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Les institutions judiciaires sont l'ensemble des juridictions

nationales (tribunaux, cours, conseils) chargées de juger les litiges


des personne privées et des personnes publiques, et de sanctionner
les auteurs d'infractions à la loi pénale.

Institutions judiciaires : la séparation des pouvoirs

Le système étatique français est constitué de 3 pouvoirs : le pouvoir


législatif, qui édicte les règles ; le pouvoir exécutif, qui les fait
exécuter ; le pouvoir judiciaire, qui applique la loi dans les cas
particuliers.

Le principe de la séparation des pouvoirs implique que ces


3 pouvoirs doivent être séparés et attribués à des organes distincts, à
savoir respectivement le Parlement, le président et/ou le Premier
ministre et les juridictions.

Le principe de séparation des pouvoirs est un principe du Droit et du


fondement démocratique d’une société.

Ce principe repose sur l’idée que les fonctions de l’Etat ne doivent


pas être concentrées auprès d’un seul organe. On trouve les
fondements théoriques de ce principe en 1960 dans les écrits de
John Locke. C’est dans « l’esprit des lois » de Montesquieu que le
philosophe met en garde dur les dangers de la concentration des
pouvoirs et Montesquieu préconise que la puissance de juger soit
séparé de la puissance exécutive et de la puissance législative.
Chacune de ces fonctions sont réparties à des autorités spécialisées.
Le gouvernement est exécutif, le parlement est législatif et le
pouvoir judiciaire est judiciaire. Elles sont indépendantes les unes
les autres, mais empêchent pas de dialoguer entre ces 3 pouvoirs. Le
pouvoir exécutif prend des règlements. Le pouvoir législatif vote,
amende et propose les lois au nom du peuple. Le pouvoir judiciaire
met en œuvre ces règles en appliquant les lois pour trancher des
litiges. Il faut reconnaitre qu’au départ le principe de séparation a
été conçu pour cantonner les pouvoir judiciaire, pour l’isoler, plutôt
que pour lui donner son indépendance. A l’époque il y a une
méfiance à l’égard du pouvoir judiciaire et à l’égard que les juges
peuvent s’arroger eux-mêmes. Cette méfiance est estompée,
aujourd’hui on a un regard plus positif.
Rapports entre pouvoir judiciaire et pouvoir législatif

Cette autonomie se traduit de 2 points de vue différents :

Le juge se doit de s’abstenir d’empiéter sur le pouvoir législatif. Son


indépendance est consacrée.

L’interdiction pour le juge d’empiéter sur le pouvoir législatif

Elle se décline en 3 manières différentes :

La prohibition des arrêts de règlement, c’est un arrêt qui fixe


définitivement et pour l’avenir l’interprétation d’une règle de droit.
C’est un juge qui rend une loi, cela relève du pouvoir de législation.
Cette interdiction se figure à l’article 5 du code civil. Elle date de la
loi des 16 et 24 août 1790, cette interdiction illustre bien de la peur
des juges. Le propre des décisions rendues par les tribunaux est
qu’elles ne valent que par les litiges et causent donc un revirement
de jurisprudence est toujours possible. La cours de cassation a
rappelé « nul ne peut se prévaloir d’un droit acquis à une
jurisprudence figé » cela signifie que la source des droits qu’on peut
revendiquer proviennent des textes mais pas des décisions des
tribunaux.

L’impossibilité pour le juge de saisir le parlement de projets


législatifs. Il n’appartient pas au juge d’inciter le parlement de
légiférer. La cours de cassation ou le conseil d’Etat dénonce
l’imperfection de certains textes, ce qui de manière indirecte
demande au parlement de changer les textes.

L’obligation primordiale qui est faite au juge d’appliquer la loi. Si la


loi est applicable à un litige, le juge n’a pas d’autre choix que
d’appliquer en ce sens il ne peut pas priver des faits les lois qui ont
été adoptés par le parlement. On refuse d’appliquer car ça serait
s’immiscer dans le pouvoir législatif. Cette obligation s’explique
historiquement car dans l’ancien régime les juges s’arrogeaient de
ne pas appliquer certaines lois. Il y a une exception, le juge doit
écarter une loi, si la loi en question est contraire à un traité
international. On appelle ça le contrôle de conventionalité.

L’indépendance du juge à l’égard du pouvoir législatif

Le pouvoir législatif ne doit pas empiéter sur le pouvoir judiciaire,


l’indépendance de chaque pouvoir est réciproque. Le parlement ne
doit pas voter une loi qui aurait pour conséquence d’influencer la
solution d’une instance en cours, une instance en cours est un procès
avec plusieurs procès successifs, si jamais un appel a été formé à la
décision par l’une des parties et l’arrêt d’appel n’a pas encore été
rendu. Le danger est qu’entre la 1ère instance et l’appel une loi soit
votée qui aurait pour conséquence de modifier l’instance en cours.
Le juge ne doit pas appliquer cette loi, ce n’est que particulièrement
qu’on peut le faire, seulement si la loi poursuit d’un périlleux motif
d’intérêt générale. Cette règle a été posée par la cours européenne de
droit de l’Homme en 1999.

Rapport entre le pouvoir judiciaire et le pouvoir exécutif

L’interdiction pour le juge d’empiéter sur le pouvoir exécutif

Cette interdiction s’exprime à travers le principe selon lequel


certains actes de l’Administration que l’on qualifie d’actes ne sont
pas susceptibles de recours devant une juridiction, que la juridiction
soit judiciaire ou administrative. L’article 16 de la constitution qui
permet au président d’avoir recours aux pleins pouvoirs. Dans le cas
où l’indépendance de la nation est menacée d’une manière grave et
immédiate. Il est interdit pour le juge de faire acte d’administration,
cela signifie que le juge ne peut pas ordonner à une autorité
administrative d’accomplir un acte juridique ou de prendre une
mesure matérielle, on appelle aussi l’interdiction des injonctions en
droit administratifs. Par exemple, un juge ne peut pas ordonner de
détruire un ouvrage public mais édifié illégalement. Cela donne un
pouvoir à l’administration, c’est pourquoi le législateur à plusieurs
reprises a atténué, ce principe d’interdiction d’injonctions et pour
renforcer les intérêts, des justiciables qui bénéficient d’un jugement
contre l’administration.
L’indépendance du juge à l’égard du pouvoir exécutif

Tout justiciable a droit à un juge impartiale donc il est nécessaire


que les juges soient préservés de toutes pressions politiques. Le
problème c’est que le juge est un fonctionnaire donc c’est un agent
qui dépend du gouvernement, il est donc nécessaire d’aménager des
règles afin de garantir son indépendance et sa fonction de jugement,
il y a 2 manières :

a) Le principe d’inamovibilité

Principe d’inamovibilité des juges, ce principe permet que les juges


ne craignent d’être renvoyés lorsqu’ils donnent des décisions
défavorables pour des litiges politiques. Ce principe n’est pas pareil
que les juges judiciaires ou Administratifs.

Dans l’ordre judiciaire on a 2 sortes de magistrats, les magistrats du


sièges et les magistrats du parquet, les magistrats du siège sont ceux
qui exercent la fonction de juger, ils siègent dans la salle d’audience
on appelle aussi la magistrature assise. Ceux du parquet n’ont pas la
fonction de juger, ils requièrent la justice, on parle aussi du parquet
de la magistrature debout et ce sont ces magistrats qui requièrent
une penne d’emprisonnement à l’accusé, ils représentent les
français. Pendant qu’ils requièrent ils se tiennent debout. Cette
distraction n’est pas anodine, les magistrats du siège ont cette
amovibilité. « Le juge ne peut recevoir sans son consentement une
affectation nouvelle même en avancement. » C’est un principe à
valeur constitutionnelle. Le magistrat du parquet ne bénéficie pas de
cette garantie car ils n’ont pas la même indépendance, ce sont des
agents du pouvoir exécutif auprès des tribunaux. Et leur statut leur
place sous la direction et le contrôle de leur chef hiérarchique et
sous l’autorité du garde des sceaux. Cette subordination souvent
critiquée. Pour l’ordre administratif ce principe existe et il est
apparu récemment, la loi du 6 janvier 1986, néanmoins ce principe
concerne tous les juges administratifs sauf les juges du conseil
d’Etat. Le Conseil Constitutionnel a affirmé le principe
d’indépendance de l’ensemble des juridictions judiciaires comme
administratives et ce pas distingue les juges du conseil d’Etat et les
autres.
b) Les garanties de l’indépendance

Les garanties de l’indépendance il faut distinguer l’ordre


administratif et l’ordre judiciaire. Dans l’ordre judiciaire
l’indépendance des magistrats est consacrée par le conseil supérieur
de la magistrature. Il existe 2 formations du CSN, une pour les
magistrats du siège et l’autre pour les magistrats du parquet. Le
CSN n’est plus présidée par le président de la République et est
composé par les magistrats et l’autorité civile. Le CSN intervient
dans la nomination des magistrats et ils interviennent comme
conseil de discipline. Ni le président, ni le garde des sceaux ne
siègent même lorsqu’elles concernent les magistrats du parquet.

La justice, un service publique.

La justice est un service public, il y 2 principes qui l’illustre, tout


d’abord celui d’égalité devant la justice, le second est la gratuité de
la justice.

L’égalité devant la justice

a) Le principe d’égalité devant la justice

Il provient de plusieurs textes différents, il a d’abord été affirmé


dans la loi des 16 et 24 aout 1790. Un article précise que tous les
citoyens sont égaux devant la justice, dans la loi il est dit que tous
les citoyens sans distinctions plaideront dans la même forme et
devant les mêmes juges, dans les mêmes cas. Ce principe est un
prolongement du principe d’égalité qui figure à l’article premier de
la DDHC de 1789. Cet article dispos que « Les Hommes naissent et
demeurent libres et égaux en droit. » La DDHC a valeur
constitutionnelle car elle fait partie du bloc de constitutionnalité,
c’est le préambule de la constitution. Le conseil constitutionnel a
affirmé que le principe d’égalité devant la justice est un principe à
valeur constitutionnelle, c’est-à-dire qu’une loi ne peut pas mettre
en cause ce principe au nom de la hiérarchie des normes, le conseil
d’Etat a aussi reconnu ce principe. Il est aussi affirmé dans plusieurs
textes internationaux (pacte international de N-Y du 19 décembre
1966, pacte relatif au droit civil et politique) le principe d’égalité
des Hommes devant la justice est affirmé dans ce pacte à l’article 14
paragraphe 1.
La convention européenne des droits de l’Homme (CEDH) date de
1949, elle lie les Etats de l’espace économique européen (environ 47
pays en font partis). L’article 6 de la CEDH est un article au droit
relatif à un procès équitable et la cour européenne a plusieurs fois
considéré que le principe d’égalité devant a justice découlait de cet
article 6. Une valeur à la fois nationale et constitutionnelle et
consacré aussi à l’international.

Ce principe signifie que tous les justiciables qui se retrouvent dans


la même situation doivent être jugés par les mêmes tribunaux et
selon les mêmes règles de fond et de procédure. Aujourd’hui, ce
principe peut paraitre évident mais c’est un héritage de la révolution
car sous l’ancien régime les justiciables relevaient des juridictions
différentes selon leurs appartenance à la noblesse, au clergé ou au
tiers-état.

La condition d’une personne ne doit pas être prise en compte pour la


juridiction.

C’est aussi selon ce principe que des ressortissants étrangers, non


français peuvent néanmoins soulever un litige devant un juge
français.

Les juridictions sont spécialisées, si un litige nous concerne en tant


que commerçant, on ne va pas dans la même juridiction qu’un litige
qui concerne la vie privée, la juridiction prend en compte la
situation des individus. Pour tous les litiges relatifs à leur
commerce, tous les commerçants relèvent du tribunal de commerce,
en revanche, un divorce entre 2 commerçants se réglera devant la
cour de grande instance.

b) Les limites de l’égalité devant la justice

Pour des personnes particulières il y a rupture d’égalité, néanmoins


ces limites restent très circonscrites et le principe d’égalité reste la
norme et reste très fort. On peut relever 4 cas au principe d’égalité
devant la justice : -Les mineurs, qui en raison de leur âge relèvent
dans des tribunaux particuliers avec le principe du huis-clos, cette
exception est justifiée pour protéger les mineurs.
Si une personne de 17ans est coupable d’un délit mais qu’est jugée à
19ans la personne sera quand même jugée dans un tribunal pour
mineur. Tous les mineurs bénéficient de cette exception, est ce
véritablement une limite au principe d’égalité ? Ce n’est pas sûr.

– Le président de la république relèvent de la haute cour de justice si


il est reconnu coupable de haute trahison pendant son mandat, les
ministres aussi coupables de délits ou de crimes pendant l’exercice
de leur fonction relèvent de la cour de justice de la république.
Cette exception se justifie par la fonction exercée par ces personnes.

– Certains militaires haut gradé, pas tous les militaires, par exemple
les maréchaux et amiraux de France, ces militaires relèvent du haut
tribunal des force armées et il est à noter que jusqu’en 1982, c’était
l’ensemble de militaires qui relevaient de tribunaux spéciaux, on
parlait de tribunaux permanents des forces armées, désormais ça
n’existe plus que pour les hauts gradés.

– La différence de traitement entre les particuliers et


l’Administration, avant il était impossible pour un juge de poser une
injonction à l’administration, c’est le principe d’injonction. Cela
constitue une différence de traitement entre les particuliers et
l’Administration. Il y a encore quelques textes qui continuent à
privilégier l’Administration, par exemple le délai pour former un
appel contre une décision d’un juge administratif, ce délais est
parfois plus long lorsque c’est l’Etat qui veut faire appel que lorsque
c’est un particulier qui veut faire appel.

c) La gratuité de la justice

Il n’est pas exprimé de façon solennelle que ce principe d’égalité


mais dans les faits il est tout aussi important. Ce n’est pas parce que
la justice est gratuite qu’elle n’a pas un coût, elle en a en termes de
personnel, tous les fonctionnaires, et un coût matériel. C’est un coût
qui est prélevé par les impôts.

Eléments qui tempèrent ce principe de gratuité de la justice :


d) La question de l’accès au tribunal

Car il est possible de se représenter sois même devant un juge.


L’accès au tribunal est gratuit, gratuit de saisir un juge et cela
s’oppose au système de l’ancien régime, système dans lequel les
juges étaient payés par les plaideurs, par le gagnant. Il s’agissait
souvent de présent en nature, notamment d’épice ce qui désignait les
confitures, parfois des présents en espèce, le risque d’un tel
mécanisme c’est que le juge favorise le plus riche des plaideurs.
Système absolument impossible aujourd’hui. Le fait pour un juge de
recevoir une rémunération qu’elle qu’en soit la forme par l’une des
parties c’est un délit qui peut être pénalement sanctionné, c’est ce
qu’on appelle le délit de concussion. En matière pénal il existe des
frais de poursuite qui peuvent être à la charge de celui qui prend
l’initiative du procès même si ils peuvent être par la suite mis à la
charge du perdant. Depuis le 1er octobre 2011 il existe une
contribution à l’aide juridictionnel de 35euros, c’est-à-dire que
toutes personnes doit acquitter cette contribution lorsqu’elle engage
une action dans les domaines du droit civil, du droit commercial, du
droit prudhommal ou rural et même devant une juridiction
administrative, le paiement se fait sur timbre fiscaux. Cette
contribution est obligatoire sauf pour certaines procédure, comme
pour le juge des enfants et lorsque le litige porte sur le
surendettement des particuliers. Par ailleurs sont évidemment
dispensé les bénéficiaires de l’aide juridictionnelle. Pour toutes les
autres personnes le paiement de la contribution est une condition
pour que leur demande en justice soit jugée recevable. La personne
qui a payé si elle obtient gain de cause peut demander au juge de
condamner la partie adverse à lui rembourser ce paiement.

e) Examiner les frais du procès

Il faut distinguer 2 choses, la première sont les honoraires de


l’avocat, elles sont fixées librement entre l’avocat et son client, on
appelle cela une convention d’honoraires, il n’y a pas de tarification
car il s’agit d’une profession libérale. Cela demande plusieurs
paramètres, le temps passé sur l’affaire, la technicité de l’affaire, sa
notoriété. En France il n’est pas possible de fixer comme honoraires
un pourcentage de ce que le client obtiendra au titre des dommages
et intérêts. Ces honoraires quelques soit l’issu du procès vont rester
à la charge de la partie. Il y a aussi les dépens, cela correspond à
l’ensemble des frais de justice généré par des actes de procédure au
cours d’un procès et ces dépens se décompense d’une part en
émoluments, ce sont les sommes dues pour la rédaction des actes de
procédure. Deuxième composante des dépens sont les frais divers,
par exemples les frais engagé pour faire appel à un expert, de la
même manière que si on a recours à un témoin, on va engager des
frais pour le faire déplacer. On compte aussi les frais de
déplacement des avocats. Contrairement aux honoraire, l’intérêt des
dépens c’est qu’ils vont être remboursés par le perdant. Le juge peut
condamner le perdant à rembourser les dépens à la partie gagnante,
on dit que les dépens sont répétibles contrairement aux honoraires
qui sont des frais irrépétibles.

f) Les aides bénéficiant aux justiciables

Le premier type d’aide est l’aide juridictionnel, il repose sur une loi
du 19 janvier 1991 appliqué par de nombreux décrets d’applications.
Les conditions pour pouvoir bénéficier de cet aide sont les
personnes généralement physique qui doivent avoir leur résidence
habituelle en France mais les personnes morale à but non lucratif,
c’est-à-dire les associations, mais elles doivent avoir leur siège en
France. Peu importe pour bénéficier de l’aide que l’on soit à
l’origine de l’action ou que l’on soit en défense, les personnes qui
bénéficient de cet aide les personnes avec certaines conditions de
ressources. Pour les personnes au revenu mensuel ne dépasse pas
929euros ces personnes peuvent bénéficier d’une aide totale, entre
929 et 1393euros il est possible de bénéficier d’une aide
juridictionnelle partielle. Ces montants sont majorés en fonction du
nombre de personnes à charge c’est-à-dire que s’il y a une personne
avec enfant à charge qui gagne plus de 929euros peut bénéficier de
l’aide juridictionnelle. Par ailleurs certaines personne n’ont pas à
justifier de leur ressources pour bénéficier de l’aide juridictionnelle,
c’est le cas de mineurs et c’est le cas également des personnes dont
« la situation apparait particulièrement digne d’intérêt au regard de
l’objet du litige ou des charges prévisibles du procès. » Cela signifie
que cela comprend des personnes qui ont subits des délits ou de
crime très grave. Pour faire une demande il faut s’adresser au bureau
d’aide juridictionnel, et ces bureaux existent à chaque tribunal de
grande instance. Une fois que la demande est acceptée on reste libre
de choisir de notre avocat et notre avocat, si il accepte (car il sera
payé par l’Etat) or l’indemnité accordée par l’Etat est très faible par
rapport au montant des honoraires. La plupart des avocats qui
accèdent à ce genre d’aide sont souvent très jeunes. Les effets de cet
aide est que l’Etat prend en charge les honoraires de l’avocat ainsi
que toutes les dépenses lié au procès en cas d’aide totale. Si le
bénéficiaire de l’aide juridictionnel perd son procès, il peut être
condamné par le juge à rembourser les dépens à l’autre parti, sauf si
parfois les juges choisissent de laisser au moins une partie des
dépens à la charge de l’Etat. Si le bénéficiaire de l’aide gagne son
procès et notamment des dommages et intérêt qui est tel que s’il en
avait disposé au moment de sa demande il n’aurait pas obtenu l’aide
juridictionnel alors l’Etat peut se faire rembourser les sommes qu’il
a exposées pour le procès. L’autre aide est la commission d’office,
qui concerne que la matière pénale. C’est un avocat qui s’est inscrit
sur une liste de volontaires pour être désigné dans le cadre de garde
à vue, de comparution immédiate, de mise en examens… pour les
personnes qui n’ont pas d’avocats attitré. Pour la rémunération de
cet avocat il est possible de bénéficier de l’aide juridictionnel, mais
si les ressources dépassent les plafonds fixés, l’avocat pourra fixer
ses honoraires. Les deux mécanismes repose sur le fait de réduit
l’inégalité économique et social entre justiciables. Même en France,
un plaideur qui a les moyens peut s’entourer de plusieurs avocats, et
n’aura pas toujours la même défense que par un avocat commis
d’office. Par ailleurs il existe d’autres mécanismes qu’on pourrait
qualifier de hors contentieux mais qui aurait pour point commun de
renforcer ce principe de gratuité, voir même d’égalité à l’accès à la
justice. Ce sont des permanences gratuites pour conseiller les
justiciables (mairie, tribunaux d’instances, les barreaux). Dans
certaines communes on a des maisons de justice et du Droit, et eu
niveau départemental on a des centres départementaux d’accès au
droit. Une autre tendance s’est développée, celle de l’assurance de
protection juridique. Il s’agit ici pour ceux dont les ressources sont
trop élevé pour l’aide juridictionnel, il s’agit d’anticiper les frais
d’un procès à venir, pour cela on paie régulièrement une prime à un
assureur, qui s’engage en cas de besoin à couvrir l’ensemble de nos
frais de procès

Institutions judiciaires : la dualité des ordres de juridictions

Juridictions rattachées aux deux ordres de juridiction

Deux ordres de juridictions existent en France :

Les juridictions de l'ordre judiciaire, qui connaissent des affaires


de droit privé (droit civil, droit commercial, droit du travail, droit
pénal, etc.). Elles sont compétentes pour régler les litiges entre
particuliers et pour juger les auteurs d'infractions.

Les juridictions de l'ordre administratif, compétentes pour juger


des litiges de droit public (droit administratif, droit fiscal, etc.). Elles
jugent les litiges entre les personnes morales de droit public (telles
que l’État, les collectivités territoriales et les établissements publics)
et les particuliers, ou entre deux personnes morales de droit public.

Juridictions situées en dehors des deux ordres

En dehors de ces deux ordres de juridiction, se situe le Tribunal des


conflits qui, en cas de conflit de compétence, détermine si c'est
l'ordre judiciaire ou l'ordre administratif qui est compétent.

On trouve également le Conseil constitutionnel, qui est un organe de


contrôle et de consultation. Il a notamment pour mission d'assurer le
contrôle de la constitutionnalité des lois et de veiller à la régularité
des référendums et des élections législatives ou présidentielles.

Bon à savoir : il existe également des juridictions politiques, à


savoir la Haute Cour de justice et la Cour de justice de la
République, qui dérogent au droit commun en raison du statut des
personnes qu'elles jugent (le président de la République et les
ministres).

Institutions judiciaires : les juridictions de l'ordre judiciaire

Juridictions civiles du premier degré


Parmi les juridictions civiles du premier degré, on trouve les
juridictions de droit commun.

Le tribunal de grande instance (TGI), qui est compétent pour régler


les litiges de nature civile supérieurs à 10 000 €. Le TGI dispose
d’une compétence exclusive (quel que soit le montant du litige) en
matière d’état des personnes et en matière immobilière.

Le tribunal d'instance (TI), qui est chargé des litiges de nature civile


dont la valeur n’excède pas 10 000 €. Pour les affaires dont le
montant est inférieur à 4 000 €, il statue en premier et en dernier
ressort, c'est-à-dire que seul un pourvoi en cassation est possible
(pas d'appel).

Bon à savoir : la juridiction de proximité, qui était compétente pour


les litiges de la vie courante dont la valeur n’excédait pas 4 000 €
n'existe plus depuis le 1er  juillet 2017. Les litiges de moins de 4
000 € relèvent désormais tous du tribunal d'instance.

Il existe également des juridictions civiles spécialisées :

 Le tribunal de commerce, qui est compétent pour régler les affaires


commerciales.
 Le conseil des prud'hommes, qui est chargé de régler les conflits nés
à l’occasion du contrat de travail.
 Le tribunal de grande instance spécialement désigné pour connaître
des affaires sociales de l'article L. 211-16 du Code de l'organisation
judiciaire chargé des litiges entre les organismes de la Sécurité
sociale et les personnes assujetties (depuis la disparition
le 1er janvier 2019 du tribunal des affaires de sécurité sociale et du
tribunal du contentieux de l'incapacité, programmée par
la loi n° 2016-1547 du 18 novembre 2016 de modernisation de la
justice du XXIe siècle).
 Le tribunal paritaire des baux ruraux, qui intervient pour les litiges
entre propriétaires et exploitants de terres ou de bâtiments.

Bon à savoir : ces juridictions statuent en premier et en dernier


ressort lorsque le litige est inférieur à 4 000 €.

Juridictions pénales du premier degré


Le tribunal de police est une formation à juge unique compétente en
matière de contraventions. Avant le 1er juillet 2017, il jugeait
uniquement les contraventions de cinquième classe, par exemple les
violences volontaires ayant entraîné une incapacité temporaire de
travail inférieure ou égale à 8 jours. Depuis le 1er juillet 2017, suite
à la suppression de la juridiction de proximité, il est également
compétent pour  les contraventions des quatre premières classes
(infractions pénales les moins graves : tapage nocturne, abandon
d’ordures, tags, graffitis, violences légères, etc.).

Le tribunal correctionnel est une formation collégiale qui juge les


délits (infractions de moyenne gravité), par exemple le vol,
l'escroquerie, les violences volontaires ayant entraîné une incapacité
temporaire de travail supérieure à 8 jours.

La cour d’assises, composée de 3 magistrats professionnels et d’un


jury populaire de 6 membres (9 lorsqu'elle juge en appel), est
chargée de juger les crimes (infractions les plus graves), par
exemple les homicides volontaires, les empoisonnements, les viols.

À noter : les juridictions chargées de juger les mineurs auteurs


d'infractions pénales sont des juridictions spécialisées.

Juridictions civiles du second degré : les cours d’appel

La partie perdante en première instance dispose d’une voie de


recours, l’appel, qui lui permet de faire examiner le litige par
d'autres juges.

L'appel n'est pas ouvert contre les décisions rendues en premier et


dernier ressort (seuil de 4 000 €), contre lesquelles le plaideur devra
agir directement devant la Cour de cassation.

Juridiction suprême de l’ordre judiciaire : la Cour de cassation

Le rôle de la Cour de cassation n'est pas de rejuger l'affaire au fond,


mais de vérifier la bonne application du droit par les juridictions
civiles ou pénales.

Institutions judiciaires : les juridictions de l'ordre administratif


Les juridictions administratives connaissent des litiges impliquant
une personne publique.

L'organisation judiciaire de l'ordre administratif est moins complexe


que celle de l'ordre judiciaire.

Comme précédemment, il existe 2 degrés de juridictions :

 les tribunaux administratifs, qui connaissent des affaires en premier ;


 les cours administratives d'appel, qui sont saisies des recours exercés
contre les décisions des tribunaux administratifs et examinent une
seconde fois l'affaire.

Enfin, le Conseil d’État, juridiction supérieure de l'ordre


administratif, est juge de cassation. Dans certaines matières, il peut
même être juge de premier et de dernier ressort, ou juge d'appel.

Bon à savoir : le Conseil d’État émet également des avis sur les
projets de loi.