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Réflexions sur la distinction de l'Espace et du Temps

Author(s): J. Merleau-Ponty
Source: Revue Philosophique de la France et de l'Étranger, T. 157 (1967), pp. 453-460
Published by: Presses Universitaires de France
Stable URL: http://www.jstor.org/stable/41094194
Accessed: 09-02-2016 21:47 UTC

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Réflexions
sur la distinctionde PEspace
et du Temps

Lorsque Minkowskiproposa en 19081sa célèbre interprétation


géométriquede la théoriede la Relativité,l'idée de ΓEspace-Temps
futaccueillieavec surprise,tant il paraissaitcontraireaux intuitions
les plus sûres d'associer dans une formegéométriqueunique la
dimensiontemporelleet les dimensionsspatiales de la multiplicité
naturelle.Maintenant,la notiond'Espace-Temps est communément
admise et utilisée par les physicienset, à vrai dire (en tout cas si
l'on fait abstractiondes propriétésmétriquesspéciales de l'Espace-
Temps de la Relativité), il suffitde peu de réflexionpour s'aper-
cevoirque cette notionest fondéedans l'expériencela plus banale :
l'Espace et le Temps sont courammentconfondusdans la langue
la plus communeet sans inconvénient; par exemple il est notoire
que les prépositionsdestinéesà indiquerrespectivement les relations
et
topologiquesspatiales temporelles sont fréquemmentéchangées
(« le pire est derrièrenous », et, inversement,« l'épicerie est avant
le carrefour») et cet échange se produit aussi pour les relations
métriques(« la mairieest à vingtminutesà pied », ou, inversement,
« la Résistance,comme c'est loin »). Les expériencessur la percep-
tion du mouvementont d'autre part montré,comme on sait, que,
dans certainscas, les mêmes données objectives, au voisinage des
seuils, peuvent être interprétéessuivant des formessoit spatiales,
soit temporelles,soit cinétiques.
Ces remarquesinvitentà une sorte de renversementdes pro-
blèmes. A la question : « Sur quoi se fonde,ou qu'est-ce qui rend
utile, l'association du Temps et de l'Espace dans une formegéo-
métriqueunique ? », il est peut-êtreopportunde substituercelle-ci:
« Qu'est-ce qui justifie,à quelle caractéristiquefondamentaledes

1. H. Minkowski,Spaceand Time; Addressdeliveredat the 80thAssembly


of GermanNaturalScientistsand Physicians,at Cologne,21 September1908.
tome CLvn·- 1967 30

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êtresnaturelscorrespond la distinctiondu Tempset de l'Espace ? »


Nouscroyonsque, si l'on exploretouteslesimplications de cette
on
distinction, est, indépendamment, conduit à deux concepts:
l'individuet l'Univers; c'est-à-direque l'on est amené,indépen-
damment et pardesvoiesdifférentes, aux deuxassertions suivantes:
1) Le Tempsse distinguede l'Espace si, et pourautantqu'il y a
des individus; 2) Le Tempsse distinguede l'Espace si, et pour
autantqu'il y a un Univers.Le statutlogiquede ces deuxassertions
est d'ailleursdifférent. Il se peut que la premièrene soit qu'une
définition «
du mot individu»,peut-être la définitionultime- étant
donnéqu'il est vraimentdifficile, sans tomberdans le paradoxe,
de nierqu'il y ait des individusdans le monde,le difficile étantde
savoirdansquellerégionde l'ontologie naturelleon est absolument
sûr de pouvoirles situer.En revanche,la secondepourraitn'être
qu'unehypothèse surle contenuontologique du mot« Uni-
effectif
vers», hypothèse que la comparaison entre1) et 2) rendraitfinale-
mentéquivalenteà celle-ci: « La multiplicité des tempsindividuels
peut se ramener à l'unité. »
La proposition 2) est difficileà établiravec certitude et, pour
y parvenir, il faudrait beaucoup emprunter aux résultats des
sciencesde la Nature,et pas toujoursaux résultatsles mieux
confirmés.
En revanche,il est possiblede montrer la vraisemblance - ou
la convenance(s'il s'agit d'une définition) de 1) par une méthode
trèssimple.C'est à cettetâcheque sera exclusivement destinéela
présente étude.
Considérons donc l'ensembledes prédicatsde situationspatio-
temporelle, P, telsque, parexemple: « êtreen ce lieuà cettedate»,
« êtrepartouten mêmetemps», « êtretout le tempsau même
lieu», etc.Appelantχ une variabledontnousne chercherons pas à
délimiter a prioride domaine,la méthodeconsistesimplement à
chercher, un Ρ étant donné, dans quelleclasse il fautchoisirl'ins-
tancea de χ pourque la proposition Ρα ait un sens.
Soit donc d'abord la fonctionpropositionnelle d'ubiquitéins-
tantanée:
α χ estpartouten mêmetemps» (A)

a) Si, à titrede simpleépreuvepréalable,noussubstituons àχ


« le nombreTrois», nousobtenonsune proposition (A, a) qui n'est

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ni fausseni absurde,mais plutôtinsignifiante et commeincongrue;


nous retrouvonscette idée banale que les êtres mathématiquesne
sont pas situables dans le monde ; mieux vaut donc cherchernos
instances du côté des existants ou existants supposés.
β) En substituant« Dieu » à x, nous obtenonsune proposition
significative:
« Dieu est partouten mêmetemps» (A, β)
qu'il est opportund'examinerquelque peu, dans la ligne de notre
recherche.Or, il n'est pas douteux que son sens et sa portée sont
très différents suivant que nous donnons à « Dieu » un sens pan-
théiste ou spinoziste- c'est-à-diresi ce mot désigne une unité
ontologique supposée sous-jacente aux êtres divers, ou leur tota-
lité - ou au contraireque le mot désigne une personne.Dans le
premiercas, notreproposition(A, β) est quasi tautologique,et l'est
même tout à fait,si nous tenons que Deus est res extensa.Dans le
second cas, en revanche, (A, β) paraît ou absurde, ou au moins
« mystérieuse». Pour l'athée ou le spinoziste, cette apparente
absurdité pourraitsuffireà disqualifierl'idée du Dieu personnel;
mais le chrétienlui-même conviendra probablementque (A, β),
sans être à proprementparlerfausse,ne peut pas être directement
comprise, mais qu'elle doit être éclairée par des commentaires
analogiques,etc. Par là commenceà apparaîtreque l'êtrepersonnel,
pour autant qu'il est aussi individuel,supporte mal l'extension
spatiale indéfinie.Nous parlons courammentd'individus qui sont
spatialementvolumineux comme la Terre, ou même gigantesques
commele Soleil, mais nous admettonsdifficilement que le passage à
la limitede l'extensionspatiale indéfiniesoitpossiblepourl'individu.
γ) C'est ce dont nous auronsune confirmation facilea contrario,
en substituantdans (A) « l'énergie», au sens moderneusuel de la
Physique ; la propositionobtenue :
« L'Énergie est partouten mêmetemps» (A, γ)
est à peu près tautologiquepuisque, pour la Physique, tout ce qui
existe est de l'énergie.Le caractèretautologique de (A, γ) est donc
rès étroitementassocié au fait que Γ « énergie» est un existant
aussi peu individualisé que possible. Divers commentairespour-
raient et, en toute rigueur,devraient être faits pour étayer ces
jugementssur l'acquis des sciences physiques,mais ils ne sont pas
indispensablesparce que Γ « énergie» de la Physique et Γ « énergie»

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entendue au sensle plusvaguedu motontau moinscecide commun


que, dans les deuxcas, le motne dénotepas et ne peutpas dénoter
un individu,en aucun sens du mot.
8) En revanche,nous obtenonsune francheabsurditési nous
substituons dans (A) le nompropred'un individubiencaractérisé,
par exemple:
« La Terreestpartouten mêmetemps» (A, 8)
l'ubiquitéinstantanée d'unindividustrictosensune peutse penser;
si nouscherchions d'autressubstitutionsde mêmenature,il serait
facilede voirque l'absurdités'atténuerait à proportion qu'au nom
propre dénotant l'individuseraitassocié d'une façon de l'autre
ou
un sensnonindividuel. Direparexempleque « Le Soleilestpartout
en mêmetemps» a peut-être un sens dans une théologiesolaire;
s'il en est ainsi,c'est parceque, dans la languela plus commune,
le mot« soleil» ne désignepas seulement un astreindividuel, mais
unecertaineprésencelumineuse et calorifiquequi ne s'individualise
pas. Ou, si nousdisons: « Napoléonétaitpartouten mêmetemps»,
c'est que nous pensonsnon strictement à l'individu,mais à une
sortede présencediffuse de sa penséeet de sa volonté,due à la
rapidité,réelleou supposée,de ses déplacements, au nombreet à la
valeurde ses agentsde renseignement d'action,etc.
et

D'autresfonctions propositionnelles vontinversement montrer


que l'individu, réfractaireà l'extensionspatiale indéfinie,
supporte
au contraireassez bien l'extensiontemporelle, mêmeindéfinie ;
pour nous en assurer,examinons d'abord celle-ci:
« χ estpartouten touttemps» (B)
II est facilede constaterque si l'on pratiquesur (B) les mêmes
substitutions que sur(A),lesrésultats ne sontpas trèsprofondément
altérés: l'introduction de la dimension temporelle, mêmesouscette
formeindéfinie, n'introduit aucuneimpossibilité sémantiquenou-
velle; les noms qui supportentle prédicatd'extensionspatiale
indéfiniesupportentaussi celui d'extensiontemporelleindéfinie
et ceuxqui résistent au premier résistentbeaucoupmoinsau second.
Une rapiderécapitulation le montrera.
a) L 'intemporalitédu nombre Troisestinséparable de sa pseudo-
ubiquité; c'est une pseudo-éternité.

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ß) La pérennité de Dieu va presquede soi, et nousne sommes


pas contraints,proposdu « en touttemps», à la distinction
à entre
la sémantiquepanthéisteou spinozisteet la sémantiqueperson-
nalisteou chrétienne, distinction que nous imposaitl'usage du
prédicatd'ubiquité.Dans le premier cas - panthéiste - l'éternité
de Dieu n'estni plusni moinstautologique que sonubiquité; mais
dansle secondcas - chrétien - la pérennité de la personnedivine
n'a nullement le mêmeaspectmystérieux que son ubiquité; car,
en toutcas, l'analogiede l'inaltérable permetbeaucoupplus facile-
mentle passageà la limitede l'éternité, que l'analogiede l'immense
ne permetle passageà la limitede l'ubiquité.Dans la Mythologie
antique,l'immortalité des dieuxétait une notionbanale et, selon
touteapparence,elle était aisémentcomprise ; en revanche,l'idée
du Dieu cosmique,coextensif à l'Univers,étaitcertainement bien
pluséloignéede la penséevulgaire,réservéeaux mystiqueset aux
philosophes; l'anthropomorphisme s'accommodebien mieux de
l'immortalité que de l'ubiquité.
γ) La pérennité de l'énergien'est pas moinstautologiqueque
son ubiquité,puisqu'elleest, par définition, pourle Physicien, ce
qui se conserve quantitativement.
δ) Enfin,dansle cas où c'estun nompropred'individuqui est
substituédans (B), la pérennité n'augmentepas l'absurditéde la
proposition; c'est ce que confirme aisémentl'examend'une troi-
sièmefonction propositionnelle :
« χ esl en touttempsau mêmelieu » (C)
II esttoutà faitraisonnableet conforme aux usagesde la langue
de substituerdans (G) n'importequel nom propre,à condition
toutefois de donnerà « en touttemps» le sensle plus usuel,celui
de l'extensiontemporelle indéfinie
et non celui de la totalisation
du « tempstoutentier». Le résultatde la substitution seravraiou
faux suivantle choix de l'instanceet le contexte,c'est-à-dire
suivantles conventions explicitesou implicitesque l'on ferasur
les êtresconsidérés « en repos». Maisil ne serajamais absurde.
On peut toutefoisobjecterque (G) est quelque peu équivoque
et qu'il faudraiten toute rigueuren distinguerdeux variantes
possibles:
1. « χ est,à touteépoqueoù il existe,au mêmelieu » (C, 1)
2. « χ existeen touttemps,et esl toujoursau mêmelieu. » (C, 2)

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Or,nousne pouvonsen faitsubstituer dans(G,2), salvaveritaie,


aucunnompropred'individupuisquenousne pouvonsêtreassurés
de la pérennitéd'aucun individudans le monde; on seraitdonc
tentéd'en conclureque nous ne pouvonspas plus attribueraux
individusl'extensiontemporelle indéfinieque l'extensionspatiale
indéfinie.
Mais d'abord,en substituant un nom propredans (G,2), nous
obtenons le fauxou l'invraisemblable,maisnonl'absurde; d'ailleurs
noussommesextrêmement malrenseignés surla duréede la plupart
des individusphysiques: La Géologiepeut,par exemple,fixerune
bornesupérieure à la duréepassée de la Terrecommeconcrétion
matérielle définie,mais elle ne sait riende sa duréefuture,et qui
dirajamais quellepeut êtrela duréed'un atomed'Hydrogène sur
l'état fondamental dans l'espaceintergalactique ?
D'autrepart,(C, 1) noussuffit pour montrer ce que nousvoulons,
à savoirque nouspouvonspensernaturellement l'individucomme
indéfiniment étendudans le temps,mais non dans l'espace. En
effet,(C, 1) n'imposeen faitaucunelimitedéfinie tem-
à l'extension
porellede l'individudontle nomseraitsubstituéà χ ; par exemple:
« La Terreestau mêmelieu, aussi longtempsqu'elle existe»
(G, 1, 8)
n'exclutpas que l'existencede la Terrepuissese prolonger indéfi-
niment.De plus,il est aisé de voirqu'il est impossibled'apporter
à (A) une spécification comparableà celle qui faitpasserde (G)
avec un
à (G, 1), et qui seraitcapable de rendre(A) significative
nom d'individu.En effet,pour obtenir(A, 1) analogueà (G, 1),
il faudraitécrire:
« χ esten mêmetempspartout où il existe» (A, 1)
un nomd'individu:
ce qui estle cas intéressant,
ou, en substituant,
« La Terreesten mêmetempspartout où elleexiste»
(A, 1, 8)
On remarquetout de suite que (A, 1, S) est une proposition
assez obscure,mais qui n'est pas aussi manifestement absurde
n'est
que (A, 1). Or,le non-sensdirect évitéque par une équivoque
inattenduequi permetl'esquiveversle sens suivant:
« Toutesles partiesde la Terreexistenten mêmetemps»

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Mais,si on la comprendainsi,(A, 1, S) n'est plus du toutune


proposition du mêmetypeque (C, 1, 8) ; car elle n'exprimepas,
comme(C, 1, S), une propriété empirique, contingente, d'ailleurs
irréelle,de la Terre,mais plutôtune caractéristique essentielle,
non de la Terre,maisde toutindividu,cellede réunirinstantané-
ment des élémentsspatialementdispersés,d'imposerune unité
temporelle spatiale,ce qui nousramènepar une
à une multiplicité
autrevoie à l'idéemêmeque nouscherchions à établir.

Les remarquesprécédentesauraientplus de rigueursi l'on


formalisait les énoncésproposésen faisantintervenir le prédicat
à troisplacesFxtu: « χ est au tempst au lieu u » ; on obtiendrait
les fonctionspropositionnelles en quantifiantconvenablement t
et u.
Mais ce qui nousparaîtsurtoutdigned'intérêtc'est que l'affi-
nitéentretempsdistingué et individupuisseêtremiseen évidence
à peu prèssans aucuneréférence aux acquisitionsde la sciencede
la Naturequantà la placedu Tempset de l'Espace dansl'ontologie
naturelle.On ne peut s'empêchercependant,si hasardeuxqu'ils
paraissent,de songerà certainsrapprochements : on remarque, par
exemple,que l'application de la théoriede la Relativitéaux phéno-
mènesélectromagnétiques, qui sont essentiellement ondulatoires,
n'a jamais soulevébeaucoupde protestations. Mais quand il s'agit
d'un « voyageur», voired'un « boulet», brefd'individus, les consé-
quences les mieux déduites de la non-invariance
des mesures de
-
tempsont soulevédes oppositions mal fondéescertes mais -
singulièrement tenaces.L'ondese présente naturellement,enquelque
sorte, comme un phénomène Regardonsla houle
spatio-temporel.
en pleinemer; nousne la voyonsni commeun individu,ni même
exactement commeun composéd'individus: c'est un mouvement
qui emporte d'autresmouvements, indéfiniment
danstoutle Temps
et l'Espace. C'est de l'Espace-Tempsà l'état pur. Mais la simple
existencedu « voyageur» ou du « boulet» imposeà l'imagination
et à la penséela ségrégation du tempset de l'espace; ils ont leur
temps, et nous sommes naturellement portésà croirefaussement
ce
que temps est le temps.
Notonsaussi que c'est à proposdes « créations» et « annihila-

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tions» de particules, dansdescas où apparaîtnettement


c'est-à-dire
une rupturedans la continuitéd'existencesindividuelles, que
Feynman,après Stückelberg, dans un mémoirepromisà la célé-
brité1,envisageala possibilitéque, dans de très petitesrégions
de l'Espace-Temps, du Tempssoitindéterminée.
la direction
J. Merleau-Ponty.

1. Physical Review, « The Theory of Positrons », 76 (1949), p. 749.

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