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Discours des vœux 2011 – Monique Papin, maire de Dammartin-en-Goële

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Ces vœux se déroulent à une heure inhabituelle et seront un peu écourtés du fait du
débat public sur le projet de métro automatique du Grand-Paris qui aura lieu tout à
l'heure au Mesnil-Amelot. Je pense que vous êtes nombreux à vouloir y assister, c'est
pourquoi vous échapperez cette année à la succession de discours habituelle, succession
certes toujours un peu longue mais symbolique de l'esprit républicain qui permet la
cohabitation pacifique des intérêts divers et des opinions différentes.

Le début de l'année 2010 a été marqué par le démarrage de la ZAC de la Folle-


Emprince. Malgré une gestation longue, difficile, douloureuse, les premières livraisons
de logements auront lieu à la rentrée 2011 et j'ai le plaisir, dès maintenant, de vous inviter
à la cérémonie d'inauguration de la voie structurante de ce quartier, en présence de
M. Robert Badinter, dans cette avenue qui portera son nom.
Ce démarrage nous a aussi permis de débloquer d'autres projets, ainsi, la future zone
d'activités des Huants, dans le prolongement de la zone des Prés-Boucher. Notre
opérateur a pu procéder à l'achat des terrains en fin d'année.
La petite zone commerciale, accompagnant notre ZAC, devrait démarrer prochainement,
le projet ayant été accepté à l'unanimité en CDAC puis confirmé en CNAC.

Dans une ville, il y a toujours beaucoup à faire. Notre voirie a subi l'usure du temps et,
après la requalification du centre ville, c'est un programme d'entretien plus large que
nous avons démarré en 2010. Ainsi, ce sont 370.000 euros qui ont été investis et un
montant proche sera désormais affecté chaque année, dans le cadre d'un plan
prévisionnel d'investissements, afin d'entretenir des voies de plus en plus sollicitées et
qui souffrent aussi des rigueurs des intempéries.

En même temps, nous poursuivons nos efforts d'embellissement afin de préserver un


cadre de vie serein et harmonieux. Je félicite les services et les personnels grâce
auxquels nous avons obtenu en 2010 la fleur d'or départementale à l'occasion du
concours des villes et villages fleuris. Cette première place au concours départemental
nous incite a viser maintenant la fleur régionale et je sais que nos agents y travaillent
déjà.

Si les associations sont indispensables pour offrir des espaces de convivialité en dehors
des circuits marchands et créer des solidarités locales, comme elles le montrent dans leur
action quotidienne, elles sont aussi un élément essentiel pour créer les animations qui
offrent à la fois des occasions de rencontres et des moments de plaisir. C'est ainsi
que de nouvelles animations ont pu être proposées aux Dammartinois en 2010, grâce à
un partenariat fort entre les associations et la ville, qui a mobilisé les services, les

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centres de loisirs, le centre social et culturel Georges-Méliés pour un été de fête avec la
première édition, très suivie, de F'été Dammartin. Une initiative dont le succès et la
fréquentation nous incitent à la poursuivre et l'amplifier. Merci à toutes et à tous.

Dans le lot des soucis que les villes doivent accompagner, je ne peux m'empêcher de
revenir sur la situation locale de l'Éducation nationale. C'est à l'unanimité des maires
du canton que nous avons tous réclamé le maintien du CIO dont la disparition aurait
été une moins value lourde de conséquences pour nos jeunes. Les politiques drastiques
de réduction de moyens dans ce ministère nous amènent aussi à la disparition
programmée des Rased, les réseaux d'aide, alors que les conditions de la réussite
scolaire ne sont pas réunies et que Dammartin, comme les autres communes du
canton, souffre de l'incapacité qui est désormais celle de l'Éducation nationale à
assurer le remplacement des enseignants absents. Nous sommes intervenus sur ces
questions, le conseil municipal a voté à l'unanimité des motions d'alerte mais les
réponses qui nous sont faites par l'inspection d'académie nous disent en somme « nous
faisons avec les moyens qu'on nous donne ». Cette question de la formation initiale
reste pour nous prioritaire et c'est pourquoi, au-delà des constats, nous avons fait
l'effort d'offrir une partie du terrain pour la construction du lycée public et nous
soutenons l'initiative départementale de demande d'installation de l'institut supérieur de
l'aérien dans notre territoire, institut que la ville de Dammartin-en-Goële pourrait accueillir.

Toujours avec l'objectif de participer à l'accès de chacun au savoir, à la culture, aux


droits et aux loisirs nous avons poursuivi nos efforts avec la médiathèque mais aussi
avec le Centre social et culturel qui a obtenu en fin d'année un nouvel agrément de la
Caisse d'allocations familiales pour trois ans.

L'année 2010 a été, plus que les années précédentes, celle des projets. Nous avons été
concernés par la définition du projet de territoire avec le Conseil général, par le projet
de Grand-Roissy et par le projet de Grand-Paris. La ville s'est fortement impliquée dans
les différentes conférences territoriales ainsi que dans les commissions et débats publics
associés à ces projets. C'est l'évolution de notre territoire qui se joue en ce moment
et, dans toutes les hypothèses de travail, la place de ville-centre qu'occupe Dammartin
est confortée.

Si, pour le projet de Grand-Roissy, les hypothèses de futurs possibles seront étudiées
dans les prochains jours – et le mois de janvier va être un mois central pour nous – pour le
Grand-Paris les débats se terminent. La rencontre de ce soir au Mesnil-Amelot va nous
permettre d'apporter chacun nos visions. La ville de Dammartin-en-Goële s'est prononcée
en décembre sur ce projet, dans un cahier d'acteurs qui a été versé au débat public mais
aussi par une délibération en conseil municipal qui rappelle l'importance du plan de
mobilisation pour les transports de la Région Île-de-France qu'il est nécessaire de
poursuivre, tout en nous déclarant favorables au projet de métro automatique à la

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condition qu'il puisse être un atout pour notre territoire par l'implantation d'une gare de
voyageurs au Mesnil-Amelot, en plus de celle qui desservira l'aéroport, nouvelle gare
adossée à l'atelier de maintenance qui serait, lui, déplacé hors de l'enceinte aéroportuaire.
J'insiste sur cette notion de gare supplémentaire en plus de celle de l'aéroport, qui est la
position définie à l'unanimité au sein du SIEP. Il ne s'agit pas, pour nous, d'enlever la gare
de l'aéroport adossée au TGV et au RER, mais bien de déplacer l'atelier de maintenance
et de lui adosser une nouvelle gare de voyageurs. Nous verrons ce soir ce qu'il ressort du
débat au Mesnil-Amelot, mais j'ai cru comprendre que la position que nous défendons
pourrait être examinée favorablement.

J'en viens maintenant à 2011. Si les études prévues dans le cadre de notre contrat
Caducé avec le Conseil général ont démarré en 2010, 2011 sera l'année du début des
réalisations.

Ainsi les locaux libérés par les Pitchounes seront livrés dans quelques jours, rénovés et
réadaptés, pour accueillir la Ludothèque, créant ainsi en centre ville un nouvel espace
dédié à l'éveil, à la culture, à la vie sociale.

Les travaux de création d'une maison pour les jeunes, qui était envisagée à la
Chaumière, démarreront à la fin de l'année. Ils sont financés par la commune, par le
Conseil général dans le cadre du contrat Caducé, mais aussi par Nicole Bricq,
sénatrice, que je remercie pour sa participation à hauteur de 50.000 euros dans le cadre
des fonds parlementaires.

La vie sociale bénéficiera aussi, place des Prieurs, d'un nouveau logement d'urgence et
de l'extension de bureaux qui seront mis à disposition de la Croix-rouge, ces travaux sont
réalisés par les services municipaux.

Autre investissement de taille, qui sera entièrement réalisé dans l'année, le rond-point
d'accès à la zone d'activités. Il va permettre de supprimer complètement le trafic de
camions sur le RD 13. Il est financé par l'aménageur à hauteur de 350.000 euros, par le
Conseil général à hauteur de 200.000 euros et par M. Copé à hauteur de 9.000 euros
dans le cadre de la réserve parlementaire. La ville assure le financement complémentaire.

Un financement des investissements qui, comme dans toutes les autres communes, se
fait sans véritable visibilité de l'évolution des ressources communales. 2011 est la pre-
mière année d'application des réformes fiscales de l'État, faites dans la précipitation,
source de confusion et d'incertitudes qui n'aident pas à programmer les actions
d'avenir dans la sérénité. Cela ne facilite pas la vie des entreprises du bâtiment et des
travaux publics pour qui les marchés publics représentent une source essentielle de leur
chiffre d'affaires. Ces incertitudes restent en ce début d'année, alors que nous affinons
nos budgets. Ainsi, sur les nouvelles taxes en remplacement de la taxe profes-sionnelle,

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l'écart entre les prévisions faites par Bercy pour notre commune et celles qui nous sont
communiquées par le Trésor public est de 60.000 euros, soit un peu plus de 10% du total
des recettes escomptées. Écarts d'estimations qui s'ajoutent au gel des dotations et
pénalisent les communes dynamiques, qui accueillent de nouveaux habitants et
développent les services.
Malgré ces aléas, nous continuons à assurer les services publics comme le scolaire, le
social et bien sûr notre soutien aux associations, qui sera maintenu, le tout sans
augmentation des taux d'imposition.

Nous avons maintenant la confirmation du démarrage des travaux du lycée public dont
l'ouverture est prévue en 2012. Le gymnase d'accompagnement du lycée sera
construit par le syndicat mixte, ce qui nous permet de financer cet équipement par
l'impôt économique et non par la fiscalité locale et les ménages. Ce lycée est un
équipement structurant qui va trouver sa place au sein d'une zone habitée, qui, se
déployant également autour du Collège de l'Europe permet d'intégrer la fonction de la
formation initiale au tissu urbain. Alors que jusqu'ici les équipements de l'enseignement
secondaire avaient été construits en dehors du cadre de vie, c'est pour nous la
concrétisation d'une volonté forte, une manière de dire à nos jeunes qu'ils font partie de
notre communauté et que les lieux qui leur sont destinés se trouvent aussi intégrés dans
l'espace commun. C'est le même message que nous adressons aux parents, aux
éducateurs, à l'ensemble des acteurs de l'éducation en choisissant de créer une maison
pour les jeunes dans le cœur de la ville, sur l'esplanade du château dans l'ancienne
Chaumière, comme un trait d'union entre l'avenir qu'ils représentent et l'ancrage local
que nous leur léguons en héritage.
Toujours dans cette construction de l'avenir qui est notre devoir le plus passionnant nous
poursuivrons en 2011 les actions de partenariat pour la définition des espaces à
protéger, notamment l'espace naturel sensible que nous avons initié il y a maintenant 5
ans, désormais porté en partenariat avec la Région Île-de-France et pour lequel une
prochaine rencontre de travail entre les communes concernées et l'Agence des Espaces
Verts de la Région aura lieu à Dammartin le 19 janvier. Au moment où l'État, la Région, le
Département se penchent sur des projets de ter-ritoire autour de l'aéroport, il nous
appartient d'indiquer aussi les destinations que nous souhaitons donner à nos
espaces, en particulier à ceux qui nous permettront de préserver la richesse de notre
faune et de notre flore et qui participent à la sérénité du cadre de vie de Dammartin.
Cette protection de nos paysages n'est pas un combat d'arrière-garde ou de pur
conservatisme, c'est la prise en compte de la valeur, au sens non marchand, que peut
avoir la diversité naturelle dans laquelle nous choisissons de vivre.

Pour autant, nous poursuivrons également nos projets d'aménagement et travaillerons


tout au long de l'année à la définition plus précise du contenu des phases 2 et 3 de la
ZAC de la Folle-Emprince, en réactualisant ses carac-téristiques durables et
environnementales qui faisaient déjà partie intégrante du projet en 2004. Mettre a profit le

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retard qui a été pris pour des raisons qui nous sont étrangères pour intégrer les
nouvelles dispositions environnemen-tales promues par la Région Île-de-France est
notre souhait.

Je souhaite dire un mot des intempéries que nous venons de vivre et plus particulièrement
des épisodes neigeux de décembre. Nous avons tous vécu des circonstances
exceptionnelles et toutes les communes de Seine-et-Marne, et d'ailleurs, ont été
confrontées à la pénurie de sel et aux difficultés à la fois de l'enneigement, du verglas et
de la circulation intense. Les services municipaux ont travaillé certains jours de 3h30 du
matin jusqu'au milieu de la matinée pour reprendre l'après-midi jusqu'à 21h30. Les
mêmes qui ont fait cette amplitude de journée étaient de nouveau à pied d'oeuvre dès
3h30 le lendemain, n'ayant disposé que de 5 heures de repos nocturne afin de permettre
aux Dammartinois de bénéficier de rues dégagées au moment de partir travailler.
Pourtant, nous avons été assaillis de mails, de courriers, d'appels téléphoniques et même
de personnes qui se sont déplacées en Mairie, souvent pour insulter les fonctionnaires qui
ne sont pas responsables du temps qu'il fait. Pas plus que les élus d'ailleurs.
Je remercie les Gendarmes et les Pompiers qui nous ont accompagnés, ainsi que
tous ceux qui sont restés travailler pour accueillir les naufragés de la route dans notre
gymnase.

De même qu'un petit volcan inconnu a totalement perturbé le trafic aérien mondial cet été,
de même un épisode neigeux a perturbé l'aéroport cet hiver et, pas de chance, la
circulation dans nos communes n'a pas échappé aux difficultés. Il faut que chacun se
rende compte que la nature n'est pas maîtrisable en fonction des désirs et des besoins
personnels et que, dans une rue qui n'est pas circulante il ne sert à rien de déverser
des tonnes de sel, mais les équipements individuels, chaînes ou chaussons, peuvent
être très efficaces. Il ne suffit pas de payer des impôts pour avoir droit à un service
individuel alors même que le service collectif ne peut pas être rendu et la vraie vie ce
n'est pas comme un clic de souris dans un jeu virtuel sur ordinateur. En deux
semaines, nous avons déversé 100 tonnes de sel dans notre ville, ce qui n'arrange pas
les voiries. Mais surtout, nous avons dépensé en deux semaines ce que nous
utilisons d'habitude en deux ans.

J'aurais aimé, j'en forme le vœu, qu'en mettant le nez dehors chacun prenne la dimension
de la force de la nature et celle de nos moyens limités.

Je ne peux pas terminer sans parler de l'intercommunalité. La loi nous fixe jusqu'à la fin
de l'année pour remettre de l'ordre dans la configuration aberrante de la coopération
intercommunale de notre canton, avec trois communautés de communes sans
continuité géographique et nombre de syndicats intercommunaux.

Nous voyons l'importance des enjeux qui nous attendent autour de la plate-forme

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aéroportuaire et réorganiser l'intercommunalité n'est pas un exercice que l'on fait entre
la poire et le fromage. Il est indispensable d'unifier nos structures, voire même
d'envisager une configuration géographique plus large. Il est nécessaire
d'harmoniser les compétences, d'harmoniser les financements, de cerner comment
chacun sera appelé à participer financièrement dans le cadre d'une nouvelle
configuration, de négocier les modalités de lissage des interventions différentes de
chaque communauté de communes actuelle envers ses populations et aussi d'envisager
de quelle manière la nouvelle fiscalité issue du regroupement sera appliquée. C'est un
travail long, qui à mon sens aurait déjà dû être démarré, or, à ma connaissance, aucun
rendez-vous n'est pris en ce sens.

Chers collègues, je profite de ces vœux pour vous inviter à prendre date dans les
meilleurs délais pour amorcer ce travail de regroupement.

Dammartin-en-Goële, qui est le chef-lieu de ce canton, ne souhaite pas que le


regroupement intercommunal finisse par se faire par défaut et par décision de l'État
parce que nous n'aurons pas su faire le nécessaire.

Il faut, en tout état de cause, que la nouvelle intercommunalité nécessaire autour de


la plate-forme aéroportuaire soit définie cette année.

Avant de passer au verre de l'amitié qui nous attend et après avoir décliné ce que la ville
a réalisé ou espère faire, le plus souvent grâce aux partenariats noués avec vous, grâce
aux financements croisés qui permettent aux différentes institutions de travailler en
commun plutôt que de s'ignorer en agissant chacune dans un pré carré étanche, je vous
souhaite, à titre personnel mais aussi au nom de la ville et du conseil municipal, pour
vous, pour ceux qui vous sont chers et pour ceux que vous représentez, une bonne année
2011, une année d'espoir, de projets et d'épanouissement dans toutes les coopérations
sans lesquelles il n'y aurait pas de vie en société possible.

Merci pour votre présence, pour votre soutien et pour votre amitié.

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