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Introduction 

Les micro-réseaux électriques sont en très forte croissance dans le monde, comme en
témoigne la décision du gestionnaire de réseau californien PG&E (Pacific Gas & Electric) de
lancer en novembre 2019 un important marché pour l’installation de 20 nouveaux microgrids
sur sa zone de desserte. Cette augmentation s’explique principalement par la volonté de
rapprocher la production d’électricité de sa consommation, de limiter les investissements dans
les réseaux de transport et de distribution et de réduire les pertes. Cela est aujourd’hui rendu
possible par la multiplication des installations de production d’énergie décentralisées, solaires
ou éoliennes et le développement des dispositifs de stockage. D’autres raisons contribuent
également à cet essor des projets de microgrids, notamment aux États-Unis et en Asie, leaders
en nombre de projets dans le monde, comme la volonté d’augmenter la résilience du système
électrique en faisant appel à la capacité d’îlotage qu’offrent les microgrids. Ces microgrids
constituent un modèle d’optimisation pour le réseau électrique.

I. Définition :

Les microgrids, ou micro-réseaux, sont des réseaux électriques de petite taille, conçus pour
fournir un approvisionnement électrique fiable à un petit nombre de consommateurs. Ils
agrègent de multiples installations de production locales et diffuses (micro-turbines, piles à
combustible, petits générateurs diesel, panneaux photovoltaïques, mini-éoliennes, petite
hydraulique), des installations de consommation, des installations de stockage et des outils de
supervision et de gestion de la demande. Ils peuvent être raccordés directement à un réseau de
distribution ou fonctionner déconnectés du réseau (îlotage). Ce concept, susceptible de
concerner différentes échelles du territoire (bâtiment, quartier, zone industrielle ou artisanales,
village, etc.) est en train de s’élargir aux réseaux de chaleur et de gaz naturel, et peut ainsi être
pensé de manière multi-fluide.

Le concept de microgrids n’est pas nouveau, puisque les premiers réseaux, datant de la fin
du 19ème siècle, étaient isolés puis se sont progressivement agrégés jusqu’à créer les réseaux
nationaux actuels, en profitant des économies d’échelle liées aux grands réseaux. Les micro-
grids ont su évoluer et le déploiement des Smart grids a élargi leur champ d’application. La
mission première des microgrids est une mission d’électrification, et c’est à ce titre qu’ils sont
considérés comme une opportunité pour le développement de certains pays émergents, en
Afrique, notamment. S’ils continuent de remplir ce rôle aujourd’hui, la transition énergétique
en a aussi fait un vecteur de développement de la production décentralisée d’énergie.
Les microgrids sont des écosystèmes énergétiques capables de fournir des réponses
concrètes aux défis de la transition énergétique

L’architecture d’un microgrid (Source : CRE)

Principe 

Le principe de fonctionnement des micro-réseaux électriques à bus commun DC est illustré


par la figure ci-dessous. Tous les éléments du système sont connectés sur un bus DC par le
biais des convertisseurs électroniques de puissances. Cette configuration offre plus de
flexibilité pour le pilotage de chaque source, ce qui justifie le choix de cette architecture. Afin
de garantir la continuité d’énergie et d’avoir une réserve en énergie, une batterie est utilisée.
Modes de fonctionnement 

Les micros réseaux peuvent fonctionner en deux modes :

 Mode iloté : des petits réseaux électriques indépendant qui sont complétement
autonomes soit en production d’énergie, en la stockant et en la distribuant vers les
consommateurs finaux.

 Mode connecté : Des entités permettant d’alimenter les charges, stocker l’énergie et de
renvoyer vers le réseau électriques de distribution l’excès d’énergie non consommée.

2. La segmentation des microgrids :

Les projets de microgrids électriques peuvent être classés en fonction de leur taille, mais
également de leur utilité (fiabilité, résilience et efficacité des réseaux, difficulté d’accès à
l’énergie, conditions météorologiques dégradées, émergence d’éco-quartiers, réflexion multi-
énergie, économies d’énergie, etc.) en 5 grandes catégories :
 les microgrids des zones commerciales, artisanales ou industrielles : ces zones,
fortement consommatrices d’électricité, regroupent entreprises et industries aux
activités diverses, dont les besoins en énergie ne sont pas tous identiques. Il s’agit d’y
optimiser la gestion de l’énergie notamment pour qu’elles soient plus neutres vis-à-vis
du réseau de distribution ;

 les microgrids de campus universitaire : l’enjeu est d’améliorer la gestion énergétique


des campus dans un contexte où ceux-ci se doivent d’adopter une démarche de
développement durable, telle que prévue par l’article 55 de la loi « Grenelle 1 » du 3
août 2009 ;

 les microgrids alimentant des zones isolées, non raccordées aux réseaux électriques ou
temporairement coupées du réseau pour cause d’aléas (intempéries par exemple) : le
déploiement de micro-réseaux leur permet d’exploiter les ressources énergétiques
renouvelables locales et de ne plus dépendre seulement de groupes diesel polluants et
coûteux.

 les éco quartiers : ils fonctionnent peu ou prou sur le même modèle que les microgrids
dans les zones commerciales ou industrielles, mais à l’échelle de zones urbaines
résidentielles et/ou tertiaires ;

 les microgrids de « base vie » (camp militaire ou hôpital par exemple) : avec ses
propres moyens de production et de stockage et ses propres infrastructures de
distribution, le micro-réseau garantit une autonomie énergétique fournissant de
l’électricité pendant les périodes de coupures de courant sur le réseau de distribution,
atout essentiel pour les bases militaires ou les hôpitaux, qui ne peuvent pas laisser des
pannes d’électricité les empêcher de s’acquitter de leurs missions.

Qu’est-ce qu’un microgrid ou micro-réseau ?

Comme son nom l’indique, le microgrid est une version réduite d’un réseau électrique
classique. L’énergie y est apportée directement à un groupe d’utilisateurs au départ d’une
production locale.

Un microgrid est donc un sous-système qui n’est connecté au réseau général qu’en un seul
point. Cette connexion agit comme un interrupteur qui permet de « débrancher » le microgrid
du réseau public. En cas de panne par exemple, il peut temporairement fonctionner de façon
autonome, en « îlot ».

Un microgrid, comment ça marche ?

Pour pouvoir fonctionner, un micro-réseau doit comporter 3 éléments indispensables :

1. une installation de production d’énergie locale pour assurer son autonomie en cas de


déconnexion du réseau public (panneaux photovoltaïques, éoliennes, cogénération,
pompe à chaleur, centrale biomasse, turbine hydro-électrique) et, en plus, un système
de production de secours (groupe électrogène). En théorie, les microgrids peuvent être
complètement déconnectés du réseau. Toutefois, en pratique, ce n’est pas (encore) le
cas ;

2. un système de stockage : batteries, réserve d’eau pour pompage-turbinage et dans


l’avenir, supercondensateurs et stockage chimique de chaleur latente ;

3. un système de gestion intelligente pour assurer l’équilibre constant entre production


et demande d’électricité.

Vous avez dit « gestion intelligente » ?

Eh oui ! Comme les réseaux intelligents ou « smart grids », les microgrids ne transmettent pas
seulement de l’énergie mais aussi des informations.

Grâce à ces informations, ces réseaux peuvent s’autogérer via des applications informatiques
automatisées qui tiennent compte :

 des pics de demande et de production ;

 des tarifs variables selon le moment de la journée et les conditions météo ;

 de la capacité de production des éoliennes, panneaux solaires ou centrales


hydrauliques.

Selon les circonstances, ces applications informatiques peuvent ainsi décider de déconnecter
le micro-réseau du réseau général, de lancer le chargement d’une voiture électrique ou au
contraire de récupérer l’électricité stockée dans ces batteries.

Leur but de cette gestion informatique : garder le microgrid en équilibre, utiliser l’énergie de
la façon la plus efficiente et au meilleur prix possible.

Dans quels cas un microgrid est-il intéressant ?

Pour nous il s’agit d’une évidence, mais sur Terre tout le monde n’a pas accès à un réseau
électrique public. Dans certaines régions, le réseau peut exister mais être défaillant. Dans ces
cas-là, un microgrid peut être utile. Quelques exemples :

Des microgrids « off-grid »


Certains endroits ne peuvent être raccordés à un réseau public en raison de problèmes
économiques ou de leur situation géographique. Les microgrids qui sont développés ne sont
dès lors pas reliés à un macrogrid et fonctionnent en permanence en mode isolé.

Des microgrids militaires

Lors d’actions militaires, un réseau fiable est crucial pour la sécurité physique et
informatique. Grâce à des microgrids, les troupes sont indépendantes des réseaux publics.

Des microgrids industriels

Pour certains processus de production, une interruption de l’approvisionnement en électricité


ou un démarrage trop lent peut immédiatement mener à de grosses pertes financières. Là
aussi, un microgrid peut apporter une solution.

Il est à noter que pour être totalement fiable, l’unité de production d’énergie doit être
constituer d’un groupe de secours alimenté en combustible fossile, pas vraiment écologique.

Et en ville ? 

Dans les zones urbaines occidentales, les réseaux électriques publics sont très denses et
sont suivis de très près. Vu leur grande fiabilité, les microgrids sont pour ainsi dire
superflus.

Comment augmenter l’utilisation d’énergie renouvelable, alors ? Notamment en recourant à


l’autoconsommation collective : des producteurs et des consommateurs se réunissent dans un
projet local via une association, une coopérative, une copropriété, etc.

Le principe est simple. Imaginez : vous voulez produire de l’énergie mais vous louez un
appartement, vous occupez un bâtiment classé ou votre toit n’est pas adapté à des panneaux
solaires. Vous pourriez alors former, avec d’autres particuliers, une coopérative pour produire
de l’électricité grâce à des panneaux installés sur le toit d’un tiers, comme celui
d’une école ou de bureaux.

D’ailleurs, à Bruxelles, le gestionnaire des réseaux de distribution Sibelga étudie en


concertation avec Bruxelles Environnement les modalités détaillées d’une telle
autoconsommation.
Conclusion

 Au total, le microgrid répond à nombre de défis posés par la transition énergétique dont le
premier est la croissance de la demande mondiale  d'électricité qui, selon  l’Agence
Internationale de l’Energie (AIE), pourrait se traduire par plus 40% d’ici 2040. Les microgrids
permettent par ailleurs une intégration fiable et sûre des sources d'énergie renouvelables et
contribuent donc à une réduction des émissions de CO2 liées à la combustion de sources
fossiles. Dans certains pays, enfin,  les réseaux électriques vieillissants manquent de résilience
face à des interruptions ou à des instabilités, surtout lorsqu'ils sont soumis à des aléas
climatiques sévères. La technologie du microgrid permet de continuer à s’alimenter en énergie
dans ces situations.

La décentralisation de l’énergie constitue un développement majeur qui pourrait aider à


affronter les défis énergétiques du 21ème siècle. Des évolutions technologiques et
économiques permettent en effet des progrès substantiels en matière de décentralisation
énergétique incorporant photovoltaïque et stockage . Les microgrids constituent une réponse à
la transition énergétique et leurs bénéfices incluent la fiabilité énergétique, l’accès à l’énergie,
l’indépendance à travers la pénétration du renouvelable, et l’optimisation de la facture
énergétique.

Le futur des microgrids est difficile à prédire en l’état, mais il semble possible que nous
allions vers une ère où les microgrids seront la règle et non l’exception. Les études
prospectives montrent que ce futur est techniquement faisable et pourrait être une façon
d’adopter à grande échelle des ressources intermittentes telles que le solaire ou l’éolien. Les
microgrids pourraient ainsi être l’ une des pierres angulaires de la transition énergétiques