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Procédure de délivrance face à des urgences psycho-spirituelles

Crise de Possession -1
par Jn Edner JEANTY, Jr., ThM

Un leader chrétien peut se retrouver en face d'urgences psycho-spirituelles: une


personne qui parle avec une voix étrangère, une jeune fille qui fait des convulsions
par terre comme un serpent, un enfant qui tombe dans le feu et dans l'eau, qui
écume et grince les dents. Dans tous ces cas le concerné ne contrôle plus ses
actions. Comment comprendre les phénomènes paranormaux de perte de contrôle
de la personnalité? Ce qui suit est un essai d'interprétation de tels phénomènes
développé en 2005 suite à un série de crises de possession démoniaque où des
professeurs du STEP étaient invités à intervenir.
Pour commencer il est utile de bien observer les phénomènes. Les cas de perte de
contrôle de sa personnalité peuvent avoir quatre explications possibles:
1. Crise de nerfs : convulsions, cris
2. Possession : convulsions, autre voix
3. Transe de Lwa (envoûté, hanté) : transe, etc.
4. Expédition maléfique (pour tourmenter une personne)
Il s’avère important de pouvoir discerner laquelle de ces explications est la correcte
pour le cas en présence. Pour différencier ces quatre phénomènes, Pasteur Sémira
Tullus (pasteur, professeur d'Ethique du Ministère) propose d’observer le langage.
Dans le cas de la crise d’hystérie, la parole n’a pas de cohérence, tandis que dans le
cas de possession la parole renferme une certaine logique. Dans le cas de Lwa, la
personne s’exprime comme intermédiaire de la part d’une troisième personne.
Les cas de Transe de Lwa ou d’Expédition maléfique sont plus difficiles à classifier
bibliquement. Le mauvais esprit qui agitait Saül (1 Samuel 16.14-15) peut servir de
référence pour la possibilité de ce phénomène d’ « expédition ». L’AT parle aussi de
la pratique des « enchantements » (voir aussi Lév. 20.27) mais qui restaient sans
effets contre le serviteur de Dieu, et qui ne pouvaient protéger de morsures naturelles
de serpent (Nombres 23.23 et Jérémie 8.17). La jeune servante qui rapportait un
profit à ses maîtres par la divination (Actes 16.16) pourrait aider à soutenir biblique-
ment la possibilité de personne « envoûtée ». Cependant il est intéressant de
constater que pour ce cas particulier, l’Apôtre Paul le traite pratiquement comme un
cas de possession et il ordonne à l’esprit mauvais de « sortir » de la servante.
La crise d’hystérie est une urgence psychologique qui malheureusement peut être
assimilée aux phénomène paranormaux de possession démoniaque ou de transe
vodou. C’est pourquoi il est recommandé aux responsables religieux en général, aux
pasteurs et séminaristes en particulier de pouvoir reconnaître un cas classique de
crise de nerfs ou de névrose hystérique. Cependant, même devant un cas de simple
hystérie, le responsable chrétien devra toujours prier pour le malade tout en le
recommandant à un médecin pour les médicaments appropriés. Mais si le cas se
révèle de nature spirituelle, des dispositions plus appropriées devront être adoptées.
(A suivre. Vos commentaires sont les bienvenues.)

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Crise de Possession -2
par Jn Edner JEANTY, Jr., ThM
(Un leader chrétien peut être améné à faire face à des urgences psycho-spirituelles.
Une procédure appropriée est nécessaire pour bien aborder la situation, éviter des
erreurs, et arriver à bien clore la session de délivrance. Ce qui suit est une
proposition de procédure sur la base des expériences de pasteurs chevronés et de
professeurs de théologie.)
1. Préparation personnelle. Pasteur Maxime Pierre-Pierre (Directeur des études au
STEP) recommande de « s’immuniser par la prière. » L’ouvrier chrétien qui est
sollicité pour aider dans un cas d’exorcisme doit prier, s’examiner, et réclamer les
promesses de victoire du Seigneur.
2. Observer pour discerner le cas. En arrivant sur les lieux il/elle doit observer la
condition physique de l’affligée et poser des questions aux témoins pour savoir ce qui
s’est passé et l’histoire de la maladie s’il y en a.
3. Un leader prend la direction de l’effort de délivrance. Les autres personnes
devront suivre ses directives et ne pas initier des interventions personnelles. Les
autres personnes continueront à prier silencieusement ou à chanter dans leur cœur.
Il est important de s’assurer qui sont ceux qui accompagnent le leader dans ce
combat. Il faudra que ces personnes soient en bonne communion avec Dieu et non
des cibles faciles pour l’Adversaire. S’il y a une foule de spectateurs, il peut être
avisé de déplacer la malade vers un endroit plus à part.
4. La personne malade est prise en charge. Le leader avise la personne
responsable (parent ou autre) qu’il va demander à Dieu de délivrer la malade dans le
nom de Jésus. Il dresse son diagnostic rapidement. Si c’est un cas de simple crise de
nerfs, on priera pour la malade et on appliquera les médicaments recommandés.
5. Si le leader identifie un cas de possession, on devra réaliser que l’on ne combat
pas « contre la chair et le sang. » Il devient donc inutile de faire des pressions
physiques sur la personne (comme faire pression sur les doigts), mais il faudra
prendre des mesures pour se protéger contre des coups violents.
A suivre.

Crise de possession - 3
par Jn Edner JEANTY, Jr., ThM (suite et fin)

(Cet article est la dernière partie d'une série sur la possession démoniaque que
l'auteur appelle des cas d'urgences psycho-spirituelles. Veuillez consulter les deux
premiers articles publiés en juillet 2007. On était arrivé à une proposition de
procédure pour bien traîter une personne tourmentée par les démons.)

6. Le leader invitera le groupe à chanter des cantiques. Pasteur Joël Saint-Amour,

2
directeur des affaires estudiantines au STEP, recommande des chants en rapport
avec le sang de Christ. On récitera des passages en rapport avec la protection divine
ou la victoire spirituelle. Cela contribuera à créer une atmosphère de recueillement et
de préparation spirituelle.

7. Le leader commencera alors à prier avec beaucoup d’autorité spirituelle. Il


parlera avec assurance sans nécessairement crier. (Pasteur J. Saint-Amour refuse
catégoriquement l’idée d’imposer les mains à un démoniaque car il soutient qu’il y a
risque de transfert néfaste vers l’ouvrier de Dieu. Il fait observer que le Seigneur
Jésus n’avait jamais imposé la main pour chasser les démons.) Au moment opportun
le leader appelle la personne par son nom et lui commande d’ouvrir les yeux puis de
s’asseoir. Quand elle tend la main, les autres personnes du groupe pourront l’aider à
s’asseoir.

8. Etapes dans la délivrance : le démon peut se manifester ; des larmes peuvent


couler des yeux de la malade stupéfiée, la voix peut crier : « M cho, m cho.
» (expression créole pour "J'ai chaud"). Il n’est pas recommandé de faire parler les
démons. D’ailleurs on ne sait jamais s’ils disent la vérité. Leurs paroles peuvent
semer beaucoup de confusion parmi les personnes qui entendent. On notera aussi la
possibilité de ruse où l’esprit mauvais fait semblant de ne plus être là pour reparaître
après quelques minutes.

9. Exeat. Il est important de bien clôturer la séance de délivrance. La personne est


délivrée quand elle recouvre ses fonctions vitales : elle répond avec cohérence, elle
identifie les personnes autour d’elle, elle contrôle le mouvement de ses membres,
elle peut voir et distinguer le nombre des objets. Une fois cette délivrance constatée,
le leader remettra la patiente guérie à ses parents.

10. Pour terminer le leader conduira le groupe dans un moment d’actions de


grâces à Dieu avec des cantiques et une prière. Il pourra adresser des mots
d’exhortation pour encourager la sanctification de tous et rappeler l’assurance de la
victoire dans le nom de Jésus.

Comme cela est arrivé aux disciples de Jésus, il se peut que le démon ne peut être
chassé. Cet article n'a pas traîté ce problème. Traditionnellement, les évangéliques
pensent qu'un vrai chrétien ne peut être possédé par un démon. Mais il y des cas de
personnes qui sont converties qui ont été tourmentées par des forces maléfiques. Un
autre article pourra aborder ces questions difficiles. Mais la vérité biblique demeure
que ce qui est en nous est plus grand que ce qui est dans le monde (1 Jean 4.4). La
victoire appartient aux enfants de Dieu.

© Jn Edner JEANTY, Jr. Procédure de délivrance face à des urgences psycho-


spirituelles. Port-au-Prince [Haiti]: STEP, 2007 [http://stepleader.blogspot.com]