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Revue du monde musulman et de

la Méditerranée

L'écriture des papyrus arabes aux premiers siècles de l'Islam


Yusuf Ragib

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Ragib Yusuf. L'écriture des papyrus arabes aux premiers siècles de l'Islam. In: Revue du monde musulman et de la
Méditerranée, n°58, 1990. Les premières écritures islamiques. pp. 14-29 ;

doi : 10.3406/remmm.1990.2370

http://www.persee.fr/doc/remmm_0997-1327_1990_num_58_1_2370

Document généré le 07/06/2016


YûsufRÀGIB

L'ÉCRITURE DES PAPYRUS ARABES


AUX PREMIERS SIÈCLES DE L'ISLAM

Infiniment plus que les inscriptions gravées dans la pierre qui souvent
prolongent des graphies attardées, sinon abandonnées, lorsqu'elles ne revêtent pas des
formes ornementales que les scribes ne pratiquèrent jamais, la moisson des
papyrus récoltés en terre d'Islam permet de suivre dans ses grandes lignes l'évolution
de l'écriture arabe, en particulier dans les deux premiers siècles, dont il ne
subsiste guère d'autres manuscrits. Mais cette histoire demeure centrée sur l'Egypte,
car celle du restant du monde musulman baigne encore dans l'ombre, en raison
de la pénurie du matériel, notamment pour de fameux centres où la calligraphie
prit un brillant essor.
Les «papyrus» du premier siècle et du second jusqu'à la chute des Omeyyades
(132/750) (qu'ils soient effectivement des papyrus, des parchemins ou des peaux)
montrent l'écriture anguleuse pratiquée par les Arabes à l'avènement de l'Islam
(comme l'attestent les inscriptions et les graffiti de l'époque). Cette écriture qui
a connu des variations successives dans quatre villes dont elles ont gardé le nom
(la Mekke, Médine, Basra et Kùfa) mais qui est improprement appelée de nos jours
«coufique»1, se distingue par la rigidité de sa ligne de base et son allure
géométrique : tantôt droite et tantôt penchée, ses formes sont, à l'origine, gauches,
lourdes, voire enfantines. Mais elles atteignent dès la fin du premier siècle une
élégance suprême sous le fin calame de calligraphes éprouvés, comme les secrétaires
de la chancellerie d'Egypte (en majorité des esclaves), dont les signatures
subsistent au bas de maintes lettres de Qurra b. Sarïk (pi. I). Cette écriture anguleuse
se fige, après la révolution abbasside, dans l'administration (pi. III et IV) et la
reproduction du Livre sacré, alors qu'une écriture rapide s'épanouit et s'arrondit lente-

RE.M.M.M. 58, 1990/4


L'écriture des papyrus arabes I 15

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autorisée
Lettres omeyyades à la diffusion
II (Louvre)
Illustration non autorisée à la diffusion

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Lettre de Qurra b. Sarïk (91/710?) i
(Institut de Papyrologie, Sorbonne)
16 / Y. Ràgib

ment pour mieux s'adapter à l'usage journalier. Cette cursive aux formes
coulantes finira par l'évincer au courant du me/ixe siècle pour devenir progressivement
l'écriture commune (pi. V). Cependant, l'écriture rigide ne disparut pas des matières
souples : elle devint une graphie factice prisée des calligraphes, notamment pour
les copies du Coran et les contrats de mariage des grands (pi. VI), comme elle
continua de vivre, contournée et souvent tourmentée, des siècles durant, dans les
inscriptions.
Pour différencier les valeurs phonétiques rendues par des signes polyvalents,
des points diacritiques inspirés du syriaque2 avaient été introduits avant l'Islam.
Mais leur emploi fut dès l'origine sporadique : s'ils figurent sur quelques lettres
dans les plus anciens témoignages datés (deux papyrus rédigés en 22/643) 3, ils
font, en revanche, défaut dans quatre actes dressés de 40/660 à 44/664-665 4. Les
particuliers aussi bien que les scribes en négligeaient tant l'usage qu'ils tendaient
à les oublier sur les consonnes dont la forme prête à confusion, mais
singulièrement pouvaient les marquer sur des lettres aisément identifiables. Même des mots
essentiels à la compréhension de la correspondance officielle et susceptibles
d'interprétations divergentes en étaient couramment dépourvus, bien qu'une méprise
pouvait s'avérer néfaste, voire tragique. Ainsi une lettre du calife Hi§âm b.'Abd al-
Malik ordonnait seulement au gouverneur de Médine de dénombrer les chanteurs-
danseurs que l'on désignait alors sous le nom de muhannat, mais celui-ci les émas-
cula à la suite d'une bévue commise par le secrétaire chargé de lire la
correspondance : il avait compris ihsî (châtrer) au lieu de ahsi (recenser)5. De même, les
noms homographes ne portaient pas les points diacritiques destinés à les
distinguer : ainsi une requête adressée par le poète al-Farazdaq au gouverneur du Sind
le priait de renvoyer à Basra un homme appelé Hunays qu'il avait par la force
enrôlé. Mais le tyran vacillant entre deux noms (Hunays ou HubayS) ne put
identifier le soldat en question et dut, pour satisfaire la demande, démobiliser six
hommes au lieu d'un6.
Sous les Abbassides, les points diacritiques continuèrent d'être rejetés par la
majorité au point d'être tenus pour vice Çayb) : le calife al-Ma'mûn pressait les
secrétaires d'éviter ces «grains de nigelle» (sûriiz) qui déparent l'écriture7; et les
scribes tendaient à les bannir de toute correspondance adressée par un subalterne à
son supérieur ou simplement destinée à l'élite, sauf pour les termes ambigus8, afin
d'épargner au destinataire la moindre offense s'il venait à soupçonner que
l'expéditeur le prenait pour un illettré9. Par contre, le chef devait les indiquer avec
précision afin de prévenir toute équivoque dans les instructions qu'il donnait à ses
inférieurs10, mais les secrétaires négligeaient souvent de les marquer dans la
correspondance dont la rédaction leur était confiée, malgré les bévues engendrées par
leur absence dans certains mots11. Cependant, quelques lettrés, prenant le contre-
pied de ce courant hostile, tenaient en faveur les points diacritiques, les jugeant
utiles pour les confusions qu'ils évitent12, plaisants par l'agrément dont ils parent
les manuscrits qui s'apparentent alors aux manteaux bordés fort prisés13 et
soutenaient que leur absence ravale l'écriture arabe au rang de nabatéenne14. Mais
bien que leur emploi fût généralement recommandé, par nécessité, dans certaines
disciplines, telles que grammaire, langue, poésie et traditions rares (garlb)15, la
pratique tendait à les ignorer : nombre de papyrus littéraires en sont partiellement,
sinon totalement dépourvus. Ce n'est qu'à partir du ive/xe siècle qu'ils se répan-
L'écriture des papyrus arabes I 17

Illustration non autorisée à la diffusion

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pi. ni
Lettre du gouverneur d'Egypte, 'Abd al-Malik b. Yazïd
(133/751-139/757) (Louvre)
18 / Y. Ragib

dent dans l'écriture livresque, alors que scribes, notaires et même particuliers
continueront de les bouder.
Les signes diacritiques affectent, d'ordinaire, la forme de points, rarement celle
de barres fines, brèves et légèrement obliques. Leur position a considérablement
varié de siècle en siècle, de région en région et même de scribe en scribe. Des
solutions multiples et simultanées furent adoptées pour différencier les consonnes
homographes, en particulier Iesy5'-s et les qàf-s initiaux et médiaux : l'un porta,
trois siècles durant, un point au-dessous (rarement l'inverse) et l'autre un point
au-dessus, parfois deux, exceptionnellement trois points en même temps, deux au-
dessus et l'un au-dessous ou encore deux points souscrits. La situation des signes
semble, du reste, indifférente, comme le révèle une lettre appartenant à la Bei-
necke Library de l'université de Yale : dans un même mot (al-fakiha) répété à la
même ligne par une même main, le point du fâ' figure la première fois sur la
consonne, mais à la seconde en dessous. De même, le souci d'éviter toute confusion
entre les consonnes de forme identique (dâl et dàl, rà' et zày, sin et sïn, 'ayn et
gaytiy ta' et zà*) avait conduit à distinguer la première série de points souscrits
dans certaines disciplines, telles que grammaire, poésie et traditions rares (garib)16,
comme parfois dans les copies du Coran. Mais la pratique a gagné par moments
l'usage journalier : ainsi dans un compte conservé à Yale, un point est placé sous
le rà' (afin de le différencier du zày) dans la formule al-ràhmàn al-rahïm, mais
également sous les deux mïm-s. Cette distinction paraît pourtant superflue, d'une
part, parce que la basmala, même hâtivement et maladroitement tracée se
reconnaît aisément, et de l'autre, parce que le mim ne saurait être confondu avec aucune
lettre de l'alphabet. Quant à la disposition des points doubles et triples, elle
présente des variations multiples dès le premier siècle : les uns sont tantôt superposés
verticalement ou légèrement de biais et tantôt rangés côté à côte (pour fusionner
plus tard sous forme de traits). Ces différents arrangements semblent parfois
dictés par l'espace libéré entre les lignes par les lettres, car on les rencontre
indifféremment sous le calame du même secrétaire dans le même papyrus (pi. I). Les
autres surmontent tantôt en pyramide le ta' et le sïn et tantôt horizontalement le
sin de manière à marquer chaque dent. Mais ces positions et dispositions des points
diacritiques disparurent à des dates variables suivant les pays et une règle
uniforme s'établit au courant du ive/xe siècle. Cependant, quelques formes se
maintinrent plus longtemps, dont deux survivent encore : le point surmontant le qàf
qui le distingue du fa' pourvu d'un point souscrit17. Cette ponctuation est
appelée à tort maghrébine, car elle fut orientale à l'origine. Il conviendrait plutôt de
la désigner sous l'épithète d'« archaïque».
Indépendamment de ces points couramment désignés sous les noms de tagmi
i'gâm ou naqt, d'autres connus sous différentes appellations : sakly iskàl, taskïl ou
harakàt furent réservés aux manuscrits coraniques pour marquer les voyelles
brèves et certains signes complémentaires. La tradition est divisée sur le mérite de
l'invention qui reviendrait à différents personnages originaires de Basra. Les uns
l'attribuent au poète Abu 1-Aswad al-Du'alï (m. en 69/688), qui passe également
pour le créateur de la grammaire arabe. En écoutant le calife Âlï réciter le texte
sacré, il nota sur un exemplaire la vocalisation brève dans une teinte différente
de l'encre utilisée pour le corps des lettres : le damma par un point à côté de la
consonne, \tfatha par un point au-dessus, le kasra par un point au-dessous, enfin
le tanwïn par deux points18. Les autres prétendent que les signes furent élaborés
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L'écriture des papyrus arabes I 19

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Illustration non autorisée à la diffusion


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Fragment du papyrus le plus long (2,64 m) : lettre du gouverneur d'Egypte,
Mùsà b. Ka'b (141/758) Musée de l'Art Islamique, Le Caire)
20 / Y. Ragib

par Nasr b.'Âsim (m. en 89/707) sous l'impulsion d'al-Haggâg b. Yûsuf afin de
protéger le Coran des erreurs que les étrangers tendaient à commettre19. Enfin
les derniers en font remonter l'origine à Yahyâ b. Ya'mar (m. en 11 0/728) 20, qui
avait effectivement vocalisé de sa main un certain nombre de copies coraniques,
dont l'une avait appartenu au traditionniste, Ibn Sïrïn (m. en 110/728)21. Le
système fut ensuite perfectionné par Halll b. Ahmad (m. en 170/786-787 ou cinq
ans plus tard) par l'adjonction de signes complémentaires (hamz, tdsdid, rawm et
îsmàm)22. Cette vocalisation se répandit lentement hors d'Irak où elle avait été
conçue. Elle pénétra difficilement Médine, où la rejetaient nombre de tradition-
nistes, notamment Mâlik qui ne la tolérait que pour les copies destinées aux
enfants23. Aussi est-elle couramment absente des plus anciens fragments qui
subsistent du Livre saint, fragments dépourvus de date et dont la datation reste
incertaine, parce que leur écriture, en raison du prestige dont elle a bénéficié, s'est
longtemps maintenue après sa disparition de l'usage journalier; et dans les rares
feuillets où elle apparaît, sa présence n'est que partielle et semble parfois surajoutée.
Sa diffusion remonte seulement à l'époque abbasside, d'abord sous forme de points
rouges posés au-dessus, au-dessous ou à côté des lettres, que remplacèrent
tardivement des signes dérivés des lettres alif, yâ' et wàw qui servaient déjà, au moins
depuis le début du me/ixe siècle dans l'écriture littéraire, à noter les sons a, i et
u et dont l'usage s'est maintenu de nos jours24. Quant aux signes
complémentaires, leur forme varia également au cours du temps. Ainsi la détente vocalique (hamza)
fut d'abord exprimée par un point rouge ou par deux, en cas de tanwïn. Mais comme
elle devait être couramment prise pour une voyelle brève, on en vint à la
distinguer par une différence de signe (demi-cercle rouge) ou de couleur (jaune, puis
verte ou bleue) avant de lui donner la forme du 'ayn. L'allongement (madda) et
le wasla étaient notés par une ligne horizontale rouge. L'absence de voyelle (sukûn)
était indiquée par un trait horizontal rouge, plus rarement par un > ou un v
renversé, avant de prendre la figure d'un cercle qui, pour les uns, était inspirée du
zéro (sifr) et, pour d'autres, du mlm, dernière lettre du mot gazm (coupure, synonyme
de sukûn). Enfin la gemination (sadda) revêt d'abord la forme d'un demi-cercle
qui fut évincé dans la suite par le sîn tronqué que l'usage a consacré25.
Les matières à écrire les plus usuelles étaient les matières souples, dont les plus
anciennes furent le papyrus, le parchemin et la peau. Leur importance varia
suivant l'espace et le temps.
Communément désigné sous le nom de qirtàs26, le papyrus fut particulièrement
prisé des chancelleries et des administrations, car on prétendait qu'on ne pouvait
en gratter l'écriture pour l'altérer sans l'endommager27, alors que de temps
immémorial, on savait le laver pour le remployer et même lui rendre sa virginité
première par une formule destinée à blanchir les perles28. Mais il régna surtout en
Egypte où il résista plus longtemps à l'invasion du papier importé d'Orient qui
triompha seulement au ive/xe siècle. Les fabriques le livraient sous forme de
rouleaux de feuilles collées aux joints invisibles aussi bien qu'insensibles afin de ne
pas accrocher le bec du calame. Leur longueur a varié au cours du temps :
certains rouleaux spécialement commandés ou que des additions supplémentaires
avaient accrus pouvaient comporter plusieurs coudées (jusqu'à trente, soit 14,66 m
si l'on adopte la coudée courante de 54 cm), d'après une indication recueillie par
un compilateur tardif qui oublie de nommer la source qu'il a recopiée29. Dans
le commerce, ils se vendaient entiers ou bien en fractions de sixième désignés sous
L'écriture des papyrus arabes I 21

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Illustration non autorisée à la diffusion

PL V
Contrat d'affermage d'un pressoir à huile (205/821)
(Ôsterreichische Nationalbibliothek, Vienne)
22 / Y. Râ'gib

le nom de tûmàr, pour être ensuite découpés suivant les besoins. Les particuliers
se contentaient de feuilles de faible importance, dont les plus grandes avaient moins
d'un mètre. Mais pour la correspondance des gouverneurs, les chancelleries usaient,
si nécessaire, de longs rouleaux qui dépassaient toutefois rarement deux mètres.
De ces formats exceptionnels, seuls deux spécimens subsistent, dont le plus ancien
est maintenant conservé à l'Institut de Papyrologie de l'université de Heidelberg.
Constitué de cinq feuilles jointes mesurant 2,31 m, il contient une lettre de
quatre cent cinquante mots en quatre-vingt-dix lignes qui fut adressée en 91/710 par
Qurra b. Sarïk à Basile, le pagarque d'Aphroditô (Isqawh)30. Le second appartient
au Musée de l'Art Islamique du Caire (pi. IV). Plus long (les douze feuilles dont
il est formé atteignent 2,4 m), il porte une lettre plus étendue (de 700 mots) mais
tenant seulement en soixante-neuf lignes : elle fut envoyée en 141/758 par Mûsâ
b. Ka'b au souverain de Nubie et de Muqurra31.
Le prix du papyrus et sa pénurie en province où il fallait souvent le commander
à la capitale conduisaient les usagers à le remployer, soit en remplissant les blancs,
fussent-ils entre les lignes, soit en le lavant. Même dans les bureaux de l'État, les
secrétaires étaient souvent contraints de puiser aux réserves en dressant les actes
sur des feuilles périmées ne servant plus. Quant aux particuliers, ils rédigeaient
couramment leur correspondance au verso de lettres qu'ils avaient reçues et même
dans les espaces libres du recto ou sur des feuilles récupérées qu'ils adaptaient
aux besoins immédiats en les découpant, tantôt en s'excusant d'avoir épuisé leur
papyrus vierge et tantôt en négligeant de le faire. Parfois même la lettre revenait
à l'expéditeur portant la réponse attendue au verso sous l'adresse (pi. II).
Le parchemin (raqq, riqq)32 fut abondamment utilisé dans les régions où le
papyrus était rare et cher, comme l'Arabie. Pour sa résistance, on lui confiait les
textes fréquemment maniés et en particulier le Livre saint; même en Egypte, on
le préférait â cet effet au support végétal qu'un usage intensif abîme rapidement.
De plus, il se prêtait aux remplois : lavé et gratté une première fois pour recevoir
l'écriture, il pouvait servir à nouveau, si l'opération était renouvelée33. Ces
palimpsestes étaient même si communs que la langue leur avait donné un nom :
tirs. Mais la superposition des textes à des années, voire des siècles de distance
n'entraîne pas fatalement leur confusion, car les traces des écritures sous-jacentes
apparaissent encore sous les écritures qui les ont voilées, si elles n'ont été que
sommairement raclées et polies. Mais lorsque la feuille a été soigneusement nettoyée
et poncée, le texte inférieur disparaît sous le texte supérieur : trahi par de vagues
traits, il semble alors irrémédiablement perdu. Les plus anciens parchemins
actuellement connus sont malheureusement dépourvus de date, mais appartiennent par
l'écriture au premier siècle, sinon au début du second, comme ce palimpseste qui
porte une lettre griffonnée par un marchand arabe sur un fragment latin de l'Exode
(VIII, 16) provenant d'un codex démembré de deux siècles antérieur et qu'abrite
maintenant la Bibliothèque Mediceo-Laurentienne (Florence)34 ou divers
fragments du Coran35. Quant au premier qui soit daté, il remonte à safar 168/août-
septembre 784 36.
La peau des bêtes (gild, adim)31 servit, dès les premiers temps, à
l'administration, notamment pour le fisc (comme l'atteste un document du Louvre dressé en
44/664-665) et la correspondance38. En Egypte, on lui confiait certains actes
importants (vente et manumission), surtout après la disparition du papyrus39.
Le papier (kàgady waraq)40 qui n'était, à l'origine, fabriqué qu'à Samarcande où
L 'écriture des papyrus arabes I 23

Illustration non autorisée à la diffusion

PL VI
Contrat de mariage (427/1036-487/1094)
(Musée de l'Art Islamique, Le Caire)
24 / Y. Ràgib

des prisonniers chinois l'avaient introduit après la bataille d'Atlah (134/751) ne


tarda pas à gagner la faveur de la chancellerie abbasside : le calife Harûn al-Rasïd
ordonna même de ne plus livrer les actes que sur la nouvelle matière dont la
moindre falsification en altère le grain : contrairement aux peaux dont on peut effacer
l'écriture pour lui substituer une autre, le moindre grattage s'y trahit par une trace
apparente41. Aussi devait-il prendre en Mésopotamie l'importance que le
papyrus continua de garder pour l'Occident42. Bien qu'il eût pénétré en Egypte sous
les premiers Abbassides (le plus ancien spécimen relevé à Vienne remonterait aux
années 1 80/795-200/8 16)43, son usage y resta d'abord limité malgré ses multiples
avantages (prix, légèreté et conservation), comme l'indique le nombre infime de
pièces du me/ixe siècle qui subsiste dans les collections. Ce n'est qu'au cours du
suivant qu'il supplanta graduellement son concurrent, le papyrus : la diffusion
de l'industrie nouvelle dans le pays l'avait fatalement conduit à la victoire.
L'usage des tissus était restreint en raison de leur prix onéreux. Seuls les
souverains et les grands pouvaient s'offrir le luxe d'écrire sur du lin de Bûsïr ou de
Samannûd que l'Egypte exportait à travers le monde. Cependant, les notables,
pour la rédaction des contrats de mariage, utilisaient parfois des textiles, de lin44
ou de soie, dont une espèce blanche était fort prisée : le muhraq qui tient son nom
persan du coquillage qui servait à le lisser et lustrer après trempage dans la
gomme45 et dont le spécimen unique que le hasard a sauvé permet d'admirer la
qualité (pi. VI) : conservé au Musée de l'Art Islamique du Caire, il porte un
contrat de mariage calligraphié sous le califat d'al-Mustansir (427/1036-487/1094)46.
Enfin des supports végétaux furent marginalement usités, comme les feuilles,
troncs (kirnàj)47 et tiges de palmiers (gafïd, sa'af ou 'asïb al-nahf) auxquels on
confia primitivement la transcription des versets coraniques, ainsi que l'écorce de
certains arbres (celle du peuplier blanc reçut des livres entiers)48. Mais ces
substances fragiles n'ont guère survécu, à l'exception d'une tablette d'écorce recouverte
d'une couche de carbonate de calcium, conservée maintenant à Vienne49.
Quant aux matières dures, elles furent moins usuelles que les matières souples,
comme le suggère le petit nombre de spécimens conservés : les particuliers à court
de papyrus ou de papier, comme ceux qui craignaient d'épuiser les feuilles qu'ils
possédaient par la banalité des écrits quotidiens, se servaient des supports qu'ils
trouvaient sous la main : tessons de poterie (hazafa, saqafa = ostracon) (pi. VII)50,
ossements de bêtes, en particulier les omoplates (kitj) et côtes (diï) de camélidés
et d'ovins51 ou bois. Cette substance était surtout employée sous forme de
tablettes (lawh) dans l'enseignement. Les quelques pièces qui survivent (sept
actuellement connues) mesurent généralement autour de 40 x 20 cm. Elles portent
tantôt des textes en deux ou trois langues (grec, copte et arabe) et tantôt en arabe
seulement, d'ordinaire des fragments du Coran écrits à l'encre, sauf pour une tablette
de la Bibliothèque nationale égyptienne où les versets sont gravés à l'intention
des écoliers52.
L'encre noire comportait deux catégories distinguées sémantiquement : l'une
au carbone (midàd) a gardé son éclat; mais l'autre à base de noix de galle (hibr)53
l'a couramment perdu et paraît maintenant ternie, rougie ou brunie. Les autres
teintes n'étaient guère usitées que dans les Corans pour distinguer les signes étrangers
à la graphie : le rouge pour marquer les voyelles brèves et les signes
complémentaires (tanzvîn, tasdïd, tahfïf, sukûn, wasl et madd), le jaune pour le hamza, puis
tardivement le vert pour le wasl sur Valif54. Exceptionnellement, l'or et l'argent
L'écriture des papyrus arabes I 25

PL VU
Ostracon trouvé à Paykend : liste de noms
(début du ine/ixe siècle)
26 / Y. Rà'gib

embellirent, dès le premier siècle, des Corans d'apparat qui restèrent hors de prix,
à tel point que le calife 'Umar b. cAbd al-fAzïz se garda d'acquérir le manuscrit
de commande que Hâlid b. Abï 1-Hayyâg avait calligraphié en or à sa demande55.
Mais l'usage de ces encres précieuses dans le Livre sacré ne manqua pas de
soulever la réprobation des traditionnistes56.
L'instrument couramment utilisé sur l'ensemble de ces matières souples ou dures
était un roseau pris entre deux nœuds, fendu à son extrémité et soigneusement
affilé, le calame57, que certains appelaient : «langue de la main» (lisàn al-yad)58.
Sa taille, tenue pour un art, varia de scribe en scribe, d'après l'écriture pratiquée.
Enfin, suivant une coutume byzantine, le pinceau servait parfois à calligraphier
les protocoles.
Cette histoire de l'écriture des premiers siècles fondée sur les papyrus peut-elle
être étendue à l'ensemble du monde musulman ou bien est-elle condamnée à
rester régionale? En d'autres termes, les écritures recueillies en Egypte (qui n'a jamais
abrité un centre rayonnant de calligraphie, comme La Mekke, Médine, Basra ou
Kûfa, ni même une capitale d'empire, comme Damas sous les Omeyyades) peuvent-
elles servir de témoins pour connaître par extrapolation celles d'Arabie, Syrie ou
Mésopotamie à la même époque? Les rares documents récoltés en d'autres
provinces d'Islam ne révèlent guère des différences entre les graphies
contemporaines, car les courants nés en Orient ont lentement gagné la Vallée du Nil, portés
par les voyageurs, les immigrants ou les écrits eux-mêmes, où ils ont dû exercer
leur influence sur les écritures locales qui ont prolongé les traditions des formes
importées. Mais l'avenir qui réserve des surprises permettra peut-être de
déterminer si les papyrus d'Egypte constituent un reflet fidèle bien que lointain de
l'écriture arabe aux premiers siècles de l'Islam et si, par conséquent, celle-ci a présenté
une apparente unité à travers le temps.

NOTES

1. Ibn al-Nadïm, Fihrist, éd. G. Flûgel, Leipzig, 1871-1872, 1, p. 6, énumère ces écritures dans
un passage qui a suscité un flot de commentaires, v. en particulier N. Abbott, The rise of the
North Arabic script, Chicago, 1939, pp. 17-30 et «Arabic paleography», in Ars Islamica, VIII,
1941, pp. 70-71, 75; A. Grohmann, «The problem of dating early Qur'âns», in Der Islam,
XXXIII, 1958, pp. 219-221. Quant au terme de kûft que l'on oppose d'ordinaire à nashï pour
différencier les formes anguleuses des formes arrondies, l'usage l'a consacré depuis des siècles
si bien que l'on doit se résigner à l'admettre, même si l'on eût parfois préféré higàzî, notamment
pour les manuscrits coraniques. Les savants qui ont recommandé son abandon n'ont guère été
suivis, v. par ex. N. Abbott, The rise of the North Arabic script, pp. 16, 23. Il est à noter qu'il
est parfois appliqué à la base de l'écriture et non à l'écriture même, comme l'indique ce passage
d'Ibn Sihna reproduit par F. Wûstenfeld dans son édition de VIstiqâq d'Ibn Durayd, Gôttingen,
1854, p. 226 n.b : raqq gazala bi-qâ'ida kûfiyya.
2. Balâdurî, Futûh al-buldàn, éd. M.J. de Goeje, Leyde, 1866, p. 471; Ibn 'Abd Rabbih, 'Iqd
farïd, éd. A. Amïn, A. al-Zayn et I. al-Ibyârï, Le Caire, 1367/1948, IV, p. 157; N. Abbott, op.
cit., pp. 19, 38.
3. Daté de gumâdâ I (avril), le premier est conservé à l'Ôsterreichische Nationalbibliothek de
Vienne (Ap 8 = PERF n° 558). Il a été publié par A. Grohmann, «Aperçu de papyrologie arabe»,
in Etudes de papyrologie, I, 1932, pp. 40-42 et Front the world of Arabie Papyri, Le Caire, 1952,
pp. 113-116. Le second (dont le mois a disparu) appartient aux Staatliche Museen de Berlin
(inv. n° 15002).
4. Ces documents conservés au Louvre sont encore inédits.
5. Du récit, plusieurs versions contradictoires ont circulé, où le calife change six fois de nom :
L'écriture des papyrus arabes I 27

dans Gàhiz, Hayawàn, éd. 'A. M. Hârûn, Le Caire, 1949-1950, 1, pp. 121-122 et Abu 1-Farag
al-Isbahânî,^àMJ, éd. du Caire, IV, pp. 272, 273-274, il s'agit de Hi§àm b. 'Abd al-Malik. Mais
dans GahSiyàrï, Wuzarà', éd. M. al-Saqqâ, I. al-Ibyârïet 'A. Salabï, Le Caire, 1357/1938, p. 54,
il devient 'Umar b. 'Abd al-'Azïz pour se transformer en Sulaymân b.'Abd al-Malik dans $ûlî,
Adab al-kuttâb, Le Caire, 1341 H., p. 59; 'Askarî, Sarh màyaqa' fihi al-tashïf wa l-tahnf, éd.
'A. ARmad, Le Caire, 1383/1963, pp. 42-43 ou son frère al-Walïd dans Râgib Isbahànï, Muhâdaràt
al-udabà', Beyrouth, 1961, 1, p. 108. Il finit par devenir al-Mutawakkil, QalqaSandï, Çubh al-
a'sà, III, p. 150; Tâskûprûzàdeh, Miftàh al-sa'àda, Hyderabad, 1328-1329 H., I, pp. 81-82 et
Hâggï Halïfa, Kasf al-zunûn, éd. G. Flûgel, Londres, 1835-1858, III, p. 155, où les victimes
se transforment en tributaires. Cependant, suivant la tradition recueillie par Abu 1-Farag al-
Isbahânî, loc. cit., HiSâm avait réellement ordonné la castration de ces corrompus qui
séduisaient les femmes de la ville et le secrétaire qui avait donné lecture de la lettre n'avait pas
commis la grossière bévue qu'on lui imputait : le ha' portait un point aussi gros qu'une datte. Enfin
une variante marginale donne pour étranger le point superflu : une chiure de mouche aurait
privé les «efféminés» de leurs testicules, Râgib Isbahânî, loc. cit.
6. Mubarrad, Kàmil, éd. M.A. al-Dâlï, Beyrouth, 1406/1986, II, pp. 611-612. V. également les
bévues énumérées par §ûlï, op. cit., pp. 58-59.
7. Saybânî, Risàîa 'adrà' (faussement attribuée à Ibn al-Mudabbir), éd. Z. Mubarak, Le Caire,
1931, p. 25; Ibn 'Abd Rabbih, 'Iqd, IV, p. 173; Lahmï, Wàsitat al-adab, ms Paris ar. 6493,
I, fol. 19 a. De même, 'Abd Allah b. Tàhir (m. en 230/844) émit une opinion similaire sur une
requête qu'on lui avait présentée : il loua la beauté de l'écriture mais désapprouva la profusion
de grains de nigelle qui la saupoudraient, Ibn 'Abd Rabbih, op. cit., IV, p. 199; Abu Hayyân
Tawhïdï, Risàlafi 'ilm al-kitàba, éd. et trad. F. Rosenthal, in Ars Islamica, XIII-XIV, 1948,
pp. 17, 26; Râgib Isbahânî, op. cit., I, p. 102; Nuwayrî, Nihàyat al-arab, VII, p. 13; QalqaSandî,
op. cit., III, p. 150; TàSkupriizâdeh, op. cit., I, p. 81; Hâggï Halïfa, op. cit., III, p. 155; N. Abbott,
op. cit., p. 41.
8. Saybânï, loc. cit.; Ibn 'Abd Rabbih, loc. cit.; $ûlï, op. cit., p. 57; Mâwardï, Adab al-dunyâ,
éd. M. al-Saqqà, Le Caire, 1375/1955, pp. 55-56; A. Grohmann, Front the world ofArabie Papyri,
pp. 82-83.
9. $ûlï, loc. cit. ; Ta'àlibï, Tamûlwa muhàdara, éd. 'A.M. al-Hilw, Le Caire, 1381/1961, p. 156;
Mâwardï, loc. cit.; QalqaSandï, op. cit., III, pp. 150, 158; Tâ§kùpriizâdeh, loc. cit.; A.
Grohmann, loc. cit.
10. $ûlï, loc. cit.
11. V. l'histoire du séducteur d'Ispahan dont la barbe fut coupée par le directeur de la poste
à la suite d'une méprise commise par le secrétaire auquel la lecture de la lettre du gouverneur
de Bagdad avait été confiée : il avait compris guzz lihyatahu, alors qu'il fallait entendre huzz
lahiyyatahu (terme dont la signification m'est inconnue, mais qui devait désigner l'habit dont
le notable se revêtait pour séduire les femmes au bord des voies battues), 'Askarî, op. cit., p. 42;
Râgib Isbahânî, op. cit., I, p. 108.
12. Tgàm al-kitàb yamna' min istfgàmihi, opinion d'Ibn Tawàba, Abu Hayyân Tawhïdï, op.
cit., pp. 17, 26; Mâwardï, op. cit., p. 56; Râgib Isbahânî, op. cit., I, p. 102; Nuwayrî, op. cit.,
VII, p. 13; A. Grohmann, op. cit., p. 83.
13. Opinion du vizir 'Alï b. 'fsâ : al-hutût al-mu'gama ka l-burûd al-mu'lama, Abu Hayyân
Tawhïdï, loc. cit.; QalqaSandï, op. cit., III, p. 149.
14. Abu Hayyân Tawhïdï, op. cit., pp. 18, 26; A. Grohmann, loc. cit. Une tradition apocryphe
mise dans la bouche d'Ibn 'Abbâs prétendait même que le diacritisme était la lumière de l'écrit
(nùr al-kitàb al-'agm), QalqaSandï, loc. cit.
15. Mâwardï, op. cit., pp. 55-56.
16. Ibn Durustûya, Kuttàb, éd. L. Cheikho, Beyrouth, 1921, pp. 52-53. L'écriture de l'un des
plus anciens codex conservés, le Garïb al-hadit d'Abû 'Ubayd conservé à Leyde et daté de 252/866,
porte effectivement ces ponctuations particulières.
17. Sur le développement des points diacritiques, v. en particulier N. Abbott, Rise, pp. 38-39
et surtout A. Grohmann, op. cit., pp. 83-87.
18. Dànï, Naqt, éd. O. Pretzl, Istanbul, 1932, pp. 132-133, 134; Ibn al-Nadïm, Fihrist, I, p. 40;
Anbârï, Nuzhat al-alibbà', éd. A Amer, Gôteborg-Uppsala, 1963, pp. 6-7; Ibn 'Ajiyya, Muqad-
dima, éd. A. Jeffery, Le Caire, 1954, p. 276; Qifp, Inbàh al-ruwzt, éd. M. Abu 1-Fadl Ibrâhïm,
Le Caire, 1369/1950, 1, p. 5; QalqaSandî, op. cit., III, pp. 151, 156; Suyufl, Itqàn, Le Caire,
1354/1935, II, p. 171; TàSkûprûzàdeh, op. cit., I, p. 80; Th. Nôldeke, Geschichte des Qpràns,
28 / Y. Râgib

Leipzig, 1938, III, pp. 261-262; N. Abbott, op. cit.y p. 39; R. Blachère, Introduction au Coran,
Paris, 1977, p. 80.
19. 'Askarï, Sarh, p. 13; Dânï, op. cit., p. 133; Ibn 'Afiyya, loc. cit.', Ibn Hallikân, Wafayât,
éd. I. 'Abbâs, Beyrouth, 1968-1972, II, p. 32; Suyûti, loc. cit.; Hâggi Halifa, Kasf, III, p. 154;
Th. Nôldeke, loc. cit.; N. Abbott, loc. cit.; R. Blachère, op. cit., pp. 80-81, 89-90.
20. Ibn Abï Dâwûd, Masàhif, éd. A. Jeffery, Leyde, 1937, p. 141; Dânï, loc. cit.; Qalqa§andï,
op. cit., III, p. 161 ; Suyûti, loc. cit. ; Th. Nôldeke, loc. cit. ; N. Abbott, loc. cit. ; A. Grohmann,
From the world of Arabie Papyri, p. 82; R. Blachère, op. cit., pp. 81-82, 89-90.
21. Dânï, loc. cit.; Ibn 'Ajiyya, loc. cit.; Ibn Hallikân, op. cit., VI, p. 175; R. Blachère, op. cit.,
p. 82.
22. Dànî, loc. cit; Qalqa§andï, op. cit., Ill, p. 157; Suyùtï, loc. cit.; Th. Nôldeke, loc. cit.; N.
Abbott, loc. cit.; A. Grohmann, op. cit., p. 86; R. Blachère, op. cit., p. 97.
23. Ibn Abï Dâwûd, op. cit., pp. 141-142; Dânï, loc. cit. ; Th. Nôldeke, loc. cit. ; N. Abbott, op.
cit., pp. 41, 54, 59; R. Blachère, op. cit., pp. 97-98.
24. Le plus ancien manuscrit daté qui porte ces signes de vocalisation est l'Histoire de David
(Hadït Dàwûd) de Wahb b. Munabbih copiée en dû l-qa'da 227/juillet 844, v. les photos publiées
dans R.G. Khoury, Wahb b. Munabbih, Wiesbaden, 1972, vol. II. Quant à l'interprétation de
l'origine des voyelles, elle remonterait à Halïl b. Ahmad, v. Sïbawayhd, Kitàb, éd. 'A.M. Hârûn,
Le Caire, 1397/1977, IV, pp. 241-242; Dânï, op. cit., p. 149; Qalqasandï, op. cit., III, pp. 159,
161-162; N. Abbott, op. cit., pp. 39-65.
25. Les variations de ces différents signes ont été minutieusement décrites par N. Abbott, op.
cit., pp. 39-41.
26. A. Grohmann, Einfûhrung und Chrestomathie zur arabischen Papyruskunde, Prague, 1954,
pp. 63-71 ; le même, From the word, pp. 17-44; le même, Arabische Palâographie, Vienne, 1967,
I, pp. 66-93; J. Pedersen, The arabic book, trad. G. French, Princeton, 1984, pp. 57-59, 62-63;
R. Sellheim, E&, V, p. 171.
27. Bïrûnï, Kitàb fi tahqïq ma H l-Hind, éd. E. Sachau, Londres, 1887, p. 81.
28. Formule révélée par un papyrus chimique du IVe ou Ve siècle cité par N. Lewis, L'industrie
du papyrus dans l'Egypte gréco-romaine, Paris, 1934, p. 90 n. 45.
29. Suyûtï, Husn al- muhadara, éd. M. Abu 1-Fadl Ibrâhïm, Le Caire, 1387/1967, II, p. 328,
qui se contente d'introduire la citation par des termes aussi vagues que : «Un autre a dit (qàla
gayruhu)» (à savoir un autre que l'auteur précédemment cité, 'Umar al-Kindî). Ce passage a
inspiré nombre de commentaires, v. notamment C. Sirat, Les papyrus en caractères hébraïques
trouvés en Egypte, Paris, 1985, p. 41.
30. C.H. Becker, Papyri Schott-Reinhardt, I, Heidelberg, 1906, pp. 68-76, n° III.
31. Ce papyrus découvert en 1972 à Qasr Ibrïm (Nubie égyptienne) a été publié par M. Hinds
et H. Sakkout, «A letter from the governor of Egypt to the king of Nubia and Muqurra
concerning Egyptian-Nubian relations in 141/758», in Studia arabica et islamica, Festschrift for Ihsàn
'Abbàs, éd. W. al-Qâdï, Beyrouth, 1981, pp. 209-229.
32. A. Grohmann, Einfûhrung, pp. 71-72; From the world, pp. 46-49; Arabische Palâographie,
I, pp. 108-111; J. Pedersen, op. cit., pp. 55-57.
33. En 1950, A.S. Atiya découvrait au monastère de Sainte-Catherine au Sinaï un palimpseste
qu'il s'empressa d'assigner à la fin du ne/viiie siècle ou au début du suivant, mais qui semble
plus tardif. Il présente cette notable particularité d'avoir été remployé deux fois à des siècles
de distance : la première écriture (syriaque du Ve siècle) fut grattée au VIIe siècle pour recevoir
du grec; celui-ci fut à son tour raclé probablement au IXe siècle pour servir à la transcription
d'un recueil hagiographique en arabe, A hand-list of the Arabic manuscripts and scrolls
microfilmed at the Library of the Monastery of St-Catherine Mount Sinai, Baltimore, 1955, Intr. p. XXVI,
p. 19, n° 514.
34. Y. Râgib, «La plus ancienne lettre arabe de marchand», in Documents de l'Islam médiéval :
nouvelles perspectives de recherches (sous presse à l'IFAO).
35. V. quelques spécimens dans H. Loebenstein, Koranfragmente ouf Pergament der Ôsterrei-
chischen Nationalbibliothek, Vienne, 1982, pp. 23, pi. 1-2 ou G-R. Puin, «Methods of research
on Qur'anic manuscripts-a few ideas», in Masàhif San'à', Kuwayt, 1985, pp. 10-11, 14
(n°s 35-36, 43-47).
36. E. Kûhnel avait vu ce document chez le consul allemand de Louxor, Tadros Mohârib, mais
on ignore ce qu'il est maintenant devenu, A. Grohmann, Arabische Palâographie, I, p. 111.
L'écriture des papyrus arabes I 29

37. A. Grohmann, Einfûhrung, p. 71; From the world, pp. 46-49; Arabische Palàographie, I,
pp. 106-108; El2, II, pp. 553-554; J. Pedersen, op. cit., pp. 55-56.
38. Ainsi la requête adressée en 100/719 par le souverain sogdien, Dïwa§tï, au gouverneur Garrâh
b. * Abd Allah est rédigée sur une peau de chèvre dont la race fut même déterminée, V.A. Kratch-
kovskaya et I. Kratchkovsky, «Le plus ancien document arabe de l'Asie Centrale», in Sogdyiskii
Sbornik (Recueil sogdien), Leningrad, 1934, pp. 52-90.
39. V. par ex. A. Grohmann, «Arabische Papyri aus den Staatlichen Museen zu Berlin», in
Der Islam, XXII, 1934, pp. 19-30, pi. II et III.
40. A. Grohmann, Einfûhrung, pp. 72-80; From the world, pp. 49-57; Arabische Palàographie,
I, pp. 98-105; Cl. Huait - [A. Grohmann], El2, IV, pp. 437-438; J. Pedersen, op. cit., pp. 59-67.
41. QalqaSandî, $ubh, II, p. 486; Maqrïzï, Mawà'iz wa îtibàr, Bûlàq, 1270/1853 I, p. 91.
42. Comme l'aurait souligné Gàhiz, Ta'âlibï, Latâ'if al-ma'àrif, éd. P. de Jong, Leyde, 1867,
p. 126.
43. A. Grohmann, Arabische Palàographie, I, p. 98.
44. A. Grohmann, Einfûhrung, I, p. 80; From the world, p. 58; Arabische Palàographie, I,
pp. 97-98.
45. A. Grohmann, Arabische Palàographie, I, pp. 105-106; J. Pedersen, op. cit., p. 54.
46. Y. Râgib, «Un contrat de mariage sur soie d'Egypte fatimide», in Annales Islamologiques,
XVI, 1980, pp. 31-37.
47. N. Abbott, The rise of the North Arabic script, p. 52.
48. Ibn al-Nadim, Fihrist, I, p. 353.
49. A. Grohmann, Arabische Palàographie, I, pp. 93-94.
50. A. Grohmann, Einfûhrung, pp. 82-89; From the world, pp. 61-62; Arabische Palàographie,
I, p. 114; J. Pedersen, op. cit., pp. 54-55.
51. A. Grohmann, Einfûhrung, p. 82; From the world, pp. 60-61; Arabische Palàographie, I,
pp. 111-113. Deux omoplates de chameaux conservées à l'Ashmolean Library (Oxford) et
portant des notes de rentrées quotidiennes ont été publiées par A. Dietrich, « Zwei arabisch besch-
riftete Knochenstûcke aus dem mittelalterlichen Âgypten», in Le Musêon, LXV, 1952,
pp. 259-270.
52. A. Grohmann, Einfûhrung, p. 81; From the world, pp. 58-60; Arabische Palàographie, I,
pp. 94-96. A cette liste de six tablettes, il convient d'ajouter une septième conservée à la
Firestone Library de l'université de Princeton qui était restée inconnue d'A. Grohmann. V. aussi
J. Pedersen, op. cit., p. 54.
53. Sur cette distinction, v. notamment A. Grohmann, Arabische Palàographie, I, p. 127; M.
Zerdoun Bat-Yehouda, Les encres noires au Moyen âge, Paris, 1983, pp. 23, 124, 330, 337. Et
sur les encres en pays d'Islam, v. N. Abbott, The Kurrah papyri from Aphrodito in the Oriental
Institute, Chicago, 1938, pp. 26-27; A. Grohmann, Einfûhrung, pp. 87-88; Arabische
Palàographie, I, pp. 127-131; J. Pedersen, op. cit., pp. 67-69; M. Zerdoun Bat-Yehouda, op. cit.,
pp. 124-141.
54. Dânï, Naqt, p. 134; N. Abbott, The rise of the North Arabic script, pp. 39-41 ; R. Blachère,
Introduction au Coran, p. 96.
55. Ibn al-Nadïm, Fihrist, I, p. 6; N. Abbott, op. cit., p. 54; A. Grohmann, Arabische
Palàographie, I, p. 130.
56. Ibn Abî Dâwûd, Masàhif, pp. 143, 150-152.
57. Sur le calame, v. N. Abbott, op. cit., pp. 24-26; A. Grohmann, Einfûhrung, pp. 83-86; le
même, Arabische Palàographie, I, pp. 117-123; Cl Huart-[A. Grohmann], El2, IV, pp. 491-492;
J. Pedersen, op. cit., pp. 69-71; J. Sadan, «Nouveaux documents sur scribes et copistes», in
Revue des études islamiques, XLV, 1977, pp. 62, 67-72.
58. Nuwayrî, Nihàya, VII, pp. 13, 20.