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Électrotechnique MT2 2015-2016

Cours d’électrotechnique MT2


Nombres complexes

1 L’ensemble des complexes


Définitions
L’ensemble C des nombres complexes est un ensemble contenant R, muni d’une structure algébrique
analogue à celle de R (structure de corps), et dans lequel "-1" est un carré.
On désigne par i l’élément dont le carré vaut justement "-1".
C peut alors se définir par :

C = {a + bi | a, b ∈ R}
Autrement dit, un nombre complexe z est un nombre de la forme z = a + bi, où a et b sont deux
nombres réels.
Cette écriture est dite forme algébrique du nombre complexe z.
Dans la forme algébrique, a est la partie réelle de z, notée Re(z) et b est la partie imaginaire de z,
notée Im(z).

Remarques

1. Entre les différents ensembles déjà vus, il y a les inclusions suivantes :


N ⊂ Z ⊂ Q ⊂ R ⊂ C.
2. Dans ce chapitre, un nombre réel doit être vu comme un nombre complexe avec une partie
imaginaire nulle.
3. Soit z1 = a1 + b1 i et z2 = a2 + b2 i, alors z1 = z2 ⇔ a1 = a2 et b1 = b2 . Deux nombres complexes
sont égaux si et seulement si leurs parties réelles et imaginaires sont égales.
4. Dans l’ensemble C, toutes les équations du second degré admettent deux solutions.

2 Le corps des complexes C


2.1 Opérations dans C
2.1.1 Définitions
Définitions
Soit z1 = a1 + b1 i et z2 = a2 + b2 i, deux nombres complexes. On définit deux opérations :
— la somme : z1 + z2 = (a1 + b1 i) + (a2 + b2 i) = a1 + b1 i) + a2 + b2 i = (a1 + a2 ) + (b1 + b2 )i
— le produit : z1 · z2 = (a1 + b1 i)(a2 + b2 i) = a1 a2 + a1 b2 i + a2 b1 i + b1 b2 i2 = (a1 a2 − b1 b2 ) + (a1 b2 +
a2 b1 )i
— L’opposé de z = a + bi est le nombre complexe z 0 tel que z + z 0 = z 0 + z = 0 (élément neutre
pour l’addition). Alors z 0 = −a − bi et on le note usuellement z 0 = −z.
— Comme tout nombre z ∈ C possède un opposé, on définit la soustraction z1 − z2 comme la
somme z1 + (−z2 ).
— Pour tout nombre complexe z = a + bi, le conjugué de z est le nombre complexe

z̄ = a − bi

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— Pour tout nombre complexe z = a + bi, le module de z est le nombre réel positif ou nul :
√ p
|z| = z · z̄ = a2 + b2

— L’inverse de z = a + bi est le nombre complexe z 0 tel que z · z 0 = z 0 · z = 1 (1 étant l’élément


z̄ z̄ a − bi
neutre pour la multiplication). Alors z 0 = = 2
= 2 et on le note usuellement
z · z̄ |z| a + b2
1
z 0 = = z −1 .
z
z1 1
— Comme tout z 6= 0 ∈ C possède un inverse, on définit la division comme le produit z1 · .
z2 z2

2.1.2 Conjugué
Comme vu précédemment, le conjugué d’un nombre complexe est défini par z̄ = a − bi.

Propriétés
Soit z et z 0 deux nombres complexes, alors :
1. z + z 0 = z + z 0
2. z · z 0 = z · z 0
z z̄
3. 0
= ¯0
z z
4. z + z̄ = 2 Re(z) et z − z̄ = 2i Im(z)
5. z̄¯ = z

2.1.3 Module
√ √
Comme vu précédemment, le module d’un nombre complexe est défini par |z| = z · z̄ = a2 + b2 .

Propriétés
Soit z et z 0 deux nombres complexes, alors :
1. |z̄| = |z|
2. |z · z 0 | = |z| · |z 0 |
z |z|
3. 0 = 0

z |z |
4. |z + z 0 | 6 |z| + |z 0 | (inégalité triangulaire).

2.2 Le corps C
Propriétés
Pour tout nombres complexes z, v, w , les propriétés suivantes sont toujours vraies :
1. La somme de deux nombres complexes est un nombre complexe (loi de composition interne).
2. Le produit de deux nombres complexes est un nombre complexe (loi de composition interne).
3. z + v = v + z et z · v = v · z (comutativité).
4. z + (v + w) = (z + v) + w et z · (v · w) = (z · v) · w (associativité).
5. 0 + z = z + 0 = z (0 = 0 + 0i) et 1 · z = z · 1 = z (1 = 1 + 0i) (existence d’un élément neutre).
6. z + (−z) = (−z) + z = 0 et z · z −1 = z −1 = 1 (existence d’un symétrique).
7. z · (v + w) = z · v + z · w (distributivité de la multiplication par rapport à l’addition).
Un ensemble vérifiant toutes les propriétés précédentes est un corps commutatif. C est donc un
corps commutatif.

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3 Le plan complexe (plan de Gauss)


3.1 Définitions
Définitions
Si nous considérons le plan muni d’un repère orthonormé Oxy,  il estpossible d’associer à tout
−→ a
nombre complexe z = a + bi un point Z(a; b) ou un vecteur OZ = du plan. On pourra donc
b
traduire des problèmes relatifs aux nombres complexes en termes géométriques.
Le plan ainsi défini s’appelle plan complexe ou plan de Gauss.
Le premier axe du repère est l’axe réel ; le second, l’axe imaginaire.
Le nombre complexe z = a + bi est l’affixe du point Z = (a; b).

Remarques
1. L’addition dans C correspond à l’addition vectorielle.
2. Les nombres z et z̄ correspondent à deux points symétriques par rapport à l’axe réel.
√ −→
3. |z| = a2 + b2 = ||OZ|| = r, le module d’un nombre complexe correspond à la distance entre
l’origine du repère et Z.
4. On ne peut pas comparer des nombres complexes : z1 < z2 ou z1 > z2 , cela n’a pas de sens.
Par contre, l’on peut comparer les modules des nombres complexes |z1 | < |z2 | ou |z1 | > |z2 |.

3.2 Distance entre deux points


Soient A(a1 ; a2 ) et B(b1 ; b2 ), deux points du plan complexe d’affixes respectifs zA = a1 + a2 i et
zB = b1 + b2 i.  
−−→ b1 − a1
Notons que AB = et que zB − zA = (b1 − a1 ) + (b2 − a2 )i.
b2 − a2
Ainsi, la distance des points A et B s’écrit :
−−→ p
δ(A, B) = ||AB|| = (b1 − a1 )2 + (b2 − a2 )2 = |zB − zA |
δ(A, B) = |zB − zA |
Remarque
|zB − zA | = |zA − zB |

4 Forme trigonométrique d’un nombre complexe


Définitions
Comme vu précédemment, le module d’un nombre complexe |z| correspond à la longueur du seg-
ment [OZ].
On appelle argument de z, noté arg(z), la mesure en radian de l’angle orienté θ entre l’axe horizon-
tal et le segment [OZ] à un multiple de 2π près (arg(z) = θ + k2π, k ∈ Z).

Proposition
Tout nombre complexe z = a + bi (forme algébrique) peut s’écrire sous la forme trigonométrique :

z = r(cos(θ) + i sin(θ))
avec |z| = r et arg(z) = θ.

Nous avons alors les relations :

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a + bi = r(cos(θ) + i sin(θ))
p
r = a2 + b2
a = r cos(θ) et b = r sin(θ)
a a b b
cos(θ) = √ = et sin(θ) = √ =
a2 +b2 r 2
a +b2 r
a
tan(θ) =
b
Théorème

Soit z et z 0 deux nombres complexes quelconques.

1. arg(z · z 0 ) = arg(z) + arg(z 0 ) et |z · w| = |z| · |z 0 |.


z z |z|
2. arg 0 = arg(z) − arg(z 0 ) et 0 = .

z z |w|
Formule de Moivre

(cos(θ) + i sin(θ))n = cos(nθ) + i sin(nθ)


θ ∈ R et n ∈ Z.

5 Forme exponentielle d’un nombre complexe


Proposition (Formule d’Euler)

cos(θ) + i sin(θ) = eiθ , ∀ θ R

eiθ + e−iθ eiθ − e−iθ


cos(θ) = et i sin(θ) = , ∀θR
2 2i
Proposition
Tout nombre complexe z = a + bi (forme algébrique) peut s’écrire sous forme exponentielle :

z = r · eiθ

avec |z| = r et arg(z) = θ.

6 Puissances et racines
6.1 Puissance nième d’un nombre complexe
Proposition
Soit z = r · eiθ un nombre complexe avec |z| = r et arg(z) = θ, alors :

z n = rn · ei·n·θ , n ∈ Z

Remarque
Il vient que la façon la plus simple de calculer la puissance nième d’un nombre complexe et d’utiliser
la forme exponentielle.

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6.2 Racine nième d’un nombre complexe


Soit z = r · eiα , on cherche w = s · eiβ tel que wn = z, avec n ∈ N∗ :

wn ⇔ (s · eiβ )n = r · eiα
⇔ sn · einβ = r · eiα
Par identification, nous pouvons écrire :
√ α + k2π
sn = r et nβ = α + k2π, k ∈ Z ⇔ s = n r et β = , k ∈ Z.
n
D’où les n racines n ième de z :

√ arg(z) 2π
|z| · ei n · ei·k· n k ∈ {0, 1, 2, . . . , n − 1} et n ∈ N∗
p
n
n
w= z=
Remarques
1. Tout nombre complexe non nul admet n racines nièmes dans Z. p
Ces racines sont situées sur un cercle centré sur l’origine et de rayon r = n |z|. Elles sont les
sommets d’un polygone régulier à n côtés dont le centre est l’origine du repère.
2. Les racines nièmes d’un nombre réel sont deux à deux conjuguées (le polygone admet une
symétrie par rapport à l’axe des réels.
3. Les solutions de wn = 1, sont appelées racines nièmes de l’unité.

7 Théorème fondamental de l’algèbre


Définitions
On appelle polynôme (à coefficients complexes) de degré n > 0 une expression de la forme :

P (z) = an z n + an−1 z n−1 + . . . + a2 z 2 + a1 z 1 + a0 z 0 avec a0 , a1 , . . . , an ∈ C et an 6= 0 n ∈ N

z est racine de P si P (z) = 0.

Théorème
Théorème fondamental de l’algèbre
Dans C, tout polynôme de degré n > 1 peut être écrit comme un produit de polynômes du premier
degré de façon unique.

Corollaire
Dans C, une équation polynomiale de degré n admet exactement n racines complexes (en tenant
compte de leur multiplicité).

Remarque
Dans C, les seuls polynômes non factorisables sont ceux de degré 1.

Théorème
Dans C, les racines d’un polynôme P à coefficients réels apparaissent par couples de racines conju-
guées. (Si P (z) = 0, alors P (z̄) = 0.

Corollaire
Si P est un polynôme à coefficients réels de degré impair, alors celui-ci possède au moins une racine
réelle.

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