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Les méthodes d’enseignement du FLE

Il est peut-être temps de rappeler les conceptions les plus importantes en matière
d’apprentissages des langues, sur lesquels se sont basées les nombreuses méthodes
d’enseignement qui se sont succédé au cours des cinquante dernières années. La didactique
des langues étrangères a effectivement fortement et rapidement évolué car elle a été à la fois
sollicitée par le monde extérieur et entraînée par les progrès scientifiques et technologiques

■ Les méthodes dites « traditionnelles », mais qui ont toujours cours, en partie du moins, se fient
surtout sur l’explication de la langue (et de la culture) pour la faire acquérir aux apprenants.
Le professeur expose le fonctionnement de la morphologie, de la syntaxe, du lexique, d’un
texte aux apprenants qui, une fois qu’ils l’ont compris, le mémorise et l’applique dans des
exercices méthodiques, en particulier dans des traductions.

■ Suite à une révolution radicale, d’autres méthodes – « structuro-behavioristes » – interdisent


l’explication qui ne profiterait qu’à une connaissance passive de la langue, et préconisent au
contraire l’écoute et les répétitions mimétiques, intensives et systématiques de phrases
modèles de difficulté croissante dont les apprenants finiraient par assimiler par automatisme
les structures pour comprendre et produire d’autres phrases.

■ Une seconde révolution a provoqué un nouveau changement de paradigme en didactique des


langues, quand on a estimé que c’est seulement en l’utilisant réellement dans la
communication en situation authentique (ou au moins vraisemblable) que l’on pouvait
apprendre une langue étrangère, et a fortiori une culture étrangère.

Ce sont les approches communicatives (on ne parle pas de « méthodes » dans leur cas) qui
sont les plus pratiquées à l’heure actuelle. Elles sont prônées par la plupart des programmes,
des manuels, des référentiels, principalement le Cadre Européen Commun de Référence dont
nous aurons l’occasion de reparler. Elles se déclinent maintenant en différents courants, en
fonction de l’importance que l’on donne aux projets personnels, aux travaux de groupe, aux
objectifs sociaux ou professionnels, etc. Mais le principe reste toujours le même : c’est en
communiquant, dès le premier jour de cours, que l’on apprend à communiquer dans une
langue étrangère, à vivre dans une culture étrangère.

L’« immersion » est la forme la plus caractéristique de cette approche communicative : que
ce soit dans une école en langue étrangère ou dans le pays étranger, l’apprenant est exposé à
la langue et la culture étrangères de manière aussi intense que variée, et il est ainsi amené à
communiquer réellement dans cette langue dans toutes les occasions de la vie scolaire et
quotidienne. Il a ainsi toutes les chances de l’acquérir rapidement, correctement et
durablement.
En fait, quelle est la bonne méthode ?
Désolé, il n’y a pas et n’aura jamais de méthode universelle, de méthode miracle ! La meilleure
méthode est celle qui correspond – ici et maintenant – aux profils vos apprenants, à leurs
objectifs, aux circonstances dans lesquelles vous vous trouvez. Une bonne méthode dans un
cas peut ne pas convenir dans un autre cas, raison pour laquelle il faut la choisir avec
circonspection, en l’adaptant, en la complétant, en la vérifiant, et surtout raison pour laquelle
il faut fréquemment varier les méthodes, les approches, les activités – tout en assurant la
cohérence de son enseignement – pour réduire le risque de se tromper.
En effet, les trois méthodes canoniques que nous venons de présenter avaient seulement le
tort de ne recourir qu’à un seul principe alors que tous les trois : l’explication, la répétition et
la communication doivent être articulés, combinés pour que l’apprentissage soit fructueux. Il
faudra bien sûr les combiner selon des proportions et des modalités à adapter aux profils des
apprenants et à leur projet d’apprentissage : on donnera plus d’explications aux adultes
qu’aux enfants, on recourra plus souvent aux répétitions si les apprenants ont peu l’occasion
de communiquer, etc. Mais insistons sur l’importance de profiter de ces trois moteurs de
l’apprentissage que sont et resteront l’explication, la répétition et la communication. Rien
d’étonnant : le musicien a autant besoin de leçons avec son professeur et de gammes que de
concerts pour progresser, et un sportif a autant besoin de tactique avec l’entraîneur et de
musculation que de compétitions.