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Pour attribution à

>
> Mesdames et Messieurs les Procureurs Généraux près les Cours d'Appel
> Monsieur le Procureur de la République près le Tribunal Supérieur d'Appel
> Mesdames et Messieurs les Procureurs de la République près les tribunaux de grande
instance
> Pour information à
>
> Mesdames et Messieurs les Premiers Présidents des Cours d'Appel,
> Monsieur le Président du Tribunal Supérieur d'Appel
> Mesdames et Messieurs les Présidents des tribunaux de grande instance
> J’ai l’honneur de vous informer que la loi n° 2011-392 du 14 avril 2011 relative à la
garde à vue a été publiée au Journal officiel de ce jour : son entrée en vigueur est fixée au
1er juin prochain par le dernier article de la loi. Je porte également à votre connaissance que
la Cour de cassation, dans sa formation plénière, a rendu aujourd’hui à 14 heures
quatre décisions (en pièces jointes) qui ont de nouveau constaté l’incompatibilité de
l’article 63-4 du code de procédure pénale prévoyant l’entretien de la personne gardée à
vue avec un avocat, avec l’article 6 de la convention de sauvegarde des droits de l’Homme
et des libertés fondamentales (CSDHLF). J’appelle votre attention sur le fait que
l’Assemblée plénière n’a pas différé les effets de sa décision au 1er juillet 2011. Pour
mémoire, dans ses arrêts du 19 octobre 2010, la chambre criminelle de la Cour de cassation,
saisie au fond de la même question dans des affaires pénales, avait décidé de différer au 1er
juillet 2011 au plus tard, les effets de l’inconventionnalité constatée. Vous veillerez donc
immédiatement, dans l’intérêt d’une bonne administration de la justice et afin de préserver la
sécurité juridique des procédures pénales, à ce que les officiers de police judiciaire
notifient, sans délai, le droit au silence et le droit à l’assistance de l’avocat à toutes les
personnes dont la garde à vue est en cours, ou débutera après le prononcé des quatre
arrêts susvisés, et mettent effectivement en œuvre ces droits. La notification de ces droits
pourra être formulée dans les termes suivants, conformément aux dispositions de la loi
nouvelle : « Information reçue des droits mentionnés aux articles 63-1 à 63-4 du code de procédure pénale
ainsi que : - du droit, lors des interrogatoires et des confrontations, après avoir décliné son
identité, de faire des déclarations, de répondre aux questions qui lui sont posées ou de se
taire ;- du droit d’être assisté par un avocat dès le début de la durée de la garde à vue, ce
droit comprenant la possibilité de s’entretenir avec un avocat et de bénéficier de l’assistance
d’un avocat lors des interrogatoires et des confrontations. » Il conviendra d’ores et déjà que
les avocats dont l’assistance serait sollicitée par des personnes gardées à vue soient à
même d’intervenir auprès de leurs clients dans les conditions précitées : en particulier, ils
devront être mis en mesure de prendre connaissance des procès-verbaux de notification du
placement en GAV et des droits de la personne gardée à vue, du certificat médical et des
procès-verbaux d’interrogatoire de cette dernière. Je vous précise que des procès-verbaux de
garde à vue établis avant aujourd’hui et conformément aux dispositions législatives en
vigueur à cette date, sont susceptibles d’être contestés au motif que la personne gardée à vue
n’a pu bénéficier des garanties procédurales rendant effectifs, au regard des exigences issues
de l’article 6 de la convention de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés
fondamentales, le droit pour toute personne de se taire et celui d’être assistée par un
avocat. Les magistrats du parquet devront toutefois veiller, dans l’hypothèse où seraient
soulevées par les conseils des prévenus de telles exceptions de nullités, à rappeler que ces
exceptions ne peuvent être soumises ni au tribunal correctionnel saisi par le renvoi d’une
juridiction d’instruction, ni à la chambre de l’instruction saisie au mépris des règles de
l’article 173-1 du code de procédure pénale. Ils devront également veiller dans leurs
réquisitions à préciser que l'étendue de la nullité des actes subséquents doit être appréciée au
regard de la théorie du « support nécessaire » telle que dégagée par la chambre criminelle de
la Cour de cassation. Une circulaire relative aux conséquences juridiques et pratiques de ces
quatre arrêts vous sera adressée dans les heures à venir.
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> Maryvonne CAILLIBOTTE
> Directrice des affaires criminelles et des grâces