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HIS- -RE T O I : MORCEAUX CHOISIS
HIS- -RE T O I : MORCEAUX CHOISIS

MORCEAUX

CHOISIS

HIS- -RE T O I : MORCEAUX CHOISIS

EDITO

Les journées européennes du Patrimoine sont un excellent prétexte pour s’intéresser à l’histoire et aux monuments historiques de la commune. Sous l’intitulé « J’aime mon patrimoine », ces deux journées de septembre invitent à une nécessaire curiosité. L’église Saint-Pierre, la chapelle Saint- Exupère, le monastère de Sainte-Catherine de Sienne et les visites guidées dans le centre ancien constituent un beau programme découverte. Ce recueil a donc été édité pour ces journées 2005 mais il va au-delà de la seule présentation de sites historiques : il nous entraîne à la rencontre de la Baronnie de Blagnac et de ses consuls, nous ramè- ne au village gaulois, au domaine de Maniban… Je salue le travail de mémoire effectué par l’asso- ciation blagnacaise Histoire et Mémoire et par le Service documentation et archives qui conserve précieusement un fonds documentaire très ancien. Bon voyage dans le passé de Blagnac !

Bernard Keller Maire de Blagnac

Conception maquette : Ogham - Réalisation : Département Communication Mairie de Blagnac - Impression : Imprimerie Ménard - 3000 exemplaires - Septembre 2005

INTRODUCTION

Réalisée à l'occasion des Journées Européennes du Patrimoine 2005, cette publication a vu le jour grâce au travail commun de l'association " Blagnac Histoire et Mémoire " et des Archives Municipales. Il nous a paru intéressant d'évoquer et de développer certains faits et lieux parmi les plus marquants de l'histoire locale. L’histoire de l’aérogare a déjà fait l’objet d’un livret lors des Journées du Patrimoine 2004. Notre choix s'est donc porté sur six grands thèmes : la période préhistorique et gallo-romaine, la vie d'Exupère évêque du IV ème siècle, l'église Saint-Pierre du XI ème siècle, la communauté villageoise : de la Baronnie à la Révolution Française, le domaine de Maniban, et enfin la Garonne et ses métiers. Ce recueil vous aidera peut-être à découvrir le Blagnac d'autrefois.

Remerciements

aux membres de l’association Blagnac Histoire et Mémoire, notamment Mesdames et Messieurs Suzanne Béret, Jeannette Weidknnet, Lucien Alemanni, Georges Lapoutge, Jacques Sicart, Daniel Bonzom, Philippe Garcia, Jean-Louis Rocolle, Philippe Chapoton, prêtre à Blagnac, Olivier Gayffe, archéologue régional, Monseigneur Rocacher, Archevêché de Toulouse, Robert Espanol, club de l’association des cartophiles, Archives Départementales de la Haute-Garonne.

Certains termes, accompagnés d'un astérisque, sont définis dans un glossaire proposé en fin d'ouvrage.

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Vestige d'un des chantiers de fouilles d'AéroConstellation, vraisemblablement du 2 ème Age du Fer (2

Vestige d'un des chantiers de fouilles d'AéroConstellation, vraisemblablement du 2 ème Age du Fer (2 ème ou 1 er siècle avant JC).

De la

Préhistoire

à

l’Antiquité

Ferme gallo-romaine - Musée Saint-Raymond - Toulouse Avec l’aimable autorisation des Editions Milan - Illustration
Ferme gallo-romaine - Musée Saint-Raymond - Toulouse
Avec l’aimable autorisation des Editions Milan - Illustration réalisée par Nathaële Vogel “Rome et
l’empire romain” de Francis Dieulafait, col. Les Encyclopes, éditions Milan (c) 2003

DE LA PRÉHISTOIRE À L ANTIQUITÉ

Les recherches récentes ont mis en évidence la présence de peuplades paléolithiques* venues s'installer près de la Garonne, sur l'actuel territoire de Blagnac. En effet, les fouilles archéologiques menées préalablement aux travaux d'aménagement de la zone AéroConstellation, ont mis au jour la pratique d'une industrie lithique (roches dures taillées pour confectionner des outils) caractéristique du Paléolithique ancien ou moyen 1 .

Les "paléolithiques" sont des chasseurs-cueilleurs nomades qui, dans ce cas, ont profité de la présence de la Garonne, bien qu'à cette époque lointaine, il y a environ 200 000 ans, le fleuve devait avoir un cours et un aspect très différents.

Beaucoup plus tard, au Néolithique*, les hommes se sédentarisent tout en apprenant à cultiver des céréales et élever du bétail. A Blagnac, plusieurs témoignages de la présence de ces agriculteurs-éleveurs ont été découverts lors des fouilles récentes . Les habitations construites en matériaux périssables laissent peu de traces (emplacement des poteaux creusés dans le sol). Les fouilles ont également mis au jour, par endroits seulement, des aires de circulation que le temps n'avait pas érodées ainsi que des puits. Ces derniers étaient indispensables sur ces terrains peu irrigués pour l'approvisionnement en eau des hommes et du bétail.

L'occupation de ces espaces semble se renforcer à la fin du deuxième âge du Fer, en pleine époque gauloise. Une importante "ferme indigène" a été fouillée, elle aussi, sur les terrains de la zone AéroConstellation ; il s'agit d'une exploitation agricole du IIème siècle av. J.-C., non encore touchée par la romanisation ; elle est composée d'un bâtiment d'habitation, de dépendances et d'un puits regroupés dans un vaste enclos délimité par un fossé et une palissade. Le plan du bâtiment principal était suffisamment précis et lisible pour qu'une reconstitution ait pu être proposée.

Cette découverte est devenue une référence pour l'étude des habitats de cette période dans le sud de la France comme l'a montré la récente exposition du Musée Saint-Raymond "Gaulois des pays de Garonne". Au fil des transformations du lit du fleuve, les hommes se sont déplacés sur le site actuel de Blagnac. C'est pourquoi dans le centre ancien, il n'est pas rare de mettre à jour des fonds de cabanes, des éclats de quartzite* provenant de la fabrication d'outils.

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Ont été découverts des murs, des fragments de colonne en marbre, un soubassement de chapiteau

Ont été découverts des murs, des fragments de colonne en marbre, un soubassement de chapiteau en pierre, une décoration de corniche en marbre blanc représentant une croix grecque cerclée et de nombreuses tesselles (petits cubes servant à réaliser les mosaïques). Des pièces de monnaie dont une de l'empereur Décence, datée de 350 à 353 après J.C. Des morceaux de vases finement décorés avec estam- pille des potiers provenant de Montans et de Graufesenque de 300 à 360 après J.C. Une empreinte de pied d'enfant sur une brique et un morceau de canalisation en brique rouge. Un petit dé en os

morceau de canalisation en brique rouge. Un petit dé en os Mosaïque typique de l’époque gallo-romaine
morceau de canalisation en brique rouge. Un petit dé en os Mosaïque typique de l’époque gallo-romaine
morceau de canalisation en brique rouge. Un petit dé en os Mosaïque typique de l’époque gallo-romaine
morceau de canalisation en brique rouge. Un petit dé en os Mosaïque typique de l’époque gallo-romaine

Mosaïque typique de l’époque gallo-romaine -

Musée Saint-Raymond, Toulouse

DE LA PRÉHISTOIRE À L ANTIQUITÉ

Au lieu-dit " Les Peyrous ", nom dû à l'origine à la grande quantité de pierres trouvées dans ce secteur, la découverte d'une villa gallo-romaine, avec ses thermes d'eau chaude et d'eau froide, ses amphores, ses poteries et ses monnaies, révèle une occupation des lieux entre le I er et IV ème siècle après J.C. Peut-être appartenait-elle à un ensemble de constructions (temple, thermes, arènes) de Lardenne haute, actuelle cité Ancely.

De même, dans le périmètre des rues Sarrazinière, Bacquié-Fonade et de la place des Arts, tout un appareillage de murs anciens d'une épaisseur de 80 à 85 cm a été mis à jour. Une salle de 90 m² dallée de marbre montre l'importance de l'habitat. On peut voir dans les murs de certaines maisons anciennes des dalles réutilisées.

Différentes couches de remblais ont été mises à jour. Dans certaines tranchées, de nombreux morceaux de tegulae (tuiles à rebord), des morceaux d'amphores, dont une reconstituée aux trois- quarts et d'origine andalouse, attestent déjà d’une activité commerciale avec l'Espagne.

La découverte de fragments de mosaïque révèle la richesse d’un bâtiment dont malheureusement les débris ont servi de remblai lors de la construction d’une maison. Comme dans bon nombre de demeures de cette période, les sols étaient décorés de mosaïques représentant des scènes de la vie courante, de chasse, de loisirs, des scènes issues de la mythologie ou simplement des dessins géométriques, ou animaliers. Quelques tesselles colorées retrouvées ici indiquent qu'il s'agit d'un dessin de type géométrique.

Par ailleurs, les travaux successifs de restauration de l'église ont permis de dégager des murs, assise probable d'un temple, peut-être dédié à Jupiter !…

L'histoire de Blagnac remonte aux temps les plus anciens, mais dévoilera peut-être d'autres secrets lors des futurs travaux d'urbanisation de la zone Andromède.

Dès le I er siècle après J.C., notre cité était en pleine activité de développement.

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Statue de saint Exupère : en pierre dorée et polychrome, cette statue du XV è

Statue de saint Exupère : en pierre dorée et polychrome, cette statue du XV ème siècle est classée comme monument historique depuis 1922 -

photothèque municipale

saint

exupère

évêque du IV siècle

ème

Jeanne Françoise Lussan, bienfaitrice de la commune Peinture à l’huile, début XIX ème siècle Photothèque

Jeanne Françoise Lussan, bienfaitrice de la commune Peinture à l’huile, début XIX ème siècle Photothèque municipale

l’huile, début XIX ème siècle Photothèque municipale La bataille de Toulouse Peinture à l’huile, 1793 -
l’huile, début XIX ème siècle Photothèque municipale La bataille de Toulouse Peinture à l’huile, 1793 -

La bataille de Toulouse Peinture à l’huile, 1793 - Photothèque municipale

Peinture à l’huile, 1793 - Photothèque municipale La Croix blanche, dont la rue porte le nom,

La Croix blanche, dont la rue porte le nom, sym- bolise la colombe que la mère du saint vit s'envo- ler quand il mourut. Elle dit "mon fils vient de

mourir " - Photothèque municipale

SAINT EXUPÈRE

Le récit de la vie de saint Exupère, dans lequel se mêlent étroitement réalité et légende, s'étend de la fin du IV ème au début du V ème siècle. Fils de paysans, Exupère serait né à Arreau (Hautes-Pyrénées). Très brillant, il poursuit des études à Toulouse, puis entre dans les ordres. Successeur de saint Sylve, il devient le sixième évêque de Toulouse. Il fait édifier ce qui sera la future basilique* Saint-Sernin où seront conservées les reliques de saint Saturnin. Son immense érudition, mais surtout son dévouement, son âme charitable et sa piété sans faille, l'ont consacré de son vivant.

A l’époque des grandes invasions, les Vandales, arrivés devant Toulouse, assiègent la cité. Ils veulent la

mettre à sac comme les autres villes. Mais l'intervention de saint Exupère les oblige à y renoncer. Comment : par des dons…, par des paroles pieuses…, par la persuasion… nul ne le sait vraiment. La légende raconte que, debout sur les remparts de Toulouse, " la prière sur les lèvres ", il agite son aspersoir* tuant à chaque goutte d'eau bénite un assaillant. Devant un tel prodige, les Vandales prennent la fuite. Toulouse, à l'inverse des autres villes de la Gaule, et grâce à son saint Evêque, ne subit pas leur rage dévastatrice.

Les Toulousains auraient dû alors montrer leur gratitude à saint Exupère, mais il n'en est rien. Ils n'écoutent plus ses paroles. Découragé, il retourne à Arreau et s'adonne aux travaux des champs. Cependant quelques temps après, une grande famine accable les peuples de la Gaule et n'épargne pas les Toulousains. Ceux-ci

se souviennent alors de leur évêque et de ses bienfaits. Ils envoient à Arreau une petite délégation chargée

de le ramener. Devant les malheurs qui s'abattent sur sa ville, il repart et se dépouille de ses biens pour venir en aide aux Toulousains. L'hagiographie*, une fois de plus, s'empare de cet épisode pour montrer la Toute Puissance de Dieu. Les messagers toulousains trouvent saint Exupère en train de labourer un champ. Ils lui exposent leur requête. Mais il dit qu'il ne reviendra à Toulouse que lorsque l'aiguillon, qu'il a en main pour stimuler ses bœufs, fleurira. Aussitôt une fleur blanche apparaît sur le bâton, et Exupère s'inclinant devant la volonté divine, revient à Toulouse.

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Société de Secours Saint-Exupère* - Archives départementales de la Haute-Garonne Choeur de la chapelle Saint-Exupère

Société de Secours Saint-Exupère* - Archives départementales de la Haute-Garonne

- Archives départementales de la Haute-Garonne Choeur de la chapelle Saint-Exupère - Photothèque

Choeur de la chapelle Saint-Exupère - Photothèque municipale

Crypte de la chapelle Saint-Exupère -

Photothèque municipale

de la chapelle Saint-Exupère - Photothèque municipale S AINT EXUPÈRE L A CHAPELLE Exupère venait se

SAINT EXUPÈRE

L A CHAPELLE

Exupère venait se reposer à Blagnac des fatigues de son épiscopat. Il avait fait construire sa maison à

l'emplacement de la chapelle actuelle où il recevait les malades et les pauvres. Il aimait beaucoup, paraît-

il, les habitants de ce petit village. Les Blagnacais le lui ont bien rendu en le vénérant et en le faisant Saint

Patron de leur village (fête locale le 28 septembre). C'est dans ce lieu qu'il serait mort et aurait été inhumé au début du V ème siècle.

A l'époque, toute cette partie de Blagnac n'était que terres cultivées.

Une centaine d'années après son décès, la tradition raconte encore qu'un paysan qui habitait là, a été hanté chaque nuit par le même rêve, celui qui lui annonçait que sa maison se trouvait sur l'emplacement du tombeau du Saint. Il en avisa les religieux de Saint-Sernin qui trouvèrent en effet les restes du saint homme et les emportèrent pour les déposer dans une châsse dans leur église. C'est la Translation* fêtée par les Blagnacais le 14 juin. Un petit édifice religieux dont il ne reste rien, fut élevé sans doute à l'endroit de son tombeau.

La chapelle, construite peut-être par les chanoines du chapitre de Saint-Sernin, date du XIVème ou du XVème siècle. Elle était entretenue par la Confrérie de Saint-Exupère, établie à Blagnac. Elle fut très endommagée en 1794 durant la période révolutionnaire. Déclarée bien national, elle est vendue aux enchères en 1797 et acquise par Hilaire Bosc au profit de la Confrérie. Elle sera par la suite revendue à la fabrique paroissiale* de Blagnac. Cette dernière demandera au préfet de la Haute-Garonne de classer le bâtiment comme chapelle de secours afin que les cérémonies puissent s'y dérouler et que les dons prévus pour son entretien puissent être faits en toute légalité. Grâce à la générosité des Blagnacais, sa restauration commence alors et s'achève en 1806. Depuis elle fera l'objet de plusieurs consolidations et même de transformations. La donatrice Jeanne Lussan, considérée alors comme bienfaitrice, est représentée sur un tableau grandeur nature, classé à l'inventaire des monuments historiques en 1975 et restauré depuis. Dans une lettre datée du 29 juillet 1841, à la suite d'une visite pastorale, les reliques de Saint Exupère sont cataloguées. Elle dit ceci "Il y a une petite boite enchâssée dans la poitrine de la statue du saint. Par devant, cette boite est munie d'un verre et par derrière elle est fermée avec des cordons de soie qui couvrent une étoffe de soie verte et sur ces cordons est un sceau de cire rouge…". Une attestation latine du père Hubert déclare qu'il a extrait cette relique des reliques de ce saint.

Les peintures murales de la chapelle ont été classées monument historique le 20 mai 1922. La nef est devenue une salle de spectacle en 1989. Proie d'un incendie en 1990, les peintures, véritable richesse de ce lieu, n'ont subi aucun dommage.

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Chapelle Saint-Exupère : extrait du plan cadastral du XVIII ème siècle - Archives municipales Facture

Chapelle Saint-Exupère : extrait du plan cadastral du XVIII ème siècle -

Archives municipales

cadastral du XVIII ème siècle - Archives municipales Facture du XIX ème siècle -pour acquisition de

Facture du XIX ème siècle -pour acquisition de peupliers sarrazins -

Archives municipales

SAINT EXUPÈRE

L A

FONTAINE

SAINT-EXUPÈRE

Avant de gravir la petite pente qui conduit à la Chapelle Saint Exupère, on rencontre sur la droi- te de la route une fontaine qui porte le nom de ce saint.

Elle alimentait un lavoir public. Cette fontaine mêle encore une fois réalité et légende. Si les anciens disaient que les eaux mélangées à un peu de poussière prise du tombeau de l'évêque ont très souvent guéri les malades dévorés par la fièvre, M. Baccalerie dans son ouvrage sur l' " Histoire de saint Exupère ", dit que ces eaux n'ont jamais joui d'une vertu quelconque (le clergé paroissial ne vint, d'ailleurs, jamais la bénir). La tête sculptée du saint s'y trouvait encore au début du XX ème siècle en demi relief au dessus de la porte du réservoir.

OÙ SONT PASSÉS LES SARRASINS ?

Selon Bertrand Lavigne, auteur de l'ouvrage " Histoire de Blagnac ", " l'espace compris entre l'

église Saint-Exupère et le village de Blagnac, porte depuis un temps immémorial, le nom de Sarrazinière . Il est coupé du Sud-Ouest à l'Est par un chemin du même nom. "

Il situe la grande bataille que se sont livrés Eudes, le comte de Toulouse et duc d'Aquitaine, et El Samah, chef des Sarrasins à cet endroit en mai 721. Si l'existence même de ce combat désas- treux pour les musulmans aux portes de Toulouse ne fait pas de doute, la thèse soutenue par l'historien blagnacais repose sur une hypothèse de stratégie militaire encore à démontrer. Cette bataille, dénommée " Bataille du plateau " par les chroniques arabes, se situe, selon l'his- torien toulousain S. Forado, sur la voie romaine en direction de Narbonne, peut-être dans la région de Ramonville. Mais alors, que signifie la présence de cadavres armés dans les sous-sols des champs jouxtant cette rue ? Le mystère reste entier. Laissons courir la légende comme dans bien d'autres sites français. Car le territoire français est riche de cette appellation : mur des Sarrasins dans le Vercors, grottes du même nom à Loverval, au sud de Charleroi (Meuse), fours à Pouligny notre Dame, crêtes en Maurienne. Ces combattants ont, en tout cas, laissé des traces terribles dans la mémoire de notre peuple. Une seconde hypothèse sur la dénomination de cette rue serait peut-être tout simplement d'origine …. botanique, et mettrait d'accord les deux historiens. Le blé noir, appelé aussi sarra- sin, aurait été cultivé dans les champs alentour. Ceci n'empêche pas de penser également à l'éventuelle présence en ces lieux de peupliers du Sud-Ouest, dénommés…peupliers sarrasins*, au caractère très voisin de ceux d'Italie. Gageons que la rue Sarrazinière gardera encore long- temps le secret de son nom.

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1 3 5 2 4 Peintures murales de la chapelle Saint-Exupère – photothèque municipale S AINT

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1 3 5 2 4 Peintures murales de la chapelle Saint-Exupère – photothèque municipale S AINT

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1 3 5 2 4 Peintures murales de la chapelle Saint-Exupère – photothèque municipale S AINT

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1 3 5 2 4 Peintures murales de la chapelle Saint-Exupère – photothèque municipale S AINT

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1 3 5 2 4 Peintures murales de la chapelle Saint-Exupère – photothèque municipale S AINT

Peintures murales de la chapelle Saint-Exupère –

photothèque municipale

SAINT EXUPÈRE

LES PEINTURES MURALES

Sur les murs de cette chapelle, des peintures du XVIème siècle, œuvres de plusieurs artistes, illustrent la vie et surtout la légende du saint, dans un style naïf, remarquable par le détail des costumes de l'époque. Quelques anachronismes sont à noter (chanoines, archevêque, vêtements). Sous les panneaux disposés sur deux registres, se lit une inscription dans la langue romane parlée au XVIème siècle. Seuls les dix pre- miers panneaux datent de cette époque. Les quatre derniers furent exécutés en 1886 par Bernard Bénézet, également restaurateur des premiers, à l'initiative du curé Philippe Massot. Ces travaux suscitèrent de nombreuses critiques. Ainsi, l'ouvrage d'un hagiographe datant de 1869 nous fait penser que l'ordre chronologique primitif n'a pas été respecté. Cependant, en s'inspirant de l'œuvre antérieure, l'artiste a enrichi l'ensemble par d'autres épisodes importants de la vie du saint. De malheu- reuses dégradations ont été causées par le temps et par d'inopportunes interventions humaines. Une consolidation des peintures murales a été réalisée en 2001. Une protection étant désormais néces- saire, une vitre isolant la crypte, sera posée très prochainement. Et, une restauration ultérieure de cette œuvre devrait rendre toute son authenticité à ce qui reste de l'histoire illustrée de ce grand homme.

Première série de peintures (XVI ème siècle)

Premier panneau " L'élection fut faite " Saint Exupère est nommé aux fonctions épiscopales, nomination consacrée par l'acclamation des fidèles, selon la coutume des premiers temps chrétiens.

Deuxième panneau " On vint le chercher au champ " Une véritable atmosphère pittoresque se dégage de cette scène, animée par la présence des personnages aux costumes stylisés et variés.

Troisième panneau " saint Exupère fut fait archevêque " Cette scène a particulièrement marqué le curé Massot, auteur d'un ouvrage dédié à saint Exupère. Il fut surpris par l'étrangeté des visages qui rappellent ceux des anciens peuples barbares établis dans le Midi, après la chute des Romains, contrastant avec ceux de notre région.

Quatrième panneau " Il garde Toulouse de périr " La représentation de cette scène est considérée par les critiques de l'époque comme la plus médiocre de toutes. En effet, nous pouvons noter la différence d'échelle des assiégeants, en comparaison de celle de l'ensemble de cette œuvre.

Cinquième panneau " saint Exupère faisant communier le peuple " Composition qui a beaucoup souffert, car seules la disposition générale et quelques têtes, comme celle d'une femme blonde, ont pu être conservées de la peinture primitive.

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6 8 10 7 9 Peintures murales de la chapelle Saint-Exupère – Photothèque municipale S AINT

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6 8 10 7 9 Peintures murales de la chapelle Saint-Exupère – Photothèque municipale S AINT

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6 8 10 7 9 Peintures murales de la chapelle Saint-Exupère – Photothèque municipale S AINT

Peintures murales de la chapelle Saint-Exupère –

Photothèque municipale

SAINT EXUPÈRE

Sixième panneau « saint Exupère mourut » Le saint assis sur son lit à baldaquin est entouré d’ecclésiastiques ou de médecins.

Septième panneau « On le mit en terre » Saint Exupère, mitré et enveloppé dans un suaire, est entouré de plusieurs personnages. Sa mère, la tête couverte d’un voile, se recueille sur son corps.

Huitième panneau « On le porta à Toulouse » Le corps du saint, recouvert d’un tissu de brocart, est transporté à Toulouse.

Neuvième panneau « On prie saint Exupère » Nous distinguons, posée sur un autel, la châsse contenant les reliques du saint homme.

Dixième panneau « Le feu fut éteint par saint Exupère » La foule de fidèles invoque le saint afin qu’il éteigne un incendie à Toulouse.

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1 2 Peintures murales de la chapelle Saint-Exupère - photothèque municipale 3 4 Voûte de

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1 2 Peintures murales de la chapelle Saint-Exupère - photothèque municipale 3 4 Voûte de la

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Peintures murales de la chapelle Saint-Exupère - photothèque municipale

de la chapelle Saint-Exupère - photothèque municipale 3 4 Voûte de la chapelle Saint-Exupère - Photothèque

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de la chapelle Saint-Exupère - photothèque municipale 3 4 Voûte de la chapelle Saint-Exupère - Photothèque

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de la chapelle Saint-Exupère - photothèque municipale 3 4 Voûte de la chapelle Saint-Exupère - Photothèque

Voûte de la chapelle Saint-Exupère - Photothèque municipale

SAINT EXUPÈRE

Deuxième série de peintures (1886)

Premier panneau « saint Exupère fait l’aumône » Le saint, installé sur un piédestal, est représenté faisant la charité, comme il en avait l’habitude.

Deuxième panneau « saint Exupère guérit les fiévreux » Le saint homme remet à un chevalier un breuvage “miraculeux”, qui, selon certaines interprétations, devait être apporté à Saint Ambroise.

Troisième panneau « saint Exupère poursuit les hérétiques » Ici, il poursuit les hérétiques, représentés par le moine Vigilance, refusant l’autorité du Pape, et corrompu dans ses moeurs comme dans sa doctrine.

Quatrième panneau « saint Exupère reçoit l’écrit de Saint Jérôme » Cet écrit condamne de manière péremptoire les erreurs de Vigilance.

La voûte

Sur la voûte en arc brisé, nous pouvons observer les attributs de l’épiscopat, les initiales du saint, ainsi que

la croix de Lorraine épiscopale.

Cette dernière est une croix latine à laquelle s’ajoute un bras transversal.

Les attributs de l’épiscopat sont représentés par la mitre, la crosse et la croix de Lorraine sur la clé de voûte principale.

A la croisée des ogives, des bandeaux décoratifs présentent alternativement initiales entrelacées du saint

et croix de Lorraine.

De nombreux ex-voto* (remerciements de Blagnacais à leur saint qu’ils ont prié dans les moments de désespoir, de maladie ou pendant les deux guerres mondiales) étaient accrochés aux murs. Il n’en reste plus que quelques-uns aujourd’hui.

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Eglise Saint-Pierre Projet Virebint – Archives municipales
Eglise Saint-Pierre Projet Virebint – Archives municipales

EGLISE

SAINT-

PIERRE

Eglise Saint-Pierre - Photographie Ph. Garcia, BH&M Blason de Blagnac sur l’Eglise Saint-Pierre Photographie

Eglise Saint-Pierre - Photographie Ph. Garcia, BH&M

Eglise Saint-Pierre - Photographie Ph. Garcia, BH&M Blason de Blagnac sur l’Eglise Saint-Pierre Photographie

Blason de Blagnac sur l’Eglise Saint-Pierre

Photographie D.Bonzom

EGLISE SAINT-PIERRE

Avec primitivement un clocher mur tourné vers la Garonne sur la façade Est (emplacement du choeur), l’église Saint Pierre accueillait déjà des fidèles au XIème siècle. Ni la nef, ni le choeur n’étaient voûtés alors. Ce n’est que dans un second temps que la construction de deux arcs brisés en brique divisera la nef en deux travées, la séparant du choeur. Puis à la fin du XVème siècle sera réalisé le voûtement. Ces dernières transformations seraient dues à la famille Devoisins qui remplaça l’ancien clocher par un autre ressemblant à celui de la basilique Saint-Sernin.

De nombreux corps ont été dégagés à l’occasion de différentes fouilles. Un véritable lieu d’inhumation se trouvait à l’intérieur de l’édifice. En 1775, Monseigneur de Brienne interdira la pratique des inhumations dans les églises de France. En 1840, l’accroissement de la population donne l’occasion de créer deux nouvelles chapelles, la chapelle Notre-Dame et la chapelle du Sacré-Coeur. Le savoir-faire de l’architecte Virebent transformera cet édifice pour lui donner finalement l’aspect qu’il a aujourd’hui.

L’église a subi au cours des siècles des outrages plus ou moins effacés par des restaurations. Elle sera mutilée par l’installation du télégraphe Chappe sur sa flèche en 1834, frappée par la foudre plusieurs fois, et en 1944 éventrée par un avion de chasse allemand, nécessitant la réfection de la nef. Depuis, l’église a vu récemment son pavement remplacé à l’occasion de l’installation d’un chauffage au sol (le carrelage précédent a été dégagé en 1826 mettant au jour des tessons de poteries du haut moyen âge). Une deuxième tranche de travaux prévoit, après réalisation d’un diagnostic, la rénovation des parements de briques et galets du choeur, ainsi que la réfection en teinte plus claire des enduits de la nef. Sont prévues dans le même temps, la restauration et la création de vitraux. Enfin une autre tranche de travaux prévoit le nettoyage des peintures et leur réfection ponctuelle, ainsi que le ravalement général des façades.

PARTIE EXTÉRIEURE

On devine en façade sur le clocher, cachée par la Vierge Immaculée, une pierre gravée au-dessus de l’entrée principale. Elle représente probablement les armoiries de la communauté, avec d’un côté la croix dite de Toulouse et de l’autre deux poissons affrontés surmontés de trois billettes. La statue en fonte de la Vierge, datant de 1860, a repris dernièrement sa place d’origine.

Au-dessus de la 4 ème fenêtre, sur une pierre encastrée, un bas relief représente une clé et une croix latine pattée du XV ème siècle.

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L’église Saint-Pierre au début du XX ème - Photothèque municipale Sculptures de la chapelle de

L’église Saint-Pierre au début du XX ème - Photothèque municipale

au début du XX ème - Photothèque municipale Sculptures de la chapelle de la Vierge. Eglise
au début du XX ème - Photothèque municipale Sculptures de la chapelle de la Vierge. Eglise
au début du XX ème - Photothèque municipale Sculptures de la chapelle de la Vierge. Eglise
au début du XX ème - Photothèque municipale Sculptures de la chapelle de la Vierge. Eglise

Sculptures de la chapelle de la Vierge. Eglise Saint-Pierre –

Photothèque municipale

Christ en bois du XVI ème siècle. Eglise Saint-Pierre– Photothèque municipale

EGLISE SAINT-PIERRE

PARTIE INTÉRIEURE

Dans le narthex* est scellé un Christ en bois qui date du 16 ème siècle. Sont gravés sur du marbre, de part et d’autre de la croix, les noms des soldats morts pour la France durant la première guerre mondiale. La nef mesure 35 m de long, 12 m de large et 10,5 m de haut. Primitivement, elle mesurait 11,5 m de large et 18 m de long.

A

gauche, la première chapelle est consacrée à sainte Magdeleine et saint Blaise.

Y

étaient présents les fonts baptismaux, cuve en plomb ciselé datant du XII ème siècle exposée

aujourd’hui au musée de Cluny à Paris. Les sculptures des quatre culots d’ogives sont difficilement identifiables. On distingue toutefois deux têtes d’anges et deux animaux dos à dos. La seconde est appelée Chapelle de la Vierge. Elle abrite la cuve baptismale en marbre rose des Pyrénées. La Vierge à l’Enfant qui soutient le monde, statue en bois doré (fin XVIII ème -début XIX ème ), devait tenir dans sa main un objet (sceptre, fleur de lys Les peintures de la voûte représentent l’Assomption de Marie. Elles sont bordées de visages en pierre sculptée, comme dans la chapelle qui fait face à celle-ci

On doit cette partie de l’édifice au curé Alzieu qui la fit construire au milieu du XIX ème , le trouvant trop exigu. Il fit transformer les croisées ogivales en plein cintre. L’architecte Virebent sera chargé bien plus tard de la restaurer.

On peut admirer dans le Choeur l’autel en très beau marbre de style Louis XV, orné en son centre de la tiare et des clefs de saint Pierre.

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Médaillons Chapelle Saint-Jacques. Eglise Saint Pierre – Photothèque municipale Saint Jérôme, vitrail. Chapelle
Médaillons Chapelle Saint-Jacques. Eglise Saint Pierre – Photothèque municipale Saint Jérôme, vitrail. Chapelle

Médaillons Chapelle Saint-Jacques. Eglise Saint Pierre – Photothèque municipale

Eglise Saint Pierre – Photothèque municipale Saint Jérôme, vitrail. Chapelle Saint-Jacques. Eglise

Saint Jérôme, vitrail. Chapelle Saint-Jacques. Eglise Saint-Pierre –

Photothèque municipale

Eglise Saint-Pierre – Photothèque municipale Ecusson de la famille Devoisins. Chapelle Saint-Jacques.
Eglise Saint-Pierre – Photothèque municipale Ecusson de la famille Devoisins. Chapelle Saint-Jacques.

Ecusson de la famille Devoisins. Chapelle Saint-Jacques. Eglise Saint-Pierre –

Photothèque municipale

EGLISE SAINT-PIERRE

Les vitraux datés de 1855 représentent de gauche à droite : sainte Germaine et la vierge Marie, les évangélistes saint Marc et le lion, saint Matthieu et l’ange, saint Pierre et les clés, saint Paul et l’épée, les évangélistes saint Jean et l’aigle, saint Luc et le taureau, enfin saint Exupère et saint Louis de Gonzague.

Attenante au choeur, la chapelle Saint-Jacques le Majeur, construite par Géraud Devoisins, baron de Blagnac, servit de sépulture à sa famille. On trouve l’écusson de ces nobles sur les quatre culots des arêtes de la voûte : trois losanges posés de face, surmontés d’un lambel* à trois pendants. Les peintures de la voûte représentent des saints : saint François Xavier, saint Vincent de Paul, saint Dominique, saint François d’Assise, saint Jacques apôtre, saint Jérôme, saint Louis de Gonzague et saint Grégoire. Les quatre médaillons ont eu vraisemblablement pour modèles des membres de la famille Devoisins ou peut-être des personnages importants de Blagnac. Les vitraux dédiés à saint Jacques et saint Jérôme ont été restaurés en 1999. La statue de Mère de Grâce en bois doré du XVII ème siècle, précède la chapelle du Sacré Coeur, construite au début du XVIII ème siècle. Au sol, un chrisme* est représenté au centre d’une mosaïque gallo-romaine, provenant d’un site proche. Les peintures de la voûte, oeuvre de Jules Garipuy, représentent le Christ appelant à lui toutes les misères humaines.

Dans la nef, un grand tableau, oeuvre d’un artiste inconnu du XIXème siècle, représente saint Exupère, vêtu de l’aube et de la chape, coiffé de la mitre, tenant la crosse et l’aspersoir. Au deuxième plan, on aperçoit la basilique St-Sernin.

La visite se poursuit par les grandes orgues. L’instrument primitif construit par le facteur Poirier, fut détruit lors de l’effondrement de la tribune en 1944. En 1952, un nouvel orgue est offert par la famille Marsan. Sa restauration entreprise en 1998 par un jeune facteur d’orgues de Thonon-les-Bains, Sylvain Boudou, se termine en 2001.

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Extrait du plan cadastral du XVIII ème siècle - Archives municipales Extrait du registre des

Extrait du plan cadastral du XVIII ème siècle - Archives municipales

cadastral du XVIII ème siècle - Archives municipales Extrait du registre des délibérations : un des

Extrait du registre des délibérations : un des droits de la communauté blagnacaise retranscrit au dos du registre des délibérations (1781-1790) - Archives municipales

DE la baronnie à la Révolution Française

seigneurs et

villageois

Echange de la Baronnie de Blagnac entre Géraud Balène et Philippe le Bel (XIV ème

Echange de la Baronnie de Blagnac entre Géraud Balène et Philippe le Bel (XIV ème siècle) – Archives municipales

DE LA BARONNIE À LA RÉVOLUTION

Les Blagnacais jouissent vraisemblablement pendant plusieurs siècles, d’avantages partiellement décrits par Bertrand Lavigne, comme : « libertés, exemptions et coutumes du village Saint Pierre de Blagnac ». Mais, à la veille de la Révolution, ne subsistent plus que les droits de pêche, de bac et de moulin. Ces privilèges sont édictés dans 29 articles, dont seulement 7 sont parvenus jusqu’à nous, heureusement retranscrits sur un registre de délibérations.

En 1098, Guillaume IX, comte de Poitiers et duc d’Aquitaine, fait don du village Saint Pierre de Blagnac, (ainsi était-il dénommé) aux chanoines de Saint Sernin. Il passe dans le domaine particulier du Chapitre* de Saint Sernin au mois de décembre 1101. A cette époque est fondé un prieuré* qui disparaîtra en 1789. Le comte de Poitiers témoigne ainsi de sa reconnaissance aux chanoines qui l’avaient aidé à chasser le comte Bertrand de Toulouse, lequel avait envahi l’abbaye et chassé ses occupants. Nous ne savons pas à quel moment les chanoines furent dépossédés de Blagnac. Le village connaît un autre sort à l’occasion d’un échange fait entre Philippe le Bel et le chevalier Géraud Balène, surintendant* des finances dans la sénéchaussée* de Toulouse après la guerre des Flandres en 1307. Ce dernier devant s’acquitter de ses importantes dettes envers le roi , se trouve finalement créditeur en lui restituant plus qu’il n’était besoin. C’est alors que le roi décide de lui octroyer « Blagnac avec son fait de la Mascotte, Cornebarrieu, Aussonne, Beauzelle, Seilh, Cluzel, Lespinasse, Bruguières, Fontanes, Lalande, Lacourtensourt ainsi que des métairies (au fort rapport), le pesquier de Blagnac et le cours de Garonne avec juridiction quant à la pêche… ». Le chevalier est alors à la tête d’une importante châtellenie*.

LE CHÂTEAU FORT

Il ne reste aujourd’hui aucune trace du château seigneurial construit probablement à l’initiative de Géraud Balène au début du XIV ème siècle. En effet, il aurait été détruit par un incendie perpétré par les protestants au XVIème siècle. L’historien Bertrand Lavigne, s’appuyant sur une enquête réalisée en 1321, le situe au sud-est du village, en dehors des fossés. Selon cette dernière, le château s’éle- vait sur plusieurs étages. Il était pourvu notamment d’une galerie, d’une chapelle, d’une salle de réception et orné noblement. On y entrait par une porte à pont-levis, flanquée de deux grosses tours. La rue du vieux château, située dans le vieux Blagnac, en garde le souvenir.

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Extrait de l’ouvrage “La noblesse des Capitouls de Toulouse” - J.P. Buffelan Fontaine des 3

Extrait de l’ouvrage “La noblesse des Capitouls de Toulouse” - J.P. Buffelan

“La noblesse des Capitouls de Toulouse” - J.P. Buffelan Fontaine des 3 cannelles ou Fontcouverte -

Fontaine des 3 cannelles ou Fontcouverte -

Photothèque municipale

DE LA BARONNIE À LA RÉVOLUTION

Robert Balène, fils de Géraud Balène, cède la seigneurie* de Blagnac à Géraud Devoisins, baron d’Arques, « seigneur de Blagnac, Bruguières et autres lieux dans un hommage rendu au roi de l’an 1383 ». Il est un des descendants, de Pierre Devoisins, sénéchal* de Toulouse de 1251 à 1254 et lieutenant de Simon de Montfort.

Son petit-fils Nicolas lui succède en 1467. Il dispute âprement les privilèges acquis par les consuls et obtient satisfaction auprès du roi. Les consuls doivent s’incliner et lui prêter serment de fidélité. En résumé, le baron a main mise sur la plupart des droits et revenus. Il agrandit son domaine en devenant propriétaire de Pinot, grâce à son mariage. Il sera nommé Capitoul *en 1504. Après la destruction du château féodal, la famille Devoisins fait alors construire une maison bien plus modeste, ouverte sur la place de la Fontcouverte (actuelle place de l’Abbé Amouroux). Cette demeure, occupée par les barons au cours des XVII ème et XVIII ème siècles, existe encore. Cependant, la baronnie* s’appauvrit peu à peu, ne comprenant plus que le village de Blagnac. Mais son véritable démantèlement commence lorsque Isabeau Devoisins vend sa part (le tiers de la baronnie) à un Toulousain, Jean d’Aldéguier. Les deux autres tiers restent en possession de ses deux frères. Pendant ce temps la communauté soutient son seigneur confronté à des difficultés financières. Mais la détermination des consuls, qui entendent bien conserver leurs droits chèrement acquis, n’est pas pour autant amoindrie.

Charles Dumont en achetant le nouveau château de Blagnac à François d’Aldéguier, construit par sa famille vers 1650, reconstitue la baronnie de Blagnac. Son fils la cède cependant à Joseph d’Ysarny de Gargas qui la vend à son tour rapidement à Jean et Claude Amieux. En 1782, à la veille de la Révolution, le dernier dénombrement fait état de nombreux droits et privilèges dont bénéficie le baron Amieux : droit de justice, droit de choisir les consuls, droit de sang, droit de pêche (usurpé à la communauté), de chasse, droit exclusif d’avoir des moulins sur la Garonne… Les événements auront raison de tous ces privilèges.

FONTAINE DES TROIS CANNELLES OU FONTCOUVERTE

Située place de l’Abbé Amouroux, et dissimulée au regard, la fontaine s’écoulait par trois petites sorties à hauteur différente, d’où son appellation. On y accède par un escalier de pierre, usé par les allées et venues. L’eau n’est plus potable de nos jours, mais elle a désaltéré les Blagnacais jusque dans les années 60. Sa récente restauration a révélé tout son charme bucolique. L’eau coule sous la maison construite à l’emplacement de la demeure du baron Amieux ; elle alimentait plusieurs lavoirs.

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Procès Amieux, relatif au droit de pêche - Archives municipales D E LA BARONNIE À
Procès Amieux, relatif au droit de pêche - Archives municipales D E LA BARONNIE À

Procès Amieux, relatif au droit de pêche - Archives municipales

DE LA BARONNIE À LA RÉVOLUTION

En 1782, le baron, Claude Amieux, affirme posséder en exclusivité le droit de pêche. Les Consuls et les habitants protestent. Ils rappellent les droits et privilèges que Raymond, Comte de Toulouse, leur avait octroyés et qui avaient été confirmés par le roi Philippe le Bel lorsqu’il céda la terre de Blagnac à Géraud Balène, comme nous venons de le voir. Il n’était pas le seul baron à vouloir récupérer ce droit. Déjà, César Devoisin en 1667, puis sa fille Marguerite, dix ans plus tard, avait essayé. Mais, grâce à un arrêt de la Cour, et à une transaction passée devant Me Sarlabous, notaire à Blagnac, les Blagnacais gardent le privilège de pêcher gratuitement dans la Garonne ; les barons pouvant pêcher (ou faire pêcher « leurs gens ») comme tous les autres habitants. Le baron persiste et intente un procès à la communauté. Au mois d’août 1785, une ordonnance des Grands Maîtres des Eaux et Forêts de Guyenne et du Languedoc, stipule que, dans la huitaine, il doit être procédé au bail à ferme du droit de pêche à Blagnac annoncé par affiches. Les revenus de ce bail seront partagés entre le baron et les villageois. Après un refus catégorique, les consuls et le syndic des pêcheurs se résignent à se conformer à cette ordonnance, en contestant toutefois la part attribuée au baron. Pourtant, avant de prendre une décision définitive, ils sollicitent les conseils d’avocats. Ceux-ci leur affirment qu’avec les titres authentiques en leur possession, ils peuvent ignorer cette ordonnance et garder le droit de pêche en l’état en attendant sereinement l’issue du procès en cours.

Mais, d’après B. Lavigne, l’intendant de la province, par une lettre reçue à Blagnac le 21 juillet 1786, met fin à la polémique, en rappelant que des ordonnances royales datant du règne de Louis XIV, interdisent aux consuls de s’impliquer dans une affaire judiciaire sans sa permission.

Des ordonnances de la même époque, que les Blagnacais avaient réussi à ne pas appliquer grâce aux avantages acquis depuis des siècles, obligent les communautés à affermer le droit de pêche.

Ainsi, début juillet 1788 a lieu le premier bail à ferme de la pêche sur la Garonne dans la juridiction de Blagnac. Il n’est pas dit si le baron en retira un bénéfice.

Un an après, la Révolution le dépouillera de tous ses privilèges.

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Extr ait du cahier de doléances de Blagnac – Archives municipales D E LA BARONNIE

Extrait du cahier de doléances de Blagnac – Archives municipales

DE LA BARONNIE À LA RÉVOLUTION

Enlisé dans une grave crise financière, Louis XVI décide, le 5 juillet 1788, de convoquer les Etats Généraux (qui ne s’étaient pas réunis depuis 1614). Les Français sont classés en trois ordres : le clergé, la noblesse et le tiers état. Le 24 janvier 1789, un règlement précise les modalités de désignation des divers représentants. Tous les français âgés de 25 ans, inscrits sur le rôle des impositions doivent désigner leurs délégués. Dès le 15 février 1789, le conseil de la communauté de Blagnac qui compte alors 1 260 habitants répartis en 283 feux*, prépare la réunion des habitants du lieu pour choisir les délégués à l’assemblée de Toulouse (où seront élus les 8 députés aux Etats Généraux) et rédiger le cahier de doléances*. Deux rassemblements seront nécessaires. Le 25 mars, 77 participants désignent François Cantayre, Jean-Paul Guion et Jean- Gabriel Delaux pour représenter la communauté à Toulouse et approuver le cahier de doléances. Le tout signé «par ceux qui savent», 29 personnes seulement.

LES CONSULS*

Résurgence du fonctionnement des institutions romaines, Blagnac, comme nombre de villages du midi de la France, est représentée et administrée par des consuls jusqu’à la Révolution Française. Ils sont au nombre de quatre dès le XVII ème siècle. «Ils sont assistés du conseil des jurats*et prudhommes pour l’administration de la communauté». Ils se réunissent à la maison commune et délibèrent sur toutes les questions qui leur sont soumises. Ils gèrent les affaires de la communauté, la représentent en justice et ont seuls le droit de justice. Ils ne reçoivent aucune indemnité, à part un défraiement des déplacements occasionnés. Les consuls sont élus chaque année par leurs pairs à partir d’une liste composée de quatre classes de citoyens. Sont donc représentés des notables, des bourgeois, des artisans et des pauvres. Les consuls désignent chacun deux candidats de leur classe. Mais c’est au baron qu’il revient de choisir un consul dans chaque catégorie. Parallèlement, deux officiers du baron, le juge et le procureur juridictionnel sont chargés de faire res- pecter les droits et privilèges de ce dernier et de traduire les délinquants en justice. Les Consuls ont, au travers des siècles, défendu avec acharnement les droits acquis de la communau- té face aux velléités des barons successifs. Dès 1729, ils sont assistés d’un conseil politique, formé de 8 à 12 membres choisis, en principe, équi- tablement parmi les différentes classes de citoyens. La réalité est tout autre. C’est en 1749 que Louis XV nomme, pour la première fois, les 4 consuls et retire ce droit immémo- rial aux consuls et au baron, ceci en application de son édit de 1733. En 1756, ce droit revient à nouveau à ces derniers, le roi étant revenu sur sa décision. Le baron Claude Amieux, faisant fi des attributions légales des représentants de la communauté, refuse de sanctionner les élections des consuls, et les nomme lui-même. Les consuls font appel de cette prise de pouvoir. Nous sommes en 1777, la révolution n’est pas loin….

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Registre des décrets de l’Assemble Nationale – Archives municipales D E LA BARONNIE À LA

Registre des décrets de l’Assemble Nationale – Archives municipales

DE LA BARONNIE À LA RÉVOLUTION

LE CAHIER DE DOLÉANCES DE LA COMMUNAUTÉ

Que pensaient les habitants de Blagnac de leurs conditions de vie ? Souhaitaient-ils des changements et lesquels ?

La réponse à ces questions est donnée en partie dans les 15 articles de ce cahier. La vie est dure dans cette commune agricole soumise aux aléas atmosphériques, sécheresse, hivers rigoureux, crues de la Garonne, mais aussi aux redevances, impôts injustes, abus de pouvoir du baron « 62 personnes sont réduites à l’état de misère». Envisage t-on pour autant une révolution ? Rien n’est moins sûr. Catalogue des malheurs du temps, ce cahier consacre 11 articles sur 15 aux problèmes financiers, avec la création d’un «impôt territorial» et l’assujettissement des capitalistes à un autre impôt… », obligation pour le roi d’informer chaque année des progrès accomplis…, création d’un «bureau de charité» et recrutement d’un maître d’école. Plusieurs articles traitent de la dîme*. Une synthèse des divers cahiers de la sénéchaussée*, réalisée à Toulouse, cahier différent car il répond à des problèmes plus généraux, «abolition des lettres de cachet, de la censure» sera apportée à la réunion des Etats Généraux, le 5 mai

1789.

Les événements qui suivent cette date symbolique constituent la «Révolution Française». Evénement essentiellement parisien, dont les répercussions sont incroyablement présentes dans la vie quotidienne de notre commune, comme en témoignent de très nombreux et très riches documents. Tous les textes des lois votées par l’Assemblée Constituante sont recopiés dans un registre spécial, création de l’Etat Civil, de municipalités élues, de la Déclaration des Droits de l’Homme. Les cahiers de délibérations du Conseil Municipal nous font vivre au jour le jour, les événements qui bouleversent la vie nationale et celle de notre petite commune : aménagement d’une prison, constitution d’une Garde Nationale, achat d’une écharpe tricolore et de fusils… Il faut participer à la nouvelle organisation du territoire en cantons, en départements, vivre avec le nouveau calendrier, le dimanche n’étant plus un jour chômé. Quand la « patrie est déclarée en danger », les volontaires dans la marine et dans l’armée de terre se présentent. Les élus doivent assurer une permanence nuit et jour. Le pain rationné est de mauvaise qualité. L’insurrection royaliste de 1799 n’épargne pas notre commune. Grâce à tous les documents, témoins de cette période, on découvre à quel point la vie de notre commune dans cette période révolutionnaire est riche, vivante et passionnante.

Conformément au décret de l’Assemblée Constituante du 18 décembre 1789, François Cantayre, maître tisserand, a été élu premier maire de Blagnac le 8 février 1790 « par la majorité des citoyens actifs » de la commune. Il était le descendant d’une longue lignée de tisserands blagnacais. Son mandat fut de courte durée, suite au renouvellement du conseil municipal effectué le 8 novembre 1791.

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La maison commune avant la Révolution de 1789 (11, place intérieure de l’Eglise) - Photothèque

La maison commune avant la Révolution de 1789 (11, place intérieure de l’Eglise) -

Photothèque municipale

place intérieure de l’Eglise) - Photothèque municipale La maison commune de 1790 à 1871 (12, rue

La maison commune de 1790 à 1871 (12, rue du Vieux blagnac) -

Photothèque municipale

à 1871 (12, rue du Vieux blagnac) - Photothèque municipale L’hôtel de ville construit en 1871,

L’hôtel de ville construit en 1871, avant rénovations et extensions

Photothèque municipale

DE LA BARONNIE À LA RÉVOLUTION

Le Conseil se réunissait à la maison commune située 12, rue du vieux Blagnac, achetée en 1777 à Jeanne

Barès, pour installer le boucher et l’abattoir. Les débats avaient lieu au premier étage, le rez-de-chaussée abritant … la boucherie et ultérieurement la prison. La boucherie – abattoir fut transférée « dans un local

plus approprié en bas de la descente du Ramier en 1840 ».

Le premier étage fut endommagé par un incendie en 1836 qui ravagea en grande partie les Archives de

la ville.

A partir de 1865, un autre lieu est recherché. C’est en 1871 que la nouvelle mairie sera construite à

l’emplacement de l’hôtel de ville actuel.

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Le monastère “Notre Dame des Sept Douleurs et de Sainte Catherine de Sienne” en 2005

Le monastère “Notre Dame des Sept Douleurs et de Sainte Catherine de Sienne” en 2005 - Photographie Ph. Garcia BH&M

LE

MONASTÈRE

DES

DOMINICAINES

Plan cadastral du XVIII ème siècle – Archives municipales L E MONASTÈRE DES DOMINICAINES A

Plan cadastral du XVIII ème siècle – Archives municipales

LE MONASTÈRE DES DOMINICAINES

A l’entrée de BLAGNAC, sur les bords de la Garonne, un imposant bâtiment, une chapelle et un château

du XVII ème viennent se mêler aux habitations contemporaines. Ce domaine recèle 4 siècles d’histoire… Sur le cadastre de 1748, c’est une propriété d’environ 10 hectares.

Vers 1600, un incendie détruit le château seigneurial, situé dans le bourg, vers l’emplacement de la rue du vieux château. Vers 1650, Marc Antoine d’Aldeguier, issu d’une famille noble de Millau, achète des terrains à Blagnac en bordure de Garonne au sud du village. Il y fait édifier un château. Cette famille occupe alors une place importante dans la haute bourgeoisie toulousaine. Deux membres de cette famille furent capitouls, conseillers du roi, trésorier général des finances… Leur nom apparaît dans les registres de délibérations comme seigneur ou baron de Blagnac dont ils auraient acquis le titre. La propriété s’étend du village à l’emplacement du pont actuel. Du coté du village, un jet d’eau alimenté par les eaux de Malard se trouve au centre d’un magnifique jardin à la française. Le perron du château était relié à la route de Toulouse par le pont du Touch. Edifié selon un plan très classique de style Louis XIII, le château comprend « tour et offices, corps de logis, deux pavillons en décrochement, cour, parterre, perron, orangerie, jardin potager, vignes le tout fermé de murailles et de haies ». L’habitation est composée d’un sous-sol en brique, un rez-de-chaussée surélevé et un étage mansardé. Le perron de la façade sud a, au fil des années, été remplacé par un édicule* (démoli depuis quelques années) permettant l’accès au cloître.

En 1673, le château est vendu à Charles Dumont d’Attily, époux de la fille de César Desvoisins puis revendu en 1702 à Thomas Morent chevalier du roy, premier président du parlement de Toulouse Toutefois il est précisé dans un additif à l’acte que :

« Le seigneur Morent premier président ne pourra prétendre au moyen de la dite acquisition à aucune prérogative ni prééminence en qualité de seigneur de Blagnac que dans les biens à lui vendus, c’est-à-dire il n’acquiert que sur ses terres le droit de haute et basse justice , tous les autres droits attachés au titre de baron sont conservés par le sieur DUMONT ».

Le XVIIIème siècle sera marqué par une succession de propriétaires « bientenants* forains » tous issus de

la haute bourgeoisie et de la noblesse toulousaine (Jean Pierre Colomes, receveur général des finances en

1715, Guillaume de Castaigner, seigneur comte de Clermont et baron de Coufoulens en 1720…)

Joseph Gaspard Marquis de Maniban en fait l’acquisition pour 23 000 livres le 29 avril 1748 par acte enregistré chez le notaire Forest.

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Portrait de Joseph Gaspard de Maniban Huile sur toile, Anonyme, XVIII ème siècle - Musée

Portrait de Joseph Gaspard de Maniban Huile sur toile, Anonyme, XVIII ème siècle - Musée des Augustins, Toulouse

LE MONASTÈRE DES DOMINICAINES

Il est précisé dans cet acte « qu’il s’agit d’un château seigneurial car ayant appartenu au baron de Blaignac et qu’à sa propriété sont attachés les droit de haute, moyenne et basse justice dans l’enceinte des biens compris dans la présente vente, colombier, bâtiments matériaux, glassiers, passages, jardins et eaux, sources, fossés, , preds, vignes avec toutes les appartenances et dépendances » sans oublier « les orangers au nombre de quarante-six, savoir trente-six avec leurs caisses et six dans des vazes »….

Joseph Gaspard est né le 2 juillet 1686 dans un hôtel situé dans le capitoulat de la DAURADE à Toulouse. La famille, issue de la noblesse de robe, est originaire du Bas-Armagnac (elle possède le châ- teau Busca-Maniban près de Condom). Joseph Gaspard devient conseiller du parlement en 1705, pré- sident à mortier* en 1713, premier président en 1721, fonction qu’il doit plus à sa fortune et ses ori- gines sociales qu’à sa formation.

Il manifeste la volonté de faire du château blagnacais une demeure confortable et simple et pour cela

entreprend des travaux d’aménagement, en faisant appel aux artisans locaux. Il y édifie une allée bordée d’ormeaux (dans l’axe de l’actuelle rue de la Libération), un jet d’eau alimenté

par les eaux de Malard. Il embellit le jardin à la française, agrémenté de bosquets, d’une fontaine en rocaille, d’une orangerie, de bancs de repos afin de profiter du charme de la Garonne. Un escalier est bâti. Des dépenses considérables rendent le château magnifique et il y séjourne le plus souvent à partir de 1750, son habitation toulousaine devenant essentiellement un logement de fonction.

Il décède en 1762. Son testament désigne comme « héritière universelle et générale sa fille, la Marquise

de Livry ». Cette dernière ne pourra empêcher la vente du château au Marquis de Sauveterre, Messire de Boyer-Dudras, président du parlement de Toulouse. Le propriétaire suivant Ambroise Dutrey possède des dons de joueur et aurait gagné le domaine au jeu. Le château connaît encore son heure de gloire, avec de somptueuses réceptions, des banquets où se retrouve l’aristocratie toulousaine qui prolonge ses soirées en jouant.

A partir de 1789, au lendemain de la Révolution, le château est mis à disposition pour rassembler les

habitants. Le sieur Dutrey, avec un opportunisme certain, s’adapte aux événements. Il est nommé colonel de la future garde nationale, élu juge de paix du canton lors de sa création en 1791, il prête serment et on

lui demande de fournir un local pour le tribunal. La Révolution a contribué au déclin de la grande bourgeoisie et de ce fait tari les sources de la fortune de

ce joueur. Faute de moyens, il met le domaine en jeu et en perd une partie acquise par Louis Campistron

de Maniban. Ce dernier en devient l’unique propriétaire à la mort de Dutrey. Il fait creuser le canal de fuite pour le moulin. En 1808, espérant recevoir Napoléon Ier à son retour d’Espagne (ce dernier ne viendra finalement pas), il entreprend de grands travaux sans regarder à la dépense, ce qui le ruine et entraîne la vente du château par expropriation forcée.

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Portrait du Général Compans par Mallet, 1808 Portrait de la Comtesse Compans d’après Riesener Extrait

Portrait du Général Compans par Mallet, 1808

Portrait du Général Compans par Mallet, 1808 Portrait de la Comtesse Compans d’après Riesener Extrait de

Portrait de la Comtesse Compans d’après Riesener

1808 Portrait de la Comtesse Compans d’après Riesener Extrait de l’ouvrage “Histoire de Blagnac” - B.
1808 Portrait de la Comtesse Compans d’après Riesener Extrait de l’ouvrage “Histoire de Blagnac” - B.

Extrait de l’ouvrage “Histoire de Blagnac” - B. Lavigne - 1875

LE MONASTÈRE DES DOMINICAINES

En 1810, le château et ses dépendances sont vendus au Général Comte Jean Dominique Compans, venant prendre une retraite paisible après sa brillante carrière militaire au sein des troupes napoléoniennes.

Le général recrute un jeune précepteur, Auguste Blanqui, qui deviendra plus tard célèbre et passera de nombreuses années en prison pour ses idées révolutionnaires. Le général, devenu veuf prématurément en 1816, se consacre à l’élevage et au négoce d’un important haras dans le parc du château. Homme de coeur, il ouvre sa belle demeure aux Blagnacais qui y organisent la fête du village et aux Toulousains, souvent irrespectueux des lieux, saccageant fleurs et verdure. Il décède le 10 novembre 1845. Sa mort marque la fin de l’ère de prestige du domaine car il sera démantelé. Dans un premier temps, la fille du Général, Madame Ternaux Compans, échange le domaine contre une maison à Paris, mais en gardant la jouissance du moulin, de ses dépendances, du canalet et d’un grand pré situé entre ce canalet et la Garonne. Dame Azam, une « aventurière » selon B. Lavigne tenant un café à Toulouse, est la nouvelle propriétaire. Elle détruit le parc, démolit les dépendances et construit une caserne.

Vendu une nouvelle fois par expropriation forcée en 1850, le château est acquis en 1852 par les Dames de la Trappe.

Une nouvelle ère commence… Un monastère est créé sur l’emplacement du domaine actuel accueillant la communauté des Trappistines, membres de l’ordre de Citeaux venant de l’abbaye de Maubec. La chronique du monastère rédigée à leur arrivée fait un descriptif des lieux peu attrayant. Aussi s’attaquèrent-elles rapidement à la restauration du site, et dès 1854 une école gratuite de filles est ouverte. La communauté se développe passant de 9 religieuses à 70 en 1859. Des bâtiments, une église et un petit cimetière sont donc construits. Avec la guerre franco allemande de 1870, le monastère est transformé en hôpital, puis en maison d’accueil pour les orphelines toulousaines, victimes de la terrible crue de la Garonne qui dévasta Toulouse en 1875. Il en sera de même lors de la grande guerre de 1914-1918 au cours de laquelle un hôpital temporaire est implanté, accueillant notamment les soldats annamites enterrés au cimetière près de la chapelle Saint- Exupère. En 1936, les trappistines quittent le site et vendent les terrains situés au sud du domaine. Une communauté de moniales dominicaines les remplace à partir de 1939.

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La Geste dominicaine - Photothèque municipale L E MONASTÈRE DES DOMINICAINES Durant la seconde guerre,
La Geste dominicaine - Photothèque municipale L E MONASTÈRE DES DOMINICAINES Durant la seconde guerre,

La Geste dominicaine - Photothèque municipale

LE MONASTÈRE DES DOMINICAINES

Durant la seconde guerre, les bâtiments, à l’exception du château, sont occupés par les militaires allemands. L’occupation et les explosions provoquées par l’armée allemande en fuite endommagent le domaine.

Après la guerre, des travaux de rénovation sont entrepris. En 1949, les dominicaines accueillent Louis Mazetier, célèbre peintre verrier qui réalise fresques et vitraux.

Depuis les années 50, le monastère a varié ses activités : tour à tour, fabrique de pâtes alimentaires, pension de famille, maison de retraite, confection d’objets religieux, afin d’assurer la survie matérielle de la communauté. Depuis 1987, les dominicaines partagent la tranquillité du site avec la communauté des Béatitudes.

Si le château a gardé son aspect extérieur depuis 1650, le domaine a été morcelé au fil des années et les terrains vendus en parcelles. Peu de Blagnacais connaissent ce lieu qui n’est qu’en partie « visitable ». Pourtant le 30 avril 2001 l’église du Couvent Sainte-Catherine de Sienne, les peintures murales du choeur et de la nef des fidèles ainsi que l’ensemble des vitraux réalisés par Louis Mazetier et le maître verrier Laurent Escap, ont été classés à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.

L’OEUVRE DE LOUIS MAZETIER

La Geste dominicaine

Cette peinture murale, qui se déploie dans le choeur, sous la fenêtre dédiée aux Mystères glorieux, est la traduction en image de la devise des Frères prêcheurs : « Contemplari et aliis contemplata tradere » (contempler et livrer aux autres le fruit de sa contemplation). On y retrouve le double mouvement de l’Ordre, celui de concentration sur Dieu et de la contemplation. Saint Dominique est représenté les bras étendus, soutenant son ordre dans un geste cruciforme. Le premier mouvement est symbolisé par la spirale qui se replie sur elle-même, rassemblant les soeurs contemplatives tout autour de l’Hostie. Le second mouvement est occupé par les Saints de l’Ordre répartis autour de leur Père Dominique.

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Pélican : symbole de l’Eucharistie Photothèque municipale Quelques unes des 14 stations du Chemin de
Pélican : symbole de l’Eucharistie Photothèque municipale Quelques unes des 14 stations du Chemin de
Pélican : symbole de l’Eucharistie Photothèque municipale
Pélican : symbole de l’Eucharistie
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Quelques unes des 14 stations du Chemin de Croix - Photothèque municipale

14 stations du Chemin de Croix - Photothèque municipale Vitraux - Les Mystères Douloureux Photothèque municipale

Vitraux - Les Mystères Douloureux

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LE MONASTÈRE DES DOMINICAINES

Le Chemin de Croix

Il représente les quatorze stations du Christ, lieux où il aurait fait halte, dans les rues de Jérusalem, au cours du trajet vers le Golgotha, et qui aboutirent à sa Crucifixion. Chaque scène est surmontée d’un épisode de l’Ancien Testament . L’histoire de la Passion se déroule de droite à gauche sur le mur de gauche de la nef avant de se poursuivre sans discontinuer sur les deux autres murs. Cette peinture violente et tourmentée oppose sans cesse de façon manichéenne le Bien et le Mal, l’Innocence et la Perfidie.

Les vitraux

Ils ont été réalisés avec le concours d’un maître verrier, Laurent Escap. L’ensemble des verrières, divisées chacune en trois lancettes, est situé dans le choeur de l’église. Leur programme iconographique célèbre les Mystères du Rosaire.

La première, située au-dessus du maître-autel, est consacrée aux Mystères douloureux, la deuxième, située

à gauche de celle-ci, sur le mur Est, est consacrée aux Mystères Glorieux.

Les Mystères joyeux n’ont pu être réalisés, l’artiste étant décédé prématurément.

A gauche des Mystères glorieux, au fonds du sanctuaire, une fenêtre, constituée d’une unique lancette,

représente l’arbre de Jessé, couronné par une Vierge à l’Enfant.

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Allégorie de la Garonne, place Lafourcade à Toulouse – Photographie Ph. Garcia, BH&M B LAGNAC

Allégorie de la Garonne, place Lafourcade à Toulouse – Photographie Ph. Garcia, BH&M

BLAGNAC

ET

LA

GARONNE

Le bac – Archives départementales de la Haute-Garonne Moulin à nef - Agenda Garonne 2004,

Le bac – Archives départementales de la Haute-Garonne

Le bac – Archives départementales de la Haute-Garonne Moulin à nef - Agenda Garonne 2004, Syndicat

Moulin à nef - Agenda Garonne 2004, Syndicat mixte d’études et d’aménagement de la Garonne

BLAGNAC ET LA GARONNE

Depuis son implantation à l'époque romaine, sur les hauteurs du fleuve, le fort de "Blaignac" a profité de l'eau de ce dernier.

De mémoire de Blagnacais, les hommes ont toujours eu une certaine complicité avec la Garonne. Au fil

des ans, le dépôt d'alluvions a progressivement façonné le ramier* que nous connaissons aujourd'hui.

Au cours des siècles, diverses activités ont été liées au fleuve. La pêche, l'une des premières, donna à l'homme sa principale nourriture, car le fleuve était très poissonneux. A partir d'une certaine époque, les ''pescheurs de poissons'', devaient une redevance à la Couronne, ainsi qu'un service de longue durée sur les bateaux du roi lors des guerres, en échange du droit de pêche. On trouve aussi des "pescheurs de sable"; sable et galets (encore visibles de nos jours sur certaines demeures) sont largement utilisés dans la construction des maisons, en fonction des moyens financiers de chaque famille. Le courant de l'eau était utilisé pour sa force afin d'entraîner les meules des moulins, soit à terre, soit sur eau.

Parmi les métiers liés au fleuve, n'oublions pas les passeurs qui, de tout temps le traversèrent avec hommes, animaux et marchandises. L'époque n'est pas tellement éloignée où le bac* assurait ce service régulier plusieurs fois par jour, avant la construction du premier pont, en 1843.

LES MOULINS FLOTTANTS SUR LA GARONNE

La présence ancienne de moulins flottants sur la Garonne est attestée par de nombreux documents. Le cartulaire* de Saint-Sernin signale l’existence de ces moulins à Toulouse et dans les environs, dès les XI ème et XII ème siècles. Il en existe à cette époque, un à Saint-Michel-du-Touch, c’est-à-dire sur la rive gauche

du fleuve, à proximité de l’embouchure du Touch, un autre à la hauteur du village de Blagnac. Ce dernier

moulin , ou en tout cas un moulin flottant rattaché à la paroisse, a fonctionné jusqu’au début du

XIX ème siècle. On peut suivre sa trace grâce aux documents rapportant les litiges et les conflits ayant eu

lieu entre les divers acteurs de la vie sur le fleuve ou autour de celui-ci. La lecture des divers documents d’archives montre que la vie sur la Garonne est loin d’être tranquille. Ainsi, les querelles se succèdent, les pêcheurs, les bateliers, d’un côté qui trouvent que le moulin nuit à leurs activités, les ‘’bientenants’’*, nobles ou gros propriétaires terriens, d’un autre côté, qui cherchent à s’octroyer les droits sur la meunerie au détriment des meuniers; mais les acteurs de tous ces groupes n’hésitent pas à s’allier dès que l’autorisation de fonctionnement du moulin est remise en cause.

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Devis et plan des travaux pour la construction d’un mur de soutènement -

Archives municipales

d’un mur de soutènement - Archives municipales B LAGNAC ET LA G ARONNE Ainsi en 1321,
d’un mur de soutènement - Archives municipales B LAGNAC ET LA G ARONNE Ainsi en 1321,
d’un mur de soutènement - Archives municipales B LAGNAC ET LA G ARONNE Ainsi en 1321,

BLAGNAC ET LA GARONNE

Ainsi en 1321, à Toulouse, un certain Guillaume Tissandier, autrefois sergent du Roi, mandaté par les habitants de Blagnac pour défendre leurs droits, est entendu par les membres d’une commission mise en place à l’initiative de Philippe V (le créateur de la Cour des Comptes) et chargée de réformer les abus qui s’étaient instaurés dans l’administration des domaines de la couronne. Il semblerait qu’un litige ait surgi à propos du moulin entre les représentants du roi et les divers utilisateurs du fleuve, puisque leur porte- parole, en compagnie des notables de Blagnac, déclare ‘’se rappeler quà lépoque de la translation (du

domaine du roi au domaine du seigneur de Blagnac), les stations de moulins flottants existaient sur la Garonne, dans la juridiction de Blagnac.’’

Les querelles se poursuivent tout au long des siècles. Au milieu du XVIII ème siècle, le baron Amieux, par exemple, se chamaille avec les Consuls de Blagnac à propos de l’implantation du bateau, à proximité de la rive de la Garonne en contrebas du village. Le Baron avait fait descendre son moulin dans un lieu où le courant plus fort, du fait d’une rupture de pente dans le lit du fleuve, apportait un meilleur rendement à la meule. Un procès s’ensuivit qui donna sans doute gain de cause au Baron puisque le plan cadastral de 1780 porte le moulin à ce dernier emplacement. En 1782 encore, le baron, faisant le dénombrement de ses droits déclare ‘’je jouis en outre.du droit

exclusif d’avoir des moulins sur la Garonne à l’exclusion de tout autre”. Ce qui était manifestement en

contradiction avec le privilège accordé de temps immémoriaux aux riverains du fleuve et en particulier aux habitants de Blagnac d’implanter à leur convenance des moulins sur la rivière. Cependant, il faut dire que quelques années auparavant, le Roi Louis XVI envisagea de supprimer les moulins flottants au prétexte qu’ils gênaient la navigation, (peut-être sous la pression de Loménie de Brienne). Alors, de nouveau, tous unis, habitants de Blagnac et bientenants, adressèrent une supplique au roi pour que leur moulin soit maintenu. Ce n’est qu’au milieu du XIX ème siècle que, face à la concurrence de la meunerie industrielle, les moulins bateau vont peu à peu disparaître.

L A GARONNE NA JAMAIS ÉTÉ UN LONG FLEUVE TRANQUILLE

Si nos aïeux n’eurent guère à souffrir physiquement des colères du fleuve, il leur fallut par contre mener un combat incessant pour protéger les riches terres alluviales. A chaque crue, la Garonne emportait tout ou partie des travaux entrepris (traînées, épis dans le fleuve).

Les archives sont une longue litanie de ces travaux : protection des chemins dès le XVIIIème, surélévation de murs, construction de digues entre 1805 et 1808 … En 1863 sera créé un syndicat réunissant les propriétaires intéressés par les travaux pour la conservation des ramiers*. Il fonctionnera jusqu’en 1979. Les vestiges d’un mur allant du pont de Blagnac au pont du Moulin sont encore visibles en aval du pont de Blagnac.

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Ex-voto* à Notre Dame de l’Aouach au Fauga (vierge protectrice de la G a r

Ex-voto* à Notre Dame de l’Aouach au Fauga (vierge protectrice de la

Garonne) Agenda garonne 2004, syndicat mixte d’études et d’aménage- ment de la Garonne

mixte d’études et d’aménage- ment de la Garonne Sainte Catherine, patronne des m a r i

Sainte Catherine, patronne des

marins - Agenda garonne 2005, syndicat mixte d’études et d’aménagement de la Garonne

syndicat mixte d’études et d’aménagement de la Garonne Ex-voto* à Notre Dame de l’Aouach au Fauga

Ex-voto* à Notre Dame de l’Aouach au Fauga (une barque prise dans les remous d’un moulin à nef) - Agenda Garonne 2004,

syndicat mixte d’études et d’aménagement de la Garonne

BLAGNAC ET LA GARONNE

Le promeneur qui, de nos jours, voit la Garonne seulement parcourue par le va-et-vient des oiseaux d’eau, peut difficilement imaginer que, durant les siècles passés, ce fleuve fut la principale voie de communication entre Toulouse et Bordeaux. La navigation commerciale sur la Garonne est attestée dès l’époque romaine où, déjà, vins et grains, étain de l’Europe du Nord, bois et marbre des Pyrénées y transitaient.

De nombreux obstacles, tels que les filets des pêcheurs, les moulins à nef, les bacs… jalonnaient le fleuve, lieu de vie intense, et augmentaient les dangers de la navigation. Le chenal navigable demandait un entretien constant : dragage, construction d’épis pour canaliser le courant…

Les bateaux partant de Toulouse ne dépassaient guère Agen où les marchandises à destination de Bordeaux étaient transbordées sur des embarcations plus importantes. En effet, la faible profondeur du fleuve entre Toulouse et le confluent avec le Tarn n’autorisait que des bateaux à faible tirant d’eau (0,60 m), les couraux, couralins ou miolles. Le courau était un bateau à fond plat, de construction simple, démuni de pont, jaugeant de 20 à 40 tonneaux (1 tonneau = 2,83m3). Il était manoeuvré à la descente par un équipage de 6 à 8 hommes avec 2 à 3 avirons et des perches servant à pousser dans les hauts fonds. Le mât, situé à l’avant, pouvait recevoir une voile mais il était surtout utilisé pour le halage à la remontée. En raison de son faible tirant d’eau, le courau était dépourvu de gouvernail ; un grand aviron de poupe le remplaçait. Des grappins et des gaffes complétaient l’armement.

Chaque village riverain avait son port formé de simples cales empierrées descendant vers le fleuve. Celui de Blagnac, d’abord situé à l’aplomb du couvent actuel, a été transféré, semble-t-il vers le XIVème siècle, plus en amont près de l’embouchure du Touch, à l’extrémité de l’actuelle rue du Bac. La navigation sur la Garonne exigeait une grande connaissance du fleuve et n’était pas exempte de dangers; les naufrages étaient fréquents.

Chaque village riverain avait ses familles de « mariniers » : à Blagnac, les Bentabole, les Delpont, les Debax… Les tireurs de corde (10 à 20 hommes selon l’état du fleuve et la cargaison) nécessaires à la remontée avaient besoin d’un chemin de halage sur une berge stable et dépourvue d’obstacles (branches d’arbre, fossés…). Ils tiraient à la bricole par l’intermédiaire d’une corde fixée en haut du mât. Ils ne faisaient pas tout le parcours Toulouse-Agen, mais se louaient suivant les besoins dans les nombreuses auberges qui jalonnaient le parcours.

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Navigation sur la Garonne(dessin couleur du XVIII ème ) – Archives départementales de la Haute-Garonne

Navigation sur la Garonne(dessin couleur du XVIII ème ) –

Archives départementales de la Haute-Garonne

ème ) – Archives départementales de la Haute-Garonne La descente du Ramier - Archives départementales de

La descente du Ramier - Archives départementales de la Haute-Garonne

BLAGNAC ET LA GARONNE

Cette population turbulente et difficile à gérer a été remplacée par la traction animale (boeufs ou chevaux)

à partir de 1840.

A la descente, depuis Toulouse, les bateaux transportaient les céréales, le vin, la farine, le chanvre, le liège,

l’huile d’olive venant des régions méditerranéennes par le Canal du Midi et durant le XVI ème siècle le pastel;

à la remontée, les poissons séchés (morues, harengs), les épices, le sucre, les tissus, les huîtres, le vin de Bordeaux, les minerais (plomb, étain, cuivre). Toutes ces marchandises devaient subir la taxation des péages (supprimés à la Révolution) qui jalonnaient

le parcours (31 au total). Ce qui entraînait une fraude importante.

A partir du XVIIème siècle, fut établi un service de poste et de voyageurs. On allait de Toulouse à Bordeaux

les dimanches et jeudis sur « un bateau conduit et gouverné par un bon pilote et six rameurs ». En 1772,

105 mouvements par an étaient assurés par sept équipages.

Le 27 août 1818, a lieu à Bordeaux le premier essai du bateau à vapeur « La Garonne » destiné au transport des voyageurs jusqu’à Toulouse. Malheureusement son tirant d’eau de 3 pieds (1,03 m) lui interdit de dépasser Agen.

Au mois de mai 1830 : La liaison est enfin réalisée par le vapeur « l’Omnibus » qui grâce à un tirant d’eau de 22 pouces (0,60 m) peut remonter jusqu’à l’embouchure du Canal des Deux Mers. La mise en service presque simultanée du canal latéral et du chemin de fer Bordeaux-Toulouse a ruiné la navigation qui disparait à la fin du XIXème siècle.

LE RAMIER

Ile jusqu’au comblement en 1968 du bras de Garonne, appelé Canalet, ce ramier était une des princi- pales sources de revenus de la commune avec la vente des peupliers et de l’herbe, et de la taxe payée par les habitants du village y menant paître leurs bestiaux. Sur un tout autre plan, c’était aussi un lieu de détente. Les Blagnacais appréciaient la fraîcheur de ses ombrages, les joies de la baignade dans la Garonne ou de la promenade en barque. Les Toulousains étaient attirés par ce coin de verdure, profitant de l’arrivée du tramway en 1914.

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Moulin - Photothèque municipale Les minotiers - Club des cartophiles (R. Espanol) B LAGNAC ET

Moulin - Photothèque municipale

Moulin - Photothèque municipale Les minotiers - Club des cartophiles (R. Espanol) B LAGNAC ET LA

Les minotiers - Club des cartophiles (R. Espanol)

BLAGNAC ET LA GARONNE

LE MOULIN

Du XIX ème siècle à 1936, une très grande animation a régné autour du bâtiment sans prétention, appelé

« Le Moulin ».

Le fleuve, qui baignait le bas du talus sur lequel est construit le village, s’est déporté toujours vers la droite

en déposant des alluvions.Vers la fin du XVIII ème siècle, une île s’est formée (les Ramiers appelés à l’époque l’île de l’Arigné, nom peut-être issu du latin arena signifiant le sable). Au printemps de l’année 1802, Louis Marie Cécile de Campistron, marquis de Maniban, propriétaire du château fait creuser ce bras de Garonne pour actionner un moulin à trois, puis quatre meules, face à sa propriété.

A la mort du Général Compans, en 1845, sa fille vend tout le domaine. Jean-Michel Lavigne et Jean-Pierre

Debax, propriétaires du moulin en confient la bonne marche à Jacques et Raymond Richou, meuniers de profession. Puis le leur vendent vers 1850. Ces derniers le déplaceront en aval, de façon à avoir une chute

d’eau plus importante.

En 1875, la crue le détruit en grande partie et les réparations l’immobilisent durant quelques mois. En 1881, Raymond Richou décède, son frère Jacques quitte Blagnac et un autre meunier Guillaume Marmont, venu de Lardenne, exploite le moulin. Cette « usine à farine » va, en 1887, grâce au Canalet, fournir la force motrice pour amener l’eau de la Garonne jusqu’au premier château d’eau construit dans le jardin de l’ancienne mairie.

LES MEUNIERS

En 1897, Paul Gramont, ouvrier de Guillaume Marmont devient le nouveau propriétaire du moulin qui va rester dans sa famille jusqu’en 1946. Avec son gendre, Pierre Dejean, il ouvre, parallèlement, un magasin au bas de la rue Fonsorbes où les Blagnacais peuvent acheter du grain, du son, de la farine. Après la guerre de 1914-1918, l’électricité actionne les meules. Le Canalet, inutile, s’envase.

En 1936, un incendie dû à un court-circuit embrase le moulin qui cesse toute activité. Le transport des grains et de la farine se faisait au début avec des charrettes tirées par trois chevaux, remplacées bientôt par des camions. La manutention des sacs de 80 à 120 kg demandait beaucoup de force. Le commerce s’étendait dans les marchés avoisinants (la halle aux grains, place Dupuy à Toulouse)

et jusqu’à Grenade.

Les ruines des quatre murs résistent à la crue de 1952. Rebâti, réaménagé, le bâtiment de l’ancien moulin devient la propriété de la commune en 1979. Aujourd’hui, il abrite plusieurs associations.

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La briqueterie Darbas en 1899 - Collection privée, Famille Amiel Une briqueterie, plan cadastral du

La briqueterie Darbas en 1899 - Collection privée, Famille Amiel

Darbas en 1899 - Collection privée, Famille Amiel Une briqueterie, plan cadastral du X V I

Une briqueterie, plan cadastral du

XVIII ème siècle - Archives municipales

BLAGNAC ET LA GARONNE

LES BRIQUETIERS DE BLAGNAC

En l’absence de carrières dans le Midi toulousain, la brique est devenue le premier matériau de construction. Dès l’Antiquité, l’argile jaune de Blagnac, que l’on trouve sous 50 centimètres de terre arable, est exploitée pour sa qualité. Les briques confectionnées sur place vont être utilisées pour l’édification de multiples constructions dont l’amphithéâtre romain de Purpan, des ouvrages d’art du canal du Midi, la porte nord de la cathédrale Saint-Etienne ou encore la basilique Sainte-Germaine de Pibrac. Cette activité artisanale décrite comme particulièrement harassante en raison des postures toujours courbées et de la terre à charrier, va perdurer jusqu’en janvier 1941, date de la dernière fournée. L’extraction de l’argile se faisait durant l’hiver et la fabrication des briques, trempage de la terre, moulage et cuisson, de mars à fin octobre.

Après la guerre, la mécanisation sonnera le glas des petites exploitations familiales.

Au début du XXème siècle, on comptait 7 briqueteries à Blagnac ou à proximité. Celle dont seul le four subsiste aujourd’hui avait été construite en 1868 par Bernard Gellé et est restée dans sa famille jusqu’à ce que la ville de Blagnac en devienne propriétaire en 1979.

Sa production annuelle atteignait 1 000 000 de briques, le four pouvant en contenir 22 000 et même 23 000 à chaque cuisson. La restauration réussie de ce four permet de voir en contrebas les ouvertures des foyers à charbon qui fonctionnaient 72 heures non stop pour cuire les briques qui n’étaient évacuées encore chaudes qu’une semaine plus tard. Sur le côté, on trouve l’entrée du four.

Plusieurs qualités de briques étaient extraites d’une fournée. La « taille » se reconnaissait à sa couleur rose et au tintement qu’elle produisait. Relativement tendre, elle entrait dans la réalisation des arcs et des voûtes. La « foraine » dont les dimensions (28x42) n’avaient pas changé depuis l’Antiquité, plus rouge, cuite à la périphérie du four, très cotée, servait à édifier les murs extérieurs. Enfin les briques les plus pâles étaient affectées aux cloisons intérieures.

Ce four sauvegardé reste l’unique témoin d’une industrie disparue, mais profondément liée à notre terroir et, à ce titre, il fait partie du patrimoine blagnacais et même régional.

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Une noria* – Fonds photographique BH&M B LAGNAC ET LA G ARONNE L ES MARAÎCHERS

Une noria* – Fonds photographique BH&M

BLAGNAC ET LA GARONNE

LES MARAÎCHERS

Les terres alluvionnaires près de la Garonne se prêtent à la culture légumière.

Ce n’est qu’au milieu du XIX ème que la dénomination de maraîcher voit le jour. Même si au début du XVIII ème les paysans blagnacais vendent à Toulouse « toute sorte d’herbage et autre jardinage ». Cette activité, certainement plus ancienne encore, comme la pêche et le blanchissage du linge (effectué par les femmes), apportait un revenu supplémentaire non négligeable, surtout pour les familles les plus modestes. Le recensement de 1856 classe, pour la première fois, 355 maraîchers, 180 hommes et 175 femmes (aidant sans nul doute leur mari) parmi les « industries de l’alimentation », comme les meuniers, boulangers, pâtissiers, bouchers, charcutiers, restaurateurs et cafetiers. A cette date le village compte 1 652 habitants.

Le recensement de 1861 les classera définitivement dans la catégorie des « agriculteurs ». Groupés en syndicat, leur influence est importante. Ils s’opposeront, par exemple, à l’implantation de l’aéroport en 1920. Ce dernier et l’industrie aéronautique représentent pourtant l’avenir économique de toute une région. Par ailleurs, on constate peu à peu la disparition des cultivateurs- maraîchers et la mutation du bourg agricole à partir des années 50.

“ Tout le travail se faisait à la main et avec la traction animale, chevaux et mulets. L’activité était très fatigante en particulier durant les hivers rigoureux et par temps de pluie…”

Il n’y avait pas de désherbant, l’arrachage des mauvaises herbes se faisait aussi à la main. Les Blagnacais étaient fiers de leurs légumes si appréciés, en particulier les carottes et les choux-fleurs. Les journées de travail pouvaient aller jusqu’à 20 heures avec la vente des légumes au marché d’Arnaud Bernard », tels sont les propos d’un ancien maraîcher de notre village.

Juste après la Seconde guerre mondiale, 240 blagnacais vivent encore de l’agriculture sur une population de 2 531 habitants. Aujourd’hui on les compte sur les doigts de la main.

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Blanchisseuses - Collection privée Mme Marty B LAGNAC ET LA G ARONNE L ES BLANCHISSEUSES

Blanchisseuses - Collection privée Mme Marty

BLAGNAC ET LA GARONNE

LES BLANCHISSEUSES

Vers 1720, un document fiscal mentionne qu’à Blagnac « les femmes des paysans sont quasi toutes

occupées à blanchir la plus grande partie du gros linge des habitants de la ville de Toulouse, ce qui leur procure une plus grande aisance ».

Ce dur travail, exclusivement féminin, bien antérieur au XVIII ème siècle, s’est perpétué jusqu’au XX ème et a définitivement disparu avec la machine à laver à la fin des années 1960. Initialement, les blanchisseuses lavaient dans les Gourgues* de la Garonne toute proche. Les lavoirs à domicile dans un local clos avec grands et petits bassins alimentés en eau par un puits, ne se sont vraiment généralisés que vers le milieu du XIXème siècle. Le plus ancien, assez bien conservé et visible dans une propriété privée place de l’abbé Amouroux, a été édifié vers 1800.

Les nombreuses manipulations du linge mouillé, très lourd, mettaient le dos des blanchisseuses à rude épreuve. Le travail commençait par le tri du linge selon son degré de saleté et sa catégorie (draps, torchons, mouchoirs…). Si la marque du propriétaire avait disparu il fallait la rebroder.

Après 12 à 24 heures de trempage, les blanchisseuses le rangeaient soigneusement dans un cuvier en bois ou en zinc pouvant contenir une centaine de draps. Puis, elles l’arrosaient plusieurs fois avec l’eau bouillante savonneuse prise dans l’énorme chaudron, « la payrolle », à l’aide d’une grande louche munie d’un long manche, « la casso ». Le lendemain, les ouvrières ou laveuses procédaient au lavage proprement dit avec brosse et battoir en se mettant à chaque extrémité de la planche à laver ou « banque » posée au-dessus du grand bassin et sur laquelle était étalé le drap ou tout autre pièce. Venaient ensuite le rinçage dans le petit bassin et l’étendage dans le jardin ou dans les ramiers sur de grosses cordes. Quand le linge était sec, il était ramassé en enlevant les pinces en bois, les « badayols », mis sur des tables à l’intérieur, plié avec soin et enveloppé pour chaque propriétaire dans une grande toile. La livraison se faisait le lundi ou le samedi selon un trajet bien défini alternant d’une semaine à l’autre. Autrefois, les ânesses transportaient le linge propre et ramenaient le sale. Des chevaux tirant les charrettes les ont remplacées, eux-mêmes détrônés par les camionnettes.

Le nombre de blanchisseuses n’a cessé de diminuer après la seconde guerre mondiale. On en comptait plus d’une centaine au début du XXème siècle, 50 en 1945, 10 en 1959 et seulement une en 1968.

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SOURCES BIBLIOGRAPHIQUES

S OURCES BIBLIOGRAPHIQUES • Histoire de Blagnac – Bertrand LAVIGNE – Ed. Eché – 1978 •

• Histoire de Blagnac – Bertrand LAVIGNE – Ed. Eché – 1978

• Deux jours pour découvrir le patrimoine religieux – Journées Européennes du Patrimoine 2003 - Service documentation Archives et BHM

• Rapports de fouilles archéologiques - D. BONZOM

• Histoire, légende et iconographie de saint Exupère, Evêque de Toulouse – Imprimerie Hébrail, Durand – 1869

• Saint Exupère,Evêque deToulouse et patron de Blagnac – M.P.MASSOT – Imprimerie Catholique Saint-Cyprien – 1887

• Manuscrit anonyme - Bibliothèque Municipale de Toulouse

• La noblesse des Capitouls de Toulouse – J.P. BUFFELAN – Ed. l’Adret

• Revue « Blagnac questions d’histoire » - Association « Blagnac Histoire et Mémoire »

• Joseph Gaspard de Maniban - Thèse de Sylvie CLAIR

• Le Général Compans – M. TERNAUX – Carnot Compans – Ed. Plon – 1912

• Louis Mazetier : Eglise du Monastère des Dominicaines de Blagnac, fresques et vitraux – J. LE COUR GRANDMAISON – Imprimerie Fournié – 1954

• Mémoires de Garonne – Syndicat Mixte d’Etudes et d’Aménagement de la Garonne - 1994

• Agendas de la Garonne 2004 et 2005 - Syndicat Mixte d’Etudes et d’Aménagement de la Garonne

• Documents iconographiques : Archives départementales de la Haute Garonne, Archives municipales de Blagnac, photothèque municipale et collections particulières.

• Archives diocésaines

GLOSSAIRE

Aspersoir : goupillon qui sert à jeter de l’eau bénite.

Bac : bateau à fond plat utilisé pour traverser un cours d’eau.

Baronnie : seigneurie, terre d’un baron. En France, jusqu’à la Révolution, les barons, membres de la haute aristocratie, pouvaient se voir attri- buer directement par le roi, un fief érigé en baronnie.

Basilique : titre conféré par le pape à certains sanctuaires qui deviennent sacrés.

Bientenant : détenteur de « bien-fonds », c’est-à-dire de terres labourables.

Bricole : courroie du harnais qu’on appliquait sur la poitrine d’un cheval, ou bien bretelles de porteurs.

Capitoul : corps municipal élu annuellement. Les Capitouls étaient des magistrats municipaux touousains et avaient en charge l’administration de la justice, de la police, des réparations des bâtiments publics, des hôpitaux, mais avaient aussi pour rôle de gérer les finances de la ville. Jusqu’à la Révolution, ils avaient en charge l’armée, l’enseignement et l’hygiène.

Cartulaire : recueil transcrivant les titres des droits temporels acquis par une église ou un monastère.

Cahier de doléances : lorsque le roi convoquait les Etat Généraux, il était d’usage que chaque paroisse, communauté ou ville, rédige dans un cahier ses demandes, ses propositions ou plaintes : ses doléances. Ce cahier était porté au roi par les représentants des trois ordres (noblesse, clergé, tiers-état) aux Etats Généraux.

Châsse : coffre souvent en forme d'église où l'on garde les reliques d'un saint. (syn. : reliquaire)

Chapitre : assemblée des religieux vivant sous une règle monastique autour de l'évêque et le secon- dant pour le service de la cathédrale.

Châtellenie : territoire sous la juridiction d’un seigneur châtelain.

Chrisme : monogramme du Christ, formé des deux premières lettres grecques du mot Christ, qui s'écri- vent X et P en majuscule. L'alliance XP correspond aux trois premières lettres de Christ en français. C’est une façon de symboliser le Christ.

Consul : au Moyen Âge, magistrat municipal du midi du la France.

Dîme : impôt payable en nature à l'église (par toutes les classes sociales) correspondant au un/dixième des récoltes et des troupeaux et servant au secours des pauvres et à l’entretien des prêtres, des bâti- ments et fournitures du culte.

Edicule : petit temple, chapelle ou dépendance annexé à un édifice religieux.

Ex-voto : objet symbolique placé dans une église portant une formule de reconnaissance en accom- plissement d’un voeu ou d’une grâce obtenue.

Fabrique paroissiale : à partir de 1311, une fabrique désigne un ensemble de personnes, élues par l'as- semblée des paroissiens, pour administrer les biens d’une paroisse ou l’ensemble des biens reconnus d’une église. Elle s’occupait de l’entretien de l'église, du cimetière, du presbytère; des dons, en fonction jusqu'en 1905 .

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GLOSSAIRE

Feux : ensemble des personnes vivant dans un même foyer, utilisé dans le langage fiscal de l’Ancien Régime.

Gourgues : mot employé dans notre région pour désigner une anse d’eau calme, oeuvre du fleuve.

Hagiographie : rédaction de la vie des saints.

Jurat : au Moyen Âge, nom de certains magistrats municipaux dans plusieurs villes du midi de la France.

Lambel : pièce d'armoiries composée d'une tringle d'où pendent trois gouttes, denticules ou pendants.

Mortier : toque ronde que portaient les Présidents, le greffier en chef du Parlement et le Chancelier de France

Narthex : zone de l'entrée d’une église utilisée pour accueillir les personnes non baptisées. Vestibule de l’église, souvent surmonté d’une tribune.

Néolithique : du grec neos (nouveau) et lithos (pierre). Période de l'ère quaternaire située entre le mésolithique et l'âge du bronze. A cette époque, l'homme invente le polissage de la pierre, l'agriculture, l'élevage et la céramique. Au néolithique final l'homme découvre les premiers métaux : le cuivre et l'or.

Noria : machine hydraulique à godets servant à élever l’eau et qui fonctionne suivant le principe du chapelet hydraulique.

Paléolithique : période située dans le quaternaire, à l’âge des glaciations. C’est la période culturelle la plus longue de la préhistoire ; elle commence avec l’apparition de l’homme. Durant toute cette période la technologie principale des hommes est celle des outils en pierre taillée.

Peupliers sarrasins : variété de peupliers venus d’Italie.

Prieuré : monastère placé sous l'autorité d'un prieur, lui-même dépendant d'un abbé plus important.

Quartzite : cache massive constituée de quatz en agégat, utilisée pour la fabricationd’outils préhisto- riques.

Ramier : parcelle de terre plantée de peupliers.

Seigneurie : territoire gouverné au nom du roi par un seigneur (qui n’est pas nécessairement noble).

Sénéchal : personnage important qui est toujours un juge et souvent un administrateur. On distingue les sénéchaux royaux et les sénéchaux seigneuriaux.

Sénéchaussée : circonscription judiciaire à la tête de laquelle se place le sénéchal royal. (syn. : bailliage).

Société de Secours Saint-Exupère : permettait, dès le XIX ème siècle, de bénéficier de soins et d’indemni- tés en cas de maladie, à condition d’être membre de la Confrérie de Saint-Exupère.

Surintendant : vers 1680, les généralités (circonscriptions soumises à la juridiction des Trésoreries de France) deviennent des circonscriptions territoriales dirigées chacune par un Intendant qui avait en charge les finances, la police ainsi que la justice.

Translation : « transport » des restes du corps d’une personne.

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