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LES GROUPEMENTS RÉGIONAUX

Définitions : pôles et zones d’intégration régionales


Les accords régionaux sont de différents types, reflétant chacun des degrés d’intégration économiques
distincts. On distingue donc six grands types d’organisations économiques régionales :
-La zone d’échange préférentielle qui lève les obstacles au commerce interrégional pour certains produits.
C’est par exemple le cas de l’ASEAN (1967) ou des rapports entre les pays de l’ACP (Afrique, Caraïbes et
Pacifique) et la CEE depuis les années 1960 (pour la banane par exemple, source de conflit au sein de
l’OMC).
-La zone de libre-échange qui est marquée par une suppression des obstacles tarifaires. C’est par exemple
le cas de l’ALENA ou NAFTA depuis 1994 entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique.
-L’union douanière qui combine une libre circulation des marchandises et l’adoption d’un tarif extérieur
commun, c’est-à-dire des taxes douanières identiques à chaque pays membre vis-à-vis des pays tiers.
-Le marché commun marqué par une libre circulation des biens, des services et des facteurs de production
(capital et travail), débarrassés des obstacles tarifaires et non tarifaires (normes, quotas)
-L’union économique qui vise à l’harmonisation des politiques économiques et à l’adoption d’une monnaie
unique. C’est le stade visé par le Traité de Maastricht
L’union économique permet l’élargissement du marché intérieur, l’encouragement des investissements, la
création d’emplois.

A. L'UNION EUROPÉENNE
1 .historique
La CEE va connaître plusieurs élargissements à partir de 1973.
-1951 : communauté économique de l’acier et du charbon (CEAC)
-1957 : sept Etats (France, Allemagne, Italie, Benelux) ont signé le traité de Rome fondant la CEE
(communauté économiqueeuropéenne) comme union douanière, ainsi que la communauté européenne de
l’énergie atomique.
-1962 : lancement de la politique agricole commune
-1972 : adhésion du Danemark, l’Irlande et le Royaume-uni
-1981 : adhésion de la Grèce
-1986 : adhésion de l’Espagne et du Portugal
-1992-1993 : traité de Maastricht portant sur la justice ;la sécurité, la politique étrangère de l’union et la
citoyenneté.
-1995 : adhésion de l’Autriche, de la Finlande, de la Norvège et de la Suède
-1999 : mise en place de l’union économique et monétaire :l’Euro
-2002 : disparition des monnaies nationales qui sont remplacées par l’Euro
-2004:L'union européenne compte 25 pays membre: L'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, Chypre, le
Danemark, l'Espagne, l'Estonie, la Finlande, la France, la Grèce, la Hongrie, l'Irlande, l'Italie, la Lettonie, la
Lituanie, le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas, la Pologne, le Portugal, le Royaume-Uni, la Slovaquie, la
Slovénie, la Suède et la République tchèque.
-1/1/2007 : adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie, ce qui augmente les membres de l’union à 27
membres.

2. Les institutions communautaires :


-le conseil européen : les chefs d’état et de gouvernement et prend les grandes décisions stratégiques.
-instance de décision : le conseil des ministres et la commission européenne
-instance consultative le parlement européen
-organes de contrôle : la cour de justice et la cour des comptes

3.Niveau d’intégration économique :

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-union européenne : le traité de Maastricht adopté le 11/12/91 par les douze chefs d’état et de gouvernement
de la communauté européenne et officiellement signée le 7 février 92.
-union douanière : L circulation des marchandises entre les membres de l’union complétée par l’instauration
d’un tarif extérieur commun (TEC), appliquée aux marchandises en provenance des pays extérieurs.
-marché commun : il circulation des marchandises (avec TEC), des personnes et des capitaux.
-zone de libre-échange (ZLE) : abolition des barrières douanières entre les pays membres de la zone, mais
liberté tarifaire pour chacun des pays vis-à-vis des membres.

B. Relation Maroc union européenne

Accords Maroc CEE Caractéristiques Limites


1969 : Accords Durée : 5 ans L’accord constituait une
d’association Contenu : échanges réponse partielle aux
commerciaux problèmes posés
1976 : Accord de Durée : illimitée -Promesses non tenues
coopération Contenu : échanges certains produits agricoles,
commerciaux, coopération le textile et l’émigration
technique et financière dans le -Elargissement des
domaine de la main-d’œuvre concessions à des pays que
le Maroc
Accord de 1998 Accord « d’adaptation » à -Suppressions en 1992 du
l’élargissement de la différentiel avantageux par
CEE( 1986 adhésion du rapport à l’Espagne et au
Portugal et de l’Espagne) pour Portugal.
éviter que le Maroc du subisse -Maintien des
une concurrence par rapport à encouragements accordés
ses principales exportations aux agriculteurs européens
agricoles dans le cadre PAC
(politique agricole
commune)
Accord de pêche Durée : 4 ans -Faiblesse de la
signée en 1998 et -Octroi d’un potentiel de coopération technique.
renouveler en 1992 pêche parlement à la flotte -Non-respect du repos
européenne dans la zone de biologique.
pêche sous juridiction -Prépondérance du
marocaine moyennant une pavillon espagnol et faible
contribution financière. développement du
-Respect par la partie partenariat en amant et en
européenne du « propos aval de l’activité de pêche
biologique »
-Coopération technique en
matière de recherche et de
formation

L’année 1996 a vu la signature de 26 février de l’important accord d’association Maroc union européenne.
Cet accord prévoit, après une période transitoire de quinze ans, une zone de libre-échange, l’institution
progressive du droit d’établissement et la libération de fourniture de services. Les produits marocains ne
sont pas traités de la même façon à l’intérieur de cette période de transition.
C’est ainsi que ce seront les produits non fabriqués localement qui subiront les premiers le démantèlement
douanier, suivi des autres produits avec des périodes de grâce de trois quatre et cinq années.
Cet accord constitue un véritable défi pour l’entreprise marocaine.

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C. Accord de libre-échange nord-américain (ALENA ou NAFTA) :
Accord signé et ratifié par les parlements des trois pays concernés (les Etats-Unis, le Canada et le Mexique)
le 1/1/94 en vue de la création d’une zone de libre-échange pour une population de 370 millions se
d’habitants.

D. Accord de libre-échange entre le Maroc et les Etats-Unis :


Accord conclu en juin 2004, prévoit une création de libre-échange valorisant de 2021.
L’accord prévoit l’élimination de la plupart des droits de douanes américaines à l’importation dans les 15
ans. De nouveaux quotas sur le blé ordinaire, le poulet et le bœuf sont progressivement établis sur les
importations américaines Par le Maroc.
Élimination de droit de douane pour 95 % des produits industriels.

E. L'UNION DU MAGHREB ARABE (UMA)


D’après le traité instituant l'UMA (Sommet de Marrakech 16et 17 février 89) , l'union doit oeuvrer
progressivement à la réalisation de la libéralisation de la circulation des personnes de biens des services et
des capitaux. En outre le traité fait référence à la réalisation du développement industriel agricole
commercial et social des Etats membres, sur la base d'une coopération conduisant la construction de l'espace
Maghrébin

Les entreprises marocaines doivent prendre en compte dans leur stratégie de développement les partenaires
du Maroc, ainsi que le cadre international des libéralisations des échanges. L'amélioration de la
compétitivité des entreprises marocaines s'impose avec acuité pour résister à la concurrence internationale
est contribuer au développement économique et social du pays.
L’instauration de l'UMA est entravé pour plusieurs raisons :
-absence d’une véritable volonté politique de la part des Etats membres
-dépendance des pays maghrébins vis-à-vis de l’Europe
-préférence des produits aux régions maghrébines.

LE CADRE JURIDIQUE ET INSTITUTIONNEL DES ÉCHANGES


INTERNATIONAUX
LA BANQUE MONDIALE
La banque mondiale est un groupe constitué de la banque internationale pour la reconstruction et le
développement (BIRD), l’association internationale pour le développement (AID) et la société financière
internationale (SFI).
-créé en 1945 la BIRD finance les projets d’équipement des pays en voie de développement
(investissements industriels, investissements agricole, infrastructure économique et sociale). Or depuis 1980
la BIRD a commencé à accorder des prêts d’ajustement structurel, c’est-à-dire destiné à financer les déficits
budgétaires ou les déséquilibres de la balance des paiements.
-créée en 1960 l’AID finance les pays les moins avancés (PMA) par le biais de crédits sans intérêt sur une
période de 50 ans (commission de 0 75 % prélevée chaque année sur la fraction des bourses du crédit)
-créée en 1956 la SFI encourage la croissance du secteur privé par des prises de participation dans les
entreprises des PVD.

LE FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL


Créée en 1944 le FMI lors des accords de BrettonWoods(villes américaine) était chargé de gérer le système
monétaire international et de fournir à ses membres des crédits à moyen terme.
Le FMI est une organisation multilatérale où chaque État-membre détient un droit de vote en fonction de sa
participation financière (participation appelée quote-part).

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Contrairement à la banque mondiale, le FMI fournit des liquidités en devises à court terme pour combler les
déséquilibres dans les balances de paiement de ses membres.
Devant le déficit chronique les PVD obtiennent de plus en plus de crédit tout en acceptant de pratiquer des
politiques économiques recommandées par le FMI.
On peut citer à cet égard le programme d’ajustement structurel (PAS) : stabilisation des dépenses publiques,
gel des salaires, libéralisation du commerce extérieur, vérité des prix …

LA BANQUE AFRICAINE POUR LE DEVELOPPEMENT (BAD)


Créée en 1963 dans le but de finances les projet d’investissements en rapport avec le développement
économique et social des pays africains : projets visant l’augmentation du niveau de vie des populations et
stimulant le commerce et l’investissement intra-africains.

L'ORGANISATION MONDIALE DU COMMERCE


C’est une organisation internationale qui s'est substituée au GATT le 1/1/95 (accord général sur les tarifs
douaniers et le commerce*Général Agreement on Tariffs and Trade).
C'est un cadre international de négociations bilatérales et multilatérales visant à libéraliser les échanges de
biens, des services, des capitaux et des personnes.
Parmi les missions de l’OMC on peut citer :
-gestion et contrôles et suivi des accords commerciaux
-arbitrages des différents commerciaux entre pays
-assistances techniques et formation pour les pays en développement
-l’organisation des cycles de négociation en vue d’élargir le champs de libéralisation à d’autres pays et à de
nouveaux domaines
Structure de l’OMC :
 Conférence ministérielle :réunion tous les deux ans prise de décision relatives aux accords
commerciaux.
 Conseil général :organe d’examen des politiques commerciales des membres de l’omc et de
règlement des différends.
 Conseil du commerce des marchandises
 Conseil du commerce des services
 Conseil des aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce
Ces trois conseils supervisent l’application des accords
 Comités de travail

L'ORGANISATION DE COOPÉRATION ET DU DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE (OCDE)


Créée en 1961, l'OCDE regroupe plusieurs pays (L'Allemagne, Australie, l'Autriche, la Belgique, Canada,
Corée, Danemark, Espagne, États-Unis, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Islande,Japon,
Luxembourg, Mexique, Norvège, Nouvelle Zélande, Pays-Bas, Pologne, Portugal, le Royaume-Uni,
Slovaquie, Suède et la République tchèque, Suisse et la Turquie
L’OCDE vise à :
-contribuer à l'expansion de l'économie et de l'emploi dans les pays membres tout en maintenant la stabilité
financière
-promouvoir l'expansion du commerce mondial sur une base multilatérale et non discriminatoire.

CONFÉRENCE DES NATIONS UNIES POUR LE COMMERCE LE DÉVELOPPEMENT


(CNUCED)
C’est un cadre de négociations organisées depuis 1964 sous l'égide des Nations unies dans le but d'instaurer
« un nouvel ordre économique international » (NOEI). C'est-à-dire un ordre mondial qui prendrait en
compte les revendications des pays du sud (représentés par le groupe des 77), en l'occurrence une
coopération internationale pour le développement basée sur un commerce international équitable.

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CHAPITRE 7 : ASPECT COMMEERCIAL DE L’ECONOMIE MONDIALE
SECTION 1 :EVOLUTION DES ÉCHANGES INTERNATIONAUX
L'essor du commerce mondial ces dernières décennies est une conséquence de la réduction générale des
mesures protectionnistes sur les échanges de marchandises et du développement de la région du sud-est
asiatiques. En retour, on peut estimer que la marche vers le libre-échange a favorisé la croissance
économique.
La croissance des exportations mondiales sur la période 1970-2001, montre que le commerce mondial a cru
ces dernières décennies beaucoup plus vite que la richesse mondiale. Les échanges se sont donc intensifiés
et le degré d'ouverture au commerce de l'économie mondiale a augmenté. Les échanges mondiaux
représentent 10-12 % de la richesse mondiale à la fin des années 1960 contre 24 % au début des années
2000. Le graphique suivant retrace le degré d'ouverture de l'économie mondiale au commerce sur la période
1970-2001, c'est-à-dire le rapport exportations mondiales/PIB mondial.

A. l’accroissement des transactions internationales


Depuis les années 80, on observe un décalage croissant entre le rythme de la production mondiale et celui
des échanges internationaux.
Le taux de croissance des échanges mondiaux est très largement supérieur à celui de la production
mondiale. Ce phénomène s'explique pour trois raisons :
- la libéralisation des échanges (Il y a de moins en moins d'entrave au commerce international)
                     - le progrès dans le transport et la télécommunication.
                     - la stratégie de mondialisation des entreprises
 
B.L'évolution de la répartition géographique des échanges
Le commerce mondial se polarise aujourd'hui autour de 3 grandes zones (la triade)
                     - l'Europe (Union Économique)
                     - l'Amérique du Nord (ALENA)
                     - l'Asie (APEC)
 
C.  La structure par produit des échanges internationaux.
 1. Le commerce des marchandises.
La part des échanges de produits manufacturés atteint aujourd'hui 75% du commerce international de
marchandises. Celui-ci est caractérisé par l'importance :
                  - des échanges de matériel de transport (automobile)
                  - des équipements électroniques et informatiques.
 
2. Les échanges de services
 Les échanges internationaux de services commerciaux concernent :
                   - les services de transport
                   - les voyages, surtout touristiques
- les autres services marchands (communication, logiciel, services divers aux entreprises)
 
Ces échanges représentent environ 25 % du total des échanges mondiaux. Ce taux faible s'explique en partie
par :
                  - l'impossibilité d'exporter certains services de proximité (médecin, éducation …)
                  - l'impossibilité d'exporter certains services à cause de réglementations différentes d'un pays à
l'autre (ex: la législation fiscale sur les produits d'assurance vie).
Mais actuellement, le commerce de services progresse plus vite que le commerce de marchandises
notamment grâce au tourisme, service bancaire international, transport et assurance…
3.les mouvements des capitaux :
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L’accélération des mouvements des capitaux suite aux décloisonnements des marchés, et à l’ouverture sans
précédent des économies. 
Ainsi, à côté des opérations à court terme (crédit commerciaux et des placement à court terme), les
opérations à long terme (opérations sur titres et investissement directs se sont développée de manière
extraordinaire.
D. Les acteurs du commerce international.
 Il existe3 principaux acteurs : les états nations et les firmes internationales et l’OMC 
A. Les États 
Chaque nation a pour but d'assurer le plein emploi et un taux de croissance le plus élevé possible. Pour ce
faire, il existe une concurrence entre nations. Cependant toutes les nations ne sont pas égalitaires devant le
commerce. Le coefficient de dépendance permet de mesurer le degré de relation commerciale d'un pays.
 
                                                              importation + exportation
                coefficient de dépendance = ------------------------------
                                                                                 PIB
Dans les relations internationales, certains pays sont plus avantagés que d'autres. On peut prendre pour
exemple deux inégalités : les inégalités de taille et les inégalités de place dans la DIT
 - Les inégalités de taille.
La domination politique de certaines nations par rapport à d'autres provoque des échanges inégaux. De
même certains pays ont des quasi-monopoles dû à des économies d'échelle ou à la constitution de cartel. Ils
peuvent ainsi fixer des prix supérieur aux prix de la concurrence (ex: pays de l'OPEP)
 -Les inégalités de place dans la division internationale du travail.
La place de chaque pays dans la division internationale du travail ne présente pas les mêmes avantages.
Ainsi certains pays ont une demande en forte expansion alors que d'autres ont une demande récessive.
Enfin, il faut signaler le désengagement des Etats sous l’effet des politiques néolibérales recommandées par
la banque mondiales et le fonds monétaire international d’une part, et les accords internationaux d’autre
part. 
B. Les firmes multinationales 
Une firme multinationale est une entreprise ou un groupe d'entreprise qui, à partir d'une base nationale,
implante plusieurs filiales dans différents pays. Les investissements directs de ces firmes ont
considérablement évolués du fait de leurs orientations géographiques et de leur nature.
 Pour conquérir de nouveaux marchés en s'adaptant au marché étranger ou en contournant les barrières à
l'entrée.
Pour relancer le cycle de vie du produit.
Pour réduire les coûts de production : les firmes décomposent le processus de production en faisant réaliser
chaque opérations élémentaires dans le pays où elles sont le moins coûteuse. (division internationale des
processus productifs).

C. l’OMC :
L’Organisation mondiale du commerce a pour mission la libéralisation du commerce des biens et des
services à l'échelle mondiale.(voir ci-dessus)

D. la banque mondiale et le FMI :


Ces deux organisations financières internationales ont joué un rôle primordial dans le processus du
développement du commerce mondial par les politiques économiques qu’ils ont
recommandé aux Etats.
 

ANNEXE: Institution de régulation des échanges internationaux : L’OMC


Héritière du GATT ( Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce ou General Agreement on
Tariffs and Trade) et des nombreux cycles de négociations sur la libéralisation du commerce mondial depuis
la seconde guerre mondiale, elle s'est imposée comme une organisation clé dans l'architecture économique
internationale.
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A. Les cycles (ou Round) de négociations commerciales au GATT
De 1947 à 1994, la principale activité du GATT sera l'organisation de négociations commerciales
multilatérales (NCM), chargées de libéraliser le commerce mondial.
Huit cycles se sont succédés. Les cinq premiers cycles, menés d'avril 1947 à 1967, visaient essentiellement
la suppression des restrictions quantitatives et l'abaissement des droits de douane, qui fut très important.
GATT : les cycles de négociations commerciales multilatérales de 1947 à 1993
Membre
Cycles Date Décisions
s
1er cycle : Genève octobre 1947 23 pays 104 accords de réduction des droits de douane
2ème cycle : Annecy avril - août 1949 33 pays 147 accords de réduction des droits de douane
Réduction des droits de douane de 25 % par rapport
septembre 1950 -
3ème cycle :Torquay 34 pays au niveau de 1948, une centaine d'accords
avril 1951
(la RFA fait partie de la négociation)
Réduction des droits de douane
4ème cycle : Genève janvier - mai 1956 22 pays environ 60 nouvelles concessions tarifaires
(le Japon a accédé au GATT en 1955)
49 accords bilatéraux de réduction des droits de
5ème cycle : Dillon septembre 1960 -
35 pays douane
Round juillet 1962
(notamment entre la CEE et ses partenaires)
- Réduction des droits de douane de 35 %
6ème cycle : Kennedy mai 1964 - juin - Mesures anti-dumping
48 pays
Round 1967 - Mécanismes préférentiels jugés insuffisants par les
pays en développement
- Réduction des protections tarifaires de 34 %
7ème cycle :Tokyo septembre 1973 -
99 pays - Mesures non tarifaires
(ou Nixon) Round avril 1979
- Mise au point des codes anti-dumping
- Réduction des droits de douane
- Mesures non tarifaires
- Agriculture et services
8ème cycle : Uruguay septembre 1986 -
125 pays - Droits de propriété intellectuelle
Round avril 1994
- Préférences commerciales pour les pays en
développement
- Création de l'OMC

B. l'OMC :
Née en 1995, l'Organisation mondiale du commerce a pour mission la libéralisation du commerce des biens
et des services à l'échelle mondiale.
- chargée d'élargir les champs du libre-échange à de nouveaux domaines par l'ouverture de cycles de
négociations, mais aussi de veiller à la conformité de ces échanges avec les règles en vigueur (règles
sociales, règles environnementales), au risque de générer un droit international en contradiction avec celles-
ci;
- simultanément saisie par des pays de plus en plus nombreux pour rendre le droit, et prise à partie par les
courants altermondialistes, dans un contexte où les conflits commerciaux se multiplient, tant entre les
grandes puissances, bloc européen contre bloc américain, qu'entre pays du Nord et pays du Sud;
- à vocation mondiale, mais fonctionnant hors du système des Nations unies, et de ce fait agissant sans ou
avec une faible concertation avec les institutions chargées de la santé (OMS), du travail (OIT) ou de

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l'éducation (Unesco), tous domaines qui sont pourtant les enjeux des prochaines négociations sur les
services.

Principes de l'OMC :
L'OMC applique les principes mis en avant par le GATT, régi par l'Accord général de 1947 : --la non-
discrimination (aucune discrimination entre les producteurs nationaux et ceux des pays signataires)ou ce
qu’on appelle la clause de la nation al plus favorisée, règle de réciprocité
-la consolidation (l'engagement d'étendre à  tous les signataires de l'accord les conditions les plus favorables
appliquées à  l'un de ceux-ci),
-la libéralisation du commerce par les négociations commerciales multilatérales et la promotion d'une
concurrence loyale.
-supprimer le dumping (vente à perte, prix des exportations inférieur au prix du marché intérieur)

C.MISSIONS PRINCIPALES :
- gérer et contrôler les Accords de libre-échange mis en place par l'Acte final de l'Uruguay Round du 15
avril 1994,
- arbitrer les conflits commerciaux entre Etats,
- élargir les champs du libre-échange à de nouveaux domaines par l'ouverture de cycles de négociations,
- évaluer périodiquement les politiques commerciales des États membres, selon le mécanisme d'examen des
politiques commerciales.
Les dix années d'existence de l'OMC ont toutefois été marquées par de vives tensions tant autour des
missions mêmes de l'OMC (quelle libéralisation ?) que des positions des différents partenaires Nord-Sud:
voir notamment l'échec de la conférence de Seattle en 1999, ou la difficile négociation du cycle de Doha dit
"cycle du développement" depuis 2001. La prolifération des accords régionaux, voire bilatéraux, illustre
également une relative fragilité de l'organisation.

D. STRUCTURE DE L’OMC :
La structure de l’OMC est pyramidale et comporte quatre niveaux :
1. La Conférence ministérielle : Réunissant les États membres tous les deux ans, la conférence
ministérielle constitue la structure suprême de l'organisation. Elle doit se réunir au moins une fois tous les
deux ans. Elle exerce les fonctions de l’OMC, et est habilitée à prendre des décisions sur toutes les questions
relevant de tout accord commercial multilatéral
Les décisions sont prises généralement par consensus (ou à  la majorité des votes émis ; chaque membre a
alors une voix). L'examen des politiques commerciales est assuré par le Conseil général.
2. Le Conseil général : composé de représentants de tous les membres. Le Conseil général se réunit autant
que nécessaire (généralement tous les deux mois) (….
Le Conseil général se réunit également sous deux formes spécifiques : en tant qu'organe de règlement des
différends, afin de superviser la mise en oeuvre des procédures de règlement des différends et en tant
qu'Organe d'examen des politiques commerciales des membres de l'OMC.
3. L’ORD : lieu d'arbitrage des conflits, et aussi producteur de droit à travers sa jurisprudence. Certains
voudraient lui voir jouer un rôle de régulation de la mondialisation. La principale nouveauté de l’OMC
réside donc dans son organe quasi-judiciaire, créateur d’une nouvelle source de droit et autorisé à
sanctionner financièrement les États, pouvoir de sanction unique dans le droit international. Entre 1995 et
2005, plus de 320 plaintes ont été enregistrées, marquant la place de premier plan acquise par l' OMC.

4. les autres conseils :le Conseil du commerce des marchandises, le Conseil du commerce des services et le
Conseil des aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC) qui agissent
sous la conduite du Conseil général.
Le Conseil du commerce des marchandises est chargé de superviser l’application de tous les accords relatifs
au commerce des marchandises. Les deux autres Conseils sont chargés de superviser le fonctionnement de
leurs accords respectifs.Ces Conseils peuvent établir des organes subsidiaires selon leurs besoins.

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5. les Comités : auxquels les représentants de tous les membres peuvent participer, ont été créés à différents
niveaux."

Remarque : Depuis le 27 juillet 2007, l'OMC compte 151 Etats membres. Pour mémoire, l’Organisation
des Nations unies regroupe, elle, 192 pays.
L'ensemble des pays de l'Union européenne a décidé de confier à la Commission européenne le rôle de
négociateur auprès de l'OMC.
Sept organisations, dont six appartenant au système des Nations unies, sont également observateurs :
- Organisation des Nations unies (ONU)
- Banque mondiale
- Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED)
- Fonds monétaire international (FMI)
- Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO)
- Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI)
- Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)
Elle coopère avec d'autres organismes internationaux, notamment l'OIT (Organisation Internationale du
Travail), le FMI et la Banque mondiale, pour mener à  bien les politiques économiques au niveau mondial,
assurer une meilleure intégration des PED au commerce international.

E. Les grandes conférences de l'OMC


Les conférences ministérielles
Réunissant les États membres tous les deux ans, la conférence ministérielle constitue la structure suprême de
l'organisation.
- La première conférence ministérielle s'est tenue à Singapour, du 9 au 13 décembre 1996. Elle visait à
évaluer la mise en oeuvre des accords de l'Uruguay Round et a décidé la création de trois groupes de travail
sur les "nouveaux sujets" : commerce et investissement, commerce et concurrence, transparence des
marchés publics.
- La deuxième s'est tenue à Genève, du 18 au 20 mai 1998. Elle prend acte des trois accords signés en 1997
sur les télécommunications, les services financiers et les technologies de l'information. Un accord provisoire
est signé sur le commerce électronique, continuant à l'exonérer de droits de douane.
- La troisième a eu lieu à Seattle (États-Unis), du 30 novembre au 3 décembre 1999 et s'est soldée par un
échec.
- La quatrième conférence ministérielle s'est tenue à Doha, au Qatar, du 9 au 14 novembre 2001. Les pays
en développement montrent leurs désaccords avec les objectifs des pays développés, notamment sur le
dossier agricole. Les PED souhaitaient plus de libre échange pour l'agriculture contrairement aux souhaits
des pays développés.