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TYPES DE COMMUNICATION ET TYPES DE TEXTES

Voici un inventaire assez large de textes écrits et oraux qu’on peut rencontrer dans la vie de tous les jours et dans la vie professionnelle. Il est évident qu’ils n’obéissent pas tous aux mêmes contraintes de rédaction, qu’ils ne s’adressent pas du tout au même type de public (ou « destinataire ») et que la langue aussi peut subir des variations : longueur des phrases, utilisation de terminologie technique vs vocabulaire ordinaire ; présence vs absence de données chiffrées, de formules, de sigles etc. Nous avons mis en gras les types de textes les plus courants dans le domaine touristique (ce qui n’exclut pas les autres)

étude manuel thèse monographie mémoire article de périodique article de vulgarisation reportage dissertation exposé communication conférence discussion entretien

interview débat procès-verbal critique rapport compte-rendu article d’encyclopédie guide de voyage résumé brochure prospectus dépliant spécification brevet d’invention

contrat mode d’emploi lettre liste des hôtels index table des matières thésaurus norme terminologique dictionnaire spécialisé bibliographie catalogue publicité

Il est souvent capital de saisir la typologie discursive (ou communicative) du texte qu’on lit ou qu’on doit rédiger pour bien comprendre son sens ou pour le formuler de manière adéquate au but qu’on se propose : il est en effet impensable de faire la promotion d’une nouvelle voiture en donnant simplement des données techniques sur le fonctionnement de son moteur ; celles-ci sont par contre indispensables dans un article, même s’il s’agit d’un article de vulgarisation, dans un magazine automobile. De même, un article bourré de métaphores pour expliquer le fonctionnement de l’appareil respiratoire sera tout à fait pertinent dans une revue « grand public » comme Top Santé ou un magazine pour enfants, alors qu’il serait jugé comme peu sérieux s’il était distribué aux médecins participant à un congrès sur l’asthme des enfants… La notion de situation de communication prend donc ici toute sa place et apparaît comme indispensable pour bien identifier les types de discours qui sont développés à l’intérieur des textes et, par conséquent, pour les décoder. Pour bien identifier un texte, il faudra alors avoir recours à un certain nombre d’éléments caractérisant toute communication humaine. Nous utiliserons, comme cadre de référence, un modèle relativement simplifié de la communication, celui qui a été proposé par Roman Jakobson dans ses Essais de linguistique générale (pp. 213-214). Depuis, de nombreux schémas ont été proposés, qui intègrent d’autres facteurs (psychologiques, culturels, vestimentaires, etc.), mais le schéma de Jakobson a l’avantage de la simplicité, ce qui nous permet d’utiliser un nombre restreint de paramètres pour identifier rapidement le type de communication caractérisant le texte.

SCHEMA DE LA COMMUNICATION SELON R. JAKOBSON

Destinateur

Contexte Message
Contexte
Message

Contact

Code

Destinataire

Légende:

Destinateur: celui qui produit le message Destinataire : celui à qui le message est destiné Message : ce que l’on dit, le texte (ce qui fait l’objet de notre analyse) Contexte : ce dont on parle (on l’appelle aussi « référent ») Code : ensemble de conventions permettant de produire des messages (ex. code linguistique, code iconique – les panneaux de signalisation – code mathématique etc.) Contact : ce qui permet le passage du message du destinateur au destinataire (p. ex. la voix, le téléphone, la radio, la presse, la lettre etc.) ; on parle aussi de canal ou de support de communication.

La détermination de ces six éléments permet de caractériser les différents textes qu’on l’exercice de la profession touristique et que nous avons dénommé les « écrits du tourisme » et d’établir ensuite des corrélations entre le type de texte et les formes linguistiques (structures syntaxiques récurrentes, lexique, mots d’adresse, etc.) qui s’y trouvent et qui contribuent à leur donner ce caractère particulier qui nous permet de les repérer tout de suite comme des textes de « spécialité ». Nous allons maintenant donner quelques exemples de textes typiques du français du tourisme en utilisant cette caractérisation par typologie discursive. Cette description ne tient pas compte des caractéristiques les plus strictement linguistiques (lexique, syntaxe, morphologie) qui feront l’objet d’une analyse ultérieure. Dans bien des cas, étant donné le caractère général de ces exemples, il sera impossible de préciser le message et le contexte, qui sont naturellement inhérents au texte considéré dans sa singularité.

Exemples :

DISCOURS SPECIALISE

destinateur : spécialiste (économiste, ingénieur, urbaniste, patron d’hôtel, analyste, etc) ou chercheur destinataire : spécialiste, chercheur, opérateur du secteur, homme politique, étudiant message : (variable) contexte : (variable) code : langage naturel, graphiques, statistiques, formules, symboles, images, cartes géographiques, photos, plans contact : écrit : revues spécialisées (L’hôtellerie, La cuisine collective, L’écho touristique, Néorestauration etc.); manuels ; études ; recueils terminologiques. Oral : conférences, entretiens entre pairs.

DISCOURS DE VULGARISATION (A VISEE PROMOTIONNELLE OU NON PROMOTIONNELLE)

destinateur : journaliste spécialiste d’un groupe de domaines (voyages, tourisme, loisirs…) ou non spécialiste destinataire : grand public d’un niveau général élevé ou non

message : (variable) contexte : (variable) code : langage naturel, chiffres, images contact : écrit : quotidiens généralistes et magazines d’actualités, parfois dans un supplément « voyages » ou « Où sortir » (Le Monde, Le Figaro, Libération, etc.) ; presse féminine et presse « spécialisée » pour grand public (l’Officiel Voyage, Géo, Le Petit Futé, Voyageur, Pays de Normandie, etc.). Oral : bulletins d’info radio ; journaux télévisés ; documentaires et émissions consacrées aux voyages sur les chaînes généralistes ; conférences grand public (év. avec projection de diapositives ou de documentaires)

DISCOURS DE LA PUBLICITE

destinateur : publicitaire ; chargé des relations extérieures ; organismes privés ou publics destinataire : tout le monde message : en général « achetez X ! », « faites Y ! » « allez à… ! » contexte : (variable) code : langage naturel, iconique ; musique, images… (communication exploitant généralement plusieurs codes) contact : écrit : publi-reportage ; encart ; affiche ; panneau ; tract, brochure, dépliant, catalogue d’agence de voyage. Oral : annonce radio. Oral/écrit : le spot télévisé.

DISCOURS DES DOCUMENTS ADMINISTRATIFS (LETTRES, CONTRATS, …)

destinateur : agence de voyage, hôtel, secrétaire, etc. destinataire : entreprise, client message : (variable) contexte : (variable) code : langage naturel ; parfois : dessins, chiffres, formules stéréotypées contact : écrit (contact généralement exclusif) : lettre, courrier électronique ; télécopie ; billets (avion, train, bateau) ; formulaires imprimés (contrats, conditions générales…).

Les écrits du tourisme

Les métiers du tourisme produisent des écrits de nature extrêmement différentes. Nous allons restreindre le champ d’analyse aux seuls écrits destinés au grand public : publicités, dépliants, catalogues d’agence de voyage, guides et reportages. Nous exclurons par conséquent tous les écrits purement professionnels. Nous considèrerons tout d’abord aux conditions de production de ces écrits pour ensuite analyser leurs modes de diffusion et leurs modalités de réception. Pour plus de clarté, nous avons séparé l’approche linguistique de l’approche culturelle, même si cette distinction peut apparaître artificielle.

A. NOTIONS GENERALES SUR LE DISCOURS

Le genre de discours a une incidence décisive sur l’interprétation des énoncés. Le destinataire (ou co-énonciateur) est d’autant plus sensible à la cohérence de la forme discursive qu’il en a une pratique. La cohérence du discours doit être construite par le destinataire par rapport à une schématisation à laquelle est soumis le genre. Le discours des écrits touristiques est assurément produit par une communauté discursive qui met en place un cadre langagier qui lui est propre. Comme nous l’avons souligné précédemment l’analyse de ces textes part du cadre communicatif de leur production/circulation ; il est donc important de s’intéresser à la destination de l’énoncé (à qui est destiné ce texte ? pour qui a-t-il été fait ?) car l’énoncé dépend de la situation d’énonciation et de l’interaction qui existent entre l’énonciateur et le destinataire. Les écrits touristiques promotionnels répondent à un système de règles qui renvoie à une pratique discursive particulière : le code langagier employé, le mode d’organisation du discours (cohérence et cohésion). Nous verrons plus tard que le domaine de l’implicite qui englobe des notions très variées (présupposés, sous-entendus, références, pré-construits, clichés, etc.) est doublé d’une stratégie de persuasion (à mi-chemin entre argumentation et injonction) . L’intentionnalité du message véhiculé par la production de l’énonciateur cherche à produire un effet déterminé sur le destinataire.

Puisque le tourisme n’est pas seulement le fait de voyager, mais qu’il comporte la vente et l’achat de services variés (hébergement, restauration, voyage, spectacles, visite guidée, entrée dans des musées et autres attractions), un grande partie des textes s’adressant à des clients potentiels des services touristiques, la dimension promotionnelle est très présente dans ceux-ci. Le classement de ces textes distinguera donc tout d’abord entre textes promotionnels et textes non promotionnels

B. LES ECRITS TOURISTIQUES PROMOTIONNELS

Les écrits promotionnels cherchent avant tout à installer une connivence entre le destinataire et l’énonciateur. Pour cela, ils utilisent de préférence le langage de ceux à qui ils s’adressent et emploient un code culturel commun. Ces écrits, proches de l’oralité,. sont généralement faciles à comprendre. Cependant, Il arrive que leur inscription dans une forme littéraire soit très forte Nous présentons ci-dessus une tentative de caractérisation de trois types d’écrits touristiques promotionnels : les publicités, les dépliants et les catalogues d’agence de voyage.

 

LES PUBLICITES

Emplacement

Environnement urbain (placards et affiches)

Presse

Enonciateur

Professionnels de la communication : commandes à des

entreprises spécialisées.

Destinataire

Touristes éventuels

Intentionnalité

Vendre un produit touristique et les services qui l’accompagnent.

En raison du caractère différé de l’achat, il convient de fixer

 

l’attention du public sur le produit ou le service afin d’assurer une mémorisation maximale.

Structure et mise en page

Textes brefs et très travaillés, image dominante

 

LES DEPLIANTS

Emplacement

En accès libre dans les points d’informations touristiques (office

du tourisme, salons du tourisme, hôtels, aires d’autoroute….)

Enonciateur

particuliers (le plus fréquemment) : châteaux, centres de loisirs,

parcs d’attraction

Office du tourisme

Destinataire

Touriste ayant un projet de voyage déjà établi.

Intentionnalité

Faire connaître des sites et leurs prestations afin d’y attirer une

éventuelle clientèle Rappeler pour que la visite proposée est

indispensable (ou fortement conseillée)

Structure et mise en page

Présentation soignée quadrichromie, papier glacé

De 1 à 5 volets ; le plus fréquent est celui de 3 volets

Parfois écrit en plusieurs langues

Répartition égale des images, plans et textes

 

LES CATALOGUES DAGENCES DE VOYAGE

Emplacement

Agences de voyage

Enonciateur

Voyagistes

Destinataire

Touriste se renseignant dans le cadre d’un projet de voyage déjà

plus ou moins bien établi

Intentionnalité

Invitation au voyage : amener un client potentiel à l’achat d’un

produit touristique Documents de travail pour les voyagistes

Structure et mise en page

Pages très morcelées : images, textes, blanc, dessins, icônes Plan canonique : présentation des destinations (rapide exposé, courts paragraphes), conseils et renseignements pratiques (sites, restaurants, commerces ), descriptifs d’hôtels (situation, éventail des prestations) , descriptifs des circuits touristiques (horaires des trajets, principales visites), indication des prix

C. LES ECRITS TOURISTIQUES NON PROMOTIONNELS

Il existe essentiellement deux types d’écrits non promotionnels dans le domaine touristique : les reportages et les guides.

Les guides Les différents guides touristiques français contemporains semblent de prime abord assez homogènes. Ils se différencient pourtant en deux grandes catégories par les publics qu’ils visent (aspect communicatif) et par leur structuration (aspect d’organisation textuelle): le guide culturel (p. ex. Guide bleu Hachette ; Guide Vert Michelin) et le guide pratique (p.ex. Guide du routard).

LE GUIDE CULTUREL (GUIDE BLEU / GUIDE VERT)

Emplacement

Librairies Bibliothèques Ouvrage collectif émanant d’enquêteurs de terrain et de

Enonciateur

 

rédacteurs spécialisés

Destinataire

Tout public avec une prédilection pour un public cultivé,

amateur de littérature et de beaux arts (important implicite culturel)

Intentionnalité

Préparation du voyage, organisation du séjour : approche du pays par le biais de l’histoire, de la sociologie, de la littérature, des beaux-arts et du cinéma.

Structure et mise en page

Présentation sobre, pages aérées, très bonne lisibilité Introduction à valeur pragmatique : Découvrir, Partir, Séjourner, Comprendre

Le guide proprement dit est constitué de la partie « Visiter » organisée par régions (ordre alphabétique). Les informations proposées sont d’ordre encyclopédique.

Pas de renseignements pratiques sur l’hôtellerie et la restauration ou de petit lexique de langue

Cartes et plans en couleurs

 
 

GUIDE PRATIQUE : (GUIDE DU ROUTARD)

Emplacement

Librairies

Supermarchés

Bibliothèques

Enonciateur

rédacteur en chef et collaborateurs

Destinataire

Tout public mais avec une priorité pour un public jeune qui voyage avec un budget réduit

Intentionnalité

Guider dans les terres inconnues et dans ses activités les plus quotidiennes (Exemple : Où boire un verre en grignotant un morceau ? Où déguster d’onctueuses glaces ?…)

Favoriser les contacts humains, la rencontre des populations Considérations culturelles allusives au travers des rubriques

sommaires : Un brin d’histoire/ Interlude culturel / Notre quart d’heure culturel

Structure et mise en page

format poche qualité du papier et de la reliure médiocre pas de photos plans mais pas de cartes en couleur informations classées de façons hiérarchique et alphabétique

 
 

LES REPORTAGES

Emplacement

Presse écrite

Enonciateur

Très souvent écriture collective : rédacteur en chef, chef de rubrique, reporter

Destinataire

Tout public

Intentionnalité

Informer et surprendre en rapportant des expériences de voyage Donner des conseils de visite Prendre position sur certains aspects du voyage, du pays,… En rapport avec la politique éditoriale de la revue

 

Structure et mise en page

Nombreuses photos de facture soignée Texte informatif (forme littéraire souvent marquée)

GENRES TEXTUELS

Si le discours peut avoir des contours variés dans les textes, suivant le public auquel il s’adresse, la matière dont il traite, etc., il est également possible de dresser un inventaire prototypique des types de textes dans lesquels les différents discours peuvent se développer. Le terme « prototype » indique un modèle théorique idéal qui, en tant que tel, ne se réalise entièrement dans aucun texte concret, mais qu’on formule à partir des analogies existant entre plusieurs textes concrets. Il s’agit donc d’une abstraction permettant de caractériser un texte concret, normalement composé de plusieurs types de discours et d’une variété de caractéristiques formelles, par rapport à un nombre restreint de prototypes – ou modèles théoriques – . Le but de ce classement par prototypes est évidemment de permettre un déchiffrement plus aisé du texte concret, car la présence d’un faisceau de caractéristiques permettant de le classer dans une typologie plutôt que dans une autre signifie que ce texte concret respecte des contraintes générales valables pour tout texte appartenant à cette typologie, et que même les phrases du texte les plus éloignées de cette typologie pourront recevoir une interprétation nouvelle à la lumière de la macrotypologie textuelle (structure d’ensemble) qu’on a pu répérer. C’est ainsi que la présence d’une digression (développement extérieur au sujet principal) ne sera pas étonnante dans un texte narratif, alors qu’elle pourra légitimement susciter la perplexité du lecteur si elle se trouve dans un texte argumentatif. Les types de textes concrets sont très nombreux, et nous en avons donné un aperçu au début de notre exposé lorsque nous avons donné un inventaire des textes du tourisme : l’inventaire, même pour ce domaine restreint, est incomplet et la liste doit rester ouverte (il ne pourrait pas en aller autrement, d’ailleurs). Les prototypes, par contre, sont peu nombreux : l’effort des chercheurs a justement consisté à réduire le nombre des différences pour aboutir à une palette minimale d’éléments, que chacun peut doser à son gré dans les textes concrets qu’il rédige. Voici la liste des prototypes sur laquelle il y a un certain accord :

texte narratif texte descriptif texte explicatif texte argumentatif texte injonctif ou prescriptif 1

Chaque texte concret sera par conséquent caractérisé par la dominance d’un type textuel, et par l’insertion éventuelle des autres. Un compte-rendu d’une séance de l’Assemblée Nationale, par exemple, est un texte à dominante narrative, mais il comporte l’insertion des paroles rapportées des députés, lesquelles contiennent, quant à elles, des argumentations. De même, une notice d’emploi d’un téléviseur est un texte à dominante explicative, mais il y a normalement une partie descriptive (description des touches), une partie injonctive (ce qu’il convient de faire en cas de panne ou ce qu’il est toujours déconseillé de faire) et celui-ci peut comporter en outre une certaine dose d’argumentation, lorsqu’on justifie les avantages d’une certaine fonction, voire de narration, si l’on retrace l’évolution de la technique ayant permis de développer un certain système d’affichage des couleurs. Les « écrits du tourisme » exploitent tous les genres textuels : le type narratif (histoire des sites ou des régions, construction de l’épaisseur d’une tradition), le genre descriptif (description des monuments « comme si on y était », description des prestations d’un hôtel), le genre explicatif (pourquoi tel monument porte tel nom, comment on a pu réaliser telle œuvre d’art, de quoi se compose la roche de telle montagne qui confère au paysage un aspect particulier), argumentatif

1 On trouve aussi l’appellation « régulatif ».

(publicités, brochures, catalogues, lettres promotionnelles), injonctif (indications de visite, et de parcours, notamment dans les guides ; certains slogans).

Nous allons donner une définition des différents types de textes, en indiquant, d’un côté, leurs fonctions et leurs caractéristiques d’organisation et, de l’autre côté leurs caractéristiques lexicales et grammaticales générales. Il ne faut cependant pas oublier qu’il s’agit là d’une description prototypique abstraite, et que par conséquent les textes concrets peuvent manifester bien d’autres phénomènes.

TEXTE NARRATIF

FONCTIONS

Relater des événements qui se sont produits dans le temps (réel ou imaginaire) Constituer un document d’un fait : c’est la fonction essentielle de la narration historique Fonction symbolique : le récit peut être l’illustration d’une règle de morale, il constitue donc une parabole, un symbole dans lequel on est invité à trouver un deuxième sens, qui est le sens véritable. C’est le cas des Fables d’Ésope ou de La Fontaine, par exemple. Fonction argumentative : le fait qui est rapporté constitue une preuve en faveur ou au détriment de la thèse de l’auteur.

CARACTERISTIQUES DORGANISATION

disposition chronologique : normalement, les événements suivent le fil du temps (un changement de la chronologie, avec une mise en perspective, est bien sûr toujours possible) Progression à thème constant : le thème de l’action reste normalement le même tout au long de la narration

CARACTERISTIQUES LEXICALES

abondance de termes et d’expressions faisant référence au temps

CARACTERISTIQUES GRAMMATICALES

abondance de verbes : ceux-ci servent à décrire les actions, très fréquentes dans ce type de textes utilisation des temps du passé (notamment le passé simple, mais aussi le présent de narration)

exemples de textes narratifs :

1) Guide vert Michelin – Ile-de-France p.127 Chartres

de textes narratifs : 1) Guide vert Michelin – Ile-de-France p.127 Chartres 2) Brochure Pays d’Aix

2) Brochure Pays d’Aix 2006, p. 6

de textes narratifs : 1) Guide vert Michelin – Ile-de-France p.127 Chartres 2) Brochure Pays d’Aix

FONCTIONS

(textes documentaires) (textes de fiction)

TEXTE DESCRIPTIF

donner une image d’un objet qu’on ne voit pas créer une atmosphère donner des indices sur la suite du récit développer le symbolisme contribuer au caractère « littéraire » d’une œuvre

CARACTERISTIQUES DORGANISATION

plusieurs possibilités :

organisation selon un point de vue : le texte est structuré en fonction de celui qui voit :

succession spatiale (de droite à gauche etc.) ou temporelle (d’avant à après) organisation thématique : le thème de la description est subdivisé en sous-thèmes, traités successivement

CARACTERISTIQUES LEXICALES

suivant l’organisation adoptée, il y aura une abondance de repères spatiaux ou temporels ; tout le vocabulaire relatif aux cinq sens de l’homme est aussi très utilisé (la vue avant tout, mais aussi l’ouïe, le goût, l’odorat, le tact)

CARACTERISTIQUES GRAMMATICALES

les temps verbaux les plus utilisés sont en général l’imparfait et le présent abondance de groupes nominaux comportant une expansion nominale (outil privilégié pour qualifier un objet, pour donner toutes ses caractéristiques concrètes)

Exemples :

Catalogue Fram, Eté 2007, p. 449 (Thaïlande)

objet, pour donner toutes ses caractéristiques concrètes) Exemples : Catalogue Fram, Eté 2007, p. 449 (Thaïlande)

TEXTE EXPLICATIF

FONCTIONS

la fonction de base étant de modifier les connaissances du lecteur, celle-ci peut se décliner de trois manières au moins :

fonction informative : transmission immédiate d’informations (ex. liste, catalogue, brèves de quotidiens, cours de la bourse). Ce type de fonction suppose que le lecteur est en mesure de décoder l’information elle-même fonction didactique : adaptation de l’information pour la rendre compréhensible, dans le but de constituer des connaissances C’est la fonction, entre autres, des textes ou articles de vulgarisation. En plus de ces fonctions, le texte de fiction peut avoir recours à un développement explicatif pour :

« faire vrai » : ces passages renforcent l’illusion que les personnages de la fiction sont réels. retarder l’action, et créer un temps de repos ou de suspense ajouter des détails aidant à comprendre l’intrigue établir un lien entre un personnage et un milieu social déterminé : grâce à la description, on montre leur cohérence.

CARACTERISTIQUES DORGANISATION

progression à thème constant : le thème reste toujours le même, et on ajoute des informations nouvelles sur celui-ci progression à thème éclaté : les informations qu’on donne concernent chacune une partie du thème progression à thème linéaire : le propos (à savoir, ce qu’on dit de nouveau sur le thème) d’une information devient à son tour le thème de l’information suivante, et ainsi de suite.

CARACTERISTIQUES LEXICALES

emploi de vocabulaire spécialisé du domaine dont on parle vocabulaire analogique et emploi de synonymes appartenant au vocabulaire général, pour rendre le texte accessible aux non-spécialistes emploi de périphrases, dans ce même but d’expliquer un mot technique par sa définition en langue générale comparaisons : on compare un objet non connu du lecteur au fonctionnement d’un objet plus proche de son expérience, ce qui en favorise la compréhension de la part de celui-ci.

CARACTERISTIQUES GRAMMATICALES

le temps verbal le plus utilisé est le présent, car l’explication du fonctionnement d’un objet doit toujours rester valable (cf. recettes de cuisine) fréquence des présentatifs (c’est…qui/e, voici… il y a …) qui insistent sur des point importants dans la transmission de l’information (on les appelle des « outils de thématisation ») présence de liens logiques (adverbes, conjonctions : donc, ainsi, c’est-à-dire, par conséquent, c’est pourquoi…) marquant le passage de l’information à l’explication.

Exemple :

Catalogue Thomas Cook Eté 2007, p. 19 – mode d’emploi

: Catalogue Thomas Cook Eté 2007, p. 19 – mode d’emploi Guide Vert Michelin – Ile

Guide Vert Michelin – Ile de France – p. 18 Chartres

: Catalogue Thomas Cook Eté 2007, p. 19 – mode d’emploi Guide Vert Michelin – Ile

TEXTE ARGUMENTATIF

FONCTIONS

Le but d’un texte argumentatif est de prouver que sa position est la bonne, ou que celle de quelqu’un d’autre est mauvaise. Chaque fois qu’on présente des arguments pour ou contre une conclusion, on écrit un texte argumentatif fonction persuasive : pour convaincre le lecteur, lui faire partager son point de vue. fonction polémique : pour contraster les positions d’un adversaire. Normalement on essaie de le ridiculiser, ou de démontrer que ses arguments sont inconsistants.

CARACTERISTIQUES DORGANISATION

Addition d’arguments en faveur ou contre une thèse Relation entre théorie et exemple : on alterne les arguments théoriques avec des exemples concrets qui peuvent constituer une illustration des arguments déjà développés ou être des arguments à leur tour développement d’un raisonnement « canonique » : raisonnement déductif (l’argument suivant découle du précédent) ; raisonnement concessif (on accorde quelque crédit aux arguments de l’adversaire pour mieux l’attaquer ensuite : le « oui, certes, mais… ») ; le raisonnement par analogie (on met la réalité dont on parle en parallèle avec une autre réalité plus concrète ou plus connue). Réponse/relation au point de vue adverse : on peut organiser son argumentation comme une suite ponctuelle de contre-arguments faisant écho à ceux de l’adversaire, et plaidant, évidemment une conclusion opposée.

CARACTERISTIQUES LEXICALES

emploi de mots à connotations positives ou négatives et d’axiologiques (adjectifs de valeur), car il s’agit d’exprimer un jugement de valeur. indicateurs du degré de certitude, suivant la stratégie adoptée : affirmation catégorique (sans aucun doute, il est certain que…), qui chasse toute objection et tout doute ; hésitation, qui donne l’impression de ne pas forcer le lecteur, mais qui introduit tout de même les arguments destinés à le perasuader (peut-être, il est possible que…)

CARACTERISTIQUES GRAMMATICALES

présence des pronoms locutifs (je/tu, nous/vous), car le lecteur est pris à partie par l’auteur le temps le plus utilisé est généralement le présent intemporel, puisque les arguments sont toujours valables

Exemple :

Catalogue Fram Eté 2007, p. 510 (République dominicaine – Punta Cana)

Fram Eté 2007, p. 510 (République dominicaine – Punta Cana) Catalogue Fram Eté 2007 p. 10

Catalogue Fram Eté 2007 p. 10 (Fram pour les enfants)

Fram Eté 2007, p. 510 (République dominicaine – Punta Cana) Catalogue Fram Eté 2007 p. 10

Pays de Provence – nov.-déc. 2004 – p. 83

Pays de Provence – nov.-déc. 2004 – p. 83 15

TEXTE INJONCTIF

FONCTIONS

Pour recommander ou ordonner un comportement à un destinataire. Ses fonctions précises dépendent du rapport de force entre l’émetteur et le destinataire. Si c’est l’émetteur qui détient le pouvoir, le texte injonctif transmet un ordre (p. ex. lois et règlements) Si l’autorité de l’émetteur se réduit à une compétence qu’il met à la disposition du destinataire, le texte injonctif transmet un conseil (p. ex. recettes de cuisines ou modes d’emploi) Si c’est le destinataire qui détient le pouvoir, le texte injonctif transmet une prière ou une requête

CARACTERISTIQUES DORGANISATION

organisation chronologique : lorsque l’action à exécuter est divisée en phases successives, chaque phrase ou paragraphe en décrit une. constance de ton employé : il est modulé suivant le rapport de force existant entre les locuteurs, mais, étant donné que ce rapport ne varie pas d’un bout à l’autre du texte, le ton général non plus ne varie pas.

CARACTERISTIQUES LEXICALES

Fréquence de verbes indiquant l’action et le mouvement (indication des actions à accomplir) Abondance de formes allocutives d’interpellation : pour s’adresser directement au destinataire, on utilise des termes qui le désignent dans son texte (« Monsieur le directeur », « Mes amis », « vous », etc.)

CARACTERISTIQUES GRAMMATICALES

abondance de verbes, à cause de l’insistance sur les actions à accomplir. les verbes sont conjuguées aux modes et temps qui véhiculent les diverses nuances de l’ordre et du conseil : l’impératif, bien évidemment, mais aussi l’infinitif (dans les recettes et modes d’emploi), le conditionnel (ordre atténué, utilisé aussi dans la prière), le futur (projection dans le temps à venir). Il y a aussi des périphrases telles que « il faut que », « on doit », etc. Phrases courtes, avec peu de subordonnées, car on présente les actes à accomplir les uns après les autres. de façon essentielle.

Exemple : Guide Vert Michelin Ile de France, p. 138 : Château-Landon

Guide Vert Michelin Ile de France, p. 138 : Château-Landon Certains auteurs (cf. p. ex. S.

Certains auteurs (cf. p. ex. S. Eurin Balmet – M. Henao de Legge, pp. 101-108) opèrent un regroupement majeur entre ces types de textes suivant le critère de la présence/absence des marques linguistiques de l’émetteur/énonciateur : on peut donc distinguer, d’après elles, entre discours interactif (narration, argumentation, prescription) et discours expositif (qui recouvre les textes descriptif et explicatif de notre typologie). Il nous semble cependant que cette terminologie est quelque peu imprécise 2 , parce que le terme choisi pour désigner les autres discours (disc. « expositifs ») a l’inconvénient qu’il ne fait pas référence à l’interaction, qui est pourtant évoquée comme critère de partage. Il aurait été préférable de parler de « discours interactifs » et de « discours non-interactifs » 3 , et c’est d’ailleurs ce que nous allons faire par la suite.

2 On pourrait par exemple objecter qu’un discours classé comme « interactif » ne manifeste pas forcément les marques de l’émetteur : une argumentation peut très bien être présentée comme « allant de soi », comme une évidence, et l’effacement de toute marque énonciative prend alors une valeur argumentative certaine. Il est vrai que l’interactivité semble bannie d’un tel texte, mais on peut aussi opposer que l’émetteur est ici présent « en creux » : sa présence est marquée, d’une part, par l’effacement des marques renvoyant explicitement à lui et, d’autre part, par la permanence des modalités appréciatives orientant l’argumentation.

3 D’autres appellations restent bien sûr possibles, mais si elles ont l’avantage de mettre l’accent sur tel point, elles risquent cependant de jeter le trouble sur tel autre point. L’appellation de « textes à émotivité neutralisée » pour « textes expositifs », par exemple, souligne bien l’une des caractéristiques des discours scientifiques, mais il faudrait alors inclure dans cette catégorie les textes narratifs écrits par des historiens…

Discours interactif : texte narratif, argumentatif, injonctif Caractéristiques : présence des marques linguistiques de l’implication de l’émetteur et de l’interrelation entre l’émetteur et le récepteur :

emploi des pronoms personnels marquant les locuteurs/allocutaires, Les pronoms indéfini (on) et impersonnel (il) sont utilisés pour attribuer, sans avoir à la préciser, une source énonciative à une information, ce qui est très utile pour cautionner des informations non vérifiées ou dont on ne connaît pas le véritable énonciateur (« tout le monde dit que… », « on a pu affirmer que… », « il a été prouvé que… » etc.) modalités appréciatives (axiologiques, superlatifs, emphase, généralisation, etc.) modalités logiques modifiant la présentation d’une information (on présente comme certain ce qui n’est que probable, etc.)

Discours non interactif : texte explicatif, descriptif Caractéristiques :

effacement des énonciateurs (utilisation de tournures impersonnelles ou passives ; recours aux nominalisations) absence de modalités appréciatives (neutralisation de toute notation émotive dans un texte à visée scientifique) présence de modalités logiques sur les phrases (possibilité, probabilité, certitude) emploi du présent intemporel ou déontique (pour décrire les formules scientifiques ou les phases d’une expérience, ou encore pour décrire les actes professionnels accomplis conformément aux règles qui régissent leur profession. les structures hypothético-déductives (si…alors) marqueurs de cause (puisque, étant donné que…) articulateurs logiques (« ceci est valable, excepté les cas de… » « bien que… », « par exemple », « en conclusion » etc.)

Pour une liste des différentes parties des discours expositifs, avec l’indication des formes linguistiques utilisées dans celles-ci, cf. Eurin Balmet – Henao de Legge, pp. 105-108