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Nicolas POPOVITCH

DEVENIR
RICHE
SANS ARGENT ©
www.immobilier-company.com

Ce livre est protégé par le Code de la Propriété Intellectuelle et


concurrence déloyale.
Selon l’article L.112-4 alinéa 2 du Code de la Propriété Intellectuelle,
toute partie de ce livre et le titre « Devenir Riche sans Argent », ne
peuvent être utilisés sans autorisation sous peine d’« atteinte aux
droits » ou de « contrefaçon ».
Editions Mad’Jack, 2019
ISBN : 978-2-95657 18-1-0
Nicolas POPOVITCH

DEVENIR
RICHE
SANS ARGENT ©

Editions Mad’Jack
A MA TRÈS CHÈRE MÈRE :
Sylviane Couvert Bonacase

Aucune expression aussi éloquente soit-elle ne


saurait montrer le degré d’amour et d’affection
que j’éprouve pour toi. Tu m’as comblé avec
tendresse tout au long de mes tribulations. Tu
n’as cessé de me soutenir et m’encourager durant
mon parcours d’études parsemé d’embûches, et
tu as toujours été présente à mes cotés quand il
le fallait.
En ces moments importants autant pour moi
que pour toi, je t’offre ce travail en signe de
ma reconnaissance et ma profonde gratitude.
Puisses-tu être à mes côté le plus longtemps afin
que je te comble à mon tour.
Si ton projet de vie est de rencontrer une personne riche
pour l’être à ton tour, offre ce livre à la personne que tu
convoites, ainsi elle deviendra riche à ta place et tu n’auras
plus qu’à l’épouser.

Quant à toi, si tu n’es pas prêt à ce changement de perspective,


à savoir, prendre ta vie en main et concevoir que tu es le seul
maître de tes actes, j’espère qu’un jour tu comprendras que
plus tu comptes sur l’autre pour voir s’accomplir ton rêve,
plus la seule certitude que tu as, est de le voir s’éloigner à
l’horizon, avec comme seule issue qu’il ne se réalise jamais.
Ce que l’on nomme réalité est ce que tu bâtis toi-même de
tes propres mains.

Ce livre est destiné à ceux qui veulent un changement si fort,


si marquant, si puissant, qu’ils n’hésiteront pas à prendre
tous les risques et tous les virages pour se rendre là où ils
veulent aller.

« Avoir est pour les hommes,


être est le domaine des demi-dieux,
seuls les dieux durent et entrent dans la légende. »

« CE LIVRE EST POUR CEUX QUI VEULENT ÊTRE LÉGENDAIRES »

i co la s P o povitch
N
PREFACE

J’ai décidé d’écrire un livre sur les finances et plus précisément


sur l’argent. Force est de constater que peu de gens ont
réellement transmis, et en même temps dévoilé leurs stratégies
concernant le fait d’investir l’argent. Pourtant il y a une
question que beaucoup de personnes se posent tout en ne se
l’avouant pas forcément : Comment faire pour avoir de
l’argent !?!? Ce qui est très paradoxal, puisque je constate
que l’argent est une des choses qui nous lie tous les uns aux
autres et qui ne nous met pas forcément tous d’accord.
Que nous voulions en avoir ou pas, l’argent nous accorde
tous sur un point : Les pauvres n’ont jamais changé le monde.
Mesurons ces paroles : Ici, pauvre n’est pas utilisé pour
désigner une classe sociale, mais plutôt il s’agit d’un état de
fait qui implique une forme d’impuissance. Dans tous les
cas, vous allez voir que ce livre va nous amener parfois bien
au-delà d’interrogations simplement matérielles. Au final, il
est une chose simple à comprendre ; le monde moderne nous
offre une pléthore de possibilités, verrouillée par le monde
de la finance. Alors qu’hier la terre était le monde libre des
hommes, aujourd’hui la liberté s’achète et s’acquiert par
l’argent… Mythe ou réalité ?
Une question vous vient, avant même d’amorcer votre
lecture… tout naturellellement, et qui vient coulant de tout
son sens.
Qui suis-je pour écrire pareil ouvrage ?
Et surtout pourquoi m’écouter, sans connaître ni mon cursus

11
PREFACE

ni rien me concernant.
Dans un cas comme celui-là, je pense qu’il n’y a pas de
demi-mesure. Soit je déballe tout, soit je ne raconte strictement
rien.
Dans un premier temps, je souhaitais simplement afficher
ici la courbe de mon patrimoine… J’ai finalement changé
d’avis dans la phase finale de l’écriture de ce livre.
Pourquoi ?
Premièrement cette information est relative puisqu’isolée.
Elle ne précise rien de particulier — hormis la valeur de mon
patrimoine acquis en une dizaine d’années — si vous n’avez
en parallèle aucun détail concernant mon passif et les
entreprises que je possède à ce jour.
Bref, l’information incomplète embrouille plus qu’elle
n’aide à comprendre.
Deuxièmement, en relisant une dernière fois le livre, et
avec l’aide de lecteurs tests, nous avons constaté des
anachronismes. L’histoire était difficilement reportable sur
la courbe, car ma volonté de départ en écrivant ce livre
était qu’il ne soit pas qu’immobilier. Or, et je ne vais pas
m’en cacher, mon patrimoine est grandement composé
d’immobilier direct et indirect. C’est un choix, en l’occurence
mon choix. Et, en voulant ne pas tout révéler sur mes activités
immobilières, je sacrifiais une partie de l’histoire.
Toutefois, je vous donne les grands chiffres : En 2009 je
dépasse le million d’euros de chiffre d’affaires.
Concernant les frais, il serait aussi intéressant d’en connaître
le montant pour savoir comment générer par le crédit une
telle valeur. Sachez que je suis très peu endetté, moins de
20 % de ce patrimoine est à crédit.
Quelques précisions tout aussi importantes : Nous sommes
deux associés.
En 2014 ce patrimoine rapporte environ 73 742,72 € par an
et génère 25 833,60 € de frais. À cela il vous faut imputer
une immobilisation sans rendement, très importante sur ce
montant : Des appartements qui sont vides, car en mauvais état.

12
PREFACE

Mais je ne suis pas ici pour justifier de mes stratégies.


La vision à long terme de la chose, laisse présager des
chiffres largement meilleurs dans les deux années qui vont
suivre, puisque je rentre dans la dernière phase de mon
« plan », à savoir, un arbitrage qui devrait :
– Faire exploser la courbe de valeur,
– Faire exploser les possibilités que m’offre ce patrimoine,
– Faire exploser les revenus du capital (mon objectif subjacent).

J’ai trente ans lorsque je commence à écrire ces pages. Je


suis vendeur à mi-temps depuis un an pour financer mes
études, je vais donc perdre mon emploi prochainement,
finaliser mes études et… Je ne connais pas encore la suite !
Avant d’aller plus loin, il faut se mettre d’accord sur ce point
essentiel : La richesse purement financière est possible.
Mais, pour y parvenir, il faut accepter une règle très importante :
« Qui choisit de vivre facilement, aura une vie difficile.
Qui choisit de vivre difficilement, aura une vie facile. »

En clair, ceux qui vous disent : « c’est facile » vous mentent


pour vous vendre quelque chose ; pourtant vous aurez
tendance à les écouter.
Ceux qui vous disent : « c’est difficile » vous offrent
l’opportunité d’y arriver avec certes des contreparties qui
vous déplaisent, mais vous n’aurez pas envie seulement
même de les entendre.
Je fais partie de ceux de la deuxième catégorie.
Vous comprendrez que si vous êtes de ceux qui aiment
écouter les sirènes chanter, ce livre n’est pas fait pour vous.
De même si vous êtes de ceux qui veulent que les choses
changent maintenant et pas dans dix ans, n’allez pas plus
loin.
Si vous êtes de ceux qui croient que je vous dis ça pour
d’obscures raisons issues de sentiments comme la jalousie
ou je ne sais quelle excuse, fermez ce livre et oubliez jusqu’à
son existence.

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PREFACE

Si je vous décourage, c’est pour une seule et unique raison.


La vérité est dure, et elle crée en nous un sentiment de
dualité.
Ne mélangez pas tout, je ne dis pas que réussir est une chose
impossible, mais il y a deux sortes de réussites, et vous
verrez dans ce livre que je suis apte à parler des deux.

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PREAMBULE

Si l’on cherche dans un dictionnaire le mot richesse, la


traduction nous ramène à une opulence. Une abondance
dans la possession. L’expression usuelle connue : « Riche
comme Crésus »…
Mais qui est Crésus !?
C’est un roi de Lydie (v. 561- 546 av J-C). Il est connu pour
ses richesses fabuleuses, qu’il devait aux sables aurifères du
Pactole (encore un mot usuel qui peut désigner l’argent ou
la fortune). Il fut vaincu par Cyrus le Grand.

La richesse est donc l’abondance de biens en nature ou en


argent.
Il y a dans toutes ces définitions, une chose qui selon moi
manque, et qui s’est actualisée avec notre ère et notre temps.
La richesse de la vie, qui de mon point de vue est indissociable
de la richesse financière, voire même, prépondérante.
Je pense que certaines personnes sont riches de leurs
expériences et par conséquent finissent par devenir riches.
Donc, riches de leurs choix, et non de leurs possessions.
Avant donc de commencer la lecture de ce livre, il me semble
très important de savoir où vous placez la richesse ? Ce qui
pour vous est signe de richesse ne l’est pas forcément pour
votre voisin, pour vos parents ou pour moi.
Par exemple, je constate toujours avec plaisir combien un
véhicule peut refléter un statut social. C’est dire à quel point
la richesse n’est pas là où elle devrait être.

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PREAMBULE

Il est facile aujourd’hui de trouver sur internet ou sur le


marché de l’occasion, une Porsche Boxster entre 10 000 €
et 25 000 €. Encore plus simple d’obtenir le crédit pour
l’acquérir, en travaillant dans n’importe quel secteur d’activité
et en gagnant au minimum 1 500 € par mois. Pour autant,
vous et moi, croisant ce conducteur, penserons sans nul
doute la même chose… Mais il est également possible
de louer ladite voiture quand on le souhaite, à la journée,
pour une somme dérisoire. Donc au final, lorsque nous
croiserons ce nouveau conducteur, nous allons nous dire
naturellement : « Il a réussi ! ».
Pourtant, avec l’ensemble des éléments énumérés plus haut,
c’est plus que discutable…
La voiture est pour beaucoup un signe de réussite, alors que
ce symbole nous a été introduit par la publicité moderne, et
par extension, le Fordisme et son modèle de travail à la
chaîne d’industrialisation. Mais pourtant, il va falloir
dépasser ce sentiment que l’on vous a inculqué à votre insu
dans vos pensées, pour atteindre le vrai objectif.
Derrière ce que je viens de décrire se cache des chimères
bien plus graves…
Que vous a-t-on transmis comme cliché dans la tête jusqu’à
aujourd’hui ?
Savez-vous que notre façon d’aimer, est elle-même issue
d’une notion implantée dans votre esprit par William
Shakespeare, qui a façonné l’idée de l’amour en Europe.
Ceci est très intéressant, car au Japon, le sentiment d’amour
est complètement différent qu’en Occident dans son rapport
à l’autre.
Paradoxalement, cela m’évoque la notion de luxe. À notre
époque, quand on parle de luxe, ce qui vient à l’esprit d’une
majorité de gens, c’est une marque ou un produit d’un prix
certain. Or, le luxe ce n’est absolument pas cela.
Le vrai luxe c’est d’avoir une chose dont on n’a aucune
utilité. C’est par exemple, avoir deux voitures neuves ou
deux maisons dans lesquelles vivre… Voilà ce qu’est le luxe.

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PREAMBULE

Soyez donc au fait de la réalité telle qu’elle est, et non telle


qu’on veut que vous la perceviez.
En définitive, ce que vous êtes est issu de ce qu’on vous a
forgé dans l’esprit. Conséquence, vous allez devoir trouver
ce qui symbolise la réussite pour vous, et non agir par
rapport à ce que l’on vous a enseigné. C’est un détail, et
pourtant c’est le plus important pour espérer une réussite
dans le domaine de votre choix. Je dirais même essentiel,
car indirectement cela peut être la cause d’une fausse
croyance, ou d’une fausse idée que l’on vous a insufflée. Au
quel cas, vous ne parviendrez pas à atteindre vos objectifs
aussi simples soient-ils.
Si vous avez une vraie motivation, un objectif qui vous est
propre, alors la concrétisation du rêve ne sera qu’une partie
de plaisir. À l’inverse, si vous vivez sans tenir compte de ce
que vous êtes réellement, alors votre vie sera dure.
Le fait est qu’il faut savoir ce que l’on veut pour pouvoir
emprunter la route qui y conduit. Celui qui ignore son
objectif ne peut avancer, et pire, ne peut constater son
avancement. Difficile, car inéluctablement vous allez
commencer à me dire : « Comment dois-je faire pour trouver
ce qui symbolise la richesse pour moi » ?
J’ai une piste à vous soumettre, mais attention, c’est très
personnel donc je n’ai aucun moyen de vous affirmer que
cela fonctionne pour vous.
Voici deux détails qui peuvent vous indiquer ce qui vous fait
réellement vibrer. Il s’agit de constatations qui peuvent vous
donner des indications :
- Par exemple, durant mon enfance entre cinq et douze
ans, personnellement je lisais beaucoup de livres.
- J’ai toujours fait des dessins et j’ai toujours adoré raconter
ou écrire. Mon ordinateur est plein d’histoires commencées
et achevées, commencées et en cours d’écriture… d’idées…
La continuité d’une activité.
Bref, quoi que j’ai fait dans ma vie, j’ai toujours fait cette
chose que les gens appellent « rêver ». Mais je l’ai toujours

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PREAMBULE

fait un peu plus que les autres, à un point où cela est devenu
une évidence pour moi.
Ceci est un indicateur de ma créativité.
Donc faire avec constance, ce qui vous passionnait quand
vous étiez enfant, malgré les aléas de la vie, est un bon
indicateur. Si ces deux pistes n’évoquent rien pour vous,
vous allez devoir chercher sur ce sujet. Trouver ce qui vous
fait réellement vibrer, ce qui pour vous et dans votre vie est
une richesse.
Attention, même si je ne vais pas épiloguer sur ce sujet,
soyez assuré que c’est sûrement le point le plus important
de ce livre. Pas de finalité, pas de destinée, cela signifie
aucune aventure de vie. Pour devenir riche il faut un objectif,
une chose plus grande que le projet qui en sera l’aboutisse-
ment. Sans cette chose, sans ce rêve principal, vous ne
réaliserez rien.
« Un adulte qui ne rêve plus
est un enfant qui meurt… »

Ne laissez jamais mourir l’enfant en vous, les conséquences


en sont dramatiques, bien au-delà de ce que vous imaginez.
S’ajoute à cela : Pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où
l’on vient. Et ne jamais oublier ses origines.
C’est important de se rappeler ce que nous sommes. Dans
mon cas, si mon père n’avait pas fait faillite, je suis certain
que je serais devenu un petit « con ». C’est limpide dans
mon esprit. Cette faillite m’a posé les deux pieds sur terre
et elle m’a appris une chose capitale pour la suite de ma vie :
« Nous naissons avec rien,
nous mourons avec rien. »

Ce qui se passe entre ces deux états de fait est simplement


de notre ressort. Si l’on arrive à avoir suffisamment
d’humilité pour nous rappeler que fondamentalement, de
naissance nous n’avons rien, et que nous n’avons besoin que
de très peu pour vivre, alors perdre, gagner, avoir ou ne pas
avoir d’argent n’est plus qu’un jeu.

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PREAMBULE

Oui. C’est plus agréable de gagner que de perdre. Mais il


faut se rappeler que pour avoir cette notion de gain dans un
jeu, encore faut-il miser !
Et inévitablement, la mise que l’on engage dans son projet
dépend de nombreux facteurs qui eux n’ont rien de rationnel.
Comme celui d’aimer ou de ne pas aimer, ce que l’on fait
ou pas... Et ainsi la boucle est bouclée.
Le seul élément concret qui s’ajoute à l’équation est ce que
j’appelle « le chiffre ». Nous avons tous un chiffre qui
conditionne grandement notre avancement sur le chemin de
la richesse. C’est très étonnant de le savoir, car nous nous
disons tous, qu’avec un tel montant ou une telle somme, tout
irait mieux. Et ce qui est encore plus bizarre, c’est que ce
même chiffre nous sert indirectement de référence avec celui
des autres. C’est cela que l’on nomme « l’égaux ».
N’est-ce pas plutôt l’égo ?
Cela peut être bon ou mauvais, mais cela dépend d’un autre
sentiment qui est la jalousie. L’un et l’autre sont liés à notre
situation, et ne doivent être qu’un moteur, rien d’autre.
Le chiffre que nous avons tous en tête représente la somme
monétaire que nous estimons nécessaire pour vivre tous les
mois. Soit 5 000 € par mois, est un des montants que j’entends
le plus souvent. C’est vrai qu’une telle somme permet de
vivre confortablement aujourd’hui.
Et dans vingt ans ?
Cependant, nous ne savons pas comment y arriver, bloqués
à notre SMIC mensuel… Cela même qui rend nos fins
de mois difficiles et sans espoir.
Nombre de personnes cherchent. Alors peut-être faut-il
apprendre. Apprendre, oui ! Mais comment ? Et surtout,
apprendre quoi ?
Nous vivons tous ensemble dans une même société. Et nous
devons sans cesse nous informer dans ce monde en perpétuel
mouvement. Le média le plus présent et le plus imposant
reste la télévision. Pourtant, Internet aujourd’hui prend de
plus en plus le pas comme moyen de communication.

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PREAMBULE

Toutefois il faut être vigilant.


Qui dit quoi ? Comment ? Pourquoi ? Et surtout l’information
est-elle juste ?
Un tel monde est couvert par plusieurs systèmes d’informations
que nous consultons tous plus ou moins modérément, sans
nous soucier des contreparties.
La télévision est maîtrisée par certains groupes, internet par
des entrepreneurs, et nos régions par des médias locaux.
Je sous-entends qu’il est évident que l’actualité nous parvient
de la manière dont ces mêmes personnes acceptent
d’alimenter le système. Il faut donc rester perspicace. Ces
informations ont un coût qui doit être amorti par les
producteurs. Il est donc normal de regarder qui se cache
derrière chaque information, qu’est-ce que cela rapporte à
son auteur, et enfin quel sentiment nourrit cette même
information.
Quelle réaction attendue provoque-t-elle, à destination de
quel marché, et avec combien de bénéfice en finalité ?
Donc, il faut prendre cette source avec précaution et rester
prudent.
Internet a une particularité. L’utilisateur cible ses recherches
et ne trouve que ce à quoi il s’intéresse. Cela peut être
dangereux, car nous avons tendance à nourrir nos croyances
et nos peurs. Mais cela peut aussi être tout autant bénéfique
si l’on s’oriente sur du positif, bien sûr.
De mon point de vue, cela revient au même étant donné que
rien ni personne ne maîtrise vraiment les renseignements
qui y sont déposées. C’est un univers parallèle, immense
et anarchique, mais tellement bénéfique. L’utilisateur n’est
donc jamais vraiment sûr de ce qu’il trouve. Et l’auteur ne
sait jamais vraiment la portée ou la vie que va avoir son
« post » sur le web. Pourtant, c’est à ce jour le seul vrai
espace de liberté que nous possédons.
Les autres influences extérieures, sont cantonnées à des
cercles restreints d’amis que nous côtoyons régulièrement,
dont la plupart d’entre eux se retrouvent dans notre entourage

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PREAMBULE

proche, par affiliation, ressemblance, entente, etc…


Des personnes qui ont peu de chance d’influer ou de vous
faire changer de point de vue sur des éléments importants
de votre vie, car issues de la même « tribu » que vous, elles
ne vous conduiront donc que là où nous les autorisons à nous
amener.
Enfin, il faut se l’avouer, on a tendance à ne pas aller vers
les personnes différentes, et encore moins celles qui nous
exacerbent. On reste donc sur ses acquis, sans jamais trop
se remettre en cause.
Alors, comment faire pour évoluer ?
Ce n’est pas facile. Je dirais que cela demande beaucoup
d’efforts. Mais tout est réalisable. Rien n’est insurmontable.
« Ce qu’un homme fait,
un autre homme peut le faire. »

Gardez à l’esprit que la vie est un jeu.


Eh oui ! Ou l’on perd, ou l’on gagne. Mais dans tous les cas,
on vit. Rien ne vaut d’éprouver les choses, de ressentir
l’extrême joie de la réussite. Même le frisson de l’échec,
la boule au ventre de la pression, vous apportera sa part
d’expérience inégalable… Tout cela vaut le mal que l’on se
donne, et le vivre est un bonheur en soi que l’on ne réalise
pas toujours.
Ce livre est pour tous ceux qui osent, qui veulent plus, ou
qui désirent simplement tenter le tout pour le tout.
J’ai choisi un oxymore : « ...Riche Sans Argent », titre
évocateur à double sens, dont je ne vous donne pas le point
de chute ; mais je veux simplement vous préciser que nous
allons aller là où vous ne vous y attendez pas. J’espère
vous transmettre humblement la clé de la réussite et de la
richesse, mais aussi et surtout de l’accomplissement de ce
que nous sommes au plus profond de nous.
Il est certain que la réponse est en vous.
La plus grande partie du temps, vous savez déjà comment
gagner de l’argent, vous sortir de situations dans lesquelles

21
PREAMBULE

vous semblez bloqué.


En vérité, ce que vous cherchez vous l’avez déjà, et je serais
bien présomptueux de prétendre avoir votre réponse.
Mais c’est intéressant de voir que nous cherchons tous la
réponse sans même connaître, ou se poser la bonne question.

Voilà ce que je sais bien faire : Poser les bonnes questions.


Ce livre peut changer vos questionnements et par conséquent,
influencer vos réponses.
Puisse-t-il vous mettre sur la voie que vous cherchez.

22
Première partie

Mon Histoire
1
Introduction

Je vais donc vous relater comment je suis passé de centaine


de milliers d’euros de dettes à quelques millions d’euros de
patrimoine net. Mais avant, je dois rétablir des vérités
criantes que vous allez vite intégrer dans votre esprit, car sans
cela, cette histoire ne serait qu’une énorme farce.
Je déteste le mensonge. Je ne suis pas un menteur, et je ne
vais pas entrer dans une réflexion sur le mensonge. Par
contre, il est évident que je ne peux en aucun cas raconter
mon histoire dans son intégralité, tant il y aurait à écrire. Il
serait donc facile d’imaginer que j’oublie certaines choses
volontairement, afin de vous cacher la vérité. Le fait est,
que certains détails, certaines situations sont parfois plus
complexes, plus nuancés que la simple réalité que je vais
retranscrire ici.
De plus, il faut comprendre que certaines informations
impliquent des personnes qui elles, n’ont rien demandé, et
dont certaines, font partie intégrante de ma vie. Pour autant
celles-ci ne souhaitent figurer dans aucune de mes réalisations,
qu’elles soient visuelles ou écrites.
Finalité, je ne considère pas que ces lacunes volontaires
soient un mensonge. Omettre ou simplifier certaines situations
dans le simple but de vous rendre l’histoire plus digeste et
acceptable pour les personnes concernées, est mon seul
dessein.

25
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

Ceci pour partie, est donc l’histoire de ma vie, vue par le


prisme de celui qui l’a vécu, la rendant donc subjective.
Sachez que j’ai arrondi les angles, tant durant mes périodes
difficiles que durant mes moments de bonheur. Ces situations
extrêmes dont je ne parle pas n’apporteraient rien de plus
à cette histoire.

Je n’ai pas eu une vie facile, je n’ai pas eu une vie difficile.
« J’ai eu ce que je voulais comme je le pouvais. »

Enfin, il faut intégrer dans toutes les situations que j’ai


vécues, qu’il y a des choix très personnels que je ne pourrai
jamais vous divulguer, car il est impossible que j’en décrive
les exactes circonstances qui m’ont conduit à me diriger
dans une direction plutôt qu’une autre. Je vous avoue donc
le plus simplement possible, les faits les plus importants,
dans l’unique objectif de vous permettre de reproduire ou
de vous inspirer de mon parcours, afin qu’à votre tour vous
puissiez atteindre vos objectifs financiers, quels qu’ils
soient.
Pour clore mes recommandations, sachez que cette histoire
n’est pas que la mienne. Si j’ai réalisé ce changement de
situation c’est avec et pour ma mère. Ce point est capital.
Ma mère est une travailleuse intelligente. D’abord travailleuse
acharnée, puis intelligente. Si elle lit ces lignes, elle ne doit
surtout pas mal le prendre, bien au contraire, c’est un vrai
compliment. Mais pour réussir au sens où les gens l’entendent,
il manque ceci :
- Premièrement, ma mère a reçu une éducation bourgeoise
et elle n’est pas très proche des gens. Ce point-là est capital.
De plus, elle est d’une nature suspicieuse, ce qui n’arrange
pas la chose.
- Deuxièmement, l’attelage des mots qui la définissent est
incorrect selon moi. C’est un peu comme mettre la charrue
avant les bœufs. Il ne faut pas être ni travailleur ni intelligent.

26
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

C’est fou d’écrire cela et pourtant, force est de constater


qu’aucune de ces qualités n’est nécessaire à l’argent, la
réussite, ou l’accomplissement de soi.
D’ailleurs, j’espère que vous allez réaliser qu’en fait, pour
réussir, il ne faut rien du tout, sinon que la conscience de
nos réelles capacités, et ajouté à cela, la simple envie de
réussir. Mais pas l’envie qui implique le fait de vouloir une
chose, comme l’on dit parfois à nos amis : « Je veux ceci,
ou je veux acheter cela ».
La nuance se place sur un simple mot, transformant le
« je veux » en « je dois ».
Lorsque l’on doit quelque chose, peu importe quoi, on finit
toujours par accomplir cette chose. Cessez donc de vouloir,
mais obligez-vous !
Voilà l’exemple d’un mécanisme enfantin qui peut tout
changer et permettre d’appliquer concrètement une action.
De mon point de vue, l’envie de faire doit être présente et
forte, impliquant ce fameux « je dois », pour que finalement
le reste vienne à nous.
Bref, j’en ai fait un livre, et vous êtes en plein dedans !

27
2
L’Opulence

Je ne suis pas allé à l’argent, l’argent est venu à moi !


Quand j’étais petit, mes parents ont vécu une vie, que j’ai
vite analysée comme étant singulière. Je vais faire simple :
Quand je demandais quelque chose, je l’avais.
Tout ce que vous pouvez imaginer, sans aucune limite,
finalement mon père me l’achetait, tôt ou tard !
Quand je revois les vidéos, c’est étrange. J’adore le fait de
nous voir plus jeunes, ma famille, mes grands-parents, etc...
Mais je suis mal à l’aise face aux cadeaux, leur nombre, mon
attitude ainsi que certains comportements. Pire, je n’aime
pas ce que je suis. Un petit garçon pourri gâté, qui prend,
qui utilise, et qui ne fait pas attention ni aux choses qu’on
lui offre, ni aux autres, enfants comme adultes. Avez-vous
déjà vu une émission sur les anniversaires des enfants de
personne fortunées ? C’est un peu le genre de vie que j’ai
vécu étant jeune. Pourtant, tout ceci quand j’y repense, est
comme un rêve.
Je ne sais pas comment dire, cette personne, c’est moi mais
ce n’est pas moi.
L’argent sur un enfant peut être une arme redoutable,
à double tranchant. Trop lui en donner, c’est le rendre
irrespectueux des choses, de leur valeur. Et le plus grave,
c’est qu’il lui est possible de ne plus respecter les personnes
qui l’entourent. Ne pas lui en donner peut d’une autre manière,

29
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

le faire basculer dans des travers tout aussi dérangeants,


l’amenant à des situations dont il est compliqué de l’extraire.
L’éducation est la seule réalité, celle qui est oubliée de nos
jours, celle que la grande majorité des personnes tentent de
repenser, alors qu’elle est un des piliers de notre construction
en tant qu’adulte.
Alors, pourquoi les grandes familles historiques sont-elles
toujours en place ? Beaucoup de personnes s’interrogent sur
le pourquoi de leur existence. Eh bien, elles attachent plus
d’importance aux valeurs qu’elles transmettent, ainsi qu’à
celles qu’elles incarnent.

Durant mon enfance, mon père était souvent absent, mais
sans qu’on ne me l’explique jamais. Je savais qu’il travaillait,
et la valeur qu’il m’a transmise par son absence, c’est travaille
beaucoup et tu auras de grands résultats.
Je m’amuse toujours de l’intellectualisation moderne de
l’enfance. La nouvelle éducation pense tellement à la
frustration qu’il faut bannir, qu’elle en oublie le fondement
même des valeurs, qui peuvent permettre l’épanouissement
financier d’un individu.
Ce livre n’est pas un ouvrage éducatif sur l’argent, mais ça
m’amuse toujours de voir que l’on puisse penser à tout en
termes de rapport à l’enfance, tout en évitant soigneusement
la question de l’éducation financière. Il faut savoir pourtant,
que dès l’âge de douze ans et jusqu’à la fin de la vie d’une
personne, cette dernière a 90 % de chances de penser plus à
l’argent qu’à quoi que ce soit d’autre.
Quand j’étais enfant, je n’avais pas d’argent à proprement
parler, mais je savais que j’en avais. Et sans le vouloir, je le
faisais savoir par mes vêtements, mes jouets, mes vacances,
ainsi que les possibilités qui s’offraient à moi et pas à mes
camarades. Je ne pense pas avoir été arrogant, mais je suis
sûr que si mes parents n’avaient pas fait faillite, j’aurais
irrémédiablement fini par l’être.

30
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

Quand on sait que 80 % des gens prennent des décisions


dans leur vie par rapport à leurs moyens financiers, alors
comment peut-on imaginer une seconde qu’un enfant n’a pas
conscience de cela ?
Avoir ou ne pas avoir d’argent pourtant ne change rien à la
vie d’un enfant, et soyons clairs, je suis convaincu qu’il est
inutile d’en avoir pour être heureux.
Je vous décris ici les désavantages du manque ou de
l’ignorance de la gestion dans une éducation. De mon point
de vue, il est illusoire de croire qu’il ne faut pas enseigner
la finance, tout comme il est évident qu’avoir de l’argent
présente des avantages.
Pour en revenir aux faits, voyons un des éléments qui montre
que mes parents m’en donnaient trop. Prenons par exemple
les animaux, et voyons le type de compagnons que j’avais à
cette période. Dans cette liste où il doit bien en manquer
un ou deux, sachez qu’il est possible que certains fussent à
la maison simultanément : Un lapin, un perroquet, deux
chiens, des poissons, des tortues, des hamsters, des pies, un
cheval...
Le cheval, il m’a été offert pour une journée qui n’était ni
un anniversaire, ni un Noël ! Mais peu importe le jour que
cela pouvait bien être, ce genre de cadeau pour un enfant
de dix ans est magnifique dans un sens, mais combien
destructeur dans l’autre.
Aujourd’hui, la domestication m’apparaît comme subversive.
Je n’ai plus d’animaux, mais pour un enfant c’est beaucoup
trop, enfin, je trouve.
Ceci est un exemple parmi mes souvenirs dont je peux vous
parler.
Alors comment avoir la valeur du travail, quand lorsque je
demandais simplement, j’obtenais systématiquement en
retour ! Sans aucune compensation, sans aucune condition.
Bien évidemment qu’une partie de moi est pleine de gratitude
pour mes parents de m’avoir fait vivre ces expériences.
J’allais régulièrement en Angleterre, je partais chaque été

31
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

d’un côté et de l’autre. J’ai fait du ski chaque année durant


toute mon enfance, la liste pourrait s’étendre sur des pages
et des pages. Une enfance dont j’ai conscience aujourd’hui
qu’elle était vraiment exceptionnelle.
Un autre élément marquant, ce sont les voitures, ou bien
encore la marina à la mer avec le bateau. Les parties de
pêche…
Le plus fou des souvenirs c’est lors de mon adolescence à
la fête foraine. Mon père nous donnait de l’argent à chacun.
Je précise à chacun, car parfois nous étions trois enfants dans
la maison de vacances ; enfants qui n’étaient pas ceux
de mes parents, mais des amis ou encore mon cousin. Nous
allions donc à la fête foraine et « bim » : 500 francs ! (soit
environ 80 €). Autant vous dire que jusqu’à minuit, ils ne
nous revoyaient pas.
S’ajoutait à cela leurs dépenses d’adultes.
S’il y a une chose que je ne peux pas enlever à mon père,
c’est sa générosité. Mais comme nos chers hommes politiques,
il a oublié que charité bien ordonnée commence par soi-
même. Car vous allez voir que ces dons ne lui ont jamais
rien rapporté, même pas une bribe de compassion dans
les moments difficiles de sa vie.
Mon Père était un homme plutôt absent et présent à la fois.
Il se levait tôt, partait travailler, et rentrait tard. Mais il
rentrait tous les soirs. Nous ne manquions de rien, ma mère,
les parents de ma mère, les parents de mon père et moi. De
l’intérieur, je vivais ça comme dans un clan ou une meute.
Nous étions tous très proches avec une notion de famille très
forte et très solidaire.
J’adorais cela, et je ne peux pas cacher que c’est une des
valeurs que j’ai gardée.
Mes grands-parents maternels vivaient à la maison. Je les
appelais Papy et Manet. Ma grand-mère, vers mes cinq, six
ans, s’occupait de moi avec mon grand-père, puisque ma
mère avait repris le travail pour aider mon père dans son
entreprise d’édition-imprimerie.

32
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

55 salariés, des impressions dans tout le sud de la France.


Une belle entreprise régionale.
Quand j’étais petit, j’ai vu François Mitterrand, le Président
français ! Je ne vais pas vous dire que je m’en rappelle, c’est
plutôt un vague souvenir d’une soirée… C’est bizarre, j’ai
bien quelques bribes de souvenirs sans que cela soit clair.
Qu’importe, cela illustre parfaitement ma phrase : Une belle
PME régionale, avec ce que cela implique.
J’étais très heureux de ce cocon familial. Honnêtement,
j’aime ça, car aujourd’hui pour moi, il serait normal de vivre
avec ma mère et ma belle-mère, ma compagne et notre enfant.
Ce ne serait absolument pas incompatible pour moi, bien au
contraire. Mais je crois que ce siècle ne se prête guère à ce
genre de comportement. Et même si je pense que ma
compagne se doute de ce type de désir qui m’habite, elle est
très indépendante et je ne veux pas lui imposer cela. Du
reste, je ne pense pas qu’elle l’accepterait. Surtout qu’il faut
bien avouer que vivre avec sa famille a des avantages, mais
aussi des inconvénients. Dans tous les cas, ce n’est pas
vraiment la question, au temps présent.
Pour en revenir à mon enfance, nous vivions donc très
proches les uns des autres, et cette situation m’a toujours
fasciné et rassuré.
Les derniers souvenirs des plus vivaces de cette vie, c’est la
marina à Port Camargue. Alors que j’écris ces lignes, et
que je suis passé récemment devant notre ancien lieu de
villégiature en bord de mer, je me suis égaré à quelques mètres
de notre destination. Ma compagne était en colère, mais
une colère compatissante, car elle a vu que j’étais perdu
dans un moment de nostalgie. Mes pensées voguaient dans
une époque si différente, si éloignée de la vie que je vis
aujourd’hui, que parfois ces réminiscences ne me semblent
pas être les miennes. Un peu comme si j’avais vécu deux vies,
mais que la première était celle d’un autre et qu’aujourd’hui
je sois en réincarnation. Je vous rassure, j’ai bien conscience
que ces deux vies ne sont qu’une seule et même vie en

33
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

réalité, mais le décalage est tellement grand, l’écart est si


immense, qu’il m’est impossible de cacher ma perplexité
face à ces deux réalités.
Ainsi, à Port Camargue, mon plus grand souvenir c’est la
pêche au thon, et la bataille qui s’ensuivait pour sortir la bête
de l’eau. Puis le retour au port où mon père tranchait le
thonidé et en donnait aux marinas voisines ! Je me rappelle
que je voulais le découper, mais le couteau était trop gros
et dangereux, alors je distribuais les morceaux ; c’est seule-
ment ce que j’avais le droit de faire ! Mon père donnait sans
compter et les voisins affluaient sur l’appontement, et le
remerciaient. C’était démentiel.


Un autre de mes grands souvenirs, c’est mon cousin. Nous
sommes pratiquement comme deux « frères jumeaux » car
nous avons six mois d’écart jour pour jour. Nous ne nous
sommes jamais vraiment quittés durant mon enfance, et
pourtant à présent, je réalise que nous ne nous sommes jamais
vraiment compris.
Je vous reparlerai de lui plus tard, car même s’il a vécu avec
nous, ce qui est complètement fou, c’est que sa vision de la
situation, de la vie que j’ai vécue, n’a rien à voir avec la réalité,
ma réalité.
Ce qui m’amène à un concept que j’ai encore du mal à
comprendre :
« Nous vivons tous dans une même réalité globale,
et pourtant chacun évolue dans son monde,
ne pouvant admettre une réalité générale. »

34
3
La faillite

Dans la précédente partie, je vous ai dit deux choses


importantes :
- Mon père était généreux.
- Charité bien ordonnée commence par soi-même.
Le fait avéré qui me vient immédiatement, c’est le nombre
de personnes qui étaient présentes lorsque mon père jetait
littéralement l’argent par les fenêtres.
Quand on est petit, on ne voit pas le mal.
Lorsque les gens venaient pour prendre « leur » morceau de
thon, je voyais la joie, le partage et le plaisir. Mais je crois
que la réalité est bien éloignée de ce qu’elle paraît.
Lorsque mon père a fait faillite, toutes ces personnes qui
étaient là, qui étaient gentilles suite à ce qu’elles venaient
de recevoir, ont toutes un point commun les unes avec les
autres : « La mémoire sélective ».
Spontanément j’avais envie d’écrire « la mémoire courte ».
Mais ce n’est pas ça.
Nous savons, nous nous rappelons très bien des événements
de nos vies, spécifiquement de ceux qu’on choisit de se
remémorer. Quand quelqu’un donne, en principe, nous
sommes reconnaissant. Mais mon père a eu une réussite
arrogante, le genre de réussite qui fait parler les autres et qui
crée la jalousie. Dans ces conditions, le don n’en est pas un.
Les personnes qui étaient présentes ne recevaient pas une

35
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

obole, elles prenaient ce qui leur était dû, car mon père ne
pouvait pas avoir réussi honnêtement... Pas au niveau auquel
il était arrivé dans un laps de temps aussi court.
Mes paroles sont dures, mais je suis convaincu que la
réussite envoie une image qui parfois est difficile à accepter.
Elle met en lumière nos propres échecs. La réussite de l’autre
nous renvoie à nos peurs et nous fait automatiquement nous
demander, pourquoi lui y parvient, et pas nous. La réussite
de l’autre c’est, soit accepter que nous sommes différents,
soit constater notre échec.
Donc toutes ces personnes qui gravitaient autour de notre
famille, qui étaient nos « amis », simultanément étaient nos
petites sangsues, tout en étant les spectateurs passifs de leur
vie, ainsi que de la nôtre. C’est parfois dur à admettre, mais
il existe une catégorie de personnes qui observent en attendant
l’erreur ou la faute, pour se conforter dans leurs choix —
sans se demander si les faits, qu’ils soient bons ou mauvais,
ne procurent pas plus de bénéfice que de passivité. Ces
mêmes personnes sont celles qui ne veulent pas perdre une
miette, ni du spectacle ni des avantages collatéraux qu’elles
pourraient grappiller en restant proche.
Le temps m’a tristement montré un autre point. Elles étaient
plus là par intérêt que par réelle amitié. La preuve, c’est
qu’elles ont disparu suite à la faillite, comme si elles n’avaient
jamais existé. Elles ne voulaient, pour certaines, même plus
nous adresser la parole tant notre statut social avait été entamé.
Finalement, à leurs yeux et probablement dans leurs pensées,
nous avions eu que ce que nous méritions. Nous étions à
notre place, celle que nous n’aurions jamais dû quitter.
Tous les dons, tous les moments passés avec mes parents
n’existaient plus. Et lorsqu’ils ont demandé de l’aide, les
portes sont restées closes. Ces mêmes portes qui, il n’y a pas
si longtemps, recevaient à bras ouverts ce que nous avions
à leur donner… Comme quoi !
« L’homme a une mémoire sélective.
Recevoir est plus facile que donner. »

36
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

Mais qui prêterait de l’argent à une personne en faillite ?


C’est en écrivant ces lignes que je réalise la portée de tout
ceci. Je suis la personne la mieux placée pour voir toute
l’ironie de cette situation ! Moi qui ai connu ce genre de
controverse avec tout ce qu’il implique, je reconnais
qu’aujourd’hui j’aurais bien du mal à donner de l’argent à
ces personnes-là… Que pourtant j’ai été indirectement !
L’argent peut provoquer de tels changements. Je crois même
que c’est l’argent que j’ai engrangé aujourd’hui qui a
perverti mon cœur. Le problème est simple, lorsqu’on a eu
de l’argent et ensuite connu le manque, on est animé par
une peur : « Ne plus jamais en manquer » !
A présent, je commence à donner, car je peux le faire. Mais
le faire sans avoir assuré ses arrières n’a aucun sens à mes
yeux.
Et ce n’est pas tout. Donner sans rien attendre en retour est
à l’origine un beau fondement, noble et gratifiant, mais
seulement de prime abord. En creusant, on constate que cet
état de fait révèle la nature humaine, et malheureusement je
pense que donner un bien, ou de l’argent, est tout sauf une
bonne idée ! Le don enlève la valeur, l’absence de valeur
retire la perspective de l’effort, et l’absence de ce dernier ne
donne jamais la mesure du geste à la personne qui reçoit.
Rares sont ceux qui mesurent réellement la valeur d’un don,
ils existent, mais ils sont peu nombreux.
Ce que je ne vous ai pas encore dit, c’est que la faillite de
mon père fut un peu violente de mon point de vue. Celui-ci,
sans être un gangster, a fait la une de l’actualité locale.
À cela s’ajoute le fait, que dans mes souvenirs, il est parti
du jour au lendemain sans que je ne comprenne trop pourquoi.
Et alors que je n’avais pas vu mon père depuis plusieurs
jours ou plusieurs semaines, d’un coup, à la télévision
il apparaissait devant moi. Je ne regardais pas une émission
particulière, ni même un reportage exceptionnel sur sa vie.
Non, c’était aux infos régionales. Il faisait les gros titres pour
une sombre histoire. J’étais en sixième au collège et j’avoue

37
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

que je n’ai pas vu ce que j’espérais voir de lui. Je n’ai pas


vraiment vécu ce qu’on appelle un bon moment. Si bien
qu’un de mes épouvantables souvenirs de cette période,
c’est le jour où j’ai rejoint mes copains dans un bus, pour
nous rendre à une compétition de natation en direction de
Montpellier. Là j’ai découvert que mes amis avaient eux
aussi appris la nouvelle. Comment retranscrire l’ambiance
à mon égard ? Je me rappelle précisément ce que Fabien m’a
dit : « As-tu vu ton père à la télé ? ».
Il s’était laissé pousser la barbe pour qu’on ne le reconnaisse
pas. Mais pas de chance, je crois que tout le monde l’avait
reconnu…
En réalité je crois que ni ma mère et ni mes grands-parents
ont pris le temps de m’expliquer, tant ils savaient la tourmente
qui allait s’abattre sur nous.
Sachez simplement que tel que je viens de vous l’annoncer,
telle fut la transition que j’ai eue à l’époque…
« Les traumatismes ont deux effets.
Soit ils détruisent, soit ils décuplent les forces. »

À ce stade, une question m’a toujours contrarié, pourquoi


personne ne m’a jamais rien expliqué ?
À la décharge de ma famille, j’ai appris bien plus tard, que
mon père faisait entre autres choses, de fausses signatures,
des découverts et crédits à répétition, cumulés dans plusieurs
organismes financiers — Tant qu’à prendre de l’argent, autant
le prendre en masse — et une myriade d’autres larcins tous
aussi sympathiques les uns que les autres. Cet ensemble de
« magouilles » qui l’ont conduit à sa chute, était lié au milieu
politique et à une bande assez en vue dans ma région, qui
ont connu une ascension et une fin tout aussi fulgurante.
Pour de nombreuses raisons, je ne rentrerai pas dans les
détails, ce livre n’étant pas consacré à ces affaires, mais aux
miennes.
Quant à ma mère qui se retrouvait seule avec un enfant
— comprenez que je n’étais pas autonome financièrement —

38
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

elle n’a jamais eu un sou de pension alimentaire, en plus des


dettes et de nos maisons qui se sont vendues aux enchères…
Elle a dû composer avec un jeune garçon... Et les banques !
— Le monde de la finance n’est jamais très loin. Celles-ci,
au même moment, ont décidé de ne plus lui accorder de
compte bancaire ! Timing parfait je dois dire, mais la vérité
c’est qu’il s’agit d’une conséquence. Je ne veux pas vous
faire pleurer, mais ces précisons sont là pour mettre en avant
le fait qu’elle a eu plus de mérite que je n’en aurai jamais, à
combattre une situation où la grande majorité d’entre nous
auraient simplement baissé les bras. Je résume ici une situation
qui est digne d’un film financier catastrophe, sauf que dans
les films, il y a toujours une personne qui apparaît pour
sauver la veuve et l’orphelin ! Mais là, jamais personne n’est
venu, nous nous sommes débrouillés seuls. D’ailleurs, dans
les films, l’histoire est toujours liée à une femme. Dans ma
vie d’enfant-adolescent, la femme, c’est ma mère que j’ai
vu galérer, ce qui par conséquent a semé en moi une rage
de vaincre incommensurable. Alors que je l’ai vu passer par
toutes les phases, de la colère à la désillusion, un matin elle
a cessé complètement d’en vouloir à mon père. Quasiment
du jour au lendemain. Je n’ai jamais compris ce qu’il s’était
passé, mais j’ai remarqué une chose. Elle a commencé à
avancer, dès l’instant où elle a accepté le fait qu’elle ne
récupérerait pas l’argent que mon père lui devait. Et à partir
de là elle n’a cessé de me répéter une phrase que j’ai retenue :
« Perte d’argent n’est pas mortelle ».

Par la suite nous avons découvert des détails un peu bizarres


sur la vie de mon père, comme le fait qu’il était parti en
voyage en Afrique, sans que jamais personne ne sache ce
qu’il était allé faire là-bas (?). Présentement, nous sommes
sur des faits qui n’ont aucun lien avec ce livre, mais je vous
situe simplement les origines de ma situation familiale, car
c’est à ce moment-là que commence mon aventure.
Précision importante, je n’ai jamais pu démêler le vrai du

39
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

faux de toute cette histoire. Plutôt que de rentrer dans des


explications et des histoires dont je n’aurai jamais le fin
mot, ce que je peux dire, c’est qu’il y a autour de mon
père une sorte d’ombre qui me dérange, et je ne suis pas le
seul dans ce cas. Il faut donc intégrer un fait difficile à
croire extérieurement, et néanmoins en accepter la réalité :
L’ensemble de notre famille ignorait les moindres de ces
faits avant qu’ils n’éclatent au grand jour.
Par exemple, il n’a pas payé certains impôts pendant des
années… Un jour, j’ai demandé à ma mère comment cela a
été possible qu’elle ne sache rien ?
Elle m’a expliqué qu’en fait mon père interceptait tout le
courrier, les factures, les relances… avant que cela n’arrive
à la maison. Il avait même coupé le carillon de la maison
pour que ma mère n’entende pas les huissiers qui venaient
sonner à la porte. Je sais ce que vous êtes en train de vous
dire. Et c’est à peine croyable, pourtant je vous assure que
c’est le cas, personne n’a jamais imaginé une seule seconde
que nous-mêmes, sa propre famille, ignorions totalement
l’entière dette qu’il contractait dans le plus grand des secrets.
Le plus étrange c’est que cela m’a longtemps semblé
invraisemblable à moi aussi, le degré d’opacité qu’il a réussi
à élaborer. Mais c’est pourtant bien ce que nous avons vécu.
Je dois ajouter un point important. Depuis que je fais des
affaires et que je grossis, j’ai constaté qu’il était tout à fait
possible d’arriver à ne pas payer dans les délais impartis, ou
payer ponctuellement en faisant traîner en longueur ce genre
de situation. Et surtout il est possible d’étaler une dette sur
plusieurs années, ce que beaucoup pensent irréalisable.
Mon père quant à lui, a agi seul, et avec le recul, je me
demande surtout à quoi il pensait en faisant cela. Je n’ai
aucun doute sur le fait que n’importe qui puisse cacher,
même à sa famille la plus proche, des informations d’une
telle importance. Et comment puis-je être aussi formel sur
le fait avéré qu’il ait caché ces informations ? Vous n’allez
pas le croire ! Il a recommencé quelques années plus tard

40
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

alors qu’il était séparé de ma mère. J’ai donc pu constater


que certains points étaient vrais, tandis que d’autres resteront
obscurs à jamais.
Mon père a donc recommencé de la même façon. Mais
l’histoire est quand même différente si je puis dire. Toutefois,
il est complètement surréaliste de vivre deux fois la même
situation. J’ai vécu la première de l’intérieur, et la fois
suivante de l’extérieur, puisque n’habitant pas avec lui !
Mais avant que je vous raconte cette seconde partie, finissons
celle où il était encore dans ma vie.
Je vous ai déjà dit que mon père était généreux. Mais
maintenant vous devez comprendre qu’il l’était avec l’argent
des autres. Donc cela implique une question légitime, je
trouve : Peut-on parler de générosité quand il ne s’agit pas
de son argent ?
Première grande leçon en rapport avec le titre.
Riche d’apparence ne veut pas dire riche ! Ainsi, il est possible
d’être « Riche Sans Argent » au sens premier du terme. On
peut avoir l’air d’un riche, se comporter comme un riche,
parler comme eux et pourtant ne pas avoir un sou. Pire,
dépenser les sous des autres en prétendant en être le
bénéficiaire. Riche sans argent à soi, est bien la plus mauvaise
des situations. Les apparences sont parfois trompeuses, et
mon père a trompé tout mon univers ainsi que celui de ses
proches. En définitive, mon enfance était un mensonge, son
mensonge, et c’est peut-être pour cela que le chapitre de la
faillite est plus long que celui de l’argent à profusion. Sa
profusion de l’argent était relative, puisqu’il l’avait avec
une date de péremption à très court terme. Notre réalité de
riche sera bien plus fugace que la réalité de la faillite. Malgré
cela, ne pensez pas que je lui en veuille pour cette raison.
Car ce n’est pas du tout le cas. Bien au contraire, cette première
partie de ma vie, son échec, était vraiment nécessaire à mon
accomplissement et je lui en suis presque reconnaissant.
L’ensemble de ces événements qui sont arrivés dans ma vie,
sera l’une des meilleures sources d’une transformation

41
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

profonde de mon tempérament. Sans ces difficultés, je serais


une toute autre personne, à mille lieues de celle que je suis
aujourd’hui.
Cette injustice que j’ai vécue, car de mon point de vue
c’en est une, m’a permis d’évoluer, de grandir et de me
responsabiliser. Il faut être honnête, sans cela, je serais
devenu un sale gosse. J’étais sur ce chemin, avec comme
finalité, un comportement que je vois tous les jours chez des
enfants qui se croient nés riches, alors que sans le savoir ils
est possible qu’ils ne le soient pas.


Ce qui m’a toujours fasciné dans cette histoire, c’est la force
de ma mère. Je ne peux pas dire que ce fut un long fleuve
tranquille, mais avec le recul, l’âge et l’expérience, je ne
peux être qu’impressionné par ce qu’elle a accompli.
Une chose qui m’a interpellé tout particulièrement, c’est
qu’elle a payé trois fois sa maison !
La dernière fois, j’y ai pris part.
Elle a vécu un enfer durant des années après que cette affaire
ait eu lieu. Malgré cela, elle n’a jamais cessé de se battre
pour tout un tas de raisons, parfois sans raison, mais elle a
réussi à sauver ce qu’elle voulait sauver.
J’ai assisté parfois involontairement, à des scènes où elle se
battait pour ne pas perdre certaines choses de son quotidien,
et je pense que cela a fait naître en moi cette combativité
ainsi qu’une violence intérieure que parfois je ne m’explique
pas. Pourtant, même si cela peut paraître triste, je pense que
c’est la meilleure chose qu’il nous soit arrivée. Je crois que
c’est de cette façon que s’est implanté en moi, la graine
indescriptible d’une rage de réussir, et surtout m’a rendu
« inarrêtable ». Je me suis transformé instantanément.
D’un enfant gâté, je suis passé à un adolescent concerné
par son avenir. Cette notion d’avenir, de situation et d’ac-
complissement m’a fait ressentir une espèce d’urgence. Je
ne suis pas capable d’expliquer avec des mots pourquoi,

42
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

mais à cet instant, alors que j’étais en cinquième et que mes


amis vivaient l’entrée dans l’adolescence, ma vie était dif-
férente de celle d’un collégien. Et ce petit garçon qui venait
d’entrer depuis peu au collège comme tous ses camarades,
est resté en cinquième. Je crois que l’enfant que j’étais est
mort cette année-là pour laisser place à un adulte. À ce pro-
pos, me concernant, j’ai une sensation étrange comme si je
n’avais jamais changé depuis ce jour. J’ai la conviction
d’être toujours la même personne que ce jeune garçon. Très
peu de choses, pour ne pas dire presque rien n’a changé en
moi depuis ce temps. J’ai beaucoup de gens autour de moi
qui disent avoir évolué, avoir vu leurs rêves disparaître, ou
être devenus un adulte différent de l’adolescent ou de l’enfant
qu’ils étaient. Pas moi. J’ai foncièrement les mêmes attentes,
les mêmes désirs que cet enfant qui était en cinquième. Mes
aspirations sont les mêmes et j’accomplis, ni plus ni
moins, les projets que j’avais élaborés à cette époque. Mon
environnement en changeant radicalement avec les années,
a simplement transformé la vision que je portais sur mes
propres possibilités, m’obligeant à m’adapter d’une part, et,
d’autre part, j’ai découvert que je pouvais faire ce que je
voulais et bien plus encore. Finalement ce dernier point est
de loin le plus compliqué à mes yeux. Pouvoir tout faire
c’est avoir le choix, et choisir est un exercice difficile. Par
contre, je n’ai jamais eu à remettre en cause mes desseins.
Il est clair qu’aujourd’hui je n’envisage pas ma vie sans
pouvoir accomplir ces choses qui étaient en moi lorsque
j’étais ce petit collégien. Mais ma grande difficulté c’est que
j’ai choisi de tout accomplir. Et lorsque l’on veut réaliser
tous ses rêves sans exception, le point de départ idéal n’est
pas une banqueroute.
Alors, concrètement, comment s’est traduit la faillite dans
ma vie ?
C’est très simple. De cette vie dorée avec nos voitures, nos
maisons, mes week-ends à la mer dans la marina, et mes
désirs très souvent exaucés… Cette belle histoire qui compose

43
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

les premières lignes de ce livre, est passée du rêve illusoire


à la dure réalité de la vie. Sachant que la réalité avait une
vision de cauchemar, et le rêve un goût amer !
Ma mère a vidé la maison. Tous nos meubles sont partis. Je
ne sais pas où, mais nous n’avions plus de mobilier. Il faut
imaginer 160 m2 avec quelques « trucs » à l’intérieur. Je me
rappelle avoir eu une chambre tellement inconfortable...
Mais j’ai dû me résigner, car c’est à ce moment-là que le
bal des huissiers a commencé. C’est alors qu’une phrase
dans la bouche de ma mère est apparue pour ne plus jamais
la quitter : « Je ne peux pas, je n’en ai pas les moyens ».
Il y avait aussi cette autre phrase, mais je ne sais pas pourquoi,
elle m’a moins marqué :
« Fais attention à l’argent, économise,
tu ne sais pas de quoi demain sera fait… ».

Pourtant je vous assure, elle a tout fait pour compenser, pour


me donner l’illusion que tout allait pour le mieux. Pour me
protéger. Avec le recul je pense que certaines choses ne
peuvent être cachées, et quand la réalité est écrasante, la
meilleure des options reste une franche explication.
Un autre point marquant dans ce changement de vie que j’ai
traversé, c’est lorsque ma mère devait venir me récupérer
après les cours. Elle me faisait attendre. J’attendais parfois
plusieurs heures durant, assis sur les marches du collège à
ne rien faire. La situation était tellement dure pour elle, il
lui fallait tellement d’argent pour le lendemain, qu’elle
s’occupait de faire rentrer ce qu’elle pouvait, au détriment
certaines fois de son fils.
J’ai souvenir une fois, avoir attendu jusqu’à 23 heures, heure
de la fermeture du bâtiment. Ce soir-là, heureusement, il
y avait un événement. À l’époque, nous n’avions pas les
portables, je n’avais pas l’argent pour la contacter, et partir
c’était le meilleur moyen de se perdre ! Pendant des mois
j’ai attendu en ne faisant rien, sauf réfléchir. Puis un jour,
je me suis pris en main. Avec le recul je trouve que j’ai été

44
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

long à la détente ; mais j’ai compris grâce à ce simple fait


insignifiant, que les choses ne se réalisent que si on agit pour
qu’elles arrivent. Rester assis et attendre en réfléchissant,
c’est le meilleur moyen de regarder passer le temps et sa vie
sans ne jamais avoir son mot à dire. A partir de ce moment-
là, j’ai donc appris à marcher, à faire du stop, à me débrouiller
tout simplement. Je crois que le temps passé sur ces marches
a contribué grandement à transformer le petit garçon à qui
l’ont donnait tout, en un homme qui allait se servir.
« Un idiot qui marche ira toujours plus loin
qu’un génie assis ».


Toujours à cette époque, ma mère a supplié ses parents
(mes grands-parents maternels) de racheter notre propriété.
Je pèse mes mots, car ces deniers n’avaient aucune
considération pour notre maison qui allait être vendue aux
enchères. Elle finit par les convaincre, non sans y laisser
des plumes, puisqu’elle offrit en échange le logis, tout en
assumant les factures, les impôts et le crédit. Crédit qu’elle
avait déjà payé en grande partie avec mon père une première
fois !
Dans l’absolu cela est étrange, car c’est ici mon premier
rapport avec mon futur métier.
Mes grands-parents étaient eux-mêmes des « bâtisseurs » et
mon grand-père était un homme vaillant. Durant sa vie, il a
toujours travaillé 42 heures dans son entreprise où il avait
un poste de comptable. Certains diront que ce métier
préservait son capital physique, ou encore qu’il ne demandait
pas d’effort. Pourtant, il passait bien tout ce temps-là dans
son entreprise. Ce temps, personne ne peut nier qu’il était
destiné d’une manière ou d’une autre à une tâche précise.
Cela se traduisait donc par des semaines pleines du lundi au
samedi matin. Sa particularité tient dans son temps libre, car,
malgré son métier, il l’a utilisé pour construire une dizaine
de maisons, et ce durant toute sa vie. Quand je dis construire,

45
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

je précise qu’il réalisait lui-même, des fondations à la toiture,


l’ensemble du chantier. Pour gagner du temps, il embauchait
des personnes pour l’aider, afin que l’ouvrage avance plus
vite. Ma grand-mère, qui ne travaillait pas, s’occupait de
choisir le lieu de l’investissement, le terrain, et gérer les
travaux. Au final, je peux dire que mes grands-parents
étaient éveillés au marché immobilier.
Alors, lorsque ceux-ci ont accepté de racheter pour nous
notre maison, ils sont devenus nos prête-noms, car nous ne
pouvions plus rien détenir en notre nom propre, ce dernier étant
entaché des dettes de mon père. Il faut bien comprendre qu’à
ce moment-là, si nous avions possédé quoi que ce soit, les
huissiers seraient venus nous saisir ; le montant de la dette
correspondant aux pertes de l’entreprise de mon père.
Mais il faut savoir que le jour de la vente aux enchères, nous
n’avons pas réussi à racheter notre maison. Un marchand
de biens l’a acquise. Je vous laisse imaginer le sentiment de
ma mère et de mes grands-parents. Pourtant, lorsque la vente
fut close, il vint trouver ma famille et proposa de leur revendre
la maison au prix de l’adjudication, en renchérissant son
coût d’une plus-value de 100 000 francs. Ma grand-mère
était furieuse ! Je n’oublierai jamais les termes qu’elle
employait pour qualifier cette personne : « C’est un usurpateur
sans foi ni loi ». Cependant, l’affaire fut conclue de cette
façon, non sans que ma grand-mère que j’appelais Manet,
ne pût s’empêcher le jour de la vente définitive, de transmettre
tous ses bons sentiments qu’elle avait, eu égard au marchand,
et ce, devant le notaire.
Ce qu’elle ignorait et que je découvrirai plus tard, c’est que
ce métier est fait quotidiennement de ce genre de petites
piques. Mais au final, ceux qui pratiquent ce genre d’activité
n’en sont que peu impactés. En effet, cette profession
consiste principalement à acheter et revendre des immeubles
et implique d’engager un budget conséquent, engendrant de
ce fait le risque de se retrouver très vite dans une situation
précaire.

46
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

Ainsi la maison acquise, mes grands-parents étaient notre


« couverture » financière empêchant nos créanciers de
pouvoir saisir notre bien.
La situation nous a conduits à vivre ensemble, faisant entrer
mes grands-parents plus encore dans nos vies, de sorte qu’ils
influencèrent mon éducation et mes pensées comme des
parents l’auraient fait pour leur enfant. Manet s’évertua à
faire de moi un étudiant modèle, ce que je ne fus jamais, car
la faillite ne me donna qu’un seul souci : Gagner de l’argent.
Pourtant, si tu lis ces lignes et que tu es étudiant, sache que
l’argent et ce que tu as dans la tête ont une corrélation
directe ; et chose que je n’avais pas comprise à cette époque
et que dès lors le temps m’a apprise, c’est que l’un implique
l’autre et vice-versa.
« De la somme de nos connaissances et de nos croyances
en résulte nos gains financiers ».

Mes grands-parents, eux, faisaient en sorte de ne rien me


dire des anicroches liées aux dettes, et ma mère agissait de
la même manière. Pourtant, la situation était arrivée à un
point où il était impossible de ne pas s’en apercevoir.
C’était l’arbre qui cache la forêt.


Je me souviens très bien cette fois-là où ma mère a failli
perdre sa voiture sur saisie judiciaire. Lorsque l’on sort d’une
faillite, la France a une politique très adaptée dans cette
conjoncture : « Tu te démerdes ! »
Conclusion, pas d’avocat, pas d’aide, pas de salaire, pas de
pension alimentaire, elle n’avait qu’une seule solution, se
battre. Je crois d’ailleurs que je peux dire qu’elle s’est battue
toute sa vie. Et je crois que c’est pour cela que j’ai toujours
voulu réussir. Non pas pour moi, mais pour elle.
Durant cette période, nous ne pouvions pas toujours nous
acheter du pain. Et j’ai gardé en mémoire cette image de
nous deux en train de chercher dans nos portefeuilles les

47
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

pièces nécessaires pour une hypothétique baguette. Nous


allions à La Fromenterie. C’était un pain industriel vraiment
pas cher et pas très bon : 0,90 centimes de franc la baguette.
Nous restions parfois un certain temps devant le magasin
pour rassembler notre menue monnaie. Mais même à ce
prix, durant un an ou deux nous ne pouvions pas toujours
nous le permettre, et le pain était devenu un luxe. Aujourd’hui,
je ne peux m’empêcher, lorsque j’achète mon pain, de
réaliser que cela représente pour moi une sorte d’accomplis-
sement simple et quotidien. J’aime me remémorer que je suis
capable de me payer cette simple baguette.

Mais revenons à mon Père et sa générosité. Vous avez bien
compris ceci : Toutes les personnes présentes lors de ses
distributions ont disparu comme par magie avec sa faillite !
Et pourtant je n’ai jamais vu quelqu’un répandre avec autant
de largesse que mon père, et je suis sincère. Je n’ose imaginer
ce qu’il a pu donner à certains ! Malgré ce, ces mêmes
personnes ne se sont jamais manifestées après son départ ou
pendant notre faillite. Pire, mon père n’étant plus là, certains
de ses créanciers venaient nous réclamer l’argent qu’il leur
devait, à nous, sa femme et son fils !
J’ai un nom singulier : Popovitch. C’est, vous l’avez compris,
celui de mon père. C’est son « cadeau ».
Si nous nous rencontrons, il y a de grandes chances pour que
vous n’oubliez pas mon nom de famille. Non parce que c’est
moi, mais ce nom reste en mémoire ; j’ai eu l’occasion de
le constater à maintes reprises, au point où, aujourd’hui, je
n’ai pas vraiment envie que mon enfant porte ce nom. Je
souhaite lui éviter ce fardeau, car si ça peut parfois être un
avantage, dans cette situation, ce n’était qu’une chose de plus
à rajouter à notre malheur. Souvenez-vous de cette réalité,
car mon nom va me jouer des tours, tout le long de ma vie.
Un jour, un ami avec une grande expérience, Jean-Pierre m’a
dit cette phrase que je n’oublierai jamais : « Les salariés se

48
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

rappellent toujours du pire, et oublient toujours le meilleur ».


Je n’ai pas eu la présence d’esprit de le corriger à l’époque,
j’espère qu’il lira ce livre et qu’il acceptera mon interprétation :
« Les gens se rappellent toujours du pire
et oublient systématiquement le meilleur ».

C’est rare les personnes capables de faire la part des choses.


Capables de voir le bon au même titre que le mauvais. Et
c’est dans les moments difficiles que l’on constate avec
amertume que cette phrase est tristement vraie.
Ma mère avait une très bonne amie du temps de mon père,
elle s’appelait Marthe. C’était un peu, de mon point de vue
d’enfant, la meilleure amie de ma mère. Lorsque mes parents
se sont séparés, elle a complètement disparu de sa vie.
D’ailleurs depuis cette histoire, ma mère n’a jamais plus eu
d’amie, au sens le plus basique du terme. Il est probable qu’à
son échelle, cette expérience ait changé son rapport aux
autres.
À mon niveau j’étais mal, et j’avoue que je n’ai pas
immédiatement assumé le changement de situation, me
faisant passer de « riche » à « pauvre ». Je crois que j’avais
honte, ou j’étais gêné vis-à-vis de mes amis. C’est comme
si j’avais perdu la face. Ainsi, si j’ai vécu et ressenti tous ces
sentiments alors que je n’étais pas le principal touché, je
pense que ma mère elle, a dû éprouver des sentiments bien
plus troublants que les miens. Je peux me tromper en écrivant
cela, mais il me semble que c’est à ce moment-là, qu’elle a
perdu la foi dans le genre humain. Je ne la blâme pas et je la
comprends même. Pourtant je pense que c’est une erreur que
de se couper des autres quand on en a le plus besoin.
Il faut garder un point essentiel en tête, j’ai vécu cette
histoire comme un traumatisme, alors que j’étais au second
rang. Je n’ose imaginer ce que c’est que de le vivre en
première ligne.
La faillite a duré un certain temps, mais cela m’a paru une
éternité. Tout a commencé en 1992 pour s’achever en 1994.

49
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

Je n’ai pas les dates exactes en tête, mais les choses se sont
jouées dans ces eaux-là. A partir de là, pour vous donner une
idée, j’ai vécu dans une maison vide de meubles jusqu’à peu
près dans les années 2000.
J’ai perdu de vue mon père de 1995 aux années 1998 sans
trop savoir ce qu’il a fait durant ce temps. Sans nourrir une
haine sans borne contre lui. Je dois vous avouer qu’avant
notre nouvelle rencontre, il était mon père et j’avais envie
de le connaître en tant qu’adulte. Ma vision de l’époque
étant trop édulcorée d’un amalgame d’éléments qu’il m’est
difficile de décrire, le besoin de le voir était là.
Il faut savoir qu’en 1991, soit un an avant l’éclatement de
l’entreprise, mes parents se querellaient beaucoup. Il faut
aussi savoir une chose, c’est que j’étais un enfant au milieu
d’une situation tendue, qui avait la particularité d’emmagasiner
des informations que je ne maîtrisais pas. C’est ainsi que
chacun de mes parents me demandait des choses concernant
l’autre. J’avais donc donné à ma mère le code du répondeur
de mon père. Ou bien j’avais décrit à mon père les déplacements
de ma mère… Je faisais ça sans trop comprendre pourquoi
à l’époque, je le faisais, car j’aimais juste mes parents et
qu’ils me le demandaient. Mais je crois qu’au final, il est
évident, qu’avec ou sans la faillite, les choses n’auraient
jamais continué comme elles étaient auparavant :
« L’argent ne peut être le seul ciment d’une vie. »


Un élément troublant que je souhaite développer sur l’argent,
c’est précisément les deux extrêmes que j’ai vécus.
Ceci n’est pas une conclusion, mais je n’aurais pas de
meilleur moment dans cette histoire pour vous faire passer
ce message. Aussi fou que cela puisse paraître, et en ayant
une vision sur la somme des moments passés, je peux affirmer
une chose troublante. N’allez pas croire que la période avec
l’argent et la vie dorée était la plus marquante de ma vie,
loin s’en faut. Je crois que dans mon cœur, les moments sans

50
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

un sou, dans la tourmente, sans perspective d’avenir avec ma


mère, ma grand-mère et mon grand-père, furent et resteront
les plus intenses de ma vie. Précisément pour la cohésion, le
sentiment de famille forte, l’attraction et aussi l’unité du
groupe, tourné dans la même direction envers et contre tout.
Je n’oserais pas dire que j’ai aimé la galère, car je sais que
ma mère en a souffert. Pourtant, je ne peux pas cacher non
plus que ce sentiment de regroupement, cette sensation de
solidarité et d’appartenance à ma famille à ce qu’elle fut à
ce moment-là, n’a pas d’égal en mon cœur. L’argent ne
pourra jamais vous offrir cela et même pire, seule l’absence
d’argent vous fera découvrir l’importance de ces détails
qui font toute la différence dans une vie. La franchise,
l’honnêteté, l’entraide et la solidarité n’auraient jamais pu
exister, si nous n’avions eu ni la faillite, ni la famille. La
famille est une de mes réponses à ce que peut être la vie,
mais c’est mon opinion et l’épilogue d’une vie et d’une
histoire atypique.
Il faut comprendre qu’il n’y a pas de réponse juste, et que si
ma vie m’a amené à cette conclusion, tout autre parcours
de vie vous conduira à un autre dénouement tout aussi vrai
que le mien. Cependant, alors que la majeure partie des gens
craignent la défaite, la faillite, la perte ou encore l’erreur,
sans dire que cela est positif, cette situation m’a induit à
ce questionnement : Sans ces événements, aurions-nous été
si proches ?
Je dis : NON !

51
4
Premiers business

Mon premier business remonte en sixième alors que


j’étais au collège. Je raconte souvent cette anecdote en
séminaire sur le ton de la plaisanterie, car cela me fait rire
aujourd’hui. Mais à l’époque c’était une autre histoire.
Quand on manque d’argent, eh bien l’argent vous obnubile !
Conséquence, le cerveau commence à fonctionner pour trouver
une solution. Et immédiatement, la première chose qui vient
à l’esprit, c’est trouver l’idée qui peut vous rapporter. Ce qui
est surprenant dans cet acte, c’est le côté innocent de la
recherche de ce fameux « concept ». Je me couchais donc
le soir en réfléchissant comment faire pour que ma mère et
moi ayons à nouveau de l’argent. Je ne savais pas comment
on gagnait de l’argent, mais j’avais compris qu’une bonne
idée pouvait m’en faire gagner ! C’était une période un peu
contrariante pour moi, car je pensais à plein de trucs divers
et variés, mais au final je tombais à chaque fois dans une
impasse. Ou encore, ma trouvaille finissait toujours par
être copiée de mon point de vue, par quelqu’un d’autre.
Par exemple, j’ai envisagé écrire un livre sur les dinosaures
avec un personnage un peu loufoque, et c’est alors que
« Denver le dernier dinosaure » sortit à la télévision. J’étais
effondré, on venait de me piquer mon idée. La mienne ! Je
n’ai pas d’autres souvenirs précis comme celui-ci, mais c’était
sans cesse la même chose, et dans ma tête tout s’effondrait.

53
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

Il fallait recommencer à réfléchir ! À aucun moment je n’ai


remis en cause ma façon de penser, étant persuadé que seule
une vraie bonne idée pouvait me faire gagner de l’argent.
En réalité, je n’avais aucune notion du marché, ni même de
comment l’argent s’échangeait. Je ne savais qu’une chose,
je voulais nous rendre ce qu’on nous avait pris.
Ainsi, mes premiers gains, c’est un peu une histoire qui a
commencé par hasard. Un copain vient à la maison, et
constate avec étonnement que sur mon mur j’ai un poster
qu’il n’a jamais vu nulle part ailleurs. Normal, c’est moi qui
l’ai créé ! Il me demande alors simplement de me l’acheter,
et c’est ainsi que l’aventure commence !
Connaissez-vous « Dragon Ball Z » ?
Mes parents m’avaient acheté des cartes à collectionner au
format des jeux de cartes « classiques ». J’adorais tellement
cette série télévisée, qu’un jour je me suis fabriqué un poster
avec comme base l’une de mes cartes préférées.
Quand quelqu’un te donne de l’argent contre une chose que
tu possèdes, il y a deux réactions possibles. Soit tu pars vite
dépenser l’argent en ne pensant à rien d’autre, soit tu prends
l’argent que tu viens d’obtenir, et avec, tu recommences. J’ai
opté pour la seconde option, qui m’a ainsi fait découvrir les
deux ultimes alternatives :
- Soit la suite est une succession d’échecs, faisant avorter le
projet avec une perte financière.
- Soit le processus se répète, permettant la création d’un
business à plus grande échelle.
Les choses se sont enchaînées très vite et je me suis retrouvé
à vendre des posters dans la cour de mon école, avec une
facilité déconcertante… Là, vous devez sourire légèrement,
en imaginant un jeune garçon qui gagne 2 à 3 francs par-ci
par-là. Donc je vais parler argent, et accrochez-vous bien,
je faisais 250 francs par semaine ! J’avoue qu’en voyant
les enfants de mes amis aujourd’hui, je me dis que j’étais
un peu… fantasmagorique et téméraire, ou peut-être les
deux (?)

54
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

J’avais élaboré tout un système pour ma jeune entreprise


florissante. À l’époque, il y avait des classeurs pour les
collectionneurs de cartes téléphoniques dont ma grand-mère
faisait partie. Je me rappelle lui avoir demandé non sans mal,
qu’elle m’en donne un. Ensuite, je plaçais dans ce classeur
les cartes « DBZ », que je montrais à mes camarades pour
qu’ils choisissent les posters. Je mettais les pièces derrière
la carte qu’ils avaient choisie, et le soir je réorganisais le
classeur, de sorte que les cartes les plus demandées (celles
où il y avait le plus de pièces) se retrouvent en première
page ! Les pièces jouaient aussi leur rôle. Mes copains
voulaient la même que celles de leurs amis et donc, plus
j’organisais mon classeur en fonction de la demande, plus
je vendais de posters ! Dernier point qui a son importance,
je ne les payais pas. J’utilisais en douce le copieur de ma
mère pour sortir les affiches au format A3 ! Pour un collégien
qui ne savait pas comment fonctionne un marché, le gain
était d’ordre plutôt lucratif !? Cependant, je peux le dire, cela
ne dura pas très longtemps et j’allais recevoir ma première
leçon financière.
Je gagnais de l’argent. Je me suis du reste acheté les dernières
Pump de chez Reebook. Mais surtout, je me suis fait extorquer !
Non pas pour l’argent, mais bien par jalousie gratuite, car
j’ai retrouvé mon outil de travail abîmé et défoncé dans les
latrines, avec encore un peu d’argent à l’intérieur. J’étais
donc confronté à la convoitise. Elle avait frappé et elle venait
de mettre à mal mon mental de jeune entrepreneur. J’ai alors
intégré une notion importante :
« Pour vivre heureux, vivons cachés. »

Je n’ai pas repris le business immédiatement. Je dois avouer


que j’étais bien consterné pour le coup. Je n’avais pas peur,
mais je me demandais qui pouvait bien être la personne qui
avait pu faire ça ?
Lorsque j’écris ces lignes, il y a vingt ans qui séparent le
petit garçon du jeune homme ! Et ce n’est que depuis peu

55
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

que j’ai de fortes suspicions en repensant à cette histoire. Il


est clair pour moi que les personnes les plus proches de moi
à l’époque étaient aussi les plus jalouses. Ainsi, je peux vous
dire que j’ai de fortes présomptions sur qui a mené cette
entreprise à mon égard.
J’ai donc pris mon temps pour faire autre chose, et ce fut
un bon point, car j’ai élaboré un plan précis visant à me
protéger de ce genre de pratique. J’étais alors en fin de
cinquième lorsque plusieurs facteurs en ma faveur, m’ont
permis de recommencer.
L’idée était la suivante : Me constituer un capital, et avec,
m’acheter un lot de quelque chose.
Vous devez noter deux points importants dans cette phrase :
« capital » et « lot ». Ces deux mots à eux seuls, peuvent
simplement vous rendre riche dans une mesure qui dépasse
votre imagination, tant ils n’acceptent aucune limite, aucune
barrière, ni aucune frontière dans le business. Je ne le savais
pas à l’époque, mais cette notion couplée avec la connais-
sance d’un marché, est la clé d’une réussite assurée.


Mon premier réflexe fut de me trouver une « couverture »,
si je puis dire. Une sorte d’image que j’enverrais qui serait
erronée, et par conséquent qui ne pouvait en aucun cas
laisser suspecter de la réalité de mon business.
J’ai donc décidé de travailler dans un restaurant entre midi
et deux heures tous les jours. De prime abord, aucune
particularité. Pourtant la stratégie était la suivante : Ma
grand-mère me donnait 20 francs pour manger le midi. Je
ne lui avais pas dit que je travaillais, bien sûr ! D’ailleurs je
crois ne jamais lui avoir raconté cette histoire. Le restaurant
me payait 50 francs par service et il m’offrait le repas. Je
gagnais donc 20 + 50 francs, et je mangeais « gratuit ». De
ce fait, je gagnais 70 francs réels, et 20 francs théoriques.
Soit 90 francs par jour, ce qui représentait 350 francs par
semaine et 1 400 francs par mois. Cet argent, j’en économisais

56
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

une partie et je me payais des futilités avec le reste. En


neuf mois j’avais 8 000 francs en espèces de côté. Il faut
comprendre une chose. J’avais un compte bancaire ouvert
par mes parents, comme tout enfant, je pense. Cependant, la
faillite avait nécessité qu’on le vide pour… Je ne sais pas
pour quelles raisons il a été vidé, mais l’argent a disparu.
Puis, avec les huissiers, les difficultés financières, ma mère
avait pour habitude de ne jamais laisser d’argent sur ses
comptes, sous peine qu’on les lui retire pour payer je ne sais
quelle dette qui n’était pas la sienne… Bref, j’ai moi-même
eu inévitablement, sûrement par mimétisme, la même
habitude. J’ai donc tenu mes comptes vides, déposant l’argent
dans une boîte à chaussures. Je me rappelle lorsque je l’ouvrais
et que je comptais les billets, j’aimais beaucoup cette odeur !
En quatrième, ma tirelire était bien pleine et je ne manquais
pas de ressources pour faire fructifier mon pécule.
Plus tard, pendant les grandes vacances, entre la quatrième
et la troisième, j’achète un lot de 10 télévisions chez Carrefour.
Un moment mémorable, car important à mes yeux. Ma
première grosse opération financière. Il faut comprendre
que dans ce lot de télévisions, j’ai dépensé la totalité de
mon argent. J’ai ainsi découvert les joies du flux tendu. Je
revendais chaque télévision 500 francs plus cher que son
prix d’origine, mais sans documents officiels à remplir pour
mon client ! J’ai revendu immédiatement 6 télévisions sur 10.
Les 3 dernières ont été un peu plus longues à vendre, mais
j’ai réussi à les écouler à des amis proches avec 400 francs de
marge, soit un rabais de 100 francs. La dernière restera dans
ma chambre pour un usage personnel. Cette télévision qui
avait un écran de 82 cm, était très imposante pour l’époque.
Lorsque mes amis la voyaient, ils se posaient quelques
questions à mon sujet ainsi qu’à la provenance de mes
fonds…
Quand il s’agit d’un étudiant, le plus simple des raccourcis,
c’est la drogue ! Pourtant, et c’est la vérité, je souhaite que
chacun sache que je n’en ai jamais vendu. Et surtout, je

57
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

souhaite que chaque lecteur qui découvrira cet ouvrage


puisse comprendre qu’il y a de nombreux autres domaines
qui peuvent rapporter tout autant... Et en restant dans la
légalité.
Ainsi, mes 8 000 francs étaient devenus 12 200 francs.
Je crois que j’ai apprécié faire cette culbute financière.
Inutile de vous parler de la télévision complémentaire qui
était comme mon fameux repas, théorique. Un avantage
financier certes non encaissé, mais bien palpable.

58
5
Scolarité et Sport

Cette année-là fut un tournant décisif scolairement. Entre


l’argent que je gagnais, la natation, et mes loisirs, je me
disais que l’école n’était pas faite pour moi. J’étais
convaincu d’être « un idiot ». Pour vous donner un ordre
d’idée, alors qu’en quatrième j’avais 19/20 en physique,
en troisième ma moyenne avait chuté à 4/20. Idem dans
d’autres matières. Je n’avais pas de notes du genre 12/20.
Mon explication était que j’étais nul et qu’il était alors
inutile de continuer ma scolarité. J’avoue que dans ma théorie
j’expliquais mes bonnes notes par un accident, lesquelles
étaient pourtant constantes en cours d’année mais inconstantes
d’une année sur l’autre ; l’explication était vaseuse…
Ma mère, n’a jamais été de cet avis, et autant vous dire qu’elle
ne se laissait pas faire. Je me souviens d’un bon nombre de
nos engueulades sur le sujet, jusqu’à ce fameux diktat. Ce
jour-là, ma mère me dit une phrase qui m’est restée gravée :
« Je te fais faire un test psychologique, et si les résultats
sont mauvais, tu pourras arrêter ». La joie en moi était
indescriptible ! J’étais tellement sûr d’être un incapable, que
ce test serait salvateur pour moi.
Nous voilà donc chez le psychologue.
Il m’a fait passer une série de tests, visuels, auditifs, logiques
et d’observations… Bref, tout un panel de questions, dont
une grande partie que j’ai oubliée. Un mauvais moment pour

59
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

être honnête, car lorsqu’il s’assit pour poser les résultats, je


découvris mon Quotient Intellectuel : Un Q.I. de 156/160
soit 2/1000 des enfants sont dans ma situation. En fait, j’ai
une mémoire auditive, visuelle et sensitive, mais caractérisée
par un mode de pensée et un comportement psychologique
différent. Mon niveau était de celui d’un élève de seconde
année de faculté. Tels furent ses mots.
Oui mais voilà, j’étais en troisième !! J’étais très courroucé,
car non seulement j’allais devoir continuer ma scolarité,
mais il venait de donner à ma mère une raison suffisante
d’attendre de bonnes notes, alors que je m’en sentais incapable.
Mon problème est simple, si l’enseignement qui m’est
transmis l’est venant d’une personne peu passionnée, je le
ressens et alors cela ne m’intéresse pas. Comme si cela ne
suffisait pas, je détecte ce genre de personne à un kilomètre
à la ronde, et aujourd’hui encore. Par exemple, lorsqu’une
personne fausse la vérité, je le vois sur son visage en quelque
sorte, comme si c’était écrit sur son front. Je n’ai aucune
explication rationnelle à fournir. Nombre de faits hétéroclites
que je pourrais raconter à ce sujet et qui expliquent mon
aversion pour certains individus, alors que je ne les connais
même pas, pourraient illustrer mes propos. Je ne juge pas
les gens au premier abord, mais j’arrive à détecter certaines
émotions.
Je vais maintenant avouer ici quelque chose que je n’ai jamais
dit. Je sais que j’ai une mémoire très efficace, et je m’en sers
pour ce qui m’est utile. Mais j’en parle peu, comme du reste,
ce test dont je n’avais jamais parlé à personne, car voilà une
réalité difficile que d’être soi-disant un surdoué « inefficace ».
En effet, le système dans lequel j’évolue ne m’est pas
compréhensible. C’est un paradoxe et une source de grande
angoisse pour les personnes comme moi. Je suis également
hyperactif, et si je ne fais pas de sport je ne dors pas la nuit.
C’est pratique pour une personne « monomaniaque »
telle que moi, capable de se lancer à corps perdu dans une
activité. Mais difficile à vivre pour l’entourage.

60
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

Pour finir sur ce point, j’ai appris par la suite que ma mère
se doutait que j’avais ce genre de capacité et que son petit
jeu était en fait truqué, car lorsque j’étais petit, on lui avait
proposé que j’intègre une école spécifique pour enfants
précoces. Cette dernière ayant des suspicions à mon égard
sur le fait que je sois à haut potentiel, elle a donc manoeuvré
avec moi en ayant des informations que j’ignorais. Une
leçon que j’ai gardée en tête et que je vous délivre, car d’une
redoutable utilité :
« Toujours amener son interlocuteur sur ce qu’on ignore,
ce qui l’amène naturellement à se questionner sur ce qu’on connaît. »

J’ai malgré tout réussi mon BEPC et suis passé en seconde ;


toutefois, je pense être indéfiniment inapte au système scolaire
tel qu’il est conçu. Mes rapports avec ma mère n’ont pas
bien évolué dans ce domaine, car le test que j’avais réalisé
ne m’avait pas apporté le dénouement escompté. Ma mère
attendait de ma part de meilleurs résultats.
Je ne sais trop ce qu’est devenu le système scolaire
aujourd’hui, mais à ma connaissance il n’a pas beaucoup
évolué et je constate qu’il n’est pas adapté pour les personnes
telles que moi.

Je vais faire une petite digression, car je crois qu’il est
nécessaire de comprendre le fondement de mon aversion
scolaire. Elle est apparue en troisième lorsque mon professeur
de Français m’a mis zéro à ma rédaction, pour l’avoir faite
faire par ma soeur ! J’aurais pu très bien comprendre cette
note, sauf qu’un petit détail perturbait le fondement de sa
logique : Je suis fils unique ! Lorsque ma mère a essayé de
le lui expliquer, cela n’a rien changé. Ce n’était juste pas
possible qu’un jeune garçon de onze ans écrive ces mots.
Donc une personne de ma famille m’avait forcément aidé !
Impossible de modifier la note, le mensonge venait de mon
côté et non du sien. Il en était persuadé.

61
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

« La foi est la force


la plus puissante qui soit. »

Je n’oublierai jamais cette réunion de parents d’élèves,


j’étais irrité, et surtout j’ai encore en tête le comportement
de ce professeur. Son obstination, sa détermination. Il était
convaincu que je mentais, rien ne le ferait changer d’avis.
L’éventualité que j’écrive ces lignes n’existait pas. J’ai donc
conservé mon zéro. Cette injustice m’a laissé désabusé.
« Ce qu’une personne ne comprend pas
et qui lui est supérieur,
elle le craint au point de détruire. »

Alors, c’est une dure réalité, mais nous sommes une immense
masse de personnes à vouloir réussir. Dans cet agglomérat,
il y a beaucoup d’appelés, et très peu d’élus. Cette dualité
implique forcément notre égo qui nous pousse à nous mesurer.
Ce faisant, notre vision très subjective de ce que nous avons
fait, face à ce qu’a pu faire l’autre, nous amène à convoiter,
imaginer et fantasmer sur des résultats dont nous ignorons
tout. Ces mêmes résultats qui nous mettent face à nos
faiblesses, nous faisant prendre des décisions discutables.
Ce professeur ne pensait pas à mal, il n’a simplement pas
accepté que ma rédaction puisse être, à cet âge, de ce niveau.
C’est concevable, mais problématique, car ce geste a impacté
le reste de ma scolarité. Ce qui ne devait pas être dans son
intention. Mais le plus surprenant dans cette histoire, c’est
qu’aujourd’hui j’écris mon deuxième livre, alors que mon
parcours scolaire ainsi que mon profil ne m’ont jamais
prédestiné à pareil ouvrage.
Nous n’avons pas tous la chance d’être capables d’affronter
nos démons, d’y faire face en accomplissant ces choses
pour lesquelles des personnes nous ont prédit d’autorité,
un échec certain. Pourtant je n’ai qu’une chose à dire :
« Affronter nos peurs
est la voie la plus sûre vers la réussite ».

62
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

Revenons à ma seconde, ainsi qu’à mes difficultés.


La situation depuis la troisième était difficile, car mes notes
ne se sont jamais améliorées, et ma mère attendait une
progression… Laquelle n’est jamais arrivée ! Je continuais
à passer de 19/20 à 2/20 selon le prof. J’ai donc redoublé
avec une suite étrange, et je n’ai pas d’explication pour
justifier ce choix.
En parallèle, j’ai toujours fait du sport en compétition, depuis
le CM2 où je me suis pris de passion pour la natation. Ainsi,
après ma deuxième seconde, j’ai donc pris une année où
je n’ai fait que nager en étant déscolarisé, mais en préparant
le Bac français en candidat libre. Cette année-là, je l’ai
consacrée au sport. Je n’ai donc pas de souvenirs particuliers
de business quotidien. En termes d’horaires, je nageais deux
fois par jour, le matin de 7 heures à 9 heures et le soir de
17 heures à 19 heures 30. A cela s’ajoute la musculation le
matin de 9 heures à 10 heures, ainsi que l’entraînement en
salle de 16 heures à 17 heures. Il faut comprendre que depuis
la faillite, j’ai tendance à me raccrocher à l’activité sportive
qui est devenue comme une bouée de sauvetage. Elle prenait
de plus en plus de place, si bien que je n’avais que les
dimanches de libre, excepté les week-ends où je partais en
compétition.
Il faut que j’ajoute un détail important. Les horaires de
natation, je les pratique depuis la cinquième où j’ai été
scolarisé en sport-études pendant deux ans, bénéficiant
d’horaires aménagés. Et lorsque l’on est au collège et qu’on
termine à 16 heures, aller nager n’est pas un problème. Mais
lorsqu’on est au lycée et que les sorties et soirées s’en mêlent,
le temps commence à manquer pour pouvoir tout assumer.
Or, Il y a deux types de personnes : Celles qui suppriment
le sport pour s’adonner à leur travail ou leurs loisirs, et celles
qui se lancent dans le sport à corps perdu. Inutile donc de
préciser à quelle catégorie j’appartenais. Cependant, le
sport m’a posé un désagrément : Je n’avais plus assez de
temps pour faire mon business… Enfin, j’ai bien trouvé une

63
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

journée de libre, mais avant de vous expliquer comment


j’ai rempli mes dimanches, je veux vous parler un peu de la
natation.

LA NATATION
C’est un sport un peu particulier, mais je pense que tout
sportif tient le même discours pour son activité physique.
Celle-ci a une particularité qui selon moi fait pourtant la
différence. J’ai commencé à pratiquer la natation parce
qu’une personne proche dans mon entourage s’adonnait à
ce sport, et m’a fortement incité à l’adopter. Je l’ai suivi, et
rapidement j’ai découvert cette pratique bien au-delà de ce
que j’aurais pu imaginer. Je dois vous dire une chose très
importante : C’est un sport de besogneux. Il est ingrat,
difficile, et demande énormément de temps. Les résultats
obtenus se comptent en années et se perdent en quelques
semaines seulement. Outre le fait de savoir nager, il n’apporte
que bien peu de reconnaissance, et surtout, cerise sur le
gâteau, ne génère aucun revenu financier, pour ne pas dire
qu’il coûte de l’argent. J’ai conscience qu’avec une telle
présentation on soit tenté de se dire : Mais alors qui peut être
motivé par un tel sport ?
Pourtant, la Fédération Française de Natation compte un très
grand nombre d’adhérents. La première raison qui pousse
des parents à faire nager leurs enfants est pour limiter le
risque de noyade. Sur la masse énorme que cette motivation
représente, avec l’enjeu de l’apprentissage de la nage, seul
un nombre infime de leurs adhérents poursuit ce sport ; et
encore une plus petite fraction le pratique en compétition.
Alors, pourquoi dans un livre de finance je tiens à vous parler
d’un sport qui, de prime abord, est aux antipodes des rouages
de l’argent puisqu’il ne génère aucune source de revenus ?
C’est très simple et pourtant tellement contre-intuitif, qu’il
va falloir être très attentif.

64
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

Dans un premier temps, reprenons ma phrase : « Il est ingrat,


difficile, et demande énormément de temps ; les résultats
acquis se comptent en années et se perdent en quelques
semaines seulement ! ». Alors imaginez simplement qu’au
lieu que cette phrase traite de la natation, elle soit ramenée
à l’argent ou la création d’entreprises… Et là, nous sommes
dans le vrai. Ensuite, incluez simplement cette notion : La
difficulté majeure de l’enrichissement, réside dans l’amorce
d’une fortune. Cet effort demande une telle force, que la
grande majorité des aspirants abandonne au moment où il faut
persévérer, et persiste là où elle ferait mieux d’abandonner.
La natation demande de produire un effort énorme et
journalier, pour compter sur un résultat au bout de plusieurs
années, et finalement pour une course de quelques minutes,
voire quand il ne s’agit même que de quelques secondes.
J’ai une formule qui représente parfaitement mon idée, et
qui résume ce phénomène :
« Millionnaire en 10 ans ».

Ce que je tiens à préciser, c’est qu’une fois le premier million


en poche, le reste arrive comme par magie ! Eh bien, ce
phénomène est strictement identique dans le sport. Une étude
testée sur des sportifs a démontré qu’une fois qu’un athlète
avait dépassé une limite symbolique dans sa discipline, par
exemple les 50’00 secondes au 100 mètres crawl, son corps
est capable d’aller en dessous de cette « barre ». Fait
surprenant de l’étude, ils ont entre autres, dopés certains
sportifs incapables d’atteindre pareil résultat, et une fois
les stimulants disparus de l’organisme, leur état était deux
fois plus performant qu’avant la prise de ces drogues. La
conclusion est donc simple :
« La création de richesse demande de l’excellence.
Une fois le point de rupture atteint,
l’équation change complètement. »

La natation m’a donc appris le goût de l’effort, mais elle m’a

65
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

enseigné une leçon bien plus importante : L’argent n’est pas


tout. Imaginer que l’argent offre la liberté ou le plaisir, est
au mieux un mirage, au pire une folie. Et je vais continuer
mon analogie, car pour arriver à un niveau national dans
ce sport, il faut nager au minimum une fois par jour, environ
deux heures à deux heures trente. Pour espérer faire un
podium, il faut nager deux fois par jour… Et vous n’êtes
toujours qu’au niveau national sans un sou en poche, et avec
une dépense conséquente.
Pour être encore plus précis, j’étais en sport-études avec
Djibril Cissé, footballeur bien connu qui a eu une carrière
professionnelle. À l’époque, en ce qui me concerne, j’étais
dans un circuit international, et j’ai gagné une compétition
qui m’a rapporté un louis d’or, dont sa valeur était de
500 francs. Cette même année, mon sponsor m’avait
équipé pour 2 000 francs, portant mes gains annuels à
2 500 francs. Djibril lui, jouait dans sa catégorie ; il était en
centre de formation avec un contrat, s’entraînait quatre fois
par semaine, soit trois fois moins que moi, et avait un salaire
de 10 000 francs. Mais n’allez pas croire qu’il était le mieux
payé de la classe, c’est faux. Le meilleur contrat était celui
d’un golfeur qui avait déjà un million de francs bloqué sur
un compte jusqu’à ses 18 ans… Pourtant, de l’ensemble des
sportifs de la classe, c’est ce dernier qui a eu la plus mauvaise
carrière. Donc, ne vous y trompez pas, l’argent n’achète
pas tout, et surtout ne permet pas forcément de réussir
professionnellement parlant.
Plus tard, j’ai nagé avec des athlètes qui préparaient les Jeux
Olympiques. Le rythme était démentiel… J’ai d’ailleurs
découvert que si mon rêve d’enfant était d’aller aux J.O.,
être confronté à la réalité des sacrifices nécessaires à
l’accomplissement de ce rêve, m’a fait prendre conscience
d’une chose :
« On est tous capables de participer aux Jeux Olympiques,
mais à condition d’en payer le prix ! ».

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DEVENIR RICHE SANS ARGENT

Alors que je me suis entraîné durant une dizaine de jours au


CREPS, Centre national d’entraînement en altitude de
Font Romeu, j’ai nagé avec des athlètes pendant deux heures
trente alors qu’ils étaient dans l’eau depuis plus d’une heure
déjà, et qu’ils allaient finir une heure plus tard que moi.
La différence entre eux et moi n’était pas physique ou
technique, ou je ne sais quelle autre excuse que la majorité
d’entre nous peut se trouver. La différence était mentale. Elle
était précise sur un point très simple : L’acceptation de ce
qu’il faut faire pour atteindre ce que l’on veut faire. Vouloir
une chose, s’engager et tout donner pour l’avoir, nous
sommes tous capables de le faire. Mais ces sportifs, ils
acceptaient encore plus ! Bien plus que je n’aurais jamais
pu imaginer si je ne l’avais pas vu de mes yeux. On leur
dictait les heures de coucher, les heures de repas, le contenu
des repas… On leur faisait dépasser leurs limites, et quand
elles étaient dépassées, on recommençait inlassablement,
jusqu'à se créer une nouvelle limite avec des contraintes
folles. L’acceptation de l’autorité, de la direction, s’abandon-
ner à une tierce personne avec abnégation et foi, voilà le prix
à payer ! Il faut un mental pour réussir, mais un mental très
spécifique. J’ai conscience qu’il n’y a pas de règles, et mes
mots ne sont pas à prendre au pied de la lettre. L’humain est
paradoxal. Ainsi donc, je sais qu’il est difficile de dire que
telle chose fonctionne mieux que telle autre. Cependant je
reste convaincu que pour les Jeux Olympiques, il n’y a
qu’un choix de vie qui amène à ce résultat. C’est lors de ce
« stage », que j’ai découvert que je n’étais pas capable de
faire preuve d’autant de résignation pour mon sport ; pour
la simple et bonne raison que j’aimais autant le business que
ce dernier. Que même si j’avais eu l’ensemble des qualités
requises pour atteindre l’objectif, en réalité, je n’avais pas la
motivation suffisante pour m’impliquer à un tel niveau,
nécessaire pour concrétiser ce rêve. L’explication est simple.
Il faut faire un choix, et quant à moi, j’aime faire des choix
multiples.

67
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

« Si je peux avoir les deux,


plutôt que de ne faire qu’une seule chose,
j’essaierai toujours de tout avoir,
au risque de tout perdre. »

Ceci étant, la Natation m’a donc appris que pour recevoir


beaucoup, il faut donner encore plus ! Et ce n’est pas une
évidence. Elle m’a appris le travail régulier et la répétition
jusqu'à ne plus pouvoir supporter la monotonie d’un quotidien
récurrent et intrusif. Mais cela m’a aussi fait découvrir le
plaisir de gagner, de réussir, d’apprécier le travail fait sur
une course de 200 mètres qui dure 1’57’00 minute et qui
représente plusieurs années d’efforts.
Je suis foncièrement convaincu que celui qui est capable de
comprendre ce mécanisme, a acquis l’état d’esprit de la
réussite entrepreneuriale. La récurrence est essentielle pour
passer à l’étape supérieure, et c’est le sport qui m’a donné
cet état d’esprit-là.

68
6
Un marché aux affaires !

Si nous en revenons au business, mes semaines étant bien


remplies, il ne restait donc qu’une seule journée, le dimanche :
Mais que faire ce jour-là pour gagner de l’argent ?
« Les vide-greniers, pardi ! ».
Comment ai-je eu idée de cette activité ?
J’avais un ami qui les faisait, et je crois que j’ai voulu tester
à mon tour. Je m’y suis donc rendu une première fois et j’ai
apprécié l’ambiance. J’ai donc réitéré.
Les marchés aux puces m’ont appris beaucoup plus que
ce qu’il n’y paraît, je pense que tout le monde devrait essayer
au moins une fois dans sa vie. À mes débuts dans cette
activité, je m’amusais plus que je ne gagnais de l’argent. Si
j’ai bonne mémoire, je crois que je gagnais 100 à 200 francs
par dimanche. C’était fun, mais je dépensais mon argent,
sans réellement pouvoir prétendre en gagner… Puis un jour,
je ne m’explique pas pourquoi, je suis passé à la vitesse
supérieure. Mon petit capital de 12 000 francs fondait comme
neige au soleil, et je me souviens simplement d’un agacement
de cette situation.
Aux puces je vendais essentiellement des bibelots, des vieux
trucs que personne n’utilisait plus, ou plutôt que ma mère
me laissait vendre. Je me souviens bien de son comportement
quand je mettais la tête dans le garage à cette époque. Elle
était offusquée, mais elle me laissait faire. Je crois qu’elle

69
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

le faisait pour moi. « Merci, maman ». Car je me souviens


qu’une fois les énervements passés, je voyais sur son visage
ce regard bienveillant qui nous fait nous dire :
« Si elle l’accepte,
alors d’autres en feront autant. »

J’étais rempli de convictions, et du reste je le suis toujours.


Par la suite, j’ai commencé à faire le tour du quartier et à
ramener des objets du voisinage que je stockais dans un abri
en bois au fond du jardin. Le week-end venu, je vendais sur
le marché… Lentement, trop lentement, car je stockais plus
que je ne vendais. Une situation inextricable ! Mais je gagnais
tout de même des sous.
Quand je dis, je suis passé à la vitesse supérieure, mes
nouveaux gains étaient de l’ordre de 200 à 300 francs par
dimanche. Conséquence, j’avais toujours 500 francs sur moi.
Si bien qu’on me posait des questions sur mes revenus (?).
Et c’est comme ça qu’un ami proche m’a rejoint dans
l’aventure ! Il n’est pas venu seul, car le week-end suivant,
son cousin était de la fête.
Son cousin Eric était un garçon avide et malhonnête, mais
cela je ne l’ai pas découvert immédiatement. Car je dois le
dire, il était beau, une vraie gueule d’ange. Un grand blond
aux yeux bleus ; les filles en étaient folles et ça m’énervait,
je l’avoue. Une personnalité nuancée, toutefois je reconnais
qu’il avait certaines bonnes idées. Après avoir passé son
premier week-end avec nous, il est revenu tout seul le week-
end suivant, sans me prévenir, en ouvrant son propre stand.
Quand je suis arrivé le matin pour m’installer, il avait un
emplacement de folie ! Il était dans l’allée principale, devant
l’entrée ; un emplacement de premier ordre ! Un emplacement
qui fait vendre ! Un emplacement que je n’avais jamais
réussi à avoir ! J’étais admiratif et envieux aussi… Comment
avait-il fait ? Moi qui lui avais montré mon business, qui
venais depuis des mois, régulier comme une horloge, j’étais
au bout de l’allée, dans un coin à peine visible. Les meilleures

70
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

idées sont parfois les plus simples ; je l’ai appris ce jour-là


à mes dépens.
À la fin de la brocante, je me suis empressé d’aller le voir pour
lui demander comment il s’était retrouvé à cet emplacement ?
Sa réponse : « Je suis venu hier soir à 20 heures avec mon
sandwich dans ma voiture, et j’étais le premier à l’ouverture.
Ils m’ont donc laissé choisir ma place. » Aussi simple que
ça. Enorme ! Si évident, que je n’y avais moi-même jamais
songé ; c’était pourtant une réalité. Problème, je n’avais pas
le permis de conduire, je dépendais donc de ceux qui vou-
laient bien m’amener. Et entre ce qu’il fallait charger dans la
voiture avant de partir et les horaires, comment dire ? Les
volontaires ne se bousculaient pas au portillon… J’avais
alors seize ans, l’association restait donc la seule solution.
C’est ainsi que j’ai décidé de faire les puces avec mon ami
et son cousin tous les dimanches. Les choses se sont alors
inversées, puisque je vendais plus que je stockais !!! Nous
utilisions sa voiture, puis celles d’amis à lui, qui se sont joints
eux aussi à l’aventure. D’une personne isolée, je suis passé
à une association où nous étions cinq au total. De ce fait, le
processus pour la marchandise était légèrement différent.
Comme je vendais plus que je ne rentrais de produits, je
devais m’adapter. Les 50 francs que je proposais aux voisins,
à mes débuts, pour les débarrasser d’objets divers, se sont
rapidement transformés en 100 francs ! Les affaires com-
mençaient à filer avec un rythme équivalent à celui d’une
petite entreprise. En quelques semaines mon capital com-
mençait à refaire surface ! Rapidement nous sommes passés
du petit stand bien placé, au stand cinq places que tout le
monde voyait en arrivant dans la brocante de notre ville. J’ai
passé de supers semaines, et appris des choses essentielles
pour ma vie et mon business, que j’utilise encore aujourd’hui.
Au début j’étais dans mon coin, je ne faisais pas ou peu de
bruit, je n’incitais pas à la vente, car je ne voyais pas l’intérêt
d’une telle pratique. Là, c’était l’inverse, mon ami d’école
tenait le stand et moi avec Éric et les autres, nous arrêtions

71
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

les personnes et devions parler avec elles pour les attirer


dans le stand. Ensuite, Mathieu mon ami d’enfance, ou
celui d’entre nous qui se trouvait sur le stand, devait faire la
vente et encaisser l’argent si le client savait ce qu’il voulait.
J’ai appris à accoster n’importe qui, à parler aux inconnus,
ce qui est encore aujourd’hui une de mes compétences les
plus importantes dans mon quotidien. Le fait d’être capable
de parler à n’importe qui, de n’importe quoi, est réellement
un atout, et c’est à cet instant précis que j’ai été initié. Rien
que pour ça, je les remercie de m’avoir fait découvrir cette
approche.
Parlons chiffres maintenant. Depuis notre regroupement,
mes recettes étaient en hausse ! Sur un gros week-end, qui
nous astreignait à passer la nuit du samedi pour être à
l’ouverture le dimanche matin, je pouvais gagner entre
1 500 francs (225 €) au minimum, et jusqu’à 4 000 francs
(600 €). Mon record : 4 730 francs… Pour un étudiant, c’est
énorme ! J’arrivais à m’y rendre deux à trois fois par mois.
Je ne vais pas le cacher, le ratio temps de travail/gain était
juste le top. Mais comme je vous l’ai dit plus haut, Éric était
avide. Il avait un certain train de vie avec gros 4x4, jet ski
et soirées… Il avait besoin de beaucoup plus que nous, et
de ce fait cette association s’est vite arrêtée. Je me rappelle
du reste très bien comment.
C’était un mercredi, nous avions rendez-vous souvent ce
jour-là en semaine, pour faire le point avant le week-end, du
fait que le reste du temps nous étions en cours. Pour nous,
ce n’était ni révisions, ni amusements, mais business. Je ne
vais pas tout vous raconter, ce serait trop long, mais nous
étions très bien organisés !!! Ce mercredi-là, Éric nous
explique qu’il risque d’avoir des lecteurs de DVD à vendre
pour le dimanche suivant. 9 pièces au total. C’était la période
de l’arrivée du DVD, donc une grosse attraction autour du
support. Et puis un stand avec un bon choix de CD, de DVD
et de lecteurs de DVD et appareils électroniques, attire
toujours plus de monde. Pour vous situer, ma spécialité à

72
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

cette époque était les machines à laver le linge… C’était un


peu galère à transporter, mais je recherchais ce genre de
produit, car ça attirait une certaine clientèle. Quant à
Mathieu, lui, son père était marchand de biens spécialisé
dans les commerces, et il était directeur d’une importante
agence immobilière. Conséquence, il avait toujours du
matériel, type de bureau, à vendre, que son père devait
écouler. Jimmy, un autre du groupe, était fils d’ambulancier.
Ne me demandez pas comment nous avions toujours du
matériel médical sur le stand… Finalité, chacun son domaine,
et donc un stand très varié qui vendait très bien.
Bref, Éric nous parle de DVD et nous explique qu’après ces
ventes il ne reviendra plus pendant plusieurs semaines. Rien
que cette annonce m’avait interpellé. Il était du genre à aimer
se vanter ; il s’achetait des objets de valeur, et avec un tel
train de vie je voyais mal comment il allait faire sans cette
rentrée financière (?). Il aimait raconter ses exploits, et
là il nous annonçait que ces ventes seraient un coup de maître
pour ensuite arrêter un certain temps ! Je ne suis pas dupe
et je commençais à me poser des questions sur ses pratiques.
Concernant la provenance de certains objets, je n’ai jamais
réellement compris d’où ils sortaient (?). Bref, aucun
étudiant sans un soutien financier ne pouvait se payer tout
ce qu’il avait. N’y voyez aucune jalousie dans mes propos,
mais son affaire de DVD sentait le mauvais coup à plein
nez...
Le filon était tellement bon, nous travaillions côte à côte, et
logiquement, faisant la même activité, nous savions ce que
gagnaient les uns et les autres. Il y avait une légère différence
de résultats entre Éric et Mathieu et puis nous autres, pour
la simple et bonne raison qu’ils avaient toujours un peu
plus de matériel à vendre que nous. Mais globalement, nos
chiffres d’affaires respectifs tendaient à être identiques à une
centaine de francs près. Incroyable que l’un d’entre nous
arrête, compte tenu des conditions et surtout des gains
non négligeables en jeu ! Spécifiquement le plus flambeur

73
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

des cinq ! Je fus très surpris et suspicieux de le voir donc


nous annoncer son départ.
Qui cesserait une activité aussi simple, peu gourmande en
temps, et très rentable ? J’étais dubitatif.
Certaines personnes auraient pu se retirer effectivement,
mais pas Éric ! Bref, j’étais méfiant sur le week-end à venir
et malheureusement j’avais raison. Le week-end arriva vite
cette semaine-là, comme si un oiseau de mauvais augure
contribuait à accélérer notre rapport au temps. Lorsque nous
avons déballé tout le matériel, Éric avait soigneusement
gardé le meilleur pour la fin : Ses 9 lecteurs de DVD à
vendre. Il en sortit un seul sur le devant du stand, avec un
prix affiché en gros caractères, et en dessous il était écrit :
Stock disponible ! Le prix de vente était 50 % moins cher
que celui du marché. Je suis passé discrètement devant un
des lecteurs, je l’ai observé avec attention, et il ne m’a pas
fallu longtemps pour découvrir le pot aux roses ! Il s’agissait
de lecteurs de CD, dont il avait simplement remplacé le logo
CD par le logo DVD ! Et il vendait ces lecteurs, sans doute
payés une misère, dix fois leur prix ! C’était une arnaque
grossière. J’ai donc récupéré mes affaires et laissé tous mes
amis en plan. Je ne voulais rien avoir à faire avec eux, à partir
de ce moment-là. Je suis donc parti, sans savoir comment
la fin de matinée allait se terminer. J’ai agi selon mes
principes et mes valeurs, pourtant j’allais très vite apprendre
une nouvelle leçon sur le monde de l’entreprise, une de
celles dont il est impossible d’avoir conscience tant qu’on
ne l’a pas vécue.
« Il faut toujours considérer une association
d’un point de vue extérieur,
et non basée seulement sur des intérêts propres ».

Voilà des semaines, des mois que nous étions ensemble, et


les clients nous avaient déjà associés visuellement et
commercialement parlant. Lorsque je suis revenu la semaine
suivante, Éric et les autres du groupe n’étaient pas là. Mais
les acheteurs des faux DVD eux y étaient, pour demander

74
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

pourquoi leurs lecteurs ne lisaient pas les DVD ? Inutile de


vous dire que certains d’entre eux ont identifié la supercherie,
alertant ceux qui ne comprenaient pas, augmentant leur
mécontentement, et de ce fait leur colère... Fatalement, étant
le seul présent de la bande, c’est vers moi que se sont tournés
les clients très énervés.
Mes amis m’ont appris à aborder facilement n’importe qui.
Mais là ils venaient de m’enseigner comment faire face à une
clientèle mécontente me prenant pour cible, malgré que je
n’avais strictement rien à voir avec l’escroquerie qu’ils
avaient subie. Aujourd’hui, avec le recul, je comprends très
bien ce comportement à mon égard. Mais à l’époque, j’ai vécu
cette situation comme une injustice me mettant en fureur.
Cet imbroglio n’arrangera pas notre différent, malgré que
j’ai tout de même géré au mieux cette crise. Cependant,
autant vous dire que je n’y suis jamais retourné après ce
dimanche de confrontation SAV ARNAQUES Eric.
Je me rappelle très bien que ma mère avait mal compris mon
arrêt brutal de cette activité. Elle avait tenté de faire
comme font les psychologues, en venant parler avec moi,
mais sans succès. J’étais trop mal à l’aise face aux événements,
et croyez-le ou pas, je me suis senti responsable de m’être
associé avec ces personnes. En validant leur présence à mes
côtés, j’ai eu l’impression de cautionner leurs actes, bien
qu’ils ne soient pas les miens. Comme si cela ne suffisait
pas, j’ai appris par la suite que les lecteurs CD étaient volés !
Si je vous donne le « pedigree » du groupe, je peux vous dire
que j’étais le plus pauvre de la bande, et pourtant, ces enfants
de bonne famille ne reculaient devant rien pour avoir
toujours plus d’argent... Alors, certes je ne peux pas dire que
l’idée ou l’envie d’emprunter un mauvais chemin ne m’ait
jamais traversé l’esprit. Pourtant je n’ai jamais franchi le pas.
« C’est le manque d’argent
et le désir d’en avoir toujours plus,
qui rend les hommes fous. »

75
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

Dès lors, les puces ne m’attiraient plus. J’étais désabusé. Et


je crois que je ne voulais plus revoir quiconque d’entre eux.
De même, je n’avais pas envie non plus de faire face à de
nouveaux clients qui pourraient croire à tort, que j’avais un
lien avec ces magouilles. Mon seul désir était d’oublier cette
histoire et de passer à autre chose. La bonne nouvelle, c’est
que nous étions à l’approche de l’été, et mon capital me
permettait de ne pas travailler jusqu’aux grandes vacances.
J’allais donc m’orienter sur une option plus simple, à laquelle
je n’avais encore jamais réellement goûté. Cet été-là, j’eus
l’occasion de travailler dans une banque en tant que salarié.
Inutile donc pour moi de m’embêter à continuer cette activité
qui prenait de plus en plus de place dans le jardin de la
maison de ma mère, et qui venait de tourner à l’aigre.
Un dernier détail, j’ai malgré tout conservé le stock restant,
sans trop savoir pourquoi, alors que ma mère me harcelait
littéralement pour que je jette toutes mes « merdes » (ce ne
sont que les mots de sa bouche), agacée de voir son jardin
transformé en dépôt. Mais je ne le savais pas encore, les
puces allaient pourtant me revoir une dernière fois dans
ma carrière, pour m’apprendre une des plus grandes leçons
de ma vie entrepreneuriale.

76
7
Ecole et spéculation

Auparavant, avant les vacances j’appris une nouvelle


plutôt embêtante. Ma mère s’est mis en tête de trouver une
école qui accepte les étudiants en difficultés scolaires.
Dans le cas où vous seriez perdu dans ma scolarité, j’ai
donc fait deux secondes au lycée, et on m’en proposait une
troisième dans un nouvel établissement ! Ce n’était pas du
tout de mon goût. Et heureusement, cela n’enchantait pas
vraiment ma mère !
J’ai alors pris la meilleure décision de ma vie : J’ai arrêté le
lycée pour ne plus m’adonner qu’à la natation. Ce fut une
année merveilleuse, mais au terme je n’avais plus un sou
en poche ; j’avais dilapidé tout mon capital. Cependant,
pour être tranquille au niveau familial, j’avais accepté de
suivre mon année de Première avec le CNED, en candidat
libre, pour rassurer ma mère. Moi, ce qui m’importait, c’était
nager ! C’est du reste la meilleure année sportive que j’ai
jamais réalisée. J’ai obtenu de très bons résultats, et surtout,
j’ai eu mon Bac de français !!! En clair, j’ai validé mon année
de Première, alors que l’Éducation Nationale allait me faire
passer une troisième année en seconde !
Deux choses importantes que je dois préciser à ce stade :
- La première, c’est qu’à l’issue de ces mésaventures je
n’avais plus d’argent.

77
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

- La deuxième, c’est que le fait d’avoir mon Bac français il


devenait probant pour ma mère je devais passer le Bac tout
court. Ce qui, je ne vais pas vous le cacher, était moins
évident pour moi.
Je tiens à être honnête avec vous, les débuts de l’année
suivante furent catastrophiques ! Scolairement, financièrement,
psychologiquement… La totale !
L’idée, c’est qu’effectivement quand rien ne va, tout va de
travers. C’est assez hallucinant d’ailleurs, de voir comment
notre esprit fonctionne. En clair, il n’est pas possible
d’avancer si on ne l’a pas décidé. Il suffit ensuite d’en avoir
l’envie, pour débloquer la situation. Et pourtant, c’est très
simple à dire mais si dur à mettre en place...
Conclusion, ma mère souhaitait que j’intègre un établissement
scolaire privé plus performant.
Je ne sais pas si vous le savez, mais quitter le système
scolaire c’est facile, le réintégrer avec des « casseroles »
comme les miennes c’est plus compliqué. Car avoir des
notes qui s’opposent d’une année sur l’autre, c’est vraiment
la pire des choses à faire. Mais ma mère a toujours été une
femme tenace. Et elle a fini par trouver à plus d’une heure
trente minutes de trajet en train de notre habitation, une école
privée qui était certes très chère, mais laquelle a accepté
de me soutenir pour préparer mon BAC en candidat libre,
aux conditions, que je respecte divers engagements pris avec
la direction... Je pense qu’ils ne voulaient pas prendre de
risque avec moi. Je me rappelle très bien notre rendez-vous
chez la directrice qui était une dame très gentille. Ma mère
voulait vraiment que je fasse mon année là-bas, car elle avait
très bien compris que sans encadrement, je ne passerais
jamais ce diplôme. Dans la voiture, sur le trajet du retour,
notre discussion fut directe :
— « Penses-tu que tu puisses y arriver ? »
— « Je ne sais pas… »
Mais pour que je puisse suivre cette scolarité très onéreuse,
il n’y avait qu’une solution : Mon père. J’étais à nouveau

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DEVENIR RICHE SANS ARGENT

en contact avec lui depuis une paire d’années.


Pour mémoire, à ce niveau de l’histoire je dirais que mon
enfance faite d’opulence n’existe plus dans mon esprit ; elle
a en quelque sorte disparu. Je m’en souviens, mais c’est
comme si cette vie de richesse et d’abondance n’avait pas
été la mienne. À la place, il ne reste que cette maison à moitié
vide, ainsi qu’une sorte de couperet menaçant et permanent
fait d’huissiers et de créanciers qui se manifestaient de
manière imprévisible, voire même, qui se présentaient de
temps en temps. Je savais que ces mauvaises choses étaient
de son fait, mais quand mon père est revenu vers moi, j’ai
voulu comprendre, et même juger par moi-même ; car étant
enfant, certains souvenirs sont et resteront à jamais étranges.
En clair, je crois que mon souhait était de voir de mes yeux
qui il était vraiment. Dans un premier temps, j’ai donc fait
l’intermédiaire entre mes deux parents, pour négocier les
frais d’une école qui coûtait cher, sachant que l’un a toujours
refusé de donner à l’autre son dû.
Soyons lucide. Une scolarité dans une ville à plus d’une
heure de chez soi, admet un coût non négligeable, surtout
pour une cellule mono parentale endettée jusqu’au cou.
C’est en écrivant ces lignes que je réalise la volonté de
ma mère et l’absence de mon père. À l’époque, je n’avais
conscience de rien.
Le début des négociations fut simple : Mon père ne voulait
pas. Il n’avait jamais payé la pension alimentaire, alors payer
des frais n’était pas une option pour lui. C’est ainsi que j’ai
emprunté le train tous les jours pour suivre mes « cours »
dans cette école. Comme dans une bande dessinée pour
adolescent, je ratais tous les jours le premier train. J’arrivais
en retard courant derrière le wagon comme pour prendre le
train en marche, mais qui dans la réalité ne s’arrête jamais.
Autre fait qui n’existe que dans les scénarios de films, il n’y
avait pas de fille qui m’attendait dans le wagon. Pas d’amis
avec qui parler… Non, j’étais seul à faire ce trajet. Je ne
payais pas à chaque trajet le billet, car trop cher. Ainsi, mon

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DEVENIR RICHE SANS ARGENT

seul ami, si tenté qu’il le soit, était le contrôleur qui à la


longue était devenu plus clément avec moi et plus discret
aussi, car il avait saisi la situation.
Les premiers mois furent très difficiles, mes retards répétés,
ce trajet de presque trois heures par jour m’empêchait à la
fois de faire mes devoirs, mais aussi de vivre. Rapidement,
j’ai fait le choix de rater des cours, simplement pour avoir,
ou plutôt retrouver un quotidien plus « normal ». Ma mère
recevait des courriers très peu sympathiques me concernant.
Je dois avouer qu’elle n’était pas en colère après moi, elle
savait que la situation était peu viable sur la durée. Elle a
donc pris les devants sans savoir si mon père nous aiderait.
Elle a choisi de visiter des appartements, ce qui allait doubler
nos frais, mais qui me permettrait d’avoir du temps. Il faut
savoir que dans son esprit je DEVAIS avoir le BAC, et
forcément l’un des trois de la section générale. Elle se fichait
que ce soit un Bac L (Littéraire) ES (Economie et Social)
ou S (Scientifique), je devais en avoir un de ces trois-là !
Point ! Voilà le gros morceau non négociable, qui
m’empêcherait de vivre ma vie tant que je ne lui donnerais
pas ce qu’elle voulait.
Je ne vais pas faire durer le suspens, mon père a finalement
participé aux frais car ma mère l’a littéralement harcelé pour
qu’il prenne en charge l’appartement. Ils se sont arrangés de
sorte que les frais fixes soient payés, ce qui était énorme !
Mais, il n’y avait pas d’argent pour mes frais courants tels
eau, électricité... Ma mère me donnait bien quelques provisions
pour la semaine, et je devais me débrouiller pour me payer
ce dont j’avais besoin au quotidien et tous les frais annexes.
Petit détail, j’avais une voiture, car l’appartement choisi était
à une demi heure de route de l’école du fait que dans ce
village les loyers étaient bien moindres qu’en ville. Donc
j’avais aussi des frais de carburant. Mon grand-père paternel
encore en vie me donnait un peu d’argent tous les mois pour
m’aider, mais cela ne me couvrait que quelques charges.
Pourtant je ne pourrais jamais assez le remercier, car étant à

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DEVENIR RICHE SANS ARGENT

la retraite, ses revenus étaient modestes.


« Les impasses sont les chemins les plus formateurs. »

Je ne l’ai pas compris sur le coup, mais la meilleure manière


de se dépasser, c’est d’être bloqué au pied d’un mur, et de
ne pas avoir d’autre choix que devoir le franchir. Une
immense majorité de personnes ne s’engagera jamais dans
une impasse, surtout si j’annonce à l’avance que la route est
bloquée. Pourtant, c’est dans un tel contexte que se produit
parfois l’impensable…
Fondamentalement, la situation n’était pas dramatique, je
pouvais vivre en mangeant modérément. Après tout, si l’on
y regarde bien, certains fruits comme la pomme couvrent la
faim. Durant les premiers mois, dans cette situation, je n’ai
jamais mangé autant de pommes de toute ma vie ! D’ailleurs,
je n’ai jamais eu autant la ligne de mon existence ! Vivre
sans trop manger pour un jeune n’est pas un vrai problème ;
par contre, vivre en faisant peu de choses, alors que son
entourage sort, s’amuse et profite de la vie, voilà une
frustration compliquée à gérer.
Avant d’avancer plus dans l’histoire, il y a une dernière
chose que j’ai à vous dire, et c’est le meilleur moment pour
l’expliquer.
Cette école était un peu particulière. Elle était plus onéreuse
que la moyenne car connaissait une renommée par son taux
de réussite. Elle accueillait des élèves en sports-études
comme des joueurs de foot ou des handballeurs. Pour vous
situer, parmi les élèves, il y avait entre autres, Nikola Karabatic
qui faisait ses études la même année que moi. Enfin, une
autre tranche d’élèves, se retrouvait là ; les enfants dits de
« bonne famille » de la ville. Pour faire simple, des gosses
de riches. Mais n’imaginez pas qu’il y avait une société
secrète, ou un genre de groupement organisé par ceux qui
sont au sommet de notre société, tel qu’imaginé dans
certains scénarios. Les riches restaient entre eux alors que
nous autres étions de notre côté. Nous nous parlions tous,

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DEVENIR RICHE SANS ARGENT

mais nous ne nous fréquentions pas.


Personnellement, je pense que le prix de l’école, dissuasif
pour une certaine catégorie de population, attirait ce genre
de personnes. Le concept de l’école : Pas plus de 13 élèves
par classe, la moyenne étant 10 à 12. J’avoue que c’était
une bonne formule. Dommage que l’école n’existe plus
aujourd’hui.
Autre mythe que je voudrais immédiatement casser, je
ne me suis pas fait de réseau facilitant ma vie actuelle.
D’ailleurs, le seul ami que j’ai gardé de cette époque était
comme moi : Un fils d’artisan, perdu au milieu des riches !
Par contre, point important à ce stade de l’histoire, j’étais
entouré de personnes qui avaient un certain train de vie, dont
il est nul besoin de parler ici, car c’était visible et surtout
palpable à chaque récréation, à chaque sortie, à chaque instant,
me rappelant à quel point nous n’avions plus un sou. Fait
amusant, si je puis dire, mes envies se sont naturellement
hissées à leur niveau.
Il y a une chose étrange avec les finances, et nous partageons
tous cette bizarrerie. Inutile de parler d’argent pour com-
prendre qui en a et qui n’en a pas. La lecture financière de
certains individus, spécifiquement les adolescents, est de
mon point de vue la chose la plus évidente du monde.
« Si vous voulez savoir
qui est riche et qui ne l’est pas,
regardez les enfants. »

Au final, et vous l’avez compris, me voilà donc dans une
nouvelle ville, avec un appartement, les frais payés en partie,
mais sans argent. J’ai donc dû trouver une solution. La
première qui m’est venue, la plus simple, fut de me
connecter à mon dernier souvenir de gain financier : Mon
emploi saisonnier à la banque. C’est donc tout naturellement
que j’ai commencé à chercher un travail. J’ai imprimé mon
curriculum vitae en le transformant au maximum pour
faciliter mon embauche. Puis, tous les samedis, j’ai fait le

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DEVENIR RICHE SANS ARGENT

tour du centre-ville pour aller déposer ce dernier, dans l’espoir


d’obtenir un revenu pour mieux vivre.
C’est à cette époque que j’ai découvert un fait me concernant,
valable pour le reste de mes jours : Je ne suis pas embauchable
en tant que salarié ! Ne me demandez pas pourquoi, mais je
n’ai jamais réussi un entretien d’embauche. Je l’ignorais,
mais j’allais faire, de nombreuses fois dans ma vie, cet amer
constat, que mon profil n’est pas seulement inapte pour
le système scolaire, mais bien pour le système tout court.
Malheureusement, j’avais besoin d’un travail ou plus
précisément d’argent. J’ai donc commencé à réfléchir à
d’autres possibilités. Je ne voulais plus faire de business.
J’avais gardé de mauvais souvenirs de mes expériences
passées. Pourtant, j’ai rapidement compris que mes
recherches seraient vaines. À cette période, il n’y avait pas
de crise à proprement parler, bien qu’on en parle depuis
toujours. Ma conviction, c’est que la crise dépend grandement
de notre capacité à définir quel travail est fait pour nous, et
lequel ne nous correspond pas. C’est ainsi que certains
subissent la crise, tandis que d’autres en profitent. En tant
que salarié, j’ai toujours été en crise…
Après avoir cherché pendant plusieurs mois un travail
correspondant à mes attentes, c’est-à-dire, ne me mono-
polisant que les samedis, j’ai fini par comprendre, avec une
lenteur certaine, que c’était peine perdue.
A ce stade, vous avez compris que j’avais une attirance
naturelle pour les affaires, n’ayant pas vraiment peur d’acheter
et revendre, pour l’avoir fait plusieurs fois jusqu’ici. Il me
fallait des revenus, c’est donc tout naturellement que je me
suis orienté dans le « business ». En tant qu’entrepreneur
de fortune, j’ai toujours profité de la crise. Dans ces années-
là, la vente de pièces informatiques était en pleine effer-
vescence et les composants PC se vendaient très bien.
Dans la cour de l’école, certaines personnes s’affectionnaient
tandis que d’autres ne pouvaient pas se souffrir. Cette situation
présentait un énorme avantage, car ceux qui ne s’aimaient

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DEVENIR RICHE SANS ARGENT

pas ne se parlaient jamais. Or, j’ai toujours été ami avec tout
le monde. Je parle très facilement avec les gens (surtout
depuis ma période de vente aux puces le dimanche). Je suis
toujours sincèrement intéressé par les personnes que je
rencontre ; et j’ai rapidement compris que leurs histoires
enrichissaient mon expérience. Lorsqu’une personne me
raconte sa vie, je m’en nourris en quelque sorte, pour intégrer
une fraction de son existence à la mienne.
Comme à chaque fois dans mes affaires, cette phase de
business commence par un besoin personnel. J’avais besoin
d’une RAM pour que mon PC fonctionne mieux, et ce afin
de pouvoir me mettre en quête de trouver un emploi. J’ai
donc demandé à tout mon entourage de l’époque, si
quelqu’un avait ce qu’il me fallait. L’une de mes connaissances
peu aimée d’autres groupes, vendait deux barrettes de
RAM, mais je n’en avais besoin que d’une ! Je me suis
naturellement dit ceci : Et si je revendais l’autre ?
Il y avait un autre problème un peu plus problématique : Je
n’avais pas l’argent pour en acheter même une sur les deux !
Une autre idée saugrenue m’est alors venue à l’esprit : Si
je vendais la première au prix des deux ? Mais ce n’était pas
suffisant, il me fallait vendre avant d’avoir acheté et, en y
réfléchissant avec précision, le processus devait être effectué
entre deux personnes qui n’étaient, ni amies, ni en relation,
ni en capacité de savoir ce que j’avais fait. Je me suis donc
dit que l’idéal était de tirer profit des conflits qui opposaient
les groupes d’élèves dans la cour. Car, j’étais sûr de ne pas
avoir de problème. J’ai donc choisi un groupe avec des
personnes qui ne se supportaient pas. Mon but étant de vendre
une de mes deux barrettes à l’un d’entre eux, avant de les
avoir achetées.
La vente s’est réalisée très facilement. Mon vendeur peu
aimé, est devenu un très bon ami par la suite. Je lui ai
d’ailleurs, quelques semaines plus tard, révélé ma petite
transaction ; et il ne m’en a nullement voulu.
C’est amusant de constater comme l’on peut se faire une

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montagne d’une chose anodine. Pourtant, il ne faut pas s’y


tromper, cette opération a été très importante pour moi car,
elle m’a appris deux choses fondamentales :
« Le manque d’argent n’est jamais une excuse.
La création de richesse est une obligation. »


Le point important de cette histoire, c’est que ces barrettes
de RAM m’ont fait réaliser que je pouvais faire du commerce
facilement au sein de ma nouvelle école, parce que mes
nouveaux camarades avaient de l’argent à dépenser. Je me
suis souvenu de mes années de collège et de mes ventes aux
puces, et j’ai rouvert mon stock à la maison dans l’abri de
bois, au fond du jardin. Ma mère n’était pas enchantée, mais
comme elle voulait que je vide mon ancien stock depuis un
certain temps, l’un dans l’autre, nous nous y retrouvions.
J’ai donc repris, durant un temps, mon activité de vente sur
les marchés.
À ce moment-là, j’ai fait la connaissance d’une fille : Leslie.
Nous nous sommes rencontrés par une relation commune.
Elle est devenue une « amie ». Je mets cette relation entre
guillemets car nous nous sommes fréquentés à peine
quelques semaines, parce que quelques jours après notre
rencontre, son père découvre qu’il ne lui reste plus que
quelques mois à vivre… Cancer fulgurant dû à la cigarette !
C’était un homme d’affaires de talent, que j’ai accompagné
dans la mort, sans être capable de vous dire pourquoi. Une
expérience qui en aurait changé plus d’un, pourtant je n’ai
pas de grande leçon de vie à vous partager. Je me souviens
surtout de son courage. Il a fumé jusqu'à sa dernière heure.
Non par provocation, mais comme il le disait lui-même :
C’est ce que j’étais. Le courage d’être ce que nous sommes
envers et contre tout. Beaucoup de personnes piétinent
allègrement leurs rêves pour des raisons aussi ridicules
que l’argent. Et cet homme sachant que la cigarette allait le
tuer, a eu le courage jusqu'au bout d’assumer son erreur.
« Assume tes erreurs, même si tu dois en mourir. »

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DEVENIR RICHE SANS ARGENT

Sa fille n’en a pas tiré les mêmes conclusions que moi face à
cette situation, mais je ne peux la blâmer. Ma vision extérieure
avait forcément une distance qu’elle ne pouvait avoir.

Leslie faisait les marchés et avait hérité d’un sens aigu des
affaires. J’ai ainsi découvert que nous faisions les marchés
dans les mêmes villes ! C’est alors que naturellement, j’ai
souhaité faire les puces avec elle. Quelle magnifique idée
j’ai eu là ! Sa méthode était très différente, mais alors à des
milliers d’années lumières de la mienne ! Pas d’attente le
soir pour avoir la meilleure place, pas de grand stand, et surtout
une stratégie redoutable et bien plus efficace, demandant
cent fois moins d’efforts. Le matin à six heures moins le quart,
elle faisait le tour de tous les stands qui étaient sur le marché
où elle allait s’installer ensuite. Elle achetait tous les jeans.
Elle s’était spécialisée dans ce produit. Elle m’expliquait que
parfois elle pouvait faire jusqu'à deux marchés voisins pour
obtenir tous les jeans sur trois marchés alentours. Une fois
qu’elle était en possession de tous ces jeans, elle s’installait
sur le marché là où il y avait le plus de monde. Elle ne
cherchait ni un emplacement, ni une visibilité, elle ne
proposait même pas un large choix, elle étalait quelques
jeans, posait une pancarte avec écrit simplement dessus :
« Toutes tailles disponibles, demandez à la vendeuse ». Et
l’affaire était faite !
Je n’ose vous raconter la suite, tellement elle est exhaltante.
Elle pratiquait les prix qu’elle voulait ! Elle pouvait vendre
deux ou trois fois plus cher un article que la moyenne,
simplement parce qu’elle était la seule détentrice du stock.
Elle avait le pouvoir sur les clients, et cela m’a tellement
impressionné que j’ai compris une chose ce jour-là : Le
monopole n’est pas une jouissance réservée à une élite, mais
bien à ceux qui savent se l’approprier. Je n’avais jamais vu,
ni vécu, une telle pratique avant notre rencontre. Et vivre ça
avec elle, fut le plus beau cadeau que j’ai reçu dans tout mon
parcours. D’autant qu’en l’accompagnant, j’ai pu assister à

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DEVENIR RICHE SANS ARGENT

de nombreuses situations me montrant la force de sa méthode.


Un client pas content ? Pas de problème, c’est la seule à avoir
des jeans, donc inutile de prendre des gants.
Le produit que le client cherchait n’était pas en stock ? Sa
position de force influençait grandement l’état d’esprit de
l’acheteur, la positionnant comme une leadeuse, et poussant
le consommateur à lui laisser ses coordonnées quand il ne
trouvait pas ce qu’il cherchait sur le stand. Incroyable !
100 % du temps elle récupérait les coordonnées de l’acheteur,
se garantissant une vente future ! Une situation qui lui assurait
donc des ventes additionnelles dans la semaine, voire même,
une forme de fidélisation. J’étais complètement obnubilé par
cette façon de procéder. Voilà une manière d’aborder le
business qui me correspondait ; un gant de velours dans une
main de fer. Nous sommes restés amis, aujourd’hui encore.
Je ne sais pour quelle raison, mais elle a perdu le goût
du business ; alors que moi qui avait déjà le virus, elle m’a
complètement rendu accroc à ce genre de pratique.
J’ai retenu de cette aventure une grande leçon :
« Choisir un produit et se spécialiser,
est un gage de réussite. »

À cette période donc, je continuais les puces, mais je cherchais


le produit, qui, comme elle avec ses jeans, pourrait me
positionner en situation de monopole dans ma cour d’école.
Je me suis débrouillé comme je pouvais avec des bibelots que
je trouvais, mais je n’avais pas ses résultats.
Depuis que j’avais le permis de conduire, je n’avais plus
besoin de personne. Pas d’association de fortune, et pas de
compromis dans mon activité ; j’étais seul aux commandes.
J’ai continué mon système de récupération d’objets chez les
particuliers. Je ne cherchais plus d’idées, j’avais compris
que c’est dans l’action et l’observation que naissent les
meilleurs concepts. Avec l’expérience j’étais mieux organisé .
Je revendais des produits isolés alors que je stockais ceux
que j’arrivais à avoir en nombre. Le but était de donner une

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DEVENIR RICHE SANS ARGENT

sensation de profusion sur mon stand pour attirer le chaland,


car à présent j’étais seul. Mais j’avais un nouveau problème :
Plus d’une heure de route me séparait de mon lieu de
stockage, et l’argent était parfois long à montrer le bout de
son nez. C’est de cette façon que j’ai repris la vente d’appareils
électroniques volumineux, tels que les télévisions et lave-
linge, ma grande spécialité ! Mais cela ne me convenait
pas. Le stock et le transport étaient une perte sèche, et ma
mère en avait marre de voir ce bric-à-brac au fond du jardin.
À cela s’ajoutait, qu’il m’arrivait de me faire arnaquer par
certains, alors qu’en réalité j’étais le serviteur à déblayer
leur garage, et de surcroît je leur payais les objets, lesquels
étaient parfois dans un état douteux ! La situation m’agaçait,
et j’avoue que lorsque je rentrais chez les gens, j’étais
circonspect.
Et c’est encore le hasard qui m’a conduit à mon business le
plus rentable.

Nous étions au début des années 2001, c’était le grand boom
de Nokia. Tout le monde en possédait un. Mes copains
« friqués » avaient tous le 8210, un petit téléphone hors de
prix que je voulais, mais que je n’avais pas les moyens de
me payer. Lorsque j’ai remarqué que tous les élèves avaient
ce téléphone, certes très onéreux pour un étudiant, je me
souviens m’être dit : « Je l’aurais ! ». Je n’avais aucun plan,
aucune idée de comment j’allais me procurer l’argent, mais
je savais que j’y arriverais.
J’ai continué les marchés, sauf qu’il s’est produit une drôle
de chose dans mon esprit, du fait de la fréquentation de cette
école. J’étais un peu plus calculateur et j’avais bien compris
que si mes nouveaux amis avaient de l’argent, leurs familles
auraient des « marchandises » de meilleures qualités…
Conséquence mécanique, mes ventes seraient supérieures,
donc mon gain plus important au bout du compte.
J’ai toujours récupéré les objets chez les particuliers de ma

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DEVENIR RICHE SANS ARGENT

région, voir de mon quartier, pour des raisons évidentes de


transport. La différence, c’est que maintenant j’avais le
permis ! Ma voiture était l’ancienne Clio (Renault) de ma
mère et les amortisseurs commençaient à être usés, mais je
n’avais pas l’argent pour payer les réparations. Cela pouvait
encore attendre, et elle m’était malgré tout très utile.
J’ai donc demandé à plusieurs de mes nouveaux amis si
leurs grands-parents n’avaient pas besoin de débarrasser
leur maison. L’un d’entre eux me proposa de venir chez sa
grand-mère. Je ne le savais pas, mais ce serait mon dernier
déménagement pour de gros encombrants !
Ce jour-là, je devais me déplacer dans deux maisons...
La première, pour charger un lave-linge lequel était déjà
revendu à la mère d’un ami qui venait d’aménager. Puis, je
devais aller récupérer des fauteuils en cuir chez la grand-
mère de mon camarade, pour les vendre le lendemain au
marché.
Le premier transit du lave-linge se déroula sans encombre,
mais lorsque je vins pour le brancher chez la cliente, j’eus du
mal à le faire fonctionner. Je ne vous l’ai pas dit, mais je n’ai
jamais fait tourner une machine à laver de ma vie. Je ne
sais absolument pas comment cela fonctionne, et aujourd’hui
je l’ignore encore. Conséquence, j’ai dû faire une ristourne
sur le prix… J’étais un peu agacé, mais j’avais mes fauteuils
qui m’attendaient, alors l’un dans l’autre je savais que j’allais
récupérer cette petite perte.
J’arrive ainsi chez la grand-mère de mon camarade avec du
retard, et ma voiture dans un piteux état. Une personne
charmante qui ne m’en tint absolument pas rigueur. Elle m’a
même proposé des gâteaux et du lait pour le goûter ! J’avais
l’impression d’être dans un film de Walt Disney. J’avais du
travail, alors je ne me suis pas trop attardé. Elle m’ouvrit
son garage et me montra ses fauteuils en cuir. J’avoue
que la couleur fut une déception. Une sorte de bleu pâle…
Je savais d’avance que j’aurais du mal à les vendre. Mais,
pour 15 € les deux fauteuils, je la débarrassais car je savais que

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DEVENIR RICHE SANS ARGENT

j’en tirerais plus. Nous faisons notre petit déménagement,


mon ami m’aide à les charger, et c’est tout naturellement
qu’une fois la besogne terminée, elle nous proposa un
rafraîchissement à l’intérieur de la maison. Qui aurait pu
s’imaginer qu’à cet instant précis, elle allait me révéler, à
son insu, le business le plus rentable que je n’ai jamais eu
durant toute mon adolescence ?! Je ne sais pas vraiment
comment nous en sommes arrivés à avoir cette discussion,
mais de fil en aiguille, la conversation a dérivé. Je crois
qu’elle a apprécié ma politesse et ma façon de parler. Ceci
étant, je me souviens comme si c’était hier, de ce qu’elle me
dit alors : « Jeune homme, si vous voulez, j’ai des téléphones
hors d’usage de ma petite fille, je vous les donne… ».
J’ai encore l’image en tête à l’ouverture du tiroir de sa
commode ! Il y avait un véritable capharnaüm de fils
électriques et de combinés. Au total il devait y avoir 5 ou
6 téléphones, des Nokia 3310 pour être précis. Cette image
restera gravée en moi pour toujours je crois. Le plus amusant,
c’est la réaction de mon ami qui était présent : « Bah, ce
sont nos vieux téléphones, ils sont hors d’usage, personne
ne veut de ces vieux machins… »
Incroyable ! Suis-je le seul à voir l’opportunité ?
J’avoue que sur le moment, je me suis interrogé sur nos
différences, mais pas plus d’une seconde, car mon sang
n’a fait qu’un tour ! La scène est si claire dans ma tête, mais
c’est probablement parce que ce moment fut décisif dans ma
vie. Du coup, je lui demande ce qu’elle en fait, ce qui était
en fait une fausse question puisqu’elle venait de déclarer
qu’elle voulait me les donner. Je ne sais pas pourquoi, j’avais
besoin d’une confirmation. C’était tellement énorme de mon
point de vue que l’on me donne ces choses, que je crois que
cela me paraissait trop beau pour être vrai. Elle me répond
alors que ces téléphones sont tous inutilisables et que je
n’en ferai rien. C’est vrai, elle avait raison dans chacun
des mots qu’elle venait de prononcer. Mais ma vision et ma
compréhension de la phrase étaient complètement différentes

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DEVENIR RICHE SANS ARGENT

de la sienne. Comme quoi nous étions dans la même pièce,


dans le même monde, mais nous vivions dans deux réalités
complètement opposées. Je n’ai aucune explication rationnelle
à vous donner. Nombre de personnes en seraient restées sur
le fait que les combinés étaient cassés ; mais dans mon esprit
je n’y voyais qu’une opportunité exceptionnelle. Dans mon
imagination, mes yeux voyaient une chose ressemblant à des
lingots d’or, là où une grande majorité aurait vu simplement
la poubelle.
J’insiste donc et lui demande combien elle en veut pour le
tout… J’étais juste sur une autre planète, et sa réponse
m’ébahit encore plus : « Jeune homme, je vous les donne
tous ! ». Croyez-le ou non, sur la route j’étais super content.
Je venais de récupérer 6 téléphones cassés, et je ne me suis
dit qu’une seule chose : « Si elle avait ce tiroir plein de
téléphones, tout le monde en a probablement chez lui ! »
Dans mon esprit pourtant, deux points se sont entrechoqués.
Le fait qu’elle me donne ces téléphones, car pour elle je lui
vidais son tiroir qui était plein de « petites babioles » inutiles
et sans valeur. La deuxième chose est précisément dans
cette phrase, la valeur de ces petites choses qui n’en ont
pas à ses yeux, mais qui pour un jeune, en a énormément !!!
Je savais que j’allais les vendre sans forcer, je savais que
je serais le roi de la cour avec ce truc, je savais que l’argent
allait venir à moi. Mon stock d’affaires à vendre aux puces
ainsi qu’au fond du jardin de ma mère venait de se volatiliser
comme par miracle, avant même de le faire disparaître dans
la réalité. Les portables étaient devenu ma nouvelle lubie.
Première étape, trouver un magasin pour les réparer !
Mission difficile, car les tarifs annoncés étaient élevés. Si
j’ai bonne mémoire, entre 30 et 80 € par téléphone, soit
en prenant la tranche haute 400 € pour l’ensemble, juste
la réparation, non désimlocké. Pire, ce prix annoncé était
mon prix de revente, donc impossible d’accepter. Je devais
trouver mieux. J’ai donc fait le tour des marchands en
cherchant un meilleur tarif, et j’ai trouvé beaucoup mieux !

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DEVENIR RICHE SANS ARGENT

L’un des vendeurs m’a pris en sympathie, après une longue


discussion. Me voyant gêné suivant le montant de la note,
il m’explique qu’en fait, aucun magasin de téléphonie ne
répare les téléphones. Ils les envoient à une adresse où ils
sont remis en état, puis on leur réexpédie le téléphone, sur
lequel ils prennent une marge à la revente. J’ai tenté le tout
pour le tout et lui ai donc demandé qui était ce réparateur
magique ? Dans ma tête j’imaginais déjà gagner 10 à 20 €
par téléphone, réparation payée. Et, croyez-le ou pas, il
m’a simplement communiqué les coordonnées, comme
ça, sans condition. Juste par sympathie. Je voulais m’y
rendre immédiatement, mais ce n’était pas une boutique
conventionnelle. C’était comme une centrale d’achat, enfin,
un fournisseur, mais avec des horaires particuliers. Pas le style
d’horaires rédhibitoires, mais plutôt des plages d’ouvertures
qui étaient exactement les mêmes que mes horaires de cours.
Je n’avais donc que le mercredi après-midi pour aller dans
ce magasin, ce qui était un problème pour moi en termes de
délai pour mes clients potentiels, puisque les choses ne se
faisaient que d’une semaine à l’autre, de mercredi à mercredi.
Une semaine plus tard, me voilà chez le réparateur spécialisé.
Je me présente et j’explique brièvement ma situation.
A savoir que je comptais apporter régulièrement des
téléphones à réparer.
À ce stade il faut comprendre que ce n’était pas forcément
vrai, mais je voulais un prix, et surtout une entrée pour
pouvoir revenir régulièrement si jamais l’affaire se faisait.
A contrario, un détail très important vint corroborer ma
situation. En une semaine j’avais déjà vendu la totalité des
téléphones en ma possession. Je n’avais pas l’argent, car ils
ne fonctionnaient pas, mais j’avais reproduit le même
schéma qu’avec mes cartes Dragon Ball Z, j’avais pris
des réservations pour assurer mon chiffre. Je devais donc
absolument trouver un réparateur pour tenir mes engagements
envers mes acheteurs, et surtout débloquer mes futurs
encaissements.

92
Ceci n’est qu’un extrait du livre, c’est pour cette raison que l’histoire s’arrête
brutalement. Le sommaire qui suit est complet, le livre fait 496 pages au
total. Si tu as aimé ce petit passage le reste te plaira encore plus ! Le livre
est composé de 2/3 de mon histoire, et 1/3 de technique (la seconde partie
que tu ne vois pas ici). Tu veux le livre au complet ? Facile ! Tu peux le
trouver soit :

- Sur mon site : www.immobilier-company.com


- Sur ton site de vente préféré : Amazone, Fnac, Cultura…

Attention, j’ai supprimé les pages blanches du livre numérique, je trouvais


ça mieux. Sauf que la numérotation ne correspond plus…
TABLE DES MATIERES

Préface ................................................................................... 11
Préambule .............................................................................. 15

1ère partie
Mon Histoire
1 - Introduction ................................................................... 25
2 - L’opulence ...................................................................... 29
3 - La faillite ........................................................................ 35
4 - Premiers business .......................................................... 53
5 - Scolarité et sport ............................................................ 59
La Natation .................................................................... 64
6 - Un marché aux affaires .................................................. 69
7 - Ecole et spéculation ....................................................... 77
8 - Les prémices de l’Immobilier ........................................ 113
9 - En héritage ..................................................................... 131
10 - Investisseur immobilier .................................................. 141
11 - Un tournant décisif ......................................................... 167
12 - Investissements locatifs .................................................. 187
13 - L’élément temps ............................................................. 199
14 - La notion de brume ........................................................ 205
L’Equation falacieuse ................................................... 209
15 - Mes objectifs .................................................................. 223
16 - Internet ........................................................................... 253
Le Marketing ................................................................. 259
17 - Organisation du Patrimoine ............................................ 267
18 - Leçon financière ............................................................. 275
Accumulation ................................................................. 275
Gestion .......................................................................... 278
DEVENIR RICHE SANS ARGENT

Le Split .......................................................................... 283


Opposition .................................................................... 285
Révélation ............................................................................. 289

2ème partie
Les Grandes Lois de l’Enrichissement
Avant-propos ......................................................................... 297
19 - Les Règles de la Richesse .............................................. 299
Les 42 Règles du Jeu ..................................................... 300
Prélude ................................................................................... 387

20 - Stratégies pour s’enrichir ............................................... 391


Le Travail ...................................................................... 392
- Salariat ou Entrepreneuriat ........................................ 392
- L’Entreprise ............................................................. 402
- La Start-up ............................................................... 410
- Travailler pour investir .............................................. 413
L’Immobilier .................................................................. 415
La Bourse ...................................................................... 424
Les Médias .................................................................... 438
21 - Devenir Riche et Gagner de l’Argent ............................ 447
Gagner de l’argent ........................................................ 448
Etre prêt à perdre .......................................................... 453
Comprendre pour agir ................................................... 463
Le choix de la réussite ..................................................... 468
Garder à l’esprit que l’on ne sait rien ............................. 471
Différencier spéculation et travail .................................. 474
Trouver le bon équilibre ................................................. 476
Votre seul ennemi, c’est vous-même ................................ 479
Ignorer les influences extérieures ................................... 481
On ne bâtit un empire qu’au-delà de l’avidité ..................... 485
Epilogue ................................................................................ 489
Consignes de lecture ............................................................. 493
Remerciements ..................................................................... 495