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Cameroun 2011 www.africaneconomicoutlook.org/fr

Cameroun

2011

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0 km

50

100

150 km

Port de commerce

Port pétrolier

Port de pêche

Aéroport

Route principale

Capitale (1 611 000 hab. 2007)

plus de 1 500 000

plus de 200 000

NIGÉRIA

NIGER

Golfe

de

Guinée

GUINÉE

ÉQUAT.

Malabo

Bioco

OCÉAN

ATLANTIQUE

NORD

Bamenda

Bafoussam

Douala

GUINÉE ÉQUAT.

Garoua

YAOUNDÉ

GABON

Lac de

Lagdo

Maroua

Ndjamena

TCHAD

RÉP.

CENTRAFRICAINE

CONGO

Cette carte est fournie à titre illustratif et ne préjuge en rien du statut d’un territoire représenté sur cette carte ou de la souveraineté sur ce dernier.

Perspectives économiques en Afrique 2011

2 | © BAfD, OCDE, PNUD, CEA

Cameroun

Vue d'ensemble

Le taux de croissance a enregistré deux baisses successives entre 2007 et 2009. Il est passé de 3.3 % en 2007 à 2.9 % en 2008 puis à 2 % en 2009, avant de progresser de plus d’un point en 2010 pour se stabiliser à 3 %. Les projections pour 2011 et 2012 sont respectivement de 3.8 % et 5.3 % et reposent essentiellement sur la vigueur de la demande intérieure, notamment la consommation privée. Cette dernière est tirée par les retombées des montages financiers relatifs à la réalisation des projets d'infrastructures. Les investissements privés dans le secteur hors pétrole devraient soutenir la croissance à hauteur de 0.4 point en moyenne par an. Parallèlement, le secteur pétrolier devrait continuer à jouer un rôle important dans la croissance avec la mise en exploitation des réserves de la zone de Bakassi.

En matière de finances publiques, les autorités ont poursuivi les efforts visant à accroître les recettes fiscales hors pétrole : (i) en simplifiant la législation fiscale et en renforçant la gouvernance ; (ii) en élargissant l’assiette fiscale à tous les acteurs économiques ; (iii) en renforçant la recherche sur les politiques budgétaires afin d’améliorer l’efficacité dans la formulation des politiques.

La politique monétaire définie et conduite par la Banque des États d'Afrique centrale (BEAC) a pour objectif la stabilité des prix. Les instruments de régulation utilisés par la BEAC sont : le taux d’intérêt directeur, la politique de marché libre et les réserves obligatoires.

En 2010, le taux d’inflation est tombé en dessous du seuil communautaire de 3 % pour s'établir à 1.4 %, en raison de la relative stabilité des prix des produits alimentaires et du gel des prix à la pompe des produits pétroliers.

L’année 2010 s’est achevée par un déficit du compte courant de l’ordre de 3.6 % du PIB, en légère hausse par rapport à 2009 (3.3 %). Il est prévu une nouvelle dégradation en 2011, avec un déficit de 3.8 %.

La réforme du secteur public s’est poursuivie en 2010, avec la finalisation du processus de privatisation de certaines entreprises publiques et la création d'un guichet unique dans le cadre de l’amélioration du climat des affaires.

Sur le plan politique, la lutte contre la corruption s’est poursuivie en 2010. Élections Cameroun (Elecam) a continué à implanter ses représentations sur tout le territoire national en vue de préparer les élections présidentielles prévues en 2011. Le chef de l’État a rencontré pour la première fois depuis 1990 le principal leader de l’opposition, Ni John Fru Ndi.

Les autorités ont poursuivi en 2010 leur politique d’amélioration de l’offre d’éducation et de santé, avec la création d’une nouvelle université à Bamenda, la construction d’hôpitaux et l’amélioration de la prise en charge des personnes atteintes de maladies chroniques, avec la création et l’équipement de centres spécialisés.

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Perspectives économiques en Afrique 2011

Figure 1 : Taux de croissance du PIB réel (C)

12.5% 10% 7.5% 5% 2.5% 0% 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010
12.5%
10%
7.5%
5%
2.5%
0%
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
2009
2010
2011
2012
Taux de croissance du PIB réel (%)
Afrique centrale - Taux de croissance du PIB réel (%)
Afrique - Taux de croissance du PIB réel (%)
Croissance réelle du PIB (%)

Source : Données du FMI et sources nationales ; calculs des auteurs pour les estimations et les prévisions.

2010 : estimations ; 2011 et années suivantes : prévisions.

Tableau 1 : Indicateurs macroéconomiques

 

2009

2010

2011

2012

Taux de croissance du PIB réel

2

3

3.8

5.3

Inflation IPC

3

1.4

2.9

3

Balance budgétaire % PIB

-0.4

-0.9

-1.3

-0.4

Balance courante % PIB

-3.3

-3.6

-3.8

-2.6

Source : Données des administrations nationales ; calculs des auteurs pour les estimations et les prévisions.

2010 : estimations ; 2011 et années suivantes : prévisions.

Perspectives économiques en Afrique 2011

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Développements économiques récents et perspectives

Tableau 2 : Ventilation sectorielle du PIB (en pourcentage)

2005 2009

Agriculture, foresterie, pêche et chasse

20.4

23.3

Agriculture, élevage, pêche et exploitation forestière

-

-

dont agriculture

-

-

dont cultures vivrières

-

-

Mines et extraction

9.2

7.9

Mines, industries manufacturières et services d'utilité publique

-

-

dont pétrole

-

-

Industries manufacturières

18.5

16.1

dont hydrocarbure

-

-

Electricité, gaz et eau

1

1

Electricité, eau et assainissement

-

-

Construction

3.1

4.7

Vente en gros et de détail, hôtels et restaurants

22.1

20.1

dont hôtels et restaurants

-

-

Transports, entreposages et communications

4.4

5.2

Transport et stockage, information et communication

-

-

Finance, immobilier et services aux entreprises

6.5

6.3

Intermédiation financière, services immobiliers, services aux entreprises et autres services

-

-

Services des administrations publiques

4.3

5

Administration publique et défense, sécurité sociale, éducation, santé et travaux sociaux

-

-

Administration publique, éducation, santé

-

-

Administration publique, éducation, santé et autres services sociaux et personnels

-

-

Administration publique, éducation, santé et travaux sociaux, services communautaires, sociaux et personnels

-

-

Administration publique, éducation, santé et travaux sociaux, services communautaires et sociaux

-

-

Autres services communautaires, sociaux et personnels

-

-

Autres services

10.4

10.3

Produit intérieur brut aux prix de base / au coût des facteurs

100

100

Source : Données des administrations nationales; calculs des auteurs pour les estimations (e) et les prévisions (p).

2010 : estimations ; 2011 et années suivantes : prévisions.

5 | © BAfD, OCDE, PNUD, CEA

suivantes : prévisions. 5 | © BAfD, OCDE, PNUD, CEA http://dx.doi.org/10.1787/888932415048 Perspectives

Perspectives économiques en Afrique 2011

Le taux de croissance réel du PIB, bien que positif entre 2009 et 2010, est resté en deçà du niveau de 7 % nécessaire pour réduire la pauvreté de moitié à l’horizon 2015. Pour 2010, la croissance de l’économie camerounaise a été tirée par la reprise mondiale avec un redressement de certaines exportations hors pétrole,

notamment le bois, le café et le coton 1 , qui ont bénéficié de l’effet prix et volume avec la reconstitution des stocks dans certains pays développés. En revanche, les marchés du cacao et de l’aluminium, avec des cours à la baisse, se sont avérés défavorables. En outre, les dépenses liées à la double participation de l’équipe nationale de football à la coupe d’Afrique des Nations et à la coupe du monde, et les préparatifs des célébrations du cinquantenaire de l'Indépendance, dont une part importante des dépenses n’avait pas été budgétisée, ont perturbé l’exécution du budget et contraint l’État à un collectif budgétaire. L’économie a par ailleurs été affectée par les difficultés observées dans certains pays de l'Union européenne lourdement endettés.

Les prévisions pour 2011 et 2012 reposent sur l’ampleur de la reprise de l’économie mondiale, sur la dynamique de la demande intérieure et sur l’accroissement du volume des investissements publics à réaliser dans le cadre de la mise en œuvre progressive du Document de stratégie pour la croissance et l'emploi (DSCE). Ainsi, le taux d’investissement devrait passer de 18.5 % à au moins 25 % du PIB, taux minimum pour garantir une croissance économique durable et créatrice d’emplois. À cet effet, pour 2011, le cadrage budgétaire défini par l'Exécutif repose sur : (i) une croissance du PIB de 3.8 %, dont 4.4 % pour le PIB non pétrolier ; (ii) un cours du baril de pétrole à 77.5 dollars (USD) et une production de 20.7 millions de barils ; (iii) un taux de change de 524 francs XAF (franc CFA BEAC) pour un dollar ; (iv) un solde budgétaire global à environ -2.1 % du PIB ; (v) un déficit extérieur courant plafonné à environ 2.9 % du PIB. Le projet de budget 2011 s’élève à 2 571 milliards XAF, en augmentation de 1 milliard XAF, soit 0.04 % en valeur relative. La mise en œuvre de la phase grands travaux du DSCE va créer des emplois, avec un impact sur le marché du travail.

Mais les incertitudes d’une économie mondiale toujours convalescente, et surtout les éventuels dérapages budgétaires que la tenue des élections présidentielles risque d’occasionner, sont les principaux facteurs pouvant compromettre les prévisions pour 2011 et 2012.

Le secteur primaire représente près de 26.8 % du PIB (13.6 % pour les activités agricoles). Sa croissance est passée de 2.9 % en 2009 à 5.4 % en 2010. Ce regain d’activité s’explique principalement par le début de sortie de crise de la sylviculture (+30 %) après le recul observé en 2009 (-37.9 %). La productivité du secteur primaire demeure faible, à cause notamment du caractère rudimentaire des techniques agricoles, du renchérissement des prix des intrants agricoles et de l’absence de financement approprié.

Le secteur secondaire représente 20.3 % du PIB. Son taux de croissance a été de -2.5 % en 2009 contre +1.2 % en 2008, et il s’est établi fin 2010 à -1.2 %. Cette contreperformance s’explique par la faible industrialisation de l’économie et l’insuffisance des facteurs de production, en particulier l’énergie, associées au recul de la production pétrolière depuis 2007 en raison du tarissement des principaux puits. Le département énergie a enregistré en 2009 une baisse de 1.1 % de la production d’électricité par rapport à 2008, mais la production a augmenté de 3.5 % en 2010 grâce aux travaux de rénovation et de réhabilitation de la centrale hydroélectrique d’Edéa. De même, la production d'eau a augmenté de 3 % en 2009, même si cette évolution n’a pas été très régulière au cours de l’année. En 2010, la production a crû de 5 % grâce à des travaux de réhabilitation des infrastructures et à l’amélioration du réseau d’approvisionnement, avec la construction à Ayatto et sur la Mefeu d'usines de traitement d'une capacité de 50 000m 3 par jour.

Le secteur tertiaire, qui représente près de 45 % du PIB, est demeuré le plus dynamique. Son taux de croissance moyen est de 4.7 % depuis 2007, grâce à un bon comportement du commerce et des télécommunications, mais également du fait de la reprise dans le BTP (bâtiment et travaux publics) qui s’est répercutée sur les transports. Cette croissance avait décéléré en 2008 (1.8 %) avant de se redresser en 2009 (3.5 %) puis en 2010 (4.2 %). Le sous-secteur du commerce, qui représente plus de 30 % du PIB sectoriel, repose essentiellement sur la commercialisation des produits importés, et sur la contrebande.

La demande intérieure demeure le moteur de la croissance. Elle a augmenté de 10.8 % en 2010, avec une croissance régulière du PIB de 4.4 %. Cette tendance devrait se poursuivre en 2011 avec une hausse attendue de 2.9 % à 3 %. La contribution à la croissance de la demande extérieure nette devrait s’améliorer, en raison d’une bonne tenue des exportations hors pétrole et des services. La consommation globale, dont la part dans le PIB se situait à 85.9 % en 2008, a représenté 86.5 % en 2009. Le poids de l’investissement a également progressé, passant de 17.6 % à 18.5 %.

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Tableau 3 : Composantes de la demande

En pourcentage du PIB (à prix courants)

Pourcentages de variation, en volume

Contributions aux variations du PIB

 

2002

2009

2010

2011

2012

2010

2011

2012

Formation brute de capital

19.8

18.5

7.4

6.3

8.1

1.5

1.3

1.8

Publique

2.3

2.2

10

1.5

0

0.2

0

0

Privée

17.5

16.3

7

7

9.2

1.2

1.3

1.8

Consommation finale

81

86.5

3.4

3.9

3.8

2.9

3.4

3.4

Publique

10.2

11.3

3

2.8

-1.2

0.3

0.3

-0.1

Privée

70.8

75.2

3.4

4.1

4.6

2.6

3.1

3.5

Secteur externe

-0.8

-5

-

-

-

-1.4

-1

0.2

Exportations

19.9

22.6

-4.1

0.6

8.2

-0.9

0.1

1.6

Importations

-20.7

-27.6

1.7

3.8

5

-0.5

-1.1

-1.4

 

-

-

-

-

-

3

3.8

5.3

Taux de croissance du PIB réel

Source : Données des administrations nationales; calculs des auteurs pour les estimations (e) et les prévisions (p).

2010 : estimations ; 2011 et années suivantes : prévisions.

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suivantes : prévisions. 7 | © BAfD, OCDE, PNUD, CEA http://dx.doi.org/10.1787/888932416017 Perspectives

Perspectives économiques en Afrique 2011

Politiques macroéconomiques

Les autorités ont pris des mesures en 2009 pour faire face à la crise économique et financière et soutenir les secteurs sinistrés, notamment le secteur forestier et le secteur des produits de base exportés.

Politique budgétaire

Les autorités ont mené une politique budgétaire contracyclique, avec l’appui des bailleurs de fonds. Par ailleurs, les mesures de lutte contre la vie chère ou de soutien aux activités en difficulté ont été maintenues en 2010 afin de consolider la reprise. Pour financer son budget, le gouvernement a eu recours pour la première fois à un emprunt obligataire de 200 milliards XAF. L’exécution de la politique budgétaire est contrainte par le respect des critères de la surveillance multilatérale définis par la Cemac (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale). Ainsi, le ratio de la dette publique rapportée au PIB nominal s’établit à près de 13 %, celui de la masse salariale publique rapportée aux recettes fiscales avoisine les 49 %, et le taux d’inflation est inférieur à 2%. Tous ces indicateurs restent en deçà des limites communautaires.

Par ailleurs, la nouvelle politique de développement repose sur l’élaboration de cadres de dépenses à moyen terme (CDMT) au niveau sectoriel et au niveau central.

Au-delà de l’étroitesse de l’assiette fiscale, la mobilisation des recettes fiscales dépend d’abord de la conjoncture économique. En 2009, les recettes fiscales ont ainsi représenté 17.1 % du PIB, soit près de quatre points de moins que l’année précédente. Une baisse qu'explique la contraction de la demande mondiale consécutive à la crise financière internationale qui a agi sur la croissance économique. L’année 2010 a connu une légère reprise, pour atteindre 17.4 %. Les projections pour les années 2011 et 2012 pronostiquent une légère hausse des recettes portée par des perspectives favorables de croissance économique. Les recettes fiscales restent encore très dépendantes de l’exploitation des matières premières dont le pétrole. Par exemple, fin juillet 2010, les recettes pétrolières étaient de 289.4 milliards XAF, soit un taux de réalisation de 71.1 %, en baisse de 2.4 milliards par rapport à 2009. Le Cameroun étant à la fois importateur et exportateur de pétrole, il reste affecté par les fluctuations des cours du baril et du dollar. Bien plus, la production nationale étant structurellement décroissante malgré la découverte de nouveaux gisements, seul le niveau élevé des cours explique l’accroissement des recettes fiscales. Un mécanisme de péréquation, géré par la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH) en collaboration avec la Société nationale de raffinage (Sonara) et le ministère des Finances (Minfi), permet de stabiliser les prix des hydrocarbures. Les dépenses totales ont évolué en dents de scie. L’apport des ressources additionnelles issues de l’allégement de la dette et de la bonne tenue des cours du pétrole a permis à l’État de faire face à ses engagements.

Le poids des dépenses en capital demeure assez faible par rapport à celui des dépenses courantes. À la faible part des dépenses de capital s’ajoutent les difficultés d’exécution du budget d’investissement tenant notamment à la nature, à la maturité et aux coûts des projets inscrits au budget de l’État ainsi qu’à la faiblesse du capital humain dans la matérialisation des projets. Depuis 2004, le taux d’exécution du budget d’investissement est resté en deçà de 70 %.

Après avoir été positif jusqu’en 2008, le solde primaire est redevenu négatif à partir de 2009 et s'est creusé en 2010. Le solde restera négatif en 2011 et 2012, bien qu’avec une légère amélioration.

Perspectives économiques en Afrique 2011

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Tableau 4 : Opérations financières de l'État (en pourcentage du PIB)

 

2002

2007

2008

2009

2010

2011

2012

Recettes totales (avec dons)

18.2

20

21.2

17.1

17.4

17.4

17.4

Recettes fiscales

11.2

10.9

11.1

10.3

10.6

10.8

10.7

Recettes pétrolières

4.9

6.4

7.8

4.6

4.6

4.4

4.8

Dons

-

-

-

-

-

-

-

Autres revenus

1.8

1.6

1.5

1.4

1.4

1.4

1.4

Dépenses totales (et prêts nets) (a)

16

15.7

19

17.5

18.3

18.7

17.8

Dépenses courantes

13.3

11.7

13.4

13.5

13.9

14.3

13.6

Sans les intérêts

10.7

11.2

13

13.2

13.6

13.9

13.4

Salaires

5.1

4.4

5.4

5.7

5.8

5.9

5.8

Biens et services

4

4.5

4.9

4.9

5.1

5.3

5

Intérêts

2.6

0.5

0.4

0.3

0.3

0.4

0.2

Dépenses en capital

2.5

4

5.6

4

4.3

4.4

4.2

Solde primaire

4.8

4.8

2.6

-0.1

-0.6

-0.9

-0.1

Solde global

2.2

4.3

2.2

-0.4

-0.9

-1.3

-0.4

a. Seuls les principaux postes de recettes et de dépenses sont détaillés. Source : Données des administrations nationales; calculs des auteurs pour les estimations (e) et les prévisions (p).

2010 : estimations ; 2011 et années suivantes : prévisions.

: estimations ; 2011 et années suivantes : prévisions. http://dx.doi.org/10.1787/888932416986 Politique monétaire

Politique monétaire

Le Cameroun est membre de la zone franc, qui est une union monétaire commune à six 2 pays de l’Afrique centrale et huit de l’Afrique de l’Ouest 3 . Sa politique monétaire est définie et conduite par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), banque centrale commune aux six pays membres. Depuis les réformes monétaires intervenues au milieu des années 90, l’objectif de la politique monétaire est d’assurer la stabilité intérieure et extérieure des prix. Afin d’atteindre cet objectif, la BEAC dispose depuis 1990 d’un nouvel instrument, la politique du marché libre. Avec la libéralisation de la politique des taux d’intérêt, l’action de la politique monétaire s’exerce davantage sur le plan quantitatif à travers la modification du taux de réserves obligatoires. En effet, compte tenu du contexte de surliquidité, très peu de banques ont recours au refinancement de la BEAC. Dans la pratique, en raison de la nature importée de l’inflation, la Banque centrale dispose de peu d’influence sur l’évolution des prix, l’État jouant mieux ce rôle.

Avec le gel des prix à la pompe des produits pétroliers et la défiscalisation des produits de première nécessité, le taux d’inflation est resté contenu à 3 % en 2009. En 2010, l’inflation en glissement annuel devait se situer à environ 1.4 %, et on prévoit 2.9 % en 2011. Cette décélération des pressions inflationnistes traduit une amélioration des conditions de l’offre des produits alimentaires ainsi que le fonctionnement rationnel et équitable des mécanismes de fixation des prix. Joue aussi la stabilisation de l’inflation chez les principaux partenaires commerciaux.

La masse monétaire est restée en moyenne sous la barre de 22 % du PIB, ce qui dénote une faible monétisation de l’économie. De même, le taux de couverture de la monnaie est demeuré largement au dessus du niveau

exigé de 20 %. Il s’est établi à 100.1 % en 2009 et à 100.6 % en 2010. Cette tendance devrait rester stable en

2011.

La politique des taux conduite par la BEAC vise à un meilleur contrôle des ressources financières au sein des

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Perspectives économiques en Afrique 2011

États membres. Ainsi, depuis juillet 2008, la BEAC a modifié cinq fois ses taux d’intervention. S’agissant des réserves obligatoires, l’évolution des placements au niveau du marché monétaire indique une stagnation, voire une légère contraction de la liquidité bancaire entre avril 2010 et juin 2010, bien que le niveau reste confortable.

Position extérieure

L’analyse de la structure des échanges avec l’extérieur montre : (i) une prépondérance des exportations des produits primaires au détriment des produits manufacturés ; (ii) un poids important des importations de biens de consommation des ménages traduisant une forte dépendance alimentaire ; (iii) une balance des services structurellement déficitaire ; (iv) une contribution faible des investissements directs étrangers (IDE) et des transferts issus de la diaspora. Le solde de la balance commerciale globale a été déficitaire en 2009 en raison de la hausse des importations de pétrole brut. La balance commerciale hors pétrole est déficitaire depuis 1996 ; ce déficit est passé de 41 milliards XAF en 1996 à 876.5 milliards en 2010. L’Union européenne demeure le premier partenaire commercial du Cameroun, suivie dans l’ordre par l’Asie Orientale, l’Afrique de l’Ouest, l’Amérique du Nord, la Cemac et l’Amérique latine.

La balance des services est structurellement négative, avec une tendance en 2011 à l’approfondissement du déficit en raison de la hausse du coût des transports consécutive à la flambée du prix du pétrole.

Au Cameroun, la compétitivité se reflète à travers deux indicateurs : le taux de change effectif réel et l’environnement des affaires. En 2009, le taux de change s’est apprécié de 1.5 %, traduisant une perte de compétitivité de l’économie. Cette situation a faiblement évolué en 2010 malgré les efforts des autorités pour améliorer l’attractivité du pays par un traitement fiscal incitatif, un meilleur cadre juridique et des garanties renforcées pour les investissements.

Le Cameroun fait partie des pays qui ont signé les accords d’étape dans le cadre des accords de partenariat économique (APE) avec l'Europe, mais il n’a pas encore commencé l’exécution du démantèlement progressif des barrières et contingentements au commerce avec l’Union européenne. Les négociations suspendues pendant plusieurs mois ont repris avec l’arrivée d’un nouveau représentant de l’UE.

Les transferts courants se consolident, grâce aux envois de devises de la diaspora et à la baisse du service de la dette extérieure. Seules les industries extractives, notamment les industries pétrolières, ont enregistré des flux d’investissements directs étrangers, même si ces derniers affichent un caractère erratique depuis 2006. Les mouvements de capitaux restent influencés par les allègements de la dette publique extérieure.

Depuis l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE (Pays pauvres très endettés) en 2006, l’encours de la dette publique du Cameroun a été ramené à un niveau soutenable. En 2009, son stock représentait près de 13 % du PIB, dont 9 % pour la dette extérieure globale. On note toutefois une réduction de la part de la dette bilatérale au profit de la dette multilatérale, cette dernière s'accroissant de 25 %. En juin 2010, l’encours a progressé très faiblement et s’est situé à 13.2 %. Malgré le rythme soutenu des remboursements 4 , il est possible que ce pourcentage augmente au cours des prochaines années avec de nouveaux emprunts.

Tableau 5 : Comptes courants (en pourcentage du PIB)

 

2002

2007

2008

2009

2010

2011

2012

Balance commerciale

1.4

3.6

2

-1.1

-2.7

-4.9

-3.6

Exportations de biens (f.o.b.)

18.1

24.3

25.3

17.3

17.3

17

18

Importations de biens (f.o.b.)

16.7

20.7

23.3

18.4

20

21.9

21.6

Services

-2.6

-1.9

-5

-4

-3.8

-1.8

-1.6

Revenu des facteurs

-3.5

-2.4

-1.4

-0.6

-0.5

-0.3

-0.3

Transferts courants

0.5

2.2

2.6

2.3

3.4

3.2

2.9

Solde des comptes courants

-4.2

1.4

-1.9

-3.3

-3.6

-3.8

-2.6

Source : Données de la Banque centrale (BCEAO) et des administrations nationales; calculs des auteurs pour les estimations (e) et les prévisions (p).

2010 : estimations ; 2011 et années suivantes : prévisions.

Perspectives économiques en Afrique 2011

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http://dx.doi.org/10.1787/888932417955 Figure 2 : Part de l’encours de la dette extérieure dans le PIB et

Figure 2 : Part de l’encours de la dette extérieure dans le PIB et ratio du service de la dette sur les exportations (en pourcentage)

60% 50% 40% 30% 20% 10% 0% 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009
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Dette/PIB
Service de la dette/Exportations
Pourcentage

Source : Données du FMI et sources nationales ; calculs des auteurs pour les estimations et les prévisions.

2010 : estimations ; 2011 et années suivantes : prévisions.

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Questions structurelles

Développement du secteur privé

Le secteur privé du Cameroun est l’un des plus développés d’Afrique centrale, avec 93 969 entreprises en activité en 2009. Les villes de Douala et de Yaoundé concentrent près des deux tiers des entreprises, celles-ci générant près des trois quarts du chiffre d’affaires global. Deux tiers des entreprises emploient au plus cinq personnes, et exercent essentiellement dans le secteur tertiaire. Neuf entreprises sur dix sont des entreprises individuelles.

L’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) est encore modeste, avec à peine une entreprise sur deux connectée à Internet et une proportion plus faible (à peine une entreprise sur quatre) disposant d’un réseau intranet. De même, très peu d’entreprises investissent de façon significative dans l'innovation technologique.

Les opérateurs économiques déplorent un climat des affaires peu favorable au développement de leurs activités au triple plan administratif, juridique et financier. Les obstacles les plus cités par ordre d’importance sont : la fiscalité, la corruption, l’accès au crédit, les formalités administratives, la concurrence déloyale, les infrastructures, le coût de financement. Les autres grands obstacles cités sont l’insuffisance du dialogue secteur privé/secteur public, les pénuries de courant électrique, les transports et la justice.

Confrontées à ces problèmes, les autorités ont engagé un programme de réformes structurelles et institutionnelles visant à améliorer le cadre des affaires et la compétitivité générale de l’économie. Ces mesures portent sur : (i) la restructuration et la privatisation des entreprises publiques ; (ii) la promotion de la transparence et l’amélioration de la gouvernance ; (iii) la réforme du secteur financier et de la fonction publique, et l’assainissement des finances publiques. Un nouveau code de procédure pénale est ainsi entré en vigueur en 2007. L’Agence nationale d’investigation financière (Anif) et la Commission nationale de lutte contre la corruption (Conac) sont opérationnelles. Le gouvernement a régulièrement publié : (i) les rapports trimestriels d’exécution du budget de l’État ; (ii) les comptes d’exploitation trimestriels de la Société nationale des hydrocarbures (SNH) ; et (iii) les agrégats financiers des principales entreprises publiques. Il a par ailleurs adhéré à l’Initiative de transparence des industries extractives (ITIE) et mis en œuvre de manière satisfaisante les principes édictés par cette initiative. Malgré ces efforts, le Cameroun a perdu 19 places dans le classement du rapport Doing Business 2010 de la Banque mondiale, passant du 152 e au 171 e rang sur 183 pays évalués.

Développement du système financier

Le système bancaire et financier du Cameroun est globalement sain et bénéficie de la confiance des déposants. Il est actuellement composé de banques commerciales, d'établissements financiers, de compagnies d’assurance, d'établissements de microfinance, et d’une bourse, le Douala Stock Exchange, où sont cotées depuis fin 2009 trois entreprises (la Société des eaux minérales SEMC, la Société africaine forestière et agricole Safacam, et la Société camerounaise de palmeraies Socapalm). La capitalisation boursière des trois entreprises a baissé de 8 milliards XAF entre janvier et août 2010 pour se situer à 74.8 milliards XAF. Au cours de la même période, le cours de l’action SEMC s’est apprécié de 46.2 % ; en revanche, celui de Socapalm s’est inscrit à la baisse, et celui de Safacam est demeuré stable. Après les restructurations, l’emploi bancaire a progressé, atteignant 3 000 salariés environ. En revanche, le taux de bancarisation reste très faible, entre 2 % et 3 % de la population active.

Le financement de l’économie camerounaise demeure une préoccupation majeure. Il reste marqué par : (i) une structure des crédits défavorable au financement d’une croissance durable ; (ii) un faible niveau des crédits à long terme, essentiellement orientés vers les activités pétrolières et la téléphonie mobile ; (iii) une faible valorisation des potentialités du secteur financier et non bancaire, notamment dans le domaine de l’intermédiation financière ; (iv) une faible attractivité en direction de l’épargne extérieure ; et (v) une faible diversification des institutions de financement et des instruments financiers. L’analyse de la structure du crédit aux entreprises du secteur privé non financier montre une prédominance de la part des crédits à court terme, qui s’établit à 61.8 % du total, alors que les crédits à long terme restent en deçà de 3 %. La contribution du secteur financier non bancaire au financement de l’économie, par rapport à celle du secteur bancaire, reste marginale. Le marché financier vient toutefois de gagner en attractivité avec l’hébergement d’une part non négligeable de l’emprunt obligataire lancé dans les États de la Cemac par la Société financière internationale (SFI), emprunt dénommé « Moabi IFC 4.25 % 2009-2014 », au côté de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC), pour un montant global de 29 milliards XAF. À noter également un emprunt obligataire de 200 milliards lancé par le gouvernement camerounais, dénommé « ECMR 5.6% net 2010-2015 », ainsi qu'un autre de 30 milliards lancé par la BDEAC, dénommé « Bdeac 5.5 % Net 2010-2017 » et dont la finalité est de financer les projets intégrateurs.

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Le nombre des établissements de microfinance est en constante diminution, passant de 655 en 2000 à 490 en 2006. L’encours de crédits a quant à lui atteint 11.6 % des crédits du secteur bancaire. Le marché des assurances est resté dynamique. Les sociétés d’assurance interviennent dans le financement de l’économie à travers les engagements réglementés dont le montant, selon les chiffres disponibles, a atteint 173 milliards XAF en 2008. En définitive, il apparaît que les réformes du secteur bancaire ont produit des effets positifs. L’État ne représente plus qu’environ 10 % du capital social des banques, alors que la part du secteur privé est de 90 %, dont 33 % pour les agents nationaux et 57 % pour les étrangers.

Autres développements récents

En ce qui concerne les entreprises publiques, la privatisation de la Société nationale des eaux du Cameroun (SNEC) est achevée ; elle a permis la création d’une société de patrimoine à capitaux publics, la Cameroon Water Utilities Corporation (Camwater) et d’une société de services, la Camerounaise des Eaux (CDE), majoritairement détenue par le groupement Office national de l’eau potable du Maroc (Onep). L’exploitation de la Camair (Cameroon Airlines) a été interrompue en février 2008. La mise en place et le processus de privatisation de la nouvelle compagnie de transport aérien, la Cameroon Airlines Corporation (Camair Co), se poursuivent. Camtel (Cameroon Telecommunications), Sodecoton (Société de développement du coton), CDC (Cameroon Development Corporation), SCDP (Société camerounaise des dépôts pétroliers) et Camtainer (Société nationale de transport et de transit) demeurent inscrites sur la liste des entreprises admises à la procédure de privatisation. La restructuration de la Campost (Cameroon Postal Service) se poursuit avec pour objectifs : (i) de sécuriser les dépôts des épargnants ; (ii) d’améliorer la qualité du service postal, notamment la codification et l’adressage, pour faciliter la distribution des objets de correspondance ; (iii) le financement du plan d’investissement de la Campost ; (iv) le paiement de la dette de l’État envers la Campost. Un audit de la Sonara a été réalisé et a permis d’évaluer les coûts globaux de la raffinerie. Les travaux de rénovation et de dimensionnement de son outil de production ont démarré et visent à garantir la viabilité financière de l’entreprise, avec des effets induits sur les prix à la pompe des produits pétroliers et une moindre dépendance vis-à-vis des fluctuations des cours du brut à l’international. Un régime fiscal et douanier conséquent est en cours d’élaboration.

Le processus de décentralisation apparaît irréversible au Cameroun. Des actions déterminantes sont menées pour l'approfondir en observant les principes de progressivité, de complémentarité et de subsidiarité posés par l’ensemble de lois votées à cet effet. Ainsi, dès 2004, de nombreuses études et autres réformes ont été réalisées au titre de préalables, pour permettre au gouvernement : (i) de disposer d’un diagnostic précis et d’un état des lieux de l’administration, des communes et communautés urbaines ; (ii) d’engager des réformes et de disposer d’un cadre juridique et institutionnel approprié au nouvel environnement ; (iii) de démarrer en 2010 le transfert des premières compétences et ressources aux communes et communautés urbaines. Le décret n°2010/0240/PM du 26 février 2010 fixe les modalités d’exercice de certaines compétences transférées par l’État aux communes en matière de création et d’entretien des routes rurales non classées, ainsi que de construction et de gestion des bacs de franchissement. Des crédits budgétaires d’un montant d’environ 23 milliards XAF ont été mis à la disposition des communes pour financer les activités transférées.

Infrastructures

Le développement des infrastructures est une préoccupation permanente, car il participe à la lutte contre la pauvreté. Les autorités ont engagé depuis le début des années 2000 d’importants travaux dans les secteurs des transports, santé, éducation, etc. C’est dans le bâtiment et les travaux publics que ces efforts sont visibles. L’accroissement des capacités de production de ciment ainsi que l’augmentation des quotas d’importation ont permis d'améliorer la disponibilité des intrants. Les activités de constructions d’infrastructures routières et de constructions civiles, notamment l'échangeur de Nlongkak et le chenal du Mfoundi, ont pu être dynamisées. La poursuite des travaux de construction du barrage de Lom Pangar et du port de Kribi laissent entrevoir une évolution positive dans les prochaines années. Bien que le transport terrestre représente près de 70 % de l'activité globale des transports, l’entretien des routes est défaillant malgré le processus de privatisation, aussi bien pour les routes bitumées que pour les routes en terre (10.2 % des routes bitumées sont en bon et très bon état, 31.9% dans un état normal, et 37.9 % dans un état médiocre ou mauvais). Ce constat est d’autant plus douloureux que les financements accordés à l’entretien du réseau routier national n’ont cessé de croître dans le même temps. Les autres modes de transport connaissent des évolutions variées. Le transport maritime a augmenté en 2009 avec un accroissement de 12.3 % du tonnage des marchandises importées. En 2010, les activités de ce secteur sont restées stables. En 2009, le transport aérien a subi le contrechoc de la conjoncture internationale, suivi d'une reprise en 2010. Au niveau de la région, le Plan directeur consensuel de transport en Afrique centrale, qui vise à relier toutes les capitales par une route bitumée, est dans la phase de recherche de financement.

Gestion des ressources naturelles et environnement

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Le secteur forestier représentait 11.5 % des recettes d’exportation en 2008, au deuxième rang après le pétrole. En 2009, il a été relégué au troisième rang en raison notamment des annulations de commandes et du retrait de plusieurs opérateurs pendant la crise. Les recettes d’exportation ont ainsi baissé de 38.4 % en 2009. Les autorités ont adopté plusieurs mesures : (i) élargissement de la gamme des essences à exporter sous forme de grumes ; (ii) allègement de la fiscalité à travers l’exonération de la taxe d’entrée usine pour les 2 e et 3 e transformations ; (iii) allégement des procédures d’attribution et de gestion des forêts communautaires. Ces réformes, reconduites en 2010, ont permis à la filière de redéployer son potentiel et tirer partie de la reprise de la demande mondiale. En matière de reboisement et de régénération, 2 225 167 arbres ont été plantés en 2009. En 2010, la maîtrise de 70 % du domaine forestier de production a été atteinte dans le cadre du Programme sectoriel forêt/environnement. Dans le cadre de la décentralisation, l’activité de reboisement a été transférée aux communes avec une dotation d’un milliard XAF. Les politiques mises en œuvre prennent en considération les contraintes liées à la réalisation des OMD (objectifs du Millénaire pour le développement).

Réforme agricole

Le secteur agricole reste un secteur stratégique pour le développement du Cameroun. Le budget alloué à ce secteur est en constance augmentation. Les directives d’une grande politique agricole ont été réaffirmées par le chef de l'État lors de l’ouverture du Comice agropastoral en janvier 2011. Il s’agit de : (i) mettre en place une unité de production d’engrais ; (ii) mettre en activité l’usine de montage de machines agricoles d’Ebolowa ; (iii) réhabiliter les fermes semencières ; (iv) préparer une réforme foncière répondant aux exigences de l’agriculture de seconde génération ; (v) renforcer le dispositif de financement des activités rurales par l’ouverture de la Banque agricole et de la banque des PME-PMI.

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Partenaires économiques émergents

La coopération avec les pays émergents constitue une alternative importante dans le financement du développement du Cameroun. Aussi, dans le cadre de la mise en œuvre du DSCE et de la stratégie du développement à l’horizon 2035, le gouvernement s’est engagé à développer la coopération avec les pays émergents, basée sur le respect mutuel et avec pour leitmotiv un partenariat « gagnant-gagnant ».

De tous les pays identifiés comme pays émergents, trois seulement entretiennent des relations de coopération soutenues et suivies avec le Cameroun et, par ailleurs, participent au financement des projets. Il s’agit de la Chine, de l’Inde, et de la Corée. Les projets qui ont bénéficié des financements de ces pays contribuent au développement des infrastructures de communication et de production.

Les jalons de la coopération sino-camerounaise ont été posés en 1971. Cette coopération s’est développée dans d’importants secteurs tels que la santé (assistance médicale et formation sanitaire), l’encadrement du monde rural, la formation professionnelle, les infrastructures dans le domaine de l’eau et de l’énergie, la culture et le sport, les télécommunications. Au cours de ces dernières années, la coopération sino-camerounaise s’est élargie au secteur privé à travers la signature des accords suivants : (i) Accord de protection et de promotion réciproque des investissements en 1997 ; (ii) Accord de coopération économique et commerciale en 2002.

Globalement, l’assistance économique et financière de la Chine aux efforts de développement du Cameroun est en constante augmentation. Elle est estimée aujourd’hui à près de 200 milliards XAF. Avec la crise financière internationale, la Chine apparaît aujourd’hui comme le bailleur de fonds dont l’accès aux ressources financières est le plus sûr et sans conditionnalité politique. Bien plus, les délais sont courts et les coûts d’exécution sont bas. Depuis 2009, des conventions de financement ont été signées entre la Chine et le Cameroun pour un montant de près de 120 milliards XAF pour la réalisation des projets suivants : (i) réseau de fibre optique ; (ii) construction des stades de Bafoussam et Limbé ; (iii) construction de l’hôpital gynéco-obstétrique de pédiatrie de Douala ; (iv) amélioration du réseau d'adduction d’eau potable (AEP) de Douala (phase 2) ; (v) construction de la centrale hydroélectrique de Mékin.

Au terme de la quatrième édition du Forum sur la coopération sino-africaine tenue les 8 et 9 novembre 2009 à Charm el-Cheikh en Égypte, la chine s’est engagée en faveur des pays africains à augmenter son aide financière et technique, à annuler ou réduire encore la dette des pays et à ouvrir davantage son marché pour les produits des pays africains. Le Cameroun entend mettre à profit cette nouvelle opportunité pour réaliser d’importants programmes dont le gouvernement chinois a déjà été saisi. Les discussions et négociations sont en cours. Il s’agit notamment de : (i) la construction du port en eau profonde de Kribi ; (ii) la construction du Barrage de Memve’ele ; (iii) la construction de l’autoroute reliant Yaoundé à Douala ; (iv) la construction de 1 500 logements sociaux ; (v) la réhabilitation du barrage hydroélectrique de Lagdo ; (vi) la construction d’un deuxième pont sur le Wouri ; (vii) la promotion du machinisme agricole.

Le volume des financements sollicités par le Cameroun pour la réalisation de ces projets ne pouvant être supporté uniquement par le guichet concessionnel d’Eximbank-Chine, le gouvernement chinois a proposé à la partie camerounaise de recourir également aux prêts commerciaux. Eximbank exige des garanties particulières tels que les contrats de vente des matières premières, des assurances garantissant le remboursement des crédits, ou encore l’ouverture de comptes séquestres auprès d’Eximbank-Chine. Le Cameroun a donné son accord de principe sur ces nouvelles formes de garantie, et le mémorandum d’entente a été conclu le 24 mars 2010 entre les deux parties. Par ailleurs, sur la base des Accords de protection et de promotion réciproque des investissements, de coopération économique et commerciale conclus entre les deux pays, des pourparlers sont en cours avec des entreprises privées chinoises pour la réalisation d’investissements privés directs au Cameroun (projet d’installation d’une usine de montage de véhicules dans le pays).

Lors de la visite du 23 au 25 mars 2010 de Jia Qinglin, le président de la Commission consultative politique du peuple chinois, plusieurs accords ont été signés pour un montant global de 12.645 milliards XAF : (i) un accord de prêt d’environ 6.245 milliards XAF pour la réalisation du projet de réhabilitation et de fourniture de matériels au Matgenie (Parc national de matériel de génie civil); (ii) un accord de prêt sans intérêt d’un montant de 3.2 milliards XAF pour la réalisation des projets de coopération économique et technique à convenir entre les deux gouvernements ; (iii) un accord de dons sans contrepartie pour un montant de 3.2 milliards XAF également pour la réalisation des projets de coopération économique et technique à convenir entre les deux gouvernements.

La coopération avec l’Inde est récente, mais elle est porteuse de beaucoup d’espoir compte tenu du volume important de ressources déjà engagées par la partie indienne. Le Cameroun a bénéficié en 2005 d’un don de 60 tracteurs. L’Inde a offert en 2010 des bourses de formation en agriculture. Plus important encore, le projet de mise en place d’une usine de montage des tracteurs et de matériels agricoles sera financé à hauteur de 18.825 milliards XAF. Un accord a été signé entre le ministère de l’Énergie et de l’Eau et la société indienne Angelique International Ltd en vue de la mise en place d’une ligne de crédit de 25 millions USD pour le

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développement du secteur de l’eau et de l’énergie ; ce financement est en cours de négociation. De même, dans le secteur de la santé, un projet de télémédecine à la Faculté de médecine de l’Université de Yaoundé I est en cours de mise en place.

La coopération Cameroun-Corée concerne les domaines économiques et techniques et s’intensifie au fil des ans. Elle a pour principaux guichets : Eximbank de Corée pour le Fonds de coopération économique pour le développement (EDCF), et l’Agence coréenne de coopération internationale (KOICA) pour la coopération technique et les dons. La coopération économique s’est traduite par la construction et l’équipement de centres de formation professionnelle d’excellence financés sur fonds EDCF, à hauteur de 35 millions USD pour un coût total de 48.4 millions USD, et par le financement du projet d'un hôpital de référence à Garoua. Dans le cadre de la coopération technique, le gouvernement coréen aide le Cameroun à améliorer la compétence de ses cadres dans divers secteurs économiques, au moyen de stages de formation et par des dons de véhicules.

Une stratégie globale de coopération est en cours d’élaboration avec d'autres pays émergents, en tenant compte des priorités définies dans le DSCE. La première étape de cette coopération concerne douze pays. À terme, la sécularisation des partenariats envisagés, structurée en pôles sous-régionaux, devrait se traduire par la mise en place de missions économiques permanentes.

Les secteurs prioritaires que sont l’agriculture, les télécommunications, l’énergie ou les transports devront être privilégiés auprès des pays partenaires afin d'encourager leurs entreprises à financer et investir dans l’exploitation ou la transformation des ressources premières locales. Pour tirer le meilleur parti de cette coopération, les autorités camerounaises envisagent une étude pour déterminer les forces et les faiblesses des pays partenaires.

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Contexte politique

Le contexte politique au Cameroun est en voie d'apaisement. Après la création d’Elecam (Elections Cameroon), l'organisme désormais en charge de l'organisation, de la gestion, et de la supervision de l'ensemble du processus électoral et référendaire, le président de la République, Paul Biya, avait nommé à la tête d'Elecam plusieurs personnalités du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le parti au pouvoir, suscitant alors la contestation de l'opposition. Depuis, Elecam a poursuivi le recrutement et l’installation de son personnel sur l’ensemble du territoire national. Les défis actuels d’Elecam sont l’inscription des Camerounais en âge de voter sur les listes électorales. Le fait marquant de l'année 2010 sur le plan de la politique intérieure ont été les rencontres entre Paul Biya et le Ni John Fru Ndi, le dirigeant ( chairman) du Social Democratic Front (SDF), principal parti de l'opposition. Ces entretiens, les premiers depuis le début des années 90, devraient contribuer à apaiser la vie politique au Cameroun. Les deux personnalités ont abordé les améliorations à apporter à Elecam afin de garantir le bon déroulement des scrutins.

Sur le plan sécuritaire, le président de la République a procédé au renouvellement des responsables des différents services de sécurité et désigné le secrétaire permanent du Conseil national de sécurité (CNS). Les responsables de la délégation générale à la Sûreté nationale (DGSN) et le de la direction générale de la Recherche extérieure (DGRE), spécialisée dans le contre-espionnage, ont été remplacés par le même décret. Le nouveau chef de la DGSN, qui avait déjà occupé ce poste au début des années 80, s’est engagé à assainir la police, entachée de corruption.

La lutte contre la corruption s'est traduite par plusieurs arrestations. L’ancien administrateur général de Camair a ainsi été écroué à la prison centrale de Yaoundé.

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Contexte social et développement des ressources humaines

Le faible taux de croissance enregistré depuis le début des années 2000 hypothèque la réalisation à l'horizon 2015 des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

Selon les enquêtes camerounaises auprès des ménages (ECAM), la pauvreté touchait encore 39.2 % de la population en 2007 (ECAM III). Or elle avait diminué de près de 13 points entre 1996 et 2001, passant de 53.2 % (ECAM I) à 40.2 % (ECAM II).

Dans le domaine de l’éducation, le taux d’achèvement du primaire est passé de 52.6 % en 2000/01 à 72.6 % en 2008/09, soit une augmentation de 20 points en dix ans. Cette amélioration est due principalement à la mise en place en 2006 d’une stratégie sectorielle définissant de nouvelles politiques éducatives. Les autorités ont adopté des mesures pour accroître l’offre et stimuler la demande d’éducation, telles que la gratuité de l’enseignement primaire, l’augmentation du budget du secteur de l’éducation, la fourniture des manuels scolaires essentiels, la création de nouvelles écoles, la construction de nouvelles salles de classe, ou la contractualisation de plus de

35 000 instituteurs, qui représentent 47 % des effectifs du ministère de l’Éducation de base (Minedub) (2010).

Le taux de scolarisation des jeunes de moins de 15 ans s’est amélioré pour se situer à 79.8 % en 2007 contre 78.8 % en 2001 ; il en est de même du taux d’alphabétisation pour la population âgée de 15 ans et plus, qui a atteint 70.6 % en 2007 contre 67.9 % en 2001, et du taux d’achèvement en dernière année du cycle primaire (71.5 % en 2007 contre 58 % en 2004). Par contre, le taux de fréquentation dans le primaire des enfants de 6 à

11

ans est resté quasi stable entre 2001 (75.2 %) et 2007 (75.5 %). Le taux d’alphabétisation de la tranche 15-

24

ans s’est stabilisé autour de 80 %, et l’indice de parité filles/garçons dans le primaire à 0.95. Cet indice se

situe à 0.80 dans l’enseignement secondaire général et à 0.63 dans l’enseignement technique. Le taux de transition du primaire au secondaire est de 44.4 % dans le secondaire général et de 12.6 % dans l’enseignement

technique.

Les inégalités persistent entre 2001 et 2007 selon le lieu de résidence. Davantage d'urbains que de ruraux ne savent ni lire ni écrire dans l'une des deux langues officielles (l'anglais et le français). En 2007, dans les régions septentrionales telles que l’Adamaoua (59.5 %) et le Nord (58.4 %), près de trois personnes sur cinq sont analphabètes. Dans l’Extrême-Nord (47.5 %), la situation reste préoccupante, où plus de la moitié de la population des 15-24 ans ne savent ni lire ni écrire.

Dans l’enseignement supérieur, une nouvelle université d’État a été créée en décembre 2010 à Bamenda (nord- ouest). L’enseignement privé du primaire au supérieur se développe. L’enseignement privé primaire et secondaire reçoit des subventions de l’État estimées à un peu plus de 5 milliards XAF. Le Cameroun est également engagé depuis au moins quatre ans dans la mise en œuvre du système LMD (mastère, licence, doctorat).

Dans le domaine de la santé, grâce à l’intensification et la régularité de la vaccination et la distribution de moustiquaires imprégnées, le taux de prévalence du paludisme a connu un recul net de 25 points entre 2004 (40 %) et 2005 (15 %). Par contre, la mortalité infanto-juvénile stagne depuis plus de deux décennies. Elle est estimée à 144 pour 1 000 naissances vivantes (2004). Et 74 enfants sur 1 000 meurent avant d’atteindre leur premier anniversaire (29 pour mille entre 0 et 1 mois, et 45 pour mille entre 1 et 12 mois). Des disparités importantes existent entre les différentes régions du pays. La mortalité maternelle a également connu une augmentation entre 1998 et 2004, passant de 430 à 669 pour 100 000 naissances vivantes. Elle aurait atteint

1 000 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2008. L’insuffisance de personnel sanitaire qualifié,

l’émergence de nombreuses maladies comme le VIH/sida et l’état de pauvreté des populations sont avancés

pour expliquer cette situation.

La situation du VIH/sida en milieu scolaire n’est pas connue, car il n’existe pas d’enquête récente sur le taux de prévalence des jeunes en milieu scolaire. La dernière enquête, réalisée par l’Unesco, concerne la période 2003- 05. Ses données ont été confirmées par les enquêtes ECAM II et ECAM III, qui situent le taux de prévalence des jeunes sexuellement actifs autour de 11 %.

L’accès à l’eau potable et à l’électricité s’est amélioré d’une manière générale entre 2001 et 2007 en milieu urbain, mais a reculé en milieu rural. La proportion des ménages en milieu urbain ayant accès à l’électricité est passée de 88.2 % en 2001 à 90.4 % en 2007, et celle ayant accès à l’eau potable de 61.5 % à 75.1 %. En milieu rural, cette proportion passe de 24.6 % en 2001 à 23.4 % en 2007 pour l’électricité, et de 29.3 % à 27.7 % pour l’eau potable. La situation reste par ailleurs préoccupante dans les régions septentrionales, où plus de la moitié de la population doit marcher au moins 30 minutes pour atteindre une source. Les pouvoirs publics étudient de grands projets d'adduction d'eau et d’électrification. En décembre 2010, les autorités ont signé un important accord avec une entreprise chinoise pour l’adduction d’eau à Yaoundé et ses environs à partir du fleuve Sanaga.

Dans le domaine de l’habitat, 53 % des ménages sont propriétaires de leur logement, 30 % sont locataires et

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11 % sont logés gratuitement. Le tiers des logements disposent d’installations sanitaires adéquates, 30 % ont des murs, 77.5 % des toitures en matériaux définitifs, 50.6% un sol carrelé ou cimenté. Un emprunt de 3 milliards XAF a été contracté par Afriland First Bank pour la réalisation de logements sociaux à Yaoundé. Des projets du même genre existent pour les autres villes du Cameroun, notamment Douala.

Dans le domaine de l’emploi, bien que le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) reste faible (4.4 %), celui des jeunes reste préoccupant (13.7 % en 2007). L’essentiel de leur insertion (92 %) s’effectue dans l’économie informelle, avec des emplois précaires et peu valorisants. Le sous-emploi reste très élevé (76 %), et nombreux sont les jeunes déclarant n'exercer leur emploi actuel que pour survivre, en attendant mieux. En 2010, le gouvernement a lancé un vaste recrutement pour pallier la carence de fonctionnaires dans l'administration. Ce recrutement se fait par voie de concours directs ou contractualisation. Ainsi 7 261 instituteurs ont été contractualisés et 1 304 diplômés ont été recrutés dans différents secteurs. Le Cameroun a publié en 2008 avec le concours du BIT un rapport national sur le travail des enfants. Sur environ six millions de 5-17 ans, près de quatre enfants sur dix ont une activité économique. Ce pourcentage est sensiblement le même chez les filles que chez les garçons. Mais des disparités importantes sont observées selon le milieu de résidence, la région d’enquête et l’âge de l’enfant. Ainsi beaucoup plus d’enfants se retrouvent économiquement actifs en milieu rural (51.1 % des enfants) qu'en milieu urbain (17.9 %), sans aucune rémunération pour la plupart.

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Notes

1. La baisse de la production mondiale de coton, en raison de conditions climatiques et météorologiques peu

favorables, avec pour conséquence immédiate la contraction des stocks mondiaux, explique également la tendance haussière des prix du coton. Une baisse de plus de 10 % en glissement annuel de la production

mondiale a été enregistrée en juillet 2010.

2. Cameroun, Congo, Gabon, Guinée-Équatoriale, Tchad et République centrafricaine.

3. Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo.

4. Avec un taux d'exécution de 51 % pour la dette extérieure et un taux de réalisation de 54.8 % pour la dette

intérieure.

Perspectives économiques en Afrique 2011

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