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CHAMPS ÉLECTROMAGNÉTIQUES

CHAMPS ÉLECTROMAGNÉTIQUES ED 4218 juillet 2014 Contrôle par magnétoscopie Démagnétiseurs Principe de

ED 4218

juillet 2014

CHAMPS ÉLECTROMAGNÉTIQUES ED 4218 juillet 2014 Contrôle par magnétoscopie Démagnétiseurs Principe de
CHAMPS ÉLECTROMAGNÉTIQUES ED 4218 juillet 2014 Contrôle par magnétoscopie Démagnétiseurs Principe de

Contrôle par magnétoscopie Démagnétiseurs

Principe de fonctionnement et applications

Magnétoscopie

Le contrôle par magnétoscopie est un procédé de contrôle non destructif pour la détection des défauts en surface (défauts dits « débouchants ») ou sous-jacents (jusqu’à quelques millimè- tres de la surface) dans les matériaux ferro- magnétiques. Il consiste à aimanter la pièce à contrôler à l’aide d’un champ magnétique

intense. En présence d’un défaut, les lignes de champ subissent une distorsion qui génère un « champ de fuite ». La visualisation de ce dernier est obtenue grâce à un liquide révé- lateur ferromagnétique appliqué sur la sur- face à examiner, soit pendant l’aimantation, soit après celle-ci. Le révélateur coloré et/ou fluorescent est attiré au droit du défaut par les forces magnétiques. Il forme des indica- tions observables soit en lumière blanche (lu- mière du jour ou lumière artificielle), soit sous rayonnement ultraviolet (UVA). Les défauts sont d’autant mieux détec- tés qu’ils se situent perpendiculairement

au champ magnétique. C’est pourquoi, le contrôle est réalisé généralement en effec- tuant deux aimantations orthogonales l’une par rapport à l’autre. Il existe deux modes de magnétisation de la pièce à contrôler ( voir figures 1 et 2 page suivante) :

magnétisation transversale : elle met en évidence les discontinuités longitudinales (jusqu’à ± 45° par rapport à l’axe transver- sal). Elle est obtenue soit par passage direct du courant dans la pièce, soit par passage du courant dans un conducteur auxiliaire (barre en cuivre généralement) dans le cas des pièces creuses ;

© INRS
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Figure 1. Magnétisation transversale avec un inducteur portatif

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Figure 2. Inducteur sur banc de magnétoscopie

magnétisation longitudinale : elle met en évidence les discontinuités transversales (jusqu’à ± 45° par rapport à l’axe longitu- dinal). Elle est obtenue soit par un électro- aimant, soit par une bobine.

Les inducteurs utilisés peuvent être de diffé- rents types : portatifs ou sur bancs, avec ou sans contact avec la pièce. On estime le parc français à environ 10 000 inducteurs portatifs et 1 000 sur bancs.

Remarque : Des bancs de contrôle par magné- toscopie utilisent la technologie des champs tournants. Ces bancs génèrent dans la pièce simultanément et de manière déphasée un champ longitudinal et un champ transversal, permettant d’obtenir un vecteur d’aimanta- tion résultant tournant.

La puissance électrique des générateurs uti- lisés varie de quelques kilowatts à plusieurs centaines de kilowatts. Le courant produit par le générateur est soit :

un courant alternatif non redressé, géné- ralement employé pour la détection des dé- fauts débouchants ;

© INRS
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Figure 3. Démagnétisation des pièces tenues à la main

un courant continu ou courant redressé (1 ou 2 alternances), pour la détection des défauts sous-jacents. Plus la composante continue du courant redressé est importante, plus la détection des défauts profonds sera possible. L’intensité du courant peut varier de quelques ampères à plus de 10 000 A. La fréquence de la composante alternative est généralement de 50 Hz, avec des harmoniques à 150 Hz et 250 Hz de moindre intensité. Compte tenu de la tension électrique très basse utilisée pour ce type d’application, le risque électrique est négligeable au poste de travail.

La magnétoscopie est un procédé largement utilisé dans les secteurs tels que la construc- tion mécanique, la forge, la chaudronnerie, etc. Elle permet de contrôler des pièces de géométrie simple ou complexe. L’opération,

relativement rapide, s’effectue aussi bien sur des pièces de petite taille (vis de dix mil- limètres de longueur) que sur des pièces de grandes dimensions (vilebrequins de locomo- tives, trains d’atterrissage d’avions…).

Magnétisation – fabrication d’aimants permanents :

Dans le cas de la fabrication d’ai- mants permanents, la magnétisation est réalisée par une décharge capa- citive dans un solénoïde dans lequel on place la pièce à magnétiser (acier doux).

Démagnétiseurs

Il peut être nécessaire de démagnétiser des pièces métalliques en fin de fabrication, suite à des opérations d’usinage, de soudage ou

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Figure 4. Démagnétisation des pièces sur convoyeur

2 Champs électromagnétiques ED 4218

suite au contrôle par magnétoscopie pour les rendre magnétiquement neutres. La démagnétisation des pièces est effectuée à l’aide d’un démagnétiseur. Le modèle in- dustriel le plus courant est constitué d’une bobine d’induction magnétique (voir figures 3 et 4) alimentée par un courant à 50 Hz. La démagnétisation est obtenue par passage de la pièce à l’intérieur de la bobine ou inverse- ment. On estime le parc français de déma- gnétiseurs industriels à environ 10 000.

Valeurs déclenchant l’action

La directive européenne 2013/35/UE du 26 juin 2013 concernant l’exposition des travail- leurs aux champs électromagnétiques défi- nit des valeurs mesurables de l’intensité du champ électromagnétique appelées valeurs déclenchant l’action (VA). En cas de dépasse- ment, il convient de mettre en œuvre un plan de prévention de façon à réduire l’exposition en dessous des VA.

La majorité des équipements fonctionnent à 50 Hz. À cette fréquence, les valeurs déclen- chant l’action concernant l’exposition à l’in- duction magnétique sont :

VA basse pour l’ensemble du corps :

1 000 µT (1 mT) ; VA pour une exposition des membres à un champ magnétique localisé : 18 000 µT (18 mT).

Pour les équipements fonctionnant en cou- rant continu, les valeurs limites concernant l’exposition au champ magnétique statique sont :

en condition de travail normal : 2 T ; pour une exposition localisée des membres :

8 T.

Dans le cas des porteurs de dispositifs médi- caux implantés actifs, la valeur déclenchant l’action est fixée à 0,5 mT pour le champ ma- gnétique statique.

Risques

Exposition aux champs électroma- gnétiques

Les effets consécutifs à une exposition au champ magnétique de basses fréquences sont décrits dans la fiche pratique ED 4203. Il s’agit essentiellement d’effets sensoriels tels que phosphènes rétiniens ou modifications mineures passagères de certaines fonctions cérébrales. À des niveaux de champ plus élevés, l’effet de stimulation du système ner- veux central est un risque pour la santé.

Champ magnétique Rayonnements non ionisants Entrée interdite aux porteurs d’implants actifs

Champ magnétique

Champ magnétique Rayonnements non ionisants Entrée interdite aux porteurs d’implants actifs

Rayonnements non ionisants

Champ magnétique Rayonnements non ionisants Entrée interdite aux porteurs d’implants actifs

Entrée interdite aux porteurs d’implants actifs

Figure 5. Signalisation à mettre en place à proximité des installations émettant des champs électromagnétiques importants

Une étude réalisée par l’INRS sur une soixan- taine de postes de travail à proximité de dé- magnétiseurs et d’installations de magné- toscopie a montré que la valeur du champ magnétique au poste de travail dépasse la VA pour 8 % des applications de contrôle par ma- gnétoscopie et 30 % des applications utilisant des démagnétiseurs industriels.

Compatibilité électromagnétique avec les implants

Il existe un risque de compatibilité électro- magnétique avec les implants actifs, en par- ticulier les stimulateurs cardiaques et les défibrillateurs chez les sujets appareillés. Ce risque peut se traduire par des perturbations et des dysfonctionnements (voir la fiche INRS ED 4206, Les stimulateurs cardiaques). Il peut être aisément prévenu par éloignement de la source de rayonnement.

Autres risques

Il existe également d’autres risques spé- cifiques tels que le risque chimique lié à l’usage des révélateurs et/ou l’exposition aux rayonnements ultraviolets. Ces risques ne sont pas traités dans cette fiche.

Moyens de prévention

La directive prévoit une évaluation de l’expo- sition au poste de travail. Celle-ci peut être effectuée par des mesurages dont les résul- tats sont comparés aux valeurs déclenchant l’action données ci-contre.

place pour diminuer les intensités de champ électromagnétique au poste de travail.

Réduction à la source

Ce type de solution doit être privilégié quand cela est possible :

dans le cas d’un processus répétitif, une

automatisation du poste de travail pourra par

exemple être étudiée et mise en place ;

lors de nouvelles acquisitions, le choix

d’équipements à commande déportée sera privilégié.

Éloignement du poste de travail

Des aménagements permettant d’éloigner l’opé- rateur ou sa main par un moyen technique approprié seront étudiés et mis en place. Ceux-ci peuvent consister à :

rallonger la canne d’aspersion du liquide

révélateur ;

confectionner une poignée rallonge main-

tenant la sonde de mesure du champ magné-

tique tangentiel ;

automatiser le passage des pièces à l’inté-

rieur de la bobine de démagnétisation (tapis

roulant).

Signalisation

Les zones où des personnes sont susceptibles d’être exposées à des niveaux de champs électromagnétiques élevés seront matériali- sées par un marquage au sol ou signalées par un affichage de pictogrammes.

Si ces valeurs sont dépassées, une recherche de solutions techniques et organisationnelles efficaces devra être menée. Dans tous les cas, on cherchera, compte tenu de l’état des techniques, à réduire l’exposition au niveau le plus bas possible.

En fonction du type d’équipement et d’or- ganisation du travail, plusieurs solutions de prévention existent et pourront être mises en

 

Pour en savoir plus

Directive européenne 2013/35/UE du Parlement européen et du Conseil

du 26 juin 2013 concernant les prescriptions minimales de sécurité et de sante relatives à l’exposition des travailleurs aux risques physiques

(champs électromagnétiques).

Guide pour l’établissement de limites d’exposition aux champs électriques,

magnétiques et électromagnétiques. Champs alternatifs (de fréquence variable dans le temps, jusqu’à 300 GHz), INRS, ND 2143.

Site www.inrs.fr, en particulier le dossier « Champs électromagnétiques » :

www.inrs.fr/dossiers/Rni.html.

Fiches de la collection « Champs électromagnétiques », INRS, ED 4200

et suivantes.

Intégrer le risque « rayonnements électromagnétiques » dans le document

unique d’évaluation des risques professionnels, ND 2350, 2011.

d’évaluation des risques professionnels , ND 2350, 2011. Référents : Groupe RNI Carsat-Cram/INRS Ch. Bisseriex,

Référents : Groupe RNI Carsat-Cram/INRS Ch. Bisseriex, Carsat Auvergne P. Laurent, Carsat Centre-Ouest C. Bonnet, J. Fortuné, Carsat Centre E. Marteau, Cram Île-de-France G. Le Berre, Carsat Bretagne S. Tirlemont, Carsat Nord-Picardie H. Castro, Carsat Midi-Pyrénées A. Becker, Ph. Demaret, M. Donati, INRS Lorraine P. Moureaux, INRS Paris

Contacts : Ph. Demaret, INRS : 03 83 50 85 32 P. Moureaux, INRS : 01 40 44 31 09 Services Prévention des Carsat, Cramif et CGSS

Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles 65, boulevard Richard-Lenoir 75011 Paris Tél. 01 40 44 30 00 www.inrs.fr info@inrs.fr

Champs électromagnétiques ED 4218

1 re édition • juillet 2014 • 2 000 ex. • Mise en pages : Atelier F. Causse