P. 1
Séries Numériques

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Published by: broisy018283 on Feb 12, 2010
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Séries numériques

K désigne le corps ℝ ou ℂ .
I. Vocabulaire 1°) Série numérique Déf : On appelle série de terme général un , notée

∑u

n

ou

n ≥n 0

∑u

n

, la suite (Sn )n≥n0 avec Sn = ∑ uk . Sn est
k =n 0

n

appelé somme partielle de rang n de cette série. Ce qui suit est présenté dans le cas où n 0 = 0 mais s’étend de manière immédiate au n 0 ∈ ℕ quelconque quitte à adjoindre des termes nuls. 2°) Convergence et divergence a) définition Déf : On dit que la série

∑ un converge ssi la suite des sommes partielles Sn = ∑ uk converge. On note alors
k =0 k

n

∑u
k =0

+∞

k

:= lim

n →+∞

∑u
k =0

n

.

Sinon, on dit que la série diverge. Théorème : Soit n 0 ∈ ℕ . On a équivalence entre : (i) (ii)

∑u
n ≥0 n ≥n 0

n

converge
n

∑u

converge.

Cor : On ne modifie pas la nature d’une série on en modifiant un nombre fini de termes. b) reste d’une série convergente Déf : Si la série Prop : Si

∑ un est convergente alors on pose Rn :=
converge alors pour tout n ,

k =n +1

∑u
+∞

+∞

k

appelée reste de rang n de la série .

∑u

n

.

∑u

n

∑u
k =0

+∞

k

= ∑ uk +
k =0

n

k =n +1

∑u

k

Prop : De plus Rn =

k =n +1

∑u

+∞

k

→ 0 . n∞

c) divergence grossière Prop : Pour que la série de terme général un converge, il est nécessaire que un → 0 . Déf : Si un → 0 alors on dit que la série de terme général un diverge grossièrement (DVG). 3°) Opérations sur les séries convergentes Théorème : Si ∑ un et ∑ vn sont convergentes alors pour tout λ ∈ K , les séries et on a

∑ λu

n

et

∑u

n

+ vn convergent

∑ λu
k =0

+∞

k

= λ ∑ uk et
k =0

+∞

∑ (u
k =0

+∞

k

+ vk ) = ∑ uk + ∑ vk .
k =0 k =0

+∞

+∞

Théorème : Soit (z n ) une suite complexe. Si

∑z

n

converge alors

∑z

n

aussi et

∑z
k =0

+∞

k

= ∑ zk .
k =0

+∞

-1/6-

Cor :

∑z

n

converge ssi

∑ Re(z
k

n

) et

∑ Im(z

n

) convergent

De plus on a alors

∑z
k =0

+∞

= ∑ Re(z k ) + i ∑ Im(z k ) .
k =0 k =0

+∞

+∞

Théorème : Soit (un ) et (vn ) deux suites réelles vérifiant un ≤ vn pour tout n ∈ ℕ . Si

∑u

n

et

∑v

n

convergent alors

∑u
n =0

+∞

n

≤ ∑ vn .
n =0

+∞

Théorème : Soit (un ) une suite de réels positifs. Si

∑ un converge et

∑u
n =0

+∞

n

= 0 alors pour tout n ∈ ℕ , un = 0 .

II. Absolue convergence 1°) Série à termes réels positifs Déf : Une série à termes positifs (SATP) est une série dont le terme général appartient à ℝ + . Théorème : Soit ∑ un une SATP. On a équivalence entre : (i)

∑u

n

converge

(ii) ∃M ∈ ℝ, ∀n ∈ ℕ ,

∑u
k =0

n

k

≤M .
k

De plus, si tel est le cas,

∑u
k =0

+∞

= sup ∑ uk .
n ∈ℕ k =0 n

n

Cor : Soit

∑ u et ∑ v deux SATP vérifiant u Si ∑ v converge alors ∑ u aussi. Si ∑ u diverge alors ∑ v aussi.
n n n n n n

≤ vn pour tout n ∈ ℕ .

Prop : Si

∑u

n

est une SATP divergente alors

∑u
k =0

n

k

 →+∞ . k →+∞

2°) Absolue convergence Déf : On dit qu’une série Théorème :
Si

∑u

n

est absolument convergent (ACV) ssi

∑u

n

converge.

∑u

n

est ACV alors

∑u

n

CV et

∑u
n =0

+∞

n

≤ ∑ un .
n =0

+∞

Déf : Une série convergente non absolument convergente est dite semi-convergente (SCV). 3°) Outils de comparaison Théorème :(domination) Si un ≤ ϕn et ∑ ϕn CV alors Théorème : Si un = O (vn ) et si
Si un Si un
n n

∑u

n

est ACV.

∑ v est ACV alors ∑ u est ACV. = o (v ) et si ∑ v est ACV alors ∑ u est ACV. ∼ v et si ∑ v est ACV alors ∑ u est ACV.
n n n n n n

-2/6-

4°) Séries de référence a) série de Riemann Théorème : Soit α ∈ ℝ .
Si α ≤ 1 alors Si α > 1 alors

∑n
n ≥1

1
α

DV. ACV.
+∞

∑n
n ≥1

1
α

Déf : Pour α > 1 , on pose ζ (α ) = ∑

1 ce qui définit la fonction zêta de Riemann. α n =1 n

Prop : On suppose un ∼ C n α avec C ≠ 0 .
Si α > 1 alors

∑u Si α ≤ 1 alors ∑ u

n n

ACV. DV.

Prop : S’il existe α > 1 tel que n αun → 0 alors b) série géométrique Théorème : Soit q ∈ ℂ . Si q ≥ 1 alors
Si q < 1 alors

∑u

n

converge.

∑q ∑q

n

DVG. ACV et

n

∑q
k =0

+∞

k

=

1 . 1−q

III. Outils adaptés aux séries semi-convergentes 1°) Séries alternées Déf : Une suite (un ) est dite alternée ssi ∀n , un = (−1)n un ou ∀n , un = (−1)n +1 un .
Une série

∑u

n

est dite alternée ssi la suite (un ) l’est.

Théorème : (Critère de Leibniz ou CSSA) Soit ∑ un une série alternée.
Si la suite ( un ) est décroissante et si un → 0 alors la série

∑u

n

est convergente.

De plus, deux sommes partielles consécutives encadrent la somme de cette série et, pour tout n ,

Rn =

k =n +1

∑u

+∞

k

est du signe de un +1 et Rn ≤ un +1 .

2°) Exploitation de développement asymptotique 3°) Encore plus fin : une transformation d’Abel IV. Applications 1°) Produit infini Idée : Pour étudier

∏u
k =0

+∞

k

= lim

n →+∞

∏u
k =0

n

k

, on passe au logarithme dans la mesure où cela est possible.

2°) Etude de suites Idée : La suite de terme général un et la série de terme générale un +1 − un ont même nature.
En effet

∑ (u
k =0

n

k +1

− uk ) = un +1 − u 0 .

-3/6-

3°) La constante d’Euler
n 1 Prop : La suite de terme général un = ∑ − ln n est convergente. k k =1

 n 1  Déf : On pose γ = lim ∑ − ln n  appelée constante d’Euler. On a γ = 0,577 à 10−3 près.     n →+∞   k =1 k 
Prop : Il découle de ce résultat que 4°) Formule de Stirling Théorème : nn n ! ∼ 2πn n . e 5°) Développement décimal d’un réel positif
Soit x un réel positif. Pour n ∈ ℕ , on pose : an =

∑ k = ln n + γ + o (1) .
k =1

n

1

E (10n x ) E (10n x ) + 1 et bn = . n 10 10n

Prop : Les suites (an ) et (bn ) sont adjacentes de limite commune égale à x . Déf : an (resp. bn ) : parties décimales de x à la précision 10−n par défaut (resp. par excès).
Pour tout n ∈ ℕ∗ , on pose αn = 10n (an −an−1 ) .

Prop : ∀n ∈ ℕ ∗ , αn ∈ {0,1,…,9} . Théorème :

x = E (x ) + ∑

+∞

αn . On écrit x = E (x ), α0α1α2 … n n =1 10
ème

Déf : αn est appelé n

décimale du nombre x (après la virgule). La suite (αn )n ≥1 est appelée suite des

décimales du nombre x .

V. Sommation des relations de comparaison 1°) Cas de la convergence Théorème : Soit ∑ un une série numérique et
Si un = o (vn ) alors

∑v

n

une SATP convergente.

    = o  ∑ vk  .   k =n +1   k =n +1 +∞  +∞    Si un = O (vn ) alors ∑ uk = O  ∑ vk  .  k =n +1    k =n +1

∑u

+∞

+∞

k

Si un ∼ vn alors

k =n +1

+∞

uk ∼

k =n +1

∑v

+∞

k

.

2°) Cas de la divergence Théorème : Soit ∑ un une série numérique et
Si un = o (vn ) alors Si un = O (vn ) alors
n

∑v

n

une SATP divergente.

∑u
k =0 n k =0

n

k

   = o  ∑ vk  .    k =0   
n

∑u
k

k

 n   = O  ∑ vk  .    k =0   
n

Si un ∼ vn alors

∑u
k =0

∼ ∑ vk .
k =0

-4/6-

VI. Comparaison avec une intégrale 1°) Idée
Pour f monotone on peut comparer f (n ) et Cas f décroissante :
n +1

n +1

n

f (t )dt :

∫ ∫

n

f (t )dt ≤ f (n ) ≤ ∫

n

n −1

f (t )dt et f (n + 1) ≤ ∫ f (t )dt et f (n ) ≤ ∫
n +1

n +1

n

f (t )dt ≤ f (n )

Cas f croissante :
n n −1

f (t )dt ≤ f (n ) ≤ ∫

n +1

n

n

f (t )dt ≤ f (n + 1)

2°) Séries de Riemann convergentes
Pour α > 1 :
k =n +1

∑k
n

+∞

1
α

1 1 . α−1 α −1 n

3°) Séries de Riemann divergentes
Pour α = 1 : Pour α < 1 :

∑ k = ln n + γ + o (1) .
k =1 n

1

∑k
k =1

1
α

1 1−α n . 1− α

4°) Un résultat général Théorème : Soit n 0 ∈ ℕ et f : [n 0 , +∞[ → ℝ continue par morceaux, décroissante et positive.
La série de terme général wn = ∫
n n −1

f (t )dt − f (n ) est convergente.

Cor :

n ≥n0

∑ f (n )

et

+∞

n0

f (t )dt sont de même nature.

VII. Réorganisation des termes d’une somme 1°) Interversion de l’ordre de sommation Théorème :
Si

∑u

n

est ACV alors pour tout σ ∈ S(ℕ) ,

∑u

σ (n )

est ACV et

∑u
n =0

+∞

σ (n )

= ∑ un .
n =0

+∞

2°) Série double Théorème de Fubini : Soit u p ,q ∈ ℂ pour p ,q ∈ ℕ .
Si pour tout q

∑u
p≥0
+∞ +∞

p ,q

converge et si

∑∑ u
q ≥0 p =0

+∞

p ,q

alors les sommes qui suivent existent et on a l’égalité :

∑∑ u
q =0 p =0

+∞ +∞

p ,q

= ∑∑ u p ,q .
p =0 q =0

3°) Produit de Cauchy Déf : On appelle produit de Cauchy des séries Théorème :
Si

∑u

n

et

∑v

n

la série de terme général wn = ∑ uk vn −k .
k =0

n

∑u

p

et

∑v

q

sont ACV alors

∑w

n

est ACV et

∑w
n =0

+∞

n

 +∞  +∞    = ∑ u p ∑ vq  .      p=0  q =0    

-5/6-

4°) Application : l’exponentielle complexe Théorème : 1 Pour tout z ∈ ℂ , la série ∑ z n est ACV. Sa somme est appelée exponentielle complexe de z et est n ≥0 n !
notée exp(z ) .

Prop : ∀z , z ′ ∈ ℂ , exp(z )exp(z ′) = exp(z + z ′) et ∀z ∈ ℂ,exp(z ) = exp z . Prop : ∀x ∈ ℝ ,exp(x ) = ex .

-6/6-

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