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CAPITALISATION ET INTEGRATION DES INNOVATIONS EDUCATIVES AU SENEGAL

ET INTEGRATION DES INNOVATIONS EDUCATIVES AU SENEGAL Ministere de l’Education Thématique 1 : Éducation de

Ministere de l’Education

INNOVATIONS EDUCATIVES AU SENEGAL Ministere de l’Education Thématique 1 : Éducation de base des adultes Education
INNOVATIONS EDUCATIVES AU SENEGAL Ministere de l’Education Thématique 1 : Éducation de base des adultes Education

Thématique 1 :

Éducation de base des adultes

Sommaire

Tableau des initiatives regroupées par thématiques …………………………………………………………………………. 2

Problématique liée à la thématique Éducation de base des adultes ……………………………………………………… 3

Initiative1 Reflect et alphabétisation familiale ………………………………………………………………………………

Initiative 2 Bamtaare : Les dynamiques villageoises dans le Fouta (Programme Intégré de Podor) …………………11

4

Tableau des initiatives regroupées par thématiques

Thématiques

Sous-thèmes

Initiatives

Porteurs

 

Les approches

1. Reflect

Action Aid, Alphadev

1. Éducation de base des adultes

intégrées en alphabétisation des adultes

2. Les dynamiques villageoises dans le Fouta (Programme Intégré de Podor)

USE

   

3. Écoles Communautaires de Base

PAPA

2. Approches

4. Ecoles Communautaires de BaseArticulées

DAENF

communautaires

   

d’éducation

5. Formations Coin de Rue

AFCR

6. Écoles Associatives

Aide et Action

 

7. Case des tout petits

Agence nationale CDTP

   

8. Collectif pour la Modernisation des daaras (COMOD)

COMOD

Modernisation des daaras

9. Daara internat

Sérigne Diakhaté

3. Modèles en voie de stabilisation

10. Programme d’introduction du trilinguisme et de la formation professionnelle dans les daaras

DAENF

Introduction des langues nationales à l’école élémentaire

11.Introduction des langues nationales à l’école élémentaire

Direction des Langues Nationales

   

12.Enseignement moyen pratique

INEADE

13.Atelier-Ecole

CEPAS

14.Initiative Atelier-École

Association Jeunesse Environnement (AJE)

15.Initiative GERME

ADID/BIT/PROMER

4. Formation professionnelle :

16.PAFNA

Fondation Paul Gérin Lajoie

Éducation qualifiante des jeunes et des adultes (EQJA)

17.Education Qualifiante des Jeunes et des Adultes/Volet agroalimentaire

DPRE

18. La promotion de la formation professionnelle féminine dans la zone centre du Sénégal

Ministère de l’enseignement technique et de la formation professionnelle

 

Projet d’école

19.Projet d’école

INEADE

 

20.Éducation à la citoyenneté et à la paix

GRA-REDEP

Compétences de vie

21.Classe coopérative et éducation à la citoyenneté

ASEM Association sénégalaise de l’école moderne

5. Amélioration de la qualité des apprentissages

courante

22.Rap Poétique dans les lycées

Projet Qualité AFD

 

Les technologies de l’information et de la communication en éducation (TICE)

23.Intégration des TIC dans les apprentissages de base à l’école élémentaire

École de

Soumbédioune

24.Alf@net

ANAFA

6. Éducation

 

25.Education et intégration pour les déficients auditifs

CEIDA

 

Association des

intégratrice/inclusive

26.Retrait et réinsertion des jeunes de la décharge de Mbeubeuss

récupérateurs de

Mbeubeuss

Problématique liée à la thématique Éducation de base des adultes

L ’éducation de base des adultes est un défi majeur à relever par notre pays. L’approche adoptée constitue un axe

majeur en lien avec la politique de promotion de l'alphabétisation des adultes. Dès lors, il importe de préciser la place de l'alphabétisation, de l’alphabétisation fonctionnelle, de l’alphabétisation intégrée en rapport avec l’égalité, la démocratisation, l’identité culturelle, et l’autonomisation en vue de déterminer ses liens avec le développement.

Sous ce rapport, la nature de la demande sociale en matière d'éducation de base des adultes et les facteurs qui modèlent cette demande sont déterminants. Les transformations dynamiques de l'Etat, du marché et de la communauté influent tant sur la demande sociale d'éducation des adultes que sur les services offerts dans ce domaine éducatif. Face à cette situation, on peut

s’interroger : dans quelle mesure la parité entre les sexes est-elle mise en pratique dans le programme d'alphabétisation, et comment ?

Dans quelle(s) langue(s) est dispensée l'alphabétisation des adultes ? Pourquoi une langue ou des langues particulières sont-elles recommandées à cette fin ? Quels sont les acteurs intervenant dans la mise en œuvre du ou des programmes(s) d'alphabétisation ?

Quelles sont la nature et l'étendue de leur participation aux différents aspects de la mise en œuvre (formation, mise au point de matériels pédagogiques et d'apprentissage, enseignement, gestion et planification, suivi et évaluation, mobilisation des apprenants et des volontaires, etc.) ? Quelle option adopter en matière de centralisation ou de décentralisation ?

Equipe de Rédacteurs Initiatives capitalisées:

Reflet et Alphabétisation Familiale :

Mor Diakahté (Alphadev) et Aissata Dia (Action Aid)

Bamtaare (Fatimata SY USE)

Mor Diakahté (Alphadev) et Aissata Dia (Action Aid)  Bamtaare (Fatimata SY USE) Education de Base

INITIATIVE 1 :

REFLECT ET ALPHABETISATION FAMILIALE

PARTIE 1 : DESCRIPTION DE L‘INITIATIVE

NATURE DE L’INITIATIVE

ALPHADEV et Action Aid Sénégal 1 ont senti la nécessité d’apporter une contribution particulière au développement du secteur éducatif dans les zones défavorisées de la capitale et en s’intéressant de manière beaucoup plus large à la famille, cellule de base de la société. L’initiative Reflect et Alphabétisation Familiale (RAF) s’intéresse alors à l’éducation familiale par le programme Reflect, gage d’une société plus juste, plus ouverte et enracinée dans ses valeurs.

LIEN AVEC LES POLITIQUES

« En dépit des efforts importants réalisés dans le cadre des campagnes d’alphabétisation, seuls 37,8 % des adultes âgés de 15 ans et plus ont la capacité de lire et écrire dans une langue quelconque. Même si une attention particulière est accordée aux zones rurales où sont implantées 95 % des écoles communautaires de base, la population rurale sénégalaise reste à majorité analphabète. En effet, moins d’une personne résidant en milieu rural sur quatre est alphabétisée. En outre, l’analphabétisme est beaucoup plus marqué chez les femmes (28,2%) que chez les hommes (49,1%) » 2 C’est fort de cela que ALPHADEV a senti la nécessité de vouloir apporter une contribution particulière au développement du secteur éducatif dans les zones défavorisées de la capitale tout en s’intéressant de manière beaucoup plus large à la famille, base de toute forme d’éducation.

ZONE/LIEU

Avec ALPHADEV, l’initiative de déroule dans l’arrondissement des Niayes et polarise quatre communes d’arrondissements : Malika, Keur Massar, Yeumbeul Nord et Yeumbeul Sud. Et, depuis un an, une action est ouverte en milieu rural précisément dans le village Fass Baba Thairé dans la communauté rurale de Latmingué dans la région de Kaolack. Avec Action Aid, l’initiative se déroule à la fois à Yeumbeul, dans la communauté rurale de Diossong, dans le département de Foundiougne et dans l’arrondissement de Djilor (Reflect est présent dans les 6 zones d’intervention que sont : Diossong, Djilor, Foundiougne, Djirda, Tambacounda et Kédougou).

DATES ET DUREE

Les premiers cercles Reflect d’Alphadev ont été ouverts en 2002 avec Action Aid, mais le programme Reflect et Alphabétisation familiale a réellement démarré en 2007. L’initiative devra encore durer trois ans, autrement elle prendra fin en 2010. Quant à l’approche Reflect d’Action Aid, elle est en cours d’application dans beaucoup de programmes et elle est appelée à durer

1 ALPHADEV est un partenaire de ActionAid Sénégal depuis 2002 ; date à laquelle Action Aid Sénégal fait la promotion de cette méthode et approche et l’utilise dans ses zones d’intervention 2 DSRP II, Octobre 2006

longtemps encore et à faire constamment l’objet d’appropriation par les populations cibles. Car les populations utilisent cette méthode aussi pour le travail de développement qui se fait à la base pour les programmes qu’Action Aid mène avec Alphadev.

CONTEXTE

Dans la banlieue dakaroise où l’insécurité ne cesse de se propager, beaucoup de familles sont exposées aux dangers quotidiens qui ne cessent d’hypothéquer l’éducation de leurs enfants. En plus, les femmes, pour la plupart issues du milieu rural, ne sont pas bien informées et suffisamment outillées pour assumer pleinement leurs rôles et responsabilités dans l’éducation de leurs enfants.

Pour parer à cela, ALPHADEV s’est intéressé à un programme d’alphabétisation des femmes qui s’appuie sur l’enseignement des langues nationales et de la langue officielle, et sur l’utilisation de l’outil informatique avec des contenus centrés sur les rôles des membres de la famille dans l’éducation des enfants. L’initiative Reflect et Alphabétisation familiale (RAF) participe de la réduction des inégalités sociales, entre hommes et femmes, et entre jeunes et adultes. Elle favorise la justice, gage pour une société plus stable. Elle participe également de la correction de certaines insuffisances, telles :

l’analphabétisme des femmes, l’ignorance des populations et la non prise en charge de leurs préoccupations quotidiennes dans les politiques publiques décentralisées; la faible participation des populations analphabètes dans la vie du village et dans les instances de prises de décisions ; etc.

analphabètes dans la vie du village et dans les instances de prises de décisions ; etc.
OBJECTIFS SPECIFIQUES L’initiative RAF vise spécifiquement à : OBJECTIF GENERAL L’initiative RAF contribue à la
OBJECTIFS SPECIFIQUES
L’initiative RAF vise spécifiquement à :
OBJECTIF GENERAL
L’initiative RAF contribue à la lutte contre
l’ignorance pour améliorer les conditions de vie
des femmes et des enfants. L’objectif c’est
l’amélioration des conditions de vie des
population à travers la conscientisation, la
revendication et l’exercice de leurs droits,
l’apprentissage des compétences de vie courantes
, la lecture, l’écriture et le calcul.
 renforcer les compétences des femmes en
lecture, écriture et calcul/gestion en langues
nationales et officielle ;
 favoriser l’autonomisation des femmes dans la
gestion quotidienne de leurs activités;
 faciliter la communication entre les parents et
les enfants ;
 initier les femmes aux TIC ;
 conscientiser les femmes par rapport à leur rôle
et place dans la communauté ;
 aider les femmes à exercer leur leadership ;
 combattre la pauvreté ;
 promouvoir le développement intégré à la base.
RESULTATS
L’initiative a permis de doter les populations
bénéficiaires de connaissances et de compétences
favorables à l’amélioration de leurs conditions de
vie socio- économiques :
L’analyse des objectifs de l’initiative RAF révèle qu’ils
ont nettement évolué dans le temps. En effet, au
départ, l’initiative se limitait seulement à l’acquisition
des connaissances instrumentales en langues
nationales. Mais, aujourd’hui elle a connu
d’importantes innovations :
 les femmes savent lire, écrire et calculer
dans leurs langues locales;
 le français est introduit comme seconde langue
d’apprentissage ;
 les femmes sont initiées en français et à
l’informatique;
 Les femmes sont autonomes dans la gestion
quotidienne de leurs activités;
 d’autres compétences de vie courantes relatives à
l’informatique, à la santé/hygiène et au genre sont
également développées ;
 une bonne communication est instaurée
entre les parents et les enfants.
 le leadership des femmes s’est affirmé ;
La première évaluation faite en 2009 a présenté un
taux de réussite qui tourne au tour de 60%. Elle a
également permit de souligner les éléments
suivants :
 elles ont du pouvoir et sont consulté pour tout ce
qui concerne la vie du village ;
 des
activités
génératrices
des
revenus
sont
développées ;
 la prise en compte des femmes dans toutes les
activités du village;
 la
gestion
des
conflits
au
niveau
 les femmes ont acquis beaucoup de connaissances
et sont capables de diriger elles mêmes leurs
propres activités collectivement et individuellement
communautaire ;
(par exemple, faire la commercialisation de
l’arachide à travers leur coopérative) ;
 la gestion des conflits au niveau des ménages
et les hommes donnent aux femmes la liberté
de faire du travail communautaires ;
 faire du plaidoyer et convaincre le Gouverneur
pour conduire leur campagne de
commercialisation après une altercation avec les
 l’amélioration des conditions de vie ;
Intermédiaires qui avait conduit
interdiction ;
à
son
 une ouverture vers le monde (participation aux
débats, ouverture comptes bancaires,
confection d’un plan pour les AGR,
environnement lettre, autonomisation les
hommes ne tiennent plus les carnets pour
elles, meilleure administration du crédit, etc.)
en plus de la lecture, de l’écriture et du calcul.
 les femmes sont plus sûre d’elles-mêmes ;
 elles comprennent mieux l’utilité de l’école et
envoie leurs enfants surtout les filles à l’école ;
 elles
réussissent
mieux
les
activités
de
développement.

Niveau d’acquisition des apprentissages instrumentaux 3

Niveau avancé

   

Eff

Eff

 

Lecture

   

Calcul

 

Recette

       

Cercle

Nivea

Total

Éva

 

écriture

 

Résolution problème

   

opération

 

Composer numéro tel

   

TS

S

PS

TS

S

PS

TS

S

PS

TS

S

PS

TS

S

And Jef

A

30

22

15

5

2

4

7

11

4

7

11

7

11

4

3

0

Déggoo

A

32

23

10

7

6

17

3

3

17

3

3

17

3

3

2

0

Jokkere

                                 

endam

A

30

12

6

2

4

4

1

7

4

3

5

6

3

3

0

0

Maxarimal

                                 

axlaa

A

22

16

3

10

3

3

9

4

9

6

1

10

6

0

2

0

Total

 

114

73

34

24

15

28

20

25

34

19

20

40

23

10

7

0

Pourcentage

   

64,04

46,58

32,88

20,55

38,36

27,40

34,25

46,58

26,03

27,40

54,79

31,51

13,70

9,59

0,00

Niveau débutant

 
   

Eff

Eff

 

Lecture

 

Calcul

   

Recette

     

Cercle

Nivea

Total

Éva

 

écriture

 

Résolution problème

 

opération

   

Composer numéro tel

 

TS

 

S

 

PS

TS

 

S

 

PS

 

TS

 

S

 

PS

 

TS

 

S

 

PS

 

TS

 

S

Bokk jubal

D

32

16

10

 

2

 

4

1

 

2

 

13

 

0

 

14

 

2

 

14

 

0

 

2

 

0

 

0

Fonck sa

                           

jekker

D

28

17

6

 

10

 

1

3

 

10

 

4

 

0

 

3

 

14

 

17

 

0

 

0

 

3

 

0

Kaay baax

D

20

17

6

 

11

 

0

5

 

10

 

2

 

10

 

7

 

0

 

12

 

5

 

0

 

0

 

0

Bokk jom3

D

34

28

21

 

1

 

6

0

 

28

 

0

 

16

 

0

 

12

 

0

 

13

 

15

 

3

 

2

Dimbante

D

30

19

8

 

1

 

10

1

 

13

 

5

 

14

 

1

 

4

 

13

 

5

 

1

 

4

 

1

Bokk jom

                           

Malika

D

30

20

10

 

6

 

4

5

 

15

 

0

 

19

 

1

 

0

 

14

 

6

 

0

 

3

 

2

Bokk Jom

                           

darou

D

30

16

13

 

3

 

0

0

 

10

 

6

 

7

 

3

 

6

 

6

 

10

 

0

 

0

 

6

Missette

                         

Total

 

204

133

74

 

34

 

25

15

 

88

 

30

 

66

 

29

 

38

 

76

 

39

 

18

 

13

 

11

Pourcentage

   

65,20

55,64

 

25,56

 

18,80

11,28

 

66,17

22,56

49,62

21,80

28,57

57,14

29,32

13,53

 

9,77

 

8,27

3 Rapport d’évaluation du programme Reflect d’ALPHADEV en partenariat avec SARN mars 2009

d’évaluation du programme Reflect d’ALPHADEV en partenariat avec SARN mars 2009 Education de Base des Adultes

EFFETS MAJEURS

Les effets des résultats de l’initiative RAF sont perceptibles dans le vécu quotidien des populations bénéficiaires. Et ils

se traduisent sous diverses formes :

une dynamique organisationnelle plus accrue ;

un développement des AGR ;

une motivation et un engagement forts des apprenantes ;

la mise en place d’une fédération forte de 65 groupements de femmes.

C’est vrai aussi pour le milieu rural : un gain de confiance en soi, savoir-faire développé pour collecter des fonds à partir du cercle, plus de démocratie et une bonne gouvernance dans le travail de développement et surtout un respect de tous les droits de chacun. Au niveau individuel et familiale l’importance de l’éducation des enfants et des adultes et la leur santé. A travers le soutien de Action Aid mais aussi les femmes à partir de leurs revenus à partir des AGR ou du crédit payent les études et la santé des enfants.

ACTEURS PRINCIPAUX/ROLES

Les comités de gestion des cercles participent au processus de planification des activités du cercle. Ils sont responsables de la mise en œuvre des plans d’action issus des séances Reflect. Ils veillent également à la gestion des activités génératrices de revenus. Au niveau de chaque cercle, les participantes mettent en œuvre leur plan d’action en recourant aux outils Reflect. La population ciblée se résume aux couches sociales les plus démunies et en particulier aux femmes et aux enfants. Les femmes se retrouvent autour d’un cercle appelé « espace familial ».

Leur tranche d’âge se situe entre 15 et 55 ans. Quant aux enfants, ils sont âgés de 3 à 6 ans. Les autres acteurs qui gèrent l’initiative sont les facilitateurs, les animatrices et les superviseurs. Ils sont tous issus du milieu. Leur niveau académique va du CM2 à la terminale avec une bonne expérience dans la vie communautaire. L’organisme porteur est l’ONG ALPHADEV (Alphabétiser pour un développement durable) et les partenaires principaux sont Action Aid internationale et le CECI.

PLACE ET ROLE DE LA FEMME DANS L’INITIATIVE

L’initiative RAF est portée entièrement par les femmes qui constituent plus de 95 % des membres des cercles. Elles représentent également 80 % des personnels de formation

sur le terrain (facilitateurs et superviseurs). Dans les zones d’intervention d’Action Aid Sénégal, la gestion des parcelles

a connu une évolution favorable aux femmes. Depuis

l’implantation des cercles, les femmes sont de plus en plus

impliquées dans la gestion foncière. Par exemple à Tamba, le cercle Reflect a été à la base de l’organisation de rencontres regroupant les producteurs pour une implication des femmes dans les instances de direction.

Aujourd’hui, les processus de prise décision prennent en compte progressivement les femmes. Depuis l’installation du cercle, les femmes de Keur Birane occupent une place importante dans le développement du village. Elles ont accès aux instances de prises de décisions. Le cercle est considéré comme un cadre d’échange et de planification du village ; toutes les grandes décisions y sont discutées et appliquées sous la présence des hommes et des femmes et celles-ci ont toujours leurs mots à dire. En effet, 3 femmes sur 10 ont le contrôle sur leurs terres et sur leurs moyens de production selon la matrice accès contrôle. Malgré le dynamisme des femmes et leur implication de plus en plus accentuée dans les activés de développement et dans certaines instances de prise de décision, elles sont

faiblement représentées au niveau du conseil rural de Diossong : sur 32 conseillers, il y a seulement 3 femmes ; pour la communauté rurale de Djirnda, 5 conseillers sur 24 sont des femmes.

Dans certaines zones comme Djilor, les femmes connaissent leurs droits et gèrent mieux les revenus qu’auparavant. Les cercles ont beaucoup parlé de l’héritage et de la terre et un plaidoyer auprès des autorités locales est en cours en faveur d’une implication formelle des femmes dans la gestion à tous les niveaux. Il y a des zones difficiles en matière de négociation sur le droit des femmes. A Sokhone, l’équipe de recherche a constaté que les groupes cibles ont été divisés de façon à empêcher les femmes d’accéder à la réunion. Le cercle pour le moment, se limite à mettre en place des cadres d’échange sur les questions relatives au Genre. Malgré cet incident le constat d’une cohésion sociale a été fait. A Lerane Coly, les hommes se sentant menacés s’opposaient à la commercialisation de l’arachide par un groupement féminin. A Keur Birane, le chef de village avait interdit l’accès des femmes aux données relatives à la commercialisation de l’arachide. Avec l’aide du cercle, les femmes ont reçu l’information et se préparent pour prendre part à l’activité.

STRATEGIE/APPROCHE ET PRINCIPALES ETAPES DE L’INITIATIVE

Après la découverte de l’initiative RAF, deux cercles tests ont été mis en œuvre à titre expérimental à côté des centres d’alphabétisation ouverts sur financement de l’Etat et dans le cadre de la stratégie du faire-faire. Cette étude comparative a permis de mettre en œuvre le programme Reflect qui était essentiellement orienté vers les apprentissages instrumentaux. Il connaîtra par la suite un élargissement de son champ d’intérêt grâce au développement des outils participatifs et à la dynamique organisationnelle mise en place. Pour mettre à l’essai

l’initiative, ALPHADEV a procédé d’abord à la formation d’un formateur puis de deux facilitateurs. Et pendant 6 mois l’équipe s’est appropriée le manuel de Reflect de 1997. Avec l’appui de Action Aid, ALPHADEV a ouvert deux cercles à tire expérimental et a bénéficié d’une autre session de formation de formateurs. Et depuis lors, les cercles ses sont élargis. Chaque cercle s’est doté d’un plan d’action issu des séances d’animation faisant l’objet d’un suivi régulier. Les cellules pédagogiques assurent la formation.

RESSOURCES MOBILISEES

Les ressources mobilisées pour la mise en œuvre de l’initiative RAF sont principalement :

les appuis techniques et financiers des différents partenaires (Action Aid International, CECI, l’union européenne, etc.) ;

les ressources humaines endogènes d’ALPHADEV (facilitateurs (trices), superviseurs, animateurs (trices) et autres personnels) qui travaillent de façon bénévole même en l’absence de programme subventionné ;

les ressources matérielles et pédagogiques ;

la forte participation de la communauté matérialisée par la présence de relais issus des cercles et qui assurent la pérennisation des acquis.

Dans le cas des expériences menées par Action Aid, c’est uniquement l’ONG et les femmes qui donnent les moyens financiers

Le port à clés cet outil permet aux enfants d’avoir une boite d’idée qui leur permettra de connaître leur nom, ceux de leurs parents, leur adresse, les numéros de téléphone de leurs parents, de leur domicile ou celui de leur voisin ainsi que celui de la police ou des sapeurs pompiers. Si l’enfant se sente en danger son premier reflex s’est d’appeler en toute urgence et il pourra facilement être repéré

en toute urgence et il pourra facilement être repéré ASPECTS L IES A L’ENSEIGNEMENT -APPRENTISSAGE Le

ASPECTS LIES A L’ENSEIGNEMENT-APPRENTISSAGE

Le but de l’approche est de créer un espace où les gens se sentent à l’aise pour se réunir et discuter des questions importantes les concernant et pour améliorer la participation significative des populations dans les décisions affectant leur vie en renforçant leurs capacités en communication.

L’approche REFLECT est un processus structuré d’apprentissage participatif qui permet aux gens de procéder plus facilement à une analyse critique de leur environnement en faisant de l’autonomisation le point central d’un développement durable et équitable. Grâce à la création d’espaces démocratiques, à la production de textes locaux et à leur interprétation, ils font une analyse pluridimensionnelle de la réalité locale et globale, remettent en question les paradigmes dominants du développement et redéfinissent les rapports de force dans les domaines publics et privés. En se basant sur des processus permanents de réflexion et d’action, les bénéficiaires s’autonomisent pour œuvrer à la construction d’une société plus juste et plus équitable.

L’approche REFLECT ne s’appuie sur aucun livre pré imprimé (abécédaire), si ce n’est le guide du facilitateur. Elle est basée sur la visualisation des savoirs, des savoir- faire et des savoir- être. Pour cela, il faut tout d’abord dessiner des graphiques sur le sol en utilisant n’importe quel objet (symbole) disponible localement, en encourageant la participation effective de tous et de toutes.

Les objets de l’environnement immédiat permettent à la population d’exprimer leurs savoirs, leurs savoir- faire et leurs savoir-être en se basant sur la visualisation qui se fait par consensus et sur n’importe quel objet ou élément de l’environnement immédiat disponible localement. Les graphiques ou outils sont utilisés pour stimuler une discussion, des exercices d’écriture élaborés par les participants et des exercices de calcul relatifs au contenu des graphiques.

Les mots sont introduits sur les graphiques initialement sous forme d’étiquettes symbolisées ensuite sous la forme de commentaire. Ces graphiques ou outils MARP constituent des supports pour obtenir des informations dans le cadre de la recherche sur les problèmes de développement rural et semi urbain également pour la sensibilisation dans tous les domaines, pour stimuler le passage à l’action collective afin de s’attaquer à la résolution de problèmes locaux et pour l’alphabétisation.

ORGANISATION ET PROMOTION

Le rapport d’évaluation de l’initiative Reflect et Alphabétisation familiale (RAF) a été partagé avec la communauté et est disponible dans plusieurs sites. Il sera prochainement édité et vulgarisé de même que le documentaire réalisé à cet effet. Il a été également partagé avec des groupes d’apprenants du Canada grâce à l’appui du CECI.

Aussi, les représentants d’ALPHADEV lors de rencontres internationales profitent des circonstances

pour partager l’initiative avec des partenaires potentiels. Enfin, des rapports sont régulièrement envoyés à la direction de l’Alphabétisation et des Langues nationales. La mise en réseau des différents cercles Reflect a abouti à la création de la fédération des femmes « jàng ngir suqaliku » qui gère aujourd’hui toutes les activités génératrices de revenus et qui est déterminante dans les activités de mobilisation social

COLLABORATIONS INTERSECTORIELLES

Dans le cadre du réseau PAMOJA (réseau des praticiens de Reflect), ALPHADEV et Action Aid International Sénégal collaborent avec la direction de l’Alphabétisation et des Langues nationales et le comité de coordination et de gestion du partenariat (COCOGEP).

services techniques déconcentrés (Education, Santé, Environnement, Agriculture, Elevage, Pêche…). Ces collaborations se manifestent sous diverses formes : des visités d’échanges et des co-animations de sessions de formation ; la participation d’agents de la direction à l’animation d’ateliers thématiques.

Sur le terrain, elles collaborent activement avec les organisations communautaires de base qui évoluent dans les villages et dans les quartiers, tels : les Groupements de Promotion Féminine (GPF), les Associations Sportives et Culturelles (ASC), les Comités de santé, les Associations de Parents d’Elèves (APE), les Groupements d’Intérêt Economique (GIE), les associations à but religieux (Dahira), les Comités de Gestion des écoles arabes et les cercles Reflect. Aussi collaborent-elles avec les collectivités locales et les

Les collaborations intersectorielles ont contribué à une meilleure vulgarisation de l’approche. Ainsi, la demande communautaire et l’intérêt manifesté par certaines organisations à développer l’approche se sont nettement amplifiés. Les principales difficultés rencontrées par l’initiative RAF sont principalement l’insuffisance des ressources financières internes, le déficit d’environnement lettré et de formation continue des facilitateurs.

lettré et de formation continue des facilitateurs. VALEUR AJOUTEE DE L'INITIATIVE EN TERMES

VALEUR AJOUTEE DE L'INITIATIVE EN TERMES D'INNOVATION PEDAGOGIQUE

L’initiative RAF est une nouvelle approche d’apprentissage et de changement social. Elle est née de la fusion entre la théorie de Paulo FREIRE et les techniques de MARP. Elle est une approche novatrice et participative de l’alphabétisation des adultes. Les actions inscrites dans le cadre de l’initiative Reflect et Alphabétisation familiale (RAF) s’inscrivent dans la durabilité. En effet, pour les auteurs, l’éducation des adultes est un processus continu qui, au-delà de l’acquisition des connaissances instrumentales, vise l’émancipation socio-économique des populations sans distinction de race et de sexe. Le modèle d’enseignement et d’apprentissage est basé non seulement sur l’absence d’utilisation de syllabaires mais aussi sur la responsabilisation des facilitateurs par rapport à la production d’unités et leurs passations. Ainsi chaque facilitateur préparait ses leçons en se basant sur les thèmes identifiés lors du diagnostic et sur les évènements qui sont d’actualité dans leur communauté. L’initiative, tout en s’appuyant sur une dynamique communautaire, utilise également des ouvrages en langues nationales.

PARTIE 2 : ANALYSE DE L’INITIATIVE

VALEUR AJOUTEE EN TERMES DE CONTRIBUTION AU SERVICE PUBLIC

L’initiative RAF contribue au développement du service public en ce qu’elle participe à la réduction du taux d’analphabétisme des femmes, à la scolarisation des enfants, à l’éducation à la citoyenneté et au développement d’un cadre de vie harmonieux. Elle

participe également à la mobilisation politique. Les animations juridiques et autres formation de leaderships ont fortement augmenté la présence des femmes dans les collectivités, au point que certaines ont été élues conseillères municipales

VALEUR AJOUTEE DE L'INITIATIVE EN TERMES DE CITOYENNETE / CONSTRUCTION SOCIETALE

L’initiative RAF est une approche innovante dans la dynamique de réduction des inégalités sociales à travers la mobilisation et la conscientisation des bénéficiaires sur des thèmes et enjeux socio économiques majeurs. Ainsi les tableaux qui suivent nous informent sur les thématiques les plus aimés et les plus assimilés, ainsi

que les améliorations qu’il faut apporter au processus. La prise de conscience des parents à participer aux frais de scolarité de leurs enfants, le développement d’un esprit de bénévolat à travers la formation et le recours à des relais.

Les thèmes les plus aimés durant le programme

Thèmes les plus assimilés

Le voisinage Le viol Les animations en santé Les conditions du mariage L’éducation familiale L’acte de naissance Le Groupement d’Intérêt Economique L’abandon de famille La notion de genre Le certificat de mariage Les élections

Le viol Locataire et bailleur L’éducation familiale (rôles et responsabilités des parents, l’éducation d’hier et d’aujourd’hui) L’acte de naissance Mariage L’éducation des enfants Le certificat de mariage La violence Conjugal La notion de genre Le paludisme

VALEUR AJOUTEE EN TERMES DE DEVELOPPEMENT DES POLITIQUES ET STRATEGIES EDUCATIVES

L’initiative RAF favorise l’implication des communautés dans tout le processus éducatif, la diversification de l’offre éducative et surtout la durabilité des résultats de l’action éducative. Les politiques gagneraient donc à s’inspirer de l’approche pour donner à l’alphabétisation sa place dans le développement socioéconomique du pays

sa place dans le développement socioéconomique du pays Arbre sur les abus économiques envers les enfants

Arbre sur les abus économiques envers les enfants

FACTEURS CRITIQUES DE SUCCES

Pour un succès durable de l’initiative RAF, ALPHADEV et Action Aid International ont pris conscience de la nécessité de satisfaire certaines conditions critiques dont principalement : un ancrage social très solide et une forte mobilisation communautaire; un engament et une motivation réels des facilitateurs ; le développement et la crédibilité des responsables et leur expérience dans la prise en charges des problèmes de développement à la base.

PERSPECTIVES

ALPHADEV ambitionne d’élargir le cercle des praticiens de la méthode REFLECT. Elle envisage également de travailler avec l’ENEA pour l’introduction de l’approche dans la formation des inspecteurs de l’animation, des médiateurs pédagogiques et des étudiants des autres collèges (Aménagement du territoire, Gestion urbaine, Gestion des organisations, etc.).

Pour Action Aid, la perspective consiste à agir de sorte que la méthode Reflect soit prise en compte dans la composante qualité de la 3 ème phase du PDEF et qu’elle soit plus enrichie par les contributions des cadres et des techniciens du secteur de l’éducation. Pour Action Aid, qui a beaucoup travaillé avec la DALN, il est souhaité qu’à travers elle la méthode Reflect soit reconnu comme une forme d’alphabétisation et qu’elle soit introduite aussi à l’université comme méthode de recherche et de promotion de la bonne gouvernance. D’ailleurs, Action Aid travaille actuellement à l’harmonisation du curriculum de l’alphabétisation et de Reflect.

INITIATIVE 2

« BAMTAARE » : LES DYNAMIQUES VILLAGEOISES DANS LE FOUTA

U

INTRODUCTION

Dans les pays du Tiers-Monde, et, particulièrement en Afrique, la majeure partie de la population est analphabète. Cet analphabétisme constitue un handicap très sérieux pour ces populations qui n'ont pas accès aux « connaissances et expériences accumulées par l'humanité et conservées par écrit ».

L’USE à travers le PIP, consciente de la gravité de cette situation et, convaincue qu'aucun développement n'est

possible sans la participation responsable des forces vives de la nation, a introduit en 1985 le volet alphabétisation dans ces activités.

Pour mieux saisir l'alphabétisation du PIP, nous tenterons de parler de son contexte, sa définition, des objectifs visés, de la démarche suivie, des résultats obtenus, des nouvelles orientations et des défis.

obtenus, des nouvelles orientations et des défis. CONTEXTE Le programme intégré de Podor (PIP) fut pensé

CONTEXTE

Le programme intégré de Podor (PIP) fut pensé pour ce qui se nommait alors la région du Fleuve, actuel région de St-

Louis, dans le département de Podor, en ces années de la grande sécheresse, 1973-

1974.

Formellement, le 19 avril 1975, a été créé le Programme intégré de Podor avec ses divers volets dont celui de l'alphabétisation. A la vérité, durant les dix années qui suivirent, alors que l'ensemble des volets à caractère agricole et techniques démarrent, l'alphabétisation n'est pas réellement mise en place. Durant cette première période, les responsables et les techniciens sont choisis délibérément par l'organisme de tutelle, le Service œcuménique d'Entraide (SOE), parmi des étrangers à la région et à la culture pulaar.

Un changement se produit en 1985, lorsque le Service œcuménique est remplacé par l'Union de Solidarité et d'Entraide (USE). A ce moment, l'équipe constituée est, contrairement à la précédente, faite de personnes capables de maîtriser le pulaar, le wolof, le soninké et le français. Le volet alphabétisation est alors mis en œuvre dans les trois langues nationales, et progressivement dans ces trois langues sont édités des manuels et des journaux.

Autour de l’USE/PIP, gravitent une dizaine de partenaires européens qui négocient le programme dans son ensemble sous forme de Table Ronde. Il est convenu que chacun des partenaires est associé pour l'ensemble du programme et non pour un volet particulier. Plutôt que de se limiter à des interventions sectorielles, ceci les conduit à définir une "vision", une "mission" et des "objectifs". Pour le programme intégré de Podor seront mis en avant la langue, la culture et la valorisation des compétences. L'alphabétisation « BAMTAARE » va devenir le volet central. La « culture » devient le socle de l'action, en s'appuyant sur le

développement de la langue écrite. La démarche est appuyée par un ensemble de 30 alphabétiseurs permanents et de 150 alphabétiseurs relais au niveau des villages.

Une autre modification s'est produite dans le rôle des partenaires financiers. Auparavant, il existait un partenaire unique (la Cimade) qui récoltait lui même les fonds dévolus au programme. Ce partenaire venait sur le terrain pour composer les programmes et veiller à leur exécution. Vint une nouvelle période dans laquelle le président de l'organisation, un sénégalais, fit lui même le tour des divers partenaires financeurs pour des contacts directs et la constitution de tables rondes. L'USE et le PIP y gagnèrent une forte marge d'autonomie d'autant que l'état sénégalais qui donnait des facilités par l'intermédiaire d'une convention, laissait une grande liberté d'action. Enfin, l'important résidait dans la capacité de mobilisation des populations villageoises pour soutenir l'organisation, notamment dans les périodes de crises.

ZONE D'ACTION

Le PIP intervient dans trois zones : Département de Podor, Région de Matam et Département de Linguère ; Sur le plan physique, la zone d'action du PIP est caractérisée par l'existence de trois zones éco-géographiques : le Walo, le Diéry et l'Axe goudron

OBJECTIFS

Par le biais de l'alphabétisation, on vise à :

Doter les néo-alphabètes d'outils permettant de mieux maîtriser leur environnement socio-économique, culturel et politique.

Arriver à maîtriser des codes sociaux, culturels, économiques et politiques pour l’émergence de citoyens libres et responsables capables d’améliorer leurs conditions de vie.

Favoriser la réappropriation par les populations de nouvelles connaissances et compétences et la valorisation de leur vécu quotidien (savoir local, culture, etc.), en vue d'une participation responsable dans les instances de décision.

Il ne s'agit pas ici seulement de transférer des connaissances ou une simple maîtrise du code écrit, mais de redonner confiance à la population, considérée comme un interlocuteur majeur, capable de prendre en charge ses propres destinées.

DEFINITION

fois

fonctionnelle par son action de support des activités de production ; de masse, par son approche globale de village et surtout intégrée par l'interaction des activités

et leur implication par un transfert de compétences et

de responsabilités. De là, découle une vision de

l’alphabétisation qui a permis de lancer le processus.

À travers cette initiative, les populations cherchent

principalement un appui à des initiatives individuelles ou collectives (projets), une valorisation de leur identité et la résolution de problèmes divers de la vie quotidienne.

L'alphabétisation

«BAMTAARE »

est

à

la

La structure du programme vise à renforcer les capacités des populations; c'est dans ce cadre que l'alphabétisation peut être conçue, de manière plus ou moins large et participative, comme :

un apprentissage du lire, de l'écrire et du calculer ;

un moyen par lequel une organisation des "apprenants" est créée, capable de prendre en charge le programme de renforcement des capacités ;

un moyen de mettre en valeur et de développer les compétences ;

une recherche de changements de comportements par rapport aux problèmes pris comme cas à résoudre dans le programme ;

un appui aux projets des populations.

Dans cette initiative, on se trouve nécessairement avec des résultats durables en termes de changements sociaux par rapport à la situation initiale.

DEMARCHE

La démarche de l’alphabétisation ainsi adoptée est l'approche - village . Il s'agit d'aller à la rencontre des populations et de leurs aspirations, de négocier leur adhésion, leur implication, leur appropriation des projets de développement en vue d'une meilleure maîtrise des changements qui doivent naître du progrès. Le PIP n'impose pas ses services de formation à la population. Les besoins de formation émanent toujours des populations qui s’adressent à l’USE/PIP. Le village est considéré dans sa globalité en tenant compte des us et coutumes, de ses problèmes et potentialités, ses besoins et, au delà de ses besoins, de ses aspirations.

Si l'alphabétisation remplit un rôle central dans le mouvement des villages, c'est qu'elle devient source de responsabilisation, d'initiatives, de créativité. L'alphabétisation permet le renversement de la tendance à l'encadrement. C'est désormais le village et ses acteurs qui prennent les initiatives et demandent la participation éventuelle des techniciens et des animateurs. Le village devient l'acteur principal et progressivement, on assiste à un retrait des permanents et à une reconversion de leurs fonctions.

Il s’agit là d’une valorisation fonctionnelle de la langue pour un enrichissement positif des comportements et une transformation qualitative du milieu. L'alphabétisation du PIP procure une ouverture consciente et un enracinement sans nostalgie. Par elle,

le Fuutanke (originaire du Fouta, Vallée du Fleuve

Sénégal) doit bâtir son Bamtaare, le "développement vrai", humain, intégral et durable. Ce terme pulaar (peul), signifie s’élever, et mettre à la place qu'il faut, au point d'équilibre, "Bamtaare" est assimilé à un "développement vrai" plus équilibré et donc plus durable de l'Homme.

Ainsi, le « Bamtaare » approprié et conceptualisé à l’USE est considéré comme un processus qui "résulte d'un mouvement d'ensemble de tous où chaque pas en avant en appelle un autre dans l'équilibre même que comporte le mouvement de la marche" (dixit Thierno BA, Président de l’USE).

Pour la construction d'un « développement vrai » humain, intégral et durable, cette approche suppose donc pour tout partenaire du village, beaucoup de courtoisie, une réelle implication dans les activités du village, une véritable empathie et une humilité réelle.

Ainsi, la responsabilisation programmée s'est accrue. Le PIP passe le témoin à des organisations de base. Celles-

ci sont formées par les populations pour prendre en

charge des activités spécifiques comme l'alphabétisation qui était prise en charge par le PIP. Le choix de la langue est laissé à l'appréciation des bénéficiaires qui décident souvent conformément à la composition ethnolinguistique de leur localité.

RESULTATS

Les résultats de l'action d'alphabétisation au PIP peuvent se mesurer quantitativement et qualitativement. En guise d’exemple : de 1985 à 2003, le programme a alphabétisé 75330 personnes (Tableaux Récapitulatifs année 2008 4 ).

Mais au delà de ces chiffres, il faut prendre en compte l'importance des associations de base. Le plus important sans doute est le mouvement de valorisation des langues qui s'est produit. Par là, il faut entendre le sentiment produit autour de la compétence et de la dignité ressentie par les villageois.

Nous considérons comme alphabétisé toute personne sachant écrire correctement un texte de 100 à 200 mots avec moins de 10 fautes, lire couramment un texte écrit dans la langue d’alphabétisation par lui ou un autre et pouvant effectuer sans difficulté les quatre opérations de calcul (addition, soustraction, multiplication et division). Le résultat le plus significatif est l'intégration dans l'équipe des animateurs, d'anciens auditeurs des centres.

Ces alphabétiseurs-relais constituent aujourd'hui un véritable bataillon "d'officier de réserve" dans lequel beaucoup de programmes ont puisé leurs alphabétiseurs ou les membres des comités de gestion des forages, des moulins à mil, des caisses d’épargne et de crédit etc.

Actuellement, dans la vallée, plus de 50% des courriers sont rédigés en pulaar. A titre d'illustration, 70% du courrier que reçoit le PIP en provenance des villages est rédigé en langues nationales et particulièrement en pulaar. La rédaction des lettres en langues nationales a simplifié beaucoup de problèmes. Beaucoup de villageois sont alphabétisés et rédigent leurs lettres en pulaar, wolof et soninké sans avoir à se déplacer.

Les comptes d'exploitation des périmètres, les bilans des boutiques et les carnets de crédits, les P.V. des réunions, les statuts et les règlements intérieurs des associations, les comptes rendus de réunion, tout se fait en langues nationales.

L'alphabétisation a suscité chez les néo-alphabètes, le souci de s'unir pour la promotion de leur contrée. C'est ce qui a présidé à la création de certaines unions et fédérations qui regroupent beaucoup de villages appartement à une même zone. L'objectif immédiat était l'unité des villages pour la promotion des langues nationales, mais aujourd'hui, ces associations sont passées à la 2 e étape dont l'objectif est l’élaboration et l’exécution de projets socio-économiques pour la promotion de leurs villages respectifs.

Tableaux Récapitulatifs année 2008 4 .

Langues d'alphabétisation

Les langues d'alphabétisation sont :

Le Pulaar

Le Wolof

Le Soninké

Le choix de la langue est laissé à l'appréciation des bénéficiaires qui décident souvent conformément à la composition ethnolinguistique de leur localité.

Ressources humaines

La mise en œuvre de l’approche Bamtaare

compte dans son volet formation (Secteur de la Formation) :

1 Coordinateur

1 Chargé du Suivi-Evaluation

1 Responsable de l'alphabétisation de base

3 Responsables d’antennes

11 Animateurs-superviseurs de zones

3 Traducteurs (français-pulaar-wolof- soninké)

Partenaires financiers

Les partenaires traditionnelles de l’USE :

ICCO (Pays Bas), Christian-Aid (Grande Bretagne), HEKS (Suisse), CCFD et CIMADE (France).

Les partenaires nouveaux du programme sont : l’Union Européenne

Réalisations

475 villages alphabétisés

63714 auditeurs alphabétisés dont 45946 femmes et 17768 hommes ;

1020 alphabétiseurs-relais formés

158 villages appuyés en construction

05 bibliothèques rurales réalisées

Le résultat le plus significatif est l'intégration dans l'équipe des animateurs-superviseurs, d'anciens auditeurs des centres.

Ces alphabétiseurs-relais constituent aujourd'hui un véritable bataillon "d'officier de réserve" dans lequel beaucoup de programmes ont puisé leurs alphabétiseurs.

Actuellement, dans la vallée, plus de 50% des courriers sont rédigés en pulaar. A titre d'illustration, 70% du courrier que reçoit le PIP en provenance des villages est rédigé en langues nationales et particulièrement en pulaar. La rédaction des lettres en langues nationales a simplifié beaucoup de problèmes. Beaucoup de villageois sont alphabétisés et rédigent leurs lettres en pulaar, wolof et soninké sans se déplacer.

Les comptes d'exploitation des périmètres, les bilans des boutiques et les carnets de crédits, les P.V. des réunions, les statuts et les règlements intérieurs des associations, les comptes rendus de réunion, tout se fait en langues nationales.

L'alphabétisation a suscité chez les néo-alphabètes, le souci de s'unir pour la promotion de leur contrée. C'est ce qui a présidé à la création de certaines associations qui regroupent beaucoup de villages. L'objectif immédiat était l'unité des villages pour la promotion des langues nationales, mais aujourd'hui, ces associations sont passées à la 2 e étape dont l'objectif est: élaboration et exécution de projets socio- économiques de leurs villages respectifs.

Tableau récapitulatif des auditeurs formés de 1985 à 2009

   

Inscrits

   

Formés

 

Niveaux

 

Période

     

Femmes

Hommes

Total

Femmes

Hommes

Total

1

2

3

1985

à 1992

13 542

8

060

21 602

11 225

869

6 18 094

10 176

4

584

3 334

1993

4

765

2

091

6

856

3

723

555

1 5

278

4

453

 

655

170

1994

6

087

2

598

8

685

4

095

564

1 5

659

3

432

1

965

262

1995

6

011

2

549

8

560

4

658

766

1 6

424

5

109

1

158

157

1996

6

593

2

580

9

173

5

150

685

1 6

835

5

419

1

347

69

1997

1

669

 

582

2

251

1

245

443

1

688

1

442

 

196

50

1998

2

562

 

578

3

140

1

903

363

2

266

1

848

 

330

88

1999

3

206

1

150

4

356

3

005

982

3

987

3

902

 

73

12

2000

2

446

 

746

3

192

1

674

441

2

115

1

363

 

752

0

2001

2

829

 

731

3

560

2

119

451

2

570

2

308

 

262

0

2002

3

260

 

699

3

959

2

543

458

3

001

2

001

1

000

0

2003

 

669

 

89

 

758

 

526

57

 

583

 

381

 

202

0

2004 - 2005

1

176

 

239

1

415

 

858

165

1

023

 

976

 

47

0

2005 - 2006

1

504

 

799

2

303

1

124

398

1

522

1

522

 

0

0

2006 - 2007

1

484

 

540

2

024

 

955

292

1

247

 

799

 

448

0

2007 - 2008

 

926

 

277

1

203

 

568

167

 

735

 

229

 

272

234

2008 - 2009

 

778

 

172

 

950

 

575

112

 

687

 

617

 

70

0

TOTAL

59 507

24 480

83 987

45 946

17 768

63 714

45 977

13 361

4 376

La finalité de l’action est le bien-être économique et social harmonieux et équilibré que cherche à atteindre une communauté fortement enracinée dans ses valeurs de solidarité, où chacun des membres, du plus riche au plus pauvre trouve sa place et sa réalisation personnelle.

L’accent est mis sur une valorisation fonctionnelle de la langue pour un enrichissement positif des comportements et une transformation qualitative du milieu. L'alphabétisation du PIP procure une ouverture consciente et un enracinement sans nostalgie. Par elle, le Fuutanke doit bâtir son Bamtaare, le "développement vrai", humain, intégral et durable. Ce terme pulaar (peul), signifie élever, et mettre à la place qu'il faut, au point d'équilibre, "Bamtaare" est assimilé à un "développement vrai" plus équilibré et donc plus durable de l'Homme.

LES FACTEURS DE REUSSITE

LES FACTEURS DE REUSSITE Fort de ces résultats, l’US E a lancé une réflexion dans le

Fort de ces résultats, l’USE a lancé une réflexion dans le cadre de la validation des compétences de ses acteurs. Après un long mûrissement et une longue recherche dans le souci de rester toujours proche du terrain, est apparue la nécessité et la possibilité d'entreprendre avec un groupe composé d'alphabétiseurs, une formation adaptée à ce qu'ils sont et à leur mission en vue de développer leur capacité d'analyse et de réflexion en rapport avec des situations auxquelles ils sont confrontés.

en place un type de formation original visant à atteindre pleinement ces objectifs ».

Au mois de septembre 1997, les 17 Apprentis - Chercheurs qui ont continué le processus sur les 21 inscrits au départ ont obtenu leurs Unités de Valeurs sur la Monographie Villageoise, la Didactique des Adultes, l’initiation à la RECHERCHE-ACTION à Paris et l’Animation Villageoise. Cette dernière Unité de Valeur a été soutenue collectivement. En juin 1998, les 17 ont soutenu, devant le Directeur du Collège Coopératif de Paris et des autorités de l’USE, leur dernière unité de valeur intitulée Parcours de l’Acteur- Chercheur en « développement » à la base qui couronne ainsi ce processus de formation. Ils sont aujourd'hui titulaires d’un diplôme d’Acteur-Chercheur en Développement.

Cette formation a suscité beaucoup d'intérêt car elle a démontré que des recherches étaient possibles dans les langues africaines. En effet à la fin de cette première phase, certains se sont inscrits pour suivre la formation pour l’obtention du DHEPS qui est un diplôme français équivalent de la Maîtrise (Bac +4).

Ainsi, les facteurs de réussite ayant abouti à cette étape si importante tournent essentiellement autour des points suivants :

C'est à partir de cette réflexion que fut bâti le schéma de formation comprenant cinq Unités de valeur. Après échange entre les autorités du Collège Coopératif de Paris et de l'USE ainsi que les membres du personnel de l'USE on convint de la mise en place d'une formation sous forme d'unités de valeur tenant compte des vœux exprimés par les membres du personnel, les priorités de l'USE et les possibilités de formation du Collège Coopératif de Paris.

Dès 1990, on notait dans les réflexions ceci : « Grâce à ses alphabétiseurs, le P.I.P. devient une pépinière de ces hommes de terrain dont le Sénégal manque si cruellement, non pas des hommes enfermés dans une technique étroite, mais des hommes vivant en symbiose avec les villages qui découvrent les voies possibles d'un développement vrai ou « Bamtaare » suivant le mot pulaar. Ce qu'il faut, c'est donc, sans les couper du terrain, leur donner la possibilité d’acquérir les compléments de formation leur permettant d'assumer les responsabilités qui les attendent demain. C'est, sans doute, une des tâches essentielles du P.I.P. que de mettre

Facilitation d'un processus par lequel les populations conçoivent, négocient avec les bailleurs de fonds, mettent en œuvre et évaluent.

Valorisation de la langue et des ressources locales pour construire et/ou valoriser une identité.

Changement d'échelle qualitatif (diversification, valorisation des ressources humaines, etc.) et quantitatif (300 000 personnes touchées).

Importance de la validation villageoise dans les compétences et les programmes et de la représentation paysanne dans les instances de décisions.

Recherche permanente pour s'adapter aux situations, les modifier ou même en créer.

Transformation des alphabétiseurs en animateurs et en acteurs du développement.

Diversification des partenaires avec une approche programme.

Renforcement des compétences paysannes et appui à la création et au développement des compétences (formations, mise en œuvre de programmes, recherche action, etc.)

des compétences (formations, mise en œuvre de programmes, recherche action, etc.) Education de Base des Adultes

NOUVELLES ORIENTATIONS

Après quinze (15) ans d'alphabétisation (de 1985 à 2000), le PIP a jugé nécessaire de se désengager de l'alphabétisation primaire au profit des organisations de base. Ce choix se justifie pour les raisons suivantes :

522 alphabétiseurs-relais ont été formés par le PIP

402 villages ont bénéficié de centres d'alphabétisation avec l'appui du PIP

Un nombre assez important d'organisations dans le département ont des programmes d'alphabétisation.

Le développement important d'organisations de base généralement nées de la dynamique autour des centres villageois de formation et dont la plupart, aujourd'hui, sont aptes à prendre en charge la formation primaire.

Il s'agit maintenant pour le PIP d'appuyer les programmes d'alphabétisation qui lui sont soumis par les organisations de base. L'appui financier et pédagogique que le PIP apporte, vient seulement en complément aux efforts que ces organisations ont accepté de consentir. Ce partenariat, nouvelle formule, est matérialisé par un protocole définissant les obligations de chacune des parties.

C'est la consolidation d'une stratégie qui avait été amorcée il y a plus de quatre ans et où le PIP prenait en charge les indemnités des alphabétiseurs, le suivi pédagogique et l'appui en matériel. C'est pour encourager la réappropriation effective des programmes d'alphabétisation que cette nouvelle stratégie a été initiée.

Les animateurs du PIP, anciens alphabétiseurs, quant à eux se consacrent désormais à l'accompagnement des organisations de base et à la post-alphabétisation sur la demande des intéressés.

Grâce au rôle polyvalent de l’alphabétiseur une véritable dynamique se crée dans tous les villages où existe un centre d’alphabétisation pour favoriser la mobilisation des ressources locales aussi bien humaines que financières, au plan interne comme externe avec l’apport inestimable des émigrés. Beaucoup de réalisations ont vu le jour grâce aux moyens propres des communautés villageoises : puits, cases de santé, jardins maraîchers, etc.

PERSPECTIVES ET DEFIS DU PROGRAMME

Le programme a su provoquer l’adhésion des populations et montré que nos langues peuvent être de véritables véhicules du savoir. Il reste maintenant à faire face aux défis suivants :

Poursuivre les recherches pour répondre aux besoins de formations qualifiantes en langues nationales

Mettre un accent particulier sur l’édition d’ouvrages portant sur des domaines de connaissances pointues en agriculture, élevage, TIC, santé… pour

faire face à l’importante demande des « néo- intellectuels ».

Eviter que l’environnement de l’alphabétisation ne soit vicié par des opérateurs peu soucieux des intérêts des populations

Arriver à convaincre nos Etats de la nécessité à reconnaître les capacités des personnes formées en langues nationales par la mise en place d’un système d’équivalence

Participer au renforcement de la mobilisation des organisations de la société civile pour la promotion de l’Alphabétisation et de l’Educaton Non Formelle

CONCLUSION

L'alphabétisation doit être promue comme une démarche de développement par la conscientisation pour un épanouissement de l'homme qui devient acteur de son destin. C’est dans ce cadre que l'alphabétisation Bamtaare du PIP ne suit pas les sentiers battus.

Elle reste une démarche originale qui est un fruit du "Ceernalmudaagal", compris comme un processus « d’apprentissage tout au long de la vie ». Cette démarche consiste non seulement à écouter attentivement les auditeurs mais aussi et surtout à prendre en compte leurs idées fécondes pour aider à entreprendre leur auto-promotion.

Pour sortir du piège du Marché, de la spécialisation et de la professionnalisation, les « opérateurs » doivent se

considérer comme des acteurs de développement et valoriser les dynamiques organisationnelles dont ils ont l'expérience par des échanges et une mutualisation de leurs ressources. Ce ne sont que les populations, s’appuyant sur leurs dynamiques villageoises qui peuvent reconnaître un statut aux alphabétiseurs et en définir le profil.

Aussi, pour s'affirmer et affirmer l'importance de l’Alphabétisation, les Organisations de la Société Civile actives pour l’Éducation de Qualité Pour Tous, doivent développer, autour d’une dynamique unitaire, un plaidoyer fort pour que les langues nationales soient introduites dans le Formel et que leurs expériences y soient valorisées et leurs compétences employées.