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Nr 146 - 05 août 2009

t es F.C. Score d'Apgar


per ng chirurgical
sa
g i
sur scor
c al
e C
e patient est un 10. Tout a bien été. Ou "Ce
patient est un 5. Il a besoin d'une surveil-
lance rapprochée !". Il se peut que très bientôt, médecins

G A R et infirmières utilisent un tel score numérique lors du


AP transfert de salle d'opération vers l'unité de soins d'aval.
En effet, plusieurs équipes de Boston (Massachusetts Ge-
neral et Brigham's and Women) viennent de valider une
échelle en 10 points qui peut être utilisée pour définir
.
T.A
comment l'intervention s'est passée et surtout, pour estimer
le risque de complications postopératoires graves.
Copiant le score d'Apgar bien connu pour l'évaluation des nou-
veaux-nés, le score d'apgar chirurgical est dérivé de 3 variables pero-
pératoires indépendantes:
9 la perte sanguine estimée
9 la pression artérielle minimale
9 la fréquence cardiaque la plus basse

Après avoir évalué des dizaines de variables , les auteurs ont pu extraire 3 variables indépendantes liées aux compli-
cations postopératoires graves à 30 jours et/ou au décès. Pour ce faire, ils ont étudié 4.119 patients opérés (chirurgie
générale ou vasculaire). Le facteur "C statistique" est de 0.73 pour les complications graves et 0.81 pour les décès au
cours des 30 jours.
% 80
complications Ce score a été introduit dans l'hôpital acadé-
70 mique de Boston et est transmis à l'équipe de
60
décès soins qui accueille le patient. Le score d'apgar
50
chirurgical est actuellement validé pour l'or-
40
thopédie et la chirurgie colorectale
30
(présentations à l'AAO et à l'ASCRS en fé-
20
vrier et mai 2009).
10

0 S.E. REGENBOGEN et al. Utility of the surgical


score 0-2 3-4 5-6 7-8 9-10 apgar score. Archives of surgery 2009; 144: 30-36
1
Rubrique anti-Mythe Le Mythe: "une légère
hyperventilation est bénéfique !

Superbe discussion parue dans l'ASA NewsLetter d'avril '09.


Gary Hill et Girish Joshi (Texas) démontrent en 3 pages qu'une
normocapnie, voire une hypercapnie légère est bénéfique en perop.

 Au cours des dernières années, on s'est penché plus attentivement sur les consé‐
quences nocives pulmonaires, cardiovasculaires et inflammatoires des grands volumes 
courants utilisés pour la ventilation pulmonaire à pression positive (cfr AW 114 du 02 déc 
'08—article de Pelosi). Plusieurs études ont démontré les effets bénéfiques d'une ventila‐
tion minute réduite.  Dans le même ordre d'idée, on s'est posé la question de l'utilité de  
l'hyperventilation et de l'hypocapnie modérées recommandées depuis plus de 20 ans. 
En fait, si on fait une recherche approfondie de la littérature, on ne trouve pas d'études 
peer‐reviewed qui démontrent des bénéfiques nets d'une hyperventilation peropératoire. 
En 1948, Cournand a publié dans l'Am J Physiol une étude qui est devenue un classique qui 
démontrait que la ventilation a pression positive accompagnée d'hypocapnie  réduit le débit 
cardiaque, la pression artérielle et le débit sanguin cérébral. 
De nombreuses études ont démontré les effets  délétères de l'hypocapnie, que ce soit sur 
les troubles du rythme, le shunt et la perméabilité pulmonaires, le déplacement de la 
courbe de dissociation de l'hémoglobine, l'outcome après trauma cérébral et lors de la réani‐
mation cardiopulmonaire, la fonction cognitive en postopératoire , le score d'Apgar des bébés, etc ... 
A contrario, une hypercapnie légère procure une protection contre les lésions tissulaires. L'oxygénation tissulaire est 
améliorée avec une pression sous‐cutanée en O2 augmentée, ce qui est important dans la prophylaxie des infections 
chirurgicales. Une viabilité tissulaire, notamment du colon, a aussi été constatée. 
Hornbein et al. ont montré qu'à haute altitude, l'atteinte cérébrale n'était pas due à l'hypoxie mais bien à l'hypocapnie liée 
à l'hyperventilation concomitante. 
Je me permets de vous recommander vivement la lecture de ces trois pages. Cela peut avoir un impact sur la manière dont 
vous considérez à l'avenir votre stratégie ventilatoire. Rappelons‐nous que, chaque nuit, quand nous dormons du sommeil 
du juste , nous laissons notre organisme s'ajuster à une PaCO2 de ± 45 à 46 mmHg ! 
J.L.S.

La procrastination
"It's a job that's never started that takes the longest to finish"
J.R.R. TOLKIEN 51892-1973°

L e rébus d'AW 144 fait référence à la procrastination


(de pro = pour et crastinus = le lendemain).
La procrastination est le fait de postposer un travail qu'on
a l'intention de faire (ou qui doit être fait) alors qu'on
sait pertinemment bien que ce report ne fera que ren-
forcer le poids de cette tâche.
85 % des gens sont affligés de ce problème à un mo-
ment ou à un autre, soit à cause du stress lié à la
tâche, à la peur d'échouer soit à une mauvaise
estimation du job à faire.
Une autre raison est le perfectionnisme. Ex.: le
scientifique qui postpose sans fin la publica-
tion d'un article parce qu'il souhaite qu'il
soit parfait (ce qui n'arrive jamais).
Quand il s'est enfin décidé, son article est
rejeté parce qu'un autre vient juste de
publier la même chose.
Un bon moyen de lutter contre la procras-
tination est de bien évaluer la tâche, de la
diviser en morceaux et d'attaquer chaque
morceau les uns après les autres.
J.L.S.

2 AnesthWeekly est une newsletter du service d’Anesthésie des Cliniques Universitaires Saint Luc. Ed. Resp.: J.L. Scholtes 2009