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DROIT ADMINISTRATIF GENERAL


Vol 6, Cours du Lundi 09 Novembre 2020

II-LES PRINCIPES GENEREAUX DE DROIT

C’est pour essayer d’illustrer la place de la jurisprudence dans le droit administratif en ce


qui concerne l’ordre juridique que les principes généraux de droit sont en dessous de la loi
et supérieurs aux traités. Qualifié parfois de « Principe Généraux » ou simplement
«principe » sont des règles dégagées par la jurisprudence dont le respect s’impose à tous.
Il constitue à une catégorie autonome de normes juridiques en raison de leur nature, de
leur autorité et de leur permanence. Il ne doit pas être confondu avec les principes
fondamentaux reconnus par les lois de la république (PFRLR); principes textuels de valeur
constitutionnelle dégagés à priori par le juge constitutionnel.

Les principes généraux de droit ont été véritablement élaborés qu’à partir d’octobre 1944
par le Conseil d’ Etat français (arrêt Dame veuve Trompier-Gravier). Les PGD n’ont pas de
lien commun avec le droit écrit même s’ils procèdent parfois à la généralisation de
certaines de ces dispositions. Il s’agit d’une œuvre constructive de la jurisprudence
administrative réalisée par des motifs supérieurs d’équité afin d’assiéger la sauvegarde
des droits individuels des citoyens.

Le Juge administratif camerounais en a formellement constaté l’existence dans les arrêts


CFJ/CA, 29 mars 1967 Dame NGUE André et l’arrêt les grands travaux de l’Est de 1970,
jugement de 1980, assureur conseil, franco-africain.

Pour l’essentiel, la chambre administrative de la cour suprême a fait la sienne la position


du Professeur RENE CHAPUS qui dit que « …les principes généraux de droit ont une valeur
supra-législative et infra-législative… » C’est-à-dire supérieur aux décrets et inférieur aux
lois. Le juge administratif ne pouvant contrôler la constitutionalité des lois, ne peut
émettre que des normes inférieures à la loi mais supérieures aux actes qu’il peut contrôler.
La diversité des Principe Généraux de Droit a fait qu’il a été repris même par le juge
judiciaire. Cette diversité fait qu’il est difficile d’établir une liste des PGD même si les plus
connus et important sont relatifs à la liberté, l’égalité, au droit de la défense et à la
protection des administrés.

Le problème de la place des PGD dans la hiérarchie des normes se pose aujourd’hui en des
termes nouveaux avec l’avènement de la jurisprudence constitutionnelle lorsque celle-ci a

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considéré que la loi devrait respecter non plus exactement les PGD ; mais les principes de
valeur constitutionnelle comme les PFRLR d’où la tentation de la doctrine française à croire
que les PGD sont dépassés. La découverte récente de PGD à valeur constitutionnelle par le
juge constitutionnel français pose à nouveau la place des PGD dans l’ordre juridique.

CHAPITRE III : LES TEMPEREMENTS AU PRINCIPE DE LEGALITE

Dans la vie d’un Etat, les crises peuvent surgir assez graves pour perturber ka vue de la
nation. Le principe de la légalité pourrait arborer l’action de l’Etat dans la lutte contre ces
crises. Dans certaines situations graves, l’administration ne saurait tout à la fois respecter
la légalité, assurer l’ordre public et faire fonctionner les services publics.

Les situations où les actes par lesquels il est admis des limites au principe de légalité sont :
les actes de gouvernement, les circonstances exceptionnelles et le pouvoir
discrétionnaire.

Deux grandes théories ont été progressivement élaborées par le conseil d’Etat français
pour atténuer les rigueurs du principe de légalité.

I- LES CIRCONSTANCES EXCEPTIONNELLES


« Quand la maison brule, on va pas demander au juge l’autorisation d’y engager des
pompiers » ; « en cas de crise nécessaire fait la loi ». C’est donc dire à certains inculques
que la chose juridique qu’il peut arriver des circonstances exceptionnelles où on n’a pas
besoin de la permission d’un juge pour venir en aide à quelqu’un.

Ces deux adages sont la traduction de la pensée d’un commissaire de gouvernement


auprès du Conseil d’Etat français, qui de manière implicite posait les bases de la théorie
des circonstances exceptionnelles. Elle est une construction juridique élaborée par la
jurisprudence du Conseil d’Etat français selon laquelle certaines décisions administratives
qui seraient en temps normal illégales peuvent devenir légales en certaines circonstances
parce qu’elles apparaissent nécessaires pour assurer l’ordre public. Dans ces circonstances,
les exigences de l’intérêt général ne sont pas les mêmes en période normale. La théorie
est inadaptée à la crise (cas des mesures sanitaires du COVID 19, la lutte contre le
terrorisme.

Durant cette période, la nécessité d’assurer la continuité de l’Etat et l’ordre public


l’emporte sur le stricte respect de légalité. C’est pourquoi, le Conseil d’Etat français a bâti
la théorie des circonstances exceptionnelles qui accroit sensiblement les pouvoir de
l’administration.

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Une telle extension ne se déroule que dans strictes limites forgées par le juge. Il convient
en effet de ne pas totalement affranchir juste au moment où apparait un moment de
crise où elle est le plus tentée de le violer.

Le Conseil d’Etat français a dégagé la théorie à l’occasion de la 1ère guerre mondiale (28
juin 1918 HEYRIES, CE 28 février 1919 Dame DOL et Laurent).

Il a réaffirmé ensuite cette jurisprudence où les évènements nés de la 2nde guerre mondiale
(CE, 16 avril Laugier).

Tous ces types de dérogations aux principes de légalité peuvent être autorisés en période
de circonstances exceptionnelles. La dérogation au principe de légalité n’est que
temporaire. Elle ne vaut que pendant la période exceptionnelle et ne saurait continuer à
produire des effets alors que les circonstances ont cessé. Les mesures prises en violation
de la légalité normale doivent être strictement limitées à ce qui est nécessaire à la
sauvegarde de l ‘ordre public, de l’intérêt public ou la continuité de l’administration ainsi
qu’à la durée des circonstances exceptionnelles.

Le juge vérifie à la fois si les circonstances exceptionnelles établies au moment où la


décision a été prise et si elles ne produisent pas d’effets plus longtemps que nécessaire. Le
juge contrôle strictement ce point. L’administration ne dispose d’aucun pouvoir
discrétionnaire dans l’appréciation du caractère exceptionnel ou non d’une situation
donnée.

L’ORGANISATION LEGALE DU REGIME DES CIRCONSTANCES EXCEPTIONNELLES :

L’Etat d’Urgence (Travail à faire : cherchez son régime juridique à travers la


constitution et les lois ; trouvez les conséquences de l’Etat d’Urgence) ;
L’Etat de Siège : (Travail à faire : cherchez son régime juridique et ses effets)

NB : l’Etat d’Urgence a pour objectif de permettre au pouvoir de faire face à des situations
de crises ou de dangers exceptionnels et imminents qui constituent une menace pour la
vie organisée de la communauté nationale.

II-LES ACTES DE GOUVERNEMENT

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