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ART, ESPACE PUBLIC ET TOURISME

Les promenades d’artistes

Entre création et engagement

SYLVIE MIAUX

Professeure régulière au département d’études en loisir, culture et tourisme Université du Québec à Trois-Rivières < sylvie.miaux@uqtr.ca >

De nombreux artistes utilisent la promenade dans des dispositifs artistiques donnant à voir la ville différemment. Par l’entremise de l’artiste in situ ou de nouvelles technologies numériques, ces dis- positifs utilisant la promenade proposent une expérience sensible, que ce soit pour faire corps avec le lieu, pour développer une rela- tion privilégiée avec celui-ci ou pour le transcender. Ces dispositifs suggèrent ainsi des voies différentes pour construire une expé- rience touristique d’un lieu.

L es formes d’intégration de l’art au cœur de l’espace public en milieu urbain tendent à ouvrir de nou- velles perspectives dans la mise en valeur d’espaces parfois délaissés

ou marginalisés. Parmi les formes d’art mobi- lisées en milieu urbain, nous avons choisi de nous intéresser plus spécifiquement à une forme d’art propice à la découverte d’un lieu

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par les habitants, mais également par des excursionnistes ou touristes : les promenades d’artistes. L’historien de l’art et philosophe Thierry Davila a consacré un ouvrage à cette ques- tion : Marcher, créer : déplacements, flâneries, dérives dans l’art de la fin du XX e siècle (1) . Y sont présentées des créations artistiques uti- lisant la marche comme acte de création soli-

taire, et non les dispositifs participatifs qui nous intéressent ici. Néanmoins, différents éléments développés par Thierry Davila sur l’importance du corps, du mouvement, des traces restent centraux dans les différentes promenades analysées, comme nous le ver- rons plus tard. Actuellement, de nombreux artistes utili- sent la promenade pour donner à voir la ville différemment, pour inciter les participants à “faire corps” avec cette dernière. C’est le cas, par exemple, d’artistes comme la chorégraphe Julie Lebel avec ses “carnets de marche”, ou de la promenade avec perception augmentée de Jan Torpus, ou encore des marches ludiques d’Hendrik Sturm, ou du dispositif “Inclusion tactile” de la coopérative artistique Audiotopie. Dans cet article, à partir de deux recherches effectuées sur les promenades d’artistes (2) , nous souhaitons mettre en évidence le rôle de ces dernières sur le développement d’expériences qui donnent à vivre l’espace urbain dans une approche à la fois créatrice et ludique. DE LA PROMENADE AUX PROMENADES D’AR- TISTES. La promenade est depuis longtemps mobilisée en tant qu’expérience. À l’Antiquité, la promenade est le support de conversation philosophique. Par la suite, de grands pen- seurs comme Rousseau, Kant, Nietzsche ou Thoreau s’adonnent à la promenade pour sti- muler la pensée, voire pour se rapprocher de la nature. Dans le monde de l’art, on peut se référer par exemple à William Wordsworth, qui composait ses poèmes à voix haute en marchant. Dès le XIX e siècle, la figure du flâ- neur solitaire apparaît, notamment dans les écrits de Baudelaire (3) . Le philosophe Walter Benjamin, inspiré par les écrits de Baudelaire, s’intéresse à son tour à la flânerie, cette forme de promenade “sans hâte, au hasard, en s’abandonnant à l’impression et au spectacle du moment” (définition du Robert, 2009). Avec l’avènement de la flânerie, on note une volonté de s’émanciper en ayant un regard critique sur la société. Puis, dans les années 1960, le courant situa- tionniste développe le concept de dérive : cette

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méthode déambulatoire consiste à parcourir et

à réciter un itinéraire effectué dans la ville (4) . Ce mouvement veut se libérer des chemins impo- sés par un urbanisme fonctionnaliste qui laisse peu de place à la surprise, à l’indétermination. La dérive nécessite une ouverture aux sollici- tations diverses, tant du terrain que des ren- contres. Sur le terrain, cela se traduit par une forme de protocole qui consiste à “dériver”

à plusieurs, à réaliser des comptes rendus indi-

viduels qui seront par la suite croisés pour parvenir à une connaissance objective des lieux parcourus. On ne peut passer sous silence le phénomène de la dérive tant celui-ci a influencé et influence encore artistes, scienti- fiques, citoyens et penseurs. Chacun des dispositifs artistiques présentés ci-après mobilise la marche dans un espace urbain ou périurbain comme base d’appré- hension de l’espace ; ils s’inspirent pour cer- tains de la dérive, de la flânerie ou de l’hodo- logie (étude du cheminement). Parmi les artistes retenus, certains mobilisent également les nouvelles technologies mobiles comme sup- port d’expérience, voire comme moteur de l’expérience. Ceci nous permet de comparer des dispositifs où l’artiste est présent et d’autres où la promenade s’effectue de façon auto- nome avec l’utilisation des technologies

mobiles. La présentation de ces différents dis- positifs de promenade nous donnera une lec- ture des apports de ces différents processus de création et de leur rôle dans le développe- ment d’expériences particulières. AVANT TOUT UNE EXPÉRIENCE. Dans la pré- sentation des dispositifs sélectionnés, nous mettrons en valeur une forme d’expérience créée par l’artiste, puis nous insisterons sur le rôle du participant et de l’artiste dans cha- cune des promenades présentées. Marcher avec l’artiste. Nous traiterons de deux promenades dans cette section: les marches et dérives de Julie Lebel et les marches ludiques d’Hendrik Sturm. Les “Marches et dérives” (Drift-Walks) de Julie Lebel, chorégraphe québécoise, peuvent prendre place dans un parc ou dans n’importe

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quel lieu tranquille, à l’extérieur. L’expérience dure entre quarante-cinq minutes et trois heures au total, en fonction du lieu. Des car- nets de marche sont distribués aux partici- pants à un point de rencontre, comprenant des questions et des espaces pour écrire et des- siner. Les questions du carnet ont pour but d’éveiller la conscience corporelle : par le regard, le toucher et l’écoute, les participants feront des associations et des investigations rattachées à leurs sensations physiques. L’idée est de laisser le participant choisir les exer- cices significatifs pour lui à n’importe quel moment de la marche. Cette expérience, que nous avons qualifiée de “faire corps” avec le lieu, se traduit de dif- férentes manières. Tout d’abord par la recherche d’un apaisement des corps au contact de la nature : “C’était calme avec la pluie qui tapait les parapluies et la pluie qui tombait lentement sur le sol” (Carnets de marche). Julie Lebel met l’emphase sur l’ex- périence sensorielle dans l’idée que le partici- pant fasse corps avec l’espace qu’il parcourt, et notamment avec différents éléments natu- rels (eau, arbre, vent, etc.). Ainsi, par exemple, l’accent sera mis sur le sonore : “Fermez vos yeux et écoutez […] j’ai choisi un son. Le son que j’ai choisi est le son de la pluie quand elle frappe mon parapluie” (Carnets de marche). C’est une véritable expérience d’immersion à l’environnement parcouru que cette artiste cherche à faire vivre : “Ouvrez votre regard, sur quelque chose de grand. Laissez entrer une image dans votre corps comme elle entre dans vos yeux, laissez l’image s’imprégner sur votre rétine. Faites résonner les couleurs, la lumière, les ombres, etc.” (Carnets de marche). Ensuite, elle nous propose de découvrir l’his- toire d’un lieu. Ainsi, dans la promenade effec- tuée dans une ancienne carrière de Montréal, Julie Lebel donne des directives à partir des- quelles les participants sont libres de construire leur propre histoire : “Prenez la liberté de trouver votre façon à vous de vivre cette expé- rience.” Nous sommes alors en mesure de mettre en évidence le rôle de co-auteur du par-

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ticipant car, même si quelques directives sont données, le participant, par sa singularité, sa sensibilité aux choses et au lieu, va construire une relation particulière à ce dernier qui sera exploitée par l’artiste pour créer une choré- graphie. Cette posture de co-auteur est ren- due possible par le fait que Julie Lebel s’inspire de la dérive. En effet, le carnet permet au par- ticipant de faire part de son expérience. Cela s’inscrit tout à fait dans la dérive, qui “consiste à parcourir et réciter un itinéraire effectué dans la ville (5) ”. De plus, Julie Lebel reprend les idées de Debord qui propose de “se laisser aller aux sollicitations du terrain et des rencontres (6) ”. Ce type de promenade permet de travailler sur les sens, le rapport au corps, à son envi- ronnement…, ce qui nécessite de laisser une certaine liberté au participant. C’est pourquoi Julie Lebel se limite à donner quelques repères pour expérimenter la marche, la relation aux éléments… Ainsi, la marche proposée permet au participant “de chercher ce qu’il aime, ce qui l’attire (7) pour construire une relation affective au lieu – relation qui se joue aussi dans l’inattendu, l’indéterminé, grâce au retour aux sens (8) . Les marches ludiques d’Hendrik Sturm, artiste “marcheur-sculpteur d’espace (9) ”, sont quant à elles des promenades organisées en milieu urbain ou périurbain. L’artiste invite les marcheurs à percevoir l’espace et à rester à l’affût des traces, des indices d’appropria- tion humaine des lieux témoignant de la vie passée, mais aussi contemporaine, de l’endroit visité (10) . La promenade dirigée par Sturm invite le participant à adopter une attitude particu- lière : il rythme l’observation par la recherche de traces qui oblige le groupe à ralentir, à s’ar- rêter. Tel un enquêteur, il donne des indica- tions pour décoder ces traces. Ces dernières peuvent être en lien avec une activité passée, comme dans le cas du bois de Vincennes avec la Cartoucherie, mais également en lien avec le présent. Par exemple, toujours dans le cas du bois de Vincennes, il fait remarquer la pré- sence de petits tas de détritus rassemblés

devant une grille – il explique qu’il a découvert qu’un renard en est le responsable, qui construit “invariablement de petits amas d’or- dures au même endroit et dont [l’artiste suit] le parcours depuis quelque temps (11) ”. Un autre aspect important est qu’Hendrik Sturm choi- sit le parcours en suivant une trace existante (par exemple, un sentier informel dans le bois, un ruisseau), qu’il qualifie de “transect”. Au- delà des traces qui orientent sa marche, la carte intervient tout d’abord pour donner l’im- pulsion, l’envie. Par la suite, cette dernière donne l’occasion d’expérimenter l’écart entre le réel et la représentation (la carte). Tout cela montre bien le souci de l’artiste d’inviter le participant à s’interroger sur l’espace qu’il parcourt. Dans ce dispositif, le rôle du parti- cipant se rapproche de celui de l’apprenti enquêteur. De plus, l’artiste est inspiré par l’hodologie : “On peut donc imaginer un schéma dans lequel le marcheur est le bary- centre d’un triangle composé des trois pôles :

corps, environnement et images mentales (12) – ce qui l’amène à redéfinir la figure du mar- cheur. La méthode d’enquête développée par Hendrik Sturm favorise la mise en relation de ces trois pôles et enrichit l’expérience des par- ticipants. Que ce soit dans le cas des marches et dérives de Julie Lebel ou des marches ludiques d’Hendrik Sturm, on note une implication importante des participants dans le processus qui se joue, avec une forte mobilisation du corps. Faire une promenade assistée par le numé- rique. Les trois autres dispositifs décrits ci- après – “Lifeclipper” de Torpus, “Je marche mon film” de Fisher et “Inclusion tactile” d’Audiotopie – s’appuient sur les technolo- gies mobiles. “Lifeclipper”, créé par Jan-Lewe Torpus, artiste en arts médiatiques d’origine suisse, est un système de perception amplifiée. Il consiste en une promenade artistique dans laquelle le participant marche dans une réalité virtuelle- ment amplifiée. Pour ce faire, celui-ci s’appa- reille d’un matériel portable comprenant un

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visiocasque, une caméra vidéo, un micro, un GPS et des capteurs de pression (semelles sous les pieds). Ce dispositif permet à Jan Torpus de modifier la façon de voir et d’entendre du visi- teur. L’image, le son et le toucher (capteurs au niveau des pieds) sont modifiés par l’artiste selon le mouvement et la vitesse de déplace- ment du visiteur. L’artiste ajoute de la musique, des photos et vidéos (documentaires ou ficti- vement arrangées), si bien que la perception habituelle de l’environnement est transfor- mée (13) . Ce dispositif a été utilisé dans diffé- rents espaces comme dans la ville de Bâle (mise en œuvre de la galerie Plug.In) pour créer une promenade dans le quartier Saint-Alban au cours de laquelle un paysage virtuel venait se greffer au réel, mais aussi dans un parc urbain en Suisse (“Lifeclipper3”). Le récit se veut porteur de fiction, sollici- tant l’imagination du promeneur. L’image, sous forme de cinéma interactif (documen- taires ou fictions), se construit suivant, d’une part, le parcours et, d’autre part, la vitesse du promeneur, en mobilisant le réel et la fiction pour générer une perception augmentée. Torpus utilise également un GPS pour inté- grer des images et des sons tout le long de la promenade. Enfin, l’utilisation de capteurs sensoriels, placés sous les semelles des chaus- sures, vient déclencher des sons particuliers comme les bruits de sabots de chevaux (pour rappeler une autre époque). Dans cette perception augmentée combi- nant le réel et le virtuel, la perception de l’es- pace quotidien est transformée, ce qui stimule l’imagination des promeneurs. C’est une méta- morphose à la fois spatiale et narrative qui est proposée. Celle-ci est pensée en vue de trans- cender l’expérience du quotidien afin d’en faire une aventure. Dans l’expérience de per- ception augmentée, le mouvement est intégré comme acte de décision : selon le mouvement du participant, ce sont telles images ou tels sons qui sont produits. C’est donc avant tout par le mouvement que naît l’interaction du promeneur avec le monde créé par “Lifeclipper”. Si le promeneur est acteur de

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son parcours (direction choisie, rythme de marche…), les éléments du scénario et du décor sont prédéterminés par l’artiste. Dans une autre idée, le dispositif “Je marche mon film”, d’Ulrich Fischer, réalisateur d’ori- gine suisse, a été créé autour des éléments sui- vants : une application et un site web qui per- mettent de visualiser les films “marchés”. Pour ce faire, le participant doit installer l’applica- tion sur son téléphone intelligent ; il peut ensuite composer ses propres films dans des espaces spécifiques à Paris, Genève, Bruxelles. Comme “Lifeclipper”, ce dispositif nécessite la géolocalisation. Le projet a été développé pour une première expérimentation sur le site de la Cité internationale universitaire de Paris (CIUP) (14) . Il est important de souligner que le choix des lieux pour Ulrich Fisher n’est pas anodin :

ce qu’il recherche, c’est la complexité des lieux retenus. Ceux-ci doivent avoir “la capacité d’exercer une fascination, d’être le terrain de rencontre des forces contradictoires, de créer des situations qui nous sortent du quotidien pour mieux pouvoir le cerner (15) ”. Cette com- plexité des lieux se joue également dans le quotidien urbain, qui intervient à travers le recueil de témoignages. En mobilisant à la fois le rapport au temps et à l’espace, Ulrich Fisher souhaite amener le promeneur à questionner sa relation à la ville (16) . La mémoire joue un rôle important ; elle est sollicitée à travers les documents d’ar- chives, mais interviennent aussi les mémoires émotionnelle et sensorielle du parcours lors du visionnement du film. Un autre élément central du dispositif est le mouvement. Cela nécessite un travail parti- culier des images pour faire en sorte que le film traduise toute la complexité du mouve- ment dans la ville. Ulrich Fisher veut trans- mettre une expérience particulière – celle d’un territoire vécu que le promeneur peut com- poser au rythme de ses pas et selon le che- min suivi –, mais il veut aussi donner accès à des connaissances sur ce territoire, sur son évolution dans le temps, sur ses particulari-

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tés à travers l’expérience de ceux qui le vivent au quotidien (17) . Dans ce dispositif, le promeneur a le rôle de “créateur de la trace qui mène au film (18) ”. Le concepteur prépare tous les ingrédients nécessaires au montage du film (enregistre- ment des témoignages, sélection des docu- ments d’archives, etc.) et propose au prome- neur “une relation renouvelée et hautement subjective à l’espace urbain en prélevant ou visionnant des fragments très cadrés, oubliant le reste, partant juste dans la perspective offerte, le ‘ici et maintenant’. […] L’intime comme moteur du partage… (19) ”. Pour terminer, un dernier dispositif, “Inclusion tactile”, créé par la coopérative d’artistes Audiotopie, nous conduit à tisser une relation tactile avec le quartier Frontenac de Montréal. Pour construire les différents parcours, les artistes de cette coopérative allient les nouveaux médias, l’architecture du paysage et la musique électroacoustique. Leur objectif est de concevoir des parcours audio- guidés immersifs et sensoriels pour mettre en valeur des territoires, faire connaître les ambiances sensibles et faire vivre des expé- riences urbaines. Le parcours “Inclusion tac- tile” est accompagné par deux guides : la voix off (guide sonore) et la danseuse (guide cor- porel en mouvement) que l’on suit, que l’on imite. La voix off est originale, car elle est faite de telle façon que ce qui est dit pourrait être dit par le participant en train de visiter. Cette sin- gularité vise à mettre en valeur l’expérience de la promenade, notamment dans sa dimen- sion tactile. Quant à la danseuse, son rôle est de nous expliquer comment toucher la ville :

“Vous suivrez les mouvements d’un person- nage (danseuse) qui sera votre guide ; à chaque fois que vous entendrez ce signal sonore,regar- dez votre lecteur pour vous situer et vous rendre au bon endroit, tout en vous laissant guider par ma voix.” Le récit donné par la voix off invite à l’ex- ploration d’un quartier à travers le récit d’une expérience sensorielle créant une forme d’im- mersion à la fois narrative et corporelle. Au-

delà du récit, c’est à travers l’image, sous forme de vidéo, que la lecture de l’espace parcouru s’enrichit en intégrant des objets insolites qui ne sont plus présents lors du parcours, mais qui suscitent la curiosité. Les technologies numériques sont mobilisées pour favoriser l’immersion qui, par l’image, vient stimuler la découverte de l’espace kinesthésique à tra- vers une lecture tactile de la ville.

SYLVIE MIAUX

à tra- vers une lecture tactile de la ville. SYLVIE MIAUX (1) Thierry D AVILA ,
à tra- vers une lecture tactile de la ville. SYLVIE MIAUX (1) Thierry D AVILA ,

(1) Thierry DAVILA, Marcher, créer. Déplacements, flâneries, dérives dans l’art de la fin du XX e siècle, éditions du Regard, 2002.

de la fin du XX e siècle, éditions du Regard, 2002. (2) – Sylvie M IAUX
de la fin du XX e siècle, éditions du Regard, 2002. (2) – Sylvie M IAUX

(2) – Sylvie MIAUX et Marie-Claude ROULEZ, “Une lecture du rapport ville-nature à travers les promenades d’artistes”, Environnement urbain, vol. 8, 2014.

– Sylvie MIAUX, “Chapitre 1 : Transmettre le savoir : échanger nos expériences à travers la marche”,

dans Pascale MARCOTTE et Olivier THÉVENIN (dir.), Sociabilités et transmissions dans les expériences de loisir, L’Harmattan, 2014.

dans les expériences de loisir, L’Harmattan, 2014. (3) Mary G LUCK , “The flâneur and the
dans les expériences de loisir, L’Harmattan, 2014. (3) Mary G LUCK , “The flâneur and the

(3) Mary GLUCK, “The flâneur and the aesthetic appropriation of urban culture in mid-19th-century Paris”, Theory, Culture & Society, vol. 20, n° 5, 2003.

Les promenades touristiques guidées exis- tent depuis bien longtemps. Avec le dévelop- pement du tourisme expérientiel, du tourisme créatif (20) , de l’intégration du numérique dans les produits touristiques (21) , la mise en œuvre des promenades touristiques de la ville évo- lue et nécessite le développement de nouvelles approches. C’est pourquoi ces dispositifs de promenades mis en place par les artistes nous interpellent. Par l’entremise de l’artiste in situ ou des nouvelles technologies numériques, la plupart des dispositifs étudiés proposent une expérience sensible, que ce soit pour faire corps avec le lieu (“Marches et dérives”), pour déve- lopper une relation privilégiée avec celui-ci (“Inclusion tactile”) ou pour le transcender (“Lifeclipper”). Ces dispositifs proposent des voies diffé- rentes pour construire une expérience touris- tique d’un lieu. L’expérience sensible peut se décliner de différentes manières, comme le rôle de l’artiste et celui du participant. Ces rôles peuvent être rapprochés de celui du guide

manières, comme le rôle de l’artiste et celui du participant. Ces rôles peuvent être rapprochés de
manières, comme le rôle de l’artiste et celui du participant. Ces rôles peuvent être rapprochés de
manières, comme le rôle de l’artiste et celui du participant. Ces rôles peuvent être rapprochés de
manières, comme le rôle de l’artiste et celui du participant. Ces rôles peuvent être rapprochés de
manières, comme le rôle de l’artiste et celui du participant. Ces rôles peuvent être rapprochés de
manières, comme le rôle de l’artiste et celui du participant. Ces rôles peuvent être rapprochés de
manières, comme le rôle de l’artiste et celui du participant. Ces rôles peuvent être rapprochés de
manières, comme le rôle de l’artiste et celui du participant. Ces rôles peuvent être rapprochés de
manières, comme le rôle de l’artiste et celui du participant. Ces rôles peuvent être rapprochés de
manières, comme le rôle de l’artiste et celui du participant. Ces rôles peuvent être rapprochés de
manières, comme le rôle de l’artiste et celui du participant. Ces rôles peuvent être rapprochés de
manières, comme le rôle de l’artiste et celui du participant. Ces rôles peuvent être rapprochés de
manières, comme le rôle de l’artiste et celui du participant. Ces rôles peuvent être rapprochés de
manières, comme le rôle de l’artiste et celui du participant. Ces rôles peuvent être rapprochés de
(4) Yves B ONARD et Vincent C APT , “Dérive et dérivation. Le parcours urbain

(4) Yves BONARD et Vincent CAPT, “Dérive et dérivation. Le parcours urbain contemporain, poursuite des écrits situationistes ?”, Articulo – Journal of Urban Research, hors-série 2, 2009.

contemporain, poursuite des écrits situationistes ?”, Articulo – Journal of Urban Research, hors-série 2, 2009.

(5) Id., ibid.

(5) Id., ibid.

(6) Guy DEBORD, “Théorie de la dérive” (1958), réédité par Patrick MOSCONI (dir.), Internationale situationniste, Fayard, 1997.

de la dérive” (1958), réédité par Patrick M OSCONI (dir.), Internationale situationniste, Fayard, 1997.

(7) Id., ibid.

(7) Id., ibid.

(8) Thierry PAQUOT, “Éditorial - Marcher”, Urbanisme, n° 359, 2008

(8) Thierry P AQUOT , “Éditorial - Marcher”, Urbanisme , n° 359, 2008

(9) Élise OLMEDO, “Hendrik Sturm, l’infatigable marcheur-sculpteur d’espace”, Strabic.fr, 2012. http://strabic.fr/Hendrik-Sturm-l-infatigable.html

l’infatigable marcheur-sculpteur d’espace”, Strabic.fr, 2012. http://strabic.fr/Hendrik-Sturm-l-infatigable.html

(10) Id., ibid.

(10) Id., ibid.

(11) Id., ibid.

(11) Id., ibid.

(12) Hendrik STURM, “Contribution de l’hodologie récréative à la perception des espaces urbains”, dans Rachel THOMAS (dir.), Marcher en ville : faire corps, prendre corps, donner corps aux ambiances urbaines, éd. des Archives contemporaines, 2010.

en ville : faire corps, prendre corps, donner corps aux ambiances urbaines, éd. des Archives contemporaines,

(13) Sylvie MIAUX, “Chapitre 1 : Transmettre le savoir : échanger nos expériences à travers la marche”, dans Pascale MARCOTTE et Olivier THÉVENIN (dir.), Sociabilités et transmissions dans les expériences de loisir, L’Harmattan, 2014.

et Olivier T HÉVENIN (dir.), Sociabilités et transmissions dans les expériences de loisir, L’Harmattan, 2014.

(14) Ce dispositif vise à enrichir les actions menées par Dédale et le CIUP dans le cadre du programme Smart City, espace de réflexion et de création qui s’organise autour du concept de “ville intelligente”. Ce projet a pour but de mettre en place une forme innovante de médiation du patrimoine.

de “ville intelligente”. Ce projet a pour but de mettre en place une forme innovante de

(15) Ulrich FISCHER, projet “Walking the Edit”, 2009. http://ulrichfischer.net/walking-the-edit/

(15) Ulrich F ISCHER , projet “Walking the Edit”, 2009. http://ulrichfischer.net/walking-the-edit/

(16) Idem.

(16) Idem .

et du visiteur, ce qui ouvre de nouvelles façons de penser la visite guidée. Dans les prome- nades artistiques, les visiteurs peuvent égale- ment être acteurs (“Marches et dérives”), co- auteurs (“Je marche mon film”), créateurs (“Je marche mon film”), co-enquêteurs (marche ludique). Cela rejoint les principes du tourisme créatif “impliquant plus d’inter- actions – éducative, émotionnelle, sociale, par- ticipative – du visiteur avec le lieu, sa culture vivante, ses habitants (22) ”. Ainsi, les prome- nades d’artistes peuvent inspirer le dévelop- pement d’expériences ludiques ou créatives impliquant davantage le visiteur.

peuvent inspirer le dévelop- pement d’expériences ludiques ou créatives impliquant davantage le visiteur. ■
peuvent inspirer le dévelop- pement d’expériences ludiques ou créatives impliquant davantage le visiteur. ■
peuvent inspirer le dévelop- pement d’expériences ludiques ou créatives impliquant davantage le visiteur. ■
peuvent inspirer le dévelop- pement d’expériences ludiques ou créatives impliquant davantage le visiteur. ■
peuvent inspirer le dévelop- pement d’expériences ludiques ou créatives impliquant davantage le visiteur. ■

(17) Sylvie MIAUX, op. cit. [note 13], 2014.

(17) Sylvie M IAUX , op. cit. [note 13], 2014.

(18 Ulrich FISCHER, op. cit. [note 15], 2009.

(18 Ulrich F ISCHER , op. cit. [note 15], 2009.

(19) Idem.

(19) Idem .

(20) – Pascale ARGOD, “Arts visuels et médiation d’un tourisme créatif : de l’expérience du voyage, de la pratique artistique et des ‘créatifs culturels’”, Mondes du Tourisme, n° 10, 2014.

Anne GOMBAULT, “Oublier Bacchus. Pour un tourisme créatif”, Vin, vignoble & tourisme, coll. “Cahier Espaces”, n° 111, ETE, 2011.

Bacchus. Pour un tourisme créatif”, Vin, vignoble & tourisme, coll. “Cahier Espaces”, n° 111, ETE, 2011.

(21) – Caroline COURET, “Barcelone, pionnière de l’accueil de ‘touristes créatifs’”, Espaces tourisme et loisirs, n° 264, 2008.

Éric BOUCHET, “Itinérance et nouveaux supports numériques d’information”, Itinérance douce et tourisme, coll. “Cahier Espaces”, n° 112, ETE, 2012.

Johan VINCENT, “L’appropriation des nouvelles technologies de la mobilité par le tourisme :

nouveaux enjeux créatifs”, Monde du Tourisme, n° 10, 2014.

nouveaux enjeux créatifs”, Monde du Tourisme, n° 10, 2014.

(22) Anne GOMBAULT, op. cit. [note 20], 2011.