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L'HUMILITÉ
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1.

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l'ordre logique ians la composition. ce qui est mieux. l'imprimatur : M6' premier Eminence en vue de la ce livre et présenté à son Le mérite de cet ouvrage. Pariiien$i8.. RICHARD. H.. avril 1903. de le compléter parfois et d'en rajeunir les formules. On y retrouve pleinement la caractéristique invariable de l'auteur : la sûreté dans la doctrine. V.du témoignage rendu sur Extrait édition de le Cardinal archevêque de Paris. g. et il est grand. Odelin. Gard. » « « « « « « « « « « « « . PERMIS DB RiÉOlTBR A Paris. f Franciscus. L'imprimatur a été donné à Rome par le très R. elle ne tardera pas à sentir le besoin d'être humblç. a été de préciser l'enseignement des Maîtres sur cette délicate matière. Tous droits réservée Ji . un rare esprit d'analyse et une remarquabie concision de langage « L'âme attentive et docile qui se livrera « â cette formation » n'ignorera rien ni de la nature. ni du j)rix de l'humilité et. die 4 aprilis 1898. le 1" '. ni des caractères. Arch. IMPRIMATUR DB LA 2* ÉDITIO:* : Parisiis. fera L«pid^ maître du Sacré Palais.

22 i | LIBRAIRIE SAINT-PAUL 6.\R l'auteuh DE LA PRATIQUE PROGRESSIVE DE LA CONFESSION ONZIEME KD I T I N (62" mille) PARIS vr p. RUE CASSETTK. LETHIELLEUX. ÉDITEUR 22. 6 . RUE CASSETTE.FORMATION L'HUMILITÉ Et par elle à l'ensemble des autres vertus p.

.

nous principes d'ailleurs si favorables à la rendrons plus familiers les mêmes qui les coD^i-^nnent en un mot. Au lieu d'abaisser la doctrine. nous les lui fournirons. pratique. Fallait-il. en d'autres termes. déterminé par respectables à fidèles. et ne pas pousser nos analyses psychologiques jusqu'au fond du sujet. ne vaut-il pas mieux hausser le lecteur. s'abstenait. nous les éclairerons. dans ce but. étions-nous contraint à donner une œuvre amoindrie? Nous ne l'avons pas cru. s'arrêter à moitié route dans l'ascension sommets trop ardus de la théologie. s'a- Iressant aux prêtres seuls. en multipliant vers les les applications. les points obscurs. et. le nous avions le les présendevoir leur rendre accessible. : nous développerons. développer ne veut pas dire ajouter des formes nouvelles. de toute explication inutile à ceux qui savent.PREFACE DE LA SIXIÈME ÉDITION (conforme à la cinquième) Dans ses deux premières éditions. c'est faire sortir d'une notion générale des vérités secondaires qui s'y trouvaient enfermées c'est don: . . influences ter de Depuis les plus aux simples le lors. ce livre. Les notions qui lui manquent. C'est plus que cela. Or. il comme convient.

Son influence se faisait sentir sur tous les sentiers du devoir. et ce livre. nous nous sommes laissé entraîner sans trop de résistance à tous ces appels de la terre et du ciel . des c'est mettre la lumière en évidence pour qu'elle répande au loin ses feuilles et des fleurs . de tous ces éclaircissements. son inspiration la plus touchante et. jusqu'à ses plus beaux épanouisse- ments dans la perfection. exalte toute : activité. à la base comme au sommet de toutes les vertus.préfàck 6 ner à des germes Texpansion des tiges. de tous ces développements surgissaient à nos yeux des vues nouvelles. s'est fait en quelque sorte le formateur de la piété prise dans son ensemble. il . Ne le regrettons pas. au fond de chacun de nos actes. Or. rayons. car la piété trouve dans cette vertu son meilleur guide. et dans l'essor porte l'intelligence elle-même et plus loin et plus haut. Nous ferons aussi plus large la part du sentiment le sentiment éveille. stimule. embrassant le monde entier de l'ordre surnaturel. au besoin. qu'il Il fait plus qu'émouvoir donne aux facultés. Faut-il l'avouer. le supplément de toutes tes persistantes misères. L'horizon de l'humilité s'étendait de toutes parts. remplissant la vie chrétienne depuis son apparition rudimentaire avec l'état de grâce. de toutes ces applications. . son stimulant le plus actif. qui ne devait être qu'un exercice d'humilité.

Ce qui est indiqué comme étude ou éclaircissements peut servir de méditation et dans tous les cas doit être lu avec la plus grande attention. La veille au exprès à Téglise.CONSEILS POUR LE SUCCÈS DE CES EXERCICES !• Choisissez adonner avec le l'époque où vous pourrez vous y plus de liberté et de suite. Invoquez aussi les saints dont l'humilité vous frappe saint François. 3» Donnez quelque solennité à votre entrée dans ce grand travail de réforme. saint Antoine de davantage Padoue. Ilya amplement matière pour deux exercices par jour. la persévérance* soir. saint François de Sales. Récitez lentement le Veni Creator. saint Benoît Labre.. 2® Vous y consacrerez un mois entier. la volonté. plus encore si vous en avez l'attrait. et à toutes ces puissances célestes demandez la lumière. saint Vincent de Paul.. Agenouillez-vous devant Jésus si humble au tabernacle. Dirigez ensuite vos pas vers la chapelle de la Sainte Vierge. allez : .

CONSEILS POUR LS SUCCES DK CBS EXERCICK8

8

II
1» Durant les exercices, tenez-vous habituellement sous une impression d'humilité, particulièrement dans vos rapports avec le prochain
rendez cette impression plus vire par de fréquentes aspirations le long du jour vous en
trouverez la matière dans chacune des méditations et plus spécialement dans la résolution ou
le sentiment qui les termine. Sortez le moins
possible de cet ordre de pensées.
;

;

2° Multipliez les actes extérieurs d'abaissement. En voici quelques-uns baiserla terre
se tenir, durant sa prière, le front baissé, dans
la posture d'un coupable plein de confusion
parler à voix moins haute et plus contenue
culmarcher d'une façon moins dégagée
tiver l'esprit de pauvreté.


:

Cherchez les occasions, soit d'obéir, soit
condescendant, et cela en toute simplicité. Evitez de contredire, de couper la parole,
de discuter. Acceptez les peines et jusqu'aux
moindres contradictions comme choses pleinement méritées.
3"

d'être

Nota.

— Se servir

l'un d'eux
culier.

comme

de ces trois derniers avis ou de
sujet journalier d'examen parti

COUP

D'GEIL

Toute

PRÉLIMINAIRE

chrétienne
pieuse l'ambitionne;
Jésus réleva à la hauteur de la Rédemption en
Tassociantà la souffrance, et ne la maintient-il
pas comme une auréole autour de son Eucharistie ? Où elle manque, la vertu manque. Dieu
ne s'étend que dans l'espace qu'elle lui fait.
Mais ces louanges prodiguées apportent-elles
et cette admiration conventionla lumière
nelle la pleine conviction ? Que de vague dans
les idées et dans les consciences Quelle insuffisance presque partout Or, si la nature même
de l'humilité est peu connue, sa sphère d'influence l'est bien moins encore.
L'humilité

!

l'exalte àl'envi, toute

tradition

la

âme

;

!

î

Les méditations longuement réfléchies de ce
aux esprits sérieux qui veulent
comprendre et aux âmes pieuses qui veulent
aller de l'avant.
C'est toujours dans les profondeurs que se
cachent les grandes choses les richesses médes
talliques gisent sous la couche terrestre
prodiges de f^rce semblent dormir dans la paisible matière
des merveilles de mécanisme se
livre s'adressent

:

;

;

COUP d'ŒIL PRILIMINAIRE

iO

mouvement du monde sidéral, et
au sein de Têtre vivant des secrets
si profonds que rien ne les explique. Regardez,
regardez bien... au fond de Thumilité règne une
sorte d'infini nous sommes en plein surna-

jouent dans

le

l'on entrevoit

:

turel,

j

La vertu prise dans son ensemble est une
chaque vertu est un de ses organes. Chacune a ses beautés propres sans doute, mais
elle se revêt aussi de la beauté de ses sœurs
par le fait de l'unité de vie et de la loi des
échanges. Quelques-unes cependant y parti-

vie

;

cipent d'une façon plus proche, plus large, plus
continue, plus indispensable la vie, la même
vie se meut dans chaque partie de l'ensemble,
même dans laplus infime, mais elle ne s'y étend
pas, elle n'y brille pas d'une égale façon. Nous
allons étudier la part qui revient à l'humilité
peut-être découvrirons-nous en elle une humilité que nous ne connaissions pas.
;

;

Pour avancer d'un pas assuré, il faut aller
posément et méthodiquement avant d'atteindre
les sommets, il faut traverser certaines régions
;

sans attrait et gravir des pentes difficiles.
Afin de rendre la "route moins pénible, nous
l'aide de moyens variés
la parcourrons à
études qui ouvrent des vues généra \es observations plus courtes qui dégagent on point
obscur, /réflexions pieuses qui mettent en
mais parrelief les résultats d'une découverte
méditations approfondies qui
dessus tout
plongent l'âme dans l'atmosphère de la vérité
sous le grand soleil de la grâce.
:

;

;

:

HUMILITÉ, VERTU SPÉCIALE

11

Que pas une âme de bonne volonté ne se décourage devantces hautes vérités, en se jugeant
impuissante à les atteindre
qu'elle envisage
plutôt les secours d'en haut. La science humaine ne se livre qu'à ses adeptes; la science
de Dieu se prodigue aux petits et aux humbles:
ceux-ci n'ont pas toujours besoin de longs raisonnements. Si, donc, telle partie de ce livre
leur reste fermée, qu'ils ne s'attristent ni ne
la clarté les attend, peut-être au
s'attardent
détour d'un chemin, sous une formule plus
simple, mais tout aussi pleine de vérité. Parfois
tel détail sera pour telle âme toute une révé;

:

lation.

,

Cependant, afin de satisfaire certaines intelligences qui aiment les vues d'ensemble, nous
allons jeter ici un rapide coup d'oeil sur le chemin à parcourir tout le long de ce livre. Un
premier regard sur l'humilité en tant que vertu
spéciale, un second sur sa sphère d'influence,
nous suffiront.

§

I.

I.

— Humilité, vertu spéciale

L'orgueil

n'est

qu'une

déviation

de deux

—Sentiment de supériorité,
recherche de prééminence, l'orgueil est-il un
,êndànces légitimes.

souvenir

de notre

tort serait alors de

grandeur originelle? Son
en situation.

n'être plus

Roi déchu par sa faute, et fier sous ses haillons, « Dieu tombé qui se souvient des cieux »,
tel nous apparaîtrait l'homme dans sa tendance

COUP d'ŒIL PRflLIMINAlRB

12

à

l'orgueil

Ou

plutôt, l'orgueil, désordre

et

au lieu d'être l'empreinte d'une couronne
perdue, ne serait-il pas le stigmate de la révolte vaincue? « Eritis sicut dii. » La tentation
aurait ainsi passé dans le sang pour le troubler. Cette double origine expliquerait ce qu'il
présente à la fois de grand et de bas.
En fait, cependant, il est plus exact de regarder ce défaut comme la déviation de sentiments
utiles mis par Dieu même dans la nature humaine. Ces sentiments se réduisent en dernière
analyse à ces deux: estime de soi, désir de
Vestime des autres. L'estime de soi est la

vice,

base de 'la dignité personnelle; le désir de
l'estime des autres est une des bases de la
sociabilité.

Ces inclinations sont si profondes et si spontanées qu'elles appartiennent pour une part à
la classe des instincts, et ressemblent à celui
de la conservation. Elles ont d'ailleurs une foncl'instinct de la vie attache
tion du même genre
Thomme à une existence ordinairement misérable; celui de l'estime de soi rattache à sa
personnalité, malgré son peu de valeur celui
du désir de l'estime l'attache au bien public,
malgré la fragilité des avantages qu'il donne.
Ces deux dernières tendances sont sujettes à
des déviations si faciles et si naturelles qu'elles
portent l'empreinte de la déchéance originelle;
c'est pourquoi souvent les moralistes les appellent sans distinction un vice.
:

;

IL L humilité est
à ces déviations.

la vertu

chargée de s'opposer
qui afifermit

« C'est elle

flCMILiré,

VERTU SPECIAL*

15

l'esprit et l'empêche de s'élever d'une manière
déraisonnable » (de se surfaire, superbia). C'est
elle
qui reconnaît et maintient l'ordre dans
l'estime de soi et dans le désir de l'estime des
^

autres.
Elle est

donc véÀtê

et justice. Elle est vérité,
trace la règle de direction.
Elle est justice, et, à ce titre, elle incline à agir
conformément à cette règle 2.
En tant que vérité, elle réside dans l'intelliet,

à ce

titre, elle

gence; en tant que justice, elle réside dans la
volonté. Mais ces deux facultés agissant l'une
sur l'autre, tout développement de lumière augmente la force de l'inclination, et tout dévelop-

pement d'inclination porte à mieux chercher
et à mieux saisir les motifs et les règles de
l'humilité.

Cette probation s'adresse donc à l'une et à
de ces deupt facultés, pour les mettre en
l'état le plus favorable ; or, l'état le plus favorable de l'intelligence, c'est la conviction, et
l'autre

l'état

plus favorable de la volonté, c'est la

le

propension.

Deux

sortes de lumières produisent la conla lumière de la raison et celle de la
révélation. Deux forces produisent la propension : celle de la volonté et celle de la grâce
viction

:

actuelle.

1.

s.

Il

est sage

Thomas,

2a

2ae

de s'aider de tous ces

quaest. 161. art.

se-

1.

2. Ce mot « justice », pris ici dans son sens large, désigne la disposition vertueuse qui assure à chaque chos«
la place qu'elle mérite, tandis que la justice, dans sa stricte
acception, vise les droits positifs des hommes entre eux>

COUP D'ŒIL PRÉLIMINAIRE

14

cours à la

fois.

Ceux de Tordre surnaturel pont

les plus efficaces,

comme

les plus élevés.

Nous contenter des données de la raison pour
déterminer l'estime que nous méritons, serait
établir une vertu incomplète et insuffisante.
Prétendre acquérir l'inclination d'humilité par
nos seules forces, serait commencer par une
proposition hérétique, et finir par une déception.
Les païens ne connurent de l'humilité que la
modestie, et, ce qu'ils en connurent, ils le pratiquèrent bien imparfaitement. La vraie notion de cette vertu découle de nos dogmes
fondamentaux, et sa pratique complète déla grâce : elle est donc éminemment
et le rationaliste ne saurait ni
surnaturelle

pend de

;

avoir, ni

même

admettre l'humilité ainsi com-

prise.

II

une part très large aux
dans Vacquisition de la

faut cependant faire

facultés

naturelles

vertu.

Et pour bien comprendre la portée de cette
observation, il sera bonde rappeler ici quelques
notions générales sur les vertus naturelles et
sur les vertus surnaturelles.
Leur objet est le même; c'est le bien; et
chaque vertu a le même objet spécial
le
genre de bien. Ainsi, l'humilité, qu'elle
:

même
soit

naturelle

ou

qu'elle

soit

surnaturelle,

règle et maintient l'ordre par rapport à l'estime
personnelle et au désir de la louange.

Ces vertus^ résident dans les mêmes facultés
qui sont, pour les unes et pour les autres, les
facultés naturelles. Les vertus naturelles les

la . à l'exception des vertus de foi et d'espérance. et elles ne se perdent qu'à la longue en sorte qu'un péché mortel ne les détruit pas. Les vertus naturelles. L'inclination. donnent le simpliciter posse. ne se formentquelentementpar des actes nombreux. vertu surnaturelle est synonyme de vertu infuse. l'habileté.HUMILITÉ. Les théologiens caractérisent cette différence par deux expressions consacrées. le simple pouvoir. ne peut être donné qu'à ces dernières. jisent-ils. VERTU SPÉCIALE pénètrent. Dieu les verse déjà dans l'âme de l'enfant baptisé. Toutes ensemble également revivent par l'effet de la justification. Il les verse toutes à la fois. on le comprend. Le nom d'habitude. l'augmentation du dehors. et non du développement. au contraire. s'y accumulent peu à peu comme dans un membre qui s'exerce à un tra. que la théologie appelle infusion. à un degré d'augmentation ne cor- vient respond pas nécessairement un accroissement de force et d'inclination. Mais elles diffèrent totalement par leur mode de production et d'exercice. Pour les vertus surnaturelles. Les vertus infuses. Les vertus surnaturelles sont mises en nous par une sorte de création. et elles se perdent ensemble parle péché mortel. L'augmentation de l'une entraîne l'augmentation de toutes les autres. vail. comme qui dirait l'aptitude. et chez elles. L'habitude donne le faciliter posse. minent les 45 vertus surnalurelles les '< ter- ». la force. ainsi.

la vertu sera caractérisée par Veffort. Elles les élèvent à l'ordre surnaturel par leur présence elles les complètent et les soutiennent par les grâces . généralement. l'aptitude. Ces grâces actuelles nous offrent des ressources qui dépassent toute évaluation Dieu les centuple dans l'âme qui y correspond et la prière lui permet de les prodiguer et sans mérite et sans mesure.i6 COUP D^ŒIL PRéLlMlNAlUft vraie facilité. Une comparaison va rendre Sensibles ces distinctions. serré ou lâche il devient de la pourpre dès qu'il sort d'un bain spécial. mais la simple aptitude à produire des actes surnaturels. L'actiFité viendra des grâces actuelles. mais pour les élever. les compléter et les soutenir. des dispositions de la volonté et des habitudes. avec une beauté spéciale. les actes vertueux se multiplient et s'accomplissent avec intensité. ou pour les remplacer. On voit par là que. actuelles qu'elles attirent. . elles transforment nos facultés etleur communiquent. couleur. Les vertus surnaturelles font passer notre être de son ordre humain à l'ordre surnaturel. Qu'un réactif chimique lui enlève sa . Les grâces actuelles la/ donnent également. serré ou lâche mais il a pris rangdans un ordre plus élevé. : . Sous leur influence toutepuissante. Tel tissu peut être fin ou grossier. Le bain n'a rien changé à sa nature le tissu reste fin ou grossier. mais d'une manière transitoire. chez les adultes. les facultés na: . le voilà redevenu tissu vulgaire. Sa valeur et ses usages ne sont plus les mêmes. Les vertus surnaturelles ne sont pas faites d'ailleurs pour laisser inactives les forces naturelles.

la facilité et le savoir-faire aux actes semblables. parce que. Sa laideur et sa malice nous frappent moins que la laideur se malice des autres vices. se développeût. 3» L'orgueil inspire peu d'horreur. — 2. . : m. se forment. discernement devient plus difficile encore. et parce qu'enfin eu d'entre nous portent ce défaut à l'extrême. le devoir de garder son rang ou de défendre ses idéesjustes. on le sent à peine. chez les chrétiens. et finalement acquièrent l'inclination. que des esprits mal informés prendraient facilement pour de l'orgueil. et la HUMILITÉ. t. II. il le dissimule et se transforme. autorisentun grand nombre d'actes. On trouvera des explications plus complètes dans notre livre intitulé Pratique progressive de la confession. et quand on l'entrevoit. si vous le considérez dans la pratique.fiUMIUTÉ. VERTU SPÉCIALE turelles qui les produisent. il grandit et s'étend d'une façon lente. rien n'est séducteur comme ce vice. même ! serves! 2" Mais. II. Et que d'orgueil. à l'inverse. peut s'autoriser de ces délicates ré- milité. quand il a fait sa place. théoriquement. chap. les conditions des habitudes étant réalisées. ce qui est orgueil et dignité personnelle Le soin de sa réputation. l'orgueil constitue rarement de lui-même un péché mortel. En effet. on l'excuse. Ses dangers nous paraissent aussi moins redoutables. Importance de la conviction dans l'hu- — 1<* Il n'est pas si aisé de déterminer.

COUP D*ŒIL PRÉLIMINAIRK 18 El ijourtant sa pernicieuse influence est telle que les saints l'appellent le père de tous les autres. ne comptons pas trop sur la portée de nos vues. » . — IV. l® Des actes. Aussi ne s'acquiert-elle point par des considérations vagues. Toutefois. la conviction. . ni sur la sûreté de nos analyses Dieu seul est le Docteur de l'humilité : « C'est aux petits qu'il la révèle^ revelasti ea parvulis. il faut étaljlir en nous l'habitude de l'humilité il faut que cette inclination nous suive tous les jours de la vie pour combattre sans cesse l'inclination opposée. difficile à connaître. voilà le grand secret. est encore plus difficile à dominer. Essayons d'aller au fond des choses à travers les phrases de convention qui en- combrent ce sujet. Il renaît quand on l'a cru mort. qui ne meurt pas. Importance de l'inclination dans l'humilité. afin d'en concevoir une horreur qui nous en éloigne. faibles ou exagérées. Il se nourrit de peu. mais elle la renferme à la manière des forces physiques condensées dans leurs éléments et prêtes à s'exercer. Or. Comment s'acquiert et se développe cette tendance si contraire à la nature? Par l'exercice. Une conviction de ce genre n'est pas la vertu. L'orgueil. des actes. ?oilà l'impérieux besoin La vue. 1 . Sa vitalité est extrême. et cependant il n'est jamais rassasié. pour le dominer. Ses racines plongent au plus profond de notre nature. Il est donc nécessaire d'établir en nous une conviction éclairée et qui nous impressionne.

car elles donnent aux senti- ments une consistance spéciale. convient admirablement ici. la ressource inépuisable des actes. soit extérieurs. résolutions. Pourquoi ne pas les employer. ' que nous com- mandons. d'un pauvre. l'armée des actes et surtout des actes généreux c'est elle qui s'établit dans la place et y fait régner l'humilité. VERTU SPECIALE l'avant-garde. d'un suppliant. dominée par une humilité résolue. demandes. nous avons. acceptations. mais elles éclairent 19 la l'armée qui remporte la victoire. mais. elle emploiera sa force à se vaincre et mettra son bonheur à s'abaisser avec Jésus. consUtueij:^ marche. et rien ne s'oppose à ce qu'ils soient intenses. C'est donc le combat 11 faudra se courber devant la volonté des autres. » 2° En attendant ces occasions que nous réserve le cours de la vie. Il faudra dire à chaque humiliation C'est bien! La nature se révoltera. Il faudra se faire doux envers celui qui nous aura méprisés. Les actes intérieurs (désirs.BUMILITÉ. même dans l'oraison? L'attitude courbée d'un coupable. riDclinatioD n'est plus longuement em- un simple assen- . « Mihi absitgloriari nisi in cruce Jesu Christi.. l'âme peut passer tout entière dans ces efforts.) peuvent être très nombreux. etc. pour nous y préparer. est fort utile. et c'est cet exercice que nous tâcherons de faire durant ces méditations. ! : soit intérieurs. souvent peu raisonnable. Grâce à tous ces moyens ployés. 3® Lesdémonstrationsextérieures ne doivent pas être négligées. etc. Baiser parfois la terre. c'est .

le goût même. . C'est une force per: manente qui donne la facilité. il faut réfléchir et — Humilité. résolu . or. car ils ne peuvent se concevoir par eux-mêmes. Voilà de très grands mots. il faut prier. — Formule acceptée L'humilité est /a vérité. elle est vérité et justice. Entrons donc avec courage dans cette formation prêtons tous nos efforts. mais peut-être vaguement comprise La vérité La vérité C'est très beau mais quelle est la vérité que nous avons à re chercher ici ? C'est la vérité sur notrb valeur. reste à les bien comprendre. influence générale L'influence de l'humilité se déduit de sa nature même. comptons sur la grâce.COUP 20 D*<£IL PR^LIMINAIRB timent de l'intelligence à la vérité. sans cesse redite. le mouvement. Et que nous apprend-elle? Que nous sommes des êtres crééi. §11. fixés au sein de nos puissances développées et a Termies. car il est de la nature de toute force de pousser à l'action et de trouver quelque jouissance dans son libre exercice. Pour que je I. des êtres participant à la vie divine. l'homme.des êtres coupables. et la justice C'est là tout domine tout l'ordre moral. la vérité illumine tout l'ordre intellectuel. une simple elle déterminatioFi de la volonté à la justice est cr*t assentiment etcette détermination passés en 1\ àbitude. il faut être convaincu et . et ! ! 1 . Nous l'avons dit. Pour devenir humble.

Dieu se présente à moi obstinément. Or. YuniveraeUe soumission. dans mon fonds et dans mes actes. de toutes parts. si je recueille tout ce qu'il veut bien me donner. pour me comprendre. je m'élève magnifiquement. éclairant le créé. Or. pour que je connaisse il faut que je connaisse les droits et la dignité de Celui que j'offense. et. dans cette recherche. si je retranche en moi ce qui est de lui. elle conduit au bien. De ce double regard je saisis tout entière la vérité.HUMILITÉ. il faut auparavant que je Créateur. le devoir se synthétise dans vérité. je m'annihile absolument. En établissant la situation respective de Dieu et de l'homme. INFLUKNCS GÉNÉRAL! 21 créé. j'ai besoin de le comprendre lui-même je le trouve dans mon origine et dans ma destinée . la justice fait de la vérité une vertu morale. en tant que justice. je donne à chaque chose sa place et sa proportion j'entre dans la plus belle lumière qui soit au monde celle de j'ai la : : . Contraste fécond d'où naissent deux sentiments qui se complètent pour constituer ma vie spirituelle l'humilité quand je considère ce que je suis. l'humilité . L^univorselle soi)- . pour « participaque cette étonnante formule conçoive conçoive le péché. par contre. d'évoquer l'ordre tout entier de tion à la vie divine » besoin grâce et de la gloire. l'adoration quand je contemple l'Être par qui je suis. : l'infini II. le le : me dise quelque chose. — En tant que conduit au beau . la vérité pose les fondements de Iti justice mais en affirmant le devoir. L'humilité est la justice.

toute force contient en puissance du mouvement. INFLUENCE GÉNÉRALE Î2 mission. la résignation à toutes les peines. L'homme s'empare des torrents et en tire les surprenantes merveilles de l'électricité. l'estime de soi et le désir de la gloire. A lui Tinitiative du moteur nécessaire. c'est l'acceptation de toute la loi. ne peuvent-elles pas se proposer des ascensions plus hautes que leur but propre? Elles sont une force. Emparons-nous donc de ce vif sentiment de l'estime personnelle et de ce désir non moins vif de l'estime des autres. à nous l'obéissance de l'être personnel et libre. Les deux tendances que l'humilité a charge de régler et de conduire. or.HUMILITÉ. pour l'œuvre de sa gloire parmi les i . amour de bienveillance pour le Dieu intime qui veut recevoir quelque chose de nous. réalisant ainsi toute justice. amour de complaisance pour l'être adoré. tice se confond avec la : — III. Orientons leur activité vers un but supérieur. darde ses chauds rayons sur cette humilité fidèle. mais subordonné. fille de la vérité et de la justice. On comprend ainsi comment la jus- vertu totale et pourquoi les saints portent dans l'Ecriture le nom de justes l'humilité ouvre toute large la route vers le parfait. Que la divine charité. la fidélité à toutes les nsnirations par ell e Dieu passe en tous n os actes etles ramène à lui. amour de zèle. Présentons-leur de plus nobles ohiets à ai- . et l'universelle soumission devient l'universel amour amour de reconnaissance pour le Bienfaiteur suprême. enfin. : hommes. L'humilité transformatrice. .

les ailes de l'amour. Oh cation à tenter! Toutes les vérités religieuses. teindre. des douceurs cachées Oh faites que je les goûte Alors j'aimerai ! I : ! enfm ! ihuinilité. je dis ! mieux. Plus belle. toutes les grâces d'en haut prêteront ensemble leur concours à cette œuvre qui couronnera l'humilité. route aérienne qui demande des ailes. elle . qu'il m'élève à Lui par la puissance de ses attraits. peut-être. par Jésus humble. INFLUENCE GENERALE 23 de plus délicieuses approbations à conquérir: cet essor sublime les éloignera plus l'admirable éduencore de tout orgueil. ô grâces pénétrantes d'en haut. mon ami. essentiellement et dans tous ses espace sans borne actes. qu'il me baigne de lumière par ses exemples. et me voilà vivant de sa vie de Dieu Incarné. . Je ne suis pas humble. et l'atmosphère du monde est saturée d'orgueil.HUMILITÉ. jusqu'ici. mon frère. une vie d'humilité ouvert à mes légitimes prétentions. je le pressens. Qu'apparaisse maintenant Jésus Homme-Dieu. qui est. tous les sentiments pieux. transformée. je vous désire et vous appelle Envahissez mon âme qui s'ouvre à votre action. ne vous ai-je connue que de nom Marie. l'humiliation. peut-être même des joies inconnues. ! : saintes clartés. ô chaudes affections. Nous la parcourrons avec la plus parfaite des créatures. enseignez-moi l'humilité de Jésus elle contient. cette vertu ravira le cœur de Dieu. sainte humilité. elle donnera au nôtre une paix divine.surtout. avec Marie. mon sauveur. ma vie. plus pénétrante.

.

.

.

mais cette esquisse donne admirable- ment la physionomie de l'âme humble au dehors nulle recherche. Ce qu'il tient. — — Préparation pour la veille. d'une heureuse ignorance. Cette simplicité native est. Avant d'aborla série un peu aride de méditations. — Deuxièmt point : L'humilité vertu réformatrice.Première semaine PREMIÈRE MÉDITATION Invitation divine à THumilité a Sicut parvuli » Premier point : L'orgueil tendance innée et funeste. sans mérite comme sans durée. Ce n'est encore qu'une esquisse. Le divin Maître nous la présente sous les traits d'un petit enfant tout candide. Troisième point : L'humilité source de faveurs célestes. où le der raisonnement posera les bases de Thumilité. L'enfant semble encore garder un reflet de rinnocence primitive. lui. doit venir chez nous de l'efifort. au dedans nulle prétention. chez l'enfant. c'est la belle simplicité des vues et de l'attitude. Ce reflet pur. cette image : . laissons descendre sur notre sensibilité une vision plus douce de cette vertu.

. » saient ^ — Voyons le chemin qui s'étend Premier prélude. Celui qui se fait le plus petit entre vous. comme aux apôtres. 4u Thabor h Capharnaùm. Ailleurs un idéal plus complet. et si vous ne devenez comme de petits enfants. sicutparvuli. le place au milieu d'eux et dit : En véritéy en vérité. demain.PREMIERE SEMAINK 28 apparue... nous sera proposé « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur » . ce qu'il demande est nécessairement bon. Et s' étant assis. Et quiconque reçoit en mon nom. il appelle un petit enfant.. plus haut et millt fois plus aimable encore. est le plus grand. me reçoit. alors rimage de l'humilité s'achèvera en nous par la fidèle copie du chef-d'œuvre. un petit enfant semblable. Jésus leur Que discutiez-vou^ en chemin? Et ils se tai- parce qu'en chemin ils avaient discuté lequel d'entre eux était le plus grand. Jésus embrasse le petit enfant et le laisse aller.. : : Jésus. vous n'entrerez pas dans le royaume de Dieu.. ce cher petit enfant qui doit être mon modèle et laissez-moi déjà vous entrevoir vous- même sous ses traits 1 Méditation « Lorsqu'ils furent dit : dans p^ la maison. Faites-vous dès maintenant un cœur désireux ce que Jésus enseigne est nécessaireet docile ment vrai . si vous ne changez. Le Sauveur marche |9 . montrez-moi. reste l'idéal à poursuivre.

Qui donc ne la porte pas au fond de — — — — soi-même Voyons ses conséquences. L'orgueil tendance innée et funeste. entendons leurs prétentions accueillies par des exclamations. Entrons à la suite de Jésus dans la maison hospitalière. 1 — provoque Elle entre les Apôtres des discussions blessantes. Remarquons le cercle des douze la vie.29 PREMIÈRE MÉDITATION les Apôtres le suivent. divin Maître. q^ii — Deuxième prélude. Elle subsiste en des âmes forDieu la mées directement par le Sauveur. troubles. Elle les rend indifférents à la société de leur Maître.. Demandons la grâce de comprendre cette importante leçon d'humilité d'en recueillir les moindres mots comme s'ils sortaient à cette heure. Considérons la violence de cette tendance et ses conséquences immédiates. laisse à des Apôtres destinés à la plus haute vertu. Elle se trouve chez des hommes de basse condition et d'habitudes simples. le petit enfant qui les regarde de son air naïf et curieux. l'orgueil ainsi — l'entourent. Ohl s'éloigner de 4ésusl Se priver de sa conversation! Fuir ses regards et pour quels avantages!. premier — du chemin de occupe et agite les hommes. et. les Le long arguments douteux qui s'entre-croisent. affaiblissement de la piété ? — — 1 : . à distance. L'orgueil ne produit-il pas chez nous de semblables effets dissentiments.... et pour nous seuls. Voyons leurs . — I. Elle occupe et remplit entièrement leur esprit. de la bouche du . visages animés par la discussion.

docile. « : — : (( — — . c'est Vétemel bonheur. aussi bien que d'abaissement! Non intrabitis in regnum oœlorum. pas de préoccupations et de troubles d'amour-propre. Se refaire. — Pesons « Nisi bien chacune des paroles du Sauveur conversi (ueritis. je dois être simple. quelles que Et efficiamini » Le soient les difficultés et les répugnances. par habitude peut-être. Le petit enfant est mon modèle. que je me croie petit. je ne dois pas me faire petit. c'est la perfection. sans prétention et sans affectation. Nisi. M'assurer ces biens. « Sicut parvulî. et j'y tends. L'humilité vertu réformatrice. 30 II. je ne puis rester ce que je suis par nature. Sans cela. pas de hauteur et de dédain. Et c'est une condition expresse. Le royaume de Dieu. confiant. on temps et la patience y seront nécessaires ne se refait pas en un jour. Il faut d'abord que je m'abaisse. telle est la mission de l'humilité. » Donc. Il faut être autre il faut d'orgueilleux devenir humble. nécessaire. mais tout petit : Sicut parvuli. bon. Gomme le petit enfant. si vous ne changez. et j'y aspire. Donc.. pas d'ambition et de recherche des préséances. que je me fasse petit. Vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux. Oh! quelle parole de tendresse. suivant le mot du Sauveur. » Méditons les divers sens de cette expression. point de place au absolue : : : royaume du ciel.PREMIÈRE SEMÀINI. c'est la paix de l'âme. et je la veux. enfin. il faut ensuite que j'agisse d'après cette opinion. par inclination.)) Voilà le mot essentiel.

. je connais à peine le goût de la consolation. « Qui susceperit talem in nomine meo me suscipit.... par mes prétentions. Je me plains de mes délaissements intimes. si la lumière de vérité perçait nos ténèbres! 2** Humilité.... : — — : Serait-il moins bon ou serais-je trop grand ?.. « Quem cum complexus esset » Jésus embrasse ce petit enfant... Oh! comme les rangs subiraient d'étranges changements. » Jésus pose le petit enfant en évidence au milieu des Apôtres. source des faveurs célestes. III. « Statuit eum — in medio eorum.PREMIERE MEDITATION 31 si je consens à me faire tout dans ces belles destinées. Jésus ne m'entoure pas de ses bras. Ohl que nos jugements nous trompent. 3° Humilité. » — . Bonheur de ce doux privilégié. Jésus! j'entrerai L'humilité. c'est qu'il le mérite dès ici-bas il l'occupe donc aux yeux de Dieu. Si cet enfant n'eût pas été tout petit Jésus ne l'eût pas embrassé. Oui. vers qui la grandeur s'incline avec amour!. principe de succès. ne me presse pas sur son cœur. objetdes caresses divines 1.. Heureuse petitesse. 1° petit Principe de grandeur. Ohl je choisis d'être petit et d'être aimé. Pourquoi ? Pourquoi 1 . erit major. Toutes les satisfactions de l'amour-propre ne valent pas ensemble une caresse de Jésus. principe de consolation. peut-être. à la place d'honneur et il traduit aussitôt cet acte par ces paroles : « Celui qui lui ressemblera sera le plus grand au ciel.. » Si la justice dernière doit lui assurer ce rang.

on l'accorde spontanément rien en lui ne provoque ces répulsions instinctives que soulève l'orgueil. Qui donc ne s'empresserait d'ouvrir à Jésus Je serai ce sa demeure. Il déclare que le recevoir. m'aime. On sent à je ne sais quel signe que cet humble ne saurait mépriser ou Dieu.. c'est le effacement. Celui en qui elle brille semble apporter la sécurité et la dilatation. ses bras. c'est le recevoir lui-même. attache à l'humilité le Qu'il parle ou qu'il écoute. tion facile... même : Résolution. Ohl que je voudrais me faire petit! blesser. — Etre un petit enfuit pour que — Jésus . si je me fais petit.. Est-ce un rayonnement de l'âme?. Est-ce une fugitive apparition de Jésus?.. Est-ce un privilège de grâce?.. son cœur? — — privilégié. comme pour rendre sa recommandadon de plaire.PREMIERE SEMAtNË 32 Jésus accrédite auprès de tous les hommes celui qui ressemblera à ce petit enfant... Ce qu'il demande. le même désir de laisser les autres paraître. Qui receperit talem me recipit.

Il n'est vicieux qu'en tant qu'il recherche une place qui ne lui est point due. c'est qu'ils ont l'un et l'autre pour objet l'exaltation du moi . 2» d'orgueil. ni effets. Ce qui autorise la commune appellation donnée indifféremment à ces deux défauts. Ils même origine. dont il est une exagération vicieuse. ni les mêmes n'ont ni la tères. et le désir de l'estime des autres. le second veut être surfait aux yeux des autres. ou la fait désirer avec des préoccupations ex- trêmes. bvmilitL — s. . L'estime excessive de soi se rattache au sentiment de la dignité personnelle.te premier se surfait à ses propres yeux.ÉTUDE PSYCHOLOGIQUE DE L'ORGUEIL Pour préparer l'esprit aux deux méditations qui suivent I 1» On donne communément le nom d'orgueil à deux défauts qui sont cependant de nature différente l'estime excessive de soi et le : désir excessif de restime des autres. à notre instinct de sociabilité. ni les mêmes caracle même mode d'action.

que la plupart des traités sur cette matière sont remplis d'enseignements confus. elle ne les abaisse pas. de qualifications arbitraires et de moyens mal appropriés. entraîne l'obéissance. ces deux tendances doivent être étudiées séparément. II Faut-il déclarer à ces deux tendances une guerre si impitoyable qu'elle vise leur complet anéantissement? L'humilité n'a point pour objet de détruire le sentiment de la dignité personnelle. au grand profit des subordonnés. en les affranchissant de tout excès. . ni défendre ce 1® effet. l'homme tomberait aisément dans cette lâcheté qui ne sait ni entreprendre ce qui est périlleux. C'est pour n'avoir point établi ces essentielles distinctions. pour l'exercice du commandement. si l'on veut être en état de s'analyser à fond soimême et de se diriger comme il convient. elle les maintient dans leur beauté. ni le désirde l'estime. cette assurance qui. en nous donnant conscience de la justesse de nos idées. le . car. elle les élève au contraire. Sans lui. et .c'est lui qui communique. comme de nos forces et de nos droits. mais de les régler . seule. dans leur force et dans leur rôle utile En : sentiment de l'estime de soi il a été mis par est légitime en lui-même Dieu en notre nature pour soutenir notre personnalité. qui est attaqué .34 PREMIERE SEMAINÏ 3» Malgré ce rapprocliemeiil final.

Plusieurs 'ui devront de s'être maintenus dans le devoir. et elle s'éprend de la gloire de Dieu. et plus facile à celui qui l'accomplit. . la grandeur personnelle. 3<> Le sentiment de Thonneur semble appar- tenir davantage à cette seconde tendance. Ce qui est humain. Grâce à lui. quelques-uns d'en avoir mieux compris les délicatesses. reste sans doute un principe d'altération. car .itUDE PSYGHOLOGIQUfi DS l'oRGUEIL 35 Sous son influence. l'expérience ne le montre mais il communique aussi cette que trop spontanéité qui rend l'action. s'élevant haut. et plus aimable à ceux plus qui . 2° Le désir de l'estime est. lui aussi. se portent sans peine à des actes de générosité et de dévouement. est. ou même auxquels elles ne pensaient pas. autour de nous. beaucoup de personnes. qu'elles négligeraient. que des motifs surnaturels n'animent pas. un sentiment honnête et secourable il est une marque de considération envers les autres. qu'elle intéresse. par excellence. elle répand sur la vertu quelque chose de plus attrayant. La raison n'exige donc pas qu'on se dépouille de cette tendance. une sorte de soumission à leur jugement. admire la perfection chrétienne. . chacun aime à sentir qu'on fait cas de l'estime qu'il donne. car. et l'on se rapproche instinctivement de celui qui procure cette jouissance. qui est l'objet le plus haut que puisse poursuivre l'ambition d'un grand cœur. mais qu'on la subordonne bien plus. l'âme pieuse. quand elle est et qu'on la dirige dominée par des sentiments supérieurs.

Alors. maintient du moins quelque soliencore quelque éclat. On ne peut refusera l'honneur une influence heureuse sur la vie sociale et sur le perfectionnement individuel. et. Ici nous sommes dans le domaine de la première tendance qui vise la dignité. reste seul. dité etjette il " . L'honneur. 1 homme consulte moins l'opinion que les principes. Le désir de l'estime envisage l'honneur comme un bien social. Cependant. dans des autres.36 PHBMIÈRB SKHAIIfB l'honneur est rappréciation de l'estime générale c'est de tous qui dicte ses lois et fait décerne ses récompenses l'on se soumet : . dont il veut sa part l'estime de soi comme un bien qui lui rerient de droit. que récompenses que qui ne recherche c'est à ses lois et c'est à ses aspire. car le bien doit être le premier mobile de nos efforts. il peut entrer en nous et l'esprit régner sur notre conscience. S'il se trouve uni à des principes supérieurs. étant le fait de l'opinion et l'opinion étant le résultat des idées qui régnent dans un milieu. un peuple. il préfère sa propre estime. n'est pas sage. à l'estime publique. car l'opinion peut mal l'on juger. n'est pas vertueux. l'honneur que pour en jouir. plus sensible à l'honneur qu'aux hommages. s'il . sans autre examen. il leur prête un ferme appui et en reçoit une haute direction . Qui en fait sa règle. Quoique l'honneur réside hors de nous. on conçoit l'élévation que peut atteindre un groupe d'hommes. au contact des vérités de la foi.

Cette mutilation résulte ordinairement d'une certaine étroitesse d'esprit et produit des déformations regrettables. Elles viennent de Dieu. et communique aux manières extérieures ce quelque chose elle de factice et de contraint qui discrédite la vertu. car il est bien plus de détruire une force que de la maintenir constamment dans son jeu régulier. Cette attribution ne semble pas juste car. .ÉTUDB P8TGH0L06IQUB DE l'ORGUBIL 37 III péché qui a mis ces deux innotre nature. on «st vain c[uand on estime en soi (^uel(|ue avan. tandis que la vanité appartiendrait au désir de restime. donc. à leur insu. tant qu'elles ne sortent pas de Ce n'est pas le clinations dans leurs justes limites pourvoit. pour la lutte. . Elle laisse l'âme sèche. et restent bonnes dans leur exercice. d'une part. IV On entend dire communément que Vorgueil relève de l'estime de soi. elles y eussent toujours existé. et c'est l'humilité qui y Si l'on voit des personnes vertueuses se raidir absolument contre elles et les réprouver sans examen. s'affranchir de facile rend l'esprit hésitant. elles sont bonnes en elles-mêmes. le péché n'a fait que les rendre excessives et leur créer des dangers extérieurs. c'est peut-être.

Tout cela . pas un mérite. toujours si I fugitive. mais un don remarque bien humiliante pour la raison humaine en fait de fortune. Bien vain aussi est le désir est bien vain d'une estime. ne sont et. d'autre part. la dignité réside en noC3-mêmes. mais par un mobile différent. la vanité devient également le propre de ces deux tendances. sans mériter le reproche d'être vains. La richesse transmise. l'élégance des vêtements et le train de maison. souvent peu méritée. et un travailleur par un esprit facile. comme en fait de labeur. Chez les premiers. quand elles s'abaissent . n'ajoutent rien à notre vraie valeur. d'éminents services. l'esprit naturel. chez les seconds. Les grandes ambitions déterminent de puissants efforts et poussent aux actes d'éclat comme les grands caractères. c'est la dignité qui commande. La renommée est hors de nous. La qualification de vanité ne doit donc pas s'appliquer à la tendance. : . quand le désir de l'estime porte à rendre tage . on est plus fier de ce qui est reçu sans effort que de ce qui est acquis avec vaillance un parvenu est éclipsé par un riche héritier. l'intelligence même. cependant. Ces deux mobiles peuvent être entachés d'orgueil. Il y a de grandes ambitions comme il y a de grands caractères. c'est la renommée qui attire. La beauté. on ne l'est pas. mais à son objet.PREMIÈRE SEMAINE 38 mesquin et.

ces motifs d'une humilité plus qu'humaine. d'excès. Demandonsnous. La vertu simplement humaine trouve cette appréciation dans sa raison seule . Elles diffèrent. Nous les retrouverons dans les méditations prochaines. 2° La di£tinction de ces deux tendances. si la simple humilité de raison ne manque pas elle-même à notre vertu. la vertu surnaturelle la cherche là aussi.ÉTUDE PSYCHOLOGIQUE DE l'oRGUEIL 39 Résumons maintenant l'ensemble de doctrine cette : Le rôle direct de l'humilité est de régler sentiment de l'estime propre et le désir de l® le l'estime des autres. mais elle la reçoit plus lumineuse des dogmes de la foi : la déchéance originelle est la triste condition où nous sommes. dès maintenant. sont des vérités révélées qui viennent changer le point de vue et imposer une humiet plus profonde et plus gémissante. la nécessité absolue de la grâce et des grâces de miséricorde. — Où Toutes deux nous disent point dans l'ap: elles diffèrent. signale la nécessité d'une direction particulière pour chacune. L'exemple de Jésus achève cette éducation en nous présentant son idéal où se déploie l'humilité lité surnaturelle. ces lumières d'en haut. c'est préciation de cet excès. en effet. Cette définition convient également à la vertu simplement humaine et à la vertu surnaturelle d'humilité. par leur . dont Texcès porte le nom commun d'orgueil.

Que chacun prenne donc se classer le soin préalable de dans l'une de ces deux catégories. comme l'inspection d'un os permet au naturaliste de reconstituer l'ensemble d'une espèce animale. . et telle nature à refaire appelle une méthode différente. souvent de minime apparence. Les conditions générales. les ressources non plus. d'en diriger V application vers s'il son but spécial. révèlent à l'observateur exercé. Ce :?ont deux constitutions à part. que certains signes caractéristiques. Autre est la personnalité de celui en qui domine l'estime de soi.PREMIÈRE SEMAINE 40 physionomie morale comme par leur nature intime. tout le parti possible. des méditations qui vont suivre. autre est la personnalité de celui qui est dominé par le désir de l'estime. veut tirer. à charge. Les travers ne sont pas les mêmes. mais. les moyens généraux sont proposés à tous. pour chacun.

mais dur. — PrépsLPation pour /a ve/7/e. — Ce genre d'or- gueil développe.— Deuxième point Ses partialités. Il sera juste. On le rencontre plus ordinairement chez l'homme que chez la femme. oujours senti. on se connaît si mal soi-même! Ce que l'on a toujours vu. fût-il sou- . Quatrième point : Ses dangers. N'ai-jfc pas quelques-uns des caractères de — cet orgueil? L'orgueil est si habile à. Troisième point : Ses contradictions. Il a de la tenue. mais de la raideur.Première Semaine DEUXIÈME MÉDITATION II« EXERCIGB De Testime de soi et du mépris implicite des autres Premier point : Constater la tendance. toujours fait. il peut être une force sans cesser d'être vicieux. selon les situations.se dissimuler. le : — sens autoritaire. finit par paraître légitime. Il est personnel et exigeant par une alliance assez fréquente avec l'égoïsme. ou bien ou bien l'esprit d'indé- pendance pouvant aller jusqu'à la révolte. Chez les gens privés de principes plus hauts.

et d'une grande sincérité de conviction. Ne dit-on pas sans cesse que chacun se surfait. ferais-je exception à la règle? On peut être orgueilleux. . travail instinctif semblable à la poussée de la plante (|ui parvient à plonger . sans l'être de toutes les manières. mon Dieu. . alors même qu'il n'est pas extrême. tendance qui nous porte à nous Constater cette surfaire [superbia). Que d'illusions. nous — Considérons en /a tendance. nous sont apportées du dehors. nous font croire à une supériorité quelconque nous retenons facilement pour nous. elle existe : travail soit volontaire ou incessant de notre esprit pour découvrir en nous quelque chose à y estimer. c'est à votre lumière que je veux recourir c'est de votre grâce que j'attends le don de me pénétrer moi-même. pour peu que notre situation y prête! Les éloges. Demain. et l'orgueil peut être dangereux. ce qui s'adresse au rôle que Dieu nous prête. mière I. . Qu'elle non.PREMIERS SEMAINE 42 verainement défectueux. je sonderai ces retraites obscures où se cache l'orgueil mais ma vue est trop courte pour en atteindre les profondeurs. d'ailleurs. le respect lui-même. «^ Méditation — Demander la grâce d'une vive luPrélude.

: — : — II. plus de solidité que 4e brillant? Que sont les phrases creuses tés à estimer ! — l — . pas de contrepoids la tendance à l'estime de nous-mêmes s'est seule fortifiée.DEUXIÈMB MÉDITATION ses racines au milieu des rochers 43 . Avons-nous des avantages extérieurs. il s'y complaît. et nous plaignons sincère ment ceux qu'une trop grande bonté rend dupes des habiles. travail inconscient et sans fatigue. Pas de vérité non plus nous avons enregistré un seul côté de l'enquête. il ne bue. Suivons-le dans ses procédés il attache et fixe son attention sur les qualités qu'il s'attri: contemple. — Est-elle déliée. Mais. tant il est naturel. les plus importants. Avons-nous plus de tête que de cœur? Nous — nous en félicitons. Donc. Par contre. il s'en vue persistante produit une impression qui se grave. il les nourrit. nous n'hésitons pas à tenir les premiers pour misérables. et cepen- dant. Avons-nous plus de cœur que de tête? nous déclarons l'habileté méprisable. mais sans solidité ? Qu'est ce qu'un cerveau pesant A-t-elle. fussent-ils vulgaires? Ce sont ceux-là qui nous paraissent. Cette — s'arrête point à ce qui est imparfait. bas. C'est une vue fugitive qui s'efface sans déterminer une impression stable. après tout. Ses partialités. au contraire. Dans notre intelligence. humiliant. si ce sont les dons de l'intelligence qui dominent. nous sommes porde grand prix les côtés par où elle est mieux douée.

Contradiction — — appai:ente. Humilions-nous de notre partialité odieuse et du ridicule qu'elle contient. ! : — : — IV. mais on en souffre. si l'on a subi un échec. le l'orgueil se retrouvera parfois sur le même de plus instruits. il lui arrivera même homme. La contradiction de chez objet. » La formule e^t . Alors survient comme un travail d'élimination. Ses dangers. défaut identique. Rien n'est plus facile que de rendre hommage à Dieu de tout ce que l'on est. et parvient à nous reconstituer une prééminence quelconque. Examinons ici nos sentiments et nos actes. on a consson infériorité. c'est qu'on a été injustement traversé. — Certes. que je tiens mes talents. J'estime avec découragement ce qui manque : orgueil souf- frant. parfois dans le mépris de ce qui nous dépasse. c'est qu'on s'y est bien pris. « C'est de vous. — Ainsi de tout le reste. qui se poursuit sans re- lâche. mes succès. taté bien souvent on l'a fait avec une clairvoyance étonnante.44 PRBUIÂRI 8BHAINB Si l'on a obtenu un succès. cherchons à prendre sur le vif les accès de notre orgueil et ses contradictions désolantes. J'estime plus ce que j'ai : orgueil satisfait.. parfois même Ses contradictions. — III.. s'il croit les surpasser par là. Auprès de se dire avec une conviction sentie Oh! que la piété vaut mieux Se trouve-t-il ensuite auprès de plus vertueux que lui aussitôt une estime toute nouvelle pour la science lui monte au cerveau. ô mon Dieu.

et gardera un cœur ulcéré d'où perte de la charité. tissements. se raidira contre l'insuccès méd'où erreur de conduite. son ton. pour jouir de sa déconvenue. . il les soutiendra. Confiant en lui. l'orgueilleux ne demandera pas facilement conseil il dédaignera les averl'orgueil hérétique. sans prêter attention aux raisons des autres : : d'où entêtement. On l'excivoie. qui donc porte ce défaut à l'extrême. si caché et si plein de : — — — I : dangers! Réflexions. l'orgueil. et m'arme d'une sainte colère contre un penchant si vivace. et l'aggravera Enfermé dans ses idées. rité. ment pour voir ce qu'il peut absorber de flatteOn le laissera s'engager dans une fausse ries. Elle écarte . vraiment pas notre grand danger. pour s'en faire un sujet de risée tristes représailles Seigneur. tous les sentiments de hauteur. faites que cette Probation m''ouvre les yeux. et je ne tombe pas dans ces sortes de travers. il en arrivera parfois à se On le vantera audacieuserendre ridicule. qui n'est . ses expressions. je — me En parcourant ces signes de suis senti presque rassuré : non vraiment ces signes. je ne les remarque pas en moi. toutes les vaines complaisances. tera à se vanter.45 DEUXIEME MÉDITATION connue mais elle peut laisser passer tout l'orgueil pratique. L'orgueilleux se trahira par sa pose. se répandra en paroles blessantes. mais elle ne nous détourne pas sincèrement de nous-mêmes. Mais. Il s'irritera contre les oppositions.

passe facilement inaperçu chez nous. mais de l'obscuritë. les objets finissent peu à peu par émerger je m'observerai à loisir. A cette heure. que ma prière instante promènera parmi les ténèbres de ma vie. Durant le cours de ces méditations.PREMIERS SEMAINE 46 et. vous me révélerez en moi. me surfaire. sera le flambeau. par contre. en effet. Votre lumière. vous me montrerez àmoi-même. — Dans cette méditation. est pleinement humble? Le suis-jeàce point? : Résolution. je suis en pleine obscurité.. c'est un rayon aigu. mais pour ne l'être point. c'est triste à penser. la règle ma conscience est averdu discernement et la volonté du combat. Par : — là mes idées sont tie. — Une tendance innée me portant à me croire audessous de ce que je pense. je viens surtout de faire une analyse. de stigmati« Je le prends en horreur et je le ser un vice redoute en lui-même c'est un grand point. qui donc serait assez téméraire pour s'en croire entièrement exempt? Ce qui ciioque en théorie et chez les autres. est de la simple sagesse. ô Esprit saint. Je ne me sens pas orgueilleux. ô mon Dieu. de tracer un tableau. m'incliner toujours à . un être que je ne connaissais pas.. Qui. je possède fixées. il faudra être pleinement humhle! Cela semble une naïveté.

peut introduire.. Ne les dangers serais-je point victime de ce désir excessif de l'estime? Voici quelques-uns des caractères qui le signalent : Trouble ou du moins préoccupation causée par Selon les cas joies la crainte du blâme. seules. j'en sonderai et aussi les côtés misérables. Que de petitesses il entraîne. je dois le surveiller parce qu'il est vivace. envie. etc. et force Désordres qu'elle Folie où elle — — — Demain je me Préppration pour la veille. — : ! — : . peut entraîner. dénigrement.Première Seiuaind TROISIÈME MÉDITATION m" EXERCICE Du désir excessif de Testime Premier potnt : Deuxième point Troisième point Nature : : de cette tendance. que de faussetés il inspire Je dois le redouter parce qu'il démoralise. Selon les ineptes ou tristesses démesurées. jalousie. etc. et que. les grandes vertus y échappent. natures découragement. irritation. que de bassesses il autorise. mettrai bien en face de cette disposition si facilement dominante.

et c'est.. qu'à quelque chose qu'on l'attache. dit Pascal. II. « La douceur de la gloire est si grande.48 PREMIERE SEMAINE Méditation Prélude. pleins d'eux-mêmes. » Cette tendance apparaît chez le petit enfant.. Nous sommes si présomptueux. Désordres que peut entraîner cette tendance. et si vains. on l'aime. Le déde l'estime des autres ne saurait se confondre avec le sentiment de l'estime de soi. Le désir de la louange est donc une forme spéciale de l'orgueil. en effet. D'autre part. sir tente. Nous perdons encore la vie avec joie. selon Platon. que nous voudrions être connus de toute la terre. même à la mort. demander — Comme dans la méditation précédente. et bien des gens acceptent volontiers qu'on leur prête des qualités qu'ils n'ont pas. On le rencontre. dédaignent l'opinion d'autrui. la grâce d'une vive lumière et d'une grande sincérité de conviction. Un amour raisonnable et paisible de — . que l'estime de cinq ou six personnes qui nous entourent nous amuse et nous conI. chez des personnes qui se reconnaissent peu de valeur. certains hommes. pourvu qu'on en parle. — Nature et force de cette tendance. « la dernière robe dépouille que l'on ».

de langage . L'homme vain sera serviable. — Est-il méchant ? . se redresse et s'épanouit. l'estime des . Il Replace ainsi le but et. le succès ne produit pas un moindre désordre. . il est quelquefois un secours personnel et un stimulant à des actes utiles. : . et « s'évanouira » dans sa folie. Est-il injuste ? Pas davantage et pourtant il marche cruellement sur les droits du prochain Il ne les a pas vus. — 4. d'attitude. : Non . L'illusion l'environne d'un nuage. l'irritation lui crie de briser les obstacles. Au fond. HUMIUTÉ. tout bien mérite l'estime le désordre consiste soit à l'aimer plus que le bien. C'est pourquoi l'on peut donner des louanges pour encourager. et l'appréciation exacte des choses lui échappe. Méconnu.49 TROISIÈME MÉDITAXION hommes n'est point un vice. L'abattement veut le plonger dans l'inaction du découragement. . . entouré d'estime. comme les crises différentes d'un même mal. L'homme vain. soit à la rechercher avec empressement. Il sera facilement imprudent. au lieu de tendre au devoir pour lui-même. Il respire plus largement. . généreux mais pour le paraître. Est-il faux ? Non et pourtant il change d'opinion. Que poursuit l'homme dnininé par l'amour de la louange ? Est-ce le bien ? Non. soit à la désirer au delà du mérite. comme pour mieux aspirer les éloges. Alors rabattement et l'irritation se succèdent. mais l'éclat qu'il projette. et pourtant on le voit dur. et elle sera peu délicate dans ses conseils sur le choix des moyens. Au reste. il y tend pour sa récompense accidentelle. il perd tout élan l'approbation était son appui.

et voyons ce qui s'y passe. en pratique. . dont on sourit quand folie redoutable parfois. à des succès étonnants. . Kéres creux et interminables. U . où l'imagination nous transporte à des actions d'éclat. Folie de cette tendance égarée. ! î 1 Examinons les mobiles qui nous ont dirigés dans les circonstances importantes de la vie.' 50 PREHiJbRB SEMÂINS selon les personnes . Ah quel besoin de voir clair en nous-mêmes Quel besoin de cette formation I Quel besoin d'humilité — . nous voyons des visages animés d'enthousiasme nous jouissons de la surprise de tous et de la nôtre. Situation oii se révèlent des qualités supérieures que nous possédions à l'état latent : nous entendons déjà des murmures approbateurs .. folie douce souvent. quand ses elle s'étale erreurs nous perdent. plongeons nos regards au fond de notre intérieur. Ce sont des rêves. Si. C'est une jouissance. — III. laréalité des choses nous tient éloignés de ces excès. A .certains moments de réveil lucide. ceux qui nous animent aujourd'hui dans nos actes ordinaires. faute de réalité.. selon les cas il ira même jusqu'à employer d'hypocrites formules d'humilité. il est tour à tour arrogant ou flatteur. Tout cela se fait : avec une tranquille inconscience. ne voit que son but occuper une plus grande place dans l'estime des autres. ' : . et nous ï'aimons. on s'écrie je suis fou Cet amour vain de la louange est en effet une folie. nous le savons mais ils caressent notre passion.

d'hui : — si l'on avide d'estime Me redire plusieurs fois aujoursavait autour de moi combien je suin I . Ne serait-ce pas trop souvent l'approbation ou la défaveur ? Scrutons notre conduite. et l'équilibre moral avec elle. et si nous supposons que telle personne nous estime peu. Résolution.TROISIÈME MEDITATION 51 Envisageons surtout la cause vraie de nos joies et de nos tristesses. en constatant qu'elle nous manque. ne sommes-nous pas facilement à son égard hostiles et injustes ? Concevons un grand désir de l'humilité. Ne donnons-nous pas nos sympathies à ceux qui nous flattent.

Or qu'arrive-t-il si cette confiance est excessive ? Qu'elle détermine des erreurs de conduite et 1. mais c'est peu. sans elle. Cet égarement. faisons succéder l'étude du rôle de l'humilité dans leur direction npus constaterons que. ni durer. qu'elle ni surtout l'odieux de cet étrange oubli. la vertu chrétienne ne peut ni s'établir. Aveuglé par l'esprit propre. L'estime de soi porte à faire fonds sur ses ressources. l'orgueilleux ne songe pas à consulter Dieu et à implorer son secours pourtant nécessaire. et que le châtiment de l'orgueil sort de l'orgueil lui-même. plus qu'une simple faute. sur sa volonté. c'est un immense danger. et c'est là plus qu'une erreur. idées. c'est qu'elle tend à obscurcir la notion du besoin de Dieu. du recours à Dieu. .CONCLUSIONS ET SYNTHÈSE A l'analyse des deux tendances qui portent à l'exaltation de moi. Le plus grave. il ne voit ni le fait. car une telle attitude implique la négation implicite de la grâce. qui naît d'un sentiment est responsable des désastres qu'il vicieux. sur ses amène des déceptions? Assurément. entraîne parfois. Sous l'influence de cette disposition. .

que de sacrifices.. Cette seconde analyse se résume. même légitimes. n'a point provoqués . que secondaire. ils ne sont ni surnaturels. au droit de Dieu. quoique d'une autre manière . c'est qu'il rabaisse. En effet. lement à fin. Il lui fait encore une autre injure celle de pré: . il s'attaque pourtant. Dieu n'est pas seulement le principe de nos actes vertueux. Que d'efforts. il doit en être encore la II. lui aussi. dans une courte formule Dieu doit être la fin dernière de nos actes l'orgueilleux l'oublie et l'écarté en ne se préoccupant que de soi. au milieu de tout ce tumulte d'es.de nos intérêts. — : . c'est qu'on veut l'honneur du succès et si l'on Souffre tant d'un échec. La vue . par eux-mêmes.ni même vertueux au vrai sens du mot. d'une simple louange peut-être or. la recherche d'une position plus brillante. bons et bienfaisants. rien pour Dieu! Des actes inspirés par de tels motifs auraient beau être. L'orgueilleux pense et agit comme s'il Cette analyse vante était : lui-même ce principe. n'est Que devient cette préoccupation sainte dans une âme où règne le désir excessif de l'estime des autres ? Si Ton a tant à cœur de réussir. Le désir excessif de l'estime s'oppose égala vertu.. Que dire d'une vie dirigée presque entièrement par de tels mobiles ?.CONCLDSIONS ET SYNTHÈSl 53 se résume en la formule suiDieu par sa grâce est le principe de la vertu. pérances et de craintes personnelles. elle aussi. d'une distinction honorifique.

Pour châtier l'orgueilleux. est rare parmi les chrétiens qui conservent avec Dieu quelques rapports. Il n'y en a pas un j'ai le don de la parole. or.PRBUIÈRR SEMAINB 54 férer à son tures III. Hélas vous lui devez beaucoup moins que vous Dieu. La sottise ici l'emporte sur l'or- les malédictions gueil. Il sévères. : — . et il s'y enfonce toujours davantage.. l'homme déchu tend au mal. Ce genre de châtiment vise spécialement l'estime propre. s'il n'est pas retenu par lesecours de Dieu. Un tel orgueil. tristesse. ainsi châtié. plutôt instinctif et sans malice.. » ne pensez t. Dieu n'a qu'à lui-même cette conséquence res- livrer à : sort lumineuse des notions qui précèdent. de l'accélération des vitesses. ne faudrait pas comprendre dans ces appréciations un certain orgueil naïf et qui s'étale . vérité. parfaitement applicable au monde moral. Nous développerons en son lieu cette effet. moindre qui ne laisserait pas d'appeler de sécheresse persistante. hélas : ! tomber. à plus forte raison.. En de lui-même. le estime.. n'attire pas de Dieu il se contente de provoquer le sourire des hommes. Dieu j'ai — — — I ! Cet orgueil. fautes. quand elle est démesurée le désir excessif de l'estime trouve plutôt le sien dans . injustes punitions où Dieu laisse succès. Testime vaine des créa- <. il y descend tôt ou tard. parmi les âmes Craignons néanmoins un orgueil pieuses. je le dois à comme moi pour. « Grâce à un très bon jugement. selon la loi.

et il exige la pureté d'in- tention. plus il obtient. Dieu est la loi et demande l'obéissance. ces mêmes notions. De son côté. il est est — — le motif souverain. mon devoir consiste à vivre sous son entière dépendance. s'il est la fin obligée de tous mes actes. plus largement développées. mon devoir est de les orienter tous vers sa plus grande gloire.. la faim ramènerait l'enfant prodigue à la maison paternelle ! IV. — L'ordre que Dieu doit être la fin de tous nos actes et non pas nous-mêmes. et. et se détourne de sa fin?. Que peut-il faire d'un être qui se soustrait à sa propre loi. en tant que fin. Le rôle de l'humilité se dégage maintenant avec une netteté parfaite elle est la vérité et l'ordre [ordre. Nous allons retrouver. Le plus grand châtiment qu'il puisse infliger. Ce désir est toujours plus étendu que les objets qu'il peut atteindre. justice : termes équivalents). plus il devient avide. En tant que principe.CONCLUSIONS KT SYNTHÈSE 55 la joie qu'il cherche et qui le fuit. un jour. Il commence par la préoccupation et finit par la déception. : — La vérité tout bien et est que Dieu est le principe de non pas nous-mêmes. Dieu se sentant oublié. se détourne. Que ne se contente-t-il de semer de l'amertume sur nos joies humaines. pour nous en pénétrer. sans doute. et de nous rendre malheureux dans nos vaines recherches.. est là soustraction de ses grâces. Si Dieu est le principe de tout bien. .

craintes celles que je dois avoir! Mais par dessus tout. Troisième point point : Pureté d'intention. des lumières les vôtres. Comment — — : : I . en partie.Première Semaine QUATRIÈME MÉDITATION IV« EXERCICE L'humilité fondement des vertus — Deuxième : Confiance Premier point : Du fondement des vertus. Je veux donc me mettre riiumilité est en face de cette maxime reçue demain cette vérité : fondement des Est-elle bien vraie? l'entendre? Jusqu'où va sa. la volonté de me faire humble le vertus. au vague de mes idées sur ce point et au manque de conviction qui en résulte ? des mon Dieu. car ici le but n'est pas tant de m'examiner que de m'instruire. S'instruire est le premier pas vers le bien que Ton poursuit. — J'envisagerai en elle-même. portée? Par quelles dispositions pratiques se traduitJusqu'ici ne l'ai-je pas acceptée de conelle? fiance sans en avoir pénétré la raison d'être? L'imperfection de mon humilité ne tient-elle pas. en Dieu — Préparation pour la veille.

Au contraire. quand elle est déréglée. doit reposer sur des fondements solides. nous l'avons vu plus haut. c'est l'humilité c'est elle.QUATRIÈMK MÉDITATION 57 Méditation — Prélude. l'estime de soi. la vertu qui lui reconnaît ce rôle et en assure l'exercice. pour durer. pris en . qui le considère comme principe premier de nos actes vertueux et comme objet final de nos inten- — : tions. n'est autre queDieuprincipe et fin de notre vie spirituelle. Or. les I. nous maintenant dans la pratique du bien. en effet. D'autre part. le désir excessif de l'estime. Du fondement de la ensemble de bonnes — vertu. En dernière analyse le fondement des actes moraux est dans le mobile qui les détermine le mobile en est l'âme. nous reconnaissons que si nos actes humains. C'est pourquoi on l'a comparée à un édifice. Demander la grâce de bien comprendre rapports étroits de Thumilité avec les vertus chrétiennes. . Celui de la vertu. Tout édifice. porte l'orgueilleux à compter trop sur ses propres forces et à s'attribuer le bien qu'il fait. Or. en réfléchissant. constitue notre grandeur morale. La vertu est un dispositions et de forces acquises qui. l'entraîne à considérer en toute chose ce qui lui rapportera le plus de considérations et d'éloges.

c'est la pureté d'intention. ou par le désir de nous attirer Testime des hommes. sur mes résolutions. par exemple. Dieu devant être l'objet final de tout ce qu'il a créé. celles-là Je compte sur Dieu . Ma vertu reposera-t-elle sur vous qui êtes la force. Je compte sur moi. ou par le désir de plaire à Dieu. même apparente. Parole de désordre et d'injustice. peuvent avoir des mobiles très variés. L'amour des jouissances. l'orCet état gueil est le moi se substituante Lui. L'orgueilleux met sa complaisance en luimême et. entre vous et mon orgueil. pratiquement. ou sur moi qui suis la défail- lance innée? Le mouvement de ma vie s'orientera-t-il vers votre gloire à procurer.PREMIÈRE SEMAINI 58 général. ne produisit jamais de vertu. : . sur force parole de folie. douces et fécondes fagis pour Dieu ! C'est la confiance en Dieu. Ces derniers sont commandés. : — moi. ô mon Dieu. JTagis pour moi. se présente sous deux aspects et peut se traduire par ces deux formules Je compte sur : — : moi. ou serai-je mon idole? Une vérité lumineuse se dégage de cette constatation l'orgueil est le rival de Dieu. sur ma mon savoir-faire. jusque dans la vertu. J'agis pour puisque sansDieu je ne puis rien. Le contraire de cette prétention détestable se traduit lui aussi par deux formules. ou vers ma vaine gloire à satisfaire? Serez-vous mon Dieu. La lutte est donc. il n'en est pas de même de nos actes rertueux. il recherche sa propre excellence.

sa grâce nous est absolument nécessaire. . de l'orgueil. » — « J'agis pour Dieu ». propre de l'humilité de uous montrer avec évidence notre dépendance en tout ordre de choses. doit exiger que nous nous présentions pour la recevoir avec les dispositions qui conviennent à notre impuisance. quand elle est vertu. en ce moment.. c'estdonner ma note dans le concert universel qui le glorifie. Sans Dieu. III. Or. C'est Tordre. aussi a-t-il fait de l'humilité la tondition de ses dons. Or. envisagée à ce point de vue. plus je sens grandir en moi le besoin de : . sa formule. Pureté d'intention. et tirons-en cette conséquence nécessaire: compter sur soi serait folie.. telle est — — . infini par qui tout existe. et je sais qu'avec lui je peux tout. entraîné au mal.. c'est la défiance de soi-même. L'humilité. dans sa sagesse. c'est le bien. La grâce nous étant indispensable. la confiance. Nous méditerons bientôt ces vérités contentons-nous. Confiance en » C'est le vons rien. cette défiance. Plus je me sens petit. Dieu. faible. c'est prendre ma vraie place dans le plan de bonté Dieu n'eût-il pas de droits qu'il a formé. se tourne comme instinctivement vers Dieu par la confiance « Je me connais. c'est la sac'est graviter vers l'Etre gesse.QUATRIÈME MÉDITATION 59 — « Je compte sur Dieu.. cette folie est celle .. et. et je vois que je ne puis rien je connais Dieu. Dieu. nous ne pouII. de les admettre. pour tous les actes surnaturels.

On n'exclut pas Dieu formellement. éminemment digne serais un insensé. C'est l'humilité qui assure la pureté d'intention. fait éclaire » tous ses actes.. faisais Or et je l'orgueil m'en détourne. on perd errant et déplacé dans la création. L'âme vraiment humble confesse volontiers les droits de Dieu etlesrespecte. Elle nous dégage de l'obsession de nousmêmes et nous tient à notre rang. elle aime Elle subit les épreuves du tout ce qu'il aime. et qu'elle est à plaindre! car il est « Tout ce que mon Père n'a point planté écrit : sera arraché. qu'ilreste le d'amour. « la lumière qui est en elle l'orientation véritable. si je n'en pas le but de tous mes actes. Sans faire de soi une idole dans le sens ab- solu du mot. qui vit abandonnée aux desseins d'un Père tout-puissant! Elle veut tout ce qu'il veut. Combien l'âme orgueilleuse est loin de ces dispositions. si elle s'en éloigne. On sort ainsi du plan on se éternel.. » La pureté d'intention et la confiance en Dieu sont donc ÛUes de VhumiUté» La pureté d'in- . avec les — mêmes sentiments.ÔO PREMIÈRE 3EMAINB Bien suprême. Elleen faitla règle de sa vie. Heureuse l'âme parfaitement humble. les délaissements du dedans. car elle n'en saurait avoir d'autres. mais on le laisse en dehors de ses intentions. elle le remarque et revient sur ses pas. on peut tout ramener à soi en fait ou en désir. dehors. Cette pureté d'intention est pour elle un besoin et. alors même qu'il se réduit à n'être qu'un orgueil pratique.

et ensemble fondent V avancement. qui peu à peu amène à la perfection. elle doit dominer. sera au ciel leur objet possédé. elles — Résolution. . m'élever au désir de celle de Dieu: elle peut suffire.. Ne pas me faire un besoin de l'estime des hommes..QUATRIÈME MÉDITATION 61 tention dirige. la confiance anime. Dieu. qui est ici-bas leur objet poursuivi.

je — 1° Dans la mé- me livrerai rétrospectif. mon Dieul éloignez-moi de moi-même que je me trouve placé à la juste distance qui permet de bien voir. l'autre. animé de tout ce consciemment. le désir . sintéressé. — Deuxième point i Signes indicateurs. s'il y eut beaucoup d'orgueil dans la préparation de ma vie pieuse. sentir et abhorrer. dé- — .Première Semaine CINQUIEME MÉDITATION V EXERCICE Vertu viciée dans sa formation par un org^ueil inconscient Premier point : Le fait et ses causes. ditation de demain. Je mettrai d'un côté tout ce qui était pur. Préparation pour la veille. plaisance en la vue de Dieu qu'altéraient. Faites surgir en ma afin mémoire tels et tels de ces petits détails qui reconstituent tout un passé. . je remonterai à un examen au temps de ma mobiles qui m'ont formation. faites-le moi enûn connaître. je scruterai les porté au bien je rechercherai les influences extérieures qui m'y ont peut-être maintenu. De grâce. et de plus ou moins de l'estime et la com- moi-même.

.. La mienne est peut-être de ce nombre?. Le fait et ses causes.. dire un séminaire. Quoi! l'orgueil m'aurait aidé plus ou moins à m'établir dans les habitudes de la piété. d'un orgueil qui se dissimule. mes fautes.. afin que je sache si mon humilité est sincère et solide. sois attentive. pour une large part. sur ce fondement faux et fragile de l'orgueil?. —Prier Dieu de projeter une vive lumière sur mon passé.. l'homme subit l'influence des milieux et s'y giques : adapte.. Il y a des vertus formées sous l'influence plus ou moins active d'un orgueil inconscient. Avons-nous jamais bien suivi les conséquences de ces deux observations psycholo- l'homme est essentiellement imitateur. ne viendraient-elles pas de ce que mes vertus reposaient. et je ne l'aurais point senti !. Je ne songeais pas que je pouvais en être la victime! Et pourtant mon relâchement. On parle souvent d'un orgueil caché.. Il suffît de c'était un entourage choisi.. — I. Essayons d'en faire l'application à la périodb de notre formation.. un noviciat?...CINQUIÈME MÉDITATION «^ 63 Méditation Prélude. mon âme.. De quelles personnes avons-nous été entourés alors? Quelles idées régnaient dans le lieu où nous vivions? Etait-ce une maison d'éducation. un milieu : . Il y a même beaucoup de ces vertus. et prie.

PREMIERE SEMAINE

de piété. Rien n'y était plus en honneur que la
vertu. On parlait avec admiratioia des actes
héroïques des Saints. On traitait avec vénérapersonnes en qui apparaissait un rayon
de sainteté. Livres, entretiens, tout concourait
à développer cette heureuse impression
Oh! comme nous estimions ces choses I
comme nous portions envie à ceux qui nous
tion les

!

édifiaient

!

absolument purs, tous ces
sentiments, qui, à la vérité, nous excitaient au
bien ? Faudrait-il une analyse très rigoureuse
pour y découvrir quelque alliage? Le désir
d'entrer dans ce mouvement honoré de Testime
commune, n'était-il pas pour beaucoup dans
l'ardeur qui nous poussait ? Le contentement
au service de Dieu n'empruntait-il rien au contentement de soi et surtout à la conscience
plus ou moins claire de la place que nous
occupions dans l'esprit des autres?... Ahl qui
sondera ce mystère que Dieu seul connaît?
Etaient-ils purs,

;

Notre humilité d'alors n'était-elle pas elleinspirée par l'orgueil, du moins en partie? Rien n'est plus facile à concevoir que cette

même

possibilité.

et

Dans le milieu dont nous parlons, on estime
on admire par-dessus tout cette vertu. On la

reconnaît comme capitale. Il estpresque imposde n'en point prendre les formes extérieures, de n'en point adopter les expressions,
et jusqu'à une sorte de sentiment intime. Se
sible

croire humble, suffisamment humble, est
besoin.

un

CINQUIEME MEDITATION

6!i

Cette humilité peut sans doute être vraie,
car de telles influences favorisent merveilleusement sa croissance ; mais elle peut, et très
facilement, n'être qu'une humilité factice.
Une âme naturellement orgueilleuse prendra
le change, et de l'humilité qui marche devant
elle, elle n'aura poursuivi que l'auréole.
Encore une fois, qui sondera ce mystère que
Dieu seul connaît.
II.

dit

:

Signes indicateurs.
Le divin Maître a
Vous jugerez V arbre par ses fruits. » De-

«

mandons

la

réponse au développement de notre

vie.

Lorsqu 'après

notre formation, nous avons

changé de milieu,

cette belle ardeur n'est-elle

point tombée? Le zèle pour la perfection, et
particulièrement pour l'humilité, ne s'est-il pas
éteint? Ce résultat ne s'est-il pas produit bien
vite et sans grande résistance?... Aucune se-

cousse particulière ne s'est fait sentir.
Et pourtant, ce nouveau milieu contenait
encore, quoique en moindre proportion, l'estime et l'admiration des mêmes choses... Mais
était saturé d'idées toutes différentes; et,
trop fidèles à la loi de notre nature si pliable,
nous nous sommes adaptés à ce nouveau milieu,
de la façon la plus favorable à notre amourpropre.
Un autre signe également caractéristique,
c'est notre attitude en face des contradictions,
des insuccès, des injustices, du dédain plus ou
il

moins éprouvé.
pations

:

— Trouble, tristesse, préoccu-

voilà le fait d'une
HUMILITE.

vertu imparfaite,
6

PREMIÈRK SEMAIKB

66

reposant plus ou moins sur l'orgueil.
Décolère, animosité, jalousie,
voilà le signe d'un orgueil très proré vol le
fond et qui nous domine.
Notre humilité n'était donc que de surface!
ses sentiments n'étaient donc que des senti-

couragement réel,
:

ments

appris!... Si elle eût été vraie et foncière,

nous eût inspiré le calme et la résignation,
peut-être même ce contentement supérieur et
cette joie des grandes âmes qu'éprouvaient les
« Ibant gaudentes. »
Apôtres, battus de verges
Merci, ô mon Dieu, de ce vif rayon de lumière
plongeant au fond de ma vie... L'avoue rai-je?
il me blesse par sa clarté... Je souffre... Je me
demande si tout en moi n'est pas à refaire...
Mon apparente vertu ne serait-elle pas le simple
effet du milieu où je vis encore?... Que serais-je
position, occusi tout changeait autour de moi
pations, personnes?... A la pensée de cet isolement moral, je me sens un extrême besoin de
me cacher dans votre sein, car vous m'appaelle

:

:

raissez

comme mon seul refuge!... mon Dieu,
moi une âme nouvelle, cette fois bien

créez en

humble

I

« Multi humilitatis

umbram, pauciverita-

tem sequntur, de l'humilité beaucoup poursuivent l'ombre, peu la réalité », dit saint Jérôme.

— Me demander,

à roccasion, si j'autenue, la même affabilité, le même
zèle, si nul autre que Dieu ne devait s'en apercevoir
et m'en savoir gré.
Résolution.

rais la

même

Première Semaine

SIXIEME MEDITATION
VI*

KXKRCICK

Humilité, gardienne des vertus
Premier point : Humilité, sel qui préserve de la corrupDeuxième point : Lumière qui dissipe les illusions.
tion.

Préparation pour

la

veille.

— Si

notre vertu

un orgueil
inc«nscient, rédifice est bâti sur le sable
le
péril de ruine n'est que trop constant.
Si elle
est établie sur Dieu, rassurons-nous pour le
passé, mais ne soyons pas sans crainte pour
l'avenir, car l'orgueil peut détruire l'édifice le
plus solidement construit.
« Celui qui, sans humilité, s'enrichit de vertus, dit saint Jérôme, ressemble à l'homme qui
porterait au vent une mobile poussière. 0"» sine
humilitate virtutes congregat, quasi in ventum
pulverem portât. » Ohl que de vents violents
soufflent autour de nous; et en quel danger ne
sont pas nos fugitives résolutions!
Saint Antoine, effrayé paf une vision qui lui
montrait le monde rempli de pièges, s'écria :
est fondée,

du moins en

partie, sur

:

68
a;

PRBMIRRS SKMAINI

Seigneur,

comment s'en préserver?»

«<

Pur

répondu.
L'humilité, qui est la base des vertus, en est
aussi la gardienne et pour les mêmes raisons
elle fait de Dieu le principe et la fin de nos
actes. L'orgueil se les attribue injustement et
raine Tédifice. Cette vérité, toute la tradition
l'enseigne nous la répétons à notre tour; mais
si c'est là une maxime reçue, est-ce chez nous
une conFiction véritable? Ressentons-nous une
impression de crainte, quand nous constatons
que, si nous ne sommes pas positivement des
orgueilleux, nous ne sommes pas non plus des
Vliumililé

» lui fut-il

!

:

;

humbles?
L'humble éprouve, à toute occasion, le besoin
de Dieu, de son indulgence comme de son
secours. Il éprouve, à la vue de sa misère et de
sa faiblesse, l'impression d'un homme qui
marche avec une blessure tout mouvement la
rend douloureuse.
Qu'une vertu est bien gardée par une telle
humilité! ô mon Dieu, qu'elle devienne la
:

mienne

1

Méditation

— Demander la grâce de me jeter dans
comme dans une citadelle qui me défende.

Prélude.
l'humilité

I.

L'humilité, sel qui préserve de la corruption.

Plus une vertu est grande, plus elle donne
car tout bien est matière à

prise à l'orgueil

:

SIXIÈME MÉDITATION

69

vaine complaisance de l'âme et à l'applaudissement des hommes.
La Faine complaisance commence l'œuvre
de désorganisation. Elle est si douce et se fait
si bien écouteci Elle est si ondoyante et sait
la

bien se déguiser!
poison mêlé à de saines substances, elle s'insinue dans le contentement de
la gloire de Dieu et du salut des âmes; elle
se retrouve dans les consolations sensibles;
et nous suit dans les élévations les plus sublimes.
C'est insensiblement qu'elle fait ses progrès
comme ses ravages. Ce genre d'action lente
endort la vigilance et ainsi le poison pénètre
dans les plus belles vertus.
La vaine complaisance a commencé l'œuvre
de désorganisation, le désir de la louange
l'achève. Ce murmure qui vient du dehors,
retentit si agréablement au dedans!... Certes,
on s'assure bien qu'on ne s'en laisse point
charmer qu'on subit à regret ce que l'on ne
peut éviter; que l'on en rapporte à Dieu toute
gloire... cependant, la jouissance est réelle et
profonde.
Sous cette double influence, le mal
gagne ce n'est plus un acte passager qui en est
vicié, c'est toute
une série d'actions semblables; ce sera bientôt peut être l'ensemble
de la vie. Les vertus se corrompent.
Pendant un temps, elles tiennent debout par
la force de l'habitude, et aussi par les exigences
si

Gomme un

:

;

:

.

de l'orgueil lui-même. Toutefois, cette vie factice ne saurait se soutenir toujours... Des ten-

70

PREliltRB SEMAINE

talions plus

fortes,

des circonstances impré-

vues, un rien, en auront bientôt fini.
2» Qui préviendra ces maux? L'humilité.
« Elle sera avec la vertu, dit saint Augustin,
ou la vertu ne sera pas. Virtus non est nisi

conjunctam habeathumilitatem.» Elle s'y répandra comme le sel jeté sur une substance que
Ton veut conserver; elle s'opposera à toute
fermentation nuisible; elle dégagera de toute
vue trop personnelle, et fixera en Dieu tous
nos contentements.
Mais pour un tel effet, il est nécessaire que
cette vertu soit vraiment vertu, c'est-à-dire
qu'elle agisse avec la facilité, la spontanéité,

que donne seule l'habitude. Autrement, que de surprises et quelle fatigue
extrême!... Il faut que le mouvement de l'humilité nous soit devenu aussi naturel que l'était
celui de l'orgueil... Adressons nos prières à la
Reine et au Maître des humbles.
l'inclination

II.

sions.

L'humilité,

1® C'est

lumière

qui dissipe les

illu-

une réflexion commune, mais

profondément

vraie, que l'orgueil aveugle et
maîtres de la vie spirituelle ont si bien
compris le rôle de l'humilité, qu'ils font de
cette vertu leur critérium le plus sûr pour le
discernement des esprits. Telle vertu est-elle
vraie ou fausse? Telle oraison extraordinaire
vieni-elle de Dieu? Telle vision est-elle une
réalité ou une illusion? Le jugement dépendra
de la conviction préalable sur l'humilité de la
les

personne ainsi favorisée.

;

SIXIÈME MEDITATION

71

Cette règle doit également s'appliquer à la
vertu la plus ordinaire.
Rappelons-nous les aveuglements d'orgueil
si souvent surpris chez les autres... Craignons
noire appréciation sur nous-mêmes, si elle ne
nous fait pas bien petits, car bien petits nous
sommes et bien faibles et bien misérables...
Dieu ne juge pas comme les hommes. Ceux
qui nous prennent peut-être pour des saints,
ne savent pas quelles ont été nos ingratitudes
et nos fautes, quelles sont encore nos déplorables misères... Ah! pour nous mettre et
nous tenir à notre vraie place, que notre
humilité a besoin d'être lumineuse, de pénétrer notre intelligence, de lui montrer sans
cesse notre néant, notre impuissance, nos
torts; en un mot, qu'elle a besoin d'être une
vraie vertu
1

facile, en effet, de prendre le
change, de s'égarer, et d'aboutir à la tiédeur ;
on se compose des devoirs selon ses idées
propres, puis une vie selon ses goûts ; on fait
saint ce que l'on aime; on s'aventure dans
des dangers que le devoir n'impose pas; on
excuse ses fautes et on les continue; on ne
sent pas le besoin de la prière; on vit pour
soi et sans remords
la tiédeur règne et dé-

20

II

est si

:

moralise...

Ah!

si

c

l'humilité avait été active, toutes ces

décadences auraient été signalées et arrêtées,
car elle donne Tinstinct du bien et )e sens
Ahl du moins, si, à cette heure,
du vrai.
nous étions saisis d'une profonde impression
de défiance envers nous-mêmes, la lumière qui

1%

PREMIÈRE SB1UIN&

nous serait si vive, que npus
nous trouverions placés entre la résolution de
nous vaincre, oulacertitude de résister à la grâce.
3° Rien ne
fausse la conscience comme
l'influence ' d'un orgueil écouté; rien ne la

se répandrait en

maintient droite et décidée comme le sentiment de l'humilité. Sous sa dépendance,
l'âme, se défiant d'elle-même, suit les méthodes
sûres, consulte volontiers, craint les occasions
dangereuses, prie sans cesse, emploie tous les
secours.
Elle peut avoir de grandes vertus
elle ne les regarde pas.
Elle peut être affermie dans la pratique du bien
elle se sent
toute fragile au fond... Ahl que ces vertus ont
rencontré une parfaite gardienne
Sans elle, au contraire, que de chutes, et
quelles chutes! Les racines de l'arbre s'étaient
corrompues, les fondements del'édifices'étaient
effondrés. Survint la tempête des passions, ou
l'effort violent de circonstances difficiles, et
l'arbre fut arraché de la terre de l'Eglise, et
le bel édifice la couvrit de ses ruines... Et Tarbre
n'a pas été replanté, et les ruines ne se sont

:

:

I

pas relevées, tandis que, tout à côté, tels pécheurs, qui se sont vautrés dans la fange, ont
trouvé malgré leurs fautes, et dans ces fautes
mêmes, l'humilité qui sauve. « Prxsumentes de se
et de bona sua virtvte gloriantes, humilias : à
celui qui présume de ses forces et qui s'enorgueillit de sa vertu. Seigneur, vous préparez
Vhumiliation », dit l'Ecriture.
Résolution.

même;

le

seasibia.

porter

Vif sentiment de crainte de moiconstamment comme une plaie

Première Semaine

SEPTIEME MEDITATION
VII«

EXERCICE

Châtiment de Torgueil

Premier point : La stérilité personnelle.
Deuxième point :
L'abandon et l'aversion de Dieu.
Troisième point : La
déchéance et la dégradation.

Préparation pour la veille.
i" L'orgueil tend
à priver Dieu de sa gloire, que dis-je, de son
rôle même. Il se met à sa place sinon intention-

nellement, ce qui serait monstrueux, du moins
pratiquement, ce qui est assez détestable déjà.
Comprendrait-on que Dieu le souffrît! Quels
seraient, parmi nous, les sentiments d'un
maître à l'égard d'un domestique, qui n'en
ferait qu'à sa tête et se croirait tous les droits?

Comment

le

traiterait-il?

punirait, mais

Non seulement

il

le

punirait par où il a péché,
en le faisant paraître vil et misérable dans ses
prétentions.

Toute

À

il

le

a pour but de maintenir l'ordre;
est la. loi de notre condition
présente. Si elle est violée, le désordre s'introduit fatalement en nous, autour de nous, et
2*

or,

I

l'humilité

74

PRIMIBRE SEMAINE

dans nos rapports avec Dieu; de là des erreurs,
des périls, des insuccès, la ruine de la vertu
peut-être et jusqu'à l'impénitence finale.
3° Il est rare que le châtiment se précipite
sur le coupable, il s'avance d'un pas lent mais

Des années se passent sans que rien le
pendant ce temps, l'orgueilleux prend une telle habitude de son faux rôle,
sur.

fasse pressentir, et,

poursuit avec une sorte d'inconscience.
demain cet objet d'une juste
terreur. Que ces craintes ravivées me déterminent à des résolutions viriles! Pour être rassurés, rappelons -nous qu'il ne suffit pas de ne
se point voir orgueilleux, mais qu'il faut se sentir humble
(c'est-à-dire sans valeur et sans
consistance par soi-même).
qu'il le

J'envisagerai

Méditation

Demander la grâce de bien me perPrélude.
suader que la question de l'humilité et de Torgueil
est une question de vie ou de mort.
La

L'orgueil posstérilité personnelle.
propriété fatale, de stériliser en nous
tout ce qu'il touche. L'action la plus belle, s'il
l'inspire, reste vide pourle ciel, comme une fleur
inféconde; et toute la partie du bien qu'il atI.

sède

la

teint de son souffle se flétrit aussitôt. Ainsi, la

dominée par ce vice, ressemble
à ce tonneau des Danaïdes que rien ne remplit.
Notre>Seigneur, parlant des Pharisiens, qui

vie la plus active

i

SEPTIÈME MÉDITATION

jeûnent

et

prient

En

pour

en

75

tirer

honneur,

en vérité^ ils ont reçu leur
récompense. » Pourquoi Dieu récompenserait-il
ce qui n'est point fait pour lui ?
Il le voudrait, d'ailleurs, qu'il ne le pourrait
pas. Tout acte privé d'une intention surnaturelle, au moins virtuelle, ne saurait obtenir le
s'écrie

:

«

vérité,

concours de Dieu dans cet ordre. La

vitalité lui

manque. La grâce n'y étant point entrée, la
gloire ne saurait s'y épanouir. Le Saint-Esprit
ne l'ayant point vivifié, le Ciel ne saurait le consacrera
Représentons-nous la déception de l'orgueilleux à l'instant qui suit la mort

mains vides,

il

:

il

se voit les

entend retentir cette sentence

« Je ne vous connais

pas

:

s'étonne « Est-ce
qu'il n'a point prophétisé? » Est-ce qu'il n'a pas
subi mille fatigues? Est-ce qu'il ne s'est pas
livré jusqu'à la fin aux exercices de la piété et

du

»

;

et

il

1

zèle?...

Oui, il a fait tout cela; il a même réussi dans
certaines œuvres. Mais quel a été le principal
mobile de tout ce mouvement? l'applaudissement, la considération. Il les a, hélas! obtenus
;

La récompense est digne de sa
vanité
« Receperunt mercedem vani vanam.
Leur vertu était vaine; vaine fut leur récomet c'est tout.
:

pense.

»

(Saint Augustin.)

1.
Pour qu'une action soit méritoire il faut qu'elle réu1» action bonne en elle-même
nisse ces trois conditions
2» état de grâce
3» intention surnaturelle (intention virtuelle veut dire intention précédente qui se fait encore sentir, sans être explicite).
:

;

;

PREMIERS SEMAINE

76

Heureux encore

si le ciel lui reste ouvert! Il
à la seule miséricorde et cette miséricorde a été touchée peut-être par quelque petit
acte de vertu, par quelque petite pratique pieuse
dont il ne faisait pas grand cas; peut-être par
la prière de quelque àme bien humble!... Mais
que de trésors de grâces perdus et pour toujours

le doit

;

I

1* Pour
L'abandon et l'aversion de Dieu.
Dieu n'a pas besoin de s'armer du
glaive contre l'orgueilleux ; il suffit qu'il le livre
à lui-même. Iliende plus juste, puisqu'il est présomptueux. Rien de plus fatal, puisqu'il est
II.

le châtier,

faible.

Aveuglé par ses illusions, précipité par ses
entraînements, il va de lui-même aux abîmes.
Le sentiment du danger lui échappe, il a un
bandeau sur les yeux, il ne sent pas le besoin
de demander lumière et secours.
Or, entre le Dieu tout-puissant et l'homme
essentiellement défaillant, règne comme un
Soyez
contrat tacite soyez humble et priez.
à votre place; je serai à la mienne et je vous
:

soutiendrai.

La sanction de ce contrat violé, c'est le délaissement; et cette sanction ne reste pas indéfiniment à l'état de menace.
2® Si l'abandon de Dieu est terrible, que dire
de son aversion? Elle va jusqu'à la haine:
« Très species odivi... pauperem superbum : Trois
choses provoquent ma haine... le pauvre or« Abominatio Domini omnis arro^
guôUieux. »

siptiIhi H^DITÀTION

gans

Le Seigneur a en abomination

:

tout

homme

arrogant. »
Cette haine poursuit l'orgueilleux, et rien ne
peut le soustraire à ses fureurs vengeresses.
« Superbia cordis tut exaltavit te : et si exaltatus
fueris ut aquila, et si inter sidéra posueris nidum
luum, inde detraham te^ dicit Dominus. Ton cœur
a pris son essor d'orgueil; mais c'est en vain que
tu te seras élevé haut comme l'aigle
c'est en
vainque tu auras établi ton nid haut comme les
astres je saurai t'arracher de là, dit le Seigneur, »
Méditons ces paroles pleines d'épouvante,
révélation inattendue de la haine que porte à
ce vice un Cœur connu par sa miséricorde
;

:

I

Haute position, même dans l'Eglise
services éminents rendus, même à la Religion
vertus admirables et trop admirées sans doute...
toutes ces grandes choses peuvent devenir la
matière de l'orgueil, sans être une défense au;

;

près de Dieu
detraham te;
tentats

III.

ment
tit

:

:

«

Je t'arracherai

et

il

l'a fait

même

de

là,

inde

pour de grands po-

Deposuit potentes de sede. »

Déchéance

et dégradation,

— Voyons com-

se traduit l'aversion de Dieu et

où abou-

son abandon.

Saint Paul, parlant des philosophes perdus
par leur orgueil, nous dit : « Tradidit illos in
desideria cordis eorum^ in immunditiam. Dieu
les abandonna aux pires instincts de leur
cœur, et ils devinrent immondes, ut contumeliis
afficiant corpora sua, et l'ignominie alla si loin
qu'elle stigmatisa leurs corps eux-mêmes. »

sic et cor superborum.PHIMIÈRB SKDIAINB 78 Les voilà déchus. mis au rang de la animalis homo ». il faut que toute lacune au contraire rien ne manque laisse passer le mal. « Emus de •' parole révélée. » Il est la source des vices brute. craignons aussi la colère d'un Dieu jaloux de sa gloire. ce spectacle. d'entendre affirmer que l'orgueil est un des signes les plus manifestes de la réprobation? L'orgueilleux. dégradés. Pour en sortir. telle bonne action conçue dans des vues d'amour-propre sera viciée môme avant de naître.. . il n'en est pas un seul que nous ne soyons exposés à nous attirer tôt ou tard. Saintement com. Ainsi. Tremblons. Craignons les progrès insi- dieux de l'orgueil. parole d'expérience.. une fois plongé dans le mal. il faudrait se reconnaître coupable . » Nous étonnerons-nous. songeons que l'orgueil est le principe de cet avilissement. Au bien. après cela. y trouve son tombeau. en considérant la nature si différv^nte du bien et du mal.. nous venons de méditer. et qu'il le contient en puissance : « Initium omnis peccati superbia. — 1° Parmi les châtiments que Réflexion. ce qui cette source corrompue est si répugnant que notre langue se refuse à traduire ici l'image employée par l'Ecriture: aSicut éruc- sort de tant prœcordiafœtantium.. que ce vice lui dérobe. il faudrait appeler la grâce il faudrait s'humilier.. toutes choses dont ce malheureux est incapable.. Or. .

elle peut déposer en nous. Enfin. 2» A ce tableau lamentable. parfaitement accomplie. Il s'en va donc au milieu de l'ombre et du silence. — . par la vaine complaisance. Au lieu. un germe de cor- — ruption. » Et il n'en saurait être autrement « L'humble prie et Dieu l'écoute. » erigens pauperem. elle sera altérée tout à coup par un motif d'orgueil. Au lieu de l'aversion. un tableau consolant Au lieu de la stérilité jusque dans les plus grandes actions.SEPTIÈMK MÉDITATION 79 mencéè. c'est l'élévation: : « De stercore humiles. se faire humble Résolution. Qui ne se sentirait le besoin et le désir de c'est la prédestination : : — . c'est la tendresse Dieu devient une mère. . qui s'en empare. Et exaltavit Enfin. c'est le mérite jusque dans les plus petites. .et c'est Dieu qu'il laisse vivre en lui. » Il peut tout en celui qui le fortifie il vit. quand il faut se montrer. toutes les fois qu'il le peut à l'ombre du Seigneur. au lieu de la réprobation présagée. oublieux du bien qu'il fait doux envers tout le monde. Respicit in orationem humilium. coûte que . assurée « Humiles salvabit Dominus. I — Je veux me faire humble. coûte. faisons succéder c'est celui que présente le : règne de l'humilité. filial envers Dieu.de la déchéance.

.

RAISONS D'ÊTRE HUMBLE HUMILITÉ. . — 6.

.

comme la santé. Ce vice dans les fondements de la vertu. mais elle prouve déjà que cette raison d'être existe. L'humilité ne résulterait-elle donc pas de la nature même des choses. du plus parfait comme du plus misérable. dans l'équiBt ment libre. et alors être humble ne serait-ce pas simplement être vrai? C'est ce que nous allons reconnaître dans les méditations qui suivent . doit être celle de chacun. C'est un ennemi de la vie entière. en l® tant qu'être déchu.PRÉPARATION A LA DEUXIÈME SEMAINE Voici le besoin d'ôtre humble suffisamment constaté : l'orgueil nous presse lors même qu'il se sent dominé. Les quatre premières établissent la condition de tout homme en tant qu'être créé. tout désordre accuse un mal. . et l'humilité qui en résulte. En cela rien de personnel. si bien établie qu'elle soit. rend ses actes sans mérite. Dieu ayant mis le bien. En effet. la fausse et la maintient précaire . ne manifeste pourtant pas la raison d'être de l'humilité (ses motifs intrinsèques). Cette nécessité. en tant qu'être transformé par la grâce. il attire le châtiet prépare la ruine. Il faut donc se faire humble. il altère profondément les principes de la vie spirituelle.

car c'est celle qui fait les saints. ce semble puisqu'elle n'exige qu'un acte de humilité pourtant très puissante. une goutte d'eau. elles n'atteignent pas cette région de nous-mêmes qui ressent les fortes impressions. même envisagées plus sérieusement. bon sens . pouvaient nous saisir. Pourquoi n'en fait-elle pas un plus grand nombre? Faut-il s'en prendre à la faiblesse humaine? Elle y a déjà sa grande part « Je vois le mieux et je poursuis le pire » mais il est juste d'en accuser aussi le mangue de conviction.84 DÏUXlkME SSMàÎNS C'est l'humilité devant Dieu. Nous ressemblons toujours un peu à ces gens ignorants qui haus^nt les épaules quand un savant leur expose tout ce que renferme. . Ils ne savent pas qu'au fond des chosef 86 cache un monde inconnu. et de laisser quelque doute flotter vaguement sur des révélations qui étonnent. nous devons nous bien prémunir contre la funeste habitude de regarder comme moins certain ce qui n'est point sensible. car elles relèvent de l'observation : nos tendances sont des faits moraux. or. par exemple. car les vérités abstraites ont peu de prise sur la plupart des hommes. : . elles sont si connues! Et puis. les faits ont le privilège de nous fixer et de nous convaincre. Ces vérités traditionnelles ne retiennent pas l'attention. «n face des vérités nouvelles que nous allons méditer. Privés de cette ressource. au contraire. Les méditations précédentes. presque aussi tangibles que des faits matériels . humilité facile.

me voilà bien en face de la vraie mesure du grand et du beau. car cela est sans râleur et ne mérite pas l'estime. c'est reconnaître sa valeur mais sa valeur ne peut être évaluée qu'à l'aide d'une mesure. et en quelque sorte impersonnelles. mais déjà devant les hommes. Là. c'est bien de nous qu'il s'agit et non de tous les autres. par exemple. Là. qui est ici la comparaison avec d'autres. 3<* Estimer un objet. mais qui peut néanmoins s'éclairer vivement à la lumière d'un examen sérieux. succède la considération de nos fautes. A qui me comparerai-je? Ace qui est bas et misérable? Non. point de vérités métaphysiques. de . de ce qui détermine l'estime. dans le lointain du passé. Vaste champ qui recèle assurément des parties obscures. Cette méditation est destinée à compléter l'effet des raisonnements abstraits. humilité qui brise le sentiment exagéré de l'estime personnelle et qui interdit la recherche d'une estime particulière. c'est notre œuvre qui s'étale à nos yeux. et sous les ombres de l'illusion. toutes nos pensées et jusqu'à nos coupables omissions. Cette méditation doit être le fondement de notre humilité. cette humilité qui baisse le front. non plus seulement devant Dieu.PRÉPARATION 85 2" A ces quatre méditations abstraites. l'œuvre de toute notre vie et elle englobe tous nos actes. . de notre humilité à nous. . en face des Saints et en face de Dieu. par la force d'uoe impression sensible. Je dois donc me comparer à ce qui est grand et à ce qui est beau or. . que l'on sait ne point mériter.

à les briser. suivant les occasions. l'humilité qui a deux objets : Dieu et les hommes. l'inclination à un or. En effet. pour ne vous être point strictement personnelles. . Pénétrez-vous donc de ces vérités. n'a pourtant qu'une même essence . en développant cette juste abaissement inclination à l'égard de Dieu. Désormais plus forte. ces méditations la développent en elle-même. Il en est de même de l'habitude de l'humilité. plus habituée à s'abaisser. imprudemment devant per- . et dans une sage mesure. courberont néanmoins votre front si bas. qu'il n'osera se relever sonne. et nous aidera. à modérer nos prétentions. qui. cette disposition nous portera. On sait que toute culture intellectuelle accroît puissance générale à s'instruire. faut-il en conclure qu'ils ne sauraient exercer une influence véritable sur nos rap- hommes. par conséquent ne nous forment pas à l'humilité pra- ports avec les autres qu'ils tique* Nullement. et que les affections de famille disposent le cœur à mieux sentir Dieu. quel que soit l'objet de son la exercice.DKUXI&MB SEMAINB 86 4" De ce que plusieurs motifs d'humilité s'appliquent indistinctement à chacun de nous et ne nous abaissent réellement que devant Dieu. s'il le faut.

que l'on peut comparer h des notes de musique.Denzlème Semaine PREMIÈRE MÉDITATION VIII* BXSRGIGl Le Néant de la Créature Premier point : Le néant de l'être Je ne suis rien. Deuxième point : Le néant de l'acte : Je ne pais rien. Si nous tenions notre être d'une matière quelconque existant en dehors de Dieu. de fugitif. Dieu n'est ni enrichi par le fait qu'il . : — — Préparation pour la veille. si nous aurions une valeur. nous ne sortons pas de son sein fécond. serait et cette j^ourtant appréciable. ou encore si. minime fût-elle. Il n'en est point ainsi : car. valeur. d'un simple vouloir de sa toute-puissance . nous emportions. mais ce quelque chose d'inconsistant. par impossible. étant créés par lui de toutes pièces. nous ne sommes pas des êtres à proprement parler. si nous venons de Dieu. de sa substance la plus imperceptible parcelle. mais d'un acte extérieur. s'échappant d'un instrument sous les doigts de l'artiste.

ni diminué par le que fait nous existons. des formes. elle est plus que cela. il agit. elle est une vertu agissante. si fugitif. son génie peut enfanter des merveilles. être a . Il ne suffit donc pas de philosopher sur toutes ces questions. ce quelque chose. démontrée par la admise par la philosophie la plus rigou- raison. . saisissante jusqu'à nous troubler. tanquam nihilum ante-teyy. ! Entendons-nous bien. . il est libre son intelligence lui donne conscience de tout l'univers. Voilà la vérité certaine.OBUXIBME SEMAINB 88 devient Créateur. reuse. l'humilité n'est pas seulement une conviction." Qu'as-tu qui te distingue ? Qu'as-tu Vue profonde jusqu'à que tu nie l'aies reçu?» iious déconcerter. Et pourtant je suis. en face de Dieu. mais surtout conclusion rigoureuse : — s'impose à l'âme tout entière détermine la volonté. il faut principalement en pouret pressante qui et suivre la pratique. j'ai une sorte d'être cet une étendue. Tout cela n'est-il donc rien? Un être et des actes sont pourtant quelque chose . il déplace la matière et la transforme il veut ou ne veut pas. en résumé : un être qui ne compte pas! Ainsi se trouve mise en lumière cette parole de saint Paul » Quis te discernit ? Quid habes quod non acce^is^'. est si vain. que FEcriture l'appelle « un quasi-néant. car enfin.

je remplis quelques heures courtes et précipitées. lumineuse. des siècles. . — I. qu'elle me pénètre la mon dirige. Dans cette durée. impression — Demander si vive de tout entier et me grâce de concevoir une néant. tu es celle qui : est » Avant la création. pénétrante Je suis Celui qui est.PREMIÈRE MÉDITATION 89 Méditation Prélude. Ma substance de rien. J'ai apparu un jour sur la terre. je n'existais pas même dans l'élément le plus lointain. Notre-Seigneur dit à sainte Catherine de Sienne « Sais^tu^ ma fille. c'est son vide. comme une eau profonde engloutit bientôt la pierre c|ui rida un instant sa surface. cent ans. sans doute. et » Dieu est mot. Il y a mille ans. » dans toute nom qu'il se la plénitude donne Moi. j'étais une simple possibilité qu'un rien eût pu détourner de l'arrivée à l'existence. qui je suis et qui tu : es? Tu seras bien heureuse' si tu le saisi (Si tu le d'une façon sais pratique) n'est pas! l'Être le — qui sum. Puis le silence se refermera sur moi. Des siècles m'y précédèrent. Le néant de l'être : Je ne suis rien. s'y succéderont après moi. je suis le et c'est mon nom : de ce Ego sum néant dans tout : « mea une sorte « Substantia tanquam nihilum.

. le rythme des chants du ciel. vous êtes le Tout. Cetto double vision forme.. tandis que mes multiples misères parviennent à l'obscurcir aux miens. La gloire fait sans cesse resplendir à leurs yeux la vérité de leur néant. la condition des bienheureux apparaît semblable à la mienne. dans la matière de mon corps. sans laisser « ad nihîlum redactus sum et la nescivL » « rien inconnu ô rien inconnu! » répète dans l'extase la bienheureuse Angèle de Foligno. vous êtes l'Etre Si je suis le rien. dans la substance même de mon âme. une vapeur qui disparaître aussitôt « : Vapor est pour ad modicum s'élève Il n'est qu'une poussière vivifiée MementOy homo. ! — I I II. ce qui se verrait en moi. s'évanouit comme comme nuage le aucune trace : : fumée dans les airs. par son contraste. mais leur humilité est ma honte comme ma leçon. dans le ciel. » : « créatrice. Le néant de l'acte actes sont de la même — Nos : Je ne puis rien. mêmes. Cri de profonde vérité.OIUKÈMI SXKAINB 90 Cet être que sistance est la fragilité et riDCon- j*ai. ce serait un néant. les plus dignes de Dieu. de toutes parts soutenu par la puissance parens. » A la clarté de la vérité pure. Si je suis le Néant.. Ecartez un instant cette action nécesmon être disparaît et quoique invisible saire. ô Seigneur. Sous ces clartés d'en haut. point d'appui des sentiments les plus puissants. sommaire de nos dérisoires grandeurs mais aussi. quia pulvis es. nature que notre être. les plus élevés.

est positif. et je sais que Dieu est assez puissant pour respecter ma liberté dans ses : . 1» Je une remue main ou une la la tête.. pour expliquer comment avec cela je demeure libre. je ne la trouve que dans l'adhésion à son influence qui m'y sollicitait. Enfin. et nous ne voyons pas la puissance créatrice qui le soutient. je suis forcé de me dire Je sens que je le suis. dans ces actes.. Dieu agit mille fois plus que moi. je retrouve encore Dieu. Il nous semble que tout notre acte nous appartient. Il ne peut en être autrement. La nature des choses s'y oppose et Dieu. et ma participation. pourquoi je l'ai donnée. Nous agissons.j'aime. au fond de cette adhésion même. je combine affaire. parce que je l'ai prise pouvant la laisser. ^je pense. et qui semble m'appartenir exclusivement..Ehbien! tout ce qui. Conséquence aussi écrasante de mystère. jechoisis. je trouve solution. ne peut pas me donner le pouvoir d'accomplir en dehors de Lui un acte positif ce serait me constituer créateur I. Et si je veux chercher.. qui peut tout. dans cette résolution que je prends de devenir humble. se trouve produit par l'action de Dieu. .PRBMIÈRK MÉDITATION 91 Notre être subsiste. : 2® Là encore. la force qui m'y a conduit. beaucoup plus que par la mienne. qu'éblouissante de vérité! conséquence qui envahit jusqu'au sanctuaire de ma détermination libre. et nous ne voyons pas davantage cette même puissance qui l'anime.

m'éloignant de là me soustrais à son influence. Qu'elle est en ma volonté. je la force à s'égarer. ment .. même les plus est réelles!. et m'accompagne encore au moment où. je ne regarde pas ce qu'il cache je continue à prêter une réalité absolue à tous ces actes contingents. Qu'elle est injuste.. et. et j'y appuie mes prétentions . l'ordre. . mais aussi mystérieux que certain. l'attribution que j'ose me faire du bien qui s'accomplit par moi! Comment croire en moi? Comment me préférer à un autre ? Le simple voile du créé recouvre tout ce néant. Ici le fait seul nous importe. téméraire même la ma mieux confiance affermie!. dous conservons réellele pouvoir de choisir voilà qui est certain. comme ailleurs. 3<» Si je fais le mal. je : finalement. l'action de Dieu.. obéissant à des lois générales d'une sagesse supérieure. •a conciliation relève de la pbiloaopbie> 1. la complaisance que je prends en mes qualités. tout en la remplissant jusqu'à son dernier effet *. Il est bien transparent aussi mais je ne suis pas attentif.DEUZiiMK BSMÀINl 92 conditions essentielles. à s'évanouir Ah Seigneur 1 1 je ne ! me comprends pas I Qu'elle donc vaine et ridicule. il est suffisant néanmoins pour que je me trompe moi-même. Le mal est une défaillance dont je suis responsable Je détourne l'action de Dieu et je l'empêche d'aboutir. : I Dieu ne nous détermine pas. Ce voile est bien léger et mille accidents le soulèvent. acte positif. prête son concours à tout ce qui est..

devant sa misérable petitesse. m'y perdre. et faites surgir .f-REMlÈRfi MÉDITATION §3 ((Seigneur. Contempler souvent rinflni qui m'enveloppe de toutes parts. ce soir. Sérénité parfaite que donne cette vue au vaut-il milieu des succès comme des revers Haute donc la peine de tant s'émouvoir sagesse qui place les choses sous leur vrai jour et dans leur exacte proportion Grandes ombres du néant. confuse de son passé d'orgueil. ouvrez ses yeux. y laisser tout orgueil. Déterminer un moment. qui font ressortir l'éclat de Disposition admirable à l'Etre qui est tout la contemplation I — : 1 I ! — — — — — Résolution. et un autre moment. pour y penser à genoux en savourant ces belles paroles « Mon Dieu et mon : tout I » .rapparition de votre Infini. ce matin. vous qui voyez!» que devezvous penser de cet aveugle? Ayez pitié de lui.

elle ne fait jamais partie de ma substance. qui précède projette toute sa lumière sur la méditation de demain. si la vie naturelle.* EXERGIGB Nécessité de la grâce actuelle — Deuxième point — Troitième point: Premier point : Sa nécessité en général. Nécessité de la grâce concomitante. dans Tordre de la nature. a besoin. s'en douter. je ne suis rien. que dire de la dépendance où nous réduit l'exercice d'une fie surnaturelle dont tous les actes participent *u divin? 2® ^ns Le croirait-on? beaucoup de chrétiens. elle reste un vêtement divin. : — 1» La méditation Préparation pour la veille. que suis-je donc dans Tordre de la grâce? La grâce ne m'est point due m'étant donnée.Denzlème Semaine DEUXIEME MEDITATION 11. D'autre part. Nécessité de la grâce prévenante. avec ses actes moindres. tant me voir dépouillé. du concours de Dieu. professent sur Taction de la . pour tous ses mouvements. Si. dont je puis à chaque ins.

La grâce actuelle lui est — . du moins. la grâce n'est le croient. comme ils plément de force. et tiques. aimer. mais plus consolante. nous ne manquerons pas de considérer que là. Dans l'ordre surnaturel. Là encore. il cependant de est Non. Demander la grâce d'éprouver de mon néant une impression plus vive encore. qu'elle nous suit dans l'éternité même. notre dépendance tient à notre grandeur notre vie surnaturelle reste par essence une vie dépendante. voisine de l'unité : ! 1 Méditation — Prélude. 3» En sondant notre néant et notre situation à ce nouveau point de vue. L Nécessité de la gfàce actuelle en général. parce qu'elle participe à la vie même de Dieu. l'incapacité de l'homme est absolue.OSUXIEMS MEDITATION 95 grâce actuelle des idées matériellement héréLeur erreur n'est que de l'ignorance. Dieu demeure le principe de tous nos actes. chanter par nous dans une 'ndicible union. pas seulement. elle est de tout acte surnaturel. Cette condition est tellement la nôtre. la bonne foi les excuse . voilà un dogme de foi. et que Dieu seul peut l'exercer. leur devoir de s'instruire. Oh dépendance délicieuse: c'est Dieu qui se fera adorer. un com- principe premier de ceux-là mêmes qu'une longue habitude ou un attrait personnel le nous rendent extrêmement faciles .

Choisissons comme sujet de nos observations un parfait chrétien.. . Le voilà. « L'œil le mieux conformé.. sans le secours de la lumière. II. un prêtre. il n'est pas en état. sans le Saint-Esprit. portée. au fond. Ses mérites ont procuré à sa grâce sanctifiante des accroissements merveilleux. comme pour la plus difficile. prenons position sur un point élevé. » est. Ses vertus ont parfaitement assujetti sa nature. un religieux. Le voilà plein de mérites. Pour y parvenir. Eh bien! sans une grâce actuelle immédiate. mais peut-être n'en mesurons-nous pas toute la : . physique une — Pre- comparaison .. tout saint qu'il de prononcer méritoirem. Il a gardé l'innocence de son baptême. Sa ferveur met en activité toutes les ressources de son amour. capable de tous les héroïsmes.ent le nom de si court cependant. il a servi Dieu avec une fidélité constante.96 DEUXIÈME SEMAINE indispensable pour l'œuvre la plus simple.icessité nons dans de l'ordre la grâce prévenante. ^. sans le secours divin de Féternelle lumière de la grâce. « Nul ne peut dire méritoirement : iésus. qui domine l'ensemble. » Voilà une vérité dont nous avons entendu souvent l'expression elle est passée à l'état de formule acceptée l'Eglise en a fait un article de foi nous la croyons fermement. L'homme le plus saint ne peut bien agir. dit saint Augustin. Jésus. ne peut rien voir. de vertus et de ferveur..

: . tel l'effet. ici l'intensité de l'acte ne sauraient dépasser la force de l'impul30 — reçue..DEUXIÈME MÉDITATION 97 féconde en déductions. en s'y associant. et vous trouverez la grâce prérenante. cherchez encore. ce réveil de l'activité. 2® Et dans ce vouloir... tu n'es pas plus capable qu'une harpe quelconque d'exécuter l'accord le plus élémentaire. pour les produire.. nous coopérons. tu resteras muette. nous faisons nôtre ce mouve- sion UMILIli. Ame parfaite d'un saint. elle aura constamment besoin de la main du harpiste. l** Elle était inerte et silencieuse lui est donnée: elle vibre. nous nous prêtons.. et c'est plus Dieu que moi qui veut avec moi.. le désir. — 7. . commence un acte surnaturel.. par lequel l'acte a été déterminé. : — toi aussi ! La corde de la harpe pincée par l'artiste L'âme du juste. provoentre en vibration. Voici une harpe absolument juste on peut dire qu'elle contient à l'infini des mélodies latentes et cependant. L'âme. Où est notre part?. n'y apporte et n'y ajoute rien. comme la harpe. Tel le mouvement.. sans destituer de son rôle la liberté humaine Je veux. . te voilà.. laissée à toi-même. Harpe du plus grand maître. quée par la grâce.. Tu es inerte. C'est elle qui a offert la pensée. et vous trouverez la grâce actuelle le remplissant mystérieusement. c'est elle qui a provoqué le vouloir... instrument docile de ses plus belles inspirations. Là l'intensité du son. l'impulsion — Remontez à l'ori- gine d'un acte surnaturel..

DlUXliMS SKMAINt 98 ment Dieu ~ Allons au fond. « Deus est qui operatur in nobis j'ai fait 9t vêUe et pcrficere. et Oui. ma formule se continue. et jusqu'à ce par quoi je l'ai fait librement. en toute justice. Considérons un côté sous lequel notre impuissance paraît plus complète que celle de la harpe. fait — m. si minime Saint Paul ne dit-il pas a Non pas soit-elle moi seul. Mis en mouvement.. mais la grâce de Dieu arec moi. mais — . si cette grâce ne continue avec elle son action sous le nom de grâce concomitante. Quoi donc rien que je puisse m'attribuer en propre/ Rien. c'est de Dieu que j'ai reçu mêmb ce que librement. l'âme s'arrêtera aussitôt dans son acte surnaturel.. pas même un vouloir. mais cette part est de condition qu'elle ne peut nous enorgueillir. Non. ma part.. — sans quoi l'Apôtre n'aurait point discernit? dit : « Quis te Qui peut te distinguer des autres ?» Oui. reça. Mue par la grâce. par des efforts naturels de raison et de volonté?. c'est contraire à la foi ! ! pas même le pouvoir de mériter ce désir. Mais du moins laissez-moi une part. un simple désir. cette prétention est contraire à la foi. » Quoi 1 : ! donc j'y ai telle dans cet acte surnaturel. parexemple mes lèvres vont en achever la formule si la grâce s'arrête. Nécessité de /a grâce concomitante. l'instrument prolonge ses vibrations.. Non. c>st un rien àont quelque chose. J'ai commencé un acte d'amour. » S'il est vrai que je suis un . je suis là. et de le conquérir. : reste vide.

synonymes de « grande importance » la nécessité de Vhumilité participe à la nécessité de la grâce. nous. Représentons-nous ce souverain Seigneur. — Sa nécessité n'est Réflexions et affections. . et elle est de même rigueur.DKUXIÈSIS MÉDITATION rigoureusement vrai que je néant dans son activité dans son fond ^ être créé.savons et nos raisons de croire sont certaines. En revanche. Tant que la création restera un mystère. les mains pleines de grâce. ie mystère s'étendra naturellement sur ses conséquences. — Grandeur de l'humilité pressentie. Il n'aurait pas 2e droit de nous permettre un : : atome d'orgueil. just« et et regf\r-« 1. : . Avant de comprendre le comment de l'action de Dieu dans ses créatures. Voir le comment n'est pas nécessaire : où nous ne voyons pas. pour concilier la liberté de l'homme avec le rôle obligé de Dieu notre dépendance et notre fragilité ressortent finalement de tous les systèmes. — Manifestation de sa place elle se trouve à la hase de tout acte et de toute vertu. sentir orgueilleux. car il a le devoir de maintenir Tordre absolu des choses. la véi'ité de la création les revêt de sa propre oertitude. : pas une de ces nécessités morales. il faudrait comprendre le comment de l'acte premier qui les a produites. cela nous suffit. reste un comme 99 il est être portant le — Etonnementde nous — Vue pénétrante du mensonge etde Tinjustice de cette disposition. Il n'entre point dans l'objet de cette Probation de dis* cuter les opinions émises par les théologiens. Toute cette doctrine se résume dans une formule aussi exacte que saisissante Dieu a le devoir d'exiger de nous l'humilité.

.OEUXIÈMB SEMAINK 100 dant attentivement où il les placera. gardons-en du moins une impression profonde qui sera modératrice. à l'Église surtout. Me rendre aujourd'hui cette pensée familière. : : : Résolution. Rien de il peut se détourner plus libre que son choix de moi !.. Et si. meures devant les hommes. mais parfois aussi dans le secret de nos dec'est l'attitude qui convient. Dieu en moi — Contempler action incessante de — la sentir en quelque sorte. » Devant Lui. pas même un acte grand sujet de comme d'humilité. Il résiste aux orgueilleux et donne sa grâce aux humbles. — N'avoir 1 rien sans Dieu.. Comprenons ce mot n Deas superbis resistit!. Humilibus autem dat gratiam. nous devons souvent nous en départir. : Joie . faisons-nous bien petits. restons bien soumis et bien dépendants. Aimons à nous prosterner dans l'adoration..

nous ne résisterions pas à certaines tentations. nous ne pourrions sans elles nous relever. Nous aborderons demain un sujet redoutable pour la raison. Nous verrons que.— Trothicn. sième point : Rôle sauveur de Thumilité. mais décisif pour l'humilité. la simple persévérance dans la vie pieuse dépend absolument de leur secours. ne vous fiez pas à moi! Retenez-moi et gardez-moi. cette prière «0 mon Dieu. chaque matin. Bien plus.Deuxième Semaine TROISIÈME MÉDITATION X* KXfiRGICE La nécessité de grâces spéciales Premier point :Leur nécessité pour la persévérance dans le Deuxième point : AppUcsLiion» particulières. Et ce n'est pas moi seul. le plus saint des sur la terre y est assujetti crier cette même misère. pauvre être imparfait. sans des grâces spéciales qui ne nous sont dues à aucun titre. comme un saint Philippe de Néri qui redisait en gémissant. il doit Ah! si je la ressentais. : comme hommes moi. car sans vous il n*est pas de faute que je ne sois : . et que si nous venions à succomber. — — Préparation pour la veille. qui subis cette dure condition.

Nécessité de grâces spéciales pour la perséL'homme est assuré de vérance dans le bien. Si qui» dixerit juêtificatunt.. qui jettent aux pieds de Dieu brisé et soumis. cette crainte.. l'aurait peut-être laissé dé1 faillir.OIUXIKMB SKMAINI 102 capable de commettre avant ce soir » Or. . Il y faut un secours spécial. désir de sonder à fond cette besoin de Dieu. » Pesons bien chaque mot. et qui n'est rigoureusement dû à personne. i* Il s'agit de l'homme en état de grâce: : 1. Ce secours consiste dans l'intensité ou lopportunité de la grâce elle-même condition lamentable introduite par notre déchéance — : originelle l « L'homme Ecoutons le Concile de Trente en état de grâce ne peut persévérer en cet état sans un secours spécial de Dieu*. profoades impressions de crainte. — vif sentiment du Impression de crainte. mnathema tit (CoM. même chez lui.. po«M. 6 oan. leit. — Méditation — Demander la grâce de ressentir ces Prélude. un acte d'orgueil. mais il ne l'est pas d'y correspondre. I. sine speciali auxilio Dei. était absolument fondée.. recevoir toutes les grâces dont il a besoin. le dessa'-issant des grâces spéciales. importante et dure vérité. 12). par exemple. juttitia persevertwe Trid. in accepta.

Méditons ces conclusions théologiques 1* Pour persévérer durant un temps assez considérable. car. si je le veux de toutes mes forces? —Non. 40 Le choix favorable mort l'est toujours. Il s'agit de tout homme. mais simplement d*j 2° — persévérer. cial. à un momeQt .TROISliME MÉDITATION i03 c'est-à-dire de l'homme possédant la vie surnaturelle . sans un secours spévolonté pourrait nous manquer. il faut une grâce spéciale. de l'homme ayant droit aux grâces ordi- naires. Applications.. 1 Q Pieu. et garder ce que j'ai. 2° Pour persévérer en face de grands dangers. Quoil un saint n'aurait pas du moins un droit rigoureux à ces grâces ? Nullement. ae surviendra-t-il pas. a» 11 s'agit. il dit: impossibilité « non posse ». Ne semble-t-il pas faut pour atteindre qu'il ait tout ce le but? — Il ne l'a qu'il lui pas.. 3» La brièveté de la vifl spécial . cette : ^ — II. 4» Il s'agit d'une véritable impossibilité de fait. non pas de se perfectionner. Ne puis-je donc rester ce que je suis. grande difficulté. est souvent un don du moment de notre Dieu j'ai peut-être devant moi des années d'existence. fût-il un saint. il faut une grâce du même genre : . Je me perdrai si je n'obtiens pas votre grâce spéciale. de s'élever dans cet état. Le saint Concile ne dit pas difficulté. vu sa fragilité.

Nous tenir devant lui prosternés dans l'attitude de la dépendance absolue.. Je ne puis compter sur moi. sans une grâce spéciale. Suis-je donc en face d'un problème insoluble? Non. ils vont constituer tout un ordre de miIII. je perds la vie de l'âme. . je ne saurais même m'y disposer complètement et prier assez pour l'obtenir. Si. comme une mère... si I . être surpris parla mort. Je ne puis rien exiger de la justice divine. et. dans la vieillesse. Dieu je peux être infidèle dans l'âge mûr... les engagements qu'elle prend sont sacrés . tout est mis à ma portée. grâce..oi qui me constitue capable de la reprendre .. . Ma condition m'apparaît désolante. je jette de tous côtés des regards anxieux.. à mon dernier jour je puis pécher gravement.. Redouter comme une insigne audace l'attitude de l'orgueil. Sentir vivement ce que c'est que d'être ainsi à la merci de Dieu. je ne puis rien faire qui mérite absolument que Dieu me la rende. Elle fait entendre à mon abattement les promesses les plus inespérées : pardon.. Elle se penche vers mon indignité et la considère avec tendresse.. secours. Or.DEUXliMS 8BMAIRB 104 imprévu..... je n'ai rien en ro. le . agité. cœur abattu. tombant dans le péché mortel. quelque grave danger? J'y succomberai je n'ai pas alors votre grâce spéciale. car la miséricorde le résout. C'est le péché qui me l'a faite. — L'esprit Le rôle sauveur de l'humilité. amour même. sans une grâce spéciale 1.

sous le règne de la miséricorde. de notre vouloir. : il miséricorde. Je comprends maintenant pourquoi les Saints attribuent à Thumilitéle don de lapersévérance. !• Si je suis humble.405 TROISIÈME MÉDITATION séricorde. Si régime de la justice a ses lois. dis- tinguer parmi les volontés de Dieu. il me donne sa grâce. aussi formel que le serait l'ordre de la justice. qui . je le reçois infailliblement de sa ma misère. si je prie. et Dieu. si je me tiens en tout comme impuissant par moi-même. la condition c'est le droit . si je ne Lui doispoint rigoureusement certains degrés de soumission. il me protège. celui de la miséricorde a les siennes. accomplit la sienne malgré m'aime. est la soumission Oserai-je universelle.. je reste dans l'ordre.sije me garde de mépriser les autres. La misère est un abaissement comme l'humilité. Si je me fais humble. en tenant ses engagements. Ce que je ne saurais exiger de sa justice. c'est l'humilité. l'humilité. Mais. et ces lois résultent de leur condition même. ou les circonstances douloureuses?. j'accomplis ma loi .. Dieu ne me doit pas non plus certaines grâces de préservation — I . et repousser celles qui n'obligent pas sous peine de péché? Murmurerai-je devant les devoirs difficiles. Miséricorde et humilité sont des termes corrélatifs. Mais la misère résulte de notre condition. Sous le règne de la justice. C'est ici qu'il faut redoubler d'attention. La miséricorde aime la seule misère qui s'humilie et elle la sauve. la le condition.

aujourd'hui. à Marie! Quel accent de foi ne mettrai-je pas dans cette formule toute-puissante « Nous vous le demandons par Jésus-Christ Notre-Seigneur l » La grâce que j'implore à cette heure. à tous ceux qui peuventintercéder pour moi. ni mériter entièrement. . plus je sentirai le besoin de prier. Par elle. c'est celle de devenir humble Je réclamerai sans cesse. Plus je sentirai le poids de ces écrasantes vérités. toujours. et pour l'obtenir. j'emploierai les abaissements de la Chananéenne: je veux être humble.. car je veux me sauver! 1 la Résolution. aux saints. j'obtiendrai ce que je ne saurais^avoir de moi-même. aux anges. Crainte néanmoins.. — Me je suis. grâce : : des grâces. les mains jointes. jusqu'à la mort. toute détrempée de confiance en Dieu. voir à la merci de Dieu. » Comme je m'adresserai. tel que demain. De quel cœur ne répéterai-je pas ce cri de la liturgie sacrée : ^c Deus. notre Père.OIUXIÈMI SSMAINI 106 2« Le rôle de la prière se montre ici dans toute sa clarté. in adjutorium meum intende! « De quel tressaillement ne serai-je pas « Et ne nos inducas in saisi quand je redirai tentationem /.

viendra s'ajouter à l'impression ressentie dans la troublante méditation d'hier. qoq . un grand jour sur notre situation infiniment précaire. Ains\.QUATRIÈME MÉDITATION XI* KLMaCI Notre Condition iV««»«r f9imt p»int : : Lk Mture de noire liberté. et la redoutable puissance des causes demain sera ennemies qui En jetant travaillent à la renvei"ser. par rapport au bien et au mal. ces considérations nous fer\>ut toir. (|ue je ferai dans attention le but. La méditation de le développement de la précédente et eu quelque sorte sa démonstration. fa conriction raisonnée aujourtrhui. d'une façon plus sai-^issante. — - Z>ntxtV*t« TrM>tstèm9 jr«i»t : le — Prépuntion pour ta yei7/o. nous montiera Textréme fragilité des ressources personnelles qui soutiennent noti-e Tertu. J'appliquerai toute mon à cette recherche. la nécessité d'un secours spécial. Une analyse de notre condition. Nos m&UTftis penchants.

doivent être suivies sans contention et sans curiosité vaine . mon Dieu. à plus forte raison. : !• ^> Méditation — Prélude. L'œil qui veut imprudemment scruter la majesté divine. est-ce ionc si redoutable à celui qui se confie en vous? mon Dieu. » — I.. toujours plus immensément. est-ce donc si triste pour celui qui vous aime? mon Dieu. mais d'en développer la lumière. de tout temps proposées par l'Eglise. demander la grâce de voir avec plus de clarté les circonstances qui rendent nécessaire une intervention spéciale de la miséricorde. à l'aide duquel nous faisons notre éternité heureuse ou malheureuse la liberté ! : . sera aveuglé par l'éclat de sa gloire. cette miséricorde me reste ouverte. La nature de notre liberté. Afin d'ajouter la conviction à l'impression.. votre miséricorde m'apparaît s'étendant plus loin. tant qu'il reste à ma voix la force de lui crier Pitié ô mon Père l loin. tant que je me tiens devant elle avec la conviction de mes infirmités. Ces considérations. sans exigence déplacée : « Scrutator majestatis opprimefur a gloria. vous devoir son salut. Considérons d'abord la nature de ce frêle instrument. ma misère a beau s'étendre sans limites à mes regards.108 OinXliMS SEUAINB point d'appuyer une vérité de foi sur des raisonnements. sentir son impuissance totale. Or.

ils demeurent une influence latente qui travaille sourdement. ma liberté demeure essentiellement défectible. Nos penchants vont plutôt vers le m9^ : . réservezlui vos inépuisables pardons mon Dieu vous parler ainsi. s'arrêter aux motifs favorables. ! 1 — II. ils ne sont pas moins redoutables. je l'assujettis à votre domination. Un simple manque d'équilibre les constitue. — bien gouverner. ils vivent au fond de nous. si elle s'attarde par faiblesse sous des influences contraires. Nos mauvais penchants. nos penchants tiennent le premier rang. Et si elle est imprudente dans ce choix. Favorisés. Parmi ces influences funestes qui détournent notre liberté vers le mal. elle hésite et varie bien souvent par les impressions diverses qui se succèdent elle dépend si profondément des motifs qui la frappent. Dieu avec quel bonheur je vous remets ma liberté.QUATRIEME MÉDITATION Je le i09 sens. après toute une vie de fidélité. Se mettre sous de bonnes impressions.. gouI 1 au besoin. tel est son principal moyen de se Elle esf agitée . je la confie à votre miséricorde Prenez-la. Ils se dissimulent sous mille apparences de bien. ils commandent en maîtres combattus. car leur réveil souvent nous trouve confiants en nous-mêmes et par conséquent désarmés. et. et. n'est-ce pas commencer à être humble? vernez-la. s'ils sommeillent. Or. . la voilà entraînée au mal. Bon gré mal gré. soutenez-la. Ils sont inhérents à notre être..

que d'habitudes fâcheuses. il n'y a plus de réputation à ménager et plus d'inconvénients à craindre. ces penchants existent en puissance. s'ils n'étaient point contenus. Oui. quelle tyrannie! La liberté se trouve alors asservie et désemparée. or.HO DtUXiÈMB SKMAIN8 l'Eglise l'enseigne. Elle serait exactement ce que la feraient nos penchants. hélas A ! nous-mêmes. le péché originel l'explique. Cette tendance égarée agit sur la liberté par par l'attrait. l'horreur du mal ne lui offre plus ses répulsions instincles mauvais penchants grossis l'entraînent comme un torrent. Texpérience le montre. et ils l'illusion et : sont. il confond le bien en lui-même avec son bien à lui et c'est souvent ce dernier qu'il préfère. formées par de nombreuses défaites I . Or. Demandons-nous jusqu'où iraient alors nos excès et ce que serait notre vie. despotiques peut- tives. être.. encore. Quel sujet d'épouvante. cette force native. il veut le bien. voulant jouir. quand on regarde au fond de soi-même! Pour y projeter une plus vive lumière. Les sophistes seuls peuvent dire que l'homme au fond veut toujours le bien. formons l'étrange supposition que voici il n'y a plus d'enfer à redouter ni de Dieu à aimer. En pratique. et jouir immé. mais d'une façon indéterminée. il se laisse tromper par l'apparence. Là. quand il place son bien uniquement dans la jouissance. et la conscience des faiblesses passées lui ôte tout courage . si l'habitude vient ajou- ter la sienne... diatement....

. ne peuvent-ils pas réunir leurs forces. nous aliénant le cœur de Dieu. savent quelle est la puissance du démon. et nement. Le dit par le et le Sauveur.. L'esprit du monde nous amollit . même durant la série de leurs ! fautes. devant cette persuasion sans raisonles raisonnements succombent. Rien n'agit aussi fortement sur l'homme que la conduite des autres hommes. nous ne pouvons pas quitter le monde nous ne pouvons pas nous tenir à l'écart du le faire . tous . nous livre seul à de tels adversaires? . démon. pour entraîner notre imprévoyante liberté ? Que deviendrons-nous si notre orgueil. maunous enveloppe comme l'atmosphère. monde — démon.QUATRIÈME MÉDITATION Qui arrachera à la mort dll cette victime? La seule miséricorde de Dieu Qui portera la miséricorde à s'exercer? L'humilité I On a vu des personnes. et quelle est son activité. Ce que tout le monde fait. Mais son influence n'est-elle pas plus fatale sur ceux qui ne la remarquent pas? Or. et la miséricorde ne les a point repoussées. — se jeter dans Vhumilité comme dans un lieu de refuge. qui ne sont pas comme nous des esprits forts. Complices de nos penchants. on admet instinctivement qu'on peut in. Le monde. Les Saints. et nous pénètre de ses poisons comme les épidémies de leurs ferments. la ruse du démon épie le moment favorable.

j'y veux entrer et n'en plus . ou laissera-t-il se pro- les écartera-t-il?. suffisant en luimême. il mesure le degré de résistance que nous pouvons leur opposer. Oui. si je me cache dans le sein de votre miléricorde. serait rendu impuissant par nos propres défaillances. c'est l'efTet d'une grâce qui ne nous est point due. Avant de vous décider à envoyer un secours spécial. C'est le secret de sa libre détermination. La voyez-vous humble et soumise.. où Tàme s'abandonne. vous étendez la main. quoique librement. et il sait que.. ô Père.... Vous prévoyez ces jours de désœuvrements énervés. qui détendentles ressorts de la volonté.. notre dépendance! mon Dieu vous connaissez le concours de tous les événements. les duire.. vous jetez les yeux sur les dispositions de cette âme en danger. Vous constatez ces relâchements successifs. n'ai . je n'ai point peur de vous je peur que de moi ... Ces cas désespérants. vous détournez votre visage.DEUXIÈME SEMAINE 112 — IV. La voyez-vous raidie par l'orgueil. Qu'elle est donc écrasante. et elle est per! due I Dieu. ce degré.... et elle est sauvée I. dans tels et tels cas. ou permeltra-t-il notre chute?.. Une fois la lutte engagée. Dieu les connaît toutes et jusqu'aux plus redoutables. viendra-t-il à notre secours. et je n'aurai point peur de moi. Les circonstances. Il est des circonstances où nous succomberions certainement. Mais s'il éloigne le danger ou s'il fortifie la résistance..

et sans cesse sur bonheur Je dépends de vous. ô Père. tous les sortir. indulgent pour les autres. quel 1 — Prendre en pitié ma vaine assuRésolution. qui d'ailleurs ne m'appartient pas. ! — avançons — ! Dieu. comme vous l'êtes pour moi. ô Dieu.. vous ne me faites sentir vive- ment monimpuissance que pour m'amener dans — Entre vos bras. HUMILITÉ. Jésus.^e les accepterai. et jusqu'aux humiliations les plus profondes. comme l'action réunie de votre justice et de votre miséricorde. Vivant de Lui. à vous laisser la louange du bien. venez dans mon néant. tous les dédains. Dieu.. rance. oublis. . ne m'avez-vous pas donné votre Fils. et je me presse plus étroitement sur votre poitrine adorée! vos bras. toutes les déceptions. Vivons ensemble. comme l'agent providentiel de ma réhabilitation présente et de ma grandeur future. à ne réclamer aucune estime d'excellence quelconque. je suis sûr de Vous. animezEnsemble aimons et le. supplier Dieu de dissiper mon aveuglement. remplissez-le. J'en étudierai faisantes j'y .QUATRIÈME MÉDITATION 113 avec amour les lois bienapprendrai à me faire doux. Jésus Avec Lui. je suis sûr de moi. l'abîme. ôPère. Toutes les peines de ma pauvre vie. — 8.. ô Père..

Il y a.. mais il vit. Tout y apparaît si délicat. ment prière tout ce qui lui manque. qu'il ne peut résister à tant de causes de destruction. celui de mision qui résulte séricorde. Pas une âme qui ne puisse obtenir par la 1. qui. si compliqué. que l'on craint à chaque instant de voir un tel organisme victime du plus léger accident. et qui prend ici un nom plus rassurant encore. s'appelle la Providence. et celui de se relever. a coutume de produire cet effet. de fait. si fragile. cette merveilleuse action. vie même de la plante. on a l'expérience. par exemple. L'analyse des lois qui le régissent reste menaçante.. mais la réalité des faits modère nos alarmes. mais il dure. Il semblerait que notre être n'est pas viable. n'ait largele pouvoir d'éviter tout péché mortel.ÉCLAIRCISSEMENTS Sur les deux méditations qui préoèdent Un étonnemenl mêlé de frayeur est l'impres- presque inévitablement de l'analyse de toute vie. toujours en jeu pour remédier à tout. 2. vie de l'âme. Pas un chrétien qui. pour réagir. on a mieux que l'analyse. La lecture des livres de médecine. vie du corps. Ainsi en est-il dans l'ordre surnaturel. dans l'Univers. et pas une qui . Heureusement. s'il pèche.

115 tfCLAIRGISSEMBNTS. de confesser que Dieu a été bon et très bon pour elle.iséricorde. nous seront pourtant donnés infailliblement : et qu'importe pour nous le droit strict à ces secours. parent à ce dernier effet. — Lire les chapitres dans le Traité de V Amour de Dieu où saint François de Sales traite cette question avec sa sûreté de doctrine et sa lucidité (liv. s'ils nous arrivent aussi sûrement par grâce. privée du pouvoir de prier. chap. car nous sommes sous le régime de la m. 7. KTG. vu et suiv. Ce que nous ne pouvons peut-être pas aujourd'hui. Au jour du jugement. Certains secours qui ne nous sont pas dus rigoureusement. il n'y aura pas une exception à cette règle. 5. Nota. soit.) 4. par l'évidence.). et partant. chaque âme sera contrainte. {Gratiœ remote suffi- cientes. si nous usons bien des grâces moindres qui nous pré3. ordinaires . à un seul moment. ne l'oublions pas. nous le pourrons demain. IV. sous celui de Vhumilité.

11 est à nous. il est Tunique chose où Dieu ne soit pas. abordons-la avec courage . et de nous bien juger. côtoyant peut-être nos constatations humiliantes Je ne suis pas le seul Que d'autres soient pécheurs. Ici. Le jugement motivé. Cette terre désolée. nous mettons le pied sur notre territoire propre. au point de vue de notre valeur. — Deuxième point — Préparation pour la veitle.Deuxième Semaine CINQUIEME MEDITATION XII" EXBRCICB Nos fautes Premier point : L'examen de la cause. chacun d'eux en est-il : ! . proposons-nous d'y faire une exploration sérieuse. Trop souvent nous l'avons parcourue d'un œil distrait. car rien n'est autant notre propriété que le péché. Il s'agit de nous bien voir. en sommesnous moins coupables? Qu'une prison soit pleine de crimineis. et à nous seuls. comme une route familière où rien n'étonne. Ne nous laissons point suivre par cette idée.

. nous aurons une très grande facilité à nous défendre de tout mépris pour le prochain. et si nous arrivons à une persuasion raisonnée de notre peu de valeur personnelle. Je ne partirai pas de l'idée préconçue qu'il faut. il trouverait encore ces trois grandes choses qui l'accuseraient. Je veux me juger comme vous me jugez vous-même. quel est notre rang parmi les pécheurs? Nous l'ignorerons jusqu'au dernier jour. d'ailleurs. Et. qui déterminent les degrés de culpabilité. de son idéal.CINQUIÈME MÉDITATION 117 moins méprisable? L'homme est en face de Dieu seul « Tibi soH peccavi. si nous nous sentons bien bas devant Dieu et devant notre conscience. de sa conscience. ni la grandeur apparente des fautes. sans égard pour des fautes semblables commises par d'autres hommes. ici. vous m'aiderez à me connaître dans la vérité Vous me garderez de l'illusion qui voilerait la gravité de mes torts. » Ne fût-i^ qu'en face de lui-même. se croire d'avance vil et misérable j'étudierai la cause froidement^ : I . et de l'exagération qui n'établirait rien de solide. de sa dignité. de toute arrogance et de toute susceptibilité. de par notre œuvre. mon Dieu. pour être humble. Ce n'est ni le nombre. Nous envisagerons plus loin quelle attitude devant les autres nous impose l'humilité. Nous aurons également assez de logique pour ne point prétendre à une estime particulière que nous savons ne pas mériter. nous avons uniquement à rechercher quel jugement nous devons porter sur nous-mêmes.

. Au fond.DKUXIÈMd âE^AINK 118 avec d'un esprit indépendant. On fixera son plus humiliants. voyons le vice de l'intention. C'est sorte de confession générale. — : . i"" Les faits. c'est pour nous satisfaire que nous avons péché. «conclure le juste et rien d'autre. les vrais. C'est une revue intime et douloureuse des actes de notre libre arbitre. On pourra faire utilement une addition approximative du nombre de ses fautes.. avec la liberté la rigueur d'une raison qui veut affirmer le vrai. 2® Les motifs. N'ont-elles pas été quelquefois inspirées par le désir et par le besoin. et de s'arrêter à ce qui domine en chacune. ceux que nous n'avouons pas. — Demander la voyance pour reconnaître loyauté pour la juger. Les motifs des fautes sont toujours bas certains sont plus vils. quelquesuns sont abominables. grâce d'une grande clairma vie. renouvelée devant Dieu seul. du moins I. attention sur les péchés les l'imagination ne doit pas en si souffrir. Dans nos bonnes actions elles-mêmes. Il sera bon de partager sa vie en périodes successives. Méditation Prélude. une des fautes graves. et d'une grande — L'examen de la cause.

par le seul fait d'un peu de temps . Or. parfois sans résistance. Le fait. passer par des alternatives continuelles de fautes.. de ferveur même. merveilleusement provoqué. Et nous n'étions pas rable.CINQUiiMI MÉDITATION hélas de 1 paraître sommes? 3° Les grâces. l'histoire de la miséricorde éducation religieuse privilégiée. situation favo: grâces de piété.... étrangement persistante........ quelle confiance méritons-nous? La confiance ne peut s'appuyer que sur l'esprit de conduite et la fermeté d'âme. mais c'est celle de l'humilité « Peccatum meum contra me est seni' per........ est-ce là conduire sa vie ? Succomber pour des riens. Etonnement en face de la Providence de Dieu. si bonne et si persévérante.. Evaluons le nombre de nos absolutions. I — 1® Au point de vue IL Le jugement motivé. Etonnement plus grand encore en face de notre ingratitude.. Notre attitude d'aujourd'hui n'est point précisément celle du repentir. Repentir peut-être longtemps attendu... et de nos rechutes. de repentir et de fautes nouvelles. grâces de préservation. de notre raieur personnelle. — même heureux I....... A meilleurs ilO que nous ne côté de l'histoire de l'in- gratitude. jamais : — . Que serions-nous sans elles?. Si nous n'avions pas compté sur ce pardon facile. » Les fautes sont effacées le^ effets peutêtre. peut-être aurions-nous moins péché.

le mal a le droit d'avoir dignité d'homme? dans les facultés de mon de mon corps. la dignité exige qu'on se tienne à son rang sans déroger. Combien de fois. n'ont-ils pas souvent remplacé. on s'est cru changé et voilà que l'on est retombé!.. l'honneur nous est-il dû? L'honneur s'attache à la dignité.. un principe de dégradation ? Le caprice. 2° Au point de vue de la dignité personnelle.. et cause. est-ce là être maître de soi ? On a voulu pourtant.. été mon maître. Un seul cas de ce genre déshonorerait un homme du monde. n'a pas su parler assez haut. parole . n'ai-je pas avili ma dignité de chrétien. et à quel point. Et la raison... dans les dispositions — ! aussi ? Parole donnée en pleine connaissance de donnée à sa conscience. et qu'on soit fidèle à sa parole sans y fôrfaire. et je n'ai confiance en moi...120 DKUXIÈMS SKMAINB écoulé et du retour offensif de l'habitude. comme mobiles.. qu'il l'a conduite à lui fournir de fallacieuses justifica. la passion. Que vaut notre — volonté? Que de fois ne s'est-on pas dit Mais c'est insensé!. l'orgueil. Quelquefois l'instinct le plus bas a tellement dominé l'intelligence elle-même. qui voyait si juste. peut-être ma En pas vérité. tions.. à son confesseur. l'égoïsme. Or. le noble amour du bien? Et je me croirais digne d'honneur Le violateur de sa parole en est-il digne N'ai-je pas introduit âme. à Dieu même!..

un vrai contraste!.. bonté de Dieu.. me vois travaillant.CINQUIÈME MÉDITATION je ne puis compter tions le 121 nombre de mes défec- 1 Que dire d'une violation de ces promesses passée en habitude.. et à quel honneur puis-je prétendre? 3° Au point de vue de mon idéal. le repentir. Je n'ai de refuge que dans la plus sincère humilité ! . Graduellemenl l'action de Dieu en moi s'est diminuée son image a pâli. à le défaire. l'élévation de mon être.. sa joie s'est éteinte Ah! je n'ai de refuge que dans la confusion. Quel idéal! et à sa place quel état! Grâces rendues vaines. mais sur des bases moins larges.. amoindrissement de tous côtés.. c'était mon histoire possible. efforts refusés. plan restauré avec miséricorde. et accompagnant la marche de la vie entière En vérité. Qu'en ai-je fait? Et que suis-je? Laideur liassesse. finalement défiguré par de perpétuelles défaillances!. et ma destinée s'embellissant de jour en jour... Je vois Dieu travaillant sans cesse à le refaire. L'idéal réalisé eût été la beauté. où en ! suis-je? Mon idéal. I .... l'aveu.. hélas avec non moins et je ! de persévérance... A chaque pardon.. écrite par la si j'étais ma fidèle. c'était la série graduelle des dons qui devaient m'être offerts. C'était personnalité pre- nant de perpétuels accroissements.. n'ai-je pas perdu toute dignité personnelle.

vous reconnaissez les traits visibles. qui étale les haillons de ses déchéances.. fruit divin de votre miséricorde et délices de mon repentir! dans les succès — Résolution. mais déformés. droite et belle. Laisserez-vous son sang dégénérer en moi? N'aurez-vous pas compassion de sa gloire ? Sa gloire? oh qu'elle sera pure et grande. tendre et forte. votre Bien-Aimé. l'Amour Sacré. laissez-moï surtout l'impression vivante de ma bassesse. de Jésus. mais surtout vraiment humble Eloignez de mon avenir toute faute. et. Dans ce pauvre. Vivre aujourd'hui sous celte impression. Dieu de pitié. votre vie et la mienne. d'humiliantes misères. ô Dieu père. afin qu'elle m'accompagne dans mes progrès personnels et de mon zèle. vous vous attendrissez sur le mendiant. dans une humilité profonde.122 OBUXIÈMS BEMÀlNl Dieu magnanime. . je n'en saurais vouloir aucune. si. mais laissez-moi. vous parvenez à faire une créature nouvelle. d'un être misérable. confiante et généreuse. mon désir de réparation. vous ne sauriez frapper celui qui s'humilie le front contre terre. stimulant sans cesse ma reconnaissance. Confusion d'un malheureux traduit devant un tribunal. s'il le ! ! faut. et qui vient d'entendre des témoignages accablants..

Avec les accents sortis du cœur d'un saint. est un acte de l'intelligence. mais le sentiment est peut-être une force plus pénétrante et plus déterminante encore. or. nos retours d'égoïsme. l'expression du sentiment est un acte de la volonté. ici Dans l'acquisition d'une vertu. mais de la développer par Vexpression ardente de sentiments aussi vifs que sincères. la première en date. c'est dans la volonté que se forme et se perfectionne la vertu. . Son expression vibrante émeut l'âme tout entière et la rend plus consciente des moest tifs mêmes qui l'ont établie. c'est-à-dire l'inclination aux actes et la facilitée les accomplir. la conviction certainement la première force.Deuxième Semaine SIXIÈME MÉDITATION xiu* ixsacicx Prière éditée par le pape Urbaia VIII (PLAÇiB AD COMMENCEMENT OU BRÂVrAlM ROMMIf) — Préparation pour la veille. Nous n aurons donc qu'un seul but demain: La conviction nous plonger dans l'humiliation. Il ne s'agit plus d'établir l'humilité par le raisonnement. nous déplorerons nos ingratitudes.

daigne jeter d'abord tes racines dans le fumier de ces misères. mais une vraie douleur. un cœur qui s'attendrisse. nous livrant à Jésus Sauveur. — Demander la grâce de faire passer le repen- dans mes sentiments et mes sanglots tout tir que doit m'inspirer ma vie. préparez-moi pour demain un . déterminez en mon âme cette inclination d'humilité qui seule fait les humbles. mon Dieu. comme une semence divine. ô Dieu père Et plaças quat accepimui I .^lUXIKMB SEMAINK 124 nos rechutes sans fin et aussi. nous déposons devant vos yeux le lourd fardeau de nos fautes. mais je peux avoir de vous les richesses et la beauté de Jésus. Chargés et accablés. un cœur qui du moins s'efforce de sentir Je ne vous demande point de larmes. ô Dieu juste. 1 mon Dieu. mais rélevez-moi par la confiance qui seule fait les vaillants. vie de Jésus. cœur plus vivant. Je n'ai en propre que des fautes etdes misères. ^ Méditation Prélude. avec les élans de la confiance. nous nous jetterons tout entiers dans le sein de la miséricorde. culpas nostras fcrimus. jour tu fleuriras au ciel. un c'est vrai. Ante oculos tuoSy Domine.

iniquitas 1 — .. mes larmes qui les arrosent. Gravius est quod commisimus. de mes regrets. toutes ensemble ne sont rien eu égard à celles que je mérite. levius est quod toleramus. Mon front courbé dans la poussière. je frémis d'indignation contre moi-même. minus est quod patimur. Vita in dolore suspirat^ et opère non se emendat .125 SIXIÈME MÉDITATION que nos péchés ont montrons à vos regards.majus est quod meremur. expérience de tant de grâces reçues. tout vous crie que je reconnais ma faute et que j'accepte le châtiment. celles que l'avenir me réserve.. la pitié que j'implore. nous ne savons pas assez courber le front !. torturés. elles nous font souffrir. ma bouche qui baise vos pieds. je me retrouve aussi lâche !. Oh! voilà qui est inconcevable! Sous l'aiguillon du châtiment. Les peines de ma vie présente. de mes aspirations renouvelées. tu renais quand la douleur passe In flagellis nostris infirmitas nostra leritur et ! non mutatur : vous nous brisez et nous ne sommes pas changés. et sous la ténacité du péché. Si pensamus malum quod fecimus. — Peccadi pœnam sentimus et peccandi pertinaciam non vitamus. Elles nous défigurent. de tant de châtiments subis! Expérience de mes douleurs. nous les mal cicatrisées.. elles noustiennentdans la plus dépendante faiblesse. et les plaies faites. de tant de résolutions prises.. nous voilà meurtris et plus mauvais encore Mens segra torquetur et cervixnon flectitur: tristes. car elles sont et nombreuses. et profondes. et conferimus. malades. tu cèdes à cette vie du mal qui est en moi .

. et nous crions grâce vous pardonnez.. et ! Si ferias.e cier . vous retirez nous sommes parjures clamamus ut parcas..DEUXIÈME SEMAINE 126 notre vie s*en va dans la douleur et le gémissement.. Tu souffres du mal. Si extendas manum. non corrigimur.. mes iDcessantes provocations!. si pepercerisy peccamus ui ferias: vous frappez. par ma faute.. — — ! quod flevimus : vous venez nous châtier. 1 I I . ô mon cœur. Si vous m.. . nous l'avons oublié I. votre patience est longue et. confitentes reos! novimtis quod nisi dimittas. Tu gémis sous tes chaînes.. Seigneur. facienda promittimus : si suspenderis gladium. elle est vaine. Cet aveu le glaive. et nous avouons nos fautes vous vous éloignez. Ah du moins. et nous voilà à provoquer vos coups Habes. je ne me défends pas je suis coupable et je le confesse bien haut. sans trouver le chemin du r'îtour cœur humain. et tu veux en souffrir encore. c'en est fait de nous Confitemur in correctione quod egimus. Vous attendez et nous ne nous corrigeons point.. Seigneur. . ! 1 : soulage il est l'explosion de ma cons\ à la vue de mes interminables rechutes et dt. promissa non solvimus : vous étendez la main et nous promettons tout. et tu les traînes toujours Si expectas. que tu es faible et facile à entraîner que tu es inconstant et facile à changer 1.... tout à l'heure. Si vindicas^non duramus: si vous devenez le Dieu des vengeances. Tu te sens malade et tu ne veux pas sincèrement guérir!. et ce que nous pleurions obliviscimur post visitationem . recte nos perimus.. Domine.

Le chemin du cœur de Dieu vers le pôtre. à nous l'attitude qui convient. puisque vous lui donnez la grâce de prier. pour mettre Jésus à sa place. qui fecisti ex nihilo. nos misères prennent une teinte de sur! — .. Vous mettez dans mon cœur des accents qui vous touchent.. c'est bien pour avoir le droit de pardonner. Dès qu'elles sont touchées des reflets de cette vertu. mais. vous armez ma prière d'un nom qui vous commande vous regardez en moi Celui que vous aimez. C'est elle qui parle. et rien n'est plus juste 1 Prœsta. C'est à travers ses larmes que passe la miséricorde. c'est l'humilité. ni Te nôtre « Le trône de la miséricorde de Dieu. C'est elle qui donne à Dieu son vrai rôle. qui gémit.. étudions l'action de l'humilité. Père tout-puis- néant vous implore. je suis perdu. c'est notre misère». qui touche. sine merito quod rogamus. Dans cette longue litanie de nos misères. Supposons l'orgueil voulant relever la tête.. c'est sur son front courbé que descend le pardon.SÎIliME MEDITATION Itl n'avez pitié. quelle confusion et quel châtiment! L'orgueil ne saurait attendrir ni le cœur de Dieu. C'est elle qui fait disparaître notre triste personnalité. Pater omnipotens. qui te rogarent per Christum Dominum nostrum. et du nôtre vers le sien. cet être fait de . ce Jésus sant. par lequel je prie. disait saint François de Sales. Il n'a aucun mérite à alléguer.

elles se transforment en amour. Dès qu'elles sont touchées par la miséricorde. » un sentiment profond : et « Je chanterai éteimelle- .128 DEUXIÈME SEMAINE naturelle beauté. Résolution doux de meni la : Entretenir bonté de Dieu vos miséricordes.

. on unira en une seule les deux méditations suivantes.Benziéme Semalnd SEPTIEME MEDITATION XIV* EXERGICB En face des Saints — Nota. nos œuvres I HUMIUTi. Ne pas se contenter de cette impression générale. hélas! nos senti- ments. mais faire passer sous nos yeux le détail de leur supériorité : vertus. — Quels effets dois-je rechercher dans la contemplation des vertus des saints? Le vif sentiment de ma petitesse et aussi un stimulant pour ma lâcheté. car l'humilité qui rabaisse les fausses prétentions excite le vrai courage.. du même regard. l" Comme au pied des hautes montagnes ou en face de l'Océan. et en même temps. Tout en parcourant des régions différentes. i . Si l'on tient à ne consacrer que trente jours à cette probation. nous éprouvons devant la vertu des Saints une impression de grandeur qui nous écrase. Préparation pour la veille. considérer nos vertus. elles se réunissent au même terme Timpression vive de notre humiliante mé: diocrité. œuvres. — 0. sentiments.

s'il est ordinaire. Je serai entre vos mains ce limon infime. qui se prête à recevoir quelques traits de votre image. dès lors que l'on prétend à une estime particulière. qui répèle avec « Ne pourrai-je pas donc ce saint Augustin qu'ont pu ceux-ci et ceux-là ? » Les larmes d'une sainte émulation montent aux yeux une émotion presque violente soulève la poitrine. En effet. . ne se sentant point de force à atteindre si haut. c'est dans ce qui est élevé que se trouve la règle du mérite et non point dans ce qui est médiocre. /îommencez par me pétrir d'humilité. : tout en Celui qui est ma force! » L'orgueilleux considère l'insuffisance de ses propres ressources et s'affaisse. mais malléable. et celui de la grandeur d'âme. Thomme qui sait lire fait le fier. l'humble considère en même temps la force divine et s'élance. par exemple. convient-il donc de se comparer aux saints qui sont l'exception? Oui. Tadmirez-vous ? Eh bieni songez à ces sentiments de vaine estime qui vous redressent dans votre milieu. renonce même à en tenter l'entreprise. 2*> Mais. et l'on « Je puis s'écrie. qui. deux sentiments peuvent se faire jour. le regard tourné vers le ciel 3° la : . ô mon Dieu ô mon Père. pour avoir une juste appréciation de notre valeur. de ce qu'on est moins bas qu'un être misérable A ? vue de toute supériorité. vous qui faites les saints. celui de la lâcheté. Y a-t-il lieu de s'enorgueillir.DBDIIÊHK SEMAINI 130 Dans un milieu de basse ignorance.

une sainte Agnès.. telle vue L'Apôtre..8IPTIÈME HÉDITÀTION 131 ^ Méditation — Prélude. : 1 1 ! I 1 . Elle n'a aimé que Jésus. côté d'un Apôtre et quelle humiliation I La Vierge martyre... Il meurt. Ah mon zèle mon courage mon abnégation mes conquêtes divines mes dons personnels! je les regarde avec pitié et la vue de mon orgueil me couvre de confusion I. des peuples tombent à ses geaoux. Demander la grâce de m'élever à une de la beauté morale des Saints. L'amour est allé gran- . et je me complais dans — — .. ne font que le stimuler les verges humiliantes le réjouissent. Des villes. un saint Paul. un saint André. l'Esprit de Dieu le possède et le gouverne. et elle l'a aimé d'une chaste passion. et il s'ensevelit dans l'humilité l'époque et le lieu de son martyre restent souvent ignorés... Et j'accepte des louanges . Son âme est un ciel où la lumière se répand pure et douce. — C'est un saint Pierre. le glaive. que je sente le besoin de me mépriser profondément moi-même. le peu que je — fais î Me mettre à surer avec lui. — C'est une me me- sainte Lucie. Les fatigues. Il ne s'appartient plus. les persécutions.. une sainte Agathe. Les miracles raccompagnent. spn zèle s'étend au monde entier et descend au plus pauvre esclave.. Pas l'ombre d'une pensée fâcheuse..

. à cette paix. quelle honte. jamais !.DIUXliME SKHAINB 132 aux rêves des sens. Imagination. de toutes les nuits.. à cet amour suave.. Il le me donnant toutes les faut peut-être !. Oubli et silence autour de lui !— Le regard de Dieu est le seul astre qui éclaire Prières presque continuelles.. rêves. Mais quelle dérision.. Le Docteur de broise. Sommeil et nourriture mesurés juste assez pour — — — éloigner la mort.. Hilarion.. à côté d'eux. Oh I qu'il m'est facile de me voir petit et de un faire humble 1 — l'Eglise. réparée peut-être. si je le crois même I. C'est un saint Amun saint Augustin. elle incline la tête sous la main du bourreau mourir. un saint un saint Antoine. saint — C'est Pacôme. luttes. tourments. ses voies.. Effrayantes mortifications de tous les jours..... et n*a pas laissé de place : ! 1 1 L'Anachorète.. me saint Thomas. un Suivons-le dans le désert.. si l'on me croit mortifié .. Sa science est si étendue . et dont Dieu se souvientl.. Ah ne soyons pas fiers de notre vertu conservée. essayons d'opposer notre âme et notre vie... un saint Chrysostome. aises de la vie 1. Appartenir à un être mortel. de la vie entière Me 1 voir. mais si imparfaite toujours! dissant. c'est être à Jésus « quam pulchra est cqsta generatio cum claritate 1 » Qu'elle est belle cette noble race dans son éblouissante pureté A cette blancheur.. tout ce passé qui m'échappe. Souriante.

se moulant admirablement dans le cœur de Dieu A genoux. plus chaud.SEPTIÈMB MÉDITATION 133 qu'elle nous confond encore. C'est un saint François d'Assise.. une sainte Thérèse. Pureté. d'une joie inepte.. inconnues. peut-être sans fond et sans mérite. quelle union !. Nous voici à la hiérarchie suprême des âmes.. — Elles auront passé. — L'Ame contemplative.. en voyant mon influence s'étendre à cent pas de distance !. effets merveilleux des faveurs célestes. Quelles ascensions! et de ces hauteurs. une sainte Catherine.. travaillant.. je regarde s'élever cette vision. L'influence qu'il exerce sur son siècle et qu'il exercera jusqu'à la fin des temps. âmes en quelque 1 sorte fondues et liquéfiées. à la lumière de laquelle je me vois grossier et terne.. quels élans Et dans ces étreintes.. quelles vues. lucidité éclatante de toutes leurs facultés intellectuelles . embrasement de toutes leurs facultés alTectives.. témoigne de sa haute valeur. plus duisent-elles ? Quelle Dieu? Mon amourse plus haut. Suis-je de la même nature ? Ah que sont mes oraisons et que proî I mon application à sans cesse plus pur... priant et sou£frant.. rayonnant Les plus est fait-il ? Ames . Et je serais fier de quelque science. les yeux en haut. souverain détachement. intime. d'une science toujours courte et que l'on trouve d'ailleurs dans des milliers de livres !. Et je me réjouirais.. quel amour. Elles faisaient .

— Se la .. Nous en avons connu peut-être les valonsle bien si est répandu. mais d'une autre manière.. ! .DBUZIÈMB SBMAINl 134 paisiblement que nul bruit ne e'en Dieu seul a su les grâces données par leur intercession. nous? — Retenir une de ces vues.. on les croyait heureuses. représenter plusieurs fois durant ce jour. D'autres auront récolté la moisson extérieure qu'elles avaient semée.. Que d'héroïsme dans certaines vies de pauvres femmes aux prises avec les duretés de l'existence On les voyait calmes. Résolution... et elles l'étaient en effet....

quel serait le penchant le plus fâcheux de votre nature ou le genre de !• . suggestif et pénétrant. qui vous suivront dans la vie pratique. et vous mettrez en regard vos lacunes et vos laideurs. anéanti devant Dieu. vous en retirerez des sentiments d'humble confusion. — Evoquer l'infini contempler. Tous nos sens intérieurs ont besoin d'un grand dégagement pour s'ouvrir à ces vues qui n'ont rien de senet le : sible. Ménagez-vous demain un long moment de méditation et beaucoup de tranquillité extérieure.Deuxième Semaine SEPTIÈME MÉDITATION *« XIV» KXERCICB bis En Préparation pour face de Dieu la veille. Nos yeux ont besoin d'une ^attention prolongée pour sonder les mystérieuses splendeurs de l'Etre par excellence. Ce contraste est à la fois facile. dès ce soir. Se sentir abaissé. dispose plus qu'on ne le croit à ne se point prévaloir devant les hommes. ^ Vous considérerez une à une les perfections divines. pour éteindre dans l'éblouissement de sa beauté les vaines lueurs de l'estime propre voilà le but. 2* Voyez.

. et nous serions mal venu d'offrir notre aide à ceux qui ont su trouver le chemin de la lumière. Nous n'essayerons pas de tracer ici une route qui vous livre à tous.. Méditation — Demander la grâce de ressentir une impression des grandeurs divines.DBUXIÈMB SEMÀlNl 136 fautes le plus humiliant de votre vie. et proposez-vous de le faire comparaître devant celle des perfections divines qui en fera le mieux ressortir l'inaltérable pureté la laideur par le contraste : opposée à nos souillures. Goutte d'eau tremblante en face du majestueux Océan.. telle De la contemplation des Saints montons à la contemplation de Dieu. etc. qu'elle absorbe tout sentiment de vaine estime personnelle. Prélude. Le cœur a besoin d'être si pur pour plonger dans vos profondeurs! L'intelligence a besoin d'être si attentive pour écouter vos grands silences I. Laissez-nous seulement vous saluer en passant. petite lampe des nuits sous les feux du Soleil. mystérieux abîmes. telle est la sainteté de l'homme devant la perfection de Dieu! Attributs divins. la paix souveraine à nos agitations et à nos troubles. etc. si vous vous entr'ouvrez pour quelques âmes. laissez-nous mettre en contraste notre petitesse devant votre . oiîi la pensée se perd avec un trouble plein de ravissement. la sereine immutabilité opposée à nos inconstances. vous restez fermés à la plupart.

Mes impressions et mes goûts dépendent d'un nuage qui passe!. moi je suis l'inconsistance. Un reflet plus haut de l'éternelle intelligence) mais un simple reflet!. n'est qu'un reflet lointain de votre ravissante beauté Voûte du ciel avec ton doux azur et tes pensives étoiles. vous le pensez et le voulez éternellement.. et je ! suis l'infinie faiblesse! Vous êtes l'immensité. la . nous arrache à nousmême.. Un peu de mouvement. ce que vous voulez. le l'imprévoyance. qu'êtes-vous?. ivres du parfum de mille fleurs. le désordre. l'empressement. élevée. l'instabilité. grandes voix des forêts et des eaux. sur la terre. sans déclin tout ce qui.. ! . a nature. Dieu vous êtes la toute-puissance.. vous l'êtes toujours. la convoitise.. l'harmonie. nous séduit. tièdes haleines du printemps. nous enchante. impérieusement ennemie de tout mal et moi. Ame un rien ! de l'homme.. Cœur de .. : 1 d'apparence. sans ombre. qui êtes le concert d«. dont ils veulent faire sentir l'écrasante dimension.. le péché Vous êtes l'immutabilité ^e que vous êtes. Ainsi les peintres placent un homme au pied d'un grand monument. complète. flots de lumière qui semez de toutes parts des éblouissements. la paix. Vous êtes la beauté sans tache. ce que vous pensez. génie de l'homme. qu'êtesvous?. un peu . et je suis l'erreur.SEPTIEME MEDITATION (ftis) 137 majesté. Vous êtes la sainteté pure. je suis le défaut.. trouble.. et j'occupe dans pace un point imperceptible! Vous mesure l'es- êtes la sagesse.

source de tous nos sentiments . sainte émulation aussi. tu n'es qu'une étincelle auprès de l'amour infini! . et ravi!. — . Regard sur moi.. provoque deux ordres de réflexions et de sentiments. mais toujours humble!..DEUXIÈME SEMAINE 138 rhomme. Toutes atteintes toutes ses .. plus de toutes nos générosités haut que tout par ton amour... 1° Que suis-je près de lui ?. « Mon Dieu et mon durant des nuits entières Tout! Mon 2)ieu et mon Tout!!! » Humilité : d'amour et d'adoration. une folie. en con- traste avec nos inénarrables misères.. ses — tion. comme saint François. Qu'il — ferait bon : s'écrier alors. 2° Qu'est-ce que l'offense perfections sont de Dieu?. et si je m'y compare : quelle dérision Donc ! sentir le vide de l'orgueil... une profanacondamnent. regard Regard sur Dieu. foyer plus grand.... — Honte de mes haillons. Qu'elle serait belle et douce.. l'humilité faite de ces deux regards regard sur Dieu. regard reposé sur moi !. honte plus Résolution.. profonde de mon orgueil Dieu ne m'est-ll pas donné pour modèle? Que fautil à ia toute-puissance pour faire de moi un suint ? Beaucoup d'humilité de ma part. Cette vue des perfections de Dieu. perfections se dressent contre nous et nous C'est une injure. regard attristé et reconnaissant.

TROISIEME SEMAINE JESUS HUMBLE .

i .

il marche devant nous — — — : — pour nous montrer comment on est humble. sa chaleur en arrive méditons d'une devenir lumière Mais. la façon affective. Avec confiance : Jésus est bon. Par ses secrets. commf . Par ses exemples.U TROISIÈME SEMAINE PRÉPARATION A Abordons ces méditations avec respect : Avec docilité Jésus est Jésus est Dieu. Il a ses exemples. une terre nouvelle. Par ses paroles. des vouloirs rajeunis. » Je Jésus et par lui. attirons-la rayonnante au grâce est lumière dedans de nous. Il nous appelle pour nous former luidouce initiation. il commente Jes exemples. il a ses secrets. an ciel nouveau. il merce. maître. » Le cœur est un foyer. ô doux espoir! a ses leçons. Esprit créateur. il réserve cette haute notion à ceux qui sont petits et à ceux qui veulent l'être « Rêve: : lasti ea parvulis. ô doux commême. Enseignez-moi Jésus. Esprit-Saint. » Toutefois. créez en moi des idées. il nous révèle l'humilité de son cœur « Mitis sum et humWs corde. veux être humble. « donnez-moi de Jésus : De meo accipit et annunparfois à : — : tiabit vobis. plus que le cœur.

Assurément. l» Souffrait-il réellement. Nous n'aborderons que celles-ci. l'état où se trouve élevée l'âme de Jésus par son union personnelle avec le Verbe est si différent du nôtre qu'il nous est impossible d'en préciser la nature et les lois. dégageons-nous de certaines persuasions confuses qui représenteraient les actes et les sentiments de Jésus comme trop en dehors des conditions où nous sommes. Puisse-t-elle transformer véritablement notre cœur. Lui qui était plongé dès ici-bas dans la vision béatifique? Pouvait-il avoir sincèrement de bas sentiments de lui- même. — en étendant encore nos horizons. de toute la force de l'exemple le plus autorisé. Les expressions même nous manquent. en mettant dans un plus grand jour les vérités déjà méditées. pour Afin de permettre àces méditations d'exercer sur nos résolutions toute leur influence.142 THOISlàlCX SEHAINB Cette semaine nous fera arancer dans la connaissance de l'humilité. Deux questions principales s'imposent à nos préoccupations en face de Jésus souffrant et humilié. pour de là transformer notre viel et nous animera. les régions prochaines lui restent accessibles. Mais si les horizons lointains se dérobent à notre regard. pour qu'ils puissent nous servir d'exemple. . Lui qui se savait si grand ? A l'extérieur. Elle la pratique de cette vertu.

qu'un modèle sans vie? Quoi. C'est à peine taille si mes regards peuvent s'élever assez haut pour grandeur. raissent mais régnaient-elles au dedans? Ces faits ne se produisaient-ils pas. si ces exemples sont réels. uniquement. le tout-puissant. .. n'est point une simple apparence elle n'est point non plus un exemple hors de ma portée. et moi. . comment ma vie de l'atteindre ? Laissez-moi tomber à genoux devant ces prodiges pour les admirer mais ne me demandez pas de les en contempler la serait-elle capable : reproduire.. le fort par excellence. si ces humiliations et ceg souffrances furent réelles. Son humilité fut de sa comme tout le reste. pour les supporter toute sa vertu divine : Il était Tinfini.PRÉPARATION il 143 est vrai. rhumiliation et la souffrance appa- évidentes. pétrie de faiblesse!. qu'un décor..... dans le but de constituer en notre faveur le grand enseignement des exemples? 2» En tout cas. parce qu'ils se trouveraient en dehors des conditions de ma nature? oh non. mille fois non l'humilité de Jésus. ils n'appelleraient pas mon imitation. mon frère. sans quoi le Dieu de vérité nous tromperait! le Dieu juste nous entraînerait à subir douloureusement des humiliations dont il n'aurait point souffert lui-même le Dieu sage nous imposerait un fardeau que I I I .. je ne suis qu'une pauvre petite créature. Jésus avait. II Quoi l'humilité de Jésus ne serait qu'une apparence.

était douée d'intelligence.tROISlilIS SBMÀINt 144 m . Ils étaient faits l'un et l'autre des éléments qui nous constituent nous-mêmes: son corps avait notre son âme. nuances . elles moindres sont moins . plus vertueux que nous. III Deux grandes différences s'accusent néanmoins entre sa manière de sentir et la nôtre mais ces deux différences ne font qu'ajouter à la force de l'exemple.nos sentiments humains palpitaient dans son cœur. mieux doué que nous. en effet. et il acceptée l'a comme une chosejuste. ainsi sang. d'élite? Plus hautes. Jésus. elles voient de plus loin. et pour que ses actes eussent un et accepter : — sentir réellement mérite. nous le verrons bientôt. lonté de fils soumis. pour que son humilité fût une vertu. Jésus. seules des épaules divines sauraient porterl. nos organes que la nôtre. elles saisissent les plus constantes. plus affinées.. . Jésus a senti la honte de rhumiliation avea cette répulsion naturelle qu'inspire le senti- ment de la dignité personnelle . sentait plus vivement. de volonté. !• Ne sait-on pas qu'une plus grande souffrance est dans la vie le partage des natures .. acceptait plus filialement. nos nerfs. Il fallait. de sensibilité. Si notre sang humain coulait dans ses vwnes. ces deux conditions : sentir dans son cœur accepter librement dans sa vod'homme. L'âme de Jésus ressemblait à notre âme comme son corps ressemblait à notre corps.

non le Dieu. le droit d'être admirés. ces exemples laisseront toujours bien loin en arrière notre traînante imitation et ce n'est pas seulement par la grandeur des actes qu'ils la dépasseront. Quoi à mesure qu'ils grandiraient. je ne puis faire ce que fait le ToutPuissant. Vous avez devant vous. rend tout facile. mais aussi par la perfection de l'offrande Jésus alla au-devant de : . si rien ne lui coûte.. plus il aura le droit de nous donner ses actes et ses sentiments comme de vrais exemples 2° Sans doute. : la souffrance et il l'aima : « Desiderio desideravù » Mais alors où est son mérite. Ne dites donc plus point Dieu. et c'est Lui qui est offert à votre imitation. sachezle bien.* l'amour divin et la vertu feraient baisser la valeur de nos actes I 3« Si les actes de Jésus furent déterminés par son immense amour. mais le Fils de rhomme . pliH il aura souffert. ce Jésus adoré. cette nature plus sensible que la nôtre et plus accessible encore je ne suis à la souffrance. elle aussi. caren Jésus. a-t-elle fait perdre à des actes accomplis avec aisance. s'il fait tout par amour?. ce n'était pas la Divinité qui sentait mais la nature humaine. Depuis quand l'amour qui rend tout facile sera-t-il donc regardé comme une diminution du mérite ? Donnerons-nous moins de reconnaissance à une ^fection très vive qui se fait un bonheur de panser nos blessures ou de nous sacrifier ses joies? Depuis quand la vertu qui. — 10 .{PREPARATION 14b ca fiables d'oubli... ! : mmuurà.. ils le furent librement comme douloureusement. Ainsi.

. elle dépouille l'homme de cette encombrante préoccupation de soi qui intercepterait l'action . : I I .. Trente ans sur trente-trois quelle préfé?ence marquée Jésus est venu pour parler aux Aommes et il est près d'eux. et il se tait. c'est l'humilité qui prépare le succès . y aurait-il des moyens plus puissants que de se montrer et d'agir?. puis le long de ces années monotones qui s'écoulent lentement dans les obscurités voulues de Nazareth. qui vont parler d'abord c'est sous nos regards que l'humilité de Jésus va se produire dans la douce lumière de sa vie cachée. il a une lèvre éloquente ner dans son jeune cœur le zèle le plus ardent. de sa fuite en Egypte. Quoique petit enil sent bouillonfant. à travers les émouvants mystères de sa Nativité.. Y aurait-il mieux que de sauver donc quelque chose de âmes ? ou plutôt pour les sauver les âmes.. de sa Présentation.Troisième Semaine PREMIERE MEDITATION XV« EXERCICK Enfance et vie cachée Humilité d'effacement — Ce sont les faits Préparation pour la veille. 1° Oui.

il faut à la nature humaine de longs espaces. — . par suite.147 PREHiiRI MEDITATION divine. qui nous racontent cette période tout imprégnée de douce humilité C'est calme : c'est touchant. elle s'y porte de toute sa force quand rien ne s'y oppose. Gomment ne pas lui accorder ses préférences : quand on a le cœur plein d'amour? Demain. 2° L'humilité vraie tend d'ailleurs à l'effacement. prêtez-moi vos yeux et vos cœurs. n'est-elle pas comme un sanctuaire oui Dieu se révèle et se donne plus intimement?. ô anges. Mais pour une telle réforme. et elle y demeure tant que la voix de Dieu ne l'appelle pas à en sortir « Ama nesciriy aimez à être inconnu. heureux et seuls témoins de ces anéantissements. remplis par de nombreuses victoires. c'est délicieux! Marie. elle rend insensible à ce qui est dur et déconcertant... pour que je contemple Jésus humble ^ 1 La tendance à l'effacement n'est-elle pas contraire an développement des grands caractères. pleine de silence. nous parcourrons avec tendresse les textes sacrés. et. ô Joseph.. c'est le lieu oii elle est à l'aise. » 3° Et puis cette retraite sacrée. Jésus avait besoin de l'enseigner à notre empressement. et comme amolli à l'égard de tous. Heureusement la vertu chrétienne trouve dans son amour pour la gloire de Dieu un mobile à . C'est sa place choisie. à l'intérêt public ? Ce serait vrai si l'ambition était le seul mobile capable de former de grands caractères et d'inspirer de grandes actions.. tandis qu'au dedans elle dent le cœur tendre.

— leçon. Edicturaa Cœsare.. poussière animée. la chair infime de l'homme. Cette vérité est d'ail- leurs mise en lumière dans la 5* semaine. et Jésus n'aura ni demeure ni berceau. . Entrevoir en haut les splendeurs incréées. par exemple la vie des fondateurs d'ordres religieux. Ce mot factura est^ ne semble-Ml pas emprisonner. la fois plus puissant et plus noble.f4â tftOISliMK 8ËHAIN1 Méditation ^ — Premier prélude. il : : : . qui n'était point nécessaire. Ils se rapprochent jusqu'à s'unir. et comme l'y anéantir Exinanivit semetipsura ! Ce premier acte appartient à Dieu seul. Le voilà dès avant sa naisexiil subit ses sance soumis à un maître gences. cacher le Verbe dans la chair. Lisez. ceux qui vont suivre appartiendront à THomme-Dieu. Deuxième prélude Demander la grâce de sentir vivement l'amour de Jésus pour tout ce qui tient effacé. César aura un sujet de plus.. Il -l'a voulu. Se représenter le contraste du immense et rayonnant où règne le Verbe. I Et Verbum caro factura est. Comparons les deux termes le Verbe. devait être surtout ma ciel . et la chair. contempler en bas rhurailité d'une étable abandonnée. de comprendre qu'un tel abaissement. lumineuse image du Père. en face de ce pauvre coin de terre froide où descend le Sauveur. l'a choisi.

Les bergers l'adorent et s'en retournent. Quarante jours sont écoulés. Le signe qui révélera le Dieu sauveur. RecUnavit eum in prœsepio.. Ils vont à Jérusalem.. Aq Temple. Doux Enfant endormi dans la crèche. des prophètes les . Dieu que les bergers ne parlent pas ? Est-ce par simple permission? Peut-être parlèrentils? mais alors ils ne furent pas écoutés: c'étaient de trop petites gens. In prœsepio^ comme un faible agneau dans son nid de paille. c*est la petitesse : invenietis infantern. Et hoc vobissignum. parce qu'il les : — est humble. 149 Non erat eis locus in diversorio. voilà ceux qu'il honore de sa première audience. C'est chose toute naturelle : ils étaient pauvres. de pauvres gens. ils furent rebutés. vous semblez reposer dans l'humilité ! Pastores erant in regione illa : des pâtres.. que pour dans une pauvre maison Les anges l'ont proclamé le Messie . un petit être sans parole et sans regard. n'ont point écarté les voiles dont le — aller mais ils couvre l'humilité. nul ne s'occupe d'eux. Est-ce par ordre de Jésus reste ignoré. II Postquam impleti sunt dies purgationis. Il les préfère. cependant.P&EMliRB MÉDITATION . ils sont seuls. Jésus ne quitte — — — — l'élable voisine. L'auge où mangent animaux devient son berceau une poignée de paille soutient et entoure son petit corps si tendre...

vénéré du peuple. C'est l'éclat d'un instant et le voile de l'humilité se referme aussitôt sur lui . Jérusalem. fuge. le déclare la lumière des nations. et Anne parle de lui à ceux qui attendaient le Rédempteur d'Israël. La science déclare que le Messie doit être né.• ses maisons. Et dans ce milieu obscur où (es iours e^ les lieures s'écoulent lentement. ne le connaît — même pas I La caravane des fils de l'Orient trouble durant un jour le repos de la cité. et né à Bethet nul léem. . aussi obscur et aussi humble. lève-toi! prends V enfant et que Dieu veut faire pour son fils!. Bethléem est à deux lieues de là n'y court. avec ses deux ou trois rues où ne passe jamais un étranger dans le silence de : . le bruit monotone de quelque instrument de travail.. et quand les mages viennent le chercher à Jérusalem. Au milieu de la nuit une voix . qui l'a reçu dans son Temple. nul n'y accompagne les mages Quel prodige d'indifférence Surge.TROISIÈME 150 SBMAIM accueillent : Siméon. fuis\ Voilà tout ce III Nazareth se montre à nous avec ses longues années d'oubli Petit village perdu au milieu de la verdure. Le retour en Galilée est aussi dépendant. Songeons aux ressources de la toutepuissance et admirons en Jésus la volonté bien arrêtée de n'être compté pour rien. qu'interrompt seulement» de loin en loin.. ! ! — retentit: Joseph.

sortir de reffacement et de la que Dieu me prenne comme par la . Enseignez-moi à m'effacer pour que j'attire vos regardsl Défendez-moi contre le désir empressé d'agir et de réussirl. attendre main. ayez pitié de mon orgueil qui m'égare et me tourmente! Habituez-moi à vous aimer assez pour que l'oubli des créatures ne me soit point amer. reste l'emploient.. — Pour retraite. le détail de chaque journée.. Jésus. par la méditation... vérité et vie. Vous prolongez durant trente ans ce long enseignement. elle entend ce qui se dit.. de ceux qui Tentendentl. Marie el Joseph sont là pour l'adorer. voilà sa vie!. Elle voit ce qui se passe. non par occasion et de temps en temps. Les perspectives se déroulent... voie. mais tous les jours de ma vie. pour n'en vouloir point sortir? Vous y trouviez l'infini car l'ombre le fait rayonner et le silence le fait entendre : 1 Résolution. Seuls. ne le révèlent pas. non plus. à l'infini. elle contemple comment tous ces actes sans éclat créent sur la terre la véritable humilité.PREMIERS MEDITATION 151 ignoré de ceux qui Jésus. Tout ce qui convient à un enfant dans une famille pauvre. mais eux. pour m'apprendre à en garder l'esprit. Dieu anéanti. le cadre des lieux. votre volonté de l'anéantissement est d'une évidence et d'une persistance qui impressionnent ma raison et mon cœuri Jésus.. Que trouviez-vous donc de si délicieux au fond de l'oubli. devant l'âme qui refait....

point : Elle fut — Deuxième magnanime. toujours active. Thumilité change de rôle elle n'est plus effacement. Etre humble au sein de l'effacement est relativement facile mais rester humble au milieu de l'action demande une vertu solide et de sages précautions. Pour profiter pleinement de cette méditation. Se complaire dans la louange.Troisième Semaine DEUXIEME MEDITATION XVI* EXERCICE Vie publique. et leur communique ce cachet de simplicité et de désintéressement personnel qui fait leur puissance. elle reporte son utile influence sur l'exercice : des autres vertus. elle se replie dans le cœur sans se diminuer en rien. mais sauvegarde. — Préparation pour la veille. dans ia simple vue du bien que l'on fait. nous l'avons médité. comprenons bien que dans la vie active. — Humilité d'action Premier point: L'humilité de Jésus fut simple. mais vient-elle à rencontrer une volonté de Dieu qui s'oppose à ses préférences. Alors. est uo : . Cette vertu tend de toute sa force à l'effacement.

— Deuxième prélude. n'est-ce pas l'idéal de l'humilité dans la faut-il pas d'ailleurs se vie active? o^ Méditation — — Premier prélude. agir. se mêler à la fouie des . n'agir que pour vous et par vous. humilité a tout l'éclat de la vérité. Composition du lieu. et recevoir le baptême des pécheurs.DIUXIÈMK MÉDITATlOlf poison que si subtil 1 S'élever s'élève la position. se laissant tenter comme une âme capable de faiblir. mune? Ne n'est-ce 153 en soi-même à mesure et changer d'attitude pas. hélas. — Demandons la grâce d'être de toute vaine assurance en nos ressources personnelles et de toute dangereuse complaisance dans l'estime qu'on nous témoigne. Jésus. — publicains. Voyons-le s'acheminer vers le Jourdain. il me ^era facile de le suivre et de ne plus prendre le change. L'humilité de Jésus fut simple. Contemplons Jésus quittant Nazareth sans bruit. la règle com- montrer. parler et réussir? Ne convient-il pas d'en imposer par son attitude? Jésus. où il subit le voisinage des bêtes fauves et le contact du démon. comme il y a vécu. Suivons-le ensuite au désert. libres I. charme de la simplicité. avec elle. — Son tout le Son ahord ne pré- . L'humilité de ses trente années obscures ne lui suffit pas il veut commencer son ministère par des humiliations plus apparentes. Si je vous aime. vous m'éciairerez de votre exemple. vous mettre à ma place et vous mettre en moi.

. tout est d'un naturel fait: Jésus ne pose pas. Rien n'est plus éloigné de la recherche que ses discours. Comment se trouve-t-il dans ce même cœur tant de répulsions indignées? Jésus a la haine de l'orgueil. il a des trésors d'indul- gence. Son entourage. : — mots semblent disparaître. l'angle d'un carrefour.. les usages. qu'il attire à lui. ni de leur respect pour la loi. les idées mêmes du peuple. sa démarche est modeste. Qu'il regarde. que les gées. et il est sans pitié pour les orgueilleux pharisiens! Il ne leur tient compte ni de leur probité. souvent les personnes perdues de répuceux qu'il préfère. Il emprunte les expressions. lui suffisent. Son langage est si simple dans son élévation. sa tête rement penchée en avant. Sa vie est un dénûment de tous les jours il n'a pas une pierre à lui. Ses vêtements pauvres. Voilà qu'il relève. chaire. pour reposer sa tête : de pauvres gens le reçoivent dans leurs maisons. . ni soins. il n'exige ni temple. 11 est si limpide. Pour eux. ni de leurs aumônes. il laisse si bien voir la vérité elle-même. tation. le bord d'une barque. que tous le comprennent. parle ou qu'il agisse. ce sont aussi les publicains mé- tume de prisés.TROISIÈME SEMAINI 154 sente rien qui étonne. sont légèqu'il par- — C'est le peuple en cosce sont les petits enfants et leurs mères. ni de leurs prières prolonLa vertu inspirée par l'orgueil lui est en horreur. travail. un tertre de gazon. de pauvres femmes pourvoient à ses bePour prêcher.

ressuscite les morts et apaise les tempêtes. ni réserve . Admirons cette magnanime humilité qui affranchit l'âme de toute pusillanimité et de toute hésitation. L'humi- elle un . Il guérit les malades. comme elle est simple! Jésus habituellement ne manifeste rien d'extraordinaire. — . Sans doute. un instrument ne peut ne doit pas — s'enorgueillir! L'humilité. elle inspire désir du bien qui a Dieu seul pour objet . Un instrument résister. — II. L'humilité de Jésus fut magnanime. il paraît indifTérent aux uns et aux autres. tout le il il mange a des heures de fatigue. Jésus sort de l'obscurité. il fait ces grandes choses comme naturellement il ne recherche pas les honneurs. il ne fuit pas les opprobres. Quand il veut se livrer aux longues méditations. se montre. monde. Dès que l'heure marquée par son Père a sonné. Ecoutons le divin Maître nous le secret « C'est mon Père en moi qui fait ces grandes œuvres. et une confiance qui attend tout de lui.. quand elle est vraie.. » Jésus s'attribue en révélant le rôle : — de simple instrument. semblable à ces monuments dont l'harmonie dissimule la grandeur. et boit - !1 mène une comme — vie commune. ne permet ni refus. — . parle et — s'entoure de disciples. Or.DEUXIÈME MÉDITATION 155 Et sa vertu. Il entraîne les foules et fait trembler les pouvoirs publics. rend le cœur généreux. il se retire sur la montagne. sa parfaite vertu se trahit partout mais elle est pénétrée de tant de naturel qu'elle n'étonne pas. Devant une volonté supérieure.

et je les rends à Dieu. ni de ces formules d'humilité qui contiennent souvent un orgueil quam condensé. je ne m'y trompe point Ce n'est pas mbi que l'on vient voir ici je reçois ces hommages. Il n'a point de ces timidités qui sentent la préoccupation personnelle. ne fût-ce que par une fugitive complaisance. » baiser ses I : — Dans le bien que je suis appelé à Béiolution. faisons-nous oublier. il dit ce qu'il a mission de dire. oublions-nous. — Cet exemple nous portantes. Jésus se présente et parle avec autorité. et que les âmes soient sauvées N'est-ce point attirer l'attention que de trop répéter qu'on est incapable et indigne Il s'agit Prétons à Dieu ce que nous bien de nous tenons de lui. Dan- faire. Que Dieu seul paraisse. et que le sentiment de notre inutilité aille grandissant avec le succès de nos I ! I œuvres. donne des leçons im- Quand nous remplissons une mission. me — rechercher moi-même. le voir sans cesse. Un Frère lui en témoigna son étonnement: « Ahl répondit le Saint. saint François d'Assise foules s'agenouiller devant lui et stigmates sacrés. Sur la fin laissait les de sa vie.T&oisiiMX simàink 156 lité qui n'aurait pas ce caractère serait fausse ou incomplète. ger de . tanpotestatem habens. Il se présente pour ce qu'il est. ne voir que Dieu.

la persuasion. — la vision béatifique. car enfin les actes extérieurs trouveraient à la rigueur quelque explication qui les justifie. Préparation pour lité — Les deux médinous ont montré Thumi- la veille. infini comme Dieu et parfait comme homme.Troisième semaine TROISIEME MEDITATION XVII» EXERCICK Humilité du Cœur de Jésus Humilité d'anéantissement — Premier point : Mystère de cette humilité en Jésus. Deuxième point : Humilité produite par le sentiment de Troisième point : Humilité entretenue par son néant. pouvait-il avoir de bas sentiments de lui-même. et nous la découvrirons profonde jusqu'au mystère. nous la chercherons dans son cœur même. tations qui précèdent de Jésus dans ses manifestations extérieures. qui font . mais le l'y demain et lesjours suivants : sentiment. la certitude. Posons-nous résolument en face de la question si naturelle. nous avons contemplée douce et vaillante. soulevée au début de ces méditations Comment Jésus.

demande encore de me toucher après m'avoir convaincu. ! poids de cette écrasante révélation d'humilité. représenter une de ces montagnes ombreuses où Jésus aimait à prier. assez inconséquent pour n'en point Jésus. avec délices. la nuit. à genoux. chez moi aussi. mais où l'on vous trouve. ne serai-je pas contraint de devenir humble à mon tour? Tiendrai-je ma tête haute quand je vous verrai abaisser la vôtre. les yeux au ciel. Faitesvous aimer et faites-vous suivre.. — .TROISIÈHB SEMAINE 158 l'humilité.. Amenez-moi avec vous dans ces profondeurs du détachement oii l'on s'oublie. ou bien serais-je. Le voir. plus de motifs que je n'en ai moi-même . ô Jésus? Auriez-vous donc. faites vibrer mon cœur des transports du vôtre pour l'humilité. pour être humble. noyé dans la contemplation de Celui qui est. paraissent contradictoires? vous me Sous ferez le le comprendre demain Jésus. Je veux que. Premier prélude. vous tirer les conclusions légitimes? me le ferez Je vous comprendre demain. une humilité qui incline à l'abaissement. Méditation — — Me Composition du lieu. et même qui s*y complaise. sous la clarté discrète des étoiles. Jésus. moi. assez aveugle pour ne pas les distinguer. rbumilité soit une humilité de cœur. qui vivez en moi par votre grâce sanctifiante et qui animez tous mes actes par votre grâce actuelle.

— à ces obscurités saintes mobiles restent cachés vertu : . Jésus. et adressons-nous à Jésus luimême pour apprendre enfin le secret de son humilité. cœur d'amour. dévoué comme un Sauveur. fices. les mobiles sont la même. Donner sa vie est plus facile.. pour l'arracher vous avez rêvé les plus grands sacripas trouvé de plus grand que celui de votre honneur. Jésus sage comme un Dieu.. Prions le Saint-Esprit de répandre sa lumière sur notre raison. vous avez vu que l'orgueil est le plus grand mal de rhumanité et sa plus dangeet le ravir. — I. C'est donc ce Cœur que nous allons méditer maintenant. vous n'en avez — I . C'est donc a Vamour de notre amour » qui vous fait humble!. Demander la grâce du dégagement de l'estime propre. les actes se voient. Rappelons-nous cette parole du Maître 3e suis doux et humble de cœur. par le profond sentiment de la part prédominante de Dieu en tout bien.. Pénétrons dans ce sanctuaire comme dans un temple aux profondeurs mystérieuses. Mystère de cette hamilité en Jésus.159 TROISIÈME MÉDITATION Pénétrons avec un saint respect dans le secret de ce grand temple.. les or. vous vouliez être aimé! Pour toucher mon cœur. — Deuxième prélude. Habituons nos regards : . qui est son âme et que remplissent l'adoration et l'amour dans l'étendue de son humilité. Or. ce Cœur d'où partait le vouloir de l'humilité ce Cœur qui en savourait les amères délices.

.. sa parole persuade.. C'est donc. Mais.. Humilité produite en Jésus par — le senti- Commençons par nous ment de son néant. Il Toit en haut les . Sa chair est pure et sainte.... pour vous prouver que je vous aime.té.. Nulle tache.. Lentement.ÎROISIÈMK SEMAINS 160 reuse tendance.... mais vous dites je suis humble de cœur.. et j'irai si avant qu'ils rougiront de ne m'y point suivre. plus je m'étonne de vous voir humble : — I Ah I me s'il ne s'agissait que d'actes extérieurs. Son — regard ravit. pour nous entraîner dans le chemin de rhumili. C'est le plus faire de lui une ravissante image.. pour être près de vous. Et.. plusje vous découvre sage.. Comment n'y céderais-je pas? Comment ne me ferais-je pas humble... Tamour et la sagesse y conduisaient vos pas. sa bonté entraîne. je parcours tous ces nobles motifs. Son imagination est belle comme la poésie. parfait. bon.. pour vous aider à me sauver. l'humilité de cœur. Son cœur est maître de tous ses mouvements. je les médite avec une tendresse émue. Son esprit est exempt d'illusions. ô Jésus... nulle imperfection ne le dépare...... et vous êtes la vérité mênrel. De cœur! je l'ai bien entendu.. Les vertus et les dons brillent en lui de leur suprême éclat. ô Jésus. vous vous êtes dit Je m'y jetterai moi-même. saint. n'est-ce pas le sentiment de sa petitesse. le plus près possible?. et vous êtes si grandi je l'expliquerais : : — II. cependant. le devoir de l'exemple qui vous fait humble!. beau des enfants des hommes..

. et ce vêtement est un pur don qui repose sur un pur néant. sa science qui s'étend à tout le créé. en bas la création obéissante. pleinement conscient de Nullement! toutes ses grandeurs.TROISIÈME MÉDITATION 161 anges prosternés devant lui. à toute heure. même chez un HommeDieu. ces paroles donnent le vertige. qu'un vêtement splendide. : Est-ce par l'effet d'une miraculeuse iUusion ? Jésus.. mais surtout sa Dignité absolument infinie le corps et Tâme subsistant dans l'unité d'une seule personne. si.... -t •' BtMtLrr* — lit . — Que voit-il donc? — Cette dignité divine. entraînés dans son orbite et recevant les mêmes hommages d'adoration : quel éblouissementl. dont il jouit. Que dire des attributs relativement infinis que lui reconnaît la théologie : la transformation de son âme qui épuise l'idée de la grâce.» Tombées de si haut. Et. tant il porte de néant dans ses entrailles! Représentons-nous cette âme adorable disant. bien avant sainte Catherine de Sienne: Je suis celle qui n*est pas.. celle du Verbe. Jésus est humble. tous les plus beaux dévouements s'élançant à sa suite.. et dans l'avenir toutes les générations baisant la trace de ses pas.. tant le créé demeure fragile.. n'est hier n'existait pas. à toute heure.. reconnaît avec une netteté lumineuse la petitesse de sa nature humaine.. qui en est revêtue. elle n'était soutenue par la toute-puissance. Cette âme. et. et font passer devant DOS yeu3ç l'image insaisissable du néant.. au milieu de tout cela. elle retomberait dans ce néant.

aux lointains inaccessibles. et puisant dans cette lumière sa profonde humilité.. il ne pourrait être orgueilleux. même pour elle. L'orgueil commence par être un oubli. ne le quittant jamais. De toutes parts.. son front ne s'élève point Que les crachats souillent son visage. Jamais.. il pourrait par miracle mériter et souffrir. son cœur ne se révolte pas !.. cette âme unie au Verbe ne comprendra l'on n'est pas ne l'on 1 vit — I pleinement le Verbe Que les hosanna de la foule passent ici-bas autour de son front. Humilité entretenue en Jésus par la vision On sait que l'on est un néant.. même à travers les siècles de l'éternité. e* béatifîque — humble Pourquoi? Parce que pas sans cesse dans cette pensée pénétrante qui seule impose la conviction et impressionne le sentiment. la vue de Dieu et de son propre néant dans une vision unique. Quel spectacle que ce face à face du Verbe avec la nature qu'il s'est associée L'âme plonge ses regards étonnés et ravis dans les profondeurs de cet océan. il devient une illusion : il n'est jamais le vrai» Si un Saint du ciel revenait parmi nous en conservant la vision béatifîque..162 tHOISlÂME SEMÀlNt III. sa vue s'arrête et sent cet au-delà qui s'en va infiniment. essayons de faire cette vision de foi : Dieu infini et pous . Considérons notre divin Sauveur sur terre jouissant de cette vision béatifique. Sa pensée plane plus hautl I I A — défaut de vision héatiûque. comme un nuage brillant.

Rendons-nous cette vue familière . — elles le touchent. que nous en arrivions à nous Vy voir oublier nous-mêmes. Ne retrouvons-nous p*s cette vision dans les grandes âmes des Saints? Ne la rencontronsnous pas dans certaines âmes ignorantes et simples? A quoi nous servent donc nos lumières qui dépassent les leurs? Nous savons notre néant.. elles le sentent.TROISIÈME MJDITATION 463 toujours infîni. et si bien. elles le voient. Que ce soit au ciel ou sur terre : qui voit Dieu est humble vision béatifique de l'éternité 1 — Résolution. qu'elle pénètre tout notre être moral. — Quelle douce manière de nous préparer à la 1. devant lui. nous. quand nous nous mettons en la présence de Dieu.. Renouvelonsla. surtout à l'oraison. sorte de néant en tout et toujours. Voir Dieu en tous nos succès. .

nous ne la comprenons décidément pas! Le profond et complet sentiment de notre vileté. fini. et l'on voit au contraire l'innocence douter d'elle-même et se mépriser. les âmes coupables sont précisément les plus réfractaires à ces sentiments. elle est uniquement l'œuvre du péché. L'humilité d'abjection celle de la laideur et de est essentiellement la bassesse vile . « Les cœurs purs verront Dieu ». est que le une laideur néant. nous ne l'avons pas! L'inclination à nous mettre bien bas. mais ils verront la les plus I . Elle eût été la d'Adam au Paradis terrestre. elle ne saurait convenir à un être sortant des mains de Dieu. elle est faite. en quelque sorte celle de notre béatic'est le sentiment du néant devant l'in- disposition elle sera tude .ÉCLAIRCISSEMENTS Sur Méditations qui vont suivre les trois L'humilité que nous avons envisagée hier est celle qui convient à tout être créé. L'humilité d'abjection. tout mal. tant il est vrai que la vue claire des choses demande des yeux purs. pour petit Remarquons-le bien I : qu'il soit. c'est et descend plus bas sous cet aspect qu'il se présente à la raison qui réfléchit. mais c'est sous des traits bien différents qu'il se présente à nos idées et à nos goûts. nous ne sentons pas Remarque frappante. dit l'Evangile . hélas tout entière des mains de l'homme.

humain! Que faire. l'on ne retrouve en soi que le sens aussi. formule. : . C'est comme un rêve de la nuit dont on garde à peine un souvenir vague et inefficace. Maître. Voir en soi la laideur du mal et se juger d'après cette vue. Mais Lui de pas cela! Ces humiliations. la laideur de ce qui lui est opposé le mal. et notre main agitée cherchera à écarter de son front l'odieuse couronne s'écrier: des Ne les mérite! mystère!. je — opprobres. souvenir. C'est une formule qu'on se dit à soimême.. rêve. tout a disparu quand l'occasion se présente et. mais cette persuasion est tellement opposée à l'opinion commune qu'elle nous abandonne au sortir de la méditation.. 165 par contraste. pour sortir enfin de persistantes ! Que tenter pour s'élever au-dessus de ces vues naturelles? Il me semblait avoir bien senti la force des méditations précédentes. il se la montrera si abaissé. et voilà que ce n'est pas seulement le courage qui me manque pour être chrétiennement humble. ETC. notre cœur attendri le plaindra. que nos yeux s'ouvriront forcément. Là encore. plus peut-être que l'homme des douleurs. constitue spécialement IMiumilité de l'homme déchu. ces ô illusions mon Dieu. mais que c'est même simple conviction!. Il se fera l'homme des humiliations. Persuasion. Devant un tel spectacle... mais sans y bien croire.. expliquez-moi ce fais — . si avili. devant les humiliations vraies.ÉCLAIRCISSEMENTS. Jésus se présente comme notre lumière..

sera comme une sorte de tableau des humiliations de Jésus durant sa Passion. il aperçoit ce qui s'étale au grand jour et il reste étonné. — tions spirituelles. d'une sainte Catherine de Sienne. malgré nos efforts. nous découvririons tion . d'une sainte Thérèse. •— Deuxième point: Troisième point : HumiliaHumiliations intérieures. il le médite et il reconnaît qu'il ne voyait rien.Troisième Semaine QUATRIEME MEDITATION ZVIII* EXERCICS Humilité d'abjection en Jésus-Christ Premier point : Humiliations extérieures. renferme de tels excès d'abaissement que l'esprit humain n'en saurait sonder les profondeurs. en effet. La Passion. Nous nous appliquerons à les bien constater et à les sentir pour en être impressionnés. Parcouronsles avec cette persuasion que. — Cette méditaPréparation pour la veille. 4'uii saint Jean de )a Croix. nous ne distinguerons jamais que les bords de cet abîme. Que serait-ce si nous avions l'âme d'un saint François d'Assise.

et nous aurons plus fait pour le développement de notre humilité personnelle. cette âme qui voit et qui sent! Votre Esprit-Saint peut seul me les donner. je le soupçonne. au fond de notre être une image saisissante de Jésus humilié. . si étrangement haute que je ne puis la saisir.^ QUATRIÈME m4dITATI0N 161 un Jésus humilié que nous ne connaissons eux. Jésus.. et nous arracherions de notre cœur la dernière fibre sensible à l'estime l'orgueil vaine. une beauté morale.. Qu'elle y pénètre dans la sincérité de nos réflexions. si ravissante qu'elle jette sur l'humiliation même un éclat qui la rend : 1 . si beau sous vos humiliations car il y a là. pour cette vertu. oui. que si nous avions anxieusement parcouru nos propres misères nous aurons mis en notre cœur. Dites-lui. nous foulerions aux pieds Comme pasl tout de la terre. point cette âme. ô Jésus. qu'elle s'y imprime dans la vivacité de notre amour! Formons-nous une âme tout imprégnée de Jésus. dites-lui de faire son œuvre qui est de vous révéler Je désire tant vous connaître Vous devez être si beau. : Jésus. je n'ai . dans notre esprit. tout l'amour que nous avons pour . aimable! Cette méditation ne demande pas précisément des retours sur nous-mêmes son but est plutôt de mettre sous nos yeux. de dissiper toutes mes idées fausses. je n'ai point ces vues.

qui vit les humiliations person: nelles de l'agonie. la mort. Dans sa dignité d'homme libre. Dans la dignité pudique de son corps. entre deux voleurs.TROISIÂMI SEMAlIfB 168 [i^ » Méditation — — ParPremier prélude. ies apôtres. courir rapidement les endroits témoins de la Passion Gethsémani. la trahison de Judas et l'abandon — La maison de Caïphe et celle d'Anne. la voie douloureuse.. brutalement. Composition du lieu. flagellé. si jaloux de notre indépendance. cloué.. Oh! quand on — la menace simplement!. à un être bas comme la poussière. C'est un torrent débordé qui roule sa victime dans les eaux de l'abjection. le garrottent. le Calvaire.. à un maudit de Dieu. Parcourons rapidement tous les genres d'humiliations qui nous seraient particulièrement sensibles. Il nous est montré semblable à un lépreux. (3 prétoire de Pilate. — Jésus fut humilié : — \. sous les yeux de tout un peuple !. II.. qui nous révolteraient. Nous. le palais d'Hérode où l'injustice t la haine s'acharnèrent sur Jésus. — Dépouillé . Ses ennemis se jettent sur lui. de ses vêtements. Présentonsnous devant Celui qui fut Vopprohre des hommes et le rejeté du peuple.. le traînent en prison. Demander la grâce d'une résignation sincère et douce dans les humiliations- — I.. Humiliations extérieures. La salle de la flagellation. disons le mot. — — Deuxième prélude.

Ses ennearrachent autant qu'il est en leur Il est un imposteur. les hommes — IV. — — Dans sa dignité de prophète. : — VI. Voyez-le revêtu d'un vieux lambeau de pourpre. et xient grossièrement en le frappant de son sceptre dérisoire! VII. soufflets.. quand on ridiculise une de nos opinions! .. crachats. mis la — Dans sa lui pouvoir. sur la croix. une couronne d'épines sur le front. » Ah quand on Fils de Dieu. on lui en donne le costume on le fait passer lentement entre deux Et nous. si troublés quand haies de curieux. car il s'est fait le Sa condamnation à mort. on conteste une de nos qualités. Au Calvaire. V. Dans la dignité de sa raison. ! Dans sa dignité personnelle. ses . On couvre yeux d'un bandeau on lui frappe sur le dos. sur la tête Devine qui l'a fait!. est le jugement d'une autorité encore reconnue. « dignité de Dieu. Dans sa dignité royale. à la vue du peuple Un homme d'honneur préférerait mille morts à I cette honte III.QUATRIÈME MÉDITATION 169 — nu. les Pharisiens lui crient en ricanant « Si tu es le Fils de DieUf descends de la Croix. devant ces outrages? — Que font — Injures. basée sur ce n^otif. un roseau à la main. On le regarde comme un fou. » — : — 1 . Les soldats font devant lui d'ironiques génuflexions.

plus avant.. et avec toute la publicité pos. romain. livré est placé entre criminel. il se réfugiera dans le sentiment de sa valeur personnelle. damné par tous les tribunaux.. Dans ses disciples.. Que reste-t-il à cet humilié! — Pénétrons II. est conhérodien.. Chassé de partout. Sur les ruines de l'honneur extérieur. Il Il est — Il juif. Sous la force brutale qui l'opprime.. renié formellement par leur chef.TROISIEME SIMAI91 170 nous condamne à tort. l'orgueil peut se dresser encore et prolonger la résistance. d'eux. Jésus se voit perdu auprès de cette partie du peuple qui hésitait encore!. comme dans Une citadelle demeurée intacte. hélas! cett? Jl . et ou Juifs et étrangers affluent de toutes parts au grand jour. Trop souvent. trompe le peuple Tennemi de Dieu la loi ! Il — ! il Il vient détruire 1 il est blasphème ! IX. C'est par sa force morale que l'homme est le plus grand. comme le plus cela à une époque de l'année. reste invaincu.... Et. — Trahi par l'un X... Dans sa doctrine. deux voleurs. quels frémissements intérieurs! VIII. sible. délaissé de tous. Humiliations intérieures. au dernier des supplices. Dans sa réputation. si notre colère est impuissante. quand on nous raille cruellement et que nous pouvons nous venger!.

171 parce qu'elle est faite d'orgueil. plus rare et non moins pernicieux. Sommes-nous méprisés. si 1 — Il est un autre genre d'orgueil. qu'il cherche du secours auprès des apôtres et qu'il en accepte d'un ange les s'il était : I profonde humilité. de forme d'intention si compatissante la belle et humaine et Humiliations spirituelles. Âh (|uels dangers pour l'âme (|ui ne serait l . III. nous prête l'auréoie des martyrs. persécutés... Il se montre si accablé. comme Jésus au Calvaire.QUATRIÈMK MÉDITATION grandeur d'âme est fragile. par quelque signe de spéciale protection. Redoutable au milieu de l'estime commune. calomniés. dans l'opprobre de son apparente faiblesse. si tout en nous manifeste une âme supérieure au malheur.. » Il en est si fort pressé qu'une sueur de sang ruisselle de ses membres tremblants.. Il paraît si peu semblable à lui-même qu'il repousse ce calice longtemps désiré. il semble vaincu.. si nos paroles trahissent des sentiments élevés. Jésus se présente à nos yeux. c'est Vorgueil spirituel... la sympathie devient de l'admiration. » Et il incapable de les contenir « Tristis est anima mea usque ad morteml. Que Dieu. Même avant sa Passion. Des impressions de crainte l'envahissent exhale comme : « CœpU pavere.. l'admiration se transforme en enthousiasme. quelques personnes sympathiques. Si notre attitude est digne. il l'est jusqu'au milieu des opprobres. nous trouvons cependant autour de nous.

Oh la veut — — . l'humiliation reste après ce cadavre suspendu au quel exemple oh quel secours! gibet. qui ne soit une humiliation! Son abjection est consommée et il y meurt! Oh ce crucifix qui se dresse partout devant nos yeux.TROISIÈME SEMAINE 172 pas très humble! quel piédestal pour son orgueil ! — Jésus choisit rhumiliation sans retour. mais une sorte de stupeur. pitié. de l'âme tout en lui est sombre comme la nuit Son Père est sans qui envahit le Calvaire. Quand la douleur cesse.. maintenant abandonné de Dieu!. même de l'humilité. — I M'agenouiller aujourd'hui trois fois devant un crucifix pour demander à Jésus de faire comprendre cette humilité. entrecoupée par quelques rares paroles qui resAucun rayonnement semblent à des sanglots.. c'est C'est l'image l'image de l'homme humilié. Point de discours. son aspect de lassitude désolée... Déjà abandonné des hommes.. rien. Jésus se déclare abandonné de lui!. Il dans toute sa nudité spirituelle. I — I 1 Résolution. plus encore que celle de la douleur.. avec sa tête penchée. me .. ni au ciel. Rien.. son visage livide. ni sur la terre.

je le sens. chacune de vos attitudes dénonçait le coupable/ retrouvait frémissante . votre abjection inouïe m'est apparue dans son évidence! Point de doute. — Jésus. vous avez voulu vous ai être l'homme des humiliations! Je le vois. j'ai parPréparation pour la veille.Troisième semaine CINQUIEME MEDITATION "^ XIX® EXERCICE Humilité d^abjection. Et : pourtant. je ne C'est vois pas l'humilité. Mais pourquoi vous l'avez voulu? Je ne le saisis pas encore. N'était-ce là qu'un grand exemple? Non. car alors si je vois Thumiliation. dans chacun de vos abaissements. couru hier avec émotion toutes vos tiontes subies. — : — La raison d'être. vous l'avez répétée. cette parole. je vu abandonné de tous et dépouillé de tout. on la l'avez errante sur votre front soucieux. Troisième point : La Sa nécessité — Deuxième point : loi. toutes vos troublantes faiblesses. vous prononcée en venant au monde. le long de vos membres tremblants. l'humilité qui dit justice. Premier point L'exemple. on la lisait dans vos yeux abattus.

. mais de raisonnement rigoureux.. demain vous me le ferez comprendre. C'est un point de départ. tout en tous est nécessairement sincère. Au tableau des abjections accumulées dans la méditation d'hier. Demander la grâce d'accepter en principe l'humibation. des soufflets. qu'est-elle donc pour moi? Ce n'est plus ici une affaire de sentimentalité. c'est une révolution. en même temps. n'est-ce je ne l'oublie jamais Si l'humilité est I pour vous justice. le — : Deuxième fu^élude. par amour pour Jésus.. jusqu'au simple mouvement d'un muscle j'entends donc sortir de toutes ces choses lamentables une voix gémissante qui redit sans . Ce dernier — — l'emporte en horreur. Méditation — Premier prélude. d'où dépend toute une direction de vie l'humilité d'abjection une fois reconnue nécessaire. dans : tout mon <^ être moral. La cause contient 1 effet péché contient donc toutes ces abjections qui sont sa juste peine. tout jusqu'à Texpression même d'un re- gard.i74 tROISiÈUB SIMAINS Jésus. Voir le péché identifié à l'ignominie des crachats. par esprit de justice d'abord et. . pas? mais comprendre à fond pour que Jésus. trêve : C'est justice! je l'ai mérité 1. de la mort infâme.. de la nudité sanglante. opposons celui de la laideur morale du péché.

qu'on traîne à la mort. Ce n'est plus ici le Dieu incarné. et son humilité le sentiment de sa petitesse. dans les splendeurs de la nature originelle. . au-dessus de la foule. Usque ad mortem : comme un coupable. de l'Etre par lui-même et de l'être par création son Incarnation eût été. Mortem. » Humiliavit : il s'est comme jeté à terre : on fait ainsi d'un objet qu'on méprise. Le motif de cette vertu grandissante n'est plus le néant. un anéantissement. puisqu'il s'est fait homme. « Humiliavit semetipsum usque ad mortemy mortem autem cruels. Il s'anéantit sous la forme de l'ef^clave. autem crucis : c'est l'ignominie dans la mort. -. sa nudité et ses tortures. c'est l'humilité d'abjection.CINQUIEME MÉDITATION 17 — La raison d'être. Eût-il réalisé ce dessein au Paradis terrestre. même alors. il se fût nécessairement trouvé dans ce vis-à-vis du Tout et du rien. c'est le mépris. ment deux : sum formam servi accipiens. Le premier est celui-ci « Exinanivit semetip- I. c'est le Dieu Rédempteur» Ce n'est plus l'humilité d anéantissement. ce genre de mort qui laisse voir le supplicié. en la montrant telle qu'elle convient à l'homme déchu. Mais un second texte complète l'idée de cette vertu. la mort du dernier châtiment. — — c'est le mai. : . avec ses traits bouleversés.Ce n'est plus V oubli. Comparons attentivetextes de l'Ecriture. » C'est le Jésus que nous avons considéré avant sa Passion Il s'est fait néant.

Le premier degré est l'acceptation. les hontes.. de dégoût pour son peuple percussam a Deo et humiliatum. . Ici l'objet est l'abjection. jusqu'à la terre.. un ver qu'on foule aux pieds et qui se cache dans les proS'humilier. il en est pénétré. c'est s'abaisser fondeurs sombres. de toutes — .. Toute vertu se montre dans l'amour de son objet propre. » « Vermis sum et Entendons Jésus s'écrier non homo. puis viennent le désir. Contemplons-les eu silence. mais un ver de terre. et consiste dans une inclination : : : — — pratique qui l'y porte. » Sondons tout ce qu'il y a d'humiliaJe ne suis plus tion sentie dans cette locution un homme. soit les paroles...... » II. » « qui il en est chargé Il en est responsable Le péché est sa peccata nostra ipse tulit...TROISIÈME 8EHAINB 176 — Contemplons Jésus couvert L'exemple. il en est la personnification « eum Il n'en est pas pro nobis peccatum fecit. dévoré c'est une lèpre qui le ronge « tanquam C'est comme un objet d'horreur leprosum.. » chargé et revêtu seulement. Il porte les péchés du monde entier : « qui tollit peccata mundi. le contentement. soit les circonstances qui nous montrent ces sentiments en Notre-Seigneur.. Jésus va au-delà... Il nous sera extrêmement profitable Je rappeler à notre mémoire.. quelle image! Pénétrons dans les sentiments intimés du Sauveur. régnant dans son cœur. « chose propre. la recherche. : : — — : — « ut pour Dieu.

ou plutôt la révélation d'une loi et sa promulgation authentique. il est notre représentant et notre caution. En tant que Rédempteur. il connaît Thumilia- — tion qu'elles méritent.. est le priy dont je suis redevable. Est-ce en qualité mérite toute gloire. Il ne s'agit pas de se payer de mots. Creusons à fond Est-il bien vrai celte vérité. notre humilité doit être une inclination à nous juger dignes de mépris. elle la montre. — Est-ce en et c'est à ce seul titre. Il vient. pécheurs. qui m'incombe de plein droit. ayant pour but de nous contraindre au moins à une humilité commune? Sans doute.. L'abjection de Jésus nd crée donc pas une obligation.. un stimulant sans pareil. et cette humiliation. il l'aime. Le prix que paie ma caution. il la veut. Ou bien plutôt ne devons-nous voir là qu'un admirable excès. cet exemple est un stimulant. — Est-il bien vrai que cette humi- liation de Jésus demeure le modèle de lanôtre? que pour être chrétienne. nous ne l'aurions jamais connue. la subit. La loi. Vattitude que prend mon représentant est exactement celle qui me convient. il qualité de à quel titre le fait-il? d'Homme-Dieu? Nullement. Ce que Jésus fait ici. mais nous ne ia connaissions pas. Rédempteur? Oui. Or.. il prend nos fautes.177 CINQUIÈME MÉDITATION III. il . — 12... La loi d'abjection existait pour nous... et de s'en tenir à de vagues sentiments. BUUIUTi. Comme tel. mais il est autre chose et tout autre chose: il est une loi. et sans Jésus..

TllOISI^ME SElUlNt

il^

« Je suis humble de
Et quand il nous dit
cœur», c'est comme s'il nous disait: «Etre
:

humble,

c'est la loi je l'ai subie pour vous.
Mais c'est surtout votre loi subissez-la 1
Jésus, quelle leçon I et je ne l'avais ja...
mais bien comprise
Tout me l'insinuait, cependant: les expressions reçues, les conclusions constantes, les
choses elles-mêmes; je le savais donc, et voilà
que cette vérité me paraît pourtant toute nou;

;

1

velle

I...

merci de

C'est

que je

me l'avoir

la

comprends enfin... Ohl
Vous avez vu ma

révélée...

bonne volonté, mes

désirs,

mes besoins

sur-

dans votre misérihumilité d'abjection lui ouvre

tout; et vous vous êtes dit

corde: que

mon

enfin les yeux!

Résolution.
Si rhumiliation est ma loi, pourquoi m'irriter contre elle?
Je veux me faire doux
ea toute occasion péaible à mon orgueil.

Troisième Ôemai&d

SIXIÈME MÉDITATION
XX« EXERCICE

Humilité d'abjection

Son caractère mystérieux

Premier point : Elle est une sorte de mystère.
Deuxième
point : Ce mystère trouve son explication dans le mystère
du péché.
Troisième point : Le péché originel y suffit.

Préparation pour la veille.
La méditation
de demain explique et complète les deux précédentes. Bien plus, elle établit leur conclusion
sur des preuves irréfutables. Ces preuves, remarquons-le bien, relèvent principalement de

d'inquiétude
qui étreint la raison, car la raison a peur des
abîmes où elle est entraînée, même logiquement. Au milieu de leurs obscurités, elle a beau
toucher le vrai, elle ne se rassure pas, elle voudrait le voir directement et en lui-même. Notre
premier devoir est donc de nous méfier non
pas de la raison, mais de ses habitudes, La
raison trouve étrange ce qui ne lui est pas familier; elle appelle volontiers rêverie ce qui la
dépasse, et traiterait dédaigneusement de mysticisme une doctrine profonde. Que faisons-nous
la foi; ainsi s'explique cette sorte

TROISIÈME SRHAiNji

180

Nous en appelons de la raison mal impressionnée à la raison logique et conséquente. Les
dogmes de la foi sont-ils vrais? Thumilité d'abjection découle-t-eile de ces dogmes? Ces principes, une fois démontrés, leur conclusion doit
être admise au même titre que les mystères, si
elle reste mystère elle-même.
ici?

On

le croit,

on se

l'affirme, et

cependant on

reste indécis, tant la nature est tenace,

tant

il

que notre volonté, pas plus que notre
raison, ne peut se suffire à elle-même.
est vrai

De

cette disposition, découle

un second de-

voir, qui est d'implorer la grâce, ce secours divin

qui nous fera franchir le difficile passage de la
preuve reconnue à l'adhésion franche et enmon Dieu, établissez-moi enfin dans la
tière.
vérité créez en moi une conviction inébranlable
Une telle conviction est plus rar"te qu'on
ne le pense; et pourtant, ô mon Dieu, la conviction n'est pas encore la vertu, et c'est la vertu
même que vous attendez de moil... La vertu,
;

!

aux humiliations

c'est la facilité qui fait

cueil

le

l'ac-

plus doux; c'est l'habitude sainte qui

le fardeau, tant que
l'impose; chez quelques âmes
c'est l'amour qui leur ouvre ses bras, et qui
parfois les appelle
mon Dieu, que j'ai besoin de vos puissantes
Jésus, vos exemples passés ne me
grAces!
suffisent pas; venez en moi, venez vous-même,

en soutient paisiblement

votre volonté

I

pour

les

y vivre encore

1

SIIIÈMB MiDITATION

181

Méditation

Premier prélude.
Se représenter Jésus homme
Dieu en face du péché originel et proclamant que sa
Passion et sa mort sont un moindre mal. Avec lui
plongeons nos regards dans le mystère de ce péché
Abîme si
comme on le fait au bord d'un abîme.
obscur que l'oeil se dilate jusqu'à la fatigue, sans
rien distinguer; si profond que l'oreille ne perçoit
Les moyens
pas le choc du caillou qu'on y jette.
d'appréciation dont nous manquons, Jésus les posvoyons par ses yeux, jugeons d'après sa
sède
pénétrante raison.

:

Deuxième prélude.
Demander la grâce de
m'abandonner à Jésus, pour le suivre avec conviction et amour dans la voie de l'humilité.

I.

L'humilité d'abjection est une sorte de mys-

Elle l'est pour le rationaliste qui la
trouve absurde elle l'est, hélas! pour nous qui
la regardons peut-être comme un pieux excès,

tère.

;

du moins pratiquement.
Afin de réformer nos idées,

il sera bon de ne
pas isoler notre divin Maître de ses disciples les
plus éclairés. En eux c'est toujours Lui, d'ailleurs, puisque c'est son esprit; mais c'est Lui
plus près de nous, plus semblable à nous.
Rappelons à notre mémoire les expressions
désolantes dont s'accablent les Saints
« un
abîme de malice, un avorton, le rebut de l'humanité, etc. »
Voyons leurs sentiments; ils se jugent indignes de parler, indignes même de vivre. De
:

TROISliMI SEUAINl

182

expressions leurs sont familières, elles se
trouvent dans la bouche de tous... C'est comme
un gémissement traditionnel depuis le Calvaire... Quel spectacle que celui de ces dix-neuf
siècles d'une telle humilité, toujours la même,
et la seule qui soit canonisée!...
Considérons la logique de leur humilité des
paroles elle passe aux actes. On les méprise, on
On les outrage,
ils sont doux.
les persécute
On
on les frappe ils ont un sourire de joie.
les déclare mauvais et ils avouent l'être plus
On les délaisse et ils le trouvent
encore.
Ils se jugent inutiles; le bien qu'ils font
bon.
ils proclament qu'il se fait par Dieu, et que c'est
moins avec eux, que malgré eux, qu'il s'accom-

telles

:

:

:

plit.

Voilà ce qu'ils disent, voilà ce qu'ils sentent;
comprenons-le bien voilà vraiment ce qu'ils
pensent.
Voyons encore ceux qui se sont montrés plus
particulièrement altérés d'humiliations ils aspirent au mépris comme les ambitieux aspirent
à la gloire et quand Dieu leur demande quelle
récompense ils choisissent pour prix de leurs
et

:

:

;

ils répondent souffrir et être méprisés
pour vous
Confondons-nous devant eux... Ce sont des
légions d'hommes semblables à nous, souvent
moins coupables, toujours plus méritants...

travaux,

:

1

II.

le

Cette humilité trouve son explication dans

mystère du péché.

L'homme comprendrait

s'il
était capable de
sonder à fond l'abîme du péché. Jésus-Christ en

l'humilité

d'abjection,

fllZlÈMK

MEDITATION

183

a exploré les sombres profondeurs à la double
lumière de sa science infuse et de sa vision béalifique.

La sainteté de l'Être infini, sa majesté, sa
bonté, sa beauté suprême, toute la splendeur
des attributsdivins, inondant son âme de clartés
éblouissantes, lui montraient à quel point Dieu
mérite le respect, Tamour et la louange.
Puis, tout à coup, le spectacle change le
péché vient d'atteindre toutes ces merveilles?
s'abat sur l'honneur divin comme pour
il
l'anéantir. A cette vue, une confusion éperdue,
une amère désolation envahissaient Celui qui
portait les péchés du monde...
Contemplons-le, écrasé sous ce poids, dans
son agonie. Entendons ces paroles d'un étrange
découragement « Transeat a me. Que ce calice
s'éloigne » Remarquons cette sueur de sang
qui témoigne d'une sorte de désastre!...
Et pourtant, disons-le sans hésiter, l'humanité sainte du Sauveur elle-même, ne connaissait pas tout le désordre, tout l'outrage que
contient le péché... seule sa nature divine en
avait la pleine lumière
Quelle n'est pas ma confusion, ô Père adorable, de me voir mesurer le péché à son apparence extérieure ou à la connaissance que m'en
donnelaraisonL.Quoi! pour la raison de Jésus,
le péché garde des mystères Ah je commence
à comp'-endre qu'en fait d'humilité, je ne sais
rien, et que je ne saurai jamais tout...
Le mystère se trouve dans le péché seul, et
non dans l'humilité, qui est sa conclusion lo
:

:

1

I

I

gique.

1

TROISIÈME SEMAINK

184
Elle est,

^cheur.

en

Vétàt qui convient au
une sentence de justice qu'il

effet,

C'est

doit porter contre lui-même...

Mais

comment

la porter

sonder

la gravité

de

la

s'il

est incapable

de

faute?

Une ressource lui reste, c'est de voir par des
yeux plus pénétrants que les siens c'est de
juger, non point par les sentiments de l'homme,
mais par ceux de Dieu... Les Saints ont fait
ainsi
voilà pourquoi la céleste folie de leurs
abaissements demeure une profonde sagesse»
« Apprenez de moi»f nous redit le Sauveur.
Qu'ai-je donc à chercher autre part? L'humilité
est une vertu presque entièrement suruaturelle,
;

;

comme

haute

les cieux,

profonde

comme

l'en-

fer!...

Que
faible

la raison paraît courte, et qu'elle se sent

en face de

cette révélation

!

Le péché originel impose d'ailleurs une
Pour dissiper les dernières
ombres, demandons la grâce de comprendre
comment cette humilité d'abjection, peut se
trouver chez les Saints qui n'ont pas commis
de péché personnel de quelque gravité.
D'autre part, ils ne sont point chargés des
péchés d'autrui, dont la responsabilité explique
du moins l'humilité de Jésus.
C'est vrai mais ils ont été atteints de la faute
originelle, et la participation à cette déchéance
justifie, même chez eux, l'humilité d'abjection.
Une fois de plus reconnaissons-le sincèrement : c'est encore un mystère qui éclaire un
autre mystère. Alaii la réalité du péché origiIII.

telle

humilité.

;

ne portent-elles pas dans leur sein le ferment de tous les péchés ? Quelle ignominie et quel danger Il n'est pas une seule faute commise par un I homme — Et le si que ne sois capable de commettre. Ces ignorances. » — Oh 1 Jésus. Ai-je besoin de comprendre puisque vous enseignez. Le péché originel domine l'humanité. Je me fais d« votre humilité extérieure un tableau . jusqu'à la mort. « Misericordia Domini quia non sumus consumpti. cette tache déshonorante. C'est pour lui qu'il est mort. Je rougis de la mienne et de ses réserves.. Seigneur. je crois.. maîtresse. lîe s'est point présentée. objet de l'aversion de Dieu. il reste toujours vrai que l'homme le plus juste l'a subie et portée. je n'ai qu'à vous contempler. c'est votre miséricorde qui m'a préservé de l'abîme. ces prQpensions au mal qui troublent le sang et le cerveau.SIXIÈME MEDITATION 185 nel est un dogme déûni qui projette toute sa lumière de foi sur le sujet qui nous occupe. Il reste toujours vrai qu'il en traîne les suites humiliantes. qui ne tiennent plus... ces révoltes.. à votre humilité et à celle des Saints. Assez d'exemples. justifient cette crainte et cette humilité. Je n'ai même pas besoin de vous entendre. d'ailleurs. pour lui qu'il s'est fait si humble. avec ses insidieuses préparations. C'est principalement pour lui que Jésus s'est incarné. malheur ne m'est pas arrivé (et c'est sans doute que Toccasion je pareil sais-je?). Or.. ces illusions. je ne résiste plus.

ce ressort puissant de l'action ? La réponse est simple : voyei les saints. Résolution. et sans tant mesurer Tobligation qui m'y contraint. qui se mêle à tout. plu: L'humilité d'abjection n'est-elle pas de nature à jeter sorte de terreur et de trouble qui le paralyse.TROISIÈME 8SMÀINI 186 vivant qui m'instruit.. — servir mes la connaissance du péché marchent ensemble. leur paix. Mais comme l'humilité est une vertu pratique.. et je tâche de soupçonner de loin le mystère de votre humilité intérieure qui m'étonne. l'homme dans une I . Peut-être parviendraije ainsi à la mieux comprendre. ce doit être là le secret des Saints. accusations humiliantes. aux sentiments comme aux actes. ce guide élevé de la conscience. pas relâché à cet égard i -r- Ne me serais-je ? ECLAIRCISSEMENTS Sur la Méditation qui va suivre I Nous abordons le point délicat de l'humilité nous mettre au-dessous des autres. comme aussi d'amoindrir en lui le sentiment de la dignité personnelle. leur courage... je veux la pratiquer très généreusement. Ici. voyez surtout lea plus humbles . je ferai Puisque et celle de l'humilité confessions à ce double objet: contrition sérieuse. leurs œuvres 1.

Dans leur conscience. de la mort qultfsûrement un jour viendra nous arracher de ce monde. la piété ne comprend pas assez l'humilité. le rationalisme. et d'une mort subite qui peut fondre ^r nous à chaque instant? Si elle demeure. c'est qu'elle est. mais sur Dieu.. reconnaît le devoir d'admettre les vérités surnaturelles. sous l'influence répandue partout du rationalisme or. toute tristesse se noie. nous ne cesserons de le dire. Ainsi du sentiment de l'humilité.ÉCLAIRCISSEMENTS. (Voyez. au fond. dira-t-on encore sous le poids de tels sentiments d'humilité.. Commençons par rappeler certaines vérités sieurs questions se posent. beaucoup de maux dérivent de cette erreur. au besoin./>e la prudence ! ! I . n'est pas la raison. ETC. d'aimer. elle nous laisse néammoins calmes et occupés. plni loin. Au jour de la Cène. entre-t-il indiscutables. qui ne veut rien voir hors de sa sphère propre. 187 Un tel abaissement véritablement dans les exigences de cette vertu? Est-il de précepte ou de conseil? Doit-il s'étendre jusqu'à cette intime persuasion qu'on est le dernier de tous les hommes?. . elle s'appuie. Si. Comparez ces consciences et ces vies à celles des ambitieux !. Mais. sans s'en rendre compte. Aimés de lui que craindraient-ils ? Toute inquiétude. investis de la plus haute noblesse dans l'action. qui dépassent tout le créé. voyez l'effet que produit sur vous la pensée de la mort. . car la raison bien informée. non sur eux. un avertissement utile. de vivre sa vie? Point du tout. dans sa miséricorde Leur dignité personnelle Ah elle se fonde. Il est une raison étroite. par exemple. de se distraire. ils se savent les instruments des volontés divines. Beaucoup de fausses idées. en un mot. non pas sur les qualités de nature qui élèvent peu mais sur les dons de la grâce...) . enfants de ils se sentent Dieu. de nos jours. Notre-Seigneur se met aux pieds de tous les Leur paix est imperturbable. — Première vérité. — : d ne l'humilité. il est impossible de jouir.

tous sans excep: tion lité . de nos fautes et de nos défauts. ne canonisa jamais une humidonc légitimés. » Rien de plus clair au point de vue pratique. et il déclare ensuite que cet abaissement doit être notre Plus tard saint Paul en rappelle l'obliloi. de cette loi d'humilité se trouve dans ses rapports avec la loi de charité chrétienne elle en est la sauvegarde la plus sûre.TBOISIBMK SEMAINB 188 apôtres. ce sentiment. voile à ses yeux les fautes ou les défauts d'autrui. vérité. : : II !• que l'abaisseDe ces vérités il résulte tnent devant les autres entre bien dans les : . tous les saints Tonl suivie. quand il est vif. ment de nos Troisième vérité. Il y aurait là de merveilleux points de vue à parcourir il semble que la charité ne puisse s'étendre que dans l'espace fait par l'humilité. mais très forte. — « Traitez les autres gation par ces paroles comme vos supérieurs. Cette règle de conduite. que dis-je? ces prétendus excès et l'Eglise moindre glorifiés : voilà ! Deuxième — L'humilité est le sentirésistances coupables. Or. Cette tendance à l'abaissement a toujours été regardée comme essentielle à la perfection de cette vertu. aux pieds même de Judas . et lui fait sincèrement rechercher la dernière place comme étant celle qui convient à tant de misère. s'empare de l'âme tout entière. — Une raison indirecte.

2» qu'au delà de cette réserve. dès maintenant. est-il seulement une règle pratique? Serait-il. ne règle de jugement? En d'autres termes. ne saurait nous demander une attitude qui fût en contradiction avec nos sentiments intimes. le nôtre. un voile impénétrable recouvre cet avenir. Contentons-nous de déblayer le terrain en faisant remarquer. permet donc de desfous de tous. et aussi celui de tel homme actuellement méprisable. exigences de l'humilité. se mettre sincèrement auune conclusioD de C'est . III Mais cet abaissement de conseil aux pieds de tous les hommes. en ce sens que nous ne méprisions personne et que nous ne nous préférions à personne d'une façon absolue. dois-je me mettre au-dessous des autres en inclinant à croire que c'est bien là ma place ? Assurément car le divin maître. et n'a d'autres limites assignées que celles que lui impose la prudence. spécialement sur la manière dont elle finit et qui nous classe. Cette impossibilité de se préférer à personne. etc. or. en outreu. ennemi absolu de toute hypocrisie.189 Eclaircissements. l'abaissement n'est plus que de conseil. que la juste appréciation de soi doit se baser sur la vie tout entière. ! Comment se forme une telle persuasion et comment peut-elle être sincère? C'est ce que nous étudierons dans la méditation de demain.

simple prudence. . c'est en fait une erreur Cette réchez tous. c'est spéculativement peu probable si chacun doit le penser. — serve. comment IV Serrant de plus près la question. : . excepté chez un seul.TROISIÈME SBUAIN8 490 il est vrai . terre. qu'on pourrait étendre encore. L'inclination pratique demeure. faut-il se demander se juge si l'humilité parfaite. et c'est en elle que réside l'humilité. Qu'on soit le dernier. mais nous verrons l'humilité conseille de l'adopter. parmi cette multitude d'hommes qui remplissent la et. exactement le dernier. n'enlève rien à la force des conclusions qui précèdent et que nous retrouverons bientôt. exige que l'on numériquement le dernierdeshommes ! Nous répondrons avec franchise Non.

Ses exigences sont les exigences d'un Dieu sage. rhumilité d'abaissement est au fond très lumineuse. ni vertu D'autre part. ni conviction.Troisième semaine SEPTIEME MEDITATION XXI* EXSBCICE « Le Mandat um novum » Se mettre aux pieds de tous Premier point seigner ici. : — — que Jésus entend nous enDetixième point : Cette humilité est dordre Troitième point : Raisons qui l'établissent. je me tiendrai en garde contre les préjugés qui émanent soit de la nature inconsciemment réfractaire à ces idées. qui connaît à fond la nature humaine. surnaturel. Cette méditation bien comprise est de nature à modifier profondément nos idées. soit de l'opinion humaine entièrement aveugle . le factice n'établissent rien de solide. C'est l'humilité — Préparation pour la veille. une immense paix régnerait. Je commencerai par laisser à mon esprit toute sa liberté d'examen. Si elle régnait parmi les hommes. Sous ses obscurités apparentes. Le convenu. avec elle et nul devoir ne serait trouvé trop dur.

le démon agant mis la trahison au cœur de Judas. j'appellerai la lumière d'en haut et. passant dans tous mes sentiments. donne à ma charité pour le prochain cette vitalité et ce charme. je prierai encore pour que la sève féconde d'une telle humilité.. si elles en découlent rigoureusement. » eut fini de laver les pieds de tous les . Jésus se lève de table^ dé- pose ses vêtements d'honneur Puis. versant de et se ceint Veau dans un bassin. transformez en oasis ces sables arides de mon stérile orgueil ! Méditation « Le repas achevé. ses fruits. Marie si humble. je prierai. pourquoi donc craindrais-je de m'abaisser autant que vous? Eaux saintes de l'humilité q^i ne coulez que dans les basses vallées. quand ma conviction sera faite. de- viennent comme les vérités de raison. Je me rappellerai que les vérités surnaturelles. une fois prouvées. ô Jésus tout humble. se il met à pieds de ses disciples et à les essuyer.. qui sont . Il « Vouh.TROISIÈUB SEMAINE Id2 sur ces questions. Mais surtout je prierai.. me laver arrive à Pierre et Pierre lui dit « Ce que les pieds? \amais! » Et Jésus lui répond je fais tu ne le comprends pas à cette heure. mais laver les : : tu le « comprendras plus Quand il tard. desprincipes dont les conséquences doivent être admises.. d'un linge.

en vérité. afin qu'après moi vous fassiez ainsi. vaste et — — — Au milieu. à votre tour.. les flambeaux étincellent. Au dehors. vous laver les pieds les uns aux autres. A l'intérieur. quelle action exprime mieux l'humilité que celle de laver les pieds. 1. Si donc fai lavé vos pieds.. bienheureux serez-vous en les accom- disciples^ table. — Deuxième prélude. i" hommes. se remettant à savez-vous cequeje viensde faire auprès de vous? Vous m'appelez Maître. le serviteur na pas plus de dignité à sauvegarder que le Maître. vous devez. — 13. Cest un exemple que je vous ai donné. et vous dites bien.. il plissant il dit ! reprit ses vêtements : » — — Premier prélude. En vérité. Au dehors.-' les pieds! cette partie basse qui foule le sol et se salit. et surtout les — HUMiLni. Se représenter le Cénacle somptueux. Si vous comprenez bien ces choses.. entourée de riches divans. se sont servis d'une représentation matérielle. — Tout tien et rintention le prouve . Jérusalem silencieuse à cette heure. le sens de Tae du Maître. Or. . la table de la Cène.. pour graver dans les esprits leurs leçons les plus importantes. — Le sens de raction. De tous temps les Orientaux. moi votre Seigneur et votre Maître.. car je le suis.SlPTlisiS MÉDITATION 193 et. Demander ment devant tous les hommes. abaisse- rhumilité que Jésus entend nous en- C'est seigner le saint ici. Mais ici ce n'est pas une humilité quelconque. les derniers rayons du jour font pâlir les longues draperies des fenêlres.

Porterait-il par hasard sur la pratique spéciale de laver les pieds aux fidèles? 11 n'est pas permis de s'arrêter un instant à cette hypothèse ce serait convaincre d'infidélité l'Eglise. prouvé. Jésus entend imposer une forme nouvelle slux rapports des chrétiens entre eux. s'adaptant immortel et flexible aux situations changeantes. . : — .. sans quoi la solennité de la leçon dépasserait l'importance Il fait appel à l'attention des de l'objet. gardienne infaillible et jalouse des traditions sacrées. il est plein et indiscutable. Pénétrons-nous de tous ces détails significatifs. l'humilité en était le sens. » je l'ai fait « pour Il indique son motif formel Il prend la peine de vous donner r exemple ». sur l'importance de ce précepte en appelant « bienheureux ceux qui le comprendront ei Vac- — — : — : y comp liront — ».. sans parade Humilité résolue il fait violence à saint Humilité extrême il s'agenouille aux Pierre. d'une importance secondaire et d'un usage souvent difficile. Judas. a disparu. et son esprit n'a cessé d'animer la société chrétienne. Il appuie votre Maître et votre Seigneur etc. Ce n'est donc pas un enseignement incident ou équivoque c'est un enseignement préparé. c'est l'humilité à l'égard lité — : : — 2° : — Vintention du Maître.». HumiJésus ne se fait point a»der. La pratique matérielle.'-— Elle n'était qu'un signe. pieds du dernier des hommes. Par cet acte. expliqué. démontrer l'obligation qui en découle uSimoi.TROISIÈME SEMAINE 194 — des hommes. apôtres: « Vous avez vu ce que je viens de faire.

et cela sincèrement voilà ce que Dieu seul peut enseigner et imposer à l'homme. conviction profonde de leur bassesse.. une fiction peu sérieuse. Cette humilité est d'ordre surnaturel. N'est-ce point là une théorie exagérée. pourquoi me mettre au-dessous des autres?. » pas une fiction vaine c'est nous dit-il. ce n'est une inclination essentiellement chrétienne.. quand chaque homme doit prendre ce même rôle à son tour?. à commencer par saint Paul — : — : . : — . comme Jésus.. c'est bien l'humilité surnaturelle que lui révélera le Saint-Esprit. dont le bon sens fait bientôt justice. L'humilité de simple raison. devant les méchants eux-mêmes. c'est la . devant tous les hommes enfin mais cette attitude du plus grand se mettant aux pieds de tous. : tous les autres. Non. c'est l'abaissement devant Dieu rien n'est plus naturel. et s'il est une chose qui nous .SEPTIÈME MÉDITATION 19ÎI — //. comme vos supérieurs. qui s'évanouit à la réflexion et ne nous accompagne pas dans la pratique? .. ce n'est pas une théorie exagérée c'est l'enseignement universel des maîtres de la « Traitez piété. Quelle est donc cette humilité que le chef des Apôtres ne peut comprendre encore et qu'il comprendra plus tard? Ce n'est pas la simple humi* lité de raison. Tous les Saints se sont tenus pour /es derniers des hommes. l'abaissement devant ses semblables. C'est aussi la modestie. étonne plus que leur admirable vertu.Non. En effet. ce frein de nos prétenMais tions la sagesse humaine l'approuve. Et comment le pouvoir faire avec conviction.

pour le Pour il n'a que des conjectures. ou du bien et du mal qui sont dans le prochain. lui-même il a le devoir de se faire juge pour le prochain. car il — Laculpabilité s'apprééchappe. Il a sa conscience. il se connaît et se sent resIl se voit au fond assez tristement ponsable. — enfin est sans : lui la la le résultat éternel qu'il ignore. Raison de cette humilité. En du prochain compétence face il n'est plus juge. il doit se décla- — — — . l'homme se trouve dans une situation fort différente. et nous en Telle est notre conméritons toute la honte. il a des certitudes. mais juste. mauvais il peut et. Le mal au contraire vient tout entier de nous. Or. Certaines vérités nous déconcertent. uniquement parce qu'elles vont à rencontre des idées reçues. selon qu'il s'agit du bien et du mal qui sont en lui. remarquons-le bien. par valeur d'ensemble. sur notre condition personnelle. — l'ingracie par l'intention qui proportion des grâces qu'il ne titude. dition devant la justice divine. en vérité. rer tel. en face du bien et du mal. par connaît pas. — . il en a la prochain. En face de lui-même il est constitué juge. — En chacun III. de nous il y a le bien et il y a le mal. Apportons à la méditer un esprit sans prévention. . Le bien vient finalement de Dieu. et nous n'avons pas le droit de nous en glorifier. Pour lui-même.TROISliHS SBHAJNB 196 Le secret de cet enseignement se trouve dans une considération subtile peut-être.

aussi considérer le bien. le bien. qui ose à peine affirmer une telle humilité!. les : C'est un précepte nouveau» Ce n'est pas . mais au milieu des ombres.. divin Maître faites pénétrer en moi cette doctrine qui me surprend étrangement Juger les autres me paraissait aussi juste que se juger soi-même! Les hommes ne le font-ils pas tous les jours? Ils se trompetit.f97 SEPTiiMB MÉDITATION défense Celui qui : « Qui judicat fratrem detrahit legi se : permet de juger son frère va contre la loi.. » Si je n'ai comment pas le droit de juger les autres. tu les confonds dans ce même principe Dieu vu dans le prochain.jeme trom! : — pais avec eux 1 Jésus.. œuvre divine. me préférer à un aurais-je celui de seul?. tu rends la vie paisible et rapports faciles! sublime point de vue. la charité l'y aime. Elle la voit pourtant... ayez pitié de ma pauvre raison. L'humilité l'y découvre. le mal... mais je dois avant tout juger mon œuvre propre.. Donnez-lui surtout le courage des conclusions saintes 1 Dans mes frères je ne dois envisager que ce En moi je peux qui vient de Dieu. — sage partialité. tu éclaires à la fois la charité et l'humilité.... Donnez-lui du moins lavolontéd'être croyante. ces deux vertus éminemment chrétiennes..

tout est nouveau. tout change. — • Me montrer plus . est-il donc étonnant qu'il y commande un respect surnaturel? Résolution. par un vouloir formel et par de mystérieux rapports ce Dieu incarné se prolonge dans chaque homme.198 TROISIÈME SBMAINB surprenant. me préférer à un seul? roccasion. Dès qu'un Dieu entre dans l'humanité. — Si je n'ai comment aurais-je — Me le répéter à le celui de droit de juger personne. déférent pour tous aujourd'hui. et si.

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2» Par contre. Quelques autres enseigneront la culture de celte vertu. la splendeur de la véritable humilité fera ressortir les imperfections de la nôtre et par son charme gagnera noire cœur. soit par l'impression intime. soit par l'extérieur lui-même. peuvent nous laisser une humilité incomplète. sont des causes permanentes de déviation. la sève qui monte. . Des lois secondaires méconnues. soit par ce grand essor surnaturel qui s'appelle l'amour *^ du mépris. 1° Mais ce mouvement a besoin d'être dirigé. envers Dieu. des con: séquences mal déduites. Celle quatrième ment semaine est donc éminem- celle de l'humilité pratique. la vertu de prudence viendra tracer à tout ce mouvement sa marche logique et sage. fausse ou dangereuse.PRÉPARATION A LA QUATRIÈME SEMAINE Nous voici convaincus et déterminés nous voulons être humbles. c'est l'effort qui tend au progrès. le prochain et notre propre misère. jointes aux habitudes prises. Le désir est le germe qui tressaille. Les fausses notions qui nous enveloppent. 3» Quelques méditations seront ensuite consacrées aux applications diverses du sentiment de l'humilité. 4° Enfin. c'est déjà commencer à en vivre. nos erreurs personnelles. Prendre le goût du bien.

nous ont paru moins propres à la méditation qu'à la elles fixent principalelecture et à l'examen ment notre attention sur nous-mêmes. Ne s'appuyant pas sur la foi. mon Dieu. Or. ainsi qu'on le remarquera facilement.. leur méditation habituelle. elle n'attendrit pas le cœur. celle des âmes qui progressent. tandis que le but de la méditation est de la fixer avant tout sur Dieu. l'humilité rationaliste n'est pas celle de Jésus. éminemment pratiques. Prévoyant néanmoins que plusieurs personnes trouveraient préférable de consacrer à ces recherches. les illusions : § I. elle n'est pas de force à soutenir une haute vertu. celle des saints. les faussetés et de certaines humilités. Débarrassez mon esprit des cette humilité se trouve chez . nous avons disposé en conséquence les diverses parties de cette étude.. faites que cette étude me soit une révélation 1. L'observation le constate et la simple analyse viendra bientôt le démontrer. et ne projette pas autour d'elle le reflet du divin. — De rhumilité s rationaliste Le croirait-on? une certaine proportion de presque toutes les âmes à vertu ordinaire.DES FAUSSES HUMILITÉS Ces études sur l'insuffisance.

Aussi est-ce le plus naturellement du monde que nous cherchons à paraître et à dominer. Dans ce cas. à cette autre C'est absurde. Je vous le demande par l'humilité de Jésus qui dépasse la raison humaine. S'il s'élève dans notre esprit un certain besoin de nous justifier. — En quoi consiste l'humilité rationaliste. de toute la hauteur du Calvaire. à cet égard. Ses idées intimes. l" Que — — vain voilà qui suffit à ses exigences. ni I. L'enseignement des maîtres de la vie spirituelle ne trouve pas grâce devant elle. et que l'on ne s'élève pas au delà de ses mérites. ce n'est pas qui nous trompe. Que l'on ne soit ni arrogant. Que l'on n'entreprenne rien au-dessus de ses forces. elle se contente souvent pratique.. l'on ne s'estime pas follement soi-même. mais elle ne l'ose. parler avantageusement de soi^ : — — .DES FAUSSES HUMILITÉS 203 préjugés qui bornent étrangement sa vue!. 2° L'humilité rationaliste n'est pas dogmatique.. et que l'on ne méprise pas les gens estimables. sans songer à nous en appliquer les conclusions. elle dirait volontiers fanatisme. nous le satisfaisons par les explications les plus rassurantes prendre la première place n'est plus que respect do son rang. varient de cette for: : — mule modérée : Il faut en prendre et en laisser. c'est la nature qui : traîne. — — Nous toujours de rester la raison nous enadmettrons nonchalamment toute la théorie chrétienne sur cette vertu. L'humilité des saints l'offusque grandement elle l'appelle voie extraordinaire.

elle mutile l'humilité chrétienne.QUATRIÈME SIMAINI 204 — et accepter sans façon tout ce qui l'amour-propre. car elle n'atteint pas le but ce n'est pas une humilité de ce genre qui maintient la paix et la charité. nous séduit facilement point d'excès qui choque. flatte Maître. îordant avec la raison et avec s'ac- nature. je Ven . c'est aussi notre nature.. Le sentiment inné du juste et du bien s'y trouve satisfait. ce n'est pas elle qui produit l'abnégation et qui écarte les illusions. nous voilà établis dans cet état d'esprit qui exclut le doute pratique : est-ce que \out le monde ne pense pas ainsi? Victime de l'erreur ici la — commune. Une humilité est fausse dans ses prinpuisque ne tenant aucun compte des dogmes de la foi. aucune de ces laideurs qui trahissent le mal. une sainte liberté.. nous sommes cela nos tendances ne vont pas plus loin. suis pas j'ai beau être de bonne moins sans humilité foi. 2° Ce n'est pas notre raison seule qui l'admet. N'estce point là une vertu païenne? « Nonne ethnici hoc faciunt? » s'écrie avec tristesse le divin simplicité. craindre. véritable. — : Combien II. — l'humilité Une rationaliste est à humilité se présentant sous les traits de la raison. point de grave désordre non plus. De nous-mêmes. 1® telle : : 3° Le sens commun de Vbumanité. telle cipes. Elle est insuffisante dans sa portée morale.

devant ces découvertes supérieures. des horizons inconnus de dépendance se révèlent alors aux yeux de la foi et. mais de ne pas tout voir. une vérité. élèvent singulièrement le point de vue. . Parlez-leur de désintéressement. il ne serait que . de plein droit. Rappelez-vous les méditations de la deuxième semaine et le saisissement qu'elles vous laissèrent sans doute. et les conclusions qui en découlent. pour juger sainement un objet. n'est pas . hommes de nature vulgaire. au seuil du surnaturel. Tinanité de Thumanité rationaliste apparaît éclatante. les dogmes relatifs au péché originel et à la nécessité de la grâce. Elle s'arrête si bien qu'on le voie. Or. s'il se rencontrait par hasard. Nous ressemblons terriblement à ces .DES FAUSSES HUHtLITlis 205 — Combien cette humilité est insuffisante. Ici Terreur de mal voir. et ils vous répondront. Rien n'est donc plus strictement raisonnable que l'humilité surnaturelle mais si raisonnable qu'elle soit. chacun a pour mobile un intérêt quelconque que Ib désintéressement n'existe pas et qu'après tout. devient un principe légitime de raisonnement. elle est loin de nous le paraître. le sourire aux lèvres. dans le domaine de la est vertu. entrent. par là même qu'il en partie. qu'au fond. Tout dogme. manquant d'horizon. elle ne distingue dans Thumilité que la région humaine. . disions-nous. et le tort est de conclure comme si Ton voyait tout. et. quelque inattendues qu'elles soient. En effet. qui s'entêtent à ne pas admettre ce qui les dépasse. il ne suffit pas de le voir III.

hélas ! dans l'esprit rationaliste d'aujourd'hui?. car l'esprit lui aussi a besoin d'une certaine accoutumance. pour bien croire à ce qu'il n'admet que par raisonnement.206 QUATAIÈMS BUALM duperie.. Le terre à terre ne suffît pas pour juger les choses d'en haut. C'est ce sens humain qui.. ayant affadi en elles le sens chrétien.. chez les chrétiens eux-mêmes. se refusent avec dédain aux améliorations scientifiques les plus I autorisées. elle est sans forée pour sou- tenir l'édifice surnaturel. Notre instinct naturel en est plein. Qui peut s'assurer de n'en point ^ubir quelque atteinte?. chez les païens.. traitait de folie le sublime anéantissement du Calvaire. et qui. méfions-nous beaucoup de ce qu'on est convenu d'appeler le bon sens et qui n'est ici que le terre à terre.. et sans valeur aux . — Si mon humilité n'est pas l'huRéflexions. milité de Jésus. ont dépouillé de ses exigences surnaturelles l'humilité de Jésus.. appuyés sur leur gros bon sens. « Eva- cuerunt crucem Christi I » Cherchons donc à mieux voir et à mieux sentir. alors même qu'elle n'est qu'une habitude d'esprit. Et ces gens-là se croient très forts Très forts aussi ces campagnards qui. suscitait «ces ennemis de la Croix dont saint Paul ne parle qu'en pleurant ». C'est lentement que le jour se fait. c'est péniblement qu'une habitude nous quitte. Ne se retrouve-t-il pas. Combien d'âmes -réputées pieuses qui. et notre esprit n'en est peut-être pas entièrement dégagé. En fait d'humilité.

Elle ne possède ni cette douceur profonde qui assure la paix. non modestie des sages. 1" S'éloigner d'une pratique de vertu ou d'une œuvre de zèle. elle ne doit pas non plus paralyser l'action et rendre — timide. facilement troublé à l'occasion d'un acte de fermeté nécessaire? Ne me ferais-je pas des obligations personnelles trop gênantes? Ne serais-je pas enclin à me scandaliser au sujet des autres? L'humilité ne doit pas rétrécir les idées. point la et saints. ni ambitieux. de Nazareth et du Calvaire.DES FAUSSES HUMILITÉS 207 yeux de Dieu pour attirer ses grâces..Et dire que l'on se croit humble parc^'que l'on n'est ni arrogant. ni ce charme particulier qui accrédite auprès des hommes. prêtons une oreille plus du divin Maître aux enseignements prenons pour idéal. § IL — De rhumilité étroite et pusillanime La pratique de l'humilité ne me serait-elle pas une source de préoccupations? Ne me rendrait-elle pas hésitant pour prendre un parti. Elle n'est plus qu'une sorte de vertu courte. ni susceptible! Ah! revenons à l'école de Bethléem. sous prétexte qu'on en pourrait . craintif pour donner un ordre. indiquées par les circonstances. mais l'humilité des attentive .. ni vain. sèche et inféconde.

qui n'a pas même la vigueur de s'élever au regret. toutes les difficultés. Faut-il donc défendre contre Dieu même cette ombrageuse vertu ou plutôt. et notre sécurité doit se fonder sur la grâce qui l'accompagne. Notre premier regard doit se porter sur la volonté de Dieu. la prière. Se dépiter de ses fautes. pusillanimité. On n'osera donner des ordres. se laissera critiquer et reprendre. mais s'attrister de soi jusqu'au découragement. rétrécit le cœur et paralyse le zèle? 2® Se complaire en soi. n'est pas le bien qui est en moi plus juste que sage n'est pas de moi. ou on le fera timidement. encore . dans l'exercice de l'autorité C'est surtout que se font sentir de la façon la plus déplorable les conséquences de cette étroitesse. unique règle de nos actes. c'est se mal connaître et mal connaître Dieu. ne songeant qu'à sa sécurité. est âme — le propre d'une Trembler devant n'est pas humilité. est un autre Voir en mal tout ce que l'on fait. sans songer qu'on prive les suborOn donnés d'une force qui est leur droit.OUATRltMB SBMAINI concevoir quelque vanité. L'humilité véritable avive le regret. sans songer — — Dieu présent dans le supérieur qu'on au mépris tout cela au grand préjudice du bien que c'est livre : 1 . l'effort. en Il arrête tout avancement. est un vice. L'humilité fausse produit la lâcheté. puisqu'il est surtout de Dieu. mais étroite et exclusive. appellera-t-on vertu cette égoïste frayeur qui. — : : moins 3<> à la prière et au combat.

L'humilité rationaliste arrête la vertu à des limites trop courtes. et pour instituer les moyens de s'en débarrasser. dans tel principe. outre une défectuosité naturelle. . La vue n'est pas assez large. Tétroitesse. il est bon d'analyser à part les causes qui le produisent l'une. elle n'embrasse pas cet ensemble qui seul permet de déternwner la valeur de chaque détail. mais elle la voit dans ses exigences. Ce défaut est loin d'être aussi commun. elle lui prête des proportions excessives. l'étroitesse d'esprit ne voit rhumililé qu'en partie. saisissant avec beaucoup de clairvoyance et de vivacité. au contraire. tel point particulier qui la frappe. tandis que l'humilité étroite et pusillanime sup: pose. Elle ne distingue pas n'est qu'un vmLXTi. Pour distinguer ce travers. dépend du caractère.DBS FAUSSES HUMILITES 209 Ce genre Je défaut est l'opposé du précédent. chacun saura où faire porter sa réforme. Cela l'humilité rationaliste s'explique sans peine est le fait de la raison laissée à elle-même. De rhumllité étroite. tient à la nature de l'esprit . comme le mot l'indique. comme dans tel acte qu'elle en croit entachés. < I. : Vautre. On se tromperait en se persuadant que ce défaut est le propre des personnes peu intelligentes. Grâce à cette distinction. la préoc- cupation exagérée des vues de la foi. Elle suppose donc l'orgueil où il n'est pas. — 1» Comme le ratio- nalisme. — 14. nwwique d'étendue. la pusillanimité. l'humilité étroite et pusillanime lui fait dépasser certaines limites sages. L'étroitesse.

et les idées deviendront plus larges en devenant plus justes. La formation première a été souvent la seule cause de ces défectuosités. elle a fini par déterminer une sorte d'entorse morale. jugement. elle le serait la guérison est plus laborieuse bien davantage encore. avons-nous dit. Ces deux défectuosités déterminent : . mais du caractère elle se compose de toute disposition donnant accès à une crainte. Or. 2° Le remède est d'application difficile. l'ouverture confiance au directeur. Que ne son jugement et le autour et plus loinl satisfait voit-elle tout fixe. la charité par exemple. soit d'une volonté trop faible. c'est cette défiance qu'il faut éveiller atout prix. par une action prolongée. mais de paraître. sillanimité. si le mal se rattachaità la nature même de l'esprit. 11 n'y a pourtant p. Quand elle n'a fait qu'introduire des principes étroits. interdit à rhumilité. non pas d'exister... II. La crainte peut provenir soit d'une circonspection trop inquiète. car consiste à douter de soi. et de cette partie de soi que l'on défend avec l'acharneraent le plus il convaincu.is à hésiter. Qu'on y joigne la lecture de livres capables d'éclairer.QUATRIÈME SSMAIMS 210 non plus les circonstances qui foui que telle autre vertu. Comment avoir assez de jugement pour se reconnaître le jugement faux? . mais si. la portion de vérité qui se trouve dans son erreur même. une autre formation plus intelligente peut tout restaurer. son jugement. De l'humilité — !• La pune provient pas du pusillanime.

Certaines personnes. La pusillanimité ne suppose donc pas précisément un manque d'intelligence. Ce défaut n'est pas spécial aux âmes médiocres. car les plus réfléchis eux-mêmes n'échappent pas à ces accidents de l'insuffisance humaine. à des craintes le 2» qui les torturent. restent livrées. le caractère faible voudra et ne voudra pas. Ni l'un ni l'autre ne parviennent à se fixer. Décidez-vous à première vue dans les choses ordinaires. même dans les cas graves et prenez toujours une résolution bien tranchée. qui montrent de la fermeté dans le gouvernement des autres. L'esprit trop circonspect s'embrouillera au milieu des nombreuses possibilités qui entourent chaque décision. Ne réfléchissez pas trop. 3° Le choix du remède dépend de la cause qui produit le mal. et l'abondance des solutions déconcerte. mais d'une manière différente. dans le cours de l'action. peut se laisser arrêter par moindre incident. elle s'allie le plus souvent à une extrême subtilité d'esprit. Etes-vous prudent à l'excès. et ne saura quel parti prendre. mais une intelligence d'un genre particulier.DES FAUSSES HUMILITÉS 211 également l'hésitalion et l'inconstance. Surtout ne remettez pas en question ce qui a été décidé. très regardant. et gardez-vous bien de vous reprocher les erreurs où vous avez pu tomber. très méticuleux? forcezvous à couper court. elles voient de l'orgueil dans tout ce qu'elles font et dans tout ce qu'elles pensent. tout en voyant bien ce quMl devrait faire. Des vues trop multipliées aveuglent. pour elles-mêmes. — . et l'un comme l'autre.

212 QUATRIÈME SBMAINS vous êtes d'une nature peu résolue. mon Dieu. vous cédez tout bonnement à votre faiblesse. faciletroublée par les obstacles ou les oppositions. souveut quelque chose de faux qui met les autres mal à l'aise. Si ment — L'humilité étroite ou pusillanime imprime à la physionomie. Tétroitesse et la pusillanimité proviennent d'une préoccupation. contraire à la prudence. donnez-moi cette humilité simple et courageuse qui ne regarde que vous. à la parole. quelque chose de gêné. Ici la direction sera utile. vous n'avez pas le droit d'en faire une question d'humilité. qui a la mission de gouverner toutes les vertus. Relevez donc votre courage et imposez-vous le devoir de sauvegarder davantage vos droits et votre dignité. et Ce défaut est d'un oubli. à l'extérieur tout entier. moins pour éclairer que pour soutenir. toutes les fois qu'il n'est pas évident que vous vous êtes trompé. Maintenez vos commandements et vos observations. Au fond. mais qui vous regarde tellement qu'elle se sent toutes les énergies du devoir et toutes les saintes hardiesses du zèle I J . Il porte atteinte à — l'ordre social et discrédite l'humilité. ou les porte à abuser. l'oubli de Dieu. prenez garde. celle de soi.

encore moins rien de faux dans mes paroles ou dans mon extérieur. Or. De leur côté. il est amené. tandis que ces actes n'en sont que la manifestation et les effets. à se contenter finalement de simples protestations ou de vaines apparences. Quand ils avaient dit à leurs parents pauvres : « Tout ce qu'il <ous plaira! » ils se croyaient parfaitement en règle avec la loi divine. Les juifs. sans songer que cette loi. mais trop tard. si elle n'est pas haute. car bien peu échappent entièrement à ce travers. la fausseté de cette conception. sans m'en rendre compte. or. ô mon Dieu. du temps de Notre-Seigneur. La dégénérescence qui en résulte. Que mon humilité. votre indulgence. en étaient descendus là. Votre lumière. votre secours I — I. par la logique de cette erreur. plus un travers est commun. exige l'amour qui assiste et ne se contente pas 4'une formule. Nature de ce défaut L'homme a cette tendance invétérée de placer la vertu dans les actes extérieurs. Je peux donc avoir beaucoup à réformer ici. soit du moins loyale. les pharisiens se . je ne veux rien de factice.DES FAUSSES HUMILITÉS ^ § III. 213 — De rhumilité fausse dans son expression Que nul ne passe rapidement sur ce sujet. moins il frappe. Cependant. accuse. outre le respect qui s'incline.

le mépris des autres. » « n'appelle point humilité. En disant que vous ne valez rien. qu'elles ne sont qu'abjection. nul ne fait cette déduction explicite. mais plus d'un en subit l'influence secrète. nous n'en sommes point làl les enseignements de l'Evangile ont trop pénétré la société chrétienne pour que nous puissions descendre à de tels abus. le pensez-vous? En vous courbant. gardez-vous bien de le leur dire. Voyez vos révoltes quand on vous juge moins capable. car elles s'en offenseraient. et l'humanité ne laisse pas que de pousser sa tendance. et. Certes. : ! h . et si vous reconnaissez en elles quelques imperfections. Jésus exige que nous soyons humbles? disons que nous ne valons rien montrons aux yeux du prochain un air doucereux et des manières déférentes prenons à l'église une attitude abaissée nous voilà humbles! Assurément. misère et imperfection.NS 214 tenaient pour humbles parce qu'ils se prosternaient bien bas dans les rues. aussi loin que le lui permettent l'irréflexion et les usages. quand on vous contredit ou tout simplement quand on vous néglige « Il se trouve souvent des personnes qui disent qu'elles ne sont rien. tout en conservant la conviction entière de leur supériorité. et qui ne sauraient souffrir qu'on leur dise la moindre parole de mésestime. qui plus est.OOATHiÈMB SEMAt. qu'aussitôt elles ne s'en plaignent. dit encore saint .. mais prenons-y garde! notre nature appartient toujours à rhumanité. Sondez bien votre cœur. permettriez-vous aux autres de vous regarder de haut?. ..

de révérences et d'inclination. Ce que nous disons des paroles. il nuit toutefois à l'humilité puisqu'il la dépare. être plutôt nommé fantôme d'humilité. Toute société se forme un langage. sans aucun sentiment intime de sa propre abjection et de la juste estime du prochain car tout cela n'est qu'un vain amusement de faibles esprits et doit . Cet abus est le plus souvent inolTensif. et toute personne qui en fait partie. il faut en convenir. comme il advient souvent. ce cérémonieux assemblage de paroles. partant plus de beauté. lui emprunte ses expressions. » — II. Si la nôtre ne va pas jusqu'à nous insil doit : . la conviction intime. Grande leçon pour les vertus ordinaires.OSS FAUSSRS HUMILITÉS 215 François de Sales. et à la piété. absolument sincères chez quelques personnes. Qu'elle est belle l'humilité où tout s'harmonise dans la sincérité! Mais que la sincérité soit en défaut sur un seul point. ne sont chez la plupart des autres qu'un simple écho. de baisements de terre. car nul ne tient grand compte de ces formules. étendons-le aux attitudes : y avoir une correspondance parfaite entre nos sentiments et leur expression. sur une seule note plus d'harmonie. Origines de ce défaut. et l'extérieur se trouve violemment séparé de ce qui doit en être l'âme. quand il se fait. Un milieu de piété adopte nécessairement des formules humbles qui. plus de charme. de gestes. la parole du sentiment est en désaccord avec la paiole qui sort des lèvres. plus d'unité. car il la discrédite.

Qui.216 QUÀTRlilME SEMAINK pirerles bas sentiments que les saints professent d'eux-mêmes. mais elle sera plus sincère. en etîet. par ce contraste. certains torts que nous accepterons de bonne grâce. On peut ajouter que le plus périlleux c'est d'en parler en mal. désirons que notre vue devienne plus pénétrante. interrogeons notre conscience pour lui demander si vraiment elle nous en impose le devoir. En même temps. leur humilité est seule assez profonde pour aller jusque-là. certaines infériorités dont nous serons convaincus. Il y aura toujours certaines défectuosités que nous pourrons avouer. elle nous laissera du moins une attitude exempte de prétention. pense beaucoup de mal de soi et qui donc a grande envie de se faire croire? Laissons aux vrais saints les expressions méprisantes dont ils s'accablent. ne les exprimons pas. . gardons la beauté de ce qui est moindre mais vrai. elle ne nous inspirera pas une attitude très abaissée. n'en prenons pas l'attitude. avant de le faire. nos paroles et notre attitude traduiront ces sentiments nouveaux avec une sincérité toujours égale. et à mesure que. Saint François de Sales affirme que « parler de soi-même est aussi périlleux que de marcher sur la corde ». Elle sera moins profonde. que la grâce nous fasse entrer plus avant dans les secrets divins. notre misère se révélera plus clairement à nos yeux. faisons de cela notre humilité. Il sera bon de récapituler ici les divers sujets de confusion que nous venons de découvrir. Ne parlons de nous que par nécessité et.

Ces seul. et l'usage dans certains milieux.DBS FAUSSES HUMILIlAs Que de 217 faussetés! que d'exagérations que de secrets désirs d'estime sous petites calculées! des aveux humiliants! Il importe aussi de débarrasser notre langage de certaines expresvsions que l'usage. — Calculs de l'orgueil. On dit du mal de soi pour en faire dire du bien. — Bien autrement grave est l'abus de ces mêmes formules quand au lieu d'être l'effet d'une simple coutume. comme on se sert d'un crochet pour faire venir à soi les objets qu'on ne peut atteindre. parce qu'on s'en sert une s'attirer des louanges. pour obtenir d'être loué. pour . et l'on insiste davantage à mesure que l'on est moins cru. doit s'appeler humilité à crochet. Si l'on s'accuse d'une faute. interiora ejus plena sunt dolo... » ! : On affebte de s'effacer et l'on — — ne songe par là qu'à se faire rechercher. c'est parce qu'elle est bien connue. C'est s'humilier d'une odieuse façon. quoi de L'Ecriture l'a stigmatisée en cej plus vil termes « Est qui nequiter humiliât se. et répandent ce travers chez ceux qui ne sont pas sur leurs gardes. On demande d'être averti. elles deviennent un moyen cherché de s'attirer l'estime. III. On exagère ses torts pour les noyer — — dans l'humilité de l'aveu. Cette humilité. maintient expressions choquent ceux qui ne croient pas à leur sincérité. L'humilité au service de l'orgueil. dit Rodriguez. que de le faire dans des vues hypocrites.

Dansla V«méditation. Or. sur la conformité de la parole avec le sentiment. on s'inquiète de larérifé du sentiment lui-même. cette influencb aétérecherch'^e.au point de vue delà formation mais comme elle s'exerce à toutes les périodes de la vie spirituelle. il est bon de se demander. et Il y a qui. .QUATRIÈME SEMAlNX 218 lY. elles ne sont pas réelles. poussant plus avant l'examen. peuvent être sincères. plus son action est puissante. : . n'est pas une humilité plus ou moins tion. quoique sincères. — Humilité fausse dans son sentiment Quand on lité est-elle même se pose cette question mon humivraie? on porte aussitôt son atten: comme nous venons de le faire. et restent par conséquent incapables de soutenir la vertu De là l'importance de cette nouvelle étude. L'humilité d'impression peut être attribuée à plusieurs causes toutes néanmoins ont leur point de départ et leur base commune dans l'estime dont jouit cette vertu l'estime est un éclat dont l'orgueil aime à se parer. pourtant des convictions factices. : . Il est rare que. Cet éclat qui entoure l'humilité. chose étonnante. . dans un milieu de piété et plus ce milieu est élevé. ii l'humilité sur laquelle on se repose. de loin en loin. est le plus séducteur de tous.

se persuadant avoir l'humilité des Saints parce qu'elles l'admirent. encore peu avancées. De là le désir de descendre avec eux dans les profondeurs de cette vertu. parvenus jusqu à nous. Commençons par analyser les diverses origines de cette illusion. si coupable? Le croyez-vous?. se croient obligées de professer à leur tour le mépris que les Saints professaient d'euxmêmes. A l'instant vous vous sentez suet les rassure : : . Ces accents désolés. si abject. JusLe sens de l'émulation et qu'ici tout est bon celui de l'imitation nous sont donnés pour être les agents les plus actifs du progrès. Eh bien! essayez. I. Influence des idées régnantes ou humilité — Le milieu qui transmet ses formules. Ne puis-je pas les exprimer aussi? — : Une excellente pensent-elles. Les personnes pieuses factice. elles ont ressenti pour leur vertu héroïque une vive admiration. répétez à loisir cette longue litanie de leurs plaintes humiliantes.. mais supposez que tout à coup telle personne amie vous interrompe et vous dise est-ce donc vrai? seriez-vous si vil. Mais une fatale déviation se produit le jour où ces âmes. contraste saisissant du mépris de soi-même dans une éclatante perfection. mais ce qui les a surtout frappées. raison les presse Ces sentiments ne conviennentils pas mieux encore à ma misère?. que nous venons de le voir. font vibrer toutes les générosités de leur émulation.. communique aussi ses impressions...219 DES l-AUSSES HUMILITÉS factice. ainsi ont lu les vies des Saints. c'est le miracle de leur humilité.

si aimable aussi. Contentons-nous d'implorer la grâce de mieux connaître les mille imperfections. ils ont beau chercher des expressions encore plus fortes. Si nous n'avons pas ces grands sentiments d'humilité.QUATRIÈME SSMÀINS 220 bitement refroidi et tout étonné une piqûre a dégonflé le ballon *. A genoux. Nous poursuivons ici l'étude dçs humilités suspectç^. 1. rem: plissent peut-être notre vie . que leur propre misère les épouvante et les désole. le front dans la poussière. ils ne parviennent pas encore à égaler par leurs sentiments l'absolu de leur conviction. notre reflet de Dieu. Les cris déchirants que jette leur prière. ayons du moins l'humilité de le reconnaître / et n'essayons pas de combler par des apparences ce vide réel. Adoptons cette règle très sage d'in- nous condamner nous-mêmes dans les mais ne laissons pas notre conscience. Dieu se révèle si beau et si saintement exigeant. elle ne baigne pas les profondeurs de la conviction. les défauts qui. vous n'êtes qu'un reflet. qu'un écho! Cette humilité est en vous toute de surface. ils savourent leur abaissement. habitude de sentiments conventionnels. N'ayant pas les vue» lumineuses et les grâces spéciales des saints. se ternir et se fausser par une cliner à cas douteux . Aux saints. à notre insu. pure expression de notre âme. nous restent cachés. très visibles aux yeux des autres. qui. . les Rien On comprend que ces appréciationg ne concernent pas âmes profondément humbles. sortent de leurs entrailles. ils ont beau les redire.

Ce qu'elle sent. s'j enferme. dans la vie pratique. N'a-t-on pas vu des poètes. Comme précédemment. exalter avec enthou siasme les plus purs dévouements! Le lecteuv tout en larmes de s'écrier quel cœur! Et l'entourage immédiat de répondre si on le cor joue au naturel. tout en dehors du réel. la . que. parcourir toute la gamme de la sensibilité et. : : . on ne lui voit ni ces sentiments. jaillit assurémentd'une cerd'illusion. lui semble le traduire lui-même il a deux vies et il ne s'en connaît qu'une. N'allez pas dire à cet homme. Une âme d'artiste habite souvent une région éthérée. il y a des tempéraments qui en créent l'illusion ce sont ceux où l'imagination domine. ni cette conduite. C'est un rôle qu'elle trompe elle-même. Ce que traduit son imagination seule. qui agit. C'est elle qui sent. il se détournerait de vous avec dédain vous ne l'avez jamais compris! Et il est sincère. le tempérament est la cause qui agit du dedans. taine conviction du moment. au cœur sec. mal gré leur égoïsme féroce. L'influence — du tempérament ou Le milieu est humilité cause qui agit de l'extérieur. ce qu'elle exprime.DK8 FAUSSES HUMILITÉS 221 de factice Soyons vrais même et surtout devant Dieu qui lit dans nos cœurs ! ! II. tout ici est en surface. S'il y a des milieux qui communiquent l'impression superficielle de l'humilité. et finit par s'identifier avec elle. et qui la : : naissait! Son imagination saisi! une situation. qui parle.

c'est-à-dire au contact de la réalité. l'inclination peut-être. elle a subitement perdu ses ailes et bientôt lasse. et en gardent toute la fragilité. : . prenez garde elle est capable de porter en humilité comme en tout. le désir. Descendue au terre à terre de la pratique. exaltent. sa puissance d'illusion. cer- a simplement deux manières d'être très dissemblables. Qu'ils aient à en parler fréquemment. victime de luitains rêveurs. C'est un rêve. Il y avait là comme deux personnes le dédoublement s'est opéré! Nous ne disons pas que l'homme possède deux person11 admirent cette vertu. sinon détrompée. comme elles y sont écloses. comme le veulent. Au lever du jour. par lequel tout ce qu'ils admirent. ils en ont l'amour. Hélas c'est dans l'imagination seule que ces merveilles s'accomplissent. par l'effet de ce sentiment. mais. à tort. . elle s'arrête dans son essor. S'il se trouve dans le réel il est lui. Elles s'y étendent. sa beauté passe dans leur esprit et le pénètre. Si votre imagination est vive et ardente. ! : : nalités distinctes.222 QUATRIHMiî SEMAINE y a aussi des humbles d'imagination. il devient un être de convention. à en exalter les charmes : l'impression gagne du terrain et devient plus profonde. semble leur être tout ce qu'ils acquis. par la liction. Un travail latent se fait. toujours dans cette particulière région séparée du réel. tout a disparu on ne retrouve qu'une âme préoccupée d'elle-même etsensible à tout orgueil. Elle ne se réalise qu'en rêve. s'il s'enferme dans l'idéal. Ils et. lâchement. il même.

dit-il. quand l'orgueilleux profère contre luimême tant d'âpretés. elles font tout cela avec une sorte de conviction. habitudes ou humilité sans du milieu et à celle du tempérament s'ajoute une troisième source d'illusion l'influence persistante de vertus disparues. la .DKS FAUSSKS HUMIUTBS 223 Nous verrons bientôt comment on discerne du factice. est un auxiliaire auxiliaire puissant. Chose étonnante. de confesser leur misère et III... Il se rencontre des personnes vraiment orgueilleuses qui éprouvent le besoin de faire des actes d'humilité. Elles se mettent au dernier rang et s'accusent même des maux publics. mais peu sûr.. n'est pas la charité. « rité donné à notre cœur. Elle porte. . » Oui. son accent sonne faux il se répète avec une insistance de mauvais aloi . mais comme elle part du principe même des vertus. loin d'être en soi une ennemie. Influence des —A l'influence : — quelques-uns de leurs torts. l'habitude. c'est un simple écho qui répète la voix. sur la charité. elle s'applique parfaitement à l'hu- Ce reste d'amour qui survit à la chadans l'âme coupable. Quelle est l'explication de ce phénomène? Nous la trouverons dans une observation magistralement présentée par saint François de Sales. Ce n'est pas titude des actes a parole d'un vivant. il est vrai. mais celle d'un rocher creux et vain. car enfin l'imagination. vie.. qui appelle le vrai : tous les contrôles. mais un pli et inclination que la mulmilité..

trouvera de nouvelles délices à se faire humble. tant d'illusions possibles pérer !.. et c'est l'action de ce poison qui lui communique ce surcroît d'ardeur. » Terminons par une remarque qui et sa joie doit attirer personnes ferventes: Une personne admirée pour son humilité et qui le sait.. Formuleautrefoissincère etqu'ona retenue!. sans trop savoir pourquoi.. on demeure inquiet. je ne suis pas humble . et se trouvant enfin que sa sainteté est feinte.. à se croire humble. peut-être ne le suis-je pas davantage 1 ... devant son exagération et son amertume. dont la puissance est encore si grande qu'elle provoque parfois des émotions et des larmes. et. si j'é- prouve pour elle de l'admiration.. plus elle s'enfoncera dans le sentiment de son néant. et que tout cela ne manque ni de douceur ni de quelque sincérité.. « Eh bien! ajoute saint François de Sales. Réflexions. Si je me ! l'humilité. demeurant en repos. — mon j'ai peur! quoi. n'est-ce pas une grande pitié de voir une âme qui se flatte en cette imagination d'être sainte. mais c'est à désessens de l'éloignement pour Dieu... que son repos est léthargie une manie.. Besoin autrefois senti et qui persiste dans la seule habitude!. telle est la nature de cette humilité.224 QUATRIÈME SEMAIlfS et. c'est peut-être la douceur de l'estime commune qu'elle savoure. Plus elle l'attention des verra l'impression qu'elle produit.. Mais tandis qu'elle croit goûter la pure humilité.

pourait être le seul agent de cet effort. sinon qu'ils comportent trop peu de difficultés pour témoigner formellement en faveur de la vertu... Quant au plaisir que l'on éprouve à parler en mal de soi et au goût sensible qu'évoque la pensée de l'humilité. il n'en faut pas faire grand état ces goûts. ne sont le plus souvent. s'il accueille sans ostentation ces abaissements. Ah si le goût persiste. chez les âmes ordinaires. qu'un certain contentement de soi. il ne ressort pas la preuve absolue que l'on se contient par humilité la simple prudence y suffit d'orsensible : suis-je Attendez ! — : dans certains milieux. De ce que l'on se contient dans les occasions où l'amour-propre est blessé. bien mérité d'ailleurs. une préférence pour les autres qui vous rabaisse. humble? De ces actes nombreux dans la méditation. nous n'avons rien à dire. l'amourpropre lui-même commande cette conduite le désir de ne point passer pour orgueilleux. un insuccès dont on vous rend responsable. très réels chez les grandes âmes.DES FAUSSES HUMILITÉS J'en fais des actes 225 nombreux dans mes médi- me contiens dans les occasions où mon amour-propre est blessé j'éprouve du plaisir à dire du mal de moi-même et la pensée de l'humilité répand en mon cœur une joie tations je . Attendez les occasions positives un mépris que rien ne compense. s'il répand Jans l'âme un contentement profond et donne à la vie spirituelle un. . . une confiance qui se retire. tout simplement un reproche. — 15. surcroit dinaire. ou tout au plus une admiration platonique de la vertu. : ~ : : I BUMILITi. et.

produisant de tels effets. et de porter aussi loin que possible Thumilité comme les autres vertus. comme nous nous imposons de l'être devant le prochain. ou notre propre imagination. fortifiantes.QUATRiiMI SKMÀllfl Î26 d'ardeur. Ne fussent-elles que vaines et vides. Ah que le vrai est pour nous. il est bon de s'étendre vers tout progrès. Sans doute. Nous ne saurions N'affirmons que ce que nous soyons sincères devant nous-mêmes. elles ne sont ni dignes de Dieu. Ces formules ne produisent que l'illusion de la vertu. car seul c'est la vertu. ou les sentiments des saints. dans nos élévations de cœur vers Dieu. est un goût de bon aloi. ayons la probité de nous interdire toutes les formules d'humilité. mais il faut le faire dans la vérité. ni. bon et qu'il est beaul Seul. trop le redire voyons : . Dans nos prières. — ! . Dieu seul peut l'ins: pirer. Il ne vient pas de la nature . rassurez-vous un tel goût. il est à la fois lumière et force. que nous dicteraient seuls. l'orgueil peut-être.

la ferveur. sur facile. où tout est lumière. Son action directe produira la paix. Ses traits vont nous apparaître pleins de clarté. les fausses humilités. . la fécondité. beauté. parce qu'elle fait surgir à — — chaque pas des conséquences imprévues étude éminemment utile.Coup d'œil sur les deux méditations qui vont suivre Au de ces considérations pénibles. elle n'a qu'à les dégager de principes établis déjà . élevons nos regards vers l'humilité véritable. A cause de leur importance. elle compose une doctrine pratique étude encourageante aussi. et l'attrait. car. cette triple manifestation de la belle santé de l'âme. dans la tendance prononcée à l'effacement et au sincère mépris de soi-même. — Les — personnes qui en auraient le temps pourraient utilement consacrer trois méditations à chacun des deux exercices qui vont suivre. nous indiquerons quelques séries de réflexions et d'affections. Nota. pour amener au grand jour ces riches découvertes. puisque de ces principes et de ces conséquences. dilatation. . étude instructive néanmoins. l'inclination à estimer les autres. sortir attristantes Etude même. et dans cette ravissante disposition qui en émane. .

devient un véritable amour. elle doit être une force permanente. car éminemmwit pacificatrice et bienfaisante comme tendance. portera-t-elle son effort? Sur cette tendance dangereuse qu'il faut dominer la tendance à nous surfaire dans notre propre estime et à nous surélever dans l'opinion des autres. . mais si la tendance relève de la vertu spéciale dont elle est le mouvement. Une telle disposition n'est-elle pas contre nature? Point du tout. en certaines âmes.Quatrième Semaine PREMIÈRE MÉDITATION XXII* EXERCICE Des caractères de la véritable humilité — Deuxième point — Troisième point Premier point : Inclinatioa à l'effacement. Elle lui oppose d'abord l'inclination au simple effacement allant plus loin. Mais sur quel point demain . qui. Nous étudierons les caractères distinctifs de l'Iiumilité. Inclination à l'estime du prochain. les actes . elle ne pourrait être contre nature que dans ses actes. Inclination au mépris de soi-même. elle fait naître l'inclination au mépris. L'humilité est une vertu donc. . : : — Préparation pour la veille.

» {Imitation. I. Une personne moins Elle s'ingénie alors à c'est si facile! Parlez vous serez vite humble prendrait des — airs effarouchés et nie- . Inclination à l'effacement... - paraître par dessus ne veut ni paraître savoir ce qu'elle ignore. charité. établissant ainsi Par . . . et aux autres d'eux-mêmes et oublié. nous le verrons plus loin. détourner l'attention. elle ne saurait néanmoins repousser ceux qu'elle croit mériter. » tout. .PREMIÈRE MÉDITATION 229 relèvent en tout et pour tout de la prudence. Aimez à 1» « — Ama « être ignoré.) 2° Elle n'aime pas les éloges. elle elle ne est vertu le fait est simple nesciri. ni avoir l'air d'ignorer ce qu'elle sait. \^o Méditation — Prélude. la liberté et la de Dieu dans son action sur l'âme. et elle (Saint François de Sales. Demander la grâce de ne point se décourager en voyant tout ce qu'exige l'humilité. elle.) L'humilité cache tout ce qui et perfection que par humaine. les droits des vertus seront sauvegardés la dignité personnelle sera maintenue toutes les initiatives utiles seront prises en un mot. ce qui doit être l'humilité n'interviendra que fait sera fait pour donner à toute cette activité un caractère en quelque sorte impersonnel. de l'âme dans sa parfaite obéis- fidélité sance à Dieu.

moins en vue. la place plus effacée.. lui parait tout naturel. elle est inclinée vers les petits et les pauvres. et si elle est appelée à faire de grandes choses. Quand l'orgueil ne nous aveugle « Ce que vous pas. quand elle échoue. serait un principe de corruption pour tout le bien que Dieu y pourrait : teuse. elle pense très peu au bien qu'elle fait. paix profonde et suaves — 1» — Impression de 1<* DépendaQca . 1 : ! rait mettre. Elle éponge avec soin ces vaines complaisances d'orgueil qui suintent en nous de tous les côtés. Quand elle réussit... elle y va enveloppée de modestie.230 QUATRIÈMK 8KHAINS révidence attitude fausse. comme pendant la chaleur on cherche l'ombre et elle s'y trouve bien. même et surtout dans l'humble effacement. Elle sait que la moindre trace qu'elle en laisserait aux parois du vase. la simplicité. La raison s'étonne de cette partialité.. mais ame humble se l'explique à merveille est-ce que Dieu n'est pas le principe premier et nécessaire à tout acte bon Est-ce que l'Etre parfait peut avoir une part quelconque dans un insuccès? 3° Au reste. c'est à moi que vous Causez fait. 5° Par goût. Jésus est transparent en eux aurez fait au plus petit. » Humilité révélatrice 4° Choisir l'emploi le la : 1 Réflex/ons et sentiments. humilité douOh! la vérité. Elle n'ambitionne rien de ce qui distingue. encore moins aux éloges qu'elle reçoit. c'est elle seule qu'elle accuse. Partout elle cherche l'oubli. c'est à Dieu qu'elle en fait remonter la gloire.

. si le désir de l'estime des autres est plus général. L'humilité qui concerne le mépris de nous-mêmes.) L'humilité d'effacement a pour objet l'estime des autres elle modère et dirige le désir inné que nous en avons. — — .231 PREMIÂRX MÉDITATION libre et 3"» — souple à tous les vouloirs divins . 8* Disposition éminente à la vie intérieure. sa vie à cet idéal et prendre des résolutions pratiques. ces hommes qui tranchent et s'imposent. « Qui se connaît bien se méprise. iO" Le plus grand bien a toujours été fait par Dieu vient les prendre ceux qui s'effacent H» Se comme par la main et les accompagne 12» Comparer résoudre à cette humilité. brisent les oppositions les plus légi: . 6° Instinct telligence des vérités de la foi 7® Chaude mystérieux qui lui révèle le bien atmosphère où toutes les vertus se développent. car. dont les écarts sont très funestes. aimer. » {Imitation. 9" Place laissée vide et que Dieu remplit. s'adresse à une autre tendance : Vestime de soi. . 4" La simplicité consiste à éviter le factice. Certaines natures ont grand besoin de cultiver l'inclination au mépris de soi-même. le sentiment excessif de l'estime de soi est bien plus violent. C'est lui qui fait les vrais orgueilleux. écouter. et en cela elle vise Dieu avant 5° Son influence heureuse sur l'intout . puis à se dégaet en cela l'humilité est vraie ger du multiple. — — — — : — . — Facilité à se faire agréer. — IL Inclination au mépris de soi-même.

. et méprisent leur entourage. des penchants misé- rables. elle rougit des témoignages d'estime qu'elle est obligée de subir : « Si l'on savait! » dit-elle. dédaignent les conseils. et. et. quand la l'âme pru- . Se voyant des défauts. des dons même de la grâce. et. : . elle nous aide à devenir humble. des avantages extérieurs. Il n'est pas nécessaire que l'orgueil atteigne ces excès pour être odieux et perturbateur. 2° Lui arrive-t-il de commettre l'une de ces maladresses qui ne nuisent qu'à l'amour-propre elle s'applique à l'aimer. car la faute est pardonnée.232 QUATRIÈMI SSMAL'VI times. elle pense souvent à ce qui la rabaisse au point de vue du talent. prenons conscience de nos yéritables sentiments. etc. Jetons sur notre vie un regard sincère. pour cela. si nous y découvrons quelque chose de cette dangereuse tendance. tandis que l'humiliation demeure. et fait ressortir la miséricorde de Dieu. sans motif. 3® Toujours humble consulte — défiante d'elle-même. et elle la hait mais la faute contient aussi l'humiliante manifestation de nos mauvais instincts et de notre incurable faiblesse. volontiers. toute humiliation est bonne. elle l'envisage sous deux aspects la faute contient l'offense de Dieu. et se défend d'en atténuer. Or.. elle n'est plus. la fâcheuse impression. elle se réjouit. \* L'âme humble s'applique à connaître le peu qu'elle vaut. sentant sa vertu toujours chancelante. ayons le courage de nous incliner résolument au mépris de nous-mêrae. Oui. et elle se réjouit. S'il s'agit d'une faute.

— : . Avons-nous besoin de le dire la vérité défend de s'attribuer des torts que l'on n'aurait pas et la sagesse ne saurait permettre de se faire mal connaître... Certains motifs bas dont on rougit. remerciez franchement. elle s'adresse même à ses infé- — Elle sera heureuse ensuite d'attribuer succès aux avis qu'elle a reçus. : . 6<» Certaines occasions mettent particulièrement à l'épreuve le mépris de soi. elle se plaît à les faire — connaître et à les rappeler. Dans les milieux où est établi l'usage de la monition. même aux yeux de son confesseur. et gardez-vous d'ajouter l'une de ces protestations qui sentent le désarroi d'un amour-propre blessé oh! vous avez bien raison! je n'ai que des défauts! ahl si vous connaissiez toute ma misère l... on vous avertit d'une erreur... je finirai par devenir meilleur. Réfléchissez d'abord.. grâce à vous. et si l'observation est juste. On vous reprend. « Dites-moi bien librement tout ce que vous avez remarqué de défectueux. que 5<* C'est au confessionnal qu'elle donne libre carrière à son besoin d'humiliation. » Et tout cela sent la sincérité et la joie dans l'amour de l'humilité et de la perfection.... Elle se garde bien de changer l'effet de ses aveux par l'exagération ou par quelqu'autre habile moyen. Oh! le 4° c'est juste et que je vous remercie. elle veut paraître vile et non pas humble. d'une imprudence. Vous verrez que. sous prétexte de s'humilier. certaines fautes avilissantes du passé. le permet....233 PREMIERS H^DITATION dence rieurs. elle rend facile et douce la tâche de l'amitié....

— Beauté morale — 2° Principe de sagesse.QUATRIÀHR SEMAINl 234 Par contre. vous faites une question d'amour-propre.. et votre zèle s'arrête déconcerté. ses dispositions généreuses. s'agit s'il d'un égal. tandis qu'une humilité profonde.. — 4® Puissance bien. l*» de cette disposition. . — 3" Sauvegarde très sûre. s'il montrances. c'est votre paroles d'humeur savez plus que affaire. Ne le voyez-vous pas sans cesse prêt à ténoigner son amour? donnera de m'oublier et de lui — me 9*> Ah! qui me perdre dans un — 10* Long sincère mépris de moi-même I H" Demander regard sur Jésus humilié. lui sont à son égard les sentiments de Dieu. d'ailleurs vous en moi!.. vivement la grâce de comprendre. 12° Se mettre de son mieux de vouloir . et se tenir dégagé de toute vaine complai- — — çancç. eût conseillé peut-être de douces instances.. dans cette disposition du mépris habituel de soi. si vous prononcez quelques-unes de ces « Après tout. ne considérant que le plus grand bien. si vous montrez quelque dépit. lorsque vous donnez un avis le dédaigne. le . » vous ne parlez sûrement pas sous 70 qu'on et : l'influence de l'humilité. de fermes red'un inférieur dont on a s'agit charge. D'un acte de charité. de désirer. — 6° Foyer de tenincomparable pour dresse 6" Qui n'aimerait une telle âme? — 7» Qui refuserait sa confiance? — 8° Quels Réflexions et sentiments. son indulgence au besoin?.

» (Imitation. Quand elle les rencontre.) L'estime pour le prochain n'est pas un acte direct de l'humilité. soit pour se défendre soi-même. l'amour réel de l'effacement. !«> L'âme humble ne se préfère à personne et ne pense jamais mal des autres. Ses propres défauts roccupent assez pour qu'elle cherche à voir ceux du prochain. elle les regarde avec indulgence^. Estimez les autres meilleurs que vous ».PREMIERS MÉDITATION III. 1» « Alios reputa meliores te. elle les excuse et. nul ne si j'éprouve pour moi-même un sincère mépris. — « N'avoir aucune bonne opinion de soi et estimer beaucoup les autres. . 1. si elle ne le peut. C'est le contraire de l'orgueil qui. dit saint Paul. si cettç conduite est défectueuse. on se sent une inclination franche à estimer les autres. soit pour diriger les autres. qu'on se rassure si. Voilà votre règle pratique. n'implique nullement le désir de les uniter dans leur conduite. les rabaise. mais elle en est le résultat le plus constant et la preuve la plus certaine. Cela ne signifiie point qu'elle approuve cc qui est mal ou imparfait. Incliner à juger les autres meilleurs que soi. On peut craindre de se tromper sur l'amour que l'on croit avoir pour l'effacement et le mépris. en se surélevant. c'est une grande sagesse et une haute perfection. et cette conduite ne s'applique pas aux cas où l'on a le devoir de juger. Elle est encore plus jalouse de cette délicatesse pour Si j'ai me fait ombrage. . parallèlement. je relève d'autant les autres par comparaison. 235 Inclination à estimer les autres.

.. Un sentiment lui est particulièrement en mépris du prochain.. Aussi rien n'est plus suave que le cœur humble. il semble avoir perdu le triste pouvoir de s'irriter H se sent si pauvre ^ livrer à l'indignation. car c'est aller plus avant dans la vertu. douce et facilement reconnaissante. parce qu'elle croit ne rien mériter. impartiale Elle n'est ni exigeante ni chaet généreuse. 1. par le calme qui permet de voir plus clair. Dans tous ses rapports avec le prochain a l'esprit éminemment raisonnable. aussitôt elle le désavoue. et par la bleaveillance qui amène lei couciliaUooa. Cette . L'humilité l'incline à se montrer juste. elle reconnaît que Dieu a bien le droit de se servir des autres pour la punir.QUATRIEME SBMAINB 236 les pensées qu'elle ne Test pour ses paroles. Un tel sentiment vient-il à faire invasion dans son cœur. 30 elle — — — quelque inou de quelque violence. le faire disparaître l'influence. songeant à ses propres olTenses. Elle est foncièrement ou un manque d'égard. ce signe caractéristique de l'orgueil. puis. elle réagit contre l'impression fâcheuse. pour en 2° horreur. plus sûre. elle miner si elle î : disposition ne s'oppose pas à la défense légitime de nos droits et de nos intérêts elle la rend. bien loin de se 4° Est-elle par hasard l'objet de justice commence par exan'y aurait pas donné lieu . elle fixe sa pensée sur les bonnes qualités de la personne. ou sur l'amour que Jésus lui porte. et. au contraire. en s'eîTorçant de la remplacer par une impression favorable. Elle ne se froisse pas pour un oubli grine. Dans ce but.

PREMIÈRE MEDITATION 237 — 1" Admirer la Réflexions et sentiments. est une estime spontanée. a pour les autres. la demander avec instance. mon 8° Sonattitude. pas de susceptibilités et de froisse50 Remarquez-le bien. jamais de reproches amers. l'encouragement est le plus puissant moyen d'agir sur les volontés. mais en se les imposant. le support du 3° Seule. où chacun aurait une charité faite d'hu milité jamais d'aversion. ni aussi suaves. mes paroles. avec cette disposition. un groupe de personnes. combien. ne sont ni 6° Concevoir un aussi forts. La charité naissant en quelque sorte de l'humilité. sortant d'une conviction intime. — — — : — — — — : . s'ils sont aussi vertueux. permet de les encourager efficacement. 40 Que serait une famille. l'estime qu'on prochain serait facile. Or. jamais de jalousies. les actes commandés. prochain. vif désir d'estimer tout prochain et plus particulièrement les personnes de mon entourage. divine ordonnance des vertus. Celle qui serait déterminée par le précepte de charité. exigeant. mécontent? 9° Appeler fortement l'humilité qui dispose à l'estime des autres. née de l'humilité. 2" Voyez la chaleur qui la fait généreuse. or. der mon cœur n'y trouverai-je que bienveillance? ne suis-je pas au contraire difficile. pourrait se porter aux mêmes actes. ni de comparaisons pénibles. mes procédés. trouvant sous ses ailes sa sauvegarde la plus efficace. l'estime du ments. 7° Examiner ma conduite à leur égard.

et la vertu. Que tout cela vous coûte ou non. l'humilité de volonté et. mais il ne constituera jamais la vertu par lui-même. ou résultera d'un très grand amour. . je suis donc sans vertu? » Désirez-vous ces dispositions? Assurément. de terreur peut-être « A ces conditions. est une inclination de volonté et non de sensibilité. deviendra ainsi pour les actes un très il donnera à la vertu un plus doux attrait. pourra il puissant secours. je ne peux pas être humble Si : I je m'abaisse. ment vertueux. Le goût suivra peut-être une longub habitude. étes-vous résolu à vous Mais voilà le mouvey exercer? Sans doute.ÉCLAIRCISSEMENTS Sur le rôle de la volonté et de la sensibilité dans la vertu A la suite de ces méditations qui déconcertent nos habitudes d'esprit. sans lui. pour beaucoup d'âmes. la seule actuellement pos- de conviction . La principale est une sorte de découragement. étudions sérieusement les impressions qu'elles nous laissent. si je conçois sans beaucoup sens pas pour les autres une cordiale estime Sans inclination pour ces choses. et je ne c'est me ! — — 1 — . je ne suis pas. du mépris pour moi-mAme. c'est à contre-cœur. Eh bien c'est aller vers elles. sible! Sachez que la vertu réside dans la volonté seule. et que l'inclination qui forme son essence.

La sensibilité aime ce qui est conforme à ses goûts. lui prêté l'important concours de ses goûts et de ses ardeurs. Essayons d'établir par une analyse rigoureuse cette importante distinction. qui. elle prêtera aussi sa lumière à un grand nombre d'incertitudes diverses. 3® Elle a pourtant sous sa dépendance la sensibilité. à son tour. En fait de vertu. plus elle est puissante. — — dans une satisfaction d'amour-propre que désavoue la volonté. ce qui est conforme au devoir. la sensibilité. la volonté. le choix. la volonté et la sen- détermination.239 PREMIÈRE MÉDITATION toujours exister. 2° La sensibilité et la volonté obéissent à des lois distinctes. Or. c'est la — . c'est l'impression heureuse qui attire le dégoût. répétons-le. car elle^ étend son mouvement à toutft notre nature morale. Elle n'éclairera pas seulementle cas présent. plus elle passe avant dans la sensibilité. . préférer c'est aimer. 1° Ne confondons pas La volonté. c'est l'impression pénible qui éloigne. L'on peut donc aimer et détester en même temps le même objet. agir et se développer. c'est tantôt le goût et tantôt le dégoût. La vertu. Ainsi conserve-t-elle du dégoût pour une humiliation pleinement plaît-elle — — acceptée cependant. réside dans la volonté seule. Ainsi la nature se comsibilité. Le goût.

le pouvoir de la vertu sur la sensibilité n'est ni un pouvoir un pouvoir absolu.. etc. Tantôt il se contente de permettre le jeu régulier de ces dispositions contraires.... viennent y mettre obstacle. à son tour. mais elle peut lui présenter. 2° Ce pouvoir. toutefois. le dégoût. de la nouveauté. Nous sortirons de là plus détachés. plus fermes. ce qui nous intéresse particulièrement ici. dit le Sauveur à la Bienheureuse Marguerite-Marie. en effet.. 4® le Courage] Dieu veille. Souvent. 3° Dieu intervient aussi. plus aimés de Dieu. dépend du tempérament. toutes choses qui échappent à notre choix. tantôt il agit de lui-même « J'augmenterai ta sensibilité ». des circonstances heureuses.QUATRIÈME SEMAINE 240 II Remarquons-le.. L'impression provoquée peut ne pas se produire. la révolte. en effet. Que la tentation. Telle humiliation. Mille dispositions difficiles à analyser. ni 1° faisant valoir.. nous paraît tout à : coup intolérable. jusque-là bien supportée. l'épreuve est complète . et. qui n'est qu'indirect dans ses moyens. les objets qui les déterminent. Le goût sensible. n'est pas absolu dans ses effets. en les direct. . notre amour-propre acquiert une impressionnabilité maladive. nous apporte trouble. plus humbles.. mais la vertu demeure intacte dans les hauteurs de la volonté. La volonté ne peut commander à cette capricieuse faculté d'avoir telles ou telles impressions.

Les deux méthodes arrivent au même résultat. — I HUMILITÉ. Ces deux preuves ne se contredisent jamais. Une humilité qui a toute son essence. son action. : La — Deuxième point : La Ferveur. Les caractères révèlent son essence les effets. et leur examen successif fait entrer toujours plus avant dans la conQuel encounaissance et l'amour de la vertu. ragement si l'on découvre.Quatrième Semaine DEUXIÈME MÉDITATION XXIIl" EXERCICE DONT ON PEUT FAIRE UTILEMENT TROIS MÉDITATIONS De la véritable humilité Ses effets Premier point — : La Troisième point Paix. l'est également. Fécondité. . — Une vertu peut /a ve/7/e. — 16. soit par ses effets. quelques traits de l'humilité. par ses caractères. ou dans sa vie la manifestation de quelques-uns de ses effets Quel avertissement si l'on constate des carac' tères ou des effets contraires Préparation pour être connue. une humilité qui produit tous les effets qu'on en doit attendre. est nécessairement vraie. quoique d'une manière différente. soit . en ses dispositions.

Il y va de votre gloire. a besoin d'être caché sous terre et foulé aux pieds. faites que je comprenne et que je goûte ces choses. la ferveur. montrez-moi que tout peut se répasiège.. : Méditation Prélude. Mais alors. vous I. abaissez-moi. pour éclore. elle est formelle. la fécondité sont les de l'humilité. l'humilité serait la vie spirituelle dans son plein épanouissement une vie qui se possède.. dans cette triste — — .QUATRIÈME SIMAINI 242 La paix. faites que j'y puise un grand courage me saisit. et le succès coueffets : ! ronne l'effort ! mon Dieu. ô Jésus! S'il le faut. qui. — Demander la grâce de comprendre comment tous les biens m'ariiveront avec l'humilité. — 1» «Invenietis requiem. Si le remords découragement lui-même m'as- vue de ma vie sans ferveur et sans fécondité. si le et quelque joie. et que j'ai dans mon infidélité indigence qui me trouble. la raison la plus forte de me faire humble. trouverez la paix. broyez-moi j'y consens je serai peut-être le grain de froment. » C'est la promesse du divin Maître. la sève puissante et la moisson riche Le cœur se dilate. qui agit et qui se répand! L'atmosphère est pure. à la rer encore. ô mon Dieu! Il y va de votre règne dans les âmes. même. l'action devient facile. La paix. elle est spéciale — .

Il se recherche au lieu de chercher Dieu et il n'est jamais satisfait. L'orgueilleux se plaint facilement. Elle nous rend à nous-mêmes. 2*> L'orgueil est un désordre qui nous déplace. c'est vrai mais il faut aussi être en paix. Heureux si. — — Il ambitieux et il se dépite. : — à sa volonté et il s'irrite des résistances. La paix est le plus impérieux hesoin de l'âme. — — — .DEUXIÈMS HIÎDITATION la — C'est la nature des choses. pax est 243 : tranqnillitas : ordinis (saint Augustin). Un rouage déplacé produille trouble. rhumilité.. doux au prochain. Elle nous remet à notre vraie place.. L'insuccès l'abat et le succès ne lui apporte pas la paix... et des événements.. et de Dieu même. c'est l'ordre à tous les degrés : nous rend soumis à Dieu. D'oii viendrait donc le trouble? La paix est le grand bien de l'exil.. résignés à nos propres misères. L'humilité calme la douleur et répare le mal. dans l'humble aveu de son erreur. Pour avancer vers Dieu. atteint de quelque déception plus amère. et des hommes. Elles avaient est . Or. Il tient elle . il sait courber le front. paix se définit l'ordre maintenu à l'humilité. il retrouvera la paix. comme la jouissance est le grand bien de la patrie car elles sont l'une et l'autre le règne de Dieu. et nous ouvre le cœur de Dieu. il faut être pur. Quel repos dans ce Cœur après tant d'agitations! Quel bien-être après tant de souffrances: Invenietis requiem! 3° 11 y a de grandes humiliations qui remplissent d'une immense paix. En effet...

. demeure parfois dans les ombres. Demandez que la volonté de Dieu se fasse pleinement en vous. rinclination qui appartiennent à la vertu. désolée d'une misère persistante. s'est allumée cette joie supérieure qui consume la victime. de la vue La paix 1 certé. dans leur emcates . C'est que l'âme immolée elle-même a besoin de rester humble à ses propres yeux.. Prenez constamment la dernière place et le rôle de la soumission. » Cette route vers la paix. C'est par cette voie que l'homme pénètre dans la région du repos.. Celte joie. appliquez-vous à faire la volonté des autres plutôt que la vôtre. il est vrai. Choisissez toujours d'avoir moins que plus. brasement céleste. de quelque faute commise. où rien d'humain ne se mêle. Je n'avais donc point de moi une idée assez basse Je n'étais dono pas prêt à subir l'humiliation! Je ne trouve point en moi la facilité. triste. . « Mon fils. n'est-ce pas l'humilité elle même qui l'a tracée? — Ne suis-je point parfois déconmécontent des autres et de moimême? Cet état ne se produit-il pas à la suite de quelque humiliante déception.244 QUATRIÈME SEMAINK envahi l'âme dans ses profondeurs les plus délimais elles y ont trouvé pour les accueillir une humilité généreuse et. dit Vlmitation. comme un holocauste d'un incomparable parfum. de quelque insuccès. Et que je suis 1 loin d'avoir l'amour de l'abjection 1 . La partie de l'âme qui touche à la terre. n'illumine que les hau- teurs..

la distribution des grâceà rtlève entièrement dé Dieu. c'est toujours le mouvement intense de la vie. C'est tantôt le printemps avec ses fleurs qui charment. dépend de l'abondance des grâces. on vole. s'entr'aident. j'accueillais l'abjection avec une douceur amie? J'admire la paix des grandes âmes sous l'opprobre. c'est la chaleur vitale (\m se répand dans l'être tout entier. Elle en dépend à tel point que. Dieu est libre . car elle est le signe d'une force maîtresse d'elle-même cette beauté mo. Or. Mais. 2*> D'autre part. et qu'avec beaucoup de grâces on court. printemps ou automne. la sainteté . on reste inerte. consolation ou épreuve. sans grâce. L'humilité rend l'homme malléable à l'action de la grâce divine (saint 1® La ferveur n'est pas Thomas).DEUXIÈME MÉDITATION Quel sacrifice 245 me d'amour-propre faiît-il accepter dès maintenant pour m'assurer la paix ? Si je me mettais à aimer tout ce qui m'abaisse. II. elle n'est pas la perfection elle est Vactivité spirituelle.. — — — — . tantôt il exige des efforts pénibles.. et tantôt l'automne avec ses feuilles qui jaunissent en laissant voir des fruits mûrs. Or. la donne — « Humilitas. soit au dedans? Si. cette activité qui caractérise la ferveur. Tantôt cet exercice se fait avec facilité. Sous son influence. mais Dieu seul La ferveur. du moins. rale je l'envie. c'est le sang qui circule. La grâce c'est la sève qui monte. se développent. les vertus agissent. soit au dehors. ! prœbet komi- nem patulum ad suscipiendum infiuxum divinx gratias.

ferme son Cœur et éloigne ses miséricordes. cette âme avance. C'est un mélange de respect. aussi puissantes que ses humbles instances. « La prière de l'humble pénétrera le ciel. Divinement éclairée et excitée. Etudions la physionomie de l'âme humble. la sainteté. elle prio : . c'est la vertu longuement exercée. d'un pas aussi rapide que sûr. Elle ne sent pas le besoin de prier. et ses oreilles charmées par l'accent de sa prière. à genoux. et le touche par son attitude. une expression inimitable de vérité et de simplicité. Quel meilleur moyen de les obtenir que de lui plaire? Or. Son mouvement le plus naturel est de regarder Dieu. lui plaît par sa physionomie. tion assure des grâces . vers la perfection et la sainteté la perfection. » Voyons les yeux du Tout-Puissant séduits par la vue de cette âme. Comment ne plairait-elle pas à l'âme — Dieu? — Considérons son attitude. un reflet du profond sentiment de sa misère. et libre. de soumission et d'amour. C'est celle du pauvre qui sent ses besoins et qui prie. Elle déplaît à Dieu. Oratio humiliantis se nubes penetrabit. 3* Jetons un coup d'œil sur l'âme orgueilleuse.246 QUATRliMS SRMAINI entend rester Sans doute la coopéramais il faut des grâces pour cette coopération même. Son Cœur s'ouvre et verse sur elle des grâces aussi continuelles que son humble attitude. c'est le mérite lentement accumulé.

il ne suffit pas de tenir à l'écart toute sotte vanité.. serait-ce pas que l'humilité me manque. comme une plante sans soleil. s'épuise. de froment est jeté en terre et Si le grain . l'hu- milité. Ma vigilance est dis- mon action molle. pas assez ne saurait donc être fervente. toute prétention excessive. un vif sentiment de sa bas- une inclination décidée vers ce qui est humble. il ne suffit pas de n'être point orgueilleux : l'humilité négative exclut la faute . s'il se rendu sensible défendons-nous surtout de toute agitation d'amour-propre où la force peut. je ne progresse point. — La ferveur! Je me plains de ma langueur intime. . ce stimulant de toutes les activités. un re- gard plus suppliant. contrairement à la loi de toute vie. un cri vers Dieu! Cherchons la ferveur dans la pratique de sesse. dans son sentiment vivifié et. j'ose dire. cette disposition qui attire toutes les grâces? Pour avoir cette humilité qui stimule.. elle ne fait pas surgir la ferveur. mon goût des choses de Dieu presque nui. de mon peu d'ardeur en face des devoirs ennuyeux. Il y faut une action plus positive. l'humilité. . Elle vivre. Je constate que. III. ti. Comment expliquer cet affadissement? Ne traite.DEUXIÈME MÉDITATION t47 peu OU mal aussi demeure-t-elle languissante. lui Il reste peut-être assez de grâces pour pour vivre avec intensité. — !• Nisi granum frumenLa fécondité. de mes sécheresses dans la prière.

. d'un humble saint Vincent. Quel est son but? Dégager son action. . 2» Voyons auxiliaires. éclatante... hélas! ni de lui prêter le sien. car il n'a pas coutume de demander à l'orgueilleux son concours. que d'œuvres mer> veilleuses sorties dps labeurs d'un humble saint François.. qui apparence de mort qui anéan- voilà l'image parlante de l'humilité. en obtenir toute la gloire.. d'une humbU ftmmt du peuple !. ..248 QUÀTRliUB SKMAINl aux pieds.. la rendre manifeste... petits. Elles obéissent d'ail. cette tit : pieds ces cache. la fécondité est l'effet de la grâce agissant au dehors.. Que de talents restés inféconds pour cette seule raison et par contre. La ferveur est l'effet de la grâce agissant au dedans. voilà la condition de la fécondité spirituelle. Cette qui terre écrasent.. Un instrument de grande valeur paraîtrait faire triompher la cause par ses propres ressources.. In/îrmamundt. Le choix des Apôtres et des premiers chrétiens se répète dans tous les temps et..« . s'il prend toute l'apparence de mort. 11 serait peut-être assez vain pour le croire lui-même. v^ui le Il goût de Dieu dans ne peuvent lui le choix de ses aux hommes apporter qu'un concours s'adresse aux dérisoire. leurs à des lois semblables. quœ stulta suntelegit. c'est alors qu'il porte des fruits en foulé la abondance. il les fait plus grands encore par l'humilité.. L'une produit le bien dans notre âme propre l'autre le produit par nous dans l'âme du prochain. quand Dieu suscite des hommes de grande valeur.

nous pourrions ajouter l'action des causes secondes.. soit enfin par amour pour les âmes qui n'ont à leur portée que cette ressource.. Mais.DEUXIÈMB MÉDITATION 249 Tout prospère entre ses mains. il fait passer quelquefois le bien par les mains de l'orgueilleux. l'imbécilité de ces intermédiaires sera plus d'une fois dévoilée « Insipienlla eorum manifesta erit. « Il a plus d'habileté que cet autre.. ou toutes les antipathies par sa suffisance. Son action n'en ressortira pas moins lumineuse au jour des révélations dernières. 11 agit ainsi. il suscite autour de lui toutes les oppositions par sa raideur. 4° Disons-le cependant. » Ainsi l'ouvrier rejette un mauvais instrument après s'en être servi. et il ne peut le comprendre.. Dieu. D'autre part. Mais il est écrit « Ce n'est pas celui qui plante ou arrose qui donne étonne. pour arriver à ses fins. :t l'on s'en Tout s'évanouit entre les. opposée.. etc. soit par égard pour des prières venues d'ailleurs. : la fécondité! A neque qui plantât cette cause générale est aliquid. L'humble se défie de lui-même. mains de l'orgueilleux. ces actes constituent L'orgueilleux tient une conduite la prudence. 3° — : — : — La fécondité! D'où vient que j'ai si peu d'action sanctifiante sur mon entourage? D'où tieat qu« !«• occasions d'agir sur l«s âmes s« . » la bénédiction de Dieu. réfléchit et consulte. soit par respect pour une mission qu'il lui a confiée. dès ici-bas. et il s'est largement dépensé pourtant!.. n'a donc très souvent qu'à laisser les causes elles-mêmes produire leurs effets. or.

dans l'Église. peutrépandrez-vous sur mes pauvres efforts. Ah! je m'humilierai sans cesse. le charme de ce qui est impersonnel. L'humilité profonde nous vide de nous-mêmes et lui fait place. des sources cachées. une fécondité qu'ils ne connurent jamais*. Ne faut-il pas. mon Dieu.. : : commune. Elles ne dépriment pas non plus on vit auprès d'elles dans une atmosphère d'estime qui dilate la confiance et porte à devenir meilleur. Mon unique assurance consiste à reconnaître toujours que tout bien vient de vous et que je suis un serviteur inutile 1. Dieu peut permettre que l'humble semble rester infécond. dans les succès comme dans les revers. Méconnu dans ses intentions ou dans ses capacités. Quand vous verrez que ne veux plus dérober votre gloire... je être 1. l'humilité suppliante l'attire par d'irrésistibles appels.. donnez-moi une humilité non présen-tent 1 : . et l'activité. un simple effort humain. Leur attitude seule désarme d'avance toute résistance on sent qu'elles ne s'imposent pas il semble toujours qu'on leur fait grâce. Leurs moindres paroles ont le charme qui pénètre. tenu à l'écart ou paralysé dans l'essor de son zèle. La vie seule produit la vie. Attirer en soi le Dieu Créateur avec sa grâce voilà le secret du bien. Sans humilité. comme sur nos terres des eaux silencieuses qui portent ko loin la fécondité I . le talent n'est qu'un froid rayon.2o0 QUATRISMB SBHAINI si rarement pour moi? Combien de personnes dans ma position qui savent se faire une vie féconde Et je me l'explique. une humilité vivante et sensible. il accumule des richesses de grâces qui se répandront par d'autres voies. la seule qui soit féconde.

sans orage. je veux te conquérir I . qui sème votre vie dans les âmes pour les transformer en vous. âmes voisines la vie surnaturelle qui est vie du Christ en nous. dans son extension La vie qui s'épand sous un ciel profond et lumineux. La ferveur! oh donnez-moi cette ferveur qui s'élance. qui vous atteint ô Dieu. ô . dispensatrice de tous ces dons. la vie de Dieu dans le des la . dans son mouvement. des âmes issues de la mienne. mon Dieu. La paix oh donnez-moi cette paix que rien ne trouble parce que Ton est mort à tout ce qui trouble. la vie qui fait surgir de toutes parts des eftlorescences pleines d'éternité la vie qui se multiplie en la vie ! . La fécondité oh donnez-moi des âmes. humilité. la ferveur. qui court. je t'admire belle et puissante je t'aime. de mon amour béni. faisante . ! ! 1 suprême objet de nos poursuites. la fécondité. mais c'est dans sa régularité. bien- de cette fécondité. I ! mon action dégagée de toute vue propre.DinXIÈMS MÉDITATION 251 La paix. Christ et en nous tout ensera-ble.

Je veux que le sentiment de l'humilité accompagne tout le mouvement de mon âme vers Dieu il passera dans mon obéissance pour la rendre profonde^ résolue et toute douce eà tion qui exaltera la Je veux me : . Mon but ne sera pas de les constater. — J'ai vu ailleurs la veille. — naissance et de générosité. mais plutôt de m'apprendre à les pénétrer d'humilité.Quatrième Semaine TROISIÈME MÉDITATION XXIV» EXERCICE De rhumilité dans nos rapports avec Dieu Premier point : L'esprit de soumission. en faire ma vie. générosité de mon cœur. que je suis devant Dieu. plonger dans ces vues. . . Troisième point : L'esprit de reconL'esprit de religion. Ces devoirs embrassent toute la vie chrétienne. — Deuxième point . . Tout ce que j'ai médité m'a rendu sensible le contraste de nos demain je me mettrai situations respectives plus particulièrement en face des devoirs qui en résultent. L'humilité sera la lumière qui m'en fera saisir l'étendue l'onction qui m'en fera sentir les délicatesses l'admira- Préparation pour ce .

en tant que principe indépendant de détermination. pour les perfectionner pratiquement. Ce n'est pas elle qui dirait: Ah l : — . Soumission ferme et sans hésitation : c'est l'ordre des choses .) Soumission universelle: c'est le vaste champ de ses volontés et de ses désirs. — — — L'humilité fait disparaître la volonté de la créature. pour y substituer les déterminations divines. il se mêlera à mes actes de religion pout les maintenir dignes de Celui qu'on adore à genoux et sans cesse il me tiendra sous une impression très vive de reconnais. » (Saint Thomas. — « Humilitas prœ- cipue consista in submissione hominis ad Deum. L'humilité consiste surtout dans la soumission de l'homme à Dieu. Soumission heureuse: c'est mon bien. sance et d'amour. c'est ma grandeur. I. Méditation — Prélude.253 TROISIÈME MEDITATION même temp-?. c'est le devoir. Demander la grâce de faire pénétrer l'inQuence de rhumilité dans mes rapports avec Dieu. L'âme bien humble réalise donc la sublime demande: Que votre volonté se fasse en la terre comme au bons ciel. commandements Les lui paraissent sages et tout ce qui leur est opposé lui semble détestable. L'esprit de soumission.

les peines intérieures. qu'elle écoute. Docile à ces touchantes vérités. i'a voulu.254 QtJATRiÈMB SSMA. Les conseils évangéliques la trouvent facilement décidée. même les plus importunes . Elle écoute le maître au-dedans d'elle-même. de notre existence même au moindre de nos cheveux enfin que tous les événements. bon » Voilà toute sa philosophie et elle est admirable. ont été prévus L'esprit de foi lui dit verne les .INB chose n'était pas défendue Ce n'est pas qui distinguerait un péché plus ou moins grave. si telle ! elle — que la Providence gouatomes comme les astres. pour les pratiquer à l'occasion. Comment résisterait-elle à ses inspirations? Elle n'oublie pas cependant que le contrôle de ses attraits appartient au Directeur. grands ou petits. Elle reconnaît sa parole à la paix qu'elle laisse. connus ou inconnus. elle n'attend qu'une indication d'en haut. Sans doute elle souffre. et disposés par tous ses attributs ensemble. mais ne dit jamais pourquoi ? ni comme elle de tous est les comme contre-temps. et trace les sentiers de nos vies comme les routes des nations. elle gémit. Les tentations. elle est calme en face toutes les afflictions . naturelle — ! : c Dieu l'a — — . elle ne comelle est douce à prend pas le murmure . elle craint. là aussi. la trouvent toujours soumise. mais c'est son Dieu. même les plus inexpliquées. elle les admire tous. Ce Maître est Dieu est le maître. — — — La résignation lui Dieu permis. car elle n'en tolère pas le moindre. et. qu'elle étend ses soins paternels. .

. Cet esprit de religion. L'humilité ressemble à une voix qni nous répète sans cesse Voyez combien vous êtes petit. C'est leur punition méritée. ah dans les ! elle si yeux de son Père du pouvait lire ciel! — II. Quand cette pleine lumière s'est levée sur une vie. est celui qui dirige l'évolution de ce vaste univers. Elle vit ainsi au milieu de ces ténèbres et de ces assauts. elle le produit de toute la force de son inclination propre. et le nom seul de Dieu. On aura autant d'esprit de religion qu'on aura d'esprit d'humilité. elle donne des proportions et des couleurs merveilleuses à tout ce qui concerne Dieu. La vue d'une plante. et ce sera leur remède!.. L'esprit de religion. L'univers est un grand temple où l'on ne doit passer qu'avec recueillement. confiante quand même et tou- jours plus humble.. son orgueil : — ses résistances. Tout est splendide et la nature.. c'est l'esprit de religion.. c'est-à-dire que Ton sentira davantage la distance qui sépare le néant de l'infini. et l'église pauvre..TfcOISIEMK MÉDITATION certaines âmes sans humilité : 25î> ce n*6St pas juste ! Elle se rappelle ses fautes. pense-l-elle. Quelle joie pour elle de s'écrier: Celui qm protège mes pas tremblants. remplit d'une respectueuse tendresse. d'un petit nid d'oiseau. d'un insecte. Un des effets les plus remarquables de Vhumilité. voyez combien Dieu est sublime. l'âme humble le porte : — : — .

QUATRIÈME SEMAINK 256 partout. les sermons.. il le seuil sacré. se sent en présence de la Majesté di- vine et se comporte avec le même respect qu'en public. — le lieu consacré où mages . ! «lie adoré. en franchissant voit couvertde haillons.. Il ne se permettrait pas la moindre liberté de regard. de s'y Il voudrait pouvoir touchoisir une place. Si la fatigue l'oblige à s'asseoir. chaque pierre mérite une vénération émue. — L'JBglise est le palais le trône où il où réside l'Eternel. Saint François de Sales. Quoil cette pauvre petite créature de néant. L'humble. Cette impression se reconnaît à sa manière d'y prendre l'eau bénite. reçoit officiellement — nos hom- — l'autel où lui sont offerts tous les sa— Elle est encore lieu saint où ruissellent fonction des sacrements et la lumière de la parole divine.. l'esprit d'humilité les fait sentir. la moindre distraction de pensée.. de péché. qui est l'objet spécial de la vertu de religion. la messe! Que sera-ce à la sainte Table. il en demande filialement à Dieu la — — — permission.. . Elle s'étonne. seul dans sa chambre. elle aime. qui occupe dans l'espace un point imperceptible. Arrivons au culte. la voilà admise dans l'intimité de Celui qui est tout 1. se se considère comme un mendiant introduit dans le palais d'un roi.. jours rester à genoux. n'est-il pas bien indigne d'être souffert là Que sera-ce durant les offices. L'esprit de foi fait comprendre ces choses . le crifices... d'y marcher. et garde une posture modeste.

Se juger indigne de tout. c'est l'œuvre de l'humilité. — 17. il la voir. Mais bientôt occupés autour de ses dons. pauvre.257 TâOISIKMl MEDITATION Ainsi. Les bienfaits particuliers ne réveillent pas toujours notre attention distraite. puis. se penchant vers cette misérable créature pour la — III. l'homme tend naturelle- ment mais passe trop souvent sans nous enveloppent de toute part ils sont de tous les jours. r. l'enrichir et l'aimer. quelque faveur évidente nous les a fait ouvrir. Placé en face de la bonté. partout et toujours. bon et maternel. Uesprit de reconnaissance et de èénérosité. la guérir. I : OMILITé.. Les bienfaits divins : . n'est- ce pas donner au sentiment de la reconnaissance l'impression la plus vraie et le stimulant le plus puissant? or. Les grâces spéciales ne sont point rares mais nos yeux. Parfois. Nous ressemblons aux petits enfants vers elle . cependant. hélas restent fermés. les yeux au ciel contempler le Dieu infini.e sentir infirme. nous l'avons oublié lui-môme. — — . L'ingratitude tient peut-être plus à l'inattention et à l'oubli qu'au manque de cœur. Thuinble est incliné à traiter Dieu en Dieu. Les rapports surnaturels de Dieu avec notre âme sont en quelque sorte continuels. !• relever. et nous nous sommes écriés Que Dieu est bon 1.. ils se répandent sur tous les hommes et nous nous habituons à en jouir comme s'ils se produisaient d'eux-mêmes sans une pensée dirigeante. se voir. .

11 rappelle ce beau cantique des psaumes qui redit à chaque verset « Quoniam in œternum : ! — : misericordia ejus : il me faut l'éternité pour chanter toutes vos miséricordes ! » L'âme vraiment humble ne craint donc pas de regarder en elle les dons de Dieu et le Magnificat. source de : ces bienfaits. procède de ces deux vues opposées. il a toute l'étendue de nos misères et toute celle de la miséricorde. se complètent. autant elle est utile quand elle reste unie à sa contrepartie la vue de la bonté de Dieu. Autant la vue du bien qui est en nous est dangereuse quand elle demeure seule.. Ce contraste pourrait se prolonger indéfiniment.. la louange surtout peuvent insidieusement entraîner l'âme hors de ce milieu namrel. l'attrait de la vaine complaisance. qui s'harmonisent et 3° . qui s'échappe de ses lèvres. .QUATRIÈMB SEMAINE 258 qui se laissent combler de soins avec l'égoïsme de l'inconscience. et je suis attentive l'objet de l'amour 1. La légèreté d'esprit. ce sont là ses seuls ennemis.. comme l'esprit d'humilité l'abandon et je suis l'objet d'une sollicitude J'ai mérité la haine. rien ne rend la reconnaissance généJ'ai mérité reuse. 2° Or.. rien ne met en lumière les bienfaits de Dieu. L'important est donc de nous tenir dans la vérité tont entière.

révolte parfois et se dément. Dieu nous a donné un signe auquel nous pouvons reconnaître que nous l'aimons c est : . seule. Tout? dureté. Et pourtant. c'est elle qui est le soutien le plus solide de notre vertu : seule. hélas bien vite. s'il est permis de s'exprimer ainsi elle coûte habituellement. une âme bien humble est toujours douce et patiente. car celle-ci a des limites. — le prochain les supérieurs. elle attendrit le cœur . En revanche. tout égoïsme font sentir que l'humilité manque. comme celui cloute : ! de nos frères. — Troisième point : Deuxième point : Envers les infé- rieurs. — Il y a sans Préparation pour la veille.le nôtre. tout manque d'égards. seule. une humilité plus haute que l'humilité en face du prochain. elle a l'esprit juste et raisonnable. il n'y en a pas qui soit plus vertueuse.Quatrième Semaine QUATRIÈME MÉDITATION XXV* EXERCICE De rhumilité de nos rapports envers Premier point : Envers Envers les égaux.

QUATRIÈME SEMAINE 260 Tamour envers ceux qui nous inspireraient naturellement de rindifTérence ou de l'aversion. et de détermicette méditaner des résolutions très spéciales. insupportable peut-être. selon les vues humaines. nous le serons aussi à l'égard de nos supérieurs. toute notre conduite envers eux sera pénétrée par l'esprit de soumission intérieure et filiale. car nous verrons et nous respecterons en eux 1 empreinte de la divine majesté. table vertu d'humilité. réellement humbles par rapport à Dieu. — L'âme qui vit dans Envers les égaux. Il en est de même pour Thumilité. A cette pierre de touche on reconnaît la véri. nous n'arrêterons plus notre pensée aux défauts qui nous rendraient leur supériorité pénible. double sentiment de la grandeur de Dieu et de sa propre bassesse. S'humilier devant Dieu. Méditation — Prélude. ne se met avec personne II. pourvu que l'on ait la foi mais être humble envers le prochain. Ce caractère sacré de représentants de Dieu. — — Si nous sommes I. c'est facile. Envers les supérieurs. Demander la grâce de comprendre ces devoirs jusque dans leur perfection. le . quel qu'il soit. nous aveuglera quant à leurs misères individuelles. rayonnant sur toute leur personne. c'est presque héroïque. tion ayant un caractère éminemment pratique.

qui sont autant de titres à ses respects et dont elle s'autorise pour s'effacer les tuels. des mérites. par quelque côté. Pratiquez cette humilité qui fait que chacun regarde les autres comme : ses supérieurs. il estime qu'il n'a pas d'inférieurs. et c'est du fond du cœur qu'elle honore leur supériorité relative. en ce sens. pour elle. Bien loin de rivaliser avec personne. s'ils réalisaient le souhait de saint Paul « In humilîtate. les égaux sont toujours. modestement. superiores sibi invicem arbitrantes. à se ranger à leur jugement. » — III. «Ne comptez pas avoir fait le moindre progrès que vous ne vous sentirez pas au-dessous de tous ». fussent animés de cet esprit! Quelle parfaite union. elle est toujours prédisposée à céder le pas. quelle délicate charité régnerait entre eux. Elle aime la dernière place parmi ses égaux et ne manque jamais de bonnes raisons pour s'en emparer. Plût à Dieu que tous les hommes. des talents.QUATRIEME MÉDITATION 261 sur le pied de l'égalité . des qualités. des supérieurs. Son instinct est merveilleux pour découvrir dans égaux des avantages naturels ou spiridevant lesquels elle se plaît à s'incliner intérieurement. à leurs goûts. S'il lui faut exercer de la part de Dieu quelque autotant . dit l'auteur de V Imitation. Envers les inférieurs. dans leurs rapports mutuels. à leur volonté. Celui qui se considère dans la lumière de la vérité ne s'attribue aucune supériorité personnelle sur le prochain. à déférer aux autres.

pour comprendre leurs difficultés et leurs peines. A la cinquième semame nous retrouvofOBs l'amour du prochain dans une va« plut vaste. les attirent. il se fait le serviteur de tous. il leur rend les services de sa charge. susceptibilité. est le Il se pour y compatir et les alléger. 11 cherche à obtenir une obéissance spontanée. la simplicité et la modestie mettent les cœurs à l'aise. « Que celui qui il vées. Oh! si nous étions vraiment humbles. y plus grand se fasse votre serviteur.262 QUATRIÈMK SXMAIlfl rite. son dévouement et sa douceur. en la leur demandant au nom du bon Dieu. rhumble'n'oublie pas son néant. ni même qui puissent offenser leur une douce et invincible patience qu'il tâche de prévaloir sur les privés. les talents. Par sa sollicitude. Nota. » met à la place de ses subordonnés. Rien d'impérieux ni de dur. rien d'exigeant dans sa manière de commander. car ils ne peuvent s'empêcher d'y reconnaître l'image vivante de Celui qui fut l'humilité et la — douceur mêmes. il ne le perd pas de vue un seul instant. il s'agenouille en esprit à leurs pieds. à l'exemple du divin Maître « qui n'est pas venu pour être servi mais bien pour se faire serviteur ». les subjuguent. que nous aurions de puissance sur les âmesl La grandeur peut inspirer de la crainte. C'est par indociles. Quand remplit avec joie les fonctions les moins releil s'abaisse intérieurement devant eux. . Jamais il ne leur fait de reproches publics. — de l'admiration.

dit saint François de Sales. ils sont l'écorce de cette vertu. une répercussion qui favorise son développemenL II semble que les choses entrent en nous par les sens et y déposent leur genre d'impression. — « Les actes extéPréparation pour la veille. ne sont pas Thumilité.. et «11* ma o est p»^ U portée.Quatrième Semaine CINQUIEME MEDITATION XXVr EXERCICE De la culture de Thumilité par l'extérieur point : — Deuxième : Nous entourer d'humilité. rieurs de l'humilité. mais cependant ils lui sont très utiles. » Les esprits superficiels ne se rendent pas assez compte de l'influence qu'exerce le physique sur l'humilité peut trouver dans les prale moral . Peut-être jusqu'ici ai-je regardé avec dédain ou du moins avec indifférence cette sorte d'ac- — tion formatrice. tiques extérieures qu'elle commande. moins . Nous imprégner d'humilité.Elle est pourtant à mieux qu« tout autre. Troisième point Premier point — : Exhaler l'humilité. ils en conservent le fruit.

un extérieur dépourvu d'humilité ne serait-il pas en contradiction avec la vertu intérieure. font — — le contraire. Un logement personnel pauvre. de préféque possible. pauvre. mais rim- — . Et puis. les moins haut placés. des habits relativement riches. une vertu qui ne pousserait pas son mouvement jusqu'à ses dépendances naturelles? Tout principe vivant crée l'harmonie. aussi modestes nelle. Le gouvernail qui n*est dans le navire qu'une pièce de peu d'étendue. si elle est réelle? ou plutôt n'est-il pas permis de suspecter. se trouve néanmoins le maître de la direction. Méditation — Demander la grâce de m'attacher à Prélude. Un logement riche.. quelque pratique spéciale d'un usage fréquent. L'acte bon ou mauvais dépend de notre Tolonté. Ces effets se produisent d'eux-mêmes et sans que l'on s'y puisse opposer. — Logement I. etc. etc». comme bien peu active. rence les moins riches. surtout la partie qui nous est personVêtements modestes. Pour notre société.. des habits de dessous très pauvres et très raccommodés. Nous entourer d'humilité. Une attitude maintenue humble avec persistance peut conduire bien loin dans la vertu. toutes ces indigences agissent sur nos impressions et nous inclinent à l'humilité.QUATRIÂMS SBMAINI 264 puissante.

cette vertu saintement envahissante sent grandir son ambition. Mettons souvent sur nos lèvres ces simples paroles : « Dieu. Il est donc sage de s'entourer de tout ce aui entretient des impressions d'humilité. et l'aisance peu mortifiée de la tenue.ciNoniiMK m^oitàhon 26S — pression dépend des choses. puisqu'elle agit sous ses ordres. que nous n'en méritons pas tant. Nous imprégner d'humilité. et le ton dominateur de la voix. communique à l'âme le sentiment de l'humilité... Pourquoi également ne pas faire produire à cette cause tout ce qu'elle contient virtuellement? Ayons donc soin d'arrêter souvent nos yeux sur ce qui est pauvre autour de nous.. de nous en faire heureux. il paiera son tribut à l'humilité intérieure.. lui aussi. en effet. . et la liberté des regards.. pour rendre son influence lation entre le . de nous répéter que cela nous convient à merveille. deviendra sa conquête il recevra sa il subira son loi empreinte il sera tout imprégné de ses suaves attraits. .. Notre extérieur. à la vue des heureuses influences dont elle profite.. Elle est même un acte positif de cette vertu... s'applique le principe de corré- physique et le moral. de l'aimer. Ayant établi son choix sur les objets qui nous entourent. faites passer en mon cœur l'humilité de ces choses i m — — II. A son tour.. croissemenis.. D'ailleurs.. Une prudente contrainte qui modère et la vivacité des mouvements. en lui procurant de nouveaux ac. Là.

elle ne saurait s'en départir jamais. autour d'elle un éclat touchant. Ah puissé-je m'imprégner ainsi d'humilité !. et la physionomie résume dans son expression cet harmonieux ensemble. ses regards. Voyez cette personne humble.. — actes et les paroles. tout est empreint d'humilité. Exhaler l'humilité.. même les moindres. de déférence Point d'affectation sa tenue. où elle réside. elle y vit. sa démarche.QUATRIÈIIK SKMAINI 266 plus décisive. Puissé-je n'en pas faire un seul acte au dehors 1 sans en attirer au dedans le parfum ! — Un vêtement imIIÏ. on pourrait dire : elle y rayonne. on peut y joindre son motif explije n'ai pas le droit de me donner tant de cite : — La puissance de Texercice s'ajoute à celle de l'impression. s'exhale tout naturellement par l'attitude. à Elle y passe l'extérieur qu'elle gouverne. le ton de sa voix. o'«Bt par lageMë tt charité* elle jette . quelle puissance pour notre action sur les âmesl.. L'image de cette vertu liberté! donc ici — : attire instinctivement. quel secours pour nous. et d'amabilité. et si elle en varie la forme et l'atténue.. car — . mélange de candeur. les ... Cette vertu va du cœur. Se faire une physionomie douce et humble. prégné d'un parfum l'exhale autour de lui une humilité qui pénètre le cœur et l'extérieur. avec les témoignages du respect. Elle aborde ses frères. quelle édification autour de nous. Une personne bien humble a un extérieur particulier.

Je veux tout vous le ju»qu'au fîioir^rë d* me» Boufirt».... ne songent point à la petite violette cachée qui le donne . mes dé- de paraître. et pourtant. elle aura répandu je ne sais quel charme. et si profond qu'on en est pénétré. voilà ce qu'elle fait de la façon la plus naturelle. et c'est davantage. . hélas! et mes tristesses aussi! Jésus si doux etsi aimable par cette vertu. jusqu'au son de ma voix» Résolution. Seigneur. tout.. céder le pas les laisser diriger la conversation. s'efîaçant le plus qu'elle peut. Dieu permet souvent que ceux qui en jouissent.267 GINQUIÈMB MÉDITATION Choisir ce qu'il y a de moindre. et de tous. chaque respect manifesté.. Ne parlant point d'elle-même. cice. — 1 — — le contentement de Dieu.. mes manques sirs d'égards.. — me donnera mon Dieu. je veux que tout en aussi que prouve. chaque contestation évitée. mes empressements. ont augmenté la force de l'habitude et aux autres.. Mais comme la vertu progresse à la faveur de Elle s'y cache . On a respiré près d'elle un parfum si vrai qu'on le remarque à peine... mes contestations. paraître contente de tout et de tous. ! donnez-moi ce que je ne saurais moi-même!. elle est celle qui s'en doute le moins. moi me serve à devenir humble. c'est l'orgueil que respirent trop souvent mes paroles. chose merveilleuse. chaque silence gardé. et ces constants abaissements Elle s'en fait un saint exerc'est beaucoup... elle n'aura point brillé dans une société.

Aborderai-je qui semble si peu faite pour ma vertu! M'élever à l'amour du mépris. ô abjections. monde renversé un miracle seul pour. si le bien le permet! Ah! ce que c'est — serait le rait me Jésus. peut-être m'appelez-vous à en partager l'amertume et Ne vous ai-je pas dit mille fois /'honneur? que je voulais être toujours près de vous. le Ne vous ai-je pas deplus près possible ? — — laisserai-je où vous — comme le vôtre ? Vous marcher seul vers des abaissements mandé un cœur allez à fait ma place? .Quatrième Semaine SIXIÈME MÉDITATION XXVII* EXERCICE De Tamour du mépris — Premier point : Nature de ce sentiment. m'écrier devant l'humiliation rigueurs PrépsLration cette méditation 1 : bon! et remercier en quelque sorte les créatures par qui elle me vient! Moi la choisir de préférence. Quatrième — point Sa : — justification. tranformer ainsi! du milieu de vos — Et cependant. Ses mobiles. moi qui ne sais pas même en accepter les inévitables Moi. — pour /a ve/7/e. Deuxième point : Troisième point : Sa culture.

mais aussi des élans. : Méditation — Prélude.269 SIXIÈMB HÉDITATIOIf Pourquoi du moins refuserais-je d'y conduire La sereine contemplation i'une haute humilité fera surgir en moi des regrets sans doute. Les considérations qui vont suivre sont formatrices elles ont beau s'élancer çà et là. de toute sa puissance. . Quoi de plus impulsif que le beau.dans la région ardue des conseils et parcourir des hauteurs que notre pied n'atteindra jamais. des essais qu'elles déterminent: la conscience du vrai s'élève. Demander la grâce de me dégager du sens 'humain. jusqu'au jour où cette vertu leur aura révélé son facultés. idéal. des aspirations qu'elles soulèvent. à élever avec elle la vie pratique. Il émeut nos plus nobles ma pensée? Certaines âmes resteront peut-être stationnaires dans les voies de l'humilité. — !• Le mépris sinI. Nature de ce sentiment. elles ne laissent pas néanmoins d'exercer sur nous une action profonde. mais son e£fort s'arrête à une conviction pour ainsi dire . d'admirer ce que je ne puis encore atteindre et d'en concevoir du moins le sincère désir. Ce sont des idées qu'elles font naître. et tend. il ne l'amène pas à ses dernières limites. Il suppose assurément des vues de foi très élevées et une courageuse logique. cère de soi porte déjà bien loin l'humililé mais par lui-même.

il faut que la vertu dU passé. dans notre sang. mais à sa Si la révolte s'élèvent seule imperfection l'inclination vertueuse n'est pas assez profondément entrée dans la nature : pour en transformer les impressions . Puisque cet amour étrange est l'acte suprême de l'humilité. L'amour^u mépris va plus avant il désire le mépris au grand jour. mais elle . cette tendance si sensible. toutes nos fibres sont atteintes. spectateur de qui sort de notre le seul et l'aveu bouche ne retentit qu'à nos oreilles. non à l'absence de l'humilité. pour ainsi dire. le mépris qui se lit sur le visage des autres Ce n'est plus en face de nous seuls que nous nous abaissons Nous passons de l'ordre de l'idée vague à l'ordre du fait positif. deux blessures à : : ! — : : — — subir à la fois. Ce sont deux ennemis à combattre. on ne peut s'assurer d'une humilité complète qu'au contact du mépris des autres. On a beau s'enfoncer dans le mépris de soi. pour que nous aimions un tel sacrifice. c'est le nuage qui se balança paisiblement dans les hauteurs le fait. il faut en conclure. gronde. il est naturellement sa preuve la plus certaine. L'idée. Là seulement toute notre vie d'orgueil est en éveil.270 QUATRIÈMI SEMAINI platonique notrft : nous restons bassesse. et. Le mépris de soi n'atteint qu'une des deux tendances qui forment notre fonds d'orgueil l'estime personnelle. l'amour du mépris immole en outre le désir de l'estime des autres. c'est l'orage qui fond sur notre tête et nous rudoie. si des bouillonnements malgré l'acceptation.

Ils confondent ici degré et priorité : désir naturellement vient le premier. Cette mesure se trouve tout entière dans la solidité de l'habitude. jusqu'à ces mouvements instinctifs qui n'obéissent qu'à une longue habitude. De tels effets supposent une inclination d'une entière puissance toute l'âme lui appartient jusque dans les profondeurs insondables de la sensibilité. Le premier serait le désir du mépris et le second son acceptation : : : réelle. mais le désir peut contenir déjà autant de perfection que l'acte. Un certain trouble est inséparable de cet état encore imparfait. transformant en amour ses amertumes. dans l'intensité de l'inclination et enfin dans l'animent. mais la preure d'un sentiment n'est pas sa mesure. la vertu a étac'est que la nature est domptée bli fortement son règne. qu'elle retentisse d'accents de joie la vertu est parfaite. rien de violent ne se soulève dans la nature pour réagir contre l'humiliation. et sous ce règne. L'acte aura cet avanle tage de porter avec lui la preuve. si elle est sincère. elle peut du moins. elle se complaît dans les abaissements qu'elle lui apporte. 2° Certains auteurs veulent distinguer deux degrés dans cette humilité. l'acte le suit. Elle va au devant de l'humiliation. elle l'embrasse comme une amie. Si.sixiÈMi hAditation 271 est assez maîtresse de la volonté pour les vaincre . les désavouer. la paix s'étend imperturbable. au contraire. rélévation des sentiments qui . Que cette paix se sente pénétrée d'une intime douceur.

les prodiges qui le remplissent si étonnants C'est le jardin secret où Dieu prend ses délices c'est une efflorescence printanière. aussi beaux. si lé désir a sur le fait cet avantage de pouvoir se renouveler plus souvent. tournez vos espérances vers le désir. aussi transformateurs que ceux du dehors. la vie qui l'anime est SI intense. cet agent créateur de tant de merveilles. mais rappelezvous que ce Dieu lit dans les cœurs et qu'à ses yeux les désirs sont de vrais actes aussi vivants. Par là vous pourrez atteindre tous les sommets. et se termine par une victoire plus belle et plus d^rJsiv*» . Contre un tel assaut. le fait a. Le monde intérieur est si vaste. et dont tous les parfums lui sont réservés. Le fait et le désir s'équivalent dans l'ordre de la vertu. aussi méritoires. par l'intensité d'action qu'elle réclame. si vous le voulez. il vous reste de les désirer.272 ouàTriémb semaine Rassurez-vous donc. la lutte se présente plus animée. ils ont l'avantage de pouvoir être plus nombreux. et faites-en le principe d'une vie intérieure toujours plus active. à âmes saintes à qui sont épargnées les humiliations réelles. Portez envie. plus imposante. . nous venons de le voir mais. La réalité saisit jusqu'à nos sens et s'impose à notre âme d'une façon violente. vous qui comprenez et qui sentez ces choses. la vertu a besoin de rassembler toutes ses forces. de son côté. or. dont tout le coloris brille pour lui seul. celui de provoquer une réaction plus vigoureuse. cette image plus parlante de son Fils. aux victimes qui montrent àleurDieu ce témoignage extérieur de leur abnégation complète. et qu'enfin. sont I .

. l'amour admire la beauté divine et. 1« L'amour du mépris peut résulter d'uue vue très pénétrante de notre raisère et surtout du souvenir très douloureux de nos fautes. L'humiliation lui sert de refuge. Il s'y joint ordinairement l'ambition de se réhabiliter et de réparer l'humiliation sera ma rançon et je la veux entière! 2° Il est rare cependant que l'amour du mé: — — I : pris ait cette seule origine. une grande noblesse d'âme peuvent déterminer cette disposition. — 18 . on a peine à concevoir une telle rigueur contre soi-même. Qu'une âme aimante s'attache à ses pas qu'elle se donne à Lui pour le suivre partout où il va. HUMILITÉ. De ce bas lieu il lui semble voir les grandeurs divines s'harmoniser avec sa pe- aimer de lui Sans être étrangers à ces sentiments. la plupart des fidèles arrivent à l'amour du mépris par l'amour tout simple du divin Sauveur. Tous les motifs d'amour portent à s'humil'amour ne peut prendre son parti d'avoir blessé son Dieu et il en éprouve une telle souffrance que l'humiliation vengeresse lui devient un soulagement.SIXIEME MEDITATION 273 — II. je dois aimer qu'on me méprise Une grande sincérité. de fait. Mobiles de ce sentiment. je mérite d'être méprisé. Il naît le plus souvent de l'amour divin et. Le sentiment du vrai éveille ici le sentiment du juste Je suis méprisable. sans un grand amour. qu'elle l'aime assez pour ne pas accepter qu'il titesse et se laisser ! 3° . il rougit tellement de ses propres misères qu'il lier : — voudrait s'enfuir et se cacher. face à face avec ses splendeurs.

dans votre soif douloureuse. accourir du lointain une troupe merveilleuse d'âmes consolatrices. u'est-elle pas le mouvement intime de vot^--» condamne. Jésus est dans l'humiliation et je m'y jette. elles relèvent essentiellement de la grâce. vous avez daigné le boire en m'envoyant de ce lointain. J'étais l'une d'elle... je la veux. laisse. mais elles sont vôtres à un titre plus mtime encore. ô Jésus.. prendre sa place et se sente prête à tout. ô Jésus. Gomme lui. il il l'a Ta subie. je ne les désirerais pas ces occasions bénies qui m'ont rendu présent à votre Calvaire Certes! elles sont vôtres. et. Et je ne les accueillerais pas. l'ingratitude qui me délui. Cette résignation qui les accueille. en empruntant à l'amitié sa noblesse. I ! . un « merci » de vos lèvres blémies. Or la grâce.. pour lui épargner un affront ou pour l'ei» consoler voilà une humilité qui se surpasse elle-même. sa chaleur... résultent de dispositions que ne crée pas la nature. jusqu'à la trahison!. sa constance forte comme la mort.274 QUATRIÈME SXMAINB souffre seul une seule humiliation qu'elle désire . ses ingénieuses ressources. perspective infiniment douce A l'heure où devant les pires outrages Jésus appelait à lui l'amitié des apôtres et le secours des anges. puisqu'elles vous sont offertes et que vous les avez acceptées. ces humiliations de ma pauvre vie. ce désir qui les invite. sa domination triomphante. ô Jésus. Le silence que je garde et qui me : gardé. avec lui je m'y complais. offrant à vos lèvres desséchées le calice réconfortant de mes propres humiliations aimées pour vous. par sa prescience. il voyait.

Fie de Jituê en noue.275 SIXIÈME MéDITATlON action*? Quand j'aime un abaissement. remplissezmoi de l'amour qui leur ouvre les bras! Unissez-moi bien à vous. que tout le cœur s'y porte. Père. soyez béni de ce que vous les avez révélés aux petits et aux humbles. rappelezvous qu'ils sont surnaturels. et de me voir moi. le mépris transformé devient si aimable. Esprit saint. ô Jésus méprisé. Culture de ce sentiment. un mépris. être infime. tandis que vous les tenez cachés à la superbe. Ce que vous faisiez alors par vous-même. Voir : Pratique progrettive de la Confettion.. c'est donc vous qui l'aimez par moi. s'y complaît et s'y perd. II . Dans j'éblouissement de ces révélations. — — vous qui i® III. mon cœur et vous vous en servez comme vous vous serviez sur terre de votre volonté et de votre propre cœur. pour que je palpite des sentiments qui animaient votre passé et que vous venez vous-même. c'est par moi que vous continuez à le faire divinement! Qu'y a-t-il en effet de plus divin que ce ravissant mélange de nos deux vies! Quelle n'est pas aussi ma joie de vous enrichir de quelques humiliations dont vous ne souffrez pas. à cette heure. grandi à ce point que je prolonge et que j'accroisse votre vie I. t. qui 1. donnez-moi l'intelligence complète de ces grandes choses. ne comprenez pas de tels sentiments. je vous prête ma volonté. c'est-à-dire audessus de notre portée et que Dieu seul les enseigne. faire vibrer en moi..

partez avec une espérance certaine. c'est trop difficile!. ne dites pas : c'est trop haut. L'admiration doit être un principe de mouvement qui soulève le désir. petits et humbles surtout devant les personnes qui nous entourent. Trop haut pour votre taille actuelle. ce sera le premier pas vers ne 1 ces hauteurs. Ah faisons-nous petits et humbles dans la mesure de notre grâce. qui admirez ces nobles dispositions sans y prétendre.t16 ÛUAtRièHB SEMAiNft croit qu'en ses propres lumières. mais votre taille n'a pas atteint sa croissance dernière! Trop difficile pour vos forces présentes? C'est encore vrai. : . le mystère de l'humilui . une chaleur qui développe l'énergie. mais ne savez-vous que. c'est vrai . commencez par accepter d'un cœur plus ami ne *es humiliations que vous ne pouvez éviter cherchez pas de moyens extrêmes pour vous les épargner. et que l'action de Dieu. graduez votre marche. Céderez-vous à cette lâcheté si humaine qui croit faire assez pour la vertu en — rendant hommage? Non. vous sentez une lueur matinale se lever sur votre ciel. 2* Et vous. les forces peuvent s'accroître d'une façon merveilleuse . à cette heure. par l'exercice. un idéal qui attire en haut. ce n'est pas assez. s'unissant à la nôtre.. écartez tout dépit. du moins priez pour eux! A mesure qu'on s'élève. soyez doux pour ceux qui vous ont humiliés. âmes timides. commandezvous de dire à Dieu parfois merci . Si. petits et humbles devant Dieu. supprime toute impossibilité. on entre dans une région plus lumineuse..

mais les dogmes de la foi viennent étendre ses vues sans mesure. notre raison mieux informée tire des conclusions nouvelles. Toute la générosité de l'âme semble alors se ramasser sur elle-même. mais l'attendre avec un secret désir. ces conclusions Qouvellos apportent un idé^l nouveau. peut être — quand un amour aussi parfait. que dis-je. à l'universel sentiment des hommes. à la raison elle-même? Contraire à nos sentiments? Evidemment. 3° Appeler Thumiliation ne contredit pas la défiance de soi-même. si A la raison la est seules ressources. La raison est son champ naturel est étroitement limité. laisse à Jésus le soin de la départir à éloge. laisse deviner une invisible quelque chose de ses main toute-puissdnte fait franchir les obstacles et au besoin relève des chutes. Or. L'amour qui ambitionne de suivre Jésus jusque-là. égal. entièrelivrée à ses courte. paternellement. D'autre part. par une nous son gré. — IV. Ici se présente. compte avant tout sur sa grâce. Au sentiment des hommes? raison? Eh bien! oui encore. prête au premier signal. mais plus puissante encore. une objection déjà soulevée et sommairement résolue : un tel sentiment n'est-il pas contraire à tous nos instincts personnels. A leur clarté supérieure. ne point l'appeler. C'est l'attente filiale dont saint François de Sales fait un si digne délicate réserve. C'est vrai. Justification de ce sentiment.277 SIXIKMS MÉDITATION liation secrets. .

— S'humilier de se voir si loin de Chercher dans un plus grand sens qui comprend et qui goûte cette voie. elle devient dans le surnaturel une vertu éminente qui n'est que de conseil. S'offrir.. Thumilité chrétienne est déjà une vertu surnaturelle. amour le ! .. mais seule elle nous établit dans les conditions parfaites qui laissent à Dieu. Par ses exigences essentielles..278 odatriAmb sbmainb ment étranger à la nature humaine.. premier principe de nos actes. la pleine liberté de ses initiatives. par cet essor vers l'amour du mépris. Résolution.

est moins dans le fait que dans l'opinion. dans un ordre plus intime nos tentations basses.. de position. et le même acte sera une abjection ou un sujet de gloire. Nos défauts.. nos concessions lâches. nos torts mis en lumière.. remarquez-le bien.. c'est tout ce qui nous rabaisse soit à nos propres yeux. chacun .ÉCLAIRCISSEMENTS Sur Tamour de la propre abjection Saint François de Sales a traité ce sujet avec son habituelle sagesse. d'avantages extérieurs. de fortune. Une chose n'est humiliante que parce qu'elle est jugée telle. dit saint François de Sales. d'intelligence. et nous nous serions contenté de renvoyer à ses pages lumineuses. « Voyez. un bon et dévotieux ermite tout déchiré et pénétré de froid. surtout ceux qui sont apparents. de relations. c'est de formuler la doctrine de notre grand saint d'une façon plus rigoureusement méthodique. si nous n'avions bien des fois subi cette question enfin que faut-il entendre par l'amour de sa propre abjection?. nos insuccès notoires. selon les cas. Une abjection. : ! I. soit surtout aux yeux des autres nos infériorités de tout genre. de vertu. nos fautes et particulièrement nos re: — — — : chutes. Demandons-nous d'abord ce que c'est qu'une abjection. Tout ce que nous pouvons faire ici. L'abjection extérieure. de savoir.

l'humilité sont des vertus qui passent pour viles et abjectes aux yeux du monde. on appelle cela obéissance et sagesse. » On se « Il y a même des fautes qui ne sont suivies d'aucun autre mal que de la seule abjection. ou bien un enfant de son père. mais si un pauvre artisan. la douceur. telles sont certaines impolitesses. Une personne a un cancer au bras. l'humilité n'exige pas qu'on les commette à dessein. une autre l'a au visage celle-là n'a que le mal. mais celle-ci aie mépris et l'abjection avec le mal. si une personne du monde en souffre autant de quelqu'un pour l'amour de Dieu. inadvertances e( . et outre le mal qu'on fait. Un religieux reçoit en silence une correction fort vive de son supérieur. : : Certains accidents couvrent de honte. Il se trouve encore dans la pratique d'une même vertu des actes dont les uns sont méprisés. « tombe dans la rue. la simplicité. on se moque d'eux et la même pauvreté est abjecte en leur personne. mais. la générosité et la libéralité. il n'est personne qui ne loue la première. au lieu qu'il estime beaucoup le savoir-faire. « Il y a des vertus abjectes et des vertus honorables la patience. au lieu que le second est presque universellement dédaigné. » . on en reçoit de la confusion. on les méprise. mais elle demande qu'on ne s'en inquiète point quand on les a commises. les autres honorés donner l'aumône et pardonner à ses ennemis sont deux actes de charité. une pauvre demoiselle paraissent en cet état. on appelle cela bassesse d'esprit et lâcheté.280 QUATRIÈMB SEMAINI honore son habit et plaint sa peine.

j'en concevrai un vrai repentir et je réparerai la faute de mon mieux. c'est l'amour de l'abjection en tant que chose juste et bonne' Seule l'humilité la fait envisager de cette sorte. mais. » II. parce qu'elle écarte les préjugés de l'orgueil. Certainement.ÉGLAIRCISSKMKNT9. en même temps. parce qu'elle est vertu. seule . la sainte humilité veut que nous en acceptions toute l'abjection. et si l'on pouvait séparer l'un de l'autre. à dire des paroles piquantes ou peu convenables. la prudence et la civilité veulent que nous les évitions autant que nous le pouvons. donne l'inclination vers ce qui rabaisse justement. Or. 281 autres défauts. tîC. quand elles nous ont échappé. je regretterais le péché avec indignation et je conserverais l'abjection dans mon cœur avec une humble patience. si je me suis laissé aî>r. la perfection de f humilité consiste non seulement à reconnaître notre abjection. mais à l'aimer et à nous y complaire en vue de la gloire que nous devons rendre à Dieu et de Yestime que nous devons accorder & notr9 elle . par colère ou par quelque autre motif. mais. aussitôt je me le reprocherai vivement. Je dis bien plus. j'accepterai l'abjection qui peut m'en revenir. Qu'est-ce que V amour de l'abjection? Ce ne peut être assurément l'amour de l'abjection pour elle-même « ce serait bassesse d'esprit ou lâcheté de cœur ». « L'humilité est la véritable connaissance que nous avons de notre abjection et la disposition qui nous porte à la reconnaître volontairement en nous.

Pourquoi l'humilité affecîionne-t-elle par- ticulièrement l'abjection qu'amènent les circonstances? Pour cette raison élevée et trop peu considérée. elle le sait d'avance admirablement beau et paternel. Tel n'est pas le jugement des hommes qui réservent leur estime pour les humiliations que l'on s'impose librement. Or. Elle prête une moindre prise à l'amour-propre. préférable à celui de notre choix. parce qu'elle se cache sous le voile de la nécessité. Une humilité haute et sereine trouve une immense joie à se voir introduite ainsi dans le plan de Dieu et sans être initiée à ses vues lointaines. qu'on entre ainsi dans le plan de Dieu. l'humiliation acceptée jouit d'une plus haute origine elle vient de Dieu.) III. Mais l'on ne songe pas que la générosité qui les accueille peut être égale. » (Saint François de Sales. — : — . on voit plus ostensiblement la générosité qui les recherche. dans ces dernières.QUATRIËMB SEMAINI 282 prochain sur nous-mêmes. puisqu'elle est choisie par rinfaillible sagesse. L'erreur vient de ce que. si l'amour est égal de part et d'autre. dans ce plan de sagesse et de bonté. Elle offre des garanties plus sûres.

par ses abaissements extérieurs.d'être de l'amour de la propre abjection nous verrons pourquoi la Providence lui fait une si large place dans son plan sur les plus belles âmes : l'abjection est pour leur humilité un préservatif et un remède. — Sous ce titre Préparation pour la veille. nous allons étudier la principale raison. autre pauvre chose encore.Quatrième Semaine SEPTIEME MEDITATION XXVIII® EXERCICE Précautions diverses Premier point : Du soin que Dieu prend de notre humilité. il faut des blessures sensibles. en même temps. et. qui réveillent son : . Elle est un préservatif. elle dissipe ces fumées d'amour-propre qui s'élèvent naturellement dans notre fond d'orgueil. mais elle es'. A nature humaine sujette à s'endormir. Deuxième point : De notre correspondance à ce soiu — divin. k . précautions diverses. elle est un stimulant. l'admiration toujours dangereuse dont ils en"^ tourent la vertu. aux yeux des hommes. elle contrebalance.

et. profonde et paisible. 4^ Méditation — Prélude. Demander la grâce de sentir Dieu et sa bonté dans tout ce qui m'humilie. c'est l'impression d'abaisCette impression. il est vrai. le besoin de Dieu devient plus vif et la prière plus intense. Sont-elles parfaites? peuvent être méconnues.. mais ce qui lui est sement est elle propre. Désormais la route aérienne des hauteurs est ouverte à son essor. elles peuvent nous attirer la malveillance et l'envie. (\\ie vo'4s êtes boi^ 4ftns votre sagesse mon I . tient le cœur attendri à l'égard de Dieu et particulièrement doux au prochain. Elle donne à la physionomie elle-même ce quelque chose de déférant et de bon. qui est le reflet de la véritable humilité.quàtribmb sbmaini 284 ardeur comme fait Téperon aux flancs du coursier. ces qualités Pieu. Du soin que Dieu prend de notre humilité. lui est commun avec la douleur. quand qu'elle laisse. Sous ces coups. Ce bienfait. ces défauts sortent de — elles mêmes. par le profond détachement opère. 1° Nos qualités sont accompagnées de défauts. qu'il . d'ordinaire. Ajoutons que. I. — L'humilité nous est tellement nécessaire que Dieu permet l'humiliation en tout et partout.. l'amour de l'abjection donne à l'âme sa liberté complète il est le coup d'aile tout puissant qui affranchit de la loi d'attraction vers la terre.

ô Père. insensibilité désespérante. Cette — vaut — — ! — « Virtus in infirmitate perficitur.... dégoût pour toutes choses.. encore et toujours. mais souvent Timà cette volonté pour la — rendre empressée ou découragée.. ô mon Dieu. que vous êtes bon dans — I votre sagesse 3» Parfois I ce que nous taisons de meilleur se trouve discuté. Lasse de toi. Plonge tes racines dans les profondeurs de ton néant. du moins 1 .. Dans leur détresse.. Nous aurions grande envie de nous irriter contre nous-mêmes? Non. constate que tu n'es rien. mon Dieu. pourquoi? « Mon enfant.. que tu : — — : ne peux connaissance expérimendes années de consolations.. non c'est pour mon bien !. mais que savoure ma nature?. table rien. détruit. Parfois l'imprudence et la maladresse la font dévier. regarde-moi davantage.. gesse 4» que vous êtes bon dans votre sa- î Notre vie intérieure... elles s'écrient Pourquoi. abattement dans nos travaux.. Pourquoi ces ignominieuses images que repousse ma volonté...... » Merci.StPTIBMI 285 illÉDItAtlOff "Il 2» Nous roulons perfection s'attache le bien. que je ne vous offense jamais Il faut tout Père. Pourquoi ces bas calculs que je ne veux pas ?. Tel est le partage de plusieurs âmes aimées de Dieu... ô Père. pleine d'humiliations aussi. contrecarré.. L'insuccès nous en est imputé... elle est froideur et sécheresse dans nos prières. » — cela pour te faire humble. merci 5" Mais pourquoi ces tentations qui menacent la vie même de mon âme ?..

: 1 — II. il faut de la boue 1.. Mais.OOATRIÈMK 8EMAINÏ 286 II faut parfois bien davandes fautes.. 2» Efforçons-nous d'aimer ràbjection de — — — — ! toutes ces — choses... 1® Notre premier devoir sera de la reconnaître. De notre correspondance à ce soin divin. ce moyen sera sans effet. et nous 6" Hélas tage. Si je en même temps d'y être sensibles. cette grâce sera perdue. — Aimer aimer vraiment l'humilité substantiellement.. il hélas ! 1 faut grand !. tombons. Après ces considérations. en étudiant les sujets d'humiliation qu'elle a daigné placer en nous et autour de Efforçons-nous Ils sont nombreux. laissons sur notre vertu si fragile ces épines qui la protègent. c'est et c'est la nourrir . Il est si enclin à éloigner la vue de nos défauts.... Dieu aura besoin de pousser plus avant la dure leçon 1.. n'en suis pas impressionné. nous.. ô mon Dieu... et si habile à écarter une humiliation extérieure Ne nous excusons que lorsque Dieu l'exige. ô Père. n'employa-t-il pas de la boue faite de salive?. faites que je sois humble dans ce remède extrême — Jésus. L'orgueil ne se guérit guère que par l'humiliation à certains aveuglements. tant notre orgueil est Dieu à regret retire son bras. pour cette grâce sévère... Prenons garde auxruses de rameur-propre. pourquoi ? pour guérir l'aveugle. nous nous proposerons fortement de correspondre à cette action de la sagesse divine. je vous en supplie. Merci. — Pourquoi. l'abjection.

...287 ^CPTIÈMK MÉDITATION Aimei serait se rhurnilité.. Où en suis-je à l'heure présente? Ai-je de l'amour pour ces abjections que vous aimez et que vous cultivez? Quel spectacle splendide se révélera à nos yeux quand. L'ignorant qui verrait un jardinier jeter des épines autour de plantes délicates.... Et à quoi ne vous ai-je point forcé par mon aveuglement?. en face des contradictions Alors que subissent les Saints eux-mêmes. Aimer l'abjection. arrivés au terme.... basses. être tenté c'est se voit en des chose?.. « Bonum mihi quia humiliastime.. L'abjection. Alors s'expliqueront tous ces pourquoi qui nous tourmentent.. et je ne le sagesse de enfin dans les précautions savais pas!. je vous entrevois que vous avez prises pour me conserver humble. et se justifiera d'elle-même. aimer sans i'abjecUon. c'est avoir des défauts très apparents. nos fautes même. nous arracheront des cris d'admiraLa sagesse y rayonnera de toutes parts tion.. de notre Père.» C'était mon bien. dans la sauvegarde de notre fragile humilité. nos défaillances inconcevables. tromper soi-même. ne pas c'est réussir. hormis le péché.. mon Dieu.. s'écrierait — — — : .. c'est incapable. nous contemplerons la sagesse.. l'utile — — C'est en cuitiver souvenir. en un mot toutes ces lamentables misères qui font nos alarmes.. c'est se faire content de tout cela. nos imperfections persistantes.

nous allons voir la prudence jouer un rôle analogue à l'égard de l'humilité. l'obstination enfin qui aggrave l'erreur ou l'insuccès. le recevoir de la main de Dieu. mon Dieu. nous l'avons vue écartant l'illusion qui trouble le jugement. la trop grande confiance en soi-même qui ne laisse point place au doute sage et au conseil. dans son Certes. — ÉTUDE SUR LA PRUDENCE Dans Thumilité Nous avons fait ressortir. sans lequel on la verrait tristement s'éloigner du vrai bien.S88 QtjÀTftiàHS stMiimË Que c'est laidl Ainsi faisons-nous à l'égard du Jardinier céleste. arrête mais de l'humilité à ses courtes prudence surnaturelle qui prend sa règle d'appréciation dans les vérités révélées et donne ses décisions en vue de la limites. Chercher le sujet d'humiliation qui m'est le plus pénible. l'action de l'humilité sur la prudence. en divers endroits de ce livre. ne saurait être question de cette prudence simplement humaine qui. m*appliquer à m'en faire content. la . que vous êtes bon dans votre sagessel — — Résolution. Aujourd'hui. en lui communiquant cet esprit de discernement et de mesure. l'empressement qui ne donne pas le temps de choisir les meilleurs moyens. il ignorance.

Non. La vertu tout entière. L'humilité d'effacement n'atteint pas l'être. Le milieu sage que proclame la raison. l'humilité ne saurait nous abaisser et nous diminuer.ÉTtîDB SUR LÀ PRUDENCB 289 plus grande gloire de Dieu. en acquérant le plus d'être possible. la vertu même de Jésus. — 19 . vertu . de cette prudence qui laisse à rtiumilité tout l'espace des exemples du Sauveur. HUMILITE. L'humilité ne serait pas une vertu si elle l'excès. même dans l'ordre des qualités physiques. mais le paraître elle ne limite . d'amour du mépris qui restent les conclusions intangibles des principes précédemment médités? La notioii de vertu et celle d'humilité ne seraient-elles pas ici contradictoires. soit le amoindrissait notre être. que deviennent ces doctrines d'effacement. Cela est vrai. la perfection consiste à se rapprocher de Dieu qui est le tout-être. Mais alors. En effet. la vertu devant tendre à nous grandir et l'humilité s'appliquant à nous abaisser sans relâche. et surtout des qualités morales en qui réside la vertu. Faire consister la vertu dans un juste milieu qui s'éloigne à la fois des actes inférieurs et des actes éminents. est celui qui se tient à l'écart soit de du trop peu : l'excès n'est plus trop peu ne l'est pas encore. et lui permet d'aller aussi loin que le bien lui-même. toute vertu tend à perfectionner. qui lui permettent de s'étendre jusqu'à l'héroïsme. or. trouve sa place entre ces deux extrêmes. d'abjection. à plus forte raison dans le développement des qualités intellectuelles. serait consacrer la théorie de la médiocrité.

mais nos prétentions. Quant à l'amour — du mépris. et c'est son habituelle infirmité de n'envisager que son but spécial. L'humilité d'abjection. à rencontre des fausses notions et des tentatives irréfléchies. toutes ces humilités ensemble. en la débarrassant de tout alliage impur.290 QtJAtRiÈMK 81HAINB — pas notre valeur. assurent à la vertu sa beauté. en la dégageant de toute obsession il — personnelle. pour mieux équilibrer une nature. elle ne permet pas de négliger . Le rôle de la prudence est précisément de maintenir cet ordre. faire prévaloir et de . sa liberté. La prudence a le fens plus large. Enfin. selon les circonstances. au lieu de nous éloigner des grandes choses. Gomme toutes les vertus. — L La prudence réglant les actes. à elle aussi d'en modérer l'essor. nous les montra comme la désirable compensation des infinies misères dont elle gémit. telle ou telle forme de cette vertu. ou pour respecter un attrait. trempe nos âmes. elle n'a jamais le droit de résister à ses ordres. c'est en effet le propre d'une tendance d'aller au bout de son impulsion. en nous faisant — un front d'airain. A elle de conduire tout le mouvement de nos actes d'humilité à elle de faire prédominer. D'elle-même peutêtre pousserait-elle son mouvement jusqu'à des manifestations peu dignes ou des !i(^sitations pusillanimes. l'humilité doit agir sous le contrôle de la prudence elle ne peut faire un . pas sans son assentiment.

toutes les expressions. mais je Elle : . ce qui suscite une foule d'initiatives secon- sonne et arrêterait le . Je tends à l'effacement.ItUOI sur là PRtJDiNGl un 291 acte utile. » ne nous demande pas non plus d'abdiquer nos droits. C'est pourquoi la prudence arrache impitoyablement à l'humilité toutes les attitudes. maintenue dans son rôle. loin de là: mise à son rang. elle a le sens du beau comme celui du juste. Elle la veut franche et sereine. qui portent le cachet du ridicule c'est pourquoi elle la préserve de toute déformation même intérieure. à l'humiliation. Ne nous la représentons pas austère et sèche. elle le repousse tout comme ce qui nous diminue. elle la subordonne. Elle n'est pas l'œuvre de Dieu et ne saurait être utile aux hommes. Ce qui est une laideur. elle dégrade intrinsèquement celui qui se l'impose. La laideur morale est incompatible avec la vertu. au mépris c'est le sens dans lequel me pousse l'humilité. Notre initiative propre n'en est pas supprimée. le Ciel ne saurait l'accueillir sous aucune forme. Elle ne paralyse pas l'activité. elle jouit de toute sa vigueur pour chercher et accomplir les volontés divines. mais elle nous empêche d'en exagérer la rigueur. par cela seul qu'il met en évielle s'oppose à tout ce qui diminuerait : dence notre \raleur morale. elle la rend désintéressée et souple. elle la maintient confiante et courageuse . daires. abandonnée à l'action de Dieu et désireuse avant tout de sa plus grande gloire. rabaisserait notre perbien dans son expansion.

n'est pointla diminuer en elle-même. car le désir déréglé de l'estime vaine ne lui m'aveuglera pas» Retenir l'humilité dans son exercice. Rien ne l'empêche de chanter au-dedans de nous son continuel cantique d'adoration. Allez particulièrement vers les actes. et.292 QUATRIÈME S&MAIN8 m'arrête. prête toutes les forces intactes de mes facultés comme de mes vertus. or. loin de diminuer. ne font que s'accroître par la compression d'un désir inassouvi et par le mérite d'une réserve qui coûte. les moyens plus sérieusement choisis. l'influence qui préserve et le reflet qui charme. l'amour qu'on lui porte reste sans limites. Le but sera n?ieux distingué. mais l'inclination qui y tend. inclinez vers le parti qui humilie le plus. Si l'exercice de la vertu a des limites. . devant toutes les manifestations d'une volonté supérieure. tels abaissements lui seront interdits. et de répandre sur toute notre vie morale. ô âmes méfiez-vous deh doutes que soulève peut-être une timidité complice. docile. et ne vous arrêtez que devant la crainte d'une faute. la vertu est dans cet amour les sentiments exprimés au-dedans sont à la fois des actes méritoires et d'utiles prépara: tions. Avant de vous détourner de telle humiliation. Tels actes. demandez-vous si la conscience vous y oblige. ô âmes éprises de l'humilité. qui m'assigne telle tâche ou me demande tel concours et je . mais l'amour qui les suggère. telles paroles. moins généreuses . si vous voulez être parfaites. Allez donc résolument vers votre objet.

dira-t-on. Et puis. autre celle d'une femme du monde. des formes par exemple favorables au commandement pour ne les reprendre qu'en public ? N'est-il donc pas plus parfait d'exercer l'humi- même lité extérieure toutes les fois qu'une circoas- . fidèlement accompli.. forces : : 1 II. Que l'attitude et les manières. Autre doit être l'humilité d'une religieuse. tout le monde le comprend. en dépassant sa grâce on tente Dieu. développe l'habitude. que les paroles et les décisions aient à revêtir une forme différente en face de positions diverses. mère de famille et chargée d'un personnel nombreux . elle fait adopter le genre d'humilité qui convient à la position de chacun. puissent garder le genre. l'avenir reste ouvert Cherchez même dans l'humiliation de n'être pas humble. en son particulier. de déposer.ÉTUDE SDR LA PRUDENCE 293 Nous devons cependant tenir compte de nos présentes en allant au-delà de son courage. plus loin. mais ce que l'on comprend moins. on se déprime. autre celle d'un homme politique et d'un militaire. La prudence déterminant — le genre d'humi- La prudence ne se contente pas d'encourager ou de retenir l'humilité dans les actes du moment. le désir de le devenir. Ne serai k-il pas préférable. mais portant ses conseils lité qui convient.. Cela saute aux yeux. c'est que cette attitude et ces paroles. L'humilité qui convient à tous est d'ailleurs celle des actions ordinaires chaque acte. même en dehors des occasions.

un secours providentiel contre l'orgueil . Tout acte intérieur façonne même le dehors. elle concourt à ses fins et ce ne serait point sagesse de s'en inquiéter. La prudence a des vues de plus longue portée. Il n'est pas jusqu'aux pensées et aux sentiments qui ne doivent. que nous ne devions pas rechercher. Aux personnes qui ont à paraître et à commander. il passe avec son influence et sa physionomie dans la forme extérieure. Accueillons-la comme est trop évident . Un danger résulte de cette conduite. . dans une certaine mesure.294 ouatriAmii sevaini tance n'oblige pas à la restreindre?. on y retrouve ses traits comme on retrouve dans les enfants.. La vertu est une harmonie et cette harmonie résulte d'une communauté de vie.. mais elle interdira tout ce qui apporterait quelque diminution de prestige ou de vigueur. Dieu très souvent ajoute la grâce de l'humiliation réelle. Que Ton se rassure d'ailleurs aux grâces d'état qui ne manquent jamais. Son but sera ici de fortifier intrinsèquement la vertu. elle imposera une humilité profonde et forte elle conseillera toute pratique qui rabaisse sincèrement devant Dieu et devant soi-même. Venant de lui. les traits de ceux dont : ils sont l'être prolongé. r9- . elle sait qu'une attitude ne se prend avec aisance et ne s'affirme avec force que par l'effet de Thabitude voilà pourquoi elle conseille d'écarter toute manière d'être qui en interromprait le mouvement. se mettre à l'unisson. mais il pour échapper aux yeux exercés de la prudence et à la sagacité de ses moyens préservatifs.

La conscience du devoir peut commander une conduite énergigue seule une nature fortement préparée en impose les conclusions avec autorité et en porte le poids sans siste plus . fléchir. le fonds qui les soutient c'est en elles que s'établissent les habitudes. On dira peut-être que la vertu consiste après tout dans la juste appréciation des choses et dans la volonté du bien : on oublie qu'elle conencore dans les dispositions de notre nature. l'impuissance envahit la vie et l'anIII. et celui-ci n'est pas moins funeste que Le trouble envahit l'âme et la décelui-là forme. de leurs aptitudes comme de leurs succès. La prudence modérant l'exercice de l'huCe que la pour équilibrer une nature. .295 fTUDK SUR LA PRUDENCE gardons-Ia comme une compensation heureuse aimons-la de tout l'amour que nous avons pour la vertu d'humilité et faisons lui une place aussi large que la prudence le permet. trop de défiance en est uc autre . elle le conseille pareillement en vue d'une nature à équilibrer. . L'hésitation paralyse l'initiative ou la rend douloureuse. Une âme en qui domine une trop grande dé* . — milité : nihile. Trop de confiance en soi est un vice. On ne saurait impunément se passer de cette force permanente. Notre nature est le fonds d'où partent nos actes. prudence prescrit en vue d'une situation à sauvegarder. . Il y a des personnes qui doutent toujours d'elles-mêmes.

la rassérène et la soutient. Agir ainsi. d'autre part. Ceux qui ont la charge de ces âmes timides doivent leur donner confiance en elles-mêmes par des approbations opportunes les laisser agir seules pour développer leur initiative les accréditer par divers moyens dans le milieu oii . l'amour-propre lui-même pourrait très aisément se frayer un autre chemin. au lieu de l'envelopper inerte dans le suaire d'une humilité mal comprise. milité paisible remplit alors sa vie. pour ne pas déprimer un caractère déjà trop et d'ailleurs. aurait le . elles vivent. mais aussi de la juste consciensce de sa propre force. car il y a l'amour-propre souffrant. les rassurer. c'est faire fructifier le talent reçu. surtout si elle a une mission à remplir. Qu'elle se tienne entièrement dégagée de tout orgueil qu'elle cherche à déet de toute prétention couvrir Dieu dans le bien qu'elle fait et ne commande qu'en son nom. tures. les amener enfin à cette aisance dans la parole et dans l'action qui résulte du sentiment de Dieu sans doute. de ses infériorités.296 QUATRISUK SEMAINK donc tort de cultiver sentiment de son impuissance et de trop incliner à l'abaissement devant les autres. . et c'est celui qui menace de telles na. précifaible en ses ressorts sémentau milieu de ses alarmes. une hufiance d'elle-même. . Mais. les relever. qu'elle écarte résolument l'impression trop vive de ses insuffisances. rien de mieux. de ses maladresses.

Rien qu'au contact de ces choses sur leur pensée. sentiment sans cesse renouvelé de leur propre abjection. La prudence respectant un — 297 attrait sage- ment reconnu. Chez d'autres encore le sens du beau est tellement développé qu'il se détourne instinctivement de toute laideur. il leur semble à toutes qu'une sorte de : ! — — flétrissure les atteint . le stimulant de leur ferle veur. et trouvent dans . Serait-il juste de condamner de telles répugnances? ^rait-il sage de les violenter? Nous ne le croyons pas. Ce sont souvent des âmes particulièrement pures le mal ne les a point marquées de ses stigmates déshonorants. Les caractères que nous venons de décrire. autant que ces saints. . leur cœur se resserre et leur élan vers Dieu se décourage. fort généreuses pourtant. souffrent vraiment à regarder toute souillure. la tentation elle-même a respecté tant d'innocence. signalent à la prudence une disposition provi- dentielle qu^elle a le devoir de faire respecter. Nous Tavoiis vu. mais elles en cultivent moins l'impression.ÉTUDE SUR LA FRUDENGB IV. es saints pour la plupart s'acharnent à se rabaisser ils éprouvent une joie amère à s'accabler des qualificatifs les plus humiliants. nous voyons des âmes. Comment s'indigner contre ce que l'on connaît à peine Chez quelques autres. qui s'arrêtent moins à cet ordre de sentiments et qui y rencontreraient quelque gêne. Par contre. Elle peuvent avoir. le sentiment profond de leur misère. les délicatesses d'une nature affinée.

Sans doute les motifs d'abjection portent l'humilité fort loin . Qu'elle le devienne sous telle ou telle bonne influence. répondra peut-étr^ semaine. mais le motif du Tout de Dieu ouvre aux âmes contemplatives des horizons non moins étendus. comme les autres vertus. cela importe moins à la vertu. quels que soient les succès de vos œuvres ou les dons de votre prière. mais bien celui qui. quelle que soit la misère du prochain. Face à face avec la pensée de l'infini. vous ne la méprisez jamais. vous vous sentez toute petite... Le meilleur pour telle âme n'est pas tous. n'est pas essentiel à la vertu de les envisager il suffit qu'elle en retienne qui la déterminent. L'essentiel est que votre humilité soit pratique et généreuse. vous ne vous élevez pas en vous-même.QUATRIÈME SEMAINE 298 Ne VOUS troublez pas cet ordre de motifs va lité. vous la regardez avec des yeux habitués à contempler le Calvaire et vous lui ouvrez vos bras comme pour étreindre Jésus avec sa croix K Si même votre attrait ne vous porte pas spécialement vers l'humilité. 1. L'humilité que nous décrirons dans la cinquième Transformation. vous vous faites constamment douce. pourquoi le contraindre? L'humilité. telle Il ! dira-t-elle à ces âmes: moins bien à votre humi- autre pourra lui convenir davantage. suscite ses plus grands efforts.. : . sous ce titre ^ l'attrait de plusieurs. Si l'-humiliation vous arrive.. toujours le plus renommé ou le plus excellent. indulgente et bonne. mieux en rapport avec sa nature.

le dévouement aux autres. Cultivez donc. l'oubli de vous-même. vous ont constitué apte à telle vertu plutôt qu'à telle autre. pas plus que ses sœurs.la pauvreté. selon votre attrait. vous dépéririez comme la plante transportée dansun sol qui ne lui convient pas. Tout cela résulte d'une disposition pro: . Développez surtout l'amour divin. par exemple la pureté d'intention. elle n'a droit à un autel à part dans chaque temple. Cultivez rabnégation. votre vie par ses rencontres. vous répandrez le parfum de vos fleurs et vous donnerez à Dieu les fruits qu'il attend. parfois même par ses défauts votre éducation par son développement et ses habitudes d'esprit. tandis que là vous étendrez votre ramure. l'union de pensée avec Dieu" ou la reconnaissance. . vous marcherez plus librement et vous irez plus loin. Votre nature par ses tendances. Hors de là. videntielle et marque une voie. avec ses ardeurs ou son intimité.Atude sur la prudence 299 mérite un culte général mais. Dans cette voie.

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.rrrY»irrmrnnrmrmiM.tiinn<Tr CINQUIEME SEMAINE TRANSFORMATtON .

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elles ont pour objet. elles feraient de notre personnalité exclusive le principe et le but : le principe. parole de l'archange. comme si nous avions le droit de rechercher notre gloire plutôt que la sienne. le désir charge de conduire de l'estime des autres. Là est leur rôle. La * ne le souffrira point et. il aurait beau trouver quelque excuse dans cette sorte d'inconscience qui généralement l'accompagne. là est aussi leur danger.t^RÉPÂRATIÛN k U CINOUIÈME SEMAINE Aux premières pages de ce livre. l'une par l'affirmation de notre propre valeur. En elles-mêmes. Ensemble. ce sont deux forces aveugles qui dépasseraient leur objet si la vérité et la justice ne venaient les guider et au besoin les contraindre. Un tel renversement des rôles ne seraient pas seu: . la sauvegarde de notre personnalité. il serait grave désordre. l'autre par la recherche de l'estime qui nous protège. lement une injustice et une injure. comme si le bien venait surtout de nous et non pas de Dieu le but. il n'en produirait pas moins ses mauvais effets dans notre un vie morale. nous l'avons vu. En effet. nous avons analysé les deux tendances que l'humilité a l'estime de soi. elle s'écrie vaillante humilité s'armant de la à son tour: Quis ut Deusl Arrière ces prétentions insensées Qui donc est le véritable auI . poussant trop loin la sauvegarde du moi ou plutôt son exaltation.

finalement. et tous nos actes se dirigeront vers lui comme vers leur fin nécessaire. leur action se portera de Dieu vers le prochain. elle va les transformer. Ainsi. par une la — . la règle de son activité. Ce rôle nouveau procède d'une conception nouvelle. Les deux tendances que l'humilité s'est jusqu'ici contentée de vaincre. aux dernières pages de ce livre. Or. ces deux devoirs sont la base de la vie chrétienne.304 CINQUIÈMB SEMAINE teurde tout bien? Qui donc mérite avant tout louange? Notre orgueilleuse personnalité ainsi reléguée à sa place. Elevons donc nos espérances comme nos re- . Tant qu'elles inclinaient du côté de la terre. elles les a contenues. car elle est leur couronnement. terminant sa carrière comme un beau jour. voilà Dieu remis sur son trône. et le désir de l'estime cherchera le regard même de Dieu. Nous allons voir maintenant qu'elle en mérite un autre encore plus beau. elles se reposeront sur des objets plus sûrs. lacondition de son mérite. dans un éclat de triomphe. leur beauté se dégagera de tout alliage et. Toutes nos vertus viendront le reconnaître comme le premier principe d'où elles émanent. Ces dispositions transformées trouverontpour s'étendre une sphère plus vaste . en les dirigeant du côté du ciel. l'estime de soi deviendra l'admiration du divin en nous. l'humilité va se montrer à nous. extension d'ordre surnaturel. En les faisant respecter. Ainsi. rien de ce que Dieu a créé ne sera détruit. l'humilité justifie donc son titre de fondement et de gardienne des vertus. elle va maintenant les affranchir.

se produire aussi dans la mienne ? Ce que vous ferez dans votre ciel. ne puis-je pas le commencer déjà? Si je dois être divinisée un jour en vous contemplant face à face. La vertu que nous allons poursuivre a été celle des saints et par excellence celle de Marie. pourquoi ne me transformerai-je pas ici-bas. gards. c'est : est ! RCMILITi. en essayant de vous contempler à travers les ombres transparentes de la mystérieuse création. Ah! que je voudrais m'élancer vers ce rnond*» nouveau! Que je voudrais donner à mon être vulgaire cette transformation supérieure Ce qui se passe dans l'âme des saints ne pourraitil pas. ô mon Dieu. marchons à de pacifiques conquêtes. — 3/i . en quelque manière.PHÉPARATION 305 l'humilité défensive le moment fortement établie. ses ennemis sont démasqués et connus. la paix règne de toutes parts. en une limite plus restreinte. ne daigneriez-vous pas l'ébaucher sur la terre f Ce que j'y ferai aussi moi-même. celle de notre éternité. elle sera.

ou mieux. En y découvrant des merveilles de grandeur je comprendrai sans doute la haute dignité chrétienne. je verrai mes qualités personnelles émanant de lui. — soi Deuxième point : — Si je veux m'esPréparation pour la veille. L'humilité les fait resplendir. un esprit large qui ne s'arrête pas . Ce sera le suprême essor de cette tendance qui s'appelle l'estime de soi. Si je assez haut. Je parcourrai donc. et la beauté de mon âme comme un reflet tombant de sa propre beauté. sans scrupule comme sans exagération. cette méditation un esprit Il faut porter à dégagé des idées vulgaires et disposée une juste admiration.Ûinquième Semaine PREMIERE MEDITATIO» XXIX* EXERGICB Transformation de l'estime de Premier point : Les dons de Dieu. je dois chercher en moi ce qui vient de Dieu surtout dans l'ordre surnaturel. je cesserai en quelque sorte de me voir moi-même. tous mes actes soutenus par lui. tant je me sentirai envahi par le monte divin. le sommaire des dons de Dieu. timer foncièrement.

l'homm^e a besoin de s'étonner. petit monde dans lequel l'univers vient se refléter par l'intermédiaire des sens et se transformer en idée par l'effort de l'intelligence..307 pkeuiIre méditation aux objections mesquines. sorte de ciel où Dieu se fait connaître comme auteur de toutes choses et pressentir comme infini. une lueur d'intelligence est supérieure à l'immensité des cieux étoiles! mais un acte de volonté est une force plus haute que tout le mouvement des mers! mais l'admirable instinct Ah! pourquoi elles si I des animaux ensemble. Mais qu'on y songe bien. ceux-là 1 . si la grâce de comprendre pour elles m'apparaissaient de les pénétrer. tant Les dons de Dieu. Il faut y porter surtout un grand esprit de foi. — 1® Ce que je suis en Chef-d'œuvre de la création terrestre. ces vérités la — Demander comme première fois . Méditation Prélude. liberté morale au moyen de laquelle je suis le maître de mes actes et de ma desI. n'atteint pas à la valeur d'une pensée 2» Toutefois. d'en être impressionné. souverain dominateur de la matière. de les sentir. ces magnificences me sontfamilières! On estime si peu ce que Ton a toujours connu Pour admirer. qu'homme — — : — — tinée. l'éclat de ces dons naturels pâlit i l'apparition des dons de la grâce..

. Ahl si nos yeux s'ouvraient tout à coup. soit pour naître. Jésus est quelque chose de moi c'est ma grande gloire ou plutôt je suis quelque chose de lui et c'est mon grand bonheur. La grâce ne peut être qu'une transformation.. une vie que Dieu seul peut exercer en nous chacun de nos actes surnaturels a besoin de son mouvement. parce qu'elle est divine. : — — — . dignité pour qui sait comprendre : je suis une part de l'être mystique de Jésus. je peux le diminuer ou l'accroître je suis un besoin pour . le croire avec enthousiasme! Ce serait du moins l'entrevoir et ce serait commencer à se bien connaître. comme le petit flot de sang qui soulève la plus lointaine de mes artères et qui me vient du cœur. Je lui appartiens comme la petite cellule. nous verrions ce Dieu.âÔ8 CINQUIÈME SIMAIN& condition que la toute-puissance être à qui ils fussent naturels. union mystérieuse ici-bas. C'est une vie divine au sein de notre être grossier. il a pris ma nature. l'Etre souverain. avec son besoin de Tinfini et son aptitude à le contempler face à face. Jésus est mon frère. comme la raison est naturelle à l'homme. radieuse au ciel principe incomparable de sont de telle ne saurait créer un — : — — . il me donne son cœur et ses biens. mais nous reste caché. et. Oh! le croire. en quelque sorte à notre service. Mais aussi quelle transformation! C'est la nature divine participée. 3° Un lien plus tendre m'unit à Jésus. Tout cela est certain.. et qui reçoit sa vie de l'action du cerveau. travaillant sans cesse à nous diviniser!. soit pour durer. Jésus est mon ami. perdue au fond de mes organes.

Ne trouves-tu pas. la nature.PREMIÈRE MEDITATION 309 son bonheur. c'est vrai. déjà. Le tort . ô mon âme. Il m'est donné de le laisser vivre en moi pleinement. grand aveugle qui traverse la création sans y découvrir Dieu. il se dans ses fonds. je puis être une déception pour ses espérances. Attendrai-je le ciel pour être fier de ces gloires? Le ciel les fera resplendir. je suis issu du sang d'un Dieu et ma vie se nourrit d'un aliment divin. le voit pas en ce qu'il est. hélas la triste expansion de ma vie propre. et par les vertus spéciales qu'il me donne à exercer. ou de lui préférer. par la recherche désordonnée des quelques joies et des quelques applaudissements de ce monde. Ce n'est pas ordinaire- àient présomption. mais la grâce. soi. Les dédaignerai-je parce qu'elles me sont communes avec d'autres êtres? Subissent-elles par ce fait une déchéance? Le bien des autres diminuerait-il mon bien propre? Loin de là. que ces grandeurs suffisent à satisfaire le sens de l'estime de soi et à fonder ta noblesse? Quelle noblesse plus ancienne que celle qui vient de l'Eternel? Quelle noblesse plus illustre que celle qui descend du Très-Haut? — Par Jésus. mais inconscience. l'augmente de mille manières. il se le croit personnel. même Ce qu'il fait. m'en enrichit. L'orgueilleux voit Dieu peut-être dans. et par les secours charitables qu'il m'apporte. et par les il exemples qu'il m'offre. I — resplendir les dons de Dieu. IL L'humilité fait — 1» L'incrédule est un mais il ne l'attribue .

mais une forme de radoration. prends des initiatives. à son lever. derrière le char du triomphateur. elle ne serait pas un sentiment personnel. il s'admire en quelque sorte à genoux. s'étend et finit par envahir tout notre domaine. il le découvre partout et jusque dans le plus petit grain de sable. insiste et au besoin. « Cette : voix est ici celle de l'humilité : souviens-toi. C'est là que l'humilité a besoin de nous tenir les yeux ouverts. Il s'ensuit que l'humble ne se préfère foncièrement à personne. que tu n'es qu'un homme. S'il le cherche dans la nature. La grandeur de l'homme ici-bas est de chercher Dieu. l'évidence de l'action de Dieu apparaît. Autrefois. s'il le cherche en lui-même il le trouve dans tout son être et jusque dans le plus petit de ses actes. A mesure que l'humilité répand sur cet aveuglement sa belle lumière. un néant! Tiens ton rang. le soleil sur notre terre. mais en faisant tous ces actes times. pour nous montrer ces dons toujours bornés et . est plutôt de l'ignorer. ne cesse jamais d'envisager la fin dernière de tes actes. et que lorsqu'il s'admire lui-même.310 s CI^QU1ÈMB SUMALtt du plus grand nombre il n'est pas d'écarter Dieu. sous toutes ces grandeurs. la prudence d'un grand peuple plaçait un héraut d'armes chargé de lui répéter cet avertissement « Souviens-toi que tu es un homme. 3° Si l'estime de soi était simplement l'estime de l'œuvre de Dieu en tout homme. souviens-toi! lutte légi- Ne perds ja- mais de vue l'origine de tes dons. Cette estime vise ces dons en tant qu'ils sont nôtres. comme fait. défends ton honneur. souviens-toi.

qui est bas et vulgaire. D'un trône élevé on voit de très loin ce licate : . Le sentiment de l'estime de soi se présenterait splen- didement accru les saints se savent fils de Dieu. sans la grâce. Si l'on pouvait pénétrer dans l'âme d'un saint on marcherait de surprise en surprise. une tentative imprudente.PREMIÈRE MÉDITATION 311 modérant aiasi rinclination naturelle qui porte à les grossir. elle serait. Ces sentiments les poussent sans cesse vers une perfection qui les grandira toujours et leur ambition prenant un essor plus qu'humain. prend le parti de fermer les yeux. Les voit-on timides et incertains en face . Sans doute l'estime de soi reste une vertu dé- défend. grandir Dieu lui-même. en travaillant pour sa gloire. toute préférence qui entraînerait le moindre dédain pour autrui. comme une injustice. elle tend à ce qui est le plus noble. et elle fragiles. futurs héritiers de sa gloire. de la ressemblance qu'il imprime en leur âme. elle s'oppose de toutes ses forces à la vaine complaisance que Ton serait tenté d'y prendre. En même temps. conçoit la prétention de : . Ce sentiment est une sorte de royauté et cette royauté. Cen'estpointsagesseiles dangers peuventêtre conjurés et le sentiment intense de la dignité personnelle ne saurait trouver ailleurs des mobiles d'égale puissance. La timidité craintive. participant à sa nature. proscrit le mal avec un dédain instinctif et invincible. Ils sont hautement fiers de l'amitié de Jésus. de l'action constante qu'il exerce au plus intime de leur être. dans sa domination fortement établie. Dans la majesté de ses goûts. trop souvent peut-être.

du bien et du beau par excellence. parce qu'elle se développe dans l'atmosphère pure et calme du vrai. Ne pas me contenter d'une vue superûcielle qu» n apprend rien et n'émeut pas. des dangers les plus manifestes ? De quel œil regardent-ils rabaissementsuprême. . Admirer en moi les dons de Dieu. . — Résolution.312 CINQUIÈMB SRMAINB des entrejirises les plus hardies. pour donner an sentiment de la dignité personnelle son mobile le plus haut. exaltation pleine de grandeur et de force toute douce et toute paisible en même temps.lemal?De quelle horreur ne sont-ils pas soulevés en face de ses assauts? Cherchez bien et nulle part vous ne trouverez une pareille exaltation du sentiment de la dignité personnelle.

Ginqnième Semaine DEUXIÈME MÉDITATIOn XXX« EXERCICE Transformation du désir de restîitîD : Désirer l'estime de Dieu. Troisième point Désirer lui plaire. cherche d'abord le bien des autres. Premier point — — Deuxième point: : Désirer lui faire plaisir. La distance est plus grande entre le plaire et celui de faire plaisir. estimé et le désir de plaire sont si voisins qu'ils semblent constituer plutôt deux manifestations de la même tendance Ils sont pourtantdistincls: le désir de l'estime vise l'approbation et aspire à un jugement favorable c'est plutôt à l'esprit qu'il s'adresse. . — Le désir d'être Préparation pour la veille. sans 4tre désir de est de sa le bien toujours désintéressé. Le désir de plaire signale une tentative vers le cœur on veut une estime af: : fectueuse. Ce qui les rapproche pourtant. c'est que le second découle du premier comme l'effet de sa cause qui veut plaire cherche généralement à : faire plaisir. Celui-ci. Celui-là nature assez personnel : il envisage qu'apporte l'estime.

Jésus plus spécialement nôtre et en Jésus tout ce qui se relie à lui. plongeons nos regards dans l'âme d'un saint. monde lui est — : — hommes. L'obtenir. les anges et les actif. ne peut nous arriver par aucune voie extérieure nous : : . 1^ Méditation — Prélude.314 CINQUIÈME SEMAINB Le désir de plaire se prêtera-t-il lui aussi à pénétration du divin? Comment. Peut-on désirer l'estime de Dieu. c'est le monde des êtres surnaturels Dieu et Dieu partout. c'est se rapprocher d'eux. — 1. nous le trouvons lui aussi et plus étendu et plus la I mais surtout plus noble. nous désirerions vivement son estime On recherche l'estime des personnes qui entourent. très humain de son fonds. raille fois non. plus particulièrement celle des grands. c'est entrer dans leur sphère et participer à leur supériorité. un tel sentiment. Un nouveau apparu. Si nous avions avec Dieu des relations familières. Mais Dieu est un Être invisible et qui semble lointain. déroulant à ses regards des perspectives transcendantes. d'attirer en soi ces sentiments féconds et de donner à sa vie cette haute orientation. Demander la grâce de s'ouvrir à ces belles pensées. L'estime qu'il ferait de nous. pourrait-il se transformer sans cesser d'être lui-même ? Eh bien ici encore. Y voyons-nous réduit et inerte le désir de plaire? Non.

eh bieni aujourd'hui j'essaierai de faire quelque pas vers le désir de vous plaire. je verrai la même vérité. animez-moi portée les vérités qui sont à la portée des saints. défaut d'une parole et d'un regard directs.315 OIUXIÈIU MÉDITATION ne l'entendrons pas la formuler par des paroles nous ne la lirons pas dans son regard. je tendrai Vous faites vos au but qu'ils ont atteint. nous sommes assurés de gagner son estime et cette estime croît avec la grandeur de nos actes et l'éminence de nos vertus. Est-ce à dire que toute voie d'entente nous soit fermée? Les sentiments de Dieu sont-ils si secrets qu'ils ne se trahissent d'aucune ma. Seule la foi vive comprend ces choses. Sans voir aussi loin qu'eux. un amour sans nobles besoins! Lui serat-il donc inutile d'entreprendre une méditation trop haute encore pour elle ? N'y trouvera-t-elle que des idées incertaines? N'y puisera-t-elle Dieu. seul l'amour en peut faire sa vie. créateur de tout bon senéclairez-moi Daignez abaisser à ma timent. auteur de toute lumière. ô Dieu sage. que Dieu estime tout bien. en accomplissant un acte vertueux. . d'une façon certaine. n'avons-nous pas les saintes présomp- tions qui naissent de ses affirmations positives? Ne savons-nous pas. œuvres par degrés. le bien d'un acte passager comme le bien d'une qualité permanente ? Ainsi donc. en perfectionnant nos qualités. Hélas ma pauvre âme n'a peut-être qu'une foi sans lumière intime. 1 ! 1 — . nière ? A . aucun désir? Dieu. sans aller aussi loin qu'eux.

accueillir la peine avec douceur et les menaces de l'avenir avec une courageuse confiance: voilà des moyens de prétendre à l'admiration du grand appréciateur de toute chose. dans notre ordre déchu. il y faut quelque supériorité. s'y sacrifier au besoin se même — . Dans cette naissante persuasion quel épanouissement* pour l'âme Toutes ses facultés sont à l'aise. dans l'ordre humain. qui fait battre son cœur. Comment s'exerce le désir de plaire à Dieu ? son attention d'une façon particulière. par tout sentiment élevé Ce qui est commun n'y suffit pas. c'est plus : — 1 . Donc se dévouer à la cause de Dieu. Désir d'obtenir quelque admiration. L'immolation suppose d'ailleurs une grande force d'âme. Dans ce désir se trouve un stimulant très personnel être pour lui cet objet qui charme son regard. de vivre dans la bienveillance de son regard. immoler ses goûts quand ils sont des obstacles. que disje. C'est plus qu'attirer que mériter son estime. qualité souverainement estimable. elles sont animées^ ellet vivent. Désirer charmer Dieu. L'immolation est. c'est commencer à gagner son cœur. L'admiration est la souveraine expression de l'estime elle est nécessaire à un grand amour. : . car c'est à cet objet que C'est le désir d'attirer termine normalement le désir de plaire.316 — GINQUIÈUR SEMAINK II. Comment se faire admirer de Dieu ? Par tout effort généreux. l'acte le plus noble. Le dévouement s'offre d'abord de là le regard se porte vers le sacrifice. et finalement de se faire aimer de lui davantage. elles graii* son attention. par tout acte remarquable. .

. votre âme est sensible à tout ordre de prévenance. Si je tion ?.. mon frère. ! : mon Dieu.. Une d'aliments ? médiocre est une peut-être aussi vie intérieure pourvoyeuse I... dissent... pour plaire à vos regards. Ce que Jésus... sur les moindres détails de leur vie 1... oh! la de la prière. ô Jésus^ se fixe sur moi jour et nuit. sur leur attitude. ô Dieu. je serais donc sans goût.. elle en saisit les moindres délicatesses avec leurs nuances infinies. homme .. ô Jésus. oh triste ! l'intimité 1 I cate. Ahl si je m'établissais dans cette disposition sainte?... il faut une piété délipureté du cœur. sans élan. donnais à Si je consacrais ma vie cette orienta- à la méditation des heures plus longues?. obtenir de votre bouche un doux éloge ou l'attendre au ciel. Vous plaire et vous plaire particulièrement me faire aimer de vous. durant le jour.DEUXIEME MEDITATION 317 Quel principe de perfectionnement! il faut avoir de la beauté^ il faut manifester des qualités aimables Quel soin d'elles-mêmes ne voit-on pas chez les personnes qui veulent plaire I Quelle vigilance en tout sur leurs paroles. sans persévérance! Ce désir semble m'être étranger et j'en cherche la cause.... po%ir charmer votre cœur. oh l'intensité du désir Charmer Dieu !. Si. je cherchais plus souvent le regard à qui je veux plaire? Ce regard cherché sera surtout le vôtre. Pour charmer.. I . mais pour y songer seulement. quel champ ouvert à mon désir de plaire Aucune limite ne le restreint Votre attention. Peutêtre s'épuise-t-il ailleurs manque-t-il ?.

s'immoler pour que ces actes Thonorent s'embellir de vertus pour que cette vue le contente !. : . quelque gloire . toute la part d'estime que je serai parvenu à mériter de vous. plus animé que le monde des hommes dont on se dispute Testime «t cette estime. . plus plein. tout un monde plus étendu. ô merveille vous le lisez distinctement dans mon cœur. je sais même I . tous les sentiments que j'aurai ici-bas provoqués dans votre grand cœur. On en arrive à se répéter sans cesse pourvu que III. vous emportez au Ciel. s'élève insensiblement au désir désintéressé de lui faire plaisir. plus parfaite. A force de vouloir charmer Dieu. on ne la fixe jamais d'une façon durable car enfin ce monde passe et s'évanouit avec la fumée de son estime. pour les faire éternels. s'épanouissent ici sous une forme plus belle.318 CINQUIÈME SEMAIN8 ne pas exprimer. on ne garde à aimer par dessus tout que sa souveraine amabilité: le désir de plaire est le générateur du désir de faire plaisir. Jésus. Les qualités mises en jeu pour plaire.. on n'en jouit qu'au milieu des craintes. En quoi consiste le désir de faire plaisir à peu personnel d'attirer les regards de Dieu et de lui plaire. . Il y a'tout une vie nouvelle dans cet ordre plus élevé de sentiments. — Le désir un . Vous. se dévouer. Lui donner quelque joie. ô Jésus. on ne l'obtient que rarement. sans trop le comprendre. vous êtes. Dieu.. ce que j'éprouve. à vous seul. on s'est épris de ses charmes à force de se dépouiller de ce qui l'eût éloigné. plus tendre.

en songeant qu'il est heureux. en se perdant au sein de Dieu. mier martyr saint Etienne : tenter pour l'obtenir! : — I . Le détachement de soi-même se fait d'une façon si douce qu'on en a conscience à peine et d'une façon si complète que Dieu règne de ! .DKUXIÈME MÉDITATION 319 Dieu soit content On vit de la joie qu'on lui donne. un regard cpii me dise tu me plais •— Que ne pas Résolution. d'autres joies que vos joies. permettez-moi du moins de m'y élever aux heures où je médite.. puisqu'il existe tant de belles âmes qui semblent ainsi passées '^n vous. On un un couronne- assure ainsi à la vertu fondement plus inébranlable et ment plus haut...... » Aujourd'hui je chercherai le regard de Jésus. non parce qu'on la donne. il en restera dans ma vie active des souvenirs.. Dieu si aimable et si aimé. pas assez forte pour planer consces hauteurs. toutes parts. Le caprice et l'inconstance n'y trouvent aucune prise et l'orgueil lui-même semble disparaître. et n'avoir d'autre vie que la vôtre. On se console de ses propres peines. des impressions et de salutaires regrets Si je n'ai l'aile tamment dans l — M'appliquer cette parole du pre« Je vois les Cieux ouverts et Jésus à la droite de son Père. de grâce. mais parce qu'on la sent en lui.. faites descendre jusqu'à ma bassesse quelques mouvements de ces attraits. d'autre désir que votre bien.

: prochain regardez du Sauveur. — prochain. le prochain sur la poitrine . trop d'inconstance dominent ses sentiments et d'autre part. trop de laideurs morales déparent son objet.Cinquième semaine TROISIEME MEDITATION XXXI" EXERCICE Désir de plaire et de faire plaisir au prochain Premier point Jésus dans : Dieu vu dans le prochain. voilà un idéal que la pauvre nature humaine ne saurait pleinement réaliser avec ses seules forces. Trop de calculs intéressés. Il faut qu'une beauté venue d'ailleurs l'illumine. facile et^bon pour toutes les personnes qui nous entourent. — Préparation pour la veille. Se montrer indulgent. voilà pourquoi nous ne saurions trop méditer ce conseil qui est l'âme de la loi nouvelle voyez Dieu dans le . . L'homme ne peut donner à l'homme cet amour idéal qu'en le revêtant de l'idéal divin. et laisser sentir à chacune cette chaude affection qui dilate. chercher habituellement à leur faire plaisir. Z>cuj:té»ne point i Troisième point : Règles pra- le — tiques.

ne se donne-t-il pas à chacun? Que voulez-vous de plus? divin Maître. en vous retrouvant partout dans ce prochain. exempt d'étroitesse comme d'excès. et une grande sagesse pour tenir notre désir de plaire et de foire plaisir au prochain.TROISIÈME HéoiTATION 321 Ce conseil de paix. Dieu vu dans le prochain. Qu attendons-nous pourtant? Que Dieu fasse un miracle et nous le crie du haut du ciel ? Ce n'est point sa coutume. ô Jésus I — 1 Méditation — Demander un grand esprit de foi pour Prélude. qui se cache en tout homme. qui BVMILITi. éclate-t-il dans nos actes? Ilélasl c'est à peine s'il entre dans nos convictions Nous le redisons comme une formule apprise. — Diriger vers 1. ouvrez mes yeux. mais vaine. Que le divin Maître vienne visiblement prendre par la main chacune des personnes qu'il nous donne à aimer et nous la présente lui-même ? Mais ne le fait-il pas invisiblement. par la communion. l'avons-nous bien compris? Pénètret-il nos sentiments. découvrir le divin. Dieu ce désir de plaire et de faire plaisir. de perfection et de vrai bonheur. pour lequel je n'aurais souvent que de l'amertume et presque toujours que de l'indifférence. — 21 . et. chaque jour? N'est-il pas dans l'hostie de la messe. ces yeux de la foi qui seule vous découvre! Faites que demain. je commence à l'aimer de cet amour que je vous porte.

quand même. Dieu ne nous montre point son visage. sentent parfois dans la prière la douceur d'un amour partagé. dans la route austère du devoir. quelque puissant qu'il soit. Mais les unes comme les autres ont toujours faim de Dieu celles-là parce qu'elles ne l'ont point goûté. celles-ci parce que. Un sourire. aimant Dieu par leur fidélité. un regard ému suffisent pour récompenser un effort. ensviable. leur dévouement. elles se tournent vers le prochain. Dieu l'a fait à son image voir le prochain c'est donc le voir un Dieu lui a communiqué sa nature : peu l'aimer. n'en est jamais que l'accessoire Beaucoup d'âmes parfaites s'en trouvent habituellement privées. Nos rapports surnaturels sont établis sur la base de la volonté. Mais. leurs sacrifices. plus consolées. Raguel dit à Anne : . ou pour le provoquer. Quelques autres. à la manière des forts. elles sont devenues insatiables. A ors. et c'est en vain que nous cherchons une manifestation certaine du plaisir que nous lui donnons. c'est donc aimer quelque chose de vit : : : ! — lui! Reportez-vous à la scène si touchante de Ra- guel recevant le jeune Tobie. Du Ciel aucun regard. elles vont. Le sensible. et à grands pas. aucun sourire ne descend pour nous donner cette assurance. c'est l'élever d'une façoa imprévue et lui donner un objet qui ne trompera point son attente. ici-bas. C'est là leur façon à elles de lui plaire. Voici comment la raconte la Bible « Après avoir attentivement regardé le jeune homme. layant goûtf'.CINQUIÈME SEMAINE 322 au fond de notre nature.

car tu es le fils d'un bon et très bon personnage Et Anne et Sarah sa fille. le prend dans ses bras. à qui cet enfant ressemblait si fort? Et.. ne devrions-nous pas lui donner mille et mille bénédictions? Et pourquoi? Pour l'amour d'elle? Non certes. le baise. le caresse. sinon de celui qu'il portait au vieux Tobie. saint François de Sales fait le commentaire suivant « Ne voyez-vous pas que ! : le petit Tobie. ne devrions-nous pas nous dire les uns aux autres Voyez comme cette créature ressemble au Créateur. ! — — en désignant son compagnon . Et pourquoi donc ? Pour l'amour de Dieu qui l'a formée à son imagfe et ressemblance. en qui elle est. créé à l'image et ressemblance de Dieu. Ils lui répondent: Nous sommes de la tribu de Nephtalf^ en captivité à Ninive. se mirent à pleurer de tendresse. l'ange ajoute son épouse sin •.323 THOISIEMB liÉOITATION : Comme il ressemble à mon couEt je tournant vers les étrangers D'où êtes-vous? leur demande-t-il. le Raguel. Et. Connaissez-vous Tobie mon frère? Oui. et c'est pourquoi non seulement le divin amour commande maintes fois l'amour du prochain^ vrai : . à qui elle est. Dieu! quand nous voyons ce prochain. sans connaître père. Raguel se jette à son cou. ô mon enfant. car nous ne savons pas si elle est digne d'amour ou de haine en ellemême... » Là-dessus.. nous le connaissons. le baisant et l'arrosant de ses larmes: Sois béni. Ce Tobie dont tu parles est son père Aussitôt. D'où provient cet amour. comme le vieillard se répandait en éloges. pour qui elle est. pleure d'amour sur lui. pour l'amour de Dieu de qui elle est..

Ainsi. Dieu nous apparaît. quand. » mais Ainsi nous aimons d'avance tout prochain d'un amour général et puis. de toutes parts. bonté. Elévation de nos atfections humaines . de prévenances. d'égards. nous les regardons comme l'œuvre de Dieu. Y pensons-nous? faisant — Disposition d'universelle Vue belle et féconde. Dieu serait l'objet merveilleusement entrevu. le don qu'il met auprès de nous pour nous secourir ou pour nous charmer. Après nous avoir donné sa ressemblance. sauvegarde Vie vraiment surnaturelle dont de leur dignité. avant et poursuivons cette divine présence dans rincarnation qui la met sous nos yeux. Dieu se fait sentir comme le principe nouveau de nos affections aussi vivantes mais saintement surélevées.CINQUIÈME SEMAINK 324 le produit et le répand lui-même dans le cœur humain. Dieu veut nôtre. il se fait l'un de nous. Jésus dans le prochain. et le principe intime secrètement agissant. car cela suffit Mais pourquoi ces trente ans d'une k I . — — — — Allons plus II. Principe de paix. ^ ses qualités. au fond de nous-mêmes. parce que l'amour sacré de l'homme envers l'homme est la vraie image de l'amour céleste de l'homme envers Dieu. aimer en ceux que nous aimons. se . comme sa ressemblance et son image. ainsi. pourprendra quoi? Est-ce uniquement pour nous racheter? Alors qu'il se contente de donner son sang. au cours de la vie. le reflet de ses perfections. ses sentiments et ses mérites se particularisent à nos yeux.

la plus facile et la plus exquise. quand il ajoute « Ce que vous ferez au plus petit d'entre les miens j c'est à moi que vous l'aurez fait ». et parmi les sentiments ceux qui rapprochent les hommes. si divin qu'on l'adore à genoux. doctrine aussi certaine que belle. si doux et si humble qu'il semble bientôt devenu imitable. ceux qui les encouragent. si fort et si tendre qu'il s'empare du cœur. il le jette à l'humanité cette : : : — les sentiments que fait naître en moi votre charme divin. et si humain qu'on ne peut retenir ce cri : « mon Pourquoi ces frère ! » quand sur point de regagner le ciel. nous sentons là une parole révélatrice. sous laquelle tressaille un mystère. En effet ce n'est point une pieuse recommandation. Et. mais vous attendez aussi des sentiments. nous cherchons instinctivement autour de nous des êtres sur qui répandre notre cœur. principe déterminant de la charité la plus réelle. c'est la discrète initiation à un fait transcendant la vie de Jésus en nous. vous ne venez pas effacer la per- prochain . vous voulez des actes sans doute. En la couvrant de l'éclat de votre nom. de prime abord. vous me demandez de reporter sur le Aussi. grande parole « Aimez-vous comme je vous ai aimés». en un mot. il nous déconcerte .325 TROISIÊHB MÉDITATION existence obscure toute semblable aux nôtres? trois ans d'une vie publique où il se fait connaître au monde? Pourquoi? si ce n'est pour nous présenter un modèle irrécusable de ce que doit être Thomme envers l'homme? modèle si parfait et si beau que. Maître adoré. ceux qui les font meilleurs.

lance. et jusqu'à cette douceur de parole et cet air accueillant du visage qui deviennent la caractéristique d'un cœur où Dieu règne et lité. vous venez l'embellir et la protéger. il s'est fait tout suave en cherchant à faire plaisir à ce Dieu père.326 CINQUIÈUB SEMAINE sonne humaine. par tant de piétés inconnues II comporte toutes les délicatesses de l'affection. oh lie cœur admirablement formé! Qu'il tourne à présent vers le prochain. et tout cela pour provoquer en sa faveur une un dévouement sans défailun amour pour elle qui monte jusqu'à pitié sans dédain. il a pu s'étendre bien loin et s'émouvoir profondément auprès de l'infini. Mais. s'y dévouer. il a pris le besoin de rester pur au contact de l'amour incréé. vous rélevez par la réalité de votre action en elle . les agil. ce "se . en descendant du ciel sur la terre. tous les services rehaussés d'un sourire. acquises dans ses rapports avec les amabilités divines. le vouloir fortement. toutes les industries de l'amabi1 suavités de l'indulgence. la longanimité des supports. Notre désir de plaire s'est formé en s'appliquant à plaire à Dieu. Vous l'éclairez de votre douce image pour atténuer les ombres de ses défauts. ohl le beau programme réalisé par tant de saints. de la constance. il lui apportera une inclination pleine de la délicatesse de l'élévation. vous ! Comment ne pas désirer plaire à des êtres que Jésus honore? Comment ne pas désirer faire plaisir à des êtres tant aimés de lui? Faire plaisir au prochain.

. retranchera-t-on toute manifestation engageante? se montrera-t-on gêné du moindre éloge?. toute infidélité d'ailleurs se trahit bien vite. L'examen et la prière vous le feront découvrir et l'amour de la vertu saura l'éliminer. Dégénère-t-elle en tristesse. appauvrir sa vie. Rè^/es pratiques. pour éviter un écueil. Il — !• Le remède se trouve III. tenez pour certain qu'un vice travaille vos sentiments. faut-il se jeter sur un autre? Pour supprimer l'abus. La seconde sera une règle de sage liberté. détruira-t-on la chose? Pour ne pas subir les dangers que peut entraîner le désir de plaire. La tristesse deviendrait 7a loi de la perfection. dans une grande pureté d'intention souvent renouvelée. regardez de plus près. et la vertu ne se montrerait i . cet indice d'un désordre.liens les plus sacrés. est la première à donner l'éveil. et pour vous4)lairel Dans une âme pure. Devient-elle de l'inquiétude. détendre le/». pour être bon. jf27 dt nom- rencontre tout d'abord l'excès qui est un mouvement poussé trop loin. mon Dieu. ensuite la préoccupation trop personnelle qui envisage plus son intérêt que le bien lui-même. 20 La première règle de ce sentiment est donc une règle défensive.TROISikUE MÉDITATION désir de plaire perd sa sécurité en face breux écueils. en aigreur surtout. enfin le travers de l'obséquiosité qui peut aller jusqu'à la hideuse flatterie et fausser l'âme.. En effet. Mais ce serait inutilement mutiler sa nature. La préoccupation. je veux être bon.

sont des héros et que nous appelons des saints. dont les le soleil d'ici-bas membres dispersés çà et là. sous les yeux de tous. conforme aux exigences de la position de chacun. « car seule elle aime son Dieu en nous que sous 1 aimant ceux qu'elle aime. ce n'est point là l'idéal vrai. Leur exemple. ont été remplacées ici par d'autres plus conformes au sujet.CINQUIÈME SEMAINE 328 le parlant emblème d'un arbre dépouillé de ses feuilles. et mieux à leur place. Oh non. — plusieurs pages des éditions précédente» Nota. — Vigilance attentive.. . qui est la gloire réservée à la vertu chrétienne. au sein de l'universel égoïsme. dans un autre ouvrage projeté. Cet idéal est un désir de plaire. du moins. qui s'exerce sous l'influence de Dieu et sous son regard. liberté sage. mais elles se retrouveront. Résolution. » Que penser d'une société dont tous les membres seraient animés de tels sentiments? Quelle paix quelle diminution de souffrance Quelle consolation dans nos malheurs inéviCité de rêve que n'éclairera jamais tables! Plutôt cité idéale.. regards obstinément fixés sur Dieu. I 1 — I l'indispensable notion de l'idéal chrétien. est là pour susciter des générosités individuelles. et maintenir. répandant autour de soi ce charme suave et pénétrant. un désir sain et franc.

N'est-elle pas d'ailleurs la plus fidèle image de celle de Jésus?.. Vous nous cornmuniquez. L'imitation s'adresse au modèle et lui emprunte ses traits Vunion fait plus encore. les Apôtres « levant les yeux. Au sortir des lumières et des ombres de ces méditations prolongées. ne virent plus que Jésus seul ». La blanche lumière de l'astre des nuits. en contemplant Jésus humble. Mais l'imitation et l'union sont les deux formes d'un même sentiment l'amour. par l'amour. reflet atténué du soleil. et les deux agents d'une même œuvre la per. elle l'attire en soi et lui emprunte sa vie. et simplifions nos vues en ne regardant que Jésus seul. l'humilité de votre divin Fils 1 . — : : fection. Telle fut l'humilité de Marie. vous en êtes aussi la plus puissante. C'est vers vous que se tournent nos regards et nos espérances. Nous deviendrons humbles par Imitation.. ne descend-elle pas plus douce sur nos yeux? la plus humble des pures créatures. levons les yeux. et c'est à la contempler que nous allons consacrer ces deux dernières méditations.COUP D'ŒIL Sur les deux méditations qui vont suivre Après les éblouissements du Thabor et ses nuages mystérieux. nous aussi.

nous aurions à parcourir. ^ etc.Cinquième Semaine QUATRIEME MEDITATION XXXII* EX8RCICB Marie transformée en Jésus humble par r imitation Premier peint : Humilité d'imitation de Marie comme mère.. Le Magnificat est le cantique secret de toutes ses heures. les motifs que nous venons de méditer. Nous oublions. regard sur l'Infini. — Préparation pour la veille. avant d'aborder le sujet spécial qui nous attire. nous perdons de vue. Troisième point : Avec Marie nous faire humble par — — imitation. elle les voyait d'une vue claire. Tel n'est pas notre dessein. jamais Son regard reste toujours ouvert. continuelle et pénétrante.. Deuxième point : Son humilité comme co-rédemptrice. signalons deux différences très importantes entre sa vertu et la nôtre : l* Les raisons d'être humble. Respexit humilitatemjfecit mihi magna.. — ! — . en les lui appliquant. Marie. Si nous voulions étudier à fond Thumilité en Marie. toujours conscient de ces motifs contemplés sans défaillance». Toutefois. regard sur sa petitesse..

Que dire d'une force qui accomplit. post Filium. toute une vie... Nulla creatura.». entre toutes elle les est parfaite. mieux que tous les théologiens ensemble. les grandeurs de sa maternité divine. nelle femmes. ne descendit aussi avant dans l'humilité. et elle le saiti Elle a sondé.. pour la sauvegarder. l'héroïsme est la force s'exerçant à des actes sublimes et difficiles. Mais l'abîme des grâces reçues n'a fait que rendre plus sensible à ses yeux l'abîme de son néant. une telle humilité est de l'héroïsme. . après Jésus.. Or.. Ne faut-il pas un peu d'ombre aux plantes délicates! Pour Marie. son Fils à elle. Demander la grâce d'aimer Jésus pour éprouver l'ardent désir de l'imitT.. En effet. Humilité d'imitation de Marie — Jésus humble était son Fils. et elle en connaît toutes les prérogatives. I. Dieu abrite sa fragilité sous des imperfections. assez comme Mère. Nulle créature. Dieu écarte toutes ces piécautions. Il l'expose au grand soleil de la vérité : Elle est est bénie immaculée. ce que nul homme ne pourrait soutenir un seul jour — ! Méditation — Prélude.. tantum descendit in abyssum humilitatis (saint Bernardin de Sienne).. ou du moins sous de mystérieuses ignorances.QUATRIÈME UÉDITATION 33l 2«> La condition de notre humilité est telle que.

CINQUIÈME SEHAINlt 332 — — — son Fils bien-aimé. tant qu'il sera son Fils. et le Jésus incarné. C'est du cœur que naissent les grandes — — — vues. Quelles vues sur l'humilité de ses divins mystères» de sa petise réchauffaient méditations • . le il se fit humble.. Et elle l'étudiait. les paroles et les attitudes de son Fils.. elle a ce génie. avec ses yeux. flamme intense. Sa pensée se devine tout. et il restera humble tant qu'il restera homme. avec son La Mère cœur.. Le cœur ne serait-il pas toutes choses ? Est-ce — la création le nid où éclosent ne sort pas de l'amour de Dieu? Dans ce cœur de Marie.. Et elle n'aimait qu'un Jésus humble.. Dès premier instant. elle l'adorait d'amour.. et son Fils.. Et elle l'aimait! Plus heureuse. cœur commande que et l'intelligence la presse si fort parfois qu'elle Il dépasse sa propre portée. c'est le Jésus anéanti. Jésus humble allait se développant sans cesse devant les extases de son amour.. car elle n'en pouvait connaître d'autre. Il n'y a au monde que le Jésus incarné. — Le — obéit.. les faits évangé- liques. Tout se fondait dans cet amour. promène. avec ses intuitions de Mère. Ahl si les mères pouvaient! Tout se taisait devant ce sentiment dominateur.. au contact enveloppant de ses Conferens in Corde suo. dans cet être qui reste à elle toujours. comme autrefois sa vie. son Dieu à elle seule. son tout.

les voix lointaines des Prophètes faisaient entendre ces mots expiation.. se hâte vers le Calvaire ensemble.. elle sait son Jésus par cœur.. elle le contemple au travail... elle se fait humble à ne plus se retrouver en rien.... son amour des occupations humiliantes. qu'elle va toujours et ne l'atteint pas.. et recueille ses moindres paroles. Son humilité d'imitation comme co-rédemptrice.. A mesure que son Fils grandit. Marie épie moindres mouvements. elle admire sa modestie. avec Lui! Mais il est si avant dans cette voie... elle — : : ! ! . le silence où il semble se perdre. passaient des souffles de mort. ces petites mains. Elle aime à partager l'ombre où il se cache. de l'amour ^dont il les aimait!. son besoin et. car elle n'est pas seulement sa Mère. Mais il marche encore. : Nous y arriverons lui crie-t-iL II. sur son berceau..quàtrièmb méditation 333 tesse dépendante. et elle le supplie de l'attendre. elle neja prendra pas. On peut le dire.. Déjà. elle jouit de s'abaisser toujours davantage. victime. ces pieds seront percés de clous et l'on élèvera cet innocent sur la croix infâme Ah! si elle pouvait prendre sa place I. l'on soufflettera ce doux visage! quoi. il . de sa faiblesse indigente. son goût pour les petits... le miracle continuel de ses ses effacements. Puis. presque sans le vouloir. des prévisions désolantes planaient sur le cœur de la Mère quoi. son Jésus humble!. mais elle l'occupera avec lui.. Non. L'imiter devient sa loi..... sa douceur.

à chaque souffrance. — Devenir humble par amour. nous faire iiumbles par imitaPuisque l'amour a cette force.. c'est beau.. la formatrice des vertus.. à chaque palpitation du cœur de son Fils... — imite. plus facilement humble. Rien n'est puissant comme l'amour. . et elle veut qu'il soit humilié elle en souffre horriblement. le sacrifice se prolonge encore. Comme Mère. qui s'attachent au cadavre de son bienaimé!. tendaità s'unir à chaque intention. elle peut retenir sur la çente du mal. donnera cette vertu un mobile plus élevé que le sien propre. l'amour III. — — Avec Marie. molée au Calvaire avec lui.. et Dieu a secondé cet effort. sans le plus ravir toutefois. la seule qui leur donne la viel Devenir humble par amour. La charité n'est-elle pas la reine. et elle veut qu'il meure. On deviendra. rôle sublime! elle reste seule à subir les humiliations.. — . Devenir humble par amour... aimons.334 CL1QUIÈME S£MAI?(B encore sa divine associée.. mais elle le veut encore. elle est imQuand il est morl. l'amour devine. Ainsi... par une mère. L'amour contemple. Il l'a faite co-rédemptrice La voilà donc armée du droit de partager ses humiliations qui sauvent que dis-je? de le vouloir avec lui Son Fils veut être humilié. par cette voie.. elle ira même jusqu'à donner une attrayant . c'est sage. rien n'est C'est — — comme ce qu'il inspire. La crainte resserre. tion.... Son Fils veut mourir. c'est régulier... est elle l .

image. en élevant toujours plus haut.QUATlVIÈaiB MÉDITATION 335 certaine impulsion vers le bien. aimons à l'imiter : « In odoristie. dans son Cœur sacré. rem ungiientorum tuorum currimus : courons sur ses pas à l'odeur de ses parfums. Avec Marie. » — la prendre les — Se faire de Jésus humble une douce remettre fréquemment sous nos yeux. dans sa personne. . seatimeals de Marie. dans son EuchaAvec elle. mais Tamour seul ouvre les grands espaces. Résolution. contemplons Jésus humble dans ses mystères. et il éloigne du mal de la façon la meilleure. dans ses paroles.

nous en vivons Elle fut dès lors un membre de son aussi corps mystique. La méditation de cette haute vérité sera pour nous un principe de dignité noblesse oblige. — Dtvxième point : — Nous méditerons union de vie que forme la grâce et que couronnera la gloire. dans un rang inférieur. un seul corps mysPréparation pour demain la veille. cette belle tique. Cette communauté de vie fut en Marie d'un ordre à part. Jésus vivant en nouç. union mystérieuse. elle s'exerça d'une façon éminente et se développa dans des proportions qu'il est impossible d'évaluer. Il y a néanmoins entre son état et le nôtre un fond commun. nous le sommes avec elle. mais certaine. Marie vivait de la vie de Jésus. union qui fait de Jésuài et de toutes les âmes justes. Un principe de souveraine délicatesse : — : : .Oinqnième Semaine CINQUIEME MEDITATION ZXXIII* KXBRCIC8 Marie transformée en Jésus humble par Tunion de vie Premier point : Jésus vivant en Marie. et.

. Jésus va communiquer à sa mère ! sa vie de grâce et il le fera royalement. elle fait passer en lui ces ressemblances morales qui sacré. Hier. BOMiurâ. le bel échange fait entre la mère et le fîlsl Marie communique à Jésus sa propre vie. pour ^ Méditation Prélude. demain. nous avions ce Jésus devant nos yeux l'imiter. — Demander la grâce de prendre dans un grand accroissement de délica- celte méditation tesse. — 22 . des goûts de famille. Que ne lui donnerait-elle pas A son tour.. qu'elle forme son corps I.JQn principe de généreux progrès : Il attend d^ nous un accroissement de sa vie. résultent du tempérament et qui constituent des dispositions. nous le contemplerons en nous pour unir notre action à la sienne. Bien plus. puis avec son lait. plénitude qui ira néanmoins ici-bas toujours en s'augmentant. et Marie se tenait unie à son action par tout ce qu'elle avait de connaissance et de rolonté.337 CINQUIÈME MÉDITATION Jésus veut partager nos sentiments. de générosité et de joie spirituelle. la démarche. l'accent. — Jésus vivant en Marie. Jésus vivait en Marie de sa vie d'homme-Dieu. ^ui se Elle lui transmet cette ressemblance physique que l'on retrouve dans la physionomie.. C'est avec son sang.. il la lui donnera dans une sorte de plénitude..

Je cherche donc une influence. mais c'était la recevait cette fois. les humiliations de Jésus dans son cœur et dans ses mystères. plus elle entrait dans cette communauté de vie. mais ce don est plutôt la source de ma vie que ma vie même. » — ^Miki est ma viel » Comment « Yivit vero in vivere Christus est. et la vie qui lui était ainsi rendue en échange. en amour. elle pouvait crier la première et plus haut que saint Paul « Je vis. Il l'entendre? S'agit-il du don qu'il m'a fait de sa vie sur la croix ? Sans doute. comme Marie qui jadis. une extension en moi de la vie qui l'anime lui-même. Tous les mystères lui apportaient des vues qui rétendaient et des ardeurs qui l'embrasaient. moi aussi : — Jésus vit en moi. Certes. imitées et vécues : 1 IL Jésus vivant en nous. car la vie se définit le principe intérieur des actes. du moins. était la vie d'un Dieu plus que jamais anéanti. qu'une . non. du fond de son cœur. Ainsi le cep se prolonge dans le sarment qu'il a : formé et qu'il nourrit. quime soit intérieure et actuelle. auront été pleinement comprises. en mérites. venue de lui. la même vie. Mais pour que cette vie s'étende ainsi jusqu'à moi. Par Marie.338 GlNQUliMB BtMAlNt Plus elle croissait en grâces. il faut que le cep divin et le sarment se touchent de quelque manière. en me Christus. pour qu'elle me pénètre et m'anime. La sainte communion vint achever cette œuvre La mère et le fils semblaient avoir : repris. ce n'est pas moi qui vis. c'est Jésus qui vit en mail » Admirons et félicitons le fils et la mère. qu'ils soient unis.

t. celui du ciel. Méthodes et formulée pour bien entendre la Messe. il la distingue et il l'écoute. puisque sans cesse il prie pour moi : « Semper vivens ad interpellandum pro nobisK » Si j'évoque le passé pour retrouver le Jésus de l'Evangile.. pourquoi n'évoquerai-je point un autre lointain. reste au loin dans son ciel. I Troisième messe. en son humanité. Quand ma prière s'élève vers lui. sa vie enfin. mais il n'y vit pas pour lui seul il est le chef toujours agissant de l'humanité régénérée. Jésus. si ses vouloirs. pour le mieux voir et le mieux entendre. il m'aime. J'aime à me le représenter pensif à cette heure.CINQUIÀME MÉDlTÀÎIOM 339 communication règne entre eux. mais il se relie à nous d'une façon immédiate par sa divinité. Il a suivi mes pas dès ma première enfance. ô Jésus! C'est vrai. Voir Pratique progressive de la Confession. je me transporte pieusement aux lieux où il vécut. mêlée à mille et mille autres prières venues 'de toutes les plages de la : terre. un plan. et c'est à moi qu'il n'avait à écouter \.. comme s'il que celle-là. pas même mes douleurs humaines. t. Il a sur mon avenir une pensée.. car toujours vivant. — : . la communion ne nous le donne qu'en passant. pour le rapprocher de mon cœur? Jésus vit là-haut dans la gloire. et vous êtes loin de moi dans votre ciel. dont l'action intérieure nous transmet ses pensées. ses grâces. II. Vie de Jésus en nous . si j'aime à distinguer les traits de son visage et le son de sa voix. Rien de moi ne lui fut étranger.. il me connaît. si. de beaux désirs.

je mettrai à son service toutes les ressources de mon activité. je peux l'accroître. et pour cela. Il se détournerait. je me surpasserai moi-même j'irai au-devant de lui par toutes les industries de mon initiative.. un progrès qu'il implcrre pour moi. je CINQUIEMB SEMAINB le vois suppliant devant son Père.. et une grâce. .. je peux rendre Jésus plus grand dans son être mystique.. je fais un c'est 1 1 . Oh que cette noble et chère tête s'occupe bien du dernier de ses membres! Cette action en moi est secrète. un pardon. c'est vrai. me résigner à rester médiocre? J'arrêterais en moi l'expansion de la vie de Jésus. sa grâce ne m'accompagnerait pas. nous vivons ensemble. puissants mobiles de ma ferveur. Jésus pensera-t-il cette pensée avec moi? Fera-t-il sienne cette action que je médite? Son cœur s'unira-t-il à mon cœur dans cette affection? Voudrais-je le mêler lui-même à mes sentiments s'ils sont bas. je n'ai pas besoin de la sentir. la communication serait rompue pour des plus — — de tels actes. A mon tour.340 pense. à mes pensées si elles sont impures? L'entraînerai-je avec moi dans les recherches de mon orgueil et dans les tristesses de mon égoïsrae?. ô Jésus. de parti-pris. je le crois et de cette foi. et si je ne perçois pas au-dedans les inspirations de sa grâce. mais elle est réelle . je chercherai dans ses leçons et ses exemples le sens de ses désirs ne pense-t-il pas toujours ce qu'il a pensé sur : : la terre ? Ainsi donc. Pourrais-je. sa vie dans ce grand corps.

elles sont à vous. . cachées au grand nombre reuse encore celle qui en cultive l'attrait: Elle ira d'abîme en abîme. puisque tout le surnaturel qu'elles contiennent appartient à votre grâce. interroger au-dedans la pensée du Maître un instant suffit quand on est bien près : de luL 1. cette même vie pour chaque âme. Si votre vie. vous devenez quelque chose de plus^ Heureuse l'âme qui comprend ces merplus heuveilles. bien avant dans les profondeurs de l'humilité.) .Elles sont à moi. I . vie attentive et maternelle. dans des milliers et des milliers d'âmes. recevez-les puisqu'elles sont miennes aussi et unissez-les à votre grand corps mystique. mon bien suprême (Saint Augustin. et que. Je reste muet de surprise en songeant que je suis quelque chose de vous. étonne mon admiration par son immensité.CINQUIÈME MEDITATION ^ 341 Les œuvres opérées sous votre influence nous devipnnentcommunes. ! 1 ! — Résolution. par moi. puisque je les accomplis librement. ravit mon cœur par son intimité. Accroissement accidentel. Prenez-les donc puisqu'elles sont vôtres. ô Dieu.. Avant de se décider. et depuis des siècles. très loin des petitesses amare ! o ire! o sibipedu misérable orgueil rire! ad Deum pervenire ! Vous aimer Vous suivre! Se perdre et vous trouver. avant de donner une réponse.. non etsenkiel.

éclairez et mon âme. Convaincu de Tinfinie bonté de Notre-Seigneur et de ma particulière misère et ingratitude. L'ai-je considéré s'anéantissant avec moi devant son Père dans l'acte d'humilité du matin. et abdiquant toute vie trop personnelle pour vivre de sa vie à lui. orgueil et sont fait sentir? quand mon jugement personnel se Me promptement suis-je alors uni au mépris qu'ils inspirent à Jésus vivant en moi ? Me suis-je rappelé que c'est Jésus doux et humble qui doit vivre en moi? Dans cet esprit Avec mes supérieurs. du prochain. de moi-même. mè suis-je tenu en lui tout petit et tout simple. en ne mains de Dieu? parlant de moi que dans la mesure de là sim: — — . me sentant entre les Avec tout prochain. réparer et prier.Examen particulier en usage dans une pieuse association Esprit de touchez lumière et de vérité. anéanti. abîmé dans son cœur doux et humble? M'y suis-je tenu caché.) Lui ai-je procuré cette joie qu'il recherche. de savourer en moi les humiliations extérieures ou intérieures humiliations venant de Dieu. rendre grâces. dans la sainte communion et dans les exercices de piété ? (S'anéantir pour adorer. me suis-je. puisqu'il le veut bien. de toutes choses : contraires ? Me mon suis-je tourné avec lui contre moi.

vivez mal? librement en mon âme « ! : 1 — . doux et humble de cœur.343 CINQUIÈME MÉDITATION abaDdonnant. en ne témoignant aucune exigence et au contraire beaucoup de douceur. grandir et se complaire en moi ? En Jésus. » de le faire toujours vivre. oubliant celle qui n'est pas pour m'occuper surtout de Celui qui est? Ai-je rapporté à Dieu tout bien? Ai-je compté absolument sur lui pour triompher de tout Jésus. : marche ? Ai-je parfois trouvé la paix dans cette parole : pourvu que Jésus soit content » et le cou« j'ajouterai à son rage dans cette assurance Ai-je eu à cœur front un rayon de gloire. méprisant même. Ai-je mis ma règle de discernement dans Jésus peut-il penser cette simple question avec moi cette pensée? aimer avec moi cette affection? m'accompagnera-t-il dans cette déplicité. il y a — lieu. quand Envers mon propre sentiment? les inférieurs. ai-je abdiqué toute préoccupation personnelle.

ÉLÉVATION SUR Les rapports de ^humilité et de Tamour divin Quand je contemple d'un même regard l'hu- pauvre d'aspect. son éclat. des traits de ressemblance si frappants qu'on les reconnaît de même origine une action réciproque se complétant si bien que l'on se demande si l'humilité et l'amour ne sont pas un composé formant une seule vertu. qui les comparent et les unissent. . je me demande comment peuvent se justifier ces assertions des saints. . celui de l'adoramilité inclinée. Assurément l'humilité et l'amour constituent deux vertus distinctes mais il n'est pas téméraire de dire qu'on ne les voit jamais séparées. : tion. Issues des mêmes vues. elles marchent ensemble vers la gloire de Dieu. Unissant leurs drapeaux. comme le corps et l'âme forment le composé humain. elles donnent à Dieu la même préféren»^e sur toutes choses et parlent le même langagej^ le plus sublime. Cependant. . L'amour trouve son Dieu en s'élançant vers l'humilité le rencontre au fond de ses abais- lui . l'amour dans sa fierté. à mesure que mon regard se fait plus pénétrant. à côté d'elle. son besoin d'expansion. je distingue entre ces deux sentiments des rapports si étroits qu'on les jugerait inséparables. cherchant l'ombre et.

un ornement dont elle s'embellisse. et ce que mon action peut atteindre. dépose tes ridicules prétentions. et ce bien Tout pour elle. L'être doué de raison n'a : . elle veut s'élever au-dessus des autres et elle use ses ressources dans les tourments de l'ambition ou de l'envie. Si . Que je m'élève dans ma propre estime. ! Son rival dangereux est l'exaltation du moi humain.ÂLéVATION 34S sements. et il n'est pas un atome qui ne puisse devenir une voix qui la proclame. . je ne considère que moi j'oublie Dieu. chez l'un comme chez l'autre. L'orgueil mesquin remplit . I. mon âme est médiocre. l'orgueil su- L'humilité vengeresse chasse toutes ces usurpations Si tu es le néant et le mal. : . un moyen qui la serve. ici-bas s'appelle sa gloire. ou que je me fasse un piédestal de l'estime des autres. Leur but L'amour veut — commun le : la gloire de Dieu. là d'alTection. Une soumission universelle est le propre de l'amourcomme de l'humilité. et ce que rêvent mes désirs Tout pour sa gloire afin qu'elle éclate de toutes parts! C'est elle seule qui doit régner dans l'univers . je ne songe pas à sa gloire. et ce qui vit dans mon cœur. l'orgueil. vainement toute une existence perbe 1& dévaste. dans une sphère où il le domine l'humilité en descendant vers lui et le touchant de son dédain. Tous les deux se dégagent du créé l'amour en s'élevant loin de lui. elle est un besoin ici de justice. elle se contente de se complaire en elle-même si elle est grande. bien de son Dieu.

C'est son but nécessaire en tant que créature. en le et si. le feu sacré. en renversant Tidole. l'humilité s'efl"ondrerait dans la bassesse. la bonté. mais c'est pour prendre un élan plus vigoureux vers les hauteurs et si tu te dédaignes. il est vrai.CINQUIEME SEUAINI 346 de s'abaisser à se rechercher luia le devoir de tendre vers la grandeur. — l'amour est glaive qui l'exécute. C'est l'élément supérieur dont se fait toute sainteté ici-bas. haut arrête comme il l'âme. humilité. t'affranchir. C'est son pas le droit même . Inséparables compagnes des luttes de la terre. car seul l'amour comme la Inort. sans l'amour. : — justice qui porte la sentence. le est fort parfois. Sans l'humilité. tu ne laisses pas le temple vide. humaine. toute déification là-haut. Réunis. A la place de ce triste moi que tu me défends de servir. Tu t'abaisse^. L'humilité fournit la mal'amour. c'est pour . laisse à faveur du bien. le succès et jusqu'à cet honneur légitime que l'on n'a le droit de sacrifier qu'à Dieu. l'humilité et l'amour ne sauraient vaincre sans cette alliance intime la mort de l'une amène: raitla ruine de l'autre. tu fais régner Dieu et sa gloire. l'infinie perfection. ces deux sentiments donnent à Dieu sa plus grande gloire par le sacrifice de tout ce qui surélève la personnalité. l'amour s'évanouirait dans l'illusion. L'humilité est la tière. s'il . le Maître d'en glaive et soustrait la auprès d'Abraham victime. Ils déposent sur l'autel et l'estime des hommes et ce qui d'ordinaire l'attire le talent. l'auréole de l'admifit . il occupation maîtresse en tant qu'activité.

choix volontaire. l'amour trouve pour l'offrir à son Dieu une victime digne. L'amour trouve le sien dans l'amabilité souveraine. Il grandit avec cette vi^e. Leur origine Un sentiment à mesure qu'elle lui manifeste davantage ses attraits. : — commune : la vue de Dieu. et son essor s'élève II. de son infini. C'est elle qu'il envisage et dontil s'éprend. naît du mobile qui l'inspiré. elle les porte comme un objet d'emprunt. se révèle à sa raison croyante et la voilà qui cherche vainement sur quoi appuyer ses prétentions. s'il est possible. il n'en est pas moins un sentiment désintéressé. L'humilité parfaite.347 iEliévation ration générale. Rien n'appartient . l'humilité C'est ainsi pousse son mouvement jusqu'aux derniers conl'anéantissement. nécessaire et profonde. car telle est son essence passion sainte. . demande à ces perfections divines le motif principal de mêmes son inclination. elle s'agenouille dans une dépendance absolue. fins de son idéal propre C'est ainsi que. Que l'action de Dieu. cause mystérieuse et réelle de tout bien. l'âme se sent petite à l'infini en face de l'Autorité souveraine. elle aussi. C'est vers elle qu'il s'élance. Que cet amour soit une passion sainte qui entraîne ou qu'il reste simplement un amour de volonté qui se détermine par choix. par Thurailité. que. n'ont en vue que la divine ama: bilité. il se hausse pour atteindre toujours plus loin. par l'amour. En face de la Grandeur Divine entrevue.

ô mon Dieu.348 CINQUIÈME SEMAINE en propre à la créature. dans ses splendeurs. mutuellement. qui sont mon être. vois-tu. . ^ : . dans vos merveilleux attributs.mesure que tout s'efface ainsi du côté de la terre. il contente de ce que nous pouvons lui donner. blesse mon cœur du Jésir . s'accroissent en se complétant. l'Etre divin se déploie au-dessus de nos têtes. il ne compte du peu que nous sommes. mais quelle est donc cette bonté qui aim^e sans cela. Or. il tient pas se — L'humilité relevant le front : Mais alors faut l'aimer davantage! Cette bassesse me où il je vois et qui me rend timide ces fautes qui remplissent ma vie et qui me fermeraient le cœur. toutes ces misères. que dis-je? qui aime. maigri les laideurs et les ingratitudes? L'amour. humilité. que je suis vile! L'amour dit il nous aime! et l'humilité s'écrie :se peut-il? Alors l'amour se penche pour tout lui expliquer : 1 — : : — : — est aussi bon qu'il est beau. sans éprouver ce double sentiment d'amour et d'humilité Ils naissent du même regard. deviennent des motifs d'amour! Quoi! Je suis aimée ainsi faite! Qu'on aime ce qui est beau et pur. à. ô ma sœur. palpitent des mêmes surprises et. c'est l'inclination naturelle de la bonté. L'amour dit que Dieu est beau! L'humilité répond près de lui. car le néant et le mal n'ont rien de positif. Toute ascension de l'un porte l'autre plus haut. Je ne puis donc vous contempler. il y a donc des profondeurs de bonté que sans toi je ne saurais connaître tu étends mes vues et ce que je découvre.

je les adopterai moi-même.349 ÉLEVÂT! 0> d'aimer davantage. je marcherai caché sous ton manteau. tu cependant. quelque chose de plus confus et de plus tendre. frère saint dont veux me transformer en toi. cette voix. car elles plaisent à Dieu et dérobent à l'admiration des hommes. L'humilité. — Alors. L'amour. comme le deviendras l'adoration béatifîque. et pour faire passer sur mes traits. je te transformerai. tant que je serai de ce monde. et. au ciel tu me rejetteras voyageur en arrivant rejette le manteau qui îri» son abri dans la route? L'amour. Je descendrai aussi dans tes impressions profondes pour y perdre toute com- — plaisance en moi-même. Je reste humilité. mais je deviens amour. Veux-tu que nous aimions ensemble? — amour divin. Je me revêts de tes riches parures. laisse-moi garder mes haillons. Et cette physionomie. -. d'or que là-haut revêt le néant. pour traverser l'estime vaine. je suis indigne.Oh! non. Sans cesse. le manteau . dans ma voix et jusque dans mes moindres actions. Sous elles. tu L'humilité. cette attitude. ils toucheront ma chair pour lui imprimer le sentiment de sa misère native.

cherchons-nous à attirer en nous l'humilité ineffable de Jésus-Hostie et sa douceur si com- municative? Regardons-nous les humiliations qui nous viennent. y ftn a-t-il au moins un que nous em- — ployions avec persévérance? Quand nous 'sommes en présence du Très Saint-Sacrement. comme autant d'occasions précieuses et providentielles de nous avancer dans la science de — l'humilité? Sommes-nous persuadés que nos actions les meilleures en apparence sont trop souvent déflorées par quelques-unes de nos Gomment secrètes inclinations mauvaises? supportons-nous l'échec de notre amour-propre quand on s'aperçoit que. de nos lectures. quand nous le possédons dans notre cœur. lité.£XÂMEN GÉNÉRAL Quelle estime et quels désirs avons-nous à l'humilité î^eule peut — Comprenons-nous que donner à l'âme la capacité l'égard de l'humilité? de recevoir et de conserver toutes les autres vertus? L'humilité est-elle un des objets les plus accoutumés de nos prières de nos supplications? En faisons-nous souvent le sujet de nos méditations. sur tel ou tel point. soit du prochain. notre réputation est surfaite ou usurpée? Notre paix n'est-ellô pas troublée ou perdue quand on arrive à découvrir ce que nous sommes en — peu que nous valons? Aussi ne mettons-nous pas beaucoup de soin à dissiréalité et le . soit de nous-mêmes. de nos examens?^— Parmi les moyens d'acquérir l'humi- — .

ses vêtements. ne prenons-nous jamais des airs de grandeur que nous trouverions très ridicules chez autrui ? Croyons-nous que l'esprit de l'Evangile demande au chrétien de recher- — : — — — cher la simplicité dans son genre de vie. qu'ont plusieurs. le» éviter? Conversons-nous volontiers avec les gens de condition inférieure? Où vont d'instinct nos sympathies du côté des âmes simples et modestes. dont les personnes de la société se paient mutuellement? Aimons-nous à faire nos bonnes œuvres en secret? Tout en remplissant le devoir de l'édification. » Ne tombons-nous pas quelquefois dans ce déplorable travers. sur le vulgaire. sa nourriture. restonsnous dans l'esprit du conseil qu'a donné NotreSeigneur « Pour prier. uniquement parce que cela tranche sur le commun. qui se fait au profit de la vanité de chacun? Répugnonsnous à accepter et à offrir ces flatteries mensongères.IXAMKN GÉNÉRAL muler nos SSi beaucoup plus qu'à fautes. dans les succès — — : — — . ou du côté des esprits audacieux. des N'aimonsgens toujours sûrs d'eux-mêmes? nous pas en général tout ce qui est distingué. où les mondains mettent de l'ostentation? N'entrons-nous jamais dans cette conspiration universelle contre la vérité. comme on dit parfois dédaigneusement? Dans notre façon de parler et d'agir. de parler de leurs œuvres de zèle avec autant de satisfaction que de prolixité? Avons-nous conservé l'humilité dans nos conBolations et progrès spirituels. le Père céleste préfère un endroit caché. et dans tout le reste.

à défaut de ces joies assez rareSjde nous contenter du témoignage de notre conscience? Pouvons-nous nous passer longtemps de toute marque extérieure d'approba- — N'avons-nous pas tion de la part d'autrui? combattu nos tristesses et nos découragements par des regards de complaisance sur certains côtés avantageux de notre personnalité? La défiance de nos propres forces n'est-elle que le prélude d'une grande confiance en Dieu? Ne faisons-nous pas servir l'humilité de prétexte à la paresse. nos défauts.EXAMEN GÉNÉRAL 352 — Somles plus encourageants de nos œuvres? mes-nous capables. au lieu de les racheter par le travail et la générosité dans le — — Couvrons-nous du nom d'humilité une disposition à l'humeur chagrine. quand il le faut. à l'ennui N'estde nous-mêmes et de nos fonctions? ce pas aussi par une fausse humilité que nous craignons de paraître. n'y a-t-il pas d'afifectation dans sacrifice ? — — notre modestie? Nos sentiments d'humilité sont-ils assez surnaturels pour nous maintenir toujours patients et doux en face de nos incurables misères ? Comment acceptons-nous les occasions qui révèlent nos torts. à plaisanterie. en perdant notre temps à gémir sur nos misères. et qui peuvent en faire un thème à critique. à dé- — nigrement? — Sommes-nous également iudiffé- . que nous nous retranchons parfois dans l'isolement contre les avanies du monde? Notre timidité n'est-elle pas tout bonnement un déguisement Quand l'utilité ou la chade l'amour-propre? rité requièrent que nous parlions de ce qui nous concerne.

de commander. ou à d'autres saints: « Parmi les serêtre — : viteurs du bon Dieu. n'avons-nous pas d'a. et de remercier après l'ac- tion? Trouvant notre responsabilité actuelle déjà bien lourde.notre amour-propre ne se froisse-t-il pas facilement pour une petite parole piquante. à garder — — HUMILITÉ. les estimons-nous bien au-dessus de ce que nous valons? Aimons-nous à travailler en sous-ordre. de réprimander. d'avoir ofûciellement toujours raiNotre opinion de nous-même n'est-elle son? pas bien opposée au sentiment si étrange. de diriger.qui faisait dire à saint Paul « Je suis le premier des pécheurs ».utre ambition que celle de remplir de notre mieux les devoirs de notre situation présente? Si modestes que soient nos fonctions. devant nous-mêmes ou devant les autres. peut-être. peut.que nous cherchons à faire valoir des circonstances atténuantes. je suis le dernier des der- niers? » Sentons-nous profondément le besoin de prier avant d'agir. humainement parlant. — 23 . — — même devant notre Directeur? Redoutons-nous la présomption. comme une suite naturelle de l'habitude que nous avons.EXAMEN GÉNÉRAL 353 rents aux éloges et aux blâmes ou plutôt. ni dans la suite utiliser nos fautes . ou à saint Vincent de Paul « Je suis pire que tous les démons». pour un léger Le regret que nous avons manque d'égards? de nos péchés n'est-il pas en grande partie N'est-ce pas causé par la honte et le dépit? par manque d'humilité que nous ne savons ni nous relever aussitôt après nos chutes.

esprit de suffisance et de domination devant lequel tous doivent plier ? Supportons-nous doucement. à l'exemple du divin Maître. renvoyant à qui de droit le mérite et les louanges? Restons-nous bien calmes quand nous croyons voir que nos Supérieurs nous oublient ou font Ne parions-nous d'eux peu de cas de nous? qu'avec respect.KXAMBIf GÉNÉRAL 354 pour nous la part la plus laborieuse. qu'on ne nous écoute pas. ou bien au contraire avec promesse sincère de tâcher de les contenter à l'avenir? Ne sommes-nous pas jaloux à l'excès de notre indépendance personnelle? Observons-nous la règle générale de ne parler du prochain qu'en bonne part? Nous efforçons-nous d'avoir de lui la meilleure opiDétournons-nous de parti pris nion possible? Nous notre pensée de ses imperfections? refusons-nous à le juger? Nous sommesnous défaits de l'esprit de contradiction t Sommes-nous peu enclins aux discussions? Savons-nous ne pas interrompre autrui et nous Laissons-noas volontiers aux taire à temps? autres ce qu'il y a de meilleur. qu'on dénature nos in- — — — — — — — — . de plus envié ? Avons-nous pour tous de constantes prévenances inspirées soit par le respect intérieur envers eux. même quand ils nous causent quelque peine Comment recevons-nous leurs réprimandes ou même leurs simples observa^ — I tions? Est-ce avec force répliques. qu'on contredise nos paroles. soit par le sentiment sincère de notre infériorité ? N'y a-t-il en nous rien qui sente ceN. excuses et murmures. puis k nous effacer au moment de la moisson.

reconnaissons-nous. pour pouvoir vivre et mourir dans sa bieuheureuse paix? — : : — — — . laisser son courage Si cruelles que succomber dans la tristesse? puissent être nos peines. de l'injustice. avec impatience et coTandis que Notre-Seigneur s'est tu lère? devant la haine et la calomnie « Jésus autem tacebat ». qu'on se nous traite sans avec un dédain affecté? tentions. comme pécheurs. ne repoussons-nous pas ce qui nous blesse. ou bien enfin. entretenir contre ses agresseurs une amertume persévérante. que. qu'on rebute nos moque de nos conseils. nous méritons des traiAvons-nous excusé tements pires encore? nos ennemis devant Dieu et prié pour eux? Sommes-nous résolus à abandonner à jamais notre cause entre les mains de notre Père céleste. ne sommes-nous pas tombés dans l'une de ces trois fautes se venger par des paroles de mépris ou par des railleries sanglantes. qu'on ménagements ou même — Quand nous pensons être victimes de lamalveillance.EXAMEN GÉNÉRAL 355 demandes.

par exemple Dieu profondément avant chaque prière. 3° Vous concentrerez votre effort dans une adorer pratique très efficace. par exemple l'infini de Dieu en face de votre ou néant— la vie intime de Jésus en vous bien un souvenir comme celui de certaines ou encore la constatation fautes humiliantes d'une infériorité sensible. — : — modémême quand on est seul. une accusation détaillée en confession. rer ses voix.parexemple: quelques privations. etc. — — s'appliquer à écouter les autres. etc.CONSEILS Pour la conclusion de ces exercices I — i° Vous arrêterez d'abord vos résolutions : Qu'ai-je à réformer? qu'ai-je à introduire? — — par quels moyens? 2° Vous choisirez une rue qui vous impressionne et que vous ferez planer sur votre pensée. mouvements. 4** — II Consacrez ensuite quelques moments à parla table de ce volume. sMmposer une physionomie toujours humble : — . On peut se contenter encore de marquer chaque soir le nombre de ses manquements. ses réponses. Déterminez une sanction à tout manquement. quelques prières.. le ton de sa et sereine. pour noter d'un courir .

à raison d'une par semaine ou par mois. : — plus sensible. Que votre visite au Saint-Sacrement prenne une sorte de solennité extérieur plus soigné^. devant une de ses images. Se former à l'humilité est Allez souvent une œuvre de longue haleine. Emparez-vous si fort de Jésus que vous remportiez partout où vous irez. s. les méditations : — — profit.. les impressions s'effacent. Cherchez une intimité démarche plus grave. Jésus et vous puissiez vous entendre. et l'action de grâces plus prolongée. Ce conseil est de grande importance les détails se perdent. à ce livre. Mettez dans votre physionomie quelque chose Parlez et écoutez de façon à de très doux. ingéniez-vous à trouver diverses pratiques moins ordinaires. III Pour clore dignement ces saints exercices. parlant à voix basse. vous n'en reviendrez jamais sans signe.'il se peut.CONSEILS POUR LA CONCLUSION DE CES EXERCICES 357 ou les lectures sur lesquelles il vous semblerait le plus utile de revenir.. si près que.. Chez vous. Que la communion de ce dernier jour soit préparée avec plus de soin. si Dieu le permettait. le mouvement se ralentit. C'est alors que vous réciterez lentement et de tout ^œur la prière suivante: . en vous avançant vers l'autel le plus près possible. placez des fleurs et une petite lampe allumée. — faire plaisir à tous.

bâties par la sueur du paysan vous vous accommodez même d'un toit de chaume et d'une hutte de sauvage. la pauvre demeure de Nazareth qui la vit croître à son ombre durant trente ans. anéanti.. . des flambeaux qui brillent. ô Jësus. — .. il ne voit en elles que l'expression du .. quand je vous ai vous-même. Mais pourquoi la chercher à si longue distance quand je l'ai près de moi? Pourquoi des souvenirs de vous. ô Jésus. ristie ! Ce qui m'y frappe tout d'abord.. des harmonies qui chantent sous les voûtes sonores. .. des voix sans charme. Oh! donnez-moi de comprendre votre Euchasortir nir. Je n'ai plus sous les yeux la crèche où naquit votre humilité. plane au-dessus de ces choses. c'est cette humilité simple et bonne qui se fait toute à tous? Vous aimez les belles cathédrales que vous aimez vous offre la richesse des villes tout autant les pauvres églises de campagne. là peut-être plus que partout ailleurs. Ici. des fleurs.358 CONSEILS POUR LA COiXCLUSION Auprès du Tabernacle Au de ces méditations où votre souvem'a suivi tout le long de la route. des foules empressées. Votre grand cœur. Dieu.. me voici encore à vos pieds. là-bas quelques cierges fumeux. le Calvaire qui la couronna dans les opprobres. quelques rares chrétiens distraits!. ô Jésus.

. temple auguste de votre divinité. Il y a tant de formes différentes sous lesquelles il faut surtout chercher le cœur il y a tant de petits oublis qu'il ne faut pas trop res- faire . qu'elle s'étonne. Votre personne. — ! ! . rien ne la montre votre présence... Quoi! pour votre corps ressuscité. l'espace mesquin d'un tabernacle que dis-je? d'un ciboire! que dis-je encore ? d'une parcelle <ie pain car enfin. quand on lui dit ce qu'on sait dire. I comme vous tout à tous. Ici âmes ignorantes des et lui donne. compagnon glorieux de votre belle âme. quoi pour tout votre être eucharistique. sentir 1 vous contemple vous-même. . je découvre plus profonde. rien ne la trahit aucune lueur n'arrive à mes yeux . je dois être humble. la plus petite hostie qu'on Si je une humilité .359 DE CES EXERCICES sentiment il est content de ce qu'on quand on lui donne ce qu'on peut. ailleurs des offrent des prières vocales. . quelle leçon touchante Pour me ia . aucun murmure ne se fait entendre pas un tressaillement ne soulève les espèces saintes qui vous contiennent vivant. Quant à son tour. simples vous que les lèvres trop souvent sont seules à exprimer. ma foi vous cherche. âmes de plus haute culture vous font entendre douce mélodie des prières intimes. Jésus. Votre grand cœur s'arrête au sentiment lui-même il ^st content de ce que chacun lui dit. elle vous trouve tellement diminué. .

Vous voilà donc tout petit..360 CONSEILS POUR LA CONCLUSION nous donne. vous ne repoussez pas même le sacrilège. triste produit de la liberté humaine. toutes ces infamies. vous restez immobile. dans mes ressources. je fixerai mes regards sur cette paix profonde de votre tabernacle.. dans mes facultés même. ils s'acharnent sur votre petitesse qui s'efface ils ne reculent pas devant cette confiance qui se livre L'impiété vous nie ou vous insulte l'incurie vous délaisse sur des linges déchirés ou malpropres.. vous vous donnez à l'indifférent. sans . réduit à rien vous n'avez pas de voix. pour arriver aux cœurs qui vous aiment Notre amour vous fut donc plus cher que votre dignité Jésus. Ne pouvant écarter sans de continuels miracles. votre existence eucharistique dépend de notre volonté Jésus. si je me vois diminué dans ma réputation. et chacun de ces centièmes vous contient. : 1 Mais que vois-je? les opprobres du passé vous poursuivent jusque dans cette retraite où vous vous cachez pourtant si bas. vous qui êtes si grand!. ! . ! ! . comme un pauvre sur son grabat.. si l'on est pour moi sans soins. vous êtes l'humble que rien ne rebute !. vous ne vous refusez pas à la bouche fétide du malade-. dans mon activité. vous les avez bravement traversées. sans apparence aucune. où règne votre humilité. on vous porte où l'on veut. peut être divisée cent fois.

par la communion. adoré moins profondément votre Père ô Jésus. de bonté constante. confus de cette gloire avec vous dans le silence de l'adoration et quand j'en sortiiai. ce ne sera.. fruits si doux de votre humilité.auriez . Jésus. d'effacement. Quelle bonté Quelle sagesse Quelle leçon Jésus. de la terre près de vous. Et moi. . je n'aurais pu vous contenir en moi. vous êtes à moi nous ne faisons qu'un. 1 ! ! . je m'en irai souriant au milieu de ces peines. comme vous^ la vie. comment nous séparer? Vous me suivrez donc dans et je suis à vous. .DE CES EXERCICES égards. Si me communiquant sans cesse votr& d'indulgence. on m'impose des humiliations cruelles.. sans reconnaissance 361 si par erreur ou par méchanceté. je me verrai dans tous les tabernacles. si vous. marchant vers vous.. heureux de cette inje m'y tiendrai timité. esprit — . si vous vous étiez fait moins petit. que pour me donner I vous vous étiez moins anéanti.

dit En que le effet. Le titre ne qu'il contient. . La doctrine de l'union à Jésus. plus récemment paru Méthodes et formules pour bien entendre la lin : messe. — En trois ans une œuvre de puissante il arrive vie surnatu- au 17» mille. çà et là. » Déjà l'examinateur officiel avait signalé ce livLe . et. dans le présent ouvrage sur VHumilitéy s'y déploie en toute liberté. croyons- nous. tout ce qui peut le plus intéresser la piété à l'égard du Très Saint-Sacrement (!«'' volume) et les notions les plus approfondies sur les rapports de l'Eucharistie avec les dévotions fondamentales (2« volume). but de ce livre et non ce on y trouve. qui se fait jour dans la Pratique progressive. plus lumineusement la présence réelle de Jésus dans l'Eucharistie. — : — comme « relle ».Nous nous permettons d'attirer l'attention sur ouvrage du même auteur. L'Ami du Clergé terminait son très élogieux a^rticle par ces mots « Jamais vous n'aurez senti plus vivement.

V. Ses règles. Ses transformations II. elle dirige tout l'ordre moral.7 désir de l'estime elle a pour objet l'estime de des autres «Quelques notions sur les vertus surnaturelles soi et le — SEMAINE. L'honneur et ses éléments. La vanité n'est pas une question d'espèce. mais de les régler. — — elle l» . m. — voua ne devenez BESOIN D'ÊTRE HUMBLE Invitation divine à V Humilité! des petits enfants. — L'Orgueil en tant qu'estime déréglée de soi-même. 1" MÉDITATION. de ces deux tendances.TABLE DES MATIÈRES Préfacb de cette sixième édition b Clonseils pour le succès de cee exercices •Coup d*œil pbéliminairb •§!. sont complétées par la révélation. IV. - Sur la première tendance 33 ou estime de soi 41 3* MÉDITATION. données d'une façon insuffisante par la raison. Raisons soi et le désir de l'estime des autres. : — 28 L'estime de ii. — Sur la deuxième tendance ou désir de l'estime des autres 47 Conclusion et synthèse. influence générale : en tant que vérité. » « Si comme Étudb psychologique de l'orgueil i. il — Entant que désir désordonné de l'estime. mais d'objet. s'oppose à Dieu fin dernière de nos actes 52 . s'oppose à Dieu principe de tout bien.• .2" Méditation. ffumilité vertu spéciale: ^ 9 14 Humilité. L'Humilité n'a pas pour but de les détruire. En tant que illumine tout l'ordre intellectuel. justice. — d'être 20 — — — .

8T — Nécessité de la grâce actuelle. — 2» 62 — 6» SEMAINE. Ce dogme écrase tout orgueil et nous montre l'humilité comme la loi de notre condition présente 101 — Notre condition. Dans son être. 8$ — — — Fondement de l'adoration comme face de l'infini. 94- — Nécessité de grâces spéciales. la déchéance en résultant comme conséquence et comme châtiment MÉDITATION. dans ses actes. Humilité viciée dans sa formation par un orgueil inconscient. Comment la pureté — — d'intention a été insuffisante. de l'humilité 2* MÉDITATION. Le néant de la créature. —Elle la mesure de notre dépendance et aussi de notre grandeur donne 3» 4* MÉDITATION. MÉDITATION. Elle les préserve de l'orgueil qui est un double principe d'altération et d'aveuglement 7* Châtiment de l'orgueil. Humilité. Dieu méconnu en tant que principe et fin.364 TABLE DES MATIÈRES — — 4« MÉDITATION. Elle maintient à Dieu son rôle de principe par une obéissance confiante. . même impersonnel. favorise la vertu en fortifiant l'inclination qui en est l'essence !'• MÉDITATION. Trois pointa de vue s'applique à tout homme 2» ce qui est personnel à chacun 3"» ce qui détermine la valeur comparative. 6T — — 7> RAISONS D'ÊTRE HUMBLE — 1* Ce qui Étude préparatoire. le péché. — Cette nécessité est absolue dans l'ordre surnaturel. fondement des vertus. plique la surnaturelle d'humilité loi lOT . n'a besoin pour punir que de refuser son action. la stérilité. Son analyse exnécessité des grâces spéciales et justifie la MÉDITATION. et son rôle de fin dernière par la pureté d'intention 5* — 56- MÉDITATION. 4» Observation importante : Tout motif. L'homme réduit à rien en : . Comment l'influence du milieu a développé une humilité factice Humilité gardienne des vertus.

— Les fautes des autres ne MÉDITATION. MÉDITATION. — — — Humilité d abjection. Examen de la cause. Le changent rien à ce que nous sommes i]* ItC — Prière éditée par Urbain VIII. Distinguer l'ordre théoqui troublent. profonde. 123 la méditation de ce principe : — Ses carac- qui va suivre.365 TABLE DES MATIERES Pages. 6* MÉDITATION. parce que cela seul mérite l'estime — ' 3' SEMAINE. — La loi. — jugement motivé. Ces conditions réalisées dans les exemples de Jésus. Son aspect mystérieux Éclaircissements sur 164 Hu- Sa promulgation €• MÉDITATION. 141 Humilité qui incline à l'efifacement 2« 129 — JÉSUS HUMBLE Étude préparatoire sur 1" MÉDITATION. Son évidence Le fait. ii. Humilité qui pénètre 152 l'action — — 3* MÉDITATION. En face des Saints et en face de Dieu. Humilité du Cœur de Jésus. — Humicombien i. Comment sincère. Toute comparaison sur la valeur doit être prise dans ce qui est élevé. — 146 Vie publique. tères. L'huMÉDITATION. milité d'abjection. 166 — — Examen 173 — Humilité d'abjection. le rôle de l'exemple et sur les conditions qu'il doit remplir pour être efficace. 157 ÉCLAIRCISSEMENTS sur les 3 méditations qui vont suivre. — — Enfance et vie cachée. La valeur se mesure par comparaison. 179 — se mettre au-dessous de . ÉcLAiRcissBMENTs sur — Vérités ' les 2 méditations qui précèdent. L'humilité d'abjection ou de mépris est spéciafondée sur nos lement l'humilité chrétienne supérieure aux données de la raison et dogmes aux forces de la nature — — — — — 4* MÉDITATION. lité d'anéantissement. Humilité du Cœur de Jésus. milité développée par des sentiments de confusion vivement sentis et ardemment exprimés — '• MÉDITATION. — rique de l'ordre pratique 6* 114 — Nos fautes.

Ce qui la manifeste et la perfectionne. — Le genre.De la véritable humilité. — . Sa justification Ses mobiles. — ii. au mépris de soi-même. GUIDE DÉ L'AME HUMBLE — — Ce qui fausse l'humilité. — i. MÉDITATION. La Epanouissement de 3* MÉDITATION. . — — De la véritable hwniUti^ ses ii. — Jésus aux pieds des apôtre». — m. De l'humilité fausse . tion — I. IV. La paix. — Sa MÉDITATION. I. la vie spirituelle l'humilité 241 dana nos rapports avec Dieu 4» MÉDITATION. portée 4« 19t — SEMAINE. MÉDITATION. — Sa raison. et de la 23S — La fécondité. — Le précepte. De l'humilité fausse dans son expression. — Des fausses humilités. tères. du prochain — m. . Semaine éminemment pratique Étude préparatoire. le b* 252 — De l'humilité dan» no» rapports avec 25^ prochain — Culture de V humilité par Fextérieur. De l'humilité étroite et pusillanime III. De — ferveur. Étude très importante sur 263 — De Vamour du mépris. ÉCLAIRCISSEMENTS sur l'amour de la propre abjection. 218 — . — effets. De l'humilité rationaliste II.TABLE DES MATIERES 366 Page» — Précepte ou conseil ? Spéculatif ou pratique ? — Inclination ou conviction? — Réserves sur le tous. Son nUBg. jugement théorique 7* 18$ — Le Mandatum novwn. MÉDITATION. — La nature individuelle. — L'attrait MÉDITATION. D» 202 207 215 dans son sentiment même !•* 20t 268 279 283 le 288 . ses carac- Inclination à l'effacement. 7» — — — Précautions diverses rôle de la prudence dans r humilité. InclinaInclination à 228 l'estime Éclaircissements sur le rôle de la volonté sensibilité dans la vertu 2* MÉDITATION. — Les actes. fondée sur les rapports du physique et du moral.

— CJomment transformer nos senStude préliminaire. 303 — Transformation de l'estime de soi.— Comment nous transformer nous-mêmes . J'humilité les fait resplendir 2* Méditation. Marie transformée en Jésus humble par l'union de vie. — Désir de plaire 313 de faire plaisir au prochain. timents. Marie co-rédemptrice. par l'imitation. Méditation. Désirer l'estime de Dieu. Jésus vivant en nous — Examen particulier. 344 Examen 350 général Conseils pour la conclusion de ces exercices tarière au pied du Tabernacle Imprimerie de MontligeoD (Orne). Les dons de Dieu. — TRANSFORMATION Page». en usage dans une pieuse 335 associa- 34? tion Élévation sur les rapports de l'humilité et de l'amour divin. Chercher à lui plaire. Nous transformer en Jésus humble avec Marie.367 TABLE DES MATIERES ^« SEMAINE. 356 358 — 7473-4-16. — Jésus vivant en Marie. 30? — — — S'appliquer à lui faire plaisir Z* Méditation. par l'imitation et par l'union 4* — 5* 329^ — Marie transformée en Jésus humble — Marie mère. Transformation du désir de l'estime. . V* MÉDITATION. Avec Marie 330 — Méditation. Voir Dieu et Jésus dans le prochain. Règle défensive et règle de sage liberté et — 320 Coup d'œil sur les deux méditations qui vont suivre.

Formation par l'exa- — IX. et de rranco la . XI. précise et facile. atteignant l'un après l'autre — méthodique. men. qu'il juge pressante. VI. VIII. livre : i 50. œuvre modeste. Méthode abrégée pour les confessions ordiX. 85 aux mères. du caractère. fr. Id. tous les principes d'action . vu. cette édition s'est trouvée épuisée fin Une deuxième l'a aussitôt remplacée (12« mille). faire logique. Celle-ci est : spéciale. La trouve-t-elle dans celle multiplicité d'ouvrages écrits pour elle. Id. aux aux prêtres. Id. car ils ne réunissent pas toutes les conditions requises. DIRECTION i fr. turels. les Paktie — de la volonté. vient de se consacrer à cette — comp/èfe. : i""-. formulant une manière de mais à celles de 10 à 15 ans. 4e !»• — Peut-être s'en apercevra-t-on déjà à : se trouve une longue instruction pour l'usage ce livre. aux institutrices. «eptembre 1907. complète et méthodique.UX jeunes Voici un filles. Id. Id. V. et dont plusieurs sont d'ailleurs remarquables? Non. : Formation par la confession. la jeune fille a besoin d'une formation solide et profonde. IV. II. Formation des sentiments. Jours de confession. Parue le 25 décembre 1906. nouveau sur un sujet bien vieux! Pratique progressive.PREMIERE FORMATION Religieuse et morale de la Jeune Fille PAR L'AUTEUR DE LA PRATIQUE PROGRESSIVE De CONFESSION la Prix JL. Chapitre vni. Id.. Partie Chapitre — — — — — — Formation proprement dite. — . ne s'adressant pas à toutes les jeunes filles. naires. des idées. Id. Id. la maniôre de par s'accuser. aux actes surna- Messe pour Il* — — par la contrition. Id. Une formation doit être spéciale. spéciale à la piété. du jugement. En face d'un avenir religieux plein de menaces. abandonnant catéchistes^ L'auteur de la d'autres travaux entrepris. l'énoncé des titres que voici Connme avant-propos. m. par larésoluliou.Viennent ensuite deux parties distinctes.

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H8* B4 Beaudenom. Leopold. Formation à J'huniilite^ et •ar elle s autres a l'ensemble vertus ( . 1840-1916.BV 4647 .

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