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1.

INTRODUCTION
Dans le cadre du réaménagement général de l’assainissement sur le bassin
versant de l’Aussonnelle, qui conduira à la suppression de l’ensemble des rejets
d’eaux usées dans la rivière, notre binôme s’est intéressé au dimensionnement du
collecteur principal qui permettra de raccorder les réseaux des différentes communes
à la future station intercommunale.

Voir la carte générale

Nous nous sommes plus particulièrement axé sur la branche nord-ouest qui
raccordera les communes de Mondonville et d’Aussonne, sachant que les autres
branches du collecteur ont déjà été étudiées par différents bureaux d’études.

L’étude a été menée essentiellement en deux étapes :

o d’abord par la définition des débits de projet au droit des


différents points de raccordement, qui permettent de définir les
caractéristiques du collecteur et d’évaluer son fonctionnement et notamment
les conditions d’autocurage,

o puis par le calcul des couples pente / section pour les différents
tronçons.

Deux méthodes différentes de dimensionnement ont été appliquées :

o la première en suivant les recommandations et directives de


l’Instruction Technique de 1977 relative à la conception des réseaux
d’assainissement,

o la seconde en réalisant une modélisation du futur colecteur avec


le logiciel CANOE, qui permet de simuler de façon dynamique les
écoulements dans les différents tronçons et de calculer la ligne d’eau en tout
point pendant un temps donné.
Le collecteur à dimensionner est de type séparatif, mais compte tenu de l’état
vétuste des réseaux communaux à l’amont, celui-ci devra aussi assurer le transport
d’une part d’eaux claires parasites d’infiltration. Aussi, plusieurs scénarios ont été
étudiés afin de considérer différents débits d’apports d’eaux claires parasites.

Par ailleurs, le mode d’écoulement privilégié est de type gravitaire, cependant


une alternative avec implantation d’un poste de relèvement a été étudiée afin de ne
pas trop approfondir le réseau. Enfin, une approche sommaire du coût global du
projet a aussi été effectuée.

2. CHARGES HYDRAULIQUES ET CONTRAINTES


2.1. Contraintes d’implantation du collecteur
Avant de débuter les calculs, la première étape consiste à recenser l’ensemble
des contraintes pour l’implantation du futur collecteur. Une première phase de recueil
de données auprès de la Communauté d' Agglomération du Grand Toulouse a
d’abord été réalisée. Celle-ci a permis d’obtenir en particulier les plans cadastraux,
les plans des réseaux d' eaux usées, les cartes IGN et les MNT (Modèle Numérique
de Terrain) des communes de Mondonville et d' Aussonne sous format informatique
(MapInfo).

Un tracé sommaire de l’implantation du collecteur ayant déjà été étudié par un


bureau d'études, avec 2 possibilités envisagées, en passant d' un coté ou de l'autre
du lac d'
Aussonne, ces 2 propositions ont été reportées sur le cadastre accompagné
du MNT et des réseaux d'eaux usées comme représenté sur le schéma ci-dessous.

Le lac d’Aussonne constitue un obstacle important, aussi, une reconnaissance


de terrain a été effectuée afin de visualiser le tracé le plus approprié.

Voir les photos

Nous avons choisi d’implanter le réseau à gauche du lac car il est possible de
longer la berge de ce coté-ci. Toutefois, le terrain naturel présente une bosse
importante au niveau de la digue aval du lac, qui devrait occasionner un
approfondissement important du réseau.
Figure 8- B1 : carte d'
implantation du collecteur

Ensuite, l’implantation du collecteur est conditionnée par des contraintes


altimétriques amont (N1) et aval (N10). La côte amont est donnée par la position de
la STEP de Mondonville et la côte aval est imposée par la position du poste de
refoulement R2. De plus, sur Aussonne, le collecteur principal devra récupérer en
route des réseaux d’assainissement existants, ce qui nous a donné 3 contraintes
altimétriques supplémentaires au niveau des points de raccordement (voir le schéma
ci-dessus : N5, N7 et N8). Nous sommes allés mesurer sur le terrain les côtes de ces
points qui n'
étaient pas indiquées sur le réseau ou le MNT. Les valeurs de ces côtes
imposées sont présentés plus loin dans le tableau.

A ce stade, un premier profil en long du collecteur a pu être tracé et a été


superposé au profil en long du terrain naturel obtenu avec les points donnés par le
MNT en suivant le tracé du collecteur. Ces profils en long sont présentés dans la
Figure 9-B1.

Le calage du collecteur à partir de ces 5 points n’est pas suffisant car celui-ci
est parfois trop profond ou au contraire plus haut que le terrain naturel à certains
endroits. Le profil a donc été ajusté de façon à obtenir des profondeurs convenables
(minimum 1,50 m pour sécuriser le tuyau et maximum 4,00 m sur les zones de forte
profondeur) tout en respectant la limite de pente motrice admissible en
assainissement (2 mm/m). D’autres contraintes altimétriques ont aussi été
répertoriées : il s’agit des traversées de rivières. Nous avons choisi d’implanter le
collecteur sous le lit de la rivière à chaque traversée de façon à ne pas entraver la
section d’écoulement du cours d’eau. Il a donc été nécessaire de rajouter des points
au profil du collecteur au collecteur (voir le schéma : N2, N3, N4, N6 et N9. La Figure
10-B1 présente le nouveau profil en long obtenu pour le collecteur. :

Figure 9- B1 : profil en long initial Figure 10- B1 : profil en long modifié

Le collecteur suit donc ici correctement le terrain naturel : il traverse la rivière à


3 reprises tout en restant à une profondeur convenable excepté au niveau de la butte
où la profondeur reste conséquente (de l' ordre de 9 m). A partir du profil en long du
collecteur, il a donc été possible de calculer les pentes pour chaque tronçon.

L'ensemble des valeurs des pentes et des côtes de ces profils ainsi que les
justifications des modifications apportées sont présentés dans le tableau ci-dessous :

Figure 11- B1 : tableau récapitulatif des contraintes d'implantation

Au total, le profil en long du collecteur a été défini à partir de 10 points qui


constituent les limites des différents tronçons uniformes. A ce stade, nous disposons
donc des pentes de chaque tronçon du collecteur.

2.2. Définition des débits a injecter


2.2.1. Méhodologie

La première étape d’un dimensionnement consiste à calculer les charges


hydrauliques à évacuer en situation actuelle et future, à l'
horizon 2015. S’agissant
d’un réseau d’eaux usées de type séparatif, les débits à considérer sont les valeurs
extrêmes de débits, soit :

o les débits de pointe qui conditionnent le dimensionnement des


canalisations,

o les débits minimaux et moyens où doivent être vérifiées les


conditions d’autocurage.

Pour calculer ces différents débits au droit de chacun des points de


raccordement des réseaux communaux existants, nous avons d’abord effectué un
recensement des logements à assainir par comptage des habitations déjà
raccordées sur les réseaux actuels et une estimation des abonnés futurs (logements
existants pas encore raccordés au réseau communal et logements futurs sur les
zones de développement urbanistique).

Ensuite, deux méthodes ont été pratiquées pour l’évaluation proprement dite
des débits :

o Soit par l’analyse des volumes d’assainissement facturés par


commune qui permet d’obtenir un débit moyen journalier puis un débit de
pointe par la méthode issue de l’Instruction Technique de 1977,

o Soit par l’ajustement des hydrogrammes réels, mesurés à l’aval


des réseaux lors des bilans 24 h réalisés sur les stations d’épurations, sur le
nombre d’abonnés raccordés pour chaque point de raccordement.

2.2.2. Nombre de logements à raccorder au futur collecteur

L’estimation du nombre de logements à raccorder s’est faite en deux étapes :

o D’abord par le comptage des habitations existantes déjà


raccordées sur les réseaux communaux,

o ensuite estimation des logements actuels prochainement


raccordables à partir du zonage d'
assainissement,
o Puis par l’estimation des logements futurs raccordables en
utilisant les données du Plan Local d’Urbanisme de chaque commune (PLU).

Les différentes zones d’habitat sont reportées sur la carte suivante :

Figure 12- B1 : carte de zonage des zones d'


habitat raccordables au collecteur

Les résultats du dénombrement des logements raccordés et raccordables sont


reportés dans le tableau ci-après :
Méthode détaillée

Figure 13- B1 : résultats du comptage des logements raccordables

2.2.3. Calcul des charges hydrauliques par la méthode de l'


Instruction
Technique 1977

La méthode issue de l’Instruction Technique de 1977 permet, à partir d’un débit


moyen d’eaux usées, de calculer un débit de pointe, qui conditionne le
dimensionnement d’un réseau d’assainissement en système séparatif.
Pour commencer, les volumes facturés d' assainissement ainsi que le nombre
d'abonnés au réseau pour les communes de Mondonville et d' Aussonne ont été
recueillis auprès de la Communauté d' Agglomération du Grand Toulouse,. De plus,
grâce aux données INSEE sur le recensement de la population , nous avons obtenu
le nombre moyen d' habitants par logement. Nous avons donc pu calculer le débit
moyen d' eaux usées par habitant et par jour. L'
ensemble de ces données est indiqué
dans le tableau ci-dessous :

Figure 14- B1 : rejets moyens par habitants

Les valeurs calculées sont proches des valeurs couramment utilisées en


l’absence de données pour le dimensionnement des systèmes d’assainissement, à
savoir , un rejet de 150 l/jour/hab.

Ensuite, grâce à la sectorisation effectuée précédemment, nous avons calculé


les débits moyens d'eaux usées Qm pour Mondonville et pour chaque secteur de
raccordement d'Aussonne pour la situation actuelle et la situation future.

La Communauté d' Agglomération du Grand Toulouse souhaite une étude de


dimensionnement pour différents apports d' eaux claires parasites QECP
correspondant à 10, 25 et 50% du débit moyen total QTOT (QTOT correspondant à la
somme de Qm et de QECP). Ces débits d' eaux claires parasites sont donnés par la
formule suivante :

en notant x le pourcentage d'


eaux claires parasites par rapport au débit moyen
total.

Ces débits d' eaux claires parasites ont été calculés pour la situation actuelle
seulement. Nous avons, en effet choisi de garder ces débits identiques pour la
situation future puisque les eaux parasites n' ont aucune raison d' augmenter avec
l'
accroissement du nombre d' habitants.

De plus, comme nous travaillons par temps sec, les débits d' eaux claires
parasites sont constitués principalement d'
infiltration et reste donc constants tout au
long d' une journée. Le calcul des coefficients de pointe, nécessaire à la
détermination des débits de pointe pour chaque secteur dans les 2 situations, est
donc basé sur le débit moyen d' eaux usées et non sur le débit moyen total.

Le coefficient de pointe P est alors donné par la formule suivante :


Ce qui nous donne ainsi le débit de pointe Qp :

En tenant compte des débits d' eaux claires parasites, les débits de pointe réels
Qp,TOT à transiter correspondent à la somme de Qp et de QECP.

Ces calculs ont été réalisés pour chaque tronçon de réseau uniforme à l’aide
d’une feuille Excel. Les calculs ont été effectués en situation actuelle et future, pour
les trois scénarios d’apport d’eaux claires parasites.

voir les tableaux de résultats

Ces débits de pointe calculés à l'


aide des formules données par l' Instruction
Technique de 1977 nous ont alors permis de réaliser un premier dimensionnement
du collecteur comme il est expliqué plus loin dans la partie « dimensionnement du
collecteur ».

2.2.4. Calcul des charges hydrauliques à l'


aide d'
hydrogrammes réels

Une deuxième méthode a été utilisée pour calculer les charges hydrauliques
produites à l’aval de chaque zone de raccordement.

Cette méthode consiste à utiliser des hydrogrammes réels de débits d’eaux


usées qui ont été récupérés à partir des bilans 24 heures réalisés périodiquement sur
les stations d’épuration par les services du SATESE. Ces bilans sont effectués dans
le cadre de l’assistance technique aux communes pour l’exploitation des stations
d’épurations. Généralement, ils comportent une mesure en continu des débits sur 24
heures en entrée de station d’épuration.

Nous avons récupéré les deux ou trois derniers bilans afin de vérifier la
variabilité de charge dans l’année. A partir des différents hydrogrammes, nous avons
retenu le plus contraignant afin de se placer en période de pointe.

A partir de ces hydrogrammes, nous avons calculé la part relative aux eaux
claires parasites d’infiltration que nous avons déduite du débit total pour obtenir un
hydrogramme d’eaux usées strictes. La méthode suivante a été utilisée :
Nous obtenons alors des hydrogrammes d’eaux usées strictes pour l’état
actuel.

Figure 15- B1 : exemple d'


un hydrogramme d'
eaux usées (Mondonville- état actuel)

Pour la commune de Mondonville, celui-ci a été utilisé tel quel pour l’état actuel
car le point de raccordement se situe au niveau de la station d’épuration. Pour l’état
futur, nous avons ajusté cet hydrogramme au nombre d’abonnés à terme, en
considérant que la consommation en eau sur la commune resterait stable.

Figure 16- B1 : exemple d'


évolution des hydrogrammes de débit (Mondonville)

Pour la commune d’Aussonne, le raccordement se fait en plusieurs points.


Aussi, nous avons aussi ajusté l’hydrogramme global sur le nombre d’abonnés
comptabilisé en chaque point de raccordement. Pour l’état futur, il a été procédé de
la même façon.
Cette méthode a permis d’obtenir différents hydrogrammes de débits d’eaux
usées que nous avons ensuite injecté dans le modèle du collecteur sous CANOE.
Pour chaque hydrogramme d' eaux usées injecté, un apport d'
eaux claires parasites a
été ajouté.

Limites de la méthode :

Cette méthode considère une répartition uniforme du débit sur l’ensemble de la


commune, ce qui est acceptable en première approximation car il s’agit
essentiellement de rejets domestiques. Cependant, cette méthode n’est plus
applicable en présence d’un industriel ou de gros consommateurs en eau à un
endroit donné. Une analyse des consommations en eau par rues avait initialement
été prévue mais les données n’ont pu être obtenues.

De plus, l’ajustement des hydrogrammes au nombre d’abonnés engendre une


sous-estimation des débits de pointes et une sur-estimation des débits minimums sur
les zones où il y a peu d’abonnés. En effet, les hydrogrammes utilisés sont mesurés
à l’aval des réseaux donc les pointes de débit sont légèrement lissées à cause du
temps de transit dans le réseau et peuvent être aussi décalées.

Cependant, comme les communes ne sont pas très étendues et que les
réseaux sont assez courts, l’erreur est assez faible dans notre cas.

2.3. Bilan
La méthode de l’IT donne des débits supérieurs à la méthode des
hydrogrammes, qui est basée sur des mesures réelles. Des études ont montrées que
le coefficient de pointe calculé par la méthode de l’IT est souvent trop élevé. Par
contre, la méthode des hydrogrammes sous-estime sûrement les pointes de débits,
surtout sur les petites zones de raccordement où le nombre d’abonnés est faible.

L’utilisation de ces deux méthodes permet donc d’encadrer correctement le


débit réel et de calculer des débits de projets réalistes.

3. DIMENSIONNEMENT DU COLLECTEUR
3.1. Méthodologie
Les débits à évacuer étant définis, il reste à calculer les caractéristiques
dimensionnelles du collecteur.

Les pentes moyennes des différents tronçons uniformes de collecteur ont pu


être définies précédemment à partir des conditions limites amont, aval et
intermédiaires aux niveaux des différentes connexions sur les réseaux communaux
existants.
Cette partie consiste donc à définir les sections des canalisations qui
permettront de garantir un transport efficace des effluents en situation actuelle et
future.

S’agissant d’un réseau séparatif, le dimensionnement est essentiellement


conditionné par le débit de pointe et par les conditions d’autocurage. Celles-ci ont été
vérifiées conformément aux recommandations de l’Instruction Technique de 1977
ainsi que par observation de la contrainte de cisaillement à l’aide de CANOE.

De plus, compte tenu de la vétusté des réseaux communaux amonts et de leur


mauvaise étanchéité, le collecteur a été dimensionné pour trois différents taux d’eaux
claires parasites : 10 %, 25 % et 50 %.

Nous avons dimensionné un collecteur entièrement gravitaire dans un premier


temps, puis compte tenu de l’approfondissement important calculé au niveau du lac
d’Aussonne, une solution alternative avec la mise en place d’un poste de relèvement
au niveau du lac a aussi été étudiée.

3.2. Solution entièrement gravitaire


Afin d'
étudier le dimensionnement du collecteur, nous avons réalisé 3 scénarios
correspondant à 10, 25 et 50% d' eaux claires parasites. Ce dimensionnement a été
réalisé à partir des charges hydrauliques calculées pour la situation future. Toutefois,
nous nous sommes intéressés aux conditions d' autocurage non seulement pour la
situation future, mais aussi pour la situation actuelle afin de visualiser les
conséquences de ce dimensionnement sur le fonctionnement du collecteur en
attendant d'arriver à la situation prévue.

3.2.1. Méthode « Instruction Technique 1977 »

Cette première méthode nous a permis de réaliser un premier


dimensionnement afin d'
avoir un ordre de grandeur des diamètres de conduite.

La méthode est basée sur l’utilisation de la formule de Manning-Stickler :

avec V vitesse de l'écoulement, K coefficient de Strickler, Rh rayon hydraulique


et I pente de la conduite

A partir de cette formule, en considérant que la conduite est pleine pour le débit
de pointe total Qp,TOT, le diamètre théorique des conduites peut être calculé.

Ensuite, il reste à choisir le diamètre commercial approprié c'


est à dire à choisir
un diamètre existant dans le commerce supérieur au diamètre calculé. Ces
diamètres sont présentés dans le tableau suivant pour chaque tronçon :

Détail des calculs


Figure 17- B1 : sections des conduites calculées à partir de la méthode IT-1977

Pour finir cette première méthode de dimensionnement, il est nécessaire de


vérifier les conditions d'autocurage données par l'
Instruction Technique de 1977. Il
existe 3 conditions d' autocurage :

o Vitesse à pleine section VPS supérieure à 0,7 m/s

o h/D supérieur à 0,2 pour le débit moyen Qm +Qecp avec h


hauteur d'
eau dans la conduite

o Vitesse V supérieure à 0,3 m/s pour h/D = 0,2

Détail des calculs

L'
ensemble des valeurs nécessaires aux calculs des conditions d' autocurage
ainsi que la vérification de ces conditions sont présentés dans les tableaux ci-
dessous pour chaque tronçon du collecteur et pour les situations actuelles et futures
:

Figure 18- B1 : conditions Figure 19- B1 : conditions Figure 20- B1 : conditions


d'
autocurage - Apports ECP = d'
autocurage - Apports ECP = d'
autocurage - Apports ECP =
10% 25% 50%
Un seul problème est apparu pour la situation future dans le dernier tronçon.
Pour remédier à cela, nous avons choisi d' augmenter la profondeur du poste de
refoulement R2 afin d' augmenter la pente du dernier tronçon (voir Figure 11-B1).
Pour la situation future, toutes les conditions d'
autocurage sont donc vérifiées. En
revanche, nous remarquons qu' il existe quelques problèmes pour la situation
actuelle, ce qui est normal puisque le collecteur a été dimensionné pour un
fonctionnement futur.

3.2.2. Méthode par modélisation Canoe

Une fois ce premier calcul réalisé, nous avons utilisé CANOE. Ce logiciel nous
a permis de modéliser le réseau étudié sur la base du premier dimensionnement
effectué avec les préconisations de l' Instruction Technique de 1977. Les diamètres
de conduite précédemment calculés ont été utilisés pour la construction du réseau
sur CANOE, en gardant le même coefficient de Strickler égal à 90. Le schéma du
collecteur obtenu avec ce logiciel est présenté ci-dessous :

Figure 21- B1 : schéma du collecteur modélisé sous CANOE

Après avoir saisi l'


ensemble des noeuds et des tronçons du collecteur, nous
avons saisi les hydrogrammes d' eaux usées et les débits d'
eaux claires parasites
pour les situations actuelle et future pour chaque scénario. Les hydrogrammes
utilisés sont ceux calculés à partir d’hydrogrammes réels de débits. Nous avons alors
injecté ces hydrogrammes aux différents points de raccordement notés : N1, N5, N7,
N8 et N10 (voir le schéma ci-dessus).

Une simulation « Barré de St Venant » a alors été lancée afin d' obtenir des
résultats dynamiques. Les premiers résultats obtenus n'
ont pas été satisfaisants car
il existait des problèmes de débordement. Les diamètres des conduites calculés
précédemment par la méthode de l’Instruction Technique s’avèrent insuffisants.
L’origine de ce problème s’explique par le fait que la méthode de l’Instruction
Technique ne permet pas de calculer une ligne d’eau sur l’ensemble du collecteur
mais s’intéresse à chaque tronçon pris de façon individuelle et indépendante. Or,
dans un réseau d’assainissement, l’écoulement uniforme à surface libre, de type
fluvial, est généré par l’aval. Seule la méthode par modélisation à l’aide de CANOE
premet de prendre en compte les contraintes et charges à l' aval et donc génère une
ligne d’eau plus représentative de la réalité. Les lignes d'eau dans les conduites,
données par CANOE, permettent de bien visualiser ce phénomène de surcharge du
collecteur :

Figure 22- B1 : ligne d'


eau Figure 23- B1 : ligne d'
eau Figure 24- B1 : ligne d'
eau
maximale noeuds N1-N5 - maximale noeuds N5-N8 - maximale noeuds N8-N10 -
dimensionnement initial dimensionnement initial dimensionnement initial
cliquez sur les schémas pour les agrandir

Il a donc fallu recalibrer la plupart des conduites en prenant généralement le


diamètre commercial supérieur à celui calculé avec l' Instruction Technique de 1977.
Ainsi, l'
ensemble des débordements a été supprimé, ce que nous pouvons visualiser
sur les lignes d'
eau schématisées ci-dessous :

Figure 25- B1 : ligne d'


eau Figure 26- B1 : ligne d'
eau Figure 27- B1 : ligne d'
eau
maximale noeuds N1-N5 - maximale noeuds N5-N8 - maximale noeuds N8-N10 -
dimensionnement modifié dimensionnement modifié dimensionnement modifié
cliquez sur les schémas pour les agrandir

Il reste alors à vérifier les conditions d'


autocurage de ce collecteur à partir des
données accessibles avec CANOE. Les conditions données par l' Instruction
Technique étant difficilement vérifiables à l’aide du logiciel, seule la condition h/D
supérieur à 0,2 pour le débit moyen a été contrôlée, cette condition apparaissant
comme la plus défavorable des trois. Pour cela, nous avons utilisé les histogrammes
de débits et de hauteurs donnés par le logiciel dont un exemple est donné ci-
dessous :
Figure 28- B1 : vérification de l'
autocurage à partir de l'
histogramme de hauteur

Une autre méthode a été utilisée pour vérifier les conditions de transport solide
dans le réseau. Le paramètre utilisé est la contrainte de cisaillement :

Ce paramètre est peu utilisé en France dans le domaine de l’assainissement,


mais c’est le paramètre le plus scientifiquement fondé pour déterminer les conditions
de transport solide. Il est largement utilisé à l’étranger et ce paramètre est calculé
automatiquement dans le logiciel CANOE. A partir de recherches bibliographiques,
nous avons déterminé une valeur critique de la contrainte de cisaillement pour un
réseau d’assainissement séparatif. Les valeurs trouvées dans la littérature varient
entre 1 et 2 N/m². Nous avons donc retenu une valeur moyenne de 1.5 N/m², qui a
été vérifiée pour le débit moyen journalier dans chaque tronçon. Un exemple
d’évolution de la contrainte de cisaillement dans un tronçon du collecteur est
présenté ci-dessous :
Figure 29- B1 : vérification de l'
autocurage à partir de la contrainte de cisaillement

Comme précédemment avec la méthode de l' Instruction Technique, ces 2


conditions d'autocurage sont vérifiées pour la situation future mais en toute logique, il
existe quelques problèmes pour la situation actuelle, le dimensionnement étant
étudié pour le long terme. Toutefois, dans la plupart des cas, ces conditions ne sont
pas vérifiées pour seulement une partie de la journée (en particulier la nuit lorsque le
débit est à son minimum). Pour la situation actuelle, la remise en mouvement des
dépôts pourra être assurée aux heures de pointe.

Les résultats définitifs du dimensionnement du collecteur pour la solution


gravitaire et pour les 3 scénarios étudiés sont présentés dans le tableau ci-dessous :

Figure 30- B1 : diamètres de chaque tronçon

3.3. Solution avec relèvement


Pour pallier au problème de surprofondeur au niveau de la traversée de la
digue du lac d’Aussonne (environ 100 ml de réseau enterré à plus de 9 m de
profondeur, nécessitant l’emploi de techniques spéciales de terrassement et de
pose), nous proposons la solution suivante :

o Mise en place d’un poste de relèvement des eaux usées en


amont du lac,

o Pose d’une conduite de refoulement à faible profondeur jusqu’à


l’aval de la digue du lac, en suivant le profil du terrain naturel,

o Raccordement sur le futur collecteur gravitaire à l’aval du lac.

Le schéma d’implantation est présenté ci-dessous :

Figure 31- B1 : schéma d'


implantation du poste de refoulement

Le calcul de la station de pompage se fait en plusieurs étapes :

o Dimensionnement de la conduite de refoulement,

o Calcul des caractéristiques des pompes (débit, HMT, puissance),


o Calcul des caractéristiques de la bâche de pompage.

Détail des calculs

Le résultat du dimensionnement est le suivant :

Figure 32- B1 : dimensionnement du poste de refoulement

4. ESTIMATION SOMMAIRE DES COUTS


Une approche sommaire du coût des travaux a été réalisée. Compte tenu des
incertitudes relatives au stade de l’étude (données topographiques peu précises, pas
de connaissance des données géotechniques des sols, pas de données sur les
réseaux souterrains à croiser,...), nous avons seulement donné un ordre de grandeur
du coût des travaux.

En concertation avec le Maître d' ouvrage, le matériau choisi pour le réseau


sera en fonte de facçon à pour assurer la pérennité des ouvrages dans le temps.

Les contraintes de pose suivantes ont tout de même été identifiées :

Figure 33- B1 : contraintes de pose


L'ensemble de ces contraintes, rendant les travaux difficiles à mettre en
oeuvre, se répercutent sur les coûts des travaux qui sont beaucoup plus élevés que
des coûts classiques.

Des coûts moyens de travaux similaires, en fonction de la profondeur et du


diamètre de la conduite, ont été récupérés auprès d’un bureau d’études et de la
Communauté d' Agglomération du Grand Toulouse. Les prix sont détaillés ci-
dessous :

Figure 34- B1 : prix de la pose des conduites

Pour la surprofondeur au niveau du lac d’Aussonne dans le cadre de la solution


gravitaire, les travaux par terrassements sont très lourds et difficiles à estimer. La
mise en oeuvre de travaux par fonçage (forage horizontal) peut s’avérer judicieuse et
plus pratique d’un point de vue technique sur cet endroit critique. Un coût unitaire
d’environ 1500 € /m a été prévu pour cette partie du réseau, soit un coût de travaux
sur ce secteur d’environ 800 000 €.

A partir de ces coûts unitaires et du profil en long du réseau, nous avons chiffré
le coût du collecteur que nous avons dimensionné précédemment.

Le coût global approche 4 000 000 €.

Pour la partie à forte profondeur, nous avons aussi estimé le coût de la solution
avec mise en place d’un poste de relèvement.

Investissements :

o Station de pompage : 100 000 €

o Refoulement : 650 m × 500 €/m = 325 000 €


Les coûts de fonctionnement ont été calculés afin de comparer cette solution,
amortie sur 20 ans, avec la solution gravitaire.

Fonctionnement :

Le coût d'exploitation de la station de relèvement comprend la consommation


énergétique (calculée comme décrit ci-après), ainsi que le nettoyage annuel du poste
(1000 €/an).

Consommation énergétique :

o Coût annuel : 1601 + 1000 = 2601 €/an

o Coût sur 20 ans : 52 020 € HT.

On constate donc que cette solution coûte environ 380 000 euros sur 20 ans,
ce qui reste encore largement inférieur au coût de la solution gravitaire (800 000 € ).
Cependant, cette solution est moins sécurisante que le graviatire (toujours un risque
de panne). De plus, la durée de vie de ce type d'équipement est plus faible (15 à 20
ans environ pour 50 ans dans le cas d' un réseau gravitaire), aussi, les deux solutions
deviennent proches d' un point de vue économique à terme.