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Chapitre 1

Portefeuille : définition et composition


Prof : B. Elmorchid

1. Définition d’un portefeuille


Un Portefeuille se définit comme est une collection d’actifs financiers détenus par un investisseur.
Ces actifs peuvent provenir de différentes classes : actions, obligations, produits dérivés, matières
premières, etc.

Une caractéristique importante d'un portefeuille est son degré de diversification qui permet
d'atteindre un juste milieu entre le risque et le rendement, tout en tenant compte de la durée
prévue du placement (horizon de temps).

La gestion de portefeuille (ou Asset Management en anglais) est une activité qui consiste à
constituer des portefeuilles puis à les faire évoluer de façon à atteindre les objectifs fixés par les
investisseurs, tout en respectant leurs contraintes en terme de risque, de temps et d’allocation
d’actifs, etc.

1. 1. Les objectifs des investisseurs

Ils sont définis en termes de rendement à long terme désiré et du niveau de risque que
l’investisseur est prêt à supporter. La définition des objectifs de placement requiert la prise en
compte de la situation de l’investisseur et surtout de sa tolérance au risque. L’arbitrage entre le
risque et le rendement doit être gardé à l’esprit afin d’établir des objectifs de rendement réalistes
compte tenu du niveau de risque acceptable. Ainsi, il est illusoire par exemple de rechercher un
rendement annuel de 30% et plus sans accepter de prendre le risque de perdre plus de 20% de
son capital. Des énoncés comme « réaliser le meilleur rendement possible » ou « réduire au
minimum » le risque sont trop imprécises pour constituer des objectifs de placement.

1.2. Les contraintes des investisseurs

Elles constituent des balises à considérer dans l’allocation du capital entre les différentes classes
d’actifs. Elles sont définies en terme de :

- Contraintes de liquidité. Pour établir ces contraintes, il faut se poser la question


suivante : « A t-on besoin d’une partie des fonds disponibles avant la fin de l’horizon de
placement? » Si oui, quels sont les montants dont on aura besoin et à quelles dates ou
fréquences les sorties de fonds seront faites. Par exemple, un jeune ménage qui désire
acheter une maison dans 6 mois doit prendre en considération le besoin des liquidités
nécessaires pour la mise de fonds initiale dans ses contraintes de liquidité. Une fondation
a besoin de revenus périodiques pour financer les activités pour laquelle elle est établie.
- Horizon de placement. L’horizon de placement définit la période de temps où l’on est
prêt à laisser les fonds investis. L’horizon de placement des fonds du régime enregistré
d’épargne retraite (REER) d’un professeur âgé de 30 ans est de 30 à 35 ans; celui d’un
professeur en fin de carrière qui compte prendre sa retraite dans 3 ans est naturellement
beaucoup plus court!

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- Les dispositions légales et réglementaires. Elles conditionnent généralement les
classes d’actifs admissibles dans le portefeuille. Par exemple, le contenu étranger des
placements d’un REER est réglementé. Certains investisseurs institutionnels ne peuvent
pas, de par la réglementation, investir dans des titres spéculatifs ou utiliser certains
produits dérivés (options, contrats à terme, etc..). L’énoncé de politique de placement doit
faire l’inventaire des contraintes légales et réglementaires afin qu’elles soient respectées
par le gestionnaire, préservant ainsi l’investisseur de pénalités prévues par la
réglementation.
- Les considérations fiscales. En fonction du statut fiscal de l’investisseur, certains types
de placements présenteront plus d’attraits que d’autres. Par exemple, alors que la
recherche d’abris fiscaux et de gains en capital moins taxés orienteraient les décisions
d’investissement d’un médecin dont le revenu annuel dépasse les 200 000 $, des
obligations municipales exempt d’impôts ont peu d’attrait fiscal dans le portefeuille d’un
fonds de pension ou dans un REER.
- Les circonstances spécifiques de l’investisseur. Cette classe de contraintes regroupe
des éléments qui ne peuvent être classés dans aucune des catégories ci-dessus. Il s’agit de
facteurs propres à l’investisseur. Par exemple, un fils d’un évangéliste qui, quelle que soit
la performance potentielle d’un tel placement, ne voudra investir dans les titres financiers
d’un réseau de cliniques d’avortement. Ou encore, un environnementaliste qui ne veut
faire des placements que dans des titres d’entreprises dont le souci pour l’environnement
est manifeste.

Cette gestion doit se faire en respectant les obligations règlementaires et contractuelles et en


appliquant des stratégies d’investissements définies en interne afin de dégager le
meilleur rendement possible en fonction du risque choisi.

2. Principales composantes d’un portefeuille


2.1. Les titres de créances négociables : les TCN

Les titres de créance négociables (TCN) peuvent être définis comme ceux émis sous la forme de
billets ou de bons à échéance, matérialisés par des titres ou simplement inscrits en comptes et qui,
sans être cotés en bourse, confèrent à leur porteur un droit de créance librement négociable et
portant intérêt. On peut les classer en 4 catégories principales :

Avec la création des TCN, l’ouverture du marché monétaire et son décloisonnement par rapport
au marché financier répondent à plusieurs motivations:

- Moderniser la place financière,


- Créer un marché de capitaux unifié,
- Faire évoluer le Maroc vers une économie de marché,
- Diversifier les moyens de financement et de placement.

En général, il existe trois familles de TCN : les certificats de dépôts, les billets de trésorerie et les
bons des sociétés de financement

Les certificats de dépôt négociables sont émis par les banques pour une durée allant de 10
jours à 7 ans et rapportant un intérêt librement déterminé par les mécanismes de marché.
Cependant, le taux d’intérêt doit être fixe si la durée est inférieure ou égale à un an et fixe ou
révisable dans le cas contraire.

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Le montant unitaire des certificats de dépôt est fixé au Maroc à cent mille dirhams (100000 dh).
Les certificats de dépôt, dont la durée initiale est inférieure ou égale à un an, doivent avoir une
rémunération fixe et peuvent donner lieu à des intérêts précomptés. Les intérêts correspondants
sont payables annuellement, à la date anniversaire du titre, et à l’échéance, pour la durée restant à
courir lorsqu’elle est inférieure à une année. La révision du taux de rémunération se fait à la date
anniversaire de l’émission et s’effectue en application de dispositions librement convenues entre
les parties. Les certificats de dépôt font l’objet d’inscription en compte auprès du Dépositaire
Central au nom des établissements affiliés à cet organisme.

Les billets de trésorerie sont des titres négociables, d’une durée déterminée (10 jours à une
année), émis au gré de l’émetteur en représentation d’un droit de créance, qui portent intérêt. Les
billets de trésorerie ne peuvent être émis que par les personnes morales de droit marocain, autres
que les établissements de crédit, disposant de fonds propres d’un montant au moins égal à cinq
millions de dirhams et appartenant à l’une des catégories suivantes : les sociétés par actions, les
établissements publics à caractère non financier et les coopératives soumises aux dispositions de
la loi n° 24-83 fixant le statut général des coopératives.

Les billets de trésorerie peuvent être souscrits par toute personne physique ou morale résidente
ou non résidente. Le montant unitaire des billets de trésorerie est fixé à deux cent cinquante mille
dirhams (100.000 dh). Ils doivent avoir une échéance fixe et une durée initiale de 10 jours au
moins et d’un an au plus.

Les billets de trésorerie doivent avoir une rémunération fixe, librement déterminée au moment de
la souscription. Ils peuvent donner lieu à des intérêts précomptés. Les émetteurs de billets de
trésorerie doivent domicilier leurs titres auprès des banques. Les banques ne peuvent procéder à
la domiciliation des billets de trésorerie qu’après s’être assurées du respect des conditions
d’émission prévues par la loi n° 35-94 suscitée et par l’arrêté du 09 octobre 1995 précité. Les
billets de trésoreries peuvent être garantis par un ou plusieurs établissements de crédit habilités à
délivrer des garanties ou par une ou plusieurs personnes morales elles-mêmes habilitées à émettre
des billets de trésorerie. Les billets de trésorerie sont stipulés au porteur.

Au Maroc, les bons des sociétés de financement sont émis par les sociétés de financement
pour une durée allant de 2 ans à 7 ans et rapportant un intérêt librement déterminé pouvant être
fixe ou révisable. Le montant unitaire des bons de sociétés de financement est fixé à cent mille
dirhams (100 000 dh)

2.2. Les bons de trésor

Au Maroc, le trésor émis deux catégories de titres : les bons de trésor négociables et les bons de
trésor émis par adjudication.

Les Bons du Trésor négociables sont des Titres émis exclusivement par le Trésor pour répondre
à ses besoins de financement sur une durée déterminée, moyennant un rendement qui dépend de
la durée du placement et qui obéit aux lois de l’offre et de la demande sur un marché de gré à gré.

Ce produit d’épargne présente les caractéristiques ci-dessous :

- Souscripteurs : tous les opérateurs économiques y sont admis qu’ils soient personnes
physiques ou morales
- Durée : A partir d’une semaine à 30 ans.
- Taux : fixe ou variable.
- Montant : minimum : 100000 dh

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- Intérêts : Post-comptés.
- Amortissement : in-fine

Les Bons du Trésor émis par adjudication sont des Titres représentatifs de créances sur le Trésor.
Ces Titres de créance négociables sont émis au gré du Trésor dans le cadre de séances
d’adjudication périodiques portant sur différentes maturités : court terme (13, 26, 52 semaines),
moyen terme (2, 5 ans) et long terme (10, 30 ans). Cette catégorie de titres présente plusieurs
avantages :

- Absence de commissions lors de votre souscription.


- Souplesse à travers le caractère négociable de ces Titres.
- Sécurité de par la signature de l’Etat.
- Large choix de maturités.
- Placement à revenu garanti et absence de risque de moins-value sur votre capital.

2.3. Les produits financiers classiques : les actions et les obligations

Une action est un titre d’associé qui représente un droit de propriété correspondant à une part
du capital social. C’est un titre à revenu variable qui confère à son propriétaire plusieurs droits et
prérogatives dont principalement :

- Le droit au vote qui permet une participation active à la vie de la société émettrice à
travers les assemblées générales.
- Le droit de percevoir, proportionnellement aux bénéfices distribués, une part de
revenus sous forme de dividendes.
- Le droit préférentiel de souscription lors d’une augmentation de capital.
- Le droit d’attribution par incorporation des réserves.
- Le droit de communication des documents soumis à l’approbation des assemblées ainsi
qu’un droit de regard sur la gestion et les comptes de la société.
- Le droit de négocier librement ses actions.
- Le droit au remboursement de la valeur nominale de l’action en cas de dissolution de la
société.

En tant qu’acquéreur d’une action, l’investisseur s’intéresse aux bénéfices de l’entreprise :

- directement pour ceux effectivement réalisés par l’entreprise sur son dernier exercice.
L’investisseur perçoit alors périodiquement un dividende s’il est décidé d’en verser un,
- indirectement, sous forme d’une plus-value, découlant de la perception par le marché de
l’évolution des bénéfices sur les prochains exercices (la croissance anticipée des bénéfices
futurs influe sur l’évolution des cours).

En plus des actions traditionnelles ou ordinaires, certaines sociétés ont recours selon leur besoin
à d’autres types d’actions :

- Les actions nominatives non matérialisées et inscrites en compte sur le registre


des transferts de la société. L’avantage de ces titres est double pour les émetteurs : ils
leur permettent de connaître l’identité de leurs actionnaires en ayant la possibilité de les
joindre de même qu’ils permettent d’empêcher des opérations sur le contrôle de la société
qui leur seraient défavorables.

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- Les actions au porteur ou anonyme qui se transmettent par simple tradition. Leur
gestion est plus souple, mais la société maîtrise moins bien le contrôle de son capital.
- Les actions émises gratuitement (par suite d’une incorporation de réserves, bénéfices
ou primes d’émission) ou correspondant aux apports en nature (terrains, fonds de
commerce etc.).
- Les actions de jouissance dont la valeur en capital est déjà remboursée aux actionnaires
en vertu d’une stipulation statutaire ou d’une décision d’assemblée générale extraordinaire
et au moyen des bénéfices distribués.
- Les certificats d’investissement : ce sont des titres qui dissocient les droits pécuniaires
des droits de vote. Ils résultent donc d’un démembrement d’une action en deux titres : le
certificat d’investissement qui confère des droits pécuniaires et le certificat de droit de
vote.
- Les actions de priorité sans droit de vote (ADPSDV) : en acceptant de recevoir des
dividendes supérieurs à ceux obtenus sur des actions ordinaires, le souscripteur renonce
en contrepartie au droit de vote.
- Les actions à bons de souscription en actions (ABSA) : ce sont des titres qui donnent
droit à la souscription de nouvelles actions à un prix fixé à l’avance.
- Les actions à bons de souscription d’actions rachetables (ABSAR) : elles sont
similaires aux ABSA. La seule différence concerne le fait que les ABSAR sont assortis
d’un bon qui peut être racheté par la société émettrice à un prix préfixé en cas de non-
exercice.

Une obligation est un titre représentatif d’un droit de créance. C’est une part d’un emprunt
émis par une entreprise, une entité du secteur public ou l’État (l’émetteur). À cet égard, le porteur
d’une obligation reçoit généralement un intérêt versé périodiquement et calculé en fonction de la
valeur nominale du titre (le « coupon »).

Lors de chaque émission, de nombreuses précisions sont indiquées par l’émetteur. Il s’agit du
nom de l’émetteur, du montant de l’emprunt, du prix d’émission, de la jouissance (la date de
jouissance indique à quelle date l’obligataire est en possession de l’obligation), de la durée de
l’emprunt et de l’amortissement. Ce dernier peut s’effectuer selon trois modalités :

- à l’échéance, c’est-à-dire in fine : dans ce cas, l’amortissement du capital est


intégralement réalisé en fin de période,

- par annuités constantes : chaque année, la société verse un montant identique


comprenant les intérêts dus et le remboursement d’une fraction du capital appelée
annuité (les titres remboursés sont tirés au sort),

- par amortissement constant : le montant du remboursement annuel est identique


contrairement à celui des intérêts. En conséquence, l’annuité fluctue. Un nombre de
titres est alors remboursé par tirage au sort.

Dans le but de couvrir ces différents risques, la famille des obligations s’est largement développée
en offrant des produits adaptés aux objectifs et aux moyens des épargnants. Il existe aujourd’hui,
en plus des obligations traditionnelles à taux fixe plusieurs autres formes, parmi lesquelles nous
pouvons citer :

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- Les obligations convertibles en actions : Il s’agit des titres mixtes entre les obligations
et les actions. L’exemple type est celui des bons de privatisation. Ces bons sont émis par
le trésor en concertation avec le Ministère de la Privatisation et pouvant être convertibles
en actions de toute entreprise privatisable par offre publique de vente à la bourse des
valeurs.
- Les obligations remboursables en actions : elles se distinguent des précédentes par le
fait que la conversion n’est pas optionnelle, mais obligatoire.
- Les obligations indexées : elles ont une vocation à protéger le souscripteur contre le
risque de dépréciation de ses créances du fait de l’inflation.
- Les obligations à taux variable ou révisable : elles sont indexées sur l’évolution future
d’un taux pris comme référence.
- Les obligations à coupon zéro : elles se caractérisent par le fait que l’émetteur ne verse
aucun coupon durant toute la durée de vie de l’emprunt. En contrepartie, le prix de
l’émission du titre subit une décote par rapport au prix de remboursement, dont le
montant représente la rémunération. Le souscripteur reçoit donc en une seule fois le
revenu de son placement au moment du remboursement à l’échéance du titre.
- Les obligations à bons de souscription : il s’agit d’obligations assorties d’un (voire
plusieurs) bon qui fait l’objet d’une cotation propre s’analysant comme une option. Ce
bon représente le droit de souscrire à une date déterminée et à un prix défini à l’avance
de nouvelles obligations (on obtient ainsi les obligations à bons de souscription
d’obligation) ou des actions (on obtient dans ce cas les obligations à bons de souscription
d’action). En échange, la société émettrice propose généralement un taux inférieur à celui
du marché.
- Les titres participatifs et associatifs : l’émission des titres participatifs dépourvus de
droit de vote est réservée aux sociétés du secteur public et les coopératives en vue de
renforcer leurs fonds propres sans en modifier le contrôle. La durée de ces titres est
illimitée et ne sont donc remboursables qu’en cas de liquidation de la société. Leur
rémunération est composée de deux éléments ; l’un fixe et l’autre variable, calculée sur le
chiffre d’affaires ou le résultat de la société.
- Les titres subordonnés à durée indéterminée : Ces titres qui rapportent un intérêt
comme l’obligation, s’apparentent à des rentes perpétuelles. Ils ne sont remboursables
qu’en cas de liquidation de la société émettrice. Ce remboursement est d’ailleurs aléatoire,
car ces titres constituent des créances de dernier rang

2.4. Les titres émis par les OPCVM

Un Organisme de Placement Collectif en Valeurs Mobilières (OPCVM), ou mutual fund (fonds


d’investissement) selon le terme anglo-saxon, est un véhicule juridique qualifié de « copropriété
de valeurs mobilières » ayant vocation à détenir et gérer un portefeuille d’actifs financiers,
commun à plusieurs investisseurs et dont la gestion est confiée à un professionnel du secteur
financier agréé par le régulateur financier local, appelé société de gestion de portefeuille.

En achetant un OPCVM, l’investisseur détient une fraction d’un portefeuille de valeurs


mobilières, sous forme de parts (pour les FCP ou Fonds Commun de Placements en particulier)
ou d’actions (pour les SICAV).

On peut distinguer particulièrement deux grandes catégories d’OPCVM, qui ont un mode de
fonctionnement financier identique, mais qui se distinguent de par leur nature et par conséquent
par leur fonctionnement juridique :

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- La Société d’Investissement à Capital Variable (SICAV) : c’est une société bénéficiant
d’un régime juridique très proche de celui des sociétés anonyme, et qui émet des actions
au fur et à mesure des demandes de souscription des investisseurs. Lorsque vous achetez
des actions d’une SICAV, vous devenez actionnaire et disposez ainsi des droits attribués à
chaque actionnaire (par exemple, le droit de vote aux assemblées générales),
- Le Fonds Commun de Placement (FCP) : c’est une copropriété de valeurs mobilières qui
émet des parts. Le porteur de parts ne dispose d’aucun des droits conférés à un
actionnaire.

Il est également possible de classer les OPCVM selon l’affectation des fonds des clients. On
distingue alors : les OPCVM actions, les OPCVM obligations, les OPCVM monétaires, les
OPCVM/diversifiés et les OPCVM contractuels.

Investir dans les OPCVM présente plusieurs avantages

- La diversification au niveau des investissements sous-jacents effectués par l’OPCVM


permet de limiter le risque de pertes et d’éventuellement augmenter la probabilité de
gains.
- Pour les investissements qu’il effectue, l’OPCVM bénéficie en principe de conditions plus
favorables (notamment de coûts) que celles dont pourrait bénéficier l’investisseur s’il
investissait directement sur les mêmes actifs.
- Grâce à la mutualisation des investissements sur un même gérant, celui-ci va bénéficier
de moyens humains et techniques (équipe de recherche, modélisation informatique,
sophistication, etc.) pour améliorer la qualité de ses décisions et faire ainsi profiter
l’ensemble des porteurs ou actionnaires d’une meilleure performance.
- Les OPCVM présentent un niveau de risque juridique maîtrisé, les régulations
internationales et nationales encadrant le plus souvent fortement le fonctionnement de ce
type d’instruments financiers. En outre, les OPCVM font l’objet de contrôles de premiers
niveaux assurés par les sociétés de gestion elles-mêmes mais également de contrôles de la
part de l’établissement désigné comme Dépositaire de l’OPCVM, du Commissaire aux
Comptes qui lui est attaché et de l’autorité de régulation nationale qui, dans la plupart des
cas, l’a expressément agréé.

2.5. Les produits structurés

Un produit structuré est un instrument financier émis par une banque ou une compagnie
d’assurance, composé généralement de deux éléments, le premier assurant la protection du
capital, le second plus risqué permet d’optimiser le rendement du produit.

Un produit structuré correspond à une « enveloppe » composée le plus souvent


d’une obligation (permettant une protection du capital) conjuguée à une option (assurant une
performance plus importante offerte notamment par les produits dérivés). Des swaps sont
également fréquemment utilisés. Autrement dit, un produit structuré est une combinaison de
plusieurs produits financiers ou instruments financiers comportant au minima un produit dérivé,
destiné à un but bien identifié de couverture (hedge) ou de spéculation.

Les instruments financiers servant de support aux produit structurés sont émis par des
institutions financières et peuvent revêtir la forme de Titre de Créances Négociables, par exemple
de CD (certificat de dépôt) ou de véhicules d’émission spécialement constitués à cet effet
(certificats ou warrants dédiés), de maturité en générale plus longue.

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Parmi ces produits financiers on peut citer : les produits structurés à à capital garanti comme le
CPPI (Constant Proportion Portfolio Insurance), les produits structurés à capital non garanti
(Reverse Convertible, Discount Equity, Leverage Equity, etc.), les produits structurés à levier
comme les Warrant et les produits de participation (les produits qui permettent de s’exposer aux
variations d’un actif sans le détenir physiquement et de faire participer à l’ensemble de l’évolution
des cours de cette valeur de base ou de cet indice de marché, exposant ainsi l’investisseur à
l’intégralité des valeurs composant l’indice au moyen d’une seule opération)

En matière de stratégies sur un ou plusieurs sous-jacents, il existe quatre stratégies de base :

- Directionnelle : jouant une hausse ou une baisse du sous-jacent.


- D’opportunité : jouant une opportunité de hausse ou de baisse du sous-jacent qui peut se
réaliser à tout moment durant la vie du produit.
- De stabilité : jouant la stabilité du sous-jacent pendant toute la durée de vie du produit.
- De volatilité : jouant sur des mouvements significatifs du sous-jacent durant la vie du
produit.

Durant leur vie, les produits structurés font l’objet d’échange sur un marché secondaire qui
permet généralement à l’investisseur de vendre ou d’acheter un produit à des périodes définies
par l’émetteur, aux conditions de marchés qui prévalent au moment de la demande.

2.6. Les produits dérivés

Un produit dérivé est un instrument financier qui se caractérise par :

- Une valeur qui varie en fonction de l’évolution d’un actif financier appelé sous-jacent,
- Une mise de départ peu significative voire nulle,
- Un règlement qui s’effectue à une date future. Un investissement dans un produit dérivé
donne lieu à l’établissement d’un contrat entre deux parties, l’acheteur et le vendeur, dont
l’objet est de déterminer les flux futurs de l’instrument financier basés sur l’évolution de
l’actif sous-jacent.

Il existe deux types de marchés sur lesquels se traitent les produits dérivés : le marché réglementé
(ou organisé) et le marché de gré à gré (ou OTC Over The Counter).

La durée (ou maturité) des produits dérivés est très variable et peut aller de quelques jours
(contrats forward par exemple) à plusieurs années (options sur taux d’intérêt par exemple). Les
produits dérivés sont annulables à tout moment, c’est-à-dire que l’on peut traiter sur les marchés
l’opération inverse qui annulera la position initiale. Cette annulation dépend néanmoins de la
liquidité du marché correspondant au produit dérivé que l’on souhaite annuler.

Il faut distinguer deux grandes familles de dérivés :

- Les dérivés « fermes » de type :


o les contrats forward ou contrats à terme,
o les contrats Futures,
o les swaps.
- Les dérivés « optionnels » de type :
o les options,
o de nombreux produits hybrides qui comportent une composante optionnelle,
o les options exotiques

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Le contrat Forward est une opération financière qui se traite sur un marché de gré à gré, entre un
investisseur et la banque qui est contrepartie. Le contrat Forward porte sur l’achat ou la vente
d’un sous-jacent (devise, matière première, etc.) pour un montant, un prix et une date future de
livraison (la maturité) qui sont définis le jour de l’achat / vente du contrat entre le vendeur et
l’acheteur.

A la mise en place de l’opération il n’y a pas d’échange de flux financiers. L’échange du sous-
jacent a lieu à la maturité du contrat. Lorsque le sous-jacent est un couple de devises le contrat
s’appelle une opération de change à terme.

Un contrat future est, à l’instar d’un contrat forward, un engagement ferme à livrer à terme un
actif quelconque. Il diffère du forwards sur les points suivants:

- La standardisation: les quantités et les délais de livraison sont définis par les bourses où ils
sont traités. Les prix sont ensuite déterminés chaque jour par les transactions et cotés en
bourse.

- Les parties prenantes à chaque contrat ne se connaissent pas. C’est la chambre de


compensation de la bourse qui est la contrepartie de chaque transaction, et qui se porte
garante de l’exécution du contrat.

- Les profits et les pertes enregistrés par les positions sur futures sont réglés chaque jour, et
non à l’échéance comme dans le cas du forwards.

Une option est un contrat qui donne à l’une des parties contractantes (acheteur) le droit
d’acheter (ou de vendre) pendant une période donnée une quantité déterminée d’un actif
spécifique, à un prix fixé d’avance (appelé prix d’exercice). La deuxième partie contractante (le
vendeur) est tenue d’accorder ce droit au détenteur de l’option. Le coût de ce droit correspond à
la prime de l’option.

Il existe deux types d’options : le call (option d’achat) et le put (option de vendre). Le call donne
le droit (et pas l’obligation) à son acquéreur d’acheter l’actif sous jacent au prix fixé à l’avance. Par
contre, le put donne le droit (et non l’obligation) à son acquéreur de vendre l’actif sous jacent à
un prix fixé à l’avance.

Une option exotique est une option de gré à gré qui possède des clauses particulières. Il existe
un grand nombre de type d’options exotiques (option à barrière activante, option asiatique,
option best of, option à cliquet, option lookback, etc.)

Un swap est la catégorie la plus récente apparue sur le plan formel au début des années quatre-
vingts. Il s’agit d’un un produit de gré à gré permettant l’échange de flux financiers entre deux
contreparties. Les sous-jacents sont variés (devises, taux d’intérêt, matières premières, etc.).
L’objectif est de passer d’une situation d’instabilité à une situation de stabilité. Sur les marchés des
taux, on va par exemple échanger une dette à taux fixe contre une dette à taux variable, ou bien
une dette en dollar contre une dette en euro.

Plusieurs autres contrats dérivés fermes ou optionnels peuvent être combinés entre eux pour
élaborer des stratégies complexes de couverture ou de spéculation. Exemples de stratégies :
straddle, cap, floor, FRA, etc.

2.7. Les Hedge Funds

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Les Hedge Funds (également désignés par Fonds « alternatifs ») sont des fonds conçus pour
appliquer une méthodologie de gestion dite « alternative » consistant à délivrer une performance
dite « absolue » sur un horizon d’investissement défini ; c’est à dire une performance faiblement
corrélée aux marchés financiers et couvrant les risques principaux des classes d’actifs traditionnels
(risques de marché et de taux d’intérêt).

On peut effectuer une première distinction entre ce que l’on désigne communément sous les
termes de fonds domestiques (ou « onshore » selon le terme anglo-saxon) d’une part et fonds non
domestiques (ou « offshore »). Bon nombre de Hedge Funds sont en effet domiciliés dans des
centres offshore tels que l’Irlande, le Luxembourg, les Bahamas, les Iles Caïmans, Panama ou les
Antilles néerlandaises par exemple et sont appelés « fonds offshore ».

Dans certaines juridictions « offshore », les Organismes de placements peuvent être soumis à une
législation et à une surveillance relativement souples, susceptibles d’offrir des niveaux de
protection variables aux investisseurs.

L’univers international des Hedge Funds est vaste. Il comprend de nombreux fonds qui
présentent des profils de risque et de rendement attendu très variés. Au delà de la distinction «
territoriale » précitée, on distingue deux grandes familles de Hedge Funds, elles mêmes divisées
en deux catégories

- Les Hedge Funds purs ou single Hedge Funds, dans les lesquels on distingue les single
Hedge Funds mono stratégie des single Hedge Funds multi stratégies.
- Les fonds de Hedge Funds, fonds de fonds composés d’un portefeuille de Hedge Funds
purs, dans les lesquels on distingue les fonds de Hedge Funds multi stratégies des fonds
de Hedge Funds mono stratégie.

Les Hedge Funds sont libres de choisir les produits et les marchés (à l’intérieur de stratégies
prédéfinies) dans lesquels ils souhaitent investir et leurs méthodes de négociation. De tels fonds
fixent en principe des montants minima d’investissement importants à l’égard des investisseurs.
La rémunération des gérants est souvent liée aux performances de leur fonds.

L’objectif de la gestion alternative est de réaliser une performance absolue, faiblement corrélée
aux indices de marché. Les stratégies mises en œuvre par les Hedge Funds pour atteindre cet
objectif de performance absolue présentent des caractéristiques de rentabilité et de risque
extrêmement différents qui permettent de tirer potentiellement profit de toutes les phases de
marchés (haussière, baissière ou sans tendance).

De manière générale, cet investissement s’adresse aux clients avertis, ayant une certaine
connaissance des techniques d’investissement et de leurs risques sous-jacents. Avant de s’engager
dans un Hedge Fund « pur », un investisseur doit s’informer de manière approfondie quant aux
risques spécifiques liés à son investissement.

Par ailleurs, comme pour toute classe d’actif, l’investissement dans les Hedge Funds, doit se faire
dans des proportions adaptées qui tiennent compte du profil de l’investisseur (appétence au
risque, connaissances techniques, horizon d’investissement notamment). En effet, ces outils
peuvent être parfois spéculatifs et entraîner alors une forte exposition au risque de par sa
volatilité.

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