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UE : MAT5-2

Compléments sur les groupes : partie 1


(version du 21 novembre 2016 )

Table des matières


1 Action d’un groupe sur un ensemble . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.1 Définition et exemples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2
1.2 Opération transitive - Equation aux classes . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.3 Homomorphisme induit par l’action d’un groupe . . . . . . . . . . . . . . 9

1
2 Section 1

1 Action d’un groupe sur un ensemble


Dans cette section, sauf indications contraires, G désignera un groupe multiplicatif
et e son élément neutre.

1.1 Définition et exemples


On rappelle qu’une loi de composition externe sur un ensemble non vide E à opéra-
teurs dans un groupe G est une application de G × E dans E. Si ⋆ est une telle loi,
l’image de tout couple (g, x) ∈ G × E est notée g ⋆ x.

Définition 1. On dit qu’un groupe G opère à gauche sur un ensemble non vide E
(ou que G agit sur E à gauche) si l’on a défini une loi de composition externe ⋆ sur
E à opérateurs dans G qui vérifie les deux conditions suivantes.
i. ∀x ∈ E (e ⋆ x = x)
ii. ∀g1 ∈ G ∀g2 ∈ G ∀x ∈ E (g1 ⋆ (g2 ⋆ x) = (g1 g2) ⋆ x).
L’application (g, x) g ⋆ x vérifiant ces deux conditions est appelée action de G
sur E.

Définition 2. Lorsqu’un groupe G opère à gauche sur un ensemble E suivant la loi


⋆ et que x est un élément de E, alors :
• l’ensemble orbG(x) = {g ⋆ x / g ∈ G} est appelé G-orbite (ou plus simplement
orbite ou encore trajectoire) de x.
• si g ∈ G est tel que g ⋆ x = x, on dit que x est un point fixe de g.
• l’ensemble stabG(x) = {g ∈ G / g ⋆ x = x} est appelé stabilisateur de x.
• l’élément x est appelé point fixe de G lorsque stabG(x) = G.

Remarque 3. Si G un groupe opére dans un ensemble non vide E,


i. on vérifie que la relation binaire R définie par :
∀x ∈ E ∀y ∈ E (xRy  y ∈ orb G(x))

est une relation d’équivalence sur E et donc, que les orbites réalisent une
partition de E.
ii. Si un groupe G opère dans un ensemble non vide E et si a ∈ E, alors stabG(a)
est un sous-groupe de G. En effet, si G opère dans E par la loi ⋆ et si x ∈ E,
on a :
− stabG(x)  ∅ car e ∈ stabG(x).
− Pour tous g1 et g2 dans stabG(x), on a :
(g1 g2) ⋆ x = g1 ⋆ (g2 ⋆ x) = g1 ⋆ x = x
donc g1 g2 ∈ stabG(x) et par conséquent stabG(x) est stable.
− Pour tout g ∈ stabG(x), on a :
g −1 ⋆ x = g −1 ⋆ (g ⋆ x) = (g −1 g) ⋆ x = e ⋆ x = x

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Action d’un groupe sur un ensemble 3

Donc g −1 ∈ stabG(x) et par suite, stabG(x) est fermé par passage au


symétrique.
Exemple 4. Tout sous-groupe H d’un groupe G opère sur G par la loi
H ×G  G
(h, g) hg
Avec cette action, on dit que le sous-groupe H opère par translation à gauche sur G.
Exemple 5. Si E est un ensemble non vide, tout sous-groupe H du groupe S(E)
(groupe des permutations de E) agit sur E par la loi
H ×E  E
(σ, x) σx = σ(x)
En effet, pour toutes permutations σ et σ ′ de E et tout x ∈ E, on a :
IdE x = IdE (x) = x et σ(σ ′x) = σ(σ ′(x)) = σ ◦ σ ′(x) = (σ ◦ σ ′)x
Cette action est appelée action naturelle de H sur E.
Exemple 6. Si H est un sous-groupe d’un groupe G et que E désigne l’ensemble
des classes à gauche de G suivant H, alors G agit sur E par la loi
H ×E  E
(g, xH) g(xH) = (gx)H
En effet, pour tous h et h ′ dans H et tout x ∈ G, on a :
e (xH) = (ex) H = xH
h(h ′(xH)) = h((h ′x)H) = (h (h ′x))H = ((hh ′)x) H = (hh ′)(xH)
Avec cette action, on dit que G agit par translation à gauche sur l’ensemble des
classes à gauche de G suivant H.
Exemple 7. Tout sous-groupe H du groupe G opère sur G par la loi
H ×G  G
(h, g) hgh−1
En effet, pour tous h et h ′ dans H et tout x ∈ G, on a :
exe −1 = x et h h ′xh ′ −1 h −1 = (hh ′)x h ′ −1h−1 = (hh ′)x(hh ′) −1
 

Avec cette action, on dit que le sous-groupe H agit par automorphismes intérieurs sur
G. Pour tout couple (h, x) ∈ H × G, les éléments x et hxh−1 sont dits conjugués et
l’ensemble {h x h−1 / h ∈ H } est appelé classe de conjuguaison de x suivant le sous-
groupe H.
Exemple 8. Si E désigne l’ensemble des sous-groupes du groupe G, alors G opère
sur E par la loi
G×E E
(x, H) xHx−1

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4 Section 1

En effet, pour tous x et y dans G et tout sous-groupe H de G, on a

eHe−1 = H et x(yHy −1)x−1 = (xy)H(y −1x−1) = (xy)H(xy)−1


Avec cette action, on dit que G opère sur l’ensemble de ses groupes par conjugaison.
Pour tout x ∈ G et tout sous-groupe H de G, les sous-groupes H et xHx−1 sont dits
conjugués.

Exemple 9. Soit H le sous-groupe de S4 engendré par le cycle σ = (1, 3, 4).


Déterminons l’orbite et le stabilisteur de la transposition τ = (1, 2) pour H opérant
dans G par automorphismes intérieurs.
En désignant par e la permutation unité, on a H = {e, σ, σ 2} avec σ 2 = (1, 4,
3) = σ −1 et donc,
orbH (τ ) = {hτh−1 / h ∈ H } = {τ , στσ −1, σ 2τ (σ 2)−1} = {τ , στσ 2, σ 2τσ }
On a
stabH (τ ) = {h ∈ H / hτh−1 = τ } = {h ∈ H / hτ = τh} = {e}

puisque στ (1) = 2  3 = τσ(1) et que σ 2τ (1) = 2  4 = τσ 2(1).

Exemple 10. Soit G le sous-groupe de GL(2, R) donné par


  
a 0
G= / a > 0 et b > 0
0 b

On considère l’action ⋆ de G sur l’ensemble E = R2 telle que

G×E   E

   
a 0 a 0
, (x, y) ⋆ (x, y) = (a x, b y)
0 b 0 b

Déterminons le stabilisateur et l’orbite de A = (1, −2).


Pour tous a et b dans R⋆+ , on a

  b=0
 
a 0
⋆A=A (a , −2b ) = (a, b)
0 b
  
a 0
Donc stabG(A) = / a>0 .
0 0
L’orbite de A est
orbG(A) = {(a, −2b) / a > 0 et b > 0} = {(a, b) / a > 0 et b < 0}
Déterminons toutes les G-orbites de E.
Soient M = (α, β) et N = (α ′, β ′) dans E. On a N ∈ orbG(M ) si et seulement si il
existe a > 0 et b > 0 tels que (α ′, β ′) = (aα, bβ), donc si et seulement si α et α ′ sont
de même signe et β et β ′ sont de même signe. Il en résulte que les G-orbites de E
sont les parties suivantes de E : R⋆+ × R⋆+, R⋆− × R⋆−, R⋆+ × R⋆−, R⋆− × R⋆+, {0} × R⋆+,
{0} × R⋆−, R⋆+ × {0}, R⋆− × {0} et (0, 0). Elles sont au nombre de neuf.

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Action d’un groupe sur un ensemble 5

Exercice 1. Soit G un groupe et H un sous-groupe de G. Pour H opérant dans G par


automorphismes intérieurs, montrer que l’ensemble des points fixes de H est le centralisateur
de H.

de G sur E donnée par (g, H)


Exercice 2. Soit G un groupe et E l’ensemble des sous-groupes de G. On considère l’action
gHg −1. Montrer que :
1. le stabilisateur de tout sous-groupe H est le normalisateur de H.
2. les points fixes de G sont les sous-groupes normaux de G.
Exercice 3. On fait opérer un groupe G sur lui-même par automorphismes intérieurs. Déter-
miner les différentes classes de conjugaison du groupe G dans les cas suivants.
1. G = Z/6Z.
2. G = S3.
3. G = D4 (le groupe du carré).

Proposition 11. Si un groupe G opère dans un ensemble non vide E et si deux


éléments quelconques a et b de E appartiennent à une même G-orbite, alors leurs
stabilisateurs stabG(a) et stabG(b) sont des sous-groupes conjugués.

Preuve. On suppose que G opère dans E par la loi ⋆. Soient a et b deux éléments
de E tels que b ∈ orbG(a). Alors b s’écrit b = h ⋆ a avec h ∈ G. Pour tout g ∈ G, on
a d’une part :

g ∈ stabG(b)  g⋆b=b
 (g h) ⋆ a = h ⋆ a
 (h−1 g h) ⋆ a = a
 h−1 g h ∈ stabG(a)
 g ∈ h stabG(a)h−1

donc stabG(b) ⊂ h stabG(a)h−1.


D’autre part, on a :

g ∈ stabG(a)  g⋆a=a
 h ⋆ (g ⋆ a) = h ⋆ a
 (h g) ⋆ a = h ⋆ a
 (h g) ⋆ a = b
 (h g) ⋆ ((h−1h) ⋆ a) = b
 (h g h−1) ⋆ b = b
 h g h−1 ∈ stabG(b);

donc h stabG(a)h−1 ⊂ stabG(b). On en déduit que stabG(b) = h stabG(a)h−1. 

Proposition 12. Si H est un sous-groupe de G, alors le sous-groupe donné par


\
S= gHg −1
g∈G

est le plus grand (au sens de l’inclusion) sous-groupe normal de G contenu dans H.

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6 Section 1

Preuve. Le sous-groupe S est contenu dans H car H = eHe−1. Pour tout α ∈ G, on a


\ \
αSα −1 = (αg) H (αg)−1 = gHg = S
g ∈G g∈G

Donc S est normal dans G. Si T est un sous-groupe normal de G contenu dans H,


il résulte de
T = gTg −1 ⊂ gHg −1 pour tout g ∈ G
que T ⊂ S. 

1.2 Opération transitive - Equation aux classes


Définition 13. Pour G opérant dans E par la loi ⋆, on dit que G opère transitive-
ment dans E lorsque
∀x ∈ E ∀x ′ ∈ E ∃g ∈ G (x ′ = g ⋆ x)

Exemple 14. L’opération par translation à gauche de tout groupe G sur lui-même
est transitive.

Exemple 15. Si P est un plan affine et V sa direction, le groupe additif V opère


sur P par la loi ⋆ qui, à tout couple (u, M ) ∈ V × P associe M ′ = u ⋆ M ∈ P tel que
MM ′ = u. Cette opération est transitive

Exemple 16. Si un groupe G opère sur un ensemble E par ⋆, pour tout a ∈ E, la


loi ⋆ induit sur orbG(a) une opération qui est transitive.

Proposition 17. Si un groupe G opère transitivement sur un ensemble non vide


E, alors, pour tout a ∈ E, l’ensemble des classes à gauche de G suivant stabG(a) est
équipotent à E.
En particulier, si G est fini, on a pour tout a ∈ E
[G: stabG(a)] = #E (1)

Preuve. Soit a ∈ E. Posons H = stabG(a) et désignons par CH ’ensemble des classes


à gauche de G suivant H. Considérons la correspondance fa : CH 
E telle que
gH ′ ′
g ⋆ a où ⋆ désigne l’action de G. Si g et g sont tels que g = gh avec h ∈ H,
alors
g ′ ⋆ a = (gh) ⋆ a = g(h ⋆ a) = g ⋆ a.
Donc la correspondance fa est bien une application. Cette application est injective
car, si g et g ′ sont deux éléments de G tels que g ⋆ a = g ′ ⋆ a, alors
g ⋆ a = g′ ⋆ a  a = (g −1 ′
g )⋆a g −1 ′
g ∈H  g H = gH .

L’opération de G sur E étant transitive, pour tout x ∈ E, il existe g ∈ G tel que


x = g ⋆ a = fa(gH). L’application fa est donc surjective. 

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Action d’un groupe sur un ensemble 7

Corollaire 18. Si un groupe G opère sur un ensemble fini non vide E, alors pour
tout a ∈ E, alors stabG(a) est d’indice fini dans G et on a
#orbG(a) = [G: stabG(a)] (2)
En particulier, si G est fini et si {a1,
, an } est un sous-ensemble de E constitué
d’un et un seul élément par G-orbite, alors
n
X
#E = [G: stabG(ai)] (3)
i=1

La relation-( 3) est appelée équation des classes de l’action de G sur E.

Preuve. Pour a ∈ E donné, posons E ′ = orbG(a) et considérons la restriction de


l’action de G sur E à G × E ′. Cette restriction est une opération de G sur E ′ qui
est transitive par construction. L’égalité-(2) découle de la proposition précédente
appliquée à cette opération. L’égalité 3 est une conséquence immédiate de (2). 

Corollaire 19. Si G est un groupe fini de centre C(G), alors


n
X
|G| = |C(G)| + [G: Ci] (4)
i=1

où C1
, Cn sont les centralisateurs dans G d’éléments a1,
, an choisis dans G \
C(G) à raison d’un et un seul élément par G-orbite.

Preuve. C’est l’équation des classes de l’action de G sur lui-même par automor-
phismes intérieurs. 

Corollaire 20. Si G est un groupe fini, alors pour tout α ∈ G, on a


#{gαg −1 / g ∈ G} = [G: CG(α)] (5)
où CG(α) = {g ∈ G / gα = aαg } (c’est le centralisateur de a dans G).

Preuve. Pour α ∈ G, si on considère l’action de G sur lui-même par automorphismes


intérieurs, alors :
orbG(α) = {gαg −1 / g ∈ G}
stabG(α) = {g ∈G/ gαg −1 = α} = {g ∈G/ gα=αg} = CG(α)
L’égalité-(5) découle de (2) en considérant cette opération. 

Corollaire 21. Si G est un groupe fini, alors tout sous-groupe H de G admet


exactement [G: NG(H)] sous-groupes conjugués dans G.

Preuve. H étant un sous-groupe de G, si on considère l’action par conjugaison de


G sur l’ensemble E des sous-groupes de G, alors
orbG(H) = {gHg −1 / g ∈ G}
stabG(H) = {g ∈ G / gH =Hg } = NG(H)

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8 Section 1

L’égalité cherchée découle de (2) en considérant cette opération. 

Exercice 4.
Dans chacun des cas suivants, écrire l’équation des classes de l’opération par automor-
phismes intérieurs du groupe G sur lui-même.
1. G = S3
2. G = A4
3. G = D4

Théorème 22. (de Burnside) Si un groupe fini G opère dans un ensemble fini
E et si O désigne l’ensemble des G-orbites, alors
1 X
|O| = λg (6)
|G|
g∈ G

où λ g désigne le nombre de points fixes de g.

Preuve. Considérons l’ensemble A = {(g, a) ∈ G × E / g ⋆ a = a}. On a d’une part


X X
card A = card {a ∈ E / g ⋆ a = a} = λg .
g∈ G g∈ G

D’autre part , en posant Ga = stabG(a), on a


X X
card A = card{g ∈ G / g ⋆ a = a} = |Ga | .
a∈ E a∈ E

On en déduit que
X X
λg = |Ga |.
g∈ G a∈ E

De |G| = [G: Ga] × |Ga |, il résulte que


X |G| X
= λg ;
[G: Ga]
a∈ E g∈ G
donc
X 1 1 X
= λg .
a∈ E
[G: Ga] |G| g ∈ G

Du i) du corollaire 18, on déduit que


X 1 1 X
= λ g.
|orbG(a)| |G|
a∈ E g∈ G
Or
X 1 X X 1 X
= = 1 = |O|.
|orbG(a)| |w|
a∈ E w∈ O a∈ w w∈ O

Ceci achève la preuve. 

Exercice 5. Soit n ≥ 2 un entier rationnel. Un sous-groupe H de Sn est dit régulier lorsque


H vérifie les deux conditions suivantes :
-) card(H) = n

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Action d’un groupe sur un ensemble 9

-) H opère transitivement sur {1,


, n} par l’opération naturelle.
On désigne par e la permutation unité de Sn. Montrer que si H est un sous-groupe régulier
de Sn, alors tout σ ∈ H \ {e} est tel que σ(x)  x pour tout x ∈ {1,
, n}.
Exercice 6. Montrer que si G est un groupe fini d’ordre p2 et si p est un nombre premier,
alors G est abélien.

1.3 Homomorphisme induit par l’action d’un groupe


Proposition 23. Pour tout groupe G et tout ensemble non vide E, les énoncés
suivants sont équivalents.
i. Le groupe G opère dans E.
ii. Il existe un homomorphisme du groupe G dans le groupe S(E) des permuta-
tions de E.

Preuve. Montrons que i. 


ii.
On suppose que le groupe G opère dans E suivant la loi ⋆. Considérons l’application
ϕ définie par :
ϕ : G 
S(E)
g ϕg
où ϕ g : E 
E est la permutation a g ⋆ a. On montre (le faire en exercice) que
ϕ est homomorphisme de groupes de G dans S(E).
Montrons que ii.  i.
Supposons G et E tels qu’il existe un homomorphisme de groupes ϕ: G 
S(E).
Considérons l’application ⋆ de G × E dans E qui à tout (g, a) ∈ G × E associe ϕ g(a)
où ϕ g désigne ϕ(g). On vérifie (le faire en exercice) que G opère sur E suivant la
loi ⋆. 

Remarque 24. L’homomorphisme de groupes ϕ ainsi défini à partir de la loi ⋆ est


dit associé à (ou induit par) l’opération de G sur E.

Corollaire 25. (Caley) Pour tout groupe G, il existe un homomorphisme de


groupes injectif de G dans le groupe S(G) des permutations de G. En particulier,
si G est fini, tout sous-groupe de G est isomorphe à un sous-groupe du groupe
symétrique Sn où n = |G|.

Preuve. On considére l’action naturelle du groupe G sur lui-même. L’homomor-


phisme de groupes ϕ: G  S(G) associé à cette opération (d’après la proposition
précédente) est tel que g ϕ g avec ϕ g(x) = gx pour tout x ∈ G. Cet homomor-
phisme ϕ est injectif. En effet, si g et g ′ dans G sont tels que ϕ g = ϕ g ′, alors
ϕg = ϕg ′  ∀x ∈ G(ϕ g(x) = ϕ g ′(x))
 ∀x ∈ G(gx = g ′x)
 g = g ′ (en prenant x = e)


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10 Section 1

Corollaire 26. Le centre C(G) de tout groupe G est le noyau d’un homomorphisme
du groupe G dans le groupe Aut(G) des automorphismes de G.

Preuve. L’homomorphisme de groupes ϕ induit (d’après la proposition précédente)


par l’action du groupe G sur lui-même par automorphismes intérieurs est donné par
g ϕ g avec ϕ g(x) = gxg −1 pour tout x ∈ G. On a ϕ g ∈ Aut(G) pour tout g ∈ G.
Donc ϕ est un homomorphisme de groupes de G dans Aut(G). En plus, on a pour
tout g ∈ G
g ∈ ker (ϕ) ϕ g = IdG  ∀x ∈ G(gxg −1
= x)  ∀x ∈ G(gx = xg)  g ∈ C(G)
Donc ker (ϕ) = C(G) . 

Proposition 27. Si H est un sous-groupe d’un groupe G et si ϕ désigne l’homomor-


phisme de groupes associé à l’action par translation à gauche de G sur l’ensemble
E des classes à gauche suivant H, alors le noyau de ϕ est contenu dans H.

Preuve. L’homomorphisme de groupes ϕ associé à cette action étant donné par

ϕ : G  S(E) tg : E  E
g tg
où tg est tel que
xH gxH

on a pour tout g ∈ G :
g ∈ kerϕ  t g = IdE
 gxH = xH pour tout x ∈ G
 geH = eH
 g∈H


Corollaire 28. Si un groupe G contient un sous-groupe H vérifiant les deux condi-


tions suivantes :
i. le sous-groupe H est d’indice fini n dans G
ii. le sous-groupe H ne contient aucun sous-groupe qui soit à la fois normal et
différent de {e}
alors G est isomorphe à un sous-groupe de Sn.

Preuve. De la proposition précédente appliquée au sous-groupe H et de l’hypothèse


ii. il résulte que l’homomorphisme de groupes associé ϕ : G 
S(E) est injectif.
Donc G est isomorphe à un sous-groupe de S(E). Or S(E) est isomorphe à Sn
(d’après l’hypothèse i.) 

Corollaire 29. Si un groupe G est fini et H est un sous-groupe de G d’indice p dans


G et que p est le plus petit nombre premier divisant |G|, alors H est normal dans G.

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Action d’un groupe sur un ensemble 11

Preuve. Soit E l’ensemble des classes à gauche de G suivant H et soit ϕ: G 


S(E)
l’homomorphisme de groupes associé à l’action par translation à gauche de G sur
E. Puisque ker ϕ ⊳ G, il nous suffit donc de montrer que H = ker ϕ pour que la
démonstration prenne fin.
De l’application de la proposition précédente au sous-groupe H que ker ϕ ⊂ H.
Donc, il suffit de montrer que [H : ker ϕ] = 1 pour dire que H = ker ϕ.
De [G: H] = p, il résulte que S(E) est isomorphe à S p. Donc Im(ϕ) est isomorphe
à un sous-groupe de S p.
Posons K = ker ϕ. De G/K F Im(ϕ) et du fait que Im(ϕ) isomorphe à un sous-
groupe de S p , il résulte que |G/K | divise p! . Mais, il résulte aussi de
|G| = |K | × [G: K] = |K | × |G/K |
que |G/K | divise |G|. Or, par définition de p, les seuls diviseurs de p! qui divisent
|G| sont p et 1. Donc |G/K | ∈ {1, p}. De
|G/K | = [G: K] = [G: H] × [H : K] = p × [H : K]
on déduit [H: K] = 1. 

Définition 30. Pour G opérant dans E par la loi ⋆, on dit que G opère fidèlement
dans E lorsque pour tout g ∈ G,
∀x ∈ E (g ⋆ x = x)  g=e
Exemple 31. Si P est un plan affine et V sa direction, le groupe additif V opère
sur P par la loi ⋆ qui, à tout couple (u, M ) ∈ V × P associe M ′ = u ⋆ M ∈ P tel que
MM ′ = u. Cette opération est fidèle.

Proposition 32. Si un groupe G opère sur un ensemble non vide E, cette opération
est fidèle si et seulement son homomorphisme induit est injectif.

Preuve. Soit G un groupe opèrant sur un ensemble non vide E par la loi ⋆ et soit
ϕ l’homomorphisme induit. On suppose ϕ injectif. Soit g ∈ G tel que g ⋆ x = x pour
tout x ∈ E. Alors ϕ g = ϕ(g) est la permutation de E telle que ϕ g(x) = g ⋆ x = x pour
tout x ∈ E. On en déduit que ϕ g = IdE = ϕe où e désigne l’élément neutre de G. De
ϕ(g) = ϕ(e) et du fait que ϕ est injectif, il résulte que g = e. Donc, G opère fidèlement
dans E. Réciproquement, supposons l’opération ⋆ fidèle. Soit g ∈ ker (ϕ). On a
g ∈ ker (ϕ) ϕ g = IdE  ∀x ∈ G(g ⋆ x = x)  g = e (car ⋆ est fidèle)
Donc ker (ϕ) = {e} et par conséquent, ϕ est injectif. 

Proposition 33. Si G opère transitivement sur E et que ϕ désigne l’homomor-


phisme associé à cette opération, alors, pour tout a ∈ E, ker ϕ est le plus grand (au
sens de l’inclusion) sous-groupe normal de G contenu dans stabG(a).

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12 Section 1

Preuve. On suppose que G opère transitivement sur E par la loi ⋆. Soit a ∈ E. De


\
ker ϕ = stabG(x)
x∈E\
= stabG(x) car l’opération de G sur E est transitive
x∈orbG(a)
\
= stabG(g ⋆ a)
g∈G

et du proposition-11 il résulte que


\
ker ϕ = g stabG(a) g −1
g∈G

La proposition 12 permet de conclure. 

Exercice 7. Si H est un sous-groupe de G, en considérant l’opération par translation à gauche


du sous-groupe H sur G, montrer que :
1. tout élément g ∈ G a pour orbite la classe à gauche de g −1 suivant H. Quel est le
stabilisateur de g?
2. le groupe H opère fidèlement sur G. Pour H = G, l’opération est-elle transitive?
Exercice 8. Soit G un groupe fini et E = {a1,
, an } un ensemble non vide de cardinal n.
Soit ϕ un homomorphisme de G dans le groupe S(E) des permutations de E.
Si ϕ ′ un homomorphisme de G dans un groupe S(E ′) où E ′ est un ensemble fini, on dit
que l’opération de G sur E ′ définie par ϕ ′ est équivalente à l’opération de G sur E définie par
ϕ lorsqu’il existe une bijection σ de E sur E ′ qui rend le diagramme suivant


, ,
E
σ
E′


ϕg ϕ g′
σ
E E′
commutatif pour tout g ∈ G.
On note ⋆ l’opération de G sur E définie par ϕ et on suppose que cette opération est transitive.
1. Montrer que si stabG(a) et stabG(b) sont les stabilisateurs respectifs de deux éléments
quelconques a et b de E, alors stabG(a) et stabG(b) sont équipotents.
2. Soit a un eĺément fixé dans E. On pose H = stabG(a). Déterminer l’indice de H dans G.
3. On suppose que #G > n. Soient n éléments g1,
, gn de G tels que
ai = gi ⋆ a ∀i = 1,
, n.
Montrer que les n classes à droite g1H ,
, gnH sont deux à deux distinctes.
4. On pose E ′ = {g1H ,
, gnH } et on fait opérer G par translation sur E ′. Montrer que
cette opération est équivalente à l’opération de G sur E définie par ϕ.

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