il faut étaljlir en nous l'habitude de l'humilité il faut que cette inclination nous suive tous les jours de la vie pour combattre sans cesse l'inclination opposée. voilà le grand secret. » . — IV. L'orgueil. 1 . Ses racines plongent au plus profond de notre nature. ni sur la sûreté de nos analyses Dieu seul est le Docteur de l'humilité : « C'est aux petits qu'il la révèle^ revelasti ea parvulis. des actes. est encore plus difficile à dominer. Il renaît quand on l'a cru mort. Essayons d'aller au fond des choses à travers les phrases de convention qui en- combrent ce sujet. la conviction.COUP D*ŒIL PRÉLIMINAIRK 18 El ijourtant sa pernicieuse influence est telle que les saints l'appellent le père de tous les autres. Aussi ne s'acquiert-elle point par des considérations vagues.

. Grâce à tous ces moyens ployés. 3® Lesdémonstrationsextérieures ne doivent pas être négligées. demandes. C'est donc le combat 11 faudra se courber devant la volonté des autres. etc.) peuvent être très nombreux. acceptations. ! : soit intérieurs. résolutions. car elles donnent aux senti- ments une consistance spéciale. l'armée des actes et surtout des actes généreux c'est elle qui s'établit dans la place et y fait régner l'humilité. la ressource inépuisable des actes.BUMILITÉ. VERTU SPECIALE l'avant-garde. mais elles éclairent 19 la l'armée qui remporte la victoire. même dans l'oraison? L'attitude courbée d'un coupable. d'un suppliant. » 2° En attendant ces occasions que nous réserve le cours de la vie. et c'est cet exercice que nous tâcherons de faire durant ces méditations. d'un pauvre. l'âme peut passer tout entière dans ces efforts. pour nous y préparer. dominée par une humilité résolue. elle emploiera sa force à se vaincre et mettra son bonheur à s'abaisser avec Jésus. Il faudra dire à chaque humiliation C'est bien! La nature se révoltera. mais. convient admirablement ici. Pourquoi ne pas les employer. c'est . riDclinatioD n'est plus longuement em- un simple assen- . et rien ne s'oppose à ce qu'ils soient intenses. Les actes intérieurs (désirs. nous avons. ' que nous com- mandons. est fort utile. etc. « Mihi absitgloriari nisi in cruce Jesu Christi. soit extérieurs. souvent peu raisonnable. consUtueij:^ marche. Il faudra se faire doux envers celui qui nous aura méprisés. Baiser parfois la terre.

et la justice C'est là tout domine tout l'ordre moral. il faut prier. la vérité illumine tout l'ordre intellectuel. . or. influence générale L'influence de l'humilité se déduit de sa nature même. — Formule acceptée L'humilité est /a vérité. Nous l'avons dit.des êtres coupables.COUP 20 D*<£IL PR^LIMINAIRB timent de l'intelligence à la vérité. Et que nous apprend-elle? Que nous sommes des êtres crééi. Pour devenir humble. il faut réfléchir et — Humilité. l'homme. §11. C'est une force per: manente qui donne la facilité. Pour que je I. fixés au sein de nos puissances développées et a Termies. et ! ! 1 . car il est de la nature de toute force de pousser à l'action et de trouver quelque jouissance dans son libre exercice. le mouvement. le goût même. Voilà de très grands mots. des êtres participant à la vie divine. résolu . elle est vérité et justice. comptons sur la grâce. car ils ne peuvent se concevoir par eux-mêmes. une simple elle déterminatioFi de la volonté à la justice est cr*t assentiment etcette détermination passés en 1\ àbitude. reste à les bien comprendre. Entrons donc avec courage dans cette formation prêtons tous nos efforts. il faut être convaincu et . sans cesse redite. mais peut-être vaguement comprise La vérité La vérité C'est très beau mais quelle est la vérité que nous avons à re chercher ici ? C'est la vérité sur notrb valeur.

dans cette recherche. dans mon fonds et dans mes actes. si je retranche en moi ce qui est de lui. par contre. il faut auparavant que je Créateur. la vérité pose les fondements de Iti justice mais en affirmant le devoir. en tant que justice. le devoir se synthétise dans vérité. elle conduit au bien. L^univorselle soi)- . Or. d'évoquer l'ordre tout entier de tion à la vie divine » besoin grâce et de la gloire. YuniveraeUe soumission. pour me comprendre. pour « participaque cette étonnante formule conçoive conçoive le péché. l'adoration quand je contemple l'Être par qui je suis. si je recueille tout ce qu'il veut bien me donner. Contraste fécond d'où naissent deux sentiments qui se complètent pour constituer ma vie spirituelle l'humilité quand je considère ce que je suis. et. j'ai besoin de le comprendre lui-même je le trouve dans mon origine et dans ma destinée . Dieu se présente à moi obstinément. pour que je connaisse il faut que je connaisse les droits et la dignité de Celui que j'offense. la justice fait de la vérité une vertu morale. de toutes parts. : l'infini II. je donne à chaque chose sa place et sa proportion j'entre dans la plus belle lumière qui soit au monde celle de j'ai la : : . je m'annihile absolument.HUMILITÉ. De ce double regard je saisis tout entière la vérité. je m'élève magnifiquement. Or. l'humilité . INFLUKNCS GÉNÉRAL! 21 créé. En établissant la situation respective de Dieu et de l'homme. — En tant que conduit au beau . L'humilité est la justice. le le : me dise quelque chose. éclairant le créé.

tice se confond avec la : — III. Les deux tendances que l'humilité a charge de régler et de conduire. et l'universelle soumission devient l'universel amour amour de reconnaissance pour le Bienfaiteur suprême. ne peuvent-elles pas se proposer des ascensions plus hautes que leur but propre? Elles sont une force. mais subordonné. INFLUENCE GÉNÉRALE Î2 mission. amour de complaisance pour l'être adoré. amour de bienveillance pour le Dieu intime qui veut recevoir quelque chose de nous. L'humilité transformatrice. On comprend ainsi comment la jus- vertu totale et pourquoi les saints portent dans l'Ecriture le nom de justes l'humilité ouvre toute large la route vers le parfait. la résignation à toutes les peines. c'est l'acceptation de toute la loi. Emparons-nous donc de ce vif sentiment de l'estime personnelle et de ce désir non moins vif de l'estime des autres. darde ses chauds rayons sur cette humilité fidèle. réalisant ainsi toute justice. pour l'œuvre de sa gloire parmi les i . or. fille de la vérité et de la justice. l'estime de soi et le désir de la gloire.HUMILITÉ. la fidélité à toutes les nsnirations par ell e Dieu passe en tous n os actes etles ramène à lui. toute force contient en puissance du mouvement. enfin. Présentons-leur de plus nobles ohiets à ai- . à nous l'obéissance de l'être personnel et libre. : hommes. Que la divine charité. amour de zèle. L'homme s'empare des torrents et en tire les surprenantes merveilles de l'électricité. . Orientons leur activité vers un but supérieur. A lui Tinitiative du moteur nécessaire.

peut-être même des joies inconnues. elle donnera au nôtre une paix divine. ma vie. qui est. Nous la parcourrons avec la plus parfaite des créatures. ne vous ai-je connue que de nom Marie. . teindre. qu'il m'élève à Lui par la puissance de ses attraits.HUMILITÉ. je dis ! mieux. cette vertu ravira le cœur de Dieu. route aérienne qui demande des ailes. INFLUENCE GENERALE 23 de plus délicieuses approbations à conquérir: cet essor sublime les éloignera plus l'admirable éduencore de tout orgueil. l'humiliation. Plus belle. essentiellement et dans tous ses espace sans borne actes. et l'atmosphère du monde est saturée d'orgueil. enseignez-moi l'humilité de Jésus elle contient. des douceurs cachées Oh faites que je les goûte Alors j'aimerai ! I : ! enfm ! ihuinilité. transformée. Oh cation à tenter! Toutes les vérités religieuses. par Jésus humble. Je ne suis pas humble. et me voilà vivant de sa vie de Dieu Incarné. sainte humilité. Qu'apparaisse maintenant Jésus Homme-Dieu.surtout. peut-être. une vie d'humilité ouvert à mes légitimes prétentions. elle . plus pénétrante. avec Marie. ô chaudes affections. les ailes de l'amour. ô grâces pénétrantes d'en haut. je le pressens. mon frère. je vous désire et vous appelle Envahissez mon âme qui s'ouvre à votre action. jusqu'ici. mon ami. qu'il me baigne de lumière par ses exemples. mon sauveur. ! : saintes clartés. tous les sentiments pieux. toutes les grâces d'en haut prêteront ensemble leur concours à cette œuvre qui couronnera l'humilité.

.

.

.

mais cette esquisse donne admirable- ment la physionomie de l'âme humble au dehors nulle recherche. Ce reflet pur.Première semaine PREMIÈRE MÉDITATION Invitation divine à THumilité a Sicut parvuli » Premier point : L'orgueil tendance innée et funeste. d'une heureuse ignorance. c'est la belle simplicité des vues et de l'attitude. L'enfant semble encore garder un reflet de rinnocence primitive. au dedans nulle prétention. lui. — — Préparation pour la veille. Avant d'aborla série un peu aride de méditations. — Deuxièmt point : L'humilité vertu réformatrice. Cette simplicité native est. Ce n'est encore qu'une esquisse. sans mérite comme sans durée. cette image : . doit venir chez nous de l'efifort. laissons descendre sur notre sensibilité une vision plus douce de cette vertu. chez l'enfant. Le divin Maître nous la présente sous les traits d'un petit enfant tout candide. Troisième point : L'humilité source de faveurs célestes. Ce qu'il tient. où le der raisonnement posera les bases de Thumilité.

. est le plus grand. Celui qui se fait le plus petit entre vous. me reçoit. » saient ^ — Voyons le chemin qui s'étend Premier prélude.. Faites-vous dès maintenant un cœur désireux ce que Jésus enseigne est nécessaireet docile ment vrai . nous sera proposé « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur » . Le Sauveur marche |9 . plus haut et millt fois plus aimable encore. : : Jésus.. le place au milieu d'eux et dit : En véritéy en vérité. Et quiconque reçoit en mon nom. il appelle un petit enfant. ce cher petit enfant qui doit être mon modèle et laissez-moi déjà vous entrevoir vous- même sous ses traits 1 Méditation « Lorsqu'ils furent dit : dans p^ la maison. demain.. si vous ne changez.. alors rimage de l'humilité s'achèvera en nous par la fidèle copie du chef-d'œuvre. un petit enfant semblable. Ailleurs un idéal plus complet. Et s' étant assis. Jésus embrasse le petit enfant et le laisse aller.. ce qu'il demande est nécessairement bon. vous n'entrerez pas dans le royaume de Dieu. Jésus leur Que discutiez-vou^ en chemin? Et ils se tai- parce qu'en chemin ils avaient discuté lequel d'entre eux était le plus grand. comme aux apôtres. et si vous ne devenez comme de petits enfants. 4u Thabor h Capharnaùm.PREMIERE SEMAINK 28 apparue. reste l'idéal à poursuivre. sicutparvuli. montrez-moi.

Elle les rend indifférents à la société de leur Maître.. L'orgueil tendance innée et funeste. Voyons leurs . Elle se trouve chez des hommes de basse condition et d'habitudes simples.. affaiblissement de la piété ? — — 1 : .29 PREMIÈRE MÉDITATION les Apôtres le suivent.. divin Maître. q^ii — Deuxième prélude. Demandons la grâce de comprendre cette importante leçon d'humilité d'en recueillir les moindres mots comme s'ils sortaient à cette heure. l'orgueil ainsi — l'entourent. Elle occupe et remplit entièrement leur esprit. Ohl s'éloigner de 4ésusl Se priver de sa conversation! Fuir ses regards et pour quels avantages!. Qui donc ne la porte pas au fond de — — — — soi-même Voyons ses conséquences. entendons leurs prétentions accueillies par des exclamations. et pour nous seuls. Entrons à la suite de Jésus dans la maison hospitalière. troubles. premier — du chemin de occupe et agite les hommes. — I. L'orgueil ne produit-il pas chez nous de semblables effets dissentiments. Elle subsiste en des âmes forDieu la mées directement par le Sauveur. Considérons la violence de cette tendance et ses conséquences immédiates.. à distance. laisse à des Apôtres destinés à la plus haute vertu. Remarquons le cercle des douze la vie. le petit enfant qui les regarde de son air naïf et curieux. et. de la bouche du . les Le long arguments douteux qui s'entre-croisent. visages animés par la discussion. 1 — provoque Elle entre les Apôtres des discussions blessantes.

pas de hauteur et de dédain. pas de préoccupations et de troubles d'amour-propre. si vous ne changez. Le petit enfant est mon modèle. » Méditons les divers sens de cette expression. « : — : (( — — . que je me fasse petit. L'humilité vertu réformatrice. suivant le mot du Sauveur. Donc. telle est la mission de l'humilité. Gomme le petit enfant. quelles que Et efficiamini » Le soient les difficultés et les répugnances. Il faut d'abord que je m'abaisse. Nisi. je dois être simple. et j'y tends. on temps et la patience y seront nécessaires ne se refait pas en un jour. bon. Oh! quelle parole de tendresse. docile. par inclination. c'est la paix de l'âme. par habitude peut-être. c'est la perfection. et je la veux. que je me croie petit. 30 II. M'assurer ces biens.)) Voilà le mot essentiel. » Donc. confiant. Se refaire. point de place au absolue : : : royaume du ciel. Sans cela. mais tout petit : Sicut parvuli. nécessaire. et j'y aspire.. c'est Vétemel bonheur. pas d'ambition et de recherche des préséances. Et c'est une condition expresse. « Sicut parvulî. — Pesons « Nisi bien chacune des paroles du Sauveur conversi (ueritis. Vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux.PREMIÈRE SEMÀINI. enfin. Le royaume de Dieu. il faut ensuite que j'agisse d'après cette opinion. aussi bien que d'abaissement! Non intrabitis in regnum oœlorum. sans prétention et sans affectation. je ne puis rester ce que je suis par nature. je ne dois pas me faire petit. Il faut être autre il faut d'orgueilleux devenir humble.

. peut-être. source des faveurs célestes. » Jésus pose le petit enfant en évidence au milieu des Apôtres. objetdes caresses divines 1. 1° petit Principe de grandeur. erit major.. Jésus! j'entrerai L'humilité. Ohl je choisis d'être petit et d'être aimé... Oh! comme les rangs subiraient d'étranges changements. « Quem cum complexus esset » Jésus embrasse ce petit enfant. Ohl que nos jugements nous trompent. c'est qu'il le mérite dès ici-bas il l'occupe donc aux yeux de Dieu. Je me plains de mes délaissements intimes. principe de succès... Toutes les satisfactions de l'amour-propre ne valent pas ensemble une caresse de Jésus. je connais à peine le goût de la consolation.. Oui. principe de consolation. à la place d'honneur et il traduit aussitôt cet acte par ces paroles : « Celui qui lui ressemblera sera le plus grand au ciel. : — — : Serait-il moins bon ou serais-je trop grand ?.. Pourquoi ? Pourquoi 1 . si la lumière de vérité perçait nos ténèbres! 2** Humilité. « Qui susceperit talem in nomine meo me suscipit. Jésus ne m'entoure pas de ses bras. vers qui la grandeur s'incline avec amour!. par mes prétentions.. » Si la justice dernière doit lui assurer ce rang. 3° Humilité. Heureuse petitesse. Si cet enfant n'eût pas été tout petit Jésus ne l'eût pas embrassé... ne me presse pas sur son cœur.PREMIERE MEDITATION 31 si je consens à me faire tout dans ces belles destinées. « Statuit eum — in medio eorum. » — . Bonheur de ce doux privilégié.. III.

.. Qui donc ne s'empresserait d'ouvrir à Jésus Je serai ce sa demeure. Il déclare que le recevoir. Celui en qui elle brille semble apporter la sécurité et la dilatation. — Etre un petit enfuit pour que — Jésus .. son cœur? — — privilégié.. Est-ce un privilège de grâce?.. le même désir de laisser les autres paraître. tion facile. Est-ce un rayonnement de l'âme?. Est-ce une fugitive apparition de Jésus?. même : Résolution. c'est le effacement. ses bras. c'est le recevoir lui-même. si je me fais petit. attache à l'humilité le Qu'il parle ou qu'il écoute. comme pour rendre sa recommandadon de plaire. on l'accorde spontanément rien en lui ne provoque ces répulsions instinctives que soulève l'orgueil. Qui receperit talem me recipit. m'aime.. On sent à je ne sais quel signe que cet humble ne saurait mépriser ou Dieu.PREMIERE SEMAtNË 32 Jésus accrédite auprès de tous les hommes celui qui ressemblera à ce petit enfant.. Ohl que je voudrais me faire petit! blesser. Ce qu'il demande..

te premier se surfait à ses propres yeux. ni les mêmes n'ont ni la tères. 2» d'orgueil. c'est qu'ils ont l'un et l'autre pour objet l'exaltation du moi . ni les mêmes caracle même mode d'action. L'estime excessive de soi se rattache au sentiment de la dignité personnelle. .ÉTUDE PSYCHOLOGIQUE DE L'ORGUEIL Pour préparer l'esprit aux deux méditations qui suivent I 1» On donne communément le nom d'orgueil à deux défauts qui sont cependant de nature différente l'estime excessive de soi et le : désir excessif de restime des autres. et le désir de l'estime des autres. Il n'est vicieux qu'en tant qu'il recherche une place qui ne lui est point due. le second veut être surfait aux yeux des autres. ou la fait désirer avec des préoccupations ex- trêmes. bvmilitL — s. à notre instinct de sociabilité. dont il est une exagération vicieuse. Ce qui autorise la commune appellation donnée indifféremment à ces deux défauts. Ils même origine. ni effets.

qui est attaqué . cette assurance qui. l'homme tomberait aisément dans cette lâcheté qui ne sait ni entreprendre ce qui est périlleux. elle les maintient dans leur beauté. car. ni défendre ce 1® effet. Sans lui. elle ne les abaisse pas. mais de les régler . ni le désirde l'estime. pour l'exercice du commandement. que la plupart des traités sur cette matière sont remplis d'enseignements confus. au grand profit des subordonnés. entraîne l'obéissance. II Faut-il déclarer à ces deux tendances une guerre si impitoyable qu'elle vise leur complet anéantissement? L'humilité n'a point pour objet de détruire le sentiment de la dignité personnelle. elle les élève au contraire.c'est lui qui communique. dans leur force et dans leur rôle utile En : sentiment de l'estime de soi il a été mis par est légitime en lui-même Dieu en notre nature pour soutenir notre personnalité. si l'on veut être en état de s'analyser à fond soimême et de se diriger comme il convient.34 PREMIERE SEMAINÏ 3» Malgré ce rapprocliemeiil final. seule. et . C'est pour n'avoir point établi ces essentielles distinctions. de qualifications arbitraires et de moyens mal appropriés. en nous donnant conscience de la justesse de nos idées. en les affranchissant de tout excès. comme de nos forces et de nos droits. le . ces deux tendances doivent être étudiées séparément. .

une sorte de soumission à leur jugement. par excellence. mais qu'on la subordonne bien plus. et plus aimable à ceux plus qui . Plusieurs 'ui devront de s'être maintenus dans le devoir. et elle s'éprend de la gloire de Dieu. est. et plus facile à celui qui l'accomplit. reste sans doute un principe d'altération. qu'elle intéresse. Ce qui est humain. un sentiment honnête et secourable il est une marque de considération envers les autres. la grandeur personnelle. beaucoup de personnes. qui est l'objet le plus haut que puisse poursuivre l'ambition d'un grand cœur. l'expérience ne le montre mais il communique aussi cette que trop spontanéité qui rend l'action. 3<> Le sentiment de Thonneur semble appar- tenir davantage à cette seconde tendance. qu'elles négligeraient. . lui aussi. . s'élevant haut. 2° Le désir de l'estime est. se portent sans peine à des actes de générosité et de dévouement. elle répand sur la vertu quelque chose de plus attrayant. La raison n'exige donc pas qu'on se dépouille de cette tendance.itUDE PSYGHOLOGIQUfi DS l'oRGUEIL 35 Sous son influence. car . autour de nous. l'âme pieuse. Grâce à lui. quelques-uns d'en avoir mieux compris les délicatesses. chacun aime à sentir qu'on fait cas de l'estime qu'il donne. car. que des motifs surnaturels n'animent pas. et l'on se rapproche instinctivement de celui qui procure cette jouissance. admire la perfection chrétienne. quand elle est et qu'on la dirige dominée par des sentiments supérieurs. ou même auxquels elles ne pensaient pas.

il leur prête un ferme appui et en reçoit une haute direction . Le désir de l'estime envisage l'honneur comme un bien social. il peut entrer en nous et l'esprit régner sur notre conscience. étant le fait de l'opinion et l'opinion étant le résultat des idées qui régnent dans un milieu. dité etjette il " . plus sensible à l'honneur qu'aux hommages. reste seul. sans autre examen. à l'estime publique. Qui en fait sa règle. n'est pas vertueux.36 PHBMIÈRB SKHAIIfB l'honneur est rappréciation de l'estime générale c'est de tous qui dicte ses lois et fait décerne ses récompenses l'on se soumet : . Cependant. au contact des vérités de la foi. S'il se trouve uni à des principes supérieurs. l'honneur que pour en jouir. car le bien doit être le premier mobile de nos efforts. Ici nous sommes dans le domaine de la première tendance qui vise la dignité. et. Alors. On ne peut refusera l'honneur une influence heureuse sur la vie sociale et sur le perfectionnement individuel. dans des autres. dont il veut sa part l'estime de soi comme un bien qui lui rerient de droit. on conçoit l'élévation que peut atteindre un groupe d'hommes. Quoique l'honneur réside hors de nous. il préfère sa propre estime. n'est pas sage. un peuple. car l'opinion peut mal l'on juger. 1 homme consulte moins l'opinion que les principes. s'il . maintient du moins quelque soliencore quelque éclat. que récompenses que qui ne recherche c'est à ses lois et c'est à ses aspire. L'honneur.

Elles viennent de Dieu. et restent bonnes dans leur exercice. pour la lutte.ÉTUDB P8TGH0L06IQUB DE l'ORGUBIL 37 III péché qui a mis ces deux innotre nature. s'affranchir de facile rend l'esprit hésitant. elles y eussent toujours existé. c'est peut-être. IV On entend dire communément que Vorgueil relève de l'estime de soi. . et communique aux manières extérieures ce quelque chose elle de factice et de contraint qui discrédite la vertu. donc. tant qu'elles ne sortent pas de Ce n'est pas le clinations dans leurs justes limites pourvoit. on «st vain c[uand on estime en soi (^uel(|ue avan. à leur insu. d'une part. tandis que la vanité appartiendrait au désir de restime. . Elle laisse l'âme sèche. elles sont bonnes en elles-mêmes. car il est bien plus de détruire une force que de la maintenir constamment dans son jeu régulier. le péché n'a fait que les rendre excessives et leur créer des dangers extérieurs. Cette mutilation résulte ordinairement d'une certaine étroitesse d'esprit et produit des déformations regrettables. et c'est l'humilité qui y Si l'on voit des personnes vertueuses se raidir absolument contre elles et les réprouver sans examen. Cette attribution ne semble pas juste car.

la dignité réside en noC3-mêmes. chez les seconds. d'éminents services. Ces deux mobiles peuvent être entachés d'orgueil. n'ajoutent rien à notre vraie valeur. pas un mérite. la vanité devient également le propre de ces deux tendances. c'est la dignité qui commande. : . Il y a de grandes ambitions comme il y a de grands caractères. l'esprit naturel. l'intelligence même. mais un don remarque bien humiliante pour la raison humaine en fait de fortune. quand le désir de l'estime porte à rendre tage . l'élégance des vêtements et le train de maison. La renommée est hors de nous. c'est la renommée qui attire. cependant. La qualification de vanité ne doit donc pas s'appliquer à la tendance. Les grandes ambitions déterminent de puissants efforts et poussent aux actes d'éclat comme les grands caractères. et un travailleur par un esprit facile. Chez les premiers. comme en fait de labeur. d'autre part. sans mériter le reproche d'être vains. Bien vain aussi est le désir est bien vain d'une estime. toujours si I fugitive.PREMIÈRE SEMAINE 38 mesquin et. quand elles s'abaissent . souvent peu méritée. mais à son objet. La richesse transmise. mais par un mobile différent. Tout cela . on est plus fier de ce qui est reçu sans effort que de ce qui est acquis avec vaillance un parvenu est éclipsé par un riche héritier. ne sont et. on ne l'est pas. La beauté.

en effet.ÉTUDE PSYCHOLOGIQUE DE l'oRGUEIL 39 Résumons maintenant l'ensemble de doctrine cette : Le rôle direct de l'humilité est de régler sentiment de l'estime propre et le désir de l® le l'estime des autres. Nous les retrouverons dans les méditations prochaines. ces motifs d'une humilité plus qu'humaine. c'est préciation de cet excès. 2° La di£tinction de ces deux tendances. dès maintenant. La vertu simplement humaine trouve cette appréciation dans sa raison seule . Elles diffèrent. par leur . sont des vérités révélées qui viennent changer le point de vue et imposer une humiet plus profonde et plus gémissante. mais elle la reçoit plus lumineuse des dogmes de la foi : la déchéance originelle est la triste condition où nous sommes. — Où Toutes deux nous disent point dans l'ap: elles diffèrent. la nécessité absolue de la grâce et des grâces de miséricorde. dont Texcès porte le nom commun d'orgueil. Demandonsnous. la vertu surnaturelle la cherche là aussi. signale la nécessité d'une direction particulière pour chacune. si la simple humilité de raison ne manque pas elle-même à notre vertu. ces lumières d'en haut. Cette définition convient également à la vertu simplement humaine et à la vertu surnaturelle d'humilité. d'excès. L'exemple de Jésus achève cette éducation en nous présentant son idéal où se déploie l'humilité lité surnaturelle.

Les conditions générales. que certains signes caractéristiques. les ressources non plus. des méditations qui vont suivre. souvent de minime apparence.PREMIÈRE SEMAINE 40 physionomie morale comme par leur nature intime. tout le parti possible. révèlent à l'observateur exercé. et telle nature à refaire appelle une méthode différente. Autre est la personnalité de celui en qui domine l'estime de soi. d'en diriger V application vers s'il son but spécial. comme l'inspection d'un os permet au naturaliste de reconstituer l'ensemble d'une espèce animale. Les travers ne sont pas les mêmes. Que chacun prenne donc se classer le soin préalable de dans l'une de ces deux catégories. . les moyens généraux sont proposés à tous. autre est la personnalité de celui qui est dominé par le désir de l'estime. veut tirer. Ce :?ont deux constitutions à part. à charge. mais. pour chacun.

ou bien ou bien l'esprit d'indé- pendance pouvant aller jusqu'à la révolte. selon les situations. toujours fait. Il sera juste. Quatrième point : Ses dangers. Troisième point : Ses contradictions. Il est personnel et exigeant par une alliance assez fréquente avec l'égoïsme. on se connaît si mal soi-même! Ce que l'on a toujours vu. il peut être une force sans cesser d'être vicieux. oujours senti. On le rencontre plus ordinairement chez l'homme que chez la femme. mais dur. mais de la raideur. finit par paraître légitime. — Ce genre d'or- gueil développe.Première Semaine DEUXIÈME MÉDITATION II« EXERCIGB De Testime de soi et du mépris implicite des autres Premier point : Constater la tendance. le : — sens autoritaire. fût-il sou- .— Deuxième point Ses partialités. Il a de la tenue. N'ai-jfc pas quelques-uns des caractères de — cet orgueil? L'orgueil est si habile à. — PrépsLPation pour /a ve/7/e. Chez les gens privés de principes plus hauts.se dissimuler.

alors même qu'il n'est pas extrême. nous — Considérons en /a tendance. et l'orgueil peut être dangereux. je sonderai ces retraites obscures où se cache l'orgueil mais ma vue est trop courte pour en atteindre les profondeurs. . travail instinctif semblable à la poussée de la plante (|ui parvient à plonger . Demain. Qu'elle non. ferais-je exception à la règle? On peut être orgueilleux. et d'une grande sincérité de conviction. Ne dit-on pas sans cesse que chacun se surfait. ce qui s'adresse au rôle que Dieu nous prête. elle existe : travail soit volontaire ou incessant de notre esprit pour découvrir en nous quelque chose à y estimer. nous sont apportées du dehors. «^ Méditation — Demander la grâce d'une vive luPrélude. . pour peu que notre situation y prête! Les éloges. mière I. le respect lui-même. d'ailleurs. mon Dieu. c'est à votre lumière que je veux recourir c'est de votre grâce que j'attends le don de me pénétrer moi-même. Que d'illusions. . tendance qui nous porte à nous Constater cette surfaire [superbia).PREMIERS SEMAINE 42 verainement défectueux. nous font croire à une supériorité quelconque nous retenons facilement pour nous. sans l'être de toutes les manières.

nous sommes porde grand prix les côtés par où elle est mieux douée. nous n'hésitons pas à tenir les premiers pour misérables. pas de contrepoids la tendance à l'estime de nous-mêmes s'est seule fortifiée. Avons-nous plus de tête que de cœur? Nous — nous en félicitons. si ce sont les dons de l'intelligence qui dominent. tant il est naturel. humiliant. Dans notre intelligence. au contraire. travail inconscient et sans fatigue. C'est une vue fugitive qui s'efface sans déterminer une impression stable. il les nourrit. et nous plaignons sincère ment ceux qu'une trop grande bonté rend dupes des habiles. plus de solidité que 4e brillant? Que sont les phrases creuses tés à estimer ! — l — . mais sans solidité ? Qu'est ce qu'un cerveau pesant A-t-elle. Suivons-le dans ses procédés il attache et fixe son attention sur les qualités qu'il s'attri: contemple. Mais. il ne bue. il s'en vue persistante produit une impression qui se grave. et cepen- dant. Par contre. il s'y complaît. Donc. fussent-ils vulgaires? Ce sont ceux-là qui nous paraissent. après tout. bas. : — : — II. — Est-elle déliée. Avons-nous plus de cœur que de tête? nous déclarons l'habileté méprisable. les plus importants. Pas de vérité non plus nous avons enregistré un seul côté de l'enquête. Avons-nous des avantages extérieurs.DEUXIÈMB MÉDITATION ses racines au milieu des rochers 43 . Cette — s'arrête point à ce qui est imparfait. Ses partialités.

Alors survient comme un travail d'élimination. — Certes.. — Ainsi de tout le reste. le l'orgueil se retrouvera parfois sur le même de plus instruits.. — III. que je tiens mes talents. « C'est de vous. c'est qu'on a été injustement traversé. parfois dans le mépris de ce qui nous dépasse. Examinons ici nos sentiments et nos actes. ô mon Dieu. si l'on a subi un échec. taté bien souvent on l'a fait avec une clairvoyance étonnante. défaut identique. mais on en souffre. on a consson infériorité. Auprès de se dire avec une conviction sentie Oh! que la piété vaut mieux Se trouve-t-il ensuite auprès de plus vertueux que lui aussitôt une estime toute nouvelle pour la science lui monte au cerveau. Contradiction — — appai:ente. et parvient à nous reconstituer une prééminence quelconque. mes succès. il lui arrivera même homme. s'il croit les surpasser par là. c'est qu'on s'y est bien pris. cherchons à prendre sur le vif les accès de notre orgueil et ses contradictions désolantes.44 PRBUIÂRI 8BHAINB Si l'on a obtenu un succès. J'estime avec découragement ce qui manque : orgueil souf- frant. Ses dangers. J'estime plus ce que j'ai : orgueil satisfait. qui se poursuit sans re- lâche. La contradiction de chez objet. ! : — : — IV. » La formule e^t . Rien n'est plus facile que de rendre hommage à Dieu de tout ce que l'on est. parfois même Ses contradictions. Humilions-nous de notre partialité odieuse et du ridicule qu'elle contient.

il en arrivera parfois à se On le vantera audacieuserendre ridicule. faites que cette Probation m''ouvre les yeux. ment pour voir ce qu'il peut absorber de flatteOn le laissera s'engager dans une fausse ries. toutes les vaines complaisances. son ton. L'orgueilleux se trahira par sa pose. l'orgueil. et m'arme d'une sainte colère contre un penchant si vivace. tous les sentiments de hauteur. Mais. se raidira contre l'insuccès méd'où erreur de conduite. et gardera un cœur ulcéré d'où perte de la charité. mais elle ne nous détourne pas sincèrement de nous-mêmes. je — me En parcourant ces signes de suis senti presque rassuré : non vraiment ces signes. . tissements. qui n'est . On l'excivoie. l'orgueilleux ne demandera pas facilement conseil il dédaignera les averl'orgueil hérétique. Il s'irritera contre les oppositions. Elle écarte .45 DEUXIEME MÉDITATION connue mais elle peut laisser passer tout l'orgueil pratique. se répandra en paroles blessantes. Confiant en lui. il les soutiendra. je ne les remarque pas en moi. et je ne tombe pas dans ces sortes de travers. qui donc porte ce défaut à l'extrême. vraiment pas notre grand danger. si caché et si plein de : — — — I : dangers! Réflexions. sans prêter attention aux raisons des autres : : d'où entêtement. tera à se vanter. rité. pour s'en faire un sujet de risée tristes représailles Seigneur. et l'aggravera Enfermé dans ses idées. pour jouir de sa déconvenue. ses expressions.

vous me montrerez àmoi-même. mais pour ne l'être point. je suis en pleine obscurité. Votre lumière. Qui. par contre. c'est un rayon aigu. est pleinement humble? Le suis-jeàce point? : Résolution. m'incliner toujours à . passe facilement inaperçu chez nous. qui donc serait assez téméraire pour s'en croire entièrement exempt? Ce qui ciioque en théorie et chez les autres. c'est triste à penser. ô mon Dieu.. me surfaire. de stigmati« Je le prends en horreur et je le ser un vice redoute en lui-même c'est un grand point. ô Esprit saint. en effet. je viens surtout de faire une analyse. vous me révélerez en moi. la règle ma conscience est averdu discernement et la volonté du combat. — Dans cette méditation. il faudra être pleinement humhle! Cela semble une naïveté. un être que je ne connaissais pas. est de la simple sagesse. A cette heure. je possède fixées. mais de l'obscuritë. Je ne me sens pas orgueilleux. de tracer un tableau. Par : — là mes idées sont tie. Durant le cours de ces méditations.. que ma prière instante promènera parmi les ténèbres de ma vie. les objets finissent peu à peu par émerger je m'observerai à loisir. sera le flambeau. — Une tendance innée me portant à me croire audessous de ce que je pense.PREMIERS SEMAINE 46 et.

dénigrement. envie. etc. que de bassesses il autorise.Première Seiuaind TROISIÈME MÉDITATION m" EXERCICE Du désir excessif de Testime Premier potnt : Deuxième point Troisième point Nature : : de cette tendance. natures découragement. irritation. peut entraîner. jalousie. Selon les ineptes ou tristesses démesurées. mettrai bien en face de cette disposition si facilement dominante. seules. j'en sonderai et aussi les côtés misérables. et que. Que de petitesses il entraîne.. — : ! — : . je dois le surveiller parce qu'il est vivace. et force Désordres qu'elle Folie où elle — — — Demain je me Préppration pour la veille. que de faussetés il inspire Je dois le redouter parce qu'il démoralise. peut introduire. les grandes vertus y échappent. etc. Ne les dangers serais-je point victime de ce désir excessif de l'estime? Voici quelques-uns des caractères qui le signalent : Trouble ou du moins préoccupation causée par Selon les cas joies la crainte du blâme.

Un amour raisonnable et paisible de — . Le déde l'estime des autres ne saurait se confondre avec le sentiment de l'estime de soi. pleins d'eux-mêmes.. « La douceur de la gloire est si grande. dédaignent l'opinion d'autrui. que nous voudrions être connus de toute la terre. selon Platon. D'autre part. en effet.48 PREMIERE SEMAINE Méditation Prélude. chez des personnes qui se reconnaissent peu de valeur. Le désir de la louange est donc une forme spéciale de l'orgueil. on l'aime. et si vains. On le rencontre. certains hommes. — Nature et force de cette tendance. Nous sommes si présomptueux. « la dernière robe dépouille que l'on ». Nous perdons encore la vie avec joie. Désordres que peut entraîner cette tendance. même à la mort.. dit Pascal. pourvu qu'on en parle. la grâce d'une vive lumière et d'une grande sincérité de conviction. » Cette tendance apparaît chez le petit enfant. que l'estime de cinq ou six personnes qui nous entourent nous amuse et nous conI. sir tente. et bien des gens acceptent volontiers qu'on leur prête des qualités qu'ils n'ont pas. et c'est. qu'à quelque chose qu'on l'attache. demander — Comme dans la méditation précédente. II.

L'homme vain. Est-il injuste ? Pas davantage et pourtant il marche cruellement sur les droits du prochain Il ne les a pas vus. . de langage . se redresse et s'épanouit. . — Est-il méchant ? . et « s'évanouira » dans sa folie. soit à la désirer au delà du mérite. il perd tout élan l'approbation était son appui. Est-il faux ? Non et pourtant il change d'opinion. Méconnu. : . il y tend pour sa récompense accidentelle. d'attitude. . au lieu de tendre au devoir pour lui-même. comme pour mieux aspirer les éloges. L'abattement veut le plonger dans l'inaction du découragement. le succès ne produit pas un moindre désordre. Il respire plus largement. HUMIUTÉ. l'irritation lui crie de briser les obstacles. et l'appréciation exacte des choses lui échappe. Alors rabattement et l'irritation se succèdent. — 4. L'homme vain sera serviable. tout bien mérite l'estime le désordre consiste soit à l'aimer plus que le bien. soit à la rechercher avec empressement. comme les crises différentes d'un même mal. Il sera facilement imprudent. l'estime des . généreux mais pour le paraître. mais l'éclat qu'il projette. L'illusion l'environne d'un nuage. et pourtant on le voit dur. C'est pourquoi l'on peut donner des louanges pour encourager. Que poursuit l'homme dnininé par l'amour de la louange ? Est-ce le bien ? Non. : Non . . Au reste.49 TROISIÈME MÉDITAXION hommes n'est point un vice. Au fond. il est quelquefois un secours personnel et un stimulant à des actes utiles. entouré d'estime. Il Replace ainsi le but et. et elle sera peu délicate dans ses conseils sur le choix des moyens.

! î 1 Examinons les mobiles qui nous ont dirigés dans les circonstances importantes de la vie. faute de réalité.certains moments de réveil lucide. Si. ne voit que son but occuper une plus grande place dans l'estime des autres. à des succès étonnants.. U . dont on sourit quand folie redoutable parfois. folie douce souvent. en pratique. où l'imagination nous transporte à des actions d'éclat. Tout cela se fait : avec une tranquille inconscience. A .. plongeons nos regards au fond de notre intérieur. C'est une jouissance. Ce sont des rêves. Folie de cette tendance égarée. et nous ï'aimons. — III. . il est tour à tour arrogant ou flatteur. Kéres creux et interminables. quand ses elle s'étale erreurs nous perdent. . Ah quel besoin de voir clair en nous-mêmes Quel besoin de cette formation I Quel besoin d'humilité — . ceux qui nous animent aujourd'hui dans nos actes ordinaires. nous voyons des visages animés d'enthousiasme nous jouissons de la surprise de tous et de la nôtre. et voyons ce qui s'y passe. selon les cas il ira même jusqu'à employer d'hypocrites formules d'humilité.' 50 PREHiJbRB SEMÂINS selon les personnes . laréalité des choses nous tient éloignés de ces excès. on s'écrie je suis fou Cet amour vain de la louange est en effet une folie. nous le savons mais ils caressent notre passion. ' : . Situation oii se révèlent des qualités supérieures que nous possédions à l'état latent : nous entendons déjà des murmures approbateurs .

d'hui : — si l'on avide d'estime Me redire plusieurs fois aujoursavait autour de moi combien je suin I . en constatant qu'elle nous manque. Ne donnons-nous pas nos sympathies à ceux qui nous flattent. Résolution.TROISIÈME MEDITATION 51 Envisageons surtout la cause vraie de nos joies et de nos tristesses. ne sommes-nous pas facilement à son égard hostiles et injustes ? Concevons un grand désir de l'humilité. Ne serait-ce pas trop souvent l'approbation ou la défaveur ? Scrutons notre conduite. et si nous supposons que telle personne nous estime peu. et l'équilibre moral avec elle.

Aveuglé par l'esprit propre. l'orgueilleux ne songe pas à consulter Dieu et à implorer son secours pourtant nécessaire. idées. Cet égarement. Le plus grave. sans elle. L'estime de soi porte à faire fonds sur ses ressources. . ni durer. c'est un immense danger. entraîne parfois. Or qu'arrive-t-il si cette confiance est excessive ? Qu'elle détermine des erreurs de conduite et 1. qui naît d'un sentiment est responsable des désastres qu'il vicieux. plus qu'une simple faute. mais c'est peu. sur sa volonté.CONCLUSIONS ET SYNTHÈSE A l'analyse des deux tendances qui portent à l'exaltation de moi. du recours à Dieu. et c'est là plus qu'une erreur. sur ses amène des déceptions? Assurément. qu'elle ni surtout l'odieux de cet étrange oubli. il ne voit ni le fait. et que le châtiment de l'orgueil sort de l'orgueil lui-même. faisons succéder l'étude du rôle de l'humilité dans leur direction npus constaterons que. . la vertu chrétienne ne peut ni s'établir. c'est qu'elle tend à obscurcir la notion du besoin de Dieu. Sous l'influence de cette disposition. car une telle attitude implique la négation implicite de la grâce.

ils ne sont ni surnaturels.. au droit de Dieu. même légitimes.ni même vertueux au vrai sens du mot. L'orgueilleux pense et agit comme s'il Cette analyse vante était : lui-même ce principe. que de sacrifices.CONCLDSIONS ET SYNTHÈSl 53 se résume en la formule suiDieu par sa grâce est le principe de la vertu. La vue . quoique d'une autre manière . c'est qu'il rabaisse. c'est qu'on veut l'honneur du succès et si l'on Souffre tant d'un échec. dans une courte formule Dieu doit être la fin dernière de nos actes l'orgueilleux l'oublie et l'écarté en ne se préoccupant que de soi. d'une distinction honorifique. pérances et de craintes personnelles. n'est Que devient cette préoccupation sainte dans une âme où règne le désir excessif de l'estime des autres ? Si Ton a tant à cœur de réussir. la recherche d'une position plus brillante. d'une simple louange peut-être or. Cette seconde analyse se résume. bons et bienfaisants. En effet. Que d'efforts. n'a point provoqués . au milieu de tout ce tumulte d'es. Dieu n'est pas seulement le principe de nos actes vertueux. il s'attaque pourtant. rien pour Dieu! Des actes inspirés par de tels motifs auraient beau être.de nos intérêts. lement à fin. elle aussi. Il lui fait encore une autre injure celle de pré: .. — : . Que dire d'une vie dirigée presque entièrement par de tels mobiles ?. que secondaire. il doit en être encore la II. par eux-mêmes. lui aussi. Le désir excessif de l'estime s'oppose égala vertu.

En de lui-même. Il n'y en a pas un j'ai le don de la parole. injustes punitions où Dieu laisse succès. Hélas vous lui devez beaucoup moins que vous Dieu. Nous développerons en son lieu cette effet.. Testime vaine des créa- <. n'attire pas de Dieu il se contente de provoquer le sourire des hommes. La sottise ici l'emporte sur l'or- les malédictions gueil.. parmi les âmes Craignons néanmoins un orgueil pieuses. fautes. moindre qui ne laisserait pas d'appeler de sécheresse persistante. vérité. tristesse. « Grâce à un très bon jugement. à plus forte raison. Ce genre de châtiment vise spécialement l'estime propre.. l'homme déchu tend au mal. ne faudrait pas comprendre dans ces appréciations un certain orgueil naïf et qui s'étale .. Il sévères. plutôt instinctif et sans malice. » ne pensez t. il y descend tôt ou tard. quand elle est démesurée le désir excessif de l'estime trouve plutôt le sien dans . est rare parmi les chrétiens qui conservent avec Dieu quelques rapports. le estime. parfaitement applicable au monde moral. Un tel orgueil. de l'accélération des vitesses. Dieu j'ai — — — I ! Cet orgueil. : — . je le dois à comme moi pour.PRBUIÈRR SEMAINB 54 férer à son tures III. Pour châtier l'orgueilleux. Dieu n'a qu'à lui-même cette conséquence res- livrer à : sort lumineuse des notions qui précèdent. selon la loi. et il s'y enfonce toujours davantage. s'il n'est pas retenu par lesecours de Dieu. or. hélas : ! tomber. ainsi châtié.

Dieu est la loi et demande l'obéissance. Nous allons retrouver. sans doute. mon devoir est de les orienter tous vers sa plus grande gloire. : — La vérité tout bien et est que Dieu est le principe de non pas nous-mêmes. . Que peut-il faire d'un être qui se soustrait à sa propre loi. Ce désir est toujours plus étendu que les objets qu'il peut atteindre. et. en tant que fin. et de nous rendre malheureux dans nos vaines recherches. mon devoir consiste à vivre sous son entière dépendance. se détourne. plus il obtient. pour nous en pénétrer. justice : termes équivalents). et se détourne de sa fin?. plus il devient avide.CONCLUSIONS KT SYNTHÈSE 55 la joie qu'il cherche et qui le fuit. Le rôle de l'humilité se dégage maintenant avec une netteté parfaite elle est la vérité et l'ordre [ordre. Il commence par la préoccupation et finit par la déception. Dieu se sentant oublié. s'il est la fin obligée de tous mes actes. et il exige la pureté d'in- tention. Si Dieu est le principe de tout bien. plus largement développées. est là soustraction de ses grâces. ces mêmes notions. il est est — — le motif souverain. la faim ramènerait l'enfant prodigue à la maison paternelle ! IV. Le plus grand châtiment qu'il puisse infliger. un jour.. En tant que principe. De son côté. Que ne se contente-t-il de semer de l'amertume sur nos joies humaines. — L'ordre que Dieu doit être la fin de tous nos actes et non pas nous-mêmes..

en Dieu — Préparation pour la veille. la volonté de me faire humble le vertus. — J'envisagerai en elle-même. Troisième point point : Pureté d'intention. en partie. Comment — — : : I . craintes celles que je dois avoir! Mais par dessus tout. S'instruire est le premier pas vers le bien que Ton poursuit.Première Semaine QUATRIÈME MÉDITATION IV« EXERCICE L'humilité fondement des vertus — Deuxième : Confiance Premier point : Du fondement des vertus. des lumières les vôtres. Je veux donc me mettre riiumilité est en face de cette maxime reçue demain cette vérité : fondement des Est-elle bien vraie? l'entendre? Jusqu'où va sa. portée? Par quelles dispositions pratiques se traduitJusqu'ici ne l'ai-je pas acceptée de conelle? fiance sans en avoir pénétré la raison d'être? L'imperfection de mon humilité ne tient-elle pas. car ici le but n'est pas tant de m'examiner que de m'instruire. au vague de mes idées sur ce point et au manque de conviction qui en résulte ? des mon Dieu.

Au contraire. n'est autre queDieuprincipe et fin de notre vie spirituelle. C'est pourquoi on l'a comparée à un édifice. Demander la grâce de bien comprendre rapports étroits de Thumilité avec les vertus chrétiennes. Or. Du fondement de la ensemble de bonnes — vertu.QUATRIÈMK MÉDITATION 57 Méditation — Prélude. quand elle est déréglée. constitue notre grandeur morale. En dernière analyse le fondement des actes moraux est dans le mobile qui les détermine le mobile en est l'âme. qui le considère comme principe premier de nos actes vertueux et comme objet final de nos inten- — : tions. pour durer. La vertu est un dispositions et de forces acquises qui. Celui de la vertu. Tout édifice. l'estime de soi. en réfléchissant. l'entraîne à considérer en toute chose ce qui lui rapportera le plus de considérations et d'éloges. nous reconnaissons que si nos actes humains. . nous maintenant dans la pratique du bien. doit reposer sur des fondements solides. porte l'orgueilleux à compter trop sur ses propres forces et à s'attribuer le bien qu'il fait. en effet. Or. les I. nous l'avons vu plus haut. le désir excessif de l'estime. D'autre part. la vertu qui lui reconnaît ce rôle et en assure l'exercice. c'est l'humilité c'est elle. pris en .

jusque dans la vertu. L'amour des jouissances. ou serai-je mon idole? Une vérité lumineuse se dégage de cette constatation l'orgueil est le rival de Dieu. Dieu devant être l'objet final de tout ce qu'il a créé. sur force parole de folie. : . se présente sous deux aspects et peut se traduire par ces deux formules Je compte sur : — : moi. il recherche sa propre excellence. pratiquement. ô mon Dieu. celles-là Je compte sur Dieu . ou sur moi qui suis la défail- lance innée? Le mouvement de ma vie s'orientera-t-il vers votre gloire à procurer. sur ma mon savoir-faire. JTagis pour moi. ou par le désir de nous attirer Testime des hommes. J'agis pour puisque sansDieu je ne puis rien. Ces derniers sont commandés. ou vers ma vaine gloire à satisfaire? Serez-vous mon Dieu. Parole de désordre et d'injustice. douces et fécondes fagis pour Dieu ! C'est la confiance en Dieu. l'orCet état gueil est le moi se substituante Lui. peuvent avoir des mobiles très variés. sur mes résolutions. entre vous et mon orgueil.PREMIÈRE SEMAINI 58 général. il n'en est pas de même de nos actes rertueux. même apparente. Ma vertu reposera-t-elle sur vous qui êtes la force. Je compte sur moi. par exemple. L'orgueilleux met sa complaisance en luimême et. ne produisit jamais de vertu. Le contraire de cette prétention détestable se traduit lui aussi par deux formules. c'est la pureté d'intention. : — moi. La lutte est donc. ou par le désir de plaire à Dieu.

dans sa sagesse. aussi a-t-il fait de l'humilité la tondition de ses dons.. III. en ce moment. c'estdonner ma note dans le concert universel qui le glorifie. telle est — — . quand elle est vertu. Or. C'est Tordre. cette folie est celle . La grâce nous étant indispensable. et je vois que je ne puis rien je connais Dieu. faible. Sans Dieu. . Pureté d'intention. Nous méditerons bientôt ces vérités contentons-nous. et je sais qu'avec lui je peux tout. Dieu. nous ne pouII. se tourne comme instinctivement vers Dieu par la confiance « Je me connais. infini par qui tout existe. c'est prendre ma vraie place dans le plan de bonté Dieu n'eût-il pas de droits qu'il a formé. Confiance en » C'est le vons rien. de l'orgueil. la confiance. et tirons-en cette conséquence nécessaire: compter sur soi serait folie.. plus je sens grandir en moi le besoin de : .. pour tous les actes surnaturels. Or. Dieu. de les admettre.QUATRIÈME MÉDITATION 59 — « Je compte sur Dieu. L'humilité. cette défiance. doit exiger que nous nous présentions pour la recevoir avec les dispositions qui conviennent à notre impuisance. propre de l'humilité de uous montrer avec évidence notre dépendance en tout ordre de choses. sa formule. sa grâce nous est absolument nécessaire. entraîné au mal. envisagée à ce point de vue. c'est le bien... et. Plus je me sens petit. c'est la sac'est graviter vers l'Etre gesse. c'est la défiance de soi-même. » — « J'agis pour Dieu ».

si je n'en pas le but de tous mes actes. » La pureté d'intention et la confiance en Dieu sont donc ÛUes de VhumiUté» La pureté d'in- . C'est l'humilité qui assure la pureté d'intention. Sans faire de soi une idole dans le sens ab- solu du mot. fait éclaire » tous ses actes. car elle n'en saurait avoir d'autres. L'âme vraiment humble confesse volontiers les droits de Dieu etlesrespecte. alors même qu'il se réduit à n'être qu'un orgueil pratique. elle aime Elle subit les épreuves du tout ce qu'il aime. on peut tout ramener à soi en fait ou en désir.. mais on le laisse en dehors de ses intentions. on perd errant et déplacé dans la création. les délaissements du dedans. dehors. On n'exclut pas Dieu formellement.. elle le remarque et revient sur ses pas.ÔO PREMIÈRE 3EMAINB Bien suprême. Elleen faitla règle de sa vie. On sort ainsi du plan on se éternel. Combien l'âme orgueilleuse est loin de ces dispositions. faisais Or et je l'orgueil m'en détourne. et qu'elle est à plaindre! car il est « Tout ce que mon Père n'a point planté écrit : sera arraché. Elle nous dégage de l'obsession de nousmêmes et nous tient à notre rang. si elle s'en éloigne. éminemment digne serais un insensé. Cette pureté d'intention est pour elle un besoin et. « la lumière qui est en elle l'orientation véritable. qu'ilreste le d'amour. Heureuse l'âme parfaitement humble. avec les — mêmes sentiments. qui vit abandonnée aux desseins d'un Père tout-puissant! Elle veut tout ce qu'il veut.

. qui peu à peu amène à la perfection. et ensemble fondent V avancement. qui est ici-bas leur objet poursuivi.QUATRIÈME MÉDITATION 61 tention dirige. la confiance anime. Dieu. Ne pas me faire un besoin de l'estime des hommes. sera au ciel leur objet possédé. . elle doit dominer.. m'élever au désir de celle de Dieu: elle peut suffire. elles — Résolution.

— Deuxième point i Signes indicateurs.Première Semaine CINQUIEME MÉDITATION V EXERCICE Vertu viciée dans sa formation par un org^ueil inconscient Premier point : Le fait et ses causes. s'il y eut beaucoup d'orgueil dans la préparation de ma vie pieuse. De grâce. . l'autre. ditation de demain. Préparation pour la veille. et de plus ou moins de l'estime et la com- moi-même. le désir . je scruterai les porté au bien je rechercherai les influences extérieures qui m'y ont peut-être maintenu. animé de tout ce consciemment. Faites surgir en ma afin mémoire tels et tels de ces petits détails qui reconstituent tout un passé. mon Dieul éloignez-moi de moi-même que je me trouve placé à la juste distance qui permet de bien voir. sentir et abhorrer. je — 1° Dans la mé- me livrerai rétrospectif. Je mettrai d'un côté tout ce qui était pur. faites-le moi enûn connaître. sintéressé. plaisance en la vue de Dieu qu'altéraient. je remonterai à un examen au temps de ma mobiles qui m'ont formation. dé- — .

afin que je sache si mon humilité est sincère et solide. On parle souvent d'un orgueil caché. La mienne est peut-être de ce nombre?. mon âme.CINQUIÈME MÉDITATION «^ 63 Méditation Prélude. et je ne l'aurais point senti !. Avons-nous jamais bien suivi les conséquences de ces deux observations psycholo- l'homme est essentiellement imitateur. pour une large part. un milieu : . sois attentive. Il y a des vertus formées sous l'influence plus ou moins active d'un orgueil inconscient. — I. Il suffît de c'était un entourage choisi. Quoi! l'orgueil m'aurait aidé plus ou moins à m'établir dans les habitudes de la piété..... d'un orgueil qui se dissimule... Le fait et ses causes. De quelles personnes avons-nous été entourés alors? Quelles idées régnaient dans le lieu où nous vivions? Etait-ce une maison d'éducation. l'homme subit l'influence des milieux et s'y giques : adapte.. un noviciat?.... et prie. Il y a même beaucoup de ces vertus.. Je ne songeais pas que je pouvais en être la victime! Et pourtant mon relâchement. —Prier Dieu de projeter une vive lumière sur mon passé. dire un séminaire. mes fautes. Essayons d'en faire l'application à la périodb de notre formation.. sur ce fondement faux et fragile de l'orgueil?. ne viendraient-elles pas de ce que mes vertus reposaient.

PREMIERE SEMAINE

de piété. Rien n'y était plus en honneur que la
vertu. On parlait avec admiratioia des actes
héroïques des Saints. On traitait avec vénérapersonnes en qui apparaissait un rayon
de sainteté. Livres, entretiens, tout concourait
à développer cette heureuse impression
Oh! comme nous estimions ces choses I
comme nous portions envie à ceux qui nous
tion les

!

édifiaient

!

absolument purs, tous ces
sentiments, qui, à la vérité, nous excitaient au
bien ? Faudrait-il une analyse très rigoureuse
pour y découvrir quelque alliage? Le désir
d'entrer dans ce mouvement honoré de Testime
commune, n'était-il pas pour beaucoup dans
l'ardeur qui nous poussait ? Le contentement
au service de Dieu n'empruntait-il rien au contentement de soi et surtout à la conscience
plus ou moins claire de la place que nous
occupions dans l'esprit des autres?... Ahl qui
sondera ce mystère que Dieu seul connaît?
Etaient-ils purs,

;

Notre humilité d'alors n'était-elle pas elleinspirée par l'orgueil, du moins en partie? Rien n'est plus facile à concevoir que cette

même

possibilité.

et

Dans le milieu dont nous parlons, on estime
on admire par-dessus tout cette vertu. On la

reconnaît comme capitale. Il estpresque imposde n'en point prendre les formes extérieures, de n'en point adopter les expressions,
et jusqu'à une sorte de sentiment intime. Se
sible

croire humble, suffisamment humble, est
besoin.

un

CINQUIEME MEDITATION

6!i

Cette humilité peut sans doute être vraie,
car de telles influences favorisent merveilleusement sa croissance ; mais elle peut, et très
facilement, n'être qu'une humilité factice.
Une âme naturellement orgueilleuse prendra
le change, et de l'humilité qui marche devant
elle, elle n'aura poursuivi que l'auréole.
Encore une fois, qui sondera ce mystère que
Dieu seul connaît.
II.

dit

:

Signes indicateurs.
Le divin Maître a
Vous jugerez V arbre par ses fruits. » De-

«

mandons

la

réponse au développement de notre

vie.

Lorsqu 'après

notre formation, nous avons

changé de milieu,

cette belle ardeur n'est-elle

point tombée? Le zèle pour la perfection, et
particulièrement pour l'humilité, ne s'est-il pas
éteint? Ce résultat ne s'est-il pas produit bien
vite et sans grande résistance?... Aucune se-

cousse particulière ne s'est fait sentir.
Et pourtant, ce nouveau milieu contenait
encore, quoique en moindre proportion, l'estime et l'admiration des mêmes choses... Mais
était saturé d'idées toutes différentes; et,
trop fidèles à la loi de notre nature si pliable,
nous nous sommes adaptés à ce nouveau milieu,
de la façon la plus favorable à notre amourpropre.
Un autre signe également caractéristique,
c'est notre attitude en face des contradictions,
des insuccès, des injustices, du dédain plus ou
il

moins éprouvé.
pations

:

— Trouble, tristesse, préoccu-

voilà le fait d'une
HUMILITE.

vertu imparfaite,
6

PREMIÈRK SEMAIKB

66

reposant plus ou moins sur l'orgueil.
Décolère, animosité, jalousie,
voilà le signe d'un orgueil très proré vol le
fond et qui nous domine.
Notre humilité n'était donc que de surface!
ses sentiments n'étaient donc que des senti-

couragement réel,
:

ments

appris!... Si elle eût été vraie et foncière,

nous eût inspiré le calme et la résignation,
peut-être même ce contentement supérieur et
cette joie des grandes âmes qu'éprouvaient les
« Ibant gaudentes. »
Apôtres, battus de verges
Merci, ô mon Dieu, de ce vif rayon de lumière
plongeant au fond de ma vie... L'avoue rai-je?
il me blesse par sa clarté... Je souffre... Je me
demande si tout en moi n'est pas à refaire...
Mon apparente vertu ne serait-elle pas le simple
effet du milieu où je vis encore?... Que serais-je
position, occusi tout changeait autour de moi
pations, personnes?... A la pensée de cet isolement moral, je me sens un extrême besoin de
me cacher dans votre sein, car vous m'appaelle

:

:

raissez

comme mon seul refuge!... mon Dieu,
moi une âme nouvelle, cette fois bien

créez en

humble

I

« Multi humilitatis

umbram, pauciverita-

tem sequntur, de l'humilité beaucoup poursuivent l'ombre, peu la réalité », dit saint Jérôme.

— Me demander,

à roccasion, si j'autenue, la même affabilité, le même
zèle, si nul autre que Dieu ne devait s'en apercevoir
et m'en savoir gré.
Résolution.

rais la

même

Première Semaine

SIXIEME MEDITATION
VI*

KXKRCICK

Humilité, gardienne des vertus
Premier point : Humilité, sel qui préserve de la corrupDeuxième point : Lumière qui dissipe les illusions.
tion.

Préparation pour

la

veille.

— Si

notre vertu

un orgueil
inc«nscient, rédifice est bâti sur le sable
le
péril de ruine n'est que trop constant.
Si elle
est établie sur Dieu, rassurons-nous pour le
passé, mais ne soyons pas sans crainte pour
l'avenir, car l'orgueil peut détruire l'édifice le
plus solidement construit.
« Celui qui, sans humilité, s'enrichit de vertus, dit saint Jérôme, ressemble à l'homme qui
porterait au vent une mobile poussière. 0"» sine
humilitate virtutes congregat, quasi in ventum
pulverem portât. » Ohl que de vents violents
soufflent autour de nous; et en quel danger ne
sont pas nos fugitives résolutions!
Saint Antoine, effrayé paf une vision qui lui
montrait le monde rempli de pièges, s'écria :
est fondée,

du moins en

partie, sur

:

68
a;

PRBMIRRS SKMAINI

Seigneur,

comment s'en préserver?»

«<

Pur

répondu.
L'humilité, qui est la base des vertus, en est
aussi la gardienne et pour les mêmes raisons
elle fait de Dieu le principe et la fin de nos
actes. L'orgueil se les attribue injustement et
raine Tédifice. Cette vérité, toute la tradition
l'enseigne nous la répétons à notre tour; mais
si c'est là une maxime reçue, est-ce chez nous
une conFiction véritable? Ressentons-nous une
impression de crainte, quand nous constatons
que, si nous ne sommes pas positivement des
orgueilleux, nous ne sommes pas non plus des
Vliumililé

» lui fut-il

!

:

;

humbles?
L'humble éprouve, à toute occasion, le besoin
de Dieu, de son indulgence comme de son
secours. Il éprouve, à la vue de sa misère et de
sa faiblesse, l'impression d'un homme qui
marche avec une blessure tout mouvement la
rend douloureuse.
Qu'une vertu est bien gardée par une telle
humilité! ô mon Dieu, qu'elle devienne la
:

mienne

1

Méditation

— Demander la grâce de me jeter dans
comme dans une citadelle qui me défende.

Prélude.
l'humilité

I.

L'humilité, sel qui préserve de la corruption.

Plus une vertu est grande, plus elle donne
car tout bien est matière à

prise à l'orgueil

:

SIXIÈME MÉDITATION

69

vaine complaisance de l'âme et à l'applaudissement des hommes.
La Faine complaisance commence l'œuvre
de désorganisation. Elle est si douce et se fait
si bien écouteci Elle est si ondoyante et sait
la

bien se déguiser!
poison mêlé à de saines substances, elle s'insinue dans le contentement de
la gloire de Dieu et du salut des âmes; elle
se retrouve dans les consolations sensibles;
et nous suit dans les élévations les plus sublimes.
C'est insensiblement qu'elle fait ses progrès
comme ses ravages. Ce genre d'action lente
endort la vigilance et ainsi le poison pénètre
dans les plus belles vertus.
La vaine complaisance a commencé l'œuvre
de désorganisation, le désir de la louange
l'achève. Ce murmure qui vient du dehors,
retentit si agréablement au dedans!... Certes,
on s'assure bien qu'on ne s'en laisse point
charmer qu'on subit à regret ce que l'on ne
peut éviter; que l'on en rapporte à Dieu toute
gloire... cependant, la jouissance est réelle et
profonde.
Sous cette double influence, le mal
gagne ce n'est plus un acte passager qui en est
vicié, c'est toute
une série d'actions semblables; ce sera bientôt peut être l'ensemble
de la vie. Les vertus se corrompent.
Pendant un temps, elles tiennent debout par
la force de l'habitude, et aussi par les exigences
si

Gomme un

:

;

:

.

de l'orgueil lui-même. Toutefois, cette vie factice ne saurait se soutenir toujours... Des ten-

70

PREliltRB SEMAINE

talions plus

fortes,

des circonstances impré-

vues, un rien, en auront bientôt fini.
2» Qui préviendra ces maux? L'humilité.
« Elle sera avec la vertu, dit saint Augustin,
ou la vertu ne sera pas. Virtus non est nisi

conjunctam habeathumilitatem.» Elle s'y répandra comme le sel jeté sur une substance que
Ton veut conserver; elle s'opposera à toute
fermentation nuisible; elle dégagera de toute
vue trop personnelle, et fixera en Dieu tous
nos contentements.
Mais pour un tel effet, il est nécessaire que
cette vertu soit vraiment vertu, c'est-à-dire
qu'elle agisse avec la facilité, la spontanéité,

que donne seule l'habitude. Autrement, que de surprises et quelle fatigue
extrême!... Il faut que le mouvement de l'humilité nous soit devenu aussi naturel que l'était
celui de l'orgueil... Adressons nos prières à la
Reine et au Maître des humbles.
l'inclination

II.

sions.

L'humilité,

1® C'est

lumière

qui dissipe les

illu-

une réflexion commune, mais

profondément

vraie, que l'orgueil aveugle et
maîtres de la vie spirituelle ont si bien
compris le rôle de l'humilité, qu'ils font de
cette vertu leur critérium le plus sûr pour le
discernement des esprits. Telle vertu est-elle
vraie ou fausse? Telle oraison extraordinaire
vieni-elle de Dieu? Telle vision est-elle une
réalité ou une illusion? Le jugement dépendra
de la conviction préalable sur l'humilité de la
les

personne ainsi favorisée.

;

SIXIÈME MEDITATION

71

Cette règle doit également s'appliquer à la
vertu la plus ordinaire.
Rappelons-nous les aveuglements d'orgueil
si souvent surpris chez les autres... Craignons
noire appréciation sur nous-mêmes, si elle ne
nous fait pas bien petits, car bien petits nous
sommes et bien faibles et bien misérables...
Dieu ne juge pas comme les hommes. Ceux
qui nous prennent peut-être pour des saints,
ne savent pas quelles ont été nos ingratitudes
et nos fautes, quelles sont encore nos déplorables misères... Ah! pour nous mettre et
nous tenir à notre vraie place, que notre
humilité a besoin d'être lumineuse, de pénétrer notre intelligence, de lui montrer sans
cesse notre néant, notre impuissance, nos
torts; en un mot, qu'elle a besoin d'être une
vraie vertu
1

facile, en effet, de prendre le
change, de s'égarer, et d'aboutir à la tiédeur ;
on se compose des devoirs selon ses idées
propres, puis une vie selon ses goûts ; on fait
saint ce que l'on aime; on s'aventure dans
des dangers que le devoir n'impose pas; on
excuse ses fautes et on les continue; on ne
sent pas le besoin de la prière; on vit pour
soi et sans remords
la tiédeur règne et dé-

20

II

est si

:

moralise...

Ah!

si

c

l'humilité avait été active, toutes ces

décadences auraient été signalées et arrêtées,
car elle donne Tinstinct du bien et )e sens
Ahl du moins, si, à cette heure,
du vrai.
nous étions saisis d'une profonde impression
de défiance envers nous-mêmes, la lumière qui

1%

PREMIÈRE SB1UIN&

nous serait si vive, que npus
nous trouverions placés entre la résolution de
nous vaincre, oulacertitude de résister à la grâce.
3° Rien ne
fausse la conscience comme
l'influence ' d'un orgueil écouté; rien ne la

se répandrait en

maintient droite et décidée comme le sentiment de l'humilité. Sous sa dépendance,
l'âme, se défiant d'elle-même, suit les méthodes
sûres, consulte volontiers, craint les occasions
dangereuses, prie sans cesse, emploie tous les
secours.
Elle peut avoir de grandes vertus
elle ne les regarde pas.
Elle peut être affermie dans la pratique du bien
elle se sent
toute fragile au fond... Ahl que ces vertus ont
rencontré une parfaite gardienne
Sans elle, au contraire, que de chutes, et
quelles chutes! Les racines de l'arbre s'étaient
corrompues, les fondements del'édifices'étaient
effondrés. Survint la tempête des passions, ou
l'effort violent de circonstances difficiles, et
l'arbre fut arraché de la terre de l'Eglise, et
le bel édifice la couvrit de ses ruines... Et Tarbre
n'a pas été replanté, et les ruines ne se sont

:

:

I

pas relevées, tandis que, tout à côté, tels pécheurs, qui se sont vautrés dans la fange, ont
trouvé malgré leurs fautes, et dans ces fautes
mêmes, l'humilité qui sauve. « Prxsumentes de se
et de bona sua virtvte gloriantes, humilias : à
celui qui présume de ses forces et qui s'enorgueillit de sa vertu. Seigneur, vous préparez
Vhumiliation », dit l'Ecriture.
Résolution.

même;

le

seasibia.

porter

Vif sentiment de crainte de moiconstamment comme une plaie

Première Semaine

SEPTIEME MEDITATION
VII«

EXERCICE

Châtiment de Torgueil

Premier point : La stérilité personnelle.
Deuxième point :
L'abandon et l'aversion de Dieu.
Troisième point : La
déchéance et la dégradation.

Préparation pour la veille.
i" L'orgueil tend
à priver Dieu de sa gloire, que dis-je, de son
rôle même. Il se met à sa place sinon intention-

nellement, ce qui serait monstrueux, du moins
pratiquement, ce qui est assez détestable déjà.
Comprendrait-on que Dieu le souffrît! Quels
seraient, parmi nous, les sentiments d'un
maître à l'égard d'un domestique, qui n'en
ferait qu'à sa tête et se croirait tous les droits?

Comment

le

traiterait-il?

punirait, mais

Non seulement

il

le

punirait par où il a péché,
en le faisant paraître vil et misérable dans ses
prétentions.

Toute

À

il

le

a pour but de maintenir l'ordre;
est la. loi de notre condition
présente. Si elle est violée, le désordre s'introduit fatalement en nous, autour de nous, et
2*

or,

I

l'humilité

74

PRIMIBRE SEMAINE

dans nos rapports avec Dieu; de là des erreurs,
des périls, des insuccès, la ruine de la vertu
peut-être et jusqu'à l'impénitence finale.
3° Il est rare que le châtiment se précipite
sur le coupable, il s'avance d'un pas lent mais

Des années se passent sans que rien le
pendant ce temps, l'orgueilleux prend une telle habitude de son faux rôle,
sur.

fasse pressentir, et,

poursuit avec une sorte d'inconscience.
demain cet objet d'une juste
terreur. Que ces craintes ravivées me déterminent à des résolutions viriles! Pour être rassurés, rappelons -nous qu'il ne suffit pas de ne
se point voir orgueilleux, mais qu'il faut se sentir humble
(c'est-à-dire sans valeur et sans
consistance par soi-même).
qu'il le

J'envisagerai

Méditation

Demander la grâce de bien me perPrélude.
suader que la question de l'humilité et de Torgueil
est une question de vie ou de mort.
La

L'orgueil posstérilité personnelle.
propriété fatale, de stériliser en nous
tout ce qu'il touche. L'action la plus belle, s'il
l'inspire, reste vide pourle ciel, comme une fleur
inféconde; et toute la partie du bien qu'il atI.

sède

la

teint de son souffle se flétrit aussitôt. Ainsi, la

dominée par ce vice, ressemble
à ce tonneau des Danaïdes que rien ne remplit.
Notre>Seigneur, parlant des Pharisiens, qui

vie la plus active

i

SEPTIÈME MÉDITATION

jeûnent

et

prient

En

pour

en

75

tirer

honneur,

en vérité^ ils ont reçu leur
récompense. » Pourquoi Dieu récompenserait-il
ce qui n'est point fait pour lui ?
Il le voudrait, d'ailleurs, qu'il ne le pourrait
pas. Tout acte privé d'une intention surnaturelle, au moins virtuelle, ne saurait obtenir le
s'écrie

:

«

vérité,

concours de Dieu dans cet ordre. La

vitalité lui

manque. La grâce n'y étant point entrée, la
gloire ne saurait s'y épanouir. Le Saint-Esprit
ne l'ayant point vivifié, le Ciel ne saurait le consacrera
Représentons-nous la déception de l'orgueilleux à l'instant qui suit la mort

mains vides,

il

:

il

se voit les

entend retentir cette sentence

« Je ne vous connais

pas

:

s'étonne « Est-ce
qu'il n'a point prophétisé? » Est-ce qu'il n'a pas
subi mille fatigues? Est-ce qu'il ne s'est pas
livré jusqu'à la fin aux exercices de la piété et

du

»

;

et

il

1

zèle?...

Oui, il a fait tout cela; il a même réussi dans
certaines œuvres. Mais quel a été le principal
mobile de tout ce mouvement? l'applaudissement, la considération. Il les a, hélas! obtenus
;

La récompense est digne de sa
vanité
« Receperunt mercedem vani vanam.
Leur vertu était vaine; vaine fut leur récomet c'est tout.
:

pense.

»

(Saint Augustin.)

1.
Pour qu'une action soit méritoire il faut qu'elle réu1» action bonne en elle-même
nisse ces trois conditions
2» état de grâce
3» intention surnaturelle (intention virtuelle veut dire intention précédente qui se fait encore sentir, sans être explicite).
:

;

;

PREMIERS SEMAINE

76

Heureux encore

si le ciel lui reste ouvert! Il
à la seule miséricorde et cette miséricorde a été touchée peut-être par quelque petit
acte de vertu, par quelque petite pratique pieuse
dont il ne faisait pas grand cas; peut-être par
la prière de quelque àme bien humble!... Mais
que de trésors de grâces perdus et pour toujours

le doit

;

I

1* Pour
L'abandon et l'aversion de Dieu.
Dieu n'a pas besoin de s'armer du
glaive contre l'orgueilleux ; il suffit qu'il le livre
à lui-même. Iliende plus juste, puisqu'il est présomptueux. Rien de plus fatal, puisqu'il est
II.

le châtier,

faible.

Aveuglé par ses illusions, précipité par ses
entraînements, il va de lui-même aux abîmes.
Le sentiment du danger lui échappe, il a un
bandeau sur les yeux, il ne sent pas le besoin
de demander lumière et secours.
Or, entre le Dieu tout-puissant et l'homme
essentiellement défaillant, règne comme un
Soyez
contrat tacite soyez humble et priez.
à votre place; je serai à la mienne et je vous
:

soutiendrai.

La sanction de ce contrat violé, c'est le délaissement; et cette sanction ne reste pas indéfiniment à l'état de menace.
2® Si l'abandon de Dieu est terrible, que dire
de son aversion? Elle va jusqu'à la haine:
« Très species odivi... pauperem superbum : Trois
choses provoquent ma haine... le pauvre or« Abominatio Domini omnis arro^
guôUieux. »

siptiIhi H^DITÀTION

gans

Le Seigneur a en abomination

:

tout

homme

arrogant. »
Cette haine poursuit l'orgueilleux, et rien ne
peut le soustraire à ses fureurs vengeresses.
« Superbia cordis tut exaltavit te : et si exaltatus
fueris ut aquila, et si inter sidéra posueris nidum
luum, inde detraham te^ dicit Dominus. Ton cœur
a pris son essor d'orgueil; mais c'est en vain que
tu te seras élevé haut comme l'aigle
c'est en
vainque tu auras établi ton nid haut comme les
astres je saurai t'arracher de là, dit le Seigneur, »
Méditons ces paroles pleines d'épouvante,
révélation inattendue de la haine que porte à
ce vice un Cœur connu par sa miséricorde
;

:

I

Haute position, même dans l'Eglise
services éminents rendus, même à la Religion
vertus admirables et trop admirées sans doute...
toutes ces grandes choses peuvent devenir la
matière de l'orgueil, sans être une défense au;

;

près de Dieu
detraham te;
tentats

III.

ment
tit

:

:

«

Je t'arracherai

et

il

l'a fait

même

de

là,

inde

pour de grands po-

Deposuit potentes de sede. »

Déchéance

et dégradation,

— Voyons com-

se traduit l'aversion de Dieu et

où abou-

son abandon.

Saint Paul, parlant des philosophes perdus
par leur orgueil, nous dit : « Tradidit illos in
desideria cordis eorum^ in immunditiam. Dieu
les abandonna aux pires instincts de leur
cœur, et ils devinrent immondes, ut contumeliis
afficiant corpora sua, et l'ignominie alla si loin
qu'elle stigmatisa leurs corps eux-mêmes. »

il faudrait se reconnaître coupable .. sic et cor superborum. » Nous étonnerons-nous. Ainsi. « Emus de •' parole révélée. Pour en sortir. songeons que l'orgueil est le principe de cet avilissement.PHIMIÈRB SKDIAINB 78 Les voilà déchus. . après cela. nous venons de méditer. toutes choses dont ce malheureux est incapable. — 1° Parmi les châtiments que Réflexion. et qu'il le contient en puissance : « Initium omnis peccati superbia. ce spectacle. Tremblons. Craignons les progrès insi- dieux de l'orgueil. ... dégradés. Au bien.. d'entendre affirmer que l'orgueil est un des signes les plus manifestes de la réprobation? L'orgueilleux. en considérant la nature si différv^nte du bien et du mal. ce qui cette source corrompue est si répugnant que notre langue se refuse à traduire ici l'image employée par l'Ecriture: aSicut éruc- sort de tant prœcordiafœtantium.. il n'en est pas un seul que nous ne soyons exposés à nous attirer tôt ou tard. une fois plongé dans le mal. mis au rang de la animalis homo ». Or.. que ce vice lui dérobe. il faudrait appeler la grâce il faudrait s'humilier. Saintement com. » Il est la source des vices brute. telle bonne action conçue dans des vues d'amour-propre sera viciée môme avant de naître. parole d'expérience. il faut que toute lacune au contraire rien ne manque laisse passer le mal. y trouve son tombeau. craignons aussi la colère d'un Dieu jaloux de sa gloire.

se faire humble Résolution. c'est le mérite jusque dans les plus petites. coûte. c'est l'élévation: : « De stercore humiles. Au lieu de l'aversion. filial envers Dieu. c'est la tendresse Dieu devient une mère.SEPTIÈMK MÉDITATION 79 mencéè. par la vaine complaisance. I — Je veux me faire humble. toutes les fois qu'il le peut à l'ombre du Seigneur. Qui ne se sentirait le besoin et le désir de c'est la prédestination : : — . un tableau consolant Au lieu de la stérilité jusque dans les plus grandes actions. » Il peut tout en celui qui le fortifie il vit. Au lieu. » erigens pauperem. 2» A ce tableau lamentable. faisons succéder c'est celui que présente le : règne de l'humilité. parfaitement accomplie. elle peut déposer en nous. Respicit in orationem humilium. . Il s'en va donc au milieu de l'ombre et du silence. .et c'est Dieu qu'il laisse vivre en lui. Enfin. un germe de cor- — ruption. quand il faut se montrer. — . » Et il n'en saurait être autrement « L'humble prie et Dieu l'écoute.de la déchéance. coûte que . elle sera altérée tout à coup par un motif d'orgueil. qui s'en empare. au lieu de la réprobation présagée. assurée « Humiles salvabit Dominus. oublieux du bien qu'il fait doux envers tout le monde. Et exaltavit Enfin.

.

. — 6.RAISONS D'ÊTRE HUMBLE HUMILITÉ.

.

Dieu ayant mis le bien. Il faut donc se faire humble. comme la santé. . tout désordre accuse un mal. doit être celle de chacun. la fausse et la maintient précaire . mais elle prouve déjà que cette raison d'être existe. rend ses actes sans mérite. En effet. du plus parfait comme du plus misérable.PRÉPARATION A LA DEUXIÈME SEMAINE Voici le besoin d'ôtre humble suffisamment constaté : l'orgueil nous presse lors même qu'il se sent dominé. Les quatre premières établissent la condition de tout homme en tant qu'être créé. il altère profondément les principes de la vie spirituelle. En cela rien de personnel. ne manifeste pourtant pas la raison d'être de l'humilité (ses motifs intrinsèques). si bien établie qu'elle soit. dans l'équiBt ment libre. et l'humilité qui en résulte. Ce vice dans les fondements de la vertu. il attire le châtiet prépare la ruine. en tant qu'être transformé par la grâce. C'est un ennemi de la vie entière. L'humilité ne résulterait-elle donc pas de la nature même des choses. Cette nécessité. et alors être humble ne serait-ce pas simplement être vrai? C'est ce que nous allons reconnaître dans les méditations qui suivent . en l® tant qu'être déchu.

humilité facile. : . une goutte d'eau. ce semble puisqu'elle n'exige qu'un acte de humilité pourtant très puissante. par exemple. les faits ont le privilège de nous fixer et de nous convaincre. elles sont si connues! Et puis.84 DÏUXlkME SSMàÎNS C'est l'humilité devant Dieu. Ces vérités traditionnelles ne retiennent pas l'attention. or. Les méditations précédentes. pouvaient nous saisir. car les vérités abstraites ont peu de prise sur la plupart des hommes. Ils ne savent pas qu'au fond des chosef 86 cache un monde inconnu. Privés de cette ressource. car c'est celle qui fait les saints. Pourquoi n'en fait-elle pas un plus grand nombre? Faut-il s'en prendre à la faiblesse humaine? Elle y a déjà sa grande part « Je vois le mieux et je poursuis le pire » mais il est juste d'en accuser aussi le mangue de conviction. car elles relèvent de l'observation : nos tendances sont des faits moraux. . Nous ressemblons toujours un peu à ces gens ignorants qui haus^nt les épaules quand un savant leur expose tout ce que renferme. «n face des vérités nouvelles que nous allons méditer. et de laisser quelque doute flotter vaguement sur des révélations qui étonnent. au contraire. bon sens . presque aussi tangibles que des faits matériels . nous devons nous bien prémunir contre la funeste habitude de regarder comme moins certain ce qui n'est point sensible. elles n'atteignent pas cette région de nous-mêmes qui ressent les fortes impressions. même envisagées plus sérieusement.

humilité qui brise le sentiment exagéré de l'estime personnelle et qui interdit la recherche d'une estime particulière. Là. car cela est sans râleur et ne mérite pas l'estime. par exemple. Là. en face des Saints et en face de Dieu. 3<* Estimer un objet. mais qui peut néanmoins s'éclairer vivement à la lumière d'un examen sérieux. Cette méditation doit être le fondement de notre humilité. c'est reconnaître sa valeur mais sa valeur ne peut être évaluée qu'à l'aide d'une mesure. l'œuvre de toute notre vie et elle englobe tous nos actes. me voilà bien en face de la vraie mesure du grand et du beau. de notre humilité à nous. point de vérités métaphysiques. c'est bien de nous qu'il s'agit et non de tous les autres.PRÉPARATION 85 2" A ces quatre méditations abstraites. de ce qui détermine l'estime. mais déjà devant les hommes. Cette méditation est destinée à compléter l'effet des raisonnements abstraits. succède la considération de nos fautes. . Je dois donc me comparer à ce qui est grand et à ce qui est beau or. A qui me comparerai-je? Ace qui est bas et misérable? Non. dans le lointain du passé. et en quelque sorte impersonnelles. de . que l'on sait ne point mériter. qui est ici la comparaison avec d'autres. . . par la force d'uoe impression sensible. c'est notre œuvre qui s'étale à nos yeux. toutes nos pensées et jusqu'à nos coupables omissions. non plus seulement devant Dieu. Vaste champ qui recèle assurément des parties obscures. cette humilité qui baisse le front. et sous les ombres de l'illusion.

à modérer nos prétentions. qu'il n'osera se relever sonne. et nous aidera. Pénétrez-vous donc de ces vérités.DKUXI&MB SEMAINB 86 4" De ce que plusieurs motifs d'humilité s'appliquent indistinctement à chacun de nous et ne nous abaissent réellement que devant Dieu. Il en est de même de l'habitude de l'humilité. quel que soit l'objet de son la exercice. plus habituée à s'abaisser. à les briser. pour ne vous être point strictement personnelles. suivant les occasions. n'a pourtant qu'une même essence . ces méditations la développent en elle-même. l'humilité qui a deux objets : Dieu et les hommes. courberont néanmoins votre front si bas. On sait que toute culture intellectuelle accroît puissance générale à s'instruire. l'inclination à un or. Désormais plus forte. En effet. faut-il en conclure qu'ils ne sauraient exercer une influence véritable sur nos rap- hommes. imprudemment devant per- . s'il le faut. par conséquent ne nous forment pas à l'humilité pra- ports avec les autres qu'ils tique* Nullement. et que les affections de famille disposent le cœur à mieux sentir Dieu. et dans une sage mesure. qui. en développant cette juste abaissement inclination à l'égard de Dieu. cette disposition nous portera. .

de sa substance la plus imperceptible parcelle. Si nous tenions notre être d'une matière quelconque existant en dehors de Dieu. nous emportions. ou encore si. mais d'un acte extérieur. Deuxième point : Le néant de l'acte : Je ne pais rien. que l'on peut comparer h des notes de musique. étant créés par lui de toutes pièces. Il n'en est point ainsi : car. si nous aurions une valeur. d'un simple vouloir de sa toute-puissance . valeur. par impossible. mais ce quelque chose d'inconsistant. nous ne sommes pas des êtres à proprement parler. s'échappant d'un instrument sous les doigts de l'artiste. de fugitif. si nous venons de Dieu. : — — Préparation pour la veille. minime fût-elle. serait et cette j^ourtant appréciable. nous ne sortons pas de son sein fécond. Dieu n'est ni enrichi par le fait qu'il .Denzlème Semaine PREMIÈRE MÉDITATION VIII* BXSRGIGl Le Néant de la Créature Premier point : Le néant de l'être Je ne suis rien.

en face de Dieu. ce quelque chose. il déplace la matière et la transforme il veut ou ne veut pas. il faut principalement en pouret pressante qui et suivre la pratique. j'ai une sorte d'être cet une étendue. Tout cela n'est-il donc rien? Un être et des actes sont pourtant quelque chose . Voilà la vérité certaine. des formes. elle est plus que cela. son génie peut enfanter des merveilles.OBUXIBME SEMAINB 88 devient Créateur. il est libre son intelligence lui donne conscience de tout l'univers. elle est une vertu agissante. que FEcriture l'appelle « un quasi-néant. ! Entendons-nous bien. . est si vain. l'humilité n'est pas seulement une conviction. il agit." Qu'as-tu qui te distingue ? Qu'as-tu Vue profonde jusqu'à que tu nie l'aies reçu?» iious déconcerter. si fugitif. démontrée par la admise par la philosophie la plus rigou- raison. tanquam nihilum ante-teyy. ni diminué par le que fait nous existons. . être a . mais surtout conclusion rigoureuse : — s'impose à l'âme tout entière détermine la volonté. en résumé : un être qui ne compte pas! Ainsi se trouve mise en lumière cette parole de saint Paul » Quis te discernit ? Quid habes quod non acce^is^'. reuse. car enfin. Et pourtant je suis. Il ne suffit donc pas de philosopher sur toutes ces questions. saisissante jusqu'à nous troubler.

impression — Demander si vive de tout entier et me grâce de concevoir une néant. sans doute. Dans cette durée. Le néant de l'être : Je ne suis rien. Des siècles m'y précédèrent. des siècles. » dans toute nom qu'il se la plénitude donne Moi. j'étais une simple possibilité qu'un rien eût pu détourner de l'arrivée à l'existence. c'est son vide. je suis le et c'est mon nom : de ce Ego sum néant dans tout : « mea une sorte « Substantia tanquam nihilum. et » Dieu est mot. Ma substance de rien. cent ans. tu es celle qui : est » Avant la création. . Notre-Seigneur dit à sainte Catherine de Sienne « Sais^tu^ ma fille. je remplis quelques heures courtes et précipitées. Il y a mille ans. — I.PREMIÈRE MÉDITATION 89 Méditation Prélude. qui je suis et qui tu : es? Tu seras bien heureuse' si tu le saisi (Si tu le d'une façon sais pratique) n'est pas! l'Être le — qui sum. pénétrante Je suis Celui qui est. qu'elle me pénètre la mon dirige. Puis le silence se refermera sur moi. comme une eau profonde engloutit bientôt la pierre c|ui rida un instant sa surface. J'ai apparu un jour sur la terre. s'y succéderont après moi. lumineuse. je n'existais pas même dans l'élément le plus lointain.

les plus élevés. Cetto double vision forme. vous êtes le Tout. de toutes parts soutenu par la puissance parens. quia pulvis es. le rythme des chants du ciel. . tandis que mes multiples misères parviennent à l'obscurcir aux miens. Ecartez un instant cette action nécesmon être disparaît et quoique invisible saire. mêmes. sans laisser « ad nihîlum redactus sum et la nescivL » « rien inconnu ô rien inconnu! » répète dans l'extase la bienheureuse Angèle de Foligno. une vapeur qui disparaître aussitôt « : Vapor est pour ad modicum s'élève Il n'est qu'une poussière vivifiée MementOy homo. point d'appui des sentiments les plus puissants. nature que notre être. mais leur humilité est ma honte comme ma leçon. Cri de profonde vérité. les plus dignes de Dieu.OIUKÈMI SXKAINB 90 Cet être que sistance est la fragilité et riDCon- j*ai. Le néant de l'acte actes sont de la même — Nos : Je ne puis rien. vous êtes l'Etre Si je suis le rien. ce serait un néant. dans le ciel. la condition des bienheureux apparaît semblable à la mienne. dans la matière de mon corps. s'évanouit comme comme nuage le aucune trace : : fumée dans les airs. Si je suis le Néant. ! — I I II. sommaire de nos dérisoires grandeurs mais aussi. » A la clarté de la vérité pure.. » : « créatrice. Sous ces clartés d'en haut. par son contraste. La gloire fait sans cesse resplendir à leurs yeux la vérité de leur néant. dans la substance même de mon âme.. ce qui se verrait en moi. ô Seigneur.

je retrouve encore Dieu. et je sais que Dieu est assez puissant pour respecter ma liberté dans ses : . ne peut pas me donner le pouvoir d'accomplir en dehors de Lui un acte positif ce serait me constituer créateur I. et ma participation. qu'éblouissante de vérité! conséquence qui envahit jusqu'au sanctuaire de ma détermination libre. La nature des choses s'y oppose et Dieu. je suis forcé de me dire Je sens que je le suis. la force qui m'y a conduit. : 2® Là encore.Ehbien! tout ce qui. et nous ne voyons pas davantage cette même puissance qui l'anime. dans ces actes. parce que je l'ai prise pouvant la laisser. . est positif. jechoisis. Nous agissons. et nous ne voyons pas la puissance créatrice qui le soutient. beaucoup plus que par la mienne.j'aime.. pourquoi je l'ai donnée. Et si je veux chercher. je combine affaire. Il ne peut en être autrement. Conséquence aussi écrasante de mystère.. je ne la trouve que dans l'adhésion à son influence qui m'y sollicitait. dans cette résolution que je prends de devenir humble. Enfin. qui peut tout. Il nous semble que tout notre acte nous appartient. au fond de cette adhésion même. Dieu agit mille fois plus que moi.. 1» Je une remue main ou une la la tête. pour expliquer comment avec cela je demeure libre. ^je pense. et qui semble m'appartenir exclusivement. se trouve produit par l'action de Dieu. je trouve solution.PRBMIÈRK MÉDITATION 91 Notre être subsiste..

l'ordre. dous conservons réellele pouvoir de choisir voilà qui est certain. acte positif. je : finalement. •a conciliation relève de la pbiloaopbie> 1. Ici le fait seul nous importe. obéissant à des lois générales d'une sagesse supérieure. même les plus est réelles!. l'action de Dieu. je ne regarde pas ce qu'il cache je continue à prêter une réalité absolue à tous ces actes contingents. la complaisance que je prends en mes qualités. à s'évanouir Ah Seigneur 1 1 je ne ! me comprends pas I Qu'elle donc vaine et ridicule.. Le mal est une défaillance dont je suis responsable Je détourne l'action de Dieu et je l'empêche d'aboutir.. m'éloignant de là me soustrais à son influence. et. il est suffisant néanmoins pour que je me trompe moi-même. Il est bien transparent aussi mais je ne suis pas attentif. et j'y appuie mes prétentions . tout en la remplissant jusqu'à son dernier effet *. comme ailleurs..DEUZiiMK BSMÀINl 92 conditions essentielles. Qu'elle est en ma volonté. Qu'elle est injuste. prête son concours à tout ce qui est. je la force à s'égarer. et m'accompagne encore au moment où. l'attribution que j'ose me faire du bien qui s'accomplit par moi! Comment croire en moi? Comment me préférer à un autre ? Le simple voile du créé recouvre tout ce néant. . : I Dieu ne nous détermine pas. téméraire même la ma mieux confiance affermie!. mais aussi mystérieux que certain. ment . 3<» Si je fais le mal. Ce voile est bien léger et mille accidents le soulèvent..

Sérénité parfaite que donne cette vue au vaut-il milieu des succès comme des revers Haute donc la peine de tant s'émouvoir sagesse qui place les choses sous leur vrai jour et dans leur exacte proportion Grandes ombres du néant. pour y penser à genoux en savourant ces belles paroles « Mon Dieu et mon : tout I » . confuse de son passé d'orgueil. et faites surgir . Contempler souvent rinflni qui m'enveloppe de toutes parts. m'y perdre. ce matin.f-REMlÈRfi MÉDITATION §3 ((Seigneur. devant sa misérable petitesse.rapparition de votre Infini. et un autre moment. qui font ressortir l'éclat de Disposition admirable à l'Etre qui est tout la contemplation I — : 1 I ! — — — — — Résolution. vous qui voyez!» que devezvous penser de cet aveugle? Ayez pitié de lui. ouvrez ses yeux. ce soir. Déterminer un moment. y laisser tout orgueil.

tant me voir dépouillé. elle reste un vêtement divin. je ne suis rien. Nécessité de la grâce concomitante. Nécessité de la grâce prévenante. pour tous ses mouvements. dont je puis à chaque ins. avec ses actes moindres.* EXERGIGB Nécessité de la grâce actuelle — Deuxième point — Troitième point: Premier point : Sa nécessité en général. a besoin. D'autre part. professent sur Taction de la . s'en douter. que suis-je donc dans Tordre de la grâce? La grâce ne m'est point due m'étant donnée. du concours de Dieu. que dire de la dépendance où nous réduit l'exercice d'une fie surnaturelle dont tous les actes participent *u divin? 2® ^ns Le croirait-on? beaucoup de chrétiens. si la vie naturelle. qui précède projette toute sa lumière sur la méditation de demain. dans Tordre de la nature. elle ne fait jamais partie de ma substance. : — 1» La méditation Préparation pour la veille. Si.Denzlème Semaine DEUXIEME MEDITATION 11.

nous ne manquerons pas de considérer que là. un com- principe premier de ceux-là mêmes qu'une longue habitude ou un attrait personnel le nous rendent extrêmement faciles . 3» En sondant notre néant et notre situation à ce nouveau point de vue. l'incapacité de l'homme est absolue. la grâce n'est le croient. La grâce actuelle lui est — . aimer. Cette condition est tellement la nôtre. Dans l'ordre surnaturel. et tiques. comme ils plément de force. voisine de l'unité : ! 1 Méditation — Prélude. leur devoir de s'instruire. parce qu'elle participe à la vie même de Dieu. voilà un dogme de foi. chanter par nous dans une 'ndicible union. mais plus consolante. Dieu demeure le principe de tous nos actes. pas seulement. notre dépendance tient à notre grandeur notre vie surnaturelle reste par essence une vie dépendante. du moins. Là encore. la bonne foi les excuse . et que Dieu seul peut l'exercer.OSUXIEMS MEDITATION 95 grâce actuelle des idées matériellement héréLeur erreur n'est que de l'ignorance. elle est de tout acte surnaturel. L Nécessité de la gfàce actuelle en général. il cependant de est Non. Demander la grâce d'éprouver de mon néant une impression plus vive encore. Oh dépendance délicieuse: c'est Dieu qui se fera adorer. qu'elle nous suit dans l'éternité même.

un religieux. II. Pour y parvenir. sans le secours divin de Féternelle lumière de la grâce.ent le nom de si court cependant. Choisissons comme sujet de nos observations un parfait chrétien. « L'œil le mieux conformé. de vertus et de ferveur. Eh bien! sans une grâce actuelle immédiate. Ses vertus ont parfaitement assujetti sa nature. tout saint qu'il de prononcer méritoirem. Jésus. mais peut-être n'en mesurons-nous pas toute la : . sans le Saint-Esprit. prenons position sur un point élevé. qui domine l'ensemble. physique une — Pre- comparaison .. » est...icessité nons dans de l'ordre la grâce prévenante. dit saint Augustin. portée. sans le secours de la lumière. » Voilà une vérité dont nous avons entendu souvent l'expression elle est passée à l'état de formule acceptée l'Eglise en a fait un article de foi nous la croyons fermement. « Nul ne peut dire méritoirement : iésus. L'homme le plus saint ne peut bien agir.96 DEUXIÈME SEMAINE indispensable pour l'œuvre la plus simple. Le voilà plein de mérites. ne peut rien voir. au fond. Le voilà. comme pour la plus difficile. il a servi Dieu avec une fidélité constante. capable de tous les héroïsmes. .. il n'est pas en état. Sa ferveur met en activité toutes les ressources de son amour. un prêtre. Il a gardé l'innocence de son baptême. ^. Ses mérites ont procuré à sa grâce sanctifiante des accroissements merveilleux.

nous faisons nôtre ce mouve- sion UMILIli. sans destituer de son rôle la liberté humaine Je veux. — 7.. 2® Et dans ce vouloir.. tu n'es pas plus capable qu'une harpe quelconque d'exécuter l'accord le plus élémentaire. nous coopérons. tel l'effet. et vous trouverez la grâce actuelle le remplissant mystérieusement. te voilà. C'est elle qui a offert la pensée. . Où est notre part?. l** Elle était inerte et silencieuse lui est donnée: elle vibre. . Harpe du plus grand maître. ici l'intensité de l'acte ne sauraient dépasser la force de l'impul30 — reçue.. : — toi aussi ! La corde de la harpe pincée par l'artiste L'âme du juste. elle aura constamment besoin de la main du harpiste. provoentre en vibration. pour les produire.. cherchez encore. Tel le mouvement. en s'y associant.. le désir. Là l'intensité du son.. commence un acte surnaturel. nous nous prêtons. l'impulsion — Remontez à l'ori- gine d'un acte surnaturel.. L'âme. : .. ce réveil de l'activité.DEUXIÈME MÉDITATION 97 féconde en déductions. c'est elle qui a provoqué le vouloir.. instrument docile de ses plus belles inspirations. par lequel l'acte a été déterminé. n'y apporte et n'y ajoute rien. quée par la grâce. Tu es inerte. tu resteras muette. et c'est plus Dieu que moi qui veut avec moi. Voici une harpe absolument juste on peut dire qu'elle contient à l'infini des mélodies latentes et cependant.. comme la harpe. Ame parfaite d'un saint.. laissée à toi-même... et vous trouverez la grâce prérenante.

. et de le conquérir. — sans quoi l'Apôtre n'aurait point discernit? dit : « Quis te Qui peut te distinguer des autres ?» Oui. : reste vide. c>st un rien àont quelque chose. cette prétention est contraire à la foi. je suis là. » S'il est vrai que je suis un . en toute justice. Mue par la grâce. c'est contraire à la foi ! ! pas même le pouvoir de mériter ce désir. mais la grâce de Dieu arec moi. Quoi donc rien que je puisse m'attribuer en propre/ Rien. si minime Saint Paul ne dit-il pas a Non pas soit-elle moi seul. Considérons un côté sous lequel notre impuissance paraît plus complète que celle de la harpe. « Deus est qui operatur in nobis j'ai fait 9t vêUe et pcrficere. fait — m. reça.DlUXliMS SKMAINt 98 ment Dieu ~ Allons au fond. l'âme s'arrêtera aussitôt dans son acte surnaturel. mais — .. si cette grâce ne continue avec elle son action sous le nom de grâce concomitante. Mis en mouvement. ma part.. parexemple mes lèvres vont en achever la formule si la grâce s'arrête. un simple désir. Mais du moins laissez-moi une part. Non. ma formule se continue.. pas même un vouloir. c'est de Dieu que j'ai reçu mêmb ce que librement. mais cette part est de condition qu'elle ne peut nous enorgueillir. par des efforts naturels de raison et de volonté?. l'instrument prolonge ses vibrations. Non. » Quoi 1 : ! donc j'y ai telle dans cet acte surnaturel. Nécessité de /a grâce concomitante. J'ai commencé un acte d'amour. et jusqu'à ce par quoi je l'ai fait librement. et Oui.

— Grandeur de l'humilité pressentie. Voir le comment n'est pas nécessaire : où nous ne voyons pas. reste un comme 99 il est être portant le — Etonnementde nous — Vue pénétrante du mensonge etde Tinjustice de cette disposition. car il a le devoir de maintenir Tordre absolu des choses.DKUXIÈSIS MÉDITATION rigoureusement vrai que je néant dans son activité dans son fond ^ être créé. Représentons-nous ce souverain Seigneur.savons et nos raisons de croire sont certaines. — Manifestation de sa place elle se trouve à la hase de tout acte et de toute vertu. — Sa nécessité n'est Réflexions et affections. les mains pleines de grâce. Tant que la création restera un mystère. : pas une de ces nécessités morales. et elle est de même rigueur. Avant de comprendre le comment de l'action de Dieu dans ses créatures. Toute cette doctrine se résume dans une formule aussi exacte que saisissante Dieu a le devoir d'exiger de nous l'humilité. nous. En revanche. Il n'aurait pas 2e droit de nous permettre un : : atome d'orgueil. cela nous suffit. Il n'entre point dans l'objet de cette Probation de dis* cuter les opinions émises par les théologiens. sentir orgueilleux. just« et et regf\r-« 1. il faudrait comprendre le comment de l'acte premier qui les a produites. . synonymes de « grande importance » la nécessité de Vhumilité participe à la nécessité de la grâce. ie mystère s'étendra naturellement sur ses conséquences. : . pour concilier la liberté de l'homme avec le rôle obligé de Dieu notre dépendance et notre fragilité ressortent finalement de tous les systèmes. la véi'ité de la création les revêt de sa propre oertitude.

: Joie . Humilibus autem dat gratiam. Aimons à nous prosterner dans l'adoration. meures devant les hommes. Me rendre aujourd'hui cette pensée familière. Dieu en moi — Contempler action incessante de — la sentir en quelque sorte. restons bien soumis et bien dépendants. gardons-en du moins une impression profonde qui sera modératrice. — N'avoir 1 rien sans Dieu. Comprenons ce mot n Deas superbis resistit!. Et si. mais parfois aussi dans le secret de nos dec'est l'attitude qui convient.. Rien de il peut se détourner plus libre que son choix de moi !. à l'Église surtout.. faisons-nous bien petits. pas même un acte grand sujet de comme d'humilité... » Devant Lui. Il résiste aux orgueilleux et donne sa grâce aux humbles.OEUXIÈMB SEMAINK 100 dant attentivement où il les placera. : : : Résolution. nous devons souvent nous en départir.

— Trothicn. nous ne résisterions pas à certaines tentations. la simple persévérance dans la vie pieuse dépend absolument de leur secours. Et ce n'est pas moi seul. cette prière «0 mon Dieu. Nous aborderons demain un sujet redoutable pour la raison. chaque matin. : comme hommes moi. Bien plus. sans des grâces spéciales qui ne nous sont dues à aucun titre. sième point : Rôle sauveur de Thumilité.Deuxième Semaine TROISIÈME MÉDITATION X* KXfiRGICE La nécessité de grâces spéciales Premier point :Leur nécessité pour la persévérance dans le Deuxième point : AppUcsLiion» particulières. il doit Ah! si je la ressentais. mais décisif pour l'humilité. qui subis cette dure condition. — — Préparation pour la veille. car sans vous il n*est pas de faute que je ne sois : . pauvre être imparfait. comme un saint Philippe de Néri qui redisait en gémissant. ne vous fiez pas à moi! Retenez-moi et gardez-moi. et que si nous venions à succomber. Nous verrons que. le plus saint des sur la terre y est assujetti crier cette même misère. nous ne pourrions sans elles nous relever.

— Méditation — Demander la grâce de ressentir ces Prélude. po«M. Ce secours consiste dans l'intensité ou lopportunité de la grâce elle-même condition lamentable introduite par notre déchéance — : originelle l « L'homme Ecoutons le Concile de Trente en état de grâce ne peut persévérer en cet état sans un secours spécial de Dieu*. recevoir toutes les grâces dont il a besoin.. un acte d'orgueil. qui jettent aux pieds de Dieu brisé et soumis. le dessa'-issant des grâces spéciales. . cette crainte. Si qui» dixerit juêtificatunt. l'aurait peut-être laissé dé1 faillir. » Pesons bien chaque mot. sine speciali auxilio Dei. juttitia persevertwe Trid. mnathema tit (CoM. par exemple. même chez lui. profoades impressions de crainte.. leit. Nécessité de grâces spéciales pour la perséL'homme est assuré de vérance dans le bien.. désir de sonder à fond cette besoin de Dieu. i* Il s'agit de l'homme en état de grâce: : 1. 12). importante et dure vérité. I. — vif sentiment du Impression de crainte. Il y faut un secours spécial. était absolument fondée. et qui n'est rigoureusement dû à personne. mais il ne l'est pas d'y correspondre.. in accepta.OIUXIKMB SKMAINI 102 capable de commettre avant ce soir » Or. 6 oan.

à un momeQt . Ne puis-je donc rester ce que je suis. Méditons ces conclusions théologiques 1* Pour persévérer durant un temps assez considérable. 3» La brièveté de la vifl spécial . Ne semble-t-il pas faut pour atteindre qu'il ait tout ce le but? — Il ne l'a qu'il lui pas. cial. Le saint Concile ne dit pas difficulté. il faut une grâce spéciale. sans un secours spévolonté pourrait nous manquer. ae surviendra-t-il pas. si je le veux de toutes mes forces? —Non. vu sa fragilité. Je me perdrai si je n'obtiens pas votre grâce spéciale. Il s'agit de tout homme. 1 Q Pieu. est souvent un don du moment de notre Dieu j'ai peut-être devant moi des années d'existence. il faut une grâce du même genre : . non pas de se perfectionner. 40 Le choix favorable mort l'est toujours.TROISliME MÉDITATION i03 c'est-à-dire de l'homme possédant la vie surnaturelle . cette : ^ — II. il dit: impossibilité « non posse ». fût-il un saint. mais simplement d*j 2° — persévérer. et garder ce que j'ai. 4» Il s'agit d'une véritable impossibilité de fait. car. de l'homme ayant droit aux grâces ordi- naires. Quoil un saint n'aurait pas du moins un droit rigoureux à ces grâces ? Nullement. a» 11 s'agit. 2° Pour persévérer en face de grands dangers... Applications. de s'élever dans cet état. grande difficulté.

sans une grâce spéciale. les engagements qu'elle prend sont sacrés ... je jette de tous côtés des regards anxieux. Elle fait entendre à mon abattement les promesses les plus inespérées : pardon. tout est mis à ma portée. quelque grave danger? J'y succomberai je n'ai pas alors votre grâce spéciale. comme une mère. secours. je ne puis rien faire qui mérite absolument que Dieu me la rende.. Dieu je peux être infidèle dans l'âge mûr. à mon dernier jour je puis pécher gravement. Je ne puis compter sur moi. Si. . Or.. cœur abattu.. ils vont constituer tout un ordre de miIII...DEUXliMS 8BMAIRB 104 imprévu. amour même. le . sans une grâce spéciale 1. et. je ne saurais même m'y disposer complètement et prier assez pour l'obtenir. Sentir vivement ce que c'est que d'être ainsi à la merci de Dieu. dans la vieillesse. je n'ai rien en ro.. . je perds la vie de l'âme.. Je ne puis rien exiger de la justice divine.. Ma condition m'apparaît désolante. grâce. agité. car la miséricorde le résout. Suis-je donc en face d'un problème insoluble? Non... — L'esprit Le rôle sauveur de l'humilité. si I . Redouter comme une insigne audace l'attitude de l'orgueil.. tombant dans le péché mortel... Elle se penche vers mon indignité et la considère avec tendresse.oi qui me constitue capable de la reprendre . être surpris parla mort.Nous tenir devant lui prosternés dans l'attitude de la dépendance absolue. C'est le péché qui me l'a faite.

il me donne sa grâce. si je me tiens en tout comme impuissant par moi-même. celui de la miséricorde a les siennes. Sous le règne de la justice.. l'humilité. et repousser celles qui n'obligent pas sous peine de péché? Murmurerai-je devant les devoirs difficiles. dis- tinguer parmi les volontés de Dieu. Ce que je ne saurais exiger de sa justice. Mais la misère résulte de notre condition. Mais. ou les circonstances douloureuses?. j'accomplis ma loi . C'est ici qu'il faut redoubler d'attention. !• Si je suis humble. sous le règne de la miséricorde. et Dieu. la condition c'est le droit . Miséricorde et humilité sont des termes corrélatifs. la le condition. Je comprends maintenant pourquoi les Saints attribuent à Thumilitéle don de lapersévérance. qui .405 TROISIÈME MÉDITATION séricorde. Dieu ne me doit pas non plus certaines grâces de préservation — I .sije me garde de mépriser les autres. je reste dans l'ordre. de notre vouloir. je le reçois infailliblement de sa ma misère. La misère est un abaissement comme l'humilité. : il miséricorde. Si régime de la justice a ses lois. c'est l'humilité. La miséricorde aime la seule misère qui s'humilie et elle la sauve.. aussi formel que le serait l'ordre de la justice. accomplit la sienne malgré m'aime. en tenant ses engagements. Si je me fais humble. si je ne Lui doispoint rigoureusement certains degrés de soumission. et ces lois résultent de leur condition même. il me protège. est la soumission Oserai-je universelle. si je prie.

Par elle. j'emploierai les abaissements de la Chananéenne: je veux être humble. aux saints. in adjutorium meum intende! « De quel tressaillement ne serai-je pas « Et ne nos inducas in saisi quand je redirai tentationem /. notre Père. les mains jointes. — Me je suis. à Marie! Quel accent de foi ne mettrai-je pas dans cette formule toute-puissante « Nous vous le demandons par Jésus-Christ Notre-Seigneur l » La grâce que j'implore à cette heure. plus je sentirai le besoin de prier. . » Comme je m'adresserai. jusqu'à la mort. Plus je sentirai le poids de ces écrasantes vérités. voir à la merci de Dieu. De quel cœur ne répéterai-je pas ce cri de la liturgie sacrée : ^c Deus. toujours.OIUXIÈMI SSMAINI 106 2« Le rôle de la prière se montre ici dans toute sa clarté. c'est celle de devenir humble Je réclamerai sans cesse. car je veux me sauver! 1 la Résolution. Crainte néanmoins... tel que demain. et pour l'obtenir. ni mériter entièrement. aujourd'hui. à tous ceux qui peuventintercéder pour moi. j'obtiendrai ce que je ne saurais^avoir de moi-même. aux anges. grâce : : des grâces. toute détrempée de confiance en Dieu.

viendra s'ajouter à l'impression ressentie dans la troublante méditation d'hier. la nécessité d'un secours spécial. qoq . un grand jour sur notre situation infiniment précaire. fa conriction raisonnée aujourtrhui.QUATRIÈME MÉDITATION XI* KLMaCI Notre Condition iV««»«r f9imt p»int : : Lk Mture de noire liberté. nous montiera Textréme fragilité des ressources personnelles qui soutiennent noti-e Tertu. ces considérations nous fer\>ut toir. La méditation de le développement de la précédente et eu quelque sorte sa démonstration. et la redoutable puissance des causes demain sera ennemies qui En jetant travaillent à la renvei"ser. d'une façon plus sai-^issante. Ains\. — - Z>ntxtV*t« TrM>tstèm9 jr«i»t : le — Prépuntion pour ta yei7/o. J'appliquerai toute mon à cette recherche. Une analyse de notre condition. par rapport au bien et au mal. Nos m&UTftis penchants. (|ue je ferai dans attention le but.

» — I. vous devoir son salut. : !• ^> Méditation — Prélude. doivent être suivies sans contention et sans curiosité vaine . est-ce donc si triste pour celui qui vous aime? mon Dieu. Considérons d'abord la nature de ce frêle instrument. ma misère a beau s'étendre sans limites à mes regards. mon Dieu. toujours plus immensément. à l'aide duquel nous faisons notre éternité heureuse ou malheureuse la liberté ! : . La nature de notre liberté. Or.. tant qu'il reste à ma voix la force de lui crier Pitié ô mon Père l loin. demander la grâce de voir avec plus de clarté les circonstances qui rendent nécessaire une intervention spéciale de la miséricorde. Ces considérations. sentir son impuissance totale. Afin d'ajouter la conviction à l'impression.. est-ce ionc si redoutable à celui qui se confie en vous? mon Dieu. sera aveuglé par l'éclat de sa gloire. votre miséricorde m'apparaît s'étendant plus loin. de tout temps proposées par l'Eglise. L'œil qui veut imprudemment scruter la majesté divine. mais d'en développer la lumière. à plus forte raison. tant que je me tiens devant elle avec la conviction de mes infirmités. sans exigence déplacée : « Scrutator majestatis opprimefur a gloria. cette miséricorde me reste ouverte.108 OinXliMS SEUAINB point d'appuyer une vérité de foi sur des raisonnements.

— bien gouverner. je la confie à votre miséricorde Prenez-la. Dieu avec quel bonheur je vous remets ma liberté. elle hésite et varie bien souvent par les impressions diverses qui se succèdent elle dépend si profondément des motifs qui la frappent. Et si elle est imprudente dans ce choix.. Favorisés. si elle s'attarde par faiblesse sous des influences contraires. s'ils sommeillent. ils ne sont pas moins redoutables. réservezlui vos inépuisables pardons mon Dieu vous parler ainsi.. Bon gré mal gré. Or. ! 1 — II. . après toute une vie de fidélité. ils demeurent une influence latente qui travaille sourdement. Nos mauvais penchants. n'est-ce pas commencer à être humble? vernez-la. Un simple manque d'équilibre les constitue. soutenez-la. gouI 1 au besoin. ils commandent en maîtres combattus. tel est son principal moyen de se Elle esf agitée . Parmi ces influences funestes qui détournent notre liberté vers le mal. Ils sont inhérents à notre être. Nos penchants vont plutôt vers le m9^ : . Ils se dissimulent sous mille apparences de bien. car leur réveil souvent nous trouve confiants en nous-mêmes et par conséquent désarmés. nos penchants tiennent le premier rang. ils vivent au fond de nous. ma liberté demeure essentiellement défectible. Se mettre sous de bonnes impressions. s'arrêter aux motifs favorables. la voilà entraînée au mal.QUATRIEME MÉDITATION Je le i09 sens. je l'assujettis à votre domination. et. et.

Oui. il se laisse tromper par l'apparence.. s'ils n'étaient point contenus. Texpérience le montre. cette force native. quand on regarde au fond de soi-même! Pour y projeter une plus vive lumière. mais d'une façon indéterminée. Les sophistes seuls peuvent dire que l'homme au fond veut toujours le bien. formées par de nombreuses défaites I . quand il place son bien uniquement dans la jouissance. Or. il veut le bien. si l'habitude vient ajou- ter la sienne. l'horreur du mal ne lui offre plus ses répulsions instincles mauvais penchants grossis l'entraînent comme un torrent... encore. il confond le bien en lui-même avec son bien à lui et c'est souvent ce dernier qu'il préfère. diatement. despotiques peut- tives.HO DtUXiÈMB SKMAIN8 l'Eglise l'enseigne. Demandons-nous jusqu'où iraient alors nos excès et ce que serait notre vie. ces penchants existent en puissance. et jouir immé. Cette tendance égarée agit sur la liberté par par l'attrait. que d'habitudes fâcheuses. être. Quel sujet d'épouvante. le péché originel l'explique. quelle tyrannie! La liberté se trouve alors asservie et désemparée. il n'y a plus de réputation à ménager et plus d'inconvénients à craindre. or. hélas A ! nous-mêmes.. et ils l'illusion et : sont. et la conscience des faiblesses passées lui ôte tout courage . Elle serait exactement ce que la feraient nos penchants. Là... En pratique. voulant jouir. formons l'étrange supposition que voici il n'y a plus d'enfer à redouter ni de Dieu à aimer.

L'esprit du monde nous amollit . même durant la série de leurs ! fautes. et la miséricorde ne les a point repoussées. qui ne sont pas comme nous des esprits forts. la ruse du démon épie le moment favorable. Mais son influence n'est-elle pas plus fatale sur ceux qui ne la remarquent pas? Or. maunous enveloppe comme l'atmosphère. — se jeter dans Vhumilité comme dans un lieu de refuge. démon. Les Saints. Rien n'agit aussi fortement sur l'homme que la conduite des autres hommes.. pour entraîner notre imprévoyante liberté ? Que deviendrons-nous si notre orgueil. savent quelle est la puissance du démon. et nous pénètre de ses poisons comme les épidémies de leurs ferments. et nement. Le dit par le et le Sauveur.QUATRIÈME MÉDITATION Qui arrachera à la mort dll cette victime? La seule miséricorde de Dieu Qui portera la miséricorde à s'exercer? L'humilité I On a vu des personnes. Le monde. ne peuvent-ils pas réunir leurs forces. devant cette persuasion sans raisonles raisonnements succombent.. et quelle est son activité. Ce que tout le monde fait. monde — démon. tous . nous livre seul à de tels adversaires? . Complices de nos penchants. on admet instinctivement qu'on peut in. nous ne pouvons pas quitter le monde nous ne pouvons pas nous tenir à l'écart du le faire . nous aliénant le cœur de Dieu.

si je me cache dans le sein de votre miléricorde. Avant de vous décider à envoyer un secours spécial. suffisant en luimême. ce degré.. Qu'elle est donc écrasante. vous détournez votre visage. je n'ai point peur de vous je peur que de moi .. Les circonstances. Mais s'il éloigne le danger ou s'il fortifie la résistance. et je n'aurai point peur de moi.. et il sait que. Dieu les connaît toutes et jusqu'aux plus redoutables.. qui détendentles ressorts de la volonté. serait rendu impuissant par nos propres défaillances. notre dépendance! mon Dieu vous connaissez le concours de tous les événements.. et elle est sauvée I. il mesure le degré de résistance que nous pouvons leur opposer. La voyez-vous humble et soumise. ou laissera-t-il se pro- les écartera-t-il?.. La voyez-vous raidie par l'orgueil. dans tels et tels cas... les duire.DEUXIÈME SEMAINE 112 — IV. viendra-t-il à notre secours. quoique librement.. ô Père. vous jetez les yeux sur les dispositions de cette âme en danger.. Il est des circonstances où nous succomberions certainement.. n'ai . où Tàme s'abandonne. Vous prévoyez ces jours de désœuvrements énervés. Une fois la lutte engagée. et elle est per! due I Dieu. vous étendez la main. Oui. ou permeltra-t-il notre chute?.. C'est le secret de sa libre détermination. Ces cas désespérants. c'est l'efTet d'une grâce qui ne nous est point due.. Vous constatez ces relâchements successifs. j'y veux entrer et n'en plus ..

remplissez-le. ne m'avez-vous pas donné votre Fils. à vous laisser la louange du bien. HUMILITÉ. — 8. ô Dieu. ô Père. Toutes les peines de ma pauvre vie. indulgent pour les autres. oublis.QUATRIÈME MÉDITATION 113 avec amour les lois bienapprendrai à me faire doux. comme l'agent providentiel de ma réhabilitation présente et de ma grandeur future. et sans cesse sur bonheur Je dépends de vous. à ne réclamer aucune estime d'excellence quelconque. supplier Dieu de dissiper mon aveuglement. animezEnsemble aimons et le.. qui d'ailleurs ne m'appartient pas. Jésus. . comme l'action réunie de votre justice et de votre miséricorde. J'en étudierai faisantes j'y . je suis sûr de Vous. Jésus Avec Lui. et jusqu'aux humiliations les plus profondes. quel 1 — Prendre en pitié ma vaine assuRésolution.. ! — avançons — ! Dieu. vous ne me faites sentir vive- ment monimpuissance que pour m'amener dans — Entre vos bras. Dieu. et je me presse plus étroitement sur votre poitrine adorée! vos bras.. comme vous l'êtes pour moi. je suis sûr de moi. tous les sortir. Vivons ensemble. venez dans mon néant.^e les accepterai. tous les dédains. toutes les déceptions.. rance. Vivant de Lui. l'abîme. ôPère. ô Père.

s'appelle la Providence. et pas une qui . et qui prend ici un nom plus rassurant encore. et celui de se relever. si fragile. que l'on craint à chaque instant de voir un tel organisme victime du plus léger accident. a coutume de produire cet effet. celui de mision qui résulte séricorde. L'analyse des lois qui le régissent reste menaçante. si compliqué. par exemple. Tout y apparaît si délicat. Pas un chrétien qui. pour réagir. 2. Ainsi en est-il dans l'ordre surnaturel. Heureusement. qu'il ne peut résister à tant de causes de destruction. Pas une âme qui ne puisse obtenir par la 1. vie du corps. on a l'expérience. mais il vit. dans l'Univers. n'ait largele pouvoir d'éviter tout péché mortel. on a mieux que l'analyse. Il y a. mais il dure. mais la réalité des faits modère nos alarmes. de fait. vie même de la plante. cette merveilleuse action. toujours en jeu pour remédier à tout. La lecture des livres de médecine. Il semblerait que notre être n'est pas viable. ment prière tout ce qui lui manque. qui.. s'il pèche.. vie de l'âme.ÉCLAIRCISSEMENTS Sur les deux méditations qui préoèdent Un étonnemenl mêlé de frayeur est l'impres- presque inévitablement de l'analyse de toute vie.

Certains secours qui ne nous sont pas dus rigoureusement. 5. soit. chaque âme sera contrainte. — Lire les chapitres dans le Traité de V Amour de Dieu où saint François de Sales traite cette question avec sa sûreté de doctrine et sa lucidité (liv. parent à ce dernier effet. {Gratiœ remote suffi- cientes. et partant. car nous sommes sous le régime de la m.iséricorde. il n'y aura pas une exception à cette règle. par l'évidence. vu et suiv. KTG. à un seul moment.) 4.). sous celui de Vhumilité. Nota.115 tfCLAIRGISSEMBNTS. ordinaires . Au jour du jugement. de confesser que Dieu a été bon et très bon pour elle. IV. Ce que nous ne pouvons peut-être pas aujourd'hui. chap. nous seront pourtant donnés infailliblement : et qu'importe pour nous le droit strict à ces secours. nous le pourrons demain. privée du pouvoir de prier. ne l'oublions pas. si nous usons bien des grâces moindres qui nous pré3. s'ils nous arrivent aussi sûrement par grâce. 7.

Ici.Deuxième Semaine CINQUIEME MEDITATION XII" EXBRCICB Nos fautes Premier point : L'examen de la cause. en sommesnous moins coupables? Qu'une prison soit pleine de crimineis. et à nous seuls. côtoyant peut-être nos constatations humiliantes Je ne suis pas le seul Que d'autres soient pécheurs. Le jugement motivé. Trop souvent nous l'avons parcourue d'un œil distrait. au point de vue de notre valeur. Il s'agit de nous bien voir. car rien n'est autant notre propriété que le péché. il est Tunique chose où Dieu ne soit pas. Cette terre désolée. — Deuxième point — Préparation pour la veitle. et de nous bien juger. proposons-nous d'y faire une exploration sérieuse. abordons-la avec courage . 11 est à nous. Ne nous laissons point suivre par cette idée. nous mettons le pied sur notre territoire propre. comme une route familière où rien n'étonne. chacun d'eux en est-il : ! .

Je veux me juger comme vous me jugez vous-même. d'ailleurs. vous m'aiderez à me connaître dans la vérité Vous me garderez de l'illusion qui voilerait la gravité de mes torts. et si nous arrivons à une persuasion raisonnée de notre peu de valeur personnelle. Nous aurons également assez de logique pour ne point prétendre à une estime particulière que nous savons ne pas mériter. de toute arrogance et de toute susceptibilité. nous aurons une très grande facilité à nous défendre de tout mépris pour le prochain. ni la grandeur apparente des fautes. de par notre œuvre. ici. Ce n'est ni le nombre. se croire d'avance vil et misérable j'étudierai la cause froidement^ : I . de son idéal. de sa conscience. si nous nous sentons bien bas devant Dieu et devant notre conscience. Je ne partirai pas de l'idée préconçue qu'il faut. qui déterminent les degrés de culpabilité. » Ne fût-i^ qu'en face de lui-même. de sa dignité. quel est notre rang parmi les pécheurs? Nous l'ignorerons jusqu'au dernier jour. . pour être humble. Nous envisagerons plus loin quelle attitude devant les autres nous impose l'humilité. sans égard pour des fautes semblables commises par d'autres hommes. Et. mon Dieu. il trouverait encore ces trois grandes choses qui l'accuseraient. nous avons uniquement à rechercher quel jugement nous devons porter sur nous-mêmes. et de l'exagération qui n'établirait rien de solide.CINQUIÈME MÉDITATION 117 moins méprisable? L'homme est en face de Dieu seul « Tibi soH peccavi.

DKUXIÈMd âE^AINK 118 avec d'un esprit indépendant. «conclure le juste et rien d'autre. voyons le vice de l'intention. On fixera son plus humiliants. Les motifs des fautes sont toujours bas certains sont plus vils. i"" Les faits. renouvelée devant Dieu seul. Méditation Prélude. une des fautes graves. avec la liberté la rigueur d'une raison qui veut affirmer le vrai. 2® Les motifs. C'est sorte de confession générale. Il sera bon de partager sa vie en périodes successives. et d'une grande — L'examen de la cause. — Demander la voyance pour reconnaître loyauté pour la juger. N'ont-elles pas été quelquefois inspirées par le désir et par le besoin. C'est une revue intime et douloureuse des actes de notre libre arbitre. et de s'arrêter à ce qui domine en chacune. quelquesuns sont abominables. — : . attention sur les péchés les l'imagination ne doit pas en si souffrir. ceux que nous n'avouons pas... c'est pour nous satisfaire que nous avons péché. les vrais. On pourra faire utilement une addition approximative du nombre de ses fautes. Dans nos bonnes actions elles-mêmes. Au fond. grâce d'une grande clairma vie. du moins I.

. — même heureux I... de repentir et de fautes nouvelles. passer par des alternatives continuelles de fautes... et de nos rechutes. mais c'est celle de l'humilité « Peccatum meum contra me est seni' per.. Le fait. Or. Notre attitude d'aujourd'hui n'est point précisément celle du repentir. de notre raieur personnelle... merveilleusement provoqué. est-ce là conduire sa vie ? Succomber pour des riens.. » Les fautes sont effacées le^ effets peutêtre.. si bonne et si persévérante... parfois sans résistance.... par le seul fait d'un peu de temps ..CINQUiiMI MÉDITATION hélas de 1 paraître sommes? 3° Les grâces... situation favo: grâces de piété.. jamais : — .. grâces de préservation. Si nous n'avions pas compté sur ce pardon facile.. Evaluons le nombre de nos absolutions. Etonnement en face de la Providence de Dieu. étrangement persistante. l'histoire de la miséricorde éducation religieuse privilégiée. A meilleurs ilO que nous ne côté de l'histoire de l'in- gratitude. peut-être aurions-nous moins péché..... quelle confiance méritons-nous? La confiance ne peut s'appuyer que sur l'esprit de conduite et la fermeté d'âme.. Que serions-nous sans elles?. Repentir peut-être longtemps attendu.. Et nous n'étions pas rable.. I — 1® Au point de vue IL Le jugement motivé. Etonnement plus grand encore en face de notre ingratitude. de ferveur même.

l'orgueil... tions.. la dignité exige qu'on se tienne à son rang sans déroger. à son confesseur. est-ce là être maître de soi ? On a voulu pourtant. le noble amour du bien? Et je me croirais digne d'honneur Le violateur de sa parole en est-il digne N'ai-je pas introduit âme. parole . et je n'ai confiance en moi. le mal a le droit d'avoir dignité d'homme? dans les facultés de mon de mon corps.. 2° Au point de vue de la dignité personnelle. n'a pas su parler assez haut. Que vaut notre — volonté? Que de fois ne s'est-on pas dit Mais c'est insensé!. peut-être ma En pas vérité. comme mobiles. Quelquefois l'instinct le plus bas a tellement dominé l'intelligence elle-même. n'ai-je pas avili ma dignité de chrétien. n'ont-ils pas souvent remplacé.. à Dieu même!. l'égoïsme.. qui voyait si juste... Un seul cas de ce genre déshonorerait un homme du monde. été mon maître. Or. la passion. qu'il l'a conduite à lui fournir de fallacieuses justifica. Combien de fois. et cause. un principe de dégradation ? Le caprice.120 DKUXIÈMS SKMAINB écoulé et du retour offensif de l'habitude. l'honneur nous est-il dû? L'honneur s'attache à la dignité.. et à quel point. Et la raison. dans les dispositions — ! aussi ? Parole donnée en pleine connaissance de donnée à sa conscience... et qu'on soit fidèle à sa parole sans y fôrfaire. on s'est cru changé et voilà que l'on est retombé!.

où en ! suis-je? Mon idéal. le repentir. à le défaire. amoindrissement de tous côtés. n'ai-je pas perdu toute dignité personnelle.. Graduellemenl l'action de Dieu en moi s'est diminuée son image a pâli.. Qu'en ai-je fait? Et que suis-je? Laideur liassesse. efforts refusés.. plan restauré avec miséricorde. finalement défiguré par de perpétuelles défaillances!. me vois travaillant.. I . mais sur des bases moins larges. et à quel honneur puis-je prétendre? 3° Au point de vue de mon idéal. et ma destinée s'embellissant de jour en jour. c'était la série graduelle des dons qui devaient m'être offerts.... hélas avec non moins et je ! de persévérance.... A chaque pardon..... et accompagnant la marche de la vie entière En vérité. un vrai contraste!. c'était mon histoire possible. L'idéal réalisé eût été la beauté.CINQUIÈME MÉDITATION je ne puis compter tions le 121 nombre de mes défec- 1 Que dire d'une violation de ces promesses passée en habitude. Quel idéal! et à sa place quel état! Grâces rendues vaines. C'était personnalité pre- nant de perpétuels accroissements. l'aveu.. l'élévation de mon être.. écrite par la si j'étais ma fidèle. Je vois Dieu travaillant sans cesse à le refaire. Je n'ai de refuge que dans la plus sincère humilité ! . bonté de Dieu. sa joie s'est éteinte Ah! je n'ai de refuge que dans la confusion.

et. . vous vous attendrissez sur le mendiant. Dans ce pauvre. mais laissez-moi. mais surtout vraiment humble Eloignez de mon avenir toute faute. de Jésus. tendre et forte. s'il le ! ! faut. ô Dieu père. et qui vient d'entendre des témoignages accablants.122 OBUXIÈMS BEMÀlNl Dieu magnanime. fruit divin de votre miséricorde et délices de mon repentir! dans les succès — Résolution. laissez-moï surtout l'impression vivante de ma bassesse. Confusion d'un malheureux traduit devant un tribunal. votre Bien-Aimé. d'humiliantes misères. votre vie et la mienne. Laisserez-vous son sang dégénérer en moi? N'aurez-vous pas compassion de sa gloire ? Sa gloire? oh qu'elle sera pure et grande. stimulant sans cesse ma reconnaissance. dans une humilité profonde. je n'en saurais vouloir aucune.. mais déformés. vous reconnaissez les traits visibles. qui étale les haillons de ses déchéances. droite et belle. vous parvenez à faire une créature nouvelle. Vivre aujourd'hui sous celte impression.. l'Amour Sacré. confiante et généreuse. Dieu de pitié. si. d'un être misérable. vous ne sauriez frapper celui qui s'humilie le front contre terre. mon désir de réparation. afin qu'elle m'accompagne dans mes progrès personnels et de mon zèle.

Son expression vibrante émeut l'âme tout entière et la rend plus consciente des moest tifs mêmes qui l'ont établie. ici Dans l'acquisition d'une vertu. est un acte de l'intelligence. l'expression du sentiment est un acte de la volonté. la conviction certainement la première force.Deuxième Semaine SIXIÈME MÉDITATION xiu* ixsacicx Prière éditée par le pape Urbaia VIII (PLAÇiB AD COMMENCEMENT OU BRÂVrAlM ROMMIf) — Préparation pour la veille. Nous n aurons donc qu'un seul but demain: La conviction nous plonger dans l'humiliation. . la première en date. or. c'est-à-dire l'inclination aux actes et la facilitée les accomplir. nous déplorerons nos ingratitudes. mais de la développer par Vexpression ardente de sentiments aussi vifs que sincères. nos retours d'égoïsme. Avec les accents sortis du cœur d'un saint. Il ne s'agit plus d'établir l'humilité par le raisonnement. mais le sentiment est peut-être une force plus pénétrante et plus déterminante encore. c'est dans la volonté que se forme et se perfectionne la vertu.

ô Dieu juste. culpas nostras fcrimus. avec les élans de la confiance. ^ Méditation Prélude. mais rélevez-moi par la confiance qui seule fait les vaillants. mon Dieu. ô Dieu père Et plaças quat accepimui I . nous déposons devant vos yeux le lourd fardeau de nos fautes. Chargés et accablés. daigne jeter d'abord tes racines dans le fumier de ces misères. Ante oculos tuoSy Domine. nous livrant à Jésus Sauveur. un cœur qui s'attendrisse. un c'est vrai. mais je peux avoir de vous les richesses et la beauté de Jésus. mais une vraie douleur.^lUXIKMB SEMAINK 124 nos rechutes sans fin et aussi. déterminez en mon âme cette inclination d'humilité qui seule fait les humbles. cœur plus vivant. 1 mon Dieu. préparez-moi pour demain un . jour tu fleuriras au ciel. nous nous jetterons tout entiers dans le sein de la miséricorde. un cœur qui du moins s'efforce de sentir Je ne vous demande point de larmes. vie de Jésus. — Demander la grâce de faire passer le repen- dans mes sentiments et mes sanglots tout tir que doit m'inspirer ma vie. comme une semence divine. Je n'ai en propre que des fautes etdes misères.

nous voilà meurtris et plus mauvais encore Mens segra torquetur et cervixnon flectitur: tristes. nous les mal cicatrisées.. je frémis d'indignation contre moi-même.. et profondes. et sous la ténacité du péché. et les plaies faites. — Peccadi pœnam sentimus et peccandi pertinaciam non vitamus.. minus est quod patimur. Gravius est quod commisimus. Mon front courbé dans la poussière. Elles nous défigurent. et conferimus. Vita in dolore suspirat^ et opère non se emendat . de mes regrets. elles noustiennentdans la plus dépendante faiblesse. de mes aspirations renouvelées. car elles sont et nombreuses. mes larmes qui les arrosent. nous ne savons pas assez courber le front !. de tant de châtiments subis! Expérience de mes douleurs. ma bouche qui baise vos pieds. celles que l'avenir me réserve. Si pensamus malum quod fecimus. tu renais quand la douleur passe In flagellis nostris infirmitas nostra leritur et ! non mutatur : vous nous brisez et nous ne sommes pas changés. tu cèdes à cette vie du mal qui est en moi . expérience de tant de grâces reçues. toutes ensemble ne sont rien eu égard à celles que je mérite.. Les peines de ma vie présente. la pitié que j'implore. iniquitas 1 — . torturés. je me retrouve aussi lâche !. levius est quod toleramus.majus est quod meremur. tout vous crie que je reconnais ma faute et que j'accepte le châtiment. elles nous font souffrir. de tant de résolutions prises. Oh! voilà qui est inconcevable! Sous l'aiguillon du châtiment.125 SIXIÈME MÉDITATION que nos péchés ont montrons à vos regards. malades.

... mes iDcessantes provocations!. non corrigimur.... Si extendas manum.e cier . et tu les traînes toujours Si expectas. Si vous m... Seigneur.DEUXIÈME SEMAINE 126 notre vie s*en va dans la douleur et le gémissement. si pepercerisy peccamus ui ferias: vous frappez.. vous retirez nous sommes parjures clamamus ut parcas. .. Domine. promissa non solvimus : vous étendez la main et nous promettons tout.. Si vindicas^non duramus: si vous devenez le Dieu des vengeances... et ! Si ferias. par ma faute. ! 1 : soulage il est l'explosion de ma cons\ à la vue de mes interminables rechutes et dt. ô mon cœur. Ah du moins. que tu es faible et facile à entraîner que tu es inconstant et facile à changer 1. recte nos perimus. et nous avouons nos fautes vous vous éloignez. confitentes reos! novimtis quod nisi dimittas. 1 I I . Cet aveu le glaive. . facienda promittimus : si suspenderis gladium. et nous crions grâce vous pardonnez. et nous voilà à provoquer vos coups Habes. et tu veux en souffrir encore. nous l'avons oublié I. Tu gémis sous tes chaînes. sans trouver le chemin du r'îtour cœur humain. Seigneur. je ne me défends pas je suis coupable et je le confesse bien haut. c'en est fait de nous Confitemur in correctione quod egimus. — — ! quod flevimus : vous venez nous châtier. tout à l'heure. Tu te sens malade et tu ne veux pas sincèrement guérir!. elle est vaine. Vous attendez et nous ne nous corrigeons point. et ce que nous pleurions obliviscimur post visitationem . votre patience est longue et. Tu souffres du mal.

qui fecisti ex nihilo. à nous l'attitude qui convient. Père tout-puis- néant vous implore. pour mettre Jésus à sa place.. C'est elle qui fait disparaître notre triste personnalité. Supposons l'orgueil voulant relever la tête..SÎIliME MEDITATION Itl n'avez pitié. puisque vous lui donnez la grâce de prier. C'est elle qui parle.. vous armez ma prière d'un nom qui vous commande vous regardez en moi Celui que vous aimez. c'est bien pour avoir le droit de pardonner. C'est à travers ses larmes que passe la miséricorde. qui te rogarent per Christum Dominum nostrum. sine merito quod rogamus. c'est notre misère». nos misères prennent une teinte de sur! — . Vous mettez dans mon cœur des accents qui vous touchent. Le chemin du cœur de Dieu vers le pôtre. C'est elle qui donne à Dieu son vrai rôle. je suis perdu. cet être fait de . et du nôtre vers le sien.. quelle confusion et quel châtiment! L'orgueil ne saurait attendrir ni le cœur de Dieu. mais. étudions l'action de l'humilité. Il n'a aucun mérite à alléguer. qui gémit. c'est sur son front courbé que descend le pardon. et rien n'est plus juste 1 Prœsta. Pater omnipotens. ni Te nôtre « Le trône de la miséricorde de Dieu. c'est l'humilité. disait saint François de Sales. ce Jésus sant. Dans cette longue litanie de nos misères. qui touche. Dès qu'elles sont touchées des reflets de cette vertu. par lequel je prie.

elles se transforment en amour. Dès qu'elles sont touchées par la miséricorde.128 DEUXIÈME SEMAINE naturelle beauté. » un sentiment profond : et « Je chanterai éteimelle- . Résolution doux de meni la : Entretenir bonté de Dieu vos miséricordes.

du même regard. Tout en parcourant des régions différentes.. Ne pas se contenter de cette impression générale. i . car l'humilité qui rabaisse les fausses prétentions excite le vrai courage. nos œuvres I HUMIUTi. et en même temps.. Préparation pour la veille.Benziéme Semalnd SEPTIEME MEDITATION XIV* EXERGICB En face des Saints — Nota. nous éprouvons devant la vertu des Saints une impression de grandeur qui nous écrase. hélas! nos senti- ments. considérer nos vertus. on unira en une seule les deux méditations suivantes. — Quels effets dois-je rechercher dans la contemplation des vertus des saints? Le vif sentiment de ma petitesse et aussi un stimulant pour ma lâcheté. sentiments. mais faire passer sous nos yeux le détail de leur supériorité : vertus. Si l'on tient à ne consacrer que trente jours à cette probation. — 0. œuvres. l" Comme au pied des hautes montagnes ou en face de l'Océan. elles se réunissent au même terme Timpression vive de notre humiliante mé: diocrité.

pour avoir une juste appréciation de notre valeur. Je serai entre vos mains ce limon infime. : tout en Celui qui est ma force! » L'orgueilleux considère l'insuffisance de ses propres ressources et s'affaisse. deux sentiments peuvent se faire jour. mais malléable. qui se prête à recevoir quelques traits de votre image. renonce même à en tenter l'entreprise. ne se sentant point de force à atteindre si haut. Y a-t-il lieu de s'enorgueillir. de ce qu'on est moins bas qu'un être misérable A ? vue de toute supériorité. s'il est ordinaire. En effet. c'est dans ce qui est élevé que se trouve la règle du mérite et non point dans ce qui est médiocre. par exemple.DBDIIÊHK SEMAINI 130 Dans un milieu de basse ignorance. Thomme qui sait lire fait le fier. 2*> Mais. vous qui faites les saints. convient-il donc de se comparer aux saints qui sont l'exception? Oui. /îommencez par me pétrir d'humilité. et celui de la grandeur d'âme. et l'on « Je puis s'écrie. ô mon Dieu ô mon Père. l'humble considère en même temps la force divine et s'élance. qui répèle avec « Ne pourrai-je pas donc ce saint Augustin qu'ont pu ceux-ci et ceux-là ? » Les larmes d'une sainte émulation montent aux yeux une émotion presque violente soulève la poitrine. dès lors que l'on prétend à une estime particulière. qui. le regard tourné vers le ciel 3° la : . celui de la lâcheté. Tadmirez-vous ? Eh bieni songez à ces sentiments de vaine estime qui vous redressent dans votre milieu. .

ne font que le stimuler les verges humiliantes le réjouissent. Elle n'a aimé que Jésus. une sainte Agnès. Les fatigues. Et j'accepte des louanges . le peu que je — fais î Me mettre à surer avec lui. et je me complais dans — — . telle vue L'Apôtre. Il meurt. spn zèle s'étend au monde entier et descend au plus pauvre esclave.. que je sente le besoin de me mépriser profondément moi-même. côté d'un Apôtre et quelle humiliation I La Vierge martyre.. le glaive.. L'amour est allé gran- . un saint André. — C'est une me me- sainte Lucie..8IPTIÈME HÉDITÀTION 131 ^ Méditation — Prélude. et il s'ensevelit dans l'humilité l'époque et le lieu de son martyre restent souvent ignorés... Des villes. une sainte Agathe. Pas l'ombre d'une pensée fâcheuse. Il ne s'appartient plus. des peuples tombent à ses geaoux. Ah mon zèle mon courage mon abnégation mes conquêtes divines mes dons personnels! je les regarde avec pitié et la vue de mon orgueil me couvre de confusion I. — C'est un saint Pierre. les persécutions. : 1 1 ! I 1 . Son âme est un ciel où la lumière se répand pure et douce.. l'Esprit de Dieu le possède et le gouverne.. Les miracles raccompagnent. un saint Paul.. Demander la grâce de m'élever à une de la beauté morale des Saints.. et elle l'a aimé d'une chaste passion.

Oubli et silence autour de lui !— Le regard de Dieu est le seul astre qui éclaire Prières presque continuelles... mais si imparfaite toujours! dissant. aises de la vie 1. à côté d'eux. c'est être à Jésus « quam pulchra est cqsta generatio cum claritate 1 » Qu'elle est belle cette noble race dans son éblouissante pureté A cette blancheur. ses voies.. si l'on me croit mortifié ... à cet amour suave.. Sommeil et nourriture mesurés juste assez pour — — — éloigner la mort. Souriante. réparée peut-être. et dont Dieu se souvientl. Sa science est si étendue . de la vie entière Me 1 voir. Effrayantes mortifications de tous les jours. Imagination. Hilarion. Appartenir à un être mortel. Ah ne soyons pas fiers de notre vertu conservée.... C'est un saint Amun saint Augustin.DIUXliME SKHAINB 132 aux rêves des sens. rêves. luttes.. tout ce passé qui m'échappe. quelle honte.. si je le crois même I. un Suivons-le dans le désert. à cette paix. Mais quelle dérision. elle incline la tête sous la main du bourreau mourir. Il le me donnant toutes les faut peut-être !.. un saint un saint Antoine. saint — C'est Pacôme. de toutes les nuits. un saint Chrysostome. et n*a pas laissé de place : ! 1 1 L'Anachorète. Le Docteur de broise.. jamais !. tourments..... Oh I qu'il m'est facile de me voir petit et de un faire humble 1 — l'Eglise.. me saint Thomas.. essayons d'opposer notre âme et notre vie.

.. Quelles ascensions! et de ces hauteurs. peut-être sans fond et sans mérite. quel amour. inconnues.. effets merveilleux des faveurs célestes. Nous voici à la hiérarchie suprême des âmes. quelle union !. plus duisent-elles ? Quelle Dieu? Mon amourse plus haut... Et je me réjouirais.SEPTIÈMB MÉDITATION 133 qu'elle nous confond encore. d'une science toujours courte et que l'on trouve d'ailleurs dans des milliers de livres !.. âmes en quelque 1 sorte fondues et liquéfiées. Pureté. je regarde s'élever cette vision. priant et sou£frant. quels élans Et dans ces étreintes. L'influence qu'il exerce sur son siècle et qu'il exercera jusqu'à la fin des temps. — L'Ame contemplative. — Elles auront passé.. d'une joie inepte. se moulant admirablement dans le cœur de Dieu A genoux. Elles faisaient . une sainte Catherine. Et je serais fier de quelque science. à la lumière de laquelle je me vois grossier et terne. embrasement de toutes leurs facultés alTectives. souverain détachement. travaillant. C'est un saint François d'Assise.. témoigne de sa haute valeur. quelles vues. Suis-je de la même nature ? Ah que sont mes oraisons et que proî I mon application à sans cesse plus pur.... lucidité éclatante de toutes leurs facultés intellectuelles . les yeux en haut. une sainte Thérèse. en voyant mon influence s'étendre à cent pas de distance !. plus chaud.. intime. rayonnant Les plus est fait-il ? Ames ..

Nous en avons connu peut-être les valonsle bien si est répandu..DBUZIÈMB SBMAINl 134 paisiblement que nul bruit ne e'en Dieu seul a su les grâces données par leur intercession.. mais d'une autre manière. ! . on les croyait heureuses. — Se la . représenter plusieurs fois durant ce jour.... et elles l'étaient en effet. Résolution.. Que d'héroïsme dans certaines vies de pauvres femmes aux prises avec les duretés de l'existence On les voyait calmes... D'autres auront récolté la moisson extérieure qu'elles avaient semée.. nous? — Retenir une de ces vues.

Ce contraste est à la fois facile. Tous nos sens intérieurs ont besoin d'un grand dégagement pour s'ouvrir à ces vues qui n'ont rien de senet le : sible. et vous mettrez en regard vos lacunes et vos laideurs.Deuxième Semaine SEPTIÈME MÉDITATION *« XIV» KXERCICB bis En Préparation pour face de Dieu la veille. 2* Voyez. Se sentir abaissé. Ménagez-vous demain un long moment de méditation et beaucoup de tranquillité extérieure. anéanti devant Dieu. pour éteindre dans l'éblouissement de sa beauté les vaines lueurs de l'estime propre voilà le but. suggestif et pénétrant. qui vous suivront dans la vie pratique. dès ce soir. vous en retirerez des sentiments d'humble confusion. Nos yeux ont besoin d'une ^attention prolongée pour sonder les mystérieuses splendeurs de l'Etre par excellence. — Evoquer l'infini contempler. ^ Vous considérerez une à une les perfections divines. quel serait le penchant le plus fâcheux de votre nature ou le genre de !• . dispose plus qu'on ne le croit à ne se point prévaloir devant les hommes.

petite lampe des nuits sous les feux du Soleil. la paix souveraine à nos agitations et à nos troubles. laissez-nous mettre en contraste notre petitesse devant votre . Méditation — Demander la grâce de ressentir une impression des grandeurs divines. telle est la sainteté de l'homme devant la perfection de Dieu! Attributs divins. mystérieux abîmes. vous restez fermés à la plupart. oiîi la pensée se perd avec un trouble plein de ravissement.. Laissez-nous seulement vous saluer en passant. etc. et proposez-vous de le faire comparaître devant celle des perfections divines qui en fera le mieux ressortir l'inaltérable pureté la laideur par le contraste : opposée à nos souillures. etc. la sereine immutabilité opposée à nos inconstances. telle De la contemplation des Saints montons à la contemplation de Dieu. si vous vous entr'ouvrez pour quelques âmes.DBUXIÈMB SEMÀlNl 136 fautes le plus humiliant de votre vie.. et nous serions mal venu d'offrir notre aide à ceux qui ont su trouver le chemin de la lumière.. qu'elle absorbe tout sentiment de vaine estime personnelle. Nous n'essayerons pas de tracer ici une route qui vous livre à tous. Goutte d'eau tremblante en face du majestueux Océan. Prélude. Le cœur a besoin d'être si pur pour plonger dans vos profondeurs! L'intelligence a besoin d'être si attentive pour écouter vos grands silences I.

nous arrache à nousmême. qu'êtesvous?. Mes impressions et mes goûts dépendent d'un nuage qui passe!. qu'êtes-vous?. flots de lumière qui semez de toutes parts des éblouissements. impérieusement ennemie de tout mal et moi.. sur la terre. et je suis l'erreur. un peu .. vous l'êtes toujours. l'instabilité. la . élevée. tièdes haleines du printemps. l'empressement. Un peu de mouvement. et je ! suis l'infinie faiblesse! Vous êtes l'immensité. grandes voix des forêts et des eaux.. le désordre. dont ils veulent faire sentir l'écrasante dimension.. ivres du parfum de mille fleurs. moi je suis l'inconsistance. Vous êtes la sainteté pure. je suis le défaut. ce que vous pensez. le l'imprévoyance. Vous êtes la beauté sans tache. a nature. la paix. Ame un rien ! de l'homme. nous séduit. l'harmonie. nous enchante. ! . génie de l'homme.... ce que vous voulez. Ainsi les peintres placent un homme au pied d'un grand monument.. Dieu vous êtes la toute-puissance. trouble. n'est qu'un reflet lointain de votre ravissante beauté Voûte du ciel avec ton doux azur et tes pensives étoiles. sans ombre. Cœur de . vous le pensez et le voulez éternellement.. Un reflet plus haut de l'éternelle intelligence) mais un simple reflet!.SEPTIEME MEDITATION (ftis) 137 majesté. sans déclin tout ce qui. le péché Vous êtes l'immutabilité ^e que vous êtes. : 1 d'apparence. qui êtes le concert d«.. et j'occupe dans pace un point imperceptible! Vous mesure l'es- êtes la sagesse. la convoitise. complète.

sainte émulation aussi.. 2° Qu'est-ce que l'offense perfections sont de Dieu?. Regard sur moi. — Honte de mes haillons.. Toutes atteintes toutes ses .. plus de toutes nos générosités haut que tout par ton amour. regard attristé et reconnaissant. et si je m'y compare : quelle dérision Donc ! sentir le vide de l'orgueil.. mais toujours humble!.. — . et ravi!. regard Regard sur Dieu. perfections se dressent contre nous et nous C'est une injure. Qu'il — ferait bon : s'écrier alors. 1° Que suis-je près de lui ?...DEUXIÈME SEMAINE 138 rhomme. profonde de mon orgueil Dieu ne m'est-ll pas donné pour modèle? Que fautil à ia toute-puissance pour faire de moi un suint ? Beaucoup d'humilité de ma part.. en con- traste avec nos inénarrables misères. source de tous nos sentiments ... une profanacondamnent. ses — tion. Cette vue des perfections de Dieu. une folie. l'humilité faite de ces deux regards regard sur Dieu... honte plus Résolution. provoque deux ordres de réflexions et de sentiments. « Mon Dieu et mon durant des nuits entières Tout! Mon 2)ieu et mon Tout!!! » Humilité : d'amour et d'adoration.. regard reposé sur moi !. Qu'elle serait belle et douce. comme saint François. foyer plus grand. tu n'es qu'une étincelle auprès de l'amour infini! .

TROISIEME SEMAINE JESUS HUMBLE .

i .

» Le cœur est un foyer. sa chaleur en arrive méditons d'une devenir lumière Mais. Il a ses exemples. ô doux commême. il réserve cette haute notion à ceux qui sont petits et à ceux qui veulent l'être « Rêve: : lasti ea parvulis. veux être humble. Il nous appelle pour nous former luidouce initiation. Esprit-Saint. il merce. maître. « donnez-moi de Jésus : De meo accipit et annunparfois à : — : tiabit vobis. » Je Jésus et par lui. plus que le cœur. créez en moi des idées. ô doux espoir! a ses leçons. Esprit créateur. Avec confiance : Jésus est bon. attirons-la rayonnante au grâce est lumière dedans de nous. an ciel nouveau. des vouloirs rajeunis.U TROISIÈME SEMAINE PRÉPARATION A Abordons ces méditations avec respect : Avec docilité Jésus est Jésus est Dieu. il nous révèle l'humilité de son cœur « Mitis sum et humWs corde. il marche devant nous — — — : — pour nous montrer comment on est humble. Par ses paroles. il commente Jes exemples. commf . il a ses secrets. une terre nouvelle. Par ses exemples. la façon affective. Enseignez-moi Jésus. » Toutefois. Par ses secrets.

Assurément. Les expressions même nous manquent. pour de là transformer notre viel et nous animera. l'état où se trouve élevée l'âme de Jésus par son union personnelle avec le Verbe est si différent du nôtre qu'il nous est impossible d'en préciser la nature et les lois. . Deux questions principales s'imposent à nos préoccupations en face de Jésus souffrant et humilié. dégageons-nous de certaines persuasions confuses qui représenteraient les actes et les sentiments de Jésus comme trop en dehors des conditions où nous sommes.142 THOISlàlCX SEHAINB Cette semaine nous fera arancer dans la connaissance de l'humilité. pour qu'ils puissent nous servir d'exemple. de toute la force de l'exemple le plus autorisé. Lui qui était plongé dès ici-bas dans la vision béatifique? Pouvait-il avoir sincèrement de bas sentiments de lui- même. Mais si les horizons lointains se dérobent à notre regard. Elle la pratique de cette vertu. Lui qui se savait si grand ? A l'extérieur. l» Souffrait-il réellement. les régions prochaines lui restent accessibles. en mettant dans un plus grand jour les vérités déjà méditées. Puisse-t-elle transformer véritablement notre cœur. Nous n'aborderons que celles-ci. — en étendant encore nos horizons. pour Afin de permettre àces méditations d'exercer sur nos résolutions toute leur influence.

je ne suis qu'une pauvre petite créature. sans quoi le Dieu de vérité nous tromperait! le Dieu juste nous entraînerait à subir douloureusement des humiliations dont il n'aurait point souffert lui-même le Dieu sage nous imposerait un fardeau que I I I .. le fort par excellence. uniquement. mille fois non l'humilité de Jésus. pétrie de faiblesse!... comment ma vie de l'atteindre ? Laissez-moi tomber à genoux devant ces prodiges pour les admirer mais ne me demandez pas de les en contempler la serait-elle capable : reproduire.. n'est point une simple apparence elle n'est point non plus un exemple hors de ma portée. parce qu'ils se trouveraient en dehors des conditions de ma nature? oh non. II Quoi l'humilité de Jésus ne serait qu'une apparence. mon frère. raissent mais régnaient-elles au dedans? Ces faits ne se produisaient-ils pas.PRÉPARATION il 143 est vrai.. ils n'appelleraient pas mon imitation. dans le but de constituer en notre faveur le grand enseignement des exemples? 2» En tout cas. et moi. C'est à peine taille si mes regards peuvent s'élever assez haut pour grandeur. pour les supporter toute sa vertu divine : Il était Tinfini. si ces exemples sont réels. Jésus avait. Son humilité fut de sa comme tout le reste.. .. si ces humiliations et ceg souffrances furent réelles. rhumiliation et la souffrance appa- évidentes. . qu'un décor. le tout-puissant. qu'un modèle sans vie? Quoi.

était douée d'intelligence. Si notre sang humain coulait dans ses vwnes. Jésus. elles voient de plus loin. nos nerfs. de volonté. d'élite? Plus hautes. plus vertueux que nous. ainsi sang.tROISlilIS SBMÀINt 144 m . sentait plus vivement. mieux doué que nous. plus affinées. de sensibilité. Jésus a senti la honte de rhumiliation avea cette répulsion naturelle qu'inspire le senti- ment de la dignité personnelle . .nos sentiments humains palpitaient dans son cœur. pour que son humilité fût une vertu.. acceptait plus filialement. Ils étaient faits l'un et l'autre des éléments qui nous constituent nous-mêmes: son corps avait notre son âme. et pour que ses actes eussent un et accepter : — sentir réellement mérite. elles saisissent les plus constantes. nos organes que la nôtre. lonté de fils soumis. nuances . Il fallait. III Deux grandes différences s'accusent néanmoins entre sa manière de sentir et la nôtre mais ces deux différences ne font qu'ajouter à la force de l'exemple. en effet. et il acceptée l'a comme une chosejuste.. L'âme de Jésus ressemblait à notre âme comme son corps ressemblait à notre corps. ces deux conditions : sentir dans son cœur accepter librement dans sa vod'homme. Jésus. elles moindres sont moins . seules des épaules divines sauraient porterl. !• Ne sait-on pas qu'une plus grande souffrance est dans la vie le partage des natures . nous le verrons bientôt.

je ne puis faire ce que fait le ToutPuissant. Vous avez devant vous. non le Dieu. — 10 ..* l'amour divin et la vertu feraient baisser la valeur de nos actes I 3« Si les actes de Jésus furent déterminés par son immense amour. a-t-elle fait perdre à des actes accomplis avec aisance. Ainsi. ce Jésus adoré. Quoi à mesure qu'ils grandiraient. ils le furent librement comme douloureusement. cette nature plus sensible que la nôtre et plus accessible encore je ne suis à la souffrance. sachezle bien. Ne dites donc plus point Dieu. : la souffrance et il l'aima : « Desiderio desideravù » Mais alors où est son mérite..{PREPARATION 14b ca fiables d'oubli. mais aussi par la perfection de l'offrande Jésus alla au-devant de : . s'il fait tout par amour?. Depuis quand l'amour qui rend tout facile sera-t-il donc regardé comme une diminution du mérite ? Donnerons-nous moins de reconnaissance à une ^fection très vive qui se fait un bonheur de panser nos blessures ou de nous sacrifier ses joies? Depuis quand la vertu qui. rend tout facile.. caren Jésus. et c'est Lui qui est offert à votre imitation.. ce n'était pas la Divinité qui sentait mais la nature humaine. pliH il aura souffert. si rien ne lui coûte. plus il aura le droit de nous donner ses actes et ses sentiments comme de vrais exemples 2° Sans doute. le droit d'être admirés. ! : mmuurà. mais le Fils de rhomme . ces exemples laisseront toujours bien loin en arrière notre traînante imitation et ce n'est pas seulement par la grandeur des actes qu'ils la dépasseront. elle aussi.

puis le long de ces années monotones qui s'écoulent lentement dans les obscurités voulues de Nazareth. 1° Oui.. Trente ans sur trente-trois quelle préfé?ence marquée Jésus est venu pour parler aux Aommes et il est près d'eux. Quoique petit enil sent bouillonfant. de sa fuite en Egypte... y aurait-il des moyens plus puissants que de se montrer et d'agir?. c'est l'humilité qui prépare le succès .Troisième Semaine PREMIERE MEDITATION XV« EXERCICK Enfance et vie cachée Humilité d'effacement — Ce sont les faits Préparation pour la veille. de sa Présentation. elle dépouille l'homme de cette encombrante préoccupation de soi qui intercepterait l'action .. : I I . à travers les émouvants mystères de sa Nativité. et il se tait. Y aurait-il mieux que de sauver donc quelque chose de âmes ? ou plutôt pour les sauver les âmes. il a une lèvre éloquente ner dans son jeune cœur le zèle le plus ardent. qui vont parler d'abord c'est sous nos regards que l'humilité de Jésus va se produire dans la douce lumière de sa vie cachée.

il faut à la nature humaine de longs espaces. ô Joseph. n'est-elle pas comme un sanctuaire oui Dieu se révèle et se donne plus intimement?. remplis par de nombreuses victoires. nous parcourrons avec tendresse les textes sacrés. » 3° Et puis cette retraite sacrée. pour que je contemple Jésus humble ^ 1 La tendance à l'effacement n'est-elle pas contraire an développement des grands caractères. pleine de silence. et comme amolli à l'égard de tous. par suite. et. Jésus avait besoin de l'enseigner à notre empressement. c'est le lieu oii elle est à l'aise. Mais pour une telle réforme. c'est délicieux! Marie. 2° L'humilité vraie tend d'ailleurs à l'effacement. tandis qu'au dedans elle dent le cœur tendre. Heureusement la vertu chrétienne trouve dans son amour pour la gloire de Dieu un mobile à . prêtez-moi vos yeux et vos cœurs. elle rend insensible à ce qui est dur et déconcertant.. à l'intérêt public ? Ce serait vrai si l'ambition était le seul mobile capable de former de grands caractères et d'inspirer de grandes actions. et elle y demeure tant que la voix de Dieu ne l'appelle pas à en sortir « Ama nesciriy aimez à être inconnu.. qui nous racontent cette période tout imprégnée de douce humilité C'est calme : c'est touchant. Gomment ne pas lui accorder ses préférences : quand on a le cœur plein d'amour? Demain.147 PREHiiRI MEDITATION divine. C'est sa place choisie.. elle s'y porte de toute sa force quand rien ne s'y oppose. ô anges. heureux et seuls témoins de ces anéantissements. — ..

et comme l'y anéantir Exinanivit semetipsura ! Ce premier acte appartient à Dieu seul. qui n'était point nécessaire. — leçon.f4â tftOISliMK 8ËHAIN1 Méditation ^ — Premier prélude. Deuxième prélude Demander la grâce de sentir vivement l'amour de Jésus pour tout ce qui tient effacé. de comprendre qu'un tel abaissement. et la chair. Ils se rapprochent jusqu'à s'unir. devait être surtout ma ciel . . ceux qui vont suivre appartiendront à THomme-Dieu. poussière animée.. César aura un sujet de plus. I Et Verbum caro factura est. il : : : . Cette vérité est d'ail- leurs mise en lumière dans la 5* semaine. Se représenter le contraste du immense et rayonnant où règne le Verbe. Le voilà dès avant sa naisexiil subit ses sance soumis à un maître gences. lumineuse image du Père. Il -l'a voulu. cacher le Verbe dans la chair. contempler en bas rhurailité d'une étable abandonnée. et Jésus n'aura ni demeure ni berceau. l'a choisi. par exemple la vie des fondateurs d'ordres religieux. Lisez. la fois plus puissant et plus noble. Entrevoir en haut les splendeurs incréées. Ce mot factura est^ ne semble-Ml pas emprisonner. Comparons les deux termes le Verbe. en face de ce pauvre coin de terre froide où descend le Sauveur. la chair infime de l'homme. Edicturaa Cœsare..

. Est-ce par ordre de Jésus reste ignoré.. des prophètes les .. voilà ceux qu'il honore de sa première audience. Il les préfère. vous semblez reposer dans l'humilité ! Pastores erant in regione illa : des pâtres. Aq Temple. Doux Enfant endormi dans la crèche. 149 Non erat eis locus in diversorio.. Et hoc vobissignum. de pauvres gens. Les bergers l'adorent et s'en retournent.P&EMliRB MÉDITATION .. ils sont seuls. Quarante jours sont écoulés. cependant. que pour dans une pauvre maison Les anges l'ont proclamé le Messie . ils furent rebutés. Ils vont à Jérusalem. n'ont point écarté les voiles dont le — aller mais ils couvre l'humilité. L'auge où mangent animaux devient son berceau une poignée de paille soutient et entoure son petit corps si tendre. In prœsepio^ comme un faible agneau dans son nid de paille. c*est la petitesse : invenietis infantern. C'est chose toute naturelle : ils étaient pauvres. nul ne s'occupe d'eux. Le signe qui révélera le Dieu sauveur. II Postquam impleti sunt dies purgationis. Dieu que les bergers ne parlent pas ? Est-ce par simple permission? Peut-être parlèrentils? mais alors ils ne furent pas écoutés: c'étaient de trop petites gens. RecUnavit eum in prœsepio. un petit être sans parole et sans regard. Jésus ne quitte — — — — l'élable voisine. parce qu'il les : — est humble.

et Anne parle de lui à ceux qui attendaient le Rédempteur d'Israël. ! ! — retentit: Joseph. lève-toi! prends V enfant et que Dieu veut faire pour son fils!. et quand les mages viennent le chercher à Jérusalem.. le déclare la lumière des nations. avec ses deux ou trois rues où ne passe jamais un étranger dans le silence de : . aussi obscur et aussi humble. fuge.TROISIÈME 150 SBMAIM accueillent : Siméon. et né à Bethet nul léem.• ses maisons. vénéré du peuple. ne le connaît — même pas I La caravane des fils de l'Orient trouble durant un jour le repos de la cité. qu'interrompt seulement» de loin en loin. . Bethléem est à deux lieues de là n'y court. le bruit monotone de quelque instrument de travail. Songeons aux ressources de la toutepuissance et admirons en Jésus la volonté bien arrêtée de n'être compté pour rien. Le retour en Galilée est aussi dépendant. qui l'a reçu dans son Temple. La science déclare que le Messie doit être né. Et dans ce milieu obscur où (es iours e^ les lieures s'écoulent lentement. Au milieu de la nuit une voix .. fuis\ Voilà tout ce III Nazareth se montre à nous avec ses longues années d'oubli Petit village perdu au milieu de la verdure. nul n'y accompagne les mages Quel prodige d'indifférence Surge. C'est l'éclat d'un instant et le voile de l'humilité se referme aussitôt sur lui . Jérusalem.

Marie el Joseph sont là pour l'adorer. par la méditation. Les perspectives se déroulent. pour m'apprendre à en garder l'esprit. mais tous les jours de ma vie. de ceux qui Tentendentl. Tout ce qui convient à un enfant dans une famille pauvre.. mais eux. ayez pitié de mon orgueil qui m'égare et me tourmente! Habituez-moi à vous aimer assez pour que l'oubli des créatures ne me soit point amer.. non plus. Jésus. ne le révèlent pas. elle entend ce qui se dit. vérité et vie..... Vous prolongez durant trente ans ce long enseignement. votre volonté de l'anéantissement est d'une évidence et d'une persistance qui impressionnent ma raison et mon cœuri Jésus. le cadre des lieux. à l'infini.PREMIERS MEDITATION 151 ignoré de ceux qui Jésus. Enseignez-moi à m'effacer pour que j'attire vos regardsl Défendez-moi contre le désir empressé d'agir et de réussirl.. voilà sa vie!.. pour n'en vouloir point sortir? Vous y trouviez l'infini car l'ombre le fait rayonner et le silence le fait entendre : 1 Résolution. voie. Dieu anéanti. non par occasion et de temps en temps.. — Pour retraite. sortir de reffacement et de la que Dieu me prenne comme par la . Elle voit ce qui se passe. le détail de chaque journée.. elle contemple comment tous ces actes sans éclat créent sur la terre la véritable humilité.. Que trouviez-vous donc de si délicieux au fond de l'oubli. attendre main. Seuls. devant l'âme qui refait. reste l'emploient.

— Préparation pour la veille. Cette vertu tend de toute sa force à l'effacement. mais vient-elle à rencontrer une volonté de Dieu qui s'oppose à ses préférences. nous l'avons médité. mais sauvegarde. est uo : . toujours active. Se complaire dans la louange. elle reporte son utile influence sur l'exercice : des autres vertus. et leur communique ce cachet de simplicité et de désintéressement personnel qui fait leur puissance. point : Elle fut — Deuxième magnanime. dans ia simple vue du bien que l'on fait. Etre humble au sein de l'effacement est relativement facile mais rester humble au milieu de l'action demande une vertu solide et de sages précautions. comprenons bien que dans la vie active. Pour profiter pleinement de cette méditation. Alors. elle se replie dans le cœur sans se diminuer en rien. Thumilité change de rôle elle n'est plus effacement. — Humilité d'action Premier point: L'humilité de Jésus fut simple.Troisième Semaine DEUXIEME MEDITATION XVI* EXERCICE Vie publique.

libres I. Voyons-le s'acheminer vers le Jourdain.DIUXIÈMK MÉDITATlOlf poison que si subtil 1 S'élever s'élève la position. vous mettre à ma place et vous mettre en moi. Composition du lieu. — Son tout le Son ahord ne pré- . se laissant tenter comme une âme capable de faiblir. se mêler à la fouie des . la règle com- montrer. Contemplons Jésus quittant Nazareth sans bruit. — Deuxième prélude. vous m'éciairerez de votre exemple. n'agir que pour vous et par vous. parler et réussir? Ne convient-il pas d'en imposer par son attitude? Jésus. mune? Ne n'est-ce 153 en soi-même à mesure et changer d'attitude pas. Suivons-le ensuite au désert. il me ^era facile de le suivre et de ne plus prendre le change. avec elle. Jésus. charme de la simplicité. comme il y a vécu. n'est-ce pas l'idéal de l'humilité dans la faut-il pas d'ailleurs se vie active? o^ Méditation — — Premier prélude. et recevoir le baptême des pécheurs. — Demandons la grâce d'être de toute vaine assurance en nos ressources personnelles et de toute dangereuse complaisance dans l'estime qu'on nous témoigne. hélas. L'humilité de ses trente années obscures ne lui suffit pas il veut commencer son ministère par des humiliations plus apparentes. Si je vous aime. où il subit le voisinage des bêtes fauves et le contact du démon. agir. humilité a tout l'éclat de la vérité. L'humilité de Jésus fut simple. — publicains.

Comment se trouve-t-il dans ce même cœur tant de répulsions indignées? Jésus a la haine de l'orgueil. de pauvres femmes pourvoient à ses bePour prêcher. pour reposer sa tête : de pauvres gens le reçoivent dans leurs maisons. il laisse si bien voir la vérité elle-même. Pour eux.TROISIÈME SEMAINI 154 sente rien qui étonne. Qu'il regarde. souvent les personnes perdues de répuceux qu'il préfère. : — mots semblent disparaître. que les gées. sa démarche est modeste. travail. qu'il attire à lui. le bord d'une barque. et il est sans pitié pour les orgueilleux pharisiens! Il ne leur tient compte ni de leur probité. tout est d'un naturel fait: Jésus ne pose pas.. ce sont aussi les publicains mé- tume de prisés.. . ni de leurs aumônes. Voilà qu'il relève. il a des trésors d'indul- gence. ni de leurs prières prolonLa vertu inspirée par l'orgueil lui est en horreur. Sa vie est un dénûment de tous les jours il n'a pas une pierre à lui. Rien n'est plus éloigné de la recherche que ses discours. sa tête rement penchée en avant. les usages. il n'exige ni temple. lui suffisent. chaire. les idées mêmes du peuple. ni soins. un tertre de gazon. Ses vêtements pauvres. tation. parle ou qu'il agisse. Son langage est si simple dans son élévation. que tous le comprennent. Il emprunte les expressions. sont légèqu'il par- — C'est le peuple en cosce sont les petits enfants et leurs mères. Son entourage. l'angle d'un carrefour. 11 est si limpide. ni de leur respect pour la loi.

Quand il veut se livrer aux longues méditations. elle inspire désir du bien qui a Dieu seul pour objet . tout le il il mange a des heures de fatigue. et une confiance qui attend tout de lui. L'humi- elle un .. il paraît indifTérent aux uns et aux autres. et boit - !1 mène une comme — vie commune. ressuscite les morts et apaise les tempêtes. Jésus sort de l'obscurité. se montre. comme elle est simple! Jésus habituellement ne manifeste rien d'extraordinaire. un instrument ne peut ne doit pas — s'enorgueillir! L'humilité. semblable à ces monuments dont l'harmonie dissimule la grandeur. Un instrument résister.DEUXIÈME MÉDITATION 155 Et sa vertu. ne permet ni refus. » Jésus s'attribue en révélant le rôle : — de simple instrument. — . il se retire sur la montagne.. — II. parle et — s'entoure de disciples. Sans doute. — . Or. Admirons cette magnanime humilité qui affranchit l'âme de toute pusillanimité et de toute hésitation. Il guérit les malades. il fait ces grandes choses comme naturellement il ne recherche pas les honneurs. L'humilité de Jésus fut magnanime. Dès que l'heure marquée par son Père a sonné. monde. rend le cœur généreux. quand elle est vraie. Ecoutons le divin Maître nous le secret « C'est mon Père en moi qui fait ces grandes œuvres. Il entraîne les foules et fait trembler les pouvoirs publics. il ne fuit pas les opprobres. ni réserve . Devant une volonté supérieure. sa parfaite vertu se trahit partout mais elle est pénétrée de tant de naturel qu'elle n'étonne pas.

Jésus se présente et parle avec autorité.T&oisiiMX simàink 156 lité qui n'aurait pas ce caractère serait fausse ou incomplète. » baiser ses I : — Dans le bien que je suis appelé à Béiolution. Que Dieu seul paraisse. ne fût-ce que par une fugitive complaisance. donne des leçons im- Quand nous remplissons une mission. me — rechercher moi-même. saint François d'Assise foules s'agenouiller devant lui et stigmates sacrés. Un Frère lui en témoigna son étonnement: « Ahl répondit le Saint. et que le sentiment de notre inutilité aille grandissant avec le succès de nos I ! I œuvres. tanpotestatem habens. ni de ces formules d'humilité qui contiennent souvent un orgueil quam condensé. il dit ce qu'il a mission de dire. je ne m'y trompe point Ce n'est pas mbi que l'on vient voir ici je reçois ces hommages. faisons-nous oublier. le voir sans cesse. Il se présente pour ce qu'il est. et que les âmes soient sauvées N'est-ce point attirer l'attention que de trop répéter qu'on est incapable et indigne Il s'agit Prétons à Dieu ce que nous bien de nous tenons de lui. ne voir que Dieu. Sur la fin laissait les de sa vie. Il n'a point de ces timidités qui sentent la préoccupation personnelle. Dan- faire. et je les rends à Dieu. oublions-nous. — Cet exemple nous portantes. ger de .

Deuxième point : Humilité produite par le sentiment de Troisième point : Humilité entretenue par son néant. la certitude. qui font . Préparation pour lité — Les deux médinous ont montré Thumi- la veille. tations qui précèdent de Jésus dans ses manifestations extérieures. Posons-nous résolument en face de la question si naturelle. pouvait-il avoir de bas sentiments de lui-même. mais le l'y demain et lesjours suivants : sentiment. et nous la découvrirons profonde jusqu'au mystère. car enfin les actes extérieurs trouveraient à la rigueur quelque explication qui les justifie. nous la chercherons dans son cœur même. la persuasion. infini comme Dieu et parfait comme homme.Troisième semaine TROISIEME MEDITATION XVII» EXERCICK Humilité du Cœur de Jésus Humilité d'anéantissement — Premier point : Mystère de cette humilité en Jésus. nous avons contemplée douce et vaillante. soulevée au début de ces méditations Comment Jésus. — la vision béatifique.

mais où l'on vous trouve. et même qui s*y complaise. plus de motifs que je n'en ai moi-même . paraissent contradictoires? vous me Sous ferez le le comprendre demain Jésus. — . avec délices. demande encore de me toucher après m'avoir convaincu. Je veux que. chez moi aussi. les yeux au ciel. noyé dans la contemplation de Celui qui est. qui vivez en moi par votre grâce sanctifiante et qui animez tous mes actes par votre grâce actuelle. moi. une humilité qui incline à l'abaissement. Premier prélude.. sous la clarté discrète des étoiles. représenter une de ces montagnes ombreuses où Jésus aimait à prier. Méditation — — Me Composition du lieu. rbumilité soit une humilité de cœur. vous tirer les conclusions légitimes? me le ferez Je vous comprendre demain. ne serai-je pas contraint de devenir humble à mon tour? Tiendrai-je ma tête haute quand je vous verrai abaisser la vôtre. ! poids de cette écrasante révélation d'humilité. la nuit. ou bien serais-je. assez aveugle pour ne pas les distinguer. ô Jésus? Auriez-vous donc. pour être humble.TROISIÈHB SEMAINE 158 l'humilité. faites vibrer mon cœur des transports du vôtre pour l'humilité. assez inconséquent pour n'en point Jésus. Faitesvous aimer et faites-vous suivre. Amenez-moi avec vous dans ces profondeurs du détachement oii l'on s'oublie. à genoux.. Jésus. Le voir.

Demander la grâce du dégagement de l'estime propre.. les mobiles sont la même..159 TROISIÈME MÉDITATION Pénétrons avec un saint respect dans le secret de ce grand temple. C'est donc ce Cœur que nous allons méditer maintenant. Habituons nos regards : . Mystère de cette hamilité en Jésus. vous n'en avez — I . Rappelons-nous cette parole du Maître 3e suis doux et humble de cœur. qui est son âme et que remplissent l'adoration et l'amour dans l'étendue de son humilité. les or. pour l'arracher vous avez rêvé les plus grands sacripas trouvé de plus grand que celui de votre honneur. vous vouliez être aimé! Pour toucher mon cœur.. fices. Donner sa vie est plus facile. vous avez vu que l'orgueil est le plus grand mal de rhumanité et sa plus dangeet le ravir. C'est donc a Vamour de notre amour » qui vous fait humble!. Pénétrons dans ce sanctuaire comme dans un temple aux profondeurs mystérieuses. et adressons-nous à Jésus luimême pour apprendre enfin le secret de son humilité. Or. ce Cœur d'où partait le vouloir de l'humilité ce Cœur qui en savourait les amères délices. Prions le Saint-Esprit de répandre sa lumière sur notre raison. cœur d'amour. — à ces obscurités saintes mobiles restent cachés vertu : . — I. Jésus sage comme un Dieu. — Deuxième prélude. dévoué comme un Sauveur. Jésus.. les actes se voient. par le profond sentiment de la part prédominante de Dieu en tout bien.

n'est-ce pas le sentiment de sa petitesse. Mais. le devoir de l'exemple qui vous fait humble!.. Nulle tache. Tamour et la sagesse y conduisaient vos pas. cependant. Et. Son esprit est exempt d'illusions.. nulle imperfection ne le dépare.. plus je m'étonne de vous voir humble : — I Ah I me s'il ne s'agissait que d'actes extérieurs. beau des enfants des hommes. ô Jésus. Son imagination est belle comme la poésie. je parcours tous ces nobles motifs. plusje vous découvre sage.. je les médite avec une tendresse émue.. Sa chair est pure et sainte..té.......ÎROISIÈMK SEMAINS 160 reuse tendance. pour vous aider à me sauver. Son cœur est maître de tous ses mouvements.. pour vous prouver que je vous aime. bon.. vous vous êtes dit Je m'y jetterai moi-même. parfait. sa parole persuade... Il Toit en haut les . saint... Son — regard ravit.. et vous êtes si grandi je l'expliquerais : : — II. l'humilité de cœur.. pour être près de vous. ô Jésus. Comment n'y céderais-je pas? Comment ne me ferais-je pas humble. pour nous entraîner dans le chemin de rhumili. mais vous dites je suis humble de cœur.. De cœur! je l'ai bien entendu. Lentement. sa bonté entraîne. le plus près possible?.... Les vertus et les dons brillent en lui de leur suprême éclat. C'est le plus faire de lui une ravissante image.. Humilité produite en Jésus par — le senti- Commençons par nous ment de son néant. et j'irai si avant qu'ils rougiront de ne m'y point suivre.... et vous êtes la vérité mênrel. C'est donc.

tant il porte de néant dans ses entrailles! Représentons-nous cette âme adorable disant.. même chez un HommeDieu. qu'un vêtement splendide.... pleinement conscient de Nullement! toutes ses grandeurs. Que dire des attributs relativement infinis que lui reconnaît la théologie : la transformation de son âme qui épuise l'idée de la grâce.. : Est-ce par l'effet d'une miraculeuse iUusion ? Jésus. et ce vêtement est un pur don qui repose sur un pur néant. à toute heure. Jésus est humble. bien avant sainte Catherine de Sienne: Je suis celle qui n*est pas. au milieu de tout cela. sa science qui s'étend à tout le créé. dont il jouit. et font passer devant DOS yeu3ç l'image insaisissable du néant. si.TROISIÈME MÉDITATION 161 anges prosternés devant lui. entraînés dans son orbite et recevant les mêmes hommages d'adoration : quel éblouissementl. et dans l'avenir toutes les générations baisant la trace de ses pas. à toute heure.. reconnaît avec une netteté lumineuse la petitesse de sa nature humaine. mais surtout sa Dignité absolument infinie le corps et Tâme subsistant dans l'unité d'une seule personne.. en bas la création obéissante. et. -t •' BtMtLrr* — lit ... tous les plus beaux dévouements s'élançant à sa suite. tant le créé demeure fragile. celle du Verbe. — Que voit-il donc? — Cette dignité divine. Et. ces paroles donnent le vertige.» Tombées de si haut.. Cette âme. n'est hier n'existait pas.. elle n'était soutenue par la toute-puissance.. qui en est revêtue. elle retomberait dans ce néant.

Quel spectacle que ce face à face du Verbe avec la nature qu'il s'est associée L'âme plonge ses regards étonnés et ravis dans les profondeurs de cet océan.... la vue de Dieu et de son propre néant dans une vision unique.. Humilité entretenue en Jésus par la vision On sait que l'on est un néant.. et puisant dans cette lumière sa profonde humilité. L'orgueil commence par être un oubli. ne le quittant jamais. il pourrait par miracle mériter et souffrir. il ne pourrait être orgueilleux. e* béatifîque — humble Pourquoi? Parce que pas sans cesse dans cette pensée pénétrante qui seule impose la conviction et impressionne le sentiment. même à travers les siècles de l'éternité. cette âme unie au Verbe ne comprendra l'on n'est pas ne l'on 1 vit — I pleinement le Verbe Que les hosanna de la foule passent ici-bas autour de son front. il devient une illusion : il n'est jamais le vrai» Si un Saint du ciel revenait parmi nous en conservant la vision béatifîque. sa vue s'arrête et sent cet au-delà qui s'en va infiniment. même pour elle. aux lointains inaccessibles. De toutes parts. Sa pensée plane plus hautl I I A — défaut de vision héatiûque. essayons de faire cette vision de foi : Dieu infini et pous .. comme un nuage brillant. Jamais. son front ne s'élève point Que les crachats souillent son visage. Considérons notre divin Sauveur sur terre jouissant de cette vision béatifique. son cœur ne se révolte pas !.162 tHOISlÂME SEMÀlNt III.

. quand nous nous mettons en la présence de Dieu. — elles le touchent. et si bien. sorte de néant en tout et toujours. elles le sentent. — Quelle douce manière de nous préparer à la 1.. Ne retrouvons-nous p*s cette vision dans les grandes âmes des Saints? Ne la rencontronsnous pas dans certaines âmes ignorantes et simples? A quoi nous servent donc nos lumières qui dépassent les leurs? Nous savons notre néant. Voir Dieu en tous nos succès.. devant lui. qu'elle pénètre tout notre être moral. nous. surtout à l'oraison. Rendons-nous cette vue familière . Renouvelonsla.TROISIÈME MJDITATION 463 toujours infîni. que nous en arrivions à nous Vy voir oublier nous-mêmes. Que ce soit au ciel ou sur terre : qui voit Dieu est humble vision béatifique de l'éternité 1 — Résolution. elles le voient.

Elle eût été la d'Adam au Paradis terrestre. nous ne l'avons pas! L'inclination à nous mettre bien bas. c'est et descend plus bas sous cet aspect qu'il se présente à la raison qui réfléchit. elle est faite. elle ne saurait convenir à un être sortant des mains de Dieu. dit l'Evangile . nous ne la comprenons décidément pas! Le profond et complet sentiment de notre vileté. L'humilité d'abjection celle de la laideur et de est essentiellement la bassesse vile . elle est uniquement l'œuvre du péché. est que le une laideur néant. mais c'est sous des traits bien différents qu'il se présente à nos idées et à nos goûts. en quelque sorte celle de notre béatic'est le sentiment du néant devant l'in- disposition elle sera tude . tout mal. mais ils verront la les plus I .ÉCLAIRCISSEMENTS Sur Méditations qui vont suivre les trois L'humilité que nous avons envisagée hier est celle qui convient à tout être créé. nous ne sentons pas Remarque frappante. et l'on voit au contraire l'innocence douter d'elle-même et se mépriser. tant il est vrai que la vue claire des choses demande des yeux purs. pour petit Remarquons-le bien I : qu'il soit. hélas tout entière des mains de l'homme. « Les cœurs purs verront Dieu ». fini. les âmes coupables sont précisément les plus réfractaires à ces sentiments. L'humilité d'abjection.

Il se fera l'homme des humiliations. ETC. il se la montrera si abaissé. humain! Que faire. Devant un tel spectacle. 165 par contraste. souvenir. la laideur de ce qui lui est opposé le mal. mais sans y bien croire. mais cette persuasion est tellement opposée à l'opinion commune qu'elle nous abandonne au sortir de la méditation. mais que c'est même simple conviction!. : .. Voir en soi la laideur du mal et se juger d'après cette vue.. notre cœur attendri le plaindra. ces ô illusions mon Dieu. je — opprobres. tout a disparu quand l'occasion se présente et. l'on ne retrouve en soi que le sens aussi.. que nos yeux s'ouvriront forcément. Persuasion..ÉCLAIRCISSEMENTS. constitue spécialement IMiumilité de l'homme déchu. plus peut-être que l'homme des douleurs. Jésus se présente comme notre lumière. Maître. devant les humiliations vraies. expliquez-moi ce fais — . formule.. et notre main agitée cherchera à écarter de son front l'odieuse couronne s'écrier: des Ne les mérite! mystère!. C'est comme un rêve de la nuit dont on garde à peine un souvenir vague et inefficace.. rêve. si avili. pour sortir enfin de persistantes ! Que tenter pour s'élever au-dessus de ces vues naturelles? Il me semblait avoir bien senti la force des méditations précédentes. Mais Lui de pas cela! Ces humiliations. Là encore. C'est une formule qu'on se dit à soimême. et voilà que ce n'est pas seulement le courage qui me manque pour être chrétiennement humble.

Que serait-ce si nous avions l'âme d'un saint François d'Assise. — Cette méditaPréparation pour la veille. il aperçoit ce qui s'étale au grand jour et il reste étonné. malgré nos efforts. •— Deuxième point: Troisième point : HumiliaHumiliations intérieures. nous découvririons tion . — tions spirituelles.Troisième Semaine QUATRIEME MEDITATION ZVIII* EXERCICS Humilité d'abjection en Jésus-Christ Premier point : Humiliations extérieures. Nous nous appliquerons à les bien constater et à les sentir pour en être impressionnés. Parcouronsles avec cette persuasion que. il le médite et il reconnaît qu'il ne voyait rien. nous ne distinguerons jamais que les bords de cet abîme. en effet. sera comme une sorte de tableau des humiliations de Jésus durant sa Passion. 4'uii saint Jean de )a Croix. d'une sainte Catherine de Sienne. d'une sainte Thérèse. renferme de tels excès d'abaissement que l'esprit humain n'en saurait sonder les profondeurs. La Passion.

au fond de notre être une image saisissante de Jésus humilié. cette âme qui voit et qui sent! Votre Esprit-Saint peut seul me les donner. . oui. et nous aurons plus fait pour le développement de notre humilité personnelle. qu'elle s'y imprime dans la vivacité de notre amour! Formons-nous une âme tout imprégnée de Jésus.^ QUATRIÈME m4dITATI0N 161 un Jésus humilié que nous ne connaissons eux. Dites-lui. que si nous avions anxieusement parcouru nos propres misères nous aurons mis en notre cœur.. je n'ai . Qu'elle y pénètre dans la sincérité de nos réflexions. : Jésus. point cette âme. Jésus. je n'ai point ces vues. tout l'amour que nous avons pour . dans notre esprit. nous foulerions aux pieds Comme pasl tout de la terre. si étrangement haute que je ne puis la saisir. de dissiper toutes mes idées fausses. aimable! Cette méditation ne demande pas précisément des retours sur nous-mêmes son but est plutôt de mettre sous nos yeux. pour cette vertu. une beauté morale. dites-lui de faire son œuvre qui est de vous révéler Je désire tant vous connaître Vous devez être si beau.. ô Jésus. si ravissante qu'elle jette sur l'humiliation même un éclat qui la rend : 1 . si beau sous vos humiliations car il y a là. et nous arracherions de notre cœur la dernière fibre sensible à l'estime l'orgueil vaine. je le soupçonne.

le Calvaire. cloué. (3 prétoire de Pilate. — Jésus fut humilié : — \. Dans sa dignité d'homme libre.. ies apôtres. entre deux voleurs. sous les yeux de tout un peuple !. Oh! quand on — la menace simplement!. Il nous est montré semblable à un lépreux. la mort.TROISIÂMI SEMAlIfB 168 [i^ » Méditation — — ParPremier prélude. Dans la dignité pudique de son corps. La salle de la flagellation. si jaloux de notre indépendance. disons le mot. le traînent en prison. le palais d'Hérode où l'injustice t la haine s'acharnèrent sur Jésus. Nous. la trahison de Judas et l'abandon — La maison de Caïphe et celle d'Anne. flagellé.. Ses ennemis se jettent sur lui. Humiliations extérieures.. Parcourons rapidement tous les genres d'humiliations qui nous seraient particulièrement sensibles. de ses vêtements. — — Deuxième prélude. le garrottent. brutalement. Présentonsnous devant Celui qui fut Vopprohre des hommes et le rejeté du peuple. qui vit les humiliations person: nelles de l'agonie. II. Composition du lieu. — Dépouillé . courir rapidement les endroits témoins de la Passion Gethsémani. la voie douloureuse. à un maudit de Dieu.. à un être bas comme la poussière.. C'est un torrent débordé qui roule sa victime dans les eaux de l'abjection. Demander la grâce d'une résignation sincère et douce dans les humiliations- — I. qui nous révolteraient..

on lui en donne le costume on le fait passer lentement entre deux Et nous. quand on ridiculise une de nos opinions! . devant ces outrages? — Que font — Injures. « dignité de Dieu. à la vue du peuple Un homme d'honneur préférerait mille morts à I cette honte III. une couronne d'épines sur le front.. les Pharisiens lui crient en ricanant « Si tu es le Fils de DieUf descends de la Croix. » Ah quand on Fils de Dieu. Dans la dignité de sa raison..QUATRIÈME MÉDITATION 169 — nu. mis la — Dans sa lui pouvoir. Voyez-le revêtu d'un vieux lambeau de pourpre. les hommes — IV. ! Dans sa dignité personnelle. On couvre yeux d'un bandeau on lui frappe sur le dos. Au Calvaire. crachats. ses . sur la croix. On le regarde comme un fou. : — VI. est le jugement d'une autorité encore reconnue. et xient grossièrement en le frappant de son sceptre dérisoire! VII. car il s'est fait le Sa condamnation à mort. basée sur ce n^otif. un roseau à la main. V. — — Dans sa dignité de prophète. on conteste une de nos qualités. Dans sa dignité royale. Ses ennearrachent autant qu'il est en leur Il est un imposteur. soufflets. sur la tête Devine qui l'a fait!. Les soldats font devant lui d'ironiques génuflexions. » — : — 1 . si troublés quand haies de curieux.

et ou Juifs et étrangers affluent de toutes parts au grand jour. romain. est conhérodien.... Trop souvent. délaissé de tous.. Chassé de partout. Sur les ruines de l'honneur extérieur. sible. Jésus se voit perdu auprès de cette partie du peuple qui hésitait encore!. renié formellement par leur chef. Il Il est — Il juif. hélas! cett? Jl . Dans sa réputation. comme le plus cela à une époque de l'année. plus avant..TROISIEME SIMAI91 170 nous condamne à tort. Sous la force brutale qui l'opprime.. il se réfugiera dans le sentiment de sa valeur personnelle. — Trahi par l'un X. deux voleurs. reste invaincu. Et. C'est par sa force morale que l'homme est le plus grand.. Dans sa doctrine. Humiliations intérieures. au dernier des supplices. comme dans Une citadelle demeurée intacte. d'eux. Que reste-t-il à cet humilié! — Pénétrons II. Dans ses disciples. trompe le peuple Tennemi de Dieu la loi ! Il — ! il Il vient détruire 1 il est blasphème ! IX. damné par tous les tribunaux. si notre colère est impuissante... l'orgueil peut se dresser encore et prolonger la résistance.. livré est placé entre criminel. et avec toute la publicité pos. quels frémissements intérieurs! VIII. quand on nous raille cruellement et que nous pouvons nous venger!.

» Il en est si fort pressé qu'une sueur de sang ruisselle de ses membres tremblants. si tout en nous manifeste une âme supérieure au malheur.. » Et il incapable de les contenir « Tristis est anima mea usque ad morteml. il l'est jusqu'au milieu des opprobres. plus rare et non moins pernicieux. c'est Vorgueil spirituel. l'admiration se transforme en enthousiasme. de forme d'intention si compatissante la belle et humaine et Humiliations spirituelles.QUATRIÈMK MÉDITATION grandeur d'âme est fragile. Si notre attitude est digne. dans l'opprobre de son apparente faiblesse. persécutés.. il semble vaincu. quelques personnes sympathiques. Que Dieu. par quelque signe de spéciale protection. si 1 — Il est un autre genre d'orgueil. Redoutable au milieu de l'estime commune.. Il paraît si peu semblable à lui-même qu'il repousse ce calice longtemps désiré. 171 parce qu'elle est faite d'orgueil.. comme Jésus au Calvaire. Il se montre si accablé.. Âh (|uels dangers pour l'âme (|ui ne serait l .. Même avant sa Passion. qu'il cherche du secours auprès des apôtres et qu'il en accepte d'un ange les s'il était : I profonde humilité. Sommes-nous méprisés. Jésus se présente à nos yeux. calomniés... la sympathie devient de l'admiration. III. nous prête l'auréoie des martyrs. Des impressions de crainte l'envahissent exhale comme : « CœpU pavere. nous trouvons cependant autour de nous. si nos paroles trahissent des sentiments élevés.

.. Jésus se déclare abandonné de lui!.. I — I 1 Résolution. rien.. Déjà abandonné des hommes. Quand la douleur cesse. l'humiliation reste après ce cadavre suspendu au quel exemple oh quel secours! gibet. Point de discours..TROISIÈME SEMAINE 172 pas très humble! quel piédestal pour son orgueil ! — Jésus choisit rhumiliation sans retour. c'est C'est l'image l'image de l'homme humilié. Rien. même de l'humilité. me . Oh la veut — — .. qui ne soit une humiliation! Son abjection est consommée et il y meurt! Oh ce crucifix qui se dresse partout devant nos yeux.. avec sa tête penchée. plus encore que celle de la douleur. son aspect de lassitude désolée. entrecoupée par quelques rares paroles qui resAucun rayonnement semblent à des sanglots. Il dans toute sa nudité spirituelle.. ni sur la terre. pitié. — I M'agenouiller aujourd'hui trois fois devant un crucifix pour demander à Jésus de faire comprendre cette humilité. maintenant abandonné de Dieu!. son visage livide. de l'âme tout en lui est sombre comme la nuit Son Père est sans qui envahit le Calvaire. ni au ciel. mais une sorte de stupeur.

vous l'avez répétée. je ne C'est vois pas l'humilité. chacune de vos attitudes dénonçait le coupable/ retrouvait frémissante . j'ai parPréparation pour la veille. Troisième point : La Sa nécessité — Deuxième point : loi. couru hier avec émotion toutes vos tiontes subies. l'humilité qui dit justice. je vu abandonné de tous et dépouillé de tout. Premier point L'exemple. N'était-ce là qu'un grand exemple? Non. — Jésus. le long de vos membres tremblants. vous prononcée en venant au monde. cette parole. on la lisait dans vos yeux abattus.Troisième semaine CINQUIEME MEDITATION "^ XIX® EXERCICE Humilité d^abjection. Et : pourtant. Mais pourquoi vous l'avez voulu? Je ne le saisis pas encore. dans chacun de vos abaissements. vous avez voulu vous ai être l'homme des humiliations! Je le vois. on la l'avez errante sur votre front soucieux. — : — La raison d'être. car alors si je vois Thumiliation. je le sens. votre abjection inouïe m'est apparue dans son évidence! Point de doute. toutes vos troublantes faiblesses.

n'est-ce je ne l'oublie jamais Si l'humilité est I pour vous justice.i74 tROISiÈUB SIMAINS Jésus. C'est un point de départ. . demain vous me le ferez comprendre.. pas? mais comprendre à fond pour que Jésus. Voir le péché identifié à l'ignominie des crachats. La cause contient 1 effet péché contient donc toutes ces abjections qui sont sa juste peine. opposons celui de la laideur morale du péché. tout jusqu'à Texpression même d'un re- gard. de la mort infâme. jusqu'au simple mouvement d'un muscle j'entends donc sortir de toutes ces choses lamentables une voix gémissante qui redit sans . le — : Deuxième fu^élude. dans : tout mon <^ être moral. trêve : C'est justice! je l'ai mérité 1. par esprit de justice d'abord et.. tout en tous est nécessairement sincère.. Méditation — Premier prélude. d'où dépend toute une direction de vie l'humilité d'abjection une fois reconnue nécessaire. c'est une révolution. Au tableau des abjections accumulées dans la méditation d'hier. de la nudité sanglante.. Demander la grâce d'accepter en principe l'humibation. par amour pour Jésus. mais de raisonnement rigoureux. en même temps. des soufflets. Ce dernier — — l'emporte en horreur. qu'est-elle donc pour moi? Ce n'est plus ici une affaire de sentimentalité.

dans les splendeurs de la nature originelle. même alors. ment deux : sum formam servi accipiens. au-dessus de la foule. avec ses traits bouleversés. -. » Humiliavit : il s'est comme jeté à terre : on fait ainsi d'un objet qu'on méprise. . la mort du dernier châtiment. c'est l'humilité d'abjection. il se fût nécessairement trouvé dans ce vis-à-vis du Tout et du rien. : . en la montrant telle qu'elle convient à l'homme déchu. autem crucis : c'est l'ignominie dans la mort. puisqu'il s'est fait homme. Il s'anéantit sous la forme de l'ef^clave. de l'Etre par lui-même et de l'être par création son Incarnation eût été. et son humilité le sentiment de sa petitesse. « Humiliavit semetipsum usque ad mortemy mortem autem cruels. — — c'est le mai. c'est le mépris. Comparons attentivetextes de l'Ecriture. Ce n'est plus ici le Dieu incarné. c'est le Dieu Rédempteur» Ce n'est plus l'humilité d anéantissement. Le premier est celui-ci « Exinanivit semetip- I.CINQUIEME MÉDITATION 17 — La raison d'être. Mais un second texte complète l'idée de cette vertu.Ce n'est plus V oubli. » C'est le Jésus que nous avons considéré avant sa Passion Il s'est fait néant. un anéantissement. Mortem. ce genre de mort qui laisse voir le supplicié. Usque ad mortem : comme un coupable. qu'on traîne à la mort. sa nudité et ses tortures. Eût-il réalisé ce dessein au Paradis terrestre. Le motif de cette vertu grandissante n'est plus le néant.

soit les paroles. » « qui il en est chargé Il en est responsable Le péché est sa peccata nostra ipse tulit. Il nous sera extrêmement profitable Je rappeler à notre mémoire. le contentement.. il en est la personnification « eum Il n'en est pas pro nobis peccatum fecit. » « Vermis sum et Entendons Jésus s'écrier non homo. » II. soit les circonstances qui nous montrent ces sentiments en Notre-Seigneur. c'est s'abaisser fondeurs sombres. : : — — : — « ut pour Dieu. et consiste dans une inclination : : : — — pratique qui l'y porte.. les hontes. un ver qu'on foule aux pieds et qui se cache dans les proS'humilier. de dégoût pour son peuple percussam a Deo et humiliatum. il en est pénétré. Jésus va au-delà.. jusqu'à la terre. régnant dans son cœur.. mais un ver de terre. Le premier degré est l'acceptation.. quelle image! Pénétrons dans les sentiments intimés du Sauveur. de toutes — . » Sondons tout ce qu'il y a d'humiliaJe ne suis plus tion sentie dans cette locution un homme.. Toute vertu se montre dans l'amour de son objet propre.... » chargé et revêtu seulement.. Ici l'objet est l'abjection... dévoré c'est une lèpre qui le ronge « tanquam C'est comme un objet d'horreur leprosum. la recherche.. . Il porte les péchés du monde entier : « qui tollit peccata mundi. puis viennent le désir.. « chose propre.. Contemplons-les eu silence.TROISIÈME 8EHAINB 176 — Contemplons Jésus couvert L'exemple.

mais il est autre chose et tout autre chose: il est une loi. pécheurs. la subit. — Est-il bien vrai que cette humi- liation de Jésus demeure le modèle de lanôtre? que pour être chrétienne. mais nous ne ia connaissions pas. il prend nos fautes. — 12... il . et sans Jésus... La loi. Ce que Jésus fait ici.. et de s'en tenir à de vagues sentiments. Il vient. nous ne l'aurions jamais connue. ayant pour but de nous contraindre au moins à une humilité commune? Sans doute. il est notre représentant et notre caution. Il ne s'agit pas de se payer de mots.. — Est-ce en et c'est à ce seul titre. ou plutôt la révélation d'une loi et sa promulgation authentique. notre humilité doit être une inclination à nous juger dignes de mépris. est le priy dont je suis redevable.177 CINQUIÈME MÉDITATION III. BUUIUTi. Comme tel. En tant que Rédempteur. L'abjection de Jésus nd crée donc pas une obligation.. Creusons à fond Est-il bien vrai celte vérité. Vattitude que prend mon représentant est exactement celle qui me convient. Or. il la veut. il qualité de à quel titre le fait-il? d'Homme-Dieu? Nullement. elle la montre. il l'aime. qui m'incombe de plein droit. et cette humiliation. un stimulant sans pareil. il connaît Thumilia- — tion qu'elles méritent. cet exemple est un stimulant. Rédempteur? Oui. Est-ce en qualité mérite toute gloire.. Le prix que paie ma caution. La loi d'abjection existait pour nous.. Ou bien plutôt ne devons-nous voir là qu'un admirable excès.

TllOISI^ME SElUlNt

il^

« Je suis humble de
Et quand il nous dit
cœur», c'est comme s'il nous disait: «Etre
:

humble,

c'est la loi je l'ai subie pour vous.
Mais c'est surtout votre loi subissez-la 1
Jésus, quelle leçon I et je ne l'avais ja...
mais bien comprise
Tout me l'insinuait, cependant: les expressions reçues, les conclusions constantes, les
choses elles-mêmes; je le savais donc, et voilà
que cette vérité me paraît pourtant toute nou;

;

1

velle

I...

merci de

C'est

que je

me l'avoir

la

comprends enfin... Ohl
Vous avez vu ma

révélée...

bonne volonté, mes

désirs,

mes besoins

sur-

dans votre misérihumilité d'abjection lui ouvre

tout; et vous vous êtes dit

corde: que

mon

enfin les yeux!

Résolution.
Si rhumiliation est ma loi, pourquoi m'irriter contre elle?
Je veux me faire doux
ea toute occasion péaible à mon orgueil.

Troisième Ôemai&d

SIXIÈME MÉDITATION
XX« EXERCICE

Humilité d'abjection

Son caractère mystérieux

Premier point : Elle est une sorte de mystère.
Deuxième
point : Ce mystère trouve son explication dans le mystère
du péché.
Troisième point : Le péché originel y suffit.

Préparation pour la veille.
La méditation
de demain explique et complète les deux précédentes. Bien plus, elle établit leur conclusion
sur des preuves irréfutables. Ces preuves, remarquons-le bien, relèvent principalement de

d'inquiétude
qui étreint la raison, car la raison a peur des
abîmes où elle est entraînée, même logiquement. Au milieu de leurs obscurités, elle a beau
toucher le vrai, elle ne se rassure pas, elle voudrait le voir directement et en lui-même. Notre
premier devoir est donc de nous méfier non
pas de la raison, mais de ses habitudes, La
raison trouve étrange ce qui ne lui est pas familier; elle appelle volontiers rêverie ce qui la
dépasse, et traiterait dédaigneusement de mysticisme une doctrine profonde. Que faisons-nous
la foi; ainsi s'explique cette sorte

TROISIÈME SRHAiNji

180

Nous en appelons de la raison mal impressionnée à la raison logique et conséquente. Les
dogmes de la foi sont-ils vrais? Thumilité d'abjection découle-t-eile de ces dogmes? Ces principes, une fois démontrés, leur conclusion doit
être admise au même titre que les mystères, si
elle reste mystère elle-même.
ici?

On

le croit,

on se

l'affirme, et

cependant on

reste indécis, tant la nature est tenace,

tant

il

que notre volonté, pas plus que notre
raison, ne peut se suffire à elle-même.
est vrai

De

cette disposition, découle

un second de-

voir, qui est d'implorer la grâce, ce secours divin

qui nous fera franchir le difficile passage de la
preuve reconnue à l'adhésion franche et enmon Dieu, établissez-moi enfin dans la
tière.
vérité créez en moi une conviction inébranlable
Une telle conviction est plus rar"te qu'on
ne le pense; et pourtant, ô mon Dieu, la conviction n'est pas encore la vertu, et c'est la vertu
même que vous attendez de moil... La vertu,
;

!

aux humiliations

c'est la facilité qui fait

cueil

le

l'ac-

plus doux; c'est l'habitude sainte qui

le fardeau, tant que
l'impose; chez quelques âmes
c'est l'amour qui leur ouvre ses bras, et qui
parfois les appelle
mon Dieu, que j'ai besoin de vos puissantes
Jésus, vos exemples passés ne me
grAces!
suffisent pas; venez en moi, venez vous-même,

en soutient paisiblement

votre volonté

I

pour

les

y vivre encore

1

SIIIÈMB MiDITATION

181

Méditation

Premier prélude.
Se représenter Jésus homme
Dieu en face du péché originel et proclamant que sa
Passion et sa mort sont un moindre mal. Avec lui
plongeons nos regards dans le mystère de ce péché
Abîme si
comme on le fait au bord d'un abîme.
obscur que l'oeil se dilate jusqu'à la fatigue, sans
rien distinguer; si profond que l'oreille ne perçoit
Les moyens
pas le choc du caillou qu'on y jette.
d'appréciation dont nous manquons, Jésus les posvoyons par ses yeux, jugeons d'après sa
sède
pénétrante raison.

:

Deuxième prélude.
Demander la grâce de
m'abandonner à Jésus, pour le suivre avec conviction et amour dans la voie de l'humilité.

I.

L'humilité d'abjection est une sorte de mys-

Elle l'est pour le rationaliste qui la
trouve absurde elle l'est, hélas! pour nous qui
la regardons peut-être comme un pieux excès,

tère.

;

du moins pratiquement.
Afin de réformer nos idées,

il sera bon de ne
pas isoler notre divin Maître de ses disciples les
plus éclairés. En eux c'est toujours Lui, d'ailleurs, puisque c'est son esprit; mais c'est Lui
plus près de nous, plus semblable à nous.
Rappelons à notre mémoire les expressions
désolantes dont s'accablent les Saints
« un
abîme de malice, un avorton, le rebut de l'humanité, etc. »
Voyons leurs sentiments; ils se jugent indignes de parler, indignes même de vivre. De
:

TROISliMI SEUAINl

182

expressions leurs sont familières, elles se
trouvent dans la bouche de tous... C'est comme
un gémissement traditionnel depuis le Calvaire... Quel spectacle que celui de ces dix-neuf
siècles d'une telle humilité, toujours la même,
et la seule qui soit canonisée!...
Considérons la logique de leur humilité des
paroles elle passe aux actes. On les méprise, on
On les outrage,
ils sont doux.
les persécute
On
on les frappe ils ont un sourire de joie.
les déclare mauvais et ils avouent l'être plus
On les délaisse et ils le trouvent
encore.
Ils se jugent inutiles; le bien qu'ils font
bon.
ils proclament qu'il se fait par Dieu, et que c'est
moins avec eux, que malgré eux, qu'il s'accom-

telles

:

:

:

plit.

Voilà ce qu'ils disent, voilà ce qu'ils sentent;
comprenons-le bien voilà vraiment ce qu'ils
pensent.
Voyons encore ceux qui se sont montrés plus
particulièrement altérés d'humiliations ils aspirent au mépris comme les ambitieux aspirent
à la gloire et quand Dieu leur demande quelle
récompense ils choisissent pour prix de leurs
et

:

:

;

ils répondent souffrir et être méprisés
pour vous
Confondons-nous devant eux... Ce sont des
légions d'hommes semblables à nous, souvent
moins coupables, toujours plus méritants...

travaux,

:

1

II.

le

Cette humilité trouve son explication dans

mystère du péché.

L'homme comprendrait

s'il
était capable de
sonder à fond l'abîme du péché. Jésus-Christ en

l'humilité

d'abjection,

fllZlÈMK

MEDITATION

183

a exploré les sombres profondeurs à la double
lumière de sa science infuse et de sa vision béalifique.

La sainteté de l'Être infini, sa majesté, sa
bonté, sa beauté suprême, toute la splendeur
des attributsdivins, inondant son âme de clartés
éblouissantes, lui montraient à quel point Dieu
mérite le respect, Tamour et la louange.
Puis, tout à coup, le spectacle change le
péché vient d'atteindre toutes ces merveilles?
s'abat sur l'honneur divin comme pour
il
l'anéantir. A cette vue, une confusion éperdue,
une amère désolation envahissaient Celui qui
portait les péchés du monde...
Contemplons-le, écrasé sous ce poids, dans
son agonie. Entendons ces paroles d'un étrange
découragement « Transeat a me. Que ce calice
s'éloigne » Remarquons cette sueur de sang
qui témoigne d'une sorte de désastre!...
Et pourtant, disons-le sans hésiter, l'humanité sainte du Sauveur elle-même, ne connaissait pas tout le désordre, tout l'outrage que
contient le péché... seule sa nature divine en
avait la pleine lumière
Quelle n'est pas ma confusion, ô Père adorable, de me voir mesurer le péché à son apparence extérieure ou à la connaissance que m'en
donnelaraisonL.Quoi! pour la raison de Jésus,
le péché garde des mystères Ah je commence
à comp'-endre qu'en fait d'humilité, je ne sais
rien, et que je ne saurai jamais tout...
Le mystère se trouve dans le péché seul, et
non dans l'humilité, qui est sa conclusion lo
:

:

1

I

I

gique.

1

TROISIÈME SEMAINK

184
Elle est,

^cheur.

en

Vétàt qui convient au
une sentence de justice qu'il

effet,

C'est

doit porter contre lui-même...

Mais

comment

la porter

sonder

la gravité

de

la

s'il

est incapable

de

faute?

Une ressource lui reste, c'est de voir par des
yeux plus pénétrants que les siens c'est de
juger, non point par les sentiments de l'homme,
mais par ceux de Dieu... Les Saints ont fait
ainsi
voilà pourquoi la céleste folie de leurs
abaissements demeure une profonde sagesse»
« Apprenez de moi»f nous redit le Sauveur.
Qu'ai-je donc à chercher autre part? L'humilité
est une vertu presque entièrement suruaturelle,
;

;

comme

haute

les cieux,

profonde

comme

l'en-

fer!...

Que
faible

la raison paraît courte, et qu'elle se sent

en face de

cette révélation

!

Le péché originel impose d'ailleurs une
Pour dissiper les dernières
ombres, demandons la grâce de comprendre
comment cette humilité d'abjection, peut se
trouver chez les Saints qui n'ont pas commis
de péché personnel de quelque gravité.
D'autre part, ils ne sont point chargés des
péchés d'autrui, dont la responsabilité explique
du moins l'humilité de Jésus.
C'est vrai mais ils ont été atteints de la faute
originelle, et la participation à cette déchéance
justifie, même chez eux, l'humilité d'abjection.
Une fois de plus reconnaissons-le sincèrement : c'est encore un mystère qui éclaire un
autre mystère. Alaii la réalité du péché origiIII.

telle

humilité.

;

» — Oh 1 Jésus. je n'ai qu'à vous contempler. il reste toujours vrai que l'homme le plus juste l'a subie et portée.. pour lui qu'il s'est fait si humble. Ai-je besoin de comprendre puisque vous enseignez.. c'est votre miséricorde qui m'a préservé de l'abîme. je ne résiste plus. ces prQpensions au mal qui troublent le sang et le cerveau.. Ces ignorances. Le péché originel domine l'humanité. jusqu'à la mort. lîe s'est point présentée. d'ailleurs. Je rougis de la mienne et de ses réserves. ces illusions. avec ses insidieuses préparations. Il reste toujours vrai qu'il en traîne les suites humiliantes. C'est principalement pour lui que Jésus s'est incarné. qui ne tiennent plus.SIXIÈME MEDITATION 185 nel est un dogme déûni qui projette toute sa lumière de foi sur le sujet qui nous occupe. objet de l'aversion de Dieu. Or. Je n'ai même pas besoin de vous entendre. ne portent-elles pas dans leur sein le ferment de tous les péchés ? Quelle ignominie et quel danger Il n'est pas une seule faute commise par un I homme — Et le si que ne sois capable de commettre. justifient cette crainte et cette humilité. C'est pour lui qu'il est mort. cette tache déshonorante. Je me fais d« votre humilité extérieure un tableau .. Assez d'exemples. je crois. ces révoltes. « Misericordia Domini quia non sumus consumpti.. maîtresse. à votre humilité et à celle des Saints. malheur ne m'est pas arrivé (et c'est sans doute que Toccasion je pareil sais-je?).. Seigneur.

je veux la pratiquer très généreusement. pas relâché à cet égard i -r- Ne me serais-je ? ECLAIRCISSEMENTS Sur la Méditation qui va suivre I Nous abordons le point délicat de l'humilité nous mettre au-dessous des autres.. Ici. Mais comme l'humilité est une vertu pratique.. leur paix. — servir mes la connaissance du péché marchent ensemble. l'homme dans une I . je ferai Puisque et celle de l'humilité confessions à ce double objet: contrition sérieuse.. et je tâche de soupçonner de loin le mystère de votre humilité intérieure qui m'étonne. accusations humiliantes. ce doit être là le secret des Saints. voyez surtout lea plus humbles . ce ressort puissant de l'action ? La réponse est simple : voyei les saints. et sans tant mesurer Tobligation qui m'y contraint. plu: L'humilité d'abjection n'est-elle pas de nature à jeter sorte de terreur et de trouble qui le paralyse.TROISIÈME 8SMÀINI 186 vivant qui m'instruit. aux sentiments comme aux actes. leur courage. leurs œuvres 1. comme aussi d'amoindrir en lui le sentiment de la dignité personnelle.. Résolution. ce guide élevé de la conscience. Peut-être parviendraije ainsi à la mieux comprendre. qui se mêle à tout.

./>e la prudence ! ! I .ÉCLAIRCISSEMENTS. de se distraire. . dira-t-on encore sous le poids de tels sentiments d'humilité. Commençons par rappeler certaines vérités sieurs questions se posent. c'est qu'elle est. (Voyez. Aimés de lui que craindraient-ils ? Toute inquiétude. il est impossible de jouir. de la mort qultfsûrement un jour viendra nous arracher de ce monde. elle s'appuie. Si. qui ne veut rien voir hors de sa sphère propre. — Première vérité. Ainsi du sentiment de l'humilité. entre-t-il indiscutables. beaucoup de maux dérivent de cette erreur.) . au fond. mais sur Dieu. 187 Un tel abaissement véritablement dans les exigences de cette vertu? Est-il de précepte ou de conseil? Doit-il s'étendre jusqu'à cette intime persuasion qu'on est le dernier de tous les hommes?. par exemple. d'aimer. Comparez ces consciences et ces vies à celles des ambitieux !. au besoin. non pas sur les qualités de nature qui élèvent peu mais sur les dons de la grâce. qui dépassent tout le créé. la piété ne comprend pas assez l'humilité. le rationalisme. investis de la plus haute noblesse dans l'action. enfants de ils se sentent Dieu... de nos jours. Au jour de la Cène. dans sa miséricorde Leur dignité personnelle Ah elle se fonde. n'est pas la raison. nous ne cesserons de le dire. sous l'influence répandue partout du rationalisme or.. plni loin. car la raison bien informée. Notre-Seigneur se met aux pieds de tous les Leur paix est imperturbable. non sur eux. Dans leur conscience.. Mais. voyez l'effet que produit sur vous la pensée de la mort. toute tristesse se noie. — : d ne l'humilité. ils se savent les instruments des volontés divines. en un mot. de vivre sa vie? Point du tout. sans s'en rendre compte. Il est une raison étroite. et d'une mort subite qui peut fondre ^r nous à chaque instant? Si elle demeure. ETC. un avertissement utile. elle nous laisse néammoins calmes et occupés. Beaucoup de fausses idées. reconnaît le devoir d'admettre les vérités surnaturelles.

mais très forte. Il y aurait là de merveilleux points de vue à parcourir il semble que la charité ne puisse s'étendre que dans l'espace fait par l'humilité. » Rien de plus clair au point de vue pratique. vérité. aux pieds même de Judas . : : II !• que l'abaisseDe ces vérités il résulte tnent devant les autres entre bien dans les : .TBOISIBMK SEMAINB 188 apôtres. — Une raison indirecte. s'empare de l'âme tout entière. Or. et il déclare ensuite que cet abaissement doit être notre Plus tard saint Paul en rappelle l'obliloi. Cette règle de conduite. tous les saints Tonl suivie. Cette tendance à l'abaissement a toujours été regardée comme essentielle à la perfection de cette vertu. de nos fautes et de nos défauts. ment de nos Troisième vérité. que dis-je? ces prétendus excès et l'Eglise moindre glorifiés : voilà ! Deuxième — L'humilité est le sentirésistances coupables. de cette loi d'humilité se trouve dans ses rapports avec la loi de charité chrétienne elle en est la sauvegarde la plus sûre. tous sans excep: tion lité . — « Traitez les autres gation par ces paroles comme vos supérieurs. et lui fait sincèrement rechercher la dernière place comme étant celle qui convient à tant de misère. quand il est vif. voile à ses yeux les fautes ou les défauts d'autrui. ce sentiment. ne canonisa jamais une humidonc légitimés.

ennemi absolu de toute hypocrisie. dès maintenant. se mettre sincèrement auune conclusioD de C'est . le nôtre. permet donc de desfous de tous. ! Comment se forme une telle persuasion et comment peut-elle être sincère? C'est ce que nous étudierons dans la méditation de demain. exigences de l'humilité. ne saurait nous demander une attitude qui fût en contradiction avec nos sentiments intimes. spécialement sur la manière dont elle finit et qui nous classe. Cette impossibilité de se préférer à personne. et aussi celui de tel homme actuellement méprisable.189 Eclaircissements. III Mais cet abaissement de conseil aux pieds de tous les hommes. en ce sens que nous ne méprisions personne et que nous ne nous préférions à personne d'une façon absolue. est-il seulement une règle pratique? Serait-il. l'abaissement n'est plus que de conseil. ne règle de jugement? En d'autres termes. un voile impénétrable recouvre cet avenir. Contentons-nous de déblayer le terrain en faisant remarquer. 2» qu'au delà de cette réserve. dois-je me mettre au-dessous des autres en inclinant à croire que c'est bien là ma place ? Assurément car le divin maître. et n'a d'autres limites assignées que celles que lui impose la prudence. etc. que la juste appréciation de soi doit se baser sur la vie tout entière. or. en outreu.

simple prudence. . mais nous verrons l'humilité conseille de l'adopter. qu'on pourrait étendre encore. exige que l'on numériquement le dernierdeshommes ! Nous répondrons avec franchise Non. faut-il se demander se juge si l'humilité parfaite.TROISIÈME SBUAIN8 490 il est vrai . comment IV Serrant de plus près la question. n'enlève rien à la force des conclusions qui précèdent et que nous retrouverons bientôt. c'est spéculativement peu probable si chacun doit le penser. Qu'on soit le dernier. L'inclination pratique demeure. — serve. terre. parmi cette multitude d'hommes qui remplissent la et. exactement le dernier. excepté chez un seul. c'est en fait une erreur Cette réchez tous. et c'est en elle que réside l'humilité. : .

Cette méditation bien comprise est de nature à modifier profondément nos idées. Ses exigences sont les exigences d'un Dieu sage. Je commencerai par laisser à mon esprit toute sa liberté d'examen. une immense paix régnerait. Sous ses obscurités apparentes. le factice n'établissent rien de solide. qui connaît à fond la nature humaine. : — — que Jésus entend nous enDetixième point : Cette humilité est dordre Troitième point : Raisons qui l'établissent. Si elle régnait parmi les hommes. ni conviction. surnaturel.Troisième semaine SEPTIEME MEDITATION XXI* EXSBCICE « Le Mandat um novum » Se mettre aux pieds de tous Premier point seigner ici. je me tiendrai en garde contre les préjugés qui émanent soit de la nature inconsciemment réfractaire à ces idées. avec elle et nul devoir ne serait trouvé trop dur. rhumilité d'abaissement est au fond très lumineuse. ni vertu D'autre part. soit de l'opinion humaine entièrement aveugle . Le convenu. C'est l'humilité — Préparation pour la veille.

pourquoi donc craindrais-je de m'abaisser autant que vous? Eaux saintes de l'humilité q^i ne coulez que dans les basses vallées. Il « Vouh. Jésus se lève de table^ dé- pose ses vêtements d'honneur Puis. transformez en oasis ces sables arides de mon stérile orgueil ! Méditation « Le repas achevé. d'un linge.. Marie si humble. » eut fini de laver les pieds de tous les . donne à ma charité pour le prochain cette vitalité et ce charme. desprincipes dont les conséquences doivent être admises. Je me rappellerai que les vérités surnaturelles. une fois prouvées. si elles en découlent rigoureusement. le démon agant mis la trahison au cœur de Judas. Mais surtout je prierai.. ses fruits. passant dans tous mes sentiments.. qui sont . ô Jésus tout humble. quand ma conviction sera faite.. versant de et se ceint Veau dans un bassin. me laver arrive à Pierre et Pierre lui dit « Ce que les pieds? \amais! » Et Jésus lui répond je fais tu ne le comprends pas à cette heure. j'appellerai la lumière d'en haut et. je prierai. se il met à pieds de ses disciples et à les essuyer. de- viennent comme les vérités de raison.TROISIÈUB SEMAINE Id2 sur ces questions. je prierai encore pour que la sève féconde d'une telle humilité. mais laver les : : tu le « comprendras plus Quand il tard.

pour graver dans les esprits leurs leçons les plus importantes. Si donc fai lavé vos pieds.. la table de la Cène. abaisse- rhumilité que Jésus entend nous en- C'est seigner le saint ici. les derniers rayons du jour font pâlir les longues draperies des fenêlres. se remettant à savez-vous cequeje viensde faire auprès de vous? Vous m'appelez Maître. Or. le serviteur na pas plus de dignité à sauvegarder que le Maître. Cest un exemple que je vous ai donné. vous devez.. Jérusalem silencieuse à cette heure. — Le sens de raction.SlPTlisiS MÉDITATION 193 et. quelle action exprime mieux l'humilité que celle de laver les pieds. Mais ici ce n'est pas une humilité quelconque. entourée de riches divans.. — Tout tien et rintention le prouve . Si vous comprenez bien ces choses. se sont servis d'une représentation matérielle. Au dehors. vous laver les pieds les uns aux autres. car je le suis. En vérité.. A l'intérieur. le sens de Tae du Maître. Demander ment devant tous les hommes. et vous dites bien. en vérité. il plissant il dit ! reprit ses vêtements : » — — Premier prélude. bienheureux serez-vous en les accom- disciples^ table. Au dehors. De tous temps les Orientaux. — Deuxième prélude. et surtout les — HUMiLni. 1. vaste et — — — Au milieu. . afin qu'après moi vous fassiez ainsi. Se représenter le Cénacle somptueux. — 13.. à votre tour.-' les pieds! cette partie basse qui foule le sol et se salit. i" hommes. moi votre Seigneur et votre Maître.. les flambeaux étincellent.

. sans quoi la solennité de la leçon dépasserait l'importance Il fait appel à l'attention des de l'objet. gardienne infaillible et jalouse des traditions sacrées. expliqué. Judas. sans parade Humilité résolue il fait violence à saint Humilité extrême il s'agenouille aux Pierre.. Ce n'est donc pas un enseignement incident ou équivoque c'est un enseignement préparé. a disparu. HumiJésus ne se fait point a»der. démontrer l'obligation qui en découle uSimoi.». : — . . et son esprit n'a cessé d'animer la société chrétienne. Jésus entend imposer une forme nouvelle slux rapports des chrétiens entre eux. pieds du dernier des hommes. Porterait-il par hasard sur la pratique spéciale de laver les pieds aux fidèles? 11 n'est pas permis de s'arrêter un instant à cette hypothèse ce serait convaincre d'infidélité l'Eglise. c'est l'humilité à l'égard lité — : : — 2° : — Vintention du Maître. La pratique matérielle. s'adaptant immortel et flexible aux situations changeantes.'-— Elle n'était qu'un signe. l'humilité en était le sens. » je l'ai fait « pour Il indique son motif formel Il prend la peine de vous donner r exemple ». sur l'importance de ce précepte en appelant « bienheureux ceux qui le comprendront ei Vac- — — : — : y comp liront — ». apôtres: « Vous avez vu ce que je viens de faire. il est plein et indiscutable. Pénétrons-nous de tous ces détails significatifs. Par cet acte. prouvé. d'une importance secondaire et d'un usage souvent difficile. Il appuie votre Maître et votre Seigneur etc.TROISIÈME SEMAINE 194 — des hommes.

qui s'évanouit à la réflexion et ne nous accompagne pas dans la pratique? . En effet.. c'est bien l'humilité surnaturelle que lui révélera le Saint-Esprit. conviction profonde de leur bassesse.. à commencer par saint Paul — : — : ..SEPTIÈME MÉDITATION 19ÎI — //. une fiction peu sérieuse. N'est-ce point là une théorie exagérée. étonne plus que leur admirable vertu. L'humilité de simple raison. : — . pourquoi me mettre au-dessous des autres?.Non. C'est aussi la modestie. Quelle est donc cette humilité que le chef des Apôtres ne peut comprendre encore et qu'il comprendra plus tard? Ce n'est pas la simple humi* lité de raison. comme vos supérieurs. et cela sincèrement voilà ce que Dieu seul peut enseigner et imposer à l'homme. ce n'est pas une théorie exagérée c'est l'enseignement universel des maîtres de la « Traitez piété. c'est la .. Tous les Saints se sont tenus pour /es derniers des hommes. l'abaissement devant ses semblables. ce frein de nos prétenMais tions la sagesse humaine l'approuve. ce n'est une inclination essentiellement chrétienne. devant les méchants eux-mêmes. comme Jésus. devant tous les hommes enfin mais cette attitude du plus grand se mettant aux pieds de tous. Cette humilité est d'ordre surnaturel. dont le bon sens fait bientôt justice. et s'il est une chose qui nous . : tous les autres. Et comment le pouvoir faire avec conviction. Non. » pas une fiction vaine c'est nous dit-il. c'est l'abaissement devant Dieu rien n'est plus naturel. quand chaque homme doit prendre ce même rôle à son tour?.

lui-même il a le devoir de se faire juge pour le prochain. par valeur d'ensemble. et nous en Telle est notre conméritons toute la honte. Pour lui-même. Or. rer tel. . et nous n'avons pas le droit de nous en glorifier. Le bien vient finalement de Dieu. en face du bien et du mal. ou du bien et du mal qui sont dans le prochain. En face de lui-même il est constitué juge. car il — Laculpabilité s'apprééchappe. Le mal au contraire vient tout entier de nous. En du prochain compétence face il n'est plus juge. mais juste. uniquement parce qu'elles vont à rencontre des idées reçues. de nous il y a le bien et il y a le mal. — . il se connaît et se sent resIl se voit au fond assez tristement ponsable. — En chacun III. en vérité.TROISliHS SBHAJNB 196 Le secret de cet enseignement se trouve dans une considération subtile peut-être. il doit se décla- — — — . Apportons à la méditer un esprit sans prévention. Raison de cette humilité. dition devant la justice divine. il a des certitudes. — l'ingracie par l'intention qui proportion des grâces qu'il ne titude. selon qu'il s'agit du bien et du mal qui sont en lui. l'homme se trouve dans une situation fort différente. pour le Pour il n'a que des conjectures. Certaines vérités nous déconcertent. mauvais il peut et. par connaît pas. Il a sa conscience. sur notre condition personnelle. — enfin est sans : lui la la le résultat éternel qu'il ignore. remarquons-le bien. il en a la prochain.

L'humilité l'y découvre. divin Maître faites pénétrer en moi cette doctrine qui me surprend étrangement Juger les autres me paraissait aussi juste que se juger soi-même! Les hommes ne le font-ils pas tous les jours? Ils se trompetit.. aussi considérer le bien. mais je dois avant tout juger mon œuvre propre. — sage partialité. Donnez-lui du moins lavolontéd'être croyante. tu éclaires à la fois la charité et l'humilité.. œuvre divine.. Elle la voit pourtant....... mais au milieu des ombres.f97 SEPTiiMB MÉDITATION défense Celui qui : « Qui judicat fratrem detrahit legi se : permet de juger son frère va contre la loi. ayez pitié de ma pauvre raison. qui ose à peine affirmer une telle humilité!. » Si je n'ai comment pas le droit de juger les autres. Donnez-lui surtout le courage des conclusions saintes 1 Dans mes frères je ne dois envisager que ce En moi je peux qui vient de Dieu.. ces deux vertus éminemment chrétiennes.jeme trom! : — pais avec eux 1 Jésus. les : C'est un précepte nouveau» Ce n'est pas . le bien. me préférer à un aurais-je celui de seul?. tu les confonds dans ce même principe Dieu vu dans le prochain... la charité l'y aime. tu rends la vie paisible et rapports faciles! sublime point de vue. le mal.

Dès qu'un Dieu entre dans l'humanité. tout change. — Si je n'ai comment aurais-je — Me le répéter à le celui de droit de juger personne. me préférer à un seul? roccasion. est-il donc étonnant qu'il y commande un respect surnaturel? Résolution. par un vouloir formel et par de mystérieux rapports ce Dieu incarné se prolonge dans chaque homme. déférent pour tous aujourd'hui. et si. — • Me montrer plus .198 TROISIÈME SBMAINB surprenant. tout est nouveau.

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c'est l'effort qui tend au progrès. peuvent nous laisser une humilité incomplète. Quelques autres enseigneront la culture de celte vertu. nos erreurs personnelles. la splendeur de la véritable humilité fera ressortir les imperfections de la nôtre et par son charme gagnera noire cœur. Celle quatrième ment semaine est donc éminem- celle de l'humilité pratique. fausse ou dangereuse. la vertu de prudence viendra tracer à tout ce mouvement sa marche logique et sage. . soit par l'impression intime. jointes aux habitudes prises. Le désir est le germe qui tressaille. 4° Enfin. des con: séquences mal déduites. le prochain et notre propre misère. sont des causes permanentes de déviation. 3» Quelques méditations seront ensuite consacrées aux applications diverses du sentiment de l'humilité. c'est déjà commencer à en vivre. envers Dieu. Les fausses notions qui nous enveloppent. 2» Par contre. soit par l'extérieur lui-même. 1° Mais ce mouvement a besoin d'être dirigé. soit par ce grand essor surnaturel qui s'appelle l'amour *^ du mépris. Des lois secondaires méconnues. Prendre le goût du bien. la sève qui monte.PRÉPARATION A LA QUATRIÈME SEMAINE Nous voici convaincus et déterminés nous voulons être humbles.

elle n'est pas de force à soutenir une haute vertu. faites que cette étude me soit une révélation 1. — De rhumilité s rationaliste Le croirait-on? une certaine proportion de presque toutes les âmes à vertu ordinaire. et ne projette pas autour d'elle le reflet du divin. ainsi qu'on le remarquera facilement. mon Dieu. Prévoyant néanmoins que plusieurs personnes trouveraient préférable de consacrer à ces recherches.. nous ont paru moins propres à la méditation qu'à la elles fixent principalelecture et à l'examen ment notre attention sur nous-mêmes. celle des saints. elle n'attendrit pas le cœur. l'humilité rationaliste n'est pas celle de Jésus. éminemment pratiques. Or. leur méditation habituelle. tandis que le but de la méditation est de la fixer avant tout sur Dieu. Débarrassez mon esprit des cette humilité se trouve chez . les faussetés et de certaines humilités.DES FAUSSES HUMILITÉS Ces études sur l'insuffisance. Ne s'appuyant pas sur la foi.. nous avons disposé en conséquence les diverses parties de cette étude. les illusions : § I. L'observation le constate et la simple analyse viendra bientôt le démontrer. celle des âmes qui progressent.

elle dirait volontiers fanatisme. L'enseignement des maîtres de la vie spirituelle ne trouve pas grâce devant elle. c'est la nature qui : traîne. et que l'on ne s'élève pas au delà de ses mérites. mais elle ne l'ose. de toute la hauteur du Calvaire.DES FAUSSES HUMILITÉS 203 préjugés qui bornent étrangement sa vue!... ni I. à cet égard. L'humilité des saints l'offusque grandement elle l'appelle voie extraordinaire. ce n'est pas qui nous trompe. et que l'on ne méprise pas les gens estimables. nous le satisfaisons par les explications les plus rassurantes prendre la première place n'est plus que respect do son rang. Que l'on n'entreprenne rien au-dessus de ses forces. 2° L'humilité rationaliste n'est pas dogmatique. Ses idées intimes. à cette autre C'est absurde. S'il s'élève dans notre esprit un certain besoin de nous justifier. Je vous le demande par l'humilité de Jésus qui dépasse la raison humaine. varient de cette for: : — mule modérée : Il faut en prendre et en laisser. parler avantageusement de soi^ : — — . sans songer à nous en appliquer les conclusions. — — Nous toujours de rester la raison nous enadmettrons nonchalamment toute la théorie chrétienne sur cette vertu. Que l'on ne soit ni arrogant. Aussi est-ce le plus naturellement du monde que nous cherchons à paraître et à dominer. l'on ne s'estime pas follement soi-même. — En quoi consiste l'humilité rationaliste. elle se contente souvent pratique. l" Que — — vain voilà qui suffit à ses exigences. Dans ce cas.

— : Combien II. 1® telle : : 3° Le sens commun de Vbumanité. 2° Ce n'est pas notre raison seule qui l'admet. suis pas j'ai beau être de bonne moins sans humilité foi. ce n'est pas elle qui produit l'abnégation et qui écarte les illusions. nous voilà établis dans cet état d'esprit qui exclut le doute pratique : est-ce que \out le monde ne pense pas ainsi? Victime de l'erreur ici la — commune.. N'estce point là une vertu païenne? « Nonne ethnici hoc faciunt? » s'écrie avec tristesse le divin simplicité. craindre. Le sentiment inné du juste et du bien s'y trouve satisfait. je Ven . elle mutile l'humilité chrétienne. véritable. telle cipes. point de grave désordre non plus. îordant avec la raison et avec s'ac- nature. nous séduit facilement point d'excès qui choque. une sainte liberté. aucune de ces laideurs qui trahissent le mal. — l'humilité Une rationaliste est à humilité se présentant sous les traits de la raison. Une humilité est fausse dans ses prinpuisque ne tenant aucun compte des dogmes de la foi. c'est aussi notre nature. flatte Maître. car elle n'atteint pas le but ce n'est pas une humilité de ce genre qui maintient la paix et la charité. nous sommes cela nos tendances ne vont pas plus loin.QUATRIÈME SIMAINI 204 — et accepter sans façon tout ce qui l'amour-propre. Elle est insuffisante dans sa portée morale.. De nous-mêmes.

qu'au fond. Ici Terreur de mal voir. et le tort est de conclure comme si Ton voyait tout. il ne suffit pas de le voir III. dans le domaine de la est vertu. elle ne distingue dans Thumilité que la région humaine.DES FAUSSES HUHtLITlis 205 — Combien cette humilité est insuffisante. devant ces découvertes supérieures. qui s'entêtent à ne pas admettre ce qui les dépasse. mais de ne pas tout voir. le sourire aux lèvres. Or. entrent. et. s'il se rencontrait par hasard. Nous ressemblons terriblement à ces . au seuil du surnaturel. élèvent singulièrement le point de vue. par là même qu'il en partie. disions-nous. une vérité. Rappelez-vous les méditations de la deuxième semaine et le saisissement qu'elles vous laissèrent sans doute. hommes de nature vulgaire. chacun a pour mobile un intérêt quelconque que Ib désintéressement n'existe pas et qu'après tout. devient un principe légitime de raisonnement. Tinanité de Thumanité rationaliste apparaît éclatante. et les conclusions qui en découlent. il ne serait que . elle est loin de nous le paraître. n'est pas . quelque inattendues qu'elles soient. des horizons inconnus de dépendance se révèlent alors aux yeux de la foi et. Parlez-leur de désintéressement. . Rien n'est donc plus strictement raisonnable que l'humilité surnaturelle mais si raisonnable qu'elle soit. pour juger sainement un objet. de plein droit. et ils vous répondront. En effet. Elle s'arrête si bien qu'on le voie. manquant d'horizon. Tout dogme. les dogmes relatifs au péché originel et à la nécessité de la grâce. .

206 QUATAIÈMS BUALM duperie. Combien d'âmes -réputées pieuses qui. Notre instinct naturel en est plein. et qui. Ne se retrouve-t-il pas. appuyés sur leur gros bon sens.. suscitait «ces ennemis de la Croix dont saint Paul ne parle qu'en pleurant ». chez les païens. elle est sans forée pour sou- tenir l'édifice surnaturel. car l'esprit lui aussi a besoin d'une certaine accoutumance. traitait de folie le sublime anéantissement du Calvaire. Et ces gens-là se croient très forts Très forts aussi ces campagnards qui.. milité de Jésus. alors même qu'elle n'est qu'une habitude d'esprit.. C'est lentement que le jour se fait. — Si mon humilité n'est pas l'huRéflexions. chez les chrétiens eux-mêmes. et notre esprit n'en est peut-être pas entièrement dégagé. Qui peut s'assurer de n'en point ^ubir quelque atteinte?. ayant affadi en elles le sens chrétien.. et sans valeur aux . C'est ce sens humain qui. se refusent avec dédain aux améliorations scientifiques les plus I autorisées.. « Eva- cuerunt crucem Christi I » Cherchons donc à mieux voir et à mieux sentir. Le terre à terre ne suffît pas pour juger les choses d'en haut. hélas ! dans l'esprit rationaliste d'aujourd'hui?.. ont dépouillé de ses exigences surnaturelles l'humilité de Jésus. méfions-nous beaucoup de ce qu'on est convenu d'appeler le bon sens et qui n'est ici que le terre à terre. pour bien croire à ce qu'il n'admet que par raisonnement. En fait d'humilité. c'est péniblement qu'une habitude nous quitte.

non modestie des sages. ni vain. sous prétexte qu'on en pourrait . mais l'humilité des attentive .DES FAUSSES HUMILITÉS 207 yeux de Dieu pour attirer ses grâces. facilement troublé à l'occasion d'un acte de fermeté nécessaire? Ne me ferais-je pas des obligations personnelles trop gênantes? Ne serais-je pas enclin à me scandaliser au sujet des autres? L'humilité ne doit pas rétrécir les idées.. elle ne doit pas non plus paralyser l'action et rendre — timide. point la et saints. ni susceptible! Ah! revenons à l'école de Bethléem. ni ambitieux. Elle ne possède ni cette douceur profonde qui assure la paix. Elle n'est plus qu'une sorte de vertu courte. craintif pour donner un ordre. prêtons une oreille plus du divin Maître aux enseignements prenons pour idéal. indiquées par les circonstances.Et dire que l'on se croit humble parc^'que l'on n'est ni arrogant. sèche et inféconde. de Nazareth et du Calvaire.. ni ce charme particulier qui accrédite auprès des hommes. § IL — De rhumilité étroite et pusillanime La pratique de l'humilité ne me serait-elle pas une source de préoccupations? Ne me rendrait-elle pas hésitant pour prendre un parti. 1" S'éloigner d'une pratique de vertu ou d'une œuvre de zèle.

l'effort. sans songer qu'on prive les suborOn donnés d'une force qui est leur droit. unique règle de nos actes. On n'osera donner des ordres. qui n'a pas même la vigueur de s'élever au regret. Faut-il donc défendre contre Dieu même cette ombrageuse vertu ou plutôt. et notre sécurité doit se fonder sur la grâce qui l'accompagne. c'est se mal connaître et mal connaître Dieu. pusillanimité. L'humilité véritable avive le regret. sans songer — — Dieu présent dans le supérieur qu'on au mépris tout cela au grand préjudice du bien que c'est livre : 1 . est un autre Voir en mal tout ce que l'on fait.OUATRltMB SBMAINI concevoir quelque vanité. est un vice. dans l'exercice de l'autorité C'est surtout que se font sentir de la façon la plus déplorable les conséquences de cette étroitesse. puisqu'il est surtout de Dieu. ne songeant qu'à sa sécurité. Notre premier regard doit se porter sur la volonté de Dieu. n'est pas le bien qui est en moi plus juste que sage n'est pas de moi. L'humilité fausse produit la lâcheté. se laissera critiquer et reprendre. Se dépiter de ses fautes. encore . ou on le fera timidement. en Il arrête tout avancement. mais s'attrister de soi jusqu'au découragement. appellera-t-on vertu cette égoïste frayeur qui. mais étroite et exclusive. — : : moins 3<> à la prière et au combat. rétrécit le cœur et paralyse le zèle? 2® Se complaire en soi. la prière. est âme — le propre d'une Trembler devant n'est pas humilité. toutes les difficultés.

nwwique d'étendue. il est bon d'analyser à part les causes qui le produisent l'une. comme le mot l'indique. elle lui prête des proportions excessives. saisissant avec beaucoup de clairvoyance et de vivacité. tel point particulier qui la frappe. Ce défaut est loin d'être aussi commun. L'humilité rationaliste arrête la vertu à des limites trop courtes. comme dans tel acte qu'elle en croit entachés. On se tromperait en se persuadant que ce défaut est le propre des personnes peu intelligentes. Elle ne distingue pas n'est qu'un vmLXTi. outre une défectuosité naturelle. Pour distinguer ce travers. et pour instituer les moyens de s'en débarrasser. la préoc- cupation exagérée des vues de la foi. au contraire. L'étroitesse. la pusillanimité. l'étroitesse d'esprit ne voit rhumililé qu'en partie. tient à la nature de l'esprit . dans tel principe. mais elle la voit dans ses exigences.DBS FAUSSES HUMILITES 209 Ce genre Je défaut est l'opposé du précédent. Grâce à cette distinction. tandis que l'humilité étroite et pusillanime sup: pose. < I. : Vautre. l'humilité étroite et pusillanime lui fait dépasser certaines limites sages. Tétroitesse. Elle suppose donc l'orgueil où il n'est pas. De rhumllité étroite. chacun saura où faire porter sa réforme. La vue n'est pas assez large. — 1» Comme le ratio- nalisme. dépend du caractère. — 14. elle n'embrasse pas cet ensemble qui seul permet de déternwner la valeur de chaque détail. Cela l'humilité rationaliste s'explique sans peine est le fait de la raison laissée à elle-même. .

la charité par exemple. Quand elle n'a fait qu'introduire des principes étroits. jugement. car consiste à douter de soi. II. mais de paraître. sillanimité. La formation première a été souvent la seule cause de ces défectuosités. elle a fini par déterminer une sorte d'entorse morale. Comment avoir assez de jugement pour se reconnaître le jugement faux? . Or. une autre formation plus intelligente peut tout restaurer. c'est cette défiance qu'il faut éveiller atout prix. Que ne son jugement et le autour et plus loinl satisfait voit-elle tout fixe. et les idées deviendront plus larges en devenant plus justes. l'ouverture confiance au directeur. 2° Le remède est d'application difficile. 11 n'y a pourtant p. la portion de vérité qui se trouve dans son erreur même. si le mal se rattachaità la nature même de l'esprit.QUATRIÈME SSMAIMS 210 non plus les circonstances qui foui que telle autre vertu. soit d'une volonté trop faible. et de cette partie de soi que l'on défend avec l'acharneraent le plus il convaincu.. interdit à rhumilité. Ces deux défectuosités déterminent : . mais si. La crainte peut provenir soit d'une circonspection trop inquiète. par une action prolongée. Qu'on y joigne la lecture de livres capables d'éclairer.is à hésiter. non pas d'exister. son jugement.. De l'humilité — !• La pune provient pas du pusillanime. avons-nous dit. elle le serait la guérison est plus laborieuse bien davantage encore. mais du caractère elle se compose de toute disposition donnant accès à une crainte.

Surtout ne remettez pas en question ce qui a été décidé. car les plus réfléchis eux-mêmes n'échappent pas à ces accidents de l'insuffisance humaine. Etes-vous prudent à l'excès. et l'abondance des solutions déconcerte. tout en voyant bien ce quMl devrait faire. très méticuleux? forcezvous à couper court. La pusillanimité ne suppose donc pas précisément un manque d'intelligence. même dans les cas graves et prenez toujours une résolution bien tranchée. Certaines personnes. à des craintes le 2» qui les torturent. le caractère faible voudra et ne voudra pas. elle s'allie le plus souvent à une extrême subtilité d'esprit. mais une intelligence d'un genre particulier. L'esprit trop circonspect s'embrouillera au milieu des nombreuses possibilités qui entourent chaque décision. dans le cours de l'action. — . mais d'une manière différente. et gardez-vous bien de vous reprocher les erreurs où vous avez pu tomber. peut se laisser arrêter par moindre incident.DES FAUSSES HUMILITÉS 211 également l'hésitalion et l'inconstance. Ce défaut n'est pas spécial aux âmes médiocres. Ne réfléchissez pas trop. restent livrées. Des vues trop multipliées aveuglent. très regardant. 3° Le choix du remède dépend de la cause qui produit le mal. pour elles-mêmes. Ni l'un ni l'autre ne parviennent à se fixer. et ne saura quel parti prendre. Décidez-vous à première vue dans les choses ordinaires. et l'un comme l'autre. qui montrent de la fermeté dans le gouvernement des autres. elles voient de l'orgueil dans tout ce qu'elles font et dans tout ce qu'elles pensent.

mais qui vous regarde tellement qu'elle se sent toutes les énergies du devoir et toutes les saintes hardiesses du zèle I J . celle de soi. Relevez donc votre courage et imposez-vous le devoir de sauvegarder davantage vos droits et votre dignité. et Ce défaut est d'un oubli. Ici la direction sera utile. à l'extérieur tout entier. donnez-moi cette humilité simple et courageuse qui ne regarde que vous. qui a la mission de gouverner toutes les vertus. mon Dieu. l'oubli de Dieu. Si ment — L'humilité étroite ou pusillanime imprime à la physionomie. à la parole. Au fond. vous n'avez pas le droit d'en faire une question d'humilité. quelque chose de gêné. Maintenez vos commandements et vos observations. vous cédez tout bonnement à votre faiblesse. prenez garde. toutes les fois qu'il n'est pas évident que vous vous êtes trompé.212 QUATRIÈME SBMAINS vous êtes d'une nature peu résolue. contraire à la prudence. souveut quelque chose de faux qui met les autres mal à l'aise. moins pour éclairer que pour soutenir. faciletroublée par les obstacles ou les oppositions. Il porte atteinte à — l'ordre social et discrédite l'humilité. Tétroitesse et la pusillanimité proviennent d'une préoccupation. ou les porte à abuser.

accuse. je ne veux rien de factice. la fausseté de cette conception. les pharisiens se . en étaient descendus là. exige l'amour qui assiste et ne se contente pas 4'une formule. votre secours I — I. plus un travers est commun. encore moins rien de faux dans mes paroles ou dans mon extérieur. Quand ils avaient dit à leurs parents pauvres : « Tout ce qu'il <ous plaira! » ils se croyaient parfaitement en règle avec la loi divine. or. Votre lumière. Cependant. La dégénérescence qui en résulte. ô mon Dieu. Je peux donc avoir beaucoup à réformer ici. outre le respect qui s'incline. soit du moins loyale. Or. par la logique de cette erreur. tandis que ces actes n'en sont que la manifestation et les effets. moins il frappe. sans songer que cette loi. De leur côté. 213 — De rhumilité fausse dans son expression Que nul ne passe rapidement sur ce sujet. Nature de ce défaut L'homme a cette tendance invétérée de placer la vertu dans les actes extérieurs. à se contenter finalement de simples protestations ou de vaines apparences. Que mon humilité. il est amené. Les juifs. votre indulgence. car bien peu échappent entièrement à ce travers. sans m'en rendre compte. mais trop tard.DES FAUSSES HUMILITÉS ^ § III. du temps de Notre-Seigneur. si elle n'est pas haute.

et qui ne sauraient souffrir qu'on leur dise la moindre parole de mésestime. quand on vous contredit ou tout simplement quand on vous néglige « Il se trouve souvent des personnes qui disent qu'elles ne sont rien. Jésus exige que nous soyons humbles? disons que nous ne valons rien montrons aux yeux du prochain un air doucereux et des manières déférentes prenons à l'église une attitude abaissée nous voilà humbles! Assurément. qui plus est. nous n'en sommes point làl les enseignements de l'Evangile ont trop pénétré la société chrétienne pour que nous puissions descendre à de tels abus. qu'elles ne sont qu'abjection. le pensez-vous? En vous courbant.OOATHiÈMB SEMAt.NS 214 tenaient pour humbles parce qu'ils se prosternaient bien bas dans les rues. En disant que vous ne valez rien.. nul ne fait cette déduction explicite. mais plus d'un en subit l'influence secrète. qu'aussitôt elles ne s'en plaignent. » « n'appelle point humilité. misère et imperfection. car elles s'en offenseraient. Voyez vos révoltes quand on vous juge moins capable. et si vous reconnaissez en elles quelques imperfections. : ! h . Certes. gardez-vous bien de le leur dire. permettriez-vous aux autres de vous regarder de haut?. le mépris des autres. tout en conservant la conviction entière de leur supériorité. et. dit encore saint .. mais prenons-y garde! notre nature appartient toujours à rhumanité. et l'humanité ne laisse pas que de pousser sa tendance. aussi loin que le lui permettent l'irréflexion et les usages. Sondez bien votre cœur. .

OSS FAUSSRS HUMILITÉS 215 François de Sales. » — II. comme il advient souvent. Cet abus est le plus souvent inolTensif. sur une seule note plus d'harmonie. Ce que nous disons des paroles. ne sont chez la plupart des autres qu'un simple écho. et à la piété. il faut en convenir. Un milieu de piété adopte nécessairement des formules humbles qui. absolument sincères chez quelques personnes. Toute société se forme un langage. de gestes. plus de charme. être plutôt nommé fantôme d'humilité. car nul ne tient grand compte de ces formules. plus d'unité. de révérences et d'inclination. lui emprunte ses expressions. la conviction intime. étendons-le aux attitudes : y avoir une correspondance parfaite entre nos sentiments et leur expression. et toute personne qui en fait partie. sans aucun sentiment intime de sa propre abjection et de la juste estime du prochain car tout cela n'est qu'un vain amusement de faibles esprits et doit . quand il se fait. de baisements de terre. car il la discrédite. Qu'elle est belle l'humilité où tout s'harmonise dans la sincérité! Mais que la sincérité soit en défaut sur un seul point. Si la nôtre ne va pas jusqu'à nous insil doit : . Origines de ce défaut. ce cérémonieux assemblage de paroles. partant plus de beauté. la parole du sentiment est en désaccord avec la paiole qui sort des lèvres. et l'extérieur se trouve violemment séparé de ce qui doit en être l'âme. il nuit toutefois à l'humilité puisqu'il la dépare. Grande leçon pour les vertus ordinaires.

elle ne nous inspirera pas une attitude très abaissée. par ce contraste. leur humilité est seule assez profonde pour aller jusque-là. désirons que notre vue devienne plus pénétrante. Elle sera moins profonde.216 QUÀTRlilME SEMAINK pirerles bas sentiments que les saints professent d'eux-mêmes. certains torts que nous accepterons de bonne grâce. En même temps. n'en prenons pas l'attitude. Il y aura toujours certaines défectuosités que nous pourrons avouer. que la grâce nous fasse entrer plus avant dans les secrets divins. certaines infériorités dont nous serons convaincus. ne les exprimons pas. . Saint François de Sales affirme que « parler de soi-même est aussi périlleux que de marcher sur la corde ». On peut ajouter que le plus périlleux c'est d'en parler en mal. Ne parlons de nous que par nécessité et. notre misère se révélera plus clairement à nos yeux. Il sera bon de récapituler ici les divers sujets de confusion que nous venons de découvrir. gardons la beauté de ce qui est moindre mais vrai. nos paroles et notre attitude traduiront ces sentiments nouveaux avec une sincérité toujours égale. Qui. interrogeons notre conscience pour lui demander si vraiment elle nous en impose le devoir. pense beaucoup de mal de soi et qui donc a grande envie de se faire croire? Laissons aux vrais saints les expressions méprisantes dont ils s'accablent. avant de le faire. et à mesure que. faisons de cela notre humilité. elle nous laissera du moins une attitude exempte de prétention. mais elle sera plus sincère. en etîet.

III. Si l'on s'accuse d'une faute. quoi de L'Ecriture l'a stigmatisée en cej plus vil termes « Est qui nequiter humiliât se. On demande d'être averti. — Calculs de l'orgueil. doit s'appeler humilité à crochet. parce qu'on s'en sert une s'attirer des louanges. On dit du mal de soi pour en faire dire du bien. que de le faire dans des vues hypocrites.DBS FAUSSES HUMILIlAs Que de 217 faussetés! que d'exagérations que de secrets désirs d'estime sous petites calculées! des aveux humiliants! Il importe aussi de débarrasser notre langage de certaines expresvsions que l'usage. et l'usage dans certains milieux. comme on se sert d'un crochet pour faire venir à soi les objets qu'on ne peut atteindre. pour obtenir d'être loué. C'est s'humilier d'une odieuse façon. — Bien autrement grave est l'abus de ces mêmes formules quand au lieu d'être l'effet d'une simple coutume. et répandent ce travers chez ceux qui ne sont pas sur leurs gardes. et l'on insiste davantage à mesure que l'on est moins cru. c'est parce qu'elle est bien connue. interiora ejus plena sunt dolo. » ! : On affebte de s'effacer et l'on — — ne songe par là qu'à se faire rechercher. On exagère ses torts pour les noyer — — dans l'humilité de l'aveu. Cette humilité. elles deviennent un moyen cherché de s'attirer l'estime. L'humilité au service de l'orgueil. dit Rodriguez. maintient expressions choquent ceux qui ne croient pas à leur sincérité.. pour .. Ces seul.

poussant plus avant l'examen. peuvent être sincères. il est bon de se demander. on s'inquiète de larérifé du sentiment lui-même. n'est pas une humilité plus ou moins tion. : . L'humilité d'impression peut être attribuée à plusieurs causes toutes néanmoins ont leur point de départ et leur base commune dans l'estime dont jouit cette vertu l'estime est un éclat dont l'orgueil aime à se parer. Cet éclat qui entoure l'humilité. elles ne sont pas réelles. Or. . dans un milieu de piété et plus ce milieu est élevé. ii l'humilité sur laquelle on se repose. de loin en loin. sur la conformité de la parole avec le sentiment. et restent par conséquent incapables de soutenir la vertu De là l'importance de cette nouvelle étude.au point de vue delà formation mais comme elle s'exerce à toutes les périodes de la vie spirituelle.QUATRIÈME SEMAlNX 218 lY. plus son action est puissante. chose étonnante. quoique sincères. . est le plus séducteur de tous. — Humilité fausse dans son sentiment Quand on lité est-elle même se pose cette question mon humivraie? on porte aussitôt son atten: comme nous venons de le faire. : . Dansla V«méditation. cette influencb aétérecherch'^e. Il est rare que. et Il y a qui. pourtant des convictions factices.

Influence des idées régnantes ou humilité — Le milieu qui transmet ses formules. font vibrer toutes les générosités de leur émulation. Les personnes pieuses factice.. c'est le miracle de leur humilité. raison les presse Ces sentiments ne conviennentils pas mieux encore à ma misère?. se persuadant avoir l'humilité des Saints parce qu'elles l'admirent. I. mais supposez que tout à coup telle personne amie vous interrompe et vous dise est-ce donc vrai? seriez-vous si vil. Mais une fatale déviation se produit le jour où ces âmes. communique aussi ses impressions. Commençons par analyser les diverses origines de cette illusion.. que nous venons de le voir. si abject. répétez à loisir cette longue litanie de leurs plaintes humiliantes. contraste saisissant du mépris de soi-même dans une éclatante perfection. mais ce qui les a surtout frappées. De là le désir de descendre avec eux dans les profondeurs de cette vertu. ainsi ont lu les vies des Saints. A l'instant vous vous sentez suet les rassure : : . Ces accents désolés. Eh bien! essayez.. Ne puis-je pas les exprimer aussi? — : Une excellente pensent-elles. si coupable? Le croyez-vous?. se croient obligées de professer à leur tour le mépris que les Saints professaient d'euxmêmes. parvenus jusqu à nous. JusLe sens de l'émulation et qu'ici tout est bon celui de l'imitation nous sont donnés pour être les agents les plus actifs du progrès.219 DES l-AUSSES HUMILITÉS factice. elles ont ressenti pour leur vertu héroïque une vive admiration. encore peu avancées..

les Rien On comprend que ces appréciationg ne concernent pas âmes profondément humbles. qui. 1. se ternir et se fausser par une cliner à cas douteux . elle ne baigne pas les profondeurs de la conviction. pure expression de notre âme. Adoptons cette règle très sage d'in- nous condamner nous-mêmes dans les mais ne laissons pas notre conscience. rem: plissent peut-être notre vie .QUATRIÈME SSMÀINS 220 bitement refroidi et tout étonné une piqûre a dégonflé le ballon *. le front dans la poussière. ils ne parviennent pas encore à égaler par leurs sentiments l'absolu de leur conviction. vous n'êtes qu'un reflet. notre reflet de Dieu. qu'un écho! Cette humilité est en vous toute de surface. ils savourent leur abaissement. Nous poursuivons ici l'étude dçs humilités suspectç^. Dieu se révèle si beau et si saintement exigeant. habitude de sentiments conventionnels. ils ont beau chercher des expressions encore plus fortes. sortent de leurs entrailles. . à notre insu. Les cris déchirants que jette leur prière. A genoux. N'ayant pas les vue» lumineuses et les grâces spéciales des saints. si aimable aussi. nous restent cachés. que leur propre misère les épouvante et les désole. très visibles aux yeux des autres. les défauts qui. ils ont beau les redire. Si nous n'avons pas ces grands sentiments d'humilité. Aux saints. ayons du moins l'humilité de le reconnaître / et n'essayons pas de combler par des apparences ce vide réel. Contentons-nous d'implorer la grâce de mieux connaître les mille imperfections.

et finit par s'identifier avec elle. Comme précédemment. Ce que traduit son imagination seule. taine conviction du moment. que. tout ici est en surface. C'est un rôle qu'elle trompe elle-même. L'influence — du tempérament ou Le milieu est humilité cause qui agit de l'extérieur. et qui la : : naissait! Son imagination saisi! une situation. tout en dehors du réel. il y a des tempéraments qui en créent l'illusion ce sont ceux où l'imagination domine. Une âme d'artiste habite souvent une région éthérée. ce qu'elle exprime. exalter avec enthou siasme les plus purs dévouements! Le lecteuv tout en larmes de s'écrier quel cœur! Et l'entourage immédiat de répondre si on le cor joue au naturel. il se détournerait de vous avec dédain vous ne l'avez jamais compris! Et il est sincère. s'j enferme. on ne lui voit ni ces sentiments. la . le tempérament est la cause qui agit du dedans. parcourir toute la gamme de la sensibilité et. qui parle. mal gré leur égoïsme féroce. dans la vie pratique. ni cette conduite. Ce qu'elle sent. lui semble le traduire lui-même il a deux vies et il ne s'en connaît qu'une. au cœur sec. S'il y a des milieux qui communiquent l'impression superficielle de l'humilité.DK8 FAUSSES HUMILITÉS 221 de factice Soyons vrais même et surtout devant Dieu qui lit dans nos cœurs ! ! II. qui agit. N'a-t-on pas vu des poètes. jaillit assurémentd'une cerd'illusion. N'allez pas dire à cet homme. C'est elle qui sent. : : .

toujours dans cette particulière région séparée du réel. Hélas c'est dans l'imagination seule que ces merveilles s'accomplissent. il devient un être de convention. ils en ont l'amour. mais. par la liction. sinon détrompée. tout a disparu on ne retrouve qu'une âme préoccupée d'elle-même etsensible à tout orgueil. à tort. elle a subitement perdu ses ailes et bientôt lasse. par l'effet de ce sentiment. ! : : nalités distinctes. il même. Au lever du jour. cer- a simplement deux manières d'être très dissemblables. et en gardent toute la fragilité. Elle ne se réalise qu'en rêve. comme elles y sont écloses. Descendue au terre à terre de la pratique. s'il s'enferme dans l'idéal. par lequel tout ce qu'ils admirent. victime de luitains rêveurs. sa beauté passe dans leur esprit et le pénètre. semble leur être tout ce qu'ils acquis. exaltent. le désir. : . S'il se trouve dans le réel il est lui. elle s'arrête dans son essor. sa puissance d'illusion. prenez garde elle est capable de porter en humilité comme en tout. l'inclination peut-être. Ils et.222 QUATRIHMiî SEMAINE y a aussi des humbles d'imagination. lâchement. Qu'ils aient à en parler fréquemment. comme le veulent. Si votre imagination est vive et ardente. Il y avait là comme deux personnes le dédoublement s'est opéré! Nous ne disons pas que l'homme possède deux person11 admirent cette vertu. à en exalter les charmes : l'impression gagne du terrain et devient plus profonde. c'est-à-dire au contact de la réalité. C'est un rêve. . Un travail latent se fait. Elles s'y étendent.

qui appelle le vrai : tous les contrôles.. Elles se mettent au dernier rang et s'accusent même des maux publics.. vie.. elle s'applique parfaitement à l'hu- Ce reste d'amour qui survit à la chadans l'âme coupable. la . habitudes ou humilité sans du milieu et à celle du tempérament s'ajoute une troisième source d'illusion l'influence persistante de vertus disparues. elles font tout cela avec une sorte de conviction.. l'habitude. . quand l'orgueilleux profère contre luimême tant d'âpretés. Chose étonnante. car enfin l'imagination. » Oui. mais comme elle part du principe même des vertus. loin d'être en soi une ennemie. dit-il. n'est pas la charité. mais celle d'un rocher creux et vain. c'est un simple écho qui répète la voix. Quelle est l'explication de ce phénomène? Nous la trouverons dans une observation magistralement présentée par saint François de Sales. est un auxiliaire auxiliaire puissant.DKS FAUSSKS HUMIUTBS 223 Nous verrons bientôt comment on discerne du factice. de confesser leur misère et III. son accent sonne faux il se répète avec une insistance de mauvais aloi .. mais un pli et inclination que la mulmilité. Ce n'est pas titude des actes a parole d'un vivant. il est vrai. « rité donné à notre cœur. mais peu sûr. Influence des —A l'influence : — quelques-uns de leurs torts. Elle porte. Il se rencontre des personnes vraiment orgueilleuses qui éprouvent le besoin de faire des actes d'humilité. sur la charité.

. si j'é- prouve pour elle de l'admiration... devant son exagération et son amertume. et se trouvant enfin que sa sainteté est feinte. c'est peut-être la douceur de l'estime commune qu'elle savoure.. dont la puissance est encore si grande qu'elle provoque parfois des émotions et des larmes. et que tout cela ne manque ni de douceur ni de quelque sincérité. demeurant en repos. Réflexions. Plus elle l'attention des verra l'impression qu'elle produit.. telle est la nature de cette humilité. « Eh bien! ajoute saint François de Sales.. tant d'illusions possibles pérer !.224 QUATRIÈME SEMAIlfS et. mais c'est à désessens de l'éloignement pour Dieu. on demeure inquiet. à se croire humble. et c'est l'action de ce poison qui lui communique ce surcroît d'ardeur. Mais tandis qu'elle croit goûter la pure humilité. Besoin autrefois senti et qui persiste dans la seule habitude!... Si je me ! l'humilité. je ne suis pas humble . plus elle s'enfoncera dans le sentiment de son néant.... et. trouvera de nouvelles délices à se faire humble. peut-être ne le suis-je pas davantage 1 . n'est-ce pas une grande pitié de voir une âme qui se flatte en cette imagination d'être sainte. sans trop savoir pourquoi. — mon j'ai peur! quoi.. Formuleautrefoissincère etqu'ona retenue!. » Terminons par une remarque qui et sa joie doit attirer personnes ferventes: Une personne admirée pour son humilité et qui le sait. que son repos est léthargie une manie.

pourait être le seul agent de cet effort. . . sinon qu'ils comportent trop peu de difficultés pour témoigner formellement en faveur de la vertu. s'il accueille sans ostentation ces abaissements. Attendez les occasions positives un mépris que rien ne compense. tout simplement un reproche. ou tout au plus une admiration platonique de la vertu. bien mérité d'ailleurs.DES FAUSSES HUMILITÉS J'en fais des actes 225 nombreux dans mes médi- me contiens dans les occasions où mon amour-propre est blessé j'éprouve du plaisir à dire du mal de moi-même et la pensée de l'humilité répand en mon cœur une joie tations je . une préférence pour les autres qui vous rabaisse. chez les âmes ordinaires. surcroit dinaire. humble? De ces actes nombreux dans la méditation. il n'en faut pas faire grand état ces goûts. qu'un certain contentement de soi. il ne ressort pas la preuve absolue que l'on se contient par humilité la simple prudence y suffit d'orsensible : suis-je Attendez ! — : dans certains milieux. un insuccès dont on vous rend responsable. : ~ : : I BUMILITi. nous n'avons rien à dire.. ne sont le plus souvent. — 15. Ah si le goût persiste. très réels chez les grandes âmes. et. une confiance qui se retire.. l'amourpropre lui-même commande cette conduite le désir de ne point passer pour orgueilleux. Quant au plaisir que l'on éprouve à parler en mal de soi et au goût sensible qu'évoque la pensée de l'humilité. De ce que l'on se contient dans les occasions où l'amour-propre est blessé. s'il répand Jans l'âme un contentement profond et donne à la vie spirituelle un.

fortifiantes. produisant de tels effets. et de porter aussi loin que possible Thumilité comme les autres vertus.QUATRiiMI SKMÀllfl Î26 d'ardeur. il est à la fois lumière et force. car seul c'est la vertu. ou les sentiments des saints. bon et qu'il est beaul Seul. ni. est un goût de bon aloi. Il ne vient pas de la nature . mais il faut le faire dans la vérité. comme nous nous imposons de l'être devant le prochain. ou notre propre imagination. Ces formules ne produisent que l'illusion de la vertu. trop le redire voyons : . Ah que le vrai est pour nous. que nous dicteraient seuls. Dieu seul peut l'ins: pirer. rassurez-vous un tel goût. il est bon de s'étendre vers tout progrès. Nous ne saurions N'affirmons que ce que nous soyons sincères devant nous-mêmes. Dans nos prières. l'orgueil peut-être. — ! . ayons la probité de nous interdire toutes les formules d'humilité. Sans doute. dans nos élévations de cœur vers Dieu. Ne fussent-elles que vaines et vides. elles ne sont ni dignes de Dieu.

Ses traits vont nous apparaître pleins de clarté. la fécondité. sur facile. — Les — personnes qui en auraient le temps pourraient utilement consacrer trois méditations à chacun des deux exercices qui vont suivre. et dans cette ravissante disposition qui en émane. dilatation. elle n'a qu'à les dégager de principes établis déjà . pour amener au grand jour ces riches découvertes. . car. élevons nos regards vers l'humilité véritable. nous indiquerons quelques séries de réflexions et d'affections. puisque de ces principes et de ces conséquences. A cause de leur importance. . où tout est lumière. et l'attrait. sortir attristantes Etude même. dans la tendance prononcée à l'effacement et au sincère mépris de soi-même. elle compose une doctrine pratique étude encourageante aussi. . Nota. beauté. Son action directe produira la paix. l'inclination à estimer les autres. étude instructive néanmoins. les fausses humilités.Coup d'œil sur les deux méditations qui vont suivre Au de ces considérations pénibles. cette triple manifestation de la belle santé de l'âme. la ferveur. parce qu'elle fait surgir à — — chaque pas des conséquences imprévues étude éminemment utile.

L'humilité est une vertu donc. : : — Préparation pour la veille.Quatrième Semaine PREMIÈRE MÉDITATION XXII* EXERCICE Des caractères de la véritable humilité — Deuxième point — Troisième point Premier point : Inclinatioa à l'effacement. Mais sur quel point demain . elle ne pourrait être contre nature que dans ses actes. portera-t-elle son effort? Sur cette tendance dangereuse qu'il faut dominer la tendance à nous surfaire dans notre propre estime et à nous surélever dans l'opinion des autres. Inclination au mépris de soi-même. Inclination à l'estime du prochain. car éminemmwit pacificatrice et bienfaisante comme tendance. elle doit être une force permanente. Une telle disposition n'est-elle pas contre nature? Point du tout. Nous étudierons les caractères distinctifs de l'Iiumilité. en certaines âmes. les actes . qui. . mais si la tendance relève de la vertu spéciale dont elle est le mouvement. devient un véritable amour. Elle lui oppose d'abord l'inclination au simple effacement allant plus loin. elle fait naître l'inclination au mépris. .

» {Imitation. nous le verrons plus loin. ce qui doit être l'humilité n'interviendra que fait sera fait pour donner à toute cette activité un caractère en quelque sorte impersonnel. établissant ainsi Par . Inclination à l'effacement. charité. la liberté et la de Dieu dans son action sur l'âme..) 2° Elle n'aime pas les éloges. de l'âme dans sa parfaite obéis- fidélité sance à Dieu. \^o Méditation — Prélude. - paraître par dessus ne veut ni paraître savoir ce qu'elle ignore. » tout. elle. elle elle ne est vertu le fait est simple nesciri. les droits des vertus seront sauvegardés la dignité personnelle sera maintenue toutes les initiatives utiles seront prises en un mot. détourner l'attention.PREMIÈRE MÉDITATION 229 relèvent en tout et pour tout de la prudence. Une personne moins Elle s'ingénie alors à c'est si facile! Parlez vous serez vite humble prendrait des — airs effarouchés et nie- . et elle (Saint François de Sales. . . Aimez à 1» « — Ama « être ignoré. Demander la grâce de ne point se décourager en voyant tout ce qu'exige l'humilité. . et aux autres d'eux-mêmes et oublié.) L'humilité cache tout ce qui et perfection que par humaine.. I. ni avoir l'air d'ignorer ce qu'elle sait. elle ne saurait néanmoins repousser ceux qu'elle croit mériter.

. quand elle échoue. et si elle est appelée à faire de grandes choses. serait un principe de corruption pour tout le bien que Dieu y pourrait : teuse. encore moins aux éloges qu'elle reçoit. paix profonde et suaves — 1» — Impression de 1<* DépendaQca . la simplicité. 5° Par goût. elle est inclinée vers les petits et les pauvres.230 QUATRIÈMK 8KHAINS révidence attitude fausse.. Elle n'ambitionne rien de ce qui distingue. mais ame humble se l'explique à merveille est-ce que Dieu n'est pas le principe premier et nécessaire à tout acte bon Est-ce que l'Etre parfait peut avoir une part quelconque dans un insuccès? 3° Au reste.. la place plus effacée. Jésus est transparent en eux aurez fait au plus petit. c'est à moi que vous Causez fait. Quand elle réussit. comme pendant la chaleur on cherche l'ombre et elle s'y trouve bien. lui parait tout naturel. Quand l'orgueil ne nous aveugle « Ce que vous pas. Elle éponge avec soin ces vaines complaisances d'orgueil qui suintent en nous de tous les côtés. Elle sait que la moindre trace qu'elle en laisserait aux parois du vase. elle y va enveloppée de modestie. 1 : ! rait mettre. Partout elle cherche l'oubli. c'est à Dieu qu'elle en fait remonter la gloire. elle pense très peu au bien qu'elle fait. humilité douOh! la vérité. moins en vue. » Humilité révélatrice 4° Choisir l'emploi le la : 1 Réflex/ons et sentiments. c'est elle seule qu'elle accuse.. La raison s'étonne de cette partialité. même et surtout dans l'humble effacement.

8* Disposition éminente à la vie intérieure. et en cela elle vise Dieu avant 5° Son influence heureuse sur l'intout . iO" Le plus grand bien a toujours été fait par Dieu vient les prendre ceux qui s'effacent H» Se comme par la main et les accompagne 12» Comparer résoudre à cette humilité. sa vie à cet idéal et prendre des résolutions pratiques. puis à se dégaet en cela l'humilité est vraie ger du multiple. C'est lui qui fait les vrais orgueilleux. « Qui se connaît bien se méprise. aimer. 9" Place laissée vide et que Dieu remplit. 4" La simplicité consiste à éviter le factice. — Facilité à se faire agréer. .231 PREMIÂRX MÉDITATION libre et 3"» — souple à tous les vouloirs divins . s'adresse à une autre tendance : Vestime de soi. — — . » {Imitation. dont les écarts sont très funestes. . — IL Inclination au mépris de soi-même. — — — — : — . écouter. Certaines natures ont grand besoin de cultiver l'inclination au mépris de soi-même. brisent les oppositions les plus légi: . car. L'humilité qui concerne le mépris de nous-mêmes. 6° Instinct telligence des vérités de la foi 7® Chaude mystérieux qui lui révèle le bien atmosphère où toutes les vertus se développent. si le désir de l'estime des autres est plus général. le sentiment excessif de l'estime de soi est bien plus violent.) L'humilité d'effacement a pour objet l'estime des autres elle modère et dirige le désir inné que nous en avons. ces hommes qui tranchent et s'imposent.

et. et elle se réjouit. si nous y découvrons quelque chose de cette dangereuse tendance. prenons conscience de nos yéritables sentiments. elle nous aide à devenir humble. sentant sa vertu toujours chancelante. et. tandis que l'humiliation demeure. 2° Lui arrive-t-il de commettre l'une de ces maladresses qui ne nuisent qu'à l'amour-propre elle s'applique à l'aimer. Se voyant des défauts. des avantages extérieurs. dédaignent les conseils. des penchants misé- rables. et. et elle la hait mais la faute contient aussi l'humiliante manifestation de nos mauvais instincts et de notre incurable faiblesse. et se défend d'en atténuer.232 QUATRIÈMI SSMAL'VI times. elle se réjouit. Oui. S'il s'agit d'une faute. : . elle l'envisage sous deux aspects la faute contient l'offense de Dieu. car la faute est pardonnée. et méprisent leur entourage. quand la l'âme pru- . 3® Toujours humble consulte — défiante d'elle-même. \* L'âme humble s'applique à connaître le peu qu'elle vaut. elle rougit des témoignages d'estime qu'elle est obligée de subir : « Si l'on savait! » dit-elle. sans motif. des dons même de la grâce. Il n'est pas nécessaire que l'orgueil atteigne ces excès pour être odieux et perturbateur. ayons le courage de nous incliner résolument au mépris de nous-mêrae. Or. volontiers. pour cela. et fait ressortir la miséricorde de Dieu... la fâcheuse impression. elle pense souvent à ce qui la rabaisse au point de vue du talent. toute humiliation est bonne. etc. elle n'est plus. Jetons sur notre vie un regard sincère.

remerciez franchement. sous prétexte de s'humilier. elle veut paraître vile et non pas humble. certaines fautes avilissantes du passé.. Elle se garde bien de changer l'effet de ses aveux par l'exagération ou par quelqu'autre habile moyen.. d'une imprudence. que 5<* C'est au confessionnal qu'elle donne libre carrière à son besoin d'humiliation. elle se plaît à les faire — connaître et à les rappeler.233 PREMIERS H^DITATION dence rieurs..... Dans les milieux où est établi l'usage de la monition. elle rend facile et douce la tâche de l'amitié.. 6<» Certaines occasions mettent particulièrement à l'épreuve le mépris de soi. : . on vous avertit d'une erreur. même aux yeux de son confesseur. et si l'observation est juste. le permet. grâce à vous.. et gardez-vous d'ajouter l'une de ces protestations qui sentent le désarroi d'un amour-propre blessé oh! vous avez bien raison! je n'ai que des défauts! ahl si vous connaissiez toute ma misère l. elle s'adresse même à ses infé- — Elle sera heureuse ensuite d'attribuer succès aux avis qu'elle a reçus.. Vous verrez que.. « Dites-moi bien librement tout ce que vous avez remarqué de défectueux. Oh! le 4° c'est juste et que je vous remercie. On vous reprend..... je finirai par devenir meilleur. — : . Avons-nous besoin de le dire la vérité défend de s'attribuer des torts que l'on n'aurait pas et la sagesse ne saurait permettre de se faire mal connaître.. Réfléchissez d'abord.. Certains motifs bas dont on rougit. » Et tout cela sent la sincérité et la joie dans l'amour de l'humilité et de la perfection.

— 3" Sauvegarde très sûre. le . son indulgence au besoin?. lorsque vous donnez un avis le dédaigne.. — 4® Puissance bien.. D'un acte de charité. » vous ne parlez sûrement pas sous 70 qu'on et : l'influence de l'humilité. l*» de cette disposition. ses dispositions généreuses.. eût conseillé peut-être de douces instances. d'ailleurs vous en moi!. ne considérant que le plus grand bien. s'agit s'il d'un égal. s'il montrances. si vous montrez quelque dépit.. — Beauté morale — 2° Principe de sagesse. tandis qu'une humilité profonde. de désirer. et votre zèle s'arrête déconcerté.QUATRIÀHR SEMAINl 234 Par contre. si vous prononcez quelques-unes de ces « Après tout. Ne le voyez-vous pas sans cesse prêt à ténoigner son amour? donnera de m'oublier et de lui — me 9*> Ah! qui me perdre dans un — 10* Long sincère mépris de moi-même I H" Demander regard sur Jésus humilié. de fermes red'un inférieur dont on a s'agit charge. — 6° Foyer de tenincomparable pour dresse 6" Qui n'aimerait une telle âme? — 7» Qui refuserait sa confiance? — 8° Quels Réflexions et sentiments. . lui sont à son égard les sentiments de Dieu. et se tenir dégagé de toute vaine complai- — — çancç. 12° Se mettre de son mieux de vouloir . vous faites une question d'amour-propre. vivement la grâce de comprendre. dans cette disposition du mépris habituel de soi. c'est votre paroles d'humeur savez plus que affaire.

dit saint Paul. c'est une grande sagesse et une haute perfection. » (Imitation. qu'on se rassure si. l'amour réel de l'effacement. on se sent une inclination franche à estimer les autres. n'implique nullement le désir de les uniter dans leur conduite. On peut craindre de se tromper sur l'amour que l'on croit avoir pour l'effacement et le mépris. elle les regarde avec indulgence^. 235 Inclination à estimer les autres. parallèlement. en se surélevant. soit pour diriger les autres. 1. Quand elle les rencontre. Voilà votre règle pratique. Incliner à juger les autres meilleurs que soi. 1» « Alios reputa meliores te. nul ne si j'éprouve pour moi-même un sincère mépris. Elle est encore plus jalouse de cette délicatesse pour Si j'ai me fait ombrage.) L'estime pour le prochain n'est pas un acte direct de l'humilité. . et cette conduite ne s'applique pas aux cas où l'on a le devoir de juger. . mais elle en est le résultat le plus constant et la preuve la plus certaine. — « N'avoir aucune bonne opinion de soi et estimer beaucoup les autres. elle les excuse et.PREMIERS MÉDITATION III. C'est le contraire de l'orgueil qui. !«> L'âme humble ne se préfère à personne et ne pense jamais mal des autres. les rabaise. si elle ne le peut. soit pour se défendre soi-même. Ses propres défauts roccupent assez pour qu'elle cherche à voir ceux du prochain. si cettç conduite est défectueuse. Estimez les autres meilleurs que vous ». je relève d'autant les autres par comparaison. Cela ne signifiie point qu'elle approuve cc qui est mal ou imparfait.

Elle ne se froisse pas pour un oubli grine. Un sentiment lui est particulièrement en mépris du prochain. 1. Cette . plus sûre. Dans tous ses rapports avec le prochain a l'esprit éminemment raisonnable. . elle fixe sa pensée sur les bonnes qualités de la personne. Elle est foncièrement ou un manque d'égard. elle miner si elle î : disposition ne s'oppose pas à la défense légitime de nos droits et de nos intérêts elle la rend. 30 elle — — — quelque inou de quelque violence. il semble avoir perdu le triste pouvoir de s'irriter H se sent si pauvre ^ livrer à l'indignation. en s'eîTorçant de la remplacer par une impression favorable. et. aussitôt elle le désavoue.. le faire disparaître l'influence.. ou sur l'amour que Jésus lui porte. ce signe caractéristique de l'orgueil. elle réagit contre l'impression fâcheuse. songeant à ses propres olTenses. puis. parce qu'elle croit ne rien mériter. elle reconnaît que Dieu a bien le droit de se servir des autres pour la punir. au contraire. Un tel sentiment vient-il à faire invasion dans son cœur. Dans ce but. car c'est aller plus avant dans la vertu. L'humilité l'incline à se montrer juste. impartiale Elle n'est ni exigeante ni chaet généreuse. bien loin de se 4° Est-elle par hasard l'objet de justice commence par exan'y aurait pas donné lieu .QUATRIEME SBMAINB 236 les pensées qu'elle ne Test pour ses paroles. douce et facilement reconnaissante. par le calme qui permet de voir plus clair. Aussi rien n'est plus suave que le cœur humble. et par la bleaveillance qui amène lei couciliaUooa. pour en 2° horreur.

pas de susceptibilités et de froisse50 Remarquez-le bien. pourrait se porter aux mêmes actes. divine ordonnance des vertus. prochain. Celle qui serait déterminée par le précepte de charité. trouvant sous ses ailes sa sauvegarde la plus efficace. s'ils sont aussi vertueux. ni aussi suaves. — — — : — — — — : . un groupe de personnes.PREMIÈRE MEDITATION 237 — 1" Admirer la Réflexions et sentiments. jamais de reproches amers. l'estime du ments. permet de les encourager efficacement. avec cette disposition. ni de comparaisons pénibles. mes procédés. l'encouragement est le plus puissant moyen d'agir sur les volontés. mais en se les imposant. sortant d'une conviction intime. où chacun aurait une charité faite d'hu milité jamais d'aversion. combien. La charité naissant en quelque sorte de l'humilité. Or. jamais de jalousies. les actes commandés. or. née de l'humilité. mécontent? 9° Appeler fortement l'humilité qui dispose à l'estime des autres. le support du 3° Seule. 40 Que serait une famille. l'estime qu'on prochain serait facile. a pour les autres. est une estime spontanée. mon 8° Sonattitude. vif désir d'estimer tout prochain et plus particulièrement les personnes de mon entourage. ne sont ni 6° Concevoir un aussi forts. 7° Examiner ma conduite à leur égard. exigeant. 2" Voyez la chaleur qui la fait généreuse. mes paroles. der mon cœur n'y trouverai-je que bienveillance? ne suis-je pas au contraire difficile. la demander avec instance.

et la vertu.ÉCLAIRCISSEMENTS Sur le rôle de la volonté et de la sensibilité dans la vertu A la suite de ces méditations qui déconcertent nos habitudes d'esprit. Que tout cela vous coûte ou non. pour beaucoup d'âmes. La principale est une sorte de découragement. ment vertueux. de terreur peut-être « A ces conditions. pourra il puissant secours. Le goût suivra peut-être une longub habitude. étes-vous résolu à vous Mais voilà le mouvey exercer? Sans doute. l'humilité de volonté et. sible! Sachez que la vertu réside dans la volonté seule. c'est à contre-cœur. du mépris pour moi-mAme. et que l'inclination qui forme son essence. je ne suis pas. et je ne c'est me ! — — 1 — . sans lui. étudions sérieusement les impressions qu'elles nous laissent. est une inclination de volonté et non de sensibilité. je suis donc sans vertu? » Désirez-vous ces dispositions? Assurément. ou résultera d'un très grand amour. je ne peux pas être humble Si : I je m'abaisse. Eh bien c'est aller vers elles. . mais il ne constituera jamais la vertu par lui-même. si je conçois sans beaucoup sens pas pour les autres une cordiale estime Sans inclination pour ces choses. deviendra ainsi pour les actes un très il donnera à la vertu un plus doux attrait. la seule actuellement pos- de conviction .

car elle^ étend son mouvement à toutft notre nature morale. elle prêtera aussi sa lumière à un grand nombre d'incertitudes diverses. .239 PREMIÈRE MÉDITATION toujours exister. Ainsi conserve-t-elle du dégoût pour une humiliation pleinement plaît-elle — — acceptée cependant. plus elle est puissante. la sensibilité. 1° Ne confondons pas La volonté. Ainsi la nature se comsibilité. c'est l'impression heureuse qui attire le dégoût. c'est l'impression pénible qui éloigne. réside dans la volonté seule. lui prêté l'important concours de ses goûts et de ses ardeurs. — — dans une satisfaction d'amour-propre que désavoue la volonté. répétons-le. 3® Elle a pourtant sous sa dépendance la sensibilité. agir et se développer. Le goût. qui. à son tour. c'est tantôt le goût et tantôt le dégoût. la volonté et la sen- détermination. La sensibilité aime ce qui est conforme à ses goûts. Or. Elle n'éclairera pas seulementle cas présent. Essayons d'établir par une analyse rigoureuse cette importante distinction. La vertu. L'on peut donc aimer et détester en même temps le même objet. c'est la — . plus elle passe avant dans la sensibilité. 2° La sensibilité et la volonté obéissent à des lois distinctes. ce qui est conforme au devoir. la volonté. préférer c'est aimer. le choix. En fait de vertu.

tantôt il agit de lui-même « J'augmenterai ta sensibilité ». en effet.. toutefois. viennent y mettre obstacle. en effet.. la révolte... toutes choses qui échappent à notre choix. nous paraît tout à : coup intolérable. plus fermes. . dit le Sauveur à la Bienheureuse Marguerite-Marie. en les direct. etc. les objets qui les déterminent. qui n'est qu'indirect dans ses moyens.. mais elle peut lui présenter. 2° Ce pouvoir. de la nouveauté. notre amour-propre acquiert une impressionnabilité maladive. nous apporte trouble.QUATRIÈME SEMAINE 240 II Remarquons-le. 4® le Courage] Dieu veille. n'est pas absolu dans ses effets.. des circonstances heureuses. Nous sortirons de là plus détachés. mais la vertu demeure intacte dans les hauteurs de la volonté. Telle humiliation. dépend du tempérament. jusque-là bien supportée. plus aimés de Dieu. Mille dispositions difficiles à analyser. Le goût sensible. le pouvoir de la vertu sur la sensibilité n'est ni un pouvoir un pouvoir absolu. le dégoût. plus humbles. Souvent. ni 1° faisant valoir. à son tour. Que la tentation. l'épreuve est complète .. et. ce qui nous intéresse particulièrement ici. 3° Dieu intervient aussi. L'impression provoquée peut ne pas se produire. Tantôt il se contente de permettre le jeu régulier de ces dispositions contraires.. La volonté ne peut commander à cette capricieuse faculté d'avoir telles ou telles impressions.

quoique d'une manière différente. quelques traits de l'humilité. soit par ses effets. soit . Ces deux preuves ne se contredisent jamais.Quatrième Semaine DEUXIÈME MÉDITATION XXIIl" EXERCICE DONT ON PEUT FAIRE UTILEMENT TROIS MÉDITATIONS De la véritable humilité Ses effets Premier point — : La Troisième point Paix. Les deux méthodes arrivent au même résultat. Les caractères révèlent son essence les effets. : La — Deuxième point : La Ferveur. ou dans sa vie la manifestation de quelques-uns de ses effets Quel avertissement si l'on constate des carac' tères ou des effets contraires Préparation pour être connue. une humilité qui produit tous les effets qu'on en doit attendre. — Une vertu peut /a ve/7/e. Une humilité qui a toute son essence. Fécondité. — 16. son action. en ses dispositions. . par ses caractères. ragement si l'on découvre. et leur examen successif fait entrer toujours plus avant dans la conQuel encounaissance et l'amour de la vertu. l'est également. — I HUMILITÉ. est nécessairement vraie.

et que j'ai dans mon infidélité indigence qui me trouble. la ferveur. Il y va de votre gloire. la fécondité sont les de l'humilité. montrez-moi que tout peut se répasiège. pour éclore. Si le remords découragement lui-même m'as- vue de ma vie sans ferveur et sans fécondité. même. trouverez la paix. vous I. qui. faites que je comprenne et que je goûte ces choses. faites que j'y puise un grand courage me saisit. et le succès coueffets : ! ronne l'effort ! mon Dieu.QUATRIÈME SIMAINI 242 La paix. à la rer encore. l'humilité serait la vie spirituelle dans son plein épanouissement une vie qui se possède. — 1» «Invenietis requiem. Mais alors. : Méditation Prélude.. si le et quelque joie. la raison la plus forte de me faire humble. ô mon Dieu! Il y va de votre règne dans les âmes. ô Jésus! S'il le faut. broyez-moi j'y consens je serai peut-être le grain de froment. la sève puissante et la moisson riche Le cœur se dilate. l'action devient facile. qui agit et qui se répand! L'atmosphère est pure. a besoin d'être caché sous terre et foulé aux pieds. La paix. elle est spéciale — . elle est formelle. abaissez-moi. — Demander la grâce de comprendre comment tous les biens m'ariiveront avec l'humilité.. » C'est la promesse du divin Maître. dans cette triste — — .

Elles avaient est . il retrouvera la paix. L'insuccès l'abat et le succès ne lui apporte pas la paix. — — Il ambitieux et il se dépite. En effet. paix se définit l'ordre maintenu à l'humilité. et de Dieu même. L'humilité calme la douleur et répare le mal. comme la jouissance est le grand bien de la patrie car elles sont l'une et l'autre le règne de Dieu.. La paix est le plus impérieux hesoin de l'âme. Quel repos dans ce Cœur après tant d'agitations! Quel bien-être après tant de souffrances: Invenietis requiem! 3° 11 y a de grandes humiliations qui remplissent d'une immense paix. Il se recherche au lieu de chercher Dieu et il n'est jamais satisfait. Elle nous remet à notre vraie place. il faut être pur. Pour avancer vers Dieu. Un rouage déplacé produille trouble. L'orgueilleux se plaint facilement. résignés à nos propres misères. — — — ... atteint de quelque déception plus amère. : — à sa volonté et il s'irrite des résistances. pax est 243 : tranqnillitas : ordinis (saint Augustin).. rhumilité. Or. dans l'humble aveu de son erreur. D'oii viendrait donc le trouble? La paix est le grand bien de l'exil. c'est vrai mais il faut aussi être en paix.. c'est l'ordre à tous les degrés : nous rend soumis à Dieu. doux au prochain... Il tient elle . et des hommes. Elle nous rend à nous-mêmes. et des événements.. il sait courber le front. Heureux si.DEUXIÈMS HIÎDITATION la — C'est la nature des choses. et nous ouvre le cœur de Dieu. 2*> L'orgueil est un désordre qui nous déplace.

demeure parfois dans les ombres. Je n'avais donc point de moi une idée assez basse Je n'étais dono pas prêt à subir l'humiliation! Je ne trouve point en moi la facilité. de quelque faute commise. comme un holocauste d'un incomparable parfum.244 QUATRIÈME SEMAINK envahi l'âme dans ses profondeurs les plus délimais elles y ont trouvé pour les accueillir une humilité généreuse et. triste. où rien d'humain ne se mêle. dans leur emcates . brasement céleste. dit Vlmitation. Et que je suis 1 loin d'avoir l'amour de l'abjection 1 . s'est allumée cette joie supérieure qui consume la victime. Demandez que la volonté de Dieu se fasse pleinement en vous. de la vue La paix 1 certé. de quelque insuccès. » Cette route vers la paix.. n'est-ce pas l'humilité elle même qui l'a tracée? — Ne suis-je point parfois déconmécontent des autres et de moimême? Cet état ne se produit-il pas à la suite de quelque humiliante déception. .. C'est par cette voie que l'homme pénètre dans la région du repos. Choisissez toujours d'avoir moins que plus. C'est que l'âme immolée elle-même a besoin de rester humble à ses propres yeux. « Mon fils. rinclination qui appartiennent à la vertu. n'illumine que les hau- teurs. il est vrai. Prenez constamment la dernière place et le rôle de la soumission. appliquez-vous à faire la volonté des autres plutôt que la vôtre. La partie de l'âme qui touche à la terre... Celte joie. désolée d'une misère persistante.

Sous son influence. La grâce c'est la sève qui monte. dépend de l'abondance des grâces. et tantôt l'automne avec ses feuilles qui jaunissent en laissant voir des fruits mûrs. printemps ou automne. c'est le sang qui circule.. consolation ou épreuve. soit au dehors. Or. la sainteté . soit au dedans? Si.. elle n'est pas la perfection elle est Vactivité spirituelle. C'est tantôt le printemps avec ses fleurs qui charment. sans grâce. Elle en dépend à tel point que. se développent. II. s'entr'aident. ! prœbet komi- nem patulum ad suscipiendum infiuxum divinx gratias. cette activité qui caractérise la ferveur. on reste inerte. car elle est le signe d'une force maîtresse d'elle-même cette beauté mo. — — — — . et qu'avec beaucoup de grâces on court. Dieu est libre . j'accueillais l'abjection avec une douceur amie? J'admire la paix des grandes âmes sous l'opprobre.DEUXIÈME MÉDITATION Quel sacrifice 245 me d'amour-propre faiît-il accepter dès maintenant pour m'assurer la paix ? Si je me mettais à aimer tout ce qui m'abaisse. 2*> D'autre part. du moins. Tantôt cet exercice se fait avec facilité. on vole. Mais. L'humilité rend l'homme malléable à l'action de la grâce divine (saint 1® La ferveur n'est pas Thomas). c'est la chaleur vitale (\m se répand dans l'être tout entier. Or. la distribution des grâceà rtlève entièrement dé Dieu. mais Dieu seul La ferveur. la donne — « Humilitas. tantôt il exige des efforts pénibles. les vertus agissent. rale je l'envie. c'est toujours le mouvement intense de la vie.

c'est la vertu longuement exercée. C'est un mélange de respect. » Voyons les yeux du Tout-Puissant séduits par la vue de cette âme. Quel meilleur moyen de les obtenir que de lui plaire? Or. une expression inimitable de vérité et de simplicité. Son mouvement le plus naturel est de regarder Dieu. et ses oreilles charmées par l'accent de sa prière. Son Cœur s'ouvre et verse sur elle des grâces aussi continuelles que son humble attitude. C'est celle du pauvre qui sent ses besoins et qui prie. Etudions la physionomie de l'âme humble. elle prio : . Comment ne plairait-elle pas à l'âme — Dieu? — Considérons son attitude. lui plaît par sa physionomie. cette âme avance. 3* Jetons un coup d'œil sur l'âme orgueilleuse. la sainteté. « La prière de l'humble pénétrera le ciel. d'un pas aussi rapide que sûr. c'est le mérite lentement accumulé. Divinement éclairée et excitée. Oratio humiliantis se nubes penetrabit. Elle ne sent pas le besoin de prier. tion assure des grâces . un reflet du profond sentiment de sa misère. et le touche par son attitude. aussi puissantes que ses humbles instances. Elle déplaît à Dieu. et libre. ferme son Cœur et éloigne ses miséricordes. vers la perfection et la sainteté la perfection.246 QUATRliMS SRMAINI entend rester Sans doute la coopéramais il faut des grâces pour cette coopération même. de soumission et d'amour. à genoux.

— !• Nisi granum frumenLa fécondité.. cette disposition qui attire toutes les grâces? Pour avoir cette humilité qui stimule. dans son sentiment vivifié et. Je constate que. un cri vers Dieu! Cherchons la ferveur dans la pratique de sesse. un re- gard plus suppliant. III. Ma vigilance est dis- mon action molle. de mon peu d'ardeur en face des devoirs ennuyeux. Comment expliquer cet affadissement? Ne traite. contrairement à la loi de toute vie. elle ne fait pas surgir la ferveur. il ne suffit pas de tenir à l'écart toute sotte vanité. comme une plante sans soleil. l'humilité. serait-ce pas que l'humilité me manque. de mes sécheresses dans la prière. . je ne progresse point. s'il se rendu sensible défendons-nous surtout de toute agitation d'amour-propre où la force peut.. s'épuise. l'hu- milité. toute prétention excessive. un vif sentiment de sa bas- une inclination décidée vers ce qui est humble. ti. lui Il reste peut-être assez de grâces pour pour vivre avec intensité. ce stimulant de toutes les activités. mon goût des choses de Dieu presque nui.DEUXIÈME MÉDITATION t47 peu OU mal aussi demeure-t-elle languissante. j'ose dire. Il y faut une action plus positive. de froment est jeté en terre et Si le grain . il ne suffit pas de n'être point orgueilleux : l'humilité négative exclut la faute . pas assez ne saurait donc être fervente. . Elle vivre. — La ferveur! Je me plains de ma langueur intime.

d'une humbU ftmmt du peuple !. voilà la condition de la fécondité spirituelle. . il les fait plus grands encore par l'humilité... la rendre manifeste. c'est alors qu'il porte des fruits en foulé la abondance. 11 serait peut-être assez vain pour le croire lui-même. 2» Voyons auxiliaires. hélas! ni de lui prêter le sien. L'une produit le bien dans notre âme propre l'autre le produit par nous dans l'âme du prochain.248 QUÀTRliUB SKMAINl aux pieds. cette tit : pieds ces cache. Quel est son but? Dégager son action. Que de talents restés inféconds pour cette seule raison et par contre.. d'un humble saint Vincent. v^ui le Il goût de Dieu dans ne peuvent lui le choix de ses aux hommes apporter qu'un concours s'adresse aux dérisoire.« . petits.. en obtenir toute la gloire. que d'œuvres mer> veilleuses sorties dps labeurs d'un humble saint François..... quœ stulta suntelegit.. Elles obéissent d'ail. éclatante. Cette qui terre écrasent. Un instrument de grande valeur paraîtrait faire triompher la cause par ses propres ressources. leurs à des lois semblables. car il n'a pas coutume de demander à l'orgueilleux son concours. s'il prend toute l'apparence de mort. Le choix des Apôtres et des premiers chrétiens se répète dans tous les temps et. qui apparence de mort qui anéan- voilà l'image parlante de l'humilité. La ferveur est l'effet de la grâce agissant au dedans.. . In/îrmamundt... la fécondité est l'effet de la grâce agissant au dehors. quand Dieu suscite des hommes de grande valeur...

Dieu. opposée. soit par égard pour des prières venues d'ailleurs. » Ainsi l'ouvrier rejette un mauvais instrument après s'en être servi. réfléchit et consulte. L'humble se défie de lui-même. :t l'on s'en Tout s'évanouit entre les. il suscite autour de lui toutes les oppositions par sa raideur. Mais. mains de l'orgueilleux.. 4° Disons-le cependant. D'autre part. or. il fait passer quelquefois le bien par les mains de l'orgueilleux.. et il ne peut le comprendre. l'imbécilité de ces intermédiaires sera plus d'une fois dévoilée « Insipienlla eorum manifesta erit. etc. dès ici-bas. 11 agit ainsi.DEUXIÈMB MÉDITATION 249 Tout prospère entre ses mains. pour arriver à ses fins. n'a donc très souvent qu'à laisser les causes elles-mêmes produire leurs effets. et il s'est largement dépensé pourtant!... nous pourrions ajouter l'action des causes secondes.. Son action n'en ressortira pas moins lumineuse au jour des révélations dernières. ou toutes les antipathies par sa suffisance. soit enfin par amour pour les âmes qui n'ont à leur portée que cette ressource. 3° — : — : — La fécondité! D'où vient que j'ai si peu d'action sanctifiante sur mon entourage? D'où tieat qu« !«• occasions d'agir sur l«s âmes s« .. soit par respect pour une mission qu'il lui a confiée. » la bénédiction de Dieu. ces actes constituent L'orgueilleux tient une conduite la prudence. « Il a plus d'habileté que cet autre. Mais il est écrit « Ce n'est pas celui qui plante ou arrose qui donne étonne. : la fécondité! A neque qui plantât cette cause générale est aliquid.

Leur attitude seule désarme d'avance toute résistance on sent qu'elles ne s'imposent pas il semble toujours qu'on leur fait grâce. : : commune. Méconnu dans ses intentions ou dans ses capacités. l'humilité suppliante l'attire par d'irrésistibles appels. Sans humilité. Elles ne dépriment pas non plus on vit auprès d'elles dans une atmosphère d'estime qui dilate la confiance et porte à devenir meilleur. le talent n'est qu'un froid rayon. le charme de ce qui est impersonnel. Ah! je m'humilierai sans cesse. dans l'Église. Mon unique assurance consiste à reconnaître toujours que tout bien vient de vous et que je suis un serviteur inutile 1. la seule qui soit féconde. il accumule des richesses de grâces qui se répandront par d'autres voies.... dans les succès comme dans les revers. La vie seule produit la vie. une fécondité qu'ils ne connurent jamais*.2o0 QUATRISMB SBHAINI si rarement pour moi? Combien de personnes dans ma position qui savent se faire une vie féconde Et je me l'explique. des sources cachées. je être 1. Dieu peut permettre que l'humble semble rester infécond. Leurs moindres paroles ont le charme qui pénètre. mon Dieu. comme sur nos terres des eaux silencieuses qui portent ko loin la fécondité I . Quand vous verrez que ne veux plus dérober votre gloire. et l'activité. tenu à l'écart ou paralysé dans l'essor de son zèle.. donnez-moi une humilité non présen-tent 1 : . Attirer en soi le Dieu Créateur avec sa grâce voilà le secret du bien. Ne faut-il pas. une humilité vivante et sensible. un simple effort humain. L'humilité profonde nous vide de nous-mêmes et lui fait place. peutrépandrez-vous sur mes pauvres efforts.

la ferveur. des âmes issues de la mienne. de mon amour béni. dans son mouvement. ! ! 1 suprême objet de nos poursuites. La ferveur! oh donnez-moi cette ferveur qui s'élance. la vie qui fait surgir de toutes parts des eftlorescences pleines d'éternité la vie qui se multiplie en la vie ! . bien- de cette fécondité. âmes voisines la vie surnaturelle qui est vie du Christ en nous. mon Dieu. mais c'est dans sa régularité. faisante . humilité.DinXIÈMS MÉDITATION 251 La paix. dans son extension La vie qui s'épand sous un ciel profond et lumineux. La fécondité oh donnez-moi des âmes. Christ et en nous tout ensera-ble. qui court. la vie de Dieu dans le des la . ô . je veux te conquérir I . je t'admire belle et puissante je t'aime. qui sème votre vie dans les âmes pour les transformer en vous. sans orage. qui vous atteint ô Dieu. la fécondité. dispensatrice de tous ces dons. I ! mon action dégagée de toute vue propre. La paix oh donnez-moi cette paix que rien ne trouble parce que Ton est mort à tout ce qui trouble.

. Tout ce que j'ai médité m'a rendu sensible le contraste de nos demain je me mettrai situations respectives plus particulièrement en face des devoirs qui en résultent. Je veux que le sentiment de l'humilité accompagne tout le mouvement de mon âme vers Dieu il passera dans mon obéissance pour la rendre profonde^ résolue et toute douce eà tion qui exaltera la Je veux me : . — J'ai vu ailleurs la veille. plonger dans ces vues. . générosité de mon cœur. mais plutôt de m'apprendre à les pénétrer d'humilité. Ces devoirs embrassent toute la vie chrétienne. que je suis devant Dieu. . — Deuxième point . — naissance et de générosité. en faire ma vie. Mon but ne sera pas de les constater. Troisième point : L'esprit de reconL'esprit de religion.Quatrième Semaine TROISIÈME MÉDITATION XXIV» EXERCICE De rhumilité dans nos rapports avec Dieu Premier point : L'esprit de soumission. L'humilité sera la lumière qui m'en fera saisir l'étendue l'onction qui m'en fera sentir les délicatesses l'admira- Préparation pour ce .

Soumission heureuse: c'est mon bien. pour y substituer les déterminations divines. » (Saint Thomas.253 TROISIÈME MEDITATION même temp-?. commandements Les lui paraissent sages et tout ce qui leur est opposé lui semble détestable. L'âme bien humble réalise donc la sublime demande: Que votre volonté se fasse en la terre comme au bons ciel. pour les perfectionner pratiquement. Soumission ferme et sans hésitation : c'est l'ordre des choses . Demander la grâce de faire pénétrer l'inQuence de rhumilité dans mes rapports avec Dieu.) Soumission universelle: c'est le vaste champ de ses volontés et de ses désirs. Ce n'est pas elle qui dirait: Ah l : — . Méditation — Prélude. c'est le devoir. sance et d'amour. L'humilité consiste surtout dans la soumission de l'homme à Dieu. L'esprit de soumission. — « Humilitas prœ- cipue consista in submissione hominis ad Deum. I. en tant que principe indépendant de détermination. c'est ma grandeur. il se mêlera à mes actes de religion pout les maintenir dignes de Celui qu'on adore à genoux et sans cesse il me tiendra sous une impression très vive de reconnais. — — — L'humilité fait disparaître la volonté de la créature.

grands ou petits. mais ne dit jamais pourquoi ? ni comme elle de tous est les comme contre-temps. elle est calme en face toutes les afflictions . qu'elle écoute. elle craint. Ce Maître est Dieu est le maître. i'a voulu. de notre existence même au moindre de nos cheveux enfin que tous les événements. Les conseils évangéliques la trouvent facilement décidée. les peines intérieures. elle n'attend qu'une indication d'en haut. et trace les sentiers de nos vies comme les routes des nations. Docile à ces touchantes vérités. même les plus importunes .254 QtJATRiÈMB SSMA. Les tentations. Elle reconnaît sa parole à la paix qu'elle laisse.INB chose n'était pas défendue Ce n'est pas qui distinguerait un péché plus ou moins grave. elle les admire tous. si telle ! elle — que la Providence gouatomes comme les astres. et disposés par tous ses attributs ensemble. pour les pratiquer à l'occasion. mais c'est son Dieu. même les plus inexpliquées. Comment résisterait-elle à ses inspirations? Elle n'oublie pas cependant que le contrôle de ses attraits appartient au Directeur. la trouvent toujours soumise. connus ou inconnus. naturelle — ! : c Dieu l'a — — . ont été prévus L'esprit de foi lui dit verne les . là aussi. qu'elle étend ses soins paternels. — — — La résignation lui Dieu permis. Sans doute elle souffre. elle ne comelle est douce à prend pas le murmure . car elle n'en tolère pas le moindre. elle gémit. . bon » Voilà toute sa philosophie et elle est admirable. Elle écoute le maître au-dedans d'elle-même. et.

son orgueil : — ses résistances. confiante quand même et tou- jours plus humble. La vue d'une plante.. L'esprit de religion. et l'église pauvre.. est celui qui dirige l'évolution de ce vaste univers.. d'un insecte. l'âme humble le porte : — : — . Elle vit ainsi au milieu de ces ténèbres et de ces assauts. voyez combien Dieu est sublime.. pense-l-elle. Tout est splendide et la nature. d'un petit nid d'oiseau. L'humilité ressemble à une voix qni nous répète sans cesse Voyez combien vous êtes petit.TfcOISIEMK MÉDITATION certaines âmes sans humilité : 25î> ce n*6St pas juste ! Elle se rappelle ses fautes. On aura autant d'esprit de religion qu'on aura d'esprit d'humilité. elle le produit de toute la force de son inclination propre. remplit d'une respectueuse tendresse. c'est-à-dire que Ton sentira davantage la distance qui sépare le néant de l'infini. et ce sera leur remède!.. Un des effets les plus remarquables de Vhumilité. C'est leur punition méritée. Cet esprit de religion. Quand cette pleine lumière s'est levée sur une vie. Quelle joie pour elle de s'écrier: Celui qm protège mes pas tremblants. ah dans les ! elle si yeux de son Père du pouvait lire ciel! — II. L'univers est un grand temple où l'on ne doit passer qu'avec recueillement. c'est l'esprit de religion.. et le nom seul de Dieu. elle donne des proportions et des couleurs merveilleuses à tout ce qui concerne Dieu.

de s'y Il voudrait pouvoir touchoisir une place. L'esprit de foi fait comprendre ces choses .. Il ne se permettrait pas la moindre liberté de regard. d'y marcher. Elle s'étonne. en franchissant voit couvertde haillons.. qui occupe dans l'espace un point imperceptible. seul dans sa chambre.. Cette impression se reconnaît à sa manière d'y prendre l'eau bénite. n'est-il pas bien indigne d'être souffert là Que sera-ce durant les offices. et garde une posture modeste.. la voilà admise dans l'intimité de Celui qui est tout 1. de péché. — L'JBglise est le palais le trône où il où réside l'Eternel. se sent en présence de la Majesté di- vine et se comporte avec le même respect qu'en public. il le seuil sacré. elle aime. Si la fatigue l'oblige à s'asseoir. se se considère comme un mendiant introduit dans le palais d'un roi. . il en demande filialement à Dieu la — — — permission. Saint François de Sales. — le lieu consacré où mages . les sermons. qui est l'objet spécial de la vertu de religion. l'esprit d'humilité les fait sentir. la messe! Que sera-ce à la sainte Table. chaque pierre mérite une vénération émue. ! «lie adoré. le crifices. la moindre distraction de pensée. L'humble.... reçoit officiellement — nos hom- — l'autel où lui sont offerts tous les sa— Elle est encore lieu saint où ruissellent fonction des sacrements et la lumière de la parole divine.QUATRIÈME SEMAINK 256 partout. jours rester à genoux.. Arrivons au culte. Quoil cette pauvre petite créature de néant.

!• relever. quelque faveur évidente nous les a fait ouvrir. Mais bientôt occupés autour de ses dons. c'est l'œuvre de l'humilité. il la voir. — — . .257 TâOISIKMl MEDITATION Ainsi. — 17. Les rapports surnaturels de Dieu avec notre âme sont en quelque sorte continuels. n'est- ce pas donner au sentiment de la reconnaissance l'impression la plus vraie et le stimulant le plus puissant? or. Parfois. bon et maternel. la guérir. l'homme tend naturelle- ment mais passe trop souvent sans nous enveloppent de toute part ils sont de tous les jours. ils se répandent sur tous les hommes et nous nous habituons à en jouir comme s'ils se produisaient d'eux-mêmes sans une pensée dirigeante. hélas restent fermés. Se juger indigne de tout. Les bienfaits particuliers ne réveillent pas toujours notre attention distraite. les yeux au ciel contempler le Dieu infini. Nous ressemblons aux petits enfants vers elle . r. Uesprit de reconnaissance et de èénérosité. l'enrichir et l'aimer. se voir. Les bienfaits divins : . pauvre. se penchant vers cette misérable créature pour la — III. L'ingratitude tient peut-être plus à l'inattention et à l'oubli qu'au manque de cœur. Les grâces spéciales ne sont point rares mais nos yeux. et nous nous sommes écriés Que Dieu est bon 1. partout et toujours.. nous l'avons oublié lui-môme. Placé en face de la bonté.e sentir infirme. Thuinble est incliné à traiter Dieu en Dieu.. cependant. puis. I : OMILITé.

L'important est donc de nous tenir dans la vérité tont entière. comme l'esprit d'humilité l'abandon et je suis l'objet d'une sollicitude J'ai mérité la haine. Autant la vue du bien qui est en nous est dangereuse quand elle demeure seule. 11 rappelle ce beau cantique des psaumes qui redit à chaque verset « Quoniam in œternum : ! — : misericordia ejus : il me faut l'éternité pour chanter toutes vos miséricordes ! » L'âme vraiment humble ne craint donc pas de regarder en elle les dons de Dieu et le Magnificat. autant elle est utile quand elle reste unie à sa contrepartie la vue de la bonté de Dieu.. l'attrait de la vaine complaisance. procède de ces deux vues opposées. 2° Or. qui s'harmonisent et 3° . ce sont là ses seuls ennemis. source de : ces bienfaits. rien ne rend la reconnaissance généJ'ai mérité reuse. rien ne met en lumière les bienfaits de Dieu. Ce contraste pourrait se prolonger indéfiniment. se complètent..QUATRIÈMB SEMAINE 258 qui se laissent combler de soins avec l'égoïsme de l'inconscience. il a toute l'étendue de nos misères et toute celle de la miséricorde.. qui s'échappe de ses lèvres. . la louange surtout peuvent insidieusement entraîner l'âme hors de ce milieu namrel.. et je suis attentive l'objet de l'amour 1. La légèreté d'esprit.

seule. une humilité plus haute que l'humilité en face du prochain. Et pourtant. tout égoïsme font sentir que l'humilité manque. — Troisième point : Deuxième point : Envers les infé- rieurs. comme celui cloute : ! de nos frères. seule. révolte parfois et se dément. — Il y a sans Préparation pour la veille. c'est elle qui est le soutien le plus solide de notre vertu : seule. il n'y en a pas qui soit plus vertueuse. une âme bien humble est toujours douce et patiente. Dieu nous a donné un signe auquel nous pouvons reconnaître que nous l'aimons c est : . elle a l'esprit juste et raisonnable. — le prochain les supérieurs. s'il est permis de s'exprimer ainsi elle coûte habituellement.le nôtre. elle attendrit le cœur . En revanche. car celle-ci a des limites. Tout? dureté. hélas bien vite. tout manque d'égards.Quatrième Semaine QUATRIÈME MÉDITATION XXV* EXERCICE De rhumilité de nos rapports envers Premier point : Envers Envers les égaux.

car nous verrons et nous respecterons en eux 1 empreinte de la divine majesté. quel qu'il soit. nous le serons aussi à l'égard de nos supérieurs. Envers les supérieurs. Méditation — Prélude. pourvu que l'on ait la foi mais être humble envers le prochain. c'est presque héroïque.QUATRIÈME SEMAINE 260 Tamour envers ceux qui nous inspireraient naturellement de rindifTérence ou de l'aversion. toute notre conduite envers eux sera pénétrée par l'esprit de soumission intérieure et filiale. nous n'arrêterons plus notre pensée aux défauts qui nous rendraient leur supériorité pénible. double sentiment de la grandeur de Dieu et de sa propre bassesse. Demander la grâce de comprendre ces devoirs jusque dans leur perfection. Il en est de même pour Thumilité. — L'âme qui vit dans Envers les égaux. ne se met avec personne II. A cette pierre de touche on reconnaît la véri. selon les vues humaines. table vertu d'humilité. — — Si nous sommes I. S'humilier devant Dieu. c'est facile. le . et de détermicette méditaner des résolutions très spéciales. insupportable peut-être. tion ayant un caractère éminemment pratique. Ce caractère sacré de représentants de Dieu. réellement humbles par rapport à Dieu. nous aveuglera quant à leurs misères individuelles. rayonnant sur toute leur personne.

quelle délicate charité régnerait entre eux. Bien loin de rivaliser avec personne. à déférer aux autres. des qualités. dit l'auteur de V Imitation. des talents.QUATRIEME MÉDITATION 261 sur le pied de l'égalité . S'il lui faut exercer de la part de Dieu quelque autotant . en ce sens. elle est toujours prédisposée à céder le pas. superiores sibi invicem arbitrantes. modestement. qui sont autant de titres à ses respects et dont elle s'autorise pour s'effacer les tuels. des supérieurs. à leur volonté. Son instinct est merveilleux pour découvrir dans égaux des avantages naturels ou spiridevant lesquels elle se plaît à s'incliner intérieurement. et c'est du fond du cœur qu'elle honore leur supériorité relative. les égaux sont toujours. Elle aime la dernière place parmi ses égaux et ne manque jamais de bonnes raisons pour s'en emparer. il estime qu'il n'a pas d'inférieurs. » — III. des mérites. Celui qui se considère dans la lumière de la vérité ne s'attribue aucune supériorité personnelle sur le prochain. fussent animés de cet esprit! Quelle parfaite union. s'ils réalisaient le souhait de saint Paul « In humilîtate. pour elle. à leurs goûts. dans leurs rapports mutuels. à se ranger à leur jugement. Plût à Dieu que tous les hommes. par quelque côté. Pratiquez cette humilité qui fait que chacun regarde les autres comme : ses supérieurs. Envers les inférieurs. «Ne comptez pas avoir fait le moindre progrès que vous ne vous sentirez pas au-dessous de tous ».

il leur rend les services de sa charge. pour comprendre leurs difficultés et leurs peines. en la leur demandant au nom du bon Dieu. les subjuguent. susceptibilité. Nota. » met à la place de ses subordonnés. Quand remplit avec joie les fonctions les moins releil s'abaisse intérieurement devant eux. 11 cherche à obtenir une obéissance spontanée. les attirent. les talents. il ne le perd pas de vue un seul instant. A la cinquième semame nous retrouvofOBs l'amour du prochain dans une va« plut vaste. . « Que celui qui il vées. Par sa sollicitude. la simplicité et la modestie mettent les cœurs à l'aise. Oh! si nous étions vraiment humbles.262 QUATRIÈMK SXMAIlfl rite. son dévouement et sa douceur. rhumble'n'oublie pas son néant. est le Il se pour y compatir et les alléger. y plus grand se fasse votre serviteur. ni même qui puissent offenser leur une douce et invincible patience qu'il tâche de prévaloir sur les privés. Jamais il ne leur fait de reproches publics. que nous aurions de puissance sur les âmesl La grandeur peut inspirer de la crainte. car ils ne peuvent s'empêcher d'y reconnaître l'image vivante de Celui qui fut l'humilité et la — douceur mêmes. il se fait le serviteur de tous. à l'exemple du divin Maître « qui n'est pas venu pour être servi mais bien pour se faire serviteur ». — de l'admiration. C'est par indociles. il s'agenouille en esprit à leurs pieds. Rien d'impérieux ni de dur. rien d'exigeant dans sa manière de commander.

tiques extérieures qu'elle commande. et «11* ma o est p»^ U portée. Nous imprégner d'humilité. ils sont l'écorce de cette vertu..Elle est pourtant à mieux qu« tout autre. mais cependant ils lui sont très utiles. » Les esprits superficiels ne se rendent pas assez compte de l'influence qu'exerce le physique sur l'humilité peut trouver dans les prale moral . ils en conservent le fruit. rieurs de l'humilité. Peut-être jusqu'ici ai-je regardé avec dédain ou du moins avec indifférence cette sorte d'ac- — tion formatrice. ne sont pas Thumilité. une répercussion qui favorise son développemenL II semble que les choses entrent en nous par les sens et y déposent leur genre d'impression. dit saint François de Sales. Troisième point Premier point — : Exhaler l'humilité.Quatrième Semaine CINQUIEME MEDITATION XXVr EXERCICE De la culture de Thumilité par l'extérieur point : — Deuxième : Nous entourer d'humilité. moins . — « Les actes extéPréparation pour la veille.

Et puis. font — — le contraire. se trouve néanmoins le maître de la direction. etc». rence les moins riches. les moins haut placés. une vertu qui ne pousserait pas son mouvement jusqu'à ses dépendances naturelles? Tout principe vivant crée l'harmonie. Un logement personnel pauvre. pauvre. Une attitude maintenue humble avec persistance peut conduire bien loin dans la vertu. de préféque possible. des habits de dessous très pauvres et très raccommodés. Nous entourer d'humilité. un extérieur dépourvu d'humilité ne serait-il pas en contradiction avec la vertu intérieure. toutes ces indigences agissent sur nos impressions et nous inclinent à l'humilité. Le gouvernail qui n*est dans le navire qu'une pièce de peu d'étendue. quelque pratique spéciale d'un usage fréquent. etc. surtout la partie qui nous est personVêtements modestes. Ces effets se produisent d'eux-mêmes et sans que l'on s'y puisse opposer. Pour notre société. — Logement I. Un logement riche. L'acte bon ou mauvais dépend de notre Tolonté. Méditation — Demander la grâce de m'attacher à Prélude.. si elle est réelle? ou plutôt n'est-il pas permis de suspecter.QUATRIÂMS SBMAINI 264 puissante. comme bien peu active. mais rim- — .. des habits relativement riches. aussi modestes nelle.

A son tour. en effet. que nous n'en méritons pas tant. D'ailleurs. s'applique le principe de corré- physique et le moral.. à la vue des heureuses influences dont elle profite. Notre extérieur. croissemenis. deviendra sa conquête il recevra sa il subira son loi empreinte il sera tout imprégné de ses suaves attraits. puisqu'elle agit sous ses ordres. et la liberté des regards. Là.. pour rendre son influence lation entre le . il paiera son tribut à l'humilité intérieure. et l'aisance peu mortifiée de la tenue. .ciNoniiMK m^oitàhon 26S — pression dépend des choses... lui aussi. de nous répéter que cela nous convient à merveille. Nous imprégner d'humilité. Il est donc sage de s'entourer de tout ce aui entretient des impressions d'humilité. . en lui procurant de nouveaux ac. faites passer en mon cœur l'humilité de ces choses i m — — II..... cette vertu saintement envahissante sent grandir son ambition.. et le ton dominateur de la voix. Elle est même un acte positif de cette vertu. Ayant établi son choix sur les objets qui nous entourent. Une prudente contrainte qui modère et la vivacité des mouvements.. Pourquoi également ne pas faire produire à cette cause tout ce qu'elle contient virtuellement? Ayons donc soin d'arrêter souvent nos yeux sur ce qui est pauvre autour de nous. de l'aimer. communique à l'âme le sentiment de l'humilité.. de nous en faire heureux.. Mettons souvent sur nos lèvres ces simples paroles : « Dieu.

elle ne saurait s'en départir jamais. car — . autour d'elle un éclat touchant. quel secours pour nous. même les moindres. avec les témoignages du respect.QUATRIÈIIK SKMAINI 266 plus décisive. et la physionomie résume dans son expression cet harmonieux ensemble. mélange de candeur. ses regards. Elle aborde ses frères. et d'amabilité. on peut y joindre son motif explije n'ai pas le droit de me donner tant de cite : — La puissance de Texercice s'ajoute à celle de l'impression. quelle puissance pour notre action sur les âmesl. on pourrait dire : elle y rayonne. de déférence Point d'affectation sa tenue. Une personne bien humble a un extérieur particulier. L'image de cette vertu liberté! donc ici — : attire instinctivement. elle y vit. Exhaler l'humilité. s'exhale tout naturellement par l'attitude. sa démarche. tout est empreint d'humilité. le ton de sa voix. Se faire une physionomie douce et humble..... et si elle en varie la forme et l'atténue. Puissé-je n'en pas faire un seul acte au dehors 1 sans en attirer au dedans le parfum ! — Un vêtement imIIÏ. Cette vertu va du cœur. à Elle y passe l'extérieur qu'elle gouverne. — actes et les paroles. o'«Bt par lageMë tt charité* elle jette .. quelle édification autour de nous. Ah puissé-je m'imprégner ainsi d'humilité !. les .. Voyez cette personne humble. où elle réside. prégné d'un parfum l'exhale autour de lui une humilité qui pénètre le cœur et l'extérieur.

. tout... Seigneur. chaque respect manifesté. chaque silence gardé. je veux que tout en aussi que prouve. mes dé- de paraître.. mes manques sirs d'égards. Mais comme la vertu progresse à la faveur de Elle s'y cache . — me donnera mon Dieu. paraître contente de tout et de tous. chaque contestation évitée. . elle aura répandu je ne sais quel charme. jusqu'au son de ma voix» Résolution. cice. et de tous. Ne parlant point d'elle-même. mes empressements.. ! donnez-moi ce que je ne saurais moi-même!. chose merveilleuse. et si profond qu'on en est pénétré. mes contestations. c'est l'orgueil que respirent trop souvent mes paroles. elle n'aura point brillé dans une société... ont augmenté la force de l'habitude et aux autres... ne songent point à la petite violette cachée qui le donne . et pourtant.. et ces constants abaissements Elle s'en fait un saint exerc'est beaucoup.267 GINQUIÈMB MÉDITATION Choisir ce qu'il y a de moindre. céder le pas les laisser diriger la conversation. voilà ce qu'elle fait de la façon la plus naturelle. — 1 — — le contentement de Dieu. et c'est davantage. Je veux tout vous le ju»qu'au fîioir^rë d* me» Boufirt». On a respiré près d'elle un parfum si vrai qu'on le remarque à peine.. moi me serve à devenir humble.. elle est celle qui s'en doute le moins. hélas! et mes tristesses aussi! Jésus si doux etsi aimable par cette vertu. Dieu permet souvent que ceux qui en jouissent. s'efîaçant le plus qu'elle peut.

Aborderai-je qui semble si peu faite pour ma vertu! M'élever à l'amour du mépris. le Ne vous ai-je pas deplus près possible ? — — laisserai-je où vous — comme le vôtre ? Vous marcher seul vers des abaissements mandé un cœur allez à fait ma place? . si le bien le permet! Ah! ce que c'est — serait le rait me Jésus. Quatrième — point Sa : — justification.Quatrième Semaine SIXIÈME MÉDITATION XXVII* EXERCICE De Tamour du mépris — Premier point : Nature de ce sentiment. tranformer ainsi! du milieu de vos — Et cependant. m'écrier devant l'humiliation rigueurs PrépsLration cette méditation 1 : bon! et remercier en quelque sorte les créatures par qui elle me vient! Moi la choisir de préférence. — pour /a ve/7/e. Deuxième point : Troisième point : Sa culture. monde renversé un miracle seul pour. Ses mobiles. peut-être m'appelez-vous à en partager l'amertume et Ne vous ai-je pas dit mille fois /'honneur? que je voulais être toujours près de vous. ô abjections. moi qui ne sais pas même en accepter les inévitables Moi.

269 SIXIÈMB HÉDITATIOIf Pourquoi du moins refuserais-je d'y conduire La sereine contemplation i'une haute humilité fera surgir en moi des regrets sans doute. mais son e£fort s'arrête à une conviction pour ainsi dire . elles ne laissent pas néanmoins d'exercer sur nous une action profonde. des aspirations qu'elles soulèvent. jusqu'au jour où cette vertu leur aura révélé son facultés. — !• Le mépris sinI.dans la région ardue des conseils et parcourir des hauteurs que notre pied n'atteindra jamais. cère de soi porte déjà bien loin l'humililé mais par lui-même. idéal. à élever avec elle la vie pratique. Il suppose assurément des vues de foi très élevées et une courageuse logique. des essais qu'elles déterminent: la conscience du vrai s'élève. et tend. Quoi de plus impulsif que le beau. . Les considérations qui vont suivre sont formatrices elles ont beau s'élancer çà et là. Demander la grâce de me dégager du sens 'humain. de toute sa puissance. : Méditation — Prélude. Il émeut nos plus nobles ma pensée? Certaines âmes resteront peut-être stationnaires dans les voies de l'humilité. d'admirer ce que je ne puis encore atteindre et d'en concevoir du moins le sincère désir. Ce sont des idées qu'elles font naître. Nature de ce sentiment. mais aussi des élans. il ne l'amène pas à ses dernières limites.

il faut en conclure. c'est le nuage qui se balança paisiblement dans les hauteurs le fait. spectateur de qui sort de notre le seul et l'aveu bouche ne retentit qu'à nos oreilles. deux blessures à : : ! — : : — — subir à la fois. Ce sont deux ennemis à combattre. gronde. il est naturellement sa preuve la plus certaine. Là seulement toute notre vie d'orgueil est en éveil. toutes nos fibres sont atteintes. mais à sa Si la révolte s'élèvent seule imperfection l'inclination vertueuse n'est pas assez profondément entrée dans la nature : pour en transformer les impressions . pour ainsi dire. pour que nous aimions un tel sacrifice. on ne peut s'assurer d'une humilité complète qu'au contact du mépris des autres. non à l'absence de l'humilité. et.270 QUATRIÈMI SEMAINI platonique notrft : nous restons bassesse. le mépris qui se lit sur le visage des autres Ce n'est plus en face de nous seuls que nous nous abaissons Nous passons de l'ordre de l'idée vague à l'ordre du fait positif. mais elle . si des bouillonnements malgré l'acceptation. L'idée. l'amour du mépris immole en outre le désir de l'estime des autres. cette tendance si sensible. il faut que la vertu dU passé. Le mépris de soi n'atteint qu'une des deux tendances qui forment notre fonds d'orgueil l'estime personnelle. c'est l'orage qui fond sur notre tête et nous rudoie. dans notre sang. L'amour^u mépris va plus avant il désire le mépris au grand jour. On a beau s'enfoncer dans le mépris de soi. Puisque cet amour étrange est l'acte suprême de l'humilité.

et sous ce règne. l'acte le suit. au contraire. Le premier serait le désir du mépris et le second son acceptation : : : réelle. dans l'intensité de l'inclination et enfin dans l'animent. elle l'embrasse comme une amie. qu'elle retentisse d'accents de joie la vertu est parfaite. les désavouer. 2° Certains auteurs veulent distinguer deux degrés dans cette humilité. la paix s'étend imperturbable. mais la preure d'un sentiment n'est pas sa mesure. Un certain trouble est inséparable de cet état encore imparfait. De tels effets supposent une inclination d'une entière puissance toute l'âme lui appartient jusque dans les profondeurs insondables de la sensibilité. si elle est sincère. elle se complaît dans les abaissements qu'elle lui apporte. mais le désir peut contenir déjà autant de perfection que l'acte. Ils confondent ici degré et priorité : désir naturellement vient le premier. Que cette paix se sente pénétrée d'une intime douceur. jusqu'à ces mouvements instinctifs qui n'obéissent qu'à une longue habitude. elle peut du moins. rien de violent ne se soulève dans la nature pour réagir contre l'humiliation. Si. Elle va au devant de l'humiliation. rélévation des sentiments qui . Cette mesure se trouve tout entière dans la solidité de l'habitude. L'acte aura cet avanle tage de porter avec lui la preuve.sixiÈMi hAditation 271 est assez maîtresse de la volonté pour les vaincre . transformant en amour ses amertumes. la vertu a étac'est que la nature est domptée bli fortement son règne.

et dont tous les parfums lui sont réservés. Le fait et le désir s'équivalent dans l'ordre de la vertu. tournez vos espérances vers le désir. il vous reste de les désirer. la vertu a besoin de rassembler toutes ses forces. sont I . plus imposante. Portez envie. et qu'enfin. vous qui comprenez et qui sentez ces choses. et faites-en le principe d'une vie intérieure toujours plus active. nous venons de le voir mais. cette image plus parlante de son Fils. par l'intensité d'action qu'elle réclame. aussi beaux. dont tout le coloris brille pour lui seul. . de son côté. si vous le voulez. mais rappelezvous que ce Dieu lit dans les cœurs et qu'à ses yeux les désirs sont de vrais actes aussi vivants.272 ouàTriémb semaine Rassurez-vous donc. les prodiges qui le remplissent si étonnants C'est le jardin secret où Dieu prend ses délices c'est une efflorescence printanière. aussi transformateurs que ceux du dehors. aussi méritoires. le fait a. Par là vous pourrez atteindre tous les sommets. à âmes saintes à qui sont épargnées les humiliations réelles. si lé désir a sur le fait cet avantage de pouvoir se renouveler plus souvent. aux victimes qui montrent àleurDieu ce témoignage extérieur de leur abnégation complète. cet agent créateur de tant de merveilles. la lutte se présente plus animée. La réalité saisit jusqu'à nos sens et s'impose à notre âme d'une façon violente. Le monde intérieur est si vaste. celui de provoquer une réaction plus vigoureuse. et se termine par une victoire plus belle et plus d^rJsiv*» . Contre un tel assaut. or. ils ont l'avantage de pouvoir être plus nombreux. la vie qui l'anime est SI intense.

on a peine à concevoir une telle rigueur contre soi-même. 1« L'amour du mépris peut résulter d'uue vue très pénétrante de notre raisère et surtout du souvenir très douloureux de nos fautes. l'amour admire la beauté divine et. L'humiliation lui sert de refuge. Le sentiment du vrai éveille ici le sentiment du juste Je suis méprisable. Tous les motifs d'amour portent à s'humil'amour ne peut prendre son parti d'avoir blessé son Dieu et il en éprouve une telle souffrance que l'humiliation vengeresse lui devient un soulagement. — 18 . de fait. De ce bas lieu il lui semble voir les grandeurs divines s'harmoniser avec sa pe- aimer de lui Sans être étrangers à ces sentiments. face à face avec ses splendeurs. Il naît le plus souvent de l'amour divin et. il rougit tellement de ses propres misères qu'il lier : — voudrait s'enfuir et se cacher. qu'elle l'aime assez pour ne pas accepter qu'il titesse et se laisser ! 3° . la plupart des fidèles arrivent à l'amour du mépris par l'amour tout simple du divin Sauveur. je mérite d'être méprisé.SIXIEME MEDITATION 273 — II. HUMILITÉ. . sans un grand amour. je dois aimer qu'on me méprise Une grande sincérité. Il s'y joint ordinairement l'ambition de se réhabiliter et de réparer l'humiliation sera ma rançon et je la veux entière! 2° Il est rare cependant que l'amour du mé: — — I : pris ait cette seule origine. Mobiles de ce sentiment. Qu'une âme aimante s'attache à ses pas qu'elle se donne à Lui pour le suivre partout où il va. une grande noblesse d'âme peuvent déterminer cette disposition.

je ne les désirerais pas ces occasions bénies qui m'ont rendu présent à votre Calvaire Certes! elles sont vôtres. pour lui épargner un affront ou pour l'ei» consoler voilà une humilité qui se surpasse elle-même. ô Jésus. Gomme lui. je la veux. et. l'ingratitude qui me délui.. sa constance forte comme la mort. u'est-elle pas le mouvement intime de vot^--» condamne. elles relèvent essentiellement de la grâce.. Jésus est dans l'humiliation et je m'y jette. Or la grâce. offrant à vos lèvres desséchées le calice réconfortant de mes propres humiliations aimées pour vous. mais elles sont vôtres à un titre plus mtime encore. ses ingénieuses ressources. ce désir qui les invite. perspective infiniment douce A l'heure où devant les pires outrages Jésus appelait à lui l'amitié des apôtres et le secours des anges. ô Jésus. il voyait. Cette résignation qui les accueille. I ! . Et je ne les accueillerais pas.. par sa prescience. prendre sa place et se sente prête à tout. accourir du lointain une troupe merveilleuse d'âmes consolatrices. ô Jésus.274 QUATRIÈME SXMAINB souffre seul une seule humiliation qu'elle désire .. dans votre soif douloureuse. il il l'a Ta subie. résultent de dispositions que ne crée pas la nature. ces humiliations de ma pauvre vie. avec lui je m'y complais. sa domination triomphante. en empruntant à l'amitié sa noblesse. un « merci » de vos lèvres blémies.. laisse. sa chaleur. J'étais l'une d'elle. Le silence que je garde et qui me : gardé. jusqu'à la trahison!. vous avez daigné le boire en m'envoyant de ce lointain. puisqu'elles vous sont offertes et que vous les avez acceptées..

s'y complaît et s'y perd. — — vous qui i® III. Ce que vous faisiez alors par vous-même. grandi à ce point que je prolonge et que j'accroisse votre vie I. pour que je palpite des sentiments qui animaient votre passé et que vous venez vous-même. II . Père..275 SIXIÈME MéDITATlON action*? Quand j'aime un abaissement. donnez-moi l'intelligence complète de ces grandes choses. mon cœur et vous vous en servez comme vous vous serviez sur terre de votre volonté et de votre propre cœur. Culture de ce sentiment. qui 1. Esprit saint.. c'est donc vous qui l'aimez par moi. ô Jésus méprisé. Voir : Pratique progrettive de la Confettion. être infime. le mépris transformé devient si aimable. t. Fie de Jituê en noue. c'est par moi que vous continuez à le faire divinement! Qu'y a-t-il en effet de plus divin que ce ravissant mélange de nos deux vies! Quelle n'est pas aussi ma joie de vous enrichir de quelques humiliations dont vous ne souffrez pas. que tout le cœur s'y porte. Dans j'éblouissement de ces révélations. un mépris. tandis que vous les tenez cachés à la superbe. faire vibrer en moi. remplissezmoi de l'amour qui leur ouvre les bras! Unissez-moi bien à vous. c'est-à-dire audessus de notre portée et que Dieu seul les enseigne. à cette heure. rappelezvous qu'ils sont surnaturels. soyez béni de ce que vous les avez révélés aux petits et aux humbles. je vous prête ma volonté. et de me voir moi. ne comprenez pas de tels sentiments.

Céderez-vous à cette lâcheté si humaine qui croit faire assez pour la vertu en — rendant hommage? Non. par l'exercice. une chaleur qui développe l'énergie. L'admiration doit être un principe de mouvement qui soulève le désir. ne dites pas : c'est trop haut.. petits et humbles devant Dieu. le mystère de l'humilui . soyez doux pour ceux qui vous ont humiliés. mais votre taille n'a pas atteint sa croissance dernière! Trop difficile pour vos forces présentes? C'est encore vrai. on entre dans une région plus lumineuse. c'est trop difficile!. à cette heure. Si. s'unissant à la nôtre. du moins priez pour eux! A mesure qu'on s'élève. écartez tout dépit. 2* Et vous. partez avec une espérance certaine. ce sera le premier pas vers ne 1 ces hauteurs. : . ce n'est pas assez. supprime toute impossibilité. commandezvous de dire à Dieu parfois merci .. Trop haut pour votre taille actuelle. et que l'action de Dieu. qui admirez ces nobles dispositions sans y prétendre. mais ne savez-vous que.t16 ÛUAtRièHB SEMAiNft croit qu'en ses propres lumières. petits et humbles surtout devant les personnes qui nous entourent. un idéal qui attire en haut. les forces peuvent s'accroître d'une façon merveilleuse . commencez par accepter d'un cœur plus ami ne *es humiliations que vous ne pouvez éviter cherchez pas de moyens extrêmes pour vous les épargner. c'est vrai . vous sentez une lueur matinale se lever sur votre ciel. âmes timides. graduez votre marche. Ah faisons-nous petits et humbles dans la mesure de notre grâce.

C'est vrai. égal. D'autre part. une objection déjà soulevée et sommairement résolue : un tel sentiment n'est-il pas contraire à tous nos instincts personnels. — IV. à la raison elle-même? Contraire à nos sentiments? Evidemment. Au sentiment des hommes? raison? Eh bien! oui encore. A leur clarté supérieure. mais l'attendre avec un secret désir. 3° Appeler Thumiliation ne contredit pas la défiance de soi-même. L'amour qui ambitionne de suivre Jésus jusque-là. mais plus puissante encore. La raison est son champ naturel est étroitement limité. laisse à Jésus le soin de la départir à éloge. Or. paternellement. à l'universel sentiment des hommes. Justification de ce sentiment. que dis-je. ne point l'appeler. Toute la générosité de l'âme semble alors se ramasser sur elle-même. mais les dogmes de la foi viennent étendre ses vues sans mesure. C'est l'attente filiale dont saint François de Sales fait un si digne délicate réserve. si A la raison la est seules ressources. Ici se présente. prête au premier signal. peut être — quand un amour aussi parfait. par une nous son gré. compte avant tout sur sa grâce. laisse deviner une invisible quelque chose de ses main toute-puissdnte fait franchir les obstacles et au besoin relève des chutes. notre raison mieux informée tire des conclusions nouvelles.277 SIXIKMS MÉDITATION liation secrets. . entièrelivrée à ses courte. ces conclusions Qouvellos apportent un idé^l nouveau.

. S'offrir. par cet essor vers l'amour du mépris. la pleine liberté de ses initiatives. mais seule elle nous établit dans les conditions parfaites qui laissent à Dieu.. elle devient dans le surnaturel une vertu éminente qui n'est que de conseil. premier principe de nos actes. amour le ! . — S'humilier de se voir si loin de Chercher dans un plus grand sens qui comprend et qui goûte cette voie. Résolution. Thumilité chrétienne est déjà une vertu surnaturelle. Par ses exigences essentielles..278 odatriAmb sbmainb ment étranger à la nature humaine..

d'intelligence. et nous nous serions contenté de renvoyer à ses pages lumineuses. Demandons-nous d'abord ce que c'est qu'une abjection.ÉCLAIRCISSEMENTS Sur Tamour de la propre abjection Saint François de Sales a traité ce sujet avec son habituelle sagesse. soit surtout aux yeux des autres nos infériorités de tout genre. Une abjection. Tout ce que nous pouvons faire ici. de vertu. nos insuccès notoires. nos torts mis en lumière.. si nous n'avions bien des fois subi cette question enfin que faut-il entendre par l'amour de sa propre abjection?.. c'est de formuler la doctrine de notre grand saint d'une façon plus rigoureusement méthodique. de position. dit saint François de Sales. est moins dans le fait que dans l'opinion.. de relations. Une chose n'est humiliante que parce qu'elle est jugée telle. dans un ordre plus intime nos tentations basses. de savoir. un bon et dévotieux ermite tout déchiré et pénétré de froid. selon les cas. de fortune. « Voyez. nos fautes et particulièrement nos re: — — — : chutes. Nos défauts. L'abjection extérieure. surtout ceux qui sont apparents. et le même acte sera une abjection ou un sujet de gloire. : ! I. d'avantages extérieurs. c'est tout ce qui nous rabaisse soit à nos propres yeux.. nos concessions lâches. chacun . remarquez-le bien.

l'humilité sont des vertus qui passent pour viles et abjectes aux yeux du monde. la douceur. une autre l'a au visage celle-là n'a que le mal.280 QUATRIÈMB SEMAINI honore son habit et plaint sa peine. au lieu que le second est presque universellement dédaigné. on appelle cela obéissance et sagesse. telles sont certaines impolitesses. la générosité et la libéralité. la simplicité. « Il y a des vertus abjectes et des vertus honorables la patience. mais celle-ci aie mépris et l'abjection avec le mal. « tombe dans la rue. ou bien un enfant de son père. mais. et outre le mal qu'on fait. on se moque d'eux et la même pauvreté est abjecte en leur personne. les autres honorés donner l'aumône et pardonner à ses ennemis sont deux actes de charité. l'humilité n'exige pas qu'on les commette à dessein. inadvertances e( . Il se trouve encore dans la pratique d'une même vertu des actes dont les uns sont méprisés. il n'est personne qui ne loue la première. on appelle cela bassesse d'esprit et lâcheté. on en reçoit de la confusion. une pauvre demoiselle paraissent en cet état. : : Certains accidents couvrent de honte. mais si un pauvre artisan. on les méprise. Une personne a un cancer au bras. mais elle demande qu'on ne s'en inquiète point quand on les a commises. » On se « Il y a même des fautes qui ne sont suivies d'aucun autre mal que de la seule abjection. Un religieux reçoit en silence une correction fort vive de son supérieur. si une personne du monde en souffre autant de quelqu'un pour l'amour de Dieu. au lieu qu'il estime beaucoup le savoir-faire. » .

je regretterais le péché avec indignation et je conserverais l'abjection dans mon cœur avec une humble patience. Je dis bien plus. Or. Certainement. » II. mais à l'aimer et à nous y complaire en vue de la gloire que nous devons rendre à Dieu et de Yestime que nous devons accorder & notr9 elle . la sainte humilité veut que nous en acceptions toute l'abjection. si je me suis laissé aî>r. la prudence et la civilité veulent que nous les évitions autant que nous le pouvons. la perfection de f humilité consiste non seulement à reconnaître notre abjection. Qu'est-ce que V amour de l'abjection? Ce ne peut être assurément l'amour de l'abjection pour elle-même « ce serait bassesse d'esprit ou lâcheté de cœur ». « L'humilité est la véritable connaissance que nous avons de notre abjection et la disposition qui nous porte à la reconnaître volontairement en nous. à dire des paroles piquantes ou peu convenables. j'en concevrai un vrai repentir et je réparerai la faute de mon mieux. parce qu'elle est vertu. donne l'inclination vers ce qui rabaisse justement. c'est l'amour de l'abjection en tant que chose juste et bonne' Seule l'humilité la fait envisager de cette sorte. en même temps. mais. et si l'on pouvait séparer l'un de l'autre. quand elles nous ont échappé. 281 autres défauts. seule . aussitôt je me le reprocherai vivement. mais.ÉGLAIRCISSKMKNT9. par colère ou par quelque autre motif. tîC. parce qu'elle écarte les préjugés de l'orgueil. j'accepterai l'abjection qui peut m'en revenir.

préférable à celui de notre choix. qu'on entre ainsi dans le plan de Dieu. Elle prête une moindre prise à l'amour-propre. — : — . Tel n'est pas le jugement des hommes qui réservent leur estime pour les humiliations que l'on s'impose librement. Elle offre des garanties plus sûres. l'humiliation acceptée jouit d'une plus haute origine elle vient de Dieu. » (Saint François de Sales. dans ces dernières. on voit plus ostensiblement la générosité qui les recherche. Or. si l'amour est égal de part et d'autre. Une humilité haute et sereine trouve une immense joie à se voir introduite ainsi dans le plan de Dieu et sans être initiée à ses vues lointaines. elle le sait d'avance admirablement beau et paternel. dans ce plan de sagesse et de bonté.) III. parce qu'elle se cache sous le voile de la nécessité. Mais l'on ne songe pas que la générosité qui les accueille peut être égale. Pourquoi l'humilité affecîionne-t-elle par- ticulièrement l'abjection qu'amènent les circonstances? Pour cette raison élevée et trop peu considérée.QUATRIËMB SEMAINI 282 prochain sur nous-mêmes. puisqu'elle est choisie par rinfaillible sagesse. L'erreur vient de ce que.

aux yeux des hommes. Elle est un préservatif. précautions diverses.Quatrième Semaine SEPTIEME MEDITATION XXVIII® EXERCICE Précautions diverses Premier point : Du soin que Dieu prend de notre humilité. — Sous ce titre Préparation pour la veille.d'être de l'amour de la propre abjection nous verrons pourquoi la Providence lui fait une si large place dans son plan sur les plus belles âmes : l'abjection est pour leur humilité un préservatif et un remède. Deuxième point : De notre correspondance à ce soiu — divin. autre pauvre chose encore. nous allons étudier la principale raison. elle dissipe ces fumées d'amour-propre qui s'élèvent naturellement dans notre fond d'orgueil. A nature humaine sujette à s'endormir. et. mais elle es'. elle est un stimulant. qui réveillent son : . par ses abaissements extérieurs. l'admiration toujours dangereuse dont ils en"^ tourent la vertu. elle contrebalance. il faut des blessures sensibles. en même temps. k .

lui est commun avec la douleur.quàtribmb sbmaini 284 ardeur comme fait Téperon aux flancs du coursier. qui est le reflet de la véritable humilité. c'est l'impression d'abaisCette impression. elles peuvent nous attirer la malveillance et l'envie. Sont-elles parfaites? peuvent être méconnues. il est vrai. Sous ces coups. tient le cœur attendri à l'égard de Dieu et particulièrement doux au prochain. ces qualités Pieu. — L'humilité nous est tellement nécessaire que Dieu permet l'humiliation en tout et partout.. qu'il . quand qu'elle laisse. par le profond détachement opère. d'ordinaire. Demander la grâce de sentir Dieu et sa bonté dans tout ce qui m'humilie. l'amour de l'abjection donne à l'âme sa liberté complète il est le coup d'aile tout puissant qui affranchit de la loi d'attraction vers la terre. Du soin que Dieu prend de notre humilité. ces défauts sortent de — elles mêmes. 4^ Méditation — Prélude. Désormais la route aérienne des hauteurs est ouverte à son essor. et. Ajoutons que. 1° Nos qualités sont accompagnées de défauts. I.. (\\ie vo'4s êtes boi^ 4ftns votre sagesse mon I . profonde et paisible. Ce bienfait. le besoin de Dieu devient plus vif et la prière plus intense. mais ce qui lui est sement est elle propre. Elle donne à la physionomie elle-même ce quelque chose de déférant et de bon.

. elles s'écrient Pourquoi. L'insuccès nous en est imputé.. merci 5" Mais pourquoi ces tentations qui menacent la vie même de mon âme ?.. que je ne vous offense jamais Il faut tout Père. Pourquoi ces bas calculs que je ne veux pas ?. constate que tu n'es rien. » — cela pour te faire humble.. Nous aurions grande envie de nous irriter contre nous-mêmes? Non. que vous êtes bon dans — I votre sagesse 3» Parfois I ce que nous taisons de meilleur se trouve discuté.. non c'est pour mon bien !. Lasse de toi... » Merci. contrecarré.. Cette — vaut — — ! — « Virtus in infirmitate perficitur. Plonge tes racines dans les profondeurs de ton néant. encore et toujours.. ô Père.. regarde-moi davantage. gesse 4» que vous êtes bon dans votre sa- î Notre vie intérieure. mais que savoure ma nature?. abattement dans nos travaux. ô mon Dieu. ô Père... Dans leur détresse... insensibilité désespérante.. Pourquoi ces ignominieuses images que repousse ma volonté.StPTIBMI 285 illÉDItAtlOff "Il 2» Nous roulons perfection s'attache le bien.... mon Dieu.. table rien... pourquoi? « Mon enfant. détruit.. Parfois l'imprudence et la maladresse la font dévier. dégoût pour toutes choses. pleine d'humiliations aussi. Tel est le partage de plusieurs âmes aimées de Dieu. du moins 1 . que tu : — — : ne peux connaissance expérimendes années de consolations. mais souvent Timà cette volonté pour la — rendre empressée ou découragée.. elle est froideur et sécheresse dans nos prières..

l'abjection... il hélas ! 1 faut grand !.. Après ces considérations.. De notre correspondance à ce soin divin.. 2» Efforçons-nous d'aimer ràbjection de — — — — ! toutes ces — choses. n'employa-t-il pas de la boue faite de salive?. je vous en supplie. et si habile à écarter une humiliation extérieure Ne nous excusons que lorsque Dieu l'exige. nous nous proposerons fortement de correspondre à cette action de la sagesse divine.. Il est si enclin à éloigner la vue de nos défauts. 1® Notre premier devoir sera de la reconnaître.. nous. Merci. L'orgueil ne se guérit guère que par l'humiliation à certains aveuglements. : 1 — II. Mais. Si je en même temps d'y être sensibles.. il faut de la boue 1.. — Aimer aimer vraiment l'humilité substantiellement. et nous 6" Hélas tage. — Pourquoi. n'en suis pas impressionné. pourquoi ? pour guérir l'aveugle. ô mon Dieu. laissons sur notre vertu si fragile ces épines qui la protègent. c'est et c'est la nourrir ... pour cette grâce sévère. tant notre orgueil est Dieu à regret retire son bras. ce moyen sera sans effet. en étudiant les sujets d'humiliation qu'elle a daigné placer en nous et autour de Efforçons-nous Ils sont nombreux. Dieu aura besoin de pousser plus avant la dure leçon 1. cette grâce sera perdue. ô Père... faites que je sois humble dans ce remède extrême — Jésus.OOATRIÈMK 8EMAINÏ 286 II faut parfois bien davandes fautes. Prenons garde auxruses de rameur-propre.. tombons.

nos défaillances inconcevables.. c'est incapable. être tenté c'est se voit en des chose?.. nos imperfections persistantes. aimer sans i'abjecUon. c'est se faire content de tout cela. nous contemplerons la sagesse.. tromper soi-même. Où en suis-je à l'heure présente? Ai-je de l'amour pour ces abjections que vous aimez et que vous cultivez? Quel spectacle splendide se révélera à nos yeux quand..... basses. je vous entrevois que vous avez prises pour me conserver humble. s'écrierait — — — : .. c'est avoir des défauts très apparents. « Bonum mihi quia humiliastime. en face des contradictions Alors que subissent les Saints eux-mêmes. mon Dieu. dans la sauvegarde de notre fragile humilité. et se justifiera d'elle-même. Alors s'expliqueront tous ces pourquoi qui nous tourmentent.. Aimer l'abjection. de notre Père. ne pas c'est réussir.... en un mot toutes ces lamentables misères qui font nos alarmes. nous arracheront des cris d'admiraLa sagesse y rayonnera de toutes parts tion.. nos fautes même. L'ignorant qui verrait un jardinier jeter des épines autour de plantes délicates.. L'abjection. l'utile — — C'est en cuitiver souvenir..» C'était mon bien. et je ne le sagesse de enfin dans les précautions savais pas!... hormis le péché. Et à quoi ne vous ai-je point forcé par mon aveuglement?.287 ^CPTIÈMK MÉDITATION Aimei serait se rhurnilité.. arrivés au terme..

l'empressement qui ne donne pas le temps de choisir les meilleurs moyens. en lui communiquant cet esprit de discernement et de mesure. ne saurait être question de cette prudence simplement humaine qui. l'obstination enfin qui aggrave l'erreur ou l'insuccès. le recevoir de la main de Dieu. dans son Certes. l'action de l'humilité sur la prudence. sans lequel on la verrait tristement s'éloigner du vrai bien. nous l'avons vue écartant l'illusion qui trouble le jugement. en divers endroits de ce livre. nous allons voir la prudence jouer un rôle analogue à l'égard de l'humilité. arrête mais de l'humilité à ses courtes prudence surnaturelle qui prend sa règle d'appréciation dans les vérités révélées et donne ses décisions en vue de la limites. la . la trop grande confiance en soi-même qui ne laisse point place au doute sage et au conseil.S88 QtjÀTftiàHS stMiimË Que c'est laidl Ainsi faisons-nous à l'égard du Jardinier céleste. il ignorance. mon Dieu. — ÉTUDE SUR LA PRUDENCE Dans Thumilité Nous avons fait ressortir. m*appliquer à m'en faire content. que vous êtes bon dans votre sagessel — — Résolution. Aujourd'hui. Chercher le sujet d'humiliation qui m'est le plus pénible.

de cette prudence qui laisse à rtiumilité tout l'espace des exemples du Sauveur. Faire consister la vertu dans un juste milieu qui s'éloigne à la fois des actes inférieurs et des actes éminents. la vertu même de Jésus. Le milieu sage que proclame la raison. même dans l'ordre des qualités physiques. L'humilité d'effacement n'atteint pas l'être. soit le amoindrissait notre être. et lui permet d'aller aussi loin que le bien lui-même. qui lui permettent de s'étendre jusqu'à l'héroïsme. or. — 19 . à plus forte raison dans le développement des qualités intellectuelles. Non. mais le paraître elle ne limite . d'amour du mépris qui restent les conclusions intangibles des principes précédemment médités? La notioii de vertu et celle d'humilité ne seraient-elles pas ici contradictoires. la vertu devant tendre à nous grandir et l'humilité s'appliquant à nous abaisser sans relâche. que deviennent ces doctrines d'effacement. et surtout des qualités morales en qui réside la vertu. En effet. est celui qui se tient à l'écart soit de du trop peu : l'excès n'est plus trop peu ne l'est pas encore. la perfection consiste à se rapprocher de Dieu qui est le tout-être. HUMILITE. d'abjection. l'humilité ne saurait nous abaisser et nous diminuer. vertu . Cela est vrai. serait consacrer la théorie de la médiocrité.ÉTtîDB SUR LÀ PRUDENCB 289 plus grande gloire de Dieu. en acquérant le plus d'être possible. toute vertu tend à perfectionner. trouve sa place entre ces deux extrêmes. La vertu tout entière. L'humilité ne serait pas une vertu si elle l'excès. Mais alors.

sa liberté. telle ou telle forme de cette vertu. — L La prudence réglant les actes. faire prévaloir et de . Le rôle de la prudence est précisément de maintenir cet ordre.290 QtJAtRiÈMK 81HAINB — pas notre valeur. A elle de conduire tout le mouvement de nos actes d'humilité à elle de faire prédominer. en nous faisant — un front d'airain. L'humilité d'abjection. La prudence a le fens plus large. Enfin. nous les montra comme la désirable compensation des infinies misères dont elle gémit. ou pour respecter un attrait. mais nos prétentions. assurent à la vertu sa beauté. Gomme toutes les vertus. trempe nos âmes. toutes ces humilités ensemble. Quant à l'amour — du mépris. pas sans son assentiment. selon les circonstances. c'est en effet le propre d'une tendance d'aller au bout de son impulsion. à rencontre des fausses notions et des tentatives irréfléchies. l'humilité doit agir sous le contrôle de la prudence elle ne peut faire un . à elle aussi d'en modérer l'essor. au lieu de nous éloigner des grandes choses. en la dégageant de toute obsession il — personnelle. elle n'a jamais le droit de résister à ses ordres. D'elle-même peutêtre pousserait-elle son mouvement jusqu'à des manifestations peu dignes ou des !i(^sitations pusillanimes. pour mieux équilibrer une nature. en la débarrassant de tout alliage impur. elle ne permet pas de négliger . et c'est son habituelle infirmité de n'envisager que son but spécial.

qui portent le cachet du ridicule c'est pourquoi elle la préserve de toute déformation même intérieure. toutes les expressions. mais je Elle : . Je tends à l'effacement. Elle la veut franche et sereine. elle jouit de toute sa vigueur pour chercher et accomplir les volontés divines. rabaisserait notre perbien dans son expansion.ItUOI sur là PRtJDiNGl un 291 acte utile. C'est pourquoi la prudence arrache impitoyablement à l'humilité toutes les attitudes. elle le repousse tout comme ce qui nous diminue. au mépris c'est le sens dans lequel me pousse l'humilité. elle dégrade intrinsèquement celui qui se l'impose. Ce qui est une laideur. Ne nous la représentons pas austère et sèche. La laideur morale est incompatible avec la vertu. elle la subordonne. par cela seul qu'il met en évielle s'oppose à tout ce qui diminuerait : dence notre \raleur morale. elle a le sens du beau comme celui du juste. elle la rend désintéressée et souple. à l'humiliation. loin de là: mise à son rang. ce qui suscite une foule d'initiatives secon- sonne et arrêterait le . abandonnée à l'action de Dieu et désireuse avant tout de sa plus grande gloire. le Ciel ne saurait l'accueillir sous aucune forme. maintenue dans son rôle. Elle n'est pas l'œuvre de Dieu et ne saurait être utile aux hommes. mais elle nous empêche d'en exagérer la rigueur. Elle ne paralyse pas l'activité. elle la maintient confiante et courageuse . daires. Notre initiative propre n'en est pas supprimée. » ne nous demande pas non plus d'abdiquer nos droits.

tels abaissements lui seront interdits. ô âmes méfiez-vous deh doutes que soulève peut-être une timidité complice. inclinez vers le parti qui humilie le plus. or. devant toutes les manifestations d'une volonté supérieure. Allez donc résolument vers votre objet. mais l'amour qui les suggère. ne font que s'accroître par la compression d'un désir inassouvi et par le mérite d'une réserve qui coûte. et. si vous voulez être parfaites. l'influence qui préserve et le reflet qui charme. telles paroles. Tels actes. Si l'exercice de la vertu a des limites. qui m'assigne telle tâche ou me demande tel concours et je . Le but sera n?ieux distingué. docile. prête toutes les forces intactes de mes facultés comme de mes vertus. ô âmes éprises de l'humilité. moins généreuses . mais l'inclination qui y tend. . demandez-vous si la conscience vous y oblige. n'est pointla diminuer en elle-même. car le désir déréglé de l'estime vaine ne lui m'aveuglera pas» Retenir l'humilité dans son exercice. Allez particulièrement vers les actes. l'amour qu'on lui porte reste sans limites. Avant de vous détourner de telle humiliation. loin de diminuer. et de répandre sur toute notre vie morale. la vertu est dans cet amour les sentiments exprimés au-dedans sont à la fois des actes méritoires et d'utiles prépara: tions. les moyens plus sérieusement choisis.292 QUATRIÈME S&MAIN8 m'arrête. et ne vous arrêtez que devant la crainte d'une faute. Rien ne l'empêche de chanter au-dedans de nous son continuel cantique d'adoration.

elle fait adopter le genre d'humilité qui convient à la position de chacun. mère de famille et chargée d'un personnel nombreux . que les paroles et les décisions aient à revêtir une forme différente en face de positions diverses. dira-t-on. forces : : 1 II. Ne serai k-il pas préférable. fidèlement accompli. Autre doit être l'humilité d'une religieuse. plus loin. autre celle d'un homme politique et d'un militaire.ÉTUDE SDR LA PRUDENCE 293 Nous devons cependant tenir compte de nos présentes en allant au-delà de son courage. de déposer. tout le monde le comprend. autre celle d'une femme du monde. on se déprime. mais portant ses conseils lité qui convient. en son particulier. même en dehors des occasions. en dépassant sa grâce on tente Dieu. l'avenir reste ouvert Cherchez même dans l'humiliation de n'être pas humble. L'humilité qui convient à tous est d'ailleurs celle des actions ordinaires chaque acte... puissent garder le genre. mais ce que l'on comprend moins. le désir de le devenir. La prudence déterminant — le genre d'humi- La prudence ne se contente pas d'encourager ou de retenir l'humilité dans les actes du moment. des formes par exemple favorables au commandement pour ne les reprendre qu'en public ? N'est-il donc pas plus parfait d'exercer l'humi- même lité extérieure toutes les fois qu'une circoas- . c'est que cette attitude et ces paroles. Que l'attitude et les manières. Et puis. Cela saute aux yeux. développe l'habitude.

elle concourt à ses fins et ce ne serait point sagesse de s'en inquiéter. Venant de lui. La prudence a des vues de plus longue portée. mais elle interdira tout ce qui apporterait quelque diminution de prestige ou de vigueur. se mettre à l'unisson. elle sait qu'une attitude ne se prend avec aisance et ne s'affirme avec force que par l'effet de Thabitude voilà pourquoi elle conseille d'écarter toute manière d'être qui en interromprait le mouvement. mais il pour échapper aux yeux exercés de la prudence et à la sagacité de ses moyens préservatifs.. il passe avec son influence et sa physionomie dans la forme extérieure. . elle imposera une humilité profonde et forte elle conseillera toute pratique qui rabaisse sincèrement devant Dieu et devant soi-même. on y retrouve ses traits comme on retrouve dans les enfants. Aux personnes qui ont à paraître et à commander. un secours providentiel contre l'orgueil . Que Ton se rassure d'ailleurs aux grâces d'état qui ne manquent jamais. r9- . Un danger résulte de cette conduite. les traits de ceux dont : ils sont l'être prolongé. Dieu très souvent ajoute la grâce de l'humiliation réelle. Accueillons-la comme est trop évident . La vertu est une harmonie et cette harmonie résulte d'une communauté de vie. Tout acte intérieur façonne même le dehors. Il n'est pas jusqu'aux pensées et aux sentiments qui ne doivent. dans une certaine mesure. Son but sera ici de fortifier intrinsèquement la vertu.294 ouatriAmii sevaini tance n'oblige pas à la restreindre?.. que nous ne devions pas rechercher.

de leurs aptitudes comme de leurs succès.295 fTUDK SUR LA PRUDENCE gardons-Ia comme une compensation heureuse aimons-la de tout l'amour que nous avons pour la vertu d'humilité et faisons lui une place aussi large que la prudence le permet. On ne saurait impunément se passer de cette force permanente. trop de défiance en est uc autre . . Une âme en qui domine une trop grande dé* . — milité : nihile. le fonds qui les soutient c'est en elles que s'établissent les habitudes. Notre nature est le fonds d'où partent nos actes. Trop de confiance en soi est un vice. L'hésitation paralyse l'initiative ou la rend douloureuse. prudence prescrit en vue d'une situation à sauvegarder. . l'impuissance envahit la vie et l'anIII. elle le conseille pareillement en vue d'une nature à équilibrer. Il y a des personnes qui doutent toujours d'elles-mêmes. On dira peut-être que la vertu consiste après tout dans la juste appréciation des choses et dans la volonté du bien : on oublie qu'elle conencore dans les dispositions de notre nature. La prudence modérant l'exercice de l'huCe que la pour équilibrer une nature. La conscience du devoir peut commander une conduite énergigue seule une nature fortement préparée en impose les conclusions avec autorité et en porte le poids sans siste plus . et celui-ci n'est pas moins funeste que Le trouble envahit l'âme et la décelui-là forme. fléchir. .

tures. Mais. car il y a l'amour-propre souffrant. . la rassérène et la soutient. de ses maladresses. Qu'elle se tienne entièrement dégagée de tout orgueil qu'elle cherche à déet de toute prétention couvrir Dieu dans le bien qu'elle fait et ne commande qu'en son nom. au lieu de l'envelopper inerte dans le suaire d'une humilité mal comprise. les relever. surtout si elle a une mission à remplir. elles vivent. Agir ainsi. mais aussi de la juste consciensce de sa propre force. c'est faire fructifier le talent reçu. une hufiance d'elle-même. de ses infériorités. précifaible en ses ressorts sémentau milieu de ses alarmes. l'amour-propre lui-même pourrait très aisément se frayer un autre chemin. d'autre part. rien de mieux. qu'elle écarte résolument l'impression trop vive de ses insuffisances. les rassurer. . milité paisible remplit alors sa vie. Ceux qui ont la charge de ces âmes timides doivent leur donner confiance en elles-mêmes par des approbations opportunes les laisser agir seules pour développer leur initiative les accréditer par divers moyens dans le milieu oii . aurait le . pour ne pas déprimer un caractère déjà trop et d'ailleurs. et c'est celui qui menace de telles na.296 QUATRISUK SEMAINK donc tort de cultiver sentiment de son impuissance et de trop incliner à l'abaissement devant les autres. les amener enfin à cette aisance dans la parole et dans l'action qui résulte du sentiment de Dieu sans doute.

le sentiment profond de leur misère. la tentation elle-même a respecté tant d'innocence. . le stimulant de leur ferle veur.ÉTUDE SUR LA FRUDENGB IV. il leur semble à toutes qu'une sorte de : ! — — flétrissure les atteint . leur cœur se resserre et leur élan vers Dieu se décourage. nous voyons des âmes. La prudence respectant un — 297 attrait sage- ment reconnu. fort généreuses pourtant. Chez d'autres encore le sens du beau est tellement développé qu'il se détourne instinctivement de toute laideur. Par contre. Nous Tavoiis vu. es saints pour la plupart s'acharnent à se rabaisser ils éprouvent une joie amère à s'accabler des qualificatifs les plus humiliants. Elle peuvent avoir. Rien qu'au contact de ces choses sur leur pensée. et trouvent dans . signalent à la prudence une disposition provi- dentielle qu^elle a le devoir de faire respecter. mais elles en cultivent moins l'impression. Les caractères que nous venons de décrire. Comment s'indigner contre ce que l'on connaît à peine Chez quelques autres. Ce sont souvent des âmes particulièrement pures le mal ne les a point marquées de ses stigmates déshonorants. sentiment sans cesse renouvelé de leur propre abjection. autant que ces saints. Serait-il juste de condamner de telles répugnances? ^rait-il sage de les violenter? Nous ne le croyons pas. qui s'arrêtent moins à cet ordre de sentiments et qui y rencontreraient quelque gêne. les délicatesses d'une nature affinée. souffrent vraiment à regarder toute souillure.

quels que soient les succès de vos œuvres ou les dons de votre prière. suscite ses plus grands efforts. vous ne la méprisez jamais. répondra peut-étr^ semaine. vous la regardez avec des yeux habitués à contempler le Calvaire et vous lui ouvrez vos bras comme pour étreindre Jésus avec sa croix K Si même votre attrait ne vous porte pas spécialement vers l'humilité. quelle que soit la misère du prochain. n'est pas essentiel à la vertu de les envisager il suffit qu'elle en retienne qui la déterminent. 1.. telle Il ! dira-t-elle à ces âmes: moins bien à votre humi- autre pourra lui convenir davantage. Le meilleur pour telle âme n'est pas tous. Qu'elle le devienne sous telle ou telle bonne influence. : . cela importe moins à la vertu. pourquoi le contraindre? L'humilité. L'humilité que nous décrirons dans la cinquième Transformation. vous vous faites constamment douce. indulgente et bonne. sous ce titre ^ l'attrait de plusieurs. mieux en rapport avec sa nature. vous ne vous élevez pas en vous-même..QUATRIÈME SEMAINE 298 Ne VOUS troublez pas cet ordre de motifs va lité. L'essentiel est que votre humilité soit pratique et généreuse. vous vous sentez toute petite. Sans doute les motifs d'abjection portent l'humilité fort loin . mais bien celui qui. Face à face avec la pensée de l'infini. mais le motif du Tout de Dieu ouvre aux âmes contemplatives des horizons non moins étendus.. comme les autres vertus.. toujours le plus renommé ou le plus excellent. Si l'-humiliation vous arrive.

Cultivez rabnégation.la pauvreté. Dans cette voie. le dévouement aux autres. vous marcherez plus librement et vous irez plus loin. . votre vie par ses rencontres. selon votre attrait. Cultivez donc. l'union de pensée avec Dieu" ou la reconnaissance. vous répandrez le parfum de vos fleurs et vous donnerez à Dieu les fruits qu'il attend. parfois même par ses défauts votre éducation par son développement et ses habitudes d'esprit. vous dépéririez comme la plante transportée dansun sol qui ne lui convient pas. tandis que là vous étendrez votre ramure. par exemple la pureté d'intention. elle n'a droit à un autel à part dans chaque temple. Hors de là. Tout cela résulte d'une disposition pro: .Atude sur la prudence 299 mérite un culte général mais. Votre nature par ses tendances. videntielle et marque une voie. vous ont constitué apte à telle vertu plutôt qu'à telle autre. Développez surtout l'amour divin. pas plus que ses sœurs. l'oubli de vous-même. avec ses ardeurs ou son intimité.

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.tiinn<Tr CINQUIEME SEMAINE TRANSFORMATtON .rrrY»irrmrnnrmrmiM.

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lement une injustice et une injure. l'autre par la recherche de l'estime qui nous protège. poussant trop loin la sauvegarde du moi ou plutôt son exaltation. En effet. Ensemble. là est aussi leur danger. il serait grave désordre. la sauvegarde de notre personnalité.t^RÉPÂRATIÛN k U CINOUIÈME SEMAINE Aux premières pages de ce livre. La * ne le souffrira point et. comme si nous avions le droit de rechercher notre gloire plutôt que la sienne. l'une par l'affirmation de notre propre valeur. comme si le bien venait surtout de nous et non pas de Dieu le but. le désir charge de conduire de l'estime des autres. parole de l'archange. il aurait beau trouver quelque excuse dans cette sorte d'inconscience qui généralement l'accompagne. Un tel renversement des rôles ne seraient pas seu: . En elles-mêmes. nous l'avons vu. Là est leur rôle. ce sont deux forces aveugles qui dépasseraient leur objet si la vérité et la justice ne venaient les guider et au besoin les contraindre. elles ont pour objet. il n'en produirait pas moins ses mauvais effets dans notre un vie morale. nous avons analysé les deux tendances que l'humilité a l'estime de soi. elles feraient de notre personnalité exclusive le principe et le but : le principe. elle s'écrie vaillante humilité s'armant de la à son tour: Quis ut Deusl Arrière ces prétentions insensées Qui donc est le véritable auI .

Ce rôle nouveau procède d'une conception nouvelle. par une la — . dans un éclat de triomphe. en les dirigeant du côté du ciel. leur beauté se dégagera de tout alliage et. et le désir de l'estime cherchera le regard même de Dieu. car elle est leur couronnement. elle va les transformer. Or. Ces dispositions transformées trouverontpour s'étendre une sphère plus vaste . elles les a contenues. Toutes nos vertus viendront le reconnaître comme le premier principe d'où elles émanent. rien de ce que Dieu a créé ne sera détruit. la règle de son activité. extension d'ordre surnaturel. Les deux tendances que l'humilité s'est jusqu'ici contentée de vaincre. elles se reposeront sur des objets plus sûrs. Ainsi. En les faisant respecter. ces deux devoirs sont la base de la vie chrétienne. Tant qu'elles inclinaient du côté de la terre. terminant sa carrière comme un beau jour.304 CINQUIÈMB SEMAINE teurde tout bien? Qui donc mérite avant tout louange? Notre orgueilleuse personnalité ainsi reléguée à sa place. Ainsi. l'humilité va se montrer à nous. Nous allons voir maintenant qu'elle en mérite un autre encore plus beau. Elevons donc nos espérances comme nos re- . finalement. lacondition de son mérite. et tous nos actes se dirigeront vers lui comme vers leur fin nécessaire. leur action se portera de Dieu vers le prochain. elle va maintenant les affranchir. l'estime de soi deviendra l'admiration du divin en nous. aux dernières pages de ce livre. voilà Dieu remis sur son trône. l'humilité justifie donc son titre de fondement et de gardienne des vertus.

en une limite plus restreinte. en essayant de vous contempler à travers les ombres transparentes de la mystérieuse création. marchons à de pacifiques conquêtes. La vertu que nous allons poursuivre a été celle des saints et par excellence celle de Marie. elle sera. ne daigneriez-vous pas l'ébaucher sur la terre f Ce que j'y ferai aussi moi-même. gards. pourquoi ne me transformerai-je pas ici-bas. Ah! que je voudrais m'élancer vers ce rnond*» nouveau! Que je voudrais donner à mon être vulgaire cette transformation supérieure Ce qui se passe dans l'âme des saints ne pourraitil pas. — 3/i . ô mon Dieu. la paix règne de toutes parts. celle de notre éternité. c'est : est ! RCMILITi. en quelque manière. ses ennemis sont démasqués et connus. ne puis-je pas le commencer déjà? Si je dois être divinisée un jour en vous contemplant face à face.PHÉPARATION 305 l'humilité défensive le moment fortement établie. se produire aussi dans la mienne ? Ce que vous ferez dans votre ciel.

je verrai mes qualités personnelles émanant de lui. Ce sera le suprême essor de cette tendance qui s'appelle l'estime de soi. un esprit large qui ne s'arrête pas . Je parcourrai donc. cette méditation un esprit Il faut porter à dégagé des idées vulgaires et disposée une juste admiration. L'humilité les fait resplendir. sans scrupule comme sans exagération. timer foncièrement. En y découvrant des merveilles de grandeur je comprendrai sans doute la haute dignité chrétienne. ou mieux. et la beauté de mon âme comme un reflet tombant de sa propre beauté. je dois chercher en moi ce qui vient de Dieu surtout dans l'ordre surnaturel. je cesserai en quelque sorte de me voir moi-même.Ûinquième Semaine PREMIERE MEDITATIO» XXIX* EXERGICB Transformation de l'estime de Premier point : Les dons de Dieu. tous mes actes soutenus par lui. — soi Deuxième point : — Si je veux m'esPréparation pour la veille. Si je assez haut. tant je me sentirai envahi par le monte divin. le sommaire des dons de Dieu.

petit monde dans lequel l'univers vient se refléter par l'intermédiaire des sens et se transformer en idée par l'effort de l'intelligence. une lueur d'intelligence est supérieure à l'immensité des cieux étoiles! mais un acte de volonté est une force plus haute que tout le mouvement des mers! mais l'admirable instinct Ah! pourquoi elles si I des animaux ensemble. ces vérités la — Demander comme première fois . sorte de ciel où Dieu se fait connaître comme auteur de toutes choses et pressentir comme infini. qu'homme — — : — — tinée. souverain dominateur de la matière..307 pkeuiIre méditation aux objections mesquines. l'homm^e a besoin de s'étonner. n'atteint pas à la valeur d'une pensée 2» Toutefois. Méditation Prélude. d'en être impressionné. l'éclat de ces dons naturels pâlit i l'apparition des dons de la grâce. — 1® Ce que je suis en Chef-d'œuvre de la création terrestre.. de les sentir. ces magnificences me sontfamilières! On estime si peu ce que Ton a toujours connu Pour admirer. tant Les dons de Dieu. si la grâce de comprendre pour elles m'apparaissaient de les pénétrer. liberté morale au moyen de laquelle je suis le maître de mes actes et de ma desI. ceux-là 1 . Mais qu'on y songe bien. Il faut y porter surtout un grand esprit de foi.

soit pour naître. 3° Un lien plus tendre m'unit à Jésus. le croire avec enthousiasme! Ce serait du moins l'entrevoir et ce serait commencer à se bien connaître. en quelque sorte à notre service. La grâce ne peut être qu'une transformation. Mais aussi quelle transformation! C'est la nature divine participée. dignité pour qui sait comprendre : je suis une part de l'être mystique de Jésus. avec son besoin de Tinfini et son aptitude à le contempler face à face. . parce qu'elle est divine. nous verrions ce Dieu. et. Oh! le croire. : — — — . l'Etre souverain. Je lui appartiens comme la petite cellule. soit pour durer.. et qui reçoit sa vie de l'action du cerveau. Jésus est mon frère. il me donne son cœur et ses biens. comme la raison est naturelle à l'homme. Tout cela est certain. C'est une vie divine au sein de notre être grossier.âÔ8 CINQUIÈME SIMAIN& condition que la toute-puissance être à qui ils fussent naturels. Jésus est quelque chose de moi c'est ma grande gloire ou plutôt je suis quelque chose de lui et c'est mon grand bonheur. une vie que Dieu seul peut exercer en nous chacun de nos actes surnaturels a besoin de son mouvement. union mystérieuse ici-bas. Jésus est mon ami. perdue au fond de mes organes. Ahl si nos yeux s'ouvraient tout à coup. je peux le diminuer ou l'accroître je suis un besoin pour . radieuse au ciel principe incomparable de sont de telle ne saurait créer un — : — — .. comme le petit flot de sang qui soulève la plus lointaine de mes artères et qui me vient du cœur. il a pris ma nature. mais nous reste caché. travaillant sans cesse à nous diviniser!.

L'orgueilleux voit Dieu peut-être dans. soi. l'augmente de mille manières. Ne trouves-tu pas. IL L'humilité fait — 1» L'incrédule est un mais il ne l'attribue . grand aveugle qui traverse la création sans y découvrir Dieu. déjà. je puis être une déception pour ses espérances. il se dans ses fonds. même Ce qu'il fait. et par les il exemples qu'il m'offre. la nature. que ces grandeurs suffisent à satisfaire le sens de l'estime de soi et à fonder ta noblesse? Quelle noblesse plus ancienne que celle qui vient de l'Eternel? Quelle noblesse plus illustre que celle qui descend du Très-Haut? — Par Jésus. mais la grâce. Les dédaignerai-je parce qu'elles me sont communes avec d'autres êtres? Subissent-elles par ce fait une déchéance? Le bien des autres diminuerait-il mon bien propre? Loin de là. ou de lui préférer. Le tort . il se le croit personnel. I — resplendir les dons de Dieu. m'en enrichit. mais inconscience.PREMIÈRE MEDITATION 309 son bonheur. Ce n'est pas ordinaire- àient présomption. ô mon âme. c'est vrai. par la recherche désordonnée des quelques joies et des quelques applaudissements de ce monde. et par les secours charitables qu'il m'apporte. et par les vertus spéciales qu'il me donne à exercer. Attendrai-je le ciel pour être fier de ces gloires? Le ciel les fera resplendir. Il m'est donné de le laisser vivre en moi pleinement. hélas la triste expansion de ma vie propre. je suis issu du sang d'un Dieu et ma vie se nourrit d'un aliment divin. le voit pas en ce qu'il est.

elle ne serait pas un sentiment personnel. à son lever. Autrefois. mais en faisant tous ces actes times. il s'admire en quelque sorte à genoux. « Cette : voix est ici celle de l'humilité : souviens-toi. La grandeur de l'homme ici-bas est de chercher Dieu. l'évidence de l'action de Dieu apparaît. la prudence d'un grand peuple plaçait un héraut d'armes chargé de lui répéter cet avertissement « Souviens-toi que tu es un homme. le soleil sur notre terre. s'étend et finit par envahir tout notre domaine.310 s CI^QU1ÈMB SUMALtt du plus grand nombre il n'est pas d'écarter Dieu. Il s'ensuit que l'humble ne se préfère foncièrement à personne. S'il le cherche dans la nature. souviens-toi. prends des initiatives. derrière le char du triomphateur. A mesure que l'humilité répand sur cet aveuglement sa belle lumière. défends ton honneur. C'est là que l'humilité a besoin de nous tenir les yeux ouverts. souviens-toi! lutte légi- Ne perds ja- mais de vue l'origine de tes dons. comme fait. ne cesse jamais d'envisager la fin dernière de tes actes. est plutôt de l'ignorer. et que lorsqu'il s'admire lui-même. pour nous montrer ces dons toujours bornés et . un néant! Tiens ton rang. s'il le cherche en lui-même il le trouve dans tout son être et jusque dans le plus petit de ses actes. mais une forme de radoration. il le découvre partout et jusque dans le plus petit grain de sable. que tu n'es qu'un homme. insiste et au besoin. Cette estime vise ces dons en tant qu'ils sont nôtres. 3° Si l'estime de soi était simplement l'estime de l'œuvre de Dieu en tout homme. sous toutes ces grandeurs.

Si l'on pouvait pénétrer dans l'âme d'un saint on marcherait de surprise en surprise. futurs héritiers de sa gloire. dans sa domination fortement établie. Cen'estpointsagesseiles dangers peuventêtre conjurés et le sentiment intense de la dignité personnelle ne saurait trouver ailleurs des mobiles d'égale puissance. une tentative imprudente. de la ressemblance qu'il imprime en leur âme. sans la grâce. grandir Dieu lui-même. comme une injustice. La timidité craintive. prend le parti de fermer les yeux. en travaillant pour sa gloire. conçoit la prétention de : . qui est bas et vulgaire. D'un trône élevé on voit de très loin ce licate : . et elle fragiles.PREMIÈRE MÉDITATION 311 modérant aiasi rinclination naturelle qui porte à les grossir. toute préférence qui entraînerait le moindre dédain pour autrui. trop souvent peut-être. elle s'oppose de toutes ses forces à la vaine complaisance que Ton serait tenté d'y prendre. Ce sentiment est une sorte de royauté et cette royauté. elle serait. Le sentiment de l'estime de soi se présenterait splen- didement accru les saints se savent fils de Dieu. proscrit le mal avec un dédain instinctif et invincible. Sans doute l'estime de soi reste une vertu dé- défend. En même temps. participant à sa nature. Les voit-on timides et incertains en face . de l'action constante qu'il exerce au plus intime de leur être. elle tend à ce qui est le plus noble. Ils sont hautement fiers de l'amitié de Jésus. Ces sentiments les poussent sans cesse vers une perfection qui les grandira toujours et leur ambition prenant un essor plus qu'humain. Dans la majesté de ses goûts.

312 CINQUIÈMB SRMAINB des entrejirises les plus hardies. des dangers les plus manifestes ? De quel œil regardent-ils rabaissementsuprême. Ne pas me contenter d'une vue superûcielle qu» n apprend rien et n'émeut pas. pour donner an sentiment de la dignité personnelle son mobile le plus haut. . parce qu'elle se développe dans l'atmosphère pure et calme du vrai. exaltation pleine de grandeur et de force toute douce et toute paisible en même temps.lemal?De quelle horreur ne sont-ils pas soulevés en face de ses assauts? Cherchez bien et nulle part vous ne trouverez une pareille exaltation du sentiment de la dignité personnelle. du bien et du beau par excellence. — Résolution. . Admirer en moi les dons de Dieu.

Le désir de plaire signale une tentative vers le cœur on veut une estime af: : fectueuse. La distance est plus grande entre le plaire et celui de faire plaisir. Ce qui les rapproche pourtant. . Premier point — — Deuxième point: : Désirer lui faire plaisir. estimé et le désir de plaire sont si voisins qu'ils semblent constituer plutôt deux manifestations de la même tendance Ils sont pourtantdistincls: le désir de l'estime vise l'approbation et aspire à un jugement favorable c'est plutôt à l'esprit qu'il s'adresse. Troisième point Désirer lui plaire.Ginqnième Semaine DEUXIÈME MÉDITATIOn XXX« EXERCICE Transformation du désir de restîitîD : Désirer l'estime de Dieu. Celui-ci. Celui-là nature assez personnel : il envisage qu'apporte l'estime. sans 4tre désir de est de sa le bien toujours désintéressé. — Le désir d'être Préparation pour la veille. c'est que le second découle du premier comme l'effet de sa cause qui veut plaire cherche généralement à : faire plaisir. cherche d'abord le bien des autres.

d'attirer en soi ces sentiments féconds et de donner à sa vie cette haute orientation. 1^ Méditation — Prélude. les anges et les actif. un tel sentiment. nous désirerions vivement son estime On recherche l'estime des personnes qui entourent. nous le trouvons lui aussi et plus étendu et plus la I mais surtout plus noble. Y voyons-nous réduit et inerte le désir de plaire? Non. déroulant à ses regards des perspectives transcendantes. — 1. pourrait-il se transformer sans cesser d'être lui-même ? Eh bien ici encore. monde lui est — : — hommes. c'est entrer dans leur sphère et participer à leur supériorité. c'est se rapprocher d'eux. L'obtenir. raille fois non. plus particulièrement celle des grands. ne peut nous arriver par aucune voie extérieure nous : : . c'est le monde des êtres surnaturels Dieu et Dieu partout. Jésus plus spécialement nôtre et en Jésus tout ce qui se relie à lui. Si nous avions avec Dieu des relations familières. Un nouveau apparu. Mais Dieu est un Être invisible et qui semble lointain. plongeons nos regards dans l'âme d'un saint. très humain de son fonds. L'estime qu'il ferait de nous. Demander la grâce de s'ouvrir à ces belles pensées.314 CINQUIÈME SEMAINB Le désir de plaire se prêtera-t-il lui aussi à pénétration du divin? Comment. Peut-on désirer l'estime de Dieu.

Seule la foi vive comprend ces choses. sans aller aussi loin qu'eux. Sans voir aussi loin qu'eux. animez-moi portée les vérités qui sont à la portée des saints. aucun désir? Dieu. œuvres par degrés. je verrai la même vérité. auteur de toute lumière. Hélas ma pauvre âme n'a peut-être qu'une foi sans lumière intime. en perfectionnant nos qualités. un amour sans nobles besoins! Lui serat-il donc inutile d'entreprendre une méditation trop haute encore pour elle ? N'y trouvera-t-elle que des idées incertaines? N'y puisera-t-elle Dieu. . n'avons-nous pas les saintes présomp- tions qui naissent de ses affirmations positives? Ne savons-nous pas. défaut d'une parole et d'un regard directs. nière ? A . ô Dieu sage. créateur de tout bon senéclairez-moi Daignez abaisser à ma timent. je tendrai Vous faites vos au but qu'ils ont atteint. seul l'amour en peut faire sa vie. le bien d'un acte passager comme le bien d'une qualité permanente ? Ainsi donc. d'une façon certaine. Est-ce à dire que toute voie d'entente nous soit fermée? Les sentiments de Dieu sont-ils si secrets qu'ils ne se trahissent d'aucune ma. en accomplissant un acte vertueux. que Dieu estime tout bien. eh bieni aujourd'hui j'essaierai de faire quelque pas vers le désir de vous plaire.315 OIUXIÈIU MÉDITATION ne l'entendrons pas la formuler par des paroles nous ne la lirons pas dans son regard. 1 ! 1 — . nous sommes assurés de gagner son estime et cette estime croît avec la grandeur de nos actes et l'éminence de nos vertus.

dans l'ordre humain. accueillir la peine avec douceur et les menaces de l'avenir avec une courageuse confiance: voilà des moyens de prétendre à l'admiration du grand appréciateur de toute chose. Comment se faire admirer de Dieu ? Par tout effort généreux. qui fait battre son cœur. l'acte le plus noble. . Dans ce désir se trouve un stimulant très personnel être pour lui cet objet qui charme son regard. immoler ses goûts quand ils sont des obstacles.316 — GINQUIÈUR SEMAINK II. c'est plus : — 1 . Le dévouement s'offre d'abord de là le regard se porte vers le sacrifice. car c'est à cet objet que C'est le désir d'attirer termine normalement le désir de plaire. Donc se dévouer à la cause de Dieu. Désir d'obtenir quelque admiration. de vivre dans la bienveillance de son regard. qualité souverainement estimable. que disje. dans notre ordre déchu. : . Désirer charmer Dieu. elles sont animées^ ellet vivent. elles graii* son attention. par tout acte remarquable. C'est plus qu'attirer que mériter son estime. L'immolation est. s'y sacrifier au besoin se même — . il y faut quelque supériorité. L'immolation suppose d'ailleurs une grande force d'âme. Dans cette naissante persuasion quel épanouissement* pour l'âme Toutes ses facultés sont à l'aise. Comment s'exerce le désir de plaire à Dieu ? son attention d'une façon particulière. L'admiration est la souveraine expression de l'estime elle est nécessaire à un grand amour. c'est commencer à gagner son cœur. par tout sentiment élevé Ce qui est commun n'y suffit pas. et finalement de se faire aimer de lui davantage.

Pour charmer. sur leur attitude. durant le jour.... elle en saisit les moindres délicatesses avec leurs nuances infinies... je cherchais plus souvent le regard à qui je veux plaire? Ce regard cherché sera surtout le vôtre.... Ahl si je m'établissais dans cette disposition sainte?.. Si. ô Jésus. pour plaire à vos regards. I . votre âme est sensible à tout ordre de prévenance.. dissent. ô Jésus^ se fixe sur moi jour et nuit. oh! la de la prière. oh l'intensité du désir Charmer Dieu !. sans élan. mon frère. Vous plaire et vous plaire particulièrement me faire aimer de vous.DEUXIEME MEDITATION 317 Quel principe de perfectionnement! il faut avoir de la beauté^ il faut manifester des qualités aimables Quel soin d'elles-mêmes ne voit-on pas chez les personnes qui veulent plaire I Quelle vigilance en tout sur leurs paroles. donnais à Si je consacrais ma vie cette orienta- à la méditation des heures plus longues?.. quel champ ouvert à mon désir de plaire Aucune limite ne le restreint Votre attention. oh triste ! l'intimité 1 I cate. sans persévérance! Ce désir semble m'être étranger et j'en cherche la cause. Une d'aliments ? médiocre est une peut-être aussi vie intérieure pourvoyeuse I. Ce que Jésus.... po%ir charmer votre cœur. sur les moindres détails de leur vie 1. obtenir de votre bouche un doux éloge ou l'attendre au ciel. ô Dieu. Peutêtre s'épuise-t-il ailleurs manque-t-il ?. mais pour y songer seulement.. homme ... je serais donc sans goût... il faut une piété délipureté du cœur. Si je tion ?. ! : mon Dieu.

Jésus. à vous seul. Lui donner quelque joie. s'élève insensiblement au désir désintéressé de lui faire plaisir. on ne la fixe jamais d'une façon durable car enfin ce monde passe et s'évanouit avec la fumée de son estime. — Le désir un .. plus animé que le monde des hommes dont on se dispute Testime «t cette estime. Dieu. s'immoler pour que ces actes Thonorent s'embellir de vertus pour que cette vue le contente !. En quoi consiste le désir de faire plaisir à peu personnel d'attirer les regards de Dieu et de lui plaire. se dévouer. ce que j'éprouve. on ne garde à aimer par dessus tout que sa souveraine amabilité: le désir de plaire est le générateur du désir de faire plaisir. s'épanouissent ici sous une forme plus belle. Vous. je sais même I . on s'est épris de ses charmes à force de se dépouiller de ce qui l'eût éloigné.. A force de vouloir charmer Dieu. pour les faire éternels. vous êtes. quelque gloire . plus tendre. : . tous les sentiments que j'aurai ici-bas provoqués dans votre grand cœur. ô merveille vous le lisez distinctement dans mon cœur.318 CINQUIÈME SEMAIN8 ne pas exprimer. Les qualités mises en jeu pour plaire. tout un monde plus étendu. plus plein. Il y a'tout une vie nouvelle dans cet ordre plus élevé de sentiments. on ne l'obtient que rarement. sans trop le comprendre. plus parfaite. vous emportez au Ciel. toute la part d'estime que je serai parvenu à mériter de vous. on n'en jouit qu'au milieu des craintes. . . On en arrive à se répéter sans cesse pourvu que III. ô Jésus.

Dieu si aimable et si aimé..DKUXIÈME MÉDITATION 319 Dieu soit content On vit de la joie qu'on lui donne. faites descendre jusqu'à ma bassesse quelques mouvements de ces attraits.. non parce qu'on la donne. en se perdant au sein de Dieu. pas assez forte pour planer consces hauteurs. » Aujourd'hui je chercherai le regard de Jésus. mier martyr saint Etienne : tenter pour l'obtenir! : — I ... puisqu'il existe tant de belles âmes qui semblent ainsi passées '^n vous. en songeant qu'il est heureux. On se console de ses propres peines. il en restera dans ma vie active des souvenirs. Le caprice et l'inconstance n'y trouvent aucune prise et l'orgueil lui-même semble disparaître.. et n'avoir d'autre vie que la vôtre.. toutes parts. permettez-moi du moins de m'y élever aux heures où je médite.. d'autres joies que vos joies.. Le détachement de soi-même se fait d'une façon si douce qu'on en a conscience à peine et d'une façon si complète que Dieu règne de ! . On un un couronne- assure ainsi à la vertu fondement plus inébranlable et ment plus haut. mais parce qu'on la sent en lui. des impressions et de salutaires regrets Si je n'ai l'aile tamment dans l — M'appliquer cette parole du pre« Je vois les Cieux ouverts et Jésus à la droite de son Père. d'autre désir que votre bien. de grâce. un regard cpii me dise tu me plais •— Que ne pas Résolution.

voilà pourquoi nous ne saurions trop méditer ce conseil qui est l'âme de la loi nouvelle voyez Dieu dans le . . Il faut qu'une beauté venue d'ailleurs l'illumine. chercher habituellement à leur faire plaisir. Trop de calculs intéressés.Cinquième semaine TROISIEME MEDITATION XXXI" EXERCICE Désir de plaire et de faire plaisir au prochain Premier point Jésus dans : Dieu vu dans le prochain. trop de laideurs morales déparent son objet. trop d'inconstance dominent ses sentiments et d'autre part. et laisser sentir à chacune cette chaude affection qui dilate. facile et^bon pour toutes les personnes qui nous entourent. : prochain regardez du Sauveur. Z>cuj:té»ne point i Troisième point : Règles pra- le — tiques. — Préparation pour la veille. le prochain sur la poitrine . L'homme ne peut donner à l'homme cet amour idéal qu'en le revêtant de l'idéal divin. — prochain. voilà un idéal que la pauvre nature humaine ne saurait pleinement réaliser avec ses seules forces. Se montrer indulgent.

Dieu ce désir de plaire et de faire plaisir. Qu attendons-nous pourtant? Que Dieu fasse un miracle et nous le crie du haut du ciel ? Ce n'est point sa coutume. — 21 . qui se cache en tout homme. chaque jour? N'est-il pas dans l'hostie de la messe. éclate-t-il dans nos actes? Ilélasl c'est à peine s'il entre dans nos convictions Nous le redisons comme une formule apprise. qui BVMILITi. je commence à l'aimer de cet amour que je vous porte. exempt d'étroitesse comme d'excès. découvrir le divin. ouvrez mes yeux.TROISIÈME HéoiTATION 321 Ce conseil de paix. ô Jésus I — 1 Méditation — Demander un grand esprit de foi pour Prélude. Que le divin Maître vienne visiblement prendre par la main chacune des personnes qu'il nous donne à aimer et nous la présente lui-même ? Mais ne le fait-il pas invisiblement. et une grande sagesse pour tenir notre désir de plaire et de foire plaisir au prochain. ne se donne-t-il pas à chacun? Que voulez-vous de plus? divin Maître. par la communion. de perfection et de vrai bonheur. et. l'avons-nous bien compris? Pénètret-il nos sentiments. pour lequel je n'aurais souvent que de l'amertume et presque toujours que de l'indifférence. mais vaine. en vous retrouvant partout dans ce prochain. Dieu vu dans le prochain. — Diriger vers 1. ces yeux de la foi qui seule vous découvre! Faites que demain.

Raguel dit à Anne : . quand même. celles-ci parce que. un regard ému suffisent pour récompenser un effort. ou pour le provoquer. et à grands pas. elles vont. quelque puissant qu'il soit. et c'est en vain que nous cherchons une manifestation certaine du plaisir que nous lui donnons. Quelques autres. c'est donc aimer quelque chose de vit : : : ! — lui! Reportez-vous à la scène si touchante de Ra- guel recevant le jeune Tobie. n'en est jamais que l'accessoire Beaucoup d'âmes parfaites s'en trouvent habituellement privées. Mais les unes comme les autres ont toujours faim de Dieu celles-là parce qu'elles ne l'ont point goûté. aimant Dieu par leur fidélité.CINQUIÈME SEMAINE 322 au fond de notre nature. plus consolées. Un sourire. leur dévouement. Voici comment la raconte la Bible « Après avoir attentivement regardé le jeune homme. Dieu ne nous montre point son visage. dans la route austère du devoir. elles se tournent vers le prochain. Du Ciel aucun regard. layant goûtf'. A ors. ici-bas. Nos rapports surnaturels sont établis sur la base de la volonté. à la manière des forts. c'est l'élever d'une façoa imprévue et lui donner un objet qui ne trompera point son attente. Le sensible. aucun sourire ne descend pour nous donner cette assurance. C'est là leur façon à elles de lui plaire. ensviable. Mais. sentent parfois dans la prière la douceur d'un amour partagé. elles sont devenues insatiables. leurs sacrifices. Dieu l'a fait à son image voir le prochain c'est donc le voir un Dieu lui a communiqué sa nature : peu l'aimer.

sinon de celui qu'il portait au vieux Tobie. le baise. Et pourquoi donc ? Pour l'amour de Dieu qui l'a formée à son imagfe et ressemblance. comme le vieillard se répandait en éloges. nous le connaissons. » Là-dessus... se mirent à pleurer de tendresse. Ils lui répondent: Nous sommes de la tribu de Nephtalf^ en captivité à Ninive. Connaissez-vous Tobie mon frère? Oui. le caresse. ne devrions-nous pas lui donner mille et mille bénédictions? Et pourquoi? Pour l'amour d'elle? Non certes. ô mon enfant. car tu es le fils d'un bon et très bon personnage Et Anne et Sarah sa fille. pour qui elle est. en qui elle est. à qui cet enfant ressemblait si fort? Et. le Raguel. pour l'amour de Dieu de qui elle est...323 THOISIEMB liÉOITATION : Comme il ressemble à mon couEt je tournant vers les étrangers D'où êtes-vous? leur demande-t-il. car nous ne savons pas si elle est digne d'amour ou de haine en ellemême. sans connaître père. l'ange ajoute son épouse sin •. Ce Tobie dont tu parles est son père Aussitôt. Raguel se jette à son cou. ! — — en désignant son compagnon . ne devrions-nous pas nous dire les uns aux autres Voyez comme cette créature ressemble au Créateur.. pleure d'amour sur lui. D'où provient cet amour. à qui elle est. Et. le prend dans ses bras. créé à l'image et ressemblance de Dieu. saint François de Sales fait le commentaire suivant « Ne voyez-vous pas que ! : le petit Tobie. le baisant et l'arrosant de ses larmes: Sois béni. et c'est pourquoi non seulement le divin amour commande maintes fois l'amour du prochain^ vrai : . Dieu! quand nous voyons ce prochain.

se . ainsi. ses sentiments et ses mérites se particularisent à nos yeux. avant et poursuivons cette divine présence dans rincarnation qui la met sous nos yeux. — — — — Allons plus II. Dieu nous apparaît. au cours de la vie. car cela suffit Mais pourquoi ces trente ans d'une k I . il se fait l'un de nous. bonté. le reflet de ses perfections. Après nous avoir donné sa ressemblance. d'égards. comme sa ressemblance et son image. » mais Ainsi nous aimons d'avance tout prochain d'un amour général et puis. Jésus dans le prochain. pourprendra quoi? Est-ce uniquement pour nous racheter? Alors qu'il se contente de donner son sang. Elévation de nos atfections humaines . et le principe intime secrètement agissant. de toutes parts. Dieu se fait sentir comme le principe nouveau de nos affections aussi vivantes mais saintement surélevées. Y pensons-nous? faisant — Disposition d'universelle Vue belle et féconde. Dieu serait l'objet merveilleusement entrevu. Ainsi. le don qu'il met auprès de nous pour nous secourir ou pour nous charmer. Dieu veut nôtre. aimer en ceux que nous aimons. quand. Principe de paix. nous les regardons comme l'œuvre de Dieu. au fond de nous-mêmes. sauvegarde Vie vraiment surnaturelle dont de leur dignité.CINQUIÈME SEMAINK 324 le produit et le répand lui-même dans le cœur humain. de prévenances. parce que l'amour sacré de l'homme envers l'homme est la vraie image de l'amour céleste de l'homme envers Dieu. ^ ses qualités.

En effet ce n'est point une pieuse recommandation.325 TROISIÊHB MÉDITATION existence obscure toute semblable aux nôtres? trois ans d'une vie publique où il se fait connaître au monde? Pourquoi? si ce n'est pour nous présenter un modèle irrécusable de ce que doit être Thomme envers l'homme? modèle si parfait et si beau que. de prime abord. nous cherchons instinctivement autour de nous des êtres sur qui répandre notre cœur. principe déterminant de la charité la plus réelle. doctrine aussi certaine que belle. vous me demandez de reporter sur le Aussi. vous ne venez pas effacer la per- prochain . nous sentons là une parole révélatrice. en un mot. sous laquelle tressaille un mystère. ceux qui les encouragent. ceux qui les font meilleurs. En la couvrant de l'éclat de votre nom. si doux et si humble qu'il semble bientôt devenu imitable. quand il ajoute « Ce que vous ferez au plus petit d'entre les miens j c'est à moi que vous l'aurez fait ». Maître adoré. Et. vous voulez des actes sans doute. grande parole « Aimez-vous comme je vous ai aimés». la plus facile et la plus exquise. et si humain qu'on ne peut retenir ce cri : « mon Pourquoi ces frère ! » quand sur point de regagner le ciel. mais vous attendez aussi des sentiments. si divin qu'on l'adore à genoux. si fort et si tendre qu'il s'empare du cœur. il le jette à l'humanité cette : : : — les sentiments que fait naître en moi votre charme divin. il nous déconcerte . et parmi les sentiments ceux qui rapprochent les hommes. c'est la discrète initiation à un fait transcendant la vie de Jésus en nous.

il s'est fait tout suave en cherchant à faire plaisir à ce Dieu père. de la constance. et tout cela pour provoquer en sa faveur une un dévouement sans défailun amour pour elle qui monte jusqu'à pitié sans dédain. oh lie cœur admirablement formé! Qu'il tourne à présent vers le prochain. le vouloir fortement. en descendant du ciel sur la terre. s'y dévouer.326 CINQUIÈUB SEMAINE sonne humaine. ohl le beau programme réalisé par tant de saints. la longanimité des supports. il a pris le besoin de rester pur au contact de l'amour incréé. Notre désir de plaire s'est formé en s'appliquant à plaire à Dieu. vous venez l'embellir et la protéger. Vous l'éclairez de votre douce image pour atténuer les ombres de ses défauts. il lui apportera une inclination pleine de la délicatesse de l'élévation. acquises dans ses rapports avec les amabilités divines. par tant de piétés inconnues II comporte toutes les délicatesses de l'affection. ce "se . toutes les industries de l'amabi1 suavités de l'indulgence. il a pu s'étendre bien loin et s'émouvoir profondément auprès de l'infini. vous rélevez par la réalité de votre action en elle . les agil. tous les services rehaussés d'un sourire. et jusqu'à cette douceur de parole et cet air accueillant du visage qui deviennent la caractéristique d'un cœur où Dieu règne et lité. vous ! Comment ne pas désirer plaire à des êtres que Jésus honore? Comment ne pas désirer faire plaisir à des êtres tant aimés de lui? Faire plaisir au prochain. Mais. lance.

Rè^/es pratiques. pour éviter un écueil. Mais ce serait inutilement mutiler sa nature. L'examen et la prière vous le feront découvrir et l'amour de la vertu saura l'éliminer. regardez de plus près.. dans une grande pureté d'intention souvent renouvelée. ensuite la préoccupation trop personnelle qui envisage plus son intérêt que le bien lui-même. Il — !• Le remède se trouve III.liens les plus sacrés. pour être bon. retranchera-t-on toute manifestation engageante? se montrera-t-on gêné du moindre éloge?. La seconde sera une règle de sage liberté. est la première à donner l'éveil. Devient-elle de l'inquiétude..TROISikUE MÉDITATION désir de plaire perd sa sécurité en face breux écueils. tenez pour certain qu'un vice travaille vos sentiments. et pour vous4)lairel Dans une âme pure. jf27 dt nom- rencontre tout d'abord l'excès qui est un mouvement poussé trop loin. mon Dieu. je veux être bon. détendre le/». et la vertu ne se montrerait i . En effet. toute infidélité d'ailleurs se trahit bien vite. détruira-t-on la chose? Pour ne pas subir les dangers que peut entraîner le désir de plaire. appauvrir sa vie. faut-il se jeter sur un autre? Pour supprimer l'abus. 20 La première règle de ce sentiment est donc une règle défensive. cet indice d'un désordre. La tristesse deviendrait 7a loi de la perfection. La préoccupation. enfin le travers de l'obséquiosité qui peut aller jusqu'à la hideuse flatterie et fausser l'âme. en aigreur surtout. Dégénère-t-elle en tristesse.

dans un autre ouvrage projeté. — plusieurs pages des éditions précédente» Nota. dont les le soleil d'ici-bas membres dispersés çà et là. liberté sage. Leur exemple. au sein de l'universel égoïsme.CINQUIÈME SEMAINE 328 le parlant emblème d'un arbre dépouillé de ses feuilles. I 1 — I l'indispensable notion de l'idéal chrétien. mais elles se retrouveront. sont des héros et que nous appelons des saints. qui est la gloire réservée à la vertu chrétienne. un désir sain et franc. Résolution. « car seule elle aime son Dieu en nous que sous 1 aimant ceux qu'elle aime. . Oh non. du moins. et mieux à leur place. Cet idéal est un désir de plaire. » Que penser d'une société dont tous les membres seraient animés de tels sentiments? Quelle paix quelle diminution de souffrance Quelle consolation dans nos malheurs inéviCité de rêve que n'éclairera jamais tables! Plutôt cité idéale. et maintenir. répandant autour de soi ce charme suave et pénétrant. est là pour susciter des générosités individuelles. sous les yeux de tous. qui s'exerce sous l'influence de Dieu et sous son regard.. ce n'est point là l'idéal vrai. ont été remplacées ici par d'autres plus conformes au sujet. conforme aux exigences de la position de chacun. — Vigilance attentive. regards obstinément fixés sur Dieu..

levons les yeux. Au sortir des lumières et des ombres de ces méditations prolongées. et simplifions nos vues en ne regardant que Jésus seul. l'humilité de votre divin Fils 1 . elle l'attire en soi et lui emprunte sa vie. C'est vers vous que se tournent nos regards et nos espérances. en contemplant Jésus humble.. nous aussi. La blanche lumière de l'astre des nuits. — : : fection. les Apôtres « levant les yeux. Telle fut l'humilité de Marie. Nous deviendrons humbles par Imitation.COUP D'ŒIL Sur les deux méditations qui vont suivre Après les éblouissements du Thabor et ses nuages mystérieux. L'imitation s'adresse au modèle et lui emprunte ses traits Vunion fait plus encore. reflet atténué du soleil. et les deux agents d'une même œuvre la per.. N'est-elle pas d'ailleurs la plus fidèle image de celle de Jésus?. Vous nous cornmuniquez. par l'amour. ne descend-elle pas plus douce sur nos yeux? la plus humble des pures créatures. Mais l'imitation et l'union sont les deux formes d'un même sentiment l'amour. ne virent plus que Jésus seul ». et c'est à la contempler que nous allons consacrer ces deux dernières méditations. vous en êtes aussi la plus puissante.

Deuxième point : Son humilité comme co-rédemptrice.. avant d'aborder le sujet spécial qui nous attire. elle les voyait d'une vue claire. Nous oublions. Respexit humilitatemjfecit mihi magna. Si nous voulions étudier à fond Thumilité en Marie. nous perdons de vue. les motifs que nous venons de méditer. regard sur sa petitesse. continuelle et pénétrante. jamais Son regard reste toujours ouvert. Tel n'est pas notre dessein. en les lui appliquant.. toujours conscient de ces motifs contemplés sans défaillance».Cinquième Semaine QUATRIEME MEDITATION XXXII* EX8RCICB Marie transformée en Jésus humble par r imitation Premier peint : Humilité d'imitation de Marie comme mère. — ! — .. Toutefois. Marie. Le Magnificat est le cantique secret de toutes ses heures.. ^ etc. Troisième point : Avec Marie nous faire humble par — — imitation. regard sur l'Infini. signalons deux différences très importantes entre sa vertu et la nôtre : l* Les raisons d'être humble. nous aurions à parcourir. — Préparation pour la veille.

. entre toutes elle les est parfaite.. après Jésus. nelle femmes. son Fils à elle. l'héroïsme est la force s'exerçant à des actes sublimes et difficiles. les grandeurs de sa maternité divine. Or. ce que nul homme ne pourrait soutenir un seul jour — ! Méditation — Prélude.». et elle le saiti Elle a sondé. tantum descendit in abyssum humilitatis (saint Bernardin de Sienne). post Filium. Que dire d'une force qui accomplit. Demander la grâce d'aimer Jésus pour éprouver l'ardent désir de l'imitT. assez comme Mère. Nulla creatura. et elle en connaît toutes les prérogatives.. toute une vie. I. mieux que tous les théologiens ensemble. Mais l'abîme des grâces reçues n'a fait que rendre plus sensible à ses yeux l'abîme de son néant. Humilité d'imitation de Marie — Jésus humble était son Fils. Dieu abrite sa fragilité sous des imperfections.. ne descendit aussi avant dans l'humilité.QUATRIÈME UÉDITATION 33l 2«> La condition de notre humilité est telle que. Dieu écarte toutes ces piécautions. ou du moins sous de mystérieuses ignorances.. En effet. Nulle créature... Ne faut-il pas un peu d'ombre aux plantes délicates! Pour Marie. une telle humilité est de l'héroïsme.. . Il l'expose au grand soleil de la vérité : Elle est est bénie immaculée. pour la sauvegarder.

les paroles et les attitudes de son Fils. cœur commande que et l'intelligence la presse si fort parfois qu'elle Il dépasse sa propre portée.. et le Jésus incarné. tant qu'il sera son Fils.. Il n'y a au monde que le Jésus incarné. son tout.. le il se fit humble.. c'est le Jésus anéanti. Et elle n'aimait qu'un Jésus humble. elle a ce génie. Jésus humble allait se développant sans cesse devant les extases de son amour.. — Le — obéit. elle l'adorait d'amour. et il restera humble tant qu'il restera homme. Ahl si les mères pouvaient! Tout se taisait devant ce sentiment dominateur. dans cet être qui reste à elle toujours.. avec ses intuitions de Mère. Dès premier instant. Le cœur ne serait-il pas toutes choses ? Est-ce — la création le nid où éclosent ne sort pas de l'amour de Dieu? Dans ce cœur de Marie.CINQUIÈME SEHAINlt 332 — — — son Fils bien-aimé. Et elle l'aimait! Plus heureuse. Quelles vues sur l'humilité de ses divins mystères» de sa petise réchauffaient méditations • . flamme intense.. avec ses yeux. car elle n'en pouvait connaître d'autre. Tout se fondait dans cet amour.. et son Fils. comme autrefois sa vie. C'est du cœur que naissent les grandes — — — vues.. les faits évangé- liques. promène. son Dieu à elle seule. Sa pensée se devine tout. au contact enveloppant de ses Conferens in Corde suo. avec son La Mère cœur.. Et elle l'étudiait.

.. Mais il marche encore.quàtrièmb méditation 333 tesse dépendante. le miracle continuel de ses ses effacements. de sa faiblesse indigente. car elle n'est pas seulement sa Mère.. L'imiter devient sa loi.. Son humilité d'imitation comme co-rédemptrice. elle jouit de s'abaisser toujours davantage.. Elle aime à partager l'ombre où il se cache. mais elle l'occupera avec lui. On peut le dire.... qu'elle va toujours et ne l'atteint pas. elle sait son Jésus par cœur.. sur son berceau. se hâte vers le Calvaire ensemble. : Nous y arriverons lui crie-t-iL II.. Puis. le silence où il semble se perdre. ces petites mains. Déjà. elle neja prendra pas. elle admire sa modestie.. des prévisions désolantes planaient sur le cœur de la Mère quoi. passaient des souffles de mort... Non. Marie épie moindres mouvements. et elle le supplie de l'attendre. l'on soufflettera ce doux visage! quoi. de l'amour ^dont il les aimait!. presque sans le vouloir. son goût pour les petits. elle — : : ! ! . elle se fait humble à ne plus se retrouver en rien.. son besoin et.. sa douceur. les voix lointaines des Prophètes faisaient entendre ces mots expiation. ces pieds seront percés de clous et l'on élèvera cet innocent sur la croix infâme Ah! si elle pouvait prendre sa place I... A mesure que son Fils grandit.. avec Lui! Mais il est si avant dans cette voie. et recueille ses moindres paroles. il . son amour des occupations humiliantes.. elle le contemple au travail. son Jésus humble!.. victime..

Devenir humble par amour. elle ira même jusqu'à donner une attrayant . L'amour contemple.. Comme Mère. l'amour III... plus facilement humble. aimons. — Devenir humble par amour. est elle l ... donnera cette vertu un mobile plus élevé que le sien propre. tendaità s'unir à chaque intention. ... c'est beau.334 CL1QUIÈME S£MAI?(B encore sa divine associée.. Ainsi. Rien n'est puissant comme l'amour. La crainte resserre. la formatrice des vertus. à chaque souffrance. mais elle le veut encore.. On deviendra. qui s'attachent au cadavre de son bienaimé!. le sacrifice se prolonge encore. La charité n'est-elle pas la reine. par cette voie. à chaque palpitation du cœur de son Fils. nous faire iiumbles par imitaPuisque l'amour a cette force.. rôle sublime! elle reste seule à subir les humiliations.. — — Avec Marie.. molée au Calvaire avec lui. Il l'a faite co-rédemptrice La voilà donc armée du droit de partager ses humiliations qui sauvent que dis-je? de le vouloir avec lui Son Fils veut être humilié. — . Son Fils veut mourir. c'est sage.. rien n'est C'est — — comme ce qu'il inspire. et elle veut qu'il soit humilié elle en souffre horriblement. — imite. sans le plus ravir toutefois. elle est imQuand il est morl... et Dieu a secondé cet effort. tion. elle peut retenir sur la çente du mal. par une mère... c'est régulier. et elle veut qu'il meure. l'amour devine. la seule qui leur donne la viel Devenir humble par amour..

rem ungiientorum tuorum currimus : courons sur ses pas à l'odeur de ses parfums. dans son Cœur sacré. .QUATlVIÈaiB MÉDITATION 335 certaine impulsion vers le bien. en élevant toujours plus haut. et il éloigne du mal de la façon la meilleure. dans sa personne. dans son EuchaAvec elle. image. Résolution. mais Tamour seul ouvre les grands espaces. » — la prendre les — Se faire de Jésus humble une douce remettre fréquemment sous nos yeux. Avec Marie. dans ses paroles. contemplons Jésus humble dans ses mystères. seatimeals de Marie. aimons à l'imiter : « In odoristie.

Marie vivait de la vie de Jésus.Oinqnième Semaine CINQUIEME MEDITATION ZXXIII* KXBRCIC8 Marie transformée en Jésus humble par Tunion de vie Premier point : Jésus vivant en Marie. — Dtvxième point : — Nous méditerons union de vie que forme la grâce et que couronnera la gloire. dans un rang inférieur. union mystérieuse. Jésus vivant en nouç. nous le sommes avec elle. Un principe de souveraine délicatesse : — : : . elle s'exerça d'une façon éminente et se développa dans des proportions qu'il est impossible d'évaluer. Cette communauté de vie fut en Marie d'un ordre à part. nous en vivons Elle fut dès lors un membre de son aussi corps mystique. cette belle tique. Il y a néanmoins entre son état et le nôtre un fond commun. union qui fait de Jésuài et de toutes les âmes justes. un seul corps mysPréparation pour demain la veille. La méditation de cette haute vérité sera pour nous un principe de dignité noblesse oblige. et. mais certaine.

Hier. nous le contemplerons en nous pour unir notre action à la sienne. — Jésus vivant en Marie.JQn principe de généreux progrès : Il attend d^ nous un accroissement de sa vie.. résultent du tempérament et qui constituent des dispositions. il la lui donnera dans une sorte de plénitude.. pour ^ Méditation Prélude. nous avions ce Jésus devant nos yeux l'imiter.. Jésus va communiquer à sa mère ! sa vie de grâce et il le fera royalement. puis avec son lait.. C'est avec son sang. ^ui se Elle lui transmet cette ressemblance physique que l'on retrouve dans la physionomie. Bien plus. — Demander la grâce de prendre dans un grand accroissement de délica- celte méditation tesse. la démarche. BOMiurâ. elle fait passer en lui ces ressemblances morales qui sacré. des goûts de famille. Que ne lui donnerait-elle pas A son tour. Jésus vivait en Marie de sa vie d'homme-Dieu. . et Marie se tenait unie à son action par tout ce qu'elle avait de connaissance et de rolonté.337 CINQUIÈME MÉDITATION Jésus veut partager nos sentiments. — 22 . l'accent. le bel échange fait entre la mère et le fîlsl Marie communique à Jésus sa propre vie. plénitude qui ira néanmoins ici-bas toujours en s'augmentant. qu'elle forme son corps I. demain. de générosité et de joie spirituelle.

du moins. car la vie se définit le principe intérieur des actes. ce n'est pas moi qui vis. auront été pleinement comprises. La sainte communion vint achever cette œuvre La mère et le fils semblaient avoir : repris. » — ^Miki est ma viel » Comment « Yivit vero in vivere Christus est. moi aussi : — Jésus vit en moi. du fond de son cœur. elle pouvait crier la première et plus haut que saint Paul « Je vis. en mérites. Tous les mystères lui apportaient des vues qui rétendaient et des ardeurs qui l'embrasaient. venue de lui. en me Christus. et la vie qui lui était ainsi rendue en échange. une extension en moi de la vie qui l'anime lui-même. il faut que le cep divin et le sarment se touchent de quelque manière. mais ce don est plutôt la source de ma vie que ma vie même. Par Marie. mais c'était la recevait cette fois. les humiliations de Jésus dans son cœur et dans ses mystères. la même vie. Certes. qu'ils soient unis. plus elle entrait dans cette communauté de vie. comme Marie qui jadis. non. Ainsi le cep se prolonge dans le sarment qu'il a : formé et qu'il nourrit. était la vie d'un Dieu plus que jamais anéanti. c'est Jésus qui vit en mail » Admirons et félicitons le fils et la mère. imitées et vécues : 1 IL Jésus vivant en nous.338 GlNQUliMB BtMAlNt Plus elle croissait en grâces. Mais pour que cette vie s'étende ainsi jusqu'à moi. en amour. Je cherche donc une influence. qu'une . pour qu'elle me pénètre et m'anime. quime soit intérieure et actuelle. Il l'entendre? S'agit-il du don qu'il m'a fait de sa vie sur la croix ? Sans doute.

pourquoi n'évoquerai-je point un autre lointain. J'aime à me le représenter pensif à cette heure. ses grâces.. Il a sur mon avenir une pensée. comme s'il que celle-là. pour le mieux voir et le mieux entendre. si. sa vie enfin. Méthodes et formulée pour bien entendre la Messe. je me transporte pieusement aux lieux où il vécut. et vous êtes loin de moi dans votre ciel. si j'aime à distinguer les traits de son visage et le son de sa voix. il me connaît. la communion ne nous le donne qu'en passant. en son humanité. car toujours vivant. celui du ciel. mêlée à mille et mille autres prières venues 'de toutes les plages de la : terre. pas même mes douleurs humaines.CINQUIÀME MÉDlTÀÎIOM 339 communication règne entre eux. mais il n'y vit pas pour lui seul il est le chef toujours agissant de l'humanité régénérée. Vie de Jésus en nous . I Troisième messe. il m'aime. un plan. et c'est à moi qu'il n'avait à écouter \.. il la distingue et il l'écoute. t.. dont l'action intérieure nous transmet ses pensées. mais il se relie à nous d'une façon immédiate par sa divinité.. Il a suivi mes pas dès ma première enfance. de beaux désirs. Quand ma prière s'élève vers lui. si ses vouloirs. pour le rapprocher de mon cœur? Jésus vit là-haut dans la gloire. II. puisque sans cesse il prie pour moi : « Semper vivens ad interpellandum pro nobisK » Si j'évoque le passé pour retrouver le Jésus de l'Evangile. reste au loin dans son ciel. ô Jésus! C'est vrai. — : . Jésus. t. Rien de moi ne lui fut étranger. Voir Pratique progressive de la Confession.

Il se détournerait. de parti-pris. nous vivons ensemble. et si je ne perçois pas au-dedans les inspirations de sa grâce. ô Jésus.340 pense. A mon tour. sa vie dans ce grand corps. à mes pensées si elles sont impures? L'entraînerai-je avec moi dans les recherches de mon orgueil et dans les tristesses de mon égoïsrae?. mais elle est réelle . Oh que cette noble et chère tête s'occupe bien du dernier de ses membres! Cette action en moi est secrète... je peux l'accroître. je chercherai dans ses leçons et ses exemples le sens de ses désirs ne pense-t-il pas toujours ce qu'il a pensé sur : : la terre ? Ainsi donc. je mettrai à son service toutes les ressources de mon activité.. je le crois et de cette foi. puissants mobiles de ma ferveur. Pourrais-je. je peux rendre Jésus plus grand dans son être mystique. la communication serait rompue pour des plus — — de tels actes. et une grâce. et pour cela. c'est vrai. je fais un c'est 1 1 . sa grâce ne m'accompagnerait pas. je n'ai pas besoin de la sentir. un pardon. Jésus pensera-t-il cette pensée avec moi? Fera-t-il sienne cette action que je médite? Son cœur s'unira-t-il à mon cœur dans cette affection? Voudrais-je le mêler lui-même à mes sentiments s'ils sont bas. je me surpasserai moi-même j'irai au-devant de lui par toutes les industries de mon initiative.. me résigner à rester médiocre? J'arrêterais en moi l'expansion de la vie de Jésus. un progrès qu'il implcrre pour moi. . je CINQUIEMB SEMAINB le vois suppliant devant son Père.

Prenez-les donc puisqu'elles sont vôtres. avant de donner une réponse. puisque je les accomplis librement. ! 1 ! — Résolution. Si votre vie.. puisque tout le surnaturel qu'elles contiennent appartient à votre grâce. étonne mon admiration par son immensité. Accroissement accidentel. bien avant dans les profondeurs de l'humilité. non etsenkiel. ô Dieu.) . interroger au-dedans la pensée du Maître un instant suffit quand on est bien près : de luL 1.CINQUIÈME MEDITATION ^ 341 Les œuvres opérées sous votre influence nous devipnnentcommunes. par moi. ravit mon cœur par son intimité. cachées au grand nombre reuse encore celle qui en cultive l'attrait: Elle ira d'abîme en abîme. et depuis des siècles. cette même vie pour chaque âme. vous devenez quelque chose de plus^ Heureuse l'âme qui comprend ces merplus heuveilles. très loin des petitesses amare ! o ire! o sibipedu misérable orgueil rire! ad Deum pervenire ! Vous aimer Vous suivre! Se perdre et vous trouver. I . et que. . recevez-les puisqu'elles sont miennes aussi et unissez-les à votre grand corps mystique.Elles sont à moi. Je reste muet de surprise en songeant que je suis quelque chose de vous. mon bien suprême (Saint Augustin. Avant de se décider. elles sont à vous. vie attentive et maternelle.. dans des milliers et des milliers d'âmes.

me sentant entre les Avec tout prochain. de toutes choses : contraires ? Me mon suis-je tourné avec lui contre moi. orgueil et sont fait sentir? quand mon jugement personnel se Me promptement suis-je alors uni au mépris qu'ils inspirent à Jésus vivant en moi ? Me suis-je rappelé que c'est Jésus doux et humble qui doit vivre en moi? Dans cet esprit Avec mes supérieurs. dans la sainte communion et dans les exercices de piété ? (S'anéantir pour adorer.) Lui ai-je procuré cette joie qu'il recherche. anéanti. et abdiquant toute vie trop personnelle pour vivre de sa vie à lui. en ne mains de Dieu? parlant de moi que dans la mesure de là sim: — — . de moi-même.Examen particulier en usage dans une pieuse association Esprit de touchez lumière et de vérité. puisqu'il le veut bien. rendre grâces. mè suis-je tenu en lui tout petit et tout simple. abîmé dans son cœur doux et humble? M'y suis-je tenu caché. me suis-je. réparer et prier. de savourer en moi les humiliations extérieures ou intérieures humiliations venant de Dieu. éclairez et mon âme. du prochain. L'ai-je considéré s'anéantissant avec moi devant son Père dans l'acte d'humilité du matin. Convaincu de Tinfinie bonté de Notre-Seigneur et de ma particulière misère et ingratitude.

343 CINQUIÈME MÉDITATION abaDdonnant. méprisant même. il y a — lieu. Ai-je mis ma règle de discernement dans Jésus peut-il penser cette simple question avec moi cette pensée? aimer avec moi cette affection? m'accompagnera-t-il dans cette déplicité. grandir et se complaire en moi ? En Jésus. oubliant celle qui n'est pas pour m'occuper surtout de Celui qui est? Ai-je rapporté à Dieu tout bien? Ai-je compté absolument sur lui pour triompher de tout Jésus. » de le faire toujours vivre. doux et humble de cœur. ai-je abdiqué toute préoccupation personnelle. quand Envers mon propre sentiment? les inférieurs. vivez mal? librement en mon âme « ! : 1 — . en ne témoignant aucune exigence et au contraire beaucoup de douceur. : marche ? Ai-je parfois trouvé la paix dans cette parole : pourvu que Jésus soit content » et le cou« j'ajouterai à son rage dans cette assurance Ai-je eu à cœur front un rayon de gloire.

. . cherchant l'ombre et. son éclat. son besoin d'expansion. des traits de ressemblance si frappants qu'on les reconnaît de même origine une action réciproque se complétant si bien que l'on se demande si l'humilité et l'amour ne sont pas un composé formant une seule vertu. : tion. je distingue entre ces deux sentiments des rapports si étroits qu'on les jugerait inséparables. L'amour trouve son Dieu en s'élançant vers l'humilité le rencontre au fond de ses abais- lui . . Issues des mêmes vues.ÉLÉVATION SUR Les rapports de ^humilité et de Tamour divin Quand je contemple d'un même regard l'hu- pauvre d'aspect. elles donnent à Dieu la même préféren»^e sur toutes choses et parlent le même langagej^ le plus sublime. je me demande comment peuvent se justifier ces assertions des saints. à côté d'elle. à mesure que mon regard se fait plus pénétrant. comme le corps et l'âme forment le composé humain. elles marchent ensemble vers la gloire de Dieu. Unissant leurs drapeaux. Cependant. l'amour dans sa fierté. celui de l'adoramilité inclinée. qui les comparent et les unissent. Assurément l'humilité et l'amour constituent deux vertus distinctes mais il n'est pas téméraire de dire qu'on ne les voit jamais séparées.

dépose tes ridicules prétentions. : . Leur but L'amour veut — commun le : la gloire de Dieu. L'être doué de raison n'a : . bien de son Dieu. un moyen qui la serve. elle est un besoin ici de justice. L'orgueil mesquin remplit . Si . et il n'est pas un atome qui ne puisse devenir une voix qui la proclame. dans une sphère où il le domine l'humilité en descendant vers lui et le touchant de son dédain. et ce bien Tout pour elle. ! Son rival dangereux est l'exaltation du moi humain. Une soumission universelle est le propre de l'amourcomme de l'humilité. I. Que je m'élève dans ma propre estime. un ornement dont elle s'embellisse. ici-bas s'appelle sa gloire. vainement toute une existence perbe 1& dévaste. .ÂLéVATION 34S sements. et ce que mon action peut atteindre. chez l'un comme chez l'autre. elle se contente de se complaire en elle-même si elle est grande. elle veut s'élever au-dessus des autres et elle use ses ressources dans les tourments de l'ambition ou de l'envie. je ne songe pas à sa gloire. et ce qui vit dans mon cœur. Tous les deux se dégagent du créé l'amour en s'élevant loin de lui. ou que je me fasse un piédestal de l'estime des autres. et ce que rêvent mes désirs Tout pour sa gloire afin qu'elle éclate de toutes parts! C'est elle seule qui doit régner dans l'univers . là d'alTection. l'orgueil. mon âme est médiocre. je ne considère que moi j'oublie Dieu. l'orgueil su- L'humilité vengeresse chasse toutes ces usurpations Si tu es le néant et le mal.

C'est l'élément supérieur dont se fait toute sainteté ici-bas. toute déification là-haut. le feu sacré. t'affranchir. Ils déposent sur l'autel et l'estime des hommes et ce qui d'ordinaire l'attire le talent. humilité. le est fort parfois. C'est son but nécessaire en tant que créature. le Maître d'en glaive et soustrait la auprès d'Abraham victime. — l'amour est glaive qui l'exécute. Réunis.CINQUIEME SEUAINI 346 de s'abaisser à se rechercher luia le devoir de tendre vers la grandeur. Sans l'humilité. car seul l'amour comme la Inort. l'humilité s'efl"ondrerait dans la bassesse. tu ne laisses pas le temple vide. il occupation maîtresse en tant qu'activité. : — justice qui porte la sentence. l'humilité et l'amour ne sauraient vaincre sans cette alliance intime la mort de l'une amène: raitla ruine de l'autre. L'humilité fournit la mal'amour. C'est son pas le droit même . en le et si. L'humilité est la tière. la bonté. sans l'amour. le succès et jusqu'à cet honneur légitime que l'on n'a le droit de sacrifier qu'à Dieu. il est vrai. s'il . A la place de ce triste moi que tu me défends de servir. mais c'est pour prendre un élan plus vigoureux vers les hauteurs et si tu te dédaignes. laisse à faveur du bien. l'infinie perfection. Tu t'abaisse^. haut arrête comme il l'âme. en renversant Tidole. Inséparables compagnes des luttes de la terre. c'est pour . tu fais régner Dieu et sa gloire. l'auréole de l'admifit . ces deux sentiments donnent à Dieu sa plus grande gloire par le sacrifice de tout ce qui surélève la personnalité. l'amour s'évanouirait dans l'illusion. humaine.

n'ont en vue que la divine ama: bilité. Leur origine Un sentiment à mesure qu'elle lui manifeste davantage ses attraits. choix volontaire. Que l'action de Dieu. par Thurailité. L'humilité parfaite. cause mystérieuse et réelle de tout bien. l'âme se sent petite à l'infini en face de l'Autorité souveraine. naît du mobile qui l'inspiré. Rien n'appartient . nécessaire et profonde. elle aussi. il se hausse pour atteindre toujours plus loin. se révèle à sa raison croyante et la voilà qui cherche vainement sur quoi appuyer ses prétentions. de son infini. fins de son idéal propre C'est ainsi que. Il grandit avec cette vi^e. . C'est elle qu'il envisage et dontil s'éprend. C'est vers elle qu'il s'élance. elle les porte comme un objet d'emprunt.347 iEliévation ration générale. l'amour trouve pour l'offrir à son Dieu une victime digne. : — commune : la vue de Dieu. demande à ces perfections divines le motif principal de mêmes son inclination. que. Que cet amour soit une passion sainte qui entraîne ou qu'il reste simplement un amour de volonté qui se détermine par choix. il n'en est pas moins un sentiment désintéressé. En face de la Grandeur Divine entrevue. elle s'agenouille dans une dépendance absolue. s'il est possible. par l'amour. L'amour trouve le sien dans l'amabilité souveraine. l'humilité C'est ainsi pousse son mouvement jusqu'aux derniers conl'anéantissement. car telle est son essence passion sainte. et son essor s'élève II.

dans vos merveilleux attributs. s'accroissent en se complétant. il y a donc des profondeurs de bonté que sans toi je ne saurais connaître tu étends mes vues et ce que je découvre. que dis-je? qui aime. ô mon Dieu. Je ne puis donc vous contempler. mais quelle est donc cette bonté qui aim^e sans cela. dans ses splendeurs. toutes ces misères. vois-tu. Toute ascension de l'un porte l'autre plus haut. maigri les laideurs et les ingratitudes? L'amour. . car le néant et le mal n'ont rien de positif. ^ : . blesse mon cœur du Jésir . L'amour dit que Dieu est beau! L'humilité répond près de lui. qui sont mon être. que je suis vile! L'amour dit il nous aime! et l'humilité s'écrie :se peut-il? Alors l'amour se penche pour tout lui expliquer : 1 — : : — : — est aussi bon qu'il est beau. humilité. palpitent des mêmes surprises et. il contente de ce que nous pouvons lui donner. il tient pas se — L'humilité relevant le front : Mais alors faut l'aimer davantage! Cette bassesse me où il je vois et qui me rend timide ces fautes qui remplissent ma vie et qui me fermeraient le cœur.mesure que tout s'efface ainsi du côté de la terre. deviennent des motifs d'amour! Quoi! Je suis aimée ainsi faite! Qu'on aime ce qui est beau et pur. sans éprouver ce double sentiment d'amour et d'humilité Ils naissent du même regard. mutuellement. c'est l'inclination naturelle de la bonté. il ne compte du peu que nous sommes. à. ô ma sœur.348 CINQUIÈME SEMAINE en propre à la créature. Or. l'Etre divin se déploie au-dessus de nos têtes.

ils toucheront ma chair pour lui imprimer le sentiment de sa misère native. frère saint dont veux me transformer en toi. pour traverser l'estime vaine. Sous elles. quelque chose de plus confus et de plus tendre. car elles plaisent à Dieu et dérobent à l'admiration des hommes. Et cette physionomie.349 ÉLEVÂT! 0> d'aimer davantage. L'amour. d'or que là-haut revêt le néant. Je me revêts de tes riches parures. Je descendrai aussi dans tes impressions profondes pour y perdre toute com- — plaisance en moi-même. Je reste humilité. cette voix. le manteau . et. mais je deviens amour. tant que je serai de ce monde. au ciel tu me rejetteras voyageur en arrivant rejette le manteau qui îri» son abri dans la route? L'amour. je les adopterai moi-même. Sans cesse.Oh! non. je suis indigne. dans ma voix et jusque dans mes moindres actions. tu cependant. -. je te transformerai. — Alors. Veux-tu que nous aimions ensemble? — amour divin. et pour faire passer sur mes traits. cette attitude. L'humilité. comme le deviendras l'adoration béatifîque. tu L'humilité. laisse-moi garder mes haillons. je marcherai caché sous ton manteau.

lité.£XÂMEN GÉNÉRAL Quelle estime et quels désirs avons-nous à l'humilité î^eule peut — Comprenons-nous que donner à l'âme la capacité l'égard de l'humilité? de recevoir et de conserver toutes les autres vertus? L'humilité est-elle un des objets les plus accoutumés de nos prières de nos supplications? En faisons-nous souvent le sujet de nos méditations. cherchons-nous à attirer en nous l'humilité ineffable de Jésus-Hostie et sa douceur si com- municative? Regardons-nous les humiliations qui nous viennent. de nos lectures. y ftn a-t-il au moins un que nous em- — ployions avec persévérance? Quand nous 'sommes en présence du Très Saint-Sacrement. comme autant d'occasions précieuses et providentielles de nous avancer dans la science de — l'humilité? Sommes-nous persuadés que nos actions les meilleures en apparence sont trop souvent déflorées par quelques-unes de nos Gomment secrètes inclinations mauvaises? supportons-nous l'échec de notre amour-propre quand on s'aperçoit que. quand nous le possédons dans notre cœur. de nos examens?^— Parmi les moyens d'acquérir l'humi- — . soit de nous-mêmes. sur tel ou tel point. notre réputation est surfaite ou usurpée? Notre paix n'est-ellô pas troublée ou perdue quand on arrive à découvrir ce que nous sommes en — peu que nous valons? Aussi ne mettons-nous pas beaucoup de soin à dissiréalité et le . soit du prochain.

sa nourriture. dans les succès — — : — — . des N'aimonsgens toujours sûrs d'eux-mêmes? nous pas en général tout ce qui est distingué. le» éviter? Conversons-nous volontiers avec les gens de condition inférieure? Où vont d'instinct nos sympathies du côté des âmes simples et modestes. » Ne tombons-nous pas quelquefois dans ce déplorable travers. le Père céleste préfère un endroit caché. de parler de leurs œuvres de zèle avec autant de satisfaction que de prolixité? Avons-nous conservé l'humilité dans nos conBolations et progrès spirituels. où les mondains mettent de l'ostentation? N'entrons-nous jamais dans cette conspiration universelle contre la vérité. sur le vulgaire. restonsnous dans l'esprit du conseil qu'a donné NotreSeigneur « Pour prier. qui se fait au profit de la vanité de chacun? Répugnonsnous à accepter et à offrir ces flatteries mensongères. et dans tout le reste. ne prenons-nous jamais des airs de grandeur que nous trouverions très ridicules chez autrui ? Croyons-nous que l'esprit de l'Evangile demande au chrétien de recher- — : — — — cher la simplicité dans son genre de vie. uniquement parce que cela tranche sur le commun.IXAMKN GÉNÉRAL muler nos SSi beaucoup plus qu'à fautes. ses vêtements. dont les personnes de la société se paient mutuellement? Aimons-nous à faire nos bonnes œuvres en secret? Tout en remplissant le devoir de l'édification. qu'ont plusieurs. ou du côté des esprits audacieux. comme on dit parfois dédaigneusement? Dans notre façon de parler et d'agir.

quand il le faut. à plaisanterie. n'y a-t-il pas d'afifectation dans sacrifice ? — — notre modestie? Nos sentiments d'humilité sont-ils assez surnaturels pour nous maintenir toujours patients et doux en face de nos incurables misères ? Comment acceptons-nous les occasions qui révèlent nos torts. nos défauts. à dé- — nigrement? — Sommes-nous également iudiffé- . et qui peuvent en faire un thème à critique. à l'ennui N'estde nous-mêmes et de nos fonctions? ce pas aussi par une fausse humilité que nous craignons de paraître. en perdant notre temps à gémir sur nos misères. à défaut de ces joies assez rareSjde nous contenter du témoignage de notre conscience? Pouvons-nous nous passer longtemps de toute marque extérieure d'approba- — N'avons-nous pas tion de la part d'autrui? combattu nos tristesses et nos découragements par des regards de complaisance sur certains côtés avantageux de notre personnalité? La défiance de nos propres forces n'est-elle que le prélude d'une grande confiance en Dieu? Ne faisons-nous pas servir l'humilité de prétexte à la paresse. au lieu de les racheter par le travail et la générosité dans le — — Couvrons-nous du nom d'humilité une disposition à l'humeur chagrine.EXAMEN GÉNÉRAL 352 — Somles plus encourageants de nos œuvres? mes-nous capables. que nous nous retranchons parfois dans l'isolement contre les avanies du monde? Notre timidité n'est-elle pas tout bonnement un déguisement Quand l'utilité ou la chade l'amour-propre? rité requièrent que nous parlions de ce qui nous concerne.

peut. comme une suite naturelle de l'habitude que nous avons. ou à d'autres saints: « Parmi les serêtre — : viteurs du bon Dieu. d'avoir ofûciellement toujours raiNotre opinion de nous-même n'est-elle son? pas bien opposée au sentiment si étrange. de diriger.notre amour-propre ne se froisse-t-il pas facilement pour une petite parole piquante. n'avons-nous pas d'a. — 23 . peut-être.qui faisait dire à saint Paul « Je suis le premier des pécheurs ».que nous cherchons à faire valoir des circonstances atténuantes. de commander. de réprimander. humainement parlant. — — même devant notre Directeur? Redoutons-nous la présomption. à garder — — HUMILITÉ. et de remercier après l'ac- tion? Trouvant notre responsabilité actuelle déjà bien lourde. ni dans la suite utiliser nos fautes .EXAMEN GÉNÉRAL 353 rents aux éloges et aux blâmes ou plutôt. pour un léger Le regret que nous avons manque d'égards? de nos péchés n'est-il pas en grande partie N'est-ce pas causé par la honte et le dépit? par manque d'humilité que nous ne savons ni nous relever aussitôt après nos chutes. devant nous-mêmes ou devant les autres. je suis le dernier des der- niers? » Sentons-nous profondément le besoin de prier avant d'agir. les estimons-nous bien au-dessus de ce que nous valons? Aimons-nous à travailler en sous-ordre.utre ambition que celle de remplir de notre mieux les devoirs de notre situation présente? Si modestes que soient nos fonctions. ou à saint Vincent de Paul « Je suis pire que tous les démons».

qu'on ne nous écoute pas. de plus envié ? Avons-nous pour tous de constantes prévenances inspirées soit par le respect intérieur envers eux. soit par le sentiment sincère de notre infériorité ? N'y a-t-il en nous rien qui sente ceN. qu'on contredise nos paroles. esprit de suffisance et de domination devant lequel tous doivent plier ? Supportons-nous doucement. ou bien au contraire avec promesse sincère de tâcher de les contenter à l'avenir? Ne sommes-nous pas jaloux à l'excès de notre indépendance personnelle? Observons-nous la règle générale de ne parler du prochain qu'en bonne part? Nous efforçons-nous d'avoir de lui la meilleure opiDétournons-nous de parti pris nion possible? Nous notre pensée de ses imperfections? refusons-nous à le juger? Nous sommesnous défaits de l'esprit de contradiction t Sommes-nous peu enclins aux discussions? Savons-nous ne pas interrompre autrui et nous Laissons-noas volontiers aux taire à temps? autres ce qu'il y a de meilleur. puis k nous effacer au moment de la moisson. à l'exemple du divin Maître. même quand ils nous causent quelque peine Comment recevons-nous leurs réprimandes ou même leurs simples observa^ — I tions? Est-ce avec force répliques.KXAMBIf GÉNÉRAL 354 pour nous la part la plus laborieuse. renvoyant à qui de droit le mérite et les louanges? Restons-nous bien calmes quand nous croyons voir que nos Supérieurs nous oublient ou font Ne parions-nous d'eux peu de cas de nous? qu'avec respect. qu'on dénature nos in- — — — — — — — — . excuses et murmures.

qu'on ménagements ou même — Quand nous pensons être victimes de lamalveillance. reconnaissons-nous. de l'injustice. comme pécheurs. ou bien enfin. entretenir contre ses agresseurs une amertume persévérante. pour pouvoir vivre et mourir dans sa bieuheureuse paix? — : : — — — . laisser son courage Si cruelles que succomber dans la tristesse? puissent être nos peines. qu'on se nous traite sans avec un dédain affecté? tentions. que. ne repoussons-nous pas ce qui nous blesse. nous méritons des traiAvons-nous excusé tements pires encore? nos ennemis devant Dieu et prié pour eux? Sommes-nous résolus à abandonner à jamais notre cause entre les mains de notre Père céleste.EXAMEN GÉNÉRAL 355 demandes. avec impatience et coTandis que Notre-Seigneur s'est tu lère? devant la haine et la calomnie « Jésus autem tacebat ». ne sommes-nous pas tombés dans l'une de ces trois fautes se venger par des paroles de mépris ou par des railleries sanglantes. qu'on rebute nos moque de nos conseils.

parexemple: quelques privations. 4** — II Consacrez ensuite quelques moments à parla table de ce volume. rer ses voix. On peut se contenter encore de marquer chaque soir le nombre de ses manquements. sMmposer une physionomie toujours humble : — . quelques prières. etc. Déterminez une sanction à tout manquement. le ton de sa et sereine. — — s'appliquer à écouter les autres. par exemple l'infini de Dieu en face de votre ou néant— la vie intime de Jésus en vous bien un souvenir comme celui de certaines ou encore la constatation fautes humiliantes d'une infériorité sensible. par exemple Dieu profondément avant chaque prière. une accusation détaillée en confession. pour noter d'un courir . 3° Vous concentrerez votre effort dans une adorer pratique très efficace. — : — modémême quand on est seul.CONSEILS Pour la conclusion de ces exercices I — i° Vous arrêterez d'abord vos résolutions : Qu'ai-je à réformer? qu'ai-je à introduire? — — par quels moyens? 2° Vous choisirez une rue qui vous impressionne et que vous ferez planer sur votre pensée.. etc. ses réponses. mouvements.

les impressions s'effacent.. vous n'en reviendrez jamais sans signe. Que la communion de ce dernier jour soit préparée avec plus de soin. si Dieu le permettait. Mettez dans votre physionomie quelque chose Parlez et écoutez de façon à de très doux. Jésus et vous puissiez vous entendre.. à raison d'une par semaine ou par mois. le mouvement se ralentit. parlant à voix basse. Chez vous. en vous avançant vers l'autel le plus près possible. III Pour clore dignement ces saints exercices. Que votre visite au Saint-Sacrement prenne une sorte de solennité extérieur plus soigné^. à ce livre.. s. et l'action de grâces plus prolongée. — faire plaisir à tous. les méditations : — — profit. devant une de ses images. Cherchez une intimité démarche plus grave. si près que. C'est alors que vous réciterez lentement et de tout ^œur la prière suivante: . Se former à l'humilité est Allez souvent une œuvre de longue haleine. Ce conseil est de grande importance les détails se perdent. Emparez-vous si fort de Jésus que vous remportiez partout où vous irez.CONSEILS POUR LA CONCLUSION DE CES EXERCICES 357 ou les lectures sur lesquelles il vous semblerait le plus utile de revenir. : — plus sensible. placez des fleurs et une petite lampe allumée. ingéniez-vous à trouver diverses pratiques moins ordinaires.'il se peut.

des flambeaux qui brillent. des harmonies qui chantent sous les voûtes sonores.. des voix sans charme. des foules empressées.. . des fleurs. ristie ! Ce qui m'y frappe tout d'abord. Ici. quand je vous ai vous-même. . Je n'ai plus sous les yeux la crèche où naquit votre humilité. bâties par la sueur du paysan vous vous accommodez même d'un toit de chaume et d'une hutte de sauvage. quelques rares chrétiens distraits!. là peut-être plus que partout ailleurs. c'est cette humilité simple et bonne qui se fait toute à tous? Vous aimez les belles cathédrales que vous aimez vous offre la richesse des villes tout autant les pauvres églises de campagne.358 CONSEILS POUR LA COiXCLUSION Auprès du Tabernacle Au de ces méditations où votre souvem'a suivi tout le long de la route.. Votre grand cœur. il ne voit en elles que l'expression du . ô Jésus... la pauvre demeure de Nazareth qui la vit croître à son ombre durant trente ans. plane au-dessus de ces choses. là-bas quelques cierges fumeux. me voici encore à vos pieds. ô Jësus. Dieu. le Calvaire qui la couronna dans les opprobres. — . Oh! donnez-moi de comprendre votre Euchasortir nir. anéanti. ô Jésus.. Mais pourquoi la chercher à si longue distance quand je l'ai près de moi? Pourquoi des souvenirs de vous.

Jésus. quelle leçon touchante Pour me ia . quand on lui dit ce qu'on sait dire. I comme vous tout à tous. la plus petite hostie qu'on Si je une humilité .. . Quant à son tour. — ! ! . je dois être humble. l'espace mesquin d'un tabernacle que dis-je? d'un ciboire! que dis-je encore ? d'une parcelle <ie pain car enfin. ma foi vous cherche. Il y a tant de formes différentes sous lesquelles il faut surtout chercher le cœur il y a tant de petits oublis qu'il ne faut pas trop res- faire . simples vous que les lèvres trop souvent sont seules à exprimer. elle vous trouve tellement diminué. rien ne la trahit aucune lueur n'arrive à mes yeux . sentir 1 vous contemple vous-même. . aucun murmure ne se fait entendre pas un tressaillement ne soulève les espèces saintes qui vous contiennent vivant. rien ne la montre votre présence.. compagnon glorieux de votre belle âme. je découvre plus profonde. temple auguste de votre divinité. Votre personne. ailleurs des offrent des prières vocales. Ici âmes ignorantes des et lui donne.359 DE CES EXERCICES sentiment il est content de ce qu'on quand on lui donne ce qu'on peut. quoi pour tout votre être eucharistique. . Quoi! pour votre corps ressuscité. Votre grand cœur s'arrête au sentiment lui-même il ^st content de ce que chacun lui dit. . qu'elle s'étonne. âmes de plus haute culture vous font entendre douce mélodie des prières intimes.

vous êtes l'humble que rien ne rebute !. je fixerai mes regards sur cette paix profonde de votre tabernacle. Ne pouvant écarter sans de continuels miracles. ! ! . triste produit de la liberté humaine. si je me vois diminué dans ma réputation. pour arriver aux cœurs qui vous aiment Notre amour vous fut donc plus cher que votre dignité Jésus. vous vous donnez à l'indifférent. ! .. sans apparence aucune.360 CONSEILS POUR LA CONCLUSION nous donne. vous les avez bravement traversées. dans mon activité. vous restez immobile. vous ne vous refusez pas à la bouche fétide du malade-. comme un pauvre sur son grabat. sans .. Vous voilà donc tout petit. vous qui êtes si grand!. dans mes ressources. toutes ces infamies. réduit à rien vous n'avez pas de voix. votre existence eucharistique dépend de notre volonté Jésus. ils s'acharnent sur votre petitesse qui s'efface ils ne reculent pas devant cette confiance qui se livre L'impiété vous nie ou vous insulte l'incurie vous délaisse sur des linges déchirés ou malpropres. et chacun de ces centièmes vous contient. : 1 Mais que vois-je? les opprobres du passé vous poursuivent jusque dans cette retraite où vous vous cachez pourtant si bas. vous ne repoussez pas même le sacrilège.. peut être divisée cent fois. si l'on est pour moi sans soins. où règne votre humilité. on vous porte où l'on veut. dans mes facultés même..

sans reconnaissance 361 si par erreur ou par méchanceté.. ce ne sera. de bonté constante. par la communion. esprit — . si vous. vous êtes à moi nous ne faisons qu'un. de la terre près de vous. comme vous^ la vie. Quelle bonté Quelle sagesse Quelle leçon Jésus. comment nous séparer? Vous me suivrez donc dans et je suis à vous. fruits si doux de votre humilité. marchant vers vous. d'effacement... je me verrai dans tous les tabernacles. adoré moins profondément votre Père ô Jésus. si vous vous étiez fait moins petit. que pour me donner I vous vous étiez moins anéanti. . je m'en irai souriant au milieu de ces peines. on m'impose des humiliations cruelles.DE CES EXERCICES égards. Si me communiquant sans cesse votr& d'indulgence. je n'aurais pu vous contenir en moi. 1 ! ! .auriez . confus de cette gloire avec vous dans le silence de l'adoration et quand j'en sortiiai. . Et moi. heureux de cette inje m'y tiendrai timité. Jésus.

dit En que le effet.Nous nous permettons d'attirer l'attention sur ouvrage du même auteur. qui se fait jour dans la Pratique progressive. — : — comme « relle ». tout ce qui peut le plus intéresser la piété à l'égard du Très Saint-Sacrement (!«'' volume) et les notions les plus approfondies sur les rapports de l'Eucharistie avec les dévotions fondamentales (2« volume). L'Ami du Clergé terminait son très élogieux a^rticle par ces mots « Jamais vous n'aurez senti plus vivement. et. — En trois ans une œuvre de puissante il arrive vie surnatu- au 17» mille. but de ce livre et non ce on y trouve. La doctrine de l'union à Jésus. plus lumineusement la présence réelle de Jésus dans l'Eucharistie. Le titre ne qu'il contient. croyons- nous. çà et là. » Déjà l'examinateur officiel avait signalé ce livLe . plus récemment paru Méthodes et formules pour bien entendre la lin : messe. dans le présent ouvrage sur VHumilitéy s'y déploie en toute liberté. .

L'honneur et ses éléments. V. L'Humilité n'a pas pour but de les détruire. données d'une façon insuffisante par la raison. 1" MÉDITATION. s'oppose à Dieu principe de tout bien. mais d'objet.TABLE DES MATIÈRES Préfacb de cette sixième édition b Clonseils pour le succès de cee exercices •Coup d*œil pbéliminairb •§!. — L'Orgueil en tant qu'estime déréglée de soi-même. : — 28 L'estime de ii. s'oppose à Dieu fin dernière de nos actes 52 . IV. sont complétées par la révélation. ffumilité vertu spéciale: ^ 9 14 Humilité. il — Entant que désir désordonné de l'estime. - Sur la première tendance 33 ou estime de soi 41 3* MÉDITATION. — Sur la deuxième tendance ou désir de l'estime des autres 47 Conclusion et synthèse.2" Méditation. influence générale : en tant que vérité. m. — d'être 20 — — — . — voua ne devenez BESOIN D'ÊTRE HUMBLE Invitation divine à V Humilité! des petits enfants. elle dirige tout l'ordre moral. justice. En tant que illumine tout l'ordre intellectuel. Ses règles. » « Si comme Étudb psychologique de l'orgueil i. Raisons soi et le désir de l'estime des autres. Ses transformations II. mais de les régler.7 désir de l'estime elle a pour objet l'estime de des autres «Quelques notions sur les vertus surnaturelles soi et le — SEMAINE.• . La vanité n'est pas une question d'espèce. — — elle l» . de ces deux tendances.

Humilité. Dans son être. 6T — — 7> RAISONS D'ÊTRE HUMBLE — 1* Ce qui Étude préparatoire. MÉDITATION. plique la surnaturelle d'humilité loi lOT . Ce dogme écrase tout orgueil et nous montre l'humilité comme la loi de notre condition présente 101 — Notre condition.364 TABLE DES MATIÈRES — — 4« MÉDITATION. — Cette nécessité est absolue dans l'ordre surnaturel. Dieu méconnu en tant que principe et fin. Elle les préserve de l'orgueil qui est un double principe d'altération et d'aveuglement 7* Châtiment de l'orgueil. —Elle la mesure de notre dépendance et aussi de notre grandeur donne 3» 4* MÉDITATION. Comment la pureté — — d'intention a été insuffisante. Son analyse exnécessité des grâces spéciales et justifie la MÉDITATION. de l'humilité 2* MÉDITATION. Comment l'influence du milieu a développé une humilité factice Humilité gardienne des vertus. 94- — Nécessité de grâces spéciales. 8$ — — — Fondement de l'adoration comme face de l'infini. L'homme réduit à rien en : . Elle maintient à Dieu son rôle de principe par une obéissance confiante. et son rôle de fin dernière par la pureté d'intention 5* — 56- MÉDITATION. n'a besoin pour punir que de refuser son action. dans ses actes. la déchéance en résultant comme conséquence et comme châtiment MÉDITATION. la stérilité. fondement des vertus. Le néant de la créature. — 2» 62 — 6» SEMAINE. 8T — Nécessité de la grâce actuelle. le péché. favorise la vertu en fortifiant l'inclination qui en est l'essence !'• MÉDITATION. . 4» Observation importante : Tout motif. Humilité viciée dans sa formation par un orgueil inconscient. Trois pointa de vue s'applique à tout homme 2» ce qui est personnel à chacun 3"» ce qui détermine la valeur comparative. même impersonnel.

Examen de la cause. 166 — — Examen 173 — Humilité d'abjection. Le changent rien à ce que nous sommes i]* ItC — Prière éditée par Urbain VIII. Toute comparaison sur la valeur doit être prise dans ce qui est élevé. 6* MÉDITATION. — La loi. ii. — 146 Vie publique. Ces conditions réalisées dans les exemples de Jésus. Humilité qui pénètre 152 l'action — — 3* MÉDITATION. — — Enfance et vie cachée. profonde. 179 — se mettre au-dessous de . Son aspect mystérieux Éclaircissements sur 164 Hu- Sa promulgation €• MÉDITATION. — Les fautes des autres ne MÉDITATION. le rôle de l'exemple et sur les conditions qu'il doit remplir pour être efficace. parce que cela seul mérite l'estime — ' 3' SEMAINE. La valeur se mesure par comparaison. tères. MÉDITATION. En face des Saints et en face de Dieu. milité d'abjection. 141 Humilité qui incline à l'efifacement 2« 129 — JÉSUS HUMBLE Étude préparatoire sur 1" MÉDITATION. — Humicombien i. ÉcLAiRcissBMENTs sur — Vérités ' les 2 méditations qui précèdent. milité développée par des sentiments de confusion vivement sentis et ardemment exprimés — '• MÉDITATION. 123 la méditation de ce principe : — Ses carac- qui va suivre. Son évidence Le fait. lité d'anéantissement. 157 ÉCLAIRCISSEMENTS sur les 3 méditations qui vont suivre. — rique de l'ordre pratique 6* 114 — Nos fautes. — jugement motivé. L'humilité d'abjection ou de mépris est spéciafondée sur nos lement l'humilité chrétienne supérieure aux données de la raison et dogmes aux forces de la nature — — — — — 4* MÉDITATION. L'huMÉDITATION. Distinguer l'ordre théoqui troublent. Comment sincère.365 TABLE DES MATIERES Pages. Humilité du Cœur de Jésus. — — — Humilité d abjection. Humilité du Cœur de Jésus.

— Des fausses humilités. MÉDITATION. la vie spirituelle l'humilité 241 dana nos rapports avec Dieu 4» MÉDITATION. Sa justification Ses mobiles. jugement théorique 7* 18$ — Le Mandatum novwn. GUIDE DÉ L'AME HUMBLE — — Ce qui fausse l'humilité. . fondée sur les rapports du physique et du moral. 7» — — — Précautions diverses rôle de la prudence dans r humilité. MÉDITATION. De l'humilité fausse . — Les actes. au mépris de soi-même. De l'humilité rationaliste II. — i. ÉCLAIRCISSEMENTS sur l'amour de la propre abjection. — ii. — — De la véritable hwniUti^ ses ii. — Le genre. Ce qui la manifeste et la perfectionne. — Sa MÉDITATION. I. et de la 23S — La fécondité. tion — I. — . Semaine éminemment pratique Étude préparatoire. — Sa raison. Étude très importante sur 263 — De Vamour du mépris. — Le précepte. . portée 4« 19t — SEMAINE. De l'humilité fausse dans son expression. — Jésus aux pieds des apôtre». — m. De — ferveur. InclinaInclination à 228 l'estime Éclaircissements sur le rôle de la volonté sensibilité dans la vertu 2* MÉDITATION. tères. du prochain — m. MÉDITATION. 218 — .De la véritable humilité. IV. D» 202 207 215 dans son sentiment même !•* 20t 268 279 283 le 288 . La Epanouissement de 3* MÉDITATION. ses carac- Inclination à l'effacement. — effets. De l'humilité étroite et pusillanime III. — La nature individuelle.TABLE DES MATIERES 366 Page» — Précepte ou conseil ? Spéculatif ou pratique ? — Inclination ou conviction? — Réserves sur le tous. Son nUBg. La paix. le b* 252 — De l'humilité dan» no» rapports avec 25^ prochain — Culture de V humilité par Fextérieur. — L'attrait MÉDITATION.

344 Examen 350 général Conseils pour la conclusion de ces exercices tarière au pied du Tabernacle Imprimerie de MontligeoD (Orne). 303 — Transformation de l'estime de soi. Marie transformée en Jésus humble par l'union de vie. — Jésus vivant en Marie. — CJomment transformer nos senStude préliminaire. J'humilité les fait resplendir 2* Méditation. . Transformation du désir de l'estime.367 TABLE DES MATIERES ^« SEMAINE. timents. 356 358 — 7473-4-16. — Désir de plaire 313 de faire plaisir au prochain. Avec Marie 330 — Méditation. Les dons de Dieu. Méditation.— Comment nous transformer nous-mêmes . Chercher à lui plaire. — TRANSFORMATION Page». Règle défensive et règle de sage liberté et — 320 Coup d'œil sur les deux méditations qui vont suivre. Marie co-rédemptrice. par l'imitation. en usage dans une pieuse 335 associa- 34? tion Élévation sur les rapports de l'humilité et de l'amour divin. Désirer l'estime de Dieu. 30? — — — S'appliquer à lui faire plaisir Z* Méditation. V* MÉDITATION. Jésus vivant en nous — Examen particulier. par l'imitation et par l'union 4* — 5* 329^ — Marie transformée en Jésus humble — Marie mère. Nous transformer en Jésus humble avec Marie. Voir Dieu et Jésus dans le prochain.

Id. tous les principes d'action . et dont plusieurs sont d'ailleurs remarquables? Non. la maniôre de par s'accuser. faire logique. œuvre modeste. ne s'adressant pas à toutes les jeunes filles. aux aux prêtres. Partie Chapitre — — — — — — Formation proprement dite. Chapitre vni. V. atteignant l'un après l'autre — méthodique. vu. spéciale à la piété. des idées. Id.UX jeunes Voici un filles. : Formation par la confession. naires.. Id. aux actes surna- Messe pour Il* — — par la contrition. du caractère. par larésoluliou. II. DIRECTION i fr. la jeune fille a besoin d'une formation solide et profonde. précise et facile. — . les Paktie — de la volonté. Id. Formation des sentiments. Celle-ci est : spéciale. du jugement. l'énoncé des titres que voici Connme avant-propos. formulant une manière de mais à celles de 10 à 15 ans. livre : i 50. abandonnant catéchistes^ L'auteur de la d'autres travaux entrepris. complète et méthodique. fr. qu'il juge pressante. La trouve-t-elle dans celle multiplicité d'ouvrages écrits pour elle. Id. Méthode abrégée pour les confessions ordiX. nouveau sur un sujet bien vieux! Pratique progressive. Id. et de rranco la . men. VIII.Viennent ensuite deux parties distinctes. cette édition s'est trouvée épuisée fin Une deuxième l'a aussitôt remplacée (12« mille). m. VI. Id. 85 aux mères. Parue le 25 décembre 1906.PREMIERE FORMATION Religieuse et morale de la Jeune Fille PAR L'AUTEUR DE LA PRATIQUE PROGRESSIVE De CONFESSION la Prix JL. Id. Jours de confession. En face d'un avenir religieux plein de menaces. Une formation doit être spéciale. XI. IV. aux institutrices. Id. 4e !»• — Peut-être s'en apercevra-t-on déjà à : se trouve une longue instruction pour l'usage ce livre. turels. : i""-. Formation par l'exa- — IX. «eptembre 1907. vient de se consacrer à cette — comp/èfe. car ils ne réunissent pas toutes les conditions requises.

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H8* B4 Beaudenom. 1840-1916. Leopold. Formation à J'huniilite^ et •ar elle s autres a l'ensemble vertus ( .BV 4647 .

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