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Cours n°15 : Champ magnétique

1) Champ magnétique

1.1) Définition et caractérisation

1.1.1) Définition

Comme nous l’avons fait en électrostatique en introduisant la notion de champ électrique 𝐸⃗ , on


⃗.
introduit ici la notion de champ magnétique 𝐵
Le champ magnétique, usuellement noté 𝐵 ⃗ , est un champ vectoriel. Il s’agit d’un champ de forces
agissant sur les charges en mouvement et les aimants. Il possède donc une direction, un sens et une
norme appelée intensité du champ magnétique et noté 𝐵. L’intensité du champ magnétique en un
point de l’espace est mesurée en 𝑇𝑒𝑠𝑙𝑎 de symbole 𝑇 dans le système international.
On a 1 𝑇 = 1 𝑘𝑔 ∙ 𝐴−1 𝑠 −2.

1.1.2) Sources de champ magnétique

Tout mouvement de charge va créer un champ magnétique.

Les aimants

La structure microscopique d’un aimant crée à l’état macroscopique un champ magnétique


permanent. Cet effet macroscopique résulte d’un ordre magnétique à grande échelle au niveau
microscopique induit par le mouvement des électrons autour du noyau.
On a ainsi une direction privilégiée du champ magnétique à l’intérieur du matériau correspondant à
l’axe pôle NORD-pôle SUD.
Le magnétisme est de nature différente de l’électricité : on peut isoler une charge électrique positive
et une charge électrique négative. En revanche, si on casse un aimant en deux, on ne peut pas
séparer le pôle nord et le pôle sud. On obtient à la fin deux aimants ayant chacun deux pôles.
Il existe deux types d’aimants : les aimants permanents qui sont constitués par des matériaux
magnétiques à l’état naturel et les aimants temporaires qui s’aimantent en présence d’un champ
magnétique externe.

Champ magnétique terrestre

La terre possède un champ magnétique propre que nous étudierons dans la suite du chapitre.

1.1.3) Superposition de champs magnétiques

Si un point 𝑀 est soumis à l’action de plusieurs sources de champ magnétique, le champ magnétique
résultant en ce point est égal à la somme vectorielle des champs magnétiques créés par chacune des
sources.

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⃗ = ∑𝐵
𝐵 ⃗𝑖
𝑖

1.1.4) Caractérisation du champ magnétique

- ⃗ à l’aide d’une aiguille aimantée.


Caractérisation du champ magnétique 𝐵

Une aiguille aimantée comporte deux pôles situés à chacune de ses extrémités : un pôle nord
(souvent de couleur rouge) et un pôle sud.
Dans une région de l’espace où il existe un champ magnétique, une aiguille aimantée subit une
action mécanique et se stabilise dans une direction particulière permettant de caractériser le vecteur
champ magnétique.

La direction de 𝐵 ⃗ est donnée par la


direction d’orientation de l’aiguille
aimantée.
⃗ est le sens pôle sud-pôle nord
Le sens de 𝐵
⃗ s’écrit
de l’aiguille. 𝐵

⃗ =𝐵
𝐵 ⃗𝑣 +𝐵
⃗ℎ

⃗ 𝑣 = composante verticale
𝐵
⃗ ℎ = composante horizontale
𝐵

- Spectre magnétique

On appelle lignes de champ magnétique, les courbes tangentes en chacun de leurs points au vecteur
⃗.
champ magnétique en ce point. Elles sont orientées dans le même sens que le vecteur 𝐵

L’ensemble des lignes de champ représente le spectre magnétique.


⃗ en un point, les lignes de champ ne se coupent pas.
Par unicité du vecteur 𝐵
Les lignes de champ se referment sur elles-mêmes. Elles sortent du pôle nord et entrent dans le pôle
sud

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Spectre d’un aimant droit
Spectre d’un aimant en 𝑈
Le champ dans l’entrefer est
uniforme (lignes de champ
parallèles.)

- ⃗
Mesure de l’intensité de 𝐵

⃗ se mesure en 𝑇𝑒𝑠𝑙𝑎𝑠 (𝑇) avec un teslamètre constitué d’une sonde à effet Hall.
L’intensité de 𝐵

1.2) Champ magnétique créé par un fil conducteur

1.2.1) Champ créé par un courant rectiligne

Un fil rectiligne de longueur infinie parcouru par un courant électrique d’intensité 𝐼, crée en son
voisinage un champ magnétique de caractéristiques suivantes en un point 𝑀 de l’espace :

direction : orthogonale au plan


contenant le point 𝑀 et le fil
⃗ rectiligne
𝐵
𝑀
𝑟 sens : donné par les règles
𝑂
d’orientation

lignes de
champ

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Règle du bonhomme d’Ampère

On place le bonhomme le long du fil regardant le point 𝑀 et de sorte


que le courant lui entre par les pieds et lui sorte par la tête.
Alors son bras gauche indique le sens de 𝐵 ⃗.

Règle de la main droite

On place la main droite le long du fil paume tournée vers le


point 𝑀 de sorte que le courant sorte par les doigts.
⃗.
Alors le pouce indique le sens de 𝐵

Règle du tire-bouchon

Lorsque le tire-bouchon progresse dans le sens du courant, il tourne


dans le sens du champ.

Intensité :

𝜇0 𝐼
𝐵=
2𝜋𝑟

𝜇0 = perméabilité magnétique du vide


𝜇0 = 4𝜋 ∙ 10−7 𝐻⁄𝑚
𝐼 = intensité du courant.
𝑟 = 𝑂𝑀 = distance du point 𝑀 au fil.

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Représentation dans un espace à deux dimensions

𝐼
⊙ Le vecteur est orthogonal au plan de la feuille et
sort de la feuille
⃗ (𝑀2 )
𝐵 ⃗ (𝑀1 )
𝐵
⊗ Le vecteur est orthogonal au plan de la feuille et
⊙ ⊗
𝑀2 𝑂 rentre dans la feuille
𝑀1

1.2.2) Champ créé par une bobine

Une bobine est un enroulement d’un nombre important de spires de fil conducteur qui génèrent un
champ magnétique lorsqu’elles sont parcourues par un courant.

Bobine plate

Une bobine plate est une bobine dont l’épaisseur est petite devant le rayon.

Solénoïde

Le mot solénoïde provient du grec solen : « tube » et eidos : « en forme de ».


Un solénoïde est une bobine longue (longueur > 5 × rayon).
Un solénoïde parcouru par un courant crée un champ magnétique.
A l’intérieur du solénoïde, le champ magnétique est uniforme :

- sa direction est celle de l’axe du solénoïde


- son sens est donné par les règles d’orientation précédentes

Le bonhomme d’ampère regarde le centre du solénoïde, le courant


entre par ses pieds et sort par sa tête, son bras gauche tendu sur le
côté indique alors le sens du champ.

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La main droite qui prend le solénoïde dans sa paume, en
ayant les doigts pointés dans le sens du courant, indique avec
son pouce le sens du champ.

Le tire-bouchon, tournant dans le même sens que le


courant dans le solénoïde, progresse dans le sens du
champ.

- son intensité vaut :

𝑁
𝐵 = 𝜇0 𝑛 𝐼 = 𝜇0 𝐼
𝐿

𝑛 = nombre de spires par mètre (𝑚−1 )


𝐼 = intensité du courant dans le solénoïde (𝐴)
𝑁 = nombre de spires
𝐿 =longueur du solénoïde (𝑚)

A l’extérieur du solénoïde, le spectre magnétique est analogue à celui d’un aimant droit. Le champ
magnétique est toutefois quasiment nul.
Les lignes de champ sortent par la face sud et entrent par la face nord.

Détermination des faces d’une bobine

Pour déterminer la position de chacune des faces d’une bobine, on écrit un « N » ou un « S » en se


plaçant devant la face à déterminer :

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1.3) Champ magnétique terrestre

⃗ 𝑇 . La terre peut
Du fait de sa structure interne, la terre génère un champ magnétique permanent 𝐵
être assimilée à un aimant droit dont le pôle nord magnétique se situe à proximité du pôle nord
géographique (11,5° de décalage).

𝐻
𝑇

Le pôle nord magnétique de la terre correspond en fait au pôle sud d’un aimant droit constitué par la
terre. Il a été dénommé pôle nord à cause du fait qu’il attire le pôle nord d’une aiguille aimantée.
Cette erreur historique d'appellation conventionnelle des pôles de magnétisme nord sera difficile à
rectifier par la suite.
Le vecteur 𝐵 ⃗ 𝑇 n’est ni vertical, ni horizontal. Il est situé dans le plan méridien magnétique. On peut
⃗ 𝑇 en ses composantes horizontales et verticales :
décomposer 𝐵

⃗𝑇 =𝐵
𝐵 ⃗𝐻+𝐵
⃗𝑉

En France, 𝐼 = 60°, 𝐷 = 6°, 𝐵𝐻 = 2 ∙ 10−5 𝑇 et 𝐵𝑇 = 5 ∙ 10−5 𝑇.

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2) Forces électromagnétiques

2.1) Action sur une charge ponctuelle en mouvement – Force de Lorentz

Pré-requis : trièdre direct

Trois vecteurs 𝑢 ⃗⃗ définissent un trièdre direct (𝑢


⃗ , 𝑣 et 𝑤 ⃗⃗ ) si :
⃗ , 𝑣, 𝑤

- 0 < (𝑢 ⃗ , 𝑣) < 𝜋
- (𝑢 ⃗⃗ ) = + 2
⃗ ,𝑤
𝜋 𝑤
⃗⃗
𝜋
- (𝑣 , 𝑤
⃗⃗ ) = + 2

𝑢
⃗ 𝑣

2.1.1) Cas général

Une charge ponctuelle 𝑞 animée d’une vitesse 𝑣 en un point de l’espace où règne un champ
magnétique 𝐵⃗ subit une action appelée force de Lorentz 𝐹𝑚 dont les caractéristiques sont les
suivantes :

- direction : orthogonale au plan vectoriel (𝑣 , 𝐵 ⃗)


- ⃗ , 𝐹𝑚 ) soit un trièdre direct (attention au signe de 𝑞)
sens : tel que (𝑞𝑣 , 𝐵
- intensité : 𝐹𝑚 = |𝑞| 𝑣 𝐵 sin 𝛼 ⃗)
où 𝛼 = (𝑣 , 𝐵

𝑚 𝑚

Règle des trois doigts de la main droite

𝑞𝑣 est porté par le pouce


⃗ est porté par l’index
𝐵
Le majeur donne le sens de 𝐹𝑚

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⃗⃗
⃗ ⊥𝑩
2.1.2) Cas particulier 𝒗

⃗ ⇒ 𝛼 = 90° ⇒ sin 𝛼 = 1
𝑣⊥𝐵

⇒ 𝐹𝑚 = |𝑞| 𝑣 𝐵

𝑚 𝑚

⃗ ⃗𝑩
2.1.3) Cas où 𝒗 ⃗

⃗ ⇒ 𝛼 = 0 𝑜𝑢 180° ⇒ sin 𝛼 = 0 ⇒ 𝐹𝑚 = 0
𝑣 𝐵

Si 𝑣 = 0 on a également 𝐹𝑚 = 0

Le champ magnétique exerce une action sur les porteurs de charge ayant une vitesse non nulle et un
⃗.
vecteur vitesse 𝑣 non colinéaire à 𝐵

2.2) Action d’un champ magnétique sur un conducteur parcouru par un courant – Force de Laplace

2.2.1) Cas général

Un conducteur rectiligne de longueur 𝑙 parcouru par un courant d’intensité 𝐼 et placé dans un champ
⃗ uniforme, non colinéaire au conducteur, subit une force électromagnétique appelée
magnétique 𝐵
force de Laplace 𝐹 :

- de point d’application le milieu du conducteur


- de direction orthogonale au plan formé par l’axe du conducteur et le vecteur 𝐵 ⃗
- de sens dépendant du sens du courant et du vecteur 𝐵 ⃗ tel que (𝐼 , 𝐵
⃗ , 𝐹 ) soit un trièdre direct
(𝐼 = vecteur porté par la direction de la tige conductrice et orienté par le sens du courant)
- d’intensité 𝐹 = 𝐼 𝑙 𝐵 sin 𝛼

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2.2.2) Cas particuliers

- ⃗ ⊥𝐼
𝐵 ⇒ 𝛼 = 90° ⇒ sin 𝛼 = 1 ⇒ 𝐹 =𝐼𝑙𝐵

- ⃗ 𝐼
𝐵 ⇒ 𝛼 = 0 𝑜𝑢 180° ⇒ sin 𝛼 = 0 ⇒ 𝐹=0
⇒ la force n’agit pas sur le conducteur

La force de Laplace est nulle si le fil conducteur est parallèle au champ magnétique.

3) Mouvements dans un champ magnétique uniforme

3.1) Etude dynamique préalable

Une particule ponctuelle de masse 𝑚 et de charge 𝑞 est lancée dans une zone de champ magnétique
uniforme avec une vitesse initiale 𝑣0 .
Le poids de la particule est négligé.

On écrit la seconde loi de Newton dans le référentiel du laboratoire :

𝐹𝑚
𝐹𝑚 = 𝑚 𝑎 ⇒ 𝑎=
𝑚

La particule subit uniquement la force de Lorentz.

⃗ à tout instant
𝐹𝑚 ⊥ 𝑣 𝑒𝑡 𝐹𝑚 ⊥ 𝐵
⇒ 𝑎 ⊥ 𝑣 à tout instant

𝑑𝑣
⇒ 𝑎𝑡 = 0 ⇒ =0 ⇒ 𝑣 = 𝑐𝑡𝑒
𝑑𝑡

⇒ Le mouvement de la particule est uniforme


⃗𝟎 𝐵
3.2) 𝒗

𝑣0 𝐵⃗ ⇒ 𝐹𝑚 = ⃗0 ⇒ Le champ magnétique n’agit pas sur la charge et celle-ci n’est pas déviée. Elle
conserve donc sont mouvement rectiligne uniforme.

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⃗⃗
⃗𝟎⊥𝑩
3.3) 𝒗

Comme 𝑣0 ⊥ 𝐵 ⃗ , 𝐹 et 𝑣 vont constamment rester dans le plan de vecteur normal 𝐵 ⃗ . La trajectoire de


⃗ à tout instant.
la particule chargée se trouve donc dans le plan perpendiculaire à 𝐵

Dans la base de Frenet, on a :

𝑎𝑡 = 0
{ 𝑣2
𝑎𝑛 = =𝑎
𝑅

𝑣02
Or 𝑣 = 𝑐𝑡𝑒 = 𝑣0 ⇒ 𝑎𝑛 = 𝑐𝑡𝑒 = 𝑅

𝐹𝑚
De plus 𝑎 =
𝑚

𝑣02 𝐹𝑚
⇒ =
𝑅 𝑚

𝐹𝑚 = |𝑞| 𝑣0 𝐵

𝑣02 |𝑞| 𝑣0 𝐵
⇒ =
𝑅 𝑚

𝑚 𝑣0
⇒ 𝑅= = 𝑐𝑡𝑒
|𝑞| 𝐵

⇒ le rayon de courbure est constant donc la trajectoire est circulaire uniforme.

Deux cas vont se présenter suivant le signe de la charge.


𝐵 𝑣0

𝐹𝑚0

𝑞>0

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𝑞<0

𝐹𝑚0


𝐵 𝑣0

4) Couplage électromécaniques

L’induction électromagnétique et la loi de Laplace sont à l’origine du fonctionnement des


transducteurs électromécaniques.

On appelle transducteur électromécanique un appareil capable de convertir de l’énergie électrique


en énergie mécanique, et inversement.

4.1) Rendement global d’une conversion d’énergie

On considère une barre conductrice posée sur deux rails de Laplace et parcourue par un courant
d’intensité 𝐼 délivrée par un courant de f.é.m. 𝐸. La barre est reliée à une masselotte par
l’intermédiaire d’un fil et d’une poulie. Lors du déplacement de la barre vers la gauche, la force de
Laplace travaille et permet ainsi à la masselotte de s’élever.

Le rendement global de cette conversion d’énergie électrique en énergie mécanique est :

𝑊méca 𝑃méca 𝑃Laplace


𝜂= = =
𝑊élec 𝑃élec 𝐸𝐼

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4.2) Conversion d’énergie électrique en énergie mécanique

4.2.1) Le haut-parleur électrodynamique

Un haut-parleur électrodynamique est un convertisseur d’énergie électrique en énergie mécanique.


Il est constitué de trois parties essentielles : une bobine, un aimant et une membrane solidaire de la
bobine.
Un aimant permanent génère un champ permanent et uniforme dans son entrefer. Dans cet entrefer
est placée une bobine suspendue, solidaire de la membrane. Lorsqu’un courant parcourt la bobine,
chaque spire subit une force de Laplace, et la bobine toute entière subit une force axiale, dont le
sens dépend du sens du courant. Pour un courant alternatif de fréquence 𝑓, la bobine va être animée
d’un mouvement vibratoire axial de même fréquence, et la membrane va transmettre ce
mouvement vibratoire à l’air ambiant, ce qui produit un son de fréquence 𝑓.

4.2.2) Le moteur électrique à courant continu

Un moteur électrique à courant continu transforme de l’énergie électrique en énergie mécanique


(rotation). Il se compose de deux pièces disjointes :

- le stator : cylindre creux et statique, qui génère grâce à deux bobines plates un champ
magnétique uniforme
- le rotor :cylindre mobile autour de son axe.

Le stator est couplé à des spires conductrices : lorsqu’elle tourne, chaque spire est en contact
électrique avec le générateur grâce à deux lames soudées aux extrémités de la spire, et à deux balais
fixes reliés au générateur. Les deux portions de conducteur parallèles à l’axe de rotation sont
chacune soumises à des forces de Laplace, qui tendent à faire tourner la spire. Tous les demi-tours, le
courant dans la spire change de sens, ce qui assure une rotation toujours dans le même sens.

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