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Pourquoi?

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Alain 5 Ba’aba

Pourquoi ?

Editions Soleil

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Alain 5 Ba’aba

Editions Soleil
editionssoleil@yahoo.com
Tel: (+237) 697 39 16 20
© Mars 2020

Toute reproduction intégrale ou partielle, faite sans


le consentement de l’auteur, est illicite et constitue
une contrefaçon sanctionnée par le code de la
propriété intellectuelle.

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En quelques mots
« La poésie, pour nous, est comme une arme
de construction massive. Nous nous servons d’elle
pour nous défendre et pour cracher la vérité à tous
ceux qui ne veulent pas voir la réalité en face…Ce
recueil de poèmes a pour principal objectif de faire
comprendre à tous les amateurs d’écriture que la
poésie peut être faite par n’importe qui. Du moment
où nous avons nos mots à dire en toute sincérité,
nous commençons déjà à comprendre ses mystères.
Le titre de ce livre a été choisi avec une méthode
quasiment surréaliste qui n’a rien à voir avec la
multitude des thèmes exposés ».

L’éditeur

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Mots de l’auteur
En ouvrant ce volet, qui peut-être serait pour
toi, notre point commun à tous, avec de ces mêmes
contours dont la réalité revêt aux yeux de tous,
j’aimerais commencer par te féliciter pour ta
bravoure. Toi qui as su trouver ce digne courage
d’ouvrir ce livre, de le lire, et au-delà, le vivre et le
transcender. Puisses-tu y trouver la semence
recherchée par ton esprit ! J’aimerais aussi
remercier mon cher papa ; Boudombo Mouko, et
ma très chère maman ; Ambadiang Evelyne, ainsi
que l’ensemble de ma famille, pour tous les efforts
fournis de m’accompagner par leurs conseils et les
moyens rassemblés à l’égard de ce bourgeon, qui
constitue mon entrée en matière dans ce vaste
monde où les ruelles abondent ; de lettres, de mots
et d’idées. Je voudrais aussi que toi Charlie, et vous
autres, amis du CCU ; le père Justo en particulier ;
trouviez ici, un grand MERCI en très belles lettres
d’amitiés. Je ne saurais oublier : Victor, Elvis,
Etienne, Sébast, Nina, Achille…qui sont de proches
amis, ainsi que le Collectif 237 Paroles, et tous ceux
qui, de près ou de loin auraient contribué à ces
premiers vagissements. Je suis aussi humblement

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reconnaissant envers mon créateur, qui a bien voulu
m’accorder son souffle et m’accompagner
jusqu’aux bouts de ces pages. Pour définir la poésie,
je dirais simplement qu’elle est ce qu’elle est et nul
n’en a le monopole, si ce n’est Dieu.
Bonne lecture !

Alain 5 Ba’aba.

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Toc Toc Toc
Entrez
Peu importe d’où vous venez
Faites comme chez-vous
Mais n’oubliez pas que vous n’êtes pas chez-vous

Je vous apporte un verre


Mais le verre sera nu
Nu d’amour nu d'humain
Nu de moi froid pour toi
Un point abusé sur vos devoirs dénudé de vos droits
Vous aurez à être taxé et ça ne se discute pas

Si vous n’êtes pas d’accord alors partez


D’ailleurs à quoi vous attendiez-vous
Vous-vous prenez même pour qui

Sortez d’ici
Allez-vous-en
On ne veut plus de vous ici
Dégagez
Peu importe où vous irez
Allez au diable !

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L’avez-vous fait
Vous voyez
Vous voyez
Comment
Vous êtes
Méchant
Vous voyez
Comment
C’est mauvais
Ce que vous faites
Vous voyez
Vous l’avez fait

Vous avez
Horriblement
Séparé
Le parent
Et l’enfant
Vous avez fait
Des orphelins
Vous avez
Eparpillé
Une famille

Vous voyez
Vous chassez
L’homme
Comme du gibier
Vous l’assommez et le massacrez

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Vous décimez sa joie de vivre
Vous êtes

Vous êtes
Tellement
Méchant
Vous êtes
Criminel

Vous regardez
Dans les yeux
Un homme sans force
Une femme sans défense
Un enfant innocent
Un pauvre
Aux lourds fardeaux
Et vous tuez
Sans pitié

Vous êtes un assassin


Vous êtes méchant
Vous êtes tellement méchant.

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Urgences
Dans l’urgence
De chez-moi
De chez-vous
Ou d’ailleurs
Mes yeux
Chantant ma détresse
Et la perdition
De ce monde dénudé
Je déclare l’état d’urgence

Tout est à revoir


Du cœur le plus faible
A la plus ferme des mentalités
Contre ces murs qui nous enchaînent
Je déclare l’état d’urgence

Vite faisons vite


Du sang s’effondre
Et des larmes qui frissonnent
Et des mains qui traient la paix
Et des victimes nombreuses
Et des bourreaux sans nombre
Je déclare l’état d’urgence

Dans l’urgence
De nourrir et de rebâtir
De pacifier et d’aimer
De sourire et de revivre

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D’écrire une nouvelle page
En évitant des dérapages
Allons-y urgemment

Avant que la nuit ne nous éteigne


Dans ce monde d’enfer
Je déclare l’état d’urgence.

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La dictature du secret
On marche peut-être ensemble
Mais sommes-nous toujours ensemble
Une graine m’enchaîne
Dans le cachot du silence
On dirait que je suis seul
Dans cette mêlée de circonstance

Mes morsures internes


Sont de plaies en pleines effervescences
Je suis condamné à les ressentir
Mais toujours sans mots pour les décrire

On s’amuse peut-être ensemble


Mais sommes-nous toujours ensemble

Sommes-nous ensemble dans ces profondeurs


Qui limitent nos consciences
Ces secrets qui nous malmènent
Ce mal dont la science ne s’explique
Cette maladie qui dépasse la médecine

Est-on ensemble dans ces secrets qui nous offensent


Ces secrets qui se cachent dans nos âmes
Et dont on essaie de dire
Sans jamais y parvenir

Tous nous sommes esclaves d’un secret certain


Qui nous limaille en silence

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Et échappe à notre claire conscience
Nous sommes tous victimes de quelque chose
d’incertain

Peut-être qu’on s’accorde


Mais sommes-nous toujours d’accord

Quand on dit que le secret de la vie


C’est qu’elle évite toujours qu’on soit
Certain de ce qu’on vie.

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La souffrance
La souffrance n’est pas
Une épreuve mais un chemin
Elle arrose d'ulcères
Elle déchire le cœur
Elle vous fait maigrir
Et au fait ce n’est pas vous qui maigrissez
C’est votre esprit hautain

La souffrance est une douce chanson


Quand vous êtes ennuyés
Quand vous-vous déchirez
Quand vous n’en pouvez plus
Et au fait ce n’est pas vous qui n’en pouvez plus
C’est vos faiblesses

La souffrance est une leçon


Et si vous la comprenez vous ne souffrez plus
La souffrance est un repas
Et quand vous le savez vous ne souffrez pas
Mais vous savourez

On ne peut ne pas souffrir


Or qui souffre sans souffrir
Est guéri de la mort de souffrir...

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Le choix
Ils s’entredéchirent
Ils s’entretuent
Ils s’entredévorent
Atrocement

Ils se pourchassent
Ils se querellent
Ils se briment et se divisent
Ils ont fait le serment de segmenter l'humanité
Ils ont vu que nous sommes nés
En couleurs teintées de cacophonies
Les unes envers les autres

Alors ces teints se sont teintés de sangs


Et l’humanité qui peine
Sous leurs mornes ignorances
Ils se blessent et nous mordent à refuser des
évidences
Mais au fond
Nous sommes tous de race humaine
Ils veulent semer haines et différences
Ils veulent confondre et bluffer l’humanité
Mais ils se trompent

Ils perdent leur temps pour rien


Car l’humanité est immortelle.

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Lettre au monde
Qu’en cette journée mondiale de deuil mondial
Que tout se calme de tout chœur
Pour les morts et meurtris de la terre
Et que l’humanité se tienne et se souvienne à jamais
Qu’alors il faut des prières comme des fleurs
Qu’alors Il faut ce qu’il faut et maintenant

Qu’en cette journée mondiale de deuil mondial

Que le monde s’assemble en une ronde


Et qu’au milieu du grand monde
Qu’on allume un grand feu

Et qu’on y brûle la guerre et la haine


Qu’on y brûle l’œil de l’orgueil
Et la graine qui gangrène la race

Qu’en cette journée mondiale de deuil mondial

Qu’on brûle toutes nos immondices


Et que sur les cendres du mal
La vie reprenne ses éclats
Et que rayonne l'humanité
Et qu'on entonne l'hymne de l'équité

Qu’en cette journée mondiale de deuil mondial

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Que tout se calme dans l’univers pour les morts et
meurtris de notre terre
Que l’humanité se tienne et se souvienne à jamais
Qu’alors il faut de l'amour comme les étoiles
Qu’alors Il faut ce qu’il faut maintenant
Et à jamais

Que les âmes de tous


Nos frères défunts reposent
En paix

Let’s stand
Up for the world!

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Pour de bon
Voici
Qu’en s’envoyant en l’air
Tout allait comme sur des roulettes
Et quand éclatent les pédales
Une chute sans parachute
Voici que vient l’abîme

Marchant s’en allant


Main dans la main
Cœur dans la tête
Pas-sur-pas
Pas-à-pas
Et sans âme
L’amour va-t-il mourir
Pour de bon ?

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Un matin
Enfin
Les beaux temps sont venus
Et ils ont apporté pour nous un peu d’éternité
Un matin
Les beaux temps sont venus
Pour nous donner la paix
Mais le monde s’est impatienté
Alors qu’il y avait tout le temps

Les hommes se sont disputés


Chacun tendant ses filets pour attraper l’éternité
Au détriment de la postérité

Alors pour se laver les mains


L’éternité leurs a filé entre les doigts
Ainsi de suite...

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Au bord d’une falaise
Au bord d'une falaise
Elle a posé sa tête
Elle écoute les eaux qui buttent sur du roc
Tout en savourant la douceur de l'univers

Au bord d'une falaise


Elle a posé son cœur
De ses yeux coule folle détresse
Son visage est douleur
Ses rêves sont des brûlures
Elle s'y brûle souvent les ailes
Elle regarde sa vie
Et c'est dégueulasse

Alors en âme forte


Au bord de la falaise
Elle dépose ses peines
Et en silence elle digère…

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Le monde n’est pas méchant
Le monde n’est pas méchant
C’est toi qui es méchant
L’homme cherche sa justesse
Dans son immortelle ivresse
Se réclamant à pleine voix
Victime d’un monde sauvage

Là où sa vie échoue
La mort peut régner
Là où sa paix échoue
La guerre peut continuer
Là où son amour échoue
La vengeance peut jouer
Là où son égoïsme échoue
Là où ses désirs échouent
La force peut combler
Et le mal peut l’emporter
Et le monde devient méchant
Et pour quelques intolérances
Le monde devient méchant
Pour quelques manques à gagner
Qu’on espère suffisant
Pour une cruelle vengeance
Pour une sanglante vengeance dite justifiée
Justifiée par le mal qu’on fait les autres
Mais quels biens leurs a-t-on fait
Pour nuire toute une terre sans fautes
Sous l’espoir d’assouvir une colère

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Ou de faire payer l’irréparable
A tous les hommes
Et sans distinctions
Et faire payer l’impardonnable
Et alors on perfore les plaies
Ô que sanglantes et douloureuses
D’un monde imparfait
Et d’une vie si malheureuse

Le monde n’est pas méchant


C’est nous qui sommes méchants
L’homme cherche sa justesse
Dans son immortelle ivresse
Se réclamant de vive voix
Victime d’un monde sauvage.

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La misère
Quelle misère dans sa tête
Quand sous ton silence ton frère croupit
Et indifférent
Tu ris joyeux et sans soucis
Vraiment je te le dis tu n’as pas de cervelle

A voir la misère
Elle fait pleurer mais tu ne pleures pas
Elle est pitoyable mais tu es sans pitié
La misère misère à tes pieds
Mais tes yeux ne se sont pas baissés
La misère a faim
Mais tu ne lui donnes pas à manger
La misère souffre dans ton cœur
Mais tu n'es pas à ses côtés
La misère se tord dans ton âme et toi tu t'en moques

Es-tu à ce point sans compassions


Es-tu différent d’un criminel
Penses-tu
Mais sérieux
Tu es le pire des traîtres qui n’aient jamais été
Mon ami tu es trop dur
Yeuch
Comment toi-même tu peux être comme ça

Il faut changer mon frère !

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La foi
A ceux qui tuent pour Dieu
Dieu vous a envoyé tuer n’est-ce pas
Bandes de criminels
Dieu vous a envoyé pendre les gens
Tuer des enfants
Violer des femmes
Embrigader les autres
N’est-ce pas
Bandes de barbares
Dieu était-il faible pour vous créer si forts
Dieu était-il fou pour vous créer si sages
Dieu aurait-il perdu la tête
Pour vous nommer ses anges gardiens
Bande d’ignorants
Dieu vous a demandé de vous tuer vous-mêmes
De tuer cet orgueil cette ignorance et ces égoïsmes
Dieu vous a demandé d’aimer
D’enseigner et d’apprendre
De donner et de partager
Dieu vous a donné la vie pour faire vivre
Pour le louer
L’adorer
Car infiniment bon
Dieu est
Bon !

26
Attention
« Numérisons l’humanisme »
Cher ami dans internet
Il y a une souris qui te guette te ronge et te croque
de ses escrocs
Elle a un pelage en hémoglobine du sang de ses
nombreuses victimes
Elle fait des complots sur ta tête en accord avec des
crimes qui veulent ta peau
Il y a quelques jours je t’y ai vu
Tu étais avec cette abominable abomination
Tu faisais quoi avec ce parasite ne me dis pas que
tu pirates les navires
Sinon pourquoi es-tu un homme
Si dans la toile tu es un monstre
L’autre jour encore je t’y ai vu qui attisait le feu de
la guerre avec tes pétards
Tu as de boutiques virtuelles illicites
Et tu prospères le terrorisme virtuel
Tu es très mauvais
Tu m’énerves même déjà fainéant
Salaud tu sais quoi
Je vais t’envoyer les moustiques c’est mon antivirus
Pour des humains véreux comme toi
Et ma vengeance sera enfin vengée
Du paludisme virtuel
« Numérisons l’humanisme » !

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Les enfants
Qui a blessé ces enfants
Pourquoi
Pourquoi blessez-vous mes enfants
Pourquoi
Pourquoi leurs faites-vous cela
Pourquoi les effrayer
Pourquoi les agresser
Pourquoi les mutiler
Pourquoi les assassiner
Pourquoi
Pourquoi les enrôler dans vos guerres
Pourquoi
Pourquoi leurs faire payer vos erreurs
Pourquoi leurs faire payer vos colères
Pourquoi
Ne touchez plus à leur innocence
Laissez mes enfants tranquilles
Foutez-leurs donc la paix
Allez-vous-en
Bande d’inconscients!

28
L’inflation
Infligés de toutes parts
De brasiers dans nos âmes
Une morsure insolente
Et les plus forts de ce monde
Sur les plus faibles sans forces
Le niveau des prix fait fort
Or sous la pluie du prestige
Ils se sont assis
C’est urgent d’assainir l’économie
Alors vous assainissez vos ventres
Et le reste du monde qui meurt hanté
Dans la profonde nuit de l’arbitraire

C’est toujours comme ça

Quand la somme à payer


Pour nos fautes augmente
La meilleure façon de régler l’inflation
C’est de la faire payer par les autres
Les autres les plus faibles

C’est toujours comme ça.

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Équilibre dans le marché de la
monnaie
Je vais te rendre la monnaie de ta pièce
La vie c’est œil pour œil
Dent pour dent
Tu me regardes mal
Je perce ton œil
Tu me montres tes dents
Je te casse la gueule
Vaudrait mieux que le bon biais du sourire
Se déchire face aux faux billets de la gifle
Et celui d’un regard innocent
Par de pièces de blessures

Pour une main tendue


Deux viennent coupées

C’est ça l’équilibre
La monnaie du mal
La fausse monnaie
Devient monnaie courante.

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Le plus rapide du monde
C’est le champion des champions
Toutes catégories
Il a devancé le monde entier
Et personne ne l’a compris
Il a une pointe vitesse hypersonique

Issu de la génération des générations


Il arrive toujours en premier
Et le monde derrière lui essoufflé

C’est lui le plus rapide du monde


Si jamais vous le rencontrez ne lui offrez pas du
café parce qu’il est immonde

Le saviez-vous
Le plus rapide du monde
C’est rien
Oui c’est rien

Rien est resté en tête


Et depuis toujours
Le monde court après rien.

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Au ghetto ça fume
Un jour un gigantesque ghetto s’est misérablement
levé comme une misère mordue par les vaches
maigres vachement démunies
C'était simplement douloureux de voir comme
c'était malheureux ce regard qu'il donnait
Avec dans ses yeux un noir de mélancolie
Et de fatigue
Ses haillons déchirés et son visage crasseux
Le ghetto s'est enfin réveillé

Il est sorti dans la rue pour protester


Simplement protester avec des textes
Et non des lames

La police aussi est sortie pour massacrer


Terriblement massacrer
Avec le sifflet et les gardes à vue
Elle avait sur sa tête le béret du désordre

Les gouvernements ont donc déployé


Par des ordres hautement parafés
Bonne quantité d'aides
En matière de répressions et non d’adéquations
Et on a donc fait du ghetto ce qu’on a fait

Voici qu'au soir le ghetto s'en retourne chez-lui


Toujours misérable et beaucoup plus pitoyable
Démotivé et découragé

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Se lançant au tout pour le tout
Dans le flou ou à un hasard pour sauver sa peau
Toujours misérable et misérablement pitoyable

On peut voir dans un coin de l'étau


Des mendiants rentrant leurs mains dans leurs
poches avec le fruit grandiose de l’âme généreuse
des crachats des injures et des injustices

Ce matin alors le ghetto était debout


Il y avait un gros creux dans son ventre
C’est la famine qui l’avait fait
Il crevait de faim et il tremblotait de longs et épais
plats de jeûnes forcés
Il tomba raide mort dans le creux de sa faim
Et il mourut de faim dans le chômage, l'ivrognerie
et leurs acolytes
Il mourut de faim
Et les gouvernementueurs s’en sont moqués d’un
grand rire de silencieux train aux rails quotidiens
de sang qu’on mange l’amertume éclairée à la
lueur de leurs flancs corrompus

Alors en ce jour de deuil le ghetto s’est levé


Il a langoureusement secoué sa misère devant des
plats de deuils nationaux
Il a secoué sa misère le pauvre
Afin qu’elle fit tomber
Pour lui sur la table à manger
Toutes les dernières qui lui restent
De pépites de pain au chocolat

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Mais dans le pain il n’y avait pas de chocolat il n’y
avait que du travail de leur sueur
Du travail seulement du travail
Manœuvrant le ghetto
Les opulents seigneurs s’abreuvant aux ulcères de
ces misérables saignés

Voici donc le ghetto debout et se brisant la tête


Sous un soleil de points d’interrogations
Cependant la belle vie tient la sienne dans de belles
chaussettes neuves et propres ?

Qui donc du ghetto ou de belles chaussettes osera


oser défier l'épreuve qu'il faille délier le ghetto ?

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Le déluge du peuple
Dans les rues et les parcs nauséeux
Je suis allé en balade le ciel était nuageux
Arrivé dans une banlieue j’ai voulu balader
Mon œil mais la misère l’a piqué

Il y avait une certaine démoncratie


Tout était démolie on dirait la démolie-cratie
Un deuil total sur les têtes de masses massacrées

Il y avait un petit groupe de démons


Conduisant un déluge
Il marchait sur de milliers d’hommes
Qu’il enterrait vivants
Et les morts vivants éveillés étaient tous traqués
Et réprimés jusqu’à leurs tombes
J’ai vu s’enfuir la liberté
Sous une pluie à l’âme corrompue

Et quand d'une loupe j'ai regardé


On les appelle élus du peuple
Ce sont ceux-là le déluge du peuple
Et quand d'une loupe j'ai regardé
Alors j’ai constaté aux commandes du déluge
La grosse tête de nos élus corrompus.

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Matrice carrée
Nous y sommes nés ici
Nous y vivons ici
Nous y mourons aussi

Mais comment avons-nous fait


Pour nous défaire de nos cœurs
Quand on vit sous des obus
Et l’effusion d’insomnies
Mais comment sommes-nous en arrivés là

Notre terre pourtant bonne


Notre terre n’est plus ronde
Notre globe est carré

Tous les sens sont inversés


Les vraies valeurs dévaluées
Mais comment pouvoir désarmer
Ces variables avariées

Notre terre est un choc


Un chaos plein aux as
Nous avons nous-même forgé notre propre tombe
Notre monde est un monstre aux dimensions
immondes.

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Les chaînes
Les chaînes sont tombées encore une fois de plus
Elles sont tombées malades encore une fois de plus
Et cette fois c’est la pire
Elles ont perdu la tête
Elles sont devenues folles
Elles ont enchaîné la vie
Elles l’ont mise au pilori

Les chaînes de l’enfer se sont déchaînées


Le monde paye peut-être ses immondices
Un calvaire irréversible
Le vent hanté des ombres sourdes
Sort de son gouffre
La pierre jetée tombe sur l’humanité
Et tout s’écroule

Quand le ciel nous quitte


Et que les chaînes craquettent
Quand l’accord devient discordant
Et la discorde se fait d’accord
Quand on a si froid sur une terre si fade

Les longues chaînes aux maillons de haines


allongées dans les couloirs de cœurs arides arrivent
au comble de l’horreur si horrible qui dévore les
pauvres humains comme des proies de minuit

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Partout on entend des cris et des larmes
Des cloches opaques remuent l'alarme
Un nouveau drapeau a pris le mât
Et un hymne sombre fait écho
Est-ce là l’alarme de l’ultime condamnation ?

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La dérive des climats
C’est la saison sèche
Tout est sec
L’horizon se dessèche
Durant de longues années
On va se lamenter
Les champs sont vides
Les puits tarissent
C’est la famine
C’est la soif
C’est la dérive des climats

La saison sèche inonde


L'humanité se raréfie
Les os de l'hostilité ont calciné
Nos propices hospices

La nature en otage
Les humains divisés
La violence s'arrondie
Sècheresse chronique
C’est la dérive des climats

Voici qu’en un matin de ces déserts


Sur mon quotidien chemin naquit un ruisseau

Mus par la soif je m'y effondrai


Et puis confus après avoir bu
Je constatai

39
Avoir bu du désespoir
N'y a-t-il donc pas d'issues
C’est la dérive des climats !

40
La machette
Il aiguisait sa machette
Et les fantômes tremblaient
Les ombres effrayées se tenaient aux écarts
Tous les creux opaques se repliaient de peur

Il aiguisait sa machette
Et peu à peu la rue se taisait
L’abîme se vidait
Toutes les froideurs féroces se retiraient
Même les plus entêtés s’étaient tirés

Et lui toujours aiguisait sa machette

Les plaies sont parties


Les vermisseaux sont restés
Et lui
Du tranchant du fer
Tout simplement
Il s’est coupé les mains
Après il s’est tranché la gorge.

41
Dark security
Toutes les fois
Quand viendra le dévastateur
Quand vos cœurs craqueront de peur
Quand vos âmes se lasseront de crainte
Et quand vous serez sans amis
N’ayez jamais peur d’y croire
Ne cessez jamais d’espérer
N’ayez jamais peur de persévérer

Et même quand il faudra pleurer


Alors pleurez
Pleurez mais
Songer aussi à sécher vos larmes
Car après les pleurs
Il y a encore la vie
Malgré la douleur la vie est toujours possible

Alors sachez que


Sachez qu’on ne peut vivre sans douleur
Mais c’est en surmontant nos peines
Même celles qu’on ne peut surmonter
Qu’on pourrait avoir la paix

La paix soit avec vous !

42
Le Fardeau
Qu’on le veuille ou pas
Qu’on l’accepte ou pas

Tous nous avons des fardeaux


Et ce sont nos fardeaux
Nous-nous en sommes chargés
Et nous devons les assumer

A chacun son fardeau


A chacun sa croix
Nos fardeaux sont les nôtres
On ne peut les changer

On les vit chaque jour


Portons-les dans la joie
Méritons nos fardeaux
Car au fond nos fardeaux sont beaux

Le fardeau est pesant


Le fardeau est partout
Et on ne peut l’éviter

Le fardeau est personnel


Mais il peut se partager
Il peut se surmonter
Par le biais de l’amour
Et de la solidarité

43
Il suffit de s’accepter
Pour unir nos fardeaux
Et en faire d’eux
UN pour toute l’humanité.

44
La flamme
Entretenons la flamme
Même sous le poids des larmes
Entretenons la flamme
Ne la laissons pas s’éteindre

Ne nous laissons pas abattre


Pour autant qu’elle soit brûlante
Entretenons la flamme
Ne la laissons pas s’éteindre

Donnons de nos souffles


Pour que la flamme prenne vie
Et que la flamme s’élève
Au-delà des incompris
Et que la flamme nous relève
De nos morsures quotidiennes

Entretenons la flamme
De ce feu qui nous lie
De ce feu qui nous brûle
Et laissons-la consumer
Les lacunes de notre vie

Entretenons la flamme
De cette liaison fraternelle
Entretenons la flamme
De ce bouquet de paix

45
Et laissons-la briller
Et laissons-la flamber
Pour une famille nouvelle
Et laissons-la briller
Et laissons-la flamber
Pour un monde nouveau.

46
Les beautés
Qu’elle est belle la beauté
Vraiment belle à aimer
Faudrait-il tout aimer
Parce qu’on a admiré
Parce qu’on a apprécié
Faudrait-il s’enivrer
De toutes les beautés
Parce qu’on aime-les aimer
Faudrait-il s’égarer
Par la belle des beautés
Ou se faire emporter
Par laquelle des beautés

Figure-toi mon ami


Les beautés sont multiples
Les beautés magnifiques
Les beautés nous animent
Les beautés sont sublimes
Les beautés magnanimes
Les beautés de la vie
Les beautés assassines
Les beautés féminines
Les beautés masculines
Les beautés si gamines

Les beautés passagères


Les beautés si légères
Les beautés placards

47
Les beautés claires soleils
Les beautés intouchables
Les beautés qu’on observe
Les beautés éphémères
Les beautés imparfaites
Elles sont faites pour plaire
Mais pas pour satisfaire

Les beautés exagèrent


Elles sont belles en excès
Elles peuvent emporter
Même le plus réservé
Quand on peut s’enivrer
On peut bien le payer
Peu importe le coût
On pourra regretter

Quand on admire beaucoup


On finit par goûter
On les aime un instant
Et on les voit s’abimer

Oh toutes ces belles beautés


Comment donc les aimer
Sans du tout se blesser
Pour ne pas les léser ?

48
La distance
La distance entre le point de départ
Et le point d’arrivée
N’est pas toujours la même
Entre un point de départ
Et un point d’arrivée
Il y a toujours plusieurs chemins

Mais le meilleur des chemins


Il n’est jamais distant
C’est le chemin le plus proche
Qu’on emprunte le moins souvent
Et parfois ce n’est qu’après
Des distances et des distances
Dans l’errance la souffrance et les douleurs
Qu’on parvient à retrouver le chemin adéquat

Ce n’est pas toujours la distance


Qui mesure la longueur d’un trajet
Mais c’est la force du trophée
Qui fait courir des kilomètres

Chaque quotidien est parsemé de distances


Chacun y a succédé
Des records et des performances
Mais l’exploit le plus grand c’est
D’arriver au point exact
Par le meilleur de chemin
Et quelques soit la distance.

49
Les fleurs
(L’amitié est telle un jardin de fleur où chaque
sourire et chaque instant entre amis fait pousser une
fleur nouvelle qui se nomme : "amour" ! Un jour,
cette fleur emplira la terre et alors, notre beau
monde fera un grand bouquet d’amour !)

Avec autant d’hommes


Sur un aussi grand monde
Pourquoi tant de discordes
Si l’amitié existe encore

Mais amitié pourquoi


Dors-tu
Fleuris
Fleuris pour nous des âmes sœurs
Fleuris pour nous des âmes sûres
Afin de consoler nos cœurs flétris
Par tant de querelles

Amitié bourgeonne
Bourgeonne en nous
Tel un flambeau
Contre l’adversité
Et tenons-nous les mains liées en amitié
Pour rester côte-à-côte malgré les difficultés
Amitié greffons nos mains l’une à l’autre
Afin qu’aucun contre temps ne soit obstacle
Amitié viens

50
Viens et soyons des amis
Comme des enfants jouons dans l’innocence
Plus jamais de blessures
Plus jamais de tortures
Plus jamais de larmes
Plus de sècheresses
Seulement de belles fleurs
Pour toi mon ami !

51
L’Affront
On se frotte les fronts
C’est pas pour la paix
C’est pour planter l’affront
Et front contre front
Cœur contre cœur
Poing contre poing
Homme contre homme
Des bains se multiplient
Des bains de sang
Des accords se discordent
Et sur le front de l’affront
Il y coule du sang

Sur le front de l’affront


Les hommes tuent les hommes
A la sueur de leurs fronts
Aucune compassion qui soit digne de ce nom
Aucune main tendue qui ne soit moquerie

Et c’est dans cet affront actuel


Sur le front du monde
Comme au front de la guerre
Les hommes tuent la paix
A la sueur de leurs fronts.

52
Là-bas
Est-ce que là-bas existe
Est-ce que là-bas est loin d’ici
Sinon là-bas c’est comment
Est-ce qu’il y a des hommes et des femmes
Est-ce qu’il y a là-bas ce qu’il y a ici
Est-ce que là-bas les enfants chantent
Est-ce que les gens tombent malade
Est-ce que les gens ont faim
Est-ce qu’il y a aussi
Les guerres
Les querelles
Les problèmes
Est-ce qu’il y a les progrès
Dis-moi
Est-ce que là-bas est différent d’ici

Y a-t-il des peuples de là-bas


Quel est leur langage
Quel est leur mode de vie
Est-ce que là-bas
L’espoir est encore possible

Est-ce qu’il y a encore l’avenir


Est-ce que là-bas est différent d’ici

Mais J’entends que là-bas


On n’aime pas bien les gens d’ici
Même ici on n’aime pas bien ceux de là-bas
Pourtant on a tous les mêmes problèmes

53
On a tous les mêmes joies
On vit tous sur cette unique terre
Elle est si belle et il n’y en a pas autre
Faisons la paix car elle est nôtre
Nous sommes tous des hommes
On n’est pas différent
Mais pourquoi toutes ces barrières
Pourquoi sur terre on divise les cœurs

Mais quand donc homme de quelques parcelles


Sur cette immense terre
Quand donc homme de toutes les frontières
Qui séparent les mêmes cœurs
Quand-est-ce que ton cœur deviendra humain

Homme mon frère pourquoi t’éloigner de moi


Pourquoi ce regard condescendant ?

54
Le motif
Elle m’a barré
Motif méfie-toi de l’homme
On ne sait qui est qui

Elle m’a barré motif je suis africain


Selon elle tous les africains sont sauvages
Elle m’a barré motif je suis musulman
Selon elle tous les musulmans sont des talibans

Elle m’a barré


Motif xénophobie
Motif je suis imbécile
Elle m’a barré
Motif je suis sale et mal habillé
Elle m’a renvoyé dans ma nudité
Sous le froid et la cruauté

Elle m’a barré


Je venais comme je suis venu de la poussière
J’allais n’importe où de par le monde
Mais j’ai trouvé une étiquette à sa porte :
D’où vous venez retournez-vous

Mais vers où me retourner


Si l’on me chasse de la terre

Je suis né du soleil du vent de l’eau


Des klaxons modernes
Je n’ai pas d’autres lieux d’autres poussières

55
Je suis né du sourire
Que nourrit l’homme humble
Je suis né de ce sourire que l’affamé donne au pain
Ce pain nomade qui s’est moulu de l’amour
Ce pain rompu à part entière
Et offert à l’âme de toute la race humaine

Elle m’a barré


Et au fond elle a raison
Elle ne me connaît pas
Elle ignore que je viens d’où elle serait venue

Elle se ferme la porte à elle-même


Pas à moi
Moi non plus

Peut-être seulement à celui qui croit encore


Que la terre n’est juste
Qu’un minuscule lopin de terre.

56
Dans la nuit
Vous croyez que sans l’Afrique il y a quoi
Et les Restes du Monde c’est qui

Vous croyez que sans l’Amérique il y a quoi


Et les restés au reste des restes
Du monde mordent qui

Vous croyez que sans l’Europe il y a quoi


Et les restants restés des restes au reste
Des restes du monde mordent qui

Vous croyez que sans l’Asie il y a quoi


Et les restreints des restants restés qui restent des
restes aux restes des restes du monde mordu

C’est comme ce chasseur habile et précis


Qui a tiré avec précision sur le cœur
De la nuit en plein midi
Et à mis-pas de minuit
La nuit est venue se venger
Et vous savez quoi
Pas un reste de lui

Ce n’est pas une histoire à dormir debout


Il s’agit de ne pas mourir en vie
Comme ceux qui sont morts sans vie
Mais mourir d’envie de vivre debout.

57
La chasse à l’homme noir
Pour chasser l’homme noir
Mettez une lampe dans vos cœurs
Et si la lampe s’éteint
Ce que c’est vous qui êtes pourri
Mais si la lampe reste allumée
Alors personne n’est nuisible

Vous serez ainsi la lumière du monde

Pour chasser l’homme noir


Aller face au miroir
Et si le miroir se brise
Ça veut dire que vous êtes laid
Mais si le miroir scintille
Alors personne n’est drôle

Vous serez ainsi la bonté parfaite

Pour chasser l’homme noir


Ne mettez pas du feu
Ne détachez pas le chien
Il pourrait se jeter sur vous
Prenez juste une bougie avec de l’encens
Et sanctifiez le monde

Ainsi vous serez l’amour et la paix universelle.

58
Accusation
Un jour
Très techniquement
Une grosse misère m’a piqué à pique aux faibles
artères de ma famine
Et pour me venger
Je suis allé piquer une crise de la faim
Et elle pour se venger
Elle a piqué piqué et repiqué mon pays tout entier
Et tout mon petit pays
A piqué des dettes par-ci par-là
Et les dettes l’ont bien endetté
Tellement il était endetté
Qu'il est devenu bête
Mon pays est devenu idiot pays con et très embêté

Un jour
Très techniquement
Une grosse misère m’a piqué à pique aux faibles
artères de ma vie
Et pour me venger
Vous-vous imaginez
Je suis allé piquer la paix
Et elle pour se venger
Vous savez ce qu’elle m’a fait
Et bien
Elle m’a foutu la paix
Et tout est clair
Point-virgule;

59
Avis de recherche
Je le cherche depuis
Depuis ça fait longtemps
Je ne sais pas s’il existe
Mais je le sens
J’ai le sang qui s’enflamme
Et je brûle à l’espoir de le voir
Je l’entends respirer tel un songe
Mes souvenirs sont tels qu’il existe
Mais existe- t- il vraiment

Depuis longtemps je le recherche


Ce pays dit pays de paix
Mais existe- t-il vraiment

Existe- t- il ce pays sans coups de feu


Sans coups de gueules
Sans coups de poings
Sans bains de larmes
Sans bains de sangs
Sur plein d’innocents
Existe- t- il vraiment

Je lance un avis à la quête


Quêtons tous pour la paix
Tous ensembles déposons nos offrandes
A l’endroit de ce cœur et de cette âme
A l’endroit de ce pays et de ce monde
Dans ce comble d’offenses

60
De guerres et de douleurs
De famines et d’infâmies
Mettons fin à la fin de l’amour
Alors cette vertus qu’on recherche
Existerait toujours.

61
Parole du griot olympique
Oui c’est un jeu rien
Qu’un jeu où nul n’est adversaire
Une compétition
Où il n’y a qu’un compétiteur : l’humanité
Il n’y a rien de jouet parce que c’est un jeu
Aucun délire au mieux la délicatesse
C’est beau le fair-play

Alors écoutez-moi jouer


Écoutez je joue c’est du jazz du tambour agréable

Allez-y dansez
Observez bien mes notes
Aucune n’est de trop
Aucune n’est tronquée
Aucune n’est de fraude
Toutes résonnent magnanimes
Toutes sonnent accomplies
Toutes sont symboliques

Ecoutez ce jeu d’athlètes


Épuisés leurs maillots mouillés
Leurs sueurs a à dire
Chaque geste porte un dire
Chaque intention une portée
Chaque action un don de soi

Ecoutez l’annonce de leurs pas

62
Leurs cœurs qui battent avec tact
Ecoutez et dansez

Ecoutez-moi jouer
Ecoutez je joue
Si je gagne je ne perds rien
Et si je perds je gagne
Mais si vous vous perdez je suis perdu

Si je gagne je ne perds rien


Et si je perds je gagne
Mais si vous-vous perdez je suis perdu !

63
La plume paysanne
Pour semer la graine
Ils ont dû marcher des millénaires
A la recherche de terre ferme

Quand la terre s’est ouverte


Ils mangèrent à leur faim
Et ils bâtirent avec soins
Le grenier de demain
Ils sont les travailleurs du bon vouloir
Les ouvriers de l’amour
Leur vie si simple et sympathique
Avec des pioches de la souffrance
Sur la terre errante des humains
Ils cultivent l'espérance

Tout au long du trajet


Ils ont su verser la sueur
Et leur sueur a fleuri de gentils papillons
Ils s’enivrent à leurs faims
Du nectar de l’effort

Les paysans sont de poètes humanitaires


Leurs mains sont de faux aux souffles bâtisseurs
L’agriculture est un poème engagé.

64
Payer le peint de l’artiste

Il y avait une porte ouverte


Elle donnait sur une île
Elle donnait sur un rêve
Le rêve d’un artiste
Et ce rêve c’est moi

Je suis le peint de l’artiste


Je suis le peint de son cœur qui t’a peint
Je suis toi
Je suis ton rêve frelaté qui reprend ses éclats

J’ai besoin de vivre


De te faire vivre
En beauté et enjoliver tes rêves
Pour recréer notre monde

Il y avait une île


Une porte ouverte
Mais elle a immergé
Elle a perdu son souffle
Sous le coup des pirates

Et cette île à moi


Cette île à toi
Cette vie à nous
Pourquoi l’as-tu volée
Et regarde comment tu te voles toi-même

65
Pour te perdre sous de vagues ignobles
C’est une grosse honte

Payer le peint de l’artiste


C’est un devoir pour exister

Se nourrir de l’art
C’est formidable
Mais nourrir l’art
C’est commencer à vivre !

66
Cœurs brisés
Assis face-à-face
Une bouteille dans leurs cœurs
Ils s’embrassent
La bouteille tombe et se rompt
Et les tessons de bouteille brisent leurs cœurs

Un juge prononce le divorce


Leurs petits enfants tous petits riant
Dans la nuit de la rue
Dans son palais un monsieur enterre une femme
La femme sort de la tombe et tombe enceinte
Cependant les gaz à effets de guerres secouent la
couche d’ozone et cette fois
Les secousses sont si violentes que le sismographe
devient dingue : urgences

De leur côté
Les divorcés cherchent une autre vie
Chacun vers son chemin
Et les tessons de leurs cœurs brisés brisent
D’autres cœurs en chemin

Et il y a des entorses
Des déhanchements
Des déboîtements de cœurs
Des enflures des éraflures et des fractures
En fracas
Il y a
En ce petit monde grand nombre de cœurs brisés.

67
Mon père est une femme
(Histoire d'un fils de ce monde que la science a
mutilé…)

Dans le bloc opératoire


Sur le lit des draps
Tout blanc
Et puis sur le lit du sang
Tout rouge
Ma mère me met au monde
Mon père devient un monstre
Des rideaux de sang
Et une vie en vie et un souffle perdu

Ma vie est une folle scène de théâtre


Par exemple
Quand on te charge ce sac de père
Je vous assure ça désespère
Une gonzesse avec un buste lourd et des seins
Votre science me prend ma vie

Pourquoi tuer la nature

Des crératures qui tuent l'homme qui devient


Chose qu’on fabrique en en détruisant l’essence
C'est une misère médicale
Votre science vraiment c'est un malaise chirurgical
Oui il faut recoudre la membrane
De la dignité due à l'homme.

68
Incesticide
Dans une vie de jeunes
Tous petits et tous jeunes
De purs adolescents
Tous garçons et toutes filles
Sont tentés de forniquer
Sont entrain de vagabonder
Et dans le creux de la débauche

Un pauvre petit enfant


Dont une sorte d’inconsciente
Maman a perdu le papa
Dont une sottise d’inconscient
Papa a perdu la maman
Et puis dans l’avenir
Et puis dans ma vieillesse
Et sans du tout le savoir
J’ai pour gendre mon sang
Et pour sang sa femme
Inconscient du crime
Voilà l’exemplarité de mon âge
Je crois avoir mené cette vie sans coquilles
Pourtant j’ai semé un malheur inconscient

Je suis un con
Je suis une abomination
J’ai sali ma généalogie
Quel traître je suis
Je suis une tragédie !

69
La balance
Du fond de la balance
Une porte s’est ouverte
Des commerçants sont entrés

Un enfant était assis sur une chaise roulante avec


ses fesses qu’on avait données à un perce-fesse

Deux corbeaux en blanc-noir parlaient sans cesse


L'un la défense l'autre le plaignant
Et tous deux corrompus
Devant un panel de diable en rouge-noir

De l’autre côté il y avait des perces-fesses


Et ces trucs voulaient adopter des enfants
Ils avaient déjà percé beaucoup d’autres enfants

Alors l’enfant à la chaise roulante prit la parole

« Objection monsieur le président


Du palais de l'injustice qui se passe à mon procès

De la rue d’où on m’a dit m’adoption


Au lieu de dire m’addoction
Aujourd’hui on m’a troué
Et je ne peux plus marcher
Et j’ai mal aux fesses
Et je sens
Ça fait mal un trou sous mon ventre

70
Et aux fesses du sang chaque jour
J’ai la tête qui pèse
Ça na va pas

Monsieur le président du palais de l’injustice


Ça no va pas disait-il
Avec sa petite voix d’enfant

Monsieur le prégistrat et messieurs les rudes


Pourouquoi vouloir laisser d’autres enfants
Aux mains de ces machines à destruction
d’enfances

pourouquoi
Pourouquoi êtes-vous traître
Vous êtes un crime
Un crime contre les enfants
Un crime contre l’humanité
Monsieur nous voulons des droits humains »

Après avoir geint


Ces paroles l’enfant s’est évanoui
Un médecin est venu
L’enfant est à la morgue
L’argent circule dans l’ombre
Fin du procès.

71
Elasticité marginale de la mort
Les mortels meurent
Les immortels demeurent
Sous la terre on passe on s’en va on trépasse
Mais c'est nous les immortels

Je me souviens de ce cadavre qui s’est souvenu


De la beauté de mourir
Et notez bien :
Sa vie est une conduite à suivre
A conseiller aux moins et dix-huit ans et plus

Comprenez qu'un homme un vrai ne meurt jamais


Car si un homme venait à mourir
Il ne serait plus homme
Il ne serait plus rien
Tout simplement il ne serait plus

Les mortels meurent


Les immortels demeurent
Sous la terre on passe on s'en va on trépasse
Mais c’est nous les immortels

Un immortel demeure non parce qu'il a du pouvoir


mais parce qu'il a ce mérite
Et mériter d’être immortel c'est dominer la mort
Et dominer la mort c'est donner la vie !

72
L’univers
J’ai regardé sur un mur transparent
Il m’a semblé paraît-il que le paraître s’est éteint
Et que l’ETRE a levé
Son gros doigt en lettres majuscules
Pour dominer l’univers

Il a donc commencé contre nature


À ménager sa monture pour aller vers l’amertume
Il a fait à grande échelle de graves propagandes
profanant grandeur nature l’univers
Il a main mise un révolver
Et il a tiré ne sachant pas qu’il tirait en revers

L’univers s’est uni vers ce précieux être


Laissant couler sur ses plaies une précieuse larme
verte universelle :
Qui donc te trompe cher fils qui t’as menti
Tu ne peux pas tu ne me domineras pas
Sors vite de cette mort qui t’assombrit
Avant que la nuit ne face de toi un fantôme.

73
Le vide
Le vide n’est pas vide
Le vide n’est pas vague
Il n’est ni vide ni plein
Il n’est ni manque ni absence
Parce que le vide n’est pas vide
Il y a tout dans le vide

Le vide est un espace fertile


Qui se donne à une âme pour la rendre mature
Sachons lire le vide pour construire notre vie

Dans la terre fertile du vide


Ne plante pas des épines
N’y plante pas de haine
Plante la vie
Plante la sagesse
Plante l’amour

Fais cela tes récoltes seront abondantes


Alors pour chaque vide
Tu auras toujours de bonnes semences

Le vide n’est pas vide


Le vide n’est pas un manque
C’est le manque de vide qui nous manque
Car le vide est un point de départ.

74
Les esprits
Il y a plusieurs esprits
Mais je ne sais celui qui m’anime

Je me sens incompris
Je ne peux m’expliquer
Je me sens préconçu
Je ne peux l’affirmer

J’ai peut-être dit


Dans la folie de l’esprit
Ce dont je n’aurais su
A un moment précis

Les esprits qui s’expriment


Sont moins prévisibles
Ce sont les bidons vides
Qui sont tous imprécis

Il y a plusieurs esprits
Mais j’ignore celui qui m’anime

Si l’esprit est vide


Je ne puis le défendre
Si l’esprit est rempli
Je ne puis le prétendre

Et si l’esprit est horrible


Alors là je m’excuse

75
Parce que c’est mon esprit
Et je ne sais ce qui l’a pris.

76
Poésie mathématique :
Je suis (Dieu)
Evidement libre
Autant que Dieu
Je suis
La trinité
Sainte m’inspire
De choses mieux accomplies
Mon esprit
Autant libre que le vent va de bornes positives

Je suis
Un esprit autant libre
Que Dieu
Chaque fois quand l’onde haute me porte plus haut
je vois ma divinité

Quand librement je tombe plus bas


Je perds mon flair divin
Je me consume aux bornes extrêmes du néant
Je m’anéantis
Et je ne suis plus(Dieu)

A l’infini positif on est vif dans l’éternité.

77
Le triomphe
En un jour de pleine lune
La sublime bonté lunaire
Jetait ses rayons sur la terre

Et cette terre dévergondée


Ouvrait largement son bec
Et laissait tomber le fromage

La charmante lune
Continuait tout bonnement sa charité
Cependant la terre
Ouvrait calmement ses chars pour l’engloutir

Alors un ange vint la sauver


De la charité des chars
Point final.

78
Table des matières

En quelques mots .................................................... 6


Mots de l’auteur ...................................................... 7
Toc Toc Toc ............................................................ 9
L’avez-vous fait .................................................... 10
Urgences ............................................................... 12
La dictature du secret ............................................ 14
La souffrance ........................................................ 16
Le choix ................................................................ 17
Lettre au monde .................................................... 18
Pour de bon ........................................................... 20
Un matin................................................................ 21
Au bord d’une falaise ............................................ 22
Le monde n’est pas méchant ................................. 23
La misère ............................................................... 25
La foi ..................................................................... 26
Attention ............................................................... 27
Les enfants ............................................................ 28
L’inflation ............................................................. 29
Équilibre dans le marché de la monnaie ............... 30
Le plus rapide du monde ....................................... 31
Au ghetto ça fume ................................................. 32
Le déluge du peuple .............................................. 35
Matrice carrée ....................................................... 36
Les chaînes ............................................................ 37
La dérive des climats ............................................ 39
La machette ........................................................... 41
Dark security ......................................................... 42
Le Fardeau ............................................................ 43

79
La flamme ............................................................. 45
Les beautés ............................................................ 47
La distance ............................................................ 49
Les fleurs ............................................................... 50
L’Affront ............................................................... 52
Là-bas .................................................................... 53
Le motif ................................................................. 55
Dans la nuit ........................................................... 57
La chasse à l’homme noir ..................................... 58
Accusation............................................................. 59
Avis de recherche .................................................. 60
Parole du griot olympique ..................................... 62
La plume paysanne ............................................... 64
Payer le peint de l’artiste....................................... 65
Cœurs brisés .......................................................... 67
Mon père est une femme ....................................... 68
Incesticide ............................................................. 69
La balance ............................................................. 70
Elasticité marginale de la mort ............................. 72
L’univers ............................................................... 73
Le vide .................................................................. 74
Les esprits ............................................................. 75
Poésie mathématique : .......................................... 77
Je suis (Dieu)......................................................... 77
Le triomphe ........................................................... 78

80
81