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ni du j)rix de l'humilité et. fera L«pid^ maître du Sacré Palais. Tous droits réservée Ji . » « « « « « « « « « « « « . H. RICHARD. Odelin. PERMIS DB RiÉOlTBR A Paris. a été de préciser l'enseignement des Maîtres sur cette délicate matière. f Franciscus.du témoignage rendu sur Extrait édition de le Cardinal archevêque de Paris.. de le compléter parfois et d'en rajeunir les formules. l'imprimatur : M6' premier Eminence en vue de la ce livre et présenté à son Le mérite de cet ouvrage. IMPRIMATUR DB LA 2* ÉDITIO:* : Parisiis. ce qui est mieux. elle ne tardera pas à sentir le besoin d'être humblç. die 4 aprilis 1898. et il est grand. g. Arch. Gard. On y retrouve pleinement la caractéristique invariable de l'auteur : la sûreté dans la doctrine. V.. L'imprimatur a été donné à Rome par le très R. Pariiien$i8. ni des caractères. un rare esprit d'analyse et une remarquabie concision de langage « L'âme attentive et docile qui se livrera « â cette formation » n'ignorera rien ni de la nature. avril 1903. l'ordre logique ians la composition. le 1" '.

\R l'auteuh DE LA PRATIQUE PROGRESSIVE DE LA CONFESSION ONZIEME KD I T I N (62" mille) PARIS vr p.FORMATION L'HUMILITÉ Et par elle à l'ensemble des autres vertus p. 22 i | LIBRAIRIE SAINT-PAUL 6. RUE CASSETTE. ÉDITEUR 22. 6 . RUE CASSETTK. LETHIELLEUX.

.

en d'autres termes. : nous développerons. s'abstenait. en multipliant vers les les applications. étions-nous contraint à donner une œuvre amoindrie? Nous ne l'avons pas cru. Les notions qui lui manquent. dans ce but. s'arrêter à moitié route dans l'ascension sommets trop ardus de la théologie. les points obscurs. et ne pas pousser nos analyses psychologiques jusqu'au fond du sujet. ce livre. développer ne veut pas dire ajouter des formes nouvelles. de toute explication inutile à ceux qui savent. C'est plus que cela. . nous principes d'ailleurs si favorables à la rendrons plus familiers les mêmes qui les coD^i-^nnent en un mot. Fallait-il. influences ter de Depuis les plus aux simples le lors. pratique. Or. nous les éclairerons. s'a- Iressant aux prêtres seuls. nous les lui fournirons. le nous avions le les présendevoir leur rendre accessible. et. déterminé par respectables à fidèles. il comme convient. c'est faire sortir d'une notion générale des vérités secondaires qui s'y trouvaient enfermées c'est don: .PREFACE DE LA SIXIÈME ÉDITION (conforme à la cinquième) Dans ses deux premières éditions. ne vaut-il pas mieux hausser le lecteur. Au lieu d'abaisser la doctrine.

Nous ferons aussi plus large la part du sentiment le sentiment éveille. nous nous sommes laissé entraîner sans trop de résistance à tous ces appels de la terre et du ciel . Faut-il l'avouer. jusqu'à ses plus beaux épanouisse- ments dans la perfection. Or. son inspiration la plus touchante et. de tous ces développements surgissaient à nos yeux des vues nouvelles. de tous ces éclaircissements. le supplément de toutes tes persistantes misères. qui ne devait être qu'un exercice d'humilité. qu'il Il fait plus qu'émouvoir donne aux facultés. . Son influence se faisait sentir sur tous les sentiers du devoir. son stimulant le plus actif. rayons. Ne le regrettons pas. des c'est mettre la lumière en évidence pour qu'elle répande au loin ses feuilles et des fleurs . il . stimule. et dans l'essor porte l'intelligence elle-même et plus loin et plus haut. L'horizon de l'humilité s'étendait de toutes parts. à la base comme au sommet de toutes les vertus. et ce livre. car la piété trouve dans cette vertu son meilleur guide.préfàck 6 ner à des germes Texpansion des tiges. embrassant le monde entier de l'ordre surnaturel. au besoin. exalte toute : activité. s'est fait en quelque sorte le formateur de la piété prise dans son ensemble. de toutes ces applications. remplissant la vie chrétienne depuis son apparition rudimentaire avec l'état de grâce. au fond de chacun de nos actes.

la persévérance* soir. Agenouillez-vous devant Jésus si humble au tabernacle. 3» Donnez quelque solennité à votre entrée dans ce grand travail de réforme.CONSEILS POUR LE SUCCÈS DE CES EXERCICES !• Choisissez adonner avec le l'époque où vous pourrez vous y plus de liberté et de suite. Invoquez aussi les saints dont l'humilité vous frappe saint François. Récitez lentement le Veni Creator. saint Benoît Labre. saint Vincent de Paul. 2® Vous y consacrerez un mois entier. Ce qui est indiqué comme étude ou éclaircissements peut servir de méditation et dans tous les cas doit être lu avec la plus grande attention. allez : . saint François de Sales. La veille au exprès à Téglise. plus encore si vous en avez l'attrait. Dirigez ensuite vos pas vers la chapelle de la Sainte Vierge.. Ilya amplement matière pour deux exercices par jour. et à toutes ces puissances célestes demandez la lumière.. saint Antoine de davantage Padoue. la volonté.

CONSEILS POUR LS SUCCES DK CBS EXERCICK8

8

II
1» Durant les exercices, tenez-vous habituellement sous une impression d'humilité, particulièrement dans vos rapports avec le prochain
rendez cette impression plus vire par de fréquentes aspirations le long du jour vous en
trouverez la matière dans chacune des méditations et plus spécialement dans la résolution ou
le sentiment qui les termine. Sortez le moins
possible de cet ordre de pensées.
;

;

2° Multipliez les actes extérieurs d'abaissement. En voici quelques-uns baiserla terre
se tenir, durant sa prière, le front baissé, dans
la posture d'un coupable plein de confusion
parler à voix moins haute et plus contenue
culmarcher d'une façon moins dégagée
tiver l'esprit de pauvreté.


:

Cherchez les occasions, soit d'obéir, soit
condescendant, et cela en toute simplicité. Evitez de contredire, de couper la parole,
de discuter. Acceptez les peines et jusqu'aux
moindres contradictions comme choses pleinement méritées.
3"

d'être

Nota.

— Se servir

l'un d'eux
culier.

comme

de ces trois derniers avis ou de
sujet journalier d'examen parti

COUP

D'GEIL

Toute

PRÉLIMINAIRE

chrétienne
pieuse l'ambitionne;
Jésus réleva à la hauteur de la Rédemption en
Tassociantà la souffrance, et ne la maintient-il
pas comme une auréole autour de son Eucharistie ? Où elle manque, la vertu manque. Dieu
ne s'étend que dans l'espace qu'elle lui fait.
Mais ces louanges prodiguées apportent-elles
et cette admiration conventionla lumière
nelle la pleine conviction ? Que de vague dans
les idées et dans les consciences Quelle insuffisance presque partout Or, si la nature même
de l'humilité est peu connue, sa sphère d'influence l'est bien moins encore.
L'humilité

!

l'exalte àl'envi, toute

tradition

la

âme

;

!

î

Les méditations longuement réfléchies de ce
aux esprits sérieux qui veulent
comprendre et aux âmes pieuses qui veulent
aller de l'avant.
C'est toujours dans les profondeurs que se
cachent les grandes choses les richesses médes
talliques gisent sous la couche terrestre
prodiges de f^rce semblent dormir dans la paisible matière
des merveilles de mécanisme se
livre s'adressent

:

;

;

COUP d'ŒIL PRILIMINAIRE

iO

mouvement du monde sidéral, et
au sein de Têtre vivant des secrets
si profonds que rien ne les explique. Regardez,
regardez bien... au fond de Thumilité règne une
sorte d'infini nous sommes en plein surna-

jouent dans

le

l'on entrevoit

:

turel,

j

La vertu prise dans son ensemble est une
chaque vertu est un de ses organes. Chacune a ses beautés propres sans doute, mais
elle se revêt aussi de la beauté de ses sœurs
par le fait de l'unité de vie et de la loi des
échanges. Quelques-unes cependant y parti-

vie

;

cipent d'une façon plus proche, plus large, plus
continue, plus indispensable la vie, la même
vie se meut dans chaque partie de l'ensemble,
même dans laplus infime, mais elle ne s'y étend
pas, elle n'y brille pas d'une égale façon. Nous
allons étudier la part qui revient à l'humilité
peut-être découvrirons-nous en elle une humilité que nous ne connaissions pas.
;

;

Pour avancer d'un pas assuré, il faut aller
posément et méthodiquement avant d'atteindre
les sommets, il faut traverser certaines régions
;

sans attrait et gravir des pentes difficiles.
Afin de rendre la "route moins pénible, nous
l'aide de moyens variés
la parcourrons à
études qui ouvrent des vues généra \es observations plus courtes qui dégagent on point
obscur, /réflexions pieuses qui mettent en
mais parrelief les résultats d'une découverte
méditations approfondies qui
dessus tout
plongent l'âme dans l'atmosphère de la vérité
sous le grand soleil de la grâce.
:

;

;

:

HUMILITÉ, VERTU SPÉCIALE

11

Que pas une âme de bonne volonté ne se décourage devantces hautes vérités, en se jugeant
impuissante à les atteindre
qu'elle envisage
plutôt les secours d'en haut. La science humaine ne se livre qu'à ses adeptes; la science
de Dieu se prodigue aux petits et aux humbles:
ceux-ci n'ont pas toujours besoin de longs raisonnements. Si, donc, telle partie de ce livre
leur reste fermée, qu'ils ne s'attristent ni ne
la clarté les attend, peut-être au
s'attardent
détour d'un chemin, sous une formule plus
simple, mais tout aussi pleine de vérité. Parfois
tel détail sera pour telle âme toute une révé;

:

lation.

,

Cependant, afin de satisfaire certaines intelligences qui aiment les vues d'ensemble, nous
allons jeter ici un rapide coup d'oeil sur le chemin à parcourir tout le long de ce livre. Un
premier regard sur l'humilité en tant que vertu
spéciale, un second sur sa sphère d'influence,
nous suffiront.

§

I.

I.

— Humilité, vertu spéciale

L'orgueil

n'est

qu'une

déviation

de deux

—Sentiment de supériorité,
recherche de prééminence, l'orgueil est-il un
,êndànces légitimes.

souvenir

de notre

tort serait alors de

grandeur originelle? Son
en situation.

n'être plus

Roi déchu par sa faute, et fier sous ses haillons, « Dieu tombé qui se souvient des cieux »,
tel nous apparaîtrait l'homme dans sa tendance

COUP d'ŒIL PRflLIMINAlRB

12

à

l'orgueil

Ou

plutôt, l'orgueil, désordre

et

au lieu d'être l'empreinte d'une couronne
perdue, ne serait-il pas le stigmate de la révolte vaincue? « Eritis sicut dii. » La tentation
aurait ainsi passé dans le sang pour le troubler. Cette double origine expliquerait ce qu'il
présente à la fois de grand et de bas.
En fait, cependant, il est plus exact de regarder ce défaut comme la déviation de sentiments
utiles mis par Dieu même dans la nature humaine. Ces sentiments se réduisent en dernière
analyse à ces deux: estime de soi, désir de
Vestime des autres. L'estime de soi est la

vice,

base de 'la dignité personnelle; le désir de
l'estime des autres est une des bases de la
sociabilité.

Ces inclinations sont si profondes et si spontanées qu'elles appartiennent pour une part à
la classe des instincts, et ressemblent à celui
de la conservation. Elles ont d'ailleurs une foncl'instinct de la vie attache
tion du même genre
Thomme à une existence ordinairement misérable; celui de l'estime de soi rattache à sa
personnalité, malgré son peu de valeur celui
du désir de l'estime l'attache au bien public,
malgré la fragilité des avantages qu'il donne.
Ces deux dernières tendances sont sujettes à
des déviations si faciles et si naturelles qu'elles
portent l'empreinte de la déchéance originelle;
c'est pourquoi souvent les moralistes les appellent sans distinction un vice.
:

;

IL L humilité est
à ces déviations.

la vertu

chargée de s'opposer
qui afifermit

« C'est elle

flCMILiré,

VERTU SPECIAL*

15

l'esprit et l'empêche de s'élever d'une manière
déraisonnable » (de se surfaire, superbia). C'est
elle
qui reconnaît et maintient l'ordre dans
l'estime de soi et dans le désir de l'estime des
^

autres.
Elle est

donc véÀtê

et justice. Elle est vérité,
trace la règle de direction.
Elle est justice, et, à ce titre, elle incline à agir
conformément à cette règle 2.
En tant que vérité, elle réside dans l'intelliet,

à ce

titre, elle

gence; en tant que justice, elle réside dans la
volonté. Mais ces deux facultés agissant l'une
sur l'autre, tout développement de lumière augmente la force de l'inclination, et tout dévelop-

pement d'inclination porte à mieux chercher
et à mieux saisir les motifs et les règles de
l'humilité.

Cette probation s'adresse donc à l'une et à
de ces deupt facultés, pour les mettre en
l'état le plus favorable ; or, l'état le plus favorable de l'intelligence, c'est la conviction, et
l'autre

l'état

plus favorable de la volonté, c'est la

le

propension.

Deux

sortes de lumières produisent la conla lumière de la raison et celle de la
révélation. Deux forces produisent la propension : celle de la volonté et celle de la grâce
viction

:

actuelle.

1.

s.

Il

est sage

Thomas,

2a

2ae

de s'aider de tous ces

quaest. 161. art.

se-

1.

2. Ce mot « justice », pris ici dans son sens large, désigne la disposition vertueuse qui assure à chaque chos«
la place qu'elle mérite, tandis que la justice, dans sa stricte
acception, vise les droits positifs des hommes entre eux>

COUP D'ŒIL PRÉLIMINAIRE

14

cours à la

fois.

Ceux de Tordre surnaturel pont

les plus efficaces,

comme

les plus élevés.

Nous contenter des données de la raison pour
déterminer l'estime que nous méritons, serait
établir une vertu incomplète et insuffisante.
Prétendre acquérir l'inclination d'humilité par
nos seules forces, serait commencer par une
proposition hérétique, et finir par une déception.
Les païens ne connurent de l'humilité que la
modestie, et, ce qu'ils en connurent, ils le pratiquèrent bien imparfaitement. La vraie notion de cette vertu découle de nos dogmes
fondamentaux, et sa pratique complète déla grâce : elle est donc éminemment
et le rationaliste ne saurait ni
surnaturelle

pend de

;

avoir, ni

même

admettre l'humilité ainsi com-

prise.

II

une part très large aux
dans Vacquisition de la

faut cependant faire

facultés

naturelles

vertu.

Et pour bien comprendre la portée de cette
observation, il sera bonde rappeler ici quelques
notions générales sur les vertus naturelles et
sur les vertus surnaturelles.
Leur objet est le même; c'est le bien; et
chaque vertu a le même objet spécial
le
genre de bien. Ainsi, l'humilité, qu'elle
:

même
soit

naturelle

ou

qu'elle

soit

surnaturelle,

règle et maintient l'ordre par rapport à l'estime
personnelle et au désir de la louange.

Ces vertus^ résident dans les mêmes facultés
qui sont, pour les unes et pour les autres, les
facultés naturelles. Les vertus naturelles les

ne se formentquelentementpar des actes nombreux. à un degré d'augmentation ne cor- vient respond pas nécessairement un accroissement de force et d'inclination. Les vertus naturelles. Les vertus surnaturelles sont mises en nous par une sorte de création. et chez elles. et elles se perdent ensemble parle péché mortel. L'augmentation de l'une entraîne l'augmentation de toutes les autres. et elles ne se perdent qu'à la longue en sorte qu'un péché mortel ne les détruit pas. et non du développement. jisent-ils. comme qui dirait l'aptitude. L'inclination. Le nom d'habitude. donnent le simpliciter posse. L'habitude donne le faciliter posse. au contraire. on le comprend. Pour les vertus surnaturelles. la . Toutes ensemble également revivent par l'effet de la justification. ainsi. s'y accumulent peu à peu comme dans un membre qui s'exerce à un tra.HUMILITÉ. que la théologie appelle infusion. vertu surnaturelle est synonyme de vertu infuse. Mais elles diffèrent totalement par leur mode de production et d'exercice. l'habileté. à l'exception des vertus de foi et d'espérance. vail. minent les 45 vertus surnalurelles les '< ter- ». ne peut être donné qu'à ces dernières. la force. VERTU SPÉCIALE pénètrent. le simple pouvoir. Les vertus infuses. l'augmentation du dehors. Les théologiens caractérisent cette différence par deux expressions consacrées. Il les verse toutes à la fois. Dieu les verse déjà dans l'âme de l'enfant baptisé.

serré ou lâche mais il a pris rangdans un ordre plus élevé. les compléter et les soutenir. elles transforment nos facultés etleur communiquent. chez les adultes. Les vertus surnaturelles font passer notre être de son ordre humain à l'ordre surnaturel. . mais pour les élever. mais la simple aptitude à produire des actes surnaturels. : . ou pour les remplacer. serré ou lâche il devient de la pourpre dès qu'il sort d'un bain spécial. Sous leur influence toutepuissante.i6 COUP D^ŒIL PRéLlMlNAlUft vraie facilité. L'actiFité viendra des grâces actuelles. des dispositions de la volonté et des habitudes. Tel tissu peut être fin ou grossier. Une comparaison va rendre Sensibles ces distinctions. Les vertus surnaturelles ne sont pas faites d'ailleurs pour laisser inactives les forces naturelles. Qu'un réactif chimique lui enlève sa . couleur. actuelles qu'elles attirent. Sa valeur et ses usages ne sont plus les mêmes. Le bain n'a rien changé à sa nature le tissu reste fin ou grossier. l'aptitude. la vertu sera caractérisée par Veffort. le voilà redevenu tissu vulgaire. Les grâces actuelles la/ donnent également. Ces grâces actuelles nous offrent des ressources qui dépassent toute évaluation Dieu les centuple dans l'âme qui y correspond et la prière lui permet de les prodiguer et sans mérite et sans mesure. avec une beauté spéciale. mais d'une manière transitoire. généralement. On voit par là que. les facultés na: . Elles les élèvent à l'ordre surnaturel par leur présence elles les complètent et les soutiennent par les grâces . les actes vertueux se multiplient et s'accomplissent avec intensité.

et quand on l'entrevoit. Importance de la conviction dans l'hu- — 1<* Il n'est pas si aisé de déterminer. parce que. II. et finalement acquièrent l'inclination. En effet. si vous le considérez dans la pratique. il le dissimule et se transforme. chez les chrétiens. — 2. chap. Et que d'orgueil. t. On trouvera des explications plus complètes dans notre livre intitulé Pratique progressive de la confession. se forment. autorisentun grand nombre d'actes. que des esprits mal informés prendraient facilement pour de l'orgueil. se développeût. . on l'excuse. II. à l'inverse. et parce qu'enfin eu d'entre nous portent ce défaut à l'extrême.fiUMIUTÉ. 3» L'orgueil inspire peu d'horreur. les conditions des habitudes étant réalisées. peut s'autoriser de ces délicates ré- milité. quand il a fait sa place. l'orgueil constitue rarement de lui-même un péché mortel. et la HUMILITÉ. même ! serves! 2" Mais. la facilité et le savoir-faire aux actes semblables. VERTU SPÉCIALE turelles qui les produisent. Sa laideur et sa malice nous frappent moins que la laideur se malice des autres vices. théoriquement. il grandit et s'étend d'une façon lente. ce qui est orgueil et dignité personnelle Le soin de sa réputation. rien n'est séducteur comme ce vice. : m. on le sent à peine. Ses dangers nous paraissent aussi moins redoutables. le devoir de garder son rang ou de défendre ses idéesjustes. discernement devient plus difficile encore.

1 . est encore plus difficile à dominer.COUP D*ŒIL PRÉLIMINAIRK 18 El ijourtant sa pernicieuse influence est telle que les saints l'appellent le père de tous les autres. Essayons d'aller au fond des choses à travers les phrases de convention qui en- combrent ce sujet. Il est donc nécessaire d'établir en nous une conviction éclairée et qui nous impressionne. Ses racines plongent au plus profond de notre nature. des actes. Une conviction de ce genre n'est pas la vertu. afin d'en concevoir une horreur qui nous en éloigne. et cependant il n'est jamais rassasié. il faut étaljlir en nous l'habitude de l'humilité il faut que cette inclination nous suive tous les jours de la vie pour combattre sans cesse l'inclination opposée. » . mais elle la renferme à la manière des forces physiques condensées dans leurs éléments et prêtes à s'exercer. ne comptons pas trop sur la portée de nos vues. Comment s'acquiert et se développe cette tendance si contraire à la nature? Par l'exercice. faibles ou exagérées. pour le dominer. Aussi ne s'acquiert-elle point par des considérations vagues. la conviction. ?oilà l'impérieux besoin La vue. Sa vitalité est extrême. . Or. Il se nourrit de peu. Il renaît quand on l'a cru mort. l® Des actes. difficile à connaître. qui ne meurt pas. L'orgueil. Importance de l'inclination dans l'humilité. voilà le grand secret. — IV. ni sur la sûreté de nos analyses Dieu seul est le Docteur de l'humilité : « C'est aux petits qu'il la révèle^ revelasti ea parvulis. Toutefois.

convient admirablement ici. Il faudra se faire doux envers celui qui nous aura méprisés.BUMILITÉ. riDclinatioD n'est plus longuement em- un simple assen- . Pourquoi ne pas les employer. acceptations. et rien ne s'oppose à ce qu'ils soient intenses. soit extérieurs. mais. dominée par une humilité résolue. elle emploiera sa force à se vaincre et mettra son bonheur à s'abaisser avec Jésus. résolutions. « Mihi absitgloriari nisi in cruce Jesu Christi.. mais elles éclairent 19 la l'armée qui remporte la victoire. l'armée des actes et surtout des actes généreux c'est elle qui s'établit dans la place et y fait régner l'humilité. Les actes intérieurs (désirs. 3® Lesdémonstrationsextérieures ne doivent pas être négligées. pour nous y préparer. » 2° En attendant ces occasions que nous réserve le cours de la vie. l'âme peut passer tout entière dans ces efforts. car elles donnent aux senti- ments une consistance spéciale. demandes. C'est donc le combat 11 faudra se courber devant la volonté des autres. VERTU SPECIALE l'avant-garde. la ressource inépuisable des actes. même dans l'oraison? L'attitude courbée d'un coupable. ! : soit intérieurs. Baiser parfois la terre. Grâce à tous ces moyens ployés. consUtueij:^ marche. et c'est cet exercice que nous tâcherons de faire durant ces méditations. d'un pauvre. etc. c'est . nous avons. etc. souvent peu raisonnable. Il faudra dire à chaque humiliation C'est bien! La nature se révoltera. d'un suppliant.) peuvent être très nombreux. est fort utile. ' que nous com- mandons.

elle est vérité et justice. reste à les bien comprendre. des êtres participant à la vie divine. sans cesse redite. Entrons donc avec courage dans cette formation prêtons tous nos efforts. mais peut-être vaguement comprise La vérité La vérité C'est très beau mais quelle est la vérité que nous avons à re chercher ici ? C'est la vérité sur notrb valeur. et la justice C'est là tout domine tout l'ordre moral. §11. car ils ne peuvent se concevoir par eux-mêmes. le goût même. il faut être convaincu et . résolu . Pour devenir humble. fixés au sein de nos puissances développées et a Termies. il faut réfléchir et — Humilité. et ! ! 1 . C'est une force per: manente qui donne la facilité. . il faut prier. car il est de la nature de toute force de pousser à l'action et de trouver quelque jouissance dans son libre exercice. l'homme. Pour que je I. Et que nous apprend-elle? Que nous sommes des êtres crééi. comptons sur la grâce. la vérité illumine tout l'ordre intellectuel. Nous l'avons dit. le mouvement. une simple elle déterminatioFi de la volonté à la justice est cr*t assentiment etcette détermination passés en 1\ àbitude. — Formule acceptée L'humilité est /a vérité. or. Voilà de très grands mots. influence générale L'influence de l'humilité se déduit de sa nature même.COUP 20 D*<£IL PR^LIMINAIRB timent de l'intelligence à la vérité.des êtres coupables.

dans mon fonds et dans mes actes. en tant que justice. INFLUKNCS GÉNÉRAL! 21 créé. si je recueille tout ce qu'il veut bien me donner. L'humilité est la justice. dans cette recherche. le le : me dise quelque chose. En établissant la situation respective de Dieu et de l'homme. pour que je connaisse il faut que je connaisse les droits et la dignité de Celui que j'offense. De ce double regard je saisis tout entière la vérité. YuniveraeUe soumission. et. d'évoquer l'ordre tout entier de tion à la vie divine » besoin grâce et de la gloire. je m'annihile absolument. Dieu se présente à moi obstinément. Or. de toutes parts. je m'élève magnifiquement. le devoir se synthétise dans vérité. la vérité pose les fondements de Iti justice mais en affirmant le devoir. je donne à chaque chose sa place et sa proportion j'entre dans la plus belle lumière qui soit au monde celle de j'ai la : : . si je retranche en moi ce qui est de lui. Contraste fécond d'où naissent deux sentiments qui se complètent pour constituer ma vie spirituelle l'humilité quand je considère ce que je suis. L^univorselle soi)- . Or. elle conduit au bien. il faut auparavant que je Créateur. l'adoration quand je contemple l'Être par qui je suis. j'ai besoin de le comprendre lui-même je le trouve dans mon origine et dans ma destinée . éclairant le créé. pour « participaque cette étonnante formule conçoive conçoive le péché. l'humilité . : l'infini II. pour me comprendre. — En tant que conduit au beau . la justice fait de la vérité une vertu morale.HUMILITÉ. par contre.

amour de bienveillance pour le Dieu intime qui veut recevoir quelque chose de nous. pour l'œuvre de sa gloire parmi les i . or. : hommes. l'estime de soi et le désir de la gloire. L'humilité transformatrice. la résignation à toutes les peines. INFLUENCE GÉNÉRALE Î2 mission. la fidélité à toutes les nsnirations par ell e Dieu passe en tous n os actes etles ramène à lui. A lui Tinitiative du moteur nécessaire. tice se confond avec la : — III. enfin. ne peuvent-elles pas se proposer des ascensions plus hautes que leur but propre? Elles sont une force. amour de zèle. fille de la vérité et de la justice. à nous l'obéissance de l'être personnel et libre. . réalisant ainsi toute justice.HUMILITÉ. toute force contient en puissance du mouvement. et l'universelle soumission devient l'universel amour amour de reconnaissance pour le Bienfaiteur suprême. amour de complaisance pour l'être adoré. Présentons-leur de plus nobles ohiets à ai- . darde ses chauds rayons sur cette humilité fidèle. On comprend ainsi comment la jus- vertu totale et pourquoi les saints portent dans l'Ecriture le nom de justes l'humilité ouvre toute large la route vers le parfait. Les deux tendances que l'humilité a charge de régler et de conduire. mais subordonné. Que la divine charité. Emparons-nous donc de ce vif sentiment de l'estime personnelle et de ce désir non moins vif de l'estime des autres. Orientons leur activité vers un but supérieur. c'est l'acceptation de toute la loi. L'homme s'empare des torrents et en tire les surprenantes merveilles de l'électricité.

ô grâces pénétrantes d'en haut. je le pressens. des douceurs cachées Oh faites que je les goûte Alors j'aimerai ! I : ! enfm ! ihuinilité. je dis ! mieux. jusqu'ici. ma vie. essentiellement et dans tous ses espace sans borne actes. je vous désire et vous appelle Envahissez mon âme qui s'ouvre à votre action. ô chaudes affections. Oh cation à tenter! Toutes les vérités religieuses. toutes les grâces d'en haut prêteront ensemble leur concours à cette œuvre qui couronnera l'humilité. peut-être même des joies inconnues. ne vous ai-je connue que de nom Marie. elle donnera au nôtre une paix divine. avec Marie. cette vertu ravira le cœur de Dieu. Nous la parcourrons avec la plus parfaite des créatures. qu'il me baigne de lumière par ses exemples. elle . transformée. Je ne suis pas humble. enseignez-moi l'humilité de Jésus elle contient. INFLUENCE GENERALE 23 de plus délicieuses approbations à conquérir: cet essor sublime les éloignera plus l'admirable éduencore de tout orgueil. qui est. par Jésus humble. mon ami. ! : saintes clartés. mon frère. mon sauveur.HUMILITÉ. teindre. sainte humilité. les ailes de l'amour. l'humiliation.surtout. route aérienne qui demande des ailes. et l'atmosphère du monde est saturée d'orgueil. une vie d'humilité ouvert à mes légitimes prétentions. Plus belle. plus pénétrante. . peut-être. Qu'apparaisse maintenant Jésus Homme-Dieu. et me voilà vivant de sa vie de Dieu Incarné. tous les sentiments pieux. qu'il m'élève à Lui par la puissance de ses attraits.

.

.

.

Ce qu'il tient. Avant d'aborla série un peu aride de méditations. L'enfant semble encore garder un reflet de rinnocence primitive. — — Préparation pour la veille. Ce n'est encore qu'une esquisse. Troisième point : L'humilité source de faveurs célestes. laissons descendre sur notre sensibilité une vision plus douce de cette vertu. lui. chez l'enfant. doit venir chez nous de l'efifort. sans mérite comme sans durée. où le der raisonnement posera les bases de Thumilité. Le divin Maître nous la présente sous les traits d'un petit enfant tout candide. cette image : . mais cette esquisse donne admirable- ment la physionomie de l'âme humble au dehors nulle recherche. — Deuxièmt point : L'humilité vertu réformatrice. d'une heureuse ignorance. au dedans nulle prétention. c'est la belle simplicité des vues et de l'attitude.Première semaine PREMIÈRE MÉDITATION Invitation divine à THumilité a Sicut parvuli » Premier point : L'orgueil tendance innée et funeste. Cette simplicité native est. Ce reflet pur.

PREMIERE SEMAINK 28 apparue... il appelle un petit enfant. Le Sauveur marche |9 . si vous ne changez. demain. » saient ^ — Voyons le chemin qui s'étend Premier prélude. ce cher petit enfant qui doit être mon modèle et laissez-moi déjà vous entrevoir vous- même sous ses traits 1 Méditation « Lorsqu'ils furent dit : dans p^ la maison. 4u Thabor h Capharnaùm. Ailleurs un idéal plus complet. un petit enfant semblable. Faites-vous dès maintenant un cœur désireux ce que Jésus enseigne est nécessaireet docile ment vrai . le place au milieu d'eux et dit : En véritéy en vérité.. : : Jésus. vous n'entrerez pas dans le royaume de Dieu. Jésus leur Que discutiez-vou^ en chemin? Et ils se tai- parce qu'en chemin ils avaient discuté lequel d'entre eux était le plus grand. montrez-moi. reste l'idéal à poursuivre. Et quiconque reçoit en mon nom.. Jésus embrasse le petit enfant et le laisse aller. plus haut et millt fois plus aimable encore.. sicutparvuli. et si vous ne devenez comme de petits enfants. Celui qui se fait le plus petit entre vous. alors rimage de l'humilité s'achèvera en nous par la fidèle copie du chef-d'œuvre.. Et s' étant assis. me reçoit. nous sera proposé « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur » . est le plus grand. comme aux apôtres. ce qu'il demande est nécessairement bon.

29 PREMIÈRE MÉDITATION les Apôtres le suivent. Ohl s'éloigner de 4ésusl Se priver de sa conversation! Fuir ses regards et pour quels avantages!. Elle subsiste en des âmes forDieu la mées directement par le Sauveur. Remarquons le cercle des douze la vie. à distance. Elle se trouve chez des hommes de basse condition et d'habitudes simples. premier — du chemin de occupe et agite les hommes. Elle occupe et remplit entièrement leur esprit. Entrons à la suite de Jésus dans la maison hospitalière. — I. Voyons leurs . Demandons la grâce de comprendre cette importante leçon d'humilité d'en recueillir les moindres mots comme s'ils sortaient à cette heure. 1 — provoque Elle entre les Apôtres des discussions blessantes.. et. les Le long arguments douteux qui s'entre-croisent.. Considérons la violence de cette tendance et ses conséquences immédiates. le petit enfant qui les regarde de son air naïf et curieux. L'orgueil ne produit-il pas chez nous de semblables effets dissentiments. et pour nous seuls. laisse à des Apôtres destinés à la plus haute vertu. L'orgueil tendance innée et funeste. l'orgueil ainsi — l'entourent. q^ii — Deuxième prélude. divin Maître. Elle les rend indifférents à la société de leur Maître.. affaiblissement de la piété ? — — 1 : . troubles. visages animés par la discussion. Qui donc ne la porte pas au fond de — — — — soi-même Voyons ses conséquences. entendons leurs prétentions accueillies par des exclamations. de la bouche du ..

M'assurer ces biens. c'est la perfection. par inclination. Le royaume de Dieu. mais tout petit : Sicut parvuli. docile. nécessaire. sans prétention et sans affectation. Gomme le petit enfant. — Pesons « Nisi bien chacune des paroles du Sauveur conversi (ueritis. et je la veux. 30 II. pas d'ambition et de recherche des préséances. Il faut être autre il faut d'orgueilleux devenir humble. par habitude peut-être. Nisi. aussi bien que d'abaissement! Non intrabitis in regnum oœlorum. L'humilité vertu réformatrice. enfin. que je me croie petit. Oh! quelle parole de tendresse.)) Voilà le mot essentiel. je dois être simple. telle est la mission de l'humilité. que je me fasse petit. confiant.. et j'y aspire. c'est la paix de l'âme. et j'y tends. » Donc. je ne dois pas me faire petit. Donc. pas de préoccupations et de troubles d'amour-propre. pas de hauteur et de dédain. bon.PREMIÈRE SEMÀINI. c'est Vétemel bonheur. on temps et la patience y seront nécessaires ne se refait pas en un jour. je ne puis rester ce que je suis par nature. Sans cela. » Méditons les divers sens de cette expression. Se refaire. suivant le mot du Sauveur. « Sicut parvulî. Il faut d'abord que je m'abaisse. si vous ne changez. il faut ensuite que j'agisse d'après cette opinion. Le petit enfant est mon modèle. « : — : (( — — . Vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux. Et c'est une condition expresse. quelles que Et efficiamini » Le soient les difficultés et les répugnances. point de place au absolue : : : royaume du ciel.

principe de succès. par mes prétentions.. Ohl que nos jugements nous trompent. je connais à peine le goût de la consolation. Toutes les satisfactions de l'amour-propre ne valent pas ensemble une caresse de Jésus. Oh! comme les rangs subiraient d'étranges changements.. Jésus ne m'entoure pas de ses bras.. Ohl je choisis d'être petit et d'être aimé. Pourquoi ? Pourquoi 1 . vers qui la grandeur s'incline avec amour!. « Statuit eum — in medio eorum.. 3° Humilité. » Jésus pose le petit enfant en évidence au milieu des Apôtres. Jésus! j'entrerai L'humilité. Si cet enfant n'eût pas été tout petit Jésus ne l'eût pas embrassé.PREMIERE MEDITATION 31 si je consens à me faire tout dans ces belles destinées. erit major. source des faveurs célestes.. peut-être. c'est qu'il le mérite dès ici-bas il l'occupe donc aux yeux de Dieu. principe de consolation. III. « Qui susceperit talem in nomine meo me suscipit.. Oui.. 1° petit Principe de grandeur. » Si la justice dernière doit lui assurer ce rang. Je me plains de mes délaissements intimes. ne me presse pas sur son cœur.. à la place d'honneur et il traduit aussitôt cet acte par ces paroles : « Celui qui lui ressemblera sera le plus grand au ciel.. : — — : Serait-il moins bon ou serais-je trop grand ?. « Quem cum complexus esset » Jésus embrasse ce petit enfant... objetdes caresses divines 1. Heureuse petitesse. Bonheur de ce doux privilégié. si la lumière de vérité perçait nos ténèbres! 2** Humilité. » — ..

si je me fais petit..PREMIERE SEMAtNË 32 Jésus accrédite auprès de tous les hommes celui qui ressemblera à ce petit enfant. — Etre un petit enfuit pour que — Jésus .. c'est le effacement.. Ce qu'il demande. le même désir de laisser les autres paraître.. Est-ce un rayonnement de l'âme?. Celui en qui elle brille semble apporter la sécurité et la dilatation. ses bras. Qui receperit talem me recipit. m'aime. on l'accorde spontanément rien en lui ne provoque ces répulsions instinctives que soulève l'orgueil. Ohl que je voudrais me faire petit! blesser.. attache à l'humilité le Qu'il parle ou qu'il écoute. comme pour rendre sa recommandadon de plaire. Est-ce un privilège de grâce?. son cœur? — — privilégié.. Qui donc ne s'empresserait d'ouvrir à Jésus Je serai ce sa demeure. Est-ce une fugitive apparition de Jésus?... même : Résolution. tion facile. c'est le recevoir lui-même. On sent à je ne sais quel signe que cet humble ne saurait mépriser ou Dieu. Il déclare que le recevoir.

ou la fait désirer avec des préoccupations ex- trêmes. . Ce qui autorise la commune appellation donnée indifféremment à ces deux défauts. L'estime excessive de soi se rattache au sentiment de la dignité personnelle. Ils même origine. ni les mêmes n'ont ni la tères. le second veut être surfait aux yeux des autres. ni les mêmes caracle même mode d'action.te premier se surfait à ses propres yeux. à notre instinct de sociabilité.ÉTUDE PSYCHOLOGIQUE DE L'ORGUEIL Pour préparer l'esprit aux deux méditations qui suivent I 1» On donne communément le nom d'orgueil à deux défauts qui sont cependant de nature différente l'estime excessive de soi et le : désir excessif de restime des autres. Il n'est vicieux qu'en tant qu'il recherche une place qui ne lui est point due. bvmilitL — s. dont il est une exagération vicieuse. ni effets. et le désir de l'estime des autres. 2» d'orgueil. c'est qu'ils ont l'un et l'autre pour objet l'exaltation du moi .

34 PREMIERE SEMAINÏ 3» Malgré ce rapprocliemeiil final. ni défendre ce 1® effet. elle les élève au contraire. cette assurance qui. au grand profit des subordonnés. l'homme tomberait aisément dans cette lâcheté qui ne sait ni entreprendre ce qui est périlleux. en nous donnant conscience de la justesse de nos idées. en les affranchissant de tout excès. seule. qui est attaqué . entraîne l'obéissance. si l'on veut être en état de s'analyser à fond soimême et de se diriger comme il convient. . pour l'exercice du commandement. de qualifications arbitraires et de moyens mal appropriés.c'est lui qui communique. et . car. elle les maintient dans leur beauté. Sans lui. le . elle ne les abaisse pas. ni le désirde l'estime. que la plupart des traités sur cette matière sont remplis d'enseignements confus. ces deux tendances doivent être étudiées séparément. C'est pour n'avoir point établi ces essentielles distinctions. dans leur force et dans leur rôle utile En : sentiment de l'estime de soi il a été mis par est légitime en lui-même Dieu en notre nature pour soutenir notre personnalité. II Faut-il déclarer à ces deux tendances une guerre si impitoyable qu'elle vise leur complet anéantissement? L'humilité n'a point pour objet de détruire le sentiment de la dignité personnelle. mais de les régler . comme de nos forces et de nos droits.

reste sans doute un principe d'altération. et plus aimable à ceux plus qui . Plusieurs 'ui devront de s'être maintenus dans le devoir. un sentiment honnête et secourable il est une marque de considération envers les autres. se portent sans peine à des actes de générosité et de dévouement. . 2° Le désir de l'estime est. car . . la grandeur personnelle. que des motifs surnaturels n'animent pas. autour de nous. car. et l'on se rapproche instinctivement de celui qui procure cette jouissance. quelques-uns d'en avoir mieux compris les délicatesses. elle répand sur la vertu quelque chose de plus attrayant. et elle s'éprend de la gloire de Dieu. ou même auxquels elles ne pensaient pas. par excellence. beaucoup de personnes. est. qui est l'objet le plus haut que puisse poursuivre l'ambition d'un grand cœur. qu'elles négligeraient. quand elle est et qu'on la dirige dominée par des sentiments supérieurs. et plus facile à celui qui l'accomplit. qu'elle intéresse. Grâce à lui. l'expérience ne le montre mais il communique aussi cette que trop spontanéité qui rend l'action. Ce qui est humain. La raison n'exige donc pas qu'on se dépouille de cette tendance. lui aussi. s'élevant haut. une sorte de soumission à leur jugement. 3<> Le sentiment de Thonneur semble appar- tenir davantage à cette seconde tendance. l'âme pieuse. mais qu'on la subordonne bien plus.itUDE PSYGHOLOGIQUfi DS l'oRGUEIL 35 Sous son influence. chacun aime à sentir qu'on fait cas de l'estime qu'il donne. admire la perfection chrétienne.

On ne peut refusera l'honneur une influence heureuse sur la vie sociale et sur le perfectionnement individuel. Cependant. l'honneur que pour en jouir. étant le fait de l'opinion et l'opinion étant le résultat des idées qui régnent dans un milieu. dans des autres. il leur prête un ferme appui et en reçoit une haute direction . dont il veut sa part l'estime de soi comme un bien qui lui rerient de droit. Qui en fait sa règle. n'est pas sage. à l'estime publique.36 PHBMIÈRB SKHAIIfB l'honneur est rappréciation de l'estime générale c'est de tous qui dicte ses lois et fait décerne ses récompenses l'on se soumet : . L'honneur. on conçoit l'élévation que peut atteindre un groupe d'hommes. il peut entrer en nous et l'esprit régner sur notre conscience. Ici nous sommes dans le domaine de la première tendance qui vise la dignité. que récompenses que qui ne recherche c'est à ses lois et c'est à ses aspire. au contact des vérités de la foi. S'il se trouve uni à des principes supérieurs. Quoique l'honneur réside hors de nous. 1 homme consulte moins l'opinion que les principes. car le bien doit être le premier mobile de nos efforts. plus sensible à l'honneur qu'aux hommages. un peuple. il préfère sa propre estime. reste seul. Alors. maintient du moins quelque soliencore quelque éclat. sans autre examen. dité etjette il " . s'il . car l'opinion peut mal l'on juger. n'est pas vertueux. Le désir de l'estime envisage l'honneur comme un bien social. et.

Cette attribution ne semble pas juste car. . à leur insu. c'est peut-être. et restent bonnes dans leur exercice. tandis que la vanité appartiendrait au désir de restime. et communique aux manières extérieures ce quelque chose elle de factice et de contraint qui discrédite la vertu. s'affranchir de facile rend l'esprit hésitant. elles sont bonnes en elles-mêmes. donc. Elles viennent de Dieu. Cette mutilation résulte ordinairement d'une certaine étroitesse d'esprit et produit des déformations regrettables. on «st vain c[uand on estime en soi (^uel(|ue avan. Elle laisse l'âme sèche. d'une part. elles y eussent toujours existé.ÉTUDB P8TGH0L06IQUB DE l'ORGUBIL 37 III péché qui a mis ces deux innotre nature. pour la lutte. et c'est l'humilité qui y Si l'on voit des personnes vertueuses se raidir absolument contre elles et les réprouver sans examen. le péché n'a fait que les rendre excessives et leur créer des dangers extérieurs. IV On entend dire communément que Vorgueil relève de l'estime de soi. . car il est bien plus de détruire une force que de la maintenir constamment dans son jeu régulier. tant qu'elles ne sortent pas de Ce n'est pas le clinations dans leurs justes limites pourvoit.

la vanité devient également le propre de ces deux tendances. ne sont et. cependant. on ne l'est pas. et un travailleur par un esprit facile. sans mériter le reproche d'être vains. c'est la renommée qui attire. la dignité réside en noC3-mêmes. La richesse transmise. chez les seconds. Bien vain aussi est le désir est bien vain d'une estime. on est plus fier de ce qui est reçu sans effort que de ce qui est acquis avec vaillance un parvenu est éclipsé par un riche héritier. l'élégance des vêtements et le train de maison. Il y a de grandes ambitions comme il y a de grands caractères. c'est la dignité qui commande. d'éminents services. Chez les premiers. mais un don remarque bien humiliante pour la raison humaine en fait de fortune. comme en fait de labeur. l'esprit naturel. n'ajoutent rien à notre vraie valeur. souvent peu méritée. La renommée est hors de nous. Tout cela . mais par un mobile différent. Ces deux mobiles peuvent être entachés d'orgueil. quand le désir de l'estime porte à rendre tage . d'autre part. pas un mérite. l'intelligence même.PREMIÈRE SEMAINE 38 mesquin et. La qualification de vanité ne doit donc pas s'appliquer à la tendance. La beauté. Les grandes ambitions déterminent de puissants efforts et poussent aux actes d'éclat comme les grands caractères. : . toujours si I fugitive. mais à son objet. quand elles s'abaissent .

L'exemple de Jésus achève cette éducation en nous présentant son idéal où se déploie l'humilité lité surnaturelle. ces lumières d'en haut. la vertu surnaturelle la cherche là aussi. Demandonsnous. 2° La di£tinction de ces deux tendances. dont Texcès porte le nom commun d'orgueil. Elles diffèrent. d'excès. c'est préciation de cet excès. La vertu simplement humaine trouve cette appréciation dans sa raison seule . Nous les retrouverons dans les méditations prochaines. Cette définition convient également à la vertu simplement humaine et à la vertu surnaturelle d'humilité. en effet. — Où Toutes deux nous disent point dans l'ap: elles diffèrent. signale la nécessité d'une direction particulière pour chacune. si la simple humilité de raison ne manque pas elle-même à notre vertu. la nécessité absolue de la grâce et des grâces de miséricorde. sont des vérités révélées qui viennent changer le point de vue et imposer une humiet plus profonde et plus gémissante. mais elle la reçoit plus lumineuse des dogmes de la foi : la déchéance originelle est la triste condition où nous sommes.ÉTUDE PSYCHOLOGIQUE DE l'oRGUEIL 39 Résumons maintenant l'ensemble de doctrine cette : Le rôle direct de l'humilité est de régler sentiment de l'estime propre et le désir de l® le l'estime des autres. dès maintenant. par leur . ces motifs d'une humilité plus qu'humaine.

mais. Les travers ne sont pas les mêmes. et telle nature à refaire appelle une méthode différente. Que chacun prenne donc se classer le soin préalable de dans l'une de ces deux catégories. les ressources non plus. tout le parti possible. que certains signes caractéristiques. autre est la personnalité de celui qui est dominé par le désir de l'estime. . Les conditions générales. pour chacun. des méditations qui vont suivre. veut tirer. Autre est la personnalité de celui en qui domine l'estime de soi. d'en diriger V application vers s'il son but spécial. à charge. les moyens généraux sont proposés à tous.PREMIÈRE SEMAINE 40 physionomie morale comme par leur nature intime. comme l'inspection d'un os permet au naturaliste de reconstituer l'ensemble d'une espèce animale. Ce :?ont deux constitutions à part. souvent de minime apparence. révèlent à l'observateur exercé.

Il est personnel et exigeant par une alliance assez fréquente avec l'égoïsme. on se connaît si mal soi-même! Ce que l'on a toujours vu. fût-il sou- . mais de la raideur. oujours senti. toujours fait. il peut être une force sans cesser d'être vicieux. Troisième point : Ses contradictions. Chez les gens privés de principes plus hauts.se dissimuler.Première Semaine DEUXIÈME MÉDITATION II« EXERCIGB De Testime de soi et du mépris implicite des autres Premier point : Constater la tendance. — Ce genre d'or- gueil développe. Il a de la tenue.— Deuxième point Ses partialités. Il sera juste. mais dur. ou bien ou bien l'esprit d'indé- pendance pouvant aller jusqu'à la révolte. N'ai-jfc pas quelques-uns des caractères de — cet orgueil? L'orgueil est si habile à. selon les situations. On le rencontre plus ordinairement chez l'homme que chez la femme. — PrépsLPation pour /a ve/7/e. finit par paraître légitime. Quatrième point : Ses dangers. le : — sens autoritaire.

c'est à votre lumière que je veux recourir c'est de votre grâce que j'attends le don de me pénétrer moi-même. et l'orgueil peut être dangereux. et d'une grande sincérité de conviction. ferais-je exception à la règle? On peut être orgueilleux. travail instinctif semblable à la poussée de la plante (|ui parvient à plonger . Demain. alors même qu'il n'est pas extrême. nous — Considérons en /a tendance. tendance qui nous porte à nous Constater cette surfaire [superbia). Qu'elle non. Que d'illusions. elle existe : travail soit volontaire ou incessant de notre esprit pour découvrir en nous quelque chose à y estimer. nous sont apportées du dehors.PREMIERS SEMAINE 42 verainement défectueux. «^ Méditation — Demander la grâce d'une vive luPrélude. . sans l'être de toutes les manières. je sonderai ces retraites obscures où se cache l'orgueil mais ma vue est trop courte pour en atteindre les profondeurs. Ne dit-on pas sans cesse que chacun se surfait. ce qui s'adresse au rôle que Dieu nous prête. nous font croire à une supériorité quelconque nous retenons facilement pour nous. le respect lui-même. mon Dieu. pour peu que notre situation y prête! Les éloges. . . d'ailleurs. mière I.

bas. les plus importants. Donc. Ses partialités. il s'y complaît. tant il est naturel. Dans notre intelligence. nous sommes porde grand prix les côtés par où elle est mieux douée. travail inconscient et sans fatigue. fussent-ils vulgaires? Ce sont ceux-là qui nous paraissent. nous n'hésitons pas à tenir les premiers pour misérables. — Est-elle déliée. humiliant. Pas de vérité non plus nous avons enregistré un seul côté de l'enquête. Cette — s'arrête point à ce qui est imparfait. Suivons-le dans ses procédés il attache et fixe son attention sur les qualités qu'il s'attri: contemple. et cepen- dant. et nous plaignons sincère ment ceux qu'une trop grande bonté rend dupes des habiles. il ne bue. C'est une vue fugitive qui s'efface sans déterminer une impression stable. Avons-nous des avantages extérieurs. après tout. : — : — II. Avons-nous plus de tête que de cœur? Nous — nous en félicitons. pas de contrepoids la tendance à l'estime de nous-mêmes s'est seule fortifiée. si ce sont les dons de l'intelligence qui dominent. Avons-nous plus de cœur que de tête? nous déclarons l'habileté méprisable. au contraire. plus de solidité que 4e brillant? Que sont les phrases creuses tés à estimer ! — l — . Mais. il les nourrit. mais sans solidité ? Qu'est ce qu'un cerveau pesant A-t-elle. il s'en vue persistante produit une impression qui se grave.DEUXIÈMB MÉDITATION ses racines au milieu des rochers 43 . Par contre.

défaut identique. La contradiction de chez objet. Auprès de se dire avec une conviction sentie Oh! que la piété vaut mieux Se trouve-t-il ensuite auprès de plus vertueux que lui aussitôt une estime toute nouvelle pour la science lui monte au cerveau. Examinons ici nos sentiments et nos actes. Ses dangers. cherchons à prendre sur le vif les accès de notre orgueil et ses contradictions désolantes. que je tiens mes talents. mais on en souffre. mes succès. et parvient à nous reconstituer une prééminence quelconque. — Certes. Contradiction — — appai:ente. — Ainsi de tout le reste. si l'on a subi un échec. ô mon Dieu. taté bien souvent on l'a fait avec une clairvoyance étonnante... » La formule e^t . — III. « C'est de vous. il lui arrivera même homme. Rien n'est plus facile que de rendre hommage à Dieu de tout ce que l'on est. parfois même Ses contradictions. le l'orgueil se retrouvera parfois sur le même de plus instruits. s'il croit les surpasser par là. c'est qu'on s'y est bien pris. ! : — : — IV. Humilions-nous de notre partialité odieuse et du ridicule qu'elle contient. on a consson infériorité. Alors survient comme un travail d'élimination. qui se poursuit sans re- lâche. J'estime avec découragement ce qui manque : orgueil souf- frant.44 PRBUIÂRI 8BHAINB Si l'on a obtenu un succès. J'estime plus ce que j'ai : orgueil satisfait. c'est qu'on a été injustement traversé. parfois dans le mépris de ce qui nous dépasse.

tera à se vanter. rité. et gardera un cœur ulcéré d'où perte de la charité. se raidira contre l'insuccès méd'où erreur de conduite. Mais. je ne les remarque pas en moi. je — me En parcourant ces signes de suis senti presque rassuré : non vraiment ces signes. et m'arme d'une sainte colère contre un penchant si vivace. faites que cette Probation m''ouvre les yeux. Il s'irritera contre les oppositions. tous les sentiments de hauteur. pour s'en faire un sujet de risée tristes représailles Seigneur. mais elle ne nous détourne pas sincèrement de nous-mêmes. L'orgueilleux se trahira par sa pose. qui n'est . Elle écarte . l'orgueil. qui donc porte ce défaut à l'extrême. sans prêter attention aux raisons des autres : : d'où entêtement. . si caché et si plein de : — — — I : dangers! Réflexions. Confiant en lui.45 DEUXIEME MÉDITATION connue mais elle peut laisser passer tout l'orgueil pratique. vraiment pas notre grand danger. il les soutiendra. ses expressions. pour jouir de sa déconvenue. son ton. toutes les vaines complaisances. tissements. et je ne tombe pas dans ces sortes de travers. On l'excivoie. ment pour voir ce qu'il peut absorber de flatteOn le laissera s'engager dans une fausse ries. il en arrivera parfois à se On le vantera audacieuserendre ridicule. se répandra en paroles blessantes. l'orgueilleux ne demandera pas facilement conseil il dédaignera les averl'orgueil hérétique. et l'aggravera Enfermé dans ses idées.

mais de l'obscuritë. Je ne me sens pas orgueilleux. mais pour ne l'être point. c'est un rayon aigu. passe facilement inaperçu chez nous. que ma prière instante promènera parmi les ténèbres de ma vie. les objets finissent peu à peu par émerger je m'observerai à loisir. — Une tendance innée me portant à me croire audessous de ce que je pense. ô Esprit saint. Par : — là mes idées sont tie. Qui. qui donc serait assez téméraire pour s'en croire entièrement exempt? Ce qui ciioque en théorie et chez les autres. est de la simple sagesse. sera le flambeau. — Dans cette méditation. me surfaire. je viens surtout de faire une analyse.. Votre lumière.. c'est triste à penser. m'incliner toujours à . de tracer un tableau. ô mon Dieu. je possède fixées. Durant le cours de ces méditations. il faudra être pleinement humhle! Cela semble une naïveté. je suis en pleine obscurité. vous me révélerez en moi. par contre. la règle ma conscience est averdu discernement et la volonté du combat. A cette heure. vous me montrerez àmoi-même. de stigmati« Je le prends en horreur et je le ser un vice redoute en lui-même c'est un grand point.PREMIERS SEMAINE 46 et. un être que je ne connaissais pas. en effet. est pleinement humble? Le suis-jeàce point? : Résolution.

j'en sonderai et aussi les côtés misérables. seules. je dois le surveiller parce qu'il est vivace. peut introduire. etc. et force Désordres qu'elle Folie où elle — — — Demain je me Préppration pour la veille. que de faussetés il inspire Je dois le redouter parce qu'il démoralise.. irritation. et que. peut entraîner. envie. — : ! — : . les grandes vertus y échappent.Première Seiuaind TROISIÈME MÉDITATION m" EXERCICE Du désir excessif de Testime Premier potnt : Deuxième point Troisième point Nature : : de cette tendance. Que de petitesses il entraîne. dénigrement. Ne les dangers serais-je point victime de ce désir excessif de l'estime? Voici quelques-uns des caractères qui le signalent : Trouble ou du moins préoccupation causée par Selon les cas joies la crainte du blâme. jalousie. natures découragement. que de bassesses il autorise. Selon les ineptes ou tristesses démesurées. etc. mettrai bien en face de cette disposition si facilement dominante.

pleins d'eux-mêmes. en effet. on l'aime. Désordres que peut entraîner cette tendance. « La douceur de la gloire est si grande. dit Pascal. chez des personnes qui se reconnaissent peu de valeur. selon Platon. la grâce d'une vive lumière et d'une grande sincérité de conviction. dédaignent l'opinion d'autrui. certains hommes. que nous voudrions être connus de toute la terre. Nous perdons encore la vie avec joie. même à la mort. Un amour raisonnable et paisible de — . Nous sommes si présomptueux. que l'estime de cinq ou six personnes qui nous entourent nous amuse et nous conI. et bien des gens acceptent volontiers qu'on leur prête des qualités qu'ils n'ont pas. et c'est. D'autre part. » Cette tendance apparaît chez le petit enfant.. demander — Comme dans la méditation précédente. et si vains. qu'à quelque chose qu'on l'attache.. Le désir de la louange est donc une forme spéciale de l'orgueil. II. sir tente. « la dernière robe dépouille que l'on ». On le rencontre. Le déde l'estime des autres ne saurait se confondre avec le sentiment de l'estime de soi. — Nature et force de cette tendance.48 PREMIERE SEMAINE Méditation Prélude. pourvu qu'on en parle.

.49 TROISIÈME MÉDITAXION hommes n'est point un vice. Il sera facilement imprudent. et pourtant on le voit dur. L'abattement veut le plonger dans l'inaction du découragement. de langage . généreux mais pour le paraître. Alors rabattement et l'irritation se succèdent. et elle sera peu délicate dans ses conseils sur le choix des moyens. et l'appréciation exacte des choses lui échappe. L'illusion l'environne d'un nuage. Au reste. Méconnu. Est-il faux ? Non et pourtant il change d'opinion. se redresse et s'épanouit. : . soit à la rechercher avec empressement. il perd tout élan l'approbation était son appui. Il respire plus largement. . le succès ne produit pas un moindre désordre. d'attitude. comme les crises différentes d'un même mal. . tout bien mérite l'estime le désordre consiste soit à l'aimer plus que le bien. entouré d'estime. l'estime des . au lieu de tendre au devoir pour lui-même. — Est-il méchant ? . HUMIUTÉ. L'homme vain. il est quelquefois un secours personnel et un stimulant à des actes utiles. comme pour mieux aspirer les éloges. L'homme vain sera serviable. : Non . C'est pourquoi l'on peut donner des louanges pour encourager. l'irritation lui crie de briser les obstacles. Que poursuit l'homme dnininé par l'amour de la louange ? Est-ce le bien ? Non. et « s'évanouira » dans sa folie. Est-il injuste ? Pas davantage et pourtant il marche cruellement sur les droits du prochain Il ne les a pas vus. il y tend pour sa récompense accidentelle. — 4. . soit à la désirer au delà du mérite. Il Replace ainsi le but et. mais l'éclat qu'il projette. Au fond.

. on s'écrie je suis fou Cet amour vain de la louange est en effet une folie. folie douce souvent. A . Situation oii se révèlent des qualités supérieures que nous possédions à l'état latent : nous entendons déjà des murmures approbateurs . il est tour à tour arrogant ou flatteur. à des succès étonnants. nous le savons mais ils caressent notre passion.certains moments de réveil lucide. ! î 1 Examinons les mobiles qui nous ont dirigés dans les circonstances importantes de la vie. ceux qui nous animent aujourd'hui dans nos actes ordinaires.' 50 PREHiJbRB SEMÂINS selon les personnes . ne voit que son but occuper une plus grande place dans l'estime des autres. nous voyons des visages animés d'enthousiasme nous jouissons de la surprise de tous et de la nôtre. Kéres creux et interminables. plongeons nos regards au fond de notre intérieur. U . dont on sourit quand folie redoutable parfois. Ah quel besoin de voir clair en nous-mêmes Quel besoin de cette formation I Quel besoin d'humilité — . et nous ï'aimons. quand ses elle s'étale erreurs nous perdent. selon les cas il ira même jusqu'à employer d'hypocrites formules d'humilité. . — III. en pratique. laréalité des choses nous tient éloignés de ces excès. C'est une jouissance.. et voyons ce qui s'y passe.. ' : . Si. où l'imagination nous transporte à des actions d'éclat. Folie de cette tendance égarée. faute de réalité. Ce sont des rêves. Tout cela se fait : avec une tranquille inconscience.

et si nous supposons que telle personne nous estime peu. Ne donnons-nous pas nos sympathies à ceux qui nous flattent. d'hui : — si l'on avide d'estime Me redire plusieurs fois aujoursavait autour de moi combien je suin I . en constatant qu'elle nous manque. Résolution. et l'équilibre moral avec elle. ne sommes-nous pas facilement à son égard hostiles et injustes ? Concevons un grand désir de l'humilité.TROISIÈME MEDITATION 51 Envisageons surtout la cause vraie de nos joies et de nos tristesses. Ne serait-ce pas trop souvent l'approbation ou la défaveur ? Scrutons notre conduite.

et que le châtiment de l'orgueil sort de l'orgueil lui-même. l'orgueilleux ne songe pas à consulter Dieu et à implorer son secours pourtant nécessaire. faisons succéder l'étude du rôle de l'humilité dans leur direction npus constaterons que. sur ses amène des déceptions? Assurément. Or qu'arrive-t-il si cette confiance est excessive ? Qu'elle détermine des erreurs de conduite et 1. qu'elle ni surtout l'odieux de cet étrange oubli. du recours à Dieu. qui naît d'un sentiment est responsable des désastres qu'il vicieux. Sous l'influence de cette disposition. idées. . Aveuglé par l'esprit propre. sur sa volonté. L'estime de soi porte à faire fonds sur ses ressources.CONCLUSIONS ET SYNTHÈSE A l'analyse des deux tendances qui portent à l'exaltation de moi. car une telle attitude implique la négation implicite de la grâce. c'est qu'elle tend à obscurcir la notion du besoin de Dieu. sans elle. il ne voit ni le fait. plus qu'une simple faute. et c'est là plus qu'une erreur. Cet égarement. Le plus grave. c'est un immense danger. mais c'est peu. ni durer. . la vertu chrétienne ne peut ni s'établir. entraîne parfois.

lui aussi. En effet. que de sacrifices. — : .. La vue . même légitimes. au milieu de tout ce tumulte d'es. bons et bienfaisants. quoique d'une autre manière . c'est qu'il rabaisse. la recherche d'une position plus brillante.CONCLDSIONS ET SYNTHÈSl 53 se résume en la formule suiDieu par sa grâce est le principe de la vertu. Que dire d'une vie dirigée presque entièrement par de tels mobiles ?. d'une distinction honorifique. n'est Que devient cette préoccupation sainte dans une âme où règne le désir excessif de l'estime des autres ? Si Ton a tant à cœur de réussir. ils ne sont ni surnaturels. que secondaire. par eux-mêmes. Que d'efforts. au droit de Dieu. Cette seconde analyse se résume. Il lui fait encore une autre injure celle de pré: .. lement à fin. rien pour Dieu! Des actes inspirés par de tels motifs auraient beau être. dans une courte formule Dieu doit être la fin dernière de nos actes l'orgueilleux l'oublie et l'écarté en ne se préoccupant que de soi. elle aussi. il doit en être encore la II. d'une simple louange peut-être or. n'a point provoqués . c'est qu'on veut l'honneur du succès et si l'on Souffre tant d'un échec. il s'attaque pourtant.de nos intérêts. pérances et de craintes personnelles. L'orgueilleux pense et agit comme s'il Cette analyse vante était : lui-même ce principe. Le désir excessif de l'estime s'oppose égala vertu.ni même vertueux au vrai sens du mot. Dieu n'est pas seulement le principe de nos actes vertueux.

Nous développerons en son lieu cette effet. La sottise ici l'emporte sur l'or- les malédictions gueil.. s'il n'est pas retenu par lesecours de Dieu. et il s'y enfonce toujours davantage. je le dois à comme moi pour. Il n'y en a pas un j'ai le don de la parole. injustes punitions où Dieu laisse succès. il y descend tôt ou tard. Pour châtier l'orgueilleux. En de lui-même. Hélas vous lui devez beaucoup moins que vous Dieu. « Grâce à un très bon jugement. Un tel orgueil. plutôt instinctif et sans malice. selon la loi.. » ne pensez t. quand elle est démesurée le désir excessif de l'estime trouve plutôt le sien dans . moindre qui ne laisserait pas d'appeler de sécheresse persistante. l'homme déchu tend au mal..PRBUIÈRR SEMAINB 54 férer à son tures III. Dieu j'ai — — — I ! Cet orgueil.. Il sévères. fautes. vérité. Ce genre de châtiment vise spécialement l'estime propre. ainsi châtié. ne faudrait pas comprendre dans ces appréciations un certain orgueil naïf et qui s'étale . de l'accélération des vitesses. n'attire pas de Dieu il se contente de provoquer le sourire des hommes. parfaitement applicable au monde moral. Dieu n'a qu'à lui-même cette conséquence res- livrer à : sort lumineuse des notions qui précèdent. tristesse. Testime vaine des créa- <. or. parmi les âmes Craignons néanmoins un orgueil pieuses. le estime. est rare parmi les chrétiens qui conservent avec Dieu quelques rapports. : — . à plus forte raison. hélas : ! tomber.

plus largement développées. plus il obtient. : — La vérité tout bien et est que Dieu est le principe de non pas nous-mêmes. et de nous rendre malheureux dans nos vaines recherches. Il commence par la préoccupation et finit par la déception. Le plus grand châtiment qu'il puisse infliger. justice : termes équivalents). en tant que fin. — L'ordre que Dieu doit être la fin de tous nos actes et non pas nous-mêmes.. mon devoir est de les orienter tous vers sa plus grande gloire. Que ne se contente-t-il de semer de l'amertume sur nos joies humaines. la faim ramènerait l'enfant prodigue à la maison paternelle ! IV. En tant que principe. Que peut-il faire d'un être qui se soustrait à sa propre loi. Dieu se sentant oublié. Si Dieu est le principe de tout bien. et se détourne de sa fin?. se détourne. ces mêmes notions. Le rôle de l'humilité se dégage maintenant avec une netteté parfaite elle est la vérité et l'ordre [ordre. De son côté. sans doute. est là soustraction de ses grâces.. . Nous allons retrouver. un jour. Ce désir est toujours plus étendu que les objets qu'il peut atteindre. s'il est la fin obligée de tous mes actes. plus il devient avide. Dieu est la loi et demande l'obéissance. pour nous en pénétrer. il est est — — le motif souverain. mon devoir consiste à vivre sous son entière dépendance.CONCLUSIONS KT SYNTHÈSE 55 la joie qu'il cherche et qui le fuit. et. et il exige la pureté d'in- tention.

au vague de mes idées sur ce point et au manque de conviction qui en résulte ? des mon Dieu. Comment — — : : I . en Dieu — Préparation pour la veille. S'instruire est le premier pas vers le bien que Ton poursuit. des lumières les vôtres.Première Semaine QUATRIÈME MÉDITATION IV« EXERCICE L'humilité fondement des vertus — Deuxième : Confiance Premier point : Du fondement des vertus. craintes celles que je dois avoir! Mais par dessus tout. car ici le but n'est pas tant de m'examiner que de m'instruire. la volonté de me faire humble le vertus. Troisième point point : Pureté d'intention. en partie. Je veux donc me mettre riiumilité est en face de cette maxime reçue demain cette vérité : fondement des Est-elle bien vraie? l'entendre? Jusqu'où va sa. portée? Par quelles dispositions pratiques se traduitJusqu'ici ne l'ai-je pas acceptée de conelle? fiance sans en avoir pénétré la raison d'être? L'imperfection de mon humilité ne tient-elle pas. — J'envisagerai en elle-même.

Demander la grâce de bien comprendre rapports étroits de Thumilité avec les vertus chrétiennes. nous reconnaissons que si nos actes humains. en effet. la vertu qui lui reconnaît ce rôle et en assure l'exercice.QUATRIÈMK MÉDITATION 57 Méditation — Prélude. Tout édifice. Celui de la vertu. nous maintenant dans la pratique du bien. qui le considère comme principe premier de nos actes vertueux et comme objet final de nos inten- — : tions. les I. nous l'avons vu plus haut. quand elle est déréglée. le désir excessif de l'estime. La vertu est un dispositions et de forces acquises qui. . c'est l'humilité c'est elle. pris en . porte l'orgueilleux à compter trop sur ses propres forces et à s'attribuer le bien qu'il fait. C'est pourquoi on l'a comparée à un édifice. D'autre part. Or. constitue notre grandeur morale. Au contraire. pour durer. doit reposer sur des fondements solides. En dernière analyse le fondement des actes moraux est dans le mobile qui les détermine le mobile en est l'âme. l'entraîne à considérer en toute chose ce qui lui rapportera le plus de considérations et d'éloges. Du fondement de la ensemble de bonnes — vertu. en réfléchissant. Or. l'estime de soi. n'est autre queDieuprincipe et fin de notre vie spirituelle.

sur ma mon savoir-faire. Ma vertu reposera-t-elle sur vous qui êtes la force. ou par le désir de nous attirer Testime des hommes. J'agis pour puisque sansDieu je ne puis rien. : — moi. Ces derniers sont commandés. ô mon Dieu. Je compte sur moi. jusque dans la vertu. JTagis pour moi. L'amour des jouissances. Parole de désordre et d'injustice. ne produisit jamais de vertu. sur mes résolutions.PREMIÈRE SEMAINI 58 général. ou sur moi qui suis la défail- lance innée? Le mouvement de ma vie s'orientera-t-il vers votre gloire à procurer. ou serai-je mon idole? Une vérité lumineuse se dégage de cette constatation l'orgueil est le rival de Dieu. L'orgueilleux met sa complaisance en luimême et. Le contraire de cette prétention détestable se traduit lui aussi par deux formules. entre vous et mon orgueil. se présente sous deux aspects et peut se traduire par ces deux formules Je compte sur : — : moi. sur force parole de folie. douces et fécondes fagis pour Dieu ! C'est la confiance en Dieu. c'est la pureté d'intention. ou vers ma vaine gloire à satisfaire? Serez-vous mon Dieu. par exemple. celles-là Je compte sur Dieu . : . peuvent avoir des mobiles très variés. ou par le désir de plaire à Dieu. même apparente. il n'en est pas de même de nos actes rertueux. La lutte est donc. l'orCet état gueil est le moi se substituante Lui. pratiquement. il recherche sa propre excellence. Dieu devant être l'objet final de tout ce qu'il a créé.

et je vois que je ne puis rien je connais Dieu. en ce moment. faible.. Sans Dieu. nous ne pouII. Pureté d'intention. cette folie est celle . . aussi a-t-il fait de l'humilité la tondition de ses dons. envisagée à ce point de vue. et. Nous méditerons bientôt ces vérités contentons-nous. de les admettre. dans sa sagesse. » — « J'agis pour Dieu ». La grâce nous étant indispensable.. Plus je me sens petit. se tourne comme instinctivement vers Dieu par la confiance « Je me connais. Dieu.. L'humilité. pour tous les actes surnaturels. Dieu. c'est le bien. doit exiger que nous nous présentions pour la recevoir avec les dispositions qui conviennent à notre impuisance. c'estdonner ma note dans le concert universel qui le glorifie. plus je sens grandir en moi le besoin de : . propre de l'humilité de uous montrer avec évidence notre dépendance en tout ordre de choses. infini par qui tout existe. Or. sa grâce nous est absolument nécessaire. telle est — — . c'est prendre ma vraie place dans le plan de bonté Dieu n'eût-il pas de droits qu'il a formé. III. Or. cette défiance. et tirons-en cette conséquence nécessaire: compter sur soi serait folie.QUATRIÈME MÉDITATION 59 — « Je compte sur Dieu. la confiance. c'est la défiance de soi-même. entraîné au mal.. c'est la sac'est graviter vers l'Etre gesse. Confiance en » C'est le vons rien. et je sais qu'avec lui je peux tout. C'est Tordre. de l'orgueil.. quand elle est vertu. sa formule.

les délaissements du dedans. avec les — mêmes sentiments. Combien l'âme orgueilleuse est loin de ces dispositions. » La pureté d'intention et la confiance en Dieu sont donc ÛUes de VhumiUté» La pureté d'in- . alors même qu'il se réduit à n'être qu'un orgueil pratique. Elleen faitla règle de sa vie. On n'exclut pas Dieu formellement. Sans faire de soi une idole dans le sens ab- solu du mot. éminemment digne serais un insensé. mais on le laisse en dehors de ses intentions. qui vit abandonnée aux desseins d'un Père tout-puissant! Elle veut tout ce qu'il veut.. fait éclaire » tous ses actes. qu'ilreste le d'amour. dehors. On sort ainsi du plan on se éternel. Heureuse l'âme parfaitement humble. faisais Or et je l'orgueil m'en détourne. on perd errant et déplacé dans la création. Cette pureté d'intention est pour elle un besoin et. si elle s'en éloigne. C'est l'humilité qui assure la pureté d'intention.. elle aime Elle subit les épreuves du tout ce qu'il aime. on peut tout ramener à soi en fait ou en désir. et qu'elle est à plaindre! car il est « Tout ce que mon Père n'a point planté écrit : sera arraché. « la lumière qui est en elle l'orientation véritable.ÔO PREMIÈRE 3EMAINB Bien suprême. Elle nous dégage de l'obsession de nousmêmes et nous tient à notre rang. elle le remarque et revient sur ses pas. si je n'en pas le but de tous mes actes. L'âme vraiment humble confesse volontiers les droits de Dieu etlesrespecte. car elle n'en saurait avoir d'autres.

.. sera au ciel leur objet possédé. qui peu à peu amène à la perfection. qui est ici-bas leur objet poursuivi. Ne pas me faire un besoin de l'estime des hommes. m'élever au désir de celle de Dieu: elle peut suffire. elle doit dominer. la confiance anime. elles — Résolution.QUATRIÈME MÉDITATION 61 tention dirige.. et ensemble fondent V avancement. Dieu.

je remonterai à un examen au temps de ma mobiles qui m'ont formation. et de plus ou moins de l'estime et la com- moi-même. sintéressé. ditation de demain. Je mettrai d'un côté tout ce qui était pur. plaisance en la vue de Dieu qu'altéraient. Faites surgir en ma afin mémoire tels et tels de ces petits détails qui reconstituent tout un passé. . sentir et abhorrer. l'autre. dé- — . faites-le moi enûn connaître. je scruterai les porté au bien je rechercherai les influences extérieures qui m'y ont peut-être maintenu. — Deuxième point i Signes indicateurs. je — 1° Dans la mé- me livrerai rétrospectif. le désir .Première Semaine CINQUIEME MÉDITATION V EXERCICE Vertu viciée dans sa formation par un org^ueil inconscient Premier point : Le fait et ses causes. De grâce. animé de tout ce consciemment. mon Dieul éloignez-moi de moi-même que je me trouve placé à la juste distance qui permet de bien voir. Préparation pour la veille. s'il y eut beaucoup d'orgueil dans la préparation de ma vie pieuse.

... La mienne est peut-être de ce nombre?.. un noviciat?. ne viendraient-elles pas de ce que mes vertus reposaient. Avons-nous jamais bien suivi les conséquences de ces deux observations psycholo- l'homme est essentiellement imitateur. Quoi! l'orgueil m'aurait aidé plus ou moins à m'établir dans les habitudes de la piété. mes fautes. dire un séminaire.. Le fait et ses causes. On parle souvent d'un orgueil caché. Il suffît de c'était un entourage choisi.. l'homme subit l'influence des milieux et s'y giques : adapte.. et je ne l'aurais point senti !.. et prie. d'un orgueil qui se dissimule. pour une large part. mon âme.. — I. Je ne songeais pas que je pouvais en être la victime! Et pourtant mon relâchement.. un milieu : . afin que je sache si mon humilité est sincère et solide. sur ce fondement faux et fragile de l'orgueil?. Il y a des vertus formées sous l'influence plus ou moins active d'un orgueil inconscient. De quelles personnes avons-nous été entourés alors? Quelles idées régnaient dans le lieu où nous vivions? Etait-ce une maison d'éducation. sois attentive. —Prier Dieu de projeter une vive lumière sur mon passé. Essayons d'en faire l'application à la périodb de notre formation... Il y a même beaucoup de ces vertus.CINQUIÈME MÉDITATION «^ 63 Méditation Prélude.

PREMIERE SEMAINE

de piété. Rien n'y était plus en honneur que la
vertu. On parlait avec admiratioia des actes
héroïques des Saints. On traitait avec vénérapersonnes en qui apparaissait un rayon
de sainteté. Livres, entretiens, tout concourait
à développer cette heureuse impression
Oh! comme nous estimions ces choses I
comme nous portions envie à ceux qui nous
tion les

!

édifiaient

!

absolument purs, tous ces
sentiments, qui, à la vérité, nous excitaient au
bien ? Faudrait-il une analyse très rigoureuse
pour y découvrir quelque alliage? Le désir
d'entrer dans ce mouvement honoré de Testime
commune, n'était-il pas pour beaucoup dans
l'ardeur qui nous poussait ? Le contentement
au service de Dieu n'empruntait-il rien au contentement de soi et surtout à la conscience
plus ou moins claire de la place que nous
occupions dans l'esprit des autres?... Ahl qui
sondera ce mystère que Dieu seul connaît?
Etaient-ils purs,

;

Notre humilité d'alors n'était-elle pas elleinspirée par l'orgueil, du moins en partie? Rien n'est plus facile à concevoir que cette

même

possibilité.

et

Dans le milieu dont nous parlons, on estime
on admire par-dessus tout cette vertu. On la

reconnaît comme capitale. Il estpresque imposde n'en point prendre les formes extérieures, de n'en point adopter les expressions,
et jusqu'à une sorte de sentiment intime. Se
sible

croire humble, suffisamment humble, est
besoin.

un

CINQUIEME MEDITATION

6!i

Cette humilité peut sans doute être vraie,
car de telles influences favorisent merveilleusement sa croissance ; mais elle peut, et très
facilement, n'être qu'une humilité factice.
Une âme naturellement orgueilleuse prendra
le change, et de l'humilité qui marche devant
elle, elle n'aura poursuivi que l'auréole.
Encore une fois, qui sondera ce mystère que
Dieu seul connaît.
II.

dit

:

Signes indicateurs.
Le divin Maître a
Vous jugerez V arbre par ses fruits. » De-

«

mandons

la

réponse au développement de notre

vie.

Lorsqu 'après

notre formation, nous avons

changé de milieu,

cette belle ardeur n'est-elle

point tombée? Le zèle pour la perfection, et
particulièrement pour l'humilité, ne s'est-il pas
éteint? Ce résultat ne s'est-il pas produit bien
vite et sans grande résistance?... Aucune se-

cousse particulière ne s'est fait sentir.
Et pourtant, ce nouveau milieu contenait
encore, quoique en moindre proportion, l'estime et l'admiration des mêmes choses... Mais
était saturé d'idées toutes différentes; et,
trop fidèles à la loi de notre nature si pliable,
nous nous sommes adaptés à ce nouveau milieu,
de la façon la plus favorable à notre amourpropre.
Un autre signe également caractéristique,
c'est notre attitude en face des contradictions,
des insuccès, des injustices, du dédain plus ou
il

moins éprouvé.
pations

:

— Trouble, tristesse, préoccu-

voilà le fait d'une
HUMILITE.

vertu imparfaite,
6

PREMIÈRK SEMAIKB

66

reposant plus ou moins sur l'orgueil.
Décolère, animosité, jalousie,
voilà le signe d'un orgueil très proré vol le
fond et qui nous domine.
Notre humilité n'était donc que de surface!
ses sentiments n'étaient donc que des senti-

couragement réel,
:

ments

appris!... Si elle eût été vraie et foncière,

nous eût inspiré le calme et la résignation,
peut-être même ce contentement supérieur et
cette joie des grandes âmes qu'éprouvaient les
« Ibant gaudentes. »
Apôtres, battus de verges
Merci, ô mon Dieu, de ce vif rayon de lumière
plongeant au fond de ma vie... L'avoue rai-je?
il me blesse par sa clarté... Je souffre... Je me
demande si tout en moi n'est pas à refaire...
Mon apparente vertu ne serait-elle pas le simple
effet du milieu où je vis encore?... Que serais-je
position, occusi tout changeait autour de moi
pations, personnes?... A la pensée de cet isolement moral, je me sens un extrême besoin de
me cacher dans votre sein, car vous m'appaelle

:

:

raissez

comme mon seul refuge!... mon Dieu,
moi une âme nouvelle, cette fois bien

créez en

humble

I

« Multi humilitatis

umbram, pauciverita-

tem sequntur, de l'humilité beaucoup poursuivent l'ombre, peu la réalité », dit saint Jérôme.

— Me demander,

à roccasion, si j'autenue, la même affabilité, le même
zèle, si nul autre que Dieu ne devait s'en apercevoir
et m'en savoir gré.
Résolution.

rais la

même

Première Semaine

SIXIEME MEDITATION
VI*

KXKRCICK

Humilité, gardienne des vertus
Premier point : Humilité, sel qui préserve de la corrupDeuxième point : Lumière qui dissipe les illusions.
tion.

Préparation pour

la

veille.

— Si

notre vertu

un orgueil
inc«nscient, rédifice est bâti sur le sable
le
péril de ruine n'est que trop constant.
Si elle
est établie sur Dieu, rassurons-nous pour le
passé, mais ne soyons pas sans crainte pour
l'avenir, car l'orgueil peut détruire l'édifice le
plus solidement construit.
« Celui qui, sans humilité, s'enrichit de vertus, dit saint Jérôme, ressemble à l'homme qui
porterait au vent une mobile poussière. 0"» sine
humilitate virtutes congregat, quasi in ventum
pulverem portât. » Ohl que de vents violents
soufflent autour de nous; et en quel danger ne
sont pas nos fugitives résolutions!
Saint Antoine, effrayé paf une vision qui lui
montrait le monde rempli de pièges, s'écria :
est fondée,

du moins en

partie, sur

:

68
a;

PRBMIRRS SKMAINI

Seigneur,

comment s'en préserver?»

«<

Pur

répondu.
L'humilité, qui est la base des vertus, en est
aussi la gardienne et pour les mêmes raisons
elle fait de Dieu le principe et la fin de nos
actes. L'orgueil se les attribue injustement et
raine Tédifice. Cette vérité, toute la tradition
l'enseigne nous la répétons à notre tour; mais
si c'est là une maxime reçue, est-ce chez nous
une conFiction véritable? Ressentons-nous une
impression de crainte, quand nous constatons
que, si nous ne sommes pas positivement des
orgueilleux, nous ne sommes pas non plus des
Vliumililé

» lui fut-il

!

:

;

humbles?
L'humble éprouve, à toute occasion, le besoin
de Dieu, de son indulgence comme de son
secours. Il éprouve, à la vue de sa misère et de
sa faiblesse, l'impression d'un homme qui
marche avec une blessure tout mouvement la
rend douloureuse.
Qu'une vertu est bien gardée par une telle
humilité! ô mon Dieu, qu'elle devienne la
:

mienne

1

Méditation

— Demander la grâce de me jeter dans
comme dans une citadelle qui me défende.

Prélude.
l'humilité

I.

L'humilité, sel qui préserve de la corruption.

Plus une vertu est grande, plus elle donne
car tout bien est matière à

prise à l'orgueil

:

SIXIÈME MÉDITATION

69

vaine complaisance de l'âme et à l'applaudissement des hommes.
La Faine complaisance commence l'œuvre
de désorganisation. Elle est si douce et se fait
si bien écouteci Elle est si ondoyante et sait
la

bien se déguiser!
poison mêlé à de saines substances, elle s'insinue dans le contentement de
la gloire de Dieu et du salut des âmes; elle
se retrouve dans les consolations sensibles;
et nous suit dans les élévations les plus sublimes.
C'est insensiblement qu'elle fait ses progrès
comme ses ravages. Ce genre d'action lente
endort la vigilance et ainsi le poison pénètre
dans les plus belles vertus.
La vaine complaisance a commencé l'œuvre
de désorganisation, le désir de la louange
l'achève. Ce murmure qui vient du dehors,
retentit si agréablement au dedans!... Certes,
on s'assure bien qu'on ne s'en laisse point
charmer qu'on subit à regret ce que l'on ne
peut éviter; que l'on en rapporte à Dieu toute
gloire... cependant, la jouissance est réelle et
profonde.
Sous cette double influence, le mal
gagne ce n'est plus un acte passager qui en est
vicié, c'est toute
une série d'actions semblables; ce sera bientôt peut être l'ensemble
de la vie. Les vertus se corrompent.
Pendant un temps, elles tiennent debout par
la force de l'habitude, et aussi par les exigences
si

Gomme un

:

;

:

.

de l'orgueil lui-même. Toutefois, cette vie factice ne saurait se soutenir toujours... Des ten-

70

PREliltRB SEMAINE

talions plus

fortes,

des circonstances impré-

vues, un rien, en auront bientôt fini.
2» Qui préviendra ces maux? L'humilité.
« Elle sera avec la vertu, dit saint Augustin,
ou la vertu ne sera pas. Virtus non est nisi

conjunctam habeathumilitatem.» Elle s'y répandra comme le sel jeté sur une substance que
Ton veut conserver; elle s'opposera à toute
fermentation nuisible; elle dégagera de toute
vue trop personnelle, et fixera en Dieu tous
nos contentements.
Mais pour un tel effet, il est nécessaire que
cette vertu soit vraiment vertu, c'est-à-dire
qu'elle agisse avec la facilité, la spontanéité,

que donne seule l'habitude. Autrement, que de surprises et quelle fatigue
extrême!... Il faut que le mouvement de l'humilité nous soit devenu aussi naturel que l'était
celui de l'orgueil... Adressons nos prières à la
Reine et au Maître des humbles.
l'inclination

II.

sions.

L'humilité,

1® C'est

lumière

qui dissipe les

illu-

une réflexion commune, mais

profondément

vraie, que l'orgueil aveugle et
maîtres de la vie spirituelle ont si bien
compris le rôle de l'humilité, qu'ils font de
cette vertu leur critérium le plus sûr pour le
discernement des esprits. Telle vertu est-elle
vraie ou fausse? Telle oraison extraordinaire
vieni-elle de Dieu? Telle vision est-elle une
réalité ou une illusion? Le jugement dépendra
de la conviction préalable sur l'humilité de la
les

personne ainsi favorisée.

;

SIXIÈME MEDITATION

71

Cette règle doit également s'appliquer à la
vertu la plus ordinaire.
Rappelons-nous les aveuglements d'orgueil
si souvent surpris chez les autres... Craignons
noire appréciation sur nous-mêmes, si elle ne
nous fait pas bien petits, car bien petits nous
sommes et bien faibles et bien misérables...
Dieu ne juge pas comme les hommes. Ceux
qui nous prennent peut-être pour des saints,
ne savent pas quelles ont été nos ingratitudes
et nos fautes, quelles sont encore nos déplorables misères... Ah! pour nous mettre et
nous tenir à notre vraie place, que notre
humilité a besoin d'être lumineuse, de pénétrer notre intelligence, de lui montrer sans
cesse notre néant, notre impuissance, nos
torts; en un mot, qu'elle a besoin d'être une
vraie vertu
1

facile, en effet, de prendre le
change, de s'égarer, et d'aboutir à la tiédeur ;
on se compose des devoirs selon ses idées
propres, puis une vie selon ses goûts ; on fait
saint ce que l'on aime; on s'aventure dans
des dangers que le devoir n'impose pas; on
excuse ses fautes et on les continue; on ne
sent pas le besoin de la prière; on vit pour
soi et sans remords
la tiédeur règne et dé-

20

II

est si

:

moralise...

Ah!

si

c

l'humilité avait été active, toutes ces

décadences auraient été signalées et arrêtées,
car elle donne Tinstinct du bien et )e sens
Ahl du moins, si, à cette heure,
du vrai.
nous étions saisis d'une profonde impression
de défiance envers nous-mêmes, la lumière qui

1%

PREMIÈRE SB1UIN&

nous serait si vive, que npus
nous trouverions placés entre la résolution de
nous vaincre, oulacertitude de résister à la grâce.
3° Rien ne
fausse la conscience comme
l'influence ' d'un orgueil écouté; rien ne la

se répandrait en

maintient droite et décidée comme le sentiment de l'humilité. Sous sa dépendance,
l'âme, se défiant d'elle-même, suit les méthodes
sûres, consulte volontiers, craint les occasions
dangereuses, prie sans cesse, emploie tous les
secours.
Elle peut avoir de grandes vertus
elle ne les regarde pas.
Elle peut être affermie dans la pratique du bien
elle se sent
toute fragile au fond... Ahl que ces vertus ont
rencontré une parfaite gardienne
Sans elle, au contraire, que de chutes, et
quelles chutes! Les racines de l'arbre s'étaient
corrompues, les fondements del'édifices'étaient
effondrés. Survint la tempête des passions, ou
l'effort violent de circonstances difficiles, et
l'arbre fut arraché de la terre de l'Eglise, et
le bel édifice la couvrit de ses ruines... Et Tarbre
n'a pas été replanté, et les ruines ne se sont

:

:

I

pas relevées, tandis que, tout à côté, tels pécheurs, qui se sont vautrés dans la fange, ont
trouvé malgré leurs fautes, et dans ces fautes
mêmes, l'humilité qui sauve. « Prxsumentes de se
et de bona sua virtvte gloriantes, humilias : à
celui qui présume de ses forces et qui s'enorgueillit de sa vertu. Seigneur, vous préparez
Vhumiliation », dit l'Ecriture.
Résolution.

même;

le

seasibia.

porter

Vif sentiment de crainte de moiconstamment comme une plaie

Première Semaine

SEPTIEME MEDITATION
VII«

EXERCICE

Châtiment de Torgueil

Premier point : La stérilité personnelle.
Deuxième point :
L'abandon et l'aversion de Dieu.
Troisième point : La
déchéance et la dégradation.

Préparation pour la veille.
i" L'orgueil tend
à priver Dieu de sa gloire, que dis-je, de son
rôle même. Il se met à sa place sinon intention-

nellement, ce qui serait monstrueux, du moins
pratiquement, ce qui est assez détestable déjà.
Comprendrait-on que Dieu le souffrît! Quels
seraient, parmi nous, les sentiments d'un
maître à l'égard d'un domestique, qui n'en
ferait qu'à sa tête et se croirait tous les droits?

Comment

le

traiterait-il?

punirait, mais

Non seulement

il

le

punirait par où il a péché,
en le faisant paraître vil et misérable dans ses
prétentions.

Toute

À

il

le

a pour but de maintenir l'ordre;
est la. loi de notre condition
présente. Si elle est violée, le désordre s'introduit fatalement en nous, autour de nous, et
2*

or,

I

l'humilité

74

PRIMIBRE SEMAINE

dans nos rapports avec Dieu; de là des erreurs,
des périls, des insuccès, la ruine de la vertu
peut-être et jusqu'à l'impénitence finale.
3° Il est rare que le châtiment se précipite
sur le coupable, il s'avance d'un pas lent mais

Des années se passent sans que rien le
pendant ce temps, l'orgueilleux prend une telle habitude de son faux rôle,
sur.

fasse pressentir, et,

poursuit avec une sorte d'inconscience.
demain cet objet d'une juste
terreur. Que ces craintes ravivées me déterminent à des résolutions viriles! Pour être rassurés, rappelons -nous qu'il ne suffit pas de ne
se point voir orgueilleux, mais qu'il faut se sentir humble
(c'est-à-dire sans valeur et sans
consistance par soi-même).
qu'il le

J'envisagerai

Méditation

Demander la grâce de bien me perPrélude.
suader que la question de l'humilité et de Torgueil
est une question de vie ou de mort.
La

L'orgueil posstérilité personnelle.
propriété fatale, de stériliser en nous
tout ce qu'il touche. L'action la plus belle, s'il
l'inspire, reste vide pourle ciel, comme une fleur
inféconde; et toute la partie du bien qu'il atI.

sède

la

teint de son souffle se flétrit aussitôt. Ainsi, la

dominée par ce vice, ressemble
à ce tonneau des Danaïdes que rien ne remplit.
Notre>Seigneur, parlant des Pharisiens, qui

vie la plus active

i

SEPTIÈME MÉDITATION

jeûnent

et

prient

En

pour

en

75

tirer

honneur,

en vérité^ ils ont reçu leur
récompense. » Pourquoi Dieu récompenserait-il
ce qui n'est point fait pour lui ?
Il le voudrait, d'ailleurs, qu'il ne le pourrait
pas. Tout acte privé d'une intention surnaturelle, au moins virtuelle, ne saurait obtenir le
s'écrie

:

«

vérité,

concours de Dieu dans cet ordre. La

vitalité lui

manque. La grâce n'y étant point entrée, la
gloire ne saurait s'y épanouir. Le Saint-Esprit
ne l'ayant point vivifié, le Ciel ne saurait le consacrera
Représentons-nous la déception de l'orgueilleux à l'instant qui suit la mort

mains vides,

il

:

il

se voit les

entend retentir cette sentence

« Je ne vous connais

pas

:

s'étonne « Est-ce
qu'il n'a point prophétisé? » Est-ce qu'il n'a pas
subi mille fatigues? Est-ce qu'il ne s'est pas
livré jusqu'à la fin aux exercices de la piété et

du

»

;

et

il

1

zèle?...

Oui, il a fait tout cela; il a même réussi dans
certaines œuvres. Mais quel a été le principal
mobile de tout ce mouvement? l'applaudissement, la considération. Il les a, hélas! obtenus
;

La récompense est digne de sa
vanité
« Receperunt mercedem vani vanam.
Leur vertu était vaine; vaine fut leur récomet c'est tout.
:

pense.

»

(Saint Augustin.)

1.
Pour qu'une action soit méritoire il faut qu'elle réu1» action bonne en elle-même
nisse ces trois conditions
2» état de grâce
3» intention surnaturelle (intention virtuelle veut dire intention précédente qui se fait encore sentir, sans être explicite).
:

;

;

PREMIERS SEMAINE

76

Heureux encore

si le ciel lui reste ouvert! Il
à la seule miséricorde et cette miséricorde a été touchée peut-être par quelque petit
acte de vertu, par quelque petite pratique pieuse
dont il ne faisait pas grand cas; peut-être par
la prière de quelque àme bien humble!... Mais
que de trésors de grâces perdus et pour toujours

le doit

;

I

1* Pour
L'abandon et l'aversion de Dieu.
Dieu n'a pas besoin de s'armer du
glaive contre l'orgueilleux ; il suffit qu'il le livre
à lui-même. Iliende plus juste, puisqu'il est présomptueux. Rien de plus fatal, puisqu'il est
II.

le châtier,

faible.

Aveuglé par ses illusions, précipité par ses
entraînements, il va de lui-même aux abîmes.
Le sentiment du danger lui échappe, il a un
bandeau sur les yeux, il ne sent pas le besoin
de demander lumière et secours.
Or, entre le Dieu tout-puissant et l'homme
essentiellement défaillant, règne comme un
Soyez
contrat tacite soyez humble et priez.
à votre place; je serai à la mienne et je vous
:

soutiendrai.

La sanction de ce contrat violé, c'est le délaissement; et cette sanction ne reste pas indéfiniment à l'état de menace.
2® Si l'abandon de Dieu est terrible, que dire
de son aversion? Elle va jusqu'à la haine:
« Très species odivi... pauperem superbum : Trois
choses provoquent ma haine... le pauvre or« Abominatio Domini omnis arro^
guôUieux. »

siptiIhi H^DITÀTION

gans

Le Seigneur a en abomination

:

tout

homme

arrogant. »
Cette haine poursuit l'orgueilleux, et rien ne
peut le soustraire à ses fureurs vengeresses.
« Superbia cordis tut exaltavit te : et si exaltatus
fueris ut aquila, et si inter sidéra posueris nidum
luum, inde detraham te^ dicit Dominus. Ton cœur
a pris son essor d'orgueil; mais c'est en vain que
tu te seras élevé haut comme l'aigle
c'est en
vainque tu auras établi ton nid haut comme les
astres je saurai t'arracher de là, dit le Seigneur, »
Méditons ces paroles pleines d'épouvante,
révélation inattendue de la haine que porte à
ce vice un Cœur connu par sa miséricorde
;

:

I

Haute position, même dans l'Eglise
services éminents rendus, même à la Religion
vertus admirables et trop admirées sans doute...
toutes ces grandes choses peuvent devenir la
matière de l'orgueil, sans être une défense au;

;

près de Dieu
detraham te;
tentats

III.

ment
tit

:

:

«

Je t'arracherai

et

il

l'a fait

même

de

là,

inde

pour de grands po-

Deposuit potentes de sede. »

Déchéance

et dégradation,

— Voyons com-

se traduit l'aversion de Dieu et

où abou-

son abandon.

Saint Paul, parlant des philosophes perdus
par leur orgueil, nous dit : « Tradidit illos in
desideria cordis eorum^ in immunditiam. Dieu
les abandonna aux pires instincts de leur
cœur, et ils devinrent immondes, ut contumeliis
afficiant corpora sua, et l'ignominie alla si loin
qu'elle stigmatisa leurs corps eux-mêmes. »

— 1° Parmi les châtiments que Réflexion. il faut que toute lacune au contraire rien ne manque laisse passer le mal. il faudrait appeler la grâce il faudrait s'humilier. ce qui cette source corrompue est si répugnant que notre langue se refuse à traduire ici l'image employée par l'Ecriture: aSicut éruc- sort de tant prœcordiafœtantium.PHIMIÈRB SKDIAINB 78 Les voilà déchus. . Ainsi. il faudrait se reconnaître coupable . parole d'expérience.. telle bonne action conçue dans des vues d'amour-propre sera viciée môme avant de naître. toutes choses dont ce malheureux est incapable. craignons aussi la colère d'un Dieu jaloux de sa gloire. Saintement com.. » Il est la source des vices brute. que ce vice lui dérobe. Tremblons. ce spectacle. il n'en est pas un seul que nous ne soyons exposés à nous attirer tôt ou tard. » Nous étonnerons-nous. Pour en sortir. après cela. sic et cor superborum. dégradés. en considérant la nature si différv^nte du bien et du mal.. Au bien. Craignons les progrès insi- dieux de l'orgueil.. une fois plongé dans le mal. y trouve son tombeau. « Emus de •' parole révélée. songeons que l'orgueil est le principe de cet avilissement. Or. nous venons de méditer.. et qu'il le contient en puissance : « Initium omnis peccati superbia. .. mis au rang de la animalis homo ». d'entendre affirmer que l'orgueil est un des signes les plus manifestes de la réprobation? L'orgueilleux.

.SEPTIÈMK MÉDITATION 79 mencéè. un tableau consolant Au lieu de la stérilité jusque dans les plus grandes actions. filial envers Dieu. Il s'en va donc au milieu de l'ombre et du silence. oublieux du bien qu'il fait doux envers tout le monde. — . coûte. I — Je veux me faire humble.de la déchéance. Respicit in orationem humilium. Qui ne se sentirait le besoin et le désir de c'est la prédestination : : — . » Il peut tout en celui qui le fortifie il vit. parfaitement accomplie. » Et il n'en saurait être autrement « L'humble prie et Dieu l'écoute. quand il faut se montrer. » erigens pauperem. toutes les fois qu'il le peut à l'ombre du Seigneur. Au lieu de l'aversion. se faire humble Résolution. assurée « Humiles salvabit Dominus. . faisons succéder c'est celui que présente le : règne de l'humilité. 2» A ce tableau lamentable. par la vaine complaisance. elle sera altérée tout à coup par un motif d'orgueil. c'est le mérite jusque dans les plus petites. c'est l'élévation: : « De stercore humiles. Enfin. un germe de cor- — ruption. Et exaltavit Enfin. au lieu de la réprobation présagée. coûte que . c'est la tendresse Dieu devient une mère.et c'est Dieu qu'il laisse vivre en lui. elle peut déposer en nous. qui s'en empare. Au lieu.

.

— 6. .RAISONS D'ÊTRE HUMBLE HUMILITÉ.

.

et alors être humble ne serait-ce pas simplement être vrai? C'est ce que nous allons reconnaître dans les méditations qui suivent . du plus parfait comme du plus misérable. tout désordre accuse un mal. la fausse et la maintient précaire . en l® tant qu'être déchu. En cela rien de personnel. L'humilité ne résulterait-elle donc pas de la nature même des choses. rend ses actes sans mérite. Ce vice dans les fondements de la vertu. ne manifeste pourtant pas la raison d'être de l'humilité (ses motifs intrinsèques). .PRÉPARATION A LA DEUXIÈME SEMAINE Voici le besoin d'ôtre humble suffisamment constaté : l'orgueil nous presse lors même qu'il se sent dominé. en tant qu'être transformé par la grâce. Dieu ayant mis le bien. il altère profondément les principes de la vie spirituelle. Cette nécessité. Il faut donc se faire humble. En effet. dans l'équiBt ment libre. et l'humilité qui en résulte. Les quatre premières établissent la condition de tout homme en tant qu'être créé. doit être celle de chacun. mais elle prouve déjà que cette raison d'être existe. il attire le châtiet prépare la ruine. si bien établie qu'elle soit. comme la santé. C'est un ennemi de la vie entière.

humilité facile. Nous ressemblons toujours un peu à ces gens ignorants qui haus^nt les épaules quand un savant leur expose tout ce que renferme. et de laisser quelque doute flotter vaguement sur des révélations qui étonnent. . Ils ne savent pas qu'au fond des chosef 86 cache un monde inconnu. par exemple.84 DÏUXlkME SSMàÎNS C'est l'humilité devant Dieu. bon sens . au contraire. Pourquoi n'en fait-elle pas un plus grand nombre? Faut-il s'en prendre à la faiblesse humaine? Elle y a déjà sa grande part « Je vois le mieux et je poursuis le pire » mais il est juste d'en accuser aussi le mangue de conviction. même envisagées plus sérieusement. Les méditations précédentes. : . les faits ont le privilège de nous fixer et de nous convaincre. car les vérités abstraites ont peu de prise sur la plupart des hommes. Ces vérités traditionnelles ne retiennent pas l'attention. Privés de cette ressource. «n face des vérités nouvelles que nous allons méditer. elles n'atteignent pas cette région de nous-mêmes qui ressent les fortes impressions. elles sont si connues! Et puis. nous devons nous bien prémunir contre la funeste habitude de regarder comme moins certain ce qui n'est point sensible. une goutte d'eau. car c'est celle qui fait les saints. or. ce semble puisqu'elle n'exige qu'un acte de humilité pourtant très puissante. pouvaient nous saisir. presque aussi tangibles que des faits matériels . car elles relèvent de l'observation : nos tendances sont des faits moraux.

de notre humilité à nous. mais qui peut néanmoins s'éclairer vivement à la lumière d'un examen sérieux. Cette méditation doit être le fondement de notre humilité. Vaste champ qui recèle assurément des parties obscures. et en quelque sorte impersonnelles. l'œuvre de toute notre vie et elle englobe tous nos actes. mais déjà devant les hommes. car cela est sans râleur et ne mérite pas l'estime. humilité qui brise le sentiment exagéré de l'estime personnelle et qui interdit la recherche d'une estime particulière. c'est bien de nous qu'il s'agit et non de tous les autres. Cette méditation est destinée à compléter l'effet des raisonnements abstraits. et sous les ombres de l'illusion. c'est notre œuvre qui s'étale à nos yeux. . cette humilité qui baisse le front. me voilà bien en face de la vraie mesure du grand et du beau. . . Je dois donc me comparer à ce qui est grand et à ce qui est beau or. de . point de vérités métaphysiques. par la force d'uoe impression sensible. Là. dans le lointain du passé. succède la considération de nos fautes. non plus seulement devant Dieu. par exemple. 3<* Estimer un objet. que l'on sait ne point mériter. Là.PRÉPARATION 85 2" A ces quatre méditations abstraites. de ce qui détermine l'estime. toutes nos pensées et jusqu'à nos coupables omissions. qui est ici la comparaison avec d'autres. A qui me comparerai-je? Ace qui est bas et misérable? Non. en face des Saints et en face de Dieu. c'est reconnaître sa valeur mais sa valeur ne peut être évaluée qu'à l'aide d'une mesure.

n'a pourtant qu'une même essence . On sait que toute culture intellectuelle accroît puissance générale à s'instruire. et dans une sage mesure. à modérer nos prétentions. Désormais plus forte. ces méditations la développent en elle-même. faut-il en conclure qu'ils ne sauraient exercer une influence véritable sur nos rap- hommes. Il en est de même de l'habitude de l'humilité. et nous aidera. quel que soit l'objet de son la exercice. courberont néanmoins votre front si bas. En effet. en développant cette juste abaissement inclination à l'égard de Dieu. s'il le faut. l'humilité qui a deux objets : Dieu et les hommes. qu'il n'osera se relever sonne. cette disposition nous portera. et que les affections de famille disposent le cœur à mieux sentir Dieu. . Pénétrez-vous donc de ces vérités. qui. par conséquent ne nous forment pas à l'humilité pra- ports avec les autres qu'ils tique* Nullement.DKUXI&MB SEMAINB 86 4" De ce que plusieurs motifs d'humilité s'appliquent indistinctement à chacun de nous et ne nous abaissent réellement que devant Dieu. à les briser. suivant les occasions. pour ne vous être point strictement personnelles. plus habituée à s'abaisser. imprudemment devant per- . l'inclination à un or.

si nous aurions une valeur. mais ce quelque chose d'inconsistant. : — — Préparation pour la veille. Deuxième point : Le néant de l'acte : Je ne pais rien. nous ne sommes pas des êtres à proprement parler. Il n'en est point ainsi : car. si nous venons de Dieu. de fugitif. que l'on peut comparer h des notes de musique.Denzlème Semaine PREMIÈRE MÉDITATION VIII* BXSRGIGl Le Néant de la Créature Premier point : Le néant de l'être Je ne suis rien. étant créés par lui de toutes pièces. Dieu n'est ni enrichi par le fait qu'il . valeur. ou encore si. d'un simple vouloir de sa toute-puissance . s'échappant d'un instrument sous les doigts de l'artiste. minime fût-elle. serait et cette j^ourtant appréciable. Si nous tenions notre être d'une matière quelconque existant en dehors de Dieu. nous ne sortons pas de son sein fécond. par impossible. nous emportions. mais d'un acte extérieur. de sa substance la plus imperceptible parcelle.

être a . démontrée par la admise par la philosophie la plus rigou- raison. Tout cela n'est-il donc rien? Un être et des actes sont pourtant quelque chose . des formes. . car enfin. tanquam nihilum ante-teyy. que FEcriture l'appelle « un quasi-néant. mais surtout conclusion rigoureuse : — s'impose à l'âme tout entière détermine la volonté. en face de Dieu. il est libre son intelligence lui donne conscience de tout l'univers. ! Entendons-nous bien. j'ai une sorte d'être cet une étendue. l'humilité n'est pas seulement une conviction. il agit. elle est une vertu agissante. si fugitif. Voilà la vérité certaine. reuse. . il faut principalement en pouret pressante qui et suivre la pratique. saisissante jusqu'à nous troubler. ni diminué par le que fait nous existons.OBUXIBME SEMAINB 88 devient Créateur. en résumé : un être qui ne compte pas! Ainsi se trouve mise en lumière cette parole de saint Paul » Quis te discernit ? Quid habes quod non acce^is^'. est si vain. son génie peut enfanter des merveilles. Et pourtant je suis. il déplace la matière et la transforme il veut ou ne veut pas. ce quelque chose." Qu'as-tu qui te distingue ? Qu'as-tu Vue profonde jusqu'à que tu nie l'aies reçu?» iious déconcerter. elle est plus que cela. Il ne suffit donc pas de philosopher sur toutes ces questions.

Notre-Seigneur dit à sainte Catherine de Sienne « Sais^tu^ ma fille. je suis le et c'est mon nom : de ce Ego sum néant dans tout : « mea une sorte « Substantia tanquam nihilum. impression — Demander si vive de tout entier et me grâce de concevoir une néant. s'y succéderont après moi. lumineuse. et » Dieu est mot. tu es celle qui : est » Avant la création. Dans cette durée. cent ans. comme une eau profonde engloutit bientôt la pierre c|ui rida un instant sa surface. je n'existais pas même dans l'élément le plus lointain. Puis le silence se refermera sur moi. des siècles.PREMIÈRE MÉDITATION 89 Méditation Prélude. . Des siècles m'y précédèrent. Il y a mille ans. Ma substance de rien. qu'elle me pénètre la mon dirige. Le néant de l'être : Je ne suis rien. sans doute. c'est son vide. j'étais une simple possibilité qu'un rien eût pu détourner de l'arrivée à l'existence. J'ai apparu un jour sur la terre. » dans toute nom qu'il se la plénitude donne Moi. — I. pénétrante Je suis Celui qui est. qui je suis et qui tu : es? Tu seras bien heureuse' si tu le saisi (Si tu le d'une façon sais pratique) n'est pas! l'Être le — qui sum. je remplis quelques heures courtes et précipitées.

. point d'appui des sentiments les plus puissants. la condition des bienheureux apparaît semblable à la mienne.OIUKÈMI SXKAINB 90 Cet être que sistance est la fragilité et riDCon- j*ai. Ecartez un instant cette action nécesmon être disparaît et quoique invisible saire. ce serait un néant. ce qui se verrait en moi. sans laisser « ad nihîlum redactus sum et la nescivL » « rien inconnu ô rien inconnu! » répète dans l'extase la bienheureuse Angèle de Foligno. Sous ces clartés d'en haut. Le néant de l'acte actes sont de la même — Nos : Je ne puis rien. dans le ciel. » : « créatrice. mêmes.. La gloire fait sans cesse resplendir à leurs yeux la vérité de leur néant. dans la matière de mon corps. ! — I I II. sommaire de nos dérisoires grandeurs mais aussi. le rythme des chants du ciel. mais leur humilité est ma honte comme ma leçon. Si je suis le Néant.. vous êtes le Tout. dans la substance même de mon âme. nature que notre être. s'évanouit comme comme nuage le aucune trace : : fumée dans les airs. une vapeur qui disparaître aussitôt « : Vapor est pour ad modicum s'élève Il n'est qu'une poussière vivifiée MementOy homo. les plus dignes de Dieu. Cri de profonde vérité. » A la clarté de la vérité pure. de toutes parts soutenu par la puissance parens. vous êtes l'Etre Si je suis le rien. par son contraste. ô Seigneur. tandis que mes multiples misères parviennent à l'obscurcir aux miens. quia pulvis es. Cetto double vision forme. les plus élevés.

. dans cette résolution que je prends de devenir humble. Nous agissons. Conséquence aussi écrasante de mystère...j'aime. : 2® Là encore. et je sais que Dieu est assez puissant pour respecter ma liberté dans ses : . je combine affaire. Il ne peut en être autrement. la force qui m'y a conduit. ne peut pas me donner le pouvoir d'accomplir en dehors de Lui un acte positif ce serait me constituer créateur I.Ehbien! tout ce qui.. est positif. au fond de cette adhésion même. jechoisis. La nature des choses s'y oppose et Dieu. Il nous semble que tout notre acte nous appartient. et nous ne voyons pas la puissance créatrice qui le soutient. et ma participation. et nous ne voyons pas davantage cette même puissance qui l'anime. 1» Je une remue main ou une la la tête. Dieu agit mille fois plus que moi.PRBMIÈRK MÉDITATION 91 Notre être subsiste. dans ces actes. je trouve solution. se trouve produit par l'action de Dieu. et qui semble m'appartenir exclusivement. qui peut tout. je ne la trouve que dans l'adhésion à son influence qui m'y sollicitait. qu'éblouissante de vérité! conséquence qui envahit jusqu'au sanctuaire de ma détermination libre. je suis forcé de me dire Je sens que je le suis. beaucoup plus que par la mienne. pour expliquer comment avec cela je demeure libre. Enfin. parce que je l'ai prise pouvant la laisser. pourquoi je l'ai donnée. ^je pense. je retrouve encore Dieu.. Et si je veux chercher.

m'éloignant de là me soustrais à son influence. l'attribution que j'ose me faire du bien qui s'accomplit par moi! Comment croire en moi? Comment me préférer à un autre ? Le simple voile du créé recouvre tout ce néant. et m'accompagne encore au moment où. Qu'elle est en ma volonté. je ne regarde pas ce qu'il cache je continue à prêter une réalité absolue à tous ces actes contingents. Qu'elle est injuste. tout en la remplissant jusqu'à son dernier effet *. : I Dieu ne nous détermine pas. acte positif.. même les plus est réelles!. je la force à s'égarer.. et. mais aussi mystérieux que certain..DEUZiiMK BSMÀINl 92 conditions essentielles. il est suffisant néanmoins pour que je me trompe moi-même. ment . l'action de Dieu. •a conciliation relève de la pbiloaopbie> 1. Il est bien transparent aussi mais je ne suis pas attentif. obéissant à des lois générales d'une sagesse supérieure. comme ailleurs. et j'y appuie mes prétentions . à s'évanouir Ah Seigneur 1 1 je ne ! me comprends pas I Qu'elle donc vaine et ridicule. prête son concours à tout ce qui est. Ce voile est bien léger et mille accidents le soulèvent. la complaisance que je prends en mes qualités. Le mal est une défaillance dont je suis responsable Je détourne l'action de Dieu et je l'empêche d'aboutir. 3<» Si je fais le mal. dous conservons réellele pouvoir de choisir voilà qui est certain.. . je : finalement. Ici le fait seul nous importe. l'ordre. téméraire même la ma mieux confiance affermie!.

pour y penser à genoux en savourant ces belles paroles « Mon Dieu et mon : tout I » . ouvrez ses yeux. Sérénité parfaite que donne cette vue au vaut-il milieu des succès comme des revers Haute donc la peine de tant s'émouvoir sagesse qui place les choses sous leur vrai jour et dans leur exacte proportion Grandes ombres du néant. Contempler souvent rinflni qui m'enveloppe de toutes parts. ce soir. vous qui voyez!» que devezvous penser de cet aveugle? Ayez pitié de lui. Déterminer un moment. confuse de son passé d'orgueil.f-REMlÈRfi MÉDITATION §3 ((Seigneur.rapparition de votre Infini. ce matin. m'y perdre. et un autre moment. qui font ressortir l'éclat de Disposition admirable à l'Etre qui est tout la contemplation I — : 1 I ! — — — — — Résolution. et faites surgir . y laisser tout orgueil. devant sa misérable petitesse.

elle ne fait jamais partie de ma substance. dont je puis à chaque ins.* EXERGIGB Nécessité de la grâce actuelle — Deuxième point — Troitième point: Premier point : Sa nécessité en général.Denzlème Semaine DEUXIEME MEDITATION 11. du concours de Dieu. pour tous ses mouvements. s'en douter. Si. elle reste un vêtement divin. : — 1» La méditation Préparation pour la veille. si la vie naturelle. tant me voir dépouillé. qui précède projette toute sa lumière sur la méditation de demain. professent sur Taction de la . a besoin. je ne suis rien. que dire de la dépendance où nous réduit l'exercice d'une fie surnaturelle dont tous les actes participent *u divin? 2® ^ns Le croirait-on? beaucoup de chrétiens. D'autre part. Nécessité de la grâce prévenante. Nécessité de la grâce concomitante. dans Tordre de la nature. que suis-je donc dans Tordre de la grâce? La grâce ne m'est point due m'étant donnée. avec ses actes moindres.

La grâce actuelle lui est — . la bonne foi les excuse . chanter par nous dans une 'ndicible union. il cependant de est Non. elle est de tout acte surnaturel. Dans l'ordre surnaturel. Demander la grâce d'éprouver de mon néant une impression plus vive encore. L Nécessité de la gfàce actuelle en général. la grâce n'est le croient. voisine de l'unité : ! 1 Méditation — Prélude. un com- principe premier de ceux-là mêmes qu'une longue habitude ou un attrait personnel le nous rendent extrêmement faciles . mais plus consolante. Oh dépendance délicieuse: c'est Dieu qui se fera adorer. Cette condition est tellement la nôtre. parce qu'elle participe à la vie même de Dieu. notre dépendance tient à notre grandeur notre vie surnaturelle reste par essence une vie dépendante. 3» En sondant notre néant et notre situation à ce nouveau point de vue. leur devoir de s'instruire. qu'elle nous suit dans l'éternité même. pas seulement.OSUXIEMS MEDITATION 95 grâce actuelle des idées matériellement héréLeur erreur n'est que de l'ignorance. et que Dieu seul peut l'exercer. du moins. Là encore. aimer. comme ils plément de force. nous ne manquerons pas de considérer que là. et tiques. l'incapacité de l'homme est absolue. voilà un dogme de foi. Dieu demeure le principe de tous nos actes.

mais peut-être n'en mesurons-nous pas toute la : . » est.ent le nom de si court cependant. sans le secours divin de Féternelle lumière de la grâce.. Pour y parvenir. Choisissons comme sujet de nos observations un parfait chrétien. « Nul ne peut dire méritoirement : iésus. il n'est pas en état. « L'œil le mieux conformé. Le voilà. portée. Jésus. qui domine l'ensemble. de vertus et de ferveur.. physique une — Pre- comparaison ..icessité nons dans de l'ordre la grâce prévenante. capable de tous les héroïsmes. ne peut rien voir. un religieux. sans le secours de la lumière. au fond. II.. L'homme le plus saint ne peut bien agir. Ses mérites ont procuré à sa grâce sanctifiante des accroissements merveilleux. Il a gardé l'innocence de son baptême. Le voilà plein de mérites. dit saint Augustin. prenons position sur un point élevé. » Voilà une vérité dont nous avons entendu souvent l'expression elle est passée à l'état de formule acceptée l'Eglise en a fait un article de foi nous la croyons fermement. sans le Saint-Esprit. il a servi Dieu avec une fidélité constante. Eh bien! sans une grâce actuelle immédiate. comme pour la plus difficile. Ses vertus ont parfaitement assujetti sa nature. ^. tout saint qu'il de prononcer méritoirem.96 DEUXIÈME SEMAINE indispensable pour l'œuvre la plus simple. un prêtre. Sa ferveur met en activité toutes les ressources de son amour. .

... C'est elle qui a offert la pensée. quée par la grâce... tu resteras muette.. nous faisons nôtre ce mouve- sion UMILIli. sans destituer de son rôle la liberté humaine Je veux. L'âme. . pour les produire. cherchez encore. commence un acte surnaturel. comme la harpe. en s'y associant. : . tel l'effet. ce réveil de l'activité. Voici une harpe absolument juste on peut dire qu'elle contient à l'infini des mélodies latentes et cependant. ici l'intensité de l'acte ne sauraient dépasser la force de l'impul30 — reçue. nous coopérons. elle aura constamment besoin de la main du harpiste. nous nous prêtons. provoentre en vibration. et vous trouverez la grâce actuelle le remplissant mystérieusement. : — toi aussi ! La corde de la harpe pincée par l'artiste L'âme du juste. Tu es inerte. laissée à toi-même... 2® Et dans ce vouloir. instrument docile de ses plus belles inspirations. tu n'es pas plus capable qu'une harpe quelconque d'exécuter l'accord le plus élémentaire. c'est elle qui a provoqué le vouloir.. Tel le mouvement. et c'est plus Dieu que moi qui veut avec moi. par lequel l'acte a été déterminé. Où est notre part?. . Ame parfaite d'un saint. et vous trouverez la grâce prérenante..DEUXIÈME MÉDITATION 97 féconde en déductions. Là l'intensité du son.. l** Elle était inerte et silencieuse lui est donnée: elle vibre. te voilà. n'y apporte et n'y ajoute rien.. Harpe du plus grand maître.. — 7. l'impulsion — Remontez à l'ori- gine d'un acte surnaturel. le désir.

J'ai commencé un acte d'amour.. et jusqu'à ce par quoi je l'ai fait librement. : reste vide. « Deus est qui operatur in nobis j'ai fait 9t vêUe et pcrficere. Mis en mouvement. cette prétention est contraire à la foi. ma formule se continue. Quoi donc rien que je puisse m'attribuer en propre/ Rien. Non. si cette grâce ne continue avec elle son action sous le nom de grâce concomitante. reça. Non. c'est contraire à la foi ! ! pas même le pouvoir de mériter ce désir. et de le conquérir. Considérons un côté sous lequel notre impuissance paraît plus complète que celle de la harpe. c>st un rien àont quelque chose... parexemple mes lèvres vont en achever la formule si la grâce s'arrête. je suis là. Mais du moins laissez-moi une part. c'est de Dieu que j'ai reçu mêmb ce que librement.DlUXliMS SKMAINt 98 ment Dieu ~ Allons au fond. si minime Saint Paul ne dit-il pas a Non pas soit-elle moi seul. » S'il est vrai que je suis un . l'âme s'arrêtera aussitôt dans son acte surnaturel. en toute justice. Mue par la grâce. — sans quoi l'Apôtre n'aurait point discernit? dit : « Quis te Qui peut te distinguer des autres ?» Oui. fait — m. Nécessité de /a grâce concomitante. et Oui. ma part. » Quoi 1 : ! donc j'y ai telle dans cet acte surnaturel. par des efforts naturels de raison et de volonté?. mais la grâce de Dieu arec moi.. mais — . un simple désir. mais cette part est de condition qu'elle ne peut nous enorgueillir. l'instrument prolonge ses vibrations. pas même un vouloir.

la véi'ité de la création les revêt de sa propre oertitude. cela nous suffit. — Grandeur de l'humilité pressentie. ie mystère s'étendra naturellement sur ses conséquences. il faudrait comprendre le comment de l'acte premier qui les a produites. Toute cette doctrine se résume dans une formule aussi exacte que saisissante Dieu a le devoir d'exiger de nous l'humilité. : . — Manifestation de sa place elle se trouve à la hase de tout acte et de toute vertu. : pas une de ces nécessités morales. Avant de comprendre le comment de l'action de Dieu dans ses créatures. car il a le devoir de maintenir Tordre absolu des choses. — Sa nécessité n'est Réflexions et affections. just« et et regf\r-« 1.savons et nos raisons de croire sont certaines. et elle est de même rigueur. . reste un comme 99 il est être portant le — Etonnementde nous — Vue pénétrante du mensonge etde Tinjustice de cette disposition. les mains pleines de grâce. Il n'aurait pas 2e droit de nous permettre un : : atome d'orgueil. En revanche. Représentons-nous ce souverain Seigneur. nous. Voir le comment n'est pas nécessaire : où nous ne voyons pas. sentir orgueilleux. synonymes de « grande importance » la nécessité de Vhumilité participe à la nécessité de la grâce. Il n'entre point dans l'objet de cette Probation de dis* cuter les opinions émises par les théologiens. pour concilier la liberté de l'homme avec le rôle obligé de Dieu notre dépendance et notre fragilité ressortent finalement de tous les systèmes.DKUXIÈSIS MÉDITATION rigoureusement vrai que je néant dans son activité dans son fond ^ être créé. Tant que la création restera un mystère.

— N'avoir 1 rien sans Dieu. meures devant les hommes. gardons-en du moins une impression profonde qui sera modératrice. Me rendre aujourd'hui cette pensée familière. mais parfois aussi dans le secret de nos dec'est l'attitude qui convient.. Dieu en moi — Contempler action incessante de — la sentir en quelque sorte. nous devons souvent nous en départir. : : : Résolution. Comprenons ce mot n Deas superbis resistit!. faisons-nous bien petits. Humilibus autem dat gratiam. » Devant Lui. Et si. Rien de il peut se détourner plus libre que son choix de moi !. à l'Église surtout. Aimons à nous prosterner dans l'adoration.OEUXIÈMB SEMAINK 100 dant attentivement où il les placera... restons bien soumis et bien dépendants. Il résiste aux orgueilleux et donne sa grâce aux humbles. : Joie .. pas même un acte grand sujet de comme d'humilité.

nous ne résisterions pas à certaines tentations. mais décisif pour l'humilité. Nous verrons que. sans des grâces spéciales qui ne nous sont dues à aucun titre. car sans vous il n*est pas de faute que je ne sois : . nous ne pourrions sans elles nous relever. — — Préparation pour la veille. chaque matin. et que si nous venions à succomber. Nous aborderons demain un sujet redoutable pour la raison. comme un saint Philippe de Néri qui redisait en gémissant. il doit Ah! si je la ressentais. Et ce n'est pas moi seul. Bien plus.Deuxième Semaine TROISIÈME MÉDITATION X* KXfiRGICE La nécessité de grâces spéciales Premier point :Leur nécessité pour la persévérance dans le Deuxième point : AppUcsLiion» particulières. : comme hommes moi.— Trothicn. pauvre être imparfait. ne vous fiez pas à moi! Retenez-moi et gardez-moi. sième point : Rôle sauveur de Thumilité. qui subis cette dure condition. la simple persévérance dans la vie pieuse dépend absolument de leur secours. le plus saint des sur la terre y est assujetti crier cette même misère. cette prière «0 mon Dieu.

» Pesons bien chaque mot. recevoir toutes les grâces dont il a besoin. . même chez lui. — vif sentiment du Impression de crainte. et qui n'est rigoureusement dû à personne. leit. cette crainte. qui jettent aux pieds de Dieu brisé et soumis. in accepta. po«M.. sine speciali auxilio Dei. juttitia persevertwe Trid.. par exemple. Si qui» dixerit juêtificatunt. 12). Il y faut un secours spécial. désir de sonder à fond cette besoin de Dieu. I. un acte d'orgueil..OIUXIKMB SKMAINI 102 capable de commettre avant ce soir » Or. — Méditation — Demander la grâce de ressentir ces Prélude. mais il ne l'est pas d'y correspondre. Nécessité de grâces spéciales pour la perséL'homme est assuré de vérance dans le bien. était absolument fondée. i* Il s'agit de l'homme en état de grâce: : 1. 6 oan. mnathema tit (CoM. Ce secours consiste dans l'intensité ou lopportunité de la grâce elle-même condition lamentable introduite par notre déchéance — : originelle l « L'homme Ecoutons le Concile de Trente en état de grâce ne peut persévérer en cet état sans un secours spécial de Dieu*. profoades impressions de crainte.. le dessa'-issant des grâces spéciales. l'aurait peut-être laissé dé1 faillir. importante et dure vérité.

TROISliME MÉDITATION i03 c'est-à-dire de l'homme possédant la vie surnaturelle . 3» La brièveté de la vifl spécial . à un momeQt . et garder ce que j'ai. cette : ^ — II. vu sa fragilité. 40 Le choix favorable mort l'est toujours. mais simplement d*j 2° — persévérer. il dit: impossibilité « non posse ». de s'élever dans cet état. Je me perdrai si je n'obtiens pas votre grâce spéciale. il faut une grâce spéciale. grande difficulté. si je le veux de toutes mes forces? —Non. fût-il un saint. Ne semble-t-il pas faut pour atteindre qu'il ait tout ce le but? — Il ne l'a qu'il lui pas. 2° Pour persévérer en face de grands dangers. de l'homme ayant droit aux grâces ordi- naires. sans un secours spévolonté pourrait nous manquer. cial. Applications.. Méditons ces conclusions théologiques 1* Pour persévérer durant un temps assez considérable. Quoil un saint n'aurait pas du moins un droit rigoureux à ces grâces ? Nullement. non pas de se perfectionner. car. est souvent un don du moment de notre Dieu j'ai peut-être devant moi des années d'existence. il faut une grâce du même genre : . Ne puis-je donc rester ce que je suis. Il s'agit de tout homme. a» 11 s'agit. ae surviendra-t-il pas. Le saint Concile ne dit pas difficulté. 4» Il s'agit d'une véritable impossibilité de fait. 1 Q Pieu..

grâce.oi qui me constitue capable de la reprendre . secours. amour même.Nous tenir devant lui prosternés dans l'attitude de la dépendance absolue. . sans une grâce spéciale 1.. Or.DEUXliMS 8BMAIRB 104 imprévu.. être surpris parla mort. — L'esprit Le rôle sauveur de l'humilité. Je ne puis rien exiger de la justice divine. le . Sentir vivement ce que c'est que d'être ainsi à la merci de Dieu.. je n'ai rien en ro. Suis-je donc en face d'un problème insoluble? Non. je perds la vie de l'âme. je ne puis rien faire qui mérite absolument que Dieu me la rende. Ma condition m'apparaît désolante.. tombant dans le péché mortel.. quelque grave danger? J'y succomberai je n'ai pas alors votre grâce spéciale.. Elle se penche vers mon indignité et la considère avec tendresse. Si.. Je ne puis compter sur moi.. tout est mis à ma portée. cœur abattu. les engagements qu'elle prend sont sacrés . .. et.. à mon dernier jour je puis pécher gravement. Redouter comme une insigne audace l'attitude de l'orgueil.. je jette de tous côtés des regards anxieux. agité. sans une grâce spéciale. car la miséricorde le résout.. Elle fait entendre à mon abattement les promesses les plus inespérées : pardon. C'est le péché qui me l'a faite. comme une mère. dans la vieillesse. si I . Dieu je peux être infidèle dans l'âge mûr... ils vont constituer tout un ordre de miIII. je ne saurais même m'y disposer complètement et prier assez pour l'obtenir..

aussi formel que le serait l'ordre de la justice. ou les circonstances douloureuses?. et ces lois résultent de leur condition même. Miséricorde et humilité sont des termes corrélatifs.sije me garde de mépriser les autres.405 TROISIÈME MÉDITATION séricorde. La miséricorde aime la seule misère qui s'humilie et elle la sauve. la condition c'est le droit . La misère est un abaissement comme l'humilité. je le reçois infailliblement de sa ma misère. sous le règne de la miséricorde. c'est l'humilité. !• Si je suis humble.. il me protège. Mais.. je reste dans l'ordre. accomplit la sienne malgré m'aime. Dieu ne me doit pas non plus certaines grâces de préservation — I . en tenant ses engagements. est la soumission Oserai-je universelle. Je comprends maintenant pourquoi les Saints attribuent à Thumilitéle don de lapersévérance. qui . Sous le règne de la justice. de notre vouloir. dis- tinguer parmi les volontés de Dieu. et Dieu. Mais la misère résulte de notre condition. Si régime de la justice a ses lois. Ce que je ne saurais exiger de sa justice. : il miséricorde. l'humilité. si je ne Lui doispoint rigoureusement certains degrés de soumission. la le condition. si je me tiens en tout comme impuissant par moi-même. si je prie. il me donne sa grâce. et repousser celles qui n'obligent pas sous peine de péché? Murmurerai-je devant les devoirs difficiles. celui de la miséricorde a les siennes. C'est ici qu'il faut redoubler d'attention. Si je me fais humble. j'accomplis ma loi .

ni mériter entièrement. in adjutorium meum intende! « De quel tressaillement ne serai-je pas « Et ne nos inducas in saisi quand je redirai tentationem /. grâce : : des grâces. Plus je sentirai le poids de ces écrasantes vérités. toute détrempée de confiance en Dieu. aux anges. Par elle. à Marie! Quel accent de foi ne mettrai-je pas dans cette formule toute-puissante « Nous vous le demandons par Jésus-Christ Notre-Seigneur l » La grâce que j'implore à cette heure. j'emploierai les abaissements de la Chananéenne: je veux être humble. et pour l'obtenir. De quel cœur ne répéterai-je pas ce cri de la liturgie sacrée : ^c Deus. j'obtiendrai ce que je ne saurais^avoir de moi-même. car je veux me sauver! 1 la Résolution. jusqu'à la mort. les mains jointes. voir à la merci de Dieu. plus je sentirai le besoin de prier.OIUXIÈMI SSMAINI 106 2« Le rôle de la prière se montre ici dans toute sa clarté. c'est celle de devenir humble Je réclamerai sans cesse. aujourd'hui. — Me je suis. à tous ceux qui peuventintercéder pour moi. Crainte néanmoins. » Comme je m'adresserai.. toujours.. aux saints. notre Père. . tel que demain.

J'appliquerai toute mon à cette recherche. par rapport au bien et au mal.QUATRIÈME MÉDITATION XI* KLMaCI Notre Condition iV««»«r f9imt p»int : : Lk Mture de noire liberté. fa conriction raisonnée aujourtrhui. la nécessité d'un secours spécial. d'une façon plus sai-^issante. et la redoutable puissance des causes demain sera ennemies qui En jetant travaillent à la renvei"ser. — - Z>ntxtV*t« TrM>tstèm9 jr«i»t : le — Prépuntion pour ta yei7/o. (|ue je ferai dans attention le but. qoq . Une analyse de notre condition. Nos m&UTftis penchants. nous montiera Textréme fragilité des ressources personnelles qui soutiennent noti-e Tertu. Ains\. un grand jour sur notre situation infiniment précaire. viendra s'ajouter à l'impression ressentie dans la troublante méditation d'hier. ces considérations nous fer\>ut toir. La méditation de le développement de la précédente et eu quelque sorte sa démonstration.

. mon Dieu. votre miséricorde m'apparaît s'étendant plus loin. Afin d'ajouter la conviction à l'impression. demander la grâce de voir avec plus de clarté les circonstances qui rendent nécessaire une intervention spéciale de la miséricorde. cette miséricorde me reste ouverte. sera aveuglé par l'éclat de sa gloire. sentir son impuissance totale. L'œil qui veut imprudemment scruter la majesté divine. à plus forte raison. tant que je me tiens devant elle avec la conviction de mes infirmités.108 OinXliMS SEUAINB point d'appuyer une vérité de foi sur des raisonnements. Ces considérations. » — I. : !• ^> Méditation — Prélude. de tout temps proposées par l'Eglise. doivent être suivies sans contention et sans curiosité vaine . ma misère a beau s'étendre sans limites à mes regards. vous devoir son salut. est-ce ionc si redoutable à celui qui se confie en vous? mon Dieu.. Or. Considérons d'abord la nature de ce frêle instrument. sans exigence déplacée : « Scrutator majestatis opprimefur a gloria. La nature de notre liberté. toujours plus immensément. à l'aide duquel nous faisons notre éternité heureuse ou malheureuse la liberté ! : . tant qu'il reste à ma voix la force de lui crier Pitié ô mon Père l loin. mais d'en développer la lumière. est-ce donc si triste pour celui qui vous aime? mon Dieu.

Un simple manque d'équilibre les constitue. Ils sont inhérents à notre être. ils commandent en maîtres combattus. je la confie à votre miséricorde Prenez-la. — bien gouverner. nos penchants tiennent le premier rang. et. et. soutenez-la.. Bon gré mal gré. Se mettre sous de bonnes impressions. Et si elle est imprudente dans ce choix. ils demeurent une influence latente qui travaille sourdement. si elle s'attarde par faiblesse sous des influences contraires. Nos penchants vont plutôt vers le m9^ : . ma liberté demeure essentiellement défectible. s'ils sommeillent. car leur réveil souvent nous trouve confiants en nous-mêmes et par conséquent désarmés. Parmi ces influences funestes qui détournent notre liberté vers le mal. après toute une vie de fidélité. la voilà entraînée au mal. gouI 1 au besoin. n'est-ce pas commencer à être humble? vernez-la. Nos mauvais penchants. . elle hésite et varie bien souvent par les impressions diverses qui se succèdent elle dépend si profondément des motifs qui la frappent.. réservezlui vos inépuisables pardons mon Dieu vous parler ainsi. ! 1 — II. Dieu avec quel bonheur je vous remets ma liberté. Favorisés.QUATRIEME MÉDITATION Je le i09 sens. Ils se dissimulent sous mille apparences de bien. tel est son principal moyen de se Elle esf agitée . je l'assujettis à votre domination. ils vivent au fond de nous. Or. s'arrêter aux motifs favorables. ils ne sont pas moins redoutables.

En pratique. formons l'étrange supposition que voici il n'y a plus d'enfer à redouter ni de Dieu à aimer. quand il place son bien uniquement dans la jouissance.. mais d'une façon indéterminée. cette force native. Elle serait exactement ce que la feraient nos penchants. Oui. Quel sujet d'épouvante. diatement. être. Les sophistes seuls peuvent dire que l'homme au fond veut toujours le bien. il se laisse tromper par l'apparence. Demandons-nous jusqu'où iraient alors nos excès et ce que serait notre vie. despotiques peut- tives. il n'y a plus de réputation à ménager et plus d'inconvénients à craindre. formées par de nombreuses défaites I . il veut le bien. il confond le bien en lui-même avec son bien à lui et c'est souvent ce dernier qu'il préfère. le péché originel l'explique. or. ces penchants existent en puissance. Cette tendance égarée agit sur la liberté par par l'attrait. s'ils n'étaient point contenus. l'horreur du mal ne lui offre plus ses répulsions instincles mauvais penchants grossis l'entraînent comme un torrent.. quand on regarde au fond de soi-même! Pour y projeter une plus vive lumière. quelle tyrannie! La liberté se trouve alors asservie et désemparée. voulant jouir. si l'habitude vient ajou- ter la sienne. Or. que d'habitudes fâcheuses. et ils l'illusion et : sont.HO DtUXiÈMB SKMAIN8 l'Eglise l'enseigne.... et jouir immé. hélas A ! nous-mêmes. Texpérience le montre. et la conscience des faiblesses passées lui ôte tout courage . Là. encore..

démon. Rien n'agit aussi fortement sur l'homme que la conduite des autres hommes. et la miséricorde ne les a point repoussées. Le monde. Mais son influence n'est-elle pas plus fatale sur ceux qui ne la remarquent pas? Or. et quelle est son activité. nous ne pouvons pas quitter le monde nous ne pouvons pas nous tenir à l'écart du le faire . monde — démon.QUATRIÈME MÉDITATION Qui arrachera à la mort dll cette victime? La seule miséricorde de Dieu Qui portera la miséricorde à s'exercer? L'humilité I On a vu des personnes. ne peuvent-ils pas réunir leurs forces. tous . — se jeter dans Vhumilité comme dans un lieu de refuge. Les Saints. nous livre seul à de tels adversaires? . pour entraîner notre imprévoyante liberté ? Que deviendrons-nous si notre orgueil.. et nous pénètre de ses poisons comme les épidémies de leurs ferments. nous aliénant le cœur de Dieu. maunous enveloppe comme l'atmosphère.. qui ne sont pas comme nous des esprits forts. même durant la série de leurs ! fautes. Le dit par le et le Sauveur. Complices de nos penchants. L'esprit du monde nous amollit . savent quelle est la puissance du démon. la ruse du démon épie le moment favorable. devant cette persuasion sans raisonles raisonnements succombent. Ce que tout le monde fait. on admet instinctivement qu'on peut in. et nement.

. qui détendentles ressorts de la volonté.. les duire. ou permeltra-t-il notre chute?. Qu'elle est donc écrasante. vous détournez votre visage. Il est des circonstances où nous succomberions certainement. Dieu les connaît toutes et jusqu'aux plus redoutables. et je n'aurai point peur de moi. si je me cache dans le sein de votre miléricorde. serait rendu impuissant par nos propres défaillances. La voyez-vous humble et soumise. c'est l'efTet d'une grâce qui ne nous est point due. C'est le secret de sa libre détermination. notre dépendance! mon Dieu vous connaissez le concours de tous les événements.. Ces cas désespérants.. Oui. Une fois la lutte engagée.. je n'ai point peur de vous je peur que de moi . suffisant en luimême. Mais s'il éloigne le danger ou s'il fortifie la résistance. et il sait que. Vous constatez ces relâchements successifs. ou laissera-t-il se pro- les écartera-t-il?.. vous jetez les yeux sur les dispositions de cette âme en danger. et elle est per! due I Dieu.. ô Père.... dans tels et tels cas. n'ai . Avant de vous décider à envoyer un secours spécial. j'y veux entrer et n'en plus . où Tàme s'abandonne. ce degré.. viendra-t-il à notre secours. La voyez-vous raidie par l'orgueil. vous étendez la main. quoique librement.DEUXIÈME SEMAINE 112 — IV. Vous prévoyez ces jours de désœuvrements énervés.. Les circonstances. il mesure le degré de résistance que nous pouvons leur opposer. et elle est sauvée I...

. Jésus Avec Lui. remplissez-le. venez dans mon néant.. comme vous l'êtes pour moi. ô Dieu. toutes les déceptions. comme l'action réunie de votre justice et de votre miséricorde. Vivant de Lui. je suis sûr de moi.^e les accepterai. Dieu. et je me presse plus étroitement sur votre poitrine adorée! vos bras. ôPère. ô Père.. ! — avançons — ! Dieu. indulgent pour les autres. comme l'agent providentiel de ma réhabilitation présente et de ma grandeur future. animezEnsemble aimons et le.QUATRIÈME MÉDITATION 113 avec amour les lois bienapprendrai à me faire doux. qui d'ailleurs ne m'appartient pas. J'en étudierai faisantes j'y . . tous les sortir. oublis. tous les dédains. à vous laisser la louange du bien. à ne réclamer aucune estime d'excellence quelconque. je suis sûr de Vous. vous ne me faites sentir vive- ment monimpuissance que pour m'amener dans — Entre vos bras. Toutes les peines de ma pauvre vie. ô Père. supplier Dieu de dissiper mon aveuglement. et sans cesse sur bonheur Je dépends de vous.. Jésus. et jusqu'aux humiliations les plus profondes. l'abîme. — 8. ne m'avez-vous pas donné votre Fils. rance. quel 1 — Prendre en pitié ma vaine assuRésolution. Vivons ensemble. HUMILITÉ.

et pas une qui . si fragile. on a l'expérience. s'appelle la Providence. mais il vit.. Ainsi en est-il dans l'ordre surnaturel. Pas un chrétien qui.ÉCLAIRCISSEMENTS Sur les deux méditations qui préoèdent Un étonnemenl mêlé de frayeur est l'impres- presque inévitablement de l'analyse de toute vie. dans l'Univers. pour réagir. ment prière tout ce qui lui manque. n'ait largele pouvoir d'éviter tout péché mortel. cette merveilleuse action. de fait. Pas une âme qui ne puisse obtenir par la 1. mais il dure. 2. Il semblerait que notre être n'est pas viable. s'il pèche. par exemple. vie de l'âme. a coutume de produire cet effet. si compliqué. vie du corps. et qui prend ici un nom plus rassurant encore. vie même de la plante. on a mieux que l'analyse. toujours en jeu pour remédier à tout.. Il y a. La lecture des livres de médecine. Heureusement. que l'on craint à chaque instant de voir un tel organisme victime du plus léger accident. et celui de se relever. qu'il ne peut résister à tant de causes de destruction. celui de mision qui résulte séricorde. mais la réalité des faits modère nos alarmes. L'analyse des lois qui le régissent reste menaçante. Tout y apparaît si délicat. qui.

iséricorde. ordinaires . si nous usons bien des grâces moindres qui nous pré3. Nota. soit. vu et suiv. KTG. à un seul moment. il n'y aura pas une exception à cette règle. sous celui de Vhumilité. Ce que nous ne pouvons peut-être pas aujourd'hui. nous seront pourtant donnés infailliblement : et qu'importe pour nous le droit strict à ces secours. parent à ce dernier effet. s'ils nous arrivent aussi sûrement par grâce. Certains secours qui ne nous sont pas dus rigoureusement.115 tfCLAIRGISSEMBNTS. {Gratiœ remote suffi- cientes. ne l'oublions pas. et partant. IV. 5. chaque âme sera contrainte. 7. — Lire les chapitres dans le Traité de V Amour de Dieu où saint François de Sales traite cette question avec sa sûreté de doctrine et sa lucidité (liv.) 4. par l'évidence.). chap. nous le pourrons demain. Au jour du jugement. de confesser que Dieu a été bon et très bon pour elle. privée du pouvoir de prier. car nous sommes sous le régime de la m.

côtoyant peut-être nos constatations humiliantes Je ne suis pas le seul Que d'autres soient pécheurs. Le jugement motivé. — Deuxième point — Préparation pour la veitle. 11 est à nous. Trop souvent nous l'avons parcourue d'un œil distrait. car rien n'est autant notre propriété que le péché. en sommesnous moins coupables? Qu'une prison soit pleine de crimineis. Il s'agit de nous bien voir. comme une route familière où rien n'étonne. Ici.Deuxième Semaine CINQUIEME MEDITATION XII" EXBRCICB Nos fautes Premier point : L'examen de la cause. chacun d'eux en est-il : ! . Cette terre désolée. abordons-la avec courage . proposons-nous d'y faire une exploration sérieuse. il est Tunique chose où Dieu ne soit pas. nous mettons le pied sur notre territoire propre. et à nous seuls. et de nous bien juger. au point de vue de notre valeur. Ne nous laissons point suivre par cette idée.

et si nous arrivons à une persuasion raisonnée de notre peu de valeur personnelle. ici. Ce n'est ni le nombre. qui déterminent les degrés de culpabilité. mon Dieu. . nous avons uniquement à rechercher quel jugement nous devons porter sur nous-mêmes. Et. se croire d'avance vil et misérable j'étudierai la cause froidement^ : I . Nous envisagerons plus loin quelle attitude devant les autres nous impose l'humilité. Je ne partirai pas de l'idée préconçue qu'il faut. sans égard pour des fautes semblables commises par d'autres hommes. ni la grandeur apparente des fautes.CINQUIÈME MÉDITATION 117 moins méprisable? L'homme est en face de Dieu seul « Tibi soH peccavi. et de l'exagération qui n'établirait rien de solide. de par notre œuvre. Je veux me juger comme vous me jugez vous-même. de toute arrogance et de toute susceptibilité. il trouverait encore ces trois grandes choses qui l'accuseraient. si nous nous sentons bien bas devant Dieu et devant notre conscience. vous m'aiderez à me connaître dans la vérité Vous me garderez de l'illusion qui voilerait la gravité de mes torts. de son idéal. » Ne fût-i^ qu'en face de lui-même. d'ailleurs. de sa conscience. de sa dignité. quel est notre rang parmi les pécheurs? Nous l'ignorerons jusqu'au dernier jour. Nous aurons également assez de logique pour ne point prétendre à une estime particulière que nous savons ne pas mériter. nous aurons une très grande facilité à nous défendre de tout mépris pour le prochain. pour être humble.

renouvelée devant Dieu seul. du moins I. Dans nos bonnes actions elles-mêmes. Au fond.. — : . grâce d'une grande clairma vie. On fixera son plus humiliants. les vrais.DKUXIÈMd âE^AINK 118 avec d'un esprit indépendant. C'est sorte de confession générale. i"" Les faits. quelquesuns sont abominables. Les motifs des fautes sont toujours bas certains sont plus vils. voyons le vice de l'intention. une des fautes graves. On pourra faire utilement une addition approximative du nombre de ses fautes. attention sur les péchés les l'imagination ne doit pas en si souffrir. N'ont-elles pas été quelquefois inspirées par le désir et par le besoin. C'est une revue intime et douloureuse des actes de notre libre arbitre. «conclure le juste et rien d'autre. 2® Les motifs. et d'une grande — L'examen de la cause. — Demander la voyance pour reconnaître loyauté pour la juger. ceux que nous n'avouons pas.. c'est pour nous satisfaire que nous avons péché. avec la liberté la rigueur d'une raison qui veut affirmer le vrai. Il sera bon de partager sa vie en périodes successives. et de s'arrêter à ce qui domine en chacune. Méditation Prélude.

. » Les fautes sont effacées le^ effets peutêtre.. quelle confiance méritons-nous? La confiance ne peut s'appuyer que sur l'esprit de conduite et la fermeté d'âme. l'histoire de la miséricorde éducation religieuse privilégiée. étrangement persistante. parfois sans résistance.. de ferveur même. Or. est-ce là conduire sa vie ? Succomber pour des riens. — même heureux I.. Si nous n'avions pas compté sur ce pardon facile..... Evaluons le nombre de nos absolutions. Que serions-nous sans elles?.. grâces de préservation.. de repentir et de fautes nouvelles. Etonnement en face de la Providence de Dieu. Et nous n'étions pas rable.... Notre attitude d'aujourd'hui n'est point précisément celle du repentir.. I — 1® Au point de vue IL Le jugement motivé. peut-être aurions-nous moins péché. merveilleusement provoqué... et de nos rechutes. de notre raieur personnelle...... situation favo: grâces de piété. jamais : — .. par le seul fait d'un peu de temps .... Etonnement plus grand encore en face de notre ingratitude.. Le fait. passer par des alternatives continuelles de fautes. mais c'est celle de l'humilité « Peccatum meum contra me est seni' per. A meilleurs ilO que nous ne côté de l'histoire de l'in- gratitude.. Repentir peut-être longtemps attendu.CINQUiiMI MÉDITATION hélas de 1 paraître sommes? 3° Les grâces.. si bonne et si persévérante.

. parole . peut-être ma En pas vérité. Combien de fois. qu'il l'a conduite à lui fournir de fallacieuses justifica.. n'ont-ils pas souvent remplacé. la dignité exige qu'on se tienne à son rang sans déroger. qui voyait si juste. Que vaut notre — volonté? Que de fois ne s'est-on pas dit Mais c'est insensé!. le mal a le droit d'avoir dignité d'homme? dans les facultés de mon de mon corps. n'a pas su parler assez haut. et à quel point.. Et la raison. est-ce là être maître de soi ? On a voulu pourtant. l'orgueil. l'honneur nous est-il dû? L'honneur s'attache à la dignité. on s'est cru changé et voilà que l'on est retombé!..120 DKUXIÈMS SKMAINB écoulé et du retour offensif de l'habitude. à son confesseur. l'égoïsme. un principe de dégradation ? Le caprice. Or. été mon maître. dans les dispositions — ! aussi ? Parole donnée en pleine connaissance de donnée à sa conscience.... à Dieu même!... 2° Au point de vue de la dignité personnelle.. n'ai-je pas avili ma dignité de chrétien. et qu'on soit fidèle à sa parole sans y fôrfaire. la passion. tions. comme mobiles. Quelquefois l'instinct le plus bas a tellement dominé l'intelligence elle-même.. et je n'ai confiance en moi. Un seul cas de ce genre déshonorerait un homme du monde. et cause. le noble amour du bien? Et je me croirais digne d'honneur Le violateur de sa parole en est-il digne N'ai-je pas introduit âme.

Je n'ai de refuge que dans la plus sincère humilité ! . plan restauré avec miséricorde. I . où en ! suis-je? Mon idéal.. n'ai-je pas perdu toute dignité personnelle. me vois travaillant. l'aveu. et à quel honneur puis-je prétendre? 3° Au point de vue de mon idéal.. finalement défiguré par de perpétuelles défaillances!. et ma destinée s'embellissant de jour en jour. A chaque pardon. l'élévation de mon être. écrite par la si j'étais ma fidèle.... Graduellemenl l'action de Dieu en moi s'est diminuée son image a pâli. c'était mon histoire possible. efforts refusés. hélas avec non moins et je ! de persévérance.... bonté de Dieu.CINQUIÈME MÉDITATION je ne puis compter tions le 121 nombre de mes défec- 1 Que dire d'une violation de ces promesses passée en habitude.. Je vois Dieu travaillant sans cesse à le refaire.. le repentir. Qu'en ai-je fait? Et que suis-je? Laideur liassesse. à le défaire. mais sur des bases moins larges. et accompagnant la marche de la vie entière En vérité. Quel idéal! et à sa place quel état! Grâces rendues vaines.... C'était personnalité pre- nant de perpétuels accroissements. un vrai contraste!. sa joie s'est éteinte Ah! je n'ai de refuge que dans la confusion... amoindrissement de tous côtés. L'idéal réalisé eût été la beauté.. c'était la série graduelle des dons qui devaient m'être offerts.

. votre Bien-Aimé. Dieu de pitié. Vivre aujourd'hui sous celte impression. vous parvenez à faire une créature nouvelle. tendre et forte. vous vous attendrissez sur le mendiant. si. fruit divin de votre miséricorde et délices de mon repentir! dans les succès — Résolution. et. qui étale les haillons de ses déchéances. afin qu'elle m'accompagne dans mes progrès personnels et de mon zèle. dans une humilité profonde.. je n'en saurais vouloir aucune. d'un être misérable. mais surtout vraiment humble Eloignez de mon avenir toute faute. vous ne sauriez frapper celui qui s'humilie le front contre terre.122 OBUXIÈMS BEMÀlNl Dieu magnanime. l'Amour Sacré.. votre vie et la mienne. stimulant sans cesse ma reconnaissance. laissez-moï surtout l'impression vivante de ma bassesse. et qui vient d'entendre des témoignages accablants. de Jésus. droite et belle. Dans ce pauvre. mais laissez-moi. Laisserez-vous son sang dégénérer en moi? N'aurez-vous pas compassion de sa gloire ? Sa gloire? oh qu'elle sera pure et grande. mon désir de réparation. ô Dieu père. mais déformés. confiante et généreuse. Confusion d'un malheureux traduit devant un tribunal. vous reconnaissez les traits visibles. d'humiliantes misères. s'il le ! ! faut.

Il ne s'agit plus d'établir l'humilité par le raisonnement. Nous n aurons donc qu'un seul but demain: La conviction nous plonger dans l'humiliation. c'est dans la volonté que se forme et se perfectionne la vertu. . mais de la développer par Vexpression ardente de sentiments aussi vifs que sincères. la conviction certainement la première force. nos retours d'égoïsme. la première en date. est un acte de l'intelligence. or. Avec les accents sortis du cœur d'un saint. l'expression du sentiment est un acte de la volonté. Son expression vibrante émeut l'âme tout entière et la rend plus consciente des moest tifs mêmes qui l'ont établie. c'est-à-dire l'inclination aux actes et la facilitée les accomplir. nous déplorerons nos ingratitudes.Deuxième Semaine SIXIÈME MÉDITATION xiu* ixsacicx Prière éditée par le pape Urbaia VIII (PLAÇiB AD COMMENCEMENT OU BRÂVrAlM ROMMIf) — Préparation pour la veille. ici Dans l'acquisition d'une vertu. mais le sentiment est peut-être une force plus pénétrante et plus déterminante encore.

ô Dieu juste. un cœur qui du moins s'efforce de sentir Je ne vous demande point de larmes. Ante oculos tuoSy Domine. mais rélevez-moi par la confiance qui seule fait les vaillants. Je n'ai en propre que des fautes etdes misères. 1 mon Dieu.^lUXIKMB SEMAINK 124 nos rechutes sans fin et aussi. déterminez en mon âme cette inclination d'humilité qui seule fait les humbles. ^ Méditation Prélude. mon Dieu. nous nous jetterons tout entiers dans le sein de la miséricorde. ô Dieu père Et plaças quat accepimui I . mais je peux avoir de vous les richesses et la beauté de Jésus. un c'est vrai. culpas nostras fcrimus. nous déposons devant vos yeux le lourd fardeau de nos fautes. un cœur qui s'attendrisse. comme une semence divine. nous livrant à Jésus Sauveur. jour tu fleuriras au ciel. cœur plus vivant. — Demander la grâce de faire passer le repen- dans mes sentiments et mes sanglots tout tir que doit m'inspirer ma vie. mais une vraie douleur. daigne jeter d'abord tes racines dans le fumier de ces misères. Chargés et accablés. vie de Jésus. avec les élans de la confiance. préparez-moi pour demain un .

torturés. je frémis d'indignation contre moi-même. — Peccadi pœnam sentimus et peccandi pertinaciam non vitamus. et conferimus. tu cèdes à cette vie du mal qui est en moi . ma bouche qui baise vos pieds. Oh! voilà qui est inconcevable! Sous l'aiguillon du châtiment. de tant de résolutions prises. et profondes. tout vous crie que je reconnais ma faute et que j'accepte le châtiment. Gravius est quod commisimus. Vita in dolore suspirat^ et opère non se emendat . car elles sont et nombreuses. Elles nous défigurent. levius est quod toleramus. elles nous font souffrir. malades.. tu renais quand la douleur passe In flagellis nostris infirmitas nostra leritur et ! non mutatur : vous nous brisez et nous ne sommes pas changés. la pitié que j'implore. de mes aspirations renouvelées.. je me retrouve aussi lâche !. nous voilà meurtris et plus mauvais encore Mens segra torquetur et cervixnon flectitur: tristes. et sous la ténacité du péché.. elles noustiennentdans la plus dépendante faiblesse. nous les mal cicatrisées. et les plaies faites.. Mon front courbé dans la poussière. nous ne savons pas assez courber le front !. Si pensamus malum quod fecimus. Les peines de ma vie présente. celles que l'avenir me réserve. de mes regrets. mes larmes qui les arrosent. iniquitas 1 — .majus est quod meremur. minus est quod patimur. de tant de châtiments subis! Expérience de mes douleurs.125 SIXIÈME MÉDITATION que nos péchés ont montrons à vos regards. expérience de tant de grâces reçues. toutes ensemble ne sont rien eu égard à celles que je mérite.

et tu veux en souffrir encore. Tu te sens malade et tu ne veux pas sincèrement guérir!.. Si vous m. Tu gémis sous tes chaînes.. . Cet aveu le glaive. promissa non solvimus : vous étendez la main et nous promettons tout. et nous avouons nos fautes vous vous éloignez. Si vindicas^non duramus: si vous devenez le Dieu des vengeances. recte nos perimus. ! 1 : soulage il est l'explosion de ma cons\ à la vue de mes interminables rechutes et dt. Ah du moins. tout à l'heure.DEUXIÈME SEMAINE 126 notre vie s*en va dans la douleur et le gémissement... — — ! quod flevimus : vous venez nous châtier... confitentes reos! novimtis quod nisi dimittas. je ne me défends pas je suis coupable et je le confesse bien haut.. que tu es faible et facile à entraîner que tu es inconstant et facile à changer 1. et nous crions grâce vous pardonnez.. mes iDcessantes provocations!. par ma faute. . nous l'avons oublié I. 1 I I . non corrigimur. facienda promittimus : si suspenderis gladium. c'en est fait de nous Confitemur in correctione quod egimus. sans trouver le chemin du r'îtour cœur humain. Si extendas manum. vous retirez nous sommes parjures clamamus ut parcas. votre patience est longue et.e cier .. et tu les traînes toujours Si expectas. et nous voilà à provoquer vos coups Habes. Seigneur. et ! Si ferias. ô mon cœur. Tu souffres du mal. Domine. Vous attendez et nous ne nous corrigeons point. si pepercerisy peccamus ui ferias: vous frappez. et ce que nous pleurions obliviscimur post visitationem ..... Seigneur. elle est vaine.

C'est elle qui donne à Dieu son vrai rôle. qui gémit.. quelle confusion et quel châtiment! L'orgueil ne saurait attendrir ni le cœur de Dieu. qui te rogarent per Christum Dominum nostrum. sine merito quod rogamus. et rien n'est plus juste 1 Prœsta. Il n'a aucun mérite à alléguer. je suis perdu. C'est elle qui parle. C'est elle qui fait disparaître notre triste personnalité. ce Jésus sant. à nous l'attitude qui convient. par lequel je prie.. Supposons l'orgueil voulant relever la tête. Vous mettez dans mon cœur des accents qui vous touchent. c'est sur son front courbé que descend le pardon. Pater omnipotens. Dans cette longue litanie de nos misères. puisque vous lui donnez la grâce de prier... qui fecisti ex nihilo. c'est bien pour avoir le droit de pardonner. Dès qu'elles sont touchées des reflets de cette vertu. étudions l'action de l'humilité. qui touche. c'est l'humilité. Le chemin du cœur de Dieu vers le pôtre. pour mettre Jésus à sa place. Père tout-puis- néant vous implore. vous armez ma prière d'un nom qui vous commande vous regardez en moi Celui que vous aimez. nos misères prennent une teinte de sur! — . cet être fait de . disait saint François de Sales.SÎIliME MEDITATION Itl n'avez pitié. C'est à travers ses larmes que passe la miséricorde. ni Te nôtre « Le trône de la miséricorde de Dieu. mais. et du nôtre vers le sien. c'est notre misère».

Dès qu'elles sont touchées par la miséricorde. » un sentiment profond : et « Je chanterai éteimelle- . Résolution doux de meni la : Entretenir bonté de Dieu vos miséricordes. elles se transforment en amour.128 DEUXIÈME SEMAINE naturelle beauté.

Benziéme Semalnd SEPTIEME MEDITATION XIV* EXERGICB En face des Saints — Nota. elles se réunissent au même terme Timpression vive de notre humiliante mé: diocrité. l" Comme au pied des hautes montagnes ou en face de l'Océan. considérer nos vertus. Ne pas se contenter de cette impression générale.. sentiments. mais faire passer sous nos yeux le détail de leur supériorité : vertus. Tout en parcourant des régions différentes. et en même temps. du même regard. — Quels effets dois-je rechercher dans la contemplation des vertus des saints? Le vif sentiment de ma petitesse et aussi un stimulant pour ma lâcheté. nous éprouvons devant la vertu des Saints une impression de grandeur qui nous écrase. i . car l'humilité qui rabaisse les fausses prétentions excite le vrai courage. Si l'on tient à ne consacrer que trente jours à cette probation. on unira en une seule les deux méditations suivantes. œuvres. hélas! nos senti- ments. — 0. nos œuvres I HUMIUTi.. Préparation pour la veille.

convient-il donc de se comparer aux saints qui sont l'exception? Oui. de ce qu'on est moins bas qu'un être misérable A ? vue de toute supériorité. qui répèle avec « Ne pourrai-je pas donc ce saint Augustin qu'ont pu ceux-ci et ceux-là ? » Les larmes d'une sainte émulation montent aux yeux une émotion presque violente soulève la poitrine. et celui de la grandeur d'âme. qui. le regard tourné vers le ciel 3° la : . par exemple. Je serai entre vos mains ce limon infime. ô mon Dieu ô mon Père. qui se prête à recevoir quelques traits de votre image. . /îommencez par me pétrir d'humilité. c'est dans ce qui est élevé que se trouve la règle du mérite et non point dans ce qui est médiocre. et l'on « Je puis s'écrie. Thomme qui sait lire fait le fier. 2*> Mais. l'humble considère en même temps la force divine et s'élance.DBDIIÊHK SEMAINI 130 Dans un milieu de basse ignorance. pour avoir une juste appréciation de notre valeur. mais malléable. deux sentiments peuvent se faire jour. ne se sentant point de force à atteindre si haut. : tout en Celui qui est ma force! » L'orgueilleux considère l'insuffisance de ses propres ressources et s'affaisse. Tadmirez-vous ? Eh bieni songez à ces sentiments de vaine estime qui vous redressent dans votre milieu. renonce même à en tenter l'entreprise. dès lors que l'on prétend à une estime particulière. s'il est ordinaire. En effet. Y a-t-il lieu de s'enorgueillir. celui de la lâcheté. vous qui faites les saints.

Ah mon zèle mon courage mon abnégation mes conquêtes divines mes dons personnels! je les regarde avec pitié et la vue de mon orgueil me couvre de confusion I.. Pas l'ombre d'une pensée fâcheuse. Et j'accepte des louanges . que je sente le besoin de me mépriser profondément moi-même. : 1 1 ! I 1 .... un saint André. les persécutions. un saint Paul. Les fatigues. et je me complais dans — — . ne font que le stimuler les verges humiliantes le réjouissent.8IPTIÈME HÉDITÀTION 131 ^ Méditation — Prélude. et elle l'a aimé d'une chaste passion. Elle n'a aimé que Jésus. côté d'un Apôtre et quelle humiliation I La Vierge martyre. Il ne s'appartient plus. l'Esprit de Dieu le possède et le gouverne. — C'est un saint Pierre. et il s'ensevelit dans l'humilité l'époque et le lieu de son martyre restent souvent ignorés.. le glaive.. des peuples tombent à ses geaoux. Les miracles raccompagnent. Son âme est un ciel où la lumière se répand pure et douce.. spn zèle s'étend au monde entier et descend au plus pauvre esclave.. une sainte Agathe. le peu que je — fais î Me mettre à surer avec lui. Des villes. Demander la grâce de m'élever à une de la beauté morale des Saints. telle vue L'Apôtre.. L'amour est allé gran- .. Il meurt. — C'est une me me- sainte Lucie. une sainte Agnès.

si je le crois même I.. luttes. tout ce passé qui m'échappe. jamais !. un saint un saint Antoine. et dont Dieu se souvientl. Il le me donnant toutes les faut peut-être !. Oubli et silence autour de lui !— Le regard de Dieu est le seul astre qui éclaire Prières presque continuelles. Sommeil et nourriture mesurés juste assez pour — — — éloigner la mort.. si l'on me croit mortifié . essayons d'opposer notre âme et notre vie. de toutes les nuits... rêves. un saint Chrysostome. me saint Thomas. saint — C'est Pacôme. ses voies.... Oh I qu'il m'est facile de me voir petit et de un faire humble 1 — l'Eglise.. elle incline la tête sous la main du bourreau mourir. et n*a pas laissé de place : ! 1 1 L'Anachorète.. un Suivons-le dans le désert. aises de la vie 1. réparée peut-être... Ah ne soyons pas fiers de notre vertu conservée. Souriante.DIUXliME SKHAINB 132 aux rêves des sens. Imagination. à cet amour suave. de la vie entière Me 1 voir.. à côté d'eux. Sa science est si étendue . C'est un saint Amun saint Augustin. Hilarion... Mais quelle dérision... c'est être à Jésus « quam pulchra est cqsta generatio cum claritate 1 » Qu'elle est belle cette noble race dans son éblouissante pureté A cette blancheur. Effrayantes mortifications de tous les jours. Le Docteur de broise... tourments. à cette paix. quelle honte.. Appartenir à un être mortel. mais si imparfaite toujours! dissant.

. peut-être sans fond et sans mérite.. d'une joie inepte. plus chaud.SEPTIÈMB MÉDITATION 133 qu'elle nous confond encore.. se moulant admirablement dans le cœur de Dieu A genoux. d'une science toujours courte et que l'on trouve d'ailleurs dans des milliers de livres !. quelles vues. en voyant mon influence s'étendre à cent pas de distance !. Quelles ascensions! et de ces hauteurs.. une sainte Thérèse. C'est un saint François d'Assise. effets merveilleux des faveurs célestes. L'influence qu'il exerce sur son siècle et qu'il exercera jusqu'à la fin des temps.. témoigne de sa haute valeur. inconnues. quel amour. une sainte Catherine.. travaillant.. Et je me réjouirais. plus duisent-elles ? Quelle Dieu? Mon amourse plus haut. les yeux en haut. à la lumière de laquelle je me vois grossier et terne. je regarde s'élever cette vision. âmes en quelque 1 sorte fondues et liquéfiées.. souverain détachement. Pureté. lucidité éclatante de toutes leurs facultés intellectuelles . priant et sou£frant. Suis-je de la même nature ? Ah que sont mes oraisons et que proî I mon application à sans cesse plus pur... Elles faisaient . quels élans Et dans ces étreintes. Et je serais fier de quelque science. intime. — Elles auront passé. Nous voici à la hiérarchie suprême des âmes. — L'Ame contemplative. embrasement de toutes leurs facultés alTectives... quelle union !. rayonnant Les plus est fait-il ? Ames ..

. Nous en avons connu peut-être les valonsle bien si est répandu.. on les croyait heureuses. nous? — Retenir une de ces vues.DBUZIÈMB SBMAINl 134 paisiblement que nul bruit ne e'en Dieu seul a su les grâces données par leur intercession.. Résolution..... — Se la . mais d'une autre manière. D'autres auront récolté la moisson extérieure qu'elles avaient semée. et elles l'étaient en effet. représenter plusieurs fois durant ce jour. ! . Que d'héroïsme dans certaines vies de pauvres femmes aux prises avec les duretés de l'existence On les voyait calmes...

Tous nos sens intérieurs ont besoin d'un grand dégagement pour s'ouvrir à ces vues qui n'ont rien de senet le : sible. et vous mettrez en regard vos lacunes et vos laideurs. 2* Voyez. ^ Vous considérerez une à une les perfections divines.Deuxième Semaine SEPTIÈME MÉDITATION *« XIV» KXERCICB bis En Préparation pour face de Dieu la veille. pour éteindre dans l'éblouissement de sa beauté les vaines lueurs de l'estime propre voilà le but. Nos yeux ont besoin d'une ^attention prolongée pour sonder les mystérieuses splendeurs de l'Etre par excellence. Se sentir abaissé. dès ce soir. anéanti devant Dieu. — Evoquer l'infini contempler. suggestif et pénétrant. qui vous suivront dans la vie pratique. dispose plus qu'on ne le croit à ne se point prévaloir devant les hommes. quel serait le penchant le plus fâcheux de votre nature ou le genre de !• . vous en retirerez des sentiments d'humble confusion. Ménagez-vous demain un long moment de méditation et beaucoup de tranquillité extérieure. Ce contraste est à la fois facile.

telle De la contemplation des Saints montons à la contemplation de Dieu. laissez-nous mettre en contraste notre petitesse devant votre . qu'elle absorbe tout sentiment de vaine estime personnelle. petite lampe des nuits sous les feux du Soleil. Prélude. Nous n'essayerons pas de tracer ici une route qui vous livre à tous. la sereine immutabilité opposée à nos inconstances. Goutte d'eau tremblante en face du majestueux Océan. et nous serions mal venu d'offrir notre aide à ceux qui ont su trouver le chemin de la lumière..DBUXIÈMB SEMÀlNl 136 fautes le plus humiliant de votre vie. Méditation — Demander la grâce de ressentir une impression des grandeurs divines. oiîi la pensée se perd avec un trouble plein de ravissement. si vous vous entr'ouvrez pour quelques âmes. la paix souveraine à nos agitations et à nos troubles.. et proposez-vous de le faire comparaître devant celle des perfections divines qui en fera le mieux ressortir l'inaltérable pureté la laideur par le contraste : opposée à nos souillures. Laissez-nous seulement vous saluer en passant. vous restez fermés à la plupart. etc. etc. Le cœur a besoin d'être si pur pour plonger dans vos profondeurs! L'intelligence a besoin d'être si attentive pour écouter vos grands silences I. mystérieux abîmes.. telle est la sainteté de l'homme devant la perfection de Dieu! Attributs divins.

trouble. dont ils veulent faire sentir l'écrasante dimension.. vous l'êtes toujours. génie de l'homme.. : 1 d'apparence. et je ! suis l'infinie faiblesse! Vous êtes l'immensité. impérieusement ennemie de tout mal et moi. n'est qu'un reflet lointain de votre ravissante beauté Voûte du ciel avec ton doux azur et tes pensives étoiles. je suis le défaut.. Un peu de mouvement.. le désordre. ivres du parfum de mille fleurs.. la . a nature. sur la terre. élevée. nous arrache à nousmême. ce que vous voulez. et j'occupe dans pace un point imperceptible! Vous mesure l'es- êtes la sagesse. Dieu vous êtes la toute-puissance. le péché Vous êtes l'immutabilité ^e que vous êtes. grandes voix des forêts et des eaux. un peu . et je suis l'erreur. sans ombre. moi je suis l'inconsistance... qu'êtes-vous?. Mes impressions et mes goûts dépendent d'un nuage qui passe!. l'empressement. la convoitise. Ame un rien ! de l'homme. qu'êtesvous?. Vous êtes la beauté sans tache. Vous êtes la sainteté pure. nous séduit. vous le pensez et le voulez éternellement. sans déclin tout ce qui.. flots de lumière qui semez de toutes parts des éblouissements. l'harmonie.. complète. Un reflet plus haut de l'éternelle intelligence) mais un simple reflet!. tièdes haleines du printemps. l'instabilité. qui êtes le concert d«. nous enchante. Ainsi les peintres placent un homme au pied d'un grand monument.SEPTIEME MEDITATION (ftis) 137 majesté. ce que vous pensez. Cœur de .. le l'imprévoyance. ! . la paix.

... foyer plus grand.. regard Regard sur Dieu.. et si je m'y compare : quelle dérision Donc ! sentir le vide de l'orgueil.. une profanacondamnent.. sainte émulation aussi. l'humilité faite de ces deux regards regard sur Dieu. provoque deux ordres de réflexions et de sentiments. mais toujours humble!. Regard sur moi... Qu'il — ferait bon : s'écrier alors.. 2° Qu'est-ce que l'offense perfections sont de Dieu?.. regard attristé et reconnaissant. regard reposé sur moi !. en con- traste avec nos inénarrables misères. — .DEUXIÈME SEMAINE 138 rhomme. ses — tion. « Mon Dieu et mon durant des nuits entières Tout! Mon 2)ieu et mon Tout!!! » Humilité : d'amour et d'adoration. une folie. et ravi!. comme saint François. perfections se dressent contre nous et nous C'est une injure. honte plus Résolution. plus de toutes nos générosités haut que tout par ton amour. 1° Que suis-je près de lui ?. Cette vue des perfections de Dieu. tu n'es qu'une étincelle auprès de l'amour infini! . Toutes atteintes toutes ses .. profonde de mon orgueil Dieu ne m'est-ll pas donné pour modèle? Que fautil à ia toute-puissance pour faire de moi un suint ? Beaucoup d'humilité de ma part. source de tous nos sentiments . Qu'elle serait belle et douce.. — Honte de mes haillons.

TROISIEME SEMAINE JESUS HUMBLE .

i .

attirons-la rayonnante au grâce est lumière dedans de nous.U TROISIÈME SEMAINE PRÉPARATION A Abordons ces méditations avec respect : Avec docilité Jésus est Jésus est Dieu. veux être humble. » Le cœur est un foyer. des vouloirs rajeunis. Il a ses exemples. Par ses paroles. Il nous appelle pour nous former luidouce initiation. maître. il marche devant nous — — — : — pour nous montrer comment on est humble. an ciel nouveau. il a ses secrets. Esprit créateur. créez en moi des idées. il réserve cette haute notion à ceux qui sont petits et à ceux qui veulent l'être « Rêve: : lasti ea parvulis. la façon affective. ô doux espoir! a ses leçons. il nous révèle l'humilité de son cœur « Mitis sum et humWs corde. » Toutefois. une terre nouvelle. plus que le cœur. commf . Esprit-Saint. » Je Jésus et par lui. il merce. Par ses secrets. ô doux commême. Avec confiance : Jésus est bon. Enseignez-moi Jésus. « donnez-moi de Jésus : De meo accipit et annunparfois à : — : tiabit vobis. il commente Jes exemples. Par ses exemples. sa chaleur en arrive méditons d'une devenir lumière Mais.

— en étendant encore nos horizons. Lui qui était plongé dès ici-bas dans la vision béatifique? Pouvait-il avoir sincèrement de bas sentiments de lui- même. Lui qui se savait si grand ? A l'extérieur. Elle la pratique de cette vertu. Mais si les horizons lointains se dérobent à notre regard. de toute la force de l'exemple le plus autorisé.142 THOISlàlCX SEHAINB Cette semaine nous fera arancer dans la connaissance de l'humilité. . Puisse-t-elle transformer véritablement notre cœur. pour Afin de permettre àces méditations d'exercer sur nos résolutions toute leur influence. Deux questions principales s'imposent à nos préoccupations en face de Jésus souffrant et humilié. pour de là transformer notre viel et nous animera. dégageons-nous de certaines persuasions confuses qui représenteraient les actes et les sentiments de Jésus comme trop en dehors des conditions où nous sommes. Assurément. l'état où se trouve élevée l'âme de Jésus par son union personnelle avec le Verbe est si différent du nôtre qu'il nous est impossible d'en préciser la nature et les lois. en mettant dans un plus grand jour les vérités déjà méditées. Les expressions même nous manquent. l» Souffrait-il réellement. pour qu'ils puissent nous servir d'exemple. les régions prochaines lui restent accessibles. Nous n'aborderons que celles-ci.

Jésus avait.. .PRÉPARATION il 143 est vrai.. si ces exemples sont réels. raissent mais régnaient-elles au dedans? Ces faits ne se produisaient-ils pas. sans quoi le Dieu de vérité nous tromperait! le Dieu juste nous entraînerait à subir douloureusement des humiliations dont il n'aurait point souffert lui-même le Dieu sage nous imposerait un fardeau que I I I .. le fort par excellence. comment ma vie de l'atteindre ? Laissez-moi tomber à genoux devant ces prodiges pour les admirer mais ne me demandez pas de les en contempler la serait-elle capable : reproduire.. II Quoi l'humilité de Jésus ne serait qu'une apparence.. rhumiliation et la souffrance appa- évidentes. mon frère. et moi. qu'un décor.. uniquement. C'est à peine taille si mes regards peuvent s'élever assez haut pour grandeur. pour les supporter toute sa vertu divine : Il était Tinfini.. qu'un modèle sans vie? Quoi. je ne suis qu'une pauvre petite créature. si ces humiliations et ceg souffrances furent réelles. dans le but de constituer en notre faveur le grand enseignement des exemples? 2» En tout cas. ils n'appelleraient pas mon imitation. pétrie de faiblesse!. . n'est point une simple apparence elle n'est point non plus un exemple hors de ma portée. mille fois non l'humilité de Jésus. parce qu'ils se trouveraient en dehors des conditions de ma nature? oh non. le tout-puissant. Son humilité fut de sa comme tout le reste.

mieux doué que nous. Ils étaient faits l'un et l'autre des éléments qui nous constituent nous-mêmes: son corps avait notre son âme. de sensibilité. ces deux conditions : sentir dans son cœur accepter librement dans sa vod'homme. Si notre sang humain coulait dans ses vwnes. et il acceptée l'a comme une chosejuste. d'élite? Plus hautes. L'âme de Jésus ressemblait à notre âme comme son corps ressemblait à notre corps. de volonté.tROISlilIS SBMÀINt 144 m . seules des épaules divines sauraient porterl. elles voient de plus loin. Jésus. en effet. plus vertueux que nous. sentait plus vivement. Jésus a senti la honte de rhumiliation avea cette répulsion naturelle qu'inspire le senti- ment de la dignité personnelle . acceptait plus filialement.nos sentiments humains palpitaient dans son cœur. et pour que ses actes eussent un et accepter : — sentir réellement mérite. lonté de fils soumis. Il fallait. pour que son humilité fût une vertu. . nos organes que la nôtre. elles saisissent les plus constantes. elles moindres sont moins . nuances . plus affinées. nous le verrons bientôt. était douée d'intelligence.. Jésus. III Deux grandes différences s'accusent néanmoins entre sa manière de sentir et la nôtre mais ces deux différences ne font qu'ajouter à la force de l'exemple. nos nerfs.. !• Ne sait-on pas qu'une plus grande souffrance est dans la vie le partage des natures . ainsi sang.

elle aussi. ils le furent librement comme douloureusement.. Ne dites donc plus point Dieu..* l'amour divin et la vertu feraient baisser la valeur de nos actes I 3« Si les actes de Jésus furent déterminés par son immense amour. sachezle bien. ce Jésus adoré. caren Jésus.{PREPARATION 14b ca fiables d'oubli. cette nature plus sensible que la nôtre et plus accessible encore je ne suis à la souffrance. et c'est Lui qui est offert à votre imitation.. je ne puis faire ce que fait le ToutPuissant.. ce n'était pas la Divinité qui sentait mais la nature humaine. le droit d'être admirés. mais aussi par la perfection de l'offrande Jésus alla au-devant de : . pliH il aura souffert. Vous avez devant vous. : la souffrance et il l'aima : « Desiderio desideravù » Mais alors où est son mérite. plus il aura le droit de nous donner ses actes et ses sentiments comme de vrais exemples 2° Sans doute. rend tout facile. Ainsi. Quoi à mesure qu'ils grandiraient. mais le Fils de rhomme . a-t-elle fait perdre à des actes accomplis avec aisance. ces exemples laisseront toujours bien loin en arrière notre traînante imitation et ce n'est pas seulement par la grandeur des actes qu'ils la dépasseront. non le Dieu. si rien ne lui coûte. Depuis quand l'amour qui rend tout facile sera-t-il donc regardé comme une diminution du mérite ? Donnerons-nous moins de reconnaissance à une ^fection très vive qui se fait un bonheur de panser nos blessures ou de nous sacrifier ses joies? Depuis quand la vertu qui. ! : mmuurà. — 10 . s'il fait tout par amour?.

Quoique petit enil sent bouillonfant. Y aurait-il mieux que de sauver donc quelque chose de âmes ? ou plutôt pour les sauver les âmes... Trente ans sur trente-trois quelle préfé?ence marquée Jésus est venu pour parler aux Aommes et il est près d'eux. : I I . elle dépouille l'homme de cette encombrante préoccupation de soi qui intercepterait l'action . puis le long de ces années monotones qui s'écoulent lentement dans les obscurités voulues de Nazareth. qui vont parler d'abord c'est sous nos regards que l'humilité de Jésus va se produire dans la douce lumière de sa vie cachée. il a une lèvre éloquente ner dans son jeune cœur le zèle le plus ardent.. 1° Oui. c'est l'humilité qui prépare le succès .Troisième Semaine PREMIERE MEDITATION XV« EXERCICK Enfance et vie cachée Humilité d'effacement — Ce sont les faits Préparation pour la veille. de sa Présentation. de sa fuite en Egypte. à travers les émouvants mystères de sa Nativité.. y aurait-il des moyens plus puissants que de se montrer et d'agir?. et il se tait.

C'est sa place choisie. Heureusement la vertu chrétienne trouve dans son amour pour la gloire de Dieu un mobile à . par suite.. heureux et seuls témoins de ces anéantissements. elle s'y porte de toute sa force quand rien ne s'y oppose. tandis qu'au dedans elle dent le cœur tendre. et comme amolli à l'égard de tous. et elle y demeure tant que la voix de Dieu ne l'appelle pas à en sortir « Ama nesciriy aimez à être inconnu. à l'intérêt public ? Ce serait vrai si l'ambition était le seul mobile capable de former de grands caractères et d'inspirer de grandes actions..147 PREHiiRI MEDITATION divine. Jésus avait besoin de l'enseigner à notre empressement. nous parcourrons avec tendresse les textes sacrés. c'est délicieux! Marie. pour que je contemple Jésus humble ^ 1 La tendance à l'effacement n'est-elle pas contraire an développement des grands caractères. Gomment ne pas lui accorder ses préférences : quand on a le cœur plein d'amour? Demain. 2° L'humilité vraie tend d'ailleurs à l'effacement. ô anges.. elle rend insensible à ce qui est dur et déconcertant. et. remplis par de nombreuses victoires. — . il faut à la nature humaine de longs espaces. Mais pour une telle réforme. ô Joseph. prêtez-moi vos yeux et vos cœurs. n'est-elle pas comme un sanctuaire oui Dieu se révèle et se donne plus intimement?. pleine de silence. c'est le lieu oii elle est à l'aise. » 3° Et puis cette retraite sacrée.. qui nous racontent cette période tout imprégnée de douce humilité C'est calme : c'est touchant.

par exemple la vie des fondateurs d'ordres religieux. .. Ce mot factura est^ ne semble-Ml pas emprisonner. Lisez. lumineuse image du Père. et la chair. contempler en bas rhurailité d'une étable abandonnée. Le voilà dès avant sa naisexiil subit ses sance soumis à un maître gences. ceux qui vont suivre appartiendront à THomme-Dieu. Il -l'a voulu. devait être surtout ma ciel . — leçon. il : : : . qui n'était point nécessaire. et comme l'y anéantir Exinanivit semetipsura ! Ce premier acte appartient à Dieu seul. de comprendre qu'un tel abaissement. Edicturaa Cœsare. I Et Verbum caro factura est.. la fois plus puissant et plus noble. Deuxième prélude Demander la grâce de sentir vivement l'amour de Jésus pour tout ce qui tient effacé. Se représenter le contraste du immense et rayonnant où règne le Verbe. la chair infime de l'homme. Comparons les deux termes le Verbe. poussière animée. cacher le Verbe dans la chair. Cette vérité est d'ail- leurs mise en lumière dans la 5* semaine. et Jésus n'aura ni demeure ni berceau. en face de ce pauvre coin de terre froide où descend le Sauveur. Ils se rapprochent jusqu'à s'unir. César aura un sujet de plus.f4â tftOISliMK 8ËHAIN1 Méditation ^ — Premier prélude. l'a choisi. Entrevoir en haut les splendeurs incréées.

. Aq Temple. Ils vont à Jérusalem. Et hoc vobissignum.. Quarante jours sont écoulés.. Le signe qui révélera le Dieu sauveur.P&EMliRB MÉDITATION . In prœsepio^ comme un faible agneau dans son nid de paille. de pauvres gens. des prophètes les . nul ne s'occupe d'eux.. Est-ce par ordre de Jésus reste ignoré. Doux Enfant endormi dans la crèche. vous semblez reposer dans l'humilité ! Pastores erant in regione illa : des pâtres. un petit être sans parole et sans regard. Les bergers l'adorent et s'en retournent. L'auge où mangent animaux devient son berceau une poignée de paille soutient et entoure son petit corps si tendre. II Postquam impleti sunt dies purgationis. RecUnavit eum in prœsepio. voilà ceux qu'il honore de sa première audience. c*est la petitesse : invenietis infantern. Il les préfère. ils sont seuls. que pour dans une pauvre maison Les anges l'ont proclamé le Messie . C'est chose toute naturelle : ils étaient pauvres. 149 Non erat eis locus in diversorio. n'ont point écarté les voiles dont le — aller mais ils couvre l'humilité. parce qu'il les : — est humble. Jésus ne quitte — — — — l'élable voisine. ils furent rebutés.. Dieu que les bergers ne parlent pas ? Est-ce par simple permission? Peut-être parlèrentils? mais alors ils ne furent pas écoutés: c'étaient de trop petites gens. cependant.

. et Anne parle de lui à ceux qui attendaient le Rédempteur d'Israël. ! ! — retentit: Joseph. et quand les mages viennent le chercher à Jérusalem. aussi obscur et aussi humble. Et dans ce milieu obscur où (es iours e^ les lieures s'écoulent lentement. fuis\ Voilà tout ce III Nazareth se montre à nous avec ses longues années d'oubli Petit village perdu au milieu de la verdure. le déclare la lumière des nations. Jérusalem. Au milieu de la nuit une voix . lève-toi! prends V enfant et que Dieu veut faire pour son fils!. Bethléem est à deux lieues de là n'y court. Songeons aux ressources de la toutepuissance et admirons en Jésus la volonté bien arrêtée de n'être compté pour rien. fuge.. vénéré du peuple.TROISIÈME 150 SBMAIM accueillent : Siméon. C'est l'éclat d'un instant et le voile de l'humilité se referme aussitôt sur lui . ne le connaît — même pas I La caravane des fils de l'Orient trouble durant un jour le repos de la cité. La science déclare que le Messie doit être né. Le retour en Galilée est aussi dépendant. avec ses deux ou trois rues où ne passe jamais un étranger dans le silence de : .. qu'interrompt seulement» de loin en loin. nul n'y accompagne les mages Quel prodige d'indifférence Surge.• ses maisons. qui l'a reçu dans son Temple. et né à Bethet nul léem. le bruit monotone de quelque instrument de travail.

devant l'âme qui refait.. pour m'apprendre à en garder l'esprit. Seuls.. par la méditation. non plus.. mais tous les jours de ma vie. Tout ce qui convient à un enfant dans une famille pauvre. — Pour retraite... à l'infini.PREMIERS MEDITATION 151 ignoré de ceux qui Jésus.. Jésus. elle entend ce qui se dit. Marie el Joseph sont là pour l'adorer. Elle voit ce qui se passe.. non par occasion et de temps en temps.. Dieu anéanti. votre volonté de l'anéantissement est d'une évidence et d'une persistance qui impressionnent ma raison et mon cœuri Jésus. Enseignez-moi à m'effacer pour que j'attire vos regardsl Défendez-moi contre le désir empressé d'agir et de réussirl.. reste l'emploient.. sortir de reffacement et de la que Dieu me prenne comme par la . ayez pitié de mon orgueil qui m'égare et me tourmente! Habituez-moi à vous aimer assez pour que l'oubli des créatures ne me soit point amer. de ceux qui Tentendentl. ne le révèlent pas. mais eux. attendre main. le cadre des lieux. elle contemple comment tous ces actes sans éclat créent sur la terre la véritable humilité. vérité et vie. pour n'en vouloir point sortir? Vous y trouviez l'infini car l'ombre le fait rayonner et le silence le fait entendre : 1 Résolution. voilà sa vie!.. voie. le détail de chaque journée. Vous prolongez durant trente ans ce long enseignement. Que trouviez-vous donc de si délicieux au fond de l'oubli. Les perspectives se déroulent.

Thumilité change de rôle elle n'est plus effacement. et leur communique ce cachet de simplicité et de désintéressement personnel qui fait leur puissance. toujours active. — Préparation pour la veille. mais vient-elle à rencontrer une volonté de Dieu qui s'oppose à ses préférences. Alors. est uo : . point : Elle fut — Deuxième magnanime. Se complaire dans la louange. nous l'avons médité.Troisième Semaine DEUXIEME MEDITATION XVI* EXERCICE Vie publique. Etre humble au sein de l'effacement est relativement facile mais rester humble au milieu de l'action demande une vertu solide et de sages précautions. dans ia simple vue du bien que l'on fait. — Humilité d'action Premier point: L'humilité de Jésus fut simple. elle se replie dans le cœur sans se diminuer en rien. mais sauvegarde. Cette vertu tend de toute sa force à l'effacement. Pour profiter pleinement de cette méditation. elle reporte son utile influence sur l'exercice : des autres vertus. comprenons bien que dans la vie active.

comme il y a vécu. se mêler à la fouie des . — Demandons la grâce d'être de toute vaine assurance en nos ressources personnelles et de toute dangereuse complaisance dans l'estime qu'on nous témoigne. Si je vous aime. Jésus. Composition du lieu. mune? Ne n'est-ce 153 en soi-même à mesure et changer d'attitude pas.DIUXIÈMK MÉDITATlOlf poison que si subtil 1 S'élever s'élève la position. n'agir que pour vous et par vous. n'est-ce pas l'idéal de l'humilité dans la faut-il pas d'ailleurs se vie active? o^ Méditation — — Premier prélude. vous mettre à ma place et vous mettre en moi. Suivons-le ensuite au désert. libres I. parler et réussir? Ne convient-il pas d'en imposer par son attitude? Jésus. avec elle. agir. Contemplons Jésus quittant Nazareth sans bruit. charme de la simplicité. la règle com- montrer. hélas. — publicains. se laissant tenter comme une âme capable de faiblir. où il subit le voisinage des bêtes fauves et le contact du démon. — Deuxième prélude. Voyons-le s'acheminer vers le Jourdain. et recevoir le baptême des pécheurs. il me ^era facile de le suivre et de ne plus prendre le change. — Son tout le Son ahord ne pré- . L'humilité de ses trente années obscures ne lui suffit pas il veut commencer son ministère par des humiliations plus apparentes. vous m'éciairerez de votre exemple. L'humilité de Jésus fut simple. humilité a tout l'éclat de la vérité.

le bord d'une barque. l'angle d'un carrefour.TROISIÈME SEMAINI 154 sente rien qui étonne. sa démarche est modeste. de pauvres femmes pourvoient à ses bePour prêcher. sa tête rement penchée en avant. que tous le comprennent. souvent les personnes perdues de répuceux qu'il préfère. il laisse si bien voir la vérité elle-même. Qu'il regarde. travail. les usages. Voilà qu'il relève. ni de leurs prières prolonLa vertu inspirée par l'orgueil lui est en horreur. sont légèqu'il par- — C'est le peuple en cosce sont les petits enfants et leurs mères. pour reposer sa tête : de pauvres gens le reçoivent dans leurs maisons. ni soins. Son entourage. Sa vie est un dénûment de tous les jours il n'a pas une pierre à lui. Comment se trouve-t-il dans ce même cœur tant de répulsions indignées? Jésus a la haine de l'orgueil. il n'exige ni temple. ce sont aussi les publicains mé- tume de prisés. tation. il a des trésors d'indul- gence. Ses vêtements pauvres. chaire. Pour eux. tout est d'un naturel fait: Jésus ne pose pas. parle ou qu'il agisse. Il emprunte les expressions. les idées mêmes du peuple. ni de leur respect pour la loi.. : — mots semblent disparaître. Son langage est si simple dans son élévation. qu'il attire à lui. que les gées. un tertre de gazon. Rien n'est plus éloigné de la recherche que ses discours. et il est sans pitié pour les orgueilleux pharisiens! Il ne leur tient compte ni de leur probité. ni de leurs aumônes.. . lui suffisent. 11 est si limpide.

monde. semblable à ces monuments dont l'harmonie dissimule la grandeur. Or.DEUXIÈME MÉDITATION 155 Et sa vertu. — II. se montre. rend le cœur généreux. un instrument ne peut ne doit pas — s'enorgueillir! L'humilité. Ecoutons le divin Maître nous le secret « C'est mon Père en moi qui fait ces grandes œuvres. — . Il entraîne les foules et fait trembler les pouvoirs publics. quand elle est vraie. il paraît indifTérent aux uns et aux autres. ressuscite les morts et apaise les tempêtes. Quand il veut se livrer aux longues méditations. » Jésus s'attribue en révélant le rôle : — de simple instrument. L'humi- elle un .. et boit - !1 mène une comme — vie commune. Un instrument résister. il se retire sur la montagne. Sans doute.. Jésus sort de l'obscurité. — . Devant une volonté supérieure. Dès que l'heure marquée par son Père a sonné. et une confiance qui attend tout de lui. il fait ces grandes choses comme naturellement il ne recherche pas les honneurs. Il guérit les malades. elle inspire désir du bien qui a Dieu seul pour objet . ne permet ni refus. parle et — s'entoure de disciples. il ne fuit pas les opprobres. L'humilité de Jésus fut magnanime. sa parfaite vertu se trahit partout mais elle est pénétrée de tant de naturel qu'elle n'étonne pas. comme elle est simple! Jésus habituellement ne manifeste rien d'extraordinaire. Admirons cette magnanime humilité qui affranchit l'âme de toute pusillanimité et de toute hésitation. ni réserve . tout le il il mange a des heures de fatigue.

donne des leçons im- Quand nous remplissons une mission.T&oisiiMX simàink 156 lité qui n'aurait pas ce caractère serait fausse ou incomplète. je ne m'y trompe point Ce n'est pas mbi que l'on vient voir ici je reçois ces hommages. — Cet exemple nous portantes. ne voir que Dieu. » baiser ses I : — Dans le bien que je suis appelé à Béiolution. Il se présente pour ce qu'il est. et que les âmes soient sauvées N'est-ce point attirer l'attention que de trop répéter qu'on est incapable et indigne Il s'agit Prétons à Dieu ce que nous bien de nous tenons de lui. Un Frère lui en témoigna son étonnement: « Ahl répondit le Saint. il dit ce qu'il a mission de dire. oublions-nous. Il n'a point de ces timidités qui sentent la préoccupation personnelle. et que le sentiment de notre inutilité aille grandissant avec le succès de nos I ! I œuvres. Que Dieu seul paraisse. Jésus se présente et parle avec autorité. et je les rends à Dieu. le voir sans cesse. ne fût-ce que par une fugitive complaisance. ni de ces formules d'humilité qui contiennent souvent un orgueil quam condensé. Dan- faire. faisons-nous oublier. me — rechercher moi-même. tanpotestatem habens. ger de . Sur la fin laissait les de sa vie. saint François d'Assise foules s'agenouiller devant lui et stigmates sacrés.

Préparation pour lité — Les deux médinous ont montré Thumi- la veille. Deuxième point : Humilité produite par le sentiment de Troisième point : Humilité entretenue par son néant. nous la chercherons dans son cœur même. infini comme Dieu et parfait comme homme. mais le l'y demain et lesjours suivants : sentiment. soulevée au début de ces méditations Comment Jésus. nous avons contemplée douce et vaillante. la persuasion. la certitude. car enfin les actes extérieurs trouveraient à la rigueur quelque explication qui les justifie. — la vision béatifique. pouvait-il avoir de bas sentiments de lui-même. tations qui précèdent de Jésus dans ses manifestations extérieures. Posons-nous résolument en face de la question si naturelle. qui font .Troisième semaine TROISIEME MEDITATION XVII» EXERCICK Humilité du Cœur de Jésus Humilité d'anéantissement — Premier point : Mystère de cette humilité en Jésus. et nous la découvrirons profonde jusqu'au mystère.

Amenez-moi avec vous dans ces profondeurs du détachement oii l'on s'oublie. Le voir. pour être humble.TROISIÈHB SEMAINE 158 l'humilité. vous tirer les conclusions légitimes? me le ferez Je vous comprendre demain. une humilité qui incline à l'abaissement. — . paraissent contradictoires? vous me Sous ferez le le comprendre demain Jésus. moi. et même qui s*y complaise... noyé dans la contemplation de Celui qui est. chez moi aussi. ! poids de cette écrasante révélation d'humilité. à genoux. représenter une de ces montagnes ombreuses où Jésus aimait à prier. Faitesvous aimer et faites-vous suivre. Méditation — — Me Composition du lieu. Je veux que. assez inconséquent pour n'en point Jésus. faites vibrer mon cœur des transports du vôtre pour l'humilité. assez aveugle pour ne pas les distinguer. ou bien serais-je. rbumilité soit une humilité de cœur. ô Jésus? Auriez-vous donc. demande encore de me toucher après m'avoir convaincu. Premier prélude. sous la clarté discrète des étoiles. mais où l'on vous trouve. la nuit. avec délices. ne serai-je pas contraint de devenir humble à mon tour? Tiendrai-je ma tête haute quand je vous verrai abaisser la vôtre. plus de motifs que je n'en ai moi-même . Jésus. qui vivez en moi par votre grâce sanctifiante et qui animez tous mes actes par votre grâce actuelle. les yeux au ciel.

— à ces obscurités saintes mobiles restent cachés vertu : . C'est donc a Vamour de notre amour » qui vous fait humble!. les mobiles sont la même. vous vouliez être aimé! Pour toucher mon cœur.. qui est son âme et que remplissent l'adoration et l'amour dans l'étendue de son humilité.. ce Cœur d'où partait le vouloir de l'humilité ce Cœur qui en savourait les amères délices. les actes se voient. vous n'en avez — I . et adressons-nous à Jésus luimême pour apprendre enfin le secret de son humilité. vous avez vu que l'orgueil est le plus grand mal de rhumanité et sa plus dangeet le ravir. cœur d'amour. pour l'arracher vous avez rêvé les plus grands sacripas trouvé de plus grand que celui de votre honneur. Jésus sage comme un Dieu.. Pénétrons dans ce sanctuaire comme dans un temple aux profondeurs mystérieuses.159 TROISIÈME MÉDITATION Pénétrons avec un saint respect dans le secret de ce grand temple. les or. Rappelons-nous cette parole du Maître 3e suis doux et humble de cœur. Jésus. Donner sa vie est plus facile. dévoué comme un Sauveur. C'est donc ce Cœur que nous allons méditer maintenant. fices. Habituons nos regards : . — I. par le profond sentiment de la part prédominante de Dieu en tout bien. Or.. Mystère de cette hamilité en Jésus. Demander la grâce du dégagement de l'estime propre. Prions le Saint-Esprit de répandre sa lumière sur notre raison. — Deuxième prélude.

bon. pour être près de vous. Sa chair est pure et sainte. je les médite avec une tendresse émue.. Nulle tache..té. le devoir de l'exemple qui vous fait humble!. De cœur! je l'ai bien entendu..... saint. pour nous entraîner dans le chemin de rhumili. Mais.. et vous êtes la vérité mênrel. nulle imperfection ne le dépare. C'est le plus faire de lui une ravissante image. Humilité produite en Jésus par — le senti- Commençons par nous ment de son néant. Comment n'y céderais-je pas? Comment ne me ferais-je pas humble.. Son imagination est belle comme la poésie. n'est-ce pas le sentiment de sa petitesse. cependant. Son esprit est exempt d'illusions. et vous êtes si grandi je l'expliquerais : : — II.. l'humilité de cœur. Tamour et la sagesse y conduisaient vos pas. sa parole persuade. mais vous dites je suis humble de cœur.. Et. le plus près possible?. ô Jésus. parfait. Il Toit en haut les .... plusje vous découvre sage....ÎROISIÈMK SEMAINS 160 reuse tendance. Son — regard ravit. sa bonté entraîne. Son cœur est maître de tous ses mouvements..... Lentement. pour vous aider à me sauver. vous vous êtes dit Je m'y jetterai moi-même..... pour vous prouver que je vous aime. ô Jésus. et j'irai si avant qu'ils rougiront de ne m'y point suivre. je parcours tous ces nobles motifs... C'est donc.. plus je m'étonne de vous voir humble : — I Ah I me s'il ne s'agissait que d'actes extérieurs.. beau des enfants des hommes. Les vertus et les dons brillent en lui de leur suprême éclat.

Et.. dont il jouit. à toute heure. mais surtout sa Dignité absolument infinie le corps et Tâme subsistant dans l'unité d'une seule personne. n'est hier n'existait pas. ces paroles donnent le vertige.. elle n'était soutenue par la toute-puissance. tous les plus beaux dévouements s'élançant à sa suite. à toute heure.. pleinement conscient de Nullement! toutes ses grandeurs. tant il porte de néant dans ses entrailles! Représentons-nous cette âme adorable disant.. tant le créé demeure fragile. qui en est revêtue. si. au milieu de tout cela. et dans l'avenir toutes les générations baisant la trace de ses pas. entraînés dans son orbite et recevant les mêmes hommages d'adoration : quel éblouissementl. elle retomberait dans ce néant. et... Que dire des attributs relativement infinis que lui reconnaît la théologie : la transformation de son âme qui épuise l'idée de la grâce. -t •' BtMtLrr* — lit . Cette âme.. qu'un vêtement splendide. celle du Verbe.» Tombées de si haut. sa science qui s'étend à tout le créé... : Est-ce par l'effet d'une miraculeuse iUusion ? Jésus. en bas la création obéissante.. reconnaît avec une netteté lumineuse la petitesse de sa nature humaine. même chez un HommeDieu.. — Que voit-il donc? — Cette dignité divine. et ce vêtement est un pur don qui repose sur un pur néant.. Jésus est humble. bien avant sainte Catherine de Sienne: Je suis celle qui n*est pas. et font passer devant DOS yeu3ç l'image insaisissable du néant.TROISIÈME MÉDITATION 161 anges prosternés devant lui.

ne le quittant jamais. De toutes parts. e* béatifîque — humble Pourquoi? Parce que pas sans cesse dans cette pensée pénétrante qui seule impose la conviction et impressionne le sentiment. il ne pourrait être orgueilleux.. sa vue s'arrête et sent cet au-delà qui s'en va infiniment. Quel spectacle que ce face à face du Verbe avec la nature qu'il s'est associée L'âme plonge ses regards étonnés et ravis dans les profondeurs de cet océan.162 tHOISlÂME SEMÀlNt III. Jamais.. aux lointains inaccessibles.. la vue de Dieu et de son propre néant dans une vision unique. il devient une illusion : il n'est jamais le vrai» Si un Saint du ciel revenait parmi nous en conservant la vision béatifîque. et puisant dans cette lumière sa profonde humilité. Considérons notre divin Sauveur sur terre jouissant de cette vision béatifique. essayons de faire cette vision de foi : Dieu infini et pous . même pour elle. son cœur ne se révolte pas !. son front ne s'élève point Que les crachats souillent son visage. L'orgueil commence par être un oubli. même à travers les siècles de l'éternité. Sa pensée plane plus hautl I I A — défaut de vision héatiûque.... comme un nuage brillant. cette âme unie au Verbe ne comprendra l'on n'est pas ne l'on 1 vit — I pleinement le Verbe Que les hosanna de la foule passent ici-bas autour de son front. Humilité entretenue en Jésus par la vision On sait que l'on est un néant. il pourrait par miracle mériter et souffrir.

quand nous nous mettons en la présence de Dieu. Ne retrouvons-nous p*s cette vision dans les grandes âmes des Saints? Ne la rencontronsnous pas dans certaines âmes ignorantes et simples? A quoi nous servent donc nos lumières qui dépassent les leurs? Nous savons notre néant. — Quelle douce manière de nous préparer à la 1. — elles le touchent. elles le voient. Que ce soit au ciel ou sur terre : qui voit Dieu est humble vision béatifique de l'éternité 1 — Résolution. sorte de néant en tout et toujours. que nous en arrivions à nous Vy voir oublier nous-mêmes. et si bien. Renouvelonsla. qu'elle pénètre tout notre être moral. Voir Dieu en tous nos succès. Rendons-nous cette vue familière .. surtout à l'oraison.. . devant lui.TROISIÈME MJDITATION 463 toujours infîni. elles le sentent. nous.

fini. mais c'est sous des traits bien différents qu'il se présente à nos idées et à nos goûts. dit l'Evangile . « Les cœurs purs verront Dieu ». et l'on voit au contraire l'innocence douter d'elle-même et se mépriser. c'est et descend plus bas sous cet aspect qu'il se présente à la raison qui réfléchit. elle est uniquement l'œuvre du péché. tout mal. nous ne sentons pas Remarque frappante. tant il est vrai que la vue claire des choses demande des yeux purs. nous ne la comprenons décidément pas! Le profond et complet sentiment de notre vileté. les âmes coupables sont précisément les plus réfractaires à ces sentiments. en quelque sorte celle de notre béatic'est le sentiment du néant devant l'in- disposition elle sera tude . L'humilité d'abjection celle de la laideur et de est essentiellement la bassesse vile . pour petit Remarquons-le bien I : qu'il soit. elle est faite. hélas tout entière des mains de l'homme. elle ne saurait convenir à un être sortant des mains de Dieu. nous ne l'avons pas! L'inclination à nous mettre bien bas. est que le une laideur néant. mais ils verront la les plus I .ÉCLAIRCISSEMENTS Sur Méditations qui vont suivre les trois L'humilité que nous avons envisagée hier est celle qui convient à tout être créé. Elle eût été la d'Adam au Paradis terrestre. L'humilité d'abjection.

.. mais sans y bien croire. il se la montrera si abaissé.. mais cette persuasion est tellement opposée à l'opinion commune qu'elle nous abandonne au sortir de la méditation. Jésus se présente comme notre lumière. Il se fera l'homme des humiliations.. expliquez-moi ce fais — .. constitue spécialement IMiumilité de l'homme déchu. C'est comme un rêve de la nuit dont on garde à peine un souvenir vague et inefficace. rêve. ces ô illusions mon Dieu. mais que c'est même simple conviction!. Voir en soi la laideur du mal et se juger d'après cette vue.ÉCLAIRCISSEMENTS. Devant un tel spectacle. pour sortir enfin de persistantes ! Que tenter pour s'élever au-dessus de ces vues naturelles? Il me semblait avoir bien senti la force des méditations précédentes. devant les humiliations vraies. formule. ETC. humain! Que faire. souvenir. que nos yeux s'ouvriront forcément.. Là encore. C'est une formule qu'on se dit à soimême. : . plus peut-être que l'homme des douleurs. notre cœur attendri le plaindra. et voilà que ce n'est pas seulement le courage qui me manque pour être chrétiennement humble. Mais Lui de pas cela! Ces humiliations. Maître. Persuasion. 165 par contraste. tout a disparu quand l'occasion se présente et. je — opprobres. l'on ne retrouve en soi que le sens aussi. et notre main agitée cherchera à écarter de son front l'odieuse couronne s'écrier: des Ne les mérite! mystère!. si avili. la laideur de ce qui lui est opposé le mal.

— Cette méditaPréparation pour la veille. nous découvririons tion . 4'uii saint Jean de )a Croix. d'une sainte Catherine de Sienne.Troisième Semaine QUATRIEME MEDITATION ZVIII* EXERCICS Humilité d'abjection en Jésus-Christ Premier point : Humiliations extérieures. sera comme une sorte de tableau des humiliations de Jésus durant sa Passion. d'une sainte Thérèse. Parcouronsles avec cette persuasion que. renferme de tels excès d'abaissement que l'esprit humain n'en saurait sonder les profondeurs. en effet. Nous nous appliquerons à les bien constater et à les sentir pour en être impressionnés. il le médite et il reconnaît qu'il ne voyait rien. — tions spirituelles. nous ne distinguerons jamais que les bords de cet abîme. Que serait-ce si nous avions l'âme d'un saint François d'Assise. il aperçoit ce qui s'étale au grand jour et il reste étonné. •— Deuxième point: Troisième point : HumiliaHumiliations intérieures. La Passion. malgré nos efforts.

si beau sous vos humiliations car il y a là. aimable! Cette méditation ne demande pas précisément des retours sur nous-mêmes son but est plutôt de mettre sous nos yeux. Qu'elle y pénètre dans la sincérité de nos réflexions. je n'ai . tout l'amour que nous avons pour . au fond de notre être une image saisissante de Jésus humilié. : Jésus. ô Jésus. si étrangement haute que je ne puis la saisir. pour cette vertu. je n'ai point ces vues. Jésus. Dites-lui. qu'elle s'y imprime dans la vivacité de notre amour! Formons-nous une âme tout imprégnée de Jésus. et nous arracherions de notre cœur la dernière fibre sensible à l'estime l'orgueil vaine. je le soupçonne. cette âme qui voit et qui sent! Votre Esprit-Saint peut seul me les donner. et nous aurons plus fait pour le développement de notre humilité personnelle. oui. nous foulerions aux pieds Comme pasl tout de la terre. dites-lui de faire son œuvre qui est de vous révéler Je désire tant vous connaître Vous devez être si beau.. si ravissante qu'elle jette sur l'humiliation même un éclat qui la rend : 1 . point cette âme. dans notre esprit.^ QUATRIÈME m4dITATI0N 161 un Jésus humilié que nous ne connaissons eux.. une beauté morale. que si nous avions anxieusement parcouru nos propres misères nous aurons mis en notre cœur. de dissiper toutes mes idées fausses. .

C'est un torrent débordé qui roule sa victime dans les eaux de l'abjection. la trahison de Judas et l'abandon — La maison de Caïphe et celle d'Anne.. Dans sa dignité d'homme libre.. ies apôtres. à un maudit de Dieu. cloué. Humiliations extérieures. Nous. le palais d'Hérode où l'injustice t la haine s'acharnèrent sur Jésus. Composition du lieu. Présentonsnous devant Celui qui fut Vopprohre des hommes et le rejeté du peuple. qui vit les humiliations person: nelles de l'agonie. si jaloux de notre indépendance. (3 prétoire de Pilate. Il nous est montré semblable à un lépreux. de ses vêtements. disons le mot.. le garrottent. — — Deuxième prélude. — Dépouillé . entre deux voleurs... courir rapidement les endroits témoins de la Passion Gethsémani. Demander la grâce d'une résignation sincère et douce dans les humiliations- — I. brutalement. flagellé. La salle de la flagellation. la voie douloureuse. Oh! quand on — la menace simplement!. Dans la dignité pudique de son corps. à un être bas comme la poussière. Ses ennemis se jettent sur lui.. le traînent en prison. — Jésus fut humilié : — \. qui nous révolteraient. la mort. II. sous les yeux de tout un peuple !.TROISIÂMI SEMAlIfB 168 [i^ » Méditation — — ParPremier prélude. Parcourons rapidement tous les genres d'humiliations qui nous seraient particulièrement sensibles. le Calvaire.

sur la tête Devine qui l'a fait!. V. On le regarde comme un fou. les hommes — IV. basée sur ce n^otif. et xient grossièrement en le frappant de son sceptre dérisoire! VII. soufflets. ! Dans sa dignité personnelle. car il s'est fait le Sa condamnation à mort. une couronne d'épines sur le front. » Ah quand on Fils de Dieu. Voyez-le revêtu d'un vieux lambeau de pourpre. Au Calvaire. si troublés quand haies de curieux. on conteste une de nos qualités. à la vue du peuple Un homme d'honneur préférerait mille morts à I cette honte III. crachats. — — Dans sa dignité de prophète. un roseau à la main. ses . est le jugement d'une autorité encore reconnue. mis la — Dans sa lui pouvoir. on lui en donne le costume on le fait passer lentement entre deux Et nous. les Pharisiens lui crient en ricanant « Si tu es le Fils de DieUf descends de la Croix.QUATRIÈME MÉDITATION 169 — nu. On couvre yeux d'un bandeau on lui frappe sur le dos. Les soldats font devant lui d'ironiques génuflexions. sur la croix. » — : — 1 .. quand on ridiculise une de nos opinions! . Dans la dignité de sa raison.. Ses ennearrachent autant qu'il est en leur Il est un imposteur. « dignité de Dieu. devant ces outrages? — Que font — Injures. : — VI. Dans sa dignité royale.

Que reste-t-il à cet humilié! — Pénétrons II. livré est placé entre criminel. Il Il est — Il juif. si notre colère est impuissante. Dans sa doctrine. — Trahi par l'un X. et ou Juifs et étrangers affluent de toutes parts au grand jour. reste invaincu. Humiliations intérieures.. plus avant.. renié formellement par leur chef. Sur les ruines de l'honneur extérieur. comme le plus cela à une époque de l'année. comme dans Une citadelle demeurée intacte. au dernier des supplices.. C'est par sa force morale que l'homme est le plus grand. romain. et avec toute la publicité pos. délaissé de tous. quels frémissements intérieurs! VIII.. est conhérodien. deux voleurs.. Dans sa réputation.TROISIEME SIMAI91 170 nous condamne à tort. l'orgueil peut se dresser encore et prolonger la résistance. hélas! cett? Jl .. Et. quand on nous raille cruellement et que nous pouvons nous venger!. Sous la force brutale qui l'opprime. il se réfugiera dans le sentiment de sa valeur personnelle.. Dans ses disciples. trompe le peuple Tennemi de Dieu la loi ! Il — ! il Il vient détruire 1 il est blasphème ! IX. sible. Trop souvent. Chassé de partout. Jésus se voit perdu auprès de cette partie du peuple qui hésitait encore!... d'eux.. damné par tous les tribunaux.

Des impressions de crainte l'envahissent exhale comme : « CœpU pavere. Si notre attitude est digne. » Il en est si fort pressé qu'une sueur de sang ruisselle de ses membres tremblants. qu'il cherche du secours auprès des apôtres et qu'il en accepte d'un ange les s'il était : I profonde humilité. il l'est jusqu'au milieu des opprobres. si 1 — Il est un autre genre d'orgueil. si nos paroles trahissent des sentiments élevés.. » Et il incapable de les contenir « Tristis est anima mea usque ad morteml. Que Dieu. si tout en nous manifeste une âme supérieure au malheur. nous trouvons cependant autour de nous. il semble vaincu.. Jésus se présente à nos yeux. plus rare et non moins pernicieux. de forme d'intention si compatissante la belle et humaine et Humiliations spirituelles. Sommes-nous méprisés. Il se montre si accablé. l'admiration se transforme en enthousiasme.. Il paraît si peu semblable à lui-même qu'il repousse ce calice longtemps désiré. comme Jésus au Calvaire. persécutés.QUATRIÈMK MÉDITATION grandeur d'âme est fragile. Redoutable au milieu de l'estime commune.. calomniés. Âh (|uels dangers pour l'âme (|ui ne serait l . Même avant sa Passion. la sympathie devient de l'admiration. 171 parce qu'elle est faite d'orgueil.. quelques personnes sympathiques.. c'est Vorgueil spirituel... nous prête l'auréoie des martyrs. III. dans l'opprobre de son apparente faiblesse. par quelque signe de spéciale protection.

.. pitié.. Oh la veut — — . maintenant abandonné de Dieu!. Il dans toute sa nudité spirituelle. Jésus se déclare abandonné de lui!. avec sa tête penchée. ni sur la terre. me . de l'âme tout en lui est sombre comme la nuit Son Père est sans qui envahit le Calvaire..TROISIÈME SEMAINE 172 pas très humble! quel piédestal pour son orgueil ! — Jésus choisit rhumiliation sans retour. mais une sorte de stupeur. — I M'agenouiller aujourd'hui trois fois devant un crucifix pour demander à Jésus de faire comprendre cette humilité. I — I 1 Résolution. plus encore que celle de la douleur.. même de l'humilité.. qui ne soit une humiliation! Son abjection est consommée et il y meurt! Oh ce crucifix qui se dresse partout devant nos yeux. l'humiliation reste après ce cadavre suspendu au quel exemple oh quel secours! gibet... Quand la douleur cesse. Point de discours. Rien. rien. ni au ciel. entrecoupée par quelques rares paroles qui resAucun rayonnement semblent à des sanglots. Déjà abandonné des hommes. son visage livide. son aspect de lassitude désolée. c'est C'est l'image l'image de l'homme humilié.

Et : pourtant. cette parole. toutes vos troublantes faiblesses. je le sens.Troisième semaine CINQUIEME MEDITATION "^ XIX® EXERCICE Humilité d^abjection. je ne C'est vois pas l'humilité. on la l'avez errante sur votre front soucieux. — Jésus. Troisième point : La Sa nécessité — Deuxième point : loi. — : — La raison d'être. vous l'avez répétée. le long de vos membres tremblants. votre abjection inouïe m'est apparue dans son évidence! Point de doute. j'ai parPréparation pour la veille. chacune de vos attitudes dénonçait le coupable/ retrouvait frémissante . car alors si je vois Thumiliation. l'humilité qui dit justice. vous prononcée en venant au monde. Mais pourquoi vous l'avez voulu? Je ne le saisis pas encore. je vu abandonné de tous et dépouillé de tout. Premier point L'exemple. N'était-ce là qu'un grand exemple? Non. on la lisait dans vos yeux abattus. couru hier avec émotion toutes vos tiontes subies. vous avez voulu vous ai être l'homme des humiliations! Je le vois. dans chacun de vos abaissements.

. c'est une révolution.. qu'est-elle donc pour moi? Ce n'est plus ici une affaire de sentimentalité. trêve : C'est justice! je l'ai mérité 1. opposons celui de la laideur morale du péché. en même temps. Ce dernier — — l'emporte en horreur. n'est-ce je ne l'oublie jamais Si l'humilité est I pour vous justice. pas? mais comprendre à fond pour que Jésus. La cause contient 1 effet péché contient donc toutes ces abjections qui sont sa juste peine. tout jusqu'à Texpression même d'un re- gard. tout en tous est nécessairement sincère. Méditation — Premier prélude. mais de raisonnement rigoureux. demain vous me le ferez comprendre. par esprit de justice d'abord et. dans : tout mon <^ être moral. de la mort infâme. Au tableau des abjections accumulées dans la méditation d'hier. d'où dépend toute une direction de vie l'humilité d'abjection une fois reconnue nécessaire. . de la nudité sanglante. C'est un point de départ.. Demander la grâce d'accepter en principe l'humibation. jusqu'au simple mouvement d'un muscle j'entends donc sortir de toutes ces choses lamentables une voix gémissante qui redit sans . des soufflets.i74 tROISiÈUB SIMAINS Jésus.. Voir le péché identifié à l'ignominie des crachats. par amour pour Jésus. le — : Deuxième fu^élude.

: .CINQUIEME MÉDITATION 17 — La raison d'être. il se fût nécessairement trouvé dans ce vis-à-vis du Tout et du rien. autem crucis : c'est l'ignominie dans la mort. puisqu'il s'est fait homme. Le motif de cette vertu grandissante n'est plus le néant. — — c'est le mai. au-dessus de la foule. -.Ce n'est plus V oubli. » C'est le Jésus que nous avons considéré avant sa Passion Il s'est fait néant. . de l'Etre par lui-même et de l'être par création son Incarnation eût été. avec ses traits bouleversés. même alors. Il s'anéantit sous la forme de l'ef^clave. » Humiliavit : il s'est comme jeté à terre : on fait ainsi d'un objet qu'on méprise. Ce n'est plus ici le Dieu incarné. Mortem. Usque ad mortem : comme un coupable. Comparons attentivetextes de l'Ecriture. en la montrant telle qu'elle convient à l'homme déchu. la mort du dernier châtiment. et son humilité le sentiment de sa petitesse. c'est le mépris. ce genre de mort qui laisse voir le supplicié. Mais un second texte complète l'idée de cette vertu. « Humiliavit semetipsum usque ad mortemy mortem autem cruels. dans les splendeurs de la nature originelle. Eût-il réalisé ce dessein au Paradis terrestre. un anéantissement. sa nudité et ses tortures. c'est l'humilité d'abjection. qu'on traîne à la mort. Le premier est celui-ci « Exinanivit semetip- I. c'est le Dieu Rédempteur» Ce n'est plus l'humilité d anéantissement. ment deux : sum formam servi accipiens.

un ver qu'on foule aux pieds et qui se cache dans les proS'humilier.TROISIÈME 8EHAINB 176 — Contemplons Jésus couvert L'exemple. les hontes.. Contemplons-les eu silence. quelle image! Pénétrons dans les sentiments intimés du Sauveur. » chargé et revêtu seulement. « chose propre. il en est pénétré.. soit les circonstances qui nous montrent ces sentiments en Notre-Seigneur... puis viennent le désir. jusqu'à la terre. Il nous sera extrêmement profitable Je rappeler à notre mémoire.. il en est la personnification « eum Il n'en est pas pro nobis peccatum fecit... . mais un ver de terre. régnant dans son cœur. et consiste dans une inclination : : : — — pratique qui l'y porte.. la recherche.. de toutes — . Toute vertu se montre dans l'amour de son objet propre. de dégoût pour son peuple percussam a Deo et humiliatum. : : — — : — « ut pour Dieu.. » « Vermis sum et Entendons Jésus s'écrier non homo. le contentement. c'est s'abaisser fondeurs sombres. » Sondons tout ce qu'il y a d'humiliaJe ne suis plus tion sentie dans cette locution un homme. » II.. Ici l'objet est l'abjection. » « qui il en est chargé Il en est responsable Le péché est sa peccata nostra ipse tulit. Il porte les péchés du monde entier : « qui tollit peccata mundi. Jésus va au-delà... Le premier degré est l'acceptation. soit les paroles... dévoré c'est une lèpre qui le ronge « tanquam C'est comme un objet d'horreur leprosum.

qui m'incombe de plein droit. Est-ce en qualité mérite toute gloire. il prend nos fautes. Creusons à fond Est-il bien vrai celte vérité... et de s'en tenir à de vagues sentiments. et sans Jésus. Vattitude que prend mon représentant est exactement celle qui me convient. — 12. il . pécheurs. la subit. est le priy dont je suis redevable.. il connaît Thumilia- — tion qu'elles méritent. il qualité de à quel titre le fait-il? d'Homme-Dieu? Nullement. L'abjection de Jésus nd crée donc pas une obligation. nous ne l'aurions jamais connue. Ou bien plutôt ne devons-nous voir là qu'un admirable excès. cet exemple est un stimulant. Rédempteur? Oui. — Est-il bien vrai que cette humi- liation de Jésus demeure le modèle de lanôtre? que pour être chrétienne. mais nous ne ia connaissions pas. notre humilité doit être une inclination à nous juger dignes de mépris. Or. Il vient. Le prix que paie ma caution. il est notre représentant et notre caution.. il la veut. Ce que Jésus fait ici.177 CINQUIÈME MÉDITATION III.. Il ne s'agit pas de se payer de mots. En tant que Rédempteur. ayant pour but de nous contraindre au moins à une humilité commune? Sans doute. il l'aime. La loi. et cette humiliation. elle la montre.. La loi d'abjection existait pour nous. BUUIUTi. — Est-ce en et c'est à ce seul titre. Comme tel. un stimulant sans pareil.. mais il est autre chose et tout autre chose: il est une loi. ou plutôt la révélation d'une loi et sa promulgation authentique...

TllOISI^ME SElUlNt

il^

« Je suis humble de
Et quand il nous dit
cœur», c'est comme s'il nous disait: «Etre
:

humble,

c'est la loi je l'ai subie pour vous.
Mais c'est surtout votre loi subissez-la 1
Jésus, quelle leçon I et je ne l'avais ja...
mais bien comprise
Tout me l'insinuait, cependant: les expressions reçues, les conclusions constantes, les
choses elles-mêmes; je le savais donc, et voilà
que cette vérité me paraît pourtant toute nou;

;

1

velle

I...

merci de

C'est

que je

me l'avoir

la

comprends enfin... Ohl
Vous avez vu ma

révélée...

bonne volonté, mes

désirs,

mes besoins

sur-

dans votre misérihumilité d'abjection lui ouvre

tout; et vous vous êtes dit

corde: que

mon

enfin les yeux!

Résolution.
Si rhumiliation est ma loi, pourquoi m'irriter contre elle?
Je veux me faire doux
ea toute occasion péaible à mon orgueil.

Troisième Ôemai&d

SIXIÈME MÉDITATION
XX« EXERCICE

Humilité d'abjection

Son caractère mystérieux

Premier point : Elle est une sorte de mystère.
Deuxième
point : Ce mystère trouve son explication dans le mystère
du péché.
Troisième point : Le péché originel y suffit.

Préparation pour la veille.
La méditation
de demain explique et complète les deux précédentes. Bien plus, elle établit leur conclusion
sur des preuves irréfutables. Ces preuves, remarquons-le bien, relèvent principalement de

d'inquiétude
qui étreint la raison, car la raison a peur des
abîmes où elle est entraînée, même logiquement. Au milieu de leurs obscurités, elle a beau
toucher le vrai, elle ne se rassure pas, elle voudrait le voir directement et en lui-même. Notre
premier devoir est donc de nous méfier non
pas de la raison, mais de ses habitudes, La
raison trouve étrange ce qui ne lui est pas familier; elle appelle volontiers rêverie ce qui la
dépasse, et traiterait dédaigneusement de mysticisme une doctrine profonde. Que faisons-nous
la foi; ainsi s'explique cette sorte

TROISIÈME SRHAiNji

180

Nous en appelons de la raison mal impressionnée à la raison logique et conséquente. Les
dogmes de la foi sont-ils vrais? Thumilité d'abjection découle-t-eile de ces dogmes? Ces principes, une fois démontrés, leur conclusion doit
être admise au même titre que les mystères, si
elle reste mystère elle-même.
ici?

On

le croit,

on se

l'affirme, et

cependant on

reste indécis, tant la nature est tenace,

tant

il

que notre volonté, pas plus que notre
raison, ne peut se suffire à elle-même.
est vrai

De

cette disposition, découle

un second de-

voir, qui est d'implorer la grâce, ce secours divin

qui nous fera franchir le difficile passage de la
preuve reconnue à l'adhésion franche et enmon Dieu, établissez-moi enfin dans la
tière.
vérité créez en moi une conviction inébranlable
Une telle conviction est plus rar"te qu'on
ne le pense; et pourtant, ô mon Dieu, la conviction n'est pas encore la vertu, et c'est la vertu
même que vous attendez de moil... La vertu,
;

!

aux humiliations

c'est la facilité qui fait

cueil

le

l'ac-

plus doux; c'est l'habitude sainte qui

le fardeau, tant que
l'impose; chez quelques âmes
c'est l'amour qui leur ouvre ses bras, et qui
parfois les appelle
mon Dieu, que j'ai besoin de vos puissantes
Jésus, vos exemples passés ne me
grAces!
suffisent pas; venez en moi, venez vous-même,

en soutient paisiblement

votre volonté

I

pour

les

y vivre encore

1

SIIIÈMB MiDITATION

181

Méditation

Premier prélude.
Se représenter Jésus homme
Dieu en face du péché originel et proclamant que sa
Passion et sa mort sont un moindre mal. Avec lui
plongeons nos regards dans le mystère de ce péché
Abîme si
comme on le fait au bord d'un abîme.
obscur que l'oeil se dilate jusqu'à la fatigue, sans
rien distinguer; si profond que l'oreille ne perçoit
Les moyens
pas le choc du caillou qu'on y jette.
d'appréciation dont nous manquons, Jésus les posvoyons par ses yeux, jugeons d'après sa
sède
pénétrante raison.

:

Deuxième prélude.
Demander la grâce de
m'abandonner à Jésus, pour le suivre avec conviction et amour dans la voie de l'humilité.

I.

L'humilité d'abjection est une sorte de mys-

Elle l'est pour le rationaliste qui la
trouve absurde elle l'est, hélas! pour nous qui
la regardons peut-être comme un pieux excès,

tère.

;

du moins pratiquement.
Afin de réformer nos idées,

il sera bon de ne
pas isoler notre divin Maître de ses disciples les
plus éclairés. En eux c'est toujours Lui, d'ailleurs, puisque c'est son esprit; mais c'est Lui
plus près de nous, plus semblable à nous.
Rappelons à notre mémoire les expressions
désolantes dont s'accablent les Saints
« un
abîme de malice, un avorton, le rebut de l'humanité, etc. »
Voyons leurs sentiments; ils se jugent indignes de parler, indignes même de vivre. De
:

TROISliMI SEUAINl

182

expressions leurs sont familières, elles se
trouvent dans la bouche de tous... C'est comme
un gémissement traditionnel depuis le Calvaire... Quel spectacle que celui de ces dix-neuf
siècles d'une telle humilité, toujours la même,
et la seule qui soit canonisée!...
Considérons la logique de leur humilité des
paroles elle passe aux actes. On les méprise, on
On les outrage,
ils sont doux.
les persécute
On
on les frappe ils ont un sourire de joie.
les déclare mauvais et ils avouent l'être plus
On les délaisse et ils le trouvent
encore.
Ils se jugent inutiles; le bien qu'ils font
bon.
ils proclament qu'il se fait par Dieu, et que c'est
moins avec eux, que malgré eux, qu'il s'accom-

telles

:

:

:

plit.

Voilà ce qu'ils disent, voilà ce qu'ils sentent;
comprenons-le bien voilà vraiment ce qu'ils
pensent.
Voyons encore ceux qui se sont montrés plus
particulièrement altérés d'humiliations ils aspirent au mépris comme les ambitieux aspirent
à la gloire et quand Dieu leur demande quelle
récompense ils choisissent pour prix de leurs
et

:

:

;

ils répondent souffrir et être méprisés
pour vous
Confondons-nous devant eux... Ce sont des
légions d'hommes semblables à nous, souvent
moins coupables, toujours plus méritants...

travaux,

:

1

II.

le

Cette humilité trouve son explication dans

mystère du péché.

L'homme comprendrait

s'il
était capable de
sonder à fond l'abîme du péché. Jésus-Christ en

l'humilité

d'abjection,

fllZlÈMK

MEDITATION

183

a exploré les sombres profondeurs à la double
lumière de sa science infuse et de sa vision béalifique.

La sainteté de l'Être infini, sa majesté, sa
bonté, sa beauté suprême, toute la splendeur
des attributsdivins, inondant son âme de clartés
éblouissantes, lui montraient à quel point Dieu
mérite le respect, Tamour et la louange.
Puis, tout à coup, le spectacle change le
péché vient d'atteindre toutes ces merveilles?
s'abat sur l'honneur divin comme pour
il
l'anéantir. A cette vue, une confusion éperdue,
une amère désolation envahissaient Celui qui
portait les péchés du monde...
Contemplons-le, écrasé sous ce poids, dans
son agonie. Entendons ces paroles d'un étrange
découragement « Transeat a me. Que ce calice
s'éloigne » Remarquons cette sueur de sang
qui témoigne d'une sorte de désastre!...
Et pourtant, disons-le sans hésiter, l'humanité sainte du Sauveur elle-même, ne connaissait pas tout le désordre, tout l'outrage que
contient le péché... seule sa nature divine en
avait la pleine lumière
Quelle n'est pas ma confusion, ô Père adorable, de me voir mesurer le péché à son apparence extérieure ou à la connaissance que m'en
donnelaraisonL.Quoi! pour la raison de Jésus,
le péché garde des mystères Ah je commence
à comp'-endre qu'en fait d'humilité, je ne sais
rien, et que je ne saurai jamais tout...
Le mystère se trouve dans le péché seul, et
non dans l'humilité, qui est sa conclusion lo
:

:

1

I

I

gique.

1

TROISIÈME SEMAINK

184
Elle est,

^cheur.

en

Vétàt qui convient au
une sentence de justice qu'il

effet,

C'est

doit porter contre lui-même...

Mais

comment

la porter

sonder

la gravité

de

la

s'il

est incapable

de

faute?

Une ressource lui reste, c'est de voir par des
yeux plus pénétrants que les siens c'est de
juger, non point par les sentiments de l'homme,
mais par ceux de Dieu... Les Saints ont fait
ainsi
voilà pourquoi la céleste folie de leurs
abaissements demeure une profonde sagesse»
« Apprenez de moi»f nous redit le Sauveur.
Qu'ai-je donc à chercher autre part? L'humilité
est une vertu presque entièrement suruaturelle,
;

;

comme

haute

les cieux,

profonde

comme

l'en-

fer!...

Que
faible

la raison paraît courte, et qu'elle se sent

en face de

cette révélation

!

Le péché originel impose d'ailleurs une
Pour dissiper les dernières
ombres, demandons la grâce de comprendre
comment cette humilité d'abjection, peut se
trouver chez les Saints qui n'ont pas commis
de péché personnel de quelque gravité.
D'autre part, ils ne sont point chargés des
péchés d'autrui, dont la responsabilité explique
du moins l'humilité de Jésus.
C'est vrai mais ils ont été atteints de la faute
originelle, et la participation à cette déchéance
justifie, même chez eux, l'humilité d'abjection.
Une fois de plus reconnaissons-le sincèrement : c'est encore un mystère qui éclaire un
autre mystère. Alaii la réalité du péché origiIII.

telle

humilité.

;

Ai-je besoin de comprendre puisque vous enseignez. Le péché originel domine l'humanité. je n'ai qu'à vous contempler. Ces ignorances. cette tache déshonorante.. qui ne tiennent plus. il reste toujours vrai que l'homme le plus juste l'a subie et portée.. « Misericordia Domini quia non sumus consumpti.. Il reste toujours vrai qu'il en traîne les suites humiliantes. ne portent-elles pas dans leur sein le ferment de tous les péchés ? Quelle ignominie et quel danger Il n'est pas une seule faute commise par un I homme — Et le si que ne sois capable de commettre. jusqu'à la mort. » — Oh 1 Jésus. Je rougis de la mienne et de ses réserves. Seigneur. ces illusions. justifient cette crainte et cette humilité.. Assez d'exemples. ces prQpensions au mal qui troublent le sang et le cerveau. Je me fais d« votre humilité extérieure un tableau . malheur ne m'est pas arrivé (et c'est sans doute que Toccasion je pareil sais-je?). je crois. Or. lîe s'est point présentée. avec ses insidieuses préparations.. à votre humilité et à celle des Saints.. Je n'ai même pas besoin de vous entendre. c'est votre miséricorde qui m'a préservé de l'abîme. d'ailleurs. maîtresse. ces révoltes. C'est principalement pour lui que Jésus s'est incarné. pour lui qu'il s'est fait si humble. C'est pour lui qu'il est mort. objet de l'aversion de Dieu. je ne résiste plus.SIXIÈME MEDITATION 185 nel est un dogme déûni qui projette toute sa lumière de foi sur le sujet qui nous occupe.

. ce doit être là le secret des Saints.. je ferai Puisque et celle de l'humilité confessions à ce double objet: contrition sérieuse. — servir mes la connaissance du péché marchent ensemble.. et je tâche de soupçonner de loin le mystère de votre humilité intérieure qui m'étonne. et sans tant mesurer Tobligation qui m'y contraint. accusations humiliantes. Résolution. je veux la pratiquer très généreusement. l'homme dans une I . Ici. ce ressort puissant de l'action ? La réponse est simple : voyei les saints. leurs œuvres 1. ce guide élevé de la conscience. comme aussi d'amoindrir en lui le sentiment de la dignité personnelle. pas relâché à cet égard i -r- Ne me serais-je ? ECLAIRCISSEMENTS Sur la Méditation qui va suivre I Nous abordons le point délicat de l'humilité nous mettre au-dessous des autres.TROISIÈME 8SMÀINI 186 vivant qui m'instruit. leur paix. leur courage. Mais comme l'humilité est une vertu pratique. Peut-être parviendraije ainsi à la mieux comprendre. qui se mêle à tout. aux sentiments comme aux actes. voyez surtout lea plus humbles . plu: L'humilité d'abjection n'est-elle pas de nature à jeter sorte de terreur et de trouble qui le paralyse..

elle nous laisse néammoins calmes et occupés.. dans sa miséricorde Leur dignité personnelle Ah elle se fonde. car la raison bien informée. entre-t-il indiscutables.. par exemple. investis de la plus haute noblesse dans l'action. au fond. toute tristesse se noie. il est impossible de jouir.. Aimés de lui que craindraient-ils ? Toute inquiétude.) . ils se savent les instruments des volontés divines.ÉCLAIRCISSEMENTS. (Voyez. beaucoup de maux dérivent de cette erreur. reconnaît le devoir d'admettre les vérités surnaturelles. dira-t-on encore sous le poids de tels sentiments d'humilité. n'est pas la raison. le rationalisme. — : d ne l'humilité. d'aimer. . sous l'influence répandue partout du rationalisme or. un avertissement utile./>e la prudence ! ! I . voyez l'effet que produit sur vous la pensée de la mort. . non sur eux. de vivre sa vie? Point du tout. Mais. nous ne cesserons de le dire. qui dépassent tout le créé. Comparez ces consciences et ces vies à celles des ambitieux !. elle s'appuie. Ainsi du sentiment de l'humilité. de la mort qultfsûrement un jour viendra nous arracher de ce monde. et d'une mort subite qui peut fondre ^r nous à chaque instant? Si elle demeure. Commençons par rappeler certaines vérités sieurs questions se posent. plni loin. Au jour de la Cène. non pas sur les qualités de nature qui élèvent peu mais sur les dons de la grâce. la piété ne comprend pas assez l'humilité. Il est une raison étroite. enfants de ils se sentent Dieu. — Première vérité.. de nos jours. sans s'en rendre compte. mais sur Dieu. Dans leur conscience. de se distraire. 187 Un tel abaissement véritablement dans les exigences de cette vertu? Est-il de précepte ou de conseil? Doit-il s'étendre jusqu'à cette intime persuasion qu'on est le dernier de tous les hommes?. Beaucoup de fausses idées. Si. c'est qu'elle est. Notre-Seigneur se met aux pieds de tous les Leur paix est imperturbable. au besoin. en un mot. qui ne veut rien voir hors de sa sphère propre. ETC.

s'empare de l'âme tout entière. mais très forte. de cette loi d'humilité se trouve dans ses rapports avec la loi de charité chrétienne elle en est la sauvegarde la plus sûre. Cette tendance à l'abaissement a toujours été regardée comme essentielle à la perfection de cette vertu. : : II !• que l'abaisseDe ces vérités il résulte tnent devant les autres entre bien dans les : . ce sentiment. Cette règle de conduite. » Rien de plus clair au point de vue pratique. Or. Il y aurait là de merveilleux points de vue à parcourir il semble que la charité ne puisse s'étendre que dans l'espace fait par l'humilité. et lui fait sincèrement rechercher la dernière place comme étant celle qui convient à tant de misère. voile à ses yeux les fautes ou les défauts d'autrui. vérité.TBOISIBMK SEMAINB 188 apôtres. que dis-je? ces prétendus excès et l'Eglise moindre glorifiés : voilà ! Deuxième — L'humilité est le sentirésistances coupables. ne canonisa jamais une humidonc légitimés. tous sans excep: tion lité . ment de nos Troisième vérité. — « Traitez les autres gation par ces paroles comme vos supérieurs. de nos fautes et de nos défauts. — Une raison indirecte. aux pieds même de Judas . quand il est vif. tous les saints Tonl suivie. et il déclare ensuite que cet abaissement doit être notre Plus tard saint Paul en rappelle l'obliloi.

et aussi celui de tel homme actuellement méprisable. III Mais cet abaissement de conseil aux pieds de tous les hommes. ne saurait nous demander une attitude qui fût en contradiction avec nos sentiments intimes. en ce sens que nous ne méprisions personne et que nous ne nous préférions à personne d'une façon absolue. ! Comment se forme une telle persuasion et comment peut-elle être sincère? C'est ce que nous étudierons dans la méditation de demain. Cette impossibilité de se préférer à personne. se mettre sincèrement auune conclusioD de C'est . etc. Contentons-nous de déblayer le terrain en faisant remarquer. spécialement sur la manière dont elle finit et qui nous classe.189 Eclaircissements. or. l'abaissement n'est plus que de conseil. est-il seulement une règle pratique? Serait-il. permet donc de desfous de tous. 2» qu'au delà de cette réserve. dois-je me mettre au-dessous des autres en inclinant à croire que c'est bien là ma place ? Assurément car le divin maître. en outreu. ne règle de jugement? En d'autres termes. exigences de l'humilité. le nôtre. un voile impénétrable recouvre cet avenir. et n'a d'autres limites assignées que celles que lui impose la prudence. dès maintenant. que la juste appréciation de soi doit se baser sur la vie tout entière. ennemi absolu de toute hypocrisie.

exige que l'on numériquement le dernierdeshommes ! Nous répondrons avec franchise Non. c'est spéculativement peu probable si chacun doit le penser. L'inclination pratique demeure. . simple prudence. parmi cette multitude d'hommes qui remplissent la et. — serve. terre. excepté chez un seul. et c'est en elle que réside l'humilité.TROISIÈME SBUAIN8 490 il est vrai . faut-il se demander se juge si l'humilité parfaite. Qu'on soit le dernier. mais nous verrons l'humilité conseille de l'adopter. n'enlève rien à la force des conclusions qui précèdent et que nous retrouverons bientôt. c'est en fait une erreur Cette réchez tous. comment IV Serrant de plus près la question. exactement le dernier. : . qu'on pourrait étendre encore.

ni vertu D'autre part. rhumilité d'abaissement est au fond très lumineuse.Troisième semaine SEPTIEME MEDITATION XXI* EXSBCICE « Le Mandat um novum » Se mettre aux pieds de tous Premier point seigner ici. Le convenu. qui connaît à fond la nature humaine. avec elle et nul devoir ne serait trouvé trop dur. : — — que Jésus entend nous enDetixième point : Cette humilité est dordre Troitième point : Raisons qui l'établissent. je me tiendrai en garde contre les préjugés qui émanent soit de la nature inconsciemment réfractaire à ces idées. C'est l'humilité — Préparation pour la veille. Je commencerai par laisser à mon esprit toute sa liberté d'examen. Cette méditation bien comprise est de nature à modifier profondément nos idées. le factice n'établissent rien de solide. soit de l'opinion humaine entièrement aveugle . Si elle régnait parmi les hommes. une immense paix régnerait. surnaturel. ni conviction. Sous ses obscurités apparentes. Ses exigences sont les exigences d'un Dieu sage.

Marie si humble. mais laver les : : tu le « comprendras plus Quand il tard. si elles en découlent rigoureusement.. ô Jésus tout humble.TROISIÈUB SEMAINE Id2 sur ces questions. ses fruits. quand ma conviction sera faite. se il met à pieds de ses disciples et à les essuyer. » eut fini de laver les pieds de tous les . passant dans tous mes sentiments. le démon agant mis la trahison au cœur de Judas. je prierai encore pour que la sève féconde d'une telle humilité. j'appellerai la lumière d'en haut et. desprincipes dont les conséquences doivent être admises.. donne à ma charité pour le prochain cette vitalité et ce charme. Mais surtout je prierai. je prierai. de- viennent comme les vérités de raison. qui sont . versant de et se ceint Veau dans un bassin.. Jésus se lève de table^ dé- pose ses vêtements d'honneur Puis. d'un linge. une fois prouvées. me laver arrive à Pierre et Pierre lui dit « Ce que les pieds? \amais! » Et Jésus lui répond je fais tu ne le comprends pas à cette heure. Je me rappellerai que les vérités surnaturelles. Il « Vouh. pourquoi donc craindrais-je de m'abaisser autant que vous? Eaux saintes de l'humilité q^i ne coulez que dans les basses vallées.. transformez en oasis ces sables arides de mon stérile orgueil ! Méditation « Le repas achevé.

-' les pieds! cette partie basse qui foule le sol et se salit. se remettant à savez-vous cequeje viensde faire auprès de vous? Vous m'appelez Maître. pour graver dans les esprits leurs leçons les plus importantes. et surtout les — HUMiLni.. se sont servis d'une représentation matérielle. abaisse- rhumilité que Jésus entend nous en- C'est seigner le saint ici. le sens de Tae du Maître. afin qu'après moi vous fassiez ainsi. Si vous comprenez bien ces choses. En vérité. quelle action exprime mieux l'humilité que celle de laver les pieds. le serviteur na pas plus de dignité à sauvegarder que le Maître. vous devez. les derniers rayons du jour font pâlir les longues draperies des fenêlres. Cest un exemple que je vous ai donné. il plissant il dit ! reprit ses vêtements : » — — Premier prélude. et vous dites bien. Demander ment devant tous les hommes. entourée de riches divans. 1. Jérusalem silencieuse à cette heure. la table de la Cène. vous laver les pieds les uns aux autres. — Tout tien et rintention le prouve . moi votre Seigneur et votre Maître. . — Le sens de raction... A l'intérieur. les flambeaux étincellent. Si donc fai lavé vos pieds. Se représenter le Cénacle somptueux. Or. à votre tour. — 13. Mais ici ce n'est pas une humilité quelconque. vaste et — — — Au milieu. De tous temps les Orientaux. — Deuxième prélude. bienheureux serez-vous en les accom- disciples^ table.. i" hommes. en vérité. Au dehors. car je le suis... Au dehors.SlPTlisiS MÉDITATION 193 et.

pieds du dernier des hommes.'-— Elle n'était qu'un signe.TROISIÈME SEMAINE 194 — des hommes. Jésus entend imposer une forme nouvelle slux rapports des chrétiens entre eux. et son esprit n'a cessé d'animer la société chrétienne. HumiJésus ne se fait point a»der. il est plein et indiscutable. expliqué. a disparu.». c'est l'humilité à l'égard lité — : : — 2° : — Vintention du Maître. sans parade Humilité résolue il fait violence à saint Humilité extrême il s'agenouille aux Pierre. s'adaptant immortel et flexible aux situations changeantes. apôtres: « Vous avez vu ce que je viens de faire. démontrer l'obligation qui en découle uSimoi. . : — . l'humilité en était le sens.. Pénétrons-nous de tous ces détails significatifs. » je l'ai fait « pour Il indique son motif formel Il prend la peine de vous donner r exemple ». Par cet acte. La pratique matérielle. gardienne infaillible et jalouse des traditions sacrées.. d'une importance secondaire et d'un usage souvent difficile. Porterait-il par hasard sur la pratique spéciale de laver les pieds aux fidèles? 11 n'est pas permis de s'arrêter un instant à cette hypothèse ce serait convaincre d'infidélité l'Eglise. Judas. Ce n'est donc pas un enseignement incident ou équivoque c'est un enseignement préparé. prouvé. sans quoi la solennité de la leçon dépasserait l'importance Il fait appel à l'attention des de l'objet. sur l'importance de ce précepte en appelant « bienheureux ceux qui le comprendront ei Vac- — — : — : y comp liront — ». Il appuie votre Maître et votre Seigneur etc.

c'est la . Tous les Saints se sont tenus pour /es derniers des hommes. C'est aussi la modestie. N'est-ce point là une théorie exagérée. une fiction peu sérieuse. Cette humilité est d'ordre surnaturel. et cela sincèrement voilà ce que Dieu seul peut enseigner et imposer à l'homme. devant les méchants eux-mêmes. ce n'est une inclination essentiellement chrétienne. : — . » pas une fiction vaine c'est nous dit-il. Et comment le pouvoir faire avec conviction.. l'abaissement devant ses semblables. étonne plus que leur admirable vertu. comme vos supérieurs.Non. L'humilité de simple raison. dont le bon sens fait bientôt justice. pourquoi me mettre au-dessous des autres?. ce frein de nos prétenMais tions la sagesse humaine l'approuve.SEPTIÈME MÉDITATION 19ÎI — //. comme Jésus. qui s'évanouit à la réflexion et ne nous accompagne pas dans la pratique? . devant tous les hommes enfin mais cette attitude du plus grand se mettant aux pieds de tous. Quelle est donc cette humilité que le chef des Apôtres ne peut comprendre encore et qu'il comprendra plus tard? Ce n'est pas la simple humi* lité de raison. quand chaque homme doit prendre ce même rôle à son tour?. conviction profonde de leur bassesse. c'est l'abaissement devant Dieu rien n'est plus naturel. : tous les autres. c'est bien l'humilité surnaturelle que lui révélera le Saint-Esprit. et s'il est une chose qui nous . à commencer par saint Paul — : — : .. En effet... Non. ce n'est pas une théorie exagérée c'est l'enseignement universel des maîtres de la « Traitez piété.

par connaît pas. uniquement parce qu'elles vont à rencontre des idées reçues. par valeur d'ensemble. de nous il y a le bien et il y a le mal. — enfin est sans : lui la la le résultat éternel qu'il ignore. Apportons à la méditer un esprit sans prévention. En face de lui-même il est constitué juge. En du prochain compétence face il n'est plus juge. Le mal au contraire vient tout entier de nous. il en a la prochain. Pour lui-même. — l'ingracie par l'intention qui proportion des grâces qu'il ne titude. rer tel. . dition devant la justice divine. selon qu'il s'agit du bien et du mal qui sont en lui. et nous en Telle est notre conméritons toute la honte. en vérité. pour le Pour il n'a que des conjectures. l'homme se trouve dans une situation fort différente. — . mauvais il peut et. il se connaît et se sent resIl se voit au fond assez tristement ponsable. Raison de cette humilité. Or. il a des certitudes. Le bien vient finalement de Dieu. — En chacun III. et nous n'avons pas le droit de nous en glorifier. remarquons-le bien. car il — Laculpabilité s'apprééchappe. en face du bien et du mal.TROISliHS SBHAJNB 196 Le secret de cet enseignement se trouve dans une considération subtile peut-être. sur notre condition personnelle. lui-même il a le devoir de se faire juge pour le prochain. Certaines vérités nous déconcertent. mais juste. il doit se décla- — — — . Il a sa conscience. ou du bien et du mal qui sont dans le prochain.

ayez pitié de ma pauvre raison. qui ose à peine affirmer une telle humilité!.. la charité l'y aime... tu rends la vie paisible et rapports faciles! sublime point de vue.. tu les confonds dans ce même principe Dieu vu dans le prochain...f97 SEPTiiMB MÉDITATION défense Celui qui : « Qui judicat fratrem detrahit legi se : permet de juger son frère va contre la loi. le mal..jeme trom! : — pais avec eux 1 Jésus. L'humilité l'y découvre. œuvre divine... » Si je n'ai comment pas le droit de juger les autres.. divin Maître faites pénétrer en moi cette doctrine qui me surprend étrangement Juger les autres me paraissait aussi juste que se juger soi-même! Les hommes ne le font-ils pas tous les jours? Ils se trompetit. Donnez-lui surtout le courage des conclusions saintes 1 Dans mes frères je ne dois envisager que ce En moi je peux qui vient de Dieu. ces deux vertus éminemment chrétiennes. Elle la voit pourtant. les : C'est un précepte nouveau» Ce n'est pas . le bien.. mais au milieu des ombres. tu éclaires à la fois la charité et l'humilité. Donnez-lui du moins lavolontéd'être croyante. — sage partialité.. mais je dois avant tout juger mon œuvre propre. me préférer à un aurais-je celui de seul?. aussi considérer le bien.

déférent pour tous aujourd'hui. par un vouloir formel et par de mystérieux rapports ce Dieu incarné se prolonge dans chaque homme. est-il donc étonnant qu'il y commande un respect surnaturel? Résolution. tout est nouveau. me préférer à un seul? roccasion. — Si je n'ai comment aurais-je — Me le répéter à le celui de droit de juger personne. Dès qu'un Dieu entre dans l'humanité.198 TROISIÈME SBMAINB surprenant. tout change. et si. — • Me montrer plus .

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soit par ce grand essor surnaturel qui s'appelle l'amour *^ du mépris. c'est l'effort qui tend au progrès. nos erreurs personnelles. jointes aux habitudes prises. la vertu de prudence viendra tracer à tout ce mouvement sa marche logique et sage. 3» Quelques méditations seront ensuite consacrées aux applications diverses du sentiment de l'humilité. Les fausses notions qui nous enveloppent. Des lois secondaires méconnues. c'est déjà commencer à en vivre.PRÉPARATION A LA QUATRIÈME SEMAINE Nous voici convaincus et déterminés nous voulons être humbles. Quelques autres enseigneront la culture de celte vertu. soit par l'extérieur lui-même. 2» Par contre. 4° Enfin. sont des causes permanentes de déviation. Prendre le goût du bien. la sève qui monte. . le prochain et notre propre misère. des con: séquences mal déduites. Le désir est le germe qui tressaille. la splendeur de la véritable humilité fera ressortir les imperfections de la nôtre et par son charme gagnera noire cœur. fausse ou dangereuse. 1° Mais ce mouvement a besoin d'être dirigé. soit par l'impression intime. envers Dieu. peuvent nous laisser une humilité incomplète. Celle quatrième ment semaine est donc éminem- celle de l'humilité pratique.

tandis que le but de la méditation est de la fixer avant tout sur Dieu. ainsi qu'on le remarquera facilement. Ne s'appuyant pas sur la foi. nous ont paru moins propres à la méditation qu'à la elles fixent principalelecture et à l'examen ment notre attention sur nous-mêmes. les faussetés et de certaines humilités. Prévoyant néanmoins que plusieurs personnes trouveraient préférable de consacrer à ces recherches. faites que cette étude me soit une révélation 1. L'observation le constate et la simple analyse viendra bientôt le démontrer. mon Dieu. l'humilité rationaliste n'est pas celle de Jésus. Débarrassez mon esprit des cette humilité se trouve chez . leur méditation habituelle. elle n'est pas de force à soutenir une haute vertu. Or.. celle des saints. nous avons disposé en conséquence les diverses parties de cette étude. et ne projette pas autour d'elle le reflet du divin. les illusions : § I. elle n'attendrit pas le cœur. — De rhumilité s rationaliste Le croirait-on? une certaine proportion de presque toutes les âmes à vertu ordinaire. éminemment pratiques.DES FAUSSES HUMILITÉS Ces études sur l'insuffisance. celle des âmes qui progressent..

ce n'est pas qui nous trompe. parler avantageusement de soi^ : — — . à cet égard. sans songer à nous en appliquer les conclusions.DES FAUSSES HUMILITÉS 203 préjugés qui bornent étrangement sa vue!. L'humilité des saints l'offusque grandement elle l'appelle voie extraordinaire. S'il s'élève dans notre esprit un certain besoin de nous justifier. Que l'on n'entreprenne rien au-dessus de ses forces. — En quoi consiste l'humilité rationaliste. Ses idées intimes. L'enseignement des maîtres de la vie spirituelle ne trouve pas grâce devant elle. Je vous le demande par l'humilité de Jésus qui dépasse la raison humaine. de toute la hauteur du Calvaire.. Dans ce cas. ni I. varient de cette for: : — mule modérée : Il faut en prendre et en laisser. c'est la nature qui : traîne. elle se contente souvent pratique. l'on ne s'estime pas follement soi-même. — — Nous toujours de rester la raison nous enadmettrons nonchalamment toute la théorie chrétienne sur cette vertu. mais elle ne l'ose. l" Que — — vain voilà qui suffit à ses exigences. à cette autre C'est absurde.. 2° L'humilité rationaliste n'est pas dogmatique. et que l'on ne s'élève pas au delà de ses mérites. Que l'on ne soit ni arrogant. elle dirait volontiers fanatisme. Aussi est-ce le plus naturellement du monde que nous cherchons à paraître et à dominer. nous le satisfaisons par les explications les plus rassurantes prendre la première place n'est plus que respect do son rang. et que l'on ne méprise pas les gens estimables.

flatte Maître. Elle est insuffisante dans sa portée morale. ce n'est pas elle qui produit l'abnégation et qui écarte les illusions. — l'humilité Une rationaliste est à humilité se présentant sous les traits de la raison. Le sentiment inné du juste et du bien s'y trouve satisfait. je Ven . elle mutile l'humilité chrétienne.. 2° Ce n'est pas notre raison seule qui l'admet. îordant avec la raison et avec s'ac- nature. Une humilité est fausse dans ses prinpuisque ne tenant aucun compte des dogmes de la foi. — : Combien II. suis pas j'ai beau être de bonne moins sans humilité foi. craindre.. aucune de ces laideurs qui trahissent le mal. 1® telle : : 3° Le sens commun de Vbumanité. nous séduit facilement point d'excès qui choque. car elle n'atteint pas le but ce n'est pas une humilité de ce genre qui maintient la paix et la charité. nous sommes cela nos tendances ne vont pas plus loin. N'estce point là une vertu païenne? « Nonne ethnici hoc faciunt? » s'écrie avec tristesse le divin simplicité. une sainte liberté. De nous-mêmes. c'est aussi notre nature. véritable.QUATRIÈME SIMAINI 204 — et accepter sans façon tout ce qui l'amour-propre. point de grave désordre non plus. nous voilà établis dans cet état d'esprit qui exclut le doute pratique : est-ce que \out le monde ne pense pas ainsi? Victime de l'erreur ici la — commune. telle cipes.

Rappelez-vous les méditations de la deuxième semaine et le saisissement qu'elles vous laissèrent sans doute. entrent. le sourire aux lèvres. des horizons inconnus de dépendance se révèlent alors aux yeux de la foi et. En effet. et. élèvent singulièrement le point de vue. qu'au fond. chacun a pour mobile un intérêt quelconque que Ib désintéressement n'existe pas et qu'après tout. manquant d'horizon. Nous ressemblons terriblement à ces . pour juger sainement un objet. Rien n'est donc plus strictement raisonnable que l'humilité surnaturelle mais si raisonnable qu'elle soit. de plein droit. elle ne distingue dans Thumilité que la région humaine. Or. . une vérité. quelque inattendues qu'elles soient. elle est loin de nous le paraître. il ne suffit pas de le voir III. s'il se rencontrait par hasard. au seuil du surnaturel. Elle s'arrête si bien qu'on le voie. Ici Terreur de mal voir. par là même qu'il en partie. Tinanité de Thumanité rationaliste apparaît éclatante.DES FAUSSES HUHtLITlis 205 — Combien cette humilité est insuffisante. les dogmes relatifs au péché originel et à la nécessité de la grâce. qui s'entêtent à ne pas admettre ce qui les dépasse. devient un principe légitime de raisonnement. dans le domaine de la est vertu. hommes de nature vulgaire. . et les conclusions qui en découlent. et ils vous répondront. il ne serait que . devant ces découvertes supérieures. Tout dogme. mais de ne pas tout voir. et le tort est de conclure comme si Ton voyait tout. n'est pas . Parlez-leur de désintéressement. disions-nous.

chez les chrétiens eux-mêmes. pour bien croire à ce qu'il n'admet que par raisonnement. Combien d'âmes -réputées pieuses qui. elle est sans forée pour sou- tenir l'édifice surnaturel. milité de Jésus. c'est péniblement qu'une habitude nous quitte. car l'esprit lui aussi a besoin d'une certaine accoutumance. C'est lentement que le jour se fait.206 QUATAIÈMS BUALM duperie.. suscitait «ces ennemis de la Croix dont saint Paul ne parle qu'en pleurant ». ont dépouillé de ses exigences surnaturelles l'humilité de Jésus. En fait d'humilité. — Si mon humilité n'est pas l'huRéflexions.. Qui peut s'assurer de n'en point ^ubir quelque atteinte?. se refusent avec dédain aux améliorations scientifiques les plus I autorisées. appuyés sur leur gros bon sens. Notre instinct naturel en est plein.. Le terre à terre ne suffît pas pour juger les choses d'en haut.. Et ces gens-là se croient très forts Très forts aussi ces campagnards qui. chez les païens. et qui.. et notre esprit n'en est peut-être pas entièrement dégagé. C'est ce sens humain qui. ayant affadi en elles le sens chrétien. et sans valeur aux . hélas ! dans l'esprit rationaliste d'aujourd'hui?. Ne se retrouve-t-il pas. alors même qu'elle n'est qu'une habitude d'esprit. traitait de folie le sublime anéantissement du Calvaire. « Eva- cuerunt crucem Christi I » Cherchons donc à mieux voir et à mieux sentir.. méfions-nous beaucoup de ce qu'on est convenu d'appeler le bon sens et qui n'est ici que le terre à terre.

Elle ne possède ni cette douceur profonde qui assure la paix. ni ambitieux. de Nazareth et du Calvaire. point la et saints. mais l'humilité des attentive . ni susceptible! Ah! revenons à l'école de Bethléem. craintif pour donner un ordre. facilement troublé à l'occasion d'un acte de fermeté nécessaire? Ne me ferais-je pas des obligations personnelles trop gênantes? Ne serais-je pas enclin à me scandaliser au sujet des autres? L'humilité ne doit pas rétrécir les idées. § IL — De rhumilité étroite et pusillanime La pratique de l'humilité ne me serait-elle pas une source de préoccupations? Ne me rendrait-elle pas hésitant pour prendre un parti. 1" S'éloigner d'une pratique de vertu ou d'une œuvre de zèle. elle ne doit pas non plus paralyser l'action et rendre — timide.DES FAUSSES HUMILITÉS 207 yeux de Dieu pour attirer ses grâces.Et dire que l'on se croit humble parc^'que l'on n'est ni arrogant.. sèche et inféconde. prêtons une oreille plus du divin Maître aux enseignements prenons pour idéal. ni ce charme particulier qui accrédite auprès des hommes. Elle n'est plus qu'une sorte de vertu courte. sous prétexte qu'on en pourrait .. non modestie des sages. indiquées par les circonstances. ni vain.

toutes les difficultés. Se dépiter de ses fautes. sans songer qu'on prive les suborOn donnés d'une force qui est leur droit. qui n'a pas même la vigueur de s'élever au regret. Notre premier regard doit se porter sur la volonté de Dieu. appellera-t-on vertu cette égoïste frayeur qui. sans songer — — Dieu présent dans le supérieur qu'on au mépris tout cela au grand préjudice du bien que c'est livre : 1 . c'est se mal connaître et mal connaître Dieu. est un autre Voir en mal tout ce que l'on fait. pusillanimité. ne songeant qu'à sa sécurité. la prière. On n'osera donner des ordres.OUATRltMB SBMAINI concevoir quelque vanité. — : : moins 3<> à la prière et au combat. n'est pas le bien qui est en moi plus juste que sage n'est pas de moi. se laissera critiquer et reprendre. et notre sécurité doit se fonder sur la grâce qui l'accompagne. mais étroite et exclusive. mais s'attrister de soi jusqu'au découragement. unique règle de nos actes. est un vice. puisqu'il est surtout de Dieu. L'humilité fausse produit la lâcheté. l'effort. ou on le fera timidement. Faut-il donc défendre contre Dieu même cette ombrageuse vertu ou plutôt. dans l'exercice de l'autorité C'est surtout que se font sentir de la façon la plus déplorable les conséquences de cette étroitesse. rétrécit le cœur et paralyse le zèle? 2® Se complaire en soi. en Il arrête tout avancement. L'humilité véritable avive le regret. est âme — le propre d'une Trembler devant n'est pas humilité. encore .

comme le mot l'indique. tient à la nature de l'esprit . : Vautre. La vue n'est pas assez large. L'étroitesse. dépend du caractère. chacun saura où faire porter sa réforme. L'humilité rationaliste arrête la vertu à des limites trop courtes. Grâce à cette distinction. < I. On se tromperait en se persuadant que ce défaut est le propre des personnes peu intelligentes. Tétroitesse. la pusillanimité. saisissant avec beaucoup de clairvoyance et de vivacité. dans tel principe. tel point particulier qui la frappe. elle n'embrasse pas cet ensemble qui seul permet de déternwner la valeur de chaque détail. la préoc- cupation exagérée des vues de la foi. Elle suppose donc l'orgueil où il n'est pas. . mais elle la voit dans ses exigences. l'humilité étroite et pusillanime lui fait dépasser certaines limites sages. comme dans tel acte qu'elle en croit entachés. Cela l'humilité rationaliste s'explique sans peine est le fait de la raison laissée à elle-même. — 14. au contraire. il est bon d'analyser à part les causes qui le produisent l'une. outre une défectuosité naturelle.DBS FAUSSES HUMILITES 209 Ce genre Je défaut est l'opposé du précédent. — 1» Comme le ratio- nalisme. nwwique d'étendue. Pour distinguer ce travers. De rhumllité étroite. Ce défaut est loin d'être aussi commun. l'étroitesse d'esprit ne voit rhumililé qu'en partie. et pour instituer les moyens de s'en débarrasser. tandis que l'humilité étroite et pusillanime sup: pose. elle lui prête des proportions excessives. Elle ne distingue pas n'est qu'un vmLXTi.

is à hésiter. non pas d'exister. jugement.. si le mal se rattachaità la nature même de l'esprit. et de cette partie de soi que l'on défend avec l'acharneraent le plus il convaincu. Que ne son jugement et le autour et plus loinl satisfait voit-elle tout fixe. avons-nous dit. De l'humilité — !• La pune provient pas du pusillanime. l'ouverture confiance au directeur. elle le serait la guérison est plus laborieuse bien davantage encore. la charité par exemple. Qu'on y joigne la lecture de livres capables d'éclairer. son jugement.. La formation première a été souvent la seule cause de ces défectuosités. car consiste à douter de soi. une autre formation plus intelligente peut tout restaurer. Or. par une action prolongée. La crainte peut provenir soit d'une circonspection trop inquiète. Quand elle n'a fait qu'introduire des principes étroits. soit d'une volonté trop faible. 2° Le remède est d'application difficile. c'est cette défiance qu'il faut éveiller atout prix. et les idées deviendront plus larges en devenant plus justes. 11 n'y a pourtant p. Ces deux défectuosités déterminent : . mais si. II. la portion de vérité qui se trouve dans son erreur même. sillanimité. mais du caractère elle se compose de toute disposition donnant accès à une crainte. mais de paraître. elle a fini par déterminer une sorte d'entorse morale.QUATRIÈME SSMAIMS 210 non plus les circonstances qui foui que telle autre vertu. interdit à rhumilité. Comment avoir assez de jugement pour se reconnaître le jugement faux? .

Ce défaut n'est pas spécial aux âmes médiocres. car les plus réfléchis eux-mêmes n'échappent pas à ces accidents de l'insuffisance humaine. elles voient de l'orgueil dans tout ce qu'elles font et dans tout ce qu'elles pensent. et l'abondance des solutions déconcerte. dans le cours de l'action. Etes-vous prudent à l'excès. Ni l'un ni l'autre ne parviennent à se fixer. à des craintes le 2» qui les torturent. peut se laisser arrêter par moindre incident. mais d'une manière différente. très méticuleux? forcezvous à couper court. très regardant. — . et l'un comme l'autre. La pusillanimité ne suppose donc pas précisément un manque d'intelligence. même dans les cas graves et prenez toujours une résolution bien tranchée. le caractère faible voudra et ne voudra pas. Certaines personnes. L'esprit trop circonspect s'embrouillera au milieu des nombreuses possibilités qui entourent chaque décision. restent livrées. mais une intelligence d'un genre particulier.DES FAUSSES HUMILITÉS 211 également l'hésitalion et l'inconstance. elle s'allie le plus souvent à une extrême subtilité d'esprit. Surtout ne remettez pas en question ce qui a été décidé. Décidez-vous à première vue dans les choses ordinaires. tout en voyant bien ce quMl devrait faire. et ne saura quel parti prendre. et gardez-vous bien de vous reprocher les erreurs où vous avez pu tomber. pour elles-mêmes. 3° Le choix du remède dépend de la cause qui produit le mal. qui montrent de la fermeté dans le gouvernement des autres. Ne réfléchissez pas trop. Des vues trop multipliées aveuglent.

souveut quelque chose de faux qui met les autres mal à l'aise. vous n'avez pas le droit d'en faire une question d'humilité. mais qui vous regarde tellement qu'elle se sent toutes les énergies du devoir et toutes les saintes hardiesses du zèle I J . à l'extérieur tout entier. et Ce défaut est d'un oubli. donnez-moi cette humilité simple et courageuse qui ne regarde que vous. Si ment — L'humilité étroite ou pusillanime imprime à la physionomie. vous cédez tout bonnement à votre faiblesse. à la parole. Tétroitesse et la pusillanimité proviennent d'une préoccupation. Ici la direction sera utile. prenez garde. l'oubli de Dieu. contraire à la prudence.212 QUATRIÈME SBMAINS vous êtes d'une nature peu résolue. moins pour éclairer que pour soutenir. faciletroublée par les obstacles ou les oppositions. Il porte atteinte à — l'ordre social et discrédite l'humilité. Maintenez vos commandements et vos observations. mon Dieu. toutes les fois qu'il n'est pas évident que vous vous êtes trompé. Relevez donc votre courage et imposez-vous le devoir de sauvegarder davantage vos droits et votre dignité. Au fond. quelque chose de gêné. ou les porte à abuser. celle de soi. qui a la mission de gouverner toutes les vertus.

ô mon Dieu. Or. sans songer que cette loi. Cependant. je ne veux rien de factice. car bien peu échappent entièrement à ce travers. votre indulgence. les pharisiens se . en étaient descendus là. si elle n'est pas haute. la fausseté de cette conception. accuse. Je peux donc avoir beaucoup à réformer ici. il est amené. or. tandis que ces actes n'en sont que la manifestation et les effets. Les juifs. encore moins rien de faux dans mes paroles ou dans mon extérieur. à se contenter finalement de simples protestations ou de vaines apparences. exige l'amour qui assiste et ne se contente pas 4'une formule. soit du moins loyale. De leur côté. sans m'en rendre compte.DES FAUSSES HUMILITÉS ^ § III. Nature de ce défaut L'homme a cette tendance invétérée de placer la vertu dans les actes extérieurs. par la logique de cette erreur. plus un travers est commun. outre le respect qui s'incline. votre secours I — I. mais trop tard. Quand ils avaient dit à leurs parents pauvres : « Tout ce qu'il <ous plaira! » ils se croyaient parfaitement en règle avec la loi divine. moins il frappe. Votre lumière. 213 — De rhumilité fausse dans son expression Que nul ne passe rapidement sur ce sujet. Que mon humilité. du temps de Notre-Seigneur. La dégénérescence qui en résulte.

NS 214 tenaient pour humbles parce qu'ils se prosternaient bien bas dans les rues. Sondez bien votre cœur.. Voyez vos révoltes quand on vous juge moins capable. : ! h . permettriez-vous aux autres de vous regarder de haut?. tout en conservant la conviction entière de leur supériorité. et si vous reconnaissez en elles quelques imperfections. le pensez-vous? En vous courbant. . En disant que vous ne valez rien. aussi loin que le lui permettent l'irréflexion et les usages.. misère et imperfection. le mépris des autres. gardez-vous bien de le leur dire. qu'aussitôt elles ne s'en plaignent. Certes. dit encore saint . qui plus est.OOATHiÈMB SEMAt. et. » « n'appelle point humilité. nous n'en sommes point làl les enseignements de l'Evangile ont trop pénétré la société chrétienne pour que nous puissions descendre à de tels abus. et l'humanité ne laisse pas que de pousser sa tendance. quand on vous contredit ou tout simplement quand on vous néglige « Il se trouve souvent des personnes qui disent qu'elles ne sont rien. mais plus d'un en subit l'influence secrète. mais prenons-y garde! notre nature appartient toujours à rhumanité. qu'elles ne sont qu'abjection. et qui ne sauraient souffrir qu'on leur dise la moindre parole de mésestime. Jésus exige que nous soyons humbles? disons que nous ne valons rien montrons aux yeux du prochain un air doucereux et des manières déférentes prenons à l'église une attitude abaissée nous voilà humbles! Assurément. car elles s'en offenseraient. nul ne fait cette déduction explicite.

Qu'elle est belle l'humilité où tout s'harmonise dans la sincérité! Mais que la sincérité soit en défaut sur un seul point. de gestes. être plutôt nommé fantôme d'humilité. Cet abus est le plus souvent inolTensif. et l'extérieur se trouve violemment séparé de ce qui doit en être l'âme. car il la discrédite. comme il advient souvent. lui emprunte ses expressions. de révérences et d'inclination. partant plus de beauté. Toute société se forme un langage. Grande leçon pour les vertus ordinaires. la conviction intime. il faut en convenir. Ce que nous disons des paroles. car nul ne tient grand compte de ces formules. » — II. étendons-le aux attitudes : y avoir une correspondance parfaite entre nos sentiments et leur expression. il nuit toutefois à l'humilité puisqu'il la dépare.OSS FAUSSRS HUMILITÉS 215 François de Sales. Si la nôtre ne va pas jusqu'à nous insil doit : . sur une seule note plus d'harmonie. ce cérémonieux assemblage de paroles. ne sont chez la plupart des autres qu'un simple écho. absolument sincères chez quelques personnes. Un milieu de piété adopte nécessairement des formules humbles qui. de baisements de terre. et toute personne qui en fait partie. la parole du sentiment est en désaccord avec la paiole qui sort des lèvres. Origines de ce défaut. quand il se fait. sans aucun sentiment intime de sa propre abjection et de la juste estime du prochain car tout cela n'est qu'un vain amusement de faibles esprits et doit . plus de charme. plus d'unité. et à la piété.

interrogeons notre conscience pour lui demander si vraiment elle nous en impose le devoir. et à mesure que. Elle sera moins profonde. On peut ajouter que le plus périlleux c'est d'en parler en mal.216 QUÀTRlilME SEMAINK pirerles bas sentiments que les saints professent d'eux-mêmes. Saint François de Sales affirme que « parler de soi-même est aussi périlleux que de marcher sur la corde ». elle ne nous inspirera pas une attitude très abaissée. certains torts que nous accepterons de bonne grâce. Ne parlons de nous que par nécessité et. ne les exprimons pas. Qui. pense beaucoup de mal de soi et qui donc a grande envie de se faire croire? Laissons aux vrais saints les expressions méprisantes dont ils s'accablent. nos paroles et notre attitude traduiront ces sentiments nouveaux avec une sincérité toujours égale. elle nous laissera du moins une attitude exempte de prétention. avant de le faire. notre misère se révélera plus clairement à nos yeux. . que la grâce nous fasse entrer plus avant dans les secrets divins. par ce contraste. certaines infériorités dont nous serons convaincus. leur humilité est seule assez profonde pour aller jusque-là. Il sera bon de récapituler ici les divers sujets de confusion que nous venons de découvrir. désirons que notre vue devienne plus pénétrante. Il y aura toujours certaines défectuosités que nous pourrons avouer. gardons la beauté de ce qui est moindre mais vrai. mais elle sera plus sincère. En même temps. n'en prenons pas l'attitude. en etîet. faisons de cela notre humilité.

L'humilité au service de l'orgueil. Ces seul. III.. On dit du mal de soi pour en faire dire du bien. parce qu'on s'en sert une s'attirer des louanges. — Bien autrement grave est l'abus de ces mêmes formules quand au lieu d'être l'effet d'une simple coutume. Cette humilité. que de le faire dans des vues hypocrites. pour . On exagère ses torts pour les noyer — — dans l'humilité de l'aveu. interiora ejus plena sunt dolo. c'est parce qu'elle est bien connue. C'est s'humilier d'une odieuse façon. et répandent ce travers chez ceux qui ne sont pas sur leurs gardes. On demande d'être averti. pour obtenir d'être loué. dit Rodriguez.DBS FAUSSES HUMILIlAs Que de 217 faussetés! que d'exagérations que de secrets désirs d'estime sous petites calculées! des aveux humiliants! Il importe aussi de débarrasser notre langage de certaines expresvsions que l'usage. Si l'on s'accuse d'une faute. doit s'appeler humilité à crochet. quoi de L'Ecriture l'a stigmatisée en cej plus vil termes « Est qui nequiter humiliât se. maintient expressions choquent ceux qui ne croient pas à leur sincérité.. » ! : On affebte de s'effacer et l'on — — ne songe par là qu'à se faire rechercher. et l'usage dans certains milieux. comme on se sert d'un crochet pour faire venir à soi les objets qu'on ne peut atteindre. — Calculs de l'orgueil. elles deviennent un moyen cherché de s'attirer l'estime. et l'on insiste davantage à mesure que l'on est moins cru.

dans un milieu de piété et plus ce milieu est élevé. — Humilité fausse dans son sentiment Quand on lité est-elle même se pose cette question mon humivraie? on porte aussitôt son atten: comme nous venons de le faire. Or. il est bon de se demander.QUATRIÈME SEMAlNX 218 lY. on s'inquiète de larérifé du sentiment lui-même. sur la conformité de la parole avec le sentiment. chose étonnante. de loin en loin. et restent par conséquent incapables de soutenir la vertu De là l'importance de cette nouvelle étude. : . et Il y a qui. elles ne sont pas réelles. quoique sincères.au point de vue delà formation mais comme elle s'exerce à toutes les périodes de la vie spirituelle. ii l'humilité sur laquelle on se repose. pourtant des convictions factices. : . poussant plus avant l'examen. Dansla V«méditation. Cet éclat qui entoure l'humilité. est le plus séducteur de tous. plus son action est puissante. n'est pas une humilité plus ou moins tion. L'humilité d'impression peut être attribuée à plusieurs causes toutes néanmoins ont leur point de départ et leur base commune dans l'estime dont jouit cette vertu l'estime est un éclat dont l'orgueil aime à se parer. cette influencb aétérecherch'^e. Il est rare que. peuvent être sincères. . .

si abject. elles ont ressenti pour leur vertu héroïque une vive admiration. se croient obligées de professer à leur tour le mépris que les Saints professaient d'euxmêmes. ainsi ont lu les vies des Saints.. que nous venons de le voir. si coupable? Le croyez-vous?. I. communique aussi ses impressions. Les personnes pieuses factice. parvenus jusqu à nous. Mais une fatale déviation se produit le jour où ces âmes.. Eh bien! essayez. mais ce qui les a surtout frappées.. Commençons par analyser les diverses origines de cette illusion.219 DES l-AUSSES HUMILITÉS factice. raison les presse Ces sentiments ne conviennentils pas mieux encore à ma misère?. Ne puis-je pas les exprimer aussi? — : Une excellente pensent-elles. Influence des idées régnantes ou humilité — Le milieu qui transmet ses formules. c'est le miracle de leur humilité. répétez à loisir cette longue litanie de leurs plaintes humiliantes. De là le désir de descendre avec eux dans les profondeurs de cette vertu. A l'instant vous vous sentez suet les rassure : : . mais supposez que tout à coup telle personne amie vous interrompe et vous dise est-ce donc vrai? seriez-vous si vil. se persuadant avoir l'humilité des Saints parce qu'elles l'admirent.. JusLe sens de l'émulation et qu'ici tout est bon celui de l'imitation nous sont donnés pour être les agents les plus actifs du progrès. contraste saisissant du mépris de soi-même dans une éclatante perfection. encore peu avancées. font vibrer toutes les générosités de leur émulation. Ces accents désolés.

nous restent cachés. 1. pure expression de notre âme. Dieu se révèle si beau et si saintement exigeant. que leur propre misère les épouvante et les désole. elle ne baigne pas les profondeurs de la conviction. se ternir et se fausser par une cliner à cas douteux . notre reflet de Dieu. rem: plissent peut-être notre vie . ils ont beau les redire. les Rien On comprend que ces appréciationg ne concernent pas âmes profondément humbles. le front dans la poussière. qui. sortent de leurs entrailles. Nous poursuivons ici l'étude dçs humilités suspectç^. A genoux. ils ont beau chercher des expressions encore plus fortes. très visibles aux yeux des autres. Adoptons cette règle très sage d'in- nous condamner nous-mêmes dans les mais ne laissons pas notre conscience. Contentons-nous d'implorer la grâce de mieux connaître les mille imperfections. . N'ayant pas les vue» lumineuses et les grâces spéciales des saints. ils ne parviennent pas encore à égaler par leurs sentiments l'absolu de leur conviction. Si nous n'avons pas ces grands sentiments d'humilité.QUATRIÈME SSMÀINS 220 bitement refroidi et tout étonné une piqûre a dégonflé le ballon *. Aux saints. ayons du moins l'humilité de le reconnaître / et n'essayons pas de combler par des apparences ce vide réel. qu'un écho! Cette humilité est en vous toute de surface. vous n'êtes qu'un reflet. si aimable aussi. les défauts qui. à notre insu. ils savourent leur abaissement. habitude de sentiments conventionnels. Les cris déchirants que jette leur prière.

S'il y a des milieux qui communiquent l'impression superficielle de l'humilité. s'j enferme.DK8 FAUSSES HUMILITÉS 221 de factice Soyons vrais même et surtout devant Dieu qui lit dans nos cœurs ! ! II. mal gré leur égoïsme féroce. il se détournerait de vous avec dédain vous ne l'avez jamais compris! Et il est sincère. qui agit. Ce qu'elle sent. Ce que traduit son imagination seule. tout en dehors du réel. jaillit assurémentd'une cerd'illusion. ce qu'elle exprime. : : . taine conviction du moment. parcourir toute la gamme de la sensibilité et. ni cette conduite. N'allez pas dire à cet homme. N'a-t-on pas vu des poètes. qui parle. que. et qui la : : naissait! Son imagination saisi! une situation. dans la vie pratique. C'est un rôle qu'elle trompe elle-même. et finit par s'identifier avec elle. le tempérament est la cause qui agit du dedans. la . au cœur sec. Une âme d'artiste habite souvent une région éthérée. il y a des tempéraments qui en créent l'illusion ce sont ceux où l'imagination domine. Comme précédemment. tout ici est en surface. lui semble le traduire lui-même il a deux vies et il ne s'en connaît qu'une. L'influence — du tempérament ou Le milieu est humilité cause qui agit de l'extérieur. on ne lui voit ni ces sentiments. C'est elle qui sent. exalter avec enthou siasme les plus purs dévouements! Le lecteuv tout en larmes de s'écrier quel cœur! Et l'entourage immédiat de répondre si on le cor joue au naturel.

elle s'arrête dans son essor. et en gardent toute la fragilité. S'il se trouve dans le réel il est lui. comme elles y sont écloses. semble leur être tout ce qu'ils acquis. comme le veulent. victime de luitains rêveurs. par lequel tout ce qu'ils admirent. exaltent. . Elles s'y étendent. toujours dans cette particulière région séparée du réel. à en exalter les charmes : l'impression gagne du terrain et devient plus profonde.222 QUATRIHMiî SEMAINE y a aussi des humbles d'imagination. sinon détrompée. Hélas c'est dans l'imagination seule que ces merveilles s'accomplissent. lâchement. le désir. mais. Un travail latent se fait. à tort. tout a disparu on ne retrouve qu'une âme préoccupée d'elle-même etsensible à tout orgueil. c'est-à-dire au contact de la réalité. l'inclination peut-être. sa puissance d'illusion. ! : : nalités distinctes. il devient un être de convention. Ils et. il même. cer- a simplement deux manières d'être très dissemblables. C'est un rêve. prenez garde elle est capable de porter en humilité comme en tout. par la liction. Au lever du jour. Elle ne se réalise qu'en rêve. elle a subitement perdu ses ailes et bientôt lasse. Descendue au terre à terre de la pratique. Il y avait là comme deux personnes le dédoublement s'est opéré! Nous ne disons pas que l'homme possède deux person11 admirent cette vertu. : . ils en ont l'amour. sa beauté passe dans leur esprit et le pénètre. Si votre imagination est vive et ardente. par l'effet de ce sentiment. Qu'ils aient à en parler fréquemment. s'il s'enferme dans l'idéal.

mais peu sûr. dit-il. « rité donné à notre cœur. elles font tout cela avec une sorte de conviction. Ce n'est pas titude des actes a parole d'un vivant. de confesser leur misère et III. n'est pas la charité. Influence des —A l'influence : — quelques-uns de leurs torts. loin d'être en soi une ennemie. Quelle est l'explication de ce phénomène? Nous la trouverons dans une observation magistralement présentée par saint François de Sales. son accent sonne faux il se répète avec une insistance de mauvais aloi . Il se rencontre des personnes vraiment orgueilleuses qui éprouvent le besoin de faire des actes d'humilité. .. quand l'orgueilleux profère contre luimême tant d'âpretés. Chose étonnante. Elle porte. » Oui. l'habitude... Elles se mettent au dernier rang et s'accusent même des maux publics. qui appelle le vrai : tous les contrôles.DKS FAUSSKS HUMIUTBS 223 Nous verrons bientôt comment on discerne du factice. car enfin l'imagination. mais un pli et inclination que la mulmilité. il est vrai. la .. sur la charité. mais celle d'un rocher creux et vain. elle s'applique parfaitement à l'hu- Ce reste d'amour qui survit à la chadans l'âme coupable. est un auxiliaire auxiliaire puissant. mais comme elle part du principe même des vertus. habitudes ou humilité sans du milieu et à celle du tempérament s'ajoute une troisième source d'illusion l'influence persistante de vertus disparues. c'est un simple écho qui répète la voix.. vie.

et que tout cela ne manque ni de douceur ni de quelque sincérité. Plus elle l'attention des verra l'impression qu'elle produit. trouvera de nouvelles délices à se faire humble.. demeurant en repos. que son repos est léthargie une manie. et se trouvant enfin que sa sainteté est feinte. Si je me ! l'humilité.. Mais tandis qu'elle croit goûter la pure humilité. » Terminons par une remarque qui et sa joie doit attirer personnes ferventes: Une personne admirée pour son humilité et qui le sait.. devant son exagération et son amertume.. peut-être ne le suis-je pas davantage 1 .. telle est la nature de cette humilité. Besoin autrefois senti et qui persiste dans la seule habitude!. si j'é- prouve pour elle de l'admiration.. sans trop savoir pourquoi.. « Eh bien! ajoute saint François de Sales. mais c'est à désessens de l'éloignement pour Dieu.224 QUATRIÈME SEMAIlfS et. et. Formuleautrefoissincère etqu'ona retenue!.. Réflexions. et c'est l'action de ce poison qui lui communique ce surcroît d'ardeur... n'est-ce pas une grande pitié de voir une âme qui se flatte en cette imagination d'être sainte. — mon j'ai peur! quoi. à se croire humble. je ne suis pas humble ... c'est peut-être la douceur de l'estime commune qu'elle savoure. on demeure inquiet. tant d'illusions possibles pérer !. dont la puissance est encore si grande qu'elle provoque parfois des émotions et des larmes. plus elle s'enfoncera dans le sentiment de son néant.

Ah si le goût persiste. un insuccès dont on vous rend responsable.. . une préférence pour les autres qui vous rabaisse. chez les âmes ordinaires. nous n'avons rien à dire. surcroit dinaire. . sinon qu'ils comportent trop peu de difficultés pour témoigner formellement en faveur de la vertu. très réels chez les grandes âmes. De ce que l'on se contient dans les occasions où l'amour-propre est blessé. ne sont le plus souvent. tout simplement un reproche. pourait être le seul agent de cet effort. il n'en faut pas faire grand état ces goûts. Attendez les occasions positives un mépris que rien ne compense. s'il répand Jans l'âme un contentement profond et donne à la vie spirituelle un. : ~ : : I BUMILITi. qu'un certain contentement de soi. Quant au plaisir que l'on éprouve à parler en mal de soi et au goût sensible qu'évoque la pensée de l'humilité. il ne ressort pas la preuve absolue que l'on se contient par humilité la simple prudence y suffit d'orsensible : suis-je Attendez ! — : dans certains milieux. s'il accueille sans ostentation ces abaissements. humble? De ces actes nombreux dans la méditation. — 15. et. l'amourpropre lui-même commande cette conduite le désir de ne point passer pour orgueilleux. une confiance qui se retire. ou tout au plus une admiration platonique de la vertu.DES FAUSSES HUMILITÉS J'en fais des actes 225 nombreux dans mes médi- me contiens dans les occasions où mon amour-propre est blessé j'éprouve du plaisir à dire du mal de moi-même et la pensée de l'humilité répand en mon cœur une joie tations je .. bien mérité d'ailleurs.

Il ne vient pas de la nature . ou notre propre imagination. l'orgueil peut-être. dans nos élévations de cœur vers Dieu. trop le redire voyons : . bon et qu'il est beaul Seul. comme nous nous imposons de l'être devant le prochain. Ah que le vrai est pour nous. ou les sentiments des saints. et de porter aussi loin que possible Thumilité comme les autres vertus. Dieu seul peut l'ins: pirer. produisant de tels effets. ayons la probité de nous interdire toutes les formules d'humilité. rassurez-vous un tel goût. — ! . fortifiantes. ni. que nous dicteraient seuls. car seul c'est la vertu. Nous ne saurions N'affirmons que ce que nous soyons sincères devant nous-mêmes. elles ne sont ni dignes de Dieu. Ne fussent-elles que vaines et vides. il est bon de s'étendre vers tout progrès. Sans doute.QUATRiiMI SKMÀllfl Î26 d'ardeur. Ces formules ne produisent que l'illusion de la vertu. mais il faut le faire dans la vérité. est un goût de bon aloi. Dans nos prières. il est à la fois lumière et force.

nous indiquerons quelques séries de réflexions et d'affections.Coup d'œil sur les deux méditations qui vont suivre Au de ces considérations pénibles. Nota. étude instructive néanmoins. elle n'a qu'à les dégager de principes établis déjà . cette triple manifestation de la belle santé de l'âme. dans la tendance prononcée à l'effacement et au sincère mépris de soi-même. — Les — personnes qui en auraient le temps pourraient utilement consacrer trois méditations à chacun des deux exercices qui vont suivre. sortir attristantes Etude même. elle compose une doctrine pratique étude encourageante aussi. parce qu'elle fait surgir à — — chaque pas des conséquences imprévues étude éminemment utile. et dans cette ravissante disposition qui en émane. et l'attrait. . la ferveur. pour amener au grand jour ces riches découvertes. Ses traits vont nous apparaître pleins de clarté. Son action directe produira la paix. . l'inclination à estimer les autres. car. sur facile. dilatation. puisque de ces principes et de ces conséquences. où tout est lumière. beauté. . les fausses humilités. élevons nos regards vers l'humilité véritable. A cause de leur importance. la fécondité.

Mais sur quel point demain . . Elle lui oppose d'abord l'inclination au simple effacement allant plus loin. .Quatrième Semaine PREMIÈRE MÉDITATION XXII* EXERCICE Des caractères de la véritable humilité — Deuxième point — Troisième point Premier point : Inclinatioa à l'effacement. qui. elle ne pourrait être contre nature que dans ses actes. : : — Préparation pour la veille. les actes . mais si la tendance relève de la vertu spéciale dont elle est le mouvement. L'humilité est une vertu donc. elle fait naître l'inclination au mépris. Nous étudierons les caractères distinctifs de l'Iiumilité. devient un véritable amour. Inclination au mépris de soi-même. en certaines âmes. Une telle disposition n'est-elle pas contre nature? Point du tout. Inclination à l'estime du prochain. portera-t-elle son effort? Sur cette tendance dangereuse qu'il faut dominer la tendance à nous surfaire dans notre propre estime et à nous surélever dans l'opinion des autres. elle doit être une force permanente. car éminemmwit pacificatrice et bienfaisante comme tendance.

elle ne saurait néanmoins repousser ceux qu'elle croit mériter. - paraître par dessus ne veut ni paraître savoir ce qu'elle ignore.PREMIÈRE MÉDITATION 229 relèvent en tout et pour tout de la prudence. nous le verrons plus loin. et aux autres d'eux-mêmes et oublié. elle... Inclination à l'effacement. I. établissant ainsi Par . Demander la grâce de ne point se décourager en voyant tout ce qu'exige l'humilité. » {Imitation. . .) L'humilité cache tout ce qui et perfection que par humaine. ni avoir l'air d'ignorer ce qu'elle sait. \^o Méditation — Prélude. » tout. Aimez à 1» « — Ama « être ignoré.) 2° Elle n'aime pas les éloges. . la liberté et la de Dieu dans son action sur l'âme. détourner l'attention. elle elle ne est vertu le fait est simple nesciri. les droits des vertus seront sauvegardés la dignité personnelle sera maintenue toutes les initiatives utiles seront prises en un mot. de l'âme dans sa parfaite obéis- fidélité sance à Dieu. charité. Une personne moins Elle s'ingénie alors à c'est si facile! Parlez vous serez vite humble prendrait des — airs effarouchés et nie- . ce qui doit être l'humilité n'interviendra que fait sera fait pour donner à toute cette activité un caractère en quelque sorte impersonnel. et elle (Saint François de Sales.

humilité douOh! la vérité. moins en vue. c'est à Dieu qu'elle en fait remonter la gloire. c'est elle seule qu'elle accuse.230 QUATRIÈMK 8KHAINS révidence attitude fausse. mais ame humble se l'explique à merveille est-ce que Dieu n'est pas le principe premier et nécessaire à tout acte bon Est-ce que l'Etre parfait peut avoir une part quelconque dans un insuccès? 3° Au reste. Quand l'orgueil ne nous aveugle « Ce que vous pas. » Humilité révélatrice 4° Choisir l'emploi le la : 1 Réflex/ons et sentiments. la simplicité. comme pendant la chaleur on cherche l'ombre et elle s'y trouve bien. Elle sait que la moindre trace qu'elle en laisserait aux parois du vase. elle y va enveloppée de modestie. c'est à moi que vous Causez fait. quand elle échoue.. serait un principe de corruption pour tout le bien que Dieu y pourrait : teuse. elle est inclinée vers les petits et les pauvres. elle pense très peu au bien qu'elle fait. Jésus est transparent en eux aurez fait au plus petit. 5° Par goût.. 1 : ! rait mettre. la place plus effacée.. Elle n'ambitionne rien de ce qui distingue. et si elle est appelée à faire de grandes choses. La raison s'étonne de cette partialité. encore moins aux éloges qu'elle reçoit.. Elle éponge avec soin ces vaines complaisances d'orgueil qui suintent en nous de tous les côtés. Partout elle cherche l'oubli. paix profonde et suaves — 1» — Impression de 1<* DépendaQca . même et surtout dans l'humble effacement. Quand elle réussit. lui parait tout naturel.

si le désir de l'estime des autres est plus général. 4" La simplicité consiste à éviter le factice. le sentiment excessif de l'estime de soi est bien plus violent. — — — — : — . iO" Le plus grand bien a toujours été fait par Dieu vient les prendre ceux qui s'effacent H» Se comme par la main et les accompagne 12» Comparer résoudre à cette humilité. et en cela elle vise Dieu avant 5° Son influence heureuse sur l'intout . sa vie à cet idéal et prendre des résolutions pratiques. dont les écarts sont très funestes. s'adresse à une autre tendance : Vestime de soi. puis à se dégaet en cela l'humilité est vraie ger du multiple. — IL Inclination au mépris de soi-même. 6° Instinct telligence des vérités de la foi 7® Chaude mystérieux qui lui révèle le bien atmosphère où toutes les vertus se développent. . C'est lui qui fait les vrais orgueilleux. — — . écouter.231 PREMIÂRX MÉDITATION libre et 3"» — souple à tous les vouloirs divins .) L'humilité d'effacement a pour objet l'estime des autres elle modère et dirige le désir inné que nous en avons. L'humilité qui concerne le mépris de nous-mêmes. » {Imitation. « Qui se connaît bien se méprise. — Facilité à se faire agréer. brisent les oppositions les plus légi: . . aimer. 9" Place laissée vide et que Dieu remplit. 8* Disposition éminente à la vie intérieure. Certaines natures ont grand besoin de cultiver l'inclination au mépris de soi-même. car. ces hommes qui tranchent et s'imposent.

Jetons sur notre vie un regard sincère. elle pense souvent à ce qui la rabaisse au point de vue du talent. elle nous aide à devenir humble. elle rougit des témoignages d'estime qu'elle est obligée de subir : « Si l'on savait! » dit-elle. S'il s'agit d'une faute. et se défend d'en atténuer.. Oui. 2° Lui arrive-t-il de commettre l'une de ces maladresses qui ne nuisent qu'à l'amour-propre elle s'applique à l'aimer. et elle la hait mais la faute contient aussi l'humiliante manifestation de nos mauvais instincts et de notre incurable faiblesse. tandis que l'humiliation demeure. si nous y découvrons quelque chose de cette dangereuse tendance. ayons le courage de nous incliner résolument au mépris de nous-mêrae. elle n'est plus. et. etc. quand la l'âme pru- . pour cela. sans motif. sentant sa vertu toujours chancelante. des dons même de la grâce. 3® Toujours humble consulte — défiante d'elle-même. dédaignent les conseils. car la faute est pardonnée. des avantages extérieurs. toute humiliation est bonne. Il n'est pas nécessaire que l'orgueil atteigne ces excès pour être odieux et perturbateur. et. Or. et fait ressortir la miséricorde de Dieu. des penchants misé- rables. \* L'âme humble s'applique à connaître le peu qu'elle vaut. elle se réjouit. : . volontiers. et. prenons conscience de nos yéritables sentiments.. et méprisent leur entourage.232 QUATRIÈMI SSMAL'VI times. la fâcheuse impression. et elle se réjouit. Se voyant des défauts. elle l'envisage sous deux aspects la faute contient l'offense de Dieu.

. « Dites-moi bien librement tout ce que vous avez remarqué de défectueux... Réfléchissez d'abord. 6<» Certaines occasions mettent particulièrement à l'épreuve le mépris de soi. On vous reprend. — : .. elle se plaît à les faire — connaître et à les rappeler.. » Et tout cela sent la sincérité et la joie dans l'amour de l'humilité et de la perfection. elle veut paraître vile et non pas humble. grâce à vous. Avons-nous besoin de le dire la vérité défend de s'attribuer des torts que l'on n'aurait pas et la sagesse ne saurait permettre de se faire mal connaître...233 PREMIERS H^DITATION dence rieurs. remerciez franchement.. elle rend facile et douce la tâche de l'amitié... Elle se garde bien de changer l'effet de ses aveux par l'exagération ou par quelqu'autre habile moyen. et si l'observation est juste. je finirai par devenir meilleur. Oh! le 4° c'est juste et que je vous remercie.. : . et gardez-vous d'ajouter l'une de ces protestations qui sentent le désarroi d'un amour-propre blessé oh! vous avez bien raison! je n'ai que des défauts! ahl si vous connaissiez toute ma misère l. certaines fautes avilissantes du passé. Dans les milieux où est établi l'usage de la monition.. le permet. sous prétexte de s'humilier. elle s'adresse même à ses infé- — Elle sera heureuse ensuite d'attribuer succès aux avis qu'elle a reçus.. que 5<* C'est au confessionnal qu'elle donne libre carrière à son besoin d'humiliation. on vous avertit d'une erreur... d'une imprudence. Certains motifs bas dont on rougit. Vous verrez que. même aux yeux de son confesseur..

et votre zèle s'arrête déconcerté. 12° Se mettre de son mieux de vouloir . de fermes red'un inférieur dont on a s'agit charge. Ne le voyez-vous pas sans cesse prêt à ténoigner son amour? donnera de m'oublier et de lui — me 9*> Ah! qui me perdre dans un — 10* Long sincère mépris de moi-même I H" Demander regard sur Jésus humilié.. l*» de cette disposition. si vous prononcez quelques-unes de ces « Après tout. — 6° Foyer de tenincomparable pour dresse 6" Qui n'aimerait une telle âme? — 7» Qui refuserait sa confiance? — 8° Quels Réflexions et sentiments.QUATRIÀHR SEMAINl 234 Par contre. ses dispositions généreuses. D'un acte de charité. dans cette disposition du mépris habituel de soi. tandis qu'une humilité profonde. vivement la grâce de comprendre. — 4® Puissance bien. s'agit s'il d'un égal. son indulgence au besoin?. si vous montrez quelque dépit. et se tenir dégagé de toute vaine complai- — — çancç. . » vous ne parlez sûrement pas sous 70 qu'on et : l'influence de l'humilité. lorsque vous donnez un avis le dédaigne. le . — Beauté morale — 2° Principe de sagesse.. d'ailleurs vous en moi!. eût conseillé peut-être de douces instances. vous faites une question d'amour-propre.. c'est votre paroles d'humeur savez plus que affaire.. s'il montrances. — 3" Sauvegarde très sûre. ne considérant que le plus grand bien. de désirer. lui sont à son égard les sentiments de Dieu.

Ses propres défauts roccupent assez pour qu'elle cherche à voir ceux du prochain. On peut craindre de se tromper sur l'amour que l'on croit avoir pour l'effacement et le mépris. dit saint Paul.PREMIERS MÉDITATION III. Quand elle les rencontre. si cettç conduite est défectueuse. Elle est encore plus jalouse de cette délicatesse pour Si j'ai me fait ombrage. Incliner à juger les autres meilleurs que soi. 1» « Alios reputa meliores te. n'implique nullement le désir de les uniter dans leur conduite. !«> L'âme humble ne se préfère à personne et ne pense jamais mal des autres. et cette conduite ne s'applique pas aux cas où l'on a le devoir de juger. 235 Inclination à estimer les autres. c'est une grande sagesse et une haute perfection. les rabaise. Voilà votre règle pratique. . soit pour diriger les autres. Cela ne signifiie point qu'elle approuve cc qui est mal ou imparfait. parallèlement. nul ne si j'éprouve pour moi-même un sincère mépris. . — « N'avoir aucune bonne opinion de soi et estimer beaucoup les autres. Estimez les autres meilleurs que vous ». » (Imitation.) L'estime pour le prochain n'est pas un acte direct de l'humilité. C'est le contraire de l'orgueil qui. l'amour réel de l'effacement. qu'on se rassure si. elle les excuse et. mais elle en est le résultat le plus constant et la preuve la plus certaine. en se surélevant. si elle ne le peut. on se sent une inclination franche à estimer les autres. 1. soit pour se défendre soi-même. je relève d'autant les autres par comparaison. elle les regarde avec indulgence^.

Un tel sentiment vient-il à faire invasion dans son cœur. parce qu'elle croit ne rien mériter. aussitôt elle le désavoue. elle reconnaît que Dieu a bien le droit de se servir des autres pour la punir. au contraire.. songeant à ses propres olTenses. elle réagit contre l'impression fâcheuse. par le calme qui permet de voir plus clair. douce et facilement reconnaissante. bien loin de se 4° Est-elle par hasard l'objet de justice commence par exan'y aurait pas donné lieu . ce signe caractéristique de l'orgueil. elle fixe sa pensée sur les bonnes qualités de la personne. Elle est foncièrement ou un manque d'égard. Aussi rien n'est plus suave que le cœur humble. ou sur l'amour que Jésus lui porte. Dans ce but. Dans tous ses rapports avec le prochain a l'esprit éminemment raisonnable. . il semble avoir perdu le triste pouvoir de s'irriter H se sent si pauvre ^ livrer à l'indignation. Elle ne se froisse pas pour un oubli grine. 30 elle — — — quelque inou de quelque violence. impartiale Elle n'est ni exigeante ni chaet généreuse. Cette . en s'eîTorçant de la remplacer par une impression favorable. 1. et. Un sentiment lui est particulièrement en mépris du prochain. le faire disparaître l'influence.QUATRIEME SBMAINB 236 les pensées qu'elle ne Test pour ses paroles. elle miner si elle î : disposition ne s'oppose pas à la défense légitime de nos droits et de nos intérêts elle la rend. plus sûre. car c'est aller plus avant dans la vertu. puis. L'humilité l'incline à se montrer juste. et par la bleaveillance qui amène lei couciliaUooa.. pour en 2° horreur.

mais en se les imposant. La charité naissant en quelque sorte de l'humilité. mes procédés. Celle qui serait déterminée par le précepte de charité. un groupe de personnes. née de l'humilité. trouvant sous ses ailes sa sauvegarde la plus efficace. Or. or. pas de susceptibilités et de froisse50 Remarquez-le bien. jamais de jalousies. exigeant. jamais de reproches amers. les actes commandés. sortant d'une conviction intime. prochain. pourrait se porter aux mêmes actes. 2" Voyez la chaleur qui la fait généreuse. mon 8° Sonattitude. der mon cœur n'y trouverai-je que bienveillance? ne suis-je pas au contraire difficile. mécontent? 9° Appeler fortement l'humilité qui dispose à l'estime des autres. l'estime du ments. ni de comparaisons pénibles. permet de les encourager efficacement. 40 Que serait une famille. divine ordonnance des vertus. la demander avec instance. l'encouragement est le plus puissant moyen d'agir sur les volontés. — — — : — — — — : .PREMIÈRE MEDITATION 237 — 1" Admirer la Réflexions et sentiments. où chacun aurait une charité faite d'hu milité jamais d'aversion. a pour les autres. est une estime spontanée. s'ils sont aussi vertueux. combien. vif désir d'estimer tout prochain et plus particulièrement les personnes de mon entourage. mes paroles. ni aussi suaves. le support du 3° Seule. avec cette disposition. l'estime qu'on prochain serait facile. ne sont ni 6° Concevoir un aussi forts. 7° Examiner ma conduite à leur égard.

je ne peux pas être humble Si : I je m'abaisse. ment vertueux. pour beaucoup d'âmes. et que l'inclination qui forme son essence. de terreur peut-être « A ces conditions. Que tout cela vous coûte ou non. ou résultera d'un très grand amour. Eh bien c'est aller vers elles. mais il ne constituera jamais la vertu par lui-même. l'humilité de volonté et. la seule actuellement pos- de conviction . c'est à contre-cœur. étes-vous résolu à vous Mais voilà le mouvey exercer? Sans doute. deviendra ainsi pour les actes un très il donnera à la vertu un plus doux attrait. étudions sérieusement les impressions qu'elles nous laissent. La principale est une sorte de découragement. je suis donc sans vertu? » Désirez-vous ces dispositions? Assurément. et la vertu. pourra il puissant secours. Le goût suivra peut-être une longub habitude. . je ne suis pas. sible! Sachez que la vertu réside dans la volonté seule. du mépris pour moi-mAme. est une inclination de volonté et non de sensibilité. sans lui. et je ne c'est me ! — — 1 — .ÉCLAIRCISSEMENTS Sur le rôle de la volonté et de la sensibilité dans la vertu A la suite de ces méditations qui déconcertent nos habitudes d'esprit. si je conçois sans beaucoup sens pas pour les autres une cordiale estime Sans inclination pour ces choses.

la sensibilité. L'on peut donc aimer et détester en même temps le même objet. c'est tantôt le goût et tantôt le dégoût. le choix. réside dans la volonté seule. la volonté. . 1° Ne confondons pas La volonté. lui prêté l'important concours de ses goûts et de ses ardeurs. car elle^ étend son mouvement à toutft notre nature morale. elle prêtera aussi sa lumière à un grand nombre d'incertitudes diverses. la volonté et la sen- détermination. 3® Elle a pourtant sous sa dépendance la sensibilité. Or. Elle n'éclairera pas seulementle cas présent. agir et se développer. 2° La sensibilité et la volonté obéissent à des lois distinctes. Le goût. c'est la — . qui. La sensibilité aime ce qui est conforme à ses goûts. La vertu. En fait de vertu. ce qui est conforme au devoir. Essayons d'établir par une analyse rigoureuse cette importante distinction. répétons-le. c'est l'impression pénible qui éloigne. Ainsi la nature se comsibilité. Ainsi conserve-t-elle du dégoût pour une humiliation pleinement plaît-elle — — acceptée cependant. préférer c'est aimer. à son tour. — — dans une satisfaction d'amour-propre que désavoue la volonté. plus elle passe avant dans la sensibilité. c'est l'impression heureuse qui attire le dégoût.239 PREMIÈRE MÉDITATION toujours exister. plus elle est puissante.

.. mais la vertu demeure intacte dans les hauteurs de la volonté. Tantôt il se contente de permettre le jeu régulier de ces dispositions contraires. plus aimés de Dieu. Le goût sensible. nous paraît tout à : coup intolérable. plus humbles. dépend du tempérament. Souvent.. ni 1° faisant valoir. dit le Sauveur à la Bienheureuse Marguerite-Marie. nous apporte trouble.QUATRIÈME SEMAINE 240 II Remarquons-le. etc. la révolte. à son tour. les objets qui les déterminent. toutefois. 3° Dieu intervient aussi.. viennent y mettre obstacle. La volonté ne peut commander à cette capricieuse faculté d'avoir telles ou telles impressions. qui n'est qu'indirect dans ses moyens. en effet. des circonstances heureuses. Que la tentation. en effet. toutes choses qui échappent à notre choix.. tantôt il agit de lui-même « J'augmenterai ta sensibilité ». Mille dispositions difficiles à analyser. et. notre amour-propre acquiert une impressionnabilité maladive. le dégoût. jusque-là bien supportée. n'est pas absolu dans ses effets... Telle humiliation. plus fermes. 4® le Courage] Dieu veille. l'épreuve est complète . le pouvoir de la vertu sur la sensibilité n'est ni un pouvoir un pouvoir absolu. en les direct. . de la nouveauté. mais elle peut lui présenter.. L'impression provoquée peut ne pas se produire. ce qui nous intéresse particulièrement ici. 2° Ce pouvoir. Nous sortirons de là plus détachés.

Les deux méthodes arrivent au même résultat. Une humilité qui a toute son essence. en ses dispositions. quelques traits de l'humilité. — I HUMILITÉ. quoique d'une manière différente. — 16. : La — Deuxième point : La Ferveur. soit . ragement si l'on découvre. et leur examen successif fait entrer toujours plus avant dans la conQuel encounaissance et l'amour de la vertu. l'est également. soit par ses effets.Quatrième Semaine DEUXIÈME MÉDITATION XXIIl" EXERCICE DONT ON PEUT FAIRE UTILEMENT TROIS MÉDITATIONS De la véritable humilité Ses effets Premier point — : La Troisième point Paix. Les caractères révèlent son essence les effets. Fécondité. ou dans sa vie la manifestation de quelques-uns de ses effets Quel avertissement si l'on constate des carac' tères ou des effets contraires Préparation pour être connue. est nécessairement vraie. Ces deux preuves ne se contredisent jamais. par ses caractères. . — Une vertu peut /a ve/7/e. une humilité qui produit tous les effets qu'on en doit attendre. son action.

même.. trouverez la paix. Mais alors. la raison la plus forte de me faire humble. — Demander la grâce de comprendre comment tous les biens m'ariiveront avec l'humilité. et le succès coueffets : ! ronne l'effort ! mon Dieu. — 1» «Invenietis requiem.QUATRIÈME SIMAINI 242 La paix. l'humilité serait la vie spirituelle dans son plein épanouissement une vie qui se possède. pour éclore. abaissez-moi. l'action devient facile. la ferveur. La paix. elle est formelle. faites que je comprenne et que je goûte ces choses. vous I. la sève puissante et la moisson riche Le cœur se dilate. la fécondité sont les de l'humilité. dans cette triste — — . Il y va de votre gloire. ô mon Dieu! Il y va de votre règne dans les âmes. : Méditation Prélude. qui agit et qui se répand! L'atmosphère est pure. qui. » C'est la promesse du divin Maître. elle est spéciale — . a besoin d'être caché sous terre et foulé aux pieds. broyez-moi j'y consens je serai peut-être le grain de froment.. montrez-moi que tout peut se répasiège. si le et quelque joie. Si le remords découragement lui-même m'as- vue de ma vie sans ferveur et sans fécondité. et que j'ai dans mon infidélité indigence qui me trouble. faites que j'y puise un grand courage me saisit. à la rer encore. ô Jésus! S'il le faut.

. L'insuccès l'abat et le succès ne lui apporte pas la paix. Il se recherche au lieu de chercher Dieu et il n'est jamais satisfait.. Quel repos dans ce Cœur après tant d'agitations! Quel bien-être après tant de souffrances: Invenietis requiem! 3° 11 y a de grandes humiliations qui remplissent d'une immense paix.. paix se définit l'ordre maintenu à l'humilité. il sait courber le front. et des événements. L'orgueilleux se plaint facilement. il faut être pur. 2*> L'orgueil est un désordre qui nous déplace. L'humilité calme la douleur et répare le mal.. — — — . La paix est le plus impérieux hesoin de l'âme.. Elle nous rend à nous-mêmes. résignés à nos propres misères.. doux au prochain. Heureux si. comme la jouissance est le grand bien de la patrie car elles sont l'une et l'autre le règne de Dieu.DEUXIÈMS HIÎDITATION la — C'est la nature des choses. — — Il ambitieux et il se dépite. c'est l'ordre à tous les degrés : nous rend soumis à Dieu. rhumilité. et de Dieu même. Or. et nous ouvre le cœur de Dieu.. Pour avancer vers Dieu. c'est vrai mais il faut aussi être en paix. Elles avaient est . En effet. Il tient elle . Elle nous remet à notre vraie place. D'oii viendrait donc le trouble? La paix est le grand bien de l'exil. dans l'humble aveu de son erreur. : — à sa volonté et il s'irrite des résistances. Un rouage déplacé produille trouble. pax est 243 : tranqnillitas : ordinis (saint Augustin). et des hommes. il retrouvera la paix.. atteint de quelque déception plus amère.

de quelque faute commise. il est vrai. de la vue La paix 1 certé. comme un holocauste d'un incomparable parfum. n'est-ce pas l'humilité elle même qui l'a tracée? — Ne suis-je point parfois déconmécontent des autres et de moimême? Cet état ne se produit-il pas à la suite de quelque humiliante déception. s'est allumée cette joie supérieure qui consume la victime. de quelque insuccès. dit Vlmitation. Choisissez toujours d'avoir moins que plus. demeure parfois dans les ombres. dans leur emcates . « Mon fils. triste. Prenez constamment la dernière place et le rôle de la soumission. brasement céleste. La partie de l'âme qui touche à la terre. Je n'avais donc point de moi une idée assez basse Je n'étais dono pas prêt à subir l'humiliation! Je ne trouve point en moi la facilité. C'est par cette voie que l'homme pénètre dans la région du repos.. . appliquez-vous à faire la volonté des autres plutôt que la vôtre.244 QUATRIÈME SEMAINK envahi l'âme dans ses profondeurs les plus délimais elles y ont trouvé pour les accueillir une humilité généreuse et.. où rien d'humain ne se mêle. C'est que l'âme immolée elle-même a besoin de rester humble à ses propres yeux. Demandez que la volonté de Dieu se fasse pleinement en vous.. Et que je suis 1 loin d'avoir l'amour de l'abjection 1 . n'illumine que les hau- teurs. Celte joie. désolée d'une misère persistante.. rinclination qui appartiennent à la vertu. » Cette route vers la paix.

mais Dieu seul La ferveur.DEUXIÈME MÉDITATION Quel sacrifice 245 me d'amour-propre faiît-il accepter dès maintenant pour m'assurer la paix ? Si je me mettais à aimer tout ce qui m'abaisse. Or. dépend de l'abondance des grâces. la sainteté . et qu'avec beaucoup de grâces on court. se développent. Elle en dépend à tel point que. Mais. c'est la chaleur vitale (\m se répand dans l'être tout entier. II.. C'est tantôt le printemps avec ses fleurs qui charment. rale je l'envie. tantôt il exige des efforts pénibles. Tantôt cet exercice se fait avec facilité. consolation ou épreuve. soit au dehors. c'est toujours le mouvement intense de la vie. — — — — . soit au dedans? Si. cette activité qui caractérise la ferveur. Or. s'entr'aident. et tantôt l'automne avec ses feuilles qui jaunissent en laissant voir des fruits mûrs. on reste inerte. j'accueillais l'abjection avec une douceur amie? J'admire la paix des grandes âmes sous l'opprobre. la donne — « Humilitas. La grâce c'est la sève qui monte. c'est le sang qui circule. Dieu est libre . la distribution des grâceà rtlève entièrement dé Dieu. car elle est le signe d'une force maîtresse d'elle-même cette beauté mo. du moins. printemps ou automne.. les vertus agissent. on vole. ! prœbet komi- nem patulum ad suscipiendum infiuxum divinx gratias. elle n'est pas la perfection elle est Vactivité spirituelle. 2*> D'autre part. L'humilité rend l'homme malléable à l'action de la grâce divine (saint 1® La ferveur n'est pas Thomas). Sous son influence. sans grâce.

cette âme avance. de soumission et d'amour. à genoux. vers la perfection et la sainteté la perfection. Elle ne sent pas le besoin de prier. Son mouvement le plus naturel est de regarder Dieu. Divinement éclairée et excitée. tion assure des grâces . aussi puissantes que ses humbles instances. d'un pas aussi rapide que sûr. et libre. » Voyons les yeux du Tout-Puissant séduits par la vue de cette âme. une expression inimitable de vérité et de simplicité. elle prio : . c'est le mérite lentement accumulé. C'est celle du pauvre qui sent ses besoins et qui prie. la sainteté. « La prière de l'humble pénétrera le ciel. ferme son Cœur et éloigne ses miséricordes. c'est la vertu longuement exercée. et ses oreilles charmées par l'accent de sa prière. 3* Jetons un coup d'œil sur l'âme orgueilleuse. et le touche par son attitude. Oratio humiliantis se nubes penetrabit. Son Cœur s'ouvre et verse sur elle des grâces aussi continuelles que son humble attitude. un reflet du profond sentiment de sa misère. C'est un mélange de respect. Quel meilleur moyen de les obtenir que de lui plaire? Or.246 QUATRliMS SRMAINI entend rester Sans doute la coopéramais il faut des grâces pour cette coopération même. Elle déplaît à Dieu. Comment ne plairait-elle pas à l'âme — Dieu? — Considérons son attitude. Etudions la physionomie de l'âme humble. lui plaît par sa physionomie.

— !• Nisi granum frumenLa fécondité. contrairement à la loi de toute vie. elle ne fait pas surgir la ferveur. dans son sentiment vivifié et.DEUXIÈME MÉDITATION t47 peu OU mal aussi demeure-t-elle languissante. un vif sentiment de sa bas- une inclination décidée vers ce qui est humble. l'humilité. il ne suffit pas de n'être point orgueilleux : l'humilité négative exclut la faute . ti. il ne suffit pas de tenir à l'écart toute sotte vanité. cette disposition qui attire toutes les grâces? Pour avoir cette humilité qui stimule. un cri vers Dieu! Cherchons la ferveur dans la pratique de sesse. je ne progresse point. — La ferveur! Je me plains de ma langueur intime. Elle vivre. un re- gard plus suppliant. mon goût des choses de Dieu presque nui. ce stimulant de toutes les activités. lui Il reste peut-être assez de grâces pour pour vivre avec intensité. III. Ma vigilance est dis- mon action molle.. Je constate que. toute prétention excessive.. . de froment est jeté en terre et Si le grain . de mon peu d'ardeur en face des devoirs ennuyeux. Comment expliquer cet affadissement? Ne traite. j'ose dire. s'épuise. l'hu- milité. pas assez ne saurait donc être fervente. . serait-ce pas que l'humilité me manque. de mes sécheresses dans la prière. comme une plante sans soleil. s'il se rendu sensible défendons-nous surtout de toute agitation d'amour-propre où la force peut. Il y faut une action plus positive.

s'il prend toute l'apparence de mort. c'est alors qu'il porte des fruits en foulé la abondance.. L'une produit le bien dans notre âme propre l'autre le produit par nous dans l'âme du prochain. hélas! ni de lui prêter le sien. en obtenir toute la gloire.... Que de talents restés inféconds pour cette seule raison et par contre. 11 serait peut-être assez vain pour le croire lui-même... . que d'œuvres mer> veilleuses sorties dps labeurs d'un humble saint François. In/îrmamundt.« . qui apparence de mort qui anéan- voilà l'image parlante de l'humilité. La ferveur est l'effet de la grâce agissant au dedans... cette tit : pieds ces cache. Quel est son but? Dégager son action. Un instrument de grande valeur paraîtrait faire triompher la cause par ses propres ressources. .... quœ stulta suntelegit.. Le choix des Apôtres et des premiers chrétiens se répète dans tous les temps et. d'une humbU ftmmt du peuple !. voilà la condition de la fécondité spirituelle. il les fait plus grands encore par l'humilité. v^ui le Il goût de Dieu dans ne peuvent lui le choix de ses aux hommes apporter qu'un concours s'adresse aux dérisoire. car il n'a pas coutume de demander à l'orgueilleux son concours. la fécondité est l'effet de la grâce agissant au dehors. éclatante. quand Dieu suscite des hommes de grande valeur. 2» Voyons auxiliaires. la rendre manifeste.248 QUÀTRliUB SKMAINl aux pieds.. petits.. d'un humble saint Vincent. Elles obéissent d'ail. Cette qui terre écrasent. leurs à des lois semblables.

D'autre part. et il ne peut le comprendre. il suscite autour de lui toutes les oppositions par sa raideur. :t l'on s'en Tout s'évanouit entre les. soit par égard pour des prières venues d'ailleurs. 11 agit ainsi.DEUXIÈMB MÉDITATION 249 Tout prospère entre ses mains. opposée... l'imbécilité de ces intermédiaires sera plus d'une fois dévoilée « Insipienlla eorum manifesta erit. soit enfin par amour pour les âmes qui n'ont à leur portée que cette ressource. réfléchit et consulte. » la bénédiction de Dieu.. dès ici-bas. mains de l'orgueilleux. pour arriver à ses fins.. n'a donc très souvent qu'à laisser les causes elles-mêmes produire leurs effets. et il s'est largement dépensé pourtant!. Son action n'en ressortira pas moins lumineuse au jour des révélations dernières. ces actes constituent L'orgueilleux tient une conduite la prudence. Mais. ou toutes les antipathies par sa suffisance. : la fécondité! A neque qui plantât cette cause générale est aliquid. 3° — : — : — La fécondité! D'où vient que j'ai si peu d'action sanctifiante sur mon entourage? D'où tieat qu« !«• occasions d'agir sur l«s âmes s« . Dieu. soit par respect pour une mission qu'il lui a confiée. etc... » Ainsi l'ouvrier rejette un mauvais instrument après s'en être servi. « Il a plus d'habileté que cet autre. or. il fait passer quelquefois le bien par les mains de l'orgueilleux. L'humble se défie de lui-même. Mais il est écrit « Ce n'est pas celui qui plante ou arrose qui donne étonne. 4° Disons-le cependant. nous pourrions ajouter l'action des causes secondes.

. Ne faut-il pas. le talent n'est qu'un froid rayon. Leurs moindres paroles ont le charme qui pénètre. je être 1. comme sur nos terres des eaux silencieuses qui portent ko loin la fécondité I . dans les succès comme dans les revers. des sources cachées. et l'activité. Attirer en soi le Dieu Créateur avec sa grâce voilà le secret du bien. il accumule des richesses de grâces qui se répandront par d'autres voies. La vie seule produit la vie. Mon unique assurance consiste à reconnaître toujours que tout bien vient de vous et que je suis un serviteur inutile 1. la seule qui soit féconde. Dieu peut permettre que l'humble semble rester infécond. tenu à l'écart ou paralysé dans l'essor de son zèle. un simple effort humain. mon Dieu.. Ah! je m'humilierai sans cesse. Sans humilité. une fécondité qu'ils ne connurent jamais*. une humilité vivante et sensible.. Quand vous verrez que ne veux plus dérober votre gloire. L'humilité profonde nous vide de nous-mêmes et lui fait place. : : commune. l'humilité suppliante l'attire par d'irrésistibles appels. donnez-moi une humilité non présen-tent 1 : . Leur attitude seule désarme d'avance toute résistance on sent qu'elles ne s'imposent pas il semble toujours qu'on leur fait grâce. Méconnu dans ses intentions ou dans ses capacités.. peutrépandrez-vous sur mes pauvres efforts. dans l'Église.2o0 QUATRISMB SBHAINI si rarement pour moi? Combien de personnes dans ma position qui savent se faire une vie féconde Et je me l'explique. le charme de ce qui est impersonnel. Elles ne dépriment pas non plus on vit auprès d'elles dans une atmosphère d'estime qui dilate la confiance et porte à devenir meilleur.

La fécondité oh donnez-moi des âmes. faisante . de mon amour béni. des âmes issues de la mienne. qui vous atteint ô Dieu. humilité. qui court. dans son mouvement. sans orage. mais c'est dans sa régularité. ! ! 1 suprême objet de nos poursuites. I ! mon action dégagée de toute vue propre. dispensatrice de tous ces dons. âmes voisines la vie surnaturelle qui est vie du Christ en nous. je veux te conquérir I . qui sème votre vie dans les âmes pour les transformer en vous. La paix oh donnez-moi cette paix que rien ne trouble parce que Ton est mort à tout ce qui trouble. La ferveur! oh donnez-moi cette ferveur qui s'élance. la ferveur. dans son extension La vie qui s'épand sous un ciel profond et lumineux. bien- de cette fécondité. je t'admire belle et puissante je t'aime.DinXIÈMS MÉDITATION 251 La paix. mon Dieu. la fécondité. la vie qui fait surgir de toutes parts des eftlorescences pleines d'éternité la vie qui se multiplie en la vie ! . la vie de Dieu dans le des la . ô . Christ et en nous tout ensera-ble.

plonger dans ces vues. Tout ce que j'ai médité m'a rendu sensible le contraste de nos demain je me mettrai situations respectives plus particulièrement en face des devoirs qui en résultent. . générosité de mon cœur. — naissance et de générosité. — Deuxième point . en faire ma vie. .Quatrième Semaine TROISIÈME MÉDITATION XXIV» EXERCICE De rhumilité dans nos rapports avec Dieu Premier point : L'esprit de soumission. Ces devoirs embrassent toute la vie chrétienne. Je veux que le sentiment de l'humilité accompagne tout le mouvement de mon âme vers Dieu il passera dans mon obéissance pour la rendre profonde^ résolue et toute douce eà tion qui exaltera la Je veux me : . mais plutôt de m'apprendre à les pénétrer d'humilité. — J'ai vu ailleurs la veille. L'humilité sera la lumière qui m'en fera saisir l'étendue l'onction qui m'en fera sentir les délicatesses l'admira- Préparation pour ce . . que je suis devant Dieu. Mon but ne sera pas de les constater. Troisième point : L'esprit de reconL'esprit de religion.

commandements Les lui paraissent sages et tout ce qui leur est opposé lui semble détestable. » (Saint Thomas. L'âme bien humble réalise donc la sublime demande: Que votre volonté se fasse en la terre comme au bons ciel.) Soumission universelle: c'est le vaste champ de ses volontés et de ses désirs. Ce n'est pas elle qui dirait: Ah l : — . L'humilité consiste surtout dans la soumission de l'homme à Dieu. il se mêlera à mes actes de religion pout les maintenir dignes de Celui qu'on adore à genoux et sans cesse il me tiendra sous une impression très vive de reconnais. en tant que principe indépendant de détermination. Méditation — Prélude. Soumission heureuse: c'est mon bien. pour y substituer les déterminations divines. pour les perfectionner pratiquement. Soumission ferme et sans hésitation : c'est l'ordre des choses . — — — L'humilité fait disparaître la volonté de la créature. c'est le devoir. Demander la grâce de faire pénétrer l'inQuence de rhumilité dans mes rapports avec Dieu. I. c'est ma grandeur. L'esprit de soumission. — « Humilitas prœ- cipue consista in submissione hominis ad Deum.253 TROISIÈME MEDITATION même temp-?. sance et d'amour.

Les tentations. et trace les sentiers de nos vies comme les routes des nations. i'a voulu. les peines intérieures. elle craint. même les plus inexpliquées. Ce Maître est Dieu est le maître. même les plus importunes . — — — La résignation lui Dieu permis. Elle écoute le maître au-dedans d'elle-même. car elle n'en tolère pas le moindre. là aussi. de notre existence même au moindre de nos cheveux enfin que tous les événements. mais c'est son Dieu. elle est calme en face toutes les afflictions . Elle reconnaît sa parole à la paix qu'elle laisse. pour les pratiquer à l'occasion. qu'elle écoute. si telle ! elle — que la Providence gouatomes comme les astres. ont été prévus L'esprit de foi lui dit verne les . et. Docile à ces touchantes vérités. naturelle — ! : c Dieu l'a — — . connus ou inconnus.INB chose n'était pas défendue Ce n'est pas qui distinguerait un péché plus ou moins grave. . la trouvent toujours soumise. grands ou petits. Les conseils évangéliques la trouvent facilement décidée.254 QtJATRiÈMB SSMA. Comment résisterait-elle à ses inspirations? Elle n'oublie pas cependant que le contrôle de ses attraits appartient au Directeur. mais ne dit jamais pourquoi ? ni comme elle de tous est les comme contre-temps. Sans doute elle souffre. elle les admire tous. elle ne comelle est douce à prend pas le murmure . bon » Voilà toute sa philosophie et elle est admirable. elle n'attend qu'une indication d'en haut. qu'elle étend ses soins paternels. elle gémit. et disposés par tous ses attributs ensemble.

. Quand cette pleine lumière s'est levée sur une vie.. et le nom seul de Dieu. elle le produit de toute la force de son inclination propre... son orgueil : — ses résistances. voyez combien Dieu est sublime. Quelle joie pour elle de s'écrier: Celui qm protège mes pas tremblants. et ce sera leur remède!.. L'esprit de religion. c'est-à-dire que Ton sentira davantage la distance qui sépare le néant de l'infini. et l'église pauvre. Cet esprit de religion. Un des effets les plus remarquables de Vhumilité. est celui qui dirige l'évolution de ce vaste univers. d'un petit nid d'oiseau.TfcOISIEMK MÉDITATION certaines âmes sans humilité : 25î> ce n*6St pas juste ! Elle se rappelle ses fautes.. On aura autant d'esprit de religion qu'on aura d'esprit d'humilité. d'un insecte. Tout est splendide et la nature. Elle vit ainsi au milieu de ces ténèbres et de ces assauts. L'humilité ressemble à une voix qni nous répète sans cesse Voyez combien vous êtes petit. remplit d'une respectueuse tendresse. La vue d'une plante. C'est leur punition méritée. elle donne des proportions et des couleurs merveilleuses à tout ce qui concerne Dieu. pense-l-elle. ah dans les ! elle si yeux de son Père du pouvait lire ciel! — II. confiante quand même et tou- jours plus humble. c'est l'esprit de religion. l'âme humble le porte : — : — . L'univers est un grand temple où l'on ne doit passer qu'avec recueillement.

. .. elle aime.. Arrivons au culte. L'esprit de foi fait comprendre ces choses . L'humble.. ! «lie adoré. de s'y Il voudrait pouvoir touchoisir une place. — le lieu consacré où mages . Elle s'étonne. se se considère comme un mendiant introduit dans le palais d'un roi.. reçoit officiellement — nos hom- — l'autel où lui sont offerts tous les sa— Elle est encore lieu saint où ruissellent fonction des sacrements et la lumière de la parole divine. la messe! Que sera-ce à la sainte Table. et garde une posture modeste. qui occupe dans l'espace un point imperceptible. Cette impression se reconnaît à sa manière d'y prendre l'eau bénite. l'esprit d'humilité les fait sentir. d'y marcher. Si la fatigue l'oblige à s'asseoir. de péché. chaque pierre mérite une vénération émue. se sent en présence de la Majesté di- vine et se comporte avec le même respect qu'en public. il en demande filialement à Dieu la — — — permission. seul dans sa chambre.QUATRIÈME SEMAINK 256 partout. les sermons. en franchissant voit couvertde haillons. — L'JBglise est le palais le trône où il où réside l'Eternel. jours rester à genoux. la moindre distraction de pensée. le crifices. Il ne se permettrait pas la moindre liberté de regard. la voilà admise dans l'intimité de Celui qui est tout 1. il le seuil sacré. qui est l'objet spécial de la vertu de religion. n'est-il pas bien indigne d'être souffert là Que sera-ce durant les offices.. Saint François de Sales. Quoil cette pauvre petite créature de néant...

L'ingratitude tient peut-être plus à l'inattention et à l'oubli qu'au manque de cœur. hélas restent fermés. se penchant vers cette misérable créature pour la — III. puis. il la voir.. bon et maternel. r. la guérir.e sentir infirme.. pauvre. Les bienfaits particuliers ne réveillent pas toujours notre attention distraite. Uesprit de reconnaissance et de èénérosité. l'homme tend naturelle- ment mais passe trop souvent sans nous enveloppent de toute part ils sont de tous les jours.257 TâOISIKMl MEDITATION Ainsi. cependant. ils se répandent sur tous les hommes et nous nous habituons à en jouir comme s'ils se produisaient d'eux-mêmes sans une pensée dirigeante. c'est l'œuvre de l'humilité. Thuinble est incliné à traiter Dieu en Dieu. . Se juger indigne de tout. quelque faveur évidente nous les a fait ouvrir. et nous nous sommes écriés Que Dieu est bon 1. les yeux au ciel contempler le Dieu infini. Les bienfaits divins : . n'est- ce pas donner au sentiment de la reconnaissance l'impression la plus vraie et le stimulant le plus puissant? or. se voir. partout et toujours. l'enrichir et l'aimer. Mais bientôt occupés autour de ses dons. I : OMILITé. Les grâces spéciales ne sont point rares mais nos yeux. Nous ressemblons aux petits enfants vers elle . Les rapports surnaturels de Dieu avec notre âme sont en quelque sorte continuels. — 17. Placé en face de la bonté. Parfois. nous l'avons oublié lui-môme. — — . !• relever.

Autant la vue du bien qui est en nous est dangereuse quand elle demeure seule. L'important est donc de nous tenir dans la vérité tont entière. se complètent. comme l'esprit d'humilité l'abandon et je suis l'objet d'une sollicitude J'ai mérité la haine. rien ne met en lumière les bienfaits de Dieu... il a toute l'étendue de nos misères et toute celle de la miséricorde. qui s'échappe de ses lèvres. 11 rappelle ce beau cantique des psaumes qui redit à chaque verset « Quoniam in œternum : ! — : misericordia ejus : il me faut l'éternité pour chanter toutes vos miséricordes ! » L'âme vraiment humble ne craint donc pas de regarder en elle les dons de Dieu et le Magnificat. et je suis attentive l'objet de l'amour 1. source de : ces bienfaits. .. 2° Or. ce sont là ses seuls ennemis. Ce contraste pourrait se prolonger indéfiniment. qui s'harmonisent et 3° . procède de ces deux vues opposées..QUATRIÈMB SEMAINE 258 qui se laissent combler de soins avec l'égoïsme de l'inconscience. rien ne rend la reconnaissance généJ'ai mérité reuse. la louange surtout peuvent insidieusement entraîner l'âme hors de ce milieu namrel. l'attrait de la vaine complaisance. La légèreté d'esprit. autant elle est utile quand elle reste unie à sa contrepartie la vue de la bonté de Dieu.

révolte parfois et se dément. tout égoïsme font sentir que l'humilité manque.le nôtre. — Troisième point : Deuxième point : Envers les infé- rieurs. — le prochain les supérieurs. il n'y en a pas qui soit plus vertueuse. — Il y a sans Préparation pour la veille. En revanche. Dieu nous a donné un signe auquel nous pouvons reconnaître que nous l'aimons c est : .Quatrième Semaine QUATRIÈME MÉDITATION XXV* EXERCICE De rhumilité de nos rapports envers Premier point : Envers Envers les égaux. car celle-ci a des limites. seule. Et pourtant. comme celui cloute : ! de nos frères. seule. Tout? dureté. s'il est permis de s'exprimer ainsi elle coûte habituellement. elle attendrit le cœur . une humilité plus haute que l'humilité en face du prochain. elle a l'esprit juste et raisonnable. tout manque d'égards. c'est elle qui est le soutien le plus solide de notre vertu : seule. une âme bien humble est toujours douce et patiente. hélas bien vite.

et de détermicette méditaner des résolutions très spéciales. c'est facile. toute notre conduite envers eux sera pénétrée par l'esprit de soumission intérieure et filiale. le . quel qu'il soit. Envers les supérieurs. table vertu d'humilité. A cette pierre de touche on reconnaît la véri. selon les vues humaines. car nous verrons et nous respecterons en eux 1 empreinte de la divine majesté. S'humilier devant Dieu. ne se met avec personne II. nous aveuglera quant à leurs misères individuelles. insupportable peut-être. Ce caractère sacré de représentants de Dieu. double sentiment de la grandeur de Dieu et de sa propre bassesse. tion ayant un caractère éminemment pratique. c'est presque héroïque. nous le serons aussi à l'égard de nos supérieurs. réellement humbles par rapport à Dieu. rayonnant sur toute leur personne. Demander la grâce de comprendre ces devoirs jusque dans leur perfection. nous n'arrêterons plus notre pensée aux défauts qui nous rendraient leur supériorité pénible. — L'âme qui vit dans Envers les égaux. Méditation — Prélude.QUATRIÈME SEMAINE 260 Tamour envers ceux qui nous inspireraient naturellement de rindifTérence ou de l'aversion. Il en est de même pour Thumilité. — — Si nous sommes I. pourvu que l'on ait la foi mais être humble envers le prochain.

s'ils réalisaient le souhait de saint Paul « In humilîtate. qui sont autant de titres à ses respects et dont elle s'autorise pour s'effacer les tuels. à leurs goûts. les égaux sont toujours. à déférer aux autres. Elle aime la dernière place parmi ses égaux et ne manque jamais de bonnes raisons pour s'en emparer. Celui qui se considère dans la lumière de la vérité ne s'attribue aucune supériorité personnelle sur le prochain. des qualités. des supérieurs. quelle délicate charité régnerait entre eux. à leur volonté. » — III. Plût à Dieu que tous les hommes. S'il lui faut exercer de la part de Dieu quelque autotant . «Ne comptez pas avoir fait le moindre progrès que vous ne vous sentirez pas au-dessous de tous ». des mérites. Pratiquez cette humilité qui fait que chacun regarde les autres comme : ses supérieurs. dit l'auteur de V Imitation. des talents. à se ranger à leur jugement. il estime qu'il n'a pas d'inférieurs. Bien loin de rivaliser avec personne. superiores sibi invicem arbitrantes. par quelque côté. dans leurs rapports mutuels. modestement. Son instinct est merveilleux pour découvrir dans égaux des avantages naturels ou spiridevant lesquels elle se plaît à s'incliner intérieurement. en ce sens.QUATRIEME MÉDITATION 261 sur le pied de l'égalité . et c'est du fond du cœur qu'elle honore leur supériorité relative. fussent animés de cet esprit! Quelle parfaite union. Envers les inférieurs. elle est toujours prédisposée à céder le pas. pour elle.

Oh! si nous étions vraiment humbles. Jamais il ne leur fait de reproches publics. pour comprendre leurs difficultés et leurs peines. ni même qui puissent offenser leur une douce et invincible patience qu'il tâche de prévaloir sur les privés. rhumble'n'oublie pas son néant. — de l'admiration. il ne le perd pas de vue un seul instant. son dévouement et sa douceur. car ils ne peuvent s'empêcher d'y reconnaître l'image vivante de Celui qui fut l'humilité et la — douceur mêmes. la simplicité et la modestie mettent les cœurs à l'aise. que nous aurions de puissance sur les âmesl La grandeur peut inspirer de la crainte. Rien d'impérieux ni de dur. à l'exemple du divin Maître « qui n'est pas venu pour être servi mais bien pour se faire serviteur ».262 QUATRIÈMK SXMAIlfl rite. est le Il se pour y compatir et les alléger. y plus grand se fasse votre serviteur. il leur rend les services de sa charge. il s'agenouille en esprit à leurs pieds. . les attirent. 11 cherche à obtenir une obéissance spontanée. Nota. « Que celui qui il vées. A la cinquième semame nous retrouvofOBs l'amour du prochain dans une va« plut vaste. rien d'exigeant dans sa manière de commander. les talents. en la leur demandant au nom du bon Dieu. Quand remplit avec joie les fonctions les moins releil s'abaisse intérieurement devant eux. les subjuguent. il se fait le serviteur de tous. C'est par indociles. Par sa sollicitude. susceptibilité. » met à la place de ses subordonnés.

tiques extérieures qu'elle commande. une répercussion qui favorise son développemenL II semble que les choses entrent en nous par les sens et y déposent leur genre d'impression. dit saint François de Sales. » Les esprits superficiels ne se rendent pas assez compte de l'influence qu'exerce le physique sur l'humilité peut trouver dans les prale moral . ils en conservent le fruit. Peut-être jusqu'ici ai-je regardé avec dédain ou du moins avec indifférence cette sorte d'ac- — tion formatrice. Nous imprégner d'humilité. mais cependant ils lui sont très utiles. ils sont l'écorce de cette vertu. et «11* ma o est p»^ U portée. ne sont pas Thumilité.Quatrième Semaine CINQUIEME MEDITATION XXVr EXERCICE De la culture de Thumilité par l'extérieur point : — Deuxième : Nous entourer d'humilité.Elle est pourtant à mieux qu« tout autre. moins . — « Les actes extéPréparation pour la veille.. rieurs de l'humilité. Troisième point Premier point — : Exhaler l'humilité.

Une attitude maintenue humble avec persistance peut conduire bien loin dans la vertu. etc». quelque pratique spéciale d'un usage fréquent. un extérieur dépourvu d'humilité ne serait-il pas en contradiction avec la vertu intérieure. une vertu qui ne pousserait pas son mouvement jusqu'à ses dépendances naturelles? Tout principe vivant crée l'harmonie. — Logement I. des habits de dessous très pauvres et très raccommodés. L'acte bon ou mauvais dépend de notre Tolonté. aussi modestes nelle. les moins haut placés.QUATRIÂMS SBMAINI 264 puissante. rence les moins riches. comme bien peu active. mais rim- — . Un logement riche. de préféque possible. Et puis. Méditation — Demander la grâce de m'attacher à Prélude.. Ces effets se produisent d'eux-mêmes et sans que l'on s'y puisse opposer. Un logement personnel pauvre. des habits relativement riches. Pour notre société. font — — le contraire. Nous entourer d'humilité. toutes ces indigences agissent sur nos impressions et nous inclinent à l'humilité. si elle est réelle? ou plutôt n'est-il pas permis de suspecter. se trouve néanmoins le maître de la direction.. etc. surtout la partie qui nous est personVêtements modestes. pauvre. Le gouvernail qui n*est dans le navire qu'une pièce de peu d'étendue.

. faites passer en mon cœur l'humilité de ces choses i m — — II. et l'aisance peu mortifiée de la tenue. et la liberté des regards. de l'aimer..ciNoniiMK m^oitàhon 26S — pression dépend des choses. A son tour. Il est donc sage de s'entourer de tout ce aui entretient des impressions d'humilité. Elle est même un acte positif de cette vertu. de nous en faire heureux.... communique à l'âme le sentiment de l'humilité. . que nous n'en méritons pas tant. lui aussi.. Pourquoi également ne pas faire produire à cette cause tout ce qu'elle contient virtuellement? Ayons donc soin d'arrêter souvent nos yeux sur ce qui est pauvre autour de nous. et le ton dominateur de la voix. Notre extérieur. Une prudente contrainte qui modère et la vivacité des mouvements.. s'applique le principe de corré- physique et le moral.. à la vue des heureuses influences dont elle profite.. il paiera son tribut à l'humilité intérieure. Là. deviendra sa conquête il recevra sa il subira son loi empreinte il sera tout imprégné de ses suaves attraits. cette vertu saintement envahissante sent grandir son ambition... Mettons souvent sur nos lèvres ces simples paroles : « Dieu. en effet. Nous imprégner d'humilité. puisqu'elle agit sous ses ordres. croissemenis.. de nous répéter que cela nous convient à merveille. . pour rendre son influence lation entre le . Ayant établi son choix sur les objets qui nous entourent. D'ailleurs. en lui procurant de nouveaux ac.

. Voyez cette personne humble. de déférence Point d'affectation sa tenue. avec les témoignages du respect. les . où elle réside. elle y vit.. o'«Bt par lageMë tt charité* elle jette . sa démarche. Elle aborde ses frères. Cette vertu va du cœur. Se faire une physionomie douce et humble. s'exhale tout naturellement par l'attitude. elle ne saurait s'en départir jamais. Une personne bien humble a un extérieur particulier. on pourrait dire : elle y rayonne.. car — . — actes et les paroles.QUATRIÈIIK SKMAINI 266 plus décisive. Exhaler l'humilité. L'image de cette vertu liberté! donc ici — : attire instinctivement.. à Elle y passe l'extérieur qu'elle gouverne. et si elle en varie la forme et l'atténue. quelle édification autour de nous. ses regards. tout est empreint d'humilité. quelle puissance pour notre action sur les âmesl.. Puissé-je n'en pas faire un seul acte au dehors 1 sans en attirer au dedans le parfum ! — Un vêtement imIIÏ. quel secours pour nous. prégné d'un parfum l'exhale autour de lui une humilité qui pénètre le cœur et l'extérieur. et la physionomie résume dans son expression cet harmonieux ensemble. le ton de sa voix. on peut y joindre son motif explije n'ai pas le droit de me donner tant de cite : — La puissance de Texercice s'ajoute à celle de l'impression.. même les moindres. mélange de candeur. et d'amabilité. Ah puissé-je m'imprégner ainsi d'humilité !. autour d'elle un éclat touchant.

. s'efîaçant le plus qu'elle peut. mes manques sirs d'égards. chaque respect manifesté. c'est l'orgueil que respirent trop souvent mes paroles. ! donnez-moi ce que je ne saurais moi-même!.. On a respiré près d'elle un parfum si vrai qu'on le remarque à peine. je veux que tout en aussi que prouve.267 GINQUIÈMB MÉDITATION Choisir ce qu'il y a de moindre... Je veux tout vous le ju»qu'au fîioir^rë d* me» Boufirt». . céder le pas les laisser diriger la conversation. ne songent point à la petite violette cachée qui le donne . chaque silence gardé. tout.. et c'est davantage. et si profond qu'on en est pénétré.. Ne parlant point d'elle-même. cice. Mais comme la vertu progresse à la faveur de Elle s'y cache .. et de tous. elle n'aura point brillé dans une société. voilà ce qu'elle fait de la façon la plus naturelle. — me donnera mon Dieu..... Dieu permet souvent que ceux qui en jouissent. paraître contente de tout et de tous. hélas! et mes tristesses aussi! Jésus si doux etsi aimable par cette vertu. — 1 — — le contentement de Dieu. chose merveilleuse. Seigneur. elle aura répandu je ne sais quel charme. moi me serve à devenir humble. et pourtant. mes contestations. et ces constants abaissements Elle s'en fait un saint exerc'est beaucoup. chaque contestation évitée. ont augmenté la force de l'habitude et aux autres. mes dé- de paraître. jusqu'au son de ma voix» Résolution. elle est celle qui s'en doute le moins.. mes empressements.

tranformer ainsi! du milieu de vos — Et cependant.Quatrième Semaine SIXIÈME MÉDITATION XXVII* EXERCICE De Tamour du mépris — Premier point : Nature de ce sentiment. Quatrième — point Sa : — justification. Ses mobiles. si le bien le permet! Ah! ce que c'est — serait le rait me Jésus. monde renversé un miracle seul pour. m'écrier devant l'humiliation rigueurs PrépsLration cette méditation 1 : bon! et remercier en quelque sorte les créatures par qui elle me vient! Moi la choisir de préférence. — pour /a ve/7/e. le Ne vous ai-je pas deplus près possible ? — — laisserai-je où vous — comme le vôtre ? Vous marcher seul vers des abaissements mandé un cœur allez à fait ma place? . Aborderai-je qui semble si peu faite pour ma vertu! M'élever à l'amour du mépris. peut-être m'appelez-vous à en partager l'amertume et Ne vous ai-je pas dit mille fois /'honneur? que je voulais être toujours près de vous. ô abjections. Deuxième point : Troisième point : Sa culture. moi qui ne sais pas même en accepter les inévitables Moi.

et tend. des aspirations qu'elles soulèvent. il ne l'amène pas à ses dernières limites. idéal. Demander la grâce de me dégager du sens 'humain. d'admirer ce que je ne puis encore atteindre et d'en concevoir du moins le sincère désir. Les considérations qui vont suivre sont formatrices elles ont beau s'élancer çà et là. mais aussi des élans. Ce sont des idées qu'elles font naître. jusqu'au jour où cette vertu leur aura révélé son facultés. à élever avec elle la vie pratique.dans la région ardue des conseils et parcourir des hauteurs que notre pied n'atteindra jamais. Quoi de plus impulsif que le beau. . des essais qu'elles déterminent: la conscience du vrai s'élève. mais son e£fort s'arrête à une conviction pour ainsi dire . elles ne laissent pas néanmoins d'exercer sur nous une action profonde. Il suppose assurément des vues de foi très élevées et une courageuse logique. Il émeut nos plus nobles ma pensée? Certaines âmes resteront peut-être stationnaires dans les voies de l'humilité. cère de soi porte déjà bien loin l'humililé mais par lui-même. de toute sa puissance.269 SIXIÈMB HÉDITATIOIf Pourquoi du moins refuserais-je d'y conduire La sereine contemplation i'une haute humilité fera surgir en moi des regrets sans doute. Nature de ce sentiment. : Méditation — Prélude. — !• Le mépris sinI.

c'est le nuage qui se balança paisiblement dans les hauteurs le fait. et. si des bouillonnements malgré l'acceptation. Le mépris de soi n'atteint qu'une des deux tendances qui forment notre fonds d'orgueil l'estime personnelle. Ce sont deux ennemis à combattre. le mépris qui se lit sur le visage des autres Ce n'est plus en face de nous seuls que nous nous abaissons Nous passons de l'ordre de l'idée vague à l'ordre du fait positif. L'amour^u mépris va plus avant il désire le mépris au grand jour. dans notre sang. Puisque cet amour étrange est l'acte suprême de l'humilité. gronde. il faut que la vertu dU passé. mais à sa Si la révolte s'élèvent seule imperfection l'inclination vertueuse n'est pas assez profondément entrée dans la nature : pour en transformer les impressions . pour que nous aimions un tel sacrifice. on ne peut s'assurer d'une humilité complète qu'au contact du mépris des autres. toutes nos fibres sont atteintes. L'idée. pour ainsi dire. deux blessures à : : ! — : : — — subir à la fois. cette tendance si sensible. il est naturellement sa preuve la plus certaine. il faut en conclure. non à l'absence de l'humilité. c'est l'orage qui fond sur notre tête et nous rudoie. mais elle . spectateur de qui sort de notre le seul et l'aveu bouche ne retentit qu'à nos oreilles. Là seulement toute notre vie d'orgueil est en éveil. l'amour du mépris immole en outre le désir de l'estime des autres. On a beau s'enfoncer dans le mépris de soi.270 QUATRIÈMI SEMAINI platonique notrft : nous restons bassesse.

transformant en amour ses amertumes. elle se complaît dans les abaissements qu'elle lui apporte. jusqu'à ces mouvements instinctifs qui n'obéissent qu'à une longue habitude. la vertu a étac'est que la nature est domptée bli fortement son règne. rien de violent ne se soulève dans la nature pour réagir contre l'humiliation. si elle est sincère. Cette mesure se trouve tout entière dans la solidité de l'habitude. Ils confondent ici degré et priorité : désir naturellement vient le premier. au contraire. mais la preure d'un sentiment n'est pas sa mesure. et sous ce règne. dans l'intensité de l'inclination et enfin dans l'animent. Elle va au devant de l'humiliation. Que cette paix se sente pénétrée d'une intime douceur.sixiÈMi hAditation 271 est assez maîtresse de la volonté pour les vaincre . elle l'embrasse comme une amie. les désavouer. la paix s'étend imperturbable. Le premier serait le désir du mépris et le second son acceptation : : : réelle. Un certain trouble est inséparable de cet état encore imparfait. Si. 2° Certains auteurs veulent distinguer deux degrés dans cette humilité. l'acte le suit. elle peut du moins. rélévation des sentiments qui . mais le désir peut contenir déjà autant de perfection que l'acte. De tels effets supposent une inclination d'une entière puissance toute l'âme lui appartient jusque dans les profondeurs insondables de la sensibilité. qu'elle retentisse d'accents de joie la vertu est parfaite. L'acte aura cet avanle tage de porter avec lui la preuve.

sont I . aussi beaux. Contre un tel assaut. à âmes saintes à qui sont épargnées les humiliations réelles. si vous le voulez. et faites-en le principe d'une vie intérieure toujours plus active. dont tout le coloris brille pour lui seul. Le fait et le désir s'équivalent dans l'ordre de la vertu. de son côté. Portez envie. si lé désir a sur le fait cet avantage de pouvoir se renouveler plus souvent. nous venons de le voir mais. or. par l'intensité d'action qu'elle réclame. et qu'enfin. aux victimes qui montrent àleurDieu ce témoignage extérieur de leur abnégation complète. la vertu a besoin de rassembler toutes ses forces. et dont tous les parfums lui sont réservés. celui de provoquer une réaction plus vigoureuse. tournez vos espérances vers le désir. La réalité saisit jusqu'à nos sens et s'impose à notre âme d'une façon violente. il vous reste de les désirer. Par là vous pourrez atteindre tous les sommets. la lutte se présente plus animée.272 ouàTriémb semaine Rassurez-vous donc. cet agent créateur de tant de merveilles. mais rappelezvous que ce Dieu lit dans les cœurs et qu'à ses yeux les désirs sont de vrais actes aussi vivants. vous qui comprenez et qui sentez ces choses. et se termine par une victoire plus belle et plus d^rJsiv*» . plus imposante. Le monde intérieur est si vaste. ils ont l'avantage de pouvoir être plus nombreux. la vie qui l'anime est SI intense. . aussi transformateurs que ceux du dehors. aussi méritoires. les prodiges qui le remplissent si étonnants C'est le jardin secret où Dieu prend ses délices c'est une efflorescence printanière. le fait a. cette image plus parlante de son Fils.

je mérite d'être méprisé. . sans un grand amour. — 18 . HUMILITÉ. 1« L'amour du mépris peut résulter d'uue vue très pénétrante de notre raisère et surtout du souvenir très douloureux de nos fautes. qu'elle l'aime assez pour ne pas accepter qu'il titesse et se laisser ! 3° . L'humiliation lui sert de refuge. De ce bas lieu il lui semble voir les grandeurs divines s'harmoniser avec sa pe- aimer de lui Sans être étrangers à ces sentiments. on a peine à concevoir une telle rigueur contre soi-même. de fait. je dois aimer qu'on me méprise Une grande sincérité. une grande noblesse d'âme peuvent déterminer cette disposition. il rougit tellement de ses propres misères qu'il lier : — voudrait s'enfuir et se cacher. Mobiles de ce sentiment. Qu'une âme aimante s'attache à ses pas qu'elle se donne à Lui pour le suivre partout où il va. Il s'y joint ordinairement l'ambition de se réhabiliter et de réparer l'humiliation sera ma rançon et je la veux entière! 2° Il est rare cependant que l'amour du mé: — — I : pris ait cette seule origine.SIXIEME MEDITATION 273 — II. l'amour admire la beauté divine et. face à face avec ses splendeurs. Tous les motifs d'amour portent à s'humil'amour ne peut prendre son parti d'avoir blessé son Dieu et il en éprouve une telle souffrance que l'humiliation vengeresse lui devient un soulagement. Le sentiment du vrai éveille ici le sentiment du juste Je suis méprisable. Il naît le plus souvent de l'amour divin et. la plupart des fidèles arrivent à l'amour du mépris par l'amour tout simple du divin Sauveur.

Gomme lui. je la veux. u'est-elle pas le mouvement intime de vot^--» condamne. avec lui je m'y complais. ô Jésus. résultent de dispositions que ne crée pas la nature. laisse. sa domination triomphante. offrant à vos lèvres desséchées le calice réconfortant de mes propres humiliations aimées pour vous. I ! . l'ingratitude qui me délui. ces humiliations de ma pauvre vie.. sa chaleur.. par sa prescience.274 QUATRIÈME SXMAINB souffre seul une seule humiliation qu'elle désire . puisqu'elles vous sont offertes et que vous les avez acceptées. pour lui épargner un affront ou pour l'ei» consoler voilà une humilité qui se surpasse elle-même. elles relèvent essentiellement de la grâce.. Or la grâce... un « merci » de vos lèvres blémies.. ses ingénieuses ressources. J'étais l'une d'elle. il voyait. et. sa constance forte comme la mort. Cette résignation qui les accueille. mais elles sont vôtres à un titre plus mtime encore. en empruntant à l'amitié sa noblesse. perspective infiniment douce A l'heure où devant les pires outrages Jésus appelait à lui l'amitié des apôtres et le secours des anges. vous avez daigné le boire en m'envoyant de ce lointain. prendre sa place et se sente prête à tout. Jésus est dans l'humiliation et je m'y jette. il il l'a Ta subie. ô Jésus. ce désir qui les invite. Le silence que je garde et qui me : gardé. dans votre soif douloureuse. Et je ne les accueillerais pas. accourir du lointain une troupe merveilleuse d'âmes consolatrices. je ne les désirerais pas ces occasions bénies qui m'ont rendu présent à votre Calvaire Certes! elles sont vôtres. jusqu'à la trahison!. ô Jésus.

II . grandi à ce point que je prolonge et que j'accroisse votre vie I. remplissezmoi de l'amour qui leur ouvre les bras! Unissez-moi bien à vous. ô Jésus méprisé. Voir : Pratique progrettive de la Confettion. pour que je palpite des sentiments qui animaient votre passé et que vous venez vous-même.275 SIXIÈME MéDITATlON action*? Quand j'aime un abaissement. je vous prête ma volonté. c'est-à-dire audessus de notre portée et que Dieu seul les enseigne. soyez béni de ce que vous les avez révélés aux petits et aux humbles. tandis que vous les tenez cachés à la superbe.. et de me voir moi. un mépris.. donnez-moi l'intelligence complète de ces grandes choses. Ce que vous faisiez alors par vous-même. ne comprenez pas de tels sentiments. Dans j'éblouissement de ces révélations. Esprit saint. qui 1. s'y complaît et s'y perd. faire vibrer en moi. à cette heure. — — vous qui i® III. Culture de ce sentiment. rappelezvous qu'ils sont surnaturels. être infime. Fie de Jituê en noue. c'est par moi que vous continuez à le faire divinement! Qu'y a-t-il en effet de plus divin que ce ravissant mélange de nos deux vies! Quelle n'est pas aussi ma joie de vous enrichir de quelques humiliations dont vous ne souffrez pas. que tout le cœur s'y porte. c'est donc vous qui l'aimez par moi. mon cœur et vous vous en servez comme vous vous serviez sur terre de votre volonté et de votre propre cœur. Père. t. le mépris transformé devient si aimable.

s'unissant à la nôtre. par l'exercice. une chaleur qui développe l'énergie. écartez tout dépit. L'admiration doit être un principe de mouvement qui soulève le désir. petits et humbles devant Dieu. les forces peuvent s'accroître d'une façon merveilleuse .. Ah faisons-nous petits et humbles dans la mesure de notre grâce. : . à cette heure. et que l'action de Dieu. vous sentez une lueur matinale se lever sur votre ciel. le mystère de l'humilui . c'est trop difficile!. ce n'est pas assez. du moins priez pour eux! A mesure qu'on s'élève. 2* Et vous. ne dites pas : c'est trop haut. un idéal qui attire en haut. petits et humbles surtout devant les personnes qui nous entourent. ce sera le premier pas vers ne 1 ces hauteurs. Si. partez avec une espérance certaine. âmes timides. on entre dans une région plus lumineuse. commencez par accepter d'un cœur plus ami ne *es humiliations que vous ne pouvez éviter cherchez pas de moyens extrêmes pour vous les épargner.. qui admirez ces nobles dispositions sans y prétendre. mais votre taille n'a pas atteint sa croissance dernière! Trop difficile pour vos forces présentes? C'est encore vrai. supprime toute impossibilité.t16 ÛUAtRièHB SEMAiNft croit qu'en ses propres lumières. c'est vrai . soyez doux pour ceux qui vous ont humiliés. graduez votre marche. Trop haut pour votre taille actuelle. mais ne savez-vous que. Céderez-vous à cette lâcheté si humaine qui croit faire assez pour la vertu en — rendant hommage? Non. commandezvous de dire à Dieu parfois merci .

laisse à Jésus le soin de la départir à éloge. à la raison elle-même? Contraire à nos sentiments? Evidemment. mais l'attendre avec un secret désir. Justification de ce sentiment. Au sentiment des hommes? raison? Eh bien! oui encore. ces conclusions Qouvellos apportent un idé^l nouveau. par une nous son gré. une objection déjà soulevée et sommairement résolue : un tel sentiment n'est-il pas contraire à tous nos instincts personnels. La raison est son champ naturel est étroitement limité. 3° Appeler Thumiliation ne contredit pas la défiance de soi-même. . compte avant tout sur sa grâce. A leur clarté supérieure. mais les dogmes de la foi viennent étendre ses vues sans mesure. prête au premier signal. entièrelivrée à ses courte. laisse deviner une invisible quelque chose de ses main toute-puissdnte fait franchir les obstacles et au besoin relève des chutes. L'amour qui ambitionne de suivre Jésus jusque-là. Or. paternellement. Ici se présente. C'est vrai. Toute la générosité de l'âme semble alors se ramasser sur elle-même. égal. si A la raison la est seules ressources. peut être — quand un amour aussi parfait. ne point l'appeler. C'est l'attente filiale dont saint François de Sales fait un si digne délicate réserve. mais plus puissante encore.277 SIXIKMS MÉDITATION liation secrets. D'autre part. à l'universel sentiment des hommes. — IV. que dis-je. notre raison mieux informée tire des conclusions nouvelles.

premier principe de nos actes. la pleine liberté de ses initiatives.. S'offrir. mais seule elle nous établit dans les conditions parfaites qui laissent à Dieu.. Résolution. — S'humilier de se voir si loin de Chercher dans un plus grand sens qui comprend et qui goûte cette voie. amour le ! ... Thumilité chrétienne est déjà une vertu surnaturelle. Par ses exigences essentielles. par cet essor vers l'amour du mépris.278 odatriAmb sbmainb ment étranger à la nature humaine. elle devient dans le surnaturel une vertu éminente qui n'est que de conseil.

c'est de formuler la doctrine de notre grand saint d'une façon plus rigoureusement méthodique.ÉCLAIRCISSEMENTS Sur Tamour de la propre abjection Saint François de Sales a traité ce sujet avec son habituelle sagesse. de savoir. « Voyez. Tout ce que nous pouvons faire ici. surtout ceux qui sont apparents.. de vertu.. Une chose n'est humiliante que parce qu'elle est jugée telle. L'abjection extérieure. nos concessions lâches.. si nous n'avions bien des fois subi cette question enfin que faut-il entendre par l'amour de sa propre abjection?. dit saint François de Sales. est moins dans le fait que dans l'opinion. de position. nos fautes et particulièrement nos re: — — — : chutes. un bon et dévotieux ermite tout déchiré et pénétré de froid. Une abjection.. dans un ordre plus intime nos tentations basses. soit surtout aux yeux des autres nos infériorités de tout genre. remarquez-le bien. d'intelligence. de relations. et nous nous serions contenté de renvoyer à ses pages lumineuses. nos torts mis en lumière. : ! I. Nos défauts. chacun . de fortune. nos insuccès notoires. d'avantages extérieurs. selon les cas. et le même acte sera une abjection ou un sujet de gloire. Demandons-nous d'abord ce que c'est qu'une abjection. c'est tout ce qui nous rabaisse soit à nos propres yeux.

la simplicité. » . on appelle cela obéissance et sagesse. « Il y a des vertus abjectes et des vertus honorables la patience. Il se trouve encore dans la pratique d'une même vertu des actes dont les uns sont méprisés. : : Certains accidents couvrent de honte.280 QUATRIÈMB SEMAINI honore son habit et plaint sa peine. ou bien un enfant de son père. Un religieux reçoit en silence une correction fort vive de son supérieur. la douceur. on les méprise. mais celle-ci aie mépris et l'abjection avec le mal. Une personne a un cancer au bras. si une personne du monde en souffre autant de quelqu'un pour l'amour de Dieu. l'humilité sont des vertus qui passent pour viles et abjectes aux yeux du monde. on en reçoit de la confusion. une pauvre demoiselle paraissent en cet état. mais si un pauvre artisan. au lieu que le second est presque universellement dédaigné. une autre l'a au visage celle-là n'a que le mal. on appelle cela bassesse d'esprit et lâcheté. il n'est personne qui ne loue la première. inadvertances e( . « tombe dans la rue. on se moque d'eux et la même pauvreté est abjecte en leur personne. telles sont certaines impolitesses. l'humilité n'exige pas qu'on les commette à dessein. mais. » On se « Il y a même des fautes qui ne sont suivies d'aucun autre mal que de la seule abjection. les autres honorés donner l'aumône et pardonner à ses ennemis sont deux actes de charité. au lieu qu'il estime beaucoup le savoir-faire. mais elle demande qu'on ne s'en inquiète point quand on les a commises. et outre le mal qu'on fait. la générosité et la libéralité.

Qu'est-ce que V amour de l'abjection? Ce ne peut être assurément l'amour de l'abjection pour elle-même « ce serait bassesse d'esprit ou lâcheté de cœur ». Certainement. c'est l'amour de l'abjection en tant que chose juste et bonne' Seule l'humilité la fait envisager de cette sorte. la sainte humilité veut que nous en acceptions toute l'abjection. « L'humilité est la véritable connaissance que nous avons de notre abjection et la disposition qui nous porte à la reconnaître volontairement en nous. j'accepterai l'abjection qui peut m'en revenir. et si l'on pouvait séparer l'un de l'autre. aussitôt je me le reprocherai vivement. donne l'inclination vers ce qui rabaisse justement. à dire des paroles piquantes ou peu convenables. » II. la prudence et la civilité veulent que nous les évitions autant que nous le pouvons. Je dis bien plus. Or. mais. en même temps.ÉGLAIRCISSKMKNT9. mais à l'aimer et à nous y complaire en vue de la gloire que nous devons rendre à Dieu et de Yestime que nous devons accorder & notr9 elle . tîC. quand elles nous ont échappé. par colère ou par quelque autre motif. 281 autres défauts. je regretterais le péché avec indignation et je conserverais l'abjection dans mon cœur avec une humble patience. parce qu'elle écarte les préjugés de l'orgueil. mais. la perfection de f humilité consiste non seulement à reconnaître notre abjection. j'en concevrai un vrai repentir et je réparerai la faute de mon mieux. si je me suis laissé aî>r. seule . parce qu'elle est vertu.

Elle offre des garanties plus sûres. » (Saint François de Sales. préférable à celui de notre choix.) III.QUATRIËMB SEMAINI 282 prochain sur nous-mêmes. Or. l'humiliation acceptée jouit d'une plus haute origine elle vient de Dieu. puisqu'elle est choisie par rinfaillible sagesse. L'erreur vient de ce que. si l'amour est égal de part et d'autre. Pourquoi l'humilité affecîionne-t-elle par- ticulièrement l'abjection qu'amènent les circonstances? Pour cette raison élevée et trop peu considérée. qu'on entre ainsi dans le plan de Dieu. Mais l'on ne songe pas que la générosité qui les accueille peut être égale. dans ce plan de sagesse et de bonté. dans ces dernières. Une humilité haute et sereine trouve une immense joie à se voir introduite ainsi dans le plan de Dieu et sans être initiée à ses vues lointaines. parce qu'elle se cache sous le voile de la nécessité. Elle prête une moindre prise à l'amour-propre. — : — . elle le sait d'avance admirablement beau et paternel. Tel n'est pas le jugement des hommes qui réservent leur estime pour les humiliations que l'on s'impose librement. on voit plus ostensiblement la générosité qui les recherche.

il faut des blessures sensibles. Elle est un préservatif. en même temps. elle dissipe ces fumées d'amour-propre qui s'élèvent naturellement dans notre fond d'orgueil.Quatrième Semaine SEPTIEME MEDITATION XXVIII® EXERCICE Précautions diverses Premier point : Du soin que Dieu prend de notre humilité. nous allons étudier la principale raison. par ses abaissements extérieurs. et. k . elle contrebalance. elle est un stimulant.d'être de l'amour de la propre abjection nous verrons pourquoi la Providence lui fait une si large place dans son plan sur les plus belles âmes : l'abjection est pour leur humilité un préservatif et un remède. précautions diverses. — Sous ce titre Préparation pour la veille. mais elle es'. aux yeux des hommes. autre pauvre chose encore. A nature humaine sujette à s'endormir. l'admiration toujours dangereuse dont ils en"^ tourent la vertu. Deuxième point : De notre correspondance à ce soiu — divin. qui réveillent son : .

il est vrai. qui est le reflet de la véritable humilité.. qu'il .quàtribmb sbmaini 284 ardeur comme fait Téperon aux flancs du coursier. Sont-elles parfaites? peuvent être méconnues. 1° Nos qualités sont accompagnées de défauts. Du soin que Dieu prend de notre humilité. tient le cœur attendri à l'égard de Dieu et particulièrement doux au prochain. — L'humilité nous est tellement nécessaire que Dieu permet l'humiliation en tout et partout. ces qualités Pieu. mais ce qui lui est sement est elle propre. le besoin de Dieu devient plus vif et la prière plus intense. ces défauts sortent de — elles mêmes. quand qu'elle laisse. lui est commun avec la douleur. par le profond détachement opère. Ce bienfait. profonde et paisible. l'amour de l'abjection donne à l'âme sa liberté complète il est le coup d'aile tout puissant qui affranchit de la loi d'attraction vers la terre. Ajoutons que. elles peuvent nous attirer la malveillance et l'envie. 4^ Méditation — Prélude. Demander la grâce de sentir Dieu et sa bonté dans tout ce qui m'humilie. I. d'ordinaire. Désormais la route aérienne des hauteurs est ouverte à son essor. Elle donne à la physionomie elle-même ce quelque chose de déférant et de bon.. et. c'est l'impression d'abaisCette impression. (\\ie vo'4s êtes boi^ 4ftns votre sagesse mon I . Sous ces coups.

.. insensibilité désespérante. L'insuccès nous en est imputé. Parfois l'imprudence et la maladresse la font dévier.. que vous êtes bon dans — I votre sagesse 3» Parfois I ce que nous taisons de meilleur se trouve discuté... dégoût pour toutes choses. elle est froideur et sécheresse dans nos prières. Pourquoi ces ignominieuses images que repousse ma volonté.. mais souvent Timà cette volonté pour la — rendre empressée ou découragée. abattement dans nos travaux. du moins 1 .. Dans leur détresse. » Merci.. Plonge tes racines dans les profondeurs de ton néant.StPTIBMI 285 illÉDItAtlOff "Il 2» Nous roulons perfection s'attache le bien. Tel est le partage de plusieurs âmes aimées de Dieu. pourquoi? « Mon enfant... ô Père.. Pourquoi ces bas calculs que je ne veux pas ?. constate que tu n'es rien. contrecarré. Cette — vaut — — ! — « Virtus in infirmitate perficitur. merci 5" Mais pourquoi ces tentations qui menacent la vie même de mon âme ?.. gesse 4» que vous êtes bon dans votre sa- î Notre vie intérieure.... ô Père. mon Dieu. ô mon Dieu.. pleine d'humiliations aussi. mais que savoure ma nature?. non c'est pour mon bien !.. » — cela pour te faire humble.. table rien. elles s'écrient Pourquoi. détruit. Lasse de toi.. regarde-moi davantage. que je ne vous offense jamais Il faut tout Père... Nous aurions grande envie de nous irriter contre nous-mêmes? Non. que tu : — — : ne peux connaissance expérimendes années de consolations.... encore et toujours.

. — Pourquoi. nous nous proposerons fortement de correspondre à cette action de la sagesse divine... laissons sur notre vertu si fragile ces épines qui la protègent.. Dieu aura besoin de pousser plus avant la dure leçon 1. ô Père. n'employa-t-il pas de la boue faite de salive?. nous. Il est si enclin à éloigner la vue de nos défauts.. 2» Efforçons-nous d'aimer ràbjection de — — — — ! toutes ces — choses.. pourquoi ? pour guérir l'aveugle. Mais. : 1 — II. ô mon Dieu. L'orgueil ne se guérit guère que par l'humiliation à certains aveuglements.. tombons.OOATRIÈMK 8EMAINÏ 286 II faut parfois bien davandes fautes.. tant notre orgueil est Dieu à regret retire son bras. Merci. — Aimer aimer vraiment l'humilité substantiellement. ce moyen sera sans effet.. cette grâce sera perdue.. et si habile à écarter une humiliation extérieure Ne nous excusons que lorsque Dieu l'exige. Prenons garde auxruses de rameur-propre.. De notre correspondance à ce soin divin. pour cette grâce sévère. l'abjection... c'est et c'est la nourrir . faites que je sois humble dans ce remède extrême — Jésus. Si je en même temps d'y être sensibles. il faut de la boue 1.. il hélas ! 1 faut grand !. Après ces considérations. n'en suis pas impressionné. en étudiant les sujets d'humiliation qu'elle a daigné placer en nous et autour de Efforçons-nous Ils sont nombreux. 1® Notre premier devoir sera de la reconnaître. et nous 6" Hélas tage. je vous en supplie.

de notre Père.. mon Dieu..... Aimer l'abjection. je vous entrevois que vous avez prises pour me conserver humble. « Bonum mihi quia humiliastime. c'est avoir des défauts très apparents.» C'était mon bien... s'écrierait — — — : . Et à quoi ne vous ai-je point forcé par mon aveuglement?.. L'abjection.. nous contemplerons la sagesse. c'est se faire content de tout cela. et se justifiera d'elle-même. en face des contradictions Alors que subissent les Saints eux-mêmes. c'est incapable. Où en suis-je à l'heure présente? Ai-je de l'amour pour ces abjections que vous aimez et que vous cultivez? Quel spectacle splendide se révélera à nos yeux quand. ne pas c'est réussir. nous arracheront des cris d'admiraLa sagesse y rayonnera de toutes parts tion. arrivés au terme. en un mot toutes ces lamentables misères qui font nos alarmes. Alors s'expliqueront tous ces pourquoi qui nous tourmentent. L'ignorant qui verrait un jardinier jeter des épines autour de plantes délicates... nos imperfections persistantes. nos fautes même.. être tenté c'est se voit en des chose?. hormis le péché..287 ^CPTIÈMK MÉDITATION Aimei serait se rhurnilité. et je ne le sagesse de enfin dans les précautions savais pas!.. l'utile — — C'est en cuitiver souvenir. basses. tromper soi-même. aimer sans i'abjecUon. nos défaillances inconcevables... dans la sauvegarde de notre fragile humilité....

— ÉTUDE SUR LA PRUDENCE Dans Thumilité Nous avons fait ressortir. l'obstination enfin qui aggrave l'erreur ou l'insuccès. arrête mais de l'humilité à ses courtes prudence surnaturelle qui prend sa règle d'appréciation dans les vérités révélées et donne ses décisions en vue de la limites. Chercher le sujet d'humiliation qui m'est le plus pénible. m*appliquer à m'en faire content. que vous êtes bon dans votre sagessel — — Résolution. mon Dieu. nous l'avons vue écartant l'illusion qui trouble le jugement. nous allons voir la prudence jouer un rôle analogue à l'égard de l'humilité. la trop grande confiance en soi-même qui ne laisse point place au doute sage et au conseil. ne saurait être question de cette prudence simplement humaine qui. l'action de l'humilité sur la prudence. le recevoir de la main de Dieu. l'empressement qui ne donne pas le temps de choisir les meilleurs moyens. sans lequel on la verrait tristement s'éloigner du vrai bien.S88 QtjÀTftiàHS stMiimË Que c'est laidl Ainsi faisons-nous à l'égard du Jardinier céleste. la . dans son Certes. en lui communiquant cet esprit de discernement et de mesure. Aujourd'hui. il ignorance. en divers endroits de ce livre.

HUMILITE. En effet. l'humilité ne saurait nous abaisser et nous diminuer. Non. Le milieu sage que proclame la raison. en acquérant le plus d'être possible. Cela est vrai. Faire consister la vertu dans un juste milieu qui s'éloigne à la fois des actes inférieurs et des actes éminents. La vertu tout entière. que deviennent ces doctrines d'effacement. mais le paraître elle ne limite . à plus forte raison dans le développement des qualités intellectuelles. toute vertu tend à perfectionner. L'humilité d'effacement n'atteint pas l'être. soit le amoindrissait notre être. la perfection consiste à se rapprocher de Dieu qui est le tout-être. vertu . L'humilité ne serait pas une vertu si elle l'excès. serait consacrer la théorie de la médiocrité. la vertu devant tendre à nous grandir et l'humilité s'appliquant à nous abaisser sans relâche. la vertu même de Jésus. — 19 . d'amour du mépris qui restent les conclusions intangibles des principes précédemment médités? La notioii de vertu et celle d'humilité ne seraient-elles pas ici contradictoires. or. de cette prudence qui laisse à rtiumilité tout l'espace des exemples du Sauveur. Mais alors. qui lui permettent de s'étendre jusqu'à l'héroïsme. d'abjection. trouve sa place entre ces deux extrêmes. même dans l'ordre des qualités physiques. et surtout des qualités morales en qui réside la vertu. et lui permet d'aller aussi loin que le bien lui-même. est celui qui se tient à l'écart soit de du trop peu : l'excès n'est plus trop peu ne l'est pas encore.ÉTtîDB SUR LÀ PRUDENCB 289 plus grande gloire de Dieu.

290 QtJAtRiÈMK 81HAINB — pas notre valeur. au lieu de nous éloigner des grandes choses. à rencontre des fausses notions et des tentatives irréfléchies. L'humilité d'abjection. — L La prudence réglant les actes. assurent à la vertu sa beauté. elle ne permet pas de négliger . selon les circonstances. pas sans son assentiment. elle n'a jamais le droit de résister à ses ordres. La prudence a le fens plus large. telle ou telle forme de cette vertu. nous les montra comme la désirable compensation des infinies misères dont elle gémit. en nous faisant — un front d'airain. sa liberté. à elle aussi d'en modérer l'essor. toutes ces humilités ensemble. et c'est son habituelle infirmité de n'envisager que son but spécial. Quant à l'amour — du mépris. pour mieux équilibrer une nature. Gomme toutes les vertus. ou pour respecter un attrait. faire prévaloir et de . mais nos prétentions. Enfin. en la débarrassant de tout alliage impur. en la dégageant de toute obsession il — personnelle. c'est en effet le propre d'une tendance d'aller au bout de son impulsion. D'elle-même peutêtre pousserait-elle son mouvement jusqu'à des manifestations peu dignes ou des !i(^sitations pusillanimes. l'humilité doit agir sous le contrôle de la prudence elle ne peut faire un . A elle de conduire tout le mouvement de nos actes d'humilité à elle de faire prédominer. Le rôle de la prudence est précisément de maintenir cet ordre. trempe nos âmes.

» ne nous demande pas non plus d'abdiquer nos droits. Elle la veut franche et sereine. Ne nous la représentons pas austère et sèche. Elle n'est pas l'œuvre de Dieu et ne saurait être utile aux hommes. elle la maintient confiante et courageuse . mais je Elle : . qui portent le cachet du ridicule c'est pourquoi elle la préserve de toute déformation même intérieure. elle la rend désintéressée et souple. C'est pourquoi la prudence arrache impitoyablement à l'humilité toutes les attitudes. daires. le Ciel ne saurait l'accueillir sous aucune forme. maintenue dans son rôle. mais elle nous empêche d'en exagérer la rigueur. rabaisserait notre perbien dans son expansion.ItUOI sur là PRtJDiNGl un 291 acte utile. abandonnée à l'action de Dieu et désireuse avant tout de sa plus grande gloire. par cela seul qu'il met en évielle s'oppose à tout ce qui diminuerait : dence notre \raleur morale. Je tends à l'effacement. elle la subordonne. à l'humiliation. ce qui suscite une foule d'initiatives secon- sonne et arrêterait le . elle jouit de toute sa vigueur pour chercher et accomplir les volontés divines. elle le repousse tout comme ce qui nous diminue. La laideur morale est incompatible avec la vertu. au mépris c'est le sens dans lequel me pousse l'humilité. Elle ne paralyse pas l'activité. Ce qui est une laideur. Notre initiative propre n'en est pas supprimée. toutes les expressions. loin de là: mise à son rang. elle dégrade intrinsèquement celui qui se l'impose. elle a le sens du beau comme celui du juste.

et de répandre sur toute notre vie morale. Tels actes. Allez particulièrement vers les actes. et ne vous arrêtez que devant la crainte d'une faute. si vous voulez être parfaites. qui m'assigne telle tâche ou me demande tel concours et je . Avant de vous détourner de telle humiliation. ô âmes méfiez-vous deh doutes que soulève peut-être une timidité complice. les moyens plus sérieusement choisis. mais l'inclination qui y tend. docile. l'influence qui préserve et le reflet qui charme. mais l'amour qui les suggère. moins généreuses . inclinez vers le parti qui humilie le plus. tels abaissements lui seront interdits. ô âmes éprises de l'humilité. demandez-vous si la conscience vous y oblige. Rien ne l'empêche de chanter au-dedans de nous son continuel cantique d'adoration. devant toutes les manifestations d'une volonté supérieure.292 QUATRIÈME S&MAIN8 m'arrête. n'est pointla diminuer en elle-même. l'amour qu'on lui porte reste sans limites. or. Si l'exercice de la vertu a des limites. loin de diminuer. car le désir déréglé de l'estime vaine ne lui m'aveuglera pas» Retenir l'humilité dans son exercice. Le but sera n?ieux distingué. telles paroles. ne font que s'accroître par la compression d'un désir inassouvi et par le mérite d'une réserve qui coûte. Allez donc résolument vers votre objet. prête toutes les forces intactes de mes facultés comme de mes vertus. et. la vertu est dans cet amour les sentiments exprimés au-dedans sont à la fois des actes méritoires et d'utiles prépara: tions. .

fidèlement accompli. forces : : 1 II. La prudence déterminant — le genre d'humi- La prudence ne se contente pas d'encourager ou de retenir l'humilité dans les actes du moment. même en dehors des occasions. de déposer. tout le monde le comprend. autre celle d'une femme du monde. elle fait adopter le genre d'humilité qui convient à la position de chacun.. en son particulier. mais portant ses conseils lité qui convient. dira-t-on. que les paroles et les décisions aient à revêtir une forme différente en face de positions diverses. on se déprime.ÉTUDE SDR LA PRUDENCE 293 Nous devons cependant tenir compte de nos présentes en allant au-delà de son courage.. développe l'habitude. mais ce que l'on comprend moins. des formes par exemple favorables au commandement pour ne les reprendre qu'en public ? N'est-il donc pas plus parfait d'exercer l'humi- même lité extérieure toutes les fois qu'une circoas- . puissent garder le genre. Cela saute aux yeux. Ne serai k-il pas préférable. c'est que cette attitude et ces paroles. mère de famille et chargée d'un personnel nombreux . autre celle d'un homme politique et d'un militaire. Autre doit être l'humilité d'une religieuse. Et puis. Que l'attitude et les manières. le désir de le devenir. en dépassant sa grâce on tente Dieu. l'avenir reste ouvert Cherchez même dans l'humiliation de n'être pas humble. L'humilité qui convient à tous est d'ailleurs celle des actions ordinaires chaque acte. plus loin.

un secours providentiel contre l'orgueil . Un danger résulte de cette conduite. Tout acte intérieur façonne même le dehors. que nous ne devions pas rechercher. on y retrouve ses traits comme on retrouve dans les enfants. Il n'est pas jusqu'aux pensées et aux sentiments qui ne doivent. il passe avec son influence et sa physionomie dans la forme extérieure. Aux personnes qui ont à paraître et à commander. Son but sera ici de fortifier intrinsèquement la vertu. . La vertu est une harmonie et cette harmonie résulte d'une communauté de vie. Venant de lui. elle imposera une humilité profonde et forte elle conseillera toute pratique qui rabaisse sincèrement devant Dieu et devant soi-même. dans une certaine mesure.. elle sait qu'une attitude ne se prend avec aisance et ne s'affirme avec force que par l'effet de Thabitude voilà pourquoi elle conseille d'écarter toute manière d'être qui en interromprait le mouvement. Accueillons-la comme est trop évident . mais elle interdira tout ce qui apporterait quelque diminution de prestige ou de vigueur. La prudence a des vues de plus longue portée. Dieu très souvent ajoute la grâce de l'humiliation réelle. se mettre à l'unisson. mais il pour échapper aux yeux exercés de la prudence et à la sagacité de ses moyens préservatifs. Que Ton se rassure d'ailleurs aux grâces d'état qui ne manquent jamais. r9- . elle concourt à ses fins et ce ne serait point sagesse de s'en inquiéter..294 ouatriAmii sevaini tance n'oblige pas à la restreindre?. les traits de ceux dont : ils sont l'être prolongé.

. Il y a des personnes qui doutent toujours d'elles-mêmes.295 fTUDK SUR LA PRUDENCE gardons-Ia comme une compensation heureuse aimons-la de tout l'amour que nous avons pour la vertu d'humilité et faisons lui une place aussi large que la prudence le permet. On ne saurait impunément se passer de cette force permanente. La prudence modérant l'exercice de l'huCe que la pour équilibrer une nature. Une âme en qui domine une trop grande dé* . Notre nature est le fonds d'où partent nos actes. — milité : nihile. prudence prescrit en vue d'une situation à sauvegarder. . La conscience du devoir peut commander une conduite énergigue seule une nature fortement préparée en impose les conclusions avec autorité et en porte le poids sans siste plus . L'hésitation paralyse l'initiative ou la rend douloureuse. elle le conseille pareillement en vue d'une nature à équilibrer. trop de défiance en est uc autre . l'impuissance envahit la vie et l'anIII. et celui-ci n'est pas moins funeste que Le trouble envahit l'âme et la décelui-là forme. On dira peut-être que la vertu consiste après tout dans la juste appréciation des choses et dans la volonté du bien : on oublie qu'elle conencore dans les dispositions de notre nature. fléchir. Trop de confiance en soi est un vice. de leurs aptitudes comme de leurs succès. le fonds qui les soutient c'est en elles que s'établissent les habitudes. .

l'amour-propre lui-même pourrait très aisément se frayer un autre chemin. rien de mieux. Mais. tures. d'autre part. les relever. de ses maladresses. et c'est celui qui menace de telles na. . c'est faire fructifier le talent reçu. la rassérène et la soutient. qu'elle écarte résolument l'impression trop vive de ses insuffisances. car il y a l'amour-propre souffrant. une hufiance d'elle-même. de ses infériorités. surtout si elle a une mission à remplir. pour ne pas déprimer un caractère déjà trop et d'ailleurs. Ceux qui ont la charge de ces âmes timides doivent leur donner confiance en elles-mêmes par des approbations opportunes les laisser agir seules pour développer leur initiative les accréditer par divers moyens dans le milieu oii . mais aussi de la juste consciensce de sa propre force. aurait le . précifaible en ses ressorts sémentau milieu de ses alarmes. elles vivent.296 QUATRISUK SEMAINK donc tort de cultiver sentiment de son impuissance et de trop incliner à l'abaissement devant les autres. les amener enfin à cette aisance dans la parole et dans l'action qui résulte du sentiment de Dieu sans doute. au lieu de l'envelopper inerte dans le suaire d'une humilité mal comprise. Agir ainsi. les rassurer. milité paisible remplit alors sa vie. Qu'elle se tienne entièrement dégagée de tout orgueil qu'elle cherche à déet de toute prétention couvrir Dieu dans le bien qu'elle fait et ne commande qu'en son nom. .

Rien qu'au contact de ces choses sur leur pensée. Nous Tavoiis vu. es saints pour la plupart s'acharnent à se rabaisser ils éprouvent une joie amère à s'accabler des qualificatifs les plus humiliants. Comment s'indigner contre ce que l'on connaît à peine Chez quelques autres. Elle peuvent avoir. Ce sont souvent des âmes particulièrement pures le mal ne les a point marquées de ses stigmates déshonorants. et trouvent dans . il leur semble à toutes qu'une sorte de : ! — — flétrissure les atteint . sentiment sans cesse renouvelé de leur propre abjection. La prudence respectant un — 297 attrait sage- ment reconnu. nous voyons des âmes. qui s'arrêtent moins à cet ordre de sentiments et qui y rencontreraient quelque gêne. leur cœur se resserre et leur élan vers Dieu se décourage. les délicatesses d'une nature affinée. Serait-il juste de condamner de telles répugnances? ^rait-il sage de les violenter? Nous ne le croyons pas. le sentiment profond de leur misère. autant que ces saints. Chez d'autres encore le sens du beau est tellement développé qu'il se détourne instinctivement de toute laideur. signalent à la prudence une disposition provi- dentielle qu^elle a le devoir de faire respecter.ÉTUDE SUR LA FRUDENGB IV. Les caractères que nous venons de décrire. mais elles en cultivent moins l'impression. Par contre. souffrent vraiment à regarder toute souillure. . le stimulant de leur ferle veur. fort généreuses pourtant. la tentation elle-même a respecté tant d'innocence.

Sans doute les motifs d'abjection portent l'humilité fort loin .. mais le motif du Tout de Dieu ouvre aux âmes contemplatives des horizons non moins étendus. vous la regardez avec des yeux habitués à contempler le Calvaire et vous lui ouvrez vos bras comme pour étreindre Jésus avec sa croix K Si même votre attrait ne vous porte pas spécialement vers l'humilité. pourquoi le contraindre? L'humilité. mais bien celui qui. suscite ses plus grands efforts. indulgente et bonne.. Face à face avec la pensée de l'infini. 1. n'est pas essentiel à la vertu de les envisager il suffit qu'elle en retienne qui la déterminent. vous vous faites constamment douce. mieux en rapport avec sa nature.. vous ne la méprisez jamais. vous vous sentez toute petite. L'essentiel est que votre humilité soit pratique et généreuse. vous ne vous élevez pas en vous-même. telle Il ! dira-t-elle à ces âmes: moins bien à votre humi- autre pourra lui convenir davantage. Le meilleur pour telle âme n'est pas tous. Si l'-humiliation vous arrive. comme les autres vertus.QUATRIÈME SEMAINE 298 Ne VOUS troublez pas cet ordre de motifs va lité. quels que soient les succès de vos œuvres ou les dons de votre prière. sous ce titre ^ l'attrait de plusieurs. Qu'elle le devienne sous telle ou telle bonne influence. quelle que soit la misère du prochain. L'humilité que nous décrirons dans la cinquième Transformation. cela importe moins à la vertu.. : . toujours le plus renommé ou le plus excellent. répondra peut-étr^ semaine.

Atude sur la prudence 299 mérite un culte général mais. parfois même par ses défauts votre éducation par son développement et ses habitudes d'esprit. Dans cette voie. selon votre attrait. vous ont constitué apte à telle vertu plutôt qu'à telle autre. avec ses ardeurs ou son intimité. vous répandrez le parfum de vos fleurs et vous donnerez à Dieu les fruits qu'il attend. vous marcherez plus librement et vous irez plus loin. l'union de pensée avec Dieu" ou la reconnaissance. par exemple la pureté d'intention. Hors de là.la pauvreté. le dévouement aux autres. Votre nature par ses tendances. vous dépéririez comme la plante transportée dansun sol qui ne lui convient pas. Cultivez donc. l'oubli de vous-même. Cultivez rabnégation. votre vie par ses rencontres. . elle n'a droit à un autel à part dans chaque temple. pas plus que ses sœurs. tandis que là vous étendrez votre ramure. Tout cela résulte d'une disposition pro: . Développez surtout l'amour divin. videntielle et marque une voie.

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.tiinn<Tr CINQUIEME SEMAINE TRANSFORMATtON .rrrY»irrmrnnrmrmiM.

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il serait grave désordre. elles ont pour objet. comme si le bien venait surtout de nous et non pas de Dieu le but. elles feraient de notre personnalité exclusive le principe et le but : le principe. comme si nous avions le droit de rechercher notre gloire plutôt que la sienne. la sauvegarde de notre personnalité. elle s'écrie vaillante humilité s'armant de la à son tour: Quis ut Deusl Arrière ces prétentions insensées Qui donc est le véritable auI . il aurait beau trouver quelque excuse dans cette sorte d'inconscience qui généralement l'accompagne. là est aussi leur danger. lement une injustice et une injure. l'une par l'affirmation de notre propre valeur. nous avons analysé les deux tendances que l'humilité a l'estime de soi. En effet. il n'en produirait pas moins ses mauvais effets dans notre un vie morale. Là est leur rôle. Un tel renversement des rôles ne seraient pas seu: . nous l'avons vu. parole de l'archange. poussant trop loin la sauvegarde du moi ou plutôt son exaltation.t^RÉPÂRATIÛN k U CINOUIÈME SEMAINE Aux premières pages de ce livre. En elles-mêmes. ce sont deux forces aveugles qui dépasseraient leur objet si la vérité et la justice ne venaient les guider et au besoin les contraindre. le désir charge de conduire de l'estime des autres. Ensemble. l'autre par la recherche de l'estime qui nous protège. La * ne le souffrira point et.

et le désir de l'estime cherchera le regard même de Dieu. Ce rôle nouveau procède d'une conception nouvelle. Ainsi. finalement. Elevons donc nos espérances comme nos re- . Nous allons voir maintenant qu'elle en mérite un autre encore plus beau. car elle est leur couronnement. l'estime de soi deviendra l'admiration du divin en nous. extension d'ordre surnaturel. rien de ce que Dieu a créé ne sera détruit. elles les a contenues. dans un éclat de triomphe. l'humilité justifie donc son titre de fondement et de gardienne des vertus. ces deux devoirs sont la base de la vie chrétienne. En les faisant respecter. leur beauté se dégagera de tout alliage et. et tous nos actes se dirigeront vers lui comme vers leur fin nécessaire. leur action se portera de Dieu vers le prochain. elle va les transformer. Ainsi. Les deux tendances que l'humilité s'est jusqu'ici contentée de vaincre. Ces dispositions transformées trouverontpour s'étendre une sphère plus vaste . Tant qu'elles inclinaient du côté de la terre. l'humilité va se montrer à nous. elle va maintenant les affranchir. Toutes nos vertus viendront le reconnaître comme le premier principe d'où elles émanent. Or. terminant sa carrière comme un beau jour. en les dirigeant du côté du ciel. la règle de son activité. elles se reposeront sur des objets plus sûrs. voilà Dieu remis sur son trône. lacondition de son mérite. par une la — . aux dernières pages de ce livre.304 CINQUIÈMB SEMAINE teurde tout bien? Qui donc mérite avant tout louange? Notre orgueilleuse personnalité ainsi reléguée à sa place.

Ah! que je voudrais m'élancer vers ce rnond*» nouveau! Que je voudrais donner à mon être vulgaire cette transformation supérieure Ce qui se passe dans l'âme des saints ne pourraitil pas. en quelque manière. ne daigneriez-vous pas l'ébaucher sur la terre f Ce que j'y ferai aussi moi-même. la paix règne de toutes parts. — 3/i . pourquoi ne me transformerai-je pas ici-bas. La vertu que nous allons poursuivre a été celle des saints et par excellence celle de Marie. en essayant de vous contempler à travers les ombres transparentes de la mystérieuse création. ses ennemis sont démasqués et connus. marchons à de pacifiques conquêtes. celle de notre éternité. ô mon Dieu. c'est : est ! RCMILITi. gards. ne puis-je pas le commencer déjà? Si je dois être divinisée un jour en vous contemplant face à face. se produire aussi dans la mienne ? Ce que vous ferez dans votre ciel.PHÉPARATION 305 l'humilité défensive le moment fortement établie. en une limite plus restreinte. elle sera.

je cesserai en quelque sorte de me voir moi-même. tous mes actes soutenus par lui. le sommaire des dons de Dieu. L'humilité les fait resplendir.Ûinquième Semaine PREMIERE MEDITATIO» XXIX* EXERGICB Transformation de l'estime de Premier point : Les dons de Dieu. cette méditation un esprit Il faut porter à dégagé des idées vulgaires et disposée une juste admiration. timer foncièrement. je verrai mes qualités personnelles émanant de lui. — soi Deuxième point : — Si je veux m'esPréparation pour la veille. et la beauté de mon âme comme un reflet tombant de sa propre beauté. Si je assez haut. un esprit large qui ne s'arrête pas . je dois chercher en moi ce qui vient de Dieu surtout dans l'ordre surnaturel. Ce sera le suprême essor de cette tendance qui s'appelle l'estime de soi. En y découvrant des merveilles de grandeur je comprendrai sans doute la haute dignité chrétienne. sans scrupule comme sans exagération. tant je me sentirai envahi par le monte divin. ou mieux. Je parcourrai donc.

ceux-là 1 . si la grâce de comprendre pour elles m'apparaissaient de les pénétrer. petit monde dans lequel l'univers vient se refléter par l'intermédiaire des sens et se transformer en idée par l'effort de l'intelligence.. liberté morale au moyen de laquelle je suis le maître de mes actes et de ma desI. ces vérités la — Demander comme première fois . sorte de ciel où Dieu se fait connaître comme auteur de toutes choses et pressentir comme infini. Mais qu'on y songe bien. Méditation Prélude. n'atteint pas à la valeur d'une pensée 2» Toutefois. l'éclat de ces dons naturels pâlit i l'apparition des dons de la grâce. de les sentir. une lueur d'intelligence est supérieure à l'immensité des cieux étoiles! mais un acte de volonté est une force plus haute que tout le mouvement des mers! mais l'admirable instinct Ah! pourquoi elles si I des animaux ensemble. — 1® Ce que je suis en Chef-d'œuvre de la création terrestre.. tant Les dons de Dieu. Il faut y porter surtout un grand esprit de foi. ces magnificences me sontfamilières! On estime si peu ce que Ton a toujours connu Pour admirer. l'homm^e a besoin de s'étonner.307 pkeuiIre méditation aux objections mesquines. qu'homme — — : — — tinée. souverain dominateur de la matière. d'en être impressionné.

avec son besoin de Tinfini et son aptitude à le contempler face à face. Tout cela est certain. comme le petit flot de sang qui soulève la plus lointaine de mes artères et qui me vient du cœur. travaillant sans cesse à nous diviniser!. le croire avec enthousiasme! Ce serait du moins l'entrevoir et ce serait commencer à se bien connaître.âÔ8 CINQUIÈME SIMAIN& condition que la toute-puissance être à qui ils fussent naturels. soit pour durer. 3° Un lien plus tendre m'unit à Jésus. parce qu'elle est divine. mais nous reste caché. Mais aussi quelle transformation! C'est la nature divine participée. Ahl si nos yeux s'ouvraient tout à coup.. La grâce ne peut être qu'une transformation. union mystérieuse ici-bas. Jésus est quelque chose de moi c'est ma grande gloire ou plutôt je suis quelque chose de lui et c'est mon grand bonheur. une vie que Dieu seul peut exercer en nous chacun de nos actes surnaturels a besoin de son mouvement. il a pris ma nature. comme la raison est naturelle à l'homme. l'Etre souverain. Je lui appartiens comme la petite cellule. en quelque sorte à notre service. C'est une vie divine au sein de notre être grossier. soit pour naître. et. et qui reçoit sa vie de l'action du cerveau.. dignité pour qui sait comprendre : je suis une part de l'être mystique de Jésus. Oh! le croire. radieuse au ciel principe incomparable de sont de telle ne saurait créer un — : — — . nous verrions ce Dieu. Jésus est mon ami. je peux le diminuer ou l'accroître je suis un besoin pour . . Jésus est mon frère. perdue au fond de mes organes. : — — — . il me donne son cœur et ses biens.

L'orgueilleux voit Dieu peut-être dans. I — resplendir les dons de Dieu. la nature. ou de lui préférer. l'augmente de mille manières. hélas la triste expansion de ma vie propre. par la recherche désordonnée des quelques joies et des quelques applaudissements de ce monde. Attendrai-je le ciel pour être fier de ces gloires? Le ciel les fera resplendir. Le tort . soi. déjà. Ce n'est pas ordinaire- àient présomption.PREMIÈRE MEDITATION 309 son bonheur. et par les secours charitables qu'il m'apporte. mais la grâce. ô mon âme. Ne trouves-tu pas. le voit pas en ce qu'il est. Les dédaignerai-je parce qu'elles me sont communes avec d'autres êtres? Subissent-elles par ce fait une déchéance? Le bien des autres diminuerait-il mon bien propre? Loin de là. je puis être une déception pour ses espérances. même Ce qu'il fait. Il m'est donné de le laisser vivre en moi pleinement. grand aveugle qui traverse la création sans y découvrir Dieu. et par les il exemples qu'il m'offre. et par les vertus spéciales qu'il me donne à exercer. il se dans ses fonds. mais inconscience. que ces grandeurs suffisent à satisfaire le sens de l'estime de soi et à fonder ta noblesse? Quelle noblesse plus ancienne que celle qui vient de l'Eternel? Quelle noblesse plus illustre que celle qui descend du Très-Haut? — Par Jésus. IL L'humilité fait — 1» L'incrédule est un mais il ne l'attribue . c'est vrai. m'en enrichit. je suis issu du sang d'un Dieu et ma vie se nourrit d'un aliment divin. il se le croit personnel.

mais en faisant tous ces actes times.310 s CI^QU1ÈMB SUMALtt du plus grand nombre il n'est pas d'écarter Dieu. la prudence d'un grand peuple plaçait un héraut d'armes chargé de lui répéter cet avertissement « Souviens-toi que tu es un homme. le soleil sur notre terre. sous toutes ces grandeurs. « Cette : voix est ici celle de l'humilité : souviens-toi. derrière le char du triomphateur. souviens-toi. Autrefois. il s'admire en quelque sorte à genoux. La grandeur de l'homme ici-bas est de chercher Dieu. A mesure que l'humilité répand sur cet aveuglement sa belle lumière. Il s'ensuit que l'humble ne se préfère foncièrement à personne. est plutôt de l'ignorer. insiste et au besoin. ne cesse jamais d'envisager la fin dernière de tes actes. l'évidence de l'action de Dieu apparaît. défends ton honneur. 3° Si l'estime de soi était simplement l'estime de l'œuvre de Dieu en tout homme. elle ne serait pas un sentiment personnel. un néant! Tiens ton rang. C'est là que l'humilité a besoin de nous tenir les yeux ouverts. comme fait. prends des initiatives. il le découvre partout et jusque dans le plus petit grain de sable. souviens-toi! lutte légi- Ne perds ja- mais de vue l'origine de tes dons. Cette estime vise ces dons en tant qu'ils sont nôtres. mais une forme de radoration. que tu n'es qu'un homme. et que lorsqu'il s'admire lui-même. à son lever. pour nous montrer ces dons toujours bornés et . S'il le cherche dans la nature. s'étend et finit par envahir tout notre domaine. s'il le cherche en lui-même il le trouve dans tout son être et jusque dans le plus petit de ses actes.

qui est bas et vulgaire. elle tend à ce qui est le plus noble. dans sa domination fortement établie. Cen'estpointsagesseiles dangers peuventêtre conjurés et le sentiment intense de la dignité personnelle ne saurait trouver ailleurs des mobiles d'égale puissance. de la ressemblance qu'il imprime en leur âme. grandir Dieu lui-même. En même temps.PREMIÈRE MÉDITATION 311 modérant aiasi rinclination naturelle qui porte à les grossir. une tentative imprudente. de l'action constante qu'il exerce au plus intime de leur être. et elle fragiles. futurs héritiers de sa gloire. La timidité craintive. proscrit le mal avec un dédain instinctif et invincible. comme une injustice. trop souvent peut-être. toute préférence qui entraînerait le moindre dédain pour autrui. D'un trône élevé on voit de très loin ce licate : . elle serait. Ces sentiments les poussent sans cesse vers une perfection qui les grandira toujours et leur ambition prenant un essor plus qu'humain. prend le parti de fermer les yeux. Si l'on pouvait pénétrer dans l'âme d'un saint on marcherait de surprise en surprise. Sans doute l'estime de soi reste une vertu dé- défend. Les voit-on timides et incertains en face . Ils sont hautement fiers de l'amitié de Jésus. sans la grâce. participant à sa nature. Dans la majesté de ses goûts. Ce sentiment est une sorte de royauté et cette royauté. elle s'oppose de toutes ses forces à la vaine complaisance que Ton serait tenté d'y prendre. conçoit la prétention de : . Le sentiment de l'estime de soi se présenterait splen- didement accru les saints se savent fils de Dieu. en travaillant pour sa gloire.

lemal?De quelle horreur ne sont-ils pas soulevés en face de ses assauts? Cherchez bien et nulle part vous ne trouverez une pareille exaltation du sentiment de la dignité personnelle. parce qu'elle se développe dans l'atmosphère pure et calme du vrai. exaltation pleine de grandeur et de force toute douce et toute paisible en même temps.312 CINQUIÈMB SRMAINB des entrejirises les plus hardies. Admirer en moi les dons de Dieu. — Résolution. . pour donner an sentiment de la dignité personnelle son mobile le plus haut. du bien et du beau par excellence. Ne pas me contenter d'une vue superûcielle qu» n apprend rien et n'émeut pas. . des dangers les plus manifestes ? De quel œil regardent-ils rabaissementsuprême.

Premier point — — Deuxième point: : Désirer lui faire plaisir. estimé et le désir de plaire sont si voisins qu'ils semblent constituer plutôt deux manifestations de la même tendance Ils sont pourtantdistincls: le désir de l'estime vise l'approbation et aspire à un jugement favorable c'est plutôt à l'esprit qu'il s'adresse. cherche d'abord le bien des autres. Troisième point Désirer lui plaire. . La distance est plus grande entre le plaire et celui de faire plaisir. Celui-là nature assez personnel : il envisage qu'apporte l'estime. c'est que le second découle du premier comme l'effet de sa cause qui veut plaire cherche généralement à : faire plaisir.Ginqnième Semaine DEUXIÈME MÉDITATIOn XXX« EXERCICE Transformation du désir de restîitîD : Désirer l'estime de Dieu. Le désir de plaire signale une tentative vers le cœur on veut une estime af: : fectueuse. sans 4tre désir de est de sa le bien toujours désintéressé. — Le désir d'être Préparation pour la veille. Celui-ci. Ce qui les rapproche pourtant.

1^ Méditation — Prélude. pourrait-il se transformer sans cesser d'être lui-même ? Eh bien ici encore. nous le trouvons lui aussi et plus étendu et plus la I mais surtout plus noble. c'est se rapprocher d'eux. nous désirerions vivement son estime On recherche l'estime des personnes qui entourent. très humain de son fonds. déroulant à ses regards des perspectives transcendantes. c'est le monde des êtres surnaturels Dieu et Dieu partout. un tel sentiment. monde lui est — : — hommes. raille fois non. plus particulièrement celle des grands.314 CINQUIÈME SEMAINB Le désir de plaire se prêtera-t-il lui aussi à pénétration du divin? Comment. — 1. Peut-on désirer l'estime de Dieu. ne peut nous arriver par aucune voie extérieure nous : : . Jésus plus spécialement nôtre et en Jésus tout ce qui se relie à lui. L'obtenir. plongeons nos regards dans l'âme d'un saint. les anges et les actif. c'est entrer dans leur sphère et participer à leur supériorité. d'attirer en soi ces sentiments féconds et de donner à sa vie cette haute orientation. Demander la grâce de s'ouvrir à ces belles pensées. Si nous avions avec Dieu des relations familières. Un nouveau apparu. Y voyons-nous réduit et inerte le désir de plaire? Non. Mais Dieu est un Être invisible et qui semble lointain. L'estime qu'il ferait de nous.

. d'une façon certaine. n'avons-nous pas les saintes présomp- tions qui naissent de ses affirmations positives? Ne savons-nous pas. 1 ! 1 — . auteur de toute lumière. nière ? A . le bien d'un acte passager comme le bien d'une qualité permanente ? Ainsi donc. aucun désir? Dieu. que Dieu estime tout bien. œuvres par degrés. en perfectionnant nos qualités. Est-ce à dire que toute voie d'entente nous soit fermée? Les sentiments de Dieu sont-ils si secrets qu'ils ne se trahissent d'aucune ma. créateur de tout bon senéclairez-moi Daignez abaisser à ma timent.315 OIUXIÈIU MÉDITATION ne l'entendrons pas la formuler par des paroles nous ne la lirons pas dans son regard. Hélas ma pauvre âme n'a peut-être qu'une foi sans lumière intime. nous sommes assurés de gagner son estime et cette estime croît avec la grandeur de nos actes et l'éminence de nos vertus. je tendrai Vous faites vos au but qu'ils ont atteint. animez-moi portée les vérités qui sont à la portée des saints. ô Dieu sage. en accomplissant un acte vertueux. sans aller aussi loin qu'eux. je verrai la même vérité. seul l'amour en peut faire sa vie. Sans voir aussi loin qu'eux. un amour sans nobles besoins! Lui serat-il donc inutile d'entreprendre une méditation trop haute encore pour elle ? N'y trouvera-t-elle que des idées incertaines? N'y puisera-t-elle Dieu. Seule la foi vive comprend ces choses. défaut d'une parole et d'un regard directs. eh bieni aujourd'hui j'essaierai de faire quelque pas vers le désir de vous plaire.

Comment s'exerce le désir de plaire à Dieu ? son attention d'une façon particulière. et finalement de se faire aimer de lui davantage.316 — GINQUIÈUR SEMAINK II. Dans cette naissante persuasion quel épanouissement* pour l'âme Toutes ses facultés sont à l'aise. c'est commencer à gagner son cœur. L'immolation est. de vivre dans la bienveillance de son regard. . par tout acte remarquable. que disje. elles sont animées^ ellet vivent. c'est plus : — 1 . C'est plus qu'attirer que mériter son estime. L'admiration est la souveraine expression de l'estime elle est nécessaire à un grand amour. qui fait battre son cœur. il y faut quelque supériorité. L'immolation suppose d'ailleurs une grande force d'âme. accueillir la peine avec douceur et les menaces de l'avenir avec une courageuse confiance: voilà des moyens de prétendre à l'admiration du grand appréciateur de toute chose. Dans ce désir se trouve un stimulant très personnel être pour lui cet objet qui charme son regard. : . Désir d'obtenir quelque admiration. Donc se dévouer à la cause de Dieu. Désirer charmer Dieu. Comment se faire admirer de Dieu ? Par tout effort généreux. s'y sacrifier au besoin se même — . qualité souverainement estimable. Le dévouement s'offre d'abord de là le regard se porte vers le sacrifice. par tout sentiment élevé Ce qui est commun n'y suffit pas. dans notre ordre déchu. l'acte le plus noble. car c'est à cet objet que C'est le désir d'attirer termine normalement le désir de plaire. dans l'ordre humain. elles graii* son attention. immoler ses goûts quand ils sont des obstacles.

. oh l'intensité du désir Charmer Dieu !.. sur leur attitude.. ô Jésus. homme . oh! la de la prière..... donnais à Si je consacrais ma vie cette orienta- à la méditation des heures plus longues?. je serais donc sans goût. Peutêtre s'épuise-t-il ailleurs manque-t-il ?. I .. obtenir de votre bouche un doux éloge ou l'attendre au ciel. Ahl si je m'établissais dans cette disposition sainte?.. sur les moindres détails de leur vie 1... Si.. il faut une piété délipureté du cœur.. durant le jour. sans élan. pour plaire à vos regards. Pour charmer. je cherchais plus souvent le regard à qui je veux plaire? Ce regard cherché sera surtout le vôtre. po%ir charmer votre cœur.. votre âme est sensible à tout ordre de prévenance. ! : mon Dieu.DEUXIEME MEDITATION 317 Quel principe de perfectionnement! il faut avoir de la beauté^ il faut manifester des qualités aimables Quel soin d'elles-mêmes ne voit-on pas chez les personnes qui veulent plaire I Quelle vigilance en tout sur leurs paroles. ô Jésus^ se fixe sur moi jour et nuit.. oh triste ! l'intimité 1 I cate... Vous plaire et vous plaire particulièrement me faire aimer de vous. dissent. mais pour y songer seulement. mon frère.. quel champ ouvert à mon désir de plaire Aucune limite ne le restreint Votre attention. elle en saisit les moindres délicatesses avec leurs nuances infinies. ô Dieu.. Ce que Jésus. sans persévérance! Ce désir semble m'être étranger et j'en cherche la cause. Si je tion ?. Une d'aliments ? médiocre est une peut-être aussi vie intérieure pourvoyeuse I.

toute la part d'estime que je serai parvenu à mériter de vous. ce que j'éprouve. quelque gloire . tous les sentiments que j'aurai ici-bas provoqués dans votre grand cœur. Lui donner quelque joie.. ô Jésus. on ne la fixe jamais d'une façon durable car enfin ce monde passe et s'évanouit avec la fumée de son estime. En quoi consiste le désir de faire plaisir à peu personnel d'attirer les regards de Dieu et de lui plaire. plus animé que le monde des hommes dont on se dispute Testime «t cette estime. plus plein. . On en arrive à se répéter sans cesse pourvu que III. ô merveille vous le lisez distinctement dans mon cœur. à vous seul. Dieu. Les qualités mises en jeu pour plaire. A force de vouloir charmer Dieu. on s'est épris de ses charmes à force de se dépouiller de ce qui l'eût éloigné. je sais même I . on n'en jouit qu'au milieu des craintes. Il y a'tout une vie nouvelle dans cet ordre plus élevé de sentiments. Jésus. Vous.. on ne l'obtient que rarement. sans trop le comprendre. s'immoler pour que ces actes Thonorent s'embellir de vertus pour que cette vue le contente !. pour les faire éternels. vous emportez au Ciel. vous êtes. : . on ne garde à aimer par dessus tout que sa souveraine amabilité: le désir de plaire est le générateur du désir de faire plaisir. .318 CINQUIÈME SEMAIN8 ne pas exprimer. tout un monde plus étendu. s'élève insensiblement au désir désintéressé de lui faire plaisir. plus tendre. plus parfaite. se dévouer. s'épanouissent ici sous une forme plus belle. — Le désir un .

. Le détachement de soi-même se fait d'une façon si douce qu'on en a conscience à peine et d'une façon si complète que Dieu règne de ! .... permettez-moi du moins de m'y élever aux heures où je médite. puisqu'il existe tant de belles âmes qui semblent ainsi passées '^n vous. On se console de ses propres peines. d'autres joies que vos joies. des impressions et de salutaires regrets Si je n'ai l'aile tamment dans l — M'appliquer cette parole du pre« Je vois les Cieux ouverts et Jésus à la droite de son Père. mais parce qu'on la sent en lui. et n'avoir d'autre vie que la vôtre. mier martyr saint Etienne : tenter pour l'obtenir! : — I . faites descendre jusqu'à ma bassesse quelques mouvements de ces attraits.. il en restera dans ma vie active des souvenirs...DKUXIÈME MÉDITATION 319 Dieu soit content On vit de la joie qu'on lui donne. toutes parts. Dieu si aimable et si aimé. un regard cpii me dise tu me plais •— Que ne pas Résolution. en se perdant au sein de Dieu. non parce qu'on la donne. de grâce. Le caprice et l'inconstance n'y trouvent aucune prise et l'orgueil lui-même semble disparaître. d'autre désir que votre bien.. pas assez forte pour planer consces hauteurs. On un un couronne- assure ainsi à la vertu fondement plus inébranlable et ment plus haut. » Aujourd'hui je chercherai le regard de Jésus. en songeant qu'il est heureux.

le prochain sur la poitrine . : prochain regardez du Sauveur. Se montrer indulgent.Cinquième semaine TROISIEME MEDITATION XXXI" EXERCICE Désir de plaire et de faire plaisir au prochain Premier point Jésus dans : Dieu vu dans le prochain. Trop de calculs intéressés. — Préparation pour la veille. . facile et^bon pour toutes les personnes qui nous entourent. voilà pourquoi nous ne saurions trop méditer ce conseil qui est l'âme de la loi nouvelle voyez Dieu dans le . Z>cuj:té»ne point i Troisième point : Règles pra- le — tiques. — prochain. voilà un idéal que la pauvre nature humaine ne saurait pleinement réaliser avec ses seules forces. et laisser sentir à chacune cette chaude affection qui dilate. trop de laideurs morales déparent son objet. L'homme ne peut donner à l'homme cet amour idéal qu'en le revêtant de l'idéal divin. Il faut qu'une beauté venue d'ailleurs l'illumine. trop d'inconstance dominent ses sentiments et d'autre part. chercher habituellement à leur faire plaisir.

ouvrez mes yeux. de perfection et de vrai bonheur. Qu attendons-nous pourtant? Que Dieu fasse un miracle et nous le crie du haut du ciel ? Ce n'est point sa coutume. qui BVMILITi. Dieu vu dans le prochain. en vous retrouvant partout dans ce prochain. ne se donne-t-il pas à chacun? Que voulez-vous de plus? divin Maître. et une grande sagesse pour tenir notre désir de plaire et de foire plaisir au prochain. découvrir le divin. l'avons-nous bien compris? Pénètret-il nos sentiments. ô Jésus I — 1 Méditation — Demander un grand esprit de foi pour Prélude. par la communion. chaque jour? N'est-il pas dans l'hostie de la messe. — 21 . qui se cache en tout homme. — Diriger vers 1. Que le divin Maître vienne visiblement prendre par la main chacune des personnes qu'il nous donne à aimer et nous la présente lui-même ? Mais ne le fait-il pas invisiblement. mais vaine. Dieu ce désir de plaire et de faire plaisir. pour lequel je n'aurais souvent que de l'amertume et presque toujours que de l'indifférence. exempt d'étroitesse comme d'excès. je commence à l'aimer de cet amour que je vous porte.TROISIÈME HéoiTATION 321 Ce conseil de paix. éclate-t-il dans nos actes? Ilélasl c'est à peine s'il entre dans nos convictions Nous le redisons comme une formule apprise. et. ces yeux de la foi qui seule vous découvre! Faites que demain.

quand même. C'est là leur façon à elles de lui plaire. Nos rapports surnaturels sont établis sur la base de la volonté. un regard ému suffisent pour récompenser un effort. leur dévouement. Quelques autres. Un sourire. ici-bas. Le sensible. ou pour le provoquer. et c'est en vain que nous cherchons une manifestation certaine du plaisir que nous lui donnons. c'est donc aimer quelque chose de vit : : : ! — lui! Reportez-vous à la scène si touchante de Ra- guel recevant le jeune Tobie. et à grands pas. layant goûtf'. Dieu ne nous montre point son visage. elles vont. Dieu l'a fait à son image voir le prochain c'est donc le voir un Dieu lui a communiqué sa nature : peu l'aimer. c'est l'élever d'une façoa imprévue et lui donner un objet qui ne trompera point son attente. celles-ci parce que.CINQUIÈME SEMAINE 322 au fond de notre nature. Raguel dit à Anne : . leurs sacrifices. aimant Dieu par leur fidélité. à la manière des forts. quelque puissant qu'il soit. elles se tournent vers le prochain. n'en est jamais que l'accessoire Beaucoup d'âmes parfaites s'en trouvent habituellement privées. plus consolées. Du Ciel aucun regard. aucun sourire ne descend pour nous donner cette assurance. sentent parfois dans la prière la douceur d'un amour partagé. Mais les unes comme les autres ont toujours faim de Dieu celles-là parce qu'elles ne l'ont point goûté. dans la route austère du devoir. Mais. elles sont devenues insatiables. Voici comment la raconte la Bible « Après avoir attentivement regardé le jeune homme. ensviable. A ors.

car nous ne savons pas si elle est digne d'amour ou de haine en ellemême. en qui elle est. Et. pour qui elle est. » Là-dessus. se mirent à pleurer de tendresse. à qui elle est. Raguel se jette à son cou. ne devrions-nous pas nous dire les uns aux autres Voyez comme cette créature ressemble au Créateur. le prend dans ses bras. sinon de celui qu'il portait au vieux Tobie. Connaissez-vous Tobie mon frère? Oui... Et pourquoi donc ? Pour l'amour de Dieu qui l'a formée à son imagfe et ressemblance. saint François de Sales fait le commentaire suivant « Ne voyez-vous pas que ! : le petit Tobie. le caresse. nous le connaissons. ô mon enfant. Ce Tobie dont tu parles est son père Aussitôt. car tu es le fils d'un bon et très bon personnage Et Anne et Sarah sa fille. sans connaître père. le baise. l'ange ajoute son épouse sin •.323 THOISIEMB liÉOITATION : Comme il ressemble à mon couEt je tournant vers les étrangers D'où êtes-vous? leur demande-t-il. le baisant et l'arrosant de ses larmes: Sois béni. ! — — en désignant son compagnon .. ne devrions-nous pas lui donner mille et mille bénédictions? Et pourquoi? Pour l'amour d'elle? Non certes. créé à l'image et ressemblance de Dieu. Ils lui répondent: Nous sommes de la tribu de Nephtalf^ en captivité à Ninive.. le Raguel. pleure d'amour sur lui. comme le vieillard se répandait en éloges. D'où provient cet amour. pour l'amour de Dieu de qui elle est. et c'est pourquoi non seulement le divin amour commande maintes fois l'amour du prochain^ vrai : .. Dieu! quand nous voyons ce prochain. à qui cet enfant ressemblait si fort? Et.

Ainsi. car cela suffit Mais pourquoi ces trente ans d'une k I . se . » mais Ainsi nous aimons d'avance tout prochain d'un amour général et puis. ^ ses qualités. et le principe intime secrètement agissant. Après nous avoir donné sa ressemblance. quand. aimer en ceux que nous aimons. ses sentiments et ses mérites se particularisent à nos yeux. Dieu serait l'objet merveilleusement entrevu. nous les regardons comme l'œuvre de Dieu. le reflet de ses perfections. Dieu veut nôtre. ainsi. Elévation de nos atfections humaines . il se fait l'un de nous. d'égards. au cours de la vie. parce que l'amour sacré de l'homme envers l'homme est la vraie image de l'amour céleste de l'homme envers Dieu. le don qu'il met auprès de nous pour nous secourir ou pour nous charmer. Y pensons-nous? faisant — Disposition d'universelle Vue belle et féconde. de prévenances. bonté.CINQUIÈME SEMAINK 324 le produit et le répand lui-même dans le cœur humain. Dieu se fait sentir comme le principe nouveau de nos affections aussi vivantes mais saintement surélevées. sauvegarde Vie vraiment surnaturelle dont de leur dignité. Principe de paix. comme sa ressemblance et son image. Jésus dans le prochain. Dieu nous apparaît. avant et poursuivons cette divine présence dans rincarnation qui la met sous nos yeux. de toutes parts. au fond de nous-mêmes. pourprendra quoi? Est-ce uniquement pour nous racheter? Alors qu'il se contente de donner son sang. — — — — Allons plus II.

ceux qui les font meilleurs. et si humain qu'on ne peut retenir ce cri : « mon Pourquoi ces frère ! » quand sur point de regagner le ciel. et parmi les sentiments ceux qui rapprochent les hommes.325 TROISIÊHB MÉDITATION existence obscure toute semblable aux nôtres? trois ans d'une vie publique où il se fait connaître au monde? Pourquoi? si ce n'est pour nous présenter un modèle irrécusable de ce que doit être Thomme envers l'homme? modèle si parfait et si beau que. nous sentons là une parole révélatrice. si doux et si humble qu'il semble bientôt devenu imitable. vous voulez des actes sans doute. il nous déconcerte . ceux qui les encouragent. En effet ce n'est point une pieuse recommandation. Maître adoré. nous cherchons instinctivement autour de nous des êtres sur qui répandre notre cœur. la plus facile et la plus exquise. sous laquelle tressaille un mystère. En la couvrant de l'éclat de votre nom. grande parole « Aimez-vous comme je vous ai aimés». il le jette à l'humanité cette : : : — les sentiments que fait naître en moi votre charme divin. Et. vous me demandez de reporter sur le Aussi. quand il ajoute « Ce que vous ferez au plus petit d'entre les miens j c'est à moi que vous l'aurez fait ». si divin qu'on l'adore à genoux. mais vous attendez aussi des sentiments. principe déterminant de la charité la plus réelle. vous ne venez pas effacer la per- prochain . en un mot. c'est la discrète initiation à un fait transcendant la vie de Jésus en nous. de prime abord. si fort et si tendre qu'il s'empare du cœur. doctrine aussi certaine que belle.

et tout cela pour provoquer en sa faveur une un dévouement sans défailun amour pour elle qui monte jusqu'à pitié sans dédain. tous les services rehaussés d'un sourire. s'y dévouer. Vous l'éclairez de votre douce image pour atténuer les ombres de ses défauts. il a pris le besoin de rester pur au contact de l'amour incréé.326 CINQUIÈUB SEMAINE sonne humaine. il s'est fait tout suave en cherchant à faire plaisir à ce Dieu père. la longanimité des supports. il a pu s'étendre bien loin et s'émouvoir profondément auprès de l'infini. lance. par tant de piétés inconnues II comporte toutes les délicatesses de l'affection. en descendant du ciel sur la terre. ohl le beau programme réalisé par tant de saints. Notre désir de plaire s'est formé en s'appliquant à plaire à Dieu. les agil. vous rélevez par la réalité de votre action en elle . acquises dans ses rapports avec les amabilités divines. de la constance. vous ! Comment ne pas désirer plaire à des êtres que Jésus honore? Comment ne pas désirer faire plaisir à des êtres tant aimés de lui? Faire plaisir au prochain. vous venez l'embellir et la protéger. il lui apportera une inclination pleine de la délicatesse de l'élévation. oh lie cœur admirablement formé! Qu'il tourne à présent vers le prochain. Mais. et jusqu'à cette douceur de parole et cet air accueillant du visage qui deviennent la caractéristique d'un cœur où Dieu règne et lité. toutes les industries de l'amabi1 suavités de l'indulgence. le vouloir fortement. ce "se .

et la vertu ne se montrerait i .liens les plus sacrés. détruira-t-on la chose? Pour ne pas subir les dangers que peut entraîner le désir de plaire. Il — !• Le remède se trouve III. En effet. L'examen et la prière vous le feront découvrir et l'amour de la vertu saura l'éliminer. retranchera-t-on toute manifestation engageante? se montrera-t-on gêné du moindre éloge?. je veux être bon. tenez pour certain qu'un vice travaille vos sentiments. cet indice d'un désordre. 20 La première règle de ce sentiment est donc une règle défensive.. détendre le/».TROISikUE MÉDITATION désir de plaire perd sa sécurité en face breux écueils. faut-il se jeter sur un autre? Pour supprimer l'abus. et pour vous4)lairel Dans une âme pure. pour éviter un écueil. jf27 dt nom- rencontre tout d'abord l'excès qui est un mouvement poussé trop loin. Devient-elle de l'inquiétude. mon Dieu.. La seconde sera une règle de sage liberté. Rè^/es pratiques. Mais ce serait inutilement mutiler sa nature. appauvrir sa vie. regardez de plus près. en aigreur surtout. pour être bon. est la première à donner l'éveil. enfin le travers de l'obséquiosité qui peut aller jusqu'à la hideuse flatterie et fausser l'âme. ensuite la préoccupation trop personnelle qui envisage plus son intérêt que le bien lui-même. dans une grande pureté d'intention souvent renouvelée. La tristesse deviendrait 7a loi de la perfection. Dégénère-t-elle en tristesse. toute infidélité d'ailleurs se trahit bien vite. La préoccupation.

regards obstinément fixés sur Dieu. un désir sain et franc. Leur exemple. sous les yeux de tous. qui est la gloire réservée à la vertu chrétienne. mais elles se retrouveront. — Vigilance attentive. répandant autour de soi ce charme suave et pénétrant. qui s'exerce sous l'influence de Dieu et sous son regard. I 1 — I l'indispensable notion de l'idéal chrétien. au sein de l'universel égoïsme. Oh non. sont des héros et que nous appelons des saints. liberté sage. du moins. ce n'est point là l'idéal vrai. . conforme aux exigences de la position de chacun. « car seule elle aime son Dieu en nous que sous 1 aimant ceux qu'elle aime. » Que penser d'une société dont tous les membres seraient animés de tels sentiments? Quelle paix quelle diminution de souffrance Quelle consolation dans nos malheurs inéviCité de rêve que n'éclairera jamais tables! Plutôt cité idéale. et maintenir. — plusieurs pages des éditions précédente» Nota.CINQUIÈME SEMAINE 328 le parlant emblème d'un arbre dépouillé de ses feuilles. et mieux à leur place.. Résolution. dans un autre ouvrage projeté. Cet idéal est un désir de plaire. ont été remplacées ici par d'autres plus conformes au sujet. est là pour susciter des générosités individuelles.. dont les le soleil d'ici-bas membres dispersés çà et là.

N'est-elle pas d'ailleurs la plus fidèle image de celle de Jésus?. les Apôtres « levant les yeux. vous en êtes aussi la plus puissante.. et simplifions nos vues en ne regardant que Jésus seul. Mais l'imitation et l'union sont les deux formes d'un même sentiment l'amour. Vous nous cornmuniquez. en contemplant Jésus humble. Nous deviendrons humbles par Imitation. levons les yeux. La blanche lumière de l'astre des nuits. par l'amour. — : : fection. reflet atténué du soleil.COUP D'ŒIL Sur les deux méditations qui vont suivre Après les éblouissements du Thabor et ses nuages mystérieux. nous aussi. C'est vers vous que se tournent nos regards et nos espérances. Au sortir des lumières et des ombres de ces méditations prolongées. et les deux agents d'une même œuvre la per. L'imitation s'adresse au modèle et lui emprunte ses traits Vunion fait plus encore. ne descend-elle pas plus douce sur nos yeux? la plus humble des pures créatures. elle l'attire en soi et lui emprunte sa vie. ne virent plus que Jésus seul ».. et c'est à la contempler que nous allons consacrer ces deux dernières méditations. Telle fut l'humilité de Marie. l'humilité de votre divin Fils 1 .

avant d'aborder le sujet spécial qui nous attire. Deuxième point : Son humilité comme co-rédemptrice.. Troisième point : Avec Marie nous faire humble par — — imitation.. Respexit humilitatemjfecit mihi magna. signalons deux différences très importantes entre sa vertu et la nôtre : l* Les raisons d'être humble. Le Magnificat est le cantique secret de toutes ses heures.. — Préparation pour la veille. nous aurions à parcourir. regard sur l'Infini. Marie. continuelle et pénétrante. elle les voyait d'une vue claire. Nous oublions. — ! — . toujours conscient de ces motifs contemplés sans défaillance». jamais Son regard reste toujours ouvert. Si nous voulions étudier à fond Thumilité en Marie.. Tel n'est pas notre dessein. Toutefois. les motifs que nous venons de méditer. ^ etc. regard sur sa petitesse. en les lui appliquant. nous perdons de vue.Cinquième Semaine QUATRIEME MEDITATION XXXII* EX8RCICB Marie transformée en Jésus humble par r imitation Premier peint : Humilité d'imitation de Marie comme mère.

entre toutes elle les est parfaite. toute une vie. ne descendit aussi avant dans l'humilité.QUATRIÈME UÉDITATION 33l 2«> La condition de notre humilité est telle que.. ce que nul homme ne pourrait soutenir un seul jour — ! Méditation — Prélude. Humilité d'imitation de Marie — Jésus humble était son Fils. mieux que tous les théologiens ensemble. .. nelle femmes. I. En effet. Demander la grâce d'aimer Jésus pour éprouver l'ardent désir de l'imitT.. et elle le saiti Elle a sondé. son Fils à elle.. Dieu écarte toutes ces piécautions. l'héroïsme est la force s'exerçant à des actes sublimes et difficiles. ou du moins sous de mystérieuses ignorances.. Que dire d'une force qui accomplit.. tantum descendit in abyssum humilitatis (saint Bernardin de Sienne).». pour la sauvegarder.. Nulla creatura. Il l'expose au grand soleil de la vérité : Elle est est bénie immaculée. Nulle créature. Dieu abrite sa fragilité sous des imperfections. Or. après Jésus.. les grandeurs de sa maternité divine. post Filium. Mais l'abîme des grâces reçues n'a fait que rendre plus sensible à ses yeux l'abîme de son néant. Ne faut-il pas un peu d'ombre aux plantes délicates! Pour Marie. une telle humilité est de l'héroïsme. assez comme Mère. et elle en connaît toutes les prérogatives.

. Quelles vues sur l'humilité de ses divins mystères» de sa petise réchauffaient méditations • . comme autrefois sa vie.. c'est le Jésus anéanti. C'est du cœur que naissent les grandes — — — vues. Tout se fondait dans cet amour. Ahl si les mères pouvaient! Tout se taisait devant ce sentiment dominateur. Il n'y a au monde que le Jésus incarné... son Dieu à elle seule. le il se fit humble. car elle n'en pouvait connaître d'autre. Et elle n'aimait qu'un Jésus humble. — Le — obéit. flamme intense.. son tout. Et elle l'aimait! Plus heureuse. Dès premier instant. et son Fils. promène. tant qu'il sera son Fils. et le Jésus incarné. Jésus humble allait se développant sans cesse devant les extases de son amour. et il restera humble tant qu'il restera homme. avec ses yeux. les faits évangé- liques. elle l'adorait d'amour.CINQUIÈME SEHAINlt 332 — — — son Fils bien-aimé. les paroles et les attitudes de son Fils. Le cœur ne serait-il pas toutes choses ? Est-ce — la création le nid où éclosent ne sort pas de l'amour de Dieu? Dans ce cœur de Marie. avec ses intuitions de Mère. avec son La Mère cœur. cœur commande que et l'intelligence la presse si fort parfois qu'elle Il dépasse sa propre portée. Sa pensée se devine tout.. dans cet être qui reste à elle toujours. au contact enveloppant de ses Conferens in Corde suo.. Et elle l'étudiait. elle a ce génie....

. elle jouit de s'abaisser toujours davantage.. elle neja prendra pas.. sur son berceau. le silence où il semble se perdre. et recueille ses moindres paroles. son goût pour les petits.. Elle aime à partager l'ombre où il se cache. elle admire sa modestie. qu'elle va toujours et ne l'atteint pas. ces pieds seront percés de clous et l'on élèvera cet innocent sur la croix infâme Ah! si elle pouvait prendre sa place I... victime. Marie épie moindres mouvements. son amour des occupations humiliantes. de l'amour ^dont il les aimait!. son Jésus humble!. ces petites mains. : Nous y arriverons lui crie-t-iL II. elle le contemple au travail.. sa douceur... Non. L'imiter devient sa loi. mais elle l'occupera avec lui. il .... Puis.. et elle le supplie de l'attendre. le miracle continuel de ses ses effacements..... les voix lointaines des Prophètes faisaient entendre ces mots expiation... A mesure que son Fils grandit.quàtrièmb méditation 333 tesse dépendante. des prévisions désolantes planaient sur le cœur de la Mère quoi. avec Lui! Mais il est si avant dans cette voie.. Son humilité d'imitation comme co-rédemptrice. On peut le dire. passaient des souffles de mort. presque sans le vouloir. l'on soufflettera ce doux visage! quoi. son besoin et. se hâte vers le Calvaire ensemble. car elle n'est pas seulement sa Mère. elle sait son Jésus par cœur.. elle se fait humble à ne plus se retrouver en rien. Mais il marche encore. elle — : : ! ! . de sa faiblesse indigente. Déjà.

nous faire iiumbles par imitaPuisque l'amour a cette force. est elle l . elle est imQuand il est morl. — . Devenir humble par amour. c'est beau. la formatrice des vertus.334 CL1QUIÈME S£MAI?(B encore sa divine associée. c'est sage.. — imite. Comme Mère. Rien n'est puissant comme l'amour. l'amour III. elle peut retenir sur la çente du mal. donnera cette vertu un mobile plus élevé que le sien propre. par une mère. La charité n'est-elle pas la reine.. — — Avec Marie... . plus facilement humble. On deviendra.. Il l'a faite co-rédemptrice La voilà donc armée du droit de partager ses humiliations qui sauvent que dis-je? de le vouloir avec lui Son Fils veut être humilié. rôle sublime! elle reste seule à subir les humiliations. et elle veut qu'il soit humilié elle en souffre horriblement... mais elle le veut encore... La crainte resserre.. c'est régulier. molée au Calvaire avec lui.. la seule qui leur donne la viel Devenir humble par amour. tion. L'amour contemple. l'amour devine. et elle veut qu'il meure. sans le plus ravir toutefois. aimons. Ainsi. tendaità s'unir à chaque intention.. — Devenir humble par amour. rien n'est C'est — — comme ce qu'il inspire.. à chaque souffrance. qui s'attachent au cadavre de son bienaimé!.. le sacrifice se prolonge encore.. par cette voie.. à chaque palpitation du cœur de son Fils. elle ira même jusqu'à donner une attrayant .. Son Fils veut mourir.. et Dieu a secondé cet effort.

rem ungiientorum tuorum currimus : courons sur ses pas à l'odeur de ses parfums. contemplons Jésus humble dans ses mystères. .QUATlVIÈaiB MÉDITATION 335 certaine impulsion vers le bien. dans son Cœur sacré. image. en élevant toujours plus haut. seatimeals de Marie. Résolution. » — la prendre les — Se faire de Jésus humble une douce remettre fréquemment sous nos yeux. Avec Marie. dans sa personne. dans son EuchaAvec elle. aimons à l'imiter : « In odoristie. dans ses paroles. et il éloigne du mal de la façon la meilleure. mais Tamour seul ouvre les grands espaces.

Cette communauté de vie fut en Marie d'un ordre à part. La méditation de cette haute vérité sera pour nous un principe de dignité noblesse oblige. union mystérieuse. dans un rang inférieur. Jésus vivant en nouç. un seul corps mysPréparation pour demain la veille. Marie vivait de la vie de Jésus.Oinqnième Semaine CINQUIEME MEDITATION ZXXIII* KXBRCIC8 Marie transformée en Jésus humble par Tunion de vie Premier point : Jésus vivant en Marie. Il y a néanmoins entre son état et le nôtre un fond commun. — Dtvxième point : — Nous méditerons union de vie que forme la grâce et que couronnera la gloire. elle s'exerça d'une façon éminente et se développa dans des proportions qu'il est impossible d'évaluer. et. Un principe de souveraine délicatesse : — : : . union qui fait de Jésuài et de toutes les âmes justes. cette belle tique. nous en vivons Elle fut dès lors un membre de son aussi corps mystique. nous le sommes avec elle. mais certaine.

337 CINQUIÈME MÉDITATION Jésus veut partager nos sentiments..JQn principe de généreux progrès : Il attend d^ nous un accroissement de sa vie. Jésus vivait en Marie de sa vie d'homme-Dieu. plénitude qui ira néanmoins ici-bas toujours en s'augmentant. pour ^ Méditation Prélude. — Jésus vivant en Marie.. BOMiurâ. nous avions ce Jésus devant nos yeux l'imiter. elle fait passer en lui ces ressemblances morales qui sacré. — 22 . la démarche. — Demander la grâce de prendre dans un grand accroissement de délica- celte méditation tesse. et Marie se tenait unie à son action par tout ce qu'elle avait de connaissance et de rolonté. ^ui se Elle lui transmet cette ressemblance physique que l'on retrouve dans la physionomie. résultent du tempérament et qui constituent des dispositions. qu'elle forme son corps I. demain. des goûts de famille. Hier. le bel échange fait entre la mère et le fîlsl Marie communique à Jésus sa propre vie. de générosité et de joie spirituelle.. Que ne lui donnerait-elle pas A son tour. l'accent. nous le contemplerons en nous pour unir notre action à la sienne. Bien plus. puis avec son lait. . il la lui donnera dans une sorte de plénitude. Jésus va communiquer à sa mère ! sa vie de grâce et il le fera royalement.. C'est avec son sang.

il faut que le cep divin et le sarment se touchent de quelque manière. mais ce don est plutôt la source de ma vie que ma vie même. les humiliations de Jésus dans son cœur et dans ses mystères. auront été pleinement comprises. Par Marie.338 GlNQUliMB BtMAlNt Plus elle croissait en grâces. quime soit intérieure et actuelle. ce n'est pas moi qui vis. la même vie. qu'une . qu'ils soient unis. elle pouvait crier la première et plus haut que saint Paul « Je vis. Mais pour que cette vie s'étende ainsi jusqu'à moi. imitées et vécues : 1 IL Jésus vivant en nous. pour qu'elle me pénètre et m'anime. » — ^Miki est ma viel » Comment « Yivit vero in vivere Christus est. non. Je cherche donc une influence. car la vie se définit le principe intérieur des actes. comme Marie qui jadis. Certes. en mérites. c'est Jésus qui vit en mail » Admirons et félicitons le fils et la mère. une extension en moi de la vie qui l'anime lui-même. du moins. en me Christus. Ainsi le cep se prolonge dans le sarment qu'il a : formé et qu'il nourrit. Tous les mystères lui apportaient des vues qui rétendaient et des ardeurs qui l'embrasaient. du fond de son cœur. était la vie d'un Dieu plus que jamais anéanti. venue de lui. moi aussi : — Jésus vit en moi. et la vie qui lui était ainsi rendue en échange. Il l'entendre? S'agit-il du don qu'il m'a fait de sa vie sur la croix ? Sans doute. plus elle entrait dans cette communauté de vie. mais c'était la recevait cette fois. La sainte communion vint achever cette œuvre La mère et le fils semblaient avoir : repris. en amour.

si ses vouloirs. mêlée à mille et mille autres prières venues 'de toutes les plages de la : terre. t. sa vie enfin.. Vie de Jésus en nous . car toujours vivant. Voir Pratique progressive de la Confession. comme s'il que celle-là. pourquoi n'évoquerai-je point un autre lointain.. il la distingue et il l'écoute. pas même mes douleurs humaines. il me connaît. pour le mieux voir et le mieux entendre. Il a sur mon avenir une pensée.. si j'aime à distinguer les traits de son visage et le son de sa voix. reste au loin dans son ciel. ses grâces. II. de beaux désirs. puisque sans cesse il prie pour moi : « Semper vivens ad interpellandum pro nobisK » Si j'évoque le passé pour retrouver le Jésus de l'Evangile. un plan. — : . je me transporte pieusement aux lieux où il vécut. ô Jésus! C'est vrai. si. Rien de moi ne lui fut étranger. Il a suivi mes pas dès ma première enfance. et c'est à moi qu'il n'avait à écouter \. t. celui du ciel. dont l'action intérieure nous transmet ses pensées. pour le rapprocher de mon cœur? Jésus vit là-haut dans la gloire. Méthodes et formulée pour bien entendre la Messe. mais il n'y vit pas pour lui seul il est le chef toujours agissant de l'humanité régénérée. J'aime à me le représenter pensif à cette heure. Quand ma prière s'élève vers lui. il m'aime.. mais il se relie à nous d'une façon immédiate par sa divinité. la communion ne nous le donne qu'en passant. en son humanité. Jésus. et vous êtes loin de moi dans votre ciel. I Troisième messe.CINQUIÀME MÉDlTÀÎIOM 339 communication règne entre eux.

à mes pensées si elles sont impures? L'entraînerai-je avec moi dans les recherches de mon orgueil et dans les tristesses de mon égoïsrae?. de parti-pris. je n'ai pas besoin de la sentir. et pour cela. je CINQUIEMB SEMAINB le vois suppliant devant son Père.. A mon tour.340 pense. je me surpasserai moi-même j'irai au-devant de lui par toutes les industries de mon initiative. je mettrai à son service toutes les ressources de mon activité. je fais un c'est 1 1 . je chercherai dans ses leçons et ses exemples le sens de ses désirs ne pense-t-il pas toujours ce qu'il a pensé sur : : la terre ? Ainsi donc. un progrès qu'il implcrre pour moi.. un pardon. Il se détournerait. Pourrais-je. sa grâce ne m'accompagnerait pas. ô Jésus. la communication serait rompue pour des plus — — de tels actes. nous vivons ensemble. . je peux rendre Jésus plus grand dans son être mystique. et une grâce. me résigner à rester médiocre? J'arrêterais en moi l'expansion de la vie de Jésus. sa vie dans ce grand corps. c'est vrai. Jésus pensera-t-il cette pensée avec moi? Fera-t-il sienne cette action que je médite? Son cœur s'unira-t-il à mon cœur dans cette affection? Voudrais-je le mêler lui-même à mes sentiments s'ils sont bas. je peux l'accroître. je le crois et de cette foi. puissants mobiles de ma ferveur. et si je ne perçois pas au-dedans les inspirations de sa grâce. mais elle est réelle .. Oh que cette noble et chère tête s'occupe bien du dernier de ses membres! Cette action en moi est secrète..

puisque je les accomplis librement. . elles sont à vous.) . Si votre vie.. étonne mon admiration par son immensité. Avant de se décider. cette même vie pour chaque âme. et depuis des siècles. Accroissement accidentel.. interroger au-dedans la pensée du Maître un instant suffit quand on est bien près : de luL 1. puisque tout le surnaturel qu'elles contiennent appartient à votre grâce.CINQUIÈME MEDITATION ^ 341 Les œuvres opérées sous votre influence nous devipnnentcommunes. dans des milliers et des milliers d'âmes. I . vie attentive et maternelle.Elles sont à moi. ô Dieu. avant de donner une réponse. par moi. ravit mon cœur par son intimité. bien avant dans les profondeurs de l'humilité. non etsenkiel. vous devenez quelque chose de plus^ Heureuse l'âme qui comprend ces merplus heuveilles. Je reste muet de surprise en songeant que je suis quelque chose de vous. cachées au grand nombre reuse encore celle qui en cultive l'attrait: Elle ira d'abîme en abîme. ! 1 ! — Résolution. Prenez-les donc puisqu'elles sont vôtres. très loin des petitesses amare ! o ire! o sibipedu misérable orgueil rire! ad Deum pervenire ! Vous aimer Vous suivre! Se perdre et vous trouver. recevez-les puisqu'elles sont miennes aussi et unissez-les à votre grand corps mystique. et que. mon bien suprême (Saint Augustin.

me suis-je. me sentant entre les Avec tout prochain. en ne mains de Dieu? parlant de moi que dans la mesure de là sim: — — . réparer et prier. L'ai-je considéré s'anéantissant avec moi devant son Père dans l'acte d'humilité du matin. puisqu'il le veut bien. Convaincu de Tinfinie bonté de Notre-Seigneur et de ma particulière misère et ingratitude. anéanti. éclairez et mon âme. mè suis-je tenu en lui tout petit et tout simple. du prochain. dans la sainte communion et dans les exercices de piété ? (S'anéantir pour adorer. abîmé dans son cœur doux et humble? M'y suis-je tenu caché.Examen particulier en usage dans une pieuse association Esprit de touchez lumière et de vérité.) Lui ai-je procuré cette joie qu'il recherche. de savourer en moi les humiliations extérieures ou intérieures humiliations venant de Dieu. de moi-même. rendre grâces. et abdiquant toute vie trop personnelle pour vivre de sa vie à lui. orgueil et sont fait sentir? quand mon jugement personnel se Me promptement suis-je alors uni au mépris qu'ils inspirent à Jésus vivant en moi ? Me suis-je rappelé que c'est Jésus doux et humble qui doit vivre en moi? Dans cet esprit Avec mes supérieurs. de toutes choses : contraires ? Me mon suis-je tourné avec lui contre moi.

grandir et se complaire en moi ? En Jésus. vivez mal? librement en mon âme « ! : 1 — . méprisant même. il y a — lieu.343 CINQUIÈME MÉDITATION abaDdonnant. : marche ? Ai-je parfois trouvé la paix dans cette parole : pourvu que Jésus soit content » et le cou« j'ajouterai à son rage dans cette assurance Ai-je eu à cœur front un rayon de gloire. doux et humble de cœur. Ai-je mis ma règle de discernement dans Jésus peut-il penser cette simple question avec moi cette pensée? aimer avec moi cette affection? m'accompagnera-t-il dans cette déplicité. ai-je abdiqué toute préoccupation personnelle. quand Envers mon propre sentiment? les inférieurs. » de le faire toujours vivre. en ne témoignant aucune exigence et au contraire beaucoup de douceur. oubliant celle qui n'est pas pour m'occuper surtout de Celui qui est? Ai-je rapporté à Dieu tout bien? Ai-je compté absolument sur lui pour triompher de tout Jésus.

l'amour dans sa fierté. qui les comparent et les unissent. L'amour trouve son Dieu en s'élançant vers l'humilité le rencontre au fond de ses abais- lui . à côté d'elle. Issues des mêmes vues. .ÉLÉVATION SUR Les rapports de ^humilité et de Tamour divin Quand je contemple d'un même regard l'hu- pauvre d'aspect. . Cependant. cherchant l'ombre et. Assurément l'humilité et l'amour constituent deux vertus distinctes mais il n'est pas téméraire de dire qu'on ne les voit jamais séparées. : tion. celui de l'adoramilité inclinée. . des traits de ressemblance si frappants qu'on les reconnaît de même origine une action réciproque se complétant si bien que l'on se demande si l'humilité et l'amour ne sont pas un composé formant une seule vertu. elles marchent ensemble vers la gloire de Dieu. elles donnent à Dieu la même préféren»^e sur toutes choses et parlent le même langagej^ le plus sublime. son éclat. je distingue entre ces deux sentiments des rapports si étroits qu'on les jugerait inséparables. comme le corps et l'âme forment le composé humain. son besoin d'expansion. je me demande comment peuvent se justifier ces assertions des saints. à mesure que mon regard se fait plus pénétrant. Unissant leurs drapeaux.

ÂLéVATION 34S sements. : . Une soumission universelle est le propre de l'amourcomme de l'humilité. chez l'un comme chez l'autre. vainement toute une existence perbe 1& dévaste. dépose tes ridicules prétentions. et il n'est pas un atome qui ne puisse devenir une voix qui la proclame. et ce bien Tout pour elle. là d'alTection. bien de son Dieu. ! Son rival dangereux est l'exaltation du moi humain. et ce qui vit dans mon cœur. I. et ce que rêvent mes désirs Tout pour sa gloire afin qu'elle éclate de toutes parts! C'est elle seule qui doit régner dans l'univers . dans une sphère où il le domine l'humilité en descendant vers lui et le touchant de son dédain. Leur but L'amour veut — commun le : la gloire de Dieu. elle se contente de se complaire en elle-même si elle est grande. l'orgueil. L'être doué de raison n'a : . je ne considère que moi j'oublie Dieu. un ornement dont elle s'embellisse. et ce que mon action peut atteindre. L'orgueil mesquin remplit . . Que je m'élève dans ma propre estime. l'orgueil su- L'humilité vengeresse chasse toutes ces usurpations Si tu es le néant et le mal. ici-bas s'appelle sa gloire. un moyen qui la serve. Si . mon âme est médiocre. je ne songe pas à sa gloire. elle veut s'élever au-dessus des autres et elle use ses ressources dans les tourments de l'ambition ou de l'envie. elle est un besoin ici de justice. ou que je me fasse un piédestal de l'estime des autres. Tous les deux se dégagent du créé l'amour en s'élevant loin de lui.

l'auréole de l'admifit . le est fort parfois. : — justice qui porte la sentence. Tu t'abaisse^. le feu sacré. Sans l'humilité. A la place de ce triste moi que tu me défends de servir. C'est son but nécessaire en tant que créature. ces deux sentiments donnent à Dieu sa plus grande gloire par le sacrifice de tout ce qui surélève la personnalité. il occupation maîtresse en tant qu'activité. Inséparables compagnes des luttes de la terre. t'affranchir. Ils déposent sur l'autel et l'estime des hommes et ce qui d'ordinaire l'attire le talent. L'humilité est la tière. — l'amour est glaive qui l'exécute. tu fais régner Dieu et sa gloire. humilité. C'est son pas le droit même . s'il . C'est l'élément supérieur dont se fait toute sainteté ici-bas. c'est pour . Réunis. le Maître d'en glaive et soustrait la auprès d'Abraham victime. l'humilité et l'amour ne sauraient vaincre sans cette alliance intime la mort de l'une amène: raitla ruine de l'autre.CINQUIEME SEUAINI 346 de s'abaisser à se rechercher luia le devoir de tendre vers la grandeur. L'humilité fournit la mal'amour. l'infinie perfection. l'amour s'évanouirait dans l'illusion. tu ne laisses pas le temple vide. le succès et jusqu'à cet honneur légitime que l'on n'a le droit de sacrifier qu'à Dieu. haut arrête comme il l'âme. en le et si. en renversant Tidole. sans l'amour. la bonté. mais c'est pour prendre un élan plus vigoureux vers les hauteurs et si tu te dédaignes. l'humilité s'efl"ondrerait dans la bassesse. laisse à faveur du bien. humaine. car seul l'amour comme la Inort. toute déification là-haut. il est vrai.

Leur origine Un sentiment à mesure qu'elle lui manifeste davantage ses attraits. l'humilité C'est ainsi pousse son mouvement jusqu'aux derniers conl'anéantissement. il se hausse pour atteindre toujours plus loin. elle les porte comme un objet d'emprunt. Il grandit avec cette vi^e. l'âme se sent petite à l'infini en face de l'Autorité souveraine. Rien n'appartient . : — commune : la vue de Dieu. Que cet amour soit une passion sainte qui entraîne ou qu'il reste simplement un amour de volonté qui se détermine par choix. elle aussi. se révèle à sa raison croyante et la voilà qui cherche vainement sur quoi appuyer ses prétentions. choix volontaire. que. nécessaire et profonde. et son essor s'élève II. demande à ces perfections divines le motif principal de mêmes son inclination. L'humilité parfaite. . par l'amour. En face de la Grandeur Divine entrevue. n'ont en vue que la divine ama: bilité. Que l'action de Dieu. il n'en est pas moins un sentiment désintéressé. fins de son idéal propre C'est ainsi que. s'il est possible. L'amour trouve le sien dans l'amabilité souveraine. elle s'agenouille dans une dépendance absolue. C'est vers elle qu'il s'élance. de son infini.347 iEliévation ration générale. cause mystérieuse et réelle de tout bien. naît du mobile qui l'inspiré. par Thurailité. car telle est son essence passion sainte. l'amour trouve pour l'offrir à son Dieu une victime digne. C'est elle qu'il envisage et dontil s'éprend.

c'est l'inclination naturelle de la bonté. Or. Je ne puis donc vous contempler. ^ : . palpitent des mêmes surprises et. que dis-je? qui aime. car le néant et le mal n'ont rien de positif. qui sont mon être. il ne compte du peu que nous sommes. à. ô ma sœur. ô mon Dieu. . l'Etre divin se déploie au-dessus de nos têtes. s'accroissent en se complétant. il contente de ce que nous pouvons lui donner.mesure que tout s'efface ainsi du côté de la terre. maigri les laideurs et les ingratitudes? L'amour. que je suis vile! L'amour dit il nous aime! et l'humilité s'écrie :se peut-il? Alors l'amour se penche pour tout lui expliquer : 1 — : : — : — est aussi bon qu'il est beau. humilité. blesse mon cœur du Jésir . toutes ces misères. dans ses splendeurs. deviennent des motifs d'amour! Quoi! Je suis aimée ainsi faite! Qu'on aime ce qui est beau et pur. mutuellement. mais quelle est donc cette bonté qui aim^e sans cela. sans éprouver ce double sentiment d'amour et d'humilité Ils naissent du même regard. il tient pas se — L'humilité relevant le front : Mais alors faut l'aimer davantage! Cette bassesse me où il je vois et qui me rend timide ces fautes qui remplissent ma vie et qui me fermeraient le cœur. vois-tu. dans vos merveilleux attributs. Toute ascension de l'un porte l'autre plus haut.348 CINQUIÈME SEMAINE en propre à la créature. L'amour dit que Dieu est beau! L'humilité répond près de lui. il y a donc des profondeurs de bonté que sans toi je ne saurais connaître tu étends mes vues et ce que je découvre.

cette attitude. je marcherai caché sous ton manteau. Veux-tu que nous aimions ensemble? — amour divin. comme le deviendras l'adoration béatifîque. Sous elles. -. Je me revêts de tes riches parures. d'or que là-haut revêt le néant. cette voix. L'humilité. tant que je serai de ce monde. au ciel tu me rejetteras voyageur en arrivant rejette le manteau qui îri» son abri dans la route? L'amour. quelque chose de plus confus et de plus tendre. et pour faire passer sur mes traits. car elles plaisent à Dieu et dérobent à l'admiration des hommes. je les adopterai moi-même. mais je deviens amour. Et cette physionomie. frère saint dont veux me transformer en toi. tu L'humilité.349 ÉLEVÂT! 0> d'aimer davantage. L'amour. laisse-moi garder mes haillons. — Alors. pour traverser l'estime vaine. ils toucheront ma chair pour lui imprimer le sentiment de sa misère native. je suis indigne. et. tu cependant. Je reste humilité. je te transformerai.Oh! non. Sans cesse. Je descendrai aussi dans tes impressions profondes pour y perdre toute com- — plaisance en moi-même. le manteau . dans ma voix et jusque dans mes moindres actions.

de nos lectures. notre réputation est surfaite ou usurpée? Notre paix n'est-ellô pas troublée ou perdue quand on arrive à découvrir ce que nous sommes en — peu que nous valons? Aussi ne mettons-nous pas beaucoup de soin à dissiréalité et le . soit de nous-mêmes. de nos examens?^— Parmi les moyens d'acquérir l'humi- — . cherchons-nous à attirer en nous l'humilité ineffable de Jésus-Hostie et sa douceur si com- municative? Regardons-nous les humiliations qui nous viennent. soit du prochain. y ftn a-t-il au moins un que nous em- — ployions avec persévérance? Quand nous 'sommes en présence du Très Saint-Sacrement. lité. sur tel ou tel point. comme autant d'occasions précieuses et providentielles de nous avancer dans la science de — l'humilité? Sommes-nous persuadés que nos actions les meilleures en apparence sont trop souvent déflorées par quelques-unes de nos Gomment secrètes inclinations mauvaises? supportons-nous l'échec de notre amour-propre quand on s'aperçoit que.£XÂMEN GÉNÉRAL Quelle estime et quels désirs avons-nous à l'humilité î^eule peut — Comprenons-nous que donner à l'âme la capacité l'égard de l'humilité? de recevoir et de conserver toutes les autres vertus? L'humilité est-elle un des objets les plus accoutumés de nos prières de nos supplications? En faisons-nous souvent le sujet de nos méditations. quand nous le possédons dans notre cœur.

de parler de leurs œuvres de zèle avec autant de satisfaction que de prolixité? Avons-nous conservé l'humilité dans nos conBolations et progrès spirituels. uniquement parce que cela tranche sur le commun. dont les personnes de la société se paient mutuellement? Aimons-nous à faire nos bonnes œuvres en secret? Tout en remplissant le devoir de l'édification. restonsnous dans l'esprit du conseil qu'a donné NotreSeigneur « Pour prier. et dans tout le reste. le Père céleste préfère un endroit caché. sur le vulgaire. qu'ont plusieurs. qui se fait au profit de la vanité de chacun? Répugnonsnous à accepter et à offrir ces flatteries mensongères. le» éviter? Conversons-nous volontiers avec les gens de condition inférieure? Où vont d'instinct nos sympathies du côté des âmes simples et modestes. » Ne tombons-nous pas quelquefois dans ce déplorable travers. des N'aimonsgens toujours sûrs d'eux-mêmes? nous pas en général tout ce qui est distingué. dans les succès — — : — — . où les mondains mettent de l'ostentation? N'entrons-nous jamais dans cette conspiration universelle contre la vérité. ou du côté des esprits audacieux. comme on dit parfois dédaigneusement? Dans notre façon de parler et d'agir. ne prenons-nous jamais des airs de grandeur que nous trouverions très ridicules chez autrui ? Croyons-nous que l'esprit de l'Evangile demande au chrétien de recher- — : — — — cher la simplicité dans son genre de vie.IXAMKN GÉNÉRAL muler nos SSi beaucoup plus qu'à fautes. sa nourriture. ses vêtements.

que nous nous retranchons parfois dans l'isolement contre les avanies du monde? Notre timidité n'est-elle pas tout bonnement un déguisement Quand l'utilité ou la chade l'amour-propre? rité requièrent que nous parlions de ce qui nous concerne. nos défauts. à dé- — nigrement? — Sommes-nous également iudiffé- .EXAMEN GÉNÉRAL 352 — Somles plus encourageants de nos œuvres? mes-nous capables. n'y a-t-il pas d'afifectation dans sacrifice ? — — notre modestie? Nos sentiments d'humilité sont-ils assez surnaturels pour nous maintenir toujours patients et doux en face de nos incurables misères ? Comment acceptons-nous les occasions qui révèlent nos torts. quand il le faut. en perdant notre temps à gémir sur nos misères. et qui peuvent en faire un thème à critique. au lieu de les racheter par le travail et la générosité dans le — — Couvrons-nous du nom d'humilité une disposition à l'humeur chagrine. à l'ennui N'estde nous-mêmes et de nos fonctions? ce pas aussi par une fausse humilité que nous craignons de paraître. à défaut de ces joies assez rareSjde nous contenter du témoignage de notre conscience? Pouvons-nous nous passer longtemps de toute marque extérieure d'approba- — N'avons-nous pas tion de la part d'autrui? combattu nos tristesses et nos découragements par des regards de complaisance sur certains côtés avantageux de notre personnalité? La défiance de nos propres forces n'est-elle que le prélude d'une grande confiance en Dieu? Ne faisons-nous pas servir l'humilité de prétexte à la paresse. à plaisanterie.

qui faisait dire à saint Paul « Je suis le premier des pécheurs ». comme une suite naturelle de l'habitude que nous avons. ou à saint Vincent de Paul « Je suis pire que tous les démons». pour un léger Le regret que nous avons manque d'égards? de nos péchés n'est-il pas en grande partie N'est-ce pas causé par la honte et le dépit? par manque d'humilité que nous ne savons ni nous relever aussitôt après nos chutes. et de remercier après l'ac- tion? Trouvant notre responsabilité actuelle déjà bien lourde. de commander.EXAMEN GÉNÉRAL 353 rents aux éloges et aux blâmes ou plutôt. à garder — — HUMILITÉ. devant nous-mêmes ou devant les autres. peut. — 23 . les estimons-nous bien au-dessus de ce que nous valons? Aimons-nous à travailler en sous-ordre. — — même devant notre Directeur? Redoutons-nous la présomption. ou à d'autres saints: « Parmi les serêtre — : viteurs du bon Dieu.que nous cherchons à faire valoir des circonstances atténuantes. de réprimander. n'avons-nous pas d'a. je suis le dernier des der- niers? » Sentons-nous profondément le besoin de prier avant d'agir.utre ambition que celle de remplir de notre mieux les devoirs de notre situation présente? Si modestes que soient nos fonctions.notre amour-propre ne se froisse-t-il pas facilement pour une petite parole piquante. ni dans la suite utiliser nos fautes . peut-être. humainement parlant. de diriger. d'avoir ofûciellement toujours raiNotre opinion de nous-même n'est-elle son? pas bien opposée au sentiment si étrange.

soit par le sentiment sincère de notre infériorité ? N'y a-t-il en nous rien qui sente ceN. de plus envié ? Avons-nous pour tous de constantes prévenances inspirées soit par le respect intérieur envers eux. qu'on contredise nos paroles. qu'on ne nous écoute pas. qu'on dénature nos in- — — — — — — — — . à l'exemple du divin Maître. renvoyant à qui de droit le mérite et les louanges? Restons-nous bien calmes quand nous croyons voir que nos Supérieurs nous oublient ou font Ne parions-nous d'eux peu de cas de nous? qu'avec respect.KXAMBIf GÉNÉRAL 354 pour nous la part la plus laborieuse. esprit de suffisance et de domination devant lequel tous doivent plier ? Supportons-nous doucement. excuses et murmures. puis k nous effacer au moment de la moisson. même quand ils nous causent quelque peine Comment recevons-nous leurs réprimandes ou même leurs simples observa^ — I tions? Est-ce avec force répliques. ou bien au contraire avec promesse sincère de tâcher de les contenter à l'avenir? Ne sommes-nous pas jaloux à l'excès de notre indépendance personnelle? Observons-nous la règle générale de ne parler du prochain qu'en bonne part? Nous efforçons-nous d'avoir de lui la meilleure opiDétournons-nous de parti pris nion possible? Nous notre pensée de ses imperfections? refusons-nous à le juger? Nous sommesnous défaits de l'esprit de contradiction t Sommes-nous peu enclins aux discussions? Savons-nous ne pas interrompre autrui et nous Laissons-noas volontiers aux taire à temps? autres ce qu'il y a de meilleur.

reconnaissons-nous. ne repoussons-nous pas ce qui nous blesse. ou bien enfin. qu'on ménagements ou même — Quand nous pensons être victimes de lamalveillance. que.EXAMEN GÉNÉRAL 355 demandes. pour pouvoir vivre et mourir dans sa bieuheureuse paix? — : : — — — . nous méritons des traiAvons-nous excusé tements pires encore? nos ennemis devant Dieu et prié pour eux? Sommes-nous résolus à abandonner à jamais notre cause entre les mains de notre Père céleste. qu'on rebute nos moque de nos conseils. ne sommes-nous pas tombés dans l'une de ces trois fautes se venger par des paroles de mépris ou par des railleries sanglantes. avec impatience et coTandis que Notre-Seigneur s'est tu lère? devant la haine et la calomnie « Jésus autem tacebat ». laisser son courage Si cruelles que succomber dans la tristesse? puissent être nos peines. de l'injustice. comme pécheurs. qu'on se nous traite sans avec un dédain affecté? tentions. entretenir contre ses agresseurs une amertume persévérante.

une accusation détaillée en confession.parexemple: quelques privations.CONSEILS Pour la conclusion de ces exercices I — i° Vous arrêterez d'abord vos résolutions : Qu'ai-je à réformer? qu'ai-je à introduire? — — par quels moyens? 2° Vous choisirez une rue qui vous impressionne et que vous ferez planer sur votre pensée. 3° Vous concentrerez votre effort dans une adorer pratique très efficace. par exemple l'infini de Dieu en face de votre ou néant— la vie intime de Jésus en vous bien un souvenir comme celui de certaines ou encore la constatation fautes humiliantes d'une infériorité sensible. le ton de sa et sereine. par exemple Dieu profondément avant chaque prière. sMmposer une physionomie toujours humble : — . etc. — — s'appliquer à écouter les autres. pour noter d'un courir . mouvements. ses réponses. — : — modémême quand on est seul. On peut se contenter encore de marquer chaque soir le nombre de ses manquements. 4** — II Consacrez ensuite quelques moments à parla table de ce volume. quelques prières. rer ses voix.. Déterminez une sanction à tout manquement. etc.

vous n'en reviendrez jamais sans signe.. parlant à voix basse. C'est alors que vous réciterez lentement et de tout ^œur la prière suivante: . placez des fleurs et une petite lampe allumée.CONSEILS POUR LA CONCLUSION DE CES EXERCICES 357 ou les lectures sur lesquelles il vous semblerait le plus utile de revenir. s. Cherchez une intimité démarche plus grave. Mettez dans votre physionomie quelque chose Parlez et écoutez de façon à de très doux. ingéniez-vous à trouver diverses pratiques moins ordinaires.. Jésus et vous puissiez vous entendre. si près que.'il se peut. devant une de ses images. Se former à l'humilité est Allez souvent une œuvre de longue haleine. Que la communion de ce dernier jour soit préparée avec plus de soin. : — plus sensible.. et l'action de grâces plus prolongée. les impressions s'effacent. Que votre visite au Saint-Sacrement prenne une sorte de solennité extérieur plus soigné^. Ce conseil est de grande importance les détails se perdent. si Dieu le permettait. Chez vous. les méditations : — — profit. à raison d'une par semaine ou par mois. Emparez-vous si fort de Jésus que vous remportiez partout où vous irez. — faire plaisir à tous. en vous avançant vers l'autel le plus près possible. le mouvement se ralentit. III Pour clore dignement ces saints exercices. à ce livre.

Mais pourquoi la chercher à si longue distance quand je l'ai près de moi? Pourquoi des souvenirs de vous.. quand je vous ai vous-même. . Dieu. bâties par la sueur du paysan vous vous accommodez même d'un toit de chaume et d'une hutte de sauvage.. me voici encore à vos pieds. ristie ! Ce qui m'y frappe tout d'abord. des flambeaux qui brillent. des voix sans charme. des harmonies qui chantent sous les voûtes sonores.. — . c'est cette humilité simple et bonne qui se fait toute à tous? Vous aimez les belles cathédrales que vous aimez vous offre la richesse des villes tout autant les pauvres églises de campagne.358 CONSEILS POUR LA COiXCLUSION Auprès du Tabernacle Au de ces méditations où votre souvem'a suivi tout le long de la route. quelques rares chrétiens distraits!. Oh! donnez-moi de comprendre votre Euchasortir nir. Je n'ai plus sous les yeux la crèche où naquit votre humilité. là peut-être plus que partout ailleurs.. la pauvre demeure de Nazareth qui la vit croître à son ombre durant trente ans. il ne voit en elles que l'expression du . Votre grand cœur. des fleurs.. .. ô Jësus. ô Jésus. Ici. ô Jésus. plane au-dessus de ces choses. le Calvaire qui la couronna dans les opprobres. des foules empressées. anéanti. là-bas quelques cierges fumeux.

quelle leçon touchante Pour me ia . Il y a tant de formes différentes sous lesquelles il faut surtout chercher le cœur il y a tant de petits oublis qu'il ne faut pas trop res- faire . — ! ! . ailleurs des offrent des prières vocales. quoi pour tout votre être eucharistique. temple auguste de votre divinité.. Votre personne. la plus petite hostie qu'on Si je une humilité .. âmes de plus haute culture vous font entendre douce mélodie des prières intimes. Votre grand cœur s'arrête au sentiment lui-même il ^st content de ce que chacun lui dit. sentir 1 vous contemple vous-même. . l'espace mesquin d'un tabernacle que dis-je? d'un ciboire! que dis-je encore ? d'une parcelle <ie pain car enfin. Jésus. je dois être humble. . quand on lui dit ce qu'on sait dire. rien ne la trahit aucune lueur n'arrive à mes yeux . Ici âmes ignorantes des et lui donne. qu'elle s'étonne. compagnon glorieux de votre belle âme.359 DE CES EXERCICES sentiment il est content de ce qu'on quand on lui donne ce qu'on peut. rien ne la montre votre présence. . elle vous trouve tellement diminué. Quant à son tour. ma foi vous cherche. aucun murmure ne se fait entendre pas un tressaillement ne soulève les espèces saintes qui vous contiennent vivant. I comme vous tout à tous. . je découvre plus profonde. Quoi! pour votre corps ressuscité. simples vous que les lèvres trop souvent sont seules à exprimer.

vous ne repoussez pas même le sacrilège. on vous porte où l'on veut. dans mon activité. où règne votre humilité. pour arriver aux cœurs qui vous aiment Notre amour vous fut donc plus cher que votre dignité Jésus. comme un pauvre sur son grabat. vous êtes l'humble que rien ne rebute !. ! ! . toutes ces infamies. triste produit de la liberté humaine.360 CONSEILS POUR LA CONCLUSION nous donne.. dans mes facultés même. vous ne vous refusez pas à la bouche fétide du malade-. et chacun de ces centièmes vous contient. : 1 Mais que vois-je? les opprobres du passé vous poursuivent jusque dans cette retraite où vous vous cachez pourtant si bas. ils s'acharnent sur votre petitesse qui s'efface ils ne reculent pas devant cette confiance qui se livre L'impiété vous nie ou vous insulte l'incurie vous délaisse sur des linges déchirés ou malpropres. Vous voilà donc tout petit. Ne pouvant écarter sans de continuels miracles. réduit à rien vous n'avez pas de voix. sans . sans apparence aucune. vous restez immobile. vous vous donnez à l'indifférent. dans mes ressources. je fixerai mes regards sur cette paix profonde de votre tabernacle. ! .. vous qui êtes si grand!... votre existence eucharistique dépend de notre volonté Jésus. si je me vois diminué dans ma réputation. vous les avez bravement traversées. peut être divisée cent fois. si l'on est pour moi sans soins.

adoré moins profondément votre Père ô Jésus. comment nous séparer? Vous me suivrez donc dans et je suis à vous. Quelle bonté Quelle sagesse Quelle leçon Jésus. je me verrai dans tous les tabernacles.. que pour me donner I vous vous étiez moins anéanti. vous êtes à moi nous ne faisons qu'un. je n'aurais pu vous contenir en moi. par la communion. on m'impose des humiliations cruelles. comme vous^ la vie. . fruits si doux de votre humilité. marchant vers vous. de bonté constante. . esprit — .DE CES EXERCICES égards. Si me communiquant sans cesse votr& d'indulgence. d'effacement. sans reconnaissance 361 si par erreur ou par méchanceté.. heureux de cette inje m'y tiendrai timité. je m'en irai souriant au milieu de ces peines. ce ne sera. confus de cette gloire avec vous dans le silence de l'adoration et quand j'en sortiiai. de la terre près de vous.. Jésus. 1 ! ! .auriez . si vous. si vous vous étiez fait moins petit. Et moi.

qui se fait jour dans la Pratique progressive. L'Ami du Clergé terminait son très élogieux a^rticle par ces mots « Jamais vous n'aurez senti plus vivement. La doctrine de l'union à Jésus. dans le présent ouvrage sur VHumilitéy s'y déploie en toute liberté. but de ce livre et non ce on y trouve. tout ce qui peut le plus intéresser la piété à l'égard du Très Saint-Sacrement (!«'' volume) et les notions les plus approfondies sur les rapports de l'Eucharistie avec les dévotions fondamentales (2« volume). . croyons- nous. — En trois ans une œuvre de puissante il arrive vie surnatu- au 17» mille. plus récemment paru Méthodes et formules pour bien entendre la lin : messe. et. Le titre ne qu'il contient. çà et là.Nous nous permettons d'attirer l'attention sur ouvrage du même auteur. » Déjà l'examinateur officiel avait signalé ce livLe . dit En que le effet. plus lumineusement la présence réelle de Jésus dans l'Eucharistie. — : — comme « relle ».

Raisons soi et le désir de l'estime des autres. En tant que illumine tout l'ordre intellectuel. V.TABLE DES MATIÈRES Préfacb de cette sixième édition b Clonseils pour le succès de cee exercices •Coup d*œil pbéliminairb •§!. — voua ne devenez BESOIN D'ÊTRE HUMBLE Invitation divine à V Humilité! des petits enfants. 1" MÉDITATION. : — 28 L'estime de ii.• . s'oppose à Dieu fin dernière de nos actes 52 . sont complétées par la révélation.7 désir de l'estime elle a pour objet l'estime de des autres «Quelques notions sur les vertus surnaturelles soi et le — SEMAINE. ffumilité vertu spéciale: ^ 9 14 Humilité. mais d'objet. — L'Orgueil en tant qu'estime déréglée de soi-même. il — Entant que désir désordonné de l'estime.2" Méditation. L'Humilité n'a pas pour but de les détruire. elle dirige tout l'ordre moral. L'honneur et ses éléments. — — elle l» . IV. de ces deux tendances. Ses règles. - Sur la première tendance 33 ou estime de soi 41 3* MÉDITATION. — Sur la deuxième tendance ou désir de l'estime des autres 47 Conclusion et synthèse. m. mais de les régler. données d'une façon insuffisante par la raison. s'oppose à Dieu principe de tout bien. » « Si comme Étudb psychologique de l'orgueil i. justice. — d'être 20 — — — . influence générale : en tant que vérité. La vanité n'est pas une question d'espèce. Ses transformations II.

fondement des vertus. dans ses actes. Ce dogme écrase tout orgueil et nous montre l'humilité comme la loi de notre condition présente 101 — Notre condition. Trois pointa de vue s'applique à tout homme 2» ce qui est personnel à chacun 3"» ce qui détermine la valeur comparative. L'homme réduit à rien en : . Humilité viciée dans sa formation par un orgueil inconscient. Son analyse exnécessité des grâces spéciales et justifie la MÉDITATION. Elle maintient à Dieu son rôle de principe par une obéissance confiante. favorise la vertu en fortifiant l'inclination qui en est l'essence !'• MÉDITATION. et son rôle de fin dernière par la pureté d'intention 5* — 56- MÉDITATION. 8T — Nécessité de la grâce actuelle. 94- — Nécessité de grâces spéciales. le péché. —Elle la mesure de notre dépendance et aussi de notre grandeur donne 3» 4* MÉDITATION. plique la surnaturelle d'humilité loi lOT . MÉDITATION. Elle les préserve de l'orgueil qui est un double principe d'altération et d'aveuglement 7* Châtiment de l'orgueil. Comment l'influence du milieu a développé une humilité factice Humilité gardienne des vertus. la déchéance en résultant comme conséquence et comme châtiment MÉDITATION. Le néant de la créature. Comment la pureté — — d'intention a été insuffisante. 4» Observation importante : Tout motif. la stérilité.364 TABLE DES MATIÈRES — — 4« MÉDITATION. n'a besoin pour punir que de refuser son action. Dieu méconnu en tant que principe et fin. Humilité. 6T — — 7> RAISONS D'ÊTRE HUMBLE — 1* Ce qui Étude préparatoire. même impersonnel. . de l'humilité 2* MÉDITATION. — Cette nécessité est absolue dans l'ordre surnaturel. Dans son être. 8$ — — — Fondement de l'adoration comme face de l'infini. — 2» 62 — 6» SEMAINE.

Comment sincère. 166 — — Examen 173 — Humilité d'abjection. 123 la méditation de ce principe : — Ses carac- qui va suivre. — jugement motivé.365 TABLE DES MATIERES Pages. Toute comparaison sur la valeur doit être prise dans ce qui est élevé. lité d'anéantissement. Le changent rien à ce que nous sommes i]* ItC — Prière éditée par Urbain VIII. ii. Humilité du Cœur de Jésus. — — — Humilité d abjection. 6* MÉDITATION. Son aspect mystérieux Éclaircissements sur 164 Hu- Sa promulgation €• MÉDITATION. La valeur se mesure par comparaison. le rôle de l'exemple et sur les conditions qu'il doit remplir pour être efficace. ÉcLAiRcissBMENTs sur — Vérités ' les 2 méditations qui précèdent. milité développée par des sentiments de confusion vivement sentis et ardemment exprimés — '• MÉDITATION. L'huMÉDITATION. — La loi. milité d'abjection. — rique de l'ordre pratique 6* 114 — Nos fautes. L'humilité d'abjection ou de mépris est spéciafondée sur nos lement l'humilité chrétienne supérieure aux données de la raison et dogmes aux forces de la nature — — — — — 4* MÉDITATION. 179 — se mettre au-dessous de . — 146 Vie publique. Distinguer l'ordre théoqui troublent. 157 ÉCLAIRCISSEMENTS sur les 3 méditations qui vont suivre. — Humicombien i. En face des Saints et en face de Dieu. Ces conditions réalisées dans les exemples de Jésus. — — Enfance et vie cachée. profonde. parce que cela seul mérite l'estime — ' 3' SEMAINE. MÉDITATION. Examen de la cause. — Les fautes des autres ne MÉDITATION. Son évidence Le fait. Humilité du Cœur de Jésus. 141 Humilité qui incline à l'efifacement 2« 129 — JÉSUS HUMBLE Étude préparatoire sur 1" MÉDITATION. Humilité qui pénètre 152 l'action — — 3* MÉDITATION. tères.

— Sa MÉDITATION. De l'humilité étroite et pusillanime III. De — ferveur. tères. I. — ii. 218 — . et de la 23S — La fécondité. portée 4« 19t — SEMAINE. — i. MÉDITATION.De la véritable humilité. Étude très importante sur 263 — De Vamour du mépris. — . le b* 252 — De l'humilité dan» no» rapports avec 25^ prochain — Culture de V humilité par Fextérieur. — effets. — Le genre. — Jésus aux pieds des apôtre». De l'humilité fausse . la vie spirituelle l'humilité 241 dana nos rapports avec Dieu 4» MÉDITATION. — Les actes. — La nature individuelle. — — De la véritable hwniUti^ ses ii. du prochain — m. — m. InclinaInclination à 228 l'estime Éclaircissements sur le rôle de la volonté sensibilité dans la vertu 2* MÉDITATION. IV. au mépris de soi-même. Semaine éminemment pratique Étude préparatoire. D» 202 207 215 dans son sentiment même !•* 20t 268 279 283 le 288 . ÉCLAIRCISSEMENTS sur l'amour de la propre abjection. — Le précepte. MÉDITATION. 7» — — — Précautions diverses rôle de la prudence dans r humilité. GUIDE DÉ L'AME HUMBLE — — Ce qui fausse l'humilité. — Sa raison. — L'attrait MÉDITATION. La paix. . ses carac- Inclination à l'effacement. tion — I. fondée sur les rapports du physique et du moral. Son nUBg. Sa justification Ses mobiles. MÉDITATION. . De l'humilité fausse dans son expression. — Des fausses humilités. De l'humilité rationaliste II. jugement théorique 7* 18$ — Le Mandatum novwn. Ce qui la manifeste et la perfectionne. La Epanouissement de 3* MÉDITATION.TABLE DES MATIERES 366 Page» — Précepte ou conseil ? Spéculatif ou pratique ? — Inclination ou conviction? — Réserves sur le tous.

30? — — — S'appliquer à lui faire plaisir Z* Méditation. Jésus vivant en nous — Examen particulier. Désirer l'estime de Dieu. en usage dans une pieuse 335 associa- 34? tion Élévation sur les rapports de l'humilité et de l'amour divin.367 TABLE DES MATIERES ^« SEMAINE.— Comment nous transformer nous-mêmes . 303 — Transformation de l'estime de soi. timents. . Marie transformée en Jésus humble par l'union de vie. Règle défensive et règle de sage liberté et — 320 Coup d'œil sur les deux méditations qui vont suivre. Marie co-rédemptrice. Chercher à lui plaire. Transformation du désir de l'estime. Voir Dieu et Jésus dans le prochain. — Désir de plaire 313 de faire plaisir au prochain. — CJomment transformer nos senStude préliminaire. — TRANSFORMATION Page». 356 358 — 7473-4-16. Avec Marie 330 — Méditation. par l'imitation et par l'union 4* — 5* 329^ — Marie transformée en Jésus humble — Marie mère. 344 Examen 350 général Conseils pour la conclusion de ces exercices tarière au pied du Tabernacle Imprimerie de MontligeoD (Orne). Les dons de Dieu. V* MÉDITATION. Nous transformer en Jésus humble avec Marie. J'humilité les fait resplendir 2* Méditation. par l'imitation. Méditation. — Jésus vivant en Marie.

les Paktie — de la volonté. qu'il juge pressante. cette édition s'est trouvée épuisée fin Une deuxième l'a aussitôt remplacée (12« mille). et de rranco la . nouveau sur un sujet bien vieux! Pratique progressive. turels. V. Méthode abrégée pour les confessions ordiX. formulant une manière de mais à celles de 10 à 15 ans. Id. des idées. men. la maniôre de par s'accuser. Id. La trouve-t-elle dans celle multiplicité d'ouvrages écrits pour elle. En face d'un avenir religieux plein de menaces. ne s'adressant pas à toutes les jeunes filles. par larésoluliou. Formation des sentiments. Id. car ils ne réunissent pas toutes les conditions requises.PREMIERE FORMATION Religieuse et morale de la Jeune Fille PAR L'AUTEUR DE LA PRATIQUE PROGRESSIVE De CONFESSION la Prix JL.. précise et facile. 85 aux mères. aux actes surna- Messe pour Il* — — par la contrition. vient de se consacrer à cette — comp/èfe. œuvre modeste. Jours de confession.UX jeunes Voici un filles. faire logique. fr. XI. — . atteignant l'un après l'autre — méthodique. IV. Id. Chapitre vni. spéciale à la piété. abandonnant catéchistes^ L'auteur de la d'autres travaux entrepris. 4e !»• — Peut-être s'en apercevra-t-on déjà à : se trouve une longue instruction pour l'usage ce livre. m. Id. VI. la jeune fille a besoin d'une formation solide et profonde. Id. DIRECTION i fr. livre : i 50. Id. Formation par l'exa- — IX. l'énoncé des titres que voici Connme avant-propos. et dont plusieurs sont d'ailleurs remarquables? Non. aux institutrices. du jugement. Partie Chapitre — — — — — — Formation proprement dite. naires. «eptembre 1907. Celle-ci est : spéciale. Une formation doit être spéciale. Id.Viennent ensuite deux parties distinctes. complète et méthodique. vu. Parue le 25 décembre 1906. : Formation par la confession. : i""-. du caractère. II. aux aux prêtres. tous les principes d'action . Id. VIII.

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BV 4647 . 1840-1916. Formation à J'huniilite^ et •ar elle s autres a l'ensemble vertus ( .H8* B4 Beaudenom. Leopold.

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