aujourd’hui Je vous propose d’aborder aujourd’hui un sujet particulièrement riant.

Aux Etats-Unis, les Etatsentreprises entreprises ont trouvé un moyen génial pour se faire de l’argent sans rien faire. Je ne parle pas de prix de transferts et de spéculation (quoi que…), que…), mais du truc le plus pervers que le capitalisme puisse permettre : se faire de l’argent grâce à la exploités. mort des employés qu’on a exploités. Fallait y penser, ils l’ont fait. Moult entreprises US, parmi les plus importantes, prennent des contrats d’assurance vie sur leurs employés, sans le leur dire, pour toucher un maximum à leur mort.

On appelle ces assurances « paysan mort » (dead peasant), « concierge mort » (dead janitors) ou « assurance vie d’entreprise »1, ça fa mieux. Le procédé est simple et date au moins de la deuxième fait guerre2 : un employeur assure un de ses employés lambda (sans l’en informer) et verse une somme chaque année à un assureur. Suivant la mise de départ, le risque que la personne meure vite ou pas, uivant suivant l’âge et le sexe, cette somme sera plus ou moins élevée. Quand l’employé meurt, l’entreprise touche une somme pouvant varier de quelques dizaines de milliers de dollars à plus d de quatre millions et demi de dollars (mais peut peut-être davantage, on l’ignore). Après le 11 septembre, ça a été le jackpot pour les employeurs installés dans le « World Trade Center » ».

Rentabiliser les employés au maximum
A la mort d’un de ses employés décédé d’une attaque cardiaque en 1998, Wal Mart (1er employeur aux Etats-Unis à l’époque) a touché 64.000 $. Rien qu’en Floride, 132 employés « assurés » de Wal ployés

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Corporate-owned life insurance (COLI) ou encore « employer-owned life insurance » (EOLI). Les banques owned ont quant à elles des BOLI pour “bank “bank-owned life insurance”. 2 Mais apparemment, ce procédé interdit par le Parlement anglais en 1774 (interdiction de prendre une assurance si on n’a pas un intérêt direct sur l’objet du contrat) s’est à partir de la deuxième guerre po les l’objet pour « hommes-clé », et s’est généralisé dans les années 80 quand une réforme a rendu les obligations municipales moins attractives pour les banques et les entreprises entreprises.

400 employés. Un peu comme le patron assure sa maison ou sa voiture (auxquels il tient en principe). L’un d’eux est décédé de complications liées au SIDA à 29 ans. il n’a même plus été question de ces 5. d’anciens employés de Camelot Music3. 168. Cette année-là. Et puis en 1998. En réalité. en 1992.000$. ce qui a été refusé).000 $ d’une assurance vie contractée par CM Holdings après sa mort (alors que la famille a pleuré pour que CM Holdings leur donner 5.000 $ par tête.302$ alors qu’il ne travaillait plus là.000$ afin d’acheter un fauteuil roulant lorsqu’elle était encore vivante. et au total 1. et CM Holdings. il assure sa main d’œuvre (qu’il peut remplacer facilement et qu’il ne possède pas en principe). un des principaux pourvoyeurs de ces assurances.000 $. Tout comme Wall Mart. Hartford Life.Mart sont décédés jusqu’à présent. la société mère de Camelot Music. avait contracté avec ses différents clients pour 4. dont certains travaillaient à temps partiel. La Cour des Comptes US a calculé en 2004 que les banques et entreprises US détenaient pour 56 milliards de dollars de ces assurances « paysan mort » en 2002. Certains étaient passés très brièvement chez ce disquaire. American Electric Power et Down Chemicals. ont appris qu’ils avaient été assurés pour des sommes allant de 273.000 à 368. A cette époque. et qu’elles en ont tiré un modeste bénéfice de 2. étaient concernés. a perçu 21. Ca. c’était le discours. Prestations de décès Felipe Tillman William Smith Doug Sims Peggy Stillwagoner 3 Camelot Music a finalement été condamné (suite à des plaintes pour « enrichissement injuste ») pour son montage financier destiné à payer moins d’impôts.2 milliards de dollars cette année-là. ce qui lui a valu 37 millions de dollars sur son milliard de bénéfice en 2001. mais la boîte a touché 180. . La famille d’une autre employée décédée à 62 ans d’une maladie grave et longue. Fin 2001.000$ (une partie de la somme touchée au décès de l’employé) aux employés qui acceptaient de participer à un ‘plan santé’ dans lequel il s’agissait de faire prendre une assurance à un maximum d’employés pour qu’une partie des gains retombe sur toute l’entreprise. Wal Mart s’en mettait 95% dans les poches et se gardait bien de préciser combien il comptait gagner avec ces assurances. parmi lesquels tous ceux qui travaillaient à plein temps.3 milliards de dollars d’assurances « paysan mort ». Wal Mart proposait 5. a touché 339.875 $ ont servi à rémunérer les dirigeants de la boîte.

mais avait souscrit une assurance-vie sur sa tête auprès de la banque Lloyd’s de Londres qui lui a versé 250.000$ à Mme Smith. pour gagner un peu plus d’argent.504 $ 200. En 2002.000 $ grâce à la mort de William.513 $ pour l’assurance. toujours au lycée et mère d’un enfant de 1 an. pensait que l’employeur de son défunt mari était vraiment gentil. La Cour a estimé que l’employeur devait lui verser 456. est révélateur : au Noël de 1991. après quoi elle décide de poursuivre NCS car l’entreprise n’avait aucun intérêt à assurer son mari. National Convenience Stores Inc (NCS). âgée de 18 ans. Jusqu’à ce qu’elle apprenne que l’employeur en question avait perçu 250. l’employeur a reversé 60. au Texas. quand un voleur le tue par balles. NCS a fait appel.Emploi Travailleur Music-Store Commis dépanneur Travailleur au centre de distribution Infirmière à domicile Mort Âge Cause Janvier 1992 29 SIDA Décembre 1991 20 Tué au travail Décembre 1998 47 Crise cardiaque Octobre 1994 51 Accident de voiture Prestation de décès Payables à 339.000 $ Camelot Music/CM National Convenience Stores Wal-Mart Stores Advantage Medical Services Source: WSJ research Source: WSJ recherche Le cas de William Smith. le jeune homme de 20 ans fait des heures supplémentaires dans une boutique de dépannage. n’avait pas contribué à la caisse d’indemnisation des travailleurs qui meurent au travail. les frais d’avocat et les intérêts.000 employés .000$. Pour régler d’éventuels litiges. on estimait que 5 à 6 millions d’employés américains étaient « couverts » par ce type d’assurance et on « apprenait » que des multinationales comme Wal-Mart (350.302 $ 250. détaillé par le Wall Street Journal en 2002. puis a accepté de régler 390. Son employeur.000$ à l’épouse et au fils de la victime et à l’époque Mme Smith.000 $ 64.

Il aurait signé en 2001(mais n’était probablement pas en état de le faire).000 à 80. 67 fois le salaire annuel de son mari (moins les taxes cela faisait 3. le Maine et 4 . des assurances de ce type existent. et certaines familles ont appris l’arrangement tout à fait par hasard6. Dans des Etats comme le Texas7. l’Iowa. Un employé américain pourrait donc probablement avoir plusieurs assurances sur le dos à la fin de sa carrière et rapporter à différents employeurs. seulement quelques Etats avaient imposé le consentement écrit8 de Pour des sommes allant de 50. ce procédé ne choque pas grand monde. En l’occurrence. Wal Mart aurait cessé de prendre ces polices d’assurance en 1995 et aurait les aurait annulées totalement en 2000 car la boîte perdait de l’argent. 5 En France. L’entreprise. New York (l’employé peut résilier la police en quittant l’entreprise) et le Texas (mais seulement dans certains cas). a affirmé qu’elle avait proposé au mari d’Irma Johnson. mais elles n’avaient pas besoin de l’accord des employés pour souscrire l’assurance. qu’une entreprise puisse contracter une telle assurance pour ses employés de base. jeune si possible. les retraités et même les anciens employés qu’on a licenciés.8 millions). en fait. ça faisait déjà vingt ans que le système s’était généralisé aux « employés de base ». le jeu est faussé car l’entreprise a intérêt à ce que l’employé meure. se demandant si le procédé est légal.couverts entre décembre 1993 et juillet 19954). la Géorgie. Dow Chemicals ou Nestlé avaient pris de telles assurances pour des employés normaux qui ne sont pas de hauts cadres5. il aurait carrément intérêt à ce qu’elle brûle. Autre fait choquant. A sa mort. Avant 2009 et la mise en application de la réforme d’août 2006. L’Arkansas. sauf quelques exceptions. Pourtant. travaillait chez Amegy Bank (filiale de Zions Bancorp). 8 La Californie (complètement interdit).7 millions de dollars sur le moment.000$ suivant l’âge et le sexe. l’Illinois (le consentement est acquis si l’employé ne s’oppose pas dans les 30 jours à cette police d’assurance). premier versement pour une police s’élevant à 4. d’un montant de 1. Et si la loi permet que mon voisin prenne une assurance sur ma maison. elle a reçu par erreur un chèque de Security Life of Denver Insurance Co. de signer une assurance-vie de 150. mais uniquement pour assurer les haut dirigeants car une mort brutale pourrait éventuellement poser quelques problèmes à l’entreprise. et la banque l’a viré quatre mois plus tard car son rendement au travail (après deux opérations du cerveau) avait diminué. 7 Mais au début des années 2000. dont le mari décédé d’un cancer du cerveau à 41 ans en 2008.6 million de dollars. payable à Amegy Bank.7 millions de dollars. on a fait passer une loi au début des années 2000 pour imposer aux entreprises d’informer leurs employés qu’elles ont pris un contrat d’assurance sur leur tête. Officiellement. c’est que le principe-même d’une assurance veut que celui qui la souscrit n’a pas du tout intérêt perdre ce qu’il assure. Là-bas. Cela s’est terminé par une transaction d’un montant tenu secret. sur des employés de 18 à 70 ans qui participaient au « plan santé » de Wall Mart. Ce qui pose un gros problème dans cette histoire. le Texas avait envisagé d’interdire. Ca marche pour les employés à temps partiel. Procter & Gamble. La famille n’a bien sur rien touché des 4. qui avait déjà survécu à deux cancers du cerveau. au-delà du principe même : les employés concernés ne sont parfois pas au courant du tout que leur patron a pris une assurance-vie sur leur tête.000$. 6 Ce fut par exemple le cas d’une certaine Irma Johnson. lors du procès.

082 à détenir pour 106. Et c’est pour permettre aux entreprises de financer les « avantages sociaux » des employés (on notera au passage le terme ‘avantage’ pour désigner ce qui n’est plus qu’un résidu d’acquis sociaux) et de « protéger l’entreprise des coûts financiers liés à la perte d’un employé » que les assureurs vantent leurs produits de « corporate-owned life insurance ». 9 Les banques doivent cependant le signaler au fisc. Certains contrats permettent même à l’entreprise de toucher un « paiement anticipé » de la prime finale chaque année. puisqu’il s’agit de contrats par définition privés. 3.2 milliards de dollars. Le montant a augmenté rapidement : en 2004. d’autres d’augmenter la prime de décès etc. c’est-à-dire la masse d’argent virtuel puis réel disponible pour l’entreprise.474 banques US détenaient pour 65.8 milliards de BOLI. expliquait qu’il avait pris ces polices pour contrebalancer l’augmentation des coûts santé de ses employés. le Tennessee. par la magie des produits dérivés : en fait la somme versée par l’entreprise est immédiatement titrisée et jouée en bourse. le « fonds de transition lié aux accords d’achat/vente ». En 2001 déjà. le motif est acceptable pour les autorités US mais au final les entreprises font ce qu’elles veulent de cet argent puisque personne ne va vérifier tant qu’il n’y a pas de procès. le Wyoming (qui craint quand même pour la réputation des banques qui pratiquent ce système) ou la Caroline du Nord et du Sud ne réclament rien du tout. ou COLI. par exemple. près de la moitié des banques aux Etats-Unis ont pris ces assurances. d’autres comme le New Jersey. d’autres d’effectuer des paiements ajustables.8 milliards de dollars de BOLI. D’après deux cabinets d’avocats de l’Oklahoma. rapidement. 10 On appelle ces contrats des BOLI pour “bank owned life insurance”. comme on a fait un peu plus tôt avec les crédits hypothécaires. pour un montant total de 120 milliards de dollars fin 2008. Ainsi. suivie par Wachovia Corp (rachetée d’autres réclament le consentement écrit.l’employé. et deux ans plus tard elles étaient 4. les . qui couraient toujours après que l’employé ait quitté la banque. Les arguments des employeurs concernés sont tournés comme il faut : Wal Mart. On mentionne aussi. On sait qu’en 2008 les banques10 étaient des grandes fans de ces contrats et Bank of America était la championne du genre avec plus de 16. laissant la voie libre à l’employeur. le Vermont. Mais aucun registre ne recense l’ensemble des entreprises9 qui se livrent à ces pratiques ni les montants concernés.

quand les entreprises versaient –seulement.7 milliards. Mais heureusement. car en réalité les entreprises souscrivent ces assurances pour gonfler leurs actifs par « effet de levier ». Wells Fargo pour 5. au Japon il est interdit de prendre une police d’assurance pour quelqu’un d‘autre que soi-même. Citibank pour plus de 4 milliards.2 milliards de dollars pour ces assurances en 2001. 11 Ce qui impliquerait que la mort des ex employés de Wachovia bénéficierait finalement à Wells Fargo.8 milliards fin 2004.3 milliards. JP Morgan Chase en détenait pour plus de 11 milliards.3 milliards de dollars d’assurance « paysan mort » en 2008. Fannie Mae. Et comme les sommes garanties par ces polices d’emprunter. 315 millions de dollars de pertes au 1er trimestre 2008 dans le business des assurances vie employés. Shinwa se faisait passer pour un simple intermédiaire. Mc Donnell Douglas. les entreprises avaient pour 122. Accessoirement. contre 65. disait la boîte. Au total. Tyson Foods détenaient aussi des paquets de ces assurances.4. Et il semble que le système contamine d’autres pays : en janvier 2009. Kimberly Clark. American Express. Walt Disney. Wall Street Journal du 20/05/09. La liste est très longue. Alpha corp. But de la manœuvre : payer moins d’impôts L’affaire est des plus glauques. Brystol Meyer Squibb.000 contrats d’assurance-vie vendus à de nombreuses PME pour assurer leurs employés. et emprunter moins cher. était pervenue à se faire 100 millions d’euros de commissions en gérant plus de 10. les entreprises bénéficient de réductions d’impôts sur ces emprunts. qui n’a aucun intérêt à avoir ces polices d’assurances sur des employés qui n’ont jamais travaillé là. d’après le Wall Street Journal12.depuis par Wells Fargo11) qui en avait pour 14. et il serait vain de vouloir être exhaustifs là-dessus. etc. Ajoutons que les polices d’assurance-vie sont défiscalisées à 100%. AT & T. Wachovia a été rachetée après avoir essuyé.1 milliards. et les employeurs pouvaient déduire la somme qu’ils versaient chaque année. 12 « Banks Use Life Insurance to Fund Bonuses ». et on peut légitimement se banques détenaient la plupart de ces polices : elles ont versé 5. qui venait de faire faillite. comme ils disent. un quotidien nippon déclarait que la compagnie d’assurances japonaise Shinwa.5 milliards. Coca Cola. Mais AIG. . Au total : 9.

la cour des Comptes estimait que les pertes de revenus fiscaux liés aux dégrèvements qui vont avec les COLI et BOLI s’élèveraient entre 7.600 $ (1. Ainsi l’année dernière.000.3 et 13 milliards de dollars pour la période 20042008. quand quelques amendements fiscaux du Tax Reform Act de 1986 ont un peu restreint le caractère déductible de . APB Financial Group Soit un bénéfice de 70. avait mis 80 millions de dollars de côté pour financer la complémentaire retraite de ses cadres. semble-t-il. Les conseillers financiers et les assureurs vantent en effet les mérites de ces polices auprès des banques et des entreprises.800 $ (5. 67% des 50 plus grandes institutions financières des Etats Unis détenaient des BOLI en juillet 2007. selon certains cabinets de conseil. sert souvent à payer les bonus des cadres supérieurs qui les ont exploités pour un salaire de misère pendant des années. et les BOLI : Investissement traditionnel Investissement Revenu Taxes Revenu net 2. En 2004. avant d’expliquer que de grands établissements tels que JP Morgan Chase ou Bank of America s’y donnent à cœur joie. soit 20% du total des assurances-vie vendues chaque année. c’est-à-dire taxé.49 %) / 109.200 $ par rapport à un « investissement traditionnel ». Les législateurs US se sont penchés sur ce problème dans les années 80. interroge cyniquement le North Carolina Banking Institute. Portland General.98 %) BOLI 2. D’autres proposent un tableau récapitulatif qui compare les « investissement traditionnels » des banques.800 (5. et qu’elles comptaient grâce à cela obtenir pour 9 milliards d’allègements fiscaux sur cinq ans.49 %) Source: Mero Capo. Une ex filiale d’Enron. « Combien peut financièrement rapporter la mort d’un employé de base à un employeur ? ». L’argent.000 $ 109. ces produits d’assurances ont le vent en poupe. De fait.demander si ces entreprises ont encore besoin de faire travailler leurs employés puisqu’ils rapportent tant avant même d’avoir franchi la porte de l’usine.000 $ 60. Malgré les tentatives d’enrayer le phénomène. le Council of Life Insurers estimait que les entreprises versaient 8 milliards de primes tous les ans.000 $ (3 %) 20.000.400 (34 %) 39. et savent s’adapter aux évolutions législatives.

il y a quand-même une évolution : pour qu’un employeur prenne une des assurances-vie. A titre d’exemple. quand-même. le Trésor US a proposé de plafonner les dégrèvements fiscaux liés à certains de ces contrats. elles ont mis en place de vastes ‘plans santé’ afin de faire signer un maximum de salariés. et depuis août 2006 les banques ont « investi » de très grosses sommes dans ces assurances-vie. « c’est comme si beaucoup d’employeurs (…) n’étaient pas au courant de la notification et du consentement obligatoires et que. qu’il obtienne l’accord écrit de l’employé. mais les changements ne concernent pas les assurances prises avant août 2006. ils ne s’y conformaient pas ». les affaires continuent et les avantages fiscaux sont loin d’être les seuls atouts de ces polices vantés par les assureurs. puisque le montant par employé était limité à 50. Au final. Mais ça n’a pas vraiment freiné ce business. Enfin bref. il faut qu’il informe son employé par écrit. comme l’explique une fédération d’assurances. Les entreprises se sont donc adaptées et. d’une police d’assurance. on sait que Citybank détenait pour 2. Le Congrès a essayé de légiférer sur ce système en 200613.6 millions de dollars. l’abaissement fiscal espéré par l’entreprise est de 3. En mai 2009. dont une section complète le Code des Impôts.000$ par personne assurée et en limitant le montant des paiements qui peuvent être compris dans ces assurances. De fait. et les intérêts sont taxés. pour 3.ces polices d’assurance vie. Si ces conditions ne sont pas réunies.000$. en plafonnant le montant à 50. L’entrepreneur doit aussi dire au fisc quels employés sont assurés ainsi que le montant global. surtout. puisqu’il s’agit. la défiscalisation tombe et l’employeur est susceptible d’être poursuivi par l’employé ou sa famille. Cependant. par exemple s’ils sont investis dans la dette grecque).3 13 C’est le Pension Protection Act signé le 17 août 2006.215 milliards de dollars de ces contrats au 31 mars 2006. . pour un versement annuel de 100 millions de dollars qui est immédiatement transformé en produits dérivés (qui eux-mêmes peuvent rapporter beaucoup. et que l’employé ait travaillé pour l’entreprise qui touche le magot l’année même de son décès. le fisc US estimait que malgré la loi du 17 août 2006. Chaque Etat ou presque a sa version adaptée en fonction des restrictions locales. On crée aussi un système qui permet à l’employeur de déduire de ses impôts les versements annuels qu’il fait à l’assureur. car leur montant avait quand-même doublé entre 2004 et 2008.

soit six mois plus tard14. les exemptions fiscales demeurent dans le cas où le travailleur était dans l’entreprise à un moment durant l’année précédant sa mort. Toutefois. en juin 2009. à New York. qui doit être informé de la somme maximale espérée par l’employeur à sa mort. Pourtant. du moins en ce qui concerne les banques et leurs BOLI. Le jackpot est donc supérieur. on a même nommé une « vice présidente » des BOLI. L’Independant Community Bankers of America. Car la réalité. on peut imaginer sans problème qu’un employeur est dans la mesure d’exercer une pression sur un candidat ou sur un employé précaire afin qu’il signe le formulaire. tout en réclamant encore plus de dégrèvements fiscaux. Le tableau suivant permet de se rendre compte que la loi n’a pas été des plus dissuasives. un lobbie des banquiers US. Si l’employeur fait tout ça.99 milliards au 31 décembre 2007. on dirait que depuis la fin de la crise subprime. et appelle ses affiliés à s’opposer à la proposition du Trésor qui « empirerait » la situation de ces pauvres banques. mais surtout il faut le consentement écrit préalable de l’employé. Dans une banque comme JP Morgan Chase. c’est qu’un employé a rarement le choix à part celui de partir. Citibank a licencié autour de 20. Accessoirement. crie au péril à cause de la crise. Mais les lobbies des banques et des assurances ne se laissent évidemment pas faire. 14 . le Fisc a sévi en mettant en œuvre la réforme de 2006: le montant de l’exemption fiscale du « bénéfice de mort » (c’est l’expression utilisée) ne peut pas dépasser le total des sommes versées par l’employeur pour payer l’assurance. Décembre Mars 2008 Juin 2008 Septembre Augmentation Et encore : ces sommes représente la valeur de ces assurances en cas de rachat.000 employés. En fait.milliards au 31 mars 2007. suite à la crise subprime. les banques tentent de se refaire un peu partout y compris avec les assurances vie sur leurs employés. et pour 3.

Diantre ! Il semble que les innocentes multinationales se soient fait rouler avec les assurances vie comme le furent leurs salariés avec les prêts hypothécaires… A leur décharge.6 Md 14.6 Md 4.02 Md 14. il faut dire que ces polices d’assurances sont calculées selon des formules savantes et le jargon est complexe.38 % Evolution du montant des « bank-owned life insurance » en milliards de dollars.4 Md 5.03 Md 14.1 Md 19.15 Md 5.19 Md 5. Comme on pourrait s’en douter. Transamerica Life Insurance pour récupérer les 323 millions de dollars sous forme de dommages et intérêts. 15 . de nombreux employeurs ont vu se déprécier la valeur de ces assurances. et ça a raté.5 Md 16. Avec la crise subprime. la durée du retour sur investissement. Mais on peut trouver d’autres chiffres.9 Md 14. qui se plaignait du trop faible rendement de ces assurances15.3 Md 14.9 Md 5. il s’agissait d’une fraude fiscale basique. a poursuivi notamment les assureurs AIG et Hartford Life malgré que sa plainte ait été rejetée trois fois par le tribunal de 1ère instance du Delaware et acceptée trois fois par la Cour suprême du Delaware (rappelons au passage que cet Etat est le plus grand paradis fiscal des Etats-Unis). la boîte a porté plainte contre l’assureur. Pourquoi ? Parce que ces assureurs auraient promis à Wal Mart une défiscalisation liée à ces polices d’assurances. Wal Mart. de toute manière. le risque.5 Md 14.5 Md 5.5 Md 17. les rapaces se dévorent aussi entre eux : en 2002. la plus value qu’on peut en espérer… Wal Mart estimait en effet avoir perdu 150 millions de dollars à cause d’une mauvaise information des assureurs. Fifth Third. a perdu 323 millions de dollars début 2008. qui avait injecté 612 millions de dollars dans ces polices en 2004 et 2005. Du coup.07 Md 14.9 Md 4. Tout est évidemment calculé : la mise minimum.36 Md 9. en fait.2007 2008 (en %) Bank America Citibank Wachovia of 14.6 Md NC 5% 0% 3.4 % Washington Mutual Wells Fargo 4. Source : Mike Myers. Pour la Cour. toutefois très proches.5 % 3.

et ils ont gagné. Gene Green. Ce qui est très grave. avec cette affaire.000$ pour payer les polices de chacun. Entre 1988 et 2000. là aussi. 16 . une firme de courtage en assurances. et la somme ne sera versée qu’au conjoint. pour un montant de 300. « les prêts liés à ces polices étaient la principale source de fonds [pour Dow Chemicals] durant la première. pas d’argent. Un député démocrate. Mais le fisc a perdu. Et puis après. ce sont les contribuables qui se sont retournés contre le fisc. et un plan « vivre ensemble » pour 17. Le premier versement opéré par Dow Chemicals était de 10. qui a jugé l’entreprise Winn Dixie. considère que son mari est décédé en partie à cause du stress qu’on lui infligeait au travail (et Wal Mart est bien connu pour le caractère humaniste de son management). un employé de Wal Mart décédé à 48 ans d’une crise cardiaque sur son lieu de travail.500$.000 personnes.000 salariés. A l’origine.2 millions de dollars. le fisc s’est retourné contre Dow Chemicals (ainsi que contre Camelot Music.051 « employés-clé ». il s’agissait de faire gagner 10 millions de dollars à Dow Chemical en un an. Mais un jour. La Cour d’Appel US. Winn Dixie ou American Electric Power) afin de récupérer des impôts impayés. tente depuis dix ans pour l’instant en vain d’interdire ces polices d’assurance.061 autres employés. troisième. Mais il faut dire que les lobbyistes des assurances ont fait leur possible pour éviter les restrictions. En outre.Seul Dow Chemicals. 17 Mais si la personne a été virée ou a démissionné (le texte dit « si vous avez quitté l’entreprise »). mais la boîte a pu emprunter (non imposables) 50.000 salariés dans le cadre. Si pas de conjoint.000$ par personne.5 milliard de dollars pour les assurances « paysan mort » de ces 21. a estimé que le système de l’assurance « paysan mort » était un montage destiné à éviter des impôts fédéraux.000 autres personnes.000$. Et attention : tout le monde n’était pas « éligible » pour bénéficier de cette magnifique couverture. Dow Chemicals a versé plus de 1. dont la moitié provenait d’emprunts défiscalisés. pas aux enfants. qui avait assuré en entre 1989 et 1992 plus de 21. huitième et neuvième années » du plan qui concernait 4. d’une sorte de ‘plan santé’16 dans lequel les salariés touchaient 5. ce ne sera plus que 2. deuxième. Wal Mart avait pris une assurance sur la tête de son mari. La poursuite contre Dow Chemical se basait sur le fait que pendant les neuf ans qui ont suivi le plan santé. c’est la dérive qui en est le corollaire. Cela permettait donc de « lever du cash ». a gagné contre le fisc qui devait lui rendre 22.000$ à sa mort17. Ainsi la veuve de Mike Rice. et durant les trois premières années pour ce qui était du plan qui concernait les 17. il semble que Mike Rice En fait plan « Grand ouest » pour 4.

selon la loi de Floride. la plupart des assureurs remboursent si le suicide intervient plus de deux ans après la signature du contrat. Et ils trouvent aussi parfaitement normal de dégager du cash à partir de rien. uniquement en spéculant sur une dette qui finalement est un pari sur la mort. Par Ceri http://dondevamos. Pour ce qui est du consentement. on peut imaginer qu’il suffit de pousser au suicide un employé qu’on vient d’assurer pour toucher le jackpot.1 million de dollars pour régler un recours collectif des familles. En outre. Les patrons trouvent normal de se prémunir. En fait. à l’instar des employés de Wal Mart en Floride. où Wal Mart a du payer 5. 18 . -----------Actuellement.canalblog. puisqu’un juge fédéral a déclaré que les familles n’avaient pas le droit de poursuivre. au Texas où 380 familles d’ex employés réclament au total 15 millions de dollars18. et le consentement permet au moins aux employés d’être au courant du « contrat » passé sur leur tête. par exemple. si au Texas et en Oklahoma. on peut se retourner contre quelqu’un qui a pris une assurance sans y avoir un intérêt mais au bout de 10 ans il y a prescription. les employés qui ne sont pas mis au courant de la police d’assurance peuvent se plaindre que l’assureur ait utilisé des informations personnelles sans le leur dire. le suicide n’étant pas forcément une clause d’exclusion qui interdit de toucher la prime.était en train de sortir une télévision de 27 pouces de la voiture d’un client au moment où il a fait son attaque cardiaque. et parce que le fisc perdait beaucoup d’argent. puisque personne d’autre n’était là pour le faire. le système est moins rentable pour les entreprises qu’il ne l’a été. et certaines ont agi en class action lors des procès.com Mais. en Floride l’issue est incertaine. Cependant la Cour d’appel ne semble pas d’accord. En Louisiane. ou en Oklahoma. Les griefs portent essentiellement sur l’intérêt des entreprises à assurer ses employés et sur le consentement. au juste. Wal Mart a été condamné. Les plaintes de familles sont nombreuses. personne ne saurait le dire exactement. Mais on n’a pas remis en cause le principe. Contre quoi.