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Travaux scientifiques de la mission Cottes au sud-Cameroun (1905- 1908) : Anthropologie, ethnographie, linguistique Source
Travaux scientifiques de la mission Cottes au sud-Cameroun (1905- 1908) : Anthropologie, ethnographie, linguistique Source

Travaux scientifiques de la mission Cottes au sud-Cameroun (1905- 1908) : Anthropologie, ethnographie, linguistique

Source gallica.bnf.fr / Médiathèque du Musée du quai Branly

Travaux scientifiques de la mission Cottes au sud-Cameroun (1905-1908) : Anthropologie, ethnographie, linguistique. 1911.
Travaux scientifiques de la mission Cottes au sud-Cameroun (1905-1908) : Anthropologie, ethnographie, linguistique. 1911.

Travaux scientifiques de la mission Cottes au sud-Cameroun (1905-1908) : Anthropologie, ethnographie, linguistique. 1911.

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EQMMAGE DE L'AUTEUR

TRAVAUX

t

SCIENTIFIQUES

y

;'\

DE

LA

MISSION

COTTES

SUD-CAMEROUN

AU

(1905-1908)

Anthropologie - Ethnographie Linguistique

»

LE

PAR

DR POUTRIN

Pl'i')':II':d<'llr' \rr':""P"Í"I""!A\!I>L',I!i,"Hi,'¡

il'cNalurelle.

d'après les observations et documents recueillis

PAR

Le Dr GRAVOT

MédecindelaMission.

PARIS

ERNEST LEROUX, ÉDITEUR

28,

RUE BONAPARTE, 28

1911

TRAVAUX

SCIENTIFIQUES

DE

MISSION

LA

COTTES

AU

SUD-CAMEROUN

(1905-1908)

1

Anthropologie.

Les renseignements

la science anthropologique possède

que

actuellement sur les populationsdu Gabon septentrional sont peu

nombreux et incomplets. Aussi bien cette région, d'un accès dif-

ficile, n'a été

jusqu'ici

par un petit nombre d'ex-

rapportés

par

la mission

intérêt tout

parcourue

que

plorateurs, et l'ensemble des résultats

Sud-Cameroun tire de cette double circonstance un

particulier. Leur publication

pour apporter une nouvelle contribution à l'étude si compliquée

et encore si incertaine des races noires de l'Afrique équatoriale.

nouveau, l'européen était jusqu'alors inconnu

ou haï, les indigènes, nettement hostiles, ont suscité au docteur

Gravot des difficultés sans nombre. La résistance qu'apportaient

les sujets à se laisser examiner alla même parfois jusqu'à déter- miner des manifestations malveillantes. A ces conditions aussi défavorables venait s'ajouter l'influence néfaste du climat; mal-

mener à bien la tâche qu'il avait entre-

utile et même nécessaire

a paru

Dans

ce pays

gré cela, le

voyageura

pu

savoir grand gré de l'importante contribu-

tion scientifique qu'il apporte à la connaissance des tribus de

prise, et on doit lui

l'ouest africain.

à expliquer à nouveau la suite des migra-

dans la région gabonaise les populations de

races évidemment différentes qui l'habitent aujourd'hui, car elle

tions qui ont amené

Je ne chercherai pas

a fait l'objet de travaux sérieux et amplementdéveloppésauxquels

se reporter le lecteur (1). J'étudierai simplement au point

pourra

de vue anthropologiqueles individus observés et mesurés par le

docteur Gravot, en les classant, comme il l'a fait lui-même, trois groupements, deux de race Bantou, et un de race Négrille.

en

f

( Fong.

)

Bantou.

Négrilles

I Pahouins

Fan

f!r°<ï?8°<Ba-Vili>'

ou

f D'Zem.

Sangha-Sangha.

Ba-Kongo.

F"tt

Ba-Binga.

Les observations anthropologiques qui

font l'objet de cette

à la vérité, très nombreuses, mais, étant donné

la rareté des documents réunis jusqu'à présent sur la question,

étude ne sont

pas,

elles leur constitueront un notable appoint, sans qu'elles puis- sent néanmoins fournir des conclusions définitives.

(1) Consulter à ce sujet: AVELOT, Recher-

des

ches

bassin de l'Ogooué et la région littorale adja-

l'histoire

migrations

dans

le

sur

cente. Bulletin de Géographie historique

criptive, n° 3, 1905.

et des-

peu-

Id., Ethnogénie des

plades habitant le bassin

de l'Ogooué. Bulle-

tin de la Société d'Anthropologie de Paris, 1906,

t. XVII,

132-137. Id., La rive nord de l'es-

pp. Gabon. Bulletin du comité de l'Afri-

tuaire du

que française. Renseignements coloniaux,1908,

pp.

houins et des Ba-Kalai.

205-208.

Id., Le

d'origine des

pp,

Pa-

pays

Bulletin de Géogra-

5-7.

phie historique et descriptive, nu 3,1908,

BENNETT, Ethnographical notes on

The Journal of

Great Britain and Ireland,

the

the Fang.

of

anthropological Institute

t. XXIX, 1899. BER-

Les races du Gabon. De Lastourville à

de la Société d'Anthropolo-

1895,

pp.

211-218 BOSIA,

de la Société el'An-

pp.

478-481.

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Samba. Bulletin

gie de Paris, t. XVI,

Nègres du Gabon. Bulletin

thropologie de Paris, t. IV. 1863,

BRUEL, Les

populationsde la

et

de

Revue d'ethnographie

moyenne Sangha.

sociologie,

1910. Id.

Les basses vallées de l'Oubangui et de la San-

gha. La Géographie, mai

Les indigènes de

phie deParis,

1890,

l'Afrique équatoriale,

1909,

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CHOLET,

p.

la Sangha. Société de Géogra-

460 463. DE COMPIÈGNE,

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La

Races

et

Pahouins et pygmées.

pp.

64-73. DENIKER.

Paris, Schleicher,

Géographie,juillet 1908,

peuples de la terre,

1900, pp.

1868,

522-526. DuCHAILLU,l'Afriquesauvage,

Ga-

pp. 260-267. DUVAL, Les Nègres du

bon.

Bulletin de

Paris, 1863,

sur

pp.

la

mission

la

Société d'Anthropologie de

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Rapport

Fourneau.

Revuecoloniale,

1900,

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Journal officiel de

septembre 1801,

1874, p.

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Sangha.

çaise,

14

la République fran-

p.

4506,

col.

LARGEAU, Ency-

471472.

LIOTARD,

1.

sur les populations du Gabon.

HEDDE, Notes

p.

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La Géographie,

clopédie pahouine,

Les races de l'Ogooué.

193.

1901, pp.

L'Anthropologie, 1895,

moyenne

LOYRE,Les

populations de la

Sangha. Questions

octobre 1909.

Sangha.

diplomatiques et coloniales,

Les

20

indigènes

avril

1907,

Gabon.

de

la

2Ô3-

pp.

Trente

MOLL,

L'Illustration,

260. PAYEUR-DIDELOT,Racesdu

mois au continent mystérieux,

TARD,

Fang

pp. Notes sur deux crânes Fang.

PONEL,

113-240. PIT-

Bulletin de

t. XIX,

la Société Neuchâleloise de géographie,

1908, pp.58-68.

letin de la

pp.

La Haute-Sangha.Bul.

de

Paris,

1896,

dix

crânes

Société de Géographie

SCHENK,

Note

sur

191-192.

du Congo français. Bulletin de la Société

1905,

pp. 296-

1897,

dem

III,

Neufchâtoise de Géographie, t. XVI,

303.

STEIN,

t. XXIX,

Zeitschrift

fur Ethnologie,

602-603. Ivo STRUYF. Aus

pp. Marchenchatz der Ba-Kongo. Anthropos, t.

1908,

sions

p.

741.

TRILLES, Chez les Fang. LesMis-

1898,

t. XXX,

93. Id. Mille

p.

XXXV, 1903.Id.,

et le folk-

catholiques,

lieuesdans l'inconnu, ibid., t.

Les

légendes

des Bena-Kanioka

lore bantou. Anthropos. Bd. V. Fasc. 1,1910

p.177.

CHAPITRE 1

1. GROUPE FAN.

Les individus examinés ont été pris au hasard, mais cependant

parmi ceux qui, adultes, étaient en bon état de santé; les malin-

gres ou malades ont été soigneusement éliminés.

1° Tribu Fong. Quatorze individus (douze hommes et deux

femmes) observés à la frontière du Gabon et du Cameroun, sur les bords du fleuve N'Tem, dans une région dont le centre serait au point de rencontre du 2e degré de lat. nord et du 10e degré

de long. est.

Tribu

Sangha-Sangha.

Onze

individus (10 hommes et

1 femme) observés au confluent de la Bumba et du N'Goko.

Tribu D'Zem. Sept sujets (U hommes et 3 femmes) observés

dans la

l'Ivindo. Tous ces indigènes se tière Gabon-Cameroun,

26 degré de latitude nord;

contrent, dans l'ordre

région traversée par le Djadié, affluent de gauche de

répartissent depart et d'autre de la fron-

à

près sur le même parallèle, le

peu

allant de l'ouest à l'est ils se ren-

Fong, D'Zem et Sangha-Sangha.

suivant:

en

Caractères extérieurs

Comme aspect extérieur, les Fan, à quelque tribu qu'ils

appar-

tiennent, sont indifférents, ni gras ni maigres, d'un embonpoint,

convenant à des individus menant une vie active.

Couleur de la peau. La couleur de la peau varie, chez les

Fong, du brun clair au brun noir. Les femmes de cette même

famille présentent une coloration relativement très claire (nos 29 à

A2 de l'échelle de Broca).

Les Sangha-Sangha restent dans la teinte chocolat foncé (n° h3).

Les D'Zem sont d'un brun noir (nos hi à 43).

Le tableau ci-dessous résume les observations faites, en indi-

quant, pour chaque couleur de observés.

la peau, le pourcentage des cas

Tableau de la couleur delapeau chez les Fan etles Fiotles.

(Échelle

chromatique de Broca.)

GROUPES

27-28

NOMBRE

de

sujets

( Fong

D'Zem»

1

Sangha-Sangha.»

Fan <

(

v- fLoango.»

IBa-Kongo »

28-29

28-43

29-42

NOMBRE

de

sujets

NOMBRE

de

sujets

NOMBRE

de

sujets

0/0

0/0

0/0

-

29

1

7

29

l

»

»

20

»

»

»

»

3

»

»

»

25

»

»

6

2

7

4

»

»

»

»

»

2

»

»

29-43

41-43

GROUPES

( Fong»

<

(

3

Sangha-Sangha.

Loango»

D'Zem

NOMBRE

de

sujets

Fan

FiotteBa-Kongo

pwt*

S

0/0

NOMBRE

de

sujets

» 6

27,2

»

» 7

» »

» »

0/0

43

»

43

»

»

43

NOMBRE

de

sujets

»

8

»

2

7

0/0

44

»

»

60

16,7

0/0

»

72,8

»

20

58,3

II

Couleur des yeux. - La couleur des yeux

mais elle

est

varie entre les nos 1

très foncée

et 2 de l'échelle de Broca,

(no1). Deux hommes

généralement

Fonget deux hommes Sangha-Sangha pré-

sentent seuls la coloration nos 2-3, mais il n'apparaît

relation quelconque puisse être établie entre le degré de pigmen- tation de la peau et cette particularité qui paraît toute acciden-

telle.

qu'une

pas

Système pileux. Couleur des cheveux. Chez les Fong, la cou-

leur des cheveux varie dans les

mêmes limites que celle de la

peau (nos 41 à 48 de l'échelle de Broca). Il en est de même chez

les D'Zem, tandis que

se rapportant au

comptent 5 individus

48; 3 dont la couleur des cheveux est inter-

les

Sangha-Sangha

Minvoul.

de

Fong

Ilomme

1.

PL.

Bimiégué.

de

Fong

Homme

II.

PL.

médiaire entre 45 et 48; 1 avec la nuance 41-48; 1 avec la nuance

43-45.

Nature des cheveux. Crépus, sans autre caractéristique chez

les

ont le même aspect chez les Sangha-

Sangha et chez les D'Zem, mais avec, en plus, une apparence

Fong, les

cheveux

franchement laineuse qui peut provenir des matières

mélangées de terre ou de

grasses

cendres dont ces peuplades imprè-

gnent assez communément leur chevelure; l'huile de palme est

très usitée pour

Coiffure.

cet usage.

des cheveux est variable chez les Fong;

La longueur

souvent très faible, elle atteint parfois une longueur de 30 centi- mètres qui permet à certains indigènes de construire de véri-

tables édifices aux formes tourmentées, comme on le verra plus loin dans la description de quelques coiffures d'hommes. Chez les femmes, les cheveux sont généralement courts; un seul homme a la tête rasée. Chez les Sangha-Sangha, les cheveux ont uniformément, sur

toute la surface de la tête, une longueur de 0 m. 10 à 0 m. 15, et sont assez longs pour pouvoir être tressés. Le nombre et l'agen- cement de ces tresses sont très variables.

contre, ne paraissent avoir aucune règle à cet

Les D'Zem,

par

égard; ils portent les cheveux tantôt longs (0m. 08 à 0m. 10),

tantôt très courts (0 m. 03), partiellement, mais ils sont

parfois même rasés complètement ou

presque

toujours sans coiffure.

Les coiffures les plus compliquées sont celles des hommes et

c'est chez les Fong

extraordinairement construites. Les photographies qui

gnent ces observations sont, à cet égard, de précieux documents.

On peut, en général, les rapporter aux types principaux sui- vants :

le docteur Gravot a rencontré les plus

accompa-

que

Le premier (Pl.

I) est présenté par un homme Fong, né

à

Ebolea (Cameroun), et observé à Minvoul. Le sujet porte un vé-

ritable casque qui, dépassant sensiblement la tête en avant et en

arrière, est formé de quatre crêtes antéro-postérieures, les deux

crêtes centrales étant les plus saillantes. Elles sont séparées sui-

vant la ligne médiane et les deux lignes latérales

une sorte

par

de fossé aux versants régulièrement inclinés. Les quatre arêtes supérieures sont tressées soigneusement et comme cousues; sur

une partie de leur longueur, elles sont ornées de perles de verre

de grosseur

rasés

assez

coiffure.

décroissante d'arrière en avant. Les cheveux sont

haut sur le front jusqu'au commencement de

la

Le second type (Pl. II) se trouve porté

un Fong du bassin

par

duN'Tem. De face, la coiffure affecte la forme d'un chapeau dont

le bord antérieur aurait été coupé et remplacé

série

de

une double

par

boutons d'os ou de porcelaine, de fabrication euro-

péenne. Sur les côtés et en arrière, les cheveux sont relevés de façon à former une crête tressée comme celles décrites plus haut, et ornée de perles; de cette arête partent deux plans inclinés renfermant entre eux un épais substratum de cheveux ou une pièce de bois léger. Sur le sommet de la tète, les cheveux forment un plateau incliné d'avant en arrière.

On retrouve la double rangée de boutons sur les côtés et en

arrière; elle prolonge celle du front. Au-dessous d'elle, sur

les

côtés et sur le front pendent une série de petits cylindres de verre longs de h centimètres environ. Un troisième individu (Pl. III), de même origine, se rapproche,

au point de vue de la coiffure, du premier type, mais les ondula- tions des cheveux apparaissent plus étroites et plus pointues

donnant l'aspect d'un véritable « bonnet de Folie». Des perles ornent les parties latérales et postérieures de ce bonnet qui des- cend jusqu'au niveau des oreilles. De celles-ci part un double

cordon de perles

qui, traversant la sous-cloison du nez, vient

se rattacher à l'autre oreille. Le front du sujet est ceint d'une bandelette en fibres tressées.

Ces deux derniers ornements sont assez répandus chez les

Fong et les photographies des planches VI et VII

les femmes comme les hommes s'en parent volontiers.

montrent que

Chez ces dernières, la coiffure, généralement simplifiée,

rap-

pelle celle des hommes, mais les cheveux, parfois plus longs, sont

alors divisés en un grand nombre de cordons tressés qui descen- dent, en recouvrant les épaules, jusqu'au niveau des seins

(Pl. VII, n"2).

Moins longs, mais disposés de la même manière, se présentent

les cheveux de certains hommes Fong de la vallée

du N'Tem

(Pl. VI, n° 2); quelquefois les tresses, trop longues, sont repliées

sur elles-mêmes. Dans tous

les cas, elles sont recouvertes de

perles. Cette disposition des cheveux n'est adoptée que pour les

côtés de la tête: sur le front, les tresses sont toujours redou- blées une ou plusieurs fois, de manière à le découvrir et à se

raccorder avec le reste de la coiffure qui est abondamment déco-

types

rée de boutons ou de cauries. La coiffure ressemble

déjà décrits:

mais de

peu

aux

milieu, s'élève un cimier de forme rectangulaire,

au

de hauteur; cette crête médiane est généralement

elle

s'accompagne, de

chaque

côté,

de

deux

unique; parfois

autres crêtes de dimensions plus réduites.

Lorsque, chez les indigènes moins fortunés ou de caste infé- rieure, les cheveux sont portés courts et par conséquent non tra-

vaillés, la coiffure

présente que

de très rares ornements,

ne

comme une simple bandelette de

fibres ou de petites tresses de

quelques centimètres seulement (Pl. V, n° 1). Les Sangha-Sangha (Pl. XI) déploient beaucoup moins d'imagi- nation que les Fong dans leur manière de se coiffer. La surface de la tête est comme divisée en plusieurs compartiments dont le nombre et l'étendue sont variables avec les individus; les uns

portent les cheveux tressés en petites nattes de 5 à 6 centimètres de longueur et recouvrant transversalementle crâne d'un pariétal

presque ment, il existe des tresses sur la partie médiane du crâne. Sur

les parties non librement et sont laissent flotter, un

à l'autre, les autres sont

complètement rasés. Très rare-

recouvertes

peu

de tresses, les cheveux

tempes,

poussent

laissés à la même longueur. Tous les adultes

en arrière des

des mèches de

cheveux tressés, de

forme, de longueur et de volume variables.

Mêmes observations générales

les D'Zem (Pl. VIII, n03,

pour

Pl. IX). Comme particularités, je signalerai une femme du Haut- Ivindo qui porte le casque décrit chez les Fong, et deux autres, de Long (Cameroun), dont la chevelure, rasée circulairement sur tout le pourtour de la tête, forme une véritable calotte (Pl. X).

Système pileux. C'est à titre exceptionnel

l'on rencontre

que

desPahouins qui n'aient

ler au sujet de la barbe. Chez les Sangha-Sangha,d'après le docteur Gravot, la coutume veut que le chef de village seul porte la barbe et la moustache.

Encore les joues sont-elles épilées, et la barbe n'existe

que la région mentonnière, où ses poils sont réunis en tresses de 10 à 12 centimètres de longueur. La moustache est courte et n'appa-

pas épilé leur visage; aussi rien à signa-

dans

raît que comme un simple duvet. Les aisselles' et le pubis sont épilés.

Mutilations. -Mulilalions des denls.-Chez les Fong, les inci- sives supérieures et quelquefois les canines sont taillées en pointe.

FIG.I.

FIG.2.

La taille est régulière, depuis le collet jusqu'au bord libre de la

dent (Pl.

V, n° 2. Pl.

VI, n° 2.

Fig. 1).

Chez les Sangha-Sangha, incisives et canines sont toujours tail- lées (fig. 2). Parfois même les incisives supérieures, les inci- sives et quelquefois les canines inférieures sont arrachées (fig. 3.

FIG.3.

FIG.4.

FIG.5,

Pl. XI). Cette coutume peut s'expliquer

M'Baka et des Bondjio, chez qui elle est très

le voisinage des

par

en honneur.

dents; tantôt

Les D'Zem pratiquent aussi la taille en pointe des

FIG.6.

FIG.7.

FIG.8.

la mutilation siège sur toute la partie libre de l'organe, tantôt

elle n'intéresse que son bord inférieur (fig. h, 5, 6, 7). Le plus

souvent, ainsi qu'on peut le remarquer (Pl. X), la taille porte également sur les

sur les photographies incisives et les canines

supérieures et inférieures. Je signalerai un cas isolé de muti-

lation des dents observé chez les D'Zem (fig. 8) : les incisives et

les canines supérieures, après avoir été sectionnées horizontale- ment à mi-hauteur, ont été creusées d'un sillon profond, intéres- sant leur face inférieure dans le sens de la largeur de la dent.

Mutilations du nez et des oreilles. La sous-cloison du nez est

fréquemment perforée chez les Fong

livrer passage au cor-

pour

don de perles déjà signalé (Pl. 111, VI,

VII), qui, simple, double

ou triple, va d'une oreille à l'autre. Chez d'autres individus, cette

un bâtonnet d'os ou d'ivoire travaillé,

perforation est occupée

qui mesure de 8 à 10 centimètres de longueur et est maintenu

dans la position horizontale (Pl. IV, VII, n° 1). La perforation des lobules des oreilles se

reçoit des ornements divers, de grandeur variable; les plus fré-

quemment observés sont des boutons de cuivre ou d'os et des

bâtonnets

par

rencontre aussi: elle

d'ivoire ou de bois.

Pahouins, les tatouages

varient peu. Je signalerai cependant, d'après le docteur Gravot, un

véritable tatouage de race qui existe chez les Fan et est constitué

des raies cicatricielles verticales, au nombre de 3 à 6, le long nuque, où elles sont plus ou moins rapprochées. La face

tatouages multiples, variant suivant les sujets, et à la

disposition desquels il est difficile de fixer une loi. Des hachures

en relief plus ou moins accentué, vont, sur une ligne double ou

Tatouages. Dans les trois

groupes

par

dela

présente des

triple, de la

de la lèvre

inférieure au menton et de la commissure labiale aux tempes. Sur la poitrine, le ventre, le dos, les tatouages affectent la forme

de figures géométriques plus ou moins compliquées, cercles ou

demi-cercles, losanges ou rectangles, etc. Il est rare de voir, chez

racine des cheveux à la pointe du

nez,

les

hommes, les tatouages dépasser l'ombilic comme limite infé-

rieure.

Chez les femmes,

contraire, le bas-ventre et la partie supé-

au

rieure des cuisses, indépendamment dela poitrine et du dos, por- tent des tatouages très saillants qui affectent souvent la forme de cercles dont l'ombilic serait le centre. Les tatouages de la face sont fort analogues à ceux des hommes avec cette différence ce- pendant qu'ils sont le plus souvent colorés en bleu. On rencontre fréquemment, chez les femmes du groupe Sangha-Sangha un

tatouage très particulier, consistant en quatre perles de chair situées symétriquement au devant du tragus (Pl. XI).

II. GROUPE FIOTTE.

Le second groupement étudié

le docteur Gravot, celui des

par

Fiottes, appartient aussi à la grande famille Bantou; les tribus

observées dans ce groupe sont les Loango ou Ba-Vili, et les Ba-

Kongo.

Les premiers sont représentés

dix individus du sexe mas-

par

culin, étudiés à Libreville et à Brazzaville, où ils sont venus de

la côte du Loango avec les caravanes et où ils sont restés. Les

seconds comprennent douze hommes observés, eux aussi, à Braz-

zaville, venus du Mayumbe et du Bas-Congo dans les mêmes

conditions.

Caractères extérieurs.

Couleur de la peau. Elle varie,

même chez les

les Loango, du brun

pour

au brun noir (nos 28 à 43 de l'échelle de Broca). Il en est

Ba-Kongo. La répartition des teintes a été

moyen

de

indiquée en même tem ps que celle

Couleur des yeux. Les Loango ont les yeux bruns ou brun

foncé, variant entre les numéros 1 et 2 de l'échelle chromatique

de Broca. Pour les Ba-Kongo, les observations relèvent sept sujets

dont la couleur de l'iris varie

couleur 1, et trois, la couleur 2.

Système pileux. Loango. La couleur des cheveux varie dans

des limites assez étendues (nos 34 à 48), mais elle est plus fré- quemment brun noir, et correspond à peu près exactement au degré de coloration de la

des Fan.

entre 1 et 2, tandis que deux ont la

peau. Ba-Kongo, Aucune relation analogue ne parait exister ici:

8 sujets sur 12 ont en effet les cheveux variant de couleur entre

alors que les limites de la teinte de la peau

sont les numéros 28 et 41.

les numéros lil et h8,

Comme nature et comme aspect, chez les uns et chez les autres, les cheveux crépus et laineux sont la règle, avec une exception

toutefois pour

Ba-Kongo, dont

la

chevelure est très

un

peu

crépue, et

remarque chez les individus de même race.

sensiblement plus fine et plus souple qu'on ne le

Coiffure. La coiffure est

forcément des plus simples, car les

par des variantes à l'infini dans la

C'est seu-

tous les Loango et la plus

cheveux sont portés très courts

se raser

grande partie des Ba-Kongo, avec

manière de

les différentes parties de la tête.

que

lement chez les Ba-Kongo

l'on trouve une coiffure originale,

caractérisée par les cheveux tressés sur les