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[ Corrigé du baccalauréat S Métropole juin 2001 \

E XERCICE 1 6 points
Commun à tous les candidats
Soient trois points de l’espace A, B, C non alignés et soit k un réel de l’intervalle
[−1 ; 1].
On note G k le barycentre du système A, k 2 + 1 , (B, k), (C, −k) .
©¡ ¢ ª

1. Représenter les points A, B, C, le milieu I de [BC] et construire les points G1


et G−1 .
2. a. Montrer que, pour tout réel k de l’intervalle [−1 ; 1], on a l’égalité :

−−−→ k −−→
AG k = − BC .
k2 + 1

b. Établir le tableau de variation de la fonction f définie sur [−1 ; 1] par

x
f (x) = − .
x2 + 1
c. En déduire l’ensemble des points G k quand k décrit l’intervalle [−1 ; 1].
Pour la suite de l’exercice, aucune figure n’est demandée sur la copie.
3. Déterminer l’ensemble E des points M de l’espace tels que :
° −−→ −−→ −−→° ° −−→ −−→ −−→°
°2MA + MB − MC ° = °2MA − MB + MC ° .
° ° ° °

4. Déterminer l’ensemble F des points M de l’espace tels que :


° −−→ −−→ −−→° ° −−→ −−→ −−→°
°2MA + MB − MC ° = °2MA − MB − MC ° .
° ° ° °

³ → − →− →
−´
5. L’espace est maintenant rapporté à un repère orthonormal O, ı ,  , k .
Les points A, B, C ont pour coordonnées respectives (0 ; 0 ; 2), (−1 ; 2 ; 1)
et
(−1 ; 2 ; 5). Le point G k et les ensembles (E) et (F) sont définis comme ci-
dessus.
a. Calculer les coordonnées de G1 et G−1 .
Montrer que les ensembles (E) et (F) sont sécants.
b. Calculer le rayon du cercle C intersection de (E) et (F).

E XERCICE 2 5 points
Candidats n’ayant pas suivi l’enseignement de spécialité
³ → − →−´
Le plan complexe est rapporté à un repère orthonormal direct O, u , v [unité gra-
phique : 6 cm].
π
On considère la suite (αn ) de nombres réels définie par α0 = et, pour tout entier
2

naturel n, αn+1 = αn + . Pour tout entier naturel n, on appelle Mn le point du
6 ³→
− −−−−→´
cercle C de centre O et de rayon 1 tel que l’angle u , OMn ait pour mesure αn .

1. Placer les douze points M0 , M1 , M2 , . . ., M11 .


2. On appelle zn l’affixe de Mn . Montrer que, pour tout entier naturel n, on a
¡ π 5nπ ¢
l’égalité : zn = ei 2 + 12 .
3. a. Montrer, pour tout entier naturel n, les propriétés suivantes :
• les points Mn et Mn+6 sont diamétralement opposés ;
Corrigé du baccalauréat S A. P. M. E. P.

• les points Mn et Mn+12 sont confondus.


2iπ
b. Montrer que, pour tout entier naturel n, on a l’égalité zn+4 = e− 3 zn .
p
En déduire que la distance Mn Mn+4 vaut 3 puis que le triangle
Mn Mn+4 Mn+8 , est équilatéral.
On admettra que tous les triangles équilatéraux ayant pour sommets des
points Mn sont de la forme Mn Mn+4 Mn+8 .
4. Douze cartons indiscernables au toucher, marqués M0 , M1 , M2 , · · · , M11 sont
disposés dans une urne. On tire au hasard et simultanément trois cartons
de l’urne. Calculer la probabilité d’obtenir les trois sommets d’un triangle
équilatéral.

E XERCICE 2 5 points
Candidats ayant suivi l’enseignement de spécialité
5iπ
1. La multiplication par e 6 correspond à une rotation de centre O et d’angle

.
6
M0 est le point d’affixe i. On obtient les points successifs sur la figure ci-
dessous :

M0
1 b

1
M2
b
2


6
− 21
O

−1 1

6

M1
−1

Démonstration par récurrence :


5×0π
¡π ¢ ¡π¢
Initialisation : on a z0 = ei 2+ 6 = ei 2 : l’égalité est vraie au rang 0.
π 5pπ
³ ´
i 2+ 6
Hérédité : soit un entier quelconque p, p > 0 et supposons que z p = e .
π 5pπ π 5(p+1)π
³ ´ ³ ´
5iπ i 5iπ i
2+ 6 2+
Alors z p+1 = z p × e 6 =e ×e 6 =e 6
; donc la relation est
vraie au rang p + 1.
5nπ
¡π ¢
La relation est vraie³ au rang ´0 et pour tout entier n > 0, zn = ei 2+ 6 en-
π 5(n+1)π
i 2+
traîne que zn+1 = e ; on a donc ¡démontré
6
par le principe de la ré-
π 5nπ
currence que pour tout naturel n, zn = ei 2 + 6 .
¢

2.
3. Mn et M p sont confondus si, et seulement si les arguments de zn et de z p
sont égaux à 2kπ près, soit si :

Métropole 2 juin 2001


Corrigé du baccalauréat S A. P. M. E. P.

π
2 + 5nπ 5nπ 5nπ 5nπ
6 = 2 + 6 + 2kπ ⇐⇒ 6 = 6 + 2kπ ⇐⇒
π

5nπ = 5pπ+12kπ ⇐⇒ 5n = 5p +12k ⇐⇒ 5n −5p = 12k ⇐⇒ 5(n −p) = 12k,


avec k ∈ Z.
Donc 5(n − p) divise 12 mais comme 5 est premier avec 12, d’après le théo-
rème de Gauss, (n − p) divise 12 ou encore (n − p) est un multiple de 12.
4. a. On a 12×4−5×9 = 48−45 = 3 : le couple (4 ; 9) est une solution de l’équa-
tion (E). De :
12x − 5y = 3
½
on en déduit par différence 12(x − 4) − 5(y − 9) =
12 × 4 − 5 × 9 = 3
0 ⇐⇒ 12(x − 4) = 5(y − 9) (1).
On en déduit que 5 divise 12(x − 4), mais comme 5 est premier avec 12
d’après le théorème de Gauss, 5 divise x − 4.
Il existe donc k ∈ Z tel que x − 4 = 5k ⇐⇒ x = 4 + 5k, k ∈ Z.
En remplaçant dans (1) x − 4 par 5k, on obtient :
12 × 5k = 5(y − 9) ⇐⇒ 12k = y − 9 ⇐⇒ y = 9 + 12k, k ∈ Z.
Inversement : 12×(4+5k)−5×(9+12k) = 48+60k −45−60k = 48−45 = 3.
Les couples solutions de (E) sont donc les couples (4+ 5k ; 9+ 12k), k ∈ Z.
Avec k = 0 on retrouve le couple solution donné dans l’énoncé.
π 5nπ
b. Mn appartient à [Ox) si arg zn = 0 [2π] ⇐⇒ + = 0 [2π] ⇐⇒
2 6
π 5nπ
+ = 2kπ, avec k ∈ Z, ou encore
2 6
1 5n
+ = 2k ⇐⇒ 3 + 5n = 12k ⇐⇒ 12k − 5n = 3. On retrouve l’équation
2 6
(E) avec x = k et y = n. Les solutions sont telles que y = n = 9 + 12k ′ , avec
k′ ∈ Z .
n étant un naturel, finalement Mn appartient à la demi-droite [Ox) si, et
seulement si :

n = 9 + 12k ′ , k ′ ∈ N.

P ROBLÈME 9 points
Commun à tous les candidats
³ → − → −´
Le plan est rapporté à un repère orthonormal direct O, u , v . Toutes les courbes
demandées seront représentées sur un même graphique (unité graphique : 2 cm).

Partie A
⋆ Étude d’une fonction f
On définit la fonction f sur ]0 ; + ∞[ par :
³p ´
f (x) = ln 1 + x − 1 .

1. • Limite en 0 :
p ³p ´ ³p ´
On a lim 1 + x = 1, donc lim 1 + x − 1 = 0 et enfin lim ln 1 + x − 1 =
x→0 x→0 x→0
−∞.
• Limite en +∞ :
p ³p ´
lim 1 + x − 1 = +∞, donc lim ln 1 + x − 1 = +∞.
x→+∞ x→+∞
2. f est dérivable sur ]0 ; + ∞[ et sur cet intervalle :
p1
2 1+x 1
f (x) = p

= p ¡p ¢.
1+x −1 2 1+x 1+x −1
p p
Or x > 0 ⇒ x + 1 > 1 ⇒ x + 1 > 1 ⇐⇒ x + 1 − 1 > 0 : tous les termes de la
dérivée sont supérieurs à zéro, donc sur ]0 ; + ∞[, f ′ (x) > 0 : la fonction est
croissante de moins à plus l’infini.

Métropole 3 juin 2001


Corrigé du baccalauréat S A. P. M. E. P.

¡p ¢ ¡p ¢
3. On a f (3) = ln 1 + 3 − 1 = ln 4 − 1 = ln 1 = 0. Donc A(3 ; 0).
³q ´ ³q ´
D’autre part f 54 = ln 1 + 54 − 1 = ln 9
= ln 23 − 1 = ln 12 = − ln 2.
¡ ¢ ¡ ¢ ¡ ¢
4 − 1
B 45 ; − ln 2 .
¡ ¢

Donc P 45 ; 0 et H(0 ; − ln 2).


¡ ¢

A′

2
B′
P′ (C )

H′ P A
ln 21 2 3 4 5 6 7 8 9
H
B

−2

−4

Partie B
⋆ Utilisation d’une rotation
π
Soit r la rotation de centre O et d’angle . À tout point M du plan d’affixe z la rota-
2
tion r associe le point M ′ d’affixe z ′ .
π
1. a. On sait que la rotation de centre O et d’angle associe au point M d’affixe
2
z, le point M ′ d’affixe z ′ tel que :
z ′ = ei 2 z = iz.
π

On a donc z ′ = x ′ + iy ′ = i(x + iy) ⇐⇒ x ′ + iy ′ = ix − y, soit en identifiant


les parties réelle et imaginaires :
½ ′ ½
x = −y x = y′
′ . On obtient de façon immédiate :
y = x y = −x ′
b. D’après la question précédente : A′ (0 ; 3), B ln 2 ; 45 , P 0 ; 45 .
¡ ¢ ¡ ¢
¡p
2. a. M(x ; y) appartient à (C ) si et seulement y = ln 1 + x − 1 soit en rem-
¢

plaçant x et y avec les formules trouvées :


¡p ¢ ′ p ′ p
−x ′ = ln 1 + y ′ − 1 ⇐⇒ e−x = 1 + y ′ − 1 ⇐⇒ e−x + 1 = 1 + y ′ ⇒
³ ′
´ 2 ′ ′ ′ ′
e−x + 1 = 1 + y ′ ⇐⇒ e−2x + 2e−x + 1 = 1 + y ′ ⇐⇒ e−2x + 2e−x = y ′ , ce
qui signifie que le point M ′ appartient à (Γ).
b. Voir plus haut.

Partie C
⋆ Calcul d’intégrales
On rappelle que l’image d’un domaine plan par une rotation est un domaine plan
de même aire.

Métropole 4 juin 2001


Corrigé du baccalauréat S A. P. M. E. P.

Zln 2 Zln 2 ¸ln 2


1 1
·
= − e−2 ln 2 −
¡ −2x ¢
1. On a g (x)dx = e + 2e−x dx = − e−2x − 2e−x
0 µ ¶0 2 0 2
− ln 2 1 0 0 1 2 5 1 3 11
2e − − e − 2e = − ln 4 − ln 2 + = − + = .
2 2e e 2 8 2 8
La fonction g est bien entendu positive sur [0 ; ln 2], donc l’intégrale précé-
dente est égale en unités d’aire à l’aire de la surface limitée par la courbe (Γ),
l’axe des abscisses et les droites d’équation x = 0 et x = ln 2.
2. a. La droite x = ln 2 est la droite (H′ B′ ), donc l’image de la surface D et la
surface dont on vient de calculer l’aire. On a donc inversement A = 11 8 .
£5 ¤
b. On a vu que sur 4 ; 3 , le fonction f est négative, donc l’intégrale I =
Z3 ³p ´
ln 1 + x − 1 dx est l’opposée de l’aire de de la partie du plan limitée
5
4
par la courbe (C ), l’axe des abscisses et les segments [BP] et [PA].
On a donc A = aire(OHBP) − I d’où
5 5 11
I = ln 2 − A = ln 2 − ≈ −0, 51.
4 4 8

Métropole 5 juin 2001