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IMPRIMATUR DB LA 2* ÉDITIO:* : Parisiis. elle ne tardera pas à sentir le besoin d'être humblç. f Franciscus. » « « « « « « « « « « « « . le 1" '. a été de préciser l'enseignement des Maîtres sur cette délicate matière. Gard. l'imprimatur : M6' premier Eminence en vue de la ce livre et présenté à son Le mérite de cet ouvrage. Tous droits réservée Ji . g. Arch. ni du j)rix de l'humilité et. PERMIS DB RiÉOlTBR A Paris.. et il est grand. die 4 aprilis 1898. un rare esprit d'analyse et une remarquabie concision de langage « L'âme attentive et docile qui se livrera « â cette formation » n'ignorera rien ni de la nature. H. de le compléter parfois et d'en rajeunir les formules. ce qui est mieux. Odelin. RICHARD. On y retrouve pleinement la caractéristique invariable de l'auteur : la sûreté dans la doctrine. ni des caractères.. l'ordre logique ians la composition. Pariiien$i8. avril 1903. L'imprimatur a été donné à Rome par le très R.du témoignage rendu sur Extrait édition de le Cardinal archevêque de Paris. V. fera L«pid^ maître du Sacré Palais.

6 . 22 i | LIBRAIRIE SAINT-PAUL 6.FORMATION L'HUMILITÉ Et par elle à l'ensemble des autres vertus p. RUE CASSETTK. ÉDITEUR 22.\R l'auteuh DE LA PRATIQUE PROGRESSIVE DE LA CONFESSION ONZIEME KD I T I N (62" mille) PARIS vr p. RUE CASSETTE. LETHIELLEUX.

.

en d'autres termes. C'est plus que cela. dans ce but. étions-nous contraint à donner une œuvre amoindrie? Nous ne l'avons pas cru. : nous développerons. Au lieu d'abaisser la doctrine. il comme convient. développer ne veut pas dire ajouter des formes nouvelles. les points obscurs. nous les éclairerons. pratique.PREFACE DE LA SIXIÈME ÉDITION (conforme à la cinquième) Dans ses deux premières éditions. . Les notions qui lui manquent. s'a- Iressant aux prêtres seuls. Fallait-il. et ne pas pousser nos analyses psychologiques jusqu'au fond du sujet. et. influences ter de Depuis les plus aux simples le lors. c'est faire sortir d'une notion générale des vérités secondaires qui s'y trouvaient enfermées c'est don: . le nous avions le les présendevoir leur rendre accessible. s'arrêter à moitié route dans l'ascension sommets trop ardus de la théologie. Or. nous les lui fournirons. ne vaut-il pas mieux hausser le lecteur. nous principes d'ailleurs si favorables à la rendrons plus familiers les mêmes qui les coD^i-^nnent en un mot. en multipliant vers les les applications. s'abstenait. ce livre. de toute explication inutile à ceux qui savent. déterminé par respectables à fidèles.

qui ne devait être qu'un exercice d'humilité. de tous ces développements surgissaient à nos yeux des vues nouvelles. au besoin. il . et dans l'essor porte l'intelligence elle-même et plus loin et plus haut. rayons. L'horizon de l'humilité s'étendait de toutes parts. au fond de chacun de nos actes. jusqu'à ses plus beaux épanouisse- ments dans la perfection. et ce livre. de toutes ces applications. stimule. des c'est mettre la lumière en évidence pour qu'elle répande au loin ses feuilles et des fleurs . Son influence se faisait sentir sur tous les sentiers du devoir. embrassant le monde entier de l'ordre surnaturel. de tous ces éclaircissements. le supplément de toutes tes persistantes misères. son inspiration la plus touchante et. Ne le regrettons pas. remplissant la vie chrétienne depuis son apparition rudimentaire avec l'état de grâce. son stimulant le plus actif. Or. Faut-il l'avouer. exalte toute : activité. car la piété trouve dans cette vertu son meilleur guide. nous nous sommes laissé entraîner sans trop de résistance à tous ces appels de la terre et du ciel . à la base comme au sommet de toutes les vertus. qu'il Il fait plus qu'émouvoir donne aux facultés. s'est fait en quelque sorte le formateur de la piété prise dans son ensemble.préfàck 6 ner à des germes Texpansion des tiges. Nous ferons aussi plus large la part du sentiment le sentiment éveille. .

2® Vous y consacrerez un mois entier.. et à toutes ces puissances célestes demandez la lumière. saint Benoît Labre. 3» Donnez quelque solennité à votre entrée dans ce grand travail de réforme. Dirigez ensuite vos pas vers la chapelle de la Sainte Vierge.. La veille au exprès à Téglise.CONSEILS POUR LE SUCCÈS DE CES EXERCICES !• Choisissez adonner avec le l'époque où vous pourrez vous y plus de liberté et de suite. saint François de Sales. Agenouillez-vous devant Jésus si humble au tabernacle. la persévérance* soir. saint Antoine de davantage Padoue. Ce qui est indiqué comme étude ou éclaircissements peut servir de méditation et dans tous les cas doit être lu avec la plus grande attention. Invoquez aussi les saints dont l'humilité vous frappe saint François. la volonté. Récitez lentement le Veni Creator. allez : . saint Vincent de Paul. plus encore si vous en avez l'attrait. Ilya amplement matière pour deux exercices par jour.

CONSEILS POUR LS SUCCES DK CBS EXERCICK8

8

II
1» Durant les exercices, tenez-vous habituellement sous une impression d'humilité, particulièrement dans vos rapports avec le prochain
rendez cette impression plus vire par de fréquentes aspirations le long du jour vous en
trouverez la matière dans chacune des méditations et plus spécialement dans la résolution ou
le sentiment qui les termine. Sortez le moins
possible de cet ordre de pensées.
;

;

2° Multipliez les actes extérieurs d'abaissement. En voici quelques-uns baiserla terre
se tenir, durant sa prière, le front baissé, dans
la posture d'un coupable plein de confusion
parler à voix moins haute et plus contenue
culmarcher d'une façon moins dégagée
tiver l'esprit de pauvreté.


:

Cherchez les occasions, soit d'obéir, soit
condescendant, et cela en toute simplicité. Evitez de contredire, de couper la parole,
de discuter. Acceptez les peines et jusqu'aux
moindres contradictions comme choses pleinement méritées.
3"

d'être

Nota.

— Se servir

l'un d'eux
culier.

comme

de ces trois derniers avis ou de
sujet journalier d'examen parti

COUP

D'GEIL

Toute

PRÉLIMINAIRE

chrétienne
pieuse l'ambitionne;
Jésus réleva à la hauteur de la Rédemption en
Tassociantà la souffrance, et ne la maintient-il
pas comme une auréole autour de son Eucharistie ? Où elle manque, la vertu manque. Dieu
ne s'étend que dans l'espace qu'elle lui fait.
Mais ces louanges prodiguées apportent-elles
et cette admiration conventionla lumière
nelle la pleine conviction ? Que de vague dans
les idées et dans les consciences Quelle insuffisance presque partout Or, si la nature même
de l'humilité est peu connue, sa sphère d'influence l'est bien moins encore.
L'humilité

!

l'exalte àl'envi, toute

tradition

la

âme

;

!

î

Les méditations longuement réfléchies de ce
aux esprits sérieux qui veulent
comprendre et aux âmes pieuses qui veulent
aller de l'avant.
C'est toujours dans les profondeurs que se
cachent les grandes choses les richesses médes
talliques gisent sous la couche terrestre
prodiges de f^rce semblent dormir dans la paisible matière
des merveilles de mécanisme se
livre s'adressent

:

;

;

COUP d'ŒIL PRILIMINAIRE

iO

mouvement du monde sidéral, et
au sein de Têtre vivant des secrets
si profonds que rien ne les explique. Regardez,
regardez bien... au fond de Thumilité règne une
sorte d'infini nous sommes en plein surna-

jouent dans

le

l'on entrevoit

:

turel,

j

La vertu prise dans son ensemble est une
chaque vertu est un de ses organes. Chacune a ses beautés propres sans doute, mais
elle se revêt aussi de la beauté de ses sœurs
par le fait de l'unité de vie et de la loi des
échanges. Quelques-unes cependant y parti-

vie

;

cipent d'une façon plus proche, plus large, plus
continue, plus indispensable la vie, la même
vie se meut dans chaque partie de l'ensemble,
même dans laplus infime, mais elle ne s'y étend
pas, elle n'y brille pas d'une égale façon. Nous
allons étudier la part qui revient à l'humilité
peut-être découvrirons-nous en elle une humilité que nous ne connaissions pas.
;

;

Pour avancer d'un pas assuré, il faut aller
posément et méthodiquement avant d'atteindre
les sommets, il faut traverser certaines régions
;

sans attrait et gravir des pentes difficiles.
Afin de rendre la "route moins pénible, nous
l'aide de moyens variés
la parcourrons à
études qui ouvrent des vues généra \es observations plus courtes qui dégagent on point
obscur, /réflexions pieuses qui mettent en
mais parrelief les résultats d'une découverte
méditations approfondies qui
dessus tout
plongent l'âme dans l'atmosphère de la vérité
sous le grand soleil de la grâce.
:

;

;

:

HUMILITÉ, VERTU SPÉCIALE

11

Que pas une âme de bonne volonté ne se décourage devantces hautes vérités, en se jugeant
impuissante à les atteindre
qu'elle envisage
plutôt les secours d'en haut. La science humaine ne se livre qu'à ses adeptes; la science
de Dieu se prodigue aux petits et aux humbles:
ceux-ci n'ont pas toujours besoin de longs raisonnements. Si, donc, telle partie de ce livre
leur reste fermée, qu'ils ne s'attristent ni ne
la clarté les attend, peut-être au
s'attardent
détour d'un chemin, sous une formule plus
simple, mais tout aussi pleine de vérité. Parfois
tel détail sera pour telle âme toute une révé;

:

lation.

,

Cependant, afin de satisfaire certaines intelligences qui aiment les vues d'ensemble, nous
allons jeter ici un rapide coup d'oeil sur le chemin à parcourir tout le long de ce livre. Un
premier regard sur l'humilité en tant que vertu
spéciale, un second sur sa sphère d'influence,
nous suffiront.

§

I.

I.

— Humilité, vertu spéciale

L'orgueil

n'est

qu'une

déviation

de deux

—Sentiment de supériorité,
recherche de prééminence, l'orgueil est-il un
,êndànces légitimes.

souvenir

de notre

tort serait alors de

grandeur originelle? Son
en situation.

n'être plus

Roi déchu par sa faute, et fier sous ses haillons, « Dieu tombé qui se souvient des cieux »,
tel nous apparaîtrait l'homme dans sa tendance

COUP d'ŒIL PRflLIMINAlRB

12

à

l'orgueil

Ou

plutôt, l'orgueil, désordre

et

au lieu d'être l'empreinte d'une couronne
perdue, ne serait-il pas le stigmate de la révolte vaincue? « Eritis sicut dii. » La tentation
aurait ainsi passé dans le sang pour le troubler. Cette double origine expliquerait ce qu'il
présente à la fois de grand et de bas.
En fait, cependant, il est plus exact de regarder ce défaut comme la déviation de sentiments
utiles mis par Dieu même dans la nature humaine. Ces sentiments se réduisent en dernière
analyse à ces deux: estime de soi, désir de
Vestime des autres. L'estime de soi est la

vice,

base de 'la dignité personnelle; le désir de
l'estime des autres est une des bases de la
sociabilité.

Ces inclinations sont si profondes et si spontanées qu'elles appartiennent pour une part à
la classe des instincts, et ressemblent à celui
de la conservation. Elles ont d'ailleurs une foncl'instinct de la vie attache
tion du même genre
Thomme à une existence ordinairement misérable; celui de l'estime de soi rattache à sa
personnalité, malgré son peu de valeur celui
du désir de l'estime l'attache au bien public,
malgré la fragilité des avantages qu'il donne.
Ces deux dernières tendances sont sujettes à
des déviations si faciles et si naturelles qu'elles
portent l'empreinte de la déchéance originelle;
c'est pourquoi souvent les moralistes les appellent sans distinction un vice.
:

;

IL L humilité est
à ces déviations.

la vertu

chargée de s'opposer
qui afifermit

« C'est elle

flCMILiré,

VERTU SPECIAL*

15

l'esprit et l'empêche de s'élever d'une manière
déraisonnable » (de se surfaire, superbia). C'est
elle
qui reconnaît et maintient l'ordre dans
l'estime de soi et dans le désir de l'estime des
^

autres.
Elle est

donc véÀtê

et justice. Elle est vérité,
trace la règle de direction.
Elle est justice, et, à ce titre, elle incline à agir
conformément à cette règle 2.
En tant que vérité, elle réside dans l'intelliet,

à ce

titre, elle

gence; en tant que justice, elle réside dans la
volonté. Mais ces deux facultés agissant l'une
sur l'autre, tout développement de lumière augmente la force de l'inclination, et tout dévelop-

pement d'inclination porte à mieux chercher
et à mieux saisir les motifs et les règles de
l'humilité.

Cette probation s'adresse donc à l'une et à
de ces deupt facultés, pour les mettre en
l'état le plus favorable ; or, l'état le plus favorable de l'intelligence, c'est la conviction, et
l'autre

l'état

plus favorable de la volonté, c'est la

le

propension.

Deux

sortes de lumières produisent la conla lumière de la raison et celle de la
révélation. Deux forces produisent la propension : celle de la volonté et celle de la grâce
viction

:

actuelle.

1.

s.

Il

est sage

Thomas,

2a

2ae

de s'aider de tous ces

quaest. 161. art.

se-

1.

2. Ce mot « justice », pris ici dans son sens large, désigne la disposition vertueuse qui assure à chaque chos«
la place qu'elle mérite, tandis que la justice, dans sa stricte
acception, vise les droits positifs des hommes entre eux>

COUP D'ŒIL PRÉLIMINAIRE

14

cours à la

fois.

Ceux de Tordre surnaturel pont

les plus efficaces,

comme

les plus élevés.

Nous contenter des données de la raison pour
déterminer l'estime que nous méritons, serait
établir une vertu incomplète et insuffisante.
Prétendre acquérir l'inclination d'humilité par
nos seules forces, serait commencer par une
proposition hérétique, et finir par une déception.
Les païens ne connurent de l'humilité que la
modestie, et, ce qu'ils en connurent, ils le pratiquèrent bien imparfaitement. La vraie notion de cette vertu découle de nos dogmes
fondamentaux, et sa pratique complète déla grâce : elle est donc éminemment
et le rationaliste ne saurait ni
surnaturelle

pend de

;

avoir, ni

même

admettre l'humilité ainsi com-

prise.

II

une part très large aux
dans Vacquisition de la

faut cependant faire

facultés

naturelles

vertu.

Et pour bien comprendre la portée de cette
observation, il sera bonde rappeler ici quelques
notions générales sur les vertus naturelles et
sur les vertus surnaturelles.
Leur objet est le même; c'est le bien; et
chaque vertu a le même objet spécial
le
genre de bien. Ainsi, l'humilité, qu'elle
:

même
soit

naturelle

ou

qu'elle

soit

surnaturelle,

règle et maintient l'ordre par rapport à l'estime
personnelle et au désir de la louange.

Ces vertus^ résident dans les mêmes facultés
qui sont, pour les unes et pour les autres, les
facultés naturelles. Les vertus naturelles les

donnent le simpliciter posse. Il les verse toutes à la fois. vail. l'augmentation du dehors. Les vertus surnaturelles sont mises en nous par une sorte de création. et elles ne se perdent qu'à la longue en sorte qu'un péché mortel ne les détruit pas. à un degré d'augmentation ne cor- vient respond pas nécessairement un accroissement de force et d'inclination. Le nom d'habitude. L'habitude donne le faciliter posse. que la théologie appelle infusion. comme qui dirait l'aptitude. la force. Toutes ensemble également revivent par l'effet de la justification. Dieu les verse déjà dans l'âme de l'enfant baptisé. Les théologiens caractérisent cette différence par deux expressions consacrées. Les vertus infuses. on le comprend. minent les 45 vertus surnalurelles les '< ter- ». s'y accumulent peu à peu comme dans un membre qui s'exerce à un tra.HUMILITÉ. la . Les vertus naturelles. ne peut être donné qu'à ces dernières. Pour les vertus surnaturelles. L'augmentation de l'une entraîne l'augmentation de toutes les autres. l'habileté. vertu surnaturelle est synonyme de vertu infuse. jisent-ils. ainsi. Mais elles diffèrent totalement par leur mode de production et d'exercice. et non du développement. à l'exception des vertus de foi et d'espérance. et elles se perdent ensemble parle péché mortel. le simple pouvoir. VERTU SPÉCIALE pénètrent. ne se formentquelentementpar des actes nombreux. L'inclination. et chez elles. au contraire.

Les vertus surnaturelles font passer notre être de son ordre humain à l'ordre surnaturel. actuelles qu'elles attirent. l'aptitude. mais d'une manière transitoire. serré ou lâche mais il a pris rangdans un ordre plus élevé. : . généralement. Les grâces actuelles la/ donnent également. Qu'un réactif chimique lui enlève sa . serré ou lâche il devient de la pourpre dès qu'il sort d'un bain spécial. . ou pour les remplacer. Ces grâces actuelles nous offrent des ressources qui dépassent toute évaluation Dieu les centuple dans l'âme qui y correspond et la prière lui permet de les prodiguer et sans mérite et sans mesure. chez les adultes. Sous leur influence toutepuissante. les facultés na: . la vertu sera caractérisée par Veffort. les compléter et les soutenir. L'actiFité viendra des grâces actuelles. Tel tissu peut être fin ou grossier. couleur. les actes vertueux se multiplient et s'accomplissent avec intensité. Le bain n'a rien changé à sa nature le tissu reste fin ou grossier. Les vertus surnaturelles ne sont pas faites d'ailleurs pour laisser inactives les forces naturelles. avec une beauté spéciale. On voit par là que. Elles les élèvent à l'ordre surnaturel par leur présence elles les complètent et les soutiennent par les grâces . mais pour les élever. elles transforment nos facultés etleur communiquent. des dispositions de la volonté et des habitudes. Une comparaison va rendre Sensibles ces distinctions. le voilà redevenu tissu vulgaire.i6 COUP D^ŒIL PRéLlMlNAlUft vraie facilité. Sa valeur et ses usages ne sont plus les mêmes. mais la simple aptitude à produire des actes surnaturels.

ce qui est orgueil et dignité personnelle Le soin de sa réputation. chap. les conditions des habitudes étant réalisées. on l'excuse. II. l'orgueil constitue rarement de lui-même un péché mortel. rien n'est séducteur comme ce vice. . à l'inverse. autorisentun grand nombre d'actes. Sa laideur et sa malice nous frappent moins que la laideur se malice des autres vices. si vous le considérez dans la pratique. se forment. et finalement acquièrent l'inclination. et parce qu'enfin eu d'entre nous portent ce défaut à l'extrême. II. Importance de la conviction dans l'hu- — 1<* Il n'est pas si aisé de déterminer. peut s'autoriser de ces délicates ré- milité. chez les chrétiens.fiUMIUTÉ. parce que. t. il le dissimule et se transforme. que des esprits mal informés prendraient facilement pour de l'orgueil. VERTU SPÉCIALE turelles qui les produisent. on le sent à peine. 3» L'orgueil inspire peu d'horreur. et la HUMILITÉ. se développeût. En effet. On trouvera des explications plus complètes dans notre livre intitulé Pratique progressive de la confession. Et que d'orgueil. la facilité et le savoir-faire aux actes semblables. théoriquement. et quand on l'entrevoit. même ! serves! 2" Mais. quand il a fait sa place. : m. — 2. il grandit et s'étend d'une façon lente. Ses dangers nous paraissent aussi moins redoutables. discernement devient plus difficile encore. le devoir de garder son rang ou de défendre ses idéesjustes.

Une conviction de ce genre n'est pas la vertu. qui ne meurt pas. il faut étaljlir en nous l'habitude de l'humilité il faut que cette inclination nous suive tous les jours de la vie pour combattre sans cesse l'inclination opposée. Aussi ne s'acquiert-elle point par des considérations vagues.COUP D*ŒIL PRÉLIMINAIRK 18 El ijourtant sa pernicieuse influence est telle que les saints l'appellent le père de tous les autres. voilà le grand secret. et cependant il n'est jamais rassasié. L'orgueil. Essayons d'aller au fond des choses à travers les phrases de convention qui en- combrent ce sujet. Il se nourrit de peu. Sa vitalité est extrême. ?oilà l'impérieux besoin La vue. ne comptons pas trop sur la portée de nos vues. Il renaît quand on l'a cru mort. Comment s'acquiert et se développe cette tendance si contraire à la nature? Par l'exercice. ni sur la sûreté de nos analyses Dieu seul est le Docteur de l'humilité : « C'est aux petits qu'il la révèle^ revelasti ea parvulis. Il est donc nécessaire d'établir en nous une conviction éclairée et qui nous impressionne. difficile à connaître. Or. des actes. l® Des actes. — IV. mais elle la renferme à la manière des forces physiques condensées dans leurs éléments et prêtes à s'exercer. Ses racines plongent au plus profond de notre nature. Importance de l'inclination dans l'humilité. afin d'en concevoir une horreur qui nous en éloigne. faibles ou exagérées. . la conviction. est encore plus difficile à dominer. pour le dominer. 1 . » . Toutefois.

convient admirablement ici. 3® Lesdémonstrationsextérieures ne doivent pas être négligées. etc. VERTU SPECIALE l'avant-garde. d'un pauvre. résolutions.) peuvent être très nombreux. et rien ne s'oppose à ce qu'ils soient intenses. mais elles éclairent 19 la l'armée qui remporte la victoire. « Mihi absitgloriari nisi in cruce Jesu Christi. souvent peu raisonnable. Grâce à tous ces moyens ployés. ! : soit intérieurs. consUtueij:^ marche. riDclinatioD n'est plus longuement em- un simple assen- . demandes. l'âme peut passer tout entière dans ces efforts. nous avons. etc. même dans l'oraison? L'attitude courbée d'un coupable.BUMILITÉ. et c'est cet exercice que nous tâcherons de faire durant ces méditations. Il faudra se faire doux envers celui qui nous aura méprisés.. elle emploiera sa force à se vaincre et mettra son bonheur à s'abaisser avec Jésus. l'armée des actes et surtout des actes généreux c'est elle qui s'établit dans la place et y fait régner l'humilité. acceptations. est fort utile. Pourquoi ne pas les employer. » 2° En attendant ces occasions que nous réserve le cours de la vie. dominée par une humilité résolue. c'est . Les actes intérieurs (désirs. ' que nous com- mandons. pour nous y préparer. C'est donc le combat 11 faudra se courber devant la volonté des autres. soit extérieurs. car elles donnent aux senti- ments une consistance spéciale. Il faudra dire à chaque humiliation C'est bien! La nature se révoltera. d'un suppliant. Baiser parfois la terre. la ressource inépuisable des actes. mais.

— Formule acceptée L'humilité est /a vérité. Entrons donc avec courage dans cette formation prêtons tous nos efforts. sans cesse redite. des êtres participant à la vie divine.des êtres coupables. elle est vérité et justice. . §11. or. Nous l'avons dit. car ils ne peuvent se concevoir par eux-mêmes. et la justice C'est là tout domine tout l'ordre moral. et ! ! 1 . il faut réfléchir et — Humilité. Et que nous apprend-elle? Que nous sommes des êtres crééi. il faut prier. l'homme. reste à les bien comprendre. comptons sur la grâce. le mouvement. le goût même. car il est de la nature de toute force de pousser à l'action et de trouver quelque jouissance dans son libre exercice. Pour devenir humble. mais peut-être vaguement comprise La vérité La vérité C'est très beau mais quelle est la vérité que nous avons à re chercher ici ? C'est la vérité sur notrb valeur. résolu . Voilà de très grands mots. il faut être convaincu et . Pour que je I. la vérité illumine tout l'ordre intellectuel. une simple elle déterminatioFi de la volonté à la justice est cr*t assentiment etcette détermination passés en 1\ àbitude.COUP 20 D*<£IL PR^LIMINAIRB timent de l'intelligence à la vérité. influence générale L'influence de l'humilité se déduit de sa nature même. fixés au sein de nos puissances développées et a Termies. C'est une force per: manente qui donne la facilité.

si je retranche en moi ce qui est de lui. dans cette recherche. pour me comprendre. le devoir se synthétise dans vérité. Or. pour que je connaisse il faut que je connaisse les droits et la dignité de Celui que j'offense. — En tant que conduit au beau . l'adoration quand je contemple l'Être par qui je suis. Dieu se présente à moi obstinément. elle conduit au bien. si je recueille tout ce qu'il veut bien me donner. je donne à chaque chose sa place et sa proportion j'entre dans la plus belle lumière qui soit au monde celle de j'ai la : : . Contraste fécond d'où naissent deux sentiments qui se complètent pour constituer ma vie spirituelle l'humilité quand je considère ce que je suis. en tant que justice. il faut auparavant que je Créateur. INFLUKNCS GÉNÉRAL! 21 créé. je m'annihile absolument. : l'infini II. L'humilité est la justice. par contre. le le : me dise quelque chose. de toutes parts. la vérité pose les fondements de Iti justice mais en affirmant le devoir. je m'élève magnifiquement. d'évoquer l'ordre tout entier de tion à la vie divine » besoin grâce et de la gloire. et.HUMILITÉ. l'humilité . YuniveraeUe soumission. dans mon fonds et dans mes actes. éclairant le créé. En établissant la situation respective de Dieu et de l'homme. pour « participaque cette étonnante formule conçoive conçoive le péché. Or. la justice fait de la vérité une vertu morale. j'ai besoin de le comprendre lui-même je le trouve dans mon origine et dans ma destinée . L^univorselle soi)- . De ce double regard je saisis tout entière la vérité.

enfin.HUMILITÉ. darde ses chauds rayons sur cette humilité fidèle. fille de la vérité et de la justice. : hommes. la fidélité à toutes les nsnirations par ell e Dieu passe en tous n os actes etles ramène à lui. toute force contient en puissance du mouvement. On comprend ainsi comment la jus- vertu totale et pourquoi les saints portent dans l'Ecriture le nom de justes l'humilité ouvre toute large la route vers le parfait. l'estime de soi et le désir de la gloire. Emparons-nous donc de ce vif sentiment de l'estime personnelle et de ce désir non moins vif de l'estime des autres. à nous l'obéissance de l'être personnel et libre. A lui Tinitiative du moteur nécessaire. réalisant ainsi toute justice. Que la divine charité. ne peuvent-elles pas se proposer des ascensions plus hautes que leur but propre? Elles sont une force. . c'est l'acceptation de toute la loi. amour de bienveillance pour le Dieu intime qui veut recevoir quelque chose de nous. L'humilité transformatrice. or. tice se confond avec la : — III. et l'universelle soumission devient l'universel amour amour de reconnaissance pour le Bienfaiteur suprême. Les deux tendances que l'humilité a charge de régler et de conduire. la résignation à toutes les peines. amour de zèle. pour l'œuvre de sa gloire parmi les i . Orientons leur activité vers un but supérieur. Présentons-leur de plus nobles ohiets à ai- . amour de complaisance pour l'être adoré. L'homme s'empare des torrents et en tire les surprenantes merveilles de l'électricité. INFLUENCE GÉNÉRALE Î2 mission. mais subordonné.

ma vie. route aérienne qui demande des ailes. peut-être. jusqu'ici. ! : saintes clartés. une vie d'humilité ouvert à mes légitimes prétentions. tous les sentiments pieux. Nous la parcourrons avec la plus parfaite des créatures. INFLUENCE GENERALE 23 de plus délicieuses approbations à conquérir: cet essor sublime les éloignera plus l'admirable éduencore de tout orgueil. qui est. peut-être même des joies inconnues. sainte humilité. transformée. ne vous ai-je connue que de nom Marie. teindre. toutes les grâces d'en haut prêteront ensemble leur concours à cette œuvre qui couronnera l'humilité. mon ami. par Jésus humble. je dis ! mieux. .surtout. Oh cation à tenter! Toutes les vérités religieuses. et l'atmosphère du monde est saturée d'orgueil. Je ne suis pas humble. je le pressens. je vous désire et vous appelle Envahissez mon âme qui s'ouvre à votre action. et me voilà vivant de sa vie de Dieu Incarné. essentiellement et dans tous ses espace sans borne actes. qu'il me baigne de lumière par ses exemples. elle donnera au nôtre une paix divine. Plus belle. avec Marie. plus pénétrante. ô chaudes affections. les ailes de l'amour. Qu'apparaisse maintenant Jésus Homme-Dieu. mon frère. ô grâces pénétrantes d'en haut. elle . cette vertu ravira le cœur de Dieu. qu'il m'élève à Lui par la puissance de ses attraits. l'humiliation.HUMILITÉ. enseignez-moi l'humilité de Jésus elle contient. mon sauveur. des douceurs cachées Oh faites que je les goûte Alors j'aimerai ! I : ! enfm ! ihuinilité.

.

.

.

sans mérite comme sans durée. Avant d'aborla série un peu aride de méditations. au dedans nulle prétention.Première semaine PREMIÈRE MÉDITATION Invitation divine à THumilité a Sicut parvuli » Premier point : L'orgueil tendance innée et funeste. laissons descendre sur notre sensibilité une vision plus douce de cette vertu. d'une heureuse ignorance. mais cette esquisse donne admirable- ment la physionomie de l'âme humble au dehors nulle recherche. Ce reflet pur. Troisième point : L'humilité source de faveurs célestes. Ce qu'il tient. chez l'enfant. Le divin Maître nous la présente sous les traits d'un petit enfant tout candide. Cette simplicité native est. lui. où le der raisonnement posera les bases de Thumilité. Ce n'est encore qu'une esquisse. c'est la belle simplicité des vues et de l'attitude. doit venir chez nous de l'efifort. — — Préparation pour la veille. — Deuxièmt point : L'humilité vertu réformatrice. L'enfant semble encore garder un reflet de rinnocence primitive. cette image : .

ce cher petit enfant qui doit être mon modèle et laissez-moi déjà vous entrevoir vous- même sous ses traits 1 Méditation « Lorsqu'ils furent dit : dans p^ la maison. plus haut et millt fois plus aimable encore. alors rimage de l'humilité s'achèvera en nous par la fidèle copie du chef-d'œuvre... est le plus grand. sicutparvuli. il appelle un petit enfant. Et s' étant assis.PREMIERE SEMAINK 28 apparue. me reçoit. Jésus embrasse le petit enfant et le laisse aller. Faites-vous dès maintenant un cœur désireux ce que Jésus enseigne est nécessaireet docile ment vrai .. si vous ne changez. un petit enfant semblable. 4u Thabor h Capharnaùm. nous sera proposé « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur » . reste l'idéal à poursuivre. Celui qui se fait le plus petit entre vous. » saient ^ — Voyons le chemin qui s'étend Premier prélude. comme aux apôtres. le place au milieu d'eux et dit : En véritéy en vérité.. demain. : : Jésus. Jésus leur Que discutiez-vou^ en chemin? Et ils se tai- parce qu'en chemin ils avaient discuté lequel d'entre eux était le plus grand. ce qu'il demande est nécessairement bon.. Et quiconque reçoit en mon nom. Ailleurs un idéal plus complet. et si vous ne devenez comme de petits enfants.. vous n'entrerez pas dans le royaume de Dieu. montrez-moi. Le Sauveur marche |9 .

Remarquons le cercle des douze la vie. visages animés par la discussion. Elle subsiste en des âmes forDieu la mées directement par le Sauveur. affaiblissement de la piété ? — — 1 : .. l'orgueil ainsi — l'entourent. q^ii — Deuxième prélude. premier — du chemin de occupe et agite les hommes. Demandons la grâce de comprendre cette importante leçon d'humilité d'en recueillir les moindres mots comme s'ils sortaient à cette heure. L'orgueil ne produit-il pas chez nous de semblables effets dissentiments.. entendons leurs prétentions accueillies par des exclamations. à distance. Elle se trouve chez des hommes de basse condition et d'habitudes simples. le petit enfant qui les regarde de son air naïf et curieux. Ohl s'éloigner de 4ésusl Se priver de sa conversation! Fuir ses regards et pour quels avantages!.29 PREMIÈRE MÉDITATION les Apôtres le suivent. L'orgueil tendance innée et funeste. Elle occupe et remplit entièrement leur esprit.. divin Maître. et. troubles. laisse à des Apôtres destinés à la plus haute vertu.. Voyons leurs . de la bouche du . les Le long arguments douteux qui s'entre-croisent. et pour nous seuls. Considérons la violence de cette tendance et ses conséquences immédiates. Qui donc ne la porte pas au fond de — — — — soi-même Voyons ses conséquences. Entrons à la suite de Jésus dans la maison hospitalière. 1 — provoque Elle entre les Apôtres des discussions blessantes. Elle les rend indifférents à la société de leur Maître. — I.

pas de hauteur et de dédain. si vous ne changez. je ne dois pas me faire petit. point de place au absolue : : : royaume du ciel. Et c'est une condition expresse. par habitude peut-être. Le petit enfant est mon modèle.)) Voilà le mot essentiel. pas d'ambition et de recherche des préséances. quelles que Et efficiamini » Le soient les difficultés et les répugnances. enfin. que je me croie petit. Vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux. Oh! quelle parole de tendresse. » Méditons les divers sens de cette expression. et j'y aspire. bon. sans prétention et sans affectation. Le royaume de Dieu. et je la veux. mais tout petit : Sicut parvuli. M'assurer ces biens. c'est Vétemel bonheur. docile. nécessaire. et j'y tends. il faut ensuite que j'agisse d'après cette opinion. pas de préoccupations et de troubles d'amour-propre. c'est la perfection. c'est la paix de l'âme. confiant. L'humilité vertu réformatrice. Il faut être autre il faut d'orgueilleux devenir humble.. Gomme le petit enfant. Sans cela. Nisi. Il faut d'abord que je m'abaisse. on temps et la patience y seront nécessaires ne se refait pas en un jour. 30 II. « : — : (( — — . suivant le mot du Sauveur. aussi bien que d'abaissement! Non intrabitis in regnum oœlorum. — Pesons « Nisi bien chacune des paroles du Sauveur conversi (ueritis. Donc. par inclination. que je me fasse petit. telle est la mission de l'humilité. je dois être simple. « Sicut parvulî. je ne puis rester ce que je suis par nature. Se refaire.PREMIÈRE SEMÀINI. » Donc.

.. III. objetdes caresses divines 1... « Statuit eum — in medio eorum.. Je me plains de mes délaissements intimes. « Quem cum complexus esset » Jésus embrasse ce petit enfant. » Jésus pose le petit enfant en évidence au milieu des Apôtres.. Si cet enfant n'eût pas été tout petit Jésus ne l'eût pas embrassé. source des faveurs célestes..PREMIERE MEDITATION 31 si je consens à me faire tout dans ces belles destinées. Ohl je choisis d'être petit et d'être aimé. Oui. 3° Humilité. Pourquoi ? Pourquoi 1 . « Qui susceperit talem in nomine meo me suscipit. par mes prétentions. Heureuse petitesse.... principe de succès. 1° petit Principe de grandeur.. vers qui la grandeur s'incline avec amour!. peut-être. ne me presse pas sur son cœur. » Si la justice dernière doit lui assurer ce rang. si la lumière de vérité perçait nos ténèbres! 2** Humilité. Toutes les satisfactions de l'amour-propre ne valent pas ensemble une caresse de Jésus. principe de consolation. c'est qu'il le mérite dès ici-bas il l'occupe donc aux yeux de Dieu. erit major. Ohl que nos jugements nous trompent. Jésus! j'entrerai L'humilité. je connais à peine le goût de la consolation. Bonheur de ce doux privilégié. » — . : — — : Serait-il moins bon ou serais-je trop grand ?. Jésus ne m'entoure pas de ses bras.. Oh! comme les rangs subiraient d'étranges changements. à la place d'honneur et il traduit aussitôt cet acte par ces paroles : « Celui qui lui ressemblera sera le plus grand au ciel.

Est-ce un rayonnement de l'âme?. — Etre un petit enfuit pour que — Jésus . tion facile. Est-ce une fugitive apparition de Jésus?. Il déclare que le recevoir. Ohl que je voudrais me faire petit! blesser.PREMIERE SEMAtNË 32 Jésus accrédite auprès de tous les hommes celui qui ressemblera à ce petit enfant. le même désir de laisser les autres paraître. Est-ce un privilège de grâce?. comme pour rendre sa recommandadon de plaire. c'est le recevoir lui-même.. si je me fais petit. attache à l'humilité le Qu'il parle ou qu'il écoute.... On sent à je ne sais quel signe que cet humble ne saurait mépriser ou Dieu. m'aime.. Qui receperit talem me recipit. Ce qu'il demande.. même : Résolution. c'est le effacement.. son cœur? — — privilégié. Qui donc ne s'empresserait d'ouvrir à Jésus Je serai ce sa demeure. ses bras. on l'accorde spontanément rien en lui ne provoque ces répulsions instinctives que soulève l'orgueil. Celui en qui elle brille semble apporter la sécurité et la dilatation..

Ils même origine. ni les mêmes n'ont ni la tères. c'est qu'ils ont l'un et l'autre pour objet l'exaltation du moi . à notre instinct de sociabilité. Il n'est vicieux qu'en tant qu'il recherche une place qui ne lui est point due. Ce qui autorise la commune appellation donnée indifféremment à ces deux défauts.te premier se surfait à ses propres yeux. ni effets. 2» d'orgueil. L'estime excessive de soi se rattache au sentiment de la dignité personnelle. . le second veut être surfait aux yeux des autres. ou la fait désirer avec des préoccupations ex- trêmes.ÉTUDE PSYCHOLOGIQUE DE L'ORGUEIL Pour préparer l'esprit aux deux méditations qui suivent I 1» On donne communément le nom d'orgueil à deux défauts qui sont cependant de nature différente l'estime excessive de soi et le : désir excessif de restime des autres. ni les mêmes caracle même mode d'action. bvmilitL — s. dont il est une exagération vicieuse. et le désir de l'estime des autres.

Sans lui. elle les élève au contraire. ni le désirde l'estime. C'est pour n'avoir point établi ces essentielles distinctions. en nous donnant conscience de la justesse de nos idées. II Faut-il déclarer à ces deux tendances une guerre si impitoyable qu'elle vise leur complet anéantissement? L'humilité n'a point pour objet de détruire le sentiment de la dignité personnelle. l'homme tomberait aisément dans cette lâcheté qui ne sait ni entreprendre ce qui est périlleux.c'est lui qui communique. ni défendre ce 1® effet. qui est attaqué . elle ne les abaisse pas. pour l'exercice du commandement. de qualifications arbitraires et de moyens mal appropriés. elle les maintient dans leur beauté. . et . car. entraîne l'obéissance. le .34 PREMIERE SEMAINÏ 3» Malgré ce rapprocliemeiil final. seule. dans leur force et dans leur rôle utile En : sentiment de l'estime de soi il a été mis par est légitime en lui-même Dieu en notre nature pour soutenir notre personnalité. ces deux tendances doivent être étudiées séparément. en les affranchissant de tout excès. au grand profit des subordonnés. cette assurance qui. comme de nos forces et de nos droits. que la plupart des traités sur cette matière sont remplis d'enseignements confus. mais de les régler . si l'on veut être en état de s'analyser à fond soimême et de se diriger comme il convient.

s'élevant haut. mais qu'on la subordonne bien plus. Grâce à lui. et elle s'éprend de la gloire de Dieu. une sorte de soumission à leur jugement. qu'elle intéresse. et l'on se rapproche instinctivement de celui qui procure cette jouissance. quelques-uns d'en avoir mieux compris les délicatesses. 2° Le désir de l'estime est. car. lui aussi. Ce qui est humain. elle répand sur la vertu quelque chose de plus attrayant. et plus aimable à ceux plus qui . un sentiment honnête et secourable il est une marque de considération envers les autres. est. qu'elles négligeraient. . par excellence. ou même auxquels elles ne pensaient pas. l'âme pieuse. qui est l'objet le plus haut que puisse poursuivre l'ambition d'un grand cœur. beaucoup de personnes. 3<> Le sentiment de Thonneur semble appar- tenir davantage à cette seconde tendance. l'expérience ne le montre mais il communique aussi cette que trop spontanéité qui rend l'action. car . la grandeur personnelle. quand elle est et qu'on la dirige dominée par des sentiments supérieurs. que des motifs surnaturels n'animent pas. et plus facile à celui qui l'accomplit. admire la perfection chrétienne.itUDE PSYGHOLOGIQUfi DS l'oRGUEIL 35 Sous son influence. Plusieurs 'ui devront de s'être maintenus dans le devoir. La raison n'exige donc pas qu'on se dépouille de cette tendance. . se portent sans peine à des actes de générosité et de dévouement. reste sans doute un principe d'altération. chacun aime à sentir qu'on fait cas de l'estime qu'il donne. autour de nous.

on conçoit l'élévation que peut atteindre un groupe d'hommes.36 PHBMIÈRB SKHAIIfB l'honneur est rappréciation de l'estime générale c'est de tous qui dicte ses lois et fait décerne ses récompenses l'on se soumet : . maintient du moins quelque soliencore quelque éclat. dité etjette il " . que récompenses que qui ne recherche c'est à ses lois et c'est à ses aspire. il leur prête un ferme appui et en reçoit une haute direction . n'est pas sage. L'honneur. l'honneur que pour en jouir. un peuple. car le bien doit être le premier mobile de nos efforts. plus sensible à l'honneur qu'aux hommages. il préfère sa propre estime. étant le fait de l'opinion et l'opinion étant le résultat des idées qui régnent dans un milieu. et. s'il . Alors. à l'estime publique. reste seul. dont il veut sa part l'estime de soi comme un bien qui lui rerient de droit. S'il se trouve uni à des principes supérieurs. car l'opinion peut mal l'on juger. Qui en fait sa règle. On ne peut refusera l'honneur une influence heureuse sur la vie sociale et sur le perfectionnement individuel. dans des autres. n'est pas vertueux. il peut entrer en nous et l'esprit régner sur notre conscience. au contact des vérités de la foi. Cependant. sans autre examen. Le désir de l'estime envisage l'honneur comme un bien social. 1 homme consulte moins l'opinion que les principes. Ici nous sommes dans le domaine de la première tendance qui vise la dignité. Quoique l'honneur réside hors de nous.

pour la lutte. . à leur insu. on «st vain c[uand on estime en soi (^uel(|ue avan. IV On entend dire communément que Vorgueil relève de l'estime de soi. c'est peut-être. Elle laisse l'âme sèche. d'une part. et restent bonnes dans leur exercice. Elles viennent de Dieu. et communique aux manières extérieures ce quelque chose elle de factice et de contraint qui discrédite la vertu. elles y eussent toujours existé. s'affranchir de facile rend l'esprit hésitant. . elles sont bonnes en elles-mêmes. Cette mutilation résulte ordinairement d'une certaine étroitesse d'esprit et produit des déformations regrettables. et c'est l'humilité qui y Si l'on voit des personnes vertueuses se raidir absolument contre elles et les réprouver sans examen. tant qu'elles ne sortent pas de Ce n'est pas le clinations dans leurs justes limites pourvoit. le péché n'a fait que les rendre excessives et leur créer des dangers extérieurs. donc.ÉTUDB P8TGH0L06IQUB DE l'ORGUBIL 37 III péché qui a mis ces deux innotre nature. car il est bien plus de détruire une force que de la maintenir constamment dans son jeu régulier. Cette attribution ne semble pas juste car. tandis que la vanité appartiendrait au désir de restime.

la vanité devient également le propre de ces deux tendances. La qualification de vanité ne doit donc pas s'appliquer à la tendance. mais par un mobile différent.PREMIÈRE SEMAINE 38 mesquin et. l'intelligence même. la dignité réside en noC3-mêmes. d'éminents services. sans mériter le reproche d'être vains. on est plus fier de ce qui est reçu sans effort que de ce qui est acquis avec vaillance un parvenu est éclipsé par un riche héritier. mais un don remarque bien humiliante pour la raison humaine en fait de fortune. ne sont et. pas un mérite. et un travailleur par un esprit facile. Ces deux mobiles peuvent être entachés d'orgueil. l'élégance des vêtements et le train de maison. Il y a de grandes ambitions comme il y a de grands caractères. souvent peu méritée. d'autre part. mais à son objet. c'est la dignité qui commande. c'est la renommée qui attire. comme en fait de labeur. Bien vain aussi est le désir est bien vain d'une estime. toujours si I fugitive. La renommée est hors de nous. cependant. Chez les premiers. on ne l'est pas. Tout cela . La beauté. quand le désir de l'estime porte à rendre tage . Les grandes ambitions déterminent de puissants efforts et poussent aux actes d'éclat comme les grands caractères. n'ajoutent rien à notre vraie valeur. La richesse transmise. chez les seconds. : . l'esprit naturel. quand elles s'abaissent .

L'exemple de Jésus achève cette éducation en nous présentant son idéal où se déploie l'humilité lité surnaturelle.ÉTUDE PSYCHOLOGIQUE DE l'oRGUEIL 39 Résumons maintenant l'ensemble de doctrine cette : Le rôle direct de l'humilité est de régler sentiment de l'estime propre et le désir de l® le l'estime des autres. la vertu surnaturelle la cherche là aussi. mais elle la reçoit plus lumineuse des dogmes de la foi : la déchéance originelle est la triste condition où nous sommes. dès maintenant. — Où Toutes deux nous disent point dans l'ap: elles diffèrent. Elles diffèrent. signale la nécessité d'une direction particulière pour chacune. Nous les retrouverons dans les méditations prochaines. dont Texcès porte le nom commun d'orgueil. Cette définition convient également à la vertu simplement humaine et à la vertu surnaturelle d'humilité. si la simple humilité de raison ne manque pas elle-même à notre vertu. sont des vérités révélées qui viennent changer le point de vue et imposer une humiet plus profonde et plus gémissante. c'est préciation de cet excès. La vertu simplement humaine trouve cette appréciation dans sa raison seule . d'excès. la nécessité absolue de la grâce et des grâces de miséricorde. 2° La di£tinction de ces deux tendances. ces lumières d'en haut. en effet. par leur . ces motifs d'une humilité plus qu'humaine. Demandonsnous.

à charge. veut tirer. les ressources non plus. tout le parti possible. des méditations qui vont suivre. Les conditions générales. les moyens généraux sont proposés à tous. que certains signes caractéristiques. mais. et telle nature à refaire appelle une méthode différente. pour chacun. Autre est la personnalité de celui en qui domine l'estime de soi. Les travers ne sont pas les mêmes.PREMIÈRE SEMAINE 40 physionomie morale comme par leur nature intime. souvent de minime apparence. . révèlent à l'observateur exercé. Que chacun prenne donc se classer le soin préalable de dans l'une de ces deux catégories. comme l'inspection d'un os permet au naturaliste de reconstituer l'ensemble d'une espèce animale. autre est la personnalité de celui qui est dominé par le désir de l'estime. Ce :?ont deux constitutions à part. d'en diriger V application vers s'il son but spécial.

Première Semaine DEUXIÈME MÉDITATION II« EXERCIGB De Testime de soi et du mépris implicite des autres Premier point : Constater la tendance. Il est personnel et exigeant par une alliance assez fréquente avec l'égoïsme. on se connaît si mal soi-même! Ce que l'on a toujours vu. ou bien ou bien l'esprit d'indé- pendance pouvant aller jusqu'à la révolte. il peut être une force sans cesser d'être vicieux. Il a de la tenue. oujours senti. Chez les gens privés de principes plus hauts. fût-il sou- . toujours fait. mais dur. N'ai-jfc pas quelques-uns des caractères de — cet orgueil? L'orgueil est si habile à. selon les situations. Quatrième point : Ses dangers. le : — sens autoritaire. Troisième point : Ses contradictions. On le rencontre plus ordinairement chez l'homme que chez la femme. mais de la raideur. Il sera juste.— Deuxième point Ses partialités. finit par paraître légitime. — PrépsLPation pour /a ve/7/e.se dissimuler. — Ce genre d'or- gueil développe.

Demain. nous sont apportées du dehors. Ne dit-on pas sans cesse que chacun se surfait. travail instinctif semblable à la poussée de la plante (|ui parvient à plonger . d'ailleurs. ce qui s'adresse au rôle que Dieu nous prête. nous font croire à une supériorité quelconque nous retenons facilement pour nous. c'est à votre lumière que je veux recourir c'est de votre grâce que j'attends le don de me pénétrer moi-même.PREMIERS SEMAINE 42 verainement défectueux. je sonderai ces retraites obscures où se cache l'orgueil mais ma vue est trop courte pour en atteindre les profondeurs. nous — Considérons en /a tendance. . alors même qu'il n'est pas extrême. Qu'elle non. et d'une grande sincérité de conviction. . elle existe : travail soit volontaire ou incessant de notre esprit pour découvrir en nous quelque chose à y estimer. mière I. et l'orgueil peut être dangereux. le respect lui-même. «^ Méditation — Demander la grâce d'une vive luPrélude. . tendance qui nous porte à nous Constater cette surfaire [superbia). pour peu que notre situation y prête! Les éloges. Que d'illusions. ferais-je exception à la règle? On peut être orgueilleux. mon Dieu. sans l'être de toutes les manières.

tant il est naturel. pas de contrepoids la tendance à l'estime de nous-mêmes s'est seule fortifiée. nous sommes porde grand prix les côtés par où elle est mieux douée. les plus importants. nous n'hésitons pas à tenir les premiers pour misérables. Avons-nous des avantages extérieurs. fussent-ils vulgaires? Ce sont ceux-là qui nous paraissent. il s'y complaît. travail inconscient et sans fatigue. si ce sont les dons de l'intelligence qui dominent. Avons-nous plus de tête que de cœur? Nous — nous en félicitons. Cette — s'arrête point à ce qui est imparfait. humiliant. il ne bue. Ses partialités. et cepen- dant. il les nourrit. il s'en vue persistante produit une impression qui se grave. C'est une vue fugitive qui s'efface sans déterminer une impression stable. mais sans solidité ? Qu'est ce qu'un cerveau pesant A-t-elle. Avons-nous plus de cœur que de tête? nous déclarons l'habileté méprisable. Donc. et nous plaignons sincère ment ceux qu'une trop grande bonté rend dupes des habiles. Pas de vérité non plus nous avons enregistré un seul côté de l'enquête. : — : — II. plus de solidité que 4e brillant? Que sont les phrases creuses tés à estimer ! — l — . Par contre. — Est-elle déliée. Suivons-le dans ses procédés il attache et fixe son attention sur les qualités qu'il s'attri: contemple. Dans notre intelligence. après tout. bas. Mais. au contraire.DEUXIÈMB MÉDITATION ses racines au milieu des rochers 43 .

J'estime plus ce que j'ai : orgueil satisfait. il lui arrivera même homme. Contradiction — — appai:ente. ! : — : — IV. taté bien souvent on l'a fait avec une clairvoyance étonnante. cherchons à prendre sur le vif les accès de notre orgueil et ses contradictions désolantes. que je tiens mes talents. défaut identique. » La formule e^t . Humilions-nous de notre partialité odieuse et du ridicule qu'elle contient.44 PRBUIÂRI 8BHAINB Si l'on a obtenu un succès. Examinons ici nos sentiments et nos actes.. le l'orgueil se retrouvera parfois sur le même de plus instruits. — III. Alors survient comme un travail d'élimination. — Ainsi de tout le reste. ô mon Dieu. Auprès de se dire avec une conviction sentie Oh! que la piété vaut mieux Se trouve-t-il ensuite auprès de plus vertueux que lui aussitôt une estime toute nouvelle pour la science lui monte au cerveau. « C'est de vous. Rien n'est plus facile que de rendre hommage à Dieu de tout ce que l'on est. qui se poursuit sans re- lâche. c'est qu'on s'y est bien pris.. et parvient à nous reconstituer une prééminence quelconque. c'est qu'on a été injustement traversé. — Certes. J'estime avec découragement ce qui manque : orgueil souf- frant. si l'on a subi un échec. Ses dangers. parfois dans le mépris de ce qui nous dépasse. La contradiction de chez objet. mes succès. parfois même Ses contradictions. mais on en souffre. on a consson infériorité. s'il croit les surpasser par là.

Confiant en lui. il en arrivera parfois à se On le vantera audacieuserendre ridicule. ment pour voir ce qu'il peut absorber de flatteOn le laissera s'engager dans une fausse ries. se raidira contre l'insuccès méd'où erreur de conduite. ses expressions. tous les sentiments de hauteur. Mais. l'orgueil. toutes les vaines complaisances. si caché et si plein de : — — — I : dangers! Réflexions. qui donc porte ce défaut à l'extrême. se répandra en paroles blessantes. et l'aggravera Enfermé dans ses idées. tera à se vanter. faites que cette Probation m''ouvre les yeux. mais elle ne nous détourne pas sincèrement de nous-mêmes. qui n'est . rité. pour s'en faire un sujet de risée tristes représailles Seigneur. je — me En parcourant ces signes de suis senti presque rassuré : non vraiment ces signes.45 DEUXIEME MÉDITATION connue mais elle peut laisser passer tout l'orgueil pratique. et gardera un cœur ulcéré d'où perte de la charité. je ne les remarque pas en moi. et m'arme d'une sainte colère contre un penchant si vivace. L'orgueilleux se trahira par sa pose. On l'excivoie. vraiment pas notre grand danger. l'orgueilleux ne demandera pas facilement conseil il dédaignera les averl'orgueil hérétique. et je ne tombe pas dans ces sortes de travers. son ton. tissements. Il s'irritera contre les oppositions. Elle écarte . il les soutiendra. . sans prêter attention aux raisons des autres : : d'où entêtement. pour jouir de sa déconvenue.

est de la simple sagesse. m'incliner toujours à . la règle ma conscience est averdu discernement et la volonté du combat. Durant le cours de ces méditations. il faudra être pleinement humhle! Cela semble une naïveté.. les objets finissent peu à peu par émerger je m'observerai à loisir. je suis en pleine obscurité. me surfaire. qui donc serait assez téméraire pour s'en croire entièrement exempt? Ce qui ciioque en théorie et chez les autres. — Dans cette méditation. sera le flambeau. mais de l'obscuritë. passe facilement inaperçu chez nous. mais pour ne l'être point. Je ne me sens pas orgueilleux. ô Esprit saint. de stigmati« Je le prends en horreur et je le ser un vice redoute en lui-même c'est un grand point. c'est triste à penser. vous me révélerez en moi. de tracer un tableau. vous me montrerez àmoi-même. ô mon Dieu. est pleinement humble? Le suis-jeàce point? : Résolution. Par : — là mes idées sont tie. un être que je ne connaissais pas. que ma prière instante promènera parmi les ténèbres de ma vie. je possède fixées. Qui. je viens surtout de faire une analyse. Votre lumière. — Une tendance innée me portant à me croire audessous de ce que je pense. A cette heure. par contre.PREMIERS SEMAINE 46 et.. c'est un rayon aigu. en effet.

Ne les dangers serais-je point victime de ce désir excessif de l'estime? Voici quelques-uns des caractères qui le signalent : Trouble ou du moins préoccupation causée par Selon les cas joies la crainte du blâme. mettrai bien en face de cette disposition si facilement dominante. jalousie. et force Désordres qu'elle Folie où elle — — — Demain je me Préppration pour la veille. Selon les ineptes ou tristesses démesurées. natures découragement. envie. j'en sonderai et aussi les côtés misérables. que de faussetés il inspire Je dois le redouter parce qu'il démoralise. je dois le surveiller parce qu'il est vivace. peut entraîner. irritation. peut introduire. les grandes vertus y échappent. seules. et que. que de bassesses il autorise.Première Seiuaind TROISIÈME MÉDITATION m" EXERCICE Du désir excessif de Testime Premier potnt : Deuxième point Troisième point Nature : : de cette tendance. Que de petitesses il entraîne. etc. etc.. dénigrement. — : ! — : .

certains hommes. » Cette tendance apparaît chez le petit enfant.48 PREMIERE SEMAINE Méditation Prélude. que l'estime de cinq ou six personnes qui nous entourent nous amuse et nous conI. que nous voudrions être connus de toute la terre. Nous sommes si présomptueux. en effet. et si vains. « la dernière robe dépouille que l'on ».. chez des personnes qui se reconnaissent peu de valeur. qu'à quelque chose qu'on l'attache. II. et c'est. dédaignent l'opinion d'autrui. pourvu qu'on en parle. sir tente. selon Platon. la grâce d'une vive lumière et d'une grande sincérité de conviction. demander — Comme dans la méditation précédente. D'autre part. et bien des gens acceptent volontiers qu'on leur prête des qualités qu'ils n'ont pas. — Nature et force de cette tendance. même à la mort. Désordres que peut entraîner cette tendance. dit Pascal. on l'aime.. On le rencontre. Nous perdons encore la vie avec joie. « La douceur de la gloire est si grande. Le déde l'estime des autres ne saurait se confondre avec le sentiment de l'estime de soi. Le désir de la louange est donc une forme spéciale de l'orgueil. pleins d'eux-mêmes. Un amour raisonnable et paisible de — .

L'homme vain sera serviable. L'homme vain. mais l'éclat qu'il projette. L'illusion l'environne d'un nuage. . . et pourtant on le voit dur. Alors rabattement et l'irritation se succèdent. — Est-il méchant ? . et « s'évanouira » dans sa folie. et elle sera peu délicate dans ses conseils sur le choix des moyens. soit à la désirer au delà du mérite.49 TROISIÈME MÉDITAXION hommes n'est point un vice. Que poursuit l'homme dnininé par l'amour de la louange ? Est-ce le bien ? Non. : . il perd tout élan l'approbation était son appui. l'irritation lui crie de briser les obstacles. Au reste. Il sera facilement imprudent. de langage . comme pour mieux aspirer les éloges. C'est pourquoi l'on peut donner des louanges pour encourager. Est-il faux ? Non et pourtant il change d'opinion. . se redresse et s'épanouit. : Non . Est-il injuste ? Pas davantage et pourtant il marche cruellement sur les droits du prochain Il ne les a pas vus. L'abattement veut le plonger dans l'inaction du découragement. HUMIUTÉ. . le succès ne produit pas un moindre désordre. Il Replace ainsi le but et. généreux mais pour le paraître. Au fond. — 4. l'estime des . il est quelquefois un secours personnel et un stimulant à des actes utiles. d'attitude. comme les crises différentes d'un même mal. Méconnu. au lieu de tendre au devoir pour lui-même. il y tend pour sa récompense accidentelle. tout bien mérite l'estime le désordre consiste soit à l'aimer plus que le bien. soit à la rechercher avec empressement. et l'appréciation exacte des choses lui échappe. Il respire plus largement. entouré d'estime.

quand ses elle s'étale erreurs nous perdent. ' : . Ah quel besoin de voir clair en nous-mêmes Quel besoin de cette formation I Quel besoin d'humilité — . U . selon les cas il ira même jusqu'à employer d'hypocrites formules d'humilité. il est tour à tour arrogant ou flatteur.. ne voit que son but occuper une plus grande place dans l'estime des autres. A . où l'imagination nous transporte à des actions d'éclat. et voyons ce qui s'y passe. Situation oii se révèlent des qualités supérieures que nous possédions à l'état latent : nous entendons déjà des murmures approbateurs . et nous ï'aimons.. — III. Ce sont des rêves. on s'écrie je suis fou Cet amour vain de la louange est en effet une folie. nous voyons des visages animés d'enthousiasme nous jouissons de la surprise de tous et de la nôtre. faute de réalité. ! î 1 Examinons les mobiles qui nous ont dirigés dans les circonstances importantes de la vie. ceux qui nous animent aujourd'hui dans nos actes ordinaires. Si. dont on sourit quand folie redoutable parfois. Tout cela se fait : avec une tranquille inconscience. Kéres creux et interminables. nous le savons mais ils caressent notre passion.' 50 PREHiJbRB SEMÂINS selon les personnes . plongeons nos regards au fond de notre intérieur. C'est une jouissance. . à des succès étonnants. .certains moments de réveil lucide. Folie de cette tendance égarée. laréalité des choses nous tient éloignés de ces excès. folie douce souvent. en pratique.

TROISIÈME MEDITATION 51 Envisageons surtout la cause vraie de nos joies et de nos tristesses. en constatant qu'elle nous manque. Ne serait-ce pas trop souvent l'approbation ou la défaveur ? Scrutons notre conduite. d'hui : — si l'on avide d'estime Me redire plusieurs fois aujoursavait autour de moi combien je suin I . Résolution. Ne donnons-nous pas nos sympathies à ceux qui nous flattent. et si nous supposons que telle personne nous estime peu. et l'équilibre moral avec elle. ne sommes-nous pas facilement à son égard hostiles et injustes ? Concevons un grand désir de l'humilité.

mais c'est peu. et c'est là plus qu'une erreur. faisons succéder l'étude du rôle de l'humilité dans leur direction npus constaterons que. L'estime de soi porte à faire fonds sur ses ressources. plus qu'une simple faute. c'est un immense danger. idées. c'est qu'elle tend à obscurcir la notion du besoin de Dieu. et que le châtiment de l'orgueil sort de l'orgueil lui-même.CONCLUSIONS ET SYNTHÈSE A l'analyse des deux tendances qui portent à l'exaltation de moi. il ne voit ni le fait. Le plus grave. car une telle attitude implique la négation implicite de la grâce. qui naît d'un sentiment est responsable des désastres qu'il vicieux. . qu'elle ni surtout l'odieux de cet étrange oubli. la vertu chrétienne ne peut ni s'établir. Sous l'influence de cette disposition. sur sa volonté. Or qu'arrive-t-il si cette confiance est excessive ? Qu'elle détermine des erreurs de conduite et 1. sur ses amène des déceptions? Assurément. Aveuglé par l'esprit propre. ni durer. . l'orgueilleux ne songe pas à consulter Dieu et à implorer son secours pourtant nécessaire. Cet égarement. entraîne parfois. du recours à Dieu. sans elle.

la recherche d'une position plus brillante. Le désir excessif de l'estime s'oppose égala vertu. même légitimes. c'est qu'on veut l'honneur du succès et si l'on Souffre tant d'un échec. que secondaire. elle aussi. au milieu de tout ce tumulte d'es. Que dire d'une vie dirigée presque entièrement par de tels mobiles ?. il doit en être encore la II. au droit de Dieu.. pérances et de craintes personnelles. d'une simple louange peut-être or.. lui aussi. d'une distinction honorifique. — : . il s'attaque pourtant. dans une courte formule Dieu doit être la fin dernière de nos actes l'orgueilleux l'oublie et l'écarté en ne se préoccupant que de soi. c'est qu'il rabaisse. L'orgueilleux pense et agit comme s'il Cette analyse vante était : lui-même ce principe. En effet. rien pour Dieu! Des actes inspirés par de tels motifs auraient beau être.ni même vertueux au vrai sens du mot. Que d'efforts. Cette seconde analyse se résume. ils ne sont ni surnaturels. quoique d'une autre manière . n'a point provoqués . Il lui fait encore une autre injure celle de pré: .de nos intérêts. que de sacrifices. Dieu n'est pas seulement le principe de nos actes vertueux. par eux-mêmes. La vue . n'est Que devient cette préoccupation sainte dans une âme où règne le désir excessif de l'estime des autres ? Si Ton a tant à cœur de réussir. bons et bienfaisants.CONCLDSIONS ET SYNTHÈSl 53 se résume en la formule suiDieu par sa grâce est le principe de la vertu. lement à fin.

« Grâce à un très bon jugement. Un tel orgueil. plutôt instinctif et sans malice. En de lui-même. Nous développerons en son lieu cette effet. La sottise ici l'emporte sur l'or- les malédictions gueil. le estime. Pour châtier l'orgueilleux. Dieu n'a qu'à lui-même cette conséquence res- livrer à : sort lumineuse des notions qui précèdent. » ne pensez t. Testime vaine des créa- <.. ainsi châtié. injustes punitions où Dieu laisse succès. quand elle est démesurée le désir excessif de l'estime trouve plutôt le sien dans . à plus forte raison. ne faudrait pas comprendre dans ces appréciations un certain orgueil naïf et qui s'étale . Ce genre de châtiment vise spécialement l'estime propre. s'il n'est pas retenu par lesecours de Dieu. est rare parmi les chrétiens qui conservent avec Dieu quelques rapports. Il sévères. parfaitement applicable au monde moral.. parmi les âmes Craignons néanmoins un orgueil pieuses. hélas : ! tomber. tristesse. de l'accélération des vitesses.. : — . et il s'y enfonce toujours davantage. selon la loi.. fautes.PRBUIÈRR SEMAINB 54 férer à son tures III. l'homme déchu tend au mal. Hélas vous lui devez beaucoup moins que vous Dieu. il y descend tôt ou tard. n'attire pas de Dieu il se contente de provoquer le sourire des hommes. moindre qui ne laisserait pas d'appeler de sécheresse persistante. je le dois à comme moi pour. or. Il n'y en a pas un j'ai le don de la parole. Dieu j'ai — — — I ! Cet orgueil. vérité.

plus il devient avide. Le rôle de l'humilité se dégage maintenant avec une netteté parfaite elle est la vérité et l'ordre [ordre. ces mêmes notions. . : — La vérité tout bien et est que Dieu est le principe de non pas nous-mêmes.. la faim ramènerait l'enfant prodigue à la maison paternelle ! IV. plus largement développées. Il commence par la préoccupation et finit par la déception. Que ne se contente-t-il de semer de l'amertume sur nos joies humaines. Si Dieu est le principe de tout bien.. il est est — — le motif souverain. en tant que fin.CONCLUSIONS KT SYNTHÈSE 55 la joie qu'il cherche et qui le fuit. En tant que principe. se détourne. et il exige la pureté d'in- tention. — L'ordre que Dieu doit être la fin de tous nos actes et non pas nous-mêmes. sans doute. Nous allons retrouver. et de nous rendre malheureux dans nos vaines recherches. et se détourne de sa fin?. Ce désir est toujours plus étendu que les objets qu'il peut atteindre. et. De son côté. justice : termes équivalents). Le plus grand châtiment qu'il puisse infliger. mon devoir consiste à vivre sous son entière dépendance. s'il est la fin obligée de tous mes actes. plus il obtient. Dieu est la loi et demande l'obéissance. mon devoir est de les orienter tous vers sa plus grande gloire. pour nous en pénétrer. un jour. Dieu se sentant oublié. Que peut-il faire d'un être qui se soustrait à sa propre loi. est là soustraction de ses grâces.

en Dieu — Préparation pour la veille. des lumières les vôtres. Je veux donc me mettre riiumilité est en face de cette maxime reçue demain cette vérité : fondement des Est-elle bien vraie? l'entendre? Jusqu'où va sa. la volonté de me faire humble le vertus. — J'envisagerai en elle-même. au vague de mes idées sur ce point et au manque de conviction qui en résulte ? des mon Dieu. portée? Par quelles dispositions pratiques se traduitJusqu'ici ne l'ai-je pas acceptée de conelle? fiance sans en avoir pénétré la raison d'être? L'imperfection de mon humilité ne tient-elle pas. craintes celles que je dois avoir! Mais par dessus tout. Troisième point point : Pureté d'intention. Comment — — : : I . car ici le but n'est pas tant de m'examiner que de m'instruire. en partie.Première Semaine QUATRIÈME MÉDITATION IV« EXERCICE L'humilité fondement des vertus — Deuxième : Confiance Premier point : Du fondement des vertus. S'instruire est le premier pas vers le bien que Ton poursuit.

doit reposer sur des fondements solides. qui le considère comme principe premier de nos actes vertueux et comme objet final de nos inten- — : tions. D'autre part. pour durer. pris en . nous maintenant dans la pratique du bien. . n'est autre queDieuprincipe et fin de notre vie spirituelle. en effet. porte l'orgueilleux à compter trop sur ses propres forces et à s'attribuer le bien qu'il fait. la vertu qui lui reconnaît ce rôle et en assure l'exercice. Demander la grâce de bien comprendre rapports étroits de Thumilité avec les vertus chrétiennes. le désir excessif de l'estime. Du fondement de la ensemble de bonnes — vertu. l'entraîne à considérer en toute chose ce qui lui rapportera le plus de considérations et d'éloges.QUATRIÈMK MÉDITATION 57 Méditation — Prélude. En dernière analyse le fondement des actes moraux est dans le mobile qui les détermine le mobile en est l'âme. quand elle est déréglée. en réfléchissant. constitue notre grandeur morale. La vertu est un dispositions et de forces acquises qui. Au contraire. C'est pourquoi on l'a comparée à un édifice. c'est l'humilité c'est elle. Or. Or. les I. l'estime de soi. Tout édifice. nous reconnaissons que si nos actes humains. nous l'avons vu plus haut. Celui de la vertu.

: . Dieu devant être l'objet final de tout ce qu'il a créé. peuvent avoir des mobiles très variés. : — moi. celles-là Je compte sur Dieu . ô mon Dieu. même apparente. jusque dans la vertu. ou serai-je mon idole? Une vérité lumineuse se dégage de cette constatation l'orgueil est le rival de Dieu. c'est la pureté d'intention. ou par le désir de plaire à Dieu. J'agis pour puisque sansDieu je ne puis rien. il n'en est pas de même de nos actes rertueux. entre vous et mon orgueil. l'orCet état gueil est le moi se substituante Lui. L'orgueilleux met sa complaisance en luimême et. ne produisit jamais de vertu. ou par le désir de nous attirer Testime des hommes. pratiquement. se présente sous deux aspects et peut se traduire par ces deux formules Je compte sur : — : moi. sur ma mon savoir-faire. douces et fécondes fagis pour Dieu ! C'est la confiance en Dieu. ou sur moi qui suis la défail- lance innée? Le mouvement de ma vie s'orientera-t-il vers votre gloire à procurer. sur force parole de folie. Ma vertu reposera-t-elle sur vous qui êtes la force. il recherche sa propre excellence. Je compte sur moi. JTagis pour moi. La lutte est donc. ou vers ma vaine gloire à satisfaire? Serez-vous mon Dieu. Parole de désordre et d'injustice. Le contraire de cette prétention détestable se traduit lui aussi par deux formules. Ces derniers sont commandés. sur mes résolutions. L'amour des jouissances.PREMIÈRE SEMAINI 58 général. par exemple.

entraîné au mal. quand elle est vertu. Pureté d'intention. Or. Or. et. c'est le bien. c'est prendre ma vraie place dans le plan de bonté Dieu n'eût-il pas de droits qu'il a formé. en ce moment. propre de l'humilité de uous montrer avec évidence notre dépendance en tout ordre de choses. plus je sens grandir en moi le besoin de : . cette folie est celle .. cette défiance. de les admettre.. Confiance en » C'est le vons rien. faible. dans sa sagesse. c'est la défiance de soi-même. pour tous les actes surnaturels. sa grâce nous est absolument nécessaire. L'humilité. c'est la sac'est graviter vers l'Etre gesse. doit exiger que nous nous présentions pour la recevoir avec les dispositions qui conviennent à notre impuisance. se tourne comme instinctivement vers Dieu par la confiance « Je me connais. envisagée à ce point de vue. Dieu. telle est — — . la confiance. C'est Tordre. de l'orgueil. La grâce nous étant indispensable.QUATRIÈME MÉDITATION 59 — « Je compte sur Dieu. Sans Dieu. c'estdonner ma note dans le concert universel qui le glorifie. Dieu. et je vois que je ne puis rien je connais Dieu... Nous méditerons bientôt ces vérités contentons-nous. et je sais qu'avec lui je peux tout. nous ne pouII. . sa formule. Plus je me sens petit. aussi a-t-il fait de l'humilité la tondition de ses dons. III. et tirons-en cette conséquence nécessaire: compter sur soi serait folie. » — « J'agis pour Dieu ». infini par qui tout existe..

dehors. car elle n'en saurait avoir d'autres. On n'exclut pas Dieu formellement. qu'ilreste le d'amour. faisais Or et je l'orgueil m'en détourne. avec les — mêmes sentiments. On sort ainsi du plan on se éternel. on perd errant et déplacé dans la création. elle le remarque et revient sur ses pas. Heureuse l'âme parfaitement humble. elle aime Elle subit les épreuves du tout ce qu'il aime. les délaissements du dedans. C'est l'humilité qui assure la pureté d'intention. on peut tout ramener à soi en fait ou en désir.. alors même qu'il se réduit à n'être qu'un orgueil pratique. qui vit abandonnée aux desseins d'un Père tout-puissant! Elle veut tout ce qu'il veut. « la lumière qui est en elle l'orientation véritable. Combien l'âme orgueilleuse est loin de ces dispositions. et qu'elle est à plaindre! car il est « Tout ce que mon Père n'a point planté écrit : sera arraché. Elle nous dégage de l'obsession de nousmêmes et nous tient à notre rang. » La pureté d'intention et la confiance en Dieu sont donc ÛUes de VhumiUté» La pureté d'in- . mais on le laisse en dehors de ses intentions. éminemment digne serais un insensé.. Cette pureté d'intention est pour elle un besoin et. fait éclaire » tous ses actes. Sans faire de soi une idole dans le sens ab- solu du mot. si elle s'en éloigne. si je n'en pas le but de tous mes actes.ÔO PREMIÈRE 3EMAINB Bien suprême. Elleen faitla règle de sa vie. L'âme vraiment humble confesse volontiers les droits de Dieu etlesrespecte.

elles — Résolution. qui est ici-bas leur objet poursuivi. sera au ciel leur objet possédé. et ensemble fondent V avancement. Dieu. m'élever au désir de celle de Dieu: elle peut suffire. . qui peu à peu amène à la perfection..QUATRIÈME MÉDITATION 61 tention dirige. la confiance anime.. elle doit dominer. Ne pas me faire un besoin de l'estime des hommes.

. faites-le moi enûn connaître. s'il y eut beaucoup d'orgueil dans la préparation de ma vie pieuse. ditation de demain. je remonterai à un examen au temps de ma mobiles qui m'ont formation. je — 1° Dans la mé- me livrerai rétrospectif. le désir .Première Semaine CINQUIEME MÉDITATION V EXERCICE Vertu viciée dans sa formation par un org^ueil inconscient Premier point : Le fait et ses causes. plaisance en la vue de Dieu qu'altéraient. animé de tout ce consciemment. — Deuxième point i Signes indicateurs. mon Dieul éloignez-moi de moi-même que je me trouve placé à la juste distance qui permet de bien voir. sentir et abhorrer. De grâce. et de plus ou moins de l'estime et la com- moi-même. l'autre. dé- — . Je mettrai d'un côté tout ce qui était pur. Faites surgir en ma afin mémoire tels et tels de ces petits détails qui reconstituent tout un passé. sintéressé. Préparation pour la veille. je scruterai les porté au bien je rechercherai les influences extérieures qui m'y ont peut-être maintenu.

sois attentive.. Il suffît de c'était un entourage choisi. Il y a même beaucoup de ces vertus. Le fait et ses causes. d'un orgueil qui se dissimule. mon âme. Quoi! l'orgueil m'aurait aidé plus ou moins à m'établir dans les habitudes de la piété.. Avons-nous jamais bien suivi les conséquences de ces deux observations psycholo- l'homme est essentiellement imitateur. et prie..CINQUIÈME MÉDITATION «^ 63 Méditation Prélude. un noviciat?. Essayons d'en faire l'application à la périodb de notre formation.. et je ne l'aurais point senti !.. l'homme subit l'influence des milieux et s'y giques : adapte. La mienne est peut-être de ce nombre?. On parle souvent d'un orgueil caché. dire un séminaire. ne viendraient-elles pas de ce que mes vertus reposaient.. pour une large part.... — I. Je ne songeais pas que je pouvais en être la victime! Et pourtant mon relâchement. sur ce fondement faux et fragile de l'orgueil?. Il y a des vertus formées sous l'influence plus ou moins active d'un orgueil inconscient.. afin que je sache si mon humilité est sincère et solide... mes fautes. —Prier Dieu de projeter une vive lumière sur mon passé. De quelles personnes avons-nous été entourés alors? Quelles idées régnaient dans le lieu où nous vivions? Etait-ce une maison d'éducation. un milieu : .

PREMIERE SEMAINE

de piété. Rien n'y était plus en honneur que la
vertu. On parlait avec admiratioia des actes
héroïques des Saints. On traitait avec vénérapersonnes en qui apparaissait un rayon
de sainteté. Livres, entretiens, tout concourait
à développer cette heureuse impression
Oh! comme nous estimions ces choses I
comme nous portions envie à ceux qui nous
tion les

!

édifiaient

!

absolument purs, tous ces
sentiments, qui, à la vérité, nous excitaient au
bien ? Faudrait-il une analyse très rigoureuse
pour y découvrir quelque alliage? Le désir
d'entrer dans ce mouvement honoré de Testime
commune, n'était-il pas pour beaucoup dans
l'ardeur qui nous poussait ? Le contentement
au service de Dieu n'empruntait-il rien au contentement de soi et surtout à la conscience
plus ou moins claire de la place que nous
occupions dans l'esprit des autres?... Ahl qui
sondera ce mystère que Dieu seul connaît?
Etaient-ils purs,

;

Notre humilité d'alors n'était-elle pas elleinspirée par l'orgueil, du moins en partie? Rien n'est plus facile à concevoir que cette

même

possibilité.

et

Dans le milieu dont nous parlons, on estime
on admire par-dessus tout cette vertu. On la

reconnaît comme capitale. Il estpresque imposde n'en point prendre les formes extérieures, de n'en point adopter les expressions,
et jusqu'à une sorte de sentiment intime. Se
sible

croire humble, suffisamment humble, est
besoin.

un

CINQUIEME MEDITATION

6!i

Cette humilité peut sans doute être vraie,
car de telles influences favorisent merveilleusement sa croissance ; mais elle peut, et très
facilement, n'être qu'une humilité factice.
Une âme naturellement orgueilleuse prendra
le change, et de l'humilité qui marche devant
elle, elle n'aura poursuivi que l'auréole.
Encore une fois, qui sondera ce mystère que
Dieu seul connaît.
II.

dit

:

Signes indicateurs.
Le divin Maître a
Vous jugerez V arbre par ses fruits. » De-

«

mandons

la

réponse au développement de notre

vie.

Lorsqu 'après

notre formation, nous avons

changé de milieu,

cette belle ardeur n'est-elle

point tombée? Le zèle pour la perfection, et
particulièrement pour l'humilité, ne s'est-il pas
éteint? Ce résultat ne s'est-il pas produit bien
vite et sans grande résistance?... Aucune se-

cousse particulière ne s'est fait sentir.
Et pourtant, ce nouveau milieu contenait
encore, quoique en moindre proportion, l'estime et l'admiration des mêmes choses... Mais
était saturé d'idées toutes différentes; et,
trop fidèles à la loi de notre nature si pliable,
nous nous sommes adaptés à ce nouveau milieu,
de la façon la plus favorable à notre amourpropre.
Un autre signe également caractéristique,
c'est notre attitude en face des contradictions,
des insuccès, des injustices, du dédain plus ou
il

moins éprouvé.
pations

:

— Trouble, tristesse, préoccu-

voilà le fait d'une
HUMILITE.

vertu imparfaite,
6

PREMIÈRK SEMAIKB

66

reposant plus ou moins sur l'orgueil.
Décolère, animosité, jalousie,
voilà le signe d'un orgueil très proré vol le
fond et qui nous domine.
Notre humilité n'était donc que de surface!
ses sentiments n'étaient donc que des senti-

couragement réel,
:

ments

appris!... Si elle eût été vraie et foncière,

nous eût inspiré le calme et la résignation,
peut-être même ce contentement supérieur et
cette joie des grandes âmes qu'éprouvaient les
« Ibant gaudentes. »
Apôtres, battus de verges
Merci, ô mon Dieu, de ce vif rayon de lumière
plongeant au fond de ma vie... L'avoue rai-je?
il me blesse par sa clarté... Je souffre... Je me
demande si tout en moi n'est pas à refaire...
Mon apparente vertu ne serait-elle pas le simple
effet du milieu où je vis encore?... Que serais-je
position, occusi tout changeait autour de moi
pations, personnes?... A la pensée de cet isolement moral, je me sens un extrême besoin de
me cacher dans votre sein, car vous m'appaelle

:

:

raissez

comme mon seul refuge!... mon Dieu,
moi une âme nouvelle, cette fois bien

créez en

humble

I

« Multi humilitatis

umbram, pauciverita-

tem sequntur, de l'humilité beaucoup poursuivent l'ombre, peu la réalité », dit saint Jérôme.

— Me demander,

à roccasion, si j'autenue, la même affabilité, le même
zèle, si nul autre que Dieu ne devait s'en apercevoir
et m'en savoir gré.
Résolution.

rais la

même

Première Semaine

SIXIEME MEDITATION
VI*

KXKRCICK

Humilité, gardienne des vertus
Premier point : Humilité, sel qui préserve de la corrupDeuxième point : Lumière qui dissipe les illusions.
tion.

Préparation pour

la

veille.

— Si

notre vertu

un orgueil
inc«nscient, rédifice est bâti sur le sable
le
péril de ruine n'est que trop constant.
Si elle
est établie sur Dieu, rassurons-nous pour le
passé, mais ne soyons pas sans crainte pour
l'avenir, car l'orgueil peut détruire l'édifice le
plus solidement construit.
« Celui qui, sans humilité, s'enrichit de vertus, dit saint Jérôme, ressemble à l'homme qui
porterait au vent une mobile poussière. 0"» sine
humilitate virtutes congregat, quasi in ventum
pulverem portât. » Ohl que de vents violents
soufflent autour de nous; et en quel danger ne
sont pas nos fugitives résolutions!
Saint Antoine, effrayé paf une vision qui lui
montrait le monde rempli de pièges, s'écria :
est fondée,

du moins en

partie, sur

:

68
a;

PRBMIRRS SKMAINI

Seigneur,

comment s'en préserver?»

«<

Pur

répondu.
L'humilité, qui est la base des vertus, en est
aussi la gardienne et pour les mêmes raisons
elle fait de Dieu le principe et la fin de nos
actes. L'orgueil se les attribue injustement et
raine Tédifice. Cette vérité, toute la tradition
l'enseigne nous la répétons à notre tour; mais
si c'est là une maxime reçue, est-ce chez nous
une conFiction véritable? Ressentons-nous une
impression de crainte, quand nous constatons
que, si nous ne sommes pas positivement des
orgueilleux, nous ne sommes pas non plus des
Vliumililé

» lui fut-il

!

:

;

humbles?
L'humble éprouve, à toute occasion, le besoin
de Dieu, de son indulgence comme de son
secours. Il éprouve, à la vue de sa misère et de
sa faiblesse, l'impression d'un homme qui
marche avec une blessure tout mouvement la
rend douloureuse.
Qu'une vertu est bien gardée par une telle
humilité! ô mon Dieu, qu'elle devienne la
:

mienne

1

Méditation

— Demander la grâce de me jeter dans
comme dans une citadelle qui me défende.

Prélude.
l'humilité

I.

L'humilité, sel qui préserve de la corruption.

Plus une vertu est grande, plus elle donne
car tout bien est matière à

prise à l'orgueil

:

SIXIÈME MÉDITATION

69

vaine complaisance de l'âme et à l'applaudissement des hommes.
La Faine complaisance commence l'œuvre
de désorganisation. Elle est si douce et se fait
si bien écouteci Elle est si ondoyante et sait
la

bien se déguiser!
poison mêlé à de saines substances, elle s'insinue dans le contentement de
la gloire de Dieu et du salut des âmes; elle
se retrouve dans les consolations sensibles;
et nous suit dans les élévations les plus sublimes.
C'est insensiblement qu'elle fait ses progrès
comme ses ravages. Ce genre d'action lente
endort la vigilance et ainsi le poison pénètre
dans les plus belles vertus.
La vaine complaisance a commencé l'œuvre
de désorganisation, le désir de la louange
l'achève. Ce murmure qui vient du dehors,
retentit si agréablement au dedans!... Certes,
on s'assure bien qu'on ne s'en laisse point
charmer qu'on subit à regret ce que l'on ne
peut éviter; que l'on en rapporte à Dieu toute
gloire... cependant, la jouissance est réelle et
profonde.
Sous cette double influence, le mal
gagne ce n'est plus un acte passager qui en est
vicié, c'est toute
une série d'actions semblables; ce sera bientôt peut être l'ensemble
de la vie. Les vertus se corrompent.
Pendant un temps, elles tiennent debout par
la force de l'habitude, et aussi par les exigences
si

Gomme un

:

;

:

.

de l'orgueil lui-même. Toutefois, cette vie factice ne saurait se soutenir toujours... Des ten-

70

PREliltRB SEMAINE

talions plus

fortes,

des circonstances impré-

vues, un rien, en auront bientôt fini.
2» Qui préviendra ces maux? L'humilité.
« Elle sera avec la vertu, dit saint Augustin,
ou la vertu ne sera pas. Virtus non est nisi

conjunctam habeathumilitatem.» Elle s'y répandra comme le sel jeté sur une substance que
Ton veut conserver; elle s'opposera à toute
fermentation nuisible; elle dégagera de toute
vue trop personnelle, et fixera en Dieu tous
nos contentements.
Mais pour un tel effet, il est nécessaire que
cette vertu soit vraiment vertu, c'est-à-dire
qu'elle agisse avec la facilité, la spontanéité,

que donne seule l'habitude. Autrement, que de surprises et quelle fatigue
extrême!... Il faut que le mouvement de l'humilité nous soit devenu aussi naturel que l'était
celui de l'orgueil... Adressons nos prières à la
Reine et au Maître des humbles.
l'inclination

II.

sions.

L'humilité,

1® C'est

lumière

qui dissipe les

illu-

une réflexion commune, mais

profondément

vraie, que l'orgueil aveugle et
maîtres de la vie spirituelle ont si bien
compris le rôle de l'humilité, qu'ils font de
cette vertu leur critérium le plus sûr pour le
discernement des esprits. Telle vertu est-elle
vraie ou fausse? Telle oraison extraordinaire
vieni-elle de Dieu? Telle vision est-elle une
réalité ou une illusion? Le jugement dépendra
de la conviction préalable sur l'humilité de la
les

personne ainsi favorisée.

;

SIXIÈME MEDITATION

71

Cette règle doit également s'appliquer à la
vertu la plus ordinaire.
Rappelons-nous les aveuglements d'orgueil
si souvent surpris chez les autres... Craignons
noire appréciation sur nous-mêmes, si elle ne
nous fait pas bien petits, car bien petits nous
sommes et bien faibles et bien misérables...
Dieu ne juge pas comme les hommes. Ceux
qui nous prennent peut-être pour des saints,
ne savent pas quelles ont été nos ingratitudes
et nos fautes, quelles sont encore nos déplorables misères... Ah! pour nous mettre et
nous tenir à notre vraie place, que notre
humilité a besoin d'être lumineuse, de pénétrer notre intelligence, de lui montrer sans
cesse notre néant, notre impuissance, nos
torts; en un mot, qu'elle a besoin d'être une
vraie vertu
1

facile, en effet, de prendre le
change, de s'égarer, et d'aboutir à la tiédeur ;
on se compose des devoirs selon ses idées
propres, puis une vie selon ses goûts ; on fait
saint ce que l'on aime; on s'aventure dans
des dangers que le devoir n'impose pas; on
excuse ses fautes et on les continue; on ne
sent pas le besoin de la prière; on vit pour
soi et sans remords
la tiédeur règne et dé-

20

II

est si

:

moralise...

Ah!

si

c

l'humilité avait été active, toutes ces

décadences auraient été signalées et arrêtées,
car elle donne Tinstinct du bien et )e sens
Ahl du moins, si, à cette heure,
du vrai.
nous étions saisis d'une profonde impression
de défiance envers nous-mêmes, la lumière qui

1%

PREMIÈRE SB1UIN&

nous serait si vive, que npus
nous trouverions placés entre la résolution de
nous vaincre, oulacertitude de résister à la grâce.
3° Rien ne
fausse la conscience comme
l'influence ' d'un orgueil écouté; rien ne la

se répandrait en

maintient droite et décidée comme le sentiment de l'humilité. Sous sa dépendance,
l'âme, se défiant d'elle-même, suit les méthodes
sûres, consulte volontiers, craint les occasions
dangereuses, prie sans cesse, emploie tous les
secours.
Elle peut avoir de grandes vertus
elle ne les regarde pas.
Elle peut être affermie dans la pratique du bien
elle se sent
toute fragile au fond... Ahl que ces vertus ont
rencontré une parfaite gardienne
Sans elle, au contraire, que de chutes, et
quelles chutes! Les racines de l'arbre s'étaient
corrompues, les fondements del'édifices'étaient
effondrés. Survint la tempête des passions, ou
l'effort violent de circonstances difficiles, et
l'arbre fut arraché de la terre de l'Eglise, et
le bel édifice la couvrit de ses ruines... Et Tarbre
n'a pas été replanté, et les ruines ne se sont

:

:

I

pas relevées, tandis que, tout à côté, tels pécheurs, qui se sont vautrés dans la fange, ont
trouvé malgré leurs fautes, et dans ces fautes
mêmes, l'humilité qui sauve. « Prxsumentes de se
et de bona sua virtvte gloriantes, humilias : à
celui qui présume de ses forces et qui s'enorgueillit de sa vertu. Seigneur, vous préparez
Vhumiliation », dit l'Ecriture.
Résolution.

même;

le

seasibia.

porter

Vif sentiment de crainte de moiconstamment comme une plaie

Première Semaine

SEPTIEME MEDITATION
VII«

EXERCICE

Châtiment de Torgueil

Premier point : La stérilité personnelle.
Deuxième point :
L'abandon et l'aversion de Dieu.
Troisième point : La
déchéance et la dégradation.

Préparation pour la veille.
i" L'orgueil tend
à priver Dieu de sa gloire, que dis-je, de son
rôle même. Il se met à sa place sinon intention-

nellement, ce qui serait monstrueux, du moins
pratiquement, ce qui est assez détestable déjà.
Comprendrait-on que Dieu le souffrît! Quels
seraient, parmi nous, les sentiments d'un
maître à l'égard d'un domestique, qui n'en
ferait qu'à sa tête et se croirait tous les droits?

Comment

le

traiterait-il?

punirait, mais

Non seulement

il

le

punirait par où il a péché,
en le faisant paraître vil et misérable dans ses
prétentions.

Toute

À

il

le

a pour but de maintenir l'ordre;
est la. loi de notre condition
présente. Si elle est violée, le désordre s'introduit fatalement en nous, autour de nous, et
2*

or,

I

l'humilité

74

PRIMIBRE SEMAINE

dans nos rapports avec Dieu; de là des erreurs,
des périls, des insuccès, la ruine de la vertu
peut-être et jusqu'à l'impénitence finale.
3° Il est rare que le châtiment se précipite
sur le coupable, il s'avance d'un pas lent mais

Des années se passent sans que rien le
pendant ce temps, l'orgueilleux prend une telle habitude de son faux rôle,
sur.

fasse pressentir, et,

poursuit avec une sorte d'inconscience.
demain cet objet d'une juste
terreur. Que ces craintes ravivées me déterminent à des résolutions viriles! Pour être rassurés, rappelons -nous qu'il ne suffit pas de ne
se point voir orgueilleux, mais qu'il faut se sentir humble
(c'est-à-dire sans valeur et sans
consistance par soi-même).
qu'il le

J'envisagerai

Méditation

Demander la grâce de bien me perPrélude.
suader que la question de l'humilité et de Torgueil
est une question de vie ou de mort.
La

L'orgueil posstérilité personnelle.
propriété fatale, de stériliser en nous
tout ce qu'il touche. L'action la plus belle, s'il
l'inspire, reste vide pourle ciel, comme une fleur
inféconde; et toute la partie du bien qu'il atI.

sède

la

teint de son souffle se flétrit aussitôt. Ainsi, la

dominée par ce vice, ressemble
à ce tonneau des Danaïdes que rien ne remplit.
Notre>Seigneur, parlant des Pharisiens, qui

vie la plus active

i

SEPTIÈME MÉDITATION

jeûnent

et

prient

En

pour

en

75

tirer

honneur,

en vérité^ ils ont reçu leur
récompense. » Pourquoi Dieu récompenserait-il
ce qui n'est point fait pour lui ?
Il le voudrait, d'ailleurs, qu'il ne le pourrait
pas. Tout acte privé d'une intention surnaturelle, au moins virtuelle, ne saurait obtenir le
s'écrie

:

«

vérité,

concours de Dieu dans cet ordre. La

vitalité lui

manque. La grâce n'y étant point entrée, la
gloire ne saurait s'y épanouir. Le Saint-Esprit
ne l'ayant point vivifié, le Ciel ne saurait le consacrera
Représentons-nous la déception de l'orgueilleux à l'instant qui suit la mort

mains vides,

il

:

il

se voit les

entend retentir cette sentence

« Je ne vous connais

pas

:

s'étonne « Est-ce
qu'il n'a point prophétisé? » Est-ce qu'il n'a pas
subi mille fatigues? Est-ce qu'il ne s'est pas
livré jusqu'à la fin aux exercices de la piété et

du

»

;

et

il

1

zèle?...

Oui, il a fait tout cela; il a même réussi dans
certaines œuvres. Mais quel a été le principal
mobile de tout ce mouvement? l'applaudissement, la considération. Il les a, hélas! obtenus
;

La récompense est digne de sa
vanité
« Receperunt mercedem vani vanam.
Leur vertu était vaine; vaine fut leur récomet c'est tout.
:

pense.

»

(Saint Augustin.)

1.
Pour qu'une action soit méritoire il faut qu'elle réu1» action bonne en elle-même
nisse ces trois conditions
2» état de grâce
3» intention surnaturelle (intention virtuelle veut dire intention précédente qui se fait encore sentir, sans être explicite).
:

;

;

PREMIERS SEMAINE

76

Heureux encore

si le ciel lui reste ouvert! Il
à la seule miséricorde et cette miséricorde a été touchée peut-être par quelque petit
acte de vertu, par quelque petite pratique pieuse
dont il ne faisait pas grand cas; peut-être par
la prière de quelque àme bien humble!... Mais
que de trésors de grâces perdus et pour toujours

le doit

;

I

1* Pour
L'abandon et l'aversion de Dieu.
Dieu n'a pas besoin de s'armer du
glaive contre l'orgueilleux ; il suffit qu'il le livre
à lui-même. Iliende plus juste, puisqu'il est présomptueux. Rien de plus fatal, puisqu'il est
II.

le châtier,

faible.

Aveuglé par ses illusions, précipité par ses
entraînements, il va de lui-même aux abîmes.
Le sentiment du danger lui échappe, il a un
bandeau sur les yeux, il ne sent pas le besoin
de demander lumière et secours.
Or, entre le Dieu tout-puissant et l'homme
essentiellement défaillant, règne comme un
Soyez
contrat tacite soyez humble et priez.
à votre place; je serai à la mienne et je vous
:

soutiendrai.

La sanction de ce contrat violé, c'est le délaissement; et cette sanction ne reste pas indéfiniment à l'état de menace.
2® Si l'abandon de Dieu est terrible, que dire
de son aversion? Elle va jusqu'à la haine:
« Très species odivi... pauperem superbum : Trois
choses provoquent ma haine... le pauvre or« Abominatio Domini omnis arro^
guôUieux. »

siptiIhi H^DITÀTION

gans

Le Seigneur a en abomination

:

tout

homme

arrogant. »
Cette haine poursuit l'orgueilleux, et rien ne
peut le soustraire à ses fureurs vengeresses.
« Superbia cordis tut exaltavit te : et si exaltatus
fueris ut aquila, et si inter sidéra posueris nidum
luum, inde detraham te^ dicit Dominus. Ton cœur
a pris son essor d'orgueil; mais c'est en vain que
tu te seras élevé haut comme l'aigle
c'est en
vainque tu auras établi ton nid haut comme les
astres je saurai t'arracher de là, dit le Seigneur, »
Méditons ces paroles pleines d'épouvante,
révélation inattendue de la haine que porte à
ce vice un Cœur connu par sa miséricorde
;

:

I

Haute position, même dans l'Eglise
services éminents rendus, même à la Religion
vertus admirables et trop admirées sans doute...
toutes ces grandes choses peuvent devenir la
matière de l'orgueil, sans être une défense au;

;

près de Dieu
detraham te;
tentats

III.

ment
tit

:

:

«

Je t'arracherai

et

il

l'a fait

même

de

là,

inde

pour de grands po-

Deposuit potentes de sede. »

Déchéance

et dégradation,

— Voyons com-

se traduit l'aversion de Dieu et

où abou-

son abandon.

Saint Paul, parlant des philosophes perdus
par leur orgueil, nous dit : « Tradidit illos in
desideria cordis eorum^ in immunditiam. Dieu
les abandonna aux pires instincts de leur
cœur, et ils devinrent immondes, ut contumeliis
afficiant corpora sua, et l'ignominie alla si loin
qu'elle stigmatisa leurs corps eux-mêmes. »

Tremblons. y trouve son tombeau. d'entendre affirmer que l'orgueil est un des signes les plus manifestes de la réprobation? L'orgueilleux. après cela. dégradés. ce qui cette source corrompue est si répugnant que notre langue se refuse à traduire ici l'image employée par l'Ecriture: aSicut éruc- sort de tant prœcordiafœtantium. — 1° Parmi les châtiments que Réflexion. « Emus de •' parole révélée. Or. une fois plongé dans le mal. il faudrait se reconnaître coupable . Craignons les progrès insi- dieux de l'orgueil. » Nous étonnerons-nous... nous venons de méditer. Saintement com. sic et cor superborum. Pour en sortir. que ce vice lui dérobe.. Ainsi. parole d'expérience. il n'en est pas un seul que nous ne soyons exposés à nous attirer tôt ou tard. il faut que toute lacune au contraire rien ne manque laisse passer le mal. toutes choses dont ce malheureux est incapable. et qu'il le contient en puissance : « Initium omnis peccati superbia.. telle bonne action conçue dans des vues d'amour-propre sera viciée môme avant de naître. Au bien. craignons aussi la colère d'un Dieu jaloux de sa gloire.. . ce spectacle. songeons que l'orgueil est le principe de cet avilissement. en considérant la nature si différv^nte du bien et du mal.. mis au rang de la animalis homo ». il faudrait appeler la grâce il faudrait s'humilier. » Il est la source des vices brute. .PHIMIÈRB SKDIAINB 78 Les voilà déchus.

— . elle peut déposer en nous. filial envers Dieu. elle sera altérée tout à coup par un motif d'orgueil. Qui ne se sentirait le besoin et le désir de c'est la prédestination : : — . se faire humble Résolution. coûte. un tableau consolant Au lieu de la stérilité jusque dans les plus grandes actions. . quand il faut se montrer. un germe de cor- — ruption. Et exaltavit Enfin. coûte que . assurée « Humiles salvabit Dominus.SEPTIÈMK MÉDITATION 79 mencéè. » erigens pauperem. Respicit in orationem humilium. par la vaine complaisance. c'est la tendresse Dieu devient une mère. I — Je veux me faire humble. c'est le mérite jusque dans les plus petites. c'est l'élévation: : « De stercore humiles. au lieu de la réprobation présagée. . Au lieu de l'aversion. Il s'en va donc au milieu de l'ombre et du silence. toutes les fois qu'il le peut à l'ombre du Seigneur. » Et il n'en saurait être autrement « L'humble prie et Dieu l'écoute. qui s'en empare.et c'est Dieu qu'il laisse vivre en lui. » Il peut tout en celui qui le fortifie il vit. Au lieu. faisons succéder c'est celui que présente le : règne de l'humilité.de la déchéance. parfaitement accomplie. 2» A ce tableau lamentable. Enfin. oublieux du bien qu'il fait doux envers tout le monde.

.

. — 6.RAISONS D'ÊTRE HUMBLE HUMILITÉ.

.

si bien établie qu'elle soit. L'humilité ne résulterait-elle donc pas de la nature même des choses. en l® tant qu'être déchu. Ce vice dans les fondements de la vertu. et l'humilité qui en résulte. Les quatre premières établissent la condition de tout homme en tant qu'être créé. en tant qu'être transformé par la grâce. dans l'équiBt ment libre. la fausse et la maintient précaire . Dieu ayant mis le bien. ne manifeste pourtant pas la raison d'être de l'humilité (ses motifs intrinsèques). comme la santé. C'est un ennemi de la vie entière. mais elle prouve déjà que cette raison d'être existe. du plus parfait comme du plus misérable.PRÉPARATION A LA DEUXIÈME SEMAINE Voici le besoin d'ôtre humble suffisamment constaté : l'orgueil nous presse lors même qu'il se sent dominé. tout désordre accuse un mal. Cette nécessité. rend ses actes sans mérite. Il faut donc se faire humble. et alors être humble ne serait-ce pas simplement être vrai? C'est ce que nous allons reconnaître dans les méditations qui suivent . il altère profondément les principes de la vie spirituelle. il attire le châtiet prépare la ruine. doit être celle de chacun. En effet. En cela rien de personnel. .

car les vérités abstraites ont peu de prise sur la plupart des hommes. elles sont si connues! Et puis. Privés de cette ressource. pouvaient nous saisir. au contraire. : . car elles relèvent de l'observation : nos tendances sont des faits moraux. et de laisser quelque doute flotter vaguement sur des révélations qui étonnent. Nous ressemblons toujours un peu à ces gens ignorants qui haus^nt les épaules quand un savant leur expose tout ce que renferme. Ces vérités traditionnelles ne retiennent pas l'attention. Pourquoi n'en fait-elle pas un plus grand nombre? Faut-il s'en prendre à la faiblesse humaine? Elle y a déjà sa grande part « Je vois le mieux et je poursuis le pire » mais il est juste d'en accuser aussi le mangue de conviction. même envisagées plus sérieusement.84 DÏUXlkME SSMàÎNS C'est l'humilité devant Dieu. . Les méditations précédentes. une goutte d'eau. «n face des vérités nouvelles que nous allons méditer. Ils ne savent pas qu'au fond des chosef 86 cache un monde inconnu. ce semble puisqu'elle n'exige qu'un acte de humilité pourtant très puissante. presque aussi tangibles que des faits matériels . car c'est celle qui fait les saints. bon sens . or. les faits ont le privilège de nous fixer et de nous convaincre. par exemple. elles n'atteignent pas cette région de nous-mêmes qui ressent les fortes impressions. humilité facile. nous devons nous bien prémunir contre la funeste habitude de regarder comme moins certain ce qui n'est point sensible.

dans le lointain du passé. A qui me comparerai-je? Ace qui est bas et misérable? Non. mais qui peut néanmoins s'éclairer vivement à la lumière d'un examen sérieux. toutes nos pensées et jusqu'à nos coupables omissions. . cette humilité qui baisse le front. car cela est sans râleur et ne mérite pas l'estime. 3<* Estimer un objet. et en quelque sorte impersonnelles. de ce qui détermine l'estime. par exemple. c'est bien de nous qu'il s'agit et non de tous les autres. l'œuvre de toute notre vie et elle englobe tous nos actes. que l'on sait ne point mériter. de notre humilité à nous. Cette méditation est destinée à compléter l'effet des raisonnements abstraits. . Je dois donc me comparer à ce qui est grand et à ce qui est beau or. Là. Vaste champ qui recèle assurément des parties obscures. par la force d'uoe impression sensible. humilité qui brise le sentiment exagéré de l'estime personnelle et qui interdit la recherche d'une estime particulière. Cette méditation doit être le fondement de notre humilité. mais déjà devant les hommes. en face des Saints et en face de Dieu. non plus seulement devant Dieu. c'est reconnaître sa valeur mais sa valeur ne peut être évaluée qu'à l'aide d'une mesure. me voilà bien en face de la vraie mesure du grand et du beau. point de vérités métaphysiques. qui est ici la comparaison avec d'autres. et sous les ombres de l'illusion. c'est notre œuvre qui s'étale à nos yeux. Là. . succède la considération de nos fautes. de .PRÉPARATION 85 2" A ces quatre méditations abstraites.

l'inclination à un or. plus habituée à s'abaisser. On sait que toute culture intellectuelle accroît puissance générale à s'instruire. qu'il n'osera se relever sonne. quel que soit l'objet de son la exercice. et que les affections de famille disposent le cœur à mieux sentir Dieu. ces méditations la développent en elle-même. En effet. l'humilité qui a deux objets : Dieu et les hommes. Il en est de même de l'habitude de l'humilité. suivant les occasions. pour ne vous être point strictement personnelles. imprudemment devant per- . faut-il en conclure qu'ils ne sauraient exercer une influence véritable sur nos rap- hommes. par conséquent ne nous forment pas à l'humilité pra- ports avec les autres qu'ils tique* Nullement.DKUXI&MB SEMAINB 86 4" De ce que plusieurs motifs d'humilité s'appliquent indistinctement à chacun de nous et ne nous abaissent réellement que devant Dieu. à les briser. . et dans une sage mesure. Désormais plus forte. qui. courberont néanmoins votre front si bas. n'a pourtant qu'une même essence . s'il le faut. à modérer nos prétentions. Pénétrez-vous donc de ces vérités. cette disposition nous portera. en développant cette juste abaissement inclination à l'égard de Dieu. et nous aidera.

mais d'un acte extérieur. s'échappant d'un instrument sous les doigts de l'artiste. : — — Préparation pour la veille. nous ne sommes pas des êtres à proprement parler. si nous venons de Dieu. valeur. si nous aurions une valeur. Dieu n'est ni enrichi par le fait qu'il .Denzlème Semaine PREMIÈRE MÉDITATION VIII* BXSRGIGl Le Néant de la Créature Premier point : Le néant de l'être Je ne suis rien. minime fût-elle. de sa substance la plus imperceptible parcelle. Deuxième point : Le néant de l'acte : Je ne pais rien. nous ne sortons pas de son sein fécond. étant créés par lui de toutes pièces. mais ce quelque chose d'inconsistant. Si nous tenions notre être d'une matière quelconque existant en dehors de Dieu. d'un simple vouloir de sa toute-puissance . nous emportions. ou encore si. Il n'en est point ainsi : car. par impossible. de fugitif. serait et cette j^ourtant appréciable. que l'on peut comparer h des notes de musique.

en face de Dieu. il agit. Et pourtant je suis. elle est une vertu agissante. en résumé : un être qui ne compte pas! Ainsi se trouve mise en lumière cette parole de saint Paul » Quis te discernit ? Quid habes quod non acce^is^'. que FEcriture l'appelle « un quasi-néant. reuse. ce quelque chose." Qu'as-tu qui te distingue ? Qu'as-tu Vue profonde jusqu'à que tu nie l'aies reçu?» iious déconcerter. si fugitif. saisissante jusqu'à nous troubler. être a . démontrée par la admise par la philosophie la plus rigou- raison. l'humilité n'est pas seulement une conviction. j'ai une sorte d'être cet une étendue. car enfin. Voilà la vérité certaine. ni diminué par le que fait nous existons. ! Entendons-nous bien. Tout cela n'est-il donc rien? Un être et des actes sont pourtant quelque chose . . il déplace la matière et la transforme il veut ou ne veut pas. . son génie peut enfanter des merveilles. est si vain. il est libre son intelligence lui donne conscience de tout l'univers. Il ne suffit donc pas de philosopher sur toutes ces questions.OBUXIBME SEMAINB 88 devient Créateur. il faut principalement en pouret pressante qui et suivre la pratique. elle est plus que cela. tanquam nihilum ante-teyy. des formes. mais surtout conclusion rigoureuse : — s'impose à l'âme tout entière détermine la volonté.

Dans cette durée. qu'elle me pénètre la mon dirige. je suis le et c'est mon nom : de ce Ego sum néant dans tout : « mea une sorte « Substantia tanquam nihilum. tu es celle qui : est » Avant la création. Il y a mille ans. Ma substance de rien. et » Dieu est mot. lumineuse. je remplis quelques heures courtes et précipitées. qui je suis et qui tu : es? Tu seras bien heureuse' si tu le saisi (Si tu le d'une façon sais pratique) n'est pas! l'Être le — qui sum. sans doute. cent ans. des siècles. Notre-Seigneur dit à sainte Catherine de Sienne « Sais^tu^ ma fille. . J'ai apparu un jour sur la terre. j'étais une simple possibilité qu'un rien eût pu détourner de l'arrivée à l'existence. pénétrante Je suis Celui qui est.PREMIÈRE MÉDITATION 89 Méditation Prélude. » dans toute nom qu'il se la plénitude donne Moi. c'est son vide. Le néant de l'être : Je ne suis rien. je n'existais pas même dans l'élément le plus lointain. Des siècles m'y précédèrent. Puis le silence se refermera sur moi. s'y succéderont après moi. impression — Demander si vive de tout entier et me grâce de concevoir une néant. — I. comme une eau profonde engloutit bientôt la pierre c|ui rida un instant sa surface.

dans le ciel. La gloire fait sans cesse resplendir à leurs yeux la vérité de leur néant. Si je suis le Néant. les plus élevés. Le néant de l'acte actes sont de la même — Nos : Je ne puis rien. vous êtes l'Etre Si je suis le rien. ô Seigneur. vous êtes le Tout. quia pulvis es. la condition des bienheureux apparaît semblable à la mienne. Cetto double vision forme. point d'appui des sentiments les plus puissants. mais leur humilité est ma honte comme ma leçon. sommaire de nos dérisoires grandeurs mais aussi. s'évanouit comme comme nuage le aucune trace : : fumée dans les airs.. dans la matière de mon corps. tandis que mes multiples misères parviennent à l'obscurcir aux miens. une vapeur qui disparaître aussitôt « : Vapor est pour ad modicum s'élève Il n'est qu'une poussière vivifiée MementOy homo. » A la clarté de la vérité pure. ce serait un néant. Cri de profonde vérité. » : « créatrice. dans la substance même de mon âme. mêmes. de toutes parts soutenu par la puissance parens. ce qui se verrait en moi. par son contraste. sans laisser « ad nihîlum redactus sum et la nescivL » « rien inconnu ô rien inconnu! » répète dans l'extase la bienheureuse Angèle de Foligno. .. les plus dignes de Dieu. le rythme des chants du ciel. nature que notre être. ! — I I II. Sous ces clartés d'en haut. Ecartez un instant cette action nécesmon être disparaît et quoique invisible saire.OIUKÈMI SXKAINB 90 Cet être que sistance est la fragilité et riDCon- j*ai.

qu'éblouissante de vérité! conséquence qui envahit jusqu'au sanctuaire de ma détermination libre.Ehbien! tout ce qui. au fond de cette adhésion même.. . pourquoi je l'ai donnée. parce que je l'ai prise pouvant la laisser. je ne la trouve que dans l'adhésion à son influence qui m'y sollicitait. beaucoup plus que par la mienne. La nature des choses s'y oppose et Dieu..j'aime. pour expliquer comment avec cela je demeure libre. et nous ne voyons pas davantage cette même puissance qui l'anime. qui peut tout. dans ces actes. et qui semble m'appartenir exclusivement. et je sais que Dieu est assez puissant pour respecter ma liberté dans ses : . : 2® Là encore.PRBMIÈRK MÉDITATION 91 Notre être subsiste. je combine affaire. je trouve solution. Conséquence aussi écrasante de mystère. jechoisis. la force qui m'y a conduit. Dieu agit mille fois plus que moi. Enfin. ^je pense. Il nous semble que tout notre acte nous appartient. Nous agissons.. se trouve produit par l'action de Dieu. et ma participation. Il ne peut en être autrement. Et si je veux chercher. dans cette résolution que je prends de devenir humble. 1» Je une remue main ou une la la tête. est positif. ne peut pas me donner le pouvoir d'accomplir en dehors de Lui un acte positif ce serait me constituer créateur I. je retrouve encore Dieu.. je suis forcé de me dire Je sens que je le suis. et nous ne voyons pas la puissance créatrice qui le soutient.

Qu'elle est injuste. tout en la remplissant jusqu'à son dernier effet *. l'action de Dieu. prête son concours à tout ce qui est.. il est suffisant néanmoins pour que je me trompe moi-même. même les plus est réelles!. mais aussi mystérieux que certain. à s'évanouir Ah Seigneur 1 1 je ne ! me comprends pas I Qu'elle donc vaine et ridicule. et j'y appuie mes prétentions . l'attribution que j'ose me faire du bien qui s'accomplit par moi! Comment croire en moi? Comment me préférer à un autre ? Le simple voile du créé recouvre tout ce néant.DEUZiiMK BSMÀINl 92 conditions essentielles. je la force à s'égarer.. je : finalement.. dous conservons réellele pouvoir de choisir voilà qui est certain. •a conciliation relève de la pbiloaopbie> 1. 3<» Si je fais le mal. Ce voile est bien léger et mille accidents le soulèvent. Le mal est une défaillance dont je suis responsable Je détourne l'action de Dieu et je l'empêche d'aboutir. ment . téméraire même la ma mieux confiance affermie!. . obéissant à des lois générales d'une sagesse supérieure. m'éloignant de là me soustrais à son influence.. la complaisance que je prends en mes qualités. : I Dieu ne nous détermine pas. l'ordre. je ne regarde pas ce qu'il cache je continue à prêter une réalité absolue à tous ces actes contingents. et m'accompagne encore au moment où. Qu'elle est en ma volonté. acte positif. comme ailleurs. Il est bien transparent aussi mais je ne suis pas attentif. Ici le fait seul nous importe. et.

Sérénité parfaite que donne cette vue au vaut-il milieu des succès comme des revers Haute donc la peine de tant s'émouvoir sagesse qui place les choses sous leur vrai jour et dans leur exacte proportion Grandes ombres du néant. et faites surgir . Contempler souvent rinflni qui m'enveloppe de toutes parts. vous qui voyez!» que devezvous penser de cet aveugle? Ayez pitié de lui.rapparition de votre Infini.f-REMlÈRfi MÉDITATION §3 ((Seigneur. m'y perdre. y laisser tout orgueil. Déterminer un moment. ce matin. qui font ressortir l'éclat de Disposition admirable à l'Etre qui est tout la contemplation I — : 1 I ! — — — — — Résolution. devant sa misérable petitesse. pour y penser à genoux en savourant ces belles paroles « Mon Dieu et mon : tout I » . ce soir. et un autre moment. ouvrez ses yeux. confuse de son passé d'orgueil.

Nécessité de la grâce concomitante. professent sur Taction de la . : — 1» La méditation Préparation pour la veille. dans Tordre de la nature. qui précède projette toute sa lumière sur la méditation de demain. D'autre part. je ne suis rien. Si. que suis-je donc dans Tordre de la grâce? La grâce ne m'est point due m'étant donnée.Denzlème Semaine DEUXIEME MEDITATION 11. elle reste un vêtement divin. a besoin. Nécessité de la grâce prévenante. dont je puis à chaque ins. du concours de Dieu. avec ses actes moindres.* EXERGIGB Nécessité de la grâce actuelle — Deuxième point — Troitième point: Premier point : Sa nécessité en général. pour tous ses mouvements. elle ne fait jamais partie de ma substance. s'en douter. que dire de la dépendance où nous réduit l'exercice d'une fie surnaturelle dont tous les actes participent *u divin? 2® ^ns Le croirait-on? beaucoup de chrétiens. si la vie naturelle. tant me voir dépouillé.

Dans l'ordre surnaturel. il cependant de est Non. Cette condition est tellement la nôtre. Oh dépendance délicieuse: c'est Dieu qui se fera adorer. voisine de l'unité : ! 1 Méditation — Prélude. L Nécessité de la gfàce actuelle en général. et que Dieu seul peut l'exercer. aimer. La grâce actuelle lui est — . mais plus consolante. et tiques. Là encore. Dieu demeure le principe de tous nos actes. nous ne manquerons pas de considérer que là. comme ils plément de force.OSUXIEMS MEDITATION 95 grâce actuelle des idées matériellement héréLeur erreur n'est que de l'ignorance. chanter par nous dans une 'ndicible union. la grâce n'est le croient. l'incapacité de l'homme est absolue. du moins. un com- principe premier de ceux-là mêmes qu'une longue habitude ou un attrait personnel le nous rendent extrêmement faciles . elle est de tout acte surnaturel. la bonne foi les excuse . voilà un dogme de foi. pas seulement. qu'elle nous suit dans l'éternité même. leur devoir de s'instruire. notre dépendance tient à notre grandeur notre vie surnaturelle reste par essence une vie dépendante. parce qu'elle participe à la vie même de Dieu. Demander la grâce d'éprouver de mon néant une impression plus vive encore. 3» En sondant notre néant et notre situation à ce nouveau point de vue.

ent le nom de si court cependant. comme pour la plus difficile.96 DEUXIÈME SEMAINE indispensable pour l'œuvre la plus simple. sans le Saint-Esprit. sans le secours divin de Féternelle lumière de la grâce. L'homme le plus saint ne peut bien agir. Ses mérites ont procuré à sa grâce sanctifiante des accroissements merveilleux. qui domine l'ensemble. un prêtre. « Nul ne peut dire méritoirement : iésus. tout saint qu'il de prononcer méritoirem. » est. Il a gardé l'innocence de son baptême.. Ses vertus ont parfaitement assujetti sa nature. « L'œil le mieux conformé. physique une — Pre- comparaison . un religieux. . sans le secours de la lumière. il a servi Dieu avec une fidélité constante. capable de tous les héroïsmes. Pour y parvenir. il n'est pas en état. Eh bien! sans une grâce actuelle immédiate. Le voilà. ^.. Jésus. Le voilà plein de mérites. » Voilà une vérité dont nous avons entendu souvent l'expression elle est passée à l'état de formule acceptée l'Eglise en a fait un article de foi nous la croyons fermement. au fond. II.icessité nons dans de l'ordre la grâce prévenante. prenons position sur un point élevé. Choisissons comme sujet de nos observations un parfait chrétien. portée. Sa ferveur met en activité toutes les ressources de son amour. ne peut rien voir. mais peut-être n'en mesurons-nous pas toute la : . de vertus et de ferveur... dit saint Augustin.

Ame parfaite d'un saint. elle aura constamment besoin de la main du harpiste. Là l'intensité du son. Voici une harpe absolument juste on peut dire qu'elle contient à l'infini des mélodies latentes et cependant. . : . Où est notre part?.. instrument docile de ses plus belles inspirations. l'impulsion — Remontez à l'ori- gine d'un acte surnaturel. n'y apporte et n'y ajoute rien.. pour les produire. tel l'effet. C'est elle qui a offert la pensée. en s'y associant. tu resteras muette. ce réveil de l'activité.. cherchez encore. et vous trouverez la grâce prérenante. Harpe du plus grand maître. — 7. : — toi aussi ! La corde de la harpe pincée par l'artiste L'âme du juste... nous nous prêtons. laissée à toi-même. nous coopérons.. le désir. nous faisons nôtre ce mouve- sion UMILIli. tu n'es pas plus capable qu'une harpe quelconque d'exécuter l'accord le plus élémentaire. Tel le mouvement.. te voilà... quée par la grâce.. ici l'intensité de l'acte ne sauraient dépasser la force de l'impul30 — reçue. et vous trouverez la grâce actuelle le remplissant mystérieusement. commence un acte surnaturel. provoentre en vibration.. sans destituer de son rôle la liberté humaine Je veux. c'est elle qui a provoqué le vouloir. L'âme. et c'est plus Dieu que moi qui veut avec moi. . 2® Et dans ce vouloir. comme la harpe. par lequel l'acte a été déterminé.. Tu es inerte..DEUXIÈME MÉDITATION 97 féconde en déductions. l** Elle était inerte et silencieuse lui est donnée: elle vibre.

je suis là. mais cette part est de condition qu'elle ne peut nous enorgueillir.. et de le conquérir. pas même un vouloir. » S'il est vrai que je suis un . et jusqu'à ce par quoi je l'ai fait librement. Non. — sans quoi l'Apôtre n'aurait point discernit? dit : « Quis te Qui peut te distinguer des autres ?» Oui. » Quoi 1 : ! donc j'y ai telle dans cet acte surnaturel. : reste vide. si minime Saint Paul ne dit-il pas a Non pas soit-elle moi seul.. parexemple mes lèvres vont en achever la formule si la grâce s'arrête. « Deus est qui operatur in nobis j'ai fait 9t vêUe et pcrficere. Quoi donc rien que je puisse m'attribuer en propre/ Rien. Non. Considérons un côté sous lequel notre impuissance paraît plus complète que celle de la harpe.DlUXliMS SKMAINt 98 ment Dieu ~ Allons au fond. Mais du moins laissez-moi une part. l'instrument prolonge ses vibrations. reça. Nécessité de /a grâce concomitante. mais — . l'âme s'arrêtera aussitôt dans son acte surnaturel. Mue par la grâce. fait — m. un simple désir. c'est de Dieu que j'ai reçu mêmb ce que librement. ma formule se continue. Mis en mouvement. ma part. et Oui.. par des efforts naturels de raison et de volonté?. mais la grâce de Dieu arec moi. c'est contraire à la foi ! ! pas même le pouvoir de mériter ce désir. J'ai commencé un acte d'amour. si cette grâce ne continue avec elle son action sous le nom de grâce concomitante. en toute justice. cette prétention est contraire à la foi. c>st un rien àont quelque chose..

. Toute cette doctrine se résume dans une formule aussi exacte que saisissante Dieu a le devoir d'exiger de nous l'humilité. la véi'ité de la création les revêt de sa propre oertitude. En revanche. Il n'aurait pas 2e droit de nous permettre un : : atome d'orgueil. ie mystère s'étendra naturellement sur ses conséquences.DKUXIÈSIS MÉDITATION rigoureusement vrai que je néant dans son activité dans son fond ^ être créé. sentir orgueilleux. Il n'entre point dans l'objet de cette Probation de dis* cuter les opinions émises par les théologiens. Représentons-nous ce souverain Seigneur. et elle est de même rigueur. just« et et regf\r-« 1. car il a le devoir de maintenir Tordre absolu des choses. — Grandeur de l'humilité pressentie. — Sa nécessité n'est Réflexions et affections. Voir le comment n'est pas nécessaire : où nous ne voyons pas.savons et nos raisons de croire sont certaines. il faudrait comprendre le comment de l'acte premier qui les a produites. Avant de comprendre le comment de l'action de Dieu dans ses créatures. Tant que la création restera un mystère. synonymes de « grande importance » la nécessité de Vhumilité participe à la nécessité de la grâce. nous. reste un comme 99 il est être portant le — Etonnementde nous — Vue pénétrante du mensonge etde Tinjustice de cette disposition. : pas une de ces nécessités morales. : . cela nous suffit. — Manifestation de sa place elle se trouve à la hase de tout acte et de toute vertu. les mains pleines de grâce. pour concilier la liberté de l'homme avec le rôle obligé de Dieu notre dépendance et notre fragilité ressortent finalement de tous les systèmes.

Humilibus autem dat gratiam. meures devant les hommes. : Joie .. pas même un acte grand sujet de comme d'humilité. nous devons souvent nous en départir. mais parfois aussi dans le secret de nos dec'est l'attitude qui convient. à l'Église surtout. : : : Résolution. — N'avoir 1 rien sans Dieu. Il résiste aux orgueilleux et donne sa grâce aux humbles.. faisons-nous bien petits. Dieu en moi — Contempler action incessante de — la sentir en quelque sorte..OEUXIÈMB SEMAINK 100 dant attentivement où il les placera.. Rien de il peut se détourner plus libre que son choix de moi !. gardons-en du moins une impression profonde qui sera modératrice. » Devant Lui. Me rendre aujourd'hui cette pensée familière. Comprenons ce mot n Deas superbis resistit!. Et si. restons bien soumis et bien dépendants. Aimons à nous prosterner dans l'adoration.

chaque matin.— Trothicn. nous ne résisterions pas à certaines tentations.Deuxième Semaine TROISIÈME MÉDITATION X* KXfiRGICE La nécessité de grâces spéciales Premier point :Leur nécessité pour la persévérance dans le Deuxième point : AppUcsLiion» particulières. pauvre être imparfait. nous ne pourrions sans elles nous relever. comme un saint Philippe de Néri qui redisait en gémissant. la simple persévérance dans la vie pieuse dépend absolument de leur secours. — — Préparation pour la veille. car sans vous il n*est pas de faute que je ne sois : . mais décisif pour l'humilité. il doit Ah! si je la ressentais. Bien plus. sans des grâces spéciales qui ne nous sont dues à aucun titre. Nous aborderons demain un sujet redoutable pour la raison. qui subis cette dure condition. sième point : Rôle sauveur de Thumilité. cette prière «0 mon Dieu. Nous verrons que. ne vous fiez pas à moi! Retenez-moi et gardez-moi. : comme hommes moi. Et ce n'est pas moi seul. le plus saint des sur la terre y est assujetti crier cette même misère. et que si nous venions à succomber.

. Ce secours consiste dans l'intensité ou lopportunité de la grâce elle-même condition lamentable introduite par notre déchéance — : originelle l « L'homme Ecoutons le Concile de Trente en état de grâce ne peut persévérer en cet état sans un secours spécial de Dieu*. même chez lui. » Pesons bien chaque mot. leit. 12). l'aurait peut-être laissé dé1 faillir. 6 oan. et qui n'est rigoureusement dû à personne. . mais il ne l'est pas d'y correspondre. Il y faut un secours spécial.. Si qui» dixerit juêtificatunt. profoades impressions de crainte. par exemple. Nécessité de grâces spéciales pour la perséL'homme est assuré de vérance dans le bien. qui jettent aux pieds de Dieu brisé et soumis. importante et dure vérité.OIUXIKMB SKMAINI 102 capable de commettre avant ce soir » Or. un acte d'orgueil. mnathema tit (CoM.. — Méditation — Demander la grâce de ressentir ces Prélude. cette crainte. juttitia persevertwe Trid. sine speciali auxilio Dei. était absolument fondée. po«M. i* Il s'agit de l'homme en état de grâce: : 1. désir de sonder à fond cette besoin de Dieu. I. — vif sentiment du Impression de crainte. recevoir toutes les grâces dont il a besoin.. le dessa'-issant des grâces spéciales. in accepta.

Ne semble-t-il pas faut pour atteindre qu'il ait tout ce le but? — Il ne l'a qu'il lui pas. Quoil un saint n'aurait pas du moins un droit rigoureux à ces grâces ? Nullement. ae surviendra-t-il pas. grande difficulté. est souvent un don du moment de notre Dieu j'ai peut-être devant moi des années d'existence. de l'homme ayant droit aux grâces ordi- naires. mais simplement d*j 2° — persévérer. à un momeQt . car. Il s'agit de tout homme. il faut une grâce du même genre : . Applications. 4» Il s'agit d'une véritable impossibilité de fait. il faut une grâce spéciale. 2° Pour persévérer en face de grands dangers.. si je le veux de toutes mes forces? —Non.TROISliME MÉDITATION i03 c'est-à-dire de l'homme possédant la vie surnaturelle . et garder ce que j'ai. Méditons ces conclusions théologiques 1* Pour persévérer durant un temps assez considérable. Le saint Concile ne dit pas difficulté. vu sa fragilité. de s'élever dans cet état. non pas de se perfectionner. sans un secours spévolonté pourrait nous manquer. fût-il un saint. a» 11 s'agit. il dit: impossibilité « non posse ». 1 Q Pieu. Je me perdrai si je n'obtiens pas votre grâce spéciale. Ne puis-je donc rester ce que je suis. 40 Le choix favorable mort l'est toujours. cette : ^ — II. cial. 3» La brièveté de la vifl spécial ..

être surpris parla mort.Nous tenir devant lui prosternés dans l'attitude de la dépendance absolue. Dieu je peux être infidèle dans l'âge mûr.. sans une grâce spéciale. grâce..DEUXliMS 8BMAIRB 104 imprévu. les engagements qu'elle prend sont sacrés . Si. si I . Sentir vivement ce que c'est que d'être ainsi à la merci de Dieu. secours. Elle fait entendre à mon abattement les promesses les plus inespérées : pardon. .. Elle se penche vers mon indignité et la considère avec tendresse. cœur abattu.. Redouter comme une insigne audace l'attitude de l'orgueil. je jette de tous côtés des regards anxieux. le .. sans une grâce spéciale 1. et. C'est le péché qui me l'a faite.. quelque grave danger? J'y succomberai je n'ai pas alors votre grâce spéciale. je ne saurais même m'y disposer complètement et prier assez pour l'obtenir. je n'ai rien en ro.oi qui me constitue capable de la reprendre .... Je ne puis rien exiger de la justice divine. je perds la vie de l'âme. comme une mère. dans la vieillesse.. Ma condition m'apparaît désolante.. tout est mis à ma portée. à mon dernier jour je puis pécher gravement. Je ne puis compter sur moi. — L'esprit Le rôle sauveur de l'humilité. je ne puis rien faire qui mérite absolument que Dieu me la rende. agité.... amour même. Suis-je donc en face d'un problème insoluble? Non. . ils vont constituer tout un ordre de miIII. Or. tombant dans le péché mortel. car la miséricorde le résout..

je le reçois infailliblement de sa ma misère. si je me tiens en tout comme impuissant par moi-même. et Dieu.405 TROISIÈME MÉDITATION séricorde. qui . Si je me fais humble. Je comprends maintenant pourquoi les Saints attribuent à Thumilitéle don de lapersévérance. dis- tinguer parmi les volontés de Dieu. il me protège. et ces lois résultent de leur condition même. La miséricorde aime la seule misère qui s'humilie et elle la sauve. j'accomplis ma loi . en tenant ses engagements. il me donne sa grâce. la condition c'est le droit . ou les circonstances douloureuses?. C'est ici qu'il faut redoubler d'attention. si je ne Lui doispoint rigoureusement certains degrés de soumission. !• Si je suis humble. La misère est un abaissement comme l'humilité. et repousser celles qui n'obligent pas sous peine de péché? Murmurerai-je devant les devoirs difficiles. Sous le règne de la justice. la le condition.. je reste dans l'ordre. est la soumission Oserai-je universelle. l'humilité. Mais. Ce que je ne saurais exiger de sa justice. Dieu ne me doit pas non plus certaines grâces de préservation — I . : il miséricorde. aussi formel que le serait l'ordre de la justice. Miséricorde et humilité sont des termes corrélatifs. accomplit la sienne malgré m'aime. si je prie. de notre vouloir. Si régime de la justice a ses lois. sous le règne de la miséricorde. c'est l'humilité.sije me garde de mépriser les autres. Mais la misère résulte de notre condition.. celui de la miséricorde a les siennes.

» Comme je m'adresserai. grâce : : des grâces. c'est celle de devenir humble Je réclamerai sans cesse. aux anges. — Me je suis. j'emploierai les abaissements de la Chananéenne: je veux être humble. j'obtiendrai ce que je ne saurais^avoir de moi-même. Par elle. aujourd'hui. toujours. à tous ceux qui peuventintercéder pour moi.. in adjutorium meum intende! « De quel tressaillement ne serai-je pas « Et ne nos inducas in saisi quand je redirai tentationem /. jusqu'à la mort. voir à la merci de Dieu. et pour l'obtenir. tel que demain. à Marie! Quel accent de foi ne mettrai-je pas dans cette formule toute-puissante « Nous vous le demandons par Jésus-Christ Notre-Seigneur l » La grâce que j'implore à cette heure. les mains jointes. plus je sentirai le besoin de prier.OIUXIÈMI SSMAINI 106 2« Le rôle de la prière se montre ici dans toute sa clarté. aux saints. toute détrempée de confiance en Dieu.. De quel cœur ne répéterai-je pas ce cri de la liturgie sacrée : ^c Deus. ni mériter entièrement. . car je veux me sauver! 1 la Résolution. Crainte néanmoins. notre Père. Plus je sentirai le poids de ces écrasantes vérités.

fa conriction raisonnée aujourtrhui. viendra s'ajouter à l'impression ressentie dans la troublante méditation d'hier. Une analyse de notre condition. nous montiera Textréme fragilité des ressources personnelles qui soutiennent noti-e Tertu. par rapport au bien et au mal. Ains\. (|ue je ferai dans attention le but.QUATRIÈME MÉDITATION XI* KLMaCI Notre Condition iV««»«r f9imt p»int : : Lk Mture de noire liberté. — - Z>ntxtV*t« TrM>tstèm9 jr«i»t : le — Prépuntion pour ta yei7/o. d'une façon plus sai-^issante. qoq . Nos m&UTftis penchants. et la redoutable puissance des causes demain sera ennemies qui En jetant travaillent à la renvei"ser. ces considérations nous fer\>ut toir. la nécessité d'un secours spécial. un grand jour sur notre situation infiniment précaire. La méditation de le développement de la précédente et eu quelque sorte sa démonstration. J'appliquerai toute mon à cette recherche.

à l'aide duquel nous faisons notre éternité heureuse ou malheureuse la liberté ! : . sentir son impuissance totale. » — I. est-ce donc si triste pour celui qui vous aime? mon Dieu. Afin d'ajouter la conviction à l'impression.108 OinXliMS SEUAINB point d'appuyer une vérité de foi sur des raisonnements. : !• ^> Méditation — Prélude. à plus forte raison. cette miséricorde me reste ouverte. est-ce ionc si redoutable à celui qui se confie en vous? mon Dieu.. sans exigence déplacée : « Scrutator majestatis opprimefur a gloria. tant que je me tiens devant elle avec la conviction de mes infirmités. demander la grâce de voir avec plus de clarté les circonstances qui rendent nécessaire une intervention spéciale de la miséricorde.. vous devoir son salut. tant qu'il reste à ma voix la force de lui crier Pitié ô mon Père l loin. Considérons d'abord la nature de ce frêle instrument. Ces considérations. ma misère a beau s'étendre sans limites à mes regards. toujours plus immensément. votre miséricorde m'apparaît s'étendant plus loin. doivent être suivies sans contention et sans curiosité vaine . Or. mon Dieu. mais d'en développer la lumière. de tout temps proposées par l'Eglise. sera aveuglé par l'éclat de sa gloire. La nature de notre liberté. L'œil qui veut imprudemment scruter la majesté divine.

Favorisés. si elle s'attarde par faiblesse sous des influences contraires. Ils se dissimulent sous mille apparences de bien. . Parmi ces influences funestes qui détournent notre liberté vers le mal. Ils sont inhérents à notre être. et. ! 1 — II.. Nos penchants vont plutôt vers le m9^ : . je la confie à votre miséricorde Prenez-la. Se mettre sous de bonnes impressions. ils demeurent une influence latente qui travaille sourdement. s'arrêter aux motifs favorables. Un simple manque d'équilibre les constitue. tel est son principal moyen de se Elle esf agitée . et. Bon gré mal gré. ils ne sont pas moins redoutables. nos penchants tiennent le premier rang. soutenez-la. Et si elle est imprudente dans ce choix. Dieu avec quel bonheur je vous remets ma liberté. Nos mauvais penchants.. s'ils sommeillent. je l'assujettis à votre domination. ils vivent au fond de nous. car leur réveil souvent nous trouve confiants en nous-mêmes et par conséquent désarmés. la voilà entraînée au mal. réservezlui vos inépuisables pardons mon Dieu vous parler ainsi. après toute une vie de fidélité. ma liberté demeure essentiellement défectible. elle hésite et varie bien souvent par les impressions diverses qui se succèdent elle dépend si profondément des motifs qui la frappent. — bien gouverner. ils commandent en maîtres combattus. n'est-ce pas commencer à être humble? vernez-la.QUATRIEME MÉDITATION Je le i09 sens. gouI 1 au besoin. Or.

HO DtUXiÈMB SKMAIN8 l'Eglise l'enseigne. voulant jouir. il veut le bien. et la conscience des faiblesses passées lui ôte tout courage . s'ils n'étaient point contenus.. quand on regarde au fond de soi-même! Pour y projeter une plus vive lumière. Quel sujet d'épouvante. ces penchants existent en puissance. être.. Là. despotiques peut- tives. et ils l'illusion et : sont. diatement. hélas A ! nous-mêmes. Elle serait exactement ce que la feraient nos penchants. En pratique.. quand il place son bien uniquement dans la jouissance. Or. et jouir immé. or. Demandons-nous jusqu'où iraient alors nos excès et ce que serait notre vie. il n'y a plus de réputation à ménager et plus d'inconvénients à craindre. Texpérience le montre. Les sophistes seuls peuvent dire que l'homme au fond veut toujours le bien. le péché originel l'explique. l'horreur du mal ne lui offre plus ses répulsions instincles mauvais penchants grossis l'entraînent comme un torrent. cette force native. Oui.. si l'habitude vient ajou- ter la sienne.. mais d'une façon indéterminée. formons l'étrange supposition que voici il n'y a plus d'enfer à redouter ni de Dieu à aimer. que d'habitudes fâcheuses. quelle tyrannie! La liberté se trouve alors asservie et désemparée. Cette tendance égarée agit sur la liberté par par l'attrait. il se laisse tromper par l'apparence. encore. formées par de nombreuses défaites I . il confond le bien en lui-même avec son bien à lui et c'est souvent ce dernier qu'il préfère..

et la miséricorde ne les a point repoussées. même durant la série de leurs ! fautes. L'esprit du monde nous amollit . et nous pénètre de ses poisons comme les épidémies de leurs ferments. Mais son influence n'est-elle pas plus fatale sur ceux qui ne la remarquent pas? Or. Le monde. Les Saints. et quelle est son activité. Le dit par le et le Sauveur. Complices de nos penchants... ne peuvent-ils pas réunir leurs forces.QUATRIÈME MÉDITATION Qui arrachera à la mort dll cette victime? La seule miséricorde de Dieu Qui portera la miséricorde à s'exercer? L'humilité I On a vu des personnes. monde — démon. tous . et nement. Ce que tout le monde fait. on admet instinctivement qu'on peut in. la ruse du démon épie le moment favorable. — se jeter dans Vhumilité comme dans un lieu de refuge. Rien n'agit aussi fortement sur l'homme que la conduite des autres hommes. qui ne sont pas comme nous des esprits forts. maunous enveloppe comme l'atmosphère. démon. pour entraîner notre imprévoyante liberté ? Que deviendrons-nous si notre orgueil. savent quelle est la puissance du démon. nous ne pouvons pas quitter le monde nous ne pouvons pas nous tenir à l'écart du le faire . nous livre seul à de tels adversaires? . nous aliénant le cœur de Dieu. devant cette persuasion sans raisonles raisonnements succombent.

Les circonstances. Il est des circonstances où nous succomberions certainement. et elle est sauvée I.... suffisant en luimême. serait rendu impuissant par nos propres défaillances.. n'ai . si je me cache dans le sein de votre miléricorde... Avant de vous décider à envoyer un secours spécial. Vous constatez ces relâchements successifs. ô Père. qui détendentles ressorts de la volonté.. vous jetez les yeux sur les dispositions de cette âme en danger. et elle est per! due I Dieu.. La voyez-vous raidie par l'orgueil. ce degré. j'y veux entrer et n'en plus . où Tàme s'abandonne.. je n'ai point peur de vous je peur que de moi . Oui. vous détournez votre visage. c'est l'efTet d'une grâce qui ne nous est point due. et je n'aurai point peur de moi. C'est le secret de sa libre détermination. ou laissera-t-il se pro- les écartera-t-il?... dans tels et tels cas. Une fois la lutte engagée. Dieu les connaît toutes et jusqu'aux plus redoutables.. La voyez-vous humble et soumise. et il sait que. Mais s'il éloigne le danger ou s'il fortifie la résistance. Qu'elle est donc écrasante.DEUXIÈME SEMAINE 112 — IV. viendra-t-il à notre secours.. Vous prévoyez ces jours de désœuvrements énervés. il mesure le degré de résistance que nous pouvons leur opposer. quoique librement. vous étendez la main.. les duire. ou permeltra-t-il notre chute?. Ces cas désespérants. notre dépendance! mon Dieu vous connaissez le concours de tous les événements.

J'en étudierai faisantes j'y . l'abîme. oublis. .. je suis sûr de Vous. à vous laisser la louange du bien.. à ne réclamer aucune estime d'excellence quelconque. ! — avançons — ! Dieu. je suis sûr de moi. Vivons ensemble. tous les dédains. ô Père. animezEnsemble aimons et le. vous ne me faites sentir vive- ment monimpuissance que pour m'amener dans — Entre vos bras. venez dans mon néant. ôPère. ô Dieu. Jésus. et sans cesse sur bonheur Je dépends de vous. HUMILITÉ. supplier Dieu de dissiper mon aveuglement. rance. remplissez-le.^e les accepterai. qui d'ailleurs ne m'appartient pas.. Jésus Avec Lui. et jusqu'aux humiliations les plus profondes. toutes les déceptions. quel 1 — Prendre en pitié ma vaine assuRésolution. ô Père. Toutes les peines de ma pauvre vie. et je me presse plus étroitement sur votre poitrine adorée! vos bras. comme l'action réunie de votre justice et de votre miséricorde. indulgent pour les autres. comme l'agent providentiel de ma réhabilitation présente et de ma grandeur future. Dieu. comme vous l'êtes pour moi. tous les sortir. Vivant de Lui.. — 8. ne m'avez-vous pas donné votre Fils.QUATRIÈME MÉDITATION 113 avec amour les lois bienapprendrai à me faire doux.

. et qui prend ici un nom plus rassurant encore. vie de l'âme. Il y a. s'appelle la Providence. pour réagir. vie même de la plante. et celui de se relever. a coutume de produire cet effet. 2. cette merveilleuse action. vie du corps. mais la réalité des faits modère nos alarmes. que l'on craint à chaque instant de voir un tel organisme victime du plus léger accident. qui. dans l'Univers. s'il pèche. on a mieux que l'analyse. Heureusement. Il semblerait que notre être n'est pas viable.. mais il dure. si compliqué. n'ait largele pouvoir d'éviter tout péché mortel. on a l'expérience. Pas une âme qui ne puisse obtenir par la 1.ÉCLAIRCISSEMENTS Sur les deux méditations qui préoèdent Un étonnemenl mêlé de frayeur est l'impres- presque inévitablement de l'analyse de toute vie. de fait. ment prière tout ce qui lui manque. Tout y apparaît si délicat. qu'il ne peut résister à tant de causes de destruction. La lecture des livres de médecine. Pas un chrétien qui. celui de mision qui résulte séricorde. par exemple. Ainsi en est-il dans l'ordre surnaturel. L'analyse des lois qui le régissent reste menaçante. si fragile. toujours en jeu pour remédier à tout. et pas une qui . mais il vit.

115 tfCLAIRGISSEMBNTS. nous seront pourtant donnés infailliblement : et qu'importe pour nous le droit strict à ces secours. car nous sommes sous le régime de la m.iséricorde. ne l'oublions pas. 7. s'ils nous arrivent aussi sûrement par grâce. Certains secours qui ne nous sont pas dus rigoureusement. soit. IV. {Gratiœ remote suffi- cientes. — Lire les chapitres dans le Traité de V Amour de Dieu où saint François de Sales traite cette question avec sa sûreté de doctrine et sa lucidité (liv. privée du pouvoir de prier. sous celui de Vhumilité. par l'évidence. KTG. Au jour du jugement.) 4. parent à ce dernier effet. vu et suiv. à un seul moment. de confesser que Dieu a été bon et très bon pour elle. chaque âme sera contrainte. nous le pourrons demain. 5. chap. ordinaires . et partant. Ce que nous ne pouvons peut-être pas aujourd'hui. Nota.). si nous usons bien des grâces moindres qui nous pré3. il n'y aura pas une exception à cette règle.

Cette terre désolée. Il s'agit de nous bien voir. Le jugement motivé. abordons-la avec courage . proposons-nous d'y faire une exploration sérieuse. Trop souvent nous l'avons parcourue d'un œil distrait. nous mettons le pied sur notre territoire propre. car rien n'est autant notre propriété que le péché.Deuxième Semaine CINQUIEME MEDITATION XII" EXBRCICB Nos fautes Premier point : L'examen de la cause. 11 est à nous. comme une route familière où rien n'étonne. et de nous bien juger. en sommesnous moins coupables? Qu'une prison soit pleine de crimineis. Ici. il est Tunique chose où Dieu ne soit pas. Ne nous laissons point suivre par cette idée. — Deuxième point — Préparation pour la veitle. au point de vue de notre valeur. chacun d'eux en est-il : ! . et à nous seuls. côtoyant peut-être nos constatations humiliantes Je ne suis pas le seul Que d'autres soient pécheurs.

Nous aurons également assez de logique pour ne point prétendre à une estime particulière que nous savons ne pas mériter. pour être humble. mon Dieu. Je veux me juger comme vous me jugez vous-même. se croire d'avance vil et misérable j'étudierai la cause froidement^ : I . quel est notre rang parmi les pécheurs? Nous l'ignorerons jusqu'au dernier jour. nous aurons une très grande facilité à nous défendre de tout mépris pour le prochain. il trouverait encore ces trois grandes choses qui l'accuseraient. ici. Nous envisagerons plus loin quelle attitude devant les autres nous impose l'humilité.CINQUIÈME MÉDITATION 117 moins méprisable? L'homme est en face de Dieu seul « Tibi soH peccavi. » Ne fût-i^ qu'en face de lui-même. ni la grandeur apparente des fautes. vous m'aiderez à me connaître dans la vérité Vous me garderez de l'illusion qui voilerait la gravité de mes torts. de par notre œuvre. d'ailleurs. de son idéal. . et si nous arrivons à une persuasion raisonnée de notre peu de valeur personnelle. de sa conscience. de toute arrogance et de toute susceptibilité. si nous nous sentons bien bas devant Dieu et devant notre conscience. Et. de sa dignité. nous avons uniquement à rechercher quel jugement nous devons porter sur nous-mêmes. qui déterminent les degrés de culpabilité. Je ne partirai pas de l'idée préconçue qu'il faut. Ce n'est ni le nombre. et de l'exagération qui n'établirait rien de solide. sans égard pour des fautes semblables commises par d'autres hommes.

. Dans nos bonnes actions elles-mêmes. 2® Les motifs. attention sur les péchés les l'imagination ne doit pas en si souffrir.DKUXIÈMd âE^AINK 118 avec d'un esprit indépendant. et d'une grande — L'examen de la cause. On fixera son plus humiliants. On pourra faire utilement une addition approximative du nombre de ses fautes. ceux que nous n'avouons pas. Au fond. les vrais. renouvelée devant Dieu seul. Les motifs des fautes sont toujours bas certains sont plus vils. Il sera bon de partager sa vie en périodes successives. du moins I. et de s'arrêter à ce qui domine en chacune. Méditation Prélude. — : . i"" Les faits. «conclure le juste et rien d'autre. — Demander la voyance pour reconnaître loyauté pour la juger. quelquesuns sont abominables. N'ont-elles pas été quelquefois inspirées par le désir et par le besoin.. avec la liberté la rigueur d'une raison qui veut affirmer le vrai. C'est sorte de confession générale. voyons le vice de l'intention. C'est une revue intime et douloureuse des actes de notre libre arbitre. une des fautes graves. grâce d'une grande clairma vie. c'est pour nous satisfaire que nous avons péché.

. étrangement persistante... et de nos rechutes.. Le fait. Repentir peut-être longtemps attendu.. l'histoire de la miséricorde éducation religieuse privilégiée. de ferveur même.. est-ce là conduire sa vie ? Succomber pour des riens.. grâces de préservation... peut-être aurions-nous moins péché. de notre raieur personnelle.... A meilleurs ilO que nous ne côté de l'histoire de l'in- gratitude. — même heureux I.... passer par des alternatives continuelles de fautes. parfois sans résistance. Or. Que serions-nous sans elles?. Evaluons le nombre de nos absolutions. quelle confiance méritons-nous? La confiance ne peut s'appuyer que sur l'esprit de conduite et la fermeté d'âme. Et nous n'étions pas rable.... mais c'est celle de l'humilité « Peccatum meum contra me est seni' per.. de repentir et de fautes nouvelles. situation favo: grâces de piété. Etonnement en face de la Providence de Dieu. Notre attitude d'aujourd'hui n'est point précisément celle du repentir.... merveilleusement provoqué. si bonne et si persévérante. Etonnement plus grand encore en face de notre ingratitude.. » Les fautes sont effacées le^ effets peutêtre.CINQUiiMI MÉDITATION hélas de 1 paraître sommes? 3° Les grâces.. I — 1® Au point de vue IL Le jugement motivé... par le seul fait d'un peu de temps ... jamais : — . Si nous n'avions pas compté sur ce pardon facile.

n'ont-ils pas souvent remplacé.. n'ai-je pas avili ma dignité de chrétien. tions. l'honneur nous est-il dû? L'honneur s'attache à la dignité. comme mobiles. Quelquefois l'instinct le plus bas a tellement dominé l'intelligence elle-même. la passion.. et je n'ai confiance en moi. qui voyait si juste. Combien de fois. Or. et à quel point.. à Dieu même!. l'orgueil. Et la raison. n'a pas su parler assez haut. dans les dispositions — ! aussi ? Parole donnée en pleine connaissance de donnée à sa conscience.. peut-être ma En pas vérité. 2° Au point de vue de la dignité personnelle. le mal a le droit d'avoir dignité d'homme? dans les facultés de mon de mon corps.. est-ce là être maître de soi ? On a voulu pourtant. Un seul cas de ce genre déshonorerait un homme du monde. et cause.. à son confesseur. l'égoïsme.120 DKUXIÈMS SKMAINB écoulé et du retour offensif de l'habitude.. le noble amour du bien? Et je me croirais digne d'honneur Le violateur de sa parole en est-il digne N'ai-je pas introduit âme. Que vaut notre — volonté? Que de fois ne s'est-on pas dit Mais c'est insensé!. parole . été mon maître.. la dignité exige qu'on se tienne à son rang sans déroger. et qu'on soit fidèle à sa parole sans y fôrfaire. qu'il l'a conduite à lui fournir de fallacieuses justifica... on s'est cru changé et voilà que l'on est retombé!. un principe de dégradation ? Le caprice..

. hélas avec non moins et je ! de persévérance. à le défaire. et accompagnant la marche de la vie entière En vérité. Je vois Dieu travaillant sans cesse à le refaire..... A chaque pardon. où en ! suis-je? Mon idéal. mais sur des bases moins larges. L'idéal réalisé eût été la beauté. plan restauré avec miséricorde.. c'était mon histoire possible. un vrai contraste!.. Qu'en ai-je fait? Et que suis-je? Laideur liassesse. le repentir.. Je n'ai de refuge que dans la plus sincère humilité ! . bonté de Dieu.. l'aveu. c'était la série graduelle des dons qui devaient m'être offerts. l'élévation de mon être. finalement défiguré par de perpétuelles défaillances!.. et à quel honneur puis-je prétendre? 3° Au point de vue de mon idéal. C'était personnalité pre- nant de perpétuels accroissements. me vois travaillant.. Quel idéal! et à sa place quel état! Grâces rendues vaines.. écrite par la si j'étais ma fidèle..CINQUIÈME MÉDITATION je ne puis compter tions le 121 nombre de mes défec- 1 Que dire d'une violation de ces promesses passée en habitude. et ma destinée s'embellissant de jour en jour. Graduellemenl l'action de Dieu en moi s'est diminuée son image a pâli. sa joie s'est éteinte Ah! je n'ai de refuge que dans la confusion. n'ai-je pas perdu toute dignité personnelle... amoindrissement de tous côtés. I . efforts refusés..

et. mais déformés. votre vie et la mienne. s'il le ! ! faut. l'Amour Sacré. vous parvenez à faire une créature nouvelle. laissez-moï surtout l'impression vivante de ma bassesse. mais surtout vraiment humble Eloignez de mon avenir toute faute. de Jésus. Dans ce pauvre. tendre et forte. dans une humilité profonde. vous vous attendrissez sur le mendiant. votre Bien-Aimé. Dieu de pitié.. Vivre aujourd'hui sous celte impression. mon désir de réparation. vous ne sauriez frapper celui qui s'humilie le front contre terre. d'un être misérable.. Confusion d'un malheureux traduit devant un tribunal. ô Dieu père. je n'en saurais vouloir aucune. qui étale les haillons de ses déchéances. Laisserez-vous son sang dégénérer en moi? N'aurez-vous pas compassion de sa gloire ? Sa gloire? oh qu'elle sera pure et grande. afin qu'elle m'accompagne dans mes progrès personnels et de mon zèle. confiante et généreuse. stimulant sans cesse ma reconnaissance. mais laissez-moi. si. droite et belle. vous reconnaissez les traits visibles. et qui vient d'entendre des témoignages accablants. d'humiliantes misères. .122 OBUXIÈMS BEMÀlNl Dieu magnanime. fruit divin de votre miséricorde et délices de mon repentir! dans les succès — Résolution.

est un acte de l'intelligence. la première en date. Son expression vibrante émeut l'âme tout entière et la rend plus consciente des moest tifs mêmes qui l'ont établie. nos retours d'égoïsme. nous déplorerons nos ingratitudes.Deuxième Semaine SIXIÈME MÉDITATION xiu* ixsacicx Prière éditée par le pape Urbaia VIII (PLAÇiB AD COMMENCEMENT OU BRÂVrAlM ROMMIf) — Préparation pour la veille. c'est-à-dire l'inclination aux actes et la facilitée les accomplir. c'est dans la volonté que se forme et se perfectionne la vertu. Avec les accents sortis du cœur d'un saint. mais le sentiment est peut-être une force plus pénétrante et plus déterminante encore. mais de la développer par Vexpression ardente de sentiments aussi vifs que sincères. or. Il ne s'agit plus d'établir l'humilité par le raisonnement. l'expression du sentiment est un acte de la volonté. la conviction certainement la première force. . Nous n aurons donc qu'un seul but demain: La conviction nous plonger dans l'humiliation. ici Dans l'acquisition d'une vertu.

mon Dieu. nous livrant à Jésus Sauveur. un cœur qui du moins s'efforce de sentir Je ne vous demande point de larmes. Ante oculos tuoSy Domine. 1 mon Dieu. ^ Méditation Prélude. mais rélevez-moi par la confiance qui seule fait les vaillants. ô Dieu père Et plaças quat accepimui I . nous nous jetterons tout entiers dans le sein de la miséricorde.^lUXIKMB SEMAINK 124 nos rechutes sans fin et aussi. déterminez en mon âme cette inclination d'humilité qui seule fait les humbles. avec les élans de la confiance. mais une vraie douleur. cœur plus vivant. un cœur qui s'attendrisse. vie de Jésus. préparez-moi pour demain un . nous déposons devant vos yeux le lourd fardeau de nos fautes. daigne jeter d'abord tes racines dans le fumier de ces misères. un c'est vrai. comme une semence divine. culpas nostras fcrimus. Je n'ai en propre que des fautes etdes misères. — Demander la grâce de faire passer le repen- dans mes sentiments et mes sanglots tout tir que doit m'inspirer ma vie. Chargés et accablés. mais je peux avoir de vous les richesses et la beauté de Jésus. ô Dieu juste. jour tu fleuriras au ciel.

Vita in dolore suspirat^ et opère non se emendat .125 SIXIÈME MÉDITATION que nos péchés ont montrons à vos regards. de mes aspirations renouvelées. malades. Elles nous défigurent. de mes regrets. — Peccadi pœnam sentimus et peccandi pertinaciam non vitamus. nous les mal cicatrisées. expérience de tant de grâces reçues. la pitié que j'implore. iniquitas 1 — . elles noustiennentdans la plus dépendante faiblesse. et les plaies faites. ma bouche qui baise vos pieds. tu renais quand la douleur passe In flagellis nostris infirmitas nostra leritur et ! non mutatur : vous nous brisez et nous ne sommes pas changés. tout vous crie que je reconnais ma faute et que j'accepte le châtiment. je me retrouve aussi lâche !. levius est quod toleramus. et profondes. celles que l'avenir me réserve. je frémis d'indignation contre moi-même. Oh! voilà qui est inconcevable! Sous l'aiguillon du châtiment. torturés. nous voilà meurtris et plus mauvais encore Mens segra torquetur et cervixnon flectitur: tristes.. tu cèdes à cette vie du mal qui est en moi . Gravius est quod commisimus. mes larmes qui les arrosent. et conferimus..majus est quod meremur. Les peines de ma vie présente. toutes ensemble ne sont rien eu égard à celles que je mérite. car elles sont et nombreuses. de tant de châtiments subis! Expérience de mes douleurs.. de tant de résolutions prises. nous ne savons pas assez courber le front !.. elles nous font souffrir. minus est quod patimur. et sous la ténacité du péché. Si pensamus malum quod fecimus. Mon front courbé dans la poussière.

et nous avouons nos fautes vous vous éloignez. que tu es faible et facile à entraîner que tu es inconstant et facile à changer 1. Tu souffres du mal. . Seigneur. non corrigimur.. Vous attendez et nous ne nous corrigeons point. ô mon cœur. . Si extendas manum. Si vindicas^non duramus: si vous devenez le Dieu des vengeances. Si vous m.. recte nos perimus. vous retirez nous sommes parjures clamamus ut parcas.. je ne me défends pas je suis coupable et je le confesse bien haut. et ce que nous pleurions obliviscimur post visitationem . nous l'avons oublié I. et nous crions grâce vous pardonnez.. par ma faute.. Domine.DEUXIÈME SEMAINE 126 notre vie s*en va dans la douleur et le gémissement. ! 1 : soulage il est l'explosion de ma cons\ à la vue de mes interminables rechutes et dt. Tu gémis sous tes chaînes. Ah du moins. promissa non solvimus : vous étendez la main et nous promettons tout.. Tu te sens malade et tu ne veux pas sincèrement guérir!. facienda promittimus : si suspenderis gladium. Seigneur.. et nous voilà à provoquer vos coups Habes. elle est vaine. et tu veux en souffrir encore. Cet aveu le glaive. si pepercerisy peccamus ui ferias: vous frappez.. sans trouver le chemin du r'îtour cœur humain. 1 I I . votre patience est longue et.e cier .. — — ! quod flevimus : vous venez nous châtier. et tu les traînes toujours Si expectas. mes iDcessantes provocations!. tout à l'heure. et ! Si ferias.... confitentes reos! novimtis quod nisi dimittas.. c'en est fait de nous Confitemur in correctione quod egimus.

SÎIliME MEDITATION Itl n'avez pitié. par lequel je prie. disait saint François de Sales. cet être fait de . Père tout-puis- néant vous implore. C'est elle qui donne à Dieu son vrai rôle. Le chemin du cœur de Dieu vers le pôtre. Dès qu'elles sont touchées des reflets de cette vertu. c'est bien pour avoir le droit de pardonner. c'est l'humilité. ce Jésus sant. quelle confusion et quel châtiment! L'orgueil ne saurait attendrir ni le cœur de Dieu. Dans cette longue litanie de nos misères. ni Te nôtre « Le trône de la miséricorde de Dieu. C'est elle qui parle. à nous l'attitude qui convient. puisque vous lui donnez la grâce de prier.. sine merito quod rogamus. et du nôtre vers le sien. qui gémit. mais.. nos misères prennent une teinte de sur! — . et rien n'est plus juste 1 Prœsta. Supposons l'orgueil voulant relever la tête. pour mettre Jésus à sa place. qui fecisti ex nihilo. qui touche. vous armez ma prière d'un nom qui vous commande vous regardez en moi Celui que vous aimez. qui te rogarent per Christum Dominum nostrum.. Vous mettez dans mon cœur des accents qui vous touchent. étudions l'action de l'humilité.. C'est à travers ses larmes que passe la miséricorde. Il n'a aucun mérite à alléguer. Pater omnipotens. c'est notre misère». C'est elle qui fait disparaître notre triste personnalité. c'est sur son front courbé que descend le pardon. je suis perdu.

Dès qu'elles sont touchées par la miséricorde. » un sentiment profond : et « Je chanterai éteimelle- . Résolution doux de meni la : Entretenir bonté de Dieu vos miséricordes.128 DEUXIÈME SEMAINE naturelle beauté. elles se transforment en amour.

. œuvres. — 0. considérer nos vertus. hélas! nos senti- ments. Tout en parcourant des régions différentes. nous éprouvons devant la vertu des Saints une impression de grandeur qui nous écrase. Si l'on tient à ne consacrer que trente jours à cette probation.. sentiments. du même regard. — Quels effets dois-je rechercher dans la contemplation des vertus des saints? Le vif sentiment de ma petitesse et aussi un stimulant pour ma lâcheté. Préparation pour la veille. nos œuvres I HUMIUTi.Benziéme Semalnd SEPTIEME MEDITATION XIV* EXERGICB En face des Saints — Nota. car l'humilité qui rabaisse les fausses prétentions excite le vrai courage. i . on unira en une seule les deux méditations suivantes. l" Comme au pied des hautes montagnes ou en face de l'Océan. Ne pas se contenter de cette impression générale. elles se réunissent au même terme Timpression vive de notre humiliante mé: diocrité. et en même temps. mais faire passer sous nos yeux le détail de leur supériorité : vertus.

. qui. s'il est ordinaire.DBDIIÊHK SEMAINI 130 Dans un milieu de basse ignorance. Je serai entre vos mains ce limon infime. vous qui faites les saints. : tout en Celui qui est ma force! » L'orgueilleux considère l'insuffisance de ses propres ressources et s'affaisse. qui se prête à recevoir quelques traits de votre image. Thomme qui sait lire fait le fier. convient-il donc de se comparer aux saints qui sont l'exception? Oui. En effet. qui répèle avec « Ne pourrai-je pas donc ce saint Augustin qu'ont pu ceux-ci et ceux-là ? » Les larmes d'une sainte émulation montent aux yeux une émotion presque violente soulève la poitrine. 2*> Mais. ne se sentant point de force à atteindre si haut. l'humble considère en même temps la force divine et s'élance. Y a-t-il lieu de s'enorgueillir. mais malléable. le regard tourné vers le ciel 3° la : . renonce même à en tenter l'entreprise. Tadmirez-vous ? Eh bieni songez à ces sentiments de vaine estime qui vous redressent dans votre milieu. deux sentiments peuvent se faire jour. dès lors que l'on prétend à une estime particulière. pour avoir une juste appréciation de notre valeur. et celui de la grandeur d'âme. et l'on « Je puis s'écrie. celui de la lâcheté. de ce qu'on est moins bas qu'un être misérable A ? vue de toute supériorité. par exemple. c'est dans ce qui est élevé que se trouve la règle du mérite et non point dans ce qui est médiocre. /îommencez par me pétrir d'humilité. ô mon Dieu ô mon Père.

Ah mon zèle mon courage mon abnégation mes conquêtes divines mes dons personnels! je les regarde avec pitié et la vue de mon orgueil me couvre de confusion I. des peuples tombent à ses geaoux.. les persécutions. Des villes. et je me complais dans — — .8IPTIÈME HÉDITÀTION 131 ^ Méditation — Prélude.. Il ne s'appartient plus. spn zèle s'étend au monde entier et descend au plus pauvre esclave. Son âme est un ciel où la lumière se répand pure et douce. telle vue L'Apôtre. Pas l'ombre d'une pensée fâcheuse. Elle n'a aimé que Jésus. L'amour est allé gran- . le peu que je — fais î Me mettre à surer avec lui. Les miracles raccompagnent. que je sente le besoin de me mépriser profondément moi-même. Il meurt. Et j'accepte des louanges . une sainte Agnès. un saint Paul. — C'est un saint Pierre.. — C'est une me me- sainte Lucie. côté d'un Apôtre et quelle humiliation I La Vierge martyre... : 1 1 ! I 1 .. Les fatigues. et elle l'a aimé d'une chaste passion.. le glaive. un saint André.. l'Esprit de Dieu le possède et le gouverne. ne font que le stimuler les verges humiliantes le réjouissent. et il s'ensevelit dans l'humilité l'époque et le lieu de son martyre restent souvent ignorés.. Demander la grâce de m'élever à une de la beauté morale des Saints. une sainte Agathe..

si l'on me croit mortifié . à côté d'eux. réparée peut-être. Appartenir à un être mortel. mais si imparfaite toujours! dissant. Souriante. Sommeil et nourriture mesurés juste assez pour — — — éloigner la mort. aises de la vie 1. de toutes les nuits.. quelle honte.. si je le crois même I. ses voies. Sa science est si étendue . un saint Chrysostome. Imagination... essayons d'opposer notre âme et notre vie...DIUXliME SKHAINB 132 aux rêves des sens... Oubli et silence autour de lui !— Le regard de Dieu est le seul astre qui éclaire Prières presque continuelles. me saint Thomas. à cette paix.. Mais quelle dérision. de la vie entière Me 1 voir. un saint un saint Antoine. elle incline la tête sous la main du bourreau mourir. et n*a pas laissé de place : ! 1 1 L'Anachorète. à cet amour suave.... Le Docteur de broise. Oh I qu'il m'est facile de me voir petit et de un faire humble 1 — l'Eglise. tourments. saint — C'est Pacôme. un Suivons-le dans le désert. Effrayantes mortifications de tous les jours. rêves.. tout ce passé qui m'échappe.. Hilarion. et dont Dieu se souvientl. c'est être à Jésus « quam pulchra est cqsta generatio cum claritate 1 » Qu'elle est belle cette noble race dans son éblouissante pureté A cette blancheur.. Il le me donnant toutes les faut peut-être !.... Ah ne soyons pas fiers de notre vertu conservée. C'est un saint Amun saint Augustin. luttes.. jamais !.

se moulant admirablement dans le cœur de Dieu A genoux.. C'est un saint François d'Assise. Suis-je de la même nature ? Ah que sont mes oraisons et que proî I mon application à sans cesse plus pur.. Pureté.. travaillant. plus duisent-elles ? Quelle Dieu? Mon amourse plus haut. lucidité éclatante de toutes leurs facultés intellectuelles .. une sainte Thérèse. peut-être sans fond et sans mérite. quel amour. intime. Quelles ascensions! et de ces hauteurs.SEPTIÈMB MÉDITATION 133 qu'elle nous confond encore. — L'Ame contemplative. rayonnant Les plus est fait-il ? Ames . âmes en quelque 1 sorte fondues et liquéfiées. quelles vues. une sainte Catherine. quelle union !... plus chaud. Nous voici à la hiérarchie suprême des âmes. Elles faisaient . inconnues.. à la lumière de laquelle je me vois grossier et terne. d'une science toujours courte et que l'on trouve d'ailleurs dans des milliers de livres !. je regarde s'élever cette vision. en voyant mon influence s'étendre à cent pas de distance !. quels élans Et dans ces étreintes. priant et sou£frant. — Elles auront passé. souverain détachement. L'influence qu'il exerce sur son siècle et qu'il exercera jusqu'à la fin des temps. Et je serais fier de quelque science.... témoigne de sa haute valeur. effets merveilleux des faveurs célestes. Et je me réjouirais... d'une joie inepte.. les yeux en haut. embrasement de toutes leurs facultés alTectives.

.. Résolution.. ! ... Nous en avons connu peut-être les valonsle bien si est répandu. on les croyait heureuses. D'autres auront récolté la moisson extérieure qu'elles avaient semée.. et elles l'étaient en effet. mais d'une autre manière. Que d'héroïsme dans certaines vies de pauvres femmes aux prises avec les duretés de l'existence On les voyait calmes.. — Se la . représenter plusieurs fois durant ce jour. nous? — Retenir une de ces vues...DBUZIÈMB SBMAINl 134 paisiblement que nul bruit ne e'en Dieu seul a su les grâces données par leur intercession.

quel serait le penchant le plus fâcheux de votre nature ou le genre de !• . 2* Voyez. Se sentir abaissé. dispose plus qu'on ne le croit à ne se point prévaloir devant les hommes. ^ Vous considérerez une à une les perfections divines. — Evoquer l'infini contempler. Ménagez-vous demain un long moment de méditation et beaucoup de tranquillité extérieure. pour éteindre dans l'éblouissement de sa beauté les vaines lueurs de l'estime propre voilà le but. dès ce soir. Tous nos sens intérieurs ont besoin d'un grand dégagement pour s'ouvrir à ces vues qui n'ont rien de senet le : sible. qui vous suivront dans la vie pratique. Ce contraste est à la fois facile. vous en retirerez des sentiments d'humble confusion. anéanti devant Dieu. Nos yeux ont besoin d'une ^attention prolongée pour sonder les mystérieuses splendeurs de l'Etre par excellence. et vous mettrez en regard vos lacunes et vos laideurs. suggestif et pénétrant.Deuxième Semaine SEPTIÈME MÉDITATION *« XIV» KXERCICB bis En Préparation pour face de Dieu la veille.

Laissez-nous seulement vous saluer en passant. Prélude. la paix souveraine à nos agitations et à nos troubles. laissez-nous mettre en contraste notre petitesse devant votre . petite lampe des nuits sous les feux du Soleil. Méditation — Demander la grâce de ressentir une impression des grandeurs divines.DBUXIÈMB SEMÀlNl 136 fautes le plus humiliant de votre vie. qu'elle absorbe tout sentiment de vaine estime personnelle. si vous vous entr'ouvrez pour quelques âmes. Goutte d'eau tremblante en face du majestueux Océan. etc. etc. et proposez-vous de le faire comparaître devant celle des perfections divines qui en fera le mieux ressortir l'inaltérable pureté la laideur par le contraste : opposée à nos souillures.. Le cœur a besoin d'être si pur pour plonger dans vos profondeurs! L'intelligence a besoin d'être si attentive pour écouter vos grands silences I. Nous n'essayerons pas de tracer ici une route qui vous livre à tous. et nous serions mal venu d'offrir notre aide à ceux qui ont su trouver le chemin de la lumière. telle est la sainteté de l'homme devant la perfection de Dieu! Attributs divins. oiîi la pensée se perd avec un trouble plein de ravissement... telle De la contemplation des Saints montons à la contemplation de Dieu. la sereine immutabilité opposée à nos inconstances. vous restez fermés à la plupart. mystérieux abîmes.

et je suis l'erreur. qui êtes le concert d«. Vous êtes la sainteté pure. n'est qu'un reflet lointain de votre ravissante beauté Voûte du ciel avec ton doux azur et tes pensives étoiles. sans déclin tout ce qui.SEPTIEME MEDITATION (ftis) 137 majesté. vous le pensez et le voulez éternellement. flots de lumière qui semez de toutes parts des éblouissements. ! . dont ils veulent faire sentir l'écrasante dimension. Ainsi les peintres placent un homme au pied d'un grand monument. impérieusement ennemie de tout mal et moi. qu'êtes-vous?. la . nous arrache à nousmême. Un peu de mouvement. l'empressement. a nature. ivres du parfum de mille fleurs. la convoitise. et je ! suis l'infinie faiblesse! Vous êtes l'immensité. Dieu vous êtes la toute-puissance. je suis le défaut. et j'occupe dans pace un point imperceptible! Vous mesure l'es- êtes la sagesse. la paix. élevée. Ame un rien ! de l'homme. nous enchante. le l'imprévoyance. complète. qu'êtesvous?... le désordre.. Mes impressions et mes goûts dépendent d'un nuage qui passe!.. moi je suis l'inconsistance. un peu . nous séduit. tièdes haleines du printemps. génie de l'homme. vous l'êtes toujours. Cœur de . ce que vous voulez. sans ombre. sur la terre.. grandes voix des forêts et des eaux. ce que vous pensez. Un reflet plus haut de l'éternelle intelligence) mais un simple reflet!. : 1 d'apparence. l'instabilité. trouble.. Vous êtes la beauté sans tache.. l'harmonie.... le péché Vous êtes l'immutabilité ^e que vous êtes.

1° Que suis-je près de lui ?. « Mon Dieu et mon durant des nuits entières Tout! Mon 2)ieu et mon Tout!!! » Humilité : d'amour et d'adoration. et si je m'y compare : quelle dérision Donc ! sentir le vide de l'orgueil.. plus de toutes nos générosités haut que tout par ton amour.DEUXIÈME SEMAINE 138 rhomme.. provoque deux ordres de réflexions et de sentiments. ses — tion.. et ravi!. sainte émulation aussi.. — . foyer plus grand. regard Regard sur Dieu. honte plus Résolution. Regard sur moi. perfections se dressent contre nous et nous C'est une injure. comme saint François. en con- traste avec nos inénarrables misères. une profanacondamnent... Qu'il — ferait bon : s'écrier alors. tu n'es qu'une étincelle auprès de l'amour infini! . profonde de mon orgueil Dieu ne m'est-ll pas donné pour modèle? Que fautil à ia toute-puissance pour faire de moi un suint ? Beaucoup d'humilité de ma part. regard reposé sur moi !.... source de tous nos sentiments . Toutes atteintes toutes ses . regard attristé et reconnaissant.. une folie. Qu'elle serait belle et douce. 2° Qu'est-ce que l'offense perfections sont de Dieu?. — Honte de mes haillons.. l'humilité faite de ces deux regards regard sur Dieu.. mais toujours humble!. Cette vue des perfections de Dieu..

TROISIEME SEMAINE JESUS HUMBLE .

i .

« donnez-moi de Jésus : De meo accipit et annunparfois à : — : tiabit vobis. » Toutefois. Enseignez-moi Jésus. Esprit-Saint. Il nous appelle pour nous former luidouce initiation. sa chaleur en arrive méditons d'une devenir lumière Mais. il commente Jes exemples. maître. Avec confiance : Jésus est bon. » Je Jésus et par lui. ô doux espoir! a ses leçons. ô doux commême. Par ses exemples. Esprit créateur. il merce. an ciel nouveau. commf . il marche devant nous — — — : — pour nous montrer comment on est humble. attirons-la rayonnante au grâce est lumière dedans de nous. Par ses paroles. plus que le cœur. il réserve cette haute notion à ceux qui sont petits et à ceux qui veulent l'être « Rêve: : lasti ea parvulis. il nous révèle l'humilité de son cœur « Mitis sum et humWs corde. une terre nouvelle. des vouloirs rajeunis. il a ses secrets. veux être humble. Il a ses exemples. » Le cœur est un foyer. la façon affective.U TROISIÈME SEMAINE PRÉPARATION A Abordons ces méditations avec respect : Avec docilité Jésus est Jésus est Dieu. Par ses secrets. créez en moi des idées.

Deux questions principales s'imposent à nos préoccupations en face de Jésus souffrant et humilié. l» Souffrait-il réellement. Puisse-t-elle transformer véritablement notre cœur. Les expressions même nous manquent. Lui qui se savait si grand ? A l'extérieur. Mais si les horizons lointains se dérobent à notre regard. Assurément. pour qu'ils puissent nous servir d'exemple. les régions prochaines lui restent accessibles. Lui qui était plongé dès ici-bas dans la vision béatifique? Pouvait-il avoir sincèrement de bas sentiments de lui- même. l'état où se trouve élevée l'âme de Jésus par son union personnelle avec le Verbe est si différent du nôtre qu'il nous est impossible d'en préciser la nature et les lois. Elle la pratique de cette vertu. .142 THOISlàlCX SEHAINB Cette semaine nous fera arancer dans la connaissance de l'humilité. — en étendant encore nos horizons. Nous n'aborderons que celles-ci. dégageons-nous de certaines persuasions confuses qui représenteraient les actes et les sentiments de Jésus comme trop en dehors des conditions où nous sommes. en mettant dans un plus grand jour les vérités déjà méditées. pour Afin de permettre àces méditations d'exercer sur nos résolutions toute leur influence. pour de là transformer notre viel et nous animera. de toute la force de l'exemple le plus autorisé.

. je ne suis qu'une pauvre petite créature. qu'un modèle sans vie? Quoi. n'est point une simple apparence elle n'est point non plus un exemple hors de ma portée. si ces humiliations et ceg souffrances furent réelles. parce qu'ils se trouveraient en dehors des conditions de ma nature? oh non. rhumiliation et la souffrance appa- évidentes. le tout-puissant.PRÉPARATION il 143 est vrai. II Quoi l'humilité de Jésus ne serait qu'une apparence.. raissent mais régnaient-elles au dedans? Ces faits ne se produisaient-ils pas. et moi. pour les supporter toute sa vertu divine : Il était Tinfini. C'est à peine taille si mes regards peuvent s'élever assez haut pour grandeur... mon frère. . Jésus avait. qu'un décor. sans quoi le Dieu de vérité nous tromperait! le Dieu juste nous entraînerait à subir douloureusement des humiliations dont il n'aurait point souffert lui-même le Dieu sage nous imposerait un fardeau que I I I . pétrie de faiblesse!.. ils n'appelleraient pas mon imitation. si ces exemples sont réels.. dans le but de constituer en notre faveur le grand enseignement des exemples? 2» En tout cas. comment ma vie de l'atteindre ? Laissez-moi tomber à genoux devant ces prodiges pour les admirer mais ne me demandez pas de les en contempler la serait-elle capable : reproduire.. le fort par excellence. mille fois non l'humilité de Jésus. uniquement. . Son humilité fut de sa comme tout le reste.

pour que son humilité fût une vertu. de volonté. en effet. plus affinées. elles moindres sont moins . de sensibilité. seules des épaules divines sauraient porterl. nous le verrons bientôt. nuances . nos organes que la nôtre. Jésus. et il acceptée l'a comme une chosejuste.nos sentiments humains palpitaient dans son cœur. nos nerfs. acceptait plus filialement. mieux doué que nous. Ils étaient faits l'un et l'autre des éléments qui nous constituent nous-mêmes: son corps avait notre son âme. Jésus a senti la honte de rhumiliation avea cette répulsion naturelle qu'inspire le senti- ment de la dignité personnelle . et pour que ses actes eussent un et accepter : — sentir réellement mérite. ainsi sang. Il fallait. d'élite? Plus hautes. !• Ne sait-on pas qu'une plus grande souffrance est dans la vie le partage des natures . ces deux conditions : sentir dans son cœur accepter librement dans sa vod'homme. sentait plus vivement. Si notre sang humain coulait dans ses vwnes. elles saisissent les plus constantes. était douée d'intelligence. . III Deux grandes différences s'accusent néanmoins entre sa manière de sentir et la nôtre mais ces deux différences ne font qu'ajouter à la force de l'exemple.. plus vertueux que nous.tROISlilIS SBMÀINt 144 m . elles voient de plus loin. lonté de fils soumis.. Jésus. L'âme de Jésus ressemblait à notre âme comme son corps ressemblait à notre corps.

je ne puis faire ce que fait le ToutPuissant. et c'est Lui qui est offert à votre imitation. ces exemples laisseront toujours bien loin en arrière notre traînante imitation et ce n'est pas seulement par la grandeur des actes qu'ils la dépasseront. — 10 . a-t-elle fait perdre à des actes accomplis avec aisance. s'il fait tout par amour?. mais le Fils de rhomme . ! : mmuurà. caren Jésus... mais aussi par la perfection de l'offrande Jésus alla au-devant de : . Ainsi. rend tout facile.. plus il aura le droit de nous donner ses actes et ses sentiments comme de vrais exemples 2° Sans doute. Ne dites donc plus point Dieu. Quoi à mesure qu'ils grandiraient. si rien ne lui coûte. ce n'était pas la Divinité qui sentait mais la nature humaine. non le Dieu.* l'amour divin et la vertu feraient baisser la valeur de nos actes I 3« Si les actes de Jésus furent déterminés par son immense amour. ce Jésus adoré.{PREPARATION 14b ca fiables d'oubli.. Depuis quand l'amour qui rend tout facile sera-t-il donc regardé comme une diminution du mérite ? Donnerons-nous moins de reconnaissance à une ^fection très vive qui se fait un bonheur de panser nos blessures ou de nous sacrifier ses joies? Depuis quand la vertu qui. ils le furent librement comme douloureusement. : la souffrance et il l'aima : « Desiderio desideravù » Mais alors où est son mérite. sachezle bien. pliH il aura souffert. Vous avez devant vous. elle aussi. le droit d'être admirés. cette nature plus sensible que la nôtre et plus accessible encore je ne suis à la souffrance.

et il se tait.. 1° Oui. de sa Présentation. Y aurait-il mieux que de sauver donc quelque chose de âmes ? ou plutôt pour les sauver les âmes. elle dépouille l'homme de cette encombrante préoccupation de soi qui intercepterait l'action . c'est l'humilité qui prépare le succès .. à travers les émouvants mystères de sa Nativité.. puis le long de ces années monotones qui s'écoulent lentement dans les obscurités voulues de Nazareth.. Quoique petit enil sent bouillonfant. y aurait-il des moyens plus puissants que de se montrer et d'agir?. qui vont parler d'abord c'est sous nos regards que l'humilité de Jésus va se produire dans la douce lumière de sa vie cachée. de sa fuite en Egypte. Trente ans sur trente-trois quelle préfé?ence marquée Jésus est venu pour parler aux Aommes et il est près d'eux. il a une lèvre éloquente ner dans son jeune cœur le zèle le plus ardent. : I I .Troisième Semaine PREMIERE MEDITATION XV« EXERCICK Enfance et vie cachée Humilité d'effacement — Ce sont les faits Préparation pour la veille.

il faut à la nature humaine de longs espaces. par suite. et. Mais pour une telle réforme. c'est délicieux! Marie. » 3° Et puis cette retraite sacrée. qui nous racontent cette période tout imprégnée de douce humilité C'est calme : c'est touchant.. ô Joseph. — . et elle y demeure tant que la voix de Dieu ne l'appelle pas à en sortir « Ama nesciriy aimez à être inconnu. elle rend insensible à ce qui est dur et déconcertant. pour que je contemple Jésus humble ^ 1 La tendance à l'effacement n'est-elle pas contraire an développement des grands caractères. tandis qu'au dedans elle dent le cœur tendre. 2° L'humilité vraie tend d'ailleurs à l'effacement. Gomment ne pas lui accorder ses préférences : quand on a le cœur plein d'amour? Demain. prêtez-moi vos yeux et vos cœurs.147 PREHiiRI MEDITATION divine. pleine de silence.. c'est le lieu oii elle est à l'aise.. elle s'y porte de toute sa force quand rien ne s'y oppose. Heureusement la vertu chrétienne trouve dans son amour pour la gloire de Dieu un mobile à . nous parcourrons avec tendresse les textes sacrés. remplis par de nombreuses victoires. et comme amolli à l'égard de tous. Jésus avait besoin de l'enseigner à notre empressement. C'est sa place choisie.. à l'intérêt public ? Ce serait vrai si l'ambition était le seul mobile capable de former de grands caractères et d'inspirer de grandes actions. ô anges. heureux et seuls témoins de ces anéantissements. n'est-elle pas comme un sanctuaire oui Dieu se révèle et se donne plus intimement?.

Lisez. poussière animée. cacher le Verbe dans la chair. . il : : : .. Deuxième prélude Demander la grâce de sentir vivement l'amour de Jésus pour tout ce qui tient effacé. devait être surtout ma ciel . et comme l'y anéantir Exinanivit semetipsura ! Ce premier acte appartient à Dieu seul. contempler en bas rhurailité d'une étable abandonnée. Cette vérité est d'ail- leurs mise en lumière dans la 5* semaine. Ce mot factura est^ ne semble-Ml pas emprisonner. de comprendre qu'un tel abaissement. par exemple la vie des fondateurs d'ordres religieux. Il -l'a voulu. I Et Verbum caro factura est.f4â tftOISliMK 8ËHAIN1 Méditation ^ — Premier prélude. la chair infime de l'homme. Ils se rapprochent jusqu'à s'unir. l'a choisi. en face de ce pauvre coin de terre froide où descend le Sauveur.. et Jésus n'aura ni demeure ni berceau. et la chair. — leçon. ceux qui vont suivre appartiendront à THomme-Dieu. Se représenter le contraste du immense et rayonnant où règne le Verbe. César aura un sujet de plus. Le voilà dès avant sa naisexiil subit ses sance soumis à un maître gences. Edicturaa Cœsare. Entrevoir en haut les splendeurs incréées. qui n'était point nécessaire. lumineuse image du Père. Comparons les deux termes le Verbe. la fois plus puissant et plus noble.

un petit être sans parole et sans regard. ils sont seuls. Doux Enfant endormi dans la crèche.. Ils vont à Jérusalem. des prophètes les .. Les bergers l'adorent et s'en retournent. II Postquam impleti sunt dies purgationis. parce qu'il les : — est humble. nul ne s'occupe d'eux... n'ont point écarté les voiles dont le — aller mais ils couvre l'humilité. vous semblez reposer dans l'humilité ! Pastores erant in regione illa : des pâtres. Dieu que les bergers ne parlent pas ? Est-ce par simple permission? Peut-être parlèrentils? mais alors ils ne furent pas écoutés: c'étaient de trop petites gens. c*est la petitesse : invenietis infantern. 149 Non erat eis locus in diversorio. Quarante jours sont écoulés. Aq Temple. Jésus ne quitte — — — — l'élable voisine. que pour dans une pauvre maison Les anges l'ont proclamé le Messie . C'est chose toute naturelle : ils étaient pauvres. Et hoc vobissignum. RecUnavit eum in prœsepio.. Est-ce par ordre de Jésus reste ignoré. In prœsepio^ comme un faible agneau dans son nid de paille. ils furent rebutés. Le signe qui révélera le Dieu sauveur.P&EMliRB MÉDITATION . Il les préfère. de pauvres gens. cependant. L'auge où mangent animaux devient son berceau une poignée de paille soutient et entoure son petit corps si tendre. voilà ceux qu'il honore de sa première audience.

! ! — retentit: Joseph. fuis\ Voilà tout ce III Nazareth se montre à nous avec ses longues années d'oubli Petit village perdu au milieu de la verdure. . fuge.TROISIÈME 150 SBMAIM accueillent : Siméon.. C'est l'éclat d'un instant et le voile de l'humilité se referme aussitôt sur lui .• ses maisons. La science déclare que le Messie doit être né. qu'interrompt seulement» de loin en loin. avec ses deux ou trois rues où ne passe jamais un étranger dans le silence de : . qui l'a reçu dans son Temple. et né à Bethet nul léem. le déclare la lumière des nations. Songeons aux ressources de la toutepuissance et admirons en Jésus la volonté bien arrêtée de n'être compté pour rien. Au milieu de la nuit une voix . Le retour en Galilée est aussi dépendant. Et dans ce milieu obscur où (es iours e^ les lieures s'écoulent lentement. et quand les mages viennent le chercher à Jérusalem.. et Anne parle de lui à ceux qui attendaient le Rédempteur d'Israël. Bethléem est à deux lieues de là n'y court. Jérusalem. lève-toi! prends V enfant et que Dieu veut faire pour son fils!. vénéré du peuple. nul n'y accompagne les mages Quel prodige d'indifférence Surge. le bruit monotone de quelque instrument de travail. aussi obscur et aussi humble. ne le connaît — même pas I La caravane des fils de l'Orient trouble durant un jour le repos de la cité.

Seuls... à l'infini. Jésus. Les perspectives se déroulent. Vous prolongez durant trente ans ce long enseignement. par la méditation. non plus.PREMIERS MEDITATION 151 ignoré de ceux qui Jésus. mais tous les jours de ma vie.. sortir de reffacement et de la que Dieu me prenne comme par la . — Pour retraite. voie. ne le révèlent pas.. mais eux. attendre main. Elle voit ce qui se passe. pour m'apprendre à en garder l'esprit.. de ceux qui Tentendentl. devant l'âme qui refait. Marie el Joseph sont là pour l'adorer. reste l'emploient. ayez pitié de mon orgueil qui m'égare et me tourmente! Habituez-moi à vous aimer assez pour que l'oubli des créatures ne me soit point amer. le détail de chaque journée. elle contemple comment tous ces actes sans éclat créent sur la terre la véritable humilité. elle entend ce qui se dit.. Dieu anéanti. le cadre des lieux. Tout ce qui convient à un enfant dans une famille pauvre. vérité et vie. Enseignez-moi à m'effacer pour que j'attire vos regardsl Défendez-moi contre le désir empressé d'agir et de réussirl. pour n'en vouloir point sortir? Vous y trouviez l'infini car l'ombre le fait rayonner et le silence le fait entendre : 1 Résolution. non par occasion et de temps en temps. votre volonté de l'anéantissement est d'une évidence et d'une persistance qui impressionnent ma raison et mon cœuri Jésus... Que trouviez-vous donc de si délicieux au fond de l'oubli.... voilà sa vie!.

point : Elle fut — Deuxième magnanime. Cette vertu tend de toute sa force à l'effacement. dans ia simple vue du bien que l'on fait. mais vient-elle à rencontrer une volonté de Dieu qui s'oppose à ses préférences.Troisième Semaine DEUXIEME MEDITATION XVI* EXERCICE Vie publique. Etre humble au sein de l'effacement est relativement facile mais rester humble au milieu de l'action demande une vertu solide et de sages précautions. Se complaire dans la louange. Alors. Thumilité change de rôle elle n'est plus effacement. nous l'avons médité. toujours active. elle reporte son utile influence sur l'exercice : des autres vertus. est uo : . — Humilité d'action Premier point: L'humilité de Jésus fut simple. Pour profiter pleinement de cette méditation. mais sauvegarde. — Préparation pour la veille. elle se replie dans le cœur sans se diminuer en rien. et leur communique ce cachet de simplicité et de désintéressement personnel qui fait leur puissance. comprenons bien que dans la vie active.

parler et réussir? Ne convient-il pas d'en imposer par son attitude? Jésus. Suivons-le ensuite au désert. Si je vous aime. la règle com- montrer. se mêler à la fouie des . Voyons-le s'acheminer vers le Jourdain. — Demandons la grâce d'être de toute vaine assurance en nos ressources personnelles et de toute dangereuse complaisance dans l'estime qu'on nous témoigne. n'est-ce pas l'idéal de l'humilité dans la faut-il pas d'ailleurs se vie active? o^ Méditation — — Premier prélude. comme il y a vécu. L'humilité de ses trente années obscures ne lui suffit pas il veut commencer son ministère par des humiliations plus apparentes. où il subit le voisinage des bêtes fauves et le contact du démon. vous m'éciairerez de votre exemple. Contemplons Jésus quittant Nazareth sans bruit. — publicains.DIUXIÈMK MÉDITATlOlf poison que si subtil 1 S'élever s'élève la position. et recevoir le baptême des pécheurs. — Deuxième prélude. avec elle. Jésus. mune? Ne n'est-ce 153 en soi-même à mesure et changer d'attitude pas. agir. charme de la simplicité. vous mettre à ma place et vous mettre en moi. n'agir que pour vous et par vous. hélas. libres I. Composition du lieu. humilité a tout l'éclat de la vérité. se laissant tenter comme une âme capable de faiblir. — Son tout le Son ahord ne pré- . L'humilité de Jésus fut simple. il me ^era facile de le suivre et de ne plus prendre le change.

que tous le comprennent.TROISIÈME SEMAINI 154 sente rien qui étonne. ni de leur respect pour la loi. parle ou qu'il agisse. : — mots semblent disparaître. chaire. travail. qu'il attire à lui. Ses vêtements pauvres. souvent les personnes perdues de répuceux qu'il préfère. Qu'il regarde. sa démarche est modeste. tout est d'un naturel fait: Jésus ne pose pas. Son entourage. . et il est sans pitié pour les orgueilleux pharisiens! Il ne leur tient compte ni de leur probité. tation. 11 est si limpide. de pauvres femmes pourvoient à ses bePour prêcher. lui suffisent.. Rien n'est plus éloigné de la recherche que ses discours. Voilà qu'il relève. il n'exige ni temple. que les gées. ni de leurs prières prolonLa vertu inspirée par l'orgueil lui est en horreur.. les usages. Son langage est si simple dans son élévation. ni de leurs aumônes. Comment se trouve-t-il dans ce même cœur tant de répulsions indignées? Jésus a la haine de l'orgueil. les idées mêmes du peuple. Sa vie est un dénûment de tous les jours il n'a pas une pierre à lui. pour reposer sa tête : de pauvres gens le reçoivent dans leurs maisons. Il emprunte les expressions. Pour eux. l'angle d'un carrefour. le bord d'une barque. il a des trésors d'indul- gence. un tertre de gazon. ni soins. sa tête rement penchée en avant. il laisse si bien voir la vérité elle-même. ce sont aussi les publicains mé- tume de prisés. sont légèqu'il par- — C'est le peuple en cosce sont les petits enfants et leurs mères.

. Ecoutons le divin Maître nous le secret « C'est mon Père en moi qui fait ces grandes œuvres. se montre.DEUXIÈME MÉDITATION 155 Et sa vertu. L'humi- elle un . — . L'humilité de Jésus fut magnanime. et une confiance qui attend tout de lui. Or. ressuscite les morts et apaise les tempêtes. — II. il ne fuit pas les opprobres. Jésus sort de l'obscurité. il fait ces grandes choses comme naturellement il ne recherche pas les honneurs. ni réserve . il paraît indifTérent aux uns et aux autres. Devant une volonté supérieure. ne permet ni refus. Un instrument résister. Dès que l'heure marquée par son Père a sonné. Admirons cette magnanime humilité qui affranchit l'âme de toute pusillanimité et de toute hésitation. sa parfaite vertu se trahit partout mais elle est pénétrée de tant de naturel qu'elle n'étonne pas. rend le cœur généreux. » Jésus s'attribue en révélant le rôle : — de simple instrument. Il entraîne les foules et fait trembler les pouvoirs publics. Il guérit les malades. tout le il il mange a des heures de fatigue. il se retire sur la montagne. semblable à ces monuments dont l'harmonie dissimule la grandeur.. un instrument ne peut ne doit pas — s'enorgueillir! L'humilité. monde. — . Quand il veut se livrer aux longues méditations. quand elle est vraie. comme elle est simple! Jésus habituellement ne manifeste rien d'extraordinaire. elle inspire désir du bien qui a Dieu seul pour objet . et boit - !1 mène une comme — vie commune. Sans doute. parle et — s'entoure de disciples.

ne fût-ce que par une fugitive complaisance. » baiser ses I : — Dans le bien que je suis appelé à Béiolution. tanpotestatem habens. me — rechercher moi-même. et que les âmes soient sauvées N'est-ce point attirer l'attention que de trop répéter qu'on est incapable et indigne Il s'agit Prétons à Dieu ce que nous bien de nous tenons de lui. Que Dieu seul paraisse. oublions-nous. Dan- faire. ni de ces formules d'humilité qui contiennent souvent un orgueil quam condensé.T&oisiiMX simàink 156 lité qui n'aurait pas ce caractère serait fausse ou incomplète. Jésus se présente et parle avec autorité. il dit ce qu'il a mission de dire. donne des leçons im- Quand nous remplissons une mission. Un Frère lui en témoigna son étonnement: « Ahl répondit le Saint. ne voir que Dieu. je ne m'y trompe point Ce n'est pas mbi que l'on vient voir ici je reçois ces hommages. — Cet exemple nous portantes. Il n'a point de ces timidités qui sentent la préoccupation personnelle. Il se présente pour ce qu'il est. et je les rends à Dieu. ger de . le voir sans cesse. saint François d'Assise foules s'agenouiller devant lui et stigmates sacrés. Sur la fin laissait les de sa vie. et que le sentiment de notre inutilité aille grandissant avec le succès de nos I ! I œuvres. faisons-nous oublier.

— la vision béatifique.Troisième semaine TROISIEME MEDITATION XVII» EXERCICK Humilité du Cœur de Jésus Humilité d'anéantissement — Premier point : Mystère de cette humilité en Jésus. Posons-nous résolument en face de la question si naturelle. Préparation pour lité — Les deux médinous ont montré Thumi- la veille. car enfin les actes extérieurs trouveraient à la rigueur quelque explication qui les justifie. pouvait-il avoir de bas sentiments de lui-même. mais le l'y demain et lesjours suivants : sentiment. infini comme Dieu et parfait comme homme. tations qui précèdent de Jésus dans ses manifestations extérieures. nous la chercherons dans son cœur même. soulevée au début de ces méditations Comment Jésus. Deuxième point : Humilité produite par le sentiment de Troisième point : Humilité entretenue par son néant. nous avons contemplée douce et vaillante. et nous la découvrirons profonde jusqu'au mystère. la persuasion. qui font . la certitude.

demande encore de me toucher après m'avoir convaincu. qui vivez en moi par votre grâce sanctifiante et qui animez tous mes actes par votre grâce actuelle. plus de motifs que je n'en ai moi-même .. représenter une de ces montagnes ombreuses où Jésus aimait à prier. les yeux au ciel. rbumilité soit une humilité de cœur. la nuit. ô Jésus? Auriez-vous donc. Premier prélude. Je veux que. Le voir. ou bien serais-je. assez aveugle pour ne pas les distinguer. noyé dans la contemplation de Celui qui est.. faites vibrer mon cœur des transports du vôtre pour l'humilité. vous tirer les conclusions légitimes? me le ferez Je vous comprendre demain. — . Amenez-moi avec vous dans ces profondeurs du détachement oii l'on s'oublie. pour être humble. ! poids de cette écrasante révélation d'humilité. mais où l'on vous trouve. Faitesvous aimer et faites-vous suivre. assez inconséquent pour n'en point Jésus. moi. chez moi aussi. avec délices. Jésus. à genoux. ne serai-je pas contraint de devenir humble à mon tour? Tiendrai-je ma tête haute quand je vous verrai abaisser la vôtre. une humilité qui incline à l'abaissement. et même qui s*y complaise. Méditation — — Me Composition du lieu. paraissent contradictoires? vous me Sous ferez le le comprendre demain Jésus. sous la clarté discrète des étoiles.TROISIÈHB SEMAINE 158 l'humilité.

159 TROISIÈME MÉDITATION Pénétrons avec un saint respect dans le secret de ce grand temple. les or. les actes se voient.. Pénétrons dans ce sanctuaire comme dans un temple aux profondeurs mystérieuses. Habituons nos regards : . ce Cœur d'où partait le vouloir de l'humilité ce Cœur qui en savourait les amères délices. Donner sa vie est plus facile. les mobiles sont la même. vous avez vu que l'orgueil est le plus grand mal de rhumanité et sa plus dangeet le ravir. cœur d'amour. — à ces obscurités saintes mobiles restent cachés vertu : . Jésus sage comme un Dieu. Rappelons-nous cette parole du Maître 3e suis doux et humble de cœur. — I. C'est donc ce Cœur que nous allons méditer maintenant. Prions le Saint-Esprit de répandre sa lumière sur notre raison. Jésus.. — Deuxième prélude. dévoué comme un Sauveur. et adressons-nous à Jésus luimême pour apprendre enfin le secret de son humilité. fices.. Mystère de cette hamilité en Jésus. Or. vous vouliez être aimé! Pour toucher mon cœur. qui est son âme et que remplissent l'adoration et l'amour dans l'étendue de son humilité. C'est donc a Vamour de notre amour » qui vous fait humble!. par le profond sentiment de la part prédominante de Dieu en tout bien. Demander la grâce du dégagement de l'estime propre. pour l'arracher vous avez rêvé les plus grands sacripas trouvé de plus grand que celui de votre honneur. vous n'en avez — I ..

je les médite avec une tendresse émue. Lentement.. pour vous aider à me sauver.. ô Jésus. Les vertus et les dons brillent en lui de leur suprême éclat. Comment n'y céderais-je pas? Comment ne me ferais-je pas humble... C'est le plus faire de lui une ravissante image. sa parole persuade. bon... l'humilité de cœur.. je parcours tous ces nobles motifs..ÎROISIÈMK SEMAINS 160 reuse tendance... pour vous prouver que je vous aime. plus je m'étonne de vous voir humble : — I Ah I me s'il ne s'agissait que d'actes extérieurs... le plus près possible?. et vous êtes si grandi je l'expliquerais : : — II. cependant. n'est-ce pas le sentiment de sa petitesse. ô Jésus. Et. Son cœur est maître de tous ses mouvements.té. pour nous entraîner dans le chemin de rhumili. Humilité produite en Jésus par — le senti- Commençons par nous ment de son néant. parfait. plusje vous découvre sage. saint. Son — regard ravit. pour être près de vous. et j'irai si avant qu'ils rougiront de ne m'y point suivre.. nulle imperfection ne le dépare. le devoir de l'exemple qui vous fait humble!. C'est donc. De cœur! je l'ai bien entendu... Son imagination est belle comme la poésie. sa bonté entraîne. vous vous êtes dit Je m'y jetterai moi-même.. beau des enfants des hommes... Nulle tache..... et vous êtes la vérité mênrel.. Son esprit est exempt d'illusions. Il Toit en haut les . Mais. Sa chair est pure et sainte... mais vous dites je suis humble de cœur... Tamour et la sagesse y conduisaient vos pas..

sa science qui s'étend à tout le créé. qui en est revêtue. Que dire des attributs relativement infinis que lui reconnaît la théologie : la transformation de son âme qui épuise l'idée de la grâce. si. reconnaît avec une netteté lumineuse la petitesse de sa nature humaine. elle retomberait dans ce néant.. et. et font passer devant DOS yeu3ç l'image insaisissable du néant. tant il porte de néant dans ses entrailles! Représentons-nous cette âme adorable disant. en bas la création obéissante.. au milieu de tout cela.. Et. et ce vêtement est un pur don qui repose sur un pur néant. bien avant sainte Catherine de Sienne: Je suis celle qui n*est pas.. mais surtout sa Dignité absolument infinie le corps et Tâme subsistant dans l'unité d'une seule personne.. celle du Verbe. pleinement conscient de Nullement! toutes ses grandeurs.. tant le créé demeure fragile. Cette âme... et dans l'avenir toutes les générations baisant la trace de ses pas. à toute heure. dont il jouit. entraînés dans son orbite et recevant les mêmes hommages d'adoration : quel éblouissementl. tous les plus beaux dévouements s'élançant à sa suite.» Tombées de si haut.. Jésus est humble... ces paroles donnent le vertige. -t •' BtMtLrr* — lit .TROISIÈME MÉDITATION 161 anges prosternés devant lui. à toute heure. même chez un HommeDieu. — Que voit-il donc? — Cette dignité divine.. : Est-ce par l'effet d'une miraculeuse iUusion ? Jésus. n'est hier n'existait pas. qu'un vêtement splendide. elle n'était soutenue par la toute-puissance.

De toutes parts. cette âme unie au Verbe ne comprendra l'on n'est pas ne l'on 1 vit — I pleinement le Verbe Que les hosanna de la foule passent ici-bas autour de son front. Humilité entretenue en Jésus par la vision On sait que l'on est un néant. e* béatifîque — humble Pourquoi? Parce que pas sans cesse dans cette pensée pénétrante qui seule impose la conviction et impressionne le sentiment. il devient une illusion : il n'est jamais le vrai» Si un Saint du ciel revenait parmi nous en conservant la vision béatifîque.. Sa pensée plane plus hautl I I A — défaut de vision héatiûque. il ne pourrait être orgueilleux. son front ne s'élève point Que les crachats souillent son visage.. L'orgueil commence par être un oubli. essayons de faire cette vision de foi : Dieu infini et pous . Considérons notre divin Sauveur sur terre jouissant de cette vision béatifique... même pour elle.. même à travers les siècles de l'éternité. la vue de Dieu et de son propre néant dans une vision unique. il pourrait par miracle mériter et souffrir. Quel spectacle que ce face à face du Verbe avec la nature qu'il s'est associée L'âme plonge ses regards étonnés et ravis dans les profondeurs de cet océan. Jamais. et puisant dans cette lumière sa profonde humilité. ne le quittant jamais. aux lointains inaccessibles.162 tHOISlÂME SEMÀlNt III. comme un nuage brillant. son cœur ne se révolte pas !. sa vue s'arrête et sent cet au-delà qui s'en va infiniment..

sorte de néant en tout et toujours. Rendons-nous cette vue familière . — Quelle douce manière de nous préparer à la 1. — elles le touchent. . devant lui. Que ce soit au ciel ou sur terre : qui voit Dieu est humble vision béatifique de l'éternité 1 — Résolution.. qu'elle pénètre tout notre être moral. et si bien. Renouvelonsla. que nous en arrivions à nous Vy voir oublier nous-mêmes. Voir Dieu en tous nos succès. elles le voient. elles le sentent. quand nous nous mettons en la présence de Dieu.TROISIÈME MJDITATION 463 toujours infîni. surtout à l'oraison. Ne retrouvons-nous p*s cette vision dans les grandes âmes des Saints? Ne la rencontronsnous pas dans certaines âmes ignorantes et simples? A quoi nous servent donc nos lumières qui dépassent les leurs? Nous savons notre néant. nous..

en quelque sorte celle de notre béatic'est le sentiment du néant devant l'in- disposition elle sera tude . elle est uniquement l'œuvre du péché. nous ne sentons pas Remarque frappante. elle ne saurait convenir à un être sortant des mains de Dieu. pour petit Remarquons-le bien I : qu'il soit. est que le une laideur néant. L'humilité d'abjection celle de la laideur et de est essentiellement la bassesse vile . tant il est vrai que la vue claire des choses demande des yeux purs. fini.ÉCLAIRCISSEMENTS Sur Méditations qui vont suivre les trois L'humilité que nous avons envisagée hier est celle qui convient à tout être créé. et l'on voit au contraire l'innocence douter d'elle-même et se mépriser. les âmes coupables sont précisément les plus réfractaires à ces sentiments. hélas tout entière des mains de l'homme. tout mal. c'est et descend plus bas sous cet aspect qu'il se présente à la raison qui réfléchit. nous ne l'avons pas! L'inclination à nous mettre bien bas. « Les cœurs purs verront Dieu ». mais c'est sous des traits bien différents qu'il se présente à nos idées et à nos goûts. dit l'Evangile . nous ne la comprenons décidément pas! Le profond et complet sentiment de notre vileté. Elle eût été la d'Adam au Paradis terrestre. mais ils verront la les plus I . L'humilité d'abjection. elle est faite.

expliquez-moi ce fais — . et voilà que ce n'est pas seulement le courage qui me manque pour être chrétiennement humble. constitue spécialement IMiumilité de l'homme déchu. : . mais sans y bien croire. pour sortir enfin de persistantes ! Que tenter pour s'élever au-dessus de ces vues naturelles? Il me semblait avoir bien senti la force des méditations précédentes. C'est comme un rêve de la nuit dont on garde à peine un souvenir vague et inefficace. plus peut-être que l'homme des douleurs. que nos yeux s'ouvriront forcément. je — opprobres. mais cette persuasion est tellement opposée à l'opinion commune qu'elle nous abandonne au sortir de la méditation. l'on ne retrouve en soi que le sens aussi. Devant un tel spectacle. devant les humiliations vraies. notre cœur attendri le plaindra. humain! Que faire.. Là encore. ETC.. 165 par contraste. C'est une formule qu'on se dit à soimême. souvenir. Maître.. formule. la laideur de ce qui lui est opposé le mal. ces ô illusions mon Dieu. Persuasion. et notre main agitée cherchera à écarter de son front l'odieuse couronne s'écrier: des Ne les mérite! mystère!. Mais Lui de pas cela! Ces humiliations. Jésus se présente comme notre lumière. Il se fera l'homme des humiliations. si avili.... rêve. tout a disparu quand l'occasion se présente et.ÉCLAIRCISSEMENTS. Voir en soi la laideur du mal et se juger d'après cette vue. il se la montrera si abaissé. mais que c'est même simple conviction!.

Nous nous appliquerons à les bien constater et à les sentir pour en être impressionnés. renferme de tels excès d'abaissement que l'esprit humain n'en saurait sonder les profondeurs. il aperçoit ce qui s'étale au grand jour et il reste étonné. d'une sainte Catherine de Sienne. — Cette méditaPréparation pour la veille. La Passion. •— Deuxième point: Troisième point : HumiliaHumiliations intérieures.Troisième Semaine QUATRIEME MEDITATION ZVIII* EXERCICS Humilité d'abjection en Jésus-Christ Premier point : Humiliations extérieures. Parcouronsles avec cette persuasion que. sera comme une sorte de tableau des humiliations de Jésus durant sa Passion. nous découvririons tion . Que serait-ce si nous avions l'âme d'un saint François d'Assise. il le médite et il reconnaît qu'il ne voyait rien. malgré nos efforts. 4'uii saint Jean de )a Croix. — tions spirituelles. en effet. d'une sainte Thérèse. nous ne distinguerons jamais que les bords de cet abîme.

dites-lui de faire son œuvre qui est de vous révéler Je désire tant vous connaître Vous devez être si beau. Jésus. si beau sous vos humiliations car il y a là. au fond de notre être une image saisissante de Jésus humilié. je n'ai point ces vues. nous foulerions aux pieds Comme pasl tout de la terre. et nous arracherions de notre cœur la dernière fibre sensible à l'estime l'orgueil vaine. cette âme qui voit et qui sent! Votre Esprit-Saint peut seul me les donner. pour cette vertu. si étrangement haute que je ne puis la saisir. Dites-lui. . si ravissante qu'elle jette sur l'humiliation même un éclat qui la rend : 1 . je n'ai . ô Jésus. une beauté morale. de dissiper toutes mes idées fausses. point cette âme.^ QUATRIÈME m4dITATI0N 161 un Jésus humilié que nous ne connaissons eux. qu'elle s'y imprime dans la vivacité de notre amour! Formons-nous une âme tout imprégnée de Jésus. je le soupçonne. : Jésus.. tout l'amour que nous avons pour . oui.. et nous aurons plus fait pour le développement de notre humilité personnelle. que si nous avions anxieusement parcouru nos propres misères nous aurons mis en notre cœur. dans notre esprit. Qu'elle y pénètre dans la sincérité de nos réflexions. aimable! Cette méditation ne demande pas précisément des retours sur nous-mêmes son but est plutôt de mettre sous nos yeux.

qui nous révolteraient. flagellé. Demander la grâce d'une résignation sincère et douce dans les humiliations- — I. Humiliations extérieures. entre deux voleurs... Parcourons rapidement tous les genres d'humiliations qui nous seraient particulièrement sensibles. La salle de la flagellation. sous les yeux de tout un peuple !. Présentonsnous devant Celui qui fut Vopprohre des hommes et le rejeté du peuple. (3 prétoire de Pilate. courir rapidement les endroits témoins de la Passion Gethsémani. brutalement. Dans sa dignité d'homme libre. — Jésus fut humilié : — \. Oh! quand on — la menace simplement!. Composition du lieu. Nous.TROISIÂMI SEMAlIfB 168 [i^ » Méditation — — ParPremier prélude. qui vit les humiliations person: nelles de l'agonie. cloué. — — Deuxième prélude. disons le mot. le traînent en prison. le palais d'Hérode où l'injustice t la haine s'acharnèrent sur Jésus. ies apôtres... Il nous est montré semblable à un lépreux. le garrottent. Dans la dignité pudique de son corps. si jaloux de notre indépendance. — Dépouillé .. C'est un torrent débordé qui roule sa victime dans les eaux de l'abjection.. à un être bas comme la poussière. la mort. II. la trahison de Judas et l'abandon — La maison de Caïphe et celle d'Anne. à un maudit de Dieu. le Calvaire. la voie douloureuse. de ses vêtements. Ses ennemis se jettent sur lui.

Les soldats font devant lui d'ironiques génuflexions. quand on ridiculise une de nos opinions! . soufflets. — — Dans sa dignité de prophète. si troublés quand haies de curieux. V. « dignité de Dieu. » Ah quand on Fils de Dieu. car il s'est fait le Sa condamnation à mort. sur la tête Devine qui l'a fait!. sur la croix.. mis la — Dans sa lui pouvoir. les hommes — IV. Voyez-le revêtu d'un vieux lambeau de pourpre. Ses ennearrachent autant qu'il est en leur Il est un imposteur. ses . basée sur ce n^otif. crachats. et xient grossièrement en le frappant de son sceptre dérisoire! VII. On couvre yeux d'un bandeau on lui frappe sur le dos. devant ces outrages? — Que font — Injures. à la vue du peuple Un homme d'honneur préférerait mille morts à I cette honte III. Dans la dignité de sa raison. On le regarde comme un fou. » — : — 1 . : — VI. ! Dans sa dignité personnelle. Au Calvaire. Dans sa dignité royale. les Pharisiens lui crient en ricanant « Si tu es le Fils de DieUf descends de la Croix.. une couronne d'épines sur le front. on conteste une de nos qualités. est le jugement d'une autorité encore reconnue.QUATRIÈME MÉDITATION 169 — nu. on lui en donne le costume on le fait passer lentement entre deux Et nous. un roseau à la main.

et ou Juifs et étrangers affluent de toutes parts au grand jour. Jésus se voit perdu auprès de cette partie du peuple qui hésitait encore!. l'orgueil peut se dresser encore et prolonger la résistance. Dans ses disciples. est conhérodien. Chassé de partout.. plus avant. au dernier des supplices.. d'eux. reste invaincu.. quels frémissements intérieurs! VIII. hélas! cett? Jl .. quand on nous raille cruellement et que nous pouvons nous venger!. C'est par sa force morale que l'homme est le plus grand. Que reste-t-il à cet humilié! — Pénétrons II. Trop souvent. Dans sa réputation.. Sur les ruines de l'honneur extérieur. Dans sa doctrine. il se réfugiera dans le sentiment de sa valeur personnelle. si notre colère est impuissante. damné par tous les tribunaux. deux voleurs. trompe le peuple Tennemi de Dieu la loi ! Il — ! il Il vient détruire 1 il est blasphème ! IX. Sous la force brutale qui l'opprime.. Et.TROISIEME SIMAI91 170 nous condamne à tort.. délaissé de tous. comme le plus cela à une époque de l'année. livré est placé entre criminel.. — Trahi par l'un X. renié formellement par leur chef. romain. comme dans Une citadelle demeurée intacte. Il Il est — Il juif. et avec toute la publicité pos. sible. Humiliations intérieures...

il semble vaincu. Si notre attitude est digne. » Et il incapable de les contenir « Tristis est anima mea usque ad morteml. 171 parce qu'elle est faite d'orgueil. Que Dieu.. qu'il cherche du secours auprès des apôtres et qu'il en accepte d'un ange les s'il était : I profonde humilité. Jésus se présente à nos yeux. comme Jésus au Calvaire.QUATRIÈMK MÉDITATION grandeur d'âme est fragile. Il se montre si accablé. c'est Vorgueil spirituel. Il paraît si peu semblable à lui-même qu'il repousse ce calice longtemps désiré. III. nous trouvons cependant autour de nous.. Redoutable au milieu de l'estime commune. par quelque signe de spéciale protection. si nos paroles trahissent des sentiments élevés. » Il en est si fort pressé qu'une sueur de sang ruisselle de ses membres tremblants. Sommes-nous méprisés.... la sympathie devient de l'admiration.. il l'est jusqu'au milieu des opprobres.. Des impressions de crainte l'envahissent exhale comme : « CœpU pavere. de forme d'intention si compatissante la belle et humaine et Humiliations spirituelles. plus rare et non moins pernicieux. dans l'opprobre de son apparente faiblesse. Même avant sa Passion. calomniés. si 1 — Il est un autre genre d'orgueil.. l'admiration se transforme en enthousiasme. Âh (|uels dangers pour l'âme (|ui ne serait l . quelques personnes sympathiques. si tout en nous manifeste une âme supérieure au malheur. persécutés. nous prête l'auréoie des martyrs.

TROISIÈME SEMAINE 172 pas très humble! quel piédestal pour son orgueil ! — Jésus choisit rhumiliation sans retour. son aspect de lassitude désolée. l'humiliation reste après ce cadavre suspendu au quel exemple oh quel secours! gibet. même de l'humilité. c'est C'est l'image l'image de l'homme humilié. qui ne soit une humiliation! Son abjection est consommée et il y meurt! Oh ce crucifix qui se dresse partout devant nos yeux.... Oh la veut — — . pitié.. plus encore que celle de la douleur... — I M'agenouiller aujourd'hui trois fois devant un crucifix pour demander à Jésus de faire comprendre cette humilité. Déjà abandonné des hommes.. ni sur la terre. Quand la douleur cesse. Il dans toute sa nudité spirituelle. rien. Jésus se déclare abandonné de lui!. de l'âme tout en lui est sombre comme la nuit Son Père est sans qui envahit le Calvaire. Point de discours. maintenant abandonné de Dieu!. me . son visage livide. Rien. avec sa tête penchée. entrecoupée par quelques rares paroles qui resAucun rayonnement semblent à des sanglots. I — I 1 Résolution. mais une sorte de stupeur.. ni au ciel.

N'était-ce là qu'un grand exemple? Non. Et : pourtant. j'ai parPréparation pour la veille. dans chacun de vos abaissements. je le sens. cette parole. Premier point L'exemple.Troisième semaine CINQUIEME MEDITATION "^ XIX® EXERCICE Humilité d^abjection. chacune de vos attitudes dénonçait le coupable/ retrouvait frémissante . toutes vos troublantes faiblesses. Troisième point : La Sa nécessité — Deuxième point : loi. je vu abandonné de tous et dépouillé de tout. car alors si je vois Thumiliation. — Jésus. on la l'avez errante sur votre front soucieux. on la lisait dans vos yeux abattus. votre abjection inouïe m'est apparue dans son évidence! Point de doute. vous l'avez répétée. — : — La raison d'être. vous avez voulu vous ai être l'homme des humiliations! Je le vois. Mais pourquoi vous l'avez voulu? Je ne le saisis pas encore. vous prononcée en venant au monde. l'humilité qui dit justice. couru hier avec émotion toutes vos tiontes subies. le long de vos membres tremblants. je ne C'est vois pas l'humilité.

le — : Deuxième fu^élude.. opposons celui de la laideur morale du péché. mais de raisonnement rigoureux.. C'est un point de départ. qu'est-elle donc pour moi? Ce n'est plus ici une affaire de sentimentalité. c'est une révolution. des soufflets. dans : tout mon <^ être moral.. de la mort infâme. Méditation — Premier prélude. Demander la grâce d'accepter en principe l'humibation.i74 tROISiÈUB SIMAINS Jésus. . Au tableau des abjections accumulées dans la méditation d'hier. par esprit de justice d'abord et. tout en tous est nécessairement sincère. d'où dépend toute une direction de vie l'humilité d'abjection une fois reconnue nécessaire. Voir le péché identifié à l'ignominie des crachats. n'est-ce je ne l'oublie jamais Si l'humilité est I pour vous justice. de la nudité sanglante.. La cause contient 1 effet péché contient donc toutes ces abjections qui sont sa juste peine. tout jusqu'à Texpression même d'un re- gard. par amour pour Jésus. pas? mais comprendre à fond pour que Jésus. jusqu'au simple mouvement d'un muscle j'entends donc sortir de toutes ces choses lamentables une voix gémissante qui redit sans . demain vous me le ferez comprendre. en même temps. Ce dernier — — l'emporte en horreur. trêve : C'est justice! je l'ai mérité 1.

et son humilité le sentiment de sa petitesse. c'est l'humilité d'abjection.CINQUIEME MÉDITATION 17 — La raison d'être. . Le premier est celui-ci « Exinanivit semetip- I. » Humiliavit : il s'est comme jeté à terre : on fait ainsi d'un objet qu'on méprise. -. puisqu'il s'est fait homme. Usque ad mortem : comme un coupable. Eût-il réalisé ce dessein au Paradis terrestre. : . c'est le mépris. un anéantissement. ce genre de mort qui laisse voir le supplicié. Le motif de cette vertu grandissante n'est plus le néant. de l'Etre par lui-même et de l'être par création son Incarnation eût été. avec ses traits bouleversés. Il s'anéantit sous la forme de l'ef^clave. qu'on traîne à la mort. autem crucis : c'est l'ignominie dans la mort. — — c'est le mai. Mais un second texte complète l'idée de cette vertu. en la montrant telle qu'elle convient à l'homme déchu.Ce n'est plus V oubli. il se fût nécessairement trouvé dans ce vis-à-vis du Tout et du rien. dans les splendeurs de la nature originelle. ment deux : sum formam servi accipiens. même alors. Mortem. sa nudité et ses tortures. c'est le Dieu Rédempteur» Ce n'est plus l'humilité d anéantissement. Comparons attentivetextes de l'Ecriture. « Humiliavit semetipsum usque ad mortemy mortem autem cruels. la mort du dernier châtiment. Ce n'est plus ici le Dieu incarné. » C'est le Jésus que nous avons considéré avant sa Passion Il s'est fait néant. au-dessus de la foule.

puis viennent le désir. le contentement. » II. « chose propre...TROISIÈME 8EHAINB 176 — Contemplons Jésus couvert L'exemple. dévoré c'est une lèpre qui le ronge « tanquam C'est comme un objet d'horreur leprosum. : : — — : — « ut pour Dieu. Le premier degré est l'acceptation. il en est pénétré.. de toutes — . il en est la personnification « eum Il n'en est pas pro nobis peccatum fecit.. quelle image! Pénétrons dans les sentiments intimés du Sauveur. un ver qu'on foule aux pieds et qui se cache dans les proS'humilier.. Il porte les péchés du monde entier : « qui tollit peccata mundi. Jésus va au-delà. de dégoût pour son peuple percussam a Deo et humiliatum... Il nous sera extrêmement profitable Je rappeler à notre mémoire.. » « Vermis sum et Entendons Jésus s'écrier non homo. c'est s'abaisser fondeurs sombres. soit les circonstances qui nous montrent ces sentiments en Notre-Seigneur. » Sondons tout ce qu'il y a d'humiliaJe ne suis plus tion sentie dans cette locution un homme... » chargé et revêtu seulement. mais un ver de terre. . Ici l'objet est l'abjection. régnant dans son cœur. Contemplons-les eu silence... et consiste dans une inclination : : : — — pratique qui l'y porte. la recherche. soit les paroles. Toute vertu se montre dans l'amour de son objet propre. les hontes.. » « qui il en est chargé Il en est responsable Le péché est sa peccata nostra ipse tulit. jusqu'à la terre...

Il vient. mais il est autre chose et tout autre chose: il est une loi. il l'aime. — Est-il bien vrai que cette humi- liation de Jésus demeure le modèle de lanôtre? que pour être chrétienne. ou plutôt la révélation d'une loi et sa promulgation authentique. il . cet exemple est un stimulant. BUUIUTi. Il ne s'agit pas de se payer de mots.. un stimulant sans pareil. il qualité de à quel titre le fait-il? d'Homme-Dieu? Nullement. Ou bien plutôt ne devons-nous voir là qu'un admirable excès.. Or. Vattitude que prend mon représentant est exactement celle qui me convient. nous ne l'aurions jamais connue. qui m'incombe de plein droit.177 CINQUIÈME MÉDITATION III. il la veut. la subit. elle la montre. La loi d'abjection existait pour nous. mais nous ne ia connaissions pas.. — Est-ce en et c'est à ce seul titre. pécheurs.. Comme tel. Le prix que paie ma caution. notre humilité doit être une inclination à nous juger dignes de mépris. L'abjection de Jésus nd crée donc pas une obligation. il connaît Thumilia- — tion qu'elles méritent.. Est-ce en qualité mérite toute gloire. La loi. Ce que Jésus fait ici. Creusons à fond Est-il bien vrai celte vérité. ayant pour but de nous contraindre au moins à une humilité commune? Sans doute. est le priy dont je suis redevable. Rédempteur? Oui... il prend nos fautes. — 12. et sans Jésus.. et de s'en tenir à de vagues sentiments. et cette humiliation. En tant que Rédempteur.. il est notre représentant et notre caution.

TllOISI^ME SElUlNt

il^

« Je suis humble de
Et quand il nous dit
cœur», c'est comme s'il nous disait: «Etre
:

humble,

c'est la loi je l'ai subie pour vous.
Mais c'est surtout votre loi subissez-la 1
Jésus, quelle leçon I et je ne l'avais ja...
mais bien comprise
Tout me l'insinuait, cependant: les expressions reçues, les conclusions constantes, les
choses elles-mêmes; je le savais donc, et voilà
que cette vérité me paraît pourtant toute nou;

;

1

velle

I...

merci de

C'est

que je

me l'avoir

la

comprends enfin... Ohl
Vous avez vu ma

révélée...

bonne volonté, mes

désirs,

mes besoins

sur-

dans votre misérihumilité d'abjection lui ouvre

tout; et vous vous êtes dit

corde: que

mon

enfin les yeux!

Résolution.
Si rhumiliation est ma loi, pourquoi m'irriter contre elle?
Je veux me faire doux
ea toute occasion péaible à mon orgueil.

Troisième Ôemai&d

SIXIÈME MÉDITATION
XX« EXERCICE

Humilité d'abjection

Son caractère mystérieux

Premier point : Elle est une sorte de mystère.
Deuxième
point : Ce mystère trouve son explication dans le mystère
du péché.
Troisième point : Le péché originel y suffit.

Préparation pour la veille.
La méditation
de demain explique et complète les deux précédentes. Bien plus, elle établit leur conclusion
sur des preuves irréfutables. Ces preuves, remarquons-le bien, relèvent principalement de

d'inquiétude
qui étreint la raison, car la raison a peur des
abîmes où elle est entraînée, même logiquement. Au milieu de leurs obscurités, elle a beau
toucher le vrai, elle ne se rassure pas, elle voudrait le voir directement et en lui-même. Notre
premier devoir est donc de nous méfier non
pas de la raison, mais de ses habitudes, La
raison trouve étrange ce qui ne lui est pas familier; elle appelle volontiers rêverie ce qui la
dépasse, et traiterait dédaigneusement de mysticisme une doctrine profonde. Que faisons-nous
la foi; ainsi s'explique cette sorte

TROISIÈME SRHAiNji

180

Nous en appelons de la raison mal impressionnée à la raison logique et conséquente. Les
dogmes de la foi sont-ils vrais? Thumilité d'abjection découle-t-eile de ces dogmes? Ces principes, une fois démontrés, leur conclusion doit
être admise au même titre que les mystères, si
elle reste mystère elle-même.
ici?

On

le croit,

on se

l'affirme, et

cependant on

reste indécis, tant la nature est tenace,

tant

il

que notre volonté, pas plus que notre
raison, ne peut se suffire à elle-même.
est vrai

De

cette disposition, découle

un second de-

voir, qui est d'implorer la grâce, ce secours divin

qui nous fera franchir le difficile passage de la
preuve reconnue à l'adhésion franche et enmon Dieu, établissez-moi enfin dans la
tière.
vérité créez en moi une conviction inébranlable
Une telle conviction est plus rar"te qu'on
ne le pense; et pourtant, ô mon Dieu, la conviction n'est pas encore la vertu, et c'est la vertu
même que vous attendez de moil... La vertu,
;

!

aux humiliations

c'est la facilité qui fait

cueil

le

l'ac-

plus doux; c'est l'habitude sainte qui

le fardeau, tant que
l'impose; chez quelques âmes
c'est l'amour qui leur ouvre ses bras, et qui
parfois les appelle
mon Dieu, que j'ai besoin de vos puissantes
Jésus, vos exemples passés ne me
grAces!
suffisent pas; venez en moi, venez vous-même,

en soutient paisiblement

votre volonté

I

pour

les

y vivre encore

1

SIIIÈMB MiDITATION

181

Méditation

Premier prélude.
Se représenter Jésus homme
Dieu en face du péché originel et proclamant que sa
Passion et sa mort sont un moindre mal. Avec lui
plongeons nos regards dans le mystère de ce péché
Abîme si
comme on le fait au bord d'un abîme.
obscur que l'oeil se dilate jusqu'à la fatigue, sans
rien distinguer; si profond que l'oreille ne perçoit
Les moyens
pas le choc du caillou qu'on y jette.
d'appréciation dont nous manquons, Jésus les posvoyons par ses yeux, jugeons d'après sa
sède
pénétrante raison.

:

Deuxième prélude.
Demander la grâce de
m'abandonner à Jésus, pour le suivre avec conviction et amour dans la voie de l'humilité.

I.

L'humilité d'abjection est une sorte de mys-

Elle l'est pour le rationaliste qui la
trouve absurde elle l'est, hélas! pour nous qui
la regardons peut-être comme un pieux excès,

tère.

;

du moins pratiquement.
Afin de réformer nos idées,

il sera bon de ne
pas isoler notre divin Maître de ses disciples les
plus éclairés. En eux c'est toujours Lui, d'ailleurs, puisque c'est son esprit; mais c'est Lui
plus près de nous, plus semblable à nous.
Rappelons à notre mémoire les expressions
désolantes dont s'accablent les Saints
« un
abîme de malice, un avorton, le rebut de l'humanité, etc. »
Voyons leurs sentiments; ils se jugent indignes de parler, indignes même de vivre. De
:

TROISliMI SEUAINl

182

expressions leurs sont familières, elles se
trouvent dans la bouche de tous... C'est comme
un gémissement traditionnel depuis le Calvaire... Quel spectacle que celui de ces dix-neuf
siècles d'une telle humilité, toujours la même,
et la seule qui soit canonisée!...
Considérons la logique de leur humilité des
paroles elle passe aux actes. On les méprise, on
On les outrage,
ils sont doux.
les persécute
On
on les frappe ils ont un sourire de joie.
les déclare mauvais et ils avouent l'être plus
On les délaisse et ils le trouvent
encore.
Ils se jugent inutiles; le bien qu'ils font
bon.
ils proclament qu'il se fait par Dieu, et que c'est
moins avec eux, que malgré eux, qu'il s'accom-

telles

:

:

:

plit.

Voilà ce qu'ils disent, voilà ce qu'ils sentent;
comprenons-le bien voilà vraiment ce qu'ils
pensent.
Voyons encore ceux qui se sont montrés plus
particulièrement altérés d'humiliations ils aspirent au mépris comme les ambitieux aspirent
à la gloire et quand Dieu leur demande quelle
récompense ils choisissent pour prix de leurs
et

:

:

;

ils répondent souffrir et être méprisés
pour vous
Confondons-nous devant eux... Ce sont des
légions d'hommes semblables à nous, souvent
moins coupables, toujours plus méritants...

travaux,

:

1

II.

le

Cette humilité trouve son explication dans

mystère du péché.

L'homme comprendrait

s'il
était capable de
sonder à fond l'abîme du péché. Jésus-Christ en

l'humilité

d'abjection,

fllZlÈMK

MEDITATION

183

a exploré les sombres profondeurs à la double
lumière de sa science infuse et de sa vision béalifique.

La sainteté de l'Être infini, sa majesté, sa
bonté, sa beauté suprême, toute la splendeur
des attributsdivins, inondant son âme de clartés
éblouissantes, lui montraient à quel point Dieu
mérite le respect, Tamour et la louange.
Puis, tout à coup, le spectacle change le
péché vient d'atteindre toutes ces merveilles?
s'abat sur l'honneur divin comme pour
il
l'anéantir. A cette vue, une confusion éperdue,
une amère désolation envahissaient Celui qui
portait les péchés du monde...
Contemplons-le, écrasé sous ce poids, dans
son agonie. Entendons ces paroles d'un étrange
découragement « Transeat a me. Que ce calice
s'éloigne » Remarquons cette sueur de sang
qui témoigne d'une sorte de désastre!...
Et pourtant, disons-le sans hésiter, l'humanité sainte du Sauveur elle-même, ne connaissait pas tout le désordre, tout l'outrage que
contient le péché... seule sa nature divine en
avait la pleine lumière
Quelle n'est pas ma confusion, ô Père adorable, de me voir mesurer le péché à son apparence extérieure ou à la connaissance que m'en
donnelaraisonL.Quoi! pour la raison de Jésus,
le péché garde des mystères Ah je commence
à comp'-endre qu'en fait d'humilité, je ne sais
rien, et que je ne saurai jamais tout...
Le mystère se trouve dans le péché seul, et
non dans l'humilité, qui est sa conclusion lo
:

:

1

I

I

gique.

1

TROISIÈME SEMAINK

184
Elle est,

^cheur.

en

Vétàt qui convient au
une sentence de justice qu'il

effet,

C'est

doit porter contre lui-même...

Mais

comment

la porter

sonder

la gravité

de

la

s'il

est incapable

de

faute?

Une ressource lui reste, c'est de voir par des
yeux plus pénétrants que les siens c'est de
juger, non point par les sentiments de l'homme,
mais par ceux de Dieu... Les Saints ont fait
ainsi
voilà pourquoi la céleste folie de leurs
abaissements demeure une profonde sagesse»
« Apprenez de moi»f nous redit le Sauveur.
Qu'ai-je donc à chercher autre part? L'humilité
est une vertu presque entièrement suruaturelle,
;

;

comme

haute

les cieux,

profonde

comme

l'en-

fer!...

Que
faible

la raison paraît courte, et qu'elle se sent

en face de

cette révélation

!

Le péché originel impose d'ailleurs une
Pour dissiper les dernières
ombres, demandons la grâce de comprendre
comment cette humilité d'abjection, peut se
trouver chez les Saints qui n'ont pas commis
de péché personnel de quelque gravité.
D'autre part, ils ne sont point chargés des
péchés d'autrui, dont la responsabilité explique
du moins l'humilité de Jésus.
C'est vrai mais ils ont été atteints de la faute
originelle, et la participation à cette déchéance
justifie, même chez eux, l'humilité d'abjection.
Une fois de plus reconnaissons-le sincèrement : c'est encore un mystère qui éclaire un
autre mystère. Alaii la réalité du péché origiIII.

telle

humilité.

;

. « Misericordia Domini quia non sumus consumpti. je n'ai qu'à vous contempler. Je rougis de la mienne et de ses réserves. cette tache déshonorante.SIXIÈME MEDITATION 185 nel est un dogme déûni qui projette toute sa lumière de foi sur le sujet qui nous occupe. avec ses insidieuses préparations. je ne résiste plus. objet de l'aversion de Dieu. C'est pour lui qu'il est mort.. c'est votre miséricorde qui m'a préservé de l'abîme.. à votre humilité et à celle des Saints. Assez d'exemples. C'est principalement pour lui que Jésus s'est incarné. Seigneur. pour lui qu'il s'est fait si humble. ces révoltes.. je crois. Le péché originel domine l'humanité. ces illusions. jusqu'à la mort. il reste toujours vrai que l'homme le plus juste l'a subie et portée. d'ailleurs.. Ai-je besoin de comprendre puisque vous enseignez. malheur ne m'est pas arrivé (et c'est sans doute que Toccasion je pareil sais-je?). Il reste toujours vrai qu'il en traîne les suites humiliantes. ces prQpensions au mal qui troublent le sang et le cerveau. Ces ignorances. lîe s'est point présentée. justifient cette crainte et cette humilité.. Je me fais d« votre humilité extérieure un tableau . qui ne tiennent plus. maîtresse. » — Oh 1 Jésus. Or. Je n'ai même pas besoin de vous entendre. ne portent-elles pas dans leur sein le ferment de tous les péchés ? Quelle ignominie et quel danger Il n'est pas une seule faute commise par un I homme — Et le si que ne sois capable de commettre.

je ferai Puisque et celle de l'humilité confessions à ce double objet: contrition sérieuse.TROISIÈME 8SMÀINI 186 vivant qui m'instruit. voyez surtout lea plus humbles . ce doit être là le secret des Saints. ce guide élevé de la conscience. qui se mêle à tout. accusations humiliantes. et sans tant mesurer Tobligation qui m'y contraint. aux sentiments comme aux actes. et je tâche de soupçonner de loin le mystère de votre humilité intérieure qui m'étonne. pas relâché à cet égard i -r- Ne me serais-je ? ECLAIRCISSEMENTS Sur la Méditation qui va suivre I Nous abordons le point délicat de l'humilité nous mettre au-dessous des autres. l'homme dans une I . je veux la pratiquer très généreusement.. ce ressort puissant de l'action ? La réponse est simple : voyei les saints. Mais comme l'humilité est une vertu pratique. comme aussi d'amoindrir en lui le sentiment de la dignité personnelle. plu: L'humilité d'abjection n'est-elle pas de nature à jeter sorte de terreur et de trouble qui le paralyse. leur courage.. leur paix. — servir mes la connaissance du péché marchent ensemble.. Résolution.. leurs œuvres 1. Peut-être parviendraije ainsi à la mieux comprendre. Ici.

le rationalisme.. car la raison bien informée. de se distraire. Dans leur conscience. Commençons par rappeler certaines vérités sieurs questions se posent. non pas sur les qualités de nature qui élèvent peu mais sur les dons de la grâce. Ainsi du sentiment de l'humilité. ETC. non sur eux. Notre-Seigneur se met aux pieds de tous les Leur paix est imperturbable.. nous ne cesserons de le dire. (Voyez. Au jour de la Cène. de la mort qultfsûrement un jour viendra nous arracher de ce monde. voyez l'effet que produit sur vous la pensée de la mort. de vivre sa vie? Point du tout. investis de la plus haute noblesse dans l'action. par exemple. au fond. — Première vérité. reconnaît le devoir d'admettre les vérités surnaturelles. sous l'influence répandue partout du rationalisme or. toute tristesse se noie. . 187 Un tel abaissement véritablement dans les exigences de cette vertu? Est-il de précepte ou de conseil? Doit-il s'étendre jusqu'à cette intime persuasion qu'on est le dernier de tous les hommes?. la piété ne comprend pas assez l'humilité. Beaucoup de fausses idées. elle s'appuie. — : d ne l'humilité. sans s'en rendre compte.ÉCLAIRCISSEMENTS. d'aimer.. elle nous laisse néammoins calmes et occupés. entre-t-il indiscutables. ils se savent les instruments des volontés divines./>e la prudence ! ! I . et d'une mort subite qui peut fondre ^r nous à chaque instant? Si elle demeure. il est impossible de jouir. un avertissement utile. . n'est pas la raison. de nos jours. mais sur Dieu. au besoin.) . dans sa miséricorde Leur dignité personnelle Ah elle se fonde. beaucoup de maux dérivent de cette erreur.. c'est qu'elle est. en un mot. qui ne veut rien voir hors de sa sphère propre. Mais. plni loin. Comparez ces consciences et ces vies à celles des ambitieux !. enfants de ils se sentent Dieu. Aimés de lui que craindraient-ils ? Toute inquiétude. qui dépassent tout le créé. Si. dira-t-on encore sous le poids de tels sentiments d'humilité. Il est une raison étroite.

quand il est vif. » Rien de plus clair au point de vue pratique. ce sentiment. — « Traitez les autres gation par ces paroles comme vos supérieurs. de cette loi d'humilité se trouve dans ses rapports avec la loi de charité chrétienne elle en est la sauvegarde la plus sûre. ment de nos Troisième vérité. et lui fait sincèrement rechercher la dernière place comme étant celle qui convient à tant de misère. et il déclare ensuite que cet abaissement doit être notre Plus tard saint Paul en rappelle l'obliloi.TBOISIBMK SEMAINB 188 apôtres. Il y aurait là de merveilleux points de vue à parcourir il semble que la charité ne puisse s'étendre que dans l'espace fait par l'humilité. ne canonisa jamais une humidonc légitimés. que dis-je? ces prétendus excès et l'Eglise moindre glorifiés : voilà ! Deuxième — L'humilité est le sentirésistances coupables. tous sans excep: tion lité . : : II !• que l'abaisseDe ces vérités il résulte tnent devant les autres entre bien dans les : . voile à ses yeux les fautes ou les défauts d'autrui. de nos fautes et de nos défauts. s'empare de l'âme tout entière. Or. aux pieds même de Judas . vérité. Cette règle de conduite. — Une raison indirecte. mais très forte. tous les saints Tonl suivie. Cette tendance à l'abaissement a toujours été regardée comme essentielle à la perfection de cette vertu.

et n'a d'autres limites assignées que celles que lui impose la prudence. est-il seulement une règle pratique? Serait-il. ! Comment se forme une telle persuasion et comment peut-elle être sincère? C'est ce que nous étudierons dans la méditation de demain. Contentons-nous de déblayer le terrain en faisant remarquer. l'abaissement n'est plus que de conseil. dois-je me mettre au-dessous des autres en inclinant à croire que c'est bien là ma place ? Assurément car le divin maître. III Mais cet abaissement de conseil aux pieds de tous les hommes. or. 2» qu'au delà de cette réserve. que la juste appréciation de soi doit se baser sur la vie tout entière. exigences de l'humilité. etc. un voile impénétrable recouvre cet avenir. ne saurait nous demander une attitude qui fût en contradiction avec nos sentiments intimes. permet donc de desfous de tous. et aussi celui de tel homme actuellement méprisable. spécialement sur la manière dont elle finit et qui nous classe. Cette impossibilité de se préférer à personne. le nôtre. ennemi absolu de toute hypocrisie.189 Eclaircissements. dès maintenant. ne règle de jugement? En d'autres termes. en ce sens que nous ne méprisions personne et que nous ne nous préférions à personne d'une façon absolue. en outreu. se mettre sincèrement auune conclusioD de C'est .

c'est en fait une erreur Cette réchez tous. faut-il se demander se juge si l'humilité parfaite. exige que l'on numériquement le dernierdeshommes ! Nous répondrons avec franchise Non. parmi cette multitude d'hommes qui remplissent la et. : . terre. — serve. qu'on pourrait étendre encore. comment IV Serrant de plus près la question.TROISIÈME SBUAIN8 490 il est vrai . Qu'on soit le dernier. exactement le dernier. . mais nous verrons l'humilité conseille de l'adopter. L'inclination pratique demeure. excepté chez un seul. n'enlève rien à la force des conclusions qui précèdent et que nous retrouverons bientôt. et c'est en elle que réside l'humilité. c'est spéculativement peu probable si chacun doit le penser. simple prudence.

Sous ses obscurités apparentes. Le convenu. une immense paix régnerait. surnaturel. le factice n'établissent rien de solide. qui connaît à fond la nature humaine. avec elle et nul devoir ne serait trouvé trop dur. : — — que Jésus entend nous enDetixième point : Cette humilité est dordre Troitième point : Raisons qui l'établissent. C'est l'humilité — Préparation pour la veille. Cette méditation bien comprise est de nature à modifier profondément nos idées. ni vertu D'autre part. Je commencerai par laisser à mon esprit toute sa liberté d'examen.Troisième semaine SEPTIEME MEDITATION XXI* EXSBCICE « Le Mandat um novum » Se mettre aux pieds de tous Premier point seigner ici. je me tiendrai en garde contre les préjugés qui émanent soit de la nature inconsciemment réfractaire à ces idées. Si elle régnait parmi les hommes. soit de l'opinion humaine entièrement aveugle . Ses exigences sont les exigences d'un Dieu sage. rhumilité d'abaissement est au fond très lumineuse. ni conviction.

Il « Vouh. passant dans tous mes sentiments. je prierai. versant de et se ceint Veau dans un bassin. qui sont . Jésus se lève de table^ dé- pose ses vêtements d'honneur Puis. transformez en oasis ces sables arides de mon stérile orgueil ! Méditation « Le repas achevé.. une fois prouvées. me laver arrive à Pierre et Pierre lui dit « Ce que les pieds? \amais! » Et Jésus lui répond je fais tu ne le comprends pas à cette heure. ô Jésus tout humble. se il met à pieds de ses disciples et à les essuyer. desprincipes dont les conséquences doivent être admises. Mais surtout je prierai. mais laver les : : tu le « comprendras plus Quand il tard. pourquoi donc craindrais-je de m'abaisser autant que vous? Eaux saintes de l'humilité q^i ne coulez que dans les basses vallées.. de- viennent comme les vérités de raison.. quand ma conviction sera faite. donne à ma charité pour le prochain cette vitalité et ce charme. j'appellerai la lumière d'en haut et. » eut fini de laver les pieds de tous les . d'un linge. le démon agant mis la trahison au cœur de Judas. je prierai encore pour que la sève féconde d'une telle humilité. Marie si humble. ses fruits..TROISIÈUB SEMAINE Id2 sur ces questions. Je me rappellerai que les vérités surnaturelles. si elles en découlent rigoureusement.

Cest un exemple que je vous ai donné. De tous temps les Orientaux. vaste et — — — Au milieu. En vérité.-' les pieds! cette partie basse qui foule le sol et se salit. afin qu'après moi vous fassiez ainsi.. Si donc fai lavé vos pieds. Au dehors. il plissant il dit ! reprit ses vêtements : » — — Premier prélude. le serviteur na pas plus de dignité à sauvegarder que le Maître. les derniers rayons du jour font pâlir les longues draperies des fenêlres. vous laver les pieds les uns aux autres. — Le sens de raction. les flambeaux étincellent. en vérité.SlPTlisiS MÉDITATION 193 et. moi votre Seigneur et votre Maître. se sont servis d'une représentation matérielle. Au dehors. Demander ment devant tous les hommes. car je le suis. pour graver dans les esprits leurs leçons les plus importantes. le sens de Tae du Maître. à votre tour. se remettant à savez-vous cequeje viensde faire auprès de vous? Vous m'appelez Maître.. Mais ici ce n'est pas une humilité quelconque.. A l'intérieur.. — Tout tien et rintention le prouve . Se représenter le Cénacle somptueux. — 13. Or. Si vous comprenez bien ces choses. Jérusalem silencieuse à cette heure. i" hommes. bienheureux serez-vous en les accom- disciples^ table. vous devez. . entourée de riches divans. et surtout les — HUMiLni.. 1.. et vous dites bien. quelle action exprime mieux l'humilité que celle de laver les pieds. la table de la Cène. — Deuxième prélude. abaisse- rhumilité que Jésus entend nous en- C'est seigner le saint ici.

sur l'importance de ce précepte en appelant « bienheureux ceux qui le comprendront ei Vac- — — : — : y comp liront — ». Ce n'est donc pas un enseignement incident ou équivoque c'est un enseignement préparé. Par cet acte.'-— Elle n'était qu'un signe. La pratique matérielle.». prouvé. apôtres: « Vous avez vu ce que je viens de faire.TROISIÈME SEMAINE 194 — des hommes.. a disparu. d'une importance secondaire et d'un usage souvent difficile. Judas. Il appuie votre Maître et votre Seigneur etc. Pénétrons-nous de tous ces détails significatifs.. il est plein et indiscutable. sans parade Humilité résolue il fait violence à saint Humilité extrême il s'agenouille aux Pierre. c'est l'humilité à l'égard lité — : : — 2° : — Vintention du Maître. : — . » je l'ai fait « pour Il indique son motif formel Il prend la peine de vous donner r exemple ». HumiJésus ne se fait point a»der. gardienne infaillible et jalouse des traditions sacrées. pieds du dernier des hommes. s'adaptant immortel et flexible aux situations changeantes. Jésus entend imposer une forme nouvelle slux rapports des chrétiens entre eux. démontrer l'obligation qui en découle uSimoi. expliqué. et son esprit n'a cessé d'animer la société chrétienne. l'humilité en était le sens. sans quoi la solennité de la leçon dépasserait l'importance Il fait appel à l'attention des de l'objet. Porterait-il par hasard sur la pratique spéciale de laver les pieds aux fidèles? 11 n'est pas permis de s'arrêter un instant à cette hypothèse ce serait convaincre d'infidélité l'Eglise. .

comme vos supérieurs. N'est-ce point là une théorie exagérée. dont le bon sens fait bientôt justice. Tous les Saints se sont tenus pour /es derniers des hommes. devant les méchants eux-mêmes. Et comment le pouvoir faire avec conviction. pourquoi me mettre au-dessous des autres?. : — . étonne plus que leur admirable vertu. qui s'évanouit à la réflexion et ne nous accompagne pas dans la pratique? .. c'est l'abaissement devant Dieu rien n'est plus naturel. comme Jésus. En effet. Quelle est donc cette humilité que le chef des Apôtres ne peut comprendre encore et qu'il comprendra plus tard? Ce n'est pas la simple humi* lité de raison.Non... ce n'est pas une théorie exagérée c'est l'enseignement universel des maîtres de la « Traitez piété. ce frein de nos prétenMais tions la sagesse humaine l'approuve. Cette humilité est d'ordre surnaturel. quand chaque homme doit prendre ce même rôle à son tour?. c'est bien l'humilité surnaturelle que lui révélera le Saint-Esprit. devant tous les hommes enfin mais cette attitude du plus grand se mettant aux pieds de tous. » pas une fiction vaine c'est nous dit-il. c'est la . Non. : tous les autres. L'humilité de simple raison. à commencer par saint Paul — : — : .SEPTIÈME MÉDITATION 19ÎI — //. l'abaissement devant ses semblables. C'est aussi la modestie. une fiction peu sérieuse. et cela sincèrement voilà ce que Dieu seul peut enseigner et imposer à l'homme.. conviction profonde de leur bassesse. et s'il est une chose qui nous . ce n'est une inclination essentiellement chrétienne.

lui-même il a le devoir de se faire juge pour le prochain. et nous n'avons pas le droit de nous en glorifier. Pour lui-même. il doit se décla- — — — . en vérité. par connaît pas. Raison de cette humilité. Certaines vérités nous déconcertent. En face de lui-même il est constitué juge. Or. — En chacun III. mauvais il peut et. Apportons à la méditer un esprit sans prévention. — enfin est sans : lui la la le résultat éternel qu'il ignore. Le mal au contraire vient tout entier de nous. mais juste. en face du bien et du mal. car il — Laculpabilité s'apprééchappe. — l'ingracie par l'intention qui proportion des grâces qu'il ne titude. pour le Pour il n'a que des conjectures.TROISliHS SBHAJNB 196 Le secret de cet enseignement se trouve dans une considération subtile peut-être. uniquement parce qu'elles vont à rencontre des idées reçues. il a des certitudes. Le bien vient finalement de Dieu. remarquons-le bien. il se connaît et se sent resIl se voit au fond assez tristement ponsable. l'homme se trouve dans une situation fort différente. rer tel. par valeur d'ensemble. ou du bien et du mal qui sont dans le prochain. En du prochain compétence face il n'est plus juge. sur notre condition personnelle. selon qu'il s'agit du bien et du mal qui sont en lui. . — . dition devant la justice divine. Il a sa conscience. de nous il y a le bien et il y a le mal. et nous en Telle est notre conméritons toute la honte. il en a la prochain.

qui ose à peine affirmer une telle humilité!. mais je dois avant tout juger mon œuvre propre. Donnez-lui surtout le courage des conclusions saintes 1 Dans mes frères je ne dois envisager que ce En moi je peux qui vient de Dieu. le bien... mais au milieu des ombres.. L'humilité l'y découvre..jeme trom! : — pais avec eux 1 Jésus. tu rends la vie paisible et rapports faciles! sublime point de vue. tu éclaires à la fois la charité et l'humilité. Donnez-lui du moins lavolontéd'être croyante. œuvre divine.. ces deux vertus éminemment chrétiennes. ayez pitié de ma pauvre raison.. les : C'est un précepte nouveau» Ce n'est pas .. tu les confonds dans ce même principe Dieu vu dans le prochain... Elle la voit pourtant. le mal.f97 SEPTiiMB MÉDITATION défense Celui qui : « Qui judicat fratrem detrahit legi se : permet de juger son frère va contre la loi. — sage partialité. aussi considérer le bien. me préférer à un aurais-je celui de seul?.. la charité l'y aime.. divin Maître faites pénétrer en moi cette doctrine qui me surprend étrangement Juger les autres me paraissait aussi juste que se juger soi-même! Les hommes ne le font-ils pas tous les jours? Ils se trompetit. » Si je n'ai comment pas le droit de juger les autres..

198 TROISIÈME SBMAINB surprenant. et si. tout change. est-il donc étonnant qu'il y commande un respect surnaturel? Résolution. Dès qu'un Dieu entre dans l'humanité. — Si je n'ai comment aurais-je — Me le répéter à le celui de droit de juger personne. tout est nouveau. déférent pour tous aujourd'hui. me préférer à un seul? roccasion. par un vouloir formel et par de mystérieux rapports ce Dieu incarné se prolonge dans chaque homme. — • Me montrer plus .

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Prendre le goût du bien. c'est l'effort qui tend au progrès. sont des causes permanentes de déviation. Le désir est le germe qui tressaille. fausse ou dangereuse. 1° Mais ce mouvement a besoin d'être dirigé. Quelques autres enseigneront la culture de celte vertu. soit par ce grand essor surnaturel qui s'appelle l'amour *^ du mépris. c'est déjà commencer à en vivre. 3» Quelques méditations seront ensuite consacrées aux applications diverses du sentiment de l'humilité. 2» Par contre. la sève qui monte. des con: séquences mal déduites. soit par l'impression intime. 4° Enfin. soit par l'extérieur lui-même. Les fausses notions qui nous enveloppent. Celle quatrième ment semaine est donc éminem- celle de l'humilité pratique. peuvent nous laisser une humilité incomplète. envers Dieu. nos erreurs personnelles. la splendeur de la véritable humilité fera ressortir les imperfections de la nôtre et par son charme gagnera noire cœur. Des lois secondaires méconnues. la vertu de prudence viendra tracer à tout ce mouvement sa marche logique et sage. jointes aux habitudes prises. le prochain et notre propre misère. .PRÉPARATION A LA QUATRIÈME SEMAINE Nous voici convaincus et déterminés nous voulons être humbles.

nous ont paru moins propres à la méditation qu'à la elles fixent principalelecture et à l'examen ment notre attention sur nous-mêmes. celle des saints. Ne s'appuyant pas sur la foi. tandis que le but de la méditation est de la fixer avant tout sur Dieu.. ainsi qu'on le remarquera facilement. Débarrassez mon esprit des cette humilité se trouve chez . Prévoyant néanmoins que plusieurs personnes trouveraient préférable de consacrer à ces recherches. L'observation le constate et la simple analyse viendra bientôt le démontrer. elle n'attendrit pas le cœur. les illusions : § I. leur méditation habituelle. — De rhumilité s rationaliste Le croirait-on? une certaine proportion de presque toutes les âmes à vertu ordinaire. Or. faites que cette étude me soit une révélation 1. l'humilité rationaliste n'est pas celle de Jésus. mon Dieu. nous avons disposé en conséquence les diverses parties de cette étude. celle des âmes qui progressent.DES FAUSSES HUMILITÉS Ces études sur l'insuffisance. éminemment pratiques.. et ne projette pas autour d'elle le reflet du divin. elle n'est pas de force à soutenir une haute vertu. les faussetés et de certaines humilités.

parler avantageusement de soi^ : — — . et que l'on ne s'élève pas au delà de ses mérites. sans songer à nous en appliquer les conclusions. 2° L'humilité rationaliste n'est pas dogmatique. et que l'on ne méprise pas les gens estimables.DES FAUSSES HUMILITÉS 203 préjugés qui bornent étrangement sa vue!. ce n'est pas qui nous trompe. à cette autre C'est absurde. à cet égard. — — Nous toujours de rester la raison nous enadmettrons nonchalamment toute la théorie chrétienne sur cette vertu. L'humilité des saints l'offusque grandement elle l'appelle voie extraordinaire. L'enseignement des maîtres de la vie spirituelle ne trouve pas grâce devant elle. l" Que — — vain voilà qui suffit à ses exigences. Que l'on n'entreprenne rien au-dessus de ses forces. elle dirait volontiers fanatisme. de toute la hauteur du Calvaire. varient de cette for: : — mule modérée : Il faut en prendre et en laisser. c'est la nature qui : traîne. Que l'on ne soit ni arrogant.. nous le satisfaisons par les explications les plus rassurantes prendre la première place n'est plus que respect do son rang. S'il s'élève dans notre esprit un certain besoin de nous justifier. Ses idées intimes. Aussi est-ce le plus naturellement du monde que nous cherchons à paraître et à dominer. ni I. mais elle ne l'ose. elle se contente souvent pratique. Dans ce cas. — En quoi consiste l'humilité rationaliste. Je vous le demande par l'humilité de Jésus qui dépasse la raison humaine.. l'on ne s'estime pas follement soi-même.

nous sommes cela nos tendances ne vont pas plus loin. nous séduit facilement point d'excès qui choque. flatte Maître. Une humilité est fausse dans ses prinpuisque ne tenant aucun compte des dogmes de la foi. véritable. je Ven .QUATRIÈME SIMAINI 204 — et accepter sans façon tout ce qui l'amour-propre. car elle n'atteint pas le but ce n'est pas une humilité de ce genre qui maintient la paix et la charité. 1® telle : : 3° Le sens commun de Vbumanité. — l'humilité Une rationaliste est à humilité se présentant sous les traits de la raison. c'est aussi notre nature. îordant avec la raison et avec s'ac- nature... telle cipes. elle mutile l'humilité chrétienne. suis pas j'ai beau être de bonne moins sans humilité foi. craindre. — : Combien II. aucune de ces laideurs qui trahissent le mal. Elle est insuffisante dans sa portée morale. N'estce point là une vertu païenne? « Nonne ethnici hoc faciunt? » s'écrie avec tristesse le divin simplicité. 2° Ce n'est pas notre raison seule qui l'admet. Le sentiment inné du juste et du bien s'y trouve satisfait. nous voilà établis dans cet état d'esprit qui exclut le doute pratique : est-ce que \out le monde ne pense pas ainsi? Victime de l'erreur ici la — commune. De nous-mêmes. point de grave désordre non plus. une sainte liberté. ce n'est pas elle qui produit l'abnégation et qui écarte les illusions.

Ici Terreur de mal voir. par là même qu'il en partie. les dogmes relatifs au péché originel et à la nécessité de la grâce. hommes de nature vulgaire. chacun a pour mobile un intérêt quelconque que Ib désintéressement n'existe pas et qu'après tout. elle est loin de nous le paraître. disions-nous. et le tort est de conclure comme si Ton voyait tout. Parlez-leur de désintéressement. Rappelez-vous les méditations de la deuxième semaine et le saisissement qu'elles vous laissèrent sans doute. il ne suffit pas de le voir III. . au seuil du surnaturel. quelque inattendues qu'elles soient. Tout dogme. une vérité. En effet. n'est pas . il ne serait que . Nous ressemblons terriblement à ces . qui s'entêtent à ne pas admettre ce qui les dépasse. Rien n'est donc plus strictement raisonnable que l'humilité surnaturelle mais si raisonnable qu'elle soit. entrent. pour juger sainement un objet. et les conclusions qui en découlent. Or. et. qu'au fond. et ils vous répondront. devant ces découvertes supérieures. Tinanité de Thumanité rationaliste apparaît éclatante. devient un principe légitime de raisonnement. Elle s'arrête si bien qu'on le voie. s'il se rencontrait par hasard. élèvent singulièrement le point de vue. de plein droit. manquant d'horizon. le sourire aux lèvres.DES FAUSSES HUHtLITlis 205 — Combien cette humilité est insuffisante. elle ne distingue dans Thumilité que la région humaine. dans le domaine de la est vertu. des horizons inconnus de dépendance se révèlent alors aux yeux de la foi et. mais de ne pas tout voir. .

206 QUATAIÈMS BUALM duperie.. chez les païens.. Qui peut s'assurer de n'en point ^ubir quelque atteinte?. et sans valeur aux . Ne se retrouve-t-il pas. elle est sans forée pour sou- tenir l'édifice surnaturel. Et ces gens-là se croient très forts Très forts aussi ces campagnards qui. Le terre à terre ne suffît pas pour juger les choses d'en haut.. chez les chrétiens eux-mêmes. suscitait «ces ennemis de la Croix dont saint Paul ne parle qu'en pleurant ».. car l'esprit lui aussi a besoin d'une certaine accoutumance. Combien d'âmes -réputées pieuses qui. et qui. alors même qu'elle n'est qu'une habitude d'esprit. pour bien croire à ce qu'il n'admet que par raisonnement. hélas ! dans l'esprit rationaliste d'aujourd'hui?. — Si mon humilité n'est pas l'huRéflexions. traitait de folie le sublime anéantissement du Calvaire. c'est péniblement qu'une habitude nous quitte. appuyés sur leur gros bon sens. se refusent avec dédain aux améliorations scientifiques les plus I autorisées. méfions-nous beaucoup de ce qu'on est convenu d'appeler le bon sens et qui n'est ici que le terre à terre. En fait d'humilité. Notre instinct naturel en est plein. C'est lentement que le jour se fait. ont dépouillé de ses exigences surnaturelles l'humilité de Jésus. milité de Jésus.. ayant affadi en elles le sens chrétien.. C'est ce sens humain qui. et notre esprit n'en est peut-être pas entièrement dégagé. « Eva- cuerunt crucem Christi I » Cherchons donc à mieux voir et à mieux sentir.

DES FAUSSES HUMILITÉS 207 yeux de Dieu pour attirer ses grâces. point la et saints. craintif pour donner un ordre. sèche et inféconde. 1" S'éloigner d'une pratique de vertu ou d'une œuvre de zèle. facilement troublé à l'occasion d'un acte de fermeté nécessaire? Ne me ferais-je pas des obligations personnelles trop gênantes? Ne serais-je pas enclin à me scandaliser au sujet des autres? L'humilité ne doit pas rétrécir les idées. prêtons une oreille plus du divin Maître aux enseignements prenons pour idéal.. Elle n'est plus qu'une sorte de vertu courte. indiquées par les circonstances. ni ambitieux. § IL — De rhumilité étroite et pusillanime La pratique de l'humilité ne me serait-elle pas une source de préoccupations? Ne me rendrait-elle pas hésitant pour prendre un parti.Et dire que l'on se croit humble parc^'que l'on n'est ni arrogant. non modestie des sages. ni susceptible! Ah! revenons à l'école de Bethléem. Elle ne possède ni cette douceur profonde qui assure la paix. ni vain. sous prétexte qu'on en pourrait . mais l'humilité des attentive . ni ce charme particulier qui accrédite auprès des hommes. de Nazareth et du Calvaire. elle ne doit pas non plus paralyser l'action et rendre — timide..

n'est pas le bien qui est en moi plus juste que sage n'est pas de moi. dans l'exercice de l'autorité C'est surtout que se font sentir de la façon la plus déplorable les conséquences de cette étroitesse. est un vice. c'est se mal connaître et mal connaître Dieu. Notre premier regard doit se porter sur la volonté de Dieu. rétrécit le cœur et paralyse le zèle? 2® Se complaire en soi. L'humilité véritable avive le regret. qui n'a pas même la vigueur de s'élever au regret.OUATRltMB SBMAINI concevoir quelque vanité. appellera-t-on vertu cette égoïste frayeur qui. sans songer qu'on prive les suborOn donnés d'une force qui est leur droit. ne songeant qu'à sa sécurité. unique règle de nos actes. en Il arrête tout avancement. sans songer — — Dieu présent dans le supérieur qu'on au mépris tout cela au grand préjudice du bien que c'est livre : 1 . et notre sécurité doit se fonder sur la grâce qui l'accompagne. L'humilité fausse produit la lâcheté. Se dépiter de ses fautes. ou on le fera timidement. pusillanimité. puisqu'il est surtout de Dieu. est âme — le propre d'une Trembler devant n'est pas humilité. toutes les difficultés. mais s'attrister de soi jusqu'au découragement. l'effort. — : : moins 3<> à la prière et au combat. mais étroite et exclusive. la prière. se laissera critiquer et reprendre. On n'osera donner des ordres. est un autre Voir en mal tout ce que l'on fait. encore . Faut-il donc défendre contre Dieu même cette ombrageuse vertu ou plutôt.

— 1» Comme le ratio- nalisme. On se tromperait en se persuadant que ce défaut est le propre des personnes peu intelligentes. nwwique d'étendue. : Vautre. chacun saura où faire porter sa réforme. L'étroitesse. la pusillanimité. Tétroitesse. tandis que l'humilité étroite et pusillanime sup: pose. Elle ne distingue pas n'est qu'un vmLXTi. Grâce à cette distinction. mais elle la voit dans ses exigences. comme le mot l'indique. il est bon d'analyser à part les causes qui le produisent l'une. l'étroitesse d'esprit ne voit rhumililé qu'en partie. elle n'embrasse pas cet ensemble qui seul permet de déternwner la valeur de chaque détail. tel point particulier qui la frappe. comme dans tel acte qu'elle en croit entachés. elle lui prête des proportions excessives. la préoc- cupation exagérée des vues de la foi.DBS FAUSSES HUMILITES 209 Ce genre Je défaut est l'opposé du précédent. Cela l'humilité rationaliste s'explique sans peine est le fait de la raison laissée à elle-même. Elle suppose donc l'orgueil où il n'est pas. outre une défectuosité naturelle. au contraire. Ce défaut est loin d'être aussi commun. . dans tel principe. La vue n'est pas assez large. dépend du caractère. De rhumllité étroite. l'humilité étroite et pusillanime lui fait dépasser certaines limites sages. L'humilité rationaliste arrête la vertu à des limites trop courtes. < I. tient à la nature de l'esprit . Pour distinguer ce travers. et pour instituer les moyens de s'en débarrasser. saisissant avec beaucoup de clairvoyance et de vivacité. — 14.

Comment avoir assez de jugement pour se reconnaître le jugement faux? . La formation première a été souvent la seule cause de ces défectuosités. par une action prolongée. l'ouverture confiance au directeur. Que ne son jugement et le autour et plus loinl satisfait voit-elle tout fixe. elle le serait la guérison est plus laborieuse bien davantage encore. II. non pas d'exister. soit d'une volonté trop faible.is à hésiter. interdit à rhumilité. mais de paraître. c'est cette défiance qu'il faut éveiller atout prix. mais si. Or. elle a fini par déterminer une sorte d'entorse morale. la charité par exemple. une autre formation plus intelligente peut tout restaurer. son jugement. et les idées deviendront plus larges en devenant plus justes. sillanimité. car consiste à douter de soi. La crainte peut provenir soit d'une circonspection trop inquiète. mais du caractère elle se compose de toute disposition donnant accès à une crainte. 2° Le remède est d'application difficile. si le mal se rattachaità la nature même de l'esprit. avons-nous dit. Quand elle n'a fait qu'introduire des principes étroits. Qu'on y joigne la lecture de livres capables d'éclairer. Ces deux défectuosités déterminent : .. 11 n'y a pourtant p. jugement. la portion de vérité qui se trouve dans son erreur même.QUATRIÈME SSMAIMS 210 non plus les circonstances qui foui que telle autre vertu. De l'humilité — !• La pune provient pas du pusillanime.. et de cette partie de soi que l'on défend avec l'acharneraent le plus il convaincu.

tout en voyant bien ce quMl devrait faire. Ce défaut n'est pas spécial aux âmes médiocres. Surtout ne remettez pas en question ce qui a été décidé. très regardant. elle s'allie le plus souvent à une extrême subtilité d'esprit. et gardez-vous bien de vous reprocher les erreurs où vous avez pu tomber.DES FAUSSES HUMILITÉS 211 également l'hésitalion et l'inconstance. mais d'une manière différente. elles voient de l'orgueil dans tout ce qu'elles font et dans tout ce qu'elles pensent. Ne réfléchissez pas trop. le caractère faible voudra et ne voudra pas. et ne saura quel parti prendre. 3° Le choix du remède dépend de la cause qui produit le mal. Ni l'un ni l'autre ne parviennent à se fixer. Décidez-vous à première vue dans les choses ordinaires. qui montrent de la fermeté dans le gouvernement des autres. car les plus réfléchis eux-mêmes n'échappent pas à ces accidents de l'insuffisance humaine. et l'abondance des solutions déconcerte. peut se laisser arrêter par moindre incident. à des craintes le 2» qui les torturent. La pusillanimité ne suppose donc pas précisément un manque d'intelligence. L'esprit trop circonspect s'embrouillera au milieu des nombreuses possibilités qui entourent chaque décision. Des vues trop multipliées aveuglent. Certaines personnes. et l'un comme l'autre. même dans les cas graves et prenez toujours une résolution bien tranchée. pour elles-mêmes. très méticuleux? forcezvous à couper court. restent livrées. Etes-vous prudent à l'excès. mais une intelligence d'un genre particulier. — . dans le cours de l'action.

faciletroublée par les obstacles ou les oppositions. quelque chose de gêné. celle de soi. Maintenez vos commandements et vos observations. vous cédez tout bonnement à votre faiblesse. à l'extérieur tout entier. Tétroitesse et la pusillanimité proviennent d'une préoccupation. l'oubli de Dieu. Au fond. Si ment — L'humilité étroite ou pusillanime imprime à la physionomie. Il porte atteinte à — l'ordre social et discrédite l'humilité. toutes les fois qu'il n'est pas évident que vous vous êtes trompé. Relevez donc votre courage et imposez-vous le devoir de sauvegarder davantage vos droits et votre dignité. mais qui vous regarde tellement qu'elle se sent toutes les énergies du devoir et toutes les saintes hardiesses du zèle I J . Ici la direction sera utile.212 QUATRIÈME SBMAINS vous êtes d'une nature peu résolue. vous n'avez pas le droit d'en faire une question d'humilité. donnez-moi cette humilité simple et courageuse qui ne regarde que vous. moins pour éclairer que pour soutenir. mon Dieu. souveut quelque chose de faux qui met les autres mal à l'aise. et Ce défaut est d'un oubli. ou les porte à abuser. contraire à la prudence. à la parole. prenez garde. qui a la mission de gouverner toutes les vertus.

votre secours I — I. encore moins rien de faux dans mes paroles ou dans mon extérieur. votre indulgence. Les juifs. 213 — De rhumilité fausse dans son expression Que nul ne passe rapidement sur ce sujet. Cependant. exige l'amour qui assiste et ne se contente pas 4'une formule. plus un travers est commun. Or. De leur côté. Nature de ce défaut L'homme a cette tendance invétérée de placer la vertu dans les actes extérieurs. il est amené. outre le respect qui s'incline. ô mon Dieu. je ne veux rien de factice. La dégénérescence qui en résulte. moins il frappe. les pharisiens se .DES FAUSSES HUMILITÉS ^ § III. mais trop tard. du temps de Notre-Seigneur. sans m'en rendre compte. Quand ils avaient dit à leurs parents pauvres : « Tout ce qu'il <ous plaira! » ils se croyaient parfaitement en règle avec la loi divine. Je peux donc avoir beaucoup à réformer ici. soit du moins loyale. sans songer que cette loi. or. à se contenter finalement de simples protestations ou de vaines apparences. par la logique de cette erreur. si elle n'est pas haute. accuse. en étaient descendus là. Que mon humilité. Votre lumière. la fausseté de cette conception. car bien peu échappent entièrement à ce travers. tandis que ces actes n'en sont que la manifestation et les effets.

: ! h . nous n'en sommes point làl les enseignements de l'Evangile ont trop pénétré la société chrétienne pour que nous puissions descendre à de tels abus. mais plus d'un en subit l'influence secrète. et si vous reconnaissez en elles quelques imperfections. Voyez vos révoltes quand on vous juge moins capable. qu'elles ne sont qu'abjection.OOATHiÈMB SEMAt. . permettriez-vous aux autres de vous regarder de haut?. nul ne fait cette déduction explicite. qui plus est. misère et imperfection. Jésus exige que nous soyons humbles? disons que nous ne valons rien montrons aux yeux du prochain un air doucereux et des manières déférentes prenons à l'église une attitude abaissée nous voilà humbles! Assurément.NS 214 tenaient pour humbles parce qu'ils se prosternaient bien bas dans les rues.. et l'humanité ne laisse pas que de pousser sa tendance. tout en conservant la conviction entière de leur supériorité. dit encore saint . et. le pensez-vous? En vous courbant.. Certes. » « n'appelle point humilité. aussi loin que le lui permettent l'irréflexion et les usages. quand on vous contredit ou tout simplement quand on vous néglige « Il se trouve souvent des personnes qui disent qu'elles ne sont rien. et qui ne sauraient souffrir qu'on leur dise la moindre parole de mésestime. le mépris des autres. En disant que vous ne valez rien. gardez-vous bien de le leur dire. car elles s'en offenseraient. mais prenons-y garde! notre nature appartient toujours à rhumanité. Sondez bien votre cœur. qu'aussitôt elles ne s'en plaignent.

de baisements de terre. Origines de ce défaut. lui emprunte ses expressions. Si la nôtre ne va pas jusqu'à nous insil doit : . de gestes. la conviction intime. il nuit toutefois à l'humilité puisqu'il la dépare. quand il se fait. sans aucun sentiment intime de sa propre abjection et de la juste estime du prochain car tout cela n'est qu'un vain amusement de faibles esprits et doit . car nul ne tient grand compte de ces formules. étendons-le aux attitudes : y avoir une correspondance parfaite entre nos sentiments et leur expression. Grande leçon pour les vertus ordinaires. il faut en convenir. Cet abus est le plus souvent inolTensif. Toute société se forme un langage. absolument sincères chez quelques personnes. et à la piété. » — II. et l'extérieur se trouve violemment séparé de ce qui doit en être l'âme. et toute personne qui en fait partie. plus de charme. Un milieu de piété adopte nécessairement des formules humbles qui. Ce que nous disons des paroles. sur une seule note plus d'harmonie. partant plus de beauté. être plutôt nommé fantôme d'humilité. plus d'unité. la parole du sentiment est en désaccord avec la paiole qui sort des lèvres. ne sont chez la plupart des autres qu'un simple écho. Qu'elle est belle l'humilité où tout s'harmonise dans la sincérité! Mais que la sincérité soit en défaut sur un seul point.OSS FAUSSRS HUMILITÉS 215 François de Sales. car il la discrédite. de révérences et d'inclination. ce cérémonieux assemblage de paroles. comme il advient souvent.

et à mesure que. mais elle sera plus sincère. Elle sera moins profonde. en etîet. leur humilité est seule assez profonde pour aller jusque-là. que la grâce nous fasse entrer plus avant dans les secrets divins.216 QUÀTRlilME SEMAINK pirerles bas sentiments que les saints professent d'eux-mêmes. . avant de le faire. Il y aura toujours certaines défectuosités que nous pourrons avouer. Qui. On peut ajouter que le plus périlleux c'est d'en parler en mal. notre misère se révélera plus clairement à nos yeux. certaines infériorités dont nous serons convaincus. ne les exprimons pas. En même temps. certains torts que nous accepterons de bonne grâce. faisons de cela notre humilité. Il sera bon de récapituler ici les divers sujets de confusion que nous venons de découvrir. pense beaucoup de mal de soi et qui donc a grande envie de se faire croire? Laissons aux vrais saints les expressions méprisantes dont ils s'accablent. elle ne nous inspirera pas une attitude très abaissée. n'en prenons pas l'attitude. interrogeons notre conscience pour lui demander si vraiment elle nous en impose le devoir. elle nous laissera du moins une attitude exempte de prétention. désirons que notre vue devienne plus pénétrante. Saint François de Sales affirme que « parler de soi-même est aussi périlleux que de marcher sur la corde ». nos paroles et notre attitude traduiront ces sentiments nouveaux avec une sincérité toujours égale. par ce contraste. Ne parlons de nous que par nécessité et. gardons la beauté de ce qui est moindre mais vrai.

On dit du mal de soi pour en faire dire du bien. doit s'appeler humilité à crochet. et l'on insiste davantage à mesure que l'on est moins cru. quoi de L'Ecriture l'a stigmatisée en cej plus vil termes « Est qui nequiter humiliât se. Ces seul. — Calculs de l'orgueil. et répandent ce travers chez ceux qui ne sont pas sur leurs gardes. III. L'humilité au service de l'orgueil. Cette humilité. et l'usage dans certains milieux. elles deviennent un moyen cherché de s'attirer l'estime. Si l'on s'accuse d'une faute. pour obtenir d'être loué. c'est parce qu'elle est bien connue. pour . — Bien autrement grave est l'abus de ces mêmes formules quand au lieu d'être l'effet d'une simple coutume. On demande d'être averti. comme on se sert d'un crochet pour faire venir à soi les objets qu'on ne peut atteindre.. interiora ejus plena sunt dolo. parce qu'on s'en sert une s'attirer des louanges.. On exagère ses torts pour les noyer — — dans l'humilité de l'aveu. maintient expressions choquent ceux qui ne croient pas à leur sincérité.DBS FAUSSES HUMILIlAs Que de 217 faussetés! que d'exagérations que de secrets désirs d'estime sous petites calculées! des aveux humiliants! Il importe aussi de débarrasser notre langage de certaines expresvsions que l'usage. » ! : On affebte de s'effacer et l'on — — ne songe par là qu'à se faire rechercher. dit Rodriguez. C'est s'humilier d'une odieuse façon. que de le faire dans des vues hypocrites.

— Humilité fausse dans son sentiment Quand on lité est-elle même se pose cette question mon humivraie? on porte aussitôt son atten: comme nous venons de le faire. dans un milieu de piété et plus ce milieu est élevé. . chose étonnante.QUATRIÈME SEMAlNX 218 lY. quoique sincères. cette influencb aétérecherch'^e. et Il y a qui. Or.au point de vue delà formation mais comme elle s'exerce à toutes les périodes de la vie spirituelle. peuvent être sincères. elles ne sont pas réelles. . plus son action est puissante. poussant plus avant l'examen. de loin en loin. il est bon de se demander. Dansla V«méditation. sur la conformité de la parole avec le sentiment. : . Cet éclat qui entoure l'humilité. L'humilité d'impression peut être attribuée à plusieurs causes toutes néanmoins ont leur point de départ et leur base commune dans l'estime dont jouit cette vertu l'estime est un éclat dont l'orgueil aime à se parer. est le plus séducteur de tous. pourtant des convictions factices. n'est pas une humilité plus ou moins tion. Il est rare que. on s'inquiète de larérifé du sentiment lui-même. : . ii l'humilité sur laquelle on se repose. et restent par conséquent incapables de soutenir la vertu De là l'importance de cette nouvelle étude.

que nous venons de le voir. Commençons par analyser les diverses origines de cette illusion. Ne puis-je pas les exprimer aussi? — : Une excellente pensent-elles. Eh bien! essayez. si coupable? Le croyez-vous?. Influence des idées régnantes ou humilité — Le milieu qui transmet ses formules. mais supposez que tout à coup telle personne amie vous interrompe et vous dise est-ce donc vrai? seriez-vous si vil. se persuadant avoir l'humilité des Saints parce qu'elles l'admirent. contraste saisissant du mépris de soi-même dans une éclatante perfection. répétez à loisir cette longue litanie de leurs plaintes humiliantes.. Mais une fatale déviation se produit le jour où ces âmes. encore peu avancées. Les personnes pieuses factice. JusLe sens de l'émulation et qu'ici tout est bon celui de l'imitation nous sont donnés pour être les agents les plus actifs du progrès. communique aussi ses impressions. elles ont ressenti pour leur vertu héroïque une vive admiration.. ainsi ont lu les vies des Saints. c'est le miracle de leur humilité. raison les presse Ces sentiments ne conviennentils pas mieux encore à ma misère?. Ces accents désolés. De là le désir de descendre avec eux dans les profondeurs de cette vertu. si abject. parvenus jusqu à nous. I. A l'instant vous vous sentez suet les rassure : : .. font vibrer toutes les générosités de leur émulation.219 DES l-AUSSES HUMILITÉS factice.. mais ce qui les a surtout frappées. se croient obligées de professer à leur tour le mépris que les Saints professaient d'euxmêmes.

Contentons-nous d'implorer la grâce de mieux connaître les mille imperfections. que leur propre misère les épouvante et les désole. 1. Dieu se révèle si beau et si saintement exigeant. . qu'un écho! Cette humilité est en vous toute de surface. sortent de leurs entrailles. nous restent cachés. vous n'êtes qu'un reflet. Si nous n'avons pas ces grands sentiments d'humilité. se ternir et se fausser par une cliner à cas douteux . ayons du moins l'humilité de le reconnaître / et n'essayons pas de combler par des apparences ce vide réel. N'ayant pas les vue» lumineuses et les grâces spéciales des saints. Nous poursuivons ici l'étude dçs humilités suspectç^. très visibles aux yeux des autres. A genoux. elle ne baigne pas les profondeurs de la conviction. Aux saints. ils ne parviennent pas encore à égaler par leurs sentiments l'absolu de leur conviction. ils savourent leur abaissement. ils ont beau chercher des expressions encore plus fortes. les Rien On comprend que ces appréciationg ne concernent pas âmes profondément humbles. pure expression de notre âme.QUATRIÈME SSMÀINS 220 bitement refroidi et tout étonné une piqûre a dégonflé le ballon *. qui. ils ont beau les redire. si aimable aussi. rem: plissent peut-être notre vie . habitude de sentiments conventionnels. Adoptons cette règle très sage d'in- nous condamner nous-mêmes dans les mais ne laissons pas notre conscience. les défauts qui. notre reflet de Dieu. le front dans la poussière. à notre insu. Les cris déchirants que jette leur prière.

s'j enferme. le tempérament est la cause qui agit du dedans. parcourir toute la gamme de la sensibilité et. Ce que traduit son imagination seule. mal gré leur égoïsme féroce. exalter avec enthou siasme les plus purs dévouements! Le lecteuv tout en larmes de s'écrier quel cœur! Et l'entourage immédiat de répondre si on le cor joue au naturel. et qui la : : naissait! Son imagination saisi! une situation. N'a-t-on pas vu des poètes. N'allez pas dire à cet homme. la . L'influence — du tempérament ou Le milieu est humilité cause qui agit de l'extérieur. Ce qu'elle sent.DK8 FAUSSES HUMILITÉS 221 de factice Soyons vrais même et surtout devant Dieu qui lit dans nos cœurs ! ! II. qui agit. il y a des tempéraments qui en créent l'illusion ce sont ceux où l'imagination domine. jaillit assurémentd'une cerd'illusion. C'est elle qui sent. Une âme d'artiste habite souvent une région éthérée. ni cette conduite. S'il y a des milieux qui communiquent l'impression superficielle de l'humilité. que. C'est un rôle qu'elle trompe elle-même. taine conviction du moment. : : . au cœur sec. tout en dehors du réel. dans la vie pratique. on ne lui voit ni ces sentiments. et finit par s'identifier avec elle. tout ici est en surface. lui semble le traduire lui-même il a deux vies et il ne s'en connaît qu'une. Comme précédemment. ce qu'elle exprime. il se détournerait de vous avec dédain vous ne l'avez jamais compris! Et il est sincère. qui parle.

: . s'il s'enferme dans l'idéal. Il y avait là comme deux personnes le dédoublement s'est opéré! Nous ne disons pas que l'homme possède deux person11 admirent cette vertu. Elles s'y étendent. victime de luitains rêveurs. S'il se trouve dans le réel il est lui. . semble leur être tout ce qu'ils acquis. Un travail latent se fait. par la liction. ! : : nalités distinctes. lâchement. sa beauté passe dans leur esprit et le pénètre. et en gardent toute la fragilité. ils en ont l'amour. sa puissance d'illusion. le désir. Qu'ils aient à en parler fréquemment. à tort. à en exalter les charmes : l'impression gagne du terrain et devient plus profonde. Ils et. comme le veulent. Descendue au terre à terre de la pratique. par l'effet de ce sentiment. Au lever du jour. il devient un être de convention. toujours dans cette particulière région séparée du réel. Elle ne se réalise qu'en rêve. cer- a simplement deux manières d'être très dissemblables.222 QUATRIHMiî SEMAINE y a aussi des humbles d'imagination. l'inclination peut-être. prenez garde elle est capable de porter en humilité comme en tout. il même. comme elles y sont écloses. c'est-à-dire au contact de la réalité. sinon détrompée. C'est un rêve. par lequel tout ce qu'ils admirent. tout a disparu on ne retrouve qu'une âme préoccupée d'elle-même etsensible à tout orgueil. exaltent. Si votre imagination est vive et ardente. elle s'arrête dans son essor. mais. elle a subitement perdu ses ailes et bientôt lasse. Hélas c'est dans l'imagination seule que ces merveilles s'accomplissent.

. l'habitude. car enfin l'imagination. habitudes ou humilité sans du milieu et à celle du tempérament s'ajoute une troisième source d'illusion l'influence persistante de vertus disparues. son accent sonne faux il se répète avec une insistance de mauvais aloi . est un auxiliaire auxiliaire puissant. sur la charité. mais peu sûr. Quelle est l'explication de ce phénomène? Nous la trouverons dans une observation magistralement présentée par saint François de Sales.. de confesser leur misère et III. elles font tout cela avec une sorte de conviction. Il se rencontre des personnes vraiment orgueilleuses qui éprouvent le besoin de faire des actes d'humilité.. » Oui.DKS FAUSSKS HUMIUTBS 223 Nous verrons bientôt comment on discerne du factice. mais comme elle part du principe même des vertus. loin d'être en soi une ennemie. Elles se mettent au dernier rang et s'accusent même des maux publics. mais un pli et inclination que la mulmilité. mais celle d'un rocher creux et vain. Ce n'est pas titude des actes a parole d'un vivant. quand l'orgueilleux profère contre luimême tant d'âpretés. vie.. qui appelle le vrai : tous les contrôles. Elle porte. Chose étonnante. Influence des —A l'influence : — quelques-uns de leurs torts.. la . elle s'applique parfaitement à l'hu- Ce reste d'amour qui survit à la chadans l'âme coupable. c'est un simple écho qui répète la voix. dit-il. il est vrai. n'est pas la charité. « rité donné à notre cœur..

je ne suis pas humble . sans trop savoir pourquoi... » Terminons par une remarque qui et sa joie doit attirer personnes ferventes: Une personne admirée pour son humilité et qui le sait. plus elle s'enfoncera dans le sentiment de son néant. devant son exagération et son amertume. Besoin autrefois senti et qui persiste dans la seule habitude!... c'est peut-être la douceur de l'estime commune qu'elle savoure. dont la puissance est encore si grande qu'elle provoque parfois des émotions et des larmes.224 QUATRIÈME SEMAIlfS et... si j'é- prouve pour elle de l'admiration. et c'est l'action de ce poison qui lui communique ce surcroît d'ardeur. « Eh bien! ajoute saint François de Sales. Réflexions. trouvera de nouvelles délices à se faire humble.. à se croire humble. mais c'est à désessens de l'éloignement pour Dieu. — mon j'ai peur! quoi. que son repos est léthargie une manie.. tant d'illusions possibles pérer !. Si je me ! l'humilité... peut-être ne le suis-je pas davantage 1 . Plus elle l'attention des verra l'impression qu'elle produit.. et. Formuleautrefoissincère etqu'ona retenue!. et que tout cela ne manque ni de douceur ni de quelque sincérité. demeurant en repos. n'est-ce pas une grande pitié de voir une âme qui se flatte en cette imagination d'être sainte. et se trouvant enfin que sa sainteté est feinte.. on demeure inquiet. Mais tandis qu'elle croit goûter la pure humilité. telle est la nature de cette humilité.

pourait être le seul agent de cet effort. s'il répand Jans l'âme un contentement profond et donne à la vie spirituelle un. une confiance qui se retire. ne sont le plus souvent.. une préférence pour les autres qui vous rabaisse. . Ah si le goût persiste. humble? De ces actes nombreux dans la méditation. sinon qu'ils comportent trop peu de difficultés pour témoigner formellement en faveur de la vertu. ou tout au plus une admiration platonique de la vertu. l'amourpropre lui-même commande cette conduite le désir de ne point passer pour orgueilleux. un insuccès dont on vous rend responsable..DES FAUSSES HUMILITÉS J'en fais des actes 225 nombreux dans mes médi- me contiens dans les occasions où mon amour-propre est blessé j'éprouve du plaisir à dire du mal de moi-même et la pensée de l'humilité répand en mon cœur une joie tations je . Quant au plaisir que l'on éprouve à parler en mal de soi et au goût sensible qu'évoque la pensée de l'humilité. nous n'avons rien à dire. — 15. surcroit dinaire. tout simplement un reproche. qu'un certain contentement de soi. bien mérité d'ailleurs. . chez les âmes ordinaires. il ne ressort pas la preuve absolue que l'on se contient par humilité la simple prudence y suffit d'orsensible : suis-je Attendez ! — : dans certains milieux. De ce que l'on se contient dans les occasions où l'amour-propre est blessé. il n'en faut pas faire grand état ces goûts. : ~ : : I BUMILITi. Attendez les occasions positives un mépris que rien ne compense. et. très réels chez les grandes âmes. s'il accueille sans ostentation ces abaissements.

ou les sentiments des saints. l'orgueil peut-être. bon et qu'il est beaul Seul. comme nous nous imposons de l'être devant le prochain. est un goût de bon aloi. Il ne vient pas de la nature . fortifiantes. Dans nos prières. Ces formules ne produisent que l'illusion de la vertu. Ne fussent-elles que vaines et vides. trop le redire voyons : . Ah que le vrai est pour nous. — ! . et de porter aussi loin que possible Thumilité comme les autres vertus. que nous dicteraient seuls. ou notre propre imagination. dans nos élévations de cœur vers Dieu. Nous ne saurions N'affirmons que ce que nous soyons sincères devant nous-mêmes. produisant de tels effets. Sans doute. il est bon de s'étendre vers tout progrès. rassurez-vous un tel goût. car seul c'est la vertu. elles ne sont ni dignes de Dieu. ayons la probité de nous interdire toutes les formules d'humilité. Dieu seul peut l'ins: pirer. mais il faut le faire dans la vérité. il est à la fois lumière et force.QUATRiiMI SKMÀllfl Î26 d'ardeur. ni.

elle n'a qu'à les dégager de principes établis déjà . élevons nos regards vers l'humilité véritable. où tout est lumière. cette triple manifestation de la belle santé de l'âme. A cause de leur importance. — Les — personnes qui en auraient le temps pourraient utilement consacrer trois méditations à chacun des deux exercices qui vont suivre. . les fausses humilités. sortir attristantes Etude même. Nota. car. . étude instructive néanmoins. . beauté. dilatation.Coup d'œil sur les deux méditations qui vont suivre Au de ces considérations pénibles. sur facile. l'inclination à estimer les autres. Son action directe produira la paix. elle compose une doctrine pratique étude encourageante aussi. parce qu'elle fait surgir à — — chaque pas des conséquences imprévues étude éminemment utile. Ses traits vont nous apparaître pleins de clarté. pour amener au grand jour ces riches découvertes. et l'attrait. nous indiquerons quelques séries de réflexions et d'affections. et dans cette ravissante disposition qui en émane. la fécondité. dans la tendance prononcée à l'effacement et au sincère mépris de soi-même. la ferveur. puisque de ces principes et de ces conséquences.

mais si la tendance relève de la vertu spéciale dont elle est le mouvement. Nous étudierons les caractères distinctifs de l'Iiumilité. portera-t-elle son effort? Sur cette tendance dangereuse qu'il faut dominer la tendance à nous surfaire dans notre propre estime et à nous surélever dans l'opinion des autres. : : — Préparation pour la veille. L'humilité est une vertu donc. devient un véritable amour. . Inclination au mépris de soi-même. . qui. en certaines âmes. elle fait naître l'inclination au mépris. les actes . Elle lui oppose d'abord l'inclination au simple effacement allant plus loin. Inclination à l'estime du prochain.Quatrième Semaine PREMIÈRE MÉDITATION XXII* EXERCICE Des caractères de la véritable humilité — Deuxième point — Troisième point Premier point : Inclinatioa à l'effacement. car éminemmwit pacificatrice et bienfaisante comme tendance. elle doit être une force permanente. elle ne pourrait être contre nature que dans ses actes. Mais sur quel point demain . Une telle disposition n'est-elle pas contre nature? Point du tout.

. » tout. de l'âme dans sa parfaite obéis- fidélité sance à Dieu. Demander la grâce de ne point se décourager en voyant tout ce qu'exige l'humilité. . elle elle ne est vertu le fait est simple nesciri. . Une personne moins Elle s'ingénie alors à c'est si facile! Parlez vous serez vite humble prendrait des — airs effarouchés et nie- . elle.PREMIÈRE MÉDITATION 229 relèvent en tout et pour tout de la prudence.. et aux autres d'eux-mêmes et oublié. la liberté et la de Dieu dans son action sur l'âme. Aimez à 1» « — Ama « être ignoré. » {Imitation.) 2° Elle n'aime pas les éloges. elle ne saurait néanmoins repousser ceux qu'elle croit mériter. \^o Méditation — Prélude. Inclination à l'effacement.) L'humilité cache tout ce qui et perfection que par humaine. détourner l'attention. charité. les droits des vertus seront sauvegardés la dignité personnelle sera maintenue toutes les initiatives utiles seront prises en un mot. et elle (Saint François de Sales. - paraître par dessus ne veut ni paraître savoir ce qu'elle ignore. ni avoir l'air d'ignorer ce qu'elle sait.. I. ce qui doit être l'humilité n'interviendra que fait sera fait pour donner à toute cette activité un caractère en quelque sorte impersonnel. établissant ainsi Par . nous le verrons plus loin.

et si elle est appelée à faire de grandes choses. La raison s'étonne de cette partialité. Jésus est transparent en eux aurez fait au plus petit. c'est à Dieu qu'elle en fait remonter la gloire. la place plus effacée. même et surtout dans l'humble effacement. serait un principe de corruption pour tout le bien que Dieu y pourrait : teuse. mais ame humble se l'explique à merveille est-ce que Dieu n'est pas le principe premier et nécessaire à tout acte bon Est-ce que l'Etre parfait peut avoir une part quelconque dans un insuccès? 3° Au reste. Partout elle cherche l'oubli. » Humilité révélatrice 4° Choisir l'emploi le la : 1 Réflex/ons et sentiments. moins en vue. paix profonde et suaves — 1» — Impression de 1<* DépendaQca .. Quand elle réussit. Quand l'orgueil ne nous aveugle « Ce que vous pas. lui parait tout naturel. elle est inclinée vers les petits et les pauvres. comme pendant la chaleur on cherche l'ombre et elle s'y trouve bien. elle y va enveloppée de modestie. encore moins aux éloges qu'elle reçoit. la simplicité.. c'est à moi que vous Causez fait. humilité douOh! la vérité.230 QUATRIÈMK 8KHAINS révidence attitude fausse. c'est elle seule qu'elle accuse. 5° Par goût. elle pense très peu au bien qu'elle fait. Elle n'ambitionne rien de ce qui distingue.. 1 : ! rait mettre. quand elle échoue.. Elle éponge avec soin ces vaines complaisances d'orgueil qui suintent en nous de tous les côtés. Elle sait que la moindre trace qu'elle en laisserait aux parois du vase.

car. écouter. dont les écarts sont très funestes. Certaines natures ont grand besoin de cultiver l'inclination au mépris de soi-même. 4" La simplicité consiste à éviter le factice. puis à se dégaet en cela l'humilité est vraie ger du multiple. 6° Instinct telligence des vérités de la foi 7® Chaude mystérieux qui lui révèle le bien atmosphère où toutes les vertus se développent. ces hommes qui tranchent et s'imposent. . si le désir de l'estime des autres est plus général. aimer. le sentiment excessif de l'estime de soi est bien plus violent. 8* Disposition éminente à la vie intérieure. » {Imitation. s'adresse à une autre tendance : Vestime de soi. et en cela elle vise Dieu avant 5° Son influence heureuse sur l'intout . — IL Inclination au mépris de soi-même. sa vie à cet idéal et prendre des résolutions pratiques. C'est lui qui fait les vrais orgueilleux. brisent les oppositions les plus légi: . . « Qui se connaît bien se méprise. iO" Le plus grand bien a toujours été fait par Dieu vient les prendre ceux qui s'effacent H» Se comme par la main et les accompagne 12» Comparer résoudre à cette humilité. — Facilité à se faire agréer. L'humilité qui concerne le mépris de nous-mêmes. — — .) L'humilité d'effacement a pour objet l'estime des autres elle modère et dirige le désir inné que nous en avons. 9" Place laissée vide et que Dieu remplit. — — — — : — .231 PREMIÂRX MÉDITATION libre et 3"» — souple à tous les vouloirs divins .

des penchants misé- rables. Or. des avantages extérieurs. sans motif. : . S'il s'agit d'une faute. Se voyant des défauts.. et fait ressortir la miséricorde de Dieu. pour cela. ayons le courage de nous incliner résolument au mépris de nous-mêrae. car la faute est pardonnée. Jetons sur notre vie un regard sincère.. si nous y découvrons quelque chose de cette dangereuse tendance. et. volontiers. et. la fâcheuse impression. etc. elle n'est plus. prenons conscience de nos yéritables sentiments. Il n'est pas nécessaire que l'orgueil atteigne ces excès pour être odieux et perturbateur. elle l'envisage sous deux aspects la faute contient l'offense de Dieu. sentant sa vertu toujours chancelante. 3® Toujours humble consulte — défiante d'elle-même. elle pense souvent à ce qui la rabaisse au point de vue du talent. et se défend d'en atténuer. et elle la hait mais la faute contient aussi l'humiliante manifestation de nos mauvais instincts et de notre incurable faiblesse. et elle se réjouit. et méprisent leur entourage. dédaignent les conseils. et. 2° Lui arrive-t-il de commettre l'une de ces maladresses qui ne nuisent qu'à l'amour-propre elle s'applique à l'aimer.232 QUATRIÈMI SSMAL'VI times. elle nous aide à devenir humble. des dons même de la grâce. elle se réjouit. quand la l'âme pru- . \* L'âme humble s'applique à connaître le peu qu'elle vaut. Oui. tandis que l'humiliation demeure. elle rougit des témoignages d'estime qu'elle est obligée de subir : « Si l'on savait! » dit-elle. toute humiliation est bonne.

.. Oh! le 4° c'est juste et que je vous remercie.. certaines fautes avilissantes du passé.. elle veut paraître vile et non pas humble. : .. le permet. elle s'adresse même à ses infé- — Elle sera heureuse ensuite d'attribuer succès aux avis qu'elle a reçus.233 PREMIERS H^DITATION dence rieurs.. elle se plaît à les faire — connaître et à les rappeler... 6<» Certaines occasions mettent particulièrement à l'épreuve le mépris de soi. Vous verrez que.. que 5<* C'est au confessionnal qu'elle donne libre carrière à son besoin d'humiliation. même aux yeux de son confesseur. — : . Elle se garde bien de changer l'effet de ses aveux par l'exagération ou par quelqu'autre habile moyen. d'une imprudence... grâce à vous... et si l'observation est juste. On vous reprend. elle rend facile et douce la tâche de l'amitié.. je finirai par devenir meilleur. Dans les milieux où est établi l'usage de la monition.. « Dites-moi bien librement tout ce que vous avez remarqué de défectueux. Certains motifs bas dont on rougit. » Et tout cela sent la sincérité et la joie dans l'amour de l'humilité et de la perfection. remerciez franchement. Avons-nous besoin de le dire la vérité défend de s'attribuer des torts que l'on n'aurait pas et la sagesse ne saurait permettre de se faire mal connaître. on vous avertit d'une erreur.. sous prétexte de s'humilier. Réfléchissez d'abord. et gardez-vous d'ajouter l'une de ces protestations qui sentent le désarroi d'un amour-propre blessé oh! vous avez bien raison! je n'ai que des défauts! ahl si vous connaissiez toute ma misère l.

tandis qu'une humilité profonde. d'ailleurs vous en moi!. Ne le voyez-vous pas sans cesse prêt à ténoigner son amour? donnera de m'oublier et de lui — me 9*> Ah! qui me perdre dans un — 10* Long sincère mépris de moi-même I H" Demander regard sur Jésus humilié.... vous faites une question d'amour-propre. de fermes red'un inférieur dont on a s'agit charge. son indulgence au besoin?. — 6° Foyer de tenincomparable pour dresse 6" Qui n'aimerait une telle âme? — 7» Qui refuserait sa confiance? — 8° Quels Réflexions et sentiments. l*» de cette disposition. . ne considérant que le plus grand bien. — 4® Puissance bien. et votre zèle s'arrête déconcerté. si vous montrez quelque dépit. si vous prononcez quelques-unes de ces « Après tout. — 3" Sauvegarde très sûre. eût conseillé peut-être de douces instances. — Beauté morale — 2° Principe de sagesse. D'un acte de charité. 12° Se mettre de son mieux de vouloir . s'il montrances.. lui sont à son égard les sentiments de Dieu. » vous ne parlez sûrement pas sous 70 qu'on et : l'influence de l'humilité. vivement la grâce de comprendre.QUATRIÀHR SEMAINl 234 Par contre. lorsque vous donnez un avis le dédaigne. c'est votre paroles d'humeur savez plus que affaire. s'agit s'il d'un égal. et se tenir dégagé de toute vaine complai- — — çancç. le . dans cette disposition du mépris habituel de soi. de désirer. ses dispositions généreuses.

» (Imitation. si elle ne le peut. on se sent une inclination franche à estimer les autres. c'est une grande sagesse et une haute perfection. elle les regarde avec indulgence^. On peut craindre de se tromper sur l'amour que l'on croit avoir pour l'effacement et le mépris. n'implique nullement le désir de les uniter dans leur conduite. je relève d'autant les autres par comparaison. qu'on se rassure si. l'amour réel de l'effacement. Estimez les autres meilleurs que vous ». parallèlement. soit pour se défendre soi-même. en se surélevant. mais elle en est le résultat le plus constant et la preuve la plus certaine. dit saint Paul. Incliner à juger les autres meilleurs que soi. !«> L'âme humble ne se préfère à personne et ne pense jamais mal des autres. Voilà votre règle pratique. Quand elle les rencontre.PREMIERS MÉDITATION III.) L'estime pour le prochain n'est pas un acte direct de l'humilité. soit pour diriger les autres. 235 Inclination à estimer les autres. et cette conduite ne s'applique pas aux cas où l'on a le devoir de juger. . 1» « Alios reputa meliores te. 1. Elle est encore plus jalouse de cette délicatesse pour Si j'ai me fait ombrage. Ses propres défauts roccupent assez pour qu'elle cherche à voir ceux du prochain. C'est le contraire de l'orgueil qui. elle les excuse et. . les rabaise. si cettç conduite est défectueuse. Cela ne signifiie point qu'elle approuve cc qui est mal ou imparfait. nul ne si j'éprouve pour moi-même un sincère mépris. — « N'avoir aucune bonne opinion de soi et estimer beaucoup les autres.

au contraire. songeant à ses propres olTenses. Un sentiment lui est particulièrement en mépris du prochain. Dans ce but. le faire disparaître l'influence. parce qu'elle croit ne rien mériter. 30 elle — — — quelque inou de quelque violence. Aussi rien n'est plus suave que le cœur humble. . et. aussitôt elle le désavoue. Elle est foncièrement ou un manque d'égard. Cette . impartiale Elle n'est ni exigeante ni chaet généreuse. elle reconnaît que Dieu a bien le droit de se servir des autres pour la punir. elle miner si elle î : disposition ne s'oppose pas à la défense légitime de nos droits et de nos intérêts elle la rend. Dans tous ses rapports avec le prochain a l'esprit éminemment raisonnable. car c'est aller plus avant dans la vertu. 1. par le calme qui permet de voir plus clair.. plus sûre. il semble avoir perdu le triste pouvoir de s'irriter H se sent si pauvre ^ livrer à l'indignation. ce signe caractéristique de l'orgueil. Un tel sentiment vient-il à faire invasion dans son cœur.QUATRIEME SBMAINB 236 les pensées qu'elle ne Test pour ses paroles. et par la bleaveillance qui amène lei couciliaUooa. elle réagit contre l'impression fâcheuse. pour en 2° horreur. ou sur l'amour que Jésus lui porte. L'humilité l'incline à se montrer juste. douce et facilement reconnaissante.. bien loin de se 4° Est-elle par hasard l'objet de justice commence par exan'y aurait pas donné lieu . elle fixe sa pensée sur les bonnes qualités de la personne. puis. Elle ne se froisse pas pour un oubli grine. en s'eîTorçant de la remplacer par une impression favorable.

jamais de reproches amers. — — — : — — — — : . 7° Examiner ma conduite à leur égard. née de l'humilité. la demander avec instance. der mon cœur n'y trouverai-je que bienveillance? ne suis-je pas au contraire difficile.PREMIÈRE MEDITATION 237 — 1" Admirer la Réflexions et sentiments. sortant d'une conviction intime. ne sont ni 6° Concevoir un aussi forts. ni aussi suaves. or. trouvant sous ses ailes sa sauvegarde la plus efficace. prochain. pourrait se porter aux mêmes actes. La charité naissant en quelque sorte de l'humilité. les actes commandés. mais en se les imposant. Or. pas de susceptibilités et de froisse50 Remarquez-le bien. 40 Que serait une famille. jamais de jalousies. permet de les encourager efficacement. l'estime qu'on prochain serait facile. combien. mes paroles. ni de comparaisons pénibles. a pour les autres. où chacun aurait une charité faite d'hu milité jamais d'aversion. mes procédés. 2" Voyez la chaleur qui la fait généreuse. un groupe de personnes. le support du 3° Seule. divine ordonnance des vertus. s'ils sont aussi vertueux. mécontent? 9° Appeler fortement l'humilité qui dispose à l'estime des autres. Celle qui serait déterminée par le précepte de charité. exigeant. est une estime spontanée. l'estime du ments. vif désir d'estimer tout prochain et plus particulièrement les personnes de mon entourage. mon 8° Sonattitude. l'encouragement est le plus puissant moyen d'agir sur les volontés. avec cette disposition.

. l'humilité de volonté et. pour beaucoup d'âmes. ment vertueux. du mépris pour moi-mAme. Eh bien c'est aller vers elles. Le goût suivra peut-être une longub habitude. deviendra ainsi pour les actes un très il donnera à la vertu un plus doux attrait. ou résultera d'un très grand amour. est une inclination de volonté et non de sensibilité. mais il ne constituera jamais la vertu par lui-même. je ne peux pas être humble Si : I je m'abaisse. étes-vous résolu à vous Mais voilà le mouvey exercer? Sans doute. sans lui. pourra il puissant secours. je ne suis pas.ÉCLAIRCISSEMENTS Sur le rôle de la volonté et de la sensibilité dans la vertu A la suite de ces méditations qui déconcertent nos habitudes d'esprit. étudions sérieusement les impressions qu'elles nous laissent. et que l'inclination qui forme son essence. de terreur peut-être « A ces conditions. La principale est une sorte de découragement. la seule actuellement pos- de conviction . c'est à contre-cœur. si je conçois sans beaucoup sens pas pour les autres une cordiale estime Sans inclination pour ces choses. sible! Sachez que la vertu réside dans la volonté seule. et la vertu. je suis donc sans vertu? » Désirez-vous ces dispositions? Assurément. et je ne c'est me ! — — 1 — . Que tout cela vous coûte ou non.

agir et se développer. . c'est tantôt le goût et tantôt le dégoût. La sensibilité aime ce qui est conforme à ses goûts. la volonté. répétons-le. réside dans la volonté seule. Ainsi conserve-t-elle du dégoût pour une humiliation pleinement plaît-elle — — acceptée cependant. elle prêtera aussi sa lumière à un grand nombre d'incertitudes diverses. c'est la — . 3® Elle a pourtant sous sa dépendance la sensibilité. — — dans une satisfaction d'amour-propre que désavoue la volonté. la sensibilité. car elle^ étend son mouvement à toutft notre nature morale. L'on peut donc aimer et détester en même temps le même objet. ce qui est conforme au devoir. Or. qui. c'est l'impression pénible qui éloigne. préférer c'est aimer.239 PREMIÈRE MÉDITATION toujours exister. le choix. la volonté et la sen- détermination. Elle n'éclairera pas seulementle cas présent. à son tour. 1° Ne confondons pas La volonté. Ainsi la nature se comsibilité. c'est l'impression heureuse qui attire le dégoût. La vertu. Essayons d'établir par une analyse rigoureuse cette importante distinction. plus elle passe avant dans la sensibilité. lui prêté l'important concours de ses goûts et de ses ardeurs. Le goût. 2° La sensibilité et la volonté obéissent à des lois distinctes. En fait de vertu. plus elle est puissante.

etc. viennent y mettre obstacle. 4® le Courage] Dieu veille. tantôt il agit de lui-même « J'augmenterai ta sensibilité ».. les objets qui les déterminent.. ce qui nous intéresse particulièrement ici. n'est pas absolu dans ses effets. Que la tentation. Souvent.. dépend du tempérament. La volonté ne peut commander à cette capricieuse faculté d'avoir telles ou telles impressions. en les direct. plus aimés de Dieu. notre amour-propre acquiert une impressionnabilité maladive. de la nouveauté.. nous paraît tout à : coup intolérable. Telle humiliation. en effet. Nous sortirons de là plus détachés. plus fermes. en effet. qui n'est qu'indirect dans ses moyens. l'épreuve est complète . la révolte.QUATRIÈME SEMAINE 240 II Remarquons-le.. mais elle peut lui présenter. et. dit le Sauveur à la Bienheureuse Marguerite-Marie. le dégoût. mais la vertu demeure intacte dans les hauteurs de la volonté.. Mille dispositions difficiles à analyser.. plus humbles. toutes choses qui échappent à notre choix. 2° Ce pouvoir. des circonstances heureuses. . ni 1° faisant valoir. toutefois. Tantôt il se contente de permettre le jeu régulier de ces dispositions contraires. Le goût sensible.. jusque-là bien supportée. L'impression provoquée peut ne pas se produire. 3° Dieu intervient aussi. à son tour. le pouvoir de la vertu sur la sensibilité n'est ni un pouvoir un pouvoir absolu. nous apporte trouble.

Ces deux preuves ne se contredisent jamais. quelques traits de l'humilité. quoique d'une manière différente. en ses dispositions. ragement si l'on découvre. soit par ses effets. : La — Deuxième point : La Ferveur. . Une humilité qui a toute son essence. ou dans sa vie la manifestation de quelques-uns de ses effets Quel avertissement si l'on constate des carac' tères ou des effets contraires Préparation pour être connue. Les caractères révèlent son essence les effets. Fécondité. son action. une humilité qui produit tous les effets qu'on en doit attendre. — Une vertu peut /a ve/7/e. est nécessairement vraie.Quatrième Semaine DEUXIÈME MÉDITATION XXIIl" EXERCICE DONT ON PEUT FAIRE UTILEMENT TROIS MÉDITATIONS De la véritable humilité Ses effets Premier point — : La Troisième point Paix. et leur examen successif fait entrer toujours plus avant dans la conQuel encounaissance et l'amour de la vertu. par ses caractères. — I HUMILITÉ. — 16. soit . Les deux méthodes arrivent au même résultat. l'est également.

: Méditation Prélude. La paix. faites que j'y puise un grand courage me saisit. même. la fécondité sont les de l'humilité. Il y va de votre gloire. trouverez la paix. pour éclore. — 1» «Invenietis requiem. et que j'ai dans mon infidélité indigence qui me trouble.. Si le remords découragement lui-même m'as- vue de ma vie sans ferveur et sans fécondité. qui. faites que je comprenne et que je goûte ces choses. — Demander la grâce de comprendre comment tous les biens m'ariiveront avec l'humilité. l'action devient facile. si le et quelque joie. dans cette triste — — . à la rer encore. ô Jésus! S'il le faut. montrez-moi que tout peut se répasiège. la raison la plus forte de me faire humble. » C'est la promesse du divin Maître.. abaissez-moi. la sève puissante et la moisson riche Le cœur se dilate. l'humilité serait la vie spirituelle dans son plein épanouissement une vie qui se possède. la ferveur. et le succès coueffets : ! ronne l'effort ! mon Dieu. a besoin d'être caché sous terre et foulé aux pieds. qui agit et qui se répand! L'atmosphère est pure. elle est spéciale — . broyez-moi j'y consens je serai peut-être le grain de froment. ô mon Dieu! Il y va de votre règne dans les âmes.QUATRIÈME SIMAINI 242 La paix. elle est formelle. Mais alors. vous I.

L'orgueilleux se plaint facilement. résignés à nos propres misères. dans l'humble aveu de son erreur. Quel repos dans ce Cœur après tant d'agitations! Quel bien-être après tant de souffrances: Invenietis requiem! 3° 11 y a de grandes humiliations qui remplissent d'une immense paix. Il se recherche au lieu de chercher Dieu et il n'est jamais satisfait. et des événements. paix se définit l'ordre maintenu à l'humilité. Elles avaient est .. il retrouvera la paix.. Heureux si. il sait courber le front. Elle nous rend à nous-mêmes. L'humilité calme la douleur et répare le mal. : — à sa volonté et il s'irrite des résistances.. c'est vrai mais il faut aussi être en paix. c'est l'ordre à tous les degrés : nous rend soumis à Dieu. Elle nous remet à notre vraie place. D'oii viendrait donc le trouble? La paix est le grand bien de l'exil. comme la jouissance est le grand bien de la patrie car elles sont l'une et l'autre le règne de Dieu.. L'insuccès l'abat et le succès ne lui apporte pas la paix. atteint de quelque déception plus amère. 2*> L'orgueil est un désordre qui nous déplace.. La paix est le plus impérieux hesoin de l'âme. et de Dieu même. pax est 243 : tranqnillitas : ordinis (saint Augustin). il faut être pur. et nous ouvre le cœur de Dieu. En effet.DEUXIÈMS HIÎDITATION la — C'est la nature des choses. rhumilité. — — Il ambitieux et il se dépite. et des hommes.. Un rouage déplacé produille trouble. Pour avancer vers Dieu. Or. Il tient elle . doux au prochain... — — — .

. triste. dit Vlmitation. comme un holocauste d'un incomparable parfum. appliquez-vous à faire la volonté des autres plutôt que la vôtre. Prenez constamment la dernière place et le rôle de la soumission. « Mon fils. désolée d'une misère persistante. de quelque faute commise. C'est que l'âme immolée elle-même a besoin de rester humble à ses propres yeux.. brasement céleste. Et que je suis 1 loin d'avoir l'amour de l'abjection 1 . La partie de l'âme qui touche à la terre. s'est allumée cette joie supérieure qui consume la victime. Choisissez toujours d'avoir moins que plus. C'est par cette voie que l'homme pénètre dans la région du repos. de quelque insuccès. dans leur emcates . rinclination qui appartiennent à la vertu.244 QUATRIÈME SEMAINK envahi l'âme dans ses profondeurs les plus délimais elles y ont trouvé pour les accueillir une humilité généreuse et.. il est vrai. n'est-ce pas l'humilité elle même qui l'a tracée? — Ne suis-je point parfois déconmécontent des autres et de moimême? Cet état ne se produit-il pas à la suite de quelque humiliante déception. demeure parfois dans les ombres. de la vue La paix 1 certé. Je n'avais donc point de moi une idée assez basse Je n'étais dono pas prêt à subir l'humiliation! Je ne trouve point en moi la facilité. Celte joie. . n'illumine que les hau- teurs. » Cette route vers la paix. Demandez que la volonté de Dieu se fasse pleinement en vous.. où rien d'humain ne se mêle.

printemps ou automne. c'est le sang qui circule. les vertus agissent. — — — — . on vole. elle n'est pas la perfection elle est Vactivité spirituelle. car elle est le signe d'une force maîtresse d'elle-même cette beauté mo. Or. tantôt il exige des efforts pénibles. rale je l'envie. j'accueillais l'abjection avec une douceur amie? J'admire la paix des grandes âmes sous l'opprobre. cette activité qui caractérise la ferveur. La grâce c'est la sève qui monte. Mais. Sous son influence. 2*> D'autre part. se développent. II. et tantôt l'automne avec ses feuilles qui jaunissent en laissant voir des fruits mûrs. et qu'avec beaucoup de grâces on court. Tantôt cet exercice se fait avec facilité. ! prœbet komi- nem patulum ad suscipiendum infiuxum divinx gratias. s'entr'aident. du moins. la sainteté . C'est tantôt le printemps avec ses fleurs qui charment. soit au dedans? Si. Elle en dépend à tel point que. on reste inerte.DEUXIÈME MÉDITATION Quel sacrifice 245 me d'amour-propre faiît-il accepter dès maintenant pour m'assurer la paix ? Si je me mettais à aimer tout ce qui m'abaisse. mais Dieu seul La ferveur.. Dieu est libre . consolation ou épreuve. L'humilité rend l'homme malléable à l'action de la grâce divine (saint 1® La ferveur n'est pas Thomas). c'est toujours le mouvement intense de la vie.. soit au dehors. la distribution des grâceà rtlève entièrement dé Dieu. c'est la chaleur vitale (\m se répand dans l'être tout entier. la donne — « Humilitas. dépend de l'abondance des grâces. Or. sans grâce.

3* Jetons un coup d'œil sur l'âme orgueilleuse. c'est la vertu longuement exercée. Son mouvement le plus naturel est de regarder Dieu. de soumission et d'amour. Oratio humiliantis se nubes penetrabit. Son Cœur s'ouvre et verse sur elle des grâces aussi continuelles que son humble attitude. une expression inimitable de vérité et de simplicité. vers la perfection et la sainteté la perfection. la sainteté. d'un pas aussi rapide que sûr. elle prio : . et libre. Elle ne sent pas le besoin de prier. et ses oreilles charmées par l'accent de sa prière. C'est un mélange de respect. et le touche par son attitude. Divinement éclairée et excitée. Etudions la physionomie de l'âme humble. cette âme avance. aussi puissantes que ses humbles instances. » Voyons les yeux du Tout-Puissant séduits par la vue de cette âme. un reflet du profond sentiment de sa misère. « La prière de l'humble pénétrera le ciel. C'est celle du pauvre qui sent ses besoins et qui prie. à genoux. ferme son Cœur et éloigne ses miséricordes. Quel meilleur moyen de les obtenir que de lui plaire? Or. tion assure des grâces . Elle déplaît à Dieu. c'est le mérite lentement accumulé. lui plaît par sa physionomie.246 QUATRliMS SRMAINI entend rester Sans doute la coopéramais il faut des grâces pour cette coopération même. Comment ne plairait-elle pas à l'âme — Dieu? — Considérons son attitude.

comme une plante sans soleil. ce stimulant de toutes les activités. Comment expliquer cet affadissement? Ne traite. Elle vivre. l'hu- milité. mon goût des choses de Dieu presque nui.. dans son sentiment vivifié et. s'il se rendu sensible défendons-nous surtout de toute agitation d'amour-propre où la force peut. un re- gard plus suppliant. III. ti. . l'humilité. il ne suffit pas de n'être point orgueilleux : l'humilité négative exclut la faute . lui Il reste peut-être assez de grâces pour pour vivre avec intensité. . Il y faut une action plus positive. j'ose dire. Ma vigilance est dis- mon action molle. il ne suffit pas de tenir à l'écart toute sotte vanité. de mon peu d'ardeur en face des devoirs ennuyeux. toute prétention excessive. — La ferveur! Je me plains de ma langueur intime. un vif sentiment de sa bas- une inclination décidée vers ce qui est humble. contrairement à la loi de toute vie. de mes sécheresses dans la prière. pas assez ne saurait donc être fervente. un cri vers Dieu! Cherchons la ferveur dans la pratique de sesse. serait-ce pas que l'humilité me manque. Je constate que. je ne progresse point. — !• Nisi granum frumenLa fécondité. cette disposition qui attire toutes les grâces? Pour avoir cette humilité qui stimule. de froment est jeté en terre et Si le grain .DEUXIÈME MÉDITATION t47 peu OU mal aussi demeure-t-elle languissante. s'épuise.. elle ne fait pas surgir la ferveur.

11 serait peut-être assez vain pour le croire lui-même. Elles obéissent d'ail...248 QUÀTRliUB SKMAINl aux pieds. Quel est son but? Dégager son action. quœ stulta suntelegit. c'est alors qu'il porte des fruits en foulé la abondance. éclatante. 2» Voyons auxiliaires. en obtenir toute la gloire. d'un humble saint Vincent. qui apparence de mort qui anéan- voilà l'image parlante de l'humilité. In/îrmamundt... Cette qui terre écrasent. voilà la condition de la fécondité spirituelle. ...... s'il prend toute l'apparence de mort. Que de talents restés inféconds pour cette seule raison et par contre. car il n'a pas coutume de demander à l'orgueilleux son concours. Un instrument de grande valeur paraîtrait faire triompher la cause par ses propres ressources. la fécondité est l'effet de la grâce agissant au dehors. v^ui le Il goût de Dieu dans ne peuvent lui le choix de ses aux hommes apporter qu'un concours s'adresse aux dérisoire. il les fait plus grands encore par l'humilité. Le choix des Apôtres et des premiers chrétiens se répète dans tous les temps et.« . d'une humbU ftmmt du peuple !.. la rendre manifeste. que d'œuvres mer> veilleuses sorties dps labeurs d'un humble saint François.. leurs à des lois semblables. L'une produit le bien dans notre âme propre l'autre le produit par nous dans l'âme du prochain.. quand Dieu suscite des hommes de grande valeur. La ferveur est l'effet de la grâce agissant au dedans. cette tit : pieds ces cache. petits... . hélas! ni de lui prêter le sien.

dès ici-bas. Mais. il fait passer quelquefois le bien par les mains de l'orgueilleux. » la bénédiction de Dieu. pour arriver à ses fins. 4° Disons-le cependant.. n'a donc très souvent qu'à laisser les causes elles-mêmes produire leurs effets. L'humble se défie de lui-même. soit enfin par amour pour les âmes qui n'ont à leur portée que cette ressource. Mais il est écrit « Ce n'est pas celui qui plante ou arrose qui donne étonne. :t l'on s'en Tout s'évanouit entre les. Son action n'en ressortira pas moins lumineuse au jour des révélations dernières. « Il a plus d'habileté que cet autre. or.. il suscite autour de lui toutes les oppositions par sa raideur.. l'imbécilité de ces intermédiaires sera plus d'une fois dévoilée « Insipienlla eorum manifesta erit. Dieu. et il s'est largement dépensé pourtant!.DEUXIÈMB MÉDITATION 249 Tout prospère entre ses mains. nous pourrions ajouter l'action des causes secondes. opposée. 11 agit ainsi. etc. et il ne peut le comprendre. mains de l'orgueilleux.. 3° — : — : — La fécondité! D'où vient que j'ai si peu d'action sanctifiante sur mon entourage? D'où tieat qu« !«• occasions d'agir sur l«s âmes s« .. » Ainsi l'ouvrier rejette un mauvais instrument après s'en être servi. D'autre part. ces actes constituent L'orgueilleux tient une conduite la prudence. : la fécondité! A neque qui plantât cette cause générale est aliquid. ou toutes les antipathies par sa suffisance.. soit par égard pour des prières venues d'ailleurs. réfléchit et consulte. soit par respect pour une mission qu'il lui a confiée.

Elles ne dépriment pas non plus on vit auprès d'elles dans une atmosphère d'estime qui dilate la confiance et porte à devenir meilleur. Dieu peut permettre que l'humble semble rester infécond. Mon unique assurance consiste à reconnaître toujours que tout bien vient de vous et que je suis un serviteur inutile 1. Méconnu dans ses intentions ou dans ses capacités. L'humilité profonde nous vide de nous-mêmes et lui fait place. le talent n'est qu'un froid rayon. je être 1. l'humilité suppliante l'attire par d'irrésistibles appels. Attirer en soi le Dieu Créateur avec sa grâce voilà le secret du bien. tenu à l'écart ou paralysé dans l'essor de son zèle. Ah! je m'humilierai sans cesse.. Sans humilité. un simple effort humain. mon Dieu. comme sur nos terres des eaux silencieuses qui portent ko loin la fécondité I ..2o0 QUATRISMB SBHAINI si rarement pour moi? Combien de personnes dans ma position qui savent se faire une vie féconde Et je me l'explique. dans l'Église. une fécondité qu'ils ne connurent jamais*. Leur attitude seule désarme d'avance toute résistance on sent qu'elles ne s'imposent pas il semble toujours qu'on leur fait grâce. La vie seule produit la vie. donnez-moi une humilité non présen-tent 1 : . Ne faut-il pas. le charme de ce qui est impersonnel. peutrépandrez-vous sur mes pauvres efforts. la seule qui soit féconde. Leurs moindres paroles ont le charme qui pénètre.. et l'activité. une humilité vivante et sensible. il accumule des richesses de grâces qui se répandront par d'autres voies. : : commune. Quand vous verrez que ne veux plus dérober votre gloire. dans les succès comme dans les revers. des sources cachées..

bien- de cette fécondité. mon Dieu. mais c'est dans sa régularité. dans son mouvement. ! ! 1 suprême objet de nos poursuites. Christ et en nous tout ensera-ble. âmes voisines la vie surnaturelle qui est vie du Christ en nous. de mon amour béni. la fécondité. qui vous atteint ô Dieu. la vie qui fait surgir de toutes parts des eftlorescences pleines d'éternité la vie qui se multiplie en la vie ! . qui sème votre vie dans les âmes pour les transformer en vous. La paix oh donnez-moi cette paix que rien ne trouble parce que Ton est mort à tout ce qui trouble. je veux te conquérir I . La fécondité oh donnez-moi des âmes. je t'admire belle et puissante je t'aime. la vie de Dieu dans le des la . dispensatrice de tous ces dons. la ferveur. qui court. La ferveur! oh donnez-moi cette ferveur qui s'élance. I ! mon action dégagée de toute vue propre. humilité.DinXIÈMS MÉDITATION 251 La paix. dans son extension La vie qui s'épand sous un ciel profond et lumineux. sans orage. des âmes issues de la mienne. faisante . ô .

Mon but ne sera pas de les constater. en faire ma vie. Tout ce que j'ai médité m'a rendu sensible le contraste de nos demain je me mettrai situations respectives plus particulièrement en face des devoirs qui en résultent. — Deuxième point . . que je suis devant Dieu. Troisième point : L'esprit de reconL'esprit de religion. Je veux que le sentiment de l'humilité accompagne tout le mouvement de mon âme vers Dieu il passera dans mon obéissance pour la rendre profonde^ résolue et toute douce eà tion qui exaltera la Je veux me : . — naissance et de générosité. mais plutôt de m'apprendre à les pénétrer d'humilité.Quatrième Semaine TROISIÈME MÉDITATION XXIV» EXERCICE De rhumilité dans nos rapports avec Dieu Premier point : L'esprit de soumission. L'humilité sera la lumière qui m'en fera saisir l'étendue l'onction qui m'en fera sentir les délicatesses l'admira- Préparation pour ce . . générosité de mon cœur. plonger dans ces vues. Ces devoirs embrassent toute la vie chrétienne. — J'ai vu ailleurs la veille. .

en tant que principe indépendant de détermination. Soumission ferme et sans hésitation : c'est l'ordre des choses . » (Saint Thomas. I. — — — L'humilité fait disparaître la volonté de la créature. Soumission heureuse: c'est mon bien. L'esprit de soumission. L'humilité consiste surtout dans la soumission de l'homme à Dieu. pour les perfectionner pratiquement. commandements Les lui paraissent sages et tout ce qui leur est opposé lui semble détestable.) Soumission universelle: c'est le vaste champ de ses volontés et de ses désirs. — « Humilitas prœ- cipue consista in submissione hominis ad Deum. sance et d'amour.253 TROISIÈME MEDITATION même temp-?. Demander la grâce de faire pénétrer l'inQuence de rhumilité dans mes rapports avec Dieu. il se mêlera à mes actes de religion pout les maintenir dignes de Celui qu'on adore à genoux et sans cesse il me tiendra sous une impression très vive de reconnais. Méditation — Prélude. L'âme bien humble réalise donc la sublime demande: Que votre volonté se fasse en la terre comme au bons ciel. Ce n'est pas elle qui dirait: Ah l : — . c'est le devoir. c'est ma grandeur. pour y substituer les déterminations divines.

ont été prévus L'esprit de foi lui dit verne les . mais ne dit jamais pourquoi ? ni comme elle de tous est les comme contre-temps. pour les pratiquer à l'occasion. même les plus inexpliquées. Sans doute elle souffre. qu'elle écoute. Comment résisterait-elle à ses inspirations? Elle n'oublie pas cependant que le contrôle de ses attraits appartient au Directeur. Docile à ces touchantes vérités. elle est calme en face toutes les afflictions . Elle écoute le maître au-dedans d'elle-même. qu'elle étend ses soins paternels. les peines intérieures. — — — La résignation lui Dieu permis.INB chose n'était pas défendue Ce n'est pas qui distinguerait un péché plus ou moins grave. Ce Maître est Dieu est le maître. Elle reconnaît sa parole à la paix qu'elle laisse. car elle n'en tolère pas le moindre. Les tentations. la trouvent toujours soumise. elle craint. Les conseils évangéliques la trouvent facilement décidée. elle n'attend qu'une indication d'en haut. et trace les sentiers de nos vies comme les routes des nations. et. là aussi. de notre existence même au moindre de nos cheveux enfin que tous les événements. grands ou petits. même les plus importunes . connus ou inconnus. elle ne comelle est douce à prend pas le murmure . et disposés par tous ses attributs ensemble. . mais c'est son Dieu. bon » Voilà toute sa philosophie et elle est admirable.254 QtJATRiÈMB SSMA. i'a voulu. si telle ! elle — que la Providence gouatomes comme les astres. elle gémit. elle les admire tous. naturelle — ! : c Dieu l'a — — .

L'esprit de religion. Quand cette pleine lumière s'est levée sur une vie. Cet esprit de religion. elle le produit de toute la force de son inclination propre. confiante quand même et tou- jours plus humble. pense-l-elle. et le nom seul de Dieu.. Un des effets les plus remarquables de Vhumilité..TfcOISIEMK MÉDITATION certaines âmes sans humilité : 25î> ce n*6St pas juste ! Elle se rappelle ses fautes. On aura autant d'esprit de religion qu'on aura d'esprit d'humilité. elle donne des proportions et des couleurs merveilleuses à tout ce qui concerne Dieu. et ce sera leur remède!. C'est leur punition méritée. c'est l'esprit de religion. l'âme humble le porte : — : — . La vue d'une plante. est celui qui dirige l'évolution de ce vaste univers.... L'univers est un grand temple où l'on ne doit passer qu'avec recueillement. ah dans les ! elle si yeux de son Père du pouvait lire ciel! — II. Quelle joie pour elle de s'écrier: Celui qm protège mes pas tremblants.. et l'église pauvre. d'un petit nid d'oiseau. remplit d'une respectueuse tendresse. voyez combien Dieu est sublime. L'humilité ressemble à une voix qni nous répète sans cesse Voyez combien vous êtes petit. son orgueil : — ses résistances. Elle vit ainsi au milieu de ces ténèbres et de ces assauts. c'est-à-dire que Ton sentira davantage la distance qui sépare le néant de l'infini. d'un insecte. Tout est splendide et la nature.

elle aime. et garde une posture modeste.QUATRIÈME SEMAINK 256 partout. L'humble. Elle s'étonne.. qui est l'objet spécial de la vertu de religion. — le lieu consacré où mages . Cette impression se reconnaît à sa manière d'y prendre l'eau bénite. la voilà admise dans l'intimité de Celui qui est tout 1. Arrivons au culte. jours rester à genoux.. ! «lie adoré. la moindre distraction de pensée. Quoil cette pauvre petite créature de néant. le crifices. chaque pierre mérite une vénération émue.. de péché. Saint François de Sales... Il ne se permettrait pas la moindre liberté de regard. en franchissant voit couvertde haillons. n'est-il pas bien indigne d'être souffert là Que sera-ce durant les offices. il le seuil sacré. Si la fatigue l'oblige à s'asseoir. L'esprit de foi fait comprendre ces choses . se sent en présence de la Majesté di- vine et se comporte avec le même respect qu'en public. il en demande filialement à Dieu la — — — permission. se se considère comme un mendiant introduit dans le palais d'un roi. qui occupe dans l'espace un point imperceptible. .. reçoit officiellement — nos hom- — l'autel où lui sont offerts tous les sa— Elle est encore lieu saint où ruissellent fonction des sacrements et la lumière de la parole divine. l'esprit d'humilité les fait sentir.. — L'JBglise est le palais le trône où il où réside l'Eternel. seul dans sa chambre. de s'y Il voudrait pouvoir touchoisir une place.. la messe! Que sera-ce à la sainte Table. les sermons. d'y marcher.

nous l'avons oublié lui-môme. !• relever. Les bienfaits particuliers ne réveillent pas toujours notre attention distraite. Mais bientôt occupés autour de ses dons. Uesprit de reconnaissance et de èénérosité.257 TâOISIKMl MEDITATION Ainsi. ils se répandent sur tous les hommes et nous nous habituons à en jouir comme s'ils se produisaient d'eux-mêmes sans une pensée dirigeante. cependant. Les bienfaits divins : . quelque faveur évidente nous les a fait ouvrir. r. bon et maternel. il la voir. c'est l'œuvre de l'humilité. Nous ressemblons aux petits enfants vers elle . l'homme tend naturelle- ment mais passe trop souvent sans nous enveloppent de toute part ils sont de tous les jours. la guérir. Parfois. Les rapports surnaturels de Dieu avec notre âme sont en quelque sorte continuels. — 17.. n'est- ce pas donner au sentiment de la reconnaissance l'impression la plus vraie et le stimulant le plus puissant? or. se voir. — — . Thuinble est incliné à traiter Dieu en Dieu. Se juger indigne de tout.e sentir infirme. l'enrichir et l'aimer.. partout et toujours. Placé en face de la bonté. puis. et nous nous sommes écriés Que Dieu est bon 1. . L'ingratitude tient peut-être plus à l'inattention et à l'oubli qu'au manque de cœur. Les grâces spéciales ne sont point rares mais nos yeux. se penchant vers cette misérable créature pour la — III. les yeux au ciel contempler le Dieu infini. I : OMILITé. hélas restent fermés. pauvre.

comme l'esprit d'humilité l'abandon et je suis l'objet d'une sollicitude J'ai mérité la haine. se complètent.QUATRIÈMB SEMAINE 258 qui se laissent combler de soins avec l'égoïsme de l'inconscience. La légèreté d'esprit. et je suis attentive l'objet de l'amour 1.. 2° Or... Autant la vue du bien qui est en nous est dangereuse quand elle demeure seule.. la louange surtout peuvent insidieusement entraîner l'âme hors de ce milieu namrel. procède de ces deux vues opposées. rien ne rend la reconnaissance généJ'ai mérité reuse. rien ne met en lumière les bienfaits de Dieu. qui s'échappe de ses lèvres. qui s'harmonisent et 3° . il a toute l'étendue de nos misères et toute celle de la miséricorde. source de : ces bienfaits. l'attrait de la vaine complaisance. Ce contraste pourrait se prolonger indéfiniment. L'important est donc de nous tenir dans la vérité tont entière. autant elle est utile quand elle reste unie à sa contrepartie la vue de la bonté de Dieu. ce sont là ses seuls ennemis. . 11 rappelle ce beau cantique des psaumes qui redit à chaque verset « Quoniam in œternum : ! — : misericordia ejus : il me faut l'éternité pour chanter toutes vos miséricordes ! » L'âme vraiment humble ne craint donc pas de regarder en elle les dons de Dieu et le Magnificat.

Tout? dureté. — Il y a sans Préparation pour la veille. s'il est permis de s'exprimer ainsi elle coûte habituellement. tout égoïsme font sentir que l'humilité manque. hélas bien vite.Quatrième Semaine QUATRIÈME MÉDITATION XXV* EXERCICE De rhumilité de nos rapports envers Premier point : Envers Envers les égaux. il n'y en a pas qui soit plus vertueuse. seule. révolte parfois et se dément. elle a l'esprit juste et raisonnable. En revanche. Dieu nous a donné un signe auquel nous pouvons reconnaître que nous l'aimons c est : . une âme bien humble est toujours douce et patiente. comme celui cloute : ! de nos frères. — le prochain les supérieurs. une humilité plus haute que l'humilité en face du prochain. c'est elle qui est le soutien le plus solide de notre vertu : seule. tout manque d'égards. car celle-ci a des limites. Et pourtant. — Troisième point : Deuxième point : Envers les infé- rieurs.le nôtre. elle attendrit le cœur . seule.

nous aveuglera quant à leurs misères individuelles. nous le serons aussi à l'égard de nos supérieurs. insupportable peut-être. quel qu'il soit.QUATRIÈME SEMAINE 260 Tamour envers ceux qui nous inspireraient naturellement de rindifTérence ou de l'aversion. — L'âme qui vit dans Envers les égaux. nous n'arrêterons plus notre pensée aux défauts qui nous rendraient leur supériorité pénible. toute notre conduite envers eux sera pénétrée par l'esprit de soumission intérieure et filiale. tion ayant un caractère éminemment pratique. table vertu d'humilité. pourvu que l'on ait la foi mais être humble envers le prochain. Ce caractère sacré de représentants de Dieu. c'est facile. c'est presque héroïque. Il en est de même pour Thumilité. Demander la grâce de comprendre ces devoirs jusque dans leur perfection. Méditation — Prélude. ne se met avec personne II. Envers les supérieurs. car nous verrons et nous respecterons en eux 1 empreinte de la divine majesté. S'humilier devant Dieu. double sentiment de la grandeur de Dieu et de sa propre bassesse. — — Si nous sommes I. le . A cette pierre de touche on reconnaît la véri. rayonnant sur toute leur personne. réellement humbles par rapport à Dieu. et de détermicette méditaner des résolutions très spéciales. selon les vues humaines.

elle est toujours prédisposée à céder le pas. » — III. Envers les inférieurs. à leur volonté. Elle aime la dernière place parmi ses égaux et ne manque jamais de bonnes raisons pour s'en emparer. Pratiquez cette humilité qui fait que chacun regarde les autres comme : ses supérieurs. en ce sens. des qualités. il estime qu'il n'a pas d'inférieurs. dans leurs rapports mutuels. par quelque côté. des supérieurs. à déférer aux autres. pour elle. à se ranger à leur jugement. Bien loin de rivaliser avec personne. fussent animés de cet esprit! Quelle parfaite union. superiores sibi invicem arbitrantes. et c'est du fond du cœur qu'elle honore leur supériorité relative. modestement. qui sont autant de titres à ses respects et dont elle s'autorise pour s'effacer les tuels.QUATRIEME MÉDITATION 261 sur le pied de l'égalité . quelle délicate charité régnerait entre eux. Plût à Dieu que tous les hommes. Celui qui se considère dans la lumière de la vérité ne s'attribue aucune supériorité personnelle sur le prochain. des talents. S'il lui faut exercer de la part de Dieu quelque autotant . «Ne comptez pas avoir fait le moindre progrès que vous ne vous sentirez pas au-dessous de tous ». les égaux sont toujours. des mérites. dit l'auteur de V Imitation. Son instinct est merveilleux pour découvrir dans égaux des avantages naturels ou spiridevant lesquels elle se plaît à s'incliner intérieurement. à leurs goûts. s'ils réalisaient le souhait de saint Paul « In humilîtate.

Quand remplit avec joie les fonctions les moins releil s'abaisse intérieurement devant eux. la simplicité et la modestie mettent les cœurs à l'aise. 11 cherche à obtenir une obéissance spontanée. ni même qui puissent offenser leur une douce et invincible patience qu'il tâche de prévaloir sur les privés. A la cinquième semame nous retrouvofOBs l'amour du prochain dans une va« plut vaste. il leur rend les services de sa charge. Rien d'impérieux ni de dur. est le Il se pour y compatir et les alléger. C'est par indociles. il ne le perd pas de vue un seul instant. il s'agenouille en esprit à leurs pieds. les talents. susceptibilité. « Que celui qui il vées. que nous aurions de puissance sur les âmesl La grandeur peut inspirer de la crainte. il se fait le serviteur de tous. Oh! si nous étions vraiment humbles. car ils ne peuvent s'empêcher d'y reconnaître l'image vivante de Celui qui fut l'humilité et la — douceur mêmes. — de l'admiration. rien d'exigeant dans sa manière de commander. . à l'exemple du divin Maître « qui n'est pas venu pour être servi mais bien pour se faire serviteur ». pour comprendre leurs difficultés et leurs peines.262 QUATRIÈMK SXMAIlfl rite. » met à la place de ses subordonnés. les subjuguent. son dévouement et sa douceur. Nota. Jamais il ne leur fait de reproches publics. Par sa sollicitude. en la leur demandant au nom du bon Dieu. les attirent. rhumble'n'oublie pas son néant. y plus grand se fasse votre serviteur.

Troisième point Premier point — : Exhaler l'humilité. et «11* ma o est p»^ U portée.Elle est pourtant à mieux qu« tout autre.. une répercussion qui favorise son développemenL II semble que les choses entrent en nous par les sens et y déposent leur genre d'impression. » Les esprits superficiels ne se rendent pas assez compte de l'influence qu'exerce le physique sur l'humilité peut trouver dans les prale moral . ils sont l'écorce de cette vertu. moins . Nous imprégner d'humilité. — « Les actes extéPréparation pour la veille. mais cependant ils lui sont très utiles. ne sont pas Thumilité. tiques extérieures qu'elle commande. Peut-être jusqu'ici ai-je regardé avec dédain ou du moins avec indifférence cette sorte d'ac- — tion formatrice.Quatrième Semaine CINQUIEME MEDITATION XXVr EXERCICE De la culture de Thumilité par l'extérieur point : — Deuxième : Nous entourer d'humilité. rieurs de l'humilité. ils en conservent le fruit. dit saint François de Sales.

quelque pratique spéciale d'un usage fréquent. comme bien peu active.. Ces effets se produisent d'eux-mêmes et sans que l'on s'y puisse opposer. — Logement I. etc».. Pour notre société. un extérieur dépourvu d'humilité ne serait-il pas en contradiction avec la vertu intérieure. Une attitude maintenue humble avec persistance peut conduire bien loin dans la vertu. si elle est réelle? ou plutôt n'est-il pas permis de suspecter. les moins haut placés.QUATRIÂMS SBMAINI 264 puissante. surtout la partie qui nous est personVêtements modestes. rence les moins riches. pauvre. toutes ces indigences agissent sur nos impressions et nous inclinent à l'humilité. mais rim- — . aussi modestes nelle. se trouve néanmoins le maître de la direction. font — — le contraire. Méditation — Demander la grâce de m'attacher à Prélude. des habits de dessous très pauvres et très raccommodés. Le gouvernail qui n*est dans le navire qu'une pièce de peu d'étendue. Un logement riche. une vertu qui ne pousserait pas son mouvement jusqu'à ses dépendances naturelles? Tout principe vivant crée l'harmonie. de préféque possible. etc. L'acte bon ou mauvais dépend de notre Tolonté. Nous entourer d'humilité. des habits relativement riches. Et puis. Un logement personnel pauvre.

puisqu'elle agit sous ses ordres. . en lui procurant de nouveaux ac. et l'aisance peu mortifiée de la tenue. en effet. A son tour.. pour rendre son influence lation entre le . de nous en faire heureux. de l'aimer.. et la liberté des regards. Là. communique à l'âme le sentiment de l'humilité.. D'ailleurs. Nous imprégner d'humilité.. de nous répéter que cela nous convient à merveille. . Ayant établi son choix sur les objets qui nous entourent.. lui aussi.. Pourquoi également ne pas faire produire à cette cause tout ce qu'elle contient virtuellement? Ayons donc soin d'arrêter souvent nos yeux sur ce qui est pauvre autour de nous. et le ton dominateur de la voix. à la vue des heureuses influences dont elle profite.. s'applique le principe de corré- physique et le moral. cette vertu saintement envahissante sent grandir son ambition... deviendra sa conquête il recevra sa il subira son loi empreinte il sera tout imprégné de ses suaves attraits. Il est donc sage de s'entourer de tout ce aui entretient des impressions d'humilité. Elle est même un acte positif de cette vertu. il paiera son tribut à l'humilité intérieure... croissemenis. faites passer en mon cœur l'humilité de ces choses i m — — II. Une prudente contrainte qui modère et la vivacité des mouvements. que nous n'en méritons pas tant. Mettons souvent sur nos lèvres ces simples paroles : « Dieu..ciNoniiMK m^oitàhon 26S — pression dépend des choses. Notre extérieur.

avec les témoignages du respect. quel secours pour nous. on pourrait dire : elle y rayonne. à Elle y passe l'extérieur qu'elle gouverne... Cette vertu va du cœur. Elle aborde ses frères. prégné d'un parfum l'exhale autour de lui une humilité qui pénètre le cœur et l'extérieur. s'exhale tout naturellement par l'attitude..QUATRIÈIIK SKMAINI 266 plus décisive. o'«Bt par lageMë tt charité* elle jette . mélange de candeur. quelle édification autour de nous. ses regards. le ton de sa voix. même les moindres. tout est empreint d'humilité. L'image de cette vertu liberté! donc ici — : attire instinctivement. Voyez cette personne humble... et la physionomie résume dans son expression cet harmonieux ensemble. les . où elle réside. — actes et les paroles. et si elle en varie la forme et l'atténue. Puissé-je n'en pas faire un seul acte au dehors 1 sans en attirer au dedans le parfum ! — Un vêtement imIIÏ. Se faire une physionomie douce et humble. car — . Exhaler l'humilité. on peut y joindre son motif explije n'ai pas le droit de me donner tant de cite : — La puissance de Texercice s'ajoute à celle de l'impression.. autour d'elle un éclat touchant. elle y vit. Une personne bien humble a un extérieur particulier. sa démarche. quelle puissance pour notre action sur les âmesl. elle ne saurait s'en départir jamais. de déférence Point d'affectation sa tenue. et d'amabilité. Ah puissé-je m'imprégner ainsi d'humilité !.

. On a respiré près d'elle un parfum si vrai qu'on le remarque à peine. paraître contente de tout et de tous. Je veux tout vous le ju»qu'au fîioir^rë d* me» Boufirt». mes contestations. et ces constants abaissements Elle s'en fait un saint exerc'est beaucoup.. cice. chose merveilleuse. jusqu'au son de ma voix» Résolution. mes empressements. .. Seigneur.. et pourtant.. — me donnera mon Dieu.267 GINQUIÈMB MÉDITATION Choisir ce qu'il y a de moindre. hélas! et mes tristesses aussi! Jésus si doux etsi aimable par cette vertu.. tout.. moi me serve à devenir humble. chaque contestation évitée. voilà ce qu'elle fait de la façon la plus naturelle.. Ne parlant point d'elle-même. et si profond qu'on en est pénétré. Mais comme la vertu progresse à la faveur de Elle s'y cache . et de tous. ont augmenté la force de l'habitude et aux autres. chaque respect manifesté. elle est celle qui s'en doute le moins. chaque silence gardé. elle n'aura point brillé dans une société. je veux que tout en aussi que prouve. s'efîaçant le plus qu'elle peut. mes manques sirs d'égards.. ! donnez-moi ce que je ne saurais moi-même!. c'est l'orgueil que respirent trop souvent mes paroles. mes dé- de paraître... et c'est davantage. ne songent point à la petite violette cachée qui le donne . céder le pas les laisser diriger la conversation. Dieu permet souvent que ceux qui en jouissent.. — 1 — — le contentement de Dieu. elle aura répandu je ne sais quel charme.

ô abjections. monde renversé un miracle seul pour. peut-être m'appelez-vous à en partager l'amertume et Ne vous ai-je pas dit mille fois /'honneur? que je voulais être toujours près de vous. moi qui ne sais pas même en accepter les inévitables Moi. m'écrier devant l'humiliation rigueurs PrépsLration cette méditation 1 : bon! et remercier en quelque sorte les créatures par qui elle me vient! Moi la choisir de préférence. si le bien le permet! Ah! ce que c'est — serait le rait me Jésus. le Ne vous ai-je pas deplus près possible ? — — laisserai-je où vous — comme le vôtre ? Vous marcher seul vers des abaissements mandé un cœur allez à fait ma place? . — pour /a ve/7/e. Deuxième point : Troisième point : Sa culture.Quatrième Semaine SIXIÈME MÉDITATION XXVII* EXERCICE De Tamour du mépris — Premier point : Nature de ce sentiment. Ses mobiles. Quatrième — point Sa : — justification. Aborderai-je qui semble si peu faite pour ma vertu! M'élever à l'amour du mépris. tranformer ainsi! du milieu de vos — Et cependant.

Les considérations qui vont suivre sont formatrices elles ont beau s'élancer çà et là. mais son e£fort s'arrête à une conviction pour ainsi dire . de toute sa puissance. elles ne laissent pas néanmoins d'exercer sur nous une action profonde. idéal. : Méditation — Prélude. Demander la grâce de me dégager du sens 'humain. Quoi de plus impulsif que le beau. Il suppose assurément des vues de foi très élevées et une courageuse logique. il ne l'amène pas à ses dernières limites. mais aussi des élans. Nature de ce sentiment. des essais qu'elles déterminent: la conscience du vrai s'élève. — !• Le mépris sinI. jusqu'au jour où cette vertu leur aura révélé son facultés. des aspirations qu'elles soulèvent. Il émeut nos plus nobles ma pensée? Certaines âmes resteront peut-être stationnaires dans les voies de l'humilité.dans la région ardue des conseils et parcourir des hauteurs que notre pied n'atteindra jamais. d'admirer ce que je ne puis encore atteindre et d'en concevoir du moins le sincère désir. et tend.269 SIXIÈMB HÉDITATIOIf Pourquoi du moins refuserais-je d'y conduire La sereine contemplation i'une haute humilité fera surgir en moi des regrets sans doute. Ce sont des idées qu'elles font naître. à élever avec elle la vie pratique. cère de soi porte déjà bien loin l'humililé mais par lui-même. .

on ne peut s'assurer d'une humilité complète qu'au contact du mépris des autres. deux blessures à : : ! — : : — — subir à la fois. cette tendance si sensible. si des bouillonnements malgré l'acceptation. Le mépris de soi n'atteint qu'une des deux tendances qui forment notre fonds d'orgueil l'estime personnelle. il faut en conclure. spectateur de qui sort de notre le seul et l'aveu bouche ne retentit qu'à nos oreilles. toutes nos fibres sont atteintes. et. c'est le nuage qui se balança paisiblement dans les hauteurs le fait.270 QUATRIÈMI SEMAINI platonique notrft : nous restons bassesse. c'est l'orage qui fond sur notre tête et nous rudoie. L'amour^u mépris va plus avant il désire le mépris au grand jour. L'idée. pour que nous aimions un tel sacrifice. gronde. il faut que la vertu dU passé. l'amour du mépris immole en outre le désir de l'estime des autres. On a beau s'enfoncer dans le mépris de soi. le mépris qui se lit sur le visage des autres Ce n'est plus en face de nous seuls que nous nous abaissons Nous passons de l'ordre de l'idée vague à l'ordre du fait positif. non à l'absence de l'humilité. pour ainsi dire. Ce sont deux ennemis à combattre. Là seulement toute notre vie d'orgueil est en éveil. dans notre sang. il est naturellement sa preuve la plus certaine. Puisque cet amour étrange est l'acte suprême de l'humilité. mais elle . mais à sa Si la révolte s'élèvent seule imperfection l'inclination vertueuse n'est pas assez profondément entrée dans la nature : pour en transformer les impressions .

la vertu a étac'est que la nature est domptée bli fortement son règne. transformant en amour ses amertumes. l'acte le suit. Que cette paix se sente pénétrée d'une intime douceur. elle peut du moins. elle l'embrasse comme une amie. la paix s'étend imperturbable. L'acte aura cet avanle tage de porter avec lui la preuve. Si. rélévation des sentiments qui . Un certain trouble est inséparable de cet état encore imparfait. elle se complaît dans les abaissements qu'elle lui apporte.sixiÈMi hAditation 271 est assez maîtresse de la volonté pour les vaincre . mais le désir peut contenir déjà autant de perfection que l'acte. au contraire. qu'elle retentisse d'accents de joie la vertu est parfaite. Elle va au devant de l'humiliation. dans l'intensité de l'inclination et enfin dans l'animent. si elle est sincère. rien de violent ne se soulève dans la nature pour réagir contre l'humiliation. De tels effets supposent une inclination d'une entière puissance toute l'âme lui appartient jusque dans les profondeurs insondables de la sensibilité. Ils confondent ici degré et priorité : désir naturellement vient le premier. Le premier serait le désir du mépris et le second son acceptation : : : réelle. les désavouer. mais la preure d'un sentiment n'est pas sa mesure. Cette mesure se trouve tout entière dans la solidité de l'habitude. et sous ce règne. jusqu'à ces mouvements instinctifs qui n'obéissent qu'à une longue habitude. 2° Certains auteurs veulent distinguer deux degrés dans cette humilité.

aussi transformateurs que ceux du dehors. la vertu a besoin de rassembler toutes ses forces. vous qui comprenez et qui sentez ces choses. aux victimes qui montrent àleurDieu ce témoignage extérieur de leur abnégation complète. Le monde intérieur est si vaste. le fait a. cette image plus parlante de son Fils. or. la lutte se présente plus animée. aussi beaux. la vie qui l'anime est SI intense. et qu'enfin. à âmes saintes à qui sont épargnées les humiliations réelles. et faites-en le principe d'une vie intérieure toujours plus active. celui de provoquer une réaction plus vigoureuse. de son côté. si lé désir a sur le fait cet avantage de pouvoir se renouveler plus souvent. Portez envie. La réalité saisit jusqu'à nos sens et s'impose à notre âme d'une façon violente. tournez vos espérances vers le désir. les prodiges qui le remplissent si étonnants C'est le jardin secret où Dieu prend ses délices c'est une efflorescence printanière. ils ont l'avantage de pouvoir être plus nombreux. mais rappelezvous que ce Dieu lit dans les cœurs et qu'à ses yeux les désirs sont de vrais actes aussi vivants. et se termine par une victoire plus belle et plus d^rJsiv*» . aussi méritoires. Contre un tel assaut. cet agent créateur de tant de merveilles. par l'intensité d'action qu'elle réclame. plus imposante.272 ouàTriémb semaine Rassurez-vous donc. Par là vous pourrez atteindre tous les sommets. Le fait et le désir s'équivalent dans l'ordre de la vertu. il vous reste de les désirer. nous venons de le voir mais. dont tout le coloris brille pour lui seul. et dont tous les parfums lui sont réservés. sont I . . si vous le voulez.

on a peine à concevoir une telle rigueur contre soi-même. la plupart des fidèles arrivent à l'amour du mépris par l'amour tout simple du divin Sauveur. — 18 . L'humiliation lui sert de refuge. Tous les motifs d'amour portent à s'humil'amour ne peut prendre son parti d'avoir blessé son Dieu et il en éprouve une telle souffrance que l'humiliation vengeresse lui devient un soulagement. Le sentiment du vrai éveille ici le sentiment du juste Je suis méprisable. Il naît le plus souvent de l'amour divin et. Mobiles de ce sentiment. Il s'y joint ordinairement l'ambition de se réhabiliter et de réparer l'humiliation sera ma rançon et je la veux entière! 2° Il est rare cependant que l'amour du mé: — — I : pris ait cette seule origine. une grande noblesse d'âme peuvent déterminer cette disposition. Qu'une âme aimante s'attache à ses pas qu'elle se donne à Lui pour le suivre partout où il va. sans un grand amour. HUMILITÉ. De ce bas lieu il lui semble voir les grandeurs divines s'harmoniser avec sa pe- aimer de lui Sans être étrangers à ces sentiments. de fait. l'amour admire la beauté divine et. je dois aimer qu'on me méprise Une grande sincérité. je mérite d'être méprisé. face à face avec ses splendeurs.SIXIEME MEDITATION 273 — II. 1« L'amour du mépris peut résulter d'uue vue très pénétrante de notre raisère et surtout du souvenir très douloureux de nos fautes. qu'elle l'aime assez pour ne pas accepter qu'il titesse et se laisser ! 3° . . il rougit tellement de ses propres misères qu'il lier : — voudrait s'enfuir et se cacher.

ô Jésus.. il voyait. J'étais l'une d'elle. ce désir qui les invite. Gomme lui. perspective infiniment douce A l'heure où devant les pires outrages Jésus appelait à lui l'amitié des apôtres et le secours des anges. ces humiliations de ma pauvre vie. Et je ne les accueillerais pas.. pour lui épargner un affront ou pour l'ei» consoler voilà une humilité qui se surpasse elle-même. avec lui je m'y complais. je la veux. vous avez daigné le boire en m'envoyant de ce lointain. par sa prescience. un « merci » de vos lèvres blémies.. prendre sa place et se sente prête à tout. Or la grâce. offrant à vos lèvres desséchées le calice réconfortant de mes propres humiliations aimées pour vous. en empruntant à l'amitié sa noblesse. sa chaleur. sa constance forte comme la mort. il il l'a Ta subie. dans votre soif douloureuse. Jésus est dans l'humiliation et je m'y jette. je ne les désirerais pas ces occasions bénies qui m'ont rendu présent à votre Calvaire Certes! elles sont vôtres. résultent de dispositions que ne crée pas la nature. jusqu'à la trahison!. ses ingénieuses ressources. elles relèvent essentiellement de la grâce.. laisse. puisqu'elles vous sont offertes et que vous les avez acceptées.. Cette résignation qui les accueille. mais elles sont vôtres à un titre plus mtime encore.. Le silence que je garde et qui me : gardé. l'ingratitude qui me délui. ô Jésus. accourir du lointain une troupe merveilleuse d'âmes consolatrices. sa domination triomphante. u'est-elle pas le mouvement intime de vot^--» condamne.274 QUATRIÈME SXMAINB souffre seul une seule humiliation qu'elle désire . ô Jésus. I ! . et.

. Père. Dans j'éblouissement de ces révélations. Esprit saint.275 SIXIÈME MéDITATlON action*? Quand j'aime un abaissement. grandi à ce point que je prolonge et que j'accroisse votre vie I. c'est donc vous qui l'aimez par moi. soyez béni de ce que vous les avez révélés aux petits et aux humbles. le mépris transformé devient si aimable. Fie de Jituê en noue. Voir : Pratique progrettive de la Confettion. s'y complaît et s'y perd. ne comprenez pas de tels sentiments. et de me voir moi. tandis que vous les tenez cachés à la superbe. II . mon cœur et vous vous en servez comme vous vous serviez sur terre de votre volonté et de votre propre cœur. c'est par moi que vous continuez à le faire divinement! Qu'y a-t-il en effet de plus divin que ce ravissant mélange de nos deux vies! Quelle n'est pas aussi ma joie de vous enrichir de quelques humiliations dont vous ne souffrez pas. donnez-moi l'intelligence complète de ces grandes choses. faire vibrer en moi. pour que je palpite des sentiments qui animaient votre passé et que vous venez vous-même. je vous prête ma volonté. — — vous qui i® III. ô Jésus méprisé. t.. que tout le cœur s'y porte. Culture de ce sentiment. qui 1. à cette heure. Ce que vous faisiez alors par vous-même. rappelezvous qu'ils sont surnaturels. être infime. remplissezmoi de l'amour qui leur ouvre les bras! Unissez-moi bien à vous. c'est-à-dire audessus de notre portée et que Dieu seul les enseigne. un mépris.

t16 ÛUAtRièHB SEMAiNft croit qu'en ses propres lumières. ce sera le premier pas vers ne 1 ces hauteurs. du moins priez pour eux! A mesure qu'on s'élève. 2* Et vous. écartez tout dépit. vous sentez une lueur matinale se lever sur votre ciel. les forces peuvent s'accroître d'une façon merveilleuse . soyez doux pour ceux qui vous ont humiliés. c'est trop difficile!. Céderez-vous à cette lâcheté si humaine qui croit faire assez pour la vertu en — rendant hommage? Non. c'est vrai . commandezvous de dire à Dieu parfois merci .. âmes timides. s'unissant à la nôtre. on entre dans une région plus lumineuse. supprime toute impossibilité. L'admiration doit être un principe de mouvement qui soulève le désir. un idéal qui attire en haut. mais ne savez-vous que. ce n'est pas assez. Ah faisons-nous petits et humbles dans la mesure de notre grâce. et que l'action de Dieu. Trop haut pour votre taille actuelle. petits et humbles surtout devant les personnes qui nous entourent. : . à cette heure. partez avec une espérance certaine. le mystère de l'humilui . une chaleur qui développe l'énergie.. Si. graduez votre marche. commencez par accepter d'un cœur plus ami ne *es humiliations que vous ne pouvez éviter cherchez pas de moyens extrêmes pour vous les épargner. mais votre taille n'a pas atteint sa croissance dernière! Trop difficile pour vos forces présentes? C'est encore vrai. qui admirez ces nobles dispositions sans y prétendre. par l'exercice. petits et humbles devant Dieu. ne dites pas : c'est trop haut.

mais plus puissante encore. entièrelivrée à ses courte. Or. prête au premier signal. paternellement. égal. Au sentiment des hommes? raison? Eh bien! oui encore. par une nous son gré. mais les dogmes de la foi viennent étendre ses vues sans mesure. C'est vrai. mais l'attendre avec un secret désir. Toute la générosité de l'âme semble alors se ramasser sur elle-même. Justification de ce sentiment.277 SIXIKMS MÉDITATION liation secrets. — IV. compte avant tout sur sa grâce. une objection déjà soulevée et sommairement résolue : un tel sentiment n'est-il pas contraire à tous nos instincts personnels. laisse à Jésus le soin de la départir à éloge. notre raison mieux informée tire des conclusions nouvelles. ne point l'appeler. 3° Appeler Thumiliation ne contredit pas la défiance de soi-même. Ici se présente. à l'universel sentiment des hommes. A leur clarté supérieure. si A la raison la est seules ressources. D'autre part. L'amour qui ambitionne de suivre Jésus jusque-là. La raison est son champ naturel est étroitement limité. ces conclusions Qouvellos apportent un idé^l nouveau. laisse deviner une invisible quelque chose de ses main toute-puissdnte fait franchir les obstacles et au besoin relève des chutes. à la raison elle-même? Contraire à nos sentiments? Evidemment. . C'est l'attente filiale dont saint François de Sales fait un si digne délicate réserve. que dis-je. peut être — quand un amour aussi parfait.

Par ses exigences essentielles. — S'humilier de se voir si loin de Chercher dans un plus grand sens qui comprend et qui goûte cette voie. amour le ! .. Résolution.278 odatriAmb sbmainb ment étranger à la nature humaine. par cet essor vers l'amour du mépris. elle devient dans le surnaturel une vertu éminente qui n'est que de conseil. mais seule elle nous établit dans les conditions parfaites qui laissent à Dieu. la pleine liberté de ses initiatives. premier principe de nos actes. Thumilité chrétienne est déjà une vertu surnaturelle.. S'offrir...

d'avantages extérieurs. de position. c'est tout ce qui nous rabaisse soit à nos propres yeux.. nos fautes et particulièrement nos re: — — — : chutes. de vertu. si nous n'avions bien des fois subi cette question enfin que faut-il entendre par l'amour de sa propre abjection?. c'est de formuler la doctrine de notre grand saint d'une façon plus rigoureusement méthodique. dit saint François de Sales. selon les cas. est moins dans le fait que dans l'opinion. de fortune. un bon et dévotieux ermite tout déchiré et pénétré de froid. remarquez-le bien. et nous nous serions contenté de renvoyer à ses pages lumineuses. nos concessions lâches. et le même acte sera une abjection ou un sujet de gloire. Une abjection. de relations. nos torts mis en lumière.. Tout ce que nous pouvons faire ici.. d'intelligence. nos insuccès notoires. surtout ceux qui sont apparents. L'abjection extérieure. : ! I. de savoir. dans un ordre plus intime nos tentations basses. Demandons-nous d'abord ce que c'est qu'une abjection. « Voyez. chacun ..ÉCLAIRCISSEMENTS Sur Tamour de la propre abjection Saint François de Sales a traité ce sujet avec son habituelle sagesse. soit surtout aux yeux des autres nos infériorités de tout genre. Une chose n'est humiliante que parce qu'elle est jugée telle. Nos défauts.

la douceur. Il se trouve encore dans la pratique d'une même vertu des actes dont les uns sont méprisés. « tombe dans la rue. Une personne a un cancer au bras. inadvertances e( . les autres honorés donner l'aumône et pardonner à ses ennemis sont deux actes de charité. au lieu que le second est presque universellement dédaigné. mais si un pauvre artisan. la générosité et la libéralité. si une personne du monde en souffre autant de quelqu'un pour l'amour de Dieu. « Il y a des vertus abjectes et des vertus honorables la patience. l'humilité sont des vertus qui passent pour viles et abjectes aux yeux du monde. la simplicité. une pauvre demoiselle paraissent en cet état. et outre le mal qu'on fait. au lieu qu'il estime beaucoup le savoir-faire. une autre l'a au visage celle-là n'a que le mal. il n'est personne qui ne loue la première. l'humilité n'exige pas qu'on les commette à dessein. Un religieux reçoit en silence une correction fort vive de son supérieur. on les méprise. telles sont certaines impolitesses. » . on se moque d'eux et la même pauvreté est abjecte en leur personne. on appelle cela bassesse d'esprit et lâcheté. mais celle-ci aie mépris et l'abjection avec le mal. : : Certains accidents couvrent de honte. on appelle cela obéissance et sagesse. mais elle demande qu'on ne s'en inquiète point quand on les a commises. on en reçoit de la confusion. » On se « Il y a même des fautes qui ne sont suivies d'aucun autre mal que de la seule abjection.280 QUATRIÈMB SEMAINI honore son habit et plaint sa peine. ou bien un enfant de son père. mais.

quand elles nous ont échappé. Certainement.ÉGLAIRCISSKMKNT9. la prudence et la civilité veulent que nous les évitions autant que nous le pouvons. « L'humilité est la véritable connaissance que nous avons de notre abjection et la disposition qui nous porte à la reconnaître volontairement en nous. si je me suis laissé aî>r. mais. et si l'on pouvait séparer l'un de l'autre. la sainte humilité veut que nous en acceptions toute l'abjection. aussitôt je me le reprocherai vivement. j'en concevrai un vrai repentir et je réparerai la faute de mon mieux. la perfection de f humilité consiste non seulement à reconnaître notre abjection. tîC. Or. parce qu'elle est vertu. Je dis bien plus. Qu'est-ce que V amour de l'abjection? Ce ne peut être assurément l'amour de l'abjection pour elle-même « ce serait bassesse d'esprit ou lâcheté de cœur ». je regretterais le péché avec indignation et je conserverais l'abjection dans mon cœur avec une humble patience. 281 autres défauts. par colère ou par quelque autre motif. donne l'inclination vers ce qui rabaisse justement. en même temps. parce qu'elle écarte les préjugés de l'orgueil. mais. » II. à dire des paroles piquantes ou peu convenables. mais à l'aimer et à nous y complaire en vue de la gloire que nous devons rendre à Dieu et de Yestime que nous devons accorder & notr9 elle . j'accepterai l'abjection qui peut m'en revenir. c'est l'amour de l'abjection en tant que chose juste et bonne' Seule l'humilité la fait envisager de cette sorte. seule .

puisqu'elle est choisie par rinfaillible sagesse. dans ce plan de sagesse et de bonté. » (Saint François de Sales. Une humilité haute et sereine trouve une immense joie à se voir introduite ainsi dans le plan de Dieu et sans être initiée à ses vues lointaines.) III. Elle offre des garanties plus sûres. si l'amour est égal de part et d'autre. Or. L'erreur vient de ce que. Tel n'est pas le jugement des hommes qui réservent leur estime pour les humiliations que l'on s'impose librement. elle le sait d'avance admirablement beau et paternel. Mais l'on ne songe pas que la générosité qui les accueille peut être égale. Pourquoi l'humilité affecîionne-t-elle par- ticulièrement l'abjection qu'amènent les circonstances? Pour cette raison élevée et trop peu considérée. qu'on entre ainsi dans le plan de Dieu. dans ces dernières.QUATRIËMB SEMAINI 282 prochain sur nous-mêmes. — : — . l'humiliation acceptée jouit d'une plus haute origine elle vient de Dieu. Elle prête une moindre prise à l'amour-propre. parce qu'elle se cache sous le voile de la nécessité. préférable à celui de notre choix. on voit plus ostensiblement la générosité qui les recherche.

aux yeux des hommes. Elle est un préservatif. elle dissipe ces fumées d'amour-propre qui s'élèvent naturellement dans notre fond d'orgueil. k . par ses abaissements extérieurs. précautions diverses. elle est un stimulant. et.d'être de l'amour de la propre abjection nous verrons pourquoi la Providence lui fait une si large place dans son plan sur les plus belles âmes : l'abjection est pour leur humilité un préservatif et un remède. nous allons étudier la principale raison. autre pauvre chose encore. — Sous ce titre Préparation pour la veille. elle contrebalance. l'admiration toujours dangereuse dont ils en"^ tourent la vertu. qui réveillent son : . A nature humaine sujette à s'endormir. il faut des blessures sensibles. mais elle es'. Deuxième point : De notre correspondance à ce soiu — divin. en même temps.Quatrième Semaine SEPTIEME MEDITATION XXVIII® EXERCICE Précautions diverses Premier point : Du soin que Dieu prend de notre humilité.

le besoin de Dieu devient plus vif et la prière plus intense. I. l'amour de l'abjection donne à l'âme sa liberté complète il est le coup d'aile tout puissant qui affranchit de la loi d'attraction vers la terre. d'ordinaire. 4^ Méditation — Prélude. Ce bienfait. par le profond détachement opère.quàtribmb sbmaini 284 ardeur comme fait Téperon aux flancs du coursier. mais ce qui lui est sement est elle propre. tient le cœur attendri à l'égard de Dieu et particulièrement doux au prochain. Elle donne à la physionomie elle-même ce quelque chose de déférant et de bon. profonde et paisible. ces qualités Pieu. Désormais la route aérienne des hauteurs est ouverte à son essor. Du soin que Dieu prend de notre humilité. qui est le reflet de la véritable humilité. lui est commun avec la douleur. 1° Nos qualités sont accompagnées de défauts. Ajoutons que. Demander la grâce de sentir Dieu et sa bonté dans tout ce qui m'humilie. et. — L'humilité nous est tellement nécessaire que Dieu permet l'humiliation en tout et partout.. il est vrai. (\\ie vo'4s êtes boi^ 4ftns votre sagesse mon I . qu'il . c'est l'impression d'abaisCette impression. quand qu'elle laisse.. elles peuvent nous attirer la malveillance et l'envie. Sont-elles parfaites? peuvent être méconnues. Sous ces coups. ces défauts sortent de — elles mêmes.

insensibilité désespérante..... » — cela pour te faire humble. détruit. Pourquoi ces ignominieuses images que repousse ma volonté... du moins 1 . Nous aurions grande envie de nous irriter contre nous-mêmes? Non. mon Dieu. Parfois l'imprudence et la maladresse la font dévier.. que tu : — — : ne peux connaissance expérimendes années de consolations. encore et toujours. mais souvent Timà cette volonté pour la — rendre empressée ou découragée. constate que tu n'es rien... non c'est pour mon bien !..StPTIBMI 285 illÉDItAtlOff "Il 2» Nous roulons perfection s'attache le bien.. dégoût pour toutes choses. ô mon Dieu. mais que savoure ma nature?. elle est froideur et sécheresse dans nos prières. Cette — vaut — — ! — « Virtus in infirmitate perficitur... table rien. Dans leur détresse. que vous êtes bon dans — I votre sagesse 3» Parfois I ce que nous taisons de meilleur se trouve discuté.. Plonge tes racines dans les profondeurs de ton néant. Lasse de toi... abattement dans nos travaux. merci 5" Mais pourquoi ces tentations qui menacent la vie même de mon âme ?.. ô Père. elles s'écrient Pourquoi. gesse 4» que vous êtes bon dans votre sa- î Notre vie intérieure.... ô Père. » Merci. Pourquoi ces bas calculs que je ne veux pas ?. L'insuccès nous en est imputé. contrecarré... regarde-moi davantage. que je ne vous offense jamais Il faut tout Père. Tel est le partage de plusieurs âmes aimées de Dieu... pleine d'humiliations aussi. pourquoi? « Mon enfant.

et nous 6" Hélas tage.. ce moyen sera sans effet... De notre correspondance à ce soin divin.. Merci. 2» Efforçons-nous d'aimer ràbjection de — — — — ! toutes ces — choses. il faut de la boue 1. n'en suis pas impressionné. ô Père. pour cette grâce sévère. Prenons garde auxruses de rameur-propre. tombons.. il hélas ! 1 faut grand !. pourquoi ? pour guérir l'aveugle. en étudiant les sujets d'humiliation qu'elle a daigné placer en nous et autour de Efforçons-nous Ils sont nombreux. ô mon Dieu. et si habile à écarter une humiliation extérieure Ne nous excusons que lorsque Dieu l'exige. n'employa-t-il pas de la boue faite de salive?. je vous en supplie.. Il est si enclin à éloigner la vue de nos défauts. tant notre orgueil est Dieu à regret retire son bras. Dieu aura besoin de pousser plus avant la dure leçon 1. nous. c'est et c'est la nourrir . L'orgueil ne se guérit guère que par l'humiliation à certains aveuglements. : 1 — II. l'abjection... nous nous proposerons fortement de correspondre à cette action de la sagesse divine..OOATRIÈMK 8EMAINÏ 286 II faut parfois bien davandes fautes. cette grâce sera perdue.. Si je en même temps d'y être sensibles. — Pourquoi. laissons sur notre vertu si fragile ces épines qui la protègent. Après ces considérations. faites que je sois humble dans ce remède extrême — Jésus. 1® Notre premier devoir sera de la reconnaître.. — Aimer aimer vraiment l'humilité substantiellement... Mais..

nos fautes même. c'est se faire content de tout cela.. mon Dieu. l'utile — — C'est en cuitiver souvenir. en face des contradictions Alors que subissent les Saints eux-mêmes. aimer sans i'abjecUon.. je vous entrevois que vous avez prises pour me conserver humble.» C'était mon bien. en un mot toutes ces lamentables misères qui font nos alarmes. arrivés au terme... c'est avoir des défauts très apparents... Alors s'expliqueront tous ces pourquoi qui nous tourmentent. Où en suis-je à l'heure présente? Ai-je de l'amour pour ces abjections que vous aimez et que vous cultivez? Quel spectacle splendide se révélera à nos yeux quand. basses... ne pas c'est réussir... et se justifiera d'elle-même. tromper soi-même... et je ne le sagesse de enfin dans les précautions savais pas!. nos défaillances inconcevables. « Bonum mihi quia humiliastime. être tenté c'est se voit en des chose?.. nous contemplerons la sagesse. c'est incapable. nous arracheront des cris d'admiraLa sagesse y rayonnera de toutes parts tion. L'ignorant qui verrait un jardinier jeter des épines autour de plantes délicates.. L'abjection. dans la sauvegarde de notre fragile humilité... nos imperfections persistantes. Aimer l'abjection.. de notre Père...287 ^CPTIÈMK MÉDITATION Aimei serait se rhurnilité. s'écrierait — — — : . hormis le péché. Et à quoi ne vous ai-je point forcé par mon aveuglement?.

en lui communiquant cet esprit de discernement et de mesure. — ÉTUDE SUR LA PRUDENCE Dans Thumilité Nous avons fait ressortir. nous allons voir la prudence jouer un rôle analogue à l'égard de l'humilité. il ignorance. arrête mais de l'humilité à ses courtes prudence surnaturelle qui prend sa règle d'appréciation dans les vérités révélées et donne ses décisions en vue de la limites. en divers endroits de ce livre. Aujourd'hui.S88 QtjÀTftiàHS stMiimË Que c'est laidl Ainsi faisons-nous à l'égard du Jardinier céleste. l'action de l'humilité sur la prudence. m*appliquer à m'en faire content. le recevoir de la main de Dieu. l'obstination enfin qui aggrave l'erreur ou l'insuccès. mon Dieu. Chercher le sujet d'humiliation qui m'est le plus pénible. que vous êtes bon dans votre sagessel — — Résolution. la . dans son Certes. l'empressement qui ne donne pas le temps de choisir les meilleurs moyens. la trop grande confiance en soi-même qui ne laisse point place au doute sage et au conseil. sans lequel on la verrait tristement s'éloigner du vrai bien. nous l'avons vue écartant l'illusion qui trouble le jugement. ne saurait être question de cette prudence simplement humaine qui.

ÉTtîDB SUR LÀ PRUDENCB 289 plus grande gloire de Dieu. Cela est vrai. toute vertu tend à perfectionner. HUMILITE. qui lui permettent de s'étendre jusqu'à l'héroïsme. La vertu tout entière. même dans l'ordre des qualités physiques. l'humilité ne saurait nous abaisser et nous diminuer. la vertu devant tendre à nous grandir et l'humilité s'appliquant à nous abaisser sans relâche. Mais alors. serait consacrer la théorie de la médiocrité. Non. la vertu même de Jésus. de cette prudence qui laisse à rtiumilité tout l'espace des exemples du Sauveur. Le milieu sage que proclame la raison. en acquérant le plus d'être possible. vertu . soit le amoindrissait notre être. que deviennent ces doctrines d'effacement. la perfection consiste à se rapprocher de Dieu qui est le tout-être. — 19 . est celui qui se tient à l'écart soit de du trop peu : l'excès n'est plus trop peu ne l'est pas encore. d'abjection. et lui permet d'aller aussi loin que le bien lui-même. L'humilité ne serait pas une vertu si elle l'excès. or. à plus forte raison dans le développement des qualités intellectuelles. mais le paraître elle ne limite . et surtout des qualités morales en qui réside la vertu. En effet. Faire consister la vertu dans un juste milieu qui s'éloigne à la fois des actes inférieurs et des actes éminents. d'amour du mépris qui restent les conclusions intangibles des principes précédemment médités? La notioii de vertu et celle d'humilité ne seraient-elles pas ici contradictoires. L'humilité d'effacement n'atteint pas l'être. trouve sa place entre ces deux extrêmes.

Quant à l'amour — du mépris. au lieu de nous éloigner des grandes choses. mais nos prétentions. D'elle-même peutêtre pousserait-elle son mouvement jusqu'à des manifestations peu dignes ou des !i(^sitations pusillanimes. La prudence a le fens plus large. en la dégageant de toute obsession il — personnelle. ou pour respecter un attrait. et c'est son habituelle infirmité de n'envisager que son but spécial. c'est en effet le propre d'une tendance d'aller au bout de son impulsion. en nous faisant — un front d'airain. Enfin. pas sans son assentiment. elle n'a jamais le droit de résister à ses ordres. A elle de conduire tout le mouvement de nos actes d'humilité à elle de faire prédominer. toutes ces humilités ensemble. sa liberté. selon les circonstances. trempe nos âmes. Le rôle de la prudence est précisément de maintenir cet ordre. à elle aussi d'en modérer l'essor. pour mieux équilibrer une nature. telle ou telle forme de cette vertu. elle ne permet pas de négliger .290 QtJAtRiÈMK 81HAINB — pas notre valeur. l'humilité doit agir sous le contrôle de la prudence elle ne peut faire un . à rencontre des fausses notions et des tentatives irréfléchies. en la débarrassant de tout alliage impur. faire prévaloir et de . — L La prudence réglant les actes. assurent à la vertu sa beauté. Gomme toutes les vertus. L'humilité d'abjection. nous les montra comme la désirable compensation des infinies misères dont elle gémit.

Elle n'est pas l'œuvre de Dieu et ne saurait être utile aux hommes. Ne nous la représentons pas austère et sèche. La laideur morale est incompatible avec la vertu. Elle la veut franche et sereine. elle la maintient confiante et courageuse .ItUOI sur là PRtJDiNGl un 291 acte utile. daires. maintenue dans son rôle. toutes les expressions. le Ciel ne saurait l'accueillir sous aucune forme. elle la subordonne. mais elle nous empêche d'en exagérer la rigueur. elle jouit de toute sa vigueur pour chercher et accomplir les volontés divines. C'est pourquoi la prudence arrache impitoyablement à l'humilité toutes les attitudes. rabaisserait notre perbien dans son expansion. par cela seul qu'il met en évielle s'oppose à tout ce qui diminuerait : dence notre \raleur morale. loin de là: mise à son rang. mais je Elle : . ce qui suscite une foule d'initiatives secon- sonne et arrêterait le . elle la rend désintéressée et souple. elle a le sens du beau comme celui du juste. au mépris c'est le sens dans lequel me pousse l'humilité. » ne nous demande pas non plus d'abdiquer nos droits. Notre initiative propre n'en est pas supprimée. à l'humiliation. qui portent le cachet du ridicule c'est pourquoi elle la préserve de toute déformation même intérieure. Elle ne paralyse pas l'activité. Ce qui est une laideur. elle dégrade intrinsèquement celui qui se l'impose. abandonnée à l'action de Dieu et désireuse avant tout de sa plus grande gloire. elle le repousse tout comme ce qui nous diminue. Je tends à l'effacement.

ô âmes méfiez-vous deh doutes que soulève peut-être une timidité complice. et de répandre sur toute notre vie morale. les moyens plus sérieusement choisis. telles paroles. l'amour qu'on lui porte reste sans limites. l'influence qui préserve et le reflet qui charme. docile. tels abaissements lui seront interdits. prête toutes les forces intactes de mes facultés comme de mes vertus. Rien ne l'empêche de chanter au-dedans de nous son continuel cantique d'adoration. mais l'amour qui les suggère. Allez donc résolument vers votre objet. Si l'exercice de la vertu a des limites. n'est pointla diminuer en elle-même. qui m'assigne telle tâche ou me demande tel concours et je . Tels actes. inclinez vers le parti qui humilie le plus. moins généreuses . ne font que s'accroître par la compression d'un désir inassouvi et par le mérite d'une réserve qui coûte. et ne vous arrêtez que devant la crainte d'une faute. Avant de vous détourner de telle humiliation. . devant toutes les manifestations d'une volonté supérieure. la vertu est dans cet amour les sentiments exprimés au-dedans sont à la fois des actes méritoires et d'utiles prépara: tions. Allez particulièrement vers les actes. demandez-vous si la conscience vous y oblige. Le but sera n?ieux distingué. mais l'inclination qui y tend. car le désir déréglé de l'estime vaine ne lui m'aveuglera pas» Retenir l'humilité dans son exercice. ô âmes éprises de l'humilité. et. or. loin de diminuer.292 QUATRIÈME S&MAIN8 m'arrête. si vous voulez être parfaites.

mais portant ses conseils lité qui convient. le désir de le devenir. mère de famille et chargée d'un personnel nombreux . fidèlement accompli. mais ce que l'on comprend moins. elle fait adopter le genre d'humilité qui convient à la position de chacun.. autre celle d'une femme du monde. on se déprime. l'avenir reste ouvert Cherchez même dans l'humiliation de n'être pas humble. La prudence déterminant — le genre d'humi- La prudence ne se contente pas d'encourager ou de retenir l'humilité dans les actes du moment. Cela saute aux yeux. en son particulier. des formes par exemple favorables au commandement pour ne les reprendre qu'en public ? N'est-il donc pas plus parfait d'exercer l'humi- même lité extérieure toutes les fois qu'une circoas- . L'humilité qui convient à tous est d'ailleurs celle des actions ordinaires chaque acte. tout le monde le comprend. en dépassant sa grâce on tente Dieu. c'est que cette attitude et ces paroles. plus loin. puissent garder le genre. Autre doit être l'humilité d'une religieuse. que les paroles et les décisions aient à revêtir une forme différente en face de positions diverses. forces : : 1 II. autre celle d'un homme politique et d'un militaire. Ne serai k-il pas préférable. même en dehors des occasions.. Que l'attitude et les manières. de déposer. Et puis.ÉTUDE SDR LA PRUDENCE 293 Nous devons cependant tenir compte de nos présentes en allant au-delà de son courage. dira-t-on. développe l'habitude.

Aux personnes qui ont à paraître et à commander.. se mettre à l'unisson. Tout acte intérieur façonne même le dehors. Accueillons-la comme est trop évident . il passe avec son influence et sa physionomie dans la forme extérieure. elle sait qu'une attitude ne se prend avec aisance et ne s'affirme avec force que par l'effet de Thabitude voilà pourquoi elle conseille d'écarter toute manière d'être qui en interromprait le mouvement. mais elle interdira tout ce qui apporterait quelque diminution de prestige ou de vigueur. les traits de ceux dont : ils sont l'être prolongé. .294 ouatriAmii sevaini tance n'oblige pas à la restreindre?. on y retrouve ses traits comme on retrouve dans les enfants. La vertu est une harmonie et cette harmonie résulte d'une communauté de vie. elle imposera une humilité profonde et forte elle conseillera toute pratique qui rabaisse sincèrement devant Dieu et devant soi-même.. Que Ton se rassure d'ailleurs aux grâces d'état qui ne manquent jamais. un secours providentiel contre l'orgueil . elle concourt à ses fins et ce ne serait point sagesse de s'en inquiéter. Venant de lui. que nous ne devions pas rechercher. Un danger résulte de cette conduite. dans une certaine mesure. Dieu très souvent ajoute la grâce de l'humiliation réelle. Il n'est pas jusqu'aux pensées et aux sentiments qui ne doivent. La prudence a des vues de plus longue portée. Son but sera ici de fortifier intrinsèquement la vertu. mais il pour échapper aux yeux exercés de la prudence et à la sagacité de ses moyens préservatifs. r9- .

295 fTUDK SUR LA PRUDENCE gardons-Ia comme une compensation heureuse aimons-la de tout l'amour que nous avons pour la vertu d'humilité et faisons lui une place aussi large que la prudence le permet. On ne saurait impunément se passer de cette force permanente. La conscience du devoir peut commander une conduite énergigue seule une nature fortement préparée en impose les conclusions avec autorité et en porte le poids sans siste plus . Trop de confiance en soi est un vice. elle le conseille pareillement en vue d'une nature à équilibrer. de leurs aptitudes comme de leurs succès. — milité : nihile. L'hésitation paralyse l'initiative ou la rend douloureuse. fléchir. Il y a des personnes qui doutent toujours d'elles-mêmes. . Notre nature est le fonds d'où partent nos actes. et celui-ci n'est pas moins funeste que Le trouble envahit l'âme et la décelui-là forme. prudence prescrit en vue d'une situation à sauvegarder. le fonds qui les soutient c'est en elles que s'établissent les habitudes. l'impuissance envahit la vie et l'anIII. . Une âme en qui domine une trop grande dé* . trop de défiance en est uc autre . On dira peut-être que la vertu consiste après tout dans la juste appréciation des choses et dans la volonté du bien : on oublie qu'elle conencore dans les dispositions de notre nature. . La prudence modérant l'exercice de l'huCe que la pour équilibrer une nature.

c'est faire fructifier le talent reçu. les relever. . les rassurer. milité paisible remplit alors sa vie. qu'elle écarte résolument l'impression trop vive de ses insuffisances. Mais. pour ne pas déprimer un caractère déjà trop et d'ailleurs. les amener enfin à cette aisance dans la parole et dans l'action qui résulte du sentiment de Dieu sans doute. Ceux qui ont la charge de ces âmes timides doivent leur donner confiance en elles-mêmes par des approbations opportunes les laisser agir seules pour développer leur initiative les accréditer par divers moyens dans le milieu oii . tures. elles vivent. et c'est celui qui menace de telles na. l'amour-propre lui-même pourrait très aisément se frayer un autre chemin. Qu'elle se tienne entièrement dégagée de tout orgueil qu'elle cherche à déet de toute prétention couvrir Dieu dans le bien qu'elle fait et ne commande qu'en son nom. de ses infériorités. la rassérène et la soutient. aurait le .296 QUATRISUK SEMAINK donc tort de cultiver sentiment de son impuissance et de trop incliner à l'abaissement devant les autres. d'autre part. surtout si elle a une mission à remplir. de ses maladresses. rien de mieux. Agir ainsi. . au lieu de l'envelopper inerte dans le suaire d'une humilité mal comprise. une hufiance d'elle-même. précifaible en ses ressorts sémentau milieu de ses alarmes. mais aussi de la juste consciensce de sa propre force. car il y a l'amour-propre souffrant.

Rien qu'au contact de ces choses sur leur pensée. signalent à la prudence une disposition provi- dentielle qu^elle a le devoir de faire respecter. autant que ces saints. la tentation elle-même a respecté tant d'innocence. La prudence respectant un — 297 attrait sage- ment reconnu. le stimulant de leur ferle veur. leur cœur se resserre et leur élan vers Dieu se décourage. . Les caractères que nous venons de décrire. souffrent vraiment à regarder toute souillure. es saints pour la plupart s'acharnent à se rabaisser ils éprouvent une joie amère à s'accabler des qualificatifs les plus humiliants. qui s'arrêtent moins à cet ordre de sentiments et qui y rencontreraient quelque gêne. le sentiment profond de leur misère. Nous Tavoiis vu. il leur semble à toutes qu'une sorte de : ! — — flétrissure les atteint . Comment s'indigner contre ce que l'on connaît à peine Chez quelques autres. sentiment sans cesse renouvelé de leur propre abjection. nous voyons des âmes. fort généreuses pourtant. Elle peuvent avoir. et trouvent dans . les délicatesses d'une nature affinée. Ce sont souvent des âmes particulièrement pures le mal ne les a point marquées de ses stigmates déshonorants. mais elles en cultivent moins l'impression. Serait-il juste de condamner de telles répugnances? ^rait-il sage de les violenter? Nous ne le croyons pas. Par contre. Chez d'autres encore le sens du beau est tellement développé qu'il se détourne instinctivement de toute laideur.ÉTUDE SUR LA FRUDENGB IV.

indulgente et bonne. mais bien celui qui. comme les autres vertus. sous ce titre ^ l'attrait de plusieurs. n'est pas essentiel à la vertu de les envisager il suffit qu'elle en retienne qui la déterminent. vous vous sentez toute petite. 1. Qu'elle le devienne sous telle ou telle bonne influence. répondra peut-étr^ semaine. telle Il ! dira-t-elle à ces âmes: moins bien à votre humi- autre pourra lui convenir davantage.. L'essentiel est que votre humilité soit pratique et généreuse. Sans doute les motifs d'abjection portent l'humilité fort loin . cela importe moins à la vertu. L'humilité que nous décrirons dans la cinquième Transformation.QUATRIÈME SEMAINE 298 Ne VOUS troublez pas cet ordre de motifs va lité. mieux en rapport avec sa nature. vous ne la méprisez jamais. suscite ses plus grands efforts.. quelle que soit la misère du prochain.. toujours le plus renommé ou le plus excellent. : . Si l'-humiliation vous arrive. Le meilleur pour telle âme n'est pas tous.. vous vous faites constamment douce. pourquoi le contraindre? L'humilité. vous ne vous élevez pas en vous-même. quels que soient les succès de vos œuvres ou les dons de votre prière. mais le motif du Tout de Dieu ouvre aux âmes contemplatives des horizons non moins étendus. vous la regardez avec des yeux habitués à contempler le Calvaire et vous lui ouvrez vos bras comme pour étreindre Jésus avec sa croix K Si même votre attrait ne vous porte pas spécialement vers l'humilité. Face à face avec la pensée de l'infini.

Tout cela résulte d'une disposition pro: . vous ont constitué apte à telle vertu plutôt qu'à telle autre. avec ses ardeurs ou son intimité. par exemple la pureté d'intention. Dans cette voie. videntielle et marque une voie. Cultivez rabnégation. le dévouement aux autres. votre vie par ses rencontres. selon votre attrait. vous marcherez plus librement et vous irez plus loin. Votre nature par ses tendances.la pauvreté. parfois même par ses défauts votre éducation par son développement et ses habitudes d'esprit. vous dépéririez comme la plante transportée dansun sol qui ne lui convient pas. l'oubli de vous-même. pas plus que ses sœurs. Hors de là. Cultivez donc. l'union de pensée avec Dieu" ou la reconnaissance. .Atude sur la prudence 299 mérite un culte général mais. vous répandrez le parfum de vos fleurs et vous donnerez à Dieu les fruits qu'il attend. elle n'a droit à un autel à part dans chaque temple. tandis que là vous étendrez votre ramure. Développez surtout l'amour divin.

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rrrY»irrmrnnrmrmiM..tiinn<Tr CINQUIEME SEMAINE TRANSFORMATtON .

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là est aussi leur danger. le désir charge de conduire de l'estime des autres. la sauvegarde de notre personnalité. Ensemble. Un tel renversement des rôles ne seraient pas seu: . elle s'écrie vaillante humilité s'armant de la à son tour: Quis ut Deusl Arrière ces prétentions insensées Qui donc est le véritable auI . nous l'avons vu. l'une par l'affirmation de notre propre valeur. il serait grave désordre. comme si le bien venait surtout de nous et non pas de Dieu le but. En effet. parole de l'archange. Là est leur rôle. comme si nous avions le droit de rechercher notre gloire plutôt que la sienne. nous avons analysé les deux tendances que l'humilité a l'estime de soi. elles ont pour objet. La * ne le souffrira point et. poussant trop loin la sauvegarde du moi ou plutôt son exaltation. ce sont deux forces aveugles qui dépasseraient leur objet si la vérité et la justice ne venaient les guider et au besoin les contraindre. l'autre par la recherche de l'estime qui nous protège. il n'en produirait pas moins ses mauvais effets dans notre un vie morale. il aurait beau trouver quelque excuse dans cette sorte d'inconscience qui généralement l'accompagne. elles feraient de notre personnalité exclusive le principe et le but : le principe.t^RÉPÂRATIÛN k U CINOUIÈME SEMAINE Aux premières pages de ce livre. lement une injustice et une injure. En elles-mêmes.

rien de ce que Dieu a créé ne sera détruit. Nous allons voir maintenant qu'elle en mérite un autre encore plus beau. l'estime de soi deviendra l'admiration du divin en nous. lacondition de son mérite. par une la — . elles se reposeront sur des objets plus sûrs. Ces dispositions transformées trouverontpour s'étendre une sphère plus vaste . dans un éclat de triomphe. leur beauté se dégagera de tout alliage et. et tous nos actes se dirigeront vers lui comme vers leur fin nécessaire. Les deux tendances que l'humilité s'est jusqu'ici contentée de vaincre. En les faisant respecter. Ce rôle nouveau procède d'une conception nouvelle. la règle de son activité. leur action se portera de Dieu vers le prochain.304 CINQUIÈMB SEMAINE teurde tout bien? Qui donc mérite avant tout louange? Notre orgueilleuse personnalité ainsi reléguée à sa place. Ainsi. elles les a contenues. elle va maintenant les affranchir. l'humilité justifie donc son titre de fondement et de gardienne des vertus. elle va les transformer. ces deux devoirs sont la base de la vie chrétienne. Toutes nos vertus viendront le reconnaître comme le premier principe d'où elles émanent. car elle est leur couronnement. terminant sa carrière comme un beau jour. Tant qu'elles inclinaient du côté de la terre. finalement. l'humilité va se montrer à nous. aux dernières pages de ce livre. Elevons donc nos espérances comme nos re- . Or. en les dirigeant du côté du ciel. et le désir de l'estime cherchera le regard même de Dieu. voilà Dieu remis sur son trône. extension d'ordre surnaturel. Ainsi.

se produire aussi dans la mienne ? Ce que vous ferez dans votre ciel. en essayant de vous contempler à travers les ombres transparentes de la mystérieuse création. elle sera. La vertu que nous allons poursuivre a été celle des saints et par excellence celle de Marie. en une limite plus restreinte. ses ennemis sont démasqués et connus. ne daigneriez-vous pas l'ébaucher sur la terre f Ce que j'y ferai aussi moi-même. en quelque manière. — 3/i . pourquoi ne me transformerai-je pas ici-bas. ô mon Dieu. Ah! que je voudrais m'élancer vers ce rnond*» nouveau! Que je voudrais donner à mon être vulgaire cette transformation supérieure Ce qui se passe dans l'âme des saints ne pourraitil pas. la paix règne de toutes parts. celle de notre éternité. marchons à de pacifiques conquêtes. gards. c'est : est ! RCMILITi.PHÉPARATION 305 l'humilité défensive le moment fortement établie. ne puis-je pas le commencer déjà? Si je dois être divinisée un jour en vous contemplant face à face.

je dois chercher en moi ce qui vient de Dieu surtout dans l'ordre surnaturel. Ce sera le suprême essor de cette tendance qui s'appelle l'estime de soi. je verrai mes qualités personnelles émanant de lui. le sommaire des dons de Dieu. tant je me sentirai envahi par le monte divin. tous mes actes soutenus par lui. sans scrupule comme sans exagération. et la beauté de mon âme comme un reflet tombant de sa propre beauté. L'humilité les fait resplendir. timer foncièrement. — soi Deuxième point : — Si je veux m'esPréparation pour la veille. cette méditation un esprit Il faut porter à dégagé des idées vulgaires et disposée une juste admiration. un esprit large qui ne s'arrête pas . En y découvrant des merveilles de grandeur je comprendrai sans doute la haute dignité chrétienne.Ûinquième Semaine PREMIERE MEDITATIO» XXIX* EXERGICB Transformation de l'estime de Premier point : Les dons de Dieu. je cesserai en quelque sorte de me voir moi-même. ou mieux. Si je assez haut. Je parcourrai donc.

tant Les dons de Dieu. si la grâce de comprendre pour elles m'apparaissaient de les pénétrer. Méditation Prélude. — 1® Ce que je suis en Chef-d'œuvre de la création terrestre. qu'homme — — : — — tinée. souverain dominateur de la matière. ces magnificences me sontfamilières! On estime si peu ce que Ton a toujours connu Pour admirer. d'en être impressionné.. ceux-là 1 . de les sentir. une lueur d'intelligence est supérieure à l'immensité des cieux étoiles! mais un acte de volonté est une force plus haute que tout le mouvement des mers! mais l'admirable instinct Ah! pourquoi elles si I des animaux ensemble. l'homm^e a besoin de s'étonner. l'éclat de ces dons naturels pâlit i l'apparition des dons de la grâce. Il faut y porter surtout un grand esprit de foi. petit monde dans lequel l'univers vient se refléter par l'intermédiaire des sens et se transformer en idée par l'effort de l'intelligence.. ces vérités la — Demander comme première fois .307 pkeuiIre méditation aux objections mesquines. n'atteint pas à la valeur d'une pensée 2» Toutefois. Mais qu'on y songe bien. liberté morale au moyen de laquelle je suis le maître de mes actes et de ma desI. sorte de ciel où Dieu se fait connaître comme auteur de toutes choses et pressentir comme infini.

mais nous reste caché. Jésus est mon frère. soit pour naître. travaillant sans cesse à nous diviniser!. comme le petit flot de sang qui soulève la plus lointaine de mes artères et qui me vient du cœur. La grâce ne peut être qu'une transformation. et. il me donne son cœur et ses biens. union mystérieuse ici-bas. Je lui appartiens comme la petite cellule. soit pour durer. et qui reçoit sa vie de l'action du cerveau. Jésus est quelque chose de moi c'est ma grande gloire ou plutôt je suis quelque chose de lui et c'est mon grand bonheur. 3° Un lien plus tendre m'unit à Jésus. Oh! le croire. C'est une vie divine au sein de notre être grossier. : — — — . dignité pour qui sait comprendre : je suis une part de l'être mystique de Jésus. Mais aussi quelle transformation! C'est la nature divine participée. Ahl si nos yeux s'ouvraient tout à coup.. je peux le diminuer ou l'accroître je suis un besoin pour . . avec son besoin de Tinfini et son aptitude à le contempler face à face. il a pris ma nature. le croire avec enthousiasme! Ce serait du moins l'entrevoir et ce serait commencer à se bien connaître. l'Etre souverain. parce qu'elle est divine. Jésus est mon ami. perdue au fond de mes organes. Tout cela est certain..âÔ8 CINQUIÈME SIMAIN& condition que la toute-puissance être à qui ils fussent naturels. en quelque sorte à notre service. comme la raison est naturelle à l'homme. radieuse au ciel principe incomparable de sont de telle ne saurait créer un — : — — . une vie que Dieu seul peut exercer en nous chacun de nos actes surnaturels a besoin de son mouvement. nous verrions ce Dieu.

Il m'est donné de le laisser vivre en moi pleinement. Ce n'est pas ordinaire- àient présomption. Ne trouves-tu pas. il se le croit personnel. que ces grandeurs suffisent à satisfaire le sens de l'estime de soi et à fonder ta noblesse? Quelle noblesse plus ancienne que celle qui vient de l'Eternel? Quelle noblesse plus illustre que celle qui descend du Très-Haut? — Par Jésus. I — resplendir les dons de Dieu. L'orgueilleux voit Dieu peut-être dans. ou de lui préférer. et par les il exemples qu'il m'offre. mais inconscience. le voit pas en ce qu'il est. grand aveugle qui traverse la création sans y découvrir Dieu. Le tort .PREMIÈRE MEDITATION 309 son bonheur. déjà. et par les secours charitables qu'il m'apporte. Attendrai-je le ciel pour être fier de ces gloires? Le ciel les fera resplendir. l'augmente de mille manières. ô mon âme. soi. mais la grâce. hélas la triste expansion de ma vie propre. c'est vrai. Les dédaignerai-je parce qu'elles me sont communes avec d'autres êtres? Subissent-elles par ce fait une déchéance? Le bien des autres diminuerait-il mon bien propre? Loin de là. m'en enrichit. il se dans ses fonds. la nature. IL L'humilité fait — 1» L'incrédule est un mais il ne l'attribue . même Ce qu'il fait. par la recherche désordonnée des quelques joies et des quelques applaudissements de ce monde. je puis être une déception pour ses espérances. et par les vertus spéciales qu'il me donne à exercer. je suis issu du sang d'un Dieu et ma vie se nourrit d'un aliment divin.

s'étend et finit par envahir tout notre domaine. et que lorsqu'il s'admire lui-même. elle ne serait pas un sentiment personnel. A mesure que l'humilité répand sur cet aveuglement sa belle lumière. il le découvre partout et jusque dans le plus petit grain de sable. pour nous montrer ces dons toujours bornés et .310 s CI^QU1ÈMB SUMALtt du plus grand nombre il n'est pas d'écarter Dieu. ne cesse jamais d'envisager la fin dernière de tes actes. Il s'ensuit que l'humble ne se préfère foncièrement à personne. que tu n'es qu'un homme. Autrefois. « Cette : voix est ici celle de l'humilité : souviens-toi. insiste et au besoin. derrière le char du triomphateur. il s'admire en quelque sorte à genoux. Cette estime vise ces dons en tant qu'ils sont nôtres. à son lever. s'il le cherche en lui-même il le trouve dans tout son être et jusque dans le plus petit de ses actes. défends ton honneur. sous toutes ces grandeurs. mais une forme de radoration. La grandeur de l'homme ici-bas est de chercher Dieu. la prudence d'un grand peuple plaçait un héraut d'armes chargé de lui répéter cet avertissement « Souviens-toi que tu es un homme. comme fait. 3° Si l'estime de soi était simplement l'estime de l'œuvre de Dieu en tout homme. C'est là que l'humilité a besoin de nous tenir les yeux ouverts. un néant! Tiens ton rang. mais en faisant tous ces actes times. S'il le cherche dans la nature. souviens-toi! lutte légi- Ne perds ja- mais de vue l'origine de tes dons. souviens-toi. prends des initiatives. est plutôt de l'ignorer. l'évidence de l'action de Dieu apparaît. le soleil sur notre terre.

en travaillant pour sa gloire. et elle fragiles. toute préférence qui entraînerait le moindre dédain pour autrui. elle tend à ce qui est le plus noble. futurs héritiers de sa gloire. Ces sentiments les poussent sans cesse vers une perfection qui les grandira toujours et leur ambition prenant un essor plus qu'humain. Le sentiment de l'estime de soi se présenterait splen- didement accru les saints se savent fils de Dieu. dans sa domination fortement établie. qui est bas et vulgaire. Sans doute l'estime de soi reste une vertu dé- défend. prend le parti de fermer les yeux. proscrit le mal avec un dédain instinctif et invincible. grandir Dieu lui-même. D'un trône élevé on voit de très loin ce licate : . elle s'oppose de toutes ses forces à la vaine complaisance que Ton serait tenté d'y prendre. sans la grâce. trop souvent peut-être. une tentative imprudente.PREMIÈRE MÉDITATION 311 modérant aiasi rinclination naturelle qui porte à les grossir. En même temps. comme une injustice. Les voit-on timides et incertains en face . Ils sont hautement fiers de l'amitié de Jésus. de la ressemblance qu'il imprime en leur âme. Ce sentiment est une sorte de royauté et cette royauté. Si l'on pouvait pénétrer dans l'âme d'un saint on marcherait de surprise en surprise. Cen'estpointsagesseiles dangers peuventêtre conjurés et le sentiment intense de la dignité personnelle ne saurait trouver ailleurs des mobiles d'égale puissance. Dans la majesté de ses goûts. de l'action constante qu'il exerce au plus intime de leur être. participant à sa nature. elle serait. conçoit la prétention de : . La timidité craintive.

— Résolution. du bien et du beau par excellence. Ne pas me contenter d'une vue superûcielle qu» n apprend rien et n'émeut pas. des dangers les plus manifestes ? De quel œil regardent-ils rabaissementsuprême. pour donner an sentiment de la dignité personnelle son mobile le plus haut. Admirer en moi les dons de Dieu.lemal?De quelle horreur ne sont-ils pas soulevés en face de ses assauts? Cherchez bien et nulle part vous ne trouverez une pareille exaltation du sentiment de la dignité personnelle.312 CINQUIÈMB SRMAINB des entrejirises les plus hardies. parce qu'elle se développe dans l'atmosphère pure et calme du vrai. . . exaltation pleine de grandeur et de force toute douce et toute paisible en même temps.

La distance est plus grande entre le plaire et celui de faire plaisir. Troisième point Désirer lui plaire. Celui-ci. sans 4tre désir de est de sa le bien toujours désintéressé.Ginqnième Semaine DEUXIÈME MÉDITATIOn XXX« EXERCICE Transformation du désir de restîitîD : Désirer l'estime de Dieu. Le désir de plaire signale une tentative vers le cœur on veut une estime af: : fectueuse. . Premier point — — Deuxième point: : Désirer lui faire plaisir. cherche d'abord le bien des autres. Ce qui les rapproche pourtant. — Le désir d'être Préparation pour la veille. estimé et le désir de plaire sont si voisins qu'ils semblent constituer plutôt deux manifestations de la même tendance Ils sont pourtantdistincls: le désir de l'estime vise l'approbation et aspire à un jugement favorable c'est plutôt à l'esprit qu'il s'adresse. Celui-là nature assez personnel : il envisage qu'apporte l'estime. c'est que le second découle du premier comme l'effet de sa cause qui veut plaire cherche généralement à : faire plaisir.

c'est le monde des êtres surnaturels Dieu et Dieu partout. c'est se rapprocher d'eux. nous le trouvons lui aussi et plus étendu et plus la I mais surtout plus noble. d'attirer en soi ces sentiments féconds et de donner à sa vie cette haute orientation. Demander la grâce de s'ouvrir à ces belles pensées. L'obtenir.314 CINQUIÈME SEMAINB Le désir de plaire se prêtera-t-il lui aussi à pénétration du divin? Comment. Mais Dieu est un Être invisible et qui semble lointain. plus particulièrement celle des grands. déroulant à ses regards des perspectives transcendantes. monde lui est — : — hommes. raille fois non. Un nouveau apparu. c'est entrer dans leur sphère et participer à leur supériorité. nous désirerions vivement son estime On recherche l'estime des personnes qui entourent. — 1. Peut-on désirer l'estime de Dieu. très humain de son fonds. plongeons nos regards dans l'âme d'un saint. les anges et les actif. Y voyons-nous réduit et inerte le désir de plaire? Non. pourrait-il se transformer sans cesser d'être lui-même ? Eh bien ici encore. 1^ Méditation — Prélude. Jésus plus spécialement nôtre et en Jésus tout ce qui se relie à lui. un tel sentiment. ne peut nous arriver par aucune voie extérieure nous : : . Si nous avions avec Dieu des relations familières. L'estime qu'il ferait de nous.

un amour sans nobles besoins! Lui serat-il donc inutile d'entreprendre une méditation trop haute encore pour elle ? N'y trouvera-t-elle que des idées incertaines? N'y puisera-t-elle Dieu. en accomplissant un acte vertueux. nière ? A . nous sommes assurés de gagner son estime et cette estime croît avec la grandeur de nos actes et l'éminence de nos vertus. Sans voir aussi loin qu'eux. défaut d'une parole et d'un regard directs. n'avons-nous pas les saintes présomp- tions qui naissent de ses affirmations positives? Ne savons-nous pas. je tendrai Vous faites vos au but qu'ils ont atteint. œuvres par degrés. Seule la foi vive comprend ces choses. animez-moi portée les vérités qui sont à la portée des saints.315 OIUXIÈIU MÉDITATION ne l'entendrons pas la formuler par des paroles nous ne la lirons pas dans son regard. eh bieni aujourd'hui j'essaierai de faire quelque pas vers le désir de vous plaire. ô Dieu sage. je verrai la même vérité. 1 ! 1 — . aucun désir? Dieu. en perfectionnant nos qualités. Est-ce à dire que toute voie d'entente nous soit fermée? Les sentiments de Dieu sont-ils si secrets qu'ils ne se trahissent d'aucune ma. sans aller aussi loin qu'eux. auteur de toute lumière. le bien d'un acte passager comme le bien d'une qualité permanente ? Ainsi donc. créateur de tout bon senéclairez-moi Daignez abaisser à ma timent. d'une façon certaine. Hélas ma pauvre âme n'a peut-être qu'une foi sans lumière intime. . seul l'amour en peut faire sa vie. que Dieu estime tout bien.

elles graii* son attention. dans notre ordre déchu. qualité souverainement estimable. dans l'ordre humain. L'admiration est la souveraine expression de l'estime elle est nécessaire à un grand amour. car c'est à cet objet que C'est le désir d'attirer termine normalement le désir de plaire. que disje. L'immolation suppose d'ailleurs une grande force d'âme. Donc se dévouer à la cause de Dieu. qui fait battre son cœur. par tout sentiment élevé Ce qui est commun n'y suffit pas.316 — GINQUIÈUR SEMAINK II. Désir d'obtenir quelque admiration. Dans ce désir se trouve un stimulant très personnel être pour lui cet objet qui charme son regard. l'acte le plus noble. C'est plus qu'attirer que mériter son estime. Le dévouement s'offre d'abord de là le regard se porte vers le sacrifice. c'est plus : — 1 . il y faut quelque supériorité. et finalement de se faire aimer de lui davantage. de vivre dans la bienveillance de son regard. : . Comment s'exerce le désir de plaire à Dieu ? son attention d'une façon particulière. L'immolation est. accueillir la peine avec douceur et les menaces de l'avenir avec une courageuse confiance: voilà des moyens de prétendre à l'admiration du grand appréciateur de toute chose. Désirer charmer Dieu. . elles sont animées^ ellet vivent. Comment se faire admirer de Dieu ? Par tout effort généreux. Dans cette naissante persuasion quel épanouissement* pour l'âme Toutes ses facultés sont à l'aise. par tout acte remarquable. immoler ses goûts quand ils sont des obstacles. s'y sacrifier au besoin se même — . c'est commencer à gagner son cœur.

oh triste ! l'intimité 1 I cate. ! : mon Dieu... Pour charmer. Une d'aliments ? médiocre est une peut-être aussi vie intérieure pourvoyeuse I.. homme . mais pour y songer seulement. elle en saisit les moindres délicatesses avec leurs nuances infinies.. quel champ ouvert à mon désir de plaire Aucune limite ne le restreint Votre attention. Vous plaire et vous plaire particulièrement me faire aimer de vous. oh! la de la prière. Si je tion ?.. I . Ce que Jésus..... obtenir de votre bouche un doux éloge ou l'attendre au ciel... il faut une piété délipureté du cœur. Ahl si je m'établissais dans cette disposition sainte?. sur les moindres détails de leur vie 1. sans persévérance! Ce désir semble m'être étranger et j'en cherche la cause. po%ir charmer votre cœur.. Peutêtre s'épuise-t-il ailleurs manque-t-il ?. durant le jour. je serais donc sans goût. je cherchais plus souvent le regard à qui je veux plaire? Ce regard cherché sera surtout le vôtre... mon frère. oh l'intensité du désir Charmer Dieu !... dissent.. sur leur attitude. pour plaire à vos regards.DEUXIEME MEDITATION 317 Quel principe de perfectionnement! il faut avoir de la beauté^ il faut manifester des qualités aimables Quel soin d'elles-mêmes ne voit-on pas chez les personnes qui veulent plaire I Quelle vigilance en tout sur leurs paroles. Si. votre âme est sensible à tout ordre de prévenance.. donnais à Si je consacrais ma vie cette orienta- à la méditation des heures plus longues?. ô Jésus^ se fixe sur moi jour et nuit. ô Dieu. sans élan. ô Jésus..

on ne la fixe jamais d'une façon durable car enfin ce monde passe et s'évanouit avec la fumée de son estime. quelque gloire . on s'est épris de ses charmes à force de se dépouiller de ce qui l'eût éloigné. on ne garde à aimer par dessus tout que sa souveraine amabilité: le désir de plaire est le générateur du désir de faire plaisir. tout un monde plus étendu. à vous seul. Lui donner quelque joie. tous les sentiments que j'aurai ici-bas provoqués dans votre grand cœur. se dévouer.. Dieu.. . je sais même I . plus animé que le monde des hommes dont on se dispute Testime «t cette estime. plus parfaite. vous êtes. s'épanouissent ici sous une forme plus belle. — Le désir un . s'élève insensiblement au désir désintéressé de lui faire plaisir. En quoi consiste le désir de faire plaisir à peu personnel d'attirer les regards de Dieu et de lui plaire. on n'en jouit qu'au milieu des craintes. pour les faire éternels. Jésus. vous emportez au Ciel. On en arrive à se répéter sans cesse pourvu que III. Vous. toute la part d'estime que je serai parvenu à mériter de vous. Il y a'tout une vie nouvelle dans cet ordre plus élevé de sentiments.318 CINQUIÈME SEMAIN8 ne pas exprimer. Les qualités mises en jeu pour plaire. plus plein. ô Jésus. ô merveille vous le lisez distinctement dans mon cœur. A force de vouloir charmer Dieu. : . plus tendre. sans trop le comprendre. s'immoler pour que ces actes Thonorent s'embellir de vertus pour que cette vue le contente !. ce que j'éprouve. . on ne l'obtient que rarement.

de grâce. en songeant qu'il est heureux. On un un couronne- assure ainsi à la vertu fondement plus inébranlable et ment plus haut. il en restera dans ma vie active des souvenirs.. » Aujourd'hui je chercherai le regard de Jésus..DKUXIÈME MÉDITATION 319 Dieu soit content On vit de la joie qu'on lui donne. Le caprice et l'inconstance n'y trouvent aucune prise et l'orgueil lui-même semble disparaître.. d'autre désir que votre bien. en se perdant au sein de Dieu. pas assez forte pour planer consces hauteurs. et n'avoir d'autre vie que la vôtre.. toutes parts.. Le détachement de soi-même se fait d'une façon si douce qu'on en a conscience à peine et d'une façon si complète que Dieu règne de ! ... faites descendre jusqu'à ma bassesse quelques mouvements de ces attraits. mais parce qu'on la sent en lui. non parce qu'on la donne. des impressions et de salutaires regrets Si je n'ai l'aile tamment dans l — M'appliquer cette parole du pre« Je vois les Cieux ouverts et Jésus à la droite de son Père.. d'autres joies que vos joies. On se console de ses propres peines. permettez-moi du moins de m'y élever aux heures où je médite. un regard cpii me dise tu me plais •— Que ne pas Résolution. mier martyr saint Etienne : tenter pour l'obtenir! : — I . puisqu'il existe tant de belles âmes qui semblent ainsi passées '^n vous. Dieu si aimable et si aimé.

— prochain. trop de laideurs morales déparent son objet. Se montrer indulgent.Cinquième semaine TROISIEME MEDITATION XXXI" EXERCICE Désir de plaire et de faire plaisir au prochain Premier point Jésus dans : Dieu vu dans le prochain. facile et^bon pour toutes les personnes qui nous entourent. : prochain regardez du Sauveur. le prochain sur la poitrine . voilà pourquoi nous ne saurions trop méditer ce conseil qui est l'âme de la loi nouvelle voyez Dieu dans le . L'homme ne peut donner à l'homme cet amour idéal qu'en le revêtant de l'idéal divin. chercher habituellement à leur faire plaisir. . et laisser sentir à chacune cette chaude affection qui dilate. Il faut qu'une beauté venue d'ailleurs l'illumine. — Préparation pour la veille. voilà un idéal que la pauvre nature humaine ne saurait pleinement réaliser avec ses seules forces. trop d'inconstance dominent ses sentiments et d'autre part. Trop de calculs intéressés. Z>cuj:té»ne point i Troisième point : Règles pra- le — tiques.

Dieu ce désir de plaire et de faire plaisir. — Diriger vers 1. qui se cache en tout homme. découvrir le divin. Qu attendons-nous pourtant? Que Dieu fasse un miracle et nous le crie du haut du ciel ? Ce n'est point sa coutume.TROISIÈME HéoiTATION 321 Ce conseil de paix. et. Que le divin Maître vienne visiblement prendre par la main chacune des personnes qu'il nous donne à aimer et nous la présente lui-même ? Mais ne le fait-il pas invisiblement. — 21 . et une grande sagesse pour tenir notre désir de plaire et de foire plaisir au prochain. par la communion. de perfection et de vrai bonheur. ô Jésus I — 1 Méditation — Demander un grand esprit de foi pour Prélude. pour lequel je n'aurais souvent que de l'amertume et presque toujours que de l'indifférence. ne se donne-t-il pas à chacun? Que voulez-vous de plus? divin Maître. je commence à l'aimer de cet amour que je vous porte. Dieu vu dans le prochain. éclate-t-il dans nos actes? Ilélasl c'est à peine s'il entre dans nos convictions Nous le redisons comme une formule apprise. exempt d'étroitesse comme d'excès. l'avons-nous bien compris? Pénètret-il nos sentiments. ouvrez mes yeux. mais vaine. en vous retrouvant partout dans ce prochain. chaque jour? N'est-il pas dans l'hostie de la messe. ces yeux de la foi qui seule vous découvre! Faites que demain. qui BVMILITi.

Quelques autres. Un sourire. celles-ci parce que. et c'est en vain que nous cherchons une manifestation certaine du plaisir que nous lui donnons. Mais les unes comme les autres ont toujours faim de Dieu celles-là parce qu'elles ne l'ont point goûté. A ors. à la manière des forts. leur dévouement. elles vont. leurs sacrifices. Raguel dit à Anne : . c'est donc aimer quelque chose de vit : : : ! — lui! Reportez-vous à la scène si touchante de Ra- guel recevant le jeune Tobie. Du Ciel aucun regard. layant goûtf'. elles sont devenues insatiables. C'est là leur façon à elles de lui plaire. plus consolées. aucun sourire ne descend pour nous donner cette assurance. Mais. Dieu ne nous montre point son visage. ici-bas. c'est l'élever d'une façoa imprévue et lui donner un objet qui ne trompera point son attente. Dieu l'a fait à son image voir le prochain c'est donc le voir un Dieu lui a communiqué sa nature : peu l'aimer. Nos rapports surnaturels sont établis sur la base de la volonté. elles se tournent vers le prochain. quand même. Voici comment la raconte la Bible « Après avoir attentivement regardé le jeune homme. n'en est jamais que l'accessoire Beaucoup d'âmes parfaites s'en trouvent habituellement privées. sentent parfois dans la prière la douceur d'un amour partagé. quelque puissant qu'il soit. un regard ému suffisent pour récompenser un effort.CINQUIÈME SEMAINE 322 au fond de notre nature. ensviable. et à grands pas. dans la route austère du devoir. ou pour le provoquer. Le sensible. aimant Dieu par leur fidélité.

» Là-dessus. comme le vieillard se répandait en éloges. le prend dans ses bras. ne devrions-nous pas lui donner mille et mille bénédictions? Et pourquoi? Pour l'amour d'elle? Non certes. pour qui elle est. Dieu! quand nous voyons ce prochain.. en qui elle est. saint François de Sales fait le commentaire suivant « Ne voyez-vous pas que ! : le petit Tobie. à qui elle est. nous le connaissons.323 THOISIEMB liÉOITATION : Comme il ressemble à mon couEt je tournant vers les étrangers D'où êtes-vous? leur demande-t-il.. Raguel se jette à son cou. Ils lui répondent: Nous sommes de la tribu de Nephtalf^ en captivité à Ninive. et c'est pourquoi non seulement le divin amour commande maintes fois l'amour du prochain^ vrai : . se mirent à pleurer de tendresse. le Raguel. à qui cet enfant ressemblait si fort? Et. Et pourquoi donc ? Pour l'amour de Dieu qui l'a formée à son imagfe et ressemblance.. créé à l'image et ressemblance de Dieu. le caresse. sinon de celui qu'il portait au vieux Tobie. car nous ne savons pas si elle est digne d'amour ou de haine en ellemême. pour l'amour de Dieu de qui elle est. l'ange ajoute son épouse sin •. ! — — en désignant son compagnon . pleure d'amour sur lui. le baisant et l'arrosant de ses larmes: Sois béni. Ce Tobie dont tu parles est son père Aussitôt. ô mon enfant. ne devrions-nous pas nous dire les uns aux autres Voyez comme cette créature ressemble au Créateur.. car tu es le fils d'un bon et très bon personnage Et Anne et Sarah sa fille.. le baise. Et. D'où provient cet amour. Connaissez-vous Tobie mon frère? Oui. sans connaître père.

quand. ^ ses qualités. comme sa ressemblance et son image. et le principe intime secrètement agissant. Après nous avoir donné sa ressemblance. sauvegarde Vie vraiment surnaturelle dont de leur dignité. Dieu nous apparaît. ainsi. le don qu'il met auprès de nous pour nous secourir ou pour nous charmer. — — — — Allons plus II. le reflet de ses perfections. bonté. Elévation de nos atfections humaines . ses sentiments et ses mérites se particularisent à nos yeux. au fond de nous-mêmes. Jésus dans le prochain. Dieu se fait sentir comme le principe nouveau de nos affections aussi vivantes mais saintement surélevées. aimer en ceux que nous aimons. pourprendra quoi? Est-ce uniquement pour nous racheter? Alors qu'il se contente de donner son sang. Dieu serait l'objet merveilleusement entrevu. Ainsi. » mais Ainsi nous aimons d'avance tout prochain d'un amour général et puis. Principe de paix. de toutes parts.CINQUIÈME SEMAINK 324 le produit et le répand lui-même dans le cœur humain. car cela suffit Mais pourquoi ces trente ans d'une k I . Y pensons-nous? faisant — Disposition d'universelle Vue belle et féconde. au cours de la vie. Dieu veut nôtre. avant et poursuivons cette divine présence dans rincarnation qui la met sous nos yeux. se . nous les regardons comme l'œuvre de Dieu. d'égards. de prévenances. parce que l'amour sacré de l'homme envers l'homme est la vraie image de l'amour céleste de l'homme envers Dieu. il se fait l'un de nous.

quand il ajoute « Ce que vous ferez au plus petit d'entre les miens j c'est à moi que vous l'aurez fait ». si divin qu'on l'adore à genoux. il le jette à l'humanité cette : : : — les sentiments que fait naître en moi votre charme divin. la plus facile et la plus exquise. ceux qui les font meilleurs. sous laquelle tressaille un mystère. Et. c'est la discrète initiation à un fait transcendant la vie de Jésus en nous. ceux qui les encouragent.325 TROISIÊHB MÉDITATION existence obscure toute semblable aux nôtres? trois ans d'une vie publique où il se fait connaître au monde? Pourquoi? si ce n'est pour nous présenter un modèle irrécusable de ce que doit être Thomme envers l'homme? modèle si parfait et si beau que. en un mot. vous voulez des actes sans doute. si doux et si humble qu'il semble bientôt devenu imitable. de prime abord. et si humain qu'on ne peut retenir ce cri : « mon Pourquoi ces frère ! » quand sur point de regagner le ciel. vous me demandez de reporter sur le Aussi. En la couvrant de l'éclat de votre nom. mais vous attendez aussi des sentiments. doctrine aussi certaine que belle. principe déterminant de la charité la plus réelle. et parmi les sentiments ceux qui rapprochent les hommes. il nous déconcerte . nous cherchons instinctivement autour de nous des êtres sur qui répandre notre cœur. Maître adoré. En effet ce n'est point une pieuse recommandation. grande parole « Aimez-vous comme je vous ai aimés». vous ne venez pas effacer la per- prochain . si fort et si tendre qu'il s'empare du cœur. nous sentons là une parole révélatrice.

s'y dévouer. lance. par tant de piétés inconnues II comporte toutes les délicatesses de l'affection. acquises dans ses rapports avec les amabilités divines. et tout cela pour provoquer en sa faveur une un dévouement sans défailun amour pour elle qui monte jusqu'à pitié sans dédain. vous ! Comment ne pas désirer plaire à des êtres que Jésus honore? Comment ne pas désirer faire plaisir à des êtres tant aimés de lui? Faire plaisir au prochain. Vous l'éclairez de votre douce image pour atténuer les ombres de ses défauts. ce "se .326 CINQUIÈUB SEMAINE sonne humaine. il a pris le besoin de rester pur au contact de l'amour incréé. ohl le beau programme réalisé par tant de saints. tous les services rehaussés d'un sourire. il lui apportera une inclination pleine de la délicatesse de l'élévation. il a pu s'étendre bien loin et s'émouvoir profondément auprès de l'infini. de la constance. vous rélevez par la réalité de votre action en elle . oh lie cœur admirablement formé! Qu'il tourne à présent vers le prochain. toutes les industries de l'amabi1 suavités de l'indulgence. il s'est fait tout suave en cherchant à faire plaisir à ce Dieu père. Mais. et jusqu'à cette douceur de parole et cet air accueillant du visage qui deviennent la caractéristique d'un cœur où Dieu règne et lité. le vouloir fortement. la longanimité des supports. les agil. en descendant du ciel sur la terre. vous venez l'embellir et la protéger. Notre désir de plaire s'est formé en s'appliquant à plaire à Dieu.

en aigreur surtout. ensuite la préoccupation trop personnelle qui envisage plus son intérêt que le bien lui-même.. faut-il se jeter sur un autre? Pour supprimer l'abus. dans une grande pureté d'intention souvent renouvelée. La préoccupation. appauvrir sa vie. enfin le travers de l'obséquiosité qui peut aller jusqu'à la hideuse flatterie et fausser l'âme. tenez pour certain qu'un vice travaille vos sentiments. En effet. La tristesse deviendrait 7a loi de la perfection. Dégénère-t-elle en tristesse. Devient-elle de l'inquiétude. La seconde sera une règle de sage liberté.liens les plus sacrés.TROISikUE MÉDITATION désir de plaire perd sa sécurité en face breux écueils. et la vertu ne se montrerait i . cet indice d'un désordre. je veux être bon. pour être bon. regardez de plus près. L'examen et la prière vous le feront découvrir et l'amour de la vertu saura l'éliminer. détendre le/». toute infidélité d'ailleurs se trahit bien vite. Il — !• Le remède se trouve III.. et pour vous4)lairel Dans une âme pure. 20 La première règle de ce sentiment est donc une règle défensive. retranchera-t-on toute manifestation engageante? se montrera-t-on gêné du moindre éloge?. est la première à donner l'éveil. mon Dieu. jf27 dt nom- rencontre tout d'abord l'excès qui est un mouvement poussé trop loin. pour éviter un écueil. Mais ce serait inutilement mutiler sa nature. détruira-t-on la chose? Pour ne pas subir les dangers que peut entraîner le désir de plaire. Rè^/es pratiques.

Résolution.. ce n'est point là l'idéal vrai. ont été remplacées ici par d'autres plus conformes au sujet. au sein de l'universel égoïsme. regards obstinément fixés sur Dieu. Cet idéal est un désir de plaire. qui s'exerce sous l'influence de Dieu et sous son regard. dans un autre ouvrage projeté. liberté sage. mais elles se retrouveront. du moins. « car seule elle aime son Dieu en nous que sous 1 aimant ceux qu'elle aime. un désir sain et franc. — Vigilance attentive. est là pour susciter des générosités individuelles. qui est la gloire réservée à la vertu chrétienne. Oh non. dont les le soleil d'ici-bas membres dispersés çà et là. répandant autour de soi ce charme suave et pénétrant. et mieux à leur place. conforme aux exigences de la position de chacun. I 1 — I l'indispensable notion de l'idéal chrétien. et maintenir. sous les yeux de tous. Leur exemple.. sont des héros et que nous appelons des saints.CINQUIÈME SEMAINE 328 le parlant emblème d'un arbre dépouillé de ses feuilles. . — plusieurs pages des éditions précédente» Nota. » Que penser d'une société dont tous les membres seraient animés de tels sentiments? Quelle paix quelle diminution de souffrance Quelle consolation dans nos malheurs inéviCité de rêve que n'éclairera jamais tables! Plutôt cité idéale.

N'est-elle pas d'ailleurs la plus fidèle image de celle de Jésus?. La blanche lumière de l'astre des nuits. les Apôtres « levant les yeux. Telle fut l'humilité de Marie. — : : fection. ne descend-elle pas plus douce sur nos yeux? la plus humble des pures créatures. Nous deviendrons humbles par Imitation. ne virent plus que Jésus seul ». l'humilité de votre divin Fils 1 . elle l'attire en soi et lui emprunte sa vie. vous en êtes aussi la plus puissante. Vous nous cornmuniquez.COUP D'ŒIL Sur les deux méditations qui vont suivre Après les éblouissements du Thabor et ses nuages mystérieux.. Au sortir des lumières et des ombres de ces méditations prolongées. par l'amour. et c'est à la contempler que nous allons consacrer ces deux dernières méditations. nous aussi. C'est vers vous que se tournent nos regards et nos espérances. et simplifions nos vues en ne regardant que Jésus seul. levons les yeux.. Mais l'imitation et l'union sont les deux formes d'un même sentiment l'amour. L'imitation s'adresse au modèle et lui emprunte ses traits Vunion fait plus encore. et les deux agents d'une même œuvre la per. reflet atténué du soleil. en contemplant Jésus humble.

regard sur l'Infini. Tel n'est pas notre dessein. Marie. avant d'aborder le sujet spécial qui nous attire.. signalons deux différences très importantes entre sa vertu et la nôtre : l* Les raisons d'être humble. continuelle et pénétrante. regard sur sa petitesse. Respexit humilitatemjfecit mihi magna. Le Magnificat est le cantique secret de toutes ses heures. les motifs que nous venons de méditer. Deuxième point : Son humilité comme co-rédemptrice. — Préparation pour la veille.. elle les voyait d'une vue claire. nous aurions à parcourir. Nous oublions. jamais Son regard reste toujours ouvert. — ! — . en les lui appliquant. Si nous voulions étudier à fond Thumilité en Marie..Cinquième Semaine QUATRIEME MEDITATION XXXII* EX8RCICB Marie transformée en Jésus humble par r imitation Premier peint : Humilité d'imitation de Marie comme mère. toujours conscient de ces motifs contemplés sans défaillance».. nous perdons de vue. Troisième point : Avec Marie nous faire humble par — — imitation. Toutefois. ^ etc.

toute une vie.. Nulle créature. Dieu écarte toutes ces piécautions. post Filium. les grandeurs de sa maternité divine. et elle en connaît toutes les prérogatives. ou du moins sous de mystérieuses ignorances. une telle humilité est de l'héroïsme. nelle femmes.QUATRIÈME UÉDITATION 33l 2«> La condition de notre humilité est telle que. ne descendit aussi avant dans l'humilité. ce que nul homme ne pourrait soutenir un seul jour — ! Méditation — Prélude..». Que dire d'une force qui accomplit.. Humilité d'imitation de Marie — Jésus humble était son Fils. l'héroïsme est la force s'exerçant à des actes sublimes et difficiles. après Jésus. et elle le saiti Elle a sondé. Mais l'abîme des grâces reçues n'a fait que rendre plus sensible à ses yeux l'abîme de son néant... entre toutes elle les est parfaite. pour la sauvegarder... . assez comme Mère. Nulla creatura. mieux que tous les théologiens ensemble. Or. Dieu abrite sa fragilité sous des imperfections. tantum descendit in abyssum humilitatis (saint Bernardin de Sienne). I. En effet. Il l'expose au grand soleil de la vérité : Elle est est bénie immaculée. Demander la grâce d'aimer Jésus pour éprouver l'ardent désir de l'imitT. Ne faut-il pas un peu d'ombre aux plantes délicates! Pour Marie.. son Fils à elle.

car elle n'en pouvait connaître d'autre.CINQUIÈME SEHAINlt 332 — — — son Fils bien-aimé. avec ses yeux. son tout. elle a ce génie. le il se fit humble.... cœur commande que et l'intelligence la presse si fort parfois qu'elle Il dépasse sa propre portée. Et elle l'aimait! Plus heureuse. et il restera humble tant qu'il restera homme. Et elle l'étudiait. et le Jésus incarné. promène. avec ses intuitions de Mère.... elle l'adorait d'amour. Jésus humble allait se développant sans cesse devant les extases de son amour. Quelles vues sur l'humilité de ses divins mystères» de sa petise réchauffaient méditations • . C'est du cœur que naissent les grandes — — — vues. — Le — obéit. les faits évangé- liques. Dès premier instant. flamme intense. Et elle n'aimait qu'un Jésus humble.. Sa pensée se devine tout. Tout se fondait dans cet amour. c'est le Jésus anéanti.. son Dieu à elle seule. tant qu'il sera son Fils. Le cœur ne serait-il pas toutes choses ? Est-ce — la création le nid où éclosent ne sort pas de l'amour de Dieu? Dans ce cœur de Marie. comme autrefois sa vie. au contact enveloppant de ses Conferens in Corde suo.. Il n'y a au monde que le Jésus incarné. et son Fils.. Ahl si les mères pouvaient! Tout se taisait devant ce sentiment dominateur. les paroles et les attitudes de son Fils. dans cet être qui reste à elle toujours. avec son La Mère cœur.

car elle n'est pas seulement sa Mère. elle le contemple au travail. A mesure que son Fils grandit. de sa faiblesse indigente. L'imiter devient sa loi..quàtrièmb méditation 333 tesse dépendante. et recueille ses moindres paroles.. elle — : : ! ! . son amour des occupations humiliantes. presque sans le vouloir. ces pieds seront percés de clous et l'on élèvera cet innocent sur la croix infâme Ah! si elle pouvait prendre sa place I. qu'elle va toujours et ne l'atteint pas.. son besoin et.. avec Lui! Mais il est si avant dans cette voie.... Déjà.... le silence où il semble se perdre.. de l'amour ^dont il les aimait!. les voix lointaines des Prophètes faisaient entendre ces mots expiation. Son humilité d'imitation comme co-rédemptrice. elle se fait humble à ne plus se retrouver en rien. Elle aime à partager l'ombre où il se cache. elle admire sa modestie. Mais il marche encore. se hâte vers le Calvaire ensemble... mais elle l'occupera avec lui. son Jésus humble!... Marie épie moindres mouvements. sur son berceau. passaient des souffles de mort. l'on soufflettera ce doux visage! quoi. elle sait son Jésus par cœur. elle neja prendra pas.. Non. sa douceur. On peut le dire. ces petites mains. Puis. : Nous y arriverons lui crie-t-iL II. le miracle continuel de ses ses effacements. et elle le supplie de l'attendre. elle jouit de s'abaisser toujours davantage.. des prévisions désolantes planaient sur le cœur de la Mère quoi.. il .... victime. son goût pour les petits.

Rien n'est puissant comme l'amour. — imite. la seule qui leur donne la viel Devenir humble par amour. L'amour contemple. elle est imQuand il est morl. La crainte resserre... plus facilement humble. est elle l . Devenir humble par amour. rien n'est C'est — — comme ce qu'il inspire. elle ira même jusqu'à donner une attrayant ... mais elle le veut encore... Il l'a faite co-rédemptrice La voilà donc armée du droit de partager ses humiliations qui sauvent que dis-je? de le vouloir avec lui Son Fils veut être humilié.. molée au Calvaire avec lui... On deviendra.. par une mère. — . — Devenir humble par amour. et elle veut qu'il meure. — — Avec Marie. le sacrifice se prolonge encore. c'est beau. rôle sublime! elle reste seule à subir les humiliations. aimons.. et elle veut qu'il soit humilié elle en souffre horriblement. elle peut retenir sur la çente du mal. l'amour III.. tendaità s'unir à chaque intention. Comme Mère.... par cette voie. sans le plus ravir toutefois.334 CL1QUIÈME S£MAI?(B encore sa divine associée. Ainsi. La charité n'est-elle pas la reine. qui s'attachent au cadavre de son bienaimé!. tion.... . donnera cette vertu un mobile plus élevé que le sien propre. Son Fils veut mourir. à chaque souffrance. l'amour devine. la formatrice des vertus. à chaque palpitation du cœur de son Fils. c'est sage. c'est régulier. nous faire iiumbles par imitaPuisque l'amour a cette force. et Dieu a secondé cet effort.

image.QUATlVIÈaiB MÉDITATION 335 certaine impulsion vers le bien. dans sa personne. Résolution. dans son Cœur sacré. aimons à l'imiter : « In odoristie. en élevant toujours plus haut. dans son EuchaAvec elle. rem ungiientorum tuorum currimus : courons sur ses pas à l'odeur de ses parfums. . Avec Marie. » — la prendre les — Se faire de Jésus humble une douce remettre fréquemment sous nos yeux. et il éloigne du mal de la façon la meilleure. mais Tamour seul ouvre les grands espaces. seatimeals de Marie. dans ses paroles. contemplons Jésus humble dans ses mystères.

Jésus vivant en nouç. — Dtvxième point : — Nous méditerons union de vie que forme la grâce et que couronnera la gloire. Marie vivait de la vie de Jésus. dans un rang inférieur. nous le sommes avec elle. union qui fait de Jésuài et de toutes les âmes justes. union mystérieuse. mais certaine. Un principe de souveraine délicatesse : — : : . La méditation de cette haute vérité sera pour nous un principe de dignité noblesse oblige. Cette communauté de vie fut en Marie d'un ordre à part. un seul corps mysPréparation pour demain la veille. cette belle tique. et. Il y a néanmoins entre son état et le nôtre un fond commun. nous en vivons Elle fut dès lors un membre de son aussi corps mystique.Oinqnième Semaine CINQUIEME MEDITATION ZXXIII* KXBRCIC8 Marie transformée en Jésus humble par Tunion de vie Premier point : Jésus vivant en Marie. elle s'exerça d'une façon éminente et se développa dans des proportions qu'il est impossible d'évaluer.

l'accent.337 CINQUIÈME MÉDITATION Jésus veut partager nos sentiments. — 22 .. plénitude qui ira néanmoins ici-bas toujours en s'augmentant. le bel échange fait entre la mère et le fîlsl Marie communique à Jésus sa propre vie.. pour ^ Méditation Prélude. de générosité et de joie spirituelle. puis avec son lait.JQn principe de généreux progrès : Il attend d^ nous un accroissement de sa vie. la démarche. C'est avec son sang. Jésus va communiquer à sa mère ! sa vie de grâce et il le fera royalement. demain. nous avions ce Jésus devant nos yeux l'imiter.. Jésus vivait en Marie de sa vie d'homme-Dieu. ^ui se Elle lui transmet cette ressemblance physique que l'on retrouve dans la physionomie. Que ne lui donnerait-elle pas A son tour. BOMiurâ. des goûts de famille. Hier.. et Marie se tenait unie à son action par tout ce qu'elle avait de connaissance et de rolonté. — Demander la grâce de prendre dans un grand accroissement de délica- celte méditation tesse. . il la lui donnera dans une sorte de plénitude. nous le contemplerons en nous pour unir notre action à la sienne. Bien plus. — Jésus vivant en Marie. résultent du tempérament et qui constituent des dispositions. qu'elle forme son corps I. elle fait passer en lui ces ressemblances morales qui sacré.

il faut que le cep divin et le sarment se touchent de quelque manière. imitées et vécues : 1 IL Jésus vivant en nous. qu'une . plus elle entrait dans cette communauté de vie. Certes. car la vie se définit le principe intérieur des actes. pour qu'elle me pénètre et m'anime. non. du moins. mais c'était la recevait cette fois. en mérites. » — ^Miki est ma viel » Comment « Yivit vero in vivere Christus est. auront été pleinement comprises. en amour. les humiliations de Jésus dans son cœur et dans ses mystères. La sainte communion vint achever cette œuvre La mère et le fils semblaient avoir : repris.338 GlNQUliMB BtMAlNt Plus elle croissait en grâces. une extension en moi de la vie qui l'anime lui-même. Ainsi le cep se prolonge dans le sarment qu'il a : formé et qu'il nourrit. et la vie qui lui était ainsi rendue en échange. était la vie d'un Dieu plus que jamais anéanti. Mais pour que cette vie s'étende ainsi jusqu'à moi. mais ce don est plutôt la source de ma vie que ma vie même. venue de lui. qu'ils soient unis. la même vie. quime soit intérieure et actuelle. moi aussi : — Jésus vit en moi. du fond de son cœur. Par Marie. ce n'est pas moi qui vis. c'est Jésus qui vit en mail » Admirons et félicitons le fils et la mère. en me Christus. comme Marie qui jadis. Je cherche donc une influence. Il l'entendre? S'agit-il du don qu'il m'a fait de sa vie sur la croix ? Sans doute. Tous les mystères lui apportaient des vues qui rétendaient et des ardeurs qui l'embrasaient. elle pouvait crier la première et plus haut que saint Paul « Je vis.

si ses vouloirs. de beaux désirs. reste au loin dans son ciel.. ô Jésus! C'est vrai. et c'est à moi qu'il n'avait à écouter \. II. sa vie enfin.. I Troisième messe. un plan. Vie de Jésus en nous . si. il la distingue et il l'écoute. mais il n'y vit pas pour lui seul il est le chef toujours agissant de l'humanité régénérée... Jésus. t. mais il se relie à nous d'une façon immédiate par sa divinité. Il a suivi mes pas dès ma première enfance. pour le rapprocher de mon cœur? Jésus vit là-haut dans la gloire. celui du ciel. t. Voir Pratique progressive de la Confession. comme s'il que celle-là. — : . si j'aime à distinguer les traits de son visage et le son de sa voix. Quand ma prière s'élève vers lui. pourquoi n'évoquerai-je point un autre lointain. il me connaît. il m'aime. Méthodes et formulée pour bien entendre la Messe. et vous êtes loin de moi dans votre ciel. en son humanité. mêlée à mille et mille autres prières venues 'de toutes les plages de la : terre. pour le mieux voir et le mieux entendre. J'aime à me le représenter pensif à cette heure. je me transporte pieusement aux lieux où il vécut. Il a sur mon avenir une pensée. car toujours vivant. ses grâces. puisque sans cesse il prie pour moi : « Semper vivens ad interpellandum pro nobisK » Si j'évoque le passé pour retrouver le Jésus de l'Evangile. Rien de moi ne lui fut étranger. la communion ne nous le donne qu'en passant. pas même mes douleurs humaines.CINQUIÀME MÉDlTÀÎIOM 339 communication règne entre eux. dont l'action intérieure nous transmet ses pensées.

A mon tour.. Il se détournerait. sa vie dans ce grand corps. je CINQUIEMB SEMAINB le vois suppliant devant son Père. un progrès qu'il implcrre pour moi. puissants mobiles de ma ferveur. je le crois et de cette foi. et si je ne perçois pas au-dedans les inspirations de sa grâce. je n'ai pas besoin de la sentir. c'est vrai. Jésus pensera-t-il cette pensée avec moi? Fera-t-il sienne cette action que je médite? Son cœur s'unira-t-il à mon cœur dans cette affection? Voudrais-je le mêler lui-même à mes sentiments s'ils sont bas. je me surpasserai moi-même j'irai au-devant de lui par toutes les industries de mon initiative. et une grâce.. je fais un c'est 1 1 . je mettrai à son service toutes les ressources de mon activité. mais elle est réelle . de parti-pris. nous vivons ensemble.340 pense. la communication serait rompue pour des plus — — de tels actes. un pardon. je peux l'accroître. Pourrais-je. je peux rendre Jésus plus grand dans son être mystique. je chercherai dans ses leçons et ses exemples le sens de ses désirs ne pense-t-il pas toujours ce qu'il a pensé sur : : la terre ? Ainsi donc. ô Jésus... et pour cela. sa grâce ne m'accompagnerait pas. à mes pensées si elles sont impures? L'entraînerai-je avec moi dans les recherches de mon orgueil et dans les tristesses de mon égoïsrae?. me résigner à rester médiocre? J'arrêterais en moi l'expansion de la vie de Jésus. Oh que cette noble et chère tête s'occupe bien du dernier de ses membres! Cette action en moi est secrète. .

puisque je les accomplis librement. interroger au-dedans la pensée du Maître un instant suffit quand on est bien près : de luL 1. Prenez-les donc puisqu'elles sont vôtres. Accroissement accidentel.) . bien avant dans les profondeurs de l'humilité. vous devenez quelque chose de plus^ Heureuse l'âme qui comprend ces merplus heuveilles. I .Elles sont à moi. vie attentive et maternelle. puisque tout le surnaturel qu'elles contiennent appartient à votre grâce. Avant de se décider. avant de donner une réponse. .CINQUIÈME MEDITATION ^ 341 Les œuvres opérées sous votre influence nous devipnnentcommunes. étonne mon admiration par son immensité. Je reste muet de surprise en songeant que je suis quelque chose de vous. ! 1 ! — Résolution. et depuis des siècles. Si votre vie.. cette même vie pour chaque âme. et que. mon bien suprême (Saint Augustin.. par moi. très loin des petitesses amare ! o ire! o sibipedu misérable orgueil rire! ad Deum pervenire ! Vous aimer Vous suivre! Se perdre et vous trouver. ravit mon cœur par son intimité. ô Dieu. cachées au grand nombre reuse encore celle qui en cultive l'attrait: Elle ira d'abîme en abîme. recevez-les puisqu'elles sont miennes aussi et unissez-les à votre grand corps mystique. dans des milliers et des milliers d'âmes. elles sont à vous. non etsenkiel.

) Lui ai-je procuré cette joie qu'il recherche. me sentant entre les Avec tout prochain. Convaincu de Tinfinie bonté de Notre-Seigneur et de ma particulière misère et ingratitude.Examen particulier en usage dans une pieuse association Esprit de touchez lumière et de vérité. mè suis-je tenu en lui tout petit et tout simple. du prochain. puisqu'il le veut bien. dans la sainte communion et dans les exercices de piété ? (S'anéantir pour adorer. et abdiquant toute vie trop personnelle pour vivre de sa vie à lui. de savourer en moi les humiliations extérieures ou intérieures humiliations venant de Dieu. en ne mains de Dieu? parlant de moi que dans la mesure de là sim: — — . abîmé dans son cœur doux et humble? M'y suis-je tenu caché. de moi-même. anéanti. orgueil et sont fait sentir? quand mon jugement personnel se Me promptement suis-je alors uni au mépris qu'ils inspirent à Jésus vivant en moi ? Me suis-je rappelé que c'est Jésus doux et humble qui doit vivre en moi? Dans cet esprit Avec mes supérieurs. éclairez et mon âme. réparer et prier. rendre grâces. me suis-je. L'ai-je considéré s'anéantissant avec moi devant son Père dans l'acte d'humilité du matin. de toutes choses : contraires ? Me mon suis-je tourné avec lui contre moi.

doux et humble de cœur. vivez mal? librement en mon âme « ! : 1 — . il y a — lieu. ai-je abdiqué toute préoccupation personnelle. Ai-je mis ma règle de discernement dans Jésus peut-il penser cette simple question avec moi cette pensée? aimer avec moi cette affection? m'accompagnera-t-il dans cette déplicité. quand Envers mon propre sentiment? les inférieurs. en ne témoignant aucune exigence et au contraire beaucoup de douceur. méprisant même.343 CINQUIÈME MÉDITATION abaDdonnant. grandir et se complaire en moi ? En Jésus. oubliant celle qui n'est pas pour m'occuper surtout de Celui qui est? Ai-je rapporté à Dieu tout bien? Ai-je compté absolument sur lui pour triompher de tout Jésus. » de le faire toujours vivre. : marche ? Ai-je parfois trouvé la paix dans cette parole : pourvu que Jésus soit content » et le cou« j'ajouterai à son rage dans cette assurance Ai-je eu à cœur front un rayon de gloire.

. qui les comparent et les unissent. l'amour dans sa fierté. elles marchent ensemble vers la gloire de Dieu. je distingue entre ces deux sentiments des rapports si étroits qu'on les jugerait inséparables. comme le corps et l'âme forment le composé humain. . L'amour trouve son Dieu en s'élançant vers l'humilité le rencontre au fond de ses abais- lui . . celui de l'adoramilité inclinée. son éclat. Unissant leurs drapeaux. à mesure que mon regard se fait plus pénétrant.ÉLÉVATION SUR Les rapports de ^humilité et de Tamour divin Quand je contemple d'un même regard l'hu- pauvre d'aspect. Cependant. des traits de ressemblance si frappants qu'on les reconnaît de même origine une action réciproque se complétant si bien que l'on se demande si l'humilité et l'amour ne sont pas un composé formant une seule vertu. cherchant l'ombre et. Issues des mêmes vues. : tion. Assurément l'humilité et l'amour constituent deux vertus distinctes mais il n'est pas téméraire de dire qu'on ne les voit jamais séparées. elles donnent à Dieu la même préféren»^e sur toutes choses et parlent le même langagej^ le plus sublime. son besoin d'expansion. je me demande comment peuvent se justifier ces assertions des saints. à côté d'elle.

elle se contente de se complaire en elle-même si elle est grande. et ce que mon action peut atteindre. mon âme est médiocre. ! Son rival dangereux est l'exaltation du moi humain. Leur but L'amour veut — commun le : la gloire de Dieu. Si . L'être doué de raison n'a : . ou que je me fasse un piédestal de l'estime des autres.ÂLéVATION 34S sements. un ornement dont elle s'embellisse. et ce bien Tout pour elle. bien de son Dieu. et il n'est pas un atome qui ne puisse devenir une voix qui la proclame. là d'alTection. l'orgueil. I. Tous les deux se dégagent du créé l'amour en s'élevant loin de lui. elle veut s'élever au-dessus des autres et elle use ses ressources dans les tourments de l'ambition ou de l'envie. je ne songe pas à sa gloire. Une soumission universelle est le propre de l'amourcomme de l'humilité. elle est un besoin ici de justice. un moyen qui la serve. et ce que rêvent mes désirs Tout pour sa gloire afin qu'elle éclate de toutes parts! C'est elle seule qui doit régner dans l'univers . dépose tes ridicules prétentions. chez l'un comme chez l'autre. Que je m'élève dans ma propre estime. ici-bas s'appelle sa gloire. l'orgueil su- L'humilité vengeresse chasse toutes ces usurpations Si tu es le néant et le mal. L'orgueil mesquin remplit . je ne considère que moi j'oublie Dieu. . vainement toute une existence perbe 1& dévaste. : . dans une sphère où il le domine l'humilité en descendant vers lui et le touchant de son dédain. et ce qui vit dans mon cœur.

Ils déposent sur l'autel et l'estime des hommes et ce qui d'ordinaire l'attire le talent. Réunis. en le et si. t'affranchir. la bonté. laisse à faveur du bien. en renversant Tidole. : — justice qui porte la sentence. C'est son but nécessaire en tant que créature. l'amour s'évanouirait dans l'illusion. le feu sacré. Inséparables compagnes des luttes de la terre. humilité. il est vrai. l'humilité et l'amour ne sauraient vaincre sans cette alliance intime la mort de l'une amène: raitla ruine de l'autre. toute déification là-haut.CINQUIEME SEUAINI 346 de s'abaisser à se rechercher luia le devoir de tendre vers la grandeur. C'est son pas le droit même . il occupation maîtresse en tant qu'activité. car seul l'amour comme la Inort. L'humilité est la tière. le est fort parfois. l'humilité s'efl"ondrerait dans la bassesse. — l'amour est glaive qui l'exécute. C'est l'élément supérieur dont se fait toute sainteté ici-bas. humaine. le succès et jusqu'à cet honneur légitime que l'on n'a le droit de sacrifier qu'à Dieu. L'humilité fournit la mal'amour. sans l'amour. l'auréole de l'admifit . tu ne laisses pas le temple vide. Tu t'abaisse^. A la place de ce triste moi que tu me défends de servir. Sans l'humilité. ces deux sentiments donnent à Dieu sa plus grande gloire par le sacrifice de tout ce qui surélève la personnalité. tu fais régner Dieu et sa gloire. l'infinie perfection. mais c'est pour prendre un élan plus vigoureux vers les hauteurs et si tu te dédaignes. haut arrête comme il l'âme. s'il . c'est pour . le Maître d'en glaive et soustrait la auprès d'Abraham victime.

de son infini. et son essor s'élève II. il n'en est pas moins un sentiment désintéressé. se révèle à sa raison croyante et la voilà qui cherche vainement sur quoi appuyer ses prétentions. demande à ces perfections divines le motif principal de mêmes son inclination. choix volontaire. C'est elle qu'il envisage et dontil s'éprend. elle les porte comme un objet d'emprunt. En face de la Grandeur Divine entrevue. par l'amour. naît du mobile qui l'inspiré. Leur origine Un sentiment à mesure qu'elle lui manifeste davantage ses attraits. cause mystérieuse et réelle de tout bien. elle aussi. n'ont en vue que la divine ama: bilité. l'âme se sent petite à l'infini en face de l'Autorité souveraine. l'humilité C'est ainsi pousse son mouvement jusqu'aux derniers conl'anéantissement. : — commune : la vue de Dieu. Rien n'appartient . C'est vers elle qu'il s'élance. car telle est son essence passion sainte. Que l'action de Dieu. par Thurailité.347 iEliévation ration générale. L'amour trouve le sien dans l'amabilité souveraine. fins de son idéal propre C'est ainsi que. elle s'agenouille dans une dépendance absolue. Que cet amour soit une passion sainte qui entraîne ou qu'il reste simplement un amour de volonté qui se détermine par choix. . l'amour trouve pour l'offrir à son Dieu une victime digne. s'il est possible. il se hausse pour atteindre toujours plus loin. que. nécessaire et profonde. L'humilité parfaite. Il grandit avec cette vi^e.

il contente de ce que nous pouvons lui donner. il ne compte du peu que nous sommes.348 CINQUIÈME SEMAINE en propre à la créature. ô mon Dieu. car le néant et le mal n'ont rien de positif. Or. sans éprouver ce double sentiment d'amour et d'humilité Ils naissent du même regard. Je ne puis donc vous contempler. mais quelle est donc cette bonté qui aim^e sans cela. maigri les laideurs et les ingratitudes? L'amour. deviennent des motifs d'amour! Quoi! Je suis aimée ainsi faite! Qu'on aime ce qui est beau et pur. que dis-je? qui aime. Toute ascension de l'un porte l'autre plus haut. dans ses splendeurs. ô ma sœur. à. dans vos merveilleux attributs. il y a donc des profondeurs de bonté que sans toi je ne saurais connaître tu étends mes vues et ce que je découvre. palpitent des mêmes surprises et. toutes ces misères. que je suis vile! L'amour dit il nous aime! et l'humilité s'écrie :se peut-il? Alors l'amour se penche pour tout lui expliquer : 1 — : : — : — est aussi bon qu'il est beau. L'amour dit que Dieu est beau! L'humilité répond près de lui.mesure que tout s'efface ainsi du côté de la terre. mutuellement. qui sont mon être. c'est l'inclination naturelle de la bonté. ^ : . l'Etre divin se déploie au-dessus de nos têtes. s'accroissent en se complétant. il tient pas se — L'humilité relevant le front : Mais alors faut l'aimer davantage! Cette bassesse me où il je vois et qui me rend timide ces fautes qui remplissent ma vie et qui me fermeraient le cœur. vois-tu. blesse mon cœur du Jésir . . humilité.

Veux-tu que nous aimions ensemble? — amour divin. le manteau . je te transformerai. laisse-moi garder mes haillons. et pour faire passer sur mes traits. tu cependant. mais je deviens amour. comme le deviendras l'adoration béatifîque. tant que je serai de ce monde. — Alors. Et cette physionomie. d'or que là-haut revêt le néant. Sous elles. je marcherai caché sous ton manteau. L'humilité. au ciel tu me rejetteras voyageur en arrivant rejette le manteau qui îri» son abri dans la route? L'amour.Oh! non. Je descendrai aussi dans tes impressions profondes pour y perdre toute com- — plaisance en moi-même. Sans cesse. quelque chose de plus confus et de plus tendre. dans ma voix et jusque dans mes moindres actions. pour traverser l'estime vaine. cette voix. Je me revêts de tes riches parures. frère saint dont veux me transformer en toi. tu L'humilité. et. je les adopterai moi-même. car elles plaisent à Dieu et dérobent à l'admiration des hommes.349 ÉLEVÂT! 0> d'aimer davantage. -. Je reste humilité. cette attitude. L'amour. ils toucheront ma chair pour lui imprimer le sentiment de sa misère native. je suis indigne.

£XÂMEN GÉNÉRAL Quelle estime et quels désirs avons-nous à l'humilité î^eule peut — Comprenons-nous que donner à l'âme la capacité l'égard de l'humilité? de recevoir et de conserver toutes les autres vertus? L'humilité est-elle un des objets les plus accoutumés de nos prières de nos supplications? En faisons-nous souvent le sujet de nos méditations. de nos lectures. de nos examens?^— Parmi les moyens d'acquérir l'humi- — . quand nous le possédons dans notre cœur. soit du prochain. lité. notre réputation est surfaite ou usurpée? Notre paix n'est-ellô pas troublée ou perdue quand on arrive à découvrir ce que nous sommes en — peu que nous valons? Aussi ne mettons-nous pas beaucoup de soin à dissiréalité et le . soit de nous-mêmes. comme autant d'occasions précieuses et providentielles de nous avancer dans la science de — l'humilité? Sommes-nous persuadés que nos actions les meilleures en apparence sont trop souvent déflorées par quelques-unes de nos Gomment secrètes inclinations mauvaises? supportons-nous l'échec de notre amour-propre quand on s'aperçoit que. cherchons-nous à attirer en nous l'humilité ineffable de Jésus-Hostie et sa douceur si com- municative? Regardons-nous les humiliations qui nous viennent. sur tel ou tel point. y ftn a-t-il au moins un que nous em- — ployions avec persévérance? Quand nous 'sommes en présence du Très Saint-Sacrement.

dont les personnes de la société se paient mutuellement? Aimons-nous à faire nos bonnes œuvres en secret? Tout en remplissant le devoir de l'édification. de parler de leurs œuvres de zèle avec autant de satisfaction que de prolixité? Avons-nous conservé l'humilité dans nos conBolations et progrès spirituels. ses vêtements. sa nourriture. où les mondains mettent de l'ostentation? N'entrons-nous jamais dans cette conspiration universelle contre la vérité. sur le vulgaire. qu'ont plusieurs. et dans tout le reste. » Ne tombons-nous pas quelquefois dans ce déplorable travers. dans les succès — — : — — . le» éviter? Conversons-nous volontiers avec les gens de condition inférieure? Où vont d'instinct nos sympathies du côté des âmes simples et modestes. ne prenons-nous jamais des airs de grandeur que nous trouverions très ridicules chez autrui ? Croyons-nous que l'esprit de l'Evangile demande au chrétien de recher- — : — — — cher la simplicité dans son genre de vie. des N'aimonsgens toujours sûrs d'eux-mêmes? nous pas en général tout ce qui est distingué. qui se fait au profit de la vanité de chacun? Répugnonsnous à accepter et à offrir ces flatteries mensongères. le Père céleste préfère un endroit caché. ou du côté des esprits audacieux.IXAMKN GÉNÉRAL muler nos SSi beaucoup plus qu'à fautes. restonsnous dans l'esprit du conseil qu'a donné NotreSeigneur « Pour prier. uniquement parce que cela tranche sur le commun. comme on dit parfois dédaigneusement? Dans notre façon de parler et d'agir.

à l'ennui N'estde nous-mêmes et de nos fonctions? ce pas aussi par une fausse humilité que nous craignons de paraître. au lieu de les racheter par le travail et la générosité dans le — — Couvrons-nous du nom d'humilité une disposition à l'humeur chagrine. en perdant notre temps à gémir sur nos misères. à défaut de ces joies assez rareSjde nous contenter du témoignage de notre conscience? Pouvons-nous nous passer longtemps de toute marque extérieure d'approba- — N'avons-nous pas tion de la part d'autrui? combattu nos tristesses et nos découragements par des regards de complaisance sur certains côtés avantageux de notre personnalité? La défiance de nos propres forces n'est-elle que le prélude d'une grande confiance en Dieu? Ne faisons-nous pas servir l'humilité de prétexte à la paresse.EXAMEN GÉNÉRAL 352 — Somles plus encourageants de nos œuvres? mes-nous capables. quand il le faut. à dé- — nigrement? — Sommes-nous également iudiffé- . que nous nous retranchons parfois dans l'isolement contre les avanies du monde? Notre timidité n'est-elle pas tout bonnement un déguisement Quand l'utilité ou la chade l'amour-propre? rité requièrent que nous parlions de ce qui nous concerne. à plaisanterie. nos défauts. et qui peuvent en faire un thème à critique. n'y a-t-il pas d'afifectation dans sacrifice ? — — notre modestie? Nos sentiments d'humilité sont-ils assez surnaturels pour nous maintenir toujours patients et doux en face de nos incurables misères ? Comment acceptons-nous les occasions qui révèlent nos torts.

les estimons-nous bien au-dessus de ce que nous valons? Aimons-nous à travailler en sous-ordre.EXAMEN GÉNÉRAL 353 rents aux éloges et aux blâmes ou plutôt. ou à d'autres saints: « Parmi les serêtre — : viteurs du bon Dieu. de diriger. à garder — — HUMILITÉ.qui faisait dire à saint Paul « Je suis le premier des pécheurs ». peut. — — même devant notre Directeur? Redoutons-nous la présomption. — 23 . devant nous-mêmes ou devant les autres. ou à saint Vincent de Paul « Je suis pire que tous les démons».que nous cherchons à faire valoir des circonstances atténuantes.notre amour-propre ne se froisse-t-il pas facilement pour une petite parole piquante. n'avons-nous pas d'a. de réprimander. pour un léger Le regret que nous avons manque d'égards? de nos péchés n'est-il pas en grande partie N'est-ce pas causé par la honte et le dépit? par manque d'humilité que nous ne savons ni nous relever aussitôt après nos chutes. peut-être. je suis le dernier des der- niers? » Sentons-nous profondément le besoin de prier avant d'agir. ni dans la suite utiliser nos fautes . d'avoir ofûciellement toujours raiNotre opinion de nous-même n'est-elle son? pas bien opposée au sentiment si étrange. et de remercier après l'ac- tion? Trouvant notre responsabilité actuelle déjà bien lourde. humainement parlant. comme une suite naturelle de l'habitude que nous avons. de commander.utre ambition que celle de remplir de notre mieux les devoirs de notre situation présente? Si modestes que soient nos fonctions.

puis k nous effacer au moment de la moisson.KXAMBIf GÉNÉRAL 354 pour nous la part la plus laborieuse. qu'on ne nous écoute pas. de plus envié ? Avons-nous pour tous de constantes prévenances inspirées soit par le respect intérieur envers eux. excuses et murmures. esprit de suffisance et de domination devant lequel tous doivent plier ? Supportons-nous doucement. qu'on contredise nos paroles. renvoyant à qui de droit le mérite et les louanges? Restons-nous bien calmes quand nous croyons voir que nos Supérieurs nous oublient ou font Ne parions-nous d'eux peu de cas de nous? qu'avec respect. ou bien au contraire avec promesse sincère de tâcher de les contenter à l'avenir? Ne sommes-nous pas jaloux à l'excès de notre indépendance personnelle? Observons-nous la règle générale de ne parler du prochain qu'en bonne part? Nous efforçons-nous d'avoir de lui la meilleure opiDétournons-nous de parti pris nion possible? Nous notre pensée de ses imperfections? refusons-nous à le juger? Nous sommesnous défaits de l'esprit de contradiction t Sommes-nous peu enclins aux discussions? Savons-nous ne pas interrompre autrui et nous Laissons-noas volontiers aux taire à temps? autres ce qu'il y a de meilleur. à l'exemple du divin Maître. soit par le sentiment sincère de notre infériorité ? N'y a-t-il en nous rien qui sente ceN. qu'on dénature nos in- — — — — — — — — . même quand ils nous causent quelque peine Comment recevons-nous leurs réprimandes ou même leurs simples observa^ — I tions? Est-ce avec force répliques.

avec impatience et coTandis que Notre-Seigneur s'est tu lère? devant la haine et la calomnie « Jésus autem tacebat ». entretenir contre ses agresseurs une amertume persévérante. comme pécheurs. ne sommes-nous pas tombés dans l'une de ces trois fautes se venger par des paroles de mépris ou par des railleries sanglantes.EXAMEN GÉNÉRAL 355 demandes. ne repoussons-nous pas ce qui nous blesse. reconnaissons-nous. laisser son courage Si cruelles que succomber dans la tristesse? puissent être nos peines. ou bien enfin. qu'on rebute nos moque de nos conseils. qu'on se nous traite sans avec un dédain affecté? tentions. qu'on ménagements ou même — Quand nous pensons être victimes de lamalveillance. pour pouvoir vivre et mourir dans sa bieuheureuse paix? — : : — — — . nous méritons des traiAvons-nous excusé tements pires encore? nos ennemis devant Dieu et prié pour eux? Sommes-nous résolus à abandonner à jamais notre cause entre les mains de notre Père céleste. de l'injustice. que.

3° Vous concentrerez votre effort dans une adorer pratique très efficace. — : — modémême quand on est seul.CONSEILS Pour la conclusion de ces exercices I — i° Vous arrêterez d'abord vos résolutions : Qu'ai-je à réformer? qu'ai-je à introduire? — — par quels moyens? 2° Vous choisirez une rue qui vous impressionne et que vous ferez planer sur votre pensée. par exemple Dieu profondément avant chaque prière. etc.. — — s'appliquer à écouter les autres. une accusation détaillée en confession. rer ses voix. sMmposer une physionomie toujours humble : — . On peut se contenter encore de marquer chaque soir le nombre de ses manquements.parexemple: quelques privations. ses réponses. pour noter d'un courir . etc. par exemple l'infini de Dieu en face de votre ou néant— la vie intime de Jésus en vous bien un souvenir comme celui de certaines ou encore la constatation fautes humiliantes d'une infériorité sensible. Déterminez une sanction à tout manquement. mouvements. le ton de sa et sereine. quelques prières. 4** — II Consacrez ensuite quelques moments à parla table de ce volume.

Que la communion de ce dernier jour soit préparée avec plus de soin. C'est alors que vous réciterez lentement et de tout ^œur la prière suivante: . s. III Pour clore dignement ces saints exercices.CONSEILS POUR LA CONCLUSION DE CES EXERCICES 357 ou les lectures sur lesquelles il vous semblerait le plus utile de revenir. en vous avançant vers l'autel le plus près possible. les impressions s'effacent. vous n'en reviendrez jamais sans signe. ingéniez-vous à trouver diverses pratiques moins ordinaires. Se former à l'humilité est Allez souvent une œuvre de longue haleine.. Emparez-vous si fort de Jésus que vous remportiez partout où vous irez. placez des fleurs et une petite lampe allumée. si Dieu le permettait.. Jésus et vous puissiez vous entendre.'il se peut.. Que votre visite au Saint-Sacrement prenne une sorte de solennité extérieur plus soigné^. Cherchez une intimité démarche plus grave. Ce conseil est de grande importance les détails se perdent. les méditations : — — profit. Mettez dans votre physionomie quelque chose Parlez et écoutez de façon à de très doux. le mouvement se ralentit. et l'action de grâces plus prolongée. si près que. parlant à voix basse. à raison d'une par semaine ou par mois. Chez vous. devant une de ses images. à ce livre. : — plus sensible. — faire plaisir à tous.

. Ici. Oh! donnez-moi de comprendre votre Euchasortir nir.. des voix sans charme. anéanti. — . il ne voit en elles que l'expression du . me voici encore à vos pieds.. Dieu. des fleurs.358 CONSEILS POUR LA COiXCLUSION Auprès du Tabernacle Au de ces méditations où votre souvem'a suivi tout le long de la route.. là peut-être plus que partout ailleurs. c'est cette humilité simple et bonne qui se fait toute à tous? Vous aimez les belles cathédrales que vous aimez vous offre la richesse des villes tout autant les pauvres églises de campagne. des harmonies qui chantent sous les voûtes sonores.. quand je vous ai vous-même. ô Jésus. plane au-dessus de ces choses. la pauvre demeure de Nazareth qui la vit croître à son ombre durant trente ans.. quelques rares chrétiens distraits!.. ô Jésus. bâties par la sueur du paysan vous vous accommodez même d'un toit de chaume et d'une hutte de sauvage. Mais pourquoi la chercher à si longue distance quand je l'ai près de moi? Pourquoi des souvenirs de vous. le Calvaire qui la couronna dans les opprobres. Je n'ai plus sous les yeux la crèche où naquit votre humilité. Votre grand cœur. des flambeaux qui brillent. ristie ! Ce qui m'y frappe tout d'abord. des foules empressées. . ô Jësus. là-bas quelques cierges fumeux.

Il y a tant de formes différentes sous lesquelles il faut surtout chercher le cœur il y a tant de petits oublis qu'il ne faut pas trop res- faire . qu'elle s'étonne. Jésus.. aucun murmure ne se fait entendre pas un tressaillement ne soulève les espèces saintes qui vous contiennent vivant. elle vous trouve tellement diminué. Quant à son tour. compagnon glorieux de votre belle âme. âmes de plus haute culture vous font entendre douce mélodie des prières intimes. I comme vous tout à tous. la plus petite hostie qu'on Si je une humilité . quand on lui dit ce qu'on sait dire. quelle leçon touchante Pour me ia . ailleurs des offrent des prières vocales. Votre grand cœur s'arrête au sentiment lui-même il ^st content de ce que chacun lui dit. rien ne la trahit aucune lueur n'arrive à mes yeux . Ici âmes ignorantes des et lui donne. je découvre plus profonde.. rien ne la montre votre présence. Quoi! pour votre corps ressuscité. quoi pour tout votre être eucharistique. je dois être humble. Votre personne. temple auguste de votre divinité. . l'espace mesquin d'un tabernacle que dis-je? d'un ciboire! que dis-je encore ? d'une parcelle <ie pain car enfin. simples vous que les lèvres trop souvent sont seules à exprimer. — ! ! . ma foi vous cherche.359 DE CES EXERCICES sentiment il est content de ce qu'on quand on lui donne ce qu'on peut. . . . sentir 1 vous contemple vous-même.

où règne votre humilité.. si je me vois diminué dans ma réputation. peut être divisée cent fois.. vous qui êtes si grand!. comme un pauvre sur son grabat. vous vous donnez à l'indifférent. ! . dans mes ressources. votre existence eucharistique dépend de notre volonté Jésus. dans mes facultés même. vous les avez bravement traversées. vous êtes l'humble que rien ne rebute !.360 CONSEILS POUR LA CONCLUSION nous donne.. on vous porte où l'on veut. Vous voilà donc tout petit. dans mon activité. vous ne vous refusez pas à la bouche fétide du malade-. pour arriver aux cœurs qui vous aiment Notre amour vous fut donc plus cher que votre dignité Jésus. sans apparence aucune. sans . et chacun de ces centièmes vous contient.. Ne pouvant écarter sans de continuels miracles. vous restez immobile. réduit à rien vous n'avez pas de voix. si l'on est pour moi sans soins. : 1 Mais que vois-je? les opprobres du passé vous poursuivent jusque dans cette retraite où vous vous cachez pourtant si bas. ! ! . ils s'acharnent sur votre petitesse qui s'efface ils ne reculent pas devant cette confiance qui se livre L'impiété vous nie ou vous insulte l'incurie vous délaisse sur des linges déchirés ou malpropres. je fixerai mes regards sur cette paix profonde de votre tabernacle. toutes ces infamies. triste produit de la liberté humaine. vous ne repoussez pas même le sacrilège.

. adoré moins profondément votre Père ô Jésus. je m'en irai souriant au milieu de ces peines. de la terre près de vous. ce ne sera. comment nous séparer? Vous me suivrez donc dans et je suis à vous.DE CES EXERCICES égards. heureux de cette inje m'y tiendrai timité. d'effacement. Et moi. si vous vous étiez fait moins petit. marchant vers vous. Si me communiquant sans cesse votr& d'indulgence. Quelle bonté Quelle sagesse Quelle leçon Jésus. de bonté constante. vous êtes à moi nous ne faisons qu'un. confus de cette gloire avec vous dans le silence de l'adoration et quand j'en sortiiai. Jésus. je n'aurais pu vous contenir en moi. comme vous^ la vie.auriez . . je me verrai dans tous les tabernacles. fruits si doux de votre humilité. 1 ! ! . par la communion... on m'impose des humiliations cruelles. si vous. que pour me donner I vous vous étiez moins anéanti. esprit — . . sans reconnaissance 361 si par erreur ou par méchanceté.

Le titre ne qu'il contient. plus récemment paru Méthodes et formules pour bien entendre la lin : messe. but de ce livre et non ce on y trouve. — : — comme « relle ». croyons- nous. dans le présent ouvrage sur VHumilitéy s'y déploie en toute liberté. — En trois ans une œuvre de puissante il arrive vie surnatu- au 17» mille. tout ce qui peut le plus intéresser la piété à l'égard du Très Saint-Sacrement (!«'' volume) et les notions les plus approfondies sur les rapports de l'Eucharistie avec les dévotions fondamentales (2« volume). çà et là. » Déjà l'examinateur officiel avait signalé ce livLe . dit En que le effet. plus lumineusement la présence réelle de Jésus dans l'Eucharistie. qui se fait jour dans la Pratique progressive. et. . La doctrine de l'union à Jésus. L'Ami du Clergé terminait son très élogieux a^rticle par ces mots « Jamais vous n'aurez senti plus vivement.Nous nous permettons d'attirer l'attention sur ouvrage du même auteur.

Ses transformations II. justice. — Sur la deuxième tendance ou désir de l'estime des autres 47 Conclusion et synthèse.2" Méditation. V. m. de ces deux tendances. - Sur la première tendance 33 ou estime de soi 41 3* MÉDITATION. s'oppose à Dieu fin dernière de nos actes 52 . Raisons soi et le désir de l'estime des autres. mais de les régler. elle dirige tout l'ordre moral. ffumilité vertu spéciale: ^ 9 14 Humilité. : — 28 L'estime de ii. IV. En tant que illumine tout l'ordre intellectuel. La vanité n'est pas une question d'espèce. — d'être 20 — — — . L'Humilité n'a pas pour but de les détruire. 1" MÉDITATION. influence générale : en tant que vérité. — voua ne devenez BESOIN D'ÊTRE HUMBLE Invitation divine à V Humilité! des petits enfants. il — Entant que désir désordonné de l'estime. L'honneur et ses éléments. mais d'objet.TABLE DES MATIÈRES Préfacb de cette sixième édition b Clonseils pour le succès de cee exercices •Coup d*œil pbéliminairb •§!. sont complétées par la révélation.7 désir de l'estime elle a pour objet l'estime de des autres «Quelques notions sur les vertus surnaturelles soi et le — SEMAINE. s'oppose à Dieu principe de tout bien.• . — L'Orgueil en tant qu'estime déréglée de soi-même. données d'une façon insuffisante par la raison. » « Si comme Étudb psychologique de l'orgueil i. — — elle l» . Ses règles.

. n'a besoin pour punir que de refuser son action. et son rôle de fin dernière par la pureté d'intention 5* — 56- MÉDITATION. dans ses actes. la déchéance en résultant comme conséquence et comme châtiment MÉDITATION.364 TABLE DES MATIÈRES — — 4« MÉDITATION. — Cette nécessité est absolue dans l'ordre surnaturel. le péché. —Elle la mesure de notre dépendance et aussi de notre grandeur donne 3» 4* MÉDITATION. MÉDITATION. Ce dogme écrase tout orgueil et nous montre l'humilité comme la loi de notre condition présente 101 — Notre condition. même impersonnel. Humilité. Comment l'influence du milieu a développé une humilité factice Humilité gardienne des vertus. Elle maintient à Dieu son rôle de principe par une obéissance confiante. favorise la vertu en fortifiant l'inclination qui en est l'essence !'• MÉDITATION. Dieu méconnu en tant que principe et fin. Elle les préserve de l'orgueil qui est un double principe d'altération et d'aveuglement 7* Châtiment de l'orgueil. L'homme réduit à rien en : . 94- — Nécessité de grâces spéciales. de l'humilité 2* MÉDITATION. Humilité viciée dans sa formation par un orgueil inconscient. Le néant de la créature. 4» Observation importante : Tout motif. — 2» 62 — 6» SEMAINE. Son analyse exnécessité des grâces spéciales et justifie la MÉDITATION. 8$ — — — Fondement de l'adoration comme face de l'infini. 6T — — 7> RAISONS D'ÊTRE HUMBLE — 1* Ce qui Étude préparatoire. 8T — Nécessité de la grâce actuelle. fondement des vertus. Trois pointa de vue s'applique à tout homme 2» ce qui est personnel à chacun 3"» ce qui détermine la valeur comparative. plique la surnaturelle d'humilité loi lOT . Dans son être. Comment la pureté — — d'intention a été insuffisante. la stérilité.

— 146 Vie publique. Toute comparaison sur la valeur doit être prise dans ce qui est élevé. — rique de l'ordre pratique 6* 114 — Nos fautes. Humilité qui pénètre 152 l'action — — 3* MÉDITATION. profonde. ÉcLAiRcissBMENTs sur — Vérités ' les 2 méditations qui précèdent. Ces conditions réalisées dans les exemples de Jésus. — La loi. Son évidence Le fait. tères. milité d'abjection. — Les fautes des autres ne MÉDITATION. 157 ÉCLAIRCISSEMENTS sur les 3 méditations qui vont suivre. 123 la méditation de ce principe : — Ses carac- qui va suivre. — — — Humilité d abjection. — Humicombien i. — — Enfance et vie cachée. le rôle de l'exemple et sur les conditions qu'il doit remplir pour être efficace. Le changent rien à ce que nous sommes i]* ItC — Prière éditée par Urbain VIII. 166 — — Examen 173 — Humilité d'abjection. milité développée par des sentiments de confusion vivement sentis et ardemment exprimés — '• MÉDITATION. Examen de la cause. ii. parce que cela seul mérite l'estime — ' 3' SEMAINE. Comment sincère. Humilité du Cœur de Jésus.365 TABLE DES MATIERES Pages. L'huMÉDITATION. En face des Saints et en face de Dieu. 141 Humilité qui incline à l'efifacement 2« 129 — JÉSUS HUMBLE Étude préparatoire sur 1" MÉDITATION. Distinguer l'ordre théoqui troublent. 179 — se mettre au-dessous de . Humilité du Cœur de Jésus. Son aspect mystérieux Éclaircissements sur 164 Hu- Sa promulgation €• MÉDITATION. — jugement motivé. 6* MÉDITATION. L'humilité d'abjection ou de mépris est spéciafondée sur nos lement l'humilité chrétienne supérieure aux données de la raison et dogmes aux forces de la nature — — — — — 4* MÉDITATION. MÉDITATION. lité d'anéantissement. La valeur se mesure par comparaison.

IV. — L'attrait MÉDITATION. D» 202 207 215 dans son sentiment même !•* 20t 268 279 283 le 288 . fondée sur les rapports du physique et du moral. GUIDE DÉ L'AME HUMBLE — — Ce qui fausse l'humilité. . et de la 23S — La fécondité. . I. De l'humilité fausse dans son expression. tères. tion — I. — effets. 7» — — — Précautions diverses rôle de la prudence dans r humilité. — i. — m. — Sa MÉDITATION. — Sa raison. du prochain — m. Semaine éminemment pratique Étude préparatoire. ÉCLAIRCISSEMENTS sur l'amour de la propre abjection. Sa justification Ses mobiles.TABLE DES MATIERES 366 Page» — Précepte ou conseil ? Spéculatif ou pratique ? — Inclination ou conviction? — Réserves sur le tous. — — De la véritable hwniUti^ ses ii. — Le précepte. De l'humilité étroite et pusillanime III.De la véritable humilité. De — ferveur. — Le genre. ses carac- Inclination à l'effacement. jugement théorique 7* 18$ — Le Mandatum novwn. — ii. — Jésus aux pieds des apôtre». MÉDITATION. — La nature individuelle. La Epanouissement de 3* MÉDITATION. au mépris de soi-même. Ce qui la manifeste et la perfectionne. — . la vie spirituelle l'humilité 241 dana nos rapports avec Dieu 4» MÉDITATION. MÉDITATION. — Des fausses humilités. Son nUBg. De l'humilité rationaliste II. InclinaInclination à 228 l'estime Éclaircissements sur le rôle de la volonté sensibilité dans la vertu 2* MÉDITATION. De l'humilité fausse . 218 — . portée 4« 19t — SEMAINE. — Les actes. le b* 252 — De l'humilité dan» no» rapports avec 25^ prochain — Culture de V humilité par Fextérieur. La paix. MÉDITATION. Étude très importante sur 263 — De Vamour du mépris.

367 TABLE DES MATIERES ^« SEMAINE. — Jésus vivant en Marie. — CJomment transformer nos senStude préliminaire. Nous transformer en Jésus humble avec Marie. Marie transformée en Jésus humble par l'union de vie. 303 — Transformation de l'estime de soi. en usage dans une pieuse 335 associa- 34? tion Élévation sur les rapports de l'humilité et de l'amour divin. Transformation du désir de l'estime. 30? — — — S'appliquer à lui faire plaisir Z* Méditation. V* MÉDITATION. Jésus vivant en nous — Examen particulier. Voir Dieu et Jésus dans le prochain. 356 358 — 7473-4-16. — Désir de plaire 313 de faire plaisir au prochain. — TRANSFORMATION Page». 344 Examen 350 général Conseils pour la conclusion de ces exercices tarière au pied du Tabernacle Imprimerie de MontligeoD (Orne). . Chercher à lui plaire. J'humilité les fait resplendir 2* Méditation.— Comment nous transformer nous-mêmes . timents. Méditation. Avec Marie 330 — Méditation. par l'imitation. Les dons de Dieu. Règle défensive et règle de sage liberté et — 320 Coup d'œil sur les deux méditations qui vont suivre. par l'imitation et par l'union 4* — 5* 329^ — Marie transformée en Jésus humble — Marie mère. Désirer l'estime de Dieu. Marie co-rédemptrice.

Id. men. les Paktie — de la volonté. et dont plusieurs sont d'ailleurs remarquables? Non. aux aux prêtres. : i""-. XI. fr. tous les principes d'action . naires. vient de se consacrer à cette — comp/èfe. précise et facile.Viennent ensuite deux parties distinctes. VIII. Formation par l'exa- — IX. la maniôre de par s'accuser. Id. II. Formation des sentiments.PREMIERE FORMATION Religieuse et morale de la Jeune Fille PAR L'AUTEUR DE LA PRATIQUE PROGRESSIVE De CONFESSION la Prix JL. car ils ne réunissent pas toutes les conditions requises. V. Chapitre vni. atteignant l'un après l'autre — méthodique. IV. 85 aux mères. DIRECTION i fr. m. Id. et de rranco la . turels. Partie Chapitre — — — — — — Formation proprement dite. aux actes surna- Messe pour Il* — — par la contrition. VI. 4e !»• — Peut-être s'en apercevra-t-on déjà à : se trouve une longue instruction pour l'usage ce livre. qu'il juge pressante. Id. nouveau sur un sujet bien vieux! Pratique progressive. formulant une manière de mais à celles de 10 à 15 ans. — . «eptembre 1907. : Formation par la confession. cette édition s'est trouvée épuisée fin Une deuxième l'a aussitôt remplacée (12« mille). des idées.UX jeunes Voici un filles. vu. La trouve-t-elle dans celle multiplicité d'ouvrages écrits pour elle. Id. spéciale à la piété. par larésoluliou. Une formation doit être spéciale.. Id. du caractère. Id. Méthode abrégée pour les confessions ordiX. la jeune fille a besoin d'une formation solide et profonde. abandonnant catéchistes^ L'auteur de la d'autres travaux entrepris. Id. Jours de confession. l'énoncé des titres que voici Connme avant-propos. complète et méthodique. Parue le 25 décembre 1906. du jugement. En face d'un avenir religieux plein de menaces. œuvre modeste. aux institutrices. faire logique. ne s'adressant pas à toutes les jeunes filles. Celle-ci est : spéciale. livre : i 50. Id.

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Formation à J'huniilite^ et •ar elle s autres a l'ensemble vertus ( . Leopold.BV 4647 . 1840-1916.H8* B4 Beaudenom.

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