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PÔLE SCIENTIFIQUE « VITRAIL »

PÔLE SCIENTIFIQUE « VITRAIL » Panneau 11 du vitrail de L'Ascension du Mans (72), XII e

Panneau 11 du vitrail de L'Ascension du Mans (72), XII e siècle

I – INTRODUCTION

Le pôle scientifique « Vitrail » a fourni de novembre 2007 à octobre 2009, 4 rapports d’étude, 32 notes et courriers dans la partie expertise. L’étude sur le vitrail de LAscension du Mans (XII e siècle) s’est achevée par une restauration aboutie avec la mise en place d’une verrière de protection en novembre 2008. L’étude préalable à la restauration des vitraux de Saint-Denis du XII e siècle a débuté en juin 2008 pour une période de 1 an en collaboration avec Isabelle Baudoin (restauratrice diplômée de vitraux). La complexité de l’état d’altération de ces vitraux a nécessité un prolongement de 5 mois pour optimiser les techniques de nettoyage et définir le protocole de conservation - restauration. Un rapport complet sera établi pour 2010. La cathédrale Notre-Dame de Strasbourg est également un dossier très suivi (relecture des PAT, réunion de chantier, courrier administratifs, conseil scientifique de la cathédrale). Après la restauration en 2008-2009 des baies basses, façade nord, les restaurations des baies basses, façade sud commencent en 2009 jusqu’à fin 2010. Concernant la cathédrale de Chartres, un conseil scientifique a été créé en juin 2009 afin d’optimiser les concertations entre experts. En ce qui concerne la partie recherche, les projets en cours, subvention, programme national de recherche sur la connaissance et la conservation des matériaux du patrimoine culturel, projet européen, se sont poursuivis donnant lieu à 4 publications, 3 posters. La recherche, plus fondamentale, portant sur les cinétiques et les mécanismes d’altération des

verres se fait en collaboration avec le LISA. Le projet européen CONSTGLASS permet avant tout des échanges scientifiques et humains entre experts du domaine de la conservation–restauration des vitraux. La synthèse sur la réversibilité et la retraitabilité des produits organiques utilisés dans les restaurations depuis les années 1950 donnera lieu à un rapport final en juin 2010, à un site internet www.fraunhofer.constglass.eu et à plusieurs publications. Depuis 2008, les demandes d’expertise et de collaboration se font plus nombreuses en raison de la présence d’un ingénieur de recherche au pôle scientifique « Vitrail ». Les collaborations sont fructueuses et les idées innovantes ne manquent pas. Ce pôle pourrait être encore plus efficace et réactif avec du personnel supplémentaire. Une autre fonction importante du pôle concerne la valorisation des connaissances par le biais des cours et des conférences. Les cours actuels sont donnés dans les institutions de formation de restaurateurs et des conservateurs :

(Institut national du patrimoine ; restaurateurs ; et conservateurs ; Master en conservation restauration des biens culturels (UFR 3, université Paris 1 Sorbonne). Des interventions sont également menées dans le cadre d’échange internationaux ERASMUS (université de Marne-la-Vallée), et de formation universitaire MAPE (Master sciences et génie de l’environnement, spécialité matériaux du patrimoine bâti et culturel dans l’environnement - Université Paris 7 - Denis Diderot). En juin 2009, un poster et une publication ont été présentés au forum du Corpus Vitrearum, rencontre internationale des experts dans le domaine du vitrail.

2 – RECHERCHES

Sous contrats ou subventions

Mise au point d’un système d’injection-extraction miniaturisé pour usage en atelier

José SOARES (Société ECP) Claudine LOISEL (LRMH) - 2009

José SOARES (Société ECP) Claudine LOISEL (LRMH) - 2009 Prototype du Lipsotec® Ce projet de recherche

Prototype du Lipsotec®

Ce projet de recherche s’inscrit dans le cadre de l’optimisation des traitements de nettoyage. L’objectif est de mettre au point un équipement de nettoyage par injection-extraction miniaturisé et adapté aux besoins des restaurateurs de vitraux, de peintures murales et de sculptures en pierre. Ce nouvel équipement, baptisé « LIPSOTEC® » est l'adaptation miniaturisée de l’équipement existant qui permet le nettoyage des pierres et les bétons. Il est essentiel cependant de rappeler que pour le nettoyage des vitraux, le travail se fera toujours sur panneaux déposés en atelier de restauration. Le cahier des charges

comporte plusieurs clauses. La machine doit pouvoir être posée sur une table de travail. Il doit être possible de faire varier la puissance d’injection et d’aspiration. Le réservoir doit être de l’ordre de 5 litres. Les buses devront être de petite taille, proche du stylet, pour donner le maximum de précision au geste et atteindre les zones les plus difficiles d’accès. Les « corolles », en contact avec le support, devront être suffisamment souples pour épouser au maximum les reliefs du vitrail. Sans oublier que les frottements devront être minimalisés le plus possible. Cette machine permettra également de rincer les surfaces traitées par application de gels de produits chimiques, comme l’EDTA. Un premier prototype a été présenté en juillet 2009 et doit faire l'objet de nouvelles mises au point

Études de procédés de collage de pâtes et dalles de verre (suite)

William FAURE (RESCOLL- École de chimie de Bordeaux) Élisabeth MARIE-VICTOIRE - Claudine LOISEL (LRMH)

Cf. : pôle scientifique « Béton », page 21.

Étude de traitements de restauration de vitraux en dalle de verre, contaminés par les sels (suite)

Laurence CUZANGE (Atelier DEBITUS) Élisabeth MARIE-VICTOIRE - Claudine LOISEL (LRMH)

Cf. : pôle scientifique « Béton », page 22.

Hors contrats ou subventions

Vitrail et environnement atmosphérique : simulation et modélisation de l’altération des verres médiévaux

Programme national de recherche sur la connaissance et la conservation des matériaux du patrimoine culturel Tiziana LOMBARDO (Maître de conférences) - Anne CHABAS (Maître de conférences), université Paris 12 Stagiaire 6 mois : Lucile GENTAZ Master SGE (sciences et génie de l’environnement), spécialité MAPE (matériaux du patrimoine dans l’environnement), année 2007-2008, co-tutelle LRMH-LISA Claudine LOISEL (LRMH) – Durée : 2006-2008

Les verres peu durables, en particulier ceux à composition silico-calco-potassique, ont été utilisés de façon prédominante dans la réalisation des vitraux entre le XII e et le XIII e siècles. Du fait de leur faible durabilité chimique, ces verres se trouvent souvent dans un mauvais état de conservation. Des nombreuses recherches ont été mises en place dans les dernières décennies afin de décrire, comprendre et modéliser les processus d’altération de la matrice vitreuse des vitraux du Moyen Âge. Néanmoins, certaines questions restent sans réponse, notamment pour ce qui concerne le rôle spécifique des paramètres intrinsèques (composition du verre) et extrinsèques (environnement atmosphérique) dans les processus de dégradation (lixiviation, corrosion, encroûtement, soiling). C’est dans une optique d’approfondissement de ces processus que le projet de recherche « Vitrail et environnement atmosphérique : simulation et modélisation de l’altération de verres médiévaux » a été mis en place. Cette recherche se base sur une exposition en site réel de verres modèles de composition similaire à ceux du Moyen Âge et du suivi continu de certains paramètres météorologiques (humidité relative, température, hauteur des précipitations) et environnementaux (concentration en polluants gazeux et particulaires, et pH des précipitations) qui sont susceptibles de jouer un rôle dans les processus d’altération atmosphérique des verres des vitraux.

d’altération atmosphérique des verres des vitraux. S i t e d ' e x p o

Site d'exposition à la tour Saint-Eustache à Paris

a i n t - E u s t a c h e à P a

Échantillon de verres modèles exposés en situation abritée

Au cours de ces deux années, le travail a consisté à mettre en place l’exposition sur site (tour nord de l’église Saint- Eustache à Paris), avec l’installation des échantillons à l’abri et à la pluie ainsi que la mise en place des appareillages pour le suivi atmosphérique (pH des précipitations, température, humidité). Les échantillons ont été prélevés mensuellement. L’objectif des analyses est d’identifier les principales formes de dégradation développées in situ et de déterminer les cinétiques des processus qui en sont responsables. L’autre partie porte sur l’étude des verres de vitraux anciens. Deux sites ont été sélectionnés, la cathédrale d’Évreux et l’église Saint-Ouen de Rouen. Des échantillons de verre du XIV e siècle ont pu être utilisés pour le projet. Les observations et analyses de surface et de coupes permettent de quantifier l’altération de ces verres et de corréler ces résultats à ceux des verres modèles, dans le but de décrire les cinétiques d’altération pour des durées très longues. Grâce à une approche statistique de type fonction doses-réponse, il reste possible, en comparant les données environnementales obtenues (doses) aux altérations observées (réponse du matériau), d’identifier les principaux agents atmosphériques ayant un rôle dans les processus d’altération. Le rôle des facteurs intrinsèques (composition du verre) va être appréhendé par la comparaison des altérations développées par les verres modèles (trois types de verre) ayant des compositions très différentes. Dans le cadre de ce PNRC, nous avons pu initier une thèse dont le sujet est précisé ci- dessous.

Simulation et modélisation de l'altération des verres en environnement atmosphérique

Lucile GENTAZ (doctorat, spécialité sciences et techniques de l'environnement) - Laboratoire interuniversitaire des systèmes atmosphériques (LISA), université Paris 7 - Denis Diderot Tiziana LOMBARDO (Maître de conférences) - Anne CHABAS (Maître de conférences), université Paris 12 Claudine LOISEL (LRMH) – Durée : 2008-2011

La thématique de ce doctorat s'est fondé sur la base des résultats du PNRC 2006-2008.

Depuis le début de la thèse, les analyses ont porté sur des verres modèles de type moderne et de type médiéval exposés

en environnement urbain pour une durée allant de 1 à 30 mois. Différentes techniques d’analyse ont été mises en

place : des analyses gravimétriques (évolution de la masse des échantillons), mais également de microscopie optique

(analyse du pourcentage de surface couverte et étude de l’irisation de la surface des verres), de microscopie

électronique à balayage (étude des compositions du verre sain, du verre altéré et des particules déposées), du degré

d'hydratation des verres (par spectrométrie IRTF), et plus récemment l'analyse de la nature des sels formés en surface

des verres grâce à la μ-diffraction des rayons X.

L'altération de verres de vitraux du XIV e siècle a été étudiée, via le calcul de l'épaisseur de leur couche lixiviée et l'étude

des compositions du verre sain et du verre altéré (échantillons provenant des cathédrales de Rouen et d'Évreux).

Les données optiques recueillies pour les verres autonettoyants au cours de précédentes compagne d'exposition ont

permis d'étudier la corrélation de l'altération de ces verres avec différents modèles cinétiques. Une grande partie de ce

doctorat s'attachera à mettre en place les systèmes de modélisation adapté à notre problématique.

Une partie de ces recherches a été présentée lors de la conférence de l’ICCE - EuChem qui c’est déroulée à Stockholm

en juin 2009.

Analyse mécanistique de l’altération des verres de type médiéval

Programme national de recherche sur la connaissance et la conservation des matériaux du patrimoine culturel Tiziana LOMBARDO (Maître de conférences) - Anne CHABAS (Maître de conférences), université Paris 12 Delphine NEFF (Ingénieur chercheur, LPS – CEA - CNRS Laboratoire Pierre Süe CEA/CNRS) Claudine LOISEL (LRMH) – Durée : 2009-2010

Cette recherche fait suite à l’étude précédente et porte plus précisément sur la compréhension des mécanismes

d’altération responsables de la dégradation physico-chimiques des vitraux du Moyen Âge. Elle se base sur l’étude de

verres silico calco-potassiques, peu durables, issus à la fois d’une campagne d’exposition de verres modèles et de pièces

de vitraux anciens provenant de déposes lors de campagnes de restauration. L’expérience d’exposition de verres

modèles reproduisant la composition de verres de vitraux, a débuté en février 2006 dans le cadre d’un précédent projet.

Le site d’exposition est situé dans le centre de Paris. Lors de cette campagne, un suivi des échantillons a pu être mené

jusqu’à 15 mois. Le prolongement de celle-ci jusqu’à 30 mois, ainsi que l’enrichissement du corpus d’échantillons anciens

permettront la validation des hypothèses formulées et donc une meilleures compréhension des mécanismes d’altération.

Les objectifs nouveaux par rapport à l’étude précédente, portent sur :

la mise en évidence des changements structuraux survenus à la surface (étude 3D par microscopie

interférométrique et microscopie électronique à balayage) et en sub-surface des échantillons (Spectrométrie

Raman) ;

l’identification des phases cristallines formées à la surface des verres modèles suite à leur altération

atmosphérique (analyses par μ-Raman et μ-DRX) pouvant conduire à la formation de pitting (corrosion en

milieu basique).

Influence de la présence de manganèse sur la coloration des verres. Cas particulier du phénomène de brunissement des vitraux anciens

Stéphanie ROSSANO (professeur, université Marne-la-Vallée), Éric VAN HULLEBUSCH (G2I, maître de conférences, université Marne-la-Vallée, 77) - Jessica FERRAND (université de Marne-la-Vallée, 77) Claudine LOISEL - Geneviève ORIAL- Faisl BOUSTA (LRMH) - Durée : 2009-2012

Le manganèse est un élément chimique utilisé comme colorant ou décolorant dans l’industrie verrière depuis les temps

anciens. Sa capacité à exister sous différents degrés d’oxydation en fait un élément réactif qui peut évoluer sous l’action

Dans le cas des

vitraux anciens, la présence simultanée de manganèse et de fer dans la composition des verres, couplée à l’action altérante de l’eau et des microorganismes entraînent un brunissement et de fait une perte de transparence des vitraux.

Si les paramètres nécessaires à l’apparition de ce brunissement semblent bien identifiés, les mécanismes élémentaires restent mal connus. L’objectif de cette thèse est de mieux comprendre le phénomène de brunissement des vitraux

anciens à partir de l’étude de l’altération de verres modèles et de l’observation/analyse de verres anciens. Les verres anciens seront caractérisés finement afin de mettre en évidence la nature des croûtes brunes et de corréler leur présence à des paramètres pertinents. La caractérisation de ces échantillons se fera par des techniques de microscopie

mais aussi par spectroscopie d’absorption des rayons X

afin d’accéder à la spéciation du manganèse dans ces croûtes brunes. Les verres modèles contenant du manganèse seulement ou le couple Fe/Mn seront altérés en présence et en absence de bactéries et de champignons afin de

comprendre quantitativement les processus mis en jeu. Dans cette partie, les techniques utilisées pour la caractérisation des matériaux solides sont identiques à celles précédemment citées. La compréhension fine des processus nécessitera,

en outre, de s’intéresser aux solutions altérantes et à leur évolution au cours du temps. L’analyse des solutions se fera par les techniques courantes d’ICP-AES ou d’ICP-MS selon les ions concernés. Une fois le phénomène reproduit au

laboratoire et compris, la deuxième partie de la thèse concernera l’élaboration de moyens de restauration ou de conservation des vitraux anciens en place. Du fait de sa position à l’interface entre archéométrie, microbiologie et physique, ce sujet de thèse devra être mené par un étudiant pluri-disciplinaire. Celui-ci bénéficiera d’un comité de pilotage composé d’experts en microbiologie, structure des verres et matériaux du patrimoine.

(MEB-EDS, TEM), d’analyses chimiques (PIXE, PIGE, EMPA,

de différents paramètres (température, présence d’autres éléments multi-valents, rayonnements,

).

),

Les techniques de nettoyages au service de la conservation - restauration des vitraux

Aurélie REGUE (Master en conservation restauration des biens culturels UFR 3, université Paris 1 Sorbonne) Claudine LOISEL (LRMH) - 2009

université Paris 1 Sorbonne) Claudine LOISEL (LRMH) - 2009 Utilisation du prototype LIPSOTEC® sur la face

Utilisation du prototype LIPSOTEC® sur la face externe de panneaux de la cathédrale de Chartres

La restauration des vitraux implique l’étape essentielle du nettoyage. Les techniques ont évolué au cours du temps et peuvent être différentes d’un pays à un autre. Cette étude permet, dans un premier temps, de faire le point sur tous les nettoyages mécaniques ou chimiques utilisés. Le second objectif porte sur l’optimisation d’une nouvelle technique complémentaire aux autres : le « LIPSOTEC® », équipement de nettoyage par injection-extraction d’eau miniaturisé. Ce projet englobe une série d’essais en laboratoire pour valider la faisabilité, sur pièces dépiquées et sur panneaux en entier. Suite à ces résultats, des essais sont programmés sur des panneaux au LRMH et en atelier pour attester ou non de l’efficacité de cette technique. Les

observations et analyses sont effectuées à l’aide de méthodes d’analyses telles que la microscopie optique et électronique à balayage. L’avantage premier de cette technique est l’amélioration du rinçage qui reste toujours une étape difficile et rarement satisfaisante.

Optimisation de la méthode d’injection des consolidants dans les verres fissurés des dalles de verre

Jean-Baptiste HUGUENOT (Master en conservation-restauration des biens culturels UFR 3, université Paris 1 Sorbonne) Claudine LOISEL (LRMH) - 2009

université Paris 1 Sorbonne) Claudine LOISEL (LRMH) - 2009 La restauration des dalles de verre pose

La restauration des dalles de verre pose de nombreux problèmes de conservation - restauration. Ainsi, si pour le béton, des techniques expérimentales de réparation étaient déjà à l’étude en 2003, le cas du

traitement de la fissuration de dalles de verre restait à explorer. Aussi, concernant le traitement des pièces de verre, de 2004 jusqu’à 2009,

des travaux de recherche sont en cours, en collaboration avec la société RESCOLL sur le collage sans dépose de pièces de verre.

Essai d'injection de colle dans les microfissures d'une pièce de verre provenant d'une dalle de verre

Après l’élaboration de la colle à utiliser, la dernière étape se consacre aux techniques d’injection (du type de celles

utilisées pour la réparation de pare-brise automobile). C’est dans ce cadre que s’inscrit ce stage de 3 mois qui commence

par des essais sur pièces de verre et sur dallette en laboratoire pour se poursuivre à la verticale sur la porte du

baptistère d’Audincourt (église du Sacré-Cœur). L’aboutissement est la mise en place du protocole d’injection pour le

traitement in situ des dalles de verre.

pour le traitement in situ des dalles de verre. Programme de recherche européen « CONSTGLASS »

Programme de recherche européen « CONSTGLASS » « Matériaux de conservation pour les vitraux – évaluation de la durabilité, de la réversibilité et de la reprise des traitements et performance des produits et stratégies de restauration »

Fraunhofer-Institut für Silicatforschung, Bronnbach (Allemagne) - Dombauverwaltung der Hohen Domkirche Köln Cologne (Allemagne) - Cercle des partenaires du patrimoine, Laboratoire de recherche des monuments historiques, Champs-sur-Marne (France) - Faculty of Art Conservation, Academy of Fine Arts, Krakow (Pologne) - The Cathedral Studios, Canterbury (Grande-Bretagne) - Centre suisse de recherche et d’information sur le vitrail, Romont (Suisse) - Hogeschool Antwerpen, Conservation Studies (Dept. B), Antwerpen (Belgique) - Fyne Conservation Services, St. Catherine’s Argyll (Grande-Bretagne) - University of Gent, Gent (Belgique) - Sincrotrone Trieste S. C. p. A., Trieste (Italie) – ELETTRA (Italie) - LBW-Bio Consult (Allemagne) Delphine GERONAZZO, restauratrice diplômée de la MST Claudine LOISEL (LRMH-CPP) - Jennifer EDAINE (ingénieur matériau) - Durée : 2007 - 2010

Ce projet se propose d’évaluer la durabilité de matériaux très divers, tels que les résines époxy, les acrylates, les

polyuréthanes qui ont été utilisés pour la conservation-restauration des vitraux depuis 1950. L’objectif est également

d’optimiser et d’appliquer des méthodes analytiques avancées non destructives et des outils en biologie moléculaire afin

de comprendre les effets à long terme des traitements de conservation, ainsi que de la biodétérioration des matériaux

appliqués sur le verre. Ce projet permet également d’étudier le degré de réversibilité de ces matériaux. Enfin, dans le

but de proposer des stratégies pour remédier à la reprise des traitements, des essais avec de nouveaux matériaux sont

également réalisés pour améliorer la conservation-restauration des vitraux.

Les cas d’études ont été choisis dans cinq pays européens, présentant des histoires de restauration différentes et

incluant tous des vitraux médiévaux ainsi que des objets des XIX e et XX e siècles. Les sites français choisis par le LRMH

sont les vitraux des cathédrales de Chartres, Bourges et Le Mans.

L’avancée des travaux est présentée ci-dessous au travers de chaque groupe de travail (workpackage WP) :

WP 1 : objet pilote

Pour la France, trois objets pilotes sont inclus dans l’étude :

Chartres, cathédrale Notre-Dame, façade occidentale (baie 50, L’Enfance du Christ, XII e siècle), restaurée en

1974, avec des collages et une protection par un film organique, et façade nord (baie 37, La passion

typologique) et sud (baie 42, La Mort de la Vierge), XIII e siècle, restaurée en 1988-1989, avec une

consolidation des peintures ;

Bourges, cathédrale Saint-Étienne, fenêtres du déambulatoire (baie 4, Le Jugement Dernier), XIII e siècle,

restaurée en 1976, et partiellement protégée par film organique en 1981, (1 fenêtre est protégée à moitié pour

évaluer la durabilité du traitement) ;

Le Mans, cathédrale Saint-Julien, fenêtre de l’Ascension (baie XVI, XII e siècle), restaurée en 1974, avec

consolidation des peintures et application d’un film organique sur la face externe.

Pendant la deuxième année du projet (2008-2009), nous avons travaillé sur les trois cathédrales : Chartres, Le Mans et

Bourges où nous étions chargés de l’observation et de l’analyse des panneaux. L’observation approfondie des panneaux

déposés a contribué à établir l'atlas des dommages, déjà commencé. Pendant cette année, l’installation des centrales de

mesures climatiques, fournies par l’ISC, a été réalisée à Bourges, Chartres, et au Mans. Les mesures de température et

d’humidité relative ont été prises toutes les heures pendant une année. Les données ont été collectées régulièrement

pour ensuite être traitées.

Concernant Le Mans, un rapport en français est disponible ; un rapport final en anglais est actuellement en cours

d’écriture.

WP2 : méthodes analytique

Nous avons sélectionné des échantillons représentatifs des objets pilotes (Bourges, baie 9, panneau 4 et Chartres, baie 37) pour les analyser au synchrotron de Trieste (ELETTRA), l’objectif étant de les analyser par microtomographie en contraste de phase, sur la ligne spécifique SYRMEP. L’objet était de visualiser l’interface entre le verre et les composés organiques. Ensuite, les échantillons ont été analysés à l’université de Gand par une autre technique de tomographie à

haute résolution Desktop micro-focus X-ray computed tomography.

WP 3 : tests de réversibilités

Nous avons mené des tests de réversibilité sur les panneaux déposés de Bourges et Chartres, avec l’aide d’un restaurateur diplômé. Nous avons également participé aux essais mis en place à Anvers en octobre 2008. Nous avons également réalisé des essais sur des échantillons recouverts de Viacryl dans les années 70. Les résultats des tests de réversibilité sur le Viacryl utilisés en tant que film protecteur sur la face externe sont très prometteurs. Pour le Viacryl utilisé en tant que consolidant les essais sont encore en cours.

en tant que consolidant les essais sont encore en cours. Frammenti di piombo o di grisaglie
en tant que consolidant les essais sont encore en cours. Frammenti di piombo o di grisaglie
en tant que consolidant les essais sont encore en cours. Frammenti di piombo o di grisaglie

Frammenti di piombo o di grisaglieen tant que consolidant les essais sont encore en cours. Fragments of lead or gris aille

Fragments of lead or gris aille

Materiale compatto ed omogeneo:di piombo o di grisaglie Fragments of lead or gris aille Compac t and homogeneous glass

Compac t and homogeneous glass

sezione del vetro sano

frammentata: parti alterate del vetroCompac t and homogeneous glass sezione del vetro sano Materiale con struttura porosa e Porous and

Materiale con struttura porosa e

Porous and fragmented material

Consolidante polimerico Viacrylcon struttura porosa e Porous and fragmented material Silicon resin Analyse par microtomographie en contrast de

Silicon resin

Analyse par microtomographie en contrast de phase, sur la ligne spécifique SYRMEP de ELETTRA de l’échantillon de Chartres CHA_B37P16I_V4 - collage silicone

WP5 : amélioration des stratégies en conservation-restauration

Le WP 5 a commencé en janvier 2009. Pour faciliter le travail de synthèse de tous les résultats, il a été décidé de mettre en place des matrices similaires à celle du projet Vidrio. Deux types de matrices ont été proposés, discutés puis approuvés. La première propose de regrouper observations, analyses, résultats de la re-traitabilité, recommandations pour chaque type de traitement. La deuxième est centrée sur chaque objet pilote et rassemble tous les résultats obtenus par chaque partenaire.

3 – ÉTUDES

Quelques exemples de dossiers traités sont développés ci-dessous.

Étude et diagnostic des grisailles des baies 123 et 125 de la cathédrale de Strasbourg

Adeline RINCENT (master en conservation restauration des biens culturels - UFR 3, université Paris 1 Sorbonne) Claudine LOISEL (LRMH)

Le sujet de ce mémoire porte sur une étude approfondie des grisailles des baies 123 et 125 de la cathédrale de Strasbourg. La problématique se situait dans une connaissance approfondie et une description poussée de ces peintures pour permettre de les conserver et de les restaurer dans de bonnes conditions. Ce mémoire s’articule autour de quatre grands axes. La première partie s’oriente vers l’histoire de l’art et contient l’historique des vitraux ainsi que de l’édifice où ils sont situés. Elle comprend l’histoire, mais aussi les valeurs et l’authenticité de ces œuvres. La seconde s’articule autour du constat d’état et du diagnostic de ces grisailles. Dans un premier temps, il était intéressant de rappeler les mécanismes d’altération rencontrés sur les peintures, puis dans un second et à l’aide de différentes méthodes d’investigations, de décrire les peintures et leurs altérations. On utilise plus particulièrement une description comparative des échantillons prélevés au microscope optique révélant les différents profils des grisailles, mais aussi des clichés de Microscopie Électronique à Balayage (MEB) couplée à l’analyse élémentaire révélant les altérations

sous-jacentes et leur composition. Les informations récoltées ont pu être utilisées pour comprendre les altérations et

concevoir de nouvelles directions d’expérimentations permettant une meilleure restauration future.

La troisième partie repose donc sur l’expérimentation. Les informations recueillies sur les faciès des altérations de

grisaille ont permis de concevoir des éprouvettes permettant de réaliser des tests sur les consolidants utilisés pour la

restauration de ces peintures. Ces tests ont permis de mettre au point un porte-échantillon pour réaliser des tests de

traction mécanique sur les fixateurs et consolidants. Les résultats ont montré l’efficacité des différents traitements tels

que le Paraloid B72 (résine acrylique), le Silrès (silicate d'éthyle) et un mélange des deux. Ces résultats ont permis

d’orienter les choix de restauration effectués sur les grisailles.

Enfin, la quatrième partie expose les choix et les actes de conservation-restauration réalisés sur ces peintures vitrifiées.

Plusieurs points sont expliqués tels que la consolidation des grisailles, la restitution de la lisibilité des graphismes et leur

protection par verrière de doublage.

des graphismes et leur protection par verrière de doublage. Visualisation des essais d'arrachement sur grisaille

Visualisation des essais d'arrachement sur grisaille

Visualisation des essais d'arrachement sur grisaille Série d'échantillons après les essais de traction LE

Série d'échantillons après les essais de traction

LE MANS (72) - Cathédrale Saint-Julien, Nef - Baie XVI, L’Ascension - Vitrail (XII e siècle) (rapport N°348F) État sanitaire et préconisation pour l’élimination et la re-traitabilité du polyuréthane « Viacryl »

Delphine GERONAZZO, restauratrice de vitraux, diplômée master de conservation-restauration des biens culturels, Paris I Claudine LOISEL (LRMH)

Le vitrail de L’Ascension fait partie de ces œuvres majeures qui ont eu, dans les années 70, des traitements au

polyuréthane. Lors de la restauration de 1975, la décision fut prise, après une étude menée en parallèle en France et en

Autriche, d’innover en appliquant sur la face externe des vitraux un film organique de polyuréthane (80 % de Viacryl VC

363 avec 20 % de durcisseur Desmodur N75). L’objectif était de protéger le vitrail principalement des intempéries

(pluies, vent, polluants,

surveillance de l’évolution de ce film a été conduite à plusieurs échéances.

En juillet 2004, à la demande du laboratoire, une nacelle a été gracieusement mise à disposition par la Direction

régionale des affaires culturelles des Pays-de-la-Loire pour permettre d’examiner le vitrail de L’Ascension. Cette expertise

montrant un état d’altération très avancé du film organique, a abouti à la dépose des quatre panneaux pour un examen

plus approfondi. Cette dépose a également permis de compléter la critique d’authenticité différenciant les pièces de

verres anciennes des pièces de restauration. En juin 2005, les panneaux ont été transférés au musée du Louvre pour

l’exposition La France romane. En octobre 2005, le vitrail est revenu au LRMH pour poursuivre l’étude engagée, mais

également pour être intégré comme objet pilote dans le cadre d’un projet européen CONSTGLASS.

éléments prédominants provoquant l’altération des verres, des peintures et des plombs. La

),

La dégradation du film organique résulte des intempéries, vent, pluies, polluants, sans oublier l’impact majeur de la lumière qui est en partie responsable de son changement de couleur. Initialement transparent incolore, le film organique appliqué sur la face externe s’est dégradé pour prendre un aspect jaune-vert. La pluie et le vent ont permis un lessivage du panneau entraînant les écailles de polyuréthane détachées du support.

les écailles de polyuréthane détachées du support. Altération du film de Viacryl en face externe G

Altération du film de Viacryl en face externe

du support. Altération du film de Viacryl en face externe G r i s a i

Grisaille consolidée par du Viacryl en 1974

Il est possible de définir différentes étapes dans l’altération de ce film organique. Dans un premier temps, des bulles d’air apparaissent entre le film et la surface altérée. Le film étant posé sur des verres de surface hétérogène, l’adhérence entre le film et la surface rugueuse est relativement faible. Les différences de coefficients de dilatation entre les deux matériaux ne favorisent pas un maintien satisfaisant du film. Le film commence alors par se craqueler pour former des écailles. Dans les touts premiers temps de la dégradation du film organique, la reprise de l’altération du verre sous le film est très favorisée. L’apport en eau, dans un environnement confiné, active le phénomène d’altération. La cristallisation des produits d’altération peut également prendre place et provoquer le décollement du film. On relève que la majorité du film organique s’est décollée sans difficulté, sauf au niveau des cratères où la matière organique est maintenue physiquement dans les creux. Sans intervention pour éliminer les restes de ce matériau organique, le phénomène d’altération se propage.

Il est donc indispensable à ce stade de procéder à une restauration complète pour éliminer le film organique restant. D’une façon générale, on peut dire que ce film remplit son rôle jusqu’au moment où il commence à s’altérer chimiquement et physiquement. À partir de ce début de dégradation, l’altération du verre non protégé reprend inévitablement. Sur la face interne, une consolidation des grisailles avait été décidée. Les soulèvements importants de la grisaille nécessitaient un refixage avant tout nettoyage. Une résine synthétique, à base de polyuréthane (mélange dilué de Viacryl VC 363 et de durcisseur Desmodur N75) avait été appliquée. Le principe était d’infiltrer sous les traits de grisaille la résine qui était alors absorbée par capillarité. Une fois la grisaille refixée, il était alors possible de la nettoyer délicatement à l’aide d’un coton imbibé d’acétate d’éthyle de façon à entraîner poussière et produits d’altération. Ces consolidations ont été observées de façon approfondie et ne révèlent pas de dégradations particulières. Les observations réalisées dans le cadre de cette étude montre qu'à part sur quelques zones très ponctuelles, le traitement de 1975 est toujours stable. Cependant, une verrière de protection a été proposée et mise en place pour isoler la face externe des intempéries et stabiliser la face interne en évitant les condensations.

SAINT-SULPICE-DE-FAVIÈRES (91) - Église Saint-Sulpice - Chœur, baie 0 et 6 - Vitraux (XIII e siècle) (rapport N°1213A) Étude sanitaire et analyses physico-chimiques

Claudine LOISEL (LRMH)

L’église Saint-Sulpice de Favières a été désignée comme étant « la plus belle église de village de France ». Elle s'est

enrichie, à l'époque de saint Louis, d'un grand sanctuaire pouvant accueillir 4 000 fidèles. Célèbre pour ses pèlerinages,

cet édifice d'une rare luminosité présente de très beaux vitraux du XIII e siècle. L’église conserve deux verrières du XIII e

siècle consacrées l’une à La Vie de la Vierge et à L'Enfance du Christ (baie 6), l’autre à Saint-Sulpice et à La Passion

(baie 0). La baie 5 est une verrière en grisaille avec fermaillets et bordures de couleur qui date également du XIII e siècle.

Les baies 1, 2, 3, 4 et 10 sont garnies de vitres incolores datant du XVIII e siècle.

garnies de vitres incolores datant du XVIII e siècle. Panneau b6, Baie 6, Face interne en

Panneau b6, Baie 6, Face interne en lumière transmise

Panneau b6, Baie 6, Face interne en lumière transmise Panneau b6, Baie 6, Face interne en

Panneau b6, Baie 6, Face interne en lumière réfléchie

Plusieurs restaurations ont été réalisées sur les vitraux du XIII e siècle. Trois restaurations concernant les baies 0, 5 et 6

sont à retenir : la restauration de 1935, de la baie 6, effectuée par Félix Gaudin, celle de Jean-Jacques Gruber réalisée

en 1956 sur les trois baies 0, 5 et 6. Une dernière en 1964, concernant les verrières anciennes en grisaille du chœur a

été signalée par Dominique Larpin (architecte en chef des monuments historiques).

Dans le cadre de l’étude préalable menée sur les vitraux, le LRMH est intervenu pour établir un diagnostic de l’état

sanitaire des vitraux du XIII e siècle et documenter ces panneaux.

Certains verres présentent une altération due à l’oxydation du manganèse présent dans la composition chimique des

verres. L'observation et la documentation de ce phénomène sont importants car ils nous permettent de mieux

comprendre le processus mis en jeu et souvent rencontré. Actuellement, il n’y a malheureusement pas de solution de

traitement sans danger et durable, c’est-à-dire sans réversibilité. Un doctorat portant sur le phénomène d'oxydation du

manganèse a commencé en octobre 2009 pour mieux comprendre les processus en cause et essayer dans les années à

venir d'intervenir avec un traitement efficace et durable.

Ces vitraux ont gardé depuis leur création une large partie de leur plomb d'origine, ce qui les rends très précieux.

L’objectif de la conservation-restauration sera de conserver le plus possible les plombs du XIII e siècle. La mise en place

de la verrière de protection est la solution optimale pour la conservation.

Les préconisations portent principalement sur le nettoyage des deux faces des vitraux qui devront être traitées de façon

différente. En effet, pour la face interne, on relève des restes de mastic altérés qui devront être éliminés par compresse

de thiosulfate de sodium dilué à 5

% dans l’eau distillée. En face externe, on pourra utiliser, pour éliminer les produits

d’altération du verre, des compresses d’EDTA en prenant toutes les précautions nécessaires. Les panneaux étudiés ne

présentent pas de contamination par des microorganismes, aucun traitement biocide n’a donc été proposé.

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