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L'HUMILITÉ
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1.

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ce qui est mieux. Pariiien$i8. un rare esprit d'analyse et une remarquabie concision de langage « L'âme attentive et docile qui se livrera « â cette formation » n'ignorera rien ni de la nature. PERMIS DB RiÉOlTBR A Paris. IMPRIMATUR DB LA 2* ÉDITIO:* : Parisiis.. V. Tous droits réservée Ji . et il est grand. H. g. avril 1903. Gard. ni des caractères. » « « « « « « « « « « « « .. Odelin. f Franciscus. RICHARD. elle ne tardera pas à sentir le besoin d'être humblç. de le compléter parfois et d'en rajeunir les formules. l'ordre logique ians la composition. ni du j)rix de l'humilité et. Arch. fera L«pid^ maître du Sacré Palais. a été de préciser l'enseignement des Maîtres sur cette délicate matière. l'imprimatur : M6' premier Eminence en vue de la ce livre et présenté à son Le mérite de cet ouvrage.du témoignage rendu sur Extrait édition de le Cardinal archevêque de Paris. L'imprimatur a été donné à Rome par le très R. On y retrouve pleinement la caractéristique invariable de l'auteur : la sûreté dans la doctrine. le 1" '. die 4 aprilis 1898.

ÉDITEUR 22. 22 i | LIBRAIRIE SAINT-PAUL 6. 6 . LETHIELLEUX.\R l'auteuh DE LA PRATIQUE PROGRESSIVE DE LA CONFESSION ONZIEME KD I T I N (62" mille) PARIS vr p.FORMATION L'HUMILITÉ Et par elle à l'ensemble des autres vertus p. RUE CASSETTK. RUE CASSETTE.

.

de toute explication inutile à ceux qui savent. déterminé par respectables à fidèles. étions-nous contraint à donner une œuvre amoindrie? Nous ne l'avons pas cru. C'est plus que cela. nous principes d'ailleurs si favorables à la rendrons plus familiers les mêmes qui les coD^i-^nnent en un mot. s'a- Iressant aux prêtres seuls. en multipliant vers les les applications. dans ce but. s'arrêter à moitié route dans l'ascension sommets trop ardus de la théologie. nous les éclairerons. Or. Fallait-il. ce livre. influences ter de Depuis les plus aux simples le lors. pratique. et ne pas pousser nos analyses psychologiques jusqu'au fond du sujet. ne vaut-il pas mieux hausser le lecteur. . et. s'abstenait. : nous développerons. nous les lui fournirons.PREFACE DE LA SIXIÈME ÉDITION (conforme à la cinquième) Dans ses deux premières éditions. il comme convient. Les notions qui lui manquent. les points obscurs. c'est faire sortir d'une notion générale des vérités secondaires qui s'y trouvaient enfermées c'est don: . le nous avions le les présendevoir leur rendre accessible. Au lieu d'abaisser la doctrine. en d'autres termes. développer ne veut pas dire ajouter des formes nouvelles.

qu'il Il fait plus qu'émouvoir donne aux facultés. Ne le regrettons pas. son stimulant le plus actif. stimule. au fond de chacun de nos actes. le supplément de toutes tes persistantes misères. de toutes ces applications. Nous ferons aussi plus large la part du sentiment le sentiment éveille. il . et ce livre. s'est fait en quelque sorte le formateur de la piété prise dans son ensemble.préfàck 6 ner à des germes Texpansion des tiges. de tous ces éclaircissements. Faut-il l'avouer. Or. rayons. Son influence se faisait sentir sur tous les sentiers du devoir. des c'est mettre la lumière en évidence pour qu'elle répande au loin ses feuilles et des fleurs . L'horizon de l'humilité s'étendait de toutes parts. au besoin. qui ne devait être qu'un exercice d'humilité. jusqu'à ses plus beaux épanouisse- ments dans la perfection. nous nous sommes laissé entraîner sans trop de résistance à tous ces appels de la terre et du ciel . . car la piété trouve dans cette vertu son meilleur guide. à la base comme au sommet de toutes les vertus. et dans l'essor porte l'intelligence elle-même et plus loin et plus haut. de tous ces développements surgissaient à nos yeux des vues nouvelles. son inspiration la plus touchante et. embrassant le monde entier de l'ordre surnaturel. remplissant la vie chrétienne depuis son apparition rudimentaire avec l'état de grâce. exalte toute : activité.

Ilya amplement matière pour deux exercices par jour. saint Antoine de davantage Padoue. Dirigez ensuite vos pas vers la chapelle de la Sainte Vierge. Invoquez aussi les saints dont l'humilité vous frappe saint François. saint François de Sales. allez : . saint Vincent de Paul. et à toutes ces puissances célestes demandez la lumière. 3» Donnez quelque solennité à votre entrée dans ce grand travail de réforme. Ce qui est indiqué comme étude ou éclaircissements peut servir de méditation et dans tous les cas doit être lu avec la plus grande attention. la volonté.. 2® Vous y consacrerez un mois entier..CONSEILS POUR LE SUCCÈS DE CES EXERCICES !• Choisissez adonner avec le l'époque où vous pourrez vous y plus de liberté et de suite. plus encore si vous en avez l'attrait. la persévérance* soir. Agenouillez-vous devant Jésus si humble au tabernacle. La veille au exprès à Téglise. saint Benoît Labre. Récitez lentement le Veni Creator.

CONSEILS POUR LS SUCCES DK CBS EXERCICK8

8

II
1» Durant les exercices, tenez-vous habituellement sous une impression d'humilité, particulièrement dans vos rapports avec le prochain
rendez cette impression plus vire par de fréquentes aspirations le long du jour vous en
trouverez la matière dans chacune des méditations et plus spécialement dans la résolution ou
le sentiment qui les termine. Sortez le moins
possible de cet ordre de pensées.
;

;

2° Multipliez les actes extérieurs d'abaissement. En voici quelques-uns baiserla terre
se tenir, durant sa prière, le front baissé, dans
la posture d'un coupable plein de confusion
parler à voix moins haute et plus contenue
culmarcher d'une façon moins dégagée
tiver l'esprit de pauvreté.


:

Cherchez les occasions, soit d'obéir, soit
condescendant, et cela en toute simplicité. Evitez de contredire, de couper la parole,
de discuter. Acceptez les peines et jusqu'aux
moindres contradictions comme choses pleinement méritées.
3"

d'être

Nota.

— Se servir

l'un d'eux
culier.

comme

de ces trois derniers avis ou de
sujet journalier d'examen parti

COUP

D'GEIL

Toute

PRÉLIMINAIRE

chrétienne
pieuse l'ambitionne;
Jésus réleva à la hauteur de la Rédemption en
Tassociantà la souffrance, et ne la maintient-il
pas comme une auréole autour de son Eucharistie ? Où elle manque, la vertu manque. Dieu
ne s'étend que dans l'espace qu'elle lui fait.
Mais ces louanges prodiguées apportent-elles
et cette admiration conventionla lumière
nelle la pleine conviction ? Que de vague dans
les idées et dans les consciences Quelle insuffisance presque partout Or, si la nature même
de l'humilité est peu connue, sa sphère d'influence l'est bien moins encore.
L'humilité

!

l'exalte àl'envi, toute

tradition

la

âme

;

!

î

Les méditations longuement réfléchies de ce
aux esprits sérieux qui veulent
comprendre et aux âmes pieuses qui veulent
aller de l'avant.
C'est toujours dans les profondeurs que se
cachent les grandes choses les richesses médes
talliques gisent sous la couche terrestre
prodiges de f^rce semblent dormir dans la paisible matière
des merveilles de mécanisme se
livre s'adressent

:

;

;

COUP d'ŒIL PRILIMINAIRE

iO

mouvement du monde sidéral, et
au sein de Têtre vivant des secrets
si profonds que rien ne les explique. Regardez,
regardez bien... au fond de Thumilité règne une
sorte d'infini nous sommes en plein surna-

jouent dans

le

l'on entrevoit

:

turel,

j

La vertu prise dans son ensemble est une
chaque vertu est un de ses organes. Chacune a ses beautés propres sans doute, mais
elle se revêt aussi de la beauté de ses sœurs
par le fait de l'unité de vie et de la loi des
échanges. Quelques-unes cependant y parti-

vie

;

cipent d'une façon plus proche, plus large, plus
continue, plus indispensable la vie, la même
vie se meut dans chaque partie de l'ensemble,
même dans laplus infime, mais elle ne s'y étend
pas, elle n'y brille pas d'une égale façon. Nous
allons étudier la part qui revient à l'humilité
peut-être découvrirons-nous en elle une humilité que nous ne connaissions pas.
;

;

Pour avancer d'un pas assuré, il faut aller
posément et méthodiquement avant d'atteindre
les sommets, il faut traverser certaines régions
;

sans attrait et gravir des pentes difficiles.
Afin de rendre la "route moins pénible, nous
l'aide de moyens variés
la parcourrons à
études qui ouvrent des vues généra \es observations plus courtes qui dégagent on point
obscur, /réflexions pieuses qui mettent en
mais parrelief les résultats d'une découverte
méditations approfondies qui
dessus tout
plongent l'âme dans l'atmosphère de la vérité
sous le grand soleil de la grâce.
:

;

;

:

HUMILITÉ, VERTU SPÉCIALE

11

Que pas une âme de bonne volonté ne se décourage devantces hautes vérités, en se jugeant
impuissante à les atteindre
qu'elle envisage
plutôt les secours d'en haut. La science humaine ne se livre qu'à ses adeptes; la science
de Dieu se prodigue aux petits et aux humbles:
ceux-ci n'ont pas toujours besoin de longs raisonnements. Si, donc, telle partie de ce livre
leur reste fermée, qu'ils ne s'attristent ni ne
la clarté les attend, peut-être au
s'attardent
détour d'un chemin, sous une formule plus
simple, mais tout aussi pleine de vérité. Parfois
tel détail sera pour telle âme toute une révé;

:

lation.

,

Cependant, afin de satisfaire certaines intelligences qui aiment les vues d'ensemble, nous
allons jeter ici un rapide coup d'oeil sur le chemin à parcourir tout le long de ce livre. Un
premier regard sur l'humilité en tant que vertu
spéciale, un second sur sa sphère d'influence,
nous suffiront.

§

I.

I.

— Humilité, vertu spéciale

L'orgueil

n'est

qu'une

déviation

de deux

—Sentiment de supériorité,
recherche de prééminence, l'orgueil est-il un
,êndànces légitimes.

souvenir

de notre

tort serait alors de

grandeur originelle? Son
en situation.

n'être plus

Roi déchu par sa faute, et fier sous ses haillons, « Dieu tombé qui se souvient des cieux »,
tel nous apparaîtrait l'homme dans sa tendance

COUP d'ŒIL PRflLIMINAlRB

12

à

l'orgueil

Ou

plutôt, l'orgueil, désordre

et

au lieu d'être l'empreinte d'une couronne
perdue, ne serait-il pas le stigmate de la révolte vaincue? « Eritis sicut dii. » La tentation
aurait ainsi passé dans le sang pour le troubler. Cette double origine expliquerait ce qu'il
présente à la fois de grand et de bas.
En fait, cependant, il est plus exact de regarder ce défaut comme la déviation de sentiments
utiles mis par Dieu même dans la nature humaine. Ces sentiments se réduisent en dernière
analyse à ces deux: estime de soi, désir de
Vestime des autres. L'estime de soi est la

vice,

base de 'la dignité personnelle; le désir de
l'estime des autres est une des bases de la
sociabilité.

Ces inclinations sont si profondes et si spontanées qu'elles appartiennent pour une part à
la classe des instincts, et ressemblent à celui
de la conservation. Elles ont d'ailleurs une foncl'instinct de la vie attache
tion du même genre
Thomme à une existence ordinairement misérable; celui de l'estime de soi rattache à sa
personnalité, malgré son peu de valeur celui
du désir de l'estime l'attache au bien public,
malgré la fragilité des avantages qu'il donne.
Ces deux dernières tendances sont sujettes à
des déviations si faciles et si naturelles qu'elles
portent l'empreinte de la déchéance originelle;
c'est pourquoi souvent les moralistes les appellent sans distinction un vice.
:

;

IL L humilité est
à ces déviations.

la vertu

chargée de s'opposer
qui afifermit

« C'est elle

flCMILiré,

VERTU SPECIAL*

15

l'esprit et l'empêche de s'élever d'une manière
déraisonnable » (de se surfaire, superbia). C'est
elle
qui reconnaît et maintient l'ordre dans
l'estime de soi et dans le désir de l'estime des
^

autres.
Elle est

donc véÀtê

et justice. Elle est vérité,
trace la règle de direction.
Elle est justice, et, à ce titre, elle incline à agir
conformément à cette règle 2.
En tant que vérité, elle réside dans l'intelliet,

à ce

titre, elle

gence; en tant que justice, elle réside dans la
volonté. Mais ces deux facultés agissant l'une
sur l'autre, tout développement de lumière augmente la force de l'inclination, et tout dévelop-

pement d'inclination porte à mieux chercher
et à mieux saisir les motifs et les règles de
l'humilité.

Cette probation s'adresse donc à l'une et à
de ces deupt facultés, pour les mettre en
l'état le plus favorable ; or, l'état le plus favorable de l'intelligence, c'est la conviction, et
l'autre

l'état

plus favorable de la volonté, c'est la

le

propension.

Deux

sortes de lumières produisent la conla lumière de la raison et celle de la
révélation. Deux forces produisent la propension : celle de la volonté et celle de la grâce
viction

:

actuelle.

1.

s.

Il

est sage

Thomas,

2a

2ae

de s'aider de tous ces

quaest. 161. art.

se-

1.

2. Ce mot « justice », pris ici dans son sens large, désigne la disposition vertueuse qui assure à chaque chos«
la place qu'elle mérite, tandis que la justice, dans sa stricte
acception, vise les droits positifs des hommes entre eux>

COUP D'ŒIL PRÉLIMINAIRE

14

cours à la

fois.

Ceux de Tordre surnaturel pont

les plus efficaces,

comme

les plus élevés.

Nous contenter des données de la raison pour
déterminer l'estime que nous méritons, serait
établir une vertu incomplète et insuffisante.
Prétendre acquérir l'inclination d'humilité par
nos seules forces, serait commencer par une
proposition hérétique, et finir par une déception.
Les païens ne connurent de l'humilité que la
modestie, et, ce qu'ils en connurent, ils le pratiquèrent bien imparfaitement. La vraie notion de cette vertu découle de nos dogmes
fondamentaux, et sa pratique complète déla grâce : elle est donc éminemment
et le rationaliste ne saurait ni
surnaturelle

pend de

;

avoir, ni

même

admettre l'humilité ainsi com-

prise.

II

une part très large aux
dans Vacquisition de la

faut cependant faire

facultés

naturelles

vertu.

Et pour bien comprendre la portée de cette
observation, il sera bonde rappeler ici quelques
notions générales sur les vertus naturelles et
sur les vertus surnaturelles.
Leur objet est le même; c'est le bien; et
chaque vertu a le même objet spécial
le
genre de bien. Ainsi, l'humilité, qu'elle
:

même
soit

naturelle

ou

qu'elle

soit

surnaturelle,

règle et maintient l'ordre par rapport à l'estime
personnelle et au désir de la louange.

Ces vertus^ résident dans les mêmes facultés
qui sont, pour les unes et pour les autres, les
facultés naturelles. Les vertus naturelles les

Le nom d'habitude. jisent-ils. l'habileté. le simple pouvoir. Toutes ensemble également revivent par l'effet de la justification. et chez elles. VERTU SPÉCIALE pénètrent. Les vertus surnaturelles sont mises en nous par une sorte de création. et elles se perdent ensemble parle péché mortel. Mais elles diffèrent totalement par leur mode de production et d'exercice. ne peut être donné qu'à ces dernières. comme qui dirait l'aptitude. à un degré d'augmentation ne cor- vient respond pas nécessairement un accroissement de force et d'inclination. ne se formentquelentementpar des actes nombreux. s'y accumulent peu à peu comme dans un membre qui s'exerce à un tra. l'augmentation du dehors. ainsi. Pour les vertus surnaturelles. et elles ne se perdent qu'à la longue en sorte qu'un péché mortel ne les détruit pas. minent les 45 vertus surnalurelles les '< ter- ». que la théologie appelle infusion. Il les verse toutes à la fois. L'habitude donne le faciliter posse. L'augmentation de l'une entraîne l'augmentation de toutes les autres. L'inclination. au contraire. on le comprend. la . Les vertus naturelles. vail. vertu surnaturelle est synonyme de vertu infuse. Dieu les verse déjà dans l'âme de l'enfant baptisé. Les théologiens caractérisent cette différence par deux expressions consacrées. à l'exception des vertus de foi et d'espérance. et non du développement. Les vertus infuses. donnent le simpliciter posse.HUMILITÉ. la force.

serré ou lâche il devient de la pourpre dès qu'il sort d'un bain spécial. mais la simple aptitude à produire des actes surnaturels. . Les grâces actuelles la/ donnent également. ou pour les remplacer. le voilà redevenu tissu vulgaire. Tel tissu peut être fin ou grossier. : . actuelles qu'elles attirent. On voit par là que. mais pour les élever. Sous leur influence toutepuissante. serré ou lâche mais il a pris rangdans un ordre plus élevé. couleur. la vertu sera caractérisée par Veffort. Le bain n'a rien changé à sa nature le tissu reste fin ou grossier. Ces grâces actuelles nous offrent des ressources qui dépassent toute évaluation Dieu les centuple dans l'âme qui y correspond et la prière lui permet de les prodiguer et sans mérite et sans mesure. Les vertus surnaturelles ne sont pas faites d'ailleurs pour laisser inactives les forces naturelles. mais d'une manière transitoire. avec une beauté spéciale. chez les adultes. des dispositions de la volonté et des habitudes. Les vertus surnaturelles font passer notre être de son ordre humain à l'ordre surnaturel. Sa valeur et ses usages ne sont plus les mêmes. l'aptitude. L'actiFité viendra des grâces actuelles. les actes vertueux se multiplient et s'accomplissent avec intensité. Une comparaison va rendre Sensibles ces distinctions.i6 COUP D^ŒIL PRéLlMlNAlUft vraie facilité. généralement. Elles les élèvent à l'ordre surnaturel par leur présence elles les complètent et les soutiennent par les grâces . les facultés na: . Qu'un réactif chimique lui enlève sa . elles transforment nos facultés etleur communiquent. les compléter et les soutenir.

Ses dangers nous paraissent aussi moins redoutables. théoriquement. et finalement acquièrent l'inclination. discernement devient plus difficile encore. les conditions des habitudes étant réalisées. 3» L'orgueil inspire peu d'horreur. peut s'autoriser de ces délicates ré- milité. il grandit et s'étend d'une façon lente. : m. On trouvera des explications plus complètes dans notre livre intitulé Pratique progressive de la confession. chap. même ! serves! 2" Mais.fiUMIUTÉ. la facilité et le savoir-faire aux actes semblables. on l'excuse. et quand on l'entrevoit. Sa laideur et sa malice nous frappent moins que la laideur se malice des autres vices. t. il le dissimule et se transforme. si vous le considérez dans la pratique. le devoir de garder son rang ou de défendre ses idéesjustes. que des esprits mal informés prendraient facilement pour de l'orgueil. à l'inverse. et la HUMILITÉ. se développeût. — 2. ce qui est orgueil et dignité personnelle Le soin de sa réputation. En effet. quand il a fait sa place. parce que. II. . VERTU SPÉCIALE turelles qui les produisent. Et que d'orgueil. l'orgueil constitue rarement de lui-même un péché mortel. on le sent à peine. autorisentun grand nombre d'actes. se forment. et parce qu'enfin eu d'entre nous portent ce défaut à l'extrême. rien n'est séducteur comme ce vice. II. Importance de la conviction dans l'hu- — 1<* Il n'est pas si aisé de déterminer. chez les chrétiens.

— IV. il faut étaljlir en nous l'habitude de l'humilité il faut que cette inclination nous suive tous les jours de la vie pour combattre sans cesse l'inclination opposée. mais elle la renferme à la manière des forces physiques condensées dans leurs éléments et prêtes à s'exercer. Ses racines plongent au plus profond de notre nature. Or. pour le dominer. des actes. Comment s'acquiert et se développe cette tendance si contraire à la nature? Par l'exercice. voilà le grand secret. et cependant il n'est jamais rassasié. Il se nourrit de peu. la conviction.COUP D*ŒIL PRÉLIMINAIRK 18 El ijourtant sa pernicieuse influence est telle que les saints l'appellent le père de tous les autres. Sa vitalité est extrême. ni sur la sûreté de nos analyses Dieu seul est le Docteur de l'humilité : « C'est aux petits qu'il la révèle^ revelasti ea parvulis. . Importance de l'inclination dans l'humilité. L'orgueil. Aussi ne s'acquiert-elle point par des considérations vagues. Toutefois. 1 . » . qui ne meurt pas. Il renaît quand on l'a cru mort. ?oilà l'impérieux besoin La vue. Il est donc nécessaire d'établir en nous une conviction éclairée et qui nous impressionne. est encore plus difficile à dominer. ne comptons pas trop sur la portée de nos vues. l® Des actes. afin d'en concevoir une horreur qui nous en éloigne. Essayons d'aller au fond des choses à travers les phrases de convention qui en- combrent ce sujet. Une conviction de ce genre n'est pas la vertu. difficile à connaître. faibles ou exagérées.

» 2° En attendant ces occasions que nous réserve le cours de la vie. VERTU SPECIALE l'avant-garde. Les actes intérieurs (désirs. et c'est cet exercice que nous tâcherons de faire durant ces méditations. demandes. nous avons. Grâce à tous ces moyens ployés. convient admirablement ici. consUtueij:^ marche.) peuvent être très nombreux. Pourquoi ne pas les employer. 3® Lesdémonstrationsextérieures ne doivent pas être négligées. résolutions. est fort utile.. car elles donnent aux senti- ments une consistance spéciale. Il faudra se faire doux envers celui qui nous aura méprisés. ! : soit intérieurs. elle emploiera sa force à se vaincre et mettra son bonheur à s'abaisser avec Jésus. ' que nous com- mandons.BUMILITÉ. mais. soit extérieurs. l'armée des actes et surtout des actes généreux c'est elle qui s'établit dans la place et y fait régner l'humilité. dominée par une humilité résolue. l'âme peut passer tout entière dans ces efforts. la ressource inépuisable des actes. souvent peu raisonnable. riDclinatioD n'est plus longuement em- un simple assen- . c'est . « Mihi absitgloriari nisi in cruce Jesu Christi. acceptations. etc. d'un suppliant. d'un pauvre. Il faudra dire à chaque humiliation C'est bien! La nature se révoltera. mais elles éclairent 19 la l'armée qui remporte la victoire. pour nous y préparer. et rien ne s'oppose à ce qu'ils soient intenses. Baiser parfois la terre. même dans l'oraison? L'attitude courbée d'un coupable. C'est donc le combat 11 faudra se courber devant la volonté des autres. etc.

résolu . la vérité illumine tout l'ordre intellectuel. . reste à les bien comprendre. le goût même. car ils ne peuvent se concevoir par eux-mêmes. Pour que je I. elle est vérité et justice. des êtres participant à la vie divine. mais peut-être vaguement comprise La vérité La vérité C'est très beau mais quelle est la vérité que nous avons à re chercher ici ? C'est la vérité sur notrb valeur. or. Entrons donc avec courage dans cette formation prêtons tous nos efforts. il faut être convaincu et . il faut prier. le mouvement. §11.COUP 20 D*<£IL PR^LIMINAIRB timent de l'intelligence à la vérité. il faut réfléchir et — Humilité. fixés au sein de nos puissances développées et a Termies. et la justice C'est là tout domine tout l'ordre moral. et ! ! 1 . influence générale L'influence de l'humilité se déduit de sa nature même. Nous l'avons dit. sans cesse redite. — Formule acceptée L'humilité est /a vérité. une simple elle déterminatioFi de la volonté à la justice est cr*t assentiment etcette détermination passés en 1\ àbitude. Pour devenir humble. comptons sur la grâce. Voilà de très grands mots.des êtres coupables. Et que nous apprend-elle? Que nous sommes des êtres crééi. l'homme. C'est une force per: manente qui donne la facilité. car il est de la nature de toute force de pousser à l'action et de trouver quelque jouissance dans son libre exercice.

de toutes parts. il faut auparavant que je Créateur. : l'infini II. Contraste fécond d'où naissent deux sentiments qui se complètent pour constituer ma vie spirituelle l'humilité quand je considère ce que je suis. si je recueille tout ce qu'il veut bien me donner.HUMILITÉ. le le : me dise quelque chose. l'adoration quand je contemple l'Être par qui je suis. INFLUKNCS GÉNÉRAL! 21 créé. pour « participaque cette étonnante formule conçoive conçoive le péché. la justice fait de la vérité une vertu morale. dans mon fonds et dans mes actes. par contre. je m'annihile absolument. elle conduit au bien. le devoir se synthétise dans vérité. pour me comprendre. L^univorselle soi)- . éclairant le créé. L'humilité est la justice. l'humilité . En établissant la situation respective de Dieu et de l'homme. YuniveraeUe soumission. je m'élève magnifiquement. Dieu se présente à moi obstinément. De ce double regard je saisis tout entière la vérité. en tant que justice. pour que je connaisse il faut que je connaisse les droits et la dignité de Celui que j'offense. si je retranche en moi ce qui est de lui. d'évoquer l'ordre tout entier de tion à la vie divine » besoin grâce et de la gloire. et. j'ai besoin de le comprendre lui-même je le trouve dans mon origine et dans ma destinée . Or. dans cette recherche. Or. je donne à chaque chose sa place et sa proportion j'entre dans la plus belle lumière qui soit au monde celle de j'ai la : : . — En tant que conduit au beau . la vérité pose les fondements de Iti justice mais en affirmant le devoir.

toute force contient en puissance du mouvement.HUMILITÉ. A lui Tinitiative du moteur nécessaire. . L'homme s'empare des torrents et en tire les surprenantes merveilles de l'électricité. amour de zèle. INFLUENCE GÉNÉRALE Î2 mission. c'est l'acceptation de toute la loi. la résignation à toutes les peines. fille de la vérité et de la justice. or. Orientons leur activité vers un but supérieur. amour de complaisance pour l'être adoré. amour de bienveillance pour le Dieu intime qui veut recevoir quelque chose de nous. l'estime de soi et le désir de la gloire. Présentons-leur de plus nobles ohiets à ai- . Que la divine charité. la fidélité à toutes les nsnirations par ell e Dieu passe en tous n os actes etles ramène à lui. On comprend ainsi comment la jus- vertu totale et pourquoi les saints portent dans l'Ecriture le nom de justes l'humilité ouvre toute large la route vers le parfait. tice se confond avec la : — III. et l'universelle soumission devient l'universel amour amour de reconnaissance pour le Bienfaiteur suprême. mais subordonné. L'humilité transformatrice. à nous l'obéissance de l'être personnel et libre. pour l'œuvre de sa gloire parmi les i . : hommes. réalisant ainsi toute justice. ne peuvent-elles pas se proposer des ascensions plus hautes que leur but propre? Elles sont une force. enfin. darde ses chauds rayons sur cette humilité fidèle. Les deux tendances que l'humilité a charge de régler et de conduire. Emparons-nous donc de ce vif sentiment de l'estime personnelle et de ce désir non moins vif de l'estime des autres.

je vous désire et vous appelle Envahissez mon âme qui s'ouvre à votre action. Qu'apparaisse maintenant Jésus Homme-Dieu. enseignez-moi l'humilité de Jésus elle contient. par Jésus humble. je le pressens. route aérienne qui demande des ailes. ô grâces pénétrantes d'en haut. peut-être. Je ne suis pas humble. toutes les grâces d'en haut prêteront ensemble leur concours à cette œuvre qui couronnera l'humilité. et l'atmosphère du monde est saturée d'orgueil. ô chaudes affections. mon ami. INFLUENCE GENERALE 23 de plus délicieuses approbations à conquérir: cet essor sublime les éloignera plus l'admirable éduencore de tout orgueil. je dis ! mieux. les ailes de l'amour. elle donnera au nôtre une paix divine. essentiellement et dans tous ses espace sans borne actes. qui est. ne vous ai-je connue que de nom Marie. ma vie. transformée. Plus belle. mon frère. . qu'il m'élève à Lui par la puissance de ses attraits. Nous la parcourrons avec la plus parfaite des créatures. avec Marie. sainte humilité. cette vertu ravira le cœur de Dieu. mon sauveur. peut-être même des joies inconnues. et me voilà vivant de sa vie de Dieu Incarné. une vie d'humilité ouvert à mes légitimes prétentions.HUMILITÉ. tous les sentiments pieux. ! : saintes clartés. Oh cation à tenter! Toutes les vérités religieuses. des douceurs cachées Oh faites que je les goûte Alors j'aimerai ! I : ! enfm ! ihuinilité. qu'il me baigne de lumière par ses exemples. jusqu'ici. teindre. plus pénétrante. elle .surtout. l'humiliation.

.

.

.

doit venir chez nous de l'efifort. au dedans nulle prétention. où le der raisonnement posera les bases de Thumilité. Cette simplicité native est. chez l'enfant. d'une heureuse ignorance. L'enfant semble encore garder un reflet de rinnocence primitive. Ce reflet pur. mais cette esquisse donne admirable- ment la physionomie de l'âme humble au dehors nulle recherche. Troisième point : L'humilité source de faveurs célestes. Le divin Maître nous la présente sous les traits d'un petit enfant tout candide. Ce n'est encore qu'une esquisse. laissons descendre sur notre sensibilité une vision plus douce de cette vertu. cette image : . Ce qu'il tient. — Deuxièmt point : L'humilité vertu réformatrice. sans mérite comme sans durée.Première semaine PREMIÈRE MÉDITATION Invitation divine à THumilité a Sicut parvuli » Premier point : L'orgueil tendance innée et funeste. Avant d'aborla série un peu aride de méditations. c'est la belle simplicité des vues et de l'attitude. — — Préparation pour la veille. lui.

Et quiconque reçoit en mon nom. Le Sauveur marche |9 . Ailleurs un idéal plus complet..PREMIERE SEMAINK 28 apparue.. un petit enfant semblable.. 4u Thabor h Capharnaùm. me reçoit. il appelle un petit enfant. plus haut et millt fois plus aimable encore. si vous ne changez. Jésus leur Que discutiez-vou^ en chemin? Et ils se tai- parce qu'en chemin ils avaient discuté lequel d'entre eux était le plus grand. Et s' étant assis. nous sera proposé « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur » . Celui qui se fait le plus petit entre vous. ce cher petit enfant qui doit être mon modèle et laissez-moi déjà vous entrevoir vous- même sous ses traits 1 Méditation « Lorsqu'ils furent dit : dans p^ la maison. vous n'entrerez pas dans le royaume de Dieu. : : Jésus. » saient ^ — Voyons le chemin qui s'étend Premier prélude. montrez-moi. Jésus embrasse le petit enfant et le laisse aller.. alors rimage de l'humilité s'achèvera en nous par la fidèle copie du chef-d'œuvre. ce qu'il demande est nécessairement bon. est le plus grand. et si vous ne devenez comme de petits enfants.. demain. Faites-vous dès maintenant un cœur désireux ce que Jésus enseigne est nécessaireet docile ment vrai . comme aux apôtres. le place au milieu d'eux et dit : En véritéy en vérité.. reste l'idéal à poursuivre. sicutparvuli.

Remarquons le cercle des douze la vie. Demandons la grâce de comprendre cette importante leçon d'humilité d'en recueillir les moindres mots comme s'ils sortaient à cette heure. Elle occupe et remplit entièrement leur esprit. le petit enfant qui les regarde de son air naïf et curieux. visages animés par la discussion. à distance. laisse à des Apôtres destinés à la plus haute vertu.29 PREMIÈRE MÉDITATION les Apôtres le suivent. de la bouche du . Qui donc ne la porte pas au fond de — — — — soi-même Voyons ses conséquences. Elle les rend indifférents à la société de leur Maître. divin Maître.. affaiblissement de la piété ? — — 1 : . q^ii — Deuxième prélude.. Ohl s'éloigner de 4ésusl Se priver de sa conversation! Fuir ses regards et pour quels avantages!. Entrons à la suite de Jésus dans la maison hospitalière. Voyons leurs . l'orgueil ainsi — l'entourent. troubles.. Considérons la violence de cette tendance et ses conséquences immédiates. et. — I. Elle subsiste en des âmes forDieu la mées directement par le Sauveur.. premier — du chemin de occupe et agite les hommes. Elle se trouve chez des hommes de basse condition et d'habitudes simples. 1 — provoque Elle entre les Apôtres des discussions blessantes. et pour nous seuls. les Le long arguments douteux qui s'entre-croisent. L'orgueil ne produit-il pas chez nous de semblables effets dissentiments. entendons leurs prétentions accueillies par des exclamations. L'orgueil tendance innée et funeste.

pas de préoccupations et de troubles d'amour-propre. pas d'ambition et de recherche des préséances. Le petit enfant est mon modèle. il faut ensuite que j'agisse d'après cette opinion. c'est la perfection. L'humilité vertu réformatrice. Il faut d'abord que je m'abaisse. et je la veux. » Méditons les divers sens de cette expression. c'est la paix de l'âme. enfin.)) Voilà le mot essentiel. suivant le mot du Sauveur. pas de hauteur et de dédain. aussi bien que d'abaissement! Non intrabitis in regnum oœlorum. nécessaire. c'est Vétemel bonheur. docile. je ne dois pas me faire petit. » Donc. et j'y aspire.. Gomme le petit enfant. « Sicut parvulî. quelles que Et efficiamini » Le soient les difficultés et les répugnances.PREMIÈRE SEMÀINI. « : — : (( — — . et j'y tends. que je me croie petit. Le royaume de Dieu. Se refaire. Donc. Vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux. bon. confiant. si vous ne changez. Et c'est une condition expresse. telle est la mission de l'humilité. on temps et la patience y seront nécessaires ne se refait pas en un jour. Sans cela. M'assurer ces biens. 30 II. point de place au absolue : : : royaume du ciel. mais tout petit : Sicut parvuli. Nisi. par habitude peut-être. — Pesons « Nisi bien chacune des paroles du Sauveur conversi (ueritis. par inclination. je dois être simple. je ne puis rester ce que je suis par nature. sans prétention et sans affectation. que je me fasse petit. Oh! quelle parole de tendresse. Il faut être autre il faut d'orgueilleux devenir humble.

« Quem cum complexus esset » Jésus embrasse ce petit enfant.. Oh! comme les rangs subiraient d'étranges changements. 3° Humilité. à la place d'honneur et il traduit aussitôt cet acte par ces paroles : « Celui qui lui ressemblera sera le plus grand au ciel. principe de consolation. objetdes caresses divines 1. Si cet enfant n'eût pas été tout petit Jésus ne l'eût pas embrassé.. » — . Jésus! j'entrerai L'humilité.. Heureuse petitesse..PREMIERE MEDITATION 31 si je consens à me faire tout dans ces belles destinées.. « Qui susceperit talem in nomine meo me suscipit. Toutes les satisfactions de l'amour-propre ne valent pas ensemble une caresse de Jésus. erit major.. « Statuit eum — in medio eorum. vers qui la grandeur s'incline avec amour!. peut-être. ne me presse pas sur son cœur. Je me plains de mes délaissements intimes. III... par mes prétentions. Pourquoi ? Pourquoi 1 . source des faveurs célestes... Jésus ne m'entoure pas de ses bras. si la lumière de vérité perçait nos ténèbres! 2** Humilité. » Jésus pose le petit enfant en évidence au milieu des Apôtres... : — — : Serait-il moins bon ou serais-je trop grand ?. Bonheur de ce doux privilégié. je connais à peine le goût de la consolation. » Si la justice dernière doit lui assurer ce rang. Ohl que nos jugements nous trompent. Oui. 1° petit Principe de grandeur. Ohl je choisis d'être petit et d'être aimé. principe de succès. c'est qu'il le mérite dès ici-bas il l'occupe donc aux yeux de Dieu.

son cœur? — — privilégié. — Etre un petit enfuit pour que — Jésus . si je me fais petit. Est-ce un rayonnement de l'âme?. Il déclare que le recevoir.. Celui en qui elle brille semble apporter la sécurité et la dilatation... Qui receperit talem me recipit.. Est-ce un privilège de grâce?. Qui donc ne s'empresserait d'ouvrir à Jésus Je serai ce sa demeure.. tion facile.PREMIERE SEMAtNË 32 Jésus accrédite auprès de tous les hommes celui qui ressemblera à ce petit enfant. comme pour rendre sa recommandadon de plaire. On sent à je ne sais quel signe que cet humble ne saurait mépriser ou Dieu. Ce qu'il demande. on l'accorde spontanément rien en lui ne provoque ces répulsions instinctives que soulève l'orgueil. ses bras.. Est-ce une fugitive apparition de Jésus?. Ohl que je voudrais me faire petit! blesser. même : Résolution. m'aime. c'est le recevoir lui-même. attache à l'humilité le Qu'il parle ou qu'il écoute.. le même désir de laisser les autres paraître.. c'est le effacement.

. ni les mêmes n'ont ni la tères. Ce qui autorise la commune appellation donnée indifféremment à ces deux défauts. Il n'est vicieux qu'en tant qu'il recherche une place qui ne lui est point due. 2» d'orgueil. dont il est une exagération vicieuse. et le désir de l'estime des autres.ÉTUDE PSYCHOLOGIQUE DE L'ORGUEIL Pour préparer l'esprit aux deux méditations qui suivent I 1» On donne communément le nom d'orgueil à deux défauts qui sont cependant de nature différente l'estime excessive de soi et le : désir excessif de restime des autres.te premier se surfait à ses propres yeux. à notre instinct de sociabilité. L'estime excessive de soi se rattache au sentiment de la dignité personnelle. ou la fait désirer avec des préoccupations ex- trêmes. Ils même origine. bvmilitL — s. ni effets. le second veut être surfait aux yeux des autres. ni les mêmes caracle même mode d'action. c'est qu'ils ont l'un et l'autre pour objet l'exaltation du moi .

le . en les affranchissant de tout excès. pour l'exercice du commandement. si l'on veut être en état de s'analyser à fond soimême et de se diriger comme il convient.34 PREMIERE SEMAINÏ 3» Malgré ce rapprocliemeiil final. Sans lui. ces deux tendances doivent être étudiées séparément. elle les élève au contraire. au grand profit des subordonnés. dans leur force et dans leur rôle utile En : sentiment de l'estime de soi il a été mis par est légitime en lui-même Dieu en notre nature pour soutenir notre personnalité. l'homme tomberait aisément dans cette lâcheté qui ne sait ni entreprendre ce qui est périlleux. C'est pour n'avoir point établi ces essentielles distinctions. ni le désirde l'estime. car. et . II Faut-il déclarer à ces deux tendances une guerre si impitoyable qu'elle vise leur complet anéantissement? L'humilité n'a point pour objet de détruire le sentiment de la dignité personnelle. que la plupart des traités sur cette matière sont remplis d'enseignements confus. mais de les régler . cette assurance qui. qui est attaqué . seule. entraîne l'obéissance. elle les maintient dans leur beauté. comme de nos forces et de nos droits. . en nous donnant conscience de la justesse de nos idées. ni défendre ce 1® effet.c'est lui qui communique. de qualifications arbitraires et de moyens mal appropriés. elle ne les abaisse pas.

est. car. une sorte de soumission à leur jugement. Ce qui est humain. mais qu'on la subordonne bien plus. quelques-uns d'en avoir mieux compris les délicatesses. qui est l'objet le plus haut que puisse poursuivre l'ambition d'un grand cœur. la grandeur personnelle. 2° Le désir de l'estime est. s'élevant haut. l'expérience ne le montre mais il communique aussi cette que trop spontanéité qui rend l'action. un sentiment honnête et secourable il est une marque de considération envers les autres. et plus facile à celui qui l'accomplit. Plusieurs 'ui devront de s'être maintenus dans le devoir. autour de nous. Grâce à lui. admire la perfection chrétienne. . l'âme pieuse.itUDE PSYGHOLOGIQUfi DS l'oRGUEIL 35 Sous son influence. La raison n'exige donc pas qu'on se dépouille de cette tendance. quand elle est et qu'on la dirige dominée par des sentiments supérieurs. se portent sans peine à des actes de générosité et de dévouement. . lui aussi. beaucoup de personnes. et elle s'éprend de la gloire de Dieu. et plus aimable à ceux plus qui . ou même auxquels elles ne pensaient pas. qu'elles négligeraient. chacun aime à sentir qu'on fait cas de l'estime qu'il donne. car . et l'on se rapproche instinctivement de celui qui procure cette jouissance. reste sans doute un principe d'altération. elle répand sur la vertu quelque chose de plus attrayant. que des motifs surnaturels n'animent pas. par excellence. 3<> Le sentiment de Thonneur semble appar- tenir davantage à cette seconde tendance. qu'elle intéresse.

maintient du moins quelque soliencore quelque éclat.36 PHBMIÈRB SKHAIIfB l'honneur est rappréciation de l'estime générale c'est de tous qui dicte ses lois et fait décerne ses récompenses l'on se soumet : . 1 homme consulte moins l'opinion que les principes. il préfère sa propre estime. On ne peut refusera l'honneur une influence heureuse sur la vie sociale et sur le perfectionnement individuel. dité etjette il " . que récompenses que qui ne recherche c'est à ses lois et c'est à ses aspire. Qui en fait sa règle. car l'opinion peut mal l'on juger. n'est pas vertueux. à l'estime publique. S'il se trouve uni à des principes supérieurs. un peuple. on conçoit l'élévation que peut atteindre un groupe d'hommes. Cependant. plus sensible à l'honneur qu'aux hommages. étant le fait de l'opinion et l'opinion étant le résultat des idées qui régnent dans un milieu. et. Ici nous sommes dans le domaine de la première tendance qui vise la dignité. reste seul. dont il veut sa part l'estime de soi comme un bien qui lui rerient de droit. il leur prête un ferme appui et en reçoit une haute direction . l'honneur que pour en jouir. dans des autres. Le désir de l'estime envisage l'honneur comme un bien social. Alors. s'il . n'est pas sage. car le bien doit être le premier mobile de nos efforts. il peut entrer en nous et l'esprit régner sur notre conscience. Quoique l'honneur réside hors de nous. sans autre examen. au contact des vérités de la foi. L'honneur.

Cette attribution ne semble pas juste car. tandis que la vanité appartiendrait au désir de restime. tant qu'elles ne sortent pas de Ce n'est pas le clinations dans leurs justes limites pourvoit. Elle laisse l'âme sèche. car il est bien plus de détruire une force que de la maintenir constamment dans son jeu régulier. et c'est l'humilité qui y Si l'on voit des personnes vertueuses se raidir absolument contre elles et les réprouver sans examen. elles y eussent toujours existé. Cette mutilation résulte ordinairement d'une certaine étroitesse d'esprit et produit des déformations regrettables.ÉTUDB P8TGH0L06IQUB DE l'ORGUBIL 37 III péché qui a mis ces deux innotre nature. s'affranchir de facile rend l'esprit hésitant. d'une part. IV On entend dire communément que Vorgueil relève de l'estime de soi. pour la lutte. et communique aux manières extérieures ce quelque chose elle de factice et de contraint qui discrédite la vertu. . on «st vain c[uand on estime en soi (^uel(|ue avan. Elles viennent de Dieu. c'est peut-être. à leur insu. . elles sont bonnes en elles-mêmes. le péché n'a fait que les rendre excessives et leur créer des dangers extérieurs. donc. et restent bonnes dans leur exercice.

mais par un mobile différent. souvent peu méritée.PREMIÈRE SEMAINE 38 mesquin et. La richesse transmise. : . d'éminents services. n'ajoutent rien à notre vraie valeur. ne sont et. La beauté. La qualification de vanité ne doit donc pas s'appliquer à la tendance. on est plus fier de ce qui est reçu sans effort que de ce qui est acquis avec vaillance un parvenu est éclipsé par un riche héritier. La renommée est hors de nous. Bien vain aussi est le désir est bien vain d'une estime. quand le désir de l'estime porte à rendre tage . toujours si I fugitive. chez les seconds. Chez les premiers. mais à son objet. c'est la dignité qui commande. l'élégance des vêtements et le train de maison. mais un don remarque bien humiliante pour la raison humaine en fait de fortune. comme en fait de labeur. pas un mérite. l'intelligence même. Les grandes ambitions déterminent de puissants efforts et poussent aux actes d'éclat comme les grands caractères. la dignité réside en noC3-mêmes. cependant. c'est la renommée qui attire. et un travailleur par un esprit facile. l'esprit naturel. quand elles s'abaissent . Ces deux mobiles peuvent être entachés d'orgueil. Il y a de grandes ambitions comme il y a de grands caractères. d'autre part. sans mériter le reproche d'être vains. Tout cela . la vanité devient également le propre de ces deux tendances. on ne l'est pas.

si la simple humilité de raison ne manque pas elle-même à notre vertu. mais elle la reçoit plus lumineuse des dogmes de la foi : la déchéance originelle est la triste condition où nous sommes. en effet. la vertu surnaturelle la cherche là aussi. ces motifs d'une humilité plus qu'humaine. Elles diffèrent. La vertu simplement humaine trouve cette appréciation dans sa raison seule . par leur . 2° La di£tinction de ces deux tendances. dont Texcès porte le nom commun d'orgueil. ces lumières d'en haut.ÉTUDE PSYCHOLOGIQUE DE l'oRGUEIL 39 Résumons maintenant l'ensemble de doctrine cette : Le rôle direct de l'humilité est de régler sentiment de l'estime propre et le désir de l® le l'estime des autres. Cette définition convient également à la vertu simplement humaine et à la vertu surnaturelle d'humilité. sont des vérités révélées qui viennent changer le point de vue et imposer une humiet plus profonde et plus gémissante. — Où Toutes deux nous disent point dans l'ap: elles diffèrent. Nous les retrouverons dans les méditations prochaines. d'excès. Demandonsnous. c'est préciation de cet excès. signale la nécessité d'une direction particulière pour chacune. la nécessité absolue de la grâce et des grâces de miséricorde. L'exemple de Jésus achève cette éducation en nous présentant son idéal où se déploie l'humilité lité surnaturelle. dès maintenant.

que certains signes caractéristiques. souvent de minime apparence.PREMIÈRE SEMAINE 40 physionomie morale comme par leur nature intime. autre est la personnalité de celui qui est dominé par le désir de l'estime. pour chacun. Que chacun prenne donc se classer le soin préalable de dans l'une de ces deux catégories. révèlent à l'observateur exercé. des méditations qui vont suivre. les ressources non plus. à charge. Les travers ne sont pas les mêmes. mais. Les conditions générales. les moyens généraux sont proposés à tous. d'en diriger V application vers s'il son but spécial. tout le parti possible. comme l'inspection d'un os permet au naturaliste de reconstituer l'ensemble d'une espèce animale. veut tirer. . Ce :?ont deux constitutions à part. Autre est la personnalité de celui en qui domine l'estime de soi. et telle nature à refaire appelle une méthode différente.

il peut être une force sans cesser d'être vicieux.se dissimuler. Troisième point : Ses contradictions. Il sera juste. mais de la raideur. ou bien ou bien l'esprit d'indé- pendance pouvant aller jusqu'à la révolte. oujours senti. mais dur. le : — sens autoritaire. on se connaît si mal soi-même! Ce que l'on a toujours vu. toujours fait. — PrépsLPation pour /a ve/7/e. finit par paraître légitime. N'ai-jfc pas quelques-uns des caractères de — cet orgueil? L'orgueil est si habile à.— Deuxième point Ses partialités. selon les situations.Première Semaine DEUXIÈME MÉDITATION II« EXERCIGB De Testime de soi et du mépris implicite des autres Premier point : Constater la tendance. fût-il sou- . Il est personnel et exigeant par une alliance assez fréquente avec l'égoïsme. Il a de la tenue. On le rencontre plus ordinairement chez l'homme que chez la femme. Quatrième point : Ses dangers. — Ce genre d'or- gueil développe. Chez les gens privés de principes plus hauts.

pour peu que notre situation y prête! Les éloges. elle existe : travail soit volontaire ou incessant de notre esprit pour découvrir en nous quelque chose à y estimer. et d'une grande sincérité de conviction. mière I. ce qui s'adresse au rôle que Dieu nous prête. mon Dieu. sans l'être de toutes les manières. ferais-je exception à la règle? On peut être orgueilleux. je sonderai ces retraites obscures où se cache l'orgueil mais ma vue est trop courte pour en atteindre les profondeurs. «^ Méditation — Demander la grâce d'une vive luPrélude. . et l'orgueil peut être dangereux. Ne dit-on pas sans cesse que chacun se surfait. Que d'illusions. Demain. c'est à votre lumière que je veux recourir c'est de votre grâce que j'attends le don de me pénétrer moi-même. nous font croire à une supériorité quelconque nous retenons facilement pour nous. .PREMIERS SEMAINE 42 verainement défectueux. alors même qu'il n'est pas extrême. le respect lui-même. tendance qui nous porte à nous Constater cette surfaire [superbia). . d'ailleurs. nous sont apportées du dehors. nous — Considérons en /a tendance. Qu'elle non. travail instinctif semblable à la poussée de la plante (|ui parvient à plonger .

DEUXIÈMB MÉDITATION ses racines au milieu des rochers 43 . nous n'hésitons pas à tenir les premiers pour misérables. au contraire. et nous plaignons sincère ment ceux qu'une trop grande bonté rend dupes des habiles. fussent-ils vulgaires? Ce sont ceux-là qui nous paraissent. travail inconscient et sans fatigue. Pas de vérité non plus nous avons enregistré un seul côté de l'enquête. et cepen- dant. Cette — s'arrête point à ce qui est imparfait. si ce sont les dons de l'intelligence qui dominent. mais sans solidité ? Qu'est ce qu'un cerveau pesant A-t-elle. nous sommes porde grand prix les côtés par où elle est mieux douée. Mais. tant il est naturel. il ne bue. Avons-nous des avantages extérieurs. bas. Suivons-le dans ses procédés il attache et fixe son attention sur les qualités qu'il s'attri: contemple. Donc. il s'en vue persistante produit une impression qui se grave. il s'y complaît. plus de solidité que 4e brillant? Que sont les phrases creuses tés à estimer ! — l — . humiliant. pas de contrepoids la tendance à l'estime de nous-mêmes s'est seule fortifiée. Par contre. Ses partialités. C'est une vue fugitive qui s'efface sans déterminer une impression stable. Avons-nous plus de cœur que de tête? nous déclarons l'habileté méprisable. les plus importants. : — : — II. Dans notre intelligence. Avons-nous plus de tête que de cœur? Nous — nous en félicitons. — Est-elle déliée. il les nourrit. après tout.

— Certes. Humilions-nous de notre partialité odieuse et du ridicule qu'elle contient. que je tiens mes talents. ô mon Dieu. taté bien souvent on l'a fait avec une clairvoyance étonnante. Contradiction — — appai:ente. c'est qu'on s'y est bien pris. « C'est de vous. cherchons à prendre sur le vif les accès de notre orgueil et ses contradictions désolantes. » La formule e^t . et parvient à nous reconstituer une prééminence quelconque. mais on en souffre. il lui arrivera même homme. J'estime avec découragement ce qui manque : orgueil souf- frant. mes succès.. si l'on a subi un échec. on a consson infériorité. qui se poursuit sans re- lâche. Rien n'est plus facile que de rendre hommage à Dieu de tout ce que l'on est. Alors survient comme un travail d'élimination. défaut identique. La contradiction de chez objet. c'est qu'on a été injustement traversé. J'estime plus ce que j'ai : orgueil satisfait. Ses dangers.. Examinons ici nos sentiments et nos actes. ! : — : — IV. parfois dans le mépris de ce qui nous dépasse. Auprès de se dire avec une conviction sentie Oh! que la piété vaut mieux Se trouve-t-il ensuite auprès de plus vertueux que lui aussitôt une estime toute nouvelle pour la science lui monte au cerveau.44 PRBUIÂRI 8BHAINB Si l'on a obtenu un succès. le l'orgueil se retrouvera parfois sur le même de plus instruits. — Ainsi de tout le reste. — III. parfois même Ses contradictions. s'il croit les surpasser par là.

l'orgueil. tera à se vanter. et m'arme d'une sainte colère contre un penchant si vivace. et gardera un cœur ulcéré d'où perte de la charité. Il s'irritera contre les oppositions. pour s'en faire un sujet de risée tristes représailles Seigneur. ses expressions. sans prêter attention aux raisons des autres : : d'où entêtement. L'orgueilleux se trahira par sa pose. je — me En parcourant ces signes de suis senti presque rassuré : non vraiment ces signes. . On l'excivoie. l'orgueilleux ne demandera pas facilement conseil il dédaignera les averl'orgueil hérétique. Mais. pour jouir de sa déconvenue. si caché et si plein de : — — — I : dangers! Réflexions. tissements. et l'aggravera Enfermé dans ses idées. qui donc porte ce défaut à l'extrême. faites que cette Probation m''ouvre les yeux. Confiant en lui. rité. mais elle ne nous détourne pas sincèrement de nous-mêmes. il les soutiendra. Elle écarte . tous les sentiments de hauteur. ment pour voir ce qu'il peut absorber de flatteOn le laissera s'engager dans une fausse ries. et je ne tombe pas dans ces sortes de travers. se répandra en paroles blessantes. il en arrivera parfois à se On le vantera audacieuserendre ridicule. je ne les remarque pas en moi. vraiment pas notre grand danger.45 DEUXIEME MÉDITATION connue mais elle peut laisser passer tout l'orgueil pratique. toutes les vaines complaisances. son ton. qui n'est . se raidira contre l'insuccès méd'où erreur de conduite.

de stigmati« Je le prends en horreur et je le ser un vice redoute en lui-même c'est un grand point. Je ne me sens pas orgueilleux. vous me montrerez àmoi-même. qui donc serait assez téméraire pour s'en croire entièrement exempt? Ce qui ciioque en théorie et chez les autres. Votre lumière. Par : — là mes idées sont tie. est pleinement humble? Le suis-jeàce point? : Résolution. passe facilement inaperçu chez nous.PREMIERS SEMAINE 46 et. me surfaire. Durant le cours de ces méditations. A cette heure. mais pour ne l'être point. m'incliner toujours à . par contre. — Dans cette méditation. un être que je ne connaissais pas. c'est un rayon aigu. la règle ma conscience est averdu discernement et la volonté du combat. ô Esprit saint. est de la simple sagesse.. il faudra être pleinement humhle! Cela semble une naïveté. mais de l'obscuritë. je possède fixées. sera le flambeau. — Une tendance innée me portant à me croire audessous de ce que je pense. que ma prière instante promènera parmi les ténèbres de ma vie. je viens surtout de faire une analyse. ô mon Dieu. de tracer un tableau. je suis en pleine obscurité. les objets finissent peu à peu par émerger je m'observerai à loisir.. en effet. Qui. c'est triste à penser. vous me révélerez en moi.

mettrai bien en face de cette disposition si facilement dominante. peut introduire. etc. et que. dénigrement. Ne les dangers serais-je point victime de ce désir excessif de l'estime? Voici quelques-uns des caractères qui le signalent : Trouble ou du moins préoccupation causée par Selon les cas joies la crainte du blâme.Première Seiuaind TROISIÈME MÉDITATION m" EXERCICE Du désir excessif de Testime Premier potnt : Deuxième point Troisième point Nature : : de cette tendance. envie. natures découragement. seules. etc. que de bassesses il autorise. et force Désordres qu'elle Folie où elle — — — Demain je me Préppration pour la veille. Que de petitesses il entraîne. je dois le surveiller parce qu'il est vivace. Selon les ineptes ou tristesses démesurées. peut entraîner.. j'en sonderai et aussi les côtés misérables. les grandes vertus y échappent. jalousie. irritation. que de faussetés il inspire Je dois le redouter parce qu'il démoralise. — : ! — : .

selon Platon. D'autre part. On le rencontre. II. pourvu qu'on en parle. — Nature et force de cette tendance. « La douceur de la gloire est si grande. dédaignent l'opinion d'autrui. en effet. on l'aime. demander — Comme dans la méditation précédente. et si vains. Un amour raisonnable et paisible de — .48 PREMIERE SEMAINE Méditation Prélude. la grâce d'une vive lumière et d'une grande sincérité de conviction. certains hommes. sir tente. « la dernière robe dépouille que l'on ». et c'est. et bien des gens acceptent volontiers qu'on leur prête des qualités qu'ils n'ont pas. dit Pascal.. Le désir de la louange est donc une forme spéciale de l'orgueil. qu'à quelque chose qu'on l'attache. » Cette tendance apparaît chez le petit enfant. pleins d'eux-mêmes. chez des personnes qui se reconnaissent peu de valeur. même à la mort. Nous perdons encore la vie avec joie.. que l'estime de cinq ou six personnes qui nous entourent nous amuse et nous conI. que nous voudrions être connus de toute la terre. Désordres que peut entraîner cette tendance. Nous sommes si présomptueux. Le déde l'estime des autres ne saurait se confondre avec le sentiment de l'estime de soi.

généreux mais pour le paraître. au lieu de tendre au devoir pour lui-même. mais l'éclat qu'il projette. et elle sera peu délicate dans ses conseils sur le choix des moyens. l'irritation lui crie de briser les obstacles. se redresse et s'épanouit. C'est pourquoi l'on peut donner des louanges pour encourager.49 TROISIÈME MÉDITAXION hommes n'est point un vice. il est quelquefois un secours personnel et un stimulant à des actes utiles. . comme pour mieux aspirer les éloges. L'homme vain. Il respire plus largement. L'homme vain sera serviable. et l'appréciation exacte des choses lui échappe. et pourtant on le voit dur. Au fond. Est-il faux ? Non et pourtant il change d'opinion. . soit à la rechercher avec empressement. L'abattement veut le plonger dans l'inaction du découragement. tout bien mérite l'estime le désordre consiste soit à l'aimer plus que le bien. L'illusion l'environne d'un nuage. Méconnu. Il sera facilement imprudent. : Non . Est-il injuste ? Pas davantage et pourtant il marche cruellement sur les droits du prochain Il ne les a pas vus. soit à la désirer au delà du mérite. Que poursuit l'homme dnininé par l'amour de la louange ? Est-ce le bien ? Non. d'attitude. comme les crises différentes d'un même mal. . il y tend pour sa récompense accidentelle. HUMIUTÉ. Il Replace ainsi le but et. il perd tout élan l'approbation était son appui. l'estime des . — Est-il méchant ? . le succès ne produit pas un moindre désordre. — 4. Au reste. entouré d'estime. . de langage . Alors rabattement et l'irritation se succèdent. et « s'évanouira » dans sa folie. : .

Ce sont des rêves. — III. Tout cela se fait : avec une tranquille inconscience. Ah quel besoin de voir clair en nous-mêmes Quel besoin de cette formation I Quel besoin d'humilité — . Situation oii se révèlent des qualités supérieures que nous possédions à l'état latent : nous entendons déjà des murmures approbateurs . nous voyons des visages animés d'enthousiasme nous jouissons de la surprise de tous et de la nôtre. ne voit que son but occuper une plus grande place dans l'estime des autres. faute de réalité. plongeons nos regards au fond de notre intérieur. et nous ï'aimons. A . où l'imagination nous transporte à des actions d'éclat. C'est une jouissance.. Si. laréalité des choses nous tient éloignés de ces excès.certains moments de réveil lucide. U .' 50 PREHiJbRB SEMÂINS selon les personnes . et voyons ce qui s'y passe. .. en pratique. Kéres creux et interminables. on s'écrie je suis fou Cet amour vain de la louange est en effet une folie. selon les cas il ira même jusqu'à employer d'hypocrites formules d'humilité. dont on sourit quand folie redoutable parfois. . il est tour à tour arrogant ou flatteur. à des succès étonnants. ' : . quand ses elle s'étale erreurs nous perdent. nous le savons mais ils caressent notre passion. ! î 1 Examinons les mobiles qui nous ont dirigés dans les circonstances importantes de la vie. Folie de cette tendance égarée. folie douce souvent. ceux qui nous animent aujourd'hui dans nos actes ordinaires.

Ne serait-ce pas trop souvent l'approbation ou la défaveur ? Scrutons notre conduite. Résolution.TROISIÈME MEDITATION 51 Envisageons surtout la cause vraie de nos joies et de nos tristesses. et l'équilibre moral avec elle. d'hui : — si l'on avide d'estime Me redire plusieurs fois aujoursavait autour de moi combien je suin I . en constatant qu'elle nous manque. et si nous supposons que telle personne nous estime peu. Ne donnons-nous pas nos sympathies à ceux qui nous flattent. ne sommes-nous pas facilement à son égard hostiles et injustes ? Concevons un grand désir de l'humilité.

c'est qu'elle tend à obscurcir la notion du besoin de Dieu. entraîne parfois. Sous l'influence de cette disposition. la vertu chrétienne ne peut ni s'établir. Aveuglé par l'esprit propre. sur sa volonté. et c'est là plus qu'une erreur. Le plus grave. faisons succéder l'étude du rôle de l'humilité dans leur direction npus constaterons que. idées. il ne voit ni le fait.CONCLUSIONS ET SYNTHÈSE A l'analyse des deux tendances qui portent à l'exaltation de moi. L'estime de soi porte à faire fonds sur ses ressources. ni durer. du recours à Dieu. l'orgueilleux ne songe pas à consulter Dieu et à implorer son secours pourtant nécessaire. mais c'est peu. car une telle attitude implique la négation implicite de la grâce. . qu'elle ni surtout l'odieux de cet étrange oubli. Or qu'arrive-t-il si cette confiance est excessive ? Qu'elle détermine des erreurs de conduite et 1. sur ses amène des déceptions? Assurément. Cet égarement. sans elle. c'est un immense danger. et que le châtiment de l'orgueil sort de l'orgueil lui-même. plus qu'une simple faute. . qui naît d'un sentiment est responsable des désastres qu'il vicieux.

. En effet. c'est qu'on veut l'honneur du succès et si l'on Souffre tant d'un échec. L'orgueilleux pense et agit comme s'il Cette analyse vante était : lui-même ce principe. par eux-mêmes. c'est qu'il rabaisse. lui aussi. que de sacrifices. il s'attaque pourtant. ils ne sont ni surnaturels.CONCLDSIONS ET SYNTHÈSl 53 se résume en la formule suiDieu par sa grâce est le principe de la vertu. que secondaire. — : .ni même vertueux au vrai sens du mot. d'une simple louange peut-être or. Que dire d'une vie dirigée presque entièrement par de tels mobiles ?. Que d'efforts.de nos intérêts. n'est Que devient cette préoccupation sainte dans une âme où règne le désir excessif de l'estime des autres ? Si Ton a tant à cœur de réussir. lement à fin. Cette seconde analyse se résume. La vue . au milieu de tout ce tumulte d'es. Dieu n'est pas seulement le principe de nos actes vertueux. la recherche d'une position plus brillante. n'a point provoqués . Il lui fait encore une autre injure celle de pré: . rien pour Dieu! Des actes inspirés par de tels motifs auraient beau être. bons et bienfaisants.. au droit de Dieu. elle aussi. d'une distinction honorifique. il doit en être encore la II. dans une courte formule Dieu doit être la fin dernière de nos actes l'orgueilleux l'oublie et l'écarté en ne se préoccupant que de soi. pérances et de craintes personnelles. même légitimes. quoique d'une autre manière . Le désir excessif de l'estime s'oppose égala vertu.

» ne pensez t. Un tel orgueil. Il sévères.. n'attire pas de Dieu il se contente de provoquer le sourire des hommes. moindre qui ne laisserait pas d'appeler de sécheresse persistante. plutôt instinctif et sans malice. : — . hélas : ! tomber. Testime vaine des créa- <. Dieu j'ai — — — I ! Cet orgueil. La sottise ici l'emporte sur l'or- les malédictions gueil. est rare parmi les chrétiens qui conservent avec Dieu quelques rapports. vérité. Pour châtier l'orgueilleux. En de lui-même. à plus forte raison.PRBUIÈRR SEMAINB 54 férer à son tures III. Ce genre de châtiment vise spécialement l'estime propre. or. fautes. selon la loi. de l'accélération des vitesses. l'homme déchu tend au mal.. parmi les âmes Craignons néanmoins un orgueil pieuses.. parfaitement applicable au monde moral. je le dois à comme moi pour. et il s'y enfonce toujours davantage. s'il n'est pas retenu par lesecours de Dieu. ainsi châtié. Dieu n'a qu'à lui-même cette conséquence res- livrer à : sort lumineuse des notions qui précèdent. ne faudrait pas comprendre dans ces appréciations un certain orgueil naïf et qui s'étale . tristesse. Il n'y en a pas un j'ai le don de la parole. Nous développerons en son lieu cette effet.. injustes punitions où Dieu laisse succès. le estime. Hélas vous lui devez beaucoup moins que vous Dieu. il y descend tôt ou tard. « Grâce à un très bon jugement. quand elle est démesurée le désir excessif de l'estime trouve plutôt le sien dans .

CONCLUSIONS KT SYNTHÈSE 55 la joie qu'il cherche et qui le fuit. en tant que fin. mon devoir est de les orienter tous vers sa plus grande gloire. justice : termes équivalents). Dieu est la loi et demande l'obéissance. En tant que principe. et se détourne de sa fin?. Le rôle de l'humilité se dégage maintenant avec une netteté parfaite elle est la vérité et l'ordre [ordre. plus il obtient. Ce désir est toujours plus étendu que les objets qu'il peut atteindre. Le plus grand châtiment qu'il puisse infliger. il est est — — le motif souverain. — L'ordre que Dieu doit être la fin de tous nos actes et non pas nous-mêmes.. et il exige la pureté d'in- tention. Que peut-il faire d'un être qui se soustrait à sa propre loi. Dieu se sentant oublié. plus largement développées. . s'il est la fin obligée de tous mes actes. pour nous en pénétrer. Que ne se contente-t-il de semer de l'amertume sur nos joies humaines. est là soustraction de ses grâces. Il commence par la préoccupation et finit par la déception. se détourne. De son côté. la faim ramènerait l'enfant prodigue à la maison paternelle ! IV. et de nous rendre malheureux dans nos vaines recherches. ces mêmes notions. Si Dieu est le principe de tout bien. : — La vérité tout bien et est que Dieu est le principe de non pas nous-mêmes. et. mon devoir consiste à vivre sous son entière dépendance. sans doute.. plus il devient avide. un jour. Nous allons retrouver.

Je veux donc me mettre riiumilité est en face de cette maxime reçue demain cette vérité : fondement des Est-elle bien vraie? l'entendre? Jusqu'où va sa. Comment — — : : I . en partie. car ici le but n'est pas tant de m'examiner que de m'instruire. au vague de mes idées sur ce point et au manque de conviction qui en résulte ? des mon Dieu. en Dieu — Préparation pour la veille.Première Semaine QUATRIÈME MÉDITATION IV« EXERCICE L'humilité fondement des vertus — Deuxième : Confiance Premier point : Du fondement des vertus. des lumières les vôtres. la volonté de me faire humble le vertus. — J'envisagerai en elle-même. craintes celles que je dois avoir! Mais par dessus tout. Troisième point point : Pureté d'intention. portée? Par quelles dispositions pratiques se traduitJusqu'ici ne l'ai-je pas acceptée de conelle? fiance sans en avoir pénétré la raison d'être? L'imperfection de mon humilité ne tient-elle pas. S'instruire est le premier pas vers le bien que Ton poursuit.

porte l'orgueilleux à compter trop sur ses propres forces et à s'attribuer le bien qu'il fait. la vertu qui lui reconnaît ce rôle et en assure l'exercice. c'est l'humilité c'est elle. les I. en effet. le désir excessif de l'estime. l'estime de soi. pour durer. qui le considère comme principe premier de nos actes vertueux et comme objet final de nos inten- — : tions. constitue notre grandeur morale. Celui de la vertu. Or. D'autre part. n'est autre queDieuprincipe et fin de notre vie spirituelle. Du fondement de la ensemble de bonnes — vertu. en réfléchissant. Tout édifice. . doit reposer sur des fondements solides. l'entraîne à considérer en toute chose ce qui lui rapportera le plus de considérations et d'éloges. nous maintenant dans la pratique du bien. La vertu est un dispositions et de forces acquises qui. Au contraire. quand elle est déréglée. nous reconnaissons que si nos actes humains.QUATRIÈMK MÉDITATION 57 Méditation — Prélude. C'est pourquoi on l'a comparée à un édifice. Or. pris en . En dernière analyse le fondement des actes moraux est dans le mobile qui les détermine le mobile en est l'âme. Demander la grâce de bien comprendre rapports étroits de Thumilité avec les vertus chrétiennes. nous l'avons vu plus haut.

pratiquement. : . l'orCet état gueil est le moi se substituante Lui. ou par le désir de nous attirer Testime des hommes. ou par le désir de plaire à Dieu. La lutte est donc. : — moi. il recherche sa propre excellence. peuvent avoir des mobiles très variés. ne produisit jamais de vertu. celles-là Je compte sur Dieu . ou serai-je mon idole? Une vérité lumineuse se dégage de cette constatation l'orgueil est le rival de Dieu. c'est la pureté d'intention. sur mes résolutions. douces et fécondes fagis pour Dieu ! C'est la confiance en Dieu. il n'en est pas de même de nos actes rertueux. Le contraire de cette prétention détestable se traduit lui aussi par deux formules. ou sur moi qui suis la défail- lance innée? Le mouvement de ma vie s'orientera-t-il vers votre gloire à procurer. sur force parole de folie. par exemple. jusque dans la vertu. L'amour des jouissances. ô mon Dieu. Je compte sur moi.PREMIÈRE SEMAINI 58 général. entre vous et mon orgueil. se présente sous deux aspects et peut se traduire par ces deux formules Je compte sur : — : moi. sur ma mon savoir-faire. Dieu devant être l'objet final de tout ce qu'il a créé. Parole de désordre et d'injustice. Ma vertu reposera-t-elle sur vous qui êtes la force. JTagis pour moi. L'orgueilleux met sa complaisance en luimême et. même apparente. Ces derniers sont commandés. J'agis pour puisque sansDieu je ne puis rien. ou vers ma vaine gloire à satisfaire? Serez-vous mon Dieu.

de les admettre. Dieu. cette folie est celle . et je vois que je ne puis rien je connais Dieu. entraîné au mal. III. Plus je me sens petit. Nous méditerons bientôt ces vérités contentons-nous. quand elle est vertu. cette défiance. et. sa formule. c'est la défiance de soi-même.. plus je sens grandir en moi le besoin de : .QUATRIÈME MÉDITATION 59 — « Je compte sur Dieu. L'humilité. La grâce nous étant indispensable.. Or. nous ne pouII. Or.. c'est prendre ma vraie place dans le plan de bonté Dieu n'eût-il pas de droits qu'il a formé. telle est — — . Sans Dieu.. et je sais qu'avec lui je peux tout. c'estdonner ma note dans le concert universel qui le glorifie. sa grâce nous est absolument nécessaire. propre de l'humilité de uous montrer avec évidence notre dépendance en tout ordre de choses. la confiance. Dieu. se tourne comme instinctivement vers Dieu par la confiance « Je me connais. faible. aussi a-t-il fait de l'humilité la tondition de ses dons. envisagée à ce point de vue. c'est le bien. et tirons-en cette conséquence nécessaire: compter sur soi serait folie. de l'orgueil. Pureté d'intention. doit exiger que nous nous présentions pour la recevoir avec les dispositions qui conviennent à notre impuisance. c'est la sac'est graviter vers l'Etre gesse.. » — « J'agis pour Dieu ». pour tous les actes surnaturels. en ce moment. C'est Tordre. . Confiance en » C'est le vons rien. dans sa sagesse. infini par qui tout existe.

éminemment digne serais un insensé. fait éclaire » tous ses actes. L'âme vraiment humble confesse volontiers les droits de Dieu etlesrespecte. car elle n'en saurait avoir d'autres. dehors. C'est l'humilité qui assure la pureté d'intention. et qu'elle est à plaindre! car il est « Tout ce que mon Père n'a point planté écrit : sera arraché. elle aime Elle subit les épreuves du tout ce qu'il aime.ÔO PREMIÈRE 3EMAINB Bien suprême. qui vit abandonnée aux desseins d'un Père tout-puissant! Elle veut tout ce qu'il veut. on peut tout ramener à soi en fait ou en désir. si elle s'en éloigne. faisais Or et je l'orgueil m'en détourne.. Cette pureté d'intention est pour elle un besoin et. on perd errant et déplacé dans la création. » La pureté d'intention et la confiance en Dieu sont donc ÛUes de VhumiUté» La pureté d'in- . Elleen faitla règle de sa vie. mais on le laisse en dehors de ses intentions. Combien l'âme orgueilleuse est loin de ces dispositions. On sort ainsi du plan on se éternel. « la lumière qui est en elle l'orientation véritable. Heureuse l'âme parfaitement humble. alors même qu'il se réduit à n'être qu'un orgueil pratique. Sans faire de soi une idole dans le sens ab- solu du mot. avec les — mêmes sentiments. si je n'en pas le but de tous mes actes. Elle nous dégage de l'obsession de nousmêmes et nous tient à notre rang. elle le remarque et revient sur ses pas. qu'ilreste le d'amour. On n'exclut pas Dieu formellement. les délaissements du dedans..

qui est ici-bas leur objet poursuivi..QUATRIÈME MÉDITATION 61 tention dirige. elle doit dominer. elles — Résolution. et ensemble fondent V avancement. Dieu.. la confiance anime. Ne pas me faire un besoin de l'estime des hommes. . m'élever au désir de celle de Dieu: elle peut suffire. sera au ciel leur objet possédé. qui peu à peu amène à la perfection.

plaisance en la vue de Dieu qu'altéraient. l'autre. dé- — . sintéressé. Je mettrai d'un côté tout ce qui était pur. faites-le moi enûn connaître. sentir et abhorrer. je scruterai les porté au bien je rechercherai les influences extérieures qui m'y ont peut-être maintenu. ditation de demain. Faites surgir en ma afin mémoire tels et tels de ces petits détails qui reconstituent tout un passé. animé de tout ce consciemment.Première Semaine CINQUIEME MÉDITATION V EXERCICE Vertu viciée dans sa formation par un org^ueil inconscient Premier point : Le fait et ses causes. je remonterai à un examen au temps de ma mobiles qui m'ont formation. je — 1° Dans la mé- me livrerai rétrospectif. De grâce. le désir . Préparation pour la veille. . s'il y eut beaucoup d'orgueil dans la préparation de ma vie pieuse. et de plus ou moins de l'estime et la com- moi-même. mon Dieul éloignez-moi de moi-même que je me trouve placé à la juste distance qui permet de bien voir. — Deuxième point i Signes indicateurs.

Il suffît de c'était un entourage choisi. On parle souvent d'un orgueil caché. et prie. afin que je sache si mon humilité est sincère et solide.. sois attentive. Il y a des vertus formées sous l'influence plus ou moins active d'un orgueil inconscient.. d'un orgueil qui se dissimule. dire un séminaire.. — I. De quelles personnes avons-nous été entourés alors? Quelles idées régnaient dans le lieu où nous vivions? Etait-ce une maison d'éducation. Il y a même beaucoup de ces vertus.. un milieu : . pour une large part.. mes fautes. Je ne songeais pas que je pouvais en être la victime! Et pourtant mon relâchement.. l'homme subit l'influence des milieux et s'y giques : adapte. Quoi! l'orgueil m'aurait aidé plus ou moins à m'établir dans les habitudes de la piété. Essayons d'en faire l'application à la périodb de notre formation. Avons-nous jamais bien suivi les conséquences de ces deux observations psycholo- l'homme est essentiellement imitateur. un noviciat?. et je ne l'aurais point senti !.CINQUIÈME MÉDITATION «^ 63 Méditation Prélude. mon âme. Le fait et ses causes. —Prier Dieu de projeter une vive lumière sur mon passé...... sur ce fondement faux et fragile de l'orgueil?. La mienne est peut-être de ce nombre?. ne viendraient-elles pas de ce que mes vertus reposaient..

PREMIERE SEMAINE

de piété. Rien n'y était plus en honneur que la
vertu. On parlait avec admiratioia des actes
héroïques des Saints. On traitait avec vénérapersonnes en qui apparaissait un rayon
de sainteté. Livres, entretiens, tout concourait
à développer cette heureuse impression
Oh! comme nous estimions ces choses I
comme nous portions envie à ceux qui nous
tion les

!

édifiaient

!

absolument purs, tous ces
sentiments, qui, à la vérité, nous excitaient au
bien ? Faudrait-il une analyse très rigoureuse
pour y découvrir quelque alliage? Le désir
d'entrer dans ce mouvement honoré de Testime
commune, n'était-il pas pour beaucoup dans
l'ardeur qui nous poussait ? Le contentement
au service de Dieu n'empruntait-il rien au contentement de soi et surtout à la conscience
plus ou moins claire de la place que nous
occupions dans l'esprit des autres?... Ahl qui
sondera ce mystère que Dieu seul connaît?
Etaient-ils purs,

;

Notre humilité d'alors n'était-elle pas elleinspirée par l'orgueil, du moins en partie? Rien n'est plus facile à concevoir que cette

même

possibilité.

et

Dans le milieu dont nous parlons, on estime
on admire par-dessus tout cette vertu. On la

reconnaît comme capitale. Il estpresque imposde n'en point prendre les formes extérieures, de n'en point adopter les expressions,
et jusqu'à une sorte de sentiment intime. Se
sible

croire humble, suffisamment humble, est
besoin.

un

CINQUIEME MEDITATION

6!i

Cette humilité peut sans doute être vraie,
car de telles influences favorisent merveilleusement sa croissance ; mais elle peut, et très
facilement, n'être qu'une humilité factice.
Une âme naturellement orgueilleuse prendra
le change, et de l'humilité qui marche devant
elle, elle n'aura poursuivi que l'auréole.
Encore une fois, qui sondera ce mystère que
Dieu seul connaît.
II.

dit

:

Signes indicateurs.
Le divin Maître a
Vous jugerez V arbre par ses fruits. » De-

«

mandons

la

réponse au développement de notre

vie.

Lorsqu 'après

notre formation, nous avons

changé de milieu,

cette belle ardeur n'est-elle

point tombée? Le zèle pour la perfection, et
particulièrement pour l'humilité, ne s'est-il pas
éteint? Ce résultat ne s'est-il pas produit bien
vite et sans grande résistance?... Aucune se-

cousse particulière ne s'est fait sentir.
Et pourtant, ce nouveau milieu contenait
encore, quoique en moindre proportion, l'estime et l'admiration des mêmes choses... Mais
était saturé d'idées toutes différentes; et,
trop fidèles à la loi de notre nature si pliable,
nous nous sommes adaptés à ce nouveau milieu,
de la façon la plus favorable à notre amourpropre.
Un autre signe également caractéristique,
c'est notre attitude en face des contradictions,
des insuccès, des injustices, du dédain plus ou
il

moins éprouvé.
pations

:

— Trouble, tristesse, préoccu-

voilà le fait d'une
HUMILITE.

vertu imparfaite,
6

PREMIÈRK SEMAIKB

66

reposant plus ou moins sur l'orgueil.
Décolère, animosité, jalousie,
voilà le signe d'un orgueil très proré vol le
fond et qui nous domine.
Notre humilité n'était donc que de surface!
ses sentiments n'étaient donc que des senti-

couragement réel,
:

ments

appris!... Si elle eût été vraie et foncière,

nous eût inspiré le calme et la résignation,
peut-être même ce contentement supérieur et
cette joie des grandes âmes qu'éprouvaient les
« Ibant gaudentes. »
Apôtres, battus de verges
Merci, ô mon Dieu, de ce vif rayon de lumière
plongeant au fond de ma vie... L'avoue rai-je?
il me blesse par sa clarté... Je souffre... Je me
demande si tout en moi n'est pas à refaire...
Mon apparente vertu ne serait-elle pas le simple
effet du milieu où je vis encore?... Que serais-je
position, occusi tout changeait autour de moi
pations, personnes?... A la pensée de cet isolement moral, je me sens un extrême besoin de
me cacher dans votre sein, car vous m'appaelle

:

:

raissez

comme mon seul refuge!... mon Dieu,
moi une âme nouvelle, cette fois bien

créez en

humble

I

« Multi humilitatis

umbram, pauciverita-

tem sequntur, de l'humilité beaucoup poursuivent l'ombre, peu la réalité », dit saint Jérôme.

— Me demander,

à roccasion, si j'autenue, la même affabilité, le même
zèle, si nul autre que Dieu ne devait s'en apercevoir
et m'en savoir gré.
Résolution.

rais la

même

Première Semaine

SIXIEME MEDITATION
VI*

KXKRCICK

Humilité, gardienne des vertus
Premier point : Humilité, sel qui préserve de la corrupDeuxième point : Lumière qui dissipe les illusions.
tion.

Préparation pour

la

veille.

— Si

notre vertu

un orgueil
inc«nscient, rédifice est bâti sur le sable
le
péril de ruine n'est que trop constant.
Si elle
est établie sur Dieu, rassurons-nous pour le
passé, mais ne soyons pas sans crainte pour
l'avenir, car l'orgueil peut détruire l'édifice le
plus solidement construit.
« Celui qui, sans humilité, s'enrichit de vertus, dit saint Jérôme, ressemble à l'homme qui
porterait au vent une mobile poussière. 0"» sine
humilitate virtutes congregat, quasi in ventum
pulverem portât. » Ohl que de vents violents
soufflent autour de nous; et en quel danger ne
sont pas nos fugitives résolutions!
Saint Antoine, effrayé paf une vision qui lui
montrait le monde rempli de pièges, s'écria :
est fondée,

du moins en

partie, sur

:

68
a;

PRBMIRRS SKMAINI

Seigneur,

comment s'en préserver?»

«<

Pur

répondu.
L'humilité, qui est la base des vertus, en est
aussi la gardienne et pour les mêmes raisons
elle fait de Dieu le principe et la fin de nos
actes. L'orgueil se les attribue injustement et
raine Tédifice. Cette vérité, toute la tradition
l'enseigne nous la répétons à notre tour; mais
si c'est là une maxime reçue, est-ce chez nous
une conFiction véritable? Ressentons-nous une
impression de crainte, quand nous constatons
que, si nous ne sommes pas positivement des
orgueilleux, nous ne sommes pas non plus des
Vliumililé

» lui fut-il

!

:

;

humbles?
L'humble éprouve, à toute occasion, le besoin
de Dieu, de son indulgence comme de son
secours. Il éprouve, à la vue de sa misère et de
sa faiblesse, l'impression d'un homme qui
marche avec une blessure tout mouvement la
rend douloureuse.
Qu'une vertu est bien gardée par une telle
humilité! ô mon Dieu, qu'elle devienne la
:

mienne

1

Méditation

— Demander la grâce de me jeter dans
comme dans une citadelle qui me défende.

Prélude.
l'humilité

I.

L'humilité, sel qui préserve de la corruption.

Plus une vertu est grande, plus elle donne
car tout bien est matière à

prise à l'orgueil

:

SIXIÈME MÉDITATION

69

vaine complaisance de l'âme et à l'applaudissement des hommes.
La Faine complaisance commence l'œuvre
de désorganisation. Elle est si douce et se fait
si bien écouteci Elle est si ondoyante et sait
la

bien se déguiser!
poison mêlé à de saines substances, elle s'insinue dans le contentement de
la gloire de Dieu et du salut des âmes; elle
se retrouve dans les consolations sensibles;
et nous suit dans les élévations les plus sublimes.
C'est insensiblement qu'elle fait ses progrès
comme ses ravages. Ce genre d'action lente
endort la vigilance et ainsi le poison pénètre
dans les plus belles vertus.
La vaine complaisance a commencé l'œuvre
de désorganisation, le désir de la louange
l'achève. Ce murmure qui vient du dehors,
retentit si agréablement au dedans!... Certes,
on s'assure bien qu'on ne s'en laisse point
charmer qu'on subit à regret ce que l'on ne
peut éviter; que l'on en rapporte à Dieu toute
gloire... cependant, la jouissance est réelle et
profonde.
Sous cette double influence, le mal
gagne ce n'est plus un acte passager qui en est
vicié, c'est toute
une série d'actions semblables; ce sera bientôt peut être l'ensemble
de la vie. Les vertus se corrompent.
Pendant un temps, elles tiennent debout par
la force de l'habitude, et aussi par les exigences
si

Gomme un

:

;

:

.

de l'orgueil lui-même. Toutefois, cette vie factice ne saurait se soutenir toujours... Des ten-

70

PREliltRB SEMAINE

talions plus

fortes,

des circonstances impré-

vues, un rien, en auront bientôt fini.
2» Qui préviendra ces maux? L'humilité.
« Elle sera avec la vertu, dit saint Augustin,
ou la vertu ne sera pas. Virtus non est nisi

conjunctam habeathumilitatem.» Elle s'y répandra comme le sel jeté sur une substance que
Ton veut conserver; elle s'opposera à toute
fermentation nuisible; elle dégagera de toute
vue trop personnelle, et fixera en Dieu tous
nos contentements.
Mais pour un tel effet, il est nécessaire que
cette vertu soit vraiment vertu, c'est-à-dire
qu'elle agisse avec la facilité, la spontanéité,

que donne seule l'habitude. Autrement, que de surprises et quelle fatigue
extrême!... Il faut que le mouvement de l'humilité nous soit devenu aussi naturel que l'était
celui de l'orgueil... Adressons nos prières à la
Reine et au Maître des humbles.
l'inclination

II.

sions.

L'humilité,

1® C'est

lumière

qui dissipe les

illu-

une réflexion commune, mais

profondément

vraie, que l'orgueil aveugle et
maîtres de la vie spirituelle ont si bien
compris le rôle de l'humilité, qu'ils font de
cette vertu leur critérium le plus sûr pour le
discernement des esprits. Telle vertu est-elle
vraie ou fausse? Telle oraison extraordinaire
vieni-elle de Dieu? Telle vision est-elle une
réalité ou une illusion? Le jugement dépendra
de la conviction préalable sur l'humilité de la
les

personne ainsi favorisée.

;

SIXIÈME MEDITATION

71

Cette règle doit également s'appliquer à la
vertu la plus ordinaire.
Rappelons-nous les aveuglements d'orgueil
si souvent surpris chez les autres... Craignons
noire appréciation sur nous-mêmes, si elle ne
nous fait pas bien petits, car bien petits nous
sommes et bien faibles et bien misérables...
Dieu ne juge pas comme les hommes. Ceux
qui nous prennent peut-être pour des saints,
ne savent pas quelles ont été nos ingratitudes
et nos fautes, quelles sont encore nos déplorables misères... Ah! pour nous mettre et
nous tenir à notre vraie place, que notre
humilité a besoin d'être lumineuse, de pénétrer notre intelligence, de lui montrer sans
cesse notre néant, notre impuissance, nos
torts; en un mot, qu'elle a besoin d'être une
vraie vertu
1

facile, en effet, de prendre le
change, de s'égarer, et d'aboutir à la tiédeur ;
on se compose des devoirs selon ses idées
propres, puis une vie selon ses goûts ; on fait
saint ce que l'on aime; on s'aventure dans
des dangers que le devoir n'impose pas; on
excuse ses fautes et on les continue; on ne
sent pas le besoin de la prière; on vit pour
soi et sans remords
la tiédeur règne et dé-

20

II

est si

:

moralise...

Ah!

si

c

l'humilité avait été active, toutes ces

décadences auraient été signalées et arrêtées,
car elle donne Tinstinct du bien et )e sens
Ahl du moins, si, à cette heure,
du vrai.
nous étions saisis d'une profonde impression
de défiance envers nous-mêmes, la lumière qui

1%

PREMIÈRE SB1UIN&

nous serait si vive, que npus
nous trouverions placés entre la résolution de
nous vaincre, oulacertitude de résister à la grâce.
3° Rien ne
fausse la conscience comme
l'influence ' d'un orgueil écouté; rien ne la

se répandrait en

maintient droite et décidée comme le sentiment de l'humilité. Sous sa dépendance,
l'âme, se défiant d'elle-même, suit les méthodes
sûres, consulte volontiers, craint les occasions
dangereuses, prie sans cesse, emploie tous les
secours.
Elle peut avoir de grandes vertus
elle ne les regarde pas.
Elle peut être affermie dans la pratique du bien
elle se sent
toute fragile au fond... Ahl que ces vertus ont
rencontré une parfaite gardienne
Sans elle, au contraire, que de chutes, et
quelles chutes! Les racines de l'arbre s'étaient
corrompues, les fondements del'édifices'étaient
effondrés. Survint la tempête des passions, ou
l'effort violent de circonstances difficiles, et
l'arbre fut arraché de la terre de l'Eglise, et
le bel édifice la couvrit de ses ruines... Et Tarbre
n'a pas été replanté, et les ruines ne se sont

:

:

I

pas relevées, tandis que, tout à côté, tels pécheurs, qui se sont vautrés dans la fange, ont
trouvé malgré leurs fautes, et dans ces fautes
mêmes, l'humilité qui sauve. « Prxsumentes de se
et de bona sua virtvte gloriantes, humilias : à
celui qui présume de ses forces et qui s'enorgueillit de sa vertu. Seigneur, vous préparez
Vhumiliation », dit l'Ecriture.
Résolution.

même;

le

seasibia.

porter

Vif sentiment de crainte de moiconstamment comme une plaie

Première Semaine

SEPTIEME MEDITATION
VII«

EXERCICE

Châtiment de Torgueil

Premier point : La stérilité personnelle.
Deuxième point :
L'abandon et l'aversion de Dieu.
Troisième point : La
déchéance et la dégradation.

Préparation pour la veille.
i" L'orgueil tend
à priver Dieu de sa gloire, que dis-je, de son
rôle même. Il se met à sa place sinon intention-

nellement, ce qui serait monstrueux, du moins
pratiquement, ce qui est assez détestable déjà.
Comprendrait-on que Dieu le souffrît! Quels
seraient, parmi nous, les sentiments d'un
maître à l'égard d'un domestique, qui n'en
ferait qu'à sa tête et se croirait tous les droits?

Comment

le

traiterait-il?

punirait, mais

Non seulement

il

le

punirait par où il a péché,
en le faisant paraître vil et misérable dans ses
prétentions.

Toute

À

il

le

a pour but de maintenir l'ordre;
est la. loi de notre condition
présente. Si elle est violée, le désordre s'introduit fatalement en nous, autour de nous, et
2*

or,

I

l'humilité

74

PRIMIBRE SEMAINE

dans nos rapports avec Dieu; de là des erreurs,
des périls, des insuccès, la ruine de la vertu
peut-être et jusqu'à l'impénitence finale.
3° Il est rare que le châtiment se précipite
sur le coupable, il s'avance d'un pas lent mais

Des années se passent sans que rien le
pendant ce temps, l'orgueilleux prend une telle habitude de son faux rôle,
sur.

fasse pressentir, et,

poursuit avec une sorte d'inconscience.
demain cet objet d'une juste
terreur. Que ces craintes ravivées me déterminent à des résolutions viriles! Pour être rassurés, rappelons -nous qu'il ne suffit pas de ne
se point voir orgueilleux, mais qu'il faut se sentir humble
(c'est-à-dire sans valeur et sans
consistance par soi-même).
qu'il le

J'envisagerai

Méditation

Demander la grâce de bien me perPrélude.
suader que la question de l'humilité et de Torgueil
est une question de vie ou de mort.
La

L'orgueil posstérilité personnelle.
propriété fatale, de stériliser en nous
tout ce qu'il touche. L'action la plus belle, s'il
l'inspire, reste vide pourle ciel, comme une fleur
inféconde; et toute la partie du bien qu'il atI.

sède

la

teint de son souffle se flétrit aussitôt. Ainsi, la

dominée par ce vice, ressemble
à ce tonneau des Danaïdes que rien ne remplit.
Notre>Seigneur, parlant des Pharisiens, qui

vie la plus active

i

SEPTIÈME MÉDITATION

jeûnent

et

prient

En

pour

en

75

tirer

honneur,

en vérité^ ils ont reçu leur
récompense. » Pourquoi Dieu récompenserait-il
ce qui n'est point fait pour lui ?
Il le voudrait, d'ailleurs, qu'il ne le pourrait
pas. Tout acte privé d'une intention surnaturelle, au moins virtuelle, ne saurait obtenir le
s'écrie

:

«

vérité,

concours de Dieu dans cet ordre. La

vitalité lui

manque. La grâce n'y étant point entrée, la
gloire ne saurait s'y épanouir. Le Saint-Esprit
ne l'ayant point vivifié, le Ciel ne saurait le consacrera
Représentons-nous la déception de l'orgueilleux à l'instant qui suit la mort

mains vides,

il

:

il

se voit les

entend retentir cette sentence

« Je ne vous connais

pas

:

s'étonne « Est-ce
qu'il n'a point prophétisé? » Est-ce qu'il n'a pas
subi mille fatigues? Est-ce qu'il ne s'est pas
livré jusqu'à la fin aux exercices de la piété et

du

»

;

et

il

1

zèle?...

Oui, il a fait tout cela; il a même réussi dans
certaines œuvres. Mais quel a été le principal
mobile de tout ce mouvement? l'applaudissement, la considération. Il les a, hélas! obtenus
;

La récompense est digne de sa
vanité
« Receperunt mercedem vani vanam.
Leur vertu était vaine; vaine fut leur récomet c'est tout.
:

pense.

»

(Saint Augustin.)

1.
Pour qu'une action soit méritoire il faut qu'elle réu1» action bonne en elle-même
nisse ces trois conditions
2» état de grâce
3» intention surnaturelle (intention virtuelle veut dire intention précédente qui se fait encore sentir, sans être explicite).
:

;

;

PREMIERS SEMAINE

76

Heureux encore

si le ciel lui reste ouvert! Il
à la seule miséricorde et cette miséricorde a été touchée peut-être par quelque petit
acte de vertu, par quelque petite pratique pieuse
dont il ne faisait pas grand cas; peut-être par
la prière de quelque àme bien humble!... Mais
que de trésors de grâces perdus et pour toujours

le doit

;

I

1* Pour
L'abandon et l'aversion de Dieu.
Dieu n'a pas besoin de s'armer du
glaive contre l'orgueilleux ; il suffit qu'il le livre
à lui-même. Iliende plus juste, puisqu'il est présomptueux. Rien de plus fatal, puisqu'il est
II.

le châtier,

faible.

Aveuglé par ses illusions, précipité par ses
entraînements, il va de lui-même aux abîmes.
Le sentiment du danger lui échappe, il a un
bandeau sur les yeux, il ne sent pas le besoin
de demander lumière et secours.
Or, entre le Dieu tout-puissant et l'homme
essentiellement défaillant, règne comme un
Soyez
contrat tacite soyez humble et priez.
à votre place; je serai à la mienne et je vous
:

soutiendrai.

La sanction de ce contrat violé, c'est le délaissement; et cette sanction ne reste pas indéfiniment à l'état de menace.
2® Si l'abandon de Dieu est terrible, que dire
de son aversion? Elle va jusqu'à la haine:
« Très species odivi... pauperem superbum : Trois
choses provoquent ma haine... le pauvre or« Abominatio Domini omnis arro^
guôUieux. »

siptiIhi H^DITÀTION

gans

Le Seigneur a en abomination

:

tout

homme

arrogant. »
Cette haine poursuit l'orgueilleux, et rien ne
peut le soustraire à ses fureurs vengeresses.
« Superbia cordis tut exaltavit te : et si exaltatus
fueris ut aquila, et si inter sidéra posueris nidum
luum, inde detraham te^ dicit Dominus. Ton cœur
a pris son essor d'orgueil; mais c'est en vain que
tu te seras élevé haut comme l'aigle
c'est en
vainque tu auras établi ton nid haut comme les
astres je saurai t'arracher de là, dit le Seigneur, »
Méditons ces paroles pleines d'épouvante,
révélation inattendue de la haine que porte à
ce vice un Cœur connu par sa miséricorde
;

:

I

Haute position, même dans l'Eglise
services éminents rendus, même à la Religion
vertus admirables et trop admirées sans doute...
toutes ces grandes choses peuvent devenir la
matière de l'orgueil, sans être une défense au;

;

près de Dieu
detraham te;
tentats

III.

ment
tit

:

:

«

Je t'arracherai

et

il

l'a fait

même

de

là,

inde

pour de grands po-

Deposuit potentes de sede. »

Déchéance

et dégradation,

— Voyons com-

se traduit l'aversion de Dieu et

où abou-

son abandon.

Saint Paul, parlant des philosophes perdus
par leur orgueil, nous dit : « Tradidit illos in
desideria cordis eorum^ in immunditiam. Dieu
les abandonna aux pires instincts de leur
cœur, et ils devinrent immondes, ut contumeliis
afficiant corpora sua, et l'ignominie alla si loin
qu'elle stigmatisa leurs corps eux-mêmes. »

Saintement com. il faut que toute lacune au contraire rien ne manque laisse passer le mal. parole d'expérience. .PHIMIÈRB SKDIAINB 78 Les voilà déchus. telle bonne action conçue dans des vues d'amour-propre sera viciée môme avant de naître... sic et cor superborum. nous venons de méditer.. mis au rang de la animalis homo ». Tremblons. après cela. toutes choses dont ce malheureux est incapable. songeons que l'orgueil est le principe de cet avilissement. et qu'il le contient en puissance : « Initium omnis peccati superbia.. » Il est la source des vices brute. . y trouve son tombeau. Or. que ce vice lui dérobe. — 1° Parmi les châtiments que Réflexion. ce spectacle. en considérant la nature si différv^nte du bien et du mal. il n'en est pas un seul que nous ne soyons exposés à nous attirer tôt ou tard. d'entendre affirmer que l'orgueil est un des signes les plus manifestes de la réprobation? L'orgueilleux. Craignons les progrès insi- dieux de l'orgueil. » Nous étonnerons-nous. craignons aussi la colère d'un Dieu jaloux de sa gloire.. ce qui cette source corrompue est si répugnant que notre langue se refuse à traduire ici l'image employée par l'Ecriture: aSicut éruc- sort de tant prœcordiafœtantium. Pour en sortir. « Emus de •' parole révélée. il faudrait appeler la grâce il faudrait s'humilier. Ainsi.. dégradés. une fois plongé dans le mal. Au bien. il faudrait se reconnaître coupable .

quand il faut se montrer.et c'est Dieu qu'il laisse vivre en lui. » Et il n'en saurait être autrement « L'humble prie et Dieu l'écoute. Enfin. 2» A ce tableau lamentable.SEPTIÈMK MÉDITATION 79 mencéè. c'est l'élévation: : « De stercore humiles. elle peut déposer en nous. Et exaltavit Enfin. un germe de cor- — ruption. Respicit in orationem humilium. Qui ne se sentirait le besoin et le désir de c'est la prédestination : : — . — . qui s'en empare.de la déchéance. I — Je veux me faire humble. elle sera altérée tout à coup par un motif d'orgueil. » erigens pauperem. parfaitement accomplie. » Il peut tout en celui qui le fortifie il vit. toutes les fois qu'il le peut à l'ombre du Seigneur. Il s'en va donc au milieu de l'ombre et du silence. par la vaine complaisance. Au lieu de l'aversion. un tableau consolant Au lieu de la stérilité jusque dans les plus grandes actions. oublieux du bien qu'il fait doux envers tout le monde. Au lieu. coûte. assurée « Humiles salvabit Dominus. filial envers Dieu. coûte que . c'est la tendresse Dieu devient une mère. faisons succéder c'est celui que présente le : règne de l'humilité. au lieu de la réprobation présagée. c'est le mérite jusque dans les plus petites. se faire humble Résolution. . .

.

— 6. .RAISONS D'ÊTRE HUMBLE HUMILITÉ.

.

en l® tant qu'être déchu. Ce vice dans les fondements de la vertu. Les quatre premières établissent la condition de tout homme en tant qu'être créé. rend ses actes sans mérite. Cette nécessité. la fausse et la maintient précaire . du plus parfait comme du plus misérable. et l'humilité qui en résulte. L'humilité ne résulterait-elle donc pas de la nature même des choses. et alors être humble ne serait-ce pas simplement être vrai? C'est ce que nous allons reconnaître dans les méditations qui suivent . comme la santé. dans l'équiBt ment libre. ne manifeste pourtant pas la raison d'être de l'humilité (ses motifs intrinsèques). en tant qu'être transformé par la grâce. mais elle prouve déjà que cette raison d'être existe. il attire le châtiet prépare la ruine. . tout désordre accuse un mal. doit être celle de chacun. En effet. Il faut donc se faire humble. Dieu ayant mis le bien. il altère profondément les principes de la vie spirituelle. C'est un ennemi de la vie entière.PRÉPARATION A LA DEUXIÈME SEMAINE Voici le besoin d'ôtre humble suffisamment constaté : l'orgueil nous presse lors même qu'il se sent dominé. si bien établie qu'elle soit. En cela rien de personnel.

elles sont si connues! Et puis. nous devons nous bien prémunir contre la funeste habitude de regarder comme moins certain ce qui n'est point sensible. au contraire. même envisagées plus sérieusement. humilité facile. elles n'atteignent pas cette région de nous-mêmes qui ressent les fortes impressions. pouvaient nous saisir. une goutte d'eau. «n face des vérités nouvelles que nous allons méditer. or. Privés de cette ressource. les faits ont le privilège de nous fixer et de nous convaincre. Les méditations précédentes. par exemple. Pourquoi n'en fait-elle pas un plus grand nombre? Faut-il s'en prendre à la faiblesse humaine? Elle y a déjà sa grande part « Je vois le mieux et je poursuis le pire » mais il est juste d'en accuser aussi le mangue de conviction. car les vérités abstraites ont peu de prise sur la plupart des hommes. Ces vérités traditionnelles ne retiennent pas l'attention. car c'est celle qui fait les saints. : . Nous ressemblons toujours un peu à ces gens ignorants qui haus^nt les épaules quand un savant leur expose tout ce que renferme.84 DÏUXlkME SSMàÎNS C'est l'humilité devant Dieu. car elles relèvent de l'observation : nos tendances sont des faits moraux. et de laisser quelque doute flotter vaguement sur des révélations qui étonnent. Ils ne savent pas qu'au fond des chosef 86 cache un monde inconnu. presque aussi tangibles que des faits matériels . ce semble puisqu'elle n'exige qu'un acte de humilité pourtant très puissante. . bon sens .

de notre humilité à nous. et en quelque sorte impersonnelles. de ce qui détermine l'estime. par la force d'uoe impression sensible. . par exemple. que l'on sait ne point mériter. point de vérités métaphysiques. c'est notre œuvre qui s'étale à nos yeux.PRÉPARATION 85 2" A ces quatre méditations abstraites. en face des Saints et en face de Dieu. et sous les ombres de l'illusion. 3<* Estimer un objet. de . A qui me comparerai-je? Ace qui est bas et misérable? Non. succède la considération de nos fautes. cette humilité qui baisse le front. Là. c'est reconnaître sa valeur mais sa valeur ne peut être évaluée qu'à l'aide d'une mesure. . qui est ici la comparaison avec d'autres. Vaste champ qui recèle assurément des parties obscures. mais qui peut néanmoins s'éclairer vivement à la lumière d'un examen sérieux. Là. car cela est sans râleur et ne mérite pas l'estime. mais déjà devant les hommes. . dans le lointain du passé. non plus seulement devant Dieu. Cette méditation est destinée à compléter l'effet des raisonnements abstraits. Je dois donc me comparer à ce qui est grand et à ce qui est beau or. humilité qui brise le sentiment exagéré de l'estime personnelle et qui interdit la recherche d'une estime particulière. me voilà bien en face de la vraie mesure du grand et du beau. toutes nos pensées et jusqu'à nos coupables omissions. c'est bien de nous qu'il s'agit et non de tous les autres. Cette méditation doit être le fondement de notre humilité. l'œuvre de toute notre vie et elle englobe tous nos actes.

quel que soit l'objet de son la exercice. à modérer nos prétentions. et nous aidera. On sait que toute culture intellectuelle accroît puissance générale à s'instruire. En effet. et que les affections de famille disposent le cœur à mieux sentir Dieu.DKUXI&MB SEMAINB 86 4" De ce que plusieurs motifs d'humilité s'appliquent indistinctement à chacun de nous et ne nous abaissent réellement que devant Dieu. . n'a pourtant qu'une même essence . l'inclination à un or. en développant cette juste abaissement inclination à l'égard de Dieu. cette disposition nous portera. faut-il en conclure qu'ils ne sauraient exercer une influence véritable sur nos rap- hommes. imprudemment devant per- . suivant les occasions. Désormais plus forte. et dans une sage mesure. Il en est de même de l'habitude de l'humilité. qu'il n'osera se relever sonne. plus habituée à s'abaisser. pour ne vous être point strictement personnelles. Pénétrez-vous donc de ces vérités. ces méditations la développent en elle-même. s'il le faut. l'humilité qui a deux objets : Dieu et les hommes. qui. par conséquent ne nous forment pas à l'humilité pra- ports avec les autres qu'ils tique* Nullement. à les briser. courberont néanmoins votre front si bas.

Si nous tenions notre être d'une matière quelconque existant en dehors de Dieu. Il n'en est point ainsi : car. nous ne sortons pas de son sein fécond. nous ne sommes pas des êtres à proprement parler. d'un simple vouloir de sa toute-puissance . s'échappant d'un instrument sous les doigts de l'artiste. par impossible. : — — Préparation pour la veille. de sa substance la plus imperceptible parcelle. minime fût-elle. Dieu n'est ni enrichi par le fait qu'il . ou encore si.Denzlème Semaine PREMIÈRE MÉDITATION VIII* BXSRGIGl Le Néant de la Créature Premier point : Le néant de l'être Je ne suis rien. mais d'un acte extérieur. mais ce quelque chose d'inconsistant. serait et cette j^ourtant appréciable. nous emportions. si nous aurions une valeur. que l'on peut comparer h des notes de musique. valeur. Deuxième point : Le néant de l'acte : Je ne pais rien. si nous venons de Dieu. étant créés par lui de toutes pièces. de fugitif.

tanquam nihilum ante-teyy." Qu'as-tu qui te distingue ? Qu'as-tu Vue profonde jusqu'à que tu nie l'aies reçu?» iious déconcerter. reuse. en face de Dieu. ! Entendons-nous bien. saisissante jusqu'à nous troubler. ni diminué par le que fait nous existons. Et pourtant je suis. l'humilité n'est pas seulement une conviction. il déplace la matière et la transforme il veut ou ne veut pas. des formes. j'ai une sorte d'être cet une étendue. il est libre son intelligence lui donne conscience de tout l'univers. ce quelque chose. . il faut principalement en pouret pressante qui et suivre la pratique. en résumé : un être qui ne compte pas! Ainsi se trouve mise en lumière cette parole de saint Paul » Quis te discernit ? Quid habes quod non acce^is^'. elle est une vertu agissante. si fugitif. son génie peut enfanter des merveilles. que FEcriture l'appelle « un quasi-néant. mais surtout conclusion rigoureuse : — s'impose à l'âme tout entière détermine la volonté. Il ne suffit donc pas de philosopher sur toutes ces questions. il agit. car enfin. elle est plus que cela. Tout cela n'est-il donc rien? Un être et des actes sont pourtant quelque chose . démontrée par la admise par la philosophie la plus rigou- raison.OBUXIBME SEMAINB 88 devient Créateur. est si vain. être a . Voilà la vérité certaine. .

Ma substance de rien. des siècles. J'ai apparu un jour sur la terre. lumineuse. je n'existais pas même dans l'élément le plus lointain. qui je suis et qui tu : es? Tu seras bien heureuse' si tu le saisi (Si tu le d'une façon sais pratique) n'est pas! l'Être le — qui sum. Il y a mille ans. et » Dieu est mot. je suis le et c'est mon nom : de ce Ego sum néant dans tout : « mea une sorte « Substantia tanquam nihilum. . tu es celle qui : est » Avant la création. c'est son vide. Le néant de l'être : Je ne suis rien. impression — Demander si vive de tout entier et me grâce de concevoir une néant.PREMIÈRE MÉDITATION 89 Méditation Prélude. Puis le silence se refermera sur moi. Dans cette durée. Des siècles m'y précédèrent. j'étais une simple possibilité qu'un rien eût pu détourner de l'arrivée à l'existence. s'y succéderont après moi. qu'elle me pénètre la mon dirige. » dans toute nom qu'il se la plénitude donne Moi. je remplis quelques heures courtes et précipitées. sans doute. pénétrante Je suis Celui qui est. Notre-Seigneur dit à sainte Catherine de Sienne « Sais^tu^ ma fille. cent ans. comme une eau profonde engloutit bientôt la pierre c|ui rida un instant sa surface. — I.

mais leur humilité est ma honte comme ma leçon. tandis que mes multiples misères parviennent à l'obscurcir aux miens. ! — I I II. » A la clarté de la vérité pure. Le néant de l'acte actes sont de la même — Nos : Je ne puis rien. par son contraste. dans le ciel. ce qui se verrait en moi. les plus dignes de Dieu. » : « créatrice. nature que notre être. sans laisser « ad nihîlum redactus sum et la nescivL » « rien inconnu ô rien inconnu! » répète dans l'extase la bienheureuse Angèle de Foligno. ce serait un néant. une vapeur qui disparaître aussitôt « : Vapor est pour ad modicum s'élève Il n'est qu'une poussière vivifiée MementOy homo. dans la substance même de mon âme. sommaire de nos dérisoires grandeurs mais aussi. quia pulvis es. La gloire fait sans cesse resplendir à leurs yeux la vérité de leur néant. le rythme des chants du ciel. Sous ces clartés d'en haut.OIUKÈMI SXKAINB 90 Cet être que sistance est la fragilité et riDCon- j*ai. Cetto double vision forme. Ecartez un instant cette action nécesmon être disparaît et quoique invisible saire. les plus élevés. mêmes. point d'appui des sentiments les plus puissants. vous êtes le Tout. . dans la matière de mon corps. vous êtes l'Etre Si je suis le rien. Cri de profonde vérité. ô Seigneur.. de toutes parts soutenu par la puissance parens. la condition des bienheureux apparaît semblable à la mienne. Si je suis le Néant. s'évanouit comme comme nuage le aucune trace : : fumée dans les airs..

je combine affaire. Et si je veux chercher. pour expliquer comment avec cela je demeure libre. Conséquence aussi écrasante de mystère. au fond de cette adhésion même.PRBMIÈRK MÉDITATION 91 Notre être subsiste. est positif. jechoisis. dans ces actes. parce que je l'ai prise pouvant la laisser. beaucoup plus que par la mienne.Ehbien! tout ce qui. et nous ne voyons pas davantage cette même puissance qui l'anime. la force qui m'y a conduit. Il nous semble que tout notre acte nous appartient. et je sais que Dieu est assez puissant pour respecter ma liberté dans ses : . Il ne peut en être autrement... : 2® Là encore. Enfin. je ne la trouve que dans l'adhésion à son influence qui m'y sollicitait.. qui peut tout.. 1» Je une remue main ou une la la tête. je retrouve encore Dieu. et qui semble m'appartenir exclusivement. ^je pense. je suis forcé de me dire Je sens que je le suis. pourquoi je l'ai donnée. ne peut pas me donner le pouvoir d'accomplir en dehors de Lui un acte positif ce serait me constituer créateur I. je trouve solution. se trouve produit par l'action de Dieu. et nous ne voyons pas la puissance créatrice qui le soutient. . Dieu agit mille fois plus que moi.j'aime. qu'éblouissante de vérité! conséquence qui envahit jusqu'au sanctuaire de ma détermination libre. et ma participation. Nous agissons. dans cette résolution que je prends de devenir humble. La nature des choses s'y oppose et Dieu.

3<» Si je fais le mal. m'éloignant de là me soustrais à son influence.. acte positif. à s'évanouir Ah Seigneur 1 1 je ne ! me comprends pas I Qu'elle donc vaine et ridicule. obéissant à des lois générales d'une sagesse supérieure. Qu'elle est injuste. . dous conservons réellele pouvoir de choisir voilà qui est certain. prête son concours à tout ce qui est. l'action de Dieu. la complaisance que je prends en mes qualités. Qu'elle est en ma volonté. tout en la remplissant jusqu'à son dernier effet *. l'ordre. ment . Le mal est une défaillance dont je suis responsable Je détourne l'action de Dieu et je l'empêche d'aboutir. même les plus est réelles!. et m'accompagne encore au moment où. téméraire même la ma mieux confiance affermie!. je la force à s'égarer. Ici le fait seul nous importe..DEUZiiMK BSMÀINl 92 conditions essentielles. mais aussi mystérieux que certain. je ne regarde pas ce qu'il cache je continue à prêter une réalité absolue à tous ces actes contingents. •a conciliation relève de la pbiloaopbie> 1. Ce voile est bien léger et mille accidents le soulèvent.. Il est bien transparent aussi mais je ne suis pas attentif. : I Dieu ne nous détermine pas. comme ailleurs. l'attribution que j'ose me faire du bien qui s'accomplit par moi! Comment croire en moi? Comment me préférer à un autre ? Le simple voile du créé recouvre tout ce néant. je : finalement.. et. et j'y appuie mes prétentions . il est suffisant néanmoins pour que je me trompe moi-même.

confuse de son passé d'orgueil. Sérénité parfaite que donne cette vue au vaut-il milieu des succès comme des revers Haute donc la peine de tant s'émouvoir sagesse qui place les choses sous leur vrai jour et dans leur exacte proportion Grandes ombres du néant. pour y penser à genoux en savourant ces belles paroles « Mon Dieu et mon : tout I » . Déterminer un moment. ce soir. m'y perdre. et un autre moment. ouvrez ses yeux. qui font ressortir l'éclat de Disposition admirable à l'Etre qui est tout la contemplation I — : 1 I ! — — — — — Résolution.rapparition de votre Infini. devant sa misérable petitesse. y laisser tout orgueil. Contempler souvent rinflni qui m'enveloppe de toutes parts. et faites surgir . vous qui voyez!» que devezvous penser de cet aveugle? Ayez pitié de lui. ce matin.f-REMlÈRfi MÉDITATION §3 ((Seigneur.

a besoin. que dire de la dépendance où nous réduit l'exercice d'une fie surnaturelle dont tous les actes participent *u divin? 2® ^ns Le croirait-on? beaucoup de chrétiens. elle ne fait jamais partie de ma substance. D'autre part. dont je puis à chaque ins. tant me voir dépouillé. Nécessité de la grâce concomitante. dans Tordre de la nature.Denzlème Semaine DEUXIEME MEDITATION 11. qui précède projette toute sa lumière sur la méditation de demain. s'en douter. pour tous ses mouvements. : — 1» La méditation Préparation pour la veille. professent sur Taction de la . si la vie naturelle. elle reste un vêtement divin. du concours de Dieu.* EXERGIGB Nécessité de la grâce actuelle — Deuxième point — Troitième point: Premier point : Sa nécessité en général. avec ses actes moindres. que suis-je donc dans Tordre de la grâce? La grâce ne m'est point due m'étant donnée. Nécessité de la grâce prévenante. je ne suis rien. Si.

la grâce n'est le croient. parce qu'elle participe à la vie même de Dieu. il cependant de est Non. l'incapacité de l'homme est absolue. comme ils plément de force. voisine de l'unité : ! 1 Méditation — Prélude. un com- principe premier de ceux-là mêmes qu'une longue habitude ou un attrait personnel le nous rendent extrêmement faciles . aimer. et tiques. Dieu demeure le principe de tous nos actes. voilà un dogme de foi. Là encore. la bonne foi les excuse .OSUXIEMS MEDITATION 95 grâce actuelle des idées matériellement héréLeur erreur n'est que de l'ignorance. L Nécessité de la gfàce actuelle en général. chanter par nous dans une 'ndicible union. et que Dieu seul peut l'exercer. nous ne manquerons pas de considérer que là. 3» En sondant notre néant et notre situation à ce nouveau point de vue. Dans l'ordre surnaturel. La grâce actuelle lui est — . Demander la grâce d'éprouver de mon néant une impression plus vive encore. leur devoir de s'instruire. qu'elle nous suit dans l'éternité même. Cette condition est tellement la nôtre. elle est de tout acte surnaturel. du moins. notre dépendance tient à notre grandeur notre vie surnaturelle reste par essence une vie dépendante. Oh dépendance délicieuse: c'est Dieu qui se fera adorer. mais plus consolante. pas seulement.

un religieux. sans le secours divin de Féternelle lumière de la grâce. Ses mérites ont procuré à sa grâce sanctifiante des accroissements merveilleux. dit saint Augustin. de vertus et de ferveur. comme pour la plus difficile. ne peut rien voir. il a servi Dieu avec une fidélité constante.. capable de tous les héroïsmes. portée. qui domine l'ensemble.96 DEUXIÈME SEMAINE indispensable pour l'œuvre la plus simple.ent le nom de si court cependant.. sans le secours de la lumière. Jésus. L'homme le plus saint ne peut bien agir. » est. Le voilà plein de mérites. II. .. Le voilà. au fond. un prêtre. Eh bien! sans une grâce actuelle immédiate. sans le Saint-Esprit. prenons position sur un point élevé. mais peut-être n'en mesurons-nous pas toute la : . Sa ferveur met en activité toutes les ressources de son amour. Pour y parvenir. Il a gardé l'innocence de son baptême. « Nul ne peut dire méritoirement : iésus.. ^. Choisissons comme sujet de nos observations un parfait chrétien. tout saint qu'il de prononcer méritoirem. « L'œil le mieux conformé. Ses vertus ont parfaitement assujetti sa nature. il n'est pas en état. physique une — Pre- comparaison . » Voilà une vérité dont nous avons entendu souvent l'expression elle est passée à l'état de formule acceptée l'Eglise en a fait un article de foi nous la croyons fermement.icessité nons dans de l'ordre la grâce prévenante.

Ame parfaite d'un saint. n'y apporte et n'y ajoute rien.. quée par la grâce. : .. ici l'intensité de l'acte ne sauraient dépasser la force de l'impul30 — reçue. Où est notre part?.. : — toi aussi ! La corde de la harpe pincée par l'artiste L'âme du juste. en s'y associant.. elle aura constamment besoin de la main du harpiste. et vous trouverez la grâce prérenante. . instrument docile de ses plus belles inspirations. nous faisons nôtre ce mouve- sion UMILIli.. sans destituer de son rôle la liberté humaine Je veux. tu n'es pas plus capable qu'une harpe quelconque d'exécuter l'accord le plus élémentaire. nous coopérons. Tel le mouvement. l'impulsion — Remontez à l'ori- gine d'un acte surnaturel... par lequel l'acte a été déterminé. Là l'intensité du son. pour les produire. l** Elle était inerte et silencieuse lui est donnée: elle vibre.. laissée à toi-même. C'est elle qui a offert la pensée. commence un acte surnaturel. Tu es inerte. Voici une harpe absolument juste on peut dire qu'elle contient à l'infini des mélodies latentes et cependant. le désir.. Harpe du plus grand maître. tel l'effet. tu resteras muette. et vous trouverez la grâce actuelle le remplissant mystérieusement. . provoentre en vibration... et c'est plus Dieu que moi qui veut avec moi. comme la harpe. L'âme.. ce réveil de l'activité. 2® Et dans ce vouloir. c'est elle qui a provoqué le vouloir. te voilà. — 7. nous nous prêtons..DEUXIÈME MÉDITATION 97 féconde en déductions. cherchez encore.

Quoi donc rien que je puisse m'attribuer en propre/ Rien. Mis en mouvement. « Deus est qui operatur in nobis j'ai fait 9t vêUe et pcrficere. Non. pas même un vouloir. — sans quoi l'Apôtre n'aurait point discernit? dit : « Quis te Qui peut te distinguer des autres ?» Oui. en toute justice... mais cette part est de condition qu'elle ne peut nous enorgueillir. l'âme s'arrêtera aussitôt dans son acte surnaturel. ma part. : reste vide. mais — . » S'il est vrai que je suis un . l'instrument prolonge ses vibrations. et Oui. je suis là. c'est contraire à la foi ! ! pas même le pouvoir de mériter ce désir. c>st un rien àont quelque chose. cette prétention est contraire à la foi. c'est de Dieu que j'ai reçu mêmb ce que librement. Mue par la grâce. parexemple mes lèvres vont en achever la formule si la grâce s'arrête. et de le conquérir.. Mais du moins laissez-moi une part. mais la grâce de Dieu arec moi.DlUXliMS SKMAINt 98 ment Dieu ~ Allons au fond. par des efforts naturels de raison et de volonté?. fait — m. » Quoi 1 : ! donc j'y ai telle dans cet acte surnaturel. si minime Saint Paul ne dit-il pas a Non pas soit-elle moi seul. Considérons un côté sous lequel notre impuissance paraît plus complète que celle de la harpe. J'ai commencé un acte d'amour. un simple désir. et jusqu'à ce par quoi je l'ai fait librement. Non.. si cette grâce ne continue avec elle son action sous le nom de grâce concomitante. reça. ma formule se continue. Nécessité de /a grâce concomitante.

et elle est de même rigueur. Il n'aurait pas 2e droit de nous permettre un : : atome d'orgueil. En revanche. synonymes de « grande importance » la nécessité de Vhumilité participe à la nécessité de la grâce. sentir orgueilleux. Avant de comprendre le comment de l'action de Dieu dans ses créatures. just« et et regf\r-« 1. il faudrait comprendre le comment de l'acte premier qui les a produites. Représentons-nous ce souverain Seigneur. : . ie mystère s'étendra naturellement sur ses conséquences. . pour concilier la liberté de l'homme avec le rôle obligé de Dieu notre dépendance et notre fragilité ressortent finalement de tous les systèmes.savons et nos raisons de croire sont certaines. reste un comme 99 il est être portant le — Etonnementde nous — Vue pénétrante du mensonge etde Tinjustice de cette disposition.DKUXIÈSIS MÉDITATION rigoureusement vrai que je néant dans son activité dans son fond ^ être créé. car il a le devoir de maintenir Tordre absolu des choses. Voir le comment n'est pas nécessaire : où nous ne voyons pas. — Manifestation de sa place elle se trouve à la hase de tout acte et de toute vertu. : pas une de ces nécessités morales. la véi'ité de la création les revêt de sa propre oertitude. — Grandeur de l'humilité pressentie. nous. Tant que la création restera un mystère. Toute cette doctrine se résume dans une formule aussi exacte que saisissante Dieu a le devoir d'exiger de nous l'humilité. — Sa nécessité n'est Réflexions et affections. les mains pleines de grâce. cela nous suffit. Il n'entre point dans l'objet de cette Probation de dis* cuter les opinions émises par les théologiens.

restons bien soumis et bien dépendants. Aimons à nous prosterner dans l'adoration. — N'avoir 1 rien sans Dieu. meures devant les hommes. : Joie . Comprenons ce mot n Deas superbis resistit!.. à l'Église surtout. Humilibus autem dat gratiam. Me rendre aujourd'hui cette pensée familière.OEUXIÈMB SEMAINK 100 dant attentivement où il les placera. Rien de il peut se détourner plus libre que son choix de moi !. pas même un acte grand sujet de comme d'humilité. gardons-en du moins une impression profonde qui sera modératrice. : : : Résolution. faisons-nous bien petits. Et si. nous devons souvent nous en départir. Dieu en moi — Contempler action incessante de — la sentir en quelque sorte.. mais parfois aussi dans le secret de nos dec'est l'attitude qui convient. Il résiste aux orgueilleux et donne sa grâce aux humbles... » Devant Lui.

sième point : Rôle sauveur de Thumilité. Nous verrons que. cette prière «0 mon Dieu. il doit Ah! si je la ressentais. Bien plus. chaque matin. nous ne pourrions sans elles nous relever. Et ce n'est pas moi seul. qui subis cette dure condition.— Trothicn. et que si nous venions à succomber. sans des grâces spéciales qui ne nous sont dues à aucun titre. mais décisif pour l'humilité. la simple persévérance dans la vie pieuse dépend absolument de leur secours. nous ne résisterions pas à certaines tentations.Deuxième Semaine TROISIÈME MÉDITATION X* KXfiRGICE La nécessité de grâces spéciales Premier point :Leur nécessité pour la persévérance dans le Deuxième point : AppUcsLiion» particulières. pauvre être imparfait. — — Préparation pour la veille. Nous aborderons demain un sujet redoutable pour la raison. le plus saint des sur la terre y est assujetti crier cette même misère. car sans vous il n*est pas de faute que je ne sois : . : comme hommes moi. ne vous fiez pas à moi! Retenez-moi et gardez-moi. comme un saint Philippe de Néri qui redisait en gémissant.

» Pesons bien chaque mot. 12). I. — Méditation — Demander la grâce de ressentir ces Prélude. par exemple.. 6 oan. Ce secours consiste dans l'intensité ou lopportunité de la grâce elle-même condition lamentable introduite par notre déchéance — : originelle l « L'homme Ecoutons le Concile de Trente en état de grâce ne peut persévérer en cet état sans un secours spécial de Dieu*. po«M.. . et qui n'est rigoureusement dû à personne. mnathema tit (CoM. — vif sentiment du Impression de crainte. un acte d'orgueil. importante et dure vérité. même chez lui. désir de sonder à fond cette besoin de Dieu.. recevoir toutes les grâces dont il a besoin. l'aurait peut-être laissé dé1 faillir. in accepta. le dessa'-issant des grâces spéciales. mais il ne l'est pas d'y correspondre.OIUXIKMB SKMAINI 102 capable de commettre avant ce soir » Or. Si qui» dixerit juêtificatunt. profoades impressions de crainte. sine speciali auxilio Dei. était absolument fondée. i* Il s'agit de l'homme en état de grâce: : 1. qui jettent aux pieds de Dieu brisé et soumis. juttitia persevertwe Trid.. Nécessité de grâces spéciales pour la perséL'homme est assuré de vérance dans le bien. cette crainte. leit. Il y faut un secours spécial.

fût-il un saint. si je le veux de toutes mes forces? —Non. il faut une grâce spéciale.. Il s'agit de tout homme. mais simplement d*j 2° — persévérer. Je me perdrai si je n'obtiens pas votre grâce spéciale. de l'homme ayant droit aux grâces ordi- naires. ae surviendra-t-il pas. 1 Q Pieu. cette : ^ — II.TROISliME MÉDITATION i03 c'est-à-dire de l'homme possédant la vie surnaturelle . et garder ce que j'ai. à un momeQt . est souvent un don du moment de notre Dieu j'ai peut-être devant moi des années d'existence. 40 Le choix favorable mort l'est toujours. il faut une grâce du même genre : . non pas de se perfectionner. 3» La brièveté de la vifl spécial .. Quoil un saint n'aurait pas du moins un droit rigoureux à ces grâces ? Nullement. 4» Il s'agit d'une véritable impossibilité de fait. Ne puis-je donc rester ce que je suis. Applications. Ne semble-t-il pas faut pour atteindre qu'il ait tout ce le but? — Il ne l'a qu'il lui pas. de s'élever dans cet état. a» 11 s'agit. car. 2° Pour persévérer en face de grands dangers. vu sa fragilité. sans un secours spévolonté pourrait nous manquer. grande difficulté. il dit: impossibilité « non posse ». Méditons ces conclusions théologiques 1* Pour persévérer durant un temps assez considérable. cial. Le saint Concile ne dit pas difficulté.

tombant dans le péché mortel.. . Ma condition m'apparaît désolante. agité. Suis-je donc en face d'un problème insoluble? Non. être surpris parla mort. ..DEUXliMS 8BMAIRB 104 imprévu.oi qui me constitue capable de la reprendre . si I . comme une mère. secours. le . je jette de tous côtés des regards anxieux. Elle se penche vers mon indignité et la considère avec tendresse.. Je ne puis compter sur moi. je n'ai rien en ro.. tout est mis à ma portée. amour même. ils vont constituer tout un ordre de miIII. à mon dernier jour je puis pécher gravement. Dieu je peux être infidèle dans l'âge mûr. grâce. car la miséricorde le résout... Redouter comme une insigne audace l'attitude de l'orgueil. Elle fait entendre à mon abattement les promesses les plus inespérées : pardon. je ne puis rien faire qui mérite absolument que Dieu me la rende. dans la vieillesse. cœur abattu. sans une grâce spéciale 1. Si... sans une grâce spéciale. — L'esprit Le rôle sauveur de l'humilité. je ne saurais même m'y disposer complètement et prier assez pour l'obtenir.. et.Nous tenir devant lui prosternés dans l'attitude de la dépendance absolue. Or.... les engagements qu'elle prend sont sacrés . Sentir vivement ce que c'est que d'être ainsi à la merci de Dieu.. quelque grave danger? J'y succomberai je n'ai pas alors votre grâce spéciale.. C'est le péché qui me l'a faite. Je ne puis rien exiger de la justice divine. je perds la vie de l'âme..

est la soumission Oserai-je universelle. Sous le règne de la justice. Je comprends maintenant pourquoi les Saints attribuent à Thumilitéle don de lapersévérance.. Mais la misère résulte de notre condition. !• Si je suis humble. je le reçois infailliblement de sa ma misère. de notre vouloir. j'accomplis ma loi . accomplit la sienne malgré m'aime. la condition c'est le droit . Mais. Si je me fais humble. en tenant ses engagements. si je me tiens en tout comme impuissant par moi-même. La misère est un abaissement comme l'humilité. si je prie. dis- tinguer parmi les volontés de Dieu. aussi formel que le serait l'ordre de la justice. si je ne Lui doispoint rigoureusement certains degrés de soumission. celui de la miséricorde a les siennes.405 TROISIÈME MÉDITATION séricorde. et ces lois résultent de leur condition même. : il miséricorde. Ce que je ne saurais exiger de sa justice. il me protège. il me donne sa grâce. C'est ici qu'il faut redoubler d'attention. Dieu ne me doit pas non plus certaines grâces de préservation — I . et repousser celles qui n'obligent pas sous peine de péché? Murmurerai-je devant les devoirs difficiles. qui . l'humilité. je reste dans l'ordre. Miséricorde et humilité sont des termes corrélatifs. et Dieu. La miséricorde aime la seule misère qui s'humilie et elle la sauve. ou les circonstances douloureuses?. Si régime de la justice a ses lois. la le condition..sije me garde de mépriser les autres. c'est l'humilité. sous le règne de la miséricorde.

Par elle. j'emploierai les abaissements de la Chananéenne: je veux être humble.OIUXIÈMI SSMAINI 106 2« Le rôle de la prière se montre ici dans toute sa clarté. ni mériter entièrement. tel que demain. grâce : : des grâces. — Me je suis. Crainte néanmoins. Plus je sentirai le poids de ces écrasantes vérités. j'obtiendrai ce que je ne saurais^avoir de moi-même. c'est celle de devenir humble Je réclamerai sans cesse. aujourd'hui. notre Père. à tous ceux qui peuventintercéder pour moi. jusqu'à la mort. à Marie! Quel accent de foi ne mettrai-je pas dans cette formule toute-puissante « Nous vous le demandons par Jésus-Christ Notre-Seigneur l » La grâce que j'implore à cette heure. toujours. » Comme je m'adresserai. voir à la merci de Dieu. plus je sentirai le besoin de prier. et pour l'obtenir. car je veux me sauver! 1 la Résolution. aux anges. De quel cœur ne répéterai-je pas ce cri de la liturgie sacrée : ^c Deus. les mains jointes.. in adjutorium meum intende! « De quel tressaillement ne serai-je pas « Et ne nos inducas in saisi quand je redirai tentationem /. aux saints. toute détrempée de confiance en Dieu. ..

(|ue je ferai dans attention le but. un grand jour sur notre situation infiniment précaire. par rapport au bien et au mal. qoq . J'appliquerai toute mon à cette recherche. nous montiera Textréme fragilité des ressources personnelles qui soutiennent noti-e Tertu. ces considérations nous fer\>ut toir. la nécessité d'un secours spécial. viendra s'ajouter à l'impression ressentie dans la troublante méditation d'hier. d'une façon plus sai-^issante. fa conriction raisonnée aujourtrhui. La méditation de le développement de la précédente et eu quelque sorte sa démonstration.QUATRIÈME MÉDITATION XI* KLMaCI Notre Condition iV««»«r f9imt p»int : : Lk Mture de noire liberté. et la redoutable puissance des causes demain sera ennemies qui En jetant travaillent à la renvei"ser. Une analyse de notre condition. Nos m&UTftis penchants. Ains\. — - Z>ntxtV*t« TrM>tstèm9 jr«i»t : le — Prépuntion pour ta yei7/o.

L'œil qui veut imprudemment scruter la majesté divine. votre miséricorde m'apparaît s'étendant plus loin.. à plus forte raison. Considérons d'abord la nature de ce frêle instrument.108 OinXliMS SEUAINB point d'appuyer une vérité de foi sur des raisonnements. à l'aide duquel nous faisons notre éternité heureuse ou malheureuse la liberté ! : . tant que je me tiens devant elle avec la conviction de mes infirmités. de tout temps proposées par l'Eglise. ma misère a beau s'étendre sans limites à mes regards. mon Dieu. La nature de notre liberté. sentir son impuissance totale. cette miséricorde me reste ouverte. doivent être suivies sans contention et sans curiosité vaine . mais d'en développer la lumière. Afin d'ajouter la conviction à l'impression. Or. est-ce donc si triste pour celui qui vous aime? mon Dieu. vous devoir son salut. » — I. toujours plus immensément. est-ce ionc si redoutable à celui qui se confie en vous? mon Dieu. sera aveuglé par l'éclat de sa gloire. sans exigence déplacée : « Scrutator majestatis opprimefur a gloria. demander la grâce de voir avec plus de clarté les circonstances qui rendent nécessaire une intervention spéciale de la miséricorde. : !• ^> Méditation — Prélude. Ces considérations. tant qu'il reste à ma voix la force de lui crier Pitié ô mon Père l loin..

car leur réveil souvent nous trouve confiants en nous-mêmes et par conséquent désarmés. Un simple manque d'équilibre les constitue. s'ils sommeillent. et. ils vivent au fond de nous. . — bien gouverner. ils demeurent une influence latente qui travaille sourdement. Nos mauvais penchants. nos penchants tiennent le premier rang. n'est-ce pas commencer à être humble? vernez-la.. Nos penchants vont plutôt vers le m9^ : . ils commandent en maîtres combattus. ma liberté demeure essentiellement défectible. je l'assujettis à votre domination. Favorisés.. Parmi ces influences funestes qui détournent notre liberté vers le mal. si elle s'attarde par faiblesse sous des influences contraires. Ils se dissimulent sous mille apparences de bien. Se mettre sous de bonnes impressions. Ils sont inhérents à notre être. Bon gré mal gré. elle hésite et varie bien souvent par les impressions diverses qui se succèdent elle dépend si profondément des motifs qui la frappent. tel est son principal moyen de se Elle esf agitée . s'arrêter aux motifs favorables.QUATRIEME MÉDITATION Je le i09 sens. ! 1 — II. et. la voilà entraînée au mal. Dieu avec quel bonheur je vous remets ma liberté. soutenez-la. je la confie à votre miséricorde Prenez-la. Or. Et si elle est imprudente dans ce choix. après toute une vie de fidélité. gouI 1 au besoin. réservezlui vos inépuisables pardons mon Dieu vous parler ainsi. ils ne sont pas moins redoutables.

Demandons-nous jusqu'où iraient alors nos excès et ce que serait notre vie. quand on regarde au fond de soi-même! Pour y projeter une plus vive lumière. et jouir immé. il se laisse tromper par l'apparence. et ils l'illusion et : sont. formées par de nombreuses défaites I . être. Texpérience le montre. Cette tendance égarée agit sur la liberté par par l'attrait. il n'y a plus de réputation à ménager et plus d'inconvénients à craindre. Elle serait exactement ce que la feraient nos penchants. or. Les sophistes seuls peuvent dire que l'homme au fond veut toujours le bien. voulant jouir. hélas A ! nous-mêmes. il veut le bien... quelle tyrannie! La liberté se trouve alors asservie et désemparée. que d'habitudes fâcheuses. diatement. Là. Oui. cette force native. il confond le bien en lui-même avec son bien à lui et c'est souvent ce dernier qu'il préfère.. s'ils n'étaient point contenus. quand il place son bien uniquement dans la jouissance. Or...HO DtUXiÈMB SKMAIN8 l'Eglise l'enseigne. En pratique. le péché originel l'explique. formons l'étrange supposition que voici il n'y a plus d'enfer à redouter ni de Dieu à aimer. encore. l'horreur du mal ne lui offre plus ses répulsions instincles mauvais penchants grossis l'entraînent comme un torrent. et la conscience des faiblesses passées lui ôte tout courage . si l'habitude vient ajou- ter la sienne. ces penchants existent en puissance.. mais d'une façon indéterminée. Quel sujet d'épouvante. despotiques peut- tives.

on admet instinctivement qu'on peut in. monde — démon. Rien n'agit aussi fortement sur l'homme que la conduite des autres hommes. pour entraîner notre imprévoyante liberté ? Que deviendrons-nous si notre orgueil. Les Saints. nous aliénant le cœur de Dieu. Le dit par le et le Sauveur. démon.. — se jeter dans Vhumilité comme dans un lieu de refuge. Mais son influence n'est-elle pas plus fatale sur ceux qui ne la remarquent pas? Or. Le monde. la ruse du démon épie le moment favorable. tous . devant cette persuasion sans raisonles raisonnements succombent. même durant la série de leurs ! fautes. maunous enveloppe comme l'atmosphère. savent quelle est la puissance du démon. et nous pénètre de ses poisons comme les épidémies de leurs ferments. nous ne pouvons pas quitter le monde nous ne pouvons pas nous tenir à l'écart du le faire . Ce que tout le monde fait. et la miséricorde ne les a point repoussées.. et quelle est son activité. nous livre seul à de tels adversaires? . et nement. qui ne sont pas comme nous des esprits forts. L'esprit du monde nous amollit . ne peuvent-ils pas réunir leurs forces.QUATRIÈME MÉDITATION Qui arrachera à la mort dll cette victime? La seule miséricorde de Dieu Qui portera la miséricorde à s'exercer? L'humilité I On a vu des personnes. Complices de nos penchants.

. et elle est sauvée I. La voyez-vous raidie par l'orgueil. C'est le secret de sa libre détermination. Mais s'il éloigne le danger ou s'il fortifie la résistance. il mesure le degré de résistance que nous pouvons leur opposer. si je me cache dans le sein de votre miléricorde... Les circonstances. Vous constatez ces relâchements successifs. Vous prévoyez ces jours de désœuvrements énervés. Dieu les connaît toutes et jusqu'aux plus redoutables. serait rendu impuissant par nos propres défaillances. notre dépendance! mon Dieu vous connaissez le concours de tous les événements. Oui. j'y veux entrer et n'en plus . c'est l'efTet d'une grâce qui ne nous est point due... quoique librement. ô Père. dans tels et tels cas. La voyez-vous humble et soumise. vous jetez les yeux sur les dispositions de cette âme en danger. les duire.. n'ai .DEUXIÈME SEMAINE 112 — IV. suffisant en luimême... ou laissera-t-il se pro- les écartera-t-il?.. ou permeltra-t-il notre chute?. je n'ai point peur de vous je peur que de moi . vous étendez la main. Qu'elle est donc écrasante. où Tàme s'abandonne.... Une fois la lutte engagée. Avant de vous décider à envoyer un secours spécial. et il sait que. viendra-t-il à notre secours. ce degré. et elle est per! due I Dieu. Ces cas désespérants. qui détendentles ressorts de la volonté.. vous détournez votre visage. et je n'aurai point peur de moi. Il est des circonstances où nous succomberions certainement..

et sans cesse sur bonheur Je dépends de vous. qui d'ailleurs ne m'appartient pas. et je me presse plus étroitement sur votre poitrine adorée! vos bras. ô Père. ! — avançons — ! Dieu.^e les accepterai. animezEnsemble aimons et le.. HUMILITÉ. Jésus. tous les dédains. ôPère.. comme l'action réunie de votre justice et de votre miséricorde. Vivons ensemble. rance.. à ne réclamer aucune estime d'excellence quelconque. comme l'agent providentiel de ma réhabilitation présente et de ma grandeur future. comme vous l'êtes pour moi. Dieu. Toutes les peines de ma pauvre vie. . toutes les déceptions. Jésus Avec Lui. et jusqu'aux humiliations les plus profondes. ne m'avez-vous pas donné votre Fils. tous les sortir. oublis. l'abîme.QUATRIÈME MÉDITATION 113 avec amour les lois bienapprendrai à me faire doux. vous ne me faites sentir vive- ment monimpuissance que pour m'amener dans — Entre vos bras. venez dans mon néant. — 8. supplier Dieu de dissiper mon aveuglement. indulgent pour les autres.. remplissez-le. je suis sûr de moi. ô Dieu. je suis sûr de Vous. quel 1 — Prendre en pitié ma vaine assuRésolution. Vivant de Lui. ô Père. J'en étudierai faisantes j'y . à vous laisser la louange du bien.

si fragile. s'il pèche. qu'il ne peut résister à tant de causes de destruction. et celui de se relever. s'appelle la Providence. et qui prend ici un nom plus rassurant encore. cette merveilleuse action. 2. La lecture des livres de médecine. Il y a. pour réagir. et pas une qui . on a l'expérience.. celui de mision qui résulte séricorde. ment prière tout ce qui lui manque. qui. vie même de la plante. dans l'Univers. que l'on craint à chaque instant de voir un tel organisme victime du plus léger accident. toujours en jeu pour remédier à tout.ÉCLAIRCISSEMENTS Sur les deux méditations qui préoèdent Un étonnemenl mêlé de frayeur est l'impres- presque inévitablement de l'analyse de toute vie. vie de l'âme. mais la réalité des faits modère nos alarmes. vie du corps. Heureusement. Pas un chrétien qui. si compliqué. Tout y apparaît si délicat. mais il vit. n'ait largele pouvoir d'éviter tout péché mortel. par exemple. L'analyse des lois qui le régissent reste menaçante. a coutume de produire cet effet. Pas une âme qui ne puisse obtenir par la 1. de fait. mais il dure. Ainsi en est-il dans l'ordre surnaturel. on a mieux que l'analyse. Il semblerait que notre être n'est pas viable..

) 4. Nota. soit. nous seront pourtant donnés infailliblement : et qu'importe pour nous le droit strict à ces secours. parent à ce dernier effet. et partant. {Gratiœ remote suffi- cientes. Au jour du jugement. s'ils nous arrivent aussi sûrement par grâce. Ce que nous ne pouvons peut-être pas aujourd'hui. il n'y aura pas une exception à cette règle. nous le pourrons demain. de confesser que Dieu a été bon et très bon pour elle. vu et suiv. — Lire les chapitres dans le Traité de V Amour de Dieu où saint François de Sales traite cette question avec sa sûreté de doctrine et sa lucidité (liv. car nous sommes sous le régime de la m. 7. Certains secours qui ne nous sont pas dus rigoureusement.iséricorde.). ordinaires .115 tfCLAIRGISSEMBNTS. à un seul moment. KTG. chaque âme sera contrainte. si nous usons bien des grâces moindres qui nous pré3. sous celui de Vhumilité. chap. IV. 5. ne l'oublions pas. privée du pouvoir de prier. par l'évidence.

Ne nous laissons point suivre par cette idée. et de nous bien juger. Ici. Il s'agit de nous bien voir.Deuxième Semaine CINQUIEME MEDITATION XII" EXBRCICB Nos fautes Premier point : L'examen de la cause. au point de vue de notre valeur. car rien n'est autant notre propriété que le péché. Trop souvent nous l'avons parcourue d'un œil distrait. côtoyant peut-être nos constatations humiliantes Je ne suis pas le seul Que d'autres soient pécheurs. 11 est à nous. chacun d'eux en est-il : ! . en sommesnous moins coupables? Qu'une prison soit pleine de crimineis. Le jugement motivé. et à nous seuls. — Deuxième point — Préparation pour la veitle. nous mettons le pied sur notre territoire propre. proposons-nous d'y faire une exploration sérieuse. abordons-la avec courage . Cette terre désolée. comme une route familière où rien n'étonne. il est Tunique chose où Dieu ne soit pas.

sans égard pour des fautes semblables commises par d'autres hommes. Je ne partirai pas de l'idée préconçue qu'il faut. de toute arrogance et de toute susceptibilité. de par notre œuvre. . » Ne fût-i^ qu'en face de lui-même. nous aurons une très grande facilité à nous défendre de tout mépris pour le prochain. mon Dieu. de son idéal. si nous nous sentons bien bas devant Dieu et devant notre conscience. pour être humble.CINQUIÈME MÉDITATION 117 moins méprisable? L'homme est en face de Dieu seul « Tibi soH peccavi. et de l'exagération qui n'établirait rien de solide. il trouverait encore ces trois grandes choses qui l'accuseraient. se croire d'avance vil et misérable j'étudierai la cause froidement^ : I . et si nous arrivons à une persuasion raisonnée de notre peu de valeur personnelle. ni la grandeur apparente des fautes. quel est notre rang parmi les pécheurs? Nous l'ignorerons jusqu'au dernier jour. ici. Je veux me juger comme vous me jugez vous-même. d'ailleurs. nous avons uniquement à rechercher quel jugement nous devons porter sur nous-mêmes. de sa dignité. Nous envisagerons plus loin quelle attitude devant les autres nous impose l'humilité. Nous aurons également assez de logique pour ne point prétendre à une estime particulière que nous savons ne pas mériter. Ce n'est ni le nombre. vous m'aiderez à me connaître dans la vérité Vous me garderez de l'illusion qui voilerait la gravité de mes torts. de sa conscience. qui déterminent les degrés de culpabilité. Et.

renouvelée devant Dieu seul. On fixera son plus humiliants. c'est pour nous satisfaire que nous avons péché. avec la liberté la rigueur d'une raison qui veut affirmer le vrai.. On pourra faire utilement une addition approximative du nombre de ses fautes. Méditation Prélude.DKUXIÈMd âE^AINK 118 avec d'un esprit indépendant. quelquesuns sont abominables. 2® Les motifs. attention sur les péchés les l'imagination ne doit pas en si souffrir. les vrais. i"" Les faits. et de s'arrêter à ce qui domine en chacune. une des fautes graves. — Demander la voyance pour reconnaître loyauté pour la juger.. Dans nos bonnes actions elles-mêmes. — : . C'est sorte de confession générale. grâce d'une grande clairma vie. voyons le vice de l'intention. Il sera bon de partager sa vie en périodes successives. N'ont-elles pas été quelquefois inspirées par le désir et par le besoin. du moins I. Au fond. C'est une revue intime et douloureuse des actes de notre libre arbitre. ceux que nous n'avouons pas. Les motifs des fautes sont toujours bas certains sont plus vils. «conclure le juste et rien d'autre. et d'une grande — L'examen de la cause.

de notre raieur personnelle. mais c'est celle de l'humilité « Peccatum meum contra me est seni' per. » Les fautes sont effacées le^ effets peutêtre....... A meilleurs ilO que nous ne côté de l'histoire de l'in- gratitude. I — 1® Au point de vue IL Le jugement motivé. Etonnement plus grand encore en face de notre ingratitude. de ferveur même. est-ce là conduire sa vie ? Succomber pour des riens.. Si nous n'avions pas compté sur ce pardon facile..... Que serions-nous sans elles?. — même heureux I. peut-être aurions-nous moins péché...... Etonnement en face de la Providence de Dieu.CINQUiiMI MÉDITATION hélas de 1 paraître sommes? 3° Les grâces. si bonne et si persévérante.... Repentir peut-être longtemps attendu. grâces de préservation. situation favo: grâces de piété. merveilleusement provoqué. Le fait. passer par des alternatives continuelles de fautes. parfois sans résistance.. l'histoire de la miséricorde éducation religieuse privilégiée. Or. de repentir et de fautes nouvelles. par le seul fait d'un peu de temps .. Et nous n'étions pas rable..... jamais : — . Notre attitude d'aujourd'hui n'est point précisément celle du repentir. étrangement persistante.. quelle confiance méritons-nous? La confiance ne peut s'appuyer que sur l'esprit de conduite et la fermeté d'âme. et de nos rechutes... Evaluons le nombre de nos absolutions.

la passion. Or. qu'il l'a conduite à lui fournir de fallacieuses justifica. à Dieu même!. n'ai-je pas avili ma dignité de chrétien. qui voyait si juste. Quelquefois l'instinct le plus bas a tellement dominé l'intelligence elle-même. n'ont-ils pas souvent remplacé. Et la raison. Un seul cas de ce genre déshonorerait un homme du monde. 2° Au point de vue de la dignité personnelle. le mal a le droit d'avoir dignité d'homme? dans les facultés de mon de mon corps. à son confesseur.. et à quel point. tions. l'orgueil..120 DKUXIÈMS SKMAINB écoulé et du retour offensif de l'habitude. Que vaut notre — volonté? Que de fois ne s'est-on pas dit Mais c'est insensé!. et qu'on soit fidèle à sa parole sans y fôrfaire. on s'est cru changé et voilà que l'on est retombé!. dans les dispositions — ! aussi ? Parole donnée en pleine connaissance de donnée à sa conscience.. été mon maître. parole .. comme mobiles.. n'a pas su parler assez haut.. peut-être ma En pas vérité. Combien de fois.... et cause. l'égoïsme.. l'honneur nous est-il dû? L'honneur s'attache à la dignité. la dignité exige qu'on se tienne à son rang sans déroger. un principe de dégradation ? Le caprice. le noble amour du bien? Et je me croirais digne d'honneur Le violateur de sa parole en est-il digne N'ai-je pas introduit âme.. et je n'ai confiance en moi. est-ce là être maître de soi ? On a voulu pourtant.

. c'était mon histoire possible. et à quel honneur puis-je prétendre? 3° Au point de vue de mon idéal... n'ai-je pas perdu toute dignité personnelle. mais sur des bases moins larges... L'idéal réalisé eût été la beauté... l'élévation de mon être. me vois travaillant. et accompagnant la marche de la vie entière En vérité. et ma destinée s'embellissant de jour en jour. où en ! suis-je? Mon idéal.CINQUIÈME MÉDITATION je ne puis compter tions le 121 nombre de mes défec- 1 Que dire d'une violation de ces promesses passée en habitude... bonté de Dieu.. Qu'en ai-je fait? Et que suis-je? Laideur liassesse. amoindrissement de tous côtés. Quel idéal! et à sa place quel état! Grâces rendues vaines. C'était personnalité pre- nant de perpétuels accroissements. un vrai contraste!. finalement défiguré par de perpétuelles défaillances!. l'aveu.. Je n'ai de refuge que dans la plus sincère humilité ! . c'était la série graduelle des dons qui devaient m'être offerts... le repentir. Je vois Dieu travaillant sans cesse à le refaire... Graduellemenl l'action de Dieu en moi s'est diminuée son image a pâli. à le défaire. sa joie s'est éteinte Ah! je n'ai de refuge que dans la confusion. écrite par la si j'étais ma fidèle. plan restauré avec miséricorde. I . A chaque pardon.. efforts refusés. hélas avec non moins et je ! de persévérance.

qui étale les haillons de ses déchéances. stimulant sans cesse ma reconnaissance. si. d'un être misérable. . de Jésus. Laisserez-vous son sang dégénérer en moi? N'aurez-vous pas compassion de sa gloire ? Sa gloire? oh qu'elle sera pure et grande. fruit divin de votre miséricorde et délices de mon repentir! dans les succès — Résolution. d'humiliantes misères. votre Bien-Aimé. Dieu de pitié. et qui vient d'entendre des témoignages accablants. Vivre aujourd'hui sous celte impression. confiante et généreuse. s'il le ! ! faut. je n'en saurais vouloir aucune... mais déformés. vous parvenez à faire une créature nouvelle. mais surtout vraiment humble Eloignez de mon avenir toute faute. vous reconnaissez les traits visibles. et. Dans ce pauvre. vous vous attendrissez sur le mendiant.122 OBUXIÈMS BEMÀlNl Dieu magnanime. mon désir de réparation. afin qu'elle m'accompagne dans mes progrès personnels et de mon zèle. l'Amour Sacré. droite et belle. vous ne sauriez frapper celui qui s'humilie le front contre terre. ô Dieu père. tendre et forte. mais laissez-moi. Confusion d'un malheureux traduit devant un tribunal. dans une humilité profonde. laissez-moï surtout l'impression vivante de ma bassesse. votre vie et la mienne.

Avec les accents sortis du cœur d'un saint. la conviction certainement la première force. or. l'expression du sentiment est un acte de la volonté. Nous n aurons donc qu'un seul but demain: La conviction nous plonger dans l'humiliation. . c'est-à-dire l'inclination aux actes et la facilitée les accomplir. c'est dans la volonté que se forme et se perfectionne la vertu. Son expression vibrante émeut l'âme tout entière et la rend plus consciente des moest tifs mêmes qui l'ont établie. est un acte de l'intelligence. mais de la développer par Vexpression ardente de sentiments aussi vifs que sincères. mais le sentiment est peut-être une force plus pénétrante et plus déterminante encore. nos retours d'égoïsme. ici Dans l'acquisition d'une vertu. nous déplorerons nos ingratitudes. Il ne s'agit plus d'établir l'humilité par le raisonnement. la première en date.Deuxième Semaine SIXIÈME MÉDITATION xiu* ixsacicx Prière éditée par le pape Urbaia VIII (PLAÇiB AD COMMENCEMENT OU BRÂVrAlM ROMMIf) — Préparation pour la veille.

cœur plus vivant. nous nous jetterons tout entiers dans le sein de la miséricorde. — Demander la grâce de faire passer le repen- dans mes sentiments et mes sanglots tout tir que doit m'inspirer ma vie. avec les élans de la confiance.^lUXIKMB SEMAINK 124 nos rechutes sans fin et aussi. un cœur qui du moins s'efforce de sentir Je ne vous demande point de larmes. un cœur qui s'attendrisse. nous livrant à Jésus Sauveur. 1 mon Dieu. mais une vraie douleur. nous déposons devant vos yeux le lourd fardeau de nos fautes. culpas nostras fcrimus. mais rélevez-moi par la confiance qui seule fait les vaillants. comme une semence divine. Chargés et accablés. jour tu fleuriras au ciel. ô Dieu juste. Je n'ai en propre que des fautes etdes misères. ô Dieu père Et plaças quat accepimui I . déterminez en mon âme cette inclination d'humilité qui seule fait les humbles. préparez-moi pour demain un . mais je peux avoir de vous les richesses et la beauté de Jésus. un c'est vrai. Ante oculos tuoSy Domine. vie de Jésus. ^ Méditation Prélude. daigne jeter d'abord tes racines dans le fumier de ces misères. mon Dieu.

elles nous font souffrir. et profondes. malades.125 SIXIÈME MÉDITATION que nos péchés ont montrons à vos regards. Oh! voilà qui est inconcevable! Sous l'aiguillon du châtiment. de mes aspirations renouvelées. de tant de résolutions prises.. Si pensamus malum quod fecimus. mes larmes qui les arrosent. torturés. car elles sont et nombreuses.. de tant de châtiments subis! Expérience de mes douleurs. tout vous crie que je reconnais ma faute et que j'accepte le châtiment. et les plaies faites. Mon front courbé dans la poussière. et sous la ténacité du péché. minus est quod patimur. nous voilà meurtris et plus mauvais encore Mens segra torquetur et cervixnon flectitur: tristes. toutes ensemble ne sont rien eu égard à celles que je mérite. je me retrouve aussi lâche !. celles que l'avenir me réserve. ma bouche qui baise vos pieds. la pitié que j'implore. nous les mal cicatrisées. et conferimus.majus est quod meremur. je frémis d'indignation contre moi-même. tu renais quand la douleur passe In flagellis nostris infirmitas nostra leritur et ! non mutatur : vous nous brisez et nous ne sommes pas changés. Gravius est quod commisimus. tu cèdes à cette vie du mal qui est en moi . nous ne savons pas assez courber le front !. Elles nous défigurent. elles noustiennentdans la plus dépendante faiblesse. iniquitas 1 — . Vita in dolore suspirat^ et opère non se emendat . levius est quod toleramus. de mes regrets. Les peines de ma vie présente. expérience de tant de grâces reçues.. — Peccadi pœnam sentimus et peccandi pertinaciam non vitamus..

et ce que nous pleurions obliviscimur post visitationem . et ! Si ferias. je ne me défends pas je suis coupable et je le confesse bien haut. Seigneur... et tu les traînes toujours Si expectas.. Tu souffres du mal. Domine. Si vindicas^non duramus: si vous devenez le Dieu des vengeances. votre patience est longue et. et nous avouons nos fautes vous vous éloignez. nous l'avons oublié I. Si vous m.. . que tu es faible et facile à entraîner que tu es inconstant et facile à changer 1. — — ! quod flevimus : vous venez nous châtier. Ah du moins. Si extendas manum. Cet aveu le glaive. sans trouver le chemin du r'îtour cœur humain. et tu veux en souffrir encore. facienda promittimus : si suspenderis gladium. mes iDcessantes provocations!. par ma faute.. si pepercerisy peccamus ui ferias: vous frappez. ! 1 : soulage il est l'explosion de ma cons\ à la vue de mes interminables rechutes et dt. Tu gémis sous tes chaînes. tout à l'heure. . c'en est fait de nous Confitemur in correctione quod egimus..e cier . et nous voilà à provoquer vos coups Habes. recte nos perimus... Seigneur. confitentes reos! novimtis quod nisi dimittas.. non corrigimur. et nous crions grâce vous pardonnez. Vous attendez et nous ne nous corrigeons point.DEUXIÈME SEMAINE 126 notre vie s*en va dans la douleur et le gémissement... promissa non solvimus : vous étendez la main et nous promettons tout. 1 I I . ô mon cœur. Tu te sens malade et tu ne veux pas sincèrement guérir!. elle est vaine... vous retirez nous sommes parjures clamamus ut parcas.

sine merito quod rogamus. Pater omnipotens. qui fecisti ex nihilo.. C'est elle qui donne à Dieu son vrai rôle. ce Jésus sant. Père tout-puis- néant vous implore. étudions l'action de l'humilité. pour mettre Jésus à sa place. quelle confusion et quel châtiment! L'orgueil ne saurait attendrir ni le cœur de Dieu. et du nôtre vers le sien. à nous l'attitude qui convient. et rien n'est plus juste 1 Prœsta. puisque vous lui donnez la grâce de prier. Le chemin du cœur de Dieu vers le pôtre. c'est l'humilité. qui te rogarent per Christum Dominum nostrum. c'est sur son front courbé que descend le pardon. mais. C'est à travers ses larmes que passe la miséricorde. c'est notre misère». qui gémit. C'est elle qui fait disparaître notre triste personnalité. disait saint François de Sales. nos misères prennent une teinte de sur! — .. C'est elle qui parle. je suis perdu. Il n'a aucun mérite à alléguer. c'est bien pour avoir le droit de pardonner. Dès qu'elles sont touchées des reflets de cette vertu. Dans cette longue litanie de nos misères. par lequel je prie. Supposons l'orgueil voulant relever la tête. cet être fait de . qui touche... ni Te nôtre « Le trône de la miséricorde de Dieu.SÎIliME MEDITATION Itl n'avez pitié. Vous mettez dans mon cœur des accents qui vous touchent. vous armez ma prière d'un nom qui vous commande vous regardez en moi Celui que vous aimez.

Dès qu'elles sont touchées par la miséricorde. Résolution doux de meni la : Entretenir bonté de Dieu vos miséricordes. » un sentiment profond : et « Je chanterai éteimelle- .128 DEUXIÈME SEMAINE naturelle beauté. elles se transforment en amour.

i . — Quels effets dois-je rechercher dans la contemplation des vertus des saints? Le vif sentiment de ma petitesse et aussi un stimulant pour ma lâcheté. car l'humilité qui rabaisse les fausses prétentions excite le vrai courage. œuvres. nous éprouvons devant la vertu des Saints une impression de grandeur qui nous écrase. on unira en une seule les deux méditations suivantes. l" Comme au pied des hautes montagnes ou en face de l'Océan.. Si l'on tient à ne consacrer que trente jours à cette probation. — 0. hélas! nos senti- ments. Préparation pour la veille.Benziéme Semalnd SEPTIEME MEDITATION XIV* EXERGICB En face des Saints — Nota. mais faire passer sous nos yeux le détail de leur supériorité : vertus. sentiments. elles se réunissent au même terme Timpression vive de notre humiliante mé: diocrité. nos œuvres I HUMIUTi.. Ne pas se contenter de cette impression générale. Tout en parcourant des régions différentes. considérer nos vertus. et en même temps. du même regard.

qui se prête à recevoir quelques traits de votre image. Tadmirez-vous ? Eh bieni songez à ces sentiments de vaine estime qui vous redressent dans votre milieu. /îommencez par me pétrir d'humilité. Je serai entre vos mains ce limon infime. qui. s'il est ordinaire. l'humble considère en même temps la force divine et s'élance.DBDIIÊHK SEMAINI 130 Dans un milieu de basse ignorance. Y a-t-il lieu de s'enorgueillir. En effet. et l'on « Je puis s'écrie. et celui de la grandeur d'âme. le regard tourné vers le ciel 3° la : . c'est dans ce qui est élevé que se trouve la règle du mérite et non point dans ce qui est médiocre. Thomme qui sait lire fait le fier. dès lors que l'on prétend à une estime particulière. ne se sentant point de force à atteindre si haut. 2*> Mais. qui répèle avec « Ne pourrai-je pas donc ce saint Augustin qu'ont pu ceux-ci et ceux-là ? » Les larmes d'une sainte émulation montent aux yeux une émotion presque violente soulève la poitrine. deux sentiments peuvent se faire jour. mais malléable. celui de la lâcheté. de ce qu'on est moins bas qu'un être misérable A ? vue de toute supériorité. vous qui faites les saints. pour avoir une juste appréciation de notre valeur. par exemple. . ô mon Dieu ô mon Père. renonce même à en tenter l'entreprise. convient-il donc de se comparer aux saints qui sont l'exception? Oui. : tout en Celui qui est ma force! » L'orgueilleux considère l'insuffisance de ses propres ressources et s'affaisse.

et il s'ensevelit dans l'humilité l'époque et le lieu de son martyre restent souvent ignorés. Les fatigues. une sainte Agnès. Des villes.. : 1 1 ! I 1 .. et je me complais dans — — . les persécutions. une sainte Agathe.. l'Esprit de Dieu le possède et le gouverne. Son âme est un ciel où la lumière se répand pure et douce.. Il meurt. — C'est un saint Pierre. Elle n'a aimé que Jésus. un saint Paul.8IPTIÈME HÉDITÀTION 131 ^ Méditation — Prélude. Demander la grâce de m'élever à une de la beauté morale des Saints. — C'est une me me- sainte Lucie. Ah mon zèle mon courage mon abnégation mes conquêtes divines mes dons personnels! je les regarde avec pitié et la vue de mon orgueil me couvre de confusion I.. Pas l'ombre d'une pensée fâcheuse. un saint André. le peu que je — fais î Me mettre à surer avec lui.. spn zèle s'étend au monde entier et descend au plus pauvre esclave. le glaive. L'amour est allé gran- . des peuples tombent à ses geaoux. et elle l'a aimé d'une chaste passion. Et j'accepte des louanges .. ne font que le stimuler les verges humiliantes le réjouissent. Il ne s'appartient plus. que je sente le besoin de me mépriser profondément moi-même. côté d'un Apôtre et quelle humiliation I La Vierge martyre. Les miracles raccompagnent. telle vue L'Apôtre....

un saint un saint Antoine. à cette paix.. et n*a pas laissé de place : ! 1 1 L'Anachorète. de la vie entière Me 1 voir.... Oubli et silence autour de lui !— Le regard de Dieu est le seul astre qui éclaire Prières presque continuelles. jamais !. tourments. à côté d'eux.. mais si imparfaite toujours! dissant. Souriante... aises de la vie 1... Sommeil et nourriture mesurés juste assez pour — — — éloigner la mort. elle incline la tête sous la main du bourreau mourir.. un Suivons-le dans le désert. réparée peut-être. me saint Thomas.. et dont Dieu se souvientl. rêves. Appartenir à un être mortel. un saint Chrysostome.. luttes..... Il le me donnant toutes les faut peut-être !.. Effrayantes mortifications de tous les jours. quelle honte.DIUXliME SKHAINB 132 aux rêves des sens. Sa science est si étendue . saint — C'est Pacôme. c'est être à Jésus « quam pulchra est cqsta generatio cum claritate 1 » Qu'elle est belle cette noble race dans son éblouissante pureté A cette blancheur. Ah ne soyons pas fiers de notre vertu conservée. à cet amour suave. Le Docteur de broise. essayons d'opposer notre âme et notre vie. Hilarion.. ses voies. Mais quelle dérision. si l'on me croit mortifié .. Imagination. de toutes les nuits. C'est un saint Amun saint Augustin. tout ce passé qui m'échappe. si je le crois même I. Oh I qu'il m'est facile de me voir petit et de un faire humble 1 — l'Eglise.

. — Elles auront passé... âmes en quelque 1 sorte fondues et liquéfiées. priant et sou£frant.. inconnues... quel amour. plus duisent-elles ? Quelle Dieu? Mon amourse plus haut. L'influence qu'il exerce sur son siècle et qu'il exercera jusqu'à la fin des temps. Et je me réjouirais. Nous voici à la hiérarchie suprême des âmes.. les yeux en haut.. en voyant mon influence s'étendre à cent pas de distance !.. embrasement de toutes leurs facultés alTectives.. souverain détachement. — L'Ame contemplative. une sainte Catherine. intime. rayonnant Les plus est fait-il ? Ames . témoigne de sa haute valeur. à la lumière de laquelle je me vois grossier et terne.. travaillant. d'une science toujours courte et que l'on trouve d'ailleurs dans des milliers de livres !.. quelles vues. d'une joie inepte. une sainte Thérèse. quelle union !.. peut-être sans fond et sans mérite. Suis-je de la même nature ? Ah que sont mes oraisons et que proî I mon application à sans cesse plus pur. je regarde s'élever cette vision. C'est un saint François d'Assise. Pureté. Quelles ascensions! et de ces hauteurs. plus chaud. lucidité éclatante de toutes leurs facultés intellectuelles . Elles faisaient . effets merveilleux des faveurs célestes. se moulant admirablement dans le cœur de Dieu A genoux.SEPTIÈMB MÉDITATION 133 qu'elle nous confond encore. quels élans Et dans ces étreintes. Et je serais fier de quelque science.

Que d'héroïsme dans certaines vies de pauvres femmes aux prises avec les duretés de l'existence On les voyait calmes... représenter plusieurs fois durant ce jour.DBUZIÈMB SBMAINl 134 paisiblement que nul bruit ne e'en Dieu seul a su les grâces données par leur intercession. — Se la .. et elles l'étaient en effet. Résolution... Nous en avons connu peut-être les valonsle bien si est répandu. D'autres auront récolté la moisson extérieure qu'elles avaient semée.. on les croyait heureuses.. ! .. mais d'une autre manière.. nous? — Retenir une de ces vues.

Se sentir abaissé. vous en retirerez des sentiments d'humble confusion. pour éteindre dans l'éblouissement de sa beauté les vaines lueurs de l'estime propre voilà le but. Nos yeux ont besoin d'une ^attention prolongée pour sonder les mystérieuses splendeurs de l'Etre par excellence. Tous nos sens intérieurs ont besoin d'un grand dégagement pour s'ouvrir à ces vues qui n'ont rien de senet le : sible. et vous mettrez en regard vos lacunes et vos laideurs.Deuxième Semaine SEPTIÈME MÉDITATION *« XIV» KXERCICB bis En Préparation pour face de Dieu la veille. dispose plus qu'on ne le croit à ne se point prévaloir devant les hommes. quel serait le penchant le plus fâcheux de votre nature ou le genre de !• . qui vous suivront dans la vie pratique. Ce contraste est à la fois facile. suggestif et pénétrant. Ménagez-vous demain un long moment de méditation et beaucoup de tranquillité extérieure. dès ce soir. 2* Voyez. anéanti devant Dieu. ^ Vous considérerez une à une les perfections divines. — Evoquer l'infini contempler.

Méditation — Demander la grâce de ressentir une impression des grandeurs divines.. et proposez-vous de le faire comparaître devant celle des perfections divines qui en fera le mieux ressortir l'inaltérable pureté la laideur par le contraste : opposée à nos souillures. qu'elle absorbe tout sentiment de vaine estime personnelle. Le cœur a besoin d'être si pur pour plonger dans vos profondeurs! L'intelligence a besoin d'être si attentive pour écouter vos grands silences I. Goutte d'eau tremblante en face du majestueux Océan. petite lampe des nuits sous les feux du Soleil. mystérieux abîmes.. Nous n'essayerons pas de tracer ici une route qui vous livre à tous.DBUXIÈMB SEMÀlNl 136 fautes le plus humiliant de votre vie. etc. telle De la contemplation des Saints montons à la contemplation de Dieu. la sereine immutabilité opposée à nos inconstances. telle est la sainteté de l'homme devant la perfection de Dieu! Attributs divins.. etc. vous restez fermés à la plupart. et nous serions mal venu d'offrir notre aide à ceux qui ont su trouver le chemin de la lumière. Laissez-nous seulement vous saluer en passant. Prélude. si vous vous entr'ouvrez pour quelques âmes. oiîi la pensée se perd avec un trouble plein de ravissement. laissez-nous mettre en contraste notre petitesse devant votre . la paix souveraine à nos agitations et à nos troubles.

qu'êtesvous?. grandes voix des forêts et des eaux. dont ils veulent faire sentir l'écrasante dimension. vous le pensez et le voulez éternellement. Dieu vous êtes la toute-puissance. nous arrache à nousmême. Ame un rien ! de l'homme.SEPTIEME MEDITATION (ftis) 137 majesté. ce que vous pensez. et je suis l'erreur. qui êtes le concert d«. je suis le défaut. impérieusement ennemie de tout mal et moi. un peu . Vous êtes la beauté sans tache.. Un reflet plus haut de l'éternelle intelligence) mais un simple reflet!. ! . la paix.. l'harmonie.. flots de lumière qui semez de toutes parts des éblouissements. la convoitise.. Vous êtes la sainteté pure. l'empressement. ivres du parfum de mille fleurs.. : 1 d'apparence. Un peu de mouvement. nous séduit.. et j'occupe dans pace un point imperceptible! Vous mesure l'es- êtes la sagesse. sur la terre. le péché Vous êtes l'immutabilité ^e que vous êtes. complète. la . élevée.. vous l'êtes toujours.. le désordre. Cœur de . tièdes haleines du printemps. trouble. sans ombre. ce que vous voulez. génie de l'homme.. n'est qu'un reflet lointain de votre ravissante beauté Voûte du ciel avec ton doux azur et tes pensives étoiles. sans déclin tout ce qui. a nature. qu'êtes-vous?. et je ! suis l'infinie faiblesse! Vous êtes l'immensité. Ainsi les peintres placent un homme au pied d'un grand monument. nous enchante. moi je suis l'inconsistance.. le l'imprévoyance. Mes impressions et mes goûts dépendent d'un nuage qui passe!. l'instabilité.

. regard Regard sur Dieu. perfections se dressent contre nous et nous C'est une injure.. Toutes atteintes toutes ses . Regard sur moi. une profanacondamnent. tu n'es qu'une étincelle auprès de l'amour infini! . « Mon Dieu et mon durant des nuits entières Tout! Mon 2)ieu et mon Tout!!! » Humilité : d'amour et d'adoration. Qu'il — ferait bon : s'écrier alors. honte plus Résolution. — Honte de mes haillons. provoque deux ordres de réflexions et de sentiments. profonde de mon orgueil Dieu ne m'est-ll pas donné pour modèle? Que fautil à ia toute-puissance pour faire de moi un suint ? Beaucoup d'humilité de ma part. en con- traste avec nos inénarrables misères. Qu'elle serait belle et douce... 2° Qu'est-ce que l'offense perfections sont de Dieu?. et ravi!... source de tous nos sentiments . plus de toutes nos générosités haut que tout par ton amour.. 1° Que suis-je près de lui ?. Cette vue des perfections de Dieu. — .DEUXIÈME SEMAINE 138 rhomme. l'humilité faite de ces deux regards regard sur Dieu.. foyer plus grand.. ses — tion. et si je m'y compare : quelle dérision Donc ! sentir le vide de l'orgueil.... mais toujours humble!. regard attristé et reconnaissant. regard reposé sur moi !. une folie. sainte émulation aussi.. comme saint François.

TROISIEME SEMAINE JESUS HUMBLE .

i .

il marche devant nous — — — : — pour nous montrer comment on est humble. Par ses secrets. ô doux espoir! a ses leçons. Esprit créateur. an ciel nouveau. il commente Jes exemples. maître. ô doux commême. il a ses secrets. créez en moi des idées. Il nous appelle pour nous former luidouce initiation. Esprit-Saint. une terre nouvelle. la façon affective. commf . Enseignez-moi Jésus. Par ses paroles. attirons-la rayonnante au grâce est lumière dedans de nous. veux être humble. Il a ses exemples.U TROISIÈME SEMAINE PRÉPARATION A Abordons ces méditations avec respect : Avec docilité Jésus est Jésus est Dieu. sa chaleur en arrive méditons d'une devenir lumière Mais. » Le cœur est un foyer. des vouloirs rajeunis. il nous révèle l'humilité de son cœur « Mitis sum et humWs corde. il réserve cette haute notion à ceux qui sont petits et à ceux qui veulent l'être « Rêve: : lasti ea parvulis. » Toutefois. » Je Jésus et par lui. plus que le cœur. Par ses exemples. il merce. « donnez-moi de Jésus : De meo accipit et annunparfois à : — : tiabit vobis. Avec confiance : Jésus est bon.

Assurément. Nous n'aborderons que celles-ci. dégageons-nous de certaines persuasions confuses qui représenteraient les actes et les sentiments de Jésus comme trop en dehors des conditions où nous sommes. Mais si les horizons lointains se dérobent à notre regard. Elle la pratique de cette vertu. . l'état où se trouve élevée l'âme de Jésus par son union personnelle avec le Verbe est si différent du nôtre qu'il nous est impossible d'en préciser la nature et les lois. pour Afin de permettre àces méditations d'exercer sur nos résolutions toute leur influence.142 THOISlàlCX SEHAINB Cette semaine nous fera arancer dans la connaissance de l'humilité. Deux questions principales s'imposent à nos préoccupations en face de Jésus souffrant et humilié. — en étendant encore nos horizons. Lui qui était plongé dès ici-bas dans la vision béatifique? Pouvait-il avoir sincèrement de bas sentiments de lui- même. pour qu'ils puissent nous servir d'exemple. en mettant dans un plus grand jour les vérités déjà méditées. Puisse-t-elle transformer véritablement notre cœur. Lui qui se savait si grand ? A l'extérieur. pour de là transformer notre viel et nous animera. Les expressions même nous manquent. de toute la force de l'exemple le plus autorisé. l» Souffrait-il réellement. les régions prochaines lui restent accessibles.

raissent mais régnaient-elles au dedans? Ces faits ne se produisaient-ils pas. n'est point une simple apparence elle n'est point non plus un exemple hors de ma portée. . mille fois non l'humilité de Jésus. Jésus avait. rhumiliation et la souffrance appa- évidentes. parce qu'ils se trouveraient en dehors des conditions de ma nature? oh non. comment ma vie de l'atteindre ? Laissez-moi tomber à genoux devant ces prodiges pour les admirer mais ne me demandez pas de les en contempler la serait-elle capable : reproduire. uniquement. qu'un décor... je ne suis qu'une pauvre petite créature. II Quoi l'humilité de Jésus ne serait qu'une apparence.. le tout-puissant.. C'est à peine taille si mes regards peuvent s'élever assez haut pour grandeur. si ces humiliations et ceg souffrances furent réelles. si ces exemples sont réels.PRÉPARATION il 143 est vrai. sans quoi le Dieu de vérité nous tromperait! le Dieu juste nous entraînerait à subir douloureusement des humiliations dont il n'aurait point souffert lui-même le Dieu sage nous imposerait un fardeau que I I I .. Son humilité fut de sa comme tout le reste. dans le but de constituer en notre faveur le grand enseignement des exemples? 2» En tout cas. ils n'appelleraient pas mon imitation. mon frère.. et moi.. le fort par excellence. . pétrie de faiblesse!. pour les supporter toute sa vertu divine : Il était Tinfini. qu'un modèle sans vie? Quoi.

seules des épaules divines sauraient porterl. Jésus. nuances ... Il fallait. lonté de fils soumis. . ces deux conditions : sentir dans son cœur accepter librement dans sa vod'homme. ainsi sang. elles moindres sont moins . elles voient de plus loin. elles saisissent les plus constantes. sentait plus vivement. nos nerfs. !• Ne sait-on pas qu'une plus grande souffrance est dans la vie le partage des natures . plus vertueux que nous. nous le verrons bientôt. de volonté. pour que son humilité fût une vertu.tROISlilIS SBMÀINt 144 m . de sensibilité. III Deux grandes différences s'accusent néanmoins entre sa manière de sentir et la nôtre mais ces deux différences ne font qu'ajouter à la force de l'exemple. Jésus. en effet. était douée d'intelligence. et il acceptée l'a comme une chosejuste. acceptait plus filialement. L'âme de Jésus ressemblait à notre âme comme son corps ressemblait à notre corps. plus affinées. nos organes que la nôtre. mieux doué que nous. et pour que ses actes eussent un et accepter : — sentir réellement mérite. Ils étaient faits l'un et l'autre des éléments qui nous constituent nous-mêmes: son corps avait notre son âme.nos sentiments humains palpitaient dans son cœur. Jésus a senti la honte de rhumiliation avea cette répulsion naturelle qu'inspire le senti- ment de la dignité personnelle . Si notre sang humain coulait dans ses vwnes. d'élite? Plus hautes.

ce n'était pas la Divinité qui sentait mais la nature humaine.. le droit d'être admirés. non le Dieu. : la souffrance et il l'aima : « Desiderio desideravù » Mais alors où est son mérite. ces exemples laisseront toujours bien loin en arrière notre traînante imitation et ce n'est pas seulement par la grandeur des actes qu'ils la dépasseront.. ils le furent librement comme douloureusement. Ne dites donc plus point Dieu. je ne puis faire ce que fait le ToutPuissant. Depuis quand l'amour qui rend tout facile sera-t-il donc regardé comme une diminution du mérite ? Donnerons-nous moins de reconnaissance à une ^fection très vive qui se fait un bonheur de panser nos blessures ou de nous sacrifier ses joies? Depuis quand la vertu qui. mais aussi par la perfection de l'offrande Jésus alla au-devant de : . elle aussi.. si rien ne lui coûte. pliH il aura souffert. Ainsi.. rend tout facile.* l'amour divin et la vertu feraient baisser la valeur de nos actes I 3« Si les actes de Jésus furent déterminés par son immense amour. s'il fait tout par amour?. mais le Fils de rhomme . ce Jésus adoré. ! : mmuurà. Vous avez devant vous. Quoi à mesure qu'ils grandiraient. sachezle bien.{PREPARATION 14b ca fiables d'oubli. caren Jésus. plus il aura le droit de nous donner ses actes et ses sentiments comme de vrais exemples 2° Sans doute. et c'est Lui qui est offert à votre imitation. a-t-elle fait perdre à des actes accomplis avec aisance. cette nature plus sensible que la nôtre et plus accessible encore je ne suis à la souffrance. — 10 .

Troisième Semaine PREMIERE MEDITATION XV« EXERCICK Enfance et vie cachée Humilité d'effacement — Ce sont les faits Préparation pour la veille. et il se tait. elle dépouille l'homme de cette encombrante préoccupation de soi qui intercepterait l'action .. il a une lèvre éloquente ner dans son jeune cœur le zèle le plus ardent. Trente ans sur trente-trois quelle préfé?ence marquée Jésus est venu pour parler aux Aommes et il est près d'eux. de sa Présentation. : I I . c'est l'humilité qui prépare le succès .. Y aurait-il mieux que de sauver donc quelque chose de âmes ? ou plutôt pour les sauver les âmes. qui vont parler d'abord c'est sous nos regards que l'humilité de Jésus va se produire dans la douce lumière de sa vie cachée. Quoique petit enil sent bouillonfant.. y aurait-il des moyens plus puissants que de se montrer et d'agir?. à travers les émouvants mystères de sa Nativité. 1° Oui.. puis le long de ces années monotones qui s'écoulent lentement dans les obscurités voulues de Nazareth. de sa fuite en Egypte.

147 PREHiiRI MEDITATION divine. et. nous parcourrons avec tendresse les textes sacrés. Heureusement la vertu chrétienne trouve dans son amour pour la gloire de Dieu un mobile à . c'est délicieux! Marie. par suite. Gomment ne pas lui accorder ses préférences : quand on a le cœur plein d'amour? Demain. c'est le lieu oii elle est à l'aise. ô Joseph. C'est sa place choisie. et comme amolli à l'égard de tous. heureux et seuls témoins de ces anéantissements.. il faut à la nature humaine de longs espaces. 2° L'humilité vraie tend d'ailleurs à l'effacement. Mais pour une telle réforme.. Jésus avait besoin de l'enseigner à notre empressement. tandis qu'au dedans elle dent le cœur tendre. » 3° Et puis cette retraite sacrée. ô anges. et elle y demeure tant que la voix de Dieu ne l'appelle pas à en sortir « Ama nesciriy aimez à être inconnu. elle s'y porte de toute sa force quand rien ne s'y oppose. remplis par de nombreuses victoires. — . elle rend insensible à ce qui est dur et déconcertant. pleine de silence. qui nous racontent cette période tout imprégnée de douce humilité C'est calme : c'est touchant. n'est-elle pas comme un sanctuaire oui Dieu se révèle et se donne plus intimement?. prêtez-moi vos yeux et vos cœurs... à l'intérêt public ? Ce serait vrai si l'ambition était le seul mobile capable de former de grands caractères et d'inspirer de grandes actions. pour que je contemple Jésus humble ^ 1 La tendance à l'effacement n'est-elle pas contraire an développement des grands caractères.

f4â tftOISliMK 8ËHAIN1 Méditation ^ — Premier prélude. de comprendre qu'un tel abaissement. l'a choisi. ceux qui vont suivre appartiendront à THomme-Dieu. .. la chair infime de l'homme. Lisez. Ils se rapprochent jusqu'à s'unir. devait être surtout ma ciel . et Jésus n'aura ni demeure ni berceau. I Et Verbum caro factura est. Cette vérité est d'ail- leurs mise en lumière dans la 5* semaine. par exemple la vie des fondateurs d'ordres religieux. cacher le Verbe dans la chair. Deuxième prélude Demander la grâce de sentir vivement l'amour de Jésus pour tout ce qui tient effacé. Comparons les deux termes le Verbe. et la chair. Ce mot factura est^ ne semble-Ml pas emprisonner. contempler en bas rhurailité d'une étable abandonnée. et comme l'y anéantir Exinanivit semetipsura ! Ce premier acte appartient à Dieu seul.. — leçon. il : : : . qui n'était point nécessaire. Il -l'a voulu. en face de ce pauvre coin de terre froide où descend le Sauveur. Entrevoir en haut les splendeurs incréées. Le voilà dès avant sa naisexiil subit ses sance soumis à un maître gences. poussière animée. Se représenter le contraste du immense et rayonnant où règne le Verbe. Edicturaa Cœsare. César aura un sujet de plus. la fois plus puissant et plus noble. lumineuse image du Père.

c*est la petitesse : invenietis infantern. nul ne s'occupe d'eux. L'auge où mangent animaux devient son berceau une poignée de paille soutient et entoure son petit corps si tendre. Le signe qui révélera le Dieu sauveur. ils furent rebutés. C'est chose toute naturelle : ils étaient pauvres. Jésus ne quitte — — — — l'élable voisine. 149 Non erat eis locus in diversorio. RecUnavit eum in prœsepio. Dieu que les bergers ne parlent pas ? Est-ce par simple permission? Peut-être parlèrentils? mais alors ils ne furent pas écoutés: c'étaient de trop petites gens. Les bergers l'adorent et s'en retournent. Est-ce par ordre de Jésus reste ignoré.. Ils vont à Jérusalem.. In prœsepio^ comme un faible agneau dans son nid de paille. Aq Temple.. de pauvres gens. Doux Enfant endormi dans la crèche. II Postquam impleti sunt dies purgationis. que pour dans une pauvre maison Les anges l'ont proclamé le Messie .. n'ont point écarté les voiles dont le — aller mais ils couvre l'humilité. parce qu'il les : — est humble. Il les préfère.P&EMliRB MÉDITATION . voilà ceux qu'il honore de sa première audience. ils sont seuls. vous semblez reposer dans l'humilité ! Pastores erant in regione illa : des pâtres. Quarante jours sont écoulés. cependant.. des prophètes les . un petit être sans parole et sans regard. Et hoc vobissignum.

nul n'y accompagne les mages Quel prodige d'indifférence Surge. Le retour en Galilée est aussi dépendant. vénéré du peuple. lève-toi! prends V enfant et que Dieu veut faire pour son fils!. aussi obscur et aussi humble. et quand les mages viennent le chercher à Jérusalem. et né à Bethet nul léem. ne le connaît — même pas I La caravane des fils de l'Orient trouble durant un jour le repos de la cité.TROISIÈME 150 SBMAIM accueillent : Siméon. avec ses deux ou trois rues où ne passe jamais un étranger dans le silence de : .• ses maisons. qu'interrompt seulement» de loin en loin. Bethléem est à deux lieues de là n'y court. le déclare la lumière des nations. La science déclare que le Messie doit être né. le bruit monotone de quelque instrument de travail. C'est l'éclat d'un instant et le voile de l'humilité se referme aussitôt sur lui . Et dans ce milieu obscur où (es iours e^ les lieures s'écoulent lentement. Songeons aux ressources de la toutepuissance et admirons en Jésus la volonté bien arrêtée de n'être compté pour rien.. et Anne parle de lui à ceux qui attendaient le Rédempteur d'Israël. fuge. fuis\ Voilà tout ce III Nazareth se montre à nous avec ses longues années d'oubli Petit village perdu au milieu de la verdure. Au milieu de la nuit une voix . ! ! — retentit: Joseph.. . Jérusalem. qui l'a reçu dans son Temple.

le détail de chaque journée.. non plus.. à l'infini. mais tous les jours de ma vie. Elle voit ce qui se passe. attendre main. voilà sa vie!.. Que trouviez-vous donc de si délicieux au fond de l'oubli. pour m'apprendre à en garder l'esprit. elle entend ce qui se dit. ayez pitié de mon orgueil qui m'égare et me tourmente! Habituez-moi à vous aimer assez pour que l'oubli des créatures ne me soit point amer. ne le révèlent pas.PREMIERS MEDITATION 151 ignoré de ceux qui Jésus. devant l'âme qui refait. Les perspectives se déroulent. par la méditation. Marie el Joseph sont là pour l'adorer. elle contemple comment tous ces actes sans éclat créent sur la terre la véritable humilité.. sortir de reffacement et de la que Dieu me prenne comme par la ... de ceux qui Tentendentl. votre volonté de l'anéantissement est d'une évidence et d'une persistance qui impressionnent ma raison et mon cœuri Jésus. pour n'en vouloir point sortir? Vous y trouviez l'infini car l'ombre le fait rayonner et le silence le fait entendre : 1 Résolution.. Vous prolongez durant trente ans ce long enseignement. non par occasion et de temps en temps. — Pour retraite. vérité et vie. voie... Enseignez-moi à m'effacer pour que j'attire vos regardsl Défendez-moi contre le désir empressé d'agir et de réussirl. le cadre des lieux. Tout ce qui convient à un enfant dans une famille pauvre.. Seuls. reste l'emploient. Jésus.. Dieu anéanti. mais eux.

Cette vertu tend de toute sa force à l'effacement. Etre humble au sein de l'effacement est relativement facile mais rester humble au milieu de l'action demande une vertu solide et de sages précautions. — Humilité d'action Premier point: L'humilité de Jésus fut simple. est uo : .Troisième Semaine DEUXIEME MEDITATION XVI* EXERCICE Vie publique. Pour profiter pleinement de cette méditation. comprenons bien que dans la vie active. Thumilité change de rôle elle n'est plus effacement. elle se replie dans le cœur sans se diminuer en rien. et leur communique ce cachet de simplicité et de désintéressement personnel qui fait leur puissance. toujours active. Alors. mais vient-elle à rencontrer une volonté de Dieu qui s'oppose à ses préférences. — Préparation pour la veille. point : Elle fut — Deuxième magnanime. nous l'avons médité. dans ia simple vue du bien que l'on fait. mais sauvegarde. Se complaire dans la louange. elle reporte son utile influence sur l'exercice : des autres vertus.

Si je vous aime. avec elle. vous mettre à ma place et vous mettre en moi. Voyons-le s'acheminer vers le Jourdain. où il subit le voisinage des bêtes fauves et le contact du démon. parler et réussir? Ne convient-il pas d'en imposer par son attitude? Jésus. libres I. — Son tout le Son ahord ne pré- . Suivons-le ensuite au désert. hélas. vous m'éciairerez de votre exemple. Contemplons Jésus quittant Nazareth sans bruit. n'est-ce pas l'idéal de l'humilité dans la faut-il pas d'ailleurs se vie active? o^ Méditation — — Premier prélude. il me ^era facile de le suivre et de ne plus prendre le change. se laissant tenter comme une âme capable de faiblir. charme de la simplicité. L'humilité de Jésus fut simple. mune? Ne n'est-ce 153 en soi-même à mesure et changer d'attitude pas. L'humilité de ses trente années obscures ne lui suffit pas il veut commencer son ministère par des humiliations plus apparentes. agir. comme il y a vécu. — Demandons la grâce d'être de toute vaine assurance en nos ressources personnelles et de toute dangereuse complaisance dans l'estime qu'on nous témoigne. n'agir que pour vous et par vous. se mêler à la fouie des . — Deuxième prélude. humilité a tout l'éclat de la vérité. Jésus. Composition du lieu. et recevoir le baptême des pécheurs. — publicains. la règle com- montrer.DIUXIÈMK MÉDITATlOlf poison que si subtil 1 S'élever s'élève la position.

tout est d'un naturel fait: Jésus ne pose pas. les usages. ni de leurs aumônes. Qu'il regarde. que tous le comprennent. qu'il attire à lui. travail. l'angle d'un carrefour.. sont légèqu'il par- — C'est le peuple en cosce sont les petits enfants et leurs mères. et il est sans pitié pour les orgueilleux pharisiens! Il ne leur tient compte ni de leur probité. le bord d'une barque. Rien n'est plus éloigné de la recherche que ses discours. . les idées mêmes du peuple. parle ou qu'il agisse. sa démarche est modeste. Son langage est si simple dans son élévation. il laisse si bien voir la vérité elle-même. souvent les personnes perdues de répuceux qu'il préfère. Voilà qu'il relève. ni soins. que les gées. lui suffisent. un tertre de gazon. il a des trésors d'indul- gence. : — mots semblent disparaître. ni de leurs prières prolonLa vertu inspirée par l'orgueil lui est en horreur. il n'exige ni temple. ni de leur respect pour la loi. Comment se trouve-t-il dans ce même cœur tant de répulsions indignées? Jésus a la haine de l'orgueil. Son entourage.. de pauvres femmes pourvoient à ses bePour prêcher. pour reposer sa tête : de pauvres gens le reçoivent dans leurs maisons. sa tête rement penchée en avant. tation.TROISIÈME SEMAINI 154 sente rien qui étonne. 11 est si limpide. Ses vêtements pauvres. Il emprunte les expressions. Sa vie est un dénûment de tous les jours il n'a pas une pierre à lui. chaire. ce sont aussi les publicains mé- tume de prisés. Pour eux.

Il guérit les malades. comme elle est simple! Jésus habituellement ne manifeste rien d'extraordinaire.DEUXIÈME MÉDITATION 155 Et sa vertu. — II. Ecoutons le divin Maître nous le secret « C'est mon Père en moi qui fait ces grandes œuvres. se montre. L'humilité de Jésus fut magnanime. un instrument ne peut ne doit pas — s'enorgueillir! L'humilité. — . ni réserve . Dès que l'heure marquée par son Père a sonné. Admirons cette magnanime humilité qui affranchit l'âme de toute pusillanimité et de toute hésitation. il fait ces grandes choses comme naturellement il ne recherche pas les honneurs. Un instrument résister. Sans doute. elle inspire désir du bien qui a Dieu seul pour objet . ressuscite les morts et apaise les tempêtes. ne permet ni refus. Jésus sort de l'obscurité. et une confiance qui attend tout de lui.. il se retire sur la montagne. Quand il veut se livrer aux longues méditations. Il entraîne les foules et fait trembler les pouvoirs publics. monde. parle et — s'entoure de disciples. » Jésus s'attribue en révélant le rôle : — de simple instrument. il ne fuit pas les opprobres. L'humi- elle un .. tout le il il mange a des heures de fatigue. sa parfaite vertu se trahit partout mais elle est pénétrée de tant de naturel qu'elle n'étonne pas. quand elle est vraie. Devant une volonté supérieure. il paraît indifTérent aux uns et aux autres. Or. semblable à ces monuments dont l'harmonie dissimule la grandeur. — . rend le cœur généreux. et boit - !1 mène une comme — vie commune.

le voir sans cesse. Que Dieu seul paraisse. — Cet exemple nous portantes. et que le sentiment de notre inutilité aille grandissant avec le succès de nos I ! I œuvres. » baiser ses I : — Dans le bien que je suis appelé à Béiolution. Sur la fin laissait les de sa vie. Jésus se présente et parle avec autorité. tanpotestatem habens. saint François d'Assise foules s'agenouiller devant lui et stigmates sacrés. ne fût-ce que par une fugitive complaisance. ni de ces formules d'humilité qui contiennent souvent un orgueil quam condensé. oublions-nous. donne des leçons im- Quand nous remplissons une mission. et que les âmes soient sauvées N'est-ce point attirer l'attention que de trop répéter qu'on est incapable et indigne Il s'agit Prétons à Dieu ce que nous bien de nous tenons de lui. Un Frère lui en témoigna son étonnement: « Ahl répondit le Saint. Dan- faire.T&oisiiMX simàink 156 lité qui n'aurait pas ce caractère serait fausse ou incomplète. me — rechercher moi-même. ger de . Il n'a point de ces timidités qui sentent la préoccupation personnelle. je ne m'y trompe point Ce n'est pas mbi que l'on vient voir ici je reçois ces hommages. Il se présente pour ce qu'il est. il dit ce qu'il a mission de dire. faisons-nous oublier. ne voir que Dieu. et je les rends à Dieu.

Posons-nous résolument en face de la question si naturelle. nous avons contemplée douce et vaillante. mais le l'y demain et lesjours suivants : sentiment. — la vision béatifique. tations qui précèdent de Jésus dans ses manifestations extérieures. infini comme Dieu et parfait comme homme.Troisième semaine TROISIEME MEDITATION XVII» EXERCICK Humilité du Cœur de Jésus Humilité d'anéantissement — Premier point : Mystère de cette humilité en Jésus. Préparation pour lité — Les deux médinous ont montré Thumi- la veille. pouvait-il avoir de bas sentiments de lui-même. qui font . et nous la découvrirons profonde jusqu'au mystère. la certitude. soulevée au début de ces méditations Comment Jésus. la persuasion. car enfin les actes extérieurs trouveraient à la rigueur quelque explication qui les justifie. nous la chercherons dans son cœur même. Deuxième point : Humilité produite par le sentiment de Troisième point : Humilité entretenue par son néant.

Premier prélude. ô Jésus? Auriez-vous donc.. rbumilité soit une humilité de cœur. ! poids de cette écrasante révélation d'humilité. qui vivez en moi par votre grâce sanctifiante et qui animez tous mes actes par votre grâce actuelle. et même qui s*y complaise. vous tirer les conclusions légitimes? me le ferez Je vous comprendre demain. Je veux que. pour être humble. Jésus. ne serai-je pas contraint de devenir humble à mon tour? Tiendrai-je ma tête haute quand je vous verrai abaisser la vôtre. paraissent contradictoires? vous me Sous ferez le le comprendre demain Jésus. assez inconséquent pour n'en point Jésus.. sous la clarté discrète des étoiles. moi. avec délices. Faitesvous aimer et faites-vous suivre. à genoux. Méditation — — Me Composition du lieu. demande encore de me toucher après m'avoir convaincu. mais où l'on vous trouve. noyé dans la contemplation de Celui qui est. une humilité qui incline à l'abaissement. — .TROISIÈHB SEMAINE 158 l'humilité. plus de motifs que je n'en ai moi-même . les yeux au ciel. chez moi aussi. Amenez-moi avec vous dans ces profondeurs du détachement oii l'on s'oublie. représenter une de ces montagnes ombreuses où Jésus aimait à prier. faites vibrer mon cœur des transports du vôtre pour l'humilité. Le voir. assez aveugle pour ne pas les distinguer. la nuit. ou bien serais-je.

Jésus. les mobiles sont la même. — I. vous n'en avez — I . fices. Prions le Saint-Esprit de répandre sa lumière sur notre raison.. qui est son âme et que remplissent l'adoration et l'amour dans l'étendue de son humilité. pour l'arracher vous avez rêvé les plus grands sacripas trouvé de plus grand que celui de votre honneur. vous avez vu que l'orgueil est le plus grand mal de rhumanité et sa plus dangeet le ravir. dévoué comme un Sauveur. C'est donc ce Cœur que nous allons méditer maintenant.. Or. et adressons-nous à Jésus luimême pour apprendre enfin le secret de son humilité. ce Cœur d'où partait le vouloir de l'humilité ce Cœur qui en savourait les amères délices.. Donner sa vie est plus facile. vous vouliez être aimé! Pour toucher mon cœur. Pénétrons dans ce sanctuaire comme dans un temple aux profondeurs mystérieuses. par le profond sentiment de la part prédominante de Dieu en tout bien.159 TROISIÈME MÉDITATION Pénétrons avec un saint respect dans le secret de ce grand temple. Mystère de cette hamilité en Jésus. — à ces obscurités saintes mobiles restent cachés vertu : . les or. Habituons nos regards : .. C'est donc a Vamour de notre amour » qui vous fait humble!. — Deuxième prélude. Demander la grâce du dégagement de l'estime propre. les actes se voient. Jésus sage comme un Dieu. Rappelons-nous cette parole du Maître 3e suis doux et humble de cœur. cœur d'amour.

..té. sa parole persuade.. je parcours tous ces nobles motifs. Il Toit en haut les . De cœur! je l'ai bien entendu..ÎROISIÈMK SEMAINS 160 reuse tendance.. mais vous dites je suis humble de cœur. Tamour et la sagesse y conduisaient vos pas. le plus près possible?.. parfait. beau des enfants des hommes. n'est-ce pas le sentiment de sa petitesse. C'est donc. ô Jésus... Lentement... Comment n'y céderais-je pas? Comment ne me ferais-je pas humble.. Son esprit est exempt d'illusions.. ô Jésus. sa bonté entraîne. Humilité produite en Jésus par — le senti- Commençons par nous ment de son néant.. pour vous aider à me sauver. plus je m'étonne de vous voir humble : — I Ah I me s'il ne s'agissait que d'actes extérieurs. Mais.... Les vertus et les dons brillent en lui de leur suprême éclat. C'est le plus faire de lui une ravissante image. le devoir de l'exemple qui vous fait humble!. Et. et vous êtes la vérité mênrel... Son cœur est maître de tous ses mouvements. l'humilité de cœur... pour nous entraîner dans le chemin de rhumili.. nulle imperfection ne le dépare. pour vous prouver que je vous aime.. pour être près de vous. Son imagination est belle comme la poésie. je les médite avec une tendresse émue.. plusje vous découvre sage.. vous vous êtes dit Je m'y jetterai moi-même. Sa chair est pure et sainte. et j'irai si avant qu'ils rougiront de ne m'y point suivre. saint.... cependant. et vous êtes si grandi je l'expliquerais : : — II.. Son — regard ravit. bon. Nulle tache.

tant il porte de néant dans ses entrailles! Représentons-nous cette âme adorable disant.. pleinement conscient de Nullement! toutes ses grandeurs. -t •' BtMtLrr* — lit .. — Que voit-il donc? — Cette dignité divine... bien avant sainte Catherine de Sienne: Je suis celle qui n*est pas. reconnaît avec une netteté lumineuse la petitesse de sa nature humaine.TROISIÈME MÉDITATION 161 anges prosternés devant lui. au milieu de tout cela. tant le créé demeure fragile.. : Est-ce par l'effet d'une miraculeuse iUusion ? Jésus.. Et.. ces paroles donnent le vertige. sa science qui s'étend à tout le créé. et dans l'avenir toutes les générations baisant la trace de ses pas. à toute heure. en bas la création obéissante.. qui en est revêtue. Que dire des attributs relativement infinis que lui reconnaît la théologie : la transformation de son âme qui épuise l'idée de la grâce. elle retomberait dans ce néant. dont il jouit. et. Jésus est humble. qu'un vêtement splendide. à toute heure. mais surtout sa Dignité absolument infinie le corps et Tâme subsistant dans l'unité d'une seule personne. et font passer devant DOS yeu3ç l'image insaisissable du néant.. et ce vêtement est un pur don qui repose sur un pur néant. celle du Verbe..» Tombées de si haut. entraînés dans son orbite et recevant les mêmes hommages d'adoration : quel éblouissementl. elle n'était soutenue par la toute-puissance. si.. Cette âme. tous les plus beaux dévouements s'élançant à sa suite. n'est hier n'existait pas. même chez un HommeDieu..

essayons de faire cette vision de foi : Dieu infini et pous . même pour elle. Considérons notre divin Sauveur sur terre jouissant de cette vision béatifique. il devient une illusion : il n'est jamais le vrai» Si un Saint du ciel revenait parmi nous en conservant la vision béatifîque.. sa vue s'arrête et sent cet au-delà qui s'en va infiniment. il pourrait par miracle mériter et souffrir. aux lointains inaccessibles. comme un nuage brillant. Quel spectacle que ce face à face du Verbe avec la nature qu'il s'est associée L'âme plonge ses regards étonnés et ravis dans les profondeurs de cet océan. cette âme unie au Verbe ne comprendra l'on n'est pas ne l'on 1 vit — I pleinement le Verbe Que les hosanna de la foule passent ici-bas autour de son front. il ne pourrait être orgueilleux. De toutes parts.. même à travers les siècles de l'éternité. Sa pensée plane plus hautl I I A — défaut de vision héatiûque... la vue de Dieu et de son propre néant dans une vision unique. e* béatifîque — humble Pourquoi? Parce que pas sans cesse dans cette pensée pénétrante qui seule impose la conviction et impressionne le sentiment. et puisant dans cette lumière sa profonde humilité... son cœur ne se révolte pas !. L'orgueil commence par être un oubli. ne le quittant jamais. Humilité entretenue en Jésus par la vision On sait que l'on est un néant. Jamais.162 tHOISlÂME SEMÀlNt III. son front ne s'élève point Que les crachats souillent son visage.

sorte de néant en tout et toujours. Voir Dieu en tous nos succès. surtout à l'oraison. Ne retrouvons-nous p*s cette vision dans les grandes âmes des Saints? Ne la rencontronsnous pas dans certaines âmes ignorantes et simples? A quoi nous servent donc nos lumières qui dépassent les leurs? Nous savons notre néant. Renouvelonsla. — elles le touchent.TROISIÈME MJDITATION 463 toujours infîni. — Quelle douce manière de nous préparer à la 1. .. elles le sentent.. que nous en arrivions à nous Vy voir oublier nous-mêmes. devant lui. et si bien. nous. quand nous nous mettons en la présence de Dieu. Que ce soit au ciel ou sur terre : qui voit Dieu est humble vision béatifique de l'éternité 1 — Résolution. elles le voient. Rendons-nous cette vue familière . qu'elle pénètre tout notre être moral.

nous ne l'avons pas! L'inclination à nous mettre bien bas. et l'on voit au contraire l'innocence douter d'elle-même et se mépriser. les âmes coupables sont précisément les plus réfractaires à ces sentiments. pour petit Remarquons-le bien I : qu'il soit. tant il est vrai que la vue claire des choses demande des yeux purs. fini. hélas tout entière des mains de l'homme. est que le une laideur néant.ÉCLAIRCISSEMENTS Sur Méditations qui vont suivre les trois L'humilité que nous avons envisagée hier est celle qui convient à tout être créé. mais c'est sous des traits bien différents qu'il se présente à nos idées et à nos goûts. L'humilité d'abjection. « Les cœurs purs verront Dieu ». nous ne la comprenons décidément pas! Le profond et complet sentiment de notre vileté. Elle eût été la d'Adam au Paradis terrestre. tout mal. elle est faite. c'est et descend plus bas sous cet aspect qu'il se présente à la raison qui réfléchit. L'humilité d'abjection celle de la laideur et de est essentiellement la bassesse vile . elle est uniquement l'œuvre du péché. dit l'Evangile . elle ne saurait convenir à un être sortant des mains de Dieu. mais ils verront la les plus I . en quelque sorte celle de notre béatic'est le sentiment du néant devant l'in- disposition elle sera tude . nous ne sentons pas Remarque frappante.

. constitue spécialement IMiumilité de l'homme déchu. Devant un tel spectacle. pour sortir enfin de persistantes ! Que tenter pour s'élever au-dessus de ces vues naturelles? Il me semblait avoir bien senti la force des méditations précédentes. mais que c'est même simple conviction!. C'est une formule qu'on se dit à soimême. la laideur de ce qui lui est opposé le mal.. si avili.ÉCLAIRCISSEMENTS. Il se fera l'homme des humiliations. rêve.. Mais Lui de pas cela! Ces humiliations. Persuasion. : . Là encore. humain! Que faire. plus peut-être que l'homme des douleurs. souvenir.. je — opprobres. ces ô illusions mon Dieu. formule. et notre main agitée cherchera à écarter de son front l'odieuse couronne s'écrier: des Ne les mérite! mystère!. que nos yeux s'ouvriront forcément.. Voir en soi la laideur du mal et se juger d'après cette vue. l'on ne retrouve en soi que le sens aussi. mais cette persuasion est tellement opposée à l'opinion commune qu'elle nous abandonne au sortir de la méditation. ETC. Jésus se présente comme notre lumière.. expliquez-moi ce fais — . devant les humiliations vraies. Maître. tout a disparu quand l'occasion se présente et. notre cœur attendri le plaindra. 165 par contraste. C'est comme un rêve de la nuit dont on garde à peine un souvenir vague et inefficace. et voilà que ce n'est pas seulement le courage qui me manque pour être chrétiennement humble. il se la montrera si abaissé. mais sans y bien croire.

sera comme une sorte de tableau des humiliations de Jésus durant sa Passion. Parcouronsles avec cette persuasion que. •— Deuxième point: Troisième point : HumiliaHumiliations intérieures. il aperçoit ce qui s'étale au grand jour et il reste étonné. 4'uii saint Jean de )a Croix. — Cette méditaPréparation pour la veille. La Passion. nous ne distinguerons jamais que les bords de cet abîme. Nous nous appliquerons à les bien constater et à les sentir pour en être impressionnés. il le médite et il reconnaît qu'il ne voyait rien.Troisième Semaine QUATRIEME MEDITATION ZVIII* EXERCICS Humilité d'abjection en Jésus-Christ Premier point : Humiliations extérieures. d'une sainte Catherine de Sienne. — tions spirituelles. renferme de tels excès d'abaissement que l'esprit humain n'en saurait sonder les profondeurs. d'une sainte Thérèse. malgré nos efforts. Que serait-ce si nous avions l'âme d'un saint François d'Assise. nous découvririons tion . en effet.

je n'ai point ces vues. dans notre esprit. que si nous avions anxieusement parcouru nos propres misères nous aurons mis en notre cœur. au fond de notre être une image saisissante de Jésus humilié. ô Jésus. je n'ai . cette âme qui voit et qui sent! Votre Esprit-Saint peut seul me les donner. aimable! Cette méditation ne demande pas précisément des retours sur nous-mêmes son but est plutôt de mettre sous nos yeux. une beauté morale. qu'elle s'y imprime dans la vivacité de notre amour! Formons-nous une âme tout imprégnée de Jésus. je le soupçonne. si beau sous vos humiliations car il y a là. Dites-lui. . si ravissante qu'elle jette sur l'humiliation même un éclat qui la rend : 1 . : Jésus. nous foulerions aux pieds Comme pasl tout de la terre. tout l'amour que nous avons pour .^ QUATRIÈME m4dITATI0N 161 un Jésus humilié que nous ne connaissons eux. Jésus. et nous arracherions de notre cœur la dernière fibre sensible à l'estime l'orgueil vaine. pour cette vertu.. Qu'elle y pénètre dans la sincérité de nos réflexions. et nous aurons plus fait pour le développement de notre humilité personnelle.. oui. point cette âme. de dissiper toutes mes idées fausses. dites-lui de faire son œuvre qui est de vous révéler Je désire tant vous connaître Vous devez être si beau. si étrangement haute que je ne puis la saisir.

. ies apôtres. à un maudit de Dieu.TROISIÂMI SEMAlIfB 168 [i^ » Méditation — — ParPremier prélude.. qui vit les humiliations person: nelles de l'agonie. Demander la grâce d'une résignation sincère et douce dans les humiliations- — I. si jaloux de notre indépendance. courir rapidement les endroits témoins de la Passion Gethsémani. la trahison de Judas et l'abandon — La maison de Caïphe et celle d'Anne. cloué. disons le mot. — — Deuxième prélude. brutalement. (3 prétoire de Pilate. Parcourons rapidement tous les genres d'humiliations qui nous seraient particulièrement sensibles. flagellé. Nous. la mort. Présentonsnous devant Celui qui fut Vopprohre des hommes et le rejeté du peuple.. C'est un torrent débordé qui roule sa victime dans les eaux de l'abjection. Dans sa dignité d'homme libre. II. Humiliations extérieures. Ses ennemis se jettent sur lui. le garrottent. le traînent en prison. entre deux voleurs.. le Calvaire.. La salle de la flagellation. à un être bas comme la poussière. de ses vêtements. Oh! quand on — la menace simplement!. le palais d'Hérode où l'injustice t la haine s'acharnèrent sur Jésus. Il nous est montré semblable à un lépreux. — Jésus fut humilié : — \. Composition du lieu. Dans la dignité pudique de son corps. — Dépouillé . qui nous révolteraient.. la voie douloureuse. sous les yeux de tout un peuple !.

soufflets. les Pharisiens lui crient en ricanant « Si tu es le Fils de DieUf descends de la Croix. et xient grossièrement en le frappant de son sceptre dérisoire! VII. crachats. Au Calvaire. devant ces outrages? — Que font — Injures. sur la croix. « dignité de Dieu.. V. : — VI. ses .QUATRIÈME MÉDITATION 169 — nu. On couvre yeux d'un bandeau on lui frappe sur le dos. Voyez-le revêtu d'un vieux lambeau de pourpre. » — : — 1 . Dans sa dignité royale. si troublés quand haies de curieux. sur la tête Devine qui l'a fait!. car il s'est fait le Sa condamnation à mort.. un roseau à la main. les hommes — IV. basée sur ce n^otif. on lui en donne le costume on le fait passer lentement entre deux Et nous. » Ah quand on Fils de Dieu. Dans la dignité de sa raison. Les soldats font devant lui d'ironiques génuflexions. — — Dans sa dignité de prophète. ! Dans sa dignité personnelle. est le jugement d'une autorité encore reconnue. Ses ennearrachent autant qu'il est en leur Il est un imposteur. mis la — Dans sa lui pouvoir. une couronne d'épines sur le front. à la vue du peuple Un homme d'honneur préférerait mille morts à I cette honte III. on conteste une de nos qualités. quand on ridiculise une de nos opinions! . On le regarde comme un fou.

Que reste-t-il à cet humilié! — Pénétrons II. renié formellement par leur chef.. d'eux. Dans sa doctrine.. Jésus se voit perdu auprès de cette partie du peuple qui hésitait encore!. comme le plus cela à une époque de l'année.. comme dans Une citadelle demeurée intacte. C'est par sa force morale que l'homme est le plus grand. Dans sa réputation.TROISIEME SIMAI91 170 nous condamne à tort. livré est placé entre criminel. Sous la force brutale qui l'opprime. reste invaincu. Trop souvent.. si notre colère est impuissante. l'orgueil peut se dresser encore et prolonger la résistance. Humiliations intérieures. trompe le peuple Tennemi de Dieu la loi ! Il — ! il Il vient détruire 1 il est blasphème ! IX. hélas! cett? Jl . et ou Juifs et étrangers affluent de toutes parts au grand jour. il se réfugiera dans le sentiment de sa valeur personnelle. Et. Il Il est — Il juif.. plus avant. est conhérodien... damné par tous les tribunaux.. au dernier des supplices.. délaissé de tous. romain.. deux voleurs. Chassé de partout. Sur les ruines de l'honneur extérieur. quand on nous raille cruellement et que nous pouvons nous venger!. quels frémissements intérieurs! VIII. — Trahi par l'un X. sible. Dans ses disciples. et avec toute la publicité pos.

Sommes-nous méprisés.QUATRIÈMK MÉDITATION grandeur d'âme est fragile... Des impressions de crainte l'envahissent exhale comme : « CœpU pavere.. » Et il incapable de les contenir « Tristis est anima mea usque ad morteml. 171 parce qu'elle est faite d'orgueil. dans l'opprobre de son apparente faiblesse.. calomniés. III. Il paraît si peu semblable à lui-même qu'il repousse ce calice longtemps désiré. si 1 — Il est un autre genre d'orgueil. si nos paroles trahissent des sentiments élevés. » Il en est si fort pressé qu'une sueur de sang ruisselle de ses membres tremblants. nous prête l'auréoie des martyrs. Jésus se présente à nos yeux. quelques personnes sympathiques. de forme d'intention si compatissante la belle et humaine et Humiliations spirituelles. Âh (|uels dangers pour l'âme (|ui ne serait l . persécutés. l'admiration se transforme en enthousiasme. Il se montre si accablé. Si notre attitude est digne.. plus rare et non moins pernicieux. qu'il cherche du secours auprès des apôtres et qu'il en accepte d'un ange les s'il était : I profonde humilité. c'est Vorgueil spirituel. la sympathie devient de l'admiration.. si tout en nous manifeste une âme supérieure au malheur. Redoutable au milieu de l'estime commune. Que Dieu. par quelque signe de spéciale protection. Même avant sa Passion... il l'est jusqu'au milieu des opprobres. il semble vaincu. comme Jésus au Calvaire. nous trouvons cependant autour de nous.

Quand la douleur cesse. avec sa tête penchée. mais une sorte de stupeur. ni au ciel. Jésus se déclare abandonné de lui!.. Oh la veut — — .. rien. plus encore que celle de la douleur... Rien. maintenant abandonné de Dieu!. ni sur la terre. son aspect de lassitude désolée. I — I 1 Résolution. me .. de l'âme tout en lui est sombre comme la nuit Son Père est sans qui envahit le Calvaire. c'est C'est l'image l'image de l'homme humilié.. l'humiliation reste après ce cadavre suspendu au quel exemple oh quel secours! gibet... Déjà abandonné des hommes. qui ne soit une humiliation! Son abjection est consommée et il y meurt! Oh ce crucifix qui se dresse partout devant nos yeux. pitié. entrecoupée par quelques rares paroles qui resAucun rayonnement semblent à des sanglots. Il dans toute sa nudité spirituelle. même de l'humilité.TROISIÈME SEMAINE 172 pas très humble! quel piédestal pour son orgueil ! — Jésus choisit rhumiliation sans retour. son visage livide. Point de discours. — I M'agenouiller aujourd'hui trois fois devant un crucifix pour demander à Jésus de faire comprendre cette humilité.

couru hier avec émotion toutes vos tiontes subies. on la l'avez errante sur votre front soucieux. Premier point L'exemple. je le sens. Mais pourquoi vous l'avez voulu? Je ne le saisis pas encore. j'ai parPréparation pour la veille. N'était-ce là qu'un grand exemple? Non. toutes vos troublantes faiblesses. cette parole.Troisième semaine CINQUIEME MEDITATION "^ XIX® EXERCICE Humilité d^abjection. — : — La raison d'être. vous prononcée en venant au monde. — Jésus. votre abjection inouïe m'est apparue dans son évidence! Point de doute. vous avez voulu vous ai être l'homme des humiliations! Je le vois. l'humilité qui dit justice. chacune de vos attitudes dénonçait le coupable/ retrouvait frémissante . vous l'avez répétée. dans chacun de vos abaissements. je vu abandonné de tous et dépouillé de tout. Troisième point : La Sa nécessité — Deuxième point : loi. je ne C'est vois pas l'humilité. car alors si je vois Thumiliation. Et : pourtant. le long de vos membres tremblants. on la lisait dans vos yeux abattus.

dans : tout mon <^ être moral. de la nudité sanglante. par esprit de justice d'abord et. La cause contient 1 effet péché contient donc toutes ces abjections qui sont sa juste peine. Ce dernier — — l'emporte en horreur. Au tableau des abjections accumulées dans la méditation d'hier. opposons celui de la laideur morale du péché..i74 tROISiÈUB SIMAINS Jésus. n'est-ce je ne l'oublie jamais Si l'humilité est I pour vous justice. des soufflets. mais de raisonnement rigoureux. le — : Deuxième fu^élude.. C'est un point de départ.. c'est une révolution. tout jusqu'à Texpression même d'un re- gard. . trêve : C'est justice! je l'ai mérité 1. jusqu'au simple mouvement d'un muscle j'entends donc sortir de toutes ces choses lamentables une voix gémissante qui redit sans . qu'est-elle donc pour moi? Ce n'est plus ici une affaire de sentimentalité. demain vous me le ferez comprendre. en même temps. Demander la grâce d'accepter en principe l'humibation. pas? mais comprendre à fond pour que Jésus. Méditation — Premier prélude. d'où dépend toute une direction de vie l'humilité d'abjection une fois reconnue nécessaire. par amour pour Jésus. tout en tous est nécessairement sincère.. de la mort infâme. Voir le péché identifié à l'ignominie des crachats.

c'est le mépris. même alors. Mortem. dans les splendeurs de la nature originelle. -. » C'est le Jésus que nous avons considéré avant sa Passion Il s'est fait néant.Ce n'est plus V oubli. puisqu'il s'est fait homme. c'est le Dieu Rédempteur» Ce n'est plus l'humilité d anéantissement. ce genre de mort qui laisse voir le supplicié. Usque ad mortem : comme un coupable. avec ses traits bouleversés. Mais un second texte complète l'idée de cette vertu. » Humiliavit : il s'est comme jeté à terre : on fait ainsi d'un objet qu'on méprise. sa nudité et ses tortures. Le premier est celui-ci « Exinanivit semetip- I. Le motif de cette vertu grandissante n'est plus le néant. — — c'est le mai. « Humiliavit semetipsum usque ad mortemy mortem autem cruels. : . autem crucis : c'est l'ignominie dans la mort.CINQUIEME MÉDITATION 17 — La raison d'être. qu'on traîne à la mort. Il s'anéantit sous la forme de l'ef^clave. c'est l'humilité d'abjection. au-dessus de la foule. et son humilité le sentiment de sa petitesse. un anéantissement. en la montrant telle qu'elle convient à l'homme déchu. la mort du dernier châtiment. il se fût nécessairement trouvé dans ce vis-à-vis du Tout et du rien. . ment deux : sum formam servi accipiens. de l'Etre par lui-même et de l'être par création son Incarnation eût été. Eût-il réalisé ce dessein au Paradis terrestre. Comparons attentivetextes de l'Ecriture. Ce n'est plus ici le Dieu incarné.

c'est s'abaisser fondeurs sombres. un ver qu'on foule aux pieds et qui se cache dans les proS'humilier.. Toute vertu se montre dans l'amour de son objet propre. le contentement... jusqu'à la terre. Il porte les péchés du monde entier : « qui tollit peccata mundi. Contemplons-les eu silence. « chose propre. quelle image! Pénétrons dans les sentiments intimés du Sauveur. dévoré c'est une lèpre qui le ronge « tanquam C'est comme un objet d'horreur leprosum. il en est pénétré. soit les paroles... de dégoût pour son peuple percussam a Deo et humiliatum. soit les circonstances qui nous montrent ces sentiments en Notre-Seigneur.TROISIÈME 8EHAINB 176 — Contemplons Jésus couvert L'exemple.. régnant dans son cœur. » « qui il en est chargé Il en est responsable Le péché est sa peccata nostra ipse tulit. » II. Le premier degré est l'acceptation.. Il nous sera extrêmement profitable Je rappeler à notre mémoire. mais un ver de terre. et consiste dans une inclination : : : — — pratique qui l'y porte.. Jésus va au-delà. puis viennent le désir. » chargé et revêtu seulement. .. » « Vermis sum et Entendons Jésus s'écrier non homo... » Sondons tout ce qu'il y a d'humiliaJe ne suis plus tion sentie dans cette locution un homme.. : : — — : — « ut pour Dieu. la recherche.. les hontes.. Ici l'objet est l'abjection. il en est la personnification « eum Il n'en est pas pro nobis peccatum fecit. de toutes — ..

elle la montre.. cet exemple est un stimulant. Rédempteur? Oui.. nous ne l'aurions jamais connue. notre humilité doit être une inclination à nous juger dignes de mépris. est le priy dont je suis redevable. Est-ce en qualité mérite toute gloire. BUUIUTi. L'abjection de Jésus nd crée donc pas une obligation. Creusons à fond Est-il bien vrai celte vérité. et sans Jésus. — 12. il . il qualité de à quel titre le fait-il? d'Homme-Dieu? Nullement. il est notre représentant et notre caution... Ce que Jésus fait ici. Il ne s'agit pas de se payer de mots. La loi. la subit.177 CINQUIÈME MÉDITATION III. pécheurs. En tant que Rédempteur. Comme tel. et de s'en tenir à de vagues sentiments. — Est-il bien vrai que cette humi- liation de Jésus demeure le modèle de lanôtre? que pour être chrétienne. Or... mais il est autre chose et tout autre chose: il est une loi. il connaît Thumilia- — tion qu'elles méritent... il prend nos fautes. La loi d'abjection existait pour nous. Ou bien plutôt ne devons-nous voir là qu'un admirable excès. Le prix que paie ma caution. et cette humiliation. ayant pour but de nous contraindre au moins à une humilité commune? Sans doute.. — Est-ce en et c'est à ce seul titre. Il vient. il la veut. qui m'incombe de plein droit. ou plutôt la révélation d'une loi et sa promulgation authentique. Vattitude que prend mon représentant est exactement celle qui me convient. il l'aime. un stimulant sans pareil. mais nous ne ia connaissions pas.

TllOISI^ME SElUlNt

il^

« Je suis humble de
Et quand il nous dit
cœur», c'est comme s'il nous disait: «Etre
:

humble,

c'est la loi je l'ai subie pour vous.
Mais c'est surtout votre loi subissez-la 1
Jésus, quelle leçon I et je ne l'avais ja...
mais bien comprise
Tout me l'insinuait, cependant: les expressions reçues, les conclusions constantes, les
choses elles-mêmes; je le savais donc, et voilà
que cette vérité me paraît pourtant toute nou;

;

1

velle

I...

merci de

C'est

que je

me l'avoir

la

comprends enfin... Ohl
Vous avez vu ma

révélée...

bonne volonté, mes

désirs,

mes besoins

sur-

dans votre misérihumilité d'abjection lui ouvre

tout; et vous vous êtes dit

corde: que

mon

enfin les yeux!

Résolution.
Si rhumiliation est ma loi, pourquoi m'irriter contre elle?
Je veux me faire doux
ea toute occasion péaible à mon orgueil.

Troisième Ôemai&d

SIXIÈME MÉDITATION
XX« EXERCICE

Humilité d'abjection

Son caractère mystérieux

Premier point : Elle est une sorte de mystère.
Deuxième
point : Ce mystère trouve son explication dans le mystère
du péché.
Troisième point : Le péché originel y suffit.

Préparation pour la veille.
La méditation
de demain explique et complète les deux précédentes. Bien plus, elle établit leur conclusion
sur des preuves irréfutables. Ces preuves, remarquons-le bien, relèvent principalement de

d'inquiétude
qui étreint la raison, car la raison a peur des
abîmes où elle est entraînée, même logiquement. Au milieu de leurs obscurités, elle a beau
toucher le vrai, elle ne se rassure pas, elle voudrait le voir directement et en lui-même. Notre
premier devoir est donc de nous méfier non
pas de la raison, mais de ses habitudes, La
raison trouve étrange ce qui ne lui est pas familier; elle appelle volontiers rêverie ce qui la
dépasse, et traiterait dédaigneusement de mysticisme une doctrine profonde. Que faisons-nous
la foi; ainsi s'explique cette sorte

TROISIÈME SRHAiNji

180

Nous en appelons de la raison mal impressionnée à la raison logique et conséquente. Les
dogmes de la foi sont-ils vrais? Thumilité d'abjection découle-t-eile de ces dogmes? Ces principes, une fois démontrés, leur conclusion doit
être admise au même titre que les mystères, si
elle reste mystère elle-même.
ici?

On

le croit,

on se

l'affirme, et

cependant on

reste indécis, tant la nature est tenace,

tant

il

que notre volonté, pas plus que notre
raison, ne peut se suffire à elle-même.
est vrai

De

cette disposition, découle

un second de-

voir, qui est d'implorer la grâce, ce secours divin

qui nous fera franchir le difficile passage de la
preuve reconnue à l'adhésion franche et enmon Dieu, établissez-moi enfin dans la
tière.
vérité créez en moi une conviction inébranlable
Une telle conviction est plus rar"te qu'on
ne le pense; et pourtant, ô mon Dieu, la conviction n'est pas encore la vertu, et c'est la vertu
même que vous attendez de moil... La vertu,
;

!

aux humiliations

c'est la facilité qui fait

cueil

le

l'ac-

plus doux; c'est l'habitude sainte qui

le fardeau, tant que
l'impose; chez quelques âmes
c'est l'amour qui leur ouvre ses bras, et qui
parfois les appelle
mon Dieu, que j'ai besoin de vos puissantes
Jésus, vos exemples passés ne me
grAces!
suffisent pas; venez en moi, venez vous-même,

en soutient paisiblement

votre volonté

I

pour

les

y vivre encore

1

SIIIÈMB MiDITATION

181

Méditation

Premier prélude.
Se représenter Jésus homme
Dieu en face du péché originel et proclamant que sa
Passion et sa mort sont un moindre mal. Avec lui
plongeons nos regards dans le mystère de ce péché
Abîme si
comme on le fait au bord d'un abîme.
obscur que l'oeil se dilate jusqu'à la fatigue, sans
rien distinguer; si profond que l'oreille ne perçoit
Les moyens
pas le choc du caillou qu'on y jette.
d'appréciation dont nous manquons, Jésus les posvoyons par ses yeux, jugeons d'après sa
sède
pénétrante raison.

:

Deuxième prélude.
Demander la grâce de
m'abandonner à Jésus, pour le suivre avec conviction et amour dans la voie de l'humilité.

I.

L'humilité d'abjection est une sorte de mys-

Elle l'est pour le rationaliste qui la
trouve absurde elle l'est, hélas! pour nous qui
la regardons peut-être comme un pieux excès,

tère.

;

du moins pratiquement.
Afin de réformer nos idées,

il sera bon de ne
pas isoler notre divin Maître de ses disciples les
plus éclairés. En eux c'est toujours Lui, d'ailleurs, puisque c'est son esprit; mais c'est Lui
plus près de nous, plus semblable à nous.
Rappelons à notre mémoire les expressions
désolantes dont s'accablent les Saints
« un
abîme de malice, un avorton, le rebut de l'humanité, etc. »
Voyons leurs sentiments; ils se jugent indignes de parler, indignes même de vivre. De
:

TROISliMI SEUAINl

182

expressions leurs sont familières, elles se
trouvent dans la bouche de tous... C'est comme
un gémissement traditionnel depuis le Calvaire... Quel spectacle que celui de ces dix-neuf
siècles d'une telle humilité, toujours la même,
et la seule qui soit canonisée!...
Considérons la logique de leur humilité des
paroles elle passe aux actes. On les méprise, on
On les outrage,
ils sont doux.
les persécute
On
on les frappe ils ont un sourire de joie.
les déclare mauvais et ils avouent l'être plus
On les délaisse et ils le trouvent
encore.
Ils se jugent inutiles; le bien qu'ils font
bon.
ils proclament qu'il se fait par Dieu, et que c'est
moins avec eux, que malgré eux, qu'il s'accom-

telles

:

:

:

plit.

Voilà ce qu'ils disent, voilà ce qu'ils sentent;
comprenons-le bien voilà vraiment ce qu'ils
pensent.
Voyons encore ceux qui se sont montrés plus
particulièrement altérés d'humiliations ils aspirent au mépris comme les ambitieux aspirent
à la gloire et quand Dieu leur demande quelle
récompense ils choisissent pour prix de leurs
et

:

:

;

ils répondent souffrir et être méprisés
pour vous
Confondons-nous devant eux... Ce sont des
légions d'hommes semblables à nous, souvent
moins coupables, toujours plus méritants...

travaux,

:

1

II.

le

Cette humilité trouve son explication dans

mystère du péché.

L'homme comprendrait

s'il
était capable de
sonder à fond l'abîme du péché. Jésus-Christ en

l'humilité

d'abjection,

fllZlÈMK

MEDITATION

183

a exploré les sombres profondeurs à la double
lumière de sa science infuse et de sa vision béalifique.

La sainteté de l'Être infini, sa majesté, sa
bonté, sa beauté suprême, toute la splendeur
des attributsdivins, inondant son âme de clartés
éblouissantes, lui montraient à quel point Dieu
mérite le respect, Tamour et la louange.
Puis, tout à coup, le spectacle change le
péché vient d'atteindre toutes ces merveilles?
s'abat sur l'honneur divin comme pour
il
l'anéantir. A cette vue, une confusion éperdue,
une amère désolation envahissaient Celui qui
portait les péchés du monde...
Contemplons-le, écrasé sous ce poids, dans
son agonie. Entendons ces paroles d'un étrange
découragement « Transeat a me. Que ce calice
s'éloigne » Remarquons cette sueur de sang
qui témoigne d'une sorte de désastre!...
Et pourtant, disons-le sans hésiter, l'humanité sainte du Sauveur elle-même, ne connaissait pas tout le désordre, tout l'outrage que
contient le péché... seule sa nature divine en
avait la pleine lumière
Quelle n'est pas ma confusion, ô Père adorable, de me voir mesurer le péché à son apparence extérieure ou à la connaissance que m'en
donnelaraisonL.Quoi! pour la raison de Jésus,
le péché garde des mystères Ah je commence
à comp'-endre qu'en fait d'humilité, je ne sais
rien, et que je ne saurai jamais tout...
Le mystère se trouve dans le péché seul, et
non dans l'humilité, qui est sa conclusion lo
:

:

1

I

I

gique.

1

TROISIÈME SEMAINK

184
Elle est,

^cheur.

en

Vétàt qui convient au
une sentence de justice qu'il

effet,

C'est

doit porter contre lui-même...

Mais

comment

la porter

sonder

la gravité

de

la

s'il

est incapable

de

faute?

Une ressource lui reste, c'est de voir par des
yeux plus pénétrants que les siens c'est de
juger, non point par les sentiments de l'homme,
mais par ceux de Dieu... Les Saints ont fait
ainsi
voilà pourquoi la céleste folie de leurs
abaissements demeure une profonde sagesse»
« Apprenez de moi»f nous redit le Sauveur.
Qu'ai-je donc à chercher autre part? L'humilité
est une vertu presque entièrement suruaturelle,
;

;

comme

haute

les cieux,

profonde

comme

l'en-

fer!...

Que
faible

la raison paraît courte, et qu'elle se sent

en face de

cette révélation

!

Le péché originel impose d'ailleurs une
Pour dissiper les dernières
ombres, demandons la grâce de comprendre
comment cette humilité d'abjection, peut se
trouver chez les Saints qui n'ont pas commis
de péché personnel de quelque gravité.
D'autre part, ils ne sont point chargés des
péchés d'autrui, dont la responsabilité explique
du moins l'humilité de Jésus.
C'est vrai mais ils ont été atteints de la faute
originelle, et la participation à cette déchéance
justifie, même chez eux, l'humilité d'abjection.
Une fois de plus reconnaissons-le sincèrement : c'est encore un mystère qui éclaire un
autre mystère. Alaii la réalité du péché origiIII.

telle

humilité.

;

malheur ne m'est pas arrivé (et c'est sans doute que Toccasion je pareil sais-je?). objet de l'aversion de Dieu. Assez d'exemples. ces révoltes. » — Oh 1 Jésus.. avec ses insidieuses préparations. jusqu'à la mort. maîtresse. à votre humilité et à celle des Saints. pour lui qu'il s'est fait si humble.. justifient cette crainte et cette humilité. ces prQpensions au mal qui troublent le sang et le cerveau. lîe s'est point présentée. je ne résiste plus. Je me fais d« votre humilité extérieure un tableau . Je rougis de la mienne et de ses réserves. je n'ai qu'à vous contempler. Ces ignorances. Il reste toujours vrai qu'il en traîne les suites humiliantes. C'est principalement pour lui que Jésus s'est incarné. ne portent-elles pas dans leur sein le ferment de tous les péchés ? Quelle ignominie et quel danger Il n'est pas une seule faute commise par un I homme — Et le si que ne sois capable de commettre.. je crois.. ces illusions. Le péché originel domine l'humanité. qui ne tiennent plus. c'est votre miséricorde qui m'a préservé de l'abîme.. « Misericordia Domini quia non sumus consumpti.. d'ailleurs. Or. cette tache déshonorante. Je n'ai même pas besoin de vous entendre.SIXIÈME MEDITATION 185 nel est un dogme déûni qui projette toute sa lumière de foi sur le sujet qui nous occupe. Seigneur. Ai-je besoin de comprendre puisque vous enseignez. C'est pour lui qu'il est mort. il reste toujours vrai que l'homme le plus juste l'a subie et portée.

leurs œuvres 1. l'homme dans une I . comme aussi d'amoindrir en lui le sentiment de la dignité personnelle. je ferai Puisque et celle de l'humilité confessions à ce double objet: contrition sérieuse... et sans tant mesurer Tobligation qui m'y contraint. — servir mes la connaissance du péché marchent ensemble. plu: L'humilité d'abjection n'est-elle pas de nature à jeter sorte de terreur et de trouble qui le paralyse. qui se mêle à tout. voyez surtout lea plus humbles . leur paix.. Mais comme l'humilité est une vertu pratique.. accusations humiliantes.TROISIÈME 8SMÀINI 186 vivant qui m'instruit. je veux la pratiquer très généreusement. Résolution. ce doit être là le secret des Saints. aux sentiments comme aux actes. leur courage. Ici. et je tâche de soupçonner de loin le mystère de votre humilité intérieure qui m'étonne. pas relâché à cet égard i -r- Ne me serais-je ? ECLAIRCISSEMENTS Sur la Méditation qui va suivre I Nous abordons le point délicat de l'humilité nous mettre au-dessous des autres. ce guide élevé de la conscience. ce ressort puissant de l'action ? La réponse est simple : voyei les saints. Peut-être parviendraije ainsi à la mieux comprendre.

(Voyez. Notre-Seigneur se met aux pieds de tous les Leur paix est imperturbable. qui ne veut rien voir hors de sa sphère propre. sans s'en rendre compte. sous l'influence répandue partout du rationalisme or. de vivre sa vie? Point du tout. au besoin. Aimés de lui que craindraient-ils ? Toute inquiétude. d'aimer. beaucoup de maux dérivent de cette erreur. ils se savent les instruments des volontés divines. il est impossible de jouir. Mais. investis de la plus haute noblesse dans l'action. car la raison bien informée. Comparez ces consciences et ces vies à celles des ambitieux !. Au jour de la Cène. Commençons par rappeler certaines vérités sieurs questions se posent. Beaucoup de fausses idées. 187 Un tel abaissement véritablement dans les exigences de cette vertu? Est-il de précepte ou de conseil? Doit-il s'étendre jusqu'à cette intime persuasion qu'on est le dernier de tous les hommes?. en un mot. c'est qu'elle est.. n'est pas la raison. non pas sur les qualités de nature qui élèvent peu mais sur les dons de la grâce. . le rationalisme. — Première vérité. nous ne cesserons de le dire. Il est une raison étroite.. la piété ne comprend pas assez l'humilité. elle nous laisse néammoins calmes et occupés. et d'une mort subite qui peut fondre ^r nous à chaque instant? Si elle demeure. entre-t-il indiscutables. toute tristesse se noie. dira-t-on encore sous le poids de tels sentiments d'humilité. Si. non sur eux. de la mort qultfsûrement un jour viendra nous arracher de ce monde. qui dépassent tout le créé. dans sa miséricorde Leur dignité personnelle Ah elle se fonde. de nos jours. . voyez l'effet que produit sur vous la pensée de la mort. mais sur Dieu.ÉCLAIRCISSEMENTS. un avertissement utile. par exemple. enfants de ils se sentent Dieu. — : d ne l'humilité. ETC. Ainsi du sentiment de l'humilité. elle s'appuie. reconnaît le devoir d'admettre les vérités surnaturelles. de se distraire.. Dans leur conscience. plni loin../>e la prudence ! ! I . au fond.) .

tous les saints Tonl suivie. — « Traitez les autres gation par ces paroles comme vos supérieurs. de nos fautes et de nos défauts. mais très forte. Or.TBOISIBMK SEMAINB 188 apôtres. ce sentiment. de cette loi d'humilité se trouve dans ses rapports avec la loi de charité chrétienne elle en est la sauvegarde la plus sûre. s'empare de l'âme tout entière. : : II !• que l'abaisseDe ces vérités il résulte tnent devant les autres entre bien dans les : . voile à ses yeux les fautes ou les défauts d'autrui. tous sans excep: tion lité . Cette règle de conduite. que dis-je? ces prétendus excès et l'Eglise moindre glorifiés : voilà ! Deuxième — L'humilité est le sentirésistances coupables. et il déclare ensuite que cet abaissement doit être notre Plus tard saint Paul en rappelle l'obliloi. — Une raison indirecte. » Rien de plus clair au point de vue pratique. ne canonisa jamais une humidonc légitimés. vérité. ment de nos Troisième vérité. quand il est vif. Cette tendance à l'abaissement a toujours été regardée comme essentielle à la perfection de cette vertu. et lui fait sincèrement rechercher la dernière place comme étant celle qui convient à tant de misère. Il y aurait là de merveilleux points de vue à parcourir il semble que la charité ne puisse s'étendre que dans l'espace fait par l'humilité. aux pieds même de Judas .

etc. un voile impénétrable recouvre cet avenir. 2» qu'au delà de cette réserve. le nôtre. ! Comment se forme une telle persuasion et comment peut-elle être sincère? C'est ce que nous étudierons dans la méditation de demain. III Mais cet abaissement de conseil aux pieds de tous les hommes. ne saurait nous demander une attitude qui fût en contradiction avec nos sentiments intimes. ennemi absolu de toute hypocrisie. ne règle de jugement? En d'autres termes. et aussi celui de tel homme actuellement méprisable. exigences de l'humilité. en outreu.189 Eclaircissements. or. dès maintenant. l'abaissement n'est plus que de conseil. se mettre sincèrement auune conclusioD de C'est . en ce sens que nous ne méprisions personne et que nous ne nous préférions à personne d'une façon absolue. spécialement sur la manière dont elle finit et qui nous classe. permet donc de desfous de tous. Cette impossibilité de se préférer à personne. dois-je me mettre au-dessous des autres en inclinant à croire que c'est bien là ma place ? Assurément car le divin maître. est-il seulement une règle pratique? Serait-il. Contentons-nous de déblayer le terrain en faisant remarquer. et n'a d'autres limites assignées que celles que lui impose la prudence. que la juste appréciation de soi doit se baser sur la vie tout entière.

simple prudence. exactement le dernier. L'inclination pratique demeure. . terre. parmi cette multitude d'hommes qui remplissent la et. et c'est en elle que réside l'humilité.TROISIÈME SBUAIN8 490 il est vrai . faut-il se demander se juge si l'humilité parfaite. c'est spéculativement peu probable si chacun doit le penser. mais nous verrons l'humilité conseille de l'adopter. excepté chez un seul. exige que l'on numériquement le dernierdeshommes ! Nous répondrons avec franchise Non. comment IV Serrant de plus près la question. qu'on pourrait étendre encore. — serve. : . n'enlève rien à la force des conclusions qui précèdent et que nous retrouverons bientôt. Qu'on soit le dernier. c'est en fait une erreur Cette réchez tous.

: — — que Jésus entend nous enDetixième point : Cette humilité est dordre Troitième point : Raisons qui l'établissent. avec elle et nul devoir ne serait trouvé trop dur. Cette méditation bien comprise est de nature à modifier profondément nos idées. Si elle régnait parmi les hommes. ni vertu D'autre part. Sous ses obscurités apparentes. je me tiendrai en garde contre les préjugés qui émanent soit de la nature inconsciemment réfractaire à ces idées. Je commencerai par laisser à mon esprit toute sa liberté d'examen. qui connaît à fond la nature humaine. Ses exigences sont les exigences d'un Dieu sage. Le convenu. soit de l'opinion humaine entièrement aveugle . une immense paix régnerait. le factice n'établissent rien de solide. ni conviction. rhumilité d'abaissement est au fond très lumineuse.Troisième semaine SEPTIEME MEDITATION XXI* EXSBCICE « Le Mandat um novum » Se mettre aux pieds de tous Premier point seigner ici. surnaturel. C'est l'humilité — Préparation pour la veille.

Jésus se lève de table^ dé- pose ses vêtements d'honneur Puis. se il met à pieds de ses disciples et à les essuyer. » eut fini de laver les pieds de tous les .. ses fruits. Je me rappellerai que les vérités surnaturelles. une fois prouvées. qui sont . le démon agant mis la trahison au cœur de Judas. transformez en oasis ces sables arides de mon stérile orgueil ! Méditation « Le repas achevé. donne à ma charité pour le prochain cette vitalité et ce charme. j'appellerai la lumière d'en haut et.. d'un linge. passant dans tous mes sentiments. ô Jésus tout humble. je prierai. Il « Vouh.. quand ma conviction sera faite. versant de et se ceint Veau dans un bassin. pourquoi donc craindrais-je de m'abaisser autant que vous? Eaux saintes de l'humilité q^i ne coulez que dans les basses vallées. me laver arrive à Pierre et Pierre lui dit « Ce que les pieds? \amais! » Et Jésus lui répond je fais tu ne le comprends pas à cette heure.. mais laver les : : tu le « comprendras plus Quand il tard. je prierai encore pour que la sève féconde d'une telle humilité. Marie si humble. si elles en découlent rigoureusement. Mais surtout je prierai.TROISIÈUB SEMAINE Id2 sur ces questions. de- viennent comme les vérités de raison. desprincipes dont les conséquences doivent être admises.

Jérusalem silencieuse à cette heure.. la table de la Cène. — 13. moi votre Seigneur et votre Maître. et surtout les — HUMiLni. se sont servis d'une représentation matérielle. les flambeaux étincellent. 1. à votre tour. le sens de Tae du Maître. se remettant à savez-vous cequeje viensde faire auprès de vous? Vous m'appelez Maître.SlPTlisiS MÉDITATION 193 et. i" hommes. Cest un exemple que je vous ai donné.. Se représenter le Cénacle somptueux.-' les pieds! cette partie basse qui foule le sol et se salit. car je le suis. quelle action exprime mieux l'humilité que celle de laver les pieds. Demander ment devant tous les hommes. Au dehors. vous devez. — Tout tien et rintention le prouve . il plissant il dit ! reprit ses vêtements : » — — Premier prélude. abaisse- rhumilité que Jésus entend nous en- C'est seigner le saint ici. Au dehors. — Le sens de raction. Si donc fai lavé vos pieds. vaste et — — — Au milieu. .. En vérité. bienheureux serez-vous en les accom- disciples^ table.. De tous temps les Orientaux. — Deuxième prélude. et vous dites bien. en vérité. Si vous comprenez bien ces choses. afin qu'après moi vous fassiez ainsi. vous laver les pieds les uns aux autres. entourée de riches divans. le serviteur na pas plus de dignité à sauvegarder que le Maître. les derniers rayons du jour font pâlir les longues draperies des fenêlres... Or. pour graver dans les esprits leurs leçons les plus importantes. Mais ici ce n'est pas une humilité quelconque. A l'intérieur.

démontrer l'obligation qui en découle uSimoi. Jésus entend imposer une forme nouvelle slux rapports des chrétiens entre eux. HumiJésus ne se fait point a»der. Judas. Il appuie votre Maître et votre Seigneur etc. . et son esprit n'a cessé d'animer la société chrétienne. l'humilité en était le sens. Pénétrons-nous de tous ces détails significatifs. apôtres: « Vous avez vu ce que je viens de faire. a disparu.TROISIÈME SEMAINE 194 — des hommes. il est plein et indiscutable... prouvé. Porterait-il par hasard sur la pratique spéciale de laver les pieds aux fidèles? 11 n'est pas permis de s'arrêter un instant à cette hypothèse ce serait convaincre d'infidélité l'Eglise.'-— Elle n'était qu'un signe. c'est l'humilité à l'égard lité — : : — 2° : — Vintention du Maître. : — . La pratique matérielle. s'adaptant immortel et flexible aux situations changeantes. Ce n'est donc pas un enseignement incident ou équivoque c'est un enseignement préparé. » je l'ai fait « pour Il indique son motif formel Il prend la peine de vous donner r exemple ». Par cet acte. d'une importance secondaire et d'un usage souvent difficile. pieds du dernier des hommes. sans parade Humilité résolue il fait violence à saint Humilité extrême il s'agenouille aux Pierre. expliqué.». gardienne infaillible et jalouse des traditions sacrées. sans quoi la solennité de la leçon dépasserait l'importance Il fait appel à l'attention des de l'objet. sur l'importance de ce précepte en appelant « bienheureux ceux qui le comprendront ei Vac- — — : — : y comp liront — ».

c'est l'abaissement devant Dieu rien n'est plus naturel.. N'est-ce point là une théorie exagérée. c'est la . : tous les autres. une fiction peu sérieuse. ce frein de nos prétenMais tions la sagesse humaine l'approuve. comme vos supérieurs. conviction profonde de leur bassesse. dont le bon sens fait bientôt justice. Non. En effet.. comme Jésus. L'humilité de simple raison.. l'abaissement devant ses semblables.Non. ce n'est pas une théorie exagérée c'est l'enseignement universel des maîtres de la « Traitez piété. et cela sincèrement voilà ce que Dieu seul peut enseigner et imposer à l'homme. à commencer par saint Paul — : — : . : — . c'est bien l'humilité surnaturelle que lui révélera le Saint-Esprit. Et comment le pouvoir faire avec conviction. C'est aussi la modestie. quand chaque homme doit prendre ce même rôle à son tour?. Quelle est donc cette humilité que le chef des Apôtres ne peut comprendre encore et qu'il comprendra plus tard? Ce n'est pas la simple humi* lité de raison.. qui s'évanouit à la réflexion et ne nous accompagne pas dans la pratique? . Tous les Saints se sont tenus pour /es derniers des hommes.SEPTIÈME MÉDITATION 19ÎI — //. pourquoi me mettre au-dessous des autres?. devant tous les hommes enfin mais cette attitude du plus grand se mettant aux pieds de tous. et s'il est une chose qui nous . devant les méchants eux-mêmes. ce n'est une inclination essentiellement chrétienne. » pas une fiction vaine c'est nous dit-il. Cette humilité est d'ordre surnaturel. étonne plus que leur admirable vertu.

mais juste. par valeur d'ensemble. — enfin est sans : lui la la le résultat éternel qu'il ignore. Certaines vérités nous déconcertent. En face de lui-même il est constitué juge. l'homme se trouve dans une situation fort différente. remarquons-le bien. il en a la prochain. Raison de cette humilité. il a des certitudes. rer tel. Le mal au contraire vient tout entier de nous. et nous en Telle est notre conméritons toute la honte. . Il a sa conscience. — . Or. car il — Laculpabilité s'apprééchappe. il se connaît et se sent resIl se voit au fond assez tristement ponsable. — En chacun III. — l'ingracie par l'intention qui proportion des grâces qu'il ne titude. en face du bien et du mal. en vérité. il doit se décla- — — — . selon qu'il s'agit du bien et du mal qui sont en lui. de nous il y a le bien et il y a le mal. par connaît pas. lui-même il a le devoir de se faire juge pour le prochain. sur notre condition personnelle.TROISliHS SBHAJNB 196 Le secret de cet enseignement se trouve dans une considération subtile peut-être. ou du bien et du mal qui sont dans le prochain. dition devant la justice divine. En du prochain compétence face il n'est plus juge. Apportons à la méditer un esprit sans prévention. mauvais il peut et. Le bien vient finalement de Dieu. Pour lui-même. pour le Pour il n'a que des conjectures. et nous n'avons pas le droit de nous en glorifier. uniquement parce qu'elles vont à rencontre des idées reçues.

. ayez pitié de ma pauvre raison.f97 SEPTiiMB MÉDITATION défense Celui qui : « Qui judicat fratrem detrahit legi se : permet de juger son frère va contre la loi. tu éclaires à la fois la charité et l'humilité... » Si je n'ai comment pas le droit de juger les autres. Elle la voit pourtant. le bien.. me préférer à un aurais-je celui de seul?. tu rends la vie paisible et rapports faciles! sublime point de vue. Donnez-lui du moins lavolontéd'être croyante. ces deux vertus éminemment chrétiennes. qui ose à peine affirmer une telle humilité!.... Donnez-lui surtout le courage des conclusions saintes 1 Dans mes frères je ne dois envisager que ce En moi je peux qui vient de Dieu.. œuvre divine.. le mal. mais je dois avant tout juger mon œuvre propre...jeme trom! : — pais avec eux 1 Jésus.. la charité l'y aime. divin Maître faites pénétrer en moi cette doctrine qui me surprend étrangement Juger les autres me paraissait aussi juste que se juger soi-même! Les hommes ne le font-ils pas tous les jours? Ils se trompetit. L'humilité l'y découvre. — sage partialité. mais au milieu des ombres. les : C'est un précepte nouveau» Ce n'est pas . tu les confonds dans ce même principe Dieu vu dans le prochain. aussi considérer le bien.

tout est nouveau.198 TROISIÈME SBMAINB surprenant. — • Me montrer plus . — Si je n'ai comment aurais-je — Me le répéter à le celui de droit de juger personne. Dès qu'un Dieu entre dans l'humanité. me préférer à un seul? roccasion. déférent pour tous aujourd'hui. tout change. et si. est-il donc étonnant qu'il y commande un respect surnaturel? Résolution. par un vouloir formel et par de mystérieux rapports ce Dieu incarné se prolonge dans chaque homme.

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soit par l'impression intime. la sève qui monte. . Les fausses notions qui nous enveloppent. la vertu de prudence viendra tracer à tout ce mouvement sa marche logique et sage.PRÉPARATION A LA QUATRIÈME SEMAINE Nous voici convaincus et déterminés nous voulons être humbles. 1° Mais ce mouvement a besoin d'être dirigé. 3» Quelques méditations seront ensuite consacrées aux applications diverses du sentiment de l'humilité. 2» Par contre. sont des causes permanentes de déviation. jointes aux habitudes prises. Des lois secondaires méconnues. peuvent nous laisser une humilité incomplète. c'est l'effort qui tend au progrès. des con: séquences mal déduites. soit par l'extérieur lui-même. c'est déjà commencer à en vivre. soit par ce grand essor surnaturel qui s'appelle l'amour *^ du mépris. 4° Enfin. nos erreurs personnelles. Quelques autres enseigneront la culture de celte vertu. fausse ou dangereuse. la splendeur de la véritable humilité fera ressortir les imperfections de la nôtre et par son charme gagnera noire cœur. envers Dieu. le prochain et notre propre misère. Prendre le goût du bien. Celle quatrième ment semaine est donc éminem- celle de l'humilité pratique. Le désir est le germe qui tressaille.

celle des âmes qui progressent. leur méditation habituelle. nous ont paru moins propres à la méditation qu'à la elles fixent principalelecture et à l'examen ment notre attention sur nous-mêmes. mon Dieu. les faussetés et de certaines humilités. Prévoyant néanmoins que plusieurs personnes trouveraient préférable de consacrer à ces recherches. celle des saints. nous avons disposé en conséquence les diverses parties de cette étude.DES FAUSSES HUMILITÉS Ces études sur l'insuffisance. Or. ainsi qu'on le remarquera facilement. et ne projette pas autour d'elle le reflet du divin. faites que cette étude me soit une révélation 1.. — De rhumilité s rationaliste Le croirait-on? une certaine proportion de presque toutes les âmes à vertu ordinaire. les illusions : § I. elle n'attendrit pas le cœur. éminemment pratiques. l'humilité rationaliste n'est pas celle de Jésus. tandis que le but de la méditation est de la fixer avant tout sur Dieu. elle n'est pas de force à soutenir une haute vertu. Ne s'appuyant pas sur la foi. L'observation le constate et la simple analyse viendra bientôt le démontrer.. Débarrassez mon esprit des cette humilité se trouve chez .

Ses idées intimes. c'est la nature qui : traîne.. Je vous le demande par l'humilité de Jésus qui dépasse la raison humaine. de toute la hauteur du Calvaire. sans songer à nous en appliquer les conclusions. Dans ce cas. Que l'on ne soit ni arrogant. nous le satisfaisons par les explications les plus rassurantes prendre la première place n'est plus que respect do son rang. S'il s'élève dans notre esprit un certain besoin de nous justifier. 2° L'humilité rationaliste n'est pas dogmatique. — — Nous toujours de rester la raison nous enadmettrons nonchalamment toute la théorie chrétienne sur cette vertu. ni I. mais elle ne l'ose. parler avantageusement de soi^ : — — . elle se contente souvent pratique. l" Que — — vain voilà qui suffit à ses exigences. et que l'on ne s'élève pas au delà de ses mérites.DES FAUSSES HUMILITÉS 203 préjugés qui bornent étrangement sa vue!. à cette autre C'est absurde. elle dirait volontiers fanatisme. et que l'on ne méprise pas les gens estimables. ce n'est pas qui nous trompe. L'humilité des saints l'offusque grandement elle l'appelle voie extraordinaire. — En quoi consiste l'humilité rationaliste. Aussi est-ce le plus naturellement du monde que nous cherchons à paraître et à dominer.. Que l'on n'entreprenne rien au-dessus de ses forces. l'on ne s'estime pas follement soi-même. à cet égard. varient de cette for: : — mule modérée : Il faut en prendre et en laisser. L'enseignement des maîtres de la vie spirituelle ne trouve pas grâce devant elle.

telle cipes. craindre. flatte Maître. îordant avec la raison et avec s'ac- nature. véritable.. De nous-mêmes. aucune de ces laideurs qui trahissent le mal.QUATRIÈME SIMAINI 204 — et accepter sans façon tout ce qui l'amour-propre. nous voilà établis dans cet état d'esprit qui exclut le doute pratique : est-ce que \out le monde ne pense pas ainsi? Victime de l'erreur ici la — commune. car elle n'atteint pas le but ce n'est pas une humilité de ce genre qui maintient la paix et la charité. je Ven . — : Combien II. Une humilité est fausse dans ses prinpuisque ne tenant aucun compte des dogmes de la foi. nous séduit facilement point d'excès qui choque. c'est aussi notre nature. 2° Ce n'est pas notre raison seule qui l'admet. — l'humilité Une rationaliste est à humilité se présentant sous les traits de la raison. elle mutile l'humilité chrétienne.. N'estce point là une vertu païenne? « Nonne ethnici hoc faciunt? » s'écrie avec tristesse le divin simplicité. point de grave désordre non plus. nous sommes cela nos tendances ne vont pas plus loin. 1® telle : : 3° Le sens commun de Vbumanité. suis pas j'ai beau être de bonne moins sans humilité foi. une sainte liberté. Le sentiment inné du juste et du bien s'y trouve satisfait. ce n'est pas elle qui produit l'abnégation et qui écarte les illusions. Elle est insuffisante dans sa portée morale.

chacun a pour mobile un intérêt quelconque que Ib désintéressement n'existe pas et qu'après tout. et. il ne suffit pas de le voir III. Elle s'arrête si bien qu'on le voie. entrent. il ne serait que . disions-nous. Parlez-leur de désintéressement. de plein droit. Tinanité de Thumanité rationaliste apparaît éclatante. par là même qu'il en partie. En effet. devient un principe légitime de raisonnement. Ici Terreur de mal voir. mais de ne pas tout voir. et ils vous répondront.DES FAUSSES HUHtLITlis 205 — Combien cette humilité est insuffisante. quelque inattendues qu'elles soient. élèvent singulièrement le point de vue. les dogmes relatifs au péché originel et à la nécessité de la grâce. Or. Rappelez-vous les méditations de la deuxième semaine et le saisissement qu'elles vous laissèrent sans doute. Nous ressemblons terriblement à ces . devant ces découvertes supérieures. qui s'entêtent à ne pas admettre ce qui les dépasse. qu'au fond. dans le domaine de la est vertu. pour juger sainement un objet. manquant d'horizon. n'est pas . des horizons inconnus de dépendance se révèlent alors aux yeux de la foi et. s'il se rencontrait par hasard. Tout dogme. . et les conclusions qui en découlent. hommes de nature vulgaire. une vérité. . le sourire aux lèvres. et le tort est de conclure comme si Ton voyait tout. Rien n'est donc plus strictement raisonnable que l'humilité surnaturelle mais si raisonnable qu'elle soit. elle est loin de nous le paraître. au seuil du surnaturel. elle ne distingue dans Thumilité que la région humaine.

. Ne se retrouve-t-il pas. C'est lentement que le jour se fait. Notre instinct naturel en est plein.. appuyés sur leur gros bon sens. chez les chrétiens eux-mêmes. pour bien croire à ce qu'il n'admet que par raisonnement. car l'esprit lui aussi a besoin d'une certaine accoutumance. elle est sans forée pour sou- tenir l'édifice surnaturel. Le terre à terre ne suffît pas pour juger les choses d'en haut. En fait d'humilité.. ayant affadi en elles le sens chrétien. ont dépouillé de ses exigences surnaturelles l'humilité de Jésus. hélas ! dans l'esprit rationaliste d'aujourd'hui?. et qui. milité de Jésus. — Si mon humilité n'est pas l'huRéflexions. chez les païens.. traitait de folie le sublime anéantissement du Calvaire. C'est ce sens humain qui. « Eva- cuerunt crucem Christi I » Cherchons donc à mieux voir et à mieux sentir.206 QUATAIÈMS BUALM duperie. se refusent avec dédain aux améliorations scientifiques les plus I autorisées. Et ces gens-là se croient très forts Très forts aussi ces campagnards qui. et sans valeur aux .. Combien d'âmes -réputées pieuses qui. méfions-nous beaucoup de ce qu'on est convenu d'appeler le bon sens et qui n'est ici que le terre à terre. alors même qu'elle n'est qu'une habitude d'esprit. Qui peut s'assurer de n'en point ^ubir quelque atteinte?. et notre esprit n'en est peut-être pas entièrement dégagé.. c'est péniblement qu'une habitude nous quitte. suscitait «ces ennemis de la Croix dont saint Paul ne parle qu'en pleurant ».

§ IL — De rhumilité étroite et pusillanime La pratique de l'humilité ne me serait-elle pas une source de préoccupations? Ne me rendrait-elle pas hésitant pour prendre un parti. ni susceptible! Ah! revenons à l'école de Bethléem.. 1" S'éloigner d'une pratique de vertu ou d'une œuvre de zèle. sous prétexte qu'on en pourrait . non modestie des sages.DES FAUSSES HUMILITÉS 207 yeux de Dieu pour attirer ses grâces. point la et saints. de Nazareth et du Calvaire. Elle ne possède ni cette douceur profonde qui assure la paix. Elle n'est plus qu'une sorte de vertu courte. prêtons une oreille plus du divin Maître aux enseignements prenons pour idéal. elle ne doit pas non plus paralyser l'action et rendre — timide.. facilement troublé à l'occasion d'un acte de fermeté nécessaire? Ne me ferais-je pas des obligations personnelles trop gênantes? Ne serais-je pas enclin à me scandaliser au sujet des autres? L'humilité ne doit pas rétrécir les idées. ni ce charme particulier qui accrédite auprès des hommes.Et dire que l'on se croit humble parc^'que l'on n'est ni arrogant. ni vain. craintif pour donner un ordre. sèche et inféconde. ni ambitieux. indiquées par les circonstances. mais l'humilité des attentive .

est un vice. mais s'attrister de soi jusqu'au découragement. est un autre Voir en mal tout ce que l'on fait. L'humilité fausse produit la lâcheté. — : : moins 3<> à la prière et au combat. Notre premier regard doit se porter sur la volonté de Dieu. L'humilité véritable avive le regret. sans songer — — Dieu présent dans le supérieur qu'on au mépris tout cela au grand préjudice du bien que c'est livre : 1 . est âme — le propre d'une Trembler devant n'est pas humilité. Faut-il donc défendre contre Dieu même cette ombrageuse vertu ou plutôt. sans songer qu'on prive les suborOn donnés d'une force qui est leur droit. rétrécit le cœur et paralyse le zèle? 2® Se complaire en soi. Se dépiter de ses fautes. unique règle de nos actes. ou on le fera timidement. ne songeant qu'à sa sécurité. On n'osera donner des ordres. en Il arrête tout avancement. mais étroite et exclusive. c'est se mal connaître et mal connaître Dieu. dans l'exercice de l'autorité C'est surtout que se font sentir de la façon la plus déplorable les conséquences de cette étroitesse. n'est pas le bien qui est en moi plus juste que sage n'est pas de moi. puisqu'il est surtout de Dieu. l'effort. se laissera critiquer et reprendre. et notre sécurité doit se fonder sur la grâce qui l'accompagne. encore . qui n'a pas même la vigueur de s'élever au regret. toutes les difficultés.OUATRltMB SBMAINI concevoir quelque vanité. pusillanimité. la prière. appellera-t-on vertu cette égoïste frayeur qui.

nwwique d'étendue. saisissant avec beaucoup de clairvoyance et de vivacité.DBS FAUSSES HUMILITES 209 Ce genre Je défaut est l'opposé du précédent. Tétroitesse. Ce défaut est loin d'être aussi commun. Pour distinguer ce travers. outre une défectuosité naturelle. < I. dépend du caractère. — 1» Comme le ratio- nalisme. L'humilité rationaliste arrête la vertu à des limites trop courtes. Elle ne distingue pas n'est qu'un vmLXTi. tient à la nature de l'esprit . mais elle la voit dans ses exigences. tandis que l'humilité étroite et pusillanime sup: pose. — 14. la préoc- cupation exagérée des vues de la foi. Grâce à cette distinction. De rhumllité étroite. dans tel principe. tel point particulier qui la frappe. : Vautre. Elle suppose donc l'orgueil où il n'est pas. L'étroitesse. comme dans tel acte qu'elle en croit entachés. elle n'embrasse pas cet ensemble qui seul permet de déternwner la valeur de chaque détail. On se tromperait en se persuadant que ce défaut est le propre des personnes peu intelligentes. elle lui prête des proportions excessives. l'étroitesse d'esprit ne voit rhumililé qu'en partie. La vue n'est pas assez large. il est bon d'analyser à part les causes qui le produisent l'une. comme le mot l'indique. chacun saura où faire porter sa réforme. au contraire. la pusillanimité. et pour instituer les moyens de s'en débarrasser. l'humilité étroite et pusillanime lui fait dépasser certaines limites sages. . Cela l'humilité rationaliste s'explique sans peine est le fait de la raison laissée à elle-même.

non pas d'exister. soit d'une volonté trop faible. 2° Le remède est d'application difficile. l'ouverture confiance au directeur.. la portion de vérité qui se trouve dans son erreur même. Que ne son jugement et le autour et plus loinl satisfait voit-elle tout fixe. Quand elle n'a fait qu'introduire des principes étroits. et les idées deviendront plus larges en devenant plus justes. par une action prolongée. c'est cette défiance qu'il faut éveiller atout prix.is à hésiter. Or. Qu'on y joigne la lecture de livres capables d'éclairer. car consiste à douter de soi.QUATRIÈME SSMAIMS 210 non plus les circonstances qui foui que telle autre vertu. mais du caractère elle se compose de toute disposition donnant accès à une crainte. mais de paraître. jugement. son jugement. interdit à rhumilité. la charité par exemple. sillanimité. si le mal se rattachaità la nature même de l'esprit. 11 n'y a pourtant p. avons-nous dit. Comment avoir assez de jugement pour se reconnaître le jugement faux? . II. une autre formation plus intelligente peut tout restaurer. mais si. elle a fini par déterminer une sorte d'entorse morale. Ces deux défectuosités déterminent : . La crainte peut provenir soit d'une circonspection trop inquiète.. De l'humilité — !• La pune provient pas du pusillanime. elle le serait la guérison est plus laborieuse bien davantage encore. et de cette partie de soi que l'on défend avec l'acharneraent le plus il convaincu. La formation première a été souvent la seule cause de ces défectuosités.

Surtout ne remettez pas en question ce qui a été décidé. restent livrées. dans le cours de l'action. car les plus réfléchis eux-mêmes n'échappent pas à ces accidents de l'insuffisance humaine. même dans les cas graves et prenez toujours une résolution bien tranchée. Ce défaut n'est pas spécial aux âmes médiocres. peut se laisser arrêter par moindre incident. Décidez-vous à première vue dans les choses ordinaires. mais d'une manière différente. tout en voyant bien ce quMl devrait faire. pour elles-mêmes. elles voient de l'orgueil dans tout ce qu'elles font et dans tout ce qu'elles pensent. elle s'allie le plus souvent à une extrême subtilité d'esprit. Certaines personnes. Ni l'un ni l'autre ne parviennent à se fixer.DES FAUSSES HUMILITÉS 211 également l'hésitalion et l'inconstance. Ne réfléchissez pas trop. et l'un comme l'autre. qui montrent de la fermeté dans le gouvernement des autres. et l'abondance des solutions déconcerte. L'esprit trop circonspect s'embrouillera au milieu des nombreuses possibilités qui entourent chaque décision. très regardant. et ne saura quel parti prendre. La pusillanimité ne suppose donc pas précisément un manque d'intelligence. — . et gardez-vous bien de vous reprocher les erreurs où vous avez pu tomber. Des vues trop multipliées aveuglent. le caractère faible voudra et ne voudra pas. Etes-vous prudent à l'excès. à des craintes le 2» qui les torturent. 3° Le choix du remède dépend de la cause qui produit le mal. mais une intelligence d'un genre particulier. très méticuleux? forcezvous à couper court.

contraire à la prudence. mon Dieu. ou les porte à abuser. l'oubli de Dieu. qui a la mission de gouverner toutes les vertus. celle de soi. Maintenez vos commandements et vos observations. Il porte atteinte à — l'ordre social et discrédite l'humilité. faciletroublée par les obstacles ou les oppositions. toutes les fois qu'il n'est pas évident que vous vous êtes trompé. Relevez donc votre courage et imposez-vous le devoir de sauvegarder davantage vos droits et votre dignité. quelque chose de gêné. moins pour éclairer que pour soutenir. et Ce défaut est d'un oubli. à la parole. prenez garde. souveut quelque chose de faux qui met les autres mal à l'aise. Ici la direction sera utile. donnez-moi cette humilité simple et courageuse qui ne regarde que vous. Tétroitesse et la pusillanimité proviennent d'une préoccupation.212 QUATRIÈME SBMAINS vous êtes d'une nature peu résolue. à l'extérieur tout entier. mais qui vous regarde tellement qu'elle se sent toutes les énergies du devoir et toutes les saintes hardiesses du zèle I J . Au fond. Si ment — L'humilité étroite ou pusillanime imprime à la physionomie. vous cédez tout bonnement à votre faiblesse. vous n'avez pas le droit d'en faire une question d'humilité.

à se contenter finalement de simples protestations ou de vaines apparences. soit du moins loyale. Que mon humilité. Quand ils avaient dit à leurs parents pauvres : « Tout ce qu'il <ous plaira! » ils se croyaient parfaitement en règle avec la loi divine. Or. tandis que ces actes n'en sont que la manifestation et les effets. en étaient descendus là. ô mon Dieu. si elle n'est pas haute. Cependant. De leur côté.DES FAUSSES HUMILITÉS ^ § III. Nature de ce défaut L'homme a cette tendance invétérée de placer la vertu dans les actes extérieurs. or. sans songer que cette loi. exige l'amour qui assiste et ne se contente pas 4'une formule. accuse. Votre lumière. par la logique de cette erreur. la fausseté de cette conception. Je peux donc avoir beaucoup à réformer ici. car bien peu échappent entièrement à ce travers. encore moins rien de faux dans mes paroles ou dans mon extérieur. votre secours I — I. 213 — De rhumilité fausse dans son expression Que nul ne passe rapidement sur ce sujet. il est amené. moins il frappe. je ne veux rien de factice. du temps de Notre-Seigneur. votre indulgence. plus un travers est commun. La dégénérescence qui en résulte. mais trop tard. Les juifs. sans m'en rendre compte. les pharisiens se . outre le respect qui s'incline.

Sondez bien votre cœur. » « n'appelle point humilité. misère et imperfection. En disant que vous ne valez rien. et si vous reconnaissez en elles quelques imperfections. quand on vous contredit ou tout simplement quand on vous néglige « Il se trouve souvent des personnes qui disent qu'elles ne sont rien.. et.OOATHiÈMB SEMAt. et l'humanité ne laisse pas que de pousser sa tendance. aussi loin que le lui permettent l'irréflexion et les usages. tout en conservant la conviction entière de leur supériorité. le mépris des autres. Voyez vos révoltes quand on vous juge moins capable. mais prenons-y garde! notre nature appartient toujours à rhumanité. gardez-vous bien de le leur dire. : ! h . qu'aussitôt elles ne s'en plaignent. qui plus est. nous n'en sommes point làl les enseignements de l'Evangile ont trop pénétré la société chrétienne pour que nous puissions descendre à de tels abus. et qui ne sauraient souffrir qu'on leur dise la moindre parole de mésestime. qu'elles ne sont qu'abjection. le pensez-vous? En vous courbant. Certes. dit encore saint . mais plus d'un en subit l'influence secrète..NS 214 tenaient pour humbles parce qu'ils se prosternaient bien bas dans les rues. car elles s'en offenseraient. permettriez-vous aux autres de vous regarder de haut?. nul ne fait cette déduction explicite. Jésus exige que nous soyons humbles? disons que nous ne valons rien montrons aux yeux du prochain un air doucereux et des manières déférentes prenons à l'église une attitude abaissée nous voilà humbles! Assurément. .

étendons-le aux attitudes : y avoir une correspondance parfaite entre nos sentiments et leur expression. absolument sincères chez quelques personnes. ce cérémonieux assemblage de paroles. la conviction intime. » — II. être plutôt nommé fantôme d'humilité. il faut en convenir. ne sont chez la plupart des autres qu'un simple écho. et toute personne qui en fait partie. comme il advient souvent. de révérences et d'inclination. Ce que nous disons des paroles. sans aucun sentiment intime de sa propre abjection et de la juste estime du prochain car tout cela n'est qu'un vain amusement de faibles esprits et doit . Si la nôtre ne va pas jusqu'à nous insil doit : .OSS FAUSSRS HUMILITÉS 215 François de Sales. et l'extérieur se trouve violemment séparé de ce qui doit en être l'âme. Grande leçon pour les vertus ordinaires. Un milieu de piété adopte nécessairement des formules humbles qui. Qu'elle est belle l'humilité où tout s'harmonise dans la sincérité! Mais que la sincérité soit en défaut sur un seul point. Origines de ce défaut. la parole du sentiment est en désaccord avec la paiole qui sort des lèvres. car nul ne tient grand compte de ces formules. plus d'unité. car il la discrédite. lui emprunte ses expressions. et à la piété. partant plus de beauté. sur une seule note plus d'harmonie. Toute société se forme un langage. plus de charme. quand il se fait. de gestes. Cet abus est le plus souvent inolTensif. de baisements de terre. il nuit toutefois à l'humilité puisqu'il la dépare.

. faisons de cela notre humilité. nos paroles et notre attitude traduiront ces sentiments nouveaux avec une sincérité toujours égale. elle ne nous inspirera pas une attitude très abaissée. désirons que notre vue devienne plus pénétrante. gardons la beauté de ce qui est moindre mais vrai. Qui. Elle sera moins profonde. avant de le faire. Il y aura toujours certaines défectuosités que nous pourrons avouer. Il sera bon de récapituler ici les divers sujets de confusion que nous venons de découvrir. On peut ajouter que le plus périlleux c'est d'en parler en mal. par ce contraste. mais elle sera plus sincère. leur humilité est seule assez profonde pour aller jusque-là. Ne parlons de nous que par nécessité et. certains torts que nous accepterons de bonne grâce. que la grâce nous fasse entrer plus avant dans les secrets divins. Saint François de Sales affirme que « parler de soi-même est aussi périlleux que de marcher sur la corde ». notre misère se révélera plus clairement à nos yeux.216 QUÀTRlilME SEMAINK pirerles bas sentiments que les saints professent d'eux-mêmes. ne les exprimons pas. n'en prenons pas l'attitude. interrogeons notre conscience pour lui demander si vraiment elle nous en impose le devoir. elle nous laissera du moins une attitude exempte de prétention. En même temps. et à mesure que. en etîet. pense beaucoup de mal de soi et qui donc a grande envie de se faire croire? Laissons aux vrais saints les expressions méprisantes dont ils s'accablent. certaines infériorités dont nous serons convaincus.

III. dit Rodriguez. — Calculs de l'orgueil. Ces seul. et l'on insiste davantage à mesure que l'on est moins cru. comme on se sert d'un crochet pour faire venir à soi les objets qu'on ne peut atteindre. L'humilité au service de l'orgueil.. pour . parce qu'on s'en sert une s'attirer des louanges. c'est parce qu'elle est bien connue. elles deviennent un moyen cherché de s'attirer l'estime. interiora ejus plena sunt dolo. Si l'on s'accuse d'une faute. On dit du mal de soi pour en faire dire du bien. doit s'appeler humilité à crochet. C'est s'humilier d'une odieuse façon. — Bien autrement grave est l'abus de ces mêmes formules quand au lieu d'être l'effet d'une simple coutume.DBS FAUSSES HUMILIlAs Que de 217 faussetés! que d'exagérations que de secrets désirs d'estime sous petites calculées! des aveux humiliants! Il importe aussi de débarrasser notre langage de certaines expresvsions que l'usage. On exagère ses torts pour les noyer — — dans l'humilité de l'aveu. » ! : On affebte de s'effacer et l'on — — ne songe par là qu'à se faire rechercher. Cette humilité. que de le faire dans des vues hypocrites. On demande d'être averti. et l'usage dans certains milieux.. pour obtenir d'être loué. maintient expressions choquent ceux qui ne croient pas à leur sincérité. et répandent ce travers chez ceux qui ne sont pas sur leurs gardes. quoi de L'Ecriture l'a stigmatisée en cej plus vil termes « Est qui nequiter humiliât se.

sur la conformité de la parole avec le sentiment. pourtant des convictions factices. poussant plus avant l'examen. quoique sincères.QUATRIÈME SEMAlNX 218 lY. on s'inquiète de larérifé du sentiment lui-même. Cet éclat qui entoure l'humilité. et restent par conséquent incapables de soutenir la vertu De là l'importance de cette nouvelle étude. plus son action est puissante. elles ne sont pas réelles.au point de vue delà formation mais comme elle s'exerce à toutes les périodes de la vie spirituelle. chose étonnante. ii l'humilité sur laquelle on se repose. il est bon de se demander. Il est rare que. dans un milieu de piété et plus ce milieu est élevé. n'est pas une humilité plus ou moins tion. . L'humilité d'impression peut être attribuée à plusieurs causes toutes néanmoins ont leur point de départ et leur base commune dans l'estime dont jouit cette vertu l'estime est un éclat dont l'orgueil aime à se parer. est le plus séducteur de tous. Dansla V«méditation. et Il y a qui. cette influencb aétérecherch'^e. : . : . de loin en loin. — Humilité fausse dans son sentiment Quand on lité est-elle même se pose cette question mon humivraie? on porte aussitôt son atten: comme nous venons de le faire. Or. peuvent être sincères. .

Mais une fatale déviation se produit le jour où ces âmes. se persuadant avoir l'humilité des Saints parce qu'elles l'admirent. c'est le miracle de leur humilité. répétez à loisir cette longue litanie de leurs plaintes humiliantes. font vibrer toutes les générosités de leur émulation. raison les presse Ces sentiments ne conviennentils pas mieux encore à ma misère?. se croient obligées de professer à leur tour le mépris que les Saints professaient d'euxmêmes. contraste saisissant du mépris de soi-même dans une éclatante perfection. elles ont ressenti pour leur vertu héroïque une vive admiration. si abject. I.. A l'instant vous vous sentez suet les rassure : : .. communique aussi ses impressions. De là le désir de descendre avec eux dans les profondeurs de cette vertu. mais supposez que tout à coup telle personne amie vous interrompe et vous dise est-ce donc vrai? seriez-vous si vil. mais ce qui les a surtout frappées. Eh bien! essayez. JusLe sens de l'émulation et qu'ici tout est bon celui de l'imitation nous sont donnés pour être les agents les plus actifs du progrès. Les personnes pieuses factice. Influence des idées régnantes ou humilité — Le milieu qui transmet ses formules. que nous venons de le voir.. encore peu avancées. Commençons par analyser les diverses origines de cette illusion. ainsi ont lu les vies des Saints.219 DES l-AUSSES HUMILITÉS factice. Ces accents désolés. si coupable? Le croyez-vous?. parvenus jusqu à nous. Ne puis-je pas les exprimer aussi? — : Une excellente pensent-elles..

ils savourent leur abaissement. que leur propre misère les épouvante et les désole. . à notre insu. Aux saints. Les cris déchirants que jette leur prière. 1. sortent de leurs entrailles. habitude de sentiments conventionnels. si aimable aussi. très visibles aux yeux des autres. pure expression de notre âme. Adoptons cette règle très sage d'in- nous condamner nous-mêmes dans les mais ne laissons pas notre conscience.QUATRIÈME SSMÀINS 220 bitement refroidi et tout étonné une piqûre a dégonflé le ballon *. elle ne baigne pas les profondeurs de la conviction. vous n'êtes qu'un reflet. Nous poursuivons ici l'étude dçs humilités suspectç^. les Rien On comprend que ces appréciationg ne concernent pas âmes profondément humbles. ils ont beau chercher des expressions encore plus fortes. ils ont beau les redire. ayons du moins l'humilité de le reconnaître / et n'essayons pas de combler par des apparences ce vide réel. Si nous n'avons pas ces grands sentiments d'humilité. nous restent cachés. qui. rem: plissent peut-être notre vie . notre reflet de Dieu. qu'un écho! Cette humilité est en vous toute de surface. ils ne parviennent pas encore à égaler par leurs sentiments l'absolu de leur conviction. Contentons-nous d'implorer la grâce de mieux connaître les mille imperfections. les défauts qui. le front dans la poussière. se ternir et se fausser par une cliner à cas douteux . A genoux. N'ayant pas les vue» lumineuses et les grâces spéciales des saints. Dieu se révèle si beau et si saintement exigeant.

on ne lui voit ni ces sentiments. il y a des tempéraments qui en créent l'illusion ce sont ceux où l'imagination domine. que. mal gré leur égoïsme féroce. L'influence — du tempérament ou Le milieu est humilité cause qui agit de l'extérieur. dans la vie pratique. Ce que traduit son imagination seule. taine conviction du moment. parcourir toute la gamme de la sensibilité et. le tempérament est la cause qui agit du dedans. et qui la : : naissait! Son imagination saisi! une situation. Ce qu'elle sent. qui agit. au cœur sec. tout ici est en surface.DK8 FAUSSES HUMILITÉS 221 de factice Soyons vrais même et surtout devant Dieu qui lit dans nos cœurs ! ! II. N'allez pas dire à cet homme. C'est un rôle qu'elle trompe elle-même. qui parle. ce qu'elle exprime. S'il y a des milieux qui communiquent l'impression superficielle de l'humilité. s'j enferme. et finit par s'identifier avec elle. il se détournerait de vous avec dédain vous ne l'avez jamais compris! Et il est sincère. C'est elle qui sent. Une âme d'artiste habite souvent une région éthérée. exalter avec enthou siasme les plus purs dévouements! Le lecteuv tout en larmes de s'écrier quel cœur! Et l'entourage immédiat de répondre si on le cor joue au naturel. tout en dehors du réel. Comme précédemment. N'a-t-on pas vu des poètes. la . : : . jaillit assurémentd'une cerd'illusion. lui semble le traduire lui-même il a deux vies et il ne s'en connaît qu'une. ni cette conduite.

et en gardent toute la fragilité. à en exalter les charmes : l'impression gagne du terrain et devient plus profonde. Si votre imagination est vive et ardente. toujours dans cette particulière région séparée du réel. sa beauté passe dans leur esprit et le pénètre. mais. Il y avait là comme deux personnes le dédoublement s'est opéré! Nous ne disons pas que l'homme possède deux person11 admirent cette vertu. exaltent. comme le veulent. par la liction. comme elles y sont écloses. sa puissance d'illusion. : . . S'il se trouve dans le réel il est lui. Un travail latent se fait. tout a disparu on ne retrouve qu'une âme préoccupée d'elle-même etsensible à tout orgueil. Elles s'y étendent. C'est un rêve. semble leur être tout ce qu'ils acquis. cer- a simplement deux manières d'être très dissemblables. Descendue au terre à terre de la pratique. Qu'ils aient à en parler fréquemment. sinon détrompée. ils en ont l'amour. l'inclination peut-être. à tort. prenez garde elle est capable de porter en humilité comme en tout. elle s'arrête dans son essor. victime de luitains rêveurs. ! : : nalités distinctes. elle a subitement perdu ses ailes et bientôt lasse. lâchement. s'il s'enferme dans l'idéal. Au lever du jour. Elle ne se réalise qu'en rêve. par l'effet de ce sentiment. Ils et.222 QUATRIHMiî SEMAINE y a aussi des humbles d'imagination. Hélas c'est dans l'imagination seule que ces merveilles s'accomplissent. il même. il devient un être de convention. le désir. c'est-à-dire au contact de la réalité. par lequel tout ce qu'ils admirent.

il est vrai. Influence des —A l'influence : — quelques-uns de leurs torts.. Chose étonnante. mais peu sûr. Ce n'est pas titude des actes a parole d'un vivant. Quelle est l'explication de ce phénomène? Nous la trouverons dans une observation magistralement présentée par saint François de Sales. habitudes ou humilité sans du milieu et à celle du tempérament s'ajoute une troisième source d'illusion l'influence persistante de vertus disparues.. mais celle d'un rocher creux et vain. loin d'être en soi une ennemie.. car enfin l'imagination. quand l'orgueilleux profère contre luimême tant d'âpretés. mais un pli et inclination que la mulmilité.. sur la charité. vie. son accent sonne faux il se répète avec une insistance de mauvais aloi . elles font tout cela avec une sorte de conviction. dit-il. qui appelle le vrai : tous les contrôles. mais comme elle part du principe même des vertus. c'est un simple écho qui répète la voix. Il se rencontre des personnes vraiment orgueilleuses qui éprouvent le besoin de faire des actes d'humilité. Elles se mettent au dernier rang et s'accusent même des maux publics. elle s'applique parfaitement à l'hu- Ce reste d'amour qui survit à la chadans l'âme coupable. » Oui.DKS FAUSSKS HUMIUTBS 223 Nous verrons bientôt comment on discerne du factice. « rité donné à notre cœur. l'habitude.. de confesser leur misère et III. . est un auxiliaire auxiliaire puissant. Elle porte. la . n'est pas la charité.

« Eh bien! ajoute saint François de Sales. si j'é- prouve pour elle de l'admiration. n'est-ce pas une grande pitié de voir une âme qui se flatte en cette imagination d'être sainte. à se croire humble... mais c'est à désessens de l'éloignement pour Dieu.. Si je me ! l'humilité.. que son repos est léthargie une manie.... on demeure inquiet.224 QUATRIÈME SEMAIlfS et. trouvera de nouvelles délices à se faire humble. Mais tandis qu'elle croit goûter la pure humilité. devant son exagération et son amertume. et que tout cela ne manque ni de douceur ni de quelque sincérité... dont la puissance est encore si grande qu'elle provoque parfois des émotions et des larmes. — mon j'ai peur! quoi. et.. Plus elle l'attention des verra l'impression qu'elle produit. et c'est l'action de ce poison qui lui communique ce surcroît d'ardeur. demeurant en repos. tant d'illusions possibles pérer !. et se trouvant enfin que sa sainteté est feinte. plus elle s'enfoncera dans le sentiment de son néant. Réflexions. Formuleautrefoissincère etqu'ona retenue!. telle est la nature de cette humilité. sans trop savoir pourquoi. Besoin autrefois senti et qui persiste dans la seule habitude!. c'est peut-être la douceur de l'estime commune qu'elle savoure. peut-être ne le suis-je pas davantage 1 .. je ne suis pas humble .. » Terminons par une remarque qui et sa joie doit attirer personnes ferventes: Une personne admirée pour son humilité et qui le sait.

. l'amourpropre lui-même commande cette conduite le désir de ne point passer pour orgueilleux. De ce que l'on se contient dans les occasions où l'amour-propre est blessé. chez les âmes ordinaires. ou tout au plus une admiration platonique de la vertu. Quant au plaisir que l'on éprouve à parler en mal de soi et au goût sensible qu'évoque la pensée de l'humilité. ne sont le plus souvent. il ne ressort pas la preuve absolue que l'on se contient par humilité la simple prudence y suffit d'orsensible : suis-je Attendez ! — : dans certains milieux. tout simplement un reproche.DES FAUSSES HUMILITÉS J'en fais des actes 225 nombreux dans mes médi- me contiens dans les occasions où mon amour-propre est blessé j'éprouve du plaisir à dire du mal de moi-même et la pensée de l'humilité répand en mon cœur une joie tations je . — 15. s'il accueille sans ostentation ces abaissements. une confiance qui se retire. Attendez les occasions positives un mépris que rien ne compense. bien mérité d'ailleurs. une préférence pour les autres qui vous rabaisse. humble? De ces actes nombreux dans la méditation. qu'un certain contentement de soi. et. nous n'avons rien à dire. Ah si le goût persiste. sinon qu'ils comportent trop peu de difficultés pour témoigner formellement en faveur de la vertu. un insuccès dont on vous rend responsable. . très réels chez les grandes âmes. s'il répand Jans l'âme un contentement profond et donne à la vie spirituelle un. pourait être le seul agent de cet effort. surcroit dinaire.. il n'en faut pas faire grand état ces goûts.. : ~ : : I BUMILITi.

produisant de tels effets. car seul c'est la vertu. il est bon de s'étendre vers tout progrès. Ces formules ne produisent que l'illusion de la vertu. dans nos élévations de cœur vers Dieu. Ne fussent-elles que vaines et vides. fortifiantes. trop le redire voyons : . comme nous nous imposons de l'être devant le prochain. elles ne sont ni dignes de Dieu. ou les sentiments des saints. et de porter aussi loin que possible Thumilité comme les autres vertus. que nous dicteraient seuls. Ah que le vrai est pour nous. il est à la fois lumière et force. bon et qu'il est beaul Seul. ou notre propre imagination. ni. — ! . Sans doute. Dieu seul peut l'ins: pirer. ayons la probité de nous interdire toutes les formules d'humilité. rassurez-vous un tel goût. mais il faut le faire dans la vérité. l'orgueil peut-être. Nous ne saurions N'affirmons que ce que nous soyons sincères devant nous-mêmes.QUATRiiMI SKMÀllfl Î26 d'ardeur. Il ne vient pas de la nature . Dans nos prières. est un goût de bon aloi.

car. et l'attrait. et dans cette ravissante disposition qui en émane. la fécondité. nous indiquerons quelques séries de réflexions et d'affections. les fausses humilités. puisque de ces principes et de ces conséquences. . sur facile. elle compose une doctrine pratique étude encourageante aussi. où tout est lumière. . l'inclination à estimer les autres. beauté. parce qu'elle fait surgir à — — chaque pas des conséquences imprévues étude éminemment utile. — Les — personnes qui en auraient le temps pourraient utilement consacrer trois méditations à chacun des deux exercices qui vont suivre. Son action directe produira la paix. sortir attristantes Etude même. pour amener au grand jour ces riches découvertes. élevons nos regards vers l'humilité véritable. Nota. elle n'a qu'à les dégager de principes établis déjà . cette triple manifestation de la belle santé de l'âme. étude instructive néanmoins. . la ferveur. Ses traits vont nous apparaître pleins de clarté. A cause de leur importance. dilatation. dans la tendance prononcée à l'effacement et au sincère mépris de soi-même.Coup d'œil sur les deux méditations qui vont suivre Au de ces considérations pénibles.

qui. elle ne pourrait être contre nature que dans ses actes. . elle doit être une force permanente. Une telle disposition n'est-elle pas contre nature? Point du tout.Quatrième Semaine PREMIÈRE MÉDITATION XXII* EXERCICE Des caractères de la véritable humilité — Deuxième point — Troisième point Premier point : Inclinatioa à l'effacement. devient un véritable amour. Elle lui oppose d'abord l'inclination au simple effacement allant plus loin. les actes . Inclination au mépris de soi-même. Nous étudierons les caractères distinctifs de l'Iiumilité. mais si la tendance relève de la vertu spéciale dont elle est le mouvement. portera-t-elle son effort? Sur cette tendance dangereuse qu'il faut dominer la tendance à nous surfaire dans notre propre estime et à nous surélever dans l'opinion des autres. elle fait naître l'inclination au mépris. L'humilité est une vertu donc. en certaines âmes. : : — Préparation pour la veille. Inclination à l'estime du prochain. Mais sur quel point demain . car éminemmwit pacificatrice et bienfaisante comme tendance. .

. . ni avoir l'air d'ignorer ce qu'elle sait. Aimez à 1» « — Ama « être ignoré. détourner l'attention. ce qui doit être l'humilité n'interviendra que fait sera fait pour donner à toute cette activité un caractère en quelque sorte impersonnel. . elle ne saurait néanmoins repousser ceux qu'elle croit mériter. charité. et elle (Saint François de Sales.) 2° Elle n'aime pas les éloges. - paraître par dessus ne veut ni paraître savoir ce qu'elle ignore. et aux autres d'eux-mêmes et oublié. Une personne moins Elle s'ingénie alors à c'est si facile! Parlez vous serez vite humble prendrait des — airs effarouchés et nie- . établissant ainsi Par . Inclination à l'effacement. Demander la grâce de ne point se décourager en voyant tout ce qu'exige l'humilité. . de l'âme dans sa parfaite obéis- fidélité sance à Dieu. » tout. elle. les droits des vertus seront sauvegardés la dignité personnelle sera maintenue toutes les initiatives utiles seront prises en un mot. la liberté et la de Dieu dans son action sur l'âme..PREMIÈRE MÉDITATION 229 relèvent en tout et pour tout de la prudence. » {Imitation. I. nous le verrons plus loin. \^o Méditation — Prélude. elle elle ne est vertu le fait est simple nesciri.) L'humilité cache tout ce qui et perfection que par humaine.

. mais ame humble se l'explique à merveille est-ce que Dieu n'est pas le principe premier et nécessaire à tout acte bon Est-ce que l'Etre parfait peut avoir une part quelconque dans un insuccès? 3° Au reste.. la simplicité. elle pense très peu au bien qu'elle fait. Quand l'orgueil ne nous aveugle « Ce que vous pas. Jésus est transparent en eux aurez fait au plus petit. La raison s'étonne de cette partialité.. lui parait tout naturel. Partout elle cherche l'oubli. la place plus effacée. c'est elle seule qu'elle accuse. Quand elle réussit. encore moins aux éloges qu'elle reçoit. Elle éponge avec soin ces vaines complaisances d'orgueil qui suintent en nous de tous les côtés. quand elle échoue. elle y va enveloppée de modestie. même et surtout dans l'humble effacement. 1 : ! rait mettre. » Humilité révélatrice 4° Choisir l'emploi le la : 1 Réflex/ons et sentiments. comme pendant la chaleur on cherche l'ombre et elle s'y trouve bien. paix profonde et suaves — 1» — Impression de 1<* DépendaQca . moins en vue.. c'est à moi que vous Causez fait. et si elle est appelée à faire de grandes choses. Elle n'ambitionne rien de ce qui distingue.230 QUATRIÈMK 8KHAINS révidence attitude fausse. c'est à Dieu qu'elle en fait remonter la gloire. humilité douOh! la vérité. Elle sait que la moindre trace qu'elle en laisserait aux parois du vase. elle est inclinée vers les petits et les pauvres. 5° Par goût. serait un principe de corruption pour tout le bien que Dieu y pourrait : teuse.

iO" Le plus grand bien a toujours été fait par Dieu vient les prendre ceux qui s'effacent H» Se comme par la main et les accompagne 12» Comparer résoudre à cette humilité. » {Imitation. écouter. le sentiment excessif de l'estime de soi est bien plus violent. 8* Disposition éminente à la vie intérieure. brisent les oppositions les plus légi: . — — — — : — . aimer. s'adresse à une autre tendance : Vestime de soi. . 4" La simplicité consiste à éviter le factice. dont les écarts sont très funestes. Certaines natures ont grand besoin de cultiver l'inclination au mépris de soi-même. car. — Facilité à se faire agréer.) L'humilité d'effacement a pour objet l'estime des autres elle modère et dirige le désir inné que nous en avons. et en cela elle vise Dieu avant 5° Son influence heureuse sur l'intout . C'est lui qui fait les vrais orgueilleux. L'humilité qui concerne le mépris de nous-mêmes. ces hommes qui tranchent et s'imposent. — — . — IL Inclination au mépris de soi-même. si le désir de l'estime des autres est plus général. . 9" Place laissée vide et que Dieu remplit. 6° Instinct telligence des vérités de la foi 7® Chaude mystérieux qui lui révèle le bien atmosphère où toutes les vertus se développent. puis à se dégaet en cela l'humilité est vraie ger du multiple. « Qui se connaît bien se méprise. sa vie à cet idéal et prendre des résolutions pratiques.231 PREMIÂRX MÉDITATION libre et 3"» — souple à tous les vouloirs divins .

Se voyant des défauts.. sentant sa vertu toujours chancelante. volontiers. S'il s'agit d'une faute. dédaignent les conseils. et fait ressortir la miséricorde de Dieu.. et. et elle se réjouit. et elle la hait mais la faute contient aussi l'humiliante manifestation de nos mauvais instincts et de notre incurable faiblesse. prenons conscience de nos yéritables sentiments. et. tandis que l'humiliation demeure. pour cela. quand la l'âme pru- . et méprisent leur entourage. elle nous aide à devenir humble. etc. ayons le courage de nous incliner résolument au mépris de nous-mêrae. des dons même de la grâce. sans motif. Il n'est pas nécessaire que l'orgueil atteigne ces excès pour être odieux et perturbateur. Oui. elle n'est plus. toute humiliation est bonne. elle pense souvent à ce qui la rabaisse au point de vue du talent. elle se réjouit. 2° Lui arrive-t-il de commettre l'une de ces maladresses qui ne nuisent qu'à l'amour-propre elle s'applique à l'aimer. la fâcheuse impression. des penchants misé- rables. des avantages extérieurs. Jetons sur notre vie un regard sincère. car la faute est pardonnée. 3® Toujours humble consulte — défiante d'elle-même.232 QUATRIÈMI SSMAL'VI times. elle l'envisage sous deux aspects la faute contient l'offense de Dieu. et. : . \* L'âme humble s'applique à connaître le peu qu'elle vaut. si nous y découvrons quelque chose de cette dangereuse tendance. Or. elle rougit des témoignages d'estime qu'elle est obligée de subir : « Si l'on savait! » dit-elle. et se défend d'en atténuer.

...233 PREMIERS H^DITATION dence rieurs. je finirai par devenir meilleur.. grâce à vous. Certains motifs bas dont on rougit. sous prétexte de s'humilier. elle se plaît à les faire — connaître et à les rappeler. « Dites-moi bien librement tout ce que vous avez remarqué de défectueux. Oh! le 4° c'est juste et que je vous remercie. Réfléchissez d'abord.. et si l'observation est juste. même aux yeux de son confesseur. et gardez-vous d'ajouter l'une de ces protestations qui sentent le désarroi d'un amour-propre blessé oh! vous avez bien raison! je n'ai que des défauts! ahl si vous connaissiez toute ma misère l. remerciez franchement.. elle rend facile et douce la tâche de l'amitié.. 6<» Certaines occasions mettent particulièrement à l'épreuve le mépris de soi. Vous verrez que.. : . que 5<* C'est au confessionnal qu'elle donne libre carrière à son besoin d'humiliation. le permet. Avons-nous besoin de le dire la vérité défend de s'attribuer des torts que l'on n'aurait pas et la sagesse ne saurait permettre de se faire mal connaître.. » Et tout cela sent la sincérité et la joie dans l'amour de l'humilité et de la perfection. — : ... certaines fautes avilissantes du passé.. Dans les milieux où est établi l'usage de la monition... elle s'adresse même à ses infé- — Elle sera heureuse ensuite d'attribuer succès aux avis qu'elle a reçus. on vous avertit d'une erreur. On vous reprend. Elle se garde bien de changer l'effet de ses aveux par l'exagération ou par quelqu'autre habile moyen. d'une imprudence. elle veut paraître vile et non pas humble...

QUATRIÀHR SEMAINl 234 Par contre. — 3" Sauvegarde très sûre. 12° Se mettre de son mieux de vouloir ... s'il montrances. son indulgence au besoin?. — 4® Puissance bien. et se tenir dégagé de toute vaine complai- — — çancç. Ne le voyez-vous pas sans cesse prêt à ténoigner son amour? donnera de m'oublier et de lui — me 9*> Ah! qui me perdre dans un — 10* Long sincère mépris de moi-même I H" Demander regard sur Jésus humilié. si vous prononcez quelques-unes de ces « Après tout. le . D'un acte de charité. d'ailleurs vous en moi!. » vous ne parlez sûrement pas sous 70 qu'on et : l'influence de l'humilité. tandis qu'une humilité profonde. ne considérant que le plus grand bien. — Beauté morale — 2° Principe de sagesse. — 6° Foyer de tenincomparable pour dresse 6" Qui n'aimerait une telle âme? — 7» Qui refuserait sa confiance? — 8° Quels Réflexions et sentiments. c'est votre paroles d'humeur savez plus que affaire. eût conseillé peut-être de douces instances. l*» de cette disposition. lorsque vous donnez un avis le dédaigne. vivement la grâce de comprendre. et votre zèle s'arrête déconcerté. dans cette disposition du mépris habituel de soi. de fermes red'un inférieur dont on a s'agit charge.. s'agit s'il d'un égal. . ses dispositions généreuses.. vous faites une question d'amour-propre. lui sont à son égard les sentiments de Dieu. de désirer. si vous montrez quelque dépit.

235 Inclination à estimer les autres. Incliner à juger les autres meilleurs que soi. Quand elle les rencontre. » (Imitation. On peut craindre de se tromper sur l'amour que l'on croit avoir pour l'effacement et le mépris. Voilà votre règle pratique. elle les excuse et.PREMIERS MÉDITATION III. n'implique nullement le désir de les uniter dans leur conduite. qu'on se rassure si. . on se sent une inclination franche à estimer les autres. C'est le contraire de l'orgueil qui.) L'estime pour le prochain n'est pas un acte direct de l'humilité. les rabaise. et cette conduite ne s'applique pas aux cas où l'on a le devoir de juger. en se surélevant. !«> L'âme humble ne se préfère à personne et ne pense jamais mal des autres. elle les regarde avec indulgence^. c'est une grande sagesse et une haute perfection. Ses propres défauts roccupent assez pour qu'elle cherche à voir ceux du prochain. si elle ne le peut. Estimez les autres meilleurs que vous ». nul ne si j'éprouve pour moi-même un sincère mépris. . soit pour diriger les autres. Cela ne signifiie point qu'elle approuve cc qui est mal ou imparfait. l'amour réel de l'effacement. dit saint Paul. si cettç conduite est défectueuse. Elle est encore plus jalouse de cette délicatesse pour Si j'ai me fait ombrage. soit pour se défendre soi-même. 1. parallèlement. — « N'avoir aucune bonne opinion de soi et estimer beaucoup les autres. 1» « Alios reputa meliores te. mais elle en est le résultat le plus constant et la preuve la plus certaine. je relève d'autant les autres par comparaison.

et. impartiale Elle n'est ni exigeante ni chaet généreuse. 30 elle — — — quelque inou de quelque violence. 1. Elle est foncièrement ou un manque d'égard. Dans ce but. plus sûre. Aussi rien n'est plus suave que le cœur humble. ce signe caractéristique de l'orgueil. Elle ne se froisse pas pour un oubli grine. bien loin de se 4° Est-elle par hasard l'objet de justice commence par exan'y aurait pas donné lieu . L'humilité l'incline à se montrer juste. au contraire. puis. Un tel sentiment vient-il à faire invasion dans son cœur. parce qu'elle croit ne rien mériter. songeant à ses propres olTenses. par le calme qui permet de voir plus clair. elle reconnaît que Dieu a bien le droit de se servir des autres pour la punir.QUATRIEME SBMAINB 236 les pensées qu'elle ne Test pour ses paroles. aussitôt elle le désavoue. pour en 2° horreur. Un sentiment lui est particulièrement en mépris du prochain. Cette . et par la bleaveillance qui amène lei couciliaUooa. en s'eîTorçant de la remplacer par une impression favorable. elle réagit contre l'impression fâcheuse. elle fixe sa pensée sur les bonnes qualités de la personne. car c'est aller plus avant dans la vertu. douce et facilement reconnaissante. il semble avoir perdu le triste pouvoir de s'irriter H se sent si pauvre ^ livrer à l'indignation. elle miner si elle î : disposition ne s'oppose pas à la défense légitime de nos droits et de nos intérêts elle la rend.. . Dans tous ses rapports avec le prochain a l'esprit éminemment raisonnable. ou sur l'amour que Jésus lui porte.. le faire disparaître l'influence.

mes procédés.PREMIÈRE MEDITATION 237 — 1" Admirer la Réflexions et sentiments. der mon cœur n'y trouverai-je que bienveillance? ne suis-je pas au contraire difficile. 40 Que serait une famille. Or. née de l'humilité. exigeant. 7° Examiner ma conduite à leur égard. sortant d'une conviction intime. — — — : — — — — : . jamais de reproches amers. s'ils sont aussi vertueux. mécontent? 9° Appeler fortement l'humilité qui dispose à l'estime des autres. Celle qui serait déterminée par le précepte de charité. jamais de jalousies. mon 8° Sonattitude. 2" Voyez la chaleur qui la fait généreuse. ni aussi suaves. les actes commandés. prochain. la demander avec instance. le support du 3° Seule. l'encouragement est le plus puissant moyen d'agir sur les volontés. La charité naissant en quelque sorte de l'humilité. divine ordonnance des vertus. permet de les encourager efficacement. ni de comparaisons pénibles. l'estime qu'on prochain serait facile. mes paroles. vif désir d'estimer tout prochain et plus particulièrement les personnes de mon entourage. l'estime du ments. combien. est une estime spontanée. pourrait se porter aux mêmes actes. or. trouvant sous ses ailes sa sauvegarde la plus efficace. ne sont ni 6° Concevoir un aussi forts. a pour les autres. où chacun aurait une charité faite d'hu milité jamais d'aversion. avec cette disposition. mais en se les imposant. un groupe de personnes. pas de susceptibilités et de froisse50 Remarquez-le bien.

et la vertu. Eh bien c'est aller vers elles. pour beaucoup d'âmes. je ne peux pas être humble Si : I je m'abaisse. ou résultera d'un très grand amour. je suis donc sans vertu? » Désirez-vous ces dispositions? Assurément. je ne suis pas. Le goût suivra peut-être une longub habitude. sible! Sachez que la vertu réside dans la volonté seule. pourra il puissant secours. ment vertueux. l'humilité de volonté et. si je conçois sans beaucoup sens pas pour les autres une cordiale estime Sans inclination pour ces choses. La principale est une sorte de découragement. sans lui. deviendra ainsi pour les actes un très il donnera à la vertu un plus doux attrait. c'est à contre-cœur. de terreur peut-être « A ces conditions. la seule actuellement pos- de conviction . Que tout cela vous coûte ou non. mais il ne constituera jamais la vertu par lui-même. . et que l'inclination qui forme son essence. est une inclination de volonté et non de sensibilité. et je ne c'est me ! — — 1 — .ÉCLAIRCISSEMENTS Sur le rôle de la volonté et de la sensibilité dans la vertu A la suite de ces méditations qui déconcertent nos habitudes d'esprit. étes-vous résolu à vous Mais voilà le mouvey exercer? Sans doute. étudions sérieusement les impressions qu'elles nous laissent. du mépris pour moi-mAme.

le choix. à son tour. c'est l'impression pénible qui éloigne. Essayons d'établir par une analyse rigoureuse cette importante distinction. — — dans une satisfaction d'amour-propre que désavoue la volonté. La vertu. la volonté. la sensibilité. c'est l'impression heureuse qui attire le dégoût. En fait de vertu. . Le goût. L'on peut donc aimer et détester en même temps le même objet. plus elle est puissante. agir et se développer.239 PREMIÈRE MÉDITATION toujours exister. 1° Ne confondons pas La volonté. Elle n'éclairera pas seulementle cas présent. La sensibilité aime ce qui est conforme à ses goûts. ce qui est conforme au devoir. elle prêtera aussi sa lumière à un grand nombre d'incertitudes diverses. répétons-le. 3® Elle a pourtant sous sa dépendance la sensibilité. lui prêté l'important concours de ses goûts et de ses ardeurs. c'est tantôt le goût et tantôt le dégoût. Ainsi la nature se comsibilité. car elle^ étend son mouvement à toutft notre nature morale. Or. préférer c'est aimer. réside dans la volonté seule. qui. plus elle passe avant dans la sensibilité. Ainsi conserve-t-elle du dégoût pour une humiliation pleinement plaît-elle — — acceptée cependant. c'est la — . la volonté et la sen- détermination. 2° La sensibilité et la volonté obéissent à des lois distinctes.

dit le Sauveur à la Bienheureuse Marguerite-Marie. Souvent. la révolte. Tantôt il se contente de permettre le jeu régulier de ces dispositions contraires. nous apporte trouble. en les direct. mais la vertu demeure intacte dans les hauteurs de la volonté. ce qui nous intéresse particulièrement ici.. plus aimés de Dieu. La volonté ne peut commander à cette capricieuse faculté d'avoir telles ou telles impressions. dépend du tempérament. qui n'est qu'indirect dans ses moyens.. des circonstances heureuses. toutefois... toutes choses qui échappent à notre choix. plus humbles. etc. en effet. viennent y mettre obstacle. n'est pas absolu dans ses effets. l'épreuve est complète . notre amour-propre acquiert une impressionnabilité maladive. 4® le Courage] Dieu veille. jusque-là bien supportée. de la nouveauté. mais elle peut lui présenter. L'impression provoquée peut ne pas se produire. Le goût sensible. Nous sortirons de là plus détachés. Telle humiliation. plus fermes. tantôt il agit de lui-même « J'augmenterai ta sensibilité ». . le dégoût.. ni 1° faisant valoir. et.. 2° Ce pouvoir. les objets qui les déterminent. à son tour. le pouvoir de la vertu sur la sensibilité n'est ni un pouvoir un pouvoir absolu. Mille dispositions difficiles à analyser.. Que la tentation. en effet. nous paraît tout à : coup intolérable.QUATRIÈME SEMAINE 240 II Remarquons-le.. 3° Dieu intervient aussi.

soit . une humilité qui produit tous les effets qu'on en doit attendre. quoique d'une manière différente. l'est également. . par ses caractères. Fécondité. son action. ragement si l'on découvre. en ses dispositions. Les caractères révèlent son essence les effets. Ces deux preuves ne se contredisent jamais. : La — Deuxième point : La Ferveur. quelques traits de l'humilité. est nécessairement vraie. — 16. Les deux méthodes arrivent au même résultat. ou dans sa vie la manifestation de quelques-uns de ses effets Quel avertissement si l'on constate des carac' tères ou des effets contraires Préparation pour être connue. — I HUMILITÉ. Une humilité qui a toute son essence. — Une vertu peut /a ve/7/e.Quatrième Semaine DEUXIÈME MÉDITATION XXIIl" EXERCICE DONT ON PEUT FAIRE UTILEMENT TROIS MÉDITATIONS De la véritable humilité Ses effets Premier point — : La Troisième point Paix. soit par ses effets. et leur examen successif fait entrer toujours plus avant dans la conQuel encounaissance et l'amour de la vertu.

abaissez-moi. elle est formelle. faites que je comprenne et que je goûte ces choses. a besoin d'être caché sous terre et foulé aux pieds. La paix. — 1» «Invenietis requiem.QUATRIÈME SIMAINI 242 La paix. qui agit et qui se répand! L'atmosphère est pure. la ferveur. Il y va de votre gloire. la raison la plus forte de me faire humble. — Demander la grâce de comprendre comment tous les biens m'ariiveront avec l'humilité. » C'est la promesse du divin Maître. vous I. : Méditation Prélude. ô mon Dieu! Il y va de votre règne dans les âmes. dans cette triste — — . faites que j'y puise un grand courage me saisit. si le et quelque joie. à la rer encore. elle est spéciale — . la sève puissante et la moisson riche Le cœur se dilate. Mais alors. l'action devient facile. même.. montrez-moi que tout peut se répasiège. pour éclore. et que j'ai dans mon infidélité indigence qui me trouble. broyez-moi j'y consens je serai peut-être le grain de froment.. la fécondité sont les de l'humilité. Si le remords découragement lui-même m'as- vue de ma vie sans ferveur et sans fécondité. ô Jésus! S'il le faut. et le succès coueffets : ! ronne l'effort ! mon Dieu. trouverez la paix. l'humilité serait la vie spirituelle dans son plein épanouissement une vie qui se possède. qui.

Elles avaient est . il retrouvera la paix. Heureux si. Or.. rhumilité. pax est 243 : tranqnillitas : ordinis (saint Augustin). Elle nous rend à nous-mêmes. : — à sa volonté et il s'irrite des résistances. Quel repos dans ce Cœur après tant d'agitations! Quel bien-être après tant de souffrances: Invenietis requiem! 3° 11 y a de grandes humiliations qui remplissent d'une immense paix... et des hommes. Un rouage déplacé produille trouble. comme la jouissance est le grand bien de la patrie car elles sont l'une et l'autre le règne de Dieu. il faut être pur.. En effet.DEUXIÈMS HIÎDITATION la — C'est la nature des choses. — — Il ambitieux et il se dépite. La paix est le plus impérieux hesoin de l'âme. et nous ouvre le cœur de Dieu.. Il tient elle . — — — . dans l'humble aveu de son erreur. atteint de quelque déception plus amère. il sait courber le front. et des événements. résignés à nos propres misères... L'humilité calme la douleur et répare le mal. L'insuccès l'abat et le succès ne lui apporte pas la paix. Elle nous remet à notre vraie place. c'est l'ordre à tous les degrés : nous rend soumis à Dieu. 2*> L'orgueil est un désordre qui nous déplace. c'est vrai mais il faut aussi être en paix. D'oii viendrait donc le trouble? La paix est le grand bien de l'exil. paix se définit l'ordre maintenu à l'humilité. Il se recherche au lieu de chercher Dieu et il n'est jamais satisfait. L'orgueilleux se plaint facilement. et de Dieu même.. doux au prochain. Pour avancer vers Dieu.

désolée d'une misère persistante.. La partie de l'âme qui touche à la terre. Et que je suis 1 loin d'avoir l'amour de l'abjection 1 . demeure parfois dans les ombres. n'illumine que les hau- teurs. » Cette route vers la paix. de quelque faute commise. n'est-ce pas l'humilité elle même qui l'a tracée? — Ne suis-je point parfois déconmécontent des autres et de moimême? Cet état ne se produit-il pas à la suite de quelque humiliante déception. s'est allumée cette joie supérieure qui consume la victime. C'est que l'âme immolée elle-même a besoin de rester humble à ses propres yeux. il est vrai. dit Vlmitation. triste. Prenez constamment la dernière place et le rôle de la soumission. de quelque insuccès. comme un holocauste d'un incomparable parfum.. . C'est par cette voie que l'homme pénètre dans la région du repos. de la vue La paix 1 certé. rinclination qui appartiennent à la vertu. Je n'avais donc point de moi une idée assez basse Je n'étais dono pas prêt à subir l'humiliation! Je ne trouve point en moi la facilité. Demandez que la volonté de Dieu se fasse pleinement en vous. « Mon fils. Choisissez toujours d'avoir moins que plus. dans leur emcates . où rien d'humain ne se mêle. brasement céleste... appliquez-vous à faire la volonté des autres plutôt que la vôtre. Celte joie.244 QUATRIÈME SEMAINK envahi l'âme dans ses profondeurs les plus délimais elles y ont trouvé pour les accueillir une humilité généreuse et.

. la sainteté . elle n'est pas la perfection elle est Vactivité spirituelle. car elle est le signe d'une force maîtresse d'elle-même cette beauté mo. et qu'avec beaucoup de grâces on court. j'accueillais l'abjection avec une douceur amie? J'admire la paix des grandes âmes sous l'opprobre. se développent. — — — — . mais Dieu seul La ferveur. Dieu est libre . sans grâce..DEUXIÈME MÉDITATION Quel sacrifice 245 me d'amour-propre faiît-il accepter dès maintenant pour m'assurer la paix ? Si je me mettais à aimer tout ce qui m'abaisse. on reste inerte. les vertus agissent. et tantôt l'automne avec ses feuilles qui jaunissent en laissant voir des fruits mûrs. II. La grâce c'est la sève qui monte. du moins. printemps ou automne. la distribution des grâceà rtlève entièrement dé Dieu. tantôt il exige des efforts pénibles. Or. c'est le sang qui circule. on vole. ! prœbet komi- nem patulum ad suscipiendum infiuxum divinx gratias. 2*> D'autre part. C'est tantôt le printemps avec ses fleurs qui charment. L'humilité rend l'homme malléable à l'action de la grâce divine (saint 1® La ferveur n'est pas Thomas). rale je l'envie. Sous son influence. s'entr'aident. Mais. consolation ou épreuve. cette activité qui caractérise la ferveur. soit au dedans? Si. dépend de l'abondance des grâces. la donne — « Humilitas. c'est toujours le mouvement intense de la vie. Tantôt cet exercice se fait avec facilité. soit au dehors. c'est la chaleur vitale (\m se répand dans l'être tout entier. Elle en dépend à tel point que. Or.

C'est celle du pauvre qui sent ses besoins et qui prie. c'est la vertu longuement exercée. elle prio : . ferme son Cœur et éloigne ses miséricordes. Son Cœur s'ouvre et verse sur elle des grâces aussi continuelles que son humble attitude. » Voyons les yeux du Tout-Puissant séduits par la vue de cette âme. une expression inimitable de vérité et de simplicité. Comment ne plairait-elle pas à l'âme — Dieu? — Considérons son attitude. Son mouvement le plus naturel est de regarder Dieu. C'est un mélange de respect. tion assure des grâces . lui plaît par sa physionomie. vers la perfection et la sainteté la perfection. cette âme avance. Elle déplaît à Dieu. un reflet du profond sentiment de sa misère. Oratio humiliantis se nubes penetrabit. et libre. aussi puissantes que ses humbles instances. Quel meilleur moyen de les obtenir que de lui plaire? Or. c'est le mérite lentement accumulé. de soumission et d'amour. Elle ne sent pas le besoin de prier. d'un pas aussi rapide que sûr. Etudions la physionomie de l'âme humble. « La prière de l'humble pénétrera le ciel. à genoux. Divinement éclairée et excitée. 3* Jetons un coup d'œil sur l'âme orgueilleuse. et le touche par son attitude.246 QUATRliMS SRMAINI entend rester Sans doute la coopéramais il faut des grâces pour cette coopération même. et ses oreilles charmées par l'accent de sa prière. la sainteté.

l'hu- milité.DEUXIÈME MÉDITATION t47 peu OU mal aussi demeure-t-elle languissante.. . — La ferveur! Je me plains de ma langueur intime. j'ose dire. Il y faut une action plus positive. je ne progresse point. ce stimulant de toutes les activités.. mon goût des choses de Dieu presque nui. elle ne fait pas surgir la ferveur. de mes sécheresses dans la prière. comme une plante sans soleil. il ne suffit pas de n'être point orgueilleux : l'humilité négative exclut la faute . serait-ce pas que l'humilité me manque. Elle vivre. . toute prétention excessive. — !• Nisi granum frumenLa fécondité. contrairement à la loi de toute vie. s'épuise. un cri vers Dieu! Cherchons la ferveur dans la pratique de sesse. l'humilité. un re- gard plus suppliant. dans son sentiment vivifié et. Je constate que. il ne suffit pas de tenir à l'écart toute sotte vanité. Comment expliquer cet affadissement? Ne traite. pas assez ne saurait donc être fervente. un vif sentiment de sa bas- une inclination décidée vers ce qui est humble. ti. cette disposition qui attire toutes les grâces? Pour avoir cette humilité qui stimule. de froment est jeté en terre et Si le grain . de mon peu d'ardeur en face des devoirs ennuyeux. Ma vigilance est dis- mon action molle. lui Il reste peut-être assez de grâces pour pour vivre avec intensité. III. s'il se rendu sensible défendons-nous surtout de toute agitation d'amour-propre où la force peut.

. Cette qui terre écrasent. Que de talents restés inféconds pour cette seule raison et par contre.. s'il prend toute l'apparence de mort. car il n'a pas coutume de demander à l'orgueilleux son concours. hélas! ni de lui prêter le sien.. leurs à des lois semblables. 2» Voyons auxiliaires.. Le choix des Apôtres et des premiers chrétiens se répète dans tous les temps et.. la rendre manifeste..248 QUÀTRliUB SKMAINl aux pieds. voilà la condition de la fécondité spirituelle. que d'œuvres mer> veilleuses sorties dps labeurs d'un humble saint François. In/îrmamundt. quand Dieu suscite des hommes de grande valeur... Quel est son but? Dégager son action. en obtenir toute la gloire. cette tit : pieds ces cache. d'une humbU ftmmt du peuple !... Elles obéissent d'ail. qui apparence de mort qui anéan- voilà l'image parlante de l'humilité.« . L'une produit le bien dans notre âme propre l'autre le produit par nous dans l'âme du prochain. . 11 serait peut-être assez vain pour le croire lui-même. c'est alors qu'il porte des fruits en foulé la abondance. d'un humble saint Vincent. petits... v^ui le Il goût de Dieu dans ne peuvent lui le choix de ses aux hommes apporter qu'un concours s'adresse aux dérisoire. il les fait plus grands encore par l'humilité.. La ferveur est l'effet de la grâce agissant au dedans. . éclatante. Un instrument de grande valeur paraîtrait faire triompher la cause par ses propres ressources. quœ stulta suntelegit.. la fécondité est l'effet de la grâce agissant au dehors.

nous pourrions ajouter l'action des causes secondes. ces actes constituent L'orgueilleux tient une conduite la prudence.. pour arriver à ses fins. D'autre part. il fait passer quelquefois le bien par les mains de l'orgueilleux. soit par respect pour une mission qu'il lui a confiée. 3° — : — : — La fécondité! D'où vient que j'ai si peu d'action sanctifiante sur mon entourage? D'où tieat qu« !«• occasions d'agir sur l«s âmes s« . etc. n'a donc très souvent qu'à laisser les causes elles-mêmes produire leurs effets. dès ici-bas. Mais il est écrit « Ce n'est pas celui qui plante ou arrose qui donne étonne. ou toutes les antipathies par sa suffisance. Mais..DEUXIÈMB MÉDITATION 249 Tout prospère entre ses mains. « Il a plus d'habileté que cet autre. : la fécondité! A neque qui plantât cette cause générale est aliquid. » Ainsi l'ouvrier rejette un mauvais instrument après s'en être servi. opposée. l'imbécilité de ces intermédiaires sera plus d'une fois dévoilée « Insipienlla eorum manifesta erit.. mains de l'orgueilleux. :t l'on s'en Tout s'évanouit entre les.. réfléchit et consulte. soit enfin par amour pour les âmes qui n'ont à leur portée que cette ressource. » la bénédiction de Dieu. il suscite autour de lui toutes les oppositions par sa raideur.. 11 agit ainsi. Son action n'en ressortira pas moins lumineuse au jour des révélations dernières. or.. 4° Disons-le cependant. et il s'est largement dépensé pourtant!. Dieu. soit par égard pour des prières venues d'ailleurs. L'humble se défie de lui-même. et il ne peut le comprendre.

Quand vous verrez que ne veux plus dérober votre gloire. je être 1. donnez-moi une humilité non présen-tent 1 : .. tenu à l'écart ou paralysé dans l'essor de son zèle. Leurs moindres paroles ont le charme qui pénètre. mon Dieu. Ne faut-il pas... la seule qui soit féconde. dans l'Église.2o0 QUATRISMB SBHAINI si rarement pour moi? Combien de personnes dans ma position qui savent se faire une vie féconde Et je me l'explique. Attirer en soi le Dieu Créateur avec sa grâce voilà le secret du bien. et l'activité. Mon unique assurance consiste à reconnaître toujours que tout bien vient de vous et que je suis un serviteur inutile 1. un simple effort humain. dans les succès comme dans les revers. : : commune. une humilité vivante et sensible. La vie seule produit la vie. une fécondité qu'ils ne connurent jamais*.. Ah! je m'humilierai sans cesse. Leur attitude seule désarme d'avance toute résistance on sent qu'elles ne s'imposent pas il semble toujours qu'on leur fait grâce. le talent n'est qu'un froid rayon. l'humilité suppliante l'attire par d'irrésistibles appels. L'humilité profonde nous vide de nous-mêmes et lui fait place. Méconnu dans ses intentions ou dans ses capacités. comme sur nos terres des eaux silencieuses qui portent ko loin la fécondité I . le charme de ce qui est impersonnel. Sans humilité. Elles ne dépriment pas non plus on vit auprès d'elles dans une atmosphère d'estime qui dilate la confiance et porte à devenir meilleur. des sources cachées. il accumule des richesses de grâces qui se répandront par d'autres voies. peutrépandrez-vous sur mes pauvres efforts. Dieu peut permettre que l'humble semble rester infécond.

bien- de cette fécondité. âmes voisines la vie surnaturelle qui est vie du Christ en nous. de mon amour béni. qui vous atteint ô Dieu. I ! mon action dégagée de toute vue propre. je veux te conquérir I . la vie qui fait surgir de toutes parts des eftlorescences pleines d'éternité la vie qui se multiplie en la vie ! . La paix oh donnez-moi cette paix que rien ne trouble parce que Ton est mort à tout ce qui trouble. la fécondité. Christ et en nous tout ensera-ble. dans son mouvement. la ferveur. dans son extension La vie qui s'épand sous un ciel profond et lumineux. humilité. je t'admire belle et puissante je t'aime. ô . mon Dieu. La ferveur! oh donnez-moi cette ferveur qui s'élance. des âmes issues de la mienne. faisante . mais c'est dans sa régularité. dispensatrice de tous ces dons. ! ! 1 suprême objet de nos poursuites. qui court. La fécondité oh donnez-moi des âmes.DinXIÈMS MÉDITATION 251 La paix. sans orage. la vie de Dieu dans le des la . qui sème votre vie dans les âmes pour les transformer en vous.

Ces devoirs embrassent toute la vie chrétienne. Troisième point : L'esprit de reconL'esprit de religion. — Deuxième point . . Tout ce que j'ai médité m'a rendu sensible le contraste de nos demain je me mettrai situations respectives plus particulièrement en face des devoirs qui en résultent. Je veux que le sentiment de l'humilité accompagne tout le mouvement de mon âme vers Dieu il passera dans mon obéissance pour la rendre profonde^ résolue et toute douce eà tion qui exaltera la Je veux me : . Mon but ne sera pas de les constater. — naissance et de générosité. L'humilité sera la lumière qui m'en fera saisir l'étendue l'onction qui m'en fera sentir les délicatesses l'admira- Préparation pour ce . mais plutôt de m'apprendre à les pénétrer d'humilité. .Quatrième Semaine TROISIÈME MÉDITATION XXIV» EXERCICE De rhumilité dans nos rapports avec Dieu Premier point : L'esprit de soumission. . générosité de mon cœur. plonger dans ces vues. — J'ai vu ailleurs la veille. que je suis devant Dieu. en faire ma vie.

L'humilité consiste surtout dans la soumission de l'homme à Dieu. » (Saint Thomas. — — — L'humilité fait disparaître la volonté de la créature. en tant que principe indépendant de détermination.) Soumission universelle: c'est le vaste champ de ses volontés et de ses désirs. Ce n'est pas elle qui dirait: Ah l : — .253 TROISIÈME MEDITATION même temp-?. Demander la grâce de faire pénétrer l'inQuence de rhumilité dans mes rapports avec Dieu. c'est ma grandeur. pour les perfectionner pratiquement. L'esprit de soumission. — « Humilitas prœ- cipue consista in submissione hominis ad Deum. Soumission ferme et sans hésitation : c'est l'ordre des choses . pour y substituer les déterminations divines. commandements Les lui paraissent sages et tout ce qui leur est opposé lui semble détestable. Méditation — Prélude. il se mêlera à mes actes de religion pout les maintenir dignes de Celui qu'on adore à genoux et sans cesse il me tiendra sous une impression très vive de reconnais. L'âme bien humble réalise donc la sublime demande: Que votre volonté se fasse en la terre comme au bons ciel. c'est le devoir. Soumission heureuse: c'est mon bien. I. sance et d'amour.

bon » Voilà toute sa philosophie et elle est admirable. même les plus inexpliquées. Comment résisterait-elle à ses inspirations? Elle n'oublie pas cependant que le contrôle de ses attraits appartient au Directeur. car elle n'en tolère pas le moindre. et. grands ou petits. elle craint. elle est calme en face toutes les afflictions . Elle reconnaît sa parole à la paix qu'elle laisse. pour les pratiquer à l'occasion. la trouvent toujours soumise. elle les admire tous. ont été prévus L'esprit de foi lui dit verne les . connus ou inconnus. elle gémit. les peines intérieures. Docile à ces touchantes vérités. si telle ! elle — que la Providence gouatomes comme les astres. Elle écoute le maître au-dedans d'elle-même.254 QtJATRiÈMB SSMA. . même les plus importunes . Les conseils évangéliques la trouvent facilement décidée. Ce Maître est Dieu est le maître. naturelle — ! : c Dieu l'a — — . mais ne dit jamais pourquoi ? ni comme elle de tous est les comme contre-temps. i'a voulu.INB chose n'était pas défendue Ce n'est pas qui distinguerait un péché plus ou moins grave. de notre existence même au moindre de nos cheveux enfin que tous les événements. qu'elle écoute. et disposés par tous ses attributs ensemble. et trace les sentiers de nos vies comme les routes des nations. mais c'est son Dieu. elle n'attend qu'une indication d'en haut. là aussi. — — — La résignation lui Dieu permis. Les tentations. Sans doute elle souffre. elle ne comelle est douce à prend pas le murmure . qu'elle étend ses soins paternels.

Un des effets les plus remarquables de Vhumilité. Quelle joie pour elle de s'écrier: Celui qm protège mes pas tremblants. et l'église pauvre. L'univers est un grand temple où l'on ne doit passer qu'avec recueillement. confiante quand même et tou- jours plus humble. elle le produit de toute la force de son inclination propre. C'est leur punition méritée.TfcOISIEMK MÉDITATION certaines âmes sans humilité : 25î> ce n*6St pas juste ! Elle se rappelle ses fautes. L'esprit de religion... c'est-à-dire que Ton sentira davantage la distance qui sépare le néant de l'infini. Quand cette pleine lumière s'est levée sur une vie. et le nom seul de Dieu. Elle vit ainsi au milieu de ces ténèbres et de ces assauts. d'un insecte. On aura autant d'esprit de religion qu'on aura d'esprit d'humilité. pense-l-elle. Cet esprit de religion. d'un petit nid d'oiseau. La vue d'une plante. ah dans les ! elle si yeux de son Père du pouvait lire ciel! — II. L'humilité ressemble à une voix qni nous répète sans cesse Voyez combien vous êtes petit. l'âme humble le porte : — : — . c'est l'esprit de religion. et ce sera leur remède!. elle donne des proportions et des couleurs merveilleuses à tout ce qui concerne Dieu. son orgueil : — ses résistances.. remplit d'une respectueuse tendresse.. Tout est splendide et la nature. voyez combien Dieu est sublime... est celui qui dirige l'évolution de ce vaste univers.

QUATRIÈME SEMAINK 256 partout. — L'JBglise est le palais le trône où il où réside l'Eternel.. L'humble. seul dans sa chambre. ! «lie adoré.. chaque pierre mérite une vénération émue. qui occupe dans l'espace un point imperceptible.. se sent en présence de la Majesté di- vine et se comporte avec le même respect qu'en public. la messe! Que sera-ce à la sainte Table. se se considère comme un mendiant introduit dans le palais d'un roi. Elle s'étonne. elle aime. Arrivons au culte.. en franchissant voit couvertde haillons. le crifices. n'est-il pas bien indigne d'être souffert là Que sera-ce durant les offices. Quoil cette pauvre petite créature de néant. Il ne se permettrait pas la moindre liberté de regard. — le lieu consacré où mages . Cette impression se reconnaît à sa manière d'y prendre l'eau bénite. et garde une posture modeste. il en demande filialement à Dieu la — — — permission. de s'y Il voudrait pouvoir touchoisir une place. l'esprit d'humilité les fait sentir. L'esprit de foi fait comprendre ces choses . il le seuil sacré. . Saint François de Sales. qui est l'objet spécial de la vertu de religion. les sermons. Si la fatigue l'oblige à s'asseoir. de péché. la moindre distraction de pensée. jours rester à genoux. d'y marcher.... la voilà admise dans l'intimité de Celui qui est tout 1.. reçoit officiellement — nos hom- — l'autel où lui sont offerts tous les sa— Elle est encore lieu saint où ruissellent fonction des sacrements et la lumière de la parole divine.

bon et maternel. l'homme tend naturelle- ment mais passe trop souvent sans nous enveloppent de toute part ils sont de tous les jours. I : OMILITé. Parfois. r. Mais bientôt occupés autour de ses dons. pauvre.257 TâOISIKMl MEDITATION Ainsi. et nous nous sommes écriés Que Dieu est bon 1. Les bienfaits divins : .. se penchant vers cette misérable créature pour la — III. c'est l'œuvre de l'humilité. partout et toujours. quelque faveur évidente nous les a fait ouvrir.e sentir infirme. Uesprit de reconnaissance et de èénérosité. — — . L'ingratitude tient peut-être plus à l'inattention et à l'oubli qu'au manque de cœur. — 17. Se juger indigne de tout. hélas restent fermés. Les bienfaits particuliers ne réveillent pas toujours notre attention distraite. n'est- ce pas donner au sentiment de la reconnaissance l'impression la plus vraie et le stimulant le plus puissant? or. puis. cependant. Nous ressemblons aux petits enfants vers elle . il la voir. Thuinble est incliné à traiter Dieu en Dieu. .. Placé en face de la bonté. l'enrichir et l'aimer. se voir. !• relever. ils se répandent sur tous les hommes et nous nous habituons à en jouir comme s'ils se produisaient d'eux-mêmes sans une pensée dirigeante. les yeux au ciel contempler le Dieu infini. Les grâces spéciales ne sont point rares mais nos yeux. la guérir. Les rapports surnaturels de Dieu avec notre âme sont en quelque sorte continuels. nous l'avons oublié lui-môme.

procède de ces deux vues opposées. Autant la vue du bien qui est en nous est dangereuse quand elle demeure seule.. rien ne met en lumière les bienfaits de Dieu. La légèreté d'esprit. il a toute l'étendue de nos misères et toute celle de la miséricorde. qui s'échappe de ses lèvres. 2° Or.. la louange surtout peuvent insidieusement entraîner l'âme hors de ce milieu namrel. comme l'esprit d'humilité l'abandon et je suis l'objet d'une sollicitude J'ai mérité la haine. et je suis attentive l'objet de l'amour 1. autant elle est utile quand elle reste unie à sa contrepartie la vue de la bonté de Dieu. 11 rappelle ce beau cantique des psaumes qui redit à chaque verset « Quoniam in œternum : ! — : misericordia ejus : il me faut l'éternité pour chanter toutes vos miséricordes ! » L'âme vraiment humble ne craint donc pas de regarder en elle les dons de Dieu et le Magnificat. rien ne rend la reconnaissance généJ'ai mérité reuse.QUATRIÈMB SEMAINE 258 qui se laissent combler de soins avec l'égoïsme de l'inconscience. qui s'harmonisent et 3° . Ce contraste pourrait se prolonger indéfiniment. l'attrait de la vaine complaisance. se complètent. .. source de : ces bienfaits. ce sont là ses seuls ennemis.. L'important est donc de nous tenir dans la vérité tont entière.

hélas bien vite. une humilité plus haute que l'humilité en face du prochain.le nôtre. En revanche. Tout? dureté.Quatrième Semaine QUATRIÈME MÉDITATION XXV* EXERCICE De rhumilité de nos rapports envers Premier point : Envers Envers les égaux. il n'y en a pas qui soit plus vertueuse. tout manque d'égards. Dieu nous a donné un signe auquel nous pouvons reconnaître que nous l'aimons c est : . seule. — Il y a sans Préparation pour la veille. elle attendrit le cœur . — Troisième point : Deuxième point : Envers les infé- rieurs. Et pourtant. révolte parfois et se dément. s'il est permis de s'exprimer ainsi elle coûte habituellement. c'est elle qui est le soutien le plus solide de notre vertu : seule. une âme bien humble est toujours douce et patiente. seule. car celle-ci a des limites. comme celui cloute : ! de nos frères. elle a l'esprit juste et raisonnable. — le prochain les supérieurs. tout égoïsme font sentir que l'humilité manque.

Ce caractère sacré de représentants de Dieu. double sentiment de la grandeur de Dieu et de sa propre bassesse. insupportable peut-être. — L'âme qui vit dans Envers les égaux. table vertu d'humilité. Envers les supérieurs. car nous verrons et nous respecterons en eux 1 empreinte de la divine majesté. et de détermicette méditaner des résolutions très spéciales. Il en est de même pour Thumilité. le . A cette pierre de touche on reconnaît la véri. selon les vues humaines. — — Si nous sommes I. c'est presque héroïque. ne se met avec personne II. réellement humbles par rapport à Dieu. Méditation — Prélude. quel qu'il soit. nous le serons aussi à l'égard de nos supérieurs. rayonnant sur toute leur personne. S'humilier devant Dieu. toute notre conduite envers eux sera pénétrée par l'esprit de soumission intérieure et filiale.QUATRIÈME SEMAINE 260 Tamour envers ceux qui nous inspireraient naturellement de rindifTérence ou de l'aversion. Demander la grâce de comprendre ces devoirs jusque dans leur perfection. c'est facile. nous aveuglera quant à leurs misères individuelles. pourvu que l'on ait la foi mais être humble envers le prochain. tion ayant un caractère éminemment pratique. nous n'arrêterons plus notre pensée aux défauts qui nous rendraient leur supériorité pénible.

elle est toujours prédisposée à céder le pas. des supérieurs. à leurs goûts. Envers les inférieurs. il estime qu'il n'a pas d'inférieurs. modestement. superiores sibi invicem arbitrantes. à se ranger à leur jugement. Bien loin de rivaliser avec personne. des talents. en ce sens. les égaux sont toujours. Elle aime la dernière place parmi ses égaux et ne manque jamais de bonnes raisons pour s'en emparer.QUATRIEME MÉDITATION 261 sur le pied de l'égalité . Celui qui se considère dans la lumière de la vérité ne s'attribue aucune supériorité personnelle sur le prochain. des mérites. S'il lui faut exercer de la part de Dieu quelque autotant . pour elle. fussent animés de cet esprit! Quelle parfaite union. » — III. quelle délicate charité régnerait entre eux. Pratiquez cette humilité qui fait que chacun regarde les autres comme : ses supérieurs. s'ils réalisaient le souhait de saint Paul « In humilîtate. dans leurs rapports mutuels. Son instinct est merveilleux pour découvrir dans égaux des avantages naturels ou spiridevant lesquels elle se plaît à s'incliner intérieurement. «Ne comptez pas avoir fait le moindre progrès que vous ne vous sentirez pas au-dessous de tous ». par quelque côté. des qualités. à déférer aux autres. dit l'auteur de V Imitation. et c'est du fond du cœur qu'elle honore leur supériorité relative. qui sont autant de titres à ses respects et dont elle s'autorise pour s'effacer les tuels. Plût à Dieu que tous les hommes. à leur volonté.

« Que celui qui il vées. susceptibilité. en la leur demandant au nom du bon Dieu. . Quand remplit avec joie les fonctions les moins releil s'abaisse intérieurement devant eux. les talents. Par sa sollicitude. la simplicité et la modestie mettent les cœurs à l'aise. les attirent. » met à la place de ses subordonnés. les subjuguent. rhumble'n'oublie pas son néant. son dévouement et sa douceur. pour comprendre leurs difficultés et leurs peines. il s'agenouille en esprit à leurs pieds. C'est par indociles. est le Il se pour y compatir et les alléger. y plus grand se fasse votre serviteur. Nota. que nous aurions de puissance sur les âmesl La grandeur peut inspirer de la crainte. ni même qui puissent offenser leur une douce et invincible patience qu'il tâche de prévaloir sur les privés. Jamais il ne leur fait de reproches publics. il se fait le serviteur de tous. — de l'admiration. rien d'exigeant dans sa manière de commander. il leur rend les services de sa charge. A la cinquième semame nous retrouvofOBs l'amour du prochain dans une va« plut vaste. Oh! si nous étions vraiment humbles. il ne le perd pas de vue un seul instant. Rien d'impérieux ni de dur.262 QUATRIÈMK SXMAIlfl rite. à l'exemple du divin Maître « qui n'est pas venu pour être servi mais bien pour se faire serviteur ». car ils ne peuvent s'empêcher d'y reconnaître l'image vivante de Celui qui fut l'humilité et la — douceur mêmes. 11 cherche à obtenir une obéissance spontanée.

tiques extérieures qu'elle commande. » Les esprits superficiels ne se rendent pas assez compte de l'influence qu'exerce le physique sur l'humilité peut trouver dans les prale moral . Troisième point Premier point — : Exhaler l'humilité. ils en conservent le fruit. rieurs de l'humilité. et «11* ma o est p»^ U portée. Peut-être jusqu'ici ai-je regardé avec dédain ou du moins avec indifférence cette sorte d'ac- — tion formatrice.. mais cependant ils lui sont très utiles. dit saint François de Sales. moins . Nous imprégner d'humilité.Quatrième Semaine CINQUIEME MEDITATION XXVr EXERCICE De la culture de Thumilité par l'extérieur point : — Deuxième : Nous entourer d'humilité.Elle est pourtant à mieux qu« tout autre. — « Les actes extéPréparation pour la veille. ils sont l'écorce de cette vertu. ne sont pas Thumilité. une répercussion qui favorise son développemenL II semble que les choses entrent en nous par les sens et y déposent leur genre d'impression.

etc. des habits relativement riches. une vertu qui ne pousserait pas son mouvement jusqu'à ses dépendances naturelles? Tout principe vivant crée l'harmonie.QUATRIÂMS SBMAINI 264 puissante. comme bien peu active. si elle est réelle? ou plutôt n'est-il pas permis de suspecter. Pour notre société. Nous entourer d'humilité. pauvre. surtout la partie qui nous est personVêtements modestes. les moins haut placés. un extérieur dépourvu d'humilité ne serait-il pas en contradiction avec la vertu intérieure. Un logement riche. Le gouvernail qui n*est dans le navire qu'une pièce de peu d'étendue. des habits de dessous très pauvres et très raccommodés. Et puis. font — — le contraire. Une attitude maintenue humble avec persistance peut conduire bien loin dans la vertu. Un logement personnel pauvre. etc».. de préféque possible. aussi modestes nelle. rence les moins riches. quelque pratique spéciale d'un usage fréquent. L'acte bon ou mauvais dépend de notre Tolonté. Ces effets se produisent d'eux-mêmes et sans que l'on s'y puisse opposer. se trouve néanmoins le maître de la direction. toutes ces indigences agissent sur nos impressions et nous inclinent à l'humilité. — Logement I.. Méditation — Demander la grâce de m'attacher à Prélude. mais rim- — .

A son tour. Pourquoi également ne pas faire produire à cette cause tout ce qu'elle contient virtuellement? Ayons donc soin d'arrêter souvent nos yeux sur ce qui est pauvre autour de nous.. lui aussi. puisqu'elle agit sous ses ordres. Nous imprégner d'humilité.. de nous en faire heureux. Elle est même un acte positif de cette vertu. s'applique le principe de corré- physique et le moral. .. il paiera son tribut à l'humilité intérieure.. et la liberté des regards. Ayant établi son choix sur les objets qui nous entourent. Une prudente contrainte qui modère et la vivacité des mouvements.. .. Mettons souvent sur nos lèvres ces simples paroles : « Dieu. de l'aimer. de nous répéter que cela nous convient à merveille.. et l'aisance peu mortifiée de la tenue. que nous n'en méritons pas tant.. deviendra sa conquête il recevra sa il subira son loi empreinte il sera tout imprégné de ses suaves attraits. Notre extérieur.. faites passer en mon cœur l'humilité de ces choses i m — — II. cette vertu saintement envahissante sent grandir son ambition. pour rendre son influence lation entre le .. Là.ciNoniiMK m^oitàhon 26S — pression dépend des choses. Il est donc sage de s'entourer de tout ce aui entretient des impressions d'humilité.. en effet. en lui procurant de nouveaux ac. et le ton dominateur de la voix. D'ailleurs.. communique à l'âme le sentiment de l'humilité. croissemenis. à la vue des heureuses influences dont elle profite.

Puissé-je n'en pas faire un seul acte au dehors 1 sans en attirer au dedans le parfum ! — Un vêtement imIIÏ. Se faire une physionomie douce et humble. à Elle y passe l'extérieur qu'elle gouverne.. elle ne saurait s'en départir jamais. s'exhale tout naturellement par l'attitude. et d'amabilité. quelle édification autour de nous. Exhaler l'humilité.. Voyez cette personne humble. elle y vit. ses regards.. car — . où elle réside.. sa démarche. et la physionomie résume dans son expression cet harmonieux ensemble. L'image de cette vertu liberté! donc ici — : attire instinctivement. tout est empreint d'humilité. prégné d'un parfum l'exhale autour de lui une humilité qui pénètre le cœur et l'extérieur. même les moindres. les . quel secours pour nous. on peut y joindre son motif explije n'ai pas le droit de me donner tant de cite : — La puissance de Texercice s'ajoute à celle de l'impression. on pourrait dire : elle y rayonne. le ton de sa voix. Elle aborde ses frères.. o'«Bt par lageMë tt charité* elle jette . Cette vertu va du cœur. autour d'elle un éclat touchant. de déférence Point d'affectation sa tenue. — actes et les paroles. Ah puissé-je m'imprégner ainsi d'humilité !..QUATRIÈIIK SKMAINI 266 plus décisive. et si elle en varie la forme et l'atténue. Une personne bien humble a un extérieur particulier. mélange de candeur. avec les témoignages du respect. quelle puissance pour notre action sur les âmesl.

. cice. Ne parlant point d'elle-même. . chaque contestation évitée. mes manques sirs d'égards. elle n'aura point brillé dans une société.. voilà ce qu'elle fait de la façon la plus naturelle. elle est celle qui s'en doute le moins. je veux que tout en aussi que prouve.. paraître contente de tout et de tous... et ces constants abaissements Elle s'en fait un saint exerc'est beaucoup. s'efîaçant le plus qu'elle peut.. mes empressements.... céder le pas les laisser diriger la conversation. et de tous. hélas! et mes tristesses aussi! Jésus si doux etsi aimable par cette vertu. ont augmenté la force de l'habitude et aux autres. Seigneur.. et pourtant. — 1 — — le contentement de Dieu. moi me serve à devenir humble.267 GINQUIÈMB MÉDITATION Choisir ce qu'il y a de moindre. On a respiré près d'elle un parfum si vrai qu'on le remarque à peine. chaque respect manifesté. Dieu permet souvent que ceux qui en jouissent. mes contestations. Je veux tout vous le ju»qu'au fîioir^rë d* me» Boufirt».. jusqu'au son de ma voix» Résolution. — me donnera mon Dieu. tout.. ! donnez-moi ce que je ne saurais moi-même!. et c'est davantage. elle aura répandu je ne sais quel charme. et si profond qu'on en est pénétré. mes dé- de paraître. chose merveilleuse. Mais comme la vertu progresse à la faveur de Elle s'y cache . chaque silence gardé. c'est l'orgueil que respirent trop souvent mes paroles. ne songent point à la petite violette cachée qui le donne .

— pour /a ve/7/e. tranformer ainsi! du milieu de vos — Et cependant. Aborderai-je qui semble si peu faite pour ma vertu! M'élever à l'amour du mépris. Quatrième — point Sa : — justification. m'écrier devant l'humiliation rigueurs PrépsLration cette méditation 1 : bon! et remercier en quelque sorte les créatures par qui elle me vient! Moi la choisir de préférence. Ses mobiles.Quatrième Semaine SIXIÈME MÉDITATION XXVII* EXERCICE De Tamour du mépris — Premier point : Nature de ce sentiment. le Ne vous ai-je pas deplus près possible ? — — laisserai-je où vous — comme le vôtre ? Vous marcher seul vers des abaissements mandé un cœur allez à fait ma place? . si le bien le permet! Ah! ce que c'est — serait le rait me Jésus. peut-être m'appelez-vous à en partager l'amertume et Ne vous ai-je pas dit mille fois /'honneur? que je voulais être toujours près de vous. monde renversé un miracle seul pour. ô abjections. moi qui ne sais pas même en accepter les inévitables Moi. Deuxième point : Troisième point : Sa culture.

idéal. Quoi de plus impulsif que le beau. jusqu'au jour où cette vertu leur aura révélé son facultés. Les considérations qui vont suivre sont formatrices elles ont beau s'élancer çà et là. à élever avec elle la vie pratique.269 SIXIÈMB HÉDITATIOIf Pourquoi du moins refuserais-je d'y conduire La sereine contemplation i'une haute humilité fera surgir en moi des regrets sans doute. et tend. il ne l'amène pas à ses dernières limites. elles ne laissent pas néanmoins d'exercer sur nous une action profonde. . des essais qu'elles déterminent: la conscience du vrai s'élève. cère de soi porte déjà bien loin l'humililé mais par lui-même. mais son e£fort s'arrête à une conviction pour ainsi dire . Nature de ce sentiment. Il suppose assurément des vues de foi très élevées et une courageuse logique. des aspirations qu'elles soulèvent. d'admirer ce que je ne puis encore atteindre et d'en concevoir du moins le sincère désir. — !• Le mépris sinI. : Méditation — Prélude. de toute sa puissance. Ce sont des idées qu'elles font naître. mais aussi des élans.dans la région ardue des conseils et parcourir des hauteurs que notre pied n'atteindra jamais. Il émeut nos plus nobles ma pensée? Certaines âmes resteront peut-être stationnaires dans les voies de l'humilité. Demander la grâce de me dégager du sens 'humain.

et. gronde. cette tendance si sensible. Ce sont deux ennemis à combattre. toutes nos fibres sont atteintes. Le mépris de soi n'atteint qu'une des deux tendances qui forment notre fonds d'orgueil l'estime personnelle. non à l'absence de l'humilité. il faut en conclure. si des bouillonnements malgré l'acceptation. Puisque cet amour étrange est l'acte suprême de l'humilité. l'amour du mépris immole en outre le désir de l'estime des autres. mais elle . pour ainsi dire. il faut que la vertu dU passé. deux blessures à : : ! — : : — — subir à la fois. il est naturellement sa preuve la plus certaine. Là seulement toute notre vie d'orgueil est en éveil. spectateur de qui sort de notre le seul et l'aveu bouche ne retentit qu'à nos oreilles. L'idée. c'est l'orage qui fond sur notre tête et nous rudoie. On a beau s'enfoncer dans le mépris de soi.270 QUATRIÈMI SEMAINI platonique notrft : nous restons bassesse. le mépris qui se lit sur le visage des autres Ce n'est plus en face de nous seuls que nous nous abaissons Nous passons de l'ordre de l'idée vague à l'ordre du fait positif. dans notre sang. c'est le nuage qui se balança paisiblement dans les hauteurs le fait. mais à sa Si la révolte s'élèvent seule imperfection l'inclination vertueuse n'est pas assez profondément entrée dans la nature : pour en transformer les impressions . L'amour^u mépris va plus avant il désire le mépris au grand jour. on ne peut s'assurer d'une humilité complète qu'au contact du mépris des autres. pour que nous aimions un tel sacrifice.

si elle est sincère. jusqu'à ces mouvements instinctifs qui n'obéissent qu'à une longue habitude. au contraire. transformant en amour ses amertumes. Le premier serait le désir du mépris et le second son acceptation : : : réelle. rien de violent ne se soulève dans la nature pour réagir contre l'humiliation. mais le désir peut contenir déjà autant de perfection que l'acte. la vertu a étac'est que la nature est domptée bli fortement son règne. rélévation des sentiments qui . qu'elle retentisse d'accents de joie la vertu est parfaite. la paix s'étend imperturbable. l'acte le suit. et sous ce règne. elle se complaît dans les abaissements qu'elle lui apporte. les désavouer.sixiÈMi hAditation 271 est assez maîtresse de la volonté pour les vaincre . Elle va au devant de l'humiliation. elle peut du moins. De tels effets supposent une inclination d'une entière puissance toute l'âme lui appartient jusque dans les profondeurs insondables de la sensibilité. Que cette paix se sente pénétrée d'une intime douceur. elle l'embrasse comme une amie. 2° Certains auteurs veulent distinguer deux degrés dans cette humilité. mais la preure d'un sentiment n'est pas sa mesure. dans l'intensité de l'inclination et enfin dans l'animent. L'acte aura cet avanle tage de porter avec lui la preuve. Ils confondent ici degré et priorité : désir naturellement vient le premier. Si. Un certain trouble est inséparable de cet état encore imparfait. Cette mesure se trouve tout entière dans la solidité de l'habitude.

tournez vos espérances vers le désir. la lutte se présente plus animée. de son côté. les prodiges qui le remplissent si étonnants C'est le jardin secret où Dieu prend ses délices c'est une efflorescence printanière. sont I . le fait a. Le fait et le désir s'équivalent dans l'ordre de la vertu.272 ouàTriémb semaine Rassurez-vous donc. cette image plus parlante de son Fils. ils ont l'avantage de pouvoir être plus nombreux. si vous le voulez. La réalité saisit jusqu'à nos sens et s'impose à notre âme d'une façon violente. la vertu a besoin de rassembler toutes ses forces. Le monde intérieur est si vaste. celui de provoquer une réaction plus vigoureuse. dont tout le coloris brille pour lui seul. Portez envie. mais rappelezvous que ce Dieu lit dans les cœurs et qu'à ses yeux les désirs sont de vrais actes aussi vivants. aussi beaux. vous qui comprenez et qui sentez ces choses. et se termine par une victoire plus belle et plus d^rJsiv*» . Contre un tel assaut. et faites-en le principe d'une vie intérieure toujours plus active. plus imposante. aux victimes qui montrent àleurDieu ce témoignage extérieur de leur abnégation complète. si lé désir a sur le fait cet avantage de pouvoir se renouveler plus souvent. Par là vous pourrez atteindre tous les sommets. nous venons de le voir mais. et dont tous les parfums lui sont réservés. aussi méritoires. cet agent créateur de tant de merveilles. . aussi transformateurs que ceux du dehors. or. et qu'enfin. par l'intensité d'action qu'elle réclame. à âmes saintes à qui sont épargnées les humiliations réelles. il vous reste de les désirer. la vie qui l'anime est SI intense.

— 18 . de fait. je mérite d'être méprisé. il rougit tellement de ses propres misères qu'il lier : — voudrait s'enfuir et se cacher. Tous les motifs d'amour portent à s'humil'amour ne peut prendre son parti d'avoir blessé son Dieu et il en éprouve une telle souffrance que l'humiliation vengeresse lui devient un soulagement. HUMILITÉ. une grande noblesse d'âme peuvent déterminer cette disposition. Il s'y joint ordinairement l'ambition de se réhabiliter et de réparer l'humiliation sera ma rançon et je la veux entière! 2° Il est rare cependant que l'amour du mé: — — I : pris ait cette seule origine. sans un grand amour. . L'humiliation lui sert de refuge. qu'elle l'aime assez pour ne pas accepter qu'il titesse et se laisser ! 3° . je dois aimer qu'on me méprise Une grande sincérité. on a peine à concevoir une telle rigueur contre soi-même. Qu'une âme aimante s'attache à ses pas qu'elle se donne à Lui pour le suivre partout où il va. Il naît le plus souvent de l'amour divin et. Mobiles de ce sentiment. 1« L'amour du mépris peut résulter d'uue vue très pénétrante de notre raisère et surtout du souvenir très douloureux de nos fautes. l'amour admire la beauté divine et. la plupart des fidèles arrivent à l'amour du mépris par l'amour tout simple du divin Sauveur. De ce bas lieu il lui semble voir les grandeurs divines s'harmoniser avec sa pe- aimer de lui Sans être étrangers à ces sentiments. Le sentiment du vrai éveille ici le sentiment du juste Je suis méprisable.SIXIEME MEDITATION 273 — II. face à face avec ses splendeurs.

perspective infiniment douce A l'heure où devant les pires outrages Jésus appelait à lui l'amitié des apôtres et le secours des anges. mais elles sont vôtres à un titre plus mtime encore. laisse. Jésus est dans l'humiliation et je m'y jette. ô Jésus. I ! .. ce désir qui les invite. elles relèvent essentiellement de la grâce.. ses ingénieuses ressources. je ne les désirerais pas ces occasions bénies qui m'ont rendu présent à votre Calvaire Certes! elles sont vôtres. sa chaleur.274 QUATRIÈME SXMAINB souffre seul une seule humiliation qu'elle désire . ô Jésus. sa constance forte comme la mort. sa domination triomphante. puisqu'elles vous sont offertes et que vous les avez acceptées. vous avez daigné le boire en m'envoyant de ce lointain. résultent de dispositions que ne crée pas la nature. je la veux. Cette résignation qui les accueille. J'étais l'une d'elle. Or la grâce. ces humiliations de ma pauvre vie. avec lui je m'y complais. offrant à vos lèvres desséchées le calice réconfortant de mes propres humiliations aimées pour vous. il voyait. Et je ne les accueillerais pas. dans votre soif douloureuse. par sa prescience.. en empruntant à l'amitié sa noblesse. accourir du lointain une troupe merveilleuse d'âmes consolatrices. il il l'a Ta subie. jusqu'à la trahison!. u'est-elle pas le mouvement intime de vot^--» condamne. Gomme lui. un « merci » de vos lèvres blémies. ô Jésus. prendre sa place et se sente prête à tout.. Le silence que je garde et qui me : gardé. l'ingratitude qui me délui. pour lui épargner un affront ou pour l'ei» consoler voilà une humilité qui se surpasse elle-même.. et..

faire vibrer en moi. Culture de ce sentiment. tandis que vous les tenez cachés à la superbe. c'est-à-dire audessus de notre portée et que Dieu seul les enseigne. et de me voir moi. que tout le cœur s'y porte. Père. pour que je palpite des sentiments qui animaient votre passé et que vous venez vous-même. II . mon cœur et vous vous en servez comme vous vous serviez sur terre de votre volonté et de votre propre cœur. Fie de Jituê en noue. Voir : Pratique progrettive de la Confettion. Dans j'éblouissement de ces révélations. — — vous qui i® III. être infime. ne comprenez pas de tels sentiments. s'y complaît et s'y perd. remplissezmoi de l'amour qui leur ouvre les bras! Unissez-moi bien à vous. grandi à ce point que je prolonge et que j'accroisse votre vie I. le mépris transformé devient si aimable. un mépris. soyez béni de ce que vous les avez révélés aux petits et aux humbles. t. c'est donc vous qui l'aimez par moi. à cette heure. qui 1.275 SIXIÈME MéDITATlON action*? Quand j'aime un abaissement. c'est par moi que vous continuez à le faire divinement! Qu'y a-t-il en effet de plus divin que ce ravissant mélange de nos deux vies! Quelle n'est pas aussi ma joie de vous enrichir de quelques humiliations dont vous ne souffrez pas. Esprit saint. ô Jésus méprisé.. rappelezvous qu'ils sont surnaturels. donnez-moi l'intelligence complète de ces grandes choses. je vous prête ma volonté. Ce que vous faisiez alors par vous-même..

âmes timides. soyez doux pour ceux qui vous ont humiliés. ne dites pas : c'est trop haut. c'est trop difficile!.. petits et humbles devant Dieu. vous sentez une lueur matinale se lever sur votre ciel. supprime toute impossibilité. par l'exercice. partez avec une espérance certaine. Si. les forces peuvent s'accroître d'une façon merveilleuse . petits et humbles surtout devant les personnes qui nous entourent. du moins priez pour eux! A mesure qu'on s'élève. mais ne savez-vous que.t16 ÛUAtRièHB SEMAiNft croit qu'en ses propres lumières. qui admirez ces nobles dispositions sans y prétendre. mais votre taille n'a pas atteint sa croissance dernière! Trop difficile pour vos forces présentes? C'est encore vrai. ce sera le premier pas vers ne 1 ces hauteurs. commencez par accepter d'un cœur plus ami ne *es humiliations que vous ne pouvez éviter cherchez pas de moyens extrêmes pour vous les épargner. commandezvous de dire à Dieu parfois merci . : . le mystère de l'humilui . graduez votre marche. s'unissant à la nôtre. Trop haut pour votre taille actuelle. L'admiration doit être un principe de mouvement qui soulève le désir. c'est vrai . Céderez-vous à cette lâcheté si humaine qui croit faire assez pour la vertu en — rendant hommage? Non. 2* Et vous. ce n'est pas assez. à cette heure. on entre dans une région plus lumineuse. une chaleur qui développe l'énergie.. et que l'action de Dieu. écartez tout dépit. Ah faisons-nous petits et humbles dans la mesure de notre grâce. un idéal qui attire en haut.

mais l'attendre avec un secret désir. entièrelivrée à ses courte. . prête au premier signal. notre raison mieux informée tire des conclusions nouvelles. Or. paternellement.277 SIXIKMS MÉDITATION liation secrets. compte avant tout sur sa grâce. mais les dogmes de la foi viennent étendre ses vues sans mesure. 3° Appeler Thumiliation ne contredit pas la défiance de soi-même. — IV. Ici se présente. C'est l'attente filiale dont saint François de Sales fait un si digne délicate réserve. à la raison elle-même? Contraire à nos sentiments? Evidemment. ces conclusions Qouvellos apportent un idé^l nouveau. une objection déjà soulevée et sommairement résolue : un tel sentiment n'est-il pas contraire à tous nos instincts personnels. mais plus puissante encore. laisse deviner une invisible quelque chose de ses main toute-puissdnte fait franchir les obstacles et au besoin relève des chutes. La raison est son champ naturel est étroitement limité. D'autre part. peut être — quand un amour aussi parfait. que dis-je. par une nous son gré. Toute la générosité de l'âme semble alors se ramasser sur elle-même. A leur clarté supérieure. Justification de ce sentiment. C'est vrai. si A la raison la est seules ressources. à l'universel sentiment des hommes. égal. Au sentiment des hommes? raison? Eh bien! oui encore. laisse à Jésus le soin de la départir à éloge. ne point l'appeler. L'amour qui ambitionne de suivre Jésus jusque-là.

la pleine liberté de ses initiatives. mais seule elle nous établit dans les conditions parfaites qui laissent à Dieu. Thumilité chrétienne est déjà une vertu surnaturelle. S'offrir... premier principe de nos actes.278 odatriAmb sbmainb ment étranger à la nature humaine. amour le ! . elle devient dans le surnaturel une vertu éminente qui n'est que de conseil. — S'humilier de se voir si loin de Chercher dans un plus grand sens qui comprend et qui goûte cette voie.. Résolution. Par ses exigences essentielles.. par cet essor vers l'amour du mépris.

nos concessions lâches. soit surtout aux yeux des autres nos infériorités de tout genre. dans un ordre plus intime nos tentations basses. Nos défauts. d'avantages extérieurs. c'est de formuler la doctrine de notre grand saint d'une façon plus rigoureusement méthodique. chacun . Une abjection. de relations. de savoir. surtout ceux qui sont apparents. de position. Une chose n'est humiliante que parce qu'elle est jugée telle.. nos insuccès notoires. Tout ce que nous pouvons faire ici. et le même acte sera une abjection ou un sujet de gloire. de vertu. si nous n'avions bien des fois subi cette question enfin que faut-il entendre par l'amour de sa propre abjection?. un bon et dévotieux ermite tout déchiré et pénétré de froid. est moins dans le fait que dans l'opinion. : ! I.. c'est tout ce qui nous rabaisse soit à nos propres yeux. et nous nous serions contenté de renvoyer à ses pages lumineuses..ÉCLAIRCISSEMENTS Sur Tamour de la propre abjection Saint François de Sales a traité ce sujet avec son habituelle sagesse. selon les cas. d'intelligence. remarquez-le bien. nos torts mis en lumière. dit saint François de Sales. L'abjection extérieure. de fortune.. Demandons-nous d'abord ce que c'est qu'une abjection. « Voyez. nos fautes et particulièrement nos re: — — — : chutes.

mais. « tombe dans la rue. » . inadvertances e( . on les méprise. l'humilité sont des vertus qui passent pour viles et abjectes aux yeux du monde. » On se « Il y a même des fautes qui ne sont suivies d'aucun autre mal que de la seule abjection. une autre l'a au visage celle-là n'a que le mal. une pauvre demoiselle paraissent en cet état. Une personne a un cancer au bras. on appelle cela obéissance et sagesse. la simplicité.280 QUATRIÈMB SEMAINI honore son habit et plaint sa peine. les autres honorés donner l'aumône et pardonner à ses ennemis sont deux actes de charité. si une personne du monde en souffre autant de quelqu'un pour l'amour de Dieu. la générosité et la libéralité. il n'est personne qui ne loue la première. mais celle-ci aie mépris et l'abjection avec le mal. mais elle demande qu'on ne s'en inquiète point quand on les a commises. au lieu qu'il estime beaucoup le savoir-faire. et outre le mal qu'on fait. au lieu que le second est presque universellement dédaigné. on appelle cela bassesse d'esprit et lâcheté. « Il y a des vertus abjectes et des vertus honorables la patience. on se moque d'eux et la même pauvreté est abjecte en leur personne. la douceur. Un religieux reçoit en silence une correction fort vive de son supérieur. Il se trouve encore dans la pratique d'une même vertu des actes dont les uns sont méprisés. telles sont certaines impolitesses. : : Certains accidents couvrent de honte. on en reçoit de la confusion. ou bien un enfant de son père. l'humilité n'exige pas qu'on les commette à dessein. mais si un pauvre artisan.

tîC. j'en concevrai un vrai repentir et je réparerai la faute de mon mieux. je regretterais le péché avec indignation et je conserverais l'abjection dans mon cœur avec une humble patience. « L'humilité est la véritable connaissance que nous avons de notre abjection et la disposition qui nous porte à la reconnaître volontairement en nous. j'accepterai l'abjection qui peut m'en revenir. seule . donne l'inclination vers ce qui rabaisse justement. Qu'est-ce que V amour de l'abjection? Ce ne peut être assurément l'amour de l'abjection pour elle-même « ce serait bassesse d'esprit ou lâcheté de cœur ». la perfection de f humilité consiste non seulement à reconnaître notre abjection. la sainte humilité veut que nous en acceptions toute l'abjection. mais. par colère ou par quelque autre motif. à dire des paroles piquantes ou peu convenables. si je me suis laissé aî>r. et si l'on pouvait séparer l'un de l'autre. mais. aussitôt je me le reprocherai vivement. quand elles nous ont échappé. Or. mais à l'aimer et à nous y complaire en vue de la gloire que nous devons rendre à Dieu et de Yestime que nous devons accorder & notr9 elle . 281 autres défauts. en même temps.ÉGLAIRCISSKMKNT9. c'est l'amour de l'abjection en tant que chose juste et bonne' Seule l'humilité la fait envisager de cette sorte. parce qu'elle est vertu. Certainement. la prudence et la civilité veulent que nous les évitions autant que nous le pouvons. parce qu'elle écarte les préjugés de l'orgueil. » II. Je dis bien plus.

dans ces dernières. puisqu'elle est choisie par rinfaillible sagesse. Pourquoi l'humilité affecîionne-t-elle par- ticulièrement l'abjection qu'amènent les circonstances? Pour cette raison élevée et trop peu considérée. on voit plus ostensiblement la générosité qui les recherche.) III. dans ce plan de sagesse et de bonté. Tel n'est pas le jugement des hommes qui réservent leur estime pour les humiliations que l'on s'impose librement. l'humiliation acceptée jouit d'une plus haute origine elle vient de Dieu. — : — . parce qu'elle se cache sous le voile de la nécessité. si l'amour est égal de part et d'autre. Mais l'on ne songe pas que la générosité qui les accueille peut être égale. L'erreur vient de ce que. Or. Elle prête une moindre prise à l'amour-propre. qu'on entre ainsi dans le plan de Dieu. Une humilité haute et sereine trouve une immense joie à se voir introduite ainsi dans le plan de Dieu et sans être initiée à ses vues lointaines. Elle offre des garanties plus sûres. » (Saint François de Sales.QUATRIËMB SEMAINI 282 prochain sur nous-mêmes. préférable à celui de notre choix. elle le sait d'avance admirablement beau et paternel.

Elle est un préservatif. Deuxième point : De notre correspondance à ce soiu — divin. autre pauvre chose encore. il faut des blessures sensibles. elle contrebalance. aux yeux des hommes. l'admiration toujours dangereuse dont ils en"^ tourent la vertu.d'être de l'amour de la propre abjection nous verrons pourquoi la Providence lui fait une si large place dans son plan sur les plus belles âmes : l'abjection est pour leur humilité un préservatif et un remède. A nature humaine sujette à s'endormir. — Sous ce titre Préparation pour la veille. et. mais elle es'. elle est un stimulant. par ses abaissements extérieurs. en même temps. nous allons étudier la principale raison.Quatrième Semaine SEPTIEME MEDITATION XXVIII® EXERCICE Précautions diverses Premier point : Du soin que Dieu prend de notre humilité. précautions diverses. qui réveillent son : . elle dissipe ces fumées d'amour-propre qui s'élèvent naturellement dans notre fond d'orgueil. k .

mais ce qui lui est sement est elle propre. profonde et paisible. et. l'amour de l'abjection donne à l'âme sa liberté complète il est le coup d'aile tout puissant qui affranchit de la loi d'attraction vers la terre. I. c'est l'impression d'abaisCette impression. lui est commun avec la douleur. — L'humilité nous est tellement nécessaire que Dieu permet l'humiliation en tout et partout. tient le cœur attendri à l'égard de Dieu et particulièrement doux au prochain. 1° Nos qualités sont accompagnées de défauts.. Désormais la route aérienne des hauteurs est ouverte à son essor. Ajoutons que.. Ce bienfait. d'ordinaire. elles peuvent nous attirer la malveillance et l'envie. ces qualités Pieu. (\\ie vo'4s êtes boi^ 4ftns votre sagesse mon I . 4^ Méditation — Prélude. Demander la grâce de sentir Dieu et sa bonté dans tout ce qui m'humilie. par le profond détachement opère. quand qu'elle laisse. Elle donne à la physionomie elle-même ce quelque chose de déférant et de bon. qu'il . qui est le reflet de la véritable humilité. ces défauts sortent de — elles mêmes. Sont-elles parfaites? peuvent être méconnues. le besoin de Dieu devient plus vif et la prière plus intense. Du soin que Dieu prend de notre humilité. il est vrai. Sous ces coups.quàtribmb sbmaini 284 ardeur comme fait Téperon aux flancs du coursier.

Parfois l'imprudence et la maladresse la font dévier. détruit. Lasse de toi. pourquoi? « Mon enfant.. Cette — vaut — — ! — « Virtus in infirmitate perficitur.... regarde-moi davantage.. contrecarré... mais que savoure ma nature?. Dans leur détresse... elle est froideur et sécheresse dans nos prières. encore et toujours.... table rien.. que je ne vous offense jamais Il faut tout Père.. Pourquoi ces ignominieuses images que repousse ma volonté.StPTIBMI 285 illÉDItAtlOff "Il 2» Nous roulons perfection s'attache le bien. » — cela pour te faire humble. Tel est le partage de plusieurs âmes aimées de Dieu.. Nous aurions grande envie de nous irriter contre nous-mêmes? Non... L'insuccès nous en est imputé. dégoût pour toutes choses.. elles s'écrient Pourquoi. Plonge tes racines dans les profondeurs de ton néant. pleine d'humiliations aussi. constate que tu n'es rien. ô mon Dieu. ô Père. mon Dieu. que tu : — — : ne peux connaissance expérimendes années de consolations. gesse 4» que vous êtes bon dans votre sa- î Notre vie intérieure. non c'est pour mon bien !. du moins 1 . abattement dans nos travaux. Pourquoi ces bas calculs que je ne veux pas ?. merci 5" Mais pourquoi ces tentations qui menacent la vie même de mon âme ?..... ô Père. mais souvent Timà cette volonté pour la — rendre empressée ou découragée.. » Merci.. insensibilité désespérante. que vous êtes bon dans — I votre sagesse 3» Parfois I ce que nous taisons de meilleur se trouve discuté.

je vous en supplie. De notre correspondance à ce soin divin. il hélas ! 1 faut grand !. tombons. l'abjection. en étudiant les sujets d'humiliation qu'elle a daigné placer en nous et autour de Efforçons-nous Ils sont nombreux. Si je en même temps d'y être sensibles. pour cette grâce sévère. ô mon Dieu. n'en suis pas impressionné.. L'orgueil ne se guérit guère que par l'humiliation à certains aveuglements. Après ces considérations. Il est si enclin à éloigner la vue de nos défauts. pourquoi ? pour guérir l'aveugle. Merci.. laissons sur notre vertu si fragile ces épines qui la protègent.. Mais. : 1 — II... nous nous proposerons fortement de correspondre à cette action de la sagesse divine. et si habile à écarter une humiliation extérieure Ne nous excusons que lorsque Dieu l'exige. ô Père. c'est et c'est la nourrir .. n'employa-t-il pas de la boue faite de salive?.. Prenons garde auxruses de rameur-propre.. ce moyen sera sans effet. 1® Notre premier devoir sera de la reconnaître..... et nous 6" Hélas tage.OOATRIÈMK 8EMAINÏ 286 II faut parfois bien davandes fautes.. faites que je sois humble dans ce remède extrême — Jésus. Dieu aura besoin de pousser plus avant la dure leçon 1. 2» Efforçons-nous d'aimer ràbjection de — — — — ! toutes ces — choses.. — Pourquoi. nous. cette grâce sera perdue. il faut de la boue 1. tant notre orgueil est Dieu à regret retire son bras. — Aimer aimer vraiment l'humilité substantiellement.

dans la sauvegarde de notre fragile humilité. et se justifiera d'elle-même. basses. de notre Père. je vous entrevois que vous avez prises pour me conserver humble. « Bonum mihi quia humiliastime. nous contemplerons la sagesse. tromper soi-même. ne pas c'est réussir. en face des contradictions Alors que subissent les Saints eux-mêmes......287 ^CPTIÈMK MÉDITATION Aimei serait se rhurnilité. en un mot toutes ces lamentables misères qui font nos alarmes. Où en suis-je à l'heure présente? Ai-je de l'amour pour ces abjections que vous aimez et que vous cultivez? Quel spectacle splendide se révélera à nos yeux quand. et je ne le sagesse de enfin dans les précautions savais pas!. nos fautes même.. c'est avoir des défauts très apparents. nos défaillances inconcevables.» C'était mon bien. nous arracheront des cris d'admiraLa sagesse y rayonnera de toutes parts tion. l'utile — — C'est en cuitiver souvenir... c'est se faire content de tout cela.. s'écrierait — — — : . être tenté c'est se voit en des chose?... Et à quoi ne vous ai-je point forcé par mon aveuglement?. nos imperfections persistantes.. arrivés au terme. c'est incapable. Alors s'expliqueront tous ces pourquoi qui nous tourmentent.. aimer sans i'abjecUon. Aimer l'abjection.. mon Dieu...... L'abjection. L'ignorant qui verrait un jardinier jeter des épines autour de plantes délicates. hormis le péché.

en lui communiquant cet esprit de discernement et de mesure. nous l'avons vue écartant l'illusion qui trouble le jugement. il ignorance. — ÉTUDE SUR LA PRUDENCE Dans Thumilité Nous avons fait ressortir. dans son Certes. l'obstination enfin qui aggrave l'erreur ou l'insuccès. Aujourd'hui. sans lequel on la verrait tristement s'éloigner du vrai bien. le recevoir de la main de Dieu. Chercher le sujet d'humiliation qui m'est le plus pénible. la trop grande confiance en soi-même qui ne laisse point place au doute sage et au conseil. m*appliquer à m'en faire content. la . mon Dieu. nous allons voir la prudence jouer un rôle analogue à l'égard de l'humilité. ne saurait être question de cette prudence simplement humaine qui. en divers endroits de ce livre. arrête mais de l'humilité à ses courtes prudence surnaturelle qui prend sa règle d'appréciation dans les vérités révélées et donne ses décisions en vue de la limites.S88 QtjÀTftiàHS stMiimË Que c'est laidl Ainsi faisons-nous à l'égard du Jardinier céleste. l'action de l'humilité sur la prudence. l'empressement qui ne donne pas le temps de choisir les meilleurs moyens. que vous êtes bon dans votre sagessel — — Résolution.

HUMILITE. de cette prudence qui laisse à rtiumilité tout l'espace des exemples du Sauveur. or. L'humilité ne serait pas une vertu si elle l'excès. qui lui permettent de s'étendre jusqu'à l'héroïsme. soit le amoindrissait notre être. La vertu tout entière. Mais alors. d'amour du mépris qui restent les conclusions intangibles des principes précédemment médités? La notioii de vertu et celle d'humilité ne seraient-elles pas ici contradictoires. vertu . — 19 . d'abjection. et surtout des qualités morales en qui réside la vertu. mais le paraître elle ne limite . même dans l'ordre des qualités physiques. la vertu devant tendre à nous grandir et l'humilité s'appliquant à nous abaisser sans relâche. l'humilité ne saurait nous abaisser et nous diminuer. Le milieu sage que proclame la raison. la vertu même de Jésus. à plus forte raison dans le développement des qualités intellectuelles. En effet. serait consacrer la théorie de la médiocrité.ÉTtîDB SUR LÀ PRUDENCB 289 plus grande gloire de Dieu. trouve sa place entre ces deux extrêmes. que deviennent ces doctrines d'effacement. Cela est vrai. en acquérant le plus d'être possible. la perfection consiste à se rapprocher de Dieu qui est le tout-être. Non. et lui permet d'aller aussi loin que le bien lui-même. toute vertu tend à perfectionner. L'humilité d'effacement n'atteint pas l'être. Faire consister la vertu dans un juste milieu qui s'éloigne à la fois des actes inférieurs et des actes éminents. est celui qui se tient à l'écart soit de du trop peu : l'excès n'est plus trop peu ne l'est pas encore.

selon les circonstances. à elle aussi d'en modérer l'essor. à rencontre des fausses notions et des tentatives irréfléchies. nous les montra comme la désirable compensation des infinies misères dont elle gémit. Quant à l'amour — du mépris. elle n'a jamais le droit de résister à ses ordres. faire prévaloir et de . pas sans son assentiment. au lieu de nous éloigner des grandes choses. La prudence a le fens plus large. en la débarrassant de tout alliage impur. A elle de conduire tout le mouvement de nos actes d'humilité à elle de faire prédominer. Le rôle de la prudence est précisément de maintenir cet ordre. elle ne permet pas de négliger . pour mieux équilibrer une nature. l'humilité doit agir sous le contrôle de la prudence elle ne peut faire un . en nous faisant — un front d'airain. Gomme toutes les vertus. ou pour respecter un attrait. en la dégageant de toute obsession il — personnelle. telle ou telle forme de cette vertu. L'humilité d'abjection. c'est en effet le propre d'une tendance d'aller au bout de son impulsion. — L La prudence réglant les actes. toutes ces humilités ensemble. assurent à la vertu sa beauté. mais nos prétentions. Enfin. et c'est son habituelle infirmité de n'envisager que son but spécial.290 QtJAtRiÈMK 81HAINB — pas notre valeur. sa liberté. D'elle-même peutêtre pousserait-elle son mouvement jusqu'à des manifestations peu dignes ou des !i(^sitations pusillanimes. trempe nos âmes.

ItUOI sur là PRtJDiNGl un 291 acte utile. elle a le sens du beau comme celui du juste. ce qui suscite une foule d'initiatives secon- sonne et arrêterait le . qui portent le cachet du ridicule c'est pourquoi elle la préserve de toute déformation même intérieure. » ne nous demande pas non plus d'abdiquer nos droits. elle la rend désintéressée et souple. Elle ne paralyse pas l'activité. mais je Elle : . daires. Elle la veut franche et sereine. abandonnée à l'action de Dieu et désireuse avant tout de sa plus grande gloire. Elle n'est pas l'œuvre de Dieu et ne saurait être utile aux hommes. Notre initiative propre n'en est pas supprimée. elle la subordonne. au mépris c'est le sens dans lequel me pousse l'humilité. C'est pourquoi la prudence arrache impitoyablement à l'humilité toutes les attitudes. Ne nous la représentons pas austère et sèche. elle jouit de toute sa vigueur pour chercher et accomplir les volontés divines. Ce qui est une laideur. rabaisserait notre perbien dans son expansion. maintenue dans son rôle. loin de là: mise à son rang. elle le repousse tout comme ce qui nous diminue. Je tends à l'effacement. par cela seul qu'il met en évielle s'oppose à tout ce qui diminuerait : dence notre \raleur morale. à l'humiliation. elle la maintient confiante et courageuse . elle dégrade intrinsèquement celui qui se l'impose. mais elle nous empêche d'en exagérer la rigueur. La laideur morale est incompatible avec la vertu. le Ciel ne saurait l'accueillir sous aucune forme. toutes les expressions.

Le but sera n?ieux distingué. demandez-vous si la conscience vous y oblige. l'amour qu'on lui porte reste sans limites. docile.292 QUATRIÈME S&MAIN8 m'arrête. ô âmes méfiez-vous deh doutes que soulève peut-être une timidité complice. moins généreuses . inclinez vers le parti qui humilie le plus. et. car le désir déréglé de l'estime vaine ne lui m'aveuglera pas» Retenir l'humilité dans son exercice. Rien ne l'empêche de chanter au-dedans de nous son continuel cantique d'adoration. la vertu est dans cet amour les sentiments exprimés au-dedans sont à la fois des actes méritoires et d'utiles prépara: tions. Si l'exercice de la vertu a des limites. et ne vous arrêtez que devant la crainte d'une faute. . Tels actes. n'est pointla diminuer en elle-même. tels abaissements lui seront interdits. or. ne font que s'accroître par la compression d'un désir inassouvi et par le mérite d'une réserve qui coûte. Avant de vous détourner de telle humiliation. telles paroles. qui m'assigne telle tâche ou me demande tel concours et je . Allez particulièrement vers les actes. l'influence qui préserve et le reflet qui charme. mais l'inclination qui y tend. ô âmes éprises de l'humilité. et de répandre sur toute notre vie morale. Allez donc résolument vers votre objet. loin de diminuer. les moyens plus sérieusement choisis. devant toutes les manifestations d'une volonté supérieure. si vous voulez être parfaites. mais l'amour qui les suggère. prête toutes les forces intactes de mes facultés comme de mes vertus.

Autre doit être l'humilité d'une religieuse. forces : : 1 II. en dépassant sa grâce on tente Dieu. en son particulier. c'est que cette attitude et ces paroles. autre celle d'un homme politique et d'un militaire. que les paroles et les décisions aient à revêtir une forme différente en face de positions diverses. Que l'attitude et les manières. mère de famille et chargée d'un personnel nombreux . l'avenir reste ouvert Cherchez même dans l'humiliation de n'être pas humble. Et puis. des formes par exemple favorables au commandement pour ne les reprendre qu'en public ? N'est-il donc pas plus parfait d'exercer l'humi- même lité extérieure toutes les fois qu'une circoas- . mais portant ses conseils lité qui convient. Cela saute aux yeux. on se déprime. mais ce que l'on comprend moins.ÉTUDE SDR LA PRUDENCE 293 Nous devons cependant tenir compte de nos présentes en allant au-delà de son courage. La prudence déterminant — le genre d'humi- La prudence ne se contente pas d'encourager ou de retenir l'humilité dans les actes du moment. tout le monde le comprend. fidèlement accompli. autre celle d'une femme du monde. plus loin. de déposer.. elle fait adopter le genre d'humilité qui convient à la position de chacun. développe l'habitude. dira-t-on.. Ne serai k-il pas préférable. puissent garder le genre. L'humilité qui convient à tous est d'ailleurs celle des actions ordinaires chaque acte. même en dehors des occasions. le désir de le devenir.

La vertu est une harmonie et cette harmonie résulte d'une communauté de vie. elle imposera une humilité profonde et forte elle conseillera toute pratique qui rabaisse sincèrement devant Dieu et devant soi-même. mais elle interdira tout ce qui apporterait quelque diminution de prestige ou de vigueur. les traits de ceux dont : ils sont l'être prolongé. Son but sera ici de fortifier intrinsèquement la vertu. Venant de lui. Que Ton se rassure d'ailleurs aux grâces d'état qui ne manquent jamais.294 ouatriAmii sevaini tance n'oblige pas à la restreindre?. mais il pour échapper aux yeux exercés de la prudence et à la sagacité de ses moyens préservatifs. . La prudence a des vues de plus longue portée. Un danger résulte de cette conduite. Aux personnes qui ont à paraître et à commander. se mettre à l'unisson.. elle sait qu'une attitude ne se prend avec aisance et ne s'affirme avec force que par l'effet de Thabitude voilà pourquoi elle conseille d'écarter toute manière d'être qui en interromprait le mouvement. on y retrouve ses traits comme on retrouve dans les enfants. Il n'est pas jusqu'aux pensées et aux sentiments qui ne doivent.. dans une certaine mesure. il passe avec son influence et sa physionomie dans la forme extérieure. r9- . elle concourt à ses fins et ce ne serait point sagesse de s'en inquiéter. un secours providentiel contre l'orgueil . Tout acte intérieur façonne même le dehors. Accueillons-la comme est trop évident . Dieu très souvent ajoute la grâce de l'humiliation réelle. que nous ne devions pas rechercher.

elle le conseille pareillement en vue d'une nature à équilibrer. . — milité : nihile. Il y a des personnes qui doutent toujours d'elles-mêmes. Une âme en qui domine une trop grande dé* . La prudence modérant l'exercice de l'huCe que la pour équilibrer une nature. prudence prescrit en vue d'une situation à sauvegarder. L'hésitation paralyse l'initiative ou la rend douloureuse. l'impuissance envahit la vie et l'anIII. . La conscience du devoir peut commander une conduite énergigue seule une nature fortement préparée en impose les conclusions avec autorité et en porte le poids sans siste plus . Trop de confiance en soi est un vice. le fonds qui les soutient c'est en elles que s'établissent les habitudes. et celui-ci n'est pas moins funeste que Le trouble envahit l'âme et la décelui-là forme. On ne saurait impunément se passer de cette force permanente. trop de défiance en est uc autre . de leurs aptitudes comme de leurs succès. . On dira peut-être que la vertu consiste après tout dans la juste appréciation des choses et dans la volonté du bien : on oublie qu'elle conencore dans les dispositions de notre nature. fléchir. Notre nature est le fonds d'où partent nos actes.295 fTUDK SUR LA PRUDENCE gardons-Ia comme une compensation heureuse aimons-la de tout l'amour que nous avons pour la vertu d'humilité et faisons lui une place aussi large que la prudence le permet.

car il y a l'amour-propre souffrant. elles vivent. surtout si elle a une mission à remplir. mais aussi de la juste consciensce de sa propre force.296 QUATRISUK SEMAINK donc tort de cultiver sentiment de son impuissance et de trop incliner à l'abaissement devant les autres. Qu'elle se tienne entièrement dégagée de tout orgueil qu'elle cherche à déet de toute prétention couvrir Dieu dans le bien qu'elle fait et ne commande qu'en son nom. précifaible en ses ressorts sémentau milieu de ses alarmes. la rassérène et la soutient. au lieu de l'envelopper inerte dans le suaire d'une humilité mal comprise. les rassurer. les amener enfin à cette aisance dans la parole et dans l'action qui résulte du sentiment de Dieu sans doute. une hufiance d'elle-même. de ses infériorités. Agir ainsi. aurait le . qu'elle écarte résolument l'impression trop vive de ses insuffisances. pour ne pas déprimer un caractère déjà trop et d'ailleurs. c'est faire fructifier le talent reçu. d'autre part. l'amour-propre lui-même pourrait très aisément se frayer un autre chemin. . . Ceux qui ont la charge de ces âmes timides doivent leur donner confiance en elles-mêmes par des approbations opportunes les laisser agir seules pour développer leur initiative les accréditer par divers moyens dans le milieu oii . tures. et c'est celui qui menace de telles na. les relever. milité paisible remplit alors sa vie. de ses maladresses. rien de mieux. Mais.

nous voyons des âmes. Elle peuvent avoir. signalent à la prudence une disposition provi- dentielle qu^elle a le devoir de faire respecter. es saints pour la plupart s'acharnent à se rabaisser ils éprouvent une joie amère à s'accabler des qualificatifs les plus humiliants. mais elles en cultivent moins l'impression.ÉTUDE SUR LA FRUDENGB IV. souffrent vraiment à regarder toute souillure. qui s'arrêtent moins à cet ordre de sentiments et qui y rencontreraient quelque gêne. fort généreuses pourtant. Chez d'autres encore le sens du beau est tellement développé qu'il se détourne instinctivement de toute laideur. Par contre. le sentiment profond de leur misère. Rien qu'au contact de ces choses sur leur pensée. le stimulant de leur ferle veur. Ce sont souvent des âmes particulièrement pures le mal ne les a point marquées de ses stigmates déshonorants. Comment s'indigner contre ce que l'on connaît à peine Chez quelques autres. . il leur semble à toutes qu'une sorte de : ! — — flétrissure les atteint . leur cœur se resserre et leur élan vers Dieu se décourage. les délicatesses d'une nature affinée. la tentation elle-même a respecté tant d'innocence. Serait-il juste de condamner de telles répugnances? ^rait-il sage de les violenter? Nous ne le croyons pas. Nous Tavoiis vu. La prudence respectant un — 297 attrait sage- ment reconnu. sentiment sans cesse renouvelé de leur propre abjection. autant que ces saints. et trouvent dans . Les caractères que nous venons de décrire.

quelle que soit la misère du prochain. cela importe moins à la vertu. mieux en rapport avec sa nature. Qu'elle le devienne sous telle ou telle bonne influence. vous vous sentez toute petite.. indulgente et bonne. suscite ses plus grands efforts. n'est pas essentiel à la vertu de les envisager il suffit qu'elle en retienne qui la déterminent. comme les autres vertus. vous ne vous élevez pas en vous-même. telle Il ! dira-t-elle à ces âmes: moins bien à votre humi- autre pourra lui convenir davantage. répondra peut-étr^ semaine. L'humilité que nous décrirons dans la cinquième Transformation. Si l'-humiliation vous arrive. vous ne la méprisez jamais. quels que soient les succès de vos œuvres ou les dons de votre prière. toujours le plus renommé ou le plus excellent. vous vous faites constamment douce. mais bien celui qui. mais le motif du Tout de Dieu ouvre aux âmes contemplatives des horizons non moins étendus.. L'essentiel est que votre humilité soit pratique et généreuse. sous ce titre ^ l'attrait de plusieurs. Le meilleur pour telle âme n'est pas tous. 1.. Sans doute les motifs d'abjection portent l'humilité fort loin . : . Face à face avec la pensée de l'infini.QUATRIÈME SEMAINE 298 Ne VOUS troublez pas cet ordre de motifs va lité.. pourquoi le contraindre? L'humilité. vous la regardez avec des yeux habitués à contempler le Calvaire et vous lui ouvrez vos bras comme pour étreindre Jésus avec sa croix K Si même votre attrait ne vous porte pas spécialement vers l'humilité.

vous dépéririez comme la plante transportée dansun sol qui ne lui convient pas. elle n'a droit à un autel à part dans chaque temple. Développez surtout l'amour divin. l'union de pensée avec Dieu" ou la reconnaissance. vous marcherez plus librement et vous irez plus loin. parfois même par ses défauts votre éducation par son développement et ses habitudes d'esprit. l'oubli de vous-même. Cultivez donc. par exemple la pureté d'intention. votre vie par ses rencontres. le dévouement aux autres. avec ses ardeurs ou son intimité. Cultivez rabnégation. selon votre attrait. vous répandrez le parfum de vos fleurs et vous donnerez à Dieu les fruits qu'il attend. pas plus que ses sœurs. vous ont constitué apte à telle vertu plutôt qu'à telle autre. videntielle et marque une voie.Atude sur la prudence 299 mérite un culte général mais. . Hors de là. Dans cette voie. Votre nature par ses tendances.la pauvreté. Tout cela résulte d'une disposition pro: . tandis que là vous étendrez votre ramure.

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tiinn<Tr CINQUIEME SEMAINE TRANSFORMATtON ..rrrY»irrmrnnrmrmiM.

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poussant trop loin la sauvegarde du moi ou plutôt son exaltation. ce sont deux forces aveugles qui dépasseraient leur objet si la vérité et la justice ne venaient les guider et au besoin les contraindre. l'une par l'affirmation de notre propre valeur. là est aussi leur danger. Un tel renversement des rôles ne seraient pas seu: . elles ont pour objet. il aurait beau trouver quelque excuse dans cette sorte d'inconscience qui généralement l'accompagne. comme si le bien venait surtout de nous et non pas de Dieu le but. elle s'écrie vaillante humilité s'armant de la à son tour: Quis ut Deusl Arrière ces prétentions insensées Qui donc est le véritable auI . En elles-mêmes. La * ne le souffrira point et. En effet. comme si nous avions le droit de rechercher notre gloire plutôt que la sienne.t^RÉPÂRATIÛN k U CINOUIÈME SEMAINE Aux premières pages de ce livre. parole de l'archange. l'autre par la recherche de l'estime qui nous protège. elles feraient de notre personnalité exclusive le principe et le but : le principe. il n'en produirait pas moins ses mauvais effets dans notre un vie morale. nous avons analysé les deux tendances que l'humilité a l'estime de soi. la sauvegarde de notre personnalité. il serait grave désordre. le désir charge de conduire de l'estime des autres. nous l'avons vu. lement une injustice et une injure. Ensemble. Là est leur rôle.

aux dernières pages de ce livre.304 CINQUIÈMB SEMAINE teurde tout bien? Qui donc mérite avant tout louange? Notre orgueilleuse personnalité ainsi reléguée à sa place. lacondition de son mérite. terminant sa carrière comme un beau jour. Tant qu'elles inclinaient du côté de la terre. finalement. leur action se portera de Dieu vers le prochain. par une la — . Toutes nos vertus viendront le reconnaître comme le premier principe d'où elles émanent. et le désir de l'estime cherchera le regard même de Dieu. car elle est leur couronnement. extension d'ordre surnaturel. elle va les transformer. elle va maintenant les affranchir. voilà Dieu remis sur son trône. elles les a contenues. Elevons donc nos espérances comme nos re- . et tous nos actes se dirigeront vers lui comme vers leur fin nécessaire. En les faisant respecter. l'humilité va se montrer à nous. Les deux tendances que l'humilité s'est jusqu'ici contentée de vaincre. l'estime de soi deviendra l'admiration du divin en nous. Or. Nous allons voir maintenant qu'elle en mérite un autre encore plus beau. leur beauté se dégagera de tout alliage et. la règle de son activité. Ce rôle nouveau procède d'une conception nouvelle. l'humilité justifie donc son titre de fondement et de gardienne des vertus. dans un éclat de triomphe. rien de ce que Dieu a créé ne sera détruit. en les dirigeant du côté du ciel. elles se reposeront sur des objets plus sûrs. Ainsi. Ces dispositions transformées trouverontpour s'étendre une sphère plus vaste . ces deux devoirs sont la base de la vie chrétienne. Ainsi.

elle sera. — 3/i . ô mon Dieu. Ah! que je voudrais m'élancer vers ce rnond*» nouveau! Que je voudrais donner à mon être vulgaire cette transformation supérieure Ce qui se passe dans l'âme des saints ne pourraitil pas.PHÉPARATION 305 l'humilité défensive le moment fortement établie. ne daigneriez-vous pas l'ébaucher sur la terre f Ce que j'y ferai aussi moi-même. en quelque manière. en essayant de vous contempler à travers les ombres transparentes de la mystérieuse création. la paix règne de toutes parts. ses ennemis sont démasqués et connus. en une limite plus restreinte. marchons à de pacifiques conquêtes. pourquoi ne me transformerai-je pas ici-bas. c'est : est ! RCMILITi. gards. celle de notre éternité. La vertu que nous allons poursuivre a été celle des saints et par excellence celle de Marie. ne puis-je pas le commencer déjà? Si je dois être divinisée un jour en vous contemplant face à face. se produire aussi dans la mienne ? Ce que vous ferez dans votre ciel.

je dois chercher en moi ce qui vient de Dieu surtout dans l'ordre surnaturel. En y découvrant des merveilles de grandeur je comprendrai sans doute la haute dignité chrétienne. Je parcourrai donc. un esprit large qui ne s'arrête pas . je cesserai en quelque sorte de me voir moi-même. L'humilité les fait resplendir. et la beauté de mon âme comme un reflet tombant de sa propre beauté. sans scrupule comme sans exagération. tant je me sentirai envahi par le monte divin.Ûinquième Semaine PREMIERE MEDITATIO» XXIX* EXERGICB Transformation de l'estime de Premier point : Les dons de Dieu. cette méditation un esprit Il faut porter à dégagé des idées vulgaires et disposée une juste admiration. le sommaire des dons de Dieu. Ce sera le suprême essor de cette tendance qui s'appelle l'estime de soi. timer foncièrement. — soi Deuxième point : — Si je veux m'esPréparation pour la veille. Si je assez haut. ou mieux. tous mes actes soutenus par lui. je verrai mes qualités personnelles émanant de lui.

. qu'homme — — : — — tinée.307 pkeuiIre méditation aux objections mesquines. ces magnificences me sontfamilières! On estime si peu ce que Ton a toujours connu Pour admirer. — 1® Ce que je suis en Chef-d'œuvre de la création terrestre. si la grâce de comprendre pour elles m'apparaissaient de les pénétrer. l'homm^e a besoin de s'étonner. souverain dominateur de la matière. petit monde dans lequel l'univers vient se refléter par l'intermédiaire des sens et se transformer en idée par l'effort de l'intelligence. Mais qu'on y songe bien.. liberté morale au moyen de laquelle je suis le maître de mes actes et de ma desI. ces vérités la — Demander comme première fois . n'atteint pas à la valeur d'une pensée 2» Toutefois. d'en être impressionné. tant Les dons de Dieu. une lueur d'intelligence est supérieure à l'immensité des cieux étoiles! mais un acte de volonté est une force plus haute que tout le mouvement des mers! mais l'admirable instinct Ah! pourquoi elles si I des animaux ensemble. sorte de ciel où Dieu se fait connaître comme auteur de toutes choses et pressentir comme infini. Méditation Prélude. l'éclat de ces dons naturels pâlit i l'apparition des dons de la grâce. de les sentir. Il faut y porter surtout un grand esprit de foi. ceux-là 1 .

nous verrions ce Dieu. en quelque sorte à notre service. Jésus est quelque chose de moi c'est ma grande gloire ou plutôt je suis quelque chose de lui et c'est mon grand bonheur. Je lui appartiens comme la petite cellule. il me donne son cœur et ses biens. : — — — . Jésus est mon frère. mais nous reste caché. Oh! le croire. l'Etre souverain. La grâce ne peut être qu'une transformation. travaillant sans cesse à nous diviniser!. et. comme le petit flot de sang qui soulève la plus lointaine de mes artères et qui me vient du cœur. une vie que Dieu seul peut exercer en nous chacun de nos actes surnaturels a besoin de son mouvement. soit pour naître. Mais aussi quelle transformation! C'est la nature divine participée. et qui reçoit sa vie de l'action du cerveau. Ahl si nos yeux s'ouvraient tout à coup. il a pris ma nature. perdue au fond de mes organes. Jésus est mon ami. parce qu'elle est divine.âÔ8 CINQUIÈME SIMAIN& condition que la toute-puissance être à qui ils fussent naturels. union mystérieuse ici-bas. je peux le diminuer ou l'accroître je suis un besoin pour .. radieuse au ciel principe incomparable de sont de telle ne saurait créer un — : — — . dignité pour qui sait comprendre : je suis une part de l'être mystique de Jésus. C'est une vie divine au sein de notre être grossier. avec son besoin de Tinfini et son aptitude à le contempler face à face. soit pour durer. Tout cela est certain.. . comme la raison est naturelle à l'homme. le croire avec enthousiasme! Ce serait du moins l'entrevoir et ce serait commencer à se bien connaître. 3° Un lien plus tendre m'unit à Jésus.

il se le croit personnel. mais inconscience. ou de lui préférer. déjà. et par les il exemples qu'il m'offre. grand aveugle qui traverse la création sans y découvrir Dieu. et par les secours charitables qu'il m'apporte. c'est vrai. mais la grâce. IL L'humilité fait — 1» L'incrédule est un mais il ne l'attribue . Ne trouves-tu pas. L'orgueilleux voit Dieu peut-être dans. et par les vertus spéciales qu'il me donne à exercer. il se dans ses fonds. je puis être une déception pour ses espérances. le voit pas en ce qu'il est. je suis issu du sang d'un Dieu et ma vie se nourrit d'un aliment divin. m'en enrichit. par la recherche désordonnée des quelques joies et des quelques applaudissements de ce monde. l'augmente de mille manières. même Ce qu'il fait. soi. hélas la triste expansion de ma vie propre. la nature. Ce n'est pas ordinaire- àient présomption. que ces grandeurs suffisent à satisfaire le sens de l'estime de soi et à fonder ta noblesse? Quelle noblesse plus ancienne que celle qui vient de l'Eternel? Quelle noblesse plus illustre que celle qui descend du Très-Haut? — Par Jésus.PREMIÈRE MEDITATION 309 son bonheur. Attendrai-je le ciel pour être fier de ces gloires? Le ciel les fera resplendir. ô mon âme. Il m'est donné de le laisser vivre en moi pleinement. I — resplendir les dons de Dieu. Le tort . Les dédaignerai-je parce qu'elles me sont communes avec d'autres êtres? Subissent-elles par ce fait une déchéance? Le bien des autres diminuerait-il mon bien propre? Loin de là.

ne cesse jamais d'envisager la fin dernière de tes actes. s'il le cherche en lui-même il le trouve dans tout son être et jusque dans le plus petit de ses actes. mais en faisant tous ces actes times. pour nous montrer ces dons toujours bornés et . comme fait. un néant! Tiens ton rang. à son lever. derrière le char du triomphateur. et que lorsqu'il s'admire lui-même. « Cette : voix est ici celle de l'humilité : souviens-toi. mais une forme de radoration. souviens-toi! lutte légi- Ne perds ja- mais de vue l'origine de tes dons. Autrefois. la prudence d'un grand peuple plaçait un héraut d'armes chargé de lui répéter cet avertissement « Souviens-toi que tu es un homme. que tu n'es qu'un homme.310 s CI^QU1ÈMB SUMALtt du plus grand nombre il n'est pas d'écarter Dieu. A mesure que l'humilité répand sur cet aveuglement sa belle lumière. souviens-toi. le soleil sur notre terre. 3° Si l'estime de soi était simplement l'estime de l'œuvre de Dieu en tout homme. elle ne serait pas un sentiment personnel. La grandeur de l'homme ici-bas est de chercher Dieu. il s'admire en quelque sorte à genoux. prends des initiatives. insiste et au besoin. C'est là que l'humilité a besoin de nous tenir les yeux ouverts. défends ton honneur. Il s'ensuit que l'humble ne se préfère foncièrement à personne. l'évidence de l'action de Dieu apparaît. Cette estime vise ces dons en tant qu'ils sont nôtres. il le découvre partout et jusque dans le plus petit grain de sable. sous toutes ces grandeurs. S'il le cherche dans la nature. est plutôt de l'ignorer. s'étend et finit par envahir tout notre domaine.

En même temps. Le sentiment de l'estime de soi se présenterait splen- didement accru les saints se savent fils de Dieu. elle tend à ce qui est le plus noble. elle serait. dans sa domination fortement établie. Si l'on pouvait pénétrer dans l'âme d'un saint on marcherait de surprise en surprise. comme une injustice. Dans la majesté de ses goûts. Ce sentiment est une sorte de royauté et cette royauté. D'un trône élevé on voit de très loin ce licate : . conçoit la prétention de : . en travaillant pour sa gloire. prend le parti de fermer les yeux. futurs héritiers de sa gloire. de la ressemblance qu'il imprime en leur âme. toute préférence qui entraînerait le moindre dédain pour autrui. de l'action constante qu'il exerce au plus intime de leur être. trop souvent peut-être. et elle fragiles. qui est bas et vulgaire. Sans doute l'estime de soi reste une vertu dé- défend. Ces sentiments les poussent sans cesse vers une perfection qui les grandira toujours et leur ambition prenant un essor plus qu'humain. elle s'oppose de toutes ses forces à la vaine complaisance que Ton serait tenté d'y prendre. La timidité craintive. sans la grâce. proscrit le mal avec un dédain instinctif et invincible. Ils sont hautement fiers de l'amitié de Jésus. grandir Dieu lui-même.PREMIÈRE MÉDITATION 311 modérant aiasi rinclination naturelle qui porte à les grossir. participant à sa nature. une tentative imprudente. Cen'estpointsagesseiles dangers peuventêtre conjurés et le sentiment intense de la dignité personnelle ne saurait trouver ailleurs des mobiles d'égale puissance. Les voit-on timides et incertains en face .

lemal?De quelle horreur ne sont-ils pas soulevés en face de ses assauts? Cherchez bien et nulle part vous ne trouverez une pareille exaltation du sentiment de la dignité personnelle. Admirer en moi les dons de Dieu. parce qu'elle se développe dans l'atmosphère pure et calme du vrai. des dangers les plus manifestes ? De quel œil regardent-ils rabaissementsuprême. — Résolution.312 CINQUIÈMB SRMAINB des entrejirises les plus hardies. . exaltation pleine de grandeur et de force toute douce et toute paisible en même temps. Ne pas me contenter d'une vue superûcielle qu» n apprend rien et n'émeut pas. du bien et du beau par excellence. . pour donner an sentiment de la dignité personnelle son mobile le plus haut.

.Ginqnième Semaine DEUXIÈME MÉDITATIOn XXX« EXERCICE Transformation du désir de restîitîD : Désirer l'estime de Dieu. estimé et le désir de plaire sont si voisins qu'ils semblent constituer plutôt deux manifestations de la même tendance Ils sont pourtantdistincls: le désir de l'estime vise l'approbation et aspire à un jugement favorable c'est plutôt à l'esprit qu'il s'adresse. Le désir de plaire signale une tentative vers le cœur on veut une estime af: : fectueuse. — Le désir d'être Préparation pour la veille. Troisième point Désirer lui plaire. Premier point — — Deuxième point: : Désirer lui faire plaisir. Ce qui les rapproche pourtant. Celui-ci. Celui-là nature assez personnel : il envisage qu'apporte l'estime. sans 4tre désir de est de sa le bien toujours désintéressé. cherche d'abord le bien des autres. c'est que le second découle du premier comme l'effet de sa cause qui veut plaire cherche généralement à : faire plaisir. La distance est plus grande entre le plaire et celui de faire plaisir.

Mais Dieu est un Être invisible et qui semble lointain. Demander la grâce de s'ouvrir à ces belles pensées. nous désirerions vivement son estime On recherche l'estime des personnes qui entourent. Peut-on désirer l'estime de Dieu. très humain de son fonds. L'estime qu'il ferait de nous. L'obtenir. Un nouveau apparu. un tel sentiment. raille fois non. plongeons nos regards dans l'âme d'un saint. nous le trouvons lui aussi et plus étendu et plus la I mais surtout plus noble.314 CINQUIÈME SEMAINB Le désir de plaire se prêtera-t-il lui aussi à pénétration du divin? Comment. ne peut nous arriver par aucune voie extérieure nous : : . déroulant à ses regards des perspectives transcendantes. d'attirer en soi ces sentiments féconds et de donner à sa vie cette haute orientation. c'est se rapprocher d'eux. c'est entrer dans leur sphère et participer à leur supériorité. 1^ Méditation — Prélude. les anges et les actif. Y voyons-nous réduit et inerte le désir de plaire? Non. plus particulièrement celle des grands. pourrait-il se transformer sans cesser d'être lui-même ? Eh bien ici encore. — 1. monde lui est — : — hommes. Si nous avions avec Dieu des relations familières. c'est le monde des êtres surnaturels Dieu et Dieu partout. Jésus plus spécialement nôtre et en Jésus tout ce qui se relie à lui.

nière ? A .315 OIUXIÈIU MÉDITATION ne l'entendrons pas la formuler par des paroles nous ne la lirons pas dans son regard. défaut d'une parole et d'un regard directs. n'avons-nous pas les saintes présomp- tions qui naissent de ses affirmations positives? Ne savons-nous pas. Hélas ma pauvre âme n'a peut-être qu'une foi sans lumière intime. sans aller aussi loin qu'eux. œuvres par degrés. que Dieu estime tout bien. seul l'amour en peut faire sa vie. 1 ! 1 — . je verrai la même vérité. un amour sans nobles besoins! Lui serat-il donc inutile d'entreprendre une méditation trop haute encore pour elle ? N'y trouvera-t-elle que des idées incertaines? N'y puisera-t-elle Dieu. en accomplissant un acte vertueux. le bien d'un acte passager comme le bien d'une qualité permanente ? Ainsi donc. nous sommes assurés de gagner son estime et cette estime croît avec la grandeur de nos actes et l'éminence de nos vertus. d'une façon certaine. . je tendrai Vous faites vos au but qu'ils ont atteint. animez-moi portée les vérités qui sont à la portée des saints. aucun désir? Dieu. créateur de tout bon senéclairez-moi Daignez abaisser à ma timent. ô Dieu sage. Sans voir aussi loin qu'eux. auteur de toute lumière. eh bieni aujourd'hui j'essaierai de faire quelque pas vers le désir de vous plaire. Seule la foi vive comprend ces choses. en perfectionnant nos qualités. Est-ce à dire que toute voie d'entente nous soit fermée? Les sentiments de Dieu sont-ils si secrets qu'ils ne se trahissent d'aucune ma.

Dans ce désir se trouve un stimulant très personnel être pour lui cet objet qui charme son regard. Comment se faire admirer de Dieu ? Par tout effort généreux. dans l'ordre humain. elles graii* son attention. dans notre ordre déchu. : . s'y sacrifier au besoin se même — . L'immolation suppose d'ailleurs une grande force d'âme. Donc se dévouer à la cause de Dieu.316 — GINQUIÈUR SEMAINK II. c'est plus : — 1 . qualité souverainement estimable. L'immolation est. L'admiration est la souveraine expression de l'estime elle est nécessaire à un grand amour. . par tout sentiment élevé Ce qui est commun n'y suffit pas. Le dévouement s'offre d'abord de là le regard se porte vers le sacrifice. et finalement de se faire aimer de lui davantage. par tout acte remarquable. Dans cette naissante persuasion quel épanouissement* pour l'âme Toutes ses facultés sont à l'aise. immoler ses goûts quand ils sont des obstacles. elles sont animées^ ellet vivent. qui fait battre son cœur. Désirer charmer Dieu. que disje. car c'est à cet objet que C'est le désir d'attirer termine normalement le désir de plaire. de vivre dans la bienveillance de son regard. Désir d'obtenir quelque admiration. l'acte le plus noble. il y faut quelque supériorité. C'est plus qu'attirer que mériter son estime. c'est commencer à gagner son cœur. accueillir la peine avec douceur et les menaces de l'avenir avec une courageuse confiance: voilà des moyens de prétendre à l'admiration du grand appréciateur de toute chose. Comment s'exerce le désir de plaire à Dieu ? son attention d'une façon particulière.

sans persévérance! Ce désir semble m'être étranger et j'en cherche la cause. mais pour y songer seulement. je serais donc sans goût. Une d'aliments ? médiocre est une peut-être aussi vie intérieure pourvoyeuse I. Peutêtre s'épuise-t-il ailleurs manque-t-il ?. Si. po%ir charmer votre cœur... oh triste ! l'intimité 1 I cate. il faut une piété délipureté du cœur. je cherchais plus souvent le regard à qui je veux plaire? Ce regard cherché sera surtout le vôtre. homme . donnais à Si je consacrais ma vie cette orienta- à la méditation des heures plus longues?.. Pour charmer.. I .... sans élan. ô Jésus. ô Jésus^ se fixe sur moi jour et nuit. sur leur attitude..DEUXIEME MEDITATION 317 Quel principe de perfectionnement! il faut avoir de la beauté^ il faut manifester des qualités aimables Quel soin d'elles-mêmes ne voit-on pas chez les personnes qui veulent plaire I Quelle vigilance en tout sur leurs paroles. votre âme est sensible à tout ordre de prévenance. durant le jour. oh! la de la prière. oh l'intensité du désir Charmer Dieu !. elle en saisit les moindres délicatesses avec leurs nuances infinies. mon frère. Vous plaire et vous plaire particulièrement me faire aimer de vous... Ahl si je m'établissais dans cette disposition sainte?. quel champ ouvert à mon désir de plaire Aucune limite ne le restreint Votre attention.... dissent... ! : mon Dieu. pour plaire à vos regards. ô Dieu. sur les moindres détails de leur vie 1.. Si je tion ?. obtenir de votre bouche un doux éloge ou l'attendre au ciel.... Ce que Jésus.

pour les faire éternels. s'épanouissent ici sous une forme plus belle. toute la part d'estime que je serai parvenu à mériter de vous. ô merveille vous le lisez distinctement dans mon cœur. Dieu. vous emportez au Ciel. on s'est épris de ses charmes à force de se dépouiller de ce qui l'eût éloigné. — Le désir un . On en arrive à se répéter sans cesse pourvu que III. En quoi consiste le désir de faire plaisir à peu personnel d'attirer les regards de Dieu et de lui plaire. on n'en jouit qu'au milieu des craintes.. se dévouer.318 CINQUIÈME SEMAIN8 ne pas exprimer. ô Jésus. ce que j'éprouve. on ne l'obtient que rarement. tous les sentiments que j'aurai ici-bas provoqués dans votre grand cœur. s'immoler pour que ces actes Thonorent s'embellir de vertus pour que cette vue le contente !. à vous seul. Jésus. s'élève insensiblement au désir désintéressé de lui faire plaisir. Les qualités mises en jeu pour plaire. on ne la fixe jamais d'une façon durable car enfin ce monde passe et s'évanouit avec la fumée de son estime. plus animé que le monde des hommes dont on se dispute Testime «t cette estime. : . je sais même I .. sans trop le comprendre. quelque gloire . plus tendre. tout un monde plus étendu. . . A force de vouloir charmer Dieu. vous êtes. Vous. plus plein. on ne garde à aimer par dessus tout que sa souveraine amabilité: le désir de plaire est le générateur du désir de faire plaisir. Lui donner quelque joie. Il y a'tout une vie nouvelle dans cet ordre plus élevé de sentiments. plus parfaite.

toutes parts. d'autre désir que votre bien. permettez-moi du moins de m'y élever aux heures où je médite. en songeant qu'il est heureux. d'autres joies que vos joies.. de grâce.. On se console de ses propres peines. Le caprice et l'inconstance n'y trouvent aucune prise et l'orgueil lui-même semble disparaître. On un un couronne- assure ainsi à la vertu fondement plus inébranlable et ment plus haut. des impressions et de salutaires regrets Si je n'ai l'aile tamment dans l — M'appliquer cette parole du pre« Je vois les Cieux ouverts et Jésus à la droite de son Père. mier martyr saint Etienne : tenter pour l'obtenir! : — I .. » Aujourd'hui je chercherai le regard de Jésus.. et n'avoir d'autre vie que la vôtre. puisqu'il existe tant de belles âmes qui semblent ainsi passées '^n vous.. un regard cpii me dise tu me plais •— Que ne pas Résolution. il en restera dans ma vie active des souvenirs.. en se perdant au sein de Dieu. faites descendre jusqu'à ma bassesse quelques mouvements de ces attraits.DKUXIÈME MÉDITATION 319 Dieu soit content On vit de la joie qu'on lui donne. pas assez forte pour planer consces hauteurs. non parce qu'on la donne. Le détachement de soi-même se fait d'une façon si douce qu'on en a conscience à peine et d'une façon si complète que Dieu règne de ! . Dieu si aimable et si aimé.. mais parce qu'on la sent en lui..

voilà un idéal que la pauvre nature humaine ne saurait pleinement réaliser avec ses seules forces. Z>cuj:té»ne point i Troisième point : Règles pra- le — tiques. chercher habituellement à leur faire plaisir. le prochain sur la poitrine . Se montrer indulgent. trop de laideurs morales déparent son objet. facile et^bon pour toutes les personnes qui nous entourent. Il faut qu'une beauté venue d'ailleurs l'illumine.Cinquième semaine TROISIEME MEDITATION XXXI" EXERCICE Désir de plaire et de faire plaisir au prochain Premier point Jésus dans : Dieu vu dans le prochain. : prochain regardez du Sauveur. et laisser sentir à chacune cette chaude affection qui dilate. trop d'inconstance dominent ses sentiments et d'autre part. Trop de calculs intéressés. — prochain. voilà pourquoi nous ne saurions trop méditer ce conseil qui est l'âme de la loi nouvelle voyez Dieu dans le . L'homme ne peut donner à l'homme cet amour idéal qu'en le revêtant de l'idéal divin. . — Préparation pour la veille.

Dieu vu dans le prochain. ouvrez mes yeux. en vous retrouvant partout dans ce prochain. Que le divin Maître vienne visiblement prendre par la main chacune des personnes qu'il nous donne à aimer et nous la présente lui-même ? Mais ne le fait-il pas invisiblement. Dieu ce désir de plaire et de faire plaisir. Qu attendons-nous pourtant? Que Dieu fasse un miracle et nous le crie du haut du ciel ? Ce n'est point sa coutume. de perfection et de vrai bonheur. découvrir le divin. par la communion. ces yeux de la foi qui seule vous découvre! Faites que demain. qui BVMILITi. — 21 . ô Jésus I — 1 Méditation — Demander un grand esprit de foi pour Prélude. ne se donne-t-il pas à chacun? Que voulez-vous de plus? divin Maître. pour lequel je n'aurais souvent que de l'amertume et presque toujours que de l'indifférence. je commence à l'aimer de cet amour que je vous porte. qui se cache en tout homme. chaque jour? N'est-il pas dans l'hostie de la messe. l'avons-nous bien compris? Pénètret-il nos sentiments. éclate-t-il dans nos actes? Ilélasl c'est à peine s'il entre dans nos convictions Nous le redisons comme une formule apprise. et une grande sagesse pour tenir notre désir de plaire et de foire plaisir au prochain.TROISIÈME HéoiTATION 321 Ce conseil de paix. et. exempt d'étroitesse comme d'excès. — Diriger vers 1. mais vaine.

un regard ému suffisent pour récompenser un effort. Mais. celles-ci parce que. plus consolées. ou pour le provoquer. Le sensible. dans la route austère du devoir. C'est là leur façon à elles de lui plaire. Quelques autres. aimant Dieu par leur fidélité. Dieu l'a fait à son image voir le prochain c'est donc le voir un Dieu lui a communiqué sa nature : peu l'aimer. c'est l'élever d'une façoa imprévue et lui donner un objet qui ne trompera point son attente. Un sourire.CINQUIÈME SEMAINE 322 au fond de notre nature. elles vont. A ors. Raguel dit à Anne : . leurs sacrifices. elles sont devenues insatiables. Nos rapports surnaturels sont établis sur la base de la volonté. et c'est en vain que nous cherchons une manifestation certaine du plaisir que nous lui donnons. ici-bas. Dieu ne nous montre point son visage. quelque puissant qu'il soit. et à grands pas. Mais les unes comme les autres ont toujours faim de Dieu celles-là parce qu'elles ne l'ont point goûté. Du Ciel aucun regard. layant goûtf'. sentent parfois dans la prière la douceur d'un amour partagé. elles se tournent vers le prochain. ensviable. n'en est jamais que l'accessoire Beaucoup d'âmes parfaites s'en trouvent habituellement privées. à la manière des forts. quand même. c'est donc aimer quelque chose de vit : : : ! — lui! Reportez-vous à la scène si touchante de Ra- guel recevant le jeune Tobie. Voici comment la raconte la Bible « Après avoir attentivement regardé le jeune homme. leur dévouement. aucun sourire ne descend pour nous donner cette assurance.

car nous ne savons pas si elle est digne d'amour ou de haine en ellemême. D'où provient cet amour. le prend dans ses bras.. Et. le caresse. saint François de Sales fait le commentaire suivant « Ne voyez-vous pas que ! : le petit Tobie. créé à l'image et ressemblance de Dieu. nous le connaissons. pour l'amour de Dieu de qui elle est. se mirent à pleurer de tendresse. car tu es le fils d'un bon et très bon personnage Et Anne et Sarah sa fille. Et pourquoi donc ? Pour l'amour de Dieu qui l'a formée à son imagfe et ressemblance. Dieu! quand nous voyons ce prochain.. ne devrions-nous pas nous dire les uns aux autres Voyez comme cette créature ressemble au Créateur. en qui elle est. l'ange ajoute son épouse sin •.. à qui cet enfant ressemblait si fort? Et. ne devrions-nous pas lui donner mille et mille bénédictions? Et pourquoi? Pour l'amour d'elle? Non certes. et c'est pourquoi non seulement le divin amour commande maintes fois l'amour du prochain^ vrai : . à qui elle est. le baise. pleure d'amour sur lui. comme le vieillard se répandait en éloges.. pour qui elle est. Ils lui répondent: Nous sommes de la tribu de Nephtalf^ en captivité à Ninive.323 THOISIEMB liÉOITATION : Comme il ressemble à mon couEt je tournant vers les étrangers D'où êtes-vous? leur demande-t-il. Raguel se jette à son cou. Ce Tobie dont tu parles est son père Aussitôt. sans connaître père. sinon de celui qu'il portait au vieux Tobie. le Raguel. Connaissez-vous Tobie mon frère? Oui. » Là-dessus. ô mon enfant. ! — — en désignant son compagnon .. le baisant et l'arrosant de ses larmes: Sois béni.

sauvegarde Vie vraiment surnaturelle dont de leur dignité. de prévenances. Après nous avoir donné sa ressemblance. au fond de nous-mêmes. avant et poursuivons cette divine présence dans rincarnation qui la met sous nos yeux. parce que l'amour sacré de l'homme envers l'homme est la vraie image de l'amour céleste de l'homme envers Dieu. Dieu veut nôtre. Dieu serait l'objet merveilleusement entrevu. d'égards. Principe de paix. Dieu nous apparaît. » mais Ainsi nous aimons d'avance tout prochain d'un amour général et puis. Jésus dans le prochain. nous les regardons comme l'œuvre de Dieu. il se fait l'un de nous. — — — — Allons plus II. Dieu se fait sentir comme le principe nouveau de nos affections aussi vivantes mais saintement surélevées.CINQUIÈME SEMAINK 324 le produit et le répand lui-même dans le cœur humain. quand. se . de toutes parts. le don qu'il met auprès de nous pour nous secourir ou pour nous charmer. Y pensons-nous? faisant — Disposition d'universelle Vue belle et féconde. au cours de la vie. ^ ses qualités. Ainsi. le reflet de ses perfections. et le principe intime secrètement agissant. Elévation de nos atfections humaines . ainsi. pourprendra quoi? Est-ce uniquement pour nous racheter? Alors qu'il se contente de donner son sang. aimer en ceux que nous aimons. ses sentiments et ses mérites se particularisent à nos yeux. car cela suffit Mais pourquoi ces trente ans d'une k I . bonté. comme sa ressemblance et son image.

il nous déconcerte . ceux qui les encouragent. grande parole « Aimez-vous comme je vous ai aimés». il le jette à l'humanité cette : : : — les sentiments que fait naître en moi votre charme divin. principe déterminant de la charité la plus réelle. en un mot. Et. et parmi les sentiments ceux qui rapprochent les hommes. si fort et si tendre qu'il s'empare du cœur. la plus facile et la plus exquise. nous cherchons instinctivement autour de nous des êtres sur qui répandre notre cœur. quand il ajoute « Ce que vous ferez au plus petit d'entre les miens j c'est à moi que vous l'aurez fait ». vous voulez des actes sans doute. si doux et si humble qu'il semble bientôt devenu imitable.325 TROISIÊHB MÉDITATION existence obscure toute semblable aux nôtres? trois ans d'une vie publique où il se fait connaître au monde? Pourquoi? si ce n'est pour nous présenter un modèle irrécusable de ce que doit être Thomme envers l'homme? modèle si parfait et si beau que. En la couvrant de l'éclat de votre nom. et si humain qu'on ne peut retenir ce cri : « mon Pourquoi ces frère ! » quand sur point de regagner le ciel. ceux qui les font meilleurs. En effet ce n'est point une pieuse recommandation. Maître adoré. doctrine aussi certaine que belle. nous sentons là une parole révélatrice. vous me demandez de reporter sur le Aussi. si divin qu'on l'adore à genoux. vous ne venez pas effacer la per- prochain . de prime abord. sous laquelle tressaille un mystère. c'est la discrète initiation à un fait transcendant la vie de Jésus en nous. mais vous attendez aussi des sentiments.

lance. ce "se . vous rélevez par la réalité de votre action en elle . en descendant du ciel sur la terre. de la constance. s'y dévouer. par tant de piétés inconnues II comporte toutes les délicatesses de l'affection.326 CINQUIÈUB SEMAINE sonne humaine. vous ! Comment ne pas désirer plaire à des êtres que Jésus honore? Comment ne pas désirer faire plaisir à des êtres tant aimés de lui? Faire plaisir au prochain. toutes les industries de l'amabi1 suavités de l'indulgence. vous venez l'embellir et la protéger. tous les services rehaussés d'un sourire. oh lie cœur admirablement formé! Qu'il tourne à présent vers le prochain. il a pu s'étendre bien loin et s'émouvoir profondément auprès de l'infini. il a pris le besoin de rester pur au contact de l'amour incréé. la longanimité des supports. il lui apportera une inclination pleine de la délicatesse de l'élévation. et tout cela pour provoquer en sa faveur une un dévouement sans défailun amour pour elle qui monte jusqu'à pitié sans dédain. le vouloir fortement. acquises dans ses rapports avec les amabilités divines. ohl le beau programme réalisé par tant de saints. Mais. Notre désir de plaire s'est formé en s'appliquant à plaire à Dieu. les agil. Vous l'éclairez de votre douce image pour atténuer les ombres de ses défauts. il s'est fait tout suave en cherchant à faire plaisir à ce Dieu père. et jusqu'à cette douceur de parole et cet air accueillant du visage qui deviennent la caractéristique d'un cœur où Dieu règne et lité.

enfin le travers de l'obséquiosité qui peut aller jusqu'à la hideuse flatterie et fausser l'âme. 20 La première règle de ce sentiment est donc une règle défensive. La tristesse deviendrait 7a loi de la perfection. regardez de plus près. mon Dieu. ensuite la préoccupation trop personnelle qui envisage plus son intérêt que le bien lui-même. pour être bon. je veux être bon. cet indice d'un désordre. pour éviter un écueil. est la première à donner l'éveil. jf27 dt nom- rencontre tout d'abord l'excès qui est un mouvement poussé trop loin. La préoccupation. Mais ce serait inutilement mutiler sa nature. Devient-elle de l'inquiétude. détruira-t-on la chose? Pour ne pas subir les dangers que peut entraîner le désir de plaire. La seconde sera une règle de sage liberté. L'examen et la prière vous le feront découvrir et l'amour de la vertu saura l'éliminer. toute infidélité d'ailleurs se trahit bien vite. appauvrir sa vie. et la vertu ne se montrerait i . faut-il se jeter sur un autre? Pour supprimer l'abus. détendre le/». en aigreur surtout. tenez pour certain qu'un vice travaille vos sentiments. dans une grande pureté d'intention souvent renouvelée. Dégénère-t-elle en tristesse. retranchera-t-on toute manifestation engageante? se montrera-t-on gêné du moindre éloge?.TROISikUE MÉDITATION désir de plaire perd sa sécurité en face breux écueils. Il — !• Le remède se trouve III. et pour vous4)lairel Dans une âme pure..liens les plus sacrés. En effet. Rè^/es pratiques..

— Vigilance attentive. qui s'exerce sous l'influence de Dieu et sous son regard. du moins. est là pour susciter des générosités individuelles. « car seule elle aime son Dieu en nous que sous 1 aimant ceux qu'elle aime. répandant autour de soi ce charme suave et pénétrant. et mieux à leur place. dont les le soleil d'ici-bas membres dispersés çà et là.. ont été remplacées ici par d'autres plus conformes au sujet. . dans un autre ouvrage projeté. liberté sage. I 1 — I l'indispensable notion de l'idéal chrétien. un désir sain et franc. mais elles se retrouveront. et maintenir. — plusieurs pages des éditions précédente» Nota. » Que penser d'une société dont tous les membres seraient animés de tels sentiments? Quelle paix quelle diminution de souffrance Quelle consolation dans nos malheurs inéviCité de rêve que n'éclairera jamais tables! Plutôt cité idéale. regards obstinément fixés sur Dieu. Oh non. Résolution. conforme aux exigences de la position de chacun. Cet idéal est un désir de plaire. Leur exemple. sont des héros et que nous appelons des saints. qui est la gloire réservée à la vertu chrétienne. ce n'est point là l'idéal vrai.CINQUIÈME SEMAINE 328 le parlant emblème d'un arbre dépouillé de ses feuilles. sous les yeux de tous.. au sein de l'universel égoïsme.

nous aussi.COUP D'ŒIL Sur les deux méditations qui vont suivre Après les éblouissements du Thabor et ses nuages mystérieux. Telle fut l'humilité de Marie. en contemplant Jésus humble. ne virent plus que Jésus seul ». reflet atténué du soleil. levons les yeux. Vous nous cornmuniquez. Nous deviendrons humbles par Imitation. N'est-elle pas d'ailleurs la plus fidèle image de celle de Jésus?. La blanche lumière de l'astre des nuits. L'imitation s'adresse au modèle et lui emprunte ses traits Vunion fait plus encore. vous en êtes aussi la plus puissante. elle l'attire en soi et lui emprunte sa vie. C'est vers vous que se tournent nos regards et nos espérances. et les deux agents d'une même œuvre la per. Au sortir des lumières et des ombres de ces méditations prolongées. Mais l'imitation et l'union sont les deux formes d'un même sentiment l'amour. — : : fection... et c'est à la contempler que nous allons consacrer ces deux dernières méditations. les Apôtres « levant les yeux. ne descend-elle pas plus douce sur nos yeux? la plus humble des pures créatures. et simplifions nos vues en ne regardant que Jésus seul. par l'amour. l'humilité de votre divin Fils 1 .

Respexit humilitatemjfecit mihi magna. Deuxième point : Son humilité comme co-rédemptrice. ^ etc. Le Magnificat est le cantique secret de toutes ses heures.. elle les voyait d'une vue claire.. Troisième point : Avec Marie nous faire humble par — — imitation. continuelle et pénétrante. Toutefois. regard sur sa petitesse. nous perdons de vue. nous aurions à parcourir. Nous oublions. signalons deux différences très importantes entre sa vertu et la nôtre : l* Les raisons d'être humble. — Préparation pour la veille. Si nous voulions étudier à fond Thumilité en Marie. Tel n'est pas notre dessein. en les lui appliquant. toujours conscient de ces motifs contemplés sans défaillance». les motifs que nous venons de méditer. jamais Son regard reste toujours ouvert. Marie.. avant d'aborder le sujet spécial qui nous attire.. — ! — .Cinquième Semaine QUATRIEME MEDITATION XXXII* EX8RCICB Marie transformée en Jésus humble par r imitation Premier peint : Humilité d'imitation de Marie comme mère. regard sur l'Infini.

tantum descendit in abyssum humilitatis (saint Bernardin de Sienne). assez comme Mère. ne descendit aussi avant dans l'humilité. .. une telle humilité est de l'héroïsme. ce que nul homme ne pourrait soutenir un seul jour — ! Méditation — Prélude... ou du moins sous de mystérieuses ignorances. entre toutes elle les est parfaite. Ne faut-il pas un peu d'ombre aux plantes délicates! Pour Marie. Nulle créature.QUATRIÈME UÉDITATION 33l 2«> La condition de notre humilité est telle que. post Filium. En effet. Dieu écarte toutes ces piécautions. pour la sauvegarder. Mais l'abîme des grâces reçues n'a fait que rendre plus sensible à ses yeux l'abîme de son néant. mieux que tous les théologiens ensemble. toute une vie. nelle femmes. et elle le saiti Elle a sondé. Demander la grâce d'aimer Jésus pour éprouver l'ardent désir de l'imitT. Il l'expose au grand soleil de la vérité : Elle est est bénie immaculée.. son Fils à elle... Que dire d'une force qui accomplit. les grandeurs de sa maternité divine. et elle en connaît toutes les prérogatives. l'héroïsme est la force s'exerçant à des actes sublimes et difficiles... I. Or. Humilité d'imitation de Marie — Jésus humble était son Fils. Dieu abrite sa fragilité sous des imperfections.». après Jésus. Nulla creatura.

promène. avec ses yeux. Et elle l'étudiait. et le Jésus incarné.. Ahl si les mères pouvaient! Tout se taisait devant ce sentiment dominateur. au contact enveloppant de ses Conferens in Corde suo. le il se fit humble. elle l'adorait d'amour. Sa pensée se devine tout. — Le — obéit. Quelles vues sur l'humilité de ses divins mystères» de sa petise réchauffaient méditations • ... flamme intense.. dans cet être qui reste à elle toujours. cœur commande que et l'intelligence la presse si fort parfois qu'elle Il dépasse sa propre portée. son Dieu à elle seule. Et elle l'aimait! Plus heureuse. c'est le Jésus anéanti.CINQUIÈME SEHAINlt 332 — — — son Fils bien-aimé. et il restera humble tant qu'il restera homme. son tout.. Et elle n'aimait qu'un Jésus humble. tant qu'il sera son Fils. Le cœur ne serait-il pas toutes choses ? Est-ce — la création le nid où éclosent ne sort pas de l'amour de Dieu? Dans ce cœur de Marie. comme autrefois sa vie. les faits évangé- liques. C'est du cœur que naissent les grandes — — — vues. Dès premier instant.. Jésus humble allait se développant sans cesse devant les extases de son amour. Il n'y a au monde que le Jésus incarné. avec ses intuitions de Mère. Tout se fondait dans cet amour... elle a ce génie. avec son La Mère cœur.. et son Fils.. car elle n'en pouvait connaître d'autre. les paroles et les attitudes de son Fils.

son Jésus humble!.. de sa faiblesse indigente.. son amour des occupations humiliantes. se hâte vers le Calvaire ensemble.. qu'elle va toujours et ne l'atteint pas.. passaient des souffles de mort. Déjà. elle admire sa modestie. Mais il marche encore. Puis. et recueille ses moindres paroles.. elle se fait humble à ne plus se retrouver en rien. elle jouit de s'abaisser toujours davantage. elle sait son Jésus par cœur.. On peut le dire... ces petites mains.. A mesure que son Fils grandit. victime. avec Lui! Mais il est si avant dans cette voie. mais elle l'occupera avec lui. car elle n'est pas seulement sa Mère. il . son besoin et. Elle aime à partager l'ombre où il se cache. son goût pour les petits. Non. elle — : : ! ! . le silence où il semble se perdre. ces pieds seront percés de clous et l'on élèvera cet innocent sur la croix infâme Ah! si elle pouvait prendre sa place I. : Nous y arriverons lui crie-t-iL II.. elle le contemple au travail... sa douceur..quàtrièmb méditation 333 tesse dépendante... de l'amour ^dont il les aimait!.. et elle le supplie de l'attendre... presque sans le vouloir. l'on soufflettera ce doux visage! quoi.. Son humilité d'imitation comme co-rédemptrice. les voix lointaines des Prophètes faisaient entendre ces mots expiation. sur son berceau. le miracle continuel de ses ses effacements. Marie épie moindres mouvements. des prévisions désolantes planaient sur le cœur de la Mère quoi.. L'imiter devient sa loi. elle neja prendra pas..

334 CL1QUIÈME S£MAI?(B encore sa divine associée. à chaque souffrance. elle est imQuand il est morl. Son Fils veut mourir.. . Ainsi.. la formatrice des vertus. molée au Calvaire avec lui..... le sacrifice se prolonge encore... la seule qui leur donne la viel Devenir humble par amour. et Dieu a secondé cet effort.. rôle sublime! elle reste seule à subir les humiliations. tion. plus facilement humble. par cette voie. aimons.. Devenir humble par amour. et elle veut qu'il meure. L'amour contemple. à chaque palpitation du cœur de son Fils.. est elle l . donnera cette vertu un mobile plus élevé que le sien propre. rien n'est C'est — — comme ce qu'il inspire. c'est sage. par une mère. Comme Mère. nous faire iiumbles par imitaPuisque l'amour a cette force. mais elle le veut encore.. — — Avec Marie.. tendaità s'unir à chaque intention. Il l'a faite co-rédemptrice La voilà donc armée du droit de partager ses humiliations qui sauvent que dis-je? de le vouloir avec lui Son Fils veut être humilié. — imite... On deviendra. elle ira même jusqu'à donner une attrayant . — .. c'est régulier. l'amour devine. elle peut retenir sur la çente du mal. La crainte resserre. c'est beau. sans le plus ravir toutefois. qui s'attachent au cadavre de son bienaimé!. La charité n'est-elle pas la reine. et elle veut qu'il soit humilié elle en souffre horriblement. Rien n'est puissant comme l'amour.. l'amour III.. — Devenir humble par amour.

seatimeals de Marie. et il éloigne du mal de la façon la meilleure. rem ungiientorum tuorum currimus : courons sur ses pas à l'odeur de ses parfums. contemplons Jésus humble dans ses mystères. image. dans ses paroles. dans son Cœur sacré. dans son EuchaAvec elle. » — la prendre les — Se faire de Jésus humble une douce remettre fréquemment sous nos yeux. Avec Marie.QUATlVIÈaiB MÉDITATION 335 certaine impulsion vers le bien. aimons à l'imiter : « In odoristie. dans sa personne. mais Tamour seul ouvre les grands espaces. . en élevant toujours plus haut. Résolution.

Il y a néanmoins entre son état et le nôtre un fond commun. nous le sommes avec elle. La méditation de cette haute vérité sera pour nous un principe de dignité noblesse oblige. et. Jésus vivant en nouç. Marie vivait de la vie de Jésus. union mystérieuse. un seul corps mysPréparation pour demain la veille.Oinqnième Semaine CINQUIEME MEDITATION ZXXIII* KXBRCIC8 Marie transformée en Jésus humble par Tunion de vie Premier point : Jésus vivant en Marie. nous en vivons Elle fut dès lors un membre de son aussi corps mystique. elle s'exerça d'une façon éminente et se développa dans des proportions qu'il est impossible d'évaluer. union qui fait de Jésuài et de toutes les âmes justes. Cette communauté de vie fut en Marie d'un ordre à part. dans un rang inférieur. mais certaine. — Dtvxième point : — Nous méditerons union de vie que forme la grâce et que couronnera la gloire. cette belle tique. Un principe de souveraine délicatesse : — : : .

plénitude qui ira néanmoins ici-bas toujours en s'augmentant. nous avions ce Jésus devant nos yeux l'imiter.337 CINQUIÈME MÉDITATION Jésus veut partager nos sentiments. nous le contemplerons en nous pour unir notre action à la sienne. de générosité et de joie spirituelle.. Hier. et Marie se tenait unie à son action par tout ce qu'elle avait de connaissance et de rolonté. qu'elle forme son corps I... Jésus va communiquer à sa mère ! sa vie de grâce et il le fera royalement. résultent du tempérament et qui constituent des dispositions. il la lui donnera dans une sorte de plénitude. — Demander la grâce de prendre dans un grand accroissement de délica- celte méditation tesse. ^ui se Elle lui transmet cette ressemblance physique que l'on retrouve dans la physionomie.JQn principe de généreux progrès : Il attend d^ nous un accroissement de sa vie. pour ^ Méditation Prélude. Jésus vivait en Marie de sa vie d'homme-Dieu. — 22 . BOMiurâ. elle fait passer en lui ces ressemblances morales qui sacré. C'est avec son sang. l'accent. des goûts de famille.. Que ne lui donnerait-elle pas A son tour. le bel échange fait entre la mère et le fîlsl Marie communique à Jésus sa propre vie. Bien plus. demain. puis avec son lait. — Jésus vivant en Marie. . la démarche.

ce n'est pas moi qui vis. du fond de son cœur. » — ^Miki est ma viel » Comment « Yivit vero in vivere Christus est. pour qu'elle me pénètre et m'anime. venue de lui. Certes. quime soit intérieure et actuelle. les humiliations de Jésus dans son cœur et dans ses mystères. Ainsi le cep se prolonge dans le sarment qu'il a : formé et qu'il nourrit. auront été pleinement comprises. mais ce don est plutôt la source de ma vie que ma vie même. en mérites. non. comme Marie qui jadis. Je cherche donc une influence.338 GlNQUliMB BtMAlNt Plus elle croissait en grâces. du moins. et la vie qui lui était ainsi rendue en échange. car la vie se définit le principe intérieur des actes. mais c'était la recevait cette fois. une extension en moi de la vie qui l'anime lui-même. Tous les mystères lui apportaient des vues qui rétendaient et des ardeurs qui l'embrasaient. Il l'entendre? S'agit-il du don qu'il m'a fait de sa vie sur la croix ? Sans doute. la même vie. en amour. Par Marie. plus elle entrait dans cette communauté de vie. moi aussi : — Jésus vit en moi. qu'une . il faut que le cep divin et le sarment se touchent de quelque manière. en me Christus. qu'ils soient unis. était la vie d'un Dieu plus que jamais anéanti. Mais pour que cette vie s'étende ainsi jusqu'à moi. c'est Jésus qui vit en mail » Admirons et félicitons le fils et la mère. imitées et vécues : 1 IL Jésus vivant en nous. La sainte communion vint achever cette œuvre La mère et le fils semblaient avoir : repris. elle pouvait crier la première et plus haut que saint Paul « Je vis.

Jésus. Rien de moi ne lui fut étranger. mais il n'y vit pas pour lui seul il est le chef toujours agissant de l'humanité régénérée. pour le mieux voir et le mieux entendre. pourquoi n'évoquerai-je point un autre lointain.. comme s'il que celle-là. la communion ne nous le donne qu'en passant. Quand ma prière s'élève vers lui. — : . Voir Pratique progressive de la Confession. de beaux désirs. si ses vouloirs.. ô Jésus! C'est vrai. si. Méthodes et formulée pour bien entendre la Messe. il me connaît. dont l'action intérieure nous transmet ses pensées. Il a sur mon avenir une pensée. sa vie enfin. et vous êtes loin de moi dans votre ciel. il la distingue et il l'écoute. t. Il a suivi mes pas dès ma première enfance. il m'aime. un plan. Vie de Jésus en nous . car toujours vivant. et c'est à moi qu'il n'avait à écouter \. en son humanité.CINQUIÀME MÉDlTÀÎIOM 339 communication règne entre eux. reste au loin dans son ciel. celui du ciel. puisque sans cesse il prie pour moi : « Semper vivens ad interpellandum pro nobisK » Si j'évoque le passé pour retrouver le Jésus de l'Evangile. II. je me transporte pieusement aux lieux où il vécut. si j'aime à distinguer les traits de son visage et le son de sa voix.. J'aime à me le représenter pensif à cette heure. I Troisième messe.. pour le rapprocher de mon cœur? Jésus vit là-haut dans la gloire. ses grâces. pas même mes douleurs humaines. t. mais il se relie à nous d'une façon immédiate par sa divinité. mêlée à mille et mille autres prières venues 'de toutes les plages de la : terre.

A mon tour. .. je peux l'accroître. je le crois et de cette foi.. me résigner à rester médiocre? J'arrêterais en moi l'expansion de la vie de Jésus.340 pense. nous vivons ensemble. et si je ne perçois pas au-dedans les inspirations de sa grâce. sa vie dans ce grand corps. un progrès qu'il implcrre pour moi. je peux rendre Jésus plus grand dans son être mystique. ô Jésus. à mes pensées si elles sont impures? L'entraînerai-je avec moi dans les recherches de mon orgueil et dans les tristesses de mon égoïsrae?. je CINQUIEMB SEMAINB le vois suppliant devant son Père. Oh que cette noble et chère tête s'occupe bien du dernier de ses membres! Cette action en moi est secrète. Pourrais-je. je mettrai à son service toutes les ressources de mon activité. un pardon. Jésus pensera-t-il cette pensée avec moi? Fera-t-il sienne cette action que je médite? Son cœur s'unira-t-il à mon cœur dans cette affection? Voudrais-je le mêler lui-même à mes sentiments s'ils sont bas. sa grâce ne m'accompagnerait pas. puissants mobiles de ma ferveur. je fais un c'est 1 1 . je chercherai dans ses leçons et ses exemples le sens de ses désirs ne pense-t-il pas toujours ce qu'il a pensé sur : : la terre ? Ainsi donc. Il se détournerait. et pour cela. la communication serait rompue pour des plus — — de tels actes... je me surpasserai moi-même j'irai au-devant de lui par toutes les industries de mon initiative. je n'ai pas besoin de la sentir. c'est vrai. de parti-pris. et une grâce. mais elle est réelle .

dans des milliers et des milliers d'âmes. mon bien suprême (Saint Augustin.. très loin des petitesses amare ! o ire! o sibipedu misérable orgueil rire! ad Deum pervenire ! Vous aimer Vous suivre! Se perdre et vous trouver. elles sont à vous. Je reste muet de surprise en songeant que je suis quelque chose de vous. cette même vie pour chaque âme. puisque je les accomplis librement.) . ! 1 ! — Résolution. non etsenkiel. cachées au grand nombre reuse encore celle qui en cultive l'attrait: Elle ira d'abîme en abîme. interroger au-dedans la pensée du Maître un instant suffit quand on est bien près : de luL 1. ravit mon cœur par son intimité. bien avant dans les profondeurs de l'humilité. avant de donner une réponse. . I . vie attentive et maternelle. Avant de se décider. Prenez-les donc puisqu'elles sont vôtres.CINQUIÈME MEDITATION ^ 341 Les œuvres opérées sous votre influence nous devipnnentcommunes. vous devenez quelque chose de plus^ Heureuse l'âme qui comprend ces merplus heuveilles. par moi. puisque tout le surnaturel qu'elles contiennent appartient à votre grâce. étonne mon admiration par son immensité. Si votre vie.. ô Dieu. Accroissement accidentel. et que.Elles sont à moi. recevez-les puisqu'elles sont miennes aussi et unissez-les à votre grand corps mystique. et depuis des siècles.

de moi-même. me sentant entre les Avec tout prochain. dans la sainte communion et dans les exercices de piété ? (S'anéantir pour adorer. et abdiquant toute vie trop personnelle pour vivre de sa vie à lui. éclairez et mon âme. de savourer en moi les humiliations extérieures ou intérieures humiliations venant de Dieu. orgueil et sont fait sentir? quand mon jugement personnel se Me promptement suis-je alors uni au mépris qu'ils inspirent à Jésus vivant en moi ? Me suis-je rappelé que c'est Jésus doux et humble qui doit vivre en moi? Dans cet esprit Avec mes supérieurs.Examen particulier en usage dans une pieuse association Esprit de touchez lumière et de vérité. puisqu'il le veut bien. abîmé dans son cœur doux et humble? M'y suis-je tenu caché. de toutes choses : contraires ? Me mon suis-je tourné avec lui contre moi. anéanti. réparer et prier. rendre grâces. L'ai-je considéré s'anéantissant avec moi devant son Père dans l'acte d'humilité du matin. en ne mains de Dieu? parlant de moi que dans la mesure de là sim: — — . Convaincu de Tinfinie bonté de Notre-Seigneur et de ma particulière misère et ingratitude.) Lui ai-je procuré cette joie qu'il recherche. me suis-je. du prochain. mè suis-je tenu en lui tout petit et tout simple.

: marche ? Ai-je parfois trouvé la paix dans cette parole : pourvu que Jésus soit content » et le cou« j'ajouterai à son rage dans cette assurance Ai-je eu à cœur front un rayon de gloire. en ne témoignant aucune exigence et au contraire beaucoup de douceur. il y a — lieu. quand Envers mon propre sentiment? les inférieurs. » de le faire toujours vivre. doux et humble de cœur. Ai-je mis ma règle de discernement dans Jésus peut-il penser cette simple question avec moi cette pensée? aimer avec moi cette affection? m'accompagnera-t-il dans cette déplicité. ai-je abdiqué toute préoccupation personnelle. méprisant même. oubliant celle qui n'est pas pour m'occuper surtout de Celui qui est? Ai-je rapporté à Dieu tout bien? Ai-je compté absolument sur lui pour triompher de tout Jésus.343 CINQUIÈME MÉDITATION abaDdonnant. grandir et se complaire en moi ? En Jésus. vivez mal? librement en mon âme « ! : 1 — .

l'amour dans sa fierté. Issues des mêmes vues.ÉLÉVATION SUR Les rapports de ^humilité et de Tamour divin Quand je contemple d'un même regard l'hu- pauvre d'aspect. je me demande comment peuvent se justifier ces assertions des saints. qui les comparent et les unissent. elles donnent à Dieu la même préféren»^e sur toutes choses et parlent le même langagej^ le plus sublime. Cependant. . son besoin d'expansion. celui de l'adoramilité inclinée. cherchant l'ombre et. Assurément l'humilité et l'amour constituent deux vertus distinctes mais il n'est pas téméraire de dire qu'on ne les voit jamais séparées. son éclat. : tion. elles marchent ensemble vers la gloire de Dieu. L'amour trouve son Dieu en s'élançant vers l'humilité le rencontre au fond de ses abais- lui . . des traits de ressemblance si frappants qu'on les reconnaît de même origine une action réciproque se complétant si bien que l'on se demande si l'humilité et l'amour ne sont pas un composé formant une seule vertu. à côté d'elle. à mesure que mon regard se fait plus pénétrant. Unissant leurs drapeaux. . je distingue entre ces deux sentiments des rapports si étroits qu'on les jugerait inséparables. comme le corps et l'âme forment le composé humain.

Si . Leur but L'amour veut — commun le : la gloire de Dieu. Tous les deux se dégagent du créé l'amour en s'élevant loin de lui. et ce que mon action peut atteindre. . et ce bien Tout pour elle. et il n'est pas un atome qui ne puisse devenir une voix qui la proclame. bien de son Dieu. et ce que rêvent mes désirs Tout pour sa gloire afin qu'elle éclate de toutes parts! C'est elle seule qui doit régner dans l'univers . L'orgueil mesquin remplit . elle se contente de se complaire en elle-même si elle est grande. chez l'un comme chez l'autre. l'orgueil. je ne songe pas à sa gloire.ÂLéVATION 34S sements. un moyen qui la serve. mon âme est médiocre. elle veut s'élever au-dessus des autres et elle use ses ressources dans les tourments de l'ambition ou de l'envie. ! Son rival dangereux est l'exaltation du moi humain. Que je m'élève dans ma propre estime. un ornement dont elle s'embellisse. Une soumission universelle est le propre de l'amourcomme de l'humilité. dans une sphère où il le domine l'humilité en descendant vers lui et le touchant de son dédain. dépose tes ridicules prétentions. ou que je me fasse un piédestal de l'estime des autres. elle est un besoin ici de justice. L'être doué de raison n'a : . là d'alTection. : . l'orgueil su- L'humilité vengeresse chasse toutes ces usurpations Si tu es le néant et le mal. I. et ce qui vit dans mon cœur. vainement toute une existence perbe 1& dévaste. ici-bas s'appelle sa gloire. je ne considère que moi j'oublie Dieu.

L'humilité est la tière. l'humilité s'efl"ondrerait dans la bassesse. C'est son but nécessaire en tant que créature. le feu sacré. : — justice qui porte la sentence. haut arrête comme il l'âme. C'est l'élément supérieur dont se fait toute sainteté ici-bas. laisse à faveur du bien. Sans l'humilité. tu ne laisses pas le temple vide.CINQUIEME SEUAINI 346 de s'abaisser à se rechercher luia le devoir de tendre vers la grandeur. en renversant Tidole. la bonté. l'amour s'évanouirait dans l'illusion. humaine. en le et si. il occupation maîtresse en tant qu'activité. Ils déposent sur l'autel et l'estime des hommes et ce qui d'ordinaire l'attire le talent. Réunis. le succès et jusqu'à cet honneur légitime que l'on n'a le droit de sacrifier qu'à Dieu. Tu t'abaisse^. c'est pour . Inséparables compagnes des luttes de la terre. l'auréole de l'admifit . mais c'est pour prendre un élan plus vigoureux vers les hauteurs et si tu te dédaignes. tu fais régner Dieu et sa gloire. car seul l'amour comme la Inort. toute déification là-haut. ces deux sentiments donnent à Dieu sa plus grande gloire par le sacrifice de tout ce qui surélève la personnalité. le est fort parfois. humilité. — l'amour est glaive qui l'exécute. A la place de ce triste moi que tu me défends de servir. s'il . l'infinie perfection. l'humilité et l'amour ne sauraient vaincre sans cette alliance intime la mort de l'une amène: raitla ruine de l'autre. L'humilité fournit la mal'amour. t'affranchir. il est vrai. le Maître d'en glaive et soustrait la auprès d'Abraham victime. C'est son pas le droit même . sans l'amour.

elle les porte comme un objet d'emprunt. Rien n'appartient . demande à ces perfections divines le motif principal de mêmes son inclination. n'ont en vue que la divine ama: bilité. se révèle à sa raison croyante et la voilà qui cherche vainement sur quoi appuyer ses prétentions. choix volontaire. . Il grandit avec cette vi^e. Que l'action de Dieu. naît du mobile qui l'inspiré.347 iEliévation ration générale. L'amour trouve le sien dans l'amabilité souveraine. elle aussi. et son essor s'élève II. l'humilité C'est ainsi pousse son mouvement jusqu'aux derniers conl'anéantissement. C'est vers elle qu'il s'élance. l'amour trouve pour l'offrir à son Dieu une victime digne. par l'amour. En face de la Grandeur Divine entrevue. : — commune : la vue de Dieu. C'est elle qu'il envisage et dontil s'éprend. elle s'agenouille dans une dépendance absolue. s'il est possible. de son infini. l'âme se sent petite à l'infini en face de l'Autorité souveraine. par Thurailité. Leur origine Un sentiment à mesure qu'elle lui manifeste davantage ses attraits. que. nécessaire et profonde. Que cet amour soit une passion sainte qui entraîne ou qu'il reste simplement un amour de volonté qui se détermine par choix. L'humilité parfaite. cause mystérieuse et réelle de tout bien. il se hausse pour atteindre toujours plus loin. il n'en est pas moins un sentiment désintéressé. car telle est son essence passion sainte. fins de son idéal propre C'est ainsi que.

à. Je ne puis donc vous contempler. il ne compte du peu que nous sommes. deviennent des motifs d'amour! Quoi! Je suis aimée ainsi faite! Qu'on aime ce qui est beau et pur. il y a donc des profondeurs de bonté que sans toi je ne saurais connaître tu étends mes vues et ce que je découvre. ô ma sœur. ô mon Dieu. mais quelle est donc cette bonté qui aim^e sans cela. Toute ascension de l'un porte l'autre plus haut. vois-tu. dans vos merveilleux attributs. sans éprouver ce double sentiment d'amour et d'humilité Ils naissent du même regard. blesse mon cœur du Jésir . l'Etre divin se déploie au-dessus de nos têtes. c'est l'inclination naturelle de la bonté. ^ : . toutes ces misères. s'accroissent en se complétant. il contente de ce que nous pouvons lui donner. mutuellement. palpitent des mêmes surprises et. maigri les laideurs et les ingratitudes? L'amour. Or. dans ses splendeurs. car le néant et le mal n'ont rien de positif.348 CINQUIÈME SEMAINE en propre à la créature. que je suis vile! L'amour dit il nous aime! et l'humilité s'écrie :se peut-il? Alors l'amour se penche pour tout lui expliquer : 1 — : : — : — est aussi bon qu'il est beau. . humilité.mesure que tout s'efface ainsi du côté de la terre. il tient pas se — L'humilité relevant le front : Mais alors faut l'aimer davantage! Cette bassesse me où il je vois et qui me rend timide ces fautes qui remplissent ma vie et qui me fermeraient le cœur. que dis-je? qui aime. L'amour dit que Dieu est beau! L'humilité répond près de lui. qui sont mon être.

Sous elles. tant que je serai de ce monde. -. Sans cesse. tu L'humilité. je marcherai caché sous ton manteau.Oh! non. ils toucheront ma chair pour lui imprimer le sentiment de sa misère native. Veux-tu que nous aimions ensemble? — amour divin. Je me revêts de tes riches parures. Je descendrai aussi dans tes impressions profondes pour y perdre toute com- — plaisance en moi-même. laisse-moi garder mes haillons. je te transformerai. au ciel tu me rejetteras voyageur en arrivant rejette le manteau qui îri» son abri dans la route? L'amour. je suis indigne. d'or que là-haut revêt le néant. cette attitude. Et cette physionomie. le manteau . pour traverser l'estime vaine. comme le deviendras l'adoration béatifîque.349 ÉLEVÂT! 0> d'aimer davantage. dans ma voix et jusque dans mes moindres actions. quelque chose de plus confus et de plus tendre. Je reste humilité. tu cependant. et. je les adopterai moi-même. et pour faire passer sur mes traits. car elles plaisent à Dieu et dérobent à l'admiration des hommes. cette voix. frère saint dont veux me transformer en toi. mais je deviens amour. L'amour. L'humilité. — Alors.

de nos lectures. comme autant d'occasions précieuses et providentielles de nous avancer dans la science de — l'humilité? Sommes-nous persuadés que nos actions les meilleures en apparence sont trop souvent déflorées par quelques-unes de nos Gomment secrètes inclinations mauvaises? supportons-nous l'échec de notre amour-propre quand on s'aperçoit que. lité. quand nous le possédons dans notre cœur. cherchons-nous à attirer en nous l'humilité ineffable de Jésus-Hostie et sa douceur si com- municative? Regardons-nous les humiliations qui nous viennent. de nos examens?^— Parmi les moyens d'acquérir l'humi- — .£XÂMEN GÉNÉRAL Quelle estime et quels désirs avons-nous à l'humilité î^eule peut — Comprenons-nous que donner à l'âme la capacité l'égard de l'humilité? de recevoir et de conserver toutes les autres vertus? L'humilité est-elle un des objets les plus accoutumés de nos prières de nos supplications? En faisons-nous souvent le sujet de nos méditations. y ftn a-t-il au moins un que nous em- — ployions avec persévérance? Quand nous 'sommes en présence du Très Saint-Sacrement. sur tel ou tel point. soit de nous-mêmes. notre réputation est surfaite ou usurpée? Notre paix n'est-ellô pas troublée ou perdue quand on arrive à découvrir ce que nous sommes en — peu que nous valons? Aussi ne mettons-nous pas beaucoup de soin à dissiréalité et le . soit du prochain.

dans les succès — — : — — . le» éviter? Conversons-nous volontiers avec les gens de condition inférieure? Où vont d'instinct nos sympathies du côté des âmes simples et modestes. » Ne tombons-nous pas quelquefois dans ce déplorable travers. et dans tout le reste. qui se fait au profit de la vanité de chacun? Répugnonsnous à accepter et à offrir ces flatteries mensongères. ne prenons-nous jamais des airs de grandeur que nous trouverions très ridicules chez autrui ? Croyons-nous que l'esprit de l'Evangile demande au chrétien de recher- — : — — — cher la simplicité dans son genre de vie. dont les personnes de la société se paient mutuellement? Aimons-nous à faire nos bonnes œuvres en secret? Tout en remplissant le devoir de l'édification. des N'aimonsgens toujours sûrs d'eux-mêmes? nous pas en général tout ce qui est distingué. de parler de leurs œuvres de zèle avec autant de satisfaction que de prolixité? Avons-nous conservé l'humilité dans nos conBolations et progrès spirituels. sa nourriture. restonsnous dans l'esprit du conseil qu'a donné NotreSeigneur « Pour prier. comme on dit parfois dédaigneusement? Dans notre façon de parler et d'agir.IXAMKN GÉNÉRAL muler nos SSi beaucoup plus qu'à fautes. ou du côté des esprits audacieux. sur le vulgaire. uniquement parce que cela tranche sur le commun. ses vêtements. où les mondains mettent de l'ostentation? N'entrons-nous jamais dans cette conspiration universelle contre la vérité. le Père céleste préfère un endroit caché. qu'ont plusieurs.

à défaut de ces joies assez rareSjde nous contenter du témoignage de notre conscience? Pouvons-nous nous passer longtemps de toute marque extérieure d'approba- — N'avons-nous pas tion de la part d'autrui? combattu nos tristesses et nos découragements par des regards de complaisance sur certains côtés avantageux de notre personnalité? La défiance de nos propres forces n'est-elle que le prélude d'une grande confiance en Dieu? Ne faisons-nous pas servir l'humilité de prétexte à la paresse. à l'ennui N'estde nous-mêmes et de nos fonctions? ce pas aussi par une fausse humilité que nous craignons de paraître.EXAMEN GÉNÉRAL 352 — Somles plus encourageants de nos œuvres? mes-nous capables. à dé- — nigrement? — Sommes-nous également iudiffé- . au lieu de les racheter par le travail et la générosité dans le — — Couvrons-nous du nom d'humilité une disposition à l'humeur chagrine. et qui peuvent en faire un thème à critique. quand il le faut. n'y a-t-il pas d'afifectation dans sacrifice ? — — notre modestie? Nos sentiments d'humilité sont-ils assez surnaturels pour nous maintenir toujours patients et doux en face de nos incurables misères ? Comment acceptons-nous les occasions qui révèlent nos torts. en perdant notre temps à gémir sur nos misères. que nous nous retranchons parfois dans l'isolement contre les avanies du monde? Notre timidité n'est-elle pas tout bonnement un déguisement Quand l'utilité ou la chade l'amour-propre? rité requièrent que nous parlions de ce qui nous concerne. à plaisanterie. nos défauts.

ni dans la suite utiliser nos fautes .notre amour-propre ne se froisse-t-il pas facilement pour une petite parole piquante. et de remercier après l'ac- tion? Trouvant notre responsabilité actuelle déjà bien lourde. de diriger. à garder — — HUMILITÉ. je suis le dernier des der- niers? » Sentons-nous profondément le besoin de prier avant d'agir. humainement parlant.utre ambition que celle de remplir de notre mieux les devoirs de notre situation présente? Si modestes que soient nos fonctions. peut. pour un léger Le regret que nous avons manque d'égards? de nos péchés n'est-il pas en grande partie N'est-ce pas causé par la honte et le dépit? par manque d'humilité que nous ne savons ni nous relever aussitôt après nos chutes. de réprimander.que nous cherchons à faire valoir des circonstances atténuantes. n'avons-nous pas d'a. de commander. — 23 . d'avoir ofûciellement toujours raiNotre opinion de nous-même n'est-elle son? pas bien opposée au sentiment si étrange. comme une suite naturelle de l'habitude que nous avons. ou à saint Vincent de Paul « Je suis pire que tous les démons». peut-être.qui faisait dire à saint Paul « Je suis le premier des pécheurs ». les estimons-nous bien au-dessus de ce que nous valons? Aimons-nous à travailler en sous-ordre. — — même devant notre Directeur? Redoutons-nous la présomption.EXAMEN GÉNÉRAL 353 rents aux éloges et aux blâmes ou plutôt. ou à d'autres saints: « Parmi les serêtre — : viteurs du bon Dieu. devant nous-mêmes ou devant les autres.

ou bien au contraire avec promesse sincère de tâcher de les contenter à l'avenir? Ne sommes-nous pas jaloux à l'excès de notre indépendance personnelle? Observons-nous la règle générale de ne parler du prochain qu'en bonne part? Nous efforçons-nous d'avoir de lui la meilleure opiDétournons-nous de parti pris nion possible? Nous notre pensée de ses imperfections? refusons-nous à le juger? Nous sommesnous défaits de l'esprit de contradiction t Sommes-nous peu enclins aux discussions? Savons-nous ne pas interrompre autrui et nous Laissons-noas volontiers aux taire à temps? autres ce qu'il y a de meilleur. qu'on dénature nos in- — — — — — — — — . esprit de suffisance et de domination devant lequel tous doivent plier ? Supportons-nous doucement. qu'on ne nous écoute pas. renvoyant à qui de droit le mérite et les louanges? Restons-nous bien calmes quand nous croyons voir que nos Supérieurs nous oublient ou font Ne parions-nous d'eux peu de cas de nous? qu'avec respect. soit par le sentiment sincère de notre infériorité ? N'y a-t-il en nous rien qui sente ceN. qu'on contredise nos paroles. excuses et murmures.KXAMBIf GÉNÉRAL 354 pour nous la part la plus laborieuse. même quand ils nous causent quelque peine Comment recevons-nous leurs réprimandes ou même leurs simples observa^ — I tions? Est-ce avec force répliques. de plus envié ? Avons-nous pour tous de constantes prévenances inspirées soit par le respect intérieur envers eux. puis k nous effacer au moment de la moisson. à l'exemple du divin Maître.

avec impatience et coTandis que Notre-Seigneur s'est tu lère? devant la haine et la calomnie « Jésus autem tacebat ». qu'on ménagements ou même — Quand nous pensons être victimes de lamalveillance. ou bien enfin. entretenir contre ses agresseurs une amertume persévérante. laisser son courage Si cruelles que succomber dans la tristesse? puissent être nos peines. de l'injustice. ne sommes-nous pas tombés dans l'une de ces trois fautes se venger par des paroles de mépris ou par des railleries sanglantes. nous méritons des traiAvons-nous excusé tements pires encore? nos ennemis devant Dieu et prié pour eux? Sommes-nous résolus à abandonner à jamais notre cause entre les mains de notre Père céleste. pour pouvoir vivre et mourir dans sa bieuheureuse paix? — : : — — — . comme pécheurs. qu'on se nous traite sans avec un dédain affecté? tentions. ne repoussons-nous pas ce qui nous blesse. que. reconnaissons-nous.EXAMEN GÉNÉRAL 355 demandes. qu'on rebute nos moque de nos conseils.

— — s'appliquer à écouter les autres. pour noter d'un courir .parexemple: quelques privations. par exemple l'infini de Dieu en face de votre ou néant— la vie intime de Jésus en vous bien un souvenir comme celui de certaines ou encore la constatation fautes humiliantes d'une infériorité sensible. le ton de sa et sereine. — : — modémême quand on est seul. Déterminez une sanction à tout manquement.CONSEILS Pour la conclusion de ces exercices I — i° Vous arrêterez d'abord vos résolutions : Qu'ai-je à réformer? qu'ai-je à introduire? — — par quels moyens? 2° Vous choisirez une rue qui vous impressionne et que vous ferez planer sur votre pensée. rer ses voix. par exemple Dieu profondément avant chaque prière.. etc. On peut se contenter encore de marquer chaque soir le nombre de ses manquements. mouvements. ses réponses. etc. une accusation détaillée en confession. quelques prières. 4** — II Consacrez ensuite quelques moments à parla table de ce volume. sMmposer une physionomie toujours humble : — . 3° Vous concentrerez votre effort dans une adorer pratique très efficace.

C'est alors que vous réciterez lentement et de tout ^œur la prière suivante: . Jésus et vous puissiez vous entendre. Chez vous. III Pour clore dignement ces saints exercices.. le mouvement se ralentit. à raison d'une par semaine ou par mois. à ce livre. devant une de ses images. Mettez dans votre physionomie quelque chose Parlez et écoutez de façon à de très doux.'il se peut.. et l'action de grâces plus prolongée. si près que. parlant à voix basse. Ce conseil est de grande importance les détails se perdent. vous n'en reviendrez jamais sans signe. — faire plaisir à tous. s. Emparez-vous si fort de Jésus que vous remportiez partout où vous irez.CONSEILS POUR LA CONCLUSION DE CES EXERCICES 357 ou les lectures sur lesquelles il vous semblerait le plus utile de revenir. placez des fleurs et une petite lampe allumée. : — plus sensible. les méditations : — — profit. Se former à l'humilité est Allez souvent une œuvre de longue haleine. Cherchez une intimité démarche plus grave. les impressions s'effacent. Que votre visite au Saint-Sacrement prenne une sorte de solennité extérieur plus soigné^. Que la communion de ce dernier jour soit préparée avec plus de soin. en vous avançant vers l'autel le plus près possible. ingéniez-vous à trouver diverses pratiques moins ordinaires.. si Dieu le permettait.

. Ici. Votre grand cœur.. Je n'ai plus sous les yeux la crèche où naquit votre humilité. quelques rares chrétiens distraits!. Dieu. Mais pourquoi la chercher à si longue distance quand je l'ai près de moi? Pourquoi des souvenirs de vous. là-bas quelques cierges fumeux.. quand je vous ai vous-même. plane au-dessus de ces choses. des flambeaux qui brillent. me voici encore à vos pieds. la pauvre demeure de Nazareth qui la vit croître à son ombre durant trente ans. des foules empressées.358 CONSEILS POUR LA COiXCLUSION Auprès du Tabernacle Au de ces méditations où votre souvem'a suivi tout le long de la route. ô Jésus.. ô Jésus. il ne voit en elles que l'expression du . anéanti. Oh! donnez-moi de comprendre votre Euchasortir nir. . des harmonies qui chantent sous les voûtes sonores. ô Jësus. des fleurs. là peut-être plus que partout ailleurs.. bâties par la sueur du paysan vous vous accommodez même d'un toit de chaume et d'une hutte de sauvage. le Calvaire qui la couronna dans les opprobres. des voix sans charme.. ristie ! Ce qui m'y frappe tout d'abord. — . . c'est cette humilité simple et bonne qui se fait toute à tous? Vous aimez les belles cathédrales que vous aimez vous offre la richesse des villes tout autant les pauvres églises de campagne.

359 DE CES EXERCICES sentiment il est content de ce qu'on quand on lui donne ce qu'on peut. aucun murmure ne se fait entendre pas un tressaillement ne soulève les espèces saintes qui vous contiennent vivant. Quoi! pour votre corps ressuscité. Votre grand cœur s'arrête au sentiment lui-même il ^st content de ce que chacun lui dit. . compagnon glorieux de votre belle âme. je dois être humble.. . temple auguste de votre divinité. ma foi vous cherche. l'espace mesquin d'un tabernacle que dis-je? d'un ciboire! que dis-je encore ? d'une parcelle <ie pain car enfin. elle vous trouve tellement diminué. Quant à son tour. Ici âmes ignorantes des et lui donne. — ! ! . quoi pour tout votre être eucharistique. . rien ne la trahit aucune lueur n'arrive à mes yeux . Votre personne.. quelle leçon touchante Pour me ia . la plus petite hostie qu'on Si je une humilité . Jésus. je découvre plus profonde. simples vous que les lèvres trop souvent sont seules à exprimer. qu'elle s'étonne. ailleurs des offrent des prières vocales. I comme vous tout à tous. rien ne la montre votre présence. Il y a tant de formes différentes sous lesquelles il faut surtout chercher le cœur il y a tant de petits oublis qu'il ne faut pas trop res- faire . sentir 1 vous contemple vous-même. . âmes de plus haute culture vous font entendre douce mélodie des prières intimes. quand on lui dit ce qu'on sait dire.

votre existence eucharistique dépend de notre volonté Jésus. vous vous donnez à l'indifférent. réduit à rien vous n'avez pas de voix. : 1 Mais que vois-je? les opprobres du passé vous poursuivent jusque dans cette retraite où vous vous cachez pourtant si bas. ! . sans apparence aucune. dans mes facultés même. peut être divisée cent fois. dans mes ressources.. pour arriver aux cœurs qui vous aiment Notre amour vous fut donc plus cher que votre dignité Jésus. je fixerai mes regards sur cette paix profonde de votre tabernacle. où règne votre humilité. triste produit de la liberté humaine. vous êtes l'humble que rien ne rebute !. ils s'acharnent sur votre petitesse qui s'efface ils ne reculent pas devant cette confiance qui se livre L'impiété vous nie ou vous insulte l'incurie vous délaisse sur des linges déchirés ou malpropres...360 CONSEILS POUR LA CONCLUSION nous donne. comme un pauvre sur son grabat. on vous porte où l'on veut. vous ne repoussez pas même le sacrilège. vous restez immobile. Vous voilà donc tout petit. toutes ces infamies. dans mon activité. et chacun de ces centièmes vous contient. vous qui êtes si grand!.. Ne pouvant écarter sans de continuels miracles. sans . vous ne vous refusez pas à la bouche fétide du malade-. ! ! . vous les avez bravement traversées. si l'on est pour moi sans soins. si je me vois diminué dans ma réputation.

Jésus. si vous. Si me communiquant sans cesse votr& d'indulgence. . Quelle bonté Quelle sagesse Quelle leçon Jésus. heureux de cette inje m'y tiendrai timité.. . 1 ! ! . comment nous séparer? Vous me suivrez donc dans et je suis à vous. de la terre près de vous. sans reconnaissance 361 si par erreur ou par méchanceté. je n'aurais pu vous contenir en moi.DE CES EXERCICES égards. fruits si doux de votre humilité. d'effacement.. comme vous^ la vie. confus de cette gloire avec vous dans le silence de l'adoration et quand j'en sortiiai. esprit — . si vous vous étiez fait moins petit. on m'impose des humiliations cruelles. marchant vers vous. je m'en irai souriant au milieu de ces peines. de bonté constante. que pour me donner I vous vous étiez moins anéanti. Et moi. adoré moins profondément votre Père ô Jésus.. par la communion. je me verrai dans tous les tabernacles. vous êtes à moi nous ne faisons qu'un.auriez . ce ne sera.

plus lumineusement la présence réelle de Jésus dans l'Eucharistie. et. croyons- nous. dit En que le effet. L'Ami du Clergé terminait son très élogieux a^rticle par ces mots « Jamais vous n'aurez senti plus vivement. plus récemment paru Méthodes et formules pour bien entendre la lin : messe. — : — comme « relle ».Nous nous permettons d'attirer l'attention sur ouvrage du même auteur. çà et là. but de ce livre et non ce on y trouve. » Déjà l'examinateur officiel avait signalé ce livLe . . qui se fait jour dans la Pratique progressive. Le titre ne qu'il contient. tout ce qui peut le plus intéresser la piété à l'égard du Très Saint-Sacrement (!«'' volume) et les notions les plus approfondies sur les rapports de l'Eucharistie avec les dévotions fondamentales (2« volume). La doctrine de l'union à Jésus. — En trois ans une œuvre de puissante il arrive vie surnatu- au 17» mille. dans le présent ouvrage sur VHumilitéy s'y déploie en toute liberté.

V. s'oppose à Dieu principe de tout bien. de ces deux tendances. mais de les régler. L'honneur et ses éléments. IV. influence générale : en tant que vérité. En tant que illumine tout l'ordre intellectuel. — — elle l» . Ses règles. 1" MÉDITATION. — d'être 20 — — — . — voua ne devenez BESOIN D'ÊTRE HUMBLE Invitation divine à V Humilité! des petits enfants. » « Si comme Étudb psychologique de l'orgueil i. L'Humilité n'a pas pour but de les détruire. La vanité n'est pas une question d'espèce. Raisons soi et le désir de l'estime des autres. — L'Orgueil en tant qu'estime déréglée de soi-même. — Sur la deuxième tendance ou désir de l'estime des autres 47 Conclusion et synthèse. sont complétées par la révélation. mais d'objet. - Sur la première tendance 33 ou estime de soi 41 3* MÉDITATION.7 désir de l'estime elle a pour objet l'estime de des autres «Quelques notions sur les vertus surnaturelles soi et le — SEMAINE.• . il — Entant que désir désordonné de l'estime. données d'une façon insuffisante par la raison. : — 28 L'estime de ii.TABLE DES MATIÈRES Préfacb de cette sixième édition b Clonseils pour le succès de cee exercices •Coup d*œil pbéliminairb •§!. s'oppose à Dieu fin dernière de nos actes 52 . m. elle dirige tout l'ordre moral. Ses transformations II. justice.2" Méditation. ffumilité vertu spéciale: ^ 9 14 Humilité.

Comment la pureté — — d'intention a été insuffisante. —Elle la mesure de notre dépendance et aussi de notre grandeur donne 3» 4* MÉDITATION. favorise la vertu en fortifiant l'inclination qui en est l'essence !'• MÉDITATION. même impersonnel. Dans son être. MÉDITATION. 8$ — — — Fondement de l'adoration comme face de l'infini. — Cette nécessité est absolue dans l'ordre surnaturel. — 2» 62 — 6» SEMAINE. 94- — Nécessité de grâces spéciales. fondement des vertus. Dieu méconnu en tant que principe et fin. 4» Observation importante : Tout motif. Son analyse exnécessité des grâces spéciales et justifie la MÉDITATION. de l'humilité 2* MÉDITATION. et son rôle de fin dernière par la pureté d'intention 5* — 56- MÉDITATION. Humilité. Comment l'influence du milieu a développé une humilité factice Humilité gardienne des vertus. Trois pointa de vue s'applique à tout homme 2» ce qui est personnel à chacun 3"» ce qui détermine la valeur comparative. 8T — Nécessité de la grâce actuelle. dans ses actes. la stérilité. plique la surnaturelle d'humilité loi lOT . n'a besoin pour punir que de refuser son action. Le néant de la créature. Elle les préserve de l'orgueil qui est un double principe d'altération et d'aveuglement 7* Châtiment de l'orgueil. L'homme réduit à rien en : . Humilité viciée dans sa formation par un orgueil inconscient.364 TABLE DES MATIÈRES — — 4« MÉDITATION. . 6T — — 7> RAISONS D'ÊTRE HUMBLE — 1* Ce qui Étude préparatoire. Elle maintient à Dieu son rôle de principe par une obéissance confiante. Ce dogme écrase tout orgueil et nous montre l'humilité comme la loi de notre condition présente 101 — Notre condition. la déchéance en résultant comme conséquence et comme châtiment MÉDITATION. le péché.

— Humicombien i. ÉcLAiRcissBMENTs sur — Vérités ' les 2 méditations qui précèdent. 123 la méditation de ce principe : — Ses carac- qui va suivre. milité d'abjection. — rique de l'ordre pratique 6* 114 — Nos fautes. Son évidence Le fait. Son aspect mystérieux Éclaircissements sur 164 Hu- Sa promulgation €• MÉDITATION. L'huMÉDITATION. — — — Humilité d abjection. Humilité du Cœur de Jésus. — Les fautes des autres ne MÉDITATION. milité développée par des sentiments de confusion vivement sentis et ardemment exprimés — '• MÉDITATION. lité d'anéantissement. — La loi. le rôle de l'exemple et sur les conditions qu'il doit remplir pour être efficace. Humilité du Cœur de Jésus. L'humilité d'abjection ou de mépris est spéciafondée sur nos lement l'humilité chrétienne supérieure aux données de la raison et dogmes aux forces de la nature — — — — — 4* MÉDITATION. 166 — — Examen 173 — Humilité d'abjection. 6* MÉDITATION.365 TABLE DES MATIERES Pages. Le changent rien à ce que nous sommes i]* ItC — Prière éditée par Urbain VIII. Examen de la cause. Distinguer l'ordre théoqui troublent. 157 ÉCLAIRCISSEMENTS sur les 3 méditations qui vont suivre. En face des Saints et en face de Dieu. — jugement motivé. Comment sincère. 141 Humilité qui incline à l'efifacement 2« 129 — JÉSUS HUMBLE Étude préparatoire sur 1" MÉDITATION. MÉDITATION. profonde. 179 — se mettre au-dessous de . — — Enfance et vie cachée. Ces conditions réalisées dans les exemples de Jésus. Toute comparaison sur la valeur doit être prise dans ce qui est élevé. ii. — 146 Vie publique. tères. Humilité qui pénètre 152 l'action — — 3* MÉDITATION. parce que cela seul mérite l'estime — ' 3' SEMAINE. La valeur se mesure par comparaison.

De l'humilité fausse . — Le précepte. De l'humilité fausse dans son expression. — — De la véritable hwniUti^ ses ii. MÉDITATION. — Sa raison. GUIDE DÉ L'AME HUMBLE — — Ce qui fausse l'humilité. La paix. IV. — Sa MÉDITATION. — . tères. — Des fausses humilités. — L'attrait MÉDITATION. InclinaInclination à 228 l'estime Éclaircissements sur le rôle de la volonté sensibilité dans la vertu 2* MÉDITATION. Sa justification Ses mobiles. — La nature individuelle. le b* 252 — De l'humilité dan» no» rapports avec 25^ prochain — Culture de V humilité par Fextérieur. De l'humilité étroite et pusillanime III. Étude très importante sur 263 — De Vamour du mépris. la vie spirituelle l'humilité 241 dana nos rapports avec Dieu 4» MÉDITATION. — m. — Les actes. portée 4« 19t — SEMAINE. MÉDITATION. Son nUBg. 7» — — — Précautions diverses rôle de la prudence dans r humilité. ÉCLAIRCISSEMENTS sur l'amour de la propre abjection. — Jésus aux pieds des apôtre». — effets. De l'humilité rationaliste II. — ii. — i.De la véritable humilité. .TABLE DES MATIERES 366 Page» — Précepte ou conseil ? Spéculatif ou pratique ? — Inclination ou conviction? — Réserves sur le tous. — Le genre. au mépris de soi-même. Ce qui la manifeste et la perfectionne. . D» 202 207 215 dans son sentiment même !•* 20t 268 279 283 le 288 . 218 — . ses carac- Inclination à l'effacement. MÉDITATION. jugement théorique 7* 18$ — Le Mandatum novwn. fondée sur les rapports du physique et du moral. et de la 23S — La fécondité. De — ferveur. tion — I. La Epanouissement de 3* MÉDITATION. Semaine éminemment pratique Étude préparatoire. I. du prochain — m.

Avec Marie 330 — Méditation. V* MÉDITATION. . Transformation du désir de l'estime. J'humilité les fait resplendir 2* Méditation. Les dons de Dieu. Marie transformée en Jésus humble par l'union de vie. Voir Dieu et Jésus dans le prochain. Règle défensive et règle de sage liberté et — 320 Coup d'œil sur les deux méditations qui vont suivre. par l'imitation.— Comment nous transformer nous-mêmes . — Jésus vivant en Marie. 303 — Transformation de l'estime de soi. Désirer l'estime de Dieu. 356 358 — 7473-4-16. Jésus vivant en nous — Examen particulier. en usage dans une pieuse 335 associa- 34? tion Élévation sur les rapports de l'humilité et de l'amour divin. 344 Examen 350 général Conseils pour la conclusion de ces exercices tarière au pied du Tabernacle Imprimerie de MontligeoD (Orne). Méditation.367 TABLE DES MATIERES ^« SEMAINE. Chercher à lui plaire. Marie co-rédemptrice. timents. — CJomment transformer nos senStude préliminaire. Nous transformer en Jésus humble avec Marie. — TRANSFORMATION Page». — Désir de plaire 313 de faire plaisir au prochain. par l'imitation et par l'union 4* — 5* 329^ — Marie transformée en Jésus humble — Marie mère. 30? — — — S'appliquer à lui faire plaisir Z* Méditation.

aux institutrices. tous les principes d'action . Formation par l'exa- — IX. aux aux prêtres. Jours de confession.UX jeunes Voici un filles. œuvre modeste.Viennent ensuite deux parties distinctes. IV. VI. vu. 4e !»• — Peut-être s'en apercevra-t-on déjà à : se trouve une longue instruction pour l'usage ce livre. Une formation doit être spéciale. la jeune fille a besoin d'une formation solide et profonde. Id. — . la maniôre de par s'accuser. atteignant l'un après l'autre — méthodique. vient de se consacrer à cette — comp/èfe. qu'il juge pressante. et de rranco la . turels. naires. des idées. spéciale à la piété.PREMIERE FORMATION Religieuse et morale de la Jeune Fille PAR L'AUTEUR DE LA PRATIQUE PROGRESSIVE De CONFESSION la Prix JL. fr. Formation des sentiments. Chapitre vni. aux actes surna- Messe pour Il* — — par la contrition. complète et méthodique. Id. II. La trouve-t-elle dans celle multiplicité d'ouvrages écrits pour elle. l'énoncé des titres que voici Connme avant-propos. : Formation par la confession. Id. XI. par larésoluliou. Celle-ci est : spéciale. men. En face d'un avenir religieux plein de menaces. Id. du jugement. Id. m. VIII.. et dont plusieurs sont d'ailleurs remarquables? Non. Id. abandonnant catéchistes^ L'auteur de la d'autres travaux entrepris. 85 aux mères. les Paktie — de la volonté. Méthode abrégée pour les confessions ordiX. faire logique. ne s'adressant pas à toutes les jeunes filles. Id. formulant une manière de mais à celles de 10 à 15 ans. car ils ne réunissent pas toutes les conditions requises. Parue le 25 décembre 1906. DIRECTION i fr. Partie Chapitre — — — — — — Formation proprement dite. précise et facile. : i""-. nouveau sur un sujet bien vieux! Pratique progressive. «eptembre 1907. Id. cette édition s'est trouvée épuisée fin Une deuxième l'a aussitôt remplacée (12« mille). livre : i 50. du caractère. V. Id.

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H8* B4 Beaudenom. Leopold.BV 4647 . Formation à J'huniilite^ et •ar elle s autres a l'ensemble vertus ( . 1840-1916.

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