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Pompes

Besoins de pompage
Les procédés sont soumis à des exigences de plus en plus sévères, en matière de
qualité du produit et de rentabilité. Il était souvent possible, autrefois, de laisser les
liquides circuler par gravité dans une installation. Aujourd’hui, ils sont forcés dans des
canalisations de grande longueur équipées de nombreuses vannes, dans des
échangeurs de chaleur, des filtres et autres matériels engendrant souvent une perte
de charge importante. Les débits sont fréquemment élevés. On utilise donc des
pompes dans de nombreuses parties des installations, et la nécessité de disposer
de la pompe appropriée au bon endroit revêt de plus en plus d’importance. De
nombreux problèmes risquent d’apparaître; ils peuvent se résumer sous les intitulés
suivants :
• Installation des pompes
• Canalisations d’aspiration et de refoulement
• Le type et la taille de pompe nécessaires devront être choisis en fonction :
– du débit
– du produit à pomper
– de la viscosité
– de la densité
– de la température
– de la pression dans le système
– du matériau de la pompe
Les pompes centrifuges, à anneau liquide et volumétriques constituent les pompes
habituellement utilisées en laiterie. Ces trois types ont différentes applications. La
pompe centrifuge est le type le plus souvent employé en laiterie. Fig. 6.7.1 La pompe centrifuge
La pompe centrifuge, illustrée sur les figures 6.7.1 et 6.7.2, est surtout utilisée constitue le type de pompe alimentaire
pour les produits de faible viscosité, mais ne peut véhiculer des liquides fortement le plus courant.
aérés. On utilise la pompe à anneau liquide si la teneur en air est importante et la
pompe volumétrique pour le traitement en douceur et les viscosités élevées.

3
Fig. 6.7.2 Principaux éléments d’une
pompe centrifuge.
1 Canalisation de refoulement
4 2 Joint d’arbre
3 Canalisation d’aspiration
5 4 Turbine
5 Corps de pompe
6 Flasque
6 7 Arbre du moteur
9 8 7 8 Moteur
9 Capot en acier inoxydable et
insonorisant

Manuel de transformation du lait/Chapitre 6.7 143


Canalisation d’aspiration
Avant d’étudier les pompes proprement dîtes, il est important d’assimiler tous les faits
et problèmes liés au pompage.
La pompe devra être montée aussi près que possible de la cuve ou autre source
où doit être pompé le liquide et la canalisation d’aspiration devra comporter aussi peu
de coudes et de vannes que possible. Elle devra être de grand diamètre, pour réduire
le risque de cavitation.

Canalisation de refoulement
Si une vanne modulante est utilisée, elle devra être montée sur la canalisation de
refoulement, éventuellement avec un clapet de retenue. La vanne modulante permet
de régler le débit de la pompe. Le clapet anti-retour protège la pompe des coups de
bélier et évite que le liquide ne reflue lors de l’arrêt de la pompe. Le clapet anti-retour
se monte habituellement entre la pompe et la vanne modulante.

Cavitation
La cavitation peut être décelée par un crépitement dans la pompe. Elle se produit
lorsque la pression chute localement au-dessous de la tension de vapeur et des
petites bulles de vapeur se forment dans le liquide. La pression augmente à mesure
que le liquide progresse dans la turbine et la vapeur se condense très rapidement.
Les bulles de vapeur s’écrasent à une vitesse très élevée et à une pression locale
qui peut atteindre jusqu’à 100 000 bars. Ceci se répète à fréquence élevée et risque
de provoquer une détérioration par piquage du matériau environnant, en particulier
s’il est cassant.
La cavitation se produit lorsque la pression dans la canalisation d’aspiration est
trop faible par rapport à la tension de vapeur du liquide pompé. La tendance à la
cavitation augmente en cas de pompage de liquides volatils ou visqueux.
La cavitation dans les pompes se traduit par une réduction de la charge et de
l’efficacité. La pompe s’arrête progressivement de pomper à mesure que la cavitation
augmente.
On devra éviter toute cavitation. Si, cependant, les conditions de pompage sont
très difficiles et si la pompe cavite légèrement, tout en fonctionnant correctement par
ailleurs, on pourra continuer à utiliser la pompe, les pompes de laiterie étant équipées
Comment éviter la cavitation de turbines en acier résistant aux acides, qui assurent un niveau de résistance élevé
En règle générale, prévoir : à l’usure provoquée par la cavitation. La turbine risquera néanmoins d’être
• Une faible perte de charge dans la endommagée, au bout d’un temps d’utilisation prolongé.
canalisation d’aspiration (tuyau de Le risque de cavitation dans une pompe peut se prévoir par calcul. Voir au
fort diamètre, conduit d’aspiration paragraphe “Hauteur pratique d’aspiration”.
de faible longueur, peu de vannes,
peu de coudes etc.).
• Une pression élevée en entrée de
pompe, par exemple un niveau de Diagramme de pompe
liquide élevé au-dessus de la Les diagrammes de pompe constituent une aide très précieuse pour le choix d’une
pompe. pompe destinée à une application donnée. Trois courbes sont nécessaires au choix
• Une faible température du liquide. de la pompe appropriée.
• Débit et hauteur de charge - courbe QH
• Puissance du moteur nécessaire, en kW
• Hauteur pratique d’aspiration (NPSH)
Les diagrammes sont établis à partir d’essais effectués avec de l’eau. Les chiffres du
diagramme devront être calculés à nouveau, en cas de pompage de liquides
possédant des propriétés physiques différentes.
Le débit nécessaire, Q, est habituellement connu lors du choix de la pompe. Dans
l’exemple donné sur la figure 6.7.3, le débit Q est de 15 m3/h. La hauteur de charge
nécessaire doit habituellement être calculée. Nous supposons dans notre exemple
qu’elle est de 30 m.
Repérez le débit sur l’échelle Q inférieure. A partir de ce point, suivez une ligne
verticale vers le haut, jusqu’à son point d’intersection avec une ligne horizontale
indiquant la hauteur de charge nécessaire (30 m) sur l’échelle H. Ce point ne
rencontre aucune des courbes QH indiquant le diamètre de la turbine. Vous devrez
choisir, dans ce cas, la taille de turbine supérieure la plus proche, en l’occurrence
160mm. La hauteur de charge résultante sera une colonne de liquide de 31 mètres.
La phase suivante consiste à suivre vers le bas la ligne verticale des 15 m3/H,
jusqu’à son point d’intersection avec la courbe de puissance de la turbine de 160 mm.
Une ligne horizontale tracée vers la gauche à partir de ce point d’intersection indique
une consommation de courant de 2,3 kW. Vous devrez ajouter à ce chiffre une marge
de sécurité d’environ 15%, ce qui donne un total d’envir on 2,6kW . Vous pouvez donc
utiliser un moteur de 3kW .

144 Manuel de transformation du lait/Chapitre 6.7


H (m) NPSHreq (m)
Si la pompe est équipée d’un moteur d’une 40
certaine taille, vérifiez toujours qu’il n’est pas
surchargé. Il devra toujours exister une marge de 35
sécurité pour les dépassements de charge. 31 30
Enfin, suivez la ligne verticale des 15 m3/h
jusqu’à la courbe de hauteur pratique d’aspiration, 25
à droite du diagramme supérieur. En traçant une
20
ligne horizontale vers la droite à partir de ce point
163
d’intersection, vous obtiendrez une hauteur pratique 15 160
150
d’aspiration de 1 mètre. 140
10 130
110 120

Hauteur de charge (Hauteur 5 5

manométrique) 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65
1
Q (m3/h)
Lors du choix d’une pompe, n’oubliez pas que la P (kW)
hauteur de charge, H, du diagramme d’écoulement
est la hauteur de charge de la pompe lorsque le
10 163
liquide s’écoule dans cette dernière en l’absence
de hauteur d’aspiration ou de pression d’entrée. 160

Pour obtenir la pression effective en sortie de 5


pompe, il faut prendre en compte les conditions du 150

côté aspiration de la pompe. En cas de dépression 2.3 140


dans la canalisation d’aspiration, la pompe doit 2
faire une partie de son travail avant que le liquide ne 130
l’atteigne. La pression en sortie est alors inférieure 120
à celle indiquée sur le diagramme. 1 110
Par contre, si la canalisation d’aspiration est
noyée de manière à obtenir une pression positive à
l’entrée de la pompe, la pression de sortie sera
supérieure à celle indiquée sur le diagramme. 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 65 Q (m3/h)

Fig. 6.7.3 Diagramme de pompe d’une pompe centrifuge.


Hauteur pratique d’aspiration (NPSH)
Comme indiqué plus haut, lors de la planification d’une installation de pompage, il est
impératif de disposer la canalisation d’aspiration de manière à éviter toute cavitation
de la pompe. Une courbe de hauteur pratique d’aspiration est intégrée aux diagrammes
d’écoulement de la figure 6.7.3. Le NPSH d’une pompe est l’excédent de pression
nécessaire au-dessus de la tension de vapeur du liquide pour éviter la cavitation. Ce
qu’on désigne par l’expression NPSHreq.
Avant de pouvoir l’utiliser, on devra calculer le NPSH disponible du conduit
d’aspiration dans les conditions d’utilisation courantes. Ce chiffre, NPSHav, devra être
égal ou supérieur au NPSH requis, c’est à dire la valeur du diagramme.
On utilise la formule suivante pour calculer le NPSHav dans le système.
pa = Pression absolue en bars à la surface du liquide
pv = Tension de vapeur absolue en bars
dr = Densité relative
hs = Hauteur d’aspiration statique, en mètres de colonne de liquide
hfs = Perte de charge dans la canalisation d’aspiration, en mètres de colonne de
liquide.

pa pv
NPSHav = hs – hfs + —— x 10 – —— x 10 m de colonne de liquide
dr dr

On remarquera que hs est négative pour la hauteur d’aspiration et positive pour la


pression d’entrée.

Joints d’arbre
Le joint d’arbre constitue souvent la pièce la plus fragile d’une pompe, car il doit
assurer l’étanchéité entre une pièce en rotation - turbine ou arbre - et une pièce fixe
- le corps de pompe. On utilise habituellement une garniture mécanique.
Une bague d’étanchéité tournante comporte une surface d’étanchéité rodée, qui

Manuel de transformation du lait/Chapitre 6.7 145


tourne contre une bague d’étanchéité fixe rodée. Un film liquide se forme entre les
surfaces d’étanchéité. Ce film lubrifie le joint et évite tout contact direct entre les deux
bagues. Ceci se traduit par une usure minimale et une durée de vie prolongée du joint.
Si la pompe tourne à sec, le film de liquide lubrifiant dans la garniture est détruit et
l’usure des bagues d’étanchéité s’intensifie.
La garniture mécanique est habituellement équilibrée. Autrement dit, elle est
insensible à la pression dans la pompe. La garniture mécanique alimentaire n’exige
3 4 5 6 7 aucun ajustement et n’entraîne aucune usure de l’arbre. Elle est disponible en
version simple ou arrosée.

1
Garniture mécanique simple
Des garnitures mécaniques simples - voir figure 6.7.4. - équipent de série la plupart
des pompes alimentaires destinées à l’industrie laitière.
Dans une garniture mécanique, la bague d’étanchéité fixe est fixée au flasque du
corps de pompe. La bague tournante peut être montée à l’intérieur ou à l’extérieur
de la pompe et est étanchéifiée par un joint torique. La bague tournante peut se
déplacer le long de l’arbre et est pressée contre la bague fixe par un ressort.

Joint d’arbre rincé


2 Le joint d’arbre arrosé, illustré sur la figure 6.7.5, comporte deux garnitures. De l’eau
ou de la vapeur circule dans l’espace entre les deux garnitures, pour refroidir ou
nettoyer ces dernières, ou établir un barrage entre le produit et l’atmosphère.
Fig. 6.7.4 Garniture mécanique simple. Le joint d’arbre arrosé est conseillé pour les applications suivantes :
1 Arbre • Avec une barrière de vapeur, pour le pompage de produits stérilisés, s’il faut éviter
2 Bague fixe une réinfection.
3 Ressort • Rinçage à l’eau, lors du pompage de solutions visqueuses ou de produits qui se
4 Joint torique cristallisent, par exemple des solutions sucrées.
5 Bague tournante • Refroidissement par eau du joint, lorsque du produit risque de se déposer sur
6 Flasque l’arbre au niveau du joint et de s’y carboniser, du fait des températures élevées
7 Turbine sur les surfaces d’étanchéité. La pompe gaveuse des pasteurisateurs en constitue
un exemple.
• Barrière d’eau, pour écarter l’air du produit lors du pompage à une pression
d’entrée très faible, par exemple à partir d’un récipient sous vide.
La pression de la barrière de vapeur ne devra pas dépasser la pression atmosphérique
à 100°C, la vapeur risquant alors de s’assécher. Ceci entraînerait une rotation à sec
Sortie du liquide d’arrosage du joint et l’endommagement des surfaces d’étanchéité. L’alimentation en eau et en
vapeur est régulée à l’entrée du joint et il ne devra y avoir aucun obstacle dans la
canalisation de sortie. Le fluide de barrage est toujours amené par le raccord
inférieur.

Matériau des joints d’arbre


3 On combine habituellement du carbone, pour la bague d’étanchéité tournante, et de
l’acier inoxydable, pour la bague fixe. Une meilleure solution consiste à combiner du
carbure de silicium et du carbone. Pour les liquides abrasifs, nous conseillons des
joints à surfaces très dures. On utilise habituellement, pour ce type d’applications, du
carbure de silicium sur du carbure de silicium.

1
Pompes centrifuges
2
Principe de pompage
Le liquide pénétrant dans la pompe est dirigé vers le centre de la turbine et animé d’un
mouvement circulaire par les aubes de cette dernière, comme illustré sur la figure
Entrée du liquide d’arrosage 6.7.6. Du fait de la force centrifuge et du mouvement de la turbine, le liquide sort de
la turbine à une pression et une vitesse plus élevée qu’au centre de cette dernière.
Fig. 6.7.5 Garniture arrosée. La vitesse est partiellement convertie en pression dans le corps de pompe avant que
1 Bague fixe le liquide ne sorte de la pompe par le raccord de sortie.
2 Bague tournante Les aubes de la turbine forment des conduits dans la pompe. Elles sont
3 Joint à lèvre habituellement recourbées vers l’arrière, mais peuvent être droites sur les petites
pompes.

146 Manuel de transformation du lait/Chapitre 6.7


Utilisations des pompes centrifuges Rotation
La pompe centrifuge est la pompe la plus fréquemment utilisée dans l’industrie
laitière et on devra la choisir si elle convient à l’application envisagée, car une pompe
centrifuge est généralement moins chère à l’achat, son exploitation et son entretien
sont moins coûteux et c’est en outre la pompe qui s’adapte le mieux à différentes
conditions d’exploitation.
La pompe centrifuge peut être utilisée pour pomper tous les liquides
de viscosité relativement faible, n’exigeant pas d’être traités avec
une douceur particulière. On peut également l’utiliser pour
des liquides contenant des particules relativement grosses,
pour autant, bien sûr, que la taille de ces particules ne
dépasse pas les dimensions des conduits de la turbine.
La pompe centrifuge a pour inconvénient de ne pouvoir
pomper des liquides aérés; elle se “désamorce” et arrête de
pomper. Il faut alors la stopper et la réamorcer - en la remplissant
de liquide - puis la remettre en marche, avant qu’elle ne puisse continuer
à pomper. La pompe centrifuge n’est donc pas auto-amorçante et la canalisation
d’aspiration et le corps de pompe devront être remplis de liquide avant qu’elle ne
puisse fonctionner. L’installation devra donc être soigneusement planifiée.

Régulation du débit Fig. 6.7.6 Principe de circulation dans


Il est rarement possible de choisir une pompe standard satisfaisant exactement au une pompe centrifuge.
débit requis. On devra donc l’adapter d’une manière quelconque, en :
• modulant - solution souple mais coûteuse
• réduisant le diamètre de la turbine - solution moins souple mais bon marché
• régulant la vitesse - solution souple et bon marché.
Ces trois possibilités sont illustrées sur la figure 6.7.7.

Modulation
Le mode le plus simple de régulation du débit consiste à monter une vanne
modulante sur la canalisation de sortie de la pompe. Ceci permet de régler la pompe
exactement à la pression et au débit requis et constitue donc la bonne méthode si la
pompe est utilisée à des pressions et débits variables. La modulation a pour
inconvénient d’être coûteuse lorsque pression et débit sont constants.

Régulation
Modulation de vitesse

Réduction
de la turbine

Fig. 6.7.7 Modes de régulation du débit d’une pompe centrifuge.


H
La modulation peut s’effectuer à l’aide de diaphragmes montés dans la canalisation,
de vannes de régulation manuelles ou automatiques ou d’un régulateur de débit
mécanique, souvent monté sur les lignes de traitement du lait.
B
H

Réduction du diamètre de la turbine H1


A
D
La réduction de D à D1 du diamètre d’origine de la turbine permet d’obtenir une courbe
de pompe inférieure à la courbe maximale. Voir également la figure 6.7.8. Le nouveau D1

diamètre D1 peut être déterminé approximativement en traçant une droite du point O


du diagramme au point B de la courbe standard du diamètre de turbine D, en passant Q
par le point d’exploitation requis A. Relevez la pression H et la nouvelle pression O Q1 Q

requise H1. Le nouveau diamètre de turbine, D1, est obtenu à l’aide de la formule
Fig. 6.7.8 Réduction du débit obtenue
suivante :
en réduisant de D à D1 le diamètre de
la turbine.
H1
D1 = D x
H

Manuel de transformation du lait/Chapitre 6.7 147


On obtiendra l’installation de pompage la plus économique en réduisant la turbine au
diamètre D1. La plupart des diagrammes de pompe comportent des courbes
correspondant à différents diamètres de turbine.

Régulation de la vitesse
Une modification de la vitesse modifiera la force centrifuge engendrée par la turbine.
Pression et débit seront également modifiés - ils augmenteront si la vitesse est plus
élevée et diminueront si elle est plus faible.
La régulation de la vitesse constitue le mode le plus efficace de régulation d’une
pompe. La vitesse de la turbine est toujours exactement adaptée au fonctionnement
de la pompe et donc également à la consommation de courant et au traitement du
liquide.
On pourra utiliser un convertisseur de fréquence avec les moteurs triphasés
standard. Il en existe pour la régulation manuelle ou automatique du débit et de la
pression.

Pompes pour 60 Hz
La plupart des pompes centrifuges sont prévues pour fonctionner à 50 Hz, ce qui
correspond à 3 000 tr/mn (tours/minutes) pour un moteur bipolaire. Le courant du
secteur de certains pays est à 60 Hz, ce qui se traduit par une augmentation de
vitesse de 20%, soit 3 600 tr/mn. Les fabricants de pompe peuvent fournir des
diagrammes de pompe à 60 Hz.

Hauteur de charge et pression


Densité
La hauteur de charge en mètres de colonne de liquide est indépendante de la densité
du liquide pompé. La densité est cependant très importante pour la pression de
refoulement et la consommation de courant.
Attention! Dans les diagrammes de
Si la pompe et la viscosité du liquide sont identiques dans les différents cas, la
pompe, la hauteur de charge est
colonne de liquide sera soulevée à la même hauteur (10 mètres dans notre exemple),
toujours indiquée en mètres de
quelle que soit la densité. La hauteur de charge de la pompe en mètres de colonne
colonne d’eau et la consommation
de liquide est la même. Lorsque la densité - la masse du liquide - varie, cependant,
de courant correspond à de l’eau de
les relevés manométriques varient également, comme le montrent les exemples de
densité 1,0. Autrement dit, pour le
la figure 6.7.9.
pompage de liquides de densité
supérieure, on devra multiplier la
puissance électrique de la courbe
par la densité.

10 m 10 m 10 m

1,0 bar 1,2 bar 0,8 bar

A. Pompage d’eau de B. Pompage de solution C. Pompage d’alcool de


densité relative 1,0. sucrée de densité relative 1,2. densité relative 0,8.
10 m de col. de liquide = 10 m de col. de liquide = 10 m de col. de liquide =
10 m de col. d’eau = 1,0 bar 12 m de col. d’eau = 1,2 bar. 8 m de col. d’eau = 0,8 bar.

Fig. 6.7.9 Comparaison des colonnes d’eau et de liquide de produits de densité


différente.

On obtient donc la pression de la pompe en mètres de colonne d’eau en multipliant


la pression en mètres de colonne de liquide par la densité relative.
La pompe doit travailler davantage avec un liquide visqueux qu’avec un liquide
fluide. La puissance nécessaire varie en proportion de la densité. Si, dans l’exemple
A, le chiffre exige 1 kW, l’exemple B exigera 1,2 kW et l’exemple C 0,8 kW seulement.

148 Manuel de transformation du lait/Chapitre 6.7


Viscosité
Les liquides de viscosité élevée engendrent une résistance à l’écoulement supérieure
à celle des liquides de faible viscosité. Si l’on pompe des liquides de viscosité
supérieure, débit et hauteur de charge seront réduits et la puissance électrique
nécessaire augmentera, du fait de la résistance à l’écoulement accrue dans la turbine
et le corps de pompe.
Les pompes centrifuges peuvent véhiculer des liquides de viscosité
relativement élevée, mais sont déconseillées pour des viscosités bien
supérieures à 500 cP, la puissance électrique nécessaire augmentant
fortement au-dessus de ce niveau.

Pompes à anneau liquide


Les pompes à anneau liquide, illustrées sur les figures 6.7.10 et 6.7.11, sont auto-
amorçantes si leur corps est au moins à-demi rempli de liquide. Elles peuvent alors Fig. 6.7.10 Pompe à anneau liquide.
véhiculer des liquides à teneur en gaz ou en air élevée.
La pompe comprend une turbine à aubes radiales droites (4), tournant dans un
carter, un orifice d’entrée, un orifice de sortie et un moteur d’entraînement. A partir
de l’orifice d’entrée (1), le liquide est amené entre les aubes et accéléré vers
l’extérieur, vers le carter de la pompe, où il forme un anneau liquide tournant
pratiquement à la même vitesse que la turbine.
Un canal est ménagé dans la paroi du carter. Il est peu profond au point 2, devient
progressivement de plus en plus profond et de plus en plus large à mesure qu’il
s’approche du point 3, puis retrouve progressivement sa faible profondeur initiale
en se rapprochant du point 6. Lorsque le liquide est emporté par les aubes, ce
5
canal est lui aussi rempli, augmentant le volume disponible pour le liquide
entre les aubes. Ceci crée, au centre, un vide qui aspire davantage de liquide 4
dans l’espace, à partir de la canalisation d’aspiration.
Une fois franchi le point 3, le volume entre les aubes diminue à mesure 2
que la profondeur du canal se réduit. Ceci force le liquide vers le centre
et augmente progressivement la pression, et le liquide est chassé par 6
l’orifice 7 vers la sortie 5 de la pompe.
L’air présent dans la canalisation d’aspiration sera pompé comme le 7
liquide.
1

Applications
On utilise les pompes à anneau liquide destinées à l’industrie laitière lorsque le
produit contient de grandes quantités d’air ou de gaz et qu’il est donc impossible 3
d’utiliser des pompes centrifuges. Les jeux entre turbine et carter sont réduits et Fig. 6.7.11 Principe de fonctionnement
ce type de pompe ne convient donc pas pour véhiculer des produits abrasifs. d’une pompe à anneau liquide auto-
Il en existe une utilisation caractéristique en NEP, comme pompe de retour de la amorçable.
solution de nettoyage en sortie de cuve, la solution de NEP contenant habituellement 1 Canalisation d’aspiration
de grandes quantités d’air. 2 Canal de faible profondeur
3 Canal profond
4 Aubes radiales

Pompes volumétriques 5 Sortie de la pompe


6 Canal de faible profondeur
7 Orifice de refoulement

Principe de pompage
Ce groupe de pompes fonctionne selon le principe volumétrique. Il se divise en deux
catégories principales : les pompes rotatives et les pompes alternatives. Chaque
catégorie comprend différents types.
Le principe d’une pompe volumétrique est le suivant : à chaque tour ou chaque
mouvement alternatif, une quantité nette définie de liquide est pompée, quelle que
soit la hauteur manométrique H.
Aux faibles viscosités, il pourra cependant se produire une “fuite” interne, avec
l’augmentation de pression. Celle-ci réduira le débit par tour ou par course. Cette fuite
se réduit à mesure que la viscosité augmente.
Une modulation de la sortie d’une pompe volumétrique augmentera
spectaculairement la pression. Il est donc impératif :
1. de ne pouvoir fermer aucune vanne en aval de la pompe
2. d’équiper la pompe d’une soupape de décharge, incorporée à la pompe ou sous
forme de vanne de dérivation.

Manuel de transformation du lait/Chapitre 6.7 149


Régulation du débit
Le débit d’une pompe volumétrique se règle habituellement en régulant la
vitesse. On y parvient également en réglant la course d’une pompe alternative.

Calibre et longueur des canalisations


On devra dimensionner la tuyauterie avec le plus grand soin en cas de pompage
de produits de viscosité élevée. Les pompes devront alors être placées près de
la cuve d’alimentation en produit et les canalisations devront être de fort diamètre.
La perte de charge sera, sinon, tellement élevée que la pompe cavitera.
Il en est de même du côté sortie. La pression sera très élevée si les canalisations
sont longues et étroites.

Fig. 6.7.12 Pompe volumétrique du


type à lobes rotatifs, avec moteur et Pompes à lobes rotatifs
réducteur montés sur un bâti. La pompe à lobes rotatifs, illustrée sur la figure 6.7.12, est équipée de deux rotors,
comportant habituellement 2 à 3 lobes chacun. Un vide est créé à l’entrée lorsque le
moteur tourne. Ce vide aspire le liquide dans la pompe. Le liquide est ensuite entraîné
à la périphérie du corps de pompe, vers l’orifice de sortie. Le volume y est réduit et
le liquide est chassé par l’orifice de sortie. Cette suite d’événements est illustrée sur
la figure 6.7.13.
Les rotors sont entraînés de manière indépendante par un pignon de
synchronisation à l’arrière de la pompe. Les rotors ne se touchent pas entre eux et
ne touchent pas le corps de pompe, mais les jeux entre les différents éléments de la
pompe sont très réduits.

Applications
Ce type de pompe a un rendement volumétrique de 100% (fuite nulle) si la viscosité
dépasse environ 300 cP. Du fait de sa conception alimentaire et du traitement en
douceur du produit, ce type de pompe est fréquemment utilisé pour le pompage de
crème à teneur en matière grasse élevée, de produits à base de lait fermenté, de
mélanges caillé/sérum etc.

Pompes à vis excentrique


Cette pompe est plus étroite que la pompe à lobes rotatifs pour produits de faible
viscosité. On ne la juge pas aussi hygiénique que cette dernière, mais elle véhicule
en douceur le produit pompé. Sa gamme d’applications est identique à celle de la
pompe à lobes rotatifs.
La pompe à vis excentrique, illustrée sur la figure 6.7.14, ne peut tourner à sec,
même pendant quelque secondes, sans être endommagée.

Fig. 6.7.13 Principe de la pompe à


lobes rotatifs.

Fig. 6.7.14 Pompe à vis excentrique.

Pompes à piston
Une pompe à piston comporte
un piston qui va et vient dans un
cylindre, comme illustré sur la
figure 6.7.15. Des soupapes
d’entrée et de sortie régulent le
débit de manière à ce qu’il
s’écoule dans le bon sens.
Les pompes à piston des
laiteries sont surtout utilisées
comme pompes doseuses. Un Fig. 6.7.15 Pompe à
homogénéisateur est également piston à course réglable.
un type de pompe à piston.

150 Manuel de transformation du lait/Chapitre 6.7


Pompes à membranes
Les pompes à membranes pneumatiques, dont un modèle est illustré sur la figure
6.7.16, sont utilisées pour traiter le produit en douceur. La pression de sortie est
pulsatoire et le débit varie avec la pression du produit, la pression d’air étant
constante. Ces pompes sont donc surtout utilisées pour le transport des produits et
plus rarement dans les procédés.
On utilise souvent des pompes à membranes mécaniques comme pompes 4
doseuses. 3

Principe de fonctionnement
Les pompes à membranes sont des pompes volumétriques à double effet, comportant
deux chambres de pompage alternées. L’air comprimé nécessaire à l’entraînement
de la pompe est introduit tour à tour à l’arrière de chacune des membranes, par une 2
vanne de régulation. Ceci véhicule le fluide dans les chambres de pompage
alternées. 1
La membrane a pour fonction supplémentaire de séparer le produit pompé de l’air
comprimé. L’air comprimé et les chambres de pompage étant à la même pression lors
de chaque coup, les membranes ne sont pas soumises à des différences de pression.
C’est une des raisons de leur durée de vie prolongée.
Le retrait de la membrane crée un vide et le produit pompé entre dans la chambre.
Ceci réduit simultanément le volume de la chambre opposée et le produit en est
chassé par le clapet de retenue de la sortie.
Les deux membranes sont raccordées par une tige de piston commune et il y a Fig. 6.7.16 Pompe à membranes.
1 Clapet à bille ouvert durant
donc toujours aspiration dans une des chambres pendant que le produit est chassé
l’aspiration
de l’autre. L’air comprimé sert à deux fins lors de chaque phase : pour l’opération de
2 Membrane aspirante
refoulement et pour l’admission de nouveau fluide à véhiculer.
3 Membrane refoulante
4 Clapet à bille fermé
Pompes péristaltiques (pompes à tuyau
flexible)
Ce type de pompe, illustré sur la figure 6.7.17, peut être utilisé pour le transport aussi
bien que pour un dosage relativement précis des produits.
Le rotor tourne dans le corps de pompe rempli de lubrifiant et comprime le tuyau
flexible à l’aide des galets. Les côtés aspiration et refoulement sont hermétiquement
isolés l’un de l’autre.
Pendant la rotation, le fluide (liquide ou gaz) à l’intérieur du tuyau flexible est
transporté vers le raccord de sortie inférieur. Ceci crée un vide du côté aspiration et
le produit est aspiré dans la pompe. La pompe est auto-amorçante et convient donc
à la vidange de récipients contenant des concentrés de jus de fruits ou de la matière
grasse anhydre (AMF) du lait.
Le volume entre les galets est égal à la moitié du volume transporté par tour. Ce
volume est pompé constamment vers le raccord de sortie pendant la rotation,
pendant qu’un volume identique est aspiré côté aspiration. Fig. 6.7.17 Séquence de pompage
d’une pompe péristaltique.

Manuel de transformation du lait/Chapitre 6.7 151


152 Manuel de transformation du lait/Chapitre 6.7