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P ROPOSITION POUR LA R ÉFORME DE LA

C ONSTITUTION

A SSOCIATION C AP D EMOCRATIE M AROC


-
CAPDEMA

www.capdema.org

version 1.1.1

2 mai 2011
Introduction

C AP D ÉMOCRATIE M AROC - CAPDEMA est une association de jeunes ma-


rocains, pour la plupart étudiants ou salariés en France, dont l’idéal est l’éta-
blissement d’un système politique démocratique respectant les droits humains
fondamentaux. 5

Ce document est une contribution de l’association CAPDEMA au débat en


cours sur la réforme constitutionnelle. Il a été élaboré au sein d’une commission
interne dédiée, et a été amendé lors de l’Assemblée Générale Extraordinaire te-
nue à Science-Po Paris, le vendredi 29 avril 2011. 10

Dans ses détails, ce texte ne reflète pas toute la diversité et la subtilité des
points de vues des membres de l’association. Néanmoins, il contient les quatre
mécanismes que nous considérons communs à toutes les démocraties du monde
et qui devront avoir toute leur place dans la Constitution réformée, à savoir : 15

– Lier la prise de décision politique aux urnes.


– Responsabilité des décideurs politiques qui sont comptables de leurs actes.
– Séparation effectives des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.
– Respect strict et garanties des droits de l’Homme dans leur conception 20

universelle.

Si l'un de ces mécanismes venait à manquer, il n'y aurait point de démocratie.

25

1
I. Fondamentaux du Royaume

1.1 Droits, Libertés et Principes Fondamentaux


1.1.1 Droits Fondamentaux et Libertés Fondamentales
Le peuple marocain proclame solennellement son attachement aux droits
de l’Homme et aux libertés fondamentales dans leur conception universelle. 30

Tout être humain, sans distinction aucune de race, de sexe, de naissance, d’ap-
partenance, de religion, de croyance, et de toute forme d’opinion, possède et
jouit de ces droits et libertés inaliénables et sacrés. L’Etat marocain, au service
du peuple, en assure le respect.
35

Parmi ces droits humains et libertés fondamentales, l’Etat assure notam-


ment le respect :

– Du droit à la vie et à son intégrité physique qui appelle à l'abolition de


la peine de mort et à l'interdiction et à la condamnation de tout acte de 40

torture, de peines ou de traitements inhumains ou dégradants.


– Du droit à la liberté et à la sûreté qui appelle à l'interdiction, à la condam-
nation et à la réparation des détentions arbitraires ou irrégulières, de
toute forme d'esclavage et de servitude.
– Du droit à un procès équitable qui appelle à ce que toute cause soit en- 45

tendue de manière équitable, contradictoire, publique et dans un délai


raisonnable, par un tribunal indépendant et impartial, tout en respectant
les droits de la défense, notamment le droit pour chacun de se faire assis-
ter d’un avocat, de connaître la nature de l’accusation portée contre lui et
d’interroger les témoins à charge et à décharge. De même, toute personne 50

accusée est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été léga-
lement établie. En outre, aucune peine ne peut être prononcée si elle n’est
pas prévue par la loi.
– Du droit au respect de la vie privée et familiale qui appelle au respect
du domicile et de la correspondance. 55

– De la liberté de pensée, de conscience et de religion qui implique la


liberté de choisir et de changer de religion ou de conviction ainsi que la
liberté de manifester sa conviction ou sa religion, individuellement ou

2
collectivement, en public ou en privé.
– De la liberté d'expression qui comprend également la liberté d'opinion 60

et la liberté de communiquer et de recevoir des informations ou des idées


sans ingérence aucune et qui ne connaît comme limite que l'appel à la vio-
lence, au crime et l'appel à toute forme de haine fondée sur toutes sortes
de discriminations, notamment la haine raciale ou religieuse. Cette liberté
n'empêche pas l'Etat de soumettre les entreprises de radiodiffusion, de 65

télévision ou de cinéma à un régime d'autorisations.


– De la liberté de réunion pacifique et d'association qui implique la li-
berté de fonder ou d’adhérer à des groupements ainsi que la liberté de
manifester pacifiquement avec une simple obligation de déclaration.
– Du droit à un recours effectif devant une instance nationale, pour tout 70

individu dont les droits et libertés ont été violés, à l'encontre de tout au-
teur d'une violation de ces droits et libertés, y compris celui agissant dans
l'exercice de ses fonctions officielles.
– De l'égalité entre les hommes et les femmes en droits et en devoirs dans
tous les domaines et qui ne connaît aucune restriction ou tempérament. 75

Constitutionnalisés, ces droits et libertés ne peuvent faire l’objet d’une ré-


vision et reçoivent un caractère supra-constitutionnel. Il ne peut y avoir de res-
trictions à ces droits et libertés que celles prévues par la loi et qui constituent
dans une société démocratique universaliste des mesures nécessaires à la sécu- 80

rité nationale, à la sûreté publique, à la protection des droits et de la réputation


des individus et à la protection de la santé, ces nécessités étant soumises à une
interprétation restrictive.

1.1.2 Principes fondamentaux : droits économiques et sociaux, 85

autres principes directeurs de la Nation


En tant qu'Etat membre de l'ONU, le Maroc a signé un certain nombre de
textes1 internationaux, incluant la lutte contre la corruption, la discrimination
contre les femmes, la torture et traitements pénibles, ainsi que les nombreuses
conventions 2 internationales pour les droits de l'Homme. 90

Dans un esprit de démocratie universelle et d’intégration dans la commu-


nauté internationale, nous proposons que les dispositions de ces conventions,
une fois ratifiées, entrées en vigueur et sans réserves aucune, soient considé-
rées comme supérieures aux lois nationales. En cas de contradiction entre une 95

convention et le texte constitutionnel, une révision constitutionnelle doit pré-


céder la ratification de la dite convention. Cette disposition est un signal que
le Maroc se conformera toujours aux traités et conventions ratifiés et entrés en
vigueur, et que tout abus ou infraction aux dispositions de ces textes le mettra
1 Tels qu'annoncés par le CCDH (http ://www.ccdh.org.ma/spip.php ?article1128)
2 http ://www.claiminghumanrights.org/morocco.html ?L=1

3
de facto dans l’illégalité du droit international. 100

Le peuple marocain proclame en outre, comme particulièrement nécessaires


les principes fondamentaux ci-après :
– Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a
droit d’asile sur le territoire du Royaume. 105

– Chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi. Nul ne


peut être lésé, dans son travail ou son emploi, en raison de ses origines, de
ses opinions ou de ses croyances. De même, tout homme peut défendre
ses droits ou ses intérêts par l’action syndicale et adhérer au syndicat de
son choix. Le droit de grève s’exerce dans le cadre des lois qui le régle- 110

mentent.
– L’Etat garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux personnes
âgées, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs.
Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou men-
tal, de la situation économique, se trouve dans l’incapacité de travailler 115

a le droit d’obtenir de la collectivité des moyens convenables d’existence


au nom du principe de solidarité. Le travail des enfants est prohibé.
– La nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’Education,
l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture. L’organisation
de l’enseignement public gratuit à tous les degrés est un devoir de l’Etat. 120

– L’Etat garantit le droit à développer individuellement ou collectivement


des activités économiques conformes aux principes de solidarité et de
responsabilité sociale et environnementale.
– La nature, là ou la vie se réalise et se reproduit, a droit au respect de son
existence, de même qu’au maintien et à la régénération de ses cycles vi- 125

taux, structures, fonctions et processus évolutifs. Toute atteinte aux droits


de la nature ou à l’environnement appelle à une réparation.
– Le Royaume du Maroc se conforme aux règles du droit public internatio-
nal. Il n’entreprendra aucune guerre dans des vues de conquête et n’em-
ploiera jamais ses forces contre la liberté d’aucun peuple. 130

Nous encourageons aussi le Maroc à ratifier le traité fondateur de la CPI


(Cour Pénale Internationale) afin de confirmer davantage son engagement dans
le respect des droits humains.

1.2 De la souveraineté et de ses attributs 135

1.2.1 Souveraineté
La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses repré-
sentants et par la voie du référendum. Aucune section du peuple ni aucun in-
dividu ne peut s'en attribuer l'exercice. Le suffrage peut être direct ou indirect
dans les conditions prévues par la Constitution. Il est toujours universel, égal 140

et secret.

4
Les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage.
Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les prin-
cipes de la souveraineté nationale, de la démocratie et des droits de l'Homme 145

dans leur conception universelle. La loi garantit les expressions pluralistes des
opinions et la participation équitable des partis et groupements politiques à la
vie démocratique de la Nation. Il ne peut y avoir de parti unique.

1.2.2 Attributs de la souveraineté


– La pompe du premier article doit être dépouillée afin de ne garder que 150

ce qui est essentiel, et de ce que nous appelons de nos voeux, à savoir


une monarchie parlementaire où le centre du pouvoir se situe entre le
parlement (pouvoir législatif) et le gouvernement qu'il nomme et auquel
il confie la charge du pays (pouvoir exécutif).
La monarchie, confirmée comme le garant de l'unité du royaume 155

ainsi que de sa diversité culturelle, intellectuelle et confessionnelle,


reste le 'contenant'symbolique de l'ensemble des institutions, en de-
venant réellement une institution au dessus du jeu politique, et dont
l'intervention se limite uniquement en cas exceptionnel (Cf. le Royaume
de Belgique) 160

– Afin de correspondre aux nouveaux principes de l’Etat marocain, tels que


nous les avons énoncés, nous proposons de revoir les symboles de la Na-
tion : la devise, l’hymne national, le drapeau et les armoiries de l’Etat
marocain devront être modifiés. Néanmoins, la maison royale peut gar-
der ses propres armoiries. Tout en laissant la question ouverte sur ces 165

nouveaux symboles, nous suggérons que la nouvelle devise et le nouvel


hymne soient en arabe et en amazigh. Aussi, le nouveau drapeau devrait
indiquer le caractère régionalisé de l’Etat marocain.
– La constitution de 1996, bien que reconnaissant l'origine populaire de la
souveraineté, ne semble pas en faire grand cas, et s'attache par contre à 170

définir très libéralement les compétences royales. Nous nous proposons


par contre, d'expliciter encore plus la prééminence de la volonté popu-
laire comme source unique et intangible du pouvoir et de la légitimité
d'exercice de ce pouvoir.
– L'Article 6 est aboli et annonce à la place que l'Etat garantit à tous et pro- 175

tège la liberté de culte et la liberté de conscience. On notera que le Pré-


ambule reconnaît une prédominance historique de la pratique religieuse
musulmane, mais explicite le rejet de tout argument se fondant sur sa
suprématie.
– Les libertés individuelles, garanties dans les traités internationaux, sont 180

également protégées. La limitation n'est pas du fait de la loi, mais des


jugements rendus par le pouvoir judiciaire, ceci afin de réduire les risques
de promulgation de lois abusives ou discrétionnaires. Le Droit de grève
est reconnu et protégé, et ne peut être limité que par un jugement de

5
tribunal compétent. 185

– A côté du droit à la correspondance secrète (Article 11) nous proposons


d'introduire un droit de protection des communications électroniques,
l'explicitation de ce droit constitutionnel engageant le pouvoir judiciaire,
plutôt que de lasser un vide juridique propre à exacerber les abus.
– Du fait de l'aspect controversé du service militaire, la constitution ne re- 190

connaît aux Forces Armées Royales qu'un rôle professionnel, mais admet
le droit à chaque citoyen de se porter volontaire pour contribuer à la dé-
fense de la patrie en danger.
– Toute référence à la loi comme mécanisme limitatif des droits constitu-
tionnels doit être remplacée par les jugements rendus par les autorités 195

judiciaires compétentes.
– Le statut de langue officielle est abandonné en faveur de la reconnais-
sance de "langues nationales". On reconnaîtra cependant les difficultés
matérielles qui peuvent apparaître, et on admet le principe de "préférence
opérationnelle", c'est-à-dire une préférence d'usage officiel à la langue la 200

mieux/plus maîtrisée par la majorité des Marocains.


– Le principe d’égalité sexuelle est admis et confirmé, les deux genres jouis-
sant pleinement de tous les droits, et toute discrimination basée sur des
différences biologiques est dénoncée en accord avec les traités internatio-
naux signés et en vigueur. 205

6
II. Organisation des pouvoirs

2.3 La Royauté
La référence à l'Imamat des croyants est vidée de toute prééminence consti-
tutionnelle (c'est-à-dire politique) l'autorité spirituelle du monarque n'a pas
d'impact constitutionnel, et ne s'applique qu'aux citoyens marocains se reven- 210

diquant de confession musulmane.

Le Monarque reste le garant de l'unité et de la pérennité de l'Etat ; Il inter-


vient aussi pour conseiller et mettre en garde, lorsque nécessaire 3 , le gouver-
nement élu. 215

Les attributions du Monarque sont restreintes aux points suivants :

– Il confirme la nomination du gouvernement en accordant sa confiance


au chef du (ou de la coalition de) parti(s) ayant obtenu la majorité des 220

voix lors des élections législatives (une condition sine qua none pour un
gouvernement d'être nommé). Le Monarque accepte aussi de rencontrer
le Premier Ministre à intervalles réguliers pour discuter de la gestion du
gouvernement et d'état général du pays.
– Il est Commandant en chef des Forces Armées. 225

– Les Dahirs (désormais édictés par le Premier Ministre) sont apposés obli-
gatoirement du sceau royal. Le Monarque peut refuser, le cas échéant de
ratifier ces dahirs, pareil cas de figure sera explicité plus loin.
– Les Ambassadeurs étrangers sont reçus conjointement par le Monarque
et le Premier Ministre. Les représentations exceptionnelles à l'étranger 230

sont conjointement assurées par le Premier Ministre (ou un autre membre


du gouvernement) et le Monarque (ou un membre de la Famille Royale)
– Le Monarque jouit de différents privilèges : droit de préséance, droit
de grâce (sur proposition du Premier Ministre) Droit à une rémunéra-
tion (liste civile) calculées sur la grille de salaire des fonctionnaires supé- 235

rieurs4 .
3 Référence aux missions du monarque britannique : "to advise and warn the government of the

day"
4 En termes administratifs, le Monarque a le rang supérieur de la fonction publique.

7
Nous insistons sur la formulation de "Monarque" par sa neutralité du genre,
afin d'éliminer la primogéniture masculine comme justificatif constitutionnel
(car en contradiction avec les principes d'égalité sexuelle) 240

2.4 Les Parlements


2.4.1 Le Parlement National

– Le Parlement National est bicaméral, où la Première Chambre est compo-


sée de représentants nationaux élus au suffrage universel. La Deuxième 245

chambre est composée de députations de parlements régionaux, qui contri-


buent au prorata de leur population. Ces représentants élus désignés lors
des élections législatives générales.
– Le Parlement National jouit des mêmes compétences que ses homologues
régionaux, avec les pouvoirs additionnels suivants : 250

– Pouvoir de sanction contre les régions ne se conformant pas aux lois


nationales et à la constitution en saisissant certaines attributions régio-
nales 5
– Pouvoir de saisine sanctionnée par la Cour Suprême dans le cas où 255

l'assemblée régionale n'arrive pas à redresser un déficit budgétaire sur


plus de 3 ans.
– Pouvoir de convocation de n'importe quel fonctionnaire pour une au-
dition publique ou privée
– Nomination directe de certaines institutions via le Premier Président 260

du Parlement ou le représentant du ou des partis majoritaires.


– Le Parlement National Délègue le pouvoir de déclaration de guerre au
Chef du Gouvernement.

2.4.2 L’Assemblée Régionale 265

Le parlement régional (dit aussi Assemblée Régionale) est une autorité élue
locale, représentant des régions définies explicitement dans le paragraphe trai-
tant de leurs attributions, avec en sus une carte représentant les frontières des
régions (et ayant légitimité constitutionnelle). 270

Les Assemblées disposent des pouvoirs suivants :


5 Sanction par perte de souveraineté sur certains aspects spécifiques : fiscalité, lois, éducation,

police, etc ?

8
– L'Assemblée Régionale, chambre monocamérale, dispose d'un budget au-
tonome financé par les impôts locaux, les emprunts (domestiques ou
étrangers) une contribution régionale de solidarité 6 et est utilisé pour 275

subvenir aux dépenses régionales


– L'Assemblée Régionale dispose d'une cour de justice suprême dont elle
confirme les juges lorsque nominés puis nommés par la cour suprême.
Les décisions de cette cour de justice (régionale) s'imposent à l'assemblée
– L'Assemblée Régionale nomme le conseil exécutif régional et le renvoie 280

– L’Assemblée Régionale a compétence sur le système professionnel ainsi


que sur l’enseignement des langues nationales n’ayant pas le statut de
préférence opérationnelle, et ses décisions doivent être en concordance avec
les dispositions constitutionnelles et régionales.

2.4.3 Les Conseils Exécutifs Régionaux 285

– Le Conseil Exécutif Régional dispose d'une force de police dont il nomme


le commissaire principal et les différents officiers intermédiaires. L’as-
semblée dispose du droit d'organiser des commissions d'audition pu-
blique des membres du gouvernement ainsi que des fonctionnaires ré- 290

gionaux dont elle désire le témoignage.


– Le Conseil Exécutif Régional est nommé sur la base du parti ou la coali-
tion de partis majoritaire(s) et est dissous lorsque cette majorité n'est plus
assurée.
– Le Conseil Exécutif Régional applique et rend compte le programme qu'il 295

présente au Parlement lors du vote de confirmation. Il nomme en outre


les différents hauts fonctionnaires et présente ces nominations au parle-
ment pour confirmation
– Le Conseil Exécutif Régional assure la liaison avec les organes des dépar-
tements nationaux. 300

– Le Mode de scrutin, les règles de majorité et le découpage électoral au


sein des régions sont laissés à la discrétion du gouvernement régional,
qui les présente au vote de l'assemblée

2.5 Le Gouvernement
305

– Le Gouvernement National dispose des mêmes compétences que ses ho-


mologues régionaux.

Les membres du gouvernement doivent appartenir au parti ou à la coa-


lition majoritaire, soit par affiliation, soit par élection à la première chambre. 310

6 Impôt national levé pour financer les investissements publics et opérer des transferts de ri-

chesse entre régions

9
Les Ministres sans portefeuille indiquent les nominations de professionnels
d'individus sans affiliation politique7 .

Le Gouvernement dispose, à côté des départements ministériels, de 'super-


départements8 'réunissant, pour les domaines définis, des experts et des groupes 315

de citoyens engagés dans ces secteurs.

– Le Premier Ministre a le titre de chef du Gouvernement : Il s’agit du Chef


du gouvernement et de la coalition majoritaire parlementaire, et pour une
large partie, le Chef opérationnel de l'Etat. 320

– Les Membres de son cabinet sont responsables solidairement de l'activité


gouvernementale, mais la responsabilité finale des politiques gouverne-
mentales réside dans la personne du Chef du Gouvernement.

La loi de finances présentée par le gouvernement pour approbation au par- 325

lement se doit de respecter les conditions suivantes :


– L'engagement à essayer d'atteindre, autant que possible, les objectifs sui-
vants :
– La promesse à dépenser avec efficience, transparence et dans la perspec-
tive de bonne gestion de l'argent des contribuables. 330

– La promotion de la croissance dans les limites de l'appareil productif do-


mestique.
– La stabilité des prix et du pouvoir d'achat des citoyens.
– La recherche autant que possible, sans préjudice des objectifs énoncés
plus haut, le taux d'emploi plein 335

– Une stabilisation du déficit public par rapport au PIB à 2 points au des-


sus de la croissance en période cyclique haute, et à 6 points en période de
dépression.

Le Chef du Gouvernement propose au Parlement une liste de noms ou sé- 340


parément, pour approbation (confirmation) les postes suivants :
– Le Gouverneur Général de la Banque Centrale (Bank Al Maghrib)
– Le Premier Juge-Président de la Cour Suprême ainsi que les Juges membres
associés.
– Le Médiateur du Royaume 345

– Le Premier Président de la Cour d'Audit des Comptes, ainsi que les membres
du directoire dont les mandats seraient arrivés à terme.
– Les membres du directoire du Conseil Economique et Social dont les
mandats seraient arrivés à terme.
– Le Commissaire-Général de la Police Nationale. 350

– Les différentes nominations militaires et civiles engageant la responsabi-


lité gouvernementale.
7 Un Médecin pour la Santé, Un Chef d’Entreprise ou Scientifique pour l’industrie. On peut

envisager un militaire (éventuellement retraité) au ministère de la défense, mais purement comme


une liaison avec la commission d’Etat-Major.
8 Les Quangos britanniques par exemple. Mais avec beaucoup plus de pouvoirs

10
Dans le cas où le Monarque refuse de contresigner un Dahir présenté par
le Chef du Gouvernement, Le texte rejeté refait le circuit législatif classique, et 355

le projet de loi est remis devant le Monarque. Au deuxième refus, le gouverne-


ment appelle de nouvelles élections, et dans le cas de son retour, le Monarque
doit signer le Dahir en question, ou bien abdiquer en faveur du membre de la
famille royal désigné par l'Acte de Succession.
360

2.6 La Cour Suprême et la Justice

Le Gouvernement n'a pas le droit d'instituer de ministère de la justice au


nom du principe démocratique de la séparation des pouvoirs. Il est cependant
tenu d'offrir les ressources propres à la mise en place d'infrastructures pour la 365

formation et l'entraînement du personnel juridique.

Les Magistrats locaux sont confirmés par leurs parlements respectifs et changent
d'arrondissement judiciaire tous les 3 ans. Les Chargés d'affaires juridiques,
avocats et Juges dans les tribunaux locaux et nationaux se constituent en conseil 370
général des magistrats, et se faisant élisent un conseil supérieur des magistrats,
lequel propose un des leurs pour une confirmation par le Parlement au poste
de Premier Président de la Cour Suprême.

Le Premier Président nomme, à son tour, 5 Juges Pour le Directoire du 375

conseil supérieur. Le mandat des membres du directoire dure 5 ans, celui du


Premier Président 7 ans.

Les membres du Ministère public, les procureurs locaux et nationaux, sont


élu par suffrage universel dans leur arrondissement judiciaire. 380

Ils doivent satisfaire aux conditions suivantes :

Etre de nationalité marocaine, n'ayant aucune condamnation pas-


sée privative des droits citoyens, justifiant d'une formation univer- 385

sitaire nationale ou étrangère en droit et titulaire d'une expérience


professionnelle d'au moins 5 ans en relation avec le domaine juri-
dique. Des équivalences professionnelles peuvent être considérés
par le tribunal local ou national de l'arrondissement lorsque la re-
quête est présentée. 390

Les perquisitions de la police nationale ou locale ont toutes besoin d'un


double mandat émanant de la part du Procureur et du Juge.

11
III. Crises Politiques
Majeures, mécanismes de 395

résolution et Lois-Cadres.

3.7 Crises Politiques

Dans le cas d'une crise politique majeure, La résolution se fait soit par un
référendum soit par un mécanisme dont la Constitution devra expliciter les 400

étapes de création et d'organisation, mécanisme qu'on appellera la Commis-


sion extraordinaire Constituante qui fait office d'Assemblée Constituante.
Le référendum est nécessaire dans les situations suivantes :

– Cas de crise constitutionnelle : Problème entre le gouvernement et le par- 405

lement. Crise génératrice de vote de non confiance mais dont l'issue élec-
torale est incertaine ou inefficace
– Différend entre assemblées régionales : les crises d'ordre politiques (les
problèmes juridiques relèvent de la Cour Suprême) que ni le gouverne-
ment, ni le médiateur du royaume, ni le monarque n'arrivent à résoudre 410

et qui impliquent donc un changement constitutionnel.


– Crise de non confiance entre le Monarque et le Parlement : vote contre des
dahirs et échec de compromis ou difficultés majeures lors du processus
d'abdication.
– Toute autre situation conduisant à la neutralisation des mécanismes ha- 415

bituels de gouvernement, de la représentation de la volonté du peuple ou


la mise en danger de l'unité et/ou de la diversité du peuple marocain.

Le référendum est à l'initiative des institutions suivantes :


420

– Le Parlement : Une résolution aux 3/4 plus une voix des deux chambres
peut voter une motion résolutoire afin de convoquer une CEC dont les
membres sont présentés par les deux chambres.

12
– Le Gouvernement9 : Après l’accord des présidents des deux chambres,
des chefs du parti ou de la coalition majoritaire(s), des chefs du parti 425

ou de la coalition minoritaires, et de la Cour suprême, Soumet au parle-


ment et au monarque sa démission, puis annonce le référendum constitu-
tionnel, dont l'issue détermine la reconduction du gouvernement sortant,
ou la convocation de nouvelles élections générales. Le Gouvernement ne
peut convoquer en lui-même une CEC, mais peut introduire une motion 430

au parlement pour voter sa convocation.


– Les Assemblées Régionales : Une coalition d'assemblées régionales re-
présentants 50pc des régions et 50pc plus un citoyen de la population du
royaume peuvent convoquer une assemblée constituante
– Le Monarque : Après avoir obtenu l'accord du Premier Ministre, des chefs 435

des Partis représentés au Parlement, de la Cour Suprême et du Médiateur


du Royaume, appelle dans un discours à la nation la tenue d'une CEC.

3.8 Mécanismes de Résolution


440

L'assemblée constituante se réunit dans les deux semaines suivant l'annonce


de sa convocation. Ses membres sont convoqués au siège du parlement, et se
composent comme suit :

– La branche exécutive : 445

– Premier Ministre du gouvernement sortant


– Le Secrétariat permanent
– Le Ministre des Finances
– Le Ministre de l'Intérieur
– Le Ministre des Affaires Etrangères 450

– La branche législative :
– Les Présidents des deux chambres du parlement
– Les chefs des coalitions majoritaires et minoritaires
– Un député extraordinaire de chaque région
– Les représentants de la maison royale : 455

– Deux membres de la famille royale


– Une députation de la commission de défense :
– Le Chef d'Etat-Major
– Les Adjoint des Chef D'Etat-Major des corps d'armes des Forces Ar-
mées Royales 460

– Le secrétaire permanent du Ministère de la Défense


9 Le seul corps habilité à appeler un référendum sans assemblée constituante est le gouverne-

ment. Si c’est un changement d’importance, le parlement joue un mécanisme de blocage et appelle


automatiquement la constituante

13
– Les représentants des différentes communautés religieuses (un représen-
tant par religion)
– Un représentant par commission du Médiateur du Royaume
– Le Médiateur du Royaume 465

– La Branche judiciaire
– Le Premier président de la cour suprême
– Une députation de quatre représentants des cours suprême régionales
– Deux anciens présidents de la cour suprême.
470

La CEC élit à la majorité de 50pc plus une voix un président, un adjoint et


deux rapporteurs pour diriger les sessions de débat.

La CEC maintient le gouvernement sortant pendant ses délibérations. Elle


doit produire une décision publique dans les six semaines suivant sa convoca- 475

tion. Ses décisions sont suprêmes, irrévocable et non susceptible de recours.

Les décisions de l'assemblée constituante sont soumises à un référendum


populaire, et ont force de nouvelle constitution lorsqu'elle recueille plus de
60pc des voix. Autrement, Elle s'auto dissout et le processus reprend dès le 480

départ jusqu'à ce que cette majorité soit acquise.

La participation citoyenne au vote est impérative lors des référendums or-


ganisés sous l’égide de l’Assemblée Constituante.
485

3.9 Loi-Cadre

Afin d'éviter les abus exécutifs, on définit la Loi-Cadre comme étant une
disposition juridique explicitant un principe constitutionnel et dont le contenu
a validité constitutionnel. 490

Les règles de passage des Lois-Cadres sont exigeantes : une majorité aux
deux-tiers plus une voix aux deux chambres du parlement, ou bien un résultat
référendaire en faveur de la Loi à une majorité de deux à un (soit 66pc) sur un
taux de participation d'au moins 75pc. La Loi-Cadre votée (par voie parlemen- 495

taire ou référendaire) est énoncée explicitement dans la constitution.

Lorsque la voie parlementaire est choisie, une Loi-Cadre est nécessairement


un vote de confiance du parlement dans le gouvernement. Un vote en dessous
du quorum requis entraîne une démission du gouvernement, la dissolution 500

du parlement et l'appel de nouvelles élections générales dans les 3 semaines


suivantes le vote.

14
IV. Les autres institutions

4.10 La Banque Centrale


505

Le Gouverneur de la Banque Centrale (Bank Al Maghrib) est nommé sur


proposition du Chef du Gouvernement et confirmé par le parlement. Le Gou-
verneur dispose d'un mandat de 4 ans, renouvelable 2 fois.

Les Missions de la Banque Centrale sont comme suit : 510

La Banque Centrale seule a latitude de définir une politique moné-


taire propre pour déterminer la Valeur du Dirham dans l'économie
domestique et sur les marchés internationaux et en assurer la stabi-
lité et l'attractivité par le biais de développement et d'usage d'instruments 515

de politique dont elle a contrôle l'exclusivité et jouit dans l'exercice


de ses actions, d'une entière autonomie

Le Gouverneur et son directoire sont entièrement indépendants de la Branche


exécutive, mais son avis est sollicité sur les sujets suivants : 520

– Par le gouvernement et la commission parlementaire compétente lors


des émissions d'Obligations ou tout autre véhicule de financement équi-
valent à l'étranger et sur le marché domestique.
– La Publication d'un Rapport Annuel et Trimestriel sur l'état de l'économie
marocaine et une appréciation de ses perspectives futures. 525

– Le Gouverneur de la Banque est requis d'assister à des sessions d'audition


publique devant la Commission Parlementaire compétence tous les deux
mois ;

Le Président de la commission peut convoquer, lorsque jugé nécessaire, le 530

Gouverneur un maximum de deux fois par mois. La Commission devra justi-


fier sa décision soit par une insatisfaction de la présentation du Gouverneur,
soit par des circonstances économiques exceptionnelles, soit les deux.

Le gouverneur est assisté d'un directoire composé des gouverneurs régio- 535

15
naux. Le Directoire se réunit à intervalles fixes annoncés en début d'année ci-
vil, afin de débattre de la situation économique domestique et internationale,
et pour voter (suivant les statuts internes de la Banque) pour l'utilisation des
instruments de politique monétaire à sa disposition.
540

4.11 La Cour des Comptes, l’Audit National

La Cour des Comptes est une autorité d'audit indépendante du gouverne-


ment et autonome dans son activité vis-à-vis du Parlement. Le Chef du Gou-
vernement nomme le Premier Président de la Cour et son Directoire, le Parle- 545

ment les confirme.

Lors de son activité d'audit, la cour peut travailler en liaison avec l'Inspection
Générale des Finances Publiques (dont les inspecteurs sont détachés auprès
d'elle). Elle anticipe de la part de toutes les sources du pouvoir une coopéra- 550

tion totale et de bonne foi.

Lorsque nécessaire, la Cour peut saisir la justice, après consultation avec le


gouvernement, les Présidents des deux chambres, ainsi que les chefs des coali-
tions majoritaires et minoritaires. 555

La Cour est tenue de produire un rapport annuel, dont les recommanda-


tions s'imposent au gouvernement et au parlement.

La Cour des Comptes audite le Parlement. 560

Réciproquement, la Commission parlementaire compétente auditionne le


Premier Président sur une base trimestrielle.

Lorsqu'elle le juge nécessaire, la Cour peut demander un avis de la Cour su- 565

prême pour mettre sous séquestre les attributions de la ou des régions dont les
finances locales ne correspondent pas aux normes en vigueur, ou dont l'audit a
relevé des malversations, dépenses somptuaires non justifiées, ou toute utilisa-
tion frauduleuse ou impropre de l'argent du contribuable. L'auditeur exécute
les décisions de la Cour suprême en imposant une loi de finances de redresse- 570

ment ou en exigeant l'exécution ou la résolution forcée de dépenses propres à


la région.

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