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VOYAGE

AU

CENTRE

DE

ou

LA

AVENTURES

TERRE,

DE QUELQUES

NAUFRAGÉS,

DANS DES PAYS INCONNUS ;

TRADUITDEL'ANGLAIS

PAR M. J. SAINT-ALBIN.

AVECSIX GRAVURES.

TOME PREMIER.

PARIS,

COLLIN DE PLANCY ET Ce, ÉDITEURS,

RUEMONTMARTRE , N° 21 ;

RAPILLY,Libraire,boulevard Montmartre, n° 23.

1823.

DE L'IMPRIMERIE

DE DAVID ,

RUEDU POT-DE-FER, N° 14, F. S.-G.

VOYAGE

AU

CENTRE

DE

ou

LA

AVENTURES

TERRE,

DE QUELQUES

NAUFRAGÉS,

DANS DES PAYS INCONNUS ;

TRADUITDEL'ANGLAIS

PAR M. J. SAINT-ALBIN.

AVEC SIX GRAVURES.

TOME PREMIER.

PARIS,

COLLIN DE PLANCY ET C°,

RUE MONTMARTRE,

N° 121 ;

ÉDITEURS,

RAPILLY,libraire, boulevard Montmartre, n.°23.

1823.

PRÉFACE.

COMME

l'ouvrage

dont

nous

blions la traduction,

tre

lecteurs

pourrait

singulier

et systématisque et

,

que

français

les

pu-

paraî-

aux

aven-

qu'il

ont quelquefois il

,

d'avance

présente

tures

une

est

apparence

romanesque de montrer

de notre

par

devoir

des observations

certaines,

que

ce voyage et rien

n'a rien d'invraisemblable

de faux,

Toutes

les

qu'importante

fois

qu'on

découverte

a fait

qui

quel-

sortit

,

Viij

trouver

des

PREFACE.

terres

habitables.

projet

dicule

publions

n'avait

pourtant

; le succès

le

du voyage ; et

prouve

rien

que

sans

de

d

l'Américain,

qui

est

parti

pour

reviendra

expédition, - même

pas

apprendre

qu'il

aux Européens

trop

ne

ce q

juger

légèrement

ne connaît

pas.

En

1818

, un

( M. Steinhauser) littéraire

gazette

savant

annonça

de

Halle,

allemand

dans

une

couverte

idées

nons

qui s'accorde

de l'Américain

de

parler.

Pour

assez

dont

avec

nous

expliquer

déclinaison,

de l'aiguillé

aimantée

M.

Steinhauser

préténd

que

PREFACE.

IX

l'intérieur

profondeur

dix

milles

petit

globe,

de la terre

en orient, cent

quarante

de

notre

d'environ

globe

cent

,

à

une

soixante-

il

se

trouve

un

autre

fait autour

du

centre

d'occident

,

qui une révolution

dans l'intervalle

ans.

Ce

de

petit

quatre

globe,

doué

d'une

attraction

serait

la

cause

de

magnétique,

la déclinaison

de

l'aiguille

aimantée.

Ce qui hauser

rend

dignes

qu'ils

s'accordent

les calculs

de M. Stein-

de considération,

c'est

exactement

avec

l'expérience.

qu'après

avoir

Il avait

prédit,

été stationnaire,

en

guille

1818

aimantée

vers

l'orient;

rétrograderait

ces

deux

1805,

l'ai-

en

pré-

X

PREFACE,

dictions

nement

se sont accomplies,

des

adversaires

M. Steinhauser.

du

On

terraine

a

donné

le nom

à cette

de

planète

;

Pluton

à l'ét

sav

et

sieurs

prétendent

mouvemens

de

n'auront

plus

étudiant

les

qu'en

mari

gui

ce globe, besoin

d'autre

Les idées

déjà

été

différens,

de M. Steinhauser

publiées il y a à peu

sous

près

des

un

avaie

aspec

sièc

et

il

Voyage

nous

penser

est

sans

doute

au

centre

de

apprendre

au

juste

enfin

de

heureux

la terre

que

vien

ce

ces

qu'il

importans

objets.

PREFACE.

XJ

Des naturalistes

ont

glaces

des

s'épàississant,

traversaient

pôles

allaient

et

qu'aux

la profondeur

dit

que

toujours

pôles

les

en

elles

de la terre,

ce qui mille

formerait

lieues

; mais

absurde,

qu'il

n'a

exposé

Il faudrait

pour

tomber

attribuer

un glaçon

de

trois

ce système besoin

que

est

d'être

dans

le mépris.

à la

glace

une

vertu

ment

a aux

d'une

magnétique ; et

pôles

il

des

pas

est

qu'elle

certain

matières

vertu

magnétique

,

n'a

sûre-

qu'il

douées

puisque

si

y

tout

objet

rellement

plus

proche.

aimanté

se tourne

natu-

vers

le pôle C'est

ce qui

dont

il est

a fait

croire

le

aux

cette

savans

les

présomption

plus

était

judicieux

bien

fondée

( et

),

xij

que

tagnes

les pôles

de

fer.

PREFACE.

sont entourés

de

On

était

a prétendu entièrement

aussi

que

morte

la

ver

pôles

Il

berg,

est

glaciale,

; cette

assertion

est

exag

vrai

et tout

les rivages

du

que

avôisine

ce qui n'offrent

qu'une

nature

nimée

mais

, un

sol

à mesure

à mesure

les

terres

brûlé

qu'on , la nature

par

les

avance

g

se ranime

la végétation

reparaît.

Voici

quelque

l'équipage

chose

de

du

brick

plus

russe,

vint

tour

il y a deux

du

monde,

ans

vit

d'un

dans

fort

q

voyag

le

plus

loin

que

le Spitzberg

,

u

PREFACE.

flottante

, chargée de fontaines

de végétation

xiij

et

En

juillet

leiniers,

fermés

de latitude,

qui

dans

1818,

des vaiseaux

s'étaient

trouvés

ba-

en-

les glaces,

trouvèrent

au

68e dégré

la mer

bien

plus

ouverte

au

maux,

tude

habitent

qui ; assurèrent

nord,

de glaces.

on rencontrerait

70e ; et les

vers

celte

Esqui-

lati-

qu'en

avançant

encore

au

moins

Le

4 août

suivant

que le gouvernement

à la recherche

d'un

rique

degrés

par

le nord,

00 miaules

00 miaules

, l'expédition

Anglais

en

passage se trouvait

de latitude,

envoya

Amé-

à 75

lors-

XIV

PREFACE.

qu'un

vent

successive

frais

des

et

glaces

la

,

disparit

leur

l'espoir

maux

plus

entre

que

pourrait

la promesse se réaliser.

tard

, l'expédition

des

Un

découvr

E

le

77e

et

le

78e degrés

nation

entier,

inconnue,

isolée

du

m

et sans communication

conque.

ressemblent,

Les hommes

pour

de

cette

la physionomie

aux Esquimaux, tre

nemis

et parlent

voisins

Sans

langue. , ils

se croyaient

du

monde.

Ils paraissaient

jamais

vu

de vaisseaux,

 

une

et

san

les

m

n

et

ils

rent

glais

proie,

d'abord

étaient

descendus

que

de

les bâtimens

grands

oiseaux

de

la lune

pou

PREFACE.

XV

dévorer.

Ils avaient

fer ; et

l'expédition

y avait

d'énormes

les régions

voisines

des couteaux

de

reconnut

masses

du

de

pôle.

 

qu'il

fer

dans

Ces mêmes

la

corne

du

baleines.

petites des traîneaux

sauvages

narwal

Ils

attelés

se servent

tuer

pour

voyagent

de

chiens

la manière

des Kamtschadales.

de

les

dans

,

à

Les

Anglais

virent

bre

neau

de

ces

pour,le

qui

prouve

aussi

sauvages

nord

que

les

un

certain

nom-

en

- partir ; circonstance

traî-

terres

fermes

s'étendent

que

extrémités

la

jusque

nature

n'est

du monde

sous

pas

le

pôle,

morte

et

aux

C'en

est

sans

doute

assez

pour

xvj

montrer

refuser

PREFACE.

qu'il

n'y

de

croire

a rien

qu'on

dans

puiss

l'ouvrage

offrons

nous

au

public. de lui-même

que

reste

pour

s'expliquera

ceux

;

encore,

douteront

leur

faut

de

qui

peut-être ; car

bientôt

dissipera

défiance

il

espérer

q

les gouvernemens

négligeront

verte

pas

l'Europe la décou

mais

des

moin

av

li

de cultiver

d'un monde,

que

assurément

nôtre,

former

le

important

qui

sons

nous

pouvons

utiles.

VOYAGE

CENTRE

AU

DE

LA

TERRÉ.

Départ

CHAPITRE

PREMIER.

de Portsmouth. vaisseau,

Incendie

du

LE

12

vaisseau

juin

de

anglais

l'année

le Mercure

1806,

,

le

je

servais

tit

de

de

la

posait

quelques

nombre

I.

en qualité Portsmouth, baleine.

de secrétaire,

pour

L'équipage

la

se

par-

pêche

com-

de cinquante mousses,

de pêcheurs,

matelots

,

de,

d'un

assez grand

et

de

huit

1

2

VOYAGE AU CENTRE

s'étaient

pacotille,

de

Français,

avec

quelques

land.

qui

petite

embarqués

f

une

pour

le

dans

Gro

échanges

La plupart

nos pêcheur

avaient

venaient

les

mêmes

chercher

espérances,

la

fortune

les sauvages ne

pêche

Pendant

la navigation ordinaires

fût

du

Nord, pas abondante.

au

cas

qu

les premières n'eut

que

semaine

chan

des

; elle

fut

même

assez

reuse.

juillet,

degré

partie

pont,

le

raître

Mais

nous

un

soir,

étions

( c'était

alors

vers

le

le

de latitude

de l'équipage

septentrionale),une se trouvait

s

occupée

soleil

presque

à considérer

se couchait, aussitôt

 

la

pour

r

(*),

lorsq

de

( * ) On sait que

vingt-quatre

les jours du Cercle polair

heures.

DE LA TERRE.

3

accourut

le capitaine

effrayé, cesser les manoeuvres.

et criant

à tout

à nous, le monde

pâle

Le maître

,

de

de

l'équipage

malheur

pondit

pétèrent Le feu

monde

lui demanda

nous

menaçait

aussitôt

? Il

ne

quel

ré-

ces mots

se ré-

, qui avec effroi

! tout

que

par de toutes

parts de cale

est

au fond

le

à la pompe

!

Ces terribles

paroles

furent

à peine

entendues

, que

hâta

de quitter nous

appelait

tout

le pont,

l'équipage

se

et

de voler

le danger.

Si l'ap-

d'un

proche sur la terre,

incendie

est effrayante

elle

est horrible

sur

flots

; là,

richesses,

du moins,

on a l'espoir

en perdant de conserver

les

ses

ses

cendie

jours

; mais

s'annonce

ici,

, on

quand se trouve

quand se trouve

l'in-

en-

tre

deux

morts

inévitables.

Plusieurs

:

4

VOYAGE AU CENTRE

d'entre

mers,

familiarisés

avaient

nous

déjà

en quelque

couru

et s'étaient

avec

aucun

s

les périls n'avait

de la t

vu la fl

les

ond

n

funest

qui

donner

de

; mais

pête

me conjurer

Il

sa perte

avec

la frayeur un désordre

résulta

de

,

dominait

Les

la

uns

tête;

tous, ne savaient

et embarrassaient

lieu

d'être

l'eau

; ceux-ci

au

personne,

autres

pas

les

cris

jetaient

nécessaire

de

la détresse

utiles

n'ét

poussaien ; ceux-là

elle

tous

les saints

de

voquaient

et promettaient s'ils évitaient

nement,

du paradi chétie

vivre

la mort

chaine.

Cependant,

core

Le capitaine

quelle

on

était

ne

savait

la source

demandait

pas

du

vainemen

DE LA TERRE.

5

à

tous

ses

gens

s'ils

en

connais-

saient

pouvait

chose

ne

un

vu

quelque

; personne Enfin

qu'il à fond

lui répondre. déclara

descendre

,

avait

petit le cuisinier

avec

remonté

et

Le cuisinier, tremblant

mousse

de cale

en était

une

chandelle,

tout

et qu'il

inondé

d'eau-de-vie

lumière.

sans

confessa

en

interpellé,

allait

qu'il

prendre

quel-

s'était

d'eau-

de vinaigre à une

l'avait défoncée

pintes

; qu'il

pipe

ques

adressé

erreur

par

qu'il

du

de-vie;

de marteau

la broche

sans

le

n'est

coup faire tomber

avait

pris

devait

le

qui

, et

feu

que

s'en aperçut.

qu'il

Misérable, ta maladresse

mais

s'écria

capitaine,

qu'une

peccadille,

ton

silence

temps

est

un

crime

En

même

il

ordonna

de

verser

l'eau

6

VOYAGE AU CENTRE

abondamment

réservant

de

sur

punir

vaisseau

échappait

les barriques

tard,

aux flammes

plus

commençaient

à le

dévorer.

Les

frayeur

de

premières

avaient

; le sentiment

parvint

un

secousses

dérangé de notre

toutes

têtes

vation

fermir

lèrent

obéissait

cons

à les

degrés les bras

tout

par

Tous

trava

mon

peu. ardeur; en silence

le

avec

au capitaine.

Manseau

seul

de tem

qu

jeune

parlait

en temps

, tout

en apportant et

;

la

lui

faisait

d'eau

ques

paniers

dont

il était

une

foule

clamations,

toute

tiraient

autre

alors

l'ordre

de

fraye

débit

Ses

d

saisi

d'extravagances. qui eussent

circonstance,

que se taire.

des

Il

diverti

ne lui

injures,

fit

le

m

;

DE LA TERRE.

7

tout

fort

le monde

que

lui,

se mit

quand

à gémir

on

vit

que

plus

le

feu

il y avait

au

ne

s'éteignait

point.

Cependant

d'eau

déjà

plusieurs

du

navire

et

n'en

pieds

fond

; les

barriques

brûlaient

surnageaient,

pas

moins

Bientôt

la

activité.

avec

plus la flamme

tonneaux

et dès-lors

grande se communiqua de

graisse

elle

prit

un

puisque

ainsi

dire,

obligés

à quelques d'huile, ractère

faisait

l'alimenter.

et

ca-

l'eau

plus effrayant,

pour

plus,

ne

que

Nous

étions

de,

sortir

successivement,

pas

étouffés

travailleurs

faisaient.

par

la

ne voyaient

pour

fumée,

plus

n'être

et

les

ce qu'ils

Amis,

plus

temps

poudres

s'écria

le capitaine

de délibérer.

, il n'est

Jetons

les

à la

mer,

si nous

ne

vou-

8

VOYAGE AU CENTRE

lons

pas

Qu'on neaux

de

sauter

avec

le

y jette pareillement

viande

et

les

bâtime

les

provisions

ajoutai-je

calme,

ensuite.

;

nous

Du

nous

pourrons

moins

sommes

les

, elles

en

repêch

ne

n

riront

serons

faim.

pas

pas

la

flamme

réduits

à

;

et

nous

mourir

Le capitaine

que je proposais.

tâmes

le

feu

approuva

Aussitôt

pour

vider

le

nous

la

con

sa

barbe

que

telots

hache

du

l'eau

et le garde-manger,

pend

le charpentier faisaient

et quelques

à

grands

coups

des ouvertures

au

bas-fo

navire

en

,

plus

pour

y

grande

faire

pénétr

abondance.

Mais

ces

cruelles

alternatives

périr

dans

les flammes,

ou

de sa

DE LA TERRE. de mourir

d'être

ceux

mer

9

l'air, au moins

ou

à

bas

voyaient

fois.

de faim, avaient

en

tout

mis

qui

mière

ou

noyés,

tous

d'entre

pour

nous

pre-

la

la

étaient

Quelques-uns

étendus

eut

passé

l'eussent

le plancher, le

sur

sur

point

corps

senti.

et on leur

, qu'ils

ne

il

Gependant

était

heureux

la besogne

qu'on

avançait,

se

fût

et

hâté

de vider

les

hors

seau

la sainte

barbe

à peine de-

; car

furent-elles

poudres

, que

était

jetées Le vais-

toutes

les

le feu

s'y montra.

de

déchargé

provisions

combustibles,

et les trous

que

le charpentier

avait

faits

aux

bas-côtés

l'eau

fut bientôt

me,

avec

qui

du navire

y introduisaient

tant

à la

de rapidité, hauteur

qu'elle de la flam-

s'éteignit

alors

presqu'en-

tièrement.

10

VOYAGE AU CENTRE

Mais

en

freux

temps,

était

,

il

se

à son

sortant

fallait

tirer

d'un

danger

sans

,

perdre

d'un

autre.

L'e

tour

maîtresse

du navir

et commençait

On

revint

à l'enfoncer.

aux

donc

pompes

quoique

tout

accablés

du

travail

nible

nous

venions

de

fair

nous

que

pouvons

tout

Mansea

dire

que

du

monde

et

la main

infatigable:

toutes

à

l'exception

,

deux

de

marchands,

avec

une

jeunes à l'oeuvre

arde

tard

en

j

avait

Hélas

les pompes

employait

! il était

trop

étaient

chacun

ce

qu'il

forces

;

mais

l'eau

entrait

en

le

par

grandes

s'enfonçait

masses,

d'un

que

pouce , nous

Camarades

coulons

bâtimen

minute

, s'écr

un

matelot

hâtons-nous

; la chaloupe d'y chercher

nous

un

res

refug

DE LA TERRE

II

La

mer

CHAPITRE

Glaciale

du

blancs. Affreuse

II.

Nord.

Les

catastrophe.

ours

LES

quipage

cris

et

nous

les

conservation

pompes.

le mouvement

firent

Chacun

particulière

à tous

songea , et

de

l'é-

quitter

à

sa

l'on

se

jeta

et

en

toute

hâte

dans

dans

les

deux

canots.

la chaloupe

Le Manseau

et

ses

deux

compa-

avions

totalement

nous

gnons

oubliés,

pèce

péter

, que sortirent

enfin

de

leur

es-

en entendant

ré-

les

mots Ils accoururent

prêt

de

de

de léthargie,

de

toutes

et de

pont

parts

chaloupe

sur

canot.

le

du bâtiment,

12

VOYAGE AU CENTRE

s'abîmer,

supplians.

malheureux

insensibles

les reçurent

étions

tous

et nous

tendirent

Nous

pour

nous

à la pitié.

trouvions

un

deux

être

Les

promptement,

hors

du vaisseau

des

inst

ca

et

qu

il s'enfonça de

temps

pour

n'être

tourbillon

; nous

eûmes

un

pas la mer

gagner

peu

entraînés

forma

que

même

au

lar

dans

en

gloutissant.

Il

disparut

bientôt,

au

en

sur

bout

aurait

de

vainement

quelques

la surface

Alors"

nous

des

nous

minutes

cherché

flots.

la t

rapprochâmes,

pour

délibérer

avions

quatre-vingt-dix

à faire.

canot

en

petit

canot,

contenait

sur

ce

La chaloupe

personnes;

dix-neuf,

que

por

le gr

e

je

me

trouvais

DE LA TERRE.

15

le Manseau,

n'était

chargé

que

quatre

manda

jeunes

pêcheurs.

au capitaine

quelle

On

roule

fallait

tenir.

Nous

il

où la providence

irons

nous

, répondit- conduira

le plus vivres

pressant

et

nos

est

de

poudres.

repêcher

de

de-

il

;

nos

Nous

trois

avions

bâtimens

tous

des

étaient

armes

bien

; nos munis

de

haches

,

de

piques

et

de

cara-

bines

livre

; mais

n'avions

rien

obéit

nous

une

pas

de poudre,

et

à manger. sans

C'est pourquoi à l'ordre

que

on

répli-

du capitaine. tout

mer

Le temps

était

avions

si calme,

jeté

à peu

ce que

nous

en-

par-

que à la

de

surnageait

core

distance.

Nous

vînmes

à sauver

plusieurs

tonneaux

de" viande

grand

salée,

nombre

des

jambons

de fromages,

,

un

vingt

14

VOYAGE AU CENTRE

pièces

grosses

d'eau-de-vie,

naigre

, un

de vin,

dix-huit

tonnes

quatre de lard,

peu

du

en abondance, de

aussi

poudre.

trois

et près

de

cent

Le

paniers

grand

canot

pleins