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La responsabilité délictuelle

1. Hector emboutit le char d’Oscar, représentant de commerce, char dont la valeur passe, du fait de
l’accident, de 10.000 à 7.000 sesterces. Pendant qu’il va faire réparer son char (1.000 sesterces),
Oscar subit un manque à gagner de 500 sesterces.

Oscar pourra-t-il se faire indemniser ? Si oui, dans quelle mesure ? (droit romain primitif
et droit romain classique)
En droit primitif :
Les éléments constitutifs de la responsabilité délictuelle avaient uniquement trait au
dommage. Dès lors que le dommage est causé sans droit de le causer, corpore et corpori
(direct et physique), l’auteur de ce dommage était condamné à indemniser la victime pour
un montant équivalant à la plus haute valeur de la chose dans l’année précédant sa
survenance. En l’espèce, un char embouti a subi des dommages directs et physiques,
obligeant par le fait même Hector à rembourser Oscar à concurrence de 10 000 sesterces,
soit la plus haute valeur de la chose avant l’accident, Hector n’étant pas dans son droit de
causer un tel dommage au sens de la lex aquilia. Le manque à gagner étant un dommage
indirect, il n’est pas indemnisé par le droit primitif.
En droit classique et postérieur :
Le droit s’attache dès lors à la notion de faute. Le fait d’emboutir le char d’Oscar doit être
apprécié par rapport à un standard, soit abstrait (droit classique), soit concret (droit de
Justinien). Ce standard est celui du très bon père de famille. En droit classique, c’est-à-
dire une personne idéale abstraite prudente et diligente ; en droit de Justinien, tout un
chacun de raisonnablement prudent, diligent, placé dans les mêmes circonstances de fait.
En l’espèce, un très bon père de famille n’aurait pas causé un dommage tel. Hector peut
dès lors être jugé fautif.
Le dommage en droit classique et postérieur peut être physique ou moral, direct ou
indirect, pourvu qu’il soit en lien causal avec la faute de l’auteur du dommage ; il faut
mais il suffit que sans la faute retenue, le dommage ne se serait pas réalisé tel qu’il l’a été
in concerto. Seront prises en compte, toutes les fautes sans lesquelles le dommage n’aurait
pas eu lieu tel qu’il l’a été in concerto. En l’espèce, sans la faute d’Hector, aucune des
dommages mentionnés ne se seraient réalisés. Dès lors, Hector sera tenu responsable de la
perte de valeur du véhicule (3000S), ainsi que des frais de réparation (1000S), et du
manque à gagner (500S). Il naîtra dans son chef une obligation de réparer portant sur un
objet de 4500S.

2. Hector, distrait, laisse s’échapper les trois vaches d’Oscar. En essayant de rattraper
Brunette, Hector, maladroit, lui casse une patte. Pendant que Hector ramène les vaches à
son propriétaire, Blanchette succombe de faim et de soif alors que Grisette, lors de la
traversée d’un petit pont en bois, chute dans un ravin, la balustrade ayant été enlevé par
erreur par des ouvriers communaux.
Oscar pourra-t-il se faire indemniser ? Si oui, dans quelle mesure ? (droit romain primitif et droit
romain classique)
En droit primitif :

Les éléments constitutifs de la responsabilité délictuelle avaient uniquement trait au dommage.


Dès lors que le dommage est causé sans droit de le causer, corpore et corpori (direct et
physique), l’auteur de ce dommage était condamné à indemniser la victime pour un montant
équivalant à la plus haute valeur de la chose dans l’année précédant sa survenance. En
l’espèce, 3 dommages nous intéressent. La patte cassée de la première vache, tout d’abord est
un dommage direct et physique qui obligera son auteur (Hector), d’indemniser Oscar à
concurrence de la plus haute valeur de la chose durant l’année qui a précédé le dommage. Le
second dommage est la perte patrimoniale causée par une vache morte de faim. Le défaut de
nourriture et de boisson étant le fait d’une abstention de Hector, ce dernier dommage ne sera
pas pris en compte par le système de la lex aquilia, étant donné que seuls comptaient les actes
positifs. Il en va de même du troisième dommage (la vache tombée dans le vide), celui-ci
résultant d’un défaut de surveillance.

En droit classique et postérieur :


Le droit s’attache dès lors à la notion de faute. Chaque fait dommageable doit être
apprécié par rapport à un standard, soit abstrait (droit classique), soit concret (droit de
Justinien). Ce standard est celui du très bon père de famille. En droit classique, c’est-à-
dire une personne idéale abstraite prudente et diligente ; en droit de Justinien, tout un
chacun de raisonnablement prudent, diligent, placé dans les mêmes circonstances de fait.
En l’espèce, plusieurs fautes ont concouru à la réalisation du dommage. Tout d’abord,
Hector a commis un défaut de surveillance qu’un très bon père de famille n’aurait pas
commis. De plus Hector s’est montré maladroit en voulant récupérer une vache, un très
bon père de famille n’étant pas maladroit. Ensuite, il a commis une faute laissant une
vache sans nourriture ni boisson, ce que n’aurait pas fait un très bon père de famille, pas
plus qu’il n’aurait laissé une vache franchir un pont sans balustrade, commettant par-là sa
dernière faute. Les ouvriers communaux n’auraient quant à eux pas du oublier cette
balustrade, celle-ci ayant été enlevée par erreur, ils ont commis une faute. En effet, un
ouvrier communal raisonnablement prudent et diligent n’aurait pas commis cette erreur.

Le dommage en droit classique et postérieur peut être physique ou moral, direct ou indirect,
pourvu qu’il soit en lien causal avec la faute de l’auteur du dommage ; il faut mais il suffit que
sans la faute retenue, le dommage ne se serait pas réalisé tel qu’il l’a été in concerto. Seront
prises en compte, toutes les fautes sans lesquelles le dommage n’aurait pas eu lieu tel qu’il l’a
été in concerto. En l’espèce, sans la maladresse fautive d’Hector, la première vache n’aurait pas
eu la jambe cassée. Il sera donc tenu responsable de ce dommage physique. Sans sa faute, la
seconde vache ne serait pas morte de faim. Il est donc responsable de la mort de cette vache.
Enfin, sans la faute des ouvriers communaux et sans l’inattention d’Hector, la vache n°3 ne serait
pas tombée dans un ravin. Ces multiples responsabilité sont à apprécier par référence à la
théorie de l’équivalence des conditions : toute faute sans laquelle le dommage ne se serait pas
réalisé tel qu’il l’a été in conreto est à retenir. Bref l’on aura une responsabilité in solidum des
ouvriers communaux et de Hector en ce qui concerne le 3è dommage.

Casus supplémentaire non corrigé :


Casus (8 points)

Remarque générale : Pour ce casus, vous êtes libre d’interpréter les événements au regard des
principes de droit liés à ces matières. Soyez dès lors attentif à la manière dont vous justifiez
vos réponses, sachant que plusieurs solutions sont possibles. Ne prenez par ailleurs en
compte que les faits relevants.

a) Julius est propriétaire d’une villa dans la banlieue de Rome. Désireux d’améliorer cette dernière, il
entreprend des travaux. Alors que ceux-ci battent leur plein, Oscar, contremaître du chantier est invité
par Julius à boire quelques amphores de vin à la santé des ouvriers.

Durant ce temps, sur le chantier privé de surveillance, les événements se précipitent. En effet, Gaius,
un ouvrier peu scrupuleux d’Oscar, pénètre dans la villa afin d’y commettre un larcin. Voyant le vol se
dérouler, César, un fidèle esclave affranchi de Julius, tente de s’interposer, mais se retrouve blessé
par Gaius, au cours de l’altercation qui s’en suit… Durant sa fuite, Gaius renverse quatre statues que
d’autres ouvriers s’apprêtaient à installer, brisant net ces dernières. La valeur de chaque statue est de
10000 Sesterces.
Questions : Julius demande réparation des divers préjudices subis. A qui peut-il s’adresser, en
réparation de quoi ? Distinguez le droit ancien du droit classique et de Justinien, et justifiez par rapport
aux éléments constitutif de la responsabilité délictuelle.

1. Qui peut être tenu responsable ? Analysez les éléments constitutifs de responsabilité en droit
ancien. De quel(s) dommage(s) Julius sera-t-il indemnisé ?

2. Même question en droit classique et de Justinien (Faute, Dommage et lien causal).