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L'HUMILITÉ
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. elle ne tardera pas à sentir le besoin d'être humblç. l'imprimatur : M6' premier Eminence en vue de la ce livre et présenté à son Le mérite de cet ouvrage. PERMIS DB RiÉOlTBR A Paris. un rare esprit d'analyse et une remarquabie concision de langage « L'âme attentive et docile qui se livrera « â cette formation » n'ignorera rien ni de la nature. avril 1903. IMPRIMATUR DB LA 2* ÉDITIO:* : Parisiis. ni du j)rix de l'humilité et. Pariiien$i8. Tous droits réservée Ji . le 1" '. On y retrouve pleinement la caractéristique invariable de l'auteur : la sûreté dans la doctrine. fera L«pid^ maître du Sacré Palais. V. Odelin. ni des caractères. et il est grand.. H. ce qui est mieux. Gard. » « « « « « « « « « « « « . f Franciscus. g. RICHARD.du témoignage rendu sur Extrait édition de le Cardinal archevêque de Paris. die 4 aprilis 1898. de le compléter parfois et d'en rajeunir les formules. l'ordre logique ians la composition. Arch. a été de préciser l'enseignement des Maîtres sur cette délicate matière. L'imprimatur a été donné à Rome par le très R.

LETHIELLEUX.FORMATION L'HUMILITÉ Et par elle à l'ensemble des autres vertus p. ÉDITEUR 22. RUE CASSETTE. 22 i | LIBRAIRIE SAINT-PAUL 6. RUE CASSETTK.\R l'auteuh DE LA PRATIQUE PROGRESSIVE DE LA CONFESSION ONZIEME KD I T I N (62" mille) PARIS vr p. 6 .

.

et. : nous développerons. . développer ne veut pas dire ajouter des formes nouvelles. s'arrêter à moitié route dans l'ascension sommets trop ardus de la théologie. il comme convient. ne vaut-il pas mieux hausser le lecteur. le nous avions le les présendevoir leur rendre accessible. nous les lui fournirons. les points obscurs. Fallait-il. en d'autres termes. dans ce but. et ne pas pousser nos analyses psychologiques jusqu'au fond du sujet. déterminé par respectables à fidèles. nous les éclairerons. C'est plus que cela. Au lieu d'abaisser la doctrine. en multipliant vers les les applications. c'est faire sortir d'une notion générale des vérités secondaires qui s'y trouvaient enfermées c'est don: . pratique. étions-nous contraint à donner une œuvre amoindrie? Nous ne l'avons pas cru. ce livre. influences ter de Depuis les plus aux simples le lors.PREFACE DE LA SIXIÈME ÉDITION (conforme à la cinquième) Dans ses deux premières éditions. nous principes d'ailleurs si favorables à la rendrons plus familiers les mêmes qui les coD^i-^nnent en un mot. s'abstenait. Les notions qui lui manquent. de toute explication inutile à ceux qui savent. Or. s'a- Iressant aux prêtres seuls.

de tous ces développements surgissaient à nos yeux des vues nouvelles. de tous ces éclaircissements. remplissant la vie chrétienne depuis son apparition rudimentaire avec l'état de grâce. son stimulant le plus actif. qui ne devait être qu'un exercice d'humilité. et dans l'essor porte l'intelligence elle-même et plus loin et plus haut. nous nous sommes laissé entraîner sans trop de résistance à tous ces appels de la terre et du ciel . Faut-il l'avouer. au besoin. s'est fait en quelque sorte le formateur de la piété prise dans son ensemble. à la base comme au sommet de toutes les vertus. Ne le regrettons pas. Or. qu'il Il fait plus qu'émouvoir donne aux facultés. au fond de chacun de nos actes. il . car la piété trouve dans cette vertu son meilleur guide. le supplément de toutes tes persistantes misères. de toutes ces applications. Son influence se faisait sentir sur tous les sentiers du devoir.préfàck 6 ner à des germes Texpansion des tiges. stimule. des c'est mettre la lumière en évidence pour qu'elle répande au loin ses feuilles et des fleurs . jusqu'à ses plus beaux épanouisse- ments dans la perfection. et ce livre. embrassant le monde entier de l'ordre surnaturel. rayons. son inspiration la plus touchante et. Nous ferons aussi plus large la part du sentiment le sentiment éveille. . exalte toute : activité. L'horizon de l'humilité s'étendait de toutes parts.

Ce qui est indiqué comme étude ou éclaircissements peut servir de méditation et dans tous les cas doit être lu avec la plus grande attention.. saint Antoine de davantage Padoue. 2® Vous y consacrerez un mois entier.CONSEILS POUR LE SUCCÈS DE CES EXERCICES !• Choisissez adonner avec le l'époque où vous pourrez vous y plus de liberté et de suite. et à toutes ces puissances célestes demandez la lumière. Dirigez ensuite vos pas vers la chapelle de la Sainte Vierge. Agenouillez-vous devant Jésus si humble au tabernacle. Invoquez aussi les saints dont l'humilité vous frappe saint François. la persévérance* soir. la volonté. Récitez lentement le Veni Creator. saint Benoît Labre. saint Vincent de Paul. La veille au exprès à Téglise. Ilya amplement matière pour deux exercices par jour. allez : .. plus encore si vous en avez l'attrait. saint François de Sales. 3» Donnez quelque solennité à votre entrée dans ce grand travail de réforme.

CONSEILS POUR LS SUCCES DK CBS EXERCICK8

8

II
1» Durant les exercices, tenez-vous habituellement sous une impression d'humilité, particulièrement dans vos rapports avec le prochain
rendez cette impression plus vire par de fréquentes aspirations le long du jour vous en
trouverez la matière dans chacune des méditations et plus spécialement dans la résolution ou
le sentiment qui les termine. Sortez le moins
possible de cet ordre de pensées.
;

;

2° Multipliez les actes extérieurs d'abaissement. En voici quelques-uns baiserla terre
se tenir, durant sa prière, le front baissé, dans
la posture d'un coupable plein de confusion
parler à voix moins haute et plus contenue
culmarcher d'une façon moins dégagée
tiver l'esprit de pauvreté.


:

Cherchez les occasions, soit d'obéir, soit
condescendant, et cela en toute simplicité. Evitez de contredire, de couper la parole,
de discuter. Acceptez les peines et jusqu'aux
moindres contradictions comme choses pleinement méritées.
3"

d'être

Nota.

— Se servir

l'un d'eux
culier.

comme

de ces trois derniers avis ou de
sujet journalier d'examen parti

COUP

D'GEIL

Toute

PRÉLIMINAIRE

chrétienne
pieuse l'ambitionne;
Jésus réleva à la hauteur de la Rédemption en
Tassociantà la souffrance, et ne la maintient-il
pas comme une auréole autour de son Eucharistie ? Où elle manque, la vertu manque. Dieu
ne s'étend que dans l'espace qu'elle lui fait.
Mais ces louanges prodiguées apportent-elles
et cette admiration conventionla lumière
nelle la pleine conviction ? Que de vague dans
les idées et dans les consciences Quelle insuffisance presque partout Or, si la nature même
de l'humilité est peu connue, sa sphère d'influence l'est bien moins encore.
L'humilité

!

l'exalte àl'envi, toute

tradition

la

âme

;

!

î

Les méditations longuement réfléchies de ce
aux esprits sérieux qui veulent
comprendre et aux âmes pieuses qui veulent
aller de l'avant.
C'est toujours dans les profondeurs que se
cachent les grandes choses les richesses médes
talliques gisent sous la couche terrestre
prodiges de f^rce semblent dormir dans la paisible matière
des merveilles de mécanisme se
livre s'adressent

:

;

;

COUP d'ŒIL PRILIMINAIRE

iO

mouvement du monde sidéral, et
au sein de Têtre vivant des secrets
si profonds que rien ne les explique. Regardez,
regardez bien... au fond de Thumilité règne une
sorte d'infini nous sommes en plein surna-

jouent dans

le

l'on entrevoit

:

turel,

j

La vertu prise dans son ensemble est une
chaque vertu est un de ses organes. Chacune a ses beautés propres sans doute, mais
elle se revêt aussi de la beauté de ses sœurs
par le fait de l'unité de vie et de la loi des
échanges. Quelques-unes cependant y parti-

vie

;

cipent d'une façon plus proche, plus large, plus
continue, plus indispensable la vie, la même
vie se meut dans chaque partie de l'ensemble,
même dans laplus infime, mais elle ne s'y étend
pas, elle n'y brille pas d'une égale façon. Nous
allons étudier la part qui revient à l'humilité
peut-être découvrirons-nous en elle une humilité que nous ne connaissions pas.
;

;

Pour avancer d'un pas assuré, il faut aller
posément et méthodiquement avant d'atteindre
les sommets, il faut traverser certaines régions
;

sans attrait et gravir des pentes difficiles.
Afin de rendre la "route moins pénible, nous
l'aide de moyens variés
la parcourrons à
études qui ouvrent des vues généra \es observations plus courtes qui dégagent on point
obscur, /réflexions pieuses qui mettent en
mais parrelief les résultats d'une découverte
méditations approfondies qui
dessus tout
plongent l'âme dans l'atmosphère de la vérité
sous le grand soleil de la grâce.
:

;

;

:

HUMILITÉ, VERTU SPÉCIALE

11

Que pas une âme de bonne volonté ne se décourage devantces hautes vérités, en se jugeant
impuissante à les atteindre
qu'elle envisage
plutôt les secours d'en haut. La science humaine ne se livre qu'à ses adeptes; la science
de Dieu se prodigue aux petits et aux humbles:
ceux-ci n'ont pas toujours besoin de longs raisonnements. Si, donc, telle partie de ce livre
leur reste fermée, qu'ils ne s'attristent ni ne
la clarté les attend, peut-être au
s'attardent
détour d'un chemin, sous une formule plus
simple, mais tout aussi pleine de vérité. Parfois
tel détail sera pour telle âme toute une révé;

:

lation.

,

Cependant, afin de satisfaire certaines intelligences qui aiment les vues d'ensemble, nous
allons jeter ici un rapide coup d'oeil sur le chemin à parcourir tout le long de ce livre. Un
premier regard sur l'humilité en tant que vertu
spéciale, un second sur sa sphère d'influence,
nous suffiront.

§

I.

I.

— Humilité, vertu spéciale

L'orgueil

n'est

qu'une

déviation

de deux

—Sentiment de supériorité,
recherche de prééminence, l'orgueil est-il un
,êndànces légitimes.

souvenir

de notre

tort serait alors de

grandeur originelle? Son
en situation.

n'être plus

Roi déchu par sa faute, et fier sous ses haillons, « Dieu tombé qui se souvient des cieux »,
tel nous apparaîtrait l'homme dans sa tendance

COUP d'ŒIL PRflLIMINAlRB

12

à

l'orgueil

Ou

plutôt, l'orgueil, désordre

et

au lieu d'être l'empreinte d'une couronne
perdue, ne serait-il pas le stigmate de la révolte vaincue? « Eritis sicut dii. » La tentation
aurait ainsi passé dans le sang pour le troubler. Cette double origine expliquerait ce qu'il
présente à la fois de grand et de bas.
En fait, cependant, il est plus exact de regarder ce défaut comme la déviation de sentiments
utiles mis par Dieu même dans la nature humaine. Ces sentiments se réduisent en dernière
analyse à ces deux: estime de soi, désir de
Vestime des autres. L'estime de soi est la

vice,

base de 'la dignité personnelle; le désir de
l'estime des autres est une des bases de la
sociabilité.

Ces inclinations sont si profondes et si spontanées qu'elles appartiennent pour une part à
la classe des instincts, et ressemblent à celui
de la conservation. Elles ont d'ailleurs une foncl'instinct de la vie attache
tion du même genre
Thomme à une existence ordinairement misérable; celui de l'estime de soi rattache à sa
personnalité, malgré son peu de valeur celui
du désir de l'estime l'attache au bien public,
malgré la fragilité des avantages qu'il donne.
Ces deux dernières tendances sont sujettes à
des déviations si faciles et si naturelles qu'elles
portent l'empreinte de la déchéance originelle;
c'est pourquoi souvent les moralistes les appellent sans distinction un vice.
:

;

IL L humilité est
à ces déviations.

la vertu

chargée de s'opposer
qui afifermit

« C'est elle

flCMILiré,

VERTU SPECIAL*

15

l'esprit et l'empêche de s'élever d'une manière
déraisonnable » (de se surfaire, superbia). C'est
elle
qui reconnaît et maintient l'ordre dans
l'estime de soi et dans le désir de l'estime des
^

autres.
Elle est

donc véÀtê

et justice. Elle est vérité,
trace la règle de direction.
Elle est justice, et, à ce titre, elle incline à agir
conformément à cette règle 2.
En tant que vérité, elle réside dans l'intelliet,

à ce

titre, elle

gence; en tant que justice, elle réside dans la
volonté. Mais ces deux facultés agissant l'une
sur l'autre, tout développement de lumière augmente la force de l'inclination, et tout dévelop-

pement d'inclination porte à mieux chercher
et à mieux saisir les motifs et les règles de
l'humilité.

Cette probation s'adresse donc à l'une et à
de ces deupt facultés, pour les mettre en
l'état le plus favorable ; or, l'état le plus favorable de l'intelligence, c'est la conviction, et
l'autre

l'état

plus favorable de la volonté, c'est la

le

propension.

Deux

sortes de lumières produisent la conla lumière de la raison et celle de la
révélation. Deux forces produisent la propension : celle de la volonté et celle de la grâce
viction

:

actuelle.

1.

s.

Il

est sage

Thomas,

2a

2ae

de s'aider de tous ces

quaest. 161. art.

se-

1.

2. Ce mot « justice », pris ici dans son sens large, désigne la disposition vertueuse qui assure à chaque chos«
la place qu'elle mérite, tandis que la justice, dans sa stricte
acception, vise les droits positifs des hommes entre eux>

COUP D'ŒIL PRÉLIMINAIRE

14

cours à la

fois.

Ceux de Tordre surnaturel pont

les plus efficaces,

comme

les plus élevés.

Nous contenter des données de la raison pour
déterminer l'estime que nous méritons, serait
établir une vertu incomplète et insuffisante.
Prétendre acquérir l'inclination d'humilité par
nos seules forces, serait commencer par une
proposition hérétique, et finir par une déception.
Les païens ne connurent de l'humilité que la
modestie, et, ce qu'ils en connurent, ils le pratiquèrent bien imparfaitement. La vraie notion de cette vertu découle de nos dogmes
fondamentaux, et sa pratique complète déla grâce : elle est donc éminemment
et le rationaliste ne saurait ni
surnaturelle

pend de

;

avoir, ni

même

admettre l'humilité ainsi com-

prise.

II

une part très large aux
dans Vacquisition de la

faut cependant faire

facultés

naturelles

vertu.

Et pour bien comprendre la portée de cette
observation, il sera bonde rappeler ici quelques
notions générales sur les vertus naturelles et
sur les vertus surnaturelles.
Leur objet est le même; c'est le bien; et
chaque vertu a le même objet spécial
le
genre de bien. Ainsi, l'humilité, qu'elle
:

même
soit

naturelle

ou

qu'elle

soit

surnaturelle,

règle et maintient l'ordre par rapport à l'estime
personnelle et au désir de la louange.

Ces vertus^ résident dans les mêmes facultés
qui sont, pour les unes et pour les autres, les
facultés naturelles. Les vertus naturelles les

et non du développement. on le comprend. Il les verse toutes à la fois. Les vertus surnaturelles sont mises en nous par une sorte de création. vail. au contraire. l'augmentation du dehors. et elles se perdent ensemble parle péché mortel. à un degré d'augmentation ne cor- vient respond pas nécessairement un accroissement de force et d'inclination. et elles ne se perdent qu'à la longue en sorte qu'un péché mortel ne les détruit pas. Mais elles diffèrent totalement par leur mode de production et d'exercice. Dieu les verse déjà dans l'âme de l'enfant baptisé. Les vertus infuses. la force. L'augmentation de l'une entraîne l'augmentation de toutes les autres. ne se formentquelentementpar des actes nombreux. vertu surnaturelle est synonyme de vertu infuse. minent les 45 vertus surnalurelles les '< ter- ». l'habileté. comme qui dirait l'aptitude. ne peut être donné qu'à ces dernières. Les théologiens caractérisent cette différence par deux expressions consacrées. jisent-ils. Toutes ensemble également revivent par l'effet de la justification. s'y accumulent peu à peu comme dans un membre qui s'exerce à un tra. L'habitude donne le faciliter posse. L'inclination. donnent le simpliciter posse. que la théologie appelle infusion. ainsi. Les vertus naturelles. à l'exception des vertus de foi et d'espérance. le simple pouvoir. Le nom d'habitude. la . VERTU SPÉCIALE pénètrent.HUMILITÉ. Pour les vertus surnaturelles. et chez elles.

mais la simple aptitude à produire des actes surnaturels. les actes vertueux se multiplient et s'accomplissent avec intensité. Les vertus surnaturelles ne sont pas faites d'ailleurs pour laisser inactives les forces naturelles. actuelles qu'elles attirent. généralement. mais d'une manière transitoire. L'actiFité viendra des grâces actuelles. couleur. . Les grâces actuelles la/ donnent également. avec une beauté spéciale. ou pour les remplacer. serré ou lâche il devient de la pourpre dès qu'il sort d'un bain spécial. chez les adultes. des dispositions de la volonté et des habitudes. : . serré ou lâche mais il a pris rangdans un ordre plus élevé. la vertu sera caractérisée par Veffort. Une comparaison va rendre Sensibles ces distinctions. Sous leur influence toutepuissante. Ces grâces actuelles nous offrent des ressources qui dépassent toute évaluation Dieu les centuple dans l'âme qui y correspond et la prière lui permet de les prodiguer et sans mérite et sans mesure.i6 COUP D^ŒIL PRéLlMlNAlUft vraie facilité. Elles les élèvent à l'ordre surnaturel par leur présence elles les complètent et les soutiennent par les grâces . les compléter et les soutenir. mais pour les élever. Tel tissu peut être fin ou grossier. les facultés na: . Qu'un réactif chimique lui enlève sa . Sa valeur et ses usages ne sont plus les mêmes. elles transforment nos facultés etleur communiquent. Les vertus surnaturelles font passer notre être de son ordre humain à l'ordre surnaturel. On voit par là que. l'aptitude. le voilà redevenu tissu vulgaire. Le bain n'a rien changé à sa nature le tissu reste fin ou grossier.

II. la facilité et le savoir-faire aux actes semblables. à l'inverse. Importance de la conviction dans l'hu- — 1<* Il n'est pas si aisé de déterminer. 3» L'orgueil inspire peu d'horreur. rien n'est séducteur comme ce vice. : m. ce qui est orgueil et dignité personnelle Le soin de sa réputation. . Ses dangers nous paraissent aussi moins redoutables. se développeût. l'orgueil constitue rarement de lui-même un péché mortel. il le dissimule et se transforme. et parce qu'enfin eu d'entre nous portent ce défaut à l'extrême. et finalement acquièrent l'inclination. se forment. II. les conditions des habitudes étant réalisées. même ! serves! 2" Mais. On trouvera des explications plus complètes dans notre livre intitulé Pratique progressive de la confession. Et que d'orgueil. parce que. Sa laideur et sa malice nous frappent moins que la laideur se malice des autres vices. — 2. quand il a fait sa place. et la HUMILITÉ.fiUMIUTÉ. il grandit et s'étend d'une façon lente. théoriquement. le devoir de garder son rang ou de défendre ses idéesjustes. on l'excuse. discernement devient plus difficile encore. si vous le considérez dans la pratique. chez les chrétiens. En effet. chap. et quand on l'entrevoit. t. autorisentun grand nombre d'actes. VERTU SPÉCIALE turelles qui les produisent. que des esprits mal informés prendraient facilement pour de l'orgueil. on le sent à peine. peut s'autoriser de ces délicates ré- milité.

l® Des actes. mais elle la renferme à la manière des forces physiques condensées dans leurs éléments et prêtes à s'exercer. Il renaît quand on l'a cru mort. Ses racines plongent au plus profond de notre nature. Comment s'acquiert et se développe cette tendance si contraire à la nature? Par l'exercice. qui ne meurt pas. afin d'en concevoir une horreur qui nous en éloigne. pour le dominer. Sa vitalité est extrême. voilà le grand secret. Il se nourrit de peu. ni sur la sûreté de nos analyses Dieu seul est le Docteur de l'humilité : « C'est aux petits qu'il la révèle^ revelasti ea parvulis. difficile à connaître. il faut étaljlir en nous l'habitude de l'humilité il faut que cette inclination nous suive tous les jours de la vie pour combattre sans cesse l'inclination opposée. faibles ou exagérées.COUP D*ŒIL PRÉLIMINAIRK 18 El ijourtant sa pernicieuse influence est telle que les saints l'appellent le père de tous les autres. 1 . ne comptons pas trop sur la portée de nos vues. et cependant il n'est jamais rassasié. Toutefois. est encore plus difficile à dominer. Or. Importance de l'inclination dans l'humilité. — IV. Une conviction de ce genre n'est pas la vertu. . Essayons d'aller au fond des choses à travers les phrases de convention qui en- combrent ce sujet. la conviction. Il est donc nécessaire d'établir en nous une conviction éclairée et qui nous impressionne. L'orgueil. ?oilà l'impérieux besoin La vue. » . des actes. Aussi ne s'acquiert-elle point par des considérations vagues.

demandes..) peuvent être très nombreux. nous avons. C'est donc le combat 11 faudra se courber devant la volonté des autres. consUtueij:^ marche. convient admirablement ici. d'un pauvre. Les actes intérieurs (désirs. Il faudra se faire doux envers celui qui nous aura méprisés. soit extérieurs. c'est . car elles donnent aux senti- ments une consistance spéciale. souvent peu raisonnable. la ressource inépuisable des actes. ! : soit intérieurs. dominée par une humilité résolue. VERTU SPECIALE l'avant-garde. elle emploiera sa force à se vaincre et mettra son bonheur à s'abaisser avec Jésus. l'âme peut passer tout entière dans ces efforts. Il faudra dire à chaque humiliation C'est bien! La nature se révoltera. etc. ' que nous com- mandons. « Mihi absitgloriari nisi in cruce Jesu Christi. et c'est cet exercice que nous tâcherons de faire durant ces méditations. pour nous y préparer. Grâce à tous ces moyens ployés. Baiser parfois la terre. riDclinatioD n'est plus longuement em- un simple assen- . 3® Lesdémonstrationsextérieures ne doivent pas être négligées. même dans l'oraison? L'attitude courbée d'un coupable. mais. mais elles éclairent 19 la l'armée qui remporte la victoire. est fort utile. l'armée des actes et surtout des actes généreux c'est elle qui s'établit dans la place et y fait régner l'humilité. etc. acceptations.BUMILITÉ. » 2° En attendant ces occasions que nous réserve le cours de la vie. résolutions. d'un suppliant. Pourquoi ne pas les employer. et rien ne s'oppose à ce qu'ils soient intenses.

Et que nous apprend-elle? Que nous sommes des êtres crééi. sans cesse redite. influence générale L'influence de l'humilité se déduit de sa nature même.COUP 20 D*<£IL PR^LIMINAIRB timent de l'intelligence à la vérité. fixés au sein de nos puissances développées et a Termies. car il est de la nature de toute force de pousser à l'action et de trouver quelque jouissance dans son libre exercice. le mouvement. C'est une force per: manente qui donne la facilité. et ! ! 1 . des êtres participant à la vie divine. résolu . le goût même. l'homme. or. Voilà de très grands mots. mais peut-être vaguement comprise La vérité La vérité C'est très beau mais quelle est la vérité que nous avons à re chercher ici ? C'est la vérité sur notrb valeur. comptons sur la grâce. §11. elle est vérité et justice. il faut réfléchir et — Humilité. Entrons donc avec courage dans cette formation prêtons tous nos efforts. reste à les bien comprendre. Pour que je I. — Formule acceptée L'humilité est /a vérité. la vérité illumine tout l'ordre intellectuel. car ils ne peuvent se concevoir par eux-mêmes. il faut prier. . une simple elle déterminatioFi de la volonté à la justice est cr*t assentiment etcette détermination passés en 1\ àbitude. il faut être convaincu et . Pour devenir humble. et la justice C'est là tout domine tout l'ordre moral.des êtres coupables. Nous l'avons dit.

si je recueille tout ce qu'il veut bien me donner.HUMILITÉ. si je retranche en moi ce qui est de lui. par contre. elle conduit au bien. d'évoquer l'ordre tout entier de tion à la vie divine » besoin grâce et de la gloire. — En tant que conduit au beau . je donne à chaque chose sa place et sa proportion j'entre dans la plus belle lumière qui soit au monde celle de j'ai la : : . De ce double regard je saisis tout entière la vérité. Contraste fécond d'où naissent deux sentiments qui se complètent pour constituer ma vie spirituelle l'humilité quand je considère ce que je suis. pour me comprendre. l'humilité . la vérité pose les fondements de Iti justice mais en affirmant le devoir. en tant que justice. : l'infini II. l'adoration quand je contemple l'Être par qui je suis. pour que je connaisse il faut que je connaisse les droits et la dignité de Celui que j'offense. je m'annihile absolument. dans cette recherche. Or. je m'élève magnifiquement. L'humilité est la justice. L^univorselle soi)- . de toutes parts. INFLUKNCS GÉNÉRAL! 21 créé. YuniveraeUe soumission. dans mon fonds et dans mes actes. le devoir se synthétise dans vérité. j'ai besoin de le comprendre lui-même je le trouve dans mon origine et dans ma destinée . éclairant le créé. En établissant la situation respective de Dieu et de l'homme. et. pour « participaque cette étonnante formule conçoive conçoive le péché. Dieu se présente à moi obstinément. la justice fait de la vérité une vertu morale. Or. le le : me dise quelque chose. il faut auparavant que je Créateur.

c'est l'acceptation de toute la loi. ne peuvent-elles pas se proposer des ascensions plus hautes que leur but propre? Elles sont une force. Emparons-nous donc de ce vif sentiment de l'estime personnelle et de ce désir non moins vif de l'estime des autres. Orientons leur activité vers un but supérieur. Les deux tendances que l'humilité a charge de régler et de conduire. pour l'œuvre de sa gloire parmi les i . l'estime de soi et le désir de la gloire. On comprend ainsi comment la jus- vertu totale et pourquoi les saints portent dans l'Ecriture le nom de justes l'humilité ouvre toute large la route vers le parfait. amour de complaisance pour l'être adoré. mais subordonné. enfin. A lui Tinitiative du moteur nécessaire. Présentons-leur de plus nobles ohiets à ai- . amour de bienveillance pour le Dieu intime qui veut recevoir quelque chose de nous. fille de la vérité et de la justice. réalisant ainsi toute justice. L'humilité transformatrice. L'homme s'empare des torrents et en tire les surprenantes merveilles de l'électricité. darde ses chauds rayons sur cette humilité fidèle. amour de zèle. à nous l'obéissance de l'être personnel et libre. la fidélité à toutes les nsnirations par ell e Dieu passe en tous n os actes etles ramène à lui. . la résignation à toutes les peines. : hommes. Que la divine charité. INFLUENCE GÉNÉRALE Î2 mission. tice se confond avec la : — III.HUMILITÉ. or. toute force contient en puissance du mouvement. et l'universelle soumission devient l'universel amour amour de reconnaissance pour le Bienfaiteur suprême.

elle donnera au nôtre une paix divine. qu'il m'élève à Lui par la puissance de ses attraits. l'humiliation. et me voilà vivant de sa vie de Dieu Incarné. toutes les grâces d'en haut prêteront ensemble leur concours à cette œuvre qui couronnera l'humilité. Oh cation à tenter! Toutes les vérités religieuses. des douceurs cachées Oh faites que je les goûte Alors j'aimerai ! I : ! enfm ! ihuinilité. Nous la parcourrons avec la plus parfaite des créatures.HUMILITÉ. ! : saintes clartés. ma vie. transformée.surtout. peut-être. par Jésus humble. je le pressens. route aérienne qui demande des ailes. enseignez-moi l'humilité de Jésus elle contient. . je dis ! mieux. plus pénétrante. teindre. INFLUENCE GENERALE 23 de plus délicieuses approbations à conquérir: cet essor sublime les éloignera plus l'admirable éduencore de tout orgueil. qui est. mon sauveur. ô grâces pénétrantes d'en haut. mon frère. essentiellement et dans tous ses espace sans borne actes. mon ami. peut-être même des joies inconnues. Qu'apparaisse maintenant Jésus Homme-Dieu. tous les sentiments pieux. ô chaudes affections. Plus belle. les ailes de l'amour. elle . et l'atmosphère du monde est saturée d'orgueil. cette vertu ravira le cœur de Dieu. une vie d'humilité ouvert à mes légitimes prétentions. jusqu'ici. je vous désire et vous appelle Envahissez mon âme qui s'ouvre à votre action. avec Marie. sainte humilité. Je ne suis pas humble. ne vous ai-je connue que de nom Marie. qu'il me baigne de lumière par ses exemples.

.

.

.

d'une heureuse ignorance. Ce qu'il tient. au dedans nulle prétention. Le divin Maître nous la présente sous les traits d'un petit enfant tout candide. Troisième point : L'humilité source de faveurs célestes. c'est la belle simplicité des vues et de l'attitude. — Deuxièmt point : L'humilité vertu réformatrice. — — Préparation pour la veille. chez l'enfant. laissons descendre sur notre sensibilité une vision plus douce de cette vertu. cette image : . mais cette esquisse donne admirable- ment la physionomie de l'âme humble au dehors nulle recherche. où le der raisonnement posera les bases de Thumilité. sans mérite comme sans durée. Ce n'est encore qu'une esquisse. Ce reflet pur. Cette simplicité native est. L'enfant semble encore garder un reflet de rinnocence primitive.Première semaine PREMIÈRE MÉDITATION Invitation divine à THumilité a Sicut parvuli » Premier point : L'orgueil tendance innée et funeste. lui. Avant d'aborla série un peu aride de méditations. doit venir chez nous de l'efifort.

vous n'entrerez pas dans le royaume de Dieu. si vous ne changez.. montrez-moi. reste l'idéal à poursuivre. me reçoit. ce cher petit enfant qui doit être mon modèle et laissez-moi déjà vous entrevoir vous- même sous ses traits 1 Méditation « Lorsqu'ils furent dit : dans p^ la maison.. comme aux apôtres. Faites-vous dès maintenant un cœur désireux ce que Jésus enseigne est nécessaireet docile ment vrai . Jésus leur Que discutiez-vou^ en chemin? Et ils se tai- parce qu'en chemin ils avaient discuté lequel d'entre eux était le plus grand. Et quiconque reçoit en mon nom. Et s' étant assis. le place au milieu d'eux et dit : En véritéy en vérité. » saient ^ — Voyons le chemin qui s'étend Premier prélude. Celui qui se fait le plus petit entre vous. : : Jésus.. il appelle un petit enfant. sicutparvuli.. plus haut et millt fois plus aimable encore. Le Sauveur marche |9 . ce qu'il demande est nécessairement bon.. alors rimage de l'humilité s'achèvera en nous par la fidèle copie du chef-d'œuvre. un petit enfant semblable. demain. Jésus embrasse le petit enfant et le laisse aller. et si vous ne devenez comme de petits enfants.. 4u Thabor h Capharnaùm. nous sera proposé « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur » .PREMIERE SEMAINK 28 apparue. est le plus grand. Ailleurs un idéal plus complet.

laisse à des Apôtres destinés à la plus haute vertu. entendons leurs prétentions accueillies par des exclamations. Qui donc ne la porte pas au fond de — — — — soi-même Voyons ses conséquences.. de la bouche du . Elle occupe et remplit entièrement leur esprit.29 PREMIÈRE MÉDITATION les Apôtres le suivent. Entrons à la suite de Jésus dans la maison hospitalière. affaiblissement de la piété ? — — 1 : . à distance. et pour nous seuls. visages animés par la discussion. premier — du chemin de occupe et agite les hommes. L'orgueil tendance innée et funeste.. L'orgueil ne produit-il pas chez nous de semblables effets dissentiments. et. 1 — provoque Elle entre les Apôtres des discussions blessantes. divin Maître. les Le long arguments douteux qui s'entre-croisent. troubles. Elle subsiste en des âmes forDieu la mées directement par le Sauveur. Ohl s'éloigner de 4ésusl Se priver de sa conversation! Fuir ses regards et pour quels avantages!. q^ii — Deuxième prélude... Demandons la grâce de comprendre cette importante leçon d'humilité d'en recueillir les moindres mots comme s'ils sortaient à cette heure. Considérons la violence de cette tendance et ses conséquences immédiates. — I. Remarquons le cercle des douze la vie. Elle se trouve chez des hommes de basse condition et d'habitudes simples. Voyons leurs . l'orgueil ainsi — l'entourent. le petit enfant qui les regarde de son air naïf et curieux. Elle les rend indifférents à la société de leur Maître.

Le petit enfant est mon modèle. il faut ensuite que j'agisse d'après cette opinion. et j'y aspire. c'est Vétemel bonheur. et je la veux. confiant. Nisi. que je me fasse petit. on temps et la patience y seront nécessaires ne se refait pas en un jour. 30 II. M'assurer ces biens. je dois être simple. pas de préoccupations et de troubles d'amour-propre. sans prétention et sans affectation. c'est la perfection. Il faut d'abord que je m'abaisse. je ne puis rester ce que je suis par nature. quelles que Et efficiamini » Le soient les difficultés et les répugnances. et j'y tends. pas de hauteur et de dédain. « Sicut parvulî. c'est la paix de l'âme. Vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux. mais tout petit : Sicut parvuli. aussi bien que d'abaissement! Non intrabitis in regnum oœlorum.PREMIÈRE SEMÀINI. Sans cela. je ne dois pas me faire petit. enfin. L'humilité vertu réformatrice. » Donc. docile.. bon. Se refaire. nécessaire. que je me croie petit.)) Voilà le mot essentiel. Gomme le petit enfant. — Pesons « Nisi bien chacune des paroles du Sauveur conversi (ueritis. pas d'ambition et de recherche des préséances. suivant le mot du Sauveur. telle est la mission de l'humilité. Il faut être autre il faut d'orgueilleux devenir humble. » Méditons les divers sens de cette expression. Et c'est une condition expresse. « : — : (( — — . par habitude peut-être. Le royaume de Dieu. si vous ne changez. Donc. par inclination. Oh! quelle parole de tendresse. point de place au absolue : : : royaume du ciel.

1° petit Principe de grandeur. je connais à peine le goût de la consolation... si la lumière de vérité perçait nos ténèbres! 2** Humilité.. Toutes les satisfactions de l'amour-propre ne valent pas ensemble une caresse de Jésus. « Qui susceperit talem in nomine meo me suscipit.. » Jésus pose le petit enfant en évidence au milieu des Apôtres. Bonheur de ce doux privilégié. erit major.PREMIERE MEDITATION 31 si je consens à me faire tout dans ces belles destinées.. ne me presse pas sur son cœur. Oui. par mes prétentions. source des faveurs célestes. à la place d'honneur et il traduit aussitôt cet acte par ces paroles : « Celui qui lui ressemblera sera le plus grand au ciel. 3° Humilité. Ohl que nos jugements nous trompent. Si cet enfant n'eût pas été tout petit Jésus ne l'eût pas embrassé. Heureuse petitesse. principe de consolation.. » Si la justice dernière doit lui assurer ce rang. « Quem cum complexus esset » Jésus embrasse ce petit enfant. Oh! comme les rangs subiraient d'étranges changements. peut-être. principe de succès. Je me plains de mes délaissements intimes.. Jésus ne m'entoure pas de ses bras. Jésus! j'entrerai L'humilité. c'est qu'il le mérite dès ici-bas il l'occupe donc aux yeux de Dieu.. vers qui la grandeur s'incline avec amour!. : — — : Serait-il moins bon ou serais-je trop grand ?. » — . Ohl je choisis d'être petit et d'être aimé. Pourquoi ? Pourquoi 1 .. « Statuit eum — in medio eorum... objetdes caresses divines 1.. III.

m'aime. ses bras. son cœur? — — privilégié. Ce qu'il demande. même : Résolution. c'est le effacement. Est-ce une fugitive apparition de Jésus?. Celui en qui elle brille semble apporter la sécurité et la dilatation. attache à l'humilité le Qu'il parle ou qu'il écoute. Est-ce un privilège de grâce?. Il déclare que le recevoir.PREMIERE SEMAtNË 32 Jésus accrédite auprès de tous les hommes celui qui ressemblera à ce petit enfant. Qui receperit talem me recipit... tion facile. On sent à je ne sais quel signe que cet humble ne saurait mépriser ou Dieu.. Qui donc ne s'empresserait d'ouvrir à Jésus Je serai ce sa demeure. si je me fais petit. Est-ce un rayonnement de l'âme?. comme pour rendre sa recommandadon de plaire. Ohl que je voudrais me faire petit! blesser.. — Etre un petit enfuit pour que — Jésus . on l'accorde spontanément rien en lui ne provoque ces répulsions instinctives que soulève l'orgueil.. le même désir de laisser les autres paraître.. c'est le recevoir lui-même...

ni effets. dont il est une exagération vicieuse. 2» d'orgueil. Ce qui autorise la commune appellation donnée indifféremment à ces deux défauts. . c'est qu'ils ont l'un et l'autre pour objet l'exaltation du moi . ni les mêmes n'ont ni la tères.te premier se surfait à ses propres yeux. Ils même origine. le second veut être surfait aux yeux des autres. à notre instinct de sociabilité. et le désir de l'estime des autres. Il n'est vicieux qu'en tant qu'il recherche une place qui ne lui est point due.ÉTUDE PSYCHOLOGIQUE DE L'ORGUEIL Pour préparer l'esprit aux deux méditations qui suivent I 1» On donne communément le nom d'orgueil à deux défauts qui sont cependant de nature différente l'estime excessive de soi et le : désir excessif de restime des autres. L'estime excessive de soi se rattache au sentiment de la dignité personnelle. bvmilitL — s. ou la fait désirer avec des préoccupations ex- trêmes. ni les mêmes caracle même mode d'action.

en les affranchissant de tout excès. elle ne les abaisse pas. Sans lui.34 PREMIERE SEMAINÏ 3» Malgré ce rapprocliemeiil final. pour l'exercice du commandement. au grand profit des subordonnés. ni le désirde l'estime.c'est lui qui communique. cette assurance qui. car. qui est attaqué . elle les maintient dans leur beauté. ces deux tendances doivent être étudiées séparément. et . entraîne l'obéissance. de qualifications arbitraires et de moyens mal appropriés. C'est pour n'avoir point établi ces essentielles distinctions. que la plupart des traités sur cette matière sont remplis d'enseignements confus. dans leur force et dans leur rôle utile En : sentiment de l'estime de soi il a été mis par est légitime en lui-même Dieu en notre nature pour soutenir notre personnalité. si l'on veut être en état de s'analyser à fond soimême et de se diriger comme il convient. seule. mais de les régler . en nous donnant conscience de la justesse de nos idées. l'homme tomberait aisément dans cette lâcheté qui ne sait ni entreprendre ce qui est périlleux. II Faut-il déclarer à ces deux tendances une guerre si impitoyable qu'elle vise leur complet anéantissement? L'humilité n'a point pour objet de détruire le sentiment de la dignité personnelle. . le . ni défendre ce 1® effet. elle les élève au contraire. comme de nos forces et de nos droits.

ou même auxquels elles ne pensaient pas. et elle s'éprend de la gloire de Dieu. 3<> Le sentiment de Thonneur semble appar- tenir davantage à cette seconde tendance. reste sans doute un principe d'altération. mais qu'on la subordonne bien plus. chacun aime à sentir qu'on fait cas de l'estime qu'il donne. La raison n'exige donc pas qu'on se dépouille de cette tendance. car. qu'elle intéresse. Plusieurs 'ui devront de s'être maintenus dans le devoir. l'expérience ne le montre mais il communique aussi cette que trop spontanéité qui rend l'action. elle répand sur la vertu quelque chose de plus attrayant. s'élevant haut. autour de nous. l'âme pieuse. . . que des motifs surnaturels n'animent pas.itUDE PSYGHOLOGIQUfi DS l'oRGUEIL 35 Sous son influence. quand elle est et qu'on la dirige dominée par des sentiments supérieurs. quelques-uns d'en avoir mieux compris les délicatesses. Ce qui est humain. et plus facile à celui qui l'accomplit. admire la perfection chrétienne. car . qui est l'objet le plus haut que puisse poursuivre l'ambition d'un grand cœur. et plus aimable à ceux plus qui . se portent sans peine à des actes de générosité et de dévouement. lui aussi. Grâce à lui. par excellence. la grandeur personnelle. est. et l'on se rapproche instinctivement de celui qui procure cette jouissance. 2° Le désir de l'estime est. un sentiment honnête et secourable il est une marque de considération envers les autres. une sorte de soumission à leur jugement. qu'elles négligeraient. beaucoup de personnes.

il leur prête un ferme appui et en reçoit une haute direction . et. Cependant. n'est pas sage. Ici nous sommes dans le domaine de la première tendance qui vise la dignité. Quoique l'honneur réside hors de nous. On ne peut refusera l'honneur une influence heureuse sur la vie sociale et sur le perfectionnement individuel. S'il se trouve uni à des principes supérieurs. car le bien doit être le premier mobile de nos efforts. car l'opinion peut mal l'on juger. étant le fait de l'opinion et l'opinion étant le résultat des idées qui régnent dans un milieu. maintient du moins quelque soliencore quelque éclat. on conçoit l'élévation que peut atteindre un groupe d'hommes. au contact des vérités de la foi. dont il veut sa part l'estime de soi comme un bien qui lui rerient de droit. un peuple. s'il . à l'estime publique. sans autre examen. l'honneur que pour en jouir. Qui en fait sa règle. 1 homme consulte moins l'opinion que les principes. il peut entrer en nous et l'esprit régner sur notre conscience. Le désir de l'estime envisage l'honneur comme un bien social. plus sensible à l'honneur qu'aux hommages. il préfère sa propre estime. Alors. n'est pas vertueux. que récompenses que qui ne recherche c'est à ses lois et c'est à ses aspire. reste seul. L'honneur.36 PHBMIÈRB SKHAIIfB l'honneur est rappréciation de l'estime générale c'est de tous qui dicte ses lois et fait décerne ses récompenses l'on se soumet : . dité etjette il " . dans des autres.

Cette mutilation résulte ordinairement d'une certaine étroitesse d'esprit et produit des déformations regrettables. le péché n'a fait que les rendre excessives et leur créer des dangers extérieurs. Cette attribution ne semble pas juste car.ÉTUDB P8TGH0L06IQUB DE l'ORGUBIL 37 III péché qui a mis ces deux innotre nature. à leur insu. on «st vain c[uand on estime en soi (^uel(|ue avan. et c'est l'humilité qui y Si l'on voit des personnes vertueuses se raidir absolument contre elles et les réprouver sans examen. elles sont bonnes en elles-mêmes. . donc. tant qu'elles ne sortent pas de Ce n'est pas le clinations dans leurs justes limites pourvoit. car il est bien plus de détruire une force que de la maintenir constamment dans son jeu régulier. Elles viennent de Dieu. IV On entend dire communément que Vorgueil relève de l'estime de soi. et restent bonnes dans leur exercice. pour la lutte. tandis que la vanité appartiendrait au désir de restime. s'affranchir de facile rend l'esprit hésitant. d'une part. . et communique aux manières extérieures ce quelque chose elle de factice et de contraint qui discrédite la vertu. c'est peut-être. elles y eussent toujours existé. Elle laisse l'âme sèche.

la dignité réside en noC3-mêmes. l'esprit naturel. Bien vain aussi est le désir est bien vain d'une estime. La qualification de vanité ne doit donc pas s'appliquer à la tendance. sans mériter le reproche d'être vains. souvent peu méritée. comme en fait de labeur. l'élégance des vêtements et le train de maison. n'ajoutent rien à notre vraie valeur. La beauté. l'intelligence même. Tout cela . quand elles s'abaissent . Il y a de grandes ambitions comme il y a de grands caractères. Chez les premiers. chez les seconds. la vanité devient également le propre de ces deux tendances. cependant. c'est la dignité qui commande.PREMIÈRE SEMAINE 38 mesquin et. et un travailleur par un esprit facile. mais un don remarque bien humiliante pour la raison humaine en fait de fortune. Ces deux mobiles peuvent être entachés d'orgueil. quand le désir de l'estime porte à rendre tage . Les grandes ambitions déterminent de puissants efforts et poussent aux actes d'éclat comme les grands caractères. : . c'est la renommée qui attire. mais par un mobile différent. mais à son objet. d'éminents services. La richesse transmise. pas un mérite. La renommée est hors de nous. on ne l'est pas. toujours si I fugitive. on est plus fier de ce qui est reçu sans effort que de ce qui est acquis avec vaillance un parvenu est éclipsé par un riche héritier. ne sont et. d'autre part.

la vertu surnaturelle la cherche là aussi. La vertu simplement humaine trouve cette appréciation dans sa raison seule . en effet. Nous les retrouverons dans les méditations prochaines. d'excès. ces motifs d'une humilité plus qu'humaine. si la simple humilité de raison ne manque pas elle-même à notre vertu. — Où Toutes deux nous disent point dans l'ap: elles diffèrent. Demandonsnous. dès maintenant. Elles diffèrent. 2° La di£tinction de ces deux tendances. par leur . signale la nécessité d'une direction particulière pour chacune. Cette définition convient également à la vertu simplement humaine et à la vertu surnaturelle d'humilité. mais elle la reçoit plus lumineuse des dogmes de la foi : la déchéance originelle est la triste condition où nous sommes. L'exemple de Jésus achève cette éducation en nous présentant son idéal où se déploie l'humilité lité surnaturelle. sont des vérités révélées qui viennent changer le point de vue et imposer une humiet plus profonde et plus gémissante. la nécessité absolue de la grâce et des grâces de miséricorde. dont Texcès porte le nom commun d'orgueil. ces lumières d'en haut.ÉTUDE PSYCHOLOGIQUE DE l'oRGUEIL 39 Résumons maintenant l'ensemble de doctrine cette : Le rôle direct de l'humilité est de régler sentiment de l'estime propre et le désir de l® le l'estime des autres. c'est préciation de cet excès.

et telle nature à refaire appelle une méthode différente. d'en diriger V application vers s'il son but spécial. autre est la personnalité de celui qui est dominé par le désir de l'estime. .PREMIÈRE SEMAINE 40 physionomie morale comme par leur nature intime. pour chacun. Les conditions générales. mais. Ce :?ont deux constitutions à part. comme l'inspection d'un os permet au naturaliste de reconstituer l'ensemble d'une espèce animale. révèlent à l'observateur exercé. que certains signes caractéristiques. Les travers ne sont pas les mêmes. les ressources non plus. veut tirer. des méditations qui vont suivre. les moyens généraux sont proposés à tous. Que chacun prenne donc se classer le soin préalable de dans l'une de ces deux catégories. à charge. tout le parti possible. souvent de minime apparence. Autre est la personnalité de celui en qui domine l'estime de soi.

On le rencontre plus ordinairement chez l'homme que chez la femme. Chez les gens privés de principes plus hauts. Troisième point : Ses contradictions. — PrépsLPation pour /a ve/7/e. Il a de la tenue. fût-il sou- .— Deuxième point Ses partialités. oujours senti. finit par paraître légitime. il peut être une force sans cesser d'être vicieux. selon les situations. Il sera juste. — Ce genre d'or- gueil développe. mais dur. le : — sens autoritaire. N'ai-jfc pas quelques-uns des caractères de — cet orgueil? L'orgueil est si habile à. Quatrième point : Ses dangers. toujours fait.se dissimuler. mais de la raideur.Première Semaine DEUXIÈME MÉDITATION II« EXERCIGB De Testime de soi et du mépris implicite des autres Premier point : Constater la tendance. on se connaît si mal soi-même! Ce que l'on a toujours vu. ou bien ou bien l'esprit d'indé- pendance pouvant aller jusqu'à la révolte. Il est personnel et exigeant par une alliance assez fréquente avec l'égoïsme.

le respect lui-même. travail instinctif semblable à la poussée de la plante (|ui parvient à plonger . Demain.PREMIERS SEMAINE 42 verainement défectueux. je sonderai ces retraites obscures où se cache l'orgueil mais ma vue est trop courte pour en atteindre les profondeurs. nous font croire à une supériorité quelconque nous retenons facilement pour nous. ferais-je exception à la règle? On peut être orgueilleux. elle existe : travail soit volontaire ou incessant de notre esprit pour découvrir en nous quelque chose à y estimer. mière I. pour peu que notre situation y prête! Les éloges. nous — Considérons en /a tendance. sans l'être de toutes les manières. Qu'elle non. . tendance qui nous porte à nous Constater cette surfaire [superbia). et d'une grande sincérité de conviction. d'ailleurs. Ne dit-on pas sans cesse que chacun se surfait. «^ Méditation — Demander la grâce d'une vive luPrélude. . nous sont apportées du dehors. mon Dieu. alors même qu'il n'est pas extrême. Que d'illusions. . et l'orgueil peut être dangereux. c'est à votre lumière que je veux recourir c'est de votre grâce que j'attends le don de me pénétrer moi-même. ce qui s'adresse au rôle que Dieu nous prête.

et cepen- dant. les plus importants. il s'en vue persistante produit une impression qui se grave. Avons-nous plus de cœur que de tête? nous déclarons l'habileté méprisable. Mais. nous n'hésitons pas à tenir les premiers pour misérables. travail inconscient et sans fatigue. et nous plaignons sincère ment ceux qu'une trop grande bonté rend dupes des habiles. bas. nous sommes porde grand prix les côtés par où elle est mieux douée. Dans notre intelligence. Donc. fussent-ils vulgaires? Ce sont ceux-là qui nous paraissent. : — : — II. Cette — s'arrête point à ce qui est imparfait. Avons-nous plus de tête que de cœur? Nous — nous en félicitons. Suivons-le dans ses procédés il attache et fixe son attention sur les qualités qu'il s'attri: contemple. au contraire. il les nourrit. tant il est naturel. Ses partialités. après tout. Par contre. il ne bue. si ce sont les dons de l'intelligence qui dominent. Avons-nous des avantages extérieurs. C'est une vue fugitive qui s'efface sans déterminer une impression stable. humiliant. plus de solidité que 4e brillant? Que sont les phrases creuses tés à estimer ! — l — . pas de contrepoids la tendance à l'estime de nous-mêmes s'est seule fortifiée.DEUXIÈMB MÉDITATION ses racines au milieu des rochers 43 . Pas de vérité non plus nous avons enregistré un seul côté de l'enquête. il s'y complaît. mais sans solidité ? Qu'est ce qu'un cerveau pesant A-t-elle. — Est-elle déliée.

Examinons ici nos sentiments et nos actes. il lui arrivera même homme. Auprès de se dire avec une conviction sentie Oh! que la piété vaut mieux Se trouve-t-il ensuite auprès de plus vertueux que lui aussitôt une estime toute nouvelle pour la science lui monte au cerveau. » La formule e^t . — Ainsi de tout le reste. — Certes. défaut identique. Rien n'est plus facile que de rendre hommage à Dieu de tout ce que l'on est. — III. La contradiction de chez objet. c'est qu'on s'y est bien pris. « C'est de vous. ! : — : — IV.. si l'on a subi un échec. cherchons à prendre sur le vif les accès de notre orgueil et ses contradictions désolantes. parfois même Ses contradictions. mes succès. Alors survient comme un travail d'élimination.. Humilions-nous de notre partialité odieuse et du ridicule qu'elle contient.44 PRBUIÂRI 8BHAINB Si l'on a obtenu un succès. que je tiens mes talents. J'estime plus ce que j'ai : orgueil satisfait. s'il croit les surpasser par là. c'est qu'on a été injustement traversé. ô mon Dieu. qui se poursuit sans re- lâche. Contradiction — — appai:ente. Ses dangers. parfois dans le mépris de ce qui nous dépasse. et parvient à nous reconstituer une prééminence quelconque. mais on en souffre. J'estime avec découragement ce qui manque : orgueil souf- frant. taté bien souvent on l'a fait avec une clairvoyance étonnante. le l'orgueil se retrouvera parfois sur le même de plus instruits. on a consson infériorité.

Elle écarte . Il s'irritera contre les oppositions. qui n'est . et gardera un cœur ulcéré d'où perte de la charité. vraiment pas notre grand danger. Confiant en lui. l'orgueilleux ne demandera pas facilement conseil il dédaignera les averl'orgueil hérétique. L'orgueilleux se trahira par sa pose. ses expressions. On l'excivoie. je ne les remarque pas en moi. je — me En parcourant ces signes de suis senti presque rassuré : non vraiment ces signes. il les soutiendra. et l'aggravera Enfermé dans ses idées. mais elle ne nous détourne pas sincèrement de nous-mêmes. . sans prêter attention aux raisons des autres : : d'où entêtement. tissements. ment pour voir ce qu'il peut absorber de flatteOn le laissera s'engager dans une fausse ries. se raidira contre l'insuccès méd'où erreur de conduite. pour s'en faire un sujet de risée tristes représailles Seigneur. son ton. Mais. et je ne tombe pas dans ces sortes de travers. tera à se vanter. rité. tous les sentiments de hauteur.45 DEUXIEME MÉDITATION connue mais elle peut laisser passer tout l'orgueil pratique. se répandra en paroles blessantes. et m'arme d'une sainte colère contre un penchant si vivace. toutes les vaines complaisances. faites que cette Probation m''ouvre les yeux. il en arrivera parfois à se On le vantera audacieuserendre ridicule. l'orgueil. si caché et si plein de : — — — I : dangers! Réflexions. qui donc porte ce défaut à l'extrême. pour jouir de sa déconvenue.

qui donc serait assez téméraire pour s'en croire entièrement exempt? Ce qui ciioque en théorie et chez les autres. les objets finissent peu à peu par émerger je m'observerai à loisir. je possède fixées. m'incliner toujours à . par contre. vous me montrerez àmoi-même. mais de l'obscuritë. il faudra être pleinement humhle! Cela semble une naïveté. Je ne me sens pas orgueilleux. la règle ma conscience est averdu discernement et la volonté du combat. — Dans cette méditation. de tracer un tableau. je viens surtout de faire une analyse. Par : — là mes idées sont tie. Qui. passe facilement inaperçu chez nous. que ma prière instante promènera parmi les ténèbres de ma vie. mais pour ne l'être point. un être que je ne connaissais pas. me surfaire. en effet. c'est triste à penser.. A cette heure. Durant le cours de ces méditations. est de la simple sagesse. je suis en pleine obscurité. ô Esprit saint. de stigmati« Je le prends en horreur et je le ser un vice redoute en lui-même c'est un grand point.. c'est un rayon aigu.PREMIERS SEMAINE 46 et. — Une tendance innée me portant à me croire audessous de ce que je pense. est pleinement humble? Le suis-jeàce point? : Résolution. ô mon Dieu. vous me révélerez en moi. sera le flambeau. Votre lumière.

je dois le surveiller parce qu'il est vivace. que de bassesses il autorise. etc. Ne les dangers serais-je point victime de ce désir excessif de l'estime? Voici quelques-uns des caractères qui le signalent : Trouble ou du moins préoccupation causée par Selon les cas joies la crainte du blâme. mettrai bien en face de cette disposition si facilement dominante. j'en sonderai et aussi les côtés misérables. natures découragement. peut introduire. seules. Selon les ineptes ou tristesses démesurées. irritation. jalousie.. dénigrement.Première Seiuaind TROISIÈME MÉDITATION m" EXERCICE Du désir excessif de Testime Premier potnt : Deuxième point Troisième point Nature : : de cette tendance. peut entraîner. envie. et que. — : ! — : . etc. et force Désordres qu'elle Folie où elle — — — Demain je me Préppration pour la veille. les grandes vertus y échappent. Que de petitesses il entraîne. que de faussetés il inspire Je dois le redouter parce qu'il démoralise.

Désordres que peut entraîner cette tendance. que l'estime de cinq ou six personnes qui nous entourent nous amuse et nous conI. dédaignent l'opinion d'autrui. — Nature et force de cette tendance. Nous sommes si présomptueux. même à la mort. la grâce d'une vive lumière et d'une grande sincérité de conviction. Le déde l'estime des autres ne saurait se confondre avec le sentiment de l'estime de soi. certains hommes. et bien des gens acceptent volontiers qu'on leur prête des qualités qu'ils n'ont pas. que nous voudrions être connus de toute la terre. « La douceur de la gloire est si grande. On le rencontre. qu'à quelque chose qu'on l'attache.. II. Un amour raisonnable et paisible de — . » Cette tendance apparaît chez le petit enfant. D'autre part. en effet. Le désir de la louange est donc une forme spéciale de l'orgueil. et si vains. et c'est. demander — Comme dans la méditation précédente. on l'aime. pleins d'eux-mêmes.48 PREMIERE SEMAINE Méditation Prélude.. selon Platon. chez des personnes qui se reconnaissent peu de valeur. dit Pascal. « la dernière robe dépouille que l'on ». sir tente. Nous perdons encore la vie avec joie. pourvu qu'on en parle.

tout bien mérite l'estime le désordre consiste soit à l'aimer plus que le bien. — Est-il méchant ? . L'illusion l'environne d'un nuage. . il perd tout élan l'approbation était son appui. soit à la désirer au delà du mérite. mais l'éclat qu'il projette. il est quelquefois un secours personnel et un stimulant à des actes utiles. le succès ne produit pas un moindre désordre. Il Replace ainsi le but et. se redresse et s'épanouit. au lieu de tendre au devoir pour lui-même. soit à la rechercher avec empressement. Méconnu. comme pour mieux aspirer les éloges. . l'irritation lui crie de briser les obstacles. Que poursuit l'homme dnininé par l'amour de la louange ? Est-ce le bien ? Non. . HUMIUTÉ. et « s'évanouira » dans sa folie. l'estime des . et elle sera peu délicate dans ses conseils sur le choix des moyens. et pourtant on le voit dur. L'abattement veut le plonger dans l'inaction du découragement. Au reste. d'attitude. : . Est-il faux ? Non et pourtant il change d'opinion. Au fond. L'homme vain sera serviable. et l'appréciation exacte des choses lui échappe. Il respire plus largement. C'est pourquoi l'on peut donner des louanges pour encourager. comme les crises différentes d'un même mal. Est-il injuste ? Pas davantage et pourtant il marche cruellement sur les droits du prochain Il ne les a pas vus. . Alors rabattement et l'irritation se succèdent. généreux mais pour le paraître. Il sera facilement imprudent. entouré d'estime. il y tend pour sa récompense accidentelle. L'homme vain. — 4. : Non .49 TROISIÈME MÉDITAXION hommes n'est point un vice. de langage .

dont on sourit quand folie redoutable parfois. . Kéres creux et interminables. ' : . ! î 1 Examinons les mobiles qui nous ont dirigés dans les circonstances importantes de la vie.. . où l'imagination nous transporte à des actions d'éclat. nous le savons mais ils caressent notre passion. et voyons ce qui s'y passe. — III. Ah quel besoin de voir clair en nous-mêmes Quel besoin de cette formation I Quel besoin d'humilité — . et nous ï'aimons. nous voyons des visages animés d'enthousiasme nous jouissons de la surprise de tous et de la nôtre. on s'écrie je suis fou Cet amour vain de la louange est en effet une folie. C'est une jouissance. ceux qui nous animent aujourd'hui dans nos actes ordinaires. folie douce souvent. à des succès étonnants. Situation oii se révèlent des qualités supérieures que nous possédions à l'état latent : nous entendons déjà des murmures approbateurs . ne voit que son but occuper une plus grande place dans l'estime des autres. selon les cas il ira même jusqu'à employer d'hypocrites formules d'humilité. en pratique.' 50 PREHiJbRB SEMÂINS selon les personnes . Folie de cette tendance égarée. A . plongeons nos regards au fond de notre intérieur. il est tour à tour arrogant ou flatteur.. Tout cela se fait : avec une tranquille inconscience.certains moments de réveil lucide. quand ses elle s'étale erreurs nous perdent. laréalité des choses nous tient éloignés de ces excès. faute de réalité. Ce sont des rêves. Si. U .

et l'équilibre moral avec elle. ne sommes-nous pas facilement à son égard hostiles et injustes ? Concevons un grand désir de l'humilité. Ne donnons-nous pas nos sympathies à ceux qui nous flattent. d'hui : — si l'on avide d'estime Me redire plusieurs fois aujoursavait autour de moi combien je suin I .TROISIÈME MEDITATION 51 Envisageons surtout la cause vraie de nos joies et de nos tristesses. et si nous supposons que telle personne nous estime peu. en constatant qu'elle nous manque. Résolution. Ne serait-ce pas trop souvent l'approbation ou la défaveur ? Scrutons notre conduite.

Cet égarement. idées. qu'elle ni surtout l'odieux de cet étrange oubli. et c'est là plus qu'une erreur. l'orgueilleux ne songe pas à consulter Dieu et à implorer son secours pourtant nécessaire. il ne voit ni le fait. Or qu'arrive-t-il si cette confiance est excessive ? Qu'elle détermine des erreurs de conduite et 1. ni durer.CONCLUSIONS ET SYNTHÈSE A l'analyse des deux tendances qui portent à l'exaltation de moi. et que le châtiment de l'orgueil sort de l'orgueil lui-même. Sous l'influence de cette disposition. faisons succéder l'étude du rôle de l'humilité dans leur direction npus constaterons que. sur sa volonté. mais c'est peu. du recours à Dieu. c'est qu'elle tend à obscurcir la notion du besoin de Dieu. plus qu'une simple faute. sur ses amène des déceptions? Assurément. car une telle attitude implique la négation implicite de la grâce. sans elle. L'estime de soi porte à faire fonds sur ses ressources. Le plus grave. la vertu chrétienne ne peut ni s'établir. c'est un immense danger. Aveuglé par l'esprit propre. . qui naît d'un sentiment est responsable des désastres qu'il vicieux. entraîne parfois. .

Que dire d'une vie dirigée presque entièrement par de tels mobiles ?. par eux-mêmes. Cette seconde analyse se résume. quoique d'une autre manière . que de sacrifices. Le désir excessif de l'estime s'oppose égala vertu.ni même vertueux au vrai sens du mot. La vue . il s'attaque pourtant. ils ne sont ni surnaturels. lui aussi. n'a point provoqués . c'est qu'on veut l'honneur du succès et si l'on Souffre tant d'un échec. la recherche d'une position plus brillante.de nos intérêts.. bons et bienfaisants. au droit de Dieu. que secondaire. Dieu n'est pas seulement le principe de nos actes vertueux. elle aussi. En effet. — : . n'est Que devient cette préoccupation sainte dans une âme où règne le désir excessif de l'estime des autres ? Si Ton a tant à cœur de réussir.. L'orgueilleux pense et agit comme s'il Cette analyse vante était : lui-même ce principe. Que d'efforts. Il lui fait encore une autre injure celle de pré: .CONCLDSIONS ET SYNTHÈSl 53 se résume en la formule suiDieu par sa grâce est le principe de la vertu. c'est qu'il rabaisse. d'une simple louange peut-être or. pérances et de craintes personnelles. lement à fin. dans une courte formule Dieu doit être la fin dernière de nos actes l'orgueilleux l'oublie et l'écarté en ne se préoccupant que de soi. au milieu de tout ce tumulte d'es. même légitimes. d'une distinction honorifique. il doit en être encore la II. rien pour Dieu! Des actes inspirés par de tels motifs auraient beau être.

Il sévères. est rare parmi les chrétiens qui conservent avec Dieu quelques rapports.PRBUIÈRR SEMAINB 54 férer à son tures III. En de lui-même. Dieu j'ai — — — I ! Cet orgueil. s'il n'est pas retenu par lesecours de Dieu. or. ne faudrait pas comprendre dans ces appréciations un certain orgueil naïf et qui s'étale . vérité. plutôt instinctif et sans malice. de l'accélération des vitesses.. Hélas vous lui devez beaucoup moins que vous Dieu. moindre qui ne laisserait pas d'appeler de sécheresse persistante.. à plus forte raison. Pour châtier l'orgueilleux. fautes. le estime. Il n'y en a pas un j'ai le don de la parole. » ne pensez t. tristesse. : — . Testime vaine des créa- <. je le dois à comme moi pour. n'attire pas de Dieu il se contente de provoquer le sourire des hommes. Dieu n'a qu'à lui-même cette conséquence res- livrer à : sort lumineuse des notions qui précèdent... ainsi châtié. il y descend tôt ou tard. quand elle est démesurée le désir excessif de l'estime trouve plutôt le sien dans . l'homme déchu tend au mal. et il s'y enfonce toujours davantage. selon la loi. parmi les âmes Craignons néanmoins un orgueil pieuses. Ce genre de châtiment vise spécialement l'estime propre. « Grâce à un très bon jugement. Un tel orgueil. hélas : ! tomber. parfaitement applicable au monde moral. injustes punitions où Dieu laisse succès. Nous développerons en son lieu cette effet. La sottise ici l'emporte sur l'or- les malédictions gueil.

Que peut-il faire d'un être qui se soustrait à sa propre loi. est là soustraction de ses grâces. Ce désir est toujours plus étendu que les objets qu'il peut atteindre. mon devoir est de les orienter tous vers sa plus grande gloire. se détourne. et se détourne de sa fin?. : — La vérité tout bien et est que Dieu est le principe de non pas nous-mêmes.CONCLUSIONS KT SYNTHÈSE 55 la joie qu'il cherche et qui le fuit. mon devoir consiste à vivre sous son entière dépendance. justice : termes équivalents). Le plus grand châtiment qu'il puisse infliger. Nous allons retrouver. un jour. et de nous rendre malheureux dans nos vaines recherches. sans doute. et il exige la pureté d'in- tention. Si Dieu est le principe de tout bien. De son côté. plus il obtient. il est est — — le motif souverain. plus il devient avide. pour nous en pénétrer. la faim ramènerait l'enfant prodigue à la maison paternelle ! IV. ces mêmes notions. Dieu est la loi et demande l'obéissance. Dieu se sentant oublié.. plus largement développées. Le rôle de l'humilité se dégage maintenant avec une netteté parfaite elle est la vérité et l'ordre [ordre. Que ne se contente-t-il de semer de l'amertume sur nos joies humaines. et. en tant que fin. — L'ordre que Dieu doit être la fin de tous nos actes et non pas nous-mêmes. s'il est la fin obligée de tous mes actes.. En tant que principe. . Il commence par la préoccupation et finit par la déception.

des lumières les vôtres. au vague de mes idées sur ce point et au manque de conviction qui en résulte ? des mon Dieu. en Dieu — Préparation pour la veille.Première Semaine QUATRIÈME MÉDITATION IV« EXERCICE L'humilité fondement des vertus — Deuxième : Confiance Premier point : Du fondement des vertus. Troisième point point : Pureté d'intention. car ici le but n'est pas tant de m'examiner que de m'instruire. — J'envisagerai en elle-même. portée? Par quelles dispositions pratiques se traduitJusqu'ici ne l'ai-je pas acceptée de conelle? fiance sans en avoir pénétré la raison d'être? L'imperfection de mon humilité ne tient-elle pas. Comment — — : : I . la volonté de me faire humble le vertus. en partie. S'instruire est le premier pas vers le bien que Ton poursuit. Je veux donc me mettre riiumilité est en face de cette maxime reçue demain cette vérité : fondement des Est-elle bien vraie? l'entendre? Jusqu'où va sa. craintes celles que je dois avoir! Mais par dessus tout.

en réfléchissant. Tout édifice. la vertu qui lui reconnaît ce rôle et en assure l'exercice. les I. Demander la grâce de bien comprendre rapports étroits de Thumilité avec les vertus chrétiennes. Du fondement de la ensemble de bonnes — vertu. En dernière analyse le fondement des actes moraux est dans le mobile qui les détermine le mobile en est l'âme. pris en . qui le considère comme principe premier de nos actes vertueux et comme objet final de nos inten- — : tions. quand elle est déréglée. n'est autre queDieuprincipe et fin de notre vie spirituelle. nous reconnaissons que si nos actes humains. Au contraire.QUATRIÈMK MÉDITATION 57 Méditation — Prélude. Celui de la vertu. nous maintenant dans la pratique du bien. nous l'avons vu plus haut. pour durer. le désir excessif de l'estime. D'autre part. C'est pourquoi on l'a comparée à un édifice. Or. porte l'orgueilleux à compter trop sur ses propres forces et à s'attribuer le bien qu'il fait. Or. l'estime de soi. l'entraîne à considérer en toute chose ce qui lui rapportera le plus de considérations et d'éloges. constitue notre grandeur morale. doit reposer sur des fondements solides. en effet. La vertu est un dispositions et de forces acquises qui. c'est l'humilité c'est elle. .

l'orCet état gueil est le moi se substituante Lui. Je compte sur moi. ou serai-je mon idole? Une vérité lumineuse se dégage de cette constatation l'orgueil est le rival de Dieu. L'orgueilleux met sa complaisance en luimême et. peuvent avoir des mobiles très variés. L'amour des jouissances. il n'en est pas de même de nos actes rertueux. ou par le désir de nous attirer Testime des hommes. c'est la pureté d'intention. sur force parole de folie. ô mon Dieu. Ces derniers sont commandés. entre vous et mon orgueil. J'agis pour puisque sansDieu je ne puis rien. jusque dans la vertu. même apparente. ne produisit jamais de vertu. se présente sous deux aspects et peut se traduire par ces deux formules Je compte sur : — : moi.PREMIÈRE SEMAINI 58 général. JTagis pour moi. celles-là Je compte sur Dieu . La lutte est donc. il recherche sa propre excellence. Ma vertu reposera-t-elle sur vous qui êtes la force. ou par le désir de plaire à Dieu. sur mes résolutions. ou vers ma vaine gloire à satisfaire? Serez-vous mon Dieu. douces et fécondes fagis pour Dieu ! C'est la confiance en Dieu. Dieu devant être l'objet final de tout ce qu'il a créé. sur ma mon savoir-faire. : . pratiquement. : — moi. Le contraire de cette prétention détestable se traduit lui aussi par deux formules. par exemple. Parole de désordre et d'injustice. ou sur moi qui suis la défail- lance innée? Le mouvement de ma vie s'orientera-t-il vers votre gloire à procurer.

Sans Dieu. sa formule. sa grâce nous est absolument nécessaire. envisagée à ce point de vue. et. » — « J'agis pour Dieu ». dans sa sagesse. c'est prendre ma vraie place dans le plan de bonté Dieu n'eût-il pas de droits qu'il a formé. Confiance en » C'est le vons rien. III. C'est Tordre.. c'estdonner ma note dans le concert universel qui le glorifie. Dieu. L'humilité. Plus je me sens petit. cette défiance.. c'est le bien. de l'orgueil. cette folie est celle . infini par qui tout existe. Or.. telle est — — . se tourne comme instinctivement vers Dieu par la confiance « Je me connais. aussi a-t-il fait de l'humilité la tondition de ses dons. pour tous les actes surnaturels. plus je sens grandir en moi le besoin de : . Pureté d'intention. La grâce nous étant indispensable. c'est la défiance de soi-même.QUATRIÈME MÉDITATION 59 — « Je compte sur Dieu. propre de l'humilité de uous montrer avec évidence notre dépendance en tout ordre de choses. et je vois que je ne puis rien je connais Dieu.. entraîné au mal. faible. nous ne pouII. Nous méditerons bientôt ces vérités contentons-nous. et je sais qu'avec lui je peux tout.. et tirons-en cette conséquence nécessaire: compter sur soi serait folie. en ce moment. Dieu. de les admettre. c'est la sac'est graviter vers l'Etre gesse. Or. doit exiger que nous nous présentions pour la recevoir avec les dispositions qui conviennent à notre impuisance. . la confiance. quand elle est vertu.

Heureuse l'âme parfaitement humble. L'âme vraiment humble confesse volontiers les droits de Dieu etlesrespecte. « la lumière qui est en elle l'orientation véritable. éminemment digne serais un insensé. on peut tout ramener à soi en fait ou en désir. qui vit abandonnée aux desseins d'un Père tout-puissant! Elle veut tout ce qu'il veut. On n'exclut pas Dieu formellement.. alors même qu'il se réduit à n'être qu'un orgueil pratique. les délaissements du dedans. faisais Or et je l'orgueil m'en détourne. dehors. On sort ainsi du plan on se éternel. Elle nous dégage de l'obsession de nousmêmes et nous tient à notre rang. elle le remarque et revient sur ses pas.. si elle s'en éloigne. et qu'elle est à plaindre! car il est « Tout ce que mon Père n'a point planté écrit : sera arraché. mais on le laisse en dehors de ses intentions. si je n'en pas le but de tous mes actes. elle aime Elle subit les épreuves du tout ce qu'il aime. Combien l'âme orgueilleuse est loin de ces dispositions. » La pureté d'intention et la confiance en Dieu sont donc ÛUes de VhumiUté» La pureté d'in- . C'est l'humilité qui assure la pureté d'intention. qu'ilreste le d'amour. on perd errant et déplacé dans la création. Elleen faitla règle de sa vie. avec les — mêmes sentiments. Cette pureté d'intention est pour elle un besoin et.ÔO PREMIÈRE 3EMAINB Bien suprême. Sans faire de soi une idole dans le sens ab- solu du mot. fait éclaire » tous ses actes. car elle n'en saurait avoir d'autres.

Ne pas me faire un besoin de l'estime des hommes. et ensemble fondent V avancement. sera au ciel leur objet possédé.. elles — Résolution. .. Dieu. elle doit dominer. m'élever au désir de celle de Dieu: elle peut suffire.QUATRIÈME MÉDITATION 61 tention dirige. qui peu à peu amène à la perfection. qui est ici-bas leur objet poursuivi. la confiance anime.

. Préparation pour la veille. sintéressé. De grâce. Faites surgir en ma afin mémoire tels et tels de ces petits détails qui reconstituent tout un passé. le désir . l'autre. je — 1° Dans la mé- me livrerai rétrospectif. je scruterai les porté au bien je rechercherai les influences extérieures qui m'y ont peut-être maintenu. je remonterai à un examen au temps de ma mobiles qui m'ont formation. Je mettrai d'un côté tout ce qui était pur. dé- — . mon Dieul éloignez-moi de moi-même que je me trouve placé à la juste distance qui permet de bien voir.Première Semaine CINQUIEME MÉDITATION V EXERCICE Vertu viciée dans sa formation par un org^ueil inconscient Premier point : Le fait et ses causes. — Deuxième point i Signes indicateurs. animé de tout ce consciemment. sentir et abhorrer. et de plus ou moins de l'estime et la com- moi-même. faites-le moi enûn connaître. s'il y eut beaucoup d'orgueil dans la préparation de ma vie pieuse. plaisance en la vue de Dieu qu'altéraient. ditation de demain.

afin que je sache si mon humilité est sincère et solide. mon âme. sur ce fondement faux et fragile de l'orgueil?.. sois attentive.. Je ne songeais pas que je pouvais en être la victime! Et pourtant mon relâchement.. l'homme subit l'influence des milieux et s'y giques : adapte...CINQUIÈME MÉDITATION «^ 63 Méditation Prélude. —Prier Dieu de projeter une vive lumière sur mon passé. — I.. Quoi! l'orgueil m'aurait aidé plus ou moins à m'établir dans les habitudes de la piété. On parle souvent d'un orgueil caché. Le fait et ses causes.. mes fautes. ne viendraient-elles pas de ce que mes vertus reposaient. Essayons d'en faire l'application à la périodb de notre formation. pour une large part. De quelles personnes avons-nous été entourés alors? Quelles idées régnaient dans le lieu où nous vivions? Etait-ce une maison d'éducation. Il y a même beaucoup de ces vertus.... un noviciat?. d'un orgueil qui se dissimule. Avons-nous jamais bien suivi les conséquences de ces deux observations psycholo- l'homme est essentiellement imitateur. un milieu : . La mienne est peut-être de ce nombre?. Il suffît de c'était un entourage choisi. et prie.. et je ne l'aurais point senti !. dire un séminaire.. Il y a des vertus formées sous l'influence plus ou moins active d'un orgueil inconscient.

PREMIERE SEMAINE

de piété. Rien n'y était plus en honneur que la
vertu. On parlait avec admiratioia des actes
héroïques des Saints. On traitait avec vénérapersonnes en qui apparaissait un rayon
de sainteté. Livres, entretiens, tout concourait
à développer cette heureuse impression
Oh! comme nous estimions ces choses I
comme nous portions envie à ceux qui nous
tion les

!

édifiaient

!

absolument purs, tous ces
sentiments, qui, à la vérité, nous excitaient au
bien ? Faudrait-il une analyse très rigoureuse
pour y découvrir quelque alliage? Le désir
d'entrer dans ce mouvement honoré de Testime
commune, n'était-il pas pour beaucoup dans
l'ardeur qui nous poussait ? Le contentement
au service de Dieu n'empruntait-il rien au contentement de soi et surtout à la conscience
plus ou moins claire de la place que nous
occupions dans l'esprit des autres?... Ahl qui
sondera ce mystère que Dieu seul connaît?
Etaient-ils purs,

;

Notre humilité d'alors n'était-elle pas elleinspirée par l'orgueil, du moins en partie? Rien n'est plus facile à concevoir que cette

même

possibilité.

et

Dans le milieu dont nous parlons, on estime
on admire par-dessus tout cette vertu. On la

reconnaît comme capitale. Il estpresque imposde n'en point prendre les formes extérieures, de n'en point adopter les expressions,
et jusqu'à une sorte de sentiment intime. Se
sible

croire humble, suffisamment humble, est
besoin.

un

CINQUIEME MEDITATION

6!i

Cette humilité peut sans doute être vraie,
car de telles influences favorisent merveilleusement sa croissance ; mais elle peut, et très
facilement, n'être qu'une humilité factice.
Une âme naturellement orgueilleuse prendra
le change, et de l'humilité qui marche devant
elle, elle n'aura poursuivi que l'auréole.
Encore une fois, qui sondera ce mystère que
Dieu seul connaît.
II.

dit

:

Signes indicateurs.
Le divin Maître a
Vous jugerez V arbre par ses fruits. » De-

«

mandons

la

réponse au développement de notre

vie.

Lorsqu 'après

notre formation, nous avons

changé de milieu,

cette belle ardeur n'est-elle

point tombée? Le zèle pour la perfection, et
particulièrement pour l'humilité, ne s'est-il pas
éteint? Ce résultat ne s'est-il pas produit bien
vite et sans grande résistance?... Aucune se-

cousse particulière ne s'est fait sentir.
Et pourtant, ce nouveau milieu contenait
encore, quoique en moindre proportion, l'estime et l'admiration des mêmes choses... Mais
était saturé d'idées toutes différentes; et,
trop fidèles à la loi de notre nature si pliable,
nous nous sommes adaptés à ce nouveau milieu,
de la façon la plus favorable à notre amourpropre.
Un autre signe également caractéristique,
c'est notre attitude en face des contradictions,
des insuccès, des injustices, du dédain plus ou
il

moins éprouvé.
pations

:

— Trouble, tristesse, préoccu-

voilà le fait d'une
HUMILITE.

vertu imparfaite,
6

PREMIÈRK SEMAIKB

66

reposant plus ou moins sur l'orgueil.
Décolère, animosité, jalousie,
voilà le signe d'un orgueil très proré vol le
fond et qui nous domine.
Notre humilité n'était donc que de surface!
ses sentiments n'étaient donc que des senti-

couragement réel,
:

ments

appris!... Si elle eût été vraie et foncière,

nous eût inspiré le calme et la résignation,
peut-être même ce contentement supérieur et
cette joie des grandes âmes qu'éprouvaient les
« Ibant gaudentes. »
Apôtres, battus de verges
Merci, ô mon Dieu, de ce vif rayon de lumière
plongeant au fond de ma vie... L'avoue rai-je?
il me blesse par sa clarté... Je souffre... Je me
demande si tout en moi n'est pas à refaire...
Mon apparente vertu ne serait-elle pas le simple
effet du milieu où je vis encore?... Que serais-je
position, occusi tout changeait autour de moi
pations, personnes?... A la pensée de cet isolement moral, je me sens un extrême besoin de
me cacher dans votre sein, car vous m'appaelle

:

:

raissez

comme mon seul refuge!... mon Dieu,
moi une âme nouvelle, cette fois bien

créez en

humble

I

« Multi humilitatis

umbram, pauciverita-

tem sequntur, de l'humilité beaucoup poursuivent l'ombre, peu la réalité », dit saint Jérôme.

— Me demander,

à roccasion, si j'autenue, la même affabilité, le même
zèle, si nul autre que Dieu ne devait s'en apercevoir
et m'en savoir gré.
Résolution.

rais la

même

Première Semaine

SIXIEME MEDITATION
VI*

KXKRCICK

Humilité, gardienne des vertus
Premier point : Humilité, sel qui préserve de la corrupDeuxième point : Lumière qui dissipe les illusions.
tion.

Préparation pour

la

veille.

— Si

notre vertu

un orgueil
inc«nscient, rédifice est bâti sur le sable
le
péril de ruine n'est que trop constant.
Si elle
est établie sur Dieu, rassurons-nous pour le
passé, mais ne soyons pas sans crainte pour
l'avenir, car l'orgueil peut détruire l'édifice le
plus solidement construit.
« Celui qui, sans humilité, s'enrichit de vertus, dit saint Jérôme, ressemble à l'homme qui
porterait au vent une mobile poussière. 0"» sine
humilitate virtutes congregat, quasi in ventum
pulverem portât. » Ohl que de vents violents
soufflent autour de nous; et en quel danger ne
sont pas nos fugitives résolutions!
Saint Antoine, effrayé paf une vision qui lui
montrait le monde rempli de pièges, s'écria :
est fondée,

du moins en

partie, sur

:

68
a;

PRBMIRRS SKMAINI

Seigneur,

comment s'en préserver?»

«<

Pur

répondu.
L'humilité, qui est la base des vertus, en est
aussi la gardienne et pour les mêmes raisons
elle fait de Dieu le principe et la fin de nos
actes. L'orgueil se les attribue injustement et
raine Tédifice. Cette vérité, toute la tradition
l'enseigne nous la répétons à notre tour; mais
si c'est là une maxime reçue, est-ce chez nous
une conFiction véritable? Ressentons-nous une
impression de crainte, quand nous constatons
que, si nous ne sommes pas positivement des
orgueilleux, nous ne sommes pas non plus des
Vliumililé

» lui fut-il

!

:

;

humbles?
L'humble éprouve, à toute occasion, le besoin
de Dieu, de son indulgence comme de son
secours. Il éprouve, à la vue de sa misère et de
sa faiblesse, l'impression d'un homme qui
marche avec une blessure tout mouvement la
rend douloureuse.
Qu'une vertu est bien gardée par une telle
humilité! ô mon Dieu, qu'elle devienne la
:

mienne

1

Méditation

— Demander la grâce de me jeter dans
comme dans une citadelle qui me défende.

Prélude.
l'humilité

I.

L'humilité, sel qui préserve de la corruption.

Plus une vertu est grande, plus elle donne
car tout bien est matière à

prise à l'orgueil

:

SIXIÈME MÉDITATION

69

vaine complaisance de l'âme et à l'applaudissement des hommes.
La Faine complaisance commence l'œuvre
de désorganisation. Elle est si douce et se fait
si bien écouteci Elle est si ondoyante et sait
la

bien se déguiser!
poison mêlé à de saines substances, elle s'insinue dans le contentement de
la gloire de Dieu et du salut des âmes; elle
se retrouve dans les consolations sensibles;
et nous suit dans les élévations les plus sublimes.
C'est insensiblement qu'elle fait ses progrès
comme ses ravages. Ce genre d'action lente
endort la vigilance et ainsi le poison pénètre
dans les plus belles vertus.
La vaine complaisance a commencé l'œuvre
de désorganisation, le désir de la louange
l'achève. Ce murmure qui vient du dehors,
retentit si agréablement au dedans!... Certes,
on s'assure bien qu'on ne s'en laisse point
charmer qu'on subit à regret ce que l'on ne
peut éviter; que l'on en rapporte à Dieu toute
gloire... cependant, la jouissance est réelle et
profonde.
Sous cette double influence, le mal
gagne ce n'est plus un acte passager qui en est
vicié, c'est toute
une série d'actions semblables; ce sera bientôt peut être l'ensemble
de la vie. Les vertus se corrompent.
Pendant un temps, elles tiennent debout par
la force de l'habitude, et aussi par les exigences
si

Gomme un

:

;

:

.

de l'orgueil lui-même. Toutefois, cette vie factice ne saurait se soutenir toujours... Des ten-

70

PREliltRB SEMAINE

talions plus

fortes,

des circonstances impré-

vues, un rien, en auront bientôt fini.
2» Qui préviendra ces maux? L'humilité.
« Elle sera avec la vertu, dit saint Augustin,
ou la vertu ne sera pas. Virtus non est nisi

conjunctam habeathumilitatem.» Elle s'y répandra comme le sel jeté sur une substance que
Ton veut conserver; elle s'opposera à toute
fermentation nuisible; elle dégagera de toute
vue trop personnelle, et fixera en Dieu tous
nos contentements.
Mais pour un tel effet, il est nécessaire que
cette vertu soit vraiment vertu, c'est-à-dire
qu'elle agisse avec la facilité, la spontanéité,

que donne seule l'habitude. Autrement, que de surprises et quelle fatigue
extrême!... Il faut que le mouvement de l'humilité nous soit devenu aussi naturel que l'était
celui de l'orgueil... Adressons nos prières à la
Reine et au Maître des humbles.
l'inclination

II.

sions.

L'humilité,

1® C'est

lumière

qui dissipe les

illu-

une réflexion commune, mais

profondément

vraie, que l'orgueil aveugle et
maîtres de la vie spirituelle ont si bien
compris le rôle de l'humilité, qu'ils font de
cette vertu leur critérium le plus sûr pour le
discernement des esprits. Telle vertu est-elle
vraie ou fausse? Telle oraison extraordinaire
vieni-elle de Dieu? Telle vision est-elle une
réalité ou une illusion? Le jugement dépendra
de la conviction préalable sur l'humilité de la
les

personne ainsi favorisée.

;

SIXIÈME MEDITATION

71

Cette règle doit également s'appliquer à la
vertu la plus ordinaire.
Rappelons-nous les aveuglements d'orgueil
si souvent surpris chez les autres... Craignons
noire appréciation sur nous-mêmes, si elle ne
nous fait pas bien petits, car bien petits nous
sommes et bien faibles et bien misérables...
Dieu ne juge pas comme les hommes. Ceux
qui nous prennent peut-être pour des saints,
ne savent pas quelles ont été nos ingratitudes
et nos fautes, quelles sont encore nos déplorables misères... Ah! pour nous mettre et
nous tenir à notre vraie place, que notre
humilité a besoin d'être lumineuse, de pénétrer notre intelligence, de lui montrer sans
cesse notre néant, notre impuissance, nos
torts; en un mot, qu'elle a besoin d'être une
vraie vertu
1

facile, en effet, de prendre le
change, de s'égarer, et d'aboutir à la tiédeur ;
on se compose des devoirs selon ses idées
propres, puis une vie selon ses goûts ; on fait
saint ce que l'on aime; on s'aventure dans
des dangers que le devoir n'impose pas; on
excuse ses fautes et on les continue; on ne
sent pas le besoin de la prière; on vit pour
soi et sans remords
la tiédeur règne et dé-

20

II

est si

:

moralise...

Ah!

si

c

l'humilité avait été active, toutes ces

décadences auraient été signalées et arrêtées,
car elle donne Tinstinct du bien et )e sens
Ahl du moins, si, à cette heure,
du vrai.
nous étions saisis d'une profonde impression
de défiance envers nous-mêmes, la lumière qui

1%

PREMIÈRE SB1UIN&

nous serait si vive, que npus
nous trouverions placés entre la résolution de
nous vaincre, oulacertitude de résister à la grâce.
3° Rien ne
fausse la conscience comme
l'influence ' d'un orgueil écouté; rien ne la

se répandrait en

maintient droite et décidée comme le sentiment de l'humilité. Sous sa dépendance,
l'âme, se défiant d'elle-même, suit les méthodes
sûres, consulte volontiers, craint les occasions
dangereuses, prie sans cesse, emploie tous les
secours.
Elle peut avoir de grandes vertus
elle ne les regarde pas.
Elle peut être affermie dans la pratique du bien
elle se sent
toute fragile au fond... Ahl que ces vertus ont
rencontré une parfaite gardienne
Sans elle, au contraire, que de chutes, et
quelles chutes! Les racines de l'arbre s'étaient
corrompues, les fondements del'édifices'étaient
effondrés. Survint la tempête des passions, ou
l'effort violent de circonstances difficiles, et
l'arbre fut arraché de la terre de l'Eglise, et
le bel édifice la couvrit de ses ruines... Et Tarbre
n'a pas été replanté, et les ruines ne se sont

:

:

I

pas relevées, tandis que, tout à côté, tels pécheurs, qui se sont vautrés dans la fange, ont
trouvé malgré leurs fautes, et dans ces fautes
mêmes, l'humilité qui sauve. « Prxsumentes de se
et de bona sua virtvte gloriantes, humilias : à
celui qui présume de ses forces et qui s'enorgueillit de sa vertu. Seigneur, vous préparez
Vhumiliation », dit l'Ecriture.
Résolution.

même;

le

seasibia.

porter

Vif sentiment de crainte de moiconstamment comme une plaie

Première Semaine

SEPTIEME MEDITATION
VII«

EXERCICE

Châtiment de Torgueil

Premier point : La stérilité personnelle.
Deuxième point :
L'abandon et l'aversion de Dieu.
Troisième point : La
déchéance et la dégradation.

Préparation pour la veille.
i" L'orgueil tend
à priver Dieu de sa gloire, que dis-je, de son
rôle même. Il se met à sa place sinon intention-

nellement, ce qui serait monstrueux, du moins
pratiquement, ce qui est assez détestable déjà.
Comprendrait-on que Dieu le souffrît! Quels
seraient, parmi nous, les sentiments d'un
maître à l'égard d'un domestique, qui n'en
ferait qu'à sa tête et se croirait tous les droits?

Comment

le

traiterait-il?

punirait, mais

Non seulement

il

le

punirait par où il a péché,
en le faisant paraître vil et misérable dans ses
prétentions.

Toute

À

il

le

a pour but de maintenir l'ordre;
est la. loi de notre condition
présente. Si elle est violée, le désordre s'introduit fatalement en nous, autour de nous, et
2*

or,

I

l'humilité

74

PRIMIBRE SEMAINE

dans nos rapports avec Dieu; de là des erreurs,
des périls, des insuccès, la ruine de la vertu
peut-être et jusqu'à l'impénitence finale.
3° Il est rare que le châtiment se précipite
sur le coupable, il s'avance d'un pas lent mais

Des années se passent sans que rien le
pendant ce temps, l'orgueilleux prend une telle habitude de son faux rôle,
sur.

fasse pressentir, et,

poursuit avec une sorte d'inconscience.
demain cet objet d'une juste
terreur. Que ces craintes ravivées me déterminent à des résolutions viriles! Pour être rassurés, rappelons -nous qu'il ne suffit pas de ne
se point voir orgueilleux, mais qu'il faut se sentir humble
(c'est-à-dire sans valeur et sans
consistance par soi-même).
qu'il le

J'envisagerai

Méditation

Demander la grâce de bien me perPrélude.
suader que la question de l'humilité et de Torgueil
est une question de vie ou de mort.
La

L'orgueil posstérilité personnelle.
propriété fatale, de stériliser en nous
tout ce qu'il touche. L'action la plus belle, s'il
l'inspire, reste vide pourle ciel, comme une fleur
inféconde; et toute la partie du bien qu'il atI.

sède

la

teint de son souffle se flétrit aussitôt. Ainsi, la

dominée par ce vice, ressemble
à ce tonneau des Danaïdes que rien ne remplit.
Notre>Seigneur, parlant des Pharisiens, qui

vie la plus active

i

SEPTIÈME MÉDITATION

jeûnent

et

prient

En

pour

en

75

tirer

honneur,

en vérité^ ils ont reçu leur
récompense. » Pourquoi Dieu récompenserait-il
ce qui n'est point fait pour lui ?
Il le voudrait, d'ailleurs, qu'il ne le pourrait
pas. Tout acte privé d'une intention surnaturelle, au moins virtuelle, ne saurait obtenir le
s'écrie

:

«

vérité,

concours de Dieu dans cet ordre. La

vitalité lui

manque. La grâce n'y étant point entrée, la
gloire ne saurait s'y épanouir. Le Saint-Esprit
ne l'ayant point vivifié, le Ciel ne saurait le consacrera
Représentons-nous la déception de l'orgueilleux à l'instant qui suit la mort

mains vides,

il

:

il

se voit les

entend retentir cette sentence

« Je ne vous connais

pas

:

s'étonne « Est-ce
qu'il n'a point prophétisé? » Est-ce qu'il n'a pas
subi mille fatigues? Est-ce qu'il ne s'est pas
livré jusqu'à la fin aux exercices de la piété et

du

»

;

et

il

1

zèle?...

Oui, il a fait tout cela; il a même réussi dans
certaines œuvres. Mais quel a été le principal
mobile de tout ce mouvement? l'applaudissement, la considération. Il les a, hélas! obtenus
;

La récompense est digne de sa
vanité
« Receperunt mercedem vani vanam.
Leur vertu était vaine; vaine fut leur récomet c'est tout.
:

pense.

»

(Saint Augustin.)

1.
Pour qu'une action soit méritoire il faut qu'elle réu1» action bonne en elle-même
nisse ces trois conditions
2» état de grâce
3» intention surnaturelle (intention virtuelle veut dire intention précédente qui se fait encore sentir, sans être explicite).
:

;

;

PREMIERS SEMAINE

76

Heureux encore

si le ciel lui reste ouvert! Il
à la seule miséricorde et cette miséricorde a été touchée peut-être par quelque petit
acte de vertu, par quelque petite pratique pieuse
dont il ne faisait pas grand cas; peut-être par
la prière de quelque àme bien humble!... Mais
que de trésors de grâces perdus et pour toujours

le doit

;

I

1* Pour
L'abandon et l'aversion de Dieu.
Dieu n'a pas besoin de s'armer du
glaive contre l'orgueilleux ; il suffit qu'il le livre
à lui-même. Iliende plus juste, puisqu'il est présomptueux. Rien de plus fatal, puisqu'il est
II.

le châtier,

faible.

Aveuglé par ses illusions, précipité par ses
entraînements, il va de lui-même aux abîmes.
Le sentiment du danger lui échappe, il a un
bandeau sur les yeux, il ne sent pas le besoin
de demander lumière et secours.
Or, entre le Dieu tout-puissant et l'homme
essentiellement défaillant, règne comme un
Soyez
contrat tacite soyez humble et priez.
à votre place; je serai à la mienne et je vous
:

soutiendrai.

La sanction de ce contrat violé, c'est le délaissement; et cette sanction ne reste pas indéfiniment à l'état de menace.
2® Si l'abandon de Dieu est terrible, que dire
de son aversion? Elle va jusqu'à la haine:
« Très species odivi... pauperem superbum : Trois
choses provoquent ma haine... le pauvre or« Abominatio Domini omnis arro^
guôUieux. »

siptiIhi H^DITÀTION

gans

Le Seigneur a en abomination

:

tout

homme

arrogant. »
Cette haine poursuit l'orgueilleux, et rien ne
peut le soustraire à ses fureurs vengeresses.
« Superbia cordis tut exaltavit te : et si exaltatus
fueris ut aquila, et si inter sidéra posueris nidum
luum, inde detraham te^ dicit Dominus. Ton cœur
a pris son essor d'orgueil; mais c'est en vain que
tu te seras élevé haut comme l'aigle
c'est en
vainque tu auras établi ton nid haut comme les
astres je saurai t'arracher de là, dit le Seigneur, »
Méditons ces paroles pleines d'épouvante,
révélation inattendue de la haine que porte à
ce vice un Cœur connu par sa miséricorde
;

:

I

Haute position, même dans l'Eglise
services éminents rendus, même à la Religion
vertus admirables et trop admirées sans doute...
toutes ces grandes choses peuvent devenir la
matière de l'orgueil, sans être une défense au;

;

près de Dieu
detraham te;
tentats

III.

ment
tit

:

:

«

Je t'arracherai

et

il

l'a fait

même

de

là,

inde

pour de grands po-

Deposuit potentes de sede. »

Déchéance

et dégradation,

— Voyons com-

se traduit l'aversion de Dieu et

où abou-

son abandon.

Saint Paul, parlant des philosophes perdus
par leur orgueil, nous dit : « Tradidit illos in
desideria cordis eorum^ in immunditiam. Dieu
les abandonna aux pires instincts de leur
cœur, et ils devinrent immondes, ut contumeliis
afficiant corpora sua, et l'ignominie alla si loin
qu'elle stigmatisa leurs corps eux-mêmes. »

d'entendre affirmer que l'orgueil est un des signes les plus manifestes de la réprobation? L'orgueilleux. « Emus de •' parole révélée. craignons aussi la colère d'un Dieu jaloux de sa gloire.. dégradés. Or. sic et cor superborum. Au bien. Tremblons. .. nous venons de méditer. il n'en est pas un seul que nous ne soyons exposés à nous attirer tôt ou tard. songeons que l'orgueil est le principe de cet avilissement. toutes choses dont ce malheureux est incapable. il faut que toute lacune au contraire rien ne manque laisse passer le mal. ce qui cette source corrompue est si répugnant que notre langue se refuse à traduire ici l'image employée par l'Ecriture: aSicut éruc- sort de tant prœcordiafœtantium. . en considérant la nature si différv^nte du bien et du mal. mis au rang de la animalis homo ». Pour en sortir. il faudrait appeler la grâce il faudrait s'humilier. y trouve son tombeau. telle bonne action conçue dans des vues d'amour-propre sera viciée môme avant de naître. parole d'expérience.. il faudrait se reconnaître coupable . — 1° Parmi les châtiments que Réflexion. Saintement com. ce spectacle. une fois plongé dans le mal. après cela....PHIMIÈRB SKDIAINB 78 Les voilà déchus. que ce vice lui dérobe. Ainsi. » Nous étonnerons-nous. » Il est la source des vices brute. Craignons les progrès insi- dieux de l'orgueil. et qu'il le contient en puissance : « Initium omnis peccati superbia.

elle peut déposer en nous. par la vaine complaisance. Il s'en va donc au milieu de l'ombre et du silence. au lieu de la réprobation présagée. quand il faut se montrer.et c'est Dieu qu'il laisse vivre en lui. coûte que . Au lieu. » Et il n'en saurait être autrement « L'humble prie et Dieu l'écoute. coûte. Respicit in orationem humilium. assurée « Humiles salvabit Dominus. oublieux du bien qu'il fait doux envers tout le monde. » erigens pauperem. . Enfin.de la déchéance. Au lieu de l'aversion. parfaitement accomplie. 2» A ce tableau lamentable. un germe de cor- — ruption. . filial envers Dieu. faisons succéder c'est celui que présente le : règne de l'humilité. se faire humble Résolution. qui s'en empare. Et exaltavit Enfin.SEPTIÈMK MÉDITATION 79 mencéè. c'est la tendresse Dieu devient une mère. elle sera altérée tout à coup par un motif d'orgueil. un tableau consolant Au lieu de la stérilité jusque dans les plus grandes actions. c'est le mérite jusque dans les plus petites. — . I — Je veux me faire humble. c'est l'élévation: : « De stercore humiles. » Il peut tout en celui qui le fortifie il vit. toutes les fois qu'il le peut à l'ombre du Seigneur. Qui ne se sentirait le besoin et le désir de c'est la prédestination : : — .

.

— 6.RAISONS D'ÊTRE HUMBLE HUMILITÉ. .

.

dans l'équiBt ment libre. ne manifeste pourtant pas la raison d'être de l'humilité (ses motifs intrinsèques). en tant qu'être transformé par la grâce. rend ses actes sans mérite. en l® tant qu'être déchu. et l'humilité qui en résulte. C'est un ennemi de la vie entière. Il faut donc se faire humble. mais elle prouve déjà que cette raison d'être existe. En effet. En cela rien de personnel. Dieu ayant mis le bien. L'humilité ne résulterait-elle donc pas de la nature même des choses. Cette nécessité. tout désordre accuse un mal. si bien établie qu'elle soit. du plus parfait comme du plus misérable.PRÉPARATION A LA DEUXIÈME SEMAINE Voici le besoin d'ôtre humble suffisamment constaté : l'orgueil nous presse lors même qu'il se sent dominé. comme la santé. il attire le châtiet prépare la ruine. la fausse et la maintient précaire . . Ce vice dans les fondements de la vertu. et alors être humble ne serait-ce pas simplement être vrai? C'est ce que nous allons reconnaître dans les méditations qui suivent . doit être celle de chacun. Les quatre premières établissent la condition de tout homme en tant qu'être créé. il altère profondément les principes de la vie spirituelle.

«n face des vérités nouvelles que nous allons méditer. presque aussi tangibles que des faits matériels . les faits ont le privilège de nous fixer et de nous convaincre. Nous ressemblons toujours un peu à ces gens ignorants qui haus^nt les épaules quand un savant leur expose tout ce que renferme. car les vérités abstraites ont peu de prise sur la plupart des hommes. bon sens . humilité facile. Privés de cette ressource. au contraire. car elles relèvent de l'observation : nos tendances sont des faits moraux.84 DÏUXlkME SSMàÎNS C'est l'humilité devant Dieu. Ces vérités traditionnelles ne retiennent pas l'attention. : . Les méditations précédentes. par exemple. une goutte d'eau. or. elles sont si connues! Et puis. . car c'est celle qui fait les saints. Pourquoi n'en fait-elle pas un plus grand nombre? Faut-il s'en prendre à la faiblesse humaine? Elle y a déjà sa grande part « Je vois le mieux et je poursuis le pire » mais il est juste d'en accuser aussi le mangue de conviction. pouvaient nous saisir. Ils ne savent pas qu'au fond des chosef 86 cache un monde inconnu. ce semble puisqu'elle n'exige qu'un acte de humilité pourtant très puissante. même envisagées plus sérieusement. nous devons nous bien prémunir contre la funeste habitude de regarder comme moins certain ce qui n'est point sensible. elles n'atteignent pas cette région de nous-mêmes qui ressent les fortes impressions. et de laisser quelque doute flotter vaguement sur des révélations qui étonnent.

non plus seulement devant Dieu. toutes nos pensées et jusqu'à nos coupables omissions. Là. car cela est sans râleur et ne mérite pas l'estime. succède la considération de nos fautes. c'est bien de nous qu'il s'agit et non de tous les autres. et sous les ombres de l'illusion. c'est reconnaître sa valeur mais sa valeur ne peut être évaluée qu'à l'aide d'une mesure. de . de ce qui détermine l'estime. . point de vérités métaphysiques. cette humilité qui baisse le front. humilité qui brise le sentiment exagéré de l'estime personnelle et qui interdit la recherche d'une estime particulière. Je dois donc me comparer à ce qui est grand et à ce qui est beau or. Là. c'est notre œuvre qui s'étale à nos yeux. Vaste champ qui recèle assurément des parties obscures. me voilà bien en face de la vraie mesure du grand et du beau. mais qui peut néanmoins s'éclairer vivement à la lumière d'un examen sérieux. . l'œuvre de toute notre vie et elle englobe tous nos actes. dans le lointain du passé. qui est ici la comparaison avec d'autres. par exemple. A qui me comparerai-je? Ace qui est bas et misérable? Non. Cette méditation doit être le fondement de notre humilité. Cette méditation est destinée à compléter l'effet des raisonnements abstraits. . que l'on sait ne point mériter. mais déjà devant les hommes. par la force d'uoe impression sensible. 3<* Estimer un objet. et en quelque sorte impersonnelles.PRÉPARATION 85 2" A ces quatre méditations abstraites. de notre humilité à nous. en face des Saints et en face de Dieu.

pour ne vous être point strictement personnelles. On sait que toute culture intellectuelle accroît puissance générale à s'instruire. quel que soit l'objet de son la exercice. plus habituée à s'abaisser. n'a pourtant qu'une même essence . Pénétrez-vous donc de ces vérités. et dans une sage mesure. En effet. et que les affections de famille disposent le cœur à mieux sentir Dieu. et nous aidera.DKUXI&MB SEMAINB 86 4" De ce que plusieurs motifs d'humilité s'appliquent indistinctement à chacun de nous et ne nous abaissent réellement que devant Dieu. courberont néanmoins votre front si bas. suivant les occasions. cette disposition nous portera. à les briser. Désormais plus forte. l'humilité qui a deux objets : Dieu et les hommes. qu'il n'osera se relever sonne. faut-il en conclure qu'ils ne sauraient exercer une influence véritable sur nos rap- hommes. s'il le faut. à modérer nos prétentions. imprudemment devant per- . . Il en est de même de l'habitude de l'humilité. l'inclination à un or. par conséquent ne nous forment pas à l'humilité pra- ports avec les autres qu'ils tique* Nullement. ces méditations la développent en elle-même. en développant cette juste abaissement inclination à l'égard de Dieu. qui.

de sa substance la plus imperceptible parcelle. : — — Préparation pour la veille. minime fût-elle. de fugitif. d'un simple vouloir de sa toute-puissance . s'échappant d'un instrument sous les doigts de l'artiste. si nous aurions une valeur. valeur. que l'on peut comparer h des notes de musique. ou encore si. nous emportions. nous ne sommes pas des êtres à proprement parler. mais d'un acte extérieur. Deuxième point : Le néant de l'acte : Je ne pais rien.Denzlème Semaine PREMIÈRE MÉDITATION VIII* BXSRGIGl Le Néant de la Créature Premier point : Le néant de l'être Je ne suis rien. Il n'en est point ainsi : car. nous ne sortons pas de son sein fécond. serait et cette j^ourtant appréciable. étant créés par lui de toutes pièces. mais ce quelque chose d'inconsistant. Dieu n'est ni enrichi par le fait qu'il . si nous venons de Dieu. par impossible. Si nous tenions notre être d'une matière quelconque existant en dehors de Dieu.

elle est plus que cela. tanquam nihilum ante-teyy. reuse. que FEcriture l'appelle « un quasi-néant. si fugitif. il faut principalement en pouret pressante qui et suivre la pratique. l'humilité n'est pas seulement une conviction. Il ne suffit donc pas de philosopher sur toutes ces questions. être a .OBUXIBME SEMAINB 88 devient Créateur. Tout cela n'est-il donc rien? Un être et des actes sont pourtant quelque chose . mais surtout conclusion rigoureuse : — s'impose à l'âme tout entière détermine la volonté. son génie peut enfanter des merveilles. est si vain. il est libre son intelligence lui donne conscience de tout l'univers. démontrée par la admise par la philosophie la plus rigou- raison. des formes. ce quelque chose. ." Qu'as-tu qui te distingue ? Qu'as-tu Vue profonde jusqu'à que tu nie l'aies reçu?» iious déconcerter. Voilà la vérité certaine. en face de Dieu. j'ai une sorte d'être cet une étendue. ! Entendons-nous bien. il agit. saisissante jusqu'à nous troubler. en résumé : un être qui ne compte pas! Ainsi se trouve mise en lumière cette parole de saint Paul » Quis te discernit ? Quid habes quod non acce^is^'. ni diminué par le que fait nous existons. . car enfin. elle est une vertu agissante. Et pourtant je suis. il déplace la matière et la transforme il veut ou ne veut pas.

qui je suis et qui tu : es? Tu seras bien heureuse' si tu le saisi (Si tu le d'une façon sais pratique) n'est pas! l'Être le — qui sum. s'y succéderont après moi. cent ans. Dans cette durée. j'étais une simple possibilité qu'un rien eût pu détourner de l'arrivée à l'existence. qu'elle me pénètre la mon dirige. Ma substance de rien. » dans toute nom qu'il se la plénitude donne Moi. des siècles. comme une eau profonde engloutit bientôt la pierre c|ui rida un instant sa surface. pénétrante Je suis Celui qui est. et » Dieu est mot. Il y a mille ans. je n'existais pas même dans l'élément le plus lointain. tu es celle qui : est » Avant la création. Puis le silence se refermera sur moi. Notre-Seigneur dit à sainte Catherine de Sienne « Sais^tu^ ma fille.PREMIÈRE MÉDITATION 89 Méditation Prélude. J'ai apparu un jour sur la terre. Des siècles m'y précédèrent. impression — Demander si vive de tout entier et me grâce de concevoir une néant. lumineuse. c'est son vide. — I. je remplis quelques heures courtes et précipitées. Le néant de l'être : Je ne suis rien. sans doute. je suis le et c'est mon nom : de ce Ego sum néant dans tout : « mea une sorte « Substantia tanquam nihilum. .

par son contraste. nature que notre être. de toutes parts soutenu par la puissance parens. les plus dignes de Dieu. » : « créatrice. Le néant de l'acte actes sont de la même — Nos : Je ne puis rien.. dans la matière de mon corps. Cri de profonde vérité. s'évanouit comme comme nuage le aucune trace : : fumée dans les airs. dans le ciel. Si je suis le Néant. Sous ces clartés d'en haut. sommaire de nos dérisoires grandeurs mais aussi. La gloire fait sans cesse resplendir à leurs yeux la vérité de leur néant.OIUKÈMI SXKAINB 90 Cet être que sistance est la fragilité et riDCon- j*ai. ce serait un néant. point d'appui des sentiments les plus puissants. Cetto double vision forme. sans laisser « ad nihîlum redactus sum et la nescivL » « rien inconnu ô rien inconnu! » répète dans l'extase la bienheureuse Angèle de Foligno. Ecartez un instant cette action nécesmon être disparaît et quoique invisible saire. mais leur humilité est ma honte comme ma leçon. mêmes. . la condition des bienheureux apparaît semblable à la mienne. une vapeur qui disparaître aussitôt « : Vapor est pour ad modicum s'élève Il n'est qu'une poussière vivifiée MementOy homo.. dans la substance même de mon âme. le rythme des chants du ciel. ! — I I II. vous êtes le Tout. ô Seigneur. » A la clarté de la vérité pure. tandis que mes multiples misères parviennent à l'obscurcir aux miens. ce qui se verrait en moi. vous êtes l'Etre Si je suis le rien. les plus élevés. quia pulvis es.

j'aime. La nature des choses s'y oppose et Dieu. et qui semble m'appartenir exclusivement. beaucoup plus que par la mienne. Dieu agit mille fois plus que moi. pourquoi je l'ai donnée. Il ne peut en être autrement. ^je pense. ne peut pas me donner le pouvoir d'accomplir en dehors de Lui un acte positif ce serait me constituer créateur I. Il nous semble que tout notre acte nous appartient. jechoisis. dans cette résolution que je prends de devenir humble. est positif. .. je combine affaire.. 1» Je une remue main ou une la la tête. se trouve produit par l'action de Dieu. je trouve solution. la force qui m'y a conduit. dans ces actes. qui peut tout. et nous ne voyons pas la puissance créatrice qui le soutient. et je sais que Dieu est assez puissant pour respecter ma liberté dans ses : . au fond de cette adhésion même. pour expliquer comment avec cela je demeure libre. Conséquence aussi écrasante de mystère. je retrouve encore Dieu.Ehbien! tout ce qui. : 2® Là encore.PRBMIÈRK MÉDITATION 91 Notre être subsiste.. Et si je veux chercher. et ma participation. je suis forcé de me dire Je sens que je le suis. qu'éblouissante de vérité! conséquence qui envahit jusqu'au sanctuaire de ma détermination libre. parce que je l'ai prise pouvant la laisser. Nous agissons. et nous ne voyons pas davantage cette même puissance qui l'anime. Enfin.. je ne la trouve que dans l'adhésion à son influence qui m'y sollicitait.

et m'accompagne encore au moment où. à s'évanouir Ah Seigneur 1 1 je ne ! me comprends pas I Qu'elle donc vaine et ridicule. et j'y appuie mes prétentions .. mais aussi mystérieux que certain. . je : finalement. je ne regarde pas ce qu'il cache je continue à prêter une réalité absolue à tous ces actes contingents. Ici le fait seul nous importe. et. je la force à s'égarer... Ce voile est bien léger et mille accidents le soulèvent. m'éloignant de là me soustrais à son influence. tout en la remplissant jusqu'à son dernier effet *. la complaisance que je prends en mes qualités. l'action de Dieu. prête son concours à tout ce qui est. l'ordre. •a conciliation relève de la pbiloaopbie> 1. comme ailleurs.DEUZiiMK BSMÀINl 92 conditions essentielles.. dous conservons réellele pouvoir de choisir voilà qui est certain. Il est bien transparent aussi mais je ne suis pas attentif. ment . Qu'elle est injuste. acte positif. 3<» Si je fais le mal. même les plus est réelles!. obéissant à des lois générales d'une sagesse supérieure. Qu'elle est en ma volonté. : I Dieu ne nous détermine pas. téméraire même la ma mieux confiance affermie!. il est suffisant néanmoins pour que je me trompe moi-même. l'attribution que j'ose me faire du bien qui s'accomplit par moi! Comment croire en moi? Comment me préférer à un autre ? Le simple voile du créé recouvre tout ce néant. Le mal est une défaillance dont je suis responsable Je détourne l'action de Dieu et je l'empêche d'aboutir.

ce soir. y laisser tout orgueil. ouvrez ses yeux.f-REMlÈRfi MÉDITATION §3 ((Seigneur. m'y perdre. confuse de son passé d'orgueil. Déterminer un moment. Sérénité parfaite que donne cette vue au vaut-il milieu des succès comme des revers Haute donc la peine de tant s'émouvoir sagesse qui place les choses sous leur vrai jour et dans leur exacte proportion Grandes ombres du néant. qui font ressortir l'éclat de Disposition admirable à l'Etre qui est tout la contemplation I — : 1 I ! — — — — — Résolution. pour y penser à genoux en savourant ces belles paroles « Mon Dieu et mon : tout I » . ce matin.rapparition de votre Infini. vous qui voyez!» que devezvous penser de cet aveugle? Ayez pitié de lui. devant sa misérable petitesse. et faites surgir . Contempler souvent rinflni qui m'enveloppe de toutes parts. et un autre moment.

D'autre part. elle ne fait jamais partie de ma substance.* EXERGIGB Nécessité de la grâce actuelle — Deuxième point — Troitième point: Premier point : Sa nécessité en général. que dire de la dépendance où nous réduit l'exercice d'une fie surnaturelle dont tous les actes participent *u divin? 2® ^ns Le croirait-on? beaucoup de chrétiens. qui précède projette toute sa lumière sur la méditation de demain. Nécessité de la grâce concomitante. si la vie naturelle. avec ses actes moindres. tant me voir dépouillé. du concours de Dieu. je ne suis rien. dans Tordre de la nature. : — 1» La méditation Préparation pour la veille. Nécessité de la grâce prévenante. professent sur Taction de la . s'en douter. que suis-je donc dans Tordre de la grâce? La grâce ne m'est point due m'étant donnée. pour tous ses mouvements. a besoin. Si. elle reste un vêtement divin.Denzlème Semaine DEUXIEME MEDITATION 11. dont je puis à chaque ins.

voisine de l'unité : ! 1 Méditation — Prélude. Cette condition est tellement la nôtre. pas seulement. leur devoir de s'instruire. et que Dieu seul peut l'exercer. elle est de tout acte surnaturel. nous ne manquerons pas de considérer que là. Oh dépendance délicieuse: c'est Dieu qui se fera adorer. mais plus consolante. comme ils plément de force. L Nécessité de la gfàce actuelle en général.OSUXIEMS MEDITATION 95 grâce actuelle des idées matériellement héréLeur erreur n'est que de l'ignorance. chanter par nous dans une 'ndicible union. et tiques. un com- principe premier de ceux-là mêmes qu'une longue habitude ou un attrait personnel le nous rendent extrêmement faciles . Dans l'ordre surnaturel. aimer. la bonne foi les excuse . La grâce actuelle lui est — . parce qu'elle participe à la vie même de Dieu. 3» En sondant notre néant et notre situation à ce nouveau point de vue. Demander la grâce d'éprouver de mon néant une impression plus vive encore. qu'elle nous suit dans l'éternité même. la grâce n'est le croient. l'incapacité de l'homme est absolue. du moins. voilà un dogme de foi. il cependant de est Non. notre dépendance tient à notre grandeur notre vie surnaturelle reste par essence une vie dépendante. Dieu demeure le principe de tous nos actes. Là encore.

icessité nons dans de l'ordre la grâce prévenante. Il a gardé l'innocence de son baptême. II. mais peut-être n'en mesurons-nous pas toute la : . au fond. sans le Saint-Esprit. prenons position sur un point élevé.. » Voilà une vérité dont nous avons entendu souvent l'expression elle est passée à l'état de formule acceptée l'Eglise en a fait un article de foi nous la croyons fermement. tout saint qu'il de prononcer méritoirem. physique une — Pre- comparaison .. il a servi Dieu avec une fidélité constante. un prêtre. « Nul ne peut dire méritoirement : iésus. Jésus. il n'est pas en état. Choisissons comme sujet de nos observations un parfait chrétien. sans le secours de la lumière. un religieux. . Ses vertus ont parfaitement assujetti sa nature. Eh bien! sans une grâce actuelle immédiate. dit saint Augustin.96 DEUXIÈME SEMAINE indispensable pour l'œuvre la plus simple. de vertus et de ferveur. Pour y parvenir. » est. Sa ferveur met en activité toutes les ressources de son amour.. Le voilà plein de mérites. ne peut rien voir. ^. portée. sans le secours divin de Féternelle lumière de la grâce. Ses mérites ont procuré à sa grâce sanctifiante des accroissements merveilleux.. « L'œil le mieux conformé. comme pour la plus difficile. capable de tous les héroïsmes. qui domine l'ensemble. Le voilà.ent le nom de si court cependant. L'homme le plus saint ne peut bien agir.

DEUXIÈME MÉDITATION 97 féconde en déductions. cherchez encore. provoentre en vibration. : . 2® Et dans ce vouloir. Harpe du plus grand maître. n'y apporte et n'y ajoute rien. tu resteras muette. pour les produire. nous faisons nôtre ce mouve- sion UMILIli. Tu es inerte.. commence un acte surnaturel. ici l'intensité de l'acte ne sauraient dépasser la force de l'impul30 — reçue.. Où est notre part?.. Tel le mouvement. par lequel l'acte a été déterminé. sans destituer de son rôle la liberté humaine Je veux. elle aura constamment besoin de la main du harpiste.. tu n'es pas plus capable qu'une harpe quelconque d'exécuter l'accord le plus élémentaire. te voilà. et vous trouverez la grâce prérenante. en s'y associant. tel l'effet. Voici une harpe absolument juste on peut dire qu'elle contient à l'infini des mélodies latentes et cependant. nous nous prêtons. .. Là l'intensité du son. et c'est plus Dieu que moi qui veut avec moi. le désir... Ame parfaite d'un saint.. l'impulsion — Remontez à l'ori- gine d'un acte surnaturel. quée par la grâce.. comme la harpe. l** Elle était inerte et silencieuse lui est donnée: elle vibre. C'est elle qui a offert la pensée.. . c'est elle qui a provoqué le vouloir. — 7.. L'âme. ce réveil de l'activité. laissée à toi-même. nous coopérons.. instrument docile de ses plus belles inspirations.. et vous trouverez la grâce actuelle le remplissant mystérieusement. : — toi aussi ! La corde de la harpe pincée par l'artiste L'âme du juste.

Non. Quoi donc rien que je puisse m'attribuer en propre/ Rien. fait — m. en toute justice. Nécessité de /a grâce concomitante. Mais du moins laissez-moi une part. mais — . ma part. Non. et jusqu'à ce par quoi je l'ai fait librement. mais la grâce de Dieu arec moi.. J'ai commencé un acte d'amour. — sans quoi l'Apôtre n'aurait point discernit? dit : « Quis te Qui peut te distinguer des autres ?» Oui. » S'il est vrai que je suis un ... un simple désir. et de le conquérir. Considérons un côté sous lequel notre impuissance paraît plus complète que celle de la harpe.. cette prétention est contraire à la foi. : reste vide. c'est contraire à la foi ! ! pas même le pouvoir de mériter ce désir. » Quoi 1 : ! donc j'y ai telle dans cet acte surnaturel. pas même un vouloir. c>st un rien àont quelque chose. par des efforts naturels de raison et de volonté?. l'instrument prolonge ses vibrations. « Deus est qui operatur in nobis j'ai fait 9t vêUe et pcrficere. ma formule se continue. Mue par la grâce. si minime Saint Paul ne dit-il pas a Non pas soit-elle moi seul. l'âme s'arrêtera aussitôt dans son acte surnaturel. reça. si cette grâce ne continue avec elle son action sous le nom de grâce concomitante. c'est de Dieu que j'ai reçu mêmb ce que librement. parexemple mes lèvres vont en achever la formule si la grâce s'arrête. je suis là. Mis en mouvement.DlUXliMS SKMAINt 98 ment Dieu ~ Allons au fond. et Oui. mais cette part est de condition qu'elle ne peut nous enorgueillir.

— Sa nécessité n'est Réflexions et affections. les mains pleines de grâce. et elle est de même rigueur. Il n'entre point dans l'objet de cette Probation de dis* cuter les opinions émises par les théologiens. just« et et regf\r-« 1. nous. car il a le devoir de maintenir Tordre absolu des choses. : pas une de ces nécessités morales. reste un comme 99 il est être portant le — Etonnementde nous — Vue pénétrante du mensonge etde Tinjustice de cette disposition. . sentir orgueilleux. Toute cette doctrine se résume dans une formule aussi exacte que saisissante Dieu a le devoir d'exiger de nous l'humilité. pour concilier la liberté de l'homme avec le rôle obligé de Dieu notre dépendance et notre fragilité ressortent finalement de tous les systèmes. Tant que la création restera un mystère. — Grandeur de l'humilité pressentie. cela nous suffit. En revanche. Avant de comprendre le comment de l'action de Dieu dans ses créatures. Il n'aurait pas 2e droit de nous permettre un : : atome d'orgueil. Voir le comment n'est pas nécessaire : où nous ne voyons pas.DKUXIÈSIS MÉDITATION rigoureusement vrai que je néant dans son activité dans son fond ^ être créé. Représentons-nous ce souverain Seigneur. il faudrait comprendre le comment de l'acte premier qui les a produites. ie mystère s'étendra naturellement sur ses conséquences. — Manifestation de sa place elle se trouve à la hase de tout acte et de toute vertu. : . synonymes de « grande importance » la nécessité de Vhumilité participe à la nécessité de la grâce. la véi'ité de la création les revêt de sa propre oertitude.savons et nos raisons de croire sont certaines.

nous devons souvent nous en départir. faisons-nous bien petits... mais parfois aussi dans le secret de nos dec'est l'attitude qui convient. Dieu en moi — Contempler action incessante de — la sentir en quelque sorte. : : : Résolution. » Devant Lui. pas même un acte grand sujet de comme d'humilité.. Il résiste aux orgueilleux et donne sa grâce aux humbles. Humilibus autem dat gratiam. Rien de il peut se détourner plus libre que son choix de moi !. Me rendre aujourd'hui cette pensée familière. : Joie . Comprenons ce mot n Deas superbis resistit!. Et si. — N'avoir 1 rien sans Dieu. Aimons à nous prosterner dans l'adoration.OEUXIÈMB SEMAINK 100 dant attentivement où il les placera. à l'Église surtout.. restons bien soumis et bien dépendants. gardons-en du moins une impression profonde qui sera modératrice. meures devant les hommes.

Nous aborderons demain un sujet redoutable pour la raison.Deuxième Semaine TROISIÈME MÉDITATION X* KXfiRGICE La nécessité de grâces spéciales Premier point :Leur nécessité pour la persévérance dans le Deuxième point : AppUcsLiion» particulières. il doit Ah! si je la ressentais. cette prière «0 mon Dieu. sans des grâces spéciales qui ne nous sont dues à aucun titre. ne vous fiez pas à moi! Retenez-moi et gardez-moi. mais décisif pour l'humilité. le plus saint des sur la terre y est assujetti crier cette même misère. la simple persévérance dans la vie pieuse dépend absolument de leur secours. Bien plus. Nous verrons que. Et ce n'est pas moi seul. et que si nous venions à succomber. — — Préparation pour la veille. chaque matin. pauvre être imparfait. nous ne résisterions pas à certaines tentations. car sans vous il n*est pas de faute que je ne sois : . : comme hommes moi. nous ne pourrions sans elles nous relever. sième point : Rôle sauveur de Thumilité. comme un saint Philippe de Néri qui redisait en gémissant. qui subis cette dure condition.— Trothicn.

. un acte d'orgueil.. l'aurait peut-être laissé dé1 faillir. » Pesons bien chaque mot. juttitia persevertwe Trid. par exemple. Nécessité de grâces spéciales pour la perséL'homme est assuré de vérance dans le bien. i* Il s'agit de l'homme en état de grâce: : 1. Ce secours consiste dans l'intensité ou lopportunité de la grâce elle-même condition lamentable introduite par notre déchéance — : originelle l « L'homme Ecoutons le Concile de Trente en état de grâce ne peut persévérer en cet état sans un secours spécial de Dieu*. profoades impressions de crainte. mnathema tit (CoM. mais il ne l'est pas d'y correspondre. recevoir toutes les grâces dont il a besoin. — vif sentiment du Impression de crainte. leit.. I. et qui n'est rigoureusement dû à personne. désir de sonder à fond cette besoin de Dieu. importante et dure vérité. in accepta. Il y faut un secours spécial. 12). même chez lui.. Si qui» dixerit juêtificatunt. cette crainte. .OIUXIKMB SKMAINI 102 capable de commettre avant ce soir » Or. sine speciali auxilio Dei. po«M. était absolument fondée. — Méditation — Demander la grâce de ressentir ces Prélude. le dessa'-issant des grâces spéciales. 6 oan. qui jettent aux pieds de Dieu brisé et soumis.

il faut une grâce du même genre : . a» 11 s'agit. Il s'agit de tout homme. grande difficulté. vu sa fragilité. et garder ce que j'ai. cette : ^ — II. si je le veux de toutes mes forces? —Non. est souvent un don du moment de notre Dieu j'ai peut-être devant moi des années d'existence. il faut une grâce spéciale. car. 4» Il s'agit d'une véritable impossibilité de fait. Ne semble-t-il pas faut pour atteindre qu'il ait tout ce le but? — Il ne l'a qu'il lui pas. Méditons ces conclusions théologiques 1* Pour persévérer durant un temps assez considérable. de l'homme ayant droit aux grâces ordi- naires. de s'élever dans cet état. Ne puis-je donc rester ce que je suis. Quoil un saint n'aurait pas du moins un droit rigoureux à ces grâces ? Nullement. mais simplement d*j 2° — persévérer. Applications.. fût-il un saint. ae surviendra-t-il pas. Le saint Concile ne dit pas difficulté. non pas de se perfectionner. 2° Pour persévérer en face de grands dangers. 1 Q Pieu. Je me perdrai si je n'obtiens pas votre grâce spéciale. il dit: impossibilité « non posse ». 3» La brièveté de la vifl spécial ..TROISliME MÉDITATION i03 c'est-à-dire de l'homme possédant la vie surnaturelle . cial. 40 Le choix favorable mort l'est toujours. à un momeQt . sans un secours spévolonté pourrait nous manquer.

à mon dernier jour je puis pécher gravement.... dans la vieillesse... sans une grâce spéciale 1. Elle se penche vers mon indignité et la considère avec tendresse. Je ne puis rien exiger de la justice divine. quelque grave danger? J'y succomberai je n'ai pas alors votre grâce spéciale.. Or. Redouter comme une insigne audace l'attitude de l'orgueil. sans une grâce spéciale. Elle fait entendre à mon abattement les promesses les plus inespérées : pardon.Nous tenir devant lui prosternés dans l'attitude de la dépendance absolue.. les engagements qu'elle prend sont sacrés . Si.. cœur abattu.DEUXliMS 8BMAIRB 104 imprévu. Je ne puis compter sur moi. je perds la vie de l'âme. comme une mère. Sentir vivement ce que c'est que d'être ainsi à la merci de Dieu. je n'ai rien en ro. grâce.oi qui me constitue capable de la reprendre .. ... Ma condition m'apparaît désolante. Dieu je peux être infidèle dans l'âge mûr. Suis-je donc en face d'un problème insoluble? Non.. tombant dans le péché mortel. si I . et.. être surpris parla mort. agité. je ne saurais même m'y disposer complètement et prier assez pour l'obtenir. je jette de tous côtés des regards anxieux.. . ils vont constituer tout un ordre de miIII. tout est mis à ma portée. car la miséricorde le résout. — L'esprit Le rôle sauveur de l'humilité.. secours. je ne puis rien faire qui mérite absolument que Dieu me la rende. le . amour même. C'est le péché qui me l'a faite.

je reste dans l'ordre. de notre vouloir.. !• Si je suis humble. et Dieu. accomplit la sienne malgré m'aime. je le reçois infailliblement de sa ma misère. si je prie. qui . si je me tiens en tout comme impuissant par moi-même..sije me garde de mépriser les autres. Ce que je ne saurais exiger de sa justice. Mais la misère résulte de notre condition. : il miséricorde. l'humilité. Sous le règne de la justice. Miséricorde et humilité sont des termes corrélatifs. en tenant ses engagements. il me protège. et ces lois résultent de leur condition même. dis- tinguer parmi les volontés de Dieu. Dieu ne me doit pas non plus certaines grâces de préservation — I . c'est l'humilité.405 TROISIÈME MÉDITATION séricorde. Je comprends maintenant pourquoi les Saints attribuent à Thumilitéle don de lapersévérance. j'accomplis ma loi . celui de la miséricorde a les siennes. Si régime de la justice a ses lois. La miséricorde aime la seule misère qui s'humilie et elle la sauve. la condition c'est le droit . il me donne sa grâce. La misère est un abaissement comme l'humilité. Mais. sous le règne de la miséricorde. est la soumission Oserai-je universelle. C'est ici qu'il faut redoubler d'attention. Si je me fais humble. aussi formel que le serait l'ordre de la justice. la le condition. si je ne Lui doispoint rigoureusement certains degrés de soumission. et repousser celles qui n'obligent pas sous peine de péché? Murmurerai-je devant les devoirs difficiles. ou les circonstances douloureuses?.

grâce : : des grâces. Par elle. aux anges. plus je sentirai le besoin de prier. . Plus je sentirai le poids de ces écrasantes vérités. j'obtiendrai ce que je ne saurais^avoir de moi-même. toujours. à tous ceux qui peuventintercéder pour moi. — Me je suis. aujourd'hui. De quel cœur ne répéterai-je pas ce cri de la liturgie sacrée : ^c Deus. car je veux me sauver! 1 la Résolution. ni mériter entièrement. c'est celle de devenir humble Je réclamerai sans cesse. jusqu'à la mort. et pour l'obtenir. à Marie! Quel accent de foi ne mettrai-je pas dans cette formule toute-puissante « Nous vous le demandons par Jésus-Christ Notre-Seigneur l » La grâce que j'implore à cette heure. » Comme je m'adresserai. voir à la merci de Dieu. toute détrempée de confiance en Dieu.. j'emploierai les abaissements de la Chananéenne: je veux être humble..OIUXIÈMI SSMAINI 106 2« Le rôle de la prière se montre ici dans toute sa clarté. les mains jointes. Crainte néanmoins. in adjutorium meum intende! « De quel tressaillement ne serai-je pas « Et ne nos inducas in saisi quand je redirai tentationem /. notre Père. aux saints. tel que demain.

(|ue je ferai dans attention le but. fa conriction raisonnée aujourtrhui. et la redoutable puissance des causes demain sera ennemies qui En jetant travaillent à la renvei"ser. d'une façon plus sai-^issante. La méditation de le développement de la précédente et eu quelque sorte sa démonstration. la nécessité d'un secours spécial. Ains\. un grand jour sur notre situation infiniment précaire. J'appliquerai toute mon à cette recherche. viendra s'ajouter à l'impression ressentie dans la troublante méditation d'hier. — - Z>ntxtV*t« TrM>tstèm9 jr«i»t : le — Prépuntion pour ta yei7/o. Une analyse de notre condition. qoq . nous montiera Textréme fragilité des ressources personnelles qui soutiennent noti-e Tertu. ces considérations nous fer\>ut toir. Nos m&UTftis penchants.QUATRIÈME MÉDITATION XI* KLMaCI Notre Condition iV««»«r f9imt p»int : : Lk Mture de noire liberté. par rapport au bien et au mal.

Ces considérations. tant que je me tiens devant elle avec la conviction de mes infirmités. est-ce donc si triste pour celui qui vous aime? mon Dieu. sans exigence déplacée : « Scrutator majestatis opprimefur a gloria. mais d'en développer la lumière. La nature de notre liberté. tant qu'il reste à ma voix la force de lui crier Pitié ô mon Père l loin.108 OinXliMS SEUAINB point d'appuyer une vérité de foi sur des raisonnements. doivent être suivies sans contention et sans curiosité vaine . sera aveuglé par l'éclat de sa gloire. Afin d'ajouter la conviction à l'impression. est-ce ionc si redoutable à celui qui se confie en vous? mon Dieu. » — I. à plus forte raison. sentir son impuissance totale. ma misère a beau s'étendre sans limites à mes regards. de tout temps proposées par l'Eglise. votre miséricorde m'apparaît s'étendant plus loin... toujours plus immensément. Considérons d'abord la nature de ce frêle instrument. L'œil qui veut imprudemment scruter la majesté divine. : !• ^> Méditation — Prélude. demander la grâce de voir avec plus de clarté les circonstances qui rendent nécessaire une intervention spéciale de la miséricorde. Or. mon Dieu. à l'aide duquel nous faisons notre éternité heureuse ou malheureuse la liberté ! : . vous devoir son salut. cette miséricorde me reste ouverte.

ils demeurent une influence latente qui travaille sourdement.. Nos penchants vont plutôt vers le m9^ : . ma liberté demeure essentiellement défectible. je l'assujettis à votre domination. Dieu avec quel bonheur je vous remets ma liberté. la voilà entraînée au mal. je la confie à votre miséricorde Prenez-la. Favorisés. s'ils sommeillent. et. s'arrêter aux motifs favorables. gouI 1 au besoin. car leur réveil souvent nous trouve confiants en nous-mêmes et par conséquent désarmés. soutenez-la. elle hésite et varie bien souvent par les impressions diverses qui se succèdent elle dépend si profondément des motifs qui la frappent. ils vivent au fond de nous. . Un simple manque d'équilibre les constitue. réservezlui vos inépuisables pardons mon Dieu vous parler ainsi. nos penchants tiennent le premier rang. Nos mauvais penchants. si elle s'attarde par faiblesse sous des influences contraires. ! 1 — II. ils ne sont pas moins redoutables. Se mettre sous de bonnes impressions. n'est-ce pas commencer à être humble? vernez-la. Parmi ces influences funestes qui détournent notre liberté vers le mal. après toute une vie de fidélité. Et si elle est imprudente dans ce choix. Bon gré mal gré. Or. et. — bien gouverner.. tel est son principal moyen de se Elle esf agitée . Ils sont inhérents à notre être. ils commandent en maîtres combattus.QUATRIEME MÉDITATION Je le i09 sens. Ils se dissimulent sous mille apparences de bien.

Texpérience le montre. ces penchants existent en puissance. Quel sujet d'épouvante. quelle tyrannie! La liberté se trouve alors asservie et désemparée. l'horreur du mal ne lui offre plus ses répulsions instincles mauvais penchants grossis l'entraînent comme un torrent. Oui. Là. despotiques peut- tives. il n'y a plus de réputation à ménager et plus d'inconvénients à craindre. que d'habitudes fâcheuses. Elle serait exactement ce que la feraient nos penchants. il confond le bien en lui-même avec son bien à lui et c'est souvent ce dernier qu'il préfère. quand il place son bien uniquement dans la jouissance. hélas A ! nous-mêmes. s'ils n'étaient point contenus. mais d'une façon indéterminée. si l'habitude vient ajou- ter la sienne. cette force native... diatement. être. et la conscience des faiblesses passées lui ôte tout courage . Les sophistes seuls peuvent dire que l'homme au fond veut toujours le bien. Demandons-nous jusqu'où iraient alors nos excès et ce que serait notre vie.HO DtUXiÈMB SKMAIN8 l'Eglise l'enseigne. le péché originel l'explique. Cette tendance égarée agit sur la liberté par par l'attrait. et jouir immé. il se laisse tromper par l'apparence.. et ils l'illusion et : sont.. encore. or. quand on regarde au fond de soi-même! Pour y projeter une plus vive lumière... voulant jouir. En pratique. formons l'étrange supposition que voici il n'y a plus d'enfer à redouter ni de Dieu à aimer. formées par de nombreuses défaites I . Or. il veut le bien.

nous aliénant le cœur de Dieu.QUATRIÈME MÉDITATION Qui arrachera à la mort dll cette victime? La seule miséricorde de Dieu Qui portera la miséricorde à s'exercer? L'humilité I On a vu des personnes. Mais son influence n'est-elle pas plus fatale sur ceux qui ne la remarquent pas? Or. Les Saints.. Le monde. et la miséricorde ne les a point repoussées. ne peuvent-ils pas réunir leurs forces. qui ne sont pas comme nous des esprits forts. la ruse du démon épie le moment favorable. démon. savent quelle est la puissance du démon. Le dit par le et le Sauveur. Complices de nos penchants. Rien n'agit aussi fortement sur l'homme que la conduite des autres hommes. nous livre seul à de tels adversaires? . maunous enveloppe comme l'atmosphère. et quelle est son activité. même durant la série de leurs ! fautes. Ce que tout le monde fait. et nous pénètre de ses poisons comme les épidémies de leurs ferments. on admet instinctivement qu'on peut in. devant cette persuasion sans raisonles raisonnements succombent.. pour entraîner notre imprévoyante liberté ? Que deviendrons-nous si notre orgueil. — se jeter dans Vhumilité comme dans un lieu de refuge. nous ne pouvons pas quitter le monde nous ne pouvons pas nous tenir à l'écart du le faire . et nement. monde — démon. tous . L'esprit du monde nous amollit .

. j'y veux entrer et n'en plus .. et il sait que. suffisant en luimême. les duire. La voyez-vous raidie par l'orgueil.. C'est le secret de sa libre détermination. quoique librement. notre dépendance! mon Dieu vous connaissez le concours de tous les événements.. où Tàme s'abandonne. et elle est per! due I Dieu. Vous prévoyez ces jours de désœuvrements énervés. ou laissera-t-il se pro- les écartera-t-il?. dans tels et tels cas. Dieu les connaît toutes et jusqu'aux plus redoutables.. Une fois la lutte engagée. si je me cache dans le sein de votre miléricorde.. il mesure le degré de résistance que nous pouvons leur opposer.DEUXIÈME SEMAINE 112 — IV. je n'ai point peur de vous je peur que de moi .. Qu'elle est donc écrasante. La voyez-vous humble et soumise. vous détournez votre visage. n'ai . Il est des circonstances où nous succomberions certainement. viendra-t-il à notre secours.. Oui. Avant de vous décider à envoyer un secours spécial. Ces cas désespérants. Les circonstances. ou permeltra-t-il notre chute?. serait rendu impuissant par nos propres défaillances.. et elle est sauvée I.. Vous constatez ces relâchements successifs. vous jetez les yeux sur les dispositions de cette âme en danger. Mais s'il éloigne le danger ou s'il fortifie la résistance. ô Père. qui détendentles ressorts de la volonté... vous étendez la main... ce degré. et je n'aurai point peur de moi. c'est l'efTet d'une grâce qui ne nous est point due.

tous les sortir. à vous laisser la louange du bien. et jusqu'aux humiliations les plus profondes. ô Dieu.. supplier Dieu de dissiper mon aveuglement. remplissez-le. ôPère. Toutes les peines de ma pauvre vie. venez dans mon néant. animezEnsemble aimons et le. HUMILITÉ. Vivons ensemble. toutes les déceptions.^e les accepterai. je suis sûr de moi. comme l'agent providentiel de ma réhabilitation présente et de ma grandeur future. tous les dédains. et je me presse plus étroitement sur votre poitrine adorée! vos bras. Dieu. J'en étudierai faisantes j'y . comme l'action réunie de votre justice et de votre miséricorde. Jésus Avec Lui. Jésus. — 8. indulgent pour les autres. quel 1 — Prendre en pitié ma vaine assuRésolution. Vivant de Lui. . ô Père. ne m'avez-vous pas donné votre Fils. qui d'ailleurs ne m'appartient pas.QUATRIÈME MÉDITATION 113 avec amour les lois bienapprendrai à me faire doux. comme vous l'êtes pour moi. ! — avançons — ! Dieu. vous ne me faites sentir vive- ment monimpuissance que pour m'amener dans — Entre vos bras. et sans cesse sur bonheur Je dépends de vous. rance... à ne réclamer aucune estime d'excellence quelconque. ô Père. je suis sûr de Vous.. oublis. l'abîme.

La lecture des livres de médecine. de fait. toujours en jeu pour remédier à tout. vie du corps. Tout y apparaît si délicat.. qu'il ne peut résister à tant de causes de destruction. qui. Pas un chrétien qui.. a coutume de produire cet effet. on a mieux que l'analyse. s'appelle la Providence.ÉCLAIRCISSEMENTS Sur les deux méditations qui préoèdent Un étonnemenl mêlé de frayeur est l'impres- presque inévitablement de l'analyse de toute vie. n'ait largele pouvoir d'éviter tout péché mortel. pour réagir. Ainsi en est-il dans l'ordre surnaturel. Pas une âme qui ne puisse obtenir par la 1. mais il dure. vie même de la plante. si compliqué. et qui prend ici un nom plus rassurant encore. que l'on craint à chaque instant de voir un tel organisme victime du plus léger accident. mais il vit. L'analyse des lois qui le régissent reste menaçante. Heureusement. mais la réalité des faits modère nos alarmes. si fragile. Il semblerait que notre être n'est pas viable. vie de l'âme. s'il pèche. par exemple. on a l'expérience. 2. et celui de se relever. cette merveilleuse action. et pas une qui . Il y a. ment prière tout ce qui lui manque. dans l'Univers. celui de mision qui résulte séricorde.

par l'évidence. vu et suiv. chap. Au jour du jugement. 5. et partant. nous le pourrons demain. si nous usons bien des grâces moindres qui nous pré3. ne l'oublions pas.115 tfCLAIRGISSEMBNTS. chaque âme sera contrainte. KTG. il n'y aura pas une exception à cette règle.iséricorde. ordinaires . Nota. de confesser que Dieu a été bon et très bon pour elle. IV. parent à ce dernier effet. Ce que nous ne pouvons peut-être pas aujourd'hui. 7. {Gratiœ remote suffi- cientes. s'ils nous arrivent aussi sûrement par grâce. sous celui de Vhumilité.) 4.). — Lire les chapitres dans le Traité de V Amour de Dieu où saint François de Sales traite cette question avec sa sûreté de doctrine et sa lucidité (liv. soit. privée du pouvoir de prier. car nous sommes sous le régime de la m. à un seul moment. nous seront pourtant donnés infailliblement : et qu'importe pour nous le droit strict à ces secours. Certains secours qui ne nous sont pas dus rigoureusement.

Il s'agit de nous bien voir. comme une route familière où rien n'étonne. car rien n'est autant notre propriété que le péché. Ne nous laissons point suivre par cette idée. 11 est à nous. nous mettons le pied sur notre territoire propre. abordons-la avec courage . et de nous bien juger. chacun d'eux en est-il : ! . en sommesnous moins coupables? Qu'une prison soit pleine de crimineis. Trop souvent nous l'avons parcourue d'un œil distrait. Le jugement motivé. et à nous seuls. Cette terre désolée. côtoyant peut-être nos constatations humiliantes Je ne suis pas le seul Que d'autres soient pécheurs.Deuxième Semaine CINQUIEME MEDITATION XII" EXBRCICB Nos fautes Premier point : L'examen de la cause. Ici. — Deuxième point — Préparation pour la veitle. proposons-nous d'y faire une exploration sérieuse. au point de vue de notre valeur. il est Tunique chose où Dieu ne soit pas.

et de l'exagération qui n'établirait rien de solide. si nous nous sentons bien bas devant Dieu et devant notre conscience. de sa dignité. se croire d'avance vil et misérable j'étudierai la cause froidement^ : I . quel est notre rang parmi les pécheurs? Nous l'ignorerons jusqu'au dernier jour. Je ne partirai pas de l'idée préconçue qu'il faut. de toute arrogance et de toute susceptibilité. ni la grandeur apparente des fautes. Je veux me juger comme vous me jugez vous-même. de par notre œuvre. Nous envisagerons plus loin quelle attitude devant les autres nous impose l'humilité. il trouverait encore ces trois grandes choses qui l'accuseraient. pour être humble. Nous aurons également assez de logique pour ne point prétendre à une estime particulière que nous savons ne pas mériter. ici. nous aurons une très grande facilité à nous défendre de tout mépris pour le prochain. d'ailleurs. de son idéal. Et.CINQUIÈME MÉDITATION 117 moins méprisable? L'homme est en face de Dieu seul « Tibi soH peccavi. et si nous arrivons à une persuasion raisonnée de notre peu de valeur personnelle. Ce n'est ni le nombre. nous avons uniquement à rechercher quel jugement nous devons porter sur nous-mêmes. » Ne fût-i^ qu'en face de lui-même. vous m'aiderez à me connaître dans la vérité Vous me garderez de l'illusion qui voilerait la gravité de mes torts. qui déterminent les degrés de culpabilité. mon Dieu. de sa conscience. . sans égard pour des fautes semblables commises par d'autres hommes.

. i"" Les faits. du moins I. avec la liberté la rigueur d'une raison qui veut affirmer le vrai. N'ont-elles pas été quelquefois inspirées par le désir et par le besoin. Il sera bon de partager sa vie en périodes successives. Les motifs des fautes sont toujours bas certains sont plus vils. ceux que nous n'avouons pas. — Demander la voyance pour reconnaître loyauté pour la juger.DKUXIÈMd âE^AINK 118 avec d'un esprit indépendant. Dans nos bonnes actions elles-mêmes. C'est une revue intime et douloureuse des actes de notre libre arbitre. On fixera son plus humiliants. — : .. quelquesuns sont abominables. Au fond. Méditation Prélude. voyons le vice de l'intention. les vrais. et de s'arrêter à ce qui domine en chacune. attention sur les péchés les l'imagination ne doit pas en si souffrir. 2® Les motifs. c'est pour nous satisfaire que nous avons péché. C'est sorte de confession générale. renouvelée devant Dieu seul. grâce d'une grande clairma vie. une des fautes graves. On pourra faire utilement une addition approximative du nombre de ses fautes. et d'une grande — L'examen de la cause. «conclure le juste et rien d'autre.

Notre attitude d'aujourd'hui n'est point précisément celle du repentir. passer par des alternatives continuelles de fautes. Etonnement plus grand encore en face de notre ingratitude. — même heureux I. » Les fautes sont effacées le^ effets peutêtre. de repentir et de fautes nouvelles. quelle confiance méritons-nous? La confiance ne peut s'appuyer que sur l'esprit de conduite et la fermeté d'âme. Que serions-nous sans elles?.. jamais : — ... mais c'est celle de l'humilité « Peccatum meum contra me est seni' per... Etonnement en face de la Providence de Dieu.. Or.. I — 1® Au point de vue IL Le jugement motivé.. Repentir peut-être longtemps attendu.... A meilleurs ilO que nous ne côté de l'histoire de l'in- gratitude. par le seul fait d'un peu de temps .. merveilleusement provoqué. parfois sans résistance. Evaluons le nombre de nos absolutions. grâces de préservation........ Et nous n'étions pas rable.. et de nos rechutes... de ferveur même.. situation favo: grâces de piété.. Le fait. l'histoire de la miséricorde éducation religieuse privilégiée. Si nous n'avions pas compté sur ce pardon facile.CINQUiiMI MÉDITATION hélas de 1 paraître sommes? 3° Les grâces. de notre raieur personnelle. étrangement persistante.. peut-être aurions-nous moins péché.... est-ce là conduire sa vie ? Succomber pour des riens. si bonne et si persévérante.

la dignité exige qu'on se tienne à son rang sans déroger. à son confesseur. un principe de dégradation ? Le caprice.. Combien de fois. Or. le noble amour du bien? Et je me croirais digne d'honneur Le violateur de sa parole en est-il digne N'ai-je pas introduit âme. est-ce là être maître de soi ? On a voulu pourtant.. qui voyait si juste. et à quel point. Que vaut notre — volonté? Que de fois ne s'est-on pas dit Mais c'est insensé!. n'ai-je pas avili ma dignité de chrétien. Un seul cas de ce genre déshonorerait un homme du monde. l'égoïsme... n'a pas su parler assez haut. et cause. l'honneur nous est-il dû? L'honneur s'attache à la dignité. n'ont-ils pas souvent remplacé.. le mal a le droit d'avoir dignité d'homme? dans les facultés de mon de mon corps. à Dieu même!. peut-être ma En pas vérité. parole . Quelquefois l'instinct le plus bas a tellement dominé l'intelligence elle-même. dans les dispositions — ! aussi ? Parole donnée en pleine connaissance de donnée à sa conscience... Et la raison..120 DKUXIÈMS SKMAINB écoulé et du retour offensif de l'habitude. 2° Au point de vue de la dignité personnelle.. et je n'ai confiance en moi. la passion. on s'est cru changé et voilà que l'on est retombé!. comme mobiles. l'orgueil.. et qu'on soit fidèle à sa parole sans y fôrfaire.. tions. qu'il l'a conduite à lui fournir de fallacieuses justifica. été mon maître.

I . hélas avec non moins et je ! de persévérance.CINQUIÈME MÉDITATION je ne puis compter tions le 121 nombre de mes défec- 1 Que dire d'une violation de ces promesses passée en habitude.. c'était la série graduelle des dons qui devaient m'être offerts. c'était mon histoire possible. amoindrissement de tous côtés... écrite par la si j'étais ma fidèle. sa joie s'est éteinte Ah! je n'ai de refuge que dans la confusion. A chaque pardon. n'ai-je pas perdu toute dignité personnelle. et à quel honneur puis-je prétendre? 3° Au point de vue de mon idéal. finalement défiguré par de perpétuelles défaillances!.... Je n'ai de refuge que dans la plus sincère humilité ! .. bonté de Dieu. le repentir. C'était personnalité pre- nant de perpétuels accroissements. et accompagnant la marche de la vie entière En vérité. et ma destinée s'embellissant de jour en jour. Quel idéal! et à sa place quel état! Grâces rendues vaines. mais sur des bases moins larges.... un vrai contraste!. l'élévation de mon être. me vois travaillant. L'idéal réalisé eût été la beauté. où en ! suis-je? Mon idéal. Je vois Dieu travaillant sans cesse à le refaire.... Qu'en ai-je fait? Et que suis-je? Laideur liassesse. efforts refusés. l'aveu. plan restauré avec miséricorde. à le défaire.... Graduellemenl l'action de Dieu en moi s'est diminuée son image a pâli.

votre Bien-Aimé. si.. stimulant sans cesse ma reconnaissance. . votre vie et la mienne. dans une humilité profonde. mais surtout vraiment humble Eloignez de mon avenir toute faute. de Jésus. et qui vient d'entendre des témoignages accablants. laissez-moï surtout l'impression vivante de ma bassesse. Laisserez-vous son sang dégénérer en moi? N'aurez-vous pas compassion de sa gloire ? Sa gloire? oh qu'elle sera pure et grande. mais déformés. fruit divin de votre miséricorde et délices de mon repentir! dans les succès — Résolution. d'un être misérable. confiante et généreuse. vous vous attendrissez sur le mendiant. ô Dieu père. mon désir de réparation. Vivre aujourd'hui sous celte impression. Confusion d'un malheureux traduit devant un tribunal. je n'en saurais vouloir aucune.122 OBUXIÈMS BEMÀlNl Dieu magnanime.. afin qu'elle m'accompagne dans mes progrès personnels et de mon zèle. vous ne sauriez frapper celui qui s'humilie le front contre terre. vous parvenez à faire une créature nouvelle. droite et belle. et. vous reconnaissez les traits visibles. tendre et forte. Dieu de pitié. s'il le ! ! faut. d'humiliantes misères. l'Amour Sacré. mais laissez-moi. Dans ce pauvre. qui étale les haillons de ses déchéances.

Deuxième Semaine SIXIÈME MÉDITATION xiu* ixsacicx Prière éditée par le pape Urbaia VIII (PLAÇiB AD COMMENCEMENT OU BRÂVrAlM ROMMIf) — Préparation pour la veille. c'est dans la volonté que se forme et se perfectionne la vertu. Nous n aurons donc qu'un seul but demain: La conviction nous plonger dans l'humiliation. or. c'est-à-dire l'inclination aux actes et la facilitée les accomplir. mais de la développer par Vexpression ardente de sentiments aussi vifs que sincères. nous déplorerons nos ingratitudes. ici Dans l'acquisition d'une vertu. est un acte de l'intelligence. la première en date. Il ne s'agit plus d'établir l'humilité par le raisonnement. Son expression vibrante émeut l'âme tout entière et la rend plus consciente des moest tifs mêmes qui l'ont établie. l'expression du sentiment est un acte de la volonté. Avec les accents sortis du cœur d'un saint. . la conviction certainement la première force. mais le sentiment est peut-être une force plus pénétrante et plus déterminante encore. nos retours d'égoïsme.

Ante oculos tuoSy Domine. daigne jeter d'abord tes racines dans le fumier de ces misères. un cœur qui du moins s'efforce de sentir Je ne vous demande point de larmes. déterminez en mon âme cette inclination d'humilité qui seule fait les humbles. un cœur qui s'attendrisse. cœur plus vivant. culpas nostras fcrimus. jour tu fleuriras au ciel. un c'est vrai. avec les élans de la confiance. ô Dieu juste. Chargés et accablés. mais je peux avoir de vous les richesses et la beauté de Jésus. comme une semence divine. mais une vraie douleur. nous nous jetterons tout entiers dans le sein de la miséricorde. Je n'ai en propre que des fautes etdes misères.^lUXIKMB SEMAINK 124 nos rechutes sans fin et aussi. mon Dieu. 1 mon Dieu. mais rélevez-moi par la confiance qui seule fait les vaillants. nous déposons devant vos yeux le lourd fardeau de nos fautes. nous livrant à Jésus Sauveur. — Demander la grâce de faire passer le repen- dans mes sentiments et mes sanglots tout tir que doit m'inspirer ma vie. ^ Méditation Prélude. préparez-moi pour demain un . ô Dieu père Et plaças quat accepimui I . vie de Jésus.

et conferimus. tu cèdes à cette vie du mal qui est en moi . ma bouche qui baise vos pieds. elles noustiennentdans la plus dépendante faiblesse. nous ne savons pas assez courber le front !.. de mes aspirations renouvelées. levius est quod toleramus. minus est quod patimur.majus est quod meremur. et les plaies faites.. mes larmes qui les arrosent. et profondes. Gravius est quod commisimus. de mes regrets. — Peccadi pœnam sentimus et peccandi pertinaciam non vitamus. Oh! voilà qui est inconcevable! Sous l'aiguillon du châtiment.. je me retrouve aussi lâche !. tu renais quand la douleur passe In flagellis nostris infirmitas nostra leritur et ! non mutatur : vous nous brisez et nous ne sommes pas changés. nous les mal cicatrisées.. elles nous font souffrir. de tant de châtiments subis! Expérience de mes douleurs. toutes ensemble ne sont rien eu égard à celles que je mérite. et sous la ténacité du péché. tout vous crie que je reconnais ma faute et que j'accepte le châtiment. Elles nous défigurent. malades. la pitié que j'implore. torturés. Les peines de ma vie présente. Vita in dolore suspirat^ et opère non se emendat . je frémis d'indignation contre moi-même.125 SIXIÈME MÉDITATION que nos péchés ont montrons à vos regards. nous voilà meurtris et plus mauvais encore Mens segra torquetur et cervixnon flectitur: tristes. car elles sont et nombreuses. Mon front courbé dans la poussière. celles que l'avenir me réserve. Si pensamus malum quod fecimus. iniquitas 1 — . de tant de résolutions prises. expérience de tant de grâces reçues.

elle est vaine. ! 1 : soulage il est l'explosion de ma cons\ à la vue de mes interminables rechutes et dt. et nous crions grâce vous pardonnez. et ce que nous pleurions obliviscimur post visitationem . que tu es faible et facile à entraîner que tu es inconstant et facile à changer 1. non corrigimur. recte nos perimus.. par ma faute. et tu les traînes toujours Si expectas. sans trouver le chemin du r'îtour cœur humain. et ! Si ferias... et nous avouons nos fautes vous vous éloignez. Tu te sens malade et tu ne veux pas sincèrement guérir!. Si extendas manum. Tu gémis sous tes chaînes. Ah du moins. Si vous m. promissa non solvimus : vous étendez la main et nous promettons tout.. . tout à l'heure.e cier . Tu souffres du mal.. Domine.. 1 I I . si pepercerisy peccamus ui ferias: vous frappez. nous l'avons oublié I.. et tu veux en souffrir encore. c'en est fait de nous Confitemur in correctione quod egimus. — — ! quod flevimus : vous venez nous châtier.DEUXIÈME SEMAINE 126 notre vie s*en va dans la douleur et le gémissement.. Seigneur. . Cet aveu le glaive. et nous voilà à provoquer vos coups Habes.. Seigneur. facienda promittimus : si suspenderis gladium. je ne me défends pas je suis coupable et je le confesse bien haut. vous retirez nous sommes parjures clamamus ut parcas. ô mon cœur.. confitentes reos! novimtis quod nisi dimittas. Si vindicas^non duramus: si vous devenez le Dieu des vengeances. votre patience est longue et. Vous attendez et nous ne nous corrigeons point. mes iDcessantes provocations!....

qui te rogarent per Christum Dominum nostrum. à nous l'attitude qui convient. C'est elle qui parle. pour mettre Jésus à sa place. ni Te nôtre « Le trône de la miséricorde de Dieu. c'est sur son front courbé que descend le pardon. étudions l'action de l'humilité. sine merito quod rogamus. et du nôtre vers le sien. Il n'a aucun mérite à alléguer. c'est bien pour avoir le droit de pardonner. Dans cette longue litanie de nos misères. je suis perdu.. C'est elle qui fait disparaître notre triste personnalité. Dès qu'elles sont touchées des reflets de cette vertu. C'est elle qui donne à Dieu son vrai rôle. Pater omnipotens. cet être fait de .. Supposons l'orgueil voulant relever la tête. disait saint François de Sales. vous armez ma prière d'un nom qui vous commande vous regardez en moi Celui que vous aimez.. mais. quelle confusion et quel châtiment! L'orgueil ne saurait attendrir ni le cœur de Dieu. C'est à travers ses larmes que passe la miséricorde. par lequel je prie.. Le chemin du cœur de Dieu vers le pôtre. c'est l'humilité. nos misères prennent une teinte de sur! — .SÎIliME MEDITATION Itl n'avez pitié. Vous mettez dans mon cœur des accents qui vous touchent. qui fecisti ex nihilo. puisque vous lui donnez la grâce de prier. qui gémit. ce Jésus sant. Père tout-puis- néant vous implore. et rien n'est plus juste 1 Prœsta. qui touche. c'est notre misère».

elles se transforment en amour. Dès qu'elles sont touchées par la miséricorde. Résolution doux de meni la : Entretenir bonté de Dieu vos miséricordes. » un sentiment profond : et « Je chanterai éteimelle- .128 DEUXIÈME SEMAINE naturelle beauté.

Préparation pour la veille. considérer nos vertus. hélas! nos senti- ments.. elles se réunissent au même terme Timpression vive de notre humiliante mé: diocrité. du même regard. car l'humilité qui rabaisse les fausses prétentions excite le vrai courage. Ne pas se contenter de cette impression générale. Tout en parcourant des régions différentes. Si l'on tient à ne consacrer que trente jours à cette probation. — Quels effets dois-je rechercher dans la contemplation des vertus des saints? Le vif sentiment de ma petitesse et aussi un stimulant pour ma lâcheté. l" Comme au pied des hautes montagnes ou en face de l'Océan.Benziéme Semalnd SEPTIEME MEDITATION XIV* EXERGICB En face des Saints — Nota. œuvres. i . — 0. nous éprouvons devant la vertu des Saints une impression de grandeur qui nous écrase. mais faire passer sous nos yeux le détail de leur supériorité : vertus.. on unira en une seule les deux méditations suivantes. nos œuvres I HUMIUTi. sentiments. et en même temps.

dès lors que l'on prétend à une estime particulière. vous qui faites les saints. Tadmirez-vous ? Eh bieni songez à ces sentiments de vaine estime qui vous redressent dans votre milieu. s'il est ordinaire. qui. En effet. Je serai entre vos mains ce limon infime. c'est dans ce qui est élevé que se trouve la règle du mérite et non point dans ce qui est médiocre. celui de la lâcheté. Y a-t-il lieu de s'enorgueillir. par exemple. deux sentiments peuvent se faire jour. qui répèle avec « Ne pourrai-je pas donc ce saint Augustin qu'ont pu ceux-ci et ceux-là ? » Les larmes d'une sainte émulation montent aux yeux une émotion presque violente soulève la poitrine. convient-il donc de se comparer aux saints qui sont l'exception? Oui. ô mon Dieu ô mon Père. . et celui de la grandeur d'âme. qui se prête à recevoir quelques traits de votre image. : tout en Celui qui est ma force! » L'orgueilleux considère l'insuffisance de ses propres ressources et s'affaisse. de ce qu'on est moins bas qu'un être misérable A ? vue de toute supériorité. l'humble considère en même temps la force divine et s'élance. pour avoir une juste appréciation de notre valeur. mais malléable. et l'on « Je puis s'écrie. le regard tourné vers le ciel 3° la : . renonce même à en tenter l'entreprise. /îommencez par me pétrir d'humilité. Thomme qui sait lire fait le fier.DBDIIÊHK SEMAINI 130 Dans un milieu de basse ignorance. 2*> Mais. ne se sentant point de force à atteindre si haut.

Ah mon zèle mon courage mon abnégation mes conquêtes divines mes dons personnels! je les regarde avec pitié et la vue de mon orgueil me couvre de confusion I.. Son âme est un ciel où la lumière se répand pure et douce.. un saint Paul. côté d'un Apôtre et quelle humiliation I La Vierge martyre. et il s'ensevelit dans l'humilité l'époque et le lieu de son martyre restent souvent ignorés. le peu que je — fais î Me mettre à surer avec lui. une sainte Agnès.. Les fatigues.. Elle n'a aimé que Jésus.. une sainte Agathe. Et j'accepte des louanges .. — C'est une me me- sainte Lucie. l'Esprit de Dieu le possède et le gouverne. spn zèle s'étend au monde entier et descend au plus pauvre esclave. un saint André. que je sente le besoin de me mépriser profondément moi-même. et je me complais dans — — .8IPTIÈME HÉDITÀTION 131 ^ Méditation — Prélude. — C'est un saint Pierre. les persécutions. Des villes.. des peuples tombent à ses geaoux. Demander la grâce de m'élever à une de la beauté morale des Saints. : 1 1 ! I 1 . ne font que le stimuler les verges humiliantes le réjouissent. le glaive. Pas l'ombre d'une pensée fâcheuse... et elle l'a aimé d'une chaste passion. Les miracles raccompagnent. Il ne s'appartient plus. L'amour est allé gran- . telle vue L'Apôtre.. Il meurt.

. Imagination. quelle honte. si je le crois même I.DIUXliME SKHAINB 132 aux rêves des sens. jamais !.. Le Docteur de broise.. à cette paix. Il le me donnant toutes les faut peut-être !. un saint un saint Antoine. Appartenir à un être mortel.. Sa science est si étendue . à côté d'eux. luttes.. Oubli et silence autour de lui !— Le regard de Dieu est le seul astre qui éclaire Prières presque continuelles. rêves. à cet amour suave... tourments. Sommeil et nourriture mesurés juste assez pour — — — éloigner la mort. Effrayantes mortifications de tous les jours.. Mais quelle dérision.... mais si imparfaite toujours! dissant. saint — C'est Pacôme. et dont Dieu se souvientl. un saint Chrysostome. Ah ne soyons pas fiers de notre vertu conservée.. tout ce passé qui m'échappe.... c'est être à Jésus « quam pulchra est cqsta generatio cum claritate 1 » Qu'elle est belle cette noble race dans son éblouissante pureté A cette blancheur.. Souriante. un Suivons-le dans le désert. C'est un saint Amun saint Augustin. Oh I qu'il m'est facile de me voir petit et de un faire humble 1 — l'Eglise.. et n*a pas laissé de place : ! 1 1 L'Anachorète. elle incline la tête sous la main du bourreau mourir. aises de la vie 1. Hilarion. essayons d'opposer notre âme et notre vie. de la vie entière Me 1 voir. réparée peut-être. ses voies. si l'on me croit mortifié .. de toutes les nuits. me saint Thomas..

. quel amour. Elles faisaient . une sainte Thérèse.. C'est un saint François d'Assise. inconnues. je regarde s'élever cette vision. quelle union !.. à la lumière de laquelle je me vois grossier et terne. d'une joie inepte. souverain détachement. intime... Nous voici à la hiérarchie suprême des âmes. Suis-je de la même nature ? Ah que sont mes oraisons et que proî I mon application à sans cesse plus pur. Pureté. quelles vues. travaillant. Quelles ascensions! et de ces hauteurs.. — L'Ame contemplative. témoigne de sa haute valeur.. effets merveilleux des faveurs célestes... se moulant admirablement dans le cœur de Dieu A genoux.. âmes en quelque 1 sorte fondues et liquéfiées. Et je me réjouirais. L'influence qu'il exerce sur son siècle et qu'il exercera jusqu'à la fin des temps.SEPTIÈMB MÉDITATION 133 qu'elle nous confond encore. peut-être sans fond et sans mérite. rayonnant Les plus est fait-il ? Ames .. les yeux en haut. lucidité éclatante de toutes leurs facultés intellectuelles . d'une science toujours courte et que l'on trouve d'ailleurs dans des milliers de livres !. quels élans Et dans ces étreintes. Et je serais fier de quelque science.. plus duisent-elles ? Quelle Dieu? Mon amourse plus haut.. en voyant mon influence s'étendre à cent pas de distance !. une sainte Catherine. plus chaud. embrasement de toutes leurs facultés alTectives. — Elles auront passé. priant et sou£frant.

.. — Se la .... ! . D'autres auront récolté la moisson extérieure qu'elles avaient semée... Résolution. Que d'héroïsme dans certaines vies de pauvres femmes aux prises avec les duretés de l'existence On les voyait calmes. on les croyait heureuses..DBUZIÈMB SBMAINl 134 paisiblement que nul bruit ne e'en Dieu seul a su les grâces données par leur intercession.. et elles l'étaient en effet. représenter plusieurs fois durant ce jour. nous? — Retenir une de ces vues. Nous en avons connu peut-être les valonsle bien si est répandu. mais d'une autre manière.

quel serait le penchant le plus fâcheux de votre nature ou le genre de !• . Se sentir abaissé. et vous mettrez en regard vos lacunes et vos laideurs. dès ce soir. Ce contraste est à la fois facile. Ménagez-vous demain un long moment de méditation et beaucoup de tranquillité extérieure.Deuxième Semaine SEPTIÈME MÉDITATION *« XIV» KXERCICB bis En Préparation pour face de Dieu la veille. — Evoquer l'infini contempler. pour éteindre dans l'éblouissement de sa beauté les vaines lueurs de l'estime propre voilà le but. vous en retirerez des sentiments d'humble confusion. dispose plus qu'on ne le croit à ne se point prévaloir devant les hommes. suggestif et pénétrant. qui vous suivront dans la vie pratique. Tous nos sens intérieurs ont besoin d'un grand dégagement pour s'ouvrir à ces vues qui n'ont rien de senet le : sible. ^ Vous considérerez une à une les perfections divines. 2* Voyez. anéanti devant Dieu. Nos yeux ont besoin d'une ^attention prolongée pour sonder les mystérieuses splendeurs de l'Etre par excellence.

Prélude. qu'elle absorbe tout sentiment de vaine estime personnelle. Laissez-nous seulement vous saluer en passant. laissez-nous mettre en contraste notre petitesse devant votre . et proposez-vous de le faire comparaître devant celle des perfections divines qui en fera le mieux ressortir l'inaltérable pureté la laideur par le contraste : opposée à nos souillures. etc. Méditation — Demander la grâce de ressentir une impression des grandeurs divines. etc. la paix souveraine à nos agitations et à nos troubles. oiîi la pensée se perd avec un trouble plein de ravissement. et nous serions mal venu d'offrir notre aide à ceux qui ont su trouver le chemin de la lumière... telle De la contemplation des Saints montons à la contemplation de Dieu. la sereine immutabilité opposée à nos inconstances. si vous vous entr'ouvrez pour quelques âmes.. mystérieux abîmes. vous restez fermés à la plupart. Nous n'essayerons pas de tracer ici une route qui vous livre à tous. Goutte d'eau tremblante en face du majestueux Océan. telle est la sainteté de l'homme devant la perfection de Dieu! Attributs divins. Le cœur a besoin d'être si pur pour plonger dans vos profondeurs! L'intelligence a besoin d'être si attentive pour écouter vos grands silences I. petite lampe des nuits sous les feux du Soleil.DBUXIÈMB SEMÀlNl 136 fautes le plus humiliant de votre vie.

nous enchante. dont ils veulent faire sentir l'écrasante dimension. Dieu vous êtes la toute-puissance. ce que vous pensez. élevée. la convoitise. Mes impressions et mes goûts dépendent d'un nuage qui passe!. nous arrache à nousmême. un peu .. Ainsi les peintres placent un homme au pied d'un grand monument.. je suis le défaut. flots de lumière qui semez de toutes parts des éblouissements.. génie de l'homme. le péché Vous êtes l'immutabilité ^e que vous êtes. qui êtes le concert d«. l'harmonie. ce que vous voulez.. complète. et j'occupe dans pace un point imperceptible! Vous mesure l'es- êtes la sagesse. trouble. Vous êtes la beauté sans tache. nous séduit. a nature. et je ! suis l'infinie faiblesse! Vous êtes l'immensité. Un reflet plus haut de l'éternelle intelligence) mais un simple reflet!. ! . la . le désordre. et je suis l'erreur. moi je suis l'inconsistance. grandes voix des forêts et des eaux. qu'êtesvous?. Cœur de .. : 1 d'apparence. vous le pensez et le voulez éternellement. vous l'êtes toujours. la paix. l'empressement. l'instabilité. n'est qu'un reflet lointain de votre ravissante beauté Voûte du ciel avec ton doux azur et tes pensives étoiles. qu'êtes-vous?. sans ombre. le l'imprévoyance. Un peu de mouvement. Ame un rien ! de l'homme..SEPTIEME MEDITATION (ftis) 137 majesté.. tièdes haleines du printemps. sans déclin tout ce qui.... impérieusement ennemie de tout mal et moi. Vous êtes la sainteté pure. ivres du parfum de mille fleurs. sur la terre.

regard attristé et reconnaissant. regard Regard sur Dieu.. source de tous nos sentiments . ses — tion. regard reposé sur moi !. mais toujours humble!. provoque deux ordres de réflexions et de sentiments. Qu'elle serait belle et douce. une profanacondamnent. et ravi!. une folie... et si je m'y compare : quelle dérision Donc ! sentir le vide de l'orgueil... comme saint François. l'humilité faite de ces deux regards regard sur Dieu. sainte émulation aussi.. Cette vue des perfections de Dieu..DEUXIÈME SEMAINE 138 rhomme. 1° Que suis-je près de lui ?. perfections se dressent contre nous et nous C'est une injure.. — .. profonde de mon orgueil Dieu ne m'est-ll pas donné pour modèle? Que fautil à ia toute-puissance pour faire de moi un suint ? Beaucoup d'humilité de ma part.. Qu'il — ferait bon : s'écrier alors. tu n'es qu'une étincelle auprès de l'amour infini! .. foyer plus grand.. en con- traste avec nos inénarrables misères. — Honte de mes haillons. honte plus Résolution.. Regard sur moi. 2° Qu'est-ce que l'offense perfections sont de Dieu?. « Mon Dieu et mon durant des nuits entières Tout! Mon 2)ieu et mon Tout!!! » Humilité : d'amour et d'adoration. plus de toutes nos générosités haut que tout par ton amour. Toutes atteintes toutes ses .

TROISIEME SEMAINE JESUS HUMBLE .

i .

U TROISIÈME SEMAINE PRÉPARATION A Abordons ces méditations avec respect : Avec docilité Jésus est Jésus est Dieu. il commente Jes exemples. il marche devant nous — — — : — pour nous montrer comment on est humble. » Le cœur est un foyer. Par ses paroles. il merce. » Toutefois. une terre nouvelle. Enseignez-moi Jésus. ô doux espoir! a ses leçons. Esprit créateur. sa chaleur en arrive méditons d'une devenir lumière Mais. Il a ses exemples. il réserve cette haute notion à ceux qui sont petits et à ceux qui veulent l'être « Rêve: : lasti ea parvulis. créez en moi des idées. an ciel nouveau. attirons-la rayonnante au grâce est lumière dedans de nous. Il nous appelle pour nous former luidouce initiation. Esprit-Saint. ô doux commême. plus que le cœur. il nous révèle l'humilité de son cœur « Mitis sum et humWs corde. Avec confiance : Jésus est bon. il a ses secrets. » Je Jésus et par lui. maître. veux être humble. Par ses secrets. la façon affective. « donnez-moi de Jésus : De meo accipit et annunparfois à : — : tiabit vobis. Par ses exemples. commf . des vouloirs rajeunis.

Elle la pratique de cette vertu. de toute la force de l'exemple le plus autorisé. pour qu'ils puissent nous servir d'exemple. les régions prochaines lui restent accessibles. Deux questions principales s'imposent à nos préoccupations en face de Jésus souffrant et humilié. Les expressions même nous manquent. l'état où se trouve élevée l'âme de Jésus par son union personnelle avec le Verbe est si différent du nôtre qu'il nous est impossible d'en préciser la nature et les lois. Assurément. Lui qui était plongé dès ici-bas dans la vision béatifique? Pouvait-il avoir sincèrement de bas sentiments de lui- même. . l» Souffrait-il réellement. — en étendant encore nos horizons. en mettant dans un plus grand jour les vérités déjà méditées. pour Afin de permettre àces méditations d'exercer sur nos résolutions toute leur influence. Puisse-t-elle transformer véritablement notre cœur. pour de là transformer notre viel et nous animera. Mais si les horizons lointains se dérobent à notre regard. Lui qui se savait si grand ? A l'extérieur. dégageons-nous de certaines persuasions confuses qui représenteraient les actes et les sentiments de Jésus comme trop en dehors des conditions où nous sommes. Nous n'aborderons que celles-ci.142 THOISlàlCX SEHAINB Cette semaine nous fera arancer dans la connaissance de l'humilité.

uniquement.. ils n'appelleraient pas mon imitation. dans le but de constituer en notre faveur le grand enseignement des exemples? 2» En tout cas. parce qu'ils se trouveraient en dehors des conditions de ma nature? oh non. Jésus avait...PRÉPARATION il 143 est vrai.. je ne suis qu'une pauvre petite créature. si ces humiliations et ceg souffrances furent réelles. C'est à peine taille si mes regards peuvent s'élever assez haut pour grandeur. mille fois non l'humilité de Jésus. et moi.. pour les supporter toute sa vertu divine : Il était Tinfini.. le tout-puissant. raissent mais régnaient-elles au dedans? Ces faits ne se produisaient-ils pas. qu'un décor.. pétrie de faiblesse!. . . qu'un modèle sans vie? Quoi. sans quoi le Dieu de vérité nous tromperait! le Dieu juste nous entraînerait à subir douloureusement des humiliations dont il n'aurait point souffert lui-même le Dieu sage nous imposerait un fardeau que I I I . II Quoi l'humilité de Jésus ne serait qu'une apparence. comment ma vie de l'atteindre ? Laissez-moi tomber à genoux devant ces prodiges pour les admirer mais ne me demandez pas de les en contempler la serait-elle capable : reproduire. n'est point une simple apparence elle n'est point non plus un exemple hors de ma portée. rhumiliation et la souffrance appa- évidentes. le fort par excellence. si ces exemples sont réels. Son humilité fut de sa comme tout le reste. mon frère.

!• Ne sait-on pas qu'une plus grande souffrance est dans la vie le partage des natures . acceptait plus filialement. . elles moindres sont moins . ces deux conditions : sentir dans son cœur accepter librement dans sa vod'homme. nos organes que la nôtre. en effet.nos sentiments humains palpitaient dans son cœur. plus vertueux que nous. Jésus. de volonté. nos nerfs. nous le verrons bientôt.. et il acceptée l'a comme une chosejuste. ainsi sang. L'âme de Jésus ressemblait à notre âme comme son corps ressemblait à notre corps. plus affinées. pour que son humilité fût une vertu.tROISlilIS SBMÀINt 144 m . lonté de fils soumis. mieux doué que nous. Si notre sang humain coulait dans ses vwnes. de sensibilité. Jésus. Ils étaient faits l'un et l'autre des éléments qui nous constituent nous-mêmes: son corps avait notre son âme. sentait plus vivement. d'élite? Plus hautes. était douée d'intelligence. Jésus a senti la honte de rhumiliation avea cette répulsion naturelle qu'inspire le senti- ment de la dignité personnelle . elles saisissent les plus constantes. seules des épaules divines sauraient porterl. Il fallait. nuances . et pour que ses actes eussent un et accepter : — sentir réellement mérite. III Deux grandes différences s'accusent néanmoins entre sa manière de sentir et la nôtre mais ces deux différences ne font qu'ajouter à la force de l'exemple. elles voient de plus loin..

cette nature plus sensible que la nôtre et plus accessible encore je ne suis à la souffrance.. Depuis quand l'amour qui rend tout facile sera-t-il donc regardé comme une diminution du mérite ? Donnerons-nous moins de reconnaissance à une ^fection très vive qui se fait un bonheur de panser nos blessures ou de nous sacrifier ses joies? Depuis quand la vertu qui. ! : mmuurà. elle aussi.{PREPARATION 14b ca fiables d'oubli.* l'amour divin et la vertu feraient baisser la valeur de nos actes I 3« Si les actes de Jésus furent déterminés par son immense amour. le droit d'être admirés. mais aussi par la perfection de l'offrande Jésus alla au-devant de : . plus il aura le droit de nous donner ses actes et ses sentiments comme de vrais exemples 2° Sans doute. a-t-elle fait perdre à des actes accomplis avec aisance. Ne dites donc plus point Dieu. non le Dieu. pliH il aura souffert. sachezle bien. ce n'était pas la Divinité qui sentait mais la nature humaine. ce Jésus adoré. si rien ne lui coûte. — 10 .. et c'est Lui qui est offert à votre imitation. Quoi à mesure qu'ils grandiraient. Ainsi. rend tout facile. mais le Fils de rhomme . ces exemples laisseront toujours bien loin en arrière notre traînante imitation et ce n'est pas seulement par la grandeur des actes qu'ils la dépasseront. caren Jésus. je ne puis faire ce que fait le ToutPuissant... s'il fait tout par amour?. ils le furent librement comme douloureusement. : la souffrance et il l'aima : « Desiderio desideravù » Mais alors où est son mérite. Vous avez devant vous.

de sa fuite en Egypte. Y aurait-il mieux que de sauver donc quelque chose de âmes ? ou plutôt pour les sauver les âmes. il a une lèvre éloquente ner dans son jeune cœur le zèle le plus ardent. et il se tait. c'est l'humilité qui prépare le succès ... de sa Présentation.Troisième Semaine PREMIERE MEDITATION XV« EXERCICK Enfance et vie cachée Humilité d'effacement — Ce sont les faits Préparation pour la veille. puis le long de ces années monotones qui s'écoulent lentement dans les obscurités voulues de Nazareth. Trente ans sur trente-trois quelle préfé?ence marquée Jésus est venu pour parler aux Aommes et il est près d'eux. 1° Oui.. Quoique petit enil sent bouillonfant.. qui vont parler d'abord c'est sous nos regards que l'humilité de Jésus va se produire dans la douce lumière de sa vie cachée. à travers les émouvants mystères de sa Nativité. elle dépouille l'homme de cette encombrante préoccupation de soi qui intercepterait l'action . y aurait-il des moyens plus puissants que de se montrer et d'agir?. : I I .

Heureusement la vertu chrétienne trouve dans son amour pour la gloire de Dieu un mobile à . 2° L'humilité vraie tend d'ailleurs à l'effacement. C'est sa place choisie. remplis par de nombreuses victoires. » 3° Et puis cette retraite sacrée. n'est-elle pas comme un sanctuaire oui Dieu se révèle et se donne plus intimement?.. et. par suite. c'est délicieux! Marie. elle rend insensible à ce qui est dur et déconcertant. heureux et seuls témoins de ces anéantissements. elle s'y porte de toute sa force quand rien ne s'y oppose. qui nous racontent cette période tout imprégnée de douce humilité C'est calme : c'est touchant. Jésus avait besoin de l'enseigner à notre empressement.. Gomment ne pas lui accorder ses préférences : quand on a le cœur plein d'amour? Demain. tandis qu'au dedans elle dent le cœur tendre..147 PREHiiRI MEDITATION divine. pleine de silence. c'est le lieu oii elle est à l'aise. ô Joseph. ô anges. à l'intérêt public ? Ce serait vrai si l'ambition était le seul mobile capable de former de grands caractères et d'inspirer de grandes actions.. et elle y demeure tant que la voix de Dieu ne l'appelle pas à en sortir « Ama nesciriy aimez à être inconnu. et comme amolli à l'égard de tous. nous parcourrons avec tendresse les textes sacrés. il faut à la nature humaine de longs espaces. prêtez-moi vos yeux et vos cœurs. pour que je contemple Jésus humble ^ 1 La tendance à l'effacement n'est-elle pas contraire an développement des grands caractères. — . Mais pour une telle réforme.

.f4â tftOISliMK 8ËHAIN1 Méditation ^ — Premier prélude. de comprendre qu'un tel abaissement. Ce mot factura est^ ne semble-Ml pas emprisonner. Il -l'a voulu. contempler en bas rhurailité d'une étable abandonnée. la chair infime de l'homme. lumineuse image du Père. devait être surtout ma ciel . et la chair. en face de ce pauvre coin de terre froide où descend le Sauveur. par exemple la vie des fondateurs d'ordres religieux. Cette vérité est d'ail- leurs mise en lumière dans la 5* semaine.. — leçon. Comparons les deux termes le Verbe. ceux qui vont suivre appartiendront à THomme-Dieu. Lisez. César aura un sujet de plus. il : : : . cacher le Verbe dans la chair. Deuxième prélude Demander la grâce de sentir vivement l'amour de Jésus pour tout ce qui tient effacé. Edicturaa Cœsare. la fois plus puissant et plus noble. Ils se rapprochent jusqu'à s'unir. Le voilà dès avant sa naisexiil subit ses sance soumis à un maître gences. I Et Verbum caro factura est. et comme l'y anéantir Exinanivit semetipsura ! Ce premier acte appartient à Dieu seul. Entrevoir en haut les splendeurs incréées.. Se représenter le contraste du immense et rayonnant où règne le Verbe. et Jésus n'aura ni demeure ni berceau. poussière animée. l'a choisi. qui n'était point nécessaire.

.. L'auge où mangent animaux devient son berceau une poignée de paille soutient et entoure son petit corps si tendre. II Postquam impleti sunt dies purgationis. In prœsepio^ comme un faible agneau dans son nid de paille. nul ne s'occupe d'eux. 149 Non erat eis locus in diversorio. cependant. C'est chose toute naturelle : ils étaient pauvres. Il les préfère. Aq Temple. Est-ce par ordre de Jésus reste ignoré.P&EMliRB MÉDITATION . que pour dans une pauvre maison Les anges l'ont proclamé le Messie . Ils vont à Jérusalem. Les bergers l'adorent et s'en retournent. un petit être sans parole et sans regard. des prophètes les .. n'ont point écarté les voiles dont le — aller mais ils couvre l'humilité. vous semblez reposer dans l'humilité ! Pastores erant in regione illa : des pâtres.. RecUnavit eum in prœsepio. voilà ceux qu'il honore de sa première audience.. Dieu que les bergers ne parlent pas ? Est-ce par simple permission? Peut-être parlèrentils? mais alors ils ne furent pas écoutés: c'étaient de trop petites gens. Le signe qui révélera le Dieu sauveur. Quarante jours sont écoulés. Doux Enfant endormi dans la crèche. Jésus ne quitte — — — — l'élable voisine. ils furent rebutés. Et hoc vobissignum. c*est la petitesse : invenietis infantern. ils sont seuls. de pauvres gens. parce qu'il les : — est humble.

Le retour en Galilée est aussi dépendant. ne le connaît — même pas I La caravane des fils de l'Orient trouble durant un jour le repos de la cité. La science déclare que le Messie doit être né. vénéré du peuple.TROISIÈME 150 SBMAIM accueillent : Siméon. et né à Bethet nul léem. lève-toi! prends V enfant et que Dieu veut faire pour son fils!. Songeons aux ressources de la toutepuissance et admirons en Jésus la volonté bien arrêtée de n'être compté pour rien.. qui l'a reçu dans son Temple. et quand les mages viennent le chercher à Jérusalem. . nul n'y accompagne les mages Quel prodige d'indifférence Surge.. Jérusalem. fuge. le déclare la lumière des nations. Et dans ce milieu obscur où (es iours e^ les lieures s'écoulent lentement. le bruit monotone de quelque instrument de travail. C'est l'éclat d'un instant et le voile de l'humilité se referme aussitôt sur lui . avec ses deux ou trois rues où ne passe jamais un étranger dans le silence de : . Bethléem est à deux lieues de là n'y court.• ses maisons. fuis\ Voilà tout ce III Nazareth se montre à nous avec ses longues années d'oubli Petit village perdu au milieu de la verdure. et Anne parle de lui à ceux qui attendaient le Rédempteur d'Israël. Au milieu de la nuit une voix . ! ! — retentit: Joseph. qu'interrompt seulement» de loin en loin. aussi obscur et aussi humble.

votre volonté de l'anéantissement est d'une évidence et d'une persistance qui impressionnent ma raison et mon cœuri Jésus.. Elle voit ce qui se passe. pour n'en vouloir point sortir? Vous y trouviez l'infini car l'ombre le fait rayonner et le silence le fait entendre : 1 Résolution. ne le révèlent pas.. Enseignez-moi à m'effacer pour que j'attire vos regardsl Défendez-moi contre le désir empressé d'agir et de réussirl. Dieu anéanti. Vous prolongez durant trente ans ce long enseignement. reste l'emploient.. Les perspectives se déroulent. attendre main. mais eux... le cadre des lieux.PREMIERS MEDITATION 151 ignoré de ceux qui Jésus. devant l'âme qui refait.. à l'infini. non plus. non par occasion et de temps en temps. voilà sa vie!. vérité et vie. ayez pitié de mon orgueil qui m'égare et me tourmente! Habituez-moi à vous aimer assez pour que l'oubli des créatures ne me soit point amer. de ceux qui Tentendentl. elle entend ce qui se dit. Tout ce qui convient à un enfant dans une famille pauvre. — Pour retraite. Marie el Joseph sont là pour l'adorer. par la méditation.. voie. elle contemple comment tous ces actes sans éclat créent sur la terre la véritable humilité... pour m'apprendre à en garder l'esprit. Que trouviez-vous donc de si délicieux au fond de l'oubli. le détail de chaque journée.. Jésus. sortir de reffacement et de la que Dieu me prenne comme par la . mais tous les jours de ma vie. Seuls..

Thumilité change de rôle elle n'est plus effacement. Alors. est uo : . et leur communique ce cachet de simplicité et de désintéressement personnel qui fait leur puissance. dans ia simple vue du bien que l'on fait. mais sauvegarde. Cette vertu tend de toute sa force à l'effacement. — Humilité d'action Premier point: L'humilité de Jésus fut simple. point : Elle fut — Deuxième magnanime. Etre humble au sein de l'effacement est relativement facile mais rester humble au milieu de l'action demande une vertu solide et de sages précautions. comprenons bien que dans la vie active. elle reporte son utile influence sur l'exercice : des autres vertus. nous l'avons médité. mais vient-elle à rencontrer une volonté de Dieu qui s'oppose à ses préférences. — Préparation pour la veille.Troisième Semaine DEUXIEME MEDITATION XVI* EXERCICE Vie publique. Pour profiter pleinement de cette méditation. elle se replie dans le cœur sans se diminuer en rien. toujours active. Se complaire dans la louange.

parler et réussir? Ne convient-il pas d'en imposer par son attitude? Jésus. L'humilité de Jésus fut simple. libres I. n'agir que pour vous et par vous. humilité a tout l'éclat de la vérité. L'humilité de ses trente années obscures ne lui suffit pas il veut commencer son ministère par des humiliations plus apparentes.DIUXIÈMK MÉDITATlOlf poison que si subtil 1 S'élever s'élève la position. n'est-ce pas l'idéal de l'humilité dans la faut-il pas d'ailleurs se vie active? o^ Méditation — — Premier prélude. — publicains. agir. où il subit le voisinage des bêtes fauves et le contact du démon. Composition du lieu. charme de la simplicité. — Son tout le Son ahord ne pré- . Voyons-le s'acheminer vers le Jourdain. comme il y a vécu. et recevoir le baptême des pécheurs. se mêler à la fouie des . il me ^era facile de le suivre et de ne plus prendre le change. Jésus. vous mettre à ma place et vous mettre en moi. Si je vous aime. Suivons-le ensuite au désert. Contemplons Jésus quittant Nazareth sans bruit. — Deuxième prélude. hélas. se laissant tenter comme une âme capable de faiblir. — Demandons la grâce d'être de toute vaine assurance en nos ressources personnelles et de toute dangereuse complaisance dans l'estime qu'on nous témoigne. avec elle. mune? Ne n'est-ce 153 en soi-même à mesure et changer d'attitude pas. la règle com- montrer. vous m'éciairerez de votre exemple.

Ses vêtements pauvres. tation. un tertre de gazon. tout est d'un naturel fait: Jésus ne pose pas. : — mots semblent disparaître. et il est sans pitié pour les orgueilleux pharisiens! Il ne leur tient compte ni de leur probité. ni soins. ni de leurs prières prolonLa vertu inspirée par l'orgueil lui est en horreur. que les gées. ce sont aussi les publicains mé- tume de prisés. souvent les personnes perdues de répuceux qu'il préfère. l'angle d'un carrefour. il a des trésors d'indul- gence. Sa vie est un dénûment de tous les jours il n'a pas une pierre à lui... travail. Son langage est si simple dans son élévation. que tous le comprennent. Qu'il regarde. les idées mêmes du peuple. pour reposer sa tête : de pauvres gens le reçoivent dans leurs maisons. ni de leurs aumônes. il laisse si bien voir la vérité elle-même. Il emprunte les expressions. qu'il attire à lui. Comment se trouve-t-il dans ce même cœur tant de répulsions indignées? Jésus a la haine de l'orgueil. Son entourage. . il n'exige ni temple. le bord d'une barque. de pauvres femmes pourvoient à ses bePour prêcher. Voilà qu'il relève. chaire. Rien n'est plus éloigné de la recherche que ses discours.TROISIÈME SEMAINI 154 sente rien qui étonne. Pour eux. 11 est si limpide. les usages. parle ou qu'il agisse. sa démarche est modeste. ni de leur respect pour la loi. sa tête rement penchée en avant. sont légèqu'il par- — C'est le peuple en cosce sont les petits enfants et leurs mères. lui suffisent.

comme elle est simple! Jésus habituellement ne manifeste rien d'extraordinaire. Sans doute. elle inspire désir du bien qui a Dieu seul pour objet . et une confiance qui attend tout de lui. Jésus sort de l'obscurité. ressuscite les morts et apaise les tempêtes. se montre. ne permet ni refus. Or. parle et — s'entoure de disciples. tout le il il mange a des heures de fatigue.DEUXIÈME MÉDITATION 155 Et sa vertu.. ni réserve . Devant une volonté supérieure. un instrument ne peut ne doit pas — s'enorgueillir! L'humilité. et boit - !1 mène une comme — vie commune. monde. — . — II. semblable à ces monuments dont l'harmonie dissimule la grandeur. Il guérit les malades. Ecoutons le divin Maître nous le secret « C'est mon Père en moi qui fait ces grandes œuvres. Quand il veut se livrer aux longues méditations. il se retire sur la montagne. — . rend le cœur généreux. » Jésus s'attribue en révélant le rôle : — de simple instrument. Un instrument résister. L'humilité de Jésus fut magnanime. il paraît indifTérent aux uns et aux autres. Il entraîne les foules et fait trembler les pouvoirs publics. il fait ces grandes choses comme naturellement il ne recherche pas les honneurs. L'humi- elle un .. quand elle est vraie. Dès que l'heure marquée par son Père a sonné. il ne fuit pas les opprobres. sa parfaite vertu se trahit partout mais elle est pénétrée de tant de naturel qu'elle n'étonne pas. Admirons cette magnanime humilité qui affranchit l'âme de toute pusillanimité et de toute hésitation.

— Cet exemple nous portantes. et que les âmes soient sauvées N'est-ce point attirer l'attention que de trop répéter qu'on est incapable et indigne Il s'agit Prétons à Dieu ce que nous bien de nous tenons de lui. » baiser ses I : — Dans le bien que je suis appelé à Béiolution. ni de ces formules d'humilité qui contiennent souvent un orgueil quam condensé. le voir sans cesse. me — rechercher moi-même. je ne m'y trompe point Ce n'est pas mbi que l'on vient voir ici je reçois ces hommages. oublions-nous. ger de . Que Dieu seul paraisse. Il se présente pour ce qu'il est. donne des leçons im- Quand nous remplissons une mission.T&oisiiMX simàink 156 lité qui n'aurait pas ce caractère serait fausse ou incomplète. Sur la fin laissait les de sa vie. tanpotestatem habens. et je les rends à Dieu. Un Frère lui en témoigna son étonnement: « Ahl répondit le Saint. Il n'a point de ces timidités qui sentent la préoccupation personnelle. faisons-nous oublier. ne fût-ce que par une fugitive complaisance. saint François d'Assise foules s'agenouiller devant lui et stigmates sacrés. ne voir que Dieu. Jésus se présente et parle avec autorité. il dit ce qu'il a mission de dire. Dan- faire. et que le sentiment de notre inutilité aille grandissant avec le succès de nos I ! I œuvres.

Deuxième point : Humilité produite par le sentiment de Troisième point : Humilité entretenue par son néant. la persuasion. et nous la découvrirons profonde jusqu'au mystère. nous avons contemplée douce et vaillante. Posons-nous résolument en face de la question si naturelle. Préparation pour lité — Les deux médinous ont montré Thumi- la veille. mais le l'y demain et lesjours suivants : sentiment. soulevée au début de ces méditations Comment Jésus. nous la chercherons dans son cœur même.Troisième semaine TROISIEME MEDITATION XVII» EXERCICK Humilité du Cœur de Jésus Humilité d'anéantissement — Premier point : Mystère de cette humilité en Jésus. la certitude. infini comme Dieu et parfait comme homme. car enfin les actes extérieurs trouveraient à la rigueur quelque explication qui les justifie. — la vision béatifique. pouvait-il avoir de bas sentiments de lui-même. tations qui précèdent de Jésus dans ses manifestations extérieures. qui font .

moi. Le voir. mais où l'on vous trouve. Je veux que. les yeux au ciel. sous la clarté discrète des étoiles. demande encore de me toucher après m'avoir convaincu. rbumilité soit une humilité de cœur. à genoux. Faitesvous aimer et faites-vous suivre. plus de motifs que je n'en ai moi-même . faites vibrer mon cœur des transports du vôtre pour l'humilité. vous tirer les conclusions légitimes? me le ferez Je vous comprendre demain. une humilité qui incline à l'abaissement. ! poids de cette écrasante révélation d'humilité. Jésus. avec délices. noyé dans la contemplation de Celui qui est.. ô Jésus? Auriez-vous donc. — . la nuit. chez moi aussi. et même qui s*y complaise. paraissent contradictoires? vous me Sous ferez le le comprendre demain Jésus. assez inconséquent pour n'en point Jésus. qui vivez en moi par votre grâce sanctifiante et qui animez tous mes actes par votre grâce actuelle. assez aveugle pour ne pas les distinguer. ou bien serais-je. Méditation — — Me Composition du lieu.TROISIÈHB SEMAINE 158 l'humilité. représenter une de ces montagnes ombreuses où Jésus aimait à prier. pour être humble. Amenez-moi avec vous dans ces profondeurs du détachement oii l'on s'oublie. Premier prélude. ne serai-je pas contraint de devenir humble à mon tour? Tiendrai-je ma tête haute quand je vous verrai abaisser la vôtre..

— I. et adressons-nous à Jésus luimême pour apprendre enfin le secret de son humilité. les mobiles sont la même. Demander la grâce du dégagement de l'estime propre.. vous avez vu que l'orgueil est le plus grand mal de rhumanité et sa plus dangeet le ravir. Rappelons-nous cette parole du Maître 3e suis doux et humble de cœur. les or. Mystère de cette hamilité en Jésus. dévoué comme un Sauveur. Donner sa vie est plus facile.. les actes se voient. — Deuxième prélude. — à ces obscurités saintes mobiles restent cachés vertu : . Habituons nos regards : . Jésus sage comme un Dieu.159 TROISIÈME MÉDITATION Pénétrons avec un saint respect dans le secret de ce grand temple. qui est son âme et que remplissent l'adoration et l'amour dans l'étendue de son humilité. pour l'arracher vous avez rêvé les plus grands sacripas trouvé de plus grand que celui de votre honneur.. C'est donc ce Cœur que nous allons méditer maintenant.. cœur d'amour. Pénétrons dans ce sanctuaire comme dans un temple aux profondeurs mystérieuses. Or. Jésus. ce Cœur d'où partait le vouloir de l'humilité ce Cœur qui en savourait les amères délices. vous n'en avez — I . vous vouliez être aimé! Pour toucher mon cœur. Prions le Saint-Esprit de répandre sa lumière sur notre raison. par le profond sentiment de la part prédominante de Dieu en tout bien. C'est donc a Vamour de notre amour » qui vous fait humble!. fices.

..ÎROISIÈMK SEMAINS 160 reuse tendance. et j'irai si avant qu'ils rougiront de ne m'y point suivre. plusje vous découvre sage. Et. plus je m'étonne de vous voir humble : — I Ah I me s'il ne s'agissait que d'actes extérieurs. pour vous prouver que je vous aime. nulle imperfection ne le dépare. n'est-ce pas le sentiment de sa petitesse.... parfait. pour être près de vous. le devoir de l'exemple qui vous fait humble!.. Il Toit en haut les . mais vous dites je suis humble de cœur... pour vous aider à me sauver.. vous vous êtes dit Je m'y jetterai moi-même. C'est le plus faire de lui une ravissante image. le plus près possible?. ô Jésus. De cœur! je l'ai bien entendu. beau des enfants des hommes.. sa bonté entraîne. saint.. l'humilité de cœur. sa parole persuade. C'est donc.... pour nous entraîner dans le chemin de rhumili.. Comment n'y céderais-je pas? Comment ne me ferais-je pas humble.... je les médite avec une tendresse émue.té... Humilité produite en Jésus par — le senti- Commençons par nous ment de son néant. Son cœur est maître de tous ses mouvements. cependant. et vous êtes la vérité mênrel. Son esprit est exempt d'illusions. Les vertus et les dons brillent en lui de leur suprême éclat. Nulle tache... Sa chair est pure et sainte. Son imagination est belle comme la poésie. bon. Lentement... Tamour et la sagesse y conduisaient vos pas. Son — regard ravit. ô Jésus. Mais. et vous êtes si grandi je l'expliquerais : : — II... je parcours tous ces nobles motifs...

reconnaît avec une netteté lumineuse la petitesse de sa nature humaine. ces paroles donnent le vertige. et... dont il jouit. entraînés dans son orbite et recevant les mêmes hommages d'adoration : quel éblouissementl.. pleinement conscient de Nullement! toutes ses grandeurs. Que dire des attributs relativement infinis que lui reconnaît la théologie : la transformation de son âme qui épuise l'idée de la grâce. Et. elle n'était soutenue par la toute-puissance. si. Cette âme... tant le créé demeure fragile. mais surtout sa Dignité absolument infinie le corps et Tâme subsistant dans l'unité d'une seule personne. et dans l'avenir toutes les générations baisant la trace de ses pas. au milieu de tout cela. tant il porte de néant dans ses entrailles! Représentons-nous cette âme adorable disant... n'est hier n'existait pas.TROISIÈME MÉDITATION 161 anges prosternés devant lui. elle retomberait dans ce néant. celle du Verbe. : Est-ce par l'effet d'une miraculeuse iUusion ? Jésus. à toute heure..» Tombées de si haut. qu'un vêtement splendide. tous les plus beaux dévouements s'élançant à sa suite. en bas la création obéissante. et font passer devant DOS yeu3ç l'image insaisissable du néant. à toute heure. Jésus est humble. -t •' BtMtLrr* — lit . bien avant sainte Catherine de Sienne: Je suis celle qui n*est pas. qui en est revêtue.. et ce vêtement est un pur don qui repose sur un pur néant. — Que voit-il donc? — Cette dignité divine.. sa science qui s'étend à tout le créé.. même chez un HommeDieu..

.. Quel spectacle que ce face à face du Verbe avec la nature qu'il s'est associée L'âme plonge ses regards étonnés et ravis dans les profondeurs de cet océan. e* béatifîque — humble Pourquoi? Parce que pas sans cesse dans cette pensée pénétrante qui seule impose la conviction et impressionne le sentiment.. essayons de faire cette vision de foi : Dieu infini et pous . Humilité entretenue en Jésus par la vision On sait que l'on est un néant. sa vue s'arrête et sent cet au-delà qui s'en va infiniment.. son front ne s'élève point Que les crachats souillent son visage. Jamais. il ne pourrait être orgueilleux. il devient une illusion : il n'est jamais le vrai» Si un Saint du ciel revenait parmi nous en conservant la vision béatifîque. même à travers les siècles de l'éternité. la vue de Dieu et de son propre néant dans une vision unique. Considérons notre divin Sauveur sur terre jouissant de cette vision béatifique.. De toutes parts. comme un nuage brillant. il pourrait par miracle mériter et souffrir. même pour elle. son cœur ne se révolte pas !. L'orgueil commence par être un oubli.. aux lointains inaccessibles. et puisant dans cette lumière sa profonde humilité. ne le quittant jamais. Sa pensée plane plus hautl I I A — défaut de vision héatiûque.162 tHOISlÂME SEMÀlNt III. cette âme unie au Verbe ne comprendra l'on n'est pas ne l'on 1 vit — I pleinement le Verbe Que les hosanna de la foule passent ici-bas autour de son front.

. Renouvelonsla. — elles le touchent. Ne retrouvons-nous p*s cette vision dans les grandes âmes des Saints? Ne la rencontronsnous pas dans certaines âmes ignorantes et simples? A quoi nous servent donc nos lumières qui dépassent les leurs? Nous savons notre néant. Rendons-nous cette vue familière .TROISIÈME MJDITATION 463 toujours infîni. que nous en arrivions à nous Vy voir oublier nous-mêmes. Que ce soit au ciel ou sur terre : qui voit Dieu est humble vision béatifique de l'éternité 1 — Résolution.. sorte de néant en tout et toujours. devant lui. quand nous nous mettons en la présence de Dieu. — Quelle douce manière de nous préparer à la 1. et si bien. nous.. Voir Dieu en tous nos succès. qu'elle pénètre tout notre être moral. elles le voient. surtout à l'oraison. elles le sentent.

« Les cœurs purs verront Dieu ». tant il est vrai que la vue claire des choses demande des yeux purs. elle est uniquement l'œuvre du péché. nous ne l'avons pas! L'inclination à nous mettre bien bas. en quelque sorte celle de notre béatic'est le sentiment du néant devant l'in- disposition elle sera tude . elle est faite. mais c'est sous des traits bien différents qu'il se présente à nos idées et à nos goûts. pour petit Remarquons-le bien I : qu'il soit.ÉCLAIRCISSEMENTS Sur Méditations qui vont suivre les trois L'humilité que nous avons envisagée hier est celle qui convient à tout être créé. les âmes coupables sont précisément les plus réfractaires à ces sentiments. L'humilité d'abjection celle de la laideur et de est essentiellement la bassesse vile . L'humilité d'abjection. hélas tout entière des mains de l'homme. est que le une laideur néant. fini. nous ne la comprenons décidément pas! Le profond et complet sentiment de notre vileté. tout mal. et l'on voit au contraire l'innocence douter d'elle-même et se mépriser. c'est et descend plus bas sous cet aspect qu'il se présente à la raison qui réfléchit. Elle eût été la d'Adam au Paradis terrestre. mais ils verront la les plus I . nous ne sentons pas Remarque frappante. elle ne saurait convenir à un être sortant des mains de Dieu. dit l'Evangile .

ÉCLAIRCISSEMENTS. C'est une formule qu'on se dit à soimême.. expliquez-moi ce fais — . si avili. que nos yeux s'ouvriront forcément. et notre main agitée cherchera à écarter de son front l'odieuse couronne s'écrier: des Ne les mérite! mystère!. mais que c'est même simple conviction!. plus peut-être que l'homme des douleurs. pour sortir enfin de persistantes ! Que tenter pour s'élever au-dessus de ces vues naturelles? Il me semblait avoir bien senti la force des méditations précédentes. Là encore. : . tout a disparu quand l'occasion se présente et.. humain! Que faire. Il se fera l'homme des humiliations. Jésus se présente comme notre lumière. ETC.. Persuasion. notre cœur attendri le plaindra. il se la montrera si abaissé. l'on ne retrouve en soi que le sens aussi. devant les humiliations vraies. 165 par contraste. mais sans y bien croire. Mais Lui de pas cela! Ces humiliations. Maître. je — opprobres.. rêve. mais cette persuasion est tellement opposée à l'opinion commune qu'elle nous abandonne au sortir de la méditation. C'est comme un rêve de la nuit dont on garde à peine un souvenir vague et inefficace. souvenir. et voilà que ce n'est pas seulement le courage qui me manque pour être chrétiennement humble. formule. ces ô illusions mon Dieu.. constitue spécialement IMiumilité de l'homme déchu. Devant un tel spectacle. Voir en soi la laideur du mal et se juger d'après cette vue.. la laideur de ce qui lui est opposé le mal.

d'une sainte Catherine de Sienne.Troisième Semaine QUATRIEME MEDITATION ZVIII* EXERCICS Humilité d'abjection en Jésus-Christ Premier point : Humiliations extérieures. — tions spirituelles. malgré nos efforts. 4'uii saint Jean de )a Croix. il aperçoit ce qui s'étale au grand jour et il reste étonné. nous découvririons tion . — Cette méditaPréparation pour la veille. Parcouronsles avec cette persuasion que. en effet. •— Deuxième point: Troisième point : HumiliaHumiliations intérieures. il le médite et il reconnaît qu'il ne voyait rien. d'une sainte Thérèse. nous ne distinguerons jamais que les bords de cet abîme. Que serait-ce si nous avions l'âme d'un saint François d'Assise. Nous nous appliquerons à les bien constater et à les sentir pour en être impressionnés. renferme de tels excès d'abaissement que l'esprit humain n'en saurait sonder les profondeurs. sera comme une sorte de tableau des humiliations de Jésus durant sa Passion. La Passion.

. cette âme qui voit et qui sent! Votre Esprit-Saint peut seul me les donner. si beau sous vos humiliations car il y a là. : Jésus. Dites-lui. si ravissante qu'elle jette sur l'humiliation même un éclat qui la rend : 1 . de dissiper toutes mes idées fausses. que si nous avions anxieusement parcouru nos propres misères nous aurons mis en notre cœur. au fond de notre être une image saisissante de Jésus humilié. je n'ai point ces vues. tout l'amour que nous avons pour . nous foulerions aux pieds Comme pasl tout de la terre. qu'elle s'y imprime dans la vivacité de notre amour! Formons-nous une âme tout imprégnée de Jésus. une beauté morale. je n'ai . dans notre esprit. point cette âme. Qu'elle y pénètre dans la sincérité de nos réflexions. si étrangement haute que je ne puis la saisir.^ QUATRIÈME m4dITATI0N 161 un Jésus humilié que nous ne connaissons eux.. et nous arracherions de notre cœur la dernière fibre sensible à l'estime l'orgueil vaine. je le soupçonne. dites-lui de faire son œuvre qui est de vous révéler Je désire tant vous connaître Vous devez être si beau. pour cette vertu. aimable! Cette méditation ne demande pas précisément des retours sur nous-mêmes son but est plutôt de mettre sous nos yeux. ô Jésus. et nous aurons plus fait pour le développement de notre humilité personnelle. . Jésus. oui.

Demander la grâce d'une résignation sincère et douce dans les humiliations- — I. la trahison de Judas et l'abandon — La maison de Caïphe et celle d'Anne. — Dépouillé . le Calvaire. Humiliations extérieures. entre deux voleurs. le garrottent. II. brutalement. Oh! quand on — la menace simplement!. Dans la dignité pudique de son corps. sous les yeux de tout un peuple !.. Ses ennemis se jettent sur lui. la voie douloureuse. — Jésus fut humilié : — \. le palais d'Hérode où l'injustice t la haine s'acharnèrent sur Jésus. flagellé.. Parcourons rapidement tous les genres d'humiliations qui nous seraient particulièrement sensibles. disons le mot. le traînent en prison. — — Deuxième prélude. (3 prétoire de Pilate. à un maudit de Dieu. Dans sa dignité d'homme libre. Présentonsnous devant Celui qui fut Vopprohre des hommes et le rejeté du peuple. qui vit les humiliations person: nelles de l'agonie. ies apôtres. cloué.TROISIÂMI SEMAlIfB 168 [i^ » Méditation — — ParPremier prélude. à un être bas comme la poussière. Nous. Composition du lieu.. La salle de la flagellation.. la mort. de ses vêtements... qui nous révolteraient. C'est un torrent débordé qui roule sa victime dans les eaux de l'abjection. courir rapidement les endroits témoins de la Passion Gethsémani. Il nous est montré semblable à un lépreux. si jaloux de notre indépendance.

Dans sa dignité royale.. devant ces outrages? — Que font — Injures. On couvre yeux d'un bandeau on lui frappe sur le dos. On le regarde comme un fou. » — : — 1 . et xient grossièrement en le frappant de son sceptre dérisoire! VII. crachats. une couronne d'épines sur le front. Ses ennearrachent autant qu'il est en leur Il est un imposteur. « dignité de Dieu. sur la tête Devine qui l'a fait!. un roseau à la main.. est le jugement d'une autorité encore reconnue. sur la croix. » Ah quand on Fils de Dieu. — — Dans sa dignité de prophète. on conteste une de nos qualités. Dans la dignité de sa raison. car il s'est fait le Sa condamnation à mort. basée sur ce n^otif. si troublés quand haies de curieux. quand on ridiculise une de nos opinions! . Voyez-le revêtu d'un vieux lambeau de pourpre.QUATRIÈME MÉDITATION 169 — nu. Au Calvaire. mis la — Dans sa lui pouvoir. ses . ! Dans sa dignité personnelle. : — VI. soufflets. on lui en donne le costume on le fait passer lentement entre deux Et nous. à la vue du peuple Un homme d'honneur préférerait mille morts à I cette honte III. les Pharisiens lui crient en ricanant « Si tu es le Fils de DieUf descends de la Croix. les hommes — IV. Les soldats font devant lui d'ironiques génuflexions. V.

C'est par sa force morale que l'homme est le plus grand. livré est placé entre criminel.. si notre colère est impuissante... d'eux. comme dans Une citadelle demeurée intacte. Il Il est — Il juif. Que reste-t-il à cet humilié! — Pénétrons II.. délaissé de tous. Sur les ruines de l'honneur extérieur. il se réfugiera dans le sentiment de sa valeur personnelle. — Trahi par l'un X.. comme le plus cela à une époque de l'année.. renié formellement par leur chef. Dans ses disciples. et ou Juifs et étrangers affluent de toutes parts au grand jour. quels frémissements intérieurs! VIII. trompe le peuple Tennemi de Dieu la loi ! Il — ! il Il vient détruire 1 il est blasphème ! IX. Jésus se voit perdu auprès de cette partie du peuple qui hésitait encore!... Dans sa réputation.. et avec toute la publicité pos. reste invaincu. sible.. damné par tous les tribunaux. est conhérodien. Chassé de partout. au dernier des supplices. Humiliations intérieures. quand on nous raille cruellement et que nous pouvons nous venger!. plus avant. romain. Sous la force brutale qui l'opprime.TROISIEME SIMAI91 170 nous condamne à tort. Dans sa doctrine. l'orgueil peut se dresser encore et prolonger la résistance. hélas! cett? Jl . Et. Trop souvent. deux voleurs.

.. si nos paroles trahissent des sentiments élevés. calomniés. Il se montre si accablé. si tout en nous manifeste une âme supérieure au malheur. par quelque signe de spéciale protection... » Il en est si fort pressé qu'une sueur de sang ruisselle de ses membres tremblants. Redoutable au milieu de l'estime commune. Même avant sa Passion. de forme d'intention si compatissante la belle et humaine et Humiliations spirituelles. nous trouvons cependant autour de nous. qu'il cherche du secours auprès des apôtres et qu'il en accepte d'un ange les s'il était : I profonde humilité. dans l'opprobre de son apparente faiblesse. Jésus se présente à nos yeux. 171 parce qu'elle est faite d'orgueil. plus rare et non moins pernicieux. quelques personnes sympathiques. comme Jésus au Calvaire. Que Dieu. il semble vaincu. Sommes-nous méprisés.. nous prête l'auréoie des martyrs. Des impressions de crainte l'envahissent exhale comme : « CœpU pavere. si 1 — Il est un autre genre d'orgueil. Si notre attitude est digne... persécutés. Âh (|uels dangers pour l'âme (|ui ne serait l . » Et il incapable de les contenir « Tristis est anima mea usque ad morteml. III. c'est Vorgueil spirituel. il l'est jusqu'au milieu des opprobres. l'admiration se transforme en enthousiasme.QUATRIÈMK MÉDITATION grandeur d'âme est fragile.. Il paraît si peu semblable à lui-même qu'il repousse ce calice longtemps désiré. la sympathie devient de l'admiration.

pitié... son visage livide. Jésus se déclare abandonné de lui!. — I M'agenouiller aujourd'hui trois fois devant un crucifix pour demander à Jésus de faire comprendre cette humilité. entrecoupée par quelques rares paroles qui resAucun rayonnement semblent à des sanglots.. plus encore que celle de la douleur.. qui ne soit une humiliation! Son abjection est consommée et il y meurt! Oh ce crucifix qui se dresse partout devant nos yeux. rien.TROISIÈME SEMAINE 172 pas très humble! quel piédestal pour son orgueil ! — Jésus choisit rhumiliation sans retour.. Il dans toute sa nudité spirituelle. Rien. de l'âme tout en lui est sombre comme la nuit Son Père est sans qui envahit le Calvaire.. I — I 1 Résolution. Oh la veut — — . même de l'humilité. ni sur la terre. ni au ciel. me .. l'humiliation reste après ce cadavre suspendu au quel exemple oh quel secours! gibet. mais une sorte de stupeur. Quand la douleur cesse. avec sa tête penchée. Déjà abandonné des hommes. Point de discours. maintenant abandonné de Dieu!. c'est C'est l'image l'image de l'homme humilié.. son aspect de lassitude désolée.

votre abjection inouïe m'est apparue dans son évidence! Point de doute. cette parole. couru hier avec émotion toutes vos tiontes subies. l'humilité qui dit justice. toutes vos troublantes faiblesses. je le sens. N'était-ce là qu'un grand exemple? Non. je vu abandonné de tous et dépouillé de tout. j'ai parPréparation pour la veille. chacune de vos attitudes dénonçait le coupable/ retrouvait frémissante . le long de vos membres tremblants. Mais pourquoi vous l'avez voulu? Je ne le saisis pas encore. — Jésus. vous l'avez répétée. vous avez voulu vous ai être l'homme des humiliations! Je le vois. car alors si je vois Thumiliation. je ne C'est vois pas l'humilité. on la lisait dans vos yeux abattus.Troisième semaine CINQUIEME MEDITATION "^ XIX® EXERCICE Humilité d^abjection. dans chacun de vos abaissements. Troisième point : La Sa nécessité — Deuxième point : loi. — : — La raison d'être. Et : pourtant. on la l'avez errante sur votre front soucieux. Premier point L'exemple. vous prononcée en venant au monde.

i74 tROISiÈUB SIMAINS Jésus. Voir le péché identifié à l'ignominie des crachats... n'est-ce je ne l'oublie jamais Si l'humilité est I pour vous justice. Méditation — Premier prélude. dans : tout mon <^ être moral. d'où dépend toute une direction de vie l'humilité d'abjection une fois reconnue nécessaire. C'est un point de départ. Demander la grâce d'accepter en principe l'humibation. des soufflets. trêve : C'est justice! je l'ai mérité 1.. en même temps. tout en tous est nécessairement sincère. de la nudité sanglante.. le — : Deuxième fu^élude. tout jusqu'à Texpression même d'un re- gard. demain vous me le ferez comprendre. jusqu'au simple mouvement d'un muscle j'entends donc sortir de toutes ces choses lamentables une voix gémissante qui redit sans . c'est une révolution. qu'est-elle donc pour moi? Ce n'est plus ici une affaire de sentimentalité. par amour pour Jésus. opposons celui de la laideur morale du péché. mais de raisonnement rigoureux. par esprit de justice d'abord et. . Ce dernier — — l'emporte en horreur. de la mort infâme. Au tableau des abjections accumulées dans la méditation d'hier. La cause contient 1 effet péché contient donc toutes ces abjections qui sont sa juste peine. pas? mais comprendre à fond pour que Jésus.

ce genre de mort qui laisse voir le supplicié. Comparons attentivetextes de l'Ecriture. Il s'anéantit sous la forme de l'ef^clave. c'est l'humilité d'abjection. — — c'est le mai.Ce n'est plus V oubli. . » C'est le Jésus que nous avons considéré avant sa Passion Il s'est fait néant. c'est le mépris. Usque ad mortem : comme un coupable. en la montrant telle qu'elle convient à l'homme déchu. : . même alors. ment deux : sum formam servi accipiens. il se fût nécessairement trouvé dans ce vis-à-vis du Tout et du rien. autem crucis : c'est l'ignominie dans la mort. et son humilité le sentiment de sa petitesse. avec ses traits bouleversés. Mortem. dans les splendeurs de la nature originelle. Le motif de cette vertu grandissante n'est plus le néant. c'est le Dieu Rédempteur» Ce n'est plus l'humilité d anéantissement. -.CINQUIEME MÉDITATION 17 — La raison d'être. » Humiliavit : il s'est comme jeté à terre : on fait ainsi d'un objet qu'on méprise. puisqu'il s'est fait homme. Ce n'est plus ici le Dieu incarné. Le premier est celui-ci « Exinanivit semetip- I. « Humiliavit semetipsum usque ad mortemy mortem autem cruels. la mort du dernier châtiment. Eût-il réalisé ce dessein au Paradis terrestre. sa nudité et ses tortures. Mais un second texte complète l'idée de cette vertu. de l'Etre par lui-même et de l'être par création son Incarnation eût été. qu'on traîne à la mort. un anéantissement. au-dessus de la foule.

. de dégoût pour son peuple percussam a Deo et humiliatum. mais un ver de terre. les hontes. il en est la personnification « eum Il n'en est pas pro nobis peccatum fecit. Il nous sera extrêmement profitable Je rappeler à notre mémoire. un ver qu'on foule aux pieds et qui se cache dans les proS'humilier. jusqu'à la terre. : : — — : — « ut pour Dieu.. régnant dans son cœur.... » II. » chargé et revêtu seulement. » Sondons tout ce qu'il y a d'humiliaJe ne suis plus tion sentie dans cette locution un homme. et consiste dans une inclination : : : — — pratique qui l'y porte. Toute vertu se montre dans l'amour de son objet propre. dévoré c'est une lèpre qui le ronge « tanquam C'est comme un objet d'horreur leprosum... le contentement.TROISIÈME 8EHAINB 176 — Contemplons Jésus couvert L'exemple. . Contemplons-les eu silence... » « Vermis sum et Entendons Jésus s'écrier non homo.. « chose propre.. Le premier degré est l'acceptation. il en est pénétré.. c'est s'abaisser fondeurs sombres. Il porte les péchés du monde entier : « qui tollit peccata mundi. la recherche. Ici l'objet est l'abjection. de toutes — . puis viennent le désir.. Jésus va au-delà. » « qui il en est chargé Il en est responsable Le péché est sa peccata nostra ipse tulit. soit les paroles. quelle image! Pénétrons dans les sentiments intimés du Sauveur... soit les circonstances qui nous montrent ces sentiments en Notre-Seigneur.

et sans Jésus. En tant que Rédempteur. cet exemple est un stimulant. notre humilité doit être une inclination à nous juger dignes de mépris. il prend nos fautes. elle la montre. et de s'en tenir à de vagues sentiments. — Est-il bien vrai que cette humi- liation de Jésus demeure le modèle de lanôtre? que pour être chrétienne. La loi d'abjection existait pour nous. est le priy dont je suis redevable.. il l'aime. et cette humiliation.. Ou bien plutôt ne devons-nous voir là qu'un admirable excès. Vattitude que prend mon représentant est exactement celle qui me convient. BUUIUTi. L'abjection de Jésus nd crée donc pas une obligation.. Rédempteur? Oui. Ce que Jésus fait ici. pécheurs. nous ne l'aurions jamais connue. mais nous ne ia connaissions pas. Le prix que paie ma caution. il la veut. — 12.. Est-ce en qualité mérite toute gloire... mais il est autre chose et tout autre chose: il est une loi.177 CINQUIÈME MÉDITATION III.. Or. la subit. Il ne s'agit pas de se payer de mots. ayant pour but de nous contraindre au moins à une humilité commune? Sans doute. qui m'incombe de plein droit. Il vient. Creusons à fond Est-il bien vrai celte vérité. il connaît Thumilia- — tion qu'elles méritent. ou plutôt la révélation d'une loi et sa promulgation authentique. il est notre représentant et notre caution. il .. un stimulant sans pareil. il qualité de à quel titre le fait-il? d'Homme-Dieu? Nullement. La loi. Comme tel.. — Est-ce en et c'est à ce seul titre.

TllOISI^ME SElUlNt

il^

« Je suis humble de
Et quand il nous dit
cœur», c'est comme s'il nous disait: «Etre
:

humble,

c'est la loi je l'ai subie pour vous.
Mais c'est surtout votre loi subissez-la 1
Jésus, quelle leçon I et je ne l'avais ja...
mais bien comprise
Tout me l'insinuait, cependant: les expressions reçues, les conclusions constantes, les
choses elles-mêmes; je le savais donc, et voilà
que cette vérité me paraît pourtant toute nou;

;

1

velle

I...

merci de

C'est

que je

me l'avoir

la

comprends enfin... Ohl
Vous avez vu ma

révélée...

bonne volonté, mes

désirs,

mes besoins

sur-

dans votre misérihumilité d'abjection lui ouvre

tout; et vous vous êtes dit

corde: que

mon

enfin les yeux!

Résolution.
Si rhumiliation est ma loi, pourquoi m'irriter contre elle?
Je veux me faire doux
ea toute occasion péaible à mon orgueil.

Troisième Ôemai&d

SIXIÈME MÉDITATION
XX« EXERCICE

Humilité d'abjection

Son caractère mystérieux

Premier point : Elle est une sorte de mystère.
Deuxième
point : Ce mystère trouve son explication dans le mystère
du péché.
Troisième point : Le péché originel y suffit.

Préparation pour la veille.
La méditation
de demain explique et complète les deux précédentes. Bien plus, elle établit leur conclusion
sur des preuves irréfutables. Ces preuves, remarquons-le bien, relèvent principalement de

d'inquiétude
qui étreint la raison, car la raison a peur des
abîmes où elle est entraînée, même logiquement. Au milieu de leurs obscurités, elle a beau
toucher le vrai, elle ne se rassure pas, elle voudrait le voir directement et en lui-même. Notre
premier devoir est donc de nous méfier non
pas de la raison, mais de ses habitudes, La
raison trouve étrange ce qui ne lui est pas familier; elle appelle volontiers rêverie ce qui la
dépasse, et traiterait dédaigneusement de mysticisme une doctrine profonde. Que faisons-nous
la foi; ainsi s'explique cette sorte

TROISIÈME SRHAiNji

180

Nous en appelons de la raison mal impressionnée à la raison logique et conséquente. Les
dogmes de la foi sont-ils vrais? Thumilité d'abjection découle-t-eile de ces dogmes? Ces principes, une fois démontrés, leur conclusion doit
être admise au même titre que les mystères, si
elle reste mystère elle-même.
ici?

On

le croit,

on se

l'affirme, et

cependant on

reste indécis, tant la nature est tenace,

tant

il

que notre volonté, pas plus que notre
raison, ne peut se suffire à elle-même.
est vrai

De

cette disposition, découle

un second de-

voir, qui est d'implorer la grâce, ce secours divin

qui nous fera franchir le difficile passage de la
preuve reconnue à l'adhésion franche et enmon Dieu, établissez-moi enfin dans la
tière.
vérité créez en moi une conviction inébranlable
Une telle conviction est plus rar"te qu'on
ne le pense; et pourtant, ô mon Dieu, la conviction n'est pas encore la vertu, et c'est la vertu
même que vous attendez de moil... La vertu,
;

!

aux humiliations

c'est la facilité qui fait

cueil

le

l'ac-

plus doux; c'est l'habitude sainte qui

le fardeau, tant que
l'impose; chez quelques âmes
c'est l'amour qui leur ouvre ses bras, et qui
parfois les appelle
mon Dieu, que j'ai besoin de vos puissantes
Jésus, vos exemples passés ne me
grAces!
suffisent pas; venez en moi, venez vous-même,

en soutient paisiblement

votre volonté

I

pour

les

y vivre encore

1

SIIIÈMB MiDITATION

181

Méditation

Premier prélude.
Se représenter Jésus homme
Dieu en face du péché originel et proclamant que sa
Passion et sa mort sont un moindre mal. Avec lui
plongeons nos regards dans le mystère de ce péché
Abîme si
comme on le fait au bord d'un abîme.
obscur que l'oeil se dilate jusqu'à la fatigue, sans
rien distinguer; si profond que l'oreille ne perçoit
Les moyens
pas le choc du caillou qu'on y jette.
d'appréciation dont nous manquons, Jésus les posvoyons par ses yeux, jugeons d'après sa
sède
pénétrante raison.

:

Deuxième prélude.
Demander la grâce de
m'abandonner à Jésus, pour le suivre avec conviction et amour dans la voie de l'humilité.

I.

L'humilité d'abjection est une sorte de mys-

Elle l'est pour le rationaliste qui la
trouve absurde elle l'est, hélas! pour nous qui
la regardons peut-être comme un pieux excès,

tère.

;

du moins pratiquement.
Afin de réformer nos idées,

il sera bon de ne
pas isoler notre divin Maître de ses disciples les
plus éclairés. En eux c'est toujours Lui, d'ailleurs, puisque c'est son esprit; mais c'est Lui
plus près de nous, plus semblable à nous.
Rappelons à notre mémoire les expressions
désolantes dont s'accablent les Saints
« un
abîme de malice, un avorton, le rebut de l'humanité, etc. »
Voyons leurs sentiments; ils se jugent indignes de parler, indignes même de vivre. De
:

TROISliMI SEUAINl

182

expressions leurs sont familières, elles se
trouvent dans la bouche de tous... C'est comme
un gémissement traditionnel depuis le Calvaire... Quel spectacle que celui de ces dix-neuf
siècles d'une telle humilité, toujours la même,
et la seule qui soit canonisée!...
Considérons la logique de leur humilité des
paroles elle passe aux actes. On les méprise, on
On les outrage,
ils sont doux.
les persécute
On
on les frappe ils ont un sourire de joie.
les déclare mauvais et ils avouent l'être plus
On les délaisse et ils le trouvent
encore.
Ils se jugent inutiles; le bien qu'ils font
bon.
ils proclament qu'il se fait par Dieu, et que c'est
moins avec eux, que malgré eux, qu'il s'accom-

telles

:

:

:

plit.

Voilà ce qu'ils disent, voilà ce qu'ils sentent;
comprenons-le bien voilà vraiment ce qu'ils
pensent.
Voyons encore ceux qui se sont montrés plus
particulièrement altérés d'humiliations ils aspirent au mépris comme les ambitieux aspirent
à la gloire et quand Dieu leur demande quelle
récompense ils choisissent pour prix de leurs
et

:

:

;

ils répondent souffrir et être méprisés
pour vous
Confondons-nous devant eux... Ce sont des
légions d'hommes semblables à nous, souvent
moins coupables, toujours plus méritants...

travaux,

:

1

II.

le

Cette humilité trouve son explication dans

mystère du péché.

L'homme comprendrait

s'il
était capable de
sonder à fond l'abîme du péché. Jésus-Christ en

l'humilité

d'abjection,

fllZlÈMK

MEDITATION

183

a exploré les sombres profondeurs à la double
lumière de sa science infuse et de sa vision béalifique.

La sainteté de l'Être infini, sa majesté, sa
bonté, sa beauté suprême, toute la splendeur
des attributsdivins, inondant son âme de clartés
éblouissantes, lui montraient à quel point Dieu
mérite le respect, Tamour et la louange.
Puis, tout à coup, le spectacle change le
péché vient d'atteindre toutes ces merveilles?
s'abat sur l'honneur divin comme pour
il
l'anéantir. A cette vue, une confusion éperdue,
une amère désolation envahissaient Celui qui
portait les péchés du monde...
Contemplons-le, écrasé sous ce poids, dans
son agonie. Entendons ces paroles d'un étrange
découragement « Transeat a me. Que ce calice
s'éloigne » Remarquons cette sueur de sang
qui témoigne d'une sorte de désastre!...
Et pourtant, disons-le sans hésiter, l'humanité sainte du Sauveur elle-même, ne connaissait pas tout le désordre, tout l'outrage que
contient le péché... seule sa nature divine en
avait la pleine lumière
Quelle n'est pas ma confusion, ô Père adorable, de me voir mesurer le péché à son apparence extérieure ou à la connaissance que m'en
donnelaraisonL.Quoi! pour la raison de Jésus,
le péché garde des mystères Ah je commence
à comp'-endre qu'en fait d'humilité, je ne sais
rien, et que je ne saurai jamais tout...
Le mystère se trouve dans le péché seul, et
non dans l'humilité, qui est sa conclusion lo
:

:

1

I

I

gique.

1

TROISIÈME SEMAINK

184
Elle est,

^cheur.

en

Vétàt qui convient au
une sentence de justice qu'il

effet,

C'est

doit porter contre lui-même...

Mais

comment

la porter

sonder

la gravité

de

la

s'il

est incapable

de

faute?

Une ressource lui reste, c'est de voir par des
yeux plus pénétrants que les siens c'est de
juger, non point par les sentiments de l'homme,
mais par ceux de Dieu... Les Saints ont fait
ainsi
voilà pourquoi la céleste folie de leurs
abaissements demeure une profonde sagesse»
« Apprenez de moi»f nous redit le Sauveur.
Qu'ai-je donc à chercher autre part? L'humilité
est une vertu presque entièrement suruaturelle,
;

;

comme

haute

les cieux,

profonde

comme

l'en-

fer!...

Que
faible

la raison paraît courte, et qu'elle se sent

en face de

cette révélation

!

Le péché originel impose d'ailleurs une
Pour dissiper les dernières
ombres, demandons la grâce de comprendre
comment cette humilité d'abjection, peut se
trouver chez les Saints qui n'ont pas commis
de péché personnel de quelque gravité.
D'autre part, ils ne sont point chargés des
péchés d'autrui, dont la responsabilité explique
du moins l'humilité de Jésus.
C'est vrai mais ils ont été atteints de la faute
originelle, et la participation à cette déchéance
justifie, même chez eux, l'humilité d'abjection.
Une fois de plus reconnaissons-le sincèrement : c'est encore un mystère qui éclaire un
autre mystère. Alaii la réalité du péché origiIII.

telle

humilité.

;

lîe s'est point présentée. à votre humilité et à celle des Saints. cette tache déshonorante. Or. ces prQpensions au mal qui troublent le sang et le cerveau. Seigneur. je ne résiste plus.SIXIÈME MEDITATION 185 nel est un dogme déûni qui projette toute sa lumière de foi sur le sujet qui nous occupe. C'est principalement pour lui que Jésus s'est incarné.. Je rougis de la mienne et de ses réserves. Assez d'exemples. justifient cette crainte et cette humilité. qui ne tiennent plus. Je n'ai même pas besoin de vous entendre. ne portent-elles pas dans leur sein le ferment de tous les péchés ? Quelle ignominie et quel danger Il n'est pas une seule faute commise par un I homme — Et le si que ne sois capable de commettre. malheur ne m'est pas arrivé (et c'est sans doute que Toccasion je pareil sais-je?). jusqu'à la mort. je n'ai qu'à vous contempler. il reste toujours vrai que l'homme le plus juste l'a subie et portée.. C'est pour lui qu'il est mort. « Misericordia Domini quia non sumus consumpti. Ai-je besoin de comprendre puisque vous enseignez. d'ailleurs.. je crois. Il reste toujours vrai qu'il en traîne les suites humiliantes. Je me fais d« votre humilité extérieure un tableau . » — Oh 1 Jésus. ces illusions. pour lui qu'il s'est fait si humble.. Ces ignorances... Le péché originel domine l'humanité. avec ses insidieuses préparations. maîtresse. ces révoltes. objet de l'aversion de Dieu. c'est votre miséricorde qui m'a préservé de l'abîme.

et sans tant mesurer Tobligation qui m'y contraint. leur paix. ce ressort puissant de l'action ? La réponse est simple : voyei les saints. Peut-être parviendraije ainsi à la mieux comprendre.. l'homme dans une I . comme aussi d'amoindrir en lui le sentiment de la dignité personnelle. aux sentiments comme aux actes. Mais comme l'humilité est une vertu pratique. Résolution. plu: L'humilité d'abjection n'est-elle pas de nature à jeter sorte de terreur et de trouble qui le paralyse. voyez surtout lea plus humbles . je veux la pratiquer très généreusement. leurs œuvres 1. ce guide élevé de la conscience... et je tâche de soupçonner de loin le mystère de votre humilité intérieure qui m'étonne.TROISIÈME 8SMÀINI 186 vivant qui m'instruit. ce doit être là le secret des Saints.. accusations humiliantes. pas relâché à cet égard i -r- Ne me serais-je ? ECLAIRCISSEMENTS Sur la Méditation qui va suivre I Nous abordons le point délicat de l'humilité nous mettre au-dessous des autres. je ferai Puisque et celle de l'humilité confessions à ce double objet: contrition sérieuse. Ici. — servir mes la connaissance du péché marchent ensemble. leur courage. qui se mêle à tout.

nous ne cesserons de le dire. sans s'en rendre compte. Si. le rationalisme. enfants de ils se sentent Dieu. entre-t-il indiscutables.ÉCLAIRCISSEMENTS. ETC..) . c'est qu'elle est. dans sa miséricorde Leur dignité personnelle Ah elle se fonde. Commençons par rappeler certaines vérités sieurs questions se posent. toute tristesse se noie./>e la prudence ! ! I . qui ne veut rien voir hors de sa sphère propre.. Ainsi du sentiment de l'humilité. (Voyez. Dans leur conscience. en un mot. n'est pas la raison. un avertissement utile. Mais. non sur eux. elle nous laisse néammoins calmes et occupés. par exemple. de se distraire. Il est une raison étroite. elle s'appuie. Au jour de la Cène. car la raison bien informée. ils se savent les instruments des volontés divines. voyez l'effet que produit sur vous la pensée de la mort. reconnaît le devoir d'admettre les vérités surnaturelles. plni loin. de vivre sa vie? Point du tout. qui dépassent tout le créé. sous l'influence répandue partout du rationalisme or. dira-t-on encore sous le poids de tels sentiments d'humilité. — Première vérité. . . Comparez ces consciences et ces vies à celles des ambitieux !. 187 Un tel abaissement véritablement dans les exigences de cette vertu? Est-il de précepte ou de conseil? Doit-il s'étendre jusqu'à cette intime persuasion qu'on est le dernier de tous les hommes?.. il est impossible de jouir. et d'une mort subite qui peut fondre ^r nous à chaque instant? Si elle demeure. investis de la plus haute noblesse dans l'action. non pas sur les qualités de nature qui élèvent peu mais sur les dons de la grâce. Beaucoup de fausses idées. la piété ne comprend pas assez l'humilité. — : d ne l'humilité. Notre-Seigneur se met aux pieds de tous les Leur paix est imperturbable. d'aimer. de nos jours. de la mort qultfsûrement un jour viendra nous arracher de ce monde. beaucoup de maux dérivent de cette erreur. mais sur Dieu.. au besoin. au fond. Aimés de lui que craindraient-ils ? Toute inquiétude.

ce sentiment. ne canonisa jamais une humidonc légitimés. — Une raison indirecte. tous les saints Tonl suivie. vérité. que dis-je? ces prétendus excès et l'Eglise moindre glorifiés : voilà ! Deuxième — L'humilité est le sentirésistances coupables. aux pieds même de Judas . : : II !• que l'abaisseDe ces vérités il résulte tnent devant les autres entre bien dans les : .TBOISIBMK SEMAINB 188 apôtres. mais très forte. s'empare de l'âme tout entière. et lui fait sincèrement rechercher la dernière place comme étant celle qui convient à tant de misère. tous sans excep: tion lité . de nos fautes et de nos défauts. ment de nos Troisième vérité. de cette loi d'humilité se trouve dans ses rapports avec la loi de charité chrétienne elle en est la sauvegarde la plus sûre. voile à ses yeux les fautes ou les défauts d'autrui. quand il est vif. Il y aurait là de merveilleux points de vue à parcourir il semble que la charité ne puisse s'étendre que dans l'espace fait par l'humilité. Cette règle de conduite. » Rien de plus clair au point de vue pratique. Cette tendance à l'abaissement a toujours été regardée comme essentielle à la perfection de cette vertu. Or. et il déclare ensuite que cet abaissement doit être notre Plus tard saint Paul en rappelle l'obliloi. — « Traitez les autres gation par ces paroles comme vos supérieurs.

l'abaissement n'est plus que de conseil. III Mais cet abaissement de conseil aux pieds de tous les hommes. or. ne saurait nous demander une attitude qui fût en contradiction avec nos sentiments intimes. se mettre sincèrement auune conclusioD de C'est . ennemi absolu de toute hypocrisie. et n'a d'autres limites assignées que celles que lui impose la prudence. Cette impossibilité de se préférer à personne. est-il seulement une règle pratique? Serait-il. exigences de l'humilité. en ce sens que nous ne méprisions personne et que nous ne nous préférions à personne d'une façon absolue. un voile impénétrable recouvre cet avenir. que la juste appréciation de soi doit se baser sur la vie tout entière. Contentons-nous de déblayer le terrain en faisant remarquer. spécialement sur la manière dont elle finit et qui nous classe. et aussi celui de tel homme actuellement méprisable. etc. dès maintenant. permet donc de desfous de tous. ne règle de jugement? En d'autres termes.189 Eclaircissements. ! Comment se forme une telle persuasion et comment peut-elle être sincère? C'est ce que nous étudierons dans la méditation de demain. dois-je me mettre au-dessous des autres en inclinant à croire que c'est bien là ma place ? Assurément car le divin maître. en outreu. le nôtre. 2» qu'au delà de cette réserve.

faut-il se demander se juge si l'humilité parfaite. et c'est en elle que réside l'humilité. comment IV Serrant de plus près la question. simple prudence. c'est spéculativement peu probable si chacun doit le penser. : .TROISIÈME SBUAIN8 490 il est vrai . n'enlève rien à la force des conclusions qui précèdent et que nous retrouverons bientôt. c'est en fait une erreur Cette réchez tous. Qu'on soit le dernier. exige que l'on numériquement le dernierdeshommes ! Nous répondrons avec franchise Non. qu'on pourrait étendre encore. mais nous verrons l'humilité conseille de l'adopter. parmi cette multitude d'hommes qui remplissent la et. excepté chez un seul. . L'inclination pratique demeure. terre. exactement le dernier. — serve.

le factice n'établissent rien de solide. Je commencerai par laisser à mon esprit toute sa liberté d'examen.Troisième semaine SEPTIEME MEDITATION XXI* EXSBCICE « Le Mandat um novum » Se mettre aux pieds de tous Premier point seigner ici. Cette méditation bien comprise est de nature à modifier profondément nos idées. Ses exigences sont les exigences d'un Dieu sage. avec elle et nul devoir ne serait trouvé trop dur. ni conviction. qui connaît à fond la nature humaine. une immense paix régnerait. : — — que Jésus entend nous enDetixième point : Cette humilité est dordre Troitième point : Raisons qui l'établissent. je me tiendrai en garde contre les préjugés qui émanent soit de la nature inconsciemment réfractaire à ces idées. soit de l'opinion humaine entièrement aveugle . Sous ses obscurités apparentes. rhumilité d'abaissement est au fond très lumineuse. ni vertu D'autre part. surnaturel. Si elle régnait parmi les hommes. C'est l'humilité — Préparation pour la veille. Le convenu.

Jésus se lève de table^ dé- pose ses vêtements d'honneur Puis. je prierai encore pour que la sève féconde d'une telle humilité. Il « Vouh. d'un linge. mais laver les : : tu le « comprendras plus Quand il tard. ses fruits. quand ma conviction sera faite. le démon agant mis la trahison au cœur de Judas. transformez en oasis ces sables arides de mon stérile orgueil ! Méditation « Le repas achevé. je prierai. Marie si humble. ô Jésus tout humble. pourquoi donc craindrais-je de m'abaisser autant que vous? Eaux saintes de l'humilité q^i ne coulez que dans les basses vallées. donne à ma charité pour le prochain cette vitalité et ce charme. une fois prouvées. desprincipes dont les conséquences doivent être admises. Je me rappellerai que les vérités surnaturelles. passant dans tous mes sentiments.. qui sont .. me laver arrive à Pierre et Pierre lui dit « Ce que les pieds? \amais! » Et Jésus lui répond je fais tu ne le comprends pas à cette heure. j'appellerai la lumière d'en haut et. de- viennent comme les vérités de raison. se il met à pieds de ses disciples et à les essuyer.. » eut fini de laver les pieds de tous les .. si elles en découlent rigoureusement. Mais surtout je prierai.TROISIÈUB SEMAINE Id2 sur ces questions. versant de et se ceint Veau dans un bassin.

les flambeaux étincellent. le serviteur na pas plus de dignité à sauvegarder que le Maître. Or.. De tous temps les Orientaux. bienheureux serez-vous en les accom- disciples^ table. le sens de Tae du Maître. moi votre Seigneur et votre Maître. car je le suis. et vous dites bien. entourée de riches divans.. Au dehors. et surtout les — HUMiLni. Se représenter le Cénacle somptueux. à votre tour. les derniers rayons du jour font pâlir les longues draperies des fenêlres.. Jérusalem silencieuse à cette heure. Au dehors. vous laver les pieds les uns aux autres.SlPTlisiS MÉDITATION 193 et. abaisse- rhumilité que Jésus entend nous en- C'est seigner le saint ici. — Le sens de raction. se remettant à savez-vous cequeje viensde faire auprès de vous? Vous m'appelez Maître. En vérité. Cest un exemple que je vous ai donné. vous devez. — 13.. Si vous comprenez bien ces choses. Demander ment devant tous les hommes. A l'intérieur. — Tout tien et rintention le prouve . 1. la table de la Cène. se sont servis d'une représentation matérielle. Si donc fai lavé vos pieds.. — Deuxième prélude. . il plissant il dit ! reprit ses vêtements : » — — Premier prélude. pour graver dans les esprits leurs leçons les plus importantes. Mais ici ce n'est pas une humilité quelconque. en vérité. quelle action exprime mieux l'humilité que celle de laver les pieds.. i" hommes. afin qu'après moi vous fassiez ainsi. vaste et — — — Au milieu.-' les pieds! cette partie basse qui foule le sol et se salit.

Porterait-il par hasard sur la pratique spéciale de laver les pieds aux fidèles? 11 n'est pas permis de s'arrêter un instant à cette hypothèse ce serait convaincre d'infidélité l'Eglise.TROISIÈME SEMAINE 194 — des hommes.'-— Elle n'était qu'un signe. Il appuie votre Maître et votre Seigneur etc. gardienne infaillible et jalouse des traditions sacrées. pieds du dernier des hommes. La pratique matérielle.. : — . il est plein et indiscutable. » je l'ai fait « pour Il indique son motif formel Il prend la peine de vous donner r exemple ». apôtres: « Vous avez vu ce que je viens de faire. et son esprit n'a cessé d'animer la société chrétienne. démontrer l'obligation qui en découle uSimoi. HumiJésus ne se fait point a»der. expliqué. Pénétrons-nous de tous ces détails significatifs. Par cet acte.». sans quoi la solennité de la leçon dépasserait l'importance Il fait appel à l'attention des de l'objet. . prouvé. Judas. c'est l'humilité à l'égard lité — : : — 2° : — Vintention du Maître. Ce n'est donc pas un enseignement incident ou équivoque c'est un enseignement préparé. d'une importance secondaire et d'un usage souvent difficile. a disparu. sans parade Humilité résolue il fait violence à saint Humilité extrême il s'agenouille aux Pierre.. l'humilité en était le sens. s'adaptant immortel et flexible aux situations changeantes. sur l'importance de ce précepte en appelant « bienheureux ceux qui le comprendront ei Vac- — — : — : y comp liront — ». Jésus entend imposer une forme nouvelle slux rapports des chrétiens entre eux.

SEPTIÈME MÉDITATION 19ÎI — //. devant tous les hommes enfin mais cette attitude du plus grand se mettant aux pieds de tous. quand chaque homme doit prendre ce même rôle à son tour?. En effet. ce n'est pas une théorie exagérée c'est l'enseignement universel des maîtres de la « Traitez piété. dont le bon sens fait bientôt justice. N'est-ce point là une théorie exagérée. devant les méchants eux-mêmes. ce n'est une inclination essentiellement chrétienne. et s'il est une chose qui nous . conviction profonde de leur bassesse. c'est bien l'humilité surnaturelle que lui révélera le Saint-Esprit.. Et comment le pouvoir faire avec conviction.Non. L'humilité de simple raison. Tous les Saints se sont tenus pour /es derniers des hommes. pourquoi me mettre au-dessous des autres?. Cette humilité est d'ordre surnaturel. » pas une fiction vaine c'est nous dit-il. ce frein de nos prétenMais tions la sagesse humaine l'approuve. l'abaissement devant ses semblables. une fiction peu sérieuse. Non.. c'est l'abaissement devant Dieu rien n'est plus naturel.. : — . qui s'évanouit à la réflexion et ne nous accompagne pas dans la pratique? . c'est la . et cela sincèrement voilà ce que Dieu seul peut enseigner et imposer à l'homme. comme Jésus. Quelle est donc cette humilité que le chef des Apôtres ne peut comprendre encore et qu'il comprendra plus tard? Ce n'est pas la simple humi* lité de raison. à commencer par saint Paul — : — : . C'est aussi la modestie. : tous les autres. comme vos supérieurs.. étonne plus que leur admirable vertu.

de nous il y a le bien et il y a le mal. En du prochain compétence face il n'est plus juge. remarquons-le bien. mauvais il peut et. il se connaît et se sent resIl se voit au fond assez tristement ponsable. il a des certitudes. Le mal au contraire vient tout entier de nous. Or. lui-même il a le devoir de se faire juge pour le prochain. car il — Laculpabilité s'apprééchappe. sur notre condition personnelle. l'homme se trouve dans une situation fort différente. uniquement parce qu'elles vont à rencontre des idées reçues. ou du bien et du mal qui sont dans le prochain. — . Il a sa conscience. il doit se décla- — — — . dition devant la justice divine. — enfin est sans : lui la la le résultat éternel qu'il ignore. mais juste.TROISliHS SBHAJNB 196 Le secret de cet enseignement se trouve dans une considération subtile peut-être. . et nous en Telle est notre conméritons toute la honte. — l'ingracie par l'intention qui proportion des grâces qu'il ne titude. Pour lui-même. il en a la prochain. par connaît pas. selon qu'il s'agit du bien et du mal qui sont en lui. Apportons à la méditer un esprit sans prévention. Le bien vient finalement de Dieu. En face de lui-même il est constitué juge. Certaines vérités nous déconcertent. rer tel. en vérité. pour le Pour il n'a que des conjectures. par valeur d'ensemble. Raison de cette humilité. — En chacun III. et nous n'avons pas le droit de nous en glorifier. en face du bien et du mal.

. la charité l'y aime.jeme trom! : — pais avec eux 1 Jésus. Elle la voit pourtant... tu les confonds dans ce même principe Dieu vu dans le prochain... aussi considérer le bien. qui ose à peine affirmer une telle humilité!. le mal. L'humilité l'y découvre... — sage partialité. mais je dois avant tout juger mon œuvre propre.. œuvre divine. divin Maître faites pénétrer en moi cette doctrine qui me surprend étrangement Juger les autres me paraissait aussi juste que se juger soi-même! Les hommes ne le font-ils pas tous les jours? Ils se trompetit. mais au milieu des ombres. Donnez-lui surtout le courage des conclusions saintes 1 Dans mes frères je ne dois envisager que ce En moi je peux qui vient de Dieu....f97 SEPTiiMB MÉDITATION défense Celui qui : « Qui judicat fratrem detrahit legi se : permet de juger son frère va contre la loi. me préférer à un aurais-je celui de seul?. le bien. » Si je n'ai comment pas le droit de juger les autres. les : C'est un précepte nouveau» Ce n'est pas . ces deux vertus éminemment chrétiennes. Donnez-lui du moins lavolontéd'être croyante.. tu éclaires à la fois la charité et l'humilité. tu rends la vie paisible et rapports faciles! sublime point de vue. ayez pitié de ma pauvre raison.

198 TROISIÈME SBMAINB surprenant. tout change. — • Me montrer plus . — Si je n'ai comment aurais-je — Me le répéter à le celui de droit de juger personne. me préférer à un seul? roccasion. par un vouloir formel et par de mystérieux rapports ce Dieu incarné se prolonge dans chaque homme. est-il donc étonnant qu'il y commande un respect surnaturel? Résolution. déférent pour tous aujourd'hui. tout est nouveau. et si. Dès qu'un Dieu entre dans l'humanité.

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Le désir est le germe qui tressaille. envers Dieu. nos erreurs personnelles. 4° Enfin. jointes aux habitudes prises. soit par l'extérieur lui-même. la sève qui monte. peuvent nous laisser une humilité incomplète. Quelques autres enseigneront la culture de celte vertu. soit par ce grand essor surnaturel qui s'appelle l'amour *^ du mépris. Prendre le goût du bien. la splendeur de la véritable humilité fera ressortir les imperfections de la nôtre et par son charme gagnera noire cœur. fausse ou dangereuse. .PRÉPARATION A LA QUATRIÈME SEMAINE Nous voici convaincus et déterminés nous voulons être humbles. Les fausses notions qui nous enveloppent. 1° Mais ce mouvement a besoin d'être dirigé. des con: séquences mal déduites. c'est l'effort qui tend au progrès. 2» Par contre. Celle quatrième ment semaine est donc éminem- celle de l'humilité pratique. 3» Quelques méditations seront ensuite consacrées aux applications diverses du sentiment de l'humilité. la vertu de prudence viendra tracer à tout ce mouvement sa marche logique et sage. soit par l'impression intime. le prochain et notre propre misère. c'est déjà commencer à en vivre. Des lois secondaires méconnues. sont des causes permanentes de déviation.

Prévoyant néanmoins que plusieurs personnes trouveraient préférable de consacrer à ces recherches.. — De rhumilité s rationaliste Le croirait-on? une certaine proportion de presque toutes les âmes à vertu ordinaire. les faussetés et de certaines humilités. elle n'attendrit pas le cœur. Or. L'observation le constate et la simple analyse viendra bientôt le démontrer. mon Dieu.. les illusions : § I. ainsi qu'on le remarquera facilement. leur méditation habituelle. tandis que le but de la méditation est de la fixer avant tout sur Dieu. celle des âmes qui progressent. celle des saints. éminemment pratiques.DES FAUSSES HUMILITÉS Ces études sur l'insuffisance. et ne projette pas autour d'elle le reflet du divin. Ne s'appuyant pas sur la foi. nous ont paru moins propres à la méditation qu'à la elles fixent principalelecture et à l'examen ment notre attention sur nous-mêmes. faites que cette étude me soit une révélation 1. l'humilité rationaliste n'est pas celle de Jésus. nous avons disposé en conséquence les diverses parties de cette étude. Débarrassez mon esprit des cette humilité se trouve chez . elle n'est pas de force à soutenir une haute vertu.

et que l'on ne s'élève pas au delà de ses mérites.. Que l'on ne soit ni arrogant. varient de cette for: : — mule modérée : Il faut en prendre et en laisser. de toute la hauteur du Calvaire. elle se contente souvent pratique. L'humilité des saints l'offusque grandement elle l'appelle voie extraordinaire. l'on ne s'estime pas follement soi-même. mais elle ne l'ose. l" Que — — vain voilà qui suffit à ses exigences.. ni I. à cet égard. c'est la nature qui : traîne. elle dirait volontiers fanatisme. à cette autre C'est absurde. Ses idées intimes. Aussi est-ce le plus naturellement du monde que nous cherchons à paraître et à dominer. parler avantageusement de soi^ : — — . Que l'on n'entreprenne rien au-dessus de ses forces. — En quoi consiste l'humilité rationaliste. S'il s'élève dans notre esprit un certain besoin de nous justifier. et que l'on ne méprise pas les gens estimables.DES FAUSSES HUMILITÉS 203 préjugés qui bornent étrangement sa vue!. sans songer à nous en appliquer les conclusions. nous le satisfaisons par les explications les plus rassurantes prendre la première place n'est plus que respect do son rang. ce n'est pas qui nous trompe. — — Nous toujours de rester la raison nous enadmettrons nonchalamment toute la théorie chrétienne sur cette vertu. Je vous le demande par l'humilité de Jésus qui dépasse la raison humaine. Dans ce cas. 2° L'humilité rationaliste n'est pas dogmatique. L'enseignement des maîtres de la vie spirituelle ne trouve pas grâce devant elle.

c'est aussi notre nature. car elle n'atteint pas le but ce n'est pas une humilité de ce genre qui maintient la paix et la charité. je Ven . Elle est insuffisante dans sa portée morale. elle mutile l'humilité chrétienne. ce n'est pas elle qui produit l'abnégation et qui écarte les illusions. Une humilité est fausse dans ses prinpuisque ne tenant aucun compte des dogmes de la foi. craindre. aucune de ces laideurs qui trahissent le mal. De nous-mêmes. nous voilà établis dans cet état d'esprit qui exclut le doute pratique : est-ce que \out le monde ne pense pas ainsi? Victime de l'erreur ici la — commune. flatte Maître. nous sommes cela nos tendances ne vont pas plus loin.. îordant avec la raison et avec s'ac- nature. telle cipes. nous séduit facilement point d'excès qui choque. véritable.. Le sentiment inné du juste et du bien s'y trouve satisfait. N'estce point là une vertu païenne? « Nonne ethnici hoc faciunt? » s'écrie avec tristesse le divin simplicité. — l'humilité Une rationaliste est à humilité se présentant sous les traits de la raison.QUATRIÈME SIMAINI 204 — et accepter sans façon tout ce qui l'amour-propre. 2° Ce n'est pas notre raison seule qui l'admet. point de grave désordre non plus. 1® telle : : 3° Le sens commun de Vbumanité. suis pas j'ai beau être de bonne moins sans humilité foi. une sainte liberté. — : Combien II.

le sourire aux lèvres. chacun a pour mobile un intérêt quelconque que Ib désintéressement n'existe pas et qu'après tout. Tinanité de Thumanité rationaliste apparaît éclatante. Ici Terreur de mal voir. qu'au fond. entrent. il ne suffit pas de le voir III. Parlez-leur de désintéressement. pour juger sainement un objet. élèvent singulièrement le point de vue. une vérité. elle ne distingue dans Thumilité que la région humaine. devant ces découvertes supérieures. manquant d'horizon. et ils vous répondront. Rien n'est donc plus strictement raisonnable que l'humilité surnaturelle mais si raisonnable qu'elle soit. hommes de nature vulgaire. et.DES FAUSSES HUHtLITlis 205 — Combien cette humilité est insuffisante. au seuil du surnaturel. mais de ne pas tout voir. Or. . qui s'entêtent à ne pas admettre ce qui les dépasse. les dogmes relatifs au péché originel et à la nécessité de la grâce. de plein droit. devient un principe légitime de raisonnement. En effet. Rappelez-vous les méditations de la deuxième semaine et le saisissement qu'elles vous laissèrent sans doute. . dans le domaine de la est vertu. disions-nous. des horizons inconnus de dépendance se révèlent alors aux yeux de la foi et. Elle s'arrête si bien qu'on le voie. quelque inattendues qu'elles soient. Nous ressemblons terriblement à ces . elle est loin de nous le paraître. il ne serait que . et les conclusions qui en découlent. n'est pas . et le tort est de conclure comme si Ton voyait tout. Tout dogme. par là même qu'il en partie. s'il se rencontrait par hasard.

milité de Jésus. Le terre à terre ne suffît pas pour juger les choses d'en haut. alors même qu'elle n'est qu'une habitude d'esprit. ont dépouillé de ses exigences surnaturelles l'humilité de Jésus.. Notre instinct naturel en est plein. c'est péniblement qu'une habitude nous quitte. Qui peut s'assurer de n'en point ^ubir quelque atteinte?. hélas ! dans l'esprit rationaliste d'aujourd'hui?. suscitait «ces ennemis de la Croix dont saint Paul ne parle qu'en pleurant ».. et qui. C'est lentement que le jour se fait. appuyés sur leur gros bon sens. elle est sans forée pour sou- tenir l'édifice surnaturel.. Combien d'âmes -réputées pieuses qui. méfions-nous beaucoup de ce qu'on est convenu d'appeler le bon sens et qui n'est ici que le terre à terre. Et ces gens-là se croient très forts Très forts aussi ces campagnards qui.. et notre esprit n'en est peut-être pas entièrement dégagé. se refusent avec dédain aux améliorations scientifiques les plus I autorisées.. traitait de folie le sublime anéantissement du Calvaire. chez les chrétiens eux-mêmes. En fait d'humilité. chez les païens. car l'esprit lui aussi a besoin d'une certaine accoutumance. et sans valeur aux . — Si mon humilité n'est pas l'huRéflexions.206 QUATAIÈMS BUALM duperie. Ne se retrouve-t-il pas. ayant affadi en elles le sens chrétien. C'est ce sens humain qui. « Eva- cuerunt crucem Christi I » Cherchons donc à mieux voir et à mieux sentir. pour bien croire à ce qu'il n'admet que par raisonnement..

ni susceptible! Ah! revenons à l'école de Bethléem. indiquées par les circonstances. elle ne doit pas non plus paralyser l'action et rendre — timide. ni ambitieux.DES FAUSSES HUMILITÉS 207 yeux de Dieu pour attirer ses grâces. sous prétexte qu'on en pourrait . craintif pour donner un ordre. facilement troublé à l'occasion d'un acte de fermeté nécessaire? Ne me ferais-je pas des obligations personnelles trop gênantes? Ne serais-je pas enclin à me scandaliser au sujet des autres? L'humilité ne doit pas rétrécir les idées. de Nazareth et du Calvaire. 1" S'éloigner d'une pratique de vertu ou d'une œuvre de zèle. point la et saints.. Elle ne possède ni cette douceur profonde qui assure la paix. Elle n'est plus qu'une sorte de vertu courte.. prêtons une oreille plus du divin Maître aux enseignements prenons pour idéal. non modestie des sages. ni vain. mais l'humilité des attentive . § IL — De rhumilité étroite et pusillanime La pratique de l'humilité ne me serait-elle pas une source de préoccupations? Ne me rendrait-elle pas hésitant pour prendre un parti. sèche et inféconde.Et dire que l'on se croit humble parc^'que l'on n'est ni arrogant. ni ce charme particulier qui accrédite auprès des hommes.

Notre premier regard doit se porter sur la volonté de Dieu. c'est se mal connaître et mal connaître Dieu. n'est pas le bien qui est en moi plus juste que sage n'est pas de moi. est âme — le propre d'une Trembler devant n'est pas humilité. L'humilité fausse produit la lâcheté. encore . est un vice. dans l'exercice de l'autorité C'est surtout que se font sentir de la façon la plus déplorable les conséquences de cette étroitesse. — : : moins 3<> à la prière et au combat.OUATRltMB SBMAINI concevoir quelque vanité. mais étroite et exclusive. en Il arrête tout avancement. sans songer qu'on prive les suborOn donnés d'une force qui est leur droit. Faut-il donc défendre contre Dieu même cette ombrageuse vertu ou plutôt. rétrécit le cœur et paralyse le zèle? 2® Se complaire en soi. unique règle de nos actes. est un autre Voir en mal tout ce que l'on fait. pusillanimité. sans songer — — Dieu présent dans le supérieur qu'on au mépris tout cela au grand préjudice du bien que c'est livre : 1 . se laissera critiquer et reprendre. qui n'a pas même la vigueur de s'élever au regret. ou on le fera timidement. et notre sécurité doit se fonder sur la grâce qui l'accompagne. mais s'attrister de soi jusqu'au découragement. toutes les difficultés. appellera-t-on vertu cette égoïste frayeur qui. Se dépiter de ses fautes. L'humilité véritable avive le regret. On n'osera donner des ordres. la prière. ne songeant qu'à sa sécurité. puisqu'il est surtout de Dieu. l'effort.

L'humilité rationaliste arrête la vertu à des limites trop courtes. tient à la nature de l'esprit . comme le mot l'indique. Elle ne distingue pas n'est qu'un vmLXTi. La vue n'est pas assez large. outre une défectuosité naturelle. et pour instituer les moyens de s'en débarrasser. dépend du caractère. la pusillanimité. dans tel principe. On se tromperait en se persuadant que ce défaut est le propre des personnes peu intelligentes. au contraire. l'étroitesse d'esprit ne voit rhumililé qu'en partie. Elle suppose donc l'orgueil où il n'est pas. L'étroitesse. Grâce à cette distinction. < I. elle n'embrasse pas cet ensemble qui seul permet de déternwner la valeur de chaque détail. : Vautre. tel point particulier qui la frappe. l'humilité étroite et pusillanime lui fait dépasser certaines limites sages. elle lui prête des proportions excessives. la préoc- cupation exagérée des vues de la foi. Pour distinguer ce travers.DBS FAUSSES HUMILITES 209 Ce genre Je défaut est l'opposé du précédent. saisissant avec beaucoup de clairvoyance et de vivacité. chacun saura où faire porter sa réforme. — 1» Comme le ratio- nalisme. Tétroitesse. il est bon d'analyser à part les causes qui le produisent l'une. mais elle la voit dans ses exigences. nwwique d'étendue. tandis que l'humilité étroite et pusillanime sup: pose. Cela l'humilité rationaliste s'explique sans peine est le fait de la raison laissée à elle-même. — 14. comme dans tel acte qu'elle en croit entachés. Ce défaut est loin d'être aussi commun. . De rhumllité étroite.

II. si le mal se rattachaità la nature même de l'esprit. La crainte peut provenir soit d'une circonspection trop inquiète.is à hésiter. et de cette partie de soi que l'on défend avec l'acharneraent le plus il convaincu. elle le serait la guérison est plus laborieuse bien davantage encore. Or. mais du caractère elle se compose de toute disposition donnant accès à une crainte. non pas d'exister. Que ne son jugement et le autour et plus loinl satisfait voit-elle tout fixe. sillanimité.. l'ouverture confiance au directeur. mais si. jugement. 2° Le remède est d'application difficile.. soit d'une volonté trop faible. c'est cette défiance qu'il faut éveiller atout prix. la charité par exemple. Qu'on y joigne la lecture de livres capables d'éclairer. et les idées deviendront plus larges en devenant plus justes. Comment avoir assez de jugement pour se reconnaître le jugement faux? . De l'humilité — !• La pune provient pas du pusillanime. la portion de vérité qui se trouve dans son erreur même. interdit à rhumilité. elle a fini par déterminer une sorte d'entorse morale. Ces deux défectuosités déterminent : . 11 n'y a pourtant p. avons-nous dit. car consiste à douter de soi. son jugement. par une action prolongée.QUATRIÈME SSMAIMS 210 non plus les circonstances qui foui que telle autre vertu. mais de paraître. Quand elle n'a fait qu'introduire des principes étroits. La formation première a été souvent la seule cause de ces défectuosités. une autre formation plus intelligente peut tout restaurer.

Ne réfléchissez pas trop. tout en voyant bien ce quMl devrait faire. elle s'allie le plus souvent à une extrême subtilité d'esprit. L'esprit trop circonspect s'embrouillera au milieu des nombreuses possibilités qui entourent chaque décision. Etes-vous prudent à l'excès. qui montrent de la fermeté dans le gouvernement des autres. mais d'une manière différente. Surtout ne remettez pas en question ce qui a été décidé. — . peut se laisser arrêter par moindre incident. et l'un comme l'autre. La pusillanimité ne suppose donc pas précisément un manque d'intelligence. très regardant. même dans les cas graves et prenez toujours une résolution bien tranchée. Des vues trop multipliées aveuglent. dans le cours de l'action. Certaines personnes. le caractère faible voudra et ne voudra pas. restent livrées.DES FAUSSES HUMILITÉS 211 également l'hésitalion et l'inconstance. Ce défaut n'est pas spécial aux âmes médiocres. 3° Le choix du remède dépend de la cause qui produit le mal. mais une intelligence d'un genre particulier. car les plus réfléchis eux-mêmes n'échappent pas à ces accidents de l'insuffisance humaine. pour elles-mêmes. Ni l'un ni l'autre ne parviennent à se fixer. Décidez-vous à première vue dans les choses ordinaires. elles voient de l'orgueil dans tout ce qu'elles font et dans tout ce qu'elles pensent. très méticuleux? forcezvous à couper court. et l'abondance des solutions déconcerte. et ne saura quel parti prendre. à des craintes le 2» qui les torturent. et gardez-vous bien de vous reprocher les erreurs où vous avez pu tomber.

Relevez donc votre courage et imposez-vous le devoir de sauvegarder davantage vos droits et votre dignité. quelque chose de gêné. mais qui vous regarde tellement qu'elle se sent toutes les énergies du devoir et toutes les saintes hardiesses du zèle I J . Maintenez vos commandements et vos observations. Tétroitesse et la pusillanimité proviennent d'une préoccupation. moins pour éclairer que pour soutenir. Il porte atteinte à — l'ordre social et discrédite l'humilité. prenez garde. qui a la mission de gouverner toutes les vertus. à l'extérieur tout entier. Ici la direction sera utile. contraire à la prudence. vous n'avez pas le droit d'en faire une question d'humilité. Au fond.212 QUATRIÈME SBMAINS vous êtes d'une nature peu résolue. faciletroublée par les obstacles ou les oppositions. l'oubli de Dieu. Si ment — L'humilité étroite ou pusillanime imprime à la physionomie. vous cédez tout bonnement à votre faiblesse. souveut quelque chose de faux qui met les autres mal à l'aise. ou les porte à abuser. et Ce défaut est d'un oubli. à la parole. donnez-moi cette humilité simple et courageuse qui ne regarde que vous. celle de soi. toutes les fois qu'il n'est pas évident que vous vous êtes trompé. mon Dieu.

car bien peu échappent entièrement à ce travers. exige l'amour qui assiste et ne se contente pas 4'une formule. Je peux donc avoir beaucoup à réformer ici. mais trop tard. sans m'en rendre compte. Votre lumière. La dégénérescence qui en résulte. outre le respect qui s'incline. Quand ils avaient dit à leurs parents pauvres : « Tout ce qu'il <ous plaira! » ils se croyaient parfaitement en règle avec la loi divine. Que mon humilité. à se contenter finalement de simples protestations ou de vaines apparences. Cependant. Les juifs. moins il frappe. la fausseté de cette conception. votre secours I — I. en étaient descendus là. il est amené. sans songer que cette loi. les pharisiens se . du temps de Notre-Seigneur. Or. 213 — De rhumilité fausse dans son expression Que nul ne passe rapidement sur ce sujet. Nature de ce défaut L'homme a cette tendance invétérée de placer la vertu dans les actes extérieurs. si elle n'est pas haute. or. plus un travers est commun.DES FAUSSES HUMILITÉS ^ § III. tandis que ces actes n'en sont que la manifestation et les effets. encore moins rien de faux dans mes paroles ou dans mon extérieur. par la logique de cette erreur. ô mon Dieu. je ne veux rien de factice. votre indulgence. accuse. soit du moins loyale. De leur côté.

» « n'appelle point humilité. qu'elles ne sont qu'abjection. car elles s'en offenseraient. quand on vous contredit ou tout simplement quand on vous néglige « Il se trouve souvent des personnes qui disent qu'elles ne sont rien. dit encore saint . mais plus d'un en subit l'influence secrète. mais prenons-y garde! notre nature appartient toujours à rhumanité. nul ne fait cette déduction explicite. et si vous reconnaissez en elles quelques imperfections. et l'humanité ne laisse pas que de pousser sa tendance. qui plus est.. et qui ne sauraient souffrir qu'on leur dise la moindre parole de mésestime. : ! h . En disant que vous ne valez rien. . le mépris des autres.. nous n'en sommes point làl les enseignements de l'Evangile ont trop pénétré la société chrétienne pour que nous puissions descendre à de tels abus. Voyez vos révoltes quand on vous juge moins capable. qu'aussitôt elles ne s'en plaignent. aussi loin que le lui permettent l'irréflexion et les usages. gardez-vous bien de le leur dire. misère et imperfection.NS 214 tenaient pour humbles parce qu'ils se prosternaient bien bas dans les rues. Sondez bien votre cœur.OOATHiÈMB SEMAt. permettriez-vous aux autres de vous regarder de haut?. Jésus exige que nous soyons humbles? disons que nous ne valons rien montrons aux yeux du prochain un air doucereux et des manières déférentes prenons à l'église une attitude abaissée nous voilà humbles! Assurément. le pensez-vous? En vous courbant. et. Certes. tout en conservant la conviction entière de leur supériorité.

Un milieu de piété adopte nécessairement des formules humbles qui. sans aucun sentiment intime de sa propre abjection et de la juste estime du prochain car tout cela n'est qu'un vain amusement de faibles esprits et doit . sur une seule note plus d'harmonie. Cet abus est le plus souvent inolTensif. la conviction intime. plus de charme. de gestes. quand il se fait. être plutôt nommé fantôme d'humilité. de révérences et d'inclination. car il la discrédite. car nul ne tient grand compte de ces formules. absolument sincères chez quelques personnes. Si la nôtre ne va pas jusqu'à nous insil doit : . Grande leçon pour les vertus ordinaires. et à la piété. il nuit toutefois à l'humilité puisqu'il la dépare. partant plus de beauté. il faut en convenir. étendons-le aux attitudes : y avoir une correspondance parfaite entre nos sentiments et leur expression. » — II. la parole du sentiment est en désaccord avec la paiole qui sort des lèvres. comme il advient souvent. Qu'elle est belle l'humilité où tout s'harmonise dans la sincérité! Mais que la sincérité soit en défaut sur un seul point. ce cérémonieux assemblage de paroles. Origines de ce défaut. lui emprunte ses expressions. et l'extérieur se trouve violemment séparé de ce qui doit en être l'âme. et toute personne qui en fait partie. Toute société se forme un langage. ne sont chez la plupart des autres qu'un simple écho. de baisements de terre.OSS FAUSSRS HUMILITÉS 215 François de Sales. Ce que nous disons des paroles. plus d'unité.

elle ne nous inspirera pas une attitude très abaissée. faisons de cela notre humilité. avant de le faire. Ne parlons de nous que par nécessité et. ne les exprimons pas. Qui. mais elle sera plus sincère. en etîet.216 QUÀTRlilME SEMAINK pirerles bas sentiments que les saints professent d'eux-mêmes. pense beaucoup de mal de soi et qui donc a grande envie de se faire croire? Laissons aux vrais saints les expressions méprisantes dont ils s'accablent. . Il sera bon de récapituler ici les divers sujets de confusion que nous venons de découvrir. Elle sera moins profonde. Saint François de Sales affirme que « parler de soi-même est aussi périlleux que de marcher sur la corde ». En même temps. désirons que notre vue devienne plus pénétrante. Il y aura toujours certaines défectuosités que nous pourrons avouer. par ce contraste. leur humilité est seule assez profonde pour aller jusque-là. certains torts que nous accepterons de bonne grâce. n'en prenons pas l'attitude. que la grâce nous fasse entrer plus avant dans les secrets divins. On peut ajouter que le plus périlleux c'est d'en parler en mal. nos paroles et notre attitude traduiront ces sentiments nouveaux avec une sincérité toujours égale. notre misère se révélera plus clairement à nos yeux. et à mesure que. certaines infériorités dont nous serons convaincus. interrogeons notre conscience pour lui demander si vraiment elle nous en impose le devoir. elle nous laissera du moins une attitude exempte de prétention. gardons la beauté de ce qui est moindre mais vrai.

dit Rodriguez. et l'on insiste davantage à mesure que l'on est moins cru. L'humilité au service de l'orgueil. On demande d'être averti. c'est parce qu'elle est bien connue. Si l'on s'accuse d'une faute.. quoi de L'Ecriture l'a stigmatisée en cej plus vil termes « Est qui nequiter humiliât se. pour . et l'usage dans certains milieux. III.DBS FAUSSES HUMILIlAs Que de 217 faussetés! que d'exagérations que de secrets désirs d'estime sous petites calculées! des aveux humiliants! Il importe aussi de débarrasser notre langage de certaines expresvsions que l'usage. — Calculs de l'orgueil. maintient expressions choquent ceux qui ne croient pas à leur sincérité. » ! : On affebte de s'effacer et l'on — — ne songe par là qu'à se faire rechercher. C'est s'humilier d'une odieuse façon. que de le faire dans des vues hypocrites. et répandent ce travers chez ceux qui ne sont pas sur leurs gardes. pour obtenir d'être loué. On exagère ses torts pour les noyer — — dans l'humilité de l'aveu.. Cette humilité. doit s'appeler humilité à crochet. On dit du mal de soi pour en faire dire du bien. interiora ejus plena sunt dolo. — Bien autrement grave est l'abus de ces mêmes formules quand au lieu d'être l'effet d'une simple coutume. elles deviennent un moyen cherché de s'attirer l'estime. comme on se sert d'un crochet pour faire venir à soi les objets qu'on ne peut atteindre. Ces seul. parce qu'on s'en sert une s'attirer des louanges.

de loin en loin. chose étonnante. . plus son action est puissante. Dansla V«méditation. et restent par conséquent incapables de soutenir la vertu De là l'importance de cette nouvelle étude. il est bon de se demander. .au point de vue delà formation mais comme elle s'exerce à toutes les périodes de la vie spirituelle. et Il y a qui. sur la conformité de la parole avec le sentiment. Cet éclat qui entoure l'humilité.QUATRIÈME SEMAlNX 218 lY. pourtant des convictions factices. ii l'humilité sur laquelle on se repose. L'humilité d'impression peut être attribuée à plusieurs causes toutes néanmoins ont leur point de départ et leur base commune dans l'estime dont jouit cette vertu l'estime est un éclat dont l'orgueil aime à se parer. peuvent être sincères. on s'inquiète de larérifé du sentiment lui-même. quoique sincères. cette influencb aétérecherch'^e. : . est le plus séducteur de tous. : . n'est pas une humilité plus ou moins tion. poussant plus avant l'examen. dans un milieu de piété et plus ce milieu est élevé. — Humilité fausse dans son sentiment Quand on lité est-elle même se pose cette question mon humivraie? on porte aussitôt son atten: comme nous venons de le faire. elles ne sont pas réelles. Or. Il est rare que.

. encore peu avancées. mais supposez que tout à coup telle personne amie vous interrompe et vous dise est-ce donc vrai? seriez-vous si vil.219 DES l-AUSSES HUMILITÉS factice. c'est le miracle de leur humilité. Commençons par analyser les diverses origines de cette illusion.. I. mais ce qui les a surtout frappées. raison les presse Ces sentiments ne conviennentils pas mieux encore à ma misère?.. se persuadant avoir l'humilité des Saints parce qu'elles l'admirent. Eh bien! essayez. ainsi ont lu les vies des Saints. parvenus jusqu à nous. répétez à loisir cette longue litanie de leurs plaintes humiliantes. que nous venons de le voir.. communique aussi ses impressions. si abject. Ne puis-je pas les exprimer aussi? — : Une excellente pensent-elles. Ces accents désolés. font vibrer toutes les générosités de leur émulation. JusLe sens de l'émulation et qu'ici tout est bon celui de l'imitation nous sont donnés pour être les agents les plus actifs du progrès. De là le désir de descendre avec eux dans les profondeurs de cette vertu. Influence des idées régnantes ou humilité — Le milieu qui transmet ses formules. se croient obligées de professer à leur tour le mépris que les Saints professaient d'euxmêmes. elles ont ressenti pour leur vertu héroïque une vive admiration. Les personnes pieuses factice. A l'instant vous vous sentez suet les rassure : : . Mais une fatale déviation se produit le jour où ces âmes. si coupable? Le croyez-vous?. contraste saisissant du mépris de soi-même dans une éclatante perfection.

ayons du moins l'humilité de le reconnaître / et n'essayons pas de combler par des apparences ce vide réel. ils savourent leur abaissement. N'ayant pas les vue» lumineuses et les grâces spéciales des saints. que leur propre misère les épouvante et les désole. nous restent cachés. ils ont beau chercher des expressions encore plus fortes. notre reflet de Dieu. à notre insu. Dieu se révèle si beau et si saintement exigeant. Nous poursuivons ici l'étude dçs humilités suspectç^. les Rien On comprend que ces appréciationg ne concernent pas âmes profondément humbles. Adoptons cette règle très sage d'in- nous condamner nous-mêmes dans les mais ne laissons pas notre conscience. si aimable aussi. qu'un écho! Cette humilité est en vous toute de surface. vous n'êtes qu'un reflet. Les cris déchirants que jette leur prière. les défauts qui. 1. se ternir et se fausser par une cliner à cas douteux . qui. .QUATRIÈME SSMÀINS 220 bitement refroidi et tout étonné une piqûre a dégonflé le ballon *. elle ne baigne pas les profondeurs de la conviction. A genoux. sortent de leurs entrailles. le front dans la poussière. Aux saints. ils ont beau les redire. Contentons-nous d'implorer la grâce de mieux connaître les mille imperfections. ils ne parviennent pas encore à égaler par leurs sentiments l'absolu de leur conviction. Si nous n'avons pas ces grands sentiments d'humilité. pure expression de notre âme. rem: plissent peut-être notre vie . habitude de sentiments conventionnels. très visibles aux yeux des autres.

et qui la : : naissait! Son imagination saisi! une situation. : : . C'est un rôle qu'elle trompe elle-même. le tempérament est la cause qui agit du dedans. lui semble le traduire lui-même il a deux vies et il ne s'en connaît qu'une. exalter avec enthou siasme les plus purs dévouements! Le lecteuv tout en larmes de s'écrier quel cœur! Et l'entourage immédiat de répondre si on le cor joue au naturel. la . mal gré leur égoïsme féroce. il se détournerait de vous avec dédain vous ne l'avez jamais compris! Et il est sincère. taine conviction du moment. Ce que traduit son imagination seule. N'a-t-on pas vu des poètes. tout ici est en surface. Comme précédemment. N'allez pas dire à cet homme. jaillit assurémentd'une cerd'illusion. dans la vie pratique. qui parle. et finit par s'identifier avec elle. s'j enferme. tout en dehors du réel. au cœur sec.DK8 FAUSSES HUMILITÉS 221 de factice Soyons vrais même et surtout devant Dieu qui lit dans nos cœurs ! ! II. Une âme d'artiste habite souvent une région éthérée. il y a des tempéraments qui en créent l'illusion ce sont ceux où l'imagination domine. S'il y a des milieux qui communiquent l'impression superficielle de l'humilité. Ce qu'elle sent. qui agit. que. on ne lui voit ni ces sentiments. ni cette conduite. L'influence — du tempérament ou Le milieu est humilité cause qui agit de l'extérieur. parcourir toute la gamme de la sensibilité et. ce qu'elle exprime. C'est elle qui sent.

222 QUATRIHMiî SEMAINE y a aussi des humbles d'imagination. Si votre imagination est vive et ardente. comme le veulent. c'est-à-dire au contact de la réalité. sa beauté passe dans leur esprit et le pénètre. à en exalter les charmes : l'impression gagne du terrain et devient plus profonde. exaltent. cer- a simplement deux manières d'être très dissemblables. Qu'ils aient à en parler fréquemment. Elles s'y étendent. sinon détrompée. tout a disparu on ne retrouve qu'une âme préoccupée d'elle-même etsensible à tout orgueil. par la liction. Un travail latent se fait. l'inclination peut-être. : . par l'effet de ce sentiment. et en gardent toute la fragilité. mais. ! : : nalités distinctes. le désir. Ils et. comme elles y sont écloses. s'il s'enferme dans l'idéal. semble leur être tout ce qu'ils acquis. il même. Elle ne se réalise qu'en rêve. ils en ont l'amour. par lequel tout ce qu'ils admirent. . Il y avait là comme deux personnes le dédoublement s'est opéré! Nous ne disons pas que l'homme possède deux person11 admirent cette vertu. C'est un rêve. elle s'arrête dans son essor. à tort. victime de luitains rêveurs. prenez garde elle est capable de porter en humilité comme en tout. il devient un être de convention. Descendue au terre à terre de la pratique. Au lever du jour. Hélas c'est dans l'imagination seule que ces merveilles s'accomplissent. toujours dans cette particulière région séparée du réel. lâchement. S'il se trouve dans le réel il est lui. sa puissance d'illusion. elle a subitement perdu ses ailes et bientôt lasse.

sur la charité. » Oui. loin d'être en soi une ennemie. la . il est vrai. Chose étonnante. mais celle d'un rocher creux et vain. qui appelle le vrai : tous les contrôles. Elles se mettent au dernier rang et s'accusent même des maux publics. l'habitude.DKS FAUSSKS HUMIUTBS 223 Nous verrons bientôt comment on discerne du factice. mais un pli et inclination que la mulmilité. car enfin l'imagination. Il se rencontre des personnes vraiment orgueilleuses qui éprouvent le besoin de faire des actes d'humilité. .. mais peu sûr. dit-il. est un auxiliaire auxiliaire puissant. de confesser leur misère et III. quand l'orgueilleux profère contre luimême tant d'âpretés. elles font tout cela avec une sorte de conviction.. son accent sonne faux il se répète avec une insistance de mauvais aloi . c'est un simple écho qui répète la voix. vie. Influence des —A l'influence : — quelques-uns de leurs torts... habitudes ou humilité sans du milieu et à celle du tempérament s'ajoute une troisième source d'illusion l'influence persistante de vertus disparues. « rité donné à notre cœur. Elle porte. mais comme elle part du principe même des vertus.. Quelle est l'explication de ce phénomène? Nous la trouverons dans une observation magistralement présentée par saint François de Sales. elle s'applique parfaitement à l'hu- Ce reste d'amour qui survit à la chadans l'âme coupable. n'est pas la charité. Ce n'est pas titude des actes a parole d'un vivant.

et c'est l'action de ce poison qui lui communique ce surcroît d'ardeur.. n'est-ce pas une grande pitié de voir une âme qui se flatte en cette imagination d'être sainte. je ne suis pas humble . devant son exagération et son amertume. » Terminons par une remarque qui et sa joie doit attirer personnes ferventes: Une personne admirée pour son humilité et qui le sait. plus elle s'enfoncera dans le sentiment de son néant. « Eh bien! ajoute saint François de Sales. tant d'illusions possibles pérer !. c'est peut-être la douceur de l'estime commune qu'elle savoure.. Réflexions. si j'é- prouve pour elle de l'admiration. demeurant en repos. on demeure inquiet.. peut-être ne le suis-je pas davantage 1 . sans trop savoir pourquoi. Si je me ! l'humilité..... Mais tandis qu'elle croit goûter la pure humilité. et se trouvant enfin que sa sainteté est feinte.. et. trouvera de nouvelles délices à se faire humble. dont la puissance est encore si grande qu'elle provoque parfois des émotions et des larmes. que son repos est léthargie une manie. à se croire humble. Besoin autrefois senti et qui persiste dans la seule habitude!.. — mon j'ai peur! quoi. Plus elle l'attention des verra l'impression qu'elle produit. mais c'est à désessens de l'éloignement pour Dieu. Formuleautrefoissincère etqu'ona retenue!. telle est la nature de cette humilité. et que tout cela ne manque ni de douceur ni de quelque sincérité....224 QUATRIÈME SEMAIlfS et.

humble? De ces actes nombreux dans la méditation. très réels chez les grandes âmes. nous n'avons rien à dire. De ce que l'on se contient dans les occasions où l'amour-propre est blessé. bien mérité d'ailleurs. une préférence pour les autres qui vous rabaisse.. un insuccès dont on vous rend responsable.. . il ne ressort pas la preuve absolue que l'on se contient par humilité la simple prudence y suffit d'orsensible : suis-je Attendez ! — : dans certains milieux. : ~ : : I BUMILITi. s'il accueille sans ostentation ces abaissements.DES FAUSSES HUMILITÉS J'en fais des actes 225 nombreux dans mes médi- me contiens dans les occasions où mon amour-propre est blessé j'éprouve du plaisir à dire du mal de moi-même et la pensée de l'humilité répand en mon cœur une joie tations je . . tout simplement un reproche. ne sont le plus souvent. — 15. sinon qu'ils comportent trop peu de difficultés pour témoigner formellement en faveur de la vertu. qu'un certain contentement de soi. surcroit dinaire. il n'en faut pas faire grand état ces goûts. et. pourait être le seul agent de cet effort. l'amourpropre lui-même commande cette conduite le désir de ne point passer pour orgueilleux. Ah si le goût persiste. Attendez les occasions positives un mépris que rien ne compense. chez les âmes ordinaires. s'il répand Jans l'âme un contentement profond et donne à la vie spirituelle un. ou tout au plus une admiration platonique de la vertu. Quant au plaisir que l'on éprouve à parler en mal de soi et au goût sensible qu'évoque la pensée de l'humilité. une confiance qui se retire.

produisant de tels effets. — ! . rassurez-vous un tel goût. Ah que le vrai est pour nous. ayons la probité de nous interdire toutes les formules d'humilité. Il ne vient pas de la nature . Dieu seul peut l'ins: pirer. fortifiantes. Dans nos prières. ou les sentiments des saints. et de porter aussi loin que possible Thumilité comme les autres vertus. Ces formules ne produisent que l'illusion de la vertu. il est bon de s'étendre vers tout progrès. Nous ne saurions N'affirmons que ce que nous soyons sincères devant nous-mêmes. l'orgueil peut-être. il est à la fois lumière et force. dans nos élévations de cœur vers Dieu. ou notre propre imagination. est un goût de bon aloi.QUATRiiMI SKMÀllfl Î26 d'ardeur. Ne fussent-elles que vaines et vides. Sans doute. comme nous nous imposons de l'être devant le prochain. ni. bon et qu'il est beaul Seul. elles ne sont ni dignes de Dieu. trop le redire voyons : . car seul c'est la vertu. mais il faut le faire dans la vérité. que nous dicteraient seuls.

car. et l'attrait. beauté. elle compose une doctrine pratique étude encourageante aussi. Ses traits vont nous apparaître pleins de clarté. nous indiquerons quelques séries de réflexions et d'affections. dilatation. dans la tendance prononcée à l'effacement et au sincère mépris de soi-même. et dans cette ravissante disposition qui en émane. sortir attristantes Etude même.Coup d'œil sur les deux méditations qui vont suivre Au de ces considérations pénibles. parce qu'elle fait surgir à — — chaque pas des conséquences imprévues étude éminemment utile. Nota. étude instructive néanmoins. — Les — personnes qui en auraient le temps pourraient utilement consacrer trois méditations à chacun des deux exercices qui vont suivre. la fécondité. elle n'a qu'à les dégager de principes établis déjà . . la ferveur. élevons nos regards vers l'humilité véritable. cette triple manifestation de la belle santé de l'âme. . sur facile. Son action directe produira la paix. pour amener au grand jour ces riches découvertes. puisque de ces principes et de ces conséquences. l'inclination à estimer les autres. où tout est lumière. A cause de leur importance. . les fausses humilités.

qui. Elle lui oppose d'abord l'inclination au simple effacement allant plus loin. Une telle disposition n'est-elle pas contre nature? Point du tout. Mais sur quel point demain . elle ne pourrait être contre nature que dans ses actes. devient un véritable amour. : : — Préparation pour la veille.Quatrième Semaine PREMIÈRE MÉDITATION XXII* EXERCICE Des caractères de la véritable humilité — Deuxième point — Troisième point Premier point : Inclinatioa à l'effacement. . Nous étudierons les caractères distinctifs de l'Iiumilité. elle doit être une force permanente. en certaines âmes. Inclination à l'estime du prochain. les actes . elle fait naître l'inclination au mépris. Inclination au mépris de soi-même. L'humilité est une vertu donc. mais si la tendance relève de la vertu spéciale dont elle est le mouvement. . car éminemmwit pacificatrice et bienfaisante comme tendance. portera-t-elle son effort? Sur cette tendance dangereuse qu'il faut dominer la tendance à nous surfaire dans notre propre estime et à nous surélever dans l'opinion des autres.

» tout. Inclination à l'effacement.PREMIÈRE MÉDITATION 229 relèvent en tout et pour tout de la prudence. et elle (Saint François de Sales. elle elle ne est vertu le fait est simple nesciri.) 2° Elle n'aime pas les éloges. charité. - paraître par dessus ne veut ni paraître savoir ce qu'elle ignore. et aux autres d'eux-mêmes et oublié.. ni avoir l'air d'ignorer ce qu'elle sait. . \^o Méditation — Prélude. . la liberté et la de Dieu dans son action sur l'âme. établissant ainsi Par . elle. . » {Imitation.) L'humilité cache tout ce qui et perfection que par humaine. Une personne moins Elle s'ingénie alors à c'est si facile! Parlez vous serez vite humble prendrait des — airs effarouchés et nie- . elle ne saurait néanmoins repousser ceux qu'elle croit mériter. I.. de l'âme dans sa parfaite obéis- fidélité sance à Dieu. détourner l'attention. ce qui doit être l'humilité n'interviendra que fait sera fait pour donner à toute cette activité un caractère en quelque sorte impersonnel. Demander la grâce de ne point se décourager en voyant tout ce qu'exige l'humilité. Aimez à 1» « — Ama « être ignoré. nous le verrons plus loin. les droits des vertus seront sauvegardés la dignité personnelle sera maintenue toutes les initiatives utiles seront prises en un mot.

.. Partout elle cherche l'oubli. quand elle échoue. » Humilité révélatrice 4° Choisir l'emploi le la : 1 Réflex/ons et sentiments.. et si elle est appelée à faire de grandes choses. Elle sait que la moindre trace qu'elle en laisserait aux parois du vase. 5° Par goût. comme pendant la chaleur on cherche l'ombre et elle s'y trouve bien. Quand elle réussit. c'est à moi que vous Causez fait. lui parait tout naturel. moins en vue. humilité douOh! la vérité. La raison s'étonne de cette partialité. la place plus effacée. même et surtout dans l'humble effacement.230 QUATRIÈMK 8KHAINS révidence attitude fausse. encore moins aux éloges qu'elle reçoit. Quand l'orgueil ne nous aveugle « Ce que vous pas. elle pense très peu au bien qu'elle fait. paix profonde et suaves — 1» — Impression de 1<* DépendaQca .. 1 : ! rait mettre. serait un principe de corruption pour tout le bien que Dieu y pourrait : teuse. mais ame humble se l'explique à merveille est-ce que Dieu n'est pas le principe premier et nécessaire à tout acte bon Est-ce que l'Etre parfait peut avoir une part quelconque dans un insuccès? 3° Au reste. la simplicité. Elle éponge avec soin ces vaines complaisances d'orgueil qui suintent en nous de tous les côtés. c'est à Dieu qu'elle en fait remonter la gloire. elle y va enveloppée de modestie. Elle n'ambitionne rien de ce qui distingue. c'est elle seule qu'elle accuse. Jésus est transparent en eux aurez fait au plus petit. elle est inclinée vers les petits et les pauvres.

si le désir de l'estime des autres est plus général. — — . s'adresse à une autre tendance : Vestime de soi. écouter. L'humilité qui concerne le mépris de nous-mêmes. car. 8* Disposition éminente à la vie intérieure. iO" Le plus grand bien a toujours été fait par Dieu vient les prendre ceux qui s'effacent H» Se comme par la main et les accompagne 12» Comparer résoudre à cette humilité. . et en cela elle vise Dieu avant 5° Son influence heureuse sur l'intout . 6° Instinct telligence des vérités de la foi 7® Chaude mystérieux qui lui révèle le bien atmosphère où toutes les vertus se développent. « Qui se connaît bien se méprise.231 PREMIÂRX MÉDITATION libre et 3"» — souple à tous les vouloirs divins . dont les écarts sont très funestes. — Facilité à se faire agréer. le sentiment excessif de l'estime de soi est bien plus violent. Certaines natures ont grand besoin de cultiver l'inclination au mépris de soi-même. . — — — — : — . » {Imitation. — IL Inclination au mépris de soi-même. ces hommes qui tranchent et s'imposent.) L'humilité d'effacement a pour objet l'estime des autres elle modère et dirige le désir inné que nous en avons. 9" Place laissée vide et que Dieu remplit. C'est lui qui fait les vrais orgueilleux. sa vie à cet idéal et prendre des résolutions pratiques. aimer. brisent les oppositions les plus légi: . 4" La simplicité consiste à éviter le factice. puis à se dégaet en cela l'humilité est vraie ger du multiple.

ayons le courage de nous incliner résolument au mépris de nous-mêrae. elle se réjouit. des dons même de la grâce. elle l'envisage sous deux aspects la faute contient l'offense de Dieu. si nous y découvrons quelque chose de cette dangereuse tendance. sentant sa vertu toujours chancelante. 3® Toujours humble consulte — défiante d'elle-même. elle nous aide à devenir humble. Or. la fâcheuse impression. prenons conscience de nos yéritables sentiments. et elle se réjouit. elle pense souvent à ce qui la rabaisse au point de vue du talent. elle rougit des témoignages d'estime qu'elle est obligée de subir : « Si l'on savait! » dit-elle. S'il s'agit d'une faute. et.232 QUATRIÈMI SSMAL'VI times. et. car la faute est pardonnée. des penchants misé- rables. pour cela.. elle n'est plus. volontiers. dédaignent les conseils. etc. Se voyant des défauts. des avantages extérieurs. \* L'âme humble s'applique à connaître le peu qu'elle vaut. Il n'est pas nécessaire que l'orgueil atteigne ces excès pour être odieux et perturbateur. et fait ressortir la miséricorde de Dieu. tandis que l'humiliation demeure. quand la l'âme pru- . toute humiliation est bonne. et. : . sans motif. et méprisent leur entourage. et elle la hait mais la faute contient aussi l'humiliante manifestation de nos mauvais instincts et de notre incurable faiblesse. Jetons sur notre vie un regard sincère.. et se défend d'en atténuer. Oui. 2° Lui arrive-t-il de commettre l'une de ces maladresses qui ne nuisent qu'à l'amour-propre elle s'applique à l'aimer.

Elle se garde bien de changer l'effet de ses aveux par l'exagération ou par quelqu'autre habile moyen. grâce à vous.. : . que 5<* C'est au confessionnal qu'elle donne libre carrière à son besoin d'humiliation. Certains motifs bas dont on rougit. je finirai par devenir meilleur.233 PREMIERS H^DITATION dence rieurs. Dans les milieux où est établi l'usage de la monition. et gardez-vous d'ajouter l'une de ces protestations qui sentent le désarroi d'un amour-propre blessé oh! vous avez bien raison! je n'ai que des défauts! ahl si vous connaissiez toute ma misère l.... Vous verrez que.... on vous avertit d'une erreur. et si l'observation est juste. sous prétexte de s'humilier.. Oh! le 4° c'est juste et que je vous remercie.. certaines fautes avilissantes du passé. 6<» Certaines occasions mettent particulièrement à l'épreuve le mépris de soi. elle rend facile et douce la tâche de l'amitié.. Avons-nous besoin de le dire la vérité défend de s'attribuer des torts que l'on n'aurait pas et la sagesse ne saurait permettre de se faire mal connaître.. « Dites-moi bien librement tout ce que vous avez remarqué de défectueux.. elle se plaît à les faire — connaître et à les rappeler.. » Et tout cela sent la sincérité et la joie dans l'amour de l'humilité et de la perfection.. elle veut paraître vile et non pas humble. d'une imprudence. — : . On vous reprend. elle s'adresse même à ses infé- — Elle sera heureuse ensuite d'attribuer succès aux avis qu'elle a reçus.. remerciez franchement.. le permet. Réfléchissez d'abord. même aux yeux de son confesseur.

vivement la grâce de comprendre. — Beauté morale — 2° Principe de sagesse. s'agit s'il d'un égal.. s'il montrances. — 6° Foyer de tenincomparable pour dresse 6" Qui n'aimerait une telle âme? — 7» Qui refuserait sa confiance? — 8° Quels Réflexions et sentiments. ne considérant que le plus grand bien. . d'ailleurs vous en moi!. de fermes red'un inférieur dont on a s'agit charge. 12° Se mettre de son mieux de vouloir . ses dispositions généreuses. » vous ne parlez sûrement pas sous 70 qu'on et : l'influence de l'humilité.QUATRIÀHR SEMAINl 234 Par contre. et votre zèle s'arrête déconcerté.. l*» de cette disposition. son indulgence au besoin?. lorsque vous donnez un avis le dédaigne. Ne le voyez-vous pas sans cesse prêt à ténoigner son amour? donnera de m'oublier et de lui — me 9*> Ah! qui me perdre dans un — 10* Long sincère mépris de moi-même I H" Demander regard sur Jésus humilié. de désirer. — 3" Sauvegarde très sûre. si vous montrez quelque dépit. et se tenir dégagé de toute vaine complai- — — çancç. dans cette disposition du mépris habituel de soi. D'un acte de charité.. lui sont à son égard les sentiments de Dieu. le . — 4® Puissance bien. si vous prononcez quelques-unes de ces « Après tout. tandis qu'une humilité profonde. eût conseillé peut-être de douces instances.. c'est votre paroles d'humeur savez plus que affaire. vous faites une question d'amour-propre.

elle les regarde avec indulgence^. soit pour diriger les autres. on se sent une inclination franche à estimer les autres. !«> L'âme humble ne se préfère à personne et ne pense jamais mal des autres. en se surélevant. C'est le contraire de l'orgueil qui. soit pour se défendre soi-même. » (Imitation. nul ne si j'éprouve pour moi-même un sincère mépris. si cettç conduite est défectueuse. et cette conduite ne s'applique pas aux cas où l'on a le devoir de juger. c'est une grande sagesse et une haute perfection.PREMIERS MÉDITATION III. n'implique nullement le désir de les uniter dans leur conduite. On peut craindre de se tromper sur l'amour que l'on croit avoir pour l'effacement et le mépris. je relève d'autant les autres par comparaison. Estimez les autres meilleurs que vous ». Quand elle les rencontre. . elle les excuse et. dit saint Paul. Incliner à juger les autres meilleurs que soi. Cela ne signifiie point qu'elle approuve cc qui est mal ou imparfait. — « N'avoir aucune bonne opinion de soi et estimer beaucoup les autres. l'amour réel de l'effacement. les rabaise.) L'estime pour le prochain n'est pas un acte direct de l'humilité. Ses propres défauts roccupent assez pour qu'elle cherche à voir ceux du prochain. mais elle en est le résultat le plus constant et la preuve la plus certaine. Elle est encore plus jalouse de cette délicatesse pour Si j'ai me fait ombrage. qu'on se rassure si. 1» « Alios reputa meliores te. si elle ne le peut. . parallèlement. 235 Inclination à estimer les autres. 1. Voilà votre règle pratique.

elle reconnaît que Dieu a bien le droit de se servir des autres pour la punir. Un tel sentiment vient-il à faire invasion dans son cœur. en s'eîTorçant de la remplacer par une impression favorable. songeant à ses propres olTenses. bien loin de se 4° Est-elle par hasard l'objet de justice commence par exan'y aurait pas donné lieu .. parce qu'elle croit ne rien mériter. par le calme qui permet de voir plus clair. et par la bleaveillance qui amène lei couciliaUooa. impartiale Elle n'est ni exigeante ni chaet généreuse. Dans ce but. le faire disparaître l'influence. 30 elle — — — quelque inou de quelque violence. il semble avoir perdu le triste pouvoir de s'irriter H se sent si pauvre ^ livrer à l'indignation. L'humilité l'incline à se montrer juste. elle miner si elle î : disposition ne s'oppose pas à la défense légitime de nos droits et de nos intérêts elle la rend.. au contraire. ou sur l'amour que Jésus lui porte. Aussi rien n'est plus suave que le cœur humble. et. pour en 2° horreur. Un sentiment lui est particulièrement en mépris du prochain.QUATRIEME SBMAINB 236 les pensées qu'elle ne Test pour ses paroles. elle réagit contre l'impression fâcheuse. douce et facilement reconnaissante. . aussitôt elle le désavoue. Elle ne se froisse pas pour un oubli grine. Dans tous ses rapports avec le prochain a l'esprit éminemment raisonnable. plus sûre. car c'est aller plus avant dans la vertu. ce signe caractéristique de l'orgueil. puis. Cette . elle fixe sa pensée sur les bonnes qualités de la personne. 1. Elle est foncièrement ou un manque d'égard.

née de l'humilité. l'estime du ments. s'ils sont aussi vertueux. mais en se les imposant. 40 Que serait une famille. un groupe de personnes. a pour les autres. jamais de reproches amers. pourrait se porter aux mêmes actes. mécontent? 9° Appeler fortement l'humilité qui dispose à l'estime des autres. trouvant sous ses ailes sa sauvegarde la plus efficace.PREMIÈRE MEDITATION 237 — 1" Admirer la Réflexions et sentiments. Celle qui serait déterminée par le précepte de charité. où chacun aurait une charité faite d'hu milité jamais d'aversion. vif désir d'estimer tout prochain et plus particulièrement les personnes de mon entourage. permet de les encourager efficacement. 7° Examiner ma conduite à leur égard. divine ordonnance des vertus. prochain. pas de susceptibilités et de froisse50 Remarquez-le bien. or. est une estime spontanée. Or. — — — : — — — — : . mes procédés. 2" Voyez la chaleur qui la fait généreuse. mon 8° Sonattitude. l'encouragement est le plus puissant moyen d'agir sur les volontés. le support du 3° Seule. ni aussi suaves. ni de comparaisons pénibles. sortant d'une conviction intime. ne sont ni 6° Concevoir un aussi forts. der mon cœur n'y trouverai-je que bienveillance? ne suis-je pas au contraire difficile. exigeant. combien. les actes commandés. La charité naissant en quelque sorte de l'humilité. mes paroles. jamais de jalousies. avec cette disposition. la demander avec instance. l'estime qu'on prochain serait facile.

ÉCLAIRCISSEMENTS Sur le rôle de la volonté et de la sensibilité dans la vertu A la suite de ces méditations qui déconcertent nos habitudes d'esprit. l'humilité de volonté et. si je conçois sans beaucoup sens pas pour les autres une cordiale estime Sans inclination pour ces choses. et que l'inclination qui forme son essence. je ne peux pas être humble Si : I je m'abaisse. ou résultera d'un très grand amour. Que tout cela vous coûte ou non. est une inclination de volonté et non de sensibilité. pour beaucoup d'âmes. Eh bien c'est aller vers elles. je ne suis pas. pourra il puissant secours. je suis donc sans vertu? » Désirez-vous ces dispositions? Assurément. et je ne c'est me ! — — 1 — . du mépris pour moi-mAme. mais il ne constituera jamais la vertu par lui-même. et la vertu. ment vertueux. la seule actuellement pos- de conviction . c'est à contre-cœur. étudions sérieusement les impressions qu'elles nous laissent. . étes-vous résolu à vous Mais voilà le mouvey exercer? Sans doute. sible! Sachez que la vertu réside dans la volonté seule. sans lui. Le goût suivra peut-être une longub habitude. La principale est une sorte de découragement. deviendra ainsi pour les actes un très il donnera à la vertu un plus doux attrait. de terreur peut-être « A ces conditions.

3® Elle a pourtant sous sa dépendance la sensibilité. Elle n'éclairera pas seulementle cas présent. La vertu. qui. En fait de vertu. — — dans une satisfaction d'amour-propre que désavoue la volonté. réside dans la volonté seule. plus elle passe avant dans la sensibilité. 2° La sensibilité et la volonté obéissent à des lois distinctes. car elle^ étend son mouvement à toutft notre nature morale. préférer c'est aimer. Ainsi conserve-t-elle du dégoût pour une humiliation pleinement plaît-elle — — acceptée cependant. agir et se développer. 1° Ne confondons pas La volonté. Essayons d'établir par une analyse rigoureuse cette importante distinction.239 PREMIÈRE MÉDITATION toujours exister. c'est l'impression heureuse qui attire le dégoût. ce qui est conforme au devoir. c'est la — . Ainsi la nature se comsibilité. à son tour. plus elle est puissante. c'est tantôt le goût et tantôt le dégoût. la volonté. lui prêté l'important concours de ses goûts et de ses ardeurs. . L'on peut donc aimer et détester en même temps le même objet. répétons-le. c'est l'impression pénible qui éloigne. le choix. La sensibilité aime ce qui est conforme à ses goûts. la volonté et la sen- détermination. la sensibilité. Or. Le goût. elle prêtera aussi sa lumière à un grand nombre d'incertitudes diverses.

. toutefois. la révolte. l'épreuve est complète . Nous sortirons de là plus détachés.. notre amour-propre acquiert une impressionnabilité maladive. plus aimés de Dieu. viennent y mettre obstacle. etc. en effet. ni 1° faisant valoir. 2° Ce pouvoir. mais la vertu demeure intacte dans les hauteurs de la volonté. le dégoût. en les direct. mais elle peut lui présenter. dit le Sauveur à la Bienheureuse Marguerite-Marie. de la nouveauté. Que la tentation. Souvent. ce qui nous intéresse particulièrement ici. plus fermes. tantôt il agit de lui-même « J'augmenterai ta sensibilité ».... L'impression provoquée peut ne pas se produire. nous paraît tout à : coup intolérable.. n'est pas absolu dans ses effets.. et. . Mille dispositions difficiles à analyser. à son tour. les objets qui les déterminent. 4® le Courage] Dieu veille. en effet. Tantôt il se contente de permettre le jeu régulier de ces dispositions contraires..QUATRIÈME SEMAINE 240 II Remarquons-le. nous apporte trouble. La volonté ne peut commander à cette capricieuse faculté d'avoir telles ou telles impressions. toutes choses qui échappent à notre choix. qui n'est qu'indirect dans ses moyens. Telle humiliation. plus humbles. Le goût sensible. jusque-là bien supportée. des circonstances heureuses. dépend du tempérament. 3° Dieu intervient aussi. le pouvoir de la vertu sur la sensibilité n'est ni un pouvoir un pouvoir absolu.

: La — Deuxième point : La Ferveur. quelques traits de l'humilité. Fécondité. Les caractères révèlent son essence les effets. Ces deux preuves ne se contredisent jamais. — I HUMILITÉ. ou dans sa vie la manifestation de quelques-uns de ses effets Quel avertissement si l'on constate des carac' tères ou des effets contraires Préparation pour être connue. son action. une humilité qui produit tous les effets qu'on en doit attendre. par ses caractères. Les deux méthodes arrivent au même résultat. soit par ses effets. soit .Quatrième Semaine DEUXIÈME MÉDITATION XXIIl" EXERCICE DONT ON PEUT FAIRE UTILEMENT TROIS MÉDITATIONS De la véritable humilité Ses effets Premier point — : La Troisième point Paix. l'est également. est nécessairement vraie. . — Une vertu peut /a ve/7/e. — 16. ragement si l'on découvre. quoique d'une manière différente. en ses dispositions. et leur examen successif fait entrer toujours plus avant dans la conQuel encounaissance et l'amour de la vertu. Une humilité qui a toute son essence.

La paix. ô mon Dieu! Il y va de votre règne dans les âmes. si le et quelque joie. elle est spéciale — . elle est formelle. — 1» «Invenietis requiem. faites que je comprenne et que je goûte ces choses. même. Il y va de votre gloire. Mais alors. l'action devient facile. : Méditation Prélude. dans cette triste — — .. » C'est la promesse du divin Maître. l'humilité serait la vie spirituelle dans son plein épanouissement une vie qui se possède. et le succès coueffets : ! ronne l'effort ! mon Dieu. vous I. — Demander la grâce de comprendre comment tous les biens m'ariiveront avec l'humilité. la ferveur.QUATRIÈME SIMAINI 242 La paix. faites que j'y puise un grand courage me saisit. montrez-moi que tout peut se répasiège. Si le remords découragement lui-même m'as- vue de ma vie sans ferveur et sans fécondité. qui agit et qui se répand! L'atmosphère est pure. la fécondité sont les de l'humilité.. broyez-moi j'y consens je serai peut-être le grain de froment. la raison la plus forte de me faire humble. ô Jésus! S'il le faut. à la rer encore. et que j'ai dans mon infidélité indigence qui me trouble. pour éclore. trouverez la paix. qui. a besoin d'être caché sous terre et foulé aux pieds. la sève puissante et la moisson riche Le cœur se dilate. abaissez-moi.

résignés à nos propres misères... et de Dieu même.. c'est l'ordre à tous les degrés : nous rend soumis à Dieu. : — à sa volonté et il s'irrite des résistances. Quel repos dans ce Cœur après tant d'agitations! Quel bien-être après tant de souffrances: Invenietis requiem! 3° 11 y a de grandes humiliations qui remplissent d'une immense paix. 2*> L'orgueil est un désordre qui nous déplace. paix se définit l'ordre maintenu à l'humilité. — — — . L'insuccès l'abat et le succès ne lui apporte pas la paix.DEUXIÈMS HIÎDITATION la — C'est la nature des choses. Elle nous rend à nous-mêmes. dans l'humble aveu de son erreur. atteint de quelque déception plus amère.. Pour avancer vers Dieu. Elles avaient est . il retrouvera la paix. La paix est le plus impérieux hesoin de l'âme. L'orgueilleux se plaint facilement. rhumilité. L'humilité calme la douleur et répare le mal. D'oii viendrait donc le trouble? La paix est le grand bien de l'exil. c'est vrai mais il faut aussi être en paix. Il tient elle . doux au prochain. Elle nous remet à notre vraie place. il faut être pur. Or. et des hommes. il sait courber le front. Heureux si. comme la jouissance est le grand bien de la patrie car elles sont l'une et l'autre le règne de Dieu.. Il se recherche au lieu de chercher Dieu et il n'est jamais satisfait. et des événements. Un rouage déplacé produille trouble. pax est 243 : tranqnillitas : ordinis (saint Augustin).. En effet. — — Il ambitieux et il se dépite.. et nous ouvre le cœur de Dieu..

n'illumine que les hau- teurs.. où rien d'humain ne se mêle. de quelque insuccès. dit Vlmitation. Je n'avais donc point de moi une idée assez basse Je n'étais dono pas prêt à subir l'humiliation! Je ne trouve point en moi la facilité. dans leur emcates .244 QUATRIÈME SEMAINK envahi l'âme dans ses profondeurs les plus délimais elles y ont trouvé pour les accueillir une humilité généreuse et. n'est-ce pas l'humilité elle même qui l'a tracée? — Ne suis-je point parfois déconmécontent des autres et de moimême? Cet état ne se produit-il pas à la suite de quelque humiliante déception.. brasement céleste. . La partie de l'âme qui touche à la terre. de quelque faute commise. Demandez que la volonté de Dieu se fasse pleinement en vous. il est vrai. Et que je suis 1 loin d'avoir l'amour de l'abjection 1 . Celte joie. Prenez constamment la dernière place et le rôle de la soumission. « Mon fils. désolée d'une misère persistante.. demeure parfois dans les ombres. C'est que l'âme immolée elle-même a besoin de rester humble à ses propres yeux.. triste. » Cette route vers la paix. C'est par cette voie que l'homme pénètre dans la région du repos. de la vue La paix 1 certé. s'est allumée cette joie supérieure qui consume la victime. Choisissez toujours d'avoir moins que plus. rinclination qui appartiennent à la vertu. comme un holocauste d'un incomparable parfum. appliquez-vous à faire la volonté des autres plutôt que la vôtre.

la distribution des grâceà rtlève entièrement dé Dieu. Elle en dépend à tel point que. c'est toujours le mouvement intense de la vie. la donne — « Humilitas. Or. c'est la chaleur vitale (\m se répand dans l'être tout entier. soit au dedans? Si. on reste inerte. soit au dehors. Sous son influence. se développent. cette activité qui caractérise la ferveur. mais Dieu seul La ferveur. car elle est le signe d'une force maîtresse d'elle-même cette beauté mo. elle n'est pas la perfection elle est Vactivité spirituelle. la sainteté . — — — — . II. tantôt il exige des efforts pénibles. dépend de l'abondance des grâces. Dieu est libre . consolation ou épreuve..DEUXIÈME MÉDITATION Quel sacrifice 245 me d'amour-propre faiît-il accepter dès maintenant pour m'assurer la paix ? Si je me mettais à aimer tout ce qui m'abaisse. ! prœbet komi- nem patulum ad suscipiendum infiuxum divinx gratias.. sans grâce. c'est le sang qui circule. s'entr'aident. les vertus agissent. L'humilité rend l'homme malléable à l'action de la grâce divine (saint 1® La ferveur n'est pas Thomas). on vole. rale je l'envie. Mais. j'accueillais l'abjection avec une douceur amie? J'admire la paix des grandes âmes sous l'opprobre. 2*> D'autre part. La grâce c'est la sève qui monte. et tantôt l'automne avec ses feuilles qui jaunissent en laissant voir des fruits mûrs. du moins. Or. C'est tantôt le printemps avec ses fleurs qui charment. et qu'avec beaucoup de grâces on court. Tantôt cet exercice se fait avec facilité. printemps ou automne.

c'est la vertu longuement exercée. et ses oreilles charmées par l'accent de sa prière. Elle ne sent pas le besoin de prier. Oratio humiliantis se nubes penetrabit. à genoux. Divinement éclairée et excitée. une expression inimitable de vérité et de simplicité. 3* Jetons un coup d'œil sur l'âme orgueilleuse. vers la perfection et la sainteté la perfection. ferme son Cœur et éloigne ses miséricordes. et le touche par son attitude. Elle déplaît à Dieu. tion assure des grâces . Comment ne plairait-elle pas à l'âme — Dieu? — Considérons son attitude. » Voyons les yeux du Tout-Puissant séduits par la vue de cette âme. C'est un mélange de respect. C'est celle du pauvre qui sent ses besoins et qui prie. c'est le mérite lentement accumulé. « La prière de l'humble pénétrera le ciel. aussi puissantes que ses humbles instances. lui plaît par sa physionomie. Quel meilleur moyen de les obtenir que de lui plaire? Or. Son Cœur s'ouvre et verse sur elle des grâces aussi continuelles que son humble attitude. la sainteté. et libre. un reflet du profond sentiment de sa misère. de soumission et d'amour. d'un pas aussi rapide que sûr.246 QUATRliMS SRMAINI entend rester Sans doute la coopéramais il faut des grâces pour cette coopération même. Etudions la physionomie de l'âme humble. Son mouvement le plus naturel est de regarder Dieu. elle prio : . cette âme avance.

— La ferveur! Je me plains de ma langueur intime. un cri vers Dieu! Cherchons la ferveur dans la pratique de sesse. ti. je ne progresse point. il ne suffit pas de tenir à l'écart toute sotte vanité. elle ne fait pas surgir la ferveur. III. Je constate que. toute prétention excessive. Il y faut une action plus positive. j'ose dire.DEUXIÈME MÉDITATION t47 peu OU mal aussi demeure-t-elle languissante. s'il se rendu sensible défendons-nous surtout de toute agitation d'amour-propre où la force peut. l'hu- milité. un vif sentiment de sa bas- une inclination décidée vers ce qui est humble. comme une plante sans soleil. de froment est jeté en terre et Si le grain . . un re- gard plus suppliant. cette disposition qui attire toutes les grâces? Pour avoir cette humilité qui stimule.. pas assez ne saurait donc être fervente. contrairement à la loi de toute vie. ce stimulant de toutes les activités. s'épuise. . l'humilité. — !• Nisi granum frumenLa fécondité. dans son sentiment vivifié et. il ne suffit pas de n'être point orgueilleux : l'humilité négative exclut la faute .. de mes sécheresses dans la prière. Elle vivre. de mon peu d'ardeur en face des devoirs ennuyeux. Comment expliquer cet affadissement? Ne traite. lui Il reste peut-être assez de grâces pour pour vivre avec intensité. mon goût des choses de Dieu presque nui. serait-ce pas que l'humilité me manque. Ma vigilance est dis- mon action molle.

. quand Dieu suscite des hommes de grande valeur. que d'œuvres mer> veilleuses sorties dps labeurs d'un humble saint François. . qui apparence de mort qui anéan- voilà l'image parlante de l'humilité. la rendre manifeste.. La ferveur est l'effet de la grâce agissant au dedans.. s'il prend toute l'apparence de mort. car il n'a pas coutume de demander à l'orgueilleux son concours... quœ stulta suntelegit. 11 serait peut-être assez vain pour le croire lui-même. petits.248 QUÀTRliUB SKMAINl aux pieds. In/îrmamundt. 2» Voyons auxiliaires. Un instrument de grande valeur paraîtrait faire triompher la cause par ses propres ressources. Elles obéissent d'ail. la fécondité est l'effet de la grâce agissant au dehors. en obtenir toute la gloire. hélas! ni de lui prêter le sien. v^ui le Il goût de Dieu dans ne peuvent lui le choix de ses aux hommes apporter qu'un concours s'adresse aux dérisoire. Quel est son but? Dégager son action. leurs à des lois semblables. il les fait plus grands encore par l'humilité. c'est alors qu'il porte des fruits en foulé la abondance. éclatante.. d'une humbU ftmmt du peuple !. d'un humble saint Vincent... Cette qui terre écrasent. Le choix des Apôtres et des premiers chrétiens se répète dans tous les temps et... Que de talents restés inféconds pour cette seule raison et par contre.. ..« . L'une produit le bien dans notre âme propre l'autre le produit par nous dans l'âme du prochain. voilà la condition de la fécondité spirituelle. cette tit : pieds ces cache...

DEUXIÈMB MÉDITATION 249 Tout prospère entre ses mains. Mais. réfléchit et consulte. 4° Disons-le cependant. : la fécondité! A neque qui plantât cette cause générale est aliquid. soit enfin par amour pour les âmes qui n'ont à leur portée que cette ressource. » la bénédiction de Dieu. Mais il est écrit « Ce n'est pas celui qui plante ou arrose qui donne étonne. n'a donc très souvent qu'à laisser les causes elles-mêmes produire leurs effets. Dieu. soit par respect pour une mission qu'il lui a confiée. Son action n'en ressortira pas moins lumineuse au jour des révélations dernières. :t l'on s'en Tout s'évanouit entre les. il fait passer quelquefois le bien par les mains de l'orgueilleux. il suscite autour de lui toutes les oppositions par sa raideur. ces actes constituent L'orgueilleux tient une conduite la prudence. 11 agit ainsi. D'autre part.. opposée. nous pourrions ajouter l'action des causes secondes. mains de l'orgueilleux.. pour arriver à ses fins. et il ne peut le comprendre. et il s'est largement dépensé pourtant!. « Il a plus d'habileté que cet autre.. soit par égard pour des prières venues d'ailleurs... L'humble se défie de lui-même. l'imbécilité de ces intermédiaires sera plus d'une fois dévoilée « Insipienlla eorum manifesta erit. 3° — : — : — La fécondité! D'où vient que j'ai si peu d'action sanctifiante sur mon entourage? D'où tieat qu« !«• occasions d'agir sur l«s âmes s« . or.. ou toutes les antipathies par sa suffisance. etc. » Ainsi l'ouvrier rejette un mauvais instrument après s'en être servi. dès ici-bas.

.2o0 QUATRISMB SBHAINI si rarement pour moi? Combien de personnes dans ma position qui savent se faire une vie féconde Et je me l'explique. tenu à l'écart ou paralysé dans l'essor de son zèle. Leurs moindres paroles ont le charme qui pénètre. Leur attitude seule désarme d'avance toute résistance on sent qu'elles ne s'imposent pas il semble toujours qu'on leur fait grâce. L'humilité profonde nous vide de nous-mêmes et lui fait place. dans l'Église. la seule qui soit féconde. et l'activité.. Sans humilité. Ah! je m'humilierai sans cesse. le talent n'est qu'un froid rayon. La vie seule produit la vie. donnez-moi une humilité non présen-tent 1 : . Attirer en soi le Dieu Créateur avec sa grâce voilà le secret du bien. je être 1. un simple effort humain.. il accumule des richesses de grâces qui se répandront par d'autres voies. dans les succès comme dans les revers. : : commune. une humilité vivante et sensible.. Elles ne dépriment pas non plus on vit auprès d'elles dans une atmosphère d'estime qui dilate la confiance et porte à devenir meilleur. Ne faut-il pas. l'humilité suppliante l'attire par d'irrésistibles appels. mon Dieu. Quand vous verrez que ne veux plus dérober votre gloire. Mon unique assurance consiste à reconnaître toujours que tout bien vient de vous et que je suis un serviteur inutile 1. une fécondité qu'ils ne connurent jamais*. Dieu peut permettre que l'humble semble rester infécond. peutrépandrez-vous sur mes pauvres efforts. comme sur nos terres des eaux silencieuses qui portent ko loin la fécondité I . le charme de ce qui est impersonnel. Méconnu dans ses intentions ou dans ses capacités. des sources cachées.

Christ et en nous tout ensera-ble. La fécondité oh donnez-moi des âmes.DinXIÈMS MÉDITATION 251 La paix. ! ! 1 suprême objet de nos poursuites. dans son extension La vie qui s'épand sous un ciel profond et lumineux. âmes voisines la vie surnaturelle qui est vie du Christ en nous. qui sème votre vie dans les âmes pour les transformer en vous. dispensatrice de tous ces dons. la vie qui fait surgir de toutes parts des eftlorescences pleines d'éternité la vie qui se multiplie en la vie ! . qui vous atteint ô Dieu. faisante . I ! mon action dégagée de toute vue propre. la vie de Dieu dans le des la . La ferveur! oh donnez-moi cette ferveur qui s'élance. je veux te conquérir I . je t'admire belle et puissante je t'aime. La paix oh donnez-moi cette paix que rien ne trouble parce que Ton est mort à tout ce qui trouble. mais c'est dans sa régularité. la ferveur. humilité. sans orage. bien- de cette fécondité. de mon amour béni. mon Dieu. dans son mouvement. la fécondité. ô . qui court. des âmes issues de la mienne.

générosité de mon cœur.Quatrième Semaine TROISIÈME MÉDITATION XXIV» EXERCICE De rhumilité dans nos rapports avec Dieu Premier point : L'esprit de soumission. Tout ce que j'ai médité m'a rendu sensible le contraste de nos demain je me mettrai situations respectives plus particulièrement en face des devoirs qui en résultent. Troisième point : L'esprit de reconL'esprit de religion. en faire ma vie. plonger dans ces vues. . . Ces devoirs embrassent toute la vie chrétienne. — naissance et de générosité. Je veux que le sentiment de l'humilité accompagne tout le mouvement de mon âme vers Dieu il passera dans mon obéissance pour la rendre profonde^ résolue et toute douce eà tion qui exaltera la Je veux me : . Mon but ne sera pas de les constater. mais plutôt de m'apprendre à les pénétrer d'humilité. L'humilité sera la lumière qui m'en fera saisir l'étendue l'onction qui m'en fera sentir les délicatesses l'admira- Préparation pour ce . — Deuxième point . . — J'ai vu ailleurs la veille. que je suis devant Dieu.

c'est ma grandeur. Demander la grâce de faire pénétrer l'inQuence de rhumilité dans mes rapports avec Dieu.) Soumission universelle: c'est le vaste champ de ses volontés et de ses désirs. — « Humilitas prœ- cipue consista in submissione hominis ad Deum. Méditation — Prélude. pour y substituer les déterminations divines. » (Saint Thomas. il se mêlera à mes actes de religion pout les maintenir dignes de Celui qu'on adore à genoux et sans cesse il me tiendra sous une impression très vive de reconnais. — — — L'humilité fait disparaître la volonté de la créature. sance et d'amour.253 TROISIÈME MEDITATION même temp-?. c'est le devoir. L'âme bien humble réalise donc la sublime demande: Que votre volonté se fasse en la terre comme au bons ciel. Soumission heureuse: c'est mon bien. en tant que principe indépendant de détermination. pour les perfectionner pratiquement. L'esprit de soumission. L'humilité consiste surtout dans la soumission de l'homme à Dieu. Soumission ferme et sans hésitation : c'est l'ordre des choses . Ce n'est pas elle qui dirait: Ah l : — . I. commandements Les lui paraissent sages et tout ce qui leur est opposé lui semble détestable.

elle gémit. mais ne dit jamais pourquoi ? ni comme elle de tous est les comme contre-temps. connus ou inconnus. Les conseils évangéliques la trouvent facilement décidée. . i'a voulu.254 QtJATRiÈMB SSMA. Docile à ces touchantes vérités. et. et disposés par tous ses attributs ensemble. naturelle — ! : c Dieu l'a — — . qu'elle étend ses soins paternels. Les tentations. elle n'attend qu'une indication d'en haut. elle ne comelle est douce à prend pas le murmure . et trace les sentiers de nos vies comme les routes des nations. pour les pratiquer à l'occasion. Sans doute elle souffre. bon » Voilà toute sa philosophie et elle est admirable. ont été prévus L'esprit de foi lui dit verne les . de notre existence même au moindre de nos cheveux enfin que tous les événements. Elle écoute le maître au-dedans d'elle-même. elle craint. elle les admire tous. Elle reconnaît sa parole à la paix qu'elle laisse. mais c'est son Dieu. même les plus inexpliquées. grands ou petits. si telle ! elle — que la Providence gouatomes comme les astres. même les plus importunes .INB chose n'était pas défendue Ce n'est pas qui distinguerait un péché plus ou moins grave. car elle n'en tolère pas le moindre. là aussi. Comment résisterait-elle à ses inspirations? Elle n'oublie pas cependant que le contrôle de ses attraits appartient au Directeur. elle est calme en face toutes les afflictions . les peines intérieures. la trouvent toujours soumise. qu'elle écoute. Ce Maître est Dieu est le maître. — — — La résignation lui Dieu permis.

c'est l'esprit de religion. L'humilité ressemble à une voix qni nous répète sans cesse Voyez combien vous êtes petit. est celui qui dirige l'évolution de ce vaste univers.. elle le produit de toute la force de son inclination propre. Quand cette pleine lumière s'est levée sur une vie. elle donne des proportions et des couleurs merveilleuses à tout ce qui concerne Dieu. On aura autant d'esprit de religion qu'on aura d'esprit d'humilité. remplit d'une respectueuse tendresse. confiante quand même et tou- jours plus humble.. C'est leur punition méritée. L'univers est un grand temple où l'on ne doit passer qu'avec recueillement. Quelle joie pour elle de s'écrier: Celui qm protège mes pas tremblants. L'esprit de religion. et ce sera leur remède!.. voyez combien Dieu est sublime. et l'église pauvre... Cet esprit de religion. pense-l-elle.TfcOISIEMK MÉDITATION certaines âmes sans humilité : 25î> ce n*6St pas juste ! Elle se rappelle ses fautes.. c'est-à-dire que Ton sentira davantage la distance qui sépare le néant de l'infini. ah dans les ! elle si yeux de son Père du pouvait lire ciel! — II. La vue d'une plante. Elle vit ainsi au milieu de ces ténèbres et de ces assauts. d'un petit nid d'oiseau. d'un insecte. et le nom seul de Dieu. Un des effets les plus remarquables de Vhumilité. l'âme humble le porte : — : — . son orgueil : — ses résistances. Tout est splendide et la nature.

. la messe! Que sera-ce à la sainte Table.. Cette impression se reconnaît à sa manière d'y prendre l'eau bénite. seul dans sa chambre. il le seuil sacré..QUATRIÈME SEMAINK 256 partout. les sermons. qui est l'objet spécial de la vertu de religion. se se considère comme un mendiant introduit dans le palais d'un roi. d'y marcher. Il ne se permettrait pas la moindre liberté de regard. jours rester à genoux.. — L'JBglise est le palais le trône où il où réside l'Eternel.. elle aime. Saint François de Sales. . et garde une posture modeste. de péché. Si la fatigue l'oblige à s'asseoir. n'est-il pas bien indigne d'être souffert là Que sera-ce durant les offices.. chaque pierre mérite une vénération émue. — le lieu consacré où mages . il en demande filialement à Dieu la — — — permission. qui occupe dans l'espace un point imperceptible. la voilà admise dans l'intimité de Celui qui est tout 1. L'humble. reçoit officiellement — nos hom- — l'autel où lui sont offerts tous les sa— Elle est encore lieu saint où ruissellent fonction des sacrements et la lumière de la parole divine. ! «lie adoré. l'esprit d'humilité les fait sentir. de s'y Il voudrait pouvoir touchoisir une place. se sent en présence de la Majesté di- vine et se comporte avec le même respect qu'en public. Quoil cette pauvre petite créature de néant. Elle s'étonne. le crifices. Arrivons au culte. la moindre distraction de pensée.. L'esprit de foi fait comprendre ces choses . en franchissant voit couvertde haillons..

— — . se penchant vers cette misérable créature pour la — III. Parfois. Se juger indigne de tout. les yeux au ciel contempler le Dieu infini. Mais bientôt occupés autour de ses dons.e sentir infirme. cependant. !• relever. ils se répandent sur tous les hommes et nous nous habituons à en jouir comme s'ils se produisaient d'eux-mêmes sans une pensée dirigeante. Les bienfaits particuliers ne réveillent pas toujours notre attention distraite. quelque faveur évidente nous les a fait ouvrir. n'est- ce pas donner au sentiment de la reconnaissance l'impression la plus vraie et le stimulant le plus puissant? or. I : OMILITé. c'est l'œuvre de l'humilité. la guérir. L'ingratitude tient peut-être plus à l'inattention et à l'oubli qu'au manque de cœur. l'homme tend naturelle- ment mais passe trop souvent sans nous enveloppent de toute part ils sont de tous les jours. . nous l'avons oublié lui-môme. se voir. partout et toujours. Placé en face de la bonté. Uesprit de reconnaissance et de èénérosité. puis. bon et maternel. r. et nous nous sommes écriés Que Dieu est bon 1. pauvre. Thuinble est incliné à traiter Dieu en Dieu. hélas restent fermés. l'enrichir et l'aimer.257 TâOISIKMl MEDITATION Ainsi. Les bienfaits divins : . il la voir.. Les rapports surnaturels de Dieu avec notre âme sont en quelque sorte continuels.. Nous ressemblons aux petits enfants vers elle . Les grâces spéciales ne sont point rares mais nos yeux. — 17.

. et je suis attentive l'objet de l'amour 1. rien ne rend la reconnaissance généJ'ai mérité reuse. L'important est donc de nous tenir dans la vérité tont entière. comme l'esprit d'humilité l'abandon et je suis l'objet d'une sollicitude J'ai mérité la haine. Ce contraste pourrait se prolonger indéfiniment. 2° Or. . ce sont là ses seuls ennemis.. source de : ces bienfaits. La légèreté d'esprit. 11 rappelle ce beau cantique des psaumes qui redit à chaque verset « Quoniam in œternum : ! — : misericordia ejus : il me faut l'éternité pour chanter toutes vos miséricordes ! » L'âme vraiment humble ne craint donc pas de regarder en elle les dons de Dieu et le Magnificat. autant elle est utile quand elle reste unie à sa contrepartie la vue de la bonté de Dieu.. qui s'échappe de ses lèvres. la louange surtout peuvent insidieusement entraîner l'âme hors de ce milieu namrel. qui s'harmonisent et 3° .QUATRIÈMB SEMAINE 258 qui se laissent combler de soins avec l'égoïsme de l'inconscience. procède de ces deux vues opposées. rien ne met en lumière les bienfaits de Dieu. l'attrait de la vaine complaisance. il a toute l'étendue de nos misères et toute celle de la miséricorde. se complètent. Autant la vue du bien qui est en nous est dangereuse quand elle demeure seule..

elle a l'esprit juste et raisonnable. — Troisième point : Deuxième point : Envers les infé- rieurs. hélas bien vite. En revanche. il n'y en a pas qui soit plus vertueuse. elle attendrit le cœur . — le prochain les supérieurs. seule. tout manque d'égards. comme celui cloute : ! de nos frères. tout égoïsme font sentir que l'humilité manque. Et pourtant. une humilité plus haute que l'humilité en face du prochain.le nôtre. Dieu nous a donné un signe auquel nous pouvons reconnaître que nous l'aimons c est : . Tout? dureté. — Il y a sans Préparation pour la veille. une âme bien humble est toujours douce et patiente.Quatrième Semaine QUATRIÈME MÉDITATION XXV* EXERCICE De rhumilité de nos rapports envers Premier point : Envers Envers les égaux. car celle-ci a des limites. c'est elle qui est le soutien le plus solide de notre vertu : seule. s'il est permis de s'exprimer ainsi elle coûte habituellement. révolte parfois et se dément. seule.

Demander la grâce de comprendre ces devoirs jusque dans leur perfection. pourvu que l'on ait la foi mais être humble envers le prochain. double sentiment de la grandeur de Dieu et de sa propre bassesse. A cette pierre de touche on reconnaît la véri. rayonnant sur toute leur personne. et de détermicette méditaner des résolutions très spéciales. car nous verrons et nous respecterons en eux 1 empreinte de la divine majesté. insupportable peut-être. réellement humbles par rapport à Dieu.QUATRIÈME SEMAINE 260 Tamour envers ceux qui nous inspireraient naturellement de rindifTérence ou de l'aversion. table vertu d'humilité. Envers les supérieurs. nous aveuglera quant à leurs misères individuelles. Ce caractère sacré de représentants de Dieu. tion ayant un caractère éminemment pratique. toute notre conduite envers eux sera pénétrée par l'esprit de soumission intérieure et filiale. Il en est de même pour Thumilité. nous n'arrêterons plus notre pensée aux défauts qui nous rendraient leur supériorité pénible. Méditation — Prélude. selon les vues humaines. quel qu'il soit. nous le serons aussi à l'égard de nos supérieurs. c'est presque héroïque. c'est facile. — — Si nous sommes I. le . S'humilier devant Dieu. ne se met avec personne II. — L'âme qui vit dans Envers les égaux.

dit l'auteur de V Imitation. pour elle. à déférer aux autres. elle est toujours prédisposée à céder le pas. des talents. et c'est du fond du cœur qu'elle honore leur supériorité relative. à leurs goûts. s'ils réalisaient le souhait de saint Paul « In humilîtate. «Ne comptez pas avoir fait le moindre progrès que vous ne vous sentirez pas au-dessous de tous ». des qualités.QUATRIEME MÉDITATION 261 sur le pied de l'égalité . S'il lui faut exercer de la part de Dieu quelque autotant . des supérieurs. les égaux sont toujours. fussent animés de cet esprit! Quelle parfaite union. quelle délicate charité régnerait entre eux. Celui qui se considère dans la lumière de la vérité ne s'attribue aucune supériorité personnelle sur le prochain. Pratiquez cette humilité qui fait que chacun regarde les autres comme : ses supérieurs. à leur volonté. modestement. Elle aime la dernière place parmi ses égaux et ne manque jamais de bonnes raisons pour s'en emparer. Bien loin de rivaliser avec personne. superiores sibi invicem arbitrantes. des mérites. en ce sens. par quelque côté. qui sont autant de titres à ses respects et dont elle s'autorise pour s'effacer les tuels. Plût à Dieu que tous les hommes. à se ranger à leur jugement. dans leurs rapports mutuels. Son instinct est merveilleux pour découvrir dans égaux des avantages naturels ou spiridevant lesquels elle se plaît à s'incliner intérieurement. il estime qu'il n'a pas d'inférieurs. Envers les inférieurs. » — III.

— de l'admiration. la simplicité et la modestie mettent les cœurs à l'aise. Oh! si nous étions vraiment humbles. que nous aurions de puissance sur les âmesl La grandeur peut inspirer de la crainte. car ils ne peuvent s'empêcher d'y reconnaître l'image vivante de Celui qui fut l'humilité et la — douceur mêmes. Nota. il se fait le serviteur de tous. son dévouement et sa douceur. en la leur demandant au nom du bon Dieu. il s'agenouille en esprit à leurs pieds. » met à la place de ses subordonnés. les subjuguent.262 QUATRIÈMK SXMAIlfl rite. rhumble'n'oublie pas son néant. 11 cherche à obtenir une obéissance spontanée. il leur rend les services de sa charge. est le Il se pour y compatir et les alléger. « Que celui qui il vées. A la cinquième semame nous retrouvofOBs l'amour du prochain dans une va« plut vaste. Jamais il ne leur fait de reproches publics. les talents. pour comprendre leurs difficultés et leurs peines. rien d'exigeant dans sa manière de commander. C'est par indociles. il ne le perd pas de vue un seul instant. . ni même qui puissent offenser leur une douce et invincible patience qu'il tâche de prévaloir sur les privés. susceptibilité. Par sa sollicitude. y plus grand se fasse votre serviteur. Quand remplit avec joie les fonctions les moins releil s'abaisse intérieurement devant eux. Rien d'impérieux ni de dur. à l'exemple du divin Maître « qui n'est pas venu pour être servi mais bien pour se faire serviteur ». les attirent.

Nous imprégner d'humilité. dit saint François de Sales. moins .Elle est pourtant à mieux qu« tout autre. — « Les actes extéPréparation pour la veille. mais cependant ils lui sont très utiles. ils sont l'écorce de cette vertu.Quatrième Semaine CINQUIEME MEDITATION XXVr EXERCICE De la culture de Thumilité par l'extérieur point : — Deuxième : Nous entourer d'humilité. rieurs de l'humilité.. Peut-être jusqu'ici ai-je regardé avec dédain ou du moins avec indifférence cette sorte d'ac- — tion formatrice. une répercussion qui favorise son développemenL II semble que les choses entrent en nous par les sens et y déposent leur genre d'impression. Troisième point Premier point — : Exhaler l'humilité. ne sont pas Thumilité. » Les esprits superficiels ne se rendent pas assez compte de l'influence qu'exerce le physique sur l'humilité peut trouver dans les prale moral . ils en conservent le fruit. et «11* ma o est p»^ U portée. tiques extérieures qu'elle commande.

aussi modestes nelle. Un logement personnel pauvre. pauvre. de préféque possible. L'acte bon ou mauvais dépend de notre Tolonté. se trouve néanmoins le maître de la direction. Méditation — Demander la grâce de m'attacher à Prélude.. Et puis. si elle est réelle? ou plutôt n'est-il pas permis de suspecter. rence les moins riches. toutes ces indigences agissent sur nos impressions et nous inclinent à l'humilité. comme bien peu active. Pour notre société. font — — le contraire. Une attitude maintenue humble avec persistance peut conduire bien loin dans la vertu. mais rim- — . une vertu qui ne pousserait pas son mouvement jusqu'à ses dépendances naturelles? Tout principe vivant crée l'harmonie. quelque pratique spéciale d'un usage fréquent. — Logement I. des habits de dessous très pauvres et très raccommodés. des habits relativement riches.QUATRIÂMS SBMAINI 264 puissante. Nous entourer d'humilité. Le gouvernail qui n*est dans le navire qu'une pièce de peu d'étendue. Un logement riche. etc».. un extérieur dépourvu d'humilité ne serait-il pas en contradiction avec la vertu intérieure. Ces effets se produisent d'eux-mêmes et sans que l'on s'y puisse opposer. surtout la partie qui nous est personVêtements modestes. etc. les moins haut placés.

D'ailleurs. Elle est même un acte positif de cette vertu. lui aussi. puisqu'elle agit sous ses ordres. Mettons souvent sur nos lèvres ces simples paroles : « Dieu. croissemenis. Une prudente contrainte qui modère et la vivacité des mouvements. cette vertu saintement envahissante sent grandir son ambition. de l'aimer.. . Notre extérieur... de nous répéter que cela nous convient à merveille. Là. communique à l'âme le sentiment de l'humilité...ciNoniiMK m^oitàhon 26S — pression dépend des choses. il paiera son tribut à l'humilité intérieure. de nous en faire heureux. faites passer en mon cœur l'humilité de ces choses i m — — II. et la liberté des regards. pour rendre son influence lation entre le ... et l'aisance peu mortifiée de la tenue.. Nous imprégner d'humilité. deviendra sa conquête il recevra sa il subira son loi empreinte il sera tout imprégné de ses suaves attraits. s'applique le principe de corré- physique et le moral. et le ton dominateur de la voix. A son tour. en lui procurant de nouveaux ac. Il est donc sage de s'entourer de tout ce aui entretient des impressions d'humilité. Pourquoi également ne pas faire produire à cette cause tout ce qu'elle contient virtuellement? Ayons donc soin d'arrêter souvent nos yeux sur ce qui est pauvre autour de nous..... . à la vue des heureuses influences dont elle profite. que nous n'en méritons pas tant. Ayant établi son choix sur les objets qui nous entourent. en effet.

s'exhale tout naturellement par l'attitude. quelle puissance pour notre action sur les âmesl. Cette vertu va du cœur. on peut y joindre son motif explije n'ai pas le droit de me donner tant de cite : — La puissance de Texercice s'ajoute à celle de l'impression. car — .. prégné d'un parfum l'exhale autour de lui une humilité qui pénètre le cœur et l'extérieur. mélange de candeur. Se faire une physionomie douce et humble. les . Puissé-je n'en pas faire un seul acte au dehors 1 sans en attirer au dedans le parfum ! — Un vêtement imIIÏ. de déférence Point d'affectation sa tenue. — actes et les paroles. Voyez cette personne humble. L'image de cette vertu liberté! donc ici — : attire instinctivement. Une personne bien humble a un extérieur particulier.. où elle réside. quelle édification autour de nous. on pourrait dire : elle y rayonne. o'«Bt par lageMë tt charité* elle jette . avec les témoignages du respect.. ses regards. sa démarche. et d'amabilité. à Elle y passe l'extérieur qu'elle gouverne. elle ne saurait s'en départir jamais. elle y vit. le ton de sa voix. et la physionomie résume dans son expression cet harmonieux ensemble.. et si elle en varie la forme et l'atténue. autour d'elle un éclat touchant.. quel secours pour nous.QUATRIÈIIK SKMAINI 266 plus décisive. Elle aborde ses frères.. Exhaler l'humilité. Ah puissé-je m'imprégner ainsi d'humilité !. tout est empreint d'humilité. même les moindres.

cice. s'efîaçant le plus qu'elle peut. voilà ce qu'elle fait de la façon la plus naturelle. Je veux tout vous le ju»qu'au fîioir^rë d* me» Boufirt». chaque contestation évitée. Mais comme la vertu progresse à la faveur de Elle s'y cache . je veux que tout en aussi que prouve.. chaque silence gardé. ! donnez-moi ce que je ne saurais moi-même!..... — me donnera mon Dieu. mes dé- de paraître.. mes contestations.267 GINQUIÈMB MÉDITATION Choisir ce qu'il y a de moindre... mes manques sirs d'égards. elle est celle qui s'en doute le moins. tout.. et ces constants abaissements Elle s'en fait un saint exerc'est beaucoup. elle n'aura point brillé dans une société. paraître contente de tout et de tous. et pourtant. . Dieu permet souvent que ceux qui en jouissent. moi me serve à devenir humble. et de tous. ont augmenté la force de l'habitude et aux autres. ne songent point à la petite violette cachée qui le donne . hélas! et mes tristesses aussi! Jésus si doux etsi aimable par cette vertu.. et c'est davantage. On a respiré près d'elle un parfum si vrai qu'on le remarque à peine. c'est l'orgueil que respirent trop souvent mes paroles. chose merveilleuse. Seigneur. — 1 — — le contentement de Dieu... elle aura répandu je ne sais quel charme. chaque respect manifesté. Ne parlant point d'elle-même. jusqu'au son de ma voix» Résolution. mes empressements. et si profond qu'on en est pénétré. céder le pas les laisser diriger la conversation.

— pour /a ve/7/e. monde renversé un miracle seul pour. tranformer ainsi! du milieu de vos — Et cependant. si le bien le permet! Ah! ce que c'est — serait le rait me Jésus.Quatrième Semaine SIXIÈME MÉDITATION XXVII* EXERCICE De Tamour du mépris — Premier point : Nature de ce sentiment. Quatrième — point Sa : — justification. le Ne vous ai-je pas deplus près possible ? — — laisserai-je où vous — comme le vôtre ? Vous marcher seul vers des abaissements mandé un cœur allez à fait ma place? . Ses mobiles. m'écrier devant l'humiliation rigueurs PrépsLration cette méditation 1 : bon! et remercier en quelque sorte les créatures par qui elle me vient! Moi la choisir de préférence. peut-être m'appelez-vous à en partager l'amertume et Ne vous ai-je pas dit mille fois /'honneur? que je voulais être toujours près de vous. moi qui ne sais pas même en accepter les inévitables Moi. Deuxième point : Troisième point : Sa culture. Aborderai-je qui semble si peu faite pour ma vertu! M'élever à l'amour du mépris. ô abjections.

elles ne laissent pas néanmoins d'exercer sur nous une action profonde. : Méditation — Prélude. d'admirer ce que je ne puis encore atteindre et d'en concevoir du moins le sincère désir. des aspirations qu'elles soulèvent. Il suppose assurément des vues de foi très élevées et une courageuse logique. des essais qu'elles déterminent: la conscience du vrai s'élève. de toute sa puissance. Il émeut nos plus nobles ma pensée? Certaines âmes resteront peut-être stationnaires dans les voies de l'humilité. jusqu'au jour où cette vertu leur aura révélé son facultés. — !• Le mépris sinI. Demander la grâce de me dégager du sens 'humain. Ce sont des idées qu'elles font naître. et tend. Les considérations qui vont suivre sont formatrices elles ont beau s'élancer çà et là.269 SIXIÈMB HÉDITATIOIf Pourquoi du moins refuserais-je d'y conduire La sereine contemplation i'une haute humilité fera surgir en moi des regrets sans doute. . mais son e£fort s'arrête à une conviction pour ainsi dire . mais aussi des élans. Quoi de plus impulsif que le beau. Nature de ce sentiment. à élever avec elle la vie pratique.dans la région ardue des conseils et parcourir des hauteurs que notre pied n'atteindra jamais. il ne l'amène pas à ses dernières limites. cère de soi porte déjà bien loin l'humililé mais par lui-même. idéal.

mais elle . L'idée. il faut que la vertu dU passé. spectateur de qui sort de notre le seul et l'aveu bouche ne retentit qu'à nos oreilles. il est naturellement sa preuve la plus certaine.270 QUATRIÈMI SEMAINI platonique notrft : nous restons bassesse. si des bouillonnements malgré l'acceptation. mais à sa Si la révolte s'élèvent seule imperfection l'inclination vertueuse n'est pas assez profondément entrée dans la nature : pour en transformer les impressions . deux blessures à : : ! — : : — — subir à la fois. gronde. on ne peut s'assurer d'une humilité complète qu'au contact du mépris des autres. et. il faut en conclure. dans notre sang. Puisque cet amour étrange est l'acte suprême de l'humilité. pour que nous aimions un tel sacrifice. L'amour^u mépris va plus avant il désire le mépris au grand jour. toutes nos fibres sont atteintes. c'est le nuage qui se balança paisiblement dans les hauteurs le fait. l'amour du mépris immole en outre le désir de l'estime des autres. Là seulement toute notre vie d'orgueil est en éveil. cette tendance si sensible. Ce sont deux ennemis à combattre. le mépris qui se lit sur le visage des autres Ce n'est plus en face de nous seuls que nous nous abaissons Nous passons de l'ordre de l'idée vague à l'ordre du fait positif. c'est l'orage qui fond sur notre tête et nous rudoie. On a beau s'enfoncer dans le mépris de soi. pour ainsi dire. non à l'absence de l'humilité. Le mépris de soi n'atteint qu'une des deux tendances qui forment notre fonds d'orgueil l'estime personnelle.

Que cette paix se sente pénétrée d'une intime douceur. De tels effets supposent une inclination d'une entière puissance toute l'âme lui appartient jusque dans les profondeurs insondables de la sensibilité. transformant en amour ses amertumes. elle se complaît dans les abaissements qu'elle lui apporte. dans l'intensité de l'inclination et enfin dans l'animent. la paix s'étend imperturbable. elle peut du moins. rélévation des sentiments qui . elle l'embrasse comme une amie. les désavouer. rien de violent ne se soulève dans la nature pour réagir contre l'humiliation. Elle va au devant de l'humiliation. l'acte le suit. Si. qu'elle retentisse d'accents de joie la vertu est parfaite. jusqu'à ces mouvements instinctifs qui n'obéissent qu'à une longue habitude. et sous ce règne. la vertu a étac'est que la nature est domptée bli fortement son règne. L'acte aura cet avanle tage de porter avec lui la preuve. 2° Certains auteurs veulent distinguer deux degrés dans cette humilité. mais le désir peut contenir déjà autant de perfection que l'acte. Un certain trouble est inséparable de cet état encore imparfait. Cette mesure se trouve tout entière dans la solidité de l'habitude. si elle est sincère. Ils confondent ici degré et priorité : désir naturellement vient le premier. Le premier serait le désir du mépris et le second son acceptation : : : réelle.sixiÈMi hAditation 271 est assez maîtresse de la volonté pour les vaincre . mais la preure d'un sentiment n'est pas sa mesure. au contraire.

il vous reste de les désirer. la vertu a besoin de rassembler toutes ses forces. et se termine par une victoire plus belle et plus d^rJsiv*» . . nous venons de le voir mais. Le monde intérieur est si vaste. si lé désir a sur le fait cet avantage de pouvoir se renouveler plus souvent. aussi beaux. Le fait et le désir s'équivalent dans l'ordre de la vertu. par l'intensité d'action qu'elle réclame. or. à âmes saintes à qui sont épargnées les humiliations réelles. mais rappelezvous que ce Dieu lit dans les cœurs et qu'à ses yeux les désirs sont de vrais actes aussi vivants. tournez vos espérances vers le désir. aussi transformateurs que ceux du dehors. cet agent créateur de tant de merveilles. si vous le voulez. la vie qui l'anime est SI intense. La réalité saisit jusqu'à nos sens et s'impose à notre âme d'une façon violente. aux victimes qui montrent àleurDieu ce témoignage extérieur de leur abnégation complète. la lutte se présente plus animée. Contre un tel assaut. aussi méritoires. dont tout le coloris brille pour lui seul. le fait a. ils ont l'avantage de pouvoir être plus nombreux.272 ouàTriémb semaine Rassurez-vous donc. Par là vous pourrez atteindre tous les sommets. Portez envie. et qu'enfin. celui de provoquer une réaction plus vigoureuse. de son côté. cette image plus parlante de son Fils. et dont tous les parfums lui sont réservés. et faites-en le principe d'une vie intérieure toujours plus active. sont I . les prodiges qui le remplissent si étonnants C'est le jardin secret où Dieu prend ses délices c'est une efflorescence printanière. plus imposante. vous qui comprenez et qui sentez ces choses.

Il naît le plus souvent de l'amour divin et. on a peine à concevoir une telle rigueur contre soi-même. sans un grand amour. L'humiliation lui sert de refuge. je dois aimer qu'on me méprise Une grande sincérité. la plupart des fidèles arrivent à l'amour du mépris par l'amour tout simple du divin Sauveur. je mérite d'être méprisé.SIXIEME MEDITATION 273 — II. Qu'une âme aimante s'attache à ses pas qu'elle se donne à Lui pour le suivre partout où il va. l'amour admire la beauté divine et. . il rougit tellement de ses propres misères qu'il lier : — voudrait s'enfuir et se cacher. HUMILITÉ. De ce bas lieu il lui semble voir les grandeurs divines s'harmoniser avec sa pe- aimer de lui Sans être étrangers à ces sentiments. Mobiles de ce sentiment. qu'elle l'aime assez pour ne pas accepter qu'il titesse et se laisser ! 3° . 1« L'amour du mépris peut résulter d'uue vue très pénétrante de notre raisère et surtout du souvenir très douloureux de nos fautes. Le sentiment du vrai éveille ici le sentiment du juste Je suis méprisable. une grande noblesse d'âme peuvent déterminer cette disposition. — 18 . Il s'y joint ordinairement l'ambition de se réhabiliter et de réparer l'humiliation sera ma rançon et je la veux entière! 2° Il est rare cependant que l'amour du mé: — — I : pris ait cette seule origine. Tous les motifs d'amour portent à s'humil'amour ne peut prendre son parti d'avoir blessé son Dieu et il en éprouve une telle souffrance que l'humiliation vengeresse lui devient un soulagement. de fait. face à face avec ses splendeurs.

Or la grâce. dans votre soif douloureuse. perspective infiniment douce A l'heure où devant les pires outrages Jésus appelait à lui l'amitié des apôtres et le secours des anges. ces humiliations de ma pauvre vie. Le silence que je garde et qui me : gardé. puisqu'elles vous sont offertes et que vous les avez acceptées. jusqu'à la trahison!. J'étais l'une d'elle. offrant à vos lèvres desséchées le calice réconfortant de mes propres humiliations aimées pour vous. I ! . ô Jésus. en empruntant à l'amitié sa noblesse. je ne les désirerais pas ces occasions bénies qui m'ont rendu présent à votre Calvaire Certes! elles sont vôtres.. je la veux. il voyait. ses ingénieuses ressources. résultent de dispositions que ne crée pas la nature. prendre sa place et se sente prête à tout. mais elles sont vôtres à un titre plus mtime encore. vous avez daigné le boire en m'envoyant de ce lointain. sa constance forte comme la mort. sa chaleur.. elles relèvent essentiellement de la grâce. Jésus est dans l'humiliation et je m'y jette. sa domination triomphante. Gomme lui.. ô Jésus.. accourir du lointain une troupe merveilleuse d'âmes consolatrices. laisse. par sa prescience. avec lui je m'y complais. ce désir qui les invite. ô Jésus. Cette résignation qui les accueille. et. un « merci » de vos lèvres blémies. pour lui épargner un affront ou pour l'ei» consoler voilà une humilité qui se surpasse elle-même. Et je ne les accueillerais pas..274 QUATRIÈME SXMAINB souffre seul une seule humiliation qu'elle désire . u'est-elle pas le mouvement intime de vot^--» condamne. l'ingratitude qui me délui. il il l'a Ta subie..

II . soyez béni de ce que vous les avez révélés aux petits et aux humbles. Esprit saint. je vous prête ma volonté. ne comprenez pas de tels sentiments. — — vous qui i® III. t. pour que je palpite des sentiments qui animaient votre passé et que vous venez vous-même. que tout le cœur s'y porte.. grandi à ce point que je prolonge et que j'accroisse votre vie I. Voir : Pratique progrettive de la Confettion. Fie de Jituê en noue.. donnez-moi l'intelligence complète de ces grandes choses. mon cœur et vous vous en servez comme vous vous serviez sur terre de votre volonté et de votre propre cœur. Ce que vous faisiez alors par vous-même. ô Jésus méprisé. être infime. et de me voir moi. un mépris. c'est-à-dire audessus de notre portée et que Dieu seul les enseigne. remplissezmoi de l'amour qui leur ouvre les bras! Unissez-moi bien à vous. tandis que vous les tenez cachés à la superbe. Culture de ce sentiment. c'est par moi que vous continuez à le faire divinement! Qu'y a-t-il en effet de plus divin que ce ravissant mélange de nos deux vies! Quelle n'est pas aussi ma joie de vous enrichir de quelques humiliations dont vous ne souffrez pas. rappelezvous qu'ils sont surnaturels.275 SIXIÈME MéDITATlON action*? Quand j'aime un abaissement. à cette heure. le mépris transformé devient si aimable. c'est donc vous qui l'aimez par moi. faire vibrer en moi. Père. qui 1. s'y complaît et s'y perd. Dans j'éblouissement de ces révélations.

mais votre taille n'a pas atteint sa croissance dernière! Trop difficile pour vos forces présentes? C'est encore vrai.t16 ÛUAtRièHB SEMAiNft croit qu'en ses propres lumières. supprime toute impossibilité. ce n'est pas assez. et que l'action de Dieu. partez avec une espérance certaine. on entre dans une région plus lumineuse. petits et humbles devant Dieu. commencez par accepter d'un cœur plus ami ne *es humiliations que vous ne pouvez éviter cherchez pas de moyens extrêmes pour vous les épargner. les forces peuvent s'accroître d'une façon merveilleuse .. graduez votre marche. le mystère de l'humilui . Si. mais ne savez-vous que. : . écartez tout dépit. soyez doux pour ceux qui vous ont humiliés. petits et humbles surtout devant les personnes qui nous entourent. par l'exercice. à cette heure.. ne dites pas : c'est trop haut. un idéal qui attire en haut. qui admirez ces nobles dispositions sans y prétendre. une chaleur qui développe l'énergie. commandezvous de dire à Dieu parfois merci . Ah faisons-nous petits et humbles dans la mesure de notre grâce. s'unissant à la nôtre. c'est trop difficile!. vous sentez une lueur matinale se lever sur votre ciel. L'admiration doit être un principe de mouvement qui soulève le désir. c'est vrai . du moins priez pour eux! A mesure qu'on s'élève. Trop haut pour votre taille actuelle. Céderez-vous à cette lâcheté si humaine qui croit faire assez pour la vertu en — rendant hommage? Non. 2* Et vous. âmes timides. ce sera le premier pas vers ne 1 ces hauteurs.

— IV. mais l'attendre avec un secret désir. mais plus puissante encore. peut être — quand un amour aussi parfait. prête au premier signal. entièrelivrée à ses courte. C'est l'attente filiale dont saint François de Sales fait un si digne délicate réserve. mais les dogmes de la foi viennent étendre ses vues sans mesure. paternellement. ces conclusions Qouvellos apportent un idé^l nouveau.277 SIXIKMS MÉDITATION liation secrets. Ici se présente. L'amour qui ambitionne de suivre Jésus jusque-là. La raison est son champ naturel est étroitement limité. égal. Or. que dis-je. D'autre part. Toute la générosité de l'âme semble alors se ramasser sur elle-même. à la raison elle-même? Contraire à nos sentiments? Evidemment. si A la raison la est seules ressources. Au sentiment des hommes? raison? Eh bien! oui encore. laisse à Jésus le soin de la départir à éloge. laisse deviner une invisible quelque chose de ses main toute-puissdnte fait franchir les obstacles et au besoin relève des chutes. 3° Appeler Thumiliation ne contredit pas la défiance de soi-même. ne point l'appeler. compte avant tout sur sa grâce. par une nous son gré. à l'universel sentiment des hommes. une objection déjà soulevée et sommairement résolue : un tel sentiment n'est-il pas contraire à tous nos instincts personnels. C'est vrai. . notre raison mieux informée tire des conclusions nouvelles. A leur clarté supérieure. Justification de ce sentiment.

Thumilité chrétienne est déjà une vertu surnaturelle. Résolution...278 odatriAmb sbmainb ment étranger à la nature humaine. la pleine liberté de ses initiatives.. par cet essor vers l'amour du mépris. elle devient dans le surnaturel une vertu éminente qui n'est que de conseil. amour le ! . premier principe de nos actes. S'offrir. mais seule elle nous établit dans les conditions parfaites qui laissent à Dieu.. Par ses exigences essentielles. — S'humilier de se voir si loin de Chercher dans un plus grand sens qui comprend et qui goûte cette voie.

nos torts mis en lumière.ÉCLAIRCISSEMENTS Sur Tamour de la propre abjection Saint François de Sales a traité ce sujet avec son habituelle sagesse. de vertu. d'intelligence. et le même acte sera une abjection ou un sujet de gloire. c'est de formuler la doctrine de notre grand saint d'une façon plus rigoureusement méthodique. nos fautes et particulièrement nos re: — — — : chutes. de position.. dit saint François de Sales. selon les cas.. un bon et dévotieux ermite tout déchiré et pénétré de froid. L'abjection extérieure. : ! I. nos insuccès notoires. de relations. si nous n'avions bien des fois subi cette question enfin que faut-il entendre par l'amour de sa propre abjection?. soit surtout aux yeux des autres nos infériorités de tout genre. remarquez-le bien.. Une chose n'est humiliante que parce qu'elle est jugée telle. de savoir. et nous nous serions contenté de renvoyer à ses pages lumineuses. chacun . c'est tout ce qui nous rabaisse soit à nos propres yeux. est moins dans le fait que dans l'opinion. surtout ceux qui sont apparents. « Voyez. Une abjection. Tout ce que nous pouvons faire ici. nos concessions lâches.. Demandons-nous d'abord ce que c'est qu'une abjection. dans un ordre plus intime nos tentations basses. Nos défauts. de fortune. d'avantages extérieurs.

inadvertances e( . on les méprise. « Il y a des vertus abjectes et des vertus honorables la patience. la générosité et la libéralité. la simplicité. mais. mais elle demande qu'on ne s'en inquiète point quand on les a commises. une autre l'a au visage celle-là n'a que le mal. l'humilité sont des vertus qui passent pour viles et abjectes aux yeux du monde. la douceur. on appelle cela bassesse d'esprit et lâcheté. Il se trouve encore dans la pratique d'une même vertu des actes dont les uns sont méprisés. mais celle-ci aie mépris et l'abjection avec le mal. si une personne du monde en souffre autant de quelqu'un pour l'amour de Dieu. Un religieux reçoit en silence une correction fort vive de son supérieur. on en reçoit de la confusion. une pauvre demoiselle paraissent en cet état.280 QUATRIÈMB SEMAINI honore son habit et plaint sa peine. Une personne a un cancer au bras. : : Certains accidents couvrent de honte. et outre le mal qu'on fait. » . les autres honorés donner l'aumône et pardonner à ses ennemis sont deux actes de charité. mais si un pauvre artisan. on appelle cela obéissance et sagesse. au lieu que le second est presque universellement dédaigné. telles sont certaines impolitesses. ou bien un enfant de son père. on se moque d'eux et la même pauvreté est abjecte en leur personne. « tombe dans la rue. l'humilité n'exige pas qu'on les commette à dessein. il n'est personne qui ne loue la première. au lieu qu'il estime beaucoup le savoir-faire. » On se « Il y a même des fautes qui ne sont suivies d'aucun autre mal que de la seule abjection.

mais à l'aimer et à nous y complaire en vue de la gloire que nous devons rendre à Dieu et de Yestime que nous devons accorder & notr9 elle . parce qu'elle écarte les préjugés de l'orgueil. si je me suis laissé aî>r. » II. j'accepterai l'abjection qui peut m'en revenir. en même temps. c'est l'amour de l'abjection en tant que chose juste et bonne' Seule l'humilité la fait envisager de cette sorte. Certainement. Je dis bien plus. la sainte humilité veut que nous en acceptions toute l'abjection. « L'humilité est la véritable connaissance que nous avons de notre abjection et la disposition qui nous porte à la reconnaître volontairement en nous. tîC. à dire des paroles piquantes ou peu convenables. Qu'est-ce que V amour de l'abjection? Ce ne peut être assurément l'amour de l'abjection pour elle-même « ce serait bassesse d'esprit ou lâcheté de cœur ». parce qu'elle est vertu. la prudence et la civilité veulent que nous les évitions autant que nous le pouvons. mais. mais. donne l'inclination vers ce qui rabaisse justement. et si l'on pouvait séparer l'un de l'autre. quand elles nous ont échappé. 281 autres défauts. par colère ou par quelque autre motif. aussitôt je me le reprocherai vivement.ÉGLAIRCISSKMKNT9. la perfection de f humilité consiste non seulement à reconnaître notre abjection. je regretterais le péché avec indignation et je conserverais l'abjection dans mon cœur avec une humble patience. j'en concevrai un vrai repentir et je réparerai la faute de mon mieux. seule . Or.

— : — . » (Saint François de Sales. dans ce plan de sagesse et de bonté. elle le sait d'avance admirablement beau et paternel. l'humiliation acceptée jouit d'une plus haute origine elle vient de Dieu. on voit plus ostensiblement la générosité qui les recherche. Mais l'on ne songe pas que la générosité qui les accueille peut être égale. qu'on entre ainsi dans le plan de Dieu. Pourquoi l'humilité affecîionne-t-elle par- ticulièrement l'abjection qu'amènent les circonstances? Pour cette raison élevée et trop peu considérée.QUATRIËMB SEMAINI 282 prochain sur nous-mêmes. puisqu'elle est choisie par rinfaillible sagesse. si l'amour est égal de part et d'autre. Tel n'est pas le jugement des hommes qui réservent leur estime pour les humiliations que l'on s'impose librement. L'erreur vient de ce que. Elle prête une moindre prise à l'amour-propre. parce qu'elle se cache sous le voile de la nécessité. Une humilité haute et sereine trouve une immense joie à se voir introduite ainsi dans le plan de Dieu et sans être initiée à ses vues lointaines. dans ces dernières. Elle offre des garanties plus sûres. préférable à celui de notre choix.) III. Or.

par ses abaissements extérieurs. précautions diverses. mais elle es'. Deuxième point : De notre correspondance à ce soiu — divin. nous allons étudier la principale raison. autre pauvre chose encore. elle contrebalance. — Sous ce titre Préparation pour la veille. qui réveillent son : . et.Quatrième Semaine SEPTIEME MEDITATION XXVIII® EXERCICE Précautions diverses Premier point : Du soin que Dieu prend de notre humilité. elle dissipe ces fumées d'amour-propre qui s'élèvent naturellement dans notre fond d'orgueil. aux yeux des hommes. k . il faut des blessures sensibles. l'admiration toujours dangereuse dont ils en"^ tourent la vertu.d'être de l'amour de la propre abjection nous verrons pourquoi la Providence lui fait une si large place dans son plan sur les plus belles âmes : l'abjection est pour leur humilité un préservatif et un remède. en même temps. A nature humaine sujette à s'endormir. Elle est un préservatif. elle est un stimulant.

Sont-elles parfaites? peuvent être méconnues. I. il est vrai. (\\ie vo'4s êtes boi^ 4ftns votre sagesse mon I . Ce bienfait. Sous ces coups. elles peuvent nous attirer la malveillance et l'envie. — L'humilité nous est tellement nécessaire que Dieu permet l'humiliation en tout et partout. par le profond détachement opère. 1° Nos qualités sont accompagnées de défauts. Désormais la route aérienne des hauteurs est ouverte à son essor. mais ce qui lui est sement est elle propre. et. d'ordinaire. Du soin que Dieu prend de notre humilité. tient le cœur attendri à l'égard de Dieu et particulièrement doux au prochain. Demander la grâce de sentir Dieu et sa bonté dans tout ce qui m'humilie. c'est l'impression d'abaisCette impression. le besoin de Dieu devient plus vif et la prière plus intense. Ajoutons que. 4^ Méditation — Prélude.quàtribmb sbmaini 284 ardeur comme fait Téperon aux flancs du coursier. qu'il . lui est commun avec la douleur. ces défauts sortent de — elles mêmes. Elle donne à la physionomie elle-même ce quelque chose de déférant et de bon. qui est le reflet de la véritable humilité.. profonde et paisible. ces qualités Pieu. quand qu'elle laisse.. l'amour de l'abjection donne à l'âme sa liberté complète il est le coup d'aile tout puissant qui affranchit de la loi d'attraction vers la terre.

contrecarré... pourquoi? « Mon enfant. Dans leur détresse. merci 5" Mais pourquoi ces tentations qui menacent la vie même de mon âme ?.. mon Dieu. pleine d'humiliations aussi. que tu : — — : ne peux connaissance expérimendes années de consolations..... que vous êtes bon dans — I votre sagesse 3» Parfois I ce que nous taisons de meilleur se trouve discuté. du moins 1 . constate que tu n'es rien. table rien. dégoût pour toutes choses.. non c'est pour mon bien !. que je ne vous offense jamais Il faut tout Père.. Parfois l'imprudence et la maladresse la font dévier. Lasse de toi. » — cela pour te faire humble. Pourquoi ces ignominieuses images que repousse ma volonté. Tel est le partage de plusieurs âmes aimées de Dieu.. Pourquoi ces bas calculs que je ne veux pas ?. elles s'écrient Pourquoi..StPTIBMI 285 illÉDItAtlOff "Il 2» Nous roulons perfection s'attache le bien.. mais que savoure ma nature?.... gesse 4» que vous êtes bon dans votre sa- î Notre vie intérieure. détruit.. encore et toujours... ô Père.. Plonge tes racines dans les profondeurs de ton néant. mais souvent Timà cette volonté pour la — rendre empressée ou découragée. elle est froideur et sécheresse dans nos prières.. ô mon Dieu. Cette — vaut — — ! — « Virtus in infirmitate perficitur. » Merci. regarde-moi davantage. L'insuccès nous en est imputé. Nous aurions grande envie de nous irriter contre nous-mêmes? Non... abattement dans nos travaux. insensibilité désespérante. ô Père...

nous nous proposerons fortement de correspondre à cette action de la sagesse divine. cette grâce sera perdue. — Aimer aimer vraiment l'humilité substantiellement... il hélas ! 1 faut grand !. pour cette grâce sévère. ô mon Dieu.OOATRIÈMK 8EMAINÏ 286 II faut parfois bien davandes fautes. — Pourquoi. pourquoi ? pour guérir l'aveugle.. faites que je sois humble dans ce remède extrême — Jésus.. Prenons garde auxruses de rameur-propre. Après ces considérations. l'abjection... nous. L'orgueil ne se guérit guère que par l'humiliation à certains aveuglements. 1® Notre premier devoir sera de la reconnaître.. n'en suis pas impressionné.. Merci. tombons. tant notre orgueil est Dieu à regret retire son bras... Mais. ô Père... 2» Efforçons-nous d'aimer ràbjection de — — — — ! toutes ces — choses. Si je en même temps d'y être sensibles. je vous en supplie. il faut de la boue 1. Il est si enclin à éloigner la vue de nos défauts. ce moyen sera sans effet. laissons sur notre vertu si fragile ces épines qui la protègent. c'est et c'est la nourrir .. : 1 — II. et nous 6" Hélas tage. Dieu aura besoin de pousser plus avant la dure leçon 1. De notre correspondance à ce soin divin. et si habile à écarter une humiliation extérieure Ne nous excusons que lorsque Dieu l'exige. n'employa-t-il pas de la boue faite de salive?. en étudiant les sujets d'humiliation qu'elle a daigné placer en nous et autour de Efforçons-nous Ils sont nombreux..

Aimer l'abjection.. s'écrierait — — — : . L'abjection. être tenté c'est se voit en des chose?.. tromper soi-même... je vous entrevois que vous avez prises pour me conserver humble. et je ne le sagesse de enfin dans les précautions savais pas!. mon Dieu. Alors s'expliqueront tous ces pourquoi qui nous tourmentent. nos imperfections persistantes.. Où en suis-je à l'heure présente? Ai-je de l'amour pour ces abjections que vous aimez et que vous cultivez? Quel spectacle splendide se révélera à nos yeux quand.. l'utile — — C'est en cuitiver souvenir. nos fautes même. Et à quoi ne vous ai-je point forcé par mon aveuglement?. basses.. ne pas c'est réussir. de notre Père. en un mot toutes ces lamentables misères qui font nos alarmes. c'est incapable. nous contemplerons la sagesse... dans la sauvegarde de notre fragile humilité.287 ^CPTIÈMK MÉDITATION Aimei serait se rhurnilité. « Bonum mihi quia humiliastime.» C'était mon bien.... L'ignorant qui verrait un jardinier jeter des épines autour de plantes délicates... c'est se faire content de tout cela.. arrivés au terme. hormis le péché. et se justifiera d'elle-même. nous arracheront des cris d'admiraLa sagesse y rayonnera de toutes parts tion. en face des contradictions Alors que subissent les Saints eux-mêmes... nos défaillances inconcevables.. aimer sans i'abjecUon.. c'est avoir des défauts très apparents.

ne saurait être question de cette prudence simplement humaine qui. dans son Certes. nous allons voir la prudence jouer un rôle analogue à l'égard de l'humilité. Aujourd'hui. m*appliquer à m'en faire content. — ÉTUDE SUR LA PRUDENCE Dans Thumilité Nous avons fait ressortir. en divers endroits de ce livre. il ignorance. la trop grande confiance en soi-même qui ne laisse point place au doute sage et au conseil. que vous êtes bon dans votre sagessel — — Résolution. l'action de l'humilité sur la prudence.S88 QtjÀTftiàHS stMiimË Que c'est laidl Ainsi faisons-nous à l'égard du Jardinier céleste. en lui communiquant cet esprit de discernement et de mesure. arrête mais de l'humilité à ses courtes prudence surnaturelle qui prend sa règle d'appréciation dans les vérités révélées et donne ses décisions en vue de la limites. sans lequel on la verrait tristement s'éloigner du vrai bien. l'obstination enfin qui aggrave l'erreur ou l'insuccès. nous l'avons vue écartant l'illusion qui trouble le jugement. Chercher le sujet d'humiliation qui m'est le plus pénible. la . mon Dieu. le recevoir de la main de Dieu. l'empressement qui ne donne pas le temps de choisir les meilleurs moyens.

l'humilité ne saurait nous abaisser et nous diminuer. soit le amoindrissait notre être. et surtout des qualités morales en qui réside la vertu. d'amour du mépris qui restent les conclusions intangibles des principes précédemment médités? La notioii de vertu et celle d'humilité ne seraient-elles pas ici contradictoires. même dans l'ordre des qualités physiques. qui lui permettent de s'étendre jusqu'à l'héroïsme. L'humilité ne serait pas une vertu si elle l'excès. Le milieu sage que proclame la raison. de cette prudence qui laisse à rtiumilité tout l'espace des exemples du Sauveur. la vertu même de Jésus. en acquérant le plus d'être possible. — 19 . Non. d'abjection. La vertu tout entière. L'humilité d'effacement n'atteint pas l'être.ÉTtîDB SUR LÀ PRUDENCB 289 plus grande gloire de Dieu. serait consacrer la théorie de la médiocrité. et lui permet d'aller aussi loin que le bien lui-même. vertu . HUMILITE. Mais alors. que deviennent ces doctrines d'effacement. or. la perfection consiste à se rapprocher de Dieu qui est le tout-être. mais le paraître elle ne limite . Faire consister la vertu dans un juste milieu qui s'éloigne à la fois des actes inférieurs et des actes éminents. En effet. la vertu devant tendre à nous grandir et l'humilité s'appliquant à nous abaisser sans relâche. à plus forte raison dans le développement des qualités intellectuelles. est celui qui se tient à l'écart soit de du trop peu : l'excès n'est plus trop peu ne l'est pas encore. Cela est vrai. trouve sa place entre ces deux extrêmes. toute vertu tend à perfectionner.

assurent à la vertu sa beauté. Enfin. ou pour respecter un attrait. La prudence a le fens plus large. Gomme toutes les vertus. en la débarrassant de tout alliage impur. — L La prudence réglant les actes. sa liberté. pas sans son assentiment.290 QtJAtRiÈMK 81HAINB — pas notre valeur. au lieu de nous éloigner des grandes choses. L'humilité d'abjection. elle ne permet pas de négliger . pour mieux équilibrer une nature. à rencontre des fausses notions et des tentatives irréfléchies. selon les circonstances. l'humilité doit agir sous le contrôle de la prudence elle ne peut faire un . c'est en effet le propre d'une tendance d'aller au bout de son impulsion. en la dégageant de toute obsession il — personnelle. à elle aussi d'en modérer l'essor. faire prévaloir et de . telle ou telle forme de cette vertu. Quant à l'amour — du mépris. et c'est son habituelle infirmité de n'envisager que son but spécial. toutes ces humilités ensemble. nous les montra comme la désirable compensation des infinies misères dont elle gémit. Le rôle de la prudence est précisément de maintenir cet ordre. A elle de conduire tout le mouvement de nos actes d'humilité à elle de faire prédominer. en nous faisant — un front d'airain. D'elle-même peutêtre pousserait-elle son mouvement jusqu'à des manifestations peu dignes ou des !i(^sitations pusillanimes. trempe nos âmes. mais nos prétentions. elle n'a jamais le droit de résister à ses ordres.

le Ciel ne saurait l'accueillir sous aucune forme. La laideur morale est incompatible avec la vertu. elle la maintient confiante et courageuse . elle la rend désintéressée et souple. C'est pourquoi la prudence arrache impitoyablement à l'humilité toutes les attitudes. Elle n'est pas l'œuvre de Dieu et ne saurait être utile aux hommes. elle jouit de toute sa vigueur pour chercher et accomplir les volontés divines. elle le repousse tout comme ce qui nous diminue. Elle ne paralyse pas l'activité. elle la subordonne. Elle la veut franche et sereine. daires. elle dégrade intrinsèquement celui qui se l'impose. Ce qui est une laideur. mais je Elle : . ce qui suscite une foule d'initiatives secon- sonne et arrêterait le . à l'humiliation. rabaisserait notre perbien dans son expansion. qui portent le cachet du ridicule c'est pourquoi elle la préserve de toute déformation même intérieure. loin de là: mise à son rang. par cela seul qu'il met en évielle s'oppose à tout ce qui diminuerait : dence notre \raleur morale. mais elle nous empêche d'en exagérer la rigueur.ItUOI sur là PRtJDiNGl un 291 acte utile. » ne nous demande pas non plus d'abdiquer nos droits. Je tends à l'effacement. elle a le sens du beau comme celui du juste. maintenue dans son rôle. toutes les expressions. au mépris c'est le sens dans lequel me pousse l'humilité. Notre initiative propre n'en est pas supprimée. Ne nous la représentons pas austère et sèche. abandonnée à l'action de Dieu et désireuse avant tout de sa plus grande gloire.

Allez donc résolument vers votre objet. l'amour qu'on lui porte reste sans limites.292 QUATRIÈME S&MAIN8 m'arrête. et de répandre sur toute notre vie morale. loin de diminuer. docile. et. prête toutes les forces intactes de mes facultés comme de mes vertus. Tels actes. Le but sera n?ieux distingué. tels abaissements lui seront interdits. n'est pointla diminuer en elle-même. ô âmes méfiez-vous deh doutes que soulève peut-être une timidité complice. mais l'inclination qui y tend. ne font que s'accroître par la compression d'un désir inassouvi et par le mérite d'une réserve qui coûte. les moyens plus sérieusement choisis. Si l'exercice de la vertu a des limites. demandez-vous si la conscience vous y oblige. ô âmes éprises de l'humilité. car le désir déréglé de l'estime vaine ne lui m'aveuglera pas» Retenir l'humilité dans son exercice. et ne vous arrêtez que devant la crainte d'une faute. si vous voulez être parfaites. qui m'assigne telle tâche ou me demande tel concours et je . la vertu est dans cet amour les sentiments exprimés au-dedans sont à la fois des actes méritoires et d'utiles prépara: tions. Allez particulièrement vers les actes. telles paroles. l'influence qui préserve et le reflet qui charme. or. Avant de vous détourner de telle humiliation. moins généreuses . devant toutes les manifestations d'une volonté supérieure. mais l'amour qui les suggère. inclinez vers le parti qui humilie le plus. Rien ne l'empêche de chanter au-dedans de nous son continuel cantique d'adoration. .

.ÉTUDE SDR LA PRUDENCE 293 Nous devons cependant tenir compte de nos présentes en allant au-delà de son courage. le désir de le devenir. autre celle d'une femme du monde. développe l'habitude. l'avenir reste ouvert Cherchez même dans l'humiliation de n'être pas humble. mère de famille et chargée d'un personnel nombreux . en son particulier. mais portant ses conseils lité qui convient. fidèlement accompli. en dépassant sa grâce on tente Dieu. on se déprime. Cela saute aux yeux. La prudence déterminant — le genre d'humi- La prudence ne se contente pas d'encourager ou de retenir l'humilité dans les actes du moment. que les paroles et les décisions aient à revêtir une forme différente en face de positions diverses. mais ce que l'on comprend moins. Et puis. L'humilité qui convient à tous est d'ailleurs celle des actions ordinaires chaque acte. Autre doit être l'humilité d'une religieuse. c'est que cette attitude et ces paroles. tout le monde le comprend. forces : : 1 II. dira-t-on.. autre celle d'un homme politique et d'un militaire. des formes par exemple favorables au commandement pour ne les reprendre qu'en public ? N'est-il donc pas plus parfait d'exercer l'humi- même lité extérieure toutes les fois qu'une circoas- . plus loin. de déposer. elle fait adopter le genre d'humilité qui convient à la position de chacun. puissent garder le genre. même en dehors des occasions. Ne serai k-il pas préférable. Que l'attitude et les manières.

r9- . elle sait qu'une attitude ne se prend avec aisance et ne s'affirme avec force que par l'effet de Thabitude voilà pourquoi elle conseille d'écarter toute manière d'être qui en interromprait le mouvement. les traits de ceux dont : ils sont l'être prolongé. Son but sera ici de fortifier intrinsèquement la vertu. dans une certaine mesure. . Aux personnes qui ont à paraître et à commander. mais elle interdira tout ce qui apporterait quelque diminution de prestige ou de vigueur. il passe avec son influence et sa physionomie dans la forme extérieure. Tout acte intérieur façonne même le dehors. Un danger résulte de cette conduite. Dieu très souvent ajoute la grâce de l'humiliation réelle.. Accueillons-la comme est trop évident .294 ouatriAmii sevaini tance n'oblige pas à la restreindre?. que nous ne devions pas rechercher.. mais il pour échapper aux yeux exercés de la prudence et à la sagacité de ses moyens préservatifs. Que Ton se rassure d'ailleurs aux grâces d'état qui ne manquent jamais. La prudence a des vues de plus longue portée. Venant de lui. La vertu est une harmonie et cette harmonie résulte d'une communauté de vie. on y retrouve ses traits comme on retrouve dans les enfants. elle concourt à ses fins et ce ne serait point sagesse de s'en inquiéter. Il n'est pas jusqu'aux pensées et aux sentiments qui ne doivent. un secours providentiel contre l'orgueil . elle imposera une humilité profonde et forte elle conseillera toute pratique qui rabaisse sincèrement devant Dieu et devant soi-même. se mettre à l'unisson.

. Une âme en qui domine une trop grande dé* . Trop de confiance en soi est un vice. prudence prescrit en vue d'une situation à sauvegarder. le fonds qui les soutient c'est en elles que s'établissent les habitudes. . La prudence modérant l'exercice de l'huCe que la pour équilibrer une nature. de leurs aptitudes comme de leurs succès. On ne saurait impunément se passer de cette force permanente. fléchir. . trop de défiance en est uc autre .295 fTUDK SUR LA PRUDENCE gardons-Ia comme une compensation heureuse aimons-la de tout l'amour que nous avons pour la vertu d'humilité et faisons lui une place aussi large que la prudence le permet. elle le conseille pareillement en vue d'une nature à équilibrer. L'hésitation paralyse l'initiative ou la rend douloureuse. Il y a des personnes qui doutent toujours d'elles-mêmes. Notre nature est le fonds d'où partent nos actes. et celui-ci n'est pas moins funeste que Le trouble envahit l'âme et la décelui-là forme. On dira peut-être que la vertu consiste après tout dans la juste appréciation des choses et dans la volonté du bien : on oublie qu'elle conencore dans les dispositions de notre nature. La conscience du devoir peut commander une conduite énergigue seule une nature fortement préparée en impose les conclusions avec autorité et en porte le poids sans siste plus . — milité : nihile. l'impuissance envahit la vie et l'anIII.

les amener enfin à cette aisance dans la parole et dans l'action qui résulte du sentiment de Dieu sans doute. précifaible en ses ressorts sémentau milieu de ses alarmes. Ceux qui ont la charge de ces âmes timides doivent leur donner confiance en elles-mêmes par des approbations opportunes les laisser agir seules pour développer leur initiative les accréditer par divers moyens dans le milieu oii . rien de mieux. . d'autre part. mais aussi de la juste consciensce de sa propre force. elles vivent. les relever. surtout si elle a une mission à remplir. la rassérène et la soutient. une hufiance d'elle-même. milité paisible remplit alors sa vie. de ses infériorités. aurait le . de ses maladresses. . au lieu de l'envelopper inerte dans le suaire d'une humilité mal comprise. pour ne pas déprimer un caractère déjà trop et d'ailleurs. car il y a l'amour-propre souffrant. qu'elle écarte résolument l'impression trop vive de ses insuffisances. l'amour-propre lui-même pourrait très aisément se frayer un autre chemin. Agir ainsi. et c'est celui qui menace de telles na.296 QUATRISUK SEMAINK donc tort de cultiver sentiment de son impuissance et de trop incliner à l'abaissement devant les autres. c'est faire fructifier le talent reçu. Qu'elle se tienne entièrement dégagée de tout orgueil qu'elle cherche à déet de toute prétention couvrir Dieu dans le bien qu'elle fait et ne commande qu'en son nom. tures. Mais. les rassurer.

le sentiment profond de leur misère. es saints pour la plupart s'acharnent à se rabaisser ils éprouvent une joie amère à s'accabler des qualificatifs les plus humiliants. Chez d'autres encore le sens du beau est tellement développé qu'il se détourne instinctivement de toute laideur. il leur semble à toutes qu'une sorte de : ! — — flétrissure les atteint . la tentation elle-même a respecté tant d'innocence. Comment s'indigner contre ce que l'on connaît à peine Chez quelques autres. signalent à la prudence une disposition provi- dentielle qu^elle a le devoir de faire respecter. souffrent vraiment à regarder toute souillure. le stimulant de leur ferle veur. Serait-il juste de condamner de telles répugnances? ^rait-il sage de les violenter? Nous ne le croyons pas. les délicatesses d'une nature affinée. et trouvent dans . . fort généreuses pourtant. sentiment sans cesse renouvelé de leur propre abjection. autant que ces saints. Ce sont souvent des âmes particulièrement pures le mal ne les a point marquées de ses stigmates déshonorants. La prudence respectant un — 297 attrait sage- ment reconnu. qui s'arrêtent moins à cet ordre de sentiments et qui y rencontreraient quelque gêne. Par contre. Nous Tavoiis vu. Elle peuvent avoir. leur cœur se resserre et leur élan vers Dieu se décourage. mais elles en cultivent moins l'impression. Rien qu'au contact de ces choses sur leur pensée.ÉTUDE SUR LA FRUDENGB IV. nous voyons des âmes. Les caractères que nous venons de décrire.

pourquoi le contraindre? L'humilité. mieux en rapport avec sa nature. n'est pas essentiel à la vertu de les envisager il suffit qu'elle en retienne qui la déterminent. Sans doute les motifs d'abjection portent l'humilité fort loin . Si l'-humiliation vous arrive. quels que soient les succès de vos œuvres ou les dons de votre prière. toujours le plus renommé ou le plus excellent.. quelle que soit la misère du prochain..QUATRIÈME SEMAINE 298 Ne VOUS troublez pas cet ordre de motifs va lité. L'essentiel est que votre humilité soit pratique et généreuse. telle Il ! dira-t-elle à ces âmes: moins bien à votre humi- autre pourra lui convenir davantage. L'humilité que nous décrirons dans la cinquième Transformation. Qu'elle le devienne sous telle ou telle bonne influence. indulgente et bonne. mais le motif du Tout de Dieu ouvre aux âmes contemplatives des horizons non moins étendus.. vous ne la méprisez jamais. vous la regardez avec des yeux habitués à contempler le Calvaire et vous lui ouvrez vos bras comme pour étreindre Jésus avec sa croix K Si même votre attrait ne vous porte pas spécialement vers l'humilité. suscite ses plus grands efforts. mais bien celui qui. vous vous sentez toute petite. répondra peut-étr^ semaine.. Face à face avec la pensée de l'infini. vous ne vous élevez pas en vous-même. cela importe moins à la vertu. Le meilleur pour telle âme n'est pas tous. 1. comme les autres vertus. vous vous faites constamment douce. : . sous ce titre ^ l'attrait de plusieurs.

le dévouement aux autres. Cultivez rabnégation. par exemple la pureté d'intention. votre vie par ses rencontres. Tout cela résulte d'une disposition pro: . pas plus que ses sœurs. videntielle et marque une voie. Développez surtout l'amour divin. elle n'a droit à un autel à part dans chaque temple. Cultivez donc.Atude sur la prudence 299 mérite un culte général mais. l'union de pensée avec Dieu" ou la reconnaissance. vous ont constitué apte à telle vertu plutôt qu'à telle autre. vous dépéririez comme la plante transportée dansun sol qui ne lui convient pas. Dans cette voie.la pauvreté. avec ses ardeurs ou son intimité. tandis que là vous étendrez votre ramure. l'oubli de vous-même. selon votre attrait. . Hors de là. parfois même par ses défauts votre éducation par son développement et ses habitudes d'esprit. vous répandrez le parfum de vos fleurs et vous donnerez à Dieu les fruits qu'il attend. vous marcherez plus librement et vous irez plus loin. Votre nature par ses tendances.

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.rrrY»irrmrnnrmrmiM.tiinn<Tr CINQUIEME SEMAINE TRANSFORMATtON .

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elles feraient de notre personnalité exclusive le principe et le but : le principe. En effet. comme si nous avions le droit de rechercher notre gloire plutôt que la sienne.t^RÉPÂRATIÛN k U CINOUIÈME SEMAINE Aux premières pages de ce livre. Ensemble. Là est leur rôle. elles ont pour objet. nous avons analysé les deux tendances que l'humilité a l'estime de soi. il serait grave désordre. comme si le bien venait surtout de nous et non pas de Dieu le but. l'autre par la recherche de l'estime qui nous protège. La * ne le souffrira point et. nous l'avons vu. le désir charge de conduire de l'estime des autres. l'une par l'affirmation de notre propre valeur. lement une injustice et une injure. la sauvegarde de notre personnalité. parole de l'archange. il aurait beau trouver quelque excuse dans cette sorte d'inconscience qui généralement l'accompagne. poussant trop loin la sauvegarde du moi ou plutôt son exaltation. il n'en produirait pas moins ses mauvais effets dans notre un vie morale. là est aussi leur danger. Un tel renversement des rôles ne seraient pas seu: . En elles-mêmes. elle s'écrie vaillante humilité s'armant de la à son tour: Quis ut Deusl Arrière ces prétentions insensées Qui donc est le véritable auI . ce sont deux forces aveugles qui dépasseraient leur objet si la vérité et la justice ne venaient les guider et au besoin les contraindre.

Les deux tendances que l'humilité s'est jusqu'ici contentée de vaincre. et tous nos actes se dirigeront vers lui comme vers leur fin nécessaire. l'humilité justifie donc son titre de fondement et de gardienne des vertus. leur beauté se dégagera de tout alliage et. Nous allons voir maintenant qu'elle en mérite un autre encore plus beau.304 CINQUIÈMB SEMAINE teurde tout bien? Qui donc mérite avant tout louange? Notre orgueilleuse personnalité ainsi reléguée à sa place. aux dernières pages de ce livre. elle va maintenant les affranchir. l'estime de soi deviendra l'admiration du divin en nous. dans un éclat de triomphe. extension d'ordre surnaturel. par une la — . ces deux devoirs sont la base de la vie chrétienne. Ces dispositions transformées trouverontpour s'étendre une sphère plus vaste . rien de ce que Dieu a créé ne sera détruit. elles se reposeront sur des objets plus sûrs. voilà Dieu remis sur son trône. finalement. en les dirigeant du côté du ciel. Elevons donc nos espérances comme nos re- . elles les a contenues. lacondition de son mérite. Toutes nos vertus viendront le reconnaître comme le premier principe d'où elles émanent. leur action se portera de Dieu vers le prochain. la règle de son activité. terminant sa carrière comme un beau jour. l'humilité va se montrer à nous. En les faisant respecter. Ainsi. Tant qu'elles inclinaient du côté de la terre. car elle est leur couronnement. et le désir de l'estime cherchera le regard même de Dieu. Ainsi. elle va les transformer. Or. Ce rôle nouveau procède d'une conception nouvelle.

en essayant de vous contempler à travers les ombres transparentes de la mystérieuse création. ô mon Dieu. ne puis-je pas le commencer déjà? Si je dois être divinisée un jour en vous contemplant face à face. la paix règne de toutes parts. ne daigneriez-vous pas l'ébaucher sur la terre f Ce que j'y ferai aussi moi-même. — 3/i . gards. La vertu que nous allons poursuivre a été celle des saints et par excellence celle de Marie. elle sera. pourquoi ne me transformerai-je pas ici-bas. en quelque manière. en une limite plus restreinte. marchons à de pacifiques conquêtes. celle de notre éternité. se produire aussi dans la mienne ? Ce que vous ferez dans votre ciel. ses ennemis sont démasqués et connus. c'est : est ! RCMILITi.PHÉPARATION 305 l'humilité défensive le moment fortement établie. Ah! que je voudrais m'élancer vers ce rnond*» nouveau! Que je voudrais donner à mon être vulgaire cette transformation supérieure Ce qui se passe dans l'âme des saints ne pourraitil pas.

je verrai mes qualités personnelles émanant de lui. je cesserai en quelque sorte de me voir moi-même. Ce sera le suprême essor de cette tendance qui s'appelle l'estime de soi. cette méditation un esprit Il faut porter à dégagé des idées vulgaires et disposée une juste admiration. timer foncièrement. tant je me sentirai envahi par le monte divin. L'humilité les fait resplendir. tous mes actes soutenus par lui. et la beauté de mon âme comme un reflet tombant de sa propre beauté. ou mieux.Ûinquième Semaine PREMIERE MEDITATIO» XXIX* EXERGICB Transformation de l'estime de Premier point : Les dons de Dieu. sans scrupule comme sans exagération. En y découvrant des merveilles de grandeur je comprendrai sans doute la haute dignité chrétienne. je dois chercher en moi ce qui vient de Dieu surtout dans l'ordre surnaturel. un esprit large qui ne s'arrête pas . — soi Deuxième point : — Si je veux m'esPréparation pour la veille. le sommaire des dons de Dieu. Je parcourrai donc. Si je assez haut.

petit monde dans lequel l'univers vient se refléter par l'intermédiaire des sens et se transformer en idée par l'effort de l'intelligence. l'homm^e a besoin de s'étonner. tant Les dons de Dieu. de les sentir.307 pkeuiIre méditation aux objections mesquines. ces vérités la — Demander comme première fois . ces magnificences me sontfamilières! On estime si peu ce que Ton a toujours connu Pour admirer. n'atteint pas à la valeur d'une pensée 2» Toutefois. ceux-là 1 .. sorte de ciel où Dieu se fait connaître comme auteur de toutes choses et pressentir comme infini. — 1® Ce que je suis en Chef-d'œuvre de la création terrestre.. souverain dominateur de la matière. liberté morale au moyen de laquelle je suis le maître de mes actes et de ma desI. l'éclat de ces dons naturels pâlit i l'apparition des dons de la grâce. une lueur d'intelligence est supérieure à l'immensité des cieux étoiles! mais un acte de volonté est une force plus haute que tout le mouvement des mers! mais l'admirable instinct Ah! pourquoi elles si I des animaux ensemble. qu'homme — — : — — tinée. Méditation Prélude. Mais qu'on y songe bien. si la grâce de comprendre pour elles m'apparaissaient de les pénétrer. Il faut y porter surtout un grand esprit de foi. d'en être impressionné.

et qui reçoit sa vie de l'action du cerveau. et. dignité pour qui sait comprendre : je suis une part de l'être mystique de Jésus.âÔ8 CINQUIÈME SIMAIN& condition que la toute-puissance être à qui ils fussent naturels. La grâce ne peut être qu'une transformation. Je lui appartiens comme la petite cellule. perdue au fond de mes organes. Mais aussi quelle transformation! C'est la nature divine participée. Jésus est quelque chose de moi c'est ma grande gloire ou plutôt je suis quelque chose de lui et c'est mon grand bonheur. : — — — . je peux le diminuer ou l'accroître je suis un besoin pour . l'Etre souverain. Ahl si nos yeux s'ouvraient tout à coup. C'est une vie divine au sein de notre être grossier. en quelque sorte à notre service. union mystérieuse ici-bas. 3° Un lien plus tendre m'unit à Jésus. travaillant sans cesse à nous diviniser!.. il a pris ma nature. Oh! le croire. une vie que Dieu seul peut exercer en nous chacun de nos actes surnaturels a besoin de son mouvement.. radieuse au ciel principe incomparable de sont de telle ne saurait créer un — : — — . Jésus est mon ami. Jésus est mon frère. comme le petit flot de sang qui soulève la plus lointaine de mes artères et qui me vient du cœur. le croire avec enthousiasme! Ce serait du moins l'entrevoir et ce serait commencer à se bien connaître. soit pour durer. comme la raison est naturelle à l'homme. il me donne son cœur et ses biens. soit pour naître. Tout cela est certain. parce qu'elle est divine. mais nous reste caché. nous verrions ce Dieu. . avec son besoin de Tinfini et son aptitude à le contempler face à face.

grand aveugle qui traverse la création sans y découvrir Dieu. mais inconscience. Attendrai-je le ciel pour être fier de ces gloires? Le ciel les fera resplendir. mais la grâce. et par les secours charitables qu'il m'apporte. Ce n'est pas ordinaire- àient présomption. ô mon âme. il se le croit personnel. ou de lui préférer. par la recherche désordonnée des quelques joies et des quelques applaudissements de ce monde. même Ce qu'il fait. la nature. m'en enrichit. déjà. Le tort . je puis être une déception pour ses espérances. soi. c'est vrai. Il m'est donné de le laisser vivre en moi pleinement. L'orgueilleux voit Dieu peut-être dans. Ne trouves-tu pas. le voit pas en ce qu'il est. IL L'humilité fait — 1» L'incrédule est un mais il ne l'attribue . je suis issu du sang d'un Dieu et ma vie se nourrit d'un aliment divin. Les dédaignerai-je parce qu'elles me sont communes avec d'autres êtres? Subissent-elles par ce fait une déchéance? Le bien des autres diminuerait-il mon bien propre? Loin de là. et par les il exemples qu'il m'offre. I — resplendir les dons de Dieu. que ces grandeurs suffisent à satisfaire le sens de l'estime de soi et à fonder ta noblesse? Quelle noblesse plus ancienne que celle qui vient de l'Eternel? Quelle noblesse plus illustre que celle qui descend du Très-Haut? — Par Jésus.PREMIÈRE MEDITATION 309 son bonheur. hélas la triste expansion de ma vie propre. il se dans ses fonds. l'augmente de mille manières. et par les vertus spéciales qu'il me donne à exercer.

défends ton honneur. que tu n'es qu'un homme. sous toutes ces grandeurs. 3° Si l'estime de soi était simplement l'estime de l'œuvre de Dieu en tout homme. ne cesse jamais d'envisager la fin dernière de tes actes. Cette estime vise ces dons en tant qu'ils sont nôtres. Il s'ensuit que l'humble ne se préfère foncièrement à personne.310 s CI^QU1ÈMB SUMALtt du plus grand nombre il n'est pas d'écarter Dieu. derrière le char du triomphateur. mais une forme de radoration. s'étend et finit par envahir tout notre domaine. et que lorsqu'il s'admire lui-même. à son lever. C'est là que l'humilité a besoin de nous tenir les yeux ouverts. souviens-toi! lutte légi- Ne perds ja- mais de vue l'origine de tes dons. S'il le cherche dans la nature. l'évidence de l'action de Dieu apparaît. « Cette : voix est ici celle de l'humilité : souviens-toi. la prudence d'un grand peuple plaçait un héraut d'armes chargé de lui répéter cet avertissement « Souviens-toi que tu es un homme. un néant! Tiens ton rang. pour nous montrer ces dons toujours bornés et . elle ne serait pas un sentiment personnel. est plutôt de l'ignorer. insiste et au besoin. prends des initiatives. Autrefois. comme fait. s'il le cherche en lui-même il le trouve dans tout son être et jusque dans le plus petit de ses actes. La grandeur de l'homme ici-bas est de chercher Dieu. mais en faisant tous ces actes times. A mesure que l'humilité répand sur cet aveuglement sa belle lumière. il s'admire en quelque sorte à genoux. il le découvre partout et jusque dans le plus petit grain de sable. souviens-toi. le soleil sur notre terre.

elle tend à ce qui est le plus noble. et elle fragiles. En même temps. La timidité craintive. Sans doute l'estime de soi reste une vertu dé- défend. dans sa domination fortement établie. futurs héritiers de sa gloire. en travaillant pour sa gloire. Dans la majesté de ses goûts. Les voit-on timides et incertains en face . comme une injustice. grandir Dieu lui-même. une tentative imprudente. Si l'on pouvait pénétrer dans l'âme d'un saint on marcherait de surprise en surprise. prend le parti de fermer les yeux. de l'action constante qu'il exerce au plus intime de leur être.PREMIÈRE MÉDITATION 311 modérant aiasi rinclination naturelle qui porte à les grossir. toute préférence qui entraînerait le moindre dédain pour autrui. participant à sa nature. Ils sont hautement fiers de l'amitié de Jésus. conçoit la prétention de : . de la ressemblance qu'il imprime en leur âme. sans la grâce. qui est bas et vulgaire. Ce sentiment est une sorte de royauté et cette royauté. proscrit le mal avec un dédain instinctif et invincible. Cen'estpointsagesseiles dangers peuventêtre conjurés et le sentiment intense de la dignité personnelle ne saurait trouver ailleurs des mobiles d'égale puissance. elle serait. D'un trône élevé on voit de très loin ce licate : . Le sentiment de l'estime de soi se présenterait splen- didement accru les saints se savent fils de Dieu. trop souvent peut-être. elle s'oppose de toutes ses forces à la vaine complaisance que Ton serait tenté d'y prendre. Ces sentiments les poussent sans cesse vers une perfection qui les grandira toujours et leur ambition prenant un essor plus qu'humain.

Ne pas me contenter d'une vue superûcielle qu» n apprend rien et n'émeut pas. pour donner an sentiment de la dignité personnelle son mobile le plus haut. exaltation pleine de grandeur et de force toute douce et toute paisible en même temps. — Résolution. . parce qu'elle se développe dans l'atmosphère pure et calme du vrai. .312 CINQUIÈMB SRMAINB des entrejirises les plus hardies. des dangers les plus manifestes ? De quel œil regardent-ils rabaissementsuprême. Admirer en moi les dons de Dieu.lemal?De quelle horreur ne sont-ils pas soulevés en face de ses assauts? Cherchez bien et nulle part vous ne trouverez une pareille exaltation du sentiment de la dignité personnelle. du bien et du beau par excellence.

sans 4tre désir de est de sa le bien toujours désintéressé. estimé et le désir de plaire sont si voisins qu'ils semblent constituer plutôt deux manifestations de la même tendance Ils sont pourtantdistincls: le désir de l'estime vise l'approbation et aspire à un jugement favorable c'est plutôt à l'esprit qu'il s'adresse. Celui-là nature assez personnel : il envisage qu'apporte l'estime. . Premier point — — Deuxième point: : Désirer lui faire plaisir. La distance est plus grande entre le plaire et celui de faire plaisir. c'est que le second découle du premier comme l'effet de sa cause qui veut plaire cherche généralement à : faire plaisir. — Le désir d'être Préparation pour la veille. cherche d'abord le bien des autres. Le désir de plaire signale une tentative vers le cœur on veut une estime af: : fectueuse. Celui-ci. Ce qui les rapproche pourtant.Ginqnième Semaine DEUXIÈME MÉDITATIOn XXX« EXERCICE Transformation du désir de restîitîD : Désirer l'estime de Dieu. Troisième point Désirer lui plaire.

déroulant à ses regards des perspectives transcendantes. monde lui est — : — hommes. c'est se rapprocher d'eux. Un nouveau apparu. — 1. nous le trouvons lui aussi et plus étendu et plus la I mais surtout plus noble. c'est le monde des êtres surnaturels Dieu et Dieu partout. les anges et les actif. plongeons nos regards dans l'âme d'un saint. Demander la grâce de s'ouvrir à ces belles pensées. Mais Dieu est un Être invisible et qui semble lointain. ne peut nous arriver par aucune voie extérieure nous : : . pourrait-il se transformer sans cesser d'être lui-même ? Eh bien ici encore. très humain de son fonds. c'est entrer dans leur sphère et participer à leur supériorité. un tel sentiment. raille fois non. 1^ Méditation — Prélude. L'obtenir. Jésus plus spécialement nôtre et en Jésus tout ce qui se relie à lui. plus particulièrement celle des grands. Si nous avions avec Dieu des relations familières. nous désirerions vivement son estime On recherche l'estime des personnes qui entourent. L'estime qu'il ferait de nous. d'attirer en soi ces sentiments féconds et de donner à sa vie cette haute orientation. Y voyons-nous réduit et inerte le désir de plaire? Non.314 CINQUIÈME SEMAINB Le désir de plaire se prêtera-t-il lui aussi à pénétration du divin? Comment. Peut-on désirer l'estime de Dieu.

Est-ce à dire que toute voie d'entente nous soit fermée? Les sentiments de Dieu sont-ils si secrets qu'ils ne se trahissent d'aucune ma. je verrai la même vérité. d'une façon certaine. aucun désir? Dieu. en accomplissant un acte vertueux. créateur de tout bon senéclairez-moi Daignez abaisser à ma timent. défaut d'une parole et d'un regard directs. sans aller aussi loin qu'eux. le bien d'un acte passager comme le bien d'une qualité permanente ? Ainsi donc. nière ? A . Sans voir aussi loin qu'eux. je tendrai Vous faites vos au but qu'ils ont atteint. en perfectionnant nos qualités. auteur de toute lumière.315 OIUXIÈIU MÉDITATION ne l'entendrons pas la formuler par des paroles nous ne la lirons pas dans son regard. Seule la foi vive comprend ces choses. nous sommes assurés de gagner son estime et cette estime croît avec la grandeur de nos actes et l'éminence de nos vertus. eh bieni aujourd'hui j'essaierai de faire quelque pas vers le désir de vous plaire. . seul l'amour en peut faire sa vie. ô Dieu sage. animez-moi portée les vérités qui sont à la portée des saints. Hélas ma pauvre âme n'a peut-être qu'une foi sans lumière intime. n'avons-nous pas les saintes présomp- tions qui naissent de ses affirmations positives? Ne savons-nous pas. un amour sans nobles besoins! Lui serat-il donc inutile d'entreprendre une méditation trop haute encore pour elle ? N'y trouvera-t-elle que des idées incertaines? N'y puisera-t-elle Dieu. que Dieu estime tout bien. 1 ! 1 — . œuvres par degrés.

. car c'est à cet objet que C'est le désir d'attirer termine normalement le désir de plaire.316 — GINQUIÈUR SEMAINK II. L'admiration est la souveraine expression de l'estime elle est nécessaire à un grand amour. immoler ses goûts quand ils sont des obstacles. de vivre dans la bienveillance de son regard. L'immolation suppose d'ailleurs une grande force d'âme. Dans cette naissante persuasion quel épanouissement* pour l'âme Toutes ses facultés sont à l'aise. s'y sacrifier au besoin se même — . qui fait battre son cœur. que disje. c'est commencer à gagner son cœur. elles sont animées^ ellet vivent. c'est plus : — 1 . Comment se faire admirer de Dieu ? Par tout effort généreux. Le dévouement s'offre d'abord de là le regard se porte vers le sacrifice. dans l'ordre humain. Comment s'exerce le désir de plaire à Dieu ? son attention d'une façon particulière. C'est plus qu'attirer que mériter son estime. et finalement de se faire aimer de lui davantage. Donc se dévouer à la cause de Dieu. par tout acte remarquable. Désir d'obtenir quelque admiration. : . Désirer charmer Dieu. elles graii* son attention. accueillir la peine avec douceur et les menaces de l'avenir avec une courageuse confiance: voilà des moyens de prétendre à l'admiration du grand appréciateur de toute chose. Dans ce désir se trouve un stimulant très personnel être pour lui cet objet qui charme son regard. l'acte le plus noble. L'immolation est. dans notre ordre déchu. par tout sentiment élevé Ce qui est commun n'y suffit pas. il y faut quelque supériorité. qualité souverainement estimable.

je cherchais plus souvent le regard à qui je veux plaire? Ce regard cherché sera surtout le vôtre. il faut une piété délipureté du cœur. durant le jour.DEUXIEME MEDITATION 317 Quel principe de perfectionnement! il faut avoir de la beauté^ il faut manifester des qualités aimables Quel soin d'elles-mêmes ne voit-on pas chez les personnes qui veulent plaire I Quelle vigilance en tout sur leurs paroles.. ! : mon Dieu. donnais à Si je consacrais ma vie cette orienta- à la méditation des heures plus longues?. I . Pour charmer... Ahl si je m'établissais dans cette disposition sainte?. ô Jésus. obtenir de votre bouche un doux éloge ou l'attendre au ciel. pour plaire à vos regards. Peutêtre s'épuise-t-il ailleurs manque-t-il ?.. sur leur attitude. Une d'aliments ? médiocre est une peut-être aussi vie intérieure pourvoyeuse I. ô Dieu. homme ..... po%ir charmer votre cœur.. elle en saisit les moindres délicatesses avec leurs nuances infinies. oh l'intensité du désir Charmer Dieu !. mon frère... sans persévérance! Ce désir semble m'être étranger et j'en cherche la cause. ô Jésus^ se fixe sur moi jour et nuit... sur les moindres détails de leur vie 1. quel champ ouvert à mon désir de plaire Aucune limite ne le restreint Votre attention. dissent. je serais donc sans goût. Si. Ce que Jésus.. oh triste ! l'intimité 1 I cate. sans élan. oh! la de la prière... Vous plaire et vous plaire particulièrement me faire aimer de vous. votre âme est sensible à tout ordre de prévenance... mais pour y songer seulement. Si je tion ?..

plus plein. Les qualités mises en jeu pour plaire. plus animé que le monde des hommes dont on se dispute Testime «t cette estime. A force de vouloir charmer Dieu. On en arrive à se répéter sans cesse pourvu que III. plus parfaite. quelque gloire . on ne la fixe jamais d'une façon durable car enfin ce monde passe et s'évanouit avec la fumée de son estime. je sais même I . . s'élève insensiblement au désir désintéressé de lui faire plaisir. toute la part d'estime que je serai parvenu à mériter de vous. ô merveille vous le lisez distinctement dans mon cœur. plus tendre. tous les sentiments que j'aurai ici-bas provoqués dans votre grand cœur. : . Lui donner quelque joie. se dévouer. tout un monde plus étendu. on ne garde à aimer par dessus tout que sa souveraine amabilité: le désir de plaire est le générateur du désir de faire plaisir. ô Jésus. pour les faire éternels. s'épanouissent ici sous une forme plus belle. on s'est épris de ses charmes à force de se dépouiller de ce qui l'eût éloigné. on ne l'obtient que rarement. à vous seul.. . sans trop le comprendre.318 CINQUIÈME SEMAIN8 ne pas exprimer. vous êtes. En quoi consiste le désir de faire plaisir à peu personnel d'attirer les regards de Dieu et de lui plaire. vous emportez au Ciel. ce que j'éprouve. Jésus.. Dieu. — Le désir un . Vous. Il y a'tout une vie nouvelle dans cet ordre plus élevé de sentiments. on n'en jouit qu'au milieu des craintes. s'immoler pour que ces actes Thonorent s'embellir de vertus pour que cette vue le contente !.

. pas assez forte pour planer consces hauteurs. des impressions et de salutaires regrets Si je n'ai l'aile tamment dans l — M'appliquer cette parole du pre« Je vois les Cieux ouverts et Jésus à la droite de son Père. de grâce. puisqu'il existe tant de belles âmes qui semblent ainsi passées '^n vous.. On se console de ses propres peines. mier martyr saint Etienne : tenter pour l'obtenir! : — I . mais parce qu'on la sent en lui. un regard cpii me dise tu me plais •— Que ne pas Résolution.. » Aujourd'hui je chercherai le regard de Jésus. faites descendre jusqu'à ma bassesse quelques mouvements de ces attraits. d'autres joies que vos joies. en se perdant au sein de Dieu. On un un couronne- assure ainsi à la vertu fondement plus inébranlable et ment plus haut.DKUXIÈME MÉDITATION 319 Dieu soit content On vit de la joie qu'on lui donne. Dieu si aimable et si aimé.. il en restera dans ma vie active des souvenirs. permettez-moi du moins de m'y élever aux heures où je médite.. et n'avoir d'autre vie que la vôtre. en songeant qu'il est heureux. non parce qu'on la donne... toutes parts.. Le caprice et l'inconstance n'y trouvent aucune prise et l'orgueil lui-même semble disparaître. d'autre désir que votre bien. Le détachement de soi-même se fait d'une façon si douce qu'on en a conscience à peine et d'une façon si complète que Dieu règne de ! .

Z>cuj:té»ne point i Troisième point : Règles pra- le — tiques. L'homme ne peut donner à l'homme cet amour idéal qu'en le revêtant de l'idéal divin. trop d'inconstance dominent ses sentiments et d'autre part. — Préparation pour la veille. — prochain. facile et^bon pour toutes les personnes qui nous entourent. Il faut qu'une beauté venue d'ailleurs l'illumine. trop de laideurs morales déparent son objet.Cinquième semaine TROISIEME MEDITATION XXXI" EXERCICE Désir de plaire et de faire plaisir au prochain Premier point Jésus dans : Dieu vu dans le prochain. : prochain regardez du Sauveur. Trop de calculs intéressés. . voilà pourquoi nous ne saurions trop méditer ce conseil qui est l'âme de la loi nouvelle voyez Dieu dans le . et laisser sentir à chacune cette chaude affection qui dilate. voilà un idéal que la pauvre nature humaine ne saurait pleinement réaliser avec ses seules forces. Se montrer indulgent. le prochain sur la poitrine . chercher habituellement à leur faire plaisir.

Dieu ce désir de plaire et de faire plaisir. et. ô Jésus I — 1 Méditation — Demander un grand esprit de foi pour Prélude. qui BVMILITi. et une grande sagesse pour tenir notre désir de plaire et de foire plaisir au prochain. Dieu vu dans le prochain. ouvrez mes yeux. découvrir le divin. qui se cache en tout homme. pour lequel je n'aurais souvent que de l'amertume et presque toujours que de l'indifférence. — Diriger vers 1. ne se donne-t-il pas à chacun? Que voulez-vous de plus? divin Maître. exempt d'étroitesse comme d'excès. je commence à l'aimer de cet amour que je vous porte. chaque jour? N'est-il pas dans l'hostie de la messe. — 21 . ces yeux de la foi qui seule vous découvre! Faites que demain.TROISIÈME HéoiTATION 321 Ce conseil de paix. en vous retrouvant partout dans ce prochain. Qu attendons-nous pourtant? Que Dieu fasse un miracle et nous le crie du haut du ciel ? Ce n'est point sa coutume. par la communion. mais vaine. de perfection et de vrai bonheur. éclate-t-il dans nos actes? Ilélasl c'est à peine s'il entre dans nos convictions Nous le redisons comme une formule apprise. Que le divin Maître vienne visiblement prendre par la main chacune des personnes qu'il nous donne à aimer et nous la présente lui-même ? Mais ne le fait-il pas invisiblement. l'avons-nous bien compris? Pénètret-il nos sentiments.

ou pour le provoquer. Le sensible. Mais. Mais les unes comme les autres ont toujours faim de Dieu celles-là parce qu'elles ne l'ont point goûté. Raguel dit à Anne : . et c'est en vain que nous cherchons une manifestation certaine du plaisir que nous lui donnons. Nos rapports surnaturels sont établis sur la base de la volonté. A ors. Dieu ne nous montre point son visage. leurs sacrifices. ensviable. plus consolées. c'est donc aimer quelque chose de vit : : : ! — lui! Reportez-vous à la scène si touchante de Ra- guel recevant le jeune Tobie. celles-ci parce que. leur dévouement. elles vont. Voici comment la raconte la Bible « Après avoir attentivement regardé le jeune homme. et à grands pas. ici-bas. quand même. dans la route austère du devoir. layant goûtf'. Dieu l'a fait à son image voir le prochain c'est donc le voir un Dieu lui a communiqué sa nature : peu l'aimer. un regard ému suffisent pour récompenser un effort. c'est l'élever d'une façoa imprévue et lui donner un objet qui ne trompera point son attente. quelque puissant qu'il soit. C'est là leur façon à elles de lui plaire. à la manière des forts. aucun sourire ne descend pour nous donner cette assurance. sentent parfois dans la prière la douceur d'un amour partagé. aimant Dieu par leur fidélité. n'en est jamais que l'accessoire Beaucoup d'âmes parfaites s'en trouvent habituellement privées. Du Ciel aucun regard. Quelques autres. Un sourire.CINQUIÈME SEMAINE 322 au fond de notre nature. elles se tournent vers le prochain. elles sont devenues insatiables.

» Là-dessus. saint François de Sales fait le commentaire suivant « Ne voyez-vous pas que ! : le petit Tobie. Ils lui répondent: Nous sommes de la tribu de Nephtalf^ en captivité à Ninive. Raguel se jette à son cou. comme le vieillard se répandait en éloges. le prend dans ses bras. ne devrions-nous pas lui donner mille et mille bénédictions? Et pourquoi? Pour l'amour d'elle? Non certes. pour qui elle est. car nous ne savons pas si elle est digne d'amour ou de haine en ellemême. Et pourquoi donc ? Pour l'amour de Dieu qui l'a formée à son imagfe et ressemblance. ô mon enfant. pour l'amour de Dieu de qui elle est. sans connaître père. Dieu! quand nous voyons ce prochain. ne devrions-nous pas nous dire les uns aux autres Voyez comme cette créature ressemble au Créateur. le baise. créé à l'image et ressemblance de Dieu.. le caresse. pleure d'amour sur lui. et c'est pourquoi non seulement le divin amour commande maintes fois l'amour du prochain^ vrai : . Connaissez-vous Tobie mon frère? Oui. Ce Tobie dont tu parles est son père Aussitôt. le Raguel. se mirent à pleurer de tendresse... D'où provient cet amour. ! — — en désignant son compagnon . l'ange ajoute son épouse sin •. en qui elle est. Et.. sinon de celui qu'il portait au vieux Tobie. le baisant et l'arrosant de ses larmes: Sois béni. à qui cet enfant ressemblait si fort? Et. car tu es le fils d'un bon et très bon personnage Et Anne et Sarah sa fille. nous le connaissons. à qui elle est.323 THOISIEMB liÉOITATION : Comme il ressemble à mon couEt je tournant vers les étrangers D'où êtes-vous? leur demande-t-il..

» mais Ainsi nous aimons d'avance tout prochain d'un amour général et puis. bonté.CINQUIÈME SEMAINK 324 le produit et le répand lui-même dans le cœur humain. ^ ses qualités. parce que l'amour sacré de l'homme envers l'homme est la vraie image de l'amour céleste de l'homme envers Dieu. Dieu veut nôtre. de toutes parts. car cela suffit Mais pourquoi ces trente ans d'une k I . Après nous avoir donné sa ressemblance. le don qu'il met auprès de nous pour nous secourir ou pour nous charmer. nous les regardons comme l'œuvre de Dieu. Dieu se fait sentir comme le principe nouveau de nos affections aussi vivantes mais saintement surélevées. au cours de la vie. pourprendra quoi? Est-ce uniquement pour nous racheter? Alors qu'il se contente de donner son sang. et le principe intime secrètement agissant. Y pensons-nous? faisant — Disposition d'universelle Vue belle et féconde. ses sentiments et ses mérites se particularisent à nos yeux. comme sa ressemblance et son image. aimer en ceux que nous aimons. se . au fond de nous-mêmes. Dieu nous apparaît. Elévation de nos atfections humaines . de prévenances. le reflet de ses perfections. quand. il se fait l'un de nous. Dieu serait l'objet merveilleusement entrevu. d'égards. ainsi. Ainsi. avant et poursuivons cette divine présence dans rincarnation qui la met sous nos yeux. Principe de paix. — — — — Allons plus II. Jésus dans le prochain. sauvegarde Vie vraiment surnaturelle dont de leur dignité.

nous sentons là une parole révélatrice. ceux qui les font meilleurs. et parmi les sentiments ceux qui rapprochent les hommes. de prime abord. et si humain qu'on ne peut retenir ce cri : « mon Pourquoi ces frère ! » quand sur point de regagner le ciel.325 TROISIÊHB MÉDITATION existence obscure toute semblable aux nôtres? trois ans d'une vie publique où il se fait connaître au monde? Pourquoi? si ce n'est pour nous présenter un modèle irrécusable de ce que doit être Thomme envers l'homme? modèle si parfait et si beau que. sous laquelle tressaille un mystère. principe déterminant de la charité la plus réelle. En effet ce n'est point une pieuse recommandation. mais vous attendez aussi des sentiments. si doux et si humble qu'il semble bientôt devenu imitable. vous me demandez de reporter sur le Aussi. il nous déconcerte . grande parole « Aimez-vous comme je vous ai aimés». doctrine aussi certaine que belle. la plus facile et la plus exquise. En la couvrant de l'éclat de votre nom. nous cherchons instinctivement autour de nous des êtres sur qui répandre notre cœur. vous voulez des actes sans doute. c'est la discrète initiation à un fait transcendant la vie de Jésus en nous. en un mot. Et. quand il ajoute « Ce que vous ferez au plus petit d'entre les miens j c'est à moi que vous l'aurez fait ». Maître adoré. si fort et si tendre qu'il s'empare du cœur. vous ne venez pas effacer la per- prochain . il le jette à l'humanité cette : : : — les sentiments que fait naître en moi votre charme divin. ceux qui les encouragent. si divin qu'on l'adore à genoux.

Mais. vous rélevez par la réalité de votre action en elle . et jusqu'à cette douceur de parole et cet air accueillant du visage qui deviennent la caractéristique d'un cœur où Dieu règne et lité. il lui apportera une inclination pleine de la délicatesse de l'élévation. toutes les industries de l'amabi1 suavités de l'indulgence. s'y dévouer. acquises dans ses rapports avec les amabilités divines.326 CINQUIÈUB SEMAINE sonne humaine. et tout cela pour provoquer en sa faveur une un dévouement sans défailun amour pour elle qui monte jusqu'à pitié sans dédain. lance. Vous l'éclairez de votre douce image pour atténuer les ombres de ses défauts. Notre désir de plaire s'est formé en s'appliquant à plaire à Dieu. vous ! Comment ne pas désirer plaire à des êtres que Jésus honore? Comment ne pas désirer faire plaisir à des êtres tant aimés de lui? Faire plaisir au prochain. la longanimité des supports. il s'est fait tout suave en cherchant à faire plaisir à ce Dieu père. vous venez l'embellir et la protéger. par tant de piétés inconnues II comporte toutes les délicatesses de l'affection. tous les services rehaussés d'un sourire. le vouloir fortement. en descendant du ciel sur la terre. ohl le beau programme réalisé par tant de saints. ce "se . il a pris le besoin de rester pur au contact de l'amour incréé. oh lie cœur admirablement formé! Qu'il tourne à présent vers le prochain. les agil. de la constance. il a pu s'étendre bien loin et s'émouvoir profondément auprès de l'infini.

pour éviter un écueil. La préoccupation.liens les plus sacrés. 20 La première règle de ce sentiment est donc une règle défensive. faut-il se jeter sur un autre? Pour supprimer l'abus. et pour vous4)lairel Dans une âme pure. Mais ce serait inutilement mutiler sa nature. je veux être bon. L'examen et la prière vous le feront découvrir et l'amour de la vertu saura l'éliminer. toute infidélité d'ailleurs se trahit bien vite. regardez de plus près. retranchera-t-on toute manifestation engageante? se montrera-t-on gêné du moindre éloge?. jf27 dt nom- rencontre tout d'abord l'excès qui est un mouvement poussé trop loin. détruira-t-on la chose? Pour ne pas subir les dangers que peut entraîner le désir de plaire. en aigreur surtout. et la vertu ne se montrerait i . Rè^/es pratiques. détendre le/». Dégénère-t-elle en tristesse. mon Dieu. Devient-elle de l'inquiétude... est la première à donner l'éveil. cet indice d'un désordre. En effet. La tristesse deviendrait 7a loi de la perfection. dans une grande pureté d'intention souvent renouvelée. ensuite la préoccupation trop personnelle qui envisage plus son intérêt que le bien lui-même. La seconde sera une règle de sage liberté. Il — !• Le remède se trouve III. pour être bon.TROISikUE MÉDITATION désir de plaire perd sa sécurité en face breux écueils. appauvrir sa vie. tenez pour certain qu'un vice travaille vos sentiments. enfin le travers de l'obséquiosité qui peut aller jusqu'à la hideuse flatterie et fausser l'âme.

mais elles se retrouveront. du moins. — plusieurs pages des éditions précédente» Nota. I 1 — I l'indispensable notion de l'idéal chrétien. Cet idéal est un désir de plaire. qui s'exerce sous l'influence de Dieu et sous son regard. dont les le soleil d'ici-bas membres dispersés çà et là. un désir sain et franc.. et mieux à leur place.. répandant autour de soi ce charme suave et pénétrant. Oh non. Résolution. au sein de l'universel égoïsme. ont été remplacées ici par d'autres plus conformes au sujet. « car seule elle aime son Dieu en nous que sous 1 aimant ceux qu'elle aime. dans un autre ouvrage projeté. Leur exemple. » Que penser d'une société dont tous les membres seraient animés de tels sentiments? Quelle paix quelle diminution de souffrance Quelle consolation dans nos malheurs inéviCité de rêve que n'éclairera jamais tables! Plutôt cité idéale.CINQUIÈME SEMAINE 328 le parlant emblème d'un arbre dépouillé de ses feuilles. et maintenir. ce n'est point là l'idéal vrai. . sous les yeux de tous. conforme aux exigences de la position de chacun. regards obstinément fixés sur Dieu. — Vigilance attentive. liberté sage. est là pour susciter des générosités individuelles. qui est la gloire réservée à la vertu chrétienne. sont des héros et que nous appelons des saints.

Telle fut l'humilité de Marie. Au sortir des lumières et des ombres de ces méditations prolongées. vous en êtes aussi la plus puissante. Vous nous cornmuniquez.. reflet atténué du soleil. ne virent plus que Jésus seul ». l'humilité de votre divin Fils 1 . N'est-elle pas d'ailleurs la plus fidèle image de celle de Jésus?. Mais l'imitation et l'union sont les deux formes d'un même sentiment l'amour. et les deux agents d'une même œuvre la per. C'est vers vous que se tournent nos regards et nos espérances. Nous deviendrons humbles par Imitation. nous aussi. La blanche lumière de l'astre des nuits. ne descend-elle pas plus douce sur nos yeux? la plus humble des pures créatures. et c'est à la contempler que nous allons consacrer ces deux dernières méditations.COUP D'ŒIL Sur les deux méditations qui vont suivre Après les éblouissements du Thabor et ses nuages mystérieux. L'imitation s'adresse au modèle et lui emprunte ses traits Vunion fait plus encore.. elle l'attire en soi et lui emprunte sa vie. et simplifions nos vues en ne regardant que Jésus seul. en contemplant Jésus humble. levons les yeux. par l'amour. — : : fection. les Apôtres « levant les yeux.

Troisième point : Avec Marie nous faire humble par — — imitation. nous aurions à parcourir. en les lui appliquant. les motifs que nous venons de méditer. Tel n'est pas notre dessein.. toujours conscient de ces motifs contemplés sans défaillance». Toutefois.. Le Magnificat est le cantique secret de toutes ses heures. signalons deux différences très importantes entre sa vertu et la nôtre : l* Les raisons d'être humble. regard sur sa petitesse. regard sur l'Infini. Marie. avant d'aborder le sujet spécial qui nous attire. Si nous voulions étudier à fond Thumilité en Marie. nous perdons de vue. ^ etc.. jamais Son regard reste toujours ouvert. — ! — . elle les voyait d'une vue claire. Deuxième point : Son humilité comme co-rédemptrice.Cinquième Semaine QUATRIEME MEDITATION XXXII* EX8RCICB Marie transformée en Jésus humble par r imitation Premier peint : Humilité d'imitation de Marie comme mère. continuelle et pénétrante. Respexit humilitatemjfecit mihi magna. Nous oublions.. — Préparation pour la veille.

et elle le saiti Elle a sondé.. Dieu abrite sa fragilité sous des imperfections.. Demander la grâce d'aimer Jésus pour éprouver l'ardent désir de l'imitT.. tantum descendit in abyssum humilitatis (saint Bernardin de Sienne). ou du moins sous de mystérieuses ignorances... entre toutes elle les est parfaite. toute une vie.. En effet. une telle humilité est de l'héroïsme.. pour la sauvegarder. son Fils à elle. Humilité d'imitation de Marie — Jésus humble était son Fils. Dieu écarte toutes ces piécautions. post Filium.». Nulle créature. . Il l'expose au grand soleil de la vérité : Elle est est bénie immaculée. nelle femmes.. assez comme Mère. Nulla creatura. Que dire d'une force qui accomplit. Mais l'abîme des grâces reçues n'a fait que rendre plus sensible à ses yeux l'abîme de son néant. l'héroïsme est la force s'exerçant à des actes sublimes et difficiles. après Jésus. Ne faut-il pas un peu d'ombre aux plantes délicates! Pour Marie. les grandeurs de sa maternité divine. mieux que tous les théologiens ensemble. et elle en connaît toutes les prérogatives.QUATRIÈME UÉDITATION 33l 2«> La condition de notre humilité est telle que. I. ce que nul homme ne pourrait soutenir un seul jour — ! Méditation — Prélude. ne descendit aussi avant dans l'humilité. Or.

son Dieu à elle seule. promène. dans cet être qui reste à elle toujours. car elle n'en pouvait connaître d'autre. au contact enveloppant de ses Conferens in Corde suo. comme autrefois sa vie. tant qu'il sera son Fils. Tout se fondait dans cet amour.. avec ses intuitions de Mère... et son Fils. Ahl si les mères pouvaient! Tout se taisait devant ce sentiment dominateur. elle l'adorait d'amour... le il se fit humble. c'est le Jésus anéanti. elle a ce génie. Et elle l'étudiait.. avec son La Mère cœur... Jésus humble allait se développant sans cesse devant les extases de son amour. avec ses yeux. Le cœur ne serait-il pas toutes choses ? Est-ce — la création le nid où éclosent ne sort pas de l'amour de Dieu? Dans ce cœur de Marie. Il n'y a au monde que le Jésus incarné.. cœur commande que et l'intelligence la presse si fort parfois qu'elle Il dépasse sa propre portée. les paroles et les attitudes de son Fils. Dès premier instant. Sa pensée se devine tout. son tout. Quelles vues sur l'humilité de ses divins mystères» de sa petise réchauffaient méditations • . et le Jésus incarné. Et elle l'aimait! Plus heureuse.CINQUIÈME SEHAINlt 332 — — — son Fils bien-aimé. C'est du cœur que naissent les grandes — — — vues. les faits évangé- liques. Et elle n'aimait qu'un Jésus humble. — Le — obéit. et il restera humble tant qu'il restera homme. flamme intense..

. elle admire sa modestie. son goût pour les petits. elle jouit de s'abaisser toujours davantage. elle — : : ! ! .. ces petites mains. passaient des souffles de mort.. le miracle continuel de ses ses effacements... sur son berceau. Elle aime à partager l'ombre où il se cache.. son amour des occupations humiliantes. ces pieds seront percés de clous et l'on élèvera cet innocent sur la croix infâme Ah! si elle pouvait prendre sa place I. : Nous y arriverons lui crie-t-iL II.. sa douceur. elle le contemple au travail. et elle le supplie de l'attendre. victime. Mais il marche encore. l'on soufflettera ce doux visage! quoi. qu'elle va toujours et ne l'atteint pas. les voix lointaines des Prophètes faisaient entendre ces mots expiation.. le silence où il semble se perdre. elle neja prendra pas. elle se fait humble à ne plus se retrouver en rien. Non.quàtrièmb méditation 333 tesse dépendante... de l'amour ^dont il les aimait!..... L'imiter devient sa loi. On peut le dire.. il . Déjà. Marie épie moindres mouvements... elle sait son Jésus par cœur. et recueille ses moindres paroles. se hâte vers le Calvaire ensemble. Son humilité d'imitation comme co-rédemptrice. son besoin et. de sa faiblesse indigente. mais elle l'occupera avec lui. presque sans le vouloir. des prévisions désolantes planaient sur le cœur de la Mère quoi. Puis. A mesure que son Fils grandit. car elle n'est pas seulement sa Mère.... avec Lui! Mais il est si avant dans cette voie.. son Jésus humble!.

par cette voie. par une mère. tion.. c'est beau.. plus facilement humble.. Comme Mère.. Son Fils veut mourir. l'amour III... La charité n'est-elle pas la reine... sans le plus ravir toutefois. et Dieu a secondé cet effort. rôle sublime! elle reste seule à subir les humiliations. — imite. Il l'a faite co-rédemptrice La voilà donc armée du droit de partager ses humiliations qui sauvent que dis-je? de le vouloir avec lui Son Fils veut être humilié. tendaità s'unir à chaque intention. Rien n'est puissant comme l'amour. est elle l .. l'amour devine. c'est régulier.. donnera cette vertu un mobile plus élevé que le sien propre.. et elle veut qu'il soit humilié elle en souffre horriblement.. la formatrice des vertus. et elle veut qu'il meure. le sacrifice se prolonge encore. à chaque palpitation du cœur de son Fils. — — Avec Marie.334 CL1QUIÈME S£MAI?(B encore sa divine associée. elle ira même jusqu'à donner une attrayant ... molée au Calvaire avec lui. rien n'est C'est — — comme ce qu'il inspire. nous faire iiumbles par imitaPuisque l'amour a cette force.. aimons. — Devenir humble par amour. elle est imQuand il est morl. La crainte resserre. qui s'attachent au cadavre de son bienaimé!. mais elle le veut encore. Ainsi. . L'amour contemple... elle peut retenir sur la çente du mal.. Devenir humble par amour. à chaque souffrance. — . On deviendra. la seule qui leur donne la viel Devenir humble par amour. c'est sage.

Résolution. » — la prendre les — Se faire de Jésus humble une douce remettre fréquemment sous nos yeux. seatimeals de Marie. . rem ungiientorum tuorum currimus : courons sur ses pas à l'odeur de ses parfums. Avec Marie. dans ses paroles. mais Tamour seul ouvre les grands espaces. dans son EuchaAvec elle. contemplons Jésus humble dans ses mystères. et il éloigne du mal de la façon la meilleure. aimons à l'imiter : « In odoristie. dans sa personne. dans son Cœur sacré. image. en élevant toujours plus haut.QUATlVIÈaiB MÉDITATION 335 certaine impulsion vers le bien.

mais certaine. union qui fait de Jésuài et de toutes les âmes justes. union mystérieuse. un seul corps mysPréparation pour demain la veille. nous en vivons Elle fut dès lors un membre de son aussi corps mystique. dans un rang inférieur. Jésus vivant en nouç. cette belle tique. et. Marie vivait de la vie de Jésus. La méditation de cette haute vérité sera pour nous un principe de dignité noblesse oblige. Cette communauté de vie fut en Marie d'un ordre à part. Il y a néanmoins entre son état et le nôtre un fond commun.Oinqnième Semaine CINQUIEME MEDITATION ZXXIII* KXBRCIC8 Marie transformée en Jésus humble par Tunion de vie Premier point : Jésus vivant en Marie. — Dtvxième point : — Nous méditerons union de vie que forme la grâce et que couronnera la gloire. nous le sommes avec elle. Un principe de souveraine délicatesse : — : : . elle s'exerça d'une façon éminente et se développa dans des proportions qu'il est impossible d'évaluer.

— Demander la grâce de prendre dans un grand accroissement de délica- celte méditation tesse. Hier. ^ui se Elle lui transmet cette ressemblance physique que l'on retrouve dans la physionomie. des goûts de famille. le bel échange fait entre la mère et le fîlsl Marie communique à Jésus sa propre vie. Jésus vivait en Marie de sa vie d'homme-Dieu. qu'elle forme son corps I. Jésus va communiquer à sa mère ! sa vie de grâce et il le fera royalement. C'est avec son sang.... puis avec son lait. Bien plus..JQn principe de généreux progrès : Il attend d^ nous un accroissement de sa vie.337 CINQUIÈME MÉDITATION Jésus veut partager nos sentiments. — 22 . il la lui donnera dans une sorte de plénitude. la démarche. résultent du tempérament et qui constituent des dispositions. nous avions ce Jésus devant nos yeux l'imiter. BOMiurâ. et Marie se tenait unie à son action par tout ce qu'elle avait de connaissance et de rolonté. demain. pour ^ Méditation Prélude. de générosité et de joie spirituelle. — Jésus vivant en Marie. nous le contemplerons en nous pour unir notre action à la sienne. plénitude qui ira néanmoins ici-bas toujours en s'augmentant. . l'accent. elle fait passer en lui ces ressemblances morales qui sacré. Que ne lui donnerait-elle pas A son tour.

en mérites. » — ^Miki est ma viel » Comment « Yivit vero in vivere Christus est. comme Marie qui jadis. car la vie se définit le principe intérieur des actes. quime soit intérieure et actuelle. mais ce don est plutôt la source de ma vie que ma vie même. La sainte communion vint achever cette œuvre La mère et le fils semblaient avoir : repris. Ainsi le cep se prolonge dans le sarment qu'il a : formé et qu'il nourrit. auront été pleinement comprises. moi aussi : — Jésus vit en moi. Il l'entendre? S'agit-il du don qu'il m'a fait de sa vie sur la croix ? Sans doute. était la vie d'un Dieu plus que jamais anéanti. du fond de son cœur. en me Christus. Mais pour que cette vie s'étende ainsi jusqu'à moi. Par Marie. elle pouvait crier la première et plus haut que saint Paul « Je vis. les humiliations de Jésus dans son cœur et dans ses mystères. la même vie.338 GlNQUliMB BtMAlNt Plus elle croissait en grâces. du moins. Certes. Tous les mystères lui apportaient des vues qui rétendaient et des ardeurs qui l'embrasaient. pour qu'elle me pénètre et m'anime. non. il faut que le cep divin et le sarment se touchent de quelque manière. qu'une . qu'ils soient unis. imitées et vécues : 1 IL Jésus vivant en nous. venue de lui. c'est Jésus qui vit en mail » Admirons et félicitons le fils et la mère. et la vie qui lui était ainsi rendue en échange. Je cherche donc une influence. plus elle entrait dans cette communauté de vie. une extension en moi de la vie qui l'anime lui-même. mais c'était la recevait cette fois. en amour. ce n'est pas moi qui vis.

pour le mieux voir et le mieux entendre. puisque sans cesse il prie pour moi : « Semper vivens ad interpellandum pro nobisK » Si j'évoque le passé pour retrouver le Jésus de l'Evangile. Il a suivi mes pas dès ma première enfance. de beaux désirs. mais il n'y vit pas pour lui seul il est le chef toujours agissant de l'humanité régénérée. un plan. mêlée à mille et mille autres prières venues 'de toutes les plages de la : terre.CINQUIÀME MÉDlTÀÎIOM 339 communication règne entre eux. t. pourquoi n'évoquerai-je point un autre lointain. t. pas même mes douleurs humaines. J'aime à me le représenter pensif à cette heure. mais il se relie à nous d'une façon immédiate par sa divinité. si ses vouloirs. Rien de moi ne lui fut étranger. — : . comme s'il que celle-là. la communion ne nous le donne qu'en passant. ô Jésus! C'est vrai.. Vie de Jésus en nous . sa vie enfin. I Troisième messe. II. en son humanité. Voir Pratique progressive de la Confession. si.. Jésus. Méthodes et formulée pour bien entendre la Messe. Il a sur mon avenir une pensée. Quand ma prière s'élève vers lui. il la distingue et il l'écoute. dont l'action intérieure nous transmet ses pensées. et c'est à moi qu'il n'avait à écouter \. car toujours vivant. je me transporte pieusement aux lieux où il vécut. ses grâces.. pour le rapprocher de mon cœur? Jésus vit là-haut dans la gloire. il me connaît.. si j'aime à distinguer les traits de son visage et le son de sa voix. celui du ciel. et vous êtes loin de moi dans votre ciel. reste au loin dans son ciel. il m'aime.

et une grâce. je n'ai pas besoin de la sentir. à mes pensées si elles sont impures? L'entraînerai-je avec moi dans les recherches de mon orgueil et dans les tristesses de mon égoïsrae?. un pardon. sa grâce ne m'accompagnerait pas. je fais un c'est 1 1 . ô Jésus. je me surpasserai moi-même j'irai au-devant de lui par toutes les industries de mon initiative.340 pense. . Jésus pensera-t-il cette pensée avec moi? Fera-t-il sienne cette action que je médite? Son cœur s'unira-t-il à mon cœur dans cette affection? Voudrais-je le mêler lui-même à mes sentiments s'ils sont bas. je CINQUIEMB SEMAINB le vois suppliant devant son Père. Pourrais-je. un progrès qu'il implcrre pour moi. mais elle est réelle . Il se détournerait.. de parti-pris. la communication serait rompue pour des plus — — de tels actes. je peux l'accroître. je mettrai à son service toutes les ressources de mon activité. me résigner à rester médiocre? J'arrêterais en moi l'expansion de la vie de Jésus. puissants mobiles de ma ferveur. sa vie dans ce grand corps. Oh que cette noble et chère tête s'occupe bien du dernier de ses membres! Cette action en moi est secrète. je peux rendre Jésus plus grand dans son être mystique.. et si je ne perçois pas au-dedans les inspirations de sa grâce.. c'est vrai. A mon tour. et pour cela.. je chercherai dans ses leçons et ses exemples le sens de ses désirs ne pense-t-il pas toujours ce qu'il a pensé sur : : la terre ? Ainsi donc. je le crois et de cette foi. nous vivons ensemble.

avant de donner une réponse.. et depuis des siècles. puisque tout le surnaturel qu'elles contiennent appartient à votre grâce. par moi. Prenez-les donc puisqu'elles sont vôtres. I . . mon bien suprême (Saint Augustin.. bien avant dans les profondeurs de l'humilité.Elles sont à moi. ô Dieu. interroger au-dedans la pensée du Maître un instant suffit quand on est bien près : de luL 1. ravit mon cœur par son intimité. Je reste muet de surprise en songeant que je suis quelque chose de vous. cachées au grand nombre reuse encore celle qui en cultive l'attrait: Elle ira d'abîme en abîme.CINQUIÈME MEDITATION ^ 341 Les œuvres opérées sous votre influence nous devipnnentcommunes. très loin des petitesses amare ! o ire! o sibipedu misérable orgueil rire! ad Deum pervenire ! Vous aimer Vous suivre! Se perdre et vous trouver. Avant de se décider.) . vie attentive et maternelle. vous devenez quelque chose de plus^ Heureuse l'âme qui comprend ces merplus heuveilles. puisque je les accomplis librement. Si votre vie. dans des milliers et des milliers d'âmes. cette même vie pour chaque âme. Accroissement accidentel. elles sont à vous. non etsenkiel. et que. ! 1 ! — Résolution. recevez-les puisqu'elles sont miennes aussi et unissez-les à votre grand corps mystique. étonne mon admiration par son immensité.

anéanti. du prochain. puisqu'il le veut bien. de toutes choses : contraires ? Me mon suis-je tourné avec lui contre moi. éclairez et mon âme. en ne mains de Dieu? parlant de moi que dans la mesure de là sim: — — . de moi-même.) Lui ai-je procuré cette joie qu'il recherche. dans la sainte communion et dans les exercices de piété ? (S'anéantir pour adorer. L'ai-je considéré s'anéantissant avec moi devant son Père dans l'acte d'humilité du matin. rendre grâces.Examen particulier en usage dans une pieuse association Esprit de touchez lumière et de vérité. orgueil et sont fait sentir? quand mon jugement personnel se Me promptement suis-je alors uni au mépris qu'ils inspirent à Jésus vivant en moi ? Me suis-je rappelé que c'est Jésus doux et humble qui doit vivre en moi? Dans cet esprit Avec mes supérieurs. me suis-je. abîmé dans son cœur doux et humble? M'y suis-je tenu caché. Convaincu de Tinfinie bonté de Notre-Seigneur et de ma particulière misère et ingratitude. et abdiquant toute vie trop personnelle pour vivre de sa vie à lui. me sentant entre les Avec tout prochain. mè suis-je tenu en lui tout petit et tout simple. réparer et prier. de savourer en moi les humiliations extérieures ou intérieures humiliations venant de Dieu.

343 CINQUIÈME MÉDITATION abaDdonnant. il y a — lieu. : marche ? Ai-je parfois trouvé la paix dans cette parole : pourvu que Jésus soit content » et le cou« j'ajouterai à son rage dans cette assurance Ai-je eu à cœur front un rayon de gloire. en ne témoignant aucune exigence et au contraire beaucoup de douceur. oubliant celle qui n'est pas pour m'occuper surtout de Celui qui est? Ai-je rapporté à Dieu tout bien? Ai-je compté absolument sur lui pour triompher de tout Jésus. doux et humble de cœur. Ai-je mis ma règle de discernement dans Jésus peut-il penser cette simple question avec moi cette pensée? aimer avec moi cette affection? m'accompagnera-t-il dans cette déplicité. vivez mal? librement en mon âme « ! : 1 — . grandir et se complaire en moi ? En Jésus. méprisant même. quand Envers mon propre sentiment? les inférieurs. » de le faire toujours vivre. ai-je abdiqué toute préoccupation personnelle.

Issues des mêmes vues. à mesure que mon regard se fait plus pénétrant. L'amour trouve son Dieu en s'élançant vers l'humilité le rencontre au fond de ses abais- lui . à côté d'elle. . elles marchent ensemble vers la gloire de Dieu. l'amour dans sa fierté. son éclat. Cependant. elles donnent à Dieu la même préféren»^e sur toutes choses et parlent le même langagej^ le plus sublime. des traits de ressemblance si frappants qu'on les reconnaît de même origine une action réciproque se complétant si bien que l'on se demande si l'humilité et l'amour ne sont pas un composé formant une seule vertu. je me demande comment peuvent se justifier ces assertions des saints. cherchant l'ombre et. . celui de l'adoramilité inclinée. . comme le corps et l'âme forment le composé humain. : tion. qui les comparent et les unissent. je distingue entre ces deux sentiments des rapports si étroits qu'on les jugerait inséparables.ÉLÉVATION SUR Les rapports de ^humilité et de Tamour divin Quand je contemple d'un même regard l'hu- pauvre d'aspect. Assurément l'humilité et l'amour constituent deux vertus distinctes mais il n'est pas téméraire de dire qu'on ne les voit jamais séparées. son besoin d'expansion. Unissant leurs drapeaux.

l'orgueil su- L'humilité vengeresse chasse toutes ces usurpations Si tu es le néant et le mal. et ce que rêvent mes désirs Tout pour sa gloire afin qu'elle éclate de toutes parts! C'est elle seule qui doit régner dans l'univers . et ce bien Tout pour elle. L'orgueil mesquin remplit . et ce qui vit dans mon cœur. un moyen qui la serve. dans une sphère où il le domine l'humilité en descendant vers lui et le touchant de son dédain. et il n'est pas un atome qui ne puisse devenir une voix qui la proclame. : .ÂLéVATION 34S sements. Leur but L'amour veut — commun le : la gloire de Dieu. là d'alTection. et ce que mon action peut atteindre. bien de son Dieu. ici-bas s'appelle sa gloire. je ne considère que moi j'oublie Dieu. elle se contente de se complaire en elle-même si elle est grande. Si . chez l'un comme chez l'autre. Une soumission universelle est le propre de l'amourcomme de l'humilité. dépose tes ridicules prétentions. elle veut s'élever au-dessus des autres et elle use ses ressources dans les tourments de l'ambition ou de l'envie. ou que je me fasse un piédestal de l'estime des autres. l'orgueil. elle est un besoin ici de justice. je ne songe pas à sa gloire. L'être doué de raison n'a : . un ornement dont elle s'embellisse. mon âme est médiocre. ! Son rival dangereux est l'exaltation du moi humain. . I. vainement toute une existence perbe 1& dévaste. Tous les deux se dégagent du créé l'amour en s'élevant loin de lui. Que je m'élève dans ma propre estime.

sans l'amour. Inséparables compagnes des luttes de la terre. haut arrête comme il l'âme. toute déification là-haut. ces deux sentiments donnent à Dieu sa plus grande gloire par le sacrifice de tout ce qui surélève la personnalité. C'est son but nécessaire en tant que créature. en le et si. Sans l'humilité. le Maître d'en glaive et soustrait la auprès d'Abraham victime. L'humilité fournit la mal'amour. en renversant Tidole. Ils déposent sur l'autel et l'estime des hommes et ce qui d'ordinaire l'attire le talent. Réunis. mais c'est pour prendre un élan plus vigoureux vers les hauteurs et si tu te dédaignes. L'humilité est la tière. tu ne laisses pas le temple vide. C'est l'élément supérieur dont se fait toute sainteté ici-bas. il est vrai. A la place de ce triste moi que tu me défends de servir. tu fais régner Dieu et sa gloire. c'est pour . il occupation maîtresse en tant qu'activité. l'humilité s'efl"ondrerait dans la bassesse.CINQUIEME SEUAINI 346 de s'abaisser à se rechercher luia le devoir de tendre vers la grandeur. : — justice qui porte la sentence. s'il . Tu t'abaisse^. l'humilité et l'amour ne sauraient vaincre sans cette alliance intime la mort de l'une amène: raitla ruine de l'autre. C'est son pas le droit même . car seul l'amour comme la Inort. la bonté. le succès et jusqu'à cet honneur légitime que l'on n'a le droit de sacrifier qu'à Dieu. l'amour s'évanouirait dans l'illusion. — l'amour est glaive qui l'exécute. le feu sacré. l'infinie perfection. le est fort parfois. l'auréole de l'admifit . humaine. laisse à faveur du bien. t'affranchir. humilité.

de son infini. choix volontaire. C'est elle qu'il envisage et dontil s'éprend. par Thurailité. Il grandit avec cette vi^e. fins de son idéal propre C'est ainsi que. se révèle à sa raison croyante et la voilà qui cherche vainement sur quoi appuyer ses prétentions. . demande à ces perfections divines le motif principal de mêmes son inclination. et son essor s'élève II. il n'en est pas moins un sentiment désintéressé. naît du mobile qui l'inspiré. elle s'agenouille dans une dépendance absolue. que. nécessaire et profonde. Rien n'appartient . s'il est possible. cause mystérieuse et réelle de tout bien. L'amour trouve le sien dans l'amabilité souveraine. car telle est son essence passion sainte. n'ont en vue que la divine ama: bilité. elle aussi. En face de la Grandeur Divine entrevue. C'est vers elle qu'il s'élance. l'amour trouve pour l'offrir à son Dieu une victime digne. l'âme se sent petite à l'infini en face de l'Autorité souveraine.347 iEliévation ration générale. L'humilité parfaite. elle les porte comme un objet d'emprunt. Leur origine Un sentiment à mesure qu'elle lui manifeste davantage ses attraits. l'humilité C'est ainsi pousse son mouvement jusqu'aux derniers conl'anéantissement. Que l'action de Dieu. il se hausse pour atteindre toujours plus loin. : — commune : la vue de Dieu. par l'amour. Que cet amour soit une passion sainte qui entraîne ou qu'il reste simplement un amour de volonté qui se détermine par choix.

c'est l'inclination naturelle de la bonté. il contente de ce que nous pouvons lui donner. toutes ces misères. Or.mesure que tout s'efface ainsi du côté de la terre. ô mon Dieu. Toute ascension de l'un porte l'autre plus haut. l'Etre divin se déploie au-dessus de nos têtes. ^ : . que je suis vile! L'amour dit il nous aime! et l'humilité s'écrie :se peut-il? Alors l'amour se penche pour tout lui expliquer : 1 — : : — : — est aussi bon qu'il est beau. à. qui sont mon être. car le néant et le mal n'ont rien de positif. Je ne puis donc vous contempler. que dis-je? qui aime. maigri les laideurs et les ingratitudes? L'amour. blesse mon cœur du Jésir . il ne compte du peu que nous sommes. dans ses splendeurs. mais quelle est donc cette bonté qui aim^e sans cela. il y a donc des profondeurs de bonté que sans toi je ne saurais connaître tu étends mes vues et ce que je découvre. dans vos merveilleux attributs. humilité. ô ma sœur. deviennent des motifs d'amour! Quoi! Je suis aimée ainsi faite! Qu'on aime ce qui est beau et pur. L'amour dit que Dieu est beau! L'humilité répond près de lui.348 CINQUIÈME SEMAINE en propre à la créature. s'accroissent en se complétant. . mutuellement. il tient pas se — L'humilité relevant le front : Mais alors faut l'aimer davantage! Cette bassesse me où il je vois et qui me rend timide ces fautes qui remplissent ma vie et qui me fermeraient le cœur. vois-tu. sans éprouver ce double sentiment d'amour et d'humilité Ils naissent du même regard. palpitent des mêmes surprises et.

le manteau . L'amour. cette voix. tu cependant.349 ÉLEVÂT! 0> d'aimer davantage. -. L'humilité. je marcherai caché sous ton manteau. je te transformerai. car elles plaisent à Dieu et dérobent à l'admiration des hommes. Sans cesse. dans ma voix et jusque dans mes moindres actions. frère saint dont veux me transformer en toi. comme le deviendras l'adoration béatifîque. tu L'humilité. — Alors. au ciel tu me rejetteras voyageur en arrivant rejette le manteau qui îri» son abri dans la route? L'amour. je suis indigne. Je reste humilité. pour traverser l'estime vaine. mais je deviens amour. quelque chose de plus confus et de plus tendre.Oh! non. Je descendrai aussi dans tes impressions profondes pour y perdre toute com- — plaisance en moi-même. Veux-tu que nous aimions ensemble? — amour divin. et pour faire passer sur mes traits. Sous elles. je les adopterai moi-même. d'or que là-haut revêt le néant. tant que je serai de ce monde. et. Et cette physionomie. Je me revêts de tes riches parures. laisse-moi garder mes haillons. ils toucheront ma chair pour lui imprimer le sentiment de sa misère native. cette attitude.

soit de nous-mêmes. y ftn a-t-il au moins un que nous em- — ployions avec persévérance? Quand nous 'sommes en présence du Très Saint-Sacrement. lité. comme autant d'occasions précieuses et providentielles de nous avancer dans la science de — l'humilité? Sommes-nous persuadés que nos actions les meilleures en apparence sont trop souvent déflorées par quelques-unes de nos Gomment secrètes inclinations mauvaises? supportons-nous l'échec de notre amour-propre quand on s'aperçoit que. quand nous le possédons dans notre cœur.£XÂMEN GÉNÉRAL Quelle estime et quels désirs avons-nous à l'humilité î^eule peut — Comprenons-nous que donner à l'âme la capacité l'égard de l'humilité? de recevoir et de conserver toutes les autres vertus? L'humilité est-elle un des objets les plus accoutumés de nos prières de nos supplications? En faisons-nous souvent le sujet de nos méditations. cherchons-nous à attirer en nous l'humilité ineffable de Jésus-Hostie et sa douceur si com- municative? Regardons-nous les humiliations qui nous viennent. notre réputation est surfaite ou usurpée? Notre paix n'est-ellô pas troublée ou perdue quand on arrive à découvrir ce que nous sommes en — peu que nous valons? Aussi ne mettons-nous pas beaucoup de soin à dissiréalité et le . de nos lectures. de nos examens?^— Parmi les moyens d'acquérir l'humi- — . sur tel ou tel point. soit du prochain.

comme on dit parfois dédaigneusement? Dans notre façon de parler et d'agir.IXAMKN GÉNÉRAL muler nos SSi beaucoup plus qu'à fautes. des N'aimonsgens toujours sûrs d'eux-mêmes? nous pas en général tout ce qui est distingué. restonsnous dans l'esprit du conseil qu'a donné NotreSeigneur « Pour prier. le» éviter? Conversons-nous volontiers avec les gens de condition inférieure? Où vont d'instinct nos sympathies du côté des âmes simples et modestes. et dans tout le reste. dans les succès — — : — — . où les mondains mettent de l'ostentation? N'entrons-nous jamais dans cette conspiration universelle contre la vérité. qu'ont plusieurs. sur le vulgaire. le Père céleste préfère un endroit caché. uniquement parce que cela tranche sur le commun. ou du côté des esprits audacieux. qui se fait au profit de la vanité de chacun? Répugnonsnous à accepter et à offrir ces flatteries mensongères. de parler de leurs œuvres de zèle avec autant de satisfaction que de prolixité? Avons-nous conservé l'humilité dans nos conBolations et progrès spirituels. » Ne tombons-nous pas quelquefois dans ce déplorable travers. ses vêtements. ne prenons-nous jamais des airs de grandeur que nous trouverions très ridicules chez autrui ? Croyons-nous que l'esprit de l'Evangile demande au chrétien de recher- — : — — — cher la simplicité dans son genre de vie. sa nourriture. dont les personnes de la société se paient mutuellement? Aimons-nous à faire nos bonnes œuvres en secret? Tout en remplissant le devoir de l'édification.

nos défauts. à défaut de ces joies assez rareSjde nous contenter du témoignage de notre conscience? Pouvons-nous nous passer longtemps de toute marque extérieure d'approba- — N'avons-nous pas tion de la part d'autrui? combattu nos tristesses et nos découragements par des regards de complaisance sur certains côtés avantageux de notre personnalité? La défiance de nos propres forces n'est-elle que le prélude d'une grande confiance en Dieu? Ne faisons-nous pas servir l'humilité de prétexte à la paresse.EXAMEN GÉNÉRAL 352 — Somles plus encourageants de nos œuvres? mes-nous capables. à dé- — nigrement? — Sommes-nous également iudiffé- . et qui peuvent en faire un thème à critique. à plaisanterie. à l'ennui N'estde nous-mêmes et de nos fonctions? ce pas aussi par une fausse humilité que nous craignons de paraître. au lieu de les racheter par le travail et la générosité dans le — — Couvrons-nous du nom d'humilité une disposition à l'humeur chagrine. que nous nous retranchons parfois dans l'isolement contre les avanies du monde? Notre timidité n'est-elle pas tout bonnement un déguisement Quand l'utilité ou la chade l'amour-propre? rité requièrent que nous parlions de ce qui nous concerne. n'y a-t-il pas d'afifectation dans sacrifice ? — — notre modestie? Nos sentiments d'humilité sont-ils assez surnaturels pour nous maintenir toujours patients et doux en face de nos incurables misères ? Comment acceptons-nous les occasions qui révèlent nos torts. en perdant notre temps à gémir sur nos misères. quand il le faut.

pour un léger Le regret que nous avons manque d'égards? de nos péchés n'est-il pas en grande partie N'est-ce pas causé par la honte et le dépit? par manque d'humilité que nous ne savons ni nous relever aussitôt après nos chutes. les estimons-nous bien au-dessus de ce que nous valons? Aimons-nous à travailler en sous-ordre. humainement parlant. je suis le dernier des der- niers? » Sentons-nous profondément le besoin de prier avant d'agir.qui faisait dire à saint Paul « Je suis le premier des pécheurs ». ni dans la suite utiliser nos fautes . ou à d'autres saints: « Parmi les serêtre — : viteurs du bon Dieu. et de remercier après l'ac- tion? Trouvant notre responsabilité actuelle déjà bien lourde. ou à saint Vincent de Paul « Je suis pire que tous les démons».EXAMEN GÉNÉRAL 353 rents aux éloges et aux blâmes ou plutôt. à garder — — HUMILITÉ. peut.notre amour-propre ne se froisse-t-il pas facilement pour une petite parole piquante. — 23 .que nous cherchons à faire valoir des circonstances atténuantes. de commander. devant nous-mêmes ou devant les autres. d'avoir ofûciellement toujours raiNotre opinion de nous-même n'est-elle son? pas bien opposée au sentiment si étrange. peut-être. — — même devant notre Directeur? Redoutons-nous la présomption. comme une suite naturelle de l'habitude que nous avons.utre ambition que celle de remplir de notre mieux les devoirs de notre situation présente? Si modestes que soient nos fonctions. de diriger. de réprimander. n'avons-nous pas d'a.

même quand ils nous causent quelque peine Comment recevons-nous leurs réprimandes ou même leurs simples observa^ — I tions? Est-ce avec force répliques. renvoyant à qui de droit le mérite et les louanges? Restons-nous bien calmes quand nous croyons voir que nos Supérieurs nous oublient ou font Ne parions-nous d'eux peu de cas de nous? qu'avec respect. de plus envié ? Avons-nous pour tous de constantes prévenances inspirées soit par le respect intérieur envers eux. qu'on ne nous écoute pas. à l'exemple du divin Maître. esprit de suffisance et de domination devant lequel tous doivent plier ? Supportons-nous doucement. excuses et murmures.KXAMBIf GÉNÉRAL 354 pour nous la part la plus laborieuse. puis k nous effacer au moment de la moisson. ou bien au contraire avec promesse sincère de tâcher de les contenter à l'avenir? Ne sommes-nous pas jaloux à l'excès de notre indépendance personnelle? Observons-nous la règle générale de ne parler du prochain qu'en bonne part? Nous efforçons-nous d'avoir de lui la meilleure opiDétournons-nous de parti pris nion possible? Nous notre pensée de ses imperfections? refusons-nous à le juger? Nous sommesnous défaits de l'esprit de contradiction t Sommes-nous peu enclins aux discussions? Savons-nous ne pas interrompre autrui et nous Laissons-noas volontiers aux taire à temps? autres ce qu'il y a de meilleur. qu'on contredise nos paroles. qu'on dénature nos in- — — — — — — — — . soit par le sentiment sincère de notre infériorité ? N'y a-t-il en nous rien qui sente ceN.

entretenir contre ses agresseurs une amertume persévérante. ne sommes-nous pas tombés dans l'une de ces trois fautes se venger par des paroles de mépris ou par des railleries sanglantes. qu'on ménagements ou même — Quand nous pensons être victimes de lamalveillance. pour pouvoir vivre et mourir dans sa bieuheureuse paix? — : : — — — . qu'on se nous traite sans avec un dédain affecté? tentions. reconnaissons-nous. ou bien enfin. avec impatience et coTandis que Notre-Seigneur s'est tu lère? devant la haine et la calomnie « Jésus autem tacebat ». qu'on rebute nos moque de nos conseils. de l'injustice. nous méritons des traiAvons-nous excusé tements pires encore? nos ennemis devant Dieu et prié pour eux? Sommes-nous résolus à abandonner à jamais notre cause entre les mains de notre Père céleste. comme pécheurs. que. ne repoussons-nous pas ce qui nous blesse. laisser son courage Si cruelles que succomber dans la tristesse? puissent être nos peines.EXAMEN GÉNÉRAL 355 demandes.

sMmposer une physionomie toujours humble : — . pour noter d'un courir . — : — modémême quand on est seul. etc.CONSEILS Pour la conclusion de ces exercices I — i° Vous arrêterez d'abord vos résolutions : Qu'ai-je à réformer? qu'ai-je à introduire? — — par quels moyens? 2° Vous choisirez une rue qui vous impressionne et que vous ferez planer sur votre pensée.parexemple: quelques privations. 4** — II Consacrez ensuite quelques moments à parla table de ce volume. quelques prières. par exemple l'infini de Dieu en face de votre ou néant— la vie intime de Jésus en vous bien un souvenir comme celui de certaines ou encore la constatation fautes humiliantes d'une infériorité sensible. etc. une accusation détaillée en confession. On peut se contenter encore de marquer chaque soir le nombre de ses manquements.. ses réponses. le ton de sa et sereine. 3° Vous concentrerez votre effort dans une adorer pratique très efficace. — — s'appliquer à écouter les autres. rer ses voix. mouvements. par exemple Dieu profondément avant chaque prière. Déterminez une sanction à tout manquement.

Chez vous. les méditations : — — profit.. Mettez dans votre physionomie quelque chose Parlez et écoutez de façon à de très doux. C'est alors que vous réciterez lentement et de tout ^œur la prière suivante: . III Pour clore dignement ces saints exercices. le mouvement se ralentit. placez des fleurs et une petite lampe allumée. vous n'en reviendrez jamais sans signe. Que la communion de ce dernier jour soit préparée avec plus de soin. si près que. si Dieu le permettait. en vous avançant vers l'autel le plus près possible. Se former à l'humilité est Allez souvent une œuvre de longue haleine. Emparez-vous si fort de Jésus que vous remportiez partout où vous irez. et l'action de grâces plus prolongée. les impressions s'effacent.CONSEILS POUR LA CONCLUSION DE CES EXERCICES 357 ou les lectures sur lesquelles il vous semblerait le plus utile de revenir.. Jésus et vous puissiez vous entendre. devant une de ses images.. à ce livre.'il se peut. — faire plaisir à tous. : — plus sensible. Cherchez une intimité démarche plus grave. Que votre visite au Saint-Sacrement prenne une sorte de solennité extérieur plus soigné^. à raison d'une par semaine ou par mois. Ce conseil est de grande importance les détails se perdent. ingéniez-vous à trouver diverses pratiques moins ordinaires. s. parlant à voix basse.

il ne voit en elles que l'expression du . ristie ! Ce qui m'y frappe tout d'abord. — . des foules empressées. . des flambeaux qui brillent. Oh! donnez-moi de comprendre votre Euchasortir nir. des harmonies qui chantent sous les voûtes sonores..358 CONSEILS POUR LA COiXCLUSION Auprès du Tabernacle Au de ces méditations où votre souvem'a suivi tout le long de la route. Je n'ai plus sous les yeux la crèche où naquit votre humilité... . le Calvaire qui la couronna dans les opprobres. quand je vous ai vous-même. des voix sans charme. ô Jësus. Dieu. là peut-être plus que partout ailleurs. bâties par la sueur du paysan vous vous accommodez même d'un toit de chaume et d'une hutte de sauvage. là-bas quelques cierges fumeux. Mais pourquoi la chercher à si longue distance quand je l'ai près de moi? Pourquoi des souvenirs de vous. quelques rares chrétiens distraits!. plane au-dessus de ces choses. me voici encore à vos pieds. ô Jésus. Ici... la pauvre demeure de Nazareth qui la vit croître à son ombre durant trente ans. ô Jésus. Votre grand cœur. anéanti.. des fleurs. c'est cette humilité simple et bonne qui se fait toute à tous? Vous aimez les belles cathédrales que vous aimez vous offre la richesse des villes tout autant les pauvres églises de campagne.

— ! ! . Ici âmes ignorantes des et lui donne. rien ne la trahit aucune lueur n'arrive à mes yeux . Quoi! pour votre corps ressuscité.. elle vous trouve tellement diminué. Quant à son tour. aucun murmure ne se fait entendre pas un tressaillement ne soulève les espèces saintes qui vous contiennent vivant. Votre grand cœur s'arrête au sentiment lui-même il ^st content de ce que chacun lui dit. compagnon glorieux de votre belle âme. I comme vous tout à tous. je dois être humble. . quoi pour tout votre être eucharistique. Votre personne. âmes de plus haute culture vous font entendre douce mélodie des prières intimes. l'espace mesquin d'un tabernacle que dis-je? d'un ciboire! que dis-je encore ? d'une parcelle <ie pain car enfin. simples vous que les lèvres trop souvent sont seules à exprimer. . rien ne la montre votre présence. quelle leçon touchante Pour me ia . la plus petite hostie qu'on Si je une humilité . quand on lui dit ce qu'on sait dire. sentir 1 vous contemple vous-même. . Il y a tant de formes différentes sous lesquelles il faut surtout chercher le cœur il y a tant de petits oublis qu'il ne faut pas trop res- faire .359 DE CES EXERCICES sentiment il est content de ce qu'on quand on lui donne ce qu'on peut.. je découvre plus profonde. ma foi vous cherche. ailleurs des offrent des prières vocales. temple auguste de votre divinité. Jésus. qu'elle s'étonne. .

peut être divisée cent fois.. vous ne repoussez pas même le sacrilège. on vous porte où l'on veut. Vous voilà donc tout petit. pour arriver aux cœurs qui vous aiment Notre amour vous fut donc plus cher que votre dignité Jésus. et chacun de ces centièmes vous contient. votre existence eucharistique dépend de notre volonté Jésus. je fixerai mes regards sur cette paix profonde de votre tabernacle. si l'on est pour moi sans soins. ! . ils s'acharnent sur votre petitesse qui s'efface ils ne reculent pas devant cette confiance qui se livre L'impiété vous nie ou vous insulte l'incurie vous délaisse sur des linges déchirés ou malpropres. vous êtes l'humble que rien ne rebute !. toutes ces infamies. vous vous donnez à l'indifférent. triste produit de la liberté humaine. vous restez immobile. si je me vois diminué dans ma réputation. où règne votre humilité. sans apparence aucune.360 CONSEILS POUR LA CONCLUSION nous donne. dans mes facultés même. dans mon activité. Ne pouvant écarter sans de continuels miracles. vous qui êtes si grand!. : 1 Mais que vois-je? les opprobres du passé vous poursuivent jusque dans cette retraite où vous vous cachez pourtant si bas. comme un pauvre sur son grabat... ! ! . sans .. vous les avez bravement traversées. vous ne vous refusez pas à la bouche fétide du malade-. réduit à rien vous n'avez pas de voix. dans mes ressources.

sans reconnaissance 361 si par erreur ou par méchanceté. marchant vers vous.DE CES EXERCICES égards.. si vous vous étiez fait moins petit. Si me communiquant sans cesse votr& d'indulgence. . Quelle bonté Quelle sagesse Quelle leçon Jésus. fruits si doux de votre humilité. je m'en irai souriant au milieu de ces peines. je n'aurais pu vous contenir en moi.. si vous. d'effacement. comment nous séparer? Vous me suivrez donc dans et je suis à vous. par la communion. confus de cette gloire avec vous dans le silence de l'adoration et quand j'en sortiiai. comme vous^ la vie. . adoré moins profondément votre Père ô Jésus. de la terre près de vous. ce ne sera. de bonté constante. 1 ! ! . je me verrai dans tous les tabernacles. heureux de cette inje m'y tiendrai timité. vous êtes à moi nous ne faisons qu'un.auriez . que pour me donner I vous vous étiez moins anéanti. Jésus. esprit — . Et moi.. on m'impose des humiliations cruelles.

— En trois ans une œuvre de puissante il arrive vie surnatu- au 17» mille. La doctrine de l'union à Jésus. plus récemment paru Méthodes et formules pour bien entendre la lin : messe. Le titre ne qu'il contient. çà et là. » Déjà l'examinateur officiel avait signalé ce livLe . .Nous nous permettons d'attirer l'attention sur ouvrage du même auteur. dit En que le effet. plus lumineusement la présence réelle de Jésus dans l'Eucharistie. qui se fait jour dans la Pratique progressive. L'Ami du Clergé terminait son très élogieux a^rticle par ces mots « Jamais vous n'aurez senti plus vivement. — : — comme « relle ». but de ce livre et non ce on y trouve. et. dans le présent ouvrage sur VHumilitéy s'y déploie en toute liberté. croyons- nous. tout ce qui peut le plus intéresser la piété à l'égard du Très Saint-Sacrement (!«'' volume) et les notions les plus approfondies sur les rapports de l'Eucharistie avec les dévotions fondamentales (2« volume).

ffumilité vertu spéciale: ^ 9 14 Humilité.TABLE DES MATIÈRES Préfacb de cette sixième édition b Clonseils pour le succès de cee exercices •Coup d*œil pbéliminairb •§!. En tant que illumine tout l'ordre intellectuel. elle dirige tout l'ordre moral. Ses transformations II. — d'être 20 — — — .2" Méditation.• . - Sur la première tendance 33 ou estime de soi 41 3* MÉDITATION. sont complétées par la révélation. de ces deux tendances. mais de les régler. mais d'objet. s'oppose à Dieu fin dernière de nos actes 52 . — voua ne devenez BESOIN D'ÊTRE HUMBLE Invitation divine à V Humilité! des petits enfants. La vanité n'est pas une question d'espèce. justice. IV. L'Humilité n'a pas pour but de les détruire. Ses règles. m. — — elle l» . — L'Orgueil en tant qu'estime déréglée de soi-même. : — 28 L'estime de ii. s'oppose à Dieu principe de tout bien. 1" MÉDITATION. données d'une façon insuffisante par la raison. L'honneur et ses éléments. influence générale : en tant que vérité. » « Si comme Étudb psychologique de l'orgueil i. V. il — Entant que désir désordonné de l'estime. — Sur la deuxième tendance ou désir de l'estime des autres 47 Conclusion et synthèse. Raisons soi et le désir de l'estime des autres.7 désir de l'estime elle a pour objet l'estime de des autres «Quelques notions sur les vertus surnaturelles soi et le — SEMAINE.

Elle maintient à Dieu son rôle de principe par une obéissance confiante. . 6T — — 7> RAISONS D'ÊTRE HUMBLE — 1* Ce qui Étude préparatoire. Comment la pureté — — d'intention a été insuffisante. Le néant de la créature. plique la surnaturelle d'humilité loi lOT . Humilité. 94- — Nécessité de grâces spéciales. Ce dogme écrase tout orgueil et nous montre l'humilité comme la loi de notre condition présente 101 — Notre condition. n'a besoin pour punir que de refuser son action. favorise la vertu en fortifiant l'inclination qui en est l'essence !'• MÉDITATION. Dans son être. la stérilité.364 TABLE DES MATIÈRES — — 4« MÉDITATION. la déchéance en résultant comme conséquence et comme châtiment MÉDITATION. Elle les préserve de l'orgueil qui est un double principe d'altération et d'aveuglement 7* Châtiment de l'orgueil. Dieu méconnu en tant que principe et fin. fondement des vertus. Humilité viciée dans sa formation par un orgueil inconscient. Comment l'influence du milieu a développé une humilité factice Humilité gardienne des vertus. même impersonnel. Trois pointa de vue s'applique à tout homme 2» ce qui est personnel à chacun 3"» ce qui détermine la valeur comparative. — 2» 62 — 6» SEMAINE. — Cette nécessité est absolue dans l'ordre surnaturel. 4» Observation importante : Tout motif. L'homme réduit à rien en : . Son analyse exnécessité des grâces spéciales et justifie la MÉDITATION. MÉDITATION. —Elle la mesure de notre dépendance et aussi de notre grandeur donne 3» 4* MÉDITATION. le péché. dans ses actes. 8T — Nécessité de la grâce actuelle. 8$ — — — Fondement de l'adoration comme face de l'infini. de l'humilité 2* MÉDITATION. et son rôle de fin dernière par la pureté d'intention 5* — 56- MÉDITATION.

En face des Saints et en face de Dieu. — Les fautes des autres ne MÉDITATION. — — Enfance et vie cachée. ii. Comment sincère. profonde. Toute comparaison sur la valeur doit être prise dans ce qui est élevé. Distinguer l'ordre théoqui troublent.365 TABLE DES MATIERES Pages. — rique de l'ordre pratique 6* 114 — Nos fautes. parce que cela seul mérite l'estime — ' 3' SEMAINE. Le changent rien à ce que nous sommes i]* ItC — Prière éditée par Urbain VIII. MÉDITATION. Humilité du Cœur de Jésus. Examen de la cause. — — — Humilité d abjection. 179 — se mettre au-dessous de . 6* MÉDITATION. 123 la méditation de ce principe : — Ses carac- qui va suivre. lité d'anéantissement. Son aspect mystérieux Éclaircissements sur 164 Hu- Sa promulgation €• MÉDITATION. — La loi. Ces conditions réalisées dans les exemples de Jésus. 141 Humilité qui incline à l'efifacement 2« 129 — JÉSUS HUMBLE Étude préparatoire sur 1" MÉDITATION. 166 — — Examen 173 — Humilité d'abjection. ÉcLAiRcissBMENTs sur — Vérités ' les 2 méditations qui précèdent. 157 ÉCLAIRCISSEMENTS sur les 3 méditations qui vont suivre. L'humilité d'abjection ou de mépris est spéciafondée sur nos lement l'humilité chrétienne supérieure aux données de la raison et dogmes aux forces de la nature — — — — — 4* MÉDITATION. La valeur se mesure par comparaison. Humilité qui pénètre 152 l'action — — 3* MÉDITATION. — Humicombien i. le rôle de l'exemple et sur les conditions qu'il doit remplir pour être efficace. L'huMÉDITATION. milité d'abjection. Humilité du Cœur de Jésus. — 146 Vie publique. milité développée par des sentiments de confusion vivement sentis et ardemment exprimés — '• MÉDITATION. tères. Son évidence Le fait. — jugement motivé.

— Les actes. De l'humilité fausse . Étude très importante sur 263 — De Vamour du mépris. La paix. Sa justification Ses mobiles. — i. — Sa raison. la vie spirituelle l'humilité 241 dana nos rapports avec Dieu 4» MÉDITATION.TABLE DES MATIERES 366 Page» — Précepte ou conseil ? Spéculatif ou pratique ? — Inclination ou conviction? — Réserves sur le tous. — ii. MÉDITATION. tion — I. portée 4« 19t — SEMAINE. — Des fausses humilités. ses carac- Inclination à l'effacement. 7» — — — Précautions diverses rôle de la prudence dans r humilité. — Le genre. Semaine éminemment pratique Étude préparatoire. jugement théorique 7* 18$ — Le Mandatum novwn. au mépris de soi-même. — Jésus aux pieds des apôtre». D» 202 207 215 dans son sentiment même !•* 20t 268 279 283 le 288 . De l'humilité rationaliste II. le b* 252 — De l'humilité dan» no» rapports avec 25^ prochain — Culture de V humilité par Fextérieur. — effets. MÉDITATION. I. — m. fondée sur les rapports du physique et du moral. — Le précepte. 218 — . — L'attrait MÉDITATION. InclinaInclination à 228 l'estime Éclaircissements sur le rôle de la volonté sensibilité dans la vertu 2* MÉDITATION. — La nature individuelle.De la véritable humilité. IV. . GUIDE DÉ L'AME HUMBLE — — Ce qui fausse l'humilité. La Epanouissement de 3* MÉDITATION. et de la 23S — La fécondité. Ce qui la manifeste et la perfectionne. Son nUBg. De l'humilité fausse dans son expression. MÉDITATION. — Sa MÉDITATION. ÉCLAIRCISSEMENTS sur l'amour de la propre abjection. De — ferveur. De l'humilité étroite et pusillanime III. tères. — . — — De la véritable hwniUti^ ses ii. du prochain — m. .

30? — — — S'appliquer à lui faire plaisir Z* Méditation. timents. Chercher à lui plaire. Jésus vivant en nous — Examen particulier. Nous transformer en Jésus humble avec Marie. — Jésus vivant en Marie.367 TABLE DES MATIERES ^« SEMAINE. Règle défensive et règle de sage liberté et — 320 Coup d'œil sur les deux méditations qui vont suivre. Marie co-rédemptrice. Marie transformée en Jésus humble par l'union de vie. 303 — Transformation de l'estime de soi. Avec Marie 330 — Méditation. en usage dans une pieuse 335 associa- 34? tion Élévation sur les rapports de l'humilité et de l'amour divin.— Comment nous transformer nous-mêmes . Voir Dieu et Jésus dans le prochain. par l'imitation et par l'union 4* — 5* 329^ — Marie transformée en Jésus humble — Marie mère. Méditation. — TRANSFORMATION Page». J'humilité les fait resplendir 2* Méditation. — CJomment transformer nos senStude préliminaire. V* MÉDITATION. Désirer l'estime de Dieu. Les dons de Dieu. Transformation du désir de l'estime. 356 358 — 7473-4-16. — Désir de plaire 313 de faire plaisir au prochain. 344 Examen 350 général Conseils pour la conclusion de ces exercices tarière au pied du Tabernacle Imprimerie de MontligeoD (Orne). par l'imitation. .

Id. En face d'un avenir religieux plein de menaces. Id. Id. abandonnant catéchistes^ L'auteur de la d'autres travaux entrepris. V. Celle-ci est : spéciale. du jugement. Id. 4e !»• — Peut-être s'en apercevra-t-on déjà à : se trouve une longue instruction pour l'usage ce livre. la maniôre de par s'accuser. du caractère. car ils ne réunissent pas toutes les conditions requises. qu'il juge pressante. œuvre modeste. ne s'adressant pas à toutes les jeunes filles. «eptembre 1907. spéciale à la piété. VIII. les Paktie — de la volonté. formulant une manière de mais à celles de 10 à 15 ans. men. atteignant l'un après l'autre — méthodique. VI. aux institutrices. la jeune fille a besoin d'une formation solide et profonde. : i""-. livre : i 50. II. Id. tous les principes d'action . faire logique. XI. turels. Une formation doit être spéciale. aux actes surna- Messe pour Il* — — par la contrition. Id. naires. : Formation par la confession. l'énoncé des titres que voici Connme avant-propos. par larésoluliou. Parue le 25 décembre 1906. Formation des sentiments. Méthode abrégée pour les confessions ordiX.. fr. et dont plusieurs sont d'ailleurs remarquables? Non. vu. Chapitre vni. Formation par l'exa- — IX. précise et facile. 85 aux mères. et de rranco la . aux aux prêtres. Partie Chapitre — — — — — — Formation proprement dite.Viennent ensuite deux parties distinctes. — . Id. Id. cette édition s'est trouvée épuisée fin Une deuxième l'a aussitôt remplacée (12« mille). IV. La trouve-t-elle dans celle multiplicité d'ouvrages écrits pour elle.UX jeunes Voici un filles. des idées. nouveau sur un sujet bien vieux! Pratique progressive. vient de se consacrer à cette — comp/èfe. Jours de confession. Id. m. DIRECTION i fr. complète et méthodique.PREMIERE FORMATION Religieuse et morale de la Jeune Fille PAR L'AUTEUR DE LA PRATIQUE PROGRESSIVE De CONFESSION la Prix JL.

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H8* B4 Beaudenom. Leopold.BV 4647 . Formation à J'huniilite^ et •ar elle s autres a l'ensemble vertus ( . 1840-1916.

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