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Intervention Culture générale

Jean Luc Le Mercier


AES – IPAG 1er semestre 2008-2009

Plan et synthèse succincte des principaux éléments de l’intervention

Travail / Loisirs

Cette problématique s’inscrit également dans la perception du temps et notamment dans la


diversité des temps sociaux.
Le point de départ d’un nouveau calendrier n’est jamais choisi au hasard (cf. calendrier
chrétien, juif ou musulman). Un nouveau calendrier signifie également un changement d’ère.
L’instauration du calendrier républicain en France, à partir du 22 septembre 1792, lendemain
du jour où la convention aboli la royauté, illustre cette idée (en 1806, Napoléon reviendra au
calendrier grégorien).
On rappellera enfin que certains, dont Albert Camus, ont proposé un nouveau calendrier à
compter du 6 août 1945, date à laquelle la 1ère bombe atomique a explosé sur Hiroshima.
Les « temps institutionnalisés » ne s’exercent plus aujourd’hui de la même façon pour les
individus : baisse de la pratique religieuse, temps de travail de moins en moins structuré….
Cependant, de nombreuses institutions continuent de rythmer la vie des individus. L’école
reste ainsi un lieu où un rythme est imposé aux élèves et plus largement à leur famille (Cf.
rentrée des classes).Les principaux services publics continuent de fonctionner selon des
horaires bien précis. Même la télévision et ses émissions « programmées » à des heures
bien précises rythment la vie sociale.
S’agissant du partage du temps, cela fait également apparaître des clivages entre des « sur
occupés » (ménages bi actifs par exemple) et « sous occupés » (certains retraités par ex)
montrant ainsi qu’avoir du temps n’est pas forcément une bonne chose et en manquer ne
signifie aucunement ne rien faire.
L’une des questions centrales de la gestion du temps touche l’univers des loisirs.
L’allongement de la durée de vie, la réduction tendancielle de la durée du travail ont permis
d’offrir des plages de temps importantes pendant lesquelles les individus sont dispensés de
travail et de certaines formes de contraintes (transport par ex.).
Enfin, la libération du temps suppose des moyens financiers permettant d’affecter le
supplément de disponibilités à des activités choisies. Libérer le temps suppose donc un
niveau de ressources adapté et repose, comme le travail, la question de l’inégalité de
revenus.

I) Le caractère aujourd’hui central du travail

A) L’évolution du concept : vers une plus grande centralité sociale

1) longtemps considéré comme dégradant, le travail a pu être jugé incompatible avec


la dignité humaine

Dans l’antiquité, la dignité sociale était attaché aux loisirs (« otium »en latin) voire, au
«négotium » (les affaires) et non au travail qui, dans le monde hellénique était la fonction de
l’esclave.
C’est l’otium qui permet au patricien de remplir sa charge de citoyen.
Cette subordination du travail a perduré jusqu’à la toute fin du XVIIIème siècle opposant
classe laborieuse et ordres privilégiés.
La révolution industrielle qui émerge entre les années 1780 et 1830 accroît
considérablement les besoins de main d’œuvre ouvrière qui relevait auparavant plutôt de
l’artisanat. L’avènement de la manufacture transforme profondément la nature du travail.

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2) une évolution a fait du travail une activité sociale essentielle, valorisée pour peu que
certaines conditions soient respectées.

Le travail acquiert une dimension autonome dans la vie des individus. Pour la première fois,
avec la manufacture, le travail est dissocié dans l’espace de la vie de celui qui travaille.
Par ailleurs, par le salaire, l’employeur va parvenir à normaliser la travail en imposant des
horaires fixes (ce qui tranche avec les travaux des champs) et en synchronisant le travail au
rythme des machines.
C’est par conséquent avec la révolution industrielle qu’apparaît véritablement le salariat.
De plus, le basculement de la sphère sociale (travail comme activité menée au sein de la
communauté de vie) à la sphère économique, va être accentué à la fin du XIXème siècle
avec le mouvement d’organisation scientifique du travail. L’invention de la chaîne de
montage va accentuer cette tendance à la parcellisation du travail (Taylor dès 1881 va
préconiser de spécialiser les salariés).
Enfin, le travail a constitué le socle de l’Etat providence .En effet, le dispositif de l’Etat
providence s’est articulé autour de la notion de salariat. La progression du salariat a
fortement réduit les inégalités.
Le travail est auj. un espace de socialisation et d’échanges qui est perçu comme un des
outils privilégiés de réalisation de soi.

B) perception actuelle du phénomène

1) l’émergence d’une remise en cause du travail dans sa forme « classique »

Les mutations de l’économie ont profondément changé la nature du travail


-très fort accroissement des besoins de main d’ouvre qualifiée.
-l’élévation du degré de concurrence des économies et des entreprises exigent des salariés
une autonomie et une implication plus fortes des salariés.
-course aux meilleurs salariés (effet « O ring » nom du joint défectueux de la navette
spatiale) et éviction des autres.
- accroissement des inégalités entres salariés.
-passage d’une obligation de moyen (sa force de travail) à une obligation de résultat.

2) le travail facteur d’inégalités et de grand stress

Le travail contemporain exige une implication totale de l’individu source de stress. De plus,
les relations de travail sont désormais marquées du sceau de la précarité également source
de stress. L‘usage des nouvelles technologies est aussi source de stress
Enfin, on voit poindre une double inégalité :
-devant le travail (chômage)
-inégalité par le travail (revenus)
Aux USA, en 2000, la rémunération des chefs des 500 entreprises les plus importantes
représentait 531 fois le salaire ouvrier moyen contre 85 en 1990 et 20 fois en 1980.
Nous assistons de plus à un éclatement des inégalités au sein de chaque groupe socio
culturel.

C) Une problématique particulière : le travail des enfants

Selon le rapport du bit de l’année 2001, parmi les enfants de 5 à 17ans, un sur six - soit
246millions -est astreint au travail. Par ailleurs, environ 111 millions d’enfants de moins de 15
ans sont astreints à des travaux dangereux et devraient y être immédiatement soustraits.
Enfin, plus de 8 millions d’enfants sont utilisés à des travaux relevant des pires formes de
travail : esclavage, servitude pour dettes, recrutement forcé en vue de la participation à des
conflits armés, prostitution……

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1) considéré comme normal pendant longtemps, le travail des enfants est combattu
depuis plus d’un siècle et demi, mais perdure, notamment dans le tiers monde

C’est un phénomène ancien puisque, pendant des siècles, la plupart des enfants ont travaillé
dès leur jeune age. A la campagne, ils étaient employés aux travaux des champs. A la ville,
ils aidaient leurs parents artisans. Le travail se faisait en famille et ils devenaient souvent, au
moins pour les garçons, ce qu’était leur père : maçon, ouvrier….
La révolution industrielle a conduit les patrons, mais également les parents démunis à les
utiliser pour les nouveaux métiers. Jusque vers 1880 (en Europe), les enfants ont travaillé
dans les mines.
De plus, un adulte effectuant un travail similaire doit être payé trois à quatre fois plus. Bien
souvent comme leurs salaires ne sont pas suffisants pour vivre, les parents eux-mêmes font
embaucher leurs enfants par l’usine.
L’exploitation inhumaine des enfants a conduit les pouvoirs publics à limiter le recours à cette
main d’ouvre. Ainsi, la loi du 22 mars 1841 organise le travail des enfants dans les
manufactures.
La défaite de 1870-1871 joue en France un rôle évident dans la législation « protectrice » de
l’enfance : exemple de la loi Joubert fixant à 12 heures la durée quotidienne du travail (déjà
instituée en Prusse depuis 1853).
La mécanisation et l’automatisation croissantes dans les usines, dans la seconde moitié du
19ème siècle, peuvent également expliquer la limitation du travail des enfants dont la main
d’œuvre devient moins indispensable.
Auj., en chiffres absolus, c’est l’Asie, la région la plus peuplée du globe, qui compte le plus
grand nombre de jeunes travailleurs (66% contre 32 en Afrique et 7% en Amérique Latine).
C’est dans les activités économiques et les métiers liés à l’agriculture que l’on trouve la plus
grande proportion d’enfants travailleurs. Par ailleurs, le pourcentage de filles dans ces
activités est plus élevé que celui de garçons.

2) la mobilisation des Etats et des citoyens permet de limiter le travail des enfants ou
pour le moins ses effets les plus néfastes

Un consensus s’est établi progressivement au sein des gouvernements et de la société civile


pour estimer que des efforts devaient être déployés pour protéger les enfants.
Ainsi, à partir de 1919, l’OIT (Organisation internationale du travail) a fait adopter par tous les
pays signataires des conventions particulières relatives au travail des enfants. Il convient par
exemple de citer la convention n°5 de 1919 relative à l’âge minimum des enfants dans
l’industrie.
Parmi les textes récents, trois émergent :
-1989 : la convention relative aux droits de l’enfant dont l’article 28 garantit un droit à
l’enseignement primaire
-la convention 138 et la recommandation 146 (1973) de l’OIT sur l’âge minimum d’admission
à l’emploi (« aucun enfant employé à plein temps si son age est inférieur à l’âge de scolarité
obligatoire »).
-déclaration mondiale sur l’éducation pour tous (1990)
Si on admet que la pauvreté est la cause du travail des enfants, il faut aussi savoir qu’elle en
est la conséquence et que c’est l’exploitation de la pauvreté qui perpétue le travail des
enfants et empêche ceux-ci de fréquenter l’école.
Par ailleurs, si le travail des enfants permet d’arrondir le revenu familial, il contribue
également à garder les salaires des adultes à un niveau fable et favorise le chômage.

II) l’émergence d’une « civilisation des loisirs »

Le terme loisir vient du latin « licet », il est permis. Ce qui génère le loisir, c’est la fin d’un
temps de contrainte ou d’obligation.

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L’allongement de l’espérance de vie, l’abaissement de l’âge de la retraite, la réduction du
temps de travail, l’entrée de plus en plus tardive sur le marché du travail….font de la
question des usages du temps libre un enjeu majeur de la société d’aujourd’hui.
Les français, à l’échelle d’une vie, disposent de trois fois plus de temps libre qu’au début du
20ème siècle.
Or, en 1998, près de 4 français sur 10 déclaraient manquer de temps pour faire tout ce dont
ils ont envie dans le cadre de leurs loisirs. En même temps, 18% avouaient s’ennuyer parfois
ou souvent pendant leurs loisirs, faute, notamment pour les plus jeunes, d’avoir les moyens
financiers pour répondre aux sollicitations du marché des loisirs.

A) Notion et évolution

1) les loisirs : un temps de repos qui initialement doit permettre de reconstituer la force
de travail

Il faut rappeler ici que dans la culture « judéo-chrétienne », l’idée prévaut que le travail est un
acte de rédemption et qu’à ce titre, il doit engendrer souffrances et peines.
La « pensée des lumières » si elle permet la valorisation du travail, continue à mépriser
l’oisiveté.
Le temps libre, pour les salariés du début du 20ème siècle, c’est avant tout une revendication
destinée à récupérer de la fatigue du travail. « Le droit à la paresse » de Paul Lafargue,
gendre de Karl Marx, illustre cette démarche. On veut du temps pour faire le contraire du
travail : se reposer et paresser.
Par ailleurs, le temps de repos, à la fin du XIXe et au XXe, pose un pb à la société, car il est
parfois utilisé par les ouvriers pour fréquenter les bistrots et l’alcoolisme de la classe ouvrière
devient un vrai pb de société. Les forces morales de la société, Eglise (patronages),
municipalités (fanfares), patrons (jardins ouvriers), syndicats (cours du soir dans les bourses
du travail), se mobilisent pour éviter cette dérive.
A partir de 1927 la revendication des congés ouvriers devient syndicale et au mot vacances
s’ajoute le terme de loisirs.
En 1937 s’ouvrent également les « mardis populaires du Louvre » qui permettent aux
travailleurs syndiqués et à leur famille des visites guidées à prix modique. Fernand Léger
peint l’hommage aux loisirs.
Après la guerre 39-45, petit à petit la conception des loisirs change : les slogans de la
conquête de la culture sont remplacés par ceux de la conquête du confort.
Avec la troisième semaine de congés payés accordée en 1956, les français prennent
l’habitude de prendre leurs vacances hors de chez eux. C’est à cette époque que commence
à se développer des structures privées comme le Club Méd. Le marché du temps libre
devient lucratif.

2) la notion de « civilisation des loisirs » a accompagné tant la massification du temps


libre que son entrée dans la sphère marchande

Les pratiques culturelles et de loisirs constituent un domaine où les disparités entre les
individus sont très importantes.
La « marchandisation » de la culture influence la conception actuelle des loisirs. Ainsi, la
gratuité du temps libre ne fait aujourd’hui que reculer.
Temps libre et temps de travail sont en fait bien souvent très imbriqués. Ainsi, les loisirs et
les comportements culturels sont étroitement dépendants des revenus gagnés dans le seul
temps de travail. Il ressort d’une enquête menée en 1999 que plus de 8 français sur 10 ne
sont jamais allés de leur vie à l’opéra, 43% n’ont jamais assisté à une pièce de théâtre jouée
par des professionnels….

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3) «focus» sur le phénomène associatif

La loi du 1er juillet 1901 relative aux associations a instauré un régime de liberté d’association
que le Conseil constitutionnel a, dans sa décision du 16 juillet 1971, rangé au « nombre des
principes fondamentaux reconnus par les lois de la République. »
Difficiles à cerner avec précision, le nombre et le poids économique et social des
associations sont cependant très importants. Plus de 880 000 associations, plus de 60 000
créations par an. 20 millions de personnes de plus de 14 ans étaient, en 1996, membres
d’une association. Celles-ci représentent plus de 3,5% du PIB.
L’activité associative se concentre encore fortement dans trois domaines : la santé et l’action
sociale, l’éducation, la culture et le sport.
Géographiquement, l’engagement associatif est assez homogène sur l’ensemble du territoire
national.
Enfin, plus de la moitié des travailleurs sociaux sont employés par des associations (71% de
ces emplois associatifs sont occupés par des femmes).
D’une manière globale, grâce à leur puissance et aux évolutions de la société française, les
associations ont accédé à un statut nouveau qui, dans certains domaines, en fait de
véritables partenaires de l’Etat. Ainsi, le 1er juillet 2001 (soit 100 ans après la loi de 1901),
une charte d’engagements réciproques a été signée entre l’Etat et le monde associatif.

B) trois formes de loisirs

1) Une forme dont l’accès ne cesse de se démocratiser : le musée

La fréquentation des grands musées et des expositions temporaires qu’ils organisent a


connu une progression forte (plus de 70millions de personnes visitent les musées nationaux
chaque année).
Par ailleurs, la concurrence entre les principales institutions internationales est très forte.
Enfin, le champ embrassé par les musées s’est considérablement étendu avec la
diversification de la notion de patrimoine. Au cours des années 1970 se sont multipliés,
notamment à l’échelle régionale ou locale, les musées d’arts et de tradition populaire.

a) de la collection du roi au musée national


Au départ, le musée est d’abord conçu comme une collection. Pour les rois, commanditer
puis posséder des œuvres d’art est un moyen d’exhiber sa puissance (appropriation parfois
militaire cf. François Ier en Italie et la venue en France de Léonard de Vinci).
Une autre évolution s’accélère au XVIII ème siècle à la faveur de la diffusion dans
l’aristocratie européenne du modèle curial français : la diversification de la population de
collectionneurs.
C’est à la révolution, qui fait basculer l’Europe dans le monde contemporain, que la collection
va devenir musée.
En effet, la collection était jugée scandaleuse tant qu’elle n’était que le produit des caprices
d’un monarque et la propriété personnelle d’un seul. Elle devient légitime dès lors qu’elle est
la propriété de la nation. Le musée naît de cette publicisation de la collection (fondation en
1793 du futur Louvre sous le nom du muséum central des arts). Le musée est une réponse
pragmatique au dilemme de la nationalisation des biens de la couronne, de l’église….
Il permet également de légitimer l’appropriation des biens artistiques et archéologiques des
pays vaincus.
b) les trois fonctions du musée contemporain
La fonction patrimoniale : collecter et conserver
La fonction édificatrice : cultiver et éduquer avec notamment depuis les années 1980 une
politique ambitieuse d’adaptation au grand public. En une décennie, le musée est passé d’un
conservatoire parfois élitiste à un pivot de la vie culturelle.
La fonction de mécénat : soutien à la création
c) les enjeux du musée contemporain

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Enjeu financier : la programmation d’une exposition majeure est désormais un projet
d’entreprise à part entière
Enjeu économique : la visibilité des grands musées constitue désormais une composante
importante de l’attractivité des capitales.
Enjeu politique : les musées modèlent l’image des villes et peuvent constituer un
accélérateur de notoriété très important pour les élus.
Exemple récent de ces enjeux : la « lutte » pour obtenir le titre de capitale européenne de la
culture (cf. Marseille 2013).

2) Une « arme » de destruction massive ou une chance pour la diffusion du savoir ?: la


télé

Accélération de la diffusion des technologies du savoir : le livre et la presse (plusieurs


siècles), la radio (quelques décennies), la télé et internet.
La télévision est un élément essentiel dans la vie de la plupart des occidentaux. Elle a
permis d’apporter à la quasi-totalité des citoyens dans les pays développés, à une partie non
négligeable des autres, des images, des données, des connaissances à faible coût, sans
déplacement, sans éducation particulière ou origine sociale, auxquelles ils ne pouvaient
accéder ou tout le moins dans des conditions moins favorables. Mais, cette même puissance
acquise par une pénétration dans les foyers comme équipement de base l’a transformée en
une machine redoutable, capable du meilleur comme du pire.
a) la télévision a constitué un progrès majeur au 20ème siècle
C’est un progrès technique qui nécessita plus de cent ans de recherche mais qui se répandit
ensuite rapidement en quelques décennies.
C’est la 1er janvier 1927 que naît officiellement la télévision et les années 1930 ont vu la
généralisation des expériences dans les pays européens et en Amérique du Nord, le premier
journal télévisé étant réalisé à New York en 1943.
En Europe 98% des foyers sont équipés et la durée moyenne d’écoute (plus de trois heures)
est en hausse constante.
La télé a révolutionné l’information et favorisé l’accès à la culture (cf. théâtre à la télé). Elle a
ainsi concilié un certain nombre d’avantages (force du direct, alphabétisme non
obligatoire…) pour devenir un média majeur avec tous les risques encourus (ex. positif : les
premiers pas de Neil Amstrong sur la Lune le 21 juillet 1969 ; ex. négatif : l’utilisation des
images lors des « événements » de Timisoara en Roumanie).
b) Vecteur de progrès, la télévision connaît des dérives grandissantes depuis près de
20 ans.
Longtemps en France, la censure a prévalu. L’ORTF était considérée parfois comme une
direction du ministère de l’information et la théorie de « la voix de la France » était clairement
développée par le Général De Gaulle.
Auj., la plupart des télés sont privées (ce qui n’empêchent pas la collusion avec le pouvoir
politique Cf. Italie et son chef de gouvernement). En France, le mouvement de privatisation
date de 1984.
Un des problèmes de la télé est son utilisation malintentionnée qui peut conduire à des
manipulations (Cf. Images de la guerre du Golfe II où les seules images diffusées furent
celles de l’armée américaine).
Par ailleurs, si la dimension culturelle n’a pas disparue, elle est ténue et l’organisation
actuelle de la télévision ne permet pas et ne garantit pas un égal accès de tous aux mêmes
programmes.
Orson Welles : « je hais la télévision. Je la hais autant que les cacahuètes. Mais je ne peux
m’arrêter de manger des cacahuètes ».

3) le « cas » Internet notamment sous l’angle des libertés publiques

Le développement récent et massif de l’Internet pose le pb de ses implications en termes de


libertés publiques.

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En effet, l’informatique permet notamment de mettre en mémoire le plus grand nombre
d’informations personnelles, de permettre les interconnexions entre les fichiers ….
L’art. 1 de la loi du 6 janvier 1978 précise que « l’informatique ne doit pas porter atteinte ni à
l’identité humaine, ni aux droits de l’homme, ni à la vie privée, ni aux libertés individuelles ou
publiques ».
a) le développement de l’Internet s’inscrit dans un cadre mouvant et complexe car il
pose des questions juridiques dans tous les domaines du droit
Cf. droit électoral (sondages d’opinion la semaine précédant un scrutin), droit civil (signature
électronique), droit du travail (accès de l’employeur au courrier des employés)…..
b) le nécessaire encadrement juridique
La plupart des régimes des libertés publiques n’offrent qu’une protection relative face aux
capacités des réseaux. Le développement de l’Internet a facilité l’accès à une multitude de
fichiers.
La diversité des conceptions de la liberté d’autrui induit pour principale difficulté la mise en
place d’une réglementation commune sur les réseaux, d’autant qu’il existe des divergences
au sein même des blocs. Ainsi, la pornographie, interdite en Irlande, est totalement libre en
Suède.
Par ailleurs Internet renforce les risques d’inégalité (« fracture numérique »).
Si un encadrement apparaît nécessaire, les possibilités de régulation restent faibles. Le code
pénal français a ainsi progressivement intégré ces dernières années plusieurs délits
technologiques tels que l’accès non autorisé dans les systèmes d’information d’autrui, la
captation de données confidentielles, la destruction intentionnelles de données…
En matière pénale, la loi applicable est celle du lieu où le délit est commis.
La question des responsabilités sur Internet est au cœur de la réflexion actuelle sur ces
systèmes (Cf. affaire Altern- Estelle Lefébure).
La loi n°2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l’économie numérique est destinée
à favoriser le développement du commerce par Internet, en clarifiant les règles pour les
consommateurs et les prestataires aussi bien techniques que commerciaux.

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