LA MUSIQUE AKEY ET LA PROMOTION DES
VALEURS SOCIALES ET MORALES
INTRODUCTION
Le peuple Attié (Atyé, Akyé, Akié) est une population de Côte d'Ivoire vivant au sud-est du pays, au
nord de la ville d'Abidjan, particulièrement à partir de la commune d'Anyama, dans la région des
Lagunes. Les Attiés parlent une langue kwa du même nom, l'attié.
D'après la tradition orale des Akyé, leurs ancêtres viendraient du Ghana. Mécontents du
successeur Opokou Ware, les Akyé se disputèrent avec les Ashanti pour savoir qui garderait le sabre
royal. Finalement les Akyé récupérèrent la lame et les Ashanti prirent le manche. Les Ashanti finirent
par poursuivre les Akyé. Dans cette course, ils arrivèrent près du fleuve Comoé en crue où se
trouvaient également les Baoulé et les Agni. Le devin du groupe annonça que le génie des eaux
voulaient qu'ils sacrifient une nouveau né en échange son aide. Finalement la reine Abla Pokou se
porta volontaire pour sacrifier le sien, le fleuve se retira pour laisse passer les Baoulé, les Agni ainsi que
les Attié puis revint aussitôt pour empêcher les Ashanti de passer. Après ce long périple, les Akyé se
détachèrent du groupe pour aller s'installer vers l'Ouest et le Sud du Comoé puis créèrent leur premier
village nommé Asseudji.
"Les Akyé et le Baoulé virent ensemble comme une même famille du Ghana, les Akye formaient un
seul peuple avec les Ashanti d'après Dian Boni. De ce fait partageaient la même vie aussi bien sur le
plan social que sur le plan culturel et politique. Ils étaient de ce contexte Akyé Cho Vé alors que
les Ashanti étaient San vé. Autrement dit, ils étaient cousins des Ashanti mais du côté féminin. Ils
avaient pour oncle maternelle le père des Ashanti tout comme les Baoulé."
I. LA MUSIQUE CHEZ LES AKYE
Dans notre pays remonte à la fin des années 50. Ici, les formations musicales du pays Akyé font figure
de pionnières. Ainsi, le Moapé Congo avec son célèbre Contre-bassiste, Mamadou Gros Bois, d'une
part et le Musico-Folklore de Yapi René, d'autre part vont poser les bases d'une musique
caractéristique de cette région de Côte d'Ivoire. De 1958 à 1964, alors que les élites noires
n'acceptaient comme danses officielles Paso-Doble, tango ou valse, Yapi René, en grand Maître de
l'Ako (motif de réjouissance populaire du pays Akyé), va faire admettre un répertoire basé sur la
tradition et empruntant aux genres latino, Afro-cubain et congolais se caractérisant par un savant
mélange d'instruments européens et africains comme la trompette de N'douba Kadio simon et les
Sanza de Kokoi Yapo et Aléchi Adou.
II. FOKWE (LA DANCE DES GUERRIERE) ET LES MORALITE
Le « fankwé » est donc une danse qui fait partie du substrat culturel du peuple Akyé de Bécédibrignan
en tant que mode de transmission de pouvoir aux nouvelles générations. Il constitue de fait, un
véritable test de maturité pour les jeunes qui sont soumis à ce rituel.
«Le «fokué» ou «fankwé» est un vecteur culturel de formation des jeunes qui expérimentent le
pouvoir comme réalité supranaturelle et politico-sociale, sensée être transmise, à une catégorie de
personnes faisant la preuve de leurs aptitudes de maturité à travers leur intégration aux classes
d’âges. Mais aujourd’hui, cette pratique est soumise aux influences de la modernité qui entache sa
pérennité».
III. LA PROMOTION DES VALEURS SOCIALES CHEZ LES AKYE
Il faut le dire tout net. Si la musique akyé s’est fait une place dans le milieu musical ivoirien et en
dehors du pays, c’est en partie grâce aux cadres de cette région.
Avec leurs propres fonds, ils ont mis des instruments de musique à la disposition de leurs jeunes frères
qui en avaient besoin pour non seulement faire montre de leurs talents. Mais surtout promouvoir la
musique de chez eux. Témoins : Tout-puissant Audiorama, Ahiwo international et N’gué orchestra pour
ne citer que ces orchestres-là. Allant plus loin dans leurs actes nobles, ces cadres ont tout mis en
œuvre afin que tout musicien soit logé et rémunéré mensuellement. A côté de cela, il faut noter
l’organisation parfaite qui règne au sein de tous les orchestres. De fins professionnels, les orchestres,
selon leurs programmes, procèdent à des séances de répétition. Toute cette cohésion ne pouvait
qu’expliquer leur bon état. C’est le lieu de tirer notre chapeau aux cadres pour leurs actions nobles. Et
d’interpeller leurs collègues des autres régions car c’est ainsi qu’ils feront connaître la musique de chez
eux.
"Au delà de son caractère sacré, il a acquis aujourd’hui un statut culturel, un trésor inestimable que
nous devons valoriser, promouvoir et vendre au monde entier afin d’en faire un bien complémentaire
pour le tourisme culturel ivoirien", a-t-il argumenté. Avant de préciser que l’objectif de ce festival, est
d’aider à une meilleure connaissance du Fokué en vue de sa pérennisation. Adou Alexis, le
représentant du ministre de la culture et de la francophonie, Maurice Bandama, a salué cette initiative
qui, selon lui, participe à l’émergence de la culture ivoirienne.
Conclusion
Au terme de cette étude, il convient de retenir que le « fankwé » en tant que danse traditionnelle chez
AKEY, est une forme particulière d’expression corporelle. Le caractère ancien de cette danse, héritage
perpétué depuis des générations. Cette pratique ancestrale conjugue à la fois, la question de pouvoir
en regard de sa dimension supranaturelle et politico sociale qui est sensée être transmis, à une
catégorie de personnes faisant la preuve de leurs aptitudes et de leur maturité qui allie des paramètres
physiologiques et socioculturelles. Cela pour dire la Musique Akey transmet les valeurs et histoires de
notre ancêtre