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Racisme et immigration

Le mot « race » vient du latin « ratio » ou de l’italien « razza ». cela correspond à l’idée
d’espèce, de catégorie. Le racisme est à la fois un phénomène ancien et également relativement
ambiguë, on le retrouve dans toutes les sociétés.
On pensera notamment au manuel scolaire « le Tour de France par deux enfants » qui, pendant 50 ans
a été utilisé dans les écoles. Il présentait un certain nombre de gravures, dont celle des races :
blanches, noires, rouges, jaunes. La race blanche était présentée comme la race la plus parfaite.
En Nouvelle Guinée, lorsqu’on adopte, les rites d’appartenance au groupe passent pas le simulacre
d’une naissance. C’est ainsi que l’on va permettre à cet étranger de s’intégrer à une lignée.

En France l’immigration a été marquée par 3 moments importants : la fin du 19e s, les
années 1920 et l’après guerre. Elle est toujours liée à des facteurs importants qui sont des réponses à
des problèmes démographiques et politiques. Dans le courant du 19e, c’est le moment de la révolution
industrielle, où l’on a besoin de main d’œuvre. On fait à une immigration de voisinage (Italie,
Pologne, Espagne, Belgique, Portugal). Ce sont généralement des hommes, jeunes, célibataires, ou du
moins qui arrivent seuls en France. Jusqu’alors, l’immigration n’existait pas en provenance de pays
constitués. Au lendemain de la 1e guerre mondiale, le creux démographique et la nécessité de relever
l’économie ont permis la mise en place d’une politique d’immigration ayant une logique de
naturalisation. C’est la loi de 1927 qui va encourager l’acquisition de la nationalité française. En 1930,
c’est la crise, et le retournement de conjoncture va amener le développement d’une certaine violence
xénophobe et raciste. On va au contraire, tenter de freiner l’immigration avec le vote d’une loi en 1932
relative à « la protection de main d’œuvre nationale ». Là encore, à la fin de la 2nd guerre mondiale, le
besoin de main d’œuvre et la forte augmentation des travailleurs étrangers va correspondre à une
période forte de croissance qui va courir jusqu’à la moitié des années 1970. C’est à cette époque que
l’on va créer l’office national de l’immigration en 1945, et l’on va assister à un changement de nature
de l’immigration puisqu’elle va provenir essentiellement de l’Afrique et des anciennes colonies
françaises comme l’Algérie. C’est une immigration qui va devenir durable avec le regroupement
familial. Ce sont les 3 moments importants. L’immigration s’est compliquée avec la réapparition des
forts mouvements politiques contestant la présence de populations immigrées. Rappelons que les
immigrants ont très largement participé aux épreuves militaires de la France tels que les tirailleurs
sénégalais pendant la 1e guerre mondiale, ou les républicains espagnols fortement engagés dans la
Résistance.

Ce sujet n’est pas restreint géographiquement. On ne va pas s’intéresser aux solutions. On


ne va développer que la relation existant entre le racisme et l’immigration, notamment ne pas dire en
quoi le racisme, a pu, dans l’histoire, provoquer des mouvements de migration (juifs en Europe de
l’Est). On ne va s’intéresser qu’à la question de savoir en quoi l’immigration peut influer sur les
manifestations du racisme.

Le racisme est un système qui affirme la primauté d’une race sur les autres après avoir
postulé l’existence même de race. L’immigration sera définie comme tout flux de population lié à des
raisons politiques ou économiques.

Il nous semble que le lien qui a toujours existé entre l’immigration et le racisme est d’une
part paradoxal dans la mesure où l’on sait que quasiment toutes les populations se sont constituées
grâce aux migrations de population. On est généralement soi-même fils d’immigré. Ce lien entre
racisme et immigration est sans doute d’autant plus fort que le contexte économique et politique s’y
prête.

Le lien qui existe incontestablement entre immigration et racisme constitue un véritable


paradoxe, alors que sans les migrations, les nations seraient menacées à terme. On peut se demander si

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au delà du contexte économique, le discours politique n’est pas finalement le premier responsable du
renforcement de ce lien.
Le racisme, théorie pseudo scientifique, n’est pas un phénomène nouveau. Il est lié depuis toujours,
pas exclusivement, au phénomène migratoire.

Le racisme n’a jamais été limité à la question de l’immigration, l’exemple absolu est
l’esclavage.
L’immigration suscite la xénophobie, le rejet de l’étranger, ce qui relève plus souvent de
la pulsion que d’une idéologie constituée. L POLIAKOV, historien français, qui a écrit « l’histoire de
l’antisémitisme », distingue bien le racisme de la xénophobie. Le racisme est un système pensé,
réfléchi, qui affirme l’existence des races, et la primauté d’une race sur l’autre. C’est un concept né au
milieu du 19e s avec un certain nombre d’ouvrages. « l’essai sur l’inégalité des races humaines » qui a
été écrit par J.A. de GOBINEAU explique que la fin des civilisations est liée au concept de race. Pour
lui, la civilisation décline en raison de la « dégénérescence de leurs qualités héréditaires qui est causée
par le mélange des races ». H.S. CHAMBERLAIN, fils d’un amiral anglais, fasciné par l’Allemagne,
affirme la pureté du sang germanique, les distinctions des races dans un livre intitulé « la Genèse du
19e s ». G LE BON, VACHER DE LAPOUGE qui a écrit « l’aryen et son rôle social » est à l’origine
du développement de l’antisémitisme nazi. C’est au milieu du 19e s, que ce concept du racisme est né.
Une des explications est que le racisme a été, à un moment donné de l’histoire, une nécessité
économique qui est venue justifier notamment l’existence de l’esclavage. Cette institution de
l’esclavage, si l’on prend l’exemple de la France, a été aboli par un décret de la constitution de 1794
qui n’a jamais été appliqué. En réalité, il va falloir attendre 1848 pour que l’esclavage soit
officiellement aboli.
A l’inverse, le mouvement anti-raciste va chercher à donner des bases scientifiques
notamment à la notion d’égalitarisme pour prouver l’intérêt d’enrichir le patrimoine génétique par la
diversité. On va donc également rechercher des explications scientifiques. Les travaux de MENDEL,
qui était un botaniste autrichien et religieux du 19e s qui avait travaillé sur l’hybridation des végétaux,
ou encore de MORGAN, biologiste américain, prix Nobel en 1933 qui a montré l’importance des
chromosomes dans l’hérédité (précurseur de la génétique moderne).

Dans cette seconde partie, on va rappeler que cette évolution des phénomènes
d’immigration ont toujours été accompagnés d’un sentiment de rejet de l’autre.

L’immigration a toujours suscité des réactions de racisme


Théorisée ou non, l’étranger a été rejeté dans l’histoire, y compris dans les démocraties.
En s’appuyant sur ces théories scientifiques, et dans un contexte de crise économique, le racisme va
donc se développer dans des sociétés comptant pourtant relativement peu d’immigrés comme
l’Allemagne ou la France des années 1920. Certains mouvements politiques comme ceux de l’Action
Française de C MAURRAS va connaître son apogée à cette époque. C’est le mythe du complot qui va
se mettre en place. Mais même dans nos démocraties, les immigrants ont également été victime
d’ostracisme, même s’ils étaient d’origine européenne. Cette notion n’est pas toujours liée à la couleur
de la peau, ni à un statut particulier. Elle est plutôt liée au seul fait que l’on vient d’ailleurs. Ces
manifestations de violence xénophobe ont été très importants dans l’histoire. C’est ce qui va se passer
à Aigues-Mortes en 1893 lorsque des ouvriers français vont s’en prendre aux immigrants italiens et
faire 50 morts.
L’esclavage a été aboli en 1848. On a mis fin au code noir adopté en 1645 qui régissait
l’esclavage. Cette utilisation des noirs en tant qu’esclave est la conséquence directe de la controverse
de VALLADOLID. En 1550, va se tenir une sorte de débat qui va opposer LAS CASAS à
SEPULVEDO. L’objectif de cette controverse est de savoir si les indiens vont être reconnus comme
des êtres humains. Dans un codicille, va être autorisée l’idée que les noirs n’ont pas d’âme et que l’on
peut s’en servir comme une marchandise dans le cadre du commerce triangulaire.

Il nous semble que c’est la peut de la différence, de l’inconnu qui n’est pas
nécessairement liée à la couleur de la peau, qui s’est sans cesse manifestée dans l’histoire avec une

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faculté d’oubli quant à notre passé qui est réellement paradoxale. C’est un paradoxe parce qu’on le
sait, sans l’immigration, il ne saurait y avoir de nation moderne.

Au delà du contexte économique, il faut sans doute chercher dans l’enjeu politique, les raisons de ce
lien si marqué entre immigration et racisme

Il convient de rappeler que ce sont les immigrations qui ont construit les nations
Elles peuvent bien, demain, apporter un certain nombre de réponses aux problèmes de
que connaissent nos sociétés. De nombreuses raisons expliquent que notre pays a été , tout au long de
son histoire, une terre d’immigration. La France se situe géographiquement au carrefour de l’Europe.
C’est également une terre d’accueil politique et économique.
L’immigration la plus récente a une raison économique. Notamment, on a mis en place à
partir de la 2nd guerre mondiale, une politique volontariste d’appel à une main d’œuvre immigrée.
C’est une logique qui va se renverser en 1974 où l’on va stopper l’arrivée de travailleurs étrangers et
mettre en place des politiques d’aide au retour jusqu’à ce que l’on s’aperçoive de leur relatif échec.
Dans les années 1980, on va mettre en place une politique d’insertion plus ou moins affirmée des
populations immigrées. C’est un moment important. Pendant longtemps, l’immigré n’a été considéré
que comme un agent économique qui avait des pratiques culturelles discrètes. Le mouvement va
s’inverser. C’est avec l’installation durable et notamment l’arrivée des familles qu’un certain nombre
de crispations vont apparaître dans un contexte de crise économique et sociale (crise d’identité par
rapport au développement de l’Europe, contexte de mondialisation des échanges et des cultures).
Evidemment, l’immigration est un phénomène d’actualité, tant en raison de la
multiplication des échanges que de la pression économique. Les flux des populations sont sans doute
aujourd’hui plus importants qu’ils ne l’ont jamais été dans l’histoire.
Mais au delà de ces éléments, on peut également penser la question de l’immigration
comme solution pour le futur, tel que pour le financement des retraites lié au vieillissement de nos
sociétés.
On peut donc prétendre qu’une société qui n’évolue pas, qui se referme sur elle-même,
est sans doute condamnée à disparaître à terme. On estime que plus de 20 millions de français ont au
moins un ascendant étranger avant la 3e génération.

Il nous semble donc qu’en réalité l’immigration est d’autant plus liée au racisme que le
contexte économique, social, mais surtout politique s’y prête.
On doit contester cette idée que l’immigration ayant changé, ce serait cette plus grande
différence de culture qui expliquent la xénophobie, et les actes racistes de plus en plus nombreux. On
compte ainsi dans cette catégorie des « français d’origine maghrébine » de plus en plus de cadres sans
que leurs différences, notamment de religion, nuise à leur reconnaissance sociale. Notre pays est celui
qui compte le plus fort taux d’unions entre français d’origine différentes.
De même, il est sans doute excessif d’établir une relation absolue entre tout ce qui relève
des votes extrêmes et le racisme parce que l’on sait que le vote extrême traduit la plupart du temps un
mal être plus qu’un racisme théorisé. Par contre, incontestablement, la crise économique que nos
sociétés connaissant, et surtout le traitement de la question de l’immigration ont joué un rôle important
dans l’exacerbation de ces phénomènes de rejet. La crise économique a transformé l’image de
l’immigré qui a été imaginé comme un chômeur alors que le taux d’emploi des populations immigrés
se distingue de peu de celui des non immigrés. Cette concentration géographique, quasi suicidaire qui
a été imposée aux populations immigrées dans les zones de relégation, a contribué à accentuer les
difficultés d’intégration et la visibilité de la différence. Cela explique le repli sur soi des autochtones
comme celui des populations rejetées à la marge de notre société, ville, cité.
C’est sur le fondement de cette conjonction entre nouvelle immigration et dilution de la
notion d’Etat nation que s’expliquent finalement les succès des différents partis d’extrême droite en
Europe qui ont été largement aidés par nos gouvernements démocrates qui sur ces questions
d’immigration, oscillent entre une espèce d’angélisme benêt et une répression exclusive de toute
politique réelle d’insertion.
On peut prétendre que l’immigration est d’autant plus facteur de racisme que le discours
politique est virulent. C’est donc un enjeu politique très fort.

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Ouverture : aide au développement peut être considéré comme une des solutions possibles pour aider à
réguler les flux.
Droit du sol et droit du sang
Généralement, on oppose traditionnellement, la conception française « ouverte » de la
nation, fondée sur des valeurs universelles, à l’approche allemande qui est attachée à la filiation. Il y a
donc l’idée de droit du sol et de droit du sang.

Lorsque s’applique le droit du sol, est national celui qui naît sur le territoire. La
nationalité est choisir. C’est un processus culturel. C’est l’idée du vouloir vivre ensemble de RENAN.
En France, la nationalité conditionne la citoyenneté.

Dans un système qui privilégie le droit du sang, la nationalité procède de la filiation. Pour
HERBER, il faut qu’il y ait une même origine ethnique, religieuse. FICHTE va conférer à la nation
allemande une mission messianique.

Historiquement, en France, le droit du sol a été privilégié très tôt par un arrêt du
parlement de Paris de 1515. Il va être réaffirmé sous la révolution par la Constitution girondine de
1793 qui énonçait qu’il suffisait pour être citoyen, de résider en France pendant 1 an. Le code civil de
1804, par contre, met le droit du sang en avant.
A partir de la loi du 7 février 1851, on va imposer le double droit du sol, c’est à dire qu’est français
l’enfant né en France d’un parent étranger lui même né en France. Ce droit du sol va être affirmé par
plusieurs lois en 1889, ordonnance du 19 octobre 1945, ou la refonte du code de la nationalité en 1973.
Un projet de loi en 1986 tendait à privilégier la volonté par rapport à l’automaticité de l’obtention de la
nationalité à 18 ans. Cela a abouti à la mise en place de la commission MARCEAU LONG. Ce projet
a été abandonné. Pour autant, la loi du 22 juillet 1993 est venue apporter un changement symbolique,
mais capital, qui était qu’il fallait passer par une manifestation de volonté à l’âge de 18 ans (a 21 cciv).
Ce dispositif a été supprimé au profit de la loi du 16 mars 1998 qui prévoit que pour obtenir la
nationalité française, il faut vivre en France depuis au moins 5 ans, depuis l’âge de 11 ans.

En Allemagne, on note une évolution à l’initiative de l’ex chancelier SCHROEDER.


Depuis le 1e janvier 2000, la nationalité allemande est automatiquement accordée, dès la naissance aux
enfants de la 2e génération de l’immigration, s’ils justifient de 8 ans de résidence en Allemagne et à
condition que les parents soient en situation régulière. L’individu concerné doit choisir entre la
nationalité allemande et celle d’origine entre 18 et 23 ans.