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- Nous vivons dans une société paradoxale dans

laquelle les pessimistes et les optimistes s'affrontent.

La liberté des modernes offre un horizon de


sens puissant et fécond aux individus que nous
sommes : choisir sa vie autant que possible
tout en cultivant des liens de qualité avec son
entourage

Le désir d'agir et de servir est la seule planche


de salut dans un monde qui n'est plus
religieux.
Pierre-Henri Tavoillot

Le mot humanisme est un mot-valise. Toutes les


entreprises aujourd'hui veulent «mettre l'homme au
centre». Il s'agit surtout de belles formules inscrites
dans les chartes éthiques. L'humanisme n'est pas une
valeur donnée, c'est un programme de travail. Ce
qui le rend difficile, c'est que la définition même de
l'humain est en chantier. Quelles sont ses frontières:
quand est-ce que cela commence et quand est-ce-que
cela s'arrête? Un embryon est-il déjà un humain? Un
«vieux sénile» est-il encore un humain? Comment
penser le rapport à la machine et à l'animal? Depuis
des millénaires, l'injonction fondamentale de
l'éthique n'a pas changé: «Ne fais pas à autrui ce que
tu ne voudrais pas qu'autrui te fasse».
On va vers une complémentarité responsable
entre l'humanité et ses marges (IA, robot,
animalité, environnement …).
Pierre-Henri Tavoillot
Aujourd'hui, la question se pose de savoir: qui est
autrui? Qu'est-ce-que l'homme à l'heure des
nouvelles technologies et de l'intelligence artificielle?
Devant ce bouleversement, il faut à mon sens garder
un sang-froid vigilant: on ne va ni vers un
remplacement, ni vers un dépassement de l'humain.
On va vers une complémentarité responsable entre
l'humanité et ses marges (IA, robot, animalité,
environnement …). Si je prends l'exemple des
maisons de retraite, il y a deux démarches possibles:
mettre un robot pour ne plus avoir à s'occuper des
personnes âgées, ou mettre un robot pour libérer les
personnels des tâches mécaniques et permettre une
meilleure qualité du soin. De même, une application
qui permette d'être en contact avec les familles et les
patients, cela ne remplace pas la visite, mais permet
d'être préparé à l'évolution de l'état de santé du
patient. Cette complémentarité homme/machine est
formidablement prometteuse, mais elle exige
toujours d'être conçue avec soin.
Face au transhumanisme vous plaidez pour un
humanisme qui accepte les étapes de la vie…
Les âges de la vie ont été bouleversé. Personne
aujourd'hui ne veut faire son âge, alors que jadis
c'était l'âge qui nous faisait. Il nous donnait notre
identité et nous dictait notre conduite. Tout cela
semble s'être brouillé: qu'est-ce qui interdit d'être
femme fatale à 7 ans et teenager à 80 ans? Mais le
plus grand impensé de notre époque c'est l'adulte,
qui fut toujours l'âge pivot. Qu'est-ce qu'un adulte?
Ce n'est plus un uniforme qu'on endosse, ou comme
disait jadis Léon Bourgeois, être «un père de famille,
un soldat, un citoyen» (qui pensait que seul l'homme
pouvait l'endosser).
Femme et homme entrent aujourd'hui dans
l'âge adulte, avec le sentiment qu'il ne le sera
jamais totalement.

Pierre-Henri Tavoillot
Femme et homme entrent aujourd'hui dans l'âge
adulte, avec le sentiment qu'il ne le sera jamais
totalement ; c'est un horizon qui recule au fur et à
mesure qu'on avance: horizon d'expérience, de
responsabilité, d'autonomie. C'est un système de
sagesse, qui organise notre rapport au monde, aux
autres, et à soi-même. Il y a une phase d'entrée dans
l'âge adulte, souvent par la parentalité ou par des
expériences difficiles, comme le deuil. Le grand défi
de l'éducation, c'est de remettre l'âge adulte au
centre du système.
Comment fabrique-t-on et comment protège-t-on les
adultes? A partir de là, c'est tout le fil de l'existence
qui s'éclaircit. La protection de l'enfance doit être
repensée, car c'est plutôt la volonté de grandir des
enfants et non pas l'enfance comme telle qu'il
convient de préserver. De même pour le grand âge.
On dit souvent que bien vieillir c'est rester jeune et
en bonne santé: c'est le rêve transhumaniste. Si on
pense cela, on se voue au malheur, car la vieillesse
peut être repoussée, mais elle ne sera jamais abolie.
Si on dit en revanche que bien vieillir c'est rester
adulte et rester en lien avec les autres, on formule un
objectif qui a du sens. Bref, sur tous ces points, il
convient de concevoir une nouvelle politique des âges
de la vie.

La philosophie politique est une branche de


la philosophie qui étudie les questions relatives
au pouvoir politique, à l'État, au gouvernement, à la loi,
à la politique, à la paix, à la justice et au bien
commun entre autres. Elle est considérée comme une
des branches de la philosophie pratique à côté de
la philosophie du droit et de la philosophie morale.
En tant que recherche philosophique, elle se distingue
de celles menées par les sciences humaines et
sociales (sociologie, histoire, psychologie, psychologie
politique, science politique) en ce que, à la différence de
celles-ci qui s'attachent à ce qui existe historiquement et
particulièrement, elle est fondée sur la recherche d'un
universel, guidée par la question du juste, du meilleur et
du légitime1. Cette recherche aboutirait-elle à
l'impossibilité de son achèvement que cela ne changerait
pas la nature de la recherche.
De nos jours, la science politique est devenue
inséparable de la philosophie politique

L'homme et la politique en Grèce antique par le chanoine


Roland Jaque noud, professeur de grec
«L'homme est par nature un animal politique

1». La célèbre injonction de la Politique d'Aristote montre assez bien que l'«art de vivre en
cité» (traduction littérale du terme grec politikè) était pour les Anciens l'un des domaines
essentiels tant de l'agir que du savoir humains. La communauté de la cité (en grec: polis) fut
une réalité en Grèce dès la période archaïque (VIIIe siècle av. J.-C); les Grecs vivaient alors
dans une multitude de cités qui étaient autant d'«états indépendants», pour reprendre un
concept de l'époque moderne. Elle fut aussi l'un des objets majeurs de la philosophie grecque
des V e et IVe siècles av. J.-C, qui y voyait une nécessité pour la survie de l'homme et le seul
milieu où celui-ci put réellement se développer en tant qu'être humain.

On se souvient du mythe de la génération des espèces animales dans le Protagoras de Platon


2 . Selon ce récit, au moment de l'apparition des animaux, Epiméthée et Prométhée reçurent la
mission d'attribuer à chaque espèce les qualités naturelles qui devaient lui permettre de
survivre dans le monde. Dans la répartition de ces qualités, l'être humain fut oublié, si bien
qu'au moment de sa venue sur terre, il ne resta plus rien à lui procurer pour lui assurer son
salut. Prométhée décida alors de voler aux dieux un certain nombre d'arts qui leur sont propres
et de les confier aux hommes. Il parvint à dérober le feu à Héphaïstos et l'habileté technique à
Athéna, mais ne réussit pas à s'emparer de la politique, 1 ARISTOTE, Politique, 1253 a 3. 2
PLATON, Protagoras, 320 c 7 s. 49 3 ARISTOTE, Politique, 1253 a 3. 4 HOMERE,
Odyssée, chant IX, vers 187 s. c'est-à-dire l'art de vivre en cité, qui était bien gardée auprès de
Zeus. Ainsi armés, les hommes commencèrent leur existence terrestre, mais leur incapacité à
vivre en cité faillit causer leur perte. Ne pouvant pas se réunir, ils n'étaient pas assez forts
pour lutter contre les bêtes sauvages, et lorsqu'ils tentaient de se rassembler malgré tout, «ils
se lésaient réciproquement, faute de posséder l'art politique», selon les termes de Platon.
Comme l'espèce humaine risquait tout bonnement de disparaître, Zeus décida de venir lui-
même à son secours et lui fit don de la pudeur et de la justice, «afin qu'apparaissent l'ordre
dans les cités et les liens créateurs d'amitié». La politique était née.

Plus que l'art de diriger un état, la politique est donc pour les Grecs l'art de vivre ensemble.
Cet ensemble qu'est la polis est vu comme parfaitement organique, tirant son origine de la
nature même de l'homme. Un homme qui ne vit pas en cité ne saurait être un humain
véritable. C'est ce qu'affirme Aristote au premier livre de la Politique: «Celui qui est sans cité
est, par nature et non par hasard, un être ou dégradé ou supérieur à l'homme» 3 . Dans un cas
comme dans un autre, il n'est plus un homme.

Cette conception de la vie politique comme faisant partie intégrante de la nature humaine
remonte, semble-t-il, aux origines de la pensée grecque. Dans l'Odyssée d'Homère, le
Cyclope, cet être terrible qui vivait «seul, loin des autres», qui «ne les fréquentait pas et restait
à l'écart» est qualifié d'«homme... (qui) ne ressemblait même pas à un homme mangeur de
blé.»4 Pour Homère, le Cyclope n'a pas grand chose d'un être humain, et son manque
d'humanité est justement lié à sa vie à l'écart de la société des hommes.

50 Toute la pensée archaïque va élaborer une vision du monde opposant la vie politique à la
vie sauvage, réservant la première à l'homme accompli. Du coup, la polis est non seulement le
lieu naturel qui protège l'être humain, elle est aussi ce qui l'oppose au monde extérieur.
Jusqu'à la fin de l'époque classique, la cité est vue essentiellement comme une société fermée.
On sait qu'il était extrêmement difficile de se faire «naturaliser» dans une cité grecque. Selon
la tradition, Sparte n'a accordé qu'une seule fois dans son histoire la citoyenneté à un
«étranger» (il faut entendre par ce terme un Grec non Spartiate), et encore était-ce sur l'ordre
de l'oracle d'Apollon à Delphes. Athènes était un peu plus libérale, mais même là, les cas de
naturalisation restent rares. Un bon exemple est celui du sophiste Protagoras: originaire
d'Abdère, il vécut fort longtemps à Athènes et fut l'un des grands amis de Périclès. Les
Athéniens avaient sa «science politique» en si haute estime qu'ils le prièrent d'établir une
constitution pour régir la colonie de Thourioi que la cité venait de fonder. Il n'a pourtant
jamais été question de lui octroyer la citoyenneté athénienne. Selon Aristote, la cité idéale doit
vivre en autarcie 5 . Elle est en soit un petit monde, dont les règles sont à l'image de celles qui
régissent l'univers. Ces règles sont résumées dans le principe de dikè, le mot grec signifiant
justice.

Que la justice soit l'un des fondements de la vie en société n'a en soi rien d'étonnant pour
nous. Mais c'est le sens que les Grecs donnaient à ce terme qui distingue leur pensée de la
nôtre. La définition du Robert fait de la justice une «juste appréciation, reconnaissance et
respect des droits et du mérite de chacun». Cette définition de la justice à partir de l'individu
ne saurait être pertinente pour la Grèce antique. Les Anciens considéraient la justice avant
tout comme le garant d'un équilibre. Equilibre entre le trop et le pas assez, elle rejoint la
morale ancienne du juste milieu. La justice, c'est que chaque chose, chaque être, occupe la
place qui lui est assignée, sans chercher à vivre au-dessus ni au-dessous de celle-ci. Elle est
garante de l'ordre, qui est autant celui de la cité que celui de l'univers tout entier. L'injustice,
c'est la rupture de cet équilibre, source de désordre. Un individu isolé est injuste dans la
mesure où il rompt l'ordre qui est celui de sa cité.

Dans le Craton, Platon pousse cette idée jusqu'à son extrême limite. Socrate vient d'être
condamné à mort et attend en prison l'exécution de la sentence. Que cette condamnation soit
une injustice, aucun des protagonistes du Craton ne le met en doute, ni Platon non plus, selon
toute 5 ARISTOTE, Politique, 1452 b 29. 5 1 vraisemblances. Se pose alors la question de
fond: Socrate aurait-il le droit de s'enfuir pour échapper à la loi le condamnant, et ce faisant,
de répondre à l'injustice de la cité par une autre injustice. Intervenant dans la discussion, les
lois elles-mêmes vont fournir une réponse dont on ne peut comprendre la force que si on la
replace dans le contexte antique. «Dis-nous, Socrate, s'exclament-elles, qu'as-tu dessein de
faire? Que vises-tu par le coup que tu vas tenter, sinon de nous détruire, nous les lois et la cité
tout entière? Crois-tu qu'une cité puisse encore subsister et n'être pas renversée, quand les
jugements rendus n'y ont aucune force et que les particuliers les annulent et les détruisent?6 ».

La fuite de Socrate est vue par les lois comme une destruction pure et simple de la cité. Un tel
radicalisme ne peut s'expliquer que si l'on prend en compte l'idée d'équilibre accompagnant
toujours le concept de justice. Si Socrate cherchait à échapper au jugement qui le condamne, il
serait bien plus injuste que ses juges, puisqu'il romprait cet équilibre, cet ordre qui assure la
cohésion de la cité.
C'est la justice pensée comme équilibre qui permet la célèbre comparaison ente la cité et
l'âme dans un autre ouvrage de Platon, la République. Une âme est juste dans la mesure où ses
trois parties, la rationnelle, l'irascible (ou la courageuse: deux traductions possibles pour le
mot grec thumœidès) et la sensitive (littéralement: la partie qui désire) remplissent chacune
leur fonction, définies comme suit: la partie rationnelle gouverne, et à l'aide de l'irascible tient
en bride la partie sensitive. De même, une cité est juste dans la mesure où les membres de ses
trois classes, les dirigeants (définis comme ceux qui connaissent, c'est-à-dire les philosophes,
correspondant à la partie rationnelle de l'âme), les 6 PLATON, Craton 50 a 8 s. Les lois
continuent en construisant une argumentation autour du fait que la cité et sa législation
permettent la naissance de l'homme en fondant l'institution du mariage et de la famille, ainsi
que son éducation en régissant le domaine touchant à l'enseignement. En un mot, c'est la cité
qui fait l'être humain, de sa naissance jusqu'à l'âge adulte. On retrouve ici le thème traité plus
haut: en dehors de la cité, l'homme n'est pas réellement un homme. 5 2 soldats (correspondant
à l'irascible) et les artisans-paysans (correspondant à la partie sensitive) remplissent aussi
chacune leurs fonctions et restent à leur place. Les Philosophes, détenteurs de la connaissance,
doivent gouverner, les soldats assurer l'ordre intérieur et la protection contre les ennemis de
l'extérieur; quant aux artisans-paysans, il leur impartit d'assurer la production des biens
matériels nécessaires à la vie de l'ensemble. Il y aura donc injustice tant dans l'âme que dans
la cité lorsque l'une des parties ou l'une des classes inférieures cherche à occuper la première
place. On reconnaît ici les éléments qui font de la République la première utopie
antidémocratique de la pensée occidentale. Elle n'aurait pas été possible, du moins sous cette
forme, sans l'idée maîtresse de l'Antiquité grecque, qui associait la justice à un ordre naturel
du monde, que celui-ci soit l'univers tout entier ou ces «microcosmes» que sont la cité ou
l'être humain.

La comparaison de la République entraîne une conclusion importante dans la réflexion sur


l'homme en tant qu'animal politique. Celuici n'est pas seulement politique parce qu'il ne peut
vivre ailleurs qu'en société; il est politique aussi parce que dans la structure même de sa nature
d'homme, il est fait à l'image de la cité, qui est elle-même une réduction de l'univers tout
entier. Tous les Anciens ne partageaient pas cette idée, à commencer par les sophistes, qui
préféraient voir dans la cité une création de circonstance plutôt que quelque chose liée à la
nature même de l'homme 7 . Mais majeure dans la philosophie politique de Platon, cette
conception de l'homme apparaît en filigrane dans toute la Politique d'Aristote. Etant par nature
un animal politique, l'homme aura comme premier devoir de participer à la vie de la cité, que
ce soit en accomplissant les tâches liées à la place qu'il y occupe, selon la pensée de Platon, ou
encore s'adonnant aux affaires publiques, selon la pratique d'une cité démocratique comme
l'était Athènes. Il faudra attendre l'arrivée de l'épicurisme, au tournant du IIIe siècle avant J.-
C, pour que se mette en place un système philosophique prêchant l'éloignement de la vie
publique. Jusque-là, le Grec est avant tout un citoyen de sa cité, et il ne saurait être citoyen du
monde en dehors de celle-ci.

7 L'un des exemple les plus extrêmes de la pensée sophistique sur le sujet est le discours de
Calicules, dans le Gorgias de Platon. Selon lui, la loi régissant la vie politique n'est là que
pour protéger les faibles et persécuter les forts. Qu'un homme assez fort survienne, il
parviendrait à renverser toutes ces conventions, et d'esclave il deviendrait le maître. Cf.
PLATON, Gorgias 483 a 1 s. Remarquons cependant que pour Calicules, le bouleversement
de la vie publique doit amener à la prise tyrannique du pouvoir par l'homme fort, sans qu'il
soit ici question pour l'homme fort de vivre à l'écart de la société des hommes. Calicules n'est
pas encore Nietzsche: le renversement des valeurs de la cité n'entraîne pas la suppression de la
cité en tant que telle. 5

COURTOISIE DE OSIAS KILLICK

Je m'inscris ici en s'inspirant du fil rouge de ce blog et à retranscrire des éventuelles lectures.
Des lectures qui m'ont permis de découvrir un auteur qui, vraisemblablement semble être
méconnu du monde littéraire. Pourtant, Edmond ABOUT, violemment anticlérical, connu
pour ses satires, grand polémiste s'est fait distinguer par  sa connaissance du rapport entre
l'homme et le milieu environnant ; entre l'homme et son repli sur soi .Du haut de ses 57 ans, il
nous a délivré un sempiternel message du futur. Un conseil pour penser autrement. Je me
permets donc de mettre sur ligne ces quelques mots, extraits de son ouvrage Le Roman d'un
brave homme (1880).

" On ne vous demande pas de miracles, on désire seulement que vous laissiez quelque chose
après vous.  
" Celui qui a planté un arbre avant de mourir n'a pas vécu inutile " . C'est un proverbe
Indien qui le dit. En effet, il a ajouté quelque chose à l'humanité. L'arbre donnera des fruits ou
tout au moins à l'ombre à ceux qui naîtront demain.
   Il n’y a pas aujourd'hui un homme intelligent qui ne se sente lié par des fils invisibles à tous
les hommes passés, présents et futurs.
  Nous sommes les héritiers de tous ceux qui sont morts, les associés de tous ceux qui vivent,
la providence de ceux qui naîtront.
Pour témoigner notre reconnaissance aux milles générations qui nous ont fait graduellement 
ce que nous sommes, il faut perfectionner la nature humaine en nous et autour de
nous...faisons que notre postérité soit meilleure et plus heureuse que nous.

Il n'est pas d'hommes si pauvres et si mal doués qui ne puissent contribuer au progrès dans
une certaine mesure. Celui qui a planté l'arbre a bien mérité, celui qui le coupe et divise en
planches a bien mérité; celui qui s'assied sur le banc, prend un enfant sur ses genoux et lui
apprend à lire, a mieux mérité que tous les autres...de cet enfant a fait un homme éclairé.

La géopolitique est une discipline qui existe depuis, au moins, trois siècles, fondée sur le
postulat que les décisions des états sont déterminées par leurs intérêts permanents, ces
intérêts permanents, eux-mêmes, étant déterminés, principalement, par des facteurs
d’ordre géographique, humain, économique et politique.

Au début du XXI e siècle, on admet généralement que l'« Occident » regroupe l'Europe


occidentale (c'est-à-dire l'Union européenne et l'AELE), le Canada, les États-Unis,
l'Australie, la Nouvelle-Zélande, voire l'Amérique latine. Les citoyens de ces pays sont
couramment appelés Occidentaux.
QU’EST-CE QUE L’HOMME ? Par Léon Sobel Diagne
Conseiller Pédagogique Itinérant PRF Dakar Loin d’une
question inconnue, le thème autour duquel nous
voulons bâtir notre réflexion est une préoccupation
capitale en philosophie, et principalement dans notre
programme de philosophie. Le 3ème axe majeur (les
grandes interrogations philosophiques) du 1er domaine
(la réflexion philosophique) le démontre parfaitement
dans son contenu indicatif intitulé : «L’interrogation
anthropologique». Ainsi deux fondements
philosophiques de cette interrogation devraient être
rappelés.
Premièrement : l’inscription au temple de Delphes :
«Homme, connais-toi, toi-même» que l’on attribue à
tort ou à raison à Socrate. Cet appel déjà vieux de plus
de deux mille ans n’a pratiquement rien perdu de son
actualité aujourd’hui.
Deuxièmement : les trois questions fondamentales de
Kant à savoir : - Que pouvons-nous connaître ? - Que
devons-nous faire ? - Que pouvons-nous espérer ?
Questions auxquelles on ajoute habituellement une
quatrième question non moins importante : - Qu’est-ce
que l’homme ?
Par simplification ou pour être plus conforme à notre
programme, cette question peut se ramener à
«l’interrogation anthropologique», c’est-à-dire à une
réflexion philosophique sur l’homme que nous nous
proposons de dérouler dans le cadre plus général de
l’anthropologie. I.
Définition de l’anthropologie I.
1- Sens étymologique
Au sens étymologique et premier du XVIème siècle, et
par opposition à la cosmologie (science du monde), à la
théologie (science de Dieu), l’anthropologie (du grec,
anthropos, logos) est la science de l’homme.
Coordination Nationale de la Formation Continuée du
Moyen et du Secondaire / Philosophie / Documents de
formation de 2004 Léon Sobel Diagne, Qu’est-ce que
l’homme ? Léon Sobel Diagne, Qu’est-ce que
l’homme ? 2 I.2. Sens philosophique Le sens
philosophique qui nous vient tout de suite en tête est
celui émis par Emmanuel Kant quand il dit :
«l’Anthropologie est l’étude philosophique de
l’homme» ou ce qui revient au même l’Anthropologie
comme «doctrine de la connaissance de l’homme,
systématiquement traitée».
1 I.3. L’Anthropologie d’un point de vue scientifique
Aujourd’hui, l’Anthropologie se définit comme
l’ensemble des sciences naturelles, sociales, etc.,
traitant de l’homme comme être animal (anthropologie
somatique) ou social (anthropologie culturelle)
.2 Le premier aspect de cette définition a dérangé plus
d’une conscience humaine. Très souvent, en effet, les
hommes n’aiment pas qu’on parle d’eux en termes
«d’être animal», quelles que soient les précautions
prises pour exorciser la formule. Il importe donc de
s’étendre davantage sur l’analyse de cette
caractéristique (l’homme, être animal) et les autres qui
l’accompagnent.
II. LE PROBLEME DE LA TRIPLE CARACTERISTIQUE DE
L’HOMME OU LA QUESTION : L’HOMME SE DISTINGUE-
T-IL DE L’ANIMAL ?
Animal parmi les autres animaux, l’homme ne se
distinguerait de ces derniers que parce qu’il est un
animal technicien (Homo faber), c’est-à-dire un
fabricant d’outils ; un animal qui parle (Homo loquens),
autrement dit un faiseur de signes ; un animal social
obéissant à des règles (Homo politicus). On pourrait
même ajouter à cette liste une quatrième
caractéristique, précisément celle de l’homme être de
besoins biologiques (Homo économicus).
Mais le problème, c’est que jusque-là, la démarcation
entre l’homme et l’animal n’est pas nette. Toutes ces
caractéristiques existent, ne serait-ce que de manière
instinctive, chez les animaux. Plusieurs exemples
peuvent étayer cela : celui du chimpanzé se servant
d’un bâton, c’est-à-dire d’une technique, si
rudimentaire soit-elle ; celui des abeilles qui
communiquent 1 Kant. E, Anthropologie du point de
vue pragmatique, trad. M. Foucault, Vrin, 1964, P. 11. 2
Cuvillier A., Nouveau Vocabulaire Philosophique,
Armand COLIN. 1976 (3ème trimestre). Coordination
Nationale de la Formation Continuée du Moyen et du
Secondaire / Philosophie / Documents de formation de
2004 Léon Sobel Diagne, Qu’est-ce que l’homme ? Léon
Sobel Diagne, Qu’est-ce que l’homme ? 3 au moyen de
signes, des dauphins qui émettent des ondes sous-
marines pour échanger avec leurs pairs ; des fourmis
qui vivent en société, tout comme les termites, etc.
Seulement tandis que l’homme déborde des cadres de
l’instinct et inventorie des moyens plus sophistiqués,
l’animal reste prisonnier des seules possibilités
instinctives. Cela tient lieu d’une première preuve de
démarcation, si mince soit-elle. Et comme si ces
caractéristiques ne suffisaient pas pour convaincre
définitivement de la démarcation entre l’homme et
l’animal, les défenseurs de la supériorité de l’homme
sur l’animal invoquent deux faits majeurs.
II. LES DEUX FAITS MARQUANT DE LA DISTINCTION
ENTRE L’HOMME ET L’ANIMAL
Premier fait- L’homme est capable de conduites
désintéressées. C’est le cas des connaissances
scientifiques et de l’art : des pratiques le plus souvent
détachées des besoins biologiques.
L’homme est également capable d’un amour
désintéressé, à la limite absurde. Huisman et Vergez, à
qui nous devons une large part de ces informations,
donnent l’exemple du soldat qui donne de l’eau à
l’ennemi blessé tout comme l’homme qui réchauffe un
oiseau agonisant. A ces exemples classiques pourraient
s’ajouter l’action bénévole des O.N.G.3 comme la croix
rouge, le croissant rouge, médecins sans frontières, etc.
Deuxième fait- Seul l’homme accomplit des actes
inutiles. Les deux exemples suivants le démontrent
éloquemment : il s’agit du rite du mariage d’une part,
et de l’enterrement des morts et la célébration des
funérailles d’autre part. Mais tout ceci se demande le
Comte de Noüy n’est-il pas une protestation contre
«l’accouplement animal» (le mariage) et le fait «d’être
enterré comme un chien» (les funérailles). Et Léon
Bloom de se demander : «pourquoi un homme qui a
vécu comme un cochon ne désire pas être enterré
comme un chien» ? Serait-ce au nom de ce qu’il
convient d’appeler la dignité humaine, leitmotiv des
religions et de la charte des Droits de l’homme ?
IV. L’INTERPRETATION RELIGIEUSE DE L’HOMME ?
3 Organisations Non Gouvernementales. Coordination
Nationale de la Formation Continuée du Moyen et du
Secondaire / Philosophie / Documents de formation de
2004 Léon Sobel Diagne, Qu’est-ce que l’homme ? Léon
Sobel Diagne, Qu’est-ce que l’homme ? 4 D’après les
religions monothéistes, pour ne pas dire révélées,
l’homme est un être créé libre et mortel. Il est doté
d’une âme, d’où sa dignité et sa supériorité sur
l’animal. Mais il y a, tout de même, une contradiction
quand on sait que le même homme grandi par rapport
à l’animal est humilié parce que conçu comme créature
d’un Dieu juge pouvant disposer de sa vie comme bon
lui semble. Le sort ainsi réservé à l’homme ne pouvait
qu’indigner des philosophes comme Nietzsche, Sartre
et d’autres qui vont se soulever en réhabilitant
l’homme.
Comme un couteau à double tranchant cette
interprétation humilie l’homme et le magnifie de
nouveau en faisant de lui un être privilégié, parce que
créé à l’image de Dieu. Le même Dieu qui lui a fixé une
destinée, une finalité, donc un avenir qu’il appartient à
l’homme lui-même, par sa soumission au créateur, de
donner une tournure positive.
Seulement il s’est avéré que l’interprétation religieuse,
malheureusement trop tributaire des mentalités naïves
d’époques arriérées, ne sera guère épargnée par le
développement spectaculaire des connaissances
scientifiques.
V. L’OFFENSIVE MATERIALISTE
- Les grandes découvertes astronomiques du XVIème
au XVIIème siècle ont largement contribué à la
démystification de la mentalité médiévale (voir les
découvertes de Copernic4 et Galilée
5 . - La théorie de l’évolution de Darwin6 au XIXème
siècle réaffirme à quelques nuances près l’animalité de
l’homme, tout au moins sa proximité avec l’animal.
Cette théorie qui soutient 4 Copernic Nicolas -
Astronome polonais (1473 - 1553). Il fut chanoine
(dignitaire ecclésial membre du chapitre, c’est-à-dire
du conseil d’une Eglise-Cathédrale). Auteur de la
révolution faisant passer la science des mouvements
planétaires du géocentrisme à l’héliocentrisme. Les
preuves de cette découverte seront apportées plus tard
par Kepler (Johannes, né à Well, Astronome allemand
1571-1630) et Galilée. Copernic ne publia son œuvre
que quelques jours avant sa mort, sans doute à cause
de ses fonctions de Chanoine, mais aussi et surtout par
crainte de la réaction des théologiens. 5 Galilée (Galileo
Galilei). Astronome, mathématicien et physicien italien
(1564-1642). Galilée a été condamné par l’Inquisition
en 1633 à abjurer publiquement sa thèse sur la rotation
de la terre. 6 Darwin Charles, naturaliste anglais, 1809 -
1882. Auteur de L’origine des espèces ( C. Reinwald).
Coordination Nationale de la Formation Continuée du
Moyen et du Secondaire / Philosophie / Documents de
formation de 2004 Léon Sobel Diagne, Qu’est-ce que
l’homme ? Léon Sobel Diagne, Qu’est-ce que
l’homme ? 5 essentiellement que l’homme descend du
singe s’appuie sur des données historiques et
biologiques7 jusque-là difficiles à réfuter.
Si l’homme du paléolithique supérieur (race de Cro-
Magnon) est proche de nous, tel ne fut pas le cas de
l’homme du Neandertal (face projetée), ni de l’homme
du paléolithique inférieur (pithécanthrope de Java, par
exemple).
8 - L’Anthropologie moderne, elle non plus, ne milite
pas en faveur de la dignité intrinsèque que revendique
l’homme.
+ Les progrès neurologiques attestent l’étroite
dépendance de l’esprit vis-à-vis de l’organisme.
+ La sociologie fonde nos idées et attitudes sur
l’éducation et par-delà l’influence du milieu, c’est-à-
dire le phénotype qu’on ne peut pas évoquer sans
penser au génotype, en somme ce qui relève des
gènes, de l’hérédité biologique.
+ La psychanalyse met à nu l’origine de nos rêves et
d’un certain nombre d’actes que nous posons avec
l’illusion d’une volonté consciente.
Toutefois ces faits qui accréditent de concert le
matérialisme doivent par le fait même susciter un
examen plus critique de cette tendance qui veut
méconnaître toute destinée humaine. Il est donc
nécessaire de procéder à un recentrage philosophique
du débat.
VI. LES NOTIONS D’ANTHROPOLOGIE CULTURELLE ET
D’ANTHROPOLOGIE PHILOSOPHIQUE
VI.1. Qu’est-ce que l’Anthropologie culturelle ?
Herskovits, un anthropologue américain
contemporain, n’y va pas par quatre chemins. Il rejette
toute assimilation de celle-ci (l’Anthropologie) à «la
science qui étudie les peuples 7 Cf. Annexe - texte
intitulé : L’évolution du monde, contexte historique de
l’apparition de l’homme. 8 Cf. Document d’illustration
en Annexe : (A), (A’), (A »), (B), © et Tableau (4 b).
Coordination Nationale de la Formation Continuée du
Moyen et du Secondaire / Philosophie / Documents de
formation de 2004 Léon Sobel Diagne, Qu’est-ce que
l’homme ? Léon Sobel Diagne, Qu’est-ce que
l’homme ? 6 primitifs».9 Car, dira-t-il en substance, ce
qui intéresse particulièrement l’anthropologie, c’est
l’acquisition d’une méthode comparative efficace dans
l’étude de tout groupe : primitif, civilisé, avec ou sans
écriture. L’Anthropologie culturelle se donne alors
comme l’étude de l’homme au moyen des éléments
culturels qui le caractérisent d’un peuple à l’autre et à
quelque niveau de l’histoire de l’humanité.
VI.2. L’Anthropologie philosophique «L’homme est à
lui-même sa fin dernière»10, dit Emmanuel Kant. Cette
assertion laisserait entendre que tout commence par
l’homme et finit en lui, en définitive que l’homme ne
doit chercher le fondement et la finalité de son action
qu’en lui-même. Et cela ne fait que corroborer la
deuxième maxime de Kant : «Agis toujours de telle
sorte que tu traites l’humanité en toi et chez les autres
toujours en même temps comme une fin et jamais
simplement comme un moyen».
L’anthropologie comme doctrine de la connaissance
systématique de l’homme peut revêtir un double sens.
Il s’agit d’une part de l’Anthropologie physiologique ou
«l’exploration de ce que la nature fait de l’homme» et
d’autre part de l’anthropologie pragmatique ou «ce
que l’homme, en tant qu’être de libre activité, fait ou
peut faire de lui-même.» Cette lutte pour se réaliser
humainement en dignité et conformément aux
aspirations légitimes d’un être doué de raison ; cette
lutte-là qui caractérise l’homme de l’Anthropologie
pragmatique, est le sens, la signification qu’il faut
donner à l’Anthropologie philosophique. Car c’est par
elle que l’homme se détourne des facilités de la nature,
de l’impulsivité des besoins biologiques et de
l’animalité de la pure espèce pour faire valoir l’idée
d’homme et toutes choses qui le rendent supérieur aux
bêtes.
Tout compte fait, la supériorité de l’homme sur
l’animal, en somme la dignité qu’il revendique à tout
prix, ne saurait être la conséquence d’une nature
humaine ou d’un don de Dieu, mais le résultat d’efforts
intellectuels (travail de la raison, développement de
l’intelligence et de ses produits : culture, art, etc.) et
psychologiques (l’amour du bien, la recherche du
bonheur, bref la volonté de tendre constamment vers
un idéal d’être). Toutes choses que l’animal, prisonnier
de sa nature, ne peut appréhender.

Ceci est un rappel de
l'ordre. Nous mourrons tous un jour. Ce que nous
croyons posséder n'est qu'illusion. Nous ne somm
es que les maillons éphémèresd'une chaîne que tr
aîne à ses pieds un fantôme nommé temps qui co
urt à l'infini droit sur le néant.